II. — <i
LUC
lide, loutesfois transparente et lucide, paré, m, 7.
— t.TiU. tat. lucidus, de lucere, luire.
+ LUCIDEMENT (lu-si-de-man), adv. D'une manière lucide ; clairement.
LUCIDITÉ (lu-si-di-lé), t. (. \\ 1* Qualité de ce qui e<t lucide, clair à l'intelligence. Lucidité de l'esprit, des idées, du style. |{ 2* État de prétendue clairvoyance magnétique. La lucidité de celte somnambule.
— ETïM. Provenç. Ivciàital; ital. luciàità; du bt. lucidus, lucide.
t LUCIE (lu-sie), t. f. Bois de Sainte-Lucie, bois dont on fait de menus ouvrages de tabletterie ; dit aussi mahaleb, cerasus mahaleb, L. et provenant, non de l'île de Sainte-Lucie, mais de Lorraine, et d'une petite forêt située près d'un couvent appelé Sainte-Lucie.
+ LUCIENNE (lu-siè-n"), *. f. Version lucienne, version des Septante, revue sur le texte hébreu par laint Lucien d'Antioche.
t LUCIES (lu-sie), s. f. pi. Terme de zoologie. Nom donné par Savigny à la 2" famille de la classe de mollusques nus qu'il appelle les ascidies.
LUCIFER (lu-si-fér), s. m. || 1" Nom, chez les Latins, de l'étoile brillante nommée Vénus, qui, marchant le matin devant le soleil, paraît au point du jour, et qui, suivant le soleil au soir, prend alors le nom d'Wesperus. |) 2° Chez les chrétiens, surnom de Satan. Mais de se mettre au-dessus du trône du Tout-Puissant, il n'y a eu depuis Lucifer, comme je crois, que les stoïciens qui l'aient osé entreprendre, LA MOTiiB LE VAïEH, Verlu des paiens, ii, Zenon, Laissez mon voile, esprit de Lucifer, la FONT. Psaut. Lucii'er, chef des infernales cours, Pour éviter les traits de ta furie, Escohar sait un chemin de velours, in. Ballade sur Escohar. Il lui fera bientôt, aidé de Lucifer, Goûter en paradis les plaisirs de l'enfer, boii.. Sat. x. On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable, volt. Dict. phil. Ange. Ce reflet émané du corps de Lucifer, C'était le pâle jour qu'il traîne en nos ténèbres. Le rayon sulfureux qu'en des songes funèbres 11 nous apporte de l'enfer, V. HUGO, Bail. VIII. Il Fig. C'est un vrai Lucifer, w dit d'un enfant turbulent, méchant. || 3° Dans un sens plus restreint, nom de l'esprit qui préside à l'orient, selon collin de plancï, Dicl. infernal.
— REM. Si le nom de l'étoile du matin a pu passer au prince des mauvais anges, c'est qu'il y a dans une poésie hébraïque cette exclamation : Comment es-tu tombée, étoile du matin (quomodo cecidisti, lucifer)1 En appliquant cette idée à la chute des anges, on est arrivé à nommer Lucifer le roi des anges tombés.
— lllST. xiii« s. [Ses yeux] Tant sont clair com se Lucifer, La plus claire estoile qui soit D'autres estoiles, s'en issoit, Homan de la poire. || xiv* s. 11 semble qu'il appartient bien que le roy ait aulcunc veslure laquelle n'appartiongne à aulcun autre; mais plusieurs veulent ressembler, comme Lucifer, en magnificence au plus grand, le Songe du rergier, i, U7. || xv« s. Mes Lucifer, qui la nuit chace.... proiss. Espinette amour.
— ETYM. Provenç. lucifer; espagn. et ital. lucifero; du lat. lucifer, étoile du matin, de lux, lucis, lumière, et ferre, porter.
j LUCIFÈRE (lu-si-fc-r'), adj. Terme de zoologie. Se dit des vers diaphanes et gélatineux.
— ETYM. Lat. lux, lucis, lumière, et ferre, porter, t LUCIFÉRIEN, lENNE (lu-si-fé-riin, ric-n'),odj.
Oui tient de Lucifer, du démon. La duchesse d'Orléans mo tourna sur ses frères, et, après quelques discours assez empêtrés, car l'orguoil luciféricn souffrait bien d'en venir là, elle me témoigna son Inquiétude de la première séance au parlement après le roi, st-si«. 402, uo.
+ LUCIFL'GE (lu-si-fu-j-). adj. Terme de zoologie. Oui fuit la lumière. °
7tVvnJ1t^^ '"f.: '"'îf' '"'°'^^'=' " f''9ere, fuir. I I.UHLB au-si-1') ,. f. Genre d'insectes dipt.'rcs comprenant la mouche dorée, luciJio cxiar
Jn,';^^'?"''' ''"-^'■"')- »•/• Terme de mythologie. Nom que les anciens donnaient à Diane, considérée comme la dées.<!e qui présidait aux accouchements A des travaux affreux Lucine nous condamne ■ il est
Wa.'Zist" '*'"' *'" ' "*""''' *• "^'""•
n,Z,V.\^' ^^- '■"f^l"'».' ''* '"'""«. '"ire, proprement la lune, consnleree dans son innuenc» L cn-
LUC
t 2. LL'CI.VE (lu-si-n'), s. f. Genre de mollusques marins.
t 3. LUCINE (lu-si-n'), s. f. Nom d'une espèce de poire, qui s'appelle autrement citron ou citron-vert.
t LUCIOLE (lu-si-o-1'), s. f. Il 1° Un des noms vulgaires donnés à la femelle du lampyre luisant. || 2" Un des noms vulgaires par lesquels on désigne la femelle du lampyre d'Italie (coléoptères), dite aussi mouche luisante (lampyre luciole, de certains auteurs).
— ÉTYM. liai, luciola, mouche luisante , de lucere, luire.
