‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 154 sur 389 · MÉNAGER, ÈRE (mé-na-jé, j5-r'), adj · texte numérisé non relu

MÉNAGER, ÈRE (mé-na-jé, j5-r'), adj

Il l" Qui entend le ménage. 11 faut, par exemple, que la raison nous rende ménagers de notre bien et de notre confiance, et il faut au contraire que la nature nous donne la bonté et la valeur, laroohb- Fouc. Max. 365. Il Économe. Loin d'ici ces personnes ménagères qui ont reçu beaucoup et qui donnent peu, fléch. Panég. ii, 322. Elle trouvait honteux que l'avarice n'eût point de bornes, que le luxe se répandît en superfiuités infinies, et qu'il n'y eût que la charité qui fvit ménagère et resserrée, ID. Aiguillon. Les Syriens sont industrieux, patients, laborieux, propres, sobres et ménagers, fén. Tél. m. Je serai au comble de ma joie, si je voui vois enfin ménagères, pauvres en esprit, et épargnant pour donner, comme les avares épargnent pour amasser, maintenon, Lett. à Mme de R. U oct. 1693. Il Fig. Le sage est ménager du temps et des paroles, LA font. Fabl. viii, 26. On doit être ménager des moyens que la nature nous donne, montesq. Esp. VI, la. lia* S. m. et f. Ménager, ménagère, celui, colla qui entend le ménage. Elle est bonne ménagère. La ménagère eut les coiffeuses, LA FONT. FabL 11, 20. Une ménagère des champs peut être une femme charmante, aussi pleine de grâces, et de grâces plus touchantes, que toutes les petites maîtresses, 1. 1. rouss. Ilél. 2° préf. La sage ménagî re à ses humbles foyers Ranime en haletant la flamme qui sommeille, delille, Enéide, vin. Il Celui, celle qui est écdnoiue. El puis l'un [refuser un bienfait demandé] est le trait d'un mauvais homme, et l'autre [prêter une petite somme à quelqu'un qui n'est pas sur] d'un mauvais ménager, MALii. le Traité des bicnf. de Sénèque, iv, 33. || Fig. J'apprends partout que vous [un militaire] n'êtes pas meilleur ménager de voira personne que vous l'êtes de touto autre chose, voit. Lett. *19. Un roi dont la prudence a de meilleurs objets Est meilleur ménager du sang do ses sujets, corn. Cid, u, 7. ....Des moindres moments Bons ménagers furent nos deux amants, la font. Gag. Mais violent dans ses désirs. Et grand ménager de soupirs, id. Fianc. Jamais homme plus doux [que Vaubau], plus obligeant, m lis respectueux, sans nulle politesse, et le plus aval J ménager de la vie dos hommes, ST-i;iM. <(«, <. Il 3* .S. f. Ménagère, servante qui a soin du ménage de quelqu'un. Au milieu d'eux une femme d'un esprit et d'un sons profond, mais qui, enveloppée dans son extérieur de lionliomie et de simplicité, avait plulAt l'air de la ménagère que de la maltresse de la maison, marmontel, Mém. iv. Dans sa maturité sévère. Dans sa femme que cliercha-t-il [Racine]? Une très-simple ménagère.... Diicis, le Ménage des deux Corneille. Il Parmi le peuple, un mari appelle quelquefois ménagère sa femme. Mais tu sais bien que notre ii:àaagère Est la plus belle.... la font. Ttoq. Commis-

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nirel coinmK«irclCo!in bat sa ménagère, Bf.r>ANO. Bon mtnaq'. || 4- S. m. Ménager s'est dit autrelois pour chpf de ménage. Oul.liez, oubliez 1 amour de ce berger, El prenez en son lieu quelque bon ménager, iiACAN, Btrg. I. ï. Il Ce sens a vieilli.

