SYN. DONNER DES LODANGES X, FAIRE L'ÉLOGE DE
Éloge est proprement un discours dans lequel on loue quelqu'un ; louange s'applique à un point particulier; c'est pour cela que, afin de le rendre partiellement synonyme d'éloges, il faut le mettre au pluriel. Ce n'est que par une dégradation de sens et dans un langage familier qu'éloge devient synonyme de louange; aussi ne peut-il le remplacer dans le style élevé ; et l'on dit les louanges de Dieu et non l'éloge ou les éloges. De plus éloge, tout familier qu'il est alors, tient de son sens primitif une généralité que louange n'a pas. Ainsi faire l'éloge de quelqu'un embrasse plus que ne fait donner des louanges à quelqu'un.
— HIST. XII* s. Celle nuiz soit soltaine [solitaire] et nient digne de loenge, Job, p. 46 1. ||xiv's. Maint homme en celui jours'ala aventurant, Pour acquérir honour et loengc plaisant, Guescl. 21296. Les loenges que l'en fait as diex, oresme, Eth. 28. ||xv» s. C'est la louenge d'un religieux d'aller peu souvent hors de son cloistre, Internelle consolation, m, 20. Il xvi* s. Heureux , qui pour guyde ont eu La louange qui est mère Et fille de la vertu, du bellat,
II, 48, verso Qui vous sera une grande louange,
et à moi un grand contentement, henhi iv. Lettres missives, 25 sept. 4 689, t. m, p. 4B. Louange d'ami n'a nul crédit, ny mépris d'un ennemy, leroux
DE LINCY, PrOV. t. n, p. 344.
— ËTVM. Louer 2, avec un suffixe ange ou enge comme dans vendange ; ce qui représente un baslatin fictif laudemia, comme vendange représente vindemia. X côté de louange, l'ancien français avait losange, qui signifiait louange et souvent tromperie ; losange appartient au domaine provençal, où le d latin se change souvent en s, laudare, lausar.
LOUANGE, ÉE (lou-an-jé, jée), part, passé, de louanger. (.ouangé à outrance par quelques flatlcurs.
LOUANGER (tou-an-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; louangeons), v. a. Donner des louanges. || So louanger, v. rifl. Se donner l'un à l'autre des louanges. Tour à tour vous et moi nous nous louangerons, POISSON, Pnête basque, dans le roux, Dict. corn. || Il ne se dit guère qu'en plaisantant.
— HlST. XVI* s. Louanger, cotorave.
— ÉTY.M. Louange.
LOUANGEUR, EUSE (lou-an-jeur, jeû-z"), $. m. etf. ||1" Celui, celle qui donne des louanges .sans discernement. Vous Êtes un opiniitre louangeur : eh bien I monsieur, cette femme que vous louez tant.... MARiv. l'Heureux ttrat. n, n.\\i° Adj. Il n'est pas louangeur. Paroles louangeuses.
— ÉTYM. louanger
t LOUBINE (lou-hi-n"), t. f. Espèce do poisson semblable à la truite. || Perche de Cayenne.
4. LOUCHE (lou-ch"), adj.\\l' Dont les deux yeux n'ont pas La même direction. Cet enfant est louche. Il Kig. Lapeur blême et louche est leur dieu, A. CHÉN. ïambes, jj L'envie est louche, se dit parce qu'elle ne voit jamais que de travers les actions et les choses d'autrui. jj Ilso dit aussi de l'œil et du regard. Petit do taille, noir, le regard un peu louche, corn. OEdipe, IV, 4. Lors, me semble, il ouvrit la bouche. Et, me regardant d'un œil louche, «e»»». Yirg.
n. Cest l'inégalité de portée de vue dans les yeux qui produit le regard louche, buff. De la vue. Je ne prétends pas que l'inégalité de force dans les yeux soit la seule cause du regard louche, il peut y avoir d'autres causes de ce défaut, id. ib. || Substantivement. Un louche. Cette observation est générale pour tous les louches, ainsi il est sûr qu'ils ne voient que d'un œil, bdff. De la vue. || 2° Fig. Qui n'est pas transparent, qui est troublé par des corps légers tenus en suspension. Ce vin est louche. Ces perles ont un œil louche. || Se dit des couleurs qui ne sont pas pures de ton. || Terme de peinture en émail. Ton louche, ton noirâtre qui obscurcit les couleurs et leur ôte leur vivacité. || 3° Fig. Suspect, peu clair. Une conduite louche. L'affaire [du quiétisme] , qui dormait un peu à la congrégation du saint-office, reprit couleur, et couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai, ST-siM. B«, 489. Je n'entends guère parler de gouvernements sans trouver qu'on remonte à des principes qui me paraissent faux ou louches, j. j. houss. Pologne, 6. || Substantivement. Il y a du louche dans cette affaire. Nancré crut ou sut que je n'ignorais pas le louche qui s'était mis entre le duc d'Orléans et lui, ST-srM. 256, 4 96. Pourquoi faut-il qu'il y ait toujours du louche en ce que tu fais? beaumarch. Mar. de Fig. m, 5. || 4» Fig. Terme de grammaire. Qui n'a pas la netteté, la clarté requise. Un trouble qui a du pouvoir sur des larmes, cela est louche et mal exprimé, volt. Comm. Corn. Rem. Horace, i, 4. On est toujours étonné de cette foule d'impropriétés, de cet amas de phrases louches, irrégulières, incohérentes, obscures, et de mots qui ne sont point faits pour se trouver ensemble, id. Comm. Corn. Rem. Pertharite, i, 4.||Sens louche, sens qui n'est pas clair, ou qui prête à un faux sens. || Construction louche, voy. construction. || Substantivement. Il y a du louche dans cette phrase.
— SYN. CONSTRUCTION LOUCHE, CONSTRUCTION ÉQUI- VOQUE. Une construction louche est une construction dont le sens n'est pas suffisamment clair. Une construction équivoque est celle qui se prête à plusieurs sens.
— HIST. XIII" S. Tout entor lui oste les mousques [mouches], Plusours en fait et clos [boiteux] et lousques, DU CANGE, hiscus. Ainçois que il encoreust ledit perill, il avoit les ieuz droiz et biax, et après il les a tozjors eu louches et tors, Miracles saint Loys, p. 4 44. ||xv*s. Mais quant il vient une fort mouche X la toile, cil [l'araignée ou le juge] fait le louche. Qui la deûst prandre et happer.... e. desch. Jfirotr de mariage, p. 8î.||xvi* s. Je sçai que tu scez qu'elle est louche, Mais je te veux dire comment, MAROT, m, 94.
— ÊTYM. Wallon, lus'; namur. lusk; provenç. losc; catal. Uusco; du lat. luscus, borgne. Le changement de sens ne peut faire ici difficulté; déjà de luscus, borgne, le latin avait formé lusciosus, louche, ainsi le changement de sens était déjà opéré.
t 2. LOUCHE (lou-ch'), s. f. Il 1° Cuiller à pot.
2° Grande cuiller à long manche, avec laquelle on sert le potage. || 3° Terme rural. Espèce d'écuelle emmanchée à un long bâton, qui sert à répandre les engrais liquides sur la terre.
— HIST. XIII' s. Saize louches d'or, nu cange, lochea. Il XV* s. Le duc a trois queux pour sa bouche, chascun compté par quatre moys; et doibt le queux en sa cuisine commander, ordonner, et estre obey, et doibt avoir une chaiere en tel lieu, qu'il puist veoir et congnoistre tout ce que l'on faict en la dicte cuisine, et doibt avoir en sa. main une grande louche de bois qui luy sert à deux fins, l'une pour assayer potaigo et brouct, et l'autre pour chas,ser les enfans hors de la cuisine et ferir si besoing est, DE LARORDE, Émaux, p. 369. Coclear, cuiller, louce, fcnEt.ER, Gloss. rom. lai. p. B2. || xvi* s Commencent à puiser dedans avec de longues et larges louches potières, ou cuillers do bois, etc. la Nouvelle fabrique des excellents traits de vérité, etc. Paris,
éd. p. lANNET, 48B3, in-18, p. 436.
— ÊTYM. Wallon, lose; normand, loutie; bas-lat. lochea. Origine inconnue.
t 3. LOUCHE (lou-ch'), t. f. Outil de tourneur, pour agrandir des trous déjà commencés.
f 4. LOUCHE (lou-ch'), t. f. Poisson du genre des labres.
t LOUCHEMENT (lou-cho-man), s. m. || 1* filât de celui qui louche. || Dans le langage scientifique, on dit strabisme. Il 2* F.n chimie, passage d'un liquide limpide i l'état louche, ses composants venant à se coaguler, à cristalliser, etc.
— HIST. XVI* 8. Louschement, cotgrats.
' LOUCHER Clou-ché), v. n. Avoir les yeux ou
tourner les yeux de manière que l'un n'ait pas la même direction que l'autre. Cet enfant louche d'une manière fort désagréable. Il arrive souvent aux myopes de loucher en regardant de près. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. Loucher s'est pris activement au sens de lorgner:Oubien,tâtaDtlepouls, le ventre et la poitrine. J'aurais un beau teston pour juger d'une urine, Et, me prenant au nez, loucher dans un bassin De» ragoûts qu'un malade offre à son médecin, régnier, Sat. iv.
— ÉTYM. Louche I .
t LOUCHEUIE (lou-che-rie), *. f. État des yeux qui sont louches. Cette loucherie [du cardinal de Bouillon], qui était continuelle, faisait peur et lui donnait une physionomie hideuse, si-sim. 384, 4 SB.
4. LOUCHET (lou-chè; le t ne se lie pas), s. m. Sorte de bêche propre à. fouir la terre. Bon villageois, à qui pour toute terre. Pour tout domaine et pour tous revenus. Dieu ne donna que ses deux bras tout nus. Et son louchet.... la font. Jument. Il Le louchet sert aussi aux mineurs et aux terrassiers. Il On dit aussi lochet.
— HIST. XIV* s. Un outil à pionnier, nommé lucet, DUCANGE, luchetum. Il XV* s Et afin que les chevaux qui le portoient allassent plus seurement et à son aide, y avoient plusieurs laboureurs et manouvriers qui alloicnt devant la dicte litière à tous louchez et autres instrumens, pour reffaire et abonnier les chemins, monstrelet, t. i, ch. xvi, ann. 44U. Il ïvi" s. En lieu pierreux, cela ne se peut faire avec la pelle ferrée, qu'on appelle en France besche , et en Languedoc luchet, ains en lieu d'icelle l'on emploie le hoyon, o. de serres, 96.