LUCRATIF, IVE (lu-kratif, ti-v'), adj. Qui apporte du lucre. Il y a encore quelques autres qui courent après celte répuiation lucrative [de chirurgien qui fait l'opération de la taille], cm patin. Lettres, t. Ii, p. 2G6. Avoir, s'il se peut, un office lucratif, la tRUY. xii. Vous savez que je [Louis XV] n'aime pas les grandes punitions, et que souvent, en punissant peu et en récompensant de peu, nous en faisons plus qu'avec les plus grandes rigueurs et les plus lucratives récompenses (<743), Corresp. de Louis AT et Noailtes, t. I, p. I6:<. Nous avons offert quinze mille francs; cclto somme est le double de ce qu'ils ont gagné dans les années les plus lucratives, VOLT. £flt. i>i/pori(, to oct. (775. Les Tartares désiraient toujours la guerre, comme les artisans veulent «xercor leurs professions lucratives, iD. Russie, fl, 2. Il Terme de droit romain. Se dit des choses que l'on acquiert par testament ou par donation. Possession, acquisition lucrative.
— lilST. xiii* s. Toute soutil science, haulte et intollective. Se pert hui par nos clers; car à la lucrative Queurent [courent] plus tost qu'il pueent [peuvent] por lor vie chetive, j. de meung, l'esl. 020. Il XIV' s. Les plus bêles cures [de maladies] et les plus lucratives, h. de mondeville, f" loi. Si comme des choses qui touchent médecine ou marchandise ou aucun négoce lucratif, ohesme, Etli. 07.
— ETYM. Lat. lucrativus, de lucrari, gagner, de lucrum, lucre.
t LUCRATIVEMENT ( lu-kra-ti-ve-man ) , adv. D'une manière lucrative.
LUCRE (lu-kr'), j. m. Profit qui se tire d'une industrie, d'une opération quelconque. Beaucoup de peine et peu de lucre! déranger, Jacques. Il Terme de casuistique. Lucre cessant, cas où l'on peut, sans usure, exiger au delà du principal qu'on a prêté, parce que la supposition est qu'on se fait payer non de l'intérêt, mais du dommage , vu qu'on n'est point obligé de procurer le bien d'autrui à son désavantage; ici le dommage est dans la privation de gain, lucrum cessans, qu'on éprouve quand on prête son argent à autrui , au lieu de l'employer soi-même au commerce, à l'industrie, à l'agriculture, etc.
— HlST. xvi" 8. Lucre, oodin, Dicl.
— ÊTYM. Lat. lucrum.
t LUCRÈCE (lu-krè-s'), s. f. || 1» Femme de Tarquin Collatin, qui, outragée par Sextus Tarquin, se tua pour ne pas survivre à son déshonneur. li 2" Une femme vertueuse. Et si leur sang tout pur ainsi que. leur noblesse Est passé jusqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce, boil. Sat. v. || 3" Une prude. Tout baigné des pleurs de sa Lucrèce, boil. Sat. x. Il Faire la Lucrèce, contrefaire la femme sage.
— HlST. XV' s. Et en a fait son plain pouvoir pour moy deshounorer; mais la mercy à la déesse Lucresse, tant bien me suis deflTendue contre ses entreprinses, l'erceforest, t. iv, f' 60.
t LUCUBRATEUR (lu-ku-bra-teur) , î. m. Terme peu usité. Celui qui travaille beaucoup à des ouvrages d'esprit, surtout la nuit. L'orgueil discret, la morgue taciturne De ce savant, lucubrateur nocturne, delillk, Convers. m.
— ÉTYM. Lat. lucubrarc, travailler la nuit à la lumière; comp. nox lucubrata, nuit éclairée par la lampe, de lucere, luire.
LUCUBRATION (lu-ku-bra-sion), *. /. Très-peu usité. Voy. éllcubration.
— ÉTYM. Lat. lucubrationem, veille de travail.
t LUCTUEUX, EUSE (lu-ktu-eû, eû-z') , adj. Terme lie médecine. La respiration est luctueuse lorsque l'air expiré produit le son qu'on appelle gémissement.
— ÉTYM. Lat. luctuosus, doluctut, plainte.
t LUCULES (lu-ku-r), s. f. pi. Terme d'astronomie. Hides lumineuses généralement rondes et se croisant dans tous les sens sur la surface du soleil.
— ETYM. Diminutif do lux, lucis, lumière.
t LUCULLUS (lu-kul-lus'), t. m. Romain célèbre par sa richesse et son luxe, vers la fin de la république. Il Par extension, celui qui aime A traiter splendidement. Les festins de nos LucuUua. j
LUG
t LUCUME (lu-ku-m'), j. f. Terme de botanique. Genre de sapotacées dans lequel on distingue la lucuine keule qui habite le Chili.
t LUCUMON (lu-ku-mon), s. m. Nom des rois et magistrats suprêmes et héréditaires de chaque tribu chez les Etrusques.
— ÊTYM. Suivant AI. Maury, lucumon est la forme étrusque de i\fiiLÙiy, chef, comme lars d*"
t LUCUMONIE (lu-ku-mo-nie) , s. f. Nom donné aux capitales de la confédération des Étrusques. Clusium était une lucumonie.
t LUDION (lu-di-on), s. m. Terme de physique. Petite figure qui flotte dans une bouteille de verre pleine d'eau, et qui est construite de manière qu'on peut, à volonté, en touchant un piston, la faire monter ou descendre par l'effet de la pression de l'air.
— ÉTYM. Lat. ludionem, histrion, pantomime, de ludere, jouer.
t LUDOVIE (lu-do-vie), s. f. Nom donné par l'ersoon à un genre de pandanées, contenant sept espèces, dont la ludovie palmée.
t LUliN (lu-èn'), s. m. Nom que porte à Sumatra le faisan argus (gallinacés) de Linné, qui y vit dans les bois, et que l'on appelle aussi faisan de Junnn, leggabant.
LUETTE (lu-è-f), s. f. Appendice charnu qui pend au milieu du bord libre du voile du palais, à l'entrée du gosier. || Luelte vésicalc, tubercule qui se trouve à la surface interne et inférieure du ctl de la vessie urinai re.
