‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 104 sur 389 · Î.IV · texte numérisé non relu

Î.IV

[je] suis sans verre et breuvage, C'est sans coque un limaçon, Sans livrée c'est un page, bassel. lvi. Il avoit esté de leur msstier, et eu avoit porté robbe de livrée, comm. h, 3. |1 xvi* s. Le dict seigneur meit sus un ordre ou livrée, que on appelloit le camail, où pcndoit un porc espic, la quelle il l)ailia à plusieurs notables chevaliers et gens do bien de ce royaume, jean de st. -gelais, Ilist. de Louis XII, p. 25, dans LACUnNE. On sçait bien qu'estiez convié à venir et vous trouver aux nopccs [les assassinats de BloisJ, où l'on vous eust fait de leur livrée [massacré comme les Guise vos frcresl, .Ça«. iUn. I'i8. Et on lui attacha à la manche de son pourpoint belle livrée de jaune et de verd, babel. l'anlagr. iv, 14. Oui va à telles noces en remporte bien souvent des livrées rouges [coups et blessures], montluc, Mém. t. I, p. 311, dans ncur.Nr.

— ÉTYM. itt;r^, parce jue la livrde était à l'origine une chose rtmise, donnée, et particulièrement un vêtement.

t 2. LIVRÉE (li-vréo), *. f. Terme d'ancienne coutume. Mesure de terre qui rapportait une livre de rente. On disait aussi une livre de terre.

— IliST. xii« s. De terre dis livrées [il] dune [donne] à ceste maison, Od [avec] les trente livrées dont vous fist ainz [auparavant] le don, Tli. le mart. 1 0 1 . |l xiii* s. Or veons se uns bons a soixante livrées de terre d'un fief, et il y a quatre enfans.... BKAUM. XIV, 27. Et un chevalier de son conseil dit que je ne fesoie pas bien quant je aportoie tiex [telles] nouvelles au roy, là où il y avoit bien sept mil livrées d'outrage [d'exagération], joinv. 20 i.

— ÊTYM. Livre 3.

LIVRER (li-vré), v. a. || 1" Remettre ce qui a été acheté, payé, convenu. Livrer de la marchandise. Livrer un ouvrage pour un certain prix. Je me charge de vous livrer la vigne de Nabuth de Jczrahel, SACi, Bible, Rois, m, xxi, 7. Ces ouvriers, n'ayant plus la liberté de choisir entre plusieurs acheteurs, ont été forcés de livrer le fruit de leur travail, pour le prix qu'on a bien voulu leur en donner, RAYNAL, Ilist. phil. 111, 38. || Familièrement et fig. Je vous en livre auiant, c'est-à-dire je suis dans le môme cas que vous. Bellegarde : Cela fait le désespoir, à coup sûr, d'une très-grande dame qui ne m'avait pas destiné à souper ce soir avec le roi. — Concini : Je vous en livre autant, colliî. Part, de chasse de Henri IV, i, 1. 1! 2° Mettre au pouvoir de, dans les mains de, soit une personne, soit une chose. Livrer un coupable à la justice, aux mains, entre les mains de la justice. J'ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre, corn. Héracl. iv, 4. Le ciel te livre exprès une grande victime, id. Perthar. iv, 4. Ce Dieu que tu bravais en nos mains t'a livrée, bac. Ath. v, 5. Je ne condamne plus un courroux légitime. Et l'on vous va, seigneur, livrer votre victime, ID. Andr. n, 4. Cette pente à imiter qui est dans les enfants, produit des maux infinis quand on les livre à des gens sans vertu qui ne se contraignent guères devant eux, fiîn. Éduc. filles, ch. iv. Lei loups demandèrent un jour aux brebis, que, pour avoir la paix avec eux, elles leur livrassent les chiens qui les gardaient, rollin, Itist. anc. OEuv. t. VI, p. 182 , dans pol'Ge.ns. Le comte de Maillebois me livra tous les papiers de son père et les siens, marmontel, hlém, ix. || Lfvrerun manuscrit, un ouvrage à l'impression, le faire imprimer. J'avais livré cet article sur la girafe à l'impression, lorsque j'ai reçu, le 23juillet 1 775, labelle édition que .M. Schneider a fuite de mon ouvrage, bufk. Quadrup. t. ix, p. 219. Il Fig. et familièrement. Je vous livre cet homrae-là marié avant qu'il soit peu , je vous le livre ruiné dans un an, etc., c'est-à-dire je vous assure qu'il sera marié avant qu'il soit peu, qu'il sera ruiné dans un an. Je vous le livre chez vous à telle heure, c'est-à-dire je vous réponds que je le mènerai chez vous à telle heure, que je l'obligerai de s'y rendre. || Si vous avez besoin de lui dans telle afi'aire, je vous le livre, c'est-à-dire je vous réponds qu'il vous servira. || Fig. et familièrement. Je vous livre cet homme -là pieds et poings liés, c'est-àdire il fera ce que vous voudrez, vous en disposerez comme il vous plaira. || On disait autrefois qu'un coupable était livré au bras séculier, quand le juge ecclésiastique le remettait au juge laïque pour l'application des peines alflictives. || Fig. cl familièrement. Livrer au bras séculier, abandonner ce dont on ne se soucie plus, ce donl on n'a plus besoin. Les restes du dîner ont été livrés au bras séculier, c'esti-dire aux domestiques. || Livrer à la mort, au supplice, faire subir à un condamné la mort, le supplice. Mais siérait-il, Abner, à des coeurs généreux De livrer au supplice un enfant malheureux ? bac.