— ÉTYM. Wallon, losè, sorte de bêche. Ce parait être un diminutif de louche 2.
t 2. LOUCHET (lou-chè), s. m. Godet de tôle dont on arme les chaînes, continues des dragues.
— ÉTYM. Diminutif de louche 2.
+ LOUCIIIR (lou-chir), v. n. Terme didactique. Devenir louche, perdre sa transparence, en parlant d'un liquide.
— ÉTYM. Louche 4.
f LOUCHON (lou-chon), s. m. Terme de charpentier. Tronc de sapin sans nœuds.
4. LOUÉ, ÉE (lou-é, ée), part, passé de louer 4. Donné ou prisàbail. Un appartement loué trop cher.
2. LOUE, ÉE (lou-é, ée), port, possède louer ». Dont le mérite a été relevé par des paroles. Béni de Dieu, honoré des rois, aimé des peuples et loué même des pécheurs, fléch. Panég. ii, 4G8. Nous louons ce qui est loué, bien plus que ce qui est louable, la brut. xii. Les princes, loués sans fin et sans relâche des grands ou des courtisans, en seraient plus vains s'ils estimaient davantage ceux qui les louent, id. IX. Un bon prince est toujours assez loué d'être aimé, mass. Or. fun. Dauphin. Il Substantivement. Le louant [Condorcet] est plus véritablement philosophe que le loué [Pascal], volt. Mél. litt. Avertissem. Pensées de Pascal. \\ Dieu soit loué ! sorte d'exclamation par laquelle on témoigne son contentement. Le ciel en soit loué!— J'en alla joio au cœur,M0L. F. îa«.v,5. || Parplaisanterie. Voltaire en soit loué I chacun sait au Parnasse Que Malherbe est un sot et Quinault un Horace, gilb. Le 4 8* s.
4. LOUER (lou-é), V. a. Ijl* Donner à louage. Louer une maison à quelqu'un. Un tapissier qui loue des meubles. Nous espérons tous les jours do louer votre maison, sÉv. 39. || Fig. Voilà de nos veuves! le mari meurt à Pâques, portion de lit à louer pour la Saint-Jean, dancourt, la Femme d'intrigues, V, 7. Il Fig. et familièrement. Il a loué son ventre, il s'est engagé à aller dîner avec quelqu'un. Il Cet homme a des chambres à louer dans sa tête, c'est-à-dire il manque de cervelle, il est un pou fou. Il Terme de peinture. Figures à louer, personnages accessoires et inutiles. || t" Prendre à louage. Louer une loge dans un théâtre. Elle a loué la plus jolio maison du monde; elle n'en veut plu», SÉV. 22 mars l680.||Se dit des ouvriers do la campagne. Louer un garçon de ferme. || Fig. On dit d'un homme qui est hors d'emploi, qu'il est à louer. l| Fig. Je ne suis pas loué pour cela, réponse qu'on fait à quelqu'un qui demande quelque corvée qu'on ne veut pas faire. || 8* Se louer, v. réft. Se donner à louage, engager son service, son travail pour un salaire. Ia bonne dame habille on chambrière Le jouvenceau, qui vient pour so louer, la font, la Gageure. Le jour il [Clranthès] étudiait; la nuit il se louait pour tirer de l'eau dans les jardins, diuer. Optn. des anc. phil. (sloicisme). \\ Être pris à loyer, en parlant des choses. Les appartements so louent fort cher dans ce quartier.
— HIST. XI* ». Bien en porrat luer ses souiloiers.
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Ck. de Roi. III. Il xii' s. Ki primes furent saziez frassadésl, or se sunt pur pain liiez, flots, p. 6. Il xiii* s II svenoit que uns bons louoil une feme dusqu'à certain terme, beaum. xxxviii, »5. [Nous] passâmes la mer en une nef que nous louâmes, joiNV. ï08. Les gens le roy leur loerent les cstaus pour vendre leur danrées aussi chiers, si comme l'en disoit, comme il purent, ID. 217. Et s'il lieue cheval fors (hors) de la castelerie, taillur, Reeiteil,p. 46. Il XVI* s. En quelque tente ou maison louée, amyot, Bareel. 6. Les sismcs [schismes] qui pourroyent louer [mettre, loger] infinités âmes en enfers, lettres de Louis III, t. ii, p. 3oo, dans lacukne.
— ETVM. Wall, louwer, lower, louxci; Berry, loger (j'ai logé 20 ouvriers pour faire une moisson) ; x^rowni;. Jogar,loguar, lojar; catal. llogar; anc. espagii. hgar; anc. ital. locare; du lat. locare, louer, proprement placer, de locus, lieu (voy.LiEL'). 2. LOUER (lou-é), V. a. || !• Relever par des paroles le mérite de quelqu'un ou de quelque chose. On ne peut trop louer trois sortes de personnes : Les dieux, sa maltresse et son roi, la font. Fabl. 1, 4 t. Le singe approuva fort celte sévérité, Et, flatteur excessif, U loua la colère Et la griffe du prince, et l'antre et cette odeur, m. t'&. vu, 7. i vous pouvoir louer selon votre mérite Je manque d'éloquence, et ma force est petite, «oi.. l'Ët. ii, 4 4. Vous avez sans doute entendu louer le chevalier de Grignan sur le passage du Rhin, sÉv. 27 août 4675. Si j'avais trouvé cette juste comparaison.... vous me loueriez par-dessus les nues, m. ♦ août 4 680. On parla de vous, on vous loua jusqu'au ciel, id. 4" mai i67i. Non, pour louer un roi que tout l'univers loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue, boil. Sat. IX. Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue, m. Art p. i. On loue tous ceux dont on croit avoir à espérer ou à craindre; jamais on n'a vu moins d'estime et plus d'éloges, duclos, Considér. sur tes moeurs, ch. 3. Laissons à l'orateur [Cicéron] qui charme sa patrie, Le soin de nous louer, quand nous l'aurons servie, volt. U. de Ces. )i, ♦. Oui loue tout n'est qu'un flatteur : celui-là seul sait louer qui loue avec restriction, id. Temple du goût, Icti. Je suis toujours étonné que le consul Pline, digne ami de Trajan, ait eu la patience de le louer pendant trois heures, et Trajan celle de l'entendre, lo. Vel. litt. Sur les panégyriques. Il Louer quelque chose à quelqu'un, lui en faire l'éloge. Quand il [Dieu] introduit les Israélites dans cette terre promise à leurs pères, il la leur loue afin qu'ils l'aiment, boss. Polit, i, ii, 3. || Louer de. Je TOUS loue d'avoir ainsi agi. Je dois plus à leur haine [des ennemis]... Qu'au faible et vain talent dont la France me loue, boil. Ép. viii. Oui, je te loue, 6 ciel, de ta persévérance , rac. Andr. V, 6. Il Absolument. Mais je sais peu louer ; et ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante, boil. Disc, au roi. Tu sais bien que mon style est né pour la satire; Mais mon esprit, contraint de la désavouer, Sous ton règne étonnant ne sait plus que louer, id. Épitre viu. Il Louer que, avec le subjonctif. Je vous loue foii que vous ne reconduisiez pas ; c'était pour en mourir, sÉv. n. IJFig. Je loue le torticolis qui vous a empêché d'avoir la fatigue de manger avec ces gens-là, sév. 6 janv. 4876. || Fig. llseditdes choses qui sans parler font un éloge. Ici, messieurs, mon silence le loue plus que mes paroles, flëcii. Lamoign. || i° Se louer, v. réfl. Se donner des louanges à soi-même. Il est malséant de se louer soi-même, l'endant qu'ils [les grands] ignorent l'économie et la science d'un père de famille, et qu'ils se louent eux-mêmes de cette ignorance, LA iiRUY. IX. Il Se donner réciproquement des louanges. L'autre jour, suivant à la trace Deux ânes, qui, prenant tour à tour l'encensoir. Se louaient tour à tour, comme c'est la manière, LA FONT. Fabl. XI, s. Il 3» Se louer de quelqu'un, de quelque chose, témoigner qu'on en est satisfait. Hais TOUS vous louez fort aussi du roi son frère, CORN. i4l(t7a, II, 5. Pour un qui s'en louera, dix millB s'en plaindront, la font. Fabl. iv, 2. Je ne cosse do me louer de sa société, sév. 473. Je me suis fort louée à Mlle de Scudéry de l'honnête procédé de M. de Péruis, id. 4 8 déc. 4 673. Vos prêtres... Des bontés d'Athalic ont lieu do se louer, iiAC. Athal. n, 6. Il Se louer de quelqu'un, se féliciter des rapports qu'on a avec lui. Se louer do quelqu'un, se louer d'un grand, phrase délicate dans son origine, et qui signifie sans doute se louer toi-même, en disant d'un grand tout lo bien qu'il nous a fait, la brly. ix.
— HIST. XI' t. Danz Alexis an lolhet Deu dcl
LOU
ciel, St Alexis, xxv. Qui ce vus lodet [conseille] que cpst plail degetun [repoussions], Ch. de Roi.
XV. [Il] Loat [remercia] son Deu, ne fist autre respons, th. XXXI. Tant [je] nel vous sai ne priser ne loer, ib. xxxix. Tort [il] nus a fait, nen est dieiz qu'il s'en lot, ib. cxliii. Veez l'orguil de France la loée, ib. ccxl. || xii* s. Nayines li dus, qui fit moût à loer, Ronc. p. 32. Li emperere de France la loée, ib. 66. Je cornerai [sonnerai du cor], se vous le me loez [conseillez.], ib. 84. Amer [aimer] tonte la meillor Qui soit par les bons loée, Couci, i. X tort s'en plaint li uns, puisque l'autre s'en lot, Sax. xvii. l'ar Deu! seigneur, fait-il, moult pensa grant folage. Oui à Charle loa tel conseil et tel rage, ib.
