M AN
on retrouve en terre, surtout en Sibérie, les ossements quelquefois encore revêlus de la chair et do la peau. Parmi ces animaux, se montrent surtout l'éléphant, appelé mammouth par les Russes, haut de quinze et dix-huit pieds, couvert d'une laine grossière et rousse, et de longs poils noirs et railles qui lui formaient une crinière le long du dos, cuviER, Révol. p. 32». Le sexagénaire se renversa sur son siège comme pour rire plus à son aise; puis il regarda son neveu en affectant l'ébahissement qu'eût pu lui faire éprouver la vue de quelque mammouth antédiluvien, CH. de bernard, laFemme de quarante ans, § v. || On a dit aussi mammont.
— REM. Le nom du mammouth, qui est Velephas primigenius, ne doit pas s'appliquer aux espèces du genre mastodonte, que plusieurs caractères distinguent de celles du genre éléphant, legoabant.
— ÉTYM. Origine incoimue.
t MAMMULE (ma-mmu-l'), ». f. Terme de botanique. Mode de fructification de certains lichens. Il Terme de zoologie. Protubérances anales qui, dans les araignées, contiennent les instruments servant à filer la toile.
— ÉTYM. Diminutif du lat. mamma, mamelle.
t M'AMOUR (ma-mour), s. f. || 1° Terme familier de mignardise et de tendresse dont on se sert encore quelquefois en parlant à une femme, à une petite fille. Et moi: maudit soit-il, m'amour, qui le fera! régnier, Sat. xj. Il faut faire mon testament, m'amour, de la façon que monsieur dit, mol. Mal. imag. 1, tt. || 2° Familièrement. Faire des m'amours, faire des caresses, des flatteries.
— ÉTYM. Jlfa amour, dans le temps que amour était constamment féminin, et que l'a de ma s'élidait comme l'a de l'article la.
t MAM'SELLE (mam'-zè-l'), i. f. Abréviation familière de mademoiselle.
t MANAKIN (ma-na-krn), s. m. Nom d'un oiseau chez Buffon (Ots. t. vui, p. les),
MANANT (ma-nan), s. m. || 1° Terme d'ancienne pratique. Habitant d'un bourg ou d'un village. Les manants et habitants de telle paroisse. L'orgueil du plus puissant potentat ne peut arracher à la religion d'autre prière que celle qu'elle offre pour le dernier manant de la cité, CHATtAUB. Génie, iv, 1, 12. Il Terme d'ancien droit féodal, synonyme de vilains, roturiers, hommes de poésie, sujets de la justice féodale, à raisondoce qu'ils étaient levants et couchants dans le ressort de la juridiction justicière; manants qui, comme les vilains, ont pris le sens péjoratif de grossier, rustre. || 2° Absolument, dans le langage ordinaire, mais archaïque, un paysan. Et, comaie l'on fait maintenant, Battaient ,quelquefoi3 le manant, scahr. Virg. VII. Esope conte qu'un manant, ChariUible autant que peu sage, Un jour d'hiver se promen.ant X l'entour de son héritage, Aperçut un serpent sur la neige étendu, la font. Fabl. vi, la. Un amateur de jardinage Demi bourgeois, demi manant, in. ib. iv, 4. Lo roi fit venir le soldat : Estil vrai, dit-il d'un visage sévère, que vous avez volé cet homme? Sire, dit le soldat^ je ne lui ai pas fait tant de mal que Votre Majesté en a fait à son maître ; vous lui avez ôté un royaume, et je n'ai pris à ce manant qu'un dindon, volt. Chartes XII, 3. Il 3° Aujourd'hui, par extension, homme grossier, mal élevé. C'est un manant, qui ne sait pas vivre. Marlon a pour amant mon cocher, qui est une espèce de manant qui n'entend pas trop raison, le GRAND, Galant coureur, se. 5.