Ath. V, 2. Et fais livrer sans crainte aux supplices tout prêts L'assassin de ton fils, et l'ami d'Alvarez, volt. Alx. V, 6. (I 3" Remettre entre les mains de, avec l'idée qu'il y a trahison de la part de ceux qui livrent. Judas livra Jésus aux Juifs pour trente deniers. Les Ecossais, à qui il [Charles I"] se donne, le livrent aux parlementaires anglais, Hoss. Reine d'Anglet. Il fut résolu qu'on lui livrerait la citadelle de Corinthe, roi.lin, Ilist. anc. OEuv. t. vu, p. 50i», dans POUGENS. L'assaut sera-t-il prêt, si par nos con» jurés Les remparts cette nuit ne nous sont point livrés"? volt. lirutus, m, 1. 1| 4° Exposer à. Livrer une ville au pillage. Livrer les voiles au vent. Vous qui livrez la terre aux discordes civiles, corn. Pomp. Il, 2. Il Fig. Remettre en abandon. Livrerses secrets à un imprudent. Livrer son ftme à la douleur, à l'espérance. Et que le choix des dieux contraire à mes amours Livrait à l'univers le restede mes jours, RAC. Bérén. ii, 2. Reviens me joindre ici, sois fidèle, ou je cours Livrer au peuple entier mon secret et mes jours, c. delav. Paria, m, 4.||Ètre livré à, être plongé dans, être absorbé,'appartenir à. Il est livré à de singulières illusions. Fatigués de carnage etde sang enivrés. Les tyrans de la terre au sommeil sont livrés, volt. Ali. iv, 3. L'univers, disiez-vous, au mensonge est livré, id. Tancr. iv, 2. Il Faire abandon de. Je sais que, du mensonge implacable ennemie, Josabeth livrerait môme sa propre vie, BAC. Athal. w, 4. Je livre mes idées à la postérité et au temps; c'est à eux à me juger, ray.nal, Hist. phil. xviii, 62. Il 5° Terme de chasse. Livrer le cerf aux chiens, mettre les chiens après le cerf. || Livrer en proie, abandonner aux animaux carnassiers ; et fig. abandonner sans réserve à la passion, à la fureur. Il 6° Livrer se dit de celui qui ofl're la bataille à l'ennemi et engage l'afi'aire. Livrer une bataille, un combat, un assaut. Quoique les lions marins soient d'un naturel plus doux que les ours marins, les mAlcs se livrent souvent entre eux des combats longs et sanglants, bufk. Quadrup. t. xi, p. 224. Il On dit aussi livrer bataille. L'attaquer, le mettre en quartiers. Sire loup l'eût fait volontiers; Mais il fallait livrer bataille. Et le mStin était do tailla X se défendra hardiment, la font. Fabl. i, 6. Quand il fut près du bourg do Franstadt, sur les frontières de Pologne, il trouva le maréchal Uenschild qui venait lui livrer bataille, volt. Russie, i, I5. || Fig. Livrer bataille, livrer combat pour quelqu'un, soutenir fortement les intérêts de quelqu'un. || Fig. Chaque assaut [donné à la ville] à mon cœur livrait mille combats, BAC. Théb. ii, l.||On remarquera que, bien qu'on dise livrer bataille, on ne dit pas livrer combat au propre, mais que livrer combat ne se dit qu'au figuré. || Par une analogie, qui n'est plus guèio .saisie et employée, livrer un tourment, causer une vive peine. Environné d'amour et du fâcheux tourment Qu'entre tant de rfgrets son absence me livre, Régnier, Plainte. [| 7° Terme de jeu de dés. Livrer chance, amener un nombre de points qui fait la chance de l'adversaire. || 8° Se livrer, V. réfl. Se remettre à, se confier à. Je me promèno seule, mais je n'ose me livrer à l'entre chien et loup, do peur d'éclater en cris et en pleurs, sÉv. 27 septemb. 1081. Puisqu'apiès tant d'eiïorts ma résistance est vaine. Je me livre en aveugle au destin qui m'entraîne, hac. Andr. i, l. Roxane, se livrant tout entière à ma foi. Du cœur de Bajazet se reposait sur moi, id. DajaX.l,*. Quand on apprit à Athènes la manière dont les Phocéens avaient été traités, on comprit, mais trop tard, le tort qu'on avait eu de ne pas déférer aux conseils de Démosthcne, et de s'être livré aveuglément aux vaines pro-l messes d'un traître qui avait vendu sa patrie, noL-' MN, //isl. anc. OEuv. t. vi, p. 72, dans pougens. Combien de son bonheur l'homme aisément s'enivre ! Sans prévoir l'avenir, au présent il .«e livre, dklh.i.e, En. X. Il Se livrer à quelqu'un, se confier à lui. II s'était livré à de faux amis qui le trompaient. Si vous avez un ami, acquérez-le avec épreuve, et ne vous livrez point à lui par trop do facilité, Boss. Polit, x, n, 8. Il 9° Fig. S'abandonner à. Que je vous plains da vous livrer aussi cruellement que vous faites à vos inquiétudes! sÉv. 9 oct. leso. N'y a-l-il point do misérable qu'il faille empêcher de se livrer au murmure, au blasphème, au désespoir? uoss. ÊUv. sur myst. xx, lO. Ne craignez pas que je me livre à ma douleur, fléch. Duc de Hont. Un homme qui se livre à ses désirs impatients, fén. Tél. xxiv. Tu vois mon sort, tu vois la honte où je me livre, voltaire, Zaïre, v, 8. J'avais du goût pour la sage.sse avec les sages, mais je me livrais volontiers à la folie avec les fous, marmontel, Mém. iv. || J. J. Rousseau, avec faire, i fait ellipse du prunom personnel. Une aulr»