XVI. Estre bon entre les bons n'est mie chose ki rault face à loeir, mais estre bon entre les malz. Job, p. 44 (. Il XIII' s. Se je savoie un courtois chevalier Qui de ses armes fu loés et prisics, Je l'ameroie de gré et volontiers, hues de la ferté, iionia^icero, p. 402. Cil qui trop se loe a non vantercs [vanteur], brun. lat. Trésor, p. 273. Tybors, ce dist Aliste, loés en soit Jhesus, Derte, xxiv. Explicit, Diex en soit loez! Dites Amen, vous qui l'oez, ruteb. II, 220. Ce fu à l'ariver que nous feimes devant Damietie, là où tout son conseil li loa [conseilla], ainsi comme je l'entendi, que il demourast en sa neif, joinv. 492. || xiv s. Nous loonz tels pour les faiz et pour les œuvres à quoy ces choses les habiletent, obesme, Elh. 27. || xv s. Loué soit celui qui trouva Premier la manière d'escrire, cii. d'orl. Bal. 24. X qui te cuydes-tu jouer? Et je me devois tant louer De toy ? or fay que je m'en loue, Palh. [Je] vous dis que l'œuvre loue le maistre, Boude, i, 24. Ilxvi* s. Je loue Dieu, madame, que vostre affection aye esté si bien employée, mont, ii, 69. Ce que nature a faict pour moy, je m'en agrée et m'en loue, id. iv, 304. Le louer et le ineslouer s'entrerespondent rie si pareille conséquence, que.... id. IV, 341. Hz se magnifioient, et bault louoient eulx et leur capitaine, amyot. Aie. 69. Csesar mesme luy en escrivit de la Gaule, luy louant sa délibération, id. Crass. 3o.
— ÊTYM. Norm. loser; wall. lotrrder ; Hainaut, lauder; provenç. lausar, lauxar; catal. Uoar; esp. Inar; portug. lourar ; ital. lodare ; du lat. laudare, louer, dénominatif de lattdem (voy. i-os).
1. LOUI.UK, EUSE (lou-eur, eû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage. Un loueur de chevaux, de voitures. L'une est la fille d'une laitière, et l'autre d'une loueuse de chaises, genlis, Tliédt. d'éduc. Le vrai sage, it, 5.
— HIST. xin' s. Nule coze ne doit estre mise en autre usage que en celi por qui elle fu louée; et qui le [la] convcrtiroit en autre usage.... li loucres [celui qui a pris à bail] est tenus à rendre le damace, beaum. xxxvii, 7.
— f.TYM. Lnui-r I; provenç. logaire au nominatif, logador au régime ; catal. Uogador.
2. LOUEUR, EUSE (lou-eur, eù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui donne des louanges (avec l'idée de louanges données à tout propos). Vous verrez, madame, dans une lettre que je vous envoie.... que je ne suis point un loueur public, balz. liv. vu, lett. 32. Je ne parle point des campements et des marches, bien qu'en cet article seul je trouve de quoi donner à M. le Prince [Condé], je n'oserais dire la préférence [sur Alexandre et César], encore que j'en sois tenté, mais la concurrence du moins, et en cela je crois être un loueur modeste, la font. Lell. xii. ...Je vois qu'ils sont en toutes les affaires Loueurs impertinents, ou censeurs téméraires, mol. Mis. Ii, 6. Il [Corbinelli] a fait une épitre contre les loueurs excessifs; elle fait revenir le cœur, siiv. 293.
— HIST. XVI' s. [La louange] Venant d'un loueur louable. C'est un bruvage amiable, du bellay, ii, 40, recto.
— ETYM. Louer 2 ; provenç. lauzairc au nominatif, lauzador au régime ; port. Zoueador ; ital. iodatore.
LOUGRB (lou-gr'), s. m. Terme de marine. Petit bâtiment de guerre, fin dans ses formes de l'arrière, renflé par l'avant, ayant un grand inAt, un mât de misaine et un mât de tapecu, assez inclinés sur l'arrière et gréant des voiles à bourcet, bonnepoux et paris, 4 848.
— ETYM. Angl. lugger, de to lug, traîner, porter, luggage, bagage : navire porteur, navire de charge.
LOUIS (lou-i; \'s se lie : des lou-i-z entassés), s. m. Il l" \x)u\s d'or, ou simplement louis, monnaie d'or ainsi appelée, depuis Louis XllI, du nom des rois qui l'ont fait frapper. Le louis d'or fabriqué en 4 040 valait dix francs; ces louis portaient, d'un c&té, la tête et le nom du roi, de l'autre quatre
LOU
fleurs de lis, avec cette légende, Chnslus régna!, vincit, imperat. Le surintendant DuUion fit frapper les premiers louis d'or, duclos, Iforc. hist. Œuv. t. X, p. 270, dans pouoens. || Plus tard, le louis d'or a valu vingt-qu.itre francs. Gratis est mort ; plus d'amour sans payer- En beaux louis se content les fleurettes, la font. A femme avare. J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, boil. Épitre v. Il a eu le malheur d'amasser douze mille inutiles louis dont il eût pu, de son vivant, acheter douze millo plaisirs, volt. Lett. Tressan, 9 déc. 47-16. || Centlouis, 2400 francs. Il a cent louis de rente. || Dans notre nouveau système monétaire, le louis est remplacé par la pièce de vingt francs, appelée quelquefois louis sous la Restauration et sous le règne de Louis- Philippe; même encore aujourd'hui on dit souvent louis au lieu de napoléon : J'ai perdu dix louis. || Demi-louis, valant la moitié d'un louis. || Double louis, ancienne monnaie d'or valant 24 livres tournois ou 23 fr. 55 c. Il 2° Ancienne monnaie d'argent valant ordinairement 00, 30, et 4 5 sols. Les louis d'argent furent portés jusqu'à la valeur de B et môme de 6 livres. Ces derniers sont plus connus sous le nom d'écu de six livres.
— ÉTYM. Lat. Ludovicus, nom germanique, Illuodowtg, ou, pour les Francs. Chlodo-wcch ou tct'c/i, composé de /idiodo, lat. în-ch((ui, x),'jto;, illustre, et wig, combat : celui qui possède, qui a affronté des combats illustres, renommés.
t LOUISE-BO.N'NE (loui-ze-bo-n') , î. ^ Variété de poire d'automne, très-belle et très-bonne. La louise-honne d'Avrancbes.
LOUP (lou ; le p ne se lie jamais : un lou enragé; au pluriel, l's se lie:deslou-z enragés), î. m. || 1- Animal du genre chien, à oreille droite, queue horizontale, pelage fauve, sauvage et carnassier. Il défend que son corps [de PolyniceJ, sang d'Œdipe et de nous, Ait d'autre monument que le ventre des loups, botr. Anlig. m, 5. Le loup a beaucoup de force, surtout dans les parties antérieures du corps, dans les muscles du cou et de la mâchoire, bukf. loup. Le chien est doux et courageux; le loup, quoique féroce, est timide, id. ib. Les chasseurs distinguent les loups en jeunes loups, vieux loups et grands vieux loups, 10. ib. Nous avons aperçu les grands ongles marques Par les loups voyageurs que nous avions traqués, A. i)B VIGNY, la Mort du loup. \\ Familièrement. U faitunfroid de loup, le temps est très-rigoureux. Il Être enrhumé comme un loup, être fort enrhumé. || Manger comme un loup, manger beaucoup. Ils ont mangé comme des loups, scarr. Virg. IV. Il Marcher à pas de loup, marcher sans bruit et à dessein de surprendre. || Loup gris, loup blanc, vieux loup renommé pour ses déprédations. Il Fig. Corbinelli est toujours un loup gris, comme vous savez, apparaissant, disparaissant, et ne pesant pas un grain, sév. 22 avr. mia. Je lis serment de ne jamais oublier la détestable nuit que ce vieux loup gris m'avait procurée en me menant l(iger chez lui, lesage, Cuzm. d'Alfer. m, 4. Il U est connu comme le loup gris, comme lo loup blanc, il est très-connu. || Il est décrié comme ]e loup blanc, se dit d'un homme très-décrié. {| Fig. Être au vieux loup, s'est dit anciennement en parlant d'un terme vieilli. «Au vent sitôt ne se vira» ce mot est au vieux loup, malh. Comment, sur Desporles, t. IV, p. 458. Il Courir un homme comme un loup gris, le poursuivre vivement. || Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père, se dit d'un bâtard, parce que, dit-on, les loups par jalousie déchirent celui qui acouvert la louve. || Ces gens vont queue à queue, comme les loups, se dit quand des gens arrivent à la suite les uns des autres. || U a vu le loup, se dit d'un homme enrhumé, à cause d'une vieille erreur populaire qui faisait croire à une action malfaisante du regard du loup. || U a vu le loup, se dit aussi d'un homme aguerri, qui a vu le monde, qui a été aux occasions. || Avoir vu le loup, en parlant d'une fille, exprime qu'elle a eu des galanteries. Il 11 a vu le loup, so dit aussi quelquefois d'un homme qui se tait subitement, voyant survenir celui dont il parlait. Lucrèce : Je crains ta folie humeur, garde-loi bien de rire; Tu sais.... — Virginie: J'ai vu le loup, madame, c'est tout dire, th. corn. Comt. d'Orgueil , iv, 2. || Savoir la patenôtre du loup, savoir certaines paroles prétendues magiques pour em[iècher que le loup n'étrangle les brebis Il Entre chien et loup, voy. chien. Mme de Sévigné a dit par une singulière ellipse : On .--oupe pendant le cliien et le loup, Z.f«.20 juin 4 089. || Fig. Tenir le loup par les oieillos, ne savoir quel parli pren<lre. Klle tient, comme on dit, le loup par les oreilles, CORN, le Meut, iv, 7. L'iiôtesse, ayant reconnu ton
LOU
LOU
LOU