— HlST. XIV s. La quele uvule c'est la luete, H. de mondkville, f" (8, t-erso. || xvi' s. L'uvule, ou luette, est un petit corps charnu et spongieux, de fiçure quasi d'une pomme de pin, suspendu jierpcndiciilairement à la fin du palais, paré, iv, U.
— ETYM. Wall, lowccte, dlouvèle, dlouéte; génev. loucttc ; ital. iigola (pour iwola) ; du lat. uva, qui signifie grain de raisin et luette. Luette en vient par un diminutif uvette, avec agglutination de l'article l'uvette, luette; agglutination qui est trèsancienne, puisqu'on la trouve dès le<ommencement du xiv' siècle.
LUEUR (lu-eur), s. f.\\l° Lumière qui n'a pas un plein éclat. Figure-toi Pyrrhus, les yeux étmcelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlants, RAC. Àndr. m, 8. Il poursuit à la lueur du feu les troupes qui s'enfuient, fén. Tél. xvi. La lueur douce et pure de la lune embellissait son visage, STAEL, Corinne, xiii, 4. [Feux follets] Vous qui trompez par des lueurs perfides Le voyageur charmé dont l'erreur vous poursuit, c. delav. L'aria, i, 5. Soudain à leurs regards une lueur rampante En bleuâtres sillons sur la hauteur serpente, v. auGO, Hall. VIII. Il Fig. Le reste de lueur qu'il [mon esprit] a paru jeter. S'éteint sous tant de coups qu'on vient de me porter, lemekcieii, Charles VI, v, 4. {| 2" Légère apparence. Je prie Dieu que les lueurs d'espérance pour une de vos filles [un mariage] puissent réussir, sÉv. 13 oct. (075. Il entrevoit les premières lueurs de sa grandeur future [de Jésus-Christ], mass. Pet. car. Tentât. Pendant ce temps là, il eut des lueurs de fortune, dont il ne fut point ébloui, p'oLivet, Ilist. Acad. t. Il, p. 3'jo, dans pougens. à de fausses lueurs vous laissez-vous séduire 2 ciiEbillon, Catilina, v, 2. Copernic avait eu quelque faible lueur de cette idée [gravitation], volt. A'ctc*. m, 3. Je vois des singes, des éléphants, des nègres qui semblent tous avoir quelque lueur do raison imparfaite, ID. Traité méiapli. ch. 4. Le règne seul de Cliarlemagno eut une lueur de politesse qui fut probablement le fruit du voyage do Rome ou plutôt de son génie, )d. Èlœurs, 17. Ton fou n'est que lueur, ta beauté n'est que fard, a. cuén. ïambes, le jeu dt paume.
— HlST. xw s. Il ne voit plus ne luor ne clarté, Roncisv. «I. Il XIII' s. [La sainte Vierge] Solaux qui le inonde enlumine. Lune sanz lueur transitoire, iiUTKB. Il, (2. Si cume li soleil le jur Toit (enlève] as esteiles lur luur, marie, Purgat. 1877. Et se dormirent sanz fauser, Tant que li biaus jors parut cler. Qui lor a rendue luor, Uen. 2:!033. || xiv* s. Une hache portoit qui gctoil giant luour, Baud. de Seli. IX, 41. Il XVI' s. D'entre culx plusieurs aveugles du coup du grésil et lueur de la neige, mont, l, 2G2.
— ÉTYM. Berry, lieur (monosyllabe) ; provenç. lugor;de lucere, luire, par un substantif abstrait formé du radical du verbe. Lucere tient au sanscrit rue, briller.
LUGUBRE (lu-gu-br'), adj. || 1' Qui est signe de deuil. Voiles, crêpes, habits, lugubres ornements, COBN. Cid, IV, I. Quand quelqu'un était mort dans une faœi"' ;3:â3 le» parents et tous les amis quit-
LUI
talent leurs habits ordinaires pour en prendre de lugubres, et s'abstenaient du bain, du vin et de tous met» exquis, folun, Jlist. anc. Œuv. t. ii, p. 83jdan3 POUGENS. Il 2° Qui marque, qui inspire les larmes, la douleur. Les îles ne trembleront-elles pas au bruit de votre chute et aux cris lugubres de ceux qui seront tués dans le carnage qui se fera au milieu de vous? saci, Bible, Êiéch. xxvi, (5. Cette chanson me semble un peu lugubre; elle endort, et je voudrais que vous la pussiez un peu ragaillardir par -ci par -là, mol. Bourg, gent. i, 2. Dans une occasion plus lugubre, lorsqu'on punition de son péché il [David] fuyait devant Absalon, boss. Polit, vu, III, 8. Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, boil. Sat. vi. Nous sommes dans l'année centenaire et dans le mois de la Saint-Barthélemi, fête un peu lugubre dans laquelle en effet les frères assommèrent leurs frères, volt. Polit, et Icgisl. Procès de Uile Camp. Le croassement du corbeau, le cri du hibou pendant la nuit ne présagent non plus le malheur que le chant de l'alouette et du rossignol n'annonce un heureux événement; mais ils sont lugubres.... dider. Claude et fier, n, 08. Mais comment expliquer ces lugubres accès? ducis, Haml. II, 5. Ma vie est sans couleur, et mes pâles journées M'offrent de longs ennuis l'enchaînement certain, Lugubres comme un soir qui n'eût pas de matin, m. j. chénibb , la Promenade. Où sont-ils les marins sombres dans les nuits noires? ô flots! que vous savez de lugubres histoires! v. hugo. Hayons et ombres, Oceano nox. || Homme lugubre, celui dont l'air, la contenance, les paroles n'inspirent que des idées de tristesse.
— HIST. XVI' s Durant le quel temps les hoirs
seront tenus de la nourrir [la veuve] et entretenir, et luy bailler les veslemens lugubres, Nouv. cousl. yénér. t. iv, p. 909.
— ETVJl. Lat. lugubrxs, de lugere, pleurer, qui tient au radical sanscrit ruj, blesser, affliger, fauga, maladie.