LU

LOB

idée me fait livrer à moD zèle avec confiance, Lett. à la comtesse de B. 2« janv. 4 765. C'est une licence qui n'est pas à imiter. || 10" Se livrer à, se dévouer à. EU, bon Dieu I comment pourraientils [les Grignausj ne pas vous aimer, quand ils feront réflexion à ce que vous êtes pour leur maison, à la manière dont vous vous y êtes transmise, et livrée, et abîmée? sÉv. <" nov. (888. || 11* Faire don de sa propre personne. 11 peut me conquérir à ce prix sans danger; Je me livre moimême, et ne puis me venger! rac. Andr. v, 2. Il Se livrer, s'attacher exclusivement, s'enchaîner. Vendez ces doux regards, ces attraits, ces appas ; Vous-même vendez-vous, mais ne vous livrez pas, RÉGNIER, Sat. xiii. Il Se livrer, se dit d'une femme qui accorde à un homme les dernières faveurs. Il 12° Se mettre au pouvoir de. Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent, Et courent se livrer aux mains qui les attendent, corn. Cid, iv, S. Il S'ôter toute ressource. C'est le denier de la veuve.... il est vrai que je me suis livrée tout entière.... et j'ai dit : Eh bieni si on me manque, si on me ruine.... sév. 26 janv. )689. || X plusieurs jeux, à l'escrime, se livrer, donner quelque avantage à son adversaire, jj Fig. C'est un homme qui se livre dans la discussion. |1 13° Absolument. Se livrer, être communicalif. Il est plus facile à un Asiatique de s'instruire des mœurs des Français dans un an, qu'il ne l'est à un Français de s'instruire des mœurs das Asiatiques dans quatre, parce que les uns se livrent autant que les autres se communiquent peu, MONTESQ. LcU. pers. Introd. || C'est un homme qui ne se livre pas, c'est un homme très-circonspect, trèsrései-vé. || 14° Se livrer à, suivre une carrière, une profession, un travail. Je vous avoue que, si je suivais mon goût, je me livrerais tout entier à l'histoire du siècle de Louis XIV, puisque le commencement ne TOUS en a pas déplu, volt. Lett. d'Argemon, 26 janv. (740. Jacques Cœur, fils d'un marchand de Bourges, s'était livré au commerce dès son enfance, DUCLOS, Hist. Louis XI, OEuv. t. v, p. 88, dans POUGENS. Nasiraddin de Tus naquit l'an de l'hégire 1097 ; il étudia la philosophie, et se livra de préférence aux mathématiques, dioerot, Opin. des anc. phil. (Sarrasins). \] Par extension. Ceux qui se livrent à leurs devoirs ne sont connus «[ue par hasard de ceux qui en ont un besoin passager, du- CLOS, Const'd. sur les mœurs, ch. 8. || 15° Se livrer, être engagé, en parlant de bataille. Des combats violents se livrent entre les cerfs lors du rut. || Proverbe. Tel vend qui ne livre pas, c'est-à-dire on ne réussit pas toujours dans les mesures que l'on prend pour tromper quelqu'un.

SYN. LIVRER, DÉLIVRER (dans le seus de donner).

Livrer, c'est remettre ce qui a été stipulé, convenu, vendu : le marchand livre la marchandise à celui qui l'a achetée. Délivrer n'implique pas cette idée; c'est simplement remettre : un garde-magasin délivre tant de sacs de farine à celui qui est autorisé à venir les prendre.

— HlST. XI' s. Au destre poing au païen [il] l'a livret [le bref], Ch. de R<A. xxxv. Livrez le mei, j'en ferai la justice, ib. xxxvi. Liverai lui une mortel bataille, ib. u. || xii* s. [Il] Se velt à vus livrer, Ronds. 7. [La France] Oui à duel [deuil] fu en Rencevals livrée, ib. 166. Li rois respont : touz sui prez de livrer [de produire mon champion], i6. loi, U livrèrent [remirent] la charte au riche Salemon, Saxons, xxv. [Us nous vouloient] Escorchier et livrer à lor ours en chaaine, ib. xxx. Là seront li de niers livré [remis] par igal pois, ib. xxxiii. || xiu- s. Ijisse, fait ele, or m'i va malement ; Livrée [je] sui à une estrange pent. Romancero, p. 70. Où mon cors à hontage mie livrés ne soit, Berte, xxviii. Juant il ne livre pas soufisant soustenance as cn- 'ans, selouc lor estât et solonc co qu'il en tient, SEAUM. XXI, 13. Se il est povres ou estranges, par juoi il ne pot plcges livrer, il soufist s'il en done le [sa] foi, id. u, i*. S'en les voloit à mort livrer. Penser devons d'eus délivrer, la Rose, 477 1 . || xvi° g. '1 faut que l'assaut je vous livre, marot, rv, i66. presser des armées, livrer des battailles, mont, i, Mi. Il lui feit livrer sept aulnes de drap noir, hab. ^arg. l, 20. Je vueil que me livrez, avant le des- %artir, ce beau Marquct, source de ceste guère, m. 16. I, SO. Que, si Dieu prend à gré ces prémices, je veux, Ol nd mes fruicts seront meurs, lui payer d'antres ' œuï, Me livrer aux travaux de la pesante histoire, c'auh. Tragiques, Veux.

