‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 15 sur 389 · INCISER · texte numérisé non relu

INCISER

INCISÉ, 15k (in-si-zé, zée), part, poss^ d'inciser. Il 1" Qui a subi une entaille. La tumeur incisée parle chirurgien. ||2' Terme de botanique. Feuille incisée.

feuillequia desdécoupures plus profondes que celles auxquelleson donnele nomdedentsoudecrénelures. INCISER (in-si-zé), V. a. \\ 1° Faire une entaille avec qusHjue chose de tranchant. On [le castor] n'incise point l'arbre du côté de la terre, mais du côté de l'eau, pour qu'il tombe sur le courant, cha- TEAUB. Amer. Hist. nalur. Castors. Deux [Arabes] voulant se jurer la foi, un troisième se met entre eux deux, et avec une pierre tranchante leur incise la dedans des mains, p. l. cour. Prospect. d'une trad. d'Hérodote. || Particulièrement. Faire des taillades, des fentes dans un arbre. Inciser l'écorce d'un arbre pour le greffer. Inciser un pin pour en tirer la résine. || Terme de verrier. Couper le verre encore chaud, en se servant d'un instrument mouillé ou très-froid. || 2° Fig. Terme de l'ancienne médecine. Dissoudre, en parlant de l'action des sucs de l'estomac ou de colle de certains médicaments. Remèdes propres à inciser les humeurs. Les eaux de l'estomac ont la vertu d'inciser les viandes, et les coupent si menues qu'il n'y a rien de l'ancienne forme, BOSs. Connaiss. ii, lO.

— HIST. xii's. Surl'espaule senestre l'espée li cula [coula]. Le mantel e lesdrastresqu'al cuirencisa, E le braz maistre Edward près tut en deus colpa. Th. le mart. )60. Si l'ont trenchiée à un coustel, Bien ont encisée la pel, Et les deus cornes li brisierent, Ren. (!)62s.|| XIV' s. Puis, prenant la jambe de derrière jdu cerf] , l'encise tout autour en dessoubz de la jointe, Modus, f° xxi, verso. Que le chancre [cancer] soit tout encisié o [avec] toutes ses racines, H. DE MONDEVii.LE, f" 95, verso. || XVI' S. Marius endura patiemment toutes les extrêmes angoisses de douleur qu'il estoit force qu'il sentist quand on l'incisoit, sans remuer, sans gémir, ny souspirer, AMYOT, ilar. 9. Chaleur et vapeur, laquelle a vertu de subtiliser, atténuer, inciser, résoudre et conforter la dite partie, paré, v, <4.

— ÉTYM. Lat. tncisum, supin de tncidere, couper, de in (voy. in.... 2), et cxdere, couper.

INCISIF, IVE (in-si-zif, zi-v'),adj. || l°Qui incise. Dents incisives, dents au nombre de quatre à la partie antérieure de chaque mâchoire, chez l'homme; ainsi appelées parce qu'elles sont tranchantes. Les animaux qui ont des dents incisives, comme le cheval et l'âne, aux deux mâchoires, broutent plus aisément l'herbe courte que ceux qui manquent de dents incisivesà la mâchoire supérieure, bufp. Quadrup. t. 1, p. 219. Il Muscles incisifs, les muscles de la lèvre supérieure. || 2" Fig. Terme de,médecine. Médicaments incisifs, médicaments que l'on croit propres à diviser, à atténuer les humeurs. || Substantivement. Les incisifs forment un ordre d'atténuants plus actifs que les simples apéritifs, et moins que les fondants. || 3° Fig. Qui agit comme quelque chose de tranchant. Discoursincisif. Paroles incisives. Il lise dit aussi des personnes. Un orateur incisif.

— HIST. xiV s. Médecines forment [fortement] attractives et incisives, h. de mondeville, f° 84. Il xvi" s. Le; dents incisives ou tranchantes mordent et taillent les morceaux, paré, iv, 2. Tenailles incisives, lO. vi, 22.

— ÉTYM. Inciser; provenç. incisiu; espagn. et ital. incisivo.

INCISION (in-si-zion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il Entaille faite avec un instrument tranchant. Us se faisaient à eux-mêmes, par un zèle superstitieux et pour honorer leur dieu, de douloureuses incisions, jusqu'à ce qu'ils fussent couverts de leur sang, boubdal. lHyst. Circoncis, de J. C. t. I, p. 60. Il Terme de chirurgie. Division méthodique des parties molles avec un instrument tranchant. 11 répandait dans la blessure une liqueur odoriférante, qui consumait les chairs mortes et corrompues, sans avoir besoin de faire aucune incision, fKn. Tél. XVII. Il Incision cruciale, voy. crucial. Il Terme de jardinage. Incision annulaire, opération qui consiste à enlever un anneau circulaire d'écorce et qui est pratiquée afin de faire mettre à fruit des branches gourmandes ou de modérer l'activité trop grande de la végétation.

— HIST. XI V s. Qui ont grant plaie et incision, ii. DE mondeville, f 43, vcrso. \\ XVI' s. Hormis l'incision de la pierre en la vessie, pabè, Au lecteur. Les playes qui sont causées par choses trenchantes, sont nommées incisions ou playes incisées, lo. vu, 2.

