‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 115 sur 389 · LOZ · texte numérisé non relu

LOZ

WBoux DE UNCï, Frov. t. 11, Ï93. Loyauté vaut mieux qu'argent, id. ib. p. 34(.

— £TYM. loyal; provenç. leyaltat, leiautat, lealtat; espagn. leallad; ital. lealtd.

LOYER (lo-ié; plusieurs (lisent loi-ié; Vr ne se lie j^imais ; au pluriel, \'s se lie, les lo-ié-z enchéris), I. m. Il 1» Prix de louage d'un objet quelconque. Sous le règne de Franc is I"le total des loyers de toutes les maisons de Paris ne montait qu'à la somme de trois cent douze millelivres; aujourd'hui les carmes déchaussés, indépendamment du vaste terrain qu'occupent leurs jardins et leur couvent, jouissent de près de cent mille livres de rente en loyers de maisons qu'ils ont fait bâtir dans cette rue et dans les rues adjacentes, saint-foix, Eus. Paris, Œuv. t. III, p. 3H, dans pouGENS. Je pris à loyer une fort belle Circassienne, volt. Scarmentado, Un jour qu'elle [Mme de Maintenon] rassemblait chez elle une nombreuse compagnie, une blanchisseuse lui prêta des chaises et quelques autres meubles, et ne voulut jamais en recevoir le loyer, genlis, Mme de Maintenon, t. ii, p. 207, dans pougens. || Fig. Le mariage est un loyer ; On entre en octobre, on sort en janvier, bérang. Juge de Ch. || Donner une ferme i loyer, la louer à un fermier. || Loyer ne se dit point des prix qu'on paye ou qu'on reçoit pour une ferme; on dit fermage. || On ne dit pas le loyer d'un cheval, on dit le louage d'un cheval. || Absolument. Le loyer d'un appartement, d'une maison. Payer son loyer. Les loyers augmentent. Dix mille francs, dix mille francsd'amendel Dieu! quelloyerpourneuf mois de prison! bérang. <o ooo francs. || 2" Salaire, ce qui est dû à un serviteur, à un ouvrier pour ses services, pour son travail. On ne doit pas relenir le loyer du serviteur et du mercenaire, Dict.de l'Académie. Toute peine, dit-on, est digne de loyer, la font. Fabl. XII, 22. !| Peu usité en ce sens. || 3° Récompense, dans le style élevé et poétique. Mais seraitce raison qu'une même folie N'eût pas même loyer' MALH. II, 12. Les lois ... Confondent le loyer avec le châtiment, Régnier, Sat. m. Pouvoir dire : ce bras a servi Venceslas, N'e.st-ce pas un loyer digne de cent combats ? iiOTR. Vencesl. m, 8. Et, sans considérer quel sera le loyer D'une action de ce mérite, LA FONT. Fabl. VI, (3. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il [rarbrejsût faire; Il courbaitsouslesfruits, cependant pour salaire Un rustre l'abatlail, c'était là son loyer, id. ib. x, 2. Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin Qui, pour digne loyer de la Bible éclaircie. Te paye en l'acceptant d'un « je vous remercie », BoiL. Sat. VIII. Très-peu de gré, mille traits de satire Sont le loyer de quiconque ose écrire, volt. Ép. LUI. Un mot d'éloge est son loyer, lebrun, Éptt. I, «0. Psamménite eut le loyer de ses méchants desseins, car il avait tenté de faire soulever l'Egypte, p. L. COUR. Traduct. d'Hérod.

— HlST. XI' S. Oui mult te sert, malvais luer l'en (tu lui en] dones, Ch. de Roi. r.LXXXiii. 1| xii* s. Oui ci mourra loier aura moût grant,/fon«4D. 1 30. E vus.pur ço, ki Deu servez, cunforlez vus en bien, car pleniers de vos uevres iert [sera] li luiers. Rois, p. 3ol. En tant creisset plus li travalz, ke li lowier del tra- Tailb aprochent, Job, p. 487. jj xm* s. N'ont pas [les juges] (es honors por ce faire. Sans loier doivent à chief traire [mener à terme] Les querelcs que l'en lor porte, Ja Rose, 5696. Quimalvès sert, malvès loyer aient, beaum. i, 9. Par se [sa] tricerie, si comme s'il ptendoit loier à l'autre partie por fere perdre sonsegneur.<.equerele,iD.iv, 22.Etqniconques louera mcson à foie femme, il rendra au prevost ou au baillif le loier de la mcson d'un an, joinv. 295. Il xiv s. Pour ce que honour est le loyer de vertu et est attribué as bons, orp.sme, Eth. i 20. K meste Jehan le mie [mire], pour le leuwier de un keval, cafhaux, Abaltii de maitont, p. <l. Pour le leuwior de sesquevauli, iD.tb. p. t«. || xvi's. Oui bon maistre sert bon loyer en attend, cotobavp. Courtisants, qui jeltez vos dédaigneuses vues Sur ce cbien délaisse, mort de faim par les rues. Attendez ce loyer de la fidélilé, d'aub. Mémoiret,M. lalankk,?. 60.