— EiYM. l'rovenç. liurar, UeuraT, lirrar; catal. Uiurar, liirar; espagn. librar; ital. librare, liberare; du lat. liberare, rendre libre. « L'idée moderne, dit Scheler, se déduit naturellement du sens

OiCT. OS lu LÀHUUt iriutiïA:st«

classique : affranchir, détacher une chose ou la laisser partir, la livrer, ne plus la retenir sont des idées qui se tiennent. » Cela est très-juste. Liberare avec le sens de remettre se trouve dès les Capitulaires de Charles le Chauve.

LIVRET (li-vrè ; le « ne se prononce et ne se lie jamais;au pluriel, Vs se lie : desli-vrè-z élégants : livrets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. |{ 1° Petit livre. Je vous réitère la prière de me faire avoir un Calvinus de M. Morus; ce n'est qu'un livret de pareille grosseur à celui qu'il a fait de Pace, oui patin, Lelt. t. II, p. 13. Il est d'autres esprits dont la dévotion Attache à des livrets toute son action. S'applique à des tableaux, s'arrête à des images, cobn. Imit. lu, 4. Comme je n'ai point publié leurs petites pièces [de différentes personnes, dans ses Nouvelles ordinaires], je me suis résolu de réserver toutes les autres sem'ulables pour un livret à part, uayle, Lett. à Rou, 8 févr. 1686. On est parvenu à nous dégoûter de la lecture, à force de multijilier les livres et les livrets, volt. Mél. litt. Lett. de la Visclède. Leur journaliste de Trévoux.... auteur médiocre et pauvre politique, leur a fait avec son livret bleu mille ennemis redoutables, et ne leur a pas fait un ami, ninEsoT, Opin. des anc. philos, (jésuites). Wl' Petit livre qui contient le catalogue et l'explication des morceaux d'une collection. Le livret du Musée. || 3° Petit cahier dont les ouvriers et les domestiques sont tenus de se munir, et où sont inscrites les époques de leurs entrées chez leurs patrons ou leurs maîtres et de leurs sorties, || 4° Terme d'administration militaire. Petit registre en usage dans l'armée. Livret d'armement, de revue, d'ordinaire, etc. || 5° Petit registre délivré par les caisses d'épargne à chaque déposant, et contenant les versements et les remboursements. Il 6° Ancien terme de mathématique. Livret, la table de Pytha-ore. || 7° Au pharaon et à la basselte, les treize cartes qu'on donne à chacun des pontes. ||8° Nom donné quelquefois aux plis du feuillet, un des estomacs des ruminants. Les plis ou livrets du troisième estomac qu'on appelle feuillet, BUFP. Quadrup. t. i, p. 2O6. jj 9° chez les batteurs d'or, petit livre de papier rouge sur les feuillets duquel on applique l'or en feuilles. || Se dit aussi d'un paquet de bronze jaune ou d'or en coquilles.

— HiST. xni* s. Ki les verluz en sun livret De seint yEdward escrit e met, Edouard le Conf. y . 4361. Il XVI* s. Pourveu qu'on saiche le grant livret ila table de Pythagore], DR la roche, Arismetique, f° 9 , verso. Si ce petit livret des Merveilles inouyes est à lui [Aristote], mont, i, 233. Un livret quané de deux grands lapis, enchâssés en or esmaiUé, dans lequel sont les portraicts du roy de France Henri III et de la rojne sa femme, attaché à une chaîne d'or faicte de leur chiffre, de laborue, Êm. p. sas.

— RTYM. Diminutif de livr» l; bourguig. livrô; ital. libretto.

f LIVKIER (li-vri-é), s. m. Mauvais faiseur de livres, celui qui fait des livres par métier (inusité). J'ai fait des livres, il est vrai, mais jamais je ne fus un livrier, J. j. rouss. dans le Dict. de beschehelle.

LIXIVIATION (li-ksi-vi-a-sion) , t. f. Terme de chimie. Opération au moyen de laquelle on enlève à des cendres les sels alcalins qu'elles peuvent contenir, en les lessivant, c'est-à-dire en les traitant par l'eau, et filtrant ensuite la liqueur. En Normandie, du côté d'Êvreux, près du château de M. le duo de Bouillon, il y a une fabri(|ue de salpêtre entretenue par la lixiviation des raclures de la craie des rochers, que l'on ratisse sept à huit fois par an, BUFF. Iftn. t. m, p. 434, note e. || Plus généralement, toute opération industrielle ou pharmaceutique dans laquelle on épuise une substance quelconque de ses principes solubles en faisant passer à travers, de haut en bas, un liquide susceptible de les dissoudre.