erreur, Tint quelque temps le loup par les oreilles, U. FONT. Berc. || Donner la brebis à garder au luup, mettre quelque chose en une main infidèle. Il Enfermer le loup dans la bergerie, mettre quelqu'un dans un lieu où il peut faire aisément beaucoup de mal. Je viens, comme on dit, de mettre le loup avec la brebis, bbueys. Muet, ii, <5. || Enfermer le loup dans la bergerie, signihe aussi fermer une plaie, un abcès, sans qu'elle ait suffisamment supl'uré. Je songe... que d'être toujours trompée sur celte guérison [de ma jambe], c'est une trop ridicule chose.... il faut savoir s'il y a encore des loups dans la bergerie, et les en faire sortir, sÉv. IB avr. (U85. liSaut de loup, voy. saut. 112° Fig. Homme cruel, méchant. Quiconque est loup agisse en loup; C'est le plus certain de beaucoup, la font. Fabl. III, 3. Puisqu'entre humains ainsi vous vivez en vrais !oups,TraItres, vous ne m'aurez de ma vie avec vous, MOL. His. V, < . C'est ainsi que sont les hommes, naturellement loups les uns aux autres, doss. Polit, viii, IV, 2. Et même par sa mort leur fureur mal éteinte N'aurait jamais laissé ses cendres en repos. Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte i ces loups dévorants n'avait caché les os, doil. ^pi(ap/ied'irnauW.Faiblesagneauxlivrésàdes loups furieux. Nos soupirs sont nos seules armes, hac. Esth.i, 6. Fasse le ciel qu'ils | les jansénistes] n'aient jaraiis les bras longs! ces loups seraient cent fois plus méchants que les renards jésuites, volt. Leit. la Harpe, 2 juin 1768. Les Cimbres, qui marchèrent vers l'Italie et qui furent exterminés par Marius, étaient des loups alTamés qui sortaient de leurs forêts avec leurs louves et leurs louveteaux, m. Dict. phil. Roi. C'est à moi de nourrir mes enfants. Et d'arracher mon peuple à ces loups dévorants, in. Ilenr. x. Puis-je voir mes troupeaux bêlants Qu'un loup impunément dévore. Sans penser à ces conquérants Qui sont beaucoup plus loups encore? m. dans jULUEN.p.l 80. Quoique ces loupsflesfanatiquesjsoient à craindre, la philosophie, avec un peu d'adresse , viendra à bout de leur arracher les dents, d'alemo. Lelt.à Vollaire, U août (707. || ?,» Fig. La gueule du loup, le péril imminent. Se mettre h la gueule du loup. J'ai vite donné toutes les copies dont je me suis pu aviser, pour me tirer, moi, delà gueule du loup, p. L. co'jR. Lett. II, BO. Il On a dit aussi la gueule au loup. Cette guerre me touche donc au dernier point ; il [Charles de Sévigné] est présentement dans l'armée du roi, c'est-à-dire à la gueule
au loup, comme les autres, sév. s juin i672 Un
général portugais qui voulut porter la nouvelle luimême de la bataille qu'il avait gagnée contre les Castillans, et laissa sa pauvre armée à la gueule au loup, ID. 47 nov. 1075. Il 4° Loup du Mexique, ou loup rouge, espèce de chien. || Loup noir, espèce de chien. Il Loup doré, chacal. || 6° Nom vulgaire de phoques : le macrorrhin proboscidé, l'otarie de Pérou. On distingue deux sortes de loups marins: ceux de la plus grosse espèce pèsent jusqu'à deux mille livres, et semblent avoir le nez plus pointu que les autres, baïnal, Hisl. phil. xvi, i6. ||Loup de mer, nom du bars, poisson acanthoptérygien voisin d«s perches (labrax lupus), l'un des meilleurs des c6te.s de France. || Loup de mer est aussi le nom donné, à cause de sa voracité insatiable, kVanarlticas lupus, t. appelé par les Anglais sea-wolf. || Fig. et familièrement. Loup de mer, nom qu'on donne quelquefois familièrement à de vieux et intrépides marins, peu habitués aux usages du monde. |{ Les vieux brochets .%ont aussi parfois nommés loups par les pêcheurs. Il 6' Tribu d'aranêides qui chassent et attaquent leur proie à la course. Il 7° Terme d'astronomie. Consiellalion ap|>clée jiarfois la Hête, la Lance du Centaure ou la l'anthère. || S" Espèce de masque de velours noir que les femmes ont porté pendant quelque temps pour se préserver du hâle ; il n'était point attaché, et elles le tenaient avec un bouton dans la bouche ; ainsi dit parce que d'abord il f lisait peur aux petits enfants. Elle a levé son loup, comme jiar nonchalance, F,l s'est pendant ce temps condamnée au silence, iuutkpociie, Espr. follet, V, 2. Elles deviipnt changer d'habits l'une avec l'autre, mettre de grandes écliarpes, et porter des loups, hamilt. Gramm. <0. Les femmes parurent no »e plus soucier de leur visage, et commencérfnt à le cacher; elles prirent un loup, et n'allonnl plus que roas(|uécs dans les rues, aux promcnadis, en visite et même à l'église, &t-foix, Ess. Paris, Œtiv. t. iv, p. H6, dans poi OPNS. Il 9* Nom donné autrefois à certains ulcères rongeants que l'on compi'.rait à des loups dévorants. || Nom vulgaire donné à une gastro-entérite compliquée d'hématurie, qui a été ob- «er\ée sur les vaches du département di l'Oise.
Il 10° Terme d'atelier. Défaut capital dans une pièce de bois, f, Faire un loup, faire un travail qui ne peut pas servir, s'appliquer. || 11° Terme de librairie. Instrument de bois aplati pour dresser les paquets quand ils sont cordés. || 12" Espèce de verrou ou de crochet qui arrête le chien d'une arme à feu. l\ 13° Terme de marine. Sorte de levier plus souvent nommé dent de loup. || 14° Terme de construction. Forte pince courbée avec laquelle on arrache les gros clous. Il 15° Morceau d'ivoire brut attaché à un manche, dont les orfèvres se servent pour polir. Il 16° Portion de la machine à carder la laine. Il 17° Nom donné aux anciennes machines cylindriques ou coniques employées à ouvrir le coton en balles. Il 18" Terme de pêche. Plusieurs genres de filets. Il 19° Terme de métallurgie. Masse de fonte qui s'affine ou se refroidit dans un creuset, s'y coagule et l'obstrue. Ce minerai extra-réfractaire [un minerai de ferj est plus propre à donner des loups que des gueuses, grandeau et laugel, Revue des sciences, p. 98. || 20° Broderie, découpure à dents de loup, broderie, découpure qui forme une suite d'angles aigus. || 21° Dent de loup, gros clou avec lequel on fixe les poteaux d'une cloison. || 22° Gueule de loup, sorte de plante dont la fleur a été comparée à une gueule, dite aussi mufie de veau, antirrhinum majus, L. scrofularinées. || Gueule do loup, sur une cheminée, voy. gueule, n* «. || 23° Tête de loup, grand manche de bois terminé par un balai rond, qui sert à nettoyer les plafonds. || Proverbes. Il faut hurler avec les loups, il faut s'accoutumer aux manières de ceux avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas. Tous ces Normands voulaient se divertir de nous; On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups, bac. Plaid, i, <. || Le loup mourra dans sa peau, il arrive rarement qu'un méchant homme s'amende. || Qui se fait brebis, le loup le mange, quand on est trop facile ou trop patient, on est sujet à être tourmenté, vexé, etc. Il Brebis comptées, le loup les mange, quelque soin qu'on ait de garder ce qu'on a et d'en savoir le compte, on ne laisse p.is quelquefois d'être volé; ce proverbe signifie aussi : cela porte malheur de prendre le compte exact de ce que l'on possède. i| Les loups ne se mangent pas, les méchants s'épargnent entre eux. || La guerre est bien forte quand les loups se mangent, se dit quand des gens de même profession sont en querelle. || Tandis que le loup chie, la brebis s'enfuit, proverbe grossier pour exprimer qu'il ne faut pas laisser échapper l'occasion qui se présente. || La faim chasse le loup hors efu bois, la nécessité contraint les gens à faire, pour vivre, bien des choses contre leur inclination. Raison [besoin d'argent] où il n'y a pas un mot à répondre, raison qui ferme la bouche, raison enfin qui fait sortir le loup du bois, sÉv. 14 oct. <694. Alors la faim, qui chasse le loup hors du bois, me fit sortir de mon gîte pour aller acheter des vivres, lesage, Gusm. d'Alfar. ii, 4. || Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui. — IIIST. xi° s. N'en mangeront [de nos corps] ne lu, ne porc, ne cliicn, Ch. de Roi. cxxx.||xii' s. Unques od [avec] lou, ce m'est avis. Ne fu unquore autre lou pris, benoît, ii, 34 23. ||xi!I* s. Les lous [elle] oit uller [hurler], et li huans Ichat-huanl] hua, Berle, xxv. Quar cis siècles est si changiez, Que uns leus blans a toz mangiés Les chevaliers loiaus et preus, kutf.d. 23|. Li lous le prent par grant aîr. As dcnz le houcepaigne et mort, Rcn. 24488. Li leu qui mouton sembleroit. S'il o les brebis demorast, Cuidiés ^ous qu'il nos devorasl? U /Jo.se, )HC4. La grant ardeur de son courage Le fait semblant à loup ramage [sauvage], nu CANCE, luptu. Adès i aura il du poil du leu [toujours y aura-t-il do la trahison], J. p. saiirasin, dans JolNviLLiî, p. 27:i, édit. de fr. miciiel, 1818. Il xiv* s. Car un proverbe dit par vraie autorité : "Toujours rova li leus devers le Lois ramé, Cuesct. 20009. Il XV' s. Leur faull avoir ung aultro engin nommé loup, ou quel a ung fer courbe qui a très forts dens et agus, qui sont assis do telle manière sur le mur qu'ilz viengncnt engoulor le Ircf du mouton (la poutre du bélier], et le tiendront si forl qu'il ne pourra tirer no avant ne arrière , !e Juuveiicel, f"87, dans i.ACURNE. Non pas vierge, non, mais rihaude. Qui fustcs en avril sy baude. Le tiers jour, entre chien et leu, i/ir. de Sie Geneviève. Nécessité do quérir à vivre fait saillir le loup du bois; pour ce que nécessité surmonte nature, alainciiar- TiER, Espér. ou eonsnlat. des 3 venus. || xvi" s. Le prince de Condé, sachant les dispositions des premiers délateurs, n'csloit pas en pclilo peine, tenant,
comme on dit, le loup par les oreilles, pour ce que la fuitte de la cour le mettoit en couine, sa demeure en danger, u'aub. Ilisl. i, 95. Le duc de Parme, la jugeant [une armée] deux fois plus forte que le duc de Maienne ne lui avoit faite, lui reprocha qu'il lui avoit fait le loup plus petit qu'il n'estoit, id. ib. m, 239. Il y estoit connu comme le loup gris, DESPÉRiERS, Contes, xxv. Perdant la parole comme ceux qui ont vu le loup sans y penser, YVEB, 586. Et s'il est autrement, que les loups [ulcères] me puissent manger lesjambes, Sat. Min. 4a. Si aucun s'ingère de parler de paix, je le courroy comme un loup gris, ib. 97. Il ne faut pas tousjours arrester le cours de ventre : car ce seroit bien souvent enfermer le loup dans la bergerie, paué, xx bis, 1 9. Il y a une autre espèce d'araignée nommée loup, pource qu'elle ne chasse seulement aux mousclies communes, m. xxiii, 35. Perrot, les loups m'ont veu, ma voix est enrouée, Je ne scaurois chanter, RONS. 743. Ores faisant semblant de vouloir combattre, ores s'esloignant tout à coup : retraicle de loup, monstrant toujours les dents, urant. Prince d'Orange. Deux loups après une brebis, cotgrave. Le loup sçait bien que maie beste pense, ID. Â mauvais chien ne peut on monstrer le loup, ID. Le loup alla à Rome et y laissa de son poil, mais rien de ses coustumes, id. C'est une bonne prise que d'un jeune loup, leroux de lincy, i'roti. t. I, p. 480. Jeune homme en sa croissance a un loup en sa pance, ip. ib. p. 481.
