‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 14 sur 389 · III · texte numérisé non relu

III

— HIST. xvi* s. Nous ne sommes pas excusables de conduire la chasse mal et impertinemment ; de faillir à la prinse [prise], c'est aultre chose, mont.

IV, 42. Les autres le blasment comme acte d'ambition fait impertinemment hors de propos et de saison, AMY0T, Sylla, 8.

— ÉTYM. Impertinent, et le suffixe ment.

IMPERTINENCE (in-pèr-ti-nan-s'), s. f. || 1" Caractère do ce qui n'est pas pertinent, de ce qui choque par la déraison ou par l'inconvenance. Quelque fois ton esprit, s'élevant jusqu'aux cieux, De cette haute extase où j'occupe ses yeux, Retombe tout à coup dans quelque impertinence, cobn. Imit.

II, 6. Le valet lui faisait comprendre à tous coups l'impertinence de ses propositions, mol. Scapin, iii, 3. 11 y a deux choses dans les erreurs [touchant la religion]: l'impiété, qui les rend horribles, et l'impertinence , qui les rend ridicules , pasc. Prov. XI. Elle aies meilleurs sentiments du monde ; j'admire que cela puisse être gâté par l'impertinence de son esprit et la ridiculité de ses manières, sÉv. ta oct. <676. Ppuvait-on garderie respect qui est dû aux choses divines, au milieu des impertinences que contenaient les fables, dont la représentation ou le souvenir faisaient une si grande partie du culte divin? Boss. Hist. ii, 5. Je crois pour moi que ce sont ces impertinences et les profanations du saint livre de l'Apocalypse, qu'on voyait croître sans fin dans la nouvelle réforme, qui firent que les ministres euxmêmes, las de les entendre, résolurent dans le synode national de Saumur : Que nul pasteur etc., in. Var. xiii, 55. Chaque pays a ses impertinences légales, et ses délits de temps et de lieu, volt. Dict. phil. Crimes. || Chose, action impertinente, sottise. Je suis une sotte, j'ai oH"ensé la géographie : vous ne passez pas à Moulins, la Loire n'y va point; je vous demande excuse de mon impertinence, sÉv. 23 oct. ( G70. S'il y a à Paris quelque bonne et grave impertinence, ne me la laissez pas ignorer, volt. Corresp. d'Alemb. lett. 75. La première [la plus forte] des impertinences humaines, r'alemii. Lett. au roi de Prusse, i 7 sept. (704.112" Caractère de celui qui choque par des manières pleines de fatuité et de dédain. Mais dès qu'il fut monsieur le président. Il fut, ma foi, gonfié d'impertinence, volt. Enf. prod. I, t. A-t-on vu quelque part un fonds d'impertinence De cette force-là? gresset. Méchant,

III, 4 0. Si Laharpe avait en génie Ce qu'en impertinence il a, Je conviens que ce Pradon-l<\ Vaudrait l'auteur d'Iphigénie, lebrcn (écoucuARD), Épigr. contre Laharpe. || Ironiquement et par antiphrase. Depuis l'impertinence que j'ai euede faire de grands établissements dans un malheureux village au bout de la France, volt. Lettres en vers et en prose,<75. Il II se dit aussi des choses. Ces mots remplis d'impertinence Eurent le sort qu'ils méritaient, LAfXiNT. Fabi. VIII, )9. Il Paroles et actions impertinentes. Il m'a fait cent impertinences. Vous ne sauriez ouvrir la bouche que vous ne disiez une impertinence, MOL. Comt. d'Esc, se. e. Ne suis-je pas bien fat de vouloir raisonner? Trêve «lonc, je vous prie, à vos impertinences, Que je n'entende plus vos sottes doléances, id. Sgnn. i. Une entrevue est convenue entre vous et Mlle de Passerot ; manquer de parole

nip

serait une impertinence sans excuse , CH. de bsb< NARD, la Femme de 40 ans, § 2.

— HIST. XV* s. Subtilisoit mille delaiz, subterfuges et exoines, sans donner le contentement réciproque au mariage, ainsi que le devoir l'obligeoit, ains s'armoil de mille excuses, fondées ou sur la saincteté des jours ou sur l'impertinence du temps, 6-3' arrest d'amour, p. 482, dans lacurne. || xvi* s. Socrates veult leur montrer leur impertinence, plus que l'impertinence de leur art, mont, iv, 42.

— ÊTYM. Impertinent.

IMPERTINENT, ENTE (im-pèr-ti-nan, nan-f), adj. Il 1° Qui ne louche pas, ne se rapporte pas à ce dont il s'agit. Ces raisons-là, très-impertinentes pour supprimer un mot, ne laissent pas d'en empêcher l'usage, VAUGEL. Hem. t. i, p. 94, dans pougens Je lui ferais un compliment fort mauvais et fort commun, qui ne la consolerait point, si elle est affligée, et qui lui paraîtrait impertinent, si elle ne l'est pas. M"* DE grignan, dans sév. 22 juill. <67«. Toutes ces questions du temps et du lieu sont impertinentes à l'égard de Dieu, fén. Existence, 34s. Il [M. Dacier] m'exhorte, dans cette lettre de I7i4, à introduire les chœurs [dans Œdipe], et à ne point parler d'amour dans un sujet où cette passion est si impertinente; je suivis son conseil, volt. 31éL litt. lett. à l'abbé d'Olivet, 2oaoi3t (76i. || En termes de pratique, il se dit dans le môme sens. Ce fait, cet article est impertinent. || 2° Qui est contre le bon tens. C'en est fait; je le perds; l'impertinente crainte I Que m'importe de perdre une amitié si feinte? CORN. laSuiv.i, 9. Là [dans le Talmud], parmi une infinité de fables impertinentes qu'on voit commencer pour la plupart après les temps de Notre Seigneur, on trouve de beaux restes des anciennes traditions du peuple juif, etdes preuves pour le convaincre, BOss. Ilist. II, 8. Vous pouviez louer Auguste sans lui prédire ces honneurs impertinents, fonten. Jugement de Pluton. Qu'il mourût serait détestable dans Zaïre ; et Zaïre, vous pleura, serait impertinent dans Horace, volt. Lett. Formant, <5 déc. (732. Rien n'est plus impertinent que d'attacher de la honte à réciter ce qu'il est glorieux de composer, ID. Siècle de Louis XIV, Ecrivains, Baron. Il est fort impertinent de prétendre deviner ce qu'il [Dieu] est, et pourquoi il a fait tout ce qui existe ; mais il me paraît bien hardi de nier qu'il est, id. Lett. Diderot, jmn (749. || Qui agit contre le bon sens. Que l'on trouve à Madrid d'impertinents menteurs I TH. CORN. Feinte astrol. m, (. Le Maimbourg lauteur de l'Histoire des Iconoclastes] est impertinent; il y a toujours dans ses ouvrages la marque de l'ouvrier; la belle pensée de faire punir un Turc, parce qu'il n'a pas salué l'image de la Vierge 1 siiv. (3 sept. (677. Si vous trouvez quelquefois des discours hors de leur place dans mes lettres, c'est que.... je reprends sur des chapitres que j'ai déjà commencés, cela peut me faire paraître un peu impertinente, ID. (9 août (679. On aurait vu qu'il n'y avait à produire que quelque impertinent glossateur, BOss. Kor. XIII, §7 L'impertinent auteur! L'ennuyeux écrivain! le maudit traducteur! boil. Sat. IX. Je suis bien plus troublé de le voir [le genre humain] si impertinent et si ridicule, fEn. Recueil de FEUGÊRE, p. (82. Il Substantivement. Nous espérons de vous voir bientôt; ne nous trompez pas, et ne faites point l'impertinente; on dit qi>e vous l'êtes beaucoup sur ce chapitre, ch. de sév. dans sEv. 28 oct. 1676.11 3° Qui tilesse pardes manières, des paroles discourtoises. Et que disait tantêt ta langue impertinente? HAUTEBOCHE, App. trompeuses, i, (». Je vous trouve tous trois bien impertinents de parler devant moi avec cette arrogance, mol. Bourg. 11, 4, Si on lui persuade qu'on la respecte pour elle-même, vous en ferez la plus impertinente et la plus insupportable créature du monde, maintenon, Lett. à d'Aubigné, 28 fév. (67«. Je vous réponds que, si ce petit président des aides de province n'était pas le plus impertinent des hommes, il serait le plus dangereux, VOLT. Lett. DamitavUle, 2 mars (703. || Substantivement. Il y a de certains impertinents au monde qui viennent prendre les gens pour ca qu'Us ne sont pas, mol. Méd. m. lui, n, 9. Le fat est entre l'impertinent et le sot : il est composé de l'un et de l'autre, la bbuy. xii. L'impertinent est un fat outré, in. ib. L'impertinent rebute, aigrit et irrite, m. ib. C'est une impertinente qui ne mérite pas l'honneur que vous lui l^aites, leorand, Metamorph. amour, se. 6. || Il se dit aussi des choses. Au lieu de les rebuter par mes manières impertinentes, j'ai eu le malheur do leur plaire, lesage, Crispin riv. de son mnitre, se. 23. C'est une fierté sensée nui confond un orgueil impertinent, Marivaux, Pays, parv.

ÎMP

f part II 4° S. f. L'impertinente, un liseron du Pérou.

— SYN. IMPERTINENT, INSOLENT. L'insolence est plus grave que l'impertinence, et n'est pas d'ailleurs un défaut du caractère : un homme très-poli peut se croire autorisé à commettre quelquefois une insolence. L'impertinent choque par ses manières qui témoignent qu'il ne fait pas grand compte d'autrui; mais cela n'est pas tel que nous ayons à protéger notre honneur. Au contraire l'insolent porte une atteinte directe à notre honneur et suscite des représailles.

— HIST. XIV' s. Item la forme d'y respondre est croire ou non croire, en négatif ou suppositif ou impertinent, bouteiller, Somme rural, liv. ii, litre 2. Il XVI' s. De quoy il ne sera point impertinent que nous escrivions sommairement, et reprenant l'histoire un peu de plus haut, amyot, P. Mm. li.

— ÉTYM. Lat. impertinens, de in négatif, et pertinens, pertinent.

IMPERTUItBABILITÊ (in-pÎ!r-tur-ba-bi-li-tc), s. f. État de ce qui est imperturbable. Une certaine apathie, ou impassibilité et imperturbabilité, plus stoïcienne que chrétienne, Boss. Dé(. de la trad. sur la communion, li, 29. Comme sairrl Clément d'Alexandrie a tant parlé des parfaits, et qu'il semble en avoir porté la perfection jusqu'à leur ôter li concupiscence et les élever à l'apathie, c'est-à-dire à l'imperturbabilité, iD. États d'oraison, vi, <S). Ne se point émouvoir et savoir attendre ont donc été les deux pivots de sa conduite [de Louis XV], il a conservé cette imperturbabilité jusque dans l'affreuse maladie qui l'a enlevé à la France, volt. Ëlog. fun. Louis XV.

— ÊTYM. Imperturbable.

niPEKTCRBABLE (in-pèr-tur-ba-bl'), adj. Que

rien ne peut troubler, ébranler, émouvoir. Il [Jésus- Christ] entre avec ses apôtres en un secret plus profond; et, pour les rendre tout à fait imperturbables, il leur apprend tout le bien qu'ils trouveront en lui, Boss. Xéd. sur l'Év. la Cène, 82' jour. Vous eussiez vu ce père, que vous avez connu si grave et si imperturbable, voler à l'antre de l'inquisition, VOLT. Jenni, 2. || 11 se dit aussi des choses. Cet art [du comédien] demande tous les dons de la nature, une grande intelligence, un travail assidu, une mémoire imperturbable.... volt. Siècle de Louis XIV, Écrivains, Baron. 11 me prit tout à coup un tel ennui de son imperturbable froideur que je commençai la conversatien en me plaignant de la vie que je menais, STAËL, Corinne, xiv, 3. envoyait cet ofiicier général de soixante ans assis sur un tronc d'arbre couvert de neige [dans la retraite de Russie], s'occuper avec une imperturbable gaieté, des que le jour revenait, des détails de sa toilette, sÉOLn, Ilist. deSap. xi, 10.

— ÉTYM. Lat. imperturbabilis , de in négatif, et perlurhare, troubler (voy. perturbation).

IMPERTURBABLEMENT ( in - pèr- tur - ba - bleman), adv. D'une manière imperturbable. Il est attaché imperturbablement à ce projet. Il a imperturbablement débité son affaire.

— ÉTYM. Imperturbable, et le suffixe ment.

' f IMPESÉ, ÉE (in-pe-zé, zée), adj. Qui n'a point été pesé.

— f.TYM. 7m..., et pesé.

t LMPÉTIGINEUX, EUSE (in-pé-ti-ji-neû, neûl'), adj. 'l'erme de médecine. Qui tient de la nature de l'impétigo, qui a quelque rapport avec l'impétigo.

— f-TVM. lat. impetiginosus, de impétigo.

i IMPÉTIGO (in-pé-li-go), s. m. Terme de médecine. Affection cutanée, caractérisée par de petites pustules agglomérées ou discrètes, dont l'humeur se dessèche en croûtes épaisses.

— tTYM. Lat. impétigo, de impetere, attaquer, de in, en, sur, et pf(eie, aller.

tI.MPÉTRABn,ITÉ{im-pé-lra-bi-li-lé),s. f. Terme de droit. Qualité de ce qui est impétrable. Impétrabilité d'un bénéfice.

IMPÉTRABLE (inpé-tra-hr),ad/. Terme de droit. Qu'on peut impétrer. Les lettres que vous sollicitez ne sont pas impélrables. || Bénéfice impétrable, bénéfice vacant par mort, ou qu'on peut obtenir par dévolu. L'arrêt déclara les bénéfices de cet abbé impétrables.

— ÉTYM. Lat. impelrahilis, de impetrare, impétrer.

IMPÉTRANT. ANTE (in-pé-tran, tran-t*), s. m. et f. Terme de droit. Celui ou colle qui a obtenu des lettres du prince ou quelque bénéfice. Le duché de Chaulnes n'était que pour l'impétrant et les mâles issus de lui, st-pim. 297, 79. || Dans l'université, il y a sur les diplômes : Signature de l'impétrant.

— HIST. XIV" s. Pourquoi vont à l'escole li jeune

IMP

clerc lisant, Fors pour prestre venir et monter empêtrant, Guesclin, v. 1732.

IMPÉTRATION (in-pé-tra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action d'impétrer, d'obtenir. Sacrifice de louange qui honore Dieu de la manière la plus parfaite dont il puisse être honoré; d'impélration qui attire sur nous les bénédictions de Dieu et SCS dons les plus précieux, bourdal. Instr. pour l'oct. du St-Sacrem. Exhort. t. ii, p. 292. || 2° Terme de droit. Obtention de lettres du prince ou de quelque bénéfice.

— HIST. xv's.Impetracion,B.DESCH.Po&.mw.f°526.

— F.TYM. Lat. impelrationem, de impetrare, impétrer.

IMPÉTRÉ, ÉE (in-pé-tré, trée),parL paîs^ d'impétrer. Bénéfice impétré.

IMPÉTRER (in-pé-tré. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'impMre, excepté au futur et au conditionnel, j'impétrerai, j'impétrerais), v. a. || 1° Obtenir {employé surtout dans le style ascétique). Sainte Vierge, impétrez-nous la charité, qui est mère de la paix, qui adoucit, tempère et réconcilie les esprits, boss. 2' serm. Compass. de la Ste Vierge, i. Je le prie de vous impélrcr ce bon vin de la nouvelle alliance, in. Lelt. abb. 48. Par l'efficace de notre pri&re, nous pouvons toucher le cœur de Dieu, et impétrer une grâce qui nous touche enfin nous-mêmes et nous ramène à Dieu , bourdal. b' dim. après Pâq. Dominic. t. ii, p. 200.112" Terme de droit ecclésiastique. Obtenir, en parlant de bénéfices, de charges. Puisque la troisième partie des bénéfices leur est réservée [aux universités] et qu'elles peuvent les impétrer pendant quatre mois de l'année : janvier, avril, juillet et octobre, qu'on nomme les mois des gradués, volt. Mœurs, t38.|| Terme de droit. Obtenir par une requête.

— HIST. XIII' s. S'il sont deceu par letres qui furent malvesemcnt et faussement empêtrées, beal'M. B9. Il xiv s. Et absolution vous irai impétrer De trestous vos péchez de tuer et emblcr, Guesclin, 7287. Il xv s. 0 rossignol qui chantes sur la branche. Mon bonheur jà ne te veulx pas celer; Car je sçay bien que tuas grant plaisance. Quant grâce voysung amant impétrer, Perce forest,X.vi,i° 99. j| xvi' s. Ilfeist tant envers lui qu'il impetra aux^Etoliens surseance d'armes pour quelques jours, amyot, Ftamin. 3|.

— ETYM. Provenç. impelrar, empetrar; espagn. impelrar ; \U\. impetrare; du lat. impetrare, de in, en, dans, et palrare, faire, exécuter.

IMPÉTUEUSEMENT ( in-pé-tu-eii-ze-man ) , adv. Avec impétuosité. Le vent soufflait impétueusement. J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne, que M. le chevalier a fort approuvée.... cette lettre est mieux rangée, quoique écrite impétueusement, ei, en la lisant, M. le chevalier en eut les yeux rouges,

SÉV. 610.

— HIST. xiv s. Et leur semble que ceuli sont fors qui œuvrent par fureur et qui impétueusement et hardicment courent sur à leurs adversaires,

ORESME, Elh. 86.

— ÉTYM. Impétueuse, et le suffixe ment; provenc. impetuosamen ; espagn. et ital. impetuosamente.

IMPÉTUEUX, EUSE (in-p6-tu-eû, eû-z'), adj. Il 1" Qui se meut d'un mouvement rapide et violent. Je pense souvent à votre santé.... à cet air impétueux qui vous mange [à Grignan] , sÉv. 27 nov. (689. Esprit-Saint, Esprit pacifique, je vous ai préparé les voies en prêchant votre parole; ma voix a été semblable peut-être à ce bruit impétueux qui a prévenu votre descente, boss. la Yallière. Des fleuves impétueux qui passent sans s'arrêter et tombent sans pouvoir soutenir leur propre poids, ID. Sermons, Impén. finale, * . C'est pour vous qu'on l'a vu, vainqueur de tant de princes. D'un cours impétueux traverser vos provinces, p.ac. Alex, il, l. Leur fougue im(iétueuse [des chevaux] enfin se ralentit, lo. Phèd. v, 6. Les vents impétueu.ï agissent, pour ainsi dire, par caprice, ils se précipitent avec fureur et agitent la mer.... buff. Uisl. nat. 2' dise. Giuv. t. i, p. <67. || Il .se dit aussi des personnes et des animaux. Au récit imprévu de l'horrible in.^olence, Le prélat hors du lit impétueux s'élance, boil. Lutr. v. Indomptable taureau, dragon impétueux, hac. Phèd. v, u. || 2" Qui ne peut se contenir, se maîtriser. J'ai peur que M. votre (ils ne remette pas la fortune dans notre maison: il a quelque chose de brusque et d'impétueux qui ne lui attire pas beaucoup d'amis, çÉv. 28 août (680. L'impétueuse Electre a mérité l'outrage Dont j'humilie enfin cet orgueilleux courage, volt. Oreste, i, 5. Impétueuse, franche et sensible comme elle est, comment aurait-elle supporté

IMP

un engagement contraire à son inclination? genlis, Ad. et TMod. t. i, p. 433, dans pougens. || Substantivement. Un jeune impétueux. || Il se dit des choses dans le même sens. Votre juste douleur est trop impétueuse, corn. Cinna, iv, 6. Le courant impétueux de ce mouvement sera suspendu et par là perdra sa force, iioss. Libre arb. 7. Alors qu'aura servi ce zèle impétueux? rag. Baj. ii, 3.

— SYN. IMPÉTUEUX, FOUGUEUX. Ce qui distingue ces deux mots, là où ils sont synonymes, c'est que fougue implique une idée de défaut qui n'est pas dans impétuosité. Quand Racine a dit leur fougue impétueuse, en parlant de coursiers, il a fait sentir la nuance : fougue, ce qu'il y a de capricieux; impétueux, ce qu'il y a de rapide.

— HIST. XI u* s. Mors est si impétueuse Et si hastive qu'ele sonne Assez souvent compile à nonne, GAUTIER DE coiNSi, dans le Dict. de bochez. || xV s. Vous avez bien ci-dossus oui recorder comment le duc de Guéries avo;l défié le roi de France par défiances impétueuses, froiss. ii, m, to3. || xvi' s. Il estoit impétueux et adventureux à la guerre, AMYOT, Timol.i. Le vent du midi se leva impétueux, ID. Anton, io. Pour finir ce notable commentaire, qui m'est eschappè d'un flux de caquet, flux impétueux parfois et nuisible, mont, m, 387.

— ÉTYM. Espagn. et ital. impetuoso; du lat. impctuosus (QuicHERAT, Addc7ida], qui vient de impetus, mouvement violent, de in, en, dans, et pctere, aller, se jeter (voy. pétition).

IMPÉTUOSITÉ (in-pé-tu-ô-zi-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est impétueux. L'impétuosité des flots, du vent, de la tempête. Connaissons que tant do parties [du corps], oîi nous ne voyons qu'une impétuosité aveugle, ne pourraient pas concourir à cette fin si elles n'étaient, tout ensemble, et dirigées et formées par une cause intelligente, boss. Connaiss. iv, 2. Les bâtiments qui veulent y entrer sont violemment poussés par l'impétuosité de la Neva sur les côtes dangereuses de la Finlande, RAYNAL, Jlist. phil. V, 22. || Fig. Ma haine n'aura plus d'impétuosité, corn. Uéraclius, m, i. Si l'on court au grand crime avec avidité. Laissez-en ralentir l'impétuosité, iD. Othon , v, 2. || 2° Fig. Extrême vivacité. L'impétuosité d'un premier mouvement, C03N. iJod. 1, 7. J'aime assez, madame, L'impétuosité de cette grandeur d'âme, id. Suréna, v, t. Un homme qui.... ne voit rien d'obscur dans la médecine, rien de douteux ri de difficile, et qui, avec une impétuosité de prévention.... donne au travers des purgations et des saignées, mol. Mal, imag. m, 3. j'ai reçu, ma très-chère, votre grande, bonne et admirable lettre; je connais ces sortes do dépêches : elles soulagent le cœur, et sont écrites avec une impétuosité qui contente ceux qui les écrivent, sév. 4 3 nov. 4 073. Ses mémoires [du cardinal de Retz] écrits avec un air de grandeur, une impétuosité de génie, et une inégalité, qui sont l'image de sa conduite, volt, iouw Jf/K, 4. Le fameux Arnaud, djsciple de Saint-Cyran, défendait lo jansénisme avec l'impétuosité de son éloquence, id. ib. 37. Je me levai à ces paroles avec impétuosité, et je sortis sans répondre, stael, Corinne, xiv, 3. Il Auplur. Hélas! si cette sainte princesse revenait ici-bas et qu'elle trouvât son cher fils avec de telles impétuosités, sÉv. 28 juillet IC82. Nous vîmes Mademoiselle.... j'aime bien à ne me point mêler dans ses impétuosités, id. 4 9 janv. 4 689.

— HIST. xiV s. Flus de sanc 0 [avec] impétuosité, n. DE MONDF.viLLE, f° 401. L'utilité pourquoi les artères montent [au cerveau] est que l'impétuosité du sanc d'elles soit refrénée par leur montement, m. t» 4 4, verso. Punicion apaise le mouvement et impétuosité de ire, oresme, Eth. 429. ||xvi' s. Et tout ainsi qu'un sanglier, estant navré d'un espieu, court d'impétuosité contre celui qui a fait le coup.... MARG Nouv. Lxx. Ils se Tuerent tous ensemble de grande impétuosité en cest endroit, amyot, /'. ^Cm. 33. Les galleres sont mal convenables à résister aux impetuositez de cete mer [mer d'Ëcos.se], beaugué, Guerre d'Escosse, i, 4i. Je veux seulemeul parangonner l'impétuosité des canons avecques celle des foudres, paré, ix, 2» dise. Je ne me sens pas as.sez fort pour soubtenir le coup et l'impétuosité de cesto passion de la peur, mont, iv, 4.

— ÉTYM. Lat. impetuositatem (quicherat. Addenda), de impeluosus, impétueux.

t IMPEUPLÉ, ÉE (in-peu-plé, plée), adj. Qui n'est pas peuplé.

— ÉTYM. Im..., et peuplé.

IMPIE (in-pie), adj. Qui s'élève contre la Divinité. Ils [les Juifs] conjuraient le Seigneur de les délivrer de l'impie Nicanor, SACl, Bible, Machah. u.

0. Pourquoi me déchirez-vous par vos blasphèmes, nation impie? boss. Anne de Gonz. Rions, chantons, dit cette troupe impie; De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs Promenons nos désirs, RKC.Alhal. II, 9. Il II se dit dans le style poétique ou soutenu de ce qui appartient aux personnes impies. Il osa porter sur le prêtre sa main impie. || Substantivement. Un impie. Une impie. Vous fuirez le mensonge, vous ne ferez point mourir l'innocent et le juste, parce qu'il abhorre l'impie, saci, Bible, Exode, xxni, 7. Oii en sont donc les impies et quelle assurance ont-ils contre la vengeance élernelledont on les menace? boss. Anne de Gom. J'ai vu l'impie adoré sur la terre; Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux Son front audacieux, bac. Esth. m, 9. Le bonheur de l'impie est toujours agiié ; lierre à la merci do sa propre inconstance, ID. ib. n, 9. Nulle paix pour l'impie ; il la cherche; elle fuit, Et le calme en sou cœur ne trouve pas de place, id. ib. II, 9. Eh bien, de cette impie a-t-on puni l'audace ? ID. Alh. v, 8. Il 2° En [.arlant des choses, qui est contraire à la religion ; qui offense la religion. Il est sûr, mon père, que je n'ai rien dit pour soutenir ces propositions impies [les cinq propositions condamnées par le pape], que je déteste de tout mon cœur, pasg. Prov. xvii. Les Juifs qui résistèrent courageusement aux ordres impies du roi, roliiN, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 6G7, dans pouoens. Il Par e-xtension, il se dit de ce qui offense la patrie, la dignité paternelle, et tout ce qui est considéré comme une sorte de religion. Ce prétendu règne de Christ, inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté, et égaler tous les hommes, songe séditieux des indépendants, et leur chimère impie et sacrilège, uoss. Iteine d'Anglet. Pourquoi ta bouche impie A-t-elle en l'accusant osé noircir sa vie? rac. l'hèd. iv, 6. Qu'ils viennent donc sur moi prouver leur zèle impie, m. Iphig. V, 7. De ce complot impie Le ciel va découvrir toutes les profondeurs, volt. Brut, v, l. Connaissez vos destins et cette femme impie.... de son époux elle a tranché la vie, id. Sémir. iv, 2.

— SYN. IMPIE, IRHÉLIOIEUX, INCRÉDULE. L'impie

s'élève contre la Divinité; l'homme irréligieux rejette toute espèce de culte et d'adoration; l'incrédule en matière de religion rejette la croyance qui lui a été enseignée.

— ÊTYM. Ital. empio ; du latin impius, de m négatif, et pius, pieux (voy. fis, adj.).

IMPIÉTÉ (in-pi-6-té), s. /■. || 1" Mépris pour les choses de la religion. La grâce efficace n'a point été condamnée ; aussi est-elle si puissamment soutenue par saint Augustin, par saint Thomas.... que ce serait i ne impiété de la taxer d'hérésie, pasc. Prov. xvn. Je ne vous parlerai que de Mme Voisin [l'empoisonneuse] on la mit sur le bûcher, assise et

liée avec du fer voilà la mort de Mme Voisin, célèbre par ses crimes et par son impiété, sév. 23 fév. 1080. Ce temple l'importune, et son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu'il a quitté, hac. Ath. i, <. Rompez, rompez tout pacte avec l'impiété, m. ib. Une impiété douce et oisive succéda à ces temps de trouble [la révolution anglaise] , sous le règne de Charles II ; voilà comme tout change et que tout semble se contredire, volt. Mél. lill. lelt. à M. **', 1727. Son impiété [du régent] était une sorte de superstition, Dici.os, Uém. rég. Œuv. t. v, p. 202. Il II se dit aussi dos choses. L'impiété de cette action. Lui fM.ardochée], fièrement assis et la tête immobile, Traite tous ces honneurs [rendus à Aman] d'impiété servile, kac. Esth. ii, 1. 1| 2° Action, parole, sentiment contraire à la religion. Ces dieux irrités Se vengent maintenant de vos impiétés, CORN. Œdipe, I, 6. Ils ont fabriqué à dessein de certaines propositions pleines d'impiétés et de blasphèmes.... pasc. Prov. xvii. On sait ce qui arriva à SaUl pour avoir lui-même violé l'ordonnance qu'il avait faite contre celte impiété [consulter les devins], boss. Polit, vu, v, 16. || p'aire des impiétés, dire des impiétés, faire des actions impies, tenir dos discours impies. |1 3° Par extension, mépris des sentiments humains qui sont considérés comme une sorte de religion. Et quelle impiété de haïr un époux Pour avoir bien servi les siens, l'État et vous? coRN. Hor. V, 3. Pourrai-je toutefois vous faire une prière Digne d'un tel époux et digne d'un tel frère? Je veux d'un coup si noble [le combat de parents] ôter l'impiété, id. ib. ii, 6.

— HIST. xii' s. E à nos impietoz tu seras propicius, Libsrpsalm.^i. 82.

— ÉTYM. Provenç. impietal; espagn. impiedad; Kal. empiéta; du latin impietatem,àcimpius, impie.

t UIITIIÉ (iu-pi-tié), I. f. Défaut de pitié.

IMP

— mST. xvi" s. Et la dure impitié dont son ame est couverte, desportes, Diane, i, I6.

— F.TYM. lin...., et pitié.

IMPITOYABLE (in-pi-to-ia-bl'; quelques-uns disent in-pi-toi-ia-bl'), adj. || 1" Qui est sans pitié. Ce cœur impitoyable à ma perte s'obstine, corn. Ilor. II, 5. La jeunesse se flatte et croit tout obtenir; La vieillesse est impitoyable, la font. Fabl. xii, 5. Pour M. le coadjuteur, je vous avoue que je suis impitoyable à ses longues et cruelles froideurs, SÉV. mai 1090. Sur un bouclier noir sept chefs impitoyables Épouvantent les dieux de serments effroyables, BoiL. Subltme, ch. 13. Impitoyable Dieu, toi seul as tout conduit, rac. Ath. v, 6. Aussi barbare époux qu'impitoyable père, Venez, si vous l'osez, la ravir à sa mère, id. Iphig. iv, 4. D'une esclave barbare, esclave impitoyable , id. Baj. v, 8. Il Par exagération. Être impitoyable, ne rien pardonner, ne rien laisser passer. Où il s'agit de vous donner satisfaction par ma rigueur, je ne sens point les tendresses qui sont naturelles aux pères; et je serai impitoyable à mes plus chères productions, toutes les fois que vous ordonnerez qu'elles périssent, balz. Lett. m, liv. vi. Le public est impitoyable sur la réputation, sbV. 25 août 1077. Elle est impitoyable sur les fautes les plus légères, mass. Carême, Érid. || 2° Il se dit aussi des choses. J'avoue que je me fusse étonné d'être le premier malheureux que vous eussiez abandonné et que vous eussiez fait sur moi l'apprentissage de cette vertu impitoyable qui n'a encore pu compatir avec votre générosité, VOIT. Lelt. 22. Qu'il n'attire sur nous d'impitoyables haines, corn. Sert, iv, 3. Il connaissait les deux visages de la justice : l'un facile dans le premier abord, l'autre sévère et impitoyable quand il faut conclure, BOSS. le Tellier. Te semblait-il croyable Que le triste jouet d'un sort impitoyable Dût connaître l'amour?... HAC. Phèdre, ii, l , Quoi! tu ne me vois pas d'un œil impitoyablel volt. Ali. m, 4. De les concitoyens la rage impitoyable, id. ib. i, 2. 113" Terme d'entomologie. Larves impitoyables, celles qui mangent les boutons de rose.

— HIST. XVI' s. 0 mort, que tu es impitoyable! ST fr. de sales, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Im...., et pitoyable. On disait dans le XVI* siècle et auparavant impiteux.

IMPITOVAiJLE.MENT (in-pi-to-ia-ble-man; quelques-uns disent in-pi-toi-ia-ble-man), adv. D'une manière impitoyable, sans aucune pitié. Hommes que la vengeance divine poursuit impitoyablement, FÉN. TU. xviii. L'un de ces juges royaux, car on les appelait ainsi, s'étant laissé corrompre par des présents, fut impitoyablement condamné à mort [lar Cambyse, qui ordonna qu'on mît sa peau sur le siège où ce juge inique avait coutume de prononcer ses jugements, bolun, Hist. anc. Œuv. t. n, p. 3eo, dans pouGENS. Il leTaille impitoyablement sur le ridicule de son faste, magnifique et mesquin à la fois, SAUHIN, Mœurs du temps, se. l .

— f.TYM. Impitoyable, et le suffixe ment. On disait au XVI' siècle impiteusement.

t IMPLACABILITÉ (in-pla-ka-bi-Ii-té), s. f. Persévérance dans le ressentiment; qualité de ce qui est implacable.

— ETYM. Lat. implacabilitatem, de implacabilis, implacalile.

IMPLACABLE (in-pla-ka-bl') , adj. \\ 1° Qui ne peut être apaisé. Il interroge encor, mais en juge implacable, corn. Théod. v, l. Avec toutes ces explications, il ne faut pas s'étonner s'il sut adoucir Luther, jusqu'alors implacable, boss. Var. iv, § 22. Maintenant chassée, poursuivie par ses ennemis implacables qui avaient eu l'audace de lui faire son procès, id. Reine d'Anglet. Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats, RAC. Athal. i, 2. Et ne connais-tu pas l'implacable Agrippin^? id. Prit, n, 2. Implacable Vénus, suis-je assez confondue? id. Phèd. m, 2. Il fallait s'accommoder d'un maître jaloux, impérieux, implacable sur tout ce qui blessait sa jalousie, FÉN. Dial. des morts mod. 19. 11 passait pour ami fidèle et pour implacable ennemi, hamilt. Gramm. e. Sachez queje n'aime point autrement, que je suis jalouse,vindicative, furieuse, implacable, volt. Écoss. Il, 2. Il Fig. Implacable ennemi des amoureuses lois, RAC. Phèd. I, 1. Il 2° Il se dit aussi des choses. Un courroux implacable, un orgueil endurci, corn. Sert. IV, 2. [Charles I"J poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune, noss. Heine d'Anglet. Il faut bien se résoudre à l'implacable inimitié du parti, maintenon, Lett. d Mme de Caylus, 1" janv. 1717. Mais vout-il qfle l'on garde une haine implacable? rac. Esth. m, 6. La baiiio et

IMP

ÎIJ

la division de ces grands hommes n'avaient rien d'implacable, d'amer, d'outré, comme chez les Romains des derniers temps de la république, rollix, llist. anc. OEitu. t. m, p. 209, dans pougens. La victoire est chez vous implacable, inhumaine, volt. Orphel. v, 2. Les plus implacables haines n'ont pas souvent des fondements plus importants, iD.Zadig, 4.

— IIIST. xvi' s. Quand on vous découvriroitiinplacable, tenant vostre cœur [rancune] et inexorable,

CARLOIX, I, 38.

— ETYM. Lat. implacabilis, de m négatif, et placare, apaiser. Sur placare , voisin de placere,

voy. PLAIRE.

t IMPLACABLEMENT (in-pla-ka-ble-man), adv. D'une manière implacable. Pour produire un repentir sincère, il faut déraciner les inclinations avec violence, s'indigner implacablement contre les faiblesses, s'arracher de vive force à soi-même, BOss. 2" sermon, Divin, de la relig. 3.

IMPLANTATION { in-plan-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'implanter ou de s'implanter. L'implantation d'un ergot dans la crête d'un coq. L'implantation du gui sur le pommier. Il Terme de tératologie. Monstruosité par implantation, monstruosité où deux corps, l'un parfait et l'autre imparfait, sont unis ensemble.

— HIST. xvi* s. Le duodénum doit estre pareillement lié en deux lieux par dessous l'implantation du pore cholagogue, paré, i, 24.

— ÉTYM. Implanter.

IMPLANTÉ, ÉE (in-plan-té, tée) , part, passé d'implanter. Le très-petit arbre logé dans un boulon n'a ni lobes, ni feuilles séminales : c'est qu'il doit tirer sa nourriture du grand arbre dans lequel il est implanté, et dont il est une prrlie intégrante, BONNET, Contempl. nat. vi, e, note 2. || Terme de minéralogie. Cristaux implantés, cristaux qui sont attachés par un de leurs bouts aux parois d'une excavation creusée dans une roche.

IMPLANTER (in-plan-té) , v. a. || 1° Planter une chose dans une autre. || Fig. Le gouvernement qu'on essaya d'implanter en ce pays. || Fig. et familièrement. Il lui implanta cette idée dans la tête. Il 2° S'implanter, v. réfl. Être implanté. Le gui s'implante dans le chêne. Pour fournir à son allongement [de la langue] , deux grands muscles partent de sa racine, embrassent le larynx, et, couronnant la tète, vont, comme aux pics, s'implanter dans le front, buff. Ois. t. xiii,'p. 133.

— HIST. XVI* s. Ces muscles, sortans des spondyles, s'implantent sur l'os du bras ou au palerou , PAKE, I, 8.

— ÊTYM. Lat. in, en, dans, et planter.

IMPLEXE (in-plè-ks'), adj. Terme de poésie dramatique. Composé d'événements variés, quoique liés naturellement au sujet. Une action peut être implexe sans être double. C'est l'incommodité des pièces embarrassées qu'en termes de l'art on nomme implexes, par un mnt emprunté du latin, telles que sont Rodogune et Hèraclius, corn. Examen de Cinna. Je ne discuterai pas non plus si c'est une pièce du premier genre, simple et implexe : simple, parce qu'elle n'a qu'une seule catastrophe, et implexe parce qu'elle a la reconnaissance avec la péripétie, volt. Œdipe, lett. 3* Il Fig. La tragédie qu'on joue en Bohême n'est pas encore à son dernier acte ; la pièce devient trèsimplexe, volt. Lelt. Cideville, I6 juill. 1767.

— ÉTYM. Lat. implexus, de in, en, dans, et pleclere, de même radical que plicare (voy. plieb).

f IMPLIABLE (in-pli-a-bl') , adj. Qui n'est pas susceptible de plier ou de se plier. Quel exemple do cet esprit impliable, dans chaque détail comme dans l'ensemble, le parti populaire aussi n'a-t-il pas donné? stael, Influence des passions, 1, 7.

— ÉTYM. Im...., et plier.

t IMPLICANCE (in-pli-kan-s'), s. f. Terme de philosophie. État de ce qui est impliqué, entortillé, confus. Toute impossibilité, ou, s'il m'est permis de me servir ici du mot de l'école, toute implicanco consiste seulement en notre concept ou pensée, qui ne peut conjoindre les idées qui se contrarient les unes les autres, desc. Rép. aux secondes obj, 4 2.

— ÉTYM. Impliquant, participe d'impliquer. IMPLICATION (in-pli-ka-sion; en vers, de cinq

syllabes) , s. f. \\ 1° Terme de jurisprudence. Action d'impliquer, état d'une personne impliquée dans une affaire criminelle. L'implication dans une affaire criminelle. Il 2° Enfermes d'école, contradiction, proposition contradictoire. Il y a de l'implication, il y a implication dans ces deux propositions.

— HIST. XVI' s. Nous voyons quel abyme ils ont ouvert par une telle implication qu'ils appellent.

IMP

ou erveloppement, calv. Inst. 4<8. Cette implica-i lion et entrelaceure du langage par où ils [les avocats] nous pressent, mont, iv, 41.

— ÊTYM. Lat. implicationem, de implicare, impliquer.

LMVLICITE (in-pli-si-f), adj. Oui, sans être exprimé en termes formels, résulte naturellement, par déduction et conséquence, de ce qui est formellement exprimé. Ceci est contenu dans le contrat d'une manière implicite. || Volonté implicite, celle qui se manifeste moins par des paroles que par certains actes ou faits habituels. |[ Koi implicite, la créance d'un point de doctrine, sur la simple autorité d'un témoignage, sans explication qui éclaire autrement l'esprit. || Par extension. Foi implicite , confiance absolue dans les paroles, dans l'autorité de quelqu'un. || Terme de grammaire. Proposition implicite, celle qui contient à la fois sujet, verbe, attribut; par exemple : mourez.

— HlST. XVI' s. Ils ont basti une fantaisie de foi qu'ils appellent implicite ou enveloppée, calv. Inst. us.

— ETYM. Lat. implicitus, de implicare, impliquer. IMPLICITEMENT (in-pli-si-te-man) , adv. D'une

manière implicite. Cette proposition n'est dans ce livre qu'implicitement.

— HiST. xvi* s. L'apostre n'entend point qu'il suffise si quelqu'un croit implicitement ce qu'il n'entend pas, calv. Inst. *t».

— ËTYM. Implicite, et le suffixe ment.

IMPLIQUÉ, ÉE (in-pli-ké, kée) , part, passé

d'impliquer. || !• Qui est engagé, compromis dans. Impliqué dans une grave accusation. 11 [David] s'est trouvé souvent impliqué dans les dangereux intérêts des princes et des potentats, boss. a* serm. Quinquay. Préambule. \\ 2' Qui est embarrassé, difficile par complexité. Los preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes et si impliquées qu'elles frappent peu, PAsc. Préf. de la 2* part, il, édit. TAUGtRK.

IMPLIQUER (in-pli-ké) , j'impliquais, nous impliquions , vous impliquiez ; que j'implique , que nous impliquions, que vous impliquiez, v. a. Il !• Envelopper, engager, embarrasser, en parlant de procès, d'affaires dangereuses. 11 n'y a guère eu de procès de sorciers, sansqu'ony ait impliqué quelques Juifs, VOLT. Uœurs, Magie. Ces messieurs voulaient m'impliquer dans la plate et chétive, mais dangereuse affaire d'un jeune homme sorti de l'Oratoire nommé Delisle, id. LeU. Richelieu, 6 juin (777. On poursuivit le jeune bachelier [Seargil], on impliqua Hobbes dans cette affaire, dider. Opin. des anc. philos, (hobbisme). \\ i° Il se dit des choses qui en font supposer d'autres. Nécessité implique privation , et la privation marche avec le désir, ciiATF.AUB. Giriie, i, ii, 3. || 3* Impliquer contradiction, se dit lorsque deux idées sont incompatibles ou se contredisent. C'est un spectacle d'incidents divers qui n'impliquent point contradiction, dider. SoJon de <767, Couvres, t. xiv, p. 480, dans pou- GENS. Il Impersonnellement. Il implique contradiction de dire qu'il y ait quelqu'un au-dessus de celui qui occupe le premier rang, fén. t. xxii, p. 347. Donc il implique contradiction qu'une pensée soit matière; or, Dieu ne peut faire ce qui implique contradiction , volt. Mél. litt, lett. au P. Toumemine. \\ Absolument, c'est-à-dire avec ellipse du mot contradiclion. Cela implique, cela fait contradiction. Encore que nous ne concevions Dieu que très-imparfaitement, cela n'empêche pas qu'il ne soit certain que sa nature est possible, ou qu'elle n'implique point, desc. Rép. aux secondes objec. 42. Que peut requérir la demanderesse? mariage à défaut de payement ; les deux impliqueraient, BEAUMAHCH. Mar. de Fig. m, 6. || Absolument et impersonnellement. Il implique de dire que....

— HlsT. XVI* s. Nonobstant ses douleurs et tant de maladies impliquées, beze, Vie de Calvin, p. 462. Qui a jamais cuidé avoir faulte de sens? ce seroit une proposition qui impliqueroit en soy de la contradiction, uont. m, et. 11 implique contradiction de désirer et aceepter une chose et ne t9 •oucier qu'elle vaille rien, charron. Sagesse, ii, 3.

— ÊTYM. Provenç. inplicar; espagn. implicar; ital. implicare; du lat. implicare, de in, en, dans, bt plicare (voy. plier).

t IMPLORABLE (in-plo-ra-bl') , adj. Que l'on peut implorer.

— HlST. XVI' s. Implorable, oudin, Dict. t IMPLORANT, ANTE (in-plo-ran, ran-t'), adj.

Qui implore. Une voix implorante.

t IMPLORATEUa (in-plo-ra-teur), ». m. Celui qui implore.

— uisr. XVI' s. Implorateur, oudin, Dict.

IMP

+ IMPLORATION (in-plo-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'implorer. || Imploration se dit de la justice ecclésiastique recourant à la justice séculière.

— HIST. XVI' s. Imploration, monet. Dict.

— ÉTYM. Lat. implorationem, de implorare, implorer.

IMPLORÉ, ÊE (in-plo-ré, rée), part, passé d'implorer. Le ciel imploré en vain.