— ÉTYM. Provenç. incisio; espagn. incision; ital. ineisione; du lat. incmonem, de incisum, supiu de incidere, couper (voy. inciser).

t INCISIVKMENT (in-si-zi-ve-man), adv. D'une manière incisivo, mordante.

t INCISOIRK (in-si-zoi-r'), adj. Dents incisoires, ancien nom des dents incisives.

t INCISURE (in-si-zu-r'), s. f. Terme d'histoire naturelle. Nom donné à des découpures, irrégulières ou non, de certains organes.

— HIST. xiii* s. Et il [l'encens] ist [sort des arbres] aussi sans enciseure; et est pour la grant chaleur du soleil qu'il y fait, marc pol, p. 7U.

— ÉTYM. Lat. incisura, de tncisum, supin de tncidere, couper (voy. inciser).

t INCITABILITÉ (in-si-ta-bi-li-té), s. f. Terme do physiologie. Faculté qu'ont les corps vivants d'obéir à l'action des stimulants.

t INCITABLE (in-si-ta-W), adj. Terme de physiologie. Qui peut être incité.

— ÉTYM. Lat. incitabilis, deincitare, inciter. INCITANT, ANTE (in-si-tan. tan-f), adj. Terme

de médecine. Qui augmente la vitalité. Remèdes incitants. || Substantivement. Les incitants.

t INCITATEUR, TRICE (in-si-ta-teur, tri-s'), ». m. et f. Celui, celle qui incite.

— HIST. XVI' s. Incitateur, monet, D'ct.

— ÉTYM. Lat. incitatorem, de incitare, inciter.

INCITATION (in-si-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1" Action d'inciter. Que votre fille avait une vertu trop haute Pour avoir jamais fait ce pas contre l'iionneur. Sans l'incitation d'un méchant suborneur, mol. Dép. am. m, 4. |{ 2° Termo de physiologie. Synonyme d'excitation. 1| Incitation motrice . l'action nerveuse qui détermine la contraction des muscles par l'intermédiaire des nerfs de mouvement.il Terme de médecine. Action d'augmenter la vitalité; résultat de celle action.

— HIST. XV" s. La souveraineté de telles choses mouvoit et venoit par les incitations des oncles du roi et le gênerai conseil du pays, proiss. ii, m, 74. Il XVI" s. Cette incitation est si mal concluante, que je la treuve plus forte au revers, mont, m, < 33.

— ÉTYM. Lat. incitationem, de incitare, inciter, INCITÉ, ÉE (in-si-té, tée), part, passé d'inciter.

Poussé à. L'étude du grec fleurit en ce pays-là [l'Angleterre] extraordinairement ; les Allemands, incités par cet exemple, s'attachent beaucoup à cette langue, bayi.e, Lett. à U"", 3i mars )U98. Incité par le plaisir que j'avais senti, biiff. Des sens.

t INCITEMENT (in-si-te-man), s. m. Action d'inciter.

— HIST. xvi" s. Commejmetaux et pierresde valeurs, Incitemensà tous maux et malheurs, marot, iv, 19.

— ÉTYM. ital. incitamento; du lat. incitamentum, de incitare, inciter.

INCITER (in-si-té), v. a. || 1° Pousser à. Inciter à bien faire. Le désir de vengeance et la colère les incite à courir inconsidérément.... desc. Pass. 2H. Ces pensers incitaient la reine à la vengeance, la FONT. Cand. Il n'avait pas besoin d'inciterun homme dont la résolution étaitsibien prise, boss. Kan'a». x. Ce sera par le plaisiret par la douleur que Dieu poussera et incitera les animaux aux fins qu'il s'est proposées, ID. Connaiss. v,i3. X l'égarddu moine Jacques d'amen!, il avait été incité à ce parricide par son prieur, nomméBourgoins,etparladuchessede.Montpensier, volt. Hist. pari. ch. ai . || Absolument. Celui qui fait pécher, celui qui incite au péché, celui qui conseille le péché, celui qui enseigne le péché, bourdal. Sur le scandale, i" avent, p. H3. Il 2° S'inciter, v. réfl. Se donner l'un à l'autre des incitations. Ils s'incitaient au mal.

— HIST. XII' s. Et ke soiportiens [nous supportions] U uns de nos l'atre [autre] en tote pacience, ensi ke nos encitiens li un de nos l'atre adès [constamment] à meillor et à plus parfait estaige, ST bern. 557. Il xv s. Il avoit le nom d'estre celui qui plus avoit esmeu et incité la besogne, froiss. iii,iv, &u. Pour les bonnes gens inciler A bonnes œuvres, non pas faintes, Mart. de St Éiienne. || xvr s. Ainsi sans cesse, à mal va incitant Par nouveaux arts mon cueur peu résistant, mahot, m, 3i2 Chacun s'incitoit à paix, et à persuader les grands d'y entendre, LANGUE, 558. Si les pompes ont incité les princes, pour y satisfaire, de mettre sur leure sujets (les tributs excessifs et insupportables, lu. 32. La nouvelleté des choses nous incite, plus que leur grandeur, à en rechercher la cause, mont, i, 202. L'autre moins courageux, d'avarice incité, Cbeichc aux ondes sa mort, fuyant la pauvreté, desportks. Amours d'Hippolyte, xxxiii. Elégie.

— ÉTYM. Lat. incitare, de m (voy. iN.... 2), et citare, pousser, fréquentatif de ciere (voy. citer).

t INCIIO-MOTEUR, TRICE (in-si-to-mo-tear, tri-s'), adj. Terme de physiologie. Action incitomotrice , action des centres nerveux qui détermine la contraction des muscles par l'intermédiaire des nerfs moteurs.