— ÊTYM. Wallon, leu ; Berry, loube, des deux genres, loup et louve; picard, leu; provenç. lup, Inp; catal. llop ; espagn. lobo; ital. lupo; du lat. lupus; grec, XOxoç; lithuan. vilka; slave, riiïAù ; anc. pers. var/to ;sanscr. vrïka. Le slave vlûkù explique la transition de varka, forme primitive de vrïka, en ralka, vlaka, el, par affaiblissement de Va,vluka; de là fXOxoi;, Xû/o;, et en latin lupus, par changement de la gutturale en labiale.
t LOUP-CERVE (lou-sèr-v'), s. f. Femelle du loup-cervier.
LOUP-CERVIER (lou-sèr-vié ; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie; des lou-sèr-vié-z affamés), s. m. Il 1° Quadrupède carnassier ressemblant à un grand chat, mais à queue courte. Us font voir que le lynx d'Élien est le même animal que celui qu'ils ont décrit et disséqué sous le nom de loup-cei-vier, buff. Quadrup. t. m, p. 304. || 2° Fig. Nom donné, par dénigrement, à ceux qui, spéculant sur les entreprises do l'Etat et sur les besoins publics, y font de gros gains, et, en général, à tout homme d'argent rapace. Vous, messieurs [Juifsj, vous fûtes autrefois les plus détestables et les plus sols loupscerviers qui aient souillé la face de la terre, volt. Mcl. /iù(. Un chrét. contre six juifs. Des supplices recherchés. || Au plur. Des loups-oerviers.
— lIIST. xv° s. Tigres, grilTons, lions, dragons horribles. Ours et lepars, Icu-cerves et panthères, 0. chastel. Exp.sur vérité mat pme.|i xvi* s. Loupcervier, PAIIÉ, I, 4 6.
— ÊTYM. Lat. lupus eervarius, loup de cerf, loup qui atlaf|ue les cerfs.
LOUPE (lou-p') , î. f. Il 1° Terme de «lédecine. Tumeur indolente, enkystée, qui vient sous la peau et contient une matière pultacéo. La princesse de Conti ne s'habillait pas encore, d'une loupe (]u'ello s'était fait Oler de dessus un œil, st-sim. 4i, 2;i4. Il 2" Terme de menuiserie. Excroissances, noeuds et racines dos différents bois. Les loupes d'ormes servent à faire de jolis ouvragi's do lablelterio. || 3" Tumeur qui fst naturelle à quelques animaux. Lo chameau naît avec des loupes sur le dos. || 4° F.xtravasation de matiôro nacrée à l'intérieur do la coquille des huîtres perlières. Les loupes de jierles sont des tumeurs dans les nacres, qui demandent beaucoup d'adresse pour les scier proprement. ]] Terme de joaillerie. Pierre précieuse que la nature n'a pas achevée. || Loupe de saphir, loupe de rubis, certaines parties imparfaites et grossières
3uiso trouvent quelquefois dans ces pierres. || 5° Nom onn& vulgairement à la lentille biconvexe, qui grossit beaucoup les objets à la vue. La loupe constitue lo microscope simple, || Loupes d'eau, nom qu'on donnait à des lentilles do verre lrès-giando-,et dont l'épaisseur était remplie d'eau distillée, Dict. des arts et nidt. Miroitier. Ces loupes composées de deux glaces sphériquos courbées et remplies d'eau, brûleront en bas, et produiront de plus grands effets que les loupes de verre massif, parce que l'eau laisse passer plus aisément la lumière que lo verre la plus transparent, bukp. Ilisl. min. Introd. part, cxp. OCuv. t. vit, p. 275. Il Fig. et populairement. Se dit d'un ouvrier paresseux, par allusion à celui qui
LOU
travaille à 1» loupe, et qui par conséquent ne va pas três-f ite. Quelle loupo! || 6° Terme de métallurgie Fer affiné, mais encore mélangé avec des scories et qu'on va passer au marteau, ou sous les cylindres cingleurs. L'ouvrier perce et pétrit avec des ringards cette loupe à demi liquéfiée, qui, par ce travail, s'épure et laisse couler par le fond du foyer une partie de la matière hétérogène que le feu du fourneau de fusion n'avait pu séparer, buff. Jfin. t. IV, p. 23. Il 7» Terme de monnaie. Nom donné lux briques et aux carreaux des vieux fourneaux, qui ont servi à la fonte de l'or et de l'argent, et qu'on casse, pour en tirer, avec le moulin aux lavurcs, les particules de métal qui peuvent s'y être aiuchées. Il 8" Caisse en bois qui sert aux peintres de décor pour s'asseoir ou s'élever.
— HIST. xiv« s. Une loupe de saphir encerclée en or, DE LABOBDE, Émoux, p. 369. |1 XV* 8. Le suppliant fcri un coup d'un goy, de quoy l'en arrache les buissons, de la louppe qui est devers le dos d'icellui gov, sur le front du dit Jehan, un cange, loppa. Il XVI' s. Amputer les excroissances, comme loupes, verrues, etc. pabé, Introd. 2. Une mittrc episcopale, toute semée de perles, garnie de grosses loiippcs de saphirs et autres meschantes pierres,
DE LABOHDE, fc'tn. p. 369.
— ÊTYM. Berry, loitbé; espagn. lupia et lobanillo; Coïre, luppe; du lat. lupa, louve, cette tumeur ayant été nommée louve, comme un ulcère a été nommé loup; cette étymologie est de Diez qui allègue l'allemand Wolfgeschwulst, tumeur do loup, gui signifie une loupe. Par assimilation de rondeur, le nom de loupe serait passé au verre grossissant et à la masse métallique.
t LOUPER (lou-pé), V. n. Terme populaire. Ne rien faire, faire le paresseux, se donner du bon temps. Il Boire.
— ÉTYM. Loupe, dans le sens de paresseux.
■(■ LODPEUR (lou-peur), s. m. Terme populaire. Paresseux.
— ÉTYM. Louper.
LOUPKUX, ECSE (lou-peû, peû-z'), adj. Qui a des nodosités, des loupes. Arbre loupeux.
— f.TVM. Loupe.
LOUP-GAROU (lou-ga-rou), t. m. \\ 1* Homme qui, au dire des gens superstitieux, erre la nuit transformé en loup. Faire en dépit du loup-garou Trois tours à l'entour des murailles, scaub. Yirg. 4 . Car enfin il en est qui, pendant tout un mois, Comme des loups-garous ne dorment qu'une fois ; Leur curieuse humeur toujours les inquiète, th. CORN, le Feint astrologue, i, 2. Les enfants croyaient au loup-garou, et les pères au cordon de Saint-Krançois, VOLT. Polit, et Ugisl. Sur la tolérance, S'il est utile d'entret. le peuple dans lasuperst. || Fig. Guéri du loup-garou, guéri des crédulités superstitieuses. Peut-être tous trois [Naudé, Gassendi etGui Patin], guéris du loup-garou, et délivrés du mal des scrupules, nous irons jusque fort près du sanctuaire [dans nos conversations intimes], gui fatin, Lett. t. II, p. 608. Il i' Fig. et familièrement. Homme qui est insociable et vit isolé. Vous, si vous connaissez des maris loups-garous, Envoyez-les au moins à l'école chez nous, mol. Éc. des mar. III, <o. J'ai passé tous ces jours-ci comme un loup-garou, sév. 4 0. Je ne prends pas pour vertu Les noir» accès de tristesse D'un loup-garou revêtu Des habits de la sagesse, 1. b. bouss. Odes, :i, 2. Mon humeur devint taciturne, je vivais en vrai loupgarou, J. J. Bouss. Conf. 1. Il a* Adjectivement. U a le repart brusque et l'accueil loup-garou, mol. t'c. des mar. i, 8. || i' Jeu d'enfant, petit bûton plat, à crans, au bout d'une ficelle, que l'on agite ciiculairement assez vite pour qu'il produise le son hou, hou prolongé. || Au plur. De» loups-garous.
— HIST. XIII" ». Bisclaveret ad nun en bretan, Carwall l'apclent U Norman, Jadis le pocit hum olr, Esouvent suleit avenir ; Humes plusurs garwall devindrent, E es boscagc» meisuns tindrent; Garwall si est beste salvage. Tant cum il est en bêle rage, Humes dovuro [dévore], grant mal fait, Fj granz forest» converse e vait, marie, Bisclaveret. Onque» lion» ne leus warous Ne fist si grant cssil de pro.e, Robert le diable. Ore» à Icu garoul pouturo rp8ture(Estliraien5cnfes....Gu«li.dcPa(erme.[Amaoas devenu furieux] Comme garous jeté la main. Si l'aert [la saisit] à la cote au sein. Encontre val tout U descire, Amadas et Ydoine. || xvi* ». Loup-garou, maladie ainsi appellée, pour ce que les malades Tonl (le nuit, ci hurlent comme chiens et loups, r»»«, Iniroil. 21. Timon, celujqui fut surnommé oiisantropc, comme qui diroil loup-garou ou hais- •ant le» hommes, amtot. Aie. J».