IMPLORER (in-plo-ré) , v. a. || 1° Supplier avec instance et pour ainsi dire avec pleurs. Ce dieu tutélaire Ne sera pas en vain imploré par mon père, RAG. Phèdre, ii, 6. Moi jalouse I et Thésée est celui que j'implore, ID. ib. iv, 6. J'ose vous implorer et pour ma propre vie, Et pour les tristes jours d'un peuple infortuné...., id. Ksth. m, 4. L'on n'implore plus Que le nom de Sénèque et l'appui de Burrhus, m. Brit. i, t. Dans un cachot affreux abandonné vingt ans. Mes larmes t'imploraient [6 Dieu], pour mes tristes enfants, volt. Zaïre, ii, 3. || 2° Demander instamment et comme avec pleurs. Ce catéchisme [du concile de Trente] nous fait bien entendre l'extrême différence qu'il y a entre la manière dont on implore le secours de Dieu et celle dont on implore le secours des saints, boss. Expos, de la doctr. calh. i. Seigneur, je viens pour elle implorer votre appui , bac. Iphig. m, 5. Je n'ai point imploré ta puissance immortelle, id. Phèdre, IV, 2. Et je me flatte encore De mériter de vous ce secret que j'implore, lamottk , dans desfontaines. Un esclave, seigneur. D'un entretien secret implore la faveur, volt. Brutus, iv, 8. || Implorer le bras séculier, se dit de la justice ecclésiastique qui demande aux juges séculiers de faire mettre à exécution ses arrêts.

— HIST. xvi' s. Sa justice [de Dieu] et sa puissance sont inséparables; pour néant implorons nous sa force en une mauvaise cause, mont, i, 396. Et que les cieui peut-estre, en mes vœux implorez, Ordonnoient cet exil..., desportes. Élégies, u, 5.

— ÉTYM. Lat. implorare, de i»,en, dans, etpiorare, pleurer.

t IMPLOREUR (im-plo-reur), *. m. Celui qui demande comme en implorant. On m'a détaché de temps en temps de petits chercheurs de places, de petits imploreurs de recommandations, j. j. rouss. LeU. à Si-Germain, 26 févr. <77o.

t IMPLOYABLE ( in-plo-ia-bl') , adj. Qu'on ne peut plier, fléchir.

— UIST. XVI' s. D'attendre davantage, leur engrossissement [des osiers] les rendroit imploiables et par conséquent inutiles, o. de serkes, 8I2. C'est l'effet d'une ame forte et imployable, mont, i, 3.

— ÉTYM. Im...., et ployer.

IMPOLI, lE (in-po-li, lie), adj. jj 1° Qui est sans

politesse. Un homme impoli. |{ Substantivement. C'est un impoli. || 2° Il se dit des choses. Manières impolies. Langage impoli. Digne de tous vos hommages dans une bouche même impolie et grossière, MASS. Carême, Parole.

— SYN. IMPOLI, GROSSIER. C'est un plus grand défaut d'être grossier que d'être simplement impoli. L'impoli manque de belles manières ; il ne plaitpas. Le grossier en a de désagréables; il déplaît. L'impolitesse est le défaut des gens d'une médiocre éducation : la grossièreté l'est de ceux qui en ont eu une mauvaise, girard.

— HIST. xvr Mes règles de vivre rudes, neufves, impolies, mont, iv, t32.

— ÉTYM. Lat. impolitus, de in négatif, et politus, poli.

t IMPOLICE (in-po-li-s'), s. f. Manque de police. Les inconvénients qui résultent de la manière actuelle de vider les différends entre prince et prince par le droit du plus fort, c'est-à-dire l'état d'impolice et de guerre qu'engendre nécessairemont l'indépendance absolue et mutuelle de tous les souverains dans la société imparfaite qui règne entre eux dans l'Europe,!, j. fouss. Projet de paixperpét.

— ÊTYM. Im...., et police.

t IMPOUCÉ, ÉB (in-po-li-sé, sée) , adj. Qui n'est

pas policé.

— ÉTYM. /m...., el policé.

IMPOLIMENT (in-po-li-man), adt>. D'une manière

impolie. Il a parlé impoliment.

— ÉTYM. Impoli, et le suffixe ment.

IMPOLITESSE (in-po-li-tè-s'), s. /". || 1' Manque

de politesse. On le conduisit [le duc du Maine] dans la citadelle de Dourlans, où il fut gardé par un officier nommé Favencour, qui le traita avec toute l'impolitesse et la dureté d'un véritable geôlier, STAAL, ilém. t. u, p. 81. Il 11 se dit aussi des choses. Réponse pleine d'impolitesse. Langage d'une

IMP

impolitesse grossière. || 2° Action, procédé contraire à la politesse. 11 m'a fait une impoUtesse. Je n'ai reçu de lui que des impolitesses.

— REM. Mot nouveau au xvii* siècle. Quelquesuns emploient inaction, et je m'aperçois qu'impolitesse commence fort k s'établir, vaugei,. Hem. not Th. Corn. t. ii, p. uni.

— ETYM. Im...., et politesse.

IMPOLITIQUE (in-po-li-ti-k'), adj. Qui est contraire à la bonne, à la saine politique, soit dans le gouvernement d'un Etat , soit même dans la conduite privée. Une conduite, une démarclie irapolitique. Toute hésitation serait impolitique et inconvenante, MIRAB. Collection, t. v, p. 3(0. || Substantivement. En vain une funeste expérience nous a-t-elle enfin ouvert les yeux sur l'impolitique et l'extravagance des systèmes guerriers, sur la nécessité de tourner notre activité vers notre intérieur.... MIRAB. Collection, t. ii, p. (44.

— ÉTY.M. /m.,.., et politique.

IMPOLITIQUEMENT (in-po li-ti-ko-man) , adv.

D'une manière impolitique. C'est agir bien impolitiquement.

— ÉTYM. Impolilique, et le suffixe ment.

t IMPOLLU, UE (in-pol-lu, lue) , adj. Terme vieilli. Sans tache, non souillé. Je saurai conserver, d'une âme résolue, À l'époux sans macule une épouse impollue, cobn. Théod. m, (.

— HIST. xvi* s. Lorsque l'aage doré impoUu et entier regnoit encore es jugemens à Rome, amyot. Cor. (9.

— ÉTYM. Lat. impollulus, de in négatif, et polluere, polluer.

t IMPOLLUÉ, ÉE (in-pol-lu-é, ée), adj. Qui n'a pas été pollué.

— ÉTYM. Im...., et pollué.

t IMPONDÉRABILITÉ (in-pon-dé-ra-bi-li-té), s. f. Terme de physique. Qualité de ce qui est impondérable.

1.MP0NDÉRABLE (in-pon-dé-ra-bl') , adj. Terme de physique. Qui ne peut être pesé. Fluides impondérables, fluides auxquels on suppose une matérialité et auxquels on ne trouve pas de poids; tels sont la lumière, le calorique, l'électricité, le magnétisme, qui, n'exerçant aucune action sur la balance la plus sensible, n'ont, comme matière, qu'une existence hypothétique. || Substantivement. Les impondérables.

— ÉTYM. Im...., ei pondérable.

t IMPONDÉRÉ, ÉE ( in-pon-dé-ré, rée), adj. Terme de physique. Qu'on n'a point pesé, qu'on ne peut peser.

— ÉTYM. Im...., etpondéri.

IMPOPULAIRE (in-po-pu-lê-r'), adj. || 1° Qui

n'est pas bienvenu auprès du peuple. Prince impopulaire. Il 2° Il se dit aussi des choses. Lois impopulaires.

— ÊTYM. Im el populaire.

IMPOPULARITÉ (in-po-pu-la-ri-té),»./'. || 1° Condition de relui qui est impopulaire. L'impopularité d'un ministre. || 2° Il se dit aussi des choses. L'impopularité des mesures prises par le gouvernement.

— ÉTYM. Im...., ei popularité.

t IMPOROSITÉ (in-po-rô-zi-té) , ». f. Terme d'histoire naturelle. État de ce qui n'a point do pores.

— ÉTYM. Im...., et porosité.

t LMPORTABLE (in-por-ta-bl'), adj. Terme do douanes. Que l'on peut importer, qu'il est permis d'importer.

— ÉTYM. Importer ( . Dans l'ancien français, importable signifiait insupportable.

IMPORTANCE (in-por-tan-s'), s. f. || 1° Etat de ce qui importe, de ce qui a un grand intérêt, de co qui est considérable. L'importance d'ailleurs de ce dernier service [le meurtre de Pompée] Ne permet pas d'en craindre [de César] une entière injustice, CORN. Pomp. u, 4. Me ranger à son choix, sans savoir son projet, Deviner sa pensée, obéir par avance, Sont-ce, Lise, envers lui des crimes d'importance'? ID. Suite du Menteur, iv, 3. Trouvez bon qu'un secret d'une telle importance... id. Iléracl. iv, 3. U vit M. de la Garouffière, qui était revenu de sa visite et qui lui dit qu'il avait une affaire d'importance à lui communiquer, scarron, Rom. com. u, (4. Tout ce que vous croirez m'est de peu d'importance, mol. Mis. IV, 3. Je trouve d'une extrême importance de détruire ces fausses impressions, pascal, Ptrov. xvii. Un fait de nulle importance, id. ib. xviii. C'est une nouvelle que l'on saura dans quatre jours; elle est d'importance, sÉv. 8 janv. (674. Comme il donnait des ordres particuliers et de lu plus haute importance, puisqu'il y allait de sa

LMP

coTifcIence et de son salut étemel, boss. Louis de Bourbon. De quelle importance, de quel éclat, de quelle réputalion au dedans et au dehors, d'être le maître du sort du prince de Condé, id. le Tellier. II faut que tu me fasses un plaisir de la dernière importance, hamilt. Gramm. 9. En fait d'amour, toute l'importance est dans les commencements, FONTEN. Anne de Bolein, la duch. de Yalenlinois. On y attacha l'île royale, autrefois fameuse, mais qui a perdu son importance en changeant de domination, itAYNAL, llist. phil. XVII, 10. Il Mettre, attacher de l'importance à une chose, la considérer comme ayant beaucoup d'importance. N'attachez jamais d'importance au.x petites choses, genlis, VcilLduchât. t. I, p. 43), dans pouGENS. || L'importance est de..., ce qui est important, c'est de.... (locution fort usitée au xvii" siÈc:e, et pour laquelle on dit plutôt présentement : l'important est de....). L'importance, messieurs, est de bien choisir un chef, FLÉcii. Lamoignon. || Prendre de l'importance, devenir important. Cet homme prend de l'importance. Il 2° Autorité, crédit. Cette place lui donne beaucoup d'importance. C'est ainsi qu'elle parle et m'offre l'assistance De ce que Rome encore a de gens d'importance, corn. Sert, i, 2. Il vint des partis d'importance : La belle les trouva trop chétifs de moitié, la font. Fàbl. vu, 5. Cet homme a un nombre infini d'amis d'importance, sév. 295. Charles reçut tous ces prisonnie s d'importance avec une politesse aussi aisée et un air aussi humain que s'il leur eilt fait dans sa cour les honneurs d'une fête, volt. Charles XII, 2. || Il se dit de certaines choses en un sens analogue. Eh bien ! monsieur, ou je me trompe fort, ou cest une auberge d'importance où l'on doit être bien traité, PICARD, Yisilandines, i, 3. || 3° Vanité de ceux qui veulent paraître plus considérables qu'ils ne le sont réel v3.il s::-. C'est bien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir faire l'homme d'importance, mol. Préc. \ 4 . Voyez un peu l'homme d'importance ! id. Bourg, geni. ii, 3. Nul ministre n'a paru moins mystérieux; la gravité, l'importance lui paraissaient un ridicule dans les autres, condorcet, Maurepas. Il 4° D'importance, loc. adv. Beaucoup, fortement. Madame, allons après, frottons-le d'importance, HAUTEROCHE, Aj>p. trompeuses, i, ( 4. Si je prends un bâton, je vous rosserai d'importance, mol. Avare, m, 6. De tout temps votre langue a daubé d'importance, iD. Éc. des femmes, i, l . La station est douce, on y boit d'importance, th. corn. Galant doublé, i, ( .

— iilST. XV' s. Pierre, vecy Jean de Vy qui nous veult dire quelque chose d'importance, G. chastetAiN, Chr. du duc de Bourg, ii, 3. || xvi" s. 11 sera difficile d'entreprendre rien d'importance, langue, 390. J'avois beaucoup de choses d'importance à luy dire pour son bien et honneur, Sot. Uén. Disc, de IHmprimeur.

— ÉTVM. Important.

IMPORTANT ANTE (in-por-tan, tan-t'), adj. Il 1° Qui importe, qui est de conséquence, qui est considérable. Ilestimportantdese hâter. Une perte si importante, VAUGEL, Q. C. p. < 80. Un mot importan t pour ton bien, Et qui peut établir ton repos et le mien, hoir. Bélis. 1, 6. Poussé par ses amis, il avait passé du grand conseil, sage compagnieoù sa réputation vit encore, à l'importante charge de procureur du roi, boss. le Tellier. Quel sujet important conduit ici vos pas? rao. Esth. Il, 7. Le Trissin était un homme d'un savoir trèséteiidu et d'une grande capacité; Léon X l'employa dans plus d'une affaire importante, volt. Ess. poésie épique, ch. 5. || 2° Qui a du crédit, de l'influence, en parlant des personnes. Et si jusqu'à ce point on me croit important, Que mes ressentiments puissent vous être à craindre, corn. Àgésil. m, i . De tous les ministres [après la mort de Richelieu], le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont le crédit se soutint, boss. le Tellier. Prêtres.... que les grands regardent quelquefois comme les moins importants et les moins utiles de leurs domestiques, avilissant ainsi le sacerdoce, FLÉCH. lHar.-Thér. Ainsi ce roi qui seul a, durant quarante ans, I^ssé tout ce que Rome eut de chefs importants, rac. Mithr. i, l. L'ambition de Duclos était de se rendre important dans sa province de Bretagne, MARMONTEL, ilém. IV. || 3" En mauvaise part. Oui est infatué de soi-même. Autrefois la raillerie Était permise à la cour : On en bannit en ce jour Même la plaisanterie ; Ah ! si ce peuple important Qui semble avoir peur de rire. Méritait moins la satire, Il ne la craindrait pas tant, la fare, Épigr. \\ Il se dit aussi du ton, des manières. L'entend-on jamais parler sur le ton décisif et important qui veut tout ramener ^ soi? MASS. Panég. St Thom. d'Aq. || Substantivo-

mCT, DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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ment. Un important. Une importante. La servante pour qui tu te radoucirais aurait grand sujet de faire l'importante, scahr. iiom. com. i, I5. Les uns donnaient au ministre [Mazarin] des espérances trompeuses; les autres lui inspiraient de vaines terreurs, et, en s'empressant beaucoup, ils faisaient les zélés , les importants, boss. le Tellier. Un grain d'esprit et une once d'affaires plus qu'il n'en entre dans la composition du suffisant, font l'important, la BRUY. XII. Pendant qu'on ne fait que rire de l'important, il n'a pas un autre nom; dès qu'on s'en [)laint, c'est l'arrogant, id. ib. Je goûte le plaisir d'être mieux logé que les trois quarts de vos importants, et d'être entièrement libre, volt. Lett. d'Àrgental, 5 févr. )768. Il Les importants, nom donné à ceux qui faisaient partie de la cabale du duc de Beaufortau commencement de la régence d'Anne d'Autriche. || 4° S. m. L'important, la chose importante. L'important serait de savoir quel talisman vous employez pour dominer tous les esprits, beaomarch. Mère coupable,

— HisT. xvi* s. Chose très importante à leurs affaires, MONr. I, < 9. Pour estre les occupations domestiques moins importantes, elles n'en sont pas moins importunes, ID. i, 274. Il lui dit, eu faisant de l'important, qu'il vouloit le donner au prince de Condé, d'aub. Vie, i 8.

— ÉTYM. Importer 2.

t IMPORTATEUR (in-por-ta-feur), s. m. Terme de commerce. Celuiqui fait le commerce d'importation.

— ÉTYM. Importer t ,

IMPORTATION (in-por-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ l" Terme de commerce. Action d'importer. L'importation de ces marchandises est prohibée. || Fig. Il me parait qu'on maltraite un peu en France les pensées et les bourses ; on craint l'exportation du blé et l'importation des idées, volt. Lett. Chabanon, 28 sept. 1770. ||Les marchandises mêmes qui sont importées. En )776, les importations des Vénitiens se réduisirent à 755, 035 livres, et leurs exportations à 820,062 livres, raynal, Hist. phil. XI, 3. Il 2° Introduction d'une race domestique étrangère dans une localité donnée. || Transport d'une maladie contagieuse d'un pays dans un autre. L'importation du choléra en Europe.

— ÉTYM. Importer \.

IMPORTÉ, EE (in-por-té, tée), part, passé d'importer i. Introduit par importation. Les marchandises importées.

\ . IMPORTER (in-por-té), «. o. || !• Terme de commerce. Introduiredansun pays desproductions étrangères, une industrie créée à l'étranger, etc. Cette industrie fut importée en France par un tel. Si on vendait le feu et l'eau, il devrait être permis de les importer et de les exporter d'un bout de la France à l'autre, volt. Polit, et législation, Diatribe à l'auteur des Éphém. Les Hambourgeois et même les Hollandais avaient contracté l'habitude de fréter les vaisseaux de ces étrangers, pour importer chez eux les productions des plus riches climats de l'Europe, RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 29 || Absolument. Ne valait-il pas mieux importer en francliise et obtenir à bon compte par la voie libre ce qui nous coûte si cher par la voie de la douane? blanqui, dans le Dict. de bescherelle. {| 2° Fig. Introduire dans une langue un mot étranger. Le commerce et l'industrie importent journellement des expressions étrangères ; c'est ainsi que la navigation à la vapeur a importé le verbe stopper, arrêter la machine d'un navire. || Il se dit aussi d'une maladie introduite. Les vaisseaux importèrent la peste en cette ville. Il 3° S'importer, v. réfl. Être importé. Ces marchandises ne s'importent guère en France.

— ÊTYM.Lat. tmportare, de in, dans, et portare, porter.

2. IMPORTER (in-por-té) , v. n. Il n'est d'u.sage qu'à l'infinitif etaux troisièmes personnes. || 1° Être important, être de conséquence. Et mon trépas importe à votre sûreté, corn. Cinna, v, i. Je suis prince et chrétien de qui l'exemple importe, rotr. Bélis. m, 6. Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte; Et, si quelque afi'aire t'importe. Ne la fais pas par procureur, la font. Fabl. xi, 3. Allez, cet ordre importe au salut de l'empire, rac. Brit. ii, \. Tout m'importe, et de tout je suis en défiance, volt. Mér. m, l . || 2° Importer de, avoir l'importance de, y aller de. En matière d'État, ne fût-ce qu'un atome, Sa perte quelquefois imiorte d'un royaume, corn. Attila, I, 2. L'on pouvait reprocher à Fernand avec beaucoup de justice, qu'il savait mal garder ses places, de négliger ainsi les bons avis qui lui étaient donnés, et de prendre le parti le moins assuré dans une nouvelle qui ne lui importait pas moins que de

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sa ruine, Sent, de l'Acad. sur le Cid. D'où vient donc qu'il aurait attendu si tard à donner un avis qui importait à son roi de la conservation de sa vie! ARN. Apol. pour les cath. i, 21. Il avait, disait-il, un procès qui lui importait de dix mille francs, re- GNAiiD, Voyage de Pologne. \\ 3° Il se prend aussi comme verbe impersonnel. Quand l'effet est certain, il n'importe des causes, cohn. Sophon. v, 4. 11 importe si bien, que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte, la font. Fabl. i, 5. Mais il n'importe ; car vous ne voulez vous servir longtemps do ce raisonnement, pasc. Pr v. (7. Dans une vie si égale il n'importe pas à cette princesse où la mort frappe : on n'y voit point d'endroit faible par où elle pût craindre d'être surprise, boss. Mar.-Thér Et, le remplissant [Satan] de fiel et d'amertune contre nous, elle [l'envie] le contraint d'avoir recours à la fraude, à la tromperie, à ses artifices malicieux; il ne lui importe pas pourvu qu'il nous perde, ro. 2« sermon, Démons, 2. 11 ne lui importait quelles moeurs eussent ces peuples, montesq. Esp. x, ^^. Un chrétien pour eux est un homme qui va au prêche tous les dimanches : quoi qu'il fasse dans l'intervalle, il n'importe pas, 3. i. houss. Lett. au maréchal de Ltixembourg, 20 fév. I76t. C'est au temps à révéler ce qu'il iaporterait à l'historien de savoir, raynal, Hist. phil. v, 9. || 4° Importer, s'emploie dans plusieurs locutions négatives ou interrogatives, ou avec peu, pour exprimer l'indifférence qu'on a, le peu de cas qu'on fait. N'importe, servons-la, méritons son amour, corn. Scrlor. II, 5. Épousez ou Didyme ou Cléante ou quelque autre, Ne m'importe pas qui, mon choix suivra le vôtre, id. Théod. 11, 4. La pensée du peu de place que nous tenons dans ce grand univers, et combien il imporie peu, à la fin du monde, qu'il y ait eu un comte de Bussy heureux ou malheureux, SÉV. Lett. à Bussy, 13 août I688. Il vient, dit-il [Jésus-Christ], comme un voleur.... comme un voleur, direz-vous, indigne comparaison! n'importe qu'elle soit indigne de lui, pourvu qu'elle nous effraye et qu'en nous effrayant elle nous sauve, bo.ss. Mar.-Thér. Qu'importe que vous puissiez vous en servir, si vous ne vous en servez pas? bourdal. 9' dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. (77. Que m'importe, seigneur, sa haine ou sa tendresse? v.kc. Andr. 11, 2. Qu'importe sa pitié, sa joie et sa vengeance? volt. Mérope, iv, 2. Qu'importe, leur dit-il, que Derar soit pris O'i mort? Dieu est vivant et vous regarde, combattez, ID. Mœurs, 6. Plusieurs d'entre eux ne voulaient que faire un livre, n'importait quel, pourvu qu'il fût accueilli, j. j. rous. 3* promen. Espérant que vos lettres continueront à me parvenir.... ayant peut-être été ouvertes, mais n'importe pas, pourvu qu'elles parviennent, id. Leit. à Lalliaud, 8 octob. 1 708. Il Qu'importe, n'importe, avec la préposition de. Et qu'importe, après tout, d'une autre ou d'Aristie? corn. Sertor. 11, 4. Et qu'importe à tous deux de Rome et de l'État? m. Othon, 11, 4. Qu'importe de mon cœur si je fais mon devoir? id. Sertor. I, s. Terre , ne couvre pas mon sang, disait Job; mais qu'importe du sang de Job? boss. 2' sermon. Passion, 2. Et que m'importe, hélas! de ces vains ornements? rac. Bérén. iv, 2. Deux voyageurs, n'importe de leur nom. Chemin faisant dans les champs d'Arabie, lamotte. Fables, u, 9. Pourvu qu'on ait la conscience nette, qu'importe des discours? baron, la Coquette, i, 4. Si, en général, le caiactère est bon, qu'importe de quelques défauts qui s'y trouvent? montesq. Espr. xix, 5.

— REM. U faut employer de avec l'infinitif quand le second verbe se rapporte au régime : Il importe à votre frère de partir; mais, quand le second verbe ne se rapporte |ias au régime, il faut mettre que avec le subjonctif : Il importe à votre frère que vous partiez.

— HIST. XVI* s. Le plus ordinaire moyen qu'on suit pour cet effect est d'assiéger places qui importent, LAN0UE, 434. Il leur fit sentir désir de parler au roi à part pouf chose qui l'importoit, d'aub. Ifist. n, U. Une entreprise qui importe la conqueste d'une province, carlolt, vir, 7. Après qu'ils ont travaillé aux affaires sérieuses qui importent notre repos, Sat. Mén. p. <«4. Qu'imp rie que nous tordons nos bras, pourvu que nous ne tordons pas nos pensées? mont, m, 200. J'ay recogneu, estant sur le lieu, que ma venue n'importoit rien moins que la conservation de ceste armée à mon service, Lett. miss, de Henri IV, t. m, p. 382.

— ÉTYM. Lat. importare, porter dans, de in, en, et portare, porter. Si l'on suit l'historique, on voit comment importer a pris le sens d'être de conseil - 5

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quence : une chose importe, par exemple la conservation de la vie, c'est-à-dire elle apporte avec soi....; puis, absolument, une chose importe. Dès lors, la transition est faite ; et du sens de porter dans ou importer, on touche au sens de avoir de l'importance.

IMPOUTUN, UNE (in-por-tun, tu-n' ; quant à la liaison du masculin devant une voyelle, la prononciation varie : les uns disent un in-por-tu-n ami ; les autres : un in-portun n-ami ; au pluriel, l's se lie : d'in-por-tun-z amis), adj. \\ 1° Oui est fâcheux d'une manière répétée, continue. Ainsi certaines gens faisant les empressés S'introduisent dans les affaires; Ils font partout les i;iécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés, la font. Fabl. vu, 9. Je voudrais être en lieu d'où je pusse aisément Contempler la foule importune De ceux qui cherchent vainement Cette fille du sort [la fortune] de royaume en royaume, id. ib. vu, a. Importun atout autre, àsoi-même incommode, boil. Sa(. vin. Britannicus le gêne, Albine; et chaque jour Je sens que je deviens importune àmon tour, bac. Brit. i, < . C'estle rôle d'un sot d'être importun, la bruy. v. 11 se croyait utile et n'était qu'importun, oorat, Feinte par amour, i, ) . La faim qui flétrit l'âme autant que le visage. Par qui l'homme souvent importun, odieux. Est contraint de rougir et de baisser les yeux, A. CHÉNIER, Idylles, le Mendiant. || Importun à soi-même, qui est pour soi-même une cause continuelle de fâcherie. Captive, toujours triste, importune à moi-même, rac. Andr. i, 4. || Substantivement Qu'il [Dieu] nous garde, en ce bas monde

ici. De faim, d'un importun, de froid et de souci, RÉGNIER, Sat. vin. Pour renvoyer chez vous les vœux qu'on vient m'offrir. Et n'avoir plus chez moi d'importuns à souffrir, corn. Perihar. i, 2. De combien d'imjiortuns j'ai la tête étourdie ! roïr. St Genest. n, s. C'est un vieux importun qui n'a pas l'esprit sain. Et pour qui j'ai toujours quelque défaite en main, mol. Fdch. in, 3. Fut-il jamais inaccessible, je ne dis pas à ses amis, je dis aux indiscrets et aux importuns? FLÉCH.iomoignon. Vois-tu cet importun que tout le monde évite, Cet homme à toujours fuir, qui jamais ne vous quitte? boil. Épttre IX. Ahl que l'on porte ailleurs les honneurs qu'on envoie : Importune, peux-tu souhaiter qu'on me voie? rac. Phèdre, m, i. || S'il se dit aussi des choses. Viendrait-il de nouveau d'une audace importune Pour la cenlième fois éprouver la fortune? maihet, Soliman, i, 3. ôtez-nous de ces biens l'affluence importune, Direût-ils l'un et l'autre, LA FONT. Fabl. VII, 6. Par des vœux importuns nous fatiguons Us dieux , id. Fabl. viii , 6. Ne trouvez-vous pas qu'il y a bien longtemps que nous sommas séparées? je suis frappée de cette douleur d'une manière tellement importune qu'elle me serait insupportable, sÉv. 4 2 fév. 4672. Ce sentiment importun des sens offensés, c'est ce qui s'appelle douleur, eoss. Connaiss. i, 2. Madame, je le sais, les soupçons importuns Sont d'un second hymen les fruits les plus communs, rac. Phèdre, ii, 5. Pardonnez à l'éclat d'une illustre fortune Ce reste de fierté qui craint d'être importune, id. .^ndr. m, 6. Laissons de leur amour la reclierche importune, id.

Bajaî. IV, 4 Oubliez une gloire importune; Ce

triste abaissement convient à ma fortune, id. Iphig. III, 5. Cesse, cesse et m'épargne un importun discours, id. Phèdre, iv, 2. Sa présence [de Joas] à la ■ fin pourrait être importune, id. Àthal. u, 7. Ah! chassons cette importune idée, volt. Zaïre, i, 5. Perdez-en pour jamais l'importune mémoire, lo. Simir. i, s. Tous nos petits rimeurs, las d'un joug importun, Ont détrôné le dieu qui régnait au Parnasse. — Détrôné? dites-vous? qu'ont-ils mis à la place Du blond Phébus? Phébus le brun, clément, Épigr. contre Lebrun.

— SYN. IMPORTUN, FÂCHEUX. La difTéfence qu'il y a entre ces deux mots, c'est que celui qui facile ou ce qui fâche peut n'être fâcheux qu'une fois, tandis que celui qui importune ou ce qui importune «st fâcheux d'une manière repâtée, continue. Un importun TOUS assiège; un fâcheux vous cause un ennui. Un soufenir importun vous poursuit; un souvenir fâcheux vous causa de la peine.

— HIST. xv s. Il faut laisser le chalgrin importun X tout le moins à la table buvant, basselin, xl. Il XVI* s. La fortune ayant esté si importune que de mettre en uns maison triumphale un si piteux dutil, Ai«TOT,P.jfim. 67. Il y en eut plusieurs à qui Titus sembla par trop importun «t trop cruel, d'avoir ainsi fait mourir Hannibal, w. Flam. a. Une ambition importun* en telaag«,iD. Uarius, i. Corn.' bien qu'il eust aussi bouna graee, et rancontiast

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aussi dextrement à se deffaire de tels importuns, m. Mauvaise honte, ». J'ai vu des gens importuns de courtoisie, mont, i, 62. La peur est encore plus importune et insupportable que la mort, id. i, 64. Si quelqu'un donc par une legiereté intempérante ou témérité indiscrète, en temps ou lieu importun fait quelque chose dont les imbéciles et rudes soyent scandalisez.... calv. Inst. 665. Comment pourra-telle tenir contre un homme importun en demandes, obstiné en poursuites, inventif en moyens? desper. Contes, xcii. Mais Pimportun souci qui nous suit pas à pai Et par terre et par mer , nous ne le fuyons pas, dubellat, v, 32, «erîo. Poignante, aspre, importune et fiere souvenance. Veux-tu donc nuict et jour mon esprit tourmenter? despoutes, Cléonice, lxxviii.

— ÉTYM. Lat. t'mportunus, de in négatif, et ■portus, port, qui n'a point de port, d'accès, qui est défavorable, et de là les significations dérivées.

t IMPORTUNANCE (in-por-tu-nan-s'), s. f. Terme inusité. Action d'importuner. Sire, excusez l'affront de notre importunance, régnard, Déniocr. m, 2.

— ÉTYM. Importunant, comme prévoyance, de prévoyant.

IMPORTUNÉ, ÉE (in-por-tu-né, née), part, passé d'importuner. Du bruit de ses exploits mon âme importunée, bac. Alex. I, 2. Il était moins sensible à l'éclat du trône qu'importuné des devoirs qu'il impose, duclos, Hist. Louis II, Œuv. t. u, p. 2), dans P0UGENS.

IMPORTUNÉMENT (in-por-tu-né-man) , adv.

D'une manière importune. Ces saintes vérités du ciel.... se présentent importunément et mal à propos parmi nos plaisirs, elles sont trop incompatibles, boss. 2' ierwon, dimanche 3', la Passion, 2.

— HlST. XV* s. Et afin que par nulle occasion indue ne fust dit au temps à venir que j'aie fait mes poursuites trop importunément, monstr. liv. i, ch. 2. Il XVI* s. Défaillant si importunéement lorsque nous en avons le plus affaire, mont, i, 97. Il y eut un estrani;er qui se moqua assez importunément [mal à propos] de luy, amyot, rimoi. 2i.

— ÉTYM. Formation irrégulière d'tmporJun, avec le suffixe ment. La formation régulière est importunément. Dans Montaigne, c'est importunée et ment qui sont an composition.

IMPORTUNER (in-por-tu-né), v. a. \\ 1* Fatiguer en qualité d'importun. Vous avancerez plus en m'importunant moins, cobn. Poly. m, 4. C'est trop m' importuner en faveur d'un sujet, id. Nicom. III, 2. De ma présence encor j'importune vos yeux, RAC. Bérén.. m, ». Quelque esprit qu'on ait, on n'est point plaijant pour ceux qu'on importune, hamilt. Gramm. *. Ne retenant de son rang que le privilège de pouvoir être importuné, hass. Or. fun. Villars. Je vous prie de me laisser en repos, et de ne m'importuner plus de vos querelles, montesq. Lett. pers. XI. On dit que Louis XI, faisant un jour réciter une oraison à saint Eutrope, pour demander la santé de l'âme et du corps, dit au prêtre qui la récitait, de supprimer ce qui regardait l'âme, et que c'était asse? que le saint lui fît avoir la santé du corps, sans l'importuner de tant de choses, duclos, Hist. Louis XI, Otu». t. m, p. 36(, dans pougens. Je fais scrupule de l'importuner trop souvent par mes lettres, d'alemb. Lett. au roide Prusse, (8 déc. (769. Il Importuner, avec la préposition de et un verbe à l'infinitif. Aussi ne pensez pas que je vous ituportune De payer mon amour.... corn. Théod. m, 3. Il Fig. et poétiquement. Importuner les dieux, le ciel de ses prières, de ses vœux, adresser incessamment des prières, des vœux à la Divinité. Le ciel même en secret semble la condamner : Ses vœux depuis quatre ans ont beau l'importuner, rac. Brit. Il, 3. Seigneur, j'irai remphr le nombre des vestales. Ne lui disputez plus [à Britannicus] mes vœux infortunés; Souffrez que les dieux seuls en soient importunés, id. ib, m, 8. Mon cœur, lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses vœux importuner le sort, lamart. tféd. i, 6. || 2° Il se dit aussi des choses qui sont importunes. Trissotin : Peut-être que mes vers importunent madame. —Henriette : Point; je n'écoute pas, mol. F. sav. ni, *. Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune, RAC. Phèdre, u, 2. Ce temple l'importune [Mathan], et son impiété Voudrait anéantir le dieu qu'il a quitté, ïo. Athal. i, •<. || Absolument. Le bruit importune. || 8" S'importuner, v. réfl. Être inquiété. De quel soin votre amour ?a-t-il s'importuner? BAC. Bérén. u, 4.

— HiST. XVI* Or vous feroys-je voluntiers une requasts, c'est que vous ne m'importunassiez plus par vos menuz jargons, skspbr, Cymbal. 1 36, Une

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bien amante, bien requise, pressée et importunée, et toutefois femme de bien, victorieuse de son corps et de son ami, marg. Nouv. ix. Ceulz qui sans vergongne pressent et importunent ceulx de qui ilz veulent obtenir aucune chose desraisonable, amyot. Brut. 6. Ses créanciers vindrent crier après luy et l'importuner pour estre payez sur son partement; et, ne pouvant chevir à eulx, il fut contraint de recourir à Crassus, id. César, i 3.

— ÉTYM. Importun.

IMPORTUNITÉ (in-por-tu-ni-té) , s. f. Action d'importuner. Votre importunité, que j'ose dire extrême, CORN. Nicom. m, 5. Adieu, ma belle petite sœur.... aimez-moi si cela ne vous tourne pas à importunité, ch. de sév. dans sÉv. 4 9 fév. 4 090. Ôtant ainsi aux particuliers l'espérance d'obtenir de lui par importunité ou par amitié ce qu'il n'avait accordé ni à la reconnaissance ni au respect, FI.ÉCH. Lamoiynon. X combien de chagrins il faut que je m'apprête ! Que d'importunités ! rac. Brit. II, 2. Il Demande, soUicilationimportune. Monhéros n'a besoin des importunités de personne, quand il s'agit de faire du bien, volt. Lett. Bichelieu, 2* janv. 1764.

— HIST. XIV* s. Pour cause des importunitez de ses neuf compaignons, bercheure, f* 72, recto. Il XVI* s. De se rendre à l'obstinée importunité d'un amant, desper. Contes, xcii. 11 le convie à soupper en son logis, et fait tant par importunité de prières, que Sertorius luy promeit, amyot, Sertor. 39. Je sçay, mon cher roy [Henri IV], que, m'aymant comme vous faites, vous ne recevrez point à importunité que je vous mande souvent Testât auquel je suis. Lettres de Catherine de Navarre, Bibl. des chartes, 4* çérie, t. m, p. S29.

— ÉTYM. Lat. importunitatem, de importunus, importun.

IMPOSABLE (in-pô-za-W), adj. \\ I* Qui doit, qui peut être imposé, en parlant des personnes. Ces pauvres gens ne sont pas imposables. || 2° Qui est sujet aux impositions, qui est susceptible d'être imposé, en parlant des choses. Matières imposables.

— ÉTYM. Imposer.

IMPOSANT, ANTE (in-pô-zan, zan-l' ) , adj. Il 1° Qui impose, qui est propre à faire naître l'attention, le respect, l'admiration, en parlant soit des personnes, soit des choses. Il a le ton bien imposant, il a besoin d'une leçon nouvelle, favart, Soliman II, 1,4). Lorsqu'une actrice imposante fait valoir le rôle de Médée, cette pièce [la Médée de LoRgepierre] a quelque éclat aux représentations, quoique la lecture en soit peu supportable, volt. Comm. Corn. Rem. Médée. Ce chrétien si vanté, qui remplissait Solyme De ce faste imposant de sa vertu sublime, lo. Zaire, iv, 5, Ah! Suzon, qu'elle est noble et belle, mais qu'elle est imposante! BEAUM. Mar. de Fig. l, ". Heureux progrès des ans! Que son port est plus fier, ses traits plus imposants! c. DELAV. Paria, m, 4. || 2° Qui remplit l'àme d'admiration et de respect. La religion s'y montrait aux peuples sous un appareil imposant, nécessaire aux imaginations sensibles, volt. Mœurs, 483. U [Blin de SainmoraJ m'a écrit une belle lettre très-bien raisonnée sur les pièces admirables do Racine et sur les scènes imposantes de Corneille, ID. Lett. Damilaville, 48 juin 4764. Pour mieux enflammer des âmes héroïques, Â l'imposant aspect de leurs dieux domestiques, id. Catilina, v, 3. Cette imposante entrée, Cet antique château, ces bois silencieux. Dont la cime paraît se perdre dans les cieux, collin d'hablev. Chdi. en Espagne, i, 8. Il 3° Forces imposantes, forces militaires considérables. Ce prince mit sur pied des forces imposantes. Une force imposante occupait toutes les rues.

IMPOSÉ, ÉE (in-pô-zé, zée), part, passé d'imposer. Il 1* Mis dessus. Les mains imposées par l'évêque. Il 2" Les noms imposés par Adam aux animaux. Il 3° Soumis à un tribut. Étra imposé à tant. Il Substantivement. Les plus imposés de la commune. Il 4* Fig. Mis dessus comme quelque chose de pénible. Un pénible devoir imposé. Vous vous plaignez d'un joug imposé dès longtemps, bac Phèdre, IV, 6. Il Commandé. Le silence imposé aux partis.