— HIST. xii' s. Gentil fu de parage et d'avoir fu manans, Jlou, ms. p. î4, dans lacurne. Fuient poure, fuient manant, Fuient bourgeois et païsant, Brut. ms. f' 103, dans lacurne. E oui truved al rei vitaille tant cum il out demured en l'ost, kar mult esteit riches e mananz, Rois, p. 496. ||xv"3. Kt trouva on bien en ladite ville de Saint-Lo manans huit mille ou neuf .mille que bourgeois, que gens de métier, froiss. i, 1, 270. En mains périls [je] fu mainte fois manans ; Folie amay, je fis tous ses commans, e. deschamps, Erreurs de la jeunesse. En peu de temps il y eut une moult belle cité et noble; car il n'y eut gentilhomme en Hrotaigne qui ne se feist manant et citoyen d'iselle, Perceforest, t. 1, ^ 22.
— ÉTYM. Hourguig. mainan; provenç. manent, riche; espagn. ;iiancn(e; du lat. manentem, demeurant (voy. manoir). Manant a signillé celui qui demeure; de là il avait pris le sens de domicilié, aisé, riche. Ce sens, il l'a perdu ; puis, par un mouvement inverse, manant, qui avait le sens d'habitant de la campagne, de vilain, a pris celui d'homme gro.s,sier.
t MANATK (ma-na-f), s. m. Terme de zoologioi
MAN
MAN
MAN
Nom moderne du genre lamentin (cétacés). |{ Manale américain, des embouchures des grands fleuras de rAméricjue méridionale, nommé par Buffon le grand lamentin des Antilles, et dit poisson bœuf et bœuf mann, surtout le mâle, tandis que la femelle est api)elée vache marine, femme marine, femme, etc. legoabant.
I MANCANDO (man-kan'-do), adv. Terme de musique indiquant qu'un passage doit être exécuté en retenant et affaiblissant les sons ; c'est à peu près la même chose que dioiinuenJo.
— ÊTYM, Ital. mancando, en défaillant, de mancare. manquer.
t MA>XENILLE (man-se-ni-U' , Il mouillées), t. f. Fruit du mancenillier.
— ÊTYM. Espagn. mamenilla, petite pomme, manxano, pommier.
MANCENILLIER (man-se-ni-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie : des man-se-ni-lié-z en fleurs), s. m. Genre hippomane de la famille des euphorbiacées. || L'espèce principale est l'hippomone mancenilla, t. Le mancenillier est un arbre de troisième grandeur, ayant le port, le feuillage et l'aspect du pommier, qui croît aui Antilles. Le fruit et le suc au mancenillier sont des poisons très-subtils; on prétend que l'ombremême del'arbre estnuisible ; ce qui parait une erreur. Il s'éloigna; l'insulaire tremblante Alla s'asseoir sous le mancenillier, Et commença d'une voii faible et lente Ce chant lugubre, et qui fut le dernier, millevoye, le Mancenillier.
— KTYM. Mancenille.
i . HANCHE (man-ch'), f . m. || 1° Partie d'un instrument par çù on le prend pour s'en servir. L'homme enfin la prie humblement [la forêt] De lui laisser tout doucement Emporter une unique branche, Afin de faire un autre manche, la font. Fabl. III, (6. ||Fig. Cet homme branle au manche, dans le manche, il est irrésolu et tenté de changer de parti, de dessein ; et aussi il est en danger de perdre sa place, la fortune, la vie. || Fig. Jeter le manche après la cognée, abandonner une affaire par dégoût, par découragement. Ne jetez pas, mon cher nnée, Le manche après votre cognée, scaer. Yirg. iu.!i i'Manche àbalai, long bâton au bout duquel est un balai. Tous les sorciers du siècle passé croyaient aller au «abbat sur une verge magique ou sur un manche à balai qui en tenait lieu; et les juf;es, qui n'étaient pas sorciers, les brûlaient, volt. Dict. phil. Yerg^). \\ 3° Le manche de la charrue, <|uc tient le laboureur et qui sert à déterminer la profondeur et la régularité du labour. || 4° Manche de gigot, voy. oigot. || 6' Le manche d'une basse, d'une contre-basse, d'un violon, d'une guitare, etc. pièce de bois collée à l'extrémité du corps de ces instruments, et servant non pas seulement à tenir l'instrument mais à porter les chevilles par le moyen desquelles on l'accorde; c'est en posant les doigts de la main gauche sur le manche qu'on forme les différents tons, i Savoir,connaUre son manche, itre sûr de son manche, savoir touciier les cordes avec justes.se at précision. {| S* Terme de marine. Nom donné par quelques marins à une sorte de poignée à plusieurs mains que l'on adaptait à une rame trop grosse pour être maniée p.ir un seul homme. || 7" Maiiclie de couteau, nom vulgaire donné aux espèces du mollusques du genre soleu.|| 8° Fig. Manche à sabre, gens qui ne sont bons qu'à doimer un coup de sabre. Les intérieurs d'&me que j'ai vus dans la retraite de Moscou m'ont à jamais d^oûté des observations que ]e puis faire sur les Ôtrat grossiers, sur ccâ manches à sabre qui compotent une armée, stkndual, Correrp. at mai 4 84:).