— ÉTYM. Inciter, moteur.

INC

+ WCITO-MOTRICITÊ (in-si-to-mo-tri-si-té) , «. f.

Action incito-motrice.

— ETYM. Inriler, et motricité.

INCIVIL, ILE (in-si-vil, vi-r),orf;. || l'Qui manque de civilité, en parlant des personnes. Parmi de certains coqs incivils, peu gzUants, Toujours en noise et turbulents. Une perdrix était nourrie, la font. Fabl. X, 7. J'aime mieux être incivil qu'importun, MOL. Bourg, gentilk. m, 4. (Un mari] qui est trop négligé dans son ajustement, brusque dans ses réponses, incivil, froid et taciturne, la bruy. m. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant, id. v. ||Fig. Que cette bise qui vous a fait avaler tant de poudre a été désobligeante et incivile !sEv. <"nov. less. 112° Qui est contraire à la politesse, en parlant des choses. Il est venu depuis une autre théologie.... qui n'est pas si rustique et si incivile que la première, balz. le Prince, ch. 8. la prière, dit-il, n'en est pas incivile, la font. Fabl. VI, (6. Te livrer le Bosphore, et, d'un vers incivil. Proposer au sultan de te céder le Nil, boil. Éplt. 1. Il 3° En jurisprudence (emploi quiavielUi), Contraire aux lois civiles. Clause incivile, clause faite contre la disposition des lois. {| Fig. Ô homme, si tu étais indépendant par nature, et que Dieu néanmoins exigfât de toi que tu te rendisses dépendant par ta volonté, peut-être aurais-tu raison de trouver ou l'obligation importune ou la demande incivile, boss. 3' serm. pour le i " dim. de l'aient, i .

— HIST. xiv« s. Puet un homme estre incivil pour la .sauvageté de sa nature ou par malvaise accoutumance, oresme, r/iràe de MEUNIER. Il XVI* s. Et les habitants, en plusieurs endroictsdepays etcontrées, sont fort barbare*; et incivils, carloix, viii, 2o. L'opinion si rare et incivile [anti-socialej de la mort;ilité des âmes, mont, i, H 3. Parlent-ils du magistrat ou parlent ils à luyî c'est d'une liberté irreverente et incivile, id. i, uo. Quoi qu'on me dist de vos mœurs inciviles. De vos habits, de vos meschantes villes, \>Y,sfowt. Diverses amours, xliii. Adieu à la Pologne.

— ÊTYM. Lat. incivilis, de in (voy. in.... <j, et etet7's, civil.

INCIVILEMENT (in-si-vi-le-man), adv. D'une manière incivile. S'il me voit, ce vieillard m'éconduira peut-être Fort incivilement. begnard, le Bal, 4. On médit tout de suite assez incivilement de me lever; j'obéis sans réplique, staal, Kém. t. u, p. 76.

— HIST. XV' s. Disoient pn ouUre que le dit mandement estoit incivil et incivilement donné par plusieurs causes et raisons, du cange, iyicirilis. || xvi* s. Certes elle [la nature] m'a traité illégitimement et incivilement, mont, m, 373.

— f.TVM. Incivile, et le suffixe ment, i INCIVILISABLE (in-si-vi-Ii-za-bl'),od/. Oui ne

peut être civilisé. Populations incivilisables.

— f.TYM. In.... i, et civiliser.

t INCIVIUSÉ, ÉE (in-si-vi-li-zé, zée), adj. Qui

n'est point civilisé. La myopie, si commune en Europe, parait rare chez les peuples incivilisés.

INCIVILITÉ (in-si-vi-li-té), s. . || !■■ Manque de civilités lia été proposé par M. le premier consul touchant l'incivilité descomédiens qui ont affiché sans avoir leur décret d'approbation; il a été opiné et puis conclu que les affiche<seront levées, et à eux défendu.... Déliber, de l'hôtel de ville de Grenoble eniGbH, dans Arch. des miss, scient. 2' série, 1. 1, p. 485. La sincérité passe i>our incivilité et pour rudesse ; il n'y a presque plus d'amitié qui soit à l'épreuve de la Iranchised'unami,FLÉCH. Duc itelfont. L'incivilité n'est pasunvicede l'âme, elle est l'effet de plusieurs vices, de la sotte vanité, deTignorance desesde>oirs, delà paresse, dt la distraction, du méprisdes autres, de la jalousie, LA BRUY. XI. Il 2" Action ou parole contraire à la civilité. Je vous ai fait, seigneur, une incivilité, coRN.Po/y. IV, 4. Mme de Gèvress'attendaitque je lui dusse offrir ma place; ma foi, je lui devais une incivilité de l'autre jour, je lui payai comptant, je ne branlai pas, sÉv. 27. Les jeunes gens portent 1 audace Jusqu'à la brutalité; Quand ils ne nous font pas janous femmes! une incivilité. Il semble qu'ils nous fassenlgrâce, deshoul. t. i,p. 93.Une froideur ou une incivilité qui vient de ceux qui sont audessus de nous, nous les fait haïr ; mais un sourire ou un salut nous réconcilie, la bhuy ix

-HIST. XVI- s. Chose estrange, que l'injustice se plaigne de 1 incivilité, et la malice de l'indiscretion, CHAHRON, Sagesse, ii, 3.