IMPOSER (in-pô-zé), v. a. ||1* Mettre dessus. II ne se dit guère qu'avec mains. Après lui avoir imposé les mains sur la tête, il lui déclara ce que le Seigneur avait commandé, saci. Bible, Nomb. xxvu, 28. Il 2" Terme d'imprimerie. Mettre dans des garnitures les pages composées et rangées dans l'ordre convenable, qu'on serre avec des coins dans un châ'sis do fer, pour empêcher qu'il ne tombe aucune lettre. Imposer les pages qui sont composées. Imposer une feuille. || S* Fig, Imposer un nom, dé-

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signer une chose par uu iiuui spécial. Leur utilité et leur usage [des impositions de noms] est d'éclaircir et d'abréger le discours, en exprimant, par le seul nom qu'on impose, ce qui ne pourrait se dire qu'en plusieurs termes, pasc. Pens. part, i, art. s. Cette bataille porte aussi le nom de Cassiau, à cause d'un petit village qui est tout contre celte at)baye, qui a imposé le nom à cette journée, HEGNAnn, Voy. de Flandre. Dans toutes les sciences on a eu la petite vanité d'imposer des noms fastueux aux choses les plus communes, volt. Phil. Newt. Singul. nat. ch. 6. Le nom général qu'on voudrait leur imposer [aux espèces] est une formule incomplète, bupf. Quadrup. t. VII, p. 23. Il 4° Imposer un tribut, des droits, des réquisitions, obliger à payer un tribut, des droits, à fournir des réquisitions. ijH se dit aussi de celui qu'on soumet au tribut, aux droits, etc. Imposer une ville à la somme de.... Une loi autorise ce département à s'imposer deux centimes additionnels. |{ Il se dit enfin des matières frappées de droits. Imposer les vins, le sel. || 5° Donner, d'autorité, pour chef. Sparte imposa à Athènes le gouvernement des trente tyrans. Mais enfin c'est vouloir que je m'impose un maître, rac. Théb. m, *■ Pensez-vous que ma voix Ait fait un empereur pour m'en imposer trois? ib. Brit. 1 , 2. Il Faire une sorte de violence à quelqu'un pour lui faire accepter ou une personne, ou une opinion,ouuneafraire, etc. Il nous imposa un homme qui lui était tout dévoué. Les gens qui prétendent imposer aux autres leurs opinions. || 6" Charger quelqu'un de quelque chose de pénible, de difficile, de fâcheux. Puisque Sertorius m'in-, "^se ce devoir, CORN. Sertor. ii, 5. Je sentis le faroeau qui m'était imposé, RAC. Bérén. n, 2. Ils ont bri.sé le joug pour l'imposer eux-mêmes, volt. Brutus, l, 4. Mmeil'Arbigny m'imposant tous les devoirs en m'accordant tous les droits, stael, Corinne, xii, 2. || Prescrire. Le vainqueur impose la loi aux vaincus. Kt sur toute chose Obsejcve exactement la loi que je t'impose, CORN. Cinna, v, *. Non, seigneur, je vous hais d'autant plus qu'on vous aime. D'autant plus qu'il me faut vous admirer moi-même. Que l'univers entier m'en impose la loi, rac. Alex, iv, 2. Leurexemple [des hommes ordinaires] peut bien séduire et détourner quelquefois de la vertu, mais il ne saurait imposer et autoriser le vice, mass. Petit carême, Exemples desgr. || Imposer silence, faire taire. Arrêtons ici, chrétiens ; et vous. Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre qui ne fait qu'affaiblir votre parole; parlez dans les cœurs, prédicateur invisible.... boss. Anne de Gom. \\ Fig. Donnant aux nations ou des lois ou des fers, Une femme imposa silence à l'univers, volt. Sémiram. u, 3 Imposer silence au zèlede.... priffaut, JVinus //, iv, 7. Il Fig. Imposer silence aux passions, les réprimer. Il Fig. Imposer silence aux médisants, à la calomnie, etc. faire que les médisants, la calomnie ne soient plus écoutés. I! faut opposer des faits à la calomnie, il faut imposer silence au mensonge, volt. Lelt. TAtn'oî, 26 fév. 1 736. || S'imposer à soi-même quoique chose, s'en faire une loi, se rendre celte chose obligatoire. Imposez-vous la loi de ne plus jouer, bourdal. Pénitence, 2' arent, p. 473. Que diront ceux qui s'épuisent en folles dépenses et se croient dans l'impuissance d'être charitables, parce qu'ils se sont imposé la nécessité d'être ambitieux et d'être superbes? fléch. Aiguillon. Il a su se commander à lui-même, se dompter, se soumettre et s'imposer des lois, bupf. Disc. nat. anim. Ol'MV. t. v, p. 375. Il Infliger. Imposer une pénitence, une peine. Pourquoi vous imposer la peine de son crime? rac. Ipliig. IV, 4. Et le seul châtiment qu'ici nous t'imposons, VOLT. Brutus, V, 2. Il 7° Imposer le respect, inspirer le sentiment du respect. Ce magistrat dont la vieillesse vénérable impose le respect à tout un peuple, PASC Puiss. trnmp. Imagin. i, édit. pau- GÊiiE. Les titres ne servent de rien pour la postérité ; le nom d'un homme qui a fait de grandes choses impose plus de respect que toutes les épithètes, volt. L. XIV, 13. Il Absolument. Imposer, inspirer le respect, la soumission, lacrainte. Et que la renommée, instruite en ma faveur, Séduisant l'univers, impose à ce grand cœur, coim. Pulch. m, 3. Il [BucerJ imposait par la taille et par le son de la voix; il avait été jacobin et s'était marié comme les autres, boss. Var. m, § 3. De fort près, c'est moins que rien ; île loin, ils imposent, la bruy. ii. Il y a dans quelques femmes.... un esprit éblouissant qui impose, iD. m. Ils demandent un chef digne de leur courage. Dont le nom seul impose à ce peuple volage, volt. Brutus, i, 4. Sa fermeté m'impose, et je l'excuse même. De condamner en moi l'autorité suprême, id. ilf.de Cds. I, I. Le nom de bataille perdue impose aux

vaincus, et les décourage, id. Louis J/f , n . Je m'étais laissé imposer par le discours et la philosophie de Caton, vauven. Dialogue 9, César, Brutus. Ce ton pouvait révolter, mais il imposait, raynal, Hist. phil, X, 46. On plaçait auprès des alliés des surveillants capables de leur imposer et de les tenir dans le devoir, p. l. cour. Lelt. v., 337, L'amour qui l'environne impose àma puissance, c. delav. Paria, u, 2. Il On dit, dans le même sens, en imposer. X ceux qui n'ont ni rang ni richesses qui en imposent, il leur reste une âme, et c'est beaucoup, Marivaux, Marianne, 4» part. Ils n'auraient point cédé aux évéques; mais le cardinal légat leur en imposait, VOLT. Hist. pari. ch. xxjttiii. Le dieu Fo ne m'en impose pas davantage, (f&oiqu'il ait eu pour père un éléphant blanc et qu'il promette une vie immortelle, ID. Dial. (5. Le cardinal crut en imposer au peuple en les faisant arrêter en plein midi, ID. Louis XIV, 4. Au milieu de ces sons discor dants d'oiseaux s'élève une grande voix qui leur en impose à tous [le kamichi], bufp. Morceaux choisis, p. 310. Il est sûr que de hautes montagnes, que d'antiques forêts, que des ruines immenses en imposent, DiDER. Ess. sur la peint. 3. Par la pompe des mots, l'éloquence en impose, gilb. Le ^8' siècle. L'ascendant de son génie [de Buffon] lui soumit tous les esprits.... son nom seul en imposait aux factieux de la littérature, p. l. cour. Lett. n, sic (Buffon). il 8° Imputer (sens qui vieillit). Je n'ai pas jugé qu'on lui pût sur l'État Imposer d'apparent ni croyable attentat, rotr. Bélis. iv, ). Il est hors de soupçon qu'elle ait pu m'imposer Rien d'assez vraisemblable à pouvoir l'abuser, id. ib. y, t. On ne peut imposer de tache à cette fille, mol. l'Ét. m, 3. Il s'ensuit de là.... que l'on a voulu très-méchamment m'imposer une extravagance pour me tourner en ridicule, ch. de sév. dans s6v. si août 4697. Il Absolument. Quand Diana rapporte avec éloge les sentiments de Vasquez.... il n'est ni calomniateur ni faussaire, et vous ne vous plaignez point

qu'il lui impose, pasc. Prov. xi Leur imposant

faussement qu'ils soutenaient ces propositions, id. ib. XV. Nous ferons voir que de toutes les citations qu'ils [les jésuites] ont faites des saints docteurs de l'Église pour autoriser leurs prétentions, il n'y en a pas une qui ne soit fausse, et que ces saints ont enseigné si formellement le contraire, qu'on s'étonnera de la hardiesse avec laquelle ils osent ainsi leur imposer, 3* factum pour les curés de Paris, dans les œuvres de pascal. Si quelqu'un pense que j'impose à l'auteur, qu'il sa souvienne que je ne lui attribue cette doctrine qu'après avoir montré qu'il ne peut vouloir dire autre chose, pén. t. m, p. 12. || On a dit aussi en imposer, pour imputer quelque chose à tort, charger à tort. Mais n'en imposons-nous point à Félix? la yoii de saint Paul n'a-t-elle point fait sur son esprit plus d'impression que nous ne semblons l'insinuer? saurin, Disc, de saint Paul à Félix et à Drusille. || 9* Imposer quelque chose, faire croire quelque chose qui n'est pas véritable. Je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce giand trompeur [un mauvais génie], que, pour puissant et rusé qu'il soit, il ne me pourra jamais rien imposer, DESC. Médit. I, < I . Mais, quoi qu'à ces mutins elle puisse imposçT, Demain ils la verront mourir ou t'épouser,coRN. Héracl. i, 3. (Cette tournure a vieilli; mais c'est elle qui explique comment imposer, pris absolument, a signifié tromper, mentir.) || Imposer, faire illusion, tromper. Pour me faire croire ignorant, vous avez tâché d'imposer aux simples, corn. Lett. apolog. Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer, mol. Tart. v, 6. Oui ne s'y fût trompé? jamais l'air d'un visage. Si ce qu'il dit est vrai, n'imposa davantage, id. l'Ét. m, 2. Faites-moi |iis encor, tuez-moi, si j'impose, id. Dép. am. i, 4. On veut croire qu'on a entendu, et on s'impose à soimême, Boss. Connais, i, <6. Ils imposèrent par ces artifices au pape, id. Hùt. i, n. Leurs paroles, aussi peu solides qu'elles semblaient magnifiques, imposaient au monde, id. ib. n, 12. Langage ordinaire de la calomnie, qui ne s'énonce jamais plus hardiment que quand elle impose plus faussement, BOUROAL. Myst. Pass. de J. C. t. i, p. 269. Pendant que la vérité est contredite, l'hérésie lève la tête, impose et triomphe, fén. Lett. au P. le Tellier, 22 juillet n42. c'est vouloir imposer aux yeux, et vouloir paraître contre la vérité; c'est une espèce de mentene, la bhuy. m. C'est avoir mauvaise opinion des hommes que de prétendre leur imposer par des caresses, m. ix. Ce malheureux talent de tromper et de plaire. D'imposer aux esprits, et d'é-

blouir les yeux, volt. Tancr. n, ♦. Imposons quelque temps i sa crédulité, m. Orph. de la Chint, II, 2. Ce grand art d'imposer même à la renommée. Fut l'art qui sous son joug enchaîna les esprits, id. Sémir. II, 4. Nous avons des remarques importantes à faire sur ses expériences; la manière dont il les a données peut imposer, bupf. Hist. anim. ch. 5, CEuv. t. ui, p. <63. Il On dit, dans le même sens, en imposer. Est-ce peut-être que tous ceux qui errent sont de bonne foi? l'homme ne peut-il pas, selon sa coutume, s'en imposer à lui-même? loss. Anne de Gont. Qu'elle ne pense pas que par de vaines plaintes. Des Soupirs affectés et quelques larmes feintes. Aux yeux d'un conquérant on puisse en imposer, volt. Orph. de la Chine, lu, ). Le discours affectueux de Néron n'en imposa point à Sénèque, dider. Claude et Nér. i, 90. || 10° Terme de liturgie. Entonner, commencer. Imposer les psaumes. Imposer l'antienne, l'annoncer. || 11° S'imposer, V. réfl. Être donné, en parlant d'une dénomination. Les noms s'imposent vite quand une troupe d'hommes vient s'établir en un lieu. || 12° Être mis sur les contribuables. Les droits s'imposent pour faire face aux dépenses publiques. {| S'imposer, se mettre une imposiiion. Autoriser un département à s'imposer extraordinairement. || Être soumis à l'impôt, en parlant des choses. Les valeurs mobilières s'imposent comme les autres. || 13* S'imposer, se dit de celui qui oblige d'autres à le recevoir comme chef, comme associé, etc. Il s'imposa comme gérant dans cette affaire. || 14° Fig. S'imposer, être imposé, être mis dessus comme un fardeau. Un joug, un fardeau qui s'impose. C'est une obligation qui s'impose d'elle-même aux cœurs bien nés.

— REM. Des grammairiens ont essayé de distinguer imposer et en imposer. Mais l'usage des auteurs et aussi l'usage du public ne permettent aucune distinction. Imposer et en imposer veulent dire commander le respect; imposer et en imposer veulent dire faire illusion, tromper. Cela est si vrai, que Massillon a employé, dans une seule et même phrase, imposer et en imposer pour tromper, ne consultant pour le choix que son oreille : Il ne veut ni imposer aux autres ni s'en imposer à soi-même, MASS. Or. (un. Prince de Conty.

— HIST. XII* s. Del duc Robert Robert [il] out non. Qu'en fonz li enposa sun non, benoît, ii, 68B*. Lores recereras tu sacrifise de justise; dune [ils] emposerunt sur le tuen altel vedels [des veaux], Liber psal. p. 68. Tu nus menas en baz, posas tribulatiuns en nostre dos, empesas humes sur les nos chiés [têtes], ib. p. 83. Je vos prie, por Deu )e grant, Que vos meïsmes l'eslevés [l'enfant], E vostre non li enposés, Grégoire le Grand, p. 4o. |{ xiv* s. Imposant, sur ce, silence perpétuel à nostre procureur, Lett. de remission, Bibl. des ch. B' série, t. i, p. 82. Toutes ces charges furent translatées des poures gens et imposées en plus riches, bercheurk, f" 2( , verso. Les peines que l'en impose à ceulx qui pèchent et font mal, oresme, Eth. 38. || xv" s. Jacques Legris s'excusoit trop fort, et disoit que rien n'en estoit, et que la dame lui imposoit induement, froiss. m, 49. Et tout ce qu'on lui imposoit n'estoit que par envie et haines particulières qui estoient entre le seigneur, juv. des urs. ch. vi, (404. Il XTi' s. Finablement, silence il s'impcsa, Et faisant fin, icy se reposa, nu Bellay, iv, 6, reeto. D'aucuns meschans nous imposent que nous aboli.ssons les bonnes œuvres, calv. Inst. «28. Qu'ils n'imposent point nécessité en une chose, laquelle de soy-mesme est libre, in. ib. 4006. Voilà assez pour les controverses, afin qu'on n'impose point à la postérité, et qu'ils sachent quelles ont esté les créances diverses sans fard et véritablement, d'aub. Hist. I, 66.

— ÉTYM. In.... dans, «t poser.

t IMPOSEOR (in-p6-zeur),i. m. || l'Celui qui impose. Il a° Imposeur de mains, ou, simplement, imposeur, membre d'une secte luthérienne.

IMPOSITION (in-pô-zi-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Action d'imposer, de mettre dessus (usité seulement avec le mot motus). Parmi les sacrements de ces hérétiques, ils font remarquer principalement leur imposition des mains pour remettre les péchés : ils l'appelaient la consolation ; elle tenait lieu de baptême et de pénitence tout ensemble, Boss. Var. xi, § M. Le grand apôtre [saint Paul], écrivant à son disciple Timothée, l'avsrtissait et le conjurait de ressusciter dans lui-même la grâce qu'il avait reçue par l'imposition de ses mains, bourdal. '!• Dim. après la Pentec. Dominic. t. 11, p. 423. Il Absolument. Un évêque si peu soigneux de faire revivre la grâce de l'imposition, bass. Or.

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/un. Villars. || Fig. Par plaisanterie. Imposition des mains, l'action de battre. M. Bourdelot est toujours en son abbaye de Macé en Berry, où il plaide fort contre ses moines et les moines contre lui; il a eu peur de l'imposition des mains.... cm patin, Lelt. II, p. )9l. Il 2° Terme d'imprimerie. Action d'impose'r les pages d'une forme. L'imposition de l'in-octavo. Il Manière dont une feuille est imposée. L'imposition est défectueuse. || 3° Fig. Imposition de nom, action de donner un nom. On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire, que les seules impositions de nom atix choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus, PASC. Esprit géométrique, * . Cette mystérieuse liaison qui se rencontre entre la circoncision de l'enfant et l'imposition du nom de Jésus, bourdal. Myst. Circonc. de J. C. t. i, p. 51. Le vulgaire, qui dans l'imposition des noms se détermine souvent par des rapports superficiels, buff. Ois. t. iv, p. 29i . Il 4» Injonction. Le chancelier me parla d'abord avec une entière ouverture, mais une imposition étroite du secret, st-sim. 297, 66. || Action d'infliger. L'imposition d'une pénitence. || 5» Action de mettre des tributs, des droits. L'imposition d'une contribution de guerre. || Tribut, impôt, contributions. Receveur des impositions. Tant que ces habitants [non soumis aux taillesj seront maîtres de fixer leur imposition par rapport à la bonne ou mauvaise chère qu'ils feront, et qu'ils no payeront rien en ne buvant que de l'eau et ne mangeant que du pain, si bon leur semble, ils seront contents de leur sort et feront envie à leurs voisins, vaubam, Dîme, p. 6i. Les impositions sous Charles VII, indépendamment du domaine, étaient de <,70(i,ooo livres de compte; sous Louis XI elles se montèrent jusqu'à 4,700,000 livres, volt. Mœurs, 94. Ils éprouvèrent que la misère d'un État vient moins des impositions que du défaut de circulation, duclos, Hist. de Louis XI, OEuv. t. u, p. H3, dans lacurne.

— HIST. XIV» s. Encore y a chose qui m'est po fpeu] belle, C'est maletote, et subside, et gabelle, Flebe monnoie et imposition, Et du pape la Visitation, MACUAUT, p. 89. Il xy« Toutes impositions dont le royaume estoit trop blessé furent abattues et ostées, FBOiss. II, II, 74. Longue et grande chose seroit de raconter les biens qu'on y voit, mesmement quant si peu de chose comme estoit l'imposicion des chappeaux de rose et du cresson valoit au roy dix mille francs ran,GUiLLEBERT de metz, Descrip. de l'aris, dans llist. litt. Ue la France, t. xxiv, p. 61 u. Il xvi* s. Une juste imposition de tailles, amyot, 69.

— ÉTYM. Provenç. emposicio, impositio; espagn. imposicion ; ital. imposigione; du lat. impositioiiem, de in, en, et positio, action de mettre (voy. position).

t IMPOSSESSION {in-po-sè-sion), s. f. Condition dans laquelle on ne possède rien. La vente et l'impossession sont les deux principnux caractères do tout esclavage, ». comte, Lett. inédite à J.St. Mill.

— ÉTYM. Im..., et possession.

IMPOSSIBILITÉ (in-po-si-bi-li-té), s. f. Défaut de possibilité. Il est de toute impossibilité que j'aille aujourd'hui vous voir. L'homme est ainsi bâti : quand un sujet l'enflamme, L'impossibilité disparaît à son âme, la font. l'abl. viii, 25. Il [M. de Grignan] viendrait vous voir et vous reprendre cet hiver; mais vous trouvez, dans cette proposition, des impossibilités que je ne vois pas si bien que vous, sÉv. 4 mai 4 676. Pour moi, ma fille, je ne sais si l'envie de vous voir à Paris ne m'aurait pas fait surmonter des impossibilités, id. 2 août (689. Ainsi me voilà, mais ce n'est que pour vous dire la douleur que me donne mon extrême impos-

i sibilité [de fournir un secours d'argent] , lu. 22 janv. I6'J0. L'impossibilité où ils nous ont mis de nous fiera leurs serments, fKn. Tél. xi. Sou'ient-on que le hasard n'a pu former le monde, parce qu'il n'y aurait eu qu'une seule chance contre d'incalculables impossibilités? chateaub. Génie, i, vi, 4. Il Impossibilité métaphysique, ce qui implique contradiction. Il y a impossibilité métaphysique qu'un cercle soit carré. || Impossibilité physitiue, se dit d'une chose qui est impossible selon l'ordre de la naturi. Il y a impossibilité physique qu'une pierre non soutenue ne tombe pas. || Impossibilité morale se dit d'une chose qui est vraisemblablement impossible. Il y a impo.ssibilité morale qu'un homme (le bien fasse une mauvaise action, Dict. de l'Acad. — HIST. xiv s. Tu te dois garder des livres et des romans qui sont remplis de bourdes et qui attraient le lisant souvent à impossibilité, à folie, vanité etpecbié, Hisl. litt. de la /Y«»ice, t. xxiv,p. ï24.

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— ÉTYM. Provenç. impossibililat; espagn. impossibilidad; \ta.\. impossililità ; du lat. impossibilitatem, qui signifie impuissance et qui vient de impossibilis, impossible.

IMPOSSIBLE {in-po-si-bl'), adj. ||1° Qui ne peut être, qui ne peut se faire. Tout ce qui n'est pas aisé, ils [les Uches conseillers] le nomment impossible, BALZAC, De la cour, 6" dise. X qui sait bien aimer il n'est rien d'impossible, corn. Médée, v, 8. J'eusse eu tort de tenter un espoir impossible, rotr. Bélis. IV, 2. Le miracle qu'elle attendait est arrivé : elle croit, elle qui jugeait la foi impossible; Dieu la change par une lumière soudaine, boss. inné de Gons. Il est, dit-elle, impossible de s'imaginer les étranges peines de mon esprit sans les avoir éprouvées, in. ib. Une hardiesse sage et réglée.... qui se mesure avec ses forces, qui entreprend les choses difficiles et ne tente pas les impossibles, fléch. Turenne. Ce qui est impossible à ma nature si faible, si bornée, et qui est d'une durée si courte, est-il impossible dans d'autres globes, dans d'autres espèces d'êtres? volt. Philos, ignor. quest. I2'. Bien des choses ne sont impossibles que parce qu'on s'est accoutumé à les regarder comme telles, duclos. Consid. moeurs, ch. 2. Mais qui peut du tonnerre expliquer les effets? Impossible est un mot que je ne dis jamais, colin d'harlev. Malice po>ir n\alice, i, s. || U est impossible que, avec le subjonctif. Il est impossible, dit-il [saint Paul], qu'une telle âme [celle qui est tombée après avoir connu la lumière] soit renouvelée par la pénitence; impossible : quelle parole ! boss. Anne de Gom. Mais je vois présentement que je courais un grand hasard, et qu'il n'était pas impossible que je demeurasse sans aucun bien, fontf.n. Athénaïs, Icasie. Des particuliers avaient des richesses immenses, et il est impossible que les richesses ne donnent du pouvoir, montesq. Rom. s. || FUiptiquement. Impossible, cela ne se peut. Ces raisons, me les direz-vous? reprit Oswald. — Impossible, s'écria Corinne, impossible, stael, Corinne, vi, 4. Hî" Par extension, qui est très-difficile. Il est impossible, quelque résolution que l'on fasse, de n'être pas un peu alarmée des désordres de la poste, sÉv. 39). Il 3° Terme de politique. Qui ne peut être employé dans telle ou telle position, ne peut entrerdans telle ou telle combinaison de gouvernement. Il s'est rendu impossible. || 4° S. m. L'impossible, ce qui ne peut être fait, advenir. Qui doute que vous ne le puissiez, et qui ne sait que pour votre esprit il n'y a point d'impossible? voit. Lett. 66. Ce beau feu dont pour vous mon cœur est embrasé Trouvera tout possible et l'impossible aisé, rotk. Vencesl. v, 2. Alléguer l'impossible aux rois, c'est un abus, la FONT. Fabl. viii, 3. Que si l'homme, qui n'est que faiblesse, tente l'impossible [par amour], Dieu, pour contenter son amour, n'exécutera-t-il rien d'extraordinaire? BOSS. Anne de Gonx. L'impossible, qui, par manière de parler, a deux degrés de néant, puisque ni il n'est ni il ne peut être, ce (|Ui est par là, si on veut, au-dessous du néant même.... lu. Et. d'orais. ix, 2. Je n'examinais rien, j'espérais l'impossible, bac. Bérén. iv, 6. Sans cette audace [courage d'esprit], un faux impossible s'étendrait presque à tout, fonten. Cliazelles. Êtes -vous obligé à l'impossible pour vous sauver? mass. Carême , Voc. Il Par exagération. Faire l'impossible, façon hyperbolique d'assurer qu'on fera tout ce qu'on peut. Et tu sais que mon âme, à tes ennuis sensible, Pour en tarir la source y fera l'impossible, CORN. Cid, II, 3. Si vous m'aimez, ma fille, et si vous croyez vos amis, vous ferez l'impossible pour venir cet hiver, sév. <70. Il portait une lettre du roi, que j'ai vue, toute remplie de ce qui fait obéir, et courir, et faire l'impossible, m. 674. || Réduire quelqu'un à l'impossible, en exiger ce qu'il ne peut faire, et, en termes de logique, le réduire à ne pouvoir répondre sans tomber en contradiction. Il Familièrement. Gagner l'impossible, perdre l'impossible, etc., gagner beaucoup, perdre beaucoup. Il 6° Par impossible, en faisant une supposition qui paraît impossible ou tout à fait improbable. Le monde eût été mauvais si, par impossible, il eût été créé sans l'Incarnation du Verbe, fén. t. m, p. 450. Il Terme de scolastique. Supposition par im-» pcssible, supposition dans laquelle on pose une alternative impossible. || Proverbe. X l'impossible nul n'est tenu.

— REM. Pascal et Sévigné ont dit plus impossible, bien que cet adjectif soit négatif et contienne quelque chose d'?bsolu : Rien n'est plus impossible que cela, pasc. dans cousin. Je sais que c'est pour le petit moment que nous sommes en cette vie que

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nous voudrions être heureux; mais il faut se persuader qu'il n'y a rien de plus impossible, sév. Lett. à Bussy, 4 3 août 4 688. Le latin a dit impossibilior (qdicherat. Addenda).

— HIST. XIV' S. C'estoit impossible et non creable que li Volques peussent.... bercheubE, f° 54, recto. Il XV' s. Ils rapportèrent qu'ils estoient tellement fortifiez que impossible chose seroit d'y rien faire qui peust proficter, juven. des uusins, Charles Yl, 4 420. [11] s'adresse vers la plus grant huée, là où le chevalier au grift'on faisoit droit impossible d'armes, Perceforest, t. i, f° 4 46. || xvi' s. La difîerence entre l'impossible et l'inusité, mont, i, 202. Contraindre à quelque rançon excessifve et impossible, ID. Il, 55. 11 les mena hâtant jusques en des lieux dont il estoit impossible que gens de cheval se peussent tirer, amyot. Pompée, 4 4.

— i;tym. l'ro\enç.impossible ; cspSLgn. imposible; portug. impossivel ; ital. impossibile ; du lat. tmpossibilis, de in négatif, el possibilis , possible.

t I.MPOSSIBLEMIÎNT ( in-po-si-ble-man ) , adv. D'une manière impossible.

— HIST. xv s. Ils sont si gentils compagnons que nulles des folies que font les gens la'ics ne leur sont impossiblemeiit difficiles, louis xi, JVoui'.XLiv.

IMPOSTE (in-po-sf), s. f. Terme d'architecture. La dernière pierre du pied droit d'une porte ou d'une arcade faisant saillie sur les autres pierres, ayant ordinairement quelques moulures et sur laquelle on pose la première pierre qui commence à l'oimer le cintre de la porte, de l'arcade. || Terme de menuisier. Mei uiserie fixe qui surmonte la partie mobile d'une porte ou d'une croisée et qui en diminue la hauteur.

— ÉTYM. Lat. impositus, impostus, mis dessus, de in, en, sur, et postfus, placé (voy. position).

4. IMPOSTEUR (in-po-steur), s. m. || 1" Celui qui impose, qui trompe. C'est le plus grand imposteur du monde. || Fig. Je vous conjure, mes frères, ne vous fiez pas au temps qui vous trompe, c'est un dangereux imposteur qui vous dérobe si subtilement que vous ne vous apercevez pas de son larcin, boss. Sermons, Nécessité de la pénitence, 2. Prene? garde à la malice du temps; voyez comme ce subtil imposteur tâche de sauver les apparences, comme il affecte toujours l'imitation de l'éternité, id. 4' sermon, 4" dim. de carême. Pénitence, 3. Ces festons où nos noms enlacés l'un dans l'autre, Â mes tristes regards viennent partout s'offrir. Sont autant d'imposteurs que je ne puis soufTrir, rac. Bérén. v, 5. || Celui qui charge quelqu'un d'imputations odieuses, mais mensongères. Un roi sage, ennemi du langage menteur, Écarte d'un regard le perfide imposteur, rac. Esth. lu, 3. || Celui qui tâche (le tromper en débitant une fausse doctrine. |Mahomet] Imposteur à la Mecque, et prophète à Médine, VOLT. Fanât, i, l. || Celui qui tâche de tromper en se parant des dehors de la vertu. L'Imposteur ou le Tartuffe, comédie en cinq actes, Titre d'une comédie de MOL. On me reproche d'avoir mis des termes de piété dans la bouche de mon imposteur, lu. Préface du Tartuffe. || Celui qui tâche de tromper en se faisant passer pour un autre qu'il n'est. Le monde aujourd'hui n'est plein que.... de ces imposteurs qui.... s'habillent insolemment du premier nom illustre qu'ils s'avisent de prendre, mol. l'Av. V, 6. Un imposteur qui prit le nom de Zoroastre déjà révéré dans la Perse, diderot, Opin. des anc phil. (Perses). Il Adjectivement. Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur, rac. Ipliig. m, 4. D'un oracle imposteur la fausse obscurité, volt. Œdipe, IV, 4. Quel père! justes dieux! lui? ce monstre imposteur! in. Fanât, i, 2. || 2° L'imposteur, ou le sparo trompeur, dit aussi filou (poissons acanthoptérygiens).

— HIST. XVI* s. La peste ne tue que le cors, mais tels imposteurs empoisonnent les âmes, rabel. Garg. i, 45. Ceux qui se fient à tels imposteurs ne sont pas trop .sages, paré, Introd. 27. Le médecin imposteur et avare, id. ib.

— ÉTYM. Lat. impostorem, de impositum ou tmpostum, supin de imponere, tromper, de in, dans, et ponere, mettre.

t 2. IMPOSTEUR (in-po-steur), s. m. Nom donné anciennement aux officiers chargés de répartir les taxes. Ceux que Bodin appelle imposteurs, c'est-àdire ceux qui imposent ou imaginent les taxes, j. j. Rouss. Écon. 3.

— ÉTYM. Imposer.

IMPOSTURE (in-po-stu-r'), s. f. || 1° Action de tromper, d'en imposer. Une grossière imposture. Va, ne présume pas que, quoi que je te jure. De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture, corn. Puly,

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V, 2. Ah! seigneur, est-il rien qui répare l'injuie Que fait à l'innocence un momentd'impostureîcoRN. Nicom. IV, t. Que ne publieront point l'envie et l'imposture? id. Cid, ni, 4. Et c'est trop condamner ma bouche d'imposture, mol. Tart. iv, 3. Ce nom [de gentilhomme] ne fait aucun scrupule à prendre.... pour moi.... je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a lait naître, ID. Bourg, gent. m, )2. Votre bouche, dit-il, est pleine d'imposture, hac. Phèdre, iv, 4. || 2" Particulièrement. Ce que l'on impute faussement à quelqu'un dans le dessein de lui nuire. 11 est aisé de détruire ceMe imposture. Quelqu'un auprès de vous m'a fait cette imposture, cohn. Jfml. m, 5. Je suis ravi devoir qu'une telle imposture Ait laissé votre gloire et plus grande et plus pure, id. Nicom. m, 8. Ils ont l'art de donner de belles couleurs à toutes leurs impostures, mol. 2' placet au roi (sur Tartufe) . Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d'injures, boil. Sat. ix. ....Tout ce qu'il dit sont autant d'impostures, bac. Plaid. II, 9. Il 3° Hypocrisie, tromperie dans les mœurs, dans la conduite. Toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle. || 4° Action de tromper en se faisant passer pour un autre. L'imposture des faux Démétrius en Russie. Il épousa une maîtresse de la maison d'York, dont il fut encore aimé, même quand son imposture fut découverte, volt. Mœurs, < 17. Il 5° Figurément. Illusion, en bonneou en mauvaise part. Semblable à ces amants trompés par le sommeil, Qui rappellent en vain, pendant la nuit obscure, Le souvenir confus d'une douce imposture, LA FONT. Adonis. C'est là que, plus touché d'un ruisseau qui murmure Que de tous ces vains ornements Fils de l'art et de l'impo.sture, Je me fais des amusements, chaul. à Mme de Lassay. De vos songes menteurs l'imposture est visible, rac. Àlhal. Il, 7. Des arts la magique imposture Fait éclore un autre univers, sabatier, VEnthotisiasme, Ode.

— REM. Bouhours [Nouv. Rem.) signalait imposture comme un mot nouveau que le public n'avait pas admis. On voit par l'historique qu'il est aussi ancien que la langue.

— HIST. xii* s. Mais s'ele [la paix] fustbienclere e senz nule emposture, [ils] Ne eussent fait as suens desonur ne enjure, Th. le mart. <2B. ||xvr s. C'est don de Dieu que la divination ; voylà pourquoi ce devroit estre une imposture punissable d'en abuser, mont, i, 238 Sçacbant qu'il y a plusieurs bourdes, faulsetés et impostures reçues au monde avec approbation et applaudissement, charron. Sagesse, i, 45.

— ÉTYM. Lat. impostura (voy. imposteur). IMPÔT (in-p6 ; le t ne se lie pas dans le parler

ordinaire ; au pluriel, Vs se lie : des im-pô-z excessifs), s. m. Il 1° Nom qui ne se donnait autrefois qu'aux levées passager"-, des deniers que le gouvernement imposait ^our les besoins de l'État. Il i° Charge publique, droit imposé sur certaines choses. Impôts directs. Impôts indirects. Impôt territorial. Impôt foncier. Ils d'^chargèrent le menu peuple de tout impôt, boss. Hist. m, 6. .Si vous ne les chargez point d'impôts, fén. Tél. xii. Je sais, Sire, l'épuisement de vos peuples et de vos provinces; je n'ignore pas le dépeuplement de la campagne et le besoin général où est votre royaume de se trouver soulagé des impôts dont il est surchargé depuis longtemps () 742), Corresp.de LoutsJ'K et de Noailles, t. i, p. 6. Je trouve les impôts trèsjustes, quoique très-lourds, parce que, dans tout pays, excepté dans celui des chimères, un État ne peut payer ses dettes qu'avec de l'argent, volt. Lett. Dupont, te août 4763. Questionnez ces bonnes gens qui nous donnent du pain, ils vous diront que la façon de lever les impôts est cent fois plus onéreuse que le tribut même, l». Lett, Bastide, 4 7B8. Il Absolument. L'impôt, l'ensemble des impôts. Le vote de l'impôt. L'assiette de l'impôt. On peut définir l'impôt une contribution pour la dépense publique, qui est nécessaire à la conservation de la propriété particulière, raynal, Hisl. phil. xiii, 5i. Il Refuser l'impôt, se dit d'une chambre législative qui n'accorde pas lo budget :'< un gouvernement, ou de particuliers qui, sous prétexte de violation delà constitution, refusent de payer l'impôt. || 3"Fig. Ce que l'on paye pour des besoins réels ou imaginaires, Dour des plaisirs. Des habitudes de luxe sont un le rd impôt. || L'impôt du sang, s'est dit souvent pour la conscription militaire.

— SYN. IMPÔT, IMPOSITION. Proprement imposition est l'action de mettre l'impôt ; et impôt est le r.i«ultat de cette artion. Hais quand, a son tour, im-

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position signifie le résultat dé l'action, les deux mots se confondent, sauf en un point, c'est que imposition ne peut pas prendre le caractère général i|ue impôt prend au singulier, quand on dit : le vote de l'impôt.

— HIST. xV s. Impos et collectes que on impose sur icelui peuple, Bibl. des eh. 6" série, t. u, p. U:i. Carie vin est trop cher; l'impost, les quatrièmes, Peste des biberons, bassel. xxviii. || xvi's. Eschauflé par l'espérance de mettre un impost sur la rivière, u'aub. llist. II, 442.

— ÉTYM. Lat. imposilum, chose imposée.

t IMPOTAItLE (in-po-to-bl'), adj. Qu'on ne peut boire. Ce vin est devenu impotable.

— Rtvm. Im..., et potable.

IMPOTENCE (in-po-tau-s'), s. f. Terme de médecine. État de celui qui est impotent.

— HIST. xiir s. Après s'en va sans escuier ; Mes por ses membres apuier Ot ausinc cum par impotence De traison une potence, la Hase, (2295. Ilxiv* s. Vieillesce et toute impotence fait les gens estre illeberaux, oresme, £(/». <lo. ||xv' s. Quand les nouvelles furent sceues en Angleterre de la maladie et impotence du roi de France, froiss. mi, iv, 31. Il xvi's. Tu me as reduyct à estre ingrat réputé, par impotence de gratuité, rab. Pant. iv, 4.

— ÉTYM. Provenç. inpotencia; espagn. impotencia; ital. impotemia;àula.tinimpotentia, de impotens (voy. impotent).

IMPOTENT, ENTE (in-po-tan, tan-t') , adj. Qui est privé de l'usage d'un membre, soit par vice ô". nature, soit par accident. Impotent du bras droit. Le fils aine du maréchal de Grammont devint bientôt impotent, puis tout & fait perclus, st-sim. 404, 2S. Je travaillerai jusqu'à ce que je devienne tout à fait aveugle et impotent, deux bénéfices dont je pourrai bientôt être pourvu, volt. Lett. d'Argental, 23 mai < 763. Il Substantivement. Un impotent. || Se dit aussi des membres. Un bras impotent.

— HIST. xiv s. Se il estoit impotent de rendre, l'autre ne reputeroit pas que il li deust rien donner, oresme, Eih. 255. Il xv s. Il fait enquérir diligemment où il y ait povres mesnaigers, vieulzet impotens, Bouciq. iv, 2. || xvi" s. Il ordonna que celuy qui auroit esté mutilé et rendu impotent de quelque membre à la guerre, fust nourry tout le temps de sa vie aux despens de la chose publique, auvot, .Soi. ii5.

— ÉTYM. Provenç. inpotens; espagn. et ital. tnipotente; du latin impotentem , de in négatif, et potens, qui peut.

+ IMPOURVD, UB (in-pour-vu, vue), adj. Terme vieilli. Non prévu. Sans doute il m'aura vue; Et c'est de là que vient cette fuite impourvue, corn. Uél. n, 8, édit. 463.3. Il A l'impourvu, loc. adv. Àl'improviste. Soit qu'une autre modeste à l'impourvu m'avise, Régnier, Sat. vu. Les ennemis sont venus à l'impourvu, Dict. de l'Àcad. de 4 74o.

— REM. Vaugelas disait : « A l'improviste, à l'impourvu, tous deux sont bons; mais à l'improviste, quoique pris de l'italien, est tellement naturalisé français qu'il est plus élégant qu'à l'impourvu. » A l'impourvu n'est plus usité.

— HIST. XVI' s. Cleomenes vint une nuit à l'improuveue assaillir la ville de Megalopolis, amïot. Phi' op. 7.

— KTY.M. Im..., et pourvoir, qui, venant du lat. providere, s est dit pour préioir.

+ IMPRATlCAniLITÉ (in-pra-tl-ka-bi-li-té), s.f. État de ce qui est impraticable. La barbarie de la loi qu'on vous propose est la plus hautepreuvo de l'impraticabilité d'une loi sur l'émigration, mnABEAU, Collrction, t. v, p. 402.

IMPRATICABLE (in-pra-ti-ka-bV), adj. || 1° Qui ne peut se faire, s'exécuter. L'exemple des saints nous est une preuve convaincante que la sainteté n'a rien d'impraticable pour nous, bourdal. Sainteté, 2* avent, p. 3i4. Ce n'est pas qu'il ne faille également éviter ce zèle toujours armé de terreur et de dureté qui est tout propre à confirmer un pécheur dans le vice par l'idée impraticable qu'il lui donne de la vertu, mass. Confér. Zèle contre les vices. Et qu'enfin l'équité fit régner sur la terre L'impraticable paix de l'abbé de Saint-Pierre, volt. Tactique. L'entre^jrise fut jugée impraticable, raynal, hist. phil. VI, 20. Il 2° Où l'on ne peut pas.ser, où l'on ne passe qu'avec beaucoup de difficultés. Un marais impraticable. Les chemins de Vitré ici sont devenus si impraticables qu'on les fait raccommoder par ordre du roi et de U. le duc de Cbaulnes; tous les paysans de la baronnie y seront lundi, sÉv. 16 juin <68». La police était un pou négligée; les grands chemins étaient impraticables de jour, et les rues durant la nuit ; mais on volait

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encore plus impunément ailleurs, hamilt. Gramm. 2. Il 3" Il se dit d'une maison, d'un appartement, d'une chambre qui a des inconvénients tels qu'on ne peut l'habiter. La fumée rend cette chambre impraticable. Il Insupportable. Un hiver est impraticable à Grignan, et trcs-ruincux à Aix, sÉv. 40B. Il i" Fig. Insociable, très-difficile à vivre. Il est d'un caractère, d'une humeur impraticable. Je ne saurais vous approcher.... Si vous pouviez savoir les affligeants discours.... Vous seriez moins impraticable , DESHOUL. t. Il, p. 60. Ce roi toujours caché, toujours impraticable comme les rois de l'Orient, fén. Dial. des morts mod. I2. 11 tirait du fond du cœur de ses sujets la vérité qu'on cache aux princes orgueilleux et impraticables, vauven. Dial. Louis XI, Commines.

— ÉTYM. Im..., et praticable.

t IMPRATiyUÉ, ÉE (in-pra-ti-ké, kée), adj. Qui n'estpaspratiqué,infréquenté. Chemins impratiqués.

— ÉTYM. Im..., el pratiqué.

t IMPRÉCATEUR (in-pré-ka-teur) , s. m. Néologisme. Celui qui prononce des imprécations. Ce grand imprécateur [Dante], à la face sinistre, qui allait en enfer et qui en revenait, Daniel stern, Uev. germ. t. xxviii, p. 23). \]Adj. A la façon des poètes hébraïques, dont il a le génie imprécateur, il [Dante] veut émouvoir d'une terreur salutaire les âmes endurcies, d. stern, Dial. sur Dante et Goethe, 2, Bev. germ. t. xxxi, p. (99.

— ÉTYM. Voy. IMPMÉCATION.

IMPRÉCATION (in-pré-ka-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Souhait qu'on fait contre quelqu'un. Il a fait contre moi mille imprécations, tristan, Mariane, i, 3. Bénissez ceux qui font des imprécations contre vous, et priez pour ceux qui vous calomnient, SACi, Bible, Saint Luc, vi, 28. C'était une espèce d'imprécation parmi les Hébreux, de souhaiter à un homme que le sang d'un autre homme retombât sur lui , bourdjjl. Exhort. sur le jug. du peuple contre J. C. t. iv, p. 55. Ils firent mille imprécations contre don Alvar, lesage. Diable boit. ch. <3,danspoi]GENS. Les imprécations ne nous secourent pas, VOLT. Scythes, v, 4. Et comment désorr mais sout2nirles approches. Le désespoir, les cris, les éternels reproches. Les imprécations d'une mère en fureur? m. Orphel. de la Chine, ii, 2. Je vous ferai présent la première fois d'un recueil d'imprécations et de serments nouvellement inventés par un capitaine de dragons, boissy, Français à Londres. se. 15. Il 2" Terme d'antiquité. Formule solennelle, par laquelle on flétrissait publiquement un ennemi de l'Etat, en l'exilant ou en le condamnant à mort par contumace. Ce tribun fAteius], s'étant inutilement opposé au départ de Crassus, courut à la porte de la ville par où il devait sortir, mit à terre un brasier plein de feu, et, dès que Crassus fut arrivé vis-à-vis, il jeta dans ce brasier des parfums, y versa des libations, et prononça dessus des imprécations terribles qu'on ne put entendre sans frémir d'horreur, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. ix, p. 487, dans POUOENS. Us alléguaient, entre autres raisons, les imprécations et les exécrations prononcées par les prêtres et par tous les autres ministres de la religion contre Alcibiade, et même contre ceux qui proposeraient de le rappeler, i ). ib. t. iv, p. 47. Il 3" Terme de rhétorique. Figure par laquelle on souhaite des malheurs à celui dont on parle ou à qui l'on parle.

— SYN. IMPRÉCATION, MALÉDICTION. L'imprécation est l'action de faire une prière contre quelqu'un; la malédiction est l'action de maudire. L'imprécation est une prière; la malédiction n'est point une prière, c'est une sorte de sentence prononcée au nom d'un sentiment reli.çieux par une personne qui a le droit de la prononcer.

— msT. xiv* .s. Une loy de horrible imprecacion, berchecre, f° 15, verso. || xvi* s. Quand je tanse avec mon valet, je tanse du meilleur courage que j'iiye; ce sont vrayes et non feinctes imprec; lions,

mont. I, 270

— ÉTYM. Lat. imprecalionem, de in, dans, sur, contre, et precari, prier (voy. ce mot).

t IMPRÉCATOIRE (in-pré-ka-toi-r'), adj. Qui se faitavec imprécation, qui a rapport à l'imprécation.

— HIST. XVI' s. Moniloires ou excommunications avec clause salisfactoire.... celles qui contiennent clauses imprécatoires contre la forme prescrite par les conciles.... sont censées abusives, p. piiiiou, 35.

— ÉTYM. Voy. IMPRECATION.

t IMPRÉGNATION (in-pré-gna-sion; en vers, de cinq syllabes; quelques-uns donnent au g un son dur : in-prégh-na-sion; mais il n'y a aucune raison de séparer, par la prononciation, imprégnation de

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imprégner), s. f. || 1* Terme de physiologie. Fécondation de l'ovule dans le sein de la femelle. Lorsqu'on les laisse joindre [l'âne et l'ânesse] dans d'autres temps et surtout en hiver, il est rare que l'imprégnation suive l'accouplement, bukf. ^)uadrup. t. VII, p. 240. Il Terme de botanique. Action du pollen ou de la matière fécondante de l'organe mâle d'un végétal sur l'ovule. || 2° Terme de physique. Imbibition, pénétration. On sait aussi que d'habiles physiologistes attribuent à l'imprégnation de l'air la couleur vermeille du sang, bonnet, Lett. à Vabbé Rogier, (£uv. t. x, p. 25, dans pougens. Il Imprégnation des bois, procédé qui consiste à faire infiltrer dans les arbres divers liquides, soit pour les colorer, soit pour les faire durer plus longtemps. || 3° Te^-me de pharmacie. Action par laquelle les sels ou autres particules d'un corps pénètrent un liquide.

— HIST. xvi' s. Mole est une fausse imprégnation d'une chair sans forme, de figure ronde et dure, contenue en la matrice, pabé, xviii, 4o.

— ÉTYM. Provenc. impregnacio, enpregnacio (voy. imprégner).

IMPRÉGNÉ, ÉE (in-pré-gné, gnée), part, passé d'imprégner Les mines d'amtimoine, de bismuth, de zinc et surtout celles de cobalt contiennent de l'arsenic ; presque toutes les matières minérales en sont imprégnées, buff. Min. t. vi, p. «<. || Fig. Imprégné de funestes doctrines..

IMPRÉGNER (in-pré-gné. La syllabe pré prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'imprègne, excepté au futur et au conditionnel : j'imprégnerai, j'imprégnerais), t). a. || 1° Terme d'histoire naturelle. Féconder. || 2° Par assimilation. Pénétrer, se répandre dans, en parlant des particules d'une substance. Imprégner une liqueur de sels. T'ai-je imprégné [mon habit] des flots de musc et d'ambre Qu'un fat exhale en se mirant? bébang. Jfon habit. Il Fig. Faire entrer dans l'esprit des opinions, des principes, etc. Pour avoir le temps de le sonder partout, et de l'imprégner doucement et solidement de mes sentiments, ST-siM. 306,14. US" S'imprégner, V. réfl. Etre imprégné. Les balles de coton s'imprègnent quelquefois de miasmes pestilentiels. L'eau qu'on a purgée d'air en la faisant bouillir, est plusieurs jours à s'imprégner d'un air nouveau, bonnet. Us. feuilles dans les plantes, *" mém. jjFig. Les préjugés dont leur esprit s'était imprégné.

— HIST. xiir s. Il fait pleuvoir por enpraigner [féconder] la terre, Psautier, f" <77.||xvr s. Estant la jument empreignée, elle sera séparée d'avec les autres, o. de skbres, sos.

— ÉTYM. Lat. imprxgnare{QmcaEKKT, Addenda), de in, en, dans, et prxgnans, qui est fécondé (voy.

PRfiGNANl).

t IMPRÉMÉDITATION (in-pré-mé-dl-ta-sion), s. f Qualité de ce qui est souaain, san* préméditation

— HIST. XVI' s. ImpremeditKtion, oudin, Dict.

— ÉTYM. Im..., et préméditation.

flMPRÉMÉDITÉ, ÉE (in-pré-mé-di-té, tée),odj.

Qui n'est point prémédité.

— HIST. xvi" s. Impremedfté, cotgratb.

— ÉTYM. Im..., et prémédité.

IMPRENABLE (in-pre-na-bl') , oti;. Ijl-Qui ne

peut être pris. Il semblait que les plus méchantes villes devenaient imprenables dès que nous les attaquions, VOIT. Lett. 83. Nulle ville ne paraissait imprenable à ce prince [Philippe de Macédoine], pourvu qu'il y pût faire monter un mulet chargé d'or, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 538, dans pouGENS. Un des premier» exploits de ces troupes anglaises fut de prendre Gibraltar, qui passait avec raison pour imprenable, volt. Louis XIV, 20. || Par extension, très-difficile à prendre. Venise, imprenable par sa situation, était redoutable par son opulence, volt, il rm.Emp.Fréde'r./", 4<64. Il Une se dit guère qu'en parlant de villes et de places de guerre. Il 2° Qu'on ne peut prendre, dont on ne peut faire usage sans en éprouver quelque gêne. Le tabac du Brésil serait imprenable à raison de son acreté, si on ne le tempérait par une décoction d'autre tabac etdecopal; de celte manière on le rend prenable, legoabant.

— HIST. XV s. Il sentoit son chastel fort et imprenable, FROiss. Il, m, 90. Il xvi* s. Vous avez prins Calais, deux cens ans imprenable, du bellay, m, 66, recto. Le pape fut pris dans la forteresse de Sainct-Ange, imprenable prétendue, brant. Charles Quint.