— ÉTVM. Lat. liiiiium, lessive (voy. lessive). LIXIVIEL, ELLE (li-ksi-viè-1, è-l'), adj. Ancien

terme de chimie qui s'employait pour désigner les sels obtenus en lessivant les cendres des végétaux. Leibnitz croit que, le globe de la terre ayant été liquéfié par le feu, les sels et les autres parties empyreumatiques ont produit avec les vapeurs a(|ueusc3 une eau lixivielle et salée, et que, |)ar conséquent, la mer avait son degré de salure dès le commencement, bufp. Addit. thior. terr. OEuv. t. xu, p. 467.

— ÊTY.M. Lat. lixivium, lessive.

t LIZARIOUE (li-za-ri-k'),od;. Terme d« chimie. Acide lizarique, acide cristallisable retiré de l'extrait de garance, ou alizari.

+ LIZB (li-z'), *. f. Voy. LISB.

LLAMA (lla-ma, Il mouillées), f. m. Voy. lama.

t LLANO (lla-no , Il mouillées) , s, m. Mot employé dans la Nouvelle-Grenade et la république de Venezuela pour désigner de vastes plaines d'herbes hautes et abondantes, legoarant. || Au pl DesUanos.

— ÉTYM. Espagn. llano, plaine, du lat. ptanus (voy. plain).

t LLOYD (lo-îd) , s.m. X Londres, confrérie de marchands, d'armateurs, de banquiers et autres capitalistes réunis pour favoriser le développement de la navigation et du commerce ; leur principal objet est l'assurance maritime.

— ÉTYM. U existait au commencement du xviii' siècle, à la Bourse de Londres, un café dont le propriétaire se nommait Uoyd ; c'était le rendezvous des banquiers, gros commerçants et assureurs de navires et de cargaisons; là se concentrèrent peu à peu les renseignements les plus complets sur les navires de commerce, leurs partances, leurs arrivées, leurs cargaisons, etc. Cela donna naissance aux Lloyd's lists, qui paraissent tous les jours, sorte d'index fort utile à tous ceux qui sont en rapiort avec le commerce maritime, vu qu'elles indiquent tous les navires arrivés dans chaque port de l'Océan et de la Méditerranée. Le vieux café a été détruit dans l'incendie qui consuma la Bourse de Londres en 1 838 ; dans la nouvelle Bourse, le Lloyd occupe le même emplacement ; seulement il n'y a que quelques chambres de publiques ; le reste est réservé aux gros commerçants. Le Lloyd autrichien est un établissement fondé à Trieste sur le modèle du Lloyd anglais.

■)• LOAM (lôm'), î. m. Terme d'agriculture. Terre arable contenant en bonnes proportions les principaux éléments des sols fertiles.

— ÉTYM. Angl. loam, terre argileuse; comparez l'allem. Lehm, le lat. limus, et voy. limon.

t LOASÉES (lo-a-zée), s. f. pl. Terme de botanique. Famille de plantes voisine des passifiorées, à poils rudes, dont la piqûre est brûlante comme celle des orties.

— ÉTYM. Loasa, nom de genre arbitrairement forgé par Adanson.

t LOBAIRE (lo-bê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est divisé en lobes; qui appartient aux lobes.

LOBE (lo-b'), s. m. Il 1° Terme d'anatomie. Division arrondie d'un organe. Les lobes du foie, du poumon. Il Lobes du cerveau (appelés aussi lobules par quelques auteurs, qui réservent le nom de lobes aux hémisphères cérébraux) ; ils sont au nombre de deux, l'un antérieur, l'autre postérieur, séparés par la scissure de Sylvius. || 2° ferme de botanique. Nom donné aux découpures des feuilles lorsqu'elles ont une certaine largeur. || Lobes séminaux, ou, simplement, lobes, les cotylédons d'une graine, |{ Nom donné aux poches de l'anthère. |j S' Lobe ou lobuln de l'oreille, l'éminence arronoie et molle qui termine en bas le pavillon de l'oreille. C'est dans le lobe ou le lobule que sent passées les boucles d'oreilles. H y i des peuples qui en agrandissent prodigieusement le lobe, en le perçant et en y mettant des morceaux de bois ou de métal, qu'ils remplacent successivement par d'autres morceaux plus gros, ce qui fait avec le temjis un trou énorme dans le lobe de l'oreille, qui croît toujours à proportion que le trou s'élargit, buff. llist. nat. hom. OEuv. t. IV, p. 306.

— HIST. xvi° s. La vessie du fiel, située sous le grand lobe du foye, parE, i, 1 9.

— ÉTY.M. A066;, lolie du foie, lobe de l'orelllo, partie pendante. Le sens primitif est cosse; comparez ).6Ttoç, X'jitèc, écaille, de Xénu, écaler.

LOBÉ, ÉE (lo-bé, bée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est partagé en lobes. || Terme d'ornithologie. Doigts lobi's, doigts entourés, chacun isolément, d'une membrane iiui s'élargit à mesure qu'elle s'approche de leur extiémilé, et qui n'a ni festons ni découpures sur les bords. || Terme de botanique. Feuilles lobées, celles dont les divisions pénètrent jusqu'à la moitié de la lame, et forment des découpures élargies.

