‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 155 sur 389 · BIEN · texte numérisé non relu

BIEN

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ceau musculaire prenant son origine à la symphyse du menton et son insertion à la peau.

— ÊTYM. Menton, et labial.

MEXrON (man-ton; l'n ne se lie pas : un man-ton arrondi ; au pluriel, 1'* se lie : des man-ton-z-arrondis), s. m. || 1° Partie inférieure et moyenne de la face située au-dessous de la lèvre inférieure, et qui , bien apparente chez l'homme , diminue chez le singe, et disparait à peu près complètement chez les animaux à museau allongé. On m'a dit autrefois que j'avais un peu trop de menton : je viens de me regarder dans le miroir, pour savoir ce qui en est; et je ne sais pas trop bien qu'en juger, lA BOCUEFOUC. Porlr. JoabJit donc iAuiasa: bonjour, mon frère; et il prit de sa main droite le menton d'Amasa pour le baiser, s*ci, Bible, Rois, n, ïx, 9. Son menton nourrissait une barbe touffue, la font. Fabl. XI, 7. Les hommes en ces lieux ont tous barbe

au menton, m. Fianc Mais je vois, sur ce début

de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune. Et que, les yeux fermés, tu baisses le menton, BOiL. Êpitre xi. || Prendre le menton à une jeune fille, la prendre par le menton, caresse familière. Il Fig. et familièrement. Avoir deux mentons , double menton , triple menton , se dit d'une personne replète qui a le dessous du menton fort gras. Je vois, malgré tes soins, Que ton triple menton, l'honneur de ton chapitre, Aura bientôt deux étages de moins, volt. Épiire vi. || On dit de même : avoir un menton à double, à triple étage. Son menton sur son sein descend à double étage, Bon.. Lutr. I. Il On dit d'une femme très-avancée dans sa grossesse, qu'elle est grosse jusqu'au menton. Vous êtes grosse jusqu|au menton, sÉv. <8 oct. 157). Il Familièrement. Être assis à table jusqu'au menton, y être assis fort bas. || Enfoncer jusqu'au menton, enfoncer dans quelque chose de liquide, de mou, jusqu'à ce que le menton soit atteint. Il Fig. Jusqu'au menton, à satiété. En avoir jusqu'au menton. Tous les enfants de la maison à la table jusqu'au menton, sÉv.("avr.t689. || Branler lementon, remuer le menton en mangeauit. Au reste, une chose étrange, Le prince Bourbon Tout comme nous, quand il mange, Branle le menton, la mon- NOYE, JVoêii. Il Fig. Branler le menton, manger. Oh! tu seras ainsi tenu pour un poltron. — Soit, pourvu que toujours je branle le menton, mol. Cep. amour. V, t. Il Fig. Lever le menton, s'en faire accroire, faire le résolu. Pourquoi faire tant de menaces. Et lever si haut le menton ? sahhazin, Poésies, dans LEROUX, Dict. comique. \\ i° Terme d'anatomie. Houppe du menton, voy. houppe. || 3* Se dit aussi du dessous de la mâchoire inférieure dans certains animaux. Le menton d'un cheval, d'une chèvre.

— IIIST. XI' s. Puis se baisèrent es viz [visage] et es mentons, Ch. de Roi. XLVU. || xir s. Quant l'entent l'empereres, si baisse le menton, Sax. xiv. Dune jurèrent sur sainz e enlreafié sunt. Qu'en tuz les liuz del siècle ù trover le purrunt, Par desouz le mentun la langue lui trarrunt. Th. le mart. 4 36. Il XV* s. Et lui avoit on fait un menton d'argent qui lui tenoit h un cordelet de soie par à l'entour de sa teste, PROiss. m, iv, 50.Lyonnel, qui esloit homme de grant courage, levé le menton, puis print la parolle, et dist.... Perceforest, t. iv, f" ib. Celle qui est la (leur de toute beaulté, qui en toutes mes empriuses me soustient tellement le menton, que je ne puis périr, th. t. m, 1° u 1. 1| xvi* s. Ce sousprieur à quatre mentons commença par.... d'aub. Conf. i, 8. Ccluy peut hardiment nager, à qui on soustient le menton, cutgrave. l.a vertu ne fut jamais à menton blanc, m.

— ETYM. Provenç. menton, mvUo; du lat. fictif m^^lo, mentonit, dérivé du latin mtntum, menton. L'italien nxeiilo vient directement de mentum. Pott, par conjecture, rattache menlum à la racine men, û e-minere; ce serait la proéminence.

t MENTO.V.NET (man-to-nè), t. m. || !• Pièce da fer qui reçoit le bout du loquet ou du loquetcau four tenir une porte fermée. ||2* Anse de bombe.

3* Sorte de tenon réservé au talon d'une lame de ( MUteau; il porte sur le ressort, et empêche le tranchant de te g&ter, quand on ferme le couteau. |! 4" Terme de charpentier. Espèce de tenon qu'on pratique sur la tête des pilots pour arrêter les madriers ou plates-formes que l'on y pose, et qu'on attache dessus avec des chevillettcs. || B° Terme de inécini'jue. Pièce saillante fixée à une roue ou à un arbre tournant, qui vient faire son arrêt sur une lutre pièce, lors'ju'elle la rencontre dans son mouvement. Il 6' Terme de métallurgie. Dans un soufflet mu par une machine, c'est la pièce qui reçoit l'impuliion des cames. |1 7' Paitie d'une tarière re-

courbée à angle droit, servant i maintenir les matières qu'on retire d'un trou de sondage, et à les empêcher de tomber.

— HlST. xvi* s. Msntonnct de loquet, oddiw, Dict.

— ÉTYM. Diminutif de menton; provenç. mentonet.

tMENTONNlER, lÈBE (man-to-nié, niè-r'), adj. Terme d'anatomie. Ou> a rapport au menton. Trou mentonnier, petite ouv«rture située sur la face externe de l'os maxillaire inférieur; c'est l'orifice externe du canal dentaire inférieur.

— ÉTYM. Menton.

MENTONNIÈRE (man-to-niè-r'), t. f. \\ 1° Bande de toile ou d'étoffe qui tenait autrefois aux masques, et dont on se couvrait le menton. 11 y a encore des masques à mentonnièr« pour le bal. Le prisonnier [au masque de fer] portait un masque dont la mentonnière avait des ressorts d'acier, volt. Louis XIV, 25. Il Par extension. Une petite mentonnière de plumes blanchâtres et hérissées lui pend sous le bec, BUFF. Ois. t. viii, p. 347. || 2" Bande de toile dont on enveloppe son menton dans les cas de blessure ou de fluxion. On l'appelait [ce Laval] la mentonnière, parce qu'il en conserva toute sa vie une de taffetas noir, ST-SIM. 46 1. 258. Qn grand homme sec avec une mentonnière noire, qu'il portait depuis que, pour fruit da la guerre, il avait eu la mâchoire fracassée, STAAL, Uém. t. n, p. m. ]\ Terme de chirurgie. Bandage en forme de fronde que l'on applique sur la menton. {| 3° Terme d'entomologie. Pièce principale du masque des libellules (Réaumur). Il 4° Terme d'imprimerie. Sorte de tasseau ou de support triangulaire qui se place sous la casse pour la relever par devant. {| 5* Plaque de fer placi'e horizontalement au devant et au bas de l'entrée du moufle dans le fourneau d'essai. || Plateau saillant du fourneau de rémailleur.

— HIST. XVI" s. M. de Bellegarde, lui voyant le visage descouvert pour ne pouvoir porter de casque à cause de sa foiblesse, lui donna un grand coup d'espée au deffaut de la mentoniere, d'aub. Vie, Lxxxix.

— ETYM. Menton.

MENTOR (min-tor; l'Académie dit qu'on prononce llèu'-lor ; mais cette prononciation, qui a dû exister à l'origine, est tombée en désuétude), s. m. Il !• Nom propre d'un noble habitant d'ilhaque, ami^d'Ulysse, dont Minerve prit la figure, d'après Hoinère, pour accompagner Télémaque à Pylos et à Lacédémone {Cfdyss. u, 268, 4oi); Fénelon a continué et développé cette fiction dans son TcUmaque, et fait de Minerve sous la figure de Mentor le gouverneur de ce jeune prince. 1| 2" Par extension, gouverneur, guide , conseil de quelqu'un. Vous avez là un excellent mentor. Cet homme est le meilleur mentor qu'il pût donner à son fils. Le roi voulait un mentor particulier à sou fils, st-sim. 22, 2^5. lia besoin d'un mentor; et où trouver un mentor plus complaisant! GALiANi, Leit. t. II, p. 36. Il Fig. Ce livre, ma dit-elle, est un mentor dont vous aurez besoin dans le monde; vous ferez bien de le consulter quelquefois, J. J. Rouss. Conf. vil.

t MENTULE MARINE (man-tu-l'), s. f. Nom vulgaire d'une sangsue du mer.

— ÉTYM. Lat. mentula, pénis, par assimilation de forme. Aufrecht a donné l'élymologie de mentula ; c'est lo dimiiiuUi du mot qui est dans le sanscrit promant/ia, l'agitateur, le bâton qu'on faisait tourner dans le creux d'un morceau de liùi.s pour obtenir le feu ; ce bâton est sans cesse comparé dans le Uigvéda à un phallus; racine mont/i, agiter.

MENU, UE (me-nu, nue), ad;. || l" Qui a peu de volume, de grosseur, de circonférence. Une taille menue, pekhault, Cendril. Ma jambe n'est plus du tout reconnaissable; elle est menue, molle; plus de sérosités, sEv. 22 juill. 1686. La princessa a trouvé Monsieur un peu gros; mais pour Monseigneur, elle le trouve fort menu, et le roi, de la plus belle taille du monde, mai.ntenon, Lelt. Duch. de Savoie, «siitt, t. II, p. 216 , dans pougens. Une herbe menue et tendre qui a échappé à la faux du moissonneur, LA BRUY. X. U avait la tête giossa et les jambes menues, itAUiLT. Gramm. Il [le merle d'Amérique] ne se nourrit presque que de menues graines, qu'il trouve sur la terre, en quoi il ressemble auxalouettes, BUFF. Oi'j. t. VI, p. 60. On ne se sert, pour le chauffage ordinaire, dans le plus grand nombre des maisons, que de menu charbon, c'est-à-dire des débris du charbon qui se tire en blocs et en miisscs, lo. Min. t. 11, p. 374. Il 2* Menu plumb, celui dont on se sert pour tirer aux petits oistaux. || Menu rôt, les cailles, perdreaux, bécassines, ortolans, etc.