LOU
— ÊTYM. Wallon, îeu-warou, lètcarou; Hainaut, leuwarou; Berry, loup herou, loup brou; picard, leuwarou; norm. varou, loup garou, varouage, course pendant la nuit {garouage se dit avec le même sens parmi les paysans des environs de Paris) ; bourguig. leu-voirou; bas-lat. gerulphus, loup-garou. Gerulphus a donné garwall, garou; c'est donc gerulphus qu'il faut étudier ; il représente l'anglo-saxon rere wolf; danois, var-ulv; suédois, var-ulf, qui, étant composé de ver, rair, homme, et de wolf, ulf, loup, signifie homme-loup. La locution loup-garou est donc un pléonasme où loup se trouve deux fois, l'un sous la forme française, l'autre sous la forme germanique. FfrctcoJ/'est, on le voit, un composé semblable à iuxâvOpuitoç. Au germanique t-er, comparez t'i'r, ■îjpwç, en sanscrit vira, homme fort, et, en celtique rer, homme.
LOURD, OURDE (lour, lour-d'), adj. \\l° Malhabile, manquant de facilité et de pénétration. Homme lourd. Nos esprits sont plus lourds que ceux de votre Grèce, corn. Tois. d'or, m, i. Je n'entends point parler du terrible ouvrage du lourd Crévier contre Montesquieu, ni du livre intitulé : Fonctions du parlement, volt. Lett. Damilarille, 4 févr. <764. Ne vous fiez point à ces mains lourdes qui fanent les (leurs qu'elles touchent , id. Mél. litt. Fragm. lett. Acad. Berlin. S'expliquer avec un détail aussi superflu, c'est être lourd et pesant; voilà le contraire de la finesse, genlis, reill. du chat. t. i, p. 2C2, dans pouGKNS. || 2° Manquant de légèreté, de vivacité, en parlant des compositions de l'esprit. Manière d'écrire lourde et ennuyeuse. La touclie de ce peintre est lourde. Lourd de couleur, de dessin. Pancrace, mon cher maître, ô vous à qui je doi Ce ton lourd et guindé que vous vantez en moi, M. 1. ciiÉN. le Docteur Pancrace. \\ Style lourd, le style où manquent, non pas le.i qualités absolument nécessaires, comme la correction et la clarté, mais les qualités habituelles les plus agréables, comme la précision, l'élcgancD, le naturel, la vivacité, le mouvement. || Il se dit aussi delà manièrede converser. Conversation lourde. || 3° Qui indique de la lourdeur d'esprit, en parlant des choses. Tu te laisses donc prendre à ce lourd artifice, corn. Veuve, iv, 5. L'artifice est trop lourd pour ne pas l'éventer, id. Poly. V, <. Va, d'un piège si lourd l'appât est inutile, id. Iléracl. IV, «. Lourd et grossier abus! croyance ridicule, rotr. Bélis. V, 8. Cette faute [que je fis] fut une des plus lourdes que chacun pljt faire dans cette conjoncture, retz, iv, 8. Pour éviter toute équivoque, et ôter aux journalistes allemands tout prétexte de dire là-dessus, à leur ordinaire, quelques lourdes sottises, d'alemb. Lclt. au roi de Prusse, 9 févr. 4 780. IJV Qui a l'apparence de la lourdeur. Je m'accostai d'un homme à lourde mine Qui sur sa plume a fondé oa cuisine, volt, le Pauvre diable. \\ 5° Qui se rem'ie avec peine, aveceiïort, par opposition à agile, dispos. Les chevaux de Flandre sont lourds. Mais il lève déjà sa tête lourde et lasse, rotr. Hère. mour. iv, 2. J'aime un gros bœuf, doni le pas lent et lourd, En sillonnant un arpent dans un jour. Forme un guéret, où mes épis vont naître, volt, le Pauvre diable. || 6° Qui est, en raison du poids, difficile à porter. Un lourd fardeau. || L'air est lourd, il fait éprouver au corps la sensation d'un poids. On dit de môme : le temps est lourd. |l Faire une lourde chute, tomber do tout son poids. Et les plus hauts palais font les plus lourdes chutes, rotr. Ilerc. mour. m, 4. || Fig. Avoir une maison bien lourde, avoir une maison, un ménage bien coûteux. Six enfants sont une charge bien lourde pour ce pauvre homme. || Une lourde tâche, une lourde besogne, etc. une tiche, une besogne difficile et rude à faire. || On verra à l'historique et à l'étymologie, comment il se fait que le sens physique de pesant est, dans lourd, postérieur au sens qui a rapport aux qualités intellectuelles. || 7° S. m. Le lourd, partie d'une meule do moulin qui, étant plus dense et plus posante que le reste, rompt l'équilibre de l'ensemble.
— SVN. lourd, pesant. Tout corps est pesant, parce que la pesanteur est la tendance générale des corps vers le centre; mais on ne peut appeler lourds que ceux qui ont un poids considérable relativement à leur masse. Dans le sens figuré, et quand il s'agit de l'esprit, le mot lourd enchéri t encore surcehii de pesant, l'esprit posantconçoitavecpeine, avance lentementet fait peu de progrès: l'esprit lourd ne conçoit rien et ne fait aucun progrès, biîauzée,
— IIIST. xiii* ». Quant aucuns est trop paresscus, Enturlez, lours et oublieus, nu cange, lurdus. N'est si kurtois Ici n'est bastard S'il n'i aprent u tost u
I tard, Ne serjant si felun ne lurd, K'à prière se face
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surd, Edouard le confesseur, v. 902. Li soz vieillarz, li folz, li lors, Li enviellis de mauvais jors,
GAUTIER BE COINCI, p. 219. || XIV' S. Il bat, il
fiort, il rue les enfans de deçà; Et est nices et lours, sens ne manière n'a, Guescl. 4 19. ||xv" s. Et s'araans vont faisant les lours, Tantost congnoistray leur defi'ault, en. d'orl. Rondeau. X une grant court très notable Alay pour vir [voir] seoir les gens. Dont maint se mistrent à la table. Les uns lourdes, les autres gens, e. desch. Poésies mss. f- 280. Il xvi' s. Mais à quelque intention qu'il le fist, il commist une très lourde faultc, amyot, Péricl. 50. Lourd comme une busche, oudin, Curios. franc. X lourdes paroles sourdes oreilles, cotgrave.
— ÉTYM. Bourg, lor. Iode au féminin; Berry, lourd se dit du mouton atteint du tournis; ital. lordo sale, et aussi lurido; napolit. lurdo, sale; bas-latin, iurdus, sale, immonde; du lat. luridus, jaunâtre, livide. Le sens d'immonde, de pourrissant est une altération très-ancienne du latin luridus , puisque les Gloses de Raban le traduisent par fûl, c'est-à-diie pourri. Du sens de pourri, lourd est passé à celui d'inerte d'esprit, pesant d'esprit ; puis, par une singularité très-grande, du sens moral au sens physique de pesant. Il n'y a rien à objecter contre cette étymologie dont le point essentiel repose sur la glose de Raban offrant la plus ancienne modification du latin luridus, et que d'ailleurs tout l'historique appuie. On a parlé de horridus, qui a donné ord, ordp, avec agglutination de l'article, lord; mais les textes n'offrent aucune trace de cette agglutination. D'autre part, du Cange a invoqué le grec XopSàï, dont l'édiine est courbée : mais cette étymologie, d'ailleurs fort improbable, puisqu'on ne voit pas comment un mot grec serait entré dans les langue» romanes sans passer par le latin , ne rend pas raison du sens de sale, immonde.
LOURDAUD, AUDE (lour-dô, dÔ-d'), s. m. et f. Personne lourde d'esprit et de corps. Pour rendre par étude un lourdaud plus adroit, Régnier, Sat. X. Un lourdaud libéral auprès d'une maîtresse, Semble donner l'aumône alors qu'il fait largesse, CORN. Ment, i, 4 . Je tombai de votre galère. Comme un lourdaud, dans l'onde amère,scAnR. Yirg. vi. Ne forçons pointnotre talent;Nous ne ferions rien avec grâce; Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant, la font. Fabl. iv, 6.
— HIST. xui* s. 11 fut, ce truis [je trouve] un labourierres.... Qui moult iert [était] lordeset lunages [lunatique]... Tant lourdasvilain... Gautier decoinci, p. 618. Il xvi* s. Ils jugeoient qu'il ne seroit jamais qu'un lourdault et un niai.s, amyot, Fab. 2. Los tyrans faisoient largesse du quart de bled.... et lors c'estoit pitié d'ouïr crier vive le roy! les lourdauds n'advisoient pas qu'ils ne faisoient que recouvrer partie du leur, la boëtie, Sertit, volont.
— f.TYM. Dérivé de lourd ; wall. lourdà. LOURDEMENT (lour-de-man), adv. || 1° D'une
manière lourde, gauche. Plaisanter lourdement. Il 2" D'une manière qui marque un esprit lourd. Jamais si lourdement a-t-on pu se méprendre î TH. CORN. />. Cësor d'Avalos, iJ, i. Et lourdement tranquille, Entouré de bouffons et d'insipides jeux. Quand il avait dîné, crovait son peuple heureux, VOLT. Éd. d'un prince. ||3° D'une manière lourde, avec tout le poids. Marcher lourdement. Vous voilà donc pris, homme de bieni ali ! je vous mettrai en lieu d'où vous ne tomberez pas si lourdement, scABR. Jiom.com. i, 16. 11 croit voir un prie-Dieu, il se jette lourdement dessus, la bruy. xi. || 4" D'une façon qui pèse sur le corps (sens peu usité). Suis-jo mieux nourri et plus lourdement vêtu? la bruy. xii.
— HIST. xiv* s. Par le col me print sans mot dire. De fort estraindre se pena, lâ lourdement [laidement] me démena, j. bruyant, dans Ménogin, t. II, p. 5. Cellui qui la porto gardoit. Qui moult follement regardoit. Moult lourdement me print à dire : Qu'est-ce, que voulez-vous, beau sire ? Voulezvous entrer sans congié ? m. ib. t. il, p. 36. || xv* s. Si i out division des grans seigneurs d'avecque le delphin, pour avoir l'ennour de la première bataille, tant que tout l'ost du delphin se départirent lourdement et malvesement, Chr. normande, ch. 4i, dans viRiviLLE. Pour voir, Dieu fait bien ce qu'or fait; J'ay lourdement vers ly forfait, Jfir. de Ste Gencv. \\ xvi's. Faillir lourdement, amyot, IfarceJ. 3i.
— ÊTYM. Lourde, et le suffixe ment.