— ÉTVM. Lobe.

t LOBÉLLVCÉES (lo-hé-li-a-sée), s. f. Terme de botanique. Famille de plantes détachées des campanulacées. et dont la lobélie est le type.

t LOBÉLIE (lo-bé-lie), ». f. Plante d'ornement (lobelia syphilitica, L.), dite aussi cardinale bleue, qui croît en Virginie, et dont la racine a éli vantée pour le traitement des maladies vénériennes.

— ÉTYM, Genre dédié par Linné i Label, botanists flamarid, 1638-1616.

t LOBÉLINK (lo-bé-li-n'), *. f. Substance acre,

LOC

trouvée dans \elobelia m/tow, et qu'on dit ressembler à la nicotine. , j u ■

t LOBIEK (lo-bié), s. m. Espèce de champignon (L'cnre bolet). .. ^,, . .

t LOBULAIRE (lo-bu-Iê-r'), ad;. Terme d'histoire naturelle. Oui a la forme d'un lobule, qui appartient à un lobule. .

LOBDLE (lo-bu-r) , X. m. || 1° Terme d histoire naturslle. Petit lobe. Les lobes se divisent en une multitude de lobules. || Terme d'anatomie. Lobules du cerveau, voy. lobr. || Terme de botanique. Rudiment de feuille qui, dans les plantes monocotylédones, se développe quelquefois du côté opposé au cotylédon, et représente imparfaitement un second cotylédon. || i° Lobule de l'oreille, voy. lobe. — ETYM. Diminutif de lobe.

t LOBULE, ÊE (lo-bu-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est divisé en lobules.

t LOBCLEUX, EUSE (lo-bu-leû, leû-z"), adj. Qui a beaucoup de lobes.

+ L0Bl!LISAT10.\ (lo-bu-li-za-sion), s. f. Terme de phvsiologie. Passage d'un tissu à l'état lobule.

LOCAL, ALE (lo-kal, ka-1'), adj. || 1" Oui appartient à un lieu. Qu'ajouterait à votre science [de voui. Dieu], à votre puissance, à votre grandeur, quelque espèce d'étendue locale que ce soit? boss. Étirât, sur myst. m, 3. Il y avait déjà des coutumes lociUi dans la première et la deuxième race, mon- TESQ. Jr*p. ixviii, 12. Ce qui vient de Dieu estuniveritl et immuable; ce qui vient des hommes est local, Inconstant et périssable, volt. Dial. xxviii, 3. Le bruant fou ne se trouve point dans les pays septentrionaui, et son nom ne paraît point dans les zoologies locales de la Suède, du Danemark, etc. BUFi'. Ois. t. VIII, p. 70. Il ne pouvait plus faire renaître ces petites circonstances locales qui l'attendrissaient profondément, stael, Delphine, B' p. 11 ne suffit pas que Uobertson se montre à moi impartial envers Luther et Léon X ; il faut que son récit soit assez complet, assez personnel, assez local, pour qu'en le lisant je conçoive et le rôle des deux personnages et la puissance qu'ils ont exercée l'un et l'autre, villemain, Littér. franc, ts* siècle, s* par(. 4* leçon. |{ Mémoire locale, celle qui retient particuUèrementla disposition et l'état des lieux, des choses, des idées et même des mots; locution fondée sur ce que les anciens, dans leur mnémotechnie ou mémoire artilicielle, faisaient apprendre par cœur à leurs élèves toutes les partiesd'un palais, par exemple ; on s'imaginait déposer dans chaque lieu tzmtôt une pensée, tantôt une phrase ou un objet qui les rappelait ; et, en repassant en idée par les mêmes lieux, on retrouvait les mêmes objets ou les mêmes mots; de sorte que la mémoire ttait essentiellement locale. Il Terme de peinture. Couleur locale, couleur propre à chaque objet, indépendamment de la distribution particulière de la lumière et des ombres. IIFig. En littérature, couleur locale, observation exacte des mœurs, des usages, des temps et des lieux; c'est ce qu'on nommait autrefois les mœurs, le costume. Je pouvais à présent corriger mes tableaux, et donner à ma peinture de ces lieux célèbres les couleurs locales, chateaubr. Jtin <"part. Vers l'an de grice 1827 j'étais romantique.... nous entendions par couleur locale ce qu'au xvii* siècle on appelait les mœurs ; mais nous étions trèsfiers de notre mot, et nous pensions avoir imaginé le mot et la chose, Mérimée, Avertissement de la Cuxla, 4 840. Il Terme de grammaire. Adverbe local, adverbe qui désigne le lieu. On dit ordinairement adverbe de lieu.jl Terme de mathématique. Problème local, problème qui se résout par un lieu géométrique. Il Terme de médecine. Affection locale, se dit, par opposition à affection générale, d'une maladie bornée à un seul organe, à un seul endroit du corps. Traitement local, applications locales, traitement, applications qui se font uniquement sur la partie malade. || i'S. m. Ce qu'il y a de local. H ne serait pas inutile que Votre Majesté ordonnât à M. Amelot de conférer, sur le projet à faire [un traité avec le roi de Sardaigno], avec quelques-uns de vos ministre», afin de su|iplécr aux connaissances du local •t de la cour de Turin qu'il ne peut avoir par luimême («7*3), Corresp. de Louis XV et de NoaiUcs 1. 1, p. 44. Nous avions toujours un grand atlas sur la table, pour suivre la position du local des événemento, d'ahgenson, Jf^m. t. i, p. <oo. || 3» Lieu considéré par rapport à sa disposition et à son état' Un vaste local. I.es locaux dont l'administration dispose. Il 4* Il s'est dit abusivement pour lieu partculier, localité. D'ailleurs connaissant mieux le local [Genève], vous faites des distinctions pins justes, j. 3. Rouss. Lett. à J. Yernet, 48 sept, iim