— HIST. XIV s. Menagier de Paris, titre d un livre cité souvent dansce dictionnaire, et qui traite des choses du ménaue. || xv s. En ce temps.... feurent mis en escripi tous les mesnaigers de Paris de tous estais, Clercs, lais et religieux, Juv. dk.s ubs. Charles Yl, 4 416. Il XVI* s. Il ne fut point du tout mauvais mesnager ny paresseux de conserver son bien, amïot, PMcl. »♦. Le fait d'un bon mesnager, c'est de bien gouverner la maison, la buétie, <08. Une femme mcsnagere entrant en une pauvre maison l'enricliit; une despensiere ou fainéante destruit la riche, o. de

StHlies, 818,

— ÊTYM. tl/nage.

MÉNAGERIE (mé-na-je-rie), ». ^. jj l» Lieu qui renferme tout ce qui appartient à la vie et aux commodités champêtres, c'est-à-dire des bestiaux, une laiterie, une volière, etc. Il ne trouve rien de bon que ce qui vient de sa ménagerie. || Il vieillit dans ce sens. || i' Lieu où l'on rassemble des animaux étraft^ers et rares. X.a ménagerie du Jardin des plante» à Paris. Ce n'est point dans une ménagerie où l'on lient en cage les secrets de Dieu, qu'on apprend à connaître la sagesse divine, chateaub. Génie, i, v, *. || Collection ambulante d'animaux que l'on montre de foire en foire.

— HIST. XVI' s. La mesnacerie [mise en œuvre] de la laine, la BoéiiE, t6i. Toutes ces deux mesnageries, et celle de dehors et celle de dedans, ont mestier [besoin] de soingetde diligence, id. 462. Les plus fermes voulurent debatre les fossez de quelques mesnageries, d'aub. Jlist. iir, 393. Quant à la mesnagerie, les bestes nous surpassent en cette prévoyance d'amasser, mont, ii, t«6. Foigiians de faire la ménagerie du roy, ils ne firent autre chose qu'une mangerie pour eux au préjudice des seigneurs et de leurs sujets, pasquier, Rech. liv. iv,

p. 339, dans LACORNE.

— ETYM. Ménager 4.

f MftNAGEUR, ECSE (mé-na-jeur, jeû-z'), s. m. et ^. Celui, celle qui se ménage, ou qui menante tout le monde. Si, en tournant le feuillet, ils ]les écrivains de Port-Royal] veulent dire le contraire pour ménager la chèvre et les choux, ils auront sur cela la destinée, i mon égard, de ces menageurs politiques, et ils ne me feront pas changer, sév. 2b mai teso.

t MÉNAGIANA (mé-na-ji-a-na) , f. m. Recueil des conversations qui se tenaient chez Ménage.

— ÊTYM. Uénage, et ana.

\ MftNAGOGUE (mé-na-go-gh'), adv. Terme de médecine. Synonyme peu usité d'emménagogue.

— tTYM. M»iv, mois, règles, et àvuiyoç, qui pousse, t MK.VAKU (me-nar) , t. m. Moteur unique appliqué à une série d'asples, dans le dévidage de la soie.

— ÉTYM. Mener.

t BIKNDAÏTES (min-da-i-t"), t. m. pi. Secte chrétienne (voy. sabéismk).