— «TYM. Wallon, loiiuH, Iotc<; provenç. loguier, logucr ; esp. loQuero; du lat. Joeorium, priidu gile, t-e locare (voy. loup.b !)•

t.LOYOLISTE (lo-io-li-sl'), f. m. Disciple de Loyoïi. nom qu'on a donné quelquefois aux jésuit' s

t LOYOLinc>UE(lo-io-li-ti-k'),od;.0ui appartient a m conprPî'ition de Loyola ou aux jésnilen. Il y aura là-(lfd.ins [une Réngrapliie universolle publiée par un jésuite] quantité de relations loyolitiquo^ de ce» [lérns qui errent par le monde; maisje pense qu'il y aura bien aus<ii des menteries, oui patin, Lett. t.n, p. ï6).

l/ttANGK (lo-zan-j'), t. f. Voy. tosANOB.

DICT. DE LA LASOIIR FRANÇAIS»

t LOZANS (lo-zan), s. m. pi. Pâte de ménage, découpée en bandes, propre aux potages (Dauphiné).

LU, LUE (lu, lue), part, passé de lire. Un livre lu de tout le monde.

t LUBERNK (lu-bèr-n), t. f. Nom qu'on a donné autrefois à la femelle du léopard ou à la panthJre.

LUBIE (lu-bic) , s. f. Idée, volonté capricieuse qui passe par l'esprit. Je ne sais à qui en a le tyran du tripot [le théâtre]; si le tyran [duc de Richelieu] persiste dans sa lubie.... volt. Lett. d'Argental, 27 avril 1765. Mais par où de mon oncle arrêter les lubies? dorat, l'eintepar amour, m, 3. Seigneur Bartholo, si vous avez souvent des lubies comme celles dont le hasard me rend témoin, je ne suis plus étonné de l'éloignement que mademoiselloapourdeveiiirvotre femme, beaumarch. Barb. deSév. m, «2.

— HlST. ivi*s. Lubie, oudin, Vict.

— ÉTYM. Lat. luhsre ou iibcrc, avoir envie, vouloir. ■|LUBIN(lu-bin),».m.Terme de pêche. Bars ou loup.

— ÉTYM. Lat. Ltipimts, nom propre appliqué à un animal; de Lupus, Loup, nom propre fréquent au début du moyen âge et traduisant ulf, wolfàes langues germaniques.

LUBRICITÉ (lu-bri-si-té), s. f. Lasciveté excessive. Qu'on jette les yeux sur ce qui s'est publié de Tibère, de Caligula, de Néron, et l'on verra.... que le nom de ceux et de celles qui ont servi à leurs lubricités s'y trouve presque toujours exprimé , LAMOTHE LEVAYFR, Vertu des païens, 11, Julien, La fausse piété Qui, sous couleur d'éteindre en nous la volupté, Par l'austérité même et par la pénitence Sait allumer le feu de la lubricité, boil. Épigr. xxivii.

— HlST. XV' s. Fuy le gouffre de villaine lubricité, p. LEMAiBE , Pallas parlant à Paris. Ces vertusquisont contrairesà lubricité sonten luy, Bouciq. IV, 7. Il xvi's. La langue glisseroit d'entre les doigts, à cause de sa lubricité, ainsi que fait une anguille, PARÉ, VIII, 28. Les trois [les trois Valois] en mesme lieu ont à l'envi porté La première moisson de leur lubricité, d'aub. Tragiques, princes.

