MA KG. NOUV. XXX
— ÉTYM. Lat. impeccabilis, de in négatif, et peccare, pécher.
f IJIPECCANCE (in-pè-kkan-s'), s. f. Terme dogmatique. Etat d'un homme qui ne commet aucun péché. L'impeccabilité emporte l'impecoance.
— ÉTYM. Lat. impeccantia, de in négatif, et peccare, pécher.
t IMPÉCUNIEUX, EUSE (in-pé-ku-ni-eû, eû-z'), adj. Terme vieilli. Qui n'est pas pourvu d'argent. Comme les jeunes gens d'une haute naissance Sont souvent impécunieux, boursault, Phaéton, ii, 2. Les marquis tant impécunieux que pécunieux, Antimenagianaj'ç. <ci.
— ÉTYM. Im.... négatif, et le lat. pccunia, argent. IMPÉNÉTRABILITÉ (in-pé-né-tra-bi-li-té), s. f.
Il 1° État de ce qui est impénétrable. || Terme de physique. Propriété en vertu de laquelle deux molécules ne peuvent occuper en même temps le même espace. L'impénétrabilité est la plus essentielle des propriétés de la matière. L'impénétrabilité est une propriété des corps, pasc. Relig. 30, éd. faugère. L'impénétrabilité mutuelle des corps, propriété de la matière en vertu de laquelle deux corps ne peuvent occuper le même lieu au même instant, LA PLACE, £a;p.iii,3. Il 2° Fig. État de ce qui ne peut être pénétré par l'esprit. L'impénétrabilité des secrets de la nature. || Il se dit aussi d'une personije qui ne laisse pas pénétrer ses pensées. L'impénétrabilité de ce ministre.
— ÉTYM. Imprn !:■ :l le.
IMPÉNÉTRABLE (in-pé-né-tra-bl') , adj.\\i' Au
travers duquel on ne peut passer, pénétrer. Une cuirasse impénétrable aux coups de flèche. Un bois impénétrable, dont le fonds est un marais, BOss. Louis de Bourbon. Des grilles affreuses, une retraite profonde, une clôture impénétrable, une obéissance entière, id. La Yallière. Elle'' est prête à périr auprès de son époux, Plutôt que découvrir l'asile impénétrable Où leurs soins ont caché cet enfant misérable, volt. Orph. 111,6. Neuf ans de prison en un cachot impénétrable au jour, genlis. Théâtre d'éduc. le Miir gislrat, i, 4.|| Fig. Dans lecjuel on ne peut faire impression, insensible. Vois-tu, comme le tien, des cœurs impénétrables? corn. Pobj. v, 4. || 2° Terme de physique. Qui a la propriétéde l'impénétrabilité. La matière est impénétrable. De tous les philosophes grecs, les atomistes croyaient seuls que la matière filt impénétrable. || 3" Fig. Que l'on ne peut connaître, expliquer. Le ciel dans sa hauteur, la terre dans sa profondeur, et le cœur des rois est impénétrable, SACi, Bible, Prov. de Salomon, xxv, 3. Mais, comme dit le Sage, autant que le ciel s'élève et que la terre s'incline au-dessous de lui, autant le cœur des rois est impénétrable, uoss. le Tellier. Rien ne vous sera impénétrable, id. liisl. n, (. Il faut connaître avant toutes choses que Dieu est incompréhensible et impénétrable, parce qu'il est parfait, id. Serm. Culte dû à Dieu, 1 . Il [Aratus] était fort propre à imaginer des entreprises contre les ennemis, à couvrir ses desseins par un secret impénétrable, et à les conduire à une heureuse fin par sa patience et par son audace, rollin, llist. anc. UEuv. t. vu, p. 493. dans rouGENS. Éternelle justice , abîme impénétrable, Ne distinguez-vous pas le faible et la
mp
coupable? volt. Oreste, in, se. i", variantes, de l'édition de (7B0.||11 se dit des personnes en un sens analogue. Il vient, dit-il [Jésus-Christ], comme un voleur, toujourssurprenant et impénétrable dans sesdémarches; c'est lui-même qui s'en glorifie dans toute son Écriture, boss. Mar.-Thér. || 4° Qui cache soigneusement ses opinions, ses sentiments, ses desseins, en parlant des personnes. Le sénat fut impénétrable, BOSs. Hist. m, 6. Seul il savait épancher et retenir son discours ; impénétrable, il pénétrait tout ; et, pendant qu'il tirait le secret des cœurs, il ne disait, maître de lui-même, que ce qu'il voulait, ID. le Tellier. Jamais je n'ai trouvé le roi plus fermé, plus impénétrable et plus défiant, maintenon, Lett. au card. de Noailles, si janv. <700. Télémaque savait s'arrêter aux choses qui pouvaient donner quelque soupçon : par là son cœur était impénétrable et inaccessible, fén. Tél. xvi. Je garderai votre secret, et je serai aussi impénétrable que la pierre la plus dure, ID. t. xxiv, p. 46B. Quoi, tu n'as pu pénétrer...? — Oh ! Monsieur, Marine est une fille impénétrable, REGNARD, Sér. B. Du monstre impénétrable [le sphinx] affronter le courroux, volt. Œd. i, t . Impénétrables dieux, vous me faites trembler ID. Sim. v, B. 11 faut distinguer entre parler pour tromper, et se taire pour être impénétrable, id. Mœurs, (83.
— IIIST. XVI' s. Elle [la concavité du nid de l'alcyon] ne peult recevoir ny admettre aultre chose que l'oyseau qui l'a bastie; car à toute autre chose elle est impénétrable, close et fermée, mont, ii, I98. Un mur est, sans froissure, impénétrable à un corps solide, ID. II, 26K
— RTYM. Lat. impenelràbilis, de in négatif, et penetrahilis, pénétrable.
IMPÉNf:TRATîLKMENT { in-pé-né-tra-ble-man ) , adv. D'une manière impénétrable. Vous avez la longue habitude de garder impénétrablement les plus grands secrets de l'État, st-sim. 205, 78.
— HIST. XVI' s. Impénétrablement, moni:t, Dict.
— KTYM. Impénétrable, et le suffixe ment.
t IMPÉNÉTRÉ, ÉE (in-pé-né-tré, trée), adj. Qui n'a pas été pénétré, connu. Cause impénétrée. Mystère impénétré.
IMPÉNITENCE (in-pé-ni-tan-s'), s. f. État d'un homme impénitent. Siècle vraiment subtil.... la princesse palatine t'est donnée comme un signe et un prodige; tu la verras au dernier jour confondre ton impénitence et tes vaines excuses, BOSS. Anne
de Gonz Et qu'une espérance présomptueuse de
corriger à la mort ce qui man,querait à la vie, nourrirait leur impénitence, m. Sermons, Impénit. finale, préambule. || Mourir dans l'impénitence finale, mourir sans s'être repenti de ses péchés. Un aveuglement d'esprit et un endurcissement de cœur qui leur ôtent presque toute espc-i'ance de retour, et qui les conduisent à l'impénitence finale, eouhual. Exhort. sur le jug. du peuple contre J. C. t. 11, p. es. Il Fig. et familièrement. Mourir dans l'impénitence finale, persister dans les sentiments que l'on a et que l'on présente, en plaisantant, comme étant des péchés. J'ai bien peur de mourir dans l'impénitenee finale, c'est-à-dire plein d'estime et de reconnaissance pour vous, VOLT. Lett- Bnncerf, 8 mars <776.
— f.TV.M. Lat. impivnilentia (\'oy. impénitent). IMPÉNITENT, ENTE (in-pé-ni-tan, tan-t'), adj.
Il 1" Qui ne se repentpas de ses péchés, et n'a aucun regret d'avoir oITensé Dieu. Tel estle sentiment d'un homme qui vit impénitent, dans l'espérance de mourir T)énitent : je veux dire qui mène une vie criminelle et qui s'y autori.se par la pensée qu'un jour il fera pénitence, bourd. Pensées, t. i, p. 380. 11 faut l'expier [le péché] après l'avoir commis, il faut exercer contre soi-même cette justice vindicative que Dieu exercera un jour contre le pécheur impénitent, 10. Pénitence, 2' avcnt, p. 601. || Mourir impénitent, mourir après avoir mené une vie scandaleuse, sans donner aucune marque de repentir et do pénitence. || Substantivement. Un impénitent. Les impénitents. || 2" Il se dit des choses dans le même sens. Ô pénitence impénitente [sur le Ht de mort]! ô pénitence toute criminelle et toute infectée de l'amour du monde ! boss. Sermons, Impénit. finale, I. Les chrétiens charitables ne tombent jamais dans cet alTreux malheur d'une mort criminelle et impénitente, bourdal. Exhort. char. env. les pauv. t. I, p. 82. Il 3° En général. Qui n'a point de repentir de ses fautes ou de ses crimes. Dans le temps que ce monstre impénitent [un assassin de Henri IV] refusait de deraamler pardon au roi et à la justice, volt. Facéties, Hélât, apparit. jés. liertier.
— ÈTYM. Lat. impœnitentem, de m négatif, et pœnilens, pénitent.
MP
IMPENSE (in-pan-s'), s. f. Terme de jurisprudence. Somme employée pour la conservation, l'amélioration ou l'agrément; ce qui classe les impenses en nécessaires, utiles et voluptuaires. Rembourser les impenses et les améliorations.
— UEM. L'Académie ne donne impenses qu'au pluriel ; mais il n'y a aucune raison pour ne pas admettre le singulier.
— SYN. IMPENSE, DÉPENSE. Touto Impense profite au propriétaire, tandis que la dépense est une somme employée au dehors, et dont l'équivalent ne se trouve plus dans les biens de celui qui l'a
faite, LEGOARANT.
— HlST. XVI' s. Doit estre rembourcé par cohéritiers des impenses utiles et nécessaires, Coust. gêner, t. I, p. 40.
— ÉTYM. Lat. impensa, dépense, de tn, en, dans, etpendëre, payer (voy. pension).
(. IMPÉRATIF, IVE (in-pé-ra-tif, ti-v') , adj.\\ l' Qui a le commandement. Précieuse est la variété qui fait des forts et des faibles, qui met le besoinde protection, la nécessité d'obéir, àcôté des aptitudes impératives, DUPONT-WHiTE, Liberté politique, p. 254. || 2° Qui ordonne absolument de faire une chose. Agénor : Je prétends d'Euphrosine être le seul captif. — Ésope : Moi je veux abaisser ce ton impératif, bouhsallt, les Fables d'Ésope, iv, 4. || Mandat impératif, mandat par le(]uel des électeurs, en nommant un député, l'astreignent à voter de telle ou telle façon sur telle ou telle question. {| Terme de pratique. Disposition impérative , disposition qui ordonne absolument de faire une chose. || 3° S. m. Terme du système de Kant. Impératif moral ou catégorique, sentiment absolu du devoir.
— HiST. xvi' s. Son parler estoit plein de très utile et salutaire instruction, mais c' estoit avec une briefveté impérative, austère et nullement addoulcie, AMYOT, Phncion, 7.
— ÉTYM. Provenq. imperatiu; espagn. etital. impcralivo; du lat. imperativus, de imperare, commander (voy. empereur).
2. IMPÉRATIF (in-pé-ra-tif), s. m. Terme de grammaire. Le mode des verbes qui exprime commandement, exhortation, défense. Un verbe à l'impératif. D'où vient que quelques grammairiens ont mis l'impératif au nombre des futurs? duclos, Gramm. P. R. Cliuv. t. ix , p. < 5i , dans pougens. Il Adj. Le mode impératif. || Proposition impérative, celle dont le verbe est à l'impératif. |] On dit de même : forme impérative ; phrase impérative.
— ÉTYM. Lat. modus imperativus, mode impératif (voy. IMPÉRATIF <).
IMPÉRATIVEMENT ( in-pé-ra-ti-ve-man), adv. D'une manière impérative. La loi prescrit impérativement. Il m'a parlé impérativement.
— ÉTYM. Impérative, et le suffixe ment. IMPÉRATOIRE ( in-pé-ra-toi-r' ) , s. f. Plante
ombelliiïre, imperatorium ostruthium, L.
— HIST. XVI' s. Mascher par fois des racines d'imperatoire, 0. de skrres, 903.
— ÉTYM. Lat. imperatorius, qui tient de l'empereur, de imperator, empereur; plante ainsi nommée à cause des grandes vertus qu'on attribuait à la racine de l'espèce appelée vulgairement angélique française.
t IMPÉilATOR (in-pé-ra-tor), s. m. Terme d'histoire romaine. Titre qui primitivement était décerné par le sénat, ou par les soldats eux-mêmes, aux chefs qui avaient remporté une victoire et détruit dix mille ennemis; ce titre, purement militaire, fut décerné pour la dernière fois à Blésus, oncle de Séjan.
— ÉTYM. Lat. imperator (voy. empereur).
IMPÉRATRICE ( in-pé-ra-tri-s' ) , s. f. \\ i° La
femme d'un empereur, ou la princesse qui, de son chef, possède un empire. Peut-être avant la nuit l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'impératrice, hac. Bérén. i, 3. Le Danemark a eu une reine qu'on a nommée la Sémiramis du Nord; il faudra que la Moscovie trouve quelque nom aussi glorieux pour son impératrice, fonten. Czar Pierre. L'armée et les citoyens proclamèrent d'une commune voix sa femme, Catherine d'Anhalt, impératrice, quoiqu'elle fût étrangère, étant de cette maison d'Ascanie, l'une des plus anciennes de l'Europe, volt. Louis XV, 33. || Dans le style moqueur et ironiijue. Femme qui affecte des manières hautaines, qui semble regarder du haut de sa grandeur. Mme de Passerot se redressa aussitôt.... et conserva pendant le reste de la représentation le maintien dune impératrice de sous-préfecture, en. de befinard, la Femme de 40 ans, § m. || 2° Variété de prune oblongue.
— IIIST xiu' s. Là troverent l'ompcreour Kyrsac
IMP
moult richement aparelllé, comme empereur devolt estre, et l'empereris sa femme, moult bêle dama qui estoit suer [sœur] le roi de Hongrie, villeh. lxxxvi. En ce point que nous séjournâmes en Cypre, me manda l'empereis de Constantinnoble que elle estoit arivéeàBaphre [PaphosJ, joinville, 2u. Il XVI' s. L'impératrice est une femme, leroux de LiNCY, Prov. t. II, p. 83.
— ÉTYM. Provenç. emperairitz ; catal. empera- (n's; espagn. emperatrix; ital. impératrice ; du lat. imperatricem, féminin d'imperator (voy. empereur).
t IMPERCEPTIBILITÉ ( in-pèr-sè-pti-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est imperceptible.
IMPERCEPTIBLE (in-pèr-sè-pti-bl'), adj.Wl'Qai ne peut être perçu soit par la vue, soit par un sens quelconque. Une odeur si légère, qu'elle est presque imperceptible. Figurez-vous que le temps tourne sur une roue dont le diamètre est infini ; sous cette roue immense est une multitude innombrable de roues les unes dans les autres ; celle du centre est imperceptible, et fait un nombre infini de tours précisément dans le même temps que la grande roue n'en achève qu'un, volt. Blanc et noir. Il Par exagération. Très-petit, ou plus petit qu'à l'ordinaire. Je me mets à vos pieds, madame, tout imperceptibles qu'ils sont, volt. Lett. Mme de Choiseul, 11 févr. h77I. De tous côtés on m'adressa de petits saluts imperceptibles, de doux sourires d'amitié, MARMONTEL, Méin. IV. || 2° Qiil échappe à la vue de l'esprit. Pour voir ce point imperceptible au commun des hommes, pasc. Prov. 3. D'un aveugle penchant le charme imperceptible Frappe, saisit, entraîne, et rend un cœur sensible, th. corn. Ariane, I, 4 . Les saints pères nous enseignent qu'il y a dans le siècle des séductions imperceptibles, et qu'il faut moins de force à y renoncer qu'à s'y maintenir avec la sagesse et la modération que Dieu demande, FLÉcii. Dauphine. Fouillant jusqu'au fond de son cœur, il cherchait si quelque imperceptible intérêt s y trouvait caché, id. Panég. ii, p. 397. Elle disait que cela s'était engagé par des fils imperceptibles qui les avaient tous conduits à leur insu, DiDER. Sur la princesse Dachkof.
— hist. xiV s. Car le feu nous est invisible. Aussi l'air est imperceptible, l'Alch. à nature, B9a.||xvi's. Cet estrangier que leur ame veoid [en rêve], c'est un homme spirituel et imperceptible, sans dimension, MONT. Il , 200.
— ÉTYM. Im... négatif, et, perceptible.
IMPERCEPTIBLEMENT (in-per-sè-pti-ble-man),
adv. D'une manière imperceptible, peu à peu. De même, dit ce Père [saint Bernard], que le reptile s'insinue et se roule subtilement, aussi le péché so gUsse-t-il comme imperceptiblement dans une conscience où la passion et l'erreur lui donnent entrée, BOURDAL. Sur la fausse consc. )" avent, p. I67. Une jeune princesse qui croît en taille à vue d'œil, et imperceptiblement en mérite, MAiNTEN. Lett. au duc de Noailles, 2 i déc. <700. 11 [l'homme] commence à mourir longtemps avant qu'il meure; Il périt en détail imperceptiblement, deshoulières , fle'/?. div.
— HIST. xvi' s. La veue d'un object agréable respandant imperceptiblement en nous la flamme d'une émotion fiebvreuse, mont, i, 98.
— ÉTYM. Imperceptible, et le suffixe ment. IMPERDABLE (in-pèr-da-W), adj. Qu'on ne peut
perdre, dont le gain est sûr. Partie imperdable. Ainsi raisonnait Paul-Louis; et cependant écoutait le jeune homme bien disant, auquel à la fin il s'en remet, lui confiant sa cause imperdable ; il la perdit, comme on va voir, p. l. cour. Procès.
— ÉTYM. Im... négatif, ei perdre.
t IMPERFECTIBILITÉ (in-pcr-fè-kti-bi-li-té), î. f État de ce qui n'est pas perfectible.
t IMPERFECTIBLE (in-pèr-fè-kti-bl'), adj. Qui n'est pas susceptible de se perfectionner. Que l'état de société sous des dehors brillants était barbare et imperfectible, cahrel, Œuv. t. v, p. 4)5.
— ÉTYM. Im... négatif, et perfectible.
t IMPERFECTIBLEMENT (in-pèr-fè-kti-blo-maii), adv. D'une manière imperfectible.
IMPERFECTION (in-pèr-fè-ksion; en vers, do cinq syllabes), s. f. \\ 1° État de ce qui n'est point achevé, parfait. L'état d'imperfection dans lequel cet ouvrage est resté. Il est évident qu'il n'y a pas moins de répugnance que la fausseté ou rimpeifcction procède de Dieu en tant que telle, qu'il y en a que la vérité ou. la perfection procède du néant, UESC. Mélh. iv, 7. N'est-ce pas un argument infaillible et très-certain d'imperfection en ma connaissance, de ce qu'elle s'accroît peu à pou cl qu'elle s'augmente par degrés? ID. Médit, m, 19. || 2° Ce qui fait qu'une personne ou une cho.se n'est 'joint
IMF
parfaite. Imperfection de corps. Imperfection d'esprit. Il Défaut. On doit supporter les imperfections de ses amis. Les imperfections qui déparent un ouvrage, un écrit. Corriger une imperfection. Il 3° Ancien terme de librairie. Toutes les feuilles imprimées qui, ne suffisant pas pour faire un volume parfait, sont mises au rebut. On dit maintenant défets. I! 4° Terme d'ancienne musique. Soustraction de la troisième partie de la valeur d'une note.
— SYN. IMPERFECTION, DÉFADT. L'imperfectiou est un manque de perfection; le défaut est proprement un manque, une défaillance; il tient à la nature de l'homme , mais l'imperfection peut tenir à sa volonté. Dans le sens oîi ces deux mots sont synonymes, imperfection est un euphémisme de défaut; mais le sens est le même : il faut supporter les imperfections de nos amis ou leurs défauts, donne une seule et même idée.
— HIST. Xli' s. Et qui seroit nuls ki osast dire i'ele [la créature] por ceste imperfection ne duist [dût] tenir à salveteit? st bern. p. 544. La meie [mienne] imperfectiun virent li tuen oil[tesyeui|,ii6erpîa/m. p. 216. ilxiv* s. Sour [sur] imperfection de ceste œuvre, Hist. littér. de la Fr. t. xxv, p. 52. {| xvi* s. Et quant aux imperfections, l'un estoit ambitieux et l'autre opiniastre, amyot, Flamin. et l'hilop. 2. N'est-ce pas un singulier tesmoignage d'imperfection [cliez l'homme], ne pouvoir r'asseoir notre contentement en aulcune chose ? mont, i, 385. La vieillesse est une maladie nécessaire et puissante, qui nous charge imperceptiblement de plusieurs imperfections, charron, Sagesse, i, 36.
— ÉTYM. lAt. imperfectionem, de in négatif, et perfectio, perfection.
t IMPERFECTIONNÊ, ÉE (in-pbr-fè-ksio-né,née), adj. Qui n'est point perfectionné.
— ÉTYM. Im... négatif, et perfectionné.
IMPEUFOUATION (in-pèr-fo-ra-sion), s. f. Terme
de médecine. Vice de conformation, qui consiste en une occlusion permanente de canaux ou d'ouvertures qui naturellement doivent être libres et communiquer à l'extérieur.
— ËTYM. Im... négatif, tt perforation.
IMPERFOaÉ, ÉE (in-pèr-fo-ré, rée), od;. Terme
de médecine. Qui n'est pas ouvert et qui devrait l'être. Anus imperforé. Bouche imperforée.
— ÈTYM. Im... négatif, et perforé.
IMPÉRIAL, ALE (in-pé-ri-al, a-1'), adj. \\ i' Qui
appartient à un empereur ou à un empire. Couronne impériale. Sa Majesté Impériale. Tiens, en cette moitié du sceptre impérial, À mon autorité prends un pouvoir égal, botrou, Bélis. m, 7. On voyait [lors de la chute de l'empire romain].... les plus grands rois [barbares] accepter, briguer même les honneurs patriciaui, et, comme un lion qui flatte l'homme qu'il pourrait dévorer, on voyait ces vainqueurs terribles rendre hommage au trône impérial, qu'ils étaient maîtres de renverser, J. j. rouss. Projet de paix perpét. \\ Terme de blason. Couronne impériale, espèce de mitre abaissée et surmontée du globe et de la croix. || Terme d'antiquité. Papyrus impérial, papyrus de première qualité. || Terme de numismatique. Médaille impériale, ou, substantivement, une impériale, médaille frappée sous les empereurs romains. || 2° Qui appartient à l'ancien empire d'Allemagne. || Diètes impériales, assemblées des États de l'empire d'Allemagne. Il Villes impériales, villes libres d'Allemagne, qui composaient le troisième collège de l'empire, et qui avaient le droit d'élire leurs magistrats sans autre dépendance de l'empereur que les autres souverains du même pays. || Qui est du parti de l'empire ou de l'empereurd'AUemagne.Les propos si impériaux deCadoganne plurent pas à Heinsius, qui ne le cacha pasàBerelti,ST-siM.477, **T.\\S.m.pl. Les Impériaux (avec I majuscule), les troupes de l'empereur d'Allemagne. Les Impériaux furent battus. || Nom donné aussi aux ministres de l'empereur d'Allemagne dans une assemblée. Les impériaux (sans 1 majuscule) opinèrent pour.... || 8' En termes d'armoiries. Aigle impériale, les armes de l'empire d'Autriche qui •ont un aigle à deux têtes. || 4« Eau impériale, espèce d'eau-de-vie distillée sur plusieurs sortes d'herbes et d'épices. Mme de Brissac en me quittant et en me donnant une bouteille d'eau impériale, retz, iv, 326. Il Pierre impériale, espèce d'opiat pour les dents composé de salpêtre, d'alun de roche et de soufre. 116° Couronne impériale, ou, simplement, iraiériale, espèce de fritillaire panachée qui fleurit au printemps. Il Prune impériale, ou, simplement, impériale, espèce de grosse prune violette et longue. Il Serge impériale, ou, simidement, impériale, esjièce de serge faite de laine fine. || Vache impé-
IMP
riale, ancien nom d'une sorte de cuir. 26 sols sur le cuir à blanc et lisse ; 25 sols sur les vaches impériales, Déclar. du voi, te fév. «635.
— HIST. XIII' s. Et se Merlins ou la sibile dient venté, on trouve en leurs livres que en cestui [Frédéric} doit definer li emperiaus dignités, brun. LATINI, Trésor, p. 9i. Ceux de son lignage emperial, MARC PCI-, p. 292. Emperiax [les impériaux] [ils] demainent si, Qu'il ne sevent que puissent faire.... Quant l'empereres voit laidir Sa gent et les homes morir.... Guillaume de Palerme. \\ xiv s. Les signes et aornemens impériaux, bebcheure, f° 30, reclo. Il XV s. Que dient li juge royal? Que justice n'a lois ne dis. Que dient clerc impérial? Que li empires est laidis. Et qu'om applique les escips Au rebours de l'entendement, E. desch. Poésies mss. f° 386. Il XVI' s. Il faut purger le cerveau de pilules sine quibus ou impériales, paré, xxi, 4 6. Pour la disposition des belles fleurs sortans de ceste plante, elle est dite coronne impériale, o. de serres, 378. Les impériales [prunes], id. 683.
— ÉTYM. l'rôvenç. emperial, imperiau, enperiau; espagn. impérial; ital. impériale; du lat. imperialis, de imperium (voy. empire).
(. IMPÉRIALE (in-pé-ri-a-l') , s. f. Jeu de cartes qui tient du piquet et de la triomphe, et où l'on nomme également impériale une certaine séquence de cartes. L'as, le roi, la dame et le valet de la même couleur, font une impériale. Impériale de cœur. Impériale de cartes blanches. Impériale en main, celle qui se trouve toute faite dans la main, avant que l'on ait pris au talon. Impériale de rencontre, celle que l'on a complétée à l'aide des cartes du talon. Impériale de retourne, impériale formée parla carte retournée et le jeu du donnant. Impériale d'atout, série de cartes de la couleur de l'atout et formant une impériale.
— ÉTYM. Impérial.
2. IMPÉRIALE (in-pé-ri-a-l')), s. f. \\ i' Le dessus d'un carrosse. Oh ! comme elle [la diligence] est chargée ! il y a du monde jusque sur l'impériale, picard, Capitaine Belronde, i, 7. 112° L'impériale d'un lit, le dessus d'un lit, surtout en parlant d'uu lit à colonnes. || 3° Terme d'architecture. Espèce de dôme ou de couverture dont le dos est en pointe et qui, en s'élargissant par en bas, représente la figure de deux S, qui se joignent en haut et s'éloignent en bas, félibien. On dit aussi impérial, ï. m. et comble en impériale. || 4° Terme de marine. Partie supérieure d'une tente.
— ÉTYM. Impérial, à cause de la situation élevée de l'impériale.
\S. IMPÉRIALE (in-pé-ri-a-l'), s. f. Petite touffe de poils qu'on laisse pousser sous la lèvre inférieure.
t 4. IMPÉRIALE (in-pé-ri-a-l'), s. f Monnaie d'or du poids de quatre deniers quatre grains (loo grains, ou grammes 6,32 ) et au titre de vingttrois carats trois quarts (0,99). L'impériale se fabriquait en Flandre.
t IMPÉRIALEMENT (in-pé-ri-a-le-man) , adt). En empereur, d'une façon impériale.
— HIST. xiii* s. Dont vinrent en la prison où li empcreres Alexis avoit les ieux crevés, et puis le vesiirent imperialment et l'enmenerent au haut palais de Blaquerne, villf.h. Lxxxin.
t IMPÉRIALISME (in-pé-ri-a-lism'), s. m. Opinion des impérialistes.
t IMPÉRIALISTE (in-pé-ri -a-li -st'), s. m. Il 1° Partisan de l'ancien empire d'Allemagne. Il 8° Partisan du régime politique de l'empereur Napoléon I" et de sa dynastie. \\Àdj. Le parti impérialiste.
— HIST. XVI» s. Le Bailly, qui estoit impérialiste et installé par la douairière do Lorraine, nièce de l'empereur.... carloix, v, 7.
— ÉTYM. Impérial.
IMPÉRIEUSEMENT ( in-pé-ri-eû-zc-man), adv.
Il 1° Avec hauteur, d'un ton de commandement. Il a parlé impérieusement. Il traite impérieusement ses inférieurs. Le pécheur, voyant la parole divine venir à lui impérieusement pour détruire ces idoles pompeuses qu'il a élevées, boss. Sermons , Vaines excus. des péch. 2. || 2° Par une nécessité absolue. Cette aiïaire demande impérieusement le concours de puissants capitalistes.
— ÉTYM. Impérieuse, et le suffixe ment. IMPÉRIEUX, EUSE (In-pé-ri-eû, eû-z'), adj.
Il 1° Qui commande d'une façon absolue et sans qu'on puisse résister ou répliquer. Homme impérieux. Elle était impérieuse envers les enfants, mais complaisante à son mari, prhbot. Tacite, 253. Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse,