LIQUE
■j-MAlPOUKI (ma-i-pou-ri), s. m. Perroquet de Cayenne.
MAIRAIN (mè-rin), s. m. Voy. merrain.
f MAIUAT (mê-ra), s. m. Fonction demairesous l'ancienne monarchie. L'établissement du mairat à Tours par Louis XI, Bibl. des ch. 6' série, t. u, p. 43.
MATRE (mê-r*), adj. || i' Plus grand; ce qui est le sens propre du mot, sens très-usité dans l'ancienne langue, et qui a complètement péri, excepté dans certaines locutiûns,vioillie3 elles-mêmes. || Juge maire, le même que juge mage. Un mien cousin est juge maire,' la font. Fahl. iv, 7. || Bateau maire, nom d'une espèce de bateau de commerce défini dans l'ordonnance suivante : Déclarons bateau maire dans les grandes rivières celui qui est chargé [de sel] aux embouchures et mentionné aux brevets et rescriptions des officiers qui y sont établis; et dans les moindres rivières qui ne pourront porter les bateaux chargés aux embouchures, déclarons bateau maire celui qui est à la tête de l'équippe ou navée, Ordonn. mai 1680. Il 2° S. m. Sous les Mérovingiens, le maire a d'abord été l'intendant de la maison, major domus, conservé dans majordome. || 3° Maire du palais, le principal officier qui, de l'administration de la maison royale, passa dans l'administration des affaires de l'État, sous les rois de la première race. Les rois .... Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, boil. Lutr. II. La première fonction des maires du palais fut le gouvernement économique des maisons royales, montesq. Esp. xxxi, b. Avant ce temps le maire était le maire du roi, il devint le maire du royaume : le roi le choisissait, la nation le choisit, ID. ib. 3. "Warnacliaire avait été l'âme de la conjuration contre Brunehauld : il fut fait maire de Bourgogne, iD. ib. 1 . Il 4° Aujourd'hui, le premier officier municipal d'une ville, d'une commune. || Adjoint du maire, officier municipal qui assiste le maire dans ses fonctions, et qui peut le remplacer en cas d'absence ou de maladie. Il Anciennement, maire né, maire non électif et qui était, de droit, maire de la commune. Les officiers qui se disent maires nés et perpétuels en d'aucunes villes où les maires ne sont point électifs, prétendent.... Arrêt du conseil du <9 avril 1070. Il Maire de Londres, premier magistrat de Londres élu annuellement par tous les corps do métiers. Elle avait gagné un maire de Londres dont le crédit était fort grand, BOss. Reine d'Angkt.
— HIST. xiir s. [Dieu] Oui de tous mefais est sire, prevos et maire, Berte, LXix. Johans empêtra lelres dou roi ou meord'Ari-az encestcforme que.... £ïr. dejost. ts. Jà ne sui-ge prevoz ne mère, Que je l'en doie nul droit fere, Ben. <09, 87. A sages homes valans et honiestes le majeur et les jurés de StQucntin, Bibl. des ch. 2' sér. t. m, p. 422. Quant vile de commune a à fere, il ne convient pas que toute la commune voist [aille] au plet, ains soufist se li meresetdeusdesesjurésy vont, beaum. 82. ||xv' s. Maire de Londres a fort grande puissance en icello ville, et l'on porte l'espée devant luy quant il va parmi la ville, J. chartier, Hist. de Charles VII, p. 136, dans LACURNE. Il XVI' s. Maislre François Chauvelin, advocat en la cour de parlement, maire de la haulte justice de Saincte Geneviève, Coust. génér. t. 11, p. 45.
— étym. Bourg, moire; du lat. major^ plus grand. Major, avec l'accent sur ma, a donné maire ; majôrem, avec l'accent sur jo, a donné maior, ou meor, ou majeur.
t MAIRESSE (mê-rè-s') , s. f. La femme d'un maire. || Ne se dit plus que par plaisanterie.
— HIST. xiv's. E! gardez, Gautier, veez-vous La mairesse aler e son gendre? Théâtre français au moyen âge, p. 328.
MAIRIE (mê-rie), t. f. || 1° Office de maire. Il 2" Temps durant lequel on exerce cette fonction. Les maires et échevins et syndics des paroisses dans le temps de leur mairie, échevinage et syndicat, Ordonn. mai <680. {| 3° Bâtiment où se tient l'administration municipale. || 4° Mairie du palais, dignité de maire du palais. La mairie d'Austrasie étant attachée à la famille des Pépins, cette mairie s'éleva sur toutes les autres, montssq. Esp. xxxi, 6. Il B' Mairie seigneuriale, justice d'un seigneur qui avait titre de maire ou de prévôt.
— REM. C'est une faute très-fréquente de dire mairerie. Mairerie a été usité, mais il n'est plus reçu ; avec raison, car il est barbare.
MAI
— HIST. xiii' s. Uns mères, avant qu'il fust conformez, aministra les choses de la meerie, Liv. de jost. 30. Il xvi' s. Jean Tizard greneticr de Sully sur Loire, seigneur de la mairerie de Goumarville, Cousl. t génér. t. i, p. 247.
— étym. Maire.
MAIS (mê ; Vs se lie : mê-z un homme, mê-z aussi). Il 1° Adv. qui signifie plus, et qui, usité en ce sens dans l'ancienne langue, ne se conserve plus aujourd'hui .que dans la locution suivante : pou- 'J
voir mais, avec une négation ou une inter- 1 rogation, n'être pas cause de, n'être pas res- '
pensable de. Souvent nous imputons nos fautes au malheur Qui n'en peut mais, régnieh, Sat. XIV. Le malheureux lion.... Bat l'air qui n'en peut mais, la font. Fabl. 11, 9. [Le vent] Siflle, souffle, tempête, et brise en son passage Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau, ID. ib. VI, 3. Sacrifiant à sa mélancolie Mainte perdrix qui, las ! ne pouvait mais Des cruautés de madame Clitie, ID. Faucon. Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre, Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre?M0L. ifù. m, 6.Enfîn, i après cent tours, ayant de la manière Sur ce qui n'en peut mais déchargé sa colère.... id. Éc. des f. IV, 6. Si mon maître est ingrat, puis-je mais de cola? BEGN. Distr. V, 6. Il 2" Dans le sens de oui, certes, qui est une extension du sens de plus. Elle y fut reçue très-bien, mais très-bien, c'est-à-dire que le roi lafitmettredans sa calèche avec les dames, sÉv, 43. Je trouve le petit-fils fort joli, maisfort joli,iD. 3avr. 4680. Parlerai-je d'Iris? chacun la prône et l'aime, C'est un cœur, mais un cœur.... c'est l'humanité même, gilb. iexviii's. || U se dit familièrement avec oui servant de réponse, et ne fait que renforcer l'alfirmation. Viendrez -vous? — Mais oui. || 3' Conjonc. servant à marquer opposition, restriction, différence parce que le sens fondamental de plus qui y est, met en regard deux propositions, et les lie entre elles, soit passant de la plus faible à une autre plus forte, soit par différence ou opposition. Il est riche, mais avare. D'autre sang, mais plus vil, expiera l'attentat, TH. CORN. Esséx, V, 4. J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer, rac. Brit. iv, 3. Vous ne ' faites que ce que font les autres? mais c'est ce que l'Écriture vous défend, mass. Carême, Élus. Heureux, mais gouvernes, libres, mais sous des maîtres, VOLT. Brut, m, 7. Tu nous laissas le jour, mais pour nous avilir, id. M. de Ces. i, 3. Ils ont dit que le mien serait assez beau, si....; que celui de Denis serait assez bien; mais.... eh I bien, si, mais? MARMONTEL, Mém. lu. || 4° Il s'emploie poui rendre raison de quelque chose. Je l'ai, il est vrai, maltraité, mais j'en avais sujet. || 5° 11 peut se répéter pour donner plus de force à l'opposition. Immolez, non à moi, mais à votre couronne. Mais à votre grandeur, mais à votre personne... CORN. Ct'd, II, s. Ce n'est point parce que ses passions le rendent contraire à Dieu, mais parce qu'elles troublent son repos, mais parce qu'elles lui causent de mortels chagrins, | mais parce qu'il se voit souvent dans l'impuissance de les satisfaire... BOUHDAL. Myst. Concept, de la Vierge,X.ii, p. 14. X l'instant il s'éleva dans tout Israël un seul cri, mais éclatant, mais unanime, J. J. Bouss. Lév. d'Éphr. ch. 3. || 6° Mais.... mais.... à la fin d'une objection, se dit pour faire pressentir des objections, dos restrictions qu'on ne veut pas exprimer. Les soupers du roi (de Prusse] sont délicieux ; on y parle raison, esprit, science; la liberté y règne, il est l'âme de tout cela; point de mauvaise humeur, point de nuage, du moins point d'orages; ma vie est libre et occupée; mais.... mais...; je suis en train de dire des mais, volt. Lett. Mme Denis, 6 nov. (750.117" U peut se joindre à cependant et ne fait que le reuforcer. Mais cependant ce jour il épouse Andromaque, rac Andr. iv, 3. |l 8° Mais avec non exprime une négation sous forme d'objection. Le peuple [juif] pour qui Dieu a faii des choses si étonnantes va sans doute être le maître de l'univers; mais non, le fruit de tant de merveilles est de souffrir la disette et la faim dans des sables arides, volt. Dict. phil. Moise. \\ 9' Mais s'emploie, dans la conversation , au commencement d'une phrase, qui a quelque rapport à ce qui précède. Mais, dites-moi, que voulez-vous faire do tous ces livres? Mais encore quel parti prenez-vous? Mais, qu'avez-vous dit? Mais enfin, à quoi en voulez-vous venir? Il II sert quelquefois de transition pour revenir à un sujet qu'on avait laissé, ou pour quitter celui dont on parlait. Mais revenons à notre propos. Mais c'e.st tro). parler de cela.jl 10° Mais s'oppose à non-seulement, dans deux membres do pbra-
IVIAi
ses qui se correspondent, et exprime une addition à ce qui est signifié par non-seulement. Non-seulement il est bon, mais encore il est généreux. Nonseulement on le blâme, mais même on l'accuse. Il 11° Il s'emploie sans verbe, d'une manière exclamative, pour exprimer la surprise, le blâme. Cela est bon pour une demoiselle de S^Cyr : mais une véritable abbesse! maintenon, tc«. d Mme delà Viefville, 4 mars ("06. || lî" Mais ne vous en déplaise, se dit quand on veut contredire quelqu'un. || 13° Eh mais, se dit pour exprimer le doute, l'hésitation, la suspension. Oue dit-elle? une affaire, où je suis Intéressée I... eh mais ! à ceci je ne puis Rien comprendre... r.OLLiN d'iiarlf.ville, Optimiste, v, 7. || Il marque aussi l'étonnement. Eh mais? qu'y a-t-il làdedansT || 14° S. m. Objection, difficulté. Mais.... — Achevez, seigneur : ce mais que veut-il dire? corn. Hicom. 111,7. Que le diable t'emporte avec tes si et tes mais ! REGNARD, Retour impr. +5. Dorval : Mais... — Géronte : Mais, mais, voyons votre mais, coldoni. Bourru bienfais. ii, <. |{ C'est un homme qui n'a ni si ni mais, un homme franc, qui ne cherche ni excuse ni prétexte. {| Des mais, des si, des car, se dit des objections, des difficultés qu'on oppose à une chose simple. || Il y aun mais se dit pour signifier qu'il y a des critiques à faire.
— HIST. xi° s. N'en parlez mais, se je nel vous cornant, Ch. de Roi. xix. J'i puis aler, mais n'i aurai garant, ib. xxiv. Quant ert-il [sera-t-il] mais recreanz d'ostoicr [faire la guerre]? ib. xxxix. Bataille aurez, onque mais tel ne fut, ib. Lxxx. || xu* s. Par tantes fois [j'j ai esté assailliz Que je n'ai mais povoir de moi défendre, Couci, v. Je n'en puis mes; car je la dtsir si... ib. vin. Jà de mon cuer n'istra[demon cœur ne sortira] mais la semblanco Dont [ma dame] me conquist à mos pleins de douçor, ib. xyi. Ainz mais n'avinl en France nule si granz dolors, Sax. xxvii. ||xm' s. Et bien m'avez fait le plus haut servise que mais nule gent feist à home, viLLEH. lxxxviii. Ha Diexl verrai-je mes, fait-ele, mes amis? Ilerte, xxx. Or est ele moût aise, mais tost sera dolente, ib. x. [Elle] Ne pouvoit mes aler, car forment crt lassée, t6. xlvi. Moi ne chaut qu'on en fasse, mes qu'ele [pourvu qu'elle| soit tuée, tbr XVI. L'omme lay [laïque], quant il otmesdire de la lay [loi, religion] crestienne, ne doit pas deffendre la lay crestienne, ne mais [sinon] de l'espée, joiNV. 198. Et le mestre dit • Sire, mes m'ennuie tant comme il me peut ennuier, m. (97. 11 a tant donné que il n'a mez que donner, ID. 205. Il XIV* s. Vertu encline touz jours à eslire bien, et rice au contraire; mais aucune foiz en l'operacion qui est eslue par vertu peut estre empeeschemcnt, OBESME, Eth. 63. Il IV* s. Si me fit-elle tant de bien que j'en suis tenu de prier à tousjours mais pour elle, FHOiss. I, I, )B. Autant vault si je m'en tais, Car certainement je tiens Qu'il ne s'en fera jà rien ; En toute chose a ung mais, ou. d'orl. Rondeau. C'est son parler ne moins ne mais, villon. Grand test. Il xvi* s. Sans si, sans mais, est son bruyt, gloire et famé, J. mabot, v, 259. Eureuse suys, mais que (pourvu que] ce temps me dure, ut. v, 322. Dequoy Numitor fut fort courroucé, mais eux ne s'en soucièrent guieres, ains amassèrent à l'entour d'euli bonne trouppe d'hommes vagabonds, amyût, Rom. 7. Cela n'est pas fait en amy, mais en sophiste, qui ne quiert que l'apparence, m. Com. discerner le flatteur de l'ami, 55. Ma délibération ne est de provocqucr, ains d'appaiser , d'assaillir, mais de delTcndre, RAB. Garg. 1, 2». Voire mais, que fera il si on le presse de.. .T mont. 1, 190. Que peut-il mais do vostre ignorance? ID. 11, 48. En nul endroit, comme a chanté Virgile, La foy n'est scure, et me l'a fait «Ravoir Ton jeune cœur, mais vieil pour décevoir, noNs. 9*. Il estoit destiné par sentence des cieui, Que je dcvoi-s servir, mais [bien plus] adorer vos yeux, in. 239. 0 prince, mais 0 Dieu, dont la céleste face..., ID. 871. Mon mastin, garde bien de mordre ma mignonne, Si elle vient ma voir, ains baisa luy les pieds : Hais aboyé de loin si de quelque personne Au milieu de nos jeux nous estions espiez, ID. 744. Hais dites-moy que signifie Que les ligueurs ont double croix? C'est qu'en la ligue on crucifie Jésus Christ encore une fois, Sat. Kén. Quatrain fur les doubles croix de Lorraine.
— Ktym. Wallon, main, mdie, dans le sens de jamais; Hainaut,m<; provenç. mais, mai, mas, ma; cat. may ; esp. et port, mas; ital. ma et mai; du Lit. magis, qui signifie plus, davantage. I.e patois normand conserve deux anciens emplois de mais : U n'a mais que dire, il n'a plus rien à dire; et mai< que dans le sens de lorsque : ifati que j'aille chc vous, je tou* Vapporterai.
MAI
MAÏS (ma-i; d'autres font' sentir l's et disent ma-is'), s. m. || 1° L'une dos céréales qui contribuent à la nourriture de l'homme et des animaux domestiques. Maïs cultivé, lea mays, L. dit vulgairement maïs, turquel, blé d'Espagne et blé de Turquie. Il Maïs quarantain, maïs hâtif qui vient en quarante jourô. || 2° Le grain. Égrener le maïs. Il 3° La farine. Faire cuire du maïs. Tourte de maïs. Bouillie de mais.
— ÈTYM. Mahis, mot haïtien, d'après Hernandez, Hist. plant, vi, 44. M. le professeur Fée dit [Souvenirs de la guerre d'Espagne, p. 4 28) que, d'après un passage d'Antonio Solis, on ne peut douter que le maïs ne soit originaire d'Amérique; ainsi le nom de blé de Turquie est impropre.
MAISON (mê-zon), s. f. || l»Bâtiment servant de logis. Mais chercher ton asile en la maison du mort 1 CORN. Cid, m, \. Ma maison est brûlée, et on dit : je suis perdu, boss. la Vallière. Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qui les a dissipées par ses profusions; ....il emprunte de tous c6tés pour se cacher à lui-même sa misère, il remplit, par ce moyen, en quelque façon, le vide de sa maison, id. ib. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger riche des dépouilles de la chrétienté.... tes maisons ne sont plus qu'un amas de pierres, ID. Uar.-Thér. Que le prodigue retourné reçoit plus de grâces que son aîné, qui ne s'est jamais échappé de la maison paternelle, m. ib. Nous aurons une très-belle maison à Paris pour cinq cents écus, MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, <5 mars <678. [Elle] Va pour les malheureux quêter dans les maisons, boil. Sat. x. De tous ses amis morts un seul ami resté Le mène en sa maison de superbe structure, lu. Art p. iv. Un vieux valet restait.... Sa vue embarrassait ; il fallut s'en défaire; Il fut delà maison chassé comme un corsaire, id. Sat. x. La maison du seigneur, seule un peu plus ornée. Se présente en dehors de murs environnée, lo. Ép. vi. Voyez-vous bien cette maison couverte d'ardoises, dont les fenêtres sont reblanchies depuis peu? re- GNARD, le Retour imprévu, ts. Comment donner de l'eau dans Paris à trente mille maisons qui en manquent?... osez le vouloir.... volt. Dict.phil. Vénalité. U [Louis XI] allait quelquefois de maison en maison dîner et souper chez les bourgeois; il s'informait de leurs affaires, se mêlait de leurs mariages, et voulait être parrain de leurs enfants, duclos, llist. de Louis XI, Œuv. t. m, p. 34(, dans pougens. Sur le penchant de quelque agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents verts, j. j. Rouss. Ém. IV. Il Fig. Il a porté la paix dans la maison de son âme, mass. Carême, Communion. || X la maison, chez soi. Le pain est cher et la misère est grande. Et pour longtemps je dîne à la maison, BÉHANG. 10 000 fr. || Garder la maison, rester chez soi, ne pas sortir. || Il est fait en brûleur de maison, voy. BRÛLEUR. Il Je ne suis pas de la maison, réponse que l'on fait â quelqu'un qui s'enquiert dans une maison, quand on ignore tout ce qui appartient à cette maison. Je ne suis point de la maison, monsieur ; je passe ma vie au café, volt. Écoss. 1, 2. Il Fig. Par-dessus les maisons, excessivement, d'un prix excessif. Qu'a-t-il demandé? — Oh I d'abord des choses par-dessus les maisons, mol. Scapin, 11, 8. Il Fig. Grand poids, inquiétude extrême. Chamillart en revint [de chez le roi] tout rajeuni, et une mai.son levée de dessus l'estomac, st-sim. 199, 4 51. Il 2» Maison royale, maison impériale, maison qui appartient au roi, à l'empereur, et oii il peut habiter avec sa cour. || 3° La maison du Seigneur, le temple de Jérusalem. Salomon bâtit la maison du Seigneur, et l'acheva, saci. Bible, Rois, m, vi, 44. Nourri dans ta maison [du Seigneur] en l'amour do ta loi.... RAC. Athal. 1, 2. || La maison de Dieu ou la maison de paix, l'église, le lieu où l'on prie Dieu. Dès qu'elle entrait dans la maison de Dieu, n'oubliail-elle pas qu'elle était reine? flêgh. Uar.-Thér. Qui l'eût cru qu'on dût voir jamais Les glaives meurtriers, les lances homicides Briller dans la mai.son de paix? bac. Alhal. m, 8. || Fig. La maison céleste, le ciel, le paradis. Pcnscs-tu que, plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d'accueil? MALB. VI, 4 8. Il La maison d'où l'on ne revient pas, le séjour des morts. Adieu, fragilo enfant échappé de DOS bras. Adieu, dans la maison d'où l'on ne revient pas, A. ciiÉN. Eragm. sur la mort d'un enfant. |l 4* Uaison d'éducation, maison où l'on prend en pension des enfants, pour les iQ.struiro. || 6° Uaison de commerce, ou, elliptiquement, maison, maison où l'on fait le traficdes marchandises. Ouvrirune maison lie commerce. Ce commcrç;int a une maison à Paris
etuneàBordeaux.ll On dit maison de banque, lorsqu'il s'agit du trafic de l'argent. || Maison de commission, maison d'un négociant qui fait la commission. || Maison de prêt, maison où l'on prête de l'argent sur des objets déposés en nantissement. || 6° Maison 'lo ville, maison commune, l'hôtel où s'assemblent les officiers municipaux. || 7° Maison d'arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, lieux désignés par l'autorité pour recevoir ceux qu'on vient d'arrêter, ou ceux qui ont été condamnés & la détention. || Maison centrale, maison de détention pour les condamnés à l'emprisonnement en matière correctionnelle dont la peine excède un an do prison, et pour les condamnés à la détention ou à la réclusion en matière criminelle. Il Maison de justice, lieu établi près de chaque cour d'assises pour y recevoir jusqu'à leur comparution ceux contre lesquels il a été rendu une ordonnance de prise de corps. || Terme d'ancienne coutume. Maison de force ou maison forcée, prison des femmes de mauvaise vie. || Par plaisanterie. La maison du roi, la prison. Je vous trouve, monsieur, dans la m.aison du roi; Quel charme, quel désordre, ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie? corn. Suite du Ment, i, 4. || 8° Maison de charité, maison où l'on donne des secours aux indigents. || Maison religieuse, nom donné aux couvents. La chute des maisons religieuses ne commence jamais par le désintéressement, MAINTENON, Mme du Pérou, t. m, p. 170, dans POUGENS. || 9° Maison de santé, établissement privé, généralement dirigé par un médecin, et dans lequel se trouvent réunies de bonnes conditions de traitement pour ceux qui ne peuvent pas se faire soigner dans leur domicile. || Maison d'aliénés, étabUsseraent public ou privé, particulièrement destiné aux soins des aliénés incurables et au traitementde ceux qui sontjugéssusceptiblesde guérison. U y a ici une maison où l'on met les fous.... sans doute que les Français, fort décriés chez leurs voisins, enferment quelques fous dans une maison pour persuader que ceux qui sont dehors, ne le sont pas, montesq. Lett. pers. 78. || Maison mortuaire, édifice où l'on dépose la personne morte jusqu'au moment où la putréfaction commence à se manifester. Il Maison mortuaire, signifie aussi la maison du mort, celle où le corps est encore en attendant l'enterrement. On se réunira à la maison mortuaire. Il 10" Maison garnie, maison où on loue des chambres, des appartements garnis. {| 11° Maison de jeu, maison ouverte au public où l'on joue de l'argent. Je ne m'étonne pas qu'il y ail des brelans publics comme autant de pièges tendus à l'avarice des hommes.... qui ne sait pas qu'entrer et perdre dans ces maisons est une même chose? LA BRUT. VI. Il 12° Petites-Maisons, nom donné autrefois à un hôpital de Paris où l'on renfermait les
aliénés (on met un P et une M majuscules) Et
l'autre tiers à la nourriture des pauvres vieilles gens étant dedans l'hôpital de Saint-Germain des l'rés, et continuation des Petites-Maisons, qui sont nécessaires à bâtir audit hôpital, Lett. pat. 28 déc. 1023. J'aurai beau protester; mon dire et mes raison!' Iront aux Petites-Maisons, la font. Eabl. v,
4 U n'est point de fou qui par belles raisons Na
loge son voisin aux Petites-Maisons, boil. Sat. iv. Heureux si de son temps [d'Alexandre], pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites- Maisons, ID. Sat. vin. Nous sommes des fous qui ne ressemblent pas tout à fait à ceux des Petites- Maisons, FONTEN. Sur l'hist. Œuv. t. IX, p. :i70, dans POUGENS. || Il est à mettre aux Petites-Maisons, c'est un échappé des Pelites-Mai.sons, c'est un homme sans raison, qui fait ou dit des choses folles. Il Fig. Les Petites-Maisons, choses folles, extravagances. On dit que Mme de Kéquigny vient aussi, c'est la sibylle Cumée; elle cherche il se guérir do soixante el seize ans dont elle est fort incommodée ; ceci devient les Petites-Maisons, SÈV. 282. Nos folies de libéralités sont parvenues au comble do toutes les Petites-Maisons du monda, ut. 20 nov. 1075. Il Fig. Ce sont les Petites-Maisons ouvertes, se dit en parlant d'un trait de folio. || 13° Maison de ville, maison où l'on loge quand on est en ville. Je passe une partie des miens [jours] dans ma maison ds ville qui est un assez vilain cabaret, maintenon, Utt. à Mme de Ven«u((our, 24 sept. 1714. || Maison des champs, maison quo l'on a à la campagne pour l'utilité. L'île fut lors donnée en apanage À Lucifer; c'est sa maison des champs, la FONT. l'apef. Il Maison do campagne, maison (|u'on a à la campagne pour l'agrément. Molière avait une maison de campagne à Auteuil où il se délassait souvent des fatigues de sa profes.sion, qui sont bien
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plus grandes qu'on ne pense, volt. Vie de iloliere. H Maison de bouteilles, petite maison de campagne où l'on va vider des bouteilles, faire des parties. Il Maison rustique, ferme, métairie avec ses dépendances. Rien n'est plus beau, à mon gré, qu'une vaste maison rustique, dans laquelle entrent et sortent par quatre grandes portes cochères des chariots chargés de toutes les dépouilles de la campagne, VOLT. Jf«. litt. i U. Dupont. Il Maison rustique, titre de plusieurs ouvrages qui traitent d'économie rurale. || Maisons forestières, maisons construites dans l'intérieur des forêts pour le logement des gardes. || Maison de chasse, maison qui sert de rendez-vous de chasse. Le cardinal va trouver le roi à Versailles, alors petite maison de chasse, achetée par Louis XIII vingt mille écus, devenue depuis, sous Louis XIV, un des plus grands palais de l'Europe et un abîme de dépenses, volt. Jlfœiirs, «76. Il 14° Petite maison, nom donné autrefois à une maison ordinairement située dans un quartier peu fréquenté et destinée à des rendez-vous avec des maîtresses. Les gens qui sont occupés de la musique de Gluck et de leur souper ne songent pas à toutes ces horreurs [Lalli, le chevalier la Barre, etc. mis à mort] ; ils iraient gaiement à l'opéra et à leurs petites maisons sur les cadavres de ceux qu'on égorgea les jours de la Saint-Barthélémy et de la bataille du faubourg Saint-Antoine, ID. Lett. Mme du Défiant, 7 sept. <774. Le premier usage de ces maisons appelées communément petites maisons, s'introduisit à Paris par des amants qui étaient obligés de garder des mesures et d'observer le mystère pour se voir, duclos, Comte de *", OEuvres, t. viu, p. 66. Jamais soupe des petites maisons de Paris n'approcha de ce repas,;, j. rouss. Confess. IV. Elle n'ignorait pas que, dès l'âge de dix-neuf ans, il avait, selon le bel usage, une petite maison et une jolie maîtresse, mabmo.ntel, Contes moT. École des pères. Par des cadeaux son altesse m'entraîne Jusqu'à sa petite maison, bérang. Cartes. Il 15° Tout ce qui a rapport aux affaires domestiques, de ménage. Sa maison est bien ordonnée. Malgré les nécessités de sa maison épuisée, boss. Louis de Bourbon. Considérez ce que peut dans les maisons la prudence tempérée d'une femme sage pour les soutenir, m. Uar.-Thér. Quand j'aurai une maison montée , maintenon , Lett à M. d'Auhiyné, 4" janv. <68i. || Tenir la maison, être à la tête du gouvernement d'un ménage. C'est elle qui tient la maison chez son père. Elle tenait habituellement la maison à Versailles, iiARMONTEL, Wm. V. || Tenir maison, avoir une maison où l'on reçoit, od l'on donne à dîner. Le même tour d'esprit qui fait exceller une femme du monde dans l'art de tenir maison,!, j.bouss. Êm. V. Il Bonnes maisons, maisons où tout est bon et en abondance. Il [un domestique] a été dans de bonnes maisons, sÉv. 49 août 4676. || Grandes maisons, maisons opulentes. Grandes maisons se font par petite cuisine, REGNARD, les Vendanges, 4. || Faire une bonne maison, amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille. Je ne suis point adroit, je n'ai point d'éloquence Pour.... Suborner par discours une femme coquette. .. Débaucher une fille, et i)ar vives raisons Lui montrer comme amour fait les bonnes maisons, Régnier, Sat. m. Elle eût du buvetier emporté les serviettes. Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes ; Et voilà comme on fait les bonnes maisons... rac. P/atii.i,4. Il Avoir un grand état de maison, avoir un grand luxe de table, d'ameublement, beaucoup de domestiques, de chevaux, etc. || Faire bien les honneurs de sa maison , bien recevoir ceux qu'on invite. Il Avoir une bonne maison, donner souvent à manger. Il 16° Ceux qui, vivant ensemble dans une maison, composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Toutes les maisons honnêtes de la Tille lui sont fermées. La maison des Taincus touche seule mon àme, corn. Hor. m, 4. La maison de ce patriarche devient un grand peuple en peu de temps, boss. Uist. i, 3. Dieu ! que dira le roi ? quel funeste poison L'amour a répandu sur toute sa maison IRAC. Phèdre, m, 6. || Le maître, I enfant, le fils, la fille de la maison. Que de souffrir ainsi, contre toute raison, Qu'on en chasse pour yoxa le fils de la maison, mol. Tart. iv, 4 . || Il est le U maison, c'est un membre de la famille ou t'est un ami assez intime pour être considéré comme tel. N'apporte point ici l'air de cérémonie- Regarde-toi déjà comme de la mai,son, oresset' Méchant, m, 7. || Maison gaie, maison où l'on s'a- Buse e» amuse les autres. || Maison triste, maison M U n'y a aucune gaieté. Ub mari et une femme
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qui s'aiment, des gens extraordinaires, enfin c'est une -maison triste, ma pupille s'y est ennuyée, LE SAGE, Turcaret, ii, 2. || 17° Terme collectif désignant les gens attachés au service d'une maison. Un valet et deux servantes composent toute sa maison. Il Entrer en maison, se dit d'un domestique qui prend du service dans une maison. Il Ce domestique a fait beaucoup de maisons, il a changé souvent de place. || Familièrement. Faire maison nette, renvoyer à la fois tous ses domestiques. Enfin je respire, j'ai fait maison nette aujourd'hui, LEGRAND, Mctamorph. amour, se. t. Même je vous prierai quelque jour instamment De faire maison nette impitoyablement, Et de vous composer un nouveau domestique, imbert, Jaloux sans amour, II, 7. ||Fig. Voilà donc les jésuites chassés de Naples ; on dit qu'ils vont bientôt l'être de Parme, et qu'ainsi tous les États de la maison de Bourbon feraient maison nette, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 4 4déc. 1767. || Faire maison neuve ou maison nouvelle, prendre de nouveauidomestiques. U faudrait chaque jour faire maison nouvelle, tristan, ilariane, i, 3. On a beau chasser, faire maison nouvelle, 3. J. Bouss. Hél. IV, 40. Il Les gens de la maison, les domestiques attachés au service d'une maison en particulier, par opposition à gens de maison, en général, les personnes dont l'état est de servir comme domestiques. || 18° Terme collectif désignant toutes les personnes employées au service des grands personnages, des princes et princesses. Il [le duc de Beaufort] offrait de s'aller poster à l'entrée du cours avec la maison de Monsieur, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 380, dans pougens. La dame d'honneur, les dames d'atour, les filles, la gouvernante, les hommes, et toute la maison [de Madame la Dauphine] part demain, sév. 40o. Enfin sa maison fut plus d'une heure à passer et à être admirée, MAINTENON, LHt. à Mme de Viltarceaux, 27 août 4660. Je réveille ici, sans y penser, mai.son désolée de cette princesse [laDauphineJ, votre tendresse et votre douleur, par le souvenir des bienfaits ou de respérance qui vous restait de la protection d'une si bonne et si puissante maltresse, fléch. Dauph. Il Faire sa maison, rassembler tout ce qui forme un état de maison, domestiques, meubles, voitures, etc.; cela ne se dit que des princes et des personnes élevées en dignité. Cet ambassadeur s'occupe à faire sa maison. || Maison du souverain, se dit de tous les officiers de la bouche, de la chambre et autres qui servent le roi ou l'empereur. La maison de l'empereur est partie pour Compiêgne. || 19° Maison militaire du roi, de l'empereur, ou maison du roi, de l'empereur, ou, simplement, la maison, les troupes destinées à la garde de la personne du souverain. Il iraàl'armée pendant son quartieravec Sa Majesté, et commanderatoute la maison du roi, sév. 425. Le roi fut à Compiègne faire la revue de sa maison et de la gendarmerie, st-sim. 4 , 24. Vous qui gardez mon roi, vous qui vengez la France, Vous peuple de héros dont la foule s'avance. Accourez, c'est à vous de fixer les destins; Louis, son fils, l'État, l'Europe est dans vos mains ; Maison du roi, marchez, assurez la victoire, VOLT. Fontenoi. || Maison rouge, les mousquetaires, qui étaient ainsi nommés à cause de leur uniforme rouge. Il Ancien terme de marine. Maison du roi, voy. LOGIS DU ROI. H 20° Fig. Race, famille, en parlantdes familles nobles, des grandes familles. Et [il] sort d'une maison si féconde en guerriers.,., corn. Cid, I, 4. Jusques à ce grand coup un honteux esclavage D'une seule maison nous faisait l'héritage, iD. Othon, m, 3. Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison! id. Cid, i,9. Il se fit donc une longue guerre entre la maison de Saûl et la maison de David, saci. Bible, Uois, ii, m, 4. J'ai du bien, je suis jeune, et sors d'une maison Qui se peut dire noble avec quelque raison, mol. Jfts. m, 4 . C'est par la suite de ces conseils que Dieu a fait naître les deux puissantes maisons d'où la reine devait sortir, celle de France et celle d'Autriche, boss. Mar.-Thir. L'auguste maison d'Autriche.... où, durant l'espace de quatre cents ans, on no trouve que des rois et des empereurs et une si grande afliuence de maisons royales, avec tant d'États et de royaumes, qu'on a prévu il y a longtemps qu'elle en serait surchargée, id. ib. La maison de France, la plus grande, sans comparaison, de tout l'univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder sans envie, puisqu'elles tâchent de tirer leur gloire de cette source, in. Beine d'Anglet. La maison de Clovis était tombée dans une faiblesse déplorable; de fréquentes minorités avaient donné occasion de jeter les princes dans une mollesse dont
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ils ne sortaient point étant majeurs, lîi. Uist. i, 44. La maison de Bavière est une de ces maisons augustes où la puissance, la valeur et la piété se perpétuent, et dont la gloire ne vieillit pointavec le temps, FLÉCH. Dauphine. Enfin de votre Dieu l'implacable vengeance Entre nos deux maisons rompit toute alliance, RAC. Athal. II, 7. Toute la maison royale d'Angleterre venait d'un simple gentilhomme, nommé Tudor, qui avait épousé la veuve deHemi V, fille du roi de France Charles VI, volt. Mœurs, 1 68. Et si je n'écoutais que la honte et ma gloire. L'honneur de ma maison, mon père, sa mémoire.... id. Zaïre, m, 4. D'après mon blason, Je crois ma maison Plus noble, ma foi, Que celle du roi, bérang. Carabas. Qu'on rassemble les chefs des plus nobles maisons, c. iiEi av. r^pr. Sicil. m, 6. || La maison royale, la maison impériale, lesprincesdusang. || Cette maison est éteinte, finie, le dernier de la race est mort. La maison de Jagellon, qui avait régné près de deux cents ans dans la Pologne, fut éteinte, fléch. Vie de Commendon, IV, 4.||Kelever sa maison, acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille son ancien éclat. Il Les grandes maisons, les maisons les plus éminentes par leur noblesse et leurs dignités. Je vous gronde, ma fille, de vous être baignée dans cette petite rivière, qui n'est point une rivière et qui prend ce grand nom, comme bien des gens qui prennent le nom des grandes maisons, sév. 3o«. Il Etre de grande maison, être d'une famille noble. Il On a dit dans le même sens : être de maison. Vous êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté; Clarice est de maison et n'est pas sans beauté, corn. Hent. m, 5. Connaissez-vous leurs biens, leurs emplois, leurs familles? — Leurs familles? eh fi I perdezvous la raison? Los voudrais-je souffrir s'ils n'étaient de maison? Qui vous fait présumer en moi tant de faiblesse ? Famille est bourgeoisie, et maison est noblesse, boursaulï. Les mots à la mode, m. Il Bonne maison, maison noble. On ne choisit pas pour gouverner un vaisseau celui des voyageurs qui est de la meilleure maison, pasc. Pens. v, 9, éd. HAVKT. Un homme de très-bonne maison, sév. i40. Pausanias, jeune homme de bonne maison, BOSS.Wisï. 1, 8. Il Bonne maison se dit aussi de toute maison qui, avec la bonne renommée, jouit d'un état de fortune assuré. || Enfant de bonne maison, enfant appartenant à une bonne maison. Nous apprîmes ensemble tout ce qu'on enseigne aux enfants de bonne maison, scmir. Bom.com. i,4 4. Mon père m'a laissé un assez riche héritage pour pouvoirvivre à Madrid en enfantde bonne maison, LESAGE, /Tst. Gom. ch. 34. Aux filles de bonnes maisons Comme il avait su plaire.. hëranger, Yretot. \\ Ce jeune homme sent son enfant de bonne maison, il a les manières noolcs. || Fig. et ironiquement. Je vous traiterai, je vous accommoderai en enfant, en fils de bonne maison, c'est-à-dire je vous châtierai sévèrement, comme vous le méritez. Il 21° Compagnie, communautéd'eoclésiastiques, de religieux. La maison de Sorbonne. || 22° Maison de tonnerre, petit appareil pour démontrer l'utilité des pièces qui conduisent l'électricité dans le sol. I) 23° Terme d'astrologie. Maisons du ciel, maisons du soleil, douze divisions que les astrologues faisaient dans le ciel, auxquelles ils attribuaient diverses propriétés , et qui correspondaient aux douze divisions du zodiaque. Le soleil n'a que douze maisons, et nous avons trente châteaux que je parcours toute l'année, dancourt, Impr. de Suréne, se. 4 6. {| Proverbes. Les maisons empêchent do voir la ville, se dit quand on voit tant de belles choses ensemble, qu'on n'a pas le temps de les considérer chacune en particulier. l| Maison faite et femme à faire, se dit pour exprimer qu'il faut acheter une maison toute faite et prendre une femme jeune que l'on puisse former à son gré. || C'est la maison de Dieu, où on ne boit ni ne mange, se dit de la maison d'un avare. || C'est la maison du bon Dieu, se dit, dans un sens tout contraire, dos maisons ouvertes à tout le monde, ou des maisons où l'on réunit des enfants pour les amuser, et où on leu.' prépare des gâteaux, des bonbons, etc. || Charbonnier est maître en sa maison, c'est-à-dire chacun vit chez soi comme il lui plaît. || Qui veut tenir nette sa maison n'y mette femme, prêtre ni pigeon.