LOCRDERIE (lour-do-rie), s. f. Qualité de ce qui
est lourd, grossier, malséant. La lourdeiie de sa conduite en cette affaire est inexprimable.
— HIST. xvi' s. Lui mesme [Antoine] commença à se mocquer de la grossorio et lourderie du service de sa maison auprès de la somptuosité, propreté
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et élégance de celui de Cleopatre, amyot, Anton, 32. Non que je Teuille qu'on retournast encore à la lûunierie du temps passé où.... ïver, p. 629.
— ÉTYM. Lourd; Berry, lourderie, tournis du mouton.
LOURDEUR (lour-deur), t. f. État de ce qui est privé de légèreté et de vivacité. La lourdeur de son pas, de sa démarche. La lourdeur de son ton, de son style. Cet écrivain est d'une lourdeur assommante. L'habitude de voir presque toujours la lourdeur réunie à l'exactitude, de trouver à côté des décisions de la critique l'échafaudage insipide employé pour les former, a fait prendre celle de ne regarder comme exact que ce qui porte l'empreinte de la pédanterie, condorcet, Vie de Voltaire. \\ Il se dit très-souvent dans les arts du dessin. La lourdeur de cet édifice, de ces draperies.
— ÉTYM. Lourd.
LOURDISE (lour-di-z'), s. f. Faute lourde contre le bon sens, la bienséance, etc. Les Walpole manifestèrent la duperie et l'enchaînement de lourdises où ils avaient fait tomber notre premier ministre [Fleury], st-sim. <84, 209. D'Antin était trop initié dans les mystères de Meudon pour ignorer ces diverses lourdises [de ChamiUart], m. 234, 4)7.
— HIST. XVI* s. La d'inde pour sa lourdise et pesanteur, ne pouvant conduire les canetons, qui d'eux-mesmes sont très-lourds, o. de serhes, 378. La lourdise de plusieurs qui soustieauent que....
— ÉTYM. Lourd.
LOURE (lou-r'), s.f. Il !• Vieux mot qui signifiait musette, et qui a pris le sens de la danse à laloure, comme gigue le sens de danse au violon. 112° Sorte de danse grave de paysans dont l'air, qui porte le même nom, se bat à deux temps,et d'un mouvement marqué. Si l'archevêque de Paris s'avisait à la grand'messe de danser une loure ou une chaconne, volt. Dial. il. Pour le style [dans Zaïre], il ne faut pas s'attendre à celui de la Henriade ; une loure ne se joue point sur le ton de la descente de Mars, id. Lett. Formant, ib déc. <732.
— HIST. XVI* s. Et moy, j'ay bien perdu ma loure toute entière, Que Pernet déroba dedans ma panetière, RONS. 743.
— ÉTYM. On a indiqué le vieux Scandinave lûdr, danois luur, flûte de berger. D'autres regardent loure comme une altération de outre (d'une cornemuse) , avec agglutination de l'article. Ne pourraiton pas songer au latin lura, sacoche, bourse, et, par suite, musette?
LOURÉ, ÉE (lou-ré, rée), part, fossé de lourcr. Notes lourées. || Qui doit être joué dans le goût des airs de cornemuse, c'est-à-dire avec un caractère champêtre.
LOl'RER (lou-ré), c.o. Terme de musique. Lier les notes en appuyant sur la première de ciiaque temps.
— ETYM. Loure.
t LOUSSEA0 (lou-sô), LOUSSEC (lou-sèk), LOUS- SET (lou-sè) ou LOSSE (lo-s'), t. m. Terme de marine. Petit réservoir pratiqué pour recevoir l'eau dans le fond des embarcations qui n'ont point de pompe. On dit aussi ousseau.
t LOUSTIC (lou-stik) ou LOCSTIG flou-stigh) , (. m. Il 1° Bouffon qui existait dans les régiments suisses au service do France avant 92; ses fonctions consistaient à distraire les soldats, à les égayer, à les préserver de la nostalgie. Dans une marche, quand le loustig a ri, toute la colonne rit, et demande : qu'a-t-il dit? p. L. couB. ï* lettre particulière. Wl" Par extension, plaisant de caserne, homme qui amuse, qui fait rire par de grosses plaisanteries. Un plaisant (c'était apparemment le loustig du parti janséniste) mit ces vers au bas de l'estampe, volt. Dict. phil. Sottise des deux parts. Ce monsieur du journal m'appelle loustic, et c'est là-<le3sus que je le prends : il dit, et croit bien dire, parlant de moi, le loustic du parti national, et fait là une faute sans s'en douter, le bonhomme t ce mot est étranger ; lorsqu'on prend le mot des puislances étrangères, il ne faut pas le changer; les puissances étrangères disent loustig, non loustic, «t je crois même qu'il ignore ce que c'est que le loustig dans un régiment Teustche; c'est le plaisant, le jovial qui amuse tout le monde et fait rire le régiment, je veux dire le» soldats et les bas ofliciers; car tout le reste est noble, et, comme do raison, rit à part, p. L. cotiB. 2* lettre particulière.
— ETYM. Allem. lustig, gai, jovial, de Lust, plaisir.
LOUTRE (lou-tr'). || 1° S. f. Petit quadrupède carnassier de la famille des martres. La loutre est un animal vorace, plus avide de poisson que de chair, qui
ne quitte guère le bord des riviàres ou des lacs et qui dépeuple quelquefois les étangs, nuFP. Loutre. La loutre, qui sait si bien faire la guerre aux poissons, ne se creuse point de domicile; mais elle profite habilement des cavités qu'elle rencontre, bonnet, Contempl. nat. xn, 30, note 1. 1| 2° S. m. Un loutre, chapeau, manchon, etc. fait avec le poil ou la peau de la loutre. || Cet emploi n'est plus guère en usage aujourd'hui. On dit : casquette de loutre, fourrure de loutre.
— HIST. XIII* s. Plus set d'engien que ne set loutres, Bibl. des chart. 4* série, t. v, p. 469. Il XIV* s. Loutre est une beste qui merveilleusement destruict toutes eaues douces de poissons; et qui bien le veut prendre à force de chiens, si le chace en mars ou en septembre, que les eaux sont basses et les herbes petites, Modus, f* xli. Les espraintes [fiente] de la loutresse sont ung petit plus noires et plus cleres [que celle du mâle], t6. f» xli, verso.
— ETYM. Ane. wallon, loths; Berry, leûre, loure; provenç. luria, luiria, loiria; esp. lutria; port, et ital. lontra; du lat. lutra. D'après Varron [L. Lat. v, §79), Jutraest pour it/(/iro, et vient de XOu, parce qu'on dit que la loutre coupe les racines des arbres sur les rives; mais ce mot ne se trouve pas en grec. Bien qu'on ne puisse s'empêcher de rapprocher les noms sanscrit udra et allemand Otter de cet animal, on ne voit pas comment i-utra aurût pris un t prosthétique.
t LOUTREUR (lou-treur) , s. m. Celui qui chasse la loutre. || On a dit aussi et mieux ioutrier.
— HIST. XIV* s. Celuy qui est maistie loutreur doit avoir deux varletz ou plus du mestierpourluy aidier, Modus, f° xLi, verso.
t LOU'VART (lou-var), s. m. Terme de chasse. Jeune loup d'un à deux ans.
— ÈTYM. Dérivé de loup ou plutôt de louve.
t LOUVAT (lou-va), s. m. Terme peu usité. Jeune loup. Au bout de quelque temps que messieurs les louvats Se virent loups parfaits, là font. Fahl. m, <3.
— ÉTYM. Diminutif de loup; provenç. lobat.
i. LOUVE (lou-v'), s. f. Il 1° La femelle du loup. M. le marquis de Spontin Beaufort, ayant fait accoupler un chien avec une louve, a obtenu quatre mulets, trois mâles et une femelle, buff. Quadrup t. VIII, p. 6. Il Symbole de la ville de Rome. Les (ils de la louve, les Romains. La louve figurait, au lieu d'aigle, sur les enseignes de la république ; elle est souvent représentée avec Romulus etRémus qu'elle allaite. La louve reposait, comme celle de marbre , Qu'adoraient les "Romains, et dont les flancs velus Couvraient les demi-dieux Rémus et Romulus, A. DE VIGNY, la Uort du ioup. 112* Fig. et familièrement. Une louve, une femme très-adonnée à la débauche. Sachant bien que fortune est ainsi qu'une louve , Oui sans choix s'abandonna au plus laid qu'elle trouve, hégnier, Sat. xi. || 3° Terme de pêche. Baril défoncé des deux bouts, et placé sur l'écoutillon d'un bâtiment pêcheur. La louve sert de conduit pour jeter dans la cale la morue habillée. || Espèce de filet qu'on tend verticalement sur trois perches, en opposant l'ouvertureau courant. Il Nom des vcrvcux, suitout en parlant de ceux qui ont plusieurs ouvertures à chaque bout.
— HIST. xiri* s. Maintes estoires devisent que Romulus et Remus furent né d'une lue, brun, latini, Trésor, p. 43. Entor celé rivière [le Tibre] manoit une femequi sorvoit à touz communément, et tels femes sont apeléos en latin lues, m. if». Louve, goupille et chale sont trois bpstcs de proie, Chastieilusart. Il xvi* s. Plus mordant qu'une louve, ma- ROT, I, 251. De là en avant il n'y eut galoreaucune qui peust endurer la mer d'Escosse et d'irlando, où il falloit doubler, ils la trouvèrent si louve, comme on dit, que do fraieur qu'ils en prenoient, ils choisirent de se perdre aux terres, d'aub. Ilist. m, 200.
— ÉTYM. Wallon, lovrcsse ; provenç. et cspagn. loba; iial. lupa; du lat. lupa.
2. LOUVE (lou-v'), ». f. Instrument do fer taillé carrément, qui, placé dans un trou fait exprès aux pierres de taille, sort à les enlever.
— ETYM. Louve i, par comparaison avec la morsure do la louve.
LOUVE, ÉE (lou-vé, vée), part, passé do louver. Une pierre louvée.
— ETYM. Loute.
t LOUVELLK (lou-vè-n, S. f. lermo de marine. Border en louvello, border de manière que les bordages se touchent carrément l'un à côté de l'autre.
LOUVER (lou-vé) , V. a. Soulever une pierre avec la louve.