MENDIANT, ANTE (man-di-an, an-f), adj. Il 1* Qui mendie. La population mendiante, || Religieux mendiants, moines mendiants, ceux qui vivent de quête et d'auiuô.iu. || i- .V. m. et f. Un mendiant, une mendiante, celui, celle qui fait profession de mendier. On voyait |à Paris] des troupes errantes de mendiants, sans religion et sans discipline, demander avec plus d'obstination que d'humilité, volersouvent ce qu'ils ne pouvaient obtenir.... FLÉcu. Aiguillon. Les gens qui n'ont absolument rien, comm« les mendiants, ont beaucoup d'enfants,ii0NTE80.£fp.xxiu,4 4. Si le cardinal [de Richelieujtui [à Uainard] avait fait du bien, ce ministre eût été un dieu pour lui; il n'est un tyran que parce qu'il ne lui donne rien; c'est trop ressembler ices mendiants qui appellent les passants monseigneur, et qui les maudinent s'ils n'en reçoivent pas d'aumAne, volt. Louit XIV, Ecrirnins, ilainard. on a donné des é<lits pour extirjicr l'inlSme profession de mendiants, profession si réelle et qui se soutient malgré les lois, au point que l'on compte deux cent mitlemendiants vagabonds dans le ruyaume,iD. I.«M. Ilouboud, 4" juin. 4769. Adrien IV, lun des plus grands papes, (ils d'un mendiant, avait été mendiant lui-ni<«iue, 111. If«ur«, mi. À no regarder l'état de m-^ndiant que comme un métier, loin qu'on en ait rien li\craindte, on n'y trouveqoede quoi nourrir en noua bs seiHiments d'iatérèt et d'humanité qui devraient unir tous les hommes, J. J. K)u«». Hél. v, s. n Mendiant espagnol, mendiant Irts-Uer. l la vue de Prospcr ripé tnais

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glorieux comme un mendiant espagnol, ch. dk BERNARD, Vn homme sérieux, § v. || Les quatre mendiants, les jacobins, les franciscains, les augustins et les Ciirmes. Les pauvres de l'Hôtel-Dieu, et les quatre mendiants de cette ville de Paris.... sont exempts des 4 sous 2 deniers. Arrêt de la cour des aides, I4 oct. 461 B. On surcharge les villes en multipliant les monastères des mendiants, fevret, De l'abus, II, 4, dans bichelet. 113° Les quatre mendiants se dit de quatre sortes de fruits secs qui sont les fijîues, les avelines, les raisins secs et les amandes, et dont on fait des assiettes de dessert; cette dénomination, qui tient certainement aux quatre ordres mendiants, sans qu'on saclie exactement pourquoi , est plus ancienne que le P. André, qui en donnait une explication allégorique en prêchant devant Louis XIII.

— HIST. XIII' s. Quant tu vois aucun mendiant Oui de vieillesce va tranlant, FI. et Bl. 76 1. Après si sont li mendiant. Qui par la ville vont criant : Donez, por Dieu, du pain aus frères, buteu. 2i». Il xiV s. Riche d'amour etmendians d'amie, Povres d'espoir et garnis de désir, uachaut, p. 69. || xvi" s. Deux mendians à un huis, l'un a le blanc, l'autre le bis, LEROUX LE LINCY, Prov. t. 11, p. 4 75. Ceitaiiis religieux,... non pas de ces gros bedons ventres depuis le menton jusques au genouil, ny de ceste nouvelle ordure de jesuistes, mais de ces bons et veuerables mendiants, car à telles personnes qui ne mangent pas toujours leur iaoul, l'esprit est prompt, et souvent se communique, régnieh de la planche, Livre des march. éd. du Panthéon, p. 424.

— ÊTYM. Participe présent de mendier, pris adjectivement. L'ancienne langue avait mendis, dérivé directement du latin mendlcus : xw siècle. E que vous eUsiez merci et pieté De mei qui sui mendis en estrange régné, Th. le mart. 77.

MENDICITÉ ^raan-di-si-té), s. f. || l' État de celui qui est obligé de mendier. J'ai fort bien remarqué que, dans ces derniers temps, près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité et mendie effectivement, vauban, Dime,p. 4. L'avarice.... Peut faire dans les biens trouver la pauvreté. Et nous réduire à pis que la mendicité, boil. Sat. x. Je ne parle pas de ceux qui sont à la mendicité, et dont plusieurs n'y ont été réduits que par les fautes du gouvernement même, condil. Comm. gouv. u, 8. Il Ordonnance contre la mendicité , ordonnance qui défend de mendier. On lit souvent sur des poteaux à l'entrée d'un département : La mendicité est interdite dans le département de.... Il 2° La profession de mendiant. La mendicité est une maladie qui tue dans fort peu de temps son homme et de laquelle on ue relève point, vauban, Vime, p. 4 26. Pour ôter la mendicité, il faut trouver des moyens contre l'indigence, boss. Polit, x, I, 4 2. Hôpitaux dressés par ses soins et par ses bienfaits dans les villes de ses gouvernements, pour les mettre à couvert d'une importune mendicité, fléch. Duc de Mont .118° Les mendiants pris collectivement. Dépôt de mendicité.

— HIST. XI* s. Tant riches reis [il a] conduit à mendistet, Ch. de Roi. xxxix. || xiii* s. Car ce sunt deus extrémités Que richcco et mendicité, la Rose, 4 I48H. Il xiv* s. Toute mendicité soit pour fortune ou de volente est un obprobre ou reproche et est triste et desplaisabie, oresme. Thèse de meunier.

— ÉTYM. Lat. mendicflalem, de mendicare, mendier. La forme mendisté est la forme régulière. \'i bref étant tombé; mendicité a été refait sur le latin dès le xiii* siècle. On disait aussi mmdiance.

MENDIÉ, ÉE(man-di-é, (iQ),part. passé de mendier. Quelques pièces de monnaie mendiées.

MENDIER (man-dl-é), je mendiais, nous mendiions, vous mendiiez ; que je mendie, que nous mcndiions,quevousmendiiez, i). a. |j l°D('manderen forme d'aumône. U mendie .son pain. Comment pulsje être sOre que l'inconnu qui vient implorer au nom de Dieu mon assistance et mendier un pauvre morceau de pain n'est pas peut-être cet honnête homme.... j. j. nouss. }lél. v, 2. || Mendier sa vie, demander par aumône ce qui est nécessaire à la vie. Il Absolument. Ceux qui n'en trouveront pas |du travail] mendieront ou voleront; ceux qui en trouveront, forcés à se donner au rabais, sub.^istoroiit misérablliaieiit, condillac, Comm. gouv. ïi, 8. Le courtisan mendie en carrosse à six chevaux, et attrape plus tôt un million que l'autre [lebesacier] un morceau de pain noir, p. l. cour. Simple discours. Il 8" Kig. Rechercher avec empressement et comme un mendiant. Quoi I je pourrais descendre à ce l.lche artiflco D'aller de mes amants mendier le sei^ i vice? coHN. i(odo0. 111,3. Si par quelque faiblesse Us

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l'avaient mendiée [la pitié], id. Ilor. m, 6. Je no le verrai point mendier des places pour Versailles, sÉv. 6 4 3. J'ai mendié la mort chez des peuples cruels. Qui n'apaisent leurs dieux que du sang des mortels, rac. Andr. ii, 2. Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix [de Claude], Qui lie ses affranchis mendièrent les voix, id. Brit. iv, 2. 11 a souvent épargné des événements désagréables à qui n'en savait rien, et jamais le récit du service n'allait mendier de la reconnaissance, fonten. Argenson. Pour monter jusqu'au faîte il faut savoir descendre, Et mendier bien bas ce qu'on n'ose pas prendre, c. delà vigne, les Enfants d'Edouard,

— HIST. XI* S. Que nous seions cnnduiz à mendeier, Ch. de Roi, m. || xii* Que porrez vus puis faire'/ Il irez mendier? Th. le mart. 133. ||xiii' s. [Les gens] Qui contre lor voloir mendient, la Itose, 8048. Il XV* s. Et convint les pauvres gens.... enfuir en Drabant et en Hainaut, et en la greigneur [plus grande] partie mendier, fboiss. u, n, i48. ||xvi's. Marins alloit errant et mendiant sa vie par le pals de l'Afrique, amyot, Flamin. 4B. Je priserois bien autant des grâces toutes miennes et na'ilves, que celles que j'aurois esté mendier et quester de l'apprentissage, MONT. 11, 4 67. Le tyran voit les autres qui sont près de luy, coquinans et mendians sa faveur, LA BOÉTIE, 66. Financiers, justiciere, qui opprimez de faim Celui qui vous faict naître ou qui défend le pain, Sous qui le laboureur s'abreuve de ses larmes. Qui souffrez mandier la main qui tient les armes, d'aub. Tragiques, Misères.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. mendigar; cataV. mendicar; ital. mettdicare; du lat. ntendicare, dénominatif de mpndicus, lequel se rattaclie ii menda, faute; menda lient au sanscrit mandam, peu.

t MKNDOL (man-dol), t. m. et MENUOLK (mando-l'), s. f. Poisson de la Méditerianée, semMable au hareng (genre spare) ; voy. mèni:.

f MÈNE (mè-n'), s. ^. Terme d'iclithjologie. Mène vulgaire, dite aussi le spare mène, le spare iiiendol, Is picaretmène, le smaris mène, connue encore sous les noms vulgaires de jarel, mendole, cagarel, el cacrel blanc. {{ La mène juscle, dite juscle. || La mène d'osbeck qui était le spare sucle de Bonaterre,

LEOOABANT.

MENÉ, ÊE (me-né, ée), part, passé de mener. Il 1° Qu'on a fait aller d'un lieu à un autre. Mené à la campagne par un de ses amis. || Kig. L'àme.... menée de captivité en captivité, captive d'elle-même , captive de son corps.... bo.ss. la Vallière. Wi" Qu'on fait marcher, dont on a la conduite. Le régiment mené A l'assaut. L'armée de Bonaparte, qui alla très-bien, étant menée par des vilains, mal aussitôt qu'elle fut commandée par des nobles, P. L. cour. 2° lett. purlic. 113° Terme de vénerie. Cerf mené par les chiens, cerf suivi par les chiens dans la route qu'il prend. Dans ce temps [quand les biches sont près de mettre bas], les chiens quittent souvent un cerf mal mené, pour tournera une biche qui bondit devant eux, hupf. Quadrup. t. il, p. 24. || 4" Gouverné. Un mari mené par sa femme. |{ 6° Tracé. Il est aisé de voir que la ligne menue du soleil à la lune fait presque tou jours un angle avec la ligne menée du soleil à la terre, d'alf-mn. Disc, prélim. Syst. monde, OEuvr. p. 83, dans poLGKNS. Toute la sphère des étoiles lixes paraît tourner, d'occident eu orient, autour d'un axe mené par les pôles de l'écliptique, con- UII.L. Art de rais, v, b. {| 6° Fig. Mû, poussé. Des hommes menés par l'intérêt.

t MfiNÉ (mé-né), s. f. Nom d'un genre d'acanthopterygieiis (poissons), ayant une seule espèce, la mène maculée, qui est le zée maculé de Blainville, i.egoahant.

MENEAU (me-nO), s. m. Terme d'architecture. Nom qu'on donne, dans une croisée, aux mootanta et aux traverses qui en partagent l'ouverture. || Faux meneau , celui qui n'est pas assemblé avec le dormant d'une croisée, mais avec les châssis et qui s'ouvre avec eux.

— ÉTYM. Origine inconnue. II y a dans le vieux français menel; mais il signifie cloche moyenne.

t MÉNKCilME (mé-nè-km'), i. m. Les Mencclimes, titre d'une comédie de Plaute imitée par Regnard, dont la fable roule sur les erreurs ou confusions auxquelles donne lieu la ressemblance de deux frères jumeaux nommés Ménechme. || Kig. Il se dit de deux frères, ou même de deux hommes étrangers l'un à l'antre, entre lesquels il existe une grande ressemblance. Ce sont des ménechmes. || /(« sing. C'est son ménechme.

— ÉTYM. Mcvatxiio;, nom propre, signifiant brave

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au combat; de (lÉveiv, attendre, et «îxfi'^) pointe de la lance.

MEXftE (me-née), *. f. || 1* Action de mener, conduite; sens aujourd'hui inusité. || a-Terme de vénerie. Houte que prend un cerf et par laquelle il mène les chasseurs qui le suivent. || Suivre la menée, être à la menée d'un cerf, prendre la route d'i« cerf qui fuit. Il Avoir la menée belle, se dit d"un chien qui ne se détourne pas facilement de la voie, et qui crie bien. {| 3° Terme d'horlogerie. Chemin que parcourt la dent d'une roue, depuis le joint oii elle rencontre l'aile du pignon jusqu'à celui où elle la quitte. Il Se dit aussi du chemin que fait la dent d'une roue de rencontre, lorsqu'elle pousse la palette. Il 4° Fig. Pratique comparée à l'action de mener, de conduire, et où l'on emploie l'artifice et le mystère pour le succès de quelque atïaire. Va homme circonvenu par la menée de ses ennemis, UALH. le Traité des bienf. de Sénèque, vi, 8. Byïance ouvre, dis-tu, l'oreille à ces menées, corn. lléracl. m, 2. Le duc d'Orléans, lié avec le roi d'Angleterre par des engagements personnels, lui découvrit les menées qui se tramaient contre lui, VOLT. Charles XII, s. 11 tient aux plus puissants par ses alliances, par ses charges et par ses menées, VADVEN. Lentulus. Si l'on a craint d'un traître une sourde menée, lemebc. Agamemn. m, i. ||5' Nop) donné, dans la Franche-Comté, à une tourmente se déc'arant en hiver, avec un vent du nord glacial, lequel so'jlève de terre la neige, et la projette, là où elle fc<.t arrêtée par quelque obstacle, en glaçons durs et cohérents. Les menées interrompent quelquefois le service des chemins de fer.|l 6° Terme de droit féodal. Menée de sergent, exploit par lequel un »eigneur faisait sommer un vassal de satisfaire à ses devoirs. |{ Menée du fief, citation qui avait pour objet d'appeler les sujets et vassaux à la guerre, ou de les prévenir qu'on commençait à juger les procès et querelles.

— HIST. Il* s. Sept mille graisles [trompettes] i tonent la menée, Ch. de Roi. cxi. || xii* s. [Il] Mist k sa bouche [le cor], si corne la menée, Roncis. 83. Il XVI' s. Le légat respondoit que tout s'estoit fait

■s la menée du roi et parfait commandement, adb. Hut. II, 7t. Des comraissaire.s, pour faire perquisition des intelligences et menées, id. ib. ii, 232. Kcmme de boime amour et de menée, pour conduire à chef une bonne entreprise, >Mïor, Lucull. 4 2. 11 estoit si nouveau et escolier à faire brigues et menées, je me dispenseray de ce mot (je me permettrai ce mot], qu'il ne s'en mesla que bien peu, PASQUiER, Lett. t. I, p. 426.

— f.TYM. Hené.

t MÉXEUOLLD (SAUCE A LA SAINTE ) (on prononce sin-t'-me nou), s. f. Terme de cuisine. Sauce faite avec du beurre, de la farine, du lait, du persîil, des ciboules, du laurier, des champignons et quelques échalotes. Pieds de mouton, pieds de cochon à la Sainle-Ménehould.

t MÉNf,I.AS (mé-né-las'), t. m. || 1° Nom du roi de Sparte, frera d'Agamemnon , et mari d'Hélène.

i' Nom vulgaire et spétifique d'un papillon de la Guiane, le morphon menelas, lépidoptères diurnes.