— HIST. XIII* s. Au bois [le bûcheron] ala pur demander î chascun fust [arbre] <iu'il pot trover, bou quel il peOsl mencbe prendre, marie. Fable Ts. Uo homme qui ilecques estoit lui monstra un coutel à un blanc manche qu'il lenoit en ta main, Kiraclft St l/tys, p. <3i . || xiv* t. La main [il] giete au coutt>^l, et si fort ae revainge, Oue partout lai [làj où flert [il frappe], lu boute jusqu'à mainge, liiraTl dt Rou. v. i7/t. {|xv* i. Tenant une masse d'or ; la teste estoit de fin acier tempré, et la manche bandée d'or et d'argent, Perceforett, t.i,f tbi. Le suppliant, qui tenoit on ses mains ung harnois que on ai>pelle p&det de fer avecques son marge de bois, DU CANQK, margo, ||xvi* ». Et comme Caasius et quelques autres jettaiscnt desjà les mains sur les manches de leurt es[>ées par dessoubs leurs robbes pour les desguainer, amtot. Brut. it. Je vous gardois ces joyeiu propos i quand la paix serait faite.... mais quand j'ai veu qu'il s'en faloit le m.inche [qu'un en était loin], et qu'on no m- Toit par où le prendre.... Dun». Conlti, I.
"• — ÊTYM, Wallon, main; bourguig. moinche; provenç. margue; espagn. et portug. mango ; ital. monfco; d'un bas latin manimm, fait sur le modèle du latin manica (voy. manche -i).
2. MANCHE (man-ch'), t. f. || f Partie du vêlement oii l'on met le bras. Knéas essuyant ses joues De la manche de son pourpoint, Car de mouchoir il n'avait point, scar. Yiry. v. Les manches du chevalier font un bel effet à table; quoi(]u'elles entraînent tout, je doute qu'elles m'entraînent aus.si ; quelque faiblesse que j'aie pour les modes, j'ai une grande aversion pour cette saleté, sév. 77. De demipied les coiffures baissèrent, La gorge se couvrit, les manches s'allongèrent, X peine on leur voyait le petit bout du doigt, perhaclt, Grisel. dans hichb- LRT. Elle tira de ses longues manches de soie ses bras nus d'une forme admirable et d'une blancheur éblouissante, volt. Zadig, t s. || Manches de robes de femmes ; elles ont reçu différents noms suivant la mode. Manches plates. Manches à gigot, manches serrées au poignet, très-larges et bouffantes auprès de l'épaule ; elles étaient fort à la mode sous Charles X. Manches à l'imbécile ou à la folle, manches très-amples, fermées au poignet, et dans lesquelles on mettait de petits plombs à la hauteur du eoude pour les faire pendre. || Manches pendantes, bandes d'étoffe que l'on attache à de certaines robes de cérémonie. Manches d'avocat, de juge, de professeur. || Manches d'anges, manches qui ne descendaient que jusqu'au coude. || Tour de manche, garniture de ruban, de dentelle ou de fourrure, placée au-dessus de la manchette. || Populairement. Jambes en manches de veste, jambes arquées. |{ Tirer quelqu'un par la manche, le prendre par la