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— mST. XIV* s. Les choses locaus [applications locales] soient huile de violete et oignemens resumptis, H. DE mondeville, f° 67. Tout mouvement local est mesuré par aucun espace ou ligne laquelle descript la chose meue par tel mouvement, oresme. Thèse de meunier. Venons aux remèdes locals, BERNARD DE GORDON, Traduction, ii, 6. || xvi* s. Vostre maison est elle pas en bel air? ....Y a il quelque pensée locale qui vous ulcère? mont, iv, 4 25.

— ETYM. Provenç. local, logal; espagn. local; ital. locale; du lat. localis, qui est dérivé de locus, lieu (voy. lieu).

t LOCALEMENT (lo-ka-le-man) , adv. D'une manière locale, relativement aux lieux. Dire qu'il est partout, pourrait signifier que la substance de Dieu s'étend et se rapporte localement à tous les espaces divisibles, pénel. Exist. ch. ii, Immensilé.

f LOCALISATION (lo-ka-li-za-sion), s. f. Terme didactique. Action de localiser. La localisation des facultés intellectuelles et morales qui, d'après Gall, appartiennent chacune à une partie distincte du cerveau. || Terme de médecine. Production, en un lieu déterminé du corps, d'une lésion consécutive à un état général morbide, dit diathésique. La localisation, à la peau, de l'infection variolique.

f LOCALISER (lo-ka-!i-zé) , V. a. || 1" Placer, par la pensée, dans un siège déterminé. Les facultés localisées par la phrénologie dans des parties déterminées du cerveau. On a essayé de localiser les fièvres dans le tube intestinal, dans les nerfs, dans le sang. Il 2° Se localiser,», réfl. Se fixer en un point. La maladie s'est localisée, et il est sui-venu un point de côté.

— ÉTYM. Local.

LOCALITÉ (lo-ka-li-té), s. f. || l" Particularité ou circonstance locale. Les patois montrent que la langue française s'est modiiiée suivant les localités. Pausanias, dans sa Corinthie, et Plutarque, dans la Yie d'Aralus, nous ont fait connaître parfaitement les monuments et les localités de l'Acro- Corinthe, chateaubr. Itin. l" part. || 2" Terme de peinture. Qualité de couleur qui ne convient qu'à telle ou telle place. || 3° Kapace ou région circonscrite. Localité malsaine. || 4° Terme de philosophie. Qualité de l'être en tant qu'il occupe une place ; impénétrabilité.

— ÉTYM. Lat. localitatem, de localis, local.

f LOCAR (lo-kar), s. m. Nom populaire du froment monocoque (graminées), dit aussi locular. Il Adjectivement. Le froment locar.

— REM. Il ne faut pas confondre ce froment monocoque avec le froment épeautre, dit vulgairement épeautre, et qui a été parfois désigné aussi sous le nom de froment locar ou froment locular, par confusion d'épeautre avec petit épeautre, autre désignation vulgaire du froment monocoque, legoarant.

LOCATAIRE (lo-ka-tê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui lient à loyer une maison ou une portion de maison. Cette femme est ma locataire. C'est ainsi que, durant dix ans que j'ai été son locataire, sans lui inspirer une amitié bien tendre, je n'ai jamais perdu son estime ni ses bontés, marmontel, ilém. VI. |] Principal locataire, la personne qui loue du propriétaire une maison pour la sous-louer en totalité ou en partie.

— HIST. XVI' s. Le locataire doit estro tenu clos et couvert, loïsel, 47b. Les hommes se donnent à louage ; leurs facultez ne sont pas pour eulz, elles sont pour ceulx à qui ils s'asservissent; leurs locataires sont chez eulx, ce ne sont pas eulx, mo.nt. IV, 4 47.

— ETYM. Provenç. logadier, logatier, locadier; du lat. locatarius, mercenaire, homme à gages, de locare, louer 2. En latin, locatarius est celui qui se loue ; on français, locataire est celui qui prend à louage.

LOCATIF, IVE (lo-ka-tif, ti-v'), adj. || 1° Qui regarde le locataire, la location. Réparations locatives, celles qui sont à la charge du locataire. || Risques locatifs, responsabilité encourue par le locataire pjurles dommages qu'il peut causer. || Valeur locative, ce qu'un immeuble peut rapporter quand on le donne à loyer. || 2° Terme de grammaire. Cas locatif, cas qui exprime le lieu. 11 y a dans le sanscrit un cas locatif.