— SYN. MAISON, LOGIS. Maison marque plus par-^ ticulièrement l'édiSce ; logis est plus relatif il'usage.
— UIST. XI' s. Si le père truvct sa file en avulterie en sa maison, Lois de Guill. 37. Sil [ainsi il le] comandat as cous [queux, cuisiniers] de sa maison, Ch. de Roi cxxxv. ||xn' s. E tute la maison de Jacob se vestit de honte, ilachab. 1, 1. En .sa maison n'a nul espoir Qui voit la [celle de] sou voisin ardoSr,
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Prul. ms. f" )I5, dans lacubne. Ses bourgeois [il] fait armer chasciin à sa maison, Saxotis, viii. K là remest treismeis, e nostre sire benesquid [bénit] Obededomesamaison,iîoi.s,p.l40.|ixiii's. Iln'estmie drois ne raison Qu'ele ait en paradis maison, la Rose, B942. Il [saint Louis] fist edofier pluseurs mesons Dieu, la meson-Dieu de Paris, celle de Pontoise..., JOINV. Î98. Il xiV s. Pour une maison Dieu dalée d'ivoire et d'ebeinne, garnie d'argent, de laborde, Emaux, p. 377. |1 xv* s. Ils avoient si grand désir de retourner chacun en sa maison que prière n'j valut rien, froiss. i, i, 25. En nostre famille que vulgairement on dit nostre maison, la quelle combien que mal ou bien nous l'avons gouvernée, Testament du due de Guyenne, dans Cabim^t du roi Louis XI, à la suite de Commines, t. iv, p. 22), dans lacurne. Il XVI* s. Pour chacune maison de mouche à miel, un sol tournois par an, Coust. génér.Un, p. 4127. Chaque créancier pourra poursuivre son deu pendant l'an et jour contre la maison mortuaire (la succession], ib. 714. 11 teint maison ouverte à tous venans tant excessive, que dedans ses tentes, à toutes les heures du jour, à tables couvertes de viandes exquises estoient allans et venans receus et repeus, J. d' kvioy , Annales de Louis .V//,'p. 237, dans LACURNE. La maison fait cognoistre le maistre, coTORAVE. En bonne maison l'on a tost appresté, id. X l'entrée de la ville est le commencement des maisons, ID. Oui fait nopces et maison, met le sien en abandon, ID. Maison de terre, cheval d'herbe, amy de bouche, N'i vallent pas le pied d'une mouche, LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 172. Maison sans flamme, corps sans ame, id. ib. En maison neufve Oui n'y porte rien, rien n'y treuve, id. ib. p. t73. Chascun est roi en sa maison, id. t6. p. 267. Nulle maison sans croix ni passion, id. ib. p. 3B8.
— ETYM. Wallon, mohon, moftone; Verviers, mdhon ; Ardennes, majon; namur. maujo ; Hainaut, îAason; bourg, moison; picard, majon, mason,ma' ijeon, moison, moeson, mansion, mon ; Berry, maihon, maion; normand, moison; piovenç. mai'so, mayson, maiio, maio; anc. esp. mayson; ital. magione ; du lat. mansionem, de manere, rester (ïoy. manoir).
ilAISOSNÉE (mê-zo-née), s. f. Terme collectif et populaire désignant tous les gens d'une famille qui demeurent dans une même maison. Je vous amène toute notre maisonnée.
— HIST. xvi' ». Maisonnée, oudin, Bief.
— KTYM. Kaixon.
MAISONNKTTE (mê-zo-nè-f), s. f. Petite maison. Je ne vous dirai pas au juste en quel endroit de notre hémisphère était la maisonnette où Ragotin mena ses confrères futurs, scarr. Rom. com. II, <o.||Fig. Oserais-je vous supplier, monsieur, de m'honorerde vos remarques sur ce second volume?... vous qui ayez bâti un si beau palais, mettez quelques pierres à ma maisonnette, VOLT. Leit. présid. lUnault, 8 janv. <752.
— HlST. xif s. Dunt altresi cum les ewettes [abeilles] De lur diverses maisonnettes Jettent essains granz et pleniers.... benoît, i, v. 335. || xiv" s. Il [Cincinnatus] commanda à sa femme que elle aportast sa togue de leur mesonnete, bebcheurb, f' 59, verso. Il xv* s. Ce n'estoit pas hostel de seigneur, mais une pauvre maisonnsile enfumée,
P801SS. Il, II, <57.
— f.TVM. Diminutif de maiton; provenç. maiioneta, mayoneta.
t MAI8TRANCE (mê-stran-s'), s. f. Terme de marine. Nom collectif désignant tous les maîtres embarques à bord d'un na»ire, ou chargés d'un détail dans l'arsenal. Ledit jour, baillé deux fois collation à ladite maistrance quatre pintes do vin, Dépente faite à l'adoub de la galère, (627, dans jal. Il Ëcoles de maistrance, écoles établies dans différents ports pour former des maîtres et contre-mal- Ires.
— fiTYM. Mattre. Un tel et sa maistrance, un tel et sa famille, se dit quelquefois en Normandie.
MAItKE (mê-tr'), t. m. || 1* Celui qui commande soit de droit soit de fait. || 2* Celui qui possède des esclaves. Il 3" Hoi, empereur, prince souverain. Il 4" Celui qui par la force entre en possession, en domination. || 5* Il se dit des choses abstraites dont on dispose comme un maître fait de ce qu'il possède, il 6° Propriétaire. || 7" Celui qui enseigne quelque art ou quelque science. || 8* Kig. Celui qui enseigne, instruit, sans être un maître d'enseignement. Il 9° Celui qui est savant, expert, éjninent en quoique art ou science. || tO° Celui qui, après avoir été apprenti, était reçu avec les formes régulières dans quelque corps de métier. || 11* OualiHcation
DICT. DE L* LARGUE riUNÇAISE.
donnée à des artisans qui emploient ou dirigent plusieurs ouvriers, qui ont des ateliers, qui font des entreprises, etc. || 12° Maître clerc ; maître garçon ; maître valet, etc. || IS" Dans la marine, diverses significations du mot maître. |] li' Maître des hautes œuvres, des basses œuvres. || 15° Titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires. || 16° Il .se dit familièrement en parlant à des gens de condition peu relevée et en parlant d'eux. || 17° Titre despersonnes revêtues de certaines charges. || 18° Mattre de chapelle. || 19» Maître d'hôtel. || 20* Anciennement, soldat cavalier. || 21° Il se joint à certains termes d'injure pour les renforcer, et aussi comme éloge à certaines qualifications. || 22° En termes de chasse, nom de certaines cordes.|| 23° Petits-maîtres. Il Proverbes.
1° Celui qui commande soit de droit soit de fait. Le maître de la maison. Un maître de maison. Bon maître. Mauvais maître. C'est le Dieu des chrétiens, c'est le maître des rois, CORN. Théod. m, 3. Flatter ceux du logis, à son maître complaire, la font. Fabl. I, B.Jean Lapin allégua la coutume et l'usage: Ce sont, ditil, leurslois qui m'ont de ce logis Hendu maître et seigneur, id. tb.vii, <6. J'ignore ce qu'au fond le serviteur peut être; Mais pour homme de bien je garantis le maître, mol. Tart. i, i. Je n'aurais pas l'esprit d'être mattra chez moi ? ID. F. sav. v, 2. Servez donc ce roi immortel et si plein de miséricorde |Dieu|.... et commencez à compter le temps de vos utiles services du jour que vous vous serez, donnés à un maître si bienfaisant, boss. Louis de Bourbon. Laborieux valet du plus commode maître Qui, pour te rendre heureux, ici -bas pouvait naître, boil. Ép. XI. Andromaque, sans vous, N'aurait jamais d'un maître embrassé les genoux, rac. Andr. m, 6. Comment un homme a-t-il pu devenir le maître d'un autre homme, et par quelle espèce de magie incompréhensible a-t-il pu devenir le maître de plusieurs autres hommes? volt. Dict. plut. Maitre. Le sang de Jupiter aurait ici des maîtres I id. Métope, I, 2. Ce qu'il faut fuir n'est pas la campagne, mais la maison des grands et des princes, qui ne sont point les maîtres chez eux, et ne savent rien de ce qui s'y fait, J. 3. Houss. Lett. à Mirab. Corr. t. VII, p. 46, dans pougens. |[Fig. J'aime fort la liberté et le libertinage de votre vie et de vos repas, et qu'un coup de marteau ne soit pas votre maître, sÉv. 25juill. (689. Il Seigneur et maître, sorte de pléonasme dont on se sert quelquefois dans le langage familier. Il est ici seigneur et maître, fl Une femme dit quelquefois, par plaisanterie, en parlant de son mari : mon seigneur et maître. Il II a bon maître, c'est-à-dire il est au service ou dans la dépendance d'un homme puissant qui saura le proléger. || Un air de maitre, ton, manières de commandement, de supériorité. Ce qui est rare, c'est l'air de maître avec lequel ce monsieur |un annotateur du Siècle de Louis XIV] ose dire.... volt. Mél. hist. Suppl. ausiècle de Louis IIV, i. |l Heurter, frapper en maître, frapper à la porte d'une maison plusieurs coups de suite, ou seulement un coup très-fort. Cependant, sans délai, messieurs frappent en maître, Régnier, Sat. xi. On frappe à l'huis; le logis aux verrous Était fermé; la femme à la fenêtre Court en disant : celui-là frappe en maître; Serait-ce point par malheur mon époux? la font. Rémois. Ouel bruit à descendre m'oblige, Et qui frappe en maître où je suis? KOL.Amph. m, 5. || On dit de même -.sonner en maître. |{ Parler en maitre, avoir le ton du commandement. C'est à vous de sortir, vous qui parlez en maître, mol. Tart. iv, 7. Pharnace croit peut-être Commander dans Nymphéo et me parler en maître, rac. Bilhr. i, i. Et [ces lieux] ne s'attendaient pas, lorsqu'ils nous virent naître, Ou'un jour Domitius me dût parler en maître, m. Brit. m, 8. || Fig. Chercher maitre, no pas savoir encore de quel parti on se rangera, quelle opinion on adoptera soit en politique, soit en religion, etc. Il Être son maître, no dépendra de personne. Ce jeune homme est devenu trop tôt son maître. 11 a vingt-huit ans, il est son maitre, il vous aime avec passion ; qui peut l'empêcher de vous épouser? GENL13, Tliédt. d'éduc. i, 7. ||2'' Particulièrement. Celui qui possède des esclaves. L'esclave n'a qu'un maître : l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles i sa fortune, la uruy. viii. La raison veut que le pouvoir du maître no s'étende point au delà des choses qui sont de son service, montf.sq. Esp. XV, u. Il fallut des lois terribles pour établir la sûreté de ces maîtres cruels, qui vivaient au milieu de leurs esclaves comme au milieu do leurs ennemis, id. ib. Si un maître avait été tué dans un voyage, on faisait mourir ceux qui étaient resté*
avec lui, et ceux qui s'étaient enfuis, in. ib. (6. Il 3° Roi, empereur, prince souverain. Seigneur, il est bien dur de se voir sous un maître Dont on l« fut toujours, et dont on devrait l'être, corn. Pulch II, 2. Ou'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres I iD. Nicom. V, 8. Il fut maître paisible de tout l'Orient, BOSS. Hist. I, 7. Le tyran se rendit le maître, ID. Hist. I, (0. Nous Yoyons mourir tous les jours nos inférieurs, nos égaux, nos maîtres, fléch. Dauphine. Aussitôt, rassemblant nos lévites, nos prêtres, Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres, rac. Alhal. I, 2. ...pour le choix d'un maître Athènes S9 partage, id. Phèdre, i, 4. Et moi qui sur le trône ai suivi mes ancêtres, Moi fille, femme, sœur et mère de vos maîtres... id. Brit. i, 2. Je vais donner, seigneur, un maître à Babylone, volt. Sémiram. ii, 7. Egisthe, avec les siens, d'un pas précipité. Vole, croit le punir, arrive et voit son maître, id. Oreste,v, 7. Il Mon maître, le roi mon maître, l'empereur mon maître, etc. expressions qu'emploient ordinairement les ambassadeurs ou autres agents d'un souverain, en pays étranger, lorsqu'ils parlent de lui. Il Maître du monde, possesseur d'une grande partie de la terre que par exagération on nomme le monde. Ce qui a le plus contribué à rendre les Romains maîtres du monde, c'est qu'ayant combattu successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé à leurs usages, sitôt qu'ils en ont trouvé de meilleurs, montesq. Rom. i. \\ Maître du monde, se dit aussi de la puissance divine. Mais quand nous serions rois, que donner à des dieux? C'est le cœur qui fait tout : que la terre et que l'onde Apprêtent un repas pour les maîtres du monde, la font. Phil. et Bauc.W II sedit enfin des souverains. Avant qu'il.' [les fils des rois] sachent qu'ils sont hommes et qu'ils sont pécheurs, on leur apprend qu'ils ont des sujets, et qu'ils sont les maîtres du monde, fliîch. Duc de Mont. Parle: peut-on le voir sans penser, comme moi. Qu'en quelque obscurité que le son l'eût fait naître. Le monde en le voyant eût reconnu son maître? rac. Bér. i, 6. || Les maîtres de la terre, les rois, les princes. Là se perdent ces noms de maîtres de la terre. D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre; Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteurs, malh. i, 3. jj Le grand maître. Dieu. Qu'il fallait porter ma reconnaissanct plus loin, et appliquer toute l'ardeur du génie i quelque nouvel essai de ses forces qui n'eût point d'autre but que le service de ce grand maître et l'utilité du prochain, coBN.Ep.au pape Alexandre VU. Il Le grand maître, se dit aussi d'un homme qui a toute autorité. Le grand maître a parlé; voudrei. vous l'en dédire, Vous qu'on voit après lui le premier do l'empire? corn. Othon, ii, 3. ||Le maître des humains. Dieu. Malheureux! vous quittez le maître des humains Pour adorer l'ouvrage de vosmainsi RAC. E.tih. II, 9. Il 4° Celui qui, par là force, entra en possession, en domination. Ayant battu le« ennemis, il fut le maître do la campagne. 11 resta maître du champ de bataille. Se rendre mattre d'une place, d'une province, d'un poste. || Se ren« dre maître de, arrêter les progrès. On ne put se rendre maître de l'émeute. Le jour favorisa les efforts du duc do Trcviso ; il se rendit maître du feu ; les incendiaires se tinrent cachés, sRgur, Hist. de Nap. viii, «. || On dit '<ans le même sens : être maître de. Les magistrats furent enfin maîtres delà sédition. Être maitre du feu. || Fig. Se rendre maître de, acquérir la disposition de, manier, tourner à son gré. Se rendre maître des esprits, des cœurs. On ne leur laisse [aux peuples] plus rien à ménager quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion, boss. Reine d'Anglet. || Se rendre mal ' tre de la conversation, la diriger sur le sujet que l'on veut. Il Fig. Il a trouyé son maître, il a trouvé quelqu'un plus fort, plus savant que lui. C'était un querelleur, mais il a trouvé son maître. || On dit dans le môme sens : voir son maître. Ma plume t'apprendra quel homme je puis étro. — Et la micnii» saura le faire voir ton maître, mol. F. *. m, B. On disait: il [Napoléon do Sainlo-llélène] va paraître; Par mer il est accouru. L'étranger va voir son maître, dêrano. lei Souvenirs du peuple, || Vous êtes mon maître, se dit à celui par qui on a été vaincu dans quelque exercice, à un jeu. || On dit dans un sons analogue : Les Italiens sont nos maîtres on musi()ue. || 5' Fig. Maître se dit <lo toutes le» choses abstraites, intellectuelles, morales dont on dispose comme un maître fait de ce qu'il possède. Être maître de ses passions. On en voit qui ne sont pas toujours maîtres do leurpour, larocii. Mnx.i>l>. ....X l'orgueil do ce traître. Do mes ressentiments je n'ai pas été maître, mol. Tart, v, 3. 0 ciel 1 de mes
trajisnorls pu1s-]e être ici le maître? mol. Kis. iv, s. Si t'étais tnatirfl de vos disputes, je vous interdirais le mot de Jansénius de part et d'autre, pasc. Prot). te. Il ne fui pas le maltrede son émotion, sÊv.403. Dans le temps que nous voulons la dépulation pour mon fils dont apparemment M. de Chaulnes sera le maître cette année, m. 85 juill. <«89. De quels yeux le regardions-nous (Louis XIV), lorsqu'aux dépens d'une santé si chère.... et que, maître de sa douleur comme de tout le reste des choses, nous le Toyions tous les jours...? boss. louis de Bourbon. De quelle importance, de quel éclat, de quelle réputation au dedans et au dehors d'être le maître du sort du prince de Condél m. le Tellier. Il n'était point à Sparte entre tous ces amants Dont le père d'Hélène a reçu les serments; Lui seul de tous les Grecs, maître 'de sa parole, S'il part contre Ilion, c'est pour moi qu'il y vole, rac. Iph. ii, 3. On est maître de la vie des autres quand on ne compte pour rien la sienne, fén. TU. xx. || Être maître de ■oi, avoir de l'empire sur soi-même. Je huis maître de moi comme de l'univers, corn. Ct'nno, v, 3. Il ne disait, maître de lui-même, que ce qu'il voulait, BOSS. le Tellier. Pygmalion paraît maître de tous les autres hommes, mais il n'est pas maître de lui-même, car il a autant de maîtres et de bourreaux qu'il a de désirs violents, fén. Tél. m. J'admire et ne plains point un cœur maître de soi, Qui, tenant ses désirs enchaînés sous sa loi, S'arrache au genre humain pour Dieu qui le fit naître, volt, b* discours. Il Cet écrivain, cet orateur, ce poète est maître de son sujet, de sa matière, il possède bien son sujet, M matière, et est capable de les bien traiter. || Ce chanteurestmaîtredesavoix, il ladirige avec facilité. Il Être le maître, être maître de faire quelque chose, avoir la liberté, le pouvoir de faire quelque chose. Achevez votre hymen, j'y consens ; mais du nloins Ne forcez pas mes yeux d'en être les témoins.... Différez-le d'unjour,demain vous serez maître, bac. j4ndr.iv, 6.L'on médit à l'oreille : il a cinquante mille li\Tesde rente.... si je commence à le regarder avec d'autres yeux, et si je ne suis pas maître de faire autrement, quelle sottise ! la bkut. vi. Maître de se venger, on pardonne aisément, saorin, Spartac. v, B. Il Absolument. Être le maître ou maître, dominer sans contestation. Il Fig. Hé bien, Phénix, l'amour est-il le maître? rac. Andr.ii, 6. || Vous êtes bien le maître, vous pouvez faire ce que vous voudrez. Çà, de quoi s'agit-il? parlez, vous voilà maître ; Mais surtout soyez bref, hegnard. Fol. am. n, 5. Il Par civilité. Nous irons où il vous plaira, où yous voudrez, vous êtes le maître. || 6' Propriétaire. Il est maître de cette terre, de ce château. Du palais d'un jeune lapin. Dame belette, un beau matin. S'empara : c'est une rusée ; Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée, la pont. Fabl. vu, **. Dites-moi, s'il vous plaît, monsieur, à qui peut être Le château que voilà. — Mais.... il est à son maître, regnard. Fol. am. i, B. || L'œil du maître, la surveillance, la sollicitude du propriétaire. Il n'est, pour voir, que l'oeil du maître, la font. Fabl. IV, ai. Il II trouvera maître, se dit d'un objet de quelque prix, égaré, et signifie : il y aura quelqu'un qui le réclamera ou qui se l'appropriera. Il 7' Celui qui enseigne quelque art ou quelque science. L'école normale est destinée à former des maîtres. Maître de langue. Maître de langue allemande. Maître de français. Il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie, MOL. Bourg, gent. m, 3. Son latin et son bon sens le rendent un bon écolier, et ma routine et les bons maîtres que j'ai eus me rendent une bonne maîtresse, sév. 60. Nous attendons encore un maître italien, beonard, le Distr. i, 4. Combien d'hommes illustres ea tous genres n'ont eu d'autre maître qu'eux-mêmes, et n'en ont été que plus grands I J)'ai.embkrt, Éloge de Perrault. || Maître es arts, celui qui avait reçu, dans une université, les degrés qui donnaient pouvoir d'enseigner les humanités et la philosophie. Le lion, pour bien gou- »erner, Voulant apprendre la morale. Se fit un Dcâu jour amener Le singe, maître es arts chez la gent animale, la fout. Fabl. xi, b. \\ Maître des •entence», surnom de Pierre Lombard, au iii« siècle auteur d'un livre qui poruit ce titre. || Dans les communautés religieuses. Père maître, celui qui dirige .es novices. || Maître de pension, celui qui prend des enfants en pension pour les instruire || Maître d'école celui qui enseigne aux enfants dans une école publique les connaissances les plus élémontaires. Par cet endroit passe un maître d'école, la font. Fabl i «t.J'élai» roi à Syracuse, je suis maître d'école à Col nnthc,BARTirtL.i<no<fc.ch.«>. || Maître d'étude celui
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qui, dans un lyoée, collège ou pensionnat, surveille les élèves pendant les heures d'étude et de récréation. Il Maître de danse ou maître à danser, celui qui enseigne la danse. Mon petit maître à danser, je vous ferais danser comme il faut, mol. Bourg, gent. u, 3. Si j'étais maître à danser, je ne ferais pas les singeries de Marcel, J. j. Boiiss. Ém. ii. Il Maître de musique, maître de piano, etc. celui qui enseigne la musique, le piano, etc. || Maître de chant ou maître à chanter, celui qui enseigne la musique vocale. || Terme de manège. Avoir les pieds en maître à danser, avoir les pointes des pieds trop en dehors. || Maître à danser, compas à l'usage des horlogers, dont les branches croisées ressemblent par le bas à deux jambes portant leurs pieds en dehors. || Maître de ballet, celui qui dirige l'exécution des ballets. (I Maître de musique, nom donné au chef de la musique d'un régiment; il a le grade de sergent major. || Maître de musique, musicien gagé pour composer de la musique ou la faire exécuter. || Maître en fait d'armes ou maître d'armes, celui qui enseigne l'escrime. Monsieur, voilà votre maître d'armes qui est là, mol. Bourg, gent. ii, 2. || Maître d'académie, écuyer qui tient un manège. || 8° Fig. Celui qui enseigne, instruit, sans être un maître d'enseignement. Il doit savoir qu'un jour il me fera raison D'avoir réduit mon maître [Annibal] au secours du poison, corn. Nicom. ii, 3. Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassesse, id. t'b. Jamais un si digne maître n'avait expliqué par de si doctes leçons les commentaires de César, boss. Louis de Bourbon. Mais Calchas est ici.... Le ciel souvent lui parle; instruit par un tel maître. Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être, rac. Iph. ii, t. Ses voisins firent à Rome une résistance inconcevable et furent ses maîtres en fait d'opiniâtreté, montesq. ilom. t. Il Jurer sur la parole du maître, suivre en tout et aveuglément les opinions d'un philosophe, d'un savant, d'un chef d'école. |{ Dans un sens trèsanalogue. Le maître l'a dit, c'est-à-dire il n'y a point d'objection à soulever, celui qui a toute autorité sur notre raison a prononcé (c'est une locution qui provient de l'école de Pythagore, aÙToc Jço). || Ce qui enseigne, instruit. Le temps est un grand maître, il règle bien des choses, corn. Sertor. ii, i. Il le faut avouer, l'amour est un grandmaltre, mol. A. des/', m, 4. Les mauvais succès sont les seuls maltresqui peuvent nous reprendre utilement, et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil, boss. Betne d'Anglet. Instruit par le malheur, ce grand maître de l'homme, volt. Brutus, i, 2. Ah I celui qui a dit que le malheur était le grand maître de l'homme, a dit bien plus vrai qu'il n'a cru : il n'a vu dans le malheur qu'un maître de sagesse et de conduite ; il n'y a pas vu tout ce qu'il est, un plus grand maître de réflexions et de pensées, d'alemb. Tomb. l'Espinasse. Le plaisir et la douleur, voilà donc nos premiers maîtres; ils nous éclairent parce qu'ils nou» avertissent si nous jugeons bien ou si nous jugeons mal, coNDiLLAC, Log. i, i.\\ 9' Celui qui est savant, expert, éminent en quelque art ou science. Il est maître en éloquence, en poésie. L'autre [Condé|, comme un homme inspiré, dès la première bataille s'égale aux maîtres les plus consommés, boss. Louis de Bourbon. Ce grand maître de la perfection chrétienne, et qui avait été instruit par Jésus-Christ même, bourdal. io* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. iii, p. 263. Principe universellement reconnu parmi les pères et les maîtres de la vie spirituelle, ID. Exhort. sur l'obéiss. relig. t. i, p. 277. Quant à la morale, celui qui a fourni à l'admirable Pope tous les principes de son Essai sur l'homme, est sans doute le plus grand maître de sagesse et de mœurs qui ait jamais été, volt. Philos. Déf. de mil. Bolingbr. préf. \\ Coup de maître, voy. coup, n° <2. Il Main de maître, voy. main. || Les maîtres de la lyre, voy. lyre. |j II se dit particulièrement des grands peintres. Les maîtres de l'école française. || Les petits maîtres, certain nombre de graveurs qui sont ainsi désignés dans les catalogues d'estampes. || Fig. Celui qui excelle à. Vous seriez un grand maître à faire des romans, coRN. Ment. I, 6. En matière de fourbe il est maître, il y pipe, m. i6. m, a. Mais il faut réserver à d'autres cet emploi [de tous louer, Mme de Montespan] ; Et d'un plus grand maître [Louis XIV] que moi Votre louange est le partage, la font. Fabl. vn, d Mme de Montespan. \\ Kn maître, à la façon de celui qui excelle. Il écrit en maître. Que vous avez l'air tendre, Et qu'en maître déjà vous savez vous y prendre I mol. Mélic. ii, *. || 10* Celui qui, après avoir été apprenti, était reçu avec les
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formes régulières dans quelque corps de métier ; ce que l'on appelait passer maître. Il est passé maître.' Quand on est fils de maître, on est bientôt savant, boursault , Fables d Esope , in, 6. Qu'il fasse toujours^ son chef-d'œuvre, et que jamais il ne passe maître, j. j. rouss. Ém. ih. || Fig. et familièrement. Il est passé maître en..., c'est un homme habile en.... soit qu'il s'agisse ou non d'une chose louable. Bien que maîtres passés en l'art da bien parler, Régnier, Sat. i. Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez; L'autre était passé maître en fait de tromperie, la font. Fabl. m, b. Que l'on m'amène un âne, un âne renforcé, Je le rendrai maître passé, m. l'b. vi, <9. ô toi qui peias d'une façon galante. Maître passé dans Cythère et Paphos, lo. Lmit. \\ Par plaisanterie. Passer quelqu'un maître, ne pas l'attendre pour dîner Il Maître juré, voy. jubé 2, n" 2. || Terme de franc-maçonnerie. Celui qui a été reçu dans la chambre du milieu, qui dirige les apprentis e' les compagnons. || 11» Aujourd'hui , qualification donnée à des artisans qui emploient ou diri gont plusieurs ouvriers, qui ont des ateliers, qui font des entreprises, etc. || Maître d'œuvre, l'ouvrier qui commande aux autres dans un atelier. Le vieux [castor] y fait marcher le jeune sans relâche; Maint maître d'œuvre y court, et tient haut le bâton, la font. Fabl. X, i.\\ Maître de pelle, garçon boulanger chargé d'enfourner. || Terme de pêche. Maître de grave, celui qui, après la pêche de la morue, est chargé de faire sécher sur la grève les poissons dont on veut faire du stockfisch. || Ancien terme d'eaux et forêts. Maîtres des œuvres, se disait autrefois de ceux qui étaient chargés dos constructions civiles et navales. || 12* Maître clerc, celui qui, dans une étude de notaire ou d'avoué, est le premier des clercs. Il Maître garçon, celui qui est le premier entre ses compagnons dans une maison, dans une boutique, etc. Je suis, dit-il au sergent, le maître garçon de ce cabaret, le sage, Diable boU. ch. 7, dans pougens. || Maître valet, celui qui, dans une ferme, est à la tête des domestiques, et dirige l'exploitation sous le propriétaire ou fermier. Il Maître compagnon, celui qui conduit l'atelier pour le maître maçon et qui le remplace. || Tambour maître ou maître tambour, celui qui dans un régiment apprend aux autres tambours à battre la caisse. 11 ne faut pas confondre le tambour maître avec le tambour major, qui n'est que pour la parade. Il 13° Terme de marine. Maître d'équipage, sousofficier qui a autorité sur tout l'équipage. || Maître calfat, le chef des calfats. || Maître canonnier, sousofficier qui commande aux canonniers et a le détail de tout ce qui touche à l'artillerie. || Maître chargé, titre donné à un maître qui a la responsabilité d'un détail à bord ou dans un port. || Maître haleur, kitre donné dans quelques ports à un homme qui préside au halage des navires que le vent et la marée ne favorisent point assez pour pouvoir entrer dans le port, ou pour en sortir. || Anciennement, patron de navire marchand, de navire de transport. Sa Majesté ayant été informée que quelques-uns des ofliciers subalternes se sont donné la liberté, pendant les campagnes qu'ils ont faites sur les vaisseaux, de frapper et maltraiter les maîtres desdits vaisseaux pour des causes légères ou par pur emportement, et voulant prévenir la suite d'un désordre aussi préjudiciable à son service.... Colbert à Yauvré, (68(. dans JAL. Il Maître valet, ancien nom du commis aux vivres ou cambusier. || 14" Maître des hautes œuvres, le bourreau. || Maître des basses œuvres, celui qui cure les puits, qui vide les fosses d'aisance. Il 16° Terme de palais et de pratique. Titre qu'on donne aux avocats, aux avoués et aux notaires. Par-devant maître un tel notaire à Paris. J'ai vu dan» le palais une robe mal mise Gagner gros; les gens l'avaient prise Pour maître tel, qui traînait après soi Force écoulants, la font. Fabl. vu, IB. Il Titre qui était porté par tous les membres du parlement français. || Maître es lois, jurisconsulte. Il Compter de clerc à maître, voy. clerc, n° 3. Il 16* Maître se dit familièrement en parlant à des gens de condition peu relevée et en parlant d'eux. Maître un tel, j'ai un mot à vous dire. Que veut dire ceci? notre maître Simon [un usurier] qui parle à votre pèrel mol. Avare, ii, 2. || C'est dans ce sensque la Fontaine a donné à quelques animaux la qualification de maître. Maître corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage, FaW. I, 2. Il Maître gonin, voy. gonin. || Maître aliboron, voy.ALiBORON.il Maître Jacques, voy. Jacques. (i 17° Titre des personnes revêtues de certaines charges. Maître des requêtes. Maître des comptes. Maître det