— ETYM. Lat. tncinWatem , de incivilis, incivil L\CIVIOUE(in-si-vi-k'),adj. Qui n'est point civil

que, eu parlant des choses. Une conduite, une nroposition incivique.

— ÉTYM. in.... 4, et civique.

INC

+INCIVlQnEMKNT (in-si-vi-ke-man) , adv. D'une manière incivique.

INCIVIS.ME {in-si-vi-sm') , *. m. Défaut de civisme. Acte d'incivisme.

— ÊTYM. In.... i, et civisme t INCLASSABLE (in-klâ-sa-W), adj. Qui ne peut

être classé. Un monument sans style et inclassable, J. des Débats, te oct. 4864. Nature déclassée et inclassable, o. s and.

— ETYM. In... 4, et classer.

INCLÉMENCE (in-klé-man-s') , ,. f. || !• Défaut de

clémence, en parlant des dieux, du ciel, du sort. Dans ces funestes lieux où la seule inclémence D'un rigoureux destin réduit mon innocence, corn. dit. IV, 6. Tandis qu« , pour ficchir l'inclémence des dieux. Il faut du sang peut-être et du plus précieux, BAC. Iphig. I, '2. Il L'inclémence du parterre l'inclémence de la critique, etc. leur rigueur à l'égard des pièces de théâtre, des livres. || 2» Pig. État rigoureux, en parlant des 'choses, comparé au défaut de clémence chez les personnes. Sommes-nous dit-il, en Provence? Quel amas d'arbres toujours verts Triomphe ici de l'inclémence Des aquilons et des hivers? la font. Psyché, i, p. (4. Voudriezvous, faquins, que j'exposasse l'embonpoint de mes plumes aux inclémences de la saison? mol. Préc. s L'inclémence du ciel et des saisons, la bruy. Disc à VAcad. franc. Dans des sables brûlants, sur des rochers déserts. Je supporte avec toi l'incléùience des airs, volt. Mahom. ii, 4. J'observais que l'inclémence des airs est ridicule dans une histoire, parce que le terme d'inclémence a son origine dans la colère du ciel, qu'on suppose manifestée par l'intempérie, les dérangements, les rigueurs des saisons ID. Dict.phil. Dictionnaire. Comparons nos chétives brebis avec le mouffion dont elles sont issues; celui-ci, grand et léger comme un cerf, armé de' cornes défensives et de sabots épais, couvert d'un poil rude, ne craint ni l'inclémence de l'air, ni la voracité du loup, BUFP. Quadrup. t. vu, p. 201, Et jamais de vos sombres ennuis Un rayon de printemps n'adoucit l'inclémence, m. j. chén. Fénelon. Il, 3.

— HIST. XVI' s. C'est inclémence, voire cruauté, de pardonner à ceux qui méritent mourir Sat Uén. p. 4 88. ' ■

— ÉTYM. Lat. inclementia (voy. iNCLéMENT). CVCLÉMENT, ENTE (in-klé-man, man-f), adj

Il 1° Oui n'a pas de clémence, en parlant des dieux du ciel, du sort. Des dieux incléments. || Par plaisanterie. Je n'ai point lu, monsieur, les beaux vers ou vous dites que le très-inclôment Clément me déchire aussi bien que plusieurs de mes amis volt Lett.Laharpe, 1773. || 2" Oui est, en parlant des choses défavorable comme une personne inclémente Un ciel incléraent.

— ÉTYM. Lat. mc/emenim, de in.... 4, elchmens, clément. '

INCLINAISON (in-kli-nê-zon), s. f. \\ !• État de ce qui est inc.iné. L'inclinaison du toit facilite l'écoulement des eaux. || Terme d'économie rurale Inclinaison du terrain, manière dont le terrain se présente au soleil, à la pluie, aux vents, ce qui a de Imnuencesur la culture. || Terme de métallurgie Inclinaison «le la tuyère, angle qu'elle fait avec l'horizon en plongeant dans le foyer. || 2° Terme de géométrie. U relation d'obliquité. L'inclinaison de deux plans l'un sur l'autre. Angle d'inclinaison. I Terme d astronomie. Angle que forme le plan de 1 orbite d une planète avec l'écliptique. L'inclinaison de laxe de la terre sur l'écliptique. || 3» Terme de physique. Inclinaison de l'aiguille aimantée, angle que fait avec 1 horizon une aiguille qui peut se mouvoir librement autour de son centre de gravité dans le plan vertical du méridien magnétique. || Boussole d inclinaison, instrument servant à mesurer l'incli-

[NC

naisoii de 1 aiguille aimantée. La boussole horizontale indique la direction avec ses déclinaisons, et la boussole verticale dém.ontre l'inclinaison de l'aigu i le; cette inclinaison change souvent plus que la déclinaison, suivant les lieux, mais elle est plus constante pour les temps, buff. Min. t.ix, p 237 Il 4" Terme d'anatomie. Inclinaison du bassin l'angle que cette cage osseuse fait avec un plan horizontal sur lequel on la pose.

— ÊTYM. Lat. imlinationem. Inclinaison est comme raison oraison, etc. la forme ancienne et populaire, inclination étant calqué sur le latin

INCLINANT, ANTE (in-kli-nan, nan-t') , adj Terme de gnoraonique. Cadran inclinant, iadran

arèl '""hr'"'"" '"""•'ï"' "''^^'P''^ perpendiculaire a 1 horizon, mais qui incline du côté du midi. On dit aussi cadran incliné.

mCLINATIGN (in-kli-na-sion; en vfirs, de cinq syllabes), s. f. \\ V Action de pencher. || Terme d2 aboratoire. Verser par inclination, verser quelque liqueur en penchant doucement le vaisseau || 2° Particulièrement. Action de pencher la tête ou le corps en signe d'acquiescement ou de respect. On les Isaint Marceau et sainte Geneviève] en empêche [de s approcher tout à fait dans une procession! ils font seulement l'un à l'autre une douce inclination et puis chacun s'en va chez soi, sév. 202. On leur voyait [aux solitaires de laThébaîde] multiplierleurs ^ oraisons, inclinations ou génufiexions jusqu'à cent fois, jusqu'à deux cents fois, et même beaucoup plus souvent pendant le jour, boss. Et. d'orais. vi 40 La religion ne consiste ni dans les inclinations du corps m dans la modestie des yeux, bourdal. 6« dim\ après la Pentec. Dominie. t. 11, p. 478. Zadig s'arrêta et lui fit une profonde inclination, volt. Zadig, 20. Il 3° Fig. Mouvement de l'âme par lequel on est porté à quelque chose. Je connais que nos premières inclinations sont toujours les maltresses, VOIT. Lett. 21. Et l'inclination jamais n'a démenti Ce sang qui t'avait fait du contraire parti, corn Cmna, v, 4. Quand on a de la vertu, on souffre cette contestation éternelle entre l'inclination et le devoir, saint-évhemond, dans richelet Pour satisfaire l'inclination naturelle qu'on a à la vanité, PASC. Prov. 9. Pauline a-t-elle la même inclination pour la danse que sa sœur d'Adhémar» SEV. 399. Ces deux grands rois se connaissent ; c'est I effet des soins de Madame; ainsi leurs nobles inclinations concilieront leurs esprits, et la vertu sera entre eux une immortelle médiatrice, boss. Duch d Orl. L'âme doit être morte à ses souhaits, voulant comme si elle ne voulait pas, comprenant comme SI elle ne comprenait pas, sans avoir même de l'inclination pour le néant, id. États d'orais. m, 4. Deux obstacles presque invincibles nous empêchent d'être les maîtres de nos volontés, l'inclination et l'habitude; l'inclination rend le vice aimable, l'habrtuda le rend nécessaire, id. 4- sermon. Carême, Pénit. 2. L idolâtrie à laquelle le genre humain avait une inclination si prodigieuse, id. Hist. 11, 6. Qu'est-ce autre chose qu'une habitude, sinon une forte inclination? id. Sermons, SaJts/'aca'on, 2. Cette inclination bienfaisante qui n'a jamais perdu une occasion de servir ceux qui ont eu be-soin de son secours, FLÉCH. Mme de Mont. Vous nous attire» par vos promesses, vous nous faites craindre vos jugements mon Dieu; c'était assez de lui faire connaître vos volontés; et ce que nous faisons par obligation et avec peine, elle le faisait par son inclination et par votre amour, m. Marie-Thér. Il naquit avec ces inclinations libres et généreuses qui affranchissent 1 âme de toute autre loi que de celle de ses devoirs, id. Duc de Mont. Pourquoi auriez-vous inclination de croire que nous sommes sortis des Babyloniens'» FÉNKL. t. XIX, p. 4 00. Ce n'est pas qu'elles n'eussent quelque inclination à me secourir, id. Tél. x. Presque tous les hommes ont l'inclination de se marier, in. Tel. xii. Je ne suis pas destiné à suivre mes inclinations, id. ifc. xxiii. Vous avez je ne sais quelle inclination fatale pour la comédie larmoyante qui abrégera mes jours, volt. Lett. d'Argental, t sept. 4772. Il Contre son inclination, contre la volonté même qu'on a. Ce prince [Condél que l'on regardait comme le héros de son siècle, rendu inutile à sa patrie dont il avait été le soutien et ensuite je ne sais comment contre sa propre inclination armé contre elle, boss. Anne de Gom. Il 4° Affection, amitié, amour. Mon inclination a bien change d objet, corn. Cid, v, 4. Je donnai par devoir a son affection Tout ce que l'autre avait par inclination iD. Poly. I, 3. Et l'inclination ne fait pas l'hymenée, id. Agésil. v, 4. Je ne veux point forcer ton inc ination, mol. l'Avare, iv, 3. Un mariage ne saurait être heureux où l'inclination n'est pas, id ib Du moment que je vous ai vu, je me suis senti pour vous de 1 inclination, id. Pourc. 1, 5. Pourquoi faut-il que de justes inclinations se trouvent traversées? id. Fourb. III, 4. Elle a peut-être quelque inclination en tête, id. Mal. imag. 11, 7. J'ai toujours eu pour vous une pente et une inclination qui m a mise a deux doigts d'être ridicule, sÉv. à Bussy, 6 juin 4668. Attaché d'inclination à M le prince, hamilt. Gramm. 5. il n'eut pas la même inclination que Nestor pour Télémaque, fén. Tel XV. Vous me blâmerez peut-être, de prendre trop lacilement des inclinations dans les lieux où je passe, iD. ib. xxiL J'étais [Henri Vllf] aussi prompt a me dégoûter qu'à prendre une inclination, id. «6, t. XIX, p. 381. j) Mariage d'inclination, mariage où 1 inclination est le motif déterminant, par opposi-

me

INC

tNC

tion 5 mariage d'argent ou de convenance. || 5" Familièrement. La personne qu'on aime. N'auriezvous point quelque secrète inclination avec qui vous souiiaiteriez que votre père vous mariât ? mol. Am. méd. I, 3. || Maîtresse. Il a fait une inclination. Il a une inclination. || Boire aux inclinations de quelqu'un, boire à la santé de la dame qu'il aime. Sostrate : Verse à boire. — Straton, buvant : S vos inclinations, M"' de la motte, Matrone d'Éphèse, se. 11.116° La cLose pour laquelle on a du penchant. La cha.'îge est son inclinatiqn.

— SYN. INCLINATION, PENCHANT. Étymologiquement, inclination exprime l'idée d'incliner, et penchant celle de pencher. Ce qui penche est plus près de tomber que ce qui est incliné. C'est pourquoi le penchant est une inclination forte; ou'bien l'inclination est un penchant faible.

— HlST. xv= s. Et aussi leur principale inclination est de désirer leur prince estre foible, comm. v, <6. ||xvi' s. Ils l'enhortoient de suivre l'inclination de sa nature, laquelle l'avoit fait naistre à plus grandes choses, amyot, Pyrrh. 4 0. Là où le pôle est si fort élevé pour l'inclination [inclinaison) des cercles equidistans, que.... ID. Marins, <8. Voilà les causes que l'on alleguoit de l'inclination que Ciceron avoit à* ce jeune Caesar, iD. Cicéron, s^ L'inclination aux Voluptez et la fuitte du labeur ne so.nt point en nous estrangeres, id. Comment il faut ouïr, ♦. Nostre façon ordinaire, c'est d'aller aprez les inclinations de nostre appétit, à gauche, à dextre, mont, ii, 3. Ignorants nos baise-mains et nos inclinations serpentées, id. ii, 178. Vainement nous concluons aujourd'huy l'inclination et la décrépitude du monde, ID. iv, (6. Le ciel donne aux esprits diverses passions. Diverses volontés et inclinations, X mestiers tout divers, nu bellay, iv, 72, recto. Puis esterez votre eau par inclination [en inclinant le vasej, paré, xxv, 46. Les cœurs estoient plus menés de Dieu que de leur propre mouvement ou inclination, calv. Inst. 27.

— Etvm. Provenç. enclinatio ; espagn. inclinacion; ital. inclina zione ; du lat. inclinalionem, de inclinare, incliner.

INCLIPfÉ, ÉE (in-kli-né, née), part, ■passé d'incliner. Il 1" Qui fait un angle par rapport à une certaine direction. Cette ligne, qui fait le milieu de la bande du nouveau continent, est inclinée à l'équateur d'environ 3o degrés, bufp. Hist. nat. preuves théor. terre, Œuvres, t. i, p. soi. Un hexaèdre rhomboïdal dont les quatre faces sont inclinées relativement à leurs bases, id. Min. t. vi, p. 94. Il En mécanique, plan incliné, plan qui n'est ni horizontal ni vertical, et qui, détruisant une partie du poids des corps, aide à monter les lourds fardeaux. Il n'y a que trois machines simples, les cordes, le plan incliné et le levier, francœuh. Mécanique, i, 3. Il Plan incliné, se dit dans les arts pour talus. Il Terme de géologie. Stratification inclinée, celle des massifs dont les couches sont fort obliques ou presque verticales. || Terme de botanique. Tige inclinée, tige des plantes, quand elle s'élève en décrivant une courbe bien prononcée, dont la convexité regarde le ciel. Il ne faut pas confondre incliné avec décliné, qui ne s'applique qu'aux organes sexuels, étamines et style. || Urne inclinée, urne des mousses se penchant vers la terre par l'effet de la flexion du pédicule. |{ Terme d'entomologie. Aile inclinée, aile des insectes dont le sommet est comme pendant. || 2° Courbé vers la terre, en parlant du corps ou de parties du corps. Le vautour, dont la situation est à demi horizontale, semble marquer la bassesse de son caractère par la position inclinée de son corps, buff. Ois. t. i, p. 20G. Mlle de la Fayette, toujours à genoux, priant avec ferveur et profondément inclinée, genlis, Mlle de la Fayette, p. 277, dans pougens. Me voici sous vos coups humblement inclinée, ducis, Lear, m, 5. Prés d'un ruisseau rapide, Vers la France entraîné, Il s'assied l'œil humide Kt le front incliné, bébang. Exilé. Ne levez point vos yeux vers la terre inclinés, c. DELAV. Paria, n, «.118° Qui a du penchant pour. Incliné au ma!.

t INCLINEMENT (in-kli-ne-man) , adv. Action d'incliner.

— HIST. XV» 8. Si vouldroyent ilz tous , par propre enclinement, aucune chose savoir, ciib. de pisAN, Itist. de Ch. V, II, 64.

— ÊTYM. Provenç. enclinamen; ital. inclinamentn; du lat. inclinamenlum, de inclinare, incliner.

INCLINER (in-kli-né), v. a. \\ 1" Mettre dans une situation qui fait un angle avec une certaine direction, surtout par rapport à l'horizon.. Incliner un »ase pour verser la liqueur qu'il renferme. || 2° Bais-

ser, courber vers la terre. C'est une extrême folie de n'oser incliner la tète devant ce précieux monument de la gloire de Jésus-Christ, boss. Lett. sur l'ador. de la croix. Mon frère, étais-tu fait pour incliner la tète Sous le poids des torrents vomis par la tempête? ducis, iear, iv, 8. Sujet et courtisan. Cours au pied d'un despote incliner ton turban, m. Abufar, m, 4. || 8° Fig. Porter à, disposer à. Oîi le ciel nous Incline, à quoi sert la menace? RÉGNIER, Élég. II. Et je sais encor moins comment votre cousine Peut être la personne où son penchant l'incline, mol. Mis. iv, l . Nos besoins nous, inclinent à adhérer à ce qui est bon, boss. Sermons, Culte dû à Dieu, i. Vous ne pouvez pas encore roiicevoir comment est-ce que le Tout-Puissant peut mouvoir et incliner les volontés libres, FÉN. t. m, p. 372. Ces penchants heureux qui inclinent notre âme à la miséricorde, mass. Myst. Miser. Quels que soient les secours étrangers qui vous ont incliné vers le bien.... dider. Essai sur la vertu. Il Absolument. Le vent berçait et inclinait à rêver, DiDKR. dans le Dict. de poitevin. || 4° V. n. Etre incliné, courbé vers. Et l'éternelle croix qui, surmontant le faite [du Colisée de Rome], Incline comme un mât battu par la tempête, lamart. Méd. II, 20. Il Fig. Incliner vers sa fin, approcher de la fin, de la chute, de la ruine. La grandeur de Carthage incline vers la fin, mairet, M. d'Andr. ii, 3. || La victoire incline de ce côté, se dit en parlant de l'armée i|ui commence à obtenir l'avantage dans une bataille. Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il portait. Ne pouvait discerner où le sort inclinait, corn. Cid, iv, 3. Il 5' Avoir de l'inclmationj de la prédilection pour quelque chose, être porté à quelque chose. Le cœur de la fille Inclinait trop pour notre jouvenceau, la font. Ilemède. La dame Pour l'autre emploi inclinait dans son âme, iD. Remois. De quelque côté qu'il incline, c'est sa volonté qui l'y porte, PASC. Prov. 8. Les confesseurs inclinent toujours à la miséricorde, boss. Sermons, Sur la satisfaction, 3. Pendant que Rome incline vers l'aristocratie, montesq. Esp. V, 8. Valérius se présente devant Claude et se défend ; Claude incline à l'absoudre, dider. Claude et Nér. i, 84. || incliner, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut mar- (luer l'action : Dans son avis, il a incliné pour la rigueur; et avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : Il était incliné pour la rigueur. Il 6° S'incliner, v. réfl. Être dans une certaine situation faisant angle avec une direction donnée, spécialement avec l'horizon. L'étoile polaire s'incline de plus en plus sur l'horizon à mesure qu'on marche vers l'équateur. || 7° Se baisser, se courber. L'arbre plie et s'incline, battu par les vents. On vit la mère du grand Condé venir présenter requête à la porte de la grand'chambre, et implorer la protection de tous les conseillers en s'inclinant devant eux à mesure qu'ils passaient, volt. Hist. pari. ch. LVi. Quand il avait débité sa science, Serrant le bec et parlant en cadence, 11 s'inclinait d'un air sanciifié, grfsset. Vert-vert, ii. Et mon riche haliit me conseille D'apprendre à m'incliner bien bas, BÉRANG. Habit de cour. || Fig. Se prosterner par respect, par crainte. Voyez.... comme elle abaisse cette tète auguste devant laquelle s'incline l'univers, BOSs. Mar.-Thér.

— REM. Du temps de Vaugelas , quelques-uns , même à la cour, disaient encliner; c'est un archaïsme ; Balzac l'a encore dit : A quoi il voyait que tous enclinoient, le Prince, 22.

— HIST. xr s Li rois paiens profondement l'encline [s'incline devant lui), Ch. de Roi. lxxv. Il XII* s. Et chascuns d'eux inclina à Mahon, Itonc. p. 128. Marsille l'ot [ouït], s'a la teste enclinée, ib. p. (46. Prendons garde de com grant force il fut, cui Ii amors de tant oir [de tant d'héritiers] n'enclinat à avarisce d'eritage. Job, p. 443. || xiii* s. De joie s'est la vieille vers le roy enclinée, Berte, xvi. Dès que les vi, vers eus [je] m'enclin. Saluai les le chief enclin, la Rose, (0097. Nos devons encliner nostre ame au contraire de nos desirriers jusqu'à tant que li mi [le milieu] viegne, brun. lat. Très. p. 274. Il XIV* s. L'en ly doit faire révérence selon ce que il appartient à son âge, si come en soy lever ou encliner contre eulz, ou en teles choses, oresme, Eth. 282. Il est tout cler que telles petites fortunes ne font pas incliner la vie d'un bon homme en mal ou en misère, id. ib. 24. || xv* s. Le comte de Flandre passoit outre sans parler et les inolinoit moult petit de chef, proiss. ii, il, 60. Le jeune Edouard .s'adonnoit le plus et s'inclinoit de regard et d'amour sur Philippe [fille de Guillaume de Haiuaut]

que sut les autres, id. i, i, 15. ||xvi* s. X leur requeste ne furent aucunement enclinez Ira fouaciers, ras. Carg. i, îb. X genoulx, teste nue, encline en un petit coing de son cabinet, id. ib. i, 32. Mais en grande peine s'ini-linoyt pour prendre à tout la langue quelque lippée, id. Pant. 11, 4. On eust failly moins dommageablement s'inclinant vers l'indulgente, mont, i, <8,i. Us se donnent loy d'incliner l'histoire à leur fantaisie, id. ii, ho. Sa providence [de Dieu] incline l'événement d'une bataille comme le sault d'une jure, id. 11, 268. Cette once de verisimilitude qui incline la balance, id. II, 318. Ja sur l'aage inclinant ce prince le trouva, DU bellat, viii, recto. Par sa grâce (de Dieu] la volonté est incitée à aimer le bien, inclinée à le désirer, et esmeue à le cercher et s'y adonner, calv. Inst. 2)8. Ceux qui veulent recevoir aucune chose que l'on verse d'un vase en un autre, enclinent et tournent leurs vases la bouche devers ce que l'on y verse, amyot. Comment il faut ouïr, 5. Il y eut plusieurs des sénateurs qui fléchirent, inclinans à vouloir faire la paix, m. Pyrrh. 38. Ismenias, lui estant commandé qu'il s'inclinast pour faire la reveience au roi, laissa cheoir son anneau, id. An. 3o.

— ÉTYM. Provenç. enclihar, inclinar; esp. inclinar; ital. inchinare; du lat inclinare, de in (voy. IN.... 2), et clinare, pencher (voy. clin).

t INCLURE (in-klu-r') j'inclus, tu inclus, il inclut, nous incluons , vous incluez , ils incluent ; j'incluais; j'inclus ; j'inclurai: j'inclurais; inclus, incluons; que j'inclue, que nous incluions; que j'inclusse; incluant, inclus),»), a. ||1" Renfermer. Inclure un billet dans une lettre. |, Insérer. Vous ferez l'acte sans y inclure cette clause. |I i° Fig. Impliquer, renfermer en soi. Pas un seul indice n'autorise à penser que cette espérance messianique inclût, du moins dans la foi du grand nombre, que la personne du Messie dilt avoir une origine extra-humaine, kéville, Divinité de J. C, dans Revue german. t. xxx, p. 9. || 3° S'inclure, v. réfl. Être renfermé. [Dans la langue huronne] il est général, à quelques exceptions près, que l'objet du verbe, lorsqu'il n'est pas un nom propre, s'inclut dans le verbe même , et ne fait plus qu'un seul mot, chateaub. Amer. Langues indiennes.

— ÉTYM. Provenç. endure; esp. eruluir; ital. inchiudere; du lat. includere , qui vient de m (voy. in.... 2), et claudere, fermer (voy. clore).

L\CLCS, USE (in-klû, klu-z'), part passé d'inclure, li l" Enfei-mé. Quand dans la tombe un pauvre homme est inclus, Qu'importe un bruit, un nom qu'on n'entend plus? volt, cité dans le Dict. de DocHEZ. || Terme de botanique. Étamines incluses, étamines qui ne font pas saillie au-dessus de l'orifice du périanthe. || î" Oui est contenu dans. Le paquet ci-inclus. La lettre ci-incluse. || S. f. L'incluse, la lettre enfermée dans un paquet. Je vous prie de remettre l'incluse à un tel. || 3° Pris inclusivement. M. de Beauvilliers, qui était en année [qui était de service pour l'année], servait jusqu'au dîner inclus, et le marquis de Gèvres achevait toujours la journée, st-sim. 50, (88. || 4° Dans certaines élections, demeurer inclus, se dit de ceux sur qui l'élection peut encore tomber lorsqu'une partie des prétendants a été rejetée.

— REM. Inclus, placé avant un nom pris indéfiniment, est invariable : Vous trouverez ci-inclus copie de ce que vous me demandez. Mais, quand le sens est précisé, inclus prend le genre et le nombre du substantif : Vous trouverez ci-incluse la copie que vous m'avez demandée. D'ailleurs inclus, placé après un nom, s'accorde toujours avec lui : une copie ci-incUise de ma lettre.

t INCLUSIF, IVE (in-khi-zif, zi-v'), adj. Qui enferme, comprend, se dit par opposition à exclusif. Ces deux propositions sont inclusives l'une de l'autre.

— BTYM. Inclure.

f INCLUSION (inklu-zion ; en vers, de quatre syllabes), s f. Il 1° Etat d'une chose incluse. || Terme de tératologie. Monstruosité par inclusion, celle dans laquelle un ou plusieurs organes d'un fœtus sont enfermés dans le corps d'un autre individu. I) 2'' Action d'inclure, de comprendre. Il faut plus que cela pour l'inclusion, mais pour l'exclusion cela suffit ; je n'en veux pas davantage, eoss. Yar. :)• avcrt. § 27. [le répondis à M. le duc d'Orléans] que c'était à lui à balancer si bien l'inclusion, l'exclusion, la distribution des emplois, que son autorité, bien loin d'en souffrir, ù'en fût que plus confirmée, ST-SlM. 394. 98.

— f.TYM. Lat. inclusionem, de inclusum, r,;i; :.; de includere, inclure.

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