— HlST. XIII* s. Car chevaliers ostre voira [il voudra] De la main au roi Loeîs, Qui u'estoit mie locïs [de louage, de vil prix], Blanche et Jehan, v.il&T. Il XV* s. Et le lendemain.... il le fit tuer.... de ses meurtriers affectés et locatifs, comme dit est dessus, monstrel. I, 77. Il XVI* S. Dieu seul est éternel; de l'homme élémentaire Ne reste après la mort ny veine ny artère : Qui pis est, il ne sent, il ne raisonne plus, Locatif dcsoharaé d'un vieil tombeau

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reclus, RONS. 785. Les locatifs [locataires] des maisons tant de la ville de Bourges que des autres villes, Coust. génér. t. ii, p. 329. Tous les hommes sont mis ainsi que locatifz Sur cette terre icy, où Dieu les laisse vivre, Non afin que le monde ou la chair les enyvre, Mais pour lever au ciel leurs yeux contemplatifz, perrin, Poésies, p. 7(, dans lacurne.

— ÉTYM. Lat. iocare, louer 2, avec le suffixe ii'us, qui se rend par if; mais loe'is, dans l'historique, vient de locaticius, de louage, mercenaire.

LOCATION (lo-ka-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il t° Action par laquelle on donne ou prend à loyer. || La chose louée; le prix du loyer. Ma location est chère. || 2° Location de loges, action de louer des loges au spectacle. || Dans un théâtre, le bureau môme de location. Prendre un billet à la location.

— HIST. XVI* s. Location, cotgrave.

— ÊTYM. Lat. locationem, de locare, louer 2. LOCATIS (lo-ka-lî; , s. m. Terme familier. Mauvais cheval de louage.

— liEM. L'édition du Dictionnaire de l'Académie de 4762 écrit locati.

— ÉTYM. Locatis, ou, plutôt, Joco(t, est une ancienne prononciation de locatif, où Vf ne sonnait pas.

t LOCELLE (lo-sè-l'), s. m. Terme didactique. Petite loge. Il Cavité particulière de chacune des loges de l'anthère, dans les orchidées.

— ÉTYM. Lat. locellus, petite loge, de locus, lieu (voy. lieu).

LOCH (lok), ». m. Terme de marine. Instrument employé en mer pour mesurer la vitesse progressive du bâtiment; c'est une petite planche qui a la forme d'un secteur de cercle de 7 à 8 pouces de rayon; la base circulaire en est chargée de plomb, parce que, jeté à la mer, il doit flotter dans une situation verticale et s'enfoncer dans l'eau assez pour.qu'il ne puisse prendre que très-difficilement un mouvement progressif; ainsi rendu immobile autant que possible, on voit en combien de temps le bâtiment parcourt l'espace mesuré par une corde ou ligne auquel le loch est attaché. Jeter le loch. || Bateau de loch, petite planche qui fait partie du loch. {| Ligne ■; du loch, ficelle qui est attachée au loch et qui s'é- T tend sur la surface de la mer à mesure que le vaisseau s'éloigne du loch; c'est ordinairement au bout de 30 secondes qu'on prend sur la ligne la mesure de l'espace parcouru. || Table de loch, ardoise ou tableau de bois noir pour marquer les heures où le loch a été jeté, les nœuds ou divisions correspondantes, l'aire de vent, etc.

— ÉTYM. Angl. log ; suéd. logg. Origine incertaine. On a dit que le loch fnt inventé par un Anglais nommé Loch ; mais cela n'est appuyé sur rien; il est possible que Joc/i tienne à l'anglais log morceau de bois.

t LOCIIAGE (lo-cha-j'), *. m. Action par laquelle le raffineur de sucre détache les pains de la forme, en les secouant, sans les retirer.

— ÉTYM. Locher.

LOCHE (lo-ch'), s. f. Il 1* Nom de toutes les es-

p'eces de poissons qui, en France, appartiennent au genre cohite. La loche franche est le cobilis barbatula, L., et la loche des étangs, le cobttis fos&ilis, L. Il 2° Nom, en quelques provinces, de la limace.

— HIST. xiir s. Vos deùssiez laissier ester Le debate'is de ces cloches ; Mieux vos venist peschor as loches, Qu'enlremetre de tel mestier, Uen. 21640. Il XV* s. Qui ne pesche qu'une loche, si pesche il,

LEROUX DE LINCY, PrOt). t. I, p. 4 71). || XVI" S. Il

avoit en ruelle de son lict un dard, duquel il tuoit des loches [limaces] en son jardin , d'aub. Fœn. m, 23.

— ÉTYM. Espagn. loja; angl. loach.

LOCHER (lo-ché), D. n. 111» Branler, être près

de tomber, en parlant d'un fer de cheval. Regardez au pied de ce cheval, j'entends un fer qui loche. || Fig. Avoir toujours quelque fer qui loche, c'est-à-dire avoir souvent de petites incommodités, n'être pas d'une bonne santé. Je ne dis pas cela, mais le monde est si faux. Une fille toujours a quelque fer qui loche, begnard, le Bal, se. 7. || Fig. Il y a quoique l'or qui loche, c'est-à-dire il y a quelque chose qui empêche cette affaire d'aller bien. 112" V. a. Secouer les formes pour détacher les pains do sucre de leurs parois, sans les en tirer, ce qui se fait on frappant doucement le bord de la forme sur une espèce de bloc. || 3° Kn haute Normandie, locher un arbre, le secouer pour en fa.'re tomber les fruits.

— HIST. XIII" s. 11 leva sus en solevant, Le pié tcnt avant dont il cloche. Et la pel qui encor li loche, I-;t la jambe et le pié maumis t^ui ol braon

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