— ÉTYM. Provenç. iubrintat;espagn. lubricidad; ital. lubricità (voy. luhrique). Le sens propre est qualité de ce qui est glissant.

t LUBUIFICATIO.X (lu-bri-fi-ka-sion),î. f. Terme didactique. Action de lubrifier. Le clignement des paupières a pr ur résultat la lubrificalion de la cornée et de la conjonctive à l'aide du mucus de celte membrane et des larmes.

LUBRIFIÉ, ÉIJ (lu-bri-fi-é, ée), port. p(u«^ de lubrifier. L'œil lubrifié par les larmes.

LUBRIFIER (lu-bri-fi-é), je lubrifiais, nous lubrifiions, vous lubrifiiez ; que je lubrifie, que nous lubrifiions, que vous lubrifiiez, i). a. Terme didactique. Rendre glissant.I.a synovie lubrifie les articulations.

— HtST. xvi" s. Nous voyons qu'on lubrifie de choses onctueuses les corps durs et solides agités par fréquent mouvement, paré, i, 8. Huiles d'amandes douces, et autres choses lubrefiantes, id. xv, 4t.

— ÉTYM. Lat. lubricus, gli.ssanl, et facere, faire.

LUBRIQUE (lu-bri-k'), adj. Qui a de la lubricité. Un homme lubrique. || 11 se dit aussi des choses Hercule, qui nous voit écarter de la rive, Reconnaît à l'instant son lubrique dessein, botrou, llerc. mour. 11, 2. Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des feux de sa musique, bo:l. Sa(. X. Lorsque nous vous exhortons à fuir les plaisirs douteux, les spectacles lubriqucs,les assemblées de péché, mass. Carême, Fausse confess.

— HlST. XV' s. Vous povez biencongnoistre et voil X sa façon dyabolique. Que vaudoise est [Jeanne d'Arc), je la «jngnois, Desloyalle, faulce, lubrique, Uistere d'Orléans, p. 48b. || xvi' s. Faut prendre (iremieremcnt viandes faciles i cuire, ou lubriques [glissantes].... puis les viandes de difficile digestion ou astringentes, paré, Introd. 4 4. Ce plaisir lubrique, id. iviii, 4.

— ÉTYM. Provenç. lubric; espagn. et ital. lubrico; du lat. lubricus, proprement glissant, et, par suite, lubri(|UB, qui glisse facilement vers les plaisirs des sens. iMbricut paraît avoir môme radical queiutum, boue, et tKuti-tef.

LTBRIOUKME.NT (lu-bri-ke-man), adv. D'une mani^re lubrique. Parler lul)ri(]ucmeiit.

— HlST. xV s. Et disoient communément en Angleterre les liarons et les chcvalici-s : co duc de llreta^ne s'acquitta lubriquement [d'une façon glissante, mal srtre| et faussement, froiss. 11, 11, 131.

— ÉTYM. Lubrique, et le suffixe mnU.

fLUCANK(lu-k«-BT,*. m. Terme de zoologie. Genre

d'insccU;sooié<jpt*rei. On y distinguo le lucane cerf, dit vulgairemeot cerf-volant, taureau-volant, etc.

— ÉTYM. Lat. incaniM, cerf-volant, iii«e<jte.

LUC

t LUCANIDES (lu-ka-ni-d'), s. m. pi. Tribu de la famille des coléoptères lamellicornes, qui a pour type le genre lucane.

LUCARNE (lu-kar-n'), *. f. || i' Ouverture pratiquéo au toit d'une maison pour donner du jour au grenier. || Lucarne flamande, celle qui est formée il'une maçonnerie couronnée d'un fronton. || Lucarne demoiselle, lucarne de charpente couverte en triangle. || Lucarne faitière, trou dans le toit recouvert simplement par une tuile. || Lucarne à la capucine, celle qui est couverte en croupe de comble. Il Lucarne rampante, petite lucarne sans fronton pratiquée là peu près au milieu de la hauteur d'un comble. ||a° Par extension, le réduit qu'éclaire la lucarne. Que je retrouve encor les ris Dans la lucarne infortunée Où la bizarre destinée Vient do m'entcrrer à Paris, gresset. Chartreuse. C'est cotte nuit [la nuit du 4 août 1789] qui a supprimé les maîtrises et les privilèges exclusifs.... le maître tailleur, le maître cordonnier, le maître perruquier, pleureront; mais les garçons se réjouiront, et il y aura illumination dans les lucarnes I c. desuoulins, la Lanterne.