ME.\ER (rae-né. La syllabe me prend un accent gave quand la syllabe qui suit pst muette : je mène, je mènerai), ti. a. || 1' Faire aller, en allant »oi-même d'un lieu i un autre. Menez-moi chez moi dans votre voiture. Mener une femme par la main. La dame du logis me mène au lieu .secret, KÉGNiFB, Sat. XI. Ne soyez point en peine où ja Tais vous mener; C'est un logement sûr que je vous fais donner, mol. Ée. des fem. v, 3. [L'ode] lî'ne Achille sanglant aux bords du Simols, boil. >tr( p. II. Je voudrais donc, seigneur, qm ce mortel h'ureux.... Aux yeux de vos sujets dans Suse fiU rené, BAC. F.sth. il, &. Olympie en triomphe aux ;iOUi sera menée, volt. Olymp. ii, t. J'avais autreus un père qui était grondeur comme M. Grichard.... je menai mon p.re au Grondeur [comédie', je priai l'acteur d'ajouter ces propres paroles 'l - noncées par le père de Voltaire dans une grond ■ k son rôle, et mon tonhom^iiO de père se •..-. ,ir, ppu, ID. ifU. I.almrpe, 2» juin t772. ' uli avec un infinitif. Le charton n'alin De les mener voir Tabariii, la font. ïabi. viii, (2. Abl s'écria la bnch><ronne, pourrai.s-tu bien toi-même mener perdre le-i enfants? PF.niiAULT, Contes, le petit Pimeel. || Fig. et populairement. Mener quelqu'un p.ir un clinmln oil il n'y a pas de pierres, le p')ur.<uivre vivement, ne pas le ménager. Il Mener les ennemis battant, les obliger i se retirer précipitamment, et les poursuivre dans leur fuite. Il La sens de la locution est

mener les ennemis, leur faire la conduite avec hâte el activité ; on disait autrefois : le messager vint battant; voy. battant, à l'historique. || Fig. et familièrement. Mener quelqu'un battant, tambour battant, remporter sur lui l'avantage en peu de temps, le forcer à faire ce qu'on veut. || Fig. Mener se dit d'un maître qui instruit son élève. Il se mit en état d'aller trouver un maître de mathématiques, qui lui promit de le mener Tite et lui tint parole, fonten. Hartsoeker. || Terme de féodalité. Mener bannière, réunir le Isan du fief, exercer le droit de banneret. ||2'' Par extension. Ce chemin mène à tel endroit, on va par ce chemin à tel endroit. Sur un chemin qui mène D'un rivage du Tibre au quartier de Porsenne, nn ryeb, Scérole, II, 2. Ce salon, qui conduit à ceux de Nicéphore, Mène aussi chez Irène, volt. Irène, II, f. || Fig. Si je suis un hypocrite, je suis un sot; car il faut l'être beaucoup pour ne pas voir que le chemin que j'ai pris ne mène qu'à des malheurs dans cette vie, j. j. BOi'ss. Letl. à l'arehev. de Paris. || 3° Conduire chez quelqu'un, introduire, donner accès. Menezmoi chez le ministre. Ma nièce de Bussy est veuve; son mari est mort d'une horrible fièvre ; la maréchale de Schomberg veut que je l'y mène [chez cette nièce] après dîner, sÉv. 293. L'abhé de Chftteauneuf me mena chez elle [Ninon de Lenclos] dans ma plus tendre jeunesse; j'étais âgé d'environ treize ans; j'avais fait quelques vers qui ne valaient rien, mais qui paraissaient fort bons pour mon âge, volt. Hél. lut. sur Mlle de Lenclos. || 4° Faire danser certaines danses, comme les branles où tous les danseurs imitent ce que le premier a fait. Le roi dansera, et Monsieur mènera Mlle de Blois, poitr ne pas mener Mademoiselle sa fille qu'il laisse à M. le Dauphin, SÉV. 182. Tout était préparé pour le bal; le roi mena la reine, m. 15. Il vint le prier de mener la Blake, hamilt. Gramm. 7. || Mener la danse, être à la tête de cpux qui dansent. Vertumne avec Zéphyr menait des danses éternelles, chateaub, Génie, il, v, t. Il Dans le même sens, mener le branle. || Fig. Mener le branle, mener la danse, être le premier à faire quelque chose. C'est à vous de mener le branle. Il 5' Conduire par force en quelque endroit. On le menait en prison, au supplice. On te mène égorger, innocente victime, mairet, Marianne, iv, ♦. Qu'on me mène à la mort, je n'ai plus rien à dire, corn. Poly. IV, 4. Le roi est mené de captivité en captivité, et la reine remue en vain la France, la Hollande, la Pologne même et les puissances du Nord les plus êloignécