‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 126 sur 389 · LYN · texte numérisé non relu

LYN

+ LYCOPODIACfiES (li-ko-po-di-a-sée), ». {. pi. Terme de botiinique. Famille oe plantes acotylédones formant autrefois une s^ection des mousses.

t LYCOPODINE (li-ko-po-di-n'), s. f. Terme de chimie. Principe azoté, qui existe dans la poudre ila lycopode.

— ÉTYM. [.ycopode, et la finale chimique ine.

t LYCOPSIDE (li-ko-psi-d'), ». f. Genre de plantes borraginées.

— ÉTYM. Aûxoç, loup, et 8>}/i;, aspect : aspect de loup, à cause des poils hérissés qui couvrent la plante.

t LYCOREXIE (li-ko-rè-ksie), s. (. Terme de médecine. Faim de loup, variété de la boulimie.

— ÉTYM. AOxoc, loup, et ôpE^t;, faim.

t LYCOSE (li-kô-z'j , s. f. Terme de zoologie. La lycose tarentule, dite vulgairement tarentule, sorte d'araignée, dont le venin, malgré les fables publiées à cet égard, n'est dangereux que pour les insectes qui lui servent de nourriture, legoarant.

t LYDIEN, lENNE (li-diin, diè-n'), adj. Qui a rapport à l'ancienne Lydie ou à ses habitants. Il Mode lydien, un des modes de la musique gr cque qui convenait à la douleur, et qu'on employait dans les funérailles.

t LYDIKNNE (li-diè-n'), ». {. Terme de minéralogie. Jaspe noir ou quartz lydien employé comme pierre de touche.

t LYGODIER (li-go-diéj, s. m. Genre de fougères toutes exotiques; genre lygodium, Swartz.

— ÉTYM. Aùyo;, baguette d'osier, parce que les fougères de ce genre sont grimpantes et volubiles.

I LYMPHANGITE (lin-fan-ji-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation des vaisseaux et des ganglions lymphatiques.

— ÉTYM. Lymphe, et àyytio-/, vaisseau.

LYMPHATIQUE (lin-fa-li-k') , alj.\\i' Terme

d'anatomie. Oui a rapport à la lymphe. Vaisseaux lymphatiques. Ganglions lymphatiques. Il avait dit que la résistance qu'il sentait en soufflant les vaisseaux lymphatiques lui faisait croire qu'il s'y trouvait des valvules qu'il n'avait pourtant pas encore vues.... il fit si bien par son adresse singulière qu'il les découvrit, etau nombre de plusde deux mille.... KONTEN. Ruysch. Il Système lymphatique, ensemble des organes qui concourent à la formation ou à la circulation de la lymphe, savoir les ganglions etlei vaisseaux lymphatiques. || 2° Termed'hygiène. Tempérament lymphatique, tempérament dans lequel le système lympiiatique semble dominer, ou du moins dans lequel il y a peu de coloration et peu de fermeté dans les chairs.

— ÉTYM. Lymphe.

t LYMPHATISME (lin-fa-ti-sm') ». m. Terme de médecine. État lymphatique du corps.

LYMPHE (Iin-"n, s. f. Il 1" Terme d'anatomie. Liquide blanc, nutritif, contenu dans les vaisseaux lymphatiques, moins les chylifères, qui n'en contiennent que pendant l'abstinence; il est versé dans le sang veineux proche du cœur. || 2* Lymphe de Cotugno, humeur transparente dont toutes les cavités de l'oreille sont remplies. || 3" Terme de pathologie. Blastème accidentel, exsudé à la surface soit des plaies soit des membranes séreuses, et donnant naissance aux éléments anatomi^jues iss liourgeons charnus, des cicatrices, etc. Lymphe coagilalde ou lymphe plastique. || 4° Par analogie, nom donné queUiuefois, en botanique, à l'humeur aqueuse que contiennent les plantes.

— ÊTYM. Lat. lympha, eau, le même que nympha (voy. nymphe).

fLYMPIIITE (lin-fi-f), ». f. Terme de médecine. Synonyme de lymphangite.

— ÊTYM. Lymphe.

t LYMPUonitUAGIE Oin-fo-rra-jie), ». f. Terme de médecine. Écoulement persistant de lymphe, après la blessure d'un vaisseau lymphatique.

— ETYM. Lymphe, et paytït, faire éruption.

t LYMPHOSE (lin-fô-z") ,». f. Terme de physiologie L'action élaboratrice spéciale dont résulte la lymphe.

— ÊTYM. Lymphe, et la finale ose, toui;, qui est verbale et indique une action, une opération.

t I.YMPIIOTOMIE (lin-fo-to-mie),». f. Dissection des vaisseaux lymphatiques (de Topii), dissection).

f LYNCHER (lin-ché), V. a. Appliquer la loi de Lynch (voy. loi).

t LYNGODE (lin-g(Hl'), ad]. Terme de médecins. Fièvre lyngode, fièvre avec sanglots.

— ÊTY.M. Aui'r<i5l«i singultueux.

LYNX (links'), ». m. || 1" Quadrupède carnassier auquel les anciens attribuaient une vue très-perçante. La Fable racontait que Bacchus, revenant vainqueurde l'Inde, était dans un char traîné par des lynx. Le lynx, dont les anciens ont dit que la rue

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était assez perçante pour pénétrer les corps opaques, dont l'urine avait la merveilleuse propriété de devenir un corps solide, une pierre précieuse appelée lapis lyncuriut, est un animal fabuleux, bukf. Quadnip. t. m, p. 3i6. || Fig. Lynx envers nos pareils et taupes envers nous, la font. Fahl. i, 7. Vous m'allez demander pourquoi, étant lynx sur les fautes de mes contes à dormir debout, je suis taupe sur les défauts des tragédies, volt. Lelt. d'Argental, s<i déc. «763. Il Avoir des yeux de lynx, avoir la f ue très-perçante. || Fig. Voir clair dans les affaires, dans les desseins, dans les pensées des autres. Notre vanité qui a des yeux rie lynx, mariv. Serm. indiscr. II, i. Je soupçonne Zélie, examinez cela avec des yeux de lynx, montesq. lett.pers. i*s. Un œil de lynx pour saisir le faible ou le ridicule des hommes, MARMONTEL, Mém. XII. || 2'" Aujourd'hui on rapporte le lynx au loup-cervier. Les plus belles peaux de lynx viennent de Sibérie sous le nom de loup-cervier, et de Canada sous celui de chat-cervier, BUFP. Quadrup. 1. m, p. 308. Un animal que les anciens appelaient lynx, connu en Sibérie sous le nom de loup-cervier, ne s'appelle que chat-cervior dans le Canada, parce qu'il y est plus petit que dans notre hémisphère, raynal, Hist. phil. xv, 8. Il 3° Constellation boréale.

— UEM. Au lieu de yeux de lynx, Malherbe a dit: yeux de Lyncée, héros mythologique céli^bre par sa vue perçante et pilote des Argonautes : Ce n'est pas à dire que tous les hommes ayent des yeux de Lyncée, Le traité des bienf. de Sénèqrie, iv, 27. Il est certain que Malherbe a raison, et que les anciens, quand ils voulaient désigner une vue très-perçante, disaient non des yeux de lynx, mais des yeux de Lyncé^(.Von pos.iis oculis quantum cometidere Ly rictus, HOR. Ep. I, I, 28). Mais il est certain aussi qu'ils prétendaient que le lynx était doué d'une excellente vue {lynces... qux clarissime omnixim eemunt, pline, U. nat. xxviii, 8, 32). De là au moyen âge s'est faite la confusion entre lynx et Lyncée; et nous avons pris l'habitude de dire non des yeux de Lyncée, comme il faudrait, mais des yeux de lynx.

— HIST. Mil* 8. M&s s'il eussent yex [yeux] de Uns, laRose, 8969. Car lins a la regardeiire. Si fort, si perçant et si dure.... ib. 899) . |1 xiv* s. Une beste qui est appellée Unes, qui voit parmi une paroit de quatre pies d'espès, Modus, f. xxv.

— f.TVM. AùvÇ, lynx; anc. haut-allera. luhi.

t L'VPÉMANiE (li-pé-ma-nie), s. f. Terme de n-fjdecine. Genre d'aliénation mentale caractérisée par une tristesse profonde.

— Etym. AûitT), chagrin, et mante.

L'VRE (li-r'), s. f.\H' Instrument de musique à cordes, en usage parmi les anciens. Vous rencontrerez une troupe de prophètes qui descendront du lieu haut, précédés de personnes qui ont des lyres et des harpes, saci, Bible, Rois, l, x, 5. David et tout Israël jouait devant le Seigneur de toutes sortes d'instruments de musique, de la harpe, île la lyre, du tamlx)ur, des cistres et des timbales, lu. ib. Il, VI, 5. Il Dans un sens spécial, chez les anciens, instniment à sons graves, formé par deux branches, soutenant un barreau sur lequel étaient placées des cordes qui sonnaient à vide. Par la lyre on entend ici généralement tout instrument de musique, dont les cordes sont tendues à vide, rollin, ilist. ane. Ofc'ur. t.xr, t" port. p 247, dans polgen.s. Il Chez les modernes, sorte de guitare où la touche était placée entre deux branches recourbées comme celles de la lyre antique ; cet instrument très-peu maniable était à la mode sous le Directoire et au commencement do ce siècle, jj Fig. Le mémeau.eur [Dipu].... adonné aux oiseaux leurs chants si dirers, et leur a mis dans l'esiomac et le gosier une

espèce de lyre et de guitare, pour annoncer, chacun à leur mode, les beautés de leur créateur, Boss. Élétat. sur myst. v, < . || Chez les Grecs, le nombre des cordes de la lyre a varié; mais la plus ancienne et la plus usitée tiant la lyre à sept cordes; même à Sparte il fut défendu d'innover à cet égard, !| Fig. Ajouter une corde à sa lyre, prendre dans ses vers un nouveau ton, traiter un nouveau sujet. Et l'ajoute à ma lyre une corde d'airain, v. hugo, l'ertiUes d'automne, xl. || 2" Fig. Le talent du poète, l'action de faire des vers. La lyre d'Homère. La lyre de Pindare. Malherbe avec Racan parmi les chœurs des anges, Là-haut de l'Éternel célébrant les louanges, Ont emporté leur lyre, lafont. Épttre vm. Je consacre ma lyre X la céleste charité, rac.

Cantiques, i Mille fois Ta louange a monté

ma lyre avec ma voix, a. chén. Élég. 28. Quittez la lyre, ô ma Muse, Et déchiffrez ce mandat; Vous voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État, BÉHANG. J/use en fuite. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre ; Des cœurs nés sans vertu l'infortune est l'ecueil; Mais toi, roi détrôné, que Ion malheur t'inspire Un généreux orgueil! lamart. Héd. i, 14. Quelquefois seulement, quand mon âme oppressée Sent en rhythmes nombreux déborder ma pensée, Au souflle inspirateur du soir, dans les déserts, Ma lyre abandonnée exhale encor des vers, m. ib. I, 20. Il Prendre, accorder sa lyre, se disposer à faire des vers. Quitter, déposer, suspendre sa lyre, cesser de faire des vers. Les maîtres de la lyre, les grands poètes. Tels dans leurs fictions les maîtres de la lyre Représentent les dieux, enfants de leur délire Dans l'oubli du nectar laissant les cieux déserts, GiLB. Ode à Konsieur. || S'Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère septentrional. Il i' Terme de zoologie. Nom vulgaire et spécifique de deux poissons : le callyonyme lyre (acanthoplérygiens), dit aussi lavandière et lacert, et la trigle lyre (acanthoptérygiens). || Nom vulgaire et spécifique d'un oiseau, le ménure lyre (gallinacés). Il Lyre de David, coquille du genre harpe. ||5°'rerme d'anatomie. Surface inférieure de la voijtoà trois piliers (tu cerveau, où l'on remarque deux lignes longitudinales auxquelles viennent se rendre d'autres lignes transversales ou obliques.

— HIST. xn* s. E David e tuz ces [ceux] de Israël juerent devant nostre seignur od mulles manières d'estrumens, od harpes, e lires, e tympans, e frestels, 0 cymbals. Rois, p. 439. ||xvi' s. Seigneur, change et monte ma lyre, Afin qu'au lieu du vain martyre Oui se paist des cœurs ocieux.... desportes, OEuvres chre>.t. xviii. Oie. Adieu, vieille forest, le jouet de zephyre. Où premier j'acconlay les langues de ma lyre, bons. Contre les bûcherons de la forêt de Câlines.

— ÊTYM. Provenç. esp. et ital. lira ; du lat. lyra, qui est le grec )Opa.

t LYUIî, Rfi (li-ré, rée), adj. Terme de botanique. Se dit (l'une feuille découpée en lobes plus petits que le dernirr qui est très-ample.

t LVRIFORMB {li-ri-for-m'), adj. Terme didactique. Qui ressemble à une lyre.

— É TYM. Lyre, et forme.

LVRIQUK (li-ri-lt'), od;'. || 1° Chez les anciens, poésie lyrique, poésie qui se chantait sur la lyre. Les vers lyriques étaientceux qu'on chantaiton qu'on était supposé chanter; ceux, par exemple, des odes et des dithyrambes. Les Grecs eux-mêmes ont reconnu que la plus ancienne et la meilleure espèce do poésie était la lyrique, c'est-à-dire les hymnes et les odes, pour louer la divinité, fleury, tireurs des Israél. titre xv, a* pan. p. (89, dans l'OLGRNs. Il Poètes lyriques, et, substantivement, les lyriques, ceux qui composaient dans ce genre de poésie. Pindare, Horace sont des lyriques. || 2* Au-

jourd'hui, II se dit des vers qui entrent dans les odes et les dithyrambes. Les poèmes lyriques de Malherbe, de Rousseau. || Appliqué aux pièces de théâtre, lyrique signifie propre à être chanté,àêtre mis en musique. Tragédie lyrique, opéra sérieux; comédie lyrique, opéra du genre gai. Célèbre par ses belles poésies lyriques et par la douceur qu'il fQuinault] opposa aux satires très-injustes de Boileau, volt. Louis XIV, Êcriv. \\ Théâtre lyrique, théâtre sur lequel on représente des ouvr.iges mis en musique. Les théâtres lyriques sont à Paris les Italiens, l'Opéra, l'Opéra-Comique et le Théâtre lyrique. || 3' Particulièrement. Lyrique se dit de jjièces disposées par stances qui, sans être destinée à être chantées, ont un mouvement et un transport plus vif que le reste de la poésie. || Qui appartient i la poésie lyrique de ce genre. Il faut que des hauteurs du sublime Hélicon Le premier trait que lance un poète lyrique, Soit une flèche d'Apollon, R. Lebrun , le Vengeur. Montés au même char, comme un couple homérique, Nous tiendrons, pour lutter dans l'arène lyrique. Toi la lance, moi les coursiers, v. HijG0,0ito, à Lamartine. || Par ironie. Dans mon lyrique essor je marche à pas comptés, m. j. chén. les Nouveaux saints. \\ 4° S. m. Un lyrique , poète lyrique, celui qui s'est illustré par des odes, des dithyrambes et autres poésies lyriques. Malherbe, Lamartine, V. Hugo sont nos premiers lyriques. Il Le lyrique, le genre, le talent lyrique. Racine me paraît incomparable dans le lyrique : une diction précise et serrée ; de la douceur, mais avec de l'énergie ; des figures variées; de riches et nobles images ; une mesure libre qui pourtant ne marche pas au hasard, d'olivet. Rem. Racine, § 6J.

— HIST. XVI* s. Les vieux lyriques si heureusement ressuscitez, bons. Épître au lecteur. Odes.

— ÊTYM. Lat. lyricus, de lyra, lyre.

t L'VRISME (li-ri-sm'i, t. m. Néologisme. || l' Caractère d'un style élevé, poétique, langage inspiré. Le lyrisme de la Bible. || 2° En mauvaise part, affectation déplacée du style lyrique, ou des formes qui le caractérisent. || 8" Kn général, enthousiasme, chaleur. Cet homme a du lyrisme. Sa conversation a du lyrisme.

— ÉTYM. Lyre.

t LVRO-GUITARE (li-ro-ghi-ta-r'), s. f. Sorte à* guitare en forme de lyre.

t LVS1IÙ\, lEXMi (ly-zim, ziè-n'j, adj. Terme de minéralogie. Formé par voie de dissolution chimique. Terrains lysiens. Substances lysiennes.

— ÉTYM. \<i<7t<;, dissolution

t LVSIMACHIE (li-zi-ma-kie), *. f. || !• Genre de belles plantes de la famille desprimulacées. || Lysimachia vulgaris, L., corneille, chassebosse. || Lysimachia nummularia, L,, herbe aux écus, monnayère. || On dit aussi lysimaque. || 2° Lysimaque bleue, tcutellaria galericulata , L. vulgairement toque, labiées.

— HIST. XVI' 3. Lysimachie a prins son nom du roy Lysimachus son inventeur; elle est aussi appellée salicaria, par la ressemblance de ses feuilles à celle du saux; l'on la nomme en françois corneole ou chasse-bosse, o. de serres, «18.

t LY-SSES (li-s'), *. f. pi. Terme de médecine. Pustules qui, suivant quelques auteurs, se développent sous la langue des individus mordus par un animal enragé.

— ETVM. AOiTTa, rage.

t LYTIIRAUIfiES (li-tra-ri-ées), t. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones, plus communes entre les tropiques que sous les autres climats.

— ÉTYM. Oenra/yl/irtim, de îûSpov, sang coagulé, couleur des fleurs du lylhraria salicaria, L

M (è-m"), f . f. Il 1* La treizième lettre de notre alphabet. Une M majuscule. Pour le R, la lèvre supérieure prend son appui au-dessous de l'inférieure ; et pour l'M les deux lèvres, d'un mouvi>mcnt égal, ne font que s'unir et se détacher, mak- «ontkl, EUm. litt. OEuv. t. vin, p. »04, dans

pooorits. Ici l'M i «on tour sur ses trois pieds se dresse. DR PUS, Harmon. imit. i. || 2" Suivant l'épellation nouvelle, M se nomme me et est masculin : un me majuscule. || 8* M, devant un nom propre, signifie monsieur; MM signifie messieurs; Mme signifie madame; «t Mlle lignifie mademol-

selle. fl4' Dans les chiffres romains, M est le signa numérique do tooo. CM v^ut dire 900. || Surmontée d'une ligne horizontale, M, cette lettre vaut millo fois loou, ou un million. || 6" M est la marque des anciennes monnaies françaises qui ont été frappées & Toulouse M M. celles de* monnaies labriquéet

.ir.6

MAC

i Jlarscillo II «- Le» m.^lpcins, Hnrn leur» nnlnniiaiice., se sentent de la lettre M pour signifier une ir.e'iurp qui se nomme manipule; et pour le mol latin misce, qui signilie mêlez, ou mixlio, mélange (f m » a. : fiai mixtio secundum artem).

— HIST. XIII* s. 1^ bone loi nous vint par m, Qui des lellres'osl dame et geme; M a trois pies en sa fi- «iiro, Senefmnce de t'ABC, dans jubinal, t. ii, p. 3»o.

KTYM. Lat. m (dit em suivant Priscien); grec, iiû; du phénicien mim.

MA (ma), adj. poisessif fémin. dont le masculin est mon (voy. mon).

t MAB (mab), t. f. Personnage de la lèerie anglaise. La reine Mab. Des follets et des fées C'est le^saim qui s'ébat ; Ils escortent leur reine, Mnli, ïux cheveux dorés, Dont le pied couche à peine L'Iicrbe fine des prés, oeorges sand, la Heine Uab, Soi'ées lUléraires, p. TiS.

t MABÉE (ma-bce) s. f. Genre de plantes de la Guiane, eiiphorbiacces. || On écrit aussi raabier.

t M.ABUK (ina-br'), s. m. Nom, aux îles Baléares, du pagello monuyre (poissons acanthoptérj-h'ions).

i MACAimK (nia-ka-br'), adj. f. Usité dans cotto locution : danse macabre, siiile d'images on peinture qui représentent la .Mort, eiilraiiiaiit avec elle, en dansant, des per.sonnnge5 de toutes les conditions, ris, prêtres, chevaliers, moines, hommes du commun; ce genre de ppintuie eut la voRue aux XIV* et xv* .'iljcles, dans les églises et autres monuments publics. La ilanse macabro do l'église rie Kcrmaria, dans le département des Côtes-du-Xord.

lllST. XV' s. Peintures notables de la danse

macabre et autres [aux Innocents, à Paris, en U07j, Hijt. lilt. de la France, t. xxiv, p. 7ig. X Paris vers les charniers encontre la charronnerie à l'endroit de la danse macabre, Journal de Paris sont Charles VI, an U20, p. (20, dans laciirne.

— ÉTYM. Lorrain, makaibré se dit d'une configuration fantastiiiue des nuages. Du Cange a chnrca Hacliaba-orum (danse des Machabées), qu'il définit ainsi : cérémonie plaisante, pieusement instituée par les ecclésiastiques, et dans laquelle des dignitaires, tant de l'Église que du monde, conduisant ensemble la danse, sortaient tour à tour de la danse pour exprimer que chacun de nous doit subir la mort. On lit, en effet, dans un texte de 1453 : Ouatuor simasias vini exhibitas illis qui choream Marhabxorum fecerunt. On ne peut douter que la danse macabre et la danse des Uachabées ne soit une seule et même chose. On peut supposer que les sept frl'res Machabées, avec Êléazar et leur mère, soufl'rant successivement le martyre, donnèrent l'idée de cette danse où chacun des personnages s'éclipsait tour à tour, et qu'ensuite, pour rendre l'idée encore plus frappante, on chargea la mort de conduire cette danse fantastique. Devant chorea Hacliaba-nriim, on ne peut faire compte de l'arabe makbara, chambre funéraire. •

t MACADAM (ma-ka-dam'j, s. m. Nom d'un pavage inventé par un Anglais nommé Mac-Adam, et dans lequel on emploie du granit concassé. Le macadam est maintenant en usage sur le continent. Il On dit aussi chaussée à la Mac-Adam.

t MAC.\DAMISAGi; (maka-da-mi-za-j'), s. m. Action de macadamiser.

t MACADAMISER (ma-ka-da-mi-zé\ v. a. Faire une chaussée, un chemin, en macadam. Chaussée macailaniiséo.

t HACAIItE (ma-k«-r') ou ROBERT MACAIRE, t. m. Il 1* Nom du traître de la chanson de geste de la reine .Sibric, qui assassina Auberi et l'ut vaincu en duel par le chien de sa victime, appelé plus tard le chien de Montargis. Le nom de Macaire a été remis à la mode p«r le drapie du Chien de Montargis ou la Forêt de Pnndy, de G. de Pixérélourl (I8U). C'est donc le type des traîtres de mé- /odrame dont on a fait ensuite la psrodio dans l'Auberge dei Adrels. jj i" Personnage de VAubenje des j4((relidont le nom est devenu le nom générique dos fripons adroits et audacieux, teur basse histoire n'a pas même eu toujours les honneurs du bulletin des tribunaux ; ils se croyaient des Macaires, et n'ont été que des filoux, larciiet, Kxcentr. du langage. — B-TYM. Macarius, nom propre, du grec Ma/àpioj, bienheureux, de iiixop, heureux. De bonne heure ce nom a été pris pour signifier un homme dangereux, en raison de la chanson de geste : La.s I quel péril de croire losangierSur son ami I cil vaut pis que Macaire, f. desch. Poésies mss. ^ îs9.

t HACAO (ma-ka-o), ». m. Jeu de cartes qui est une varift* Hu jeu dit do vingt-elun.

MACAQUK (makak'), s. m. e\f.\\ !• Genre de linge» à tête plate et k queue courte. Un macaque.

MAC

Une m.ac-iquo. ||2" Ver niacnq-ue, v^r mirlngouin, (Uigaciiru, ou berne, lanes, dans l'.\ineriqiie niéliilionale, qui sont redoutées à l'égal des moustiques; dites, au xviu' siècle, œstre de l'homme.

— ErYH. Portug. macaco, mot du Congo signifiant une sorte de singe.

t MACAUET (ma-ka-ré) , s. m. Voy. mascaret.

t MACAREUX (ma-ka-reû),ï. m. Genre d oiseaux des mers glacécsdu Nord, palmipèdes bnichyiitères.

f MACARIBO (ma-ka-ri-bo). Uu des noms du renne, dit aussi caribou, et qui est le cerf tarande de Linné.

I MACARIENS (ma-ka-riin), î. m. pi. Nom que les donatistes d'Afrique donnaient par haine et par mépris aux catholi(|ues; dérivé de Macarius, un des personnages consulaires que l'empereur envoya en Afrique pour veiller à l'ordre public, et qui fit punir quelques-uns des donatistes les plus ardents.

f MACARISME (ma-ka-ri-sm'), s. m. Dans l'office des Grecs, hymnes en l'honneur des saints ou des bienheureux.

— ETYM. Max»pto|j.èc, de (iaxafiÇEiv, louer comme bienheureux.

AlACARON (ma-ka-ron), s. m. || 1° Petite pâtisserie coinnosée d'amandes, de sucre et de blancs d'œufs, ei disposée en petits pains ronds. || Fig. Mettre du sucre sur du macaron, ajouter bien sur bien. Enfin je ne pense qu'à ma santé, et c'est ce qui s'appelle présentement mettre du sucre sur rtii macaron, siiv. 16 sept. I076. || 2" Peigne ovale dont les femmes se servent pour relever et retenir leurs cheveux, ainsi dit par assimilation de forme. Il 3° Terme de marine. Nom de certains morceaux de bois courts, assemblés sur les plats-hords d'un b.'itiment pour recevoir les fargues (Méditerranée).

— ÉTYM. Ital. maccherone, sorte do pâte; Venise, maiarone. On n'en connaît pas l'élymologie. Les uns indiquent macco, bouillie de fèves pilées ; les autres, le bas-grec (j.axî(.îa, signifiant un mets de bouillon et de farine d'orge. Voy. cependant macéukr.

t MACAIlOXlî, KE (nia-ka-ro-né, née), adj. Pâte macaronée, p:1te façonnée à la maniire des macarons.

MACAROXÉK (ma-ka-ro-iiée), J. Z'. || 1" Titre du poème macaronique de Théophile Folengi, de Mantoue, qui écrivit au commencement du xvi' siècle sous le nom de Merlin Coccaie. || 2° Pièce de vers en style macaronique. Dans la macaronée, le sel de l'expression résulte principalement de la nouveauté singulière et hardie d'une langue.... Nodier, dans le Dicl. de POITEVIN.

— HiST. XVI' s. Une vingtaine de vers macaro-, nées, PASQU1ER, Recherches, vu, o.

— ÉTYM. macaroni. On a remarqué que le caractère plaisant, dans le populaire de plusieurs pays, a été désigné par le nom de l'aliment favori de la nation : Ainsi, les Italiens appellent les plaisants de celle esiicce macaroni; les Fiaugais, Jean Farine ; les Anglais, Jacques Poudings.

MACARONI (nia-ka-ro-ni), i. m. jj 1° Pâle alimentaire moulée en cylindres et faite avec la farine de riz ou celle do froment pur. Il les invite à venir manger du macaroni, volt. Cond. 23. || 2° Terme de pliarmacie. Préparation fortement purgative employée anciennement par les religieux de l'hôpital de la Charité contre la colique métallique; on la nommait aussi mochliquc.

— ÉTYM. Ital. macaroni, pluriel de macarone (voy. macaron).

MACARONIQUE (ma-ka-ro-ni-k') , adj. Poésie macaronique, poésie burlesque dans laquelle on affuble de terminaisons latines les mots de la langue vulgaire. La scène de la réception d'Argant dans le Malade imaginaire de Molière est en vers macaroniques, et surtout la Mort de Michel Morin : De brancha in brancham dcgrinrjolat alque facit pouf. Le latin macaronique inventé, dit-on, par Merlin Coccaïe, pour se venger des dominicains, VOLT. Ife7. UU. Observ. Tristram Shandy.

— HIST. XVI* s. Arrivant à la cassine, de loin il apperceut Tappecoue, qui retournoit de queste et leur dit en vers macaroniques.... bas. Panl. iv, 13.

— ÉTYM. Voy. MACARONÉE.

t MACARONISME (ma-ka-ro-ni-sm'), ». m. Composition dans le genre macaronique. || Le gertre lui-même.

t MACAROM.STE (ma-ka-roni-sf), ». m. Celui qui écrit dans le genre macaronique.

t MACCABEO (ma-kka-bé-o), ». m. Cépage d'origine espagnole, dans les Pyrénées Orientales.

MACf.DOINE (ma-sé-doin'), ». f. \\ V Mets composé d'un mélange de diiïérents légumes ou de différents fruits. Il 2" Fig. et familicrcraont. Asseiiiblago de pi&cfls de difiTérents (jinres dans un même livre,

MAC

dans un même ouvrage. Il [un livre] a pour titre lliyard; c'est une m.icédoine liltérane, bachah- MONT, ilém. secr. t. xxxii, p. 25i. || S" Terme de jeu de cartes. Une suite de parties dans laquelle chacun des joueurs, lorsqu'il tient les cartes, prescrit l'espèce de jeu qu'on va jouer sous sa main.

— ÉTYM. Origine qui tient sans doute à quelque circonstance particulière; mais cette circonstance n'est pas connue, à moins de penser que cela a élà dit à cause des conquêtes d'Alexandre qui avait iaii de la Macédoine un empire formé de morceaux.

t MACÉDOMENS (ma-sé-do-niin), ». m. Hérétiques qui niaient la divinité du Saint-Esprit ; ainsi nommés d'un évè(]ue Macédonius.

M.\CKR (ma-sc) , K. a. Voy. masser.

t MACf;RATï; (ma-sé-ra-té), s. m. Terme de phar- •nacie. Liiniido chargé, par macération, des piinipes solubles d'un corps. || On dit aussi macération -t même macéré.

— ETYM. Voy. MACÉRATION.

MACÉRATION (ma-sé-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s.f. \\ 1" Terme de pharmacie. Opération qui consiste à laisser séjourner, à froid, c'est-à- (iiie à la température atmosphérique, un corps solide quelconque dans un liquide qui se charge des principes solubles de ce corps. || Ce liquide même. l|2°Terme de métallurgie. Fusion et épuration delà fonte par le repos de la masse. || 3' Fig. Mortification par jeûnes, disciplines et autres austérités. Oii sont ceux qui expient leurs crimes par des larmes et des mncérations? où sont ceux qui, après avoir commencé comme des pécheurs, finissent comme des pénitents? MASS. Carême, P. nomb. élus. Les trappistes ont été continuer leurs macérations dans les bruyères de l'Angleterre, chateaubr. Gcnt'e, iv, m, 3,

— ÉTYM. Lat. ma(,era(ioncm,demacerart', macérer.

MACftRft, ÉE (ma-sé-ré, rée) , part, posst! de macérer. Il 1" Soumis à la macération pharmaceutique. Une plante macérée dans du vin. || Fig. Atténué, réduit par les austérités.La chair macérée dans les cloîtres. I] 2" S. m. Un macéré, voy. macébaiê.

MACÉRER (ma-sé-ré. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je macère; excepté au futur et au conditionnel : je macérerai, je macérerais), 1). a. || 1" Terme de pharmacie. Soumettre à une macération. Macérer une plantedans du vin, dans de l'alcool. || Par extension. i.orsque l'animal (le chameau] est pressé par lu soif, (I. qu'il a besoin de délayer les nourritures sèches et luj les macérer par la rumination.... bup». Quadrup. t- v, p. a». 112" Fig. Affliger son corps par diverses aust(!.ités. Je ne vous dis pas, chrétiens, que vous abir '.onniez vos richesses, ni que vous macériez vos corps par de longues mortifications, boss. Panôg. Sie Thér.-K ||3"Se macérer, v. réfl. Être macéré. Cela se macère dans l'eau. || Fig. Se mortifier. On sut qu'il [l'évèque d'Orléans] se macérait habituellement par des instruments de pénitence, stsiM. 165, îl. Ils vivent dans la solitude, ils contemplent, ils se macèrent, mder. Opin. des ane. phil. {Malnbares} .

— HiST. XVI' s. L'on remettra avec le marc du bois ja cuit aut.int d'eau, sans le laisser plus tremper, parce qu'il est assez macéré, paré, xvi, s.

ETYM. Provenç. macerar, niaierar ; ei>iiagn.

mocerar; ital. macerare ; à\i lat. jnacerare, qui a l'a long, tandis que màcer, maigre, l'a bref. Curlius le rapproche de (linow, pétrir, dans lequel est un radical (xo-y (comparez payeùc, boulanger); il en rapproche (iaxapia, bouillie (voy. macaron), (Aiiuf (voy. màchkb), et maiilla, mâchoire (mnK-jiifa).

t MACEUET (nia-se-rè), ». m. Nom vulgaire donné à toutes les espèces du genre airelle, ou mieux du genre vaccinium (vacciniées), particulièrement au raccinium myrtille, i.egoabant.

\ MACERON (ma-se-ron) , s. m. Genre de plantes ombellifères; on y distingue le maceron commun, dit vulgairement maceron et gros persil , smyrnium oliisatrum, L.

— ÉTYM. Ital. maceron*.

MACUARfiES (ma-ka-bée),». m. pi. Nom de quatre livres de l'Ancien Testament, dont les deux premiers seulementsont canoniques, et qui contienneni l'histoire des Machabées qui afi'ranchirent l.i .lu lée

MÂCUE (mâ-cb'), ». f. Nom vulgaire de la v:i lérianello locuste (valérianées), t-a/enanel/a iocu.v(ri t. qui est, pour certains auteurs, la yalérianelle dcpotagcrs (valerianella olilorin, Mcenih), et qui se mange en salade ; dite encore, suivant les lieuv, blanquette, blaiichette, boursetle, broussetle, salade du poule ou de chanoine, doucette.

— ETYM. Probablement mdchir.

MÂCHÉ, IÎK(aiâ-ché,cliéc),})ar<.pa*«^de mâcher.

iiAC

MAC

Mac

3fî1

li 1* Broyé par les denl3. Les viandes bien mâchées sont à demi digérées. || Balle mâctiée, balle dont on a déchvjueté la suiface et que l'on suppose, à tort, causer une blessure plus dangereuse. Quand on a des armes à feu, l'on défend les armes empoisonnées ; et, quand les boulets de canon, suffisent, on -•nterdit les balles mâchées, raïnal, Ilist. phil. xu, B. If Une plaie mâcbée , plaie dont les lèvres présentent des irrégularités, comme si les dents y avaient passé. Il Terme de construction. Se dit d'une pièce de bois dont les fibres ont été émoussôes par le frottement d'un corps dur, ou d'un cordage usé par un frottement. Il Papier mâché, voy. papier. || 2° Fig. De la besogne toute mâchée, besogne toute préparée. 11 faut me donner les affaires toutes mâchées; je ne puis donner un moment aux miennes, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, t. i, p. <"*, dans pougens. Tout bien mâché et bien préparé, Chamillart communiqua son projet au roi, st-sim. 314, lao,

MÂCHECOUHS (mâ-che-kou-ll) ou MÂCHICOU- LIS (mà-chi-kou-li), s, m. Terme de fortification. Nom donné à de certaines galeries saillantes, .dans les vieux châteaux, et aux anciennes portes des Tilles, avec ouvertures , d'oil l'on apercevait le pied des ouvrages, et d'où l'on jettait des pierres ou autres projectiles pour empêcher qu'on n'en approchât. Se piquer d'avoir un ancien château à tourelles, à créneaux et à mâchecoulis, lA brut. vin. Ces châteaux du vieux temps avec des mâchicoulis, des souterrains, chatkaub. Génie, n, l, 5.

— HIST. ïV s. Les murs de devers la terre sont très gros et hauts, et dessus y a barlmcannes et machicolies, et au dehors faux murs et fossez, j. cuar- TIER, Ilist. de Chartes VII, p. 272, dans lacurne. Macioliz, MONSTHELET, dans un cange, machicolamenium.\\xvi' 3 Elle a les dents à maschecoulis , le haut défendant le bas, coigrave.

— £tym. Bas-lat. machicollamentum, machocol- Mdura; anglais, machicolation, l'action de verser, dans les châteaux, des substances chaudes à travers les ouvertures sur les assiégeants. Kn conséquence, ce mot doit contenir coulis, qui glisse, qui est disposé pour laisser glisser (voy. coulisse); mais la premiire partie du mot est ignorée.

t MXCHE-DKU (mâ-che-dru), s. m. Terme populaire. Un gourmand. || Auplur.Dei mâche-dru.

— Ktym. Kdc'ier, dru.

I. mACIIEFKR (mâ-che-fèr), ». m. 1| 1» Scorie qui sort du fer soumis à la forge, au fourneau, où battu rouge sur l'enclume. Vous trouverez adjoint l'extrait d'un résultat du conseil de construction tenu à Roclicfort le tT du mois (novembre (67»), par lequel il paraît qu'on estime nécesisaire de mêler, avec le goudron qui sera employé sur les ponts des vaisseaux, du mâchefer ou du coquillage pilé pour servir de mastic, et empêcher que l'eau des pluies ne pui.^se pénétrer, Leit. de Seignelay, dans jal. Il 2" Nom donné aux matières que les plombiers rafiineurs retirent de leur creuset.

— HIST. XV* s. Abusé m'a et fait entendre De viel mâchefer que fust peaultre, villon. Grand testam.

— ÊTYM. Scheler le tire de macquer ou mâcher, écraser; cela est probable; mais alors le mot devrait s'écrire mâchefer et non mâchefer.

t 2. MACUEFKR (mâ-che-fér), t. m. S'est dit figurément pour fanfaron, celui qui se fait fort de mâcher le fer.

— HIST. XVI" 8. Ces bravaches et mâchefers, merun COCCAÏE, l. Il, p. 3(7.

t HÂCIIE-LAURIKR (mâ-che-lô-rié) , I. m. Terme de plaisanterie pour désigner un poète. La llanoune, bien loin d'avoir bonne opinion de ce mâche-laurier, «CAMB.Bom. corn. 1,1 B. || àuplur.ViCi mâche-laurier.

— HIST. XVI' s. D'un gosier œascholauiier J'oy 'crier bans Lycophron ma Cassandre, Qui prophétise

aux Troyens.... bons. I" iitire du amouri.

— ÉTYM. Hacher, laurier.

MAC1IEI.1EH, itKB (mâ-che-lié, liè-r"), ad/. Qui appartient aux m.lchoire». || Muscles mâchelier», ceux qui font jnouvoir les mâchoires. || Dents mâchelières, dents molaires qui servent & broyer les aliments, se dit surtout chez les herbivores. IjSiil.- «tantivenient. Les mâchelières d en haut, d'en bas. I/îs juments n'ont j/oint de dents canines, ou le» ont fort courtes : les iiiftcheliiTes ne servent point à la connaissance de l'âge, bukf. Quadrwp. t. i, p. so.

— HIST. xrii« s. Les messages [de l'empereur d-; la Chine] allèrent tant par mer et par terre que ilz vindient à l'isle de firilan, et s'en allèrent au roy, et tant pourcbaciercflt que ils ortnt deux des dens messelieres [prétendue» dents d'Adam], qui moult •ont grans grossetes, marc pol, p. 6«8.

-ÊTYM. Gcnev. denl mdchiliére ; Berrj , un mait-

sellier, une dent mâchelière. Le Bcrry reproduit le vieux fiançais maisselle qui signifie mâchoire et vient du latin maj;tZio; mâchelière, auquel aucun suffixe régulier ne peut donner mâcher pour origine, doit aussi être une dérivation irrégulière de maissf/Ze. t MACHEMENT (mft-che-raan), s. m. Action de mâcher. || Terme de médecine. Action incessante de mâcher en écartant fort peu les mâchoires et sans avoir rien dans la bouche, ce qui est un signe de certaines maladies cérébrales.

— HIST. XVI" s. Maschement, cotgravb.

— ÊTYM. Mâcher; ital. maslicatnento.

t MACUEMOURE (mâ-che-mou-r'), s. f. Terme de marine. Nom donné aux miettes du biscuit brisé.

MACIIER (mâ-clié), v. a. || 1° Broyer avec les dents Mâcher du pain, de la viande. La pythie mâchait du laurier; elle en jeta en passant sur le feu sacré quelques feuilles mêlées avec de la farine d'orge, BARTHÉL. Ànach. ch. 22. || Absolument. S'il avait peine à bien mâcher Faute de dents en la gencive! scarr. Po(?s. dit!. OA'uw. t. vu, p. 193. Les chats ne peuvent mâcher que lentement et difficilement : leurs dents sont si courtes et si mal posées qu'elles ne leur servent qu'à déchirer et non pas à broyer les aliments, boss. Quadrup. t. l, p. 381. || Familièrement. Mâcher de haut, manger sans appétit. || Mâcher à vide, mâcher sans avoir rien sous la dent. ....Simonide, Qui dit, pour être sain, qu'il faut mâcher à vide, Régnier, Sat. x. Les gens qui sont priés pourront mâcher â vide, hauteroche, Souper mal ai:prété, se. I. Nous les attachions au râtelier [les chevaux], où nous les laissions fort bien mâcher à vide, LF.SAGE, Guzm. d'Alf. ii, t. Ne pouvant trouver des pensées nouvelles, ils [les académiciens dans leurs discours de réception] ont cherché des tours nouveaux, et ont parlé sans penser, comme des gens qui mâcheraient à vide, volt. Dict. phil. Société royale. || Fig. Se repaître de fausses e-'^pérances. Celte légùre amorce, irritant tes désirs, Fait que l'illusion d'autres meilleurs plaisirs Vient la nuit chatouiller ton espérance avide. Mal satisf.iite apr'^s de tant mâcher à vide, corn. Mél. i, se. dern. t" édit. Il Fig. et familièrement. Mâcher à quelqu'un sa besogne, la lui préparer, en faire ce qu'il y a de plus difficile. i| Il faut lui mâcher tous ses morceaux, il faut tout lui mâcher, il a besoin qu'on lui explique les choses les plus simples. || Mâchez-lui les morceaux, et il les avalera, c'est-à-dire faites-lui le plus difficile de la besogne, et il achèvera le reste. || Fig. Ne point mâcher une chose à quelqu'un, dire durement, sans adoucissement, une chose désagréable ou fâcheuse. Je vous parle un peu franc, mais c'est là mon humeur; Et je ne n;â;!he point ce que j'ai sur le cœur, mol. Tart. i, t. || On dit dans le même sens ; no pas mâcher le mot. là je verrai de quoi il tourne; je ne leur mâchemi pas le mot, Corresj). de Klinglin, t. t, p. 202. || 2" Serrer entre les dents sans broyer. Les enfants mâchent les hochets, quand ils sont près d? l'aire des dents. C'était [dans les journées do Juillet 1830] la bouche aux vils jurons Qui mâchait la cartouche, et qui, noire de poudre. Criait aux citoyens: mourons I AOQ. barbier, la Curée. \\ Ce cheval mâche son frein, se dit d'un cheval qui -joue avec son mors et qui le ronge. Son cheval [du soldat] mâcha un frein blanc d'écume, v. iiuGO, Orient. 4 5. || Fig. So mâcher le cœur, se tourmenter, se ronger d'impatience. Oui ronge ses poumons et se mâche le cœur, RÊGNIEB, Épit. t. 113" Familièrement. Manger avec sensualité, avec gourmandise. Il aime à mâcher. || Vieilli en ce sens. ||4° Se mâcher, v. réfl. Être mâché. Une viande tendre qui se mâche facilement. Il Fig. Avec ellipse de se, laisser mâcher, donner à une chose le temps d'être préparée, acceptée. Les choses en cet état, j'estimai qu'il les fallait laisser reposer et mâcher, ne les point gâter [lar un empressementà contre-temps, sr-sm. t. viii,|). 2.H, éd. CHéRUKL. Il Proverbe. Quand on est vieux, il faut m&cher et marcher.

— ili.sT. xiii" s. nien soit la honte soue [sienne], je nel vous quier (veux) maschier, la Foie et la Sage. Se tu demandes quel la viande [mangée par les angi's] devenoil, on puel dire que elle devenoitnicns en maskant, Comput, f- et. Oue v.iut morsiaus que bien ne mâche? 0. de coincy, p. ««s. Il xiv" ». La langue tourne la viande par la bouche, à ce qu'elle soit miex raaschie, 11. ds mond»viLLE, f" I». La quarte branche de gloutonnie si est quant une personne menguo si gloutemont d'une vinnde qu'elle ne la macho pas, ains l'engloutit, Ménagier, I, 3. || xv" g. Moult njoui de ce que messlre l'ierre avoit si franchement parlé et relevé la parole de messiie Jean.... et dit ainsi [le roi] an

riant : Leur a-t-il bien masché ! je n'en vounruiTf pas tenir vingt mille francs, kroiss. 11, 11, 40. Ce ce m'est que chose commune ; Obéir fault à ma maistresse Sans machier, soit joye ou tristesse, ch. d'orl. Uondeau. Il le me convient avaller Sans mascher, Patelin. || xvi" s. Ressemblans aux petits oysellcls qui baillent tousjours attendans la bec<iuée d'autruy, et Toulans qne l'on leur baille ja tout masché et tout prest, AMYOT, Com. il faut ouir, 28. Le duc de Maienne s'encourt à la maison de ville, et, maschant les menaces avec les raisons, estonna au commencement ceux qui avoient ainsi parlé, d'aub.

Ilist. m, 274 Oui fait le brave, et de sa bouche

humide Masche le frein derescumeusebride,nuBELL. IV, 10, recto. Tantost il luy en donnera la moelle et la substance toute maschée, mont, i, 174. Celui qui n'aime que pour mascher [manger], n'estime pour ton ami cher, leroux de lincy, Prot;. t. 11, p. 257.

— ÈTYM. 'Wallon, maiisl; picard, ma/cer; provenç. mastegar, n\aschar, mâcha'; espagn. mas car ; portug. mastigar ; ital. masticare ; du lat. masiicare; grec, p.ai3Tâ!;£iv, qui se rattache à (iâaoïi), dont il a été parlé à macérer.

MACHEUR, EUSE (mâ-chour, cheû-z'), s. m. et/'. Il 1" Celui, celle qui mâche. Mâcheur de tabac. Il 2° Populairement. Celui, celle qui mange beaucoup. C'est un grand mâcheur, une grande mâcheuse.

t MACHIAVEL (ma-ki-a-v»l). l'ubliciste florentin du XV!" siècle qui Ht la théorie des procédés de violence et de tyrannie usités par les petits tyrans de l'Italie. ( Le nom en italien est Machiavelli, qui signifie dégraisseur, enleveur de taches.) || Fig. Tout homme d'État sans scrupule. Si les Machiavels qui règlent nos destins, Barthélémy, iVem. xxiii.

— REM. Quelques uns prononcent en trois syllabes Ma-kia-vel. Ô Machiavel ! tes pas retentissent encore Dans les sentiers déserts de San-Casciano, A. DE MUSSET, les Yœux stériles. C'est la prononciation qu'on retrouve plus bas pour machiavéliser dans l'oxeniple de d'Aubigné.

MACIHAVÉLIQUE (ma-chi-a-vé-li-k'; l'Académie ne dit rien sur la prononciation de ce mot; quelquesuns prononcent ma-ki-a-vé-li-k, comme Machiavel; maisla première prononciation est plus usitée), 0(/;. I] 1" Conforme ou analogue aux principes politii]Uus de Machiavel. Un gouvernement machiavélique. Il 2° En général et en dehors do la politique. Où il entre delà mauvaise foi, de la perfidie. Il conçut un projetmachiavélique.Lechef d'escadron se leva d'un bond , électrisé par cette insinuation m3chiavé!it|UP, CH. DE BERNARD, la Femme de quarante ans, § U.

t M.ACI1IAVÉL10UEMENT (ma-chi-a-vé-li-keman), adv. D'une manière machiavélique, perfidement. Mornac, voy.int sa manifestation de jalousie menacée d'un échec complet, évoqua machiavéliquement le souvenir de la veille, ch. de bernard, la Femme de quarante ans, § 6.

t BUCHIAVÉLISER (ma-chi-a-vé-li-zé; voy.

MAcniAvEi.ioiJE pour la prononciation), v. n. Se conduire d'après les principes du machiavélisme.

— HtST. XVI" s. Nos rois qui ont appris à machit. veliser. Au temps et à Testât leur ame déguiser, d'aub. Tragiques, 11, Princes. Le malheurde nostre siècle aujourd'hui est tel que, pour ac(iuerir réputation d'habiUe homme, il faut raachiavelizer, pas- QuiER, Itcchcri-hcs, livre vi, p. *74, dans lacurne.

— ÉTYM. Mnchiarel.

MACIIIA'VÉLISME (ma-chi-a-vé-li-sm'; voy. machiavélique pour la prononciation), s. m. || 1° Système politique de Machiavel. Je crois que vous vous êtes laissé cntrainerauxgrandsprincipes du machiavélisme : ruinez qui pourrait un jour vous ruiner; assassinez votre voisin qui pourrait devenir nssrzfort pour vous tuer, volt. Polil. et législ. Comm. Ksp. des lois,v. Il Principes et actions conformes ou analogues au système politique de M.achiavel. Il amis, lia employé beaucoup de machiavélismeilans cette négociation. Cet acte royal [le meurtre des capitaines grecs par Artaxerce Mnémon] nous fait voir que le machiavélisme n'est pas nouveau, volt. Pict. phil. Xénophon. || 2" Par extension, en parlant des affaires privées, déloyauté cl perfidie. Sa conduite envers ses associés a été d'un machiavélisme révoltant.

— WST. XVI" 8. Machiavélisme, cotgrave.

— f.TVM. tlachiavéliser.

MAC.IIIAVfil.lSTE {ma-chi-a-vé-li-sf; voy. machiavélique pour la prononciation), ». m. et f. Celui ou celle qui adopte, qui pratique les maximes do Machiavel.

— HIST. xvi" s. C'est assavoir nos machiavelisle», FROUMENTEAD, Finances, 3" liv. p. 418.

— f.TVM. Machiavéliser.

UAOIIICAIOIUK (uii cbi-ka-tol-r'), ». m. C<

MAC

que l'on m«che saos l'avaler. U tabac, le bétel sont iM michicatoires.

— KTYM. Mâcher.

t MACUICOT{ma-chi-ko),#. m. Anciennement, officier de réglisa de Noire-Dame de Paris, inférieur aiu bénéficiers, mais supérieur aux simples chan- :res i gages. L'usage du macUicotage s'est longtemps conservé; les choristes ou clercs qui exéculaicnt dans ce goût s'appelaient machicots, laface, Court complet de plain-chant, n* 303.

— ÏTYM. Bas-lat. maceconici, massicoti; ital. maceeonchi; d'origine du reste inconnue.

t MACUICOTAGE (ma-chi-ko-ta-j') *. m. Se disait de certaines additions de notes, suivant une marche diatonique, avec lesquelles on remplissait, dans le plain-chant, les intervalles de tierces et autres. Dans le diocèse de Paris, on se sert encore du machicotage pour un seul jour de l'année, et (presque partout dar,> ce diocèse on néglige même d'ohserver cette pratique, lafagb. Cours complet de plain-chant, n' ses. , .

— ÊTYM. Machicot.

f BIACHICOTKR, V. o. Chanter un morceau de plain-chant avec les enjolivements connus sous le nom de machicotage. Il en est de même pour l'hymne Yexilla régis, machicotée par quatre enfants et répétée par le chœur, lafage, Cour» complet de plain-chant, n' 303.

UÂCHiCODLIS (mâ-chi-kou-ll), s. m. Voy. mAcm-xoKLis.

t HÂCHUXER (mâ-chi-llé, M mouillées), v. a. Mâcher sans serrer fortement, sans broyer. Je màchille une écorce d'orange.

— ETVM. Diminutif de mdcher.

f MACHIN (ma-chin) , s. m. Terme très-trivial employé pour désigner une personne, un objet dont on ne se rappelle pas le nom. M. Machin, pardon I je ne m* rappelle jamais votre nom, h. monnier, dans LARCHET, Excentr. du langage. Fais-lui faire, tu sais, ce machin au fromage, tu. augier, Gabrielle, i, 2.

— ÊTYM. Corruption de machine.

f MACHINAGE (ma-chi-na-j'), *. m. Façonnage du cordon d'une pièce de monnaie. || On dit aussi cordonnage.

— ÊTYM. Machine.

MACHINAL, ALE (ma-chi-nal, na-l*), adj.

Il 1* Qui appartient aux machines. || Matière machinale, nom donné par Fontenelle aux poulies, cordages, ressorts, etc. qui font aller les machines. Il t' Fig. Qui est produit dans le corps vivant, comme par une machine, et sans la participation de la réflexion. Mouvementsmachinaux.il [Pierre le Grand] était né avec une crainte extrême de l'eau.... le courage et le génie domptèrent en lui celle faiblesse machinale, volt. Charles XII, i. Ma réponse fut l'ciTct machinal de mon embarras, J. J. rouss. Prom. *. L'homme est libre, en ce sens, que, dans les actions non machinales, il se détermine de luimême et sans contrainte, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. i août <77u. Le plus grand bien que l'éducation pût procurer à l'homme serait sans doute do le mettre à l'abri de toutes les terreurs machinales, de lui apprendre i se servir de sa raison, même au milieu du danger, condohcet, Bertin. Rustan n'admire point, dans celte auguste armée [des Helvctiens| , Celte uniformité, cet accord machinal Oui meut cent mille hras d'un mouvement égal, masson, Heltét. m.

— ETYM. Lat. machinalis,(\e machina, machine. MACHI.VALEMKNT (ma-chi-na-le-man) , adv.

D'une manière machinale. H ne faut pas se couten- .er de comparer toutes les actions des bêtes à ces iBouvements que nous faisons, dit-on, machinalement, comme si ce mot machinalement expliquait tout, coNuiL. Trait, anim. ii, 6. Le peuple, accoutumé par la crainte et par l'exemple des grands à obéir machinalement, ne sait plus s'il est de la même espèce qu'eux, et croit enfin que sa situation déplorable est son état naturel, ID. J^Jud. hisl. 4" part. ch. 7. Elle ne répondit que machinalement et de manière à prouver qu'elle n'avait pas écouté, oenus, Mme de Maintenon, t. ii , p. <»3, dans pougens.

— ETYM. Machinale, et le suffixe ment.

MACHINATEUB, TRICE (ma-chi-na-teur, tri-s'),

f. m. et /'.Celui, celle qui fait quelque machination. Llle fut U machinatrice du complot. || Absolument. C'est un grand machinateur, c'est un homme haliile à former des intrigues, X tramer des complots. Ce profond machinateur a su les entraîner de I Andalousie en ce pays, beaum. If^re coup, i a

— REM. L'Académie ne donne pas le féminin ma- •hinatrice; mais rien n'empêche de l'employer

— HIST. XV s. Xt U furwit accusés les principaux

MAC

conspirateurs et macbinateurs de trahisons, o. chas- TELAiN, Chron. des Ducs de Bourg, ii, 7.

— ÊTYM. Lat. machinatorem, de machinari, machiner.

MACHINATION (ma-chi-na-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de machiner quelque mauvaise chose. Il perçait dans tous les secrets, démêlait toutes les intrigues, découvrait les entreprises les plus cachées et les plus sourdes machinations, BOss. le Tellier. 11 y a ici machination, intrigue, complot, picard. Alcade de Uolorido, v, 1 1 . Comme si c'était peu de toutes ces machinations contre les bonnes mœurs, p. l. cour. Lettre ix.

— HlST. XIV* s. En envie a cinq branches; c'est assavoir haine, machinacion.... Uénagier, i, 3. La machinacion contre Curius fut ainsi trouvée, ber- CHEUHE, f. 24, recto. Il iv s. En ces machinations les [les serfs anglais] avoit du temps passé grandement mis et boutés un fol prostré de la comté de Kent, qui s'appeloit Jean Balle, fboiss. ii, u, t06. Il XVI* s. Nous le voyons [Alexandre] se troubler si esperduement aux plus legiers souspçons qu'il prend des machinations des siens contre sa vie, mont, ii^ 8.

— ÊTYM. Provenç. machinacion ; esp. moquinoct'on; ital. macchinatione ; du lat. machinationem, de machinari, machiner.

MACHINE (ma-chi-n'), s. f. || Instrument propre & communiquer du mouvement, ou à saisir et prendre, ou à mettre en jeu quelque agent naturel, comme le feu, l'air, l'eau, etc. Une collection, un cabinet de machiiles. Elle [l'alouette] avait évité la perfide machine [un piège], la font. Fabl. vi, (5. Un Flamand a donné le dessin d'une machine pour Marly, qui sera une des merveilles du monde, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, a juin <682. Les machines qui simplifieraient la manufacture, c'est-àdire qui diminueraient le nombre des ouvriers, seraient pernicieuses, monteeq. Espr. xxui, h5. Le soir même il [le czar Pierre] se rendit à Versailles, et passa trois jours à voir le château, la ménagerie, Triaiion, Marly, et surtout la machine plus admirable alors qu'elle ne l'est aujourd'hui que la mécanique est plus perfectionnée, Duci.os, OEuvres,\. v, p. 297. Toule machine suppose combinaison, arrangement de parties tendantes à un même but, DiDER. Kech. philos, surlebeau, UEuvr.i.n, p. 443, dans pougens. Cedcrnierétaijlisscmcnt [de machines â carder et à filer les cotons et les laines] avait des préjugés à vaincre; on croyait ces machines nuisibles précisément par le même principe qui les rend si utiles, parce qu'elles font plus de travail avec moins de bras, conuorcet, Montigni. Les machines, c'est-à-dire les assemblages d'une construction plus ou moins simple qui transmettent l'action d'une puisssance sur une résistance, brisson, Tratl^ phys. (1789), t. i, p. 347, dans pouoens. C'est dans cette possibilité d'augmenter suivant les besoins la masse ou la vitesse des corps à mouvoir que consiste la principale utilité des machines, laplace, Exposé, m, 3. Il Kig. 11 faut des machines pour le faire remuer, se dit d'un homme qu'on a peine à émouvoir. || 2* Terme d'économie politique. Nom donné à tout instrument, à tout outil même le plus simple dont l'industrie se sert. Une bêche est une machine. || 3° Terme de mécanique. Machine simple, celle qui consiste en un seul moyen d'augmenter l'action des forces. Le levier est une machine simple. || Machine composée, celle qui est formée de plusieurs machines simples combinées ensemble. || Machine architectonique, échafaudage disposé tellement, qu'au moyen de poulies et de cordes on peut élever de grand» fardeaux et le» mettre en place. || Machine de compression ou de condensation, nom donné aux pompes foulâmes à gaz, dans lesquelles on accumule un grand volume d'air ou de produits gazeux dans un petit espace appelé réservoir. || Machine hydraulique ou à eau, toute espèce de machine qui sert à conduire et à élever les eaux : telles sont les diverses pompes. Il Machines souTlIantes, souffiets métalliques dans lesquels l'air est comprimé fortement pour mieui; entretenir la combustion, et rendre la réduction du minerai plus prompte et plus parfaite. || 4* Machines à vapeur, appareils mis en mouvement par la tension de la vapeur d'eau ou de tout autre liquide. Machine à basse, à haute pression. || Machine de vingt, de trente chevaux, machine dont la force équivaut à celle de vingt, de trente chevaux.etc. || Terme de chemin de fer. Faire machine en arrière, faire marcher un train en arrière. || Machine i simple effet, machine dont le piston descendait par l« moyen de la pression atmosphérique. || Machine à double effet, la machine i vapeur teU« que 'Watt l'a pcr-

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fectlonnee. Il Machine à feu, s'est dit primitivement de la machine à vapeur. || 6° Machine-outil, nom donné à des machines qui servent d'outils et remplacent la main de l'ouvrier. |)Aupiur.Des machinesoutils. Les machines-outils sont principalement destinées à travajller,à façonner les métaux. || 6" Machine à mater, machine établie sur le quai d'un port ou i bord d'un vieux navire, et dont la fonction est d'implanter les mâts sur les bâtiments, ou de les enle< ver de leurs places quand on veut les changer, les réparer ou les faire rentrer en magasin, jal. || 7" Machine pneumatique, instrument propre i raréfier l'air dans un espace déterminé || Machineélectrique, celle qui sert à développer l'électricité. || Machine d'Atwood, appareil pour démontrer expérimentalement les lois de la chute des corps. || Machine arith. métique, instrument sur lequel sont tracées des divisions logarithmiques, qui servent à exécuter les calculs arithmétiques. La machine d'arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux ; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu'elle a de la volonté comme les animaux, pasc. Pens. xxiv, 67, édit. HAVET. Louis par la grâce de Dieu.... notre très cher et bien amè le sieur Pascal nous a fait remontrer que.... il a inventé une machine par le moyen de laquelle on peut faire toutes sortes de supputations, additions, soustractions, multiplications, divisions et toutes les autres règles arithmétiques, tant en nombres entiers que rompus, sans se servir de plume ni jetons, Privil. du roi pour la mach. arilhm. t64B. Ce fut à l'âge de dix-neuf ans qu'il inventa cette machine d'arithmétique par laquelle on fait non-seulement toutes sortes de supputations sans plume et sans jetons, mais on les faitmême sans savoir aucune règle d'arithmétique et avec une sûreté infaillible, m" pépier. Vie de Pascal. \\8° Machine pyrique, assemblage de pièces d'artifice disposées pour diriger la communication des feux. || 9* Chez les anciens, machines de guerre, instfuments servant à lancer des traits, des pierres, etc. & ballre en ruine les murs et fi faire brèche, etc. Pour les rompre [les porte» du temple] elle attend les falales machines, rac. Ath.v, i. Qu'un conquérantvoisinatta'iuecepeuple, il ne le trouvera pas peut-être assez accoutumé à camper, à se ranger en bataille, ou à dre.->ser des machines pour assiéger une ville, mais il le trouvera^nvincible, fén. Tél. v. Les traits comptes et la supputation faite, il se trouva qu'ils devaient avoir plus de huit cents macliines de diverse grandeur propres à lancer des feux et environ quinze cents propres à jeter des traits, hollin, llist. anc. t. vu, p. 235, dans pougens. || Fig. Ce superbe, cet audacieux [le démon] ne croira jamais que vous soyez cipable (le lui résister; et plus vous ferez d'efl'orls, plus il dressera contre vous ses diverses et furieuses machines, Boss.t "iermon,7Wmonï, 2. {| 10* Machina infernale, voy. infernal. || 11* Tout assemblage de ressorts qui produisent des effets dcterniinés, sans transmettre une force au dehors. Une montre est une machine compliquée. Certains automates sont des machines fort ingénieuses. Ne verrons-nous dans notre mort qu'une vapeur qui s'exhale, que des esprits qui s'épuisent.... qu'une machine qui se dissout et qui se met en pièces? BOSS. Duch. d'Orl. || Fig. Ce n'est qu'une machine, c'est une pure machine, une machine ambulante, c'est une personne sans esprit, sans énergie. Ceux qui sont médiocres sont machines partout, pasc. Amour. Il Être machine, être esclave de l'habitude, delà routine, d'une vie unie et tranquille. || Les bêtes sont des machines, opinion des cartésiens d'après laquelle les bêtes sont considérées comme ds purs automates, sans intelligence, ni volonté, ci sensibilité. Ils [les cartésiens] disent donc Que la* bête est une machine. ...Telle est lamontrequi chemine X pas toujours égaux, aveugle et sans dessein, LA FONT. Fabl. X, ) . Parlez un peu au cardinal de vos machines, d.s machinai qui aiment, des machines qui ont une élection pour quelqu'un, des machines quisont jalouses,dcsmachinosqui craignent; allez, allez, vous vous moquez de nous, jamais I)esoarte.s n'a prétendu nous le faire croire, sÉv. (37. Si les animaux n'étaient que de pures machines, ceneserait qu'uue raison de plus pour ceux qui [«usent que l'homme n'est qu'une machine aussi; mais il n'y a plus personne aujourd'hui qui n'avoue que les animaux ont des idées, de la mémoire, une mesure d'intelligence, volt. Prim . ti'act. 7. || 12' Machine animale, ou, simplement, imr.hine, l'ensemble des organes composant le corps.t- l'animal, de l'homme. Considérant la machine du oorps humain comme

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ayant été formée de Dieu pour avoir en soi tous les mouvements qui ont coutume d'y être, desc. Médit. VI, te. Vous dites que ma fille ne devrait faire autre chose que d'accoucher, tant elle s'en acquitte bien; hé, Seigneur Dieu! fait-elle autre chose? mais je vous avertis que, si par lendre^seet par pitié vous ne donnez quelque ippos à celte jolie machine, vous la détruirez infailliblement, et ce sera dommage, sÉv. 268. X minuit le malade eut une horrible vapeur à la tête; la machine se démonlail, ID. 483. Nos pauvres machines sont sujettes à bien des misères, id. 2) août leso. Il ne faut point laisser prendre possession de nos pauvres machines à des maux si dangereux et si douloureux, m. isjuin 4695. Vous nous direz.... comme cette pauvre substance qui pense et qui pense si vivement, aura pu conserver sa machine si belle et si délicate, dans un bon état, pendant qu'elle était si agitée, iD. 25 oct. <688. Ma machine n'est point encore entamée ni dépérie, m. 22 juill. 1685. Appliquant ceci [la comparaison avec un moulin] au corps de l'homme, machine sans comparaison plus composée et plus délicate, mais, en ce que l'homme a de corporel, pure machine, boss. Connaiss. u, <2. La transpiration déconcerte et rétablit toute la machine du corps, FÉN. Tél. xvii. Le temps.... Sape sans bruit le fondement De notre fragile machine, Et je ne vis plus un moment Sans sentir quelque changement Qui m'averl!! de sa ruine, chaul. Sur la première attaque de goutte. Toi seule ranimas par d'inconnus efforts D'une machine presque usée Les mouvements et les ressorts, id. à Elle Delaanay. Il a toujours souffert de longues et cruelles inlirmités avec tout le courage d'un sage physicien qui sait à quoi la machine du corps humain est sujette et qui pardonne à la nature, fonten. Façon. Mon âme, aliénée d'elle-même, est toute à mon corps : le délabrement de ma pauvre machine l'y tient de jour en jour plus attachée, j. j. bocss. 3' lett. à M. de Ifalesherbes. || 13" La partie de l'homme par laquelle il est machine. Toutes les choses qui ploient la machine vers le respect et la terreur, PASCAL, Pensées, r, 7. L'on a ôté mal à propos le nom de raison à l'amour c'est une précipitation de pensées qui se porte d'un côiésans bien examiner tout, mais c'est toujours une raison ; et l'on ne doit et on ne peut pas souhaiter que ce soit autrement, car nous serions des machines très-désagréables, iD.Xmour. L'homme est tellement machine, que le vin donne quelquefois cette imagination que l'ivresse anéantit ; il y a li de quoi s'humilier, mais de quoi admirer, volt. Dict. phil. Imagination. Il 14" Poétiquement. La machine de l'univers, la machine ronde, l'univers ou seulement la terre. En est-il un plus pauvre en la machine ronde? la pont. Fabl.

I, )8.0n ne parle que de la guerre :1e roi a deux cent mille hommes sur pied; toute l'Europe est en émotion; on voit bien, comme vous dites, que la pauvre machine ronde est abandonnée, sév. 23 mars (672. Je ne puis rien porter : une cuiller me parait la machine ronde, id. m avr. 4 676. Car dépenser alors que Dieu tourne le monde, Etrè,gi8 les ressorts de la machine ronde.... boil. Sat. i. Séncque se charge de la cause des dieux ; il ouvre leur apologie par un tableau majestueux de la grande machine de l'univers, didehot, Claude et Mron,

II, 55. De l'univers observant la machine, BéaANO. Dieu det bonnes gens. || Fig. La mai.hine ronde a été deux ou trois jours sans tourner, la terre a ces.sédetourner, s'cmploiepour dire que l'on a cessé de s'occuperdcs affaires journalières. Je ne mecharge pas de vos compliments pour Mme de la Fayette ; priez-en M. d'Hacqueville; la machine ronde n'a été que deux ou trois jours sans tourner-, il a été à Saint- Germain pour vous; il est occupé de nos affaires ; c'e<t un ami adorable, sév. J«4. || 16' La machine de l'Ëtat, le gouvernement du pays. Entendez [ô Salomonj distinctement tout ce que vous faites, et connaissez tous les ressorts de la grande machine que vous conduisez, Boss. Sermons , jtutice , 2. Leurs Viains [des princes] sont premièrement destinées à manier ces ressorts principaux des Ëtats qui font mouvoir la machine, mass. Petit earénu, Eeueils. |j 18* Dans les théâtres, moyens mécanique» employés pour opérer des changements de décoration, et exécuter d'autres opérations telles que le vol des génies, le mouvement des différents simulacres, etc. C'est prendre le change.... que de dire.... que la machina n'est qu'un amusement d'enfants, et qui re convient qu'aux marionnettes : elle augmente et »mbcllit la fiction, la brut. «.|| Opéra, tragédie, comédie à machines, opéra, tragédie, comédie dont la représentation exige des machines. || Par ezten-

Dir.T. DF. LA I.ANOIÎK PHANÇAISK,

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sion. Dans ces sanctuaires ténébreux [des dieux du paganisme] étaient cachées toutes les machines des prêtres, et ils y entraient par des conduits souterlains, FONTEN. Oracl. i, 4 2. || Le dénoùmcnt de cette pièce arrive comme une machine, il est brusque, forcé, et ne sort pas du fond du sujet. || Fig. Cela sent la machine, se dit d'un effet dramatique qui est amené peu naturellement, 1117° Fig. Intrigue, ruse dont on se sert dans quelque affaire. Que si de tes conseils il forme une machine Oui de mon ennemi retarde la ruine, mairet, Solim. ni, ♦. Oui, belle Julie, nous avons l'ressé pour cela quantité de machines; et nous ne feignons point de mettre tout en usage, sur la permission que vous m'en avez donnée, mol. Pourc. i, 3. Quittons notre ajustement de Flamand, pour songera d'autres machines, m. ib. II, 3. J'ai des ressorts tout prêts pour diverses machines, ID. VÉt. I, 40. Je vous avertis... de vous tenir toujours en défense[contre le démon] ; tremblez même dans la victoire; c'est alors qu'il fait ses plus grands efforts, et qu'il remue ses machines les plus redoutables, boss. 2* sermon, Démons, 4 . Aldovrandi s'était servi de la connaissance qu'il avait de son esprit [du pape] pour le conduire à la promotion d'Alberoni, et à rendre vaines les machines de Giudice, st-sim. 448, 47. Pour lui cacher à lui seul avec tant de machine et d'ailifice ses crimes qu'il doit savoir mieux que personne, s'il est vrai qu'il les ait commis, j. j. bouss. 5° dialogue. Il 18' Ressorts qui font mouvoir les affaires. On peut, pour vous servir, remuer des machines, mol. Mis. m, 7. Admirez les machines du molinisme, qui font dans l'Église de si prodigieux renversements que ce qui est catholique dans les Pères devient hérétique dans M. Arnauld, pasc. Prov.3. L'amie [Mme de Maintenon] de mon amie est la machine qui conduit tout, sÉv. 7 juill. I6S0. Un plus grand intérêt va remuer une plus grande machine ; l'intérêt de l'État va faire agir le sénat, le peuple romain et les empereurs [contre le christianisme!, BOSS. Hist. II, 4 2. Les machines qui l'avaient guindé si haut par l'applaudissement et les éloges, sont encore toutes dressées pour le faire tomber dans le dernier mépris, la bkly. vin. La fille d'Aristippe est malade et en péril ; elle envoie vers son père, veut se réconcilier avec lui, et mourir dans ses bonnes grâces ; cet homme si sage, le conseil de toute une ville, fera-t-il de lui-même une démarche si raisonnable? y entralnera-t-il sa femme? ne faudra-t-il point, pour les remuer tous deux, la machine du directeur? ;d. xiv. Il vit toutes les machines que sa politique arrangeait, bien affermies, VOLT, ttaurs, 7«. || 19° Les ressorts d'une composition littéraire. Pour renverser tant de remparts |les vices, les péchés] et vaincre tant de résistance, et vos mouvements affectés, et vos paroles arrangées, et vos figures artificielles sont des machines trop faibles, boss. Bourgoing. Que serait-ce si le Tasse efttosé employer les grandes machines du christianisme ? cuatkaub. Génie, ii, i, 2. Le merveilleux est le sujet et non la machine de l'ouvrage [Paradis perdu], ID. t&. II, I, S. Il Terme de peinture. Machine du tableau, dispositien judicieuse de plusieurs parties qui toutes doivent concourir à l'effet.jl 20° ijrand assemblage de planches, de pierres, etc. C'est là que du lutrin gît la machine énorme, boil. Lutr. m. Enfin sous tant d'efforts la machine [du lutrin] succombe, lo. ib. iv. || Fig. Je comprends que vous n'oseriez demander des nouvelles de votre grande dépense : c'est une machine k quoi il no faut pas toucher, de peur que tout ne renverse, f-iv. ai août 4680. liai" Fig. Tout grand ouvrage de'' génie. L'église de Saint-Pierre de Rome est une étonnante machine. La cène de Paul Véronèsa est une grande machine. La tragédie d'Héraclius est une grande et belle machine, l)ie. de l'Àead. || Particulièrement, au théâtre, une grande machine, comédie ou drame en cinq actes. || 32* Enduit composé de cire blanche et do soufre, dont les cordonniers so servent pour blanchir les points du talon des souliers.

— HIST. XIV* s. I,.a machine corporele ou la masse dn tous lez corps du monde, ohrsmf,, TMse de mku- BiBR. Il XVI* s. Toutes sortes de machines et engins de liaterie, amtot, Démélr. 2».

— f.rVM. I.al. machina, du grec (nn/dvi), dn (tïi'/o;, engin. D'après Curtius, (Jiîi/.o; se rapporte au sanscrit, ma/», préparer, croître, tnap/iam, puissance, au gothique miig,je puis, maMs, puissance.

MACIILVfi, lîK (ma-chi-né, T\vn),part.pasié de machiner. Il 1° rbéAtre bien machiné, tlié.ltrohien pourvu de machines. Il Table machinée, tahle pourvue des dispositions nécessaires pour l'exécution des tours d'un escamoteur. || 3* Fig. Coaoerté pour quelque

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mauvais but. Un complot machiné pour les intérêts de quelques particuliers, ancillon, Mél. de litt.

t. II, p. 4 37, dans POUGENS.

MACHINER (ma-chi-né) ,v.a.\\ l°Établir lesmachinesd'un théâtre. Il 2" Fig. Préparerpardes menées sourdes, par des intrigues. Il avait déjà machiné ma mort, avant que je vinsse à la couronna, VAu- GEL. Q. C. vni, 8. Le Fils de Dieu ne permet aux démons d'entreprendre aujourd'hui sur sa personne, qu'afin de nous faire entendre par .son exemple ce qu'ils machinent tous les jours contre nous-mêmes, BOSS. 2* sermon. Démons, Préambule. Vous concevez de mauvais desseins, vous fabriquez des tromperies, vous machinez des fraudes les uns contre les autres, m. Sermons, Justice, 2. Tbéraistocle, athénien, était banni de sa patrie comme traître; il en machinait la ruine avec le roi de Perse, à qui il s'était livré, m. Polit, i, ii, 3. S'il machinait quelqu'autre intrigue, il faudrait tout recommencer, BEADMARCH. Mar. de Figaro, m, 48. || Absolument. Je jugeai qu'on ne m'avait fait attendre ainsi le passeport, que pour so donner le temps de machiner à son aise, dans les lieux où l'on savait que j'avais dessein d'aller, j. j. rooss. Lett. à M. L. D. M. Corresp. t. vu, p. 268, dans pouoenb. || 3° Chez les cordonniers, blanchir le fil avec l'enduit ap[ielé machine. Il 4° Se machiner, v. ré/l. 'f'Àre machiné. Un roi apprend qu'il se machine, dans son État, des pratiques contre son service, boss. Sermons, Sdcess. de travailler à son salut, 4 ,

— HIST. XIV* s. Et tantost [il] se efforça de machiner sa mort, herchel're, f* 24 , recto. \\ xv* s. Tout sujet vassal qui, par convoitise, barat, sortijege et mal engin, machine contre le salut corporel de son roi, monstrelet, i, »9. Il sentoit jà [ses concitoyens] murmurer et machiner contre lui, o. chas- TELAiN, Chron. des ducs de Bourg, ii, 48. ||xvi* s. Pausanias n'avoit auparavant jamais rien descouvert à Themistocles de la trahison qu'il machinoit, amyot, Thém. 44.Tout»sces mines ne firent pas descroire à Camillus qu'ilz n'eussent point machiné de se rebeller contre les Romains, m. Cam. 65. Le Seigneur dénonce que tout ce que nous machinons et méditons lui est notoire [connu], calvin, Instit. 284.

— ÉTYM. Provenç. macWnor; espagn.moguiMar; ital. maechinare ; du lat. machinari; de machina, machine.

t MACHINERIE (ma-chi-ne-rie), *. ^. 1| 1* Ensemble de machines pour une exploitation. La machinerie agricole. || 2" Confection des machines.

— ÊTVM. Machiner.

t MACHINEDR (ma-chi-neur), *. m. Celui qui machine, qui fait des menées. Lui-même ouvrit ce coffre et rendit bien surpris Tous les macbineurs d'impostures, la font. Fabl. x, lO.

— HIST. XIV* s. Metius est celui qui a esté cause, machineur et empreneur de ceste bataille, brr-

CHEUBE, f* 46.

t MACHINISME (ma-chi-ni-sm'), t. m. || 1* Art

du machiniste. || 2° Le machinisme des bêtes, l'opinion qui les considère comme des machines. M. le cardinal de Polignac, tout cartésien qu'il était, n'avait jamais été bien décidé sur ce point, il sentait parfaitement les avantages du pur machinisme des bêtes... mairan. Éloge du card. de Polignac. || 3° Fig. Abus des moyens d'effet qu'on nomme machines soit dans la littérature soit dans les beaux-arts. Ce livre est une protestation continuelle, permanente; c'est une protestation de l'initiative morale contre l'excitation organique, de l'inspiration contre l'habileté, de l'enthousiasme contre l'ironie, de la liberté contre la machinisme, du spiritualisme en un mot contre tout ce qui opprime lâmo et la dégrade, V. DE LAPBADE, Qucstions d'art et de poésie, cité dans J. de l'inslr. publique, 24 avr. 4 s«2, p. 62.

— ÊrvM. Machine.

MACHINISTK (ma-chi-nl-sf), s. m. || 1* Celui qui invente, construit ou conduit des machines. Un habile machiniste. Le duc d'Orléans fut machiniste [tour remuer son artillerie, faire et refaire son pont sur la Sègro, st-sim. 475, 84. Un machiniste, il y a quelques années, pré.senta h l'hOtel de ville do Paris le modèle en petitd'une pompe, par laquelle il assurait qu'il élèverait à cent trente pieds de hauteur cent mille muids d'eau par Jour, volt. Dict. phil. Force physique. || 2* Terme de théâtre. Celui qui s'occupe de l'arrangement des décorations et do tout ce qui sort à l'illusion de la scène. Le machiniste de l'Opéra. Il n'y a peut-être que qucl(|ue machiniste caché dans le parterre qui....P0NTEN. les Mondes, i'* loir.Jeneles permets |les apparitions de dieux] que lorsqu'il est nécessaire do tirer du passé ou 4e l'a- Tonir des lumières qu'on ne peut acquérir par d'au-

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1res voies ; sans ce motif, le prodige honore plus le machiniste que l'auleur, uarthèl. Ànach. ch. 71.

— ETYSI. tfachine.

♦ MACHINOIR (ma-chi-noir), t. m. Outil en forme de peigne, qui sert aux cordonniers pour blanchir leurs points.

t MACHIXOLï (ma-chi-nu-l'), *. f. Petite machine. La. machine entière [du corps vivant] résulte de l'ensemble d'un nombre prodigieux de machinules dont toutes les actions sont conspirantes ou convergent vers un but commun, bonnet, Palingén. philos, ix, <.

— ÊTYM. Diminutif de machine.

t MAClIOinAN (ma-choi-ran), s. m. Nom, dans les colonies françaises, de poissons malacoptérygiens abdominaux voisins des salmones, dont la vessie sert, à Cayenne, à fabriquer une colle de poisson.

HACUOIRE (mâ-choi-r"), s. f. || 1" Pièces osseuses qui supportent les dents des animaux vertébrés. Mâchoire supérieure. Mâchoire inrérieure. Ayant trouvé là une mâchoire d'âne qui étaità terre, il la prit et en tua mille hommes, saci,Bi6. Jug.xy, iB.Lamâchoire inférieureesllaseule qui ait du mouvement chez l'homme et dans tous les animaux, «ans en excepter même le crocodile, bopf. Hist. nat. Homme, Œuvres, t. iv, p. 274. Le grand allongement des mâchoires est la principale cause de la différence entre la tête des quadrupèdes et celle de l'homme, id. Qaadrup. t. i, p. 43. Nous avons, au cabinet du roi, des mâchoires de cerf avec leurs dents trouvées dans les carrières de plâtre de Montmartre, près Paris, ID. Uin. t. Ii, p. »8, note 2. Il Familièrement. Jouer des mâchoires, se mettre à manger. Didon dit benedicite ; Puis on joua de la mâchoire, scaeron, Virg. i. Le solitaire me voyant si bien jouer des mâchoires, le sage, Gil Blas, x, 10. Il Fig. et familièrement. Avoir la mâchoire pesante, la mâchoire lourde, s'exprimer lourdement et sans grâce. || C'est une mâchoire, c'est un homme d'un esprit loord, sans intelligence, sans capacité. Le duc d'Orléans, ensorcelé jusque par cette mâchoire de Besons, st-sim. 44B, 210. ||a° La partie de la face qui enveloppe les mâchoires. 11 a une fluxion à la mâchoire. Belle au poil de couleur d'orange. Mâchoire à recevoir soufflet. Portrait de quelque mauvais ange, scabr. Poés. div. Œuv. t. vit, p. 349. Il 3* Chez les insectes, parties de formes très-diverses qui servent à diviser les aliments. Il *• Par analogie, dans plusieurs ans, nom de deux pièces de fer qui, s'éloignant et se rapprochant comme des mâchoires, servent à assujettir un objet, à le tenir ferme et fixe. Les mâchoires d'un étau. || 5- Mâchoire de poulie, la rainure dans laquelle s'engage la corde. || 6° La partie du chien du fusil qui porte la pierre, dans les fusils à silex. || 7'' Terme de treillageur. Êquerre de fer placée sur le devant du dressoir. Il 8* Terme de marine. Espèce de fourche ou de croissant, arrondi à l'extrémité inférieure de la corne d'artimon, du gui, etc. pour leur permettre de s'arc-bouter sur leurs mâts respectifs.

— HIST. xiv s, Deladislocaciondelamachouere, LANFRANC, f° ciii, terso. \\ xvf S. 11 [le roitelet] vit des demeurants de ce monstre [lo crocodile], qui le receoil familièrement en sa bouche, et luy permet de becqueter dans ses machoucres, mont, ii, (86.

— ÊTYM. Kddter, comme nageoire de nager, et presque tous les noms d'instruments en oir ou oi're; pic. makoire. L'ancienne langue disait plutôt maissete, du latin maxilla.

MÂCIIO.NNÉ, ÊE (mâ-cho-né, née), part, passé de mâchonner. || l°Mal mâché. Un morceau de viande mâchonne, puis rejeté. || i' Terme de graveur en taille douce. Contours mâchonnés, contours peu nets et peu coulants.

t MACHONNEMENT (mS-dio-ne-man), t. m. Action de mâchonner. || Terme de médecine. Action incessante de mâcher en écartant fort peu les mâchoires et sans avoir rien dans la bouche, qui est un des symptômes de la paralysie générale et de quelques autres affections avec lésions méningiennes ou cérébrales.

MACIIONNER (mâ-cho-né), t.. o. || !• Terme familier. Mâcher avec difficulté ou avec négligence. Il a* Kig. N articuler qu'à moitié , parler peu distinctement. Ilsétaient d'accord en bien des choses, il y en avait de dures, sur quoi ils mâchonnaient : M de la Rochefoucauld appelle cela manger des pois chauds •Sv. m. On n'ose en parler [d'une équipée do Mlle 09 1 » Mlle de Gngnan, son amie, qui mâchonne quelque chose d'un pèlerinage, et se jetle, pour avoir plu» toi fait, dans un profoiidsilencc.iD.ii août )684

— HJ8T. XVI* t. Mâchonner, cotobavk.

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— ÉTYM. Di'rivé de mâcher. On a dit aussi, au xvi« siècle, macUoller : K'as-tu pas veu, Bellot, machotler ces brebis L'herbe demi brûlée au milieu des herbis'? n. bhlleau, Bergeries, 1. 1, p. 2, dans lacijbne.

t MÂCUOQUET(mâ-cho-kè),s.m. Espèce de grillon des îles.

t MACUURE (mâ-chu-r"), ». f. Il !• Partie d'un drap où le poil est pour ainsi dire mâché, les forces ne coupant pas net. || 2° Terme de chirurgie. Lambeau écrasé des bords de certaines plaies par contusion ou par armes à feu.

— ÉTYM. Mâcher.

MACUURÉ, ÊE (mâ-chu-ré, rée), part, passé de mâchurer. Feuille mâchurée.

f MACUURER (ma-chu-ré), t). a. Serrer forlement de manière à laisser des marques de la pression. Les plombs de la sonde revenaient machurés.

— HIST. XV* De dueil, j'en machure [égratigne, meurtris] ma face, Rec. de farces, etc. p. a^io.

— ÉTYM. Dérivé du verbe provincial mâcher, qui signifie comprimer fortementjblesser en comprimant.

MACUURER (mâ-chu-ré), v. a. || 1° Terme familier. Barbouiller de noir. Mâchurer du papier. 11 s'est mâchuré le visage. || 4° Terme d'imprimerie. Tirer une feuille sans netteté, faute d'adresse.

— HIST. xiii* s. Mascurer, Ch. d'Ant. li, 42. Il XVI* s. 11 pouvoit bien mettre sous le pied un tel opprobre, non seulement pour espargner son père, mais aussi pour ne point se macliurer et diffamer avec toute sa maison de la mesme ignominie, calv. Inst. 39. Le chaudron machure lapoisle, cotgrave. Les premiers qui inventèrent les masques, qui se chafouroient de lie de vin, dont est venu maschurez, qu'on dit en italien mascherati, bouchet, Serées, livre i, p. 1 22, dans lacurne.

— ÉTYM. Bourg, mâcherai, barbouillé de noir; wallon, maherer, mahurer ; provenç. et anc. esp. mascarar. On pouvait songer au français provincial machure, meurtrissure, mac/ier, meurtrir, la meurtrissure faisant une tache. Mais les formes qui ont l'ï et celles qui ont un a ou un c {mascarar, mâcherai, maherer) ne permettent pas cette dérivation. Grandgagnage et Scheler indiquent l'ancien hautallemand masca, tache, anglo-saxon mdscre, ancien flamand moicfte, tache, maschelen, maescheren, tacher. Ce paraît être le même que l'ancien français mascerer, barbouiller (voy. masque 2, àl'étymologie) .

t MACIGNO (ma-si-gno), s. m. Terme de géologie. Roche (dite aussi pierre de Florence) composée de quartz, de mica, d'argile et d'oxyde de fer, réunis par un ciment calcaire.

f MACILENCE (ma-si-Ian-s'), s. f. Terme de médecine. Amaigrissement total ou partiel du corps.

— ÉTYM. Lat. macilentus, dérivé du radical mac qui est dans macer, maigre (voy. maigre).

t MACINE (ma-si-n'), *. f. Terme de chimie. Principe particulier retiré du macis.

MACIS (ma-sl), s. m. Arille de la muscade, formant une espèce de capsule qui entoure complètement l'amande à sa base. Huile de macis.

— lllST. XIV* s. Lentiscus est un arbre qui rent huille, et la racine est une espèce appelée macis, Udnagier, 1, 4. || xvi* s. Un quart d'once de macis, qui est l'escorce de muscade, 0. de serbes, 897.

— ÉTYM. Lat. macw, nom d'une écorce aromatique.

t MACKINTOSH (ma-kin'-toch'), s. m. S'est dit d'abord d'un manteau écossais aux couleurs du clan Mackintosh,puis d'un manteau ou paletot imperméable.

t MACLAGE (ma-kla-j'), s. m. Opération qui consiste à macler le verre (voy. macler 2).

I. MACLE (ma-kV) ou MACRE (ma-kr'), *. f. Noms vulgaires de la macre flottante (onagrariées), dite aussi corniole, trapanatans,L. || Nom du fruit, qui est de la grosseur et presque de la forme d'une châtaigne. Mangez cette macle.

t ï. MACLE (ma-kl'), s. f. Terme de blason. Sorte de losange percée à jour par le milieu; ce qui fuit la différence des rustres, qui sont percées en rond. Itoh.in porte de gueules à neuf macles d'or. Le nom et les macles de Rolian ne ressemblaient en rien au nom ni aux armes de Bretagne, st-sim. ttt, 220.

— ÉTYM. Lat. macula, maille.

t 3. HACLE (ma-kl'), t. f. Terme de pêche. Sorte de filet & larges mailles.

— HIST. xiii* 8. Nous voulons que tous les engiens desquels l'on peschera et seront faits de fil, soient faits à nostre maille, c'est à savoir à la largeur d'un parisis, du Gange, mactila 2.

— ÉTYM. Lat. macula, maille (voy. maille).

4. MACLE (ma-kl'), t. f. || 1° Terme do cristallographie. Pierre cristallisée souvent disposée en croix. La macle faisait partie des armes d'une maison da Bretagne qui avait dans ses possessions le

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terrain où se trouve cette pierre, al. broncniart, Traité de miner, t. i, p. 498, dans pdugens. Il Nom donné par Boudant à une variété d'andalousite, qui est appelée chiastolithe par Karsten. Il 2° On a aussi donné le nom de macle à l'hémi- Iropie caractérisée par ce fait, que le demi-cristal est placé par rapport à l'autre, comme si après la section on eût fait faire à l'un d'eux un demi-tour de révolution. || En ce sens on le trouve aussi masculin. Les macles étoiles de la neige, du soufre, du sel ammoniac.

— ÉTYM. Probablement macle 2, par assimilation de forme.

t I. MACLER (SE) (ma-kié) , v. réH. Terme do cristallographie. Se dit d'un cristal dont les deuï moitiés semblent faire une demi-révolution l'une sur l'autre. Cristal maclé. Ces cristaux, outre les irrégularités qui altèrent leur forme, .sont encore sujets à se grouper en étoiles ou à se macler, bron- GNiART, Traitédemin. t. i, p. (7(, dans pouoens.

— ÉTYM. ilacle 4.

f 2. MACLKR (ma-klé), v. a. Remuer le verre fondu, dans le pot, avec une barre de fer.

— ÉTYM. D'après Scheler, latin fictif misculare, mélanger. Cela est douteux; ce devrait être mcicitr, et non macler.

t MACLIFÈRE (ma-kli-fè-r'), adj. Terme de géologie. Qui contient des macles. Schistes maclifèros.

— ÉTYM. Macle 4, et ferre, porter, contenir.

t MACLON (ma-klon), s. m. Variété de raisin.

fMACLONNIÈRE (ma-klo-niè-r'), s. f. Terme de pêche. Filet composé do trois nappes, dont on fait un très-grand usage dans les étangs de Cette et de la Bresse.

t MACLOU (ma-klou), s. m. Un des noms vulgaires de l'aconi'ltim ati(/iora,i. (renonculacées), dit aussi anthore, s. f.

MAÇON (ma-son), s. m. \\ i° Ouvrier qui travaille à des ouvrages de maçonnerie-. Journée de maçon. Un compagnon maçon. Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire. Qu'écrivain du commun et poète vulgaire, boil. Art p. IV. Je suis occupé actuellement à augmenter ma chaumière; et, si je m'adressais à Apollon, ce serait pour le prier de m'aider dans le métier de maçon; on dit qu'il s'entend à faire des murailles, VOLT. Lett. d'Argental, (5 mars <76B. |1 Maître maçon, artisan qui dirige les maçons, surveille leurs travaux et répond [de leur ouvrage. || Autrefois, aide à maçon, aujourd'hui aide-maçon, manœuvre qui sert et aide le maçon, qui bat et gâche le plâtre, et qui apporte les matériaux. || Soupe de maçon, soupe trop épaisse. || Manger comme un maçon, manger beaucoup. || J'aimerais mieux servir les maçons, se dit d'une besogne, d'une existence à laquelle on se refuse, la trouvant trop pénible. || Fig. et familièrement. Ce sont de vrais maçons, se dit de gens qui font grossièrement une besogne qui demanderait quelque délicatesse. || 2" Maçon se dit quelquefois pour franc-maçon (voy. franc-maçon). | 3" Adjectivement. Maçon, maçonne se dit d'un oiseau et de quelques insectes qui se construisent des nids de mortier. L'abeille maçonne. || Se dit encore d'un mollusque qui attache à sa coquille tous les corps libres qu'il rencontre sur le sol. || La maçonne, sorte de coquille univalve (voy. troque 2).

— HIST. XII' s. E li maschun Salomun e li maschun Yram les taillèrent [les pierres] et parèrent, juinstrent e acuplerent de primes as munz, iîoii-, p, 246. Il XIII* s. Dont [ils] mandèrent mâchons vaillans Et boins orfèvres bien seans, FI. et UL 55). Li maçon pueent [peuvent] bien prendre un autre aprèntiz si tost comme li autre aura acompliz cinq ans, Liv. desmét. 407. Hxv* s. Je sçai tel femme de masson. Qui n'est pas à moi comparable, Qui meilleur l'a [une robe] et plus coustable. Quatre fois que la mienne n'est, e. DEScn. Miroir de mariage, p. 2(. Il XVI* s. X propos truelle, bonjour maçon, COTGRAVE. 11 n'est pas masson qui pierres refuse, in.

— ÉTYM. Picard, manchon; provenç. masso; baslatin, machio, matio, macio. On l'a fait venir de l'allemand Ueti, tailleur de pierre; anc. h. allem. m'eiio. A quoi Diez objecte que machio ou macto (c est, dans Isidore, l'équivalent de ch) ne peut venir du germanique Melioa mëlio ; il incUneàvoir, comme du Cange, dans maeio une altération de niorcio, dérivé de marcus, marteau : celui qui porte le marteau. Mais cela reste très-incertain, aucun intermédiaire ne se trouvant; et l'étymologie allemande demeure probable, à moins qu'on ne suppose que, dans le latin maceria, muraille, il y a un radical mac qui s'est développé en machio ou macio, Pour moçcrta, voy. macérer.

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t BlACON (mâ-kon), ». m. Vin des environs de Mâcon. Du vieux mâcon.

MAÇO\NAGE (ina-so-na-j'),s. m.Travaildemaçon. Oa a pajé lant pour le maçonnage de cette maison.

— HIST. IV* s. Sires, qui veult faire aucun maçonnaige Doit son vouloir aux maçons découvrir, Aux charpentiers parler du charpentage, Et aux couvreurs marchanderdu couvrir, E. desch. Poésies mss. f»304.

— ï;ty.m. ilaçouner.

t MACONNa'iSE (m4-konê-z'), adj. f. Terme de commerce. Futaille rnSconnaibe, ou, substantivement, mâconnaise, futaille employée dans le Maçonnais et les pays voisins; la contenance en est au minimum de deux cent douze litres. || Bouteille mSconnaise, bouteille dont la contenance est au minimum de quatre-vingts centilitres {Tableau annexé à la loi du <3 janvier (866).

MAÇONNÉ, ÉK (ma-so-né, née), part, passe de maçonner. Le nid maçonné par l'hirondelle. || Terme de blason. Bâtiments maçonnés, bitiments dont les pierres sont entourées d'un autre émail que celui de la pierre même.

MAÇONNER (ma-so-nc), ». a. || I" Faire un travail de maçonnerie. On maçonna [à bord des ga- Uottcs à bomba] des creux où l'on mit dos mortiers, VOLT, iout's .17 K, \i. Il Par extension. Ceux-là (des oiseaux] maçonnent des bAtmients aux fenêtres des églises, chateaib. Génie, i, v, 6. \\2' Boucher ui:e ouverture avec de la pierre ou du plâtre. On a maçonné cetle porte. || 3" Fig. et familièrement. Travailler d'une façon grossière. Voyez comme il a maçonné cela.

— IIE.M. Pourquoi écrire maçonner par deux n, et ramoner par une seule, l'un venant de maçon, et l'autre de l'ancien ramon, balai?

— iilST. xm* s. Et s'il l'a retenu entor soi.... por carpenter ou por mâchonner, tix [telles] manières de menestrix [d'ouvriers] ont coustume qu'il aportent lor ostix là où il sont loué, bkaum. xxix, 5. Quant il dut les murs maçonner De Thebes, dont il fut fondierres, la Rose, 19944. ||xiv« s. Si comme nous dison que en art de pierres tailler ou de mazonner Phydiasestoitsapientousagemazon,ORESME, Eth. «77. Il XV' s. Ce qui fait en est, c'est matière pourvue et maçonnée par envie et pour vous mettre hors de ce pays, froiss. m, iv, 63. Adont, de coer lié et joiant Une balade maçonnai Oïl nulle rien ne mençongnai, id. Espin. amour, le conclus que mal gré ne me dolbt savoir le bon chevalier de qui j'ay composé ce livre, car je luy ai maçonné et fondé un édifice si fort et si durable que feu, ne fer, eaue, terre, ne pourra consumer ne destruire, Bouciq. IV, 15. Il XVI' s. Bonnes plerios maçonnées de bonne main et à profit, pour durer longuement,

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