manche de son habit. Il fallut que mon ami le tirât longtemps par la manche et le secouât pour le faire descendre jusqu'à lui, montesq. Lelt. pers. (28. Il Fig. Tirer quelqu'un par la manche, le faire souvenir de quelque chose, attirer son attention sur quelque chose. Vraiment je serai fort aise que ce M. de Matignon tire un peu la manche du garde des sceaux en ma faveur, volt. Lelt. c^Àrgental, (8 nov. 4736. || Fig. Tirer quelqu'un par la manche, insister pour qu'il demeure. Je suis si aise de les voir partir, que je n'ai garde de 1«3 tirer par la manche pour les retenir, u'alemb. Leit. à Voltaire, 2 mars <764. ||Fig. Il ne se fera pas tirer la manche, par la manche, c'est-à-dire il fera volontiers telle chose, ou, en sens contraire, se faire tirer la manche, faire quelque chose avec peine. On assure que le pape cordelier se fait beaucoup tirer la manche pour abolir les jésuites, d'alems. Lett. au roi de Prusse, 7 août <7fl9. JjFig. Avoir une personne dans sa manche, en disposer à son gré. Si j'avais dans ma manche une fille de cent mille écus que vous refusassiez dans l'espoir d'être heureux avec Mlle de Florigni, je vous approuverais, maintbnon, Lttt. à M. d'Aubigné, i» sept. t. i, p. 448, dans pouGENs. Il Tenir quelque chose dans sa manche, l'avoir à sa disposition, en être assuré. Ils tiennent à leur gré la fortune en la manche, Rfi- «NiER, Sat. m. Hoi.... Qui sais magie et noire et Manche, Qui tiens les diables dans ma manche, Tlu'dt. ital. Arleq. Jason, se. 4.||Fig. Tenir quelqu'un dans sa manche, disposer souverainement da quelqu'un, être en état d'en exiger tout ce qu'on voudra. Vraiment, tous tenez toute la justice dans votre manche ; et voilà encore un nouvel appui que vous allez avoir au palais, dancourt. Femme d'intrigues, iii, i . || Fig. Être dans la manche de quelqu'un, être à sa disposition. J'ai causé avec l'archevêque de Reims, qui vous est fort acquis; son frère n'est point du tout dans la manche de Mme de Coulanges, sév. 4" déc. 487S.|| Fig. Etre à la manche de quelqu'un, le suivre, l'appuyer, le soutenir. Mais aussi a t-il [JurieuJ à sa manche, tout ce parti-là jla populace réfugiée] avec une préoccupation qui va prp«que jusqu'à la fureur, BATLB, lett. à Minutoli, 27 août is«4. || Mettre une chose dans sa manche, s'en saisir, s'en emparer. Il Populairement. Du temps qu'on se mouchait sur la manche, du temps qu'on était fort simple. Cela est bon dans la première partie de notre hisioire que nous nous mouchions sur la manche, don quicuottb, dans Li houx, Dict. comique. |{ Ne pas se moucher sur la manche, être entreprenant, résolu, plein d'expérience. {| Se moucher sur la manche, vient sans dout« de l'habitude qu'ont les enfants uu les gens malpropres de se moucher sur leur manche.