Il Menu gibier, par opposition à gros gibier, se dit (les lièvres, perdrix, bécasses, etc. mais par oppo» sition à gibier ordinaire, il se dit des cailles, grives, mauviettes, et autres petits oiseaux. |1 Menu bétail, brebis, moutons, etc. par opposition à gros bétail, bœufs, vaches, etc. Jehiel et Jazabad, chefs de» lévites, donnèrent aux autres lévites, pour célébrer la Pâque, cinq mille menues bêtes et cinq cents bœufs, SACi, Bible, Paralip.u, xxxv, 9 || Terme de chasse. Mejius droits, se dit particulièrement da certaines parties du cerf, comme les oreilles, le mufle, les daintiers, les nœuds et la langue; dénomination tirée d'un ancien droit royal levé sur les cerfs tués à lâchasse. || Par extension, menus droits, les issues ou extrémités d'un animal, dont on faitda certains ragoûts. || Menus grains, les pois, leslentilles,la vesce.Ie millet, etc. ijMeuues dîmes, les dîmes qui se prenaient sur les menus grains. || Menues pailles, les balles de céréales qui s'en détachent par la battage. || Menus marchés, terme d'eaux et forêts et du commerce des bois, signifiant la vente des chablis, et des arbres i]ui ne sont pas en coupes réglées ; on y comprend les glandées, les pacages et les paissons. || Terme de marine. Menues voiles, les perroquets ou autres plus petites et de toile plus fine. Menue mâture, les mâts de perroquet et de c.v catois y compris leurs vergues, et les accessoires en bois de ces mâts et de ces vergues. || Menues nécessités des tribunaux, se disait de la buvette, du chauffage, etc. 118° Menues houilles, fragments de houille trop petits pour être vendus pour la chauffage. Des quantités énormes de menues houilles étaient abandonnées dans les mines ou amassées auprès des orifices de ces mines et vendues à vil prix; un ingénieur français, M. Marsais, a trouvé le moyen d'agglomérer tous ces menus, d'en former des pains ou briquettes et d'assurer ainsi par cette transformation un écoulement facile à la houille jusque-là délaissée. Presse scientifique 186), t. ui, p. 816, Il S. m. Les menus des houillères, petit» fragments qu'on utilise en les agglomérant avec du brai. || 4* Fig. Qui est de moindre conséquence, par opposition à principal. Les menues réparations sont à la charge du locataire. Les menus coûts. Monsieur le mort, j'aurai de vous Tant en argent, et tant en cire, Et tant en autre menus soùts, la font. Fabl. vu, ) I. Obtenue par beaucoup de menus moyens qui ne sont pas des plus réguliers, pasc. Prov. m. Plusieurs herbiers à faire à la fois m'auraient été plus lucratifs, et m'auraient mieux dédominagé des menus friis qu'exigent quelquefois des courses éloignées et l'entrée des jardins curieux, i. j. Rooss. Lett. à Maleslierbes. || 5° Menus plaisirs, plaisirs d'agrément et de fantaisie. || Fig. Tu auras [Caton] pour menus plaisirs toutes les vertus du genre humain à critiquer, FÉN. t. XIX, p. 288. Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs, gresset, Jféc/i. u, <. || Menus plaisirs, nom qu'on donnait à certaines dépenses du roi, réglées par une administration particulière, et ayant pour objet les cérémonies, les fctes, les spectacles de la cour. Intendant, trésorier des menus plaisirs, ou, simplement intendant, trésorier des menus. Permeltez-moi de vous faire souvenir de» Scythes [Tragédie de Voltaire] pour le dernier mois de votre rogne des menus , volt. Lett. Richelieu, a déc. 1709. Le voilà livréà la décoration théâtrale, ( aux catafalques, aux feux d'artilice, et à toutes les puérilités des menus, DIDER. Soi. de 1706, œuv. t.xiii, p. 350, dans pouoens. || Menus Plaisirs, ou Hôtel dos Menus Plaisirs, le lieu où étaient les bureaux, le» magasins et les ateliers de cette administration. Cette décoration a été pointe aux Menus Plaisirs, à l'Hôtel de» Menus Plaisirs (on met des majuscules). Il 6* Terme de la liturgie catholique. Menus suffrages, les oraisons qui se disent après l'office, pour la commémoration des saints; et, par extension, certaines prières courtes qui se disent par dévotion ; il est vieux dans les doux sens. Il Par extension. Men us suffrages, petits profits attachés à une charge, etc. Il a vieilli en ce sens. || 7* Menue monnaie, la monnaie de cuivre et de billon, et même la petite monnaie d'argent. || 8* Menu peuple, le'i petite» gens, les classes les plus pauvres parmi le peuple. Ils déchargèrent le menu peuple de tout impôt, I ajoutant que les pauvret payaient un assez grand I tribut à la république, en nourrissant leurs enfants, Boss. llist. ni, 6. Je me sens obligé d'honneur et de conscience do représenter à Sa Majesté qu'il m'a paru que de tout temps on n'avait pas eu assez d'égard en France pour lo menu peuple, el qu'on en avait fait trop peu de cas, vauban, Vime, p. 18. Oh I sans doute, répondis-je, lo menu peuple do Vénus [la planète] n'est composé que do Cela-

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doDset de Svl' andres. et leurs conversations lei nliM duiniunc» valent les plus belles de Clélie [roman de Mlle de Scudéry) ; le climal est très-favorable aux anioui-s, FONTF.N. Jfond. 4' totr. || 9° Dans un fcns analogue. Menu ol/icier, les olflciers inférieurs. L'air familier avec le soldat et le menu oflicior faii:ut aimer M. de Vendôme de la plupart de son armée, stsim. «•ts, Î26. Il 10" S. m. Le menu, les petites circonstances, le UiUil. Et sanshistorierle tout par le menu, Il me dit : vous soyez, monsieur, le bien venu, RÈCNitR, SaU i. Tu m'en veux informer en vain par le menu, cors, la IVuve, iv, 6. Je vous iHsiisde cet anlent désir Tout le menu.... la font. Ilagn. Il [Furia) a tenu, feuilleté, examiné, décrit et noté par le menu chaque page de ce petit volume, sans se douter seulement de ce qu'il contenM,r.L.coi:K. Lettres à M. Renouard. \\il' le menu d'un repas, le deuil de ce qui le compose. Il y a »ingl ans que je n'ai lu que la liste de mes vins et le menu de mon soupe, mabmontel, Cont. mor. Philos, soi-dis. || 12» Menu linge. On a mis à U lessive tant de paquets de menu. || 18" Terme de rôtisseur. II se dit des foies et des ailes des poulets et des chapons qu'on vend pour fricassée. Une fricassée de menu. Inusité présentement; on dit un abatis. Il 14' Petit diamant taillé en rose ou en brillant. Il 18* Menu, nom vulgaire et spécifique du cyclnptère menu (poissons malacoptérygiens). || 16" Adv. En petits morceaux. Hachez cela menu. || On l'a haché menu comme chair à pâté, on l'a cruellement massacré, on l'a percé de mille coups. || Par menace. Vous serez haché menu comme chair à pâté. Bonnes gens qui fauchez, si vous ne dites au roi que le pré que vous fauchez appartient à M. le marquis de Carahas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté, Perrault, Chat botté. || Piquer menu, mettre dans une viande i cuire beaucoup de lardons menus. Mlle du Plessis.... nous disait hier.... qu'aux noces de sa belle-mère ou as'ait mangé pour un jour douze cents pièces de rôti.... nous trouvâmes qu'il fallait qu'ils fussent du moins trois cents piqueurs pour piquer menu, sÉv. 46 juin. i»Ti. Il Écrire menu, écrire en lettres fort petites. Il leur promit de leur faire un beau livre de philosophie, écrit fort menu pour leur usage, et que dans ce livre ils verraient le bout des choses, VOLT. Mùrom. ch. 7. || Dru et menu, fort et beaucoup. Le marquis de Villena lève son petit bâton et te laisse tomber de toute sa force dru et menu •ur les oreilles et sur les épaules du cardinal [Albéroni], ST-siM. 47a, 4 26. || Marcher, trotter dru et menu, marcher vite à petits pas.

— SYH. MEKD, MiNcB. Ce qui est menu n'a de grosseur en aucun sens. Ce qui manque à ce qui est mince, est l'épaisseur. Une jambe menue, une écriture menue ; une planche mince, une étoile mince. On dit un grand mince; io^ls une personne menue est nécessairement petite.

— HIST. XI* s. Le blanc haubert dont la maille est menue, Ch. de Roi. en. Cheent i [il y tombe] foudres et menut et sovent, ib. cix. De mes péchez, des granz et des menus, ib. CLxxii. || xii* s. Et de ion fort haubert qui fu maillez menu, Ttonc. 4 96. Kt li douz cbans des menus oisillons, Couci, xiii. Li nez moult très bien fait, les dcnz menuz et blanz, Sax.v. Si les dcsirancbe et abat el sablon,Comcharpenter fet meû bochillon. Bat. d'Aleschans, v.Ktiee. Il xiii* s. Je dout [crains] qu'à ce viegne (vienne], Oue France s'en plaigne, Kt chascuns, groset menu, Et 11 jeune el li chenu, hues he la ferti!, Romane. ioo. Mainte menue gcnt s'en emblerent par les nés (navires] de marcheans, villkii. liv. J'ay mes petits entans i qui je sui tenus Plus qu'aux povres es- Iranges ne qu'aux frères menus [les frères mineurs, les moines mendiants], do cancb, menudeta^. Il Ev* ». De vins et de vivres dans le chastel avoient ih assez et largement [les assiégés], mais des autres menues choses, le siège durant, eurent iU grand o«*««"l*, r«oiss. II, II, n. Exercer le menu mes- Uerde la ville de Saint-Denis, consistant i vendre et »ehepter œufs, fromages, volailles et autres menues denrées appartenant audit menu mcsiier, Bibl. des ck. 4» série, t. m, p. 4«2. Cs qui avoit esté fait oultrageusement et i leur grand tort, (|ue ce avoit fait le menu peuple, Bouric. ni, «. Puis se trouvèrent trois 4!sJas, Oui firent grant division Du peuple, *' P*nl commocion Des menus encontre noblesse «. Duen. J'o^sies m$s. (■ S7». Le roy le regarde eiî toubriuit Ms<»z esmerveillé, en [lensant que si jeune feomtne «l de ass<!Z menue façon allast contre ce Oherilier pouLiin Ipolonai^) . yWiôn dcSainlr.!, ch. 4» Ella venoil souvent et menu cou Ire et filer auprès «c« clerc, LOUIS II. Nuuv. xxiii. Pour enrichir et

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embellir le dessus dit cordon, il luy auroit fait mettie quatre ou cinq perles et menues pensées [sorte d'ornement qui se mettait aux mouchoirs des dames], Àresia amontm, p. 407,dan3 lacurne.i| xvi's. La ferme des menues-boires, comme cidre, poire, bière et cervoises, Lett. patent, nov. 4559. Puisque vous avez et tenez du menu [de la petite monnaie], je vous prie de me bailler le change d'un escu, bouchet, Serées, liv. m, p. 54, dans lacurne. Et s'il te plaist, menu les briseras, Aussi aisé comme un vaisseau de terre, marot, iv, 228. Et n'est jà besoing maintenant de conter par les menus, lequel de nous a plus mis en la communauté, la boétie, 159. Le menu bestail, ID. I9(. Si vous voyez à la fontaine Quelque jeune Samaritaine, Y courriezbien si menu, Ribaud? st-gelais, 4 0o. Il estoit fort gresle et fort menu par le fonds du corps, AMïOT, Philop. 3. Menuz deviz durant le disner, à la louange des decretales, rab. Pant. iv, Bi. Sociales, luy faisant advouer par le menu l'excellence de leur forme de gouvernement, mont, i, i53.

— ETYM. Provenç. menut; cat. menud; esp. menudo; port, mitido; ital. minuta; du lat. minutus, de tntnufre, amoindrir, du même radical que minus, moins. On remarquera dans l'historique la forme me», el. dans le portugais, miudo.

MENUAILLE (me-nu-à-U', Il mouillées, et non me-nu-S-ye), s. f. \\ i° Quantité de petites monnaies. Il a payé en menuaille. || 2° Quantité de petits poissons. On a mis dans cette matelote beaucoup de menuaille. || Terme de pêche. Petits poissons qu'on met dans un étang pour le peupler. || 3° Toute sorte (le petites choses qu'on met au rebut. Que voulezvous faire de cette menuaille? [] 4° Nom donné aux vers à soie affectés de gattine.

— Hisr. XVI' s. Des balieures de la maison, des cendres du foier, et de celles de la lescive, et semblables menuisailles où la poulaiUe se délecte, o. de SF.PRES, 349. On garde tonte la menusaille [fretin] pour peupler de nouveau l'e.stang, m. 427.

—t,r\fil.Menu;]génev. menusaille, petite monnaie.

t MENUCHON (me-nu-chon) ou MENDET (menu-è), s. m. Un des noms vulgaires du mouron des champs, anagallis anensis, L.

— ËTYM. ilenu: herbe menue.

MENUET (me-nu-è, ou me-nué ; le ( ne se prononce et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des me-nu-è-z élégants ; menuets rime avec traits, succès, paix, etc. Regnard l'a fait de deux syllabes : Un jeune homme en est-il plus nche, quand il sait Chanter ré rai fa sol, ou danser un menuet? le Joueur, I, 4 0. Cela n'est pas exacl, le suffixe et ne devant passe confondre; mais la prononciation ordinaire est en effet me-nuè), s. m. |! 1* Danse grave qui se dansait à deux ] ersonnes sur une musique à trois temps, et i]ui consistait en trois choses : les révérences avant et après, le pas et la figure. Le pas de menuet se composait de deux demi-coupés et de deux pas marchés, et occupait deux mesures h trois temps. La figure comprenait plusieurs parties: 4° deux pas de menuet en avant, le cavalier tenant la main de la dame; 2° quatre pas en spirale, au second desquels on se quittait, et les deux danseurs se trouvaient aux deux coins opposés de la salle ; 3» une évolution où le danseur et la danseuse décrivant chacun une espèce de Z, passaient l'un devant l'autre; c'était là la principale partie du menuet parce qu'on pouvait la répéter quatre, cinq on six fois; 4* après ce Z, le cavalier et la dame, se tenant par la main, faisaient un tour entier ou rond de main, et se retrouvaient aux extrémités de la salle, ce qui leur permettait de reprendre leur évolution en Z; 5° pour finir, le cavalier tenant la dame ôlait son chapeau, et faisait, toujoi;rs sur des pas de menuet, les mêmes révérences et salutations qu'il avait faites en commençant. Ah I les menuets sont ma danse, et je veux que vous me les voyiez danser, mol. Bourg, gent. ii, 4. Après le dîner, messieurs de Locmariaet CoBtIogon dansèrent avec des Bretonnes des passe-pieds merveilleux et des menuets d'un air que les courtisans n'ont pas à beaucoup près, sÉv. 73. Vous souvient-il, ma fille, de ce menuet que vous dansiez si bien, où vous arriviez si heureusement, et de ces autres créatures qui n'arrivaient que le lendemain? m. 2a4. Ouoic|ue leste et bien pris dans ma taille, je ne pus apprendre à danser un menuet, ;. j. houss. Confess. v. || 2" Air à danser, dont la mesure se bat à trois temjis, dans lequel il y a un repos de quatre en quatre mesures, et qui est compo.^é de deux reprises. Vous plairait il cncnr ce menuet rondeau? hautebociie, Crispin miuicien, y, 9. || a- Se dit d'un morceau ordinairement écrit en 3/4 qui suit l'andante

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d'une symphonie ou d'un quatuor. Le menuet est composé de deux parties dont la seconde prend le nom de trio. Les symphonies, les quatuors de Haydn et de Mozart ont toujours un menuet; Beethoven a souvent remplacé le menuet par un scherzo. Un morceau court, toujours à trois temps, le menuet, vient se placer ici entre l'adagio et le finale ; il est coupé en deux parties, chacune formée de deux reprises; la seconde de ces deux parties est le plus souvent dans .un ton différent, et s'écrivait autrefois en trio, comme l'indique le nom qui lui en est resté; puis un da capo ramène au menuet que l'on dit sans reprises, et par lequel on termine; ce morceau de transition, d'un effet sûr parl'agrément et la concision de sa l'orme, nous vient évidemment des anciennes danses, menuets, pavanes, chaconnes, gigues, gavottes, eug. sauzay. Étude sur le quatuor, Paris, 4861.