— ÉTYM. Im..., et prenable; provenc. emprenable, imprenable.

t IMPRF^ARIO (in-prè-ra-ri-o), «. m. Chef d'une entreprise théâtrale. Un babils imnresario. jj Auplur. Des imprésarios.

— ÉTYM. Ital. imprésario, de tmpreio, entreprise (voy. ce mot).

t IMPKESCIENCE (in prè-ssi-an-s', s. f. Manque de prescience.

— ÉTYM. Im..., et prescience.

IMPRESCRIPTIBILITÉ (in-prè-skri-pti-bi-li-té) ,

s. f. Terme de droit. Qualité de ce qui est imprescriptible. L'imprescriptibiUté de son droit.

IMPRESCRIPTIBLE (in-prè-skri-pti-br),ad;.Terme de droit. Qui n'est pas susceptible de prescription. Droits imprescriptibles. || Il se dit dans le langage ordinaire avec une signification analogue. La loi de la nature, cette loi simple, imprescriptible, qui parle au cœur de l'homme, J. j. rouss. Pologne, a. lis ont constamment soutenu que la liberté est un droit imprescriptible du chrétien, chateaub.G^ji. iv,iv, 7.

— HIST. XVI' s. Le domaine de la couronne de France est inaliénable et imprescriptible, loysel, 6.

— ÉTYM. Im..., et prescriptible.

IMPRESSE (in-prè-s'), adj. f. Terme de philosophie. Espèces impresses, celles qui sont imprimées dans nos sens, qui laissent trace dans notre mémoire. La plus commune opinion est celle des péripatéticiens, qui prétendent que les objets de dehors envoient des espèces qui leur ressemblent, et que ces espèces sont portées par les sens extérieurs jusqu'au sens commun : ils appellent ces espèces-là impresses, parce que les objets les impriment dans les sens extérieurs, maleb. Rech. vér. m, ii, 2.

— ÉTYM. Lat. tmpressus, imprimé, participe passé de imprimere (voy. imprimer).

IMPRESSION (in-prè-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. jj 1» Action de presser sur. Ce corps ne recevra aucune impression vers aucun côté, non plus qu'une girouette entre deux vents égaux, PASc. Équil. des liqueurs, v. jj Fig. Action de presser sur quelqu'un, en parlant de personnes qui l'influencent, le dirigent. Une puissance qui préside, qui ordonne, de qui l'on reçoive l'impression et qui dirige 'outes les démarches et tous les mouvements, BOURD. Pensées, t. ii, p. 459. Vous conduire par les impressions d'un guide éclairé, mass. Carême, Prospér. \\ f Action par laquelle une chose appliquée sur une autre y laisse une empreinte ; le résultat de cette action. L'impression d'un cachet sur la cire. On voit dans les ardoises et dans d'autres malières, k de grandes profondeurs, des impressions de poissons et de plantes, dont aucune espèce n'appartient à notre climat, buff. Époq. nat. Œuv. t. xii, p. 22. j| Terme d'anatomie. Enfoncements de la surface des os ayant la même apparence que s'ils résultaient d'une impression extérieure. Impressions digitales des os du crâne. || Impressions musculaires, enfoncements qu'on aperçoit dans les coquilles bivalves. || Fig. L'impression d'un caractère, l'action de donner un caractère, une qualité. Une plus grande juridiction suppose l'impression d'un caractère plus éminent et la collation d'un plus haut et plus parfait sacerdoce, mikabeau. Collection, t. iv, p. 343. ||3' Particulièrement, l'action de tirer des empreintes d'une surface où il y a des creux ou des saillies propres à se charger d'une couleur qui , par compression, se reporte sur une autre surface. On obtient les épreuves d'une gravure au moyen de l'impression. L'impression de cette étofi'e a été manquée. Vérification faite do la teinture ou impression, Lett. pat. du <8 avril <782. Il 4" Action d'imprimer un livre, etc. ; résultat de cette action. Diriger, surveiller l'impression d'un ouvrage. Une belle impression. Une vilaine impression. Ce que vous dites est digne de l'impression, sÉv. 348. J'étais touchée de toutes ces dillérentes beautés [de l'Esther de Racine] ; aussi je suis loin de changer de sentiment ; mais je vous disais que l'impression a fait son effet ordinaire, et s'est fait voir comme une requête civile contre les approbations de ceux qui avaient loué dans l'excès et de bonne foi, iD. 23 mars (689. Dès que l'impression fait éclore un poète, Il est esclave né de quiconque l'achète, boil. Sat. ix. Un ouvrage.... qui est doniié en feuilles sous le manteau.... s'il est médiocre passe pour merveilleux : l'impression est l'écueil, LA BRUY. I. Nous savous bien qu'on peut abuser de l'impression comme on peut abuser de la parole ; mais quoi I nous privera-t-on d'une chose si légitime, sous prétexte qu'on en peut faire un mauvais usage? volt. Quest. miracles, Lett. 43. ||n se dit quelquefois dans le sens d'édition. Elle [l'actrice représentant Camille] doit recevoir le coup derrière le théâtre, comme je le marque dans cette impression, COHN. Ex. d'Uor. Il y a des E^cobavs de différentes impressions, pasc. Prov. viu. || 6° Terme de peinture. La couleur qui se met sur la toile ou sur

un panneau, soit à l'huile soit en détrempe, et qui sert de première couche. Tout sujet qu'il s'agit de peindre à l'huile doit recevoir d'abord une ou deux couches d'impression, c'est-à-dire un enduit de blanc de céruse, broyé et détrempé à l'huile, qu'on étend sur le sujet qu'on veut peindre, Manuels Roret, Manuel du peintre en bâtiments, Paris, (843, p. t59. Il Peinture d'impression, peinture à couches plates que font les peintres en bâtiment. || 6° Effet que l'action d'une chose quelconque produit sur un corps. Que si nous leur pouvons donner [à nos membres] un mouvement détaché de l'ébranlement universel et même qui lui soit contraire, en poussant par en haut , par exemple , notre bras que l'impression commune de toute la machine tire en bas, on voit bien qu'il n'est pas possible qu'une si petite partie de l'univers, c'est-à-dire l'hommt, puisse prévaloir d'elle-même sur l'effort du tout, boss. Libre arb. 9. Comme l'impression do l'eau convertissait chaque jour les sables vitrescibles en argile, bupp. 3' époque de la nat. Œuv. t. xii, p. 151. Ceux qui prétendent élever des sociétés en employant les passions comme matériaux de l'édilice ressemblent à ces architectes qui biitissent des palais avec cette sorte de pierre qui se fond à l'impression de l'air, Chateaub. Génie, iv, m, 4. Il L'impression du mouvement, l'action qu'exerce le mouvement communiqué. Pourquoi il arrive que l'impression du mouvement soit plus forte à la partie la plus éloignée du lieu où l'ébranlement commence, boss. Libre arb. 4. Nous connaissons que Dieu est parfaitement libre en tout ce qu'il fait au dehors, corporel ou spirituel, sensible ou intelligible, et il l'est en particulier à l'égard de l'impression du mouvement qu'il peut donner à la matière, m. ib. 2. Il Fig. Et comme notre sexe ose assez promptement Suivre l'impression d'un premier mouvement, ccrn. Hér. v, 2. Il Dans les exemples ci-dessus de Bossuet, le sens n'est pas passivement le mouvement imprimé, mais activement l'action que produit le mouvement (voy. plus bas la discussion sur la locution : imprimer le mouvement). || 7" Ce qui reste de l'action qu'une chose a exercée sur un corps. L'alambic laisse toujours une impression de feu dans les eaux distillées, Dict. deVAcad. Un mal funeste et contagieux se répandit et s échauffa dans les principales villes de Normandie, soit que l'intempérie des saisons eût laissé dans les airs quehjue maligne impression.... fléch. Duc de Mont. Je m'empresse d'avoir l'honneur de répondre à sa dernière et charmante lettre, malgrj l'impression qui me reste encore de deux ou trois accès de fièvre qui m'ont laissé de la faiblesse, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 29 juin <78i. || 8° Marque. Elle [Henriette agonisante] demande le crucifix sur lequel elle avait vu expirer la reine sa bellemère, comme pour y recueillir les impressions de constance et de piété que cette reine vraiment chrétienne y avait laissées avec les derniers soupirs, boss. Duch. d'Orl. Dieu a fait un ouvrage au milieu de nous qui, détaché de toute autre cause, et ne tenant qu'àlui seul, remplit tousles tempset tous les lieux, et porte par toute la terre, avec l'impression de sa main, le caractère de son autorité : c'est Jésus-Christ et son Église, id. Anne de Gonz. L'impression de Dieu y reste encore [dans l'homme] si forte qu'il ne peut la perdre, et tout ensemble si faible qu'il ne peut la suivre, id. la Vallière. \\ 9- Eff(3t plus ou moins prononcé que les objets extérieurs font sur les organes des sens. Les impressions de la douleur, du plaisir. L'objet la frappe [la bête] en un endroit; Ce lieu frappé s'en va tout droit. Selon nous, au voisin en porter la nouvelle; Le sens de proche en proche aussitôt la reçoit; L'impression se fait : mais comment se fait-elle? la font. Fabl. x, <. La perception des couleurs, des sons, du bon et du mauvais goût, du chaud et du froid, de la faim et de la soif, du plaisir et de la douleur, suivent les mouvements de l'impression que font les objets sensibles sur nos organes corporels, boss. Conn. m, 3. En tome sensation il se fait un contact «t une impre.5sion réelle et matérielle sur nos organes, qui vient ou immédiatement ou originairement de l'objet, ID. ib. Tous les sens ont la faculté de conserver plus ou moins les Impressions des causes extérieures; mais l'œil l'a plus que les autres sens, bupp. Dict. nat. anim. Œuv. t. v,p. 276. || 10° Effet qu'une cause quelconque produit dans le cœur ou dans l'esprit. N'ayez jamais impression Que d'uno seule passion, X quoi que l'espoir vous convie; Bien aimer soit votre vrai bien.... malh. vi, 40. Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit Par quelque improssion ébranle mon esprit? corn, fficom. iv, *. Si vous ouvrez votre âme à ces impressions, id. Cin-

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no, II, 1. r>a jalousie a des impressions Dont bien souvent la force nous entraîne, mol. Àmph . n, 6. Je m'en vais essayer de vous Ôter ces impressions, sÉv. 424. C'était son carrosse et l'abbé Charrier, qu'il a envoyé me recevoir.... cet abbé me fut agréable ; il a une petite impression de Grignan par son père et par vous avoir vue, id. 20 sept. (884. On pouvait jeter dans son âme quelque fausse impression, mais il suivait toujours au moins l'ombre de la justice, fléch. Duc de Mont. M. de Noaille» est trop sincère avec le roi; il n'est pas aisé d'effacer les impressions qu'on lui adonnées, mais- TBNON, Lett. au card. de Noailles, 2 janv. 17S6. Un jeune homme toujours bouillant dans ses caprices Est prôt à recevoir l'impression des vices, boil. Art p. III. Il y a des impressions funestes dont on ne revient jamais, volt. Lett. d'Argentai, 21 mars (754. L'impression n'est jamais l'image fidHe et complète du fait; elle est individuelle, et le fait ne l'est point, GUizoT, Hist. de la civil, en Fr. 8' leçon. I| Bonnes impressions, mauvaises impressions, sentiment? favorables, défavorables qui sont inspirés par une personne ou une chose. Les maudites femmes s'étaient proposé de tenter toutes sortes de moyens pour engager leur sœur à se perdre, soit en lui donnant de mauvaises impressions de son mari, soit.... la font. Psyché, I, 7t. Disposant les esprits à recevoir les impressions désavantageuses qui me (iront quitter la cour pour quelque temps, m"* db caylus, Souvenirs, p. 233, dans pouGENS. Charles XII n'avait encore donné de lui que de mauvaises impressions, VOLT. Ch. XII, 2. Il Donner une improGsion, donner des impressions, faire juger, sentir suivant telle ou telle manière. Et qui, par la chaleur qu'ils ont pour les intérêts du ciel, sont faciles à roocvoir j '.s impressions qu'on veut leur donner, mol. Préf.ù.lart. Ressouvenez-vous, je vous prie, dos étranges impressions qu'on nous donne depuis si longte^ips des jansénistes, pasc. Prov. m. Ceux qui ont donné cette impression au pape, pourraient bien avoir abusé de la créance qu'il a en eux, id. ib. xviii. De sorte que je crains que cette censure no fasse plus de mal que de bien, et qu'elle ne donne à ceux qui en sauront l'histoire une impression tout opposée à la conclusion, id. tb. i. Je suis prête à prendre l'impression qu'il voudra me donner, sÉv. 575. || Faire de l'impression, agir fortement sur l'esprit. D'un règne commençant la première action Fait dessus les esprits beaucoup d'impresjion, botrou, Antig. iv, l. Quand on vous connaît, qu'on a goûté la sorte d'agrément de votre esprit et la bonté de votre cœur, il n'est pas aisé de vous effacer : vous faites une impression qui dure, sÉv. dlfoulceou, a4oct. 1687. Les moindres choses ont fait impression dans mon pauvre cerveau, id. 375. Ce discours ne lui fit alors qu'une légère impression, id. ta. Un si beau sentiment fit tant d'impression dans l'esprit des peuples que.... Boss. Hist. m, 6. Un récit si propre à faire impression sur les cœurs, uass. Avent. Jug. Pourriezvous avoir la bonté de me dire quelle impression le mémoire de M. de la Chalotais a faito dans Paris? volt. Leit. d'Argentai, 4 5 août t7«3. || Faire impression, faire beaucoup d'impresbion, se dit d'une personne qui attire sur elle l'attention dans une société. L'un est actuellement ambassadeur de la république à la cour, où il fera, dit-on, beaucoup d'impression, volt. Lett. Mme du Deffant, ae mars <770. Il Faire impression se dit aussi, en termes militaires, de l'action du feu sur une troupe. Le feu de l'ennemi fit impression sur nos régiments.

— HIST. XIV* s. Puis que il sentirent les impressions des colées [des coups] de la partie adverse, BEBCHEURE, f° 38, recto. Par imprescion [contrainte, pression] et non denostre franche voluntù, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 348. || xvi* s. Ce sont des impressionsdo l'appréhension et de lacrainta, uont. I, «3. Quand je considère l'impression [dégradation] que la Dordoigne fait vers la rive droite, id. i, 232. L'invention de notre artillerie, do nostre impression, ID. IV, 16. Jesçaybien que naturoUement chacun a une impression en soy de conserver et exalter ce qu'il a procréé, lanous, 40». Un marquis de la nouvelle impression, d'aub. Fcsn. iv, o. 11 n'y a que le sang des boucs qui puisse graver et faire impression dessus [le diamant], id. Vie, lxvu. Us rompirent et mirent en fuite les trois gros, et nesmes firent impressiondans la teste duduc de Guise, où ils tuèrent la Brosse son lieutenant, id. Hitt. i, 189 Et y demeure l'impression des doigts comme aux œdèmes, paré, x, 6. La ménagère se contentera de faire ces huiles par impression comme on appelle, non par distillation, o. dësbbbes, M2. Attache ton esprit à contr'imaginer Quelque entreprise

haute, à fin de destourner L'impressien d'amour par une autre nouvelle, bons. 8î5. Volontairement et sans impression, Coust. génir. t. ii, p. 404.

— ÉTYM. Provenç. empressio; espagn. impressione; du latin impressionem, de impressum, supin de imprimere (voy. imprimer).

t IMPRESSIONNABILITÉ (in-prè-sio-na-bi-li-té) , s. f. Néologisme. Qualité de ce qui est impressionnable ou susceptible d'impression.

t IMPRESSIONNABLB ( in-prè-sio-na-bl') , adj. Néologisme. Susceptible de recevoir de vives impressions. Esprit impressionnable. || Fig. Se dit de la rente, des valeurs commerciale.". Le prix des nègres, cette valeur impressionnable qui est pour les planteurs d'Amérique ce que le cours de la rente est pour les négociants d'Europe, baissa de 80 p. too dans l'espace de quelques mois, beclus, Revue des Vetuc-Uondes, <5 mars tsea, p. 373.

— ÈTYM. Impressionner.

t IMPRESSIONNÉ, ÉE (in-prè-sio-né, née ; en vers, de cinq syllabes) , par(. passe d'impressionner. Il i° Terme didactique. Qui a reçu une impression, une marque. Pierre à empreinte ou pierre impressionnée. Il 2* Néologisme. Qui a reçu une impression morale.Vivement impressionné par un tel spectacle.

t IMPRESSIONNER (in-prè-sio-né ; en vers, de cinq syllabes), v. a. || 1° Terme didactique. Produire une impression matérielle. Sous l'influence de la chaleur [dans l'hélioc'nromie], on voit les couleurs prendre généralement plus d'intensité, surtout si la lumière a impressionné toute l'épaisseur de la couche de chlorure d'argent, niepce ds stvicTOB, 4co(i. des se. Comptes rendus, t. Liv,p. 283. Il 2» Néologisme. Causer une impression morale. Le récit de ce malheur l'impressionne. || 3° .S'impressionner, V. réfl. Recevoir une impression morale.

— REM. Ce mot est nouveau, sans doute, mais il est régulièrement fait comme ad'ecUonner.

— Ëi YM. Impression.

t IMPBÉVISION (in-pré-vi-zion; en vers, de cinq syllabes) , s. f. Manque de prévision.

— ËTYSl. Im...., et prévision.

t laPRE'VOYABLE (in-pré-vo-ia-bl'; quelques-uns disent : jn-pré-voi-ia-bl'), adj. Qui ne peut pas être prévu.

— HIST. XVI* t. Los evencmens de ceste haute eatrepriso seroyent imprevoyables, ianodb, 407.

— ÈTYM. Itn...., et prévoyant.

IMPRÉVOYANCE (in-pré-vo-ian-s' ; quelques-ans

disent : in-pré-voi-ian-s'), s. f. Défaut do prévoyance. Prélat, qu'avez-vous fait ? par quelle imprévoyance Avez-vous de leur coeur consacré l'alliaaice? le- MERo. Frédég'et Brun, i, 6.

— HIST. XVI* s. Imprévoyance, cotgbave.

— ËTYM. Imprévoyant. On a dit aussi dans le xti* siècle «mproridence; Vos amis accusent votre invigilance et improvidence, mont, lu, 8.

IMPRÉVOYANT, ANTE (in-pré-vo-ian, ian-f : quelques-uns disent : in-pré-voi-ian, ian-t'), ouj. Qui manque de prévoyance. Le plus libéral, le plus imprévoyant des hommes avait, pour ses véritables amis, le défaut de ne jamais vouloir écouter leurs avis sur l'article de sa dépense, mahmontbl, Mém. ix.

— ÉTVM. Im...., et prévoyant.

IMPRÉVU, DB (in-pré-vu, vue), adj. Qu'en n'a pas prévu et qtii arrive lorsqu'on y ponso le moins. Elle craint pour son fils un malheur imprévu, SCARBON, D. Japhet d'Arm. m, t. Quand il [Lieu] voulut sauver la ville de Béthulie, il tendit, dans la beauté de Judith, un piège imprévu et inévitable à l'aveugle brutalité d'Holophernc, soss. iieine d'Angl. Anne d'Autriche.... et Maric-Thcrèso.... nous sont enlevées contre notre attente, l'une par une longue maladie, et l'autre par un coup imprévu, id. Uarie- Thér. Lorsque d'Ochosias le trépas imprévu.... rac. A:.hal. i, t. Une révolution souvent aussi imprévue de ceux qui la font que de ceux qui la souCrent, MOHTESQ. Lett. pert. 80.

— HIST. ivi* s. Tant ce coup impreveu trouble son jugement, desportss, Roland furieux,

— BTYM. /m...., et prévu.

t IMPRIMABLE (in-pri-ma-bl'} , adj. Qui peut être imprimé. Vous aurez bientôt une lettre ostensible , sur les Sirven, qui peut-être sera imprimable, supposé qu'il soit permis d'imprimer des choses utiles, VOLT. Lett. Damilaiille, 27 mars 1787.

— ÉTYM. imprimer.

+ 1MPRIMAGE (in-pri-ma-j') , .>. n». Terme do batteur d'or. Action de passer lo fil uno fois dans le prégaton.

IMPRIMÉ, ÉE {in-pri-né, méo) , part, passi d'imprimer. || 1* Qui a laissé une empreinte. La Nouvelle-ZcNiide , la plus considérable de ces iiss, est

remplie de montagnes où l'on voit imprimées les traces des volcans éteints, ratnal, Hist. phil. x, 2. Mes pas pressaient vos pas sur le sable imprimés, Ducis, Abufar,i, 5. ||a° Qui a reçu une impression en encre noire ou en couleur. Lithographie imprimée. Un châle imprimé. Mousseline imprimée. || 3° Produit par l'imprimerie. Un livre imprimé. Le Jonag inconnu sèche dans la poussière; Le David imprimé n'a point vu la lumière, boil. Sat. ix. || Un auteur imprimé, un auteur dont le livre est imprimé. Je m'imagine que le plaisir est grand de se voir imprimé, MOL. les Préc. te. Il a eu assez de réputation à Paris de son vivant; il est vrai que, son mérite n'étant pas imprimé, pour parler comme M. Ménage, sa réputation n'a pu s'étendre, bayle, Diclionn. Spinoia, G, en note. || S. m. Un imprimé. S'il y a un imprimé de cette pièce [Esther], SÉV. 28 janv. 1689. Je vous enverrai un imprimé où sera votre lettre, boss. Lett. quiét. tts. Et p^' là on épargne cette énorme quantité d'iraprin qui chez nous se vendent au poids pour servir d'é» veloppes aux ballots, volt. Fragm. sur l'hist. art. n. Je copiai de ce manuscrit ce qui manquait dans les imprimés, p. l. cour. Lettre d M. Renouard. Il Particulièrement. Une petite brochure ; une feuille volante. Il 4° Fig. Marqué. Le caractère imprimé à cet ouvrage, à ce monument. || 5° Qui a fait marque dans l'esprit, dans la mémoire, etc. Et peu d'hommes au cœur l'ont assez imprimée [cette vertu] Pour oser aspirer à tant de renommée, corn. Hor. n, 3. Il y aura toujours la raison et la vertu imprimées par la nature dans les cœurs des hommes ; s'ils abusent de leur liberté, tant pis pour eux, fén. Dial. des morts anc. 32. J'en ai encore le souvenir vivement imprimé dans la mémoire, et je ne le perdrai jamais, BOUHDAt. Exhort. char, envers un sémin. t. i, p. <68. Il 6° Qui a reçu une marque dans l'esprit, dans le cœur. Le cerveau frappé, agité, imprimé, pour ainsi parler, par les objfts boss. Connais, m, it. Les hommes font plus facilement les mouvements qui se font en leur présence, sans doute parce que leur cerveau, imprimé du caractère de ce mouvement, est disposé par là à en produire un semblable, id. «6. v, s. C'est que les hommes se trouvent souvent imprimés de certaines vérités fortes qu'ils ne suivent pas, id. 2* instr. past. sur les prom. de l'Eglise, 3. || Être imprimé d'une chose, en avoir une forte impression (cette locution vieillit). Et pourtant Trufaldin Est si bien imprimé de ce conte badin.... mol. l'Ét. m. 2. Quelle facilité est la nôtre pour perdre tout d'un coup le sentiment, la mémoire des choses dont nous nous sommes vus le plus fortement imprimés 1 la bhuy. Dite, de récept. à l'Acad.

IMPRIMER (in-pri-mô), v. a. || 1* Faire ou laisser une empreinte, une marque, des traits, une figure, etc. sur quelque chose. Imprimer un sceau sur de la cire. À peine il imprimait la trace de ses pas sur le sable, fên. Tél. xv. Ils trouvèrent moyen de faire imprimer dans Berne les stigmates de Notre Seigneur Jésus-Christ à un de leurs frères lais nommé Jetzer, \olt. Dict. phil. Blasphème, Il Par extension. Quant aux volontés souveraines De celui qui fait tout et rien qu'avec dessein. Qui les sait que lui seul? comment lire en son sein? Aurait-il imprimé sur le front des étoiles Ca que la nuit des temps enferme dans ses voiles? la font. Fabl. II, ta. Il Fig. Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer. C'est que les beaux esprits les veuillent honorer Et qu'en l'éternité la muse les imprime, MAI.H. IV, 6. Il 2" Passer la planche encrée et couverte de la feuille sur la table de la presse, de telle sorte que l'encre de la planche s'aiiache au papier et y reproduise la ^gul■e gravée. Imprimer une estampe. Imprimer en taille-douce. Imprimer des lithographies. Il Faire, par l'application et la pression d'une surface sur l'autre, diverses fleurs et autres agréments sur la toile dite indienne , sur la mousseline, la mousseline de laine, les châles de laine, etc. Les étoffes qui, après avoir été marquées en blanc , seront mises à la teinture ou imprimées, Lett. pat. du ts avril 4 782. Ils font venir du Bengale des toiles blanches qu'il* teignent ou impriment; et vont les revendre avec un bCuéflce de trente-cinq ou quarante pour cent, dans les lieux mêmes d'où ils les ont tirées, bay- IIAL, Uist. phil. m, 24. ||3* Empreindre sur une surface des lettrçs fondues ou gravées et chargées d'encre; et, par extension, faire tous les travaux nécessaire» pour la corfection d'un livre, etc. Le cardinal du Perron, qui n'épargnait ni peine, ni soin, ni dépense pour ses livres, les faisait toujours imprimer deux fois : U première pom ou

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distribuer seulement quelques copies à des amis particuliers, sur lesquelles ils pussent faire leurs observations; la seconde pour les donner au public en la dernière forme où il avait résolu de les mettre, pellisson, Hist. de l'Àcad. i. Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume...., eoil. Ép. vi. Il y a un tel livre qui court, et qui est imprimé chez Cramoisy, en tel caractère ; il est bien relié et en beau papier, la bbuy. i. |{ Faire imprimer un ouvrage, le remettre à l'imprimeur pour qu'il l'imprime. J'en retiens un exemplaire au moins, si vous le faites imprimer, mol. tes Préc. <o. Il a fait imprimer un ouvrage moral qui est rare par le ridicule, LA BRUY. I. Il Absolument. Imprimer nettement. Imprimer sur papier fin, sur vélin. H Publier par la voie de l'impression. Il n'a encore rien imprimé. Il Se faire imprimer, mettre au jour quelque ouvrage. Et qui diantre vous pousse à vous faire imprimer? mol. Mis. i, 2. |i Imprimer un auteur, imprimer son ouvrage. Qui vous imprime? C'est une chose étrange qu'on imprime les gens malgré eux, MOL. Préc. Préface. \\i° Terme de peinture. Coucher une première couleur qui sert de fond à celle qu'on doit mettre ensuite pour faire un tableau. || Terme de peinture en bâtiments. Enduire d'une ou de plusieurs couches de couleur des ouvrages de serrurerie, de menuiserie, etc. || S» Fig. Donner une certaine marque, un certain caractère. Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront Que sa fuite honteuse imprime à notre front, corn. //or. ui, c. N'imprime point de tache à tant de renommée, ID. Perth. u, B. Le ciel a sur son front imprimé sa noblesse, bac. Iphig. m, 4. L'Egypte savait imprimer un caractère d'immortalité à tous ses ouvrages, rollin, Hist. anc. CEuv. t. i, p. <3, dans pouGENS. Que la reine en ces lieux, brillants de sa splendeur. De son puissant génie imprime la grandeur, VOLT. Sémir. i, *. Sa tête [de l'homme] regarde le ciel et présente une face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité, BUFF. Hist. nat. homme, CEuv. t. iv, p. 280. La tyrannie imprime un caractère de bassesse à toutes sortes de productions, dider. Claude et Ne'r. i, ) o. Il 6° Fig. Faire une impression sur les sens. La douleur extrême Que le fer imprimait en un endroit si pur [l'œil], rotr. Bélis. v, 8. Le son des flûtes imprimant dans l'oreille le mouvement de sa cadence, BOlL. Longin, Sublime, 32. ||7° Fig. Faire une marque, une empreinte dans l'esprit, dans le cœur, dans la mémoire. Le mépris du sort Que sait imprimer aux courages Le soin de vivre après la mort, malh. iv, 6. Si l'amour dans mon cœur imprima ton portrait, mair. M. d'Asdr. iv, 4. Enflé de la victoire et des ressentiments Qu'une pareille perte imprime aux vrais amants, corn. Pomp. ii, 4. Il n'a fait qu'obéir à la haine ordinaire Qu'imprime à ses pareils le nom de belle-mère, m. Nicom. IV, 2. Imprimer du respect à toute l'Italie, iD. Scrtor. m, 4. Je m'emporte, et mes sens interdits Impriment leur désordre en tout ce que je dis, ID. Tite et Bérén. ii, 7. Et je n'ose vous dire une secrète peur Que m'imprime en l'esprit cette mauvaise humeur, botr. Antig. i, 4. Une lionne vient, monstre imprimant la crainte, la font, les Filles de Minée. Sachez donc que vos vœux sont trahis Par l'amour qu'une esclave imprime à votre fils, MOL. l'Ét. I, 9. Non, non, rien n'est capable de m'imprimer de la terreur, m. D. Juan, v, b. ....Regardez-moi là durant cet entrelien; Et jusqu'au moindre mot imprimez-le-vous bien, id. Éc. des femmes, m, 2. Et pensez-vous que ce .soit une petite affaire.... que d'entreprendre de faire rire des personnes qui nous impriment le respect? id. Impr. t. Les sentiments que votre sorte de mérite doit imprimer dans des têtes qui... sév. à Moulceau, 24 nov. I88B. Sont-ce les triangles et les carrés et les cercles que je. trace grossièrement sur le papier, qui impriment dans mon esprit leurs proportions et leurs rapports? boss. Connais, iv, ». Pour imprimer dans les esprits l'uniié de Dieu, m. Hist. ii, 3. Jésus-Christ vient imprimer dans les cœurs l'amour des souffrances, id. ib. ii, < l . jj S'imprimer, imprimer à soi, graver dans son cœur, dans son esprit. Si l'âme sent cette disposition (la bonne disposition i l'égard du prochain], elle la suit; si elle ne la sent pas, elle l'excite autant qu'elle peut, et elle l'imprime au moins dans ses actions extérieures, afin de se l'imprimer peu à peu dans le cœur, Nicole, Ess. mor. 2» traité , ch. 7. Pour bien entendre quelle doit être votre attention à la divine parole, il faut s'imprimer bien avant cette vérité Chiéticnne, qu'outre le son qui frappe l'oreille....,

BOss. Sermons, Parole de Dieu, 1. 1| 8° Imprimer le mouvement, voy. la remarque. || 9° S'imprimer, V. réfl. Laisser une empreinte. Leurs pas s'imprimaient sur la neige. || Etre produit par l'imprimerie. Cela se dit et s'imprime tous les jours. || Être en cours d'impression. Mon livre s'imprime. Il 10° Fig. Être fixé dans l'esprit, dans le cœur. Les images des objets s'impriment dans la mémoire. Il fiut convenir qu'à quelques négligences près, négligences que la comédie tolère , Molière est plein de vers admirables qui s'impriment facilement dans la mémoire, volt. Louis XIY, Écrivains, Molière.

— REM. L'Académie a un article ainsi conçu : « Imprimer se dit aussi, en parlant du mouvement, de la vitesse, etc. qu'un corps communique à un autre corps : Le mouvement, la force, la vitesse qu'un corps imprime à un autre. Il s'emploie quelquefois figurément dans un sens analogue : Cette découverte imprimait aux idées une direction nouvelle. » Plusieurs auteurs se sont servis de cette locution inscrite dans le Dictionnaire de l'Académie : C'est Dieu qui imprime à la matière son mouvement et qui règle sa détermination , malebr. Recherche, i, l, 2. La force de la matière [suivant Leibnilz] est double : une tendance naturelle au mouvement, et une résistance au mouvement imprimé d'ailleurs, fonten. Leibniti. Ces philosophes, pour expliquer une sorte de mouvement dans les corps célestes, faisaient, au delà du dernier ciel que nous voyons, un ciel de cristal qui imprimait ce mouvement aux cieux inférieurs, id. Mondes, i" soir. L'eau supérieure, pressant l'inférieure, lui imprime de la vitesse à raison de sa hauteur, id. Gicglielmini. La gravitation qui imprime le mouvement à tous les corps vers un centre, volt. Phil. Newt. Dont, sur la mes. forces, ii, to. Nous sommes emportés dans le mouvement général imprimé par le maître de la nature, id. Lett. Mme du Deffant, 24 mai <764. Ne vaut-il pas mieux que le jour et la nuit soient l'effet du mouvement imprimé aux astres par le mattre des astres, que s'ils étaient produits par six chevaux? m. Dict. phil. Sacrale. Une forte puissance imprime à la mer un mouvement périodique et réglé, buff. Théor. de la terre, ■i' dise. Était-il plus difficile à Dieu de donner le mouvement aux planètes , que de l'imprimer à une comète pour le leur communiquer? turgot, Leit. à Buffon, octobre 1748. Il faut imprimer un grand mouvement à la circulation, montesquiou. Rapport, 27 août h 790, p. i3. Tout m'obéit encore, et tout marche animé D'un mouvement commun par Mon ordre imprimé, c. delav. Vipr. sicil. ni, 6. Malgré l'autorité de l'Académie et des exemples ci-dessus rapportés, la locution imprimer un mouvement n'appartient pas à un style correct et exact; elle contient une métaphore fautive et incohérente. Imprimer, c'est, d'abord et proprement, presser sur, puis faire une empreinte, faire une impression (voy. les dictionnaires latins) ; or rien de cela ne s'applique au mouvement. Quant au premier sens, qui est presser sur, on dit que le mouvement résulte, entre autres, d'une pression, et qu'imprimer le mouvement, c'est donner le mouvement au moyen d'une pression; mais cette explication ne justifie pas la locution, qui, prise en ce sens, ne dit pas : presser sur l'objet, mais qui dit : presser sur le mouvement, ce (jui est inacce|itable; l'objet est pressé, et le mouvement en résulte, mais le mouvement n'est pas pressé ; et, à ce point de vue, on ne peut pas plus dire imprimer le mouvement que échauffer le mouvement, frotter le mouvement, parce qu'on donne le mouvement au moyen de la chaleur ou du frottement. Quarit à l'autre point de vue et au second sens , qui est faire empreinte, faire impression, et qui est celui qu'on a eu véritablement dans l'idée, quand on a fait la locution, car c'est le seul qui implique la communication de quelque chose, l'incohérence de la métaphore est palpable, à cause de la ressemblance qu'elle établit entre un mouvement et une impression. La locution dont il s'agit et qui est étrangère au XVI' siècle, paraît être venue en usage vers la fin du XVII'; depuis lors elle a été souvent répétée; mais, en fait de métaphore, l'usage ne peut guère prescrire contre la logique; et quiconque, en écrivant, sera choqué de ce qu'il y a d'incohérent entre l'action de presser sur ou de faire une empreinte et un mouvement, et est en garda contre ce genre de vice, s'abstiendra de caractériser ainsi la transmission du mouvement, ayant pour cela à sa disposition : donner le mouvement, la vitesse, communiquer le mouvement, la vitesse.

Si l'on rejette imprimer le mouvement, on rejettera aussi les emplois figurés, tels que imprimer une direction , imprimer >m rapide progrès; tout cela ne fait qu'aggraver l'incohérence de la métaphore. Bossuet a dit : L'impression du mouvement que Dieu peut donner à la matière, Libre arb. 2 (voy. impression) ; mais ici ce n'est pas le mouvement qui est pressé, communiqué ; c'est au contraire le mouvement qui presse, communique.

— HIST. XIV' s. Afin que il peut [pût] la creinte et celle meisme terreur imprimer aus Latins par laquelle il avoit opprimé les courages des siens, ber- CHEURE, f" 24, recto. Il XVI" s. J'endors Pierre est autant à dire que : je fais dormir Pierre ; je suis la cause qui fait que l'action de dormir s'imprime en Pierre, meigret, dans livet, la Gramm. franc, etc. Les exemples ne montrent pas seulement comment il faut faire, mais aussi impriment affection de le vouloir faire, amyot, Préface, iv, 30. C'est signe d'une lasche et meschante ame, quand il s'y imprime de si malheureux et si estrangea appétits, et qu'ils y demeurent, id. Pélnp. 38. Nature nous imprimant cette imagination faulse, mont, i, h. Certaine aspreté et rudesse que le travail imprime en ceulx où il a grand part, id. i, H. Qu'il n'imprime pas tant à son disciple la date de la ruyne de Carthage.... id. i, ii!9. J'ay fait imprimer ces vers sous le nom de M. de Foix, id. i, 222. D'autres témoins vous pourroient imprimer une créance contraire, id. ii, <4G. Us s'Impriment d'autres mauvaises façons qui abondent es dites cours, langue, H8. Un duc nouvellement imprimé [de nouvelle fabrique], sully, Mém. t. x, p. 403, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. enpremar ; esp. imprimir; ital. imprimerc; du lat. imprimere, de in, en, dans, sur, et premere, presser (voy. presser). Au reste , imprimer est relativement moderne ; la forme antique, imprimere ayant l'accent tonique sur pri, est empreindre.

IMPRIMERIE (in-pri-me-rie), s. f. || 1° L'art d'imprimer des livres. Qu'on ne me parle plus jamais d'encre, de papier, de plume, de style, d'imprimeur, d'imprimerie, la bruy. xii. L'imprimerie fut inventée par eux [les Chinois] dans le même temps ; on sait que cette imprimerie est une gravure sur dos planches de bois , telle que Guttemberg la pratiqua le premier à Mayence au quinzième siècle, volt. Moeurs, * . C'est un grand inconvénient attaché au bel art de l'imprimerie, que cette facilité malheureuse de publier les impostures et les calomnies, id. Hist. Uuss. Préf. Il y a je ne sais quoi de turc à proscrire l'imprimerie, et c'est la proscrire que la trop gêner, id. Mél. litt. X un premier commis, 20 juin <733. On prétend que vingt mille personnes en France subsistaient de la vente des livres qu'elles copiaient, et que c'était une raison pour ne pas favoriser l'établissement de l'imprimerie, saint-foix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. I77, dans pougens. Il 2" Collectivement, l'ensemble des caractères, des presses et de tout ce qui sert à l'Impression des ouvrages. Acheter une imprimerie. Une imprimerie portative. || 3° Etablissement où l'on imprime des livres. Entrer dans une imprimerie. || Imprimerie du Louvre, imprimerie royale, imprimerie nationale, imprimerie impériale, différents noms, suivant les époques, d'un même établis.sement, fondé et installé au Louvre par Louis XIII en <64o, transporté ailleurs depuis, qui est chargé de l'impression des lois, ordonnances, règlements et actes du gouvernement, etc. et qui aussi imprime certains ouvrages d'une exécution plus ou moins difficile et soignée, au-dessus des ressources des particuliers, et spécialement les ouvrages qui exigent des caractères orientaux. || 4' Imprituorie en taille-douce, imprimerie lithographique, établissement où l'on imprime des gravures en taille-douce , des lithographies. Il Imprimerie de peinture, art d'obtenir, par l'impression, des gravures coloriées.

— HIST. xvr s. L'imprimerie sœur des muses et dixième d'elles, bellay, i, 12, recto.

— ÉTYM. Imprimer.

IMPRIMEUR (in-pri-meur), s. m. || 1' Celui qui esta la tête d'une imprimerie. Un imprimeur célèbre. Pour prendre de la main d'un avide imprimeur Celui [le nom] de ridicule et misérable auteur, mol. Mis. I, 2. Il Imprimeur en taille-douce, imprimeur lithographe, celui quia un établissement dans lequel on imprime des gravures, des lithographies. Il a* L'ouvrier qui travaille à la presse. Une presse est ordinairement servie par deux imprimeurs. || Adj. Compagnon imprimeur. || 3* Il se dit quelquefois, par extension, de tout ouvrier qui travaille dans une iiaprimerie.

IMP

IMP

IMP

— HIST. XVI» S. Que celles [lettres patentes] soient tenues pour suffisamment notifiées et venues à la notice et cognoissance de tous libraires et imprimeurs, Pm'i%e de l'éd. de du Bellay, Paris, (589.

— ËTYM. Imprimer.

t IMPRIMCRE (in-pri-mu-r'), s. f. || 1° Terme de peinture. Première couche sur toile. Le moins qu'on peut mettre d'imprimure sur une toile, c'est toujours le meilleur. {| 2° Nom de l'enduit dont le carlier passe plusieurs couches sur une feuille de papier fort. Il Nom de cette feuille elle-même.

— Rtym. Imprimer.

t IMPROBABILITÉ (in-pro-ba-bi-li-té),«. f. Qualité de ce qui est improbable. Dans ce récit les improbabilités abondent.

IMPROBABLE (in-pro-ba-W), adj. Qui n'est point probable, n'a point de probabilité. Les choses prodigieuses et improbables doivent être quelquefois rapportées, mais comme des preuves de la crédulité humaine, volt. Dict. phil. Histoire.

— HIST. XVI* s. Improbable, cotgravb.

— ÈTYM. Lat. improbabilis, de in négatif, et probabilis, probable.

t IMPROBABLEMENT (in-pro-ba-ble-man), adv. D'une manière qui n'est pas probable.

t IMPROBANCE (in-pro-ban-s'), s. f. Terme de jurisprudence. État de ce qui n'est pas probant. L'improbance d'un fait.

— ÊTYM. Improbant.

t IMPROBANT, ANTE (in-pro-ban, ban-t'), adj. Oui n'est pas probant.

— ÊTYM. Im...., et probant.

IMPUOBATEUR, TRICE (in-pro-ba-teur, tri-s'),

adj. Qui désapprouve. Coup d'oeil improbateur. Un silence improbateur. || Substantivement. Celui, celle qui improuve. C'est le juste improbateur de vos lulies.

— ÉTYM, Lat. improbatorem, de in négatif, et probare, approuver (voy. prouver).

t IMPROBATIF, IVE (in-pro-ba-tif, ti-v'), adj. Qui improuve. Signe improbalif. 11 écrivit quelques hgnes improbatives.

— Rtym. Voy. improbateur IMPROBATION (in-pro-ba-sion; en vers, de cinq

syllabes) , i. f. Action d'improuver. Corbinelli n'a trouvé que des épines et desimprobations, sÉv. 4Bt. Tout lui était indifférent [dans une promotion], pourvu disait-elle [Mme de Coulanges] , que le roi vous eàt rendu [à M. de Grignan] cette justice; le chevalier en riait de bon cœur, entendant dans cette approbation l'improbation de quelques autres, lu. 3déO. 1688. Quoiqu'il soit pénétré de son mérite, la plus légère improbation l'aigrit, vauven. l'Important. Là [à la cour] l'étonnemeiit est presque toujours de l'improbation; c'est la manière la plus respectueuse de critiquer les souverains et les princes, genlis, Vme de Uaintenon, t. ii, p. 9), dans pougens.

— HIST. Lat. improbationem (voy. improbateur).

t IMPROBE (m-pro-b), ad;". Qui manque de probité.

— ÉTYM. lat. improbus, de in négatif, et probus, probe.

IMPROBITÉ (in-pro-bi-té), ». f. Défaut de probité. Son improbité est notoire.

— HIST. XVI' s. 11 est donc très dangereux de juger de la probité ou improbité d'un homme par les actions, charron, Sagesse, n, 3.

— ÉTYM. Lat. improbitalem, de in négatif, et probitas, probité.

t IMPRODOCTIBLE (in-pro-du-kti-bl'), adj. Terme didactique. Qui ne peut être produit. Un miracle est une œuvre improductible à tout être borné, l'abbé

IIOUTEVILI.E, dans nESFONTAINES.

— ÉTYM. Im...., et produire.

IMPRODUCTIF, IVE (in-pro-du-ktif, kti-v'), adj.

Qui ne produit point. Des capitaux improductifs. Une terre improductive. |1 Terme d'économie politique. Consommation improductive, consommation d'où il ne résulte aucune nouvelle valeur.

— ÉTYM. Im...., et productif.

t IMPRODUCTIVEMENT (in-proHlu-kti-ve-man), adv. D'une manière improductive. Consommer improductivement.

t IMPRODUIT, ITE (in-pro-dui, dui-t"), adj. Qui n'est pas produit. Des métaphysiciens ont supposé que l'âme est improduite.

— ÉTYM. Im...., et produit.

t IMPROFITABLE (in-pro-fi-U-bl' ), adj. Qui n'est pas prolitable. Marchandise improfitable.

— ÉTYM. Im...., et profitable.