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cérémonies. Maître de la garde-robe. Cinquante maîtres des requêtes déclarèrent d"uDe voix uuaniine toute la famille Calas innocente, et la recommandèrent à l'équité bienfaisante du roi, volt. Comment, œuv. aut. Ben. \\ On dit aussi grand mattre des cérémonies, grand maître de la garde-robe, etc. Ca- Jingford était grand maître de sa maison [à M. de Lorraine] et à la tête de son conseil, st-sim. 104,4 13. C'est toujours au premier gentilhomme de la chambre, au grand maître des jeux et des plaisirs que j'ai l'honneur de m'adresser, volt. Lett. Richelieu, 5 mai <7"3.|| Grand maître de l'université de France, titre donné au chef de l'université sous le premier empire lors de la fondation de l'université impériale. C'est un des titres que prend le ministre de l'instruction publique. || Maître du sacré palais, titre d'un religieux dominicain, qui demeure dans le palaisdupape.et qui a la principale autorité pour examiner les livres, et pour donner la permission d'imprimer. || Grand maître, titre donné aux chefs des ordres militaires, des ordres de chevalerie. Le grand maître de l'ordre de Malte. Le grand maître des Templiers. Il 18° Maître de chapelle , celui qui est chargé de diriger le chant dans une église, et de former les enfants de chœur. || 11 se dit quelquefois pour maître de musique, mais seulement en parlant des orchestres d'Italie. || 19° Maître d'hôtel, homme chargé de diriger tout ce qui concerne la table dans une grande maison. 'Vatel, le grand Vatel, maître d'hôtel de M. Fouquet, qui l'était pré- Bcntement de M. le Prince, cet homme d'une capacité distinguée de toutes les autres, dont la bonne tête était capable de contenirtuul le soin d'un État.... s'est poignardé, sév. 46. Pour la première fois je vis avec beaucoup d'étonnement le maître d'hôtel servir l'épée au côté et le chapeau sur la tête, J. j. Rooss. Confest. in. || Terme de cuisine. Sauce à la maître d'hôtel, sauce composée principalement de beurre frais, sel, poivre, filet de vinaigre et fines herbes hachées. || Anciennement. Maître queux, le chef des cuisiniers dans une grande maison. Nous ferons ce soir une chère Chère; Vous n'y recevrez , maître queux , Qu'eux [les archers], v. hugo , Bail. u. || 20- Anciennement, soldat cavalier. M. de Saint-Thou, allant retonnaître un mouvement des ennemis, avec trente maîtres, en rencontra deux cents, sév. 2(4.11 avait pris huit ou dix maîtres commandés par un officier de sa connaissance, hamilt. Gramm. 6. Les maîtres [dans les gendarmes et les mousquetaires] ne sont point officiers, et ne veulent point passer pour cavaliers, st-sim. 47<, 234. Le maréchal de Villars, en 4707, envoya cinquante maîtres, pour la détruire [une prétendue colonne érigée par l'empereur en souvenir de la victoire de lilenheim] ; on ne trouva rien, volt. Louis XIV, »», note g. L'empereur rassembla autour de lui tous les officiers de cavalerie encore montés ; il appela celte troupe d'environ cinq cents maîtres, son escadron sacré, SÊGUR, Hist. de Nap. xi, 3. || 21" Dans le langage familier,maître se joint quelquefois à certains termes d'injure, dont il augmente l'énergie. Taisez-vous, maître sot; cette rue où nous sommes est celle que je cherche... scarr. Jodelet ou le maître val. i, *. Un ^ur, au coin du feu, nos deux maîtres fripons Kegardaient rôtir des marrons, la font. Fabl. ix, 47. Holà ! maître sot ; vous savez que je vous ai dit que je n'aime pas les faiseurs de remontrances, MOL. D.Juan,i, i. Voilà un maître fou; je me fiatte ^ue personne n'a pu adopter une idée aussi extravagante, VOLT. l'Homme aux 40 écus, Mariaye. Vous n'exaltez, maîtres gloutons. Que la gloire des marmitons, bërano. Gourmand. || U se joint aussi comme éloge à des qualifications d'ailleurs indilTérentes ou honorables. Dans toute sa personne il a je ne sais quoi Oui d'abord fait juger que c'est un maître roi, uol. Mélic. i, 3. || Vu niaitre homme, un maître sire, un homme entendu, habile, qui sait se faire obéir, le • (aire servir. Champagne : C'était donc un maître homme. — Dubois : U ne dormait jamais, campistro.-». Jaloux désabuté, i, 5. || Dans un sens analogue, il se dit des cboseï inanimées, et signifie alors premier ou principal. Le maître chevron. J'ai bravé sur leur maître autel Ces dieux qu'adore l'avarice, volt. Lelt. en vert el en prose, ï2. Il Terme de marine. Maître bau, la poutre du pont placée dans la partie la plus large. Maître couple, le couple de membrure le plus ouvert. Maître gabarit,la partie la plus large du bâtiment.ll 2ï'Termede chasse.N'om donné aux cordes qui, bordant le haut et le bas despiècesde toile et des panneaux, servent aies tendre.y 23° Petits-maîtres, nom qui fut donné, durant la Fronde, aux membres d'un parti à la tête
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duquel se placèrent Condé , le prince de Conti et le duc de Loiigueville. On avait appelé la cabale du duc de Beaufort, au commencement, celle des importants; on appelait celle de Condé le parti des petits-maîtres, parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'État; il n'est resté de tous ces troubles d'autres traces que ce nom de petits-maîtres, qu'on applique aujourd'hui à la jeunesse avantageuse et mal élevée, volt. Louis XIV, 4. || Fig. et familièrement. Petit-maître, jeune homme qui a de la recherche dans sa parure, et un ton avantageux avec les femmes. Mais ce siècle peu raffiné N'avait pas encor vu paraître Un être insolent et borné Que l'on appelle petit-maître; Le premier fat de l'univers Fut le fils du roi de Pergame, bernis, ÉpU. s. Je n'avais vu que des acteurs récitant des vers à d'autres acteurs, dans un petit cercle entouré de petits-maîtres, volt. Lett. Yillette, i" sept. 4786. Il Fig. On tourne tout en ridicule, tout le monde est petit-maître aujourd'hui, et c'est le bon air de mépriser les bonnes choses à mesure qu'elles sont meilleures, d'argenson, Mém. 1. 1, p. 4 0 1 . |1 Proverbes. Il n'y a si petit métier qui ne nourrisse son maître. Il Qui a compagnon a maître, c'est-à-dire, dans une société on ne saurait, de son chef, disposer de rien. Il L'argent n'a point de maître, rien ne fait connaître à qui appartient une pièce de monnaie perdue. Il Pain coupé n'a point de maître, on peut toujours prendre un morceau de pain qui est tout coupé. Il Les bons maîtres font les bons valets. || Nul ne peut servir deux maîtres, c'est-à-dire il est difficile de vaquer à deux emplois à la fois, de mener de front deux affaires, etc.; proverbe emprunté à l'Évangile. Il Tel maître, tel valet, c'est-à-dire les valet» suivent l'exemple du maître, particulièrement en mal. {| Qui sert bon maître, bon loyer en reçoit. || 11 Uut être compagnon de sa femme et maître de son cheval, c'est-à-dire il faut traiter doucement l'une «t gourmander l'autre:
— REM. L'Académie écrit maître autel sans trait d'union ; mais à autel, elle écrit maître-autel. On peut donc mettre ou omettre le trait d'union.
— HlST. XI' s. Tut le plus maistre, il apele Besgun (Besgun qui de tous est le chef), Ch. de Roi. cxxxv. ||xii° s. [Chevaliers] Qu'il ot fait adouber en son maistre donjon, Saxons, viii. Qui estoit en la vile en sa maistre meson, ib. xxii. Le maistre cercle [du casque) [il] en a jus avalé, Ronc. 9i. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre. Et la reisgne del frein tint en la main senestre : Fait out sun avocat de Jesu Crist sun mestre. Th. le mart. 38. Helyarep e Abia li fiz Sisa furent maistre escrivain de la curt Josaphat, Rois, p.-ï37. || xiii- s. Se lor pesé [s'ils sont fàchésj de ce que vous ai dit, Si s'en prennent a mon maistre d'Oisi, Qui m'a apris à chanter dès enfance, qcesnes. Romane, p. »8. [Le lion] A son maistre estranglé, qui fut de Picardie, Berle, ii. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, ib. xii. Je sui maistre [grand .sénéchal] le roy qui France a à garder, ib. cxn. De Symon fist li rois son mestre conseiller, ib. cxxu. ...mais que [si ce n'est que] de blanc un peu les diaspra Li maistres qui les fist [des armoiries], ib. cxxxi. La fille Alimodes 1* roi Vit son ami en tel effroi; Bien sait qu'il a trouvé son maistre, Blancandin. D» tel geu com l'en fait des mains Kstoit-ele dama et il mestre. Lai de l'ombre. Il m'avoit pris àmenacier, F.t je le soi si enlacier De blanches paroles et pestro. Que j'en ai resté à bon maistre, Ren. 46J82. Quant les chovaus furent ens, nostre mestre notonnicr escria à sesnotonniers qui estoient ou bec de la nef.... JoiNV. aïo. Et li fiex [fils] malles [mâle] de la tierce feme demanda l'uistieme do tout l'iretage, c'est à savoir les deux pars des fiés et le mestre manoir et l'ommage de le [la] tierce partie de ses sereurs, beaum. xvii, «. Escier est une cité moult graiit qui est vers maistre [septentrion], marc pol, p. 7oa. Lié [joyeux] sont de chou [ce] que il n y a l'eril et que bien garira; Car li maistre [médecins] ainsi dit leur ont, du canoë, magister. || xiV s. L office du maistre dostel est de pourvcoir des salières pour la grant table, hanaps, etc. Minagier, u, 4. El encor, dit Henris, je vouldrai qu'il m'ottrie [octroie] Daniot et Turquant, qui sont de sa maisnie, De son maistre conseil et là où plus se fie, Guescl. ».1is. Car chascun si fiiioitlemeslre, En Bretaigne duc vouloit estre, tiire du bon Jehan, v. î448. En nostre ville d'Aucerre avoit qualro maistres appeliez maistre» du patron de la jauge, du canoë, magister. Mestre ïves, mestre des paveillon», prendra une provende d'avoine, m. ib. X la relacion de doux des maistres de la loy [rabbins] des dis Juys [Juifs], ID. «6. Le mestre des hercjes l«ualtie de» hérétique»,
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inquisiteur], lo. ib. De la partia de noz bien amez la maistre escole et docteurs regens en l'estude d'Angiers, nous a esté exposé que comme le dit maistre escole à cause de sa dignité de maistre escolerie soit chief et recteur du dit estude.... du cange, magiïcolo. Il XV" s. Les aucuns [prisonniers] mis incontinent à finance, combien que messire Bertrand ne le fust pas si tost, d'autant que messire Jehan Chandos, qui estoit son maistre [qui l'avoit fait prisonnier], ne le vouloit point délivrer, froiss. livre i, p. 329, dans LACURNE. Et fist en celle manière plusieurs grans maistres [grands personnages de Gand] tuer, ID. tb. p. 38. Et tellement se maintint en cest estour [joute] que, ainçois qu'il trouvas! son maistre, il porta dix chevaliers par terre, Pereeforest, t. v f° 2». Mauvaisement peult l'homme estre maistre de son mestier, devant qu'il ayt la main mise a l'œuvre, Pereeforest, t. iv, f" 414. Le coup descendit sur le col du cheval et luy trencha le maistre os, et le chevalier et le cheval cheurent tous en ung mont à terre, ib. t. i, f° 86. Maistre Michel de Cemay, aumosnier du roy l'an 4 385; il avoit esté maistre d'escole du dit roy, lors qu'il estoit dauphin l'an 4378, godefhoy, Annot.sur l'hist. de Charles YI, p. 783, dans lacurne. Ne te pars plus de la maison, Si ce n'est pour ton grant honeur ; Quand ton maistre et ton droit seigneur Chevauchera, là yras-tu, z. desch. Poésies mss. f" 620. Jean Taillecourt maistre joueur de l'espée à deux mains et du boucler, duc ange, magister. Le principal se nommoit maistre Lievin Bouc, la quelle maistrise luy venoit pour ce qu'il avoit esté maistre des maçons de la dite ville de Gand, et non pas pour aucune science de quelque degré qu'il eut acquise, Mathieu de coucï, Uist. de Charles YIl, p. «22, dans lacurne. Si dit qu'il sera d'or en avant maistre de soy, Bouciq. i, 6. Car se venir peux en la fin. Passé seras maistre ordinaire , villon , Franches repues. Je congnois le maistre au valet, ID. Ballade des menus propos. Et premièrement que quiconque veult estre maistre et avoir la franchise d'icelluy mestier, il convient que icelluy maistre viengne par devers les jurez dudit mestier, en leur requérant qu'il leur plaise de le recevoir à estre passé maistre audit mestier... Item, il convient que celluy qui veult estre ainsy passé maistre fasse son experiment uwvant les maistres.... 0-rdonn. déc. 4485. || xvi" s. Laissant croistre amont le jetton du milieu, qui se trouvera le plus droit, pour servir de maistre-pied ou tige, o. DE SERRES, 638. Vous vorroz que ces mestres de camp ont perdu leur maistrise, et ont leurs soldats pour ennemis depuis qu'ils se sont faits valets, d'aub. Fœn. m, 24. Le grand maistre de l'artillerie avoit ses lieutenans et 6» canonniers, ID. Hist. m, 87. Le maistre des cérémonies planta sa bannière au premier ranc de la maistresse main, que l'on dict communément de l'évangile, carloix, m, ï. Cela fait [le vif argent ainsi préparé], on peut dire estre un maistre Jehan, qui fait choses grandes et et quasi miraculeuses, pourveu qu'on le sçache bien manier à luy faire sauter le baston.... paré, xxiii, 47. C'est [le jour de la mort] le maistre jour, c'est le jour juge de touts les aul très, mont, i, 67. Se rendre maistre de sa cholere, id. ii, 41&. L'un des maistres-queux de la maison d'Antonius, amyot, Anton. 33. Tant vault le pelleler [l'action de fouler aux pieds, de marcher] du maistre du jardin comme vault le fumer d'aultruy, génin. Récréât. t. II, p. 250. Quant au mot de maistre, si esl-co que nous rapportons aujourd'hui ceste qualité aux moindres, comme sont les escoliers et maistres es art» et maistres des mestiers, pasouiks, Recherch. livre viii, p. «88, dans lacurne. Dans les rooUes [du parlement) sont les clercs qualifiez maistres, et les laiz [laïques] messire» parce que c'estoiont gens suivans les aimes; ny pour cette qualité d« messire ou monsieur , ceux-oy n'estoient plus authorisoz que les maistres, parce que, quand on parloit des seigneurs de parlement en leur gênerai, on les ippeloit ordinairement maistres du parlement, ID. tf». liv. II, p. 46. Les procureurs et gens de langue, en fournissant quelque procès, seront tenus de fournir en mesme temps une procuration en forme de leur» maistres ou cliens, JVouv. cous», ginér. t. I , p. «42. Je ne peux pas finir la présenta sans vous faire part de l'avis qui nous a esté donné (le la reprise de Javarin par le» chresliens, ainsi que vous verrez par la lettre d'Orlandin, maistre des Courier» de Lvon, que je vous envoje, Mém. dt Rcllieire et de Siilery, p. 2«s, dan» lacurne. Un jour vint «u roy Alexandre un maistre d'ceuvrot [architecte], nommé Dinocrates. adverti oue le tof
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vouloit construire une ville magnifique de son nom, «ACUiAVEL, Disc, sur TiU Live, p. 21, dans la- CURNB Proverbe:qui dit quede grand maistre hardy Talct n.^T.Apol.pourllérod.p.eH, dans lacurne. On dit qu'il n'est ouvrage que de maistre, molinet, p M s, dans LACURNE. X père, à maistre et a Dieu lout puissant nul ne peut rendre l'équivalent, COT- CRAVE. En pont, en planche et en rivière, valet devant, maistre derrière, id. Jamais ne gaigne qui précède à son maistre, lo. Il est plus d'ouvriers que ie maislres, m. Nouveau apprenti n'est pas maistre, id. X ton maistre ne te dois jouer, Ni à plus haut que toy frotter, le roux de lincy, Prov. t. ii, p. 87. Le tiltre ne fait pas le maistre, m. ib. p. 88. — Etym. Picard, mète, moite, moète; wallon, mais'; bourguign. moitre; provenç. majestre, maiestre, mayeslre, maeslre,mestre; espagn. maesire ; portug. mfsire; ital. tnaesfro; du lat. mayisli-um, qui est de même radical que magis (voy. mais). D'après Corssen, magister et minister, qui sont symétriques, sont deux doubles comparatifs formés de is pour ios, ius (grec itov, sanscr. iyans,) et «er,grecTepo;, sanscr. tara. Magisler—may-ius-ter, le plus grand; m-inister = min-ius-ter , le plus petit. Maliilre ou le Mahitre, nom propre qu'on rencontre, est peut-être une ancienne forme conservée (voy. maisiresse à l'historique de maîtresse). MAÎTRESSE (mê-trè-s'), s. f. 111° Celle qui domine, dirige, possède. Les domestiques et leur maîtresse. Fille, femme, mère, maîtresse, reine, telle que nos vreux l'auraient pu faire, boss. Mar.-Thér. U me laisse en ces lieux souveraine maîtresse, bac. Ath. u, 5. Du cœurd'Assuérus souveraine maîtresse, Éprouvez seulement son ardente amitié, id. Esth. II, 7. [La femme] La nuit, le jour, veut être, à mon avis. Tant qu'elle peut, la maîtresse au logis, VOLT. Ce qui plaît, etc. || Dame et maîtresse, sorte de pléonasme qui se dit quelquefois dans le langage familier. Elle est ici dame et maltresse. Il Maîtresse de maison, la dame qui, à titre d'épouse, de parente ou autre, dirige une maison. Une maîtresse de maison, attentive à faire ses honneurs, n'aurait pas, en pleine santé, pour des étrangers dçs soins plus marqués, plus obligeants, plus aimables que ceux que Julie mourante avait pour sa famille, >. j. Rouss. Hél. VI, *i . Il Maîtresse de soi-même, femme qui peut disposer de son sort comme elle veut. Maîtresse de moi-même, il veut bien qu'une tois Je puisse de mon sort disposer i mon choix, RAC. Xithr. v, 2. Libre dans vos bontés, maîtresse de vous-même, volt. Olymp. iv, 4. Quand je serai ma maîtresse, je ferai comme ma tante, je me lèverai tard aussi, genlis, Thédl. cCédue. la Bonne mère, i, 4. Il Maltresse d'elle*même, se dit aussi d'une femme qui se possède. Le roi trouva une grande différence dans l'humeur de Mme de Maintenon [par opposition à Mme de Montespan] ; il trouva une femme toujours modeste, toujours maîtresse d'elle-même, u" de CAYLUS, Souvenirs, p. 88, dans po'JGEns. |jEtce maîtresse de, être la maîtresse de, disposer à son gré. •e suis peu maltresse de mon temps, maintenon, Lctt. au card. de Noailles, 28 julil. <fl98. |1 Absolu-' ment. Être la maîtresse, faire ce qu'on veut. Vous me dites que je pleure, et que je suis la maîtresse ; il est vrai, ma fille, que je ne puis m'empècher de pleurer : mais ne croyez pas que je sois tout a fait la maîtresse de partir, quand je le voudrai, sÉv. (7 fév. (072. Il Être maîtresse de, contenir, dominer. La raison ne doit-elle pas être maîtresse de tous nos mouvements? kol. le Bourg, gent. ii, 4. Une émotion dont je ne suis pas maîtresse, sÉv. 440. D'un mouvement jaloux je ne fus pas maîtresse, RAC. Bajax. I, 4. Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop pailé? — J'ai fait ce que j'ai pu pour m'en rendre maltresse, id. Athal. m, 6. Ces transports dont votre âme & peine est la maîtresse, volt. Uérope, m, 6. ||2* U se dit des armées qui s'emparent. Pendant que le parlement d'Angleterre songe à congédier l'armée, cette armée, toute indépendante, réforme à sa mode le parlement, qui eilt gardé quelques mesures, et se rend maîtresse de lout, BOss. Iteine d'Anglet. Ses armées, maîtresses de Naples au nom de l'archiduc son frère, et maîtresses, en son propre nom, du Bolonais, du Ferrarais, d'une partie de la Romagne, menaçaient Rome, VOLT. Ann. Emp. de fAiiem. tout Joseph I" et Charte* ri. || Fig. Il n'aura point une multitude de femmes qui se rendent maîtresses de son esprit, ni une quantité immense d'or et d'argent, saci. Bible Deut^ron.xy^ 17. De ses derniers soupirs [de Claude Oiouranlj je me rendis maîtresse, bac. BHL :v, 2. Il 8* Fig. Il 10 dit de choses qu'on personnifie. El iorcaot ta vertu d'être encor la maîtresse, corn.
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Pomp. m, 4 . La rébellion longtemps retenue, à la fin tout à fait maîtresse, BOSS. Ueine d'Anglet. Le valeureux comte de Fontaines, qu'on voyait [à Rocroy] porté dans sa chaise, et, malgré ses infirmités, montrer qu'une âme guerrière est maîtresse du corps qu'elle anime , id. Louis de Bourbon, Ce n'est pas un défaut que d'avoir le cerveau propre pour imaginer fortement les choses et recevoir des images très-distinctes et très-vives des objets les moins considérables, pourvu que l'âme demeure toujours la maîtresse de l'imagination, malebr. Bech. vér. m, ii, *. Bientôt ils [les flatteurs] vous diront que les plus saintes lois. Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois, rac. Ath. iv, 3. Déjà de tout le camp la discorde maîtresse Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, in. Iphig. v, 6. || i" Celle qui possède un pays à titre souverain. Vous vîtes ces maîtresses du monde [Anne et Marie-Thérèse] vivre parmi vous [religieuses du Val-de-Grâce] comme vous qui l'avez quitté, fléch. Mar.-Tliér. Je songe quelle était autrefois cette ville [Troie], Si superbe en remparts, en héros si fertile. Maîtresse de l'Asie.... rac. Ândr. i, 2. Mais Rome veut un maître et non une maîtresse, id. Brit. iv, 2. Maîtresse d'un État plus vaste que les siens [de Ninus]. J'ai rangé sous vos lois vingt peuples de raurore,Ou'au siècle de Béluson ignorait encore , volt. Sémir. m, 6.|| La reine ma maîtresse, l'impératrice ma maîtresse, expressions qu'emploient les ambassadeurs et autres agents politiques en parlant de leur souveraine. Il La maltresse du monde, de la terre, des nations, Rome. Et Rome est aujourd'hui la maltresse du monde, corn. Nicom. m, 2. Rome, toujours faible, toujours dans l'anarchie, esclave quelquefois des Allemands, et en proie k tous les fléaux, continua d'être la maîtresse des nations, volt. Mœurs, 41. Rome, dont le destin, dans la paix, dans la guerre, Est d'être en tous les temps maîtresse de la terre, id. Henr. iv. Encor quelques moments, un dieu qui vous seconde Va mettre entre vos mains la maîtresse du monde, id. Ilom. sauv. u, «. Rome, reine des rois, reine en héros féconde, La terreur, la maîtresse et l'exemple du monde, delil. Enéide, VI. Il Dans le style biblique, la maîtresse des nations, Jérusalem. La maîtresse des nations est devenue comme veuve, la reine des provinces a été assujettie au tribut, saci. Bible, Jérémie, Lamenl. i, (.||B° Fille ou femme recherchée en mariage, ou, simplement, aimée de quelqu'un, ainsi dite de l'empire qu'elle exerce sur l'homme qui l'aime. Ils semblent, comme moi, servir une maîtresse, corn. Cinna, i, 3. M'en croyez-vous, seigneur? ne la revoyez point ; Portez en lieu plus haut l'honneur de vos caresses. Vous trouverez à Rome assez d'autres maîtresses. Et dans ce haut degré de puissance et d'honneur Les plus grands y tiendront votre amour à bonheur, ID. Poly. il, *. Qui trahit sa maîtresse aisément l'ait connaître Que sans aucun scrupule il trahirait son maître, m. Perthar. iv, 2. Plus on aime une maîtresse, plus on est près de la haïr, la bochkf. Uax. tit. Quoique les maux se succèdent ainsi les uns aux autres [dans l'amour], on ne laisse pas de souhaiter la présence de sa maîtresse par l'espérance de moins souffrir; cependant, quand on la voit, on croit souffrir plus qu'auparavant, pasg Amour. J'ignore ce grand art qui gagne une maîtresse, BOIL. Sat. I. Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse [des sultans], Ils daignent quelquefois choisir une maîtresse, rac. Baj. i, 3. Elle aura le pouvoir d'épouse et de maîtresse, id. Brit. m, 4. Rome l'alla chercher [Cléopâtre] jusques à ses genoux [d'Antoine], Et ne désarma point sa fureur vengeresse Qu'elle n'eût accablé l'amant et sa maîtresse, ID. Bérén. u, 2. Rien n'encourage plus aux actions vertueuses, que d'avoir pour témoin et pour juge de sa conduite une maîtresse dont on veut mériter l'estime, volt. Ba&ouc. Vous vieillirez, ôma belle maîtresse, Vousvieillirez, et jene serai plus, bêbano. Bonne vieille. J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur: N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse T A. DE MUSSET, Chunson. Il Faire une maîtresse, faire maîtresse, prendre une maîtresse. Si l'on me dédaigne, je laisse La cruelle avec son dédain. Sans que j'attende au lendemain De faire
nouvelle maîtrc"se, d'vkvê, Àstrée, i, » Et déjà
vous avez fait maîtresse? — Dorante : Si je n'en avais fait, j'aurais bien peu d'adresse, Moi qui depuis un mois suis ici'do retour, cobn. Ment, i, 5. Il 6' Femme ou fille qui vit avec un homme dans un commerce de galanterie. Elle av.ait envie d'être la maîtresse du roi, elle l'est, sÉv. Uti. La duchesse de Valenlinois ne pouvait pardonner à Mme d'Élampes de lui avoir ûtô le titre de maîtresse du
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nw, LAFAYETTE, Princesse de Clevei, (Eut), compl. t. n, p. 43, dans pougens. On lui reprochait [à Henri IV, empereur d'Allemagne] publiquement d'avoir des maîtresses, volt. Mœurs, te. Il fallait une maîlfcesse [à Louis XV] : le choix tomba sur Mlle Poisson [Mme de Pompadour], fille d'une femme entretenue et d'un paysan de la Ferté-sous-Jouarre qui avait amassé quelque chose à vendre du blé aux entrepreneurs des vivres, id. Comm. OEuv. aul. Henr. Dans un État purement monarchique tel que la France, une maltresiîe avare ou dissipatrice ruine le peuple, dider. Claude et Nér. i. 47. Je possède jeune maîtresse Qui va courir bien des dangers, bk- RANG. Ma dem. chamon. J'avais vingt ans, une folle maîtresse, id. Grenier. || Maîtresse déclarée, nom qu'on donnaitsous l'ancienne monarchie à la femme qui portait publiquement le titre de maîtresse du roi. Mme de la Vallière fut la première maîtresse déclarée, et il [Louis XIV] la fit duchesse de Vau jour, DUCLOS, BègnedeLouisIIV,OEuv.t.y,p.iTa Le roi sans doute aura des maîtresses; mais il n'y en aura plus de déclarées, genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. <9l, dans POUGENS. Il Fig. Épouser sa maîtresse, devenir possesseur d'une chose, et, par la possession même, s'en dégoûter. J'aimerais mieux y demeurer par choix que d'y être forcée; vous savez ce que dit l'abbé d'Effiat; il a épousé sa maîtresse; il aimait Véret quand il n'était pas obligé d'y demeurer ; il ne peut plus y durer, parce qu'il n'ose en sortir, sév. 4 août <677. || T Celle qui enseigne Une maîtresse de piano, de chant. Une maîtresse de langue. Je voudrais que vous sussiez que la maîtresse des novices est la plus importante charge de la maison, et, en un sens, plusque la supérieure, maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 20 juin <708. Les enfants voient fort bien les vices ou les vertus de leurs maîtresses; il faut parler à une fille de sept ans aussi sensément qu'à une de vingt, id. ib. 9 avril (7(3. Il Fig. Imagination, c'est cette partie décevante dans l'homme, celte maîtresse d'erreurs et de fausseté.... pasc. Pens. m, 3, éd. havet. Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire, boss. Beine d'Anglet. L'oisiveté est la maîtresse de tous les crimes, bourdal. Dim. de la Séptuagés. Dominic. t. I, p. 356.11 Maîtresse de pension, dame qui est à la tête d'un pensionnat déjeunes filles. || Maîtresse d'école, femme qui enseigne dans une école les éléments aux petites filles. || 8° Maîtresse se joint à des qualifications injurieuses pour les renforcer. Une mMtresse coquine. || Il se joint aussi à des quaUfications indifférentes ou louables, également pour les renforcer. Un beau matin, sa femme, qui était une maîtresse commère, entre dans son cabinet, st-sim. (54, 5. Il Une maîtresse femme, une femme capable, habile, résolue. Elle parla avec tant de force qu'une nouvelle servante, qui l'entendait, l'interrompit en s'écriant : Pardi, voilà encore une maltresse femme, GENLIS, Mme de Maintenon, t. ii, p. 278, dans pougens. Il II se dit, dans un sens analogue, des choses inanimées, et signifie principaU Cet heureux poème n'a extraordinairemont réussi que parce qu'on y voit les deux maîtresses conditions (permettez-moi celle épithcte) que demande ce grand maître (Aristote] aux excellentes tragédies, cobn. Cid, Avert. Soit que l'àme ait le cerveau entier immédiatement sous sa puissance, soit qu'elle y ait quelque maîtresse pièce par où elle contienne les autres parties, comme un pilote conduit tout le vaisseau par le gouvernail, boss. Conn. lu, (5. La capacité principale et la qualité maîtresse du président était poui Iles négoci.itions, ste-beuve, Causeries, <6 mai <854. Il Maîtresse pièce, la principale pièce d'un ouvrage quelconque. || Terme de marine. Maîtresse varangue, celle qui répond au maître couple. || Maltresse ancre, la plus grosse ancre d'un bâtiment. Il Maîtresse levée, la section verticale passant par l'axe ou le milieu de la largeur des branches du mnître couple. Il Maltresses garcettes, les deux garcettescen traies d'une bande rie ris, etc. || Terme dépêche. Maîtresse corde, la plus grosse des cordes dont on se ser' pour le genre de pêche appelé pêche aux cordes. Il 9° Petite-maîtresse, femme qui est d'une élégance recherchée dans son ton, dans ses manières, dans sa parure, et qui a un air avantageux. La coquetterio fait les plus extravagantes petites-maîtresses, ;. J. ROUSS. tm. v. Mme rie Rose aurait été sa fille; ellt était brillante et petite-maîtresse, id. Confess. vu. — illST. xiu's. [Il| A respondu : dame prestresse, Jà fusles vous sa maïstressc, Laid'lgnaurés. || xv i. Celle maisiresse [gouvernante] estoit vieille dame, SI scavoit assez de charmes el d'eucbantemuMi
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lanc«lot du lae, t. n, f" 30. La dame en sa maistresse chambre, gisante sur une couchette, ib. t. i, 1° 30.|| XVI* s. Ame maislresse de ses passions, mont. 1, 83. Lui présentant Bradamante ou Angélique pour maistresse à jouir, ID. i, 476. Brantôme, citant ces mots de J. de Saintré : sa dame et amoureuse, ajoute : Car de ce temps ce mot de maistresse ne l'usoit, Dames galantes, t. ii, p. 22), dans lacubnk. Vous qui, pipez d'amour, d'erreur et de jeunesse. Adorez vainement une folle maistresse, despohtes, Élég. I, 1 9.
— ÉTY'M. Dérivé demaitre; bourguig. moitresse; provenç. majestra, magestra, maistra ; espagn. maestra ; ponug.mestra; ital. maestro. Au xii" siècle on trouve maùtn'ere dans le sensde femme avec qui on a commerce d'amour : S'uns gentils hom fist de moi sa maistriere, Raoul de C. 6i.
+ MAÎTRISABLE (mè-tri-za-bl') , adj. Qu'on peut maîtriser. Maîtriser les effets, et, s'ils ne sont pas maîtrisables, les prévoir pour s'y accommoder.
MAÎTRISE (mê-tri-z'),«.^. Il !• Domination, autorité de maître. Dans le plaisir, c'est l'homme qui succombe sous le plaisir; or il n'y a que la maîtrise «t l'empire qui fait la gloire, et que la servitude qui fait la honte, PAsc. Pens. xxv, 6, éd. havet. Le fort et le beau se battent sottement à qui sera le maître de l'autre ; car leur maîtrise est de divers genre, in. ib. VI, 37, éd. havet. || 2° Qualité de maître, supériorité, habileté. Je résigne aux plus forts ces grands coups de maîtrise, Régnier, ^pîMi. || 3° Qualité de maître, en pUrlant des anciennes corporations de métiers. Gagner la maîtrise. En quelque nombre que soient les artisans et les marchands, il faut que tout renchérisse, parce qu'il faut que les maîtrises et les communautés retrouvent toujours de quoi renouveler les fonds communs qu'elles dissipent, coNDiLLAC, Comm. joue. II, 6. Il 4» Maîtrise ou grande maîtrise, se dit de certaines charges ou dignités. L'hiver précédent, le roi avait institué l'ordre de Saint-Louis, et c'est ce qui donna lieu de donner à un particulier la grande maJlrise de Saint-Lazare, sT-sm. U, 46B. || 6° Emploi de maître de chapelle dans une église cathédrale. || École dans laquelle les enfants de chœur d'une cathédrale reçoivent leur éducation musicale. || Logement réservé au maître de musique d'une cathédrale, logement où se tient l'école de musique. || 6° Ancien terme d'eaux et forêts. Maîtrise particulière, juridiction qui coimaissait en première instance de ce qui avait rapport aux bois, à la chasse, à la pêche, etc. tant au civil qu'au criminel.
— HIST. xir s. Marsiles sot [sut] des ars bien la maistrie, Roncwr. p. &♦. Par giant maistrie sont osré [travaillés] li giron, ib. p. Bt. Car cuer [cœurj et cors fje] met en vostre maistrie, Couci, u. Il XIII' s. Tant fist la maie serve par force et par maistrie.... Berte, lxiv. Mais devant ot par grant maistrise Une escharboucle au cercle assise, io Rose, U05. Mes quant l'en a la chose aquise. Si reconvient il grand mestrise En bien garder et sagement. Qui joîr en vuet longuement, lb.8298. Il XIV s. icelluy chevalier par sa maistrie, arrogance, grant puissance et volenté irraisonnable, du cange, magisterialis. \\ iv" s. Amour m'a fait par sa douce maistrie Penser à lui ; et veult que tous siens soye; Si le feray tous les jours de ma vie; X U me dong [je me donne]; pourquoy ne le feroye? e. desch. Poésies mst. ^ nt. || xvr s. En usage et action gist maistrise et experiment, oénin. Récréât, t. ii , p. 238. Ce n'est pas maistrise de faire comme les autres, ieboux de lincï, t. ii, p. (36. Je ne sçache homme qui peust apporter plus de parties, et naturelles et ac(|uises, propres à conserver la maistrise ll'aulorité de maître], mont, n, 80.
— ÉTYM. Dérivé de maître; provenç. majestria, maestria, magestria; anc. espagn. meslria; espag. mod. et ital. maestria.
MAlTRlSfv, ÉE (mê-lri-zé, zée) , part, passé de maîtriser. Dont ou s'est rendu maître. Scrvet, qui découvrit, dit-on, la circulation du sang, avait été brûlé à petit feu dans une petite ville des Allobroges, maîtrisée par un théologien de Picardie, volt. IJict. j)hil. Àrianisme.
MAÎTRISER (mê-tri-zé), c. a. || t* Se rendre maître de. La voyant aimer Dieu et la chair maîtriser, BÉONIER, Sat.iiii. La postérité le mettra [Charles I"] au rang des grands princes, si son histoire trouve des lecteurs dont le jugement ne se laisse pas maîtriser aux événements ni à la fortune, boss. Reine d'ÀT^let. Il y a bien de la force dans un esprit qui n'est pai maîtrisé par les impressions du dehors, même les plus légères, fonten. Hnnlmort. Je fais plus ; de mes sens mallrisan/ la faiblesse, J'ose de
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mon rival appuyer la tendresse, votr. Adél. du Guescl. I, I. Aimez, mais en héros qui maîtrise son âme, ID. ib. il, 7. Comment un écrivain supérieur sait à la fois enhardir et maîtriser une langue timide et minutieuse, d'alemb. Élog. Boss. note 7. U s'était rendu maître de toutes les passions, à l'exception d'une seule qui le maîtrisait, et qui, enrichie de la dépouille des autres, était devenue tyrannique, injuste, incapable de pardonner une offense : c'était un amour excessif de la gloire, BARTHÊL. Anach. ch. t. Il Maîtriser la fortune, faire tourner les événements à son avantage. Quand je vois.... La France sous tes lois maîtriser la fortune, BOiL. Disc, au roi. Quelquefois la sagesse a maîtrisé le sort; C'est le tyran du faible et l'esclave du fort, VOLT. Pélop. 1, 4. Il 2" Gouverner en maître. Ce sénat de tyrans dont l'orgueil nous maîtrise, volt. Brut. II, ) . Oh ! que j'ai de chagrin De voir ces deux fripons maîtriser mon parrain I collin d'harleville. Vieux célib. u, ♦. || 3» Dompter par une force supérieure. Deux gardiens vigoureux purent à peine maîtriser ce fou. || 4° Se maîtriser, v. réfl. Être maître de soi-même, contenir ses passions.
— HIST. XII* s. Car fine amors tient mon cuer et maistroie, Couci, xvi. X Cantorbire vindrent parler e coseillier Xdan Randulf del Broc, e pur lui enticier [exciter] Qu'il deûst l'arcevesque e les suens maistreier. Th. le mart. 4 22.|| xm* s. [La femme] Qui porta tel royne qui ainsi nous maistrie [tyrannise], Berte, lxiii. i| xiv* s. Par sobriété on maistrie le corps si comme le cheval par le frain, llénagier, I, 3. Comme le suppliant ne povoit maistrier le dit cheval, dans baïnouard, Gloss. || xv* s. Certes, corps, tu auras mesaise ; Jamais ne me mestrieras; Jà sy fort ne me tempteras, Mir. de Ste Gêner. Celle ville de Dam est bonne assez ; elle vous venra bien à point pour mestrier Bruges et l'Escluse, FROiss. II, II, 230. Il XVI* S. Il ne peut avec la raison maistriser sa cholere, amyot, Pélop. 60. Alors descouvrit on évidemment qu'il estoit ambitieux oultre mesure, de se laisser maistriser à ceste passion de jeunesse au decours de sa vieillesse, m. Flamin. 39. Elle ne se contentoit point d'esire maistresse de son mary en son privé, ains le vouloit maistriser estant en magistrat, id. Ant. 44. D'amour, de la fortune et des grands maistrise, Qui m'ont payé de vent pour toute recompense, desportes, OEuvres chrestiennes, Sonnets, 4 .
— ETYM. Ifattme; provenç. majestrar,maestrar, maistrar, maestreiar, maistreiar, maestriar; anc. espagn. maestrar ; espagn. mod. maestrear; itaL maestrare.
t MAJAT (ma-ja), ». m. Espace fort commune de cyprée ou porcelaine livide (conchyliologie). MAJE (ma-j'), voy. mage 2.
MAJESTÉ (ma-jè-sté), s. ^. || !• Caractère extérieur de grandeur, apparence auguste. Un prince épouvanté De voir tant de colère et tant de majesté, corn. Pomp. m, 2. Une majesté douce épand sur son visage De quoi s'assujettir le plus nohkcourage, id. ib. lu, 3. On dit que le cardinal [de Richelieu], le voyant [Vaugelas] entrer dans sa chambre, s'avança vers lui avec cette majesté douce et riante, qui l'accompagnait presque toujours, pellisson, Ilist. Acad.ni. Une reine portant sur son visage la majesté de tant de rois, conservant dans son cœur l'humilité du fils de Dieu, flécii. Marie-Thérèse. Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte L'auguste majesté sur votre front empreinte, RAC.Esth. u, 7. Quel ton, quel ascendant ne prennent-ils pas [les riches] sur les savants? quelle majesté n'observent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs que leur mérite n'a ni placés ni enrichis I la druy. vi. U est nécessaire que vous ayez une certaine majesté dans votre extérieur, FÈN. Tél. XII. Il 2* Fig. Grandeur imprimant le respect. La majesté du peuple romain. La majesté du sénat. Ont-ils [les rois] ren'lu l'esprit, ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si fiêre. Dont l'éclat orgueilleux étonnait l'univers, malii. i, 3. Il [Dieu] leur [aux rois] fait voir en leur retirant sa puissance que toute leur majesté est empruntée, boss. Reine d'Anglet. Il [Charles I"] a montré qu'il n'est pas permis aux rebelles do faire perdre la majesté à un roi qui sait se connaître, id. ib. La majesté est l'imago de la grandeur do Dieu dans le prince, id. Polit, v, iv, 4. Les rois, non plus que le soleil, n'ont pas reçu on vain l'éclat qui les environne; il est nécessaire au genre humain; et ils doivent, pour le repos autant que pour la décoration de l'univers, soutenir une majesté qui n'est qu'un rayon de celle de Dieu, id. Kar.-Thér. Il iCondéj apprit à l'Espagne, trop dédaigneuse, quelle était cette majesté que la mauvaise fortune ne pou-
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vait ravir i de si grands princes [les Stuarts détrônés], II). Louis de Bourbon. C'est l'esprit du christianisme de faire respecter les rois avec une espèce de religion que le mèmeTertuUien appelle très-bien la religion de la seconde majesté ; cette seconde ma jesté n'est qu'un écoulement de la première, c'està-dire de la divine, id. Polit, m, n, 3. La majesté des rois inspire plus de respect que de tendresse; c'est une espèce de religion civile et de culte poli-^ tique, qui nous fait "évérer ces traits que la main da Dieu a gravés sur le front de ceux à qui il daigne communiquer sa puissance, fléch. Mme de Mont. Au fond de leur palais leur majesté terrible [des rois de Perse] Affecte à leurs sujets de se rendre invisible, hac. Psth. i, 3. Être heureux comme un roi,ditle peuple hébété; Hélas! pourle bonheur que fait la majesté?voLT. l" dtsc.|| llseditde Dieu. Dieu y parut dans sa majesté, boss. Hist. n, i. Elle voudrait disparaître tout entière devant la majesté du roi des rois, id. Mar.-Ther. Celui qui règne dans les cieux, à qui seul appartient la gloire, la majesté, l'indépendance, id. Reine d'Angl. Le terme de majesté n'est attribué à Jésus-Christ dans l'Évangile que lorsqu'il s'agit du jugement universel, bourdal. Jugem. dem. 4" aient, p. 47.) Il ordonnait [à ceux qui n'étaientpas suffisamment respectueux durant le service divin] qu'on fléchît le genou et qu'on se tijt devant la majesté présente qui, pour être cachée, n'en était pas moins redoutable, fléch. Duc de Mont. Et vous, sous sa majesté sainte, Cieux, abaissez-vous, RAC. Esth. III, 9. Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? id. Athal. u, 2. Lorsque, prosternée sous h majesté de ses regards [de Dieu], la vile créature reconnaît qu'elle n'est que cendre et poussière en sa présence, mass. Carême, Prière i. Il II se dit aussi des choses qui impriment le respect. La majesté du trône. La majesté de l'empire romain. [La paix] Donne aux champs les moissons feitiles. Et, de la majesté des lois Appuyant les pouvoirs suprêmes. Fait demeurer les diadèmes Fermes sur la tête des rois, malh. m, 2. Les bassesses de la flatterie, indignes de la majesté du lieu où je parle, et du ministère sacré que j'exerce, boss. Gornay. Ainsi puisse être rendue la majesté à vos tribunaux I ID. le Tellier. Les prêtres de l'Oratoire.... y donnèrent [dans la chapelle royale] par leur piété, aux autels leur véritable décoration, et au service divin sa majesté naturelle, id. Reine d'Anglet. Quoil vous pourriez, seigneur, par cette indignité De l'empire à vos pieds fouler la majesté? rac. Bérén. iv, 8. 0 grandeur des Komains,ô majesté flétrie !volt. Catil. IV, 8. Il 3* Le pouvoir royal même. La majesté des rois d'Angleterre serait demeurée plus inviolable, si, contente de ses droits sacrés, elle n'avait point voulu attirer à soi les droits et l'autorité de l'Église, boss. Reine dAnglet. Il ne faut point s'étonner s'ils [les Anglais] perdirent le respect de la majesté et des lois, et s'ils devinrent factieux, rebellesetopiniàtras, id. ib. [Dans la révolution anglaise] nul frein à la licence, la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus, id. l'b. 1| 4* Titre particulier qui so donne aux empereurs, aux rois et à leurs épouses (avec une M majuscule). Votre Majesté,Sire,aordonné. JerendraicompteàSa Majesté. Le zèle que vous [religieuses du Val-de-Gr4col avezpour votre Epoux, vous faisait voiravec plaisir ces Majestés [Anneet Marie- Thérèse] humiliées en sa présence, fléch. Marie- Thér. Le prince d'Orange ne se mêla point aux compliments, parce qu'il n'aurait point eu de Sire, ni de Majesté, st-sim. 34, 404. Louis XI fut le premier roi de France à qui on donna (luelquefois le titre de Majesté, que jusque-là l'empereur seul avait porté, VOLT. Mœurs, «4. Il n'y avait autrefois que l'empereur qui eût le titre de Majesté; les autres rois s'appelaient Votre Altesse, Votre Sérénité, Votre Grâce, in. Dict. phil. Cérémonies. Ce n'est que depuis 4 74 4 que la chancellerie impériale traite les rois de Majestés dans le protocole de l'empire, U' Suppl. au Siècle de Louis XIV, 4" part. L'empereur ne voulait point donner le titre de M.ijestc aux rois ses vainqueurs ; son ministre Lutzau, dans le premier acte de 1644, qui établissait les saufs-conduits et les conférences, parle des préliminaires entres» sacrée Majesté césarienne et le sérénissimo roi trèschrétien, m. Ann. Emp. Ferdinand lll, 4648. || Votre Majesté so dit quand on adresse la parole au souverain ou è la souveraine. Sa Majesté se dit quand on parle du souverain ou de la souveraine. Vos Majestés sa dit quand on parle à plusieurs têtes couronnées. Leurs Majestés se dit quand on parle de plusieurs têtes couronnées. || Par abréviation on écrit V. M. [Votre Majesté], VV. MM. [Vos Majcstés|, S. M. [Sa Majesté], LU MM. (Leurs Miijestés). US»
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Uajesti impériale, l'empereur des Français, l'empereur d'Autricbe, que l'on qaalifie aussi de Sacrée Majesté, mais seulement guand on lui parle, l'empereur de Russie, l'empereur du Brésil. Sa Majesté très-chrétienne, le roi de France. Sa Majesté catholique, le roi d'Espagne. Sa Majesté très-fidèle, le roi de Portugal. Sa Majesté britannique, le roi d'Anfleterre. Sa Majesté suédoise, Sa Majesté danoise, Je roi de .Suède, le roi de Danemark. || On dit aussi Sa Majesté le roi d'Angleterre. Sa Majesté le roi de Suide, etc. || Fig. Voilà comme les hommes sont Lallottés par la fortune; Sa Sacrée Majesté le hasard décide de tout, volt. Lett. JtarioU. 26 fév. 4767. Il 5° Dans les temps anciens, Majesté n'était pas particulier aux souverains, et se disait d'autres grands personnages. 11 y a encore une lettre de lui [Charles IV] au cardinal Colombier, doyen du sacré collège, datée de l'an «355, dans laquelle il appelle ce doyen Votre Majesté, volt. Mœurs, TO. 116° Terme de littérature. Caractère de pompa et de grandeur. La majesté du style. On a pris pour do la majesté la pesanteur des vers qui se tiennent comme enchaînés deux à deux, et qui se retardent l'un l'autre; mais la majesté consiste dans le nombre, le coloris, l'éclat et la pompe du style, marmontel, JÉlém. lut. OEuv. t. x, p. 467, dans pûugens. Il 7" Terme d'histoire romaine. Loi de majesté, loi punissant tout attentat contre le peuple romain, et appliquée par les empereurs à tout délit contre le prince. Il y avait une loi de majesté contre ceux qui commettaient quelque attentat contre le peuple romain; Tibère se saisit de cette loi et l'appliqua, non pas aux cas pour lesquels elle avait été faite, mais à tout ce qui put servir sa haine ou ses défiances, montesq. Rom. H. \\ Jugement de majesté, jugement prononcé en vertu de la loi de majesté. Il 8° Terme de diplomatique. Sceau de majesté, sceau des empereurs d'Allemagne. || S'est dit aussi ia grand sceau féodal de l'électeur de Mayence. — KEM. 1. Faut-il dire, en parlant à un roi ; Votre Majesté est maître ou maîtresse? Quand il s'agit d'un adjectif, la règle n'est pas douteuse, l'adjectif s'accorde avec Majesté : Votre Majesté j.eut être assurée.... Mais avec dessubstantifs, lors môme que les substantifs ont des féminins, il vaut mieux donner le genre masculin. Du moins tel est l'usage constaté par Bouhours dans se» Nouvelles remarques : Je l'ai assuré que Votre Majesté était le maître, duc de Savoie, dans Bouiiouus; Cette acquisition ne donnerait à Sa Majesté aucun avantage solide, puisqu'aussi bien elle serait maîlre de ses États, MAZAKIN, dans bouhours. |i 2. Faut-il dire : Vetre Majesté est le plus éclairé des rois ou la plus éclairée des rois? Il seiait mieux de changer de tournure; mais, si on tenait à suivre celle-ci, on dirait, vu que l'idée de roi et du masculin est celle qui domine : Votre majesté tst le plus éclairé des rois. — HIST. XII* s. E lors nostre Sire le demostrera, et lors parra [paraîtra] la majestez de Deu, Machab. IT, 2. Plein sunt li ciel et la terre de la majestet de ta gloire, Liher psalm. p. 260. j] xm* s. Or en ait Dieic pitié, 11 rois de majesté, Berte, xv. ||iiv* s. Pour les rebellions et maléfices perpétrez encontre ta mageslé royal, en soy armant.... Lettre de Charles V, DM. des Charles, *• série, t. m, p. 425. Je croy qu'il a ou monde si noblement resgné, Qu'il a acquis l'amour de Dieu de ma}slé, Guescl. Variantes du vers (732. ||xv* s. Seoil le roi en majesté royale, fkoiss. ii, ii, 74. Mais la grant bénignité De fa royal majesté, E. deschamps, Lay du roy. Gens de petit estât qui ne desiroient que de troubler les besongnes, pour eux augmenter et avoir majesté sur les plus riches, iionstrel. t. ii, p. U2, dans tACUBNE. || xvi" s. Pour excuser son maistre envers Sa Majesté (le roi], mont, i, 38. Il avoit l'esprit prompt et subtil, le langage et la grâce avec de la majesté, et le naturel actif et vigilant, casteln. 2. En ce temps ((576) n'estoit tenu pour bon courtisan qui disoit : le roy ; ains falloit dire leurs majestés à la mode de la cour; sur quoi, par dérision, fut fait le sonnet des majestés [le pluriel fut commandé par uii règlement dcHenri III, peu après son retour do Pologne), Journal de VEsloiU t ilv p. «18, collection Petilot, <'• série ' '
- ÊTYM. Provenç. m<ye»(o«, tiiaiestat; espagn magestad; ital. moyejtd; du latin vuijestatem qui Tient de majus pour magius, plus grand (voy ma JEU»), et le suffixe tal qui fait des noms abstraits
MAJESTUEUSEMENT (ma-j6-slu-eû-ze-man) ad'v Avec majesté. Le roi s'avança majcstueusemenu Le Missiwipi roule majestueusement ses eaux à travers
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MAJESTUEUX, EUSIi (ma-jè-stu-eû, eû-z'), adj. Il !• Qui a de la majesté. Combien il [Charles I"] était intrépide à la tête des armées, combien auguste et majestueux au milieu de sa cour, boss. Reine d'Ànglet. La princesse la plus majestueuse que la France ait vue, fut en même temps la mère la plus tendre, mass. Or. /un. Madame. C'était une princesse grande, majestueuse, fort bien faite, stsiM. 60, 95.112» 11 se dit aussi des choses. X ces saintes institutions, il ajouta des cérémonies majestueuses, des fêtes qui rappelaient la mémoire des miracles par lesquels le peuple d'Israël avait été délivré, BOss. Ilist. II, 3. Comme un fleuve majestueux et bienfaisant, qui porte paisiblement dans les villes l'abondance qu'il a répandue dans les campagnes en les arrosant, id. Louis de Bourbon. Accourez, peuples, venez contempler dans la première place du monde la rare et majestueuse beauté d'une vertu toujours constante, id. Mar.-Thér. Ce port majestueux, cette douce présence.... bac. Bérén. i, 5. D'un pas majestueux, à côté de ma mère, Le jeune Êliacin s'avance avec mon frère, id. Athal. IV, ). Il [un roi conquérant] regardera les momeiils d'un repos sage et majestueux, comme une oisiveté honteuse et des moments qu'on dérobe à la gloire, MASS. Pensées, Des talents. Je ne regardais jamais la nature sans m'élever jusqu'aux pensées religieuses qui nouslientà sesmajeslucuses beautés, stael Delph. 2' frag. 6' part. || 3° S. f. Majestueuse, espèce d'œillet.
MAJ
Im forêts.
— Stym. Majestueuse, «t le suffixe mtnt.
— ÉTVM.Voy. majesté ; ital. maestoso. Majestuosus n'est pas latin; mais il pourrait l'être, puisque le latin ivoluptuosus. Du reste, ces formations, comme aussi montuosus, monslruosus, sont des imitations malentendues des formes correctes sumptuosus, quxstuosus, qui viennent de sul)stantifs en us.
MAJEUR, EURE (ma-jeur, jeu-r'), adj. || 1» Plus grand. La majeure partie. || 2° En matière ecclésiastique, ordres majeurs, la prêtrise, le diaconat, le sous-diaconat, par opposition aux quatre ordres mineurs. || Causes majeures, celles dont le pape doit être le seul juge; il y en a de trois espèces : les premières regardent la foi; les secondes, la discipline; et les troisièmes, les évéques. |j Excommunication majeure, excommunication qui retranche entièrement de l'Église; par opposition à excommunication mineure. || 3" Terme de musique. Tierce majeure, tierce composée de deux tons, par opposition à la tierce mineure qui ne comprend qu'un ton et demi. Ut, mi est une tierce majeure. || Sixte majeure, intervalle do six notes, contenant quatre tons et un demi-ton, ut, la. |1 Septième majeure, intervalle de sept notes, contenant cinq tons et un demiton, ut, si. Il Ton ou mode majeur, celui où la tierce et la sixte au-dessus de la tonique sont majeures. Substantivement et dans le même sens, un air en majeur. Passer du majeur au mineur. || Le majeur se dit aussi de la partie d'un duo, d'une sonate, d'une symphonie qui se trouve traitée en mode majeur. Il Seconde majeure, intervalle composé d'un ton entier, par opposition à la seconde mineure qui n'a qu'un demi-ton. || 4° Terme du jeu de piquet. Tierce, quarte, quinte, seizième, dix-septième majeure, séqusnce des trois, quatre, cinq, six, sept plus fortes cartes. ||0n disait autrefois tierce major, etc. Sur mes cinq cœurs portés la dame arrive encor. Oui me fait justement une quinte major, mol. l'dch. II, 2. Il 5° Terme de marine. Manœuvres majeures, les manœuvres principales. || Mâts majeurs, le grand mât, le mât de misaine, le grand mât de hune et le petit mât de hune. Les voiles établies sur ces mâts sont dites les quatre voiles majeures. || Lieues majeures et milles majeurs, lieues et milles que l'on parcourt sur un grand cercle du globe. Il 6° Grand, important, considérable (sans aucune idée de comparaison). [L'abbé de Tencin] fit une ctourderie majeure dans ce procès, où il assista en personne à la plaidoirie, duclos, Mém. rég. Œuvr. t. v, p. 430, dans P0UGENS. Il Force majeure, voy. force, n» «. Il 7* Qui est à l'âge prescrit par les lois pour user et jouir de ses droits, et pour pouvoir contracter valablement. Les rois de France sont majeurs à quatorze ans par l'édit do l'an 4 375. M. le Prince lui envoya voir son armée; eh bien qu'en dites-vous? dit M. le Prince: Monseigneur, dit Despréaux, je crois qu'elle sera fort bonne quand elle sera majeure; c'est que le plus âgé n'a pas dixhuit an», sÉv. 4 66. Quand on considère de plus près l'histoire de ce grand royaume [l'Angleterre] et particulièrement les derniers règnes, où l'on voit non-seulement les rois majeurs, mais encore les pupilles et les reines mômes si absolues et si redoutées, BOSS. ileine d^Ànglet. Ceux qui avaient des
fiefs et qui par conséquent devaient faire le service militaire, ne furent plus majeurs qu'à vingt-un ans, MONTESQ. ftp.xvui, 26. Il S' S. m. pi. Les majeurs, les ancêtres ou les prédécesseurs (vieilli en ce sens). Il 9" S. f. Terme de logique. La majeure, la proposition d'un syllogisme qui contient le grand terme ou l'attribut de la conclusion. La majeure en est inepte, la mineure est impertinente , et la conclusion ridicule, mol. Mar. for. 6. || 10° U majeure, la pluralité des voix (vieilli en ce sens). Dans ce tribunal on prend les voix à la majeure ; mais on dit qu'on a reconnu par expérience qu'il vaudrait mieux les recueillir à la mineure, montesq. Lett. pers. 86. Il H" L'un des plus grands actes des bâcheliers de théologie dans l'ancienne faculté de Paris, qui, commençant à huit heures du matin, finissait à six heures du soir. Faire sa majeure.
— HIST. XI' s. Terre major [la Fiance] remeindroit en repos, Ch. de Roi. xnv. || xii« s. Uns siens niés [neveu] après ot l'onour [le fief]. Fils de son frère le majour [l'aîné]. Brut, f" 28, dans lacurne. Quant il approchent vers la terre major, Roncis. 37. Il xiii* s. Se nos fuson [fussions] major ou per, Ren. t. i, p. 4 24. Bien a cent ans passés disrent no ancissour, Que uns pules [peujile] venroit devers terre majour. Qui conquerroit ce reigne à force et à vigour, Ch. d'Ant. viii, 220. || xiv s. Et ceste majeure prouveray Tantost le mieulx que je porrai, Modus, f cvii, verso. || xv s. Le roy de Thunes sarrazin majeur en Barbarie, //tst. de Loys 3, duc de Bour' bon, p. 293, dans lacurne. || Al' s. Jusques au golf» de la mer majour [mer Noire], mont, i, 213. Mena Panurge au temple major, rab. v, 44. En cela peuvent ils bien encore aujourd'hui ensuivre leurs majeurs [ancêtres], et se rendre semblables à eulx, amyot, Morales, t. m, p. 465, dans raïnouard, Lexique.
— ÉTVM. Provenç. majer, major; espag. mayor; ital. maggiore ; du lat. majorem, qui vient d'un radical mag, qui se trouve dans magnus, grand. Major avec l'accent sur ma a donné maire, et majôrem avec l'accent sur jrt, majeur.
t MAJOLIQUE (ma-jo-li-k'), s. f. Nom attribué, dans le commerce de curiosités, à toutes les faïences anciennes italiennes et espagnoles. || On écrit et prononce souvent maïolique.
— ÉTYM. Ital. majolica et majorica, de l'Ile de M jorque (voir sur les monnaies du xiii'au xvm'siô clés : rex Majoricarum), où cette faïence fut d'abord manufacturée.
MAJOU (ma-jor), s. m. \\ 1° Officier supérieur qui dirige l'administration et la comptabilité d'un régiment, et qui est chargé en outre de tout ce qui concerne le recrutement et l'état civil du corps. Il On dit quelquefois gros major. || 2° Major général, officier général chargé de remplir ces mêmes fonctions pour toute une armée, ainsi que d'expédier tous les ordres du généralissime, et de rendre compte des opérations. Ce major général [Berthier] suppléa peu son chef dans cette circonstance critique [à Moscou] ; au milieu de ce sol et de ce climat nouveau, il ne recommanda aucune précaution nouvelle; et il attendit que les moindres détails lui fussent dictés par son empereur; ils furent oubliés, ségur, Ilist. de Nap. viii, 4 4. || On disait autrefois major général de bataille. Bassomplerre, celui qui est mort avec beaucoup de réputation major général de bataille dans l'armée de l'empire, retz, i, 3. || Aido-major général, officier général qui est sous les ordres du major général. || Dans l'ancienne armée, il y avait un major général de l'infanterie. Par le compte exactement rendu au major général de l'infanterie française, il ne se trouva que 4681 soldats ou sergents d'infanterie tués sur la place, et 3282 blessés [à Fontenoi] , volt. Louis IV, 45. || 3» officier supérieur qui, dans une place de guerre, est spécialement chargé des détails du service, sou» l'autorité du commandant. || 4* Adjudant-major, voy. adjudant (ici et dans les exemples qui suivent major est pris adjectivement). || 5° Chirurgienmajor, le premier chirurgien d'un régiment. || Le chirurgien-major d'un bâtiment est ordinairement désigné sous le titre pur ot simple de major. || Aidemajor, chirurgien adjoint au chirurgien -major. Il 6* Tambour-major, trompette-major, voy. tambour, trompette. Il 7° Sergent-major, voy. sergent. Il 8' Ronde-major, voy. eonbe. 1| 9' Terme de marine. Pilote-major, voy. pilote. || Dans les ports, gardiens majors, gardions chargés de faire exécuter par les gardiens ordinaires, les ordres de police et de surveillance. || Anciennement, major de la marine, officier qui présidait chaque jour à l'étahlisment de la garde dans l'arsenal. || 10* Au jeu de pi-
MAJ
quel, tierce major, quinte major, etc. voy. majeur, n"'4.|| 11" État-major,voy. ÉTAT-MAJOR. ||Clief d'étalmajor, officier chargé 'fle remplir, auprès d'un officier général ayant un commandement supérieur, ou auprès d'un chef de service à l'armée, des fonctions analogues à celles que remplit le major général auprès du généralissime.
— ETYM. Mot latin francisé, major, plus grand (voy. majeur).
MAJORAT (ma-jo-ra; le ( ne se lie pas, dans le parler ordinaire), s. m. Immeuble qui, attaché à la possession d'un titre de noblesse et ne pouvant être aliéné, passe, avec le titre, d'héritier en héritier, soit naturel, soit adoptif. Constituer un majorât. Il est contre le système d'égalité dans l'ordre équestre d'y établir des majorais, J. i. Bouss. Gouv. de Pol. x.
— ÊTYM. Bas-latin, majoralus , sorte de fief, droit d'aînesse; anc. espagn. majoraîgo, droit d'aînesse ; du lat. major, aîné, plus grand (voy. majeur).
t MAJORATAIRE (ma-jo-ra-tê-r'), adj. Qui possède un majorât. Pair majorataire.
t MAJORATION (ma-jo-ra-sion), s. f. Action d'évaluer, dans un apport, un objet plus qu'il ne vaut (de major, plus grand), lfoni«eur, 29 mai <8«7, p. 613, «• col.
t MAJORDOMAT (ma-jor-do-ma; le f ne se lie pas), s. m. Fonction de majordome. D"0 avait conservé sur son esprit [du comte de Toulouse), comme dans sa maison, une espèce de majordomat d'ancien gouverneur, st-sim. 5(8, <2I.
MAJORDOME (ma-jor-do-m'), t. m. \\ 1» Maître d'hôtel (terme employé en parlant des officiers qui servent en cette qualité à la cour de Rome et en Espagne). Le majordome du pape. D'un nez de majordome et qui morgue la faim, HÉGMER,Sa«. x. || Majordome-major, chef dos majordomes. Le majordomemajor les réprimande très-bien [les majordomes du palais en Espagne], et change ce qu'ils ont fait quand il le juge à propos, st-sim. 89, lea. || 2° Se disait, sur les galères, de celui qui avait soin des vivres.
— HIST. XV* s. Le receveur du lieu de Rosan que l'en appelle au commun langaige du païs magendomme, du cange, majores regii.
— ËTYM. Provenç. majordome , maiordome; espagn. mayordomo ; ital maggiordomo ; du lat. maior, chef (voy. maire), et domus, maison : le préposé à la maison.
t. MAJORITÉ (ma-jo-ri-té),î. m. Terme de jurisprudence. Létal de celui qui est majeur. Personne n'ignore que la majorité desrois de France fut fixée par lui [Charles V] à l'âge de quatorze ans commencés VOLT. Mœurs, 78. || Sous Louis-Philippe et sous le second empire, la majorité des souverains a été fixée à dix-huit ans. || Majorité féodale, âge auquel on faisait ou recevait l'acte de foi cl hommage.
— ÊTYM. Lat. major, plus grand, aîné; provenç. majoritat, maioritat; espagn. mayoridod.
2. MAJORITÉ (ma-jo-ri-té), *. f. || 1° Pluralité, en parlant des voix, des votants dans une a.ssemblée délibérante. Mettez-vous deux ou trois acaiiémicicns ensemble, prenez la chose à cœur [l'élection de Diderot à l'Académie française] ; si vous ne pouvez obtenir la majorité des voix, obtenez-en assez pour faire voir qu'un philcsophe n'est point incapable d'être de l'Académie dont vous êtes, volt. Lelt. d'Alembert, 21 juill. <78o. Le plus grand de tous les dangers, celui de transporter à la minorité des suffrages l'influence que le bien général donne incontestablement à la majorité, Mirabeau, Collection, t. I, p. i&9. Il Majorité absolue, celle qui comprend plus que la moitié des voix. Majorité relative, celle qui se forme simplement de la supériorité du nombre des voix obtenues par un des concurrents, par une des propositions, etc. ||2" Le parti qui, dans une assemblée, réunit ordinairement le plus gi-and nombre de suffrages. La majorité renrcrsa le ministère. Nous comptons ici par milliards, ou, pour dire la vérité, par ma foi, nous ne comptons plus, depuis que nous avons des députés à nous, une majorité, comme on l'appelle, compacte; dépense à faire, mais petite, p. L. cour. Pièce diplomatique. || 8' Le plus grand nombre (sans idée de suffrages ni de votants). Oimmençons par les pauvres et les infortunés, puisqu'ils font la majorité sur la terre, chatkaub. Génie, i, vi, s.
— UEM. Majorité dans le sens de pluralité est un anglicisme. Avant l'introduction do ce mot, qui date du xviii* siècle, on disait la pluralité, qui valait infiniment mieux.
— ÉTVM. Lat. major, plus grand.
3. MAJORITÉ(ma-jo-rité),ï.^. Emptoi de major. L'Apparat, ingénieur qui avait dignement servi au iiége,eutlamajoritédeU placeet une commanderie
MAL
de Saint-Lazare, dangeau, i, a. \\ Lieu où sont les bureaux du major. La majorité de Cherbourg.
— ÉTYM. Major.
MAJUSCULE (ma-ju-sku-l'), adj. Terme d'écriture et d'imprimerie, usité seulement dans cette locution: lettre majuscule, caractère majuscule, grande lettre, lettre capitale. || Écriture majuscule, se dit de l'écriture dont toutes les lettres sont des capitales. Il S. f. Une majuscule, une lettre majuscule.
— REM. La première lettre d'un nom propre doit toujours être une majuscule. || On écrira avec une initiale majuscule tout nom devenu commun de nom propre qu'il était originairement, pourvu qu'il soit prispourdésigner la qualité principale qui caractérise le nom propre, par exemple : Oh ! combien de Césars deviendront Laridons! la font. Fabl. viii, 24. || Tout alinéa, et même une phrase quelconque, doit aussi commencer par une majuscule. {| On met une grande lettre au mot commençant un discours quelconque. On met même une majuscule au commencement d'un discours direct que l'on cite, bien que la ponctuation qui précède soit plus faible que le point. Il Girault-Duvivier écrit Mer liouge. Mer Méditerranée par deux majuscules, tandis qu'il n'en met qu'une à Port-royal, les Pays-bas. L'Académie, au contraire, écrit par une seule grande lettre mer Houge, mer Méditerranée, et par deux majuscules Port-Royal, les Pays-Bas, ce qui paraît préférable, parce que dans le premier cas l'adjectif seul est caractéristique, et que, dans le second, malgré le tiret, il ne sert pas moins à former le nom propre. || On donne une initiale majuscule à Dieu, quand il désigne individuellement l'être suprême; à Créateur, quand il signifie Dieu; à Nord, quand il signifie l'ensemble des pays septentrionaux,! etc. ||Le3 adjectifs saint, grand, etc. lorsqu'ils entrent dans la composition d'un nom propre, prennent une majuscule : Henri le Grand, la rue Saint-Honoré ; la Saint- Jean. Mais on écrira avec une minuscule : saint Jean, saint Pierre, etc. || On distingue par une initiale majuscule le titre d'un livre, d'une pièce quelconque: fable des deux Pigeons, fable des deux Amis, les Vêpres siciliennes. Avec des titres composés de cette façon : Des progrès de l'esprit humain; La vérité sur les derniers événements, quand on les cite dans le discours, l'usage n'est pas constant : les uns mettent la majuscule au premier mot : Des progrès de Vesprit humain ; La vérité sur les derniers événements; les autres la mettent au mot principal : des Progrès de l'esprit humain; la Vérité sur les derniers événements. || Dans la poésie, on commence chac^ue vers par une majuscule.
— ÉTYM. Lat. majusculus, un peu grand, diminutif de major, plus grand.
MAKI (ma-ki), I. m. Nom vulgaire des espèces les plus connues du genre lémur, telles que le lémur macaco, décrit par Buffon sous le nom de vari, et le lémur cendré, appelé plus ordinairement petit maki, legoarant. Les makis, qui approchent assez des singes à longue queue, qui, comme eux, ont (les mains, mais'dont le museau est beaucoup plus allongé et plus pointu, sont des animaux particuliers à l'ancien continent, et qui ne se sont pas trouvés dans le nouveau, buff. Quadrup. t. m, p. < 90.
t MAKIS (ma-kl), *. m. Nom donné particulièrement en Corse à un bois ou plutôt fourré d'arbrisseaux, tels que myrtes, arbousiers, lauriers, etc. Les bandits se sont retirés dans les makis. || On écrit aussi maquis. L'on voit des maquis si épais et si toulTus, que les moufflons eux-mêmes ne peuvent y pénétrer, Mérimée, Mateo Falcone.
— ËTYM. Ital. macchia, tache et broussaille. MAL, ALE (mal, ma-1'; au pluriel, maux, qu'on
prononce mô ; \'x se lie : des mô-z alTreux). Il l» Adj. Qui nuit, qui blesse. || 2" S. m. Ce qui nuit, ce qui blesse, jj 3* La part do mal qui, aux yeux de l'homme, règne dans l'univers. || 4" Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. Il B" Douleur physique, maladie. || 6* Un furoncle, un clou, un abcès, une tumeur. || 7" Dénomination de diverses maladies ou souffrances. || 8- Nom de diverses affections des animaux. || 9" Mal de vers ou mal debassine;roalsubtil.|| 10' Peine, travail. ||ll*Dommage, perte, calamité. || 12' Inconvénient. || 18° Paroles désavantageuses, interprétation défavorable. Il 14* Adv. Autrement qu'il ne faut. || 16* Se mettre mal. Il 16°Preiidremal.||17".So trouvcrmal.il 18° Être mal avec quelqu'un. || 19" Être mal, être malade. Il 20* Être mal, être dans une mauvaise situation ; être mal en, être mal pourvu. || 21* Etre mal, n'avoir pas un visage agréable. || 22* Pas mal. || Proverbe». 1* Adj. Oui nuit, qui blesse. Mai est adjectif masculin dans les locutions : bon gré, mal gré; bon an.
MAL
mal an. ||II est aussi adjectif dans cette tournure : Il est mal d'acquérir la fortune par des voies illicites. Il me semble qu'il ne serait pas mal de considérer de plus près les amertumes présentes, balz.
Disc, à la régente Mais le peu que j'y vois Ma
paraît mal à vous, et dangereux pour moi, gress. Méchant, 11, <. || Il est féminin dans les locutions suivantes (féminin que nedonne pas le Dictionnaire de l'Académie) : la maie faim, voy. faim et malefaim; la maie heure (voy. heure, n° ■•3); la maie tache. La force de la maie tache du péché originel, GUI PATIN, Lett. t. Il, p. 666. || Autrefois mal, maie était un adjectif pleinement usité ; il ne reste plus, comme on voit, quedes traces de cet usage. || 2* S. m. Le mal, ce qui nuit , ce qui blesse ; le contraire^ du bien (c'est l'adjectif mal pris substantivement). Ou que leur avint-il en ce vite départ [mort prématurée]. Que laisser promptement une basse demeure Qui n'a rien que du mal, pour avoir, de bonne heure. Aux plaisirs éternels une éternelle part? MALHERBE, I, 4. Parlez plus sainement de vos maux et des miens; Chacun voit ceux d'autrui d'un autre œil que les siens, corn. Hor. III, 4. Et tous maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes, ID. ib. Â raconter ses maux souvent on les soulage, ID. Poly. i, 3. Et de deux maux qu'on craint également Celui qui nous arrive est toujours le plus grand, ID. Attila, iv, 2. Ne perdez pas le souvenir du mal au jour heureux, ni le souvenir du bien au jour malheureux, saci, Bible, Ecclésiastiq. ii, 27. ....Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne change le destin, la font. Fabl. viii, )2. Sera-ce les philosophes qui nous proposent pour tout bien les biens qui sont en nous? est-ce-là le vrai bien? ont-ils trouvé le remède à nos maux? pasc. Pens. XII, t, éd. havet. Qu'il y a un Dieu, qu'on est obligé de l'aimer, que notre vraie félicité est d'être en lui, et notre unique mal est d'être séparé de lui, lo. ib. N'appelons mal que ce qui rend la victime de Dieu victime du diable, id. L««. sur la mort de son père. Le mal est aisé, il y en a une infinité; le bien presque unique; mais un certain genre de mal est aussi difficile à trouver que ce qu'on appelle bien; et souvent on fait passer pour bien à cette marque ce mal particulier, m. Pens. vi, 6(, éd. havet. Nous n'avons ni vrai ni bien qu'en partie, et mêlé de mal et de faux, id. ib. vi, 60, éd. havet. Le plus grand des maux est les guerres civiles; elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites; car tous diront qu'ils méritent; le mal à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance, n'est ni si grand, ni si sûr, ID. ib. v, 3, éd. havet. Nous trouvions l'autre jour qu'il n'y avait de véritable mal dans la vie que les grandes douleurs; tout le reste est dans l'imagination, sÉv. 4 mai 1672. Le plus grand de mes maux est de ne l'aimer plus, th. cobn. Ariane, v, a. Ni les maux qui l'ont surprise, ni ceux qu'elle a prévus n'ont abattu son courage, Boss. Reine d'Anglet. La pauvreté n'était pas un mal pour eux [les Romains], id. Hist. m, «. Il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous en aurez à corriger; il importe que vous ayez des maux à souffrir, tant que vous serez au milieu dos biens où il est dangereux de se plaire trop, m. .Sermons, Yiture de Mlle de Bouillon, 2. Reconnaissez ici le monde ; reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biens, id. Anne de Gons. Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, boil. Art p. i. Quel est donc ce grand mal que leur courroux [des (lieux| annonce? RAC. Théb. 11, 2. Je souffre tous les maux que j'ai faits devant Troie, id. Andr. l, *. Tout mal arrive avec des ailes, et s'en retourne en boitant, volt. Lett. Mme de Luigelbourg, M oct. )764. 11 ne faut croire le mal que quand on no peut plus faire autrement, id. Lett. d'Argence, io juill. (787. Je suis bien loin de vous dire, comme certains raisonneurs, que les maux particuliers forment le bleu général; cette extravagance est trop ridicule, iD. Jenni, ». 11 rassemble sur lui tous les maux des enfers, ID. Œdipe, 1, 3. En politique, cnmmo en morale, c'est un grand mal que de ne point faire lo bien, j. J. BOUss. Dise, rétabl. des sciences. Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur, beaumarch. le Barb. de Sév. 11, 2. Sire, un mal violent veut un remède extrême, 11. i. CHÉif . Ch. IX, ni, i. Il Un mal d'opinion, un mal nul n'est mal que dans l'opinion, dans l'imagination des hommes, lin mal d'opinion ne louclie que les sots, H0L.i4mph. 1,4. Il Les maux d'imaRinalion, les maux qui ne sont pas réels. C'est une idée assez heureuse pour exprimer lacraintodes maux d'imagination que l'allégorie d'un enfant qui souffle en l'air des boules de savon, et qui, a'«ffrayant de leur chute, in^ira
MAL
la méma frayeur à une foule d'autres enfants, sur qui ces boules vont retomber, u»rmûntel, Lléin. de lui. OEuvr. t. v, p. (2». dans pougens. || Kaire du mai, nuire, infliger quelque chose qui fasse souffrir. Tant de gens qui ne vous ont point fait de mal, PASC. Prov. XVI. Nous avons été si vilainement trompés par la Jarie.... si vous pouvez épargner Pasgerant.j'en serai bien aise; mais, pour la Jarie, je vous prie de lui faire non-seulement toute la peur, mais encore le mal, s'il en faut venir là, sév. à dllérifoyen, 8 févr. (687. Co mensonge ne fait aucun mal
I personne, fen. Tel. in. Je gagne déjà quelque chose à dire du mal ; si je puis parvenir à en faire, ma fortune est faite, volt. Écoss. i, t. L'occasion do faire du mal se trouve cent fois par jour, et celle de faire du bien une fois dans l'année, comme dit Zoroastre, m. Zadig, ♦. Ils [les gens de la cour, dans un château royal, à la campagne] chassent à travers nos blés avec leurs chiens et leurs chevaux, ouvrent nos haies, gâtent nos fossés, nous font mille maux, mille sottises, p. l. cour. Simple dise. Oh ! fuis I détourne-toi de mon chemin fatal; Hélas 1 sans le vouloir je te ferais du mal ! v. hugo. Hem. iii, 4.
II Vouloir du mal à quelqu'un, souhaiter que du mal lui arrive, être irrité contre lui. Aussi bien que Pompée, il vous voudra du mal, corn. Pomp. i, i. Que je veux de mal à mes gens, de ne vous avoir pas foil entrer d'abord ! mol. Festin, iv, 3. Mais aujourd'hui, Cliton, elle attend ma visite. Et me voudra du mal, si je ne m'en acquitte, th. corn. l'Amour à la mode, i, 6. X la fin je me suis voulu un mal incroyable de m'être opposé un seul moment à ce mariage, d'allainval. Ecole des bourg, m, i . Il On dit dans le même sens : vouloir mal, ou, en renforçant, vouloir mal de mort, [ô mort] Ceux qui te veulent mal sont ceux que tu conserves, malb. i, I. Mon cœur, es-tu si tendre Que de donner des l'Ieurs à l'époux de Cassandre, Et vouloir mal au bras qui t'en a dégagé? rotrou, Vencesl. iv, 2. Je me veux mal de mort d'être de votre race, mol. Femm. t. ii, 7. Je suis sotte, et veux mal à ma simplicité. De conserver encor pour vous quelque bonté, lD.lfiî.iv,3.Vou3 voulez un grand mal à la nature humaine, iD. t6. i, 4 . Ils voulurent mal à leurs officiers de ce qu'ils n'étaient ipas si bien servis, hamilt. Gramm. 2. {| Il vous en prendra mal, mal vous en prendra, cela vous causera du mal, du dommage. Il 3° Absolument. Le mal, la part de mal qui aux yeux de l'homme règne dans l'univers. Les philosophes ont cherché longtemps la cause du mal. La religion de Zoroastre attribue le mal à un mauvais principe qui partage la souveraineté du monde avec le principe de bien. Il n'y a point de mal pour le grand être ; il n'y a pour lui que le jeu de la grande machine qui se meut sans cesse par des lois éternelles, VOLT. Philos, de l'dme, 6. Wolmar se contentait de l'aveu que, peu ou beaucoup, enfin le mal existe, et de cette seule existence il déduisait défaut de puissance, d'intelligence ou de bonté dans la première cause, J. i. houss. Uél. v, 6. Le mal dès lors régna dans son immense empire; Dfs lors tout ce qui pense et tout ce qui respire Commença de souffrir, lamart. Méd. i, 7. || Terme de philosophie. Mal métaphysique, imperfection de nature qui lient à l'essence des choses. || Mal physique, les souffrances, les maladies, la mort. || Mal moral, crime et péché. || 4* Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. La science du bien et du mal. Il y adesgens de qui l'on ne peut jamais croire du mal sans l'avoir vu ; mais il n'y en a point en qui il nous doive surprendre en le voyant, la hochef. Jfax. 167. Il n'a point vu le soleil et n'a point connu ladilTérence du bien et du mal, saci. Bible, Ecclitiasle, VI, 6. Et le mal n'est jamais que dans l'éclat qu'on fait, mol. Tart. iv, 6. On ne doit pas faire le moindre mal pour faire réussir le plus grand bien PASC. Prou. W. On se corrige quelquefois mieux par la vue du mal que par l'exemple du bien, m. Lett. à, Mlle de Hoannei, 7. Dieu conserve au juste un plus grand don ; il relire le pécheur d'un plus grand mal, boss. Mar.-Thér. Il [saint Augustin] nous apprend quil y a en nous deux sortes de maux : u y a en nous des maux qui nous plaisent, et il y » des maux qui nous affligent, iD. Sermons, Vélure de Mlle de Bouxllon, 2. Quand les hommes veulent quitter le mal, le mal semble encore les poursuivre longtemps, rta. Tél. xxii. Uure avait eu autant de pcme à porter sa fille au mal que les autres mères en ont à porter les leurs au bien, lb saok, Gil liUu XII, 3. Que pcrsonnne no songe à tromper les autres, è'esl s'abuser soi-même; qui mal fait mal trouvera, id. Cm. i'Alfar. i, «. La honte, cimpagns du mal, me rendit muet, tremblant devant
MAL
elle, j. 1. Rouss. CoTtfest. ix. Tout ce qui est m.-vl en morale est mal encore en politique, m. Lctt. à d'Alcmbert. Serait ce un mal de s'unir quand on s'aime. Pour que le ciel voulût nous en punir? malfilAtre, Narcisse, ii."|| Induire quelqu'un à mal, le porter au vice, au péché, au crime. || Mettre une femme à mal, la séduire. Le luxurieux animal Mit une pauvre fille à mal, scarr. Virg. vi. Femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content, mol. Festin, v, 7. Je ne pense pas que vous espériez la mettre à mal, hamilt. Gramm. 7. Il Mettre à mal, se dit aussi, en général, pour corrompre. C'est l'imprimerie qui met le monde à mal, c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création, et Caîn lisait les journaux dans le paradis terrestre, p. l. cour. Lett. au réd. du Cens. *. Il Penser, songer à mal, avoir quelque intention maligne ou mauvaise. Si un pauvre philosophe qui ne pense point à mal, s'avise de vouloir faire tourner la terre, volt. Dict. pliil. Contradictions. Toutes ces bonnes gens sont trop occupés pour songer à mal, ID. Dial. XXIV, 3. Il II n'y a pas de mal à, on ne pèche pas en. Quel mal y a-t-il d'aller dans un champ et de s'y promener en attendant un homme? pasc. Prov. t. Il 11 n'y apas de mal entre eux, se dit pourexprimerque les relations d'un homme et d'une femme sont tout à fait innocentes. Messieurs, vous vous trompez, si vous croyez qu'il y ait du mal entre nous :je vous assure que nous sommes comme frère et sœur, sÉif. 48. || Familièrement. Faire du mal, commettre quelque action contraire à la morale. Un jour la duchesse d'Uzès, étonnée de ses scrupules [de Mme de Montespan], ne put s'empêcher de lui en dire un mot : Eh f pourquoi, madame reprit Mme de Montespan, faut-il, parce que je fais un mal, faire tous les autres? M""* de caylus. Souvenirs, édit. 4805, p. 69. La comtesse : Si quelqu'un entrait? — Suzanne: Est-ce que nous faisons du mal donc? beaumarch. Mar. de Fig. n, 4. Il 5° Douleur physique, maladie. J'ai une extrême tristesse de voir que mon âme soit divisée en deux corps si faibles que le vôtre et le mien, et qu'il faille que je sois toujours malade de mes maux ou des vôtres, voit. Lett. 42. Mes yeux ont-ils du mal pour en donner au monde? mol. Éc. des f. n, 6. Considérez les maux que je souffre et qui me menacent; voyez d'un œil de miséricorde les plaies que votre main m'a faites, 6 mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort, pasc. Prière pour le bon usage des maladies, <o. Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la ligure tout ensemble des maux de l'âme, ID. ib. 7. Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait faire si on était malade; quand on l'est, on prend médecine gaiement; le mal y résout, ib. Pens. vi, 16, éd.BAVET. La pauvre la Mousse a eu mal aux dents, sév. 78. Il a un peu mal à la main droite, id. 474. Elle [ma fille] me mande qu'elle est mieux, qu'elle n'a point de mal à la poitrine, id.' au comte de Guitaut, i8 mai )680. Toujours assis, comme son mal le demandait, boss. le Tellier. Et celle [la maladie] que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre chose, à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons au monde en naissant? ID. Mar.-Thér. Lorsqu'un mal funeste et contagieux se répandit tout à coup.... fléch. Duc de Mont. Ces douces ménades Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades... boil. Sat. x. Courtois et Denyau [deux médecins], mandés à son secours.... sauront bien.... Lui donner sagement le mal qu'elle n'a point, id. ib. Vous périssez d'un mal que vous dissimulez, rac. Phèdre, i, i. Philoctète est peutêtre le seul sujet tragique dans lequel les maux physiques puissent être admis, stael, Corinne, viii, 3. Un mal cuisant déchire ma poitrine, bérang. le Ma- (ode. Il Particulièrement, les maux, pelilessouffraiices continuelles, paroppositionàmaladie. .Ne soyez point en peine de ma santé, elle est délicate : un rien la dérange : souvent des maux , jamais de maladie, maintenon, Lett.àMmed'Àubigné,i2oct. lesi. || Maux de nerfs, souffrances indéterminées, synonyme de vapeurs, hypocondrie, etc. || Mal de tôle, douleur qu'on éprouve à la tête, céphalalgie. Madame eut avant-hier la fièvre jusqu'au soir. Avec un mal de tète étrange à concevoir, mol. Tart. i, 5. Elle feignit un mal de têtô; et l'on sait qu'un mal de tête, pour une jolie femme, «si une manière civile de congédier les importuns, marmontel. Cent. mor. Heur. dttJ. Il Mal du pays, maladie du pays, la nostalgie. Ces bals charmants où les femmes sont reines, J'y meurs, hélas I j'ai lemaldupays, béhano. Nostalgie. Mon ami, lues triste, tu te promènes .«eul, tu fuis
MAL
tes camarades, tu as le mal du pays, p. l. cotm. Seconde lett. partie. || Chaud mal. la fièvre chaude, le transport au cerveau. || Fig. Tomber de lièvre enchaudmal, tomber d'un petitaccidenten un plus grand, voir empirer sa condition. C'est tomber da fièvre en chaud mal. scarr. Virg. i. {| Allez, Dieu vous garde de mal, se dit à quelqu'un que l'on congédie, que l'on reconduit. || Faire mal à, causer de la douleur, de la maladie. Mon cœur.... N'entend pas que mes yeux fassent mal à personne, mol. Vlilourdi, 1, 3. La bise de Grignan [qui règne à Grignan, en Provence].... me fait mal à votre poitrine, sÉv. 29 déc. (688. || Faire mal se dit aussi delà partie qui est douloureuse. Le doigt me fait mal. Le genou m'a fait mal toute la nuit. || Sa faire mal, se blesser. Elle s'est fait mal au doigt. Sous prétexte que je me fais mal aux yeux, sÉv. 239. Il 6° Familièrement, un mal, un furoncle, un clou, un abcès, une tumeur. Je ne puis continuer ma lettre: on parle d'ouvrir lemal du roi en quatre, maintenon, Lett. aucard.dcNoailles,T sept. <697. || 7» Mal joint à une autre qualification sert à dénommer diverses maladies ou souffrances. || Mal des ardents, maladie qui parait avoir été une affection gangreneuse, caractérisée surtout par des destructions de la peau et d«s membres ; cette affection a régné à diverses reprises d'une manière épidémique, pendant le moyen âge. || Mal d'aventura, nom donné à de petits abcès qui surviennent près d'un des ongles de la main. || On donne aussi aux panaris le nomde mal d'aventure. || Mal caduc, mal Saint-Jean, mal sacré, haut mal, l'épilepsie. |1 Mal chimique, nom donné par les ouvriers à la nécrose de la mâchoire inférieure causée par le travail prolongé dans les fabriques d'allumettes phosphorées ou allumettes chimiques. || Mal de cœur, envie de vomir, nausées. X moitié chemin j'eus un grand mal de cœur, sév. 58. Il Mal de cœur,maux de cœur, symptôme de grossesse. Il Fig. Mal de cœur, dégoût de quelque chose ou de quelqu'un. Parlons un peu de votre frère, ma fille, il est d'une faiblesse à faire mal au cœur ; il est tout ce qu'il plaît aux autres, sév. 44. lime vient tout conter, en disant qu'il se fait mal au cœur à lui-même; je lui dis qu'il me fait mal au cœui aussi, je lui fais honte, je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme, ». t6. || Mal d'enfant, les douleurs d'une femme qui accouche. Une montagne en mal d'enfant, la font. Fabl. v, to. || Mal de Fiumeou scherlievo.voy. ce mot. || Mal français, voy. mal de Naples.|| Mal de gorgedes prédicateurs, angine glanduleuse ou granuleuse. || Mal de mâchoire, nom vulgaire donné au trismus. |j Mal de mer, indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer, et qui est caractérisée pat des désordres d'estomac. Il Mal de mère, l'hystérie. Il Mal de misère, nom donné par quelques médecins à la pellagre. || Mal de montagne, l'ensemble des phénomènes qui se manifestent lors de l'ascension sur les hautes montagnes. || Mal de mort, nom d'une espèce de lèpre, dans laquelle les parties affectées prenaient une couleur livide et semblaient dans un état complet de mortification. || Mal de Naples, nom que les Français donnent à la syphilis, parce que des soldats l'apportèrent, dit-on, autrefois du siège de Naples, vers la fin du xv siècle; les Italiens, au contraire, qualifient celte maladie de mal français. Tu pourras lui dire, que sans ma maladie de Naples (qui n'était pas le mal de Naples), j'aurais fait il y a six mois cette demande, p. l. cour. Mt. 27 juill. (808. Il Mal de rose ou mal des Asluries, sorte de pellagre, ainsi dite parce qu'elle donne une teinte rouge à la peau et qu'elle règne dans les Asturies. || Mal rouge de Cayenne, espèce d'éléphantiasis. || Mal Saint-Antoine, sorte d'érésipèle.ll Mal Saint-Jean, lachorée. || Mal Saint-Lazare, i'éléphantiasis. || Mal Saint-Main, nom donné taiilût à la gale, tantôt à la lèpre. || Mal do Saint-Hoch, maladie des paveurs et tailleurs de pavés de Paris et de Fontainebleau, et qui provient de l'introduc- , lion de la poussière du grès dans les poumons. Il Mal de Siam, nom donné à la fièvre jaune, parcs qu'on a cru que, dans le xvii' siècle, elle avait été apportée de Siam dans les îles de l'Amérique; ce qui est une erreur. || Mil vénérien, la syphilis. Il Populairement. Avoir du mal, avoir la syphilis. Donner du mal, gagner du mal, communiquer la syphilis, être atteint de syphilis. Il s'emporta, et dit... que, si sa femme avait du mal, elle était... SÉV. 2) août ) 075. Il Mal vertébral de Pott, carie d'une ou de plusieurs vertèhres, ainsi appelée parce que Pott, chirurgien anglais, en a donné une excellente description. || 8* Mal est employé dans la langage des vétérinaires pour désigner diverses af-
fecUons OBS animaux. || Mal d'âne, crevasses qu'on reir.arque souTent autour de la couronne du sabot des bètes chevalines, de l'âne surtout, lorsque ces animaux sont atteints d'eaux aux jambes. || Mal de bois ou mal de brout, maladie qui attaque les bestiaux qu'on mène paître, au printemps, dans les buis. Il Mal de cerf, maladie du cheval qui ne paraît pas diiïérer du tétanos. || Mal d'encolure, nom générique des blessures de la partie supérieure de l'encolure produites par des contusions ou des frottement» répétés. Il Mal de feu ou mai d'Espagne, hépatite aiguë des animaux, accompagnée d'inflammation des méninges. On l'appelle aussi vertige idiopathique. || Mal de foie, nom vulgaire qui a été donné à la pourriture du mouton ou cachexie aqueuse. Il Mal de garrot, meurtrissure ou blessure faite au garrot du cheval. || Mal de pied, nom vulgaire donné au piétin. || Mal de rognon, contusion sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsale» et des vertèbres lombaires, chez les bêtes chevalines. || Mal de taupe, tumeur qui survient à la région de la nuque chez le cheval, et même chez le bœuf, où elle porta le nom d'écrouellet. || Mal de tête de contagion, nom donné tantôt à l'anasarque, tantôt à la morve gangreneuse chez le cheval. Il 9" Terme de magnanerie. Mal de vers ou mal de bassine, affection observée dans les fabriques où l'on dévide les cocons de soie. || Terme de fauconnerie. Mal subtil, espèce de phthisie qui attaque les oiseaux de proie. || 10* Peine, travail. Il a eu bien du mal à l'armée. Le lendemainaura soin de lui-même; à chaque jour suffit son mal, saci, Bihle, Étang. St Math. VI, 34. Il Se donner du mal, prendre de la peine. 11 s'est donné beaucoup de mal pour faire réussir cette affaire. Que de mal nous nous donnons Pour tromper des infidèles ! bïrang. Chapons. Il Fig. Avoir du mal, bien du mal à faire une chose, la faire avec répugnance, avec chagrin. Il a eu bien du mal à vous quitter. || 11* Dommage, perte, calamité. La gelée a fait beaucoup de mal aux vignes. Quel mal nous fait sa vie? corn. Poly. i, 4. Sur les coussins où la douleur l'encnaSne, Quel mal, dis-tu, vous fait ce roi des rois ? béhano. Oclavie. || 12* Inconvénient. Il n'y a point de mal qu'elle médite un peu là-desius, balz. liv. vu, lett. 47. Je ne saurais choisir un plus parfait berger; Tout le mal que j'y trouve est qu'il est étranger, racan, Berger, i, se. a, Àrlénice. Le mal est que dans l'an s'entremêUnt des jours Qu'il faut chômer... la font. Fabl. vin, 20. Le mal est qu'en rimant, ma musc un peu légère Nomme tout par son nom, et ne saurait rien taire, boil. Disc, au roi. Le mal de changer es^il toujours moins grand que le mal de souffrir? MONTESQ. Esp. XIX, (8. Quel mal y auraitil à prévenir un forfait par de l'indulgence pour une faiblesse? niDER. Claudt et Nér. 1, 48. Quand on le découvrirait, le grand mal I est-il défendu d'aimer la campagne, la solitude ? genlis. Ad. et Théod. t. m, p. i»«, dans pol'gens. jj II n'y a que demimal, le mal est peu considérable. || 13" Paroles désavantageuses tenues sur quelqu'un ou quelque chose ; et aussi interprétation défavorable donnée à quelque chose. C'est un homme qui prend tout en mal. La médisance tourne en mal les paroles innocentes. Pourquoi expliquer en mal ce qui est dit indifféremment? Qu'on parle bien ou maidu fameux cardinal; Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien ; Il m'a fait trop de bien pour en dire -lu mal. Il m'a fait trop de mal pour en dire du nien, corn. Ce poSme a tant d'illustres suffrages qui lui donnent le premier rang parmi les miens, que je me ferais trop d'importants ennemis si j'en disais du mal, ID. Cinna, Exam. Parbleu! tous les autres comédiens qui étaient là pour la voir [une pièce], en ont dit tous les maux du monde, mol. Critique, 7. Avec cespremierii (les confesseurs] on est comme Mlle d'Aumale, on aime mieux dire du mal de soi que de n'en point parler, sév. ï3s. Le mal qu'on dit d'autrui ne produit que du mal, boil. Sat. vu. On m'a dit aujourd'hui du mai de la santé de M. d'Argcnson; c'est le seul mal qu'on puisse dire de lui, volt. Lett. Mme du Deffant, 2« juill. 1784. Je serais fort étonné si le roi son père [de Frédéric II] revenait de sa maladie; Il faut qu'il soit bien mal, puisqu'il est défondu en Prusse de parler de sa santé ni en bien ni en mal, m. Lett. d'Argenion, 30 mars (740. Dites, pour l'achever, du mal de la maison, ghesset. Méchant, III, 9. La louange la plus flatteuse pour une jolie femme, c'est la mal qu on lui dit de ses rivales, mar- MONTEL, Cont. mur. 4 flac. j| On lit dans la Bruyère, »ui : Pensant mal de tout le monde, il n'en dit de personne. Il serait plus correct de dire : Peiixaut du nal de tout le monde, jj 14* Ual, adv. Autrement Dir.T. n« LA LAMOUÏ niAN';«isi(.
MAL
qu'il ne faut Quel espoir mal conçu te rapproche de moi ? Aurais-je de l'amour pour qui n'a point de foi? CORN, la Place royale, v, 8. Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures. On pense en être quitte en accusant son sort, la font. Fabl. v, il. Bien qu'au moins mal qu'il pût il ajustât l'histoire, Le loup fut un sot de le croire, id. ib. xi, 8. Pour modérer leur folie au moins mal qu'il se pouvait, PASC. Pens. VI, 62, édit. havet. Un as mal à propos jeté, BOIL. Sat. X. Paixl crois-moi, ne parle guère; J'en sais qui, sans dire mot, N'ont pas mal fait leur affaire, chaolieo. Dialogue entre deux perroquets. Un amant en grand deuil a toujours son mérite; Et, quand, comme Carlin, on serait mal formé, Du moment qu'on hérite, on est sûr d'être aimé, rb- GNARD, te i>is<r. 11,7. Mais qui sait mal, n'apprendra jamais bien, J. B. Houss. Épit. n, 0. Vous ne pouvez plus être occupé à bien dire, quand vous êtes effrayé par la crainte de dire mal, monteso. Déf. Espr. lois, part. 3. Pour bien assurer qu'une chose est mal, il faut voir en même temps qu'on pourrait mieux faire, volt. Philos. Traité de métaph. ch. 11. Mais tremblez en formant ces nœuds mal assortis, m. Ali. I, 4. Comment me prouverez-vousque ces mauvais penchants dont vous prétendez le guérir [l'enfant], ne lui viennent pas de vos soins mal entendus, bien plus que de la nature? j.i. rouss. i^m. 11. Il Mal, dans un sens négatif. Toutefois j'aurais tort de jeter dans les cœurs. L'avis étant mal sûr, de paniques terreurs, corn. Cid, 11, 7. Et nous aurions le ciel ànosvœux mal propice.... m. Hor. v, 3. Et la vertu timide est mal propre â régner, id. Perthar. IV, s. Il semble qu'ils sortent d'ici mal satisfaits, mol. Préc. 2. Qu'ils viennent eisayer leur main mal assurée, rac. Brit. iv, 3. || Mal fait, dont le corps est mal fait, qui a mauvaise tournure. Une personne aussi malfaisante que mal faite, balz. i, 34o. Il Substantivement. Peux-tu me conseiller de commettre un forfait. D'abandonner Léiie et prendre ce mal fait? mol. Sgan. 2. || On écrit quelquefois en un seul mot : malfait. || Faire mal, exécuter d'une manière défectueuse. Il fait mal tout ce qu'il fait. Il C'est mal dire, c'est s'exprimer d'une façon inexacte. Chardon de la Rochette.... se présente à l'Académie, qui toute d'une voix lo refuse; non, c'est mal dire : on ne fit nulle attention i lui, p. L. cour. Lettre à messieurs de l'Académie. Il Cote mal taillée, voy. cote. || Terme de blason. Mal taillé, se dit des pièces grossièrement dessinées. || Terme de chasse. Un animal est mal mené lorsqu'il a beaucoup couru et qu'il est sur ses fins. Il Mal à l'aiso, incommodé tant au physique qu'au moral. Mstl à l'aise en présence d'une personne qu'il avait offensée. Pris dans un corps mal fait , où je suis mal à l'aise , v. eugo , le Roi s'amuse, 11, 2. || 15° Se mettre mal, s'habiller .sans goût, voy. mettre, jj 16° Prendre mal une chose, s'en offenser. Il a mal pris la réponse qu'on lui a faite. || Prendre mal un passage, n'en pas saisir le véritable sens, jj Parler mal, dire du mal. [Il] Parle bien de lui-même et mal de tout le monde, oresset. Méchant, iv, 6. || 17* Se trouver mal, tomber en faiblesse, en défaillance, et aussi éprouver du malaise. || Se trouver mal d'une chose, en éprouver du dommage, de l'inconvénient. || Mal en point, voy. romx. || 18° Être mal avec quelqu'un, être brouillé avec lui. Je vous assure que ceux qui disent et qui écrivent que vous êtes mal avec moi sont mal instruits : vous n'y avez jamais été si bien, maintenon, Lett. au card. de Noaillcs, 24 mars 4708. C'est mon avis; si vous ne lo suivez pas, nous n'en serons pas plus mal ensemble, ID. Lett. à M. d'Aubigné, t. 11, p. (46, dans pougens. II est vrai que j'étais née douce, et qu'avec le caractère que j'avais, rien ne m'aurait plus inquiétée que do me sentir mal dans l'esprit de quelqu'un, MARIVAUX, Marianne, to* part. L'opinion publique, la créance do tous les ligueurs était qu'il fallait tuer son roi, s'il éttit mal avec la cour do Rome, VOLT. Ilenr. Êvén. sur lesquels elle est fondée.[[ Mettre quel(|u'un mal avec, le brouiller arec. II était impossible de le mettre mal [Aristijipe] avec eux [les Tois], Ttjt. Aristippe. || Se mettre mal avec quelqu'un, se brouiller avec lui. || Être mal en cour, n'avoir pas la faveur du prince. Ce sont apparemment mes ennemis, madame, qui vous ont fait ces conte»; ils vont criant que je suis mal en cour, VOLT. Taureau blanc, .''. ||Fig. Trop mal avec la fortune pour pouvoir en soutenir ta dépense [d'une certaine existence], iiamilt. Cramm. 5. || N'être pas mal avec une dame, se dit dans un style c.ivallor pour faire entendre qu'on a touché son cœur. Je suis venu à la campa^o, mo dit-il, pour (aira olai-
MAL
sir à la maltresse de la maison, avec laquelle je na suis pas mal, montesq. Lett. pers. 48. || 19» Être mal, être extrêmement malade. || Être très-mal, être en grand danger. Sa fille a été très-mal, sév. 34. J'ai pu vous dire, madame, j'ai été très-mal, je le suis encore, parce que la chose est vraie, et parce que l'expression est très-conforme à nos décisions académiques; ce le signifie évidemment: je suis trèsmal encore; ce le signifie toujours la chose dont on vient de parler, volt. Lett. Mme du Deffant, so mars 4776. || Être au plus mal, être dans un état désespéré. || 20" Être mal, être dans une mauvaise situation; se mettre mal, se mettre dans une mauvaise situation. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal. Et d'avancer par là les desseins d'un rival, mol. le Dép. 1, 2. Vous voilà mai, au moins, si j'en crois l'apparence, m. Tart. v, 4. Nous sommes mal, monsieur, dans nos affaires' [il s'agit de la possibilité d'une arresUiion], id. Mis. iv, 4. Ceux qui sont mal dans leurs affaires, pasc. Prov. VIII. Nous ne sommes pas si mal que nos ennemis le croient, et que nous le disons souvent nousmêmes, MAINTENON, Lett. a« duc de Noailles, 3 mai 4 706. Ce libraire était mal dans ses affaires ; M. de Voltaire lui prêta dix mille livres, volt. Comment, otuvr. aut. Benr. || Être mal en, être peu pourvu de. Un de leurs citoyens. Noble, à ce que l'on dit, mais un peu mal en biens, corn, le Ment, v, 4. Vous voilà bien mal en preuves, pasc. Prov. xvi. (| Êtie mal en, signifie aussi que ce qu'on a est mauvais. Il est mal en femme. Tous [les amants de Pénélope] s'écrièrent que Télômaque était bien mal en hôtes : l'un, dirent-ils, est un mendiant, et l'autre nous donne des extravagances pour des prophéties, pén. t. XXI, p. 489. 1121" Dans le langage familier, êtremal sa dit pour exprimer que le visage est laid, que la tournure est laide. Cette jeune fille est mal. Cette jeune fille n'est pas mal. || On le dit auiîsi des choses. Ce vin n'est pas mal. Ce thème n'est pas mal. Il 22° Pas mal, se dit familièrement pour approuver quelque chose. Pas mal, vraiment. Pas mal, pour un barbare, volt. Dict. phil. Dieu. Il Dans le langage familier, pas mal signifie aussi en assez bon nombre, en assez grande quantité. 11 n'y avait pas mal de curieux à ce spectacle. Pour une jeune fille, elle n'en sait pas mal: De cas ruses d'amour la croirait-on capable? mol. Éc. des maris II, 8. Tu n'es pas mal impertment, baron, Ilommeà bonnes fort, i, B. Après quelques plaintes sur la fausseté des calomnie» et l'indécence des outrages répandus dans un mémoira signé, dit-on, Beaumarchais Malbête fM" Malbeste était l'avocat de Beaumarchais], le gazetler de France entreprend de se justifier par un petit manifeste signé Marin, qui n'est pas Malbête, bkaumarch. Supplém. au 4"m^m. d coni. note 4. || Proverbes. Mal vit qui no s'amende pas, c'est-à-dire il vient un temps où il faut se résoudre à changer de vie. || Mal sur mal n'est pas santé, se dit en parlant de plusieurs afflictions et infortunes qui arrivent coup sur coup. || Chacun sent son mal, se ditense plaignant de quelque affliction secrète dont on ne veut pas dire la cause, et aussi en signifiant ((u'onse fait seul idée du mal qu'on ressent. Il Aux grands maux les grands remèdes. || Mal d'autrui n'est que songe, c'est-à-dira on est bien moins touché du mal d'autrui que du sien propre.
— REM. Avec un participe présent, le particii)6 s'accorde si mal est devant, et reste invariable si mal est après. Des personnes mal pensantes; des personnes pensant mal. Et qu'il est aux enfers de» chaudières bouillantes Où l'on plonge i jamais le» femmes mal vivantes, mol. École des femmes, ni, a.
— HIST. X" s. Elle n'out eskoltet les mais con- »elliars, Eulalie. Ne aiot niuls maie volunlatem contra sem peer (coniro son pair], fragm. de Valene. p. 489. De paganis e de mats christianis, ib. E sis [si les] penteiet [repentait] de cil mal que fuit habebant, ib. || xi" s. Dès or [ilj comeiico te conseil que mal pri.st, Ch. de Bol. xii. Mal seit det cuor [cœur] qui et piz [poitrine| se couarde, ib. lxxxv. Coma en Espaigne lu venis [vins] mal, seignurl ib. cciv. Na bien ne mal [il] no respond |i| son nevu, ib. xv. Mult grant mal font et cil duc et cil cont», ib. xxviii. II dist après : païen, mal aies-tu' ib. cxLiv. P.nsemble aurons et le bien et la mal, 16. CLVii. De nos François [il] va disant »i mais mot», 16. xci. Mala chanjon n'en deit estre chanti'e, t'b.cxi. Il XII* g. CIst maus [ce ih-.lI] est groi» [grier;, lioncisv. 2B. Qu'après no» mnrs n'en soit dit negua mal, ib. 49. Si Deu plai.st et je vif, je vous mettrai à mal, i7> (93. Quant je fui mal à [avec] K^irloii ,iu vis fier, ib. 48 4. Vendus nous a lui ihaIo traïson, ib. 84. Onques en lor juu ta [ilsj ne firent se mai
MAL
non, Saxont, m Pour lor bonté [ja] le dl, ne nu» mal [jej n'i entent, i6. xii. S'onques grans biens dut eslrc desscrvii Imcrilél l>or mal avoir, bien doi merci alcndre, Couci, v. Je ne doi pas amors grant mal vouloir. S'a U plus bêle dou mont [du mondej mon cuer rent (je rends mon cœur], ti>. ix. J'aim mieux ainsi souXnret endurer Ces très douz maus.... ib X. Et qui mal quiert, il doit bien mal souffrir, ib. XX. Et quant mi mal li [à elle] sont bel et plaisant, «6. XX. Biax niés [neveu], dist-il, or vait de mal en pis : Se nel trovons, nos sommes mal baillis, Raoul de C. so». Il iiu* s. Et sachiés que nous ne venismes mie cl pour mal faire, mais pour vous aidier et desfendre, villeh. lxvuu. Vostre cler vis [visage], qui sembloit flor de lis. Est si aies ore de mal en pis.... ouESNBS, Homanc. p. (08. Si qu'ele fait les bons pour maus [méchants] tenir, hues de la ferté, /tomanc. p. «84. Car li vilains le dist, et s'est vertes [c'est vérité], Que trop vient tost qui mal doit aporter, leboux de lincy, Proti. t. u, p. 492. Il establi les eves de la mer Rouge aussi comme en un boucel [outre, m utre], si que mal ne firent au pueple qui passoit, Psautier, ^ 9S. De deux maux doit en [on] prandre lou meilleur, Merlin, ^ 6B, recto. Et Berte le reçoit, qui mal n'i a pensé, Berle, XV. [Elle] Prent pour Dieu plus en gré tous les roaus qu'ele endure, ib. xui. Car ele n'ot nouvele qui en mal ne se mue, ib. lxxx. Mal semble que je soie de lignage royal, t'b.xxvi. Dame, ce dit Margiste, de maie heure sui née, ib. ucxxii. Et li baron se partirent et râlèrent cascuns [chacun] en sa tere à mesaise de cuer [cœur], pour çou qu'il n'avoient mie acompli lor volonté et avoient aquis la maie amour laroine, Chr. deRaint, p. «8». Mariages est maus [mauvais] liens, la Rose, 8871. Et plus en gré sunt receii Li biens dont l'en a mal eu, ib. 26)4. Quant il pleut le soir et fait mal tens de nuit, jomv. 230. Par maie avanture, au tourner que je fiz ma teste.... id. ïB6. Taillebours, qui siet sus une mile rivière que l'en appelé Tarente [Charente], m. 206. Quant aucuns est trovés mors, et il n'apert sor li nul signal pour lequel le [la] mors li soit venue, on doit mix [mieux] croire qu'il soit mort de mal d'aventure qu'autrement, beaum. lxix, <4. Bestes mues n'ont nul entendement, qu'est biens ne qu'est maus [mal], id. lxix, 6. jj xiv s. Et avecques ce ils voient que les fortunes d'unes meismes personne» sont variables et sont maies et après boanes, oresme, Eth. ï3. Se aucun fiert sanz ce que il soit courcié [courroucé], il fait plus mal que celui qui fiert pour ce que il est courcié, iD.tb. 209. Mal de l'heure que l'acointai, Chastelain de Couci,y. 2ô»s. Il XV' s. Sachez que monseigneur d'Anjou me veut grand mal pour la garnison de Lourdes que vous tenez, Pfioiss. II, m, «o. Par saint jDenis, repondirent les chevaliers, sire, vous dites voir ; et mal ait qui fuira, jd. i, i, 327. Les choses iront si mal que les Turcs et les Tartares conquerront toute tirece et convertiront à leur loi, id. n, m, 25. Et moult souvent par trop boire.... ils avoient.... si mal en leurs testes que ils ne se pouvoient aider tout le jour, ID. u, III, 34. Je di»confirai Jean Lyon sans coup ferir, et le mettrai si mal du comte, qu'oncques n'en fut si bien que il en sera mal, id. ii, ii, 62. Toutefois, tout bien considéré, ne veoient-ils point de mal à lui demander ... id. ii, m, <9. Et quand on dit à Clisson ce qu'il falloit qu'il feist.... ou autrement il seroit en grand danger de sa vie, il luy feit grand mal de l'accorder, juvén. des urs. Charles VI, 4:187. J'ai maintes fois ouy dire : qui le bien laisse et le mal prent, il fait follie à escient, Perceforest, t. IV, f 4(3. Se puet chascun net maintenir qui veult, Ne pour nul grief ne doit à mal tourner : Fay ce que doiz et aviengne que peut, e. descb. Bail, lais ce que dois. Le roy, à qui il suffisoit d'avoir joué son personnage.... ne leur fist aucune malle rnsponce, mais seullement leur dist.... comk. iv, 8. Qui bien ne mal ne peut souffrir à grant honneur ne peut venir, J. de Saintré, p. (36, dans lacurne. Il xvi* s. Mal pense, qui ne repense, H. est. Précellence, p. ( 97. Ores me sont courroucez ennemis. Me regardan» de mal œil en travers, amïot, Solon, 2e. I.e territoire estoit si maigre, qu'à maie peine pouvoit-il rapporter pour nourrir ceulx qui le labouroient, id. ib. 42. Il luy feit mal de veoir ceste belle image prisonnière entre les mains des barbares, id. TMm. 65. Une autre fois il dit au mesme lieu tous les maulx du monde de luy, id. Ciciron, n. La vie n'est de »oy ny bien ny mal ; c'est la plac du bien et du mal, mont, i, b«. J'en feus si mal, que j'en cuiday remourir, id. Il, 68. Ho, dist-il, vous n'este» tant aal que vous dictes; non, ou je suysbien trompô à TO-trî pliysiognnroie, baB. Paru, n, 2i. Ka, male-
MAL
mort, nous as-tu tollu le plus parfaict des hommes 1 ID.«6.ii,30. Le mal feut plus fort que les remèdes, ID. ib. IV, (7. De choses mal acquisrs le tiers hoir ne jouira, ID.Ï6. m, (.Non pas par mal [par méchanceté], mais en se jouant, Nuits de Straparole, t. i, p. ne, dans lacurne. D'aucuns feust nommé le mal de Naples, la grosse veroUe ; les uns l'ont appelle le mal françois; et plusieurs autres noms a eu la dite maladie; mais de moi, je l'appelle le mal de celui qui l'a, Hist. du chev. Bayard, p. 56, dans lacurne. Il [le duc d'Orléans, fils de François I"] alloit plus viste que monsieur le Dauphin son frère, il estoit prompt, bouillant, et aimant à faire tousjours quelque petit mal, brant. Cap. fr. t. I, p. 340, dans LACURNE. X peine endure mal qui ne l'a appris, coTGRAVE. Il est tost deceu qui mal ne pense, ID. Tel se plaint qui n'a point de mal, m. Autant pleure mal batu que bien batu, id. Mal fait qui ne parfait, id. Mal poise qui ne contrepoise, id. Mal soupe qui tout disne, id. Qui mal entend mal respond, ID. Mal se joue qui fiert [frappe] la joue, Leroux DE linct, Prov. t. II, p. 343. X mal faire n'y gist qu'amende [réparation], id. ib. p. 344.
— Etym. Wallon, tn<î, mou ; bourguig. maul : quique maule foteugne, quelque mauvaise fortune; mou, un mal ; picard, mau; Berry, c'est une maie affaire; mau, un mal;provenç. mal, mau; espagn. mal; portug. môo, et adv. moJ; ital. maie, et adv. maie; du lat. malus. Il y a dans le sanscrit moio, sale, avare, malina, sale, noir, mauvais; ces sens conduisent à malus; le sens primitif est noir, sale; ily faut donc rattacher |j.éXa;, (iéXavoî, noir.
t MALAC (ma-Iak) , s. m. Étain de Malac, espèce commerciale d'étain qui a la forme d'un chapeau, legoarant.
— ÉTYM. Abréviation de Malacca.
MALACUITE (ma-la-ki-f) , s. f. Pierre précieuse,
dont la couleur, tirant un peu sur celle de la mauve, tient le milieu entre celle du jaspe et celle de la turquoise, et qui est un cuivre carbonate vert, fourni par la nature en stalactites solides et opaques. On pourra voir au cabinet du roi les superbes morceaux de malachites soyeuses cristallisées et mamelonnées, dont l'auguste impératiice des Russies a eu labontédeme faire don,BUFF.lftn. t.viii.p. 63.
— ÉTYM. Ma)>oyJTiti«, de (laXâxi, mauve, à cause de la couleur.
MALACIE (ma-la-sie), s. f. || 1° Terme de médecine. Dépravation du goût, avec désir de manger des substances qui sont peu alimentaires ou qui ne le sont pas du tout, et qui même répugnent ordinairement; elle ne diffère pas du pica. || 2° Synonyme de ramollissement, chez quelques auteurs.
— ÉTYM. Lat. malacia, défaut d'appétit, proprement mollesse d'estomac, de (iaXaxîa, mollesse, (iaXaxo;, mou.
t MALACO.... préfixe qui signifie mou et qui vient du grec [ia),ax6î; comparez le lat. mollis, mou ; sanscr. midi, languir, s'amollir, se faner.
t MALACODERME (ma-la-ko-dèr-m') , adj. Terme de zoologie. Oui a la peau molle. || S. m. Les raalacodermes, tribu de la famille des coléoptères.
— ÉTYM. lfo/aco....,el SépiJia, peau.
t SLALACOLOGIE ^ma-la-ko-lo-jie), s. f. Traité sur les mollusques ou animaux mous.
— ÉTYM. Malaco et ),6yo;, traité.
t MALACOPTÉRYGIKN, lENNE {ma-la-ko-ptéri-jiin, jié-n'), odj. Terme do zoologie. Qui a des nageoires molles. || S. m. pi. Les malacoptérygiens, poissons osseux comprenant tous ceux dont les rayons des nageoires, sauf l'antérieur, sont formés de petites pièces articulées qui les rendent mous.
— ÉTYM. Ifoioco....,et ^iTepûyiov, nageoire.
t MALACOSARCOSE (ma-la-ko-sar-kô-z'), s. f. Terme de médecine. Ëtat de mollesse du système musculaire.
— ETYM. Malaco...., et aàpi, chair.
t MALACOSOME (ma-la-ko-so-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a le corps mou.
— ÉTYM. Malaco...., et aûv-a, corps.
t MALACOSTÉOSE (ma-la-ko-sté-ô-z'), *.^. Terme de médecine. Ramollissement des os.
— ÉTYM. Malaco...., etèoTtov, os.
t MALACOZOAIRE (ma-la-ko-zo-é-r'), adj. Terme de zoologie. Animal malacozoaire, animal sans membres, dont la peau est molle et partout contractile. Il S. m. pi. Les malacozoaires, nom donné par de Blainville à l'embranchement des mollusques.
— Etym. Jfnioco..., et i:u)àpiov,dim. de C'îJov, animal.
MALACTIQUE (ma-ls-kti-k'), adj. Terme de médecine. Synonyme inusité d'émollient. || S. m. Les mal.icliques.
— tTVU. MaXaxTtxi;, de |xaVàa«civ, amollir.
MAL
MALADE (ma-la-d'), adj. \\ !• Qui a quelque allération dans sa santé. II était déjà malade de la maladie dont il est mort. Qui ne sent point son mal est d'autant plus malade, corn. Rodog. m, 6. Flavie, au lit malade, en meurt de jalousie, id. Théod. i, t. Qui fait le plus de bruit n'est pas le plus malade, ID. Perthar. m, s. Mais, monsieur, mettez la main à la conscience : est-ce que vous êtes malade? MOL. Mal. imag. i, b. Quand je vous écris de grandes lettres, ma chère enfant, vous avez peur que cette application ne me fasse malade, sév. 30 juill. 1677. Je vous dirai que nous regardons la fatigue de venir par les chaleurs et par la diligence comme une chose terrible, et qui pourrait vous faire malade, ID. 8 juill. (676. Que me sert, en effet, qu'un admirateur fade Vante mon embonpoint, si je me sens malade? BOIL. iîp. IX. Je suppose qu'une belle princesse, qui n'aura jamais entendu parler d'anatomie, soit malade pouravoir trop mangé, trop dansé, trop veillé, trop fait tout «e que font plusieurs princesses, VOLT. IHct. phil. Maladie. J'aimerais mieux qu'il fût quelquefois malade que sans cesse attentif à sa santé, j. j. rouss. Ém. n. || Malade de, qui a telle ou telle partie affectée. Malade de la poitrine. Malade de corps et d'esprit. 1| Malade à mourir, exlrêmementmalade. Quoi 1 vous n'êtes point malade à mourir comme je vous ai vue ! ah ! ma bonne, je suis trop heureuse, sév. 2) juin (674. || Avoir l'air malade, paraître malade. || Ironiquement et fig. Le voilà bien malade, se dit de quelqu'un qui souffre ou se plaint de quelque mal léger. Vous voilà tous bien malades d'avoir un méchant rôle à jouer, mol. Impromptu, ( . Ce ne sont plus rien que des idées ou des fantômes, des façons de chevaux. — Les voilà bien malades! ils ne font rien, id. l'Avare, m, t. Comment ! elle consent à t'épouser ? — La voilà bien malade I MARiv. Jeux de l'am. et du bas. m, 7. Vous voilà bien malade; il faut servir les grands ; On amuse souvent plus par son ridicule Que l'on ne plaît par ses talents, volt. Prude, prol. \\i° Il se dit, au même sens, des animaux. Un cheval malade de la mon-e. Mon chien est malade. Les vers à soie sont malades cette année. || Les plantes, étant vivantes, sont malades comme les animaux. La vigne est malade. Les cerisiers ont été, à différentes reprises, malades dans les environs de Paris. || Les fruits et les produits végétaux sont malades aussi. Pommes de terre malades. Tomates malades. || Enfin on l'applique à certains produits végétaux altérés. Ce vin est malade, a la couleur malade. || 3° Qui a subi quelque altération pathologique, en parlant des parties du corps. Les climats chauds rendent facilement le foie malade. Il a les poumons malades. Appliquer le remède à la partie malade. Ne me touchez pas la main droite, c'est la main malade. Il 4° Avoir l'esprit malade, être un peu fou. Fais quelque chose enfin pour mon esprit malade , CORN. Théod. 1, ( . Un fou rempli d'erreurs, que le trouble accompagne, Et mal.nde à la ville ainsi qu'à la campagne. En vain monte à cheval.... boil. Êp. V. Il 5° Malade se dit quelquefois, dans le langage familier, pour exprimer qu'une chose a reçu quelque atteinte, ost en mauvaises conditions. Cette entreprise est bien malade ; les fonds manquent. On dit que le ministère a un fort parti contre lui et qu'il est malade. Amour fit une gambade. Et le petit scélérat Me dit : pauvre camarade, Mon arc est en bon état. Mais ton cœur est bien malade, la font. /mi(. d'Anacréon. || Cet habit, ce livre est bien malade, c'est-à-dire est en mauvais état. || 6° Fig. Qui est affecté de quelque trouble, de malaise moral. Nous sommes dans la corruption des siècles et dans la caducité de la nature; tout est faible, tout est malade dans les assemblées des hommes, BALZ. De la cour, «• dise. Et, contents d'avoir connu nos plaies, nous en sommes, ce semble, plus tranquillement malades, mass. Orais. /un. Villars. || Un cœur malade, cœur troublé par quelque passion. Ainsi le cœur malade des mortels compte toujours pour rien ce qu'il a le plus désiré (lès qu'il le possède, pên. Tél. xxiv. || L'âme malade, l'âme pécheresse. Les figures de l'Evangilo pour l'état de l'Ame malade sont des corps malades, PASC. Pens. XXV, (89, éd. havet. H?" S. m. et f. Celui, celle dont la santé a subi quelque altération. Et lorsque le malade aime sa maladie, Qu'il a peine i souffrir que l'on y reiné<lie I corn. Cid, ii, 5. Voilà, monseigneur, une grande obligation que vous aura le doyen des malades de France, scarr. Virg. II, épttre. l.e médecin Tant-pis allait voir un malade Que visitait aussi .son confrère Tant-mieux, LA riiNT. Fabl. v, (2. Voilà une malade qui n'est pas tant dcgoûtaute, et je tiens qu'un homme lien
MAL
MAL
MAL
sain s'en accommoderait assez, mol. K(d. malgré lui, II, 6. Lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde, ID. ib. Est-il possible qu'on laisse comme cela un pauvre malade tout seul? iD. Mal. imag.i, *. Je parlerai à Buchesne de votre petit médecin, à qui nous donnerons dans notre quartier quelques malades à tuer pour voir un peu comme il s'y prend, sÉv. 4" nov. 4 679. Il Proverbes. Il n'en mourra que les plus malades, se dit quand on se moque d'un danger commun qui menace plusieurs personnes. || On dit à peu près dans le même sens : Est bien malade qui en meurt. || Il est fort malade, rien ne lui demeure à la bouche [par ironie, il se porte fort bien], leroux
DE LINCT, PrOV. t. I, p. 263.
— HIST. XII* s. Et les malades reposer et baigner, Ronc. p. <69. Malabde, Passion de J. C. tte. Il xin* s. Comme cil qui rapareille le lit du malade por reposer, Psautier, ^ bl. Et vint tout droit en Acre, et fist le malade et le mesaisié, et chemina dusques al hospital, Chr. de Rains, p. (07. || iiV s. Celui qui est malade, il n'est pas en sa volenté d'estre sain quant il lui plaira, obesme, Eth. 74. Il XV* s. Le disent ainsi : que mallade riant meurt, et le plorant gharist, 6. chastelmn, Chr. des ducs de Bourg, i, 67. Quant il amende au malade, il empire au mire [médecin], leroux de lincy, Prov. t. i, p. 263. Il XVI* s. Vespasien estant malade de la maladie dont il mourut, mont, m, 89. X l'œil inalade la lumière nuit, cotgrave. La mort n'a point d'ami, le malade n'a qu'un demy, ID.
— ÊTYM. Bourguign. mailaide; wallon, malâd; provenç. mai apte, malaut; anc. catal. malaut; catal. niod. malalt; anc. espagn. et anc. ital. malato; de la combinaison latine maie aptus, mal apte (voy. apte). On a objecté que l'italien devrait être malatto ; mais il y a en effet malattia, et malalo a été formé sur le verbe emmalare, rendre malade. On a objecté encorequele français devrait être malate; mais moZode est une contraction facHe de malabde. La formation de malade est analogue à celle de l'ancien français rade, du lat. rapidus, d'où rabde, puis rade , comme malabde, puis malade.
MALADIE (ma-la-die), ». f. || 1" Altération dans la santé. Ils [deux médecins] triomphaient encor gur cptte maladie : L'un disait: il est mort, je l'avais bien prévu; S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie, la font. Fabl. v, 1 2. J'avais tort de craindre que l'air de Provence ne vous fît une maladie considérable ! vous ne dormiez ni ne mandiez.... sEv. 49 juill. 4677. Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies, Opuscule de pascal. Il (Pascal] disait au plus fort de ses douleurs.... : ne me plaignez point; la maladie est l'état naturel des chrétiens, parce qu'on est là comme on devrait toujours être, dans la souffrance des maux, dans la privation de tous les biens et de tous les plaisirs des sens, «"• perieb. Vie de Pascal. La maladie qui se joue, comme il lui plaît, de nos corps, que le péché a donnés en proie à ses cruelles bizarreries, boss. 4" sermon, Nativ. de la Ste V. 3. Marie-Thérèse aussitôt emportée que frappée par la maladie, m. Mar.-Thér. Le repos et la nourriture ne sont-ils pas de faibles rem'des de la continuelle maladie qui nous travaille? et celle que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre chose, à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons en naissant T ID. le Tellier. Après de grandes maladies causées par de grands travaux, ID. ib. Les fréquentes maladies le mirent souvent aux prises avec la mort : exercé par tant de combats, il en sort.iit toujours plus fort et plus résigné à la volonté divine, ID. ib. Frappé d'une horrible maladie, ID. Hist. 11, 3. Mme la Dauphine, dans toute sa tribulation, n'est point sortie des mains de Dieu ni de l'ordre de sa Providence.... la maladie ou la santé lui devinrent indifférentes, rtiCH. Dauphine. Les maladies de langueur sont d'autant plus rudes qu'on n'en prévolt pas la fin, ii>. Urne de Mont. Dieu, qui imprime de temps en temps la terreur de ses jugemenU dans les coeurs des hommes par des punitions publiques, affligea la capitale de ce royaume d'une maladie contagieuse, in. ib. Le nombre des maladies qui affligent le genre humain est si énorme, que nous manquons de termes pour les exprimer, volt. Frngm. sur l'hist art. xxiii.
Il Faire une maladie, être atteint d'une maladie. Il est singuher que je n'ai jamais fait de grandes maladies à la campagne, j. i. roijss. Confett. vi. Il Fig. et populairement. Faire une maladie, se dit pour faire quelque chose avec effort et malgré soi. 11 fait une maladin toutes les fois qu'il rend uns«r-
vice. Il 2* La maladie attaque les animaux comme les hommes. L'art vétérinaire est la science des maladies desanimaux domestiques. Les maladies des chevaux. Les maladies des vers à soie. || Il se dit aussi des végétaux qui, étant vivants, peuvent [devenir malades. La maladie des pommes de terre. L'oïdium, maladie de la vigne. || Il se dit enfin de certains produits \égétaux. Les différentes maladies du vin. Emploi de la caléfaction pour prévenir certaines maladies des vins. || 3° Maladie, avec une qualification, sert à désigner différentes affections. Maladie d'Addisson, maladie bronzée, maladie dans laquelle la coloration de la peau devient noirâtre. || Maladie bleue.voy. cyanose. Il Maladie de Bright, alîection des reins appelée aussi néphrite albumineuse et albuminurie. || Maladie des chiens, maladie du jeune âge, gastro-bronchite, coryza, fièvre muqueuse, morve des chiens, noms donnés à une maladie que les chiens contractent dans leur jeune âge, et qui est caractérisée surtout par un état catharral des membranes muqueuses. || Maladie des chats, affection analogue à la maladie des chiens. || Maladie convulsive, nom donné à une maladie des moutons qui a beaucoup de rapport avec l'épilepsie. || Maladie pédiculaire, voy. PHTniRiASE. Il Maladie du sang, maladie des bêtes à laine. || Maladies saturniennes; on a donné jadis ce nom au scorbut, à l'hypocondrie, à la goutte vague. Il Maladie des Scythes, affection décrite par Hippocrate, laquelle attaquait les .Scythes, et qui consistait principalement dans l'impuissance. || Maladie de Sologne, dite aussi maladie rouge, mal roupe, maladie de sang, nom donné à une maladie des bêtes ovines. || 4* Il s'emploie absolument quand on parle d'une épidémie. N'allez pas dans cette ville, la maladie y est. ||6° Maladie du pays, mal du pays, nostalgie. Je vous dirai seulement qu'il [un diable] brûle d'impatience de revenir aux enfers. — Proserpine : C'est-à-dire qu'il a la maladie du pays, legband, Belphégor, ii, 5. Je me sentais saisie par la maladie du pays, la plus inquiète douleur qui puisse s'emparer de l'âme, stael, Corinne, xiv, 3. || 6° Fig. Ce qui trouble l'esprit, le cœur, les nations. Il n'y a rien que de divin dans les maladies qui travaillent les États, balz. Socrate chrétien, Disc. 8*. Lamaladie principale de l'homme est la curiosité inquiète des choses qu'il ne peut savoir, PASC. Pensées, vu, 4 7, éd. havet. Comme je ne pensais pas être dans cette maladie [trop grande confiance en son jugement], je m'opposais au remède qu'il rae présentait, m. Entret. avec U. de Saei. L'ardeur de leurs disputes insensées [des protestants anglais] est devenue la plus dangereuse de leurs maladies, "boss. Reine d'Anglet. Comment notre âme ne jouirait-elle pas d'une grande tmnquillité, après que la loi de Dieu a guéri toutes ses maladies? lo. Sermons, loi de Dieu, 3. La guerre, vius dis-je, est une maladie affreuse qui saisit les nations l'une après l'autre, et que la nature guérit à la longue, volt. Dial. 2*. Cette maladie épidémique [la croisade] passa jusqu'aux enfants; il y en eut des milliers qui, conduits par des maîtres d'école et des moines, quittèrent les maisons de leurs parents, sur la foi de ces paroles: Seigneur, tu as tiré la gloire des enfants, in. Mœurs, 57. || 7° Affection excessive pour quelque chose. Mme de Maintenon eut la maladie des directions, qui lui enleva le peu de liberté dont elle pouvait jouir, sT-sm. 413 176. La maladie des systèmes peut-elle troubler l'esprit au point de faire dire qu'un Suédois et un Nubien sont de la même espèce...? volt. Singul. natur. 29.
— HIST. xii* s. E après ceo si chay [tomba] en maladie, Machabées, i, 4.||xin* s. Souvent [ils] prientqueDiex lui doint tel maladie.... Berte, Lxxii. Siie, fis-j*! jamais n'aurai Joie, se n'est par une chose, Que [car] j'ai dedans le cuer enclose Une moult pesant maladie, la Rose, 2903. Après ces choses desus dites avint, ainsi comme Dieu voult [voulut], que une grant maladie prist le roy à l'aris, joiNV. 207. Orscvent [savent] crestyen toute no maladia (embarra», position critique], Collect. de chron. belges inéd. oachbt, Gloss. || xv s. Le roi Robert d'Escosse esloit devenu moult vieux et malade de la grosse maladie [la lèpre], froiss. i, i, 28. ||xvi' s. Seigneur consul, ton filz est mort de malaidio au camp, AMroT, Publ.il. Tard médecine est apprestée à maladie enracinée, cotohave. .Maladie et douleur se cognoist à la couleur, leroux he i.incy, Proi\ t. I, p. 264. Maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied, ID. ib. De grande maladie vicut-on bien en grande santé, lu. ib.
— ÊTYM. Malade; bourg, moilatdie; prov. malaptia; cat. malallia ; anc. esp. malatia ; ital.maJaUta. X
côté de maladie, il y avait malage, s m., fort employé, et qui est simplement un dérivé de mai. MALADIF, IVE (ma-la-dif, di-v') , adj. Sujet à être souvent malade. Une personne maladive. Une complexion maladive. Un enfant maladif. |{ Fig. Il se dit de certaines affections de l'âme. Une curiosité maladive.
— HIST. iiii* s. Quant vit qu'il fu si maladis.... DU CANOË, maladia. \\ xiv* s. Les povres, les impotens, les maladifs ou enlangourés, Ménagier, i , 6. Car qui de soussi a la paine. En lui a santé maladive, J. BRUYANT, dans Ménagier, t. ii, p. fi. || xvi's. La présente constitution de l'air est fort salubre et peu maladive, farA, Introd. i3. 11 estoit en ses premiers ans fort foible, gresle et maladif, amtot, Démosth. VI. Et lors voyans manifestement que la lieu leur estoit maladif, et mortel, in. ib. Pesant et maladieu, je me sens à cette heure Au dangier de la mort.... morin. Siège de Boulogne, p. 34. Ainsi qu'un vieux guerrier maladif et cassé, desportes, Elégies,!, i. Cette maladifve curiosité, mont. u, 243.
— ÉTYM. Dérivé de malade.
t MALADIVEMENT (ma-la-di-ve-man), adv. D'une manière maladive.
MALADRERIE (ma-la-dre-rie) , s. f. Hôpital de lépreux, dit aussi léproserie. Les maladreries ou léproseries de Saint-Lazare semblent avoir été en Orient les premières maisons de refuge, chateaud. Génie, iv, vi, 2.
— HlST.xiii's.Ilfesoitdonner aus poures esglises, à maladreries,à mesons Dieu,àhospitaulz,età poures gentilz hommes et gentilz femmes, joiNV.293. Les maladreries furent fondées sur aumosnes et pour li communporfit, por dessevrer lessains [bien portants] des enfers [malades] de liepvre, beaum. lvi, ♦.
— ÊTYM. JfaJaderie, ou, avec une répenthétiqua attirée par ladrerie, maladrerie, dérivé de malade j prov. malaudaria. Xaladerie s'est, dans certaines provinces, transformé et conservé en malad'ère.
MALADRESSE (ma-la-drè-s') , s. f. Défaut d'adresse. La maladresse d'un chasseur, d'un joueur di; billard. || Fig. La maladresse de ce diplomate fit manquer la négociation.
— ÉTYM. Mal,et adresse; bourguig. maulaidresse. MALADROIT, OITK (ma-la-droi, droi-t'), adj.
Il 1° Qui n'est pas adroit. 11 est maladroit danstoul ce qu'il fait. Avoir la main maladroite. La nouveamé de ces visages barbares et de ces grands corps maladroits nous pourrait donner de l'étonnement, balz. liv. n, lett. 9. L'on dit de soi qu'on est malailroit, la brut. XI. Il Cheval maladroit, cheval qui choisi» mal les endroits où il met le pied en marchant. Il 2° Fig. Qui n'a pas d'habileté. Il a été maladroit, et a choqué son protecteur. Démarches, paroles maladroites. Il faut être bien maladroit pour calomnier l'inquisition, et pour chercher dans le mensonge de quoi la rendre odieuse, volt. Mœurs, i4o. Il 3" S. m. et {. Un maladroit, une maladroite. Et s'il avait affaire à quelque maladroit, corn. Poly.v, i.
— ETYM. Mal, et adroit; bourguig. mouioidroi. MALADROITEMENT (ma-la-droi-te-man). D'une
manière maladroite. Il s'y est pris maladroitement. U s'est maladroitement excusé.
— ETYM. Maladroite, et le suffixe ment.
] MALAGA (ma-la-ga), s. m. Nom d'un très-bon vin de liqueur, ainsi nommé de Malaga en Espagne, où on le récolte.
t MALAGMA (ma-U-gma), s. m. Terme de pharmacie. Médicament topique qui a la vertu de ramollir. Il Se ditausside toute espèce de topiquemou.
— ETYM. MàXaYna, de |ioXixa<r«iv, amollir, qui se rattache à (xaXaxi;.
MALAGOETTK (ma-la-ghè-f), ». /•. Voy. «ahIouette.
MALAI, AIE (ma-lè, le), ». m. et f. || 1* Nom d'un peuple qui habite dans les îles de l'Asie orientale. Il 2* S. m. Le malai, langue très-répandue dans ces lies . Il Plusieurs écrivent malais, et quelques-uns disent la langue malaise.
f MALAIRE (ma-lê-r'), adj. Terme d'anatomio. Qui a rapport à la joue. || Os malaire ou os de la pommette, petit os irrégulièrement quadrilatère. Il Apophyse malaire, éminence rugueuse située sur la partie externe de l'os maxillaire supérieur.
ETYM. Lat. mala, joue, qui est peut-être uno
contraction de maxilia, mâchoire. j
MALAIS, voy. MALAI. 1
t MAI~AISANCE(ma-lê-zan-s'), », f. Terme vieilli. Défaut d'aisance.
— HIST. XVI' s. X cause de la malalsance du Heu, on ne pouvoit ni fouir ni chassc-r gueres loing, tant la place estoit cuntraincte, auyot, ilom. 27.
—ÊTYM. ifai, et aisance.
MAL
MM.AtSE (m» Ift-xl, '■ m.||l-Ktat de mal-être. [L'homme heureu«J Sans j«nais en son aise un Lhiso éprouver, «alh. I. 4. Le malaise des be- ►,i,i. s'exprime par des signes, quand le secours d'autrui est nécessaire pour y pourvoir, J. t. Rouss. Ém I Les climats froids produiront des hommes moinsardents que d'autres, mais plu» labonoui, plus actifs, plus vigoureux par leur complexion, nlusenlrepronanU par l'impulsion du malaise, maricoNTEL, ÉUm. UU. OBuv. t. viii, p. 383 dan» pocoEK». Il %' Particulièrement. Etat de souffrance du corps sans maladie caractérisée. |j 8" 11 se dit aussi d'un état de souffrance morale. Il éprouva du malaise en »e trouvant devant co.ui qu'il avait offensé. Cest déjà un bien que do dissiper ce malaise, CONDIL. Uùt. anc. m, 2«. || 4' Etre dans le malaise, être i l'étroit, être mal dans ses affaires.
— HIST. UU* ». Ceux qui estoient de l'arriére garde furent à grant malaise des furcs [furent trèsmallraitésJ.JOiNV. p. ft«, dansLXCURNB. Et si très en malaise et si fort tourmentée, Berte, nvui. Il xv ». El sachez que qui fust encrolé en ces crolieres, il eust trouvé i malaise qui lui aidast, froiss. i, i, 37. Vous plaise nous escrire de vos nouvelles, et en quelle santé vous vous trouver après les médecines qu'avez prises; car j'en suis à très grand malaise, eoDKFBOT, Rem. tur Ihist. de Charles ¥11, p. 896, dans LACORKE.
— ÊTYM. Mal, et aise; bressan, moJ^iO.
MALAISÉ, ÉE (ma-lô-zé, zée), adj. \\ i' Qui n est
pas aisé, facile. Bien est-il malaisé que l'injuste licence Qu'il» prennent chaque jour d'affliger l'innocence. En quelqu'un de leurs vœux ne puisse prospérer, halh. i, a. Dites, dites, seigneur, qu'il est bien malaisé De céder ce qu'adore un cœur bien embrasé, corn. Tite et Bér. u, a. Il est malaisé de parler de vous, quand ce serait à vous-même, sans TOUS donner des louanges ; malaisé de vous en donner sans vous déplaire, et plus malaisé encore de s'empêcher de vous en dunner, scarron, Lett. Œuv. t I, p. »ao, dans pouoens. S'il en faut faire autant afin que l'on me flatte. Cela n'est pas bien malaisé, L* font. Fabl. iv, 6.|| Malaisé à, avec un mfinitif. Pourquoi comptent-ils [les calvinistes] pour rien les doutes des autres aussi malaisés à résoudre que ceux des luthériens ?BOSS. favert. m, 43. L'auteur ne veut que de la vertu et de la probité qui sont si malaisées à rencontrer, volt. LeU. Damilaville, 37 mars *767.|| 2° Incommode, dont on ne peut user avec facilité. Un escalier malaisé. Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé, Et de tous les cAiés au loleil exposé, la font. Fabl. vu, s. || 3° Qui est i l'étroit dan» sa fortune. Un riche malaisé. A ce di3cours,je sentis à merveille que j'étais avec une de ces beautés malaisées dont le meilleur revenu consiste en un joli visage, harivalx, ïays. farv. part. 6. Il Substantivement. Malaise, si jamais il fut des malaisé» : U a mangé son fait, th. cobn. V. César d'Avalot, II, 4.
— HIST. xv s. Bien quinze semaines il fut au lict d'une course de cheval, dont il eut la jambe malement malaisée, fhoiss. liv. u, p. 378, dans lacukne. Il XVI* s. Et me semble plus misérable lui riche ma- Uysê, nécessiteux, affaireux, que..,, hont. i, 344. L'aysé et le malaysc lui sont un [i liii>u],iD. u, 4 6t. II estoit vieux et malaisé de sa pertuuue, sesper. ConUt, XXVI. Quand ceste opinion estuue fois logée en l'entendement, elle est mal-aisée d'arracher,
LAKOUE, »».
— ÊTYM. Mal, et aùé; boucguig. maulaité. Le Berry a un verbe malaiser, mettre mal à l'aise, verbe d'ailleurs usité dans l'ancienne langue.
MALAISÉMENT (ma-lê-zé-man), adv. D'une mani're malaisée. Un grand contentement malaisément se cèle, itoNiBR, Sat. zu. Un cœur si géiiéroux se rend malaisément, cobn. Cid, ii, 7. Il y entre (dans la tr>i;édie1'de» batailles, des prises de villes, de grands pi^Tils, des révolutions d'Etats, et tout cela va mabisémenl avec U promptitude que la règle nous oblige d« donner à ce qui se passe sur la scène, m. Ihic. trag. Assez malaisément on sort de mon empire, ID Touon d'or, m, 4. Ahl qu'un front et qu une tme à U tristesse en proie FeiKnent malaisément et le nre et Ujoiel a. ch4n. ÉÛg. 23. Les rois malaisément souffrent qu'on leur résiste aniwuox, U Meunier Sam-Souci. '
— enm . Malaiié pour maUtiiée, et le suffixe ment . t MALAMBO (ma-lan-bo), t. m. Nom donné à
une éeorce fébrifuge qui t été apportée de SanU-Fé deBogau, en ««m.
\ MALAMIUS (ma-U-ml-ris'), ». m. Nom spéclflque dij poivner iSAlarairis (pipéraoées) , appelé âmalago aux Aniille», e .)uil ne faut pas confondre
MAL
avpc le poivrier amalago, qui est des Moluque», legoarant.
t MALAMOQDE (ma-la-mo-k ) , ». m. Nom que les marins donnent à une espèce d'albatros qui a tout le plumage d'un gris noir, avec le bec noir.
MALANOKE (ma-lan-dr'),ï.^ |]1<> Terme de médecine vétérinaire. Crevasse au pli du genou du cheval. Il II n'a ni suros ni malandres, se dit d'un cheval sain et net. || Fig. Tiennelte n'a ni suros ni malandre, LA font. Troq. \\i° Nom que les charpentiers donnent à|cerUins nœuds pourris qui se trouvent dans les bois à b&tir.
— HIST. XIV* s. Et gardez bien qu'il [le cheval] n'ait malandres; malandre est dedans lo garret derrière, Ménagier, ii, 3. Malandre veult estre lavé doux fois le jour de chault pissat ou chaude eaue, t'b.
— ÊTYM. Lat. malandrium; Berry, niaioiidre, ». m., maladie en général.
MALANDUEUX, EUSE (ma-lan-dreû, dreû-z'), adj. Usité seulement dans cette locution : bois malandreux , bois dans lequel il y a des nœuds pourris (voy. kalandrb).
— HIST. XI" s. Surz ne avogles ne contrait [contrefait] ne leprus, Nuls nen i at ki alget [aille] malendus, Cel nen i a kin report [qui en rapporte] sa dolur, SI Alexis, cxi.
— ÉTYM. ilalandre.
t MALANDKIE (ma-lan-drie), s. f. Espèce d'éléphantiasis.
t MALANDRIN (ma-lan-drin), j. m. || 1* Nom donné à des bandes de pillards qui, dans les longues guerres avec les Anglais, dévastèrent la France. La France était infestée par des brigands réunis, nommés malandrins ; ils faisaient tout le mal qu'Edouard n'avait pu faire, volt, ilœurs, 77. Il a° Par extension, brigand, vagabond. Quand le chef des malandrins a bien tué et bien volé, il réduit à l'esclavage des malheureux dépouillés qui sont encore en vie, volt. Philos. Dieu et les hommes, 4.
— HIST. XV* s. Or regardez la nature des malandrins deçà pays [Naples], froiss., il, u, 4 38. Ni aller ils (les Français] u'osoient [en Ecosse], fors en grans routes, pour les malandrins du pays qui les atlendoient au pas, id. ii, ii, 335.
— ËTYM. Hi\.malandro,malandrino; probablement de malandre: proprement lépreux, une sorte de lèpre ayant été nommée malandre. Cependant Diez y voit une coutraclion de mal-landrino, landra signifiant en italien une coureuse..
BUL-APPRIS, ISE(ma-la-prl, pri-z'), odj.jl l'Au propre (acception vieillie), qui n'a pas reçu une éducation suffisante. Et la bonté que j'ai d'être si mal-appris, Régnier, Sai. i. Les enfants, indociles ou mal-appris, n'eu voulaient plus croire leurs grands pères décrépits, boss. Hisl. u, 2. (| 2° Fig. Mal élevé, grossier, impertinent. || Substantivement. Un malappris, une mal-apprise.
— ETYM. Mal, et appris.
iMALAQUETTE (ma-la-kè-t') , ». A Voy. mani-
odettc.
f MALARIA (ma-la-ri-a), t. f. Nom que les Italiens donnent aux effluves paludéens producteurs des fièvres intermittentes et rémittentes. La malaria règne à Rome en automne.
— ËTYM. Ital. mala, mauvais, aria, air. f MALARMAT (ma-lar-ma), s. m. Nom vulgaire
d'un poisson de la Méditerranée, le péristédion ca taphracte (acanthoptérygiens), qui est la trigle cataphracle de certains auteurs , legoarant.
— ÉTYM. Mal, et le provenç. armât, armé.
HALART (ma-lar), s. m. Le m&le des canes sauvages. Il Canard domestique m&le, dans quelques départements.
— HIST. XIII* s. La vile seoit en un bas, Moult i ot gelines et oos, Anes [canards], malarz et jars [oies mâles] et oes [oies], iieii. 4 273.
— ÊTYM. Origine inconnue. Picard, maillard.
t MALATE (ma-la-t'), s. m. Terme de chimie. Genre de sels qui sont produits par l'acide malique.
— ÊTYM. Voy. HALIQUE.
t MALAVENTDRE (ma-la-van-tu-r"), t. f. Mauvaise aventure, flcheui accident.
— HIST. XV* s. Ils firent bonne chère sans penser à leur malaventure, LOUIS u, Nouv. lx. ||xvi* ». Bon guet chasse malaventure, cotoràvb.
— ÉTYM. Mai pour maie, et aventure.
MALAVISÉ, ÉE (ma-lavi-zé, zéo), adj. Qui n'est
pas bien avisé. C'est un homme malavisé. {( Substantivement. Un malavisé. Une malavisée.
— HlST. XIV* 8. Or s'en va Bauduins, Ii preus et Ii sénés; Se Ii conte» l'atent, il est mal avisé, Baud. de Seb. vi, 724. || xv« ». Retraiez vous, regart mal
MAL
avisé, CH. d'orl. Bondel 4(1. ||zvi* s. Mal «dvisé ne fut jamais sans peine, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 342. C'est pource qu'en ce temps c'est plus de honte d'estre Mal advisé qu'ingrat, mal pourvoyant que traistre, d'aub. Tragiques, Princes.
— ÉTYM. Mal, et avisé. On a dit aussi dcsarisé. t MALAXATION(ma-la-ksa-sion),«. f. Action de
malaxer.
MALAXÉ, ÉE (ma-la-ksé, ksée), part, passé do malaxer. Une substance malaxée suffisamment.
MALAXER (ma-la-ksé), v. a. Terme de iiharmacie. Pétrir des drogues pour lesrondre plus molles, plus ductiles,
— HIST. XVI* 8. Lorsque tu auras nettoyé ton petit emplastre, et malaxé, paré, xi, 12.
— ÉTYM. Lat. malaxare, de (ia).â<r5£tv , rendra mou, malaxer, qui tient à (iaXaxôç, mou.
MALBÂTI, lE (mal-bâ-ti, tie), adj. Dont le corps n'est pas bien bâti, a une mauvaise tournure. Un homme malbâti. || Substantivement. Un grand malbâti.
— ÉTYM. Mal, et bdti.
t MALBECK. (mal-bèk), t. m. Cépage très-productif.
t MALBOROUGU (mal-brou), i. m. |) 1" Singe du Bengale. || 2" Espèce de serge. || 3° Houille eu petit» morceaux moins gros que des œufs.
— ÉTYM. Malbrou, héros de la célèbre chanson, confondu avec le général anglais Marlborough.
t MAL-BOUCHÉ, ÉE (mal-bou-ché, cbée), adj. Voy. mal-denté.
t MALCHANCE ( mal-chan-s' ) , s. f. Mauvaise chance.
— ÉTYM. Mal pour maie au féminin, et chance.
t MALCIIUS (mal-kus'), J. m. || 1° Sorte de coutelas. Et tous ces ennemis vaincus Par le tranchant de son malchus, scarh. Virg. dans le roux, Dicl. comique. Il 8" Nom donné dans le xvir siècle à un demi-confessionnal qui n'avait qu'une oreille.
— HIST. XVI' s. Malchus, qui eut l'oreille coupée et auquel depuis on a osté son nom pour le donner à une sorte de glaive, h. est. Àpol. d'Uérod.p. 44», dans lacurne.
— ÊTYM. Malchus, personnage nommé dans l'Évangile, à qui Pierre coupa une oreille.
t MALCO.MPLAISANT, ANTE (mal-kon-plè-zan, zan-t'), adj. Qui n'est pas complaisant, qui manque de complaisance.
— ÉTYM. Mal, et complaisant. Malcomplaisant est très-usité dans le parler genevois.
MALCONTENT, ENTE (mal-kon-tan, tan-t'), adj. Il 1* Qui n'est pas content. Le galant (le renard] aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut. Malcontent de son stratagème, la font. Fabl. ii, tB. Afin que personne ne soit malcontent, pasc. Prov. xiii. Les flotsde la mer ne sontpasplus agités quesou procédé [de Mme de la Troche] avec moi; elle est contente et malcontente dix fois par semaine, sÉv. 4 5 avr. 4072. Le roi avait dit à madame de Maintenon d'un air de colère, qu'il était très-malcontent des ducs, ST-siM. 4-28, 4 67. (I Substantivement. Un malcontent. Il II se dit surtout de ceux qui ont des griefs contre le gouvernement. Comme la cour ne manque point de malcontents, le duc d'Elbœuf, le duc de Brissac et le marquis de la Boulaye s'offrirent les premiers au parlement, larochefouc. Mém. B7. Il 2° X la malcontent, s'est dit d'une espèce de coiffure qui consistait à porter les cheveu.\ presque ras, ainsi que les portaient les malcontents du xvi' sièclfi, parti qui se forma un pou après la Saiiit-Barthélemy et se groupa autour du duc d'Alençon.
— REM. Ce mot vieillit; mécontent l'expulse.
— HIST. XV' s. Puisque je n'y ay rien impetré, .le iray jouer au malcontent [sorte de jeu de cartes), liée, de farces, etc. p. 299. ||xvr s. Malcontent de l'estroite espargne desonpere, amtot, Périel. 68. Le Mustapha contrefait, ralliant tous les mal-contans, en fit une juste armée, d'aub. Hist. i, 4 4 3.
— ÉTYM. Mal, et content.
t MAL-DENTÉ, ÉE (mal-dan-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Cheval mal-denté ou mal-bouché, cheval chez lequel une mauvaise disposition des dents, une usure, trop lente ou trop rapide, empêchent d'apprécier l'âge.
— ÊTYM. Jfai, et dent.
MALDiSANT, ANTE (mal-di-zan, zm-t'), adj. Qui aime à dire du mal des autres. (| SubstantivemenL Un maldisant, une maldisante.
— REM. Ce mot vieillit; médisant l'expulse.
— ÊTYM. Mal, et disant.
t MALDONNE (mal-do-n'), ». f. Action de se tromperendoiinant,endistrihuant les cartes. J'ai fait une maldonne, je perds la main. Gagné I — Non,
MAL
MAL
MAL
monsieiir, répondit froidement Maurice en étalant eon jeu sur la table, j'ai six cartes; il y a maldonne, scHiBE, Maurice, § vm.
— ÊTVM. Mal, et donner.
MÂLE (mâ-1'), s. m. || 1° Celui qui appartient au sexe caractérisé physiologiquement par la présence du principe fécondant. Le m4!e et la femelle. Substitution faite de mâle en mâle. Cette tutelle était donnée aux plus proches parents par mâle, Montesquieu, Espr. vu, a. Le mâle influe en général plus que la femelle sur la production [chez l'homme], puisqu'il donne son sexe au plus grand nombre, buff. Quadrup. t. vm, p. 23. Le mâle dans la soubuse est, comme dans les autres oiseaux de proie, considérablement plus petit que la femelle, id. Ois. t. I, p. 304. Il Familièrement. Un beau mâle, un hc nme de belle et vigoureuse apparence. Mazet était beau mâle, la pont. Mazet. Qui est-ce qui doit le savoir de nous deux, beau mâle? vadé, Nicaise, se. b. || C'est un laid mâle, un vilain mâle, c'est un homme malfait et difforme. || Il a la gorge noire, c'est un franc mâle, se dit d'un homme vigoureux, par allusion aux moineaux qui ont la gorge noire. || Absolument. Un mâle, un homme vigoureux au physique et au moral. Danton était d'abord, et avant tout, un mâle; il y avait en lui du lion et du dogue, beaucoup aussi du taureau, Mi- CHELET, Révolution, t. IV, p. 9i. Il 2» Adj. Qui appartient au mâle. Perdrix mâle. Dans les batailles on ne détruit que l'espèce mâle, toujours plus nombreuse que la femelle; mais, dans les massacres faits pour la religion, les femmes sont immolées comme les hommes, volt. Mœurs, iso. II naît environ un seizième d'enfants mâles de plus que de femelles, buff. Hist. anim. ch. 4. Il Terme de botanique. Fleui-s mâles, celles qui n'ont que des étamines sans pistil. || Encens mâle, voy. oliban. || 3" Par extension, ayant l'apparence de la force qui convient au sexe masculin. Une figure mâle. Malgré le froid des ans, dans sa mâle vieillesse.... volt. Œdipe, iv, t. Dans ses traits doux et fiers une mâle beauté Semblait joindre la grâce à la sévérité, delil. Trois règn. i. Il Fig. Mon esprit en conçoit une mâle assurance, CORN. HoT. II, < . La vertu la plus mâle en perd toute vigueur, in. Pobjeucle, II, < . Il [Valens] oppose, non pl\ji une molle prudence. Mais un courage mâle, in. Tndod. V, 6. ô mâle cœur de fille! ô vertu non commune Qui pour rien ne se rend aux coups de la fortune! ROTiiou, Antig. iv, 3. Ils [les lecteurs] verront [dans les Sentiments de l'Académie sur le Cid] un style mâle et vigoureux, dont l'élégance n'a rien de gêné ni de contraint, pellisson, Hist. Acad. m. ....Conclus avec moi Que la pauvreté mâle, active et vigilante. Est, parmi les travaux, moins lasse et plus contente Que la richesse oisive au sein des voluptés, BOiL. j!p. XI. 11 y eut, dans le grand parlement convoqué par Henri [Henri VIII d'Angleterre, <529], des esprits mâles qui déclarèrent hautement qu'il ne fallait croire ni à l'Église de Rome ni aux sectes de Luther et de Zuingle, volt. Mœurs, 4 38. Admirons le génie mâle de Corneille; mais, pour la perfection de l'art, connaissons ses fautes ainsi que ses beautés, m. Comm. Corn. Rodog. v, e. J'estime en un soldat cette mâle fierté, id. Tancr. I, 2. Dites-nous, célèbre Arouet, combien vous avez sacrifié de beaiités mâles et fortes à notre fausse délicatesse, et combien l'esprit de la galanterie si fertile en petites choses vous en a coûté de grandes, I. J. Bouss. Disc, rétabl. des sciences. Mâles concerts, Ducis, Oscar, i, 2. Mâles travaux, id. Ahufar, i, 4. Il 4" Dans les beaux-arts, mâle se dit de ce qui est trës-exprcssif, énergique, grave, imposant. Des contf)urs mâles. Un pinceau mâle. Architecture d'un caraclèro mâle. Il 6° Terme d'architecture. Proportions mâles, les proportions de l'ordre dorique, ainsi nommées parce que, selon Vilruve, ces proportions «ont modelées sur celles de l'homme, comme les proportions de l'ordre ionique l'ont été sur celles de la femme. || 6» En termes de grammaire, mâle se dit quelquefois pour masculin, et femelle pour féminin. Mâle aussi dangereux que femelle maligne [en parlant de l'équivoque, alors du ^ure masculin et du genre féminin| , dojl. Sat. Xîl. Il 7* Terme de marine. Bâtiment mâle, bâtiment qui résiste bien à la lame et n'embarque pas d'eau. || La mer est mâle lorsqu'elle est couverte (le lames élevées. || S. m. pi. Nom des gond» porl;mt les mamelons qui entrent dans les anneaux de» femelots. || 8' Le mâle, la partie des force», ciseaux ou tenailles, qui est mobile. || 9° Dans les meubles, et surtout dans les cabinets de Henri H, il y ~ iiâle et femelle, parce qu'on se sert, pour le* lo-
crusfer, d'ivoire découpé; dans une partie ce qui est découpé est remplacé par le noir de l'ébène, dans l'autre c'est le blanc de l'ivoire qui reste. || Proverbe. Mariage d'épervier, la femelle vaut mieux que le mâle, parce que, en effet, parmi les éperviers, le mâle est le plus faible et le pire.
— MIST. IX" s. Si mulier et mascel simul bibent, Ms. de St-Pétersbourg, de morbis mulierum. \\ iii* s. De là s'en ala Judas en Maspha,etlà prist, et oscist tos les mascles que il trova, Maehab. i, 5. || xiii' s. Tele estoit la coustume dou pays que li daerains [dernier] enfans a tout, s'il n'i a hoir malle, Chr. de Rains, 4 9t. Si comme s'il avient que une feme a deus enfans maries jumiax, et 11 ainsnés en veut porter l'ainsneece, be.^um. xxxix, 34.
— ÉTYM. Picard, merie; wallon, mdie; Hainaut, maria, jeune mâle; namur. maul; provenç. mascle; esp. macho; ital. moschio; du lat. masculus, qui, d'après Lassen, ind. Alterih. 1. 1, p. B20, estde même famille que le zend maskja, machjdka, abréviation du sanscrit manushia, viril, demonu, homme.
t MALÉATE (ma-lé-a-f) , s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide ma- Icique avec une base.
MALEBÊTË (nia-le-bê-f), «. /■. 1 1 1° Proprement, bête cruelle que la faim ou la rage fait sortir des bois, et qui dévore ce qu'elle rencontre. || Monstre imaginaire qui, dit-on, parcourait la nuit les rues de Toulouse. Il à" Fig. Une personne dangereuse. C'est une malebête qu'un chicaneur. || 3° Terme de mer. Hache à marteau, qui sert particulièrementàpousser l'étoupe en calfatant un vaisseau.
— ÉTYM. Maie au féminin, et bête.
t MALEBOUCHE (ma-le-bou-ch'), s. m. Personnage du roman de la Rose. || Par extension, mauvaise langue.
— HIST. XIII' s. Avec ces doux est Malebouche, Qui ne suefre que nus [nul] i touche [à la rose] , la Rose, 3045. Il XVI' s. Je tomberois en la maie bouche de tous.'PASQ. Recherches, ix, p. 794, dans lacurnb.
— ÉTYM. Maie au féminin, et bouche.
t MALEBUANCHISME (ma-le-bran-chi-sm'), s.
m. Doctrine de Malebranche, philosophe idéaliste, auteur du système de la vision en Dieu.
t MALEBRANCUISTE (ma-le-bran-chi-sf), s. m. Partisan de la doctrine de Malebranche. Jamais malebraiichiste no l'a été plus parfaitement, et, comme on ne peut l'être à ce point sans une forle persuasion des vérités du christianisme, et, ce qui est infiniment plus difficile, sans la pratique des vertus qu'il demande, M. Renau suivit le système jusquelà, FONTEN. Renau. Les cartésiens croient aux idées innées; les malebranchistes s'imaginent voir tout en Dieu; et les sectateurs de Locke disent n'avoir que des sensations, condil. Art. de rais, i, 4.
MALÉDICTION (raa-lé-di-lision ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Vœu pour qu'il arrive du mal â quelqu'un. Il l'exterminera pour jamais de toutes les tribus d'Israël, selon les malédictions qui sont contenues dans ce livre de la loi et de l'alliance du Seigneur, saci. Bible, Deutéron.xxix, 24.Ces terriblps malédictions que Jésus-Christ a prononcées dans son Évangile : Malheur à vous qui riez... boss. Reine d'Anglet.ï)ie\i,qai voyez mon trouble et mon affliction. Détournez loin de moi sa malédiction, kac. Ath. v , 7. Les malédictions des fripons sont la gloire de l'horamejuste,J. j. bouss. Con/'esï. i. Êloignez-vous de moi, enfant ingrat et dénaturé; je vous donne ma malédiction,ni[)ER. Père de famille, ii, 6. || Familièrement. Lamalédiction est surcette maison, c'est-à-dire le malheur paraît attaché à cette maison. || Il y a de la malédiction là-dessus, se dit quand on voit qu'une chose ne réussit pas, sans que la cause en soit apparente. Il faut donc qu'il y ait quelque maléliction sur la litière, sÉv. 20 mai 4872. || 2° Malheur, revers, insuccès. Je demande de n'être pas abandonné aux douleurs de la nature sans les consolations de votre esprit [ô Seigneur]; car c'est la malédiction des Juifs et des païens, pasc. Prière pour le bon us. des mal. xi. L'Eglise, hors laquelle il n'y a que maKMliction, id. Lett. à Mlle de Roannex, 6. Une malédiction que Dieu a toujours attachée au crime, MASS. Carême, Vocal. Tout ce que j'ai fait de bien a toujours été pour moi une source de malédictions, VOLT. iCadig, *.
— HIST. xii's. Puisotdou [pour ce] mariage mainte maleïçon, Sax. m. ||xv" s. En enjoignant que qui bcnisroit lui, fust boneist, et qui le inaudiroit, fust rempli de maleisson, chr. db pisan, llist. de Ch. V, m, 74. Temps sans douceur et de maleisson, b. deschamps, Hall, du temps présent. || xvi' s. Situ n'obnis à la voix du Seigneur, toutes ces malédictions viendront sur toj, tu seras maudit en la cité, maudit
au champ, LANOUE, 4». Malédiction sur vous qui. ...id. 71. Helas! j'eusse esté heureux et plus qu'heureux, si jamais cette malédiction d'amour ne me eut encombré, l'Amant ressuscité, p. 609,, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. maledictio, maldicio; esp. maldicion; ital. maledisione; du lat. malediclionem, do malcdicere, de maie, mal, et djcere, dire. Malédiction a été refait postérieurement sur le latin ; l'ancienne forme est malciçon.
MALEFAIM (ma-le-fin) , s. f. Faim pressante. M. de Marsan mourut enragé de malefaim par une paralysie sur le gosier qui l'empêcha d'avaler. ST-
— ÉTYM. Maie au féminin, et faim.
MALÉFICE (ma-lé-fî-s') , s. m. Pratique superstitieuse employée dans la dessein de nuire aux hommes , aux animaux , ou aux fruits de la terre. Un des maléfices les plus célèbres dans l'histoire est celui dont voulut se servir Robert, comte d'Artois, pour faire mourir le roi Philippe le Bel et la reine sa femme ; c'était un envoûtement. Eusèbe rapporte quantité de passages de Porphyre, ou ce philosophe pa'ien assure que les mauvais démonssontles auteurs des enchantements, des philtres et des maléfices, FONTEN. Oracles,!, 3. Je vous ai délivrés d'un cruel maléfice : Vous vous aimez encor malgré les envieux, j. j. rouss. Dev. de vill. 7.
— HIST. xiv s. Et, par aventure, pourront Faire aucun vilain maléfice. Dont il seront mis à justice, BRUYANT, dans Ménagier, t. ii, p. 24. Maléfices ou empoisonnement, oresme, Eth. 4 46. ||xv' s. [Les Gantois] ont fait tant de malefi ces [méfai ts j contre moi et ma seigneurie que je suis tout tenu du recorder FROiss. II, II, 60. Il XVI' s. Une autre fois estant api pelé en justice pour quelque autre maléfice, il corrompit par argent.... amyot, Cicéron, 20.
— ÉTYM. Prov. malefici; esp. et ital. maleficio; du lat. maleficium, de maie, mal, et facere, faire
MALÉFICIÉ, ÉE (ma-lé-fi-si-é, ée), odj. || 1° Maltraité par l'effet de quelque maléfice, et, particulièrement, frappé d'impuissance. Les magiciens, si Dieii le permet, peuvent empêcher qu'un homme maléficié ou une femme maléficiée ne puisse engendrer son semblable, thiers, Superstitions, ch. 4 6. Ceux qu'on appelait maléficiés étaient souvent réputés ensorcelés, volt. Dict. phil. Impuissance, Il 2° Dans le langage familier. Maltraité par la nature, affligé par quelque maladie. J'étais hier au soir avec Mme de Sanzei et d'Hacqueville : je vis entrer Vassé ; nous crûmes que c'était son esprit, c'était son corps très-maléficié, sÉv. 4 2 juin (675. Je suis vieux, malade, borgne d'un oeil et maléficié de l'autre, VOLT. Lett. la Touraille, 49 janv. 4 707.
— HIST. XVI' s. Vous estes gras et replet : vous estes pesant et maléficié, Sat. Mén. «9. Des froids, maléficiés et ensorcelés, paré, xviii, 43. S'il y a Convalescence, c'est une convalescence maléficiée, MONT, m, 272.
— ÉTYM. Maléfice.
MALÉFIQUE (ma-lé-fl-k'), adj. Terme d'astrologie judiciaire. Qui exerce une maligne infiuenco, en parlant du prétendu pouvoir de certaines planètes et étoiles. Etoiles maléficjues.
— HIST. xvi' s. Devins, prophètes, maléfique» enchanteurs, paré, xix, 34.
— ÉTYM. Lat. maleficus, de maie, mal, et facere, faire.
t MALEFORTUNE (ma-Ie-for-tu-n'), s. f. Mauvaise fortune, fâcheux hasard. Si ce n'est co mali» que de malefortune Je fus en cette église, régniiiH, Sat. VIII.
— ÉI'VM. Maie au l'éniinin, ol fortune.
t MALEGOUVEUNE(ma-lo-gou-vèr-n'), s. f. Nom donné jadis à l'avant-cour des monastères, dans laquelle la règle n'est pas de rigueur.
— ÉTYM. Maie au féminin, et gouverne.
t MALÉIQUE (ma-Ié-i-k'), adj. m. Terme do chimie. Acide maléique, acide obtenu par la distillation de l'acide malique.
fMALEMENT (ma-le-man), fld«. Terme vieilli. D'une manière fâcheuse, malheureuse. El nous eût malemont contraints Do courir les pays lointains, scAHR. Virg. vu.
— HIST. XII' s. Malement ai mon service emploie, Couci, Vil. Dex ! dit li rois, moult malnmeiu nous va, Ronc. p. 96.
— ÉTYM. Maie au féminin, et le suffixe meiUi provenç. malamen; espagn. et ital. malamente.
MALKMORT (ma-le mor), s. m. Terme familier. Mort funeste et cruelle. Pour Maupertuis.... S'il fait un trou Jusqu'au centre du monde, Si dans ce trou malomort leconduit, J'en suis fâché.... volt. Lett. roi de Prusse, juin 4759. Si vous suivet son
MAL
ivis, vous mourrez tous de malemon, p. t. coim. Trad. d'iUrod. . .,
— HIST. xni' s. El »e nous le voulons croire, il nous fera tousmorirde la malc mort,Chr. deilamt, «39.
— ETYM. Malt au féminin, et mort.
^ MÂLEXf.OMnRKIma-lan-kon-brT.i.m. Ëvénerocnt fâcheui, disgrâce. D. Japhet:... Malencombre Puisse arriver à qui me répond toujours oui, scarr. D.Japhet d'Àrm. Ii, t. Pour empêclior que son lils N'ait comme lui le même malencombre, la font. la Coupe enchanUe, se. l .
— ETYM. Mal, et encombrer. MALEVCONTRE (ma-lan-kon-tr'), *. f. Mauvaise
rencontre. Les œufscassés et le poisson mort signifient maloncontre, mol. Am. viagn. i, s. J'ii, ce me semble, tout l'attirail de bonne fortune. Dieu nous garde de malencontre, baron. Homme à bon. fort. IV, H. Que malencontre avienne X qui fit naître en moi la curiosité! dancolrt, Céphale et Procrit, ii, «s. I|On dit qu'un homme porte malencontre, quand on croit que c'est lui qui est cause d'un malheur qui nous arrive en sa présence. || Proverbe. Oui se soucie, malencontre lui vient.
— REM. On l'a fait masculin : Vous voyez bien que nous voilà par là hors de tout malencontre, cot;LANGEs, Lett. à Mme d' Vielles, 2 oct. 1709, dans
SÂV. t. X, p. 63'i, édit. REGNIER.
— HIST. lui* s. Et le roy dit que malencontre eust te'.e moquerie, joinv. 250. || xvi* s. Plusieurs grandes et griefves malencpntres, amyot, Cam. 34. Le plus malheureux malencontre, disoit un sage philosophe, est d'avoir autrefois esté heureux, Conttt de Cholières, P" 158, dans lacurne.
— ETYM. Mal, et encontre.
MALENCONTREUSEMENT (ma-lan-kon-treû-ze-
man), adt>. Par malencontre, d'une façon malencontreuse.
— ÊTYM. Malencontreuse, et le suffixe ment. MALE-NCONTREUX , EUSE ( ma-lan-kon-treû ,
tieû-z'). od;. Il !• Oui est sujet aux malencontres. Je suis quelquefois assez malencontreuse pour dire quelque chose qui lui plaise ; je voudrais que vous l'entendissiez me louer et me copier, sEv. 68. Adieu, courrier malencontreux, regnard, leVistr. 11, 4. Toutes les princesses malencontreuses qui furent jadis retenues dans des châteaux «ociiantés par des nécromans, volt. Lett. en vers et en prose, 1 3. Il Substantivement. Va, cesse tes efforts pour un malencontreux Oui ne saurait souffrir que l'on le rende heureux, mol. i'^(. v, <o. ||2*0ui annonce
ou qui cause du malheur. Leur prospérité est
un objet funeste et malencontreux à toute la génération des hommes, balz. le Prince, ch. 21. 11 y avait quelque sort jeté sur ce malencontreux animal [un cheval], scarr. Rom. corn, i, 20 Un sort
malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de bœufs, boil. Sat vi. Voici pour moi un jour bien malencontreux I bruets. Grondeur, m, <o.
— HIST. IV' s. Incroyables maux viennent spirituellement et temporellement pour ce misérable et malencontreux discori,GERSON, dans le Dict. de no- CBEZ. Il XVI* s. Ceste feste se célébrées jours malencontreux du mois de febvrier, amyot, Ilom. 33. Ceste voix [le nom de la mort] leur «embloit [aux RomainsI malencontreuse, mont. 1, 72. Il semble qu'il y ait aulcuns visages heureux, d'autres malencontreux, ID. IV, 224.
— ÉTYM. Malencontre.
t MALENDIJRANT. ANTE (ma-lan-du-ran, rant'), adj. Oui est peu disposé à endurer.
— HIST. xvi* s. Halcndurant, cotgrave.
— ETYM. Mal, et endurant. Malendurant se dit dans le Berry.
MALEN-l'OINT (ma-lan-poin), lac. adv. En mau- Tais état de santé, de fortune, etc. Le cheval lui dasMrre Un coup: et haut le pied; voilà mon loup
par terre, Hal-en-i)oint, sanglant et gâté, la font.
rabl. XII, 17.
— tTYM. JfoJ, en, n point.
MALENTENUC (ma-lan-tan-du), s. m. Parole ou
■etion mal emprise. Par un malentendu nous crù- ■MS n'avoir puinide places, sÉv. (h8. Les disciples M Leibnitz prétendaient que cette force fcelle des eorpa en mouvemeotj éuit en raison composée du «rré de U titesse et de U pesanteur des corps; les "•BÇata, au contraire, ne mesuraient celte force 2» iwr U »ltMM multipliée par la masse; M. de Muran etpon le malenlendu avec beaucoup de eJarU, voit. Smgul. nnt. iviii. Si de funestes malentendus venkifnt k troubler la conconte publique, '• '-^^P*^ f*'» *-^-'' P" entre nous quelque ■HlMlMdii qui vient peut-être de oe qu'il no sait pas aswa bien le françaUT MASt. Corinn*. i, ».
MAL
— HIST. XVI' S. Je ne m'cstonne plus s'il y a des malentendus entre nous et les Anglois, puis(|uc votre humeur e<;t de préférer le particulier au public, SULLY, dans le l)icl.de lociikz.
— ETYM. Mal, et entendu.
MALEPESTE (uia-le-pc-sf), espèce d'interjection qui exprime la surprise. Malcpeste du sot que je suis aujourd'hui I mol. l'Ét. 11, 6. Malepeste, le succulent petit dîner! marivadx, Paysan parv. i '• part. Il On dit aussi la malepeste. La malepeste, quel visage I SCAHR. Virg. 1. La malepeste soit du sotl ID. Poés. div. ffiiiv. t. vu, p. «84.
— ÉTYM. Maie au féminin, et peste.
tMALEPEUR (ma-le-peur), j. /•. Peur extrême et
pressante. Le parlement disputa toutes choses, jusqu'au rang personnel, qu'il força le régent, de malepeur, de lui abandonner, st-sim. 427, 473.
— ÉTYM. Maie au féminin, et veur.
t MALERAGE (ma-le-ra-j'), s. f. Désir violent. Il Mot vieilli.
— HIST. XVI* s. Se sont laissez mourir de manie et malerage, Cymb. mundi, p. 63, dans lacurne.
— ÊTYM. Maie au féminin, et rage.
t MALESTAN (ma-lè-stan), s. m. Cuve destinée à recevoir la sardine dans une sauraure avant de la mettre en barils oii elle doit être pressée, legoabant.
BIAL-ÊTRK (ma-lé-lr"), s. m. || 1° ;État dans lequel on se sent en mauvaise disposition, où l'on a quelque souffrance sourde. Si vous leur épargnez toute, espèce de mal-être, J. J. rouss. Ém. 11.
a» État de celui qui n'est pas heureux. Il est clair, disais-je, qu'il fauilrait choisir de n'avoir pas le sens commun, pour peu que ce sens commun contribue à notre mal-être, volt. Hist. d'un bon bramin. Il 3* Gêne de fortune. Elle [Madame de Maintenon] vécut très à l'étroit; ses appas élargirent un peu son mal-être, ST-SIM. 41 2, «63. Après avoir passé presque toute ma vie dans le mal-être, et souvent près de manquer de pain, j. j.rouss. Conf. iv.
— ÊTYM. Mal, et être.
MALÉVOLE (ma-lé-vo-l'), adj. Qui ademauvai.ses intentions. Sous le bon plaisir du lecteur bénévole ou malévole, scarr. Rom. com. 11, ». Montaigne.... Loin de tout frondeur malévole Doutait de tout impunément, VOLT. Ép. Lxvi. Ce serait à tort que des doutes raisonnables, des observations aictées par le zèle, des expressione d'une noble franchise feraient naître l'idée d'une opposition malévole, bachau- MONT, Uim. secrets, t. xxxiv, p. 362.
— ÉTYM. Lat. malevolus, de maie, mal, et roio, je veux.
MALFAÇON (mal-fa-son), s. ^. || 1° Défauts qui se trouvent dans la façon d'un ouvrage. Un couvreur qui emploie de la tuile mal cuite, un charpentier qui met en œuvre du bois défectueux, un serrurier qui emploie du fer aigre ou cendreux, etc. sont accusés de malfaçon. || 2* Tromperie, acquisition de profits malhonnêtes. Je me réduirai à marquer ici simplement les malfaçons, sur les voitures et sur la distribution du sel soit en gros, soit en détail, VAUBAN, Cime, p. 104.
— HIST. xiii's. Si les gardes du mestier trouvent aucun autre vice de malefaçon en aucune des œuvres, Liv. desmét. 9*. || xvi* s. [Ordre de payement] pour avoir fait et refait à l'hostel de la ville pour les malfaçons que l'on dit estre es dits ouvraiges, Uibl. des ch. 6* série, t. v, p. «42.
— ÉTYM. Mal pour tnoie au féminin, et façon. MALFAIRE (mal-fê-r'), t). n. Faire de méclîantes
actions. Se garder do malfaire, desc. Pass. 168. S'il est quelque misérable état au monde où l'homme ne puisse pas vivre sans malfaire, j. j. rouss. Em. m.
— REM. L'Académie dit qu'il n'est usité qu'à l'infinitif; mais rien n'empêcherait de l'employer en outre aux temps composés : il a malfait, etc.
— HIST. xiii* s. La convoitise del monde qui tant a maufait, nés [ne les] lessa mie en pais, villeh.
— ÊTYM. Mal, et faire; provenç. malfar. MALFAISANCE (mal-fè-zan-s'), *. /. Disposition
à malfairo. Cet enfant est plein de malfaisance.
— ÊTYM. Malfaisant.
MALFAISANT, ANTE (m.il-fè-zan, zan-t'), adj. Il 1° Oui se plaît à malfaire. Bertrand avec Raton , l'un singe et l'autre chat, Commenssaux d'un logis, avaient un commun maître; D'animaux malfaisants c'était un très-l>on plat, la eont. Faltl. ix, «". Pourvu qu'elles soient chastes, elles croient pouvoir être malfaisantes, plécii. Serm. i, (49. Ete.svous dédaigneux, malfaisant, mauvais plaisant, lutteur, hypocrite? la brut. xii. L'on ne voit point faire de vœux ni do pèlerinages pour obtenir d'un saint d'avoir l'esprit plus doux.... d'être plus équi-
t.ible et moins malfaisant, m. xiv. La mer était leur [aux Ëf,7ptiens] Typhon, un être malfaisant, voi.r. Mœurs, Phén. \\ Substantivement. Crains les sifflets, mais crains les malfaisants, volt. Ilypocr. \\ i' Nuisible à la santé. Les moules sont quelquefois malfaisantes. Les Grecs, qui étaient si raffinés, n'ont-ils pas cru longtemps que la lune était ensorcelée, et que des magiciennes la faisaient descendre du ciel pour jeter sur les herbes une certaine écume malfaisante? FONTEN. Mond. 2* tot'r.
— SYN. MALFAISANT, NUISIBLE. Être malfaisant, c'est faire du mal; être nuisible, c'estnuire. Faire du mal et nuire sont très-voisins ; seulement, comme nuire c'est causer un dommage, on voit que malfaire est moins particulier que causer un dommage, puisque un mal peut être une douleur, un chagrin, un ennui, une humiliation.
— HIST. m* s. Livrez-nous, sire, le glouton malfaisant, Roncisv. 151. Il XIII" s. Tout aussi li buillis qui est deboneres vers les malfesansde se [sa] baillie, met cex qui vuelent vivre en pais en péril de mort, BEAUM. I, 4. Il XVI' s. Entre ces chiens, y avoit un lévrier fort mefaisant, desper. Contes, xx.
— ÉTYM. Malfaire; Berry, maufaisant.
t MALFAIT, AITE (mal-fè, fè-t'}, adj. On écrit ordinairement en deux mots : mal fait (voy. fait, participe, au n" 2, et MAL,au n* «4). L'ancienne Umgue avait un substantif maufait, signifiant le diable.
MALFAITEUR (mal-fè-teur), s. m. Celui qui fait des actions punissables, qui commet des crimes. 11 pourra poursuivre le malfaiteur pour des dommages et intérêts, montesq. Esp. xxiv, I7. Les malfaiteurs [au lieu d'être mis à mort] ont été condamnés aux mines, aux travaux publics; leurs châtiments sont devenus utiles à l'Ëtat ; institution non moins sage qu'humaine, volt. Russie, 1, ». Tout malfaiteur attaquant le droit social devient par ses forfaits rebelle et traître à la patrie ; il cesse d'en être membre en violant ses lois, et môme il lui fait la guerre; alors la conservation de l'Éiat est incom patible avec la sienne, j. j. bouss. Contr. soc. n, 5.
— REM. L'Académie ne donne pas le féminin malfaitrice ; mais rien n'empêche de le former et de l'employer.
—HIST. XII* s. Eisi faitement [de cette sorte ] muuballi [maltraités], Mort e destruit e apovri Furent li maufaitur engleis, benoît, n, 470U. Tut li nia'faitur serrun». earascied [arrachés] si cume espinos que l'um ne pot nue main esracier. Rois, p. 211. Il xm* s. Et por ce mt doit nus lix [lieux] sauver tex [tels] malfeteurs, beaum. 11, 20. Il avoii [il y avait] tant de maulfeteurs et de larrons à Paris et en dehors, que tout le pais en estoit plein, joinv. 297 1 XIV* s. Selonc le forfetdes maufeteurs, ber- CHEDRE, f* 29, uerjo. [Le diable] Joie ne puet avoir plus grant, (|uant puet atraire Les malfaicteurs h dire: diaules le me fit faire, Girart de Ross. v. 3127 I XVI* s. On en punguyt pas ie malfaicleurpour le mai fait, mais pour exemple aux autres, qu'ilz ne se enhardissent mais ayent crainte de mal faire, Roiier hislor. i, 7.
— ÉTYM. Provenç. malfaitor, mnlfar.hor ; espatrii. malhechor; portug. malfcitor; ital. malfattnrc; du lat. malefactorem, de viale, mal, et (acere, faire.
MALFAMÉ, ÉE (mal-fa-mc, niée), odj. ||1" Qui a une mauvaise réputation. |{ On écrit aussi mal famé en deux mots, voy. famé. || ΰ S. f pi. Les malfamées ou les malnommées, nom, dans les colonies, de quelques espèces d'euphorbes, qui n'ont point les propriétés malfaisantes îles autres espèces.
— SYN. MALFAMÉ, DIFFAMÉ. Malfamé, ijui n'a pas une bonne réputation ; diffamé, qui est perdu de réputation.
— ÊTYM. Mal, et famé.
t MALFORMATION (mal-for-ma-sion), s. f. Terme de pathologie. Nom générique sous lequel on comprend toutes les anomalies qui peuvent affecter le corps vivant.
— ÉTYM. Mal pour maie au féminin, et formation. MALGRACIECSKMENT ( mal-gra-«i-c-û-z«-nian),
ode. De mauvaise grâce. Après tant de bonté et de confiance que je vous ai témoignée, vous me refusez rudement et malgraciousement, sisv. o d'Héri goyen, «4 juin (687.
— ÊTYM. Malgracieuse, et le suffixe ment. MAI.GRACIEUX, EUSE 'mal-gra-si-cû, eû-z'),
adj. Oui a mauvaise grâce. Monsieur votre pure, le plus malgracieux des hommes, m'a chassé dehors malgré moi, mol. l'Avare, 11, «.
— HIST. XIV* s. Rudes, malgracieux jamais plus ne sera; Il bat, il fiort, il rue les enfansde deçà, Guescl. ««8. Il XVI* s. Cil qui mieux aime par pitié Te faire don de la moitié Qae prester le tout roudo-
MAL
nient, Il n'est point trop malgracieux; Mais c'est si- 1 giie qu'il aime mieux Perdre la moitié seulement, MAROT, Êpigr. sur un mauvais reiideur. L'un n'oublia rien aux persuasions, et l'autre à des relfus mal gracieux, d'aub. Ilist. ii, (39.
— ÊTYM 3lal, et gracieux ; Berry, maugracieux.
MALGRÉ (mal-gré), prf'p. || 1° Contre le gré de. Nous vous devions, seigneur, servir malgré vousmême, CORN. Pomp. m, 2. Princesse des oiseaux, il vous est fort facile D'enlever malgré moi ce pauvre malheureux, la font. Fabl. ii, 8. Et sa perfide joie éclate malgré lui, rac. Brit. v, 5. Les œuvres des hommes ont péri malgré l'enfer qui les soutenait ; l'œuvre de Ûieu a subsisté, boss. Hist. II, <2. Bon physicien [Perrault], grand architecte, il encouragea les arts sous la protection de Colbert, et eut de la réputation malgré Boileau, volt. Louis XIV, écrivains, Perrault. On a remarqué que presque tous ceux qui se sont fait un nom dans les lif-aux-arts les ont cultivés malgré leurs parents, et que la nature a toujours été en eux plus forte que l'éducation, ID. Vie de Molière. || Malgré lui et malgré ses dents, ou malgré lui et ses dents, c'està-dire en dépit de tous ses efforts. Je veux qu'elle raisonne; et, quand il me plaira, Malgré vous et vos dents, elle raisonnera, th. corn. Comt. d'Org. V, e. J'ai reçu le paquet que vous avez eu la bonté de m'envoyer ; je vous remercie tendrement, malgré vous et vos dents, de toutes les bontés que vous avez pour moi, volt. Lett. Damilaville, 8 mars (766. || 2° Nonobstant, en parlant des choses qui s'opposent. 11 est certain que j'aspirais au chef-d'œuvre de n'avoir aimé qu'un chien, malgré les maximes de M. de la Rochefoucauld, sév. 236. ....Un fragile bois [une idole] que, malgré mon secours. Les vers sur son autel consument tous les jours,'BAC. A(/iin, 311 II a souvent la (oTcedequelque joint à un adjectif. Malgré leur insolence [quelque insolents qu'ils soient]. Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, rac. J/i'fhr. iv,6.Thraséasausénat, Corbulon dans l'armée. Sont encore innocents malgré leur renommée, id. Brit. i, 2. || Malgré tout, quoi qu'on fasse, quoi qu'il arrive. Malgré tout, vous ne réussirez pas. || 3- Malgré séparé du mot auquel il se rapporte. Malgré de vos ri>.'ueurs l'impérieuse loi.... CORN. Andromède, v, 2. Malgré de nos destins la rigueur importune, Le ciel met en nos mains toute notre fortune, m. Othon, iv, 2. Cette inversion n'est tolérée qu'en poésie. || 4° Bon gré, mal gré, loc. adt. De gré ou de force (dans cette expression, on écrit toujours mal gré en deux mots) . Bon gré, mal gré, vous payerez. || J. J. Rousseau a dit : hon gré mal gré moi : Mais enfin puisque cette édition se faisait bon gré mal gré moi.... Conf. XI 2* part. Cette locution est inacceptable : du moins, bien qu'on dise malgré moi, on ne dit pas bon gré moi. || B" Malgré que, loc. conj. signifiant quoique et usitée seulement avec le verbe avoir, de cette façon : malgré que j'en aie, malgré qu'il en ait, etc. en dépit de moi, en dépit de lui. Quand, malgré que j'en aie, amour me le découvre, ré- GWiER, Élég. 11. Me voulez-vous toujours appeler de ce nomT — Ah! malgré que j'en aie, il me vient à la bouche, mol. Éc. des f. i, (. Madame.... tourne les choses d'une manière si agréable qu'il faut être de son sentiment, malgré qu'on en ait, lu. Crit. ». Il faut se divertir, malgré qu'on en ait, sév. 247. Malgré qu'ils en eussent, BOss. Ilist. ii, (2. Ô Richardson I ou prend, malgré qu'on en ait, un rôle dans tes ouvrages, didp.r. Éloge de liichardson.
— REM. 1. Malgré que, dans tout autre emploi que celui qui est indiqué ci-dessus, serait une faute; et l'on ne peut dire : malgré qu'il ait agi ainsi, pour quoiqu'il ait agi ainsi. La raison en est que malgré que veut dire mauvais gré que, quelque mauvais gré que. || 2. Dans malgré que, il vaudrait mieux écrire en deux mots mal gré que ; car le sens est: mauvais gré que j'en aie. {{ 3. Malgré moi s'interpr(:te par : avec le mauvais gré de moi. C'est la svntaxo de l'ancienne langue où le génitif latin était représenté par le cas régime, sans de. || 4. On a dit que malgré lui et tes dents est une corruption de malgré lui et set aidants. C'est une erreur; la locution se trouve dès le xiii' siècle.
— HIST. XII" ». Mais maugré eux [je] vous ai mon cuer [cœur] doné, Couci, xiv. || un* g. Maugré tous sains et maugré Dieu aussi Revient Quesnes, et mal soit il venan»! hues d'olsi, Romane. p. tOï.Oue vous le me Tueilliez àforce(un anneau donné] Maugré mien fere retenir, Lai de l'ombre. Par maintes fois si avenoit. Quant jusqu'à l'église venoit, Ariers venoit maugré ses dens. Que ne pooil entrer dedeiis, rutbb. Il, )<3. || xiv ».
MAL
Amours de ses vertus si bien le pourveoit, Qu'il li estoit avis, se cent i en avoit, Maugré leurs dens devant bien lor escaperoit, fiaud. de Sebourg, m, v. 8*3. Se tu ne fais de gré, tu le feras maugré toy, Chron. de. St 7'enis, t. ii, f° 47, dans LACURNE. Je ne desceuderai de mon destrier de pris, Se malgré moi n'en <ui à la terre flatis, Giiesclin, (8248. {| xv* s. Souffrez au moins que je voBs serve, Sans vostre malgré desservir, AL. ciiARTiEH, p. 608. {| XVI* S. L'homme pèche volontairement, et non pas maugré son cœur ne par contrainte, calv. Inst. 2(2. 0 Dieu, tire moy aucunement par force et maugré que j'en aye pour me faire volontaire, id. ib. 22(. Co qui restoit fut pillé par les soudards, bon gré mal gré que l'on en eust, amyot, Marcell. 28.
— ETVM.lfaI,et3r^, c'est-à-dire m; avais gré ; pic. margré, vxaugré; Berry, maugré; bourguign. viaugrait; provenç. malgrat; espagn. nalgrado; ital. mal grado.
MALUABILE (ma-la-bi-l'), ad/. Qui n'est pas habile. Vous êtes bien malhabile d'avoir dit, d'avoir fait telle chose. Vous n'êtes point si malhabile que lui; car encore voit-on le sujet de vos mécomptes, SÉV. I» juin (tfso. Je vous ai répordu par avance que je suis très-malhabile en alfair*, maintenon, Lett. à Mlle de la Viefville, ( 4 oct. ' 705.
— HIST. XV" s. Mais tu estoy, Lyurgue, malhabile, Qui ne voulus qu'on beust vin en ta ville,