— ÈTYM. Sorte de danse originaire du Poitou, ainsi dite à cause des pas menus; wallon, mtnuè, minouwè.

t MENDISE (me-nui-z") , s. f. || 1' Terme d'eaux et forêts. Bois qui est trop menu pour être mis avec le bois de compte ou de corde. || 2° Menuise ou menuisaille, petit plomb à tirer, dit plus souvent cendrée.

— ÉTYM. Venu.

t MENUISAILLE (me-nui-zâ-ll' , 11 mouillées),

s. f. Voy. MENUlSE.

MENUISÊ, ÉE (me-nui-zé, zéo), part, passé de menuiser. Du bois menuisé.

MENUISER (me-nui-zé), e. o. || !• Couper menu, en parlant du bois, le travailler. Avec la hache de pierre, il a [l'homme] tranché, coupé les arbres, menuisé les bois, façonné ses armes et les instruments de première nécessité, euff. T époque nat. (HCuv. t. XII, p. 323. Il 2° Travailler conformément à la menuiserie. Menuiser une cloison. || Abs«lument. Il aime à menuiser.

— HIST. xvi° s 11 porle un sceptre de fer, pour briser et menuisor comme pots de terre tous les hautains et rebelles, calv. Inslit. 383. Les molaires pilent, brisent et mcnuisent ce qui a esté taillé par les incisives et œillères, pabR, iv, 2.

— ETYM. Menu; provenç. mejiuzar ; ital. minuizare.

MENUISERIE (me-nui-zerie), s. f. \\l' Ouvrage de petite dimension. || 2° Ouvrages de menuiserie, se dit, parmi les orfèvres, dos bijoux, par opposition à grosserie, qui se dit de la vaisselle. || Menui» série d'étain, tout ce qui se f:ibrique en étain excepté la vaisselle et les pots. {| 3" Particulièrement. Art du menuisier. Antoine Loriot fut en menuiserie Le premier de son temps; le Brun lut estimé, M. nu MAROLLES, le Livre des peintre', etc. Paris, 1855, p. «4. Il Assemblage de menuiserie, art de réunir et de joindre plusieurs morceaux de bois ensemble pour n'en faire qu'une seule pièce. || Menuiserie des jardins, l'art du treillage. || L'ouvrage que fait le

menuisier Un cabinet Dont la cloison n'était que

de menuiserie, la font. Joc.

— HIST. xv* s. Les maislres jurés auront le droit de visiter tous les articles de menuiserie mis en vente dans la ville par les marchands forains, Ord. oct. 1497. Ordonnons que tous orfèvres de nostra royaume facent les ouvrages, tant d'or que d'argent, en grosserie et menuyseiie des aloy et lemeile que font ceulx de nostre ville de Paris, Ordonn. 4 juill. 4498. Ouvrage de menuiserie du dit mcstier [le métier de serrurier', de labùrhe. Émaux, p. 387. Il XVI' s. Tous ces meuriers se rendent propres à ta menuiserie, o. dk sehres, 463.

— f.TVM. Menuisier; Berry et génev. mmvserie. MENUISIER (me-nui-zié; l'r ne se prononce et ne

se lie jamais ; au pluriel, l'j se lie : des me-nui-zié-x habiles), i. m. Artisan <iui travaille en bois, et qni fait dans l'intérieur des maisons les ouvrages qui ne sont pas de la charpente, par exemple les parquets, les armoires, les lambris, les tables, etc. Us [les ébénistes) sont du corps des maîtres menuisiers ; mais, pour les distinguer de ceux qu'on nomme menuisiers d'asscmbiage, on les appelle menuisiers de placago ou de marqueterie, Dict. des arts et m. 4 767, ébéniste. \\ S. f. Menuisièrc. femme d'un menuisier Il 2° Adj. Fourmis menuisières, fourmis quise construisent, dans le tronc de vieux arbres, des habitations où elles vivent en société. || Abeilles menuisières, abeilles qui coupent et perforent le bois pour y déposer leurs larves.

— HIST. xiv s. Un arrêt du 4 sept. 4382, quia augmenté les statuts des bûchers, contient cette remaniue, (|u'on les appolloit alors menuisiers, Dirt. des arts el m. Menuisier. || xv* s. Au jour du Saiut-

MÉP

WÉP

MEP

Sacrement, les menuisiecs accompagneront la procession avec un gros cierge, Ordonn. cet. 4 497. Il XVI' s. X Marcel Frérot, menusier, pour ung jeu (le bille qu'il a faict en la salle du bal au chasteau de Blois, de laborde, Émaux, p. 387.

— ETYM. Menuiser; génev. et Berry, menttsier; bourguig. menuisei.

I ME.NU-PEXSÉE (me-nu-pan-sée), *. m. Variété Je la pensée ou violette tricolore.

— ÊTYM. Voy. MENUES PENSÉES, à l'historique de

HENU.

t MÉNURK{mé-nu-r'), *. m. Nom d'un genre de gallinacés contenant une seule espèce, le ménure lyre, dit vulgairement lyre et faisan lyre.

f MENU-VAIK (me-iiu-vêr), s. m. Kspèce de fourrure appelée aujourd'hui petit-gris. || Terme de blason. L'écu est dit chargé de menu- vair, lorsqu'il est composé de six rangées ; au lieu que le vair ordinaire n'en a que quatre.

— ETYM, Menu, et vair.

t MÉON (mé-on), s. m. Voy. méum.

t MÊPHISTOPHÉLËS (mé-fi-sto-fé-lès'), ». m. Nom, dans la légende de Faust, du diable qui a fait un pacte avec lui. On le reconnaît, ditCoUin de Plancy dans son Diclionnaire infernal, à sa Iroide méchanceié, à ce rire amer qui insulte aux larmes, à la joie féroce qu'il montre à l'aspect des douleurs. Le diame de Goelhe a popularisé chez nous ra légende de Faust et de Méphistophélès. || Fig. C'est un .Méphistophélès, se dit d'un homme dont la méchanceté a les caractères de celles de ce démon.

t MÉPHISTOPHÉLÊTIOL'E (raé-fi-sto-fé-lé-ti-k'), adj. Digne de Méphistophélès, satanique. Aux termes de l'article quatre de notre association donjuanique el méphistophélétique, CH. debebnahu, la Peau du lion, § a.

tMÊPHlTE (mé-fi-f) ouMÉPUlTrS (mé-fi-tis'), s. f. Terme de l'ancienne chimie. Nom donné au produit de la combustion du soufre (acide sulfureux) . Il Nom de plusieurs carbonates et sous-carbonates. Méphite ammoniacale, carbonate d'ammoniaque. Méphite calcaire , carbonate de chaux Méphite de magnésie, de plomb, etc. carbonate de magnésie, de plomb, etc.

— ETYM. Lat. mephitis, exhalaison infecte. L'orthographe latine mephitis ferait soupçonner à ce mot une origine grecque; ce serait à tort, la véritable orthographe est mefitis, qui parait venir des dialectes italiotes du Samnium où ce nom se donnait aux sources d'eau sulfureuse et aux divinités qui y présidaient.

MÉPHITiyUE (mé-ti-ti-k'), ad;. || 1» Acide méphitique, se disait anciennement de l'acide carbonique qu'on nommait au^si acide aérien. || S* Aujourd'hui, qui est à la fois asphyxiant ou toxique, et puant G37. méphitique. Vapeur méphitique.

— CrYM. Lat mephiticus, de mephilit (voy. mé-

PHIT^i).

MÉPlIITISME(mé-fi-ti-sm'),î. m. Oualilédes gaz no'. respirables et des vapeurs malfaisantes. Le mé- Miitlsme des fosses d'aisance, des marais, des égouts.

— ÉTYM. Méphite .

MÉPLAT (mé-pla), i. m. \\i' Terme de peinture. Indication des dilferents plans d'un objet. Lorsqu'on dessine une tête, il faut faire sentir les méplats. Rendre chaudement et avec vérité les veines, les articulations, les reliefs el les méplats, diijEH. •Salon de )7«5, 'lRut>. t. xiii, p. 321, dans i-ouoens. Il Terme do sculpture. Se dit des parties qui ne sont ni planes, ni creuses, ni en bosse, d'une manière tranchée. || Par extension. Point de ces méplats, de ces rides ou de ces plis qui annoncent diiDS l'homme les progrès de l'âge, bachaumont, Mém. iecrett,l.xxx,p.'iOï. || Adjectivement Lignes méplates, l.,<nesqul établissent le passage d'un jilan à un autre. | On dit de même : formes méplates, parties méplates. C'est le plus souvent [dans les basreliefs] pour les ombres portées par les figures des premiers plans et détruisant l'effet des figures placées immédiatement derrière elles, que l'on a été amené i diminuer leur épai.ueur relative, i les rapprocher, à exécuter, dans les sujets compliqués, di'i t)as-reIiof3 méplats, cuiUjkUMK, Sur leî princ. du bat-relief, dans Intlilut, aodt-sept. I88S, p. «.&. Il Terme de gravure. Manière méplate, système do tailles tranchées et sans adoiicissemeot. || t' Terme de charpcnterie. Il se dit d'une pièce de bois qui a plus d'épaisseur d'un côté que de l'autre. || Adjectivement. Planche méplate. Dois méplat. ||.Seditaussi, CD serrurerie, d'une barre de fer, du fer dit en liando.

— ETYM. 'Wall, metplat ; de met, préfixe, et plat : qui n'est pas bien plat Grandgagnage croit que me ou m« est pour mi. à demi plat; mais il n'y a pas de

raison pour changer le sens habituel du préfixe mes. MÉPRENDRE (SE) (mé-pran-dr'), t>. réfl. 11 se conjugue comme prendre. i| 1" Commettre une erreur au sujet d'une personne ou d'une chose. Elles se sont méprises. Entre tant de vertus mon choix se peut méprendre, corn. Héracl. v, i. Une candeur à laquelle on ne se méprend point, fénel. Tél. xiu. Je connais trop votre style, monsieur, pour m y être mépris un moment, volt. Leit. le Jeune de la Croix, 22 mars (773. Il ne faut pas que les jansénistes s'y méprennent : si on a détruit la société [des jésuites], ce n'est ni par amour pour eux ni par estime, d'alemb. Destr. îles jésuites, OtAiv. t. V, p. 187, dans polgens. \\X s'y méprendre, de façon à se tromper, à être induit en erreur. Il est fort bien fait, et chante comme Beaumaviel, à s'y méprendre, sêv. 58«. || 2° Fig. S'oublier et manquer de respect. X qui pensez-vous parler? vous VOUS méprenez.

— HIST. XII' s. S'il nous requiert chevage [tribut], trop a vers nous mespris, Sax. xxvi. (| xiii* s. Sache que envers toi vilainement mesprit [il a commis une faute], Berte, ïci. Or m'en loés [conseillez], si que je ne mesprenge ne à Dieu ne à mon seigneur, Chr. de Rains, p. i 9. Dames, par cest exemple aprencs. Qui vers vos amis mesprenés. Car, se vous les lessiés morir, Diex le vous sara bien merir, la Rose, iBic. || xiv s. Et en vérité celui qui est paoureux est plain de désespérance; quar il craint qu'il ne lui mesprenge en toutes choses, ORESME, Eth. 82. Il XV' s. Celluy qui se eslimeroit jusques là mesprendroit envers Dieu, COMM. I, 3. Il XVI" s. Et n'est pas dit, que les dames (|ui prennent, Font toutes mal, et qu'en prenant mesprennent, mahot, i, 4o-2. Il mesprint lourdement à Artibie d'estre monté sur un cheval fougueux, MONT. I, 359. Vous (pardonnez-moi si je mesprendz) me semblez evidentement errer, rabel. Pant. m, i*. Ouiconques mcsprendra es choses dessusdites, il sera pugni d'amende, Ordonn. sept. )5I4.

— ETYM. Jffî.... préfixe, et prendre; Berry, s'être meinpris , s'être trompé; provenç. mesprendre, mensprendre, mcspenre, menspenre.

MÉPRIS (mé-prî; l's se lie: un mé-pri-z insultant), s. m. Il 1° Prix inférieur à la valeur réelle. C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix. Le plus cher toutefois est souvent à mépris, rêumek, Sat. XII. Il Vieilli en ce sens. {| 2' Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose. Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris. Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris, TRISTAN, Panthée, l, 6. Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de Tordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris, pasc. Pens. xxii, 2, éd. havet. Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mrpris ! boss. ylnne de Gons. Qui vit jamais paraître en cette princesse le moindre sentiment d'orgueil ou le moindre air de mépris? id. Duch. d'Ori. Vous vous taisez, madame, et ce cruel mépris N'a pas du moindre trouble agité vos esprits, bac. Androm. IV, 2. L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire, m. Bajax. v, 4. Le mépris est un sentimrnt froid qui ne pousse i aucun procédé violent, dider.

Claude et Sér. i, 87 Ce loyal mépris Que tout

mauvais auteur inspire aux bons esprits, Gilbert, lion apologie. Ce mépris froid et iraniuille que doit inspirer la folie unie à la perversité, cenlis, Veill. du chdt. t. m, p. i74, dans po'jgess. Il [.Napoléon] haussa les épaules [en apprenant que Moscou était déserte], et, avec cet air de mépris dont il accablait tout ce qui contrariait son désir, il s'écria : ah I les Kusses ne sjivenl pas encore 1 eflet que produira sur eux la prise de leur capitale, S80UR, Hitt. de Nap. vm, 4. Mon inconnu soupira ; un sourire de regret et de mépris vint ellleurer ses lèvres, scribe, le Prix de la vie, dans les llisl. et prov. Il Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris. Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris.... mol. Dépit amour, iv, 4. |, Mettre iiiiépr. s, avoir à mépris, dédaigner. Mais l'Éternel mettra leur audace & mépris, Et d'un si vain complot Ils n'auront que la honte De l'avoir entrepris, racan, 2' psaume. De l'aller voir Arnour n'eut à mépris, la font. Curier. || Faire mépris, traiter avec mépris. Mie craint toutefois L'ordinaire mépris que Hume fait de» rois, corn. Pomp. ui, *. Je n'ignore non plus que votre Ame plus laine.... Rejette les cmseils, en dédaigne le prix, Et fait de ces grandeurs un

généreux mépris, id. Théod. u, 4. Vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils [les chrétiens] font des richesses, boss. 2' sermon, Pentec. i. Il Tomber dans le mépris, tomber dans un état oii on est méprisé. Et fille qui vieillit tombe dans le mépris, CORN, te Ment, il, 2. Joas tombé dans le mépris, boss. Hisl. i, 6. || De mépris, avec mépris. Le trône, qu'à vos yeux j'ai traité de mépris, corn. rots, d'or, IV, 4. Et traitant de mépris les sens et la matière, mol. f . sav. i, i.|| Le mépris de soimême, 1« sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même. Ce sont deux sortes d'amours.... l'un est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu... l'autre c'est l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même, iioss. la Yallière. Ce n'est pas la mort que je crains, mais la honte d'en être digne, et le mépris de moi-même, J. J. rouss. Uél. 1, 24. Il 3° L'objet même du mépris. Que ta religion, que fonda l'imposture. Soit l'éternel mépris de la race future, VOLT l'anal, v, 2. || 4' Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses. Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des aflcctions profondes, stael, Corinne, i, 3. |j 5° Au pliir. U se dit de paroles ou actes de mépris. J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents, mol. l'em. sav. I, 2. On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des rages, sÉv. 20 oct 1679. Je reconnais toujours vos injustes mépris, rac. Mithr. m, B. Pouvez-vous d'un superbe oublier les mépris? id. Phèd m, i. Il 6° Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à. Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome, mairet, J/or( d'Asdrub. iv, 4. Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord ... boil. Art p. i. Il [Henri 111] éprouva à ses dépens ce que c'est que commander sans peuvoir; Guise, au mépris de ses ordres, vint à Paris, volt. Ess. guerr. civ. France. || En mépris de, loc. prépns. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir. || Proverbes. La familiarité engendra le mépris. || II n'y a point de dette sitôt payée que le mépris.

— HIST. XVI* s. Les Athéniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis, amyut, Lysand. )7. Au mespris de leur chef, mont, i, 4. Le mespris de la mort, I». I, 70. Le mespris de la vie, id. i, 83. Avoir une chose à mespris. m. m, 75.

— ÊTVM. Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Piovonç. mcncsprclz ; ciital. wpnysprcu; espagn. menn.fi>rerii) ; portug. menosprcço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le xvi' siècle : Povreté, ignominie, mesprisement, afiliclion, CALV. Instit. 127.

MÉPRISABLE (mé-pri-za-bl'), adj. Digne de mépris. Ils me font méprisable alors qu'ils me font reine, corn. Pomp. iv, 3. Il n'y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d'être méprisés, la ROCUEFOUC. Max. 322. Nous ne devons pas être fâchés qu'ils [les hommes] les connaissent [nos imperfections], et qu'ils nous méprisent, étant juste et (|u'ils nous connaissent pour ce que nous sommes, et qu'ils nous méprisent si nous sommes méprisables, PASC. Pensées, t i, p. 252, éd. laiiube. Les hommes sont bien méprisables, et, en vérité, ne valent guère mieux que les femmes, maintrnon, Lelt. au duc de \oaitlrs, t. v, p. Bi, dans pouoiNS. Il n'y a rien de méprisable dans la nature, cl tous les ouvrages de Dieu sont dignes qu'on les respecte et qu'on les admire, malkhranciie, ilcc/i. rér. I, 0. Il n'y a rien & la cour de si méprisable et do si indigne (iii'un homme qui ne peut contribuer en rien à notre fortune : je m'étonne qu'il o.se se montrer, la bruy. viii. Ce qui est méprisjible est souvent dangereux, (|iiand il n'est pas assez mépri.sé, VOLT, l'ragm. sur l'hist. art. 25

— Erv.M. Mépriser; provenj. mesprexable; calai. menys^nenble ; espagn. mcniispreciable.

t Mf;PKISAIlLi:MKNT (mé-pri-za-bli;-man), adv. D'une manière méprisable.

— HIST. xiv s. Harcius au commencement oyoil mesprisabicment les menaces des tribuns, ber-

CIIEURK, f" 4U.

t SlP.PKISAMMErrr (mé-pri-za-man), adv. Néologisme. D'un ton méprisant, d'une manière méprisante.

— ETYM. Méprisant, et le suffixe meni.

HP.PBLSANT. ANTK (mé-pri-zan, lan-t'), adj.

MÉP

Il !• Oui marque du mépris. Un ton méprisant. Termes méprisants, mairft, Soliman, iv, «. Mme de Breil clle-uiéme avait quitté pour moi son air mcprisani, j. j. rouss. Confess. lu. 118» Oui a du mépris. J'ai quelque chose de chagrin et de fier dans la mine; cela fait croire k la plupart des gens que ja suis méprisant, quoique je ne le sois point du tout, LA BOCHEKouc. Portr. On devient.... dédaigneux et méprisant, bouhd. Carême i , Pens. de la mort, ta. Le monde est moqueur, il est méprisant, il est cruel, uass. Prof, relig. ♦.

UÉPKISE (mé-pri-z"), t. (. Faute de celui qui M méprend. L'essence de la méprise consiste à ne la pas connaître, pasc. Entretien atec Saci. Que les vastes connaissances et l'élévation du génie sont de fausses lueurs qui n'ont rien de plus réel que la méprise qui les admire, mass. Conli. C'est moi qui, pour la mienne, ayant pris sa valise, Ai su me prévaloir d'une heureuse méprise, begnabd, Ménechmet, y, «. On n'a pas encore pu faire des observations assez sûres pour savoir de quel côté est l'erreur [touchant le jour de la planète Vénus] ; mais cette erreur ne peutêtre qu'une méprisedesyeux, uneerreurd'observalion,et non de raisonnement, volt. Phil. Sewt. ni, ». Si le jésuite Daniel a pris un abbé guerrier, martialem abbatem, pour l'abbé Martial, cent historiens sont tombés dans de plus grandes méprises, ID. Dict. phil. Àbits des mots. Je crois que les méprises où je fais voir que vous êtes tombé me dispensent d'entrer dans de plus grands détails, condil. Utt. à Vaut, des lett. à un Améric. 11 dit en même temps que ce taîbi est le même animal que le tlaqualzîn de Hernaiwlez; c'est ajouter la méprise à l'erreur, buff. Quadrup. t. iv, p. <59.

— SYN. MÉPHisE, EBREUB. On commet une méprise quand on prend une chose, une personne pour une autre. On commet une erreur quand on se trompe. Dans un calcul on fait une erreur et non une méprise.

— HIST. xii* s. Venger se vuet li rois de ceste grant mcsprise. Soi. xxm. Là fait li reis vers Deu e vers le liu mesprise, E as baruns cui père [dont les pères] estahlirent l'église, Th. le mart. «t. || x\' s. [Le roi de France venait de faire brûler Haspre] ....Combien qu'elle eust volontiers excusé de ceste mesprise son frère le roi de France, fboiss. i, i, loo.

— ÊTVM. Méprendre, par son participe mépris. Dans l'ancienne langue, me^pmeale sens de faute, mauvaise action; quand on voulait dire ce que nous nommons aujourd'hui méprise, on se servait de mespriton : Mesprison est faite de legier, savoir le moien qui est entre tost et tart, u. de mondev. f- 57, verso.

HËPRLSË, ÊE (mé-pri-zé, zée),par<.p<Ui^ de mépriser. La bonté de Dieu si indignement méprisée [par le pécheur], uoss. 2' panég. saint Franc, de Paule, I. Sur le haut Hélicon leur veine méprisée Fut toujours des neuf sœurs la fable et la risée, boil. Disc. au roi. Hélasl tout est flnl : Hoxane méprisée Bientdt de son erreur sera désabusée, bac. liajax. i, 4.

MÉPRISER (mé-pri-zé), v. a.\\l' Tenir en mépris. Vous méprisez trop Rome, et vous devriez faire Plus d'estime d'un roi qui vous tient lieu de père, coBN. Nicom. m, (. Michol, lille de SaOl, regardant par la fenêtre, vit le roi David qui sautait et qui dansait; et elle le méprisa dans son coeur, SACi, Bible, Paralip. i, xv, -29. On a bien de l'obligation à ceux qui avertissent des défauts; car ils mortifient : ilsapprennentqu'onaélé méprisé, pasc. Pens. XXV, 38. Ne vous étonnez pas si le même Ecclésiaste méprise toutennous.jusqu à la sages.se, et ne trouve rien de meillear que de goûter en repos le fruit de son travail, boss. Duch. d'Orl. Les chrétiens ne connaissent plus la sainte frayeur dont on était saisi autrefois à la vue du sacrifice.... loin de trembler devant les autels, on y méprise Jésus- Chri.1t présent, id. Louis de Bourbon. C'est dans ce même esprit qu'il méprisa souvent les bruits du vulgaire, flécii. Lamoignon. Vous méprisez mes pleurs I mes cris sont superflus I quinallt, Per*. u, «. Oui mépr'ise Cotiu n'esiime point son roi, boil. Sot. IX. Ses mains ne méprisent point le travail, rtn. Tél. xxii. Il est encore assez ordinaire de inéprlser qui nous méprise, la bruv. xi. J'ai assez aortfuell pour mépriser d'un mépris souverain les <lscour» de c«u» qui ne me connaissent pas voit lett. Thieriol,MjMv. «73». Les sots ju^enients et les toUesopiniuns du vulgaire ne rendront point malhuuiwui un homme qui a appris 1 supporter des malheurs rC«U; et qui méprise les grandi peut bien mépriser tes iou. iB. Jk. 4 août ni». Il Kig. et par pl»isantefW. i» tuU SI bien aujourd'hui, que je crois que je prendrai i parti ou'ils me con.seillent, qui est de m«priMr ma jambe [malade], et de ne la point qucstMDMTà tout moment, »«T. «•• juill «au. || Abaolu-

MER

ment. Cliton : Dirons-nous rien nous deux ? — Lise : Non. — Cliton : Comme tu méprises I — Lise : Je n'ai pas le loisir d'entendre tes sottises, corn. Suite du Ment, ii, 6. || 2° Fouler aux pieds, transgresser. Hélasl ce peuple ingrat a méprisé ta loi,BAC.Ii'iI/i.