IMPROMPTU (in-pron-ptu), *. m. || !• Tout ce

qui se fait sur-le-champ et sans préparation. Ce

SICT. BC LA LANGUE FRANCÀISK.

concert était un impromptu. Madame, le mariage en impromptu étonne l'innocence, mais ne l'afflige pas, MARIVAUX, l'Épreuve, se. I4. || Fig. Ses gestes et ses mouvements étaient autant d'impromptus, hamii.t. Gramm. 9. || 2° 11 se dit particulièrement de quelque petite pièce de poésie faite sur-le-champ, madrigal, chanson et même pièce de théâtre. Je fais des impromptus, rondeaux et bouts rimes; Bref, je ?uis bel esprit, et des plus renommés, scabr. D. Japhet d'Arm. i , 3. L'impromptu de Versailles, Titre d'une comédie de Molière. L'impromptu est justement la pierre de touche de l'esprit, mol. Prée. se. 10. J'ai supputé, vous aurez achevé dans cinquante ans de traduire le Pétrarque à un sonnet par mois; cet ouvrage est digne de vous, ce ne sera pas un impromptu, sÉv. 82. Il met tous les matins six impromptus au net, boil. Art p. il. Le bienheureux nom d'impromptu Parmi les sots a la vertu De mettre à couvert de l'orage Toutes les fautes d'un ouvrage, deshoul. t. ii, p. (66. Les impromptus lui étaient assez familiers, et il a beaucoup contribué à établir cette langue à Sceaux [chez la duchesse du Maine], où le génie et la gaieté produisent assez souvent ces petits enthousiasmes soudains, FONTEN. ilaléxieu. L'Amour médecin est un impromptu fait pour le roi en cinq jours de temps, VOLT. Vie de Molière. L'abbé Têtu, passionné pour les vers, célèbre par ses impromptus, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. (04, dans pougens. || Par plaisanterie. Un impromptu fait à loisir, petite pièce de poésie, bon mot, conte agréable, qui, préparé d'avance, est donné par l'auteur comme fait sur-l»-champ. Je vous ferai un impromptu à loisir que vous trouverez le plus beau du monde, mol. Préc. I2. 113° Adjectivement. Un bal impromptu. Des vers impromptus Des vers impromptus ne sont jamais bons que pour celle en l'honneur de qui ils sont faits, volt. Zadig, 4. D'avance il aiguisa tous les traits qu'il décoche, Et tout son esprit impromptu Était en brouillondans sa poche, delille, Cont)ers. l.|| 4'" Adverbialement. Parler impromptu sans avoir une minute pour me préparer, J. j. houss. Confess. vi. Il 5° X l'impromptu, loc. adv. Sans préparation ou méiiitation. Il [Villeroy] se mit, comme à l'impromptu, à pousser plus avant, avec sa façon de conversation sans suite et rompue, st-sim. 392, 60.

— REM. Comme mot étranger, l'Académie ne donne point à's à impromptu, au pluriel ; mais elle noie que quelques-uns lui donnent l's. Boileau a dit en effet six impromptus ; et suivre la règle générale des pluriels est toujours préférable.

— ÉTYM. Lat. in, en, dans , et promptu, visibilité, mise dehors, de promere, étaler, faire voir; in promptu veut dire visiblement, publiquement, aux yeux de tous; in promptu aliquid facere, faire quelque chose sous les yeux des assistants; de là la transition à faire une chose sur-le-champ, à la minute, devant vous.

t IMPROMPTUAIRE (in-pron-ptu-ê-r"), *-. m. Celui qui fait des impromptus. Les Impromptuaires italiens.

t IMPROMULGUÉ, ÉE (in-pro--mul-ghé, ghée) , adj. Terme de législation. Qui n'a pas reçu de promulgation.

— ETYM. Im..., et promulgué.

t IMPRONONÇABLE ( in-pro-non-sa-bl' ) , adj. Qu'on ne peut prononcer. Dangeau a remarqué très- justement qu'il n'est pas possible de prononcer en une seule syllabe une consonne forte suivie d'une faible comme pd, tx, kv, ou une faible suivie d'une forte comme bt, gt,jt; ces doubles consonnes sont ainsi imprononçables. || Qui ne doit pas être prononcé. Les noms propres des personnages, dans l'écriture assyrienne, sont constamment précédés d'un clou vertical isolé, tracé la pointe en bas, et qui ne paraît jouer d'autre rôU que celui d'un indice imprononçable, d'une simple caractéristique des noms propres, de saulcï, le Musée assyrien du Louvre, dans la Revue des Deux-Mondes, iSiT , t. xx, p. 464.

— ÉTYM. /m..., et prononçable.

t IMPROPICE (in-pro-pi-s') , adj. Qui n'est pas propice. Ciel impropice et sévère.

— HIST. XV* s. Et en après voy l'antre cas. Qui leur est dur et impropice, s. desch. Poésies mss.

— ÉTVM. Im..., et propice.

t IMPROPOSABLE (in-pro-pô-za-bl') , adj. Qui ne peut être proposé. Ija. voie des emprunts était improposable, l'agiotage absorbait toutes les ressources, MIRABEAU, Collection, t. V, p. 455.

— ÉTYM. Im..., et proposable.

IMPROPRE (in-pro-pr'), odj. Il 1" Qui ne con-

vient pas, en parlant du langage. En vain tous me frappez d'un son mélodieux. Si le terme est impropre ou le tour vicieux, boil. Art p. l. \\ Diphthongues impropres, diphthonguesqui ne sont pas réellement des diphthongues. Ou est diphthongue impropre, n'étant diphthongue que pour l'œil et ne faisant entendre le son que d'une voyelle. || 2° Qui n'est pas propre à. Cet homme est impropre à l'emploi qu'on lui propose. Esprit impropre aux afl'aires. Cette eau est impropre à la cuisson des légumes. Tandis que la lune et Mars sont gelés depuis longtemps, et par conséquent impropres depuis ce même temps à l'existence des êtres organisés, buff. Théor. terr. Part. hyp. CEuv. t. ix, p. i4i.

— HIST. XVI* S. Cette façon déparier n'est pas impropre, CALV. 7nsr.729. Une maigre invention, una impropre locution, amyot, Comment il faut ouïr, 8.

— ÉTYM. Provenç. impropH ; espagn. impropio ; ital. improprio ; du lat. improprius, de in négatif, et proprius, propre.

IMPROPREMENT (in-pro-pre-man) , adv. D'une manière impropre, en parlant du langage. Sans parier improprement, sans faire tort à de si beaux noms, sans offenser la véritable sagesse, balz. 5* discours. C'est alors [par les casuistes] que l'on sut qu'on peut pour une pomme. Sans blesser la justice, assassiner un homme; Assassiner 1 ah! non, je parle improprement.... boil. Sat. xii. Jean Duns, écossais, nommé improprement Scot, et connu en son temps par le titre de docteur subtil, volt. Moeurs,

— HIST. XVI* s. Par où il appert combien improprement nous appelions desespoir cette dissolution volontaire à laquelle la chaleur de l'espoir nousporte souvent, mont, u, 39.

— ÉTYM. Impropre, et le suffixe ment; provem;. impropriamen, enpropriamen ; espagn. impropiamente ; ital. impropriamente.

IMPROPRIÉTÉ (in-pro-pri-é-té), s. f. \\ 1* Qualité de ce qui est impropre, en parlant du langage. Elle a.... insulté mon oreille Par l'impropriété d'un mot sauvage et bas Qu'en termes décisifs condamne Vaugelas, mol. Femmes sav. ii, 6. Ils dégoûtent par l'impropriété des termes dont ils se servent, la BRUY. v. L'impropriété des termes est le défaut le plus commun dans les mauvais ouvrages, volt. Dict phil. Langues. \\ 2° Qualité, état de n'être pas propre à Le contraire de l'ambition est la pusillanimité, qui est (outre une imi ropriété au commandement) une crainte immodérée de déplaire et de mériter le blâme, boullainviluers, Réfut. de Spinosa, p. 305.

— HIST. XVI* s. U est difficile de donner à entendre une chose si haute, sinon en' usant de quelque impropriété, calv. Inst. 207'.

— ÉTYM. Provenç. improprietat; espagn. impropriedat; ital. improprietà; du lat. improprietatem, de improprius. impropre.

t IMPROSPÈRE (in-pro-spè-r'), adj. Qui n'e.-:t pas prosp'îre. L'état improspère de ses affaires.

- ÉTYM. Lat. improsperus, de in négatif, et prospéras, pro-père.

t IMPROTÉGÉ, ÉE (in-pro-té-jé, jée), adj. Qui n'est pas protégé.

— ÉTYM. Im..., et protégé.

IMPROUVÉ, ÉE (in-prou-vé, vée), part, passé d'improuver. Elle était décontenancée, sachant bien qu'elle allait être imirouvée, sÉv. 44. C'est un mariage tellement improuvé.... id. (9janv. 4689.

IMPROUVER (in-prou-vé), v. a. Ne pas approuver, blâmer. Ils ont raison d'improuver ce sentiment, PASC. Prov. IX. Certains esprits durs et farouches.... sont indignes de jamais comprendre ces sortes de beautés [des fables de la Fontaine], et sont condamnés au malheur de les improuver, et d'être improuvés aussi des gens d'esprit, si'v. 44mai 1686. Ce grand roi [Charles II], qui remplit de tant de vertus le trône de ses ancêtres.... n'improuvera pas notre zèle , si nous souhaitons devant Dieu que lui et tousses peuples soient comme nous [catholiques], Boss. Duch. d'Orl.

— iiiST. XIV* s. Et dit Eustrate que Aristote ne improuve pas bien ceste oppinion quant à l'intention de Platon, OHLSMH. Etk. vi (lO).

— ÉTYM. Lat. improbare, de in, négatif, et probare, approuver (voy. prouver).

t IMPROVLSADE (in-pro-vi-za-d') (X L'),loe. adv. En improvisant. Toutes ces farces se jouaient à l'improvisado, à la manière des Italiens, j.-bapt. houss. Lett. à Biossetto, 12 déc. (731.

IMPROVISATEUR, TRICE (In-pro-vi-za-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui improvise, qui a le talent d'immoviser. Corinne, poète, écrivain,

IMP

IMP

IMP

improvisatrice, et l'une des plus belles personnes de Rome, sta«l, Corinne, ii, \.\\Adj. Talent improvisateur. Il Terme de musique. Improvisateur mécanique, machine qui s'adapte au piano et qui imprime tout ce que joue un improvisateur.

— ÈTYM. Improviser; ital. improvvisatore. IMPROVISATION (in-pro-vi-za-sion ; en vers,

de six syllabes), s. f. || 1° Action d'improviser. J'aime surtout l'improvisation dans les gens du peuple, STAËL, Corinne, m, 3. ||a° Produit de l'impnvisation. Improvisation brillante, couverte d'applaudissements.

— ÉTYM. Improviser; ital. xmprovvisa%ione. IMPROVISÉ, ÉE (in-pro-vi-zé, zée), pari, passé

d'improviser. Chanson improvisée. Fête improvisée.

IMPROVISER (in-pro-vi-zé). || 1» Y. n. Faire Bans préparation et sur-le-champ des vers, de la musique, un discours. Cet orateur n'improvise pas, tous ses discours sont écrits d'avance. Il m'est arrivé.... d'entendre tout à coup improviser sur la clavecin, comme les Italiens improvisent en vers, STAËL, Allem. 1, 2, Mœurs. || 2° Y. a. Faire quelque chose, piil'-ce de vers, dîner, bal, etc. sans préparation et sur-le-champ. Improviser un dîner. Tous disaient qu'on n'avait jamais écrit ni improvisé d'aussi beaux vers, stael, Corinne, ii, i . || Fig. Improviser un système, une explication, le<i donner, les exposer sans préparation. || 3° S'improviser, v. réfl. Être improvisé. Une pareille fête ne s'improvise pas.

— HIST. XVI' s. Improviser, oudin, Dict.

— ÉTYM. Ital. improxivisare, de improvviso, qui vient de in négatif, et provviso, prévu, du latin provisus, de pro, en avant, et visus, vu, de ttdere, voir (voy. voir). On a dit, au xvi' siècle, en imitant l'italien, à l'improvis.

IMPROVISTE (in-pro-vi-sf) (À V) , loc. adv. Il 1° Lorsqu'on y pense le moins, d'une façon inattendue et subite. Il [Persée] conçut qu'en faisant attaquer de nuit et à l'improviste ce corps de garde par de bonnes troupes, on pourrait le chasser de ce poste et s'en emparer, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. a, p. n«, dans poogens. Tout l'alarme : son ombre seule, vue à l'improviste, est capable de l'agiter, MARiv. Pays. parv. *' part. || 2° X l'improviste, en improvisant (sens qui a vieilli). Ce grand orateur qui fait des harangues à l'improviste, ignore les choses les plus vulgaires et que les artisans de la Grèce savent, d'ablancourt, Lucien, le mauvais grammairien. || Ballet des impiovistes, à vingt-six entrées, dansé par Sa Majesté en la salle du Louvre, le mardi «2 février 1636, ainsi nommé parce qu'il fut inventé, disposé et dansé en six jours.

— REH. À l'improviste est la forme italienne ; à Vimpourvu était la forme française. X l'impourveu est meilleur qu'à l'improviste, dit mabg. buffkt, Observ. p. «7, en tees. Depuis, à Vimpourvu, indigène, a complètement disparu devant à l'improviste, étranger.

— HlST. xvi- s. En ApoUo, disoyt LucuUe, quand festoyer vouloyt ses amyz singulièrement, encores que on le print à l'improviste, rab. Pant. v, 20. Il est vray, monseigneur, que si nos voisins sont tels qu'ils nous veulent faire croire, et que à l'improviste fissent icy une course ou à Bayonne, comme ils ont coustume, je n'en partirois que je ne leur fisse recevoir telle retraite qu'ils craindraient à venir jouer icy à leurs barres, marg. Lett. xcii. Sa venue ainsi à l'improviste et inopinée, carloix,

— ÉTYM. Ital. improvvislo, de in négatif, pro, en avant, et visto, vu.

IMPRUDEMMFJirr (in-pru-da-man), adv. Avec imprudence. De sorte que désormais il faut que je prenne soigneusement garde de ne prendre pas imprudemment quelque autre chose pour moi, DESC. Méditât, u, i. La fidélité qu'on garde imprudemment, Après un peu d'éclat, traîne un long châtiment, CORN. Mort de P.i, 1.

— ÊTYU. Imprudent, et le suffixe ment.

IMPRDDKNCE (in-pru-dan-s') , i. f. || f Manque

de prudence. Mais c'est une imprudence assez commune aux rois D'écouter trop d'avis et se tromper

au choix, corn. Jf or J de P. iv, i Lâcher ce

qu'on a dans U main. Sous espoir de grosse aventure. Est imprudence toute pure, la font. Fabl. IX, <o. Imprudence, babil et sotte vanité. Et vaine curiosité Ont ensemble étroit parentage, id. ib. x,

3 De pèlerins une troupe grossière. ... Joua les

sainU, la Vierge et Dieu, par piété; Le savoir, à la fin dissipant l'ignorance. Fit voir de ce projet la dévote imprudence, boil. Art p. m. Je veux bien

excuser son heureuse imprudence, kac. Iphig. iv, <o. Je reconnais en lui la fougueuse imprudence Oui tantôt sert les dieux, et tantôt les offense, volt. Olymp. i, 5, || 2' Action contraire à la prudence. Si vous avez fait des imprudences, sÉv. 450. Mme de Maintenon était pleine jusqu'à répandre ; il lui échappait des imprudences dans le particulier, st-sim. 66, 480. Combien est malheureuse la femme délicate et sensible qui commet une grande imprudence! stael, Corinne, xvii, 3.

— HIST. xiv s. Et par imprudence il cuide que les choses qui sont bones que ils [elles] soient malveses, oresme, Eth. 4 94.

— ÉTYM. Lat. imprudentia, de imprudens, imprudent.

IMPRUDENT, ENTE (in-pru-dan, dan-t'), adj. Il 1" Qui manque de prudence. Un homme imprudent. Un imprudent ami. J'ai failli, je l'avoue, et mon cœur imprudent A trop cru les transports d'un désir trop ardent, cop.n. Nicom. u, 2. || Substantivement. Un imprudent. Une imprudente. Les imprudents. Il 2° Il se dit aussi des actions et des discours. Je n'avais qu'un ami, son imprudente flamme Du tyran de l'Êpire allait ravir la femme, rac. Phèd. m, 5. Enfin, jamais l'amour ne fut moins imprudent, volt. Tancr. 11, *. Secourons sa valeur qui devient imprudente, id. ib. v, 2.

— ÉTYM. Lat. imprvdentem , de tn négatif, et prudens, prudent.

IMPUBÈRE (in-pu-bè-r') , adj. Terme de droit romain. Qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté. Le voleur était seulement battu de verges, s'il était impubère, mon tesq. Esp. xxvm, <3. || Substantivement. Un impubère. Une impubère. Les impubères ne peuvent tester.

— ÉTYM. Lat. imputes, au génitif impuberis, de tn négatif, et puber, pubère.

t IMPUBERTÉ (in-pu-bèr-tè) , *. f. Age qui précède la puberté, enfance. || Absence de puberté. Son impuberté a été reconnue.

— ÉTYM. Impubère.

t IMPUBLIABLE (in-pu-bli-a-W), adj. Qu'on ne peut , qu'on ne doit pas publier.

— HlST. XVI* s. Je me desplais des pensers mesmes impubliables, mont, m, 3iï.

— ÉTY.M. Im..., et publiable.

IMPUDEMMENT (in-pu-da-man) , odc. Avec impudence. Un homme de mon âge a cru légèrement Ce qu'un homme du tien débite impudemment, CORN, te Menteur, T, 3. Je déclare qu'ils ont menti très-impudemment, pasc. Prov. xv. Il me nia impudemment que les Caraïbes fussent nés rouges ; je fus obligé de lui envoyer une attestation d'un ancien procureur du roi de Ja Guadeloupe, volt. Homme aux *o écus, lettre.

— HIST. XV* s. Contre les importuns ou contre les survenans intempestivement, ou contre ceux qui nous prient impudemment, l'Amant reisuscité, dans le Dict. de dochkz. || xvi*8. Nous donnons à d'auires qui nous demandent continuellement et impudemment, AMYOT, De la mauvaise honte, ».

ÉTYM. Impudent, et le suffixe ment.

IMPUDENCE (in-pu-dan-s'), «. f. \\ 1* Manque de ce qui fait la bonne honte. Ton impudence, 'l'éméraire vieillard, aura sa récompense, corn. Cid, i, 7. Du nom de fierté noble on orna l'impudence. Et la fourbe passa pour exquise prudence, boil. Sat. xii. Ah! Que ton impudence excite mon courroux! BAC. Phèd. IV, 4. U ne faut rien de moins dans le monde qu'une vraie et naïve impudence pour réus sir, LA BRUT. viii. L'impudence brutale donne de l'indignation, FÉN. Tél. VII. X quoi bon tout cet appareil, je ne dis pas seulement de faste et de vanité, mais d'immodestie et d'impudence avec lequel vous venez paraître dans cette maison de larmes et de prières ? massill. Carême, Temple. Et qui n'a pour tout bien qu'un grand fonds d'impudence, boissï. Impatient, m, 3. ||2* Actionpu paroles impudentes.

Il mérite d'être châtié pour ses impudences mais

voyez l'impudence ! Oui, moi, j'épouserais un homme sans naissance! destouches, Phil. mor. v, 6.

— HIST. XVI* s. Qu'elles [nos femmes] apprennent l'impudence, au moins d'une aultre main,

— ÉTYM. Lat. impudentia, de impudens, impudent. IMPUDENT, ENTE (in-pu-dan, dan-t'), adj. Il l" Qui

offense, qui viole la bonne honte. Voilà deux impudentes carognes, mol. Poure. u, 9. || Substantivement. Un impudent. Une impudente. Impudente! appeler un jargon le langage Fondé sur la raison et sur le bel usage I mol. Femm. sav. 11, 6. Vous êtes un sot, un maraud, un coquin et un impudent, m. l'Avare, 111, 6. L'impudent est facile à définir : il suffit

de dire que c'est une profession ouverte d'une plaisanterie outrée, comme de ce qu'il y a de plus contraire à la bienséance, la bruy. Théophraste, xi. I 2° U se dit aussi des choses. Je sais que vous êtes dur, que votre esprit est rebelle et votre front impudent, PASC. Appendice aux Pinsées, 52, prophéties, éd. LAHURE, (860. D'où lui vient, cher ami, cette impudente audace? rac. h'ith. 11, t. Les calomnies impudentes d'un SuiUius, le plus méprisable des hommes de ce temps, dider. Claude et Nér. i, 22.

— SYN. iMPDDENT, ÉHONTÉ. L'impudent est celui qui n'a pas de pudeur; l'éhonté est celui qui n'a pas de honte. Etre éhonté est donc plus fâcheux qu'être impudent. L'impudent viole les bienséances, l'éhonté se joue de l'honnêteté et de l'honneur. Impudent est un reproche qui offense plus l'oreille de celui à qui on l'adresse; éhonté est un reproche qui trappe un mal moral plus profond.

— HIST. XVI' s. Nous estimons efi'rontés et impudens ceux qui se louent eux-mêmes, amyot, dans le Dict. de DOCHEZ.

— ÉTYM. Lat. impudentem, de tn négatif, et pudens, qui a honte, pudeur (voy. pudeur).

IMPUDEUR (in-pu-deur), s. f.\\l' Manque de pudeur. Discours pleins d'impudeur. L'impudeur des gestes, de l'attitude. || 2° Défaut, manque de l'honnête honte. Gorgés de biens, ils osent avec impudeur solliciter de nouveaux dons, Dict. de l'Acad.

— REM. Impudeur n'est dans le dictionnaire do l'Académie qu'à partir de l'édition de 48:iB.

— SYN. IMPUDEUR, IMPUDENCE. L'impudcur est lo manque de pudeur, et l'impudence le manque de la bonne honte; or la pudeur a un sens spécial que n'a pas la bonne honte. Mais toute distinction s'efface pour le deuxième sens.

^ ÉTYM. Im...., et pudeur.

IMPUDICITÉ (in-pu-di-si-té), s. f. \\ 1° Vice contraire à la pudicité. Ne joins plus, insolente, àl'impudicité Ces mépris orgueilleux et cette vanité, rq- TRO", Herc. mour. 11, 3. Les dissolutions de l'adultère et de l'impudicité, sAci, Bible, Sagesse, xiv, 26. Il 2' Action impudique. Placer au milieu d'eux un prêtre que son confesseur même envoie de ses impudicités àl'autel, pasc. Prov. xvi. Après avoir éteint les flambeaux, ils commettaient les plus énormes impudicités, volt. Dict phil. Zèle.

— HIST. XV* S. Comme Jehanne femme de Philippot de Calan, pour son petit gouvernement et impudicité.... DO GANGE, tmmurore. || xvi's. Ceste honte, venant à corrompre et solliciter l'impudicité, trahit et rend toutes forteresses foibles, amvot, De la mauvaise honte, 4. Quelle extresme fureur hors de toi te transporte.... Que tu veuilles périr d'une mort si cruelle Pour l'impudicité d'une dame infidèle? desportes, Élég. 1, *9.

— ÉTYM Im...., et pudicité.

IMPUDIQUE (in-pu-di-k'), adj. || 1* Qui fait des actions contrairesà lapudicitè. En cherchant l'ainitié de ce prince numideQui te rend tout ensemble impudique et perfide, maibet, Sophon. i, 4. La foi ne tards pas à être renversée dans le cœur du pécheur impudique, mass. Carême, Prodigue. || Substantivement. C'est la femmo prostituée qui ne rougit plus, qui, après avoir longtemps déguisé son crime et cherché de vaines excuses à ses infidélités, à la fin étant convaincue, se fait un front d'impudique, comme parle l'Écriture sainte, bossuet, Var. v* ot'crt. § 4 4 . Où est l'impudique qui ne met pas son bonheur dans ses infâmes voluptés? bodrdal. Myst. Conc. de la Vierge, t. 11, p. 4 6. 112'" Il se dit aussi des choses. Pen.ser impudique, tristan, Panthée, iv, 4. Je vois de tes froideurs le principe odieux : Phèdre seule charmait tes impudiques yeux, rac. Phèdre, iv, 2.

— HIST. XVI* s. Une Alcine impudique, en tous charmes instruite, desportes. Diverses amours,

— ÉTYM. Lat. impudicus, de tn négatif, et pwdicus, pudique.

IMPUDIQUEMENT ( in-pu di-ke-man ) , adv. D'une manière impudique.

— HIST. XVI* s. Impudiqucment, cotghave.

— ÉTYM. Impudique, et le suffixe ment.

t IMPUGNATION (in-pu-gna-sion), s. f. Termd vieilli. Action d'impugner.

— HIST. XVI* s. Impugnation, oudin, Dict.

— ÉTYM. Provenç, et espagn. t'mpugnoctoii ; ital. impugnaiione ; du lat. impugnationem, de impugnaxe, impugner.

IMPUGNÉ, ÉE (in-pu-gné, gnée), part, passé d'impugner.

IMPUGNER (in-pu-gné), «. a. Attaquer, comliattra une proposition, un droit. Ceux qui ne travaillent pas tant à bien concevoir une chose qu'à l'impu-

IMP

gner et contredire, desc. Rép. aux cinquièmes abject. )R. Ici notre auteur promet de n'impugner les opinions de personne, mais seulement de répondre aux questions..., ID. Remarques sur les septièmes objeclions, 2. Les Anglais, après s'être soumis au jugement rendu en faveur de la loi salique, ne fondèrent leurs prétentions qu'en impugnant de nouveau cette loi fondamentale, st-sim. 361 , 22. En confirmant les faits que quelques critiques ont impugnés et niés mal à propos, buff. De l'homme. Variétés.

— HIST. XV* S. Comme il appaire qu'Aristoto vueille clerement enseigner la vérité, et par conséquent impugner Platon, Socrate, chr. oe pis an, Charl. V, m, es. |) xvi' s. Pourtant toutes les raisons qui combattent aussi bien contre la circoncision, ne sont à recevoir pour impugner le baptesme,c\LV. /nsf. 1080.

— Étvm. Provenç. impugnar, enpugmr, enpunhar; espagn. impugnar; ital. impugnafe ; du lat. impugnare, de in, en, contre, envers, eXpugnare, combattre, âepugnus, poing (voy. ce mot).

IMPUISSANCE (in-pul-san-s'), i. f. || 1° Manque de puissance pour faire quelque chose. Jaloux de votre choix et fier de l'avantage Que lui donnait sur moi l'impuissance de l'âge, corn. Cid, ii, 9. Ce n'est qu'une pièce de théâtre [Polyeucte] que je lui présente, mais qui l'entretiendra de Dieu; la dignité de la matière est si haute, que l'impuissance de l'artisan ne la peut ravaler, iD. Poly. À la reine régente. Mais, ma sœur, l'impuissance excuse le devoir, botrou, Antig. m, 5. Les ayant réduits à l'impuissance de répondre, PASC. Prov. II. Êtes-vous dans une entière impuissance de danser un menuet? sév. «679, sans date (n° 763, éd. régnieb). Seigneur, de mes efforts je connais l'impuissance, rac. Iphig. i, 6. L'envie.... se tourne en rage dans l'impuissance où elle est de nuire, fén. Tél. iviii. Il voyait clairement l'impuissance des Suédois de garder ces places, volt. Rtissie, n, 4. Dans un songe pénible, abusés par leurs vœux. Ils traînent l'Impuissance et l'espoir d'être heureux, ducis, Abuf. m, 2. Je ne vous blâme point ; l'impuissance d'agir Le commandait peut-être et défend d'en rougir, c. oelav. Vêp. sic. IV, 4. L'activité poussée jusqu'à l'impuissance du repos, AM. THIERRT, dans le Dict. de poitevin. |{ Au plur. Terme de dévotion. Les défaillances de la force et du courage. Si ce n'est que l'âme, qui avait auparavant des facilités, ne trouve plus que des impuissances, Boss. Instr. sur les et. d'orais. m, 4. Il 2° Terme de médecine. Incapacité d'avoir des enfants causée par un vice de conformation ou par quelque accident; on ne l'emploie qu'en parlant d'un individu mâle. Jamais la biche en rut n'a pour fait d'impuissance Traîné du fond des bois un cerf à l'audience, boil. Sat. viii.

— UEM. On remarque la phrase de Voltaire : L'impuissance des Suédois de garder...; impuissance y a deux compléments par de. On pourrait profi 1er de impuissant à pour dire: l'impuissance des Suédois à garder..-.

— SYN. IMPUISSANCE, STÉRILITÉ. L'impuissance ne s'applique qu'à l'homme; tandis que la stérilité, s'appliquant aux deux sexes, est l'incapacité d'un homme ou d'une femme à procréer.

— HIST. XIV* s. Impuissance et pauvreté, Ordon. des rois de Pr. t. m, p. 4fi8. || xvi* s. La bonne vouluuté des offrans excuse l'impuissance de mieulx faire, amyot, Épit.

— ÉTYM. Impuissant.

IMPUISSANT, ANTE (in-pui-san, san-t'), adj. Il 1° Qui n'a pas de puissance, de force. Deux princes impuissants à te récompenser, corn. Hér. v, 8. Les démons qui sont impuissants pour le bien,

PASCAL, Prov. XIV Venez, madame, suivez-moi;

Ne craignez ni les crjs ni la foule impuissante D'un peuple qui se presse autour de cette tente, bac. Iph. V, 2. Je crois qu'à mon exemple impuissant i trahir, Il hait à cœur ouvert ou cesse de haïr, m. Brit. V, < . Il a* En parlant des choses, qui n'a pas d'effet, d'efficacité. Pouvez-vous redouter sa haine renaissante, S'il est en votre main de la rendre impuissante? coBN. Rod. m, 4 Après force vœux impuissants. Le héros dit : puisqu'on cette aventure Mourir nous est chose si sûre, la font. Fianc. Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... dans ta brutale fureur, tu te tournes contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir ta rage impuissante, boss. Marie-Thér. Ils me reprocheraient, non des cris impuissants, Mais des crimes pour vous commis à votre vue, RAC. Brit. iv, 2. Et, sans renouveler ses a-ssauta impuissants. Résolu de combattre, attendait

IMP

les Persans, id. Bajaz. i, 4 . Kn efforts impuissants leur maître se consume, id. Phèd. v, 6. || l* Qui est affecté d'impuissance, inhabile il engendrer. Un homme qui avait épousé une riche héritière se trouvait impuissant, fén. Solon. L'aîné [des Coislin] était impuissant, celui-ci [l'abbé] en était fort soupçonné, et n'avait point de barbe, st-sim. 4«, 35. L'archevêque et son parti déclarèrent le roi impuissant dans le temps qu'il était entouré de maltresses, volt. Mœurs, )0<. || Fig. Il se dit d'un auteur qui ne peut inventer, créer. Les critiques sont souvent impuissants. || Substantivement. C'est un impuissant. Ah ! doyen des ingrats, ce triste et froid discours Est d'un vieux impuissant qui médit des amours, volt. Dial. Pégase et vieillard.

— REM. Avecun verbe,tmpumont prend la préposition à : impuissant à connaître; avec un substantif les prépositions d et pour : impuissant pour le bien. Impuissant d était, à tort, regardé comme barbare par Bouhours, qui reprochait à messieurs de Port- Roval d'avoir mis dans la traduction de l'Imitation : impuissant à vous taire. Cette tournure excellente est aussi dans Corneille.

— HIST. XVI* s. L'héritier impuissant, c'est celui qui n'est pas en âge d'aliéner, ou qui a quelque autre empeschement qui luy oste la mesme faculté, Nouv. eoust. génér. t. ii, p. <38.

— ÉTYM. Jm...., et puissant.

t IMPULSER (in-pul-sé), v. 0. Donner l'impulsion. Le seul homme, dans la révolution, dont le génie pût diriger des hommes et impulser une assemblée, M-»' ROLAND, Notices historiques (i" détention), Mirabeau, édit. paugère.

HIST. XVI' s. Impulser, oodin, Dict.

— ÉTYM. Voy. IMPULSION.

•jIMPULSEUR (in-pul-seur) , s. m. Celui qui donne une impulsion.

— HIST. XVI* s. Impulseur, cotorave.

— ÉTYM. Lat. impulsorem (voy. impulsion) . IMPULSIF, IVE (in-pul-sif, si-v') , ad/. Qui donne

une impulsion. Augmenter l'irritabihté du cœur, c'est augmenter sa force impulsive, bonnet, Cont. ncU. CEuv. t. VIII, p. 77, dans pougens.

— HIST. XVI* s. Impulsif, oudin, Dict.

— ÉTYM. Voy. impulsion ; provenç. impulsiu ; espagn. impulsivo.

IMPULSION (in-pul-sion; envers, de quatre syllabes), s. f. li 1° Action de pousser. L'eau était poussée fort haut par la force de l'impulsion des pistons, PERRAULT, Titruve, dans bichelet. Nous ne pouvons guère former de raisonnements ni même faire des recherches sur les causes du mouvement d'impulsion ■ des comètes, bcpp. I'* époque nat. Œuvres, t. xn, p. 64. En levant les yeux au ciel, il [Newton] vit dans la chute des corps sur la terre, il vit entre les mouvements des astres des rapports qui supposaient un principe universel différent de l'impulsion, seule cause visible de tous les mouvements, raynal, Hist. phil. xix, 13. || Fig. Il se voit élevé aux plus grandes places, non par ses propres efforts, mais par la douce impulsion d'un vent favorable, boss. le Tellier. La paix n'arrêta pas l'impulsion reçue; ce mouvement rapide a continué, et les productions de la colonie sont de près d'un tiers plus considérables qu'elles ne l'étaient il y a trente ans, raynal, Hist. phil. xiv, 23. ||a° Fig. Action de pousser quelqu'un à faire quelque chose. Jusques à cette heure, ce n'a point été par un jugement certain et prémédité, mais seulement par une aveugle et téméraire impulsion, que j'ai cru qu'il y avait des choses hors de moi et différentes de mon être, dbsc. Médit, m, 9. Dieu nous donne une impulsion à l'aimer, sév. 438. En embrassant cette opinion [préférer les sciences aux talents frivoles], M. de Maurepas ne fit qu'obéir un des premiers à une impulsion qui commençait dès lors à entraîner les esprits et qui depuis à produit une révolution presque générale, con- DORCET, Maurepas. Je seconderai Marseille de tous mes efforts dans la grande impulsion qu'elle va donner, Mirabeau, Collection, t. i, p. 57. || Résultat de l'impulsion, motif, mobile. Souvent les impulsions des héros ont quelque chose de divin qui est au-dessus de la raison, st-evremond, dans RICHELET. Le premier qui a dit l'impulsion irrésistible a très-bien rencontré, parce qu'en effet il s'agissait d'un grand génie qui s'était livré à son talent malgré tous les obstacles, volt. Dict.- phil. Dictionnaire.

— HIST. XIV* S. Donques les choses que l'on fait par impulsion et mouvement de douleur ou de fureur.... ne sont pas faites par la vertu de fortitude, ORESME, Sih. S7. Endurer plusieurs hurs Iheurtsl

IMP

et impulsions, m. Vièse de meunier. || xvi* s. Venant sans cause apparente et d'une impulsion céleste, mont. I, 64. L'impulsion et contraincte des passions, ID. II, 234.

— ÉTYM. Provenç. tmjiuisto ; espagn impulsion; ital. impulsione; du lat. impulsionem, de impulsum, supin de impellere, de in, en, sur, et pellere, pousser (voy. pousser).

t IMPULVÉniSÉ, ÉE (in-pul-vé-ri-zé, zée), adj. Qui n'est point réduit en poudre.

— ÉTYM. Im..., et pulvérisé.

IMPUNÉMENT (in-pu-né-man), adv. \\ 1° Avec impunité. On ne s'attaque point à lui [Dieu] impunément, et l'on n'échappe point au bras de sa justice, boord. Exhort. Crucif. et mort de J. C. t. n, p. I82. Écrive qui voudra; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier, boil. Sat. ix. Une impie étrangère Se baigne impunément dans le sang de nos rois, rac. Athal. i, i. On ne vient point impunément dans mon empire, fén. Tél. I. Il est bien dangereux d'être assez puissant pour commettre impunément l'injustice, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. i, p. 53e, dans pougens. Malgré la défiance de ses voisins et la supériorité de leurs forces , il [le renard] échappe à leur poursuite et emporte impunément tout ce qu'il leur a ravi, buff. Quadrup. t. v, p. I6, dans pougens. Il Par antiphrase. Sans recevoir punition de choses qui mériteraient récompense. Il ne m'est plus permis de vaincre impunément , corn. Nie. ii, 3. Pensez-vous être saint et juste impunément? rac. Athal. I, <.||ï° Fig. Sans dommage pour soi, sans inconvénient. Rien ne se dit impunément devant les enfants, rollin, Traité des Et. t. i, Disc, prélim. p. xxvj, dans pougens. C'est le privilège du vrai génie, et surtout du génie qui ouvre une carrière , de faire impunément de grandes fautes, volt. Louis XIV, 32. Cette veuve qui maniait si impunément des barres de fer rouge, id. Mœurs, 45. Avez-vous cru que je vous visse impunément? fagan. Pupille, se. 19. Il 3° Sans en tirer vengeance. Dans un lâche sommeil crois-tu qu'enseveli, Achille aura pour elle impunément pâli? RAC. Iphig. VI, 4. Néron impunément ne sera pas jaloux, ID. Brit. n, 2. Ulysse impunément ne vit pas leur trépas [de ses compagnons], delillb, En. m.

— HIST. ivi* s. Impunément icy je diray mon martyre, am. jamin. Poésies, p. 26«, dans lacubne.

— ÉTYM. Impunément est une corruption singulière et barbare (abus autorisé de l'usage, dit Chifflet, Gramm. p. 188) de impuniement, qui se disait au XVI' siècle , et qui vient de impuni, avec le suffixe ment; ital. impunitamente.

IMPUNI, lE (in-pu-ni, nie), adj. || 1» Qui demeure

sans punition, en parlant des choses Faut-il

laisser un affront impuni? coi n. Cid, i, 9. Les âmes blessées poussent leurs cris au ciel, et Dieu ne laissera pas ces désordres impunis, saci, Bible, Job, XXIV, 12. Il ne voulut pas laisser son ingratitude entièrement impunie, boss. Hist. i, e. fe'ne faute impunie en fait commettre deux, boursault, Ésope à la cour, v, 6. Depuis que je suis né, j'ai vu la calomnie Exhaler les venins de sa bouche impunie, volt. Tancr. m, 3. || 2* Qui demeure sans punition, en parlant des personnes. Redemander Hélène aux Troyens impunis, bac Andr. m, 3. Moi, seigneur ! que je fuie! Que Pharnace impuni, les Romains triomphants.... id. Mithr. v, 5.|| Louis Racine relève, chez son père, comme une grande hardiesse qu'il n'ose ni approuver ni désapprouver, d'avoir dit impuni des personnes.

— HIST. XV* s. X voir les choses que Dieu a faites de nostre temps.... il semble qu'il ne veuille rien laisser impuni, comm. dans le Dict. de dochf.z.

— ÊTYM. Provenç. impunit; espagn. impunido; ital. impunito; du latin impunitus, de in négatif, et punitus, puni.

IMPUNITE (in-pu-ni-té), s. f. Manque de punition Et c'est trop inviter Par son impunité quelque autre à l'imiter, corn. Cinna, n, 2. Tous le? jours, à la cour, un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, boil. Sat. ix. Tu n'es qu'un conjuré paré d'un nom sublime. Que l'impunité seule enhardissait au crime, volt. Brutus, v, 2. Les mœurs sont à Rio Janeiro ce qu'elles sont à Bahia et dans tous les pays à mines ; ce sont les même.'vols, les même» trahisons, les mêmes vengeances, les mêmes excès de tous les genres; et toujours la même impunité, hatnal, Hist. phil. ix, 20. || Pai antiphrase et ironie. Eht mon ami, accepte mes offres; je ne te demande en retour que IlmpuniK du service que je te rends, dider. Claude et Nér. n, 29.

— HIST. xiv* s. Impunité de ses forfaiz, bbb-

IMP

CHEURE, ^ 27, verso. Il xvi« s. Si nous ne prenons de nous-mêmes la loy de bien faire, si l'impunité nous est justice, à combien de sortes de meschancetez avons-nous touts les jours à nous abandonner ? mont. m, u.

— RTYM. Lat. impunitatem, de tn négatif, etpunilus, puni.

IMPUR, URE (in-pur, pu-r'l, adj. || 1° Qui n'est pas pur. Des eaux impures. Des métaux impurs. Sion, repaire affreux de reptiles impurs, rac. Eslh. I, ». Il Fig. Mais à la cour lis sur tous les visages Traîtres, flatteurs, meurtriers, vils faquins; D'impurs ruisseaux, gonflés par nos orages, Font déborder cet égout des Tarquins, bér.4ng. Octav. || 2° Oui a une impureté religieuse. Je suis persuadé, selon la doctrine du Seigneur Jésus, que rien n'est impur de soi-même, et qu'il n'est impur au'à celui qui le croit impur, s\ci,Bibîe, StPaul, Ép. aux Rom. xiv, 44. Mon père, en ce jour solennel, De l'idolAtre impur fuit l'aspect criminel, rac. Alhal. m, 2. || 3° Oui a une impureté morale. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, rac. Phèdre, iv, 2. Quel chemin peut conduire à cette cour impure, X ce séjour de crime où j'ai reçu le jour ? volt. Orcste, ii, t. Il Les esprits impurs, les démons. Tous ces impurs esprits qui troublent l'univers, Et le feu de la foudre et celui des enfers, volt. Henr. v. || Il se dit aussi des choses. Le meurtrier du roi respire en ces Etats, Kt de son souffle impur infecte nos climats, VOLT. Œd. I, 3. Loin de ce médisant infâme. Qui de l'imposture et du blâme Est l'impur et bruyant écho, GHESSET, Chartreusc. || Être né d'un sang impur, être né de parents malhonnêtes, déshonorés. Il On dit dans le même sens : une race impure. Cette Esther, l'innocenje et la sagesse même, Dans cette source im.pure aurait puisé ses jours ! rac. Esth. m, 4. Il S. m. L'impur, ce qui est moralement impur. Par là de tout l'impur la souillure s'efface, corn. Imit. m, 52. Il 4° Impudique. Une femme impure. Il II se dit des choses. Pensées impures. Des mœurs impures. Du moindre sens impur la liberté l'outrage. Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image, BOIL. Art p. II. Pour les fables païennes, une fille sera heureuse de les ignorer toute sa vie, à cause qu'elles sont impures et pleines d'absurdités impies, PÉN. Éduc. fiUes, ch. 6. Les étincelles impures qui allumèrent son cœur, mass. Carême, Enf. prod.

- HIST. XIV" S. Mais les autres [métaux] plus impurs sont, Por ce que le vif argent ont Trop crud.... Nat. à l'akh. errant, t se.

— ÉTVM. Lat. impurus, de in négatif, et purus, pur.

t IMPUREMENT (in-pu-re-man) , ode. D'une manière impure.

IMPURETÉ (in-pu-re-té) , s. f. |!1° Qualité de ce qui est impur, mélangé de parties qui salissent. L'impureté des eaux. L'impureté d'un métal. || Par extension, impureté du sang, état de la constitution qui fait qu'on est sujet aux éruptions rebelles, aux suppurations, etc. || 2* Ce qu'il y a d'impur, de sale dans une chose. C'est une tradition entre nous que, quand le Messie arrivera, la maison de Dieu, destinée à la dispensation de sa parole, sera pleined'ordure et d'impureté, pasc. Append. aux Pensées, b:!, prophéties, édit. lahore, tseo. Le soleil.... est une matière liquide.... qui produit des impuretés que la force de son mouvement rejette sur sa surface, K0NTEN. Mondes, <• soir. || 3° Impureté légale, dans l'ancienne loi, sorte de tache que l'on contractait en faisant différentes choses défendues, ou nommées impures, ce qui demandait des purifications, || 4" Impudicilé. Vivre dans l'impureté. De tous les péchés qui se commettent dans le monde, n'y en a-t-il point qui ait une opposition plus spéciale à la communion, et qui vous en rende plus indigne que le péché d'impureté? BouRDAL. Inslruct. sur la comm. Exhort. t. II, p. 4B3. \\Auplur. Obscénités. Ce livre est plein d'impuretés.

— HlST. xv s. Nous ne plorons point ou corrigeons nostre irapurilé ou ordure, Internelle consolation, dans le Dict. de dochez. || xvi' s. Oui vient de l'impureté du sang, pare, xv, 2.

— ÉTYM. Provenç. impuritat; espagn. impuridad; ital. impurità ; du latin impuritatem, de impurus, impur.

t IMPURIFIÉ, ÉE (in-pu-ri-fi-é, ée), adj. Qui n'est point purifié.

— ÊTYM. Im..., et purifié.

i IMPUTABILITÊ (in-pu-ta-bi-li-té), ». f. Qualité de ce qui est imputable. L'imputabilité d'un fait. Il Terme de théologie. Qualité de ce qui est imputé. L'imputabilité des mérites de Jésus-Christ.

IMPUTABLE fin-pu-ta-bn, od;.||l' Qui peut,

IIMP

qui doit être imputé. Ces abus sont imputables à une mauvaise administration. ||2° Terme de finance et de jurisprudence. Qui doit être imputé sur une somme, sur une valeur, sur un compte, en parlant de sommes, de valeurs. Somme imputable sur le budget de l'année suivante. || 3° Fig. Terme de théologie. Qui peut être mis au compte moral de l'homme. Les mérites du Christ nous sont imput^ibles.

— HIST. xvi" s. Imputable, Nour. cousl. génér. t. II, p. »o.

— Rtysi. Imputer.

t IMPUTATIF, IVE(in-pu-ta-tif, t\-v'),adj. Terme de théologie. Qui est relatif à l'application des mérites de Jésus-Christ. || Justice imputative, selon les protestants, addition par laquelle les mérites de Jésus-Christ nous sont appliqués pour compenser l'imputation du péché originel. Pour la justification, Calvin s'attacha, autant pour le moins que Luther, à la justice imputative, comme au fondement commun de toute la nouvelle réforme, boss. Var. ix, § 2. Ni les Pères, ni Jean Hus, ni Wiclef son maître, ni les orthodoxes, ni les hérétiques, ni les Albigeois, ni les Vaudois, ni aucun autre n'avaient songé avant lui à la justice imputative, id. ib. xi, S 179.

— ÉTYM. Lat. imputatiiius,de imputare, imputer.

IMPUTATION (in-pu-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes) , s. f.\\i° Terme de finance et de jurisprudence. Compensation d'une somme avec une autre: déduction d'une somme, d'une valeur sur une autre Faire, sur la quotité disponible, l'imputation d'un avancement d'hoirie. || Imputation de payement, déduction d'une somme sur une autre ; compensation de créances réciproques. || 2° Terme de théologie. L'application des mérites de Jésus-Christ. li 3° Fig. Action d'imputer à quelqu'un une chose digne de blâme. || La chose même, la laute que l'on impute. Vous verrez dans Minutius Félix les imputations abominables dont les païens chargeaient les mystères chrétiens, volt. Dict. phil. Initiation. Parler le premier à Votre Majesté de toutes ces imputations odieusement absurdes, c'eût été en quelque façon leur donner du crédit, collé, Part, de chasse de Henri IV, i, 6.

— HIST. XVI" s. C'est en vain que nous sommes enseignés quelle est la vraie justice, jusques à ce que Jesus-Christ la nous donne tant par imputation gratuite qu'en nous régénérant par sou esprit, calv. Inst. 257. Par lui seul nous obtenons que nos péchés ne nous soient point imputés, desquels l'imputation emporte l'ire de Dieu, id. ib. 387. Sa vertu [de Sénèque] paroist si vive et vigoreuse en ses escripts, et la deffense y est si claire à aulcune de ces imputations, comme de sa richesse et despense excessifve.... mont, m, (49.

— ÉTYM. Lat. impulationem, de imputare, imputer.

IftIPUTÉ, ÉE (in-pu-té, tée), part.passé d'imputer. Il 1" Terme de finance. Appliqué à un certain objet, en parlant d'une somme, d'une valeur. || 2° Fig. Action imputée, action dont nous avons la responsabilité en bien ou en mal. Dans tous les systèmes, une action qui n'est pas volontaire n'esl pas libre, et conséquemment ne peut être imputée, bonnet, Ess. anahjt. âme, ch. (9. || 3° Attribué à. Les amours imputés aux dieux ne furent point un objet d'adoration, volt. Pol. et législ. Œuv. Diatr. à faut, des Éphém. Quelle connaissance certaine et utile peut-on tirer des aventures imputées à Caribert, à Chilpéric et à Clotaire ? il ne reste de ces temps misérables que des couvents fondés par des superstitieux, qui croyaient racheter leurs crimes en dotant l'oisiveté, id. Mœurs, Rem. t.\\i° Mis à la charge comme digne de blâme. Une mauvaise action imputée à cet homme.

IMPUTER (In-pu-té), V. a. || 1° Terme de finance et de jurisprudence. Porter en compte, appliquer un payement à une certaine dette; déduire une somme, une valeur sur une autre, l'en rabattre {le sens propre du latin imputare étant porter sur le compte de). L'avancemept d'hoirie doit être imputé sur la quotité disponible. || 2° Kig. Mettre au compte moral d'une personne. La foi d'Abraham lui fut imputée à justice, saci. Bible, St Paul,Ép. aux Rom. IV, 9. Une action ne peut être imputée à péché, si.... PASC. Prov. IV. Les péchés de surprise ne pourraient être imputés, id. ib. Il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie, boss. 3" arert. 2. || Terme de théologie. Mettre au compte de l'homme , en parlant des mérites de Jésus- Christ. Il [Piscator] dit que la justice de Jésus- Christ qui nous était imputée, n'était pas celle qu'il avait nratiquée dans tout le cours de sa vie , mais

celle qu'il avait subie en portant volontairement la peine de noire péché sur la croix, boss. Var. XII, § 27. Il 3° Fig. Attribuer à, avec l'idée d'éloge ou de blàrae. Je ne l'impute point à l'injure du .sort, MALH. VI, 36. Ils voudraient bien, s'ils pouvaient, imputer à leur mérite ce qu'ils doivent à l'assistance de leur ami , id. Traité des bienf. de Sénèque, u, 23. On nous imputerait ce mauvais artifice, CORN. Hor. 11, 8. Mais je sais que chacun impute, en cas pareil, Son bonheur à son industrie ; Et, si de quelqu'échec notre faute est suivie, Nous disons injures au sort, la pont. Fabl. m, 4 4. Il ne faut imputer mon silence qu'à mon peu de loisir, BOSS. I.ett. Corn. 40. Telle était son habileté que.... lorsqu'il était vaincu, on ne pouvait en imputer la faute qu'à la fortune, fléch. Turenne. Ou ne dois-je imjiuter qu'à votre seul devoir L'heureux empressement qui vous porte àmevoir? rac. Andr. n, 2. Nos superbes vainqueurs, insultant à nos larmes, Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes, id. Esth. l, 4. X l'amour de Pharnace on impute mes pleurs! id. lUithr. ii, e. Seigneur, je crois surtout avoir fait éclater La haine des forfaits qu'on ose m'imputer, id. Phèdre, iv, 2. Je ne veux pas vous imputer mon malheur, et je li'en accuse que moi, le sage, Diabl. boit. t. v, p. 72, dans polgens. Imputons à nos romans ces défauts du théâtre, et plaignons le plus beau génie qu'eut la France, d'avoir été asservi aux plus ridicules usages, VOLT. Comm. Corn. Rem. Pompée, iv, 3. .Mais, dis, sens-tu ce trouble, et ce secret murmure Qu'un préjugé vulgaire impute à la nature? id. m. de César, m, 2. || Imputer à.... suivi d'un substantif sans article, attribuer ce qui est exprimé par ce substantif. Peuple qui me veux mal et m'imputes à vice D'avoir été payé d'un fidèle service.... malh. v, 4. Et a voulu taxer de légèreté une action qui fut imputée à grandeur de courage par ceux qui en furent les témoins, corn. Cid, Avertiss. Vous m'en désavouez, vous l'imputez à crime , iD, Pomp. m, 2. Je m'impute à forfait tout ce quo j'imagine, id. Rodog. v, 4. Je crains, sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère Ne m'ait à mépris imputé D'avoir différé cet hommage, la font. Fabl. vui, 3. On y voit [dans les églises de l'Orient] tout le culte des images qu'on nous impute à idolâtrie, BOSS. 3" avert. (o. Cette entieprise, par laquelle vous prétendez vous honorer, ne vous sera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu, lu. Polit. VII, V, 40. Ils ont donc raison de ne pas vouloir qu'on leur impute leur soumission à faiblesse, ID. Var. 5" avert. § 4«. Il [Cicéron] confie ses justes plaintes à sa femme et a son ami, et on impute à lâcheté sa franchise, volt. Boni« sauvée. Préf.H On dit quelquefois dans le même sens : imputer pour. Accusez-moi plutôt.... Et m'imputez pour crime un trop parfait amour, corn. Tile et Bérén. m, 6. On ne peut pas imputer pour une faute au procureur constitué, si.... domat, lots civiles, i"part. liv. i, tit. 15, sect. m, 6. || Imputer de, avec l'infinitif. Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison, corn. Cid, 1, ». El je m'imputais même à trop de vanité De trouver entre nous quelque inégalité, id. Héracl.

III, I . Pourrait-il m'imputer de craindre le trépas ? MAIRET, Mort d'Asdr. n, l. |1 Imputer que, avec le verbe à l'indicatif. Imputer à de telles gens qu'ils sont soumis par faiblesse, ou modestes par crainte, ce n'est pas vouloir seulement déshonorer le christianisme, mais encore vouloir obscurcir la vérité même plus claire que le soleil, boss. Var. 5" axert. § lo. il S'imputer, imputer à soi. Il s'impute à péché la moindre bagatelle, mol. Tart. i, c. Ne vous imputez point le malheur qui m'opprime, rac. Milhr.

IV, 2. La désolation de l'État augmentée par les divisions ordinaires aux malheureux qui s'imputent les uns aux autres les calamités publiques, volt. Louis mv, 40. Ils osèrent dire au gouvernement que c'était à lui à s'imputer les malheurs et les fautes de la compagnie, raynal, Hist. phil. iv, 25. Il 4'' Attribuer. Ils diront qu'on impute un faux nom à Léonce, corn. Héracl. m, 4. On m'a imputé des vers insolents contre son Éminence, scarr. Œuv. t. I, p. 268. Vous m'imputez un poème sur la religion naturelle ; je n'ai jamais fait de poème sous ce titre; j'en ai fait un, il y a environ trente ans, sur la loi naturelle, ce qui est très-différent, volt. Lett. Cogé, 27 juill. 4767. Il B* S'imputer, v. réfl. Être imputé, mis en compte. Les payements faits par un débiteur s'imputent sur les dettes qui lui sont lo plus à charge. || Fig. Être attribué à. Elle.... ne souffrira pas Que ce change s'impute à son manque d'appas, CORN. Caler, du pal. ni, 4. C'est un point

INA

délicat; et de pareils forfaits. Sans les bien avérer, ne s'imputent jamais, mol. Sgan. <2.

— HIST. XIII" s. Si parla l'en de ces clers riches, r:t des prestres avers [avares] et chiches, Qui ne font bonté ne honour X evesque ne à seigneur; Cil prestres i fut emputeiz [accusé], ruteb. 27b.|| xiV s. Madame, je te prie que tu ne vueilles imputera moy cp dont je suis contraint de faire, Ménagier, i, 6. Ce que nous faisons par ire et en concupiscence est chose involuntiire, et ne nous doit pas estre imputé à mal, OBESME, Eth. 62. ||xv s. Cil li respont isnel le pas : Voir, très chier ami te repute ; Or ne double nul qui t'empute [accuse] ; Car devant le roy m'en iray Pour toy, et te delivreray, Myst, Barlaam et ios. dans gui de cambrai, p. as». Je ne lui veux point du tout imputer l'occasion de la guerre, COMM. IV, (3. Il xvi" s. Bienheureux celui auquel Dieu impute ou alloe la justice sans œuvres! calv. Inst. 57). Pourquoi Dieu imputeroit il à vice aux hommes les choses desquelles il leur a imposé nécessité? ID. ib. 882.

— ÊTYM. Lat. impxitare, porter en compte, de in, en, et putare compter (voy. putatif).

t IMPDTEUR (in-pu-teur),î. m. Celui qui impute.

— HIST. XVI* s. Imputeur, ouniN, Dict.

I IMPCTRESCIBILITÉ (in-pu-trè-ssi-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est imputrescible. Tous les cuirs fabriqués par des méthodes expéditives n'ont pas offert le caractère d'imputrescibilité désirable, parce que le tannin n'avait pas eu le temps de déplacer complètement les substances grasses pour arriver jusqu'au centre des peaux. Presse scientif.

4" juin. 4865, p. 8.

t IMPUTRESCIBLE (in-pu-trè-ssi-bl'), adj. Qui ne peut se putréfier. La peau qui s'est combinée avec le tannin porte le nom de cuir ; elle est détenue imputrescible et imperméable, pelouze et frémy, Abrégé de chimie, t. u, p. 68. || Paille imputrescible, ficelle imputrescible, paille, ficelle trempées dans une préparation pour les empêcher de pourrir à l'action de l'air.

— ÊTYM. Im...., et putrescible.

<. IN.... Préfixe qui a une signification négative, et qui dérive du latin in, même sens; grec, àv, à (a privatif); allem. un; angl. un; sanscrit, an. In se change en im devant les labiales b, p ou m, par exemple : imberbe, impur, immobile; en il devant l, par exemple : illettré ; en r devant r, par exemple : irréligion.

2. IN.... Préfixe qui signifie dans, en (voy. en 4), et qui est la préposition latine t'n, en grec iv; les variations orthographiques en sont les mêmes que pour m négatif, par ex. : imbiber, imposer, illuminer, irruption, etc.

I INABONDANCE (i-na-bon-dan-s') , s. f. Défaut d'abondance. Pour soixante mille hommes, la seule iiiabondance est un danger, la harpe, dansLAVEAUx.

— ÊTYM. In.... 4, et abondance.

INABORDABLE (i-na-bor-da-bl'), adj. \\ !• Où

l'on ne peut aborder. U [un pirate] s'était aisément emparé sur celte côte de quelques petites lies qui ne sont que des rochers inabordables, VOLT. Polit, et législ. Fragm. hist. sur l'Inde, xii. Il 1° Par extension. Dont on ne peut pas approcher, en parlant d'un lieu. Les bureaux de la comédie sont inabordables, tant la foule est grande. Il 3° Fig. Qui est de difficile accès, en parlant d'une personne. Qu'il leur soit permis d'être fâcheux, inabordables, mass. Pet. car. Hum. Comme il est entouré ! leur troupe impénétrable Semble cacher au peuple un monstre inabordable , volt. Agalhocle, ii, 4 .

— ÉTYM. In.... 4, et abordable.

t INABORDÉ, ÉE (i-na-bor-dé, dée), adj. Qui n'a point été abordé. Peindre Colomb et Gama touchant pour la première fois des rocs inabordés, LA HABPE, dans LAVEAUX. Des rocs inabordés où repose la glace. Qu'un mortel imprudent méprise la menace Et trouble par un cri le silence des airs, HASsoN, Ilelv. m.

— ÊTYM. In.... 4, et inabordé.

t INABRITÉ, ÉE (i-na-bri-té, tée), adj. Qui n'est point protégé par un abri. Port inabrité.

— ETYM. In.... 4, et abrité.

INABROGÉ, ÉE (i-na-bro-jé, jée), adj. Qui n'a point été abrogé.

— ÉTYM. In.... 4, et abrogé.

t INABSOLUTION (i-na-bso-lu-sion) , t. f. Défaut d'absolution, de pardon.

— ÉTYM. In.... 4, et absolution.

t INABSOUS, ODTE (i-na-bsou, bsou-t'), ctdj. Qui n'a point été absous. Les pénitents inabsous.

— ÊTYM. In.... 4, et absout.

t INABSTINENCE{i-nabsti-nan-s'), s. f. Manque à s'abstenir. Il est mort pour ne s'être pas abstenu de viande quand il fallait s'en abstenir; c'est donc l'inabstinence de la viande qui l'a fait mourir, la

HARPE, dans LAVEAUX.

— ÊTYY. Lat. inabstinentia (quicherat. Addenda), de inabstinens, inabstinent.

t INABSTINENT, ENTE (i-nab-sti-nan, nan-t'), adj. Qui n'est pas abstinent.

— ÉTYM. Lat. inabslinentem (quicherat. Addenda),de in (voy. in.... i), et abstinens, abstinent.

IN.\CCEPTABLE (i-na-lisè-pta-bl'), adj. Qu'on ne peut, qu'on ne doit pas accepter. Ces propositions sont inacceptables.

— ÉTYM. In.... 4, et acceptable.

t INACCEPTÉ, ÉE (i-na-ksè-pté, ptée), adj. Qui n'a point été accepté. Offre inacceptée.

— ÊTYM. In.... I, et accepté.

t INACCESSIBILITE (i-na-ksè-ssi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est inaccessible. Jésus-Christ ne laisse pas de conserver dans le sacrement son inaccessibilité, PASCAL, PrOV. XVI.

— r.TYM. 'L3X.inaccessibilitatem,Aeinaccessibilis, inaccessible.

INACCESSIBLE (i-na-ksè-ssi-bl'), adj. \\ 1° Dont l'accès est impossible. Eusses-tu pour retraite un roc inaccessible, Tigresse , tu mourras.... xorn. Médée, v, 8. Ce n'est pas seulement des hommes à combattre, c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravines et des précipices, soss. Louis de Bourbon. Ce lieu inaccessible à tout mortel, mass. Car. Temples. Du sein de ce sépulcre, inaccessible au monde, volt. Sémiram. i, 3. || Fig. Des lits au bruit inaccessibles, boil. iulr. iv. || 2° Fig Qui ne peut être atteint par la capacité humaine. Aussi Dieu était-il inaccessible à notre nature, boss. Hist. u, 4 2. Si la lumière est inaccessible à l'orgueil, elle ne l'est pas à la pureté du cœur, bourdal. 4" dim. après la Pentec. Dominic. t. ii, p. 425. Je recommence à reconnaître un être suprême inaccessible à nos sens, et prouvé par notre raison, qui a fait le monde et qui le conserve, volt. Dial. 7. Ces deux métaux qui composent la platine [le platine] sont tous deux dans un état inaccessible à notre art qui ne peut agir sur eux, ni même nous les faire reconnaître en nous les présentant dans leur état ordinaire, Bl'FP. Min. f. V, p. 427. L'enchaînement des vérités conduit à des résultats qui paraissaient inaccessililas, quand le principe dont ils dépendent était inconnu, la place, Exp. iv, 3. ||3° Auprès de qui on ne peut trouver d'accès, à qui il est très-difficile de parler. Je suis inaccessible ; j'ai toujours dans ma chambre ou b roi ou Mme la duchesse de Bourgogne, MAINTENON, Iclt. au cord. de Noailles, 9 sept. 4 698. Exposez-vous au monde selon la bienséance de votre état ; si vous êtes inaccessible, vous ne serez pas aimée, id. ^tiw à la duch. de Bourg. Lelt. t. m, p. 207, dans pougens. C'est être faible et timide que d'être inaccessible et fier, mass. Pet. car. Iluman. des gr. Ce ministre [le vizir], aussi inaccessible que son maître, occupé des intrigues du sérail et sans correspondance au dehors, est d'ordinaire trompé ou trompe le sultan, qui le dépose ou le fait étrangler à la première faute, volt. Ch. XII, «. Il Fig. Qui n'est point touché de cerlaines choses, qui n'éprouve point certains mouvements de l'âme, certaines passions. II est inaccessible au vice, TRISTAN , Ponthée, iv, 4. Je voudrais à l'amour paraître inaccessible, rotrod, Yencesl. ii, 5. Il oppose à l'amour un cœur inaccessible, rac. Ph. III, 4. Toujours inaccessible aux vains attraits du monde, volt. Henr. v. Cette sagesse qui le rendait inaccessible à l'esprit de système, condorcet, llaller. Un cœur inaccessible à la douceur d'aimer, A. ciiÉN. ÉpUre I. Je trouvai un ami sensible.... et inaccessible aux préjugés, bern- de st-p. Chaum. ind. Il Inaccessible aux factieux, qui n'écoute pas les factieux. Gaston, que la cour avait attiré dans ses sentiments, était-il inaccessible aux factieux ? boss. le Tellier. || Absolument. Et vous, plus inhumain et plus inaccessible. Conservez contre moi le titre d'invincii)le, rotr. Antig. Ii, 2.

— HIST. XVI* s. Nos Allemans quelque petit doublèrent, Voyans ce roch quasi inaccessible, j. mahot,

— ÉTYM. Lat. inaccessibilis, de t'n.... 4, et CKcessibilis, accessible.

t INACCLIMATABLE ( i-na-kli-ma-ta-bl' ) , adj. Qui ne peut s'acclimater. La race indo-européenne s'est constamment trouvée inacclimatable dans ses nombreuses et persévérantes tentatives sur les versants méditerranéens de la côte d'Afrique et plus

INA

particulièrement en Egypte, bertillon, Pict. encyct. des se. méd. Acclimatement.

\ INACCLIMATÉ, ÉE (i-na-kli-ma-té, tée) , ailj. Qui n'est pas acclimaté.

— ÉTYM. 7n.... I, et acclimaté.

t INACCLLMATEMENT (i-na-kli-ma-te-man), s. m. Manqueàs'acclimater. L'inacclimatement d'une race.

INACCOMMODABLE (i-na-ko-mo-da-bl') , adj.

Qui ne se peut accommoder, concilier. C'est une querelle inaccommodable. Il faut voir ce que Dieu voudra; car, s'il avait bien résolu que les articles [d'un contrat de mariage] fussent inaccomraodables, je défierais tous les avocats de Paris d'y trouver des expédients, sév. 15 aoftt i685.

— ÉTYM. In.... t , et accommodable.

t INACCOMPAGNÉ, ËE (i-na-kon-pa-gné, gnéo), adj. Qui n'est point accompagné. Voyageur inaccompagné.

— ÉTYM. In.... 4, et accompagné.

t INACCOMPLISSEMENT (i-na-kon-pli-se-man) , s. m. Manque d'accomplissement. J'ai dit que c'était un mot [banqueroute] qu'on osait à peine prononcer devant une chambre aussi honnête que celle-ci cl dans un siècle aussi honnête que le nôtre ; mais j'ai soutenu qu'on marchait vers l'inaccomplissement des engagements, thiehs, Journ. des Débats, 7 juin 4 865.

t INACCORD (i-na-kor) , s. m. Terme de grammaire. Manque d'accord. L'inaccord de deux termes.

INACCORDABLE (i-na-kor-da-bl'), udj. ||1° Qu'on ne peut mettre d'accord. Des intérêts inaccordables. Il 2° Qu'on ne peut accorder, octroyer. Cette demande est inaccoriable.

— ÉTYM. In.... 4, et accordable.

IVACCOSTABLE (i-na-ko-sta-bl'), adj. Terme familier. Qu'on ne peut accoster. C'est un homme inaccostable. || On dit beaucoup mieux inabordable.

— HIST. XVI* s. Hargneux, et melanoboliques, inaccostables, choliêres. Contes, t. u, après dian. 6, p. 219, dans pougens.

— ÉTYM. In.... I, et accostable.

t INACCOUTUMANCE (i-na-kou-tu-man-s'), s. f. Défaut d'habitude, d'accoutumance.

— HIST. xvi* s. Inaccoutumance, monet, Dict.

— ÉTYM. In... 4, et accoutumance.

INACCOUTUMÉ, ÉE (i-na-kou-tu-mé, mée) adj.

Il 1° Qui n'a pas coutume de se faire, d'advenir. Cérémonies inaccoutumées. || 2° Qui n'est pas fait à, pas habitué à. On connaît leskermesses de la Flandre : elles étaient portées dans le siècle passé jusqu'à une indécence qui pouvait révolter des yeux inaccoutumés à ces spectacles, volt. Dict. phil. Délits locaux.

— HIST. XVI* S. Et ne me servit cette miemie inaccoustumée institution, que de me faire enjamber d'arrivée aux premières classes, mont. 1,4 9».

— ÉTYM. In.... 4, et accoxUumé.

t INACCUSABLE (i-na-ku-za-bl'), adj. Qui no peut, ne doit être accusé.

— ÊTYM. Lat. inaccusabilis (quicherat. Addenda), de in (voy. in.... i), et , accusabilis de accusare, accuser.

j INACHETÉ, ÉE (i-na-che-té, tée), adj. Qui n'a point été acheté. Des mets inachelés.

— ÊTYM. In.... 4, et acheté.

INACHEVÉ, ÉE (i-na-che-vé , vée), adj. Qui n'a point été achevée. Une œuvre inachevée.

— ÊTYM. In.... 4, et achevé.

t INACQUÉRABLE (i-na-ké-ra-bl) , adj. Qui ne peut être acquis. Cette faculté mystérieuse, inacquérable et indicible, le génie, asselineau, Bévue franc, i" sept. 4 866, p. 97.

— ÊTYM. In.... 4, et acquérir.

I INACQUITTABLE (i-na-ki-ta-bl'), adj. Qui ne peut être acquitté.

— HIST. XVI* s Non toutefois sans y estre tenus par une grandissime et à jamais inacauitable obligation, carloix, u, H.

— ÉTYM. In.... 4, et acquittable.

INACTIF, IVE (i-na-ktif, kti-v'), adj. Qui n"a point d'activité. Rester inactif. Un esprit inactif.

— ÉTYM. In.... 4, et actif.

INACTION (i-na-ksion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Cessation de toute action. Que je hais ces sortes de vapeurs d'épuisement! qu'elles sont difficiles à guérir, quand le remède est de s'hébéter, de ne point penser, d'être dans l'inaction ! SÉV. 543. J'aime mieux être seul et dans l'inaction Que de mésallier ma conversation, boubsai'LT, Fables d'Ésope, i, 6. Ne serait-il pas aussi vrai do dire que l'homme est si heureux en ce point, et que nous avons tant d'obligations à l'auteur de la na^ture, qu'il a attaché l'ennui à l'inaction afin de

ÎNA

nous forcer par là à être utiles au achain et à nous-mêmes f volt. Philosophie, Bf .... Pens. Pose. XXVI. Il [Haller] aurait préféré la mort à une inaction un peu longue, et il me l'écrivait lui-même, BONNET, Lelt. div. CEuv. t. xii, p. 208, dans pougens. On le vit Inquiet ; soit que, comme à tous les hommes d'action, l'inaction lui pesât, et qu à l'ennui d'attendre il préférftt le péril.... ségur, Hist. de Nap. v, <. Cette apparente inaction de Napoléon dans Vilna dura vingt jours, id. ib. iv, 8. Il Terme de manège. Laisser le clieval dans l'inaction, le maintenir immobile sur les quatre jambes, pour faire fléchir l'encolure.

— REM. Vaugelas observe que inaction est du nombre de ces mots qu'on peut former quand on veut et qu'on n'emploie guère que par raillerie ; cependant on ajoute que quelques-uns commencent à s'en servir. Depuis lors , inaction s'est pleinement établi.

— SYN. INACTION, INACTIVITÉ, OISIVETÉ. L'inaC-

lion est l'état de celui qui ne fait rien actuellement. L'inactivité est la disposition à ne rien faire. L'oisiveté est l'état de celui qui passe son temps à oe rien faire, ou à faire des riens.

— ÉTYM. In... I, et action.

t INACirVEMENT (i-na-kti-ve-man) , adv. D'une manière inactive.

— ÉTYM. Inaclive, et le suffixe ment.

INACTIVITÉ (i-na-kti-vi-té), s. f. Manque d'activité; disposition à l'.naction.

— ÉTYM. Inactif.

t INADÉQUAT, ATE (i-na-dé-koua, koua-t') , arlj. Terme de philosophie Qui n'est pas adéquat, pas complet. Une idée concrète est obscure ou inadéquate, si toutes les idées qui la composent ne sont pas présentes à l'âme, bonmet, Eis. ana/yt. dme,ch. I6.

— ÉTYM. In... I, et adéquat.

t INADHÉRENT, ENTE ( i-na-dé-ran , ran-t'), adj. Terme didactique. Qui est dépourvu d'adhérence. Molécules inadhérentes. || Terme de botanique. Organe inadhérent, tout organe libre qui oe tient à aucun autre.

— ÉTYM. In.... t, et adhérent.

t INADMIS, ISE (i-na-dmî, dmi-z'), adj. Qui n'est point admis.

— ETYM. fra. .. i, et admis.

INADMISSIBILITÉ (i-na-dml-ssi-bi-li-té) , t. f.

Qualité de ce qui est inadmissible. L'inadmissibilité d'une preuve. L'inadmissibilité d'un candidat.

— ÉTYM. Inadmissible.

INADMISSIBLE (i-na-dmi-ssi-bl') , adj. Qui ne saurait être admis. Preuve inadmissible. Ce candidat a mal soutenu ses épreuves, il est inadmissible.

— HiST. XV* s. Et pour ce que les excusations qu'il avoit envoyées de non y venir furent declairées inadmissibles et non recepvables.... Bibl. des chartes, 4* série, t. 11, p. B57.

— ÉTY.M. In.... I , et admissible.

t INADMISSION (i-na-dmi-ssion), s. f. Refus d'admettre.

— ÉTYM. In.... t, et admission.

I INADVERSION (i-na-dvèr-sion), s. f. Mot inusité, pour inadvertance, employé par Scarron : Et quand je fais omission, C'est par pure inadversion, y'irg. III.

t INADVERTAMMENT (i-na-dvèr-ta-man), adv.

Avec inadvertance.

— HIST. xvi« s. S'il se trouve chose dicte par moy ignorammcnt ou inadvertamment contre les sainctes prescriptions de l'église catholique, mont, i, 394.

INADVERTANCE (i-na-dvèr-tan-s'), s. f. || 1° Défaut de celui qui ne prend pas garde. C'est une cruauté de prendre avantage de l'inadvertance ou peu de soin d'autrui, patru, plaidoyer 4, dans riciiELET. Tout le monde sait à Marseille par quelle inadvertance la poste fut apportée du Levant, et on s'en préserve, volt. Fragm. sur l'hist. art. xiv. Il î" Action, faute que l'on fait par inadvertance. Quand l'aigle sut l'inadvertance, la font. Fabl. 11, 8. Il était sujet aux distractions et aux inadvertances, HAMiLT. Gramm. s. \\ Négligence dans le style. On ne remarque ces légères inadvertances qu'en faveur des étrangers et des commençants, VOLT. Comment. Corn. rem. Cinna, i, 4.

— SYN. INADVERTANCE, INATTENTION. L'in-ldver-

tance est l'état d'un esprit qui neprend point garde; l'inattention, l'état d'un esprit dont l'attention né se fixe pas. L'inadvertance est presque toujours un fait isolé; l'inattention peut être un état habitueL

— HIST. XIV* s. Ceux qui en lour parler dient par inavertance aucune chose dont il ne se prenoient garde, oresme, Eth. Si. || xv s. Les premiers jours, ces bons contes se dyent en l'oreille et bas, et après

TNA

par inadvertance s'en parle en disant, cohk. n, 8. Il XVI* s. Tel accident le plus souvent vient de l'imperitie ou inadvertance du chirurgien, paré, vni, 2:1.

— ÉTYM. Inadvertant.

t INADVERTANT, ANTE (i-na-dvèr-tan, tan-t'), adj. Qui a de l'inadvertance. C'est son organisation qui le rend inadvertant sur les subsistances dont il se nourrit, raïnal, Hist. phil. xvii, 13.

— ÉTYM. /n... ),etlelat. adverlentem, partie, de cuivertere, faire attention, composé de ad, vers, et vertere, tourner.

t INAFFECTATION (i-na-fè-kta-sion^, s. f. Absence d'affectation. Je veux de l'antithèse ou de la métaphore. Des mots pleins d'énergie et d'érudition. Comme inintelligible, inaflectation ; J'y trouve une beauté presque inimaginable, boursault, Fables d'Ésope, i, 6.

— ÉTYM. In.... <, et affectation.

t INAFFECTÉ, ÉE (i-na-fè-kté, ktée), adj. Qui n'est point affecté.

— ÉTYM. In.... I , et affecté.

t INAFFLIGÉ, ÉE (i-na-fli-jé, jée), adj. Qui n'est point affligé.

— ÉTYM. In.... I, et affligé.

I INAGUERRI, lE (i-na-ghe-ri , rie), adj. Qui n'est point aguerri. Des soldats inaguerris.

— HIST. XVI* s. Inaguerri, cotiravb.

— ÉTYM. In.... (, et aguerri.

t IN AILÉS (i-nè-lé), s. m. pi. Terme d'ornithologie. Section de l'ordre des oiseaux nageurs, comprenant ceux qui n'ont point d'ailes proprement dites, mais seulement de courts moignons qui ne peuvent servir qu'à la natation.

— ÉTYM. In.... <, et ailé.

t INAIMABLE (i-nè-ma-bl') , adj. Qui n'est point aimable. Nous avons bien des gens inaimables, et cependant inaimable ne s'est point encore dit, volt.

dans LAVEADX.

— ÉTYM. In.... », et aimable.

t INAJOURNABLE (i-na-jour-na-W), ad]. Qui ne peut être ajourné. Multiplions, prolongeons les séances destinées à la discussion des lois constitutionnelles ; écartons inexorablement tout ce qui viendrait l'interrompre sans avoir un titre pressant et manifeste à une délibération soudaine et inajoumable, DAUNOu, dans la veaux.

— ÉTYM. In.... 4, et ajoumable.

t INALBUMINÊ, ÉE (i-nal-bu-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Embryon inalbuminé, celui qui n'a point d'albumen ou d'endosperme.

— ÉTYM. In.... I, et albumine.

INALIÉNABILITÉ (i-na-li-é-na-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est inaliénable. Le principe de l'inaliénabililé des domaines [du roi] n'a jamais empêché en France ni de les donner aux courtisans ni de les engager à yil prix dans les besoins de l'Etat, volt. Vict. phil. Inaliénation.

— ÉTYM. Inaliénable.

INALIÉNABLE (i-na-li-é-na-bl'), o4). Qui ne peut être aliène, vendu ou donné. Des domaines inaliénables. Le domaine de l'État est inaliénable. Le domaine des empereurs romains étant autrefois inaliénable , c'était le sacré domaine ; les barbares vinrent, et il fut très-aliéné, volt. Dict. phil. Inaliénation. Il Fig. L'honneur est un bien inaliénable dont chacun se doit répondre à soi-même, bour- DAL. Dim. de la Quinquag. Dominic. t. 1, p. 475. C'est un droit inaliénable que la vertu a sur le cœur, MASS. Avent, Bonh.

— HIST. XVI* s. Estant le bien de l'Eglise inaliénable, coNiJÉ, Hémoires, 70 1.

— ÉTYM. In.... i, aliéner.

t INALIÉNATION (i-na-li-é-na-sion), ». f. État de ce qui n'est pas aliéné. Inaliénation, inaliénable, volt. Dict. phil. Inaliénation.

t INALIÊNÉ, ÉE (i-na-li-é-né, née), adj. Qui n'a pas été aliéné, distrait par vente ou donation.

+ INALLIABILITÉ (i-na-li-a-bi-li-té), s. f. Qualité des choses inalliables.

INALLIABLE (i-na-li-a-W) , adj. Qui ne peut être combiné par alliage. Ces deux métaux sont inalliables. Il Fig. C'est par ce regard de la volonté divine que nous allions ces mouvements qui paraissent d'abord contraires et inalliables, tant à l'égard du passé que de l'averiir [l'approbation de ce qui vient de Dieu, et la condamnation de ce qui vient de l'homme], nicole, Ess. de mor. a* traité, chap. 3. Vous ôler votre tristesse, comme une chose inalliable et incompatible avec votre santé, sÉv. Lett. à du Pletsis, 20 août i6»o. Vous vous trompez de regarder comme inclinations inalliables avec la piété ces penchants.... hass. Car. Pécheresse. Nous voulions allier ce que cet homme céleste.... croyait

ÎNA

inalliable, m. Confér. Zèle contre les scandales Pour empêcher que son peuple ne se fondît parmi les peuples étrangers, il [Moïse] lui donna des usages inalliables avec ceux des autres nations, 1. i. Rouss. Pologne, 2. On trouve quelquefois dans l'esprit des hommes les plus sages des idées par leur nature inalliables, que l'éducation, la coutume ou quelque impression violente ont liées irrévocablement dans leur mémoire, vauven. Justesse.

— ÉTYM. In.... 1, etalliable.

t INALPAGE (i-nal-pa-j'), t. m. Terme de la Savoie. Ascension au chalet.

~ ÉTYM. In.... i, et Alpes.

t INALPIN, INE (i-nal-pin, pi-n'), adj. Terme do géographie. Situé dans les Alpes. Bourg, site inalpin^

—ÉTYM. In.. . i, et Alpes.

t INALTÉRABILITÉ (i-nal-té-ra-bi-li-té),s. f Qualité de ce qui est inaltérable. Les trois propriétés communes à l'or et à l'argent, qu'on a toujours regardés comme les seuls métaux parfaits, sont la ductilité, la fixité au feu, et l'inaltérabilité à l'airet dans l'eau, buff. Min. t. V, p. 6. On pourrait ainsi concilier l'inaltérabilité des mouvements célestes, prouvée par les phénomènes, avec l'opinion de ceux qui regardent le vide comme impossible, laplace. Exp. m, 3.

INALTÉRABLE (i-nal-té-ra-bl'), adj. Qui ne peut être altéré. L'argent, étant moins inaltérable que l'or, et ne pouvant être attaqué par certains sels dans le sein de la terre, se présente assez souvent sous des formes minéralisées, buff. Min. t. viii, p. 60. Il Par extension. Une santé inaltérable, une santé que rien ne trouble. Je souhaite des apoplexies aux Ribalier, aux Larcher, aux Cogé, et à vous, mon cher confrère, une santé aussi inaltérable que l'est mon attachement pour vous, volt. Lett. Saurin, 43 janv. (768. || Fig. Une inaltérable douceur, une patience invincible, et une inviolable fidélité envers les puissances , boss. 6* avert. § 1 . D'un bonheur assuré l'inaltérable cours, volt. Marianne, v, (. Nous étions étonnés qu'il n'eût point ce courage Inaltérable et calme au milieu du carnage, m. Tancr. v, 4 .

— ÉTYM. In.... i, et altérable.

■)■ INALTÊRATION (i-nal-té-ra-sion), ». f. Absence d'altération, de changement en pis. 11 était facile de dédoubler le papier [papier de sûreté fait de deux feuilles très-minces] et de le rétablir ensuite dans son état primitif, ce qui rendait illusoire toute girantie fondée sur l'inaltération apparente de la vignette intérieure, gaugain, Presse seierUilique, 1863, t. II, p. no.

— ÉTYM. In.... 4, et altération.

t INALTÉRÉ, ÉE (i-nal-tè-ré, réé), adj. Qui n'a point subi d'altération, de changement en pis. Il n'existe dans la nature ni corps parfaitement polis et incompressibles qui, après avoir été soumis à des pressions accompagnées de glissements ou de roulements, soient inaltérés dans leurs surfaces ou dans leurs formes, ni enduits parfaitement fluides, morin, Acad. des se. Comptes rendus, t. lx, p. 330.

— ÉTYM. In.... I, et altéré.

I INAMABILITÉ (i-na-ma-bi-li-té), s. f. Défaut d'ani.ibilité.

— ÉTYM. In.,.. I, et amabilité.

f INAMENDABLE (i-na-man-da-bl') . adj. Qui ne peut s'amender. || Terme d'agriculture. Qui ne peut être amendé. Terre inamendable.

— HIST. xvi* s. Un vice constant, inamendable,

MONT. Il, 86.

— ÉTYM, In.... \, et amendable.

t INAMICAL, ALE (i-na-mi-kal, ka-l'), adj. Qui n'est point amical.

— ÉTYM. In.... 4, et amical.

t INAMICALEMENT (i-na-mi-ka-le-man) , adv. D'une manière non amicale.

INAMISSIBILITË (i-na-mi-ssi-bi-li-té), ». f. Terme de théologie. Qualité de ce qui est inamissible. C'est ce dogme qui est appelé l'inamissibilite de la justice, c'est-à-dire le dogme où l'on croit que la justice une fois reçue ne se peut plus perdre, Boss. Var. ix, § 5. Ainsi [suivant les réformés] jamais un réprouvé ne peut sortir d'un élu ; qui l'osera dire? et cependant qui pourra nier qu'une si visible et si étrange absurdité ne soit clairement renfermée dans les principes du synode et dans la doctrine de l'inamissibilite ? id. ib. xiv. || Il se dit, au même sens, dans le langage général. L'inamissibilite de ces droits.

— ÉTYM. Inamissible.

INAMISSIBLE (i-na-mi-ssi-W) , adj. Terme do théologie. Qui ne peut se perdre. Le parfait qui est parvenu à l'amour inamissible, boss. Nouv. myst. Il, i. Mane, en vertu de la conception, possédait une

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INA

INA

grâce inaltérable et, comme parlent les théologiens, inamissible, bouhdal. Myst. Conc. de la Vierge, t. Ii, p. t2. La foi inamissible ne se trouve que dans les élus, fén. t. u, p. 42. || 11 se dit, au même sens, dans le langage général. Des propriétés inamissibles, Lamartine, dans legoarant.

— ÉTYM. Lat. inamissibilis, de in (voy. in.... i], et amissibilis, amissible.

t INAMOLLIBLE (i-na mol-li-bl') , adj. Qu'on ne peut fléchir, amollir. Morellet est donc tout à fait inamoUible [il veut écrire à toute force contre moi], GALiANi, Corresp. t. i, p. t32 (le texte a inaccessible, qui r.'a pas de sens, et l'errata au 2' volume, inamollible).

— ÉTYM. In.... i, et amollir.

t INAMOLUSSABLE (i-na-mo-li-sa-hl'), adj. Qui ne peut être ramolli.

— HIST. ïvi* s. Le syrop pénétrera jusqu'au cœur du noiau, quoique la coque d'icelui soit dure et inamolissable, o. de serres, 86|.

— ÉTYM. In... I, et amollir.

INAMOVIBILITÉ (i-na-mo-vi-bi-li té), s. f. Qualité de ce qui est inamovible. L'inamovibilité des magistrats. L'inamovibilité d'un emploi.

— ÉTYM. Inamovible.

INAMOVIBLE (i-na-mo-vi-bl'), adj. Qui ne peut être ôté d'un poste, qui ne peut être destitué de sa ]ilace arbitrairement. En France, les juges sont inamovibles. Il Fig. La vérité dont nous nous regardons comme les possesseurs inamovibles, mibabeau, Cotlect. I, p. 6. Il II se dit également des emplois à vie. Cette place est inamovible.

— ÉTYM. In.... ), et amovible.

t INAMUSABLE (i-na-mu-za-bf), adj. Que l'on ne peut amuser ou distraire. Quel supplice d'avoir à amuser un homme inamusable [Louis XIV]! maintenon, dans le Dict. de bescherelle.

— ÉTYM. /n.... (, et amusable.

I INAMUSANT, ANTE (i-na-mu-zan, zan-t'), adj. Qui n'est pas amusant. Il se peut qu'il y ait une nuance entre inamusant el ennuyeux, la harpe, dans le Dict. de bescherelle.

t INANLMABLE (i-na-ni-ma-W) , adj. Qui ne peut être animé, à qui l'on ne peut donner de l'âme. Ce rOle demanderait un jeu animé, mais l'acteur paraît inanimable, legoarant.

— ÉTYM. In.... ),et animer.

t INANIMATION (i-na-ni-ma-sion), i. f. Manque d'animation.

— ÉTYM. In.... i, et animation.

INAMHË, ÉE (i-na-ni-mé, mée), adj. || 1" gui n'est point animé, doué de vie, ou qui a cessé de l'être. Auï feux inanimés dont se parent les cieux 11 rend de profanes hommages, rac. Usth. ii, 9. Et froide, gémissante et presque inanimée, Aux pieds de son amant elle tombe pâmée, id. Phèdre, v, 6. La matière inanimée n'a ni sentiment, ni sensation, ni conscience d'existence, bufk. Uist. anim. ch. i, OEuv. t. m, p. ♦. Il i" Fig. Qui manque d'âme, de vivacité. D'un peuple sans vigueur et presque inanimé, HAC. Alex. II, 2. Une vertu faussa, superficielle, inanimée, hàss. Avent, Délai. Elle rougissaitdevant moi, qui suis inanimé sous l'empire de ce sexe, MONTBSQ. Lett. pers. 7». L'horrible supplice De presser sur mon coeur un cœur inanimé Qui ne m'aimera point s'il ne m'a point aimé, duc. Ose. m, 2.

— ÉTYM. Lat. inanimatus, de in (voy. in.... <), et anima, vie, âme.

t INANISATION (i-na-ni-za-sion) , s. f. Terme de médecine. Passage graduel du corps à un état dont le terme est l'inanition.

— ÉTYM. Lat. inanis, vide. Les lexiques médicaux donnent inanitiation ; mais inanitiation est un mot très-barbare, suppo.sant un verbe inanitier qui ne peut jamais provenir de inanitio; l'adjectif, inanis ne pouvait fournir en français q ue inomser, comme stérile a fourni stériliser, d'où inanisatiun, comme stérilisation.

INANITÉ (i-na-ni-té) , ». f. \\l' Au propre, état de ce qui est vide. Ne se dit qu'eu cette locution de chronologie : temps d'inanité, années du monde qui se sont écoulées avant la loi de Moïse. || 2° Fig. Vide et vanité. Fuis l'embarras du monde autant qu'il t'est possible ; Ces entretiens du siècle ont troj> d'inanité, corn. Imit. I, *0. Dans quelle inanité demeure-t-onT soss. Letl, abb. Iti. Devant lui [le Seigneur].... tout est réputé comme un néant, comme un vide, comme une pure inanité, lo. Élevât, sur les myst. i, 4.

— HlST. xvi* ». Leur inanité leur donne poids el reicreiice [aux singeries des sorciers], mont, i, »o, Quelle vanité et sotte inanité en nos désirs et souhaits \ CHARRON, Sagesse, i, m.

— ÉTYM. Lât. inanitatem, de inanis, vide; comparez îvôv, tvEïv, vider.

t INANITIATION, mauvais mot pour inanisation.

INANITION (i-na-ni-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Épuisement par défaut de nourriture. Il me dit que vous ne vous laissassiez point mourir d'inanition, sÉv. 395. Les hommes de l'état mitoyen, auxquels l'inanition et les excès sont également inconnus, BUFF. Bœuf. Celui de mes arbres qui s'était dépouillé le premier sentit tout l'effet de l'état d'inanition et de sécheresse où il était réduit, id. Exp. sur les végét. 2* mém. Partout [dans Moscou] des soldats assis sur des ballots de marchandises, sur des amas de sucre et de café, au milieu des vins et des liqueurs les plus exquises, qu'ils voudraient échanger contre un morceau de pain ; plusieurs, dans une ivresse qu'augmente l'inanition, Sunt tombés près des flammes, qui les atteignent et les tuent, SÊGUR, Hist. de Nap. viii, 8. || 2" Il s'est dit aussi de l'épuisement que causent les vapeurs. Je viens ici, ma fille, chez cette pauvre Mlle de Méri achever celte lettre et fermer mon paquet; la voilà toute accablée de vapeurs et d'inanition, incapable d'écrire un mot, sÉv. 385.

— HIST. xiv s. La manière de la generasion de spasme de inanition, h. de mondeville, f" 65. Froidure ou inanicion grande, bkrnard de gordon, Traduction. IV, 6.

— ÉTYM. Provenç. inanicio ; espagn. inanicion ; (lu lat. inanitionem, de inanis, faible (voy. inanité) .

t INANTIlÉiîÉ, ÉE (i-nan-té-ré, rée),aci). Terme de botanique. Filets d'étammes inanthérés, ceux qui ne portent pas d'anthères.

— ÉTYM. in.... t, et anthère.

t INAPAISABLE (i-na-pê-za-W), adj. Qui ne peut être apaisé. Ressentiments inapaisables.

t INAPAISÉ, ÉE (i-na-pê-zé, zée), adj. Qui n'est point apaisé. Et leurs augustes mânes Erraient inapaisés autour de vos cabanes, delille.

— ÉTYM. In.... 4, et apaisé.

t INAPAISEMENT (i-na-pê-ze-man) , s. m. État d'une âme qui n'est pas apaisée, satisfaite, l'ant qu'il [l'esprit de l'homme] ressentira, sans la pouvoir décrire, L'inquiète fureur de Tinapaisement, PAiLLERON, Revue des Deux-Mondes, i" cet. 4 880, p. 749.

t INAPERCEPTIBLE (i-na-pf-r-sè-pti-bl'), adj. Terme dogmatique. Qui ne peut être aperçu. Je trouve que l'inquiétude est essentielle â la félicité des créatures, laquelle ne consiste jamais dans une parfaite possession, qui les rendrait insensibles et comme stupides, mais dans un progrès continuel et non interrompu à de plus grands biens, qui ne peut manquer d'être accompagné d'un désir ou du moins d'une inquiétude continuelle, mais telle que je viens d'expliquer et qui ne va pas jusqu'à incommoder, et qui se borne à ces éléments ou rudiments de la douleur inaperceptibles à part, lesquels ne laissent pas d'être suffisants pour servir d'aiguillon et pour exciter la volonté, Esprit de Leibnitz, t. I, p. 436.

— ÉTYM. /n.... i, et aperceptible. On dit beaucoup mieux imperceptible.

INAPERCEVABLE (i-na-pèr-se-va-bl') , adj. Qui ne peut être aperçu.

— ÉTYM. In.... 4 , et apercevable.

t INAPERCEVANCE (i-na-pèr-se-van-s'J, s. f. Manque à apercevoir.

— HIST. XVI* s. La décrépitude nous fournit le doux bénéfice d'inappercevance et d'ignorance, et facilité à nous laisser tromper, mont, ii, 8).

— ÉTYM. In.... 4, et apercevant.

INAPERÇU, UE (i-na-pèr-su, sue), adj. Qui n'est

point aperçu. Pâle lampe du sanctuaire. Pourquoi dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire. Te consumes-tu devant Dieu? lamart. Uarm. i, 4. Il Se dit aussi des personnes. Ils s'esquivèrent inaperçus.

— ÉTYM. In.... 4, el aperçu.

t INAPPARENCE (i-na-pa-ran-s'), s. f. Manque d'apparence. Le duc de Chevreuse était en apparence moins occupé; et, cette inapparence, j'aurai hientôt lieu de l'expliquer, st-sim. 4 53, 241.

— ÉTYM. Inapparent.

t INAPPARENT, ENTE (i-na-pa-ran, rau-t') , adj . Qui n'est point apparent. Organe inapparent.

— ÉTYM. In.... 4, et apparent.

t INAPPAUVUI , lE ( i-na-pô-vri , vrie) , adj. Qui n'est point devenu pauvre.

— ÉTYM. In.... 4, et appauvri.

t INAPPENDICULÉ, ÉE (i-na-ppan-di-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Organe inappendiculé, oryatue qui ue présente pas d'appendices.

— ÉTYM. In.,.. *, et appendicule, diminutif formé de appendice.

INAPPÉIENCE (i-na-pé-tan-s'), s. f. Terme de médecine. Défaut d'appétit pour les aliments.

— HIST. XVI' s. L'appétit perdu ou inappétence, par laquelle le malade perd tout i fait la volonté de manger, paré, xx bis, 43.

— ÉTYM. In.... 4, el appétence.

t INAPPLICABIUTÉ (i-na-pli-ka-bi-li-té), *. f. Défaut de ce qui ne peut s'appliquer. L'inapplicabilité d'un exemple, d'une loi.

INAPPLICABLE (i-na-plika-bl'), adj. Qui no peut être appliqué. Cet exemple est inapplicable au fait dont il s'agit.

— ÊTYM. In 4, et applicable.

INAPPLICATION (i-na-pli-ka-sion ; en vers, do

six syllabes), s. f. \\ 1° Défaut, manque d'application, de soin. Vous me disiez que ce n'était jamais par rapport à vous que vous craigniez cette mort où

nous sommes tous condamnés je crains cette

inapplication à vous, et vous conjure de songer à votre conservation, sÉv. 48 janv. 469o. Leurs inclinations [des mauvais rois] pour les hommes lâches et flatteurs, leur inapplication, leur mollesse, FÉN. Tél. xviu. Un malade n'avait à craindre ni son inapplication [d'un médecin] ni même une application légère et superficielle, fonten. Dodart. Il [Louis XIII] aimait beaucoup mieux se défier de ses lumières que d'essayer de vaincre son inapplication, gf.nlis, UUe de Lafayette, p. 5, dans POUGENS. Il 2" Défaut d'attention, d'égards (sens qui n'est plus usité). Le froid et l'inapplication [de De.smarets] pour moi furent si remarqués que les deux ducs me l'avouèrent, st-sim. 201, 472.

— ÉTYM. /n.... 4, et application.

INAPPLIQUÉ, ÉE (i-na-pli-ké, kée), adj.\\ 1° Dont

on n'a point fait l'application. Procédé inappliqué. I: 2" Qui n'applique point son esprit, son attention. Un roi faible et inappliqué, fén. Tél. xiii. Quoi! plus le péril vous frappe et vous épouvante, plus il vous rendrait indolent et inappliqué?... mass. Carême, Mort. U suffit d'un prince faible et inappliqué, et d'un sujet puissant et entreprenant pour plonger un royaume entier dans cet abîme de désastres, VOLT. Russie, 11, 40.

— ÉTYM. In.... 4, et appliqué.

INAPPRÉCIABLE (i-na-pré-si-a-W), adj. || 1° Qui

ne peut être apprécié, c'est-à-dire qui est hors de prix, qui est d'un grand prix. Un tableau inappréciable. Un serviteur inappréciable. || 2° Qui ne peut être apprécié, c'est-à-dire qui ne peut être évalué, qui est à peine sensible. Ces deux objets se ressemblent tellement que la différence en est inappréciable.

— ÊTYM. In.... 4, el appréciable. Rabelais, Garg. I, Prologue, dit impreciable.

tlNAPPRÉCIABLEMENT(i-na-pré-si-a-ble-nian), adv. D'une manière inappréciable.

— ÊTYM. Inappréciable, et le suffixe ment.

t INAPPRÉCIE, ÉE (i-na-pré-si-é, ée), adj. Qiu n'est pas apprécié, estimé. Là [après l'incendie de Moscou], les objets les plus rares, inappréciés par leurs possesseurs, sont vendus à vil prix, siîui'K, Hist. de Nap. vm, 8.

— ÉTYM. In.... 4, et apprécié.

t INAPPKENABLE (i-na-pre-na-bl'), o(/;. Qu'on ne peut apprendre. Langue inapprenable, dans les Mém. de Trévoux.

— ÊTYM. In.... I, elapprenable,lir6 d'apj)rendr(:. t INAPPRÊTÉ, ÉE (i-na-prê-té, tée), adj. Qui

n'est point apprêté. Les mets inapprètés qui forment leur repas, delille.

— ÉTYM In... 4 . et apprêté.

t INAPPRIVOISA BLE (i-na-pri-voi-za-W), adj. Qu'on ne peut apprivoiser. C'est alors que le génie prend la lampe et l'allume, et que l'oiseau solitaire, sauvage, inapprivoisable, brun et triste de plumage, ouvre son bec, commence son chant, fait rete .tir le bocage et rompt mélodieusement le silence et les ténèbres de la nuit, uiderot. Salon de 1765, Œuv. t. xai, p. 35, dans pougens. Quoique ces hirondelles soient un peu plus sauvages que les hirondelles de cheminées, quoique des philosophes [M. Rousseau de Genève] aient cru que leura petits étaient inapprivoisables , buff. Ois. t. xii, ]i. :i72.

— ÊTYM. In.... 1, et apprivoisable.

t LNAPPBIVOISÉ, ÉE (i-na-pri-voi-zé, zée), adj. Qui n'est point apprivoisé, sauvage.

— ÊTYM. In.... 4, et apprivoisé.

t INAPPROUVÉ, ÉE (i-na-prou-vé, vée), adj. Qui n'a point été approuvé.

— ÉTYM. In.... 4, et approuvé.

INA

t INAPTE (i-na-pf), ad;'. Oui manque d'aptitude. Devenu inapte aux affaires, il en a jeté le fardeau lur des mercenaires, et les mercenaires l'ont trompé, /OLNEY, dans laveaux.

— SYN. INAPTE, INEPTE. Celui qui est inapte n'est pas apte à quelque chose, soit de nature, soit par défaut d'exercice, d'instruction, etc. Celui qui est inepte, est sans capacité aucune. Le sens d'inapte est limité à un objet spécial; le sens d'inepte n'est pas limité.

— ÉTYM. In.... 4, et apte.

INAPTITUDE (i-na-pti-tu-d'), s. f. Défaut d'aptitude à quelque chose. Son inaptitude aux affaires. Que pouvais-je espérer de moi, qui sentais si bien mon inaptitude à m'exprimer impromptu? J. j.

BOUSSEAU, Conf. XII.

— SYN. INAPTITUDE, INCAPACITÉ. Entre inaptitude et incapacité est une différence analogue à celle qui existe entre inapte et inepte. L'inaptitude est limitée ou accidentelle: l'incapacité n'est pas limitée et n'est pas accidentelle. Quand l'incapacité n'est pas prise en général et est limitée à un objet, la diflérence est moindre; cependant le sens do l'inc-ipacité est plus défavorable; on peut se corriger d'une inaptitude, on ne se corrige guère d'une incapacité.

— HIST. XVI' s. Ineptitude, cotgraye.

— RTYM. In... 4, et aptitude.

t INA»TICULABLE ( i-nar-ti-ku-la-bl' ) , adj. Qu'on ne peut articuler. Il y a autant de mots lisibles que de mots inarticulables dans son bréviaire [pehlvi], oALiANi, Corresp. t. i, p. 329.

t INARTICCLATION (i-nar-ti-ku-la-sion), s. f. Il 1° Terme d'histoire naturelle. Absence d'articulations, de membres articulés. || 2° Terme de grammaire. Impuissance d'articuler les mots.

— fiTYM. In.... *, et articulation.

INARTICULÉ, ÉE ( i-nar- ti-ku-lé, lée ), adj.

Il 1° Terme d'hisioire naturelle. Qui n'offre pas d'articulations. Il [Aristote] dit que les lions, les ours, les renards naissent informes, presque inarticulés, BUPF. Quadrup.t. m, p. ((6. 112° Qui n'est point articulé, prononcé, ou qui ne l'est qu'imparfaitement. Sons inarticulés.

— ÉTYM. In.... I, et articulé.

t INARTIFICIEL, ELLE ( i-nar-ti-fi-si-èl , è-1'), adj. Oui est sans art, non artificiel.

— HIST. XVI' s. Inartificiel, mont. t. m, p. 489,

dans LACURNE.

— ETYM. Lat. inartificialis, de tn (voy. t'n.... t), et attificialis, artificiel.

t INARTIFICIEUX, EUSE (i-nar-ti-fi-si-eû, eû-z'), adj. Simple, sans artifice.

— ÉTYM. Lat. inartificiosus {quicherat, Addenda), de t'n (voy. in....)), et artificiosus (voy. artificieux).

t INASSERMENTÉ, ÉE (i-na-sèr-man-té , tée), adj. Oui n'a point prêté serment. Prêtre inassermenté, par opposition à prêtre assermenté.

— ÉTYM. In.... I, et assermenté.

t INASSERVI, lE (i-na-sèr-vi, vie), adj. Qui n'a pas subi l'asservis-sement.

— ÉTYM. In.... t, et asservi.

t INASSIDUITÊ (i-na-ssi-du-i-té) , *. f. Défaut d'assiduité. Ses examens ont été ajournés par suite d'inassiduité aux cours. Bulletin des étudiants français à la fac. de théol. prolest, à Genève.

— ÉTYM. /».... i, et assiduité,

t INASSIÉGEABLE (i-na-sié-ja-bl'), adj. Qui ne peut être assiégé.

— HIST. XVI' s. Les uns disoient qu'elle [une place] estoit imprenable, les autres ina.«siegeable, d'aub. Fœn. i, n.

— ÉTYM. In.... t, et assiéger.

t INASSIGNABLE (i-na-si-gna-bl'}, adj. Qu'on ne peut assigner, déterminer. Une issue inévitable, mais inassignable. Dill'éreuce inassignable.

— f.TYM. In.... i, et assignable.

t INASSIMILABLE (i-na-ssi-mi-la-bl'), adj. Terme didactique. Qui ne peut être assimilé, qui n'est pas susceptible d'assimilation.

— ETYM. In.... 4, et assimilable.

f INASSISTÊ, ÉE (i-na-si-sté, stée), adj. Qui ne reçoit pas d'assistance.

— ETYM In.... I, et assisté.

t INASSOCIABLE (i-na-so-sia-bl'), ad;'. Que l'on ne peut associer, concili<'r.

— HIST. XVI' s. Ces humeurs espineuses et inas- «•)ciables, mont, m, 274.

— ÉTYM. In.... t, et associer.

t INASSOCUTION (i-na-so-si-a-sion), s. f. Manque d'association, de réunion, d'harmonie.

— ÉTYM. In... i, et association.

i LNASSOBTI, IE(i-na-soi-ti, tie). adj. Qui n'est

INA

point assorti. Un composé de choses ina.s3orties,

LAHABPE, dans LAVEAUX.

— ÉTYM. In.... I, et assorti.

t INASSOIITISSABLE (i-na-sor-ti-sa-bl'), ad;'. Qui ne peut être assorti. Des choses inassortissables.

— ÉTYM. In.... t, et assortir.

t INASSOUPI, lE (i-na-sou-pi, pie), adj. Oui n'est point assoupi. Les yeux inassoupis d'Argus, la

IIAHPE, dans LAVEAUX.

— ÉTYM. In... t, el assoupi.

t INASSOUVI, lE (i-na-sou-vi, vie),odj. Qui n'est point assouvi. Longtemps pressé entre les Lombards etles Byzantins, entre la férocité encore inassouvie des baibares et la décrépitude vexatoire du despotisme, Grégoire.... montalembeut, Les moines d'Occident, t. II, p. 4 28.

— ÉTYM. In.... 4 , et assouvi.

t INASSUJETTI, lE (i-na-su-jè-ti, tie), adj. Qui n'est point assujetti.

— ÉTYM. In.... *, et assujetti.

INATTAQUABLE (i-na-ta-ka-bl'), adj. Qu'on ne

peut attaquer. 11 [le roi de Prusse] avait attaqué avec trop d'opiniâtreté un corps [autrichien] in;ittaquable, volt. Corresp. avec le roi de Frusse, Notice sur le roi. Il [l'empereur] venait d'envoyer Bessière pour examiner l'attitude des ennemis; ce maréchal a obéi : il a soigneusement parcouru le front de la position des Russes ; elle est, dit-il, inattaquable, ségur, Hist. deNap. ix,3. || Fig. Un droit, un titre inattaquable. || Un homme inattaquable, un homme qui se défend par son crédit, par sa position, par sa réputation.

— ÉTYM. In.... I, el attaquable.

t INATTAQUÉ, ÉE (i-na-ta-ké, kée), adj. Qui n'est point attaqué.

— ÉTYM. In... i, et attaqué.

INATTENDU, UE (i-na-tan-du, due), odj. Qu'on

n'attendait pas, qu'on n'avait pas lieu d'attendre. 11 [Corneille] condamne avec une noble candeur la duplicité d'action dans ses Horaces, et la mort inattendue de Camille qui forme une pièce nouvelle, VOLT. Comm. Corn. Rem. sur les dise, de Corn, dise. 3. X cette nouvelle inattendue la terreur s'empare de Néron, dider. Claude et Nér. i, 72. La facilité, peut-être inattendue, avec laquelle les missionnaires ont évacué ce qu'on appelait leur empire [Paraguay], a paru démontrer qu'ils étaient hors d'état de s'y soutenir, raynal, Hist. phil. viii, il. La fortune, arrivant à pas inattendus, Frappe et jette en vos mains mille dons imprévus, a. chénier, Élégie 27.

— ÉTYM. In.... t, et attendu.

INATTENTIF, IVE (i-na-tan-tif, ti-v'),ad;. Qui n'a

point d'attention. Cet enfant est inattentif. Et de la phrase fugitive X pei e enfin les derniers mots, Frappant son âme inattentive..., delille, Convers. ii. Vois comme ils ont d'abord détruit l'égalité. Au peuple inattentif ravi la liberté, ducis, Othello, m, 7.

— ÉTYM. In.... ), et attentif.

INATTENTION (i-na-tan-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. f. || 1° Défaut d'attention. C'est pure inattention de sa part. || Faute commise par inattention. Si, dans la nouvelle géographie d'Hubner, on trouve que les bornes de l'Europe sont à l'endroit où le fleuve Oby se jette dans la mer Noire, et que lEurope a trente millions d'habitants, voilà des inattentions que tout lecteur instruit rectifie, volt. Russ. Préf hist. || 2° Manque d'attentions, d'égards. Son cœur altier, méprisant sans dépit les inattentions de Formosante, avait conçu pour elle plus d'indifférence que de colère, volt. Princ. de Babyl. 3.

— ÉTYM. In.... ) , et attention.

t INATTESTÉ, ÉE (i-na-tè-sté, stee), adj. Qui n'est point attesté.

— ÉTYM. In.... I , et attesté.

I INATTRACTION (i-na-tra-ksion), s. f. Défaut d'attraction. S'il n'y a pas répulsion, il y a au moins inattraction, legoarant.

— ÉTYM. In.... I, et attraction.

t INAUDIBLE (i-nô-di-W), adj. Que l'on ne peut entendre, que l'on n'entend que difficilement.

— ÉTYM. I^t. inaudibilis, de in (voy. in.... t), et audibilis, de audire (voy. ouïr).

INAUGURAL, ALE (i-nô-gu-ral, ra-1'), adj. Qui a rapport à l'inauguration. Fête, cérémonie inaugurale. Il Discours inaugural, discours que prononce un professeur prenant possession de sa chaire.

— ÉTYM. Voy. inaugurer.

t INAUGURATEUR, TRICE (i-nô-gu-ra-teur, tris'), s. m. et f. Celui, celle qui inaugure. Un apologiste chrétien a dit, en souvenir de Néron : Nous tirons gloire d'un tel inaugurateur de notre pro-

INC

scription, legoarant. Les Celtes de l'archéolog'* (ceux que connaît l'histoire, et non pas ceux qu'on place dans l'âge de pierre) sont les inaugurateurs de l'âge de bronze en' Europe, bhoca, Bull, de la Soc. d'anthropol. t. v, p. 462.

INAUGURATION (i-nôgu-ra-sion; envers, de six syllabes), s. /. || l°Cérémonies avec lestiiielles on sacre les empereurs, les lois, les prélats ecclésiastiques. Jusqu'à l'cpin l'inauguration des rois de France n'avait été qu'une cérémonie purement civile, MABLY, it, B2. || On dit plus ordinairement sacre. Il 2° Cérémonie par laquelle on fait la consécration d'un temple, d'un édifice religieux ou civil. Il Discours d'inauguration, discours inaugural d'un professeur.

— HIST. xiv s. Inauguracion n'est autre chose que consécration et dedication faite aus diex d'aucun lieu et d'aucune personne, bekcheure, f" i, verso.

— ÉTYM. Lat. inaugurationem, de inaugurare, inaugurer.

INAUGURÉ, ÉE (i-nô-gu-ré, rée), part, passé d'inaugurer. Jamais pontife ne fut inauguré plus pompeusement, volt. Mœurs, 72.

INAUGURER (i-n6-gu-ré) , v. a. Faire l'inauguration d'un souverain. Soliman s'était fait reconnaître et inaugurer roi dans Bagdad, volt. Mœurs, 424. Il Faire l'inauguration d'un temple, d'un monument, d'une statue. || Fig. Commencer, être l'origine de. La mort de Lucrèce inaugura la liberté chez les Romains.

— HIST. XIV* s. Chose inaugurée estoit celle, ou fust lieux ou personne, qui aus diex consacrée et dédiée touz jours perseveroit, bercheure, f° i, verso.

— ÉTYM. Lat. inaugurare, prendre les augures en commençant un acte quelconque, de tn (voy. IN.... 2), et aujurt'um, augure (voy. ce mot).

t INAURATION (i-nO-ra-sion), s. f. Terme do pharmacie. Action de dorer des bols, des pilules.

— ÉTYM. In.... 2, et auratio, mot hypothétique indiqué par auratus, auratura, de aurum, or.

t INAURICULÉ, ÉE (i-nô-ri-ku-lé, léej, adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est dépourvu d'auricule. Cœur inauriculé. Coquille inauriculée.

— ÉTYM. In.... t, et auriculé.

t INAUTHENTICITÉ (i-nô-tan-ti-si-té), s. f. Manque d'authenticité. L'inauthenticité d'un ouvrage.

— ÉTYM. In.... *, et authenticité.

t INACTHENTIQDE (i-nô-tan-ti-k'), adj. Qui n'est pas authentique.

t INAUTORISÉ, ÉE (i-nô-to-ri-zé, ?ée) , adj. Qui n'a point reçu d'autorisation.

— ÉTYM. In.... 4, et autorisé.

t INAVARE (i-na-va-r'), od;'. Qui n'est pas avare. D'une main inavare.

— ÉTYM. l.at. inavarus (qujcherat, Adde7tda), de in (voy. in.... 4), et avarus, avare.

t INAVERTI, lE ( i-na-vér-ti, tie) , adj. Qui n'a point été averti.

— ÉTYM. In.... 4, et averti.

t INAVOUABLE (i-na-vou-a-bl'), adj. Qui ne peut être avoué. Étaient-ils des imposteurs, des hommes animésd'intentionscriminelles ouinavouables? réville, Rev. des Deux-Mondes, 4"oct. 48GB,

— ÉTYM. In.... 4, et avouable.

f INAVOUÉ, ÉE (i-na-vou-é, ée), adj. Qui n'est point avoué, qu'on n'avoue point.

— ÉTYM. In.... I, et avoué.

f INCA (in-ka), s. m. Nom que portaient les anciens souverains du Pérou, avant l'arrivée des Espagnols. Cet empire [le Pérou] qui, selon les historiens espagnols, Horissait depuis quatre siècles, avait été fondé par Manco-Capac et par sa femme Mama Ocello, qui furent appelés incas ou seigneurs du Pérou, raynal, Hist. phil. vu, «. Un pays inhabité où il découvre les restes immenses des forteresses que les incas opposaient aux incursions des sauvages, coNDORCET, Jussieu.

INCAGUÉ, ÉE (in-ka-ghé, ghée), part, passé d'incaguer.

INC.AGUER (in-ka-gbé),i). o. 'ferme basetvieilli. Défier quelqu'un, le braver, en lui témoignant beaucoup de mépris. Je nie ris de tes coups, j'incague ta fureur, regnard, le Joueur, i, «.

— HIST. xvi' s. Si, sans vous peiner, vous n'eussiez incagué toute la mantique [devinatoire] compagnie des astrologues, cholièhes, t. ii, Âprès-din. viii, p. 295, dans pougens.

— ÉTYM. Ital. incacare, de tn (voy. in.... 2), et cacare (voy. caca).

t INCALCINABLE (in-kal-si-na-bf), adj. Qui ne peut être calciné.

INC

tmCAlcn^î, ÉE (in-kal-si-né, née), od/. Qui n'a point été calciné.

— ÉTYM. In.... t, et calciné.

INCALCULABLE (in-kal-ku-la-W), adj. || 1° Qui

ne peut être calculé. Le nombre incalculable des grains de sable de la mer. || 2° Par extension, Irèsnombreux, ou très-considérable, très-grave. Les maux qu'entraîne la guerre sont incalculables. C'est une perte incalculable.

— ÉTYM. In.... i, et calculable.

t INCALCULABLEMENT (in-kal-ku-la-ble-man), adv. D'une manière incalculable.

t INCALCULÉ, ÉE (inkal-ku-lé, lée), adj. Qui n'a point été «alculé ; que l'on n'a point compté.

— ÉTYM. In.... *, et calculé.

t INCALICÉ, ÉE (in-ka-li-sé, sée), adj. Terme de botanique Qui manque de calice. Fleur incalicée.

— ÉTYM. In.... I, et calice.

t INCALOMNIABLE ( in-ka-lo-mni-a-W ), adj. Qui ne peut être calomnié, soit à cause de sa vertu qui est au-dessus de la calomnie, soit à cause de ses vices auxquels la calomnie ne peut rien ajouter.

— ÉTYM. In.... I , et calomnier.

t INCAMÉRATEUR (in-ka-mé-ra-teur), t. m. Celui qui exécute une incamération.

— ÊTYM. Incamérer.

INCAMÉRATION (in-ka-mé-ra-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Terme de chancellerie de la cour de Rome. Union de quelque terre au domaine de la chambre, ecclésiastique. || Par extension, appropriation à l'État de biens appartenant à des communautés, à des corporations.

— ÉTYM. Incamérer.

INCAMÉRÉ, ÉE (in-ka-mé-ré,rée), part, passé d'incamérer.

INCAMÉRER (in-ka-mè-ré. La syllabe mé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'incamère; excepté au futur et au conditionnel : j'incamérerai , j'incamérerais), v. a. Terme de chancellerie de la cour de Rome. Unir quelque terre au domaine de la chambre ecclésiastique. Le pape excommunia Odoard, selon l'usage, et incaméra le duché de Castro ; incamérer est un mot de la langue particulière à la chambre des apôtres, VOLT. Pol. et législ. Les droits des hommes, Castro et BoncigHone.

— ÉTYM. l>it. in (voy. in...» 2), et caméra, chambre.

INCANDESCENCE (in-can-dè-ssan-s'),î.^. |il° Etat d'un corps échauffé jusqu'à devenir blanc et lumineux. Cette couleur blanche, qui sort de tous les corps (în incandescence et vient frapper nos yeux, est l'évaporation de cette flamme dense qui environne le corps en se renouvelant incessamment à sa surface, bufp. Bisl. min. Introd. t" part. GKui). t. vr, p. 94. Dans les temps de l'incandescence du globe, m. Min. t. m, p. 204. || 2° Fig. Violente excitation. L'incandescence des esprits.

— ÉTYM. Incandescent.

INCANDESCENT, ENTE(in-kan-dè-ssan, ssan-t'), adj. ||1° Qui est porté à la chaleur blanche. Une masse de fer incandescente. || 2° Fig. Emporté, trèsexcitable. Caractère incandescent.

— ÉTYM. Lat. incandescentem, de in (voy. in... 2), et eandescere. devenir blanc (voy. candeur).

t INCANDECR (in-kan-deur), 1. f. Défaut de candeur.

— ÉTYM, In.... », et candeur.

INCANTATION (in-kan-ta-sion; envers, de cinq

syllabes), s.f. Emploi de paroles magiques. Que d'ailleurs il n'a sur lui, ni sur son cheval, ni en ses armes, herbes, charmes, paroles, pierres, conjuiations, pactes ou incantations dont il veuille se servir, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuv. t. m, p. 210, dans PouGENS. Un rituel extravagant d'exorcisnjes, d'incantations, d'évocations et d'opérations noctur- Bes, superstitieuses, souterraines et magiques, ui- DER. Opin. desanc. phil. [éclectisme]. L'eau s'enfle, comme une poitrine Aux soupirs de la passion ; Le vent, dans sa conque marine. Murmure une incantation, TH. GAUTHIER, Émaux et camées, cxrulei oeuli.

— HIST. XV* s. Elle mist à Gadiffer son flls ung asnel ou [au] doit, qui estoit de telle vertu que nulle .ncantation ne nulz mauvais esperitz ne le pouvoient décevoir, Perce/'orftt, 1. 11, f I38.||xvi* s. Contre l'arlillerie, rien ne servent les paroles et incantations, PARÉ, IX, Préf.

— ÉTYM. Lat. ineantationem, de incantare, enchanter (voy. ce mot)

INCAPABLE (in-ka-pa-W), adj.\\l' Qui n'est pas susceptible de...., en un sens défavorable ou favorable. Il En un sens défavorable. Qui n'a pa.s la ca-

OICT. DE LA LANCUE IfKANÇAISE.

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pacité pour certaines choses. H est savant, donc il est incapable d'affaires, la bruyère, xii. Jean son frère [du czar Pierre] de père et de mère, et incapable de tout, FONTF.N. Csar Pierre. J'ai vu des hommes incapables de sciences, je n'en ai jamais vu incapables de vertus, volt. Dict. phil. Philosophe, 1 . Pleins de courage et d'intrépidité, mais incapables de vues et de desseins, anquetil, Ligue, i, 320. Il Absolument. Qui est sans capacité ; malhabile. C'est un homme incapable. || Substantivement. Donner les places aux incapables. || En un sens favorable, incapable se dit de l'impossibilité morale où est un homme de faire quelque chose de mauvais, de blâmable. D'un si lâche dessein mon âme est incapable, corn. Cinna, m, 4. Mon cœur plus incapable encor de vanité, id. Théod. 11, 2. Des soldats incapables de peur, tristan, Panthée, iv, 2. Elle déclarait aux chefs des partis jusqu'où elle pouvait s'engager ; et on la croyait incapable ni de tromper ni d'être trompée, boss. Anne de Gonx. Tout ce qui est mortel, quoi qu'on ajoute par le dehors pour le faire paraître grand, est, par son fond, incapable d'élévation, in. Duch. d'Orl. Moi! vouloir ton trépas I va, j'en suis incapable, volt. Olymp. iv, 6. Incapable à la fois de crainte et de fureur, id. Henr. VI. Il 2° Qui n'est pas susceptible de...., en parlant des choses, qui n'a pas les conditions requises. Mais quand je crois mon mal de secours incapable, botrou, Yenceslas, m, 2. Il y a des mots incapables d'être définis, pasc. Esprit géom. 1. La cause qui les [ces vérités] rend incapables de démonstration n'est pas leur obscurité , mais au contraire leur extrême évidence, id. ib. Je ferais trop d'honneur à mon sujet si je le traitais avec ordre, puisque je veux montrer qu'il en est incapable, iD. Pensées, t. i, p. 288, éd. lahdre. Ces terres trop remuées et devenues incapables de consistance sont tombées de toutes parts, boss. Reine d'Anglet. Nos désirs, qui souvent se portent à des choses incapables de nous contenter, bourd. Pensées, t. i, p. 378. || Aujourd'hui, par un faux purisme, on hésite à employer incapable en ce sens, et Von dit non susceptible; à tort, car l'usage des meilleurs écrivains et l'étymologie le justifient également. Il 3° Terme de jurisprudence. Qui est privé par la loi de certains droits, exclu de certaines fonctions. Mme de Villeroy ne pouvait donner ou abaniionner autre chose que ce qu'en acceptant la succfssion elle recevait, qui était la terre, non la dignité, dont son sexe la rendait incapable, .stsiMON, 64, 60. Il Substantivement. Un incapable. Une disposition au profit d'un incapable est nulle. Il 4° Qui n'est pas en état de faire une chose. Il est incap'ible de se tenir debout. Nous sommes incapables de ne pas souhaiter la vérité et le bonheur ; nous sommes incapables et de certitude et de bonheur, pasc. Pensées, part. 11, art. ( . [1 Qui est dans une situation, dans une disposition qui ne lui permet pas certaines choses. Le chevalier est toujours dans sa chambre et dans son fauteuil ; cet élat, qui le rend incapable d'aller à Versailles, lui donne un chagrin extrême, sEv. 6O0. Le seul chanoine Evrard, d'abstinence incapable, Ose encore proposer qu'on apporte la table, boil. Lutr. iv. Si les ecclésiastiques sont incapables de faire leur charge, ils sont inexcusables d'avoir accepté une charge si importante cl dont ils ne peuvent pas s'acquitter, Port- Royal, Logique, m, 3.

— HIST. XVI' s. Impétuosité de cholere incapable d'opposition. — Se sentir incapable de faire une chose, MONT. I, 4t. Il fut déclaré roturier et incapable de porter armes, m. i, 66. Ame incapable de se rendre à la violence, m. i, 4 98. Je ne donne pas ces fantaisies comme incapables de doute et d'altercation, iD. I, 40t. Les incapables de sagesse, CHARRON, Sagesse, 11,2.

— ÉTYM. In.... i, et le lat. capabilis (quicherat. Addenda), signifiant au propre qui peut être contenu, et, figurément, susceptible de. Notre incapable dérive de ce sens figuré, qui donne la clef de la série des sen» français.

INCAPACITÉ (in-ka-pa-si-t^,, ». f. || 1° Défaut de celui qui est incapable d'être ou de faire. J'en ai ressenti mon incapacité, pasc. dans corsm. Cette incapacité de faire cette vie [celle des carmélites], même dans le noviciat, l'a obligée [Mlle de Grignan] de .sortir, s6v. Lett. à Moulcenu, 26 oct. (686. Une si forte envie d'être heureux, une si grande incapacité de l'être, ponten. les Mondes, 2« soir. Cet Éric était bien loin de régner avec un pouvoir absolu, et il laissa au monde un nouvel exemple des malheurs qui peuvent suivre le désir d'être despotique et l'incapacité de l'être, volt. Maurs, us. || Absolument.

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Défaut de capacité, inhabileté. Son incapacité est notoire. || 2° Terme de jurisprudence. L'état d'une personne que la loi prive de certains droits.

— ÉTYM. In.... ), et capacité. Le latin Kincapax, incapable, mais n'a pas incapacilas.

t INCARCÉRABLE (in-kar-sé-ra-W) , adj. Qui peut être incarcéré. Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables, P. l. cour. Lett. ('*.

t INCARCÉRATEUR (in-kar-sé-ra-teur), s. m. Celui qui fait incarcérer, mettre en prison. Quel est l'honnête homme, négociant ou banquier, qui ne reculerait devant la publicité de sou nom comme incarcérateur d'un débiteur malheureux? alpu KARR, dans Figaro, 22 févr. )866.

INCARCÉR.^TION (in-kar-sé-ra-sion; en vers, de six syllabes), s. f. \\ 1° Terme de jurisprudence. Action d'incarcérer; état de celui qui est incarcéré. Être en état d'incarcération. || 2° Terme de chirurgie. Synonyme d'étranglement, en parlant de la hernie.

— HIST. XIV* s. Froit, dolour et incarcération de porreture Mecent plus iceles plaies [des parties nerveuses], H. DE MONDF.VILLE, f* 48. || XV* S. Estoit Une

manière d'incarcération et de le tenir prisonnier, jov. DES URSINS, Hist. de Charles VI, p. <47, dans

LACURNE

— ÉTYM. Incarcérer; provenç. encarceration; espagn. encarcelation ; \\:d.\. incarceragione.

INCARCÉRÉ, ÉE (in-kar-sé-ré, rée),por(. passé d'incarcérer. || 1° Mis en prison. Incarcéré par ordre du commissaire de police. || 2* Terme de chirurgie. Hernie incarcérée, hernie étranglée. || Calcul incarcéré, calcul retenu immobile par une cause quelconque dans une partie de la vessie. || Placenta incarcéré, placenta retenu par la contraction irrégulière d'une portion de l'utérus.

INCARCÉRER (in-kar-sé-ré. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'incarcère ; excepté au futur et au conditionnel : j'incarcérerai, j'incarcérerais), v. a. Il i* Terme de jurisprudence. Mettre en prison. Faire incarcérer son débiteur. || 2° Terme de chirurgie. S'incarcérer, v. réfl. Subir l'étranglement, en parlant d'une hernie.

— HIST. XIV* s. Le suppliant a esté de ce puniz et encarcerez au pain et eaue, do cange, incarceratio. Pour le quel fait le dit Perrot fut pris et enchartré à Cambray es prisons de l'evesque, id. t6. Il XVI* s. Incarcéré, bbant. Cap. estrang. t. i,

p. 40, dans LACORNE.

— ÉTYM. Provenç. entarcerar; espagn. encarcelar; ital. incarcerare ; du lat. tn (voy. in.... 2), et carcer, prison. Enchartrer est la forme ancienne et régulière, carcer donnant chartre; incarcérer est une formation récente.

INCARNADIN, INE (in-kar-na-din, di-n'), adj. 11 1° De couleur d'incarnat, mais plus faible. Moire incarnadine. La belle amante de Céphale, En son habit incarnadin, voit. Œuv. t. ii, p. tsi. || Substantivement. Ce ruban est d'un très-bel incarnadin. Il 2° S. f. Incarnadine, espèce d'anémone.

— HIST. xvi* s. Et sont la plupart des pelotons de ces vers à soie, blancs, incarnadins, de couleur de chair, o. deskrres, 474.

— ÉTYM. Voy. incarnat.

INCARNAT, ATE (in-kar-na, na-t'), adj. Qui est d'une couleur entre la couleur de cerise et la couleur de rose. Ce furent [les enfants égorgés par l'ordre d'Hérode] de beaux lis qui mieux que la nature, Mêlant à leur blancheur l'incarnate peinture Que tira de leur sein le couteau criminel.... malh. i, 4. Les poires de bon-chrétien d'hiver, en buisson ou eu espalier, ne peuvent que difficilement acquérir sur franc lacouleur jaune et incarnate qu'on y souhaite, LAQuiNTiWE, Jardins, i, 3. Le bec est incarnat el les pieds sont cendrés, buff. Ois. t. xi, p. 394. || Substantivement. Psyché leur fit [à des jeunes filles] un petit compliment ; à quoi elles répondirent par l'incarnat qui leur monta aussitôt aux joues, la font. Psyché, II, p. < 2 1 . L'éclat de la pourpre de Tyr n'était pas plus brillant que l'incarnat qui animait cette blancheur, volt. Zadig, 1 7. Elle voulait ne pas paraître embarrassée ; mais elle sentait que le plus vif incarnat colorait ses joues, genlis, Mlle de la Fayette, p. 306, dans pougens.

— HIST. XVI* s. Deux pièces de boys, l'une d'ebene noir, l'austre de bresil incarnat, rab. Pant. n, (9. Sa trousse pendoytà gros conlons et houppes de soye blanche et incarnate, id. la Sciomachie. Les roses incarnates ou escarlatines, dites de Provence et par d'aucuns zebedées, sont celles d'où distille la bonne eau rose, o. de serres, 66|.

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— ÉTYM liai, inearnalo, rouge de chair, de irir earnare (voy. iNCARNEa).

t INCARNATIF, IVE (in-kar-na-tif, ti-vT, adj. Ancien terme de médecine qui se disait des substances auxquelles on attribuait la propriété de faire revenir les chairs, dans les plaies avec perte de substance. || S. m. Les incarnalifs.

— HiST. xvi* s. La ligature [bandage] glutinative ou incarnative appartient aux plaies récentes simples, PABÉ, VII, 6.

— ÉTYM. Voy. INCARNER ; provenç. eneamatiu.

INCARNATION (in-kar-iia-sion; envers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Acte par lequel ce qui n'était pas chair devient chair, ou ce qui était pur esprit prend UD corps. ||«Parescellence, action de la Divinité qui B'incarne ; résultat de cette action L'incarnation n'étant autre chose que deux natures unies en la même personne divine, pour peu que l'on divise la personne, ou que l'on confonde les natures, lo nom même d'incarnation ne subsiste plus, boss. 8' avert. 2. Ainsi nous sont révélés les deux principaux mystères, celui de la Trinité et celui de l'Incarnation ; mais celui qui nous les a révélés nous en fait trouver l'image on nous-mêmes, afin qu'ils nous soient toujours présents et que nous reconnaissions la dignité de notre nature, id. Hist. II. «- Nous-mêmes, qui sommes l'image de la Trinité, nous-mêmes à un autre égard, nous sommes encore l'iti âge de l'incarnation : notre âme, d'une nature spiritutHe, a un corps corruptible qui lui est uni, et de l'union de l'un et de l'autre résulte un tout, qui est l'homme, esprit et corps tout ensemble, incorruptible et corruptiWe, intelligent et purement brut, ID. ib. Le plus grand obstacle au dessein de l'incarnation divine fut ^'impureté de notre nature. b"Cpdal. Exhort. dign. et dev des prêtres, 1. 1, p. 355. Il Absolument. L'Incarnation, l'incarnaton de Jésus-Christ (on y met alors un I majuscule). Le mystère de l'Incarnation, jj Ere de l'Incarnation, manière de compter les années qui s'introduisit au VI* siècle, et dans laquelle on les datait de la conception de Jésus-Christ, c'est-à-dire du 25 mars,puis on les data du 25 décembre. || 2° Dans la religion brahmaniijue, entrée des divinités en un corps humain ou animal. La mythologie indienne raconte lesincarnationsdeVichnou. Il 3''Terme de physiologie. Production du germe ou embryon dans l'ovule. || Terme de chirurgie. Production de chair en réparation d'une plaie.

— HIST. XII' s. 11 chantad e prophetizad del incarnatiun Nostre Seignur e de lanostro redemptiun, Bois, p. 2)0. Il XIII* s. Seigneur, sachiés que mil et cent et quatre-vins et dis-huit ans après l'Incarnation Jhesu-Crist.... ot un saint home en France.... VlLLF.H. I. Si fu jadis par maint prophète Geste incamacion retraite Et par Juis et par paiens, la Base, 19364. Ce fu feten tele incarnation et en tel mois, BBAUM. XXXV, 20. Il XIV" s. Aucune fois nature enchame [incarne] aucunes choses, de la quele incamacion le cyrurgien ne doit faire dessevrance [séparation], h. dk mondeville, f° 93.

— ÉTYM. Provenç. encarnatio; espagn. encamaeion; ital. incarnaxione ; du latin incarnationemi de incarnnre, incarner.

INCARNÉ. ÉE (in-kar-né, née), part, passé d'incarner. Il 1° Terme de théologie. Devenu chair, en parlant de la Divinité. Ce Dieu homme, cette vérité et cette sagesse incarnée qui nous fait croire de si grandes choses sur sa seule autorité, nous en promet dans l'éternité la claire et bienheureuse vision, comme la récompense certaine de noire foi, boss. Hist. Il, 8. Ici le Hieu incarné n'épargne pas sa propre chair pour faire un peuple fidèle, bouhdau Myst. Cire de J. C. t. i, p. 6(.|| Fig. et familièrement. C'est un diable incarné, un démon incarné, se dit d'une personne Irfes-méchanta. || Familièrement. 11 se dit de qualifications bonnes ou mauvaises qu'on attribue avec force i quelqu'un. C'est la malice incarnée que cet homme-là. C'est la douceur incarnée. Monsieur n'agi<sait jamais que quand il était pressé, et Fvîmoni l'appelait l'interlocutoire incarné, retz, IV, 2i. Il 2* Terme de chirurgie. Ongle incamé, ongle entré dans les chairs.

INCARNF.U (in-kar-né), V. a. || 1* Terme de théologie. Donner à la Divinité la chair de l'homme. Malebranche répondra ; Dieu n'a point fait incarner son fils pour les hommes, mais il n'a créé les hommes qu à cause de son fils qu'il voulait incarner, FÉN. t. III, p. i:<3. 112" S'incarner, «. réft. Devenir chair, se faire homme. Le Verbe s'est incarné, BOSS. Ilist. II, H. Il II se dit aussi dans la reUgion brahmanique. Selon les Indiens le dieu Vichnou

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s'est plusieurs fois incamé. || 3° Terme de chirurgie. L'ongle s'incarne, il entre dans les chairs.

— HIST. XII* s. Sapience vrayement enchameie, ST. BERN. Sermons wiss. p. (45, dans lacorne, encliarné. \\ xiv* s. Et ne devon pas vouloir que ces derraines plaies .soient encharnées.... ii. de mondeville, f" 43. Garder en la cure d'aucunes ulcères, que membres divers qui sont près à près ne soient enchaînés ensemble, si comme la paupière avec l'œil, ID. f" 7-1, verso. || xvi" s. Ils (les protestants] avoient fait la première guerre en anges, la seconde en hommes et la troisième en diables encharnés, d'aub. Hist. II, 39. Qu'après l'ouverture le lieu soit mundifié, incarné, puis consolidé et cicatrizé, pajé, V, •10. Ces matières servent à fortifier les gencives et à les incarner, estans descharnées, pour l'assurance des dents, o. de serres, 9<5. Quand la vertu mesme seroit incarnée, je crois que le pouls luy battroit plus fort allant à l'assault qu'allant disner,

— ÉTYM. Provenç. et espagn. encamar; ital. t'ncarnare; du latin incarnatus qui vient de in (voy. IN.... 2), et caro, carnis (voy. cmair).

t INCART, s. m. ou INCARTATION, s. f. Voy.

INOUART ou INQUARTATI0N.

INCARTADE (in-kar-ta-d'), s. f. || 1» Acte ou parole brusque qui a quelque chose de blessant pour celui qui en est l'objet. Je lui sais mauvais gré d'une telle incartade, mol. i'Ét. ii, 3. Ils vous rendent chagrin pour chagrin par leurs incartades et leurs brusqueries, bourd. Serm. Dim. t. ii, p. 57. Il faut que je commence par faire quelque incartade aux gens qui sont ici, dancourt, Jfaiso»» de camp. se. 47. D'où lui vient une telle boutade? Et qui peut m'attirer cette sotte incariade? destouches, Homm. sing. v, H . Il fit un soir à table une incartade dont je me tirai mal, parce que je suis bête, sans présence d'esprit, j. j. rouss. Cmif. xi. Le régent ne fit que rire de l'incartade allemande de sa mère, et s'inquiéta peu du chagrin de sa femme, dcclos, Mém. Rég. CEuv. t. v, p. 44 <, dans pouGENS. Il 2" Extravagapces, folies que fait une personne. Je t'en crois sans jurer, avec tes incartades, CORN, le Menteur, i, 4. Kon, tout de bon quittez toutes ces incartades; Le monde par vos soins no se changera pas, mol. Uis. i, 4 . Mon importun et lui, courant à l'embrassade. Ont surpris les passants de leur brusque incartade, lo. Fâcheux,

— ÉTYM. Espagn. encartarse, prendre une mauvaise carte, encartar, condamner par contumace, impliquer dansune affaire. C'est par une dérivation du premier sens que s'est formé incartade, action de prendre une mauvaise carte, de faire une sottise; de in, en, et carta, carte. Comp. l'italien dar nelle scartate, répéter la même chose et aussi s'emporter.

f INCASSABLE, (in-kâ-sa-br),ody. Qu'on ne peut casser. Ces barres de fer sont incassables.

— ÉTYM. In... 4, et casser.

t INCÉLÉBRÉ, ÉE (in-sé-lé-bré, brée) , adj. Qui n'a point été célébré.

— ÉTYM. In.... 4 , et cilibré.

INCENDIAIRE (in-san-di-ê-r'), adj. \\ 1° Qui communique le feu, l'incendie. Matières incendiaires. Projectiles incendiaires. Telles, quand une bombe, ardente, meurtrière. Décrit dans le ciel noir sa courbe incendiaire, v. hugo. Odes et ballades, m, 6. L'onde incendiaire [les matières en fusion dans Sodorae livrée au feu du ciel( Mord l'îlot de pierre Oui fume et décroît, id. Orient. 4.|| Terme de médecii'e. Mono.Tianic incendiaire, celle dans laquelle l'idée fixe du malade est de mettre lo feu aux bâtinients. ||.S. m. et f. Celui, celle qui cause volontairement un incendie. Je maudis les bibliothèiiues. Et suis près d'excuser l'incendiaire Omar, delille, Conrers. i. Le jour favorisa les efforts du duc de Trévise ; il se rendit maître du feu [à Moscou]; les incendiaires se tinrent cachés; on cloutait de leur existence, fégl'R, IJist. de Nap. viii, 6. La tour de l'arsenal brûle encore ; un soldat de police vient d'y être trouvé; on l'amène, et Napoléon lo fait interroger devant lui ; c'est ce Russe qui est l'incendiaire : il a exécuté sa consigne au signe donné par son chef, id. ib. || 2" Fig. Qui allume le feu de la sédition, de l'anarchie, de la guerre. Je trouve les vôtres [vos principes] terriblement incendiaires, VOLT. Dial. xxviii, 2. L'accord était conclu et juré, quand un ennemi de la paix est venu le rompre par une motion incendiaire, mirabeau, Collection, 1. 1, 46. Il Terme de médecine. Médicaments incendiaires, médicaments auxquels on attribuait, dans le système de Broussais, la propriété d'augmenter la phlegmasie gastro-intestinale supposée dans les

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affections aiguës. || Substantivement. Celui qui excite la sédition, l'anarchie. Nos maux et vos rébellions ne sont pas l'ouvrage de vos cœurs; ils se forment, ils naissent dans le sein de vos tribuns; ces inceudiaires vous rendent coupables de tous nos embrasements domestiques, le p. catrou, dans desfontaines.

— Hisr. XVI* s. J'ai à vous faire voir quelles vues Dieu oppose à l'embrasement de sa maison, pratique par tant d'incendiaires, d'aub. Hist. m, 488.

— ÉTYM. Lat. incendiarius , de incendium, incendie.

INCENDIE (in-san-die), s. m. || 1° Feu très-grand, très-étondu, surtout celui qui consume des édifices, des forêts, un vaste amas de matières. Les grands incendies des forêts produisent une quantité considérable de matière ferrugineuse et magnétique, BUFF. Min. t. IX, p. 4 08. Vous trouverez dans la lettre 91° [de Sénèque] le récit de l'incendie da Lyon avec des réflexions sur ce terrible événement, DiDER. Claude et Nér. n, 34. On peut soupçonner avec vraisemblance que de grands incendies occasionnés par des causes extraordinaires ont eu lieu à leur surface [de certaines étoiles], la place, Expos, v, 4. L'incendie des livres chinois, ordonné par l'empereur Tchi-Hoanti, vers l'an 230 de notre ère, fit disparaître beaucoup d'observations intéressantes, iD. ib. V, I. Cette nuit fut triste [la pre mière passée à Moscou] : des rapports sinistres se succédaient; il vint des Français, habitants de ce pays, et même un officier de la police russe, pour dénoncer l'incendie, ségur, Jlist. de Nap. vin, 6. Les chefs, et Mortier lui-même, vaincus par l'incendie, qu'ils combattaient depuis trente-six heures, y vinrent [dans le Kremlin] tomber d'épuisement et de désespoir, id. ib. viii, 6. || Incendie spontané, feu qui s'allume spontanément, c'est-àdire par la réaction chimique des substances, dans certaines matières, par exemple le blé mis humide en tas, le café moulu, le tabac en tonneaux, le bois pourri, etc. || Par extension. Le feu d'un volcan. Le mont Etna dont un incendie récent avait couvert de cendres et de flammes toute la contrée voisine, kollin, Hist. aric. ÛEuv. t. v. p. 4 99, dans pouoENs. Il Incendie se dit aussi des dévastations par .le feu que fait une troupe de guerre. Les deux incendies du Palatinat [par les troupes françaises] sont abominables, volt. Lett. Colini, 2i oct. 4767. Chez vos voisins vous portez l'incendie; L'aquilon souffle, et vos toits sont brûlés, bérang. Ste Alliance. 112' Fig. Troubles excités par les factions;, explo- •sion de grandes guerres. La mort de Grégoire VII n'éteignit point l'incendie qu'il avait allumé, volt. Wœurs, 4B. Ta main hardie Va de Rome et du monde allumer l'incendie, lu. Catilina, ii, 4. Lorsque l'élévation du duc d'Anjou sur le trône de Charles Quint remplit l'Europe d'inquiétudes, et la replongea dans les horreurs d'une guerre universelle, les flammes de l'incendie général allèrent jusqu'au delà des mers, raynal, Hist. phil. xv, 4t. Aucun de nous ne veut allumer l'incendie dont les matériaux sont si notoirement prêts d'une extrémité du royaume à l'autre, mirabeau, Collection, t. il, p. 4 48. Cependant la surprise de Vinkowo, celte attaque inopinée de Kutusof devant Moscou, n'avaient été qu'une étincelle d'un grand incendie; au même jour, à la même heure, toute la Russie avait repris l'ofl'ensive, SÉGUR, Hist. de Nap. x, 4. Nos conjurés d'un mot auraient tout embrasé, Craignant que sa fureur [du peuple], par le temps refroidie, N'oll'rît plus d'aliment à ce vaste incendie, cas. delà vigne, Vêpr. sic. I, 4. Il 3° Terme d'alchimie. Se dit du grand feu du fourneau. || Proverbe. 11 ne faut qu'une étincelle pour allumer un grand incendie, c'est-à-dire une petite cause peut produire de grands effets.

— REM. Incendie, qui est un latinisme, à eu de la peine à s'établir : « Du temps du cardinal du Perron et de M. Coëffeteau, ceux qui faisaient profession de bien écrire, n'eussent pas voulu user de ce mot; on disait toujours embrasement, mais aujourd'hui incendie s'est rendu familier, et les bons écrivains se servent indifféremment de l'un et de l'autre, vaugel. Rem. 1. 1, p. 203. »

— SYN. incendie, embrasement. Proprement, l'embrasement, c'est la mise en braise; et l'incendie, c'est la mise en feu. Ces deux mots ne diffèrent donc que par l'image qu'ils présentent; et au fond ils sont synonymes.

— ÉTYM. Provenç. encendi; catal. incendi; espagn. et ital. incendio; du lat. incendium. de incendere, brûler, de in. en, et cendére, qui tient à candere, être blanc, brillant, très-chaud, comme >a-

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être tient à jacêre, avec changement d'à en e par suite de la composition, comme dans a-scendere, de scandera .

INCEXDIÉ, ÊE (in-san-di-é, ée), part, passé d'incendier. || 1° Mis en feu. Maison incendiée. || Par extension. La zone incendiée [la zone dévastée par l'incendie] a pris une autre route, on peut même dire qu'elle a une double direction en partant d'Antihes, BUFF. Min. t. ix, p. 24. i| 2" Dont la maison, les propriétés ont été incendiées. Les habitants incendiés. || Substantivement. On lit une quête pour les incendiés.

INCENDIER (in-san-di-é), j'incendiais, nous incendiions, vous incendiiez ; que j'incendie, que nous incendiions, que vous incendiiez, v. a. (1 1° Mettre en feu, en parlant de mai.sons, de forêts, de grandes masses de matières combustibles. Au milieu des cris et du tumulte d'une populace dont sa maison est entourée et qui menace de l'incendier, RAYNAL, Hist. phil. X, 17. || Fig. Incendier un pays, les esprits, les agiter par des doctrines révolutionnaire.'^. || 2" S'incendier, v. réfl. Mettre le feu à sa propre maison.

— f.TYM. Incendie.

t IN-CENT-VINGT-HUIT (in-san-yint'-uit'),«. m. Terme de typographie. Feuille d'impression formant cent vingt-huit feuillets ou deux cent cinquante-six pages.

t INCÉRATION (in-sé-ra-si-on), s. f. Action d'incorporer de la cire avec quelque autre matière.

ÉTYM. Lat. in (voy. in.... 2), et cera, cire.

f INXÉRÉ.MONIEDX, EUSE (in-sé-ré-mo-ni-eij, eû-z'), adj. uui ne fait point de cérémonies.

— ÉTYM. In.... t, et cérémonieux.

IN'CERTAIN, AINE ( in-sèr-tin , tè-n'), adj.

Il 1" Qui n'est pas certain. La nouvelle de Brisacier est toute assurée.... il est à la Bastille, et sa destinée est encore incertaine entre la potence et le iluehé, sÉv. 9 oct. 4676. Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de règle ni de fin...., que le nom du prince était employé à rendre

tout incertain boss. le Tellier. J'entretins la

sultane, et, cachant mon dessein. Lui montrai d'Amurat le retour incertain, rac. Bajas. i, (. L'intérêt ne gouverne pas toujours les souverains : il y a aussi de l'honneur parmi eux; et ils devraient songer que cet honneur, quand il est assuré, vaut mieux qu'une province incertaine, volt. Ann. V.mp. Frédéric d'Autriche, ) 44) . 11 associaà ses vues Diego d'Almagro, dont la naissance était incertaine, mais dont le courage était éprouvé, raynal, Hist. phil. VII, 4. Il 2° Variable, peu siîr. Le temps est incertain. La faveur des rois est incertaine. 113° Qui n'est pas fixe, déterminé. L'heure de la mort est incertaine. De vos ans passagers le nombre est incertain, bac. Athal. 11, 9. Ce qu'il y a de certain dans la mort est un peu adouci par ce qui est incertain, LA bbuy.xi. || 4" Oui n'a pas une forme, une nature bien arrêtée. Toutes les autres parties du corps, encore faibles et délicates, n'ont que des mouvements incertains et mal assurés, BUFF. Ilist. nat. homme, Œuvres, t. iv, p. i»2. Ce fut alors que l'on vit s'élever de plusieurs points [dans Sraolensk] d'épaisses et noires colonnes de fumée, qu'éclairèrent ensuite, par intervalles, des lueurs incertaines, puis des étincelles; enfin de longues gerbes de feu jaillirent de toute part, siio! R, Ilist. de Nap. vi, 4. || Terme de beaux-arts. Dessin incertain, dessin dont les contours, n'étant pas tracés d'une main ferme, manquent de justesse et de précision. Il Terme de maçonnerie. Joints incertains, joints irréguliers entre des pierres de différentes dimensions. || S" Incertain de..., qui est dans le doute sur...., en parlant des personnes. Je suis encore incertain du chemin que je prendrai, voit. Lett. 37. Infortuné, proscrit, incertain de régner, Dois-je irriter les cneurs au lieu de les gagner? rac. Bajai. 11, <. Toujours je vous croirais incertain de ma foi, ID. Mithr. iv, 4. Du choix d'un successeur Athènes incertaine Parle de vous, m. Phèd. 11, 2. A leur naissance incertains d'un berceau, D'une goutte do lait, d'un ahri, d'un lambeau Oui de leurs membres nus écarte la froidure, df.lillp., la Pitié, 11. Il Oui est dans l'indécision sur. Le troutile semble croître en leur âme incertaine, bac. Phèd. v, 5. Sur l'incertain Coucy mon cœur a trop compté, 11 a vu ma fureur avec tranquillité, volt. Adél. du Guescl. V, I. Vous, sénat incertain, qui venez de m'entendre, Choisissez à loi.sir le parti qu'il faut prendre, II). Rome sauv. iv, 6. || Il se dit aussi, en ce sens, du caractère, du courage, etc. J'ai trouvé son courroux chancelant, incertain. Et déjà remettant sa vengeance à demain, rac. Athal. m, 3. JIB" Terme

INC

de manège. Cheval incertain, cheval qui ne connaît pas encore bien le manège, et qui n'est pas sûr de ce qu'on lui demande. || On le dit quelquefois des personnes en un sens analogue. Maître Laplanche, dit le professeur..., tous ceux qui s'asseyent à ma table vous proclament potagiste de première classe...; mais je vois avec peine que vous n'êtes encore qu'un frilurier incertain , br!LL\t-savarin, Physiol. du goût. Méditation vu. || 7° S. m. Ce qui est douteux, peu certain. Quitter le certain pour l'incertain. Saint Augustin a vu qu'on travaille pour l'incertain, sur mer, en bataille.... pasc. Pensées, art. v, 9, éd. havet. Travailler pour l'incertain, aller sur mer, passer sur une planche, in. ib. v, (4. Il L'incertain, payement d'une valeur fixe en une somme tantôt plus forte, tantôt moindre.

— HrsT. xvi" s. Un esclair qui scintille à longue pointe aiguë Fait un jour incertain du milieu de la nuit, RONS. 847. Tu bastiras sur Tincerlain du sable, iD. < I . Il est incertain où la mort nous attende,

— lîTYM. In.... 4, et certain.

INCERTAINE.MENT ( in-sèr-tè-ne-man ) , adv.

Avec doute et incertitude. Il hasarde certainement l'infini, pour gagner incertaiuement le fini, pasc. dans COUSIN.

— HIST. xvi« 3. Telles gens ne peuvent negotier [faire le commerce] qu'incertainement et à l'aventure, o. DE serres, 44. Ces impressions supsrficielleSf lesquelles, nées de la desbauohe d'un esprit desmanché, vont nageant témérairement et incertainement en la fantaisie, mont, ii, 4 47.

— ÉTYM. Incertaine, et le suffixe ment.

i INCERTIFIÉ, ÉE (in-sèr-ti-fl-é, ée) , adj. Qui n'est pas certifié.

— ÉTYM. /«.... 4, et certifié.

INCERTITODE (in-sèr-ti-lu-d'),î. f. \\ l-Qualitéde

ce qui est incertain. L'incertitude des anciennes histoires. Cela ne démentait point l'effet hstorique, puisqu'il laissait sa mort [de Prusias] en incertitude, CORN. Nicom. Examen. La guerre est journalière, et sa vicissitude Laisse tout l'avenir dedans l'incertitude, id. Sophon. i, 3. La plus grande partie de la philosophie n'est qu'un amas d'incertitudes, NICOLE, Essais de morale, dans richelet. Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude. Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude, bac. Andr. m, 7. L'incertitude des événements, toujours plus difficile à soutenir que l'événement même, mass. Or. fun. Conty. || L'incexlitude du temps, l'état du temps variable. || 2° État d'upe personne incertaine de ce qui arrive ou doit arriver. Mais c'est trop la tenir dedans l'irttertitude, corn. D. Sanche, iv, 4. le hais l'incertitude, et j'aime qu'on me décide, sÈv. 42 janv. 4674. C'est une grande vérité, ma fille, que l'incertitude ôte la liberté, id. 4 novemb. 1076. Cette pensée me met dans une telle incertitude.... 10. t. X, p. 5'i3, éd. Régnier. Comme l'incertitude est pour moi le plus grand mal, maintenon, Lett. au duc de Nonilles, -i sept. 4 74 0. Je ne respire pas dans cette incertitude, rkc. Bérén. 11, 6. Est-ce à moi de languir dans cette incertitude? id. Athal. III, 3. En le laissant dans l'incertitude, fén. Tél. xxni. Ah! que l'incertitude est un affreux tourment I c. DELAV. Vép. Sic. IV, 3. Il 3° État d'une personne indécise sur ce qu'elle fera. Et mon cœur étonné.... Inconstantet confus dans son incertitude, CORN. M. de Pomp. i, 4. J'ai tant de raisons pour y aller [en Bretagne], que je ne puis pas y mettre la moindre incertitude, siîv. 26 juin 4675. L'incertitude qu'il [Antoine de Bourbon, roi de Navarre] avait eue pendant sa vie le troubla dans ses derniers moments; et, quoiqu'il eiit reçu les sacrements .selon l'usage de l'Église romaine, on doute s'il ijo mourut point protestant, volt. Henr. 11, Note I3.

— SYN. incertitude, irrésolution. Un esprit incertain est un esprit qui n'est pas certain de ce qu'il fera; un esprit irrésolu est un esprit qui ne prend pas de résolution. Athalie, dont liacine dit que l'àme était incertaine, n'était pourtant point irrésolue ; et, quand son esprit était fixé, elle savait se résoudre.

— HIST. XVI* s. Aussi n'y a il rien que l'on pui.sse dire asseurernent petit ou grand pour lincertitude de l'avenir, amyot, f'iam. 45. L'incertitude des choses humaines, id. P. /Em. 45.

— liTYM. Lat. incertitudinem (quiciiehat, Addenda), de in (voy. m.... 1), et certitude. On a dit aussi, dans' le xvi* siè'cle, incertainelé.

INCESSAMMENT (in-sc-sa-man), adv. \\i° .Sans c^sse, continuellement. Il me .semble surtout incessamment le voir Dépcser en nos mains son absolu pouvoir, CORN. Cinria, m, 2. Il faut incessamment |

que ta langue s'égaye, hadteroche, le Deuil, se. 4.

Il semble que le ciel sur tous tant que nous sommes Soit obligé d'avoir incessamment les yeux, la font. Fabl. VIII, 5. Mon nom qu'incessamment toute la terre adore, mol. Amph. m, se. dern. On me mande qu'il est incessamment avec la duchesse de V.... SÉV. 7 juin. 4 680. Cette langueur ennemie qui lui ôtait incessamment quelque partie d'elle-même, et qui lui [lortait tous les jours quelque trait mortel dans le sein, flèch. Mme de Mont. La vieillesse chagrine incessamment amasse, boil. Art p. m. Désabusé des choses d'ici-bas par un spectacle qui lui en met sous les yeux le néant, et qui lui annonce incessamment la même destinée, mass. Carême, Mort. Il 2° Sans retard, au plus tôt On ma mande toutes les prospérités de Bouchain et que le roi revient incessamment, sÉv. 277. Le roi m'ordonna l'après-dlnée de vous renvoyer incessamment, d'aiiord que vous seriez arrivé; vous voilà, reiouriez-vous-en, hamilt. Gramm. I4. Incessamment j'en dirai ma pensée, dider. Claude et Nér.

I, 35. Il L'Académie remarque qu'en ce sens il ne s'emploie que par rapport au temps futur. Mais dans l'exemple suivant incessamment est construit avec un verbe au passé, et on ne voit pas ce qui empêcherait de s'en servir de la sorte: En arrivant à Lisbonne, il avait nommé aussitôt, pour toutes les places frontières, des gouverneurs, gens fidèles et pleins de valeur et d'expérience, qui partirent incessamment, VKBTOT, Sévol. de Port. 4 07.

— HIST. XIV" s. Les bons et agréables services que le dit Jaques nous a faiz et fait de jour en jour incessamment Lettre de Charles V, Bibl. des chartes, 4* série, t. m, p. 424. Il XV' s. Tous les jours incessamment venoient gens de tous pays, froiss. ii,

II, 46. Il XVI* s. Il se jilaignoit incessamment de.... mont. I, 80. Moy qui ay les yeulx incessamment tendus sur moy, id. ii, 323.

— ÉTYM. Incessant, et le suffixe ment. On remarquera que l'historique n'a pas incessamment au sens de au plus tôt.

t INCESSANT, ANTE (in-sè-ssan, ssan-t'), adj. Oui ne cesse pas, qui dure sans interruption. Douleur, plainte incessante. On ne croirait pas, ce qui pourtant était vrai, que Napoléon, rempli de l'idée dosa puissance jusqu'à provoquer sans nécessité un nouveau conflit avec l'Europe, était en même temps assiégé par la pensée vague, confuse, mais incessante, d'un grand danger, thibrs, Hist. du Cons. et de l'Emp. XLia.

— ÉTYM. Lat. incessantem (quicher AT, 4 ddendo), de in (vov. in..,. 4) , et cessans, cessant.

t INCESSIBILITÉ (ia-sè-ssi-bi-Ii-té), s. f. Terme de jurisprudence. Qualité de ce qui est incessible. Incessibilité d'un droit, d'une action.

INCESSIBLE (in-sè-ssi-bl'), adj. Terme de jurisprudence. Qui ne peut être cédé. Les droits et privilèges personnels sont incessibles. Un droit plus sacré, un droit, en quoique sorte, plus incessible, exige un concours plus individuel, Mirabeau, Collection, t. II, p. 387.

— ÉTYM. In.... 4, et cessible.

4. INCESTE (in-sè-sf), s. m. et/'. Ijl" Celui, celle qui est coupable d'inceste. Autrefois les incestes étaient punis de mort. || Nom donné à certains hérétiques du onzième siècle qui croyaient le mariage permis au quatrième degré, malgré la défense de l'Église. Il 2° Adj. Incestueux. J'en vois quelque partie en ce désir inceste, corn. Œdipe, m, 5. Le ciel vous destinant à des (lammes incestes, id. ï6. IV, 4. Il Inceste, en cet emploi, soit comme substantif, soit comme adjectif, tombe en désuétude.

— HIST. XV" .s. Aucune aussi, incestes en leurs fais, E. DESCH. Poésies mss. f° aoo. Comment fus tu [Néron] de couraige villain Et insextre de gésir charnelment Avec ta suer...? 16. f" 3 15. Il XVI* s L'inceste do Corinthe fut receu en la communion des (ideles, après s'estre humblement soumis à la correction,

CALV. Inst. 496.

— ETYM. Lat. incestus, de in.... 4, et castus,

chaste.

2. INCESTE (in-sb-sf), *. m. || 1* Conjonction illicite entre les personnes qui .sont parentes ou alliées au degré prohibé par les lois. De peurd'un parricide et de peur d'un inceste, corn. Œdipe, m, 4. Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère, applaudisse a l'inceste, rac. Phèd. iv, 2. Mes crimes désormais ont passé la mesure; Je respire à la fois l'inceste et l'imposture, id. 16. IV, «. Par là il donna le premier l'exemple de ces incestes [mariage du frère et do la sœur] qui fut suivi de la plupart des succes.seurs de Cambyse, quelque contraire qu'il soit à la pudeur et au bon ordre.

INC

«OLUH, But. anc. OEuv. t. n, p. 826, dans pougens. Caligula publiait hautement que sa mère était née de l'inceste d'Auguste et de Julie; c'est ce que dit Suétone dans la vie de Caligula, volt. Dict. phil. Auguste, Octave. (| Terme de droit canon. Inceste spirituel, conjonction illicite entre les personnes alliées par une affinité spirituelle, comme entre le parrain et la filleule. || Commerce criminel entre le confesseur et sa pénitente. || Etat du bénéficier qui possède la mère et la fille, c'est-à-dire deux bénéfices dont l'un dépend de l'autre. || 2° Terme de vétérinaire. Il y a inceste quand on accouple pour la génération le père avec la fille, la mère avec le fils, le frère avec la soeur; c'est une partie de ce que les Anglais appellent propagation in and in, laquelle comprend toutes les unions entre individus de la même variété, race ou fausse race, par opposition à croisements. || 3" Terme d'alchimie. Union des matières auxquelles on assignait une parenté imaginaire.

— HiST. XIV" s. Herodes Antipas n'eust pas decolé saint Jehan Baptiste, se le disner qu'il fist n'eust esté si plein de glotonnie et d'inceste, j. de vignay, Eschecs moralises, f" 68. || xvi' s. Crassusfut absouls à pur et à plein de l'inceste [accointance avec une vestale] dont il estoit mescreu, amyot. Cross, t .

— ÉTYM. Lat. incestus (voy. inceste i). INCESTUECSEMENT (in-sè-stu-eû-ze-man), adv.

Avec inceste, dans l'inceste. Vivre incestueusement.

— HIST. XYi' s. Incestueusement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Incestueuse, et le suffixe ment. INCESTUEUX, EUSE (in-sè-stu-eû , eû-z'), od;.

Il i° Coupable d'inceste. C'est en vertu de ce pouvoir que saint Paul, au nom de Jésus-Christ, accorda par indulgence à l'incestueux pénitent de Corinthe la grâce la plus complète, bourdal. Ouvert, du jubilé, Kyst. t. ii, p. 646. La douleur vertueuse De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse, BoiL. Ép. vn. De son maître offensé rival incestueux, VOLT, tlahom. u, 6. || Substantivement. Un seul jour ne fait pas d'un mortel vertueux Un perfide assassin, un lâche incestueux, rac. Phèdre, iv, 2. On sait que saint Paul excommunia l'incestueux de Corinthe, voit. Dict. phil. Yvetot. |{ 2" Où il y a inceste, en parlant des choses. Un reste mal éteint d'incestueuse flamme, corn. Hérac. m, ♦. Mais ce lien du sang qui nous joignait tous deux Écartait Claudius d'un lit incestueux, rac. Brit. iv, 2. Le Précurseur ne séjourne dans la cour d'Hérode que pour reprocher à ce prince ses dissolutions et son commerce incestueux, mass. Confér. Conduite des clercs dans le monde. {1 8° Fig. et surtout en poésie. Qui appartient à l'incestueux. Des mains incestueuses. C'est moi qui sur ce fils chaste et respectueux Osai jeter un œil profane, incestueux, bac. Phèdre, -v, 7.

— HIST. xvi* s. Fussiez-vous le plus incestueux et ambitieux primat du monde, Sat. Uén. p. 8.

— ÉTYM. Provenç. encesluos; espagn. et ital. incMtuoio; du lat. ineestuosus (quicherat. Addenda), de incestus, inceste.

t INCHANGÉ, ÉE (in-chan-jé, jée), od;. Qui n'a pas subi de changement. Il revient inchangé.

— ÉTYM. In.... t, et changé.

+ INCHANTABLE (in-chan-ta-bl') , adj. Qui n'est pas susceptible d'être chanté. Musique inchantable. Ce mot est donné comme de J. J. Rousseau par le Complément du Dictionnaire de l'Académie.

— ÉTYM. In.... i, et chantable.

tlNCHAKITABLE (in-cha-ri-ta-W) , adj. Qui

manque de charité, Dict. de Trévoux.

— ÉTYM. In.... *, eteharitable.

t INCHARITÉ (in-cha-ri-té),î./. Défaut de charité, Dict. de Trévoux.

— ÉTYM. In.... t, et charité.

t INCHASTETÉ (in-cha-ste-té), *. f. Défaut de chasteté.

— HIST. xv s. Nul fors son mari [elle] ne congneut; D'inchasteté voulenté n'eut, b. desch. Poésies mss. ^ 666.

— ÉTYM. In.... i , et chasteté.

i ÏSCakrïÉ, ÉE (in-chl-tl-é, ée), adj. Qui n'a point été châtié.

— ÉTYM. In.... 4, et chdtié.

t INCHAVIRABLE (in-cha-vi-ra-bl') , adj. Qui ne peut chavirer. Bateau insubmersible et inchavirable.

— ÉTYM. In.... 1 , et chavirer.

INCUOATIF, IVE (in-ko-a-tif, ti-v'), adj. Terme

de grammaire. Qui commence. Verbes inchoatifs, et, substantivement, les inchoatifs, les verbes qui désignent un commencement d'action, ou un passage d'un état à un autre, comme beaucoup de nos verl)es en t'r (avec présent en is, issorts, etc.) tirés

INC

d'anjectlfs, par ex. : blanchir, grandir, etc. La conjugaison inchoative. Beaucoup de nos verbes réfléchis sont inchoatifs aussi, par ex. : le fer se rouille, le chagrin se passe, etc.

— HIST. XV* s. Inchoatif, a. chaet. p. 809.

— ÉTYM. Provenç. enchoatiu; espagn. et ital. incoativo; du latin, incknativus, de inchoare, proprement commencer une construction en fouillant le sol pour les fondations, et, en général, commencer, de in (voy. in.... 2), et choare, grec x°^''"> ^■''■'e une fouille, creuser la terre.

t INCHRÉTIEN, lENNE (in-kré-tiin, ti6-n'),od;". Qui n'est pas chrétien.

— ÉTYM. In.... 4, et chrétien.

t INCORÉTIENNEMENT (in-kré-tiè-ne-man), adv. D'une manière contraire aux doctrines chrétiennes.

INCIDEMMENT (in-si-da-man), adv. Par incident, d'une manière incidente. M. Leibnitz, qui n'entre dans la querelle qu'à cette occasion et très-incidemment, FONTEN. Hartsoëker. || Terme de pratique. Par connexité, par suite. Cet homme est défendeur au principal, et incidemment demandeur par ses défenses.

— HIST. XVI* s. 11 nous faut plus amplement traiter ce poinct, duquel nous n'avions pas ci-devant parlé, sinon incidemmentet commeen passant, calv. Inst. 67 (. Il m'a semblé bon de dire incidentement et en brief, qui estoit le dit duc de Sounthfolk, h. du

— ÉTYM. Incident, et le suffixe ment.

INCIDENCE (in-si-dan-s'), s. ^. |1 1» Terme de physique. Chute, sur une surface, d'un rayon, d'une onde, d'une bille, en un mot de tout ce qui peut être réfléchi. Tous [les rayons] se brisent à leur incidence dans la boule ; chacun d'eux se brise différemment, VOLT. Phil. Newl. li, 9. 1| Angle d'incidence, angle sous lequel un mobile ou un rayon de lumière rencontre le plan sur lequel il doit se réfléchir. L'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence. || Angle d'incidence, s'entend aussi, de l'angle compris entre le rayon tombant sur un plan, et la perpendiculaire tirée sur le plan au point d'incidence. || 2° Terme de géométrie. Incidence, la rencontre d'une ligne ou d'une surface, avec une ligne ou une surface. Il 3° Terme de grammaire. Qualité, nature d'une proposition incidente. Il ne faut pas confondre l'incidence avec la subordination.

— HIST. XV* s. Plusieurs incidences périlleuses et haineuses advinrent puis en Angleterre, froiss. ii, II, 4. Incidences ; ici commence la bataille des Sagytaires et la mort d'Aymeri, Rubrique dans le moniage Rainouart, cité dans Hugues Capet, Préface, p. XLii. Il XVI* s. Nos vieilles chroniques usent souvent du mot incidence à la teste des articles estrangers à leur histoire principale, brant. Cap. fr. t. i, p. 363.

— ÉTYM. Incident 2. Incidence dans l'historique veut dire incident.

4. INCIDENT (in-si-dan), g. m. || 1° Événement qui survient dans le cours d'une entreprise, d'une affaire. Nous allons régaler, mon père, votre abord D'un incident tout frais, qui vous surprendra fort, MOL. Tart. VI, 6. Il arriva un incident qui fit remettre le jugement, pasc. Prov. VI. Comme un seul incident suffit au génie pour montrer toute la désolation d'une ville, dider. Salon de < 76 5, Œuv. t. xia, p. 29, dans pouGRNS. || 2° Événement accessoire qui survient dans le cours de l'action principale d'un roman, d'une pièce de théâtre. N'offrez point un sujet d'incidents trop chargé, boil. Art p. m. [Dans une pièce de théâtre] les incidents ne sont un mérite quequand ils sont naturels, volt. Lelt. la Harpe, déc. <76:i. Une intrigue nette et facile à nouer et à dénouer; des caractères simples; des incidents qui naissent d'eux-mêmes; des tableaux variés, mar- MONTEL, Élém. litt. CEuv. t. ix, p. bo, dans pougkns. Il 3° Terme de pratique. Difficulté, contestation accessoire qui naît, qui survient pendant l'instruction de la cause principale. On videra cet incident avec le principal. Si on me paye bien, je ne ferai point d'incident et laisserai les choses comme elles sont, sÉv. à Mme de Guitaut, 18 janv. 1694. M. Fouquet a répondu : Monsieur, je ne prétends point par là faire un incident nouveau, id. à Pompone, iS nov. <664. Ils eurent recours à M. de Lamoignon comme à un homme incorruptible qui prendrait le parti des faibles contre les puissants, et qui débrouillerait ce chaos d'incidents et de procédures dont on avait enveloppé leur cause, FLÉCH. Lamoign. || Par extension. Je ne vois rien dans le monde qui soit plus à charge à l'Ëglise que ces esprits vainement subtils qui réduisent tout l'Evangile en problèmes , qui forment des incidents sur l'exécution de ses préceptes, qui fatiguent les

casuistes par des consultations infinies , bosï, Cornet. \\ Faux incident, voy. faux i. || Incident de lettres, production, dans un procès déjà instruit, de lettres obtenues en chancellerie. || 4° Fig. Dans le langage ordinaire, difficulté qu'une personne élève dans une dispute, au jeu, dans une affaire. C'est un mauvais joueur, il fait à tout coup des incidents. Il trouve que, pourvu qu'on ne cède pas comme un sot, on fait sa cour de ne point faire d'incidents, parce qu'ils interrompent le service et l'unique but qu'on doit avoir, qui est d'aller au bien, sév. 4 8 déc. <6"6. Il Objection. L'axiome commun : Je pense, donc je suis, ou, je suis pensant, contre lequel je ne crois pas qu'on puisse raisonnablement former d'incident, BOUI.LAINVILLIERS, Réfut. de Spinosa, p. 3.

— HIST. XV* s. A ceux convient cent fois le jour plaidier, Et en plaidant prennent un incident Pour la paye longuement délayer [retarder], e. dhsch. Poésies mss. f° 2iB. L'un meurt par un cas d'accident. L'autre meurt par un incident De mangier chose qui lui nuit, id. Miroir de mariage, p. loo. Il xvi*s. Il est des ouvrages en Plularque où il oublie son thème, où le propos de leur argument ne se trouve que par incident, tout estouffé en matière estrangiere, mont, iv, (38. Pour l'interest de Caton, et, par incident, pour le leur aussi, id. i, 266. X propos de ce brave Donné si faut-il que je fasse ce petit incident, bhant. Cap. fr. t. m, p. 4t .

— ÉTYM. Incidente.

2. INCIDENT, ENTE (in-si-dan, dan-t'), adj. Il 1° Terme de physique. Qui tombe sur. Rayon incident, rayon qui, tombant sur un plan en formant un angle plus ou moins ouvert, est réfléchi par ce plan. ||2° Fig. 11 se dit de certains cas qui surviennent dans les affaires, et il s'emploie principalement dans le style de pratique. Une demande incidente. Une question, une contestation incidente. Des discussions poussées dans un grand ilétail ne lèvent guère une difficulté sans en faire naître une autre ; cette nouvelle difficulté, qu'on veut suivre, produit aussi sa difficulté incidente, et on se trouve engagé dans un labyrinthe , fonten. Du yemey. || 3° Terme de grammaire. Proposition, phrase incidente, celle qui est insérée dans une proposition dont elle fait partie. || S. f. Une incidente, une proposition incidente. C'est une incidente.

— ÉTYM. Lat. incidentem, de incidere,àein (voy. IN.... 2), et cadere, tomber (voy. choir).

EV'CIDENTAIRE (in-si-dan-tê-r'), s. m. Celui qui forme des incidents, chicaneur. || Adj. Qui produit des incidents.

— ÉTYM. Incidenter.

t EVCIDENTEL, ELLE (in-si-dan-tèl, tè-1'), adj. Néologisme. Qui tient de l'incident, qui arrive par incident.

— ÉTYM. Incident.

INCIDENTER (in-si-dan-té), v. n. \\ 1* Terme de procédure. Faire naître, élever un incident, des incidents dans le cours d'un procès. On incidentait sur la manière de nous juger, betz,iii, 49. || 2° Dans la langage ordinaire. Chicaner, faire des objections peu importantes, élever de mauvaises difficultés. Il faut considérer comme le ministre incidente sur chaque parole des promesses de Jésus-Christ, isoss. 2* instr. pastor. sur les promesses de J. C. 4. Deviez-vous incidenter sur des choses si communes? VOLT. Quelq. niais. 2». ||Bossuet s'en est servi activement : incidenter quelqu'un. Comme ils reçoivent l'eucharistie à genoux, rien ne les empêche d'y reconnaître, ni d'y adorer Jésus-Christ présent dans le même esprit que nous faisons; après cela, nous incidenter sur la transsubstantiation est une chicane peu digne d'eux, boss. Var. xiv, § (22.

— ÉTYM. Incident i.

INCINÉRATION (in-si-né-ra-sion; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Action de réduire en cendres. Il L'incinération des morts, manière, chez les anciens, de leur rendre les derniers devoirs. || 2° Terme de chimie. Action d'incinérer, ou état de ce qui est incinéré. || Particulièrement. Opération par laquelle on brûle une matière organique contenant des parties minérales fixes, afin d'obtenir séparées ces dernières, sous la forme de cendres. On obtient, par la co.abustion et l'incinération des plantes qui croissent près de la mer, et qui, par conséciuent, sont imprégnées de sel marin ; on obtient, dis-je, en grande quantité l'alkali minéral ou marin, qui porte le nom de soude, buff. Min. t. ni, p. 3;i7.

— HIST. XVI* s. Une grande adustion, et quasi incinération de toute l'habitude du corps, paré, XV., 8.

— ÉTYM. Incinérer { provenç. incineratio.

INC

INC

ÎNC

INCIXlÎRft, ÉB (in-si-né-ré, rée), part, passé d'incinérer.

INCINÉRER (in-si-né-ré. La syllabe né prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'incinère, excepté au futur et au conditionnel : j'incinérerai, j'incinérerais), r. a. Terme de chimie. Réduire en cendres. Incinérer des plantes marines.

— ÉTYM. Lat. in (voy. m.... 2), et cinis, cineris, cendre; provenç. encendrar, incinerar; esp. tnctnerar; ital. incenerare.

flNCIPIT (in-si-pif), s. m. Terme de paléographie. Se dit des premiers mots par lesquels commence un manuscrit. Citer l'incipit des ouvrages dans un catalogue.

— ÉTYM. Lat. incipit, il commence, de in (voy. IN.... 2), et capere, prendre.

INCIRCONCIS, ISE (in-sir-kon-si, si-z'),ad;'. Il 1° Ouin'estpointcirconcis.Ils circoncirenttousles •^fants incirconcis qu'ils trouvèrent dans tout le pays d'Israël, saci , Bible, Hachab.i, n, 46. Nous voilà donc tous ensemble et tous tant que nous sommes de fidèles, bénis dans Abraham, incirconcis, Boss. Élérct. surmyst. viii, 9. || Il se disait, chez les Juifs, de ceux qui n'étaient pas de leur nation. Nous ne pouvons faire ce que vous demandez, ni donner notre sœur à un homme incirconcis; ce qui est une chose défendue et abominable parmi nous, saci, Bible, Genèse, xxxiv, <4. Étant gentils par votre origine et du nombre de ceux qu'on appelle incirconcis, pour les distinguer de ceux qu'on appelle circoncis selon la chair, w.StPaut.Ép.auiÉph. u, n. || Substantivement Judas, qui étaitlaterreurdes incirconcis , mass. Avent, Bonh. \\ 2° Fig. Dans le style de l'Ancien Testament, qui pèche devant le Seigneur. Je les ferai aller dans un pays ennemi, jusqu'à ce que leur âme incirconcise rougisse de honte , saci , Bible, Lévit. xxvi, 4i. || Aujourd'hui, dans le style de la chaire, immortifié. Hommes durs et inflexibles, hommes incirconcis du cœur, vous résistez toujours au Saint-Esprit, bouroal. Myst. Circoncis, de J. C. t. I, p. 76. ij Substantivement. Les mœurs ne discernent presque plus le peuple de Dieu des incirconcis, mass. Or. fun. Madame.

— HIST. XVI' s. Ils appeloyent la mort des incrédules, ruine des incirconcis, calv. Inst. 3:)8.

— ETYM. Lat. incircumcisus , de in.... i, et circumeisus, circoncis.

INCIKCONCISION (in-sir-kon-si-zion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1" État de celui qui est incirconcis. Il 2° L'incirconcision, les gentils. Saint Paul, l'apôtre de l'incirconcision. || 3° Fig. L'incirconcision du cœur, l'état de celui qui n'est pas mortifié.

— H[ST. XVI' s. Au regnedeDieu,iln'yane juif, ne grec, ne circoncision, ne incirconcision, barbare ne scythien: mais Christ est entons, ci.Ly.Instit.lt90.

— ÉTYM. Incirconcis.

t INCIRCONSCRIPTIBLE (in-sir-kon-skri-pti-hle), adj. Qui ne peut être circonscrit, enfermé dans des limites. La puissance de Dieu est incirconscriptible. Il En géométrie. Qui ne peut être circonscrit à. Un polygone à angles rentrants est incirconscriptible au cercle.

— HIST. XV' s. X la loange de toy, souveraine puissance et digneté incircumscriptible, christ, de pisAN, Hist. de Ch. Y, part, i, Prologue.

— ÉTYM. In. .. I, et circonscire.

t INCIRCONSCRIT, ITE (in-sir-kon-skri, skri-t'), adj. Qui n'est pas circonscrit.

— ÉTYM. Lat. incireumscriptus (ouicherat, Addenda), de in.... i, et circitmscriptus, circonscrit.

INCISE (in-si-z'), s. f. Terme de grammaire. Petite phrase qui, formant un sens partiel, entre dans le sens total de la proposition. Dans la phrase : Quand la ville de l'aris, qui existait dès le temps de César, n'occupaitque 1 île où estréglis"Notre-Uame, elle n'était que riiumble cité d'un petit peuple gaulois, les mots qui existait dés le temps de César forment une incis^>. Il Terme de rhétorique. Partie d'un membre dans une période (voy. membre). Dans ces versdeCorneiile {Sertor. III, 2) : Et votre empire en estd'autant plus glorieux, Qu'il rend de votre joug les peuples amoureux. Qu'en assujettissant vous avez l'art do plaire. Qu'on croit n'être en vos fers qu'esclave volontaire. Et que la liberté trouvera peu de jour X détruire un pouvoir que fait régner l'amour; il y a une période à deux membres; et le second a quatre incises, qui commencent toutes par que. || Terme de musique. Se dit de cliacun des différents membres d'une pensée.

— ÉTYM. Lat. incisus, de incidcre, couper (voy.

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