LUGUBhEMENT (lu-gu-bre-man), adv. D'une manière lugubre. Dans les airs obscurcis d'un voile de ténèbres, Pour toi l'airain sacré sonnait lugubrement, RotJCHER, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Lugubre, et le suffixe ment.
I. LUI (lui). Il 1° Pronom de la 3' personne qui est des deux genres et qui sert de régime indirect. Vous connaissez cette dame; parlez-lui. Vous lui remettrez cet argent, signifie également vous remettrez à un homme ou à une femme. Il fallut le mettre dans une litière, où il [Antiochus] souffrit des tourments horribles; il sortait des vers de son corps, toutes les chairs lui tombaient par pièces, BOLLiN, Hist. anc. Œuvr. t. viii, p. 652, dans pougens. "Trop d'éclat l'effarouche; il voit d'un œil sévère Dans le bien qu'on lui fait le mal qu'on lui peut faire, volt. Brutus, ii, 2.i| a°iut, qui, d'origine, est des deux genres, n'a gardé ce caractère que quand '1 précède le verbe ou que, sans préposition, il suit un verbe à l'impératif; en tout autre cas, c'est-àdire après un verbe ou après une préposition, il est uniquement masculin. Vous recevrez de lui une récompense, c'est-à-dire de cet homme. Allez à lui, allez vers cet homme. Tout à coup elle se leva, et, sans parler à lui, partit pleine de dépit que quelqu'un l'osât aimer, D'unFÉ, Astrée, i, 3. Un acteur occupant une fois le théâtre, aucun n'y doit entrer qui n'ait sujet de parler à lui, corn. 3' discours. Dieu voulatit, par un triste mais heureux abattement, qu'elle ne pensât plus qu'à lui, qu'elle ne se souvint que de lui, qu'elle ne fût sensible que pour lui, flKcii. Dauphine. Vous êtes après lui le premier de l'empire, rac. Esth. m, ». || S" Il lui est parent, vi.y. LEUR. Il 4* Luise met quelquefois après le verbe comme régime direct, mais alors il doit être précédé de que, et il est toujours masculin. Vous n'accusez que lui Moi dont l'ardeur extrême. Je vous
l'ai dit cent fois , n'aime en lui que lui-même, rac. Itérén. i, ♦. Il /,i<t' et surtout lui-même sert encore de régime direct quand dans une énumération il vient après ou avant un autre ou plusieurs autres substantifs. Nous avons avec nous son ami et lui. Il semble que Vaido ait d'abord eu un bon dessein ; que la gloire de la pauvreté, dont il se vantait, ait séduit lui et ses sectateurs , bo.ss. Variât, ri, Jlist. des Vaudms. Il [lo mulot] a pour ennemis leajoups, les renards, les maries, les oise.iux de proie, cl lui-même, huff. Quadrup. t. ii, p. 297, dans POLGKNS. || 5* Lui, d'origine, est un régime, et dans les anciens textes il ne joue jamais d'autre fêle; mail la langue moderne l'emploie souvent pour sujet, à l'instar de mot, toi, qui lODt origi-
LUI
nairement des régimes. Si don coursier voulait.... Lui loup, gratis, le guérirait, la font. Fabl. v, 8. Notre chien.... Voulut avoir sa part; et, lui sage, il leur dit : Point de courroux, messieurs, mon lopin me suffit, ID. ib. viii, 7. Mais lui, voyant en moi la fille de son frère, Me tint lieu, chère Élise, et de père et de mère, rac. Esth. i, *. Lui dieu! disait le chat; eh! vous n'y pensez pas; Qui suis-je donc moi qui le mange? la motte, Fabl. i, ts. Toujours lui I lui partout ! ou brûlante ou glacée. Son image [de Napoléon] sans cesse ébranle ma pensée, v. HL'GO, Orient. 40. || C'est de cette façon que lui se construit avec un nom de nombre ordinal. Il est parti lui douzième, sÈv. (34. Une lettre qui apprend que lui troisième est entré dans la Macédoine, la bruy. Théophr. 23. Créqui échappa à peine lui quatrième, volt. Louis JllV, t2. \\ Lui est encore sujet dans : c'est lui (lui est ce). Je le reconnais, c'est lui. Vient-il? est-ce lui? C'est lui qui rassembla ces colombes timides, bac. Esth. Prol. Il 6" Lui ne se dit pas bien des choses. Ainsi ces phrases-ci ne sont pas élégantes: Lisez ce livre, je lui ai trouvé des qualités; dites : j'y ai trouvé; Cette étude m'a captivé, je lui ai donné beaucoup de temps; dites : j'y ai donné beaucoup de temps : Cette maison n'était pas assez grande, je lui ai ajouté un corps de logis; dites -.j'y ai ajouté. || Cependant, pour peu que l'on puisse personnifier la chose, lui va fort bien. Vous avez longtemps essayé du monde ; vous ne lui avez point trouvé de fidélité, mass. Carême, Salut. Les Goths, les Lombards, les Francs, les Allemands ou Germains, qui envahirent l'Italie tour à tour, lui laissèrent au moins son nom , volt. Dict. phil. Franc ou Franq; France. || Lui n'est pas plus admissible pour un nom de chose quand il est régime d'une préposition. Ainsi on n'imitera pas ces exemples : C'est et d'elle et de lui [le trône] tenir bien peu de compte, Que faire une révolte et si pleine et si prompte, CORN. Rodog m, 5. Qui vous aima sans sceptre et se fit votre appui. Quand vous le recouvrez est bien digne de lui [sceptre], id. Sanche, l, t.