I, 4. Cruel, si, de mes pleurs méprisant le [louvoir, Vous consentez sans peine à ne me plus revoir, id. Phèdre, v, t . Je puis vous paraître à présent indigne de votre affection ; mais votre promesse, pourquoi la méprisez-vous? stael, Corinne, xv, i. 113° Ne pas donner une suffisante attention. Ceux qui veulent qu'on méprise tout, veulent en môme temps laisser tout courir, boss. États d'oraison, l, 10. Il ne faut pas mépriser de tels détails, qui sont la source cachée de la ruine des Etats, comme des familles, volt. Mœurs, 79. || 4" Repousser un amant, un prétendant, [toi] Pour qui j'ai méprisé Ce mortel qu'aujourd'hui le sort a fait ton maître, volt. Orph.

II, 3. Il 5° S'élever au-dessus de l'amour ou de la crainte qu'on a ordinairement pour une chose. Qui méprise la vie est maître de la sienne [d'Auguste] , CORN. Cinna, i, 2. Laissons-lui donc mépiiser tous les états de cette vie, puisqu'eiifin, de quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face, qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours, BOSS. Puch. d'Orl. Mais, parce qu'en refusant les présents du monde, on encourt infailliblement ses disgrâces, non-seulement mépriser ses biens, mais encore mépriser sa haine, et ne pas craindre de lui déplaire, voilà la seconde ma.ùme, id. a" sermon, Pentec. I. Quand on peut mépriser le charme de l'amour, Quels encbantemenls peut-on craindre ? quinaulï, Armide, ii, i. La l'ranchise qui règne en cet heureux séjour Fait mépriser les fers et l'orgueil de la cour, volt. Seyihes, i, 3. Voulons-nous avoir le droit de mépriser les riches? commençons par mépriser les richesses; changeons nos mœurs, DiiCLOS, Consid. mœurs, < 0.116° Mépriser de, avec un infinitif. Vous, hommes, enfants de Dieu... si, plus stupides et plus insensibles que les créatures inanimées, vous méprisez de suivre les lois que Dieu même vous a données, boss. 2' sermon, Quinquagéiime, 2. || 7° Se mépriser, v. rt/î. Avoir du mépris pour soi-même. Il ne faut pas permettre à l'homme do se mépriser tout entier, de peur que, croyant avec les impies que notre vie n'est qu'un jeu où règne le hasard, il ne marche sans règle et sans conduite au gré de ses aveugles désirs, boss. Duch. d'Orl. C'est se mépriser soi-même que de n'oser paraître ce qu'on est, mass. ifadome. || Se mépriser, avoir un mépris réciproque l'un pour l'autre. Ces deux hommes se méprisent, et ils ont raison tous les deux.

— REiM. Mme de Sévigné a accordé, suivant l'ancienne règle, le participe présent : Je vous trouve si pleine de réflexions, si slo'icienne, si méprisante les choses de ce monde et la vie même, 3 avr. losu.

— HIST. xvi' s. Mespriser les offenses receues, mont. 11,415. Nostre appétit mesprise ce qui luyest en main, m. m, 3. Les opinions que l'ancienneté a eues de l'homme, sont celles (|ui nous mespriseut, avilissent et anéantissent le plus, in. m, 32. Pour ceste première fois s'en alla mesprise et mocqué d'eulx, AMïOT, Lys. lo.

— ETVM. Mes... préfixe, et priser, estimer; prov. mespreiar, mensprexar, menesprezar ; cutal. menyspresar; esp. menospreciar ; port, menosprezar.

t MÉPRISEUU (mé-pri-zeur), s. m. Celui qui méprise. Mépriseurs indiscrets, vous n'y connaissez rien, lamotte, Fables, il, 4 (le Lynx et la Taupe). Du sexe trop aimable Le mépriseur Mougault... ID. Œuvres, t. x, p. 107, éd. 1764.

— HIST. xvi* s. Il esloit grand mespriseurde ceulx qui estoient au dessous de lui, amïot, Pyrrh. 8. Ayant à parler.... des mespriseurs ou contempteurs d'icelle [l'antiquité], ii. es r./lpo/. pour //c'rod. p. 13.

— ÊTYM. Mépriser; provenç. viespreiaire; cat. menyspreador ; esp. menospreciador.

MER (mèr), ». f. Il 1* I-a vaste étendue d'eau salée qui baigne toutes les parties de la terre. Je vais passer la mer, pour voir si l'Afrique, que l'on dit produire toujours quelque chose de rare, a rien qui le suit tant qu'elles [deux dames], voit. Lett. 30. On équipe par ses conseils et presque à ses dépens un vaisseau i|ui doit porter dans la Chine les richesses de l'Évangile; le ciel, la mer, les vents favorisent d'abord cette entreprise, plëcii. Aiguillon. Quoi I pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux. Mer, tu n'ouvriras pas des abtmes nouveaux? bac. Iphig. v, 4. Les vents agitent l'air d'heureux frémissements, Et la mer leur répond par ses mugissements, id. ib. v, 6. Au seul son de ta voix [de Dieu], lamer fuit, le ciel

MER

tremble, id. Esth. i, î. La mer la plus terrible et la plus orageuse Est plus sûre pour nous que cette cour trompeuse, id. tj>. m, «. L'empire de la mer a toujours donné aux peuples qui l'ont possédé une fierté naturelle, parce que, se sentant capables d'insulter partout, ils croient que leur pouvoir n'a plus de bornes que l'Océan, MO.NrESQ. Esp. xix, 27. L'étendue de la mer est au.ssi grande que celle de la terre; ce n'est point un élément froid et stérile, c'est un nouvel empire aussi riche, aussi peuplé que le premier, buff. Quadrup. t. iv, p. lO. 0 mer, terrible mer, quel homme à ton aspect Ne se sent pas saisi de crainte et de respect! De quelle impression tu frappas mon enfance I delil. Ilom. des ch. m. Cette superbe mer sur laquelle l'homme jamais ne peut imprimer sa trace, stael, Corinne, 1, 4. Que j'aime à contempler dans cette anse écartée La mer qui vient dormir sur la grève argentée, Sans soupir et sans mouvement! lamaht. Ilarm. I, lo. Terre, assoupissez vos échos; Etends tes vagues sur les plages, Ô mer.... id. ib. i, 2. Il Chacune des grandes j ortious do cette masse d'eau. La mer Atlantique, Germanique, Britannique, Pacifique. J'ai visité l'Élide, et, laissant le Téuare, Passé jusqu'à la mer qui vit tomber Icare, id. Phèd. i, 1. La Méditerranée, cette mer si connue de tout temps par les nations les plus savantes, toujours couverte de leurs vaisseaux, traversée de tous les sens possibles par une infinité de navigateurs, n'avait que huit cent soixante lieues d'occident en orient, au lieu de onze cent soixante qu'on lui donnait, erreur presque incroyable, KONTEN. Élog. Delisle, On n'avait point encore la véritable étendue ou figure de la mer Caspienne, que l'on doit aux conquêtes et aux découvertes du feu czar, id. ib. C'est la mer Méditerranée que l'Ecriture appelle d'ordinaire la grande mer, flkurï, Mœurs des Israél. lit. vu, 2" part, p. 70 et 71 , dans pûugens. Hannon, dans la négociation avec les Romains, déclara qu'il ne souffrirait pas seulement qu'ils se lavassent les mains dans les mers de Sicile, montesq. Esp. xxi, ii. On a donné à ce bras de l'Océan le nom de mer Rouge, parce qu'elle a en effet cette couleur dans tous les endroits où il se trouve des madrépores sur son fond, BUFP. Hist. nat. preuv. théor. terr. Œutr. t. II, p. 128. On sait que la mer Rouge doit son nom à la présence d'innombrables petites algues (trichodes-mie d'Ehrenborg) qui, pailiculièrement accumulées parfois dans certains golfes, donnent aux eaux la coloration du sang, GHIMARU, Revue des Deux-Mundes , «"avril 1867, p. 667. jl Particulièrement, les deux mers, l'Océan et la Méditerranée. Avant lui [Louis XlVj, la France, presque sans vaisseaux, tenait en vain aux deux mers, boss. llar.-Thér. J'entends déjà frémir ces deux mers étonnées De voir leurs flots unis au pied des Pyrénées, boil. Zip. i. || Mer démontée, voy. DÉMONiÉ. Il Haute mer, tout patage de la mer qui est hors de la vue de toute terre et qu'on nomme aussi le large, romme, dans jal. || Pleine mer, synonyme de haute mer. || Fig. 11 vogue en pleine mer, se dit d'un homme dont la fortune est bien établie. || Fig. H est en pleine mer, se dit de celui (jui avance dans un lung travail. || Mer intérieure,locution employée parfois pour Méditerranée. Il On donne aussi le nom de mer intérieure à de grandes masses d'eau salée qui n'ont aucune communication avec les autres mers. La mer Caspienne est une mer intérieure. || Bras de mer, partie de la mer qui passe entre deux terres assez proches l'une de l'autre. || Port de mer, ville ou endroit situé sur le bord de la mer et ayant un port. || Sur mer, sa dit, dans une signification particulière, pour indiquer qu'une localité est sur le rivage de la mer. Boulogne-surmer. || Ecumeur de mer, pirate, corsaire. Il Homme de mer, homme dont la profession est de naviguer sur mer; au plur. les gens de mer. Les gens de mer [chez les Romains] étaient ordinairement des affranchis, montesq. Esp. xxi, «a. On s'attendait encore moins qu'un prince qui était saisi d'un elTroi machinal <|ui allait jusqu'à lasueur froide et à des convulsions quand il fallait passer un ruisseau, deviendrait un jour le meilleur homme do mer dans le Septentrion, volt. Russ. i, 6. Il Armée de mer, flotte composée de vaisseaux armés en guerre. || Mettre un vaisseau en mer, lui faire quitter le port. On n'a point eu d'ordre de mettre la flotte en mer, sÉv. 672. [| Absolument, mettre en mer, mettre à la mer, quitter le port. On ne doute pas qu'une [lerle si considérable n'excite de grandes clameurs contra le prince d'Orange, qui avait toujours assuré les alliés qus

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10US ne TTicttrions cette année à U mer que pour nous enfuir et nous empêcher d'être brûlés, rac. à Bonrepaux, Lett. 41. || Se mettre en mer, s'embarquer. Elle se met en mer au mois de février, malgré l'hiver et les tempêtes, Boss. Reine d'Àtiglet. li Prendre la mer, commencer une navigation. Il Par mer, c'est-à-dire sur la mer. Louis est le rempart de la religion; c'est à la religion qu'il fait servir ses armes redoutées par mer et par terre, boss. Uar.-Tliér. || Fig. et familièrement. Chercher quelqu'un par terre et par mer, le chercher en divers endroits. Il Tenir la mer, naviguer, courir en haute mer, loin des ports et des rades. || La mer est basse en cet endroit, il n'y a pas beaucoup d'eau. || Familicrement. Celte viande, cette sauce, cette soupe est salée comme mer, elle est trop salée. || C'est la mer à boire, se dit pour exprimerqu'une chose est pleine de longueurs et de difficultés, ou qu'elle ne finit pas. Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire. Tout cela c'est la mer à boire ; Mais rien à l'homme ne suffit, LA FONT. Fabl. viii, 25. J'ai passé à la poste, mon petit homme m'a renouvelé ses excuses ; mais je n'en suis pas mieux ; ma lettre [la lettre que j'attends] est entre les mains de ces maudits facteurs, c'est-à-dire la mer à boire, SÉV. 23 mai )072. Il En un sens contraire, ce n'est pas la mer à boire, se dit d'une chose qui ne présente pas de grandes difficultés. Il Par exagération, c'est un homme qui avalerait la mer et les poissons, se dit d'un homme qui a une grande soif ou un appétit désordonné ; et fig. d'un homme très-cupide. j| Fig. Porter de l'eau en la mer, porter quelque chose en un lieu où il y en a grande abondance. || Fig. C'est une goutte d'eau dans la mer, c'est-à-dire ce que vous apportez ne paraîtra rien ; le secours quevousdonnez est un rien 'icôté de ce qu'il faudrait, etc. || Fig. Labourer le rivage delà mer, prendre une peine inutile. || Rois de la mer, titre des chefs des anciens pirates du Nord. Il i" Terme de marine. La mer, la marée. Pleine mer. La mer est pleine. || La mer monte, la mer descend, se dit du flux et du rellux. || 11 est basse mer, la mer est vers la fin de son reflux. {) Grandes mers, par opposition à mortes eaux, les marées de syzygie, qui sont plus fortes que les autres. 113° Coup de mer, tempête de peu de durée. || 11 se dit aussi d'une vague. Durant cette tempête, un coup de mer emporta notre gouvernail. || 4" Au plur. Les mers, l'ensemble des eaux de la mer considérées d'une manière vague. 6 voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre posssssion du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle, et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice dos mers! rossuEr, Keine d'Anglet. Ainsi tel.... S'en va, mal à propos, d'une voix insolente, Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante. Et, poursuivairl Moïse au travers des déserts, Court avec Pharaon se noyer dans les mers, boil. Art p. I. Souveraine des mers qui vous doivent porter, bac. Uilhr. l, 3. Errant dans toute l'étendue des mers, fén. Tél. i. Mais déjà l'ombre plus épaisse Tombe et brunit les vastes mers, lahart. tiédit. Baïa. || B° Par exagération, grande étendue d'eau non salée. La rivière débordée couvrait la campagne, c'était une mer. Il 6° Mer de sable, vaste étendue de terre couveite de sable. Que dirons-nous de ces mers de sable qui traversent le milieu do l'Afrique? volt. Jenni, 9. Il 7* Fig. Mer se dit d'une grande quantité. C'est dans des mers de sang qu'on a noyé [en Angleterre] l'idole du pouvoir despotique ; mais les Anglais ne croient point avoir acheté trop cher leurs lois, volt. Dict. pliil. Parlement d'Anglet. Que dis-je? quelquefois sur une armée entière L'affreux orage roule une mer de poussière, dei.il. Trois règnes, ii. IIS" Fig. Mer se dit quelquefois pour signilier la vie, les afîaires humaines. Ma très-chère bonne, je crois que votre enfant a besoin de ce qu'il vous demande ; la difficulté c'est de lui pouvoir donner; votre état est une mer où je m'ahiuie, sev. 42juill. <680. Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je songe à me pourvoir d'esriuif et d'avirons, BoiL. Ép. V. Et de mille bienfaits sa lumière suivie Nous prête son Canal sur la mer de U vie, dklil. Trois régnes, iv. Ij 11 se dit aussi pour exprimer certains abîmes moraux, (juand je regarde quelquefois en moi-même cette mer si vaste et si agitée, si j'ose parler de la sorte, des raisons et opinions humaines, boss. V srrm. Quinijuayétime, 4. S<in ime tout entière est plongée dans une mer de tribulation et d'amertume, mass. Carême, Passion. Et découvrait au loin les célestes puissances Errantes sur les flots d'une mer de soufTranccs, bbr.ms,

Jielig. veng. i. Perdu dans la mer immense de mes malheurs, je ne puis oublier les détails de mon premier naufrage, J. J. rouss. Confess.x. Au lieu du repos dont j'avais besoin pour la rafi'ermir [ma tête], je me trouve ici submergé dans des mers d'indignités et d'iniquités, au moment même où id. Lett.

à du Peyrou, 27 sept. )7G7. || Il se dit encore de l'immensité de l'érudition, du savoir. Pline servira bien à mon dessein ; les écrits de ce personnage sont une grande mer dans laquelle il fait bon pêcher, cm patin, Lett. t. ii, p. 564. Après cela, docteur, va pâlir gur la Bible, Va marquer les écueils de cette mer terrible, uoil. Sut. viii. La préface du Codex juris gentium diplomaticus est un morceau de génie, l'ouvrage est une mer d'érudition ; il parut en 1893, DinEB. Opin. des anc. phil. {leibnitxianisme). j| 9° Terme d'antiquité. Mer d'airain, énorme cuve dont les prêtres juifs se servaient dans leurs purifications. I! fit [Achaz] aussi ôter la mer de dessus les bœufs d'airain qui la portaient, et il la mit sur le p^vé du temple qui était de pierre, SACi, Bible, Roi.i, IV, xvi, <7. Il [Hiram] fit aussi une mer de fonte, de dix coudées d'un bord jusqu'à l'autre, qui était toute ronde, id. ib. m, vu, 2:i. L'immense bassin que Salomon fit couler en métal pour le temple de Jérusalem, et que l'on a désigné sous le nom de mer d'airain, avait (O coudées de diamètre et 6 de profondeur.... c'était, au dire de l'historien Josèphe, une demi-sphère creuse, SAiGEY,lf(;(ro;ogi>, p. 20, édit. 1834. Il 10° Jarre ou autre vase de terre dans lequel est une certaine quantité de vin, qu'on remplace, qu'on renouvelle à mesure qu'on y puise. Il a une mer de vin de Chypre. Il 11° Mer agitée, sorte de décoration de théâtre qui représente une mer agitée. La mer agitée est composée de longues lanternes angulaires de toile ou de carton bleu, qu'on enfile à dos broches parallèles, et qu'on fait tourner par des polissons, J. J. B0uss./W(. II, 23. Il 12* Mer de lait, dite par les Hollandais mer d'hiver, mer représentant l'aspect de campagnes couvertes d« neige; ce phénomène paraît dû à la présence d'animalcules sr petits que l'œil, ne pouvant en séparer la clarté individuelle, subit une impression analogue à celle de la lumière stellaire de la voie lactée, trébucuet, Comptes rendus, Acad. des se. t. li, p. <uio. || 13' Mer de glace, nom d'un grand glacier dans la région du Mont-Blanc. {| 14° S'est dit de différentes taches du disque de la lune, où l'on a cru voir des mers glacées. Il 15° Ecume de mer, voy. écume, n° *.

— REM. Le mot mer, au singulier, se prend dans deux sens : (° l'amas des eaux qui environne la terre ; 2° dans une acception plus reslreiide, une certaine étendue d'eau salée contiguë aux côtes et portant un nom particulier comme la mer d'Irlande, la mer du Nord, etc. Dans cette signification mer a un pluriel : les deux mers; les mers qui baignent la Sicile etc.; mais M. JuUien remarque que les mers a aussi un emploi où U n'est le pluriel de mer ni dans l'un ni dans l'autre sens : « Ce pluriel, dit-il, no représente pas du tout une réunion de choses semblables dont chacune soit une mer. Une particularité analogue se remarque dans airs,cieux, eaux. Il n'est pas difficile de voir que, pour ces mots, la pluralité s'ofi're toujours comme indistincte et indivise ; il en résulte dans la signification de ce nombre une sorte de confusion et d'obscurité favorable à la poésie et à la haute éloquence, qui fait que ces expressions les cieux, leseaui, les mers, etc. sont plus poétiques que le singulier, quoiqu'elles signifient exactement la même chose. »

— lllST. XI* s. E ço lur dist, cum s'en fuît par mer, E cum il fut en Alsis la citet, St-Alexis, lxx\ii. Très qu'en la mer [il] conquist la tere altaigne, Ch. de Roi. 1. Il xn' s. En mer se mettent, n'i ont plus demoré, Iloncis. HS. Qui tint Amiens et Bologne sor mer, >b. I80. Sire [il] fu de lUande, une terre où mers clôt, Sax. xvii. Aussi com en la mer est puissanz la balaine, ib. xxx. Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port arriver, Car il s'est mis en mer sans aviron, Couci, x. Hxiii* s. 11 n'[y] a si bcle famé deçà ne delà mer, Berle, m. La mer a esté grosse, et la tcmpeste chava nos vaissiaus sur terre, et furent brisié, ii. ur. valenc. xxxii. i tant est Flore en haute mer, l'I. et Bl. use. ||xv g. Là montercnt-ils en mer, khoiss. i, i, &». La mer homme n'attent, leboux un lincy, Prov. t i, p. 78. Il XVI' s. Oue diray plus? certes un toi aiiner,C'est Dedalus volotlaut sur la mer, mahot, i, <9:j. La mer de Hcdoc est nommée mer sauvage, par ce qu'il y a très souvent des orages violens, Vie du duc d'Epemon, p. 221, dans LACtiRNe. Goutte à goutte la mer s'e^^outte, cotorave. Les rivières retournent

en la mer, m. Qui veut apprendre à prier aille souvent sur la mer, id.

— ÉTYM. Bourguig. ffiar; provenç. et espagn. mar; ital. mare; du lat. mare; comparez le celtique tnatV, mor; le slave more; l'allem. Meer ; goth. marei. Corssen et Curtius rapprochent mare du sanscrit maru, le désert, c'est-à-dire l'élément mort, stérile, à^pûysTO? icovro;.

t MERANGÈNE, s. f. Voy. melongène.

t MERCANETTE (mèr-ka-nè-f), s. f. Va des noms de la sarcelle.

MERCANTILE (mèr-kan-ti-l'), adj. || 1° Qui a rapport au commerce, qui se livre au commerce. Il faut convenir que la littérature, car c'est ainsi que cela s'appelle, a beaucoup gagné du côté des spéculations mercantiles, laharpe, Corresp. t. iv, p. 210. Le calcul décimai peut convenir à un peuple mercantile, cbateaub. Génie, iv, i, 4. || Arithmétique mercantile, celle qui n'est propre qu'aux marchands, pour la distinguer de celle des géomètres, des algéhristes, etc. || 2° Plus ordinairement, se dit, en mauvaise part, des choses commerciales, avec l'idée d'un gain sordide. Tout secret dans les arts arraché à la politique fausse et mercantile d'un pays, est, dans la réalité, un service rendu à toute l'espèce humaine, condorcet, Montigny. \\ Fig. Sans que rien de vénal et de mercantile ose approcher d'une si pure source, j. j. rouss. Prom. ».

— HIST. xvi' s. Mercantil, cotgrave.

— ÉTYM. Ital. mercantile, de mercante, marchand {voy. marchand).

t MERCANTILEMENT (mêr-kan-ti-le-man), aâv. D'une manière mercantile, en mauvaise part.

t MERCANTILISME (mèr-kan-ti-li-sm'), s. m. Néologisme. Propension à rapporter tout au commerce, au trafic, au gain.

— ÉTYM. Uercantile. On a dit dans le môme sens mercantisme, babœuf. Pièces, i, <46; mais mercantisme est un barbansme.

MERCANTILLE (mèr-kan-ti-U' , Il mouillées, et non mèr-kan-ti-ye) , s. f. Terme qui vieillit. Négoce de peu de valeur. Faire la mcrcantille. Je ne désespérais pas de vaincre en Angleterre la résistance que m'opposait l'homme d'État qui vient de mourir [Canning], résistance qui tenait moins à lui qu'à la mercantille fort mal entendue de sa nation, CHATEAUBR. Am&. Républ. espagn.

— ETYM. Autre forme de mercantile.

t MERCAPTAN (mèr-ka-ptan), s. m. l'ermo de chimie. Radical particulier d'une classe d'hydracides.

— ÉTYM. Mercure, et capter, ainsi dit à cause de sa grande affinité pour le mercure.

t MERCAPTURE (mèr-ka-ptu-r') , S. m. Terme de chimie. Combinaison du mcrcaptan avec un métal.

MERCENAIRE (mèr-se-nê-r'), ad}. || 1° Oui se fait seulement pour le salaire. Œuvre mercenaire, ROTROD, Vencesl. m, 0. L'esprit mercenaire [suivant les quiélistes], c'est-à-dire le désir des récompenses, BOSS. 6'écrit, 2. Et font d'un artdivin [la poésie] un métier mercenaire, boil. Art p. iv. De là vint cetamas d'ouvrages mercenaires, Stances, odes, sonnets, épltres liminaires, id. Êp. ix. || Fig. et en mauvaise part. Le véritable amour jamais n'est mercenaire, 11 n'est jamais souillé de l'espoir du salaire, 11 ne veut que servir, et n'a point d'intérêt Qu'il n'immole à celui de l'objet qui lui plaît, corn. Perth. 11, t. Loin do nous une piété faible et mercenaire! attachons-nous à Dieu pour Dieu môme, fénel. t. xvii, p. 347. Ici le cœur fait tout, ici l'on vit pour soi; D'un mercenaire hymen on ignore la loi, volt. Scylh. II, 2. Ils pourront aujourd'hui Vendre au fils de Pompée un mercenaire appui, id. Triumv. iv, 3. Il 2* En parlant des personnes, qui travaille pour de l'argent. N'employons point les mains d'un soldai mercenaire, volt. Olymp. iv, 2. || Troupes mercenaires, troupes étrangères dont on achète le service. Il Fig. X qui l'on fait faire tout ce qu'on veut pour de l'argent. Cet homme est mercenaire. C'est [une armée] une multitude d'âmes pour la plupart viles et mercanaires qui, sans songer à leur propre réputation, travaillent à celle des rois et des conquérant», FLÊCH. Turenne. Gorgé de honte et d'or, un impudent Maurice, Du pouvoir, quel qu'il soit, adorant le caprice. De tout parti vaincu mercenaire apostat, Peut vendre ses amis comme il vendit l'État, m. ;. ciién. Essai sur la satire. || 3" S. m. Ouvrier, artisan qui travaille pour do l'argent. Celui qui répand le sang et celui <|ui prive le mercenaire de sa récompense sont frères, tACl, Bible, Ecclisiastiq. xxxiv, 27. Faire propriétaire, sans dépouiller personne, l'homme qui n'est que mercenaire, donner la terreau laboureur, c'est le plus grand bien qui se puisse faire en France, depuis qu'il n'y a plus de serfs i affranchir, P. !•

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eom. tfftre T. Il Travailler comme un mercenaire, Iravaillor l)oaucoup. || 4* En général, tout homme qui travaille pour cie l'argent, mais avec l'idée déprécialive qu'il n'a aucune indépendance de caractère. Dieu nous pré^ervo de penser que vous sacrifiez la »< ité » 1111 Vil int<5rêt; que vous files du nombre da ces inalhinireux mercenaires qui combattent par des arguments, pour assurer et pour faire respecler les immenses fortunes de leurs maîtres, volt. Philos. Cont. à H. Bergier, XX. Je ne vous ai point abandonné au soin du mercenaire; je vous ai appris moi-même à parler, à penser, à sentir, Diny.n. Pcre de familU,ii,e. Des esclaves et des mercenaires ne sont pas faits pour élever des Spartiates; c'est la patrie elle-même qui remplit cette fonction importante, bahthbl. Anach. ch. 43. |) 5° Nom donné aux étrangers qui servent dans une armée pour de l'argent. Pour t'en donner avis co lâche mercenaire S'en vint dedans ton camp en faveur de la nuit, .MAIBF.T, Kort d'Asdr. m, 3. || Guerre des mercenaires, guerre terrible que Carihage eut à soutenir contre les troupes étrangères à sa solde, entre h première guerre punique et la seconde. Il 6* Fig. Homme intéresse et facile à corrompre pour de l'argent. C'est un vil mercenaire.

— Ilisr. xri* s. Vus estes merceniers : des verais poi i a; Li reis le veit très bien : plus vils vus en aura, Th. le mart. î9. || xiv* s. Mercenaires qui labourent pour loyer, comme sont recouvreurs de maisons, vignerons et teles gens, ouesme. Thèse de MEiiNiFH. Jehan Adam, preslre, chappellain mercpmnairede Hhetet, du cange, mercenarius. Le mercenaire est digne de son loyer. Songe du rerg. i, I6. Il XV* s. Là furent ordonnés le sire de.... messire H( mi de Kakeren, un chevalier mercenaire, fhoiss. i, 1,139. Il XVI' s. Lavraye vertu ne demande aucun loyer mercenaire de ses actes louables, amyot, Préf. vi, 3l. Il ne fault pas s'en reposer et rapporter du tout à la discrétion de quelques maistres mercenaires, id. Comment il faut nourrir les enfants, il.

— ÊTVM. l'rovenç. mercenari ; esp. et ital. mercenario; du lat. mercenarius, de merx, marchandise (voy. marchand) ; mercenarius avait donné mereenier comme mercenaire.

UEKCEXAlKËMËin' (mèr-se-nê-re-man), adv.

D'une manière iiiercenaTe. Ce chétif écrivain qui n'aura pas manqué d'écrire mercenai rement et de prostituer sa plume.... gui patin, I.ett. t. 11, p. 33(. Ceux qui tiennent le rang de maîtres, servent, par nécessité et par devoir, ceux-là mêmes qui les servent mercenairement et par intérêt, BOUHD. Serm. Dim. t. n, p. 48.

— ÉTYM. Mercenaire, et le suffixe ment. MERCERIE (mèr-se-rie), *. f. || 1° Commerce du

mercier. Il est dans la mercerie. || 2° Les diverses marchandises dont les merciers ibnt trafic. |{ Kig. Il a plu sur sa mercerie, c'est-à-dire son commerce va mal, il est dans de mauvaises alTaires. || La mercerie, l'ensemble des merciers.

— HIST. XV' s. Et avoient [les Gantois] en leur ost de toutes choses à plenté : halles de draps, ....de mercerie, et marché tous les samedis, fhoiss. Il, II, i«l. Ce jour [de la mort de Charles Vlj il ne fut rien ouvert, ny merceries, ny autres marchandises, non plus qu'en un jour de grande feste, Juv. DES URsms, u J2. ♦• rang, qui sont les mestiers d entre les médiocres et petits : mercier vendant petites merceries, comme cousteaux, ciseaux, rubans etesguillcttes, Édit, avril M97. ||ivi' s. En nostre dicte Tille de Paris il y avoit au dist mestier et estât de grosserie- mercerie [épicerie et mercerie] quatre gardes jurés, Ordonn. 2 mars, t bol. Et Dieu sait comment il plut sur sa mercerie (comment on le rossa], DESPEH. Contes, xn. Iji mercierie que je porte, Bertran , est bien d'une autre .sorte Que celle que l'usurier vend Dedans ses bcutiaua» ^lusas aoHs. aai. '

— fTYM. Jfercter.

MKRa (mèr-si), t. f. sans pluriel. || 1' Grâce, r .jur, récompense; usité seulement en ce sens dans cette locution du style des romans de chevalerie : Don d'amoureuse merci, les dernières laveurs de lamour. Conclusion, que Renaud sur la place Obtint le don d'amoureuse merci, la font. Oraii. Il 2' Il est aussi usité avec le sens de grice laveur, dans la locution : Dieu merci,c'est-4-dire par U merci. U grlc« de Dieu. Quelque rare que soit le mériUd» belles, Je pense. Dieu merci, qu'on vaut son prix comble tltoi, «ol. Jfù.m, i. Dieu merci, tout alU à souhait, siv. w. Dieu merci, les ennemis a» U raison lont auui b«tes que tanatiqucs «itnts. Ltu. au roi de Pr. 3 juill. 1778. M Dani tett« locuUon in«rft est féminin; U locuiion com-

plète est : la Dieu merci, ou la merci Disu, comme on peut voira l'historique; Dieu y est régime : merci (ie Dieu, comme dans hôtel-Dieu, c'est-à-dire hôtel de Dieu. Cela signifie proprement non pas remerciement à Dieu, mais grâce, laveur de Dieu. || One merci de Dieu, poignard qu'on a aussi nommé misé.icor'le. || Merci de ma vie, merci de moi, exclamations populaires qui annoncent l'Impatience, la colère. Merci de moi, lui dit la mère. Tu mangeras mon fils'? l'ai-je fait à dessein Qu'il assouvisse un jour ta faim? la font. Fabl. iv, 18. Hé! merci de ma vie I il en irait bion mieux, .Si tout se gouvernait par ses ordres pieux, mol. Tart. i, l. Merci de ma vie, le premier qui avance, je lui donnerai de ces deux épées dans le ventre, dancourt, Chev. d la mode, y, 3. Eh 1 oui, merci de ma vie, je m'y suis intéressée, elle nous coûte assez pour cela, lb SAOF., Turcaret, i, 9. || 3° Par une extension de sens qui est aussi dans grdce (comparez faire grâce, demander grâce), sentiment par lequel on fait aux autres la faveur de les épargner. Un homme sans merci. Dans cette circonstance, n'attendez aucune merci. Selon d'anciennes coutumes féodales, le peuple était réputé corvéable et taillable à merci et miséricorde, Dict. de l'Acad. L'exemple de leur race à jamais abolie, Devait sous ta merci tes rebelles ployer, malh. ii, i 2 . Il Être, se mettre à la merci de quelqu'un, être, se mettre à sa discrétion, c'est-à-dire dans une situation telle qu'il fera grâce, qu'il donnera merci, s'il veut. Je me rends donc sans résistance X la merci d'elle et du sort, malh. v, ih. Ce public ennemi, cette peste du monde [l'Amour].... Se trouve à la merci de nos petites mains, id. vi, 5. Ce même Antiochus, se cachant à ma vue, Me laisse à la merci d'une foule inconnue, rac. Ilérén. i, 4. Ils n'ont pas voulu livrer tant de peuples à la merci d'un homme fougueux, fén. Tél. xix. Les innocents sont à la merci des envieux, id. ib. xx. Me voilà, grâce à vous, à la merci de mes gens, Diderot, Père de famille, m, 3. || Par extension. Si j'étais quelque enfant épargné des tempêtes, Livré dans un désert à la merci des bêtes, corn. D. Sanche, IV, 3. U espère vous voir encore à la merci des voleurs et des loups, et de tout ce que Marion espérait dans sa jolie abbaye, sÉv. 444. || Fig. À la merci de, en parlant des choses qui nous dominent et dont nous sommes le jouet. Ma nef est portée À la triste merci de la vague indomptée, hégnieb, Sat. VII. M. d'Aumont a envoyé un courrier au roi, lui dire qu'on avait vu des vaisseaux à la merci des vents, et quelques marques de débris et de naufrage, SÉV. 478. Sa femme [de M. de Sévigné) est bien fâchée que vous laissiez vos beaux orangers d'Avignon à la merci de la bise , id. 564. Je vous plains à l'excès d'être si longtemps à la merci de votre imagination, qui est la plus cruelle et la plus dévorante compagnie que vous puissiez avoir, id. t" nov. 168S. Voilà les horreurs de la séparation; on est à la merci de toutes ces pensées; on peut croire sans folie que tout ce qui est possible peut arriver, id. 6 mai I67). Le bonheur de l'impie est toujours agité ; Il erre à la merci de sa pro;>re inconstance, rac. Eslh. 11, ». Seriez-vous insensible lu malheur d'un fils qui, cherchant son père à la merci des vents ei des Ilots, a vu briser son navire contre vos rochers? fên. Tél. i. || Crier merci, demander merci, demander la merci, la faveur de celui que l'on supplie, demander d'être ép.irgné. Et du peuple clliayé le plus pressant souci tst de sauver sa vie en lui criant merci, tristan, Panlhée, II, 3. Monsieur, vous qui venez de me parler ainsi. Ne demandez jamais ni grâce ni merci, v. iiUG-i, Hernani, 11, 3. |[ Prendre à merci, recevoir à merci, faire grâce. Et par quelle raison dois-je prendre à merci Ce peuple qui toujours fut de crimes noirci 1 hairet, ifort d'Asdrub. 1, i. || 4' L'ordre de la Merci, de Notre-Dame de la Merci (avec une majuscule), ordre religieux institué pour racheter les captifs des mains des infidèles. L'ordre de la Merci fut institué PU t223 par saint Pierre Nolasque, sous la règle de saint Augustin. || 6" S. m. Un grand merci, un remerciemenL Je veux que la docte cohorte Vous en doive le grand merci, chapellf., Voyage. Goûtez bien cela, il est de Léandre, et il ne me coûte qu'un grand merci, la bruy. m. Il Par forme de plainte. Voilà le grand merci que j'en ai, c'est-à-dire voili la reconnaissance qu'on me témoigne pour les services que j'ai rendus. Voici le grand merci que j'aurai de mes peines, Régnier, Sat. xu. Il Dire merci, remercier. 11 ne m'en a pas seuleaient dit merci. || Absolument, merci, grand merci, c'est-à-dire je vous rends grice. Vous me donnez cela, merci, grand merci.

MER

Le dauphin dit: bien grand merci, la pont. Fabl. IV, 7. Bien grand merci du soin, id. Handr. Il Merci, grand merci, se dit aussi pour refuser. Renaud dit à Damon : grand merci de la coupe, la font. Coupe. \\ Merci, isolé de grand, s'emploie toujours sans article. || On n'a qu'à parcourir l'historique et à se référer à l'étymologie, et l'on verra que merci est féminin d'origine et a toujours été employé au féminin. S'il est devenu masculin dans grand merci, c'est que, dans l'ancienne langue, grand était aussi bien féminin que masculin, et grand merci était régulier. Mais au xvr siècle on a cru que grand était au masculin, el cela a entraîné à dire un grand merci.

— SYN. KERci, MISÉRICORDE. Daus misértcorde il y a l'idée de misère ; c'est la misère qui touche notre cœur. Merci ne lenforme aucune idée de ce genre ; il signifie proprement faveur, et indique la faveur que nous faisons en épargnant. C'est pour cela qu'on dit figurément être à la merci des flots, et non à la miséricorde des fiots.

— HIST. X' s. Qued avuisset de nos Christus mercit, Eulalie. || xr s. Par le sien Deu, qu'il ail mercit de moi, Ch. de Roi. xi. Clamez vos coulpes, si priez Deu merci, ib.LXxxvii. Ce camp [champ de bataille] est vostre, mercit Deu, et le mien, ib. CLix. Il xn* s. Sire, dist-ele, grant merci [je] vous en rent, Uonc. 172. Vous, dame, doit-il membrer [souvenir). Qu'en gentil cuer [cœur] doit-on trover merci, Coud, l.v Et quant je plus merci vous doi crier, ib. x. || xiii* s. Dame, lonc temps [j'] ai fait vostre service, La merci Dieu ; qu'or n'en al mais talent [volonté], qdesnes, Romane, p. 90. Seigneur, en tel manière vuellent cil de la cité rendre la ville en ma merci, sauves leur vies, viLLEH. XLViii. Toutes les gens qui avoec lui estoient par où li empereres Baudoins passa, vindrent à merci, in. cxv. Se il le fcsoit, il scroit en la merci le roi, de cors et d'avuir, Liv. des met. 94. 11 n'est nule[chose] quisilostraete A merci dame ou (lamoisele, la Rose, 1R31. Sans faille, voirs est que li Diex D'amors trois dons, soe merci, Me donna.... ib. 4126. Sire, tist le preudomme, vous me faites grant honneur, la vostre merci.joiNv. 216. ||xv*s. Et à votre povre peuple qui cric merci.... veuillez donner grâce et remission, froiss. h, m, ts. Et quand ledit messire Guillaume peut parler, il dit : Gentil et noble roy, cent mille mercis du grant honneur que vous me faites, id. i, i, 47. Ledit comte Derby, qui fut moult noble et très gentil de cœur, repondit : Qui merci prie, merci doit avoir, ID. ib. I, I, 221 . Il XVI' s. Proprement merci est accorder la grâce qu'on demande, marg. Nouv. lvi. On leur pensoit porter les accidens des estais, mais ils les avoient sceus par un 'Walon qui (lUeUiues jours auparavant, à la merci de trente harquebusades, s'estoit jette dans le fossé, d'aub. Ilist. m, 159. Mes beaux pères religieux, Vous disnez pour un grammcrcy, marot, m, 68. Rends à Plutarque, o Grec, un grand-mercy, id. m, (98. Il avoit esté présent quand ilz furent exposez à la mercy de la fortune, amvot, iîoin. to. Le meilleur de ses plus glorieux actes estoit, ne s'estre jamais sans mercy vengé d'aucun sien ennemy, id. Pcric. 74. Le peuple romain leur devoit bien le grand mercy de beaucoup de richesses, de despouilles, etc. qu'ilz luy avoient acquises, id. Cicér. 26. Dont plus que jamais je loue le créateur, redoublant les mercis, comme il nous a redoublé nostre félicité, mabo. Lett. xxxiv. Quel appétit ne se rebuteroit à veoir trois cents femmes à sa mercyV mont, i, 332. Le cerf nous demande mercy par ses larmes, id. ii, (31. Il se trouva riche, mercy à cettre trafique, id. III, 266. Nous aultres ignorants estions perdus, si ce livre [le Plutarque d'Amyot] ne nous eust relevés du bourbier ; sa mercy, nous osons à cett'hcure et parler et escrire, ID. 11, 4). Quand les pilaux de village ont pris un loup, on emporte la teste par les paroisses circonvoisines pour en tirer du commun peuple quelques grandsmercis en œufs, fromages ou autrement, pasquier, l'Interprétation des institûtes de Justinian, 11, 2).

— ETYM. Berry et bourg, morctjprovenç. merce, mercey ; esp. meiced; i>jft. merci; ital. mercè; du lii.mercedem, récompense, grâce, faveur. Merces, comme merz, se rattache àmerert (voy. marchand). Du sens de faveur, de grâce, on a passé à celui du sentiment qui faitlàire faveur, faire grâce, épargner. Grand merci, c'est la grande faveur (que vous me faites), de là le sens de remerclmcnt.

MERCIER, lÈKE (mèr-sié, siè-r'), ». m. et f. Il 1° Celui, celle qui vend toutes sortes de menues marchandises, surtout de celles qui servent à l'ba-

MER

MER

MER

hîîlemenf. Petit, Imenu mercier. || Adjectivement. Marchand mercier. || 2" Porteballe qui va par les villes et les villages, pour y vendre toute sorte de menues marchandises. || Il tuerait un mercier pour un peigne, se dit d'un vaurien qui, pour le plus mince profit, ne recule devant aucune mauvaise action. || Proverbes. Au jour du jugement chacun sera mercier, il portera son panier, c'est-à-dire il répondra de ses fautes. || Petit mercier, petit panier, ou à petit mercier petit panier, c'est-à-dire il ne faut pas faire des entreprises au-dessus de ses forces.

— HlST. XIII' s. Et les deux suers [sœurs] Jehan, que font? Leur cors [ellesj appareillent et veslent; Au plus tost que puent [peuvent] s'aprestent. Pour retueillir Blonde à honneur; Et furent mandé sans demeur X un mercier trente cendaus, Dl. et Jehan, 460S. Il XV' s. Petit mercier, petit pannier; Pourtant se je n'ay marchandise Qui soit du tout à vostre guise, Ne blasmés, pour ce, mon mestier, ch. d'ohl. Chans. 81. || xvi* s. En nostre dicte ville de Paris il y avoit audict mestier et estât de grosseriemercerie quatre gardes jurés.... sur semblables discordes qui s'estoient meus audict lieu de Paris entre les bonnetiers de ladicte ville et lesdicts merciers grossiers. Ordonnance, 2 mars )507. Deiïenses à toutes personnes de se dire et qualifier roi des merciers, Edit, avril (697. Assez despendre et rien gaigner, mené à mal le pauvre mercier, lf.roux DE LiNCT, Prov. t. Il, p. i *i>. 0 si vous me y faictes votre lieutenant, dit Merdaille, je tueroye ung pigne pour un mercier, rab. Garg. i, 33.

— ÉTYil. Berry, marcier; bourg, marcei ; prov. mercer, mercier; bas-lat. mercerius; du lat. merx, mercis, marchandise.

t MERCORET (mèr-ko-rè), s. m. Un des noms vulgaires de la mercuriale annuelle, planle.

— ÉTYM. Ital. mercoreïfa, marcoreiiô, du lat. Mercurius (voy. merourjale 2).

.MERCREDI (mèr-kre-di ; le peuple prononce généralement mê-kre-di ; prononciation que Vaugelas condamne et que Th. Corneille dit être la plus usitée de son temps), s. m. Le quatrième jour de la semaine. Il viendra mercredi. Le mercredi descendras. Il reçoit tous les mercredis. On sait depuis combien d'années il [Ménage] tenait son assemblée des mercredis, qu'il nommait sa mercuriale, Ménorgiana, Averlissement.

— IIIST. xui* s. Ensi demorerent jusques au merquedi de Pasques, villeh. cxui. Antioche fu prise un merquedi au soir, Ch. d'Ant. vu, t. Je vos paierai dix livres merquedi dedens prime, BEAUM.xxxv, 27. || XVI* S. Lc mecredi deuxième jour dudit mois de (evrier <662,il fitson dernier sermon du livre des Rois, bèze, Vie de Calvin, p. ifiO.

— £TYM. Génev. bourg, et picard, mécredi; Berry, mekerdi, meincredi, meinkerdi ; wallon, dimiek ou miek ; prov. mercre ; esp. miercolet; du lat. Uercurrii dies, jour de Mercure.

MERCCKE (mèr-ku-r'), t. m. || l' Dieu du paganisme gréco-romain qui présidait au commerce, à l'éloquence, qui était le messager des dieux et le patron des voyageurs, des fitous, et qui était chargé du soin de conduire les imes des morts dans les enfers. Je vais là-bas.. ..Dépouiller promptement la forme de Mercure, Pour y vêtir la figure Du valet d'Amphitryon, MOL. Amph. Prologite. || Par extension. On voit à gauche arriver le pigeon messager, loiseau mercure, bider. Salon de i"65, Œuv. t. xiii, p. (4, dans POLGENS. {| i' Messager d'amour, celui qui porte des billets doux entre deux amants et qui se charge de procurer ou de faciliter à un autre quelque commerce de galanterie ; dénomination qui Tient sans doute du rôle que Mercure joue dans );Melquêi intrigues amoureuses de Jupiter. La Varonnc,marmiton,puisc»i3inier,après porte- manteau, ensuite le mercure d'Henri IV, ST-siu. «08, 265. Depuis maprison je m'étais accoutumé à regarder les choses diins un point de vue moral, et Je ne trouvais pas l'emploi de mercure aussi honorable qu'on le disait, LK SAGE, Cil Bleu, xii, 3. Un bon père ne doit èlre ni le tyran de son fils, ni son mercure, VOLT. Jemnt,4. || 3* Titre de divers écrits périodiques traitant de politique, de littérature, et contenant des annonces, des nouvelles. Quand.... (ous les Hercures et toutes les brochures m'accablaient de mépris en croyant faire leur cour i lime de Pompadour, volt. ImU. d^Argenlal, «3 avril )7«3. Il n'y a guère d'années qu'on ne débite sous son nom [de Voltaire] des ouvrages qu'il n'a jamais vus; et il apprend qu'il n'y a guère de mois oii l'on ne lui impute dans les Mercures quelque pièce fugitive qu'il ne connaît pas davantage, lu. Oratr, Âvit au lect. jj Le Mercure de Franco, livre périodi-

OICT. DE Là langue FRANCAISS.

que, qui se donnait, à Paris, tous les mois, et qui contenait divers ouvragesd'esprit, avec une courte exposition de tout ce qui regardait les sciences, les arts, l'état civil, politique, etc. de la France; il fut commencé,sous le nom de Mercure galant, en )(i72, par M. de 'Visé, qui l'interrompit, en 1674, jusqu'au mois de mars 4 677. Et tout ce queSegoing dans son Mercure entasse, boil. Sat. v. Le Mercure Galant est immédiatement au-dessous de rien : il y a bien d'autres ouvrages qui lui ressemblent, la brdy. i. Vous ne lisez donc pas le Mercure de France ? 11 cite au moins par mois un trait de bienfaisance, GILBERT, le Dix-huitième siècle. Les talents n'ont ni fleurs ni fruits dont le Mercure ne se couronne ; littéraire, civil et politique, il extrait, il recueille, il annonce, il embrasse toutes les productions du génie et du gotlt, MARMONTEL, Mém. VI. Qu'ont fait ces nains lettrés qui, sans littérature, Au-dessous du néant soutiennent le Mercure? m. j. chén. Ép. à Voltaire. || 4° La planète la plus voisine du soleil, r.a distance de Mercure au soleil est d'environ six millions de myriamètres; elle parcourt son orbite en 88 jours, et le volume en est le seizième delà te.'re. Mercure est si petit et si proche du soleil, dans les rayons duquel il est presque toujours perdu, qu'il échappe à toute l'adresse des astronomes, fonten. Mond. 4* soir. Depuis le soleil jusqu'à onze ou douze millions de nos lieues ou environ, il ne paraît aucun globe ; à onze ou douze millions de nos lieues est Mercure dans sa moyenne distance, volt. Phil. iSewt. III, 8. Mercure ne s'éloigne jamais du soleil au delà de trente-deux degrés, la place, Expos, i, 6. Il 5" Substance métallique fluide à la température ordinaire, communément appelée vif-argent. Le mercure du baromètre. Des trois grandes mines de mercure et dont chacune suffirait seule aux besoins de l'univers, deux sont en Europe, et une en Amérique, BUFF. Min. t. V, p. 283. Et le mercure enfin, qui, connu par son poids, En globules roulants glisse et fuit sous nos doigts, delil. Trois règnes, v. Il Fig. Si quelques esprits qui no participent rien du mercure, demeurant fermes.... naudé, Rosecroix, 111,4. Mobiles comme le mercure, ils pirouettent, ils gesticulent, ils rient, ils s'agitent, la bruy. ix. Il Terme d'ancienne chimie. Fixer le mercure, le solidifier ; solidification qui arrive dans la plupart de ses combinaisons et sans l'intermédiaire du froid. Il En un autre sens, fixer le mercure, l'empêcher de se disperser en globules; ce qui ne peut se faire. Il Fig. Fixer le mercure, arrêter l'inconstance et la légèreté d'un esprit. Ils continuent pourtant leur entreprise [marier M. de Gordes] ; mais ils n'en viendront à bout que le jour qu'ils auront trouvé l'invention de lier lo vent et de fixer le mercure, sÉv. 3 nov. 4688. Il Mercure doux, mercure dulcifié, vieux nom du protochlorure de mercure. || Mercure éteint, mercure très-divisé et privé ainsi de son éclat métallique. Un petit sac tout plein de poudre de mercure, RÉGNIER, Sat. XI. Il Mercure des philosophes, substance ((ue les alchimistes croyaient contenir un élément précieux. || Mercure de vie, protochlo rure do mercure, {j Mercure hépatique, variété de sulfure de mercure contenant du bitume. j| B" En médecine, nom que l'on donne aux préparations mercurielles employées à divers usages, et particu lièrement pour le traitement de la syphilis. Prendre du mercure.

— HEM. Mercure prend une m majuscule quand il signifie le dieu, la planète, le recueil périodique. Il prend une petite m, quand il signifie un messager d'amour et lo métal.

— HIST. xiv s. Qui pourroit dévaler en terre, Et dedans la minière enquerre. Et cercher par subtile cure Des metaulx Is parfait mercure, Se le trouvant à la parcloso, Avec lui feroit bello chose, l'Alch. à no«. )»J. Il xvi* s. J'ay fait par art et par nature Tout ce qu'un amant peut penser. Afin d'arresler ce mercure, Sans jamais y rien avancer, desportes, IHvertet amours , xxix. Chanson.

— ËTYM. Lat. Mercurius, dieu dont le nom est passé à la planète, puis au métal; de merx, marchandise : le dieu des marchands.

t .MERCUREUX, EU8E (mèr-ku-reû, roû-z'), orf;. Terraedechimie. Qui a rapport au mercure. || Oxyde mcrcureux, oxyde qui est le premier degré d'oxydation du mercure. || Se dit aussi des sels dans lesquels cet oxyde entre, ou qui ont une composition correspondante à la sienne.

t MËKCURIAI.(mèr-ku-ri-al), ad/. m. Usité seulement danscette locution : miel mcrcurial (voy. miel).

— IIIST. xvi* s. Miel mcrcurial, PAHii, xviii, w.

— ETYM. Mercuriale 1.

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