— £TYU. Louve a.
i. lOUVET, ETTE (lou-vè, vè-t'), adj. Se dit, chez le cheval, d'une robe caractérisée par la présence de la nuance jaune et du noir, qui lui donna une certaine ressemblance avec le poil du loup. Cheval louvet. Jument louvette. || Substantivement. Le louvet n'est, à proprement parler, qu'un isabcUs charbonné.
— ETYM. Diminutif de loup.
t 2. LOUVET (lou-vè) , s. m. Terme de vétérinaire. Nom donné quelquefois au charbon des bêtes à laine. || On dit aussi lovât.
— ETYM. Diminutif de loup; maladie ainsi dite par comparaison avec un ioup (voy. loup, n° 9).
t LOUVETAGE (lou-ve-ta-j'), s. m. Sorte de préparation donnée à la laine au moyen de la machine appelée loup.
— ETYM. Louveler.
LOUVETEAU (lou-ve-tô), «. m. \\ 1» Petit loup qui est encore sous la mère. Le temps de la gestation est d'environ trois mois et demi, et l'on trouve des louveteaux nouveau-nés depuis la fin d'avril jusqu'au mois de juillet, bufp. Quadrup. t. 11, p. 4 90. il Fig. Gens de race violente et rapace. Les millions qu'ils [les Carignans] y ont pris [à Turin] à toutes mains, ne se peuvent ni expliquer ni nombrer ; tout le monde l'a vu et senti ; on n'y a que trop reconnu les louveteaux du cardinal d'Ossat, ST-SIM. 485, 25. || 2° Se dit, dans les loges maçonniques, du fils d'un franc-maçon. Il 3* Sorte do coins de fer à l'usage des maçons, et servant à serrer de chaque côté la louve.
— HIST. xnr s. Quatre loviax gisent enmi. Et ma dame Hersent la love, Qui ses loviax norrist etcove, Ren. 360. S'ilagaires de tex loviaus Entre ces apostres noviaus. Eglise, tu es mal baillie. Se ta cité est assaillie, la Rose, 4ii73. |jxvi* s. Si n'est-il loup, louve, ne louvetpn.... Qui jamais eust sur moy la dent boutée, marot, ii, 50.
— ETYM. Wallon, leûton. Louveax, de l'ancien français, dérive directement de loup ; louveteau dérive de louvet, jeune loup, qui se trouve dans ce dicton : Mort du louvet, santé de l'aignelet.
4. LOUVETER (louve-té. La syllabe vet doubla le t quand la syllabe qui suit est muette : louvette, louvettera), v. n. Faire ses petits, en parlant d'une louve. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir,
— ÉTYM. Louvet, petit loup (voy. louveteau).
f ï. LOUVETER (lou-ve-té. La syllabe vet double le t quand la syllabe qui suit est muette : louvette, louvettera),*. o. Opérer le louvetage. Louveter de la laine. La laine louvetée est ensuite cardée.
— ÉTYM. Loup, instrument.
LOUVETERIE (lou-vè-te-rie ; bien que l'Académie ne mette point d'accent, la prononciation en met un),«. f. || l'Équipage pour la chasse du loup Officier de la louveterie. 1| 2* Lieu destiné à loger cet équipage.
— ÉTYM. Louvetier.
LOUVETIER (lou-ve-tié; l'rne se lie jamais j au pluriel, \'s se lie : des lou-ve-tié-z actifs), s. m. Il 1* Autrefois, officier qui commandait l'équipage pour la chasse du loup. || Grand louvetier, le louvetier des cha-sses du roi. Heudicourt obtint pour son fils la survivance de sa charge do grand louvetier, ST-SIM. 454, 438. Il 2* Aujourd'hui, propriétaire qui s'est engagé à entretenir un équipage pour chasser le loup.
— ETYM. Louvet, jeune loup (voy. louveteau).
t I. LOUVETTE (lou-vè-f), s. f.]\ 1" Louvette des piqueurs, ou, simplement, louvette, un dos noms vulgaires de l'ixodo ricin (arachnides), dite aussi tique des chiens. ||2'' Nom vulgaire donné à la cbenillo de l'hépiala lupuline (lépidoptères nocturnes).
— ETYM. Diminutif do louve.
+ 2. LOUVETTE (lou-vè-f). Terme de marine. Synonyme do louvello.
■j LOUVEUtt (lou-veur), f. m. Maçon qui louvs une pierre.
LOUVIERS (lou-vié), s, m. Sorte do drap fabriqué dans la ville de Louviers. Un habit de louvicrs. Do l'excellent louviers.
+ LOUVOVAGK (lou-vo-ia-j'), ». m. Terme de marine. Action de louvoyer. Il y a du louvoyago dans cet endroit, ou peut y louvoyer.
LOUVOYER (l(iu-vo-ié; plusieurs disent louvoi-é. L'!/ se change en » toutes les fois qu'il est suivi d'un e ; louvoie) , v, n, || 1* Terme de marine. Porter le cap d'un côté, et puis revircr de l'autre, pour ménager un vent contraire et no pas s'éloigner de la route qu'on veut tenir. Le vent étant devenu contraire, ils furent obligés de louvoyer, dans l'espérance qu'il changerait, lesage. Viable boif. ch. XV, dans pouoens. |!2° Fig. Prendre de»
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détours pair arriver à un but où l'on ne peut aller directcmet.t. Quand il ne s'agit que d'aller contre le vent, on louvoie, i. i. bolss. Em. i. Je 1 enten-
is seulement qui mo disait quelques mots pour m'engager k retarder mon départ, à écrire à mon pire que j'éuis malade, enfin à louvoyer avec sa volonté, STAËL, Corinne, m, «.||I1 se conjugue avec l'auxiliaire avoir,
— msT. XVI* s. Aians mis hors la voile latine et le trinquet, ils s'esloignerent aisément des autres jui ne pouvoient s'approcher qu'aux lis du vent, et Bloveant, d'alb. Uist. ii,30l. De là viennent à demie lieue de Mahomette, et n'aiantpas la mer commode, loveent en attendant les raports de Vincoguerrc, id. ib. ii:, eh.
— ÉTYM. Danois, lovere; suédois, lofva et (ofvera. La seule forme un peu ancienne que l'on possède est loreer et même aloveer, elle se rapproche tout à fait du danois, et elle écarte Joup: aller à la manière des loups. Outre que ce sens serait bien peu satisfaisant, on sait que beaucoup de nos termes de marine proviennent des langues du nord. On a dit aussi, au xvi' siècle, une mer louve pour une mer mauvaise (voy. l'historiquedi mot louve); mais louvoyer n'est pas aller par une mer mauvaise.
LOUVKE (lou-vr'), s. m. ||1° Ancien palais du souverain, à Paris. Philippe Auguste fit bâtir sur cet emplacement une tour qui porta le nom de tour du Louvre; on y enferma souvent des prisonniers importants ; Charles V y mit sa bibliothèqueconnue sous le, nom de lilirairie du Louvre. La partie qu'on nomms le vieux Louvre est due à François 1" et à Pierre Lescot, et fut terminée seulement sous Henri II. La galerie du Louvre, c'est-à-dire la galerie parallèle A la Seine, a été construite par Charles IX et Henri 111. La colonnade du Louvre est l'œuvre de Louis XIV et de Claude Perrault. Enfin la galerie du Louvre parallèle à la rue de Rivoli et complétant la communication du Louvre avec les Tuileries a été achevée j ar Napoléon III. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre Est sujet à ses lois [de la mort] ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois, malh. vi, iS. Et fuyant des grandeurs la présence importune, Je ne vais point au Louvre adorer la fortune, boil. Sat. ii. Le Louvre, après avoir été hors des murs pendant plus de six sièclcii, se trouva enfin dans Paris par l'enceinte commencée (K)us Charles V en <3C7, et achevée sous Charles VI m <383,sAiNT-F0ix, Ess. Paris, OEuv. t. m, p. <85, dans rouGENs. || Honneurs du Louvre, certaines distinctions attachées par le roi à quelque dignité et surtout à certaines familles très-nobles. Des chiens dont le pavé se couvre Distinguez-nous à nos colliers ; On sent que les honneurs du Louvre Iraient mal à ces roturiers, bérang. Itequête p. les r.hiens de qualité. || Louvre s'est dit d'une habitation royale en général, et surtout des châteaux des rois de France. Le Louvre de Fontainebleau. || Fig. Le prince (le lion] à ses sujets étalait sa puissance; En son louvre il les invita ; Quellouvre ! un vrai charnier, dont l'odeur se porta D'abord au nez des gens, LA FONT. l'abl. vu, 7. Mon appétit s'ouvre, Et mon œil découvre Les portes d'un louvre En tourle arrondi, bérang. Cocag. \\ 2° Musée du Louvre, galeries et salles du Louvre qui contiennent une riche collection do tableaux, de dessins, de statues, d'antiquités, etc. Etudier au Louvre. || 8° Par allusion au Louvre de Paris, maison superbe et magnifique. Tout est pour eux [les amantsj bon gîte et bon logis. Sans regarder si c'est Louvre ou cabane, la fokt. Cuv. Sa maison va être le Louvre des états [de liretagne), sÉv. 73. || Fig. Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau, racan, la Retraite. J'ai mille courtisans [mes livres] rangés autour de moi; Ma retraite est mon Louvre, et j'y commande en roi, DESTOucnES, rhil.mcr. i, 1. Bénis soient tes décrets, ô sagesse profonde, Qui me voulus heureux, et, prodigue envers moi. M'as fait dans mon asile et mon maître et mon roi ; Mon Louvre est sous le toit, sur ma tête il 8'abai.sse, De ses premiers regards l'orient le caresse, a. chén. ÉUg. xxiv.
— IIIST. xvi* s. Il [Charles IX après la Saint Barthélémy] tremble, il fait trembler par dix ou douze nuits Le cœur des assistants, quels qu'ils fussent, et pui« Le jour effraye l'œil, quand l'insensé découvre I.Gs corbeaux noircissant les pavillons du Louvre h'aub. Tragiquct, Its Fert.
— tTYM Bas-latin, lupara, lupera, nom du château, jadis hors Paris, qui est devenu le Louvre; on n'en connaît ni l'origine ni la signification.
i LOVE (lo-v^ , I. f. Masse de savon ayant la longueur d'une brique, Ui largeur et l'épaisseur de trois.
— ÉTÏJI. Angl. loof, pain (voy. Loud.