\\ Les animaux ne sont pas exceptés de cette observation ; il faut dire : Ce cheval est fougueux, ne vous y fiez pas, et non : ne vous fiez pas à lui. Prenez ce cheval, et montez dessus, et non : montez sur lui. Cependant il est très-facile de personnifier les animaux ; et on dit : Le cheval rua, et le charretier lui donna un coup de fouet. || 7° Lui représente quelquefois le pronom masculin le ou un nom. Vous l'outragez, lui qui vous aime si tendrement. C'est cette même vanité qui a fait répéter tant de fois [au cardinal de Retz] : Je suis d'une maison de Florence aussi ancienne que celle des plus grands pnncps; lui dont les ancêtres avaient été des marchands, comme tant de ses compatriotes, volt. Louis XIY, 4. Il 8° Lut est quelquefois explétif. Pendant que son père le mariait ici, il s'est marié à Cliartres, lui, lfsage, Crisp. ri», de son maître, s. i. Ce garçon a de l'esprit ; je gage qu'il ne se plaint pas des femmes, lui, leghand, Belphégor, il, r>. Il 9° Lut se dit substantivement, à la façon lie moi. Mon fils me mande des folies, et il me dit qu'il y a un lui qui m'adore, un autre qui m'étrangle, et qu'ils se battaient tous deux l'autre jour à outrance (hns le mail des Rochers, sÉv. 383. || 10° Lui-même sifînifie en personne. Il est venu lui-mémo. Il l'a dit lui-même. X Rosbac, on vit le roi de Prusse luimême acheter tout le linge d'un château voisin pour 10 service de nos blessés; et, quand il les eut fait guérir, il les renvoya sur parole, volt. Tactique, notes. Il 11' Il n'est plu.? lui-même, se dit d'un homme dont le moral éprouve quelque grand changement. Je l'ai trouvé tout abattu de ce revers, ce n'était plus lui-même. || 12° Un autre lui-mime, voy. MÊME. Il 13° Pour lui-même, pour la seule considération de sa personne. Je no sais pas s'il avait raison de vouloir qu'on aimât Dieu pour luimême; mais M. de Fénelon méritait d'être aimé ainsi, VOLT. Dict. phil. Sottise des deux parts. \\ 14° Lui ou lui-mime s'emploie souvent pour soi ou soimême. Le temps qui détruit tout, respectant votre appui, Me laissera franchir les ans dans cet ouvrage; Tout auteur qui voudra vivre encore après lui Doit s'acquérir votre suffrage, la font. Fahl. à Mme de Monlespan. Je sais, et c'est Salomon qui le dit, que celui-là est haïssable qui parle toujours de lui, sF.v. 13 nov. 4687. Pour écarter de lui ses images funèbres, Il [Assuérus] s'est fait apporter.... rac. Eslh. II, <. Vide de vous et rempli de lui-même, drlillr, Conrers. m. || iLut, quand il est pour soi, peut se dire des choses. Ce torrent entraîne avec lui tout ce qu'il rencontre; il ne laisse après lui que du sable et des cailloux. Mais il [l'amour] traîne après
LUI
lui des troubles effroyables, moi. Mélie. il, î. Qu'il [les méchants] soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui, rac. Esth.
— RRM. lut joint à un nom ou à un pronom soit par et, soit par ni, soit par ou, veut que le verbe quii est auparavant soit précédé d'un pronom de môme personne que le pronom adjoint à lui. Je vous accompagnerai vous ou lui ; Vous ne nous aimez ni lui ni moi. Cependant de bons auteurs ont omis le pronom qui précède. Pénélope, ne voyant revenir ni lui ni moi, n'aura pu résister à tant de prétendants, FÉNEL. Tél. vil. Les grammairiens condamnent ces phrases , mais le fait est qu'elles n'ont rien d'incorrect; seulement cette tournure est moins usitée que l'autre. {| 2. Si Jut est non avec un pronom, mais avec un substantif, on ne met d'ordinaire aucun pronom. 11 semble que Valdo ait d'abord eu un bon dessein, que la gloire de la pauvreté, dont il se vantait, ait séduit lui et ses sectateurs, BOSS. Variât, xi, liist. du Vaudois. Cependant on peut mettre aussi un pronom : Je l'ai vu, lui et son ami; et encore ; Je les ai vus, lui et son ami.
[ 3. Avec un verbe à l'impératif, lui se met après le verbe, avec un trait d'union. Portez-lui cet argent. Cependant, s'il y a plusieurs impératifs de suite, et que lui appartienne à l'un de ceux qui suivent le premier, il peut se mettre avant son verbe. Allez, Lafleur, trouvez-le et lui portez Trois cents louis, que je crois bien comptés, volt, la Prude, ii, *. Il 4. A tout autre mode que l'impératif lui doit précéder le verbe, toutes les fois qu'il est le terme d'un rapport qui pourrait être exprimé par la préposition à : Je lui ai lu mon ouvrage. Au contraire il doit suivre le verbe, s'il est le terme d'un rapport exprimé par une autre préposition : Nous dépendons de lui; J'ai parlé pour lui. Même quand lui est avec la préposition à, on le met après le verbe, s'il y a plusieurs régimes indirects : Parlez-vous à moi et à lui? Parlez à son frère et à lui. Lui-même avec à suit toujours le verbe : J'ai parlé à lui-même. Il 5. Quand lui est avec en, il se met «levant en: Je lui en ai parlé; Vous lui en donnerez. || 6. Lui ne se construit guère avec y : on ne dit pas : Il a une belle campagne, je lui y rendrai visite. Ce qui paraît s'y opposer , c'est l'oreille blessée de cette rencontre de deux 1. 1{ 7. Lui ne peut représenter qu'une personne spéciale; par conséquent il ne peut répondre à un nom indéterminé; et c'est un6 faute que de dire : Chacun doit prendre garde à lui ; il faut : à soi. Il faut ranger cela dans cette catégorie; et Tonne dirait guère aujourd'hui comme fait Molière : Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbrcs-lâ, ces rochers, cette terre et ce ciel que voilà là-haut; et si tout cela s'est bâti de lui-même, D. Juan, m, 4.||8. Lui-même ne se dit bien que des personnes. Cependant on trouve dans Molière : Je ne m'abuse point, c'est mon portrait lui-même, Sgan. 9. Massillon aussi a dit : L'usage lui-môme de nos fonctions saintes, loin de nous réveiller de notre assoupissement.... Confér. retraite pour des curés. Ces emplois ne sont pas très-lions; mais ils ne sont pas irréguliers, et l'on conçoit qu'ils trouvent quelquefois place.