1 C^jrdoliersà la grande manche, cordeliers rentes.
I Avoir la conscience large comme la manche 'l'un cordelier, ne sa faire scrupule de rien. || Fig,
II a la manche large, se dit d'un casulslo, d'un di-
recteur relâché. || Fausses manches, manches qu'on met par-dessus d'autres. Outre les manches étroites de cette robe, on y avait adapté une autre paire do manches lesquelles étaient fc::ilues pour laisser passer tout l'avant bras, et flottai -■st à vide jusqu'à terre.... ces secondes manches coûtaient plus cher que les véritables, peut-être parce qu'elles ne servaient à rien; on leur doit ce proverbe : c'est une autre paire de manches, marchangy, Tristan le voyageur, ch. lix. || Fig. C'est une autre paire de manches, c'est une autre affaire, ce n'est pas la même chose. La conversation [dans une société où se trouvait Buffon] ayant commencé de la part de Mlle de l'Espinasse par des compliments flatteurs
et fins quelqu'un remarque avec éloge combien
M. de Buffon avait su réunir la clarté à l'élévation
du style < Ohl diable, dit M. de Buffon, la tête
haute, les yeux à demi fermés, et avec un air moitié niais, moitié inspiré, oh I diable, quand il est question de clarifier son style, c'est une autre paire de manches !» X ce propos, à cette comparaison des rues, voilà Mlle de l'Espinasse qui se trouble, MOrellet, Jf(?moirey, ch. vi.|| Voici bien une autre paire de manches, voici bien une autre affaire. Il 2° Gentilshommes de la manche, geniilshommes dont la fonction était d'accompagner les fils de France dans leur jeunesse; ces gentilshommes accompagnaient partout les princes, et, comme l'étiquette ne leur permettait pas de les tenir par la main, ils ne les touchaient qu'à la manche; de là leur nom. M. le marquis de Louville, gentilhomme de la manche du duc d'Anjou, suivit en Espagne ce prince devenu roi de cette g.rande monarchie, pontbn. Louville. Il Gardes de la manche, compagnie de vingt-cinq gentilshommes qui se tenaient de chaque côté du roi dans les cérémonies et toutes les fois qu'il allait i la chapelle. || Fig. 11 s'est fait mon garde de la manche, il ne me quitte pas. S'étant fait mon garde de la manche, il se faisait une loi de ne me pas quitter d'un pas, j. j. houss. Prom. 7. Il 8' La manche ou la bonne manche, nom, en Italie, du pourboire. Il eut tant pour la bonne manche. Il 4* Manche de velours, nom d'une sorte d'oiseaux du genre des fous, communs vers le cap de Bonne- Espérance, et qui ont le bout des ailes noir, et le reste du corps blanc. || 6' Terme de marine. Tuyau ou conduit fait de cuir ou de toile, et servant à divers usages. || Manche de pompe, tuyau goudronné, qui reçoit de la pompe l'eau qu'on en fait sortir. || 8° Manche à vent, manche qui fait l'office de ventilateur. Il 7* Manche d'Hippocrate, sorte de filtre usité dans les officines, fait jadis de jonc, aujourd'hui fait de feutre en forme de pyramide; on dit aussi chausse d'Hippocrate. || 8° Fourneau i manche, ou, simplement, manche, nom d'un fourneau d'affinage pour les monnaies. || 9° Terme de pêche. Filet en forme de cône. || 10° Terme de géographie. Espace étroit de mer resserré entre deux terres. X l'embouchure du Qeuve Tistendall, près de la manche de Danemark, volt. Charles Xll, s. Il Absolument, la Manche, le canal compris entra les côtes de France et celles d'Angleterre (on met une majuscule). Traverser la Manche. Département de la Manche. |{ H° Terme de jeux. Partie. Jouer en deux ou trois manches. || Avoir une manche, avoir gagné une partie. || Être manche à manche, avoir gagné chacun une partie. || Au whist, la manche est une des parties liées qui composent le rob. || 12° Au XVI' siècle, on appelait manches les ailes d'un bataillon. Manche de main droite. Manche de main gauche. || Proverbe. Il faudrait lui mettre du plomb dans la manche, se dit, en Normandie, à celui uii commet quehjuo étourderie; locution tirée de l'ancien usage de mettre du plomb aux manches (voy, l'historique).
— HIST.xil's. Lacouelo e l'eslamino out desiiz ccl [sous cet habit] Il ber [saint Thomas|;Maisde pans e do mances les out fait escurter; Car ne vuleit ul siècle sa vie demustrer, Th. le mart. 466. || xiii* s. K fu atouiné [décidé] que H preslre qui avoieiil capes e mances les averoient rcondcs, Chr. de ttaint,»B. Et vous en vostremance ares Cent onces d'or que porterés, FI. et Bl. 2133. Aux fesles et ans diomanches Ne mctoit gans, ne vestoit manches, Tant que midis estoit passez, buteii. ii,4«4. ||xv* s. S'il m'en venoit da nouvel ung à mon plaisir, bel ew jeune, Jà n'en seroltescondi, et ne medeuist laissier inanco en bras [quand il no davroit me laisser una chemise sur le dos), les Bvaitg. des quenouilles, p. 408. Sa manche sera enfermée En deux poingnits de plomb pesant, Bec. de farces, ctc , p. *i7. !.• chouiise saint Luys, dont il fault [manque] u:iA manche.... et une ccdule do Darchcmin..., esonpte
Aie
MAN
de U mwn de monseiRneur saint Loy» des enseignement» qu'il envoya à sa tille, pe laborde. Kmaux, n «Kl I xvi- s. Près mes amis tionnestemenlJ aimo nîioiix'lK-ire et mou.iler ranchc, Que manger mon , lin en ma niancut (seul]. N'ayant jamais conlen- UH-nl, **» LE BOM, Vau d« Vire, n. Il tenoit la Tolonté de Gracchus en sa manche, et par puissance et par cognoissance; ils estoient plus amis flue citoyens, «ont. i, îu. Conscience plus large nue la manche d'un cordolier, langue, »7. Le sage a toujours une malailie ou un voyage en sa manche, pour s'en aider à sa necesi-lté, maro. JVoue. uni. Il faut couler la ptizane par une manche de drap, ou une serviette blanche, pabE, xxi, <7. Aucunefois n'estant de la partie, J'cstoy si bien de mon faict advertie. Qu'autant de fois qu'une reste on gaignoit, Autant de fois la manche on me donnoil, DB BELUt, VI, (64, verso.
ÊTYM. Provenç. mangua, mancha, marga ;
ciUl. mnnega; éspagn. manga; ilal. manica;âu l.it. manica. ddrivé de manus, main.
f t. MA.NCIIEKO.V (man-cbe-ron), s. m. Mancheron de charrue, voy. manche (, n* 3. La charrue ordinaire a deux mancherons; la charrue belge ou brabant n'en a qu'un seul.
— HIST. xiii* s. Levés à deus mains toutes nues Les mancherons de vos charrue?, la Rose, i99io. Ijxvi's. Les manchereaux de la charrue, cotobavb. .... Appuyé sur le machon de sa charrue, baIp, Œuv. p. «0, dans lacorne.
— Etvm. Dérivé de manche i.
t î. MANCHERON (man-che-ron), i. m. Ornement ou garniture vers le haut des manches d'une robe de femme.
— HIST. XV* s. Rouge se porte par plusieurs gentilz hommes et aultres gens comme en honnetz, chausses, pourpoinctz et manteaulx; les femmes le portent en cottes, sainctures et mancherons, sicuxb, le Blason des couleurs, p. UO.
— ETYM. Dérivé de manche 2.
MA>'CnETrE (man-chè-f), s. f. || l" Ornement
fait de mousseline, de batiste, de dentelle qui s'attache au poignet de la chemise des hommes. Jamais d'un assez long sommeil Je n'ai dormi sur le Parnasse, Pour me trouver, à mon réveil, Salué du nom de poste; Moi qui ne me serois vanté Que d'en avoir eu la manchette, La marotte ou la pauvreté, ciiAUL. Au marquis de Dangeau. Un petit Français, poudré et fri.sé comme autrefois.... jabot et manchettes de mousseline, raclait un violon de poche, et faisait danser Madelon Fiiquet à ces Iroquois, CHATEAUBR. Amer. Voy. en Amérique. \\ Fig.et familièrement. Vous m'avez fait là de belles manchettes, vous avez fait une équipée qui me met dans l'embarras. Il 2' Un marquis de la manchette, un homme qui tend la main, un mendiant. || Les chevaliers de la manchette, les pédérastes. Le parti de la manchette, d'argenson, Miim. t. m, p. 88. Il 8* Manchette de femme, petit ornement en jaconas, batiste, mousseline unie ou brodée, en tulle ou dentelle, que les femmes portent sur les poignets de Ic'jrs ,sous-mancl'.e3 ou sur les poignets des manches de leur robe. KUes portent aussi quelquefois des manchettes cousues au bord du poignet et entourant la main. || 4* Mal qu'on fait au poignet en le serrant fortement avec deux doigts. Donner les manchettes à quelqu'un. || 6" Terme d'escrime. Coup de manchette, coup de taille par lequel on cherche à blesser son adversaire au poignet de la main qui tient le sabre. || 8* Partie d'une (leur faite en forme de manchclta. Quand la grande ombelle a une manchette, on donne à cette manchette le nom de grand involui^re, i. i. nonss. Lelt. iUm. sur la bor. ||7* Manchettes do sabre, morceau de drap ou de paMcmenterie qui garnissait le haa de la poignte des sabres d'iiifanteno, cl qui se trouvait pressé entre la garile et le haut du fuuireau. |{ Manchettes de bottM, de (juêtres, se disait, à l'époque où l'on portait l«t boties «t les guêtres tiès-hautos, d'une espico de gonomllcro do toile interposée entre la chaussure et U culotie.'l Terme d j miirine. Bout de cordage qui sert à empêcher un autre cordage de tomber trop Us quand U mollit. || «• Chez les fabricants de meuw«s, petit morceau d'étoffe avec lequel on garnit le œlllau de* accotoirs ou bras d'un fauteuil, d'une bergère. U t' Terme d'imprimerie. Nom donné aux notes qui se metunt non pas au bas de la nace mau sur la côté à droite ou à gauche du leuo' Il tf L«s manchettes de U Vierge, nom, en Normandie, do liseron des haies. || Manchette grise •«p*e« d^ric. Il Manchette de Neptune, polïpieJ qn» rwsamble i de la dentelle. "^
— UttT xi.i' t. El lu, à ces longues mancheles,
MAN
Qui par çà, par là les dejetes. Or vient la mort qui jus les mete, l.i rendu monde. Ijxvi' s. Le marquis d'Arly prit une de ses manchettes pour serviette, et s'en essuya les mains, d'aub. Conf. ii, ).
— F.TVM. Diminutif de manche 2.
MANCHON (man-chon), s. m. || !• Fourrure disposée en forme de sac ouvert par les deux bouts, et dans laquelle on met ses mains pour se garantir du froid. Ma femme alors me laisse en un danger, Qu'elle devrait avec moi partager, Prend son manchon et va voir quelque amie, scakr. Poés. div. OEuv. t. VII p. 80. Et si je meurs, il [le roi] veut avoir Un manchon de ma peau [la peau du léopard], tant elle est bigarrée, la font. Fabl. ix, 3. || Chien de manchon, chien d'une fort petite espèce que les dames portaient dans leur manchon, sousLouisXV. Figurez-vous un très-petit chien de manchon qui suivrait un capitaine des gardes du roi de Prusse, VOLT. Kicrom. i. || 2* Terme de marine. Garniture de fer d'un écubier. || Z' Terme de verrier. Moule dans lequel on souffle le verre. |l 4" Terme de fontainier, cylindre de bois ou de métal, dans lequel on fait pénétrer les extrémités de doux tuyaux pour les relier. Il 5* Se dit de cylindres en fer forgé ou en fonte dont on fait usage pour raccorder deux axes bout à bout. Il Sorte de coulant qui peut glisser le long d'un ôixe.
— HIST. xvi* s. Les assiégez descendirent 30 pas de la brèche, et fut remarquée entre les plus avancez une femme avec des manchons rouges, une halebarde en la main, qui mesla et se signalla en ce combat, d'aub. //isl. ii, < 34. Manchon [flemi-manche], OL'DIN, Vicl. Quatre pièces de pierreries pour un manchon, de laborde, Émaux, p. 378.
— Rtym. Manche 2.
t MANCHONNIER (man-cho-nié) , s. m. Ouvrier
qui fait les manchons de verre.
MANCHOT, OTE (man-cho, cho-t'), adj. \\ 1° Estropié ou privé de la main ou du bras. Un soldat manchot. La belle opération, de me rendre borgne ou manchot, mol. Mal. im. m, < B. || Fig. Comme leurs intérêts [de Saurin et la Motte] sont communs, j'ai peine à croire qu'il veuille se couper le bras pour rendre son ami manchot, j. b. houss. Lett. à Boulet, <5juill. (7(5. Il Fig. Cet homme n'est pas manchot, il a de la finesse, de la dextérité. Les Fiançais ne sont pas manchots au jeu; mais ils rencontrent quelquefois des personnes d'une autre nation qui les redressant, lesage, Gutm. d'Alfar. iv, 8. Le vin que m'apporta l'ambassadeur manchot du roi de Prusse (qui n'est pas manchot) , volt. Lett. en vers et en prose, 88. Il Cet homme n'est pas manchot, signifie aussi : il sait faire sa main, piller, s'approprier ce qui lui convient. || Par plaisanterie, n'être pas manchot de langue, savoir très-bien user de la langue, parler. Le drôle n'était pas manchot de la langue. Il Substantivement. Un manchot. Une manchote. Il [le roi de Prusse] commença par envoyer en France en ambassade extraordinaire un iriancliot nommé Camas, ci-devant Français réfugié, et alors officier dans ses troupes, volt. Mém. Voltaire. Comme des manchots parviennent, à force d'exercice, à faire avec leurs pieds tout ce que nous faisons de nos mains, j. j. rouss. Inég. note C. Il 2° S. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'oiseaux palmipèdes qui n'ont que des moignons d'ailes faisant office de nageoires; ce qui les a fait comparer à des manchots. Clusius semble rapporter la première connaissance des manchots à la navigation des Hollandais dans la mer du Sud en (698, BUFP. Ois. t. iviii, p. 50. Les pingouins et les manchots semblent faire la nuance entre les oiseaux et les poissons, id. ib. p. 44.
— HIST. xv s. On doit craindre son ennemi foible, manchot ou tors, o. de la marche, dans le Dict. de DOciiEZ.
— ÊTYM. Dérivé d'un ancien adjectif manc, qui signifiait estropié (Miex vodroie estre d'un pié manc, Ren. (070), et qui vient du latin moficiw, manchot.
t ....MANCIE, suffixe qui se joint à plusieurs mots pour exprimer divination par, et qui vient du grec (iavitla, divination, [iâvTi«, devin, lequel paraît tenir à la racine sanscrite mon, penser, mantu, un sage. Curtius pense que (tàvTi; veut dire un inspiré, et se rapporte à (ioivo(iai, être fou, avoir le transport, les anciens faisant confusion entre la sagesse et le transport de l'inspiration. Au reste, |iaîvo|iai et le sanscrit man sont du môme radical.
t MANCIENNE (man-siè-n'), ». f. Viorne commune, ri)»iirnum lanlana, L. caprifoliacées. |Md;. Viorne manciousa.
MAN
t MANCrPATION (man-si-parsion) , ». f. Terme de droit romain. Mode solennel d'aliénation et d'acquisition de la propriété au moyen de certaines cérémonies, en présence de cinq témoins et d'un porteur de balance.
— ETYM. Lat. mancipationem, de mancipare, dérivé de manceps, possesseur, acquéreur, qui est formé de monuï, main, clcapere, prendre.
t MANDANES (man-da-n'), s. m. pi. Nom donné à une peuplade d'agriculteurs des bords du Mississipi. Le peuplier de Virginie a été appelé, par certains auteurs, peuplier des Mandanes, legoa-