— HlST. XIV s. X la lueur de la lune qui entroit en sa maison par un luquenne, nu cange, lucnnar. Il XV s. Pour ouvrir deux lucannes, s, desch. Poésies mss. t° 213. Une meschine [jeune fille] ouvrit la lucarne de l'huys de la tour, Perceforest, t. iv, f" 4<». Il XVI' s. Le dit homme saisy de meubles fut pendu sur le champ, sans figure ni forme de proc^s, aux lucarnes de la maison où il avoit faict la pillage, CONDÉ, Mémoires, p. 682. Deffenses, avantmurs, lucarnes, canonnières L'on faict voiler en l'aer, avec noires fumieres, i. marot, v, (66. Pour avoir peint et doré la plomberie de quatre lucarnes de la grosse tour, BibJ. des ch. 6« série, t. v, p. (42.

— ÉTYM. Berry, lucane; génev. liqxtcrne. Diez indique le latin lucerna, lanterne, et il s'appuie sur la gothique lukarn, lanterne, et l'irlandais luacharn, même sens, pour prouver que de bonne heure !'« s'était changé en a. Mais, à moins de penser que la mot lucarne vient du gothique, ce qui ne se peut guère, on ne voit pas comment lucerna aurait donné lucarne; lucerna a produit régulièrement luiserne. Uailleurs la forme ancienne est non pas lucarne, mais lucanne ou lucane; il paraît donc mieux da rapporter lucane ou, par épentlicso d'une r, lucarne, à une forme semblable au provençal lugana, lumière, et dérivée du latin lux, lucis, lumière.

t LUCÈRES (lu-sè-r'j, s. m. pi. Nom que Romulus donna i la troisième tribu du peuple romain; les lieux autres étaient les taticns et Ica rhamnes.

t LUCERKAIEE (lu-sèr-nê-r"), ». m. (| 1' lenno de liturgie. Office du soir, célébré à la luour des lampes. Il 2" Nom, chez les premiers chrcticns. d« puits qui donnèrent un accès libre aux caticombos, à partir du IV siècle.

— ÉTYM. Lat. lucerna, lanterne.

t t. LUCET (lu-sè), *. m. Planche mobile qui forme un des côtés du ba.ssicot ou caisse de bois avec laquelle on enlève les blocs d'ardoise.

t 2. LUCET (lu-sè), s. m. Fruit do l'airelle, appelé ailleurs mauret.

— ÉTYM. Bas-bret. luce, fruit de l'airelle.

t LUCIIAGE (lu cha-j'), ». m. Terme de point d'Alençon. Action de lucher.

t LUCUË (lu-ch'), ». f. Terme de point d'Alençon. Instrument en verre aveclequel on luclic la dentolls.

t LUCIIKR (luché), ». o. Terme de point d'Alençon. Frotter la dentelle avec la luche; cette opéralion lui donne du lustre.

LUCIDK (lu-.siil'), adj. || l'Oui a du luisant (sene viedli).Aloêsiîocotrinoulucidc, le cent pesant payera dix livre.s. Tarif du \Ssepl.ic«'., Entrées. || 2" Fig. Oui a de la lumière, de la netteté. E.spril lucide. Idée» lucides. Il 3° Chez qui la lumière de la raison existe. Un fou lucide par inlcrvalle.f. || Où la lumière de la raison existe. Si, dans l'état de faiblesse où je suis, je trouvais quelijuo moment lucide, j'en profiterai» à l'ijistant pour satisfaire mon cœur, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 1» .sept. 1779. Jen'ai pas, comme Don Ouichotte, des intervalles lucides, p. l. cour. Lett. I, 114. Il Folio lucide, voy. folie. ||4' Terme da magnétisme anim.il. Qui a la clairvoyance supposée dans l'état magnétique. Ce uiagnétisé est lucide. Il S" S. f. Lucide, nom qu'on donnait à plusieurs étoiles do différentes constellations, qui paraissent plus brillantes que les étoiles voisine». La lucide d'Aries. On dit aujourd hui de préférence luis<'inlo.

— HlST. XVI' ». Ledit («plum lucidiim n'est autre diose qu'une partie du cerveau médiocrement so-

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