— HIST. x° s. El lienortet [exhorte], dont lei nonque chielt [dont ne lui chaut], Qued elle fuiet le nom cluistien, Eulalie. Quant [un lierre] umbre li fesist, Fragm. de Val. p. 408. Acheder [advenir] co (jue li preircts [prierez]; preits li que.... ib. 46», K elemosynas ent possumus facere, que lui ent possumus proferre, ib. p. 469. || xi° s. Kn piezse dresse, si li vient conliedirc, Ch. de Bol. xiv. Quant il nous mande, qu'aiez mercitdohii, t6. xvi. Li emporeresluitentsongaiit ledestre, it. xxv.|| xii's. Rolant [ilj apele et dist li son pensé, Bonc. 35. Li sans do li [son sang] espant [se répand] parmi la préo, t'b. 90. Charle [il] connut à l'enseigne levée, Kt Charles lui, ib. 144. Kntour lui [il] vit ses homes seïrct arrangier, .Soi. vi. Guiteclins do Sassoigne, o son frère Gozon, Lui disieme de rois du lign;igo Mahom, Sont entré en ta terre, ib. xiv. Quant l'aurez salué, puis li dites comment.... ib. xxi. || xni* s. La more Dieu de li [par elle] fut .souvent réclamée, llerte, XLVi. Que Ùerte noslre fille ne nous vit, nci nous 11, t6. Lxxi. Etli amede li soit en enfer ravie, t'b. Lxxn. Si corne Berte fu en la forcst par lui [seule], ib. I. Bêle Isabeaiis, pucelo bien aprise, Alm.i Geriirt, et il li en tel guise.... Aun. le bast. Ilomancero, p. 5. Quant Renaît vit que ele est prise, Nevolt laissiorà nule guise Queilno Yoille o lui |clle| gésir, Et faire de lui [elle] son plaisir, Ben. k83. Il xiv* s. 11 avint que Bertraml à l'aduré talent Chcvauchoit lui deuxième, sans plus mener de
LUI
ecnl, Guescl. *m. Lui donques entre en la ci é, BEBCHEUB». f*t,recto. Il IV s. Parquoy [uneomlle coupée! lui <]ui estoit délibéré cstrebommedcglise, est inliabile à jamais l'eslre, du cange, "•int. Ilivj' s. Et lie faict je tiens tant de ly, mabot, m, jao Timocreon luy reproche que pour argent il nippelloit beaucoup de bannis, etavoit luy qui estoit son hoste et son amy, pour l'avarice de gaigner une iomme de deniers, trahy et abandonné, amyot. Thtm. «t. Un de ses enfansluy mourut de maladie, w. Cam. 20. 11 trainnoit après luy une grande clierance, m. P. jEm. 37. Et au mesme temps que l'on luy ehassoit sa femme, qu'on luy demolissoit sa maison, qu'on luy tuoit ses amis à Rome, luy faisoit cependant la guerre en la Bœoce, lo. Sylla et Lysnnd. 9. Le chien qui de bon sang part Va gaillard Deluy-mesmes à la chasse, hons. 88f.
— ÊTYM. 'Wall. lu. Diez le tire de illi-huic, forme pléonastique, comme oiJ, de hoc-illud; cela paraît certain. En effet, il faut le rapprocher de aatriii et de l'ancien nului; on a voulu les tirer de illius, allerius, nuUius; mais, si on dit à la fois ililus et iU'tus, on ne dit que alterius et mdlius, de sorte que l'accent serait en défaut; de plus, il •erait singulier que l'i eût disparu complètement. Tout cela parle en faveur de l'étymologie de Diez. C'est en raison de cette élymologie, que, à l'origine, dans l'ancienne langue lui, ainsi que autrui et nului, n'a jamais eu d'autre emploi que comme régime.
2. LUI (lui), part, pasï^ indéclinable du verbe luire. LUIRE (lui-r'), je luis, tu luis, il luit, nous luisons; je luLsais; je luirai; je luirais; luis, luisons; que je luise, que nous luisions; luisant; lui (l'Académie ne donne que les temps ci-dessus indiquas; des grammairiens .le sont plaints qu'elle eût «insi restreint la conjugaison de ce \erbe qui n'a rien de défectif ; et en effet rien n'empêche d'employer le parfait défini et l'imparfait du subjonctif : Jamais le jour ne luisit dans cet antre; Je voudrais que de nouvelles clartés luisissent & nos ycuï; on en peut Toir un exemple de Bossuet), «. n. || 1° Répandre de la lumière. Enfin ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit, corn. Rodog. i, (. La lune, alors luisant, semblait contre le sire. Vouloir favoriser la dindonnière gent, la font. Fabl. xii, 4 S. Hé quoi! lorsque le jour ne commencequ'àluire.... bac. Eslh. Il, I. Quand le Seigneur.... Fit luire aux yeux mortels un rayon de sa gloire, id. Alhal. i, *. On voit luire des feux parmi des étendards, ID. ib. iv, 6. X peine le soleil y peut faire luire ses rayons, fén. Tél. II. Où suis-je"? quelle nuit Couvre d'un voile affreux la clarté qui nous luit? volt. Œdipe, v, 4. Son front luit, étoile de mille diauiants, gil- BEKT, le XVIIl' tiède. Le jour ne luit (|ue tard dans leur appartement [de certaines dames] ; Souvent le soir arrive et les surprend couchées, boissy, ImpatiC't,!, t. Ce soleil qui nous luit, le monde entier l'appelle Roi des astres nombreux dont l'olympe étincelle, Le chef-d'œuvre du Toul- Puissant, oilb. An prince de Salm-Salm. Au défaut du soleil, la foudre ici me luit, arnault, Uarius à Mint. II, ) . Tu verras, si demain le cercueil me dévore. Un soleil auisi beau luire à ton désespoir, v. hugo, OJ<f , V, 8. Il Fig. Si pour viire chrétiennement il faut quitter sa famille et la société du genre humain.... ce n'est pas le dessein du Fils de Dieu ; au contraire, il commande aux siens do luire devant les hommes, boss. Panig. Si Franc, de Sales, i. 118° l'ar extension, réfléchir la lumière, en parlant de corps polis. Hé! si l'impie Aman dans sa main homicide Faisant luire à vos yeux un glaive menaçant.... BAC. Ksih. Il, 9. lia- Fig. Briller d'un éclal que l'on compare à la lumière. Je vous crois, mais fOuvent l'amour brûle sans luire; Dans un profond •ccret il aime à se conduire, corn. Thénd. ii, 4. N'a-t-il pas dit [Jésus) qu'il la metUit (son Église] lur une montagne, afin qu'elle fût vue de tout lo inonde? na-t-il pas dit qu'il la posait «ur le chandelier, afin qu'elle luisît à tout l'univers? BOfs. A'/ctat. tur mysl. xviii, <6. Et dès qu'un mot plaiiant tient luire à mon esprit, Je n'ai pas de repos qu il ne soit en écrit, BoiL. Sol. vu. Ne peut-il pa: faire luire »a lumière dan» les ténèbres? iiass. Carême F. conf. Si de quelque esi>érance un rayon peut nous luire, volt. Trtumv. il, 2. U vraie philosophie ne ïommenç» i luire «ux homme» que sur la fin du Miziiime siècle, id. Mceuri, m. Belle Octavie! à ta fête* iplendides, Dls-nous, la joie a-t-ello jamais luil BtBAiio. Oetarie. \\ Un nouveau jour nous luit c est-à-dire nôtre destin change. || Proverbe. Le soleil luit pour tout lo monde, il est dos avanlagM dont chacun • !« droit de jouir.
LUL
— Hl.ST. XI' •. Claire est la nuit et la tune tul-
«anle, Ch. de Uni. ci.xxx. || xii' s. Li solaus luist, si fu et bel et cler, lioiicisr. H. Li cous [le comte] le fiertsur son haume luisant, «b. 77. Et son col blanc, son chef blond et luisant, Coiici, v. Emmei la malvaise et perverse genz, entre cui vos luisiez si com lumières el munde, Job, p.44l. || .\iii' g. Après l'aube aparant luis* t la lune claire, BcUe, xviii. N'<îst pas tout or (juanqu'on voit luire, buïkb. 78. Il estoit nuict à icple hore, Et les estoiles cler paro'ent, Kt en l'eve del puis luisoicnt, lien. 6874. ...Uenart le rcmple, et cil boit À moult grant joie et à grant leste; Li oil [les yeux] li luisent enlateste Autres! com un vif charbon, ib. 8t86. Dieux estendi feu qui luisist à eus par nuit, Psautier, f" (28. || xiv" s. Quant le soleil luist et encontre un drap vert, ou pur une verrière verte, les choses opposites semblent cstre vertes, obesme, Elh. 23. Hxvi" s. L'ame qui loge la philosophie doibt faire luire jusques au dehors son repos et son aise, mont, l, <75. Ce qu'on donne luit, ce qu'on mange puit [pue], cotgbavk. Alors ces heureux noms, sans élite et sans choix, Luiront dans mes escrits plus que les noms des rois, d'au- BiGNÉ, Tragiques, Feux.
— ÉTYM. Wallon, lûre; provenc. luier, luzir; cat. tluir ; esp. Juci'r; ital. lucere; du lat. lucêre (voy. lueur). La forme Jutre suppose que l'e avait été abrégé par une fausse prononciation et était devenu lucére. On trouve aussi luisir , qui est la forme correcte.
t LUISAMMENT (lui-za-man), adv. D'une manière luisante.
— llisr. xvi' s. Car si luisamment ton lustre Resplendit sur l'univers, loïsle caron. Poésies, f° 4i, dans lacurne.
— ÉTYM. Luisant, et le suffixe ment.
LUISANT, ANTE(lui-zan, zan-t'), od;'.l| 1° Qui luit.
Un ver luisant. Du ciel qui vient d'ouvrir ses luisantes barrières. D'où (|uelque déité vient, ce semble, ici-bas Terminer elle-même entre vous ces débats, coiiN. Androm. i, 2. [Le chrétien durant les persécutions] voyant autour de lui d'un côté un tyran furieux et des bourreaux inhumains... de l'autre, des fers brûlants, des épées luisantes... fléch. Sermons,Pourlejiiur des rois. || Fig. Ne vous persuadez pas qu'il n'ait converti que les hérétiques; cette science ardente el luisante agissait encore bien plus fortement sur les domestiques de la foi, boss. jf'anég. St Franc, de Sales, 1. 1| Substantivement. Le luisant d'une étoffe. || Fig. Je sais qu'assez souvent ce sont de faux luisanus, cokn. Imit. m, 22. François de Sales n'a pas été do ces faux luisants qui n'attirent que des regards curieux et des acclamations inutiles , boss. Panig. St Franc, de Sales, Préambule. || Terme de peinture. Le luisant, l'effet de la lumière réfléchie sur les tableaux peints à l'huile ou vernis. || 2" Qui a quelque éclat, qui réfléchit quelque lumière. Des couleui-s luisantes. Dos étoffes luisantes. Une encre luisante. ...l'acier poli de leurs armes luisantes, maib. Sophon. Il, 3. Je me dépouillai de mes habits; on fit couler des flots d'huile douce et luisante sur tous les membres de mon corps, et je me mêlai parmi les combattants [à la lutte], FÉN. Tél. v. || U se dit aussi du reflet que communiquent les corps gras. Une peau luisante. || 3° S. f. Luisante, nom aonne à certaines étoiles qui brillent d'un éclat particulier. C'est ce qu'on nommait autrefois lucide. La luisante de la Lyre. Il Luisante, petite espèce d'hélice assez commune en France.
— lllST. xif s. Les crins [elle] ot Ions et blons plus que li ors luisans, Sax. v. {| xiii' 3. Frère, fait il, mult estes biaus ; Et mult est luisanz vostre piaus, MARIE, Fable 34.
— KTVM. Luire.
t LUISARl) (liii-zar), *. m. Terme de métallurgie. Fer olipiste micacé.
t LUISETTE (lui-zè-t'l, ». f. Maladie des vers à sole qui leur donne unti couleur blanche. || On dit aussi clairette.
LUITES (lui-t'), t.f. pi. Terme de vénerie. Nom qu'on donne aux testicules du sanglier (voy. suites).
I LUITEUU, s. m. Voy. luttrub.
t LUITON, *. m. Voy. lutii*.
t LULI.ISME (lul-li-sm'), t. m. Système de Raymond Luli, philosophe mystique du commencement du XIV* siècle, connu surtout par son Art abrégé de trouver la vérité, qui est un moyen de former des raisonnements à l'aide de lettres et de figures, en supposant un certain nombre de principes fournis par la théologie et par la scolastique.
t HILLI.STK (luHi-st), *. m. Partisan de la ma-
LUM
sique de LuUi. Je crois que la profusion de ses double.s croches [de Rameau] p-ut révolter les lullisles; mais, à la longue, il faudra bien que le goût dé Rameau devienne le goilt dominant de la nation, i mesure qu'elle sera plus savante, volt. Lett. Thiriol. Il sept. t73B.
t LULU (lu-lu), s. m Aie «tte lulu {alauJa arborea, L.], appelée aussi cuji ier; ainsi dite de son chant lu-lu.
LUMACIIELLE (lu-ma-chè-l') , s. f. Sorte de marbre qui contient un grand nombre de coquilles. Les uns portent des empreintes da coquilles dont on voit la forme et les stries ; d'autres, comme les lumachelles, paraissent composés de petites co^iuilles de la ligure des limaçons, buff. Min. t. 11, p. 4.
— ÉTYM. liai, lumacliella, de lumaca, limaçon (voy. limace).
LUMBAGO (lon-ba-go), s. tn. Terme de médecine. Douleur rhumatismale dans la région lombaire, sans gonflement, sans rougeur, et surver ant presiiue toujours subitement.
— ÉTYM. Lat. lumbago, de lumbi, les lombes.
LUMIÈRE (lu-miè-r'), f. f.\\l' Celle des propriétés des corps qui est perçue par l'œil et qui se manifeste par les couleurs. La lumière se réfléchit comme le son. La lumière se réfracte en pass.iiit d'un milieu moins dénia à un milieu plus dense. Descartes supposa que la lumière était un mouvement ondulatoire dans un milieu particulier; Newton, que c'était l'émission de particules lancées par le corps lumineux; les physiciens ont repris l'hypothèse de Descartes, et admettent ([iio la lumière est due à des ondes excitées dans le fluide hypothélitiue nomme étlier, ot que U différence de longueur entre ces ondes produit les sept rayons fondamentau.x du spectre solaire. Dieu dit : Que la lumière soit faite; et la lumière fut faile, SACi, Bible, Genèse, i, 3. Quand on dit que le chaud n'est que le mouvement de quelques globules, et la lumière le conaftWKcedendi [force cen trifugedu soleil, laquelle, d'après Descartos, agissant sur la matière répandue dans l'espace entre le soleil et nous, se fait sentir à notre ceill, pasc. Pcns. XXV, t(i, édit. havit. Ces hautes montagnes dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur, et no perd aucun rayon de la lumière qui l'enviionne, iioss. Louis lie Bourbon. L'objet perpétuel de l'Optique de M. Newton est l'anatomie de la lumière; l'expression n'est |]o;nt trop hardie, ce n'est que la chose même, font. KeuHon. Le célèbre inventeur de la méthode de philosopher, le grand Descaites, s'il est besoin de le nommer, avait-il soupçonné que, pour anatomiser la lumière, il ne fallut qu'en faire tomber un rayon sur un prisme ou observer une bulle de savon? bonnet,, Paling. philos, xi, 8. Quoi qu'il eu soit de la manière d'agir de la lumière, il est aujourd'hui bien prouvé par les expériences les plus directes, que ce ne sont pas seulement les plantes qu'elle colore, mais qu'elle colore encore une multitude de corps de nature Irès-difforenle, ou qu'elle change les couleurs primitives de ces corps et quelque fois dans un espace de temps très-court, m. Conteni)il. nat. V, H. La lumière nous arrive réfléchie de Saturne en quatorze minutes, mijlgré les siippnsilious absurdes de Descartes, volt. Jenni, 6. Tout le momie sa.t que la lumière emploie environ sept minulos et dbmie de temps à venir du soleil jusqu'A nous; si;p posant donc le soleil à trenle-six millions de lieues, la lumière parcourt celte énorme dislance en sept minutes et demie, ou, ce qui revient au même (suppo.sant son mou\ement uniforme) quatie-vini,'t mille lieux en une seconde, buff. Hist. miti. Inir. 1" part. Vliuv. t. VI, p. 22. La lumière, qui pénètre tous les corps transparents et en sort après avoir subi les réiraclionsct des dispersions, est l'instrument le plus délié, le scalpel le plus fin par lequel nous puissions scruter l'inlcrieur dos siibsLinces qui la reçoivent et la transmettent, in. Uin. t. VI, p. (19. Il est démontré, par l'expérience, que la lumièr-e du soleil ne pénètre qu'à six cents jiieds k travers l'eau la plus limpide, id. Époq. nal. OKuv. t. XII, p. 43. Le dieu, poursuivant sa carrièif, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs, LEKRANC de pomi'ignan, Ode MIT la mon de J. II. nontîfOu.Bougucr a trouvé par l'expérience ijiie la lumière du soleil est plus vive au centre que vers les bords, laplace, Fxp. i, 78. || Fig. Des traits de flamme sortaient de sa bouche |.saiiit Fraii(.-oi3 do Sali's], qui allaient péfiétrer dans le fond des cneurs; il savait que la ctialeur entre bien plus avant (|uc la lumière; celle-ci ne fait qu'effleurer et dorer Kgèrnment la surface; la ciialour pép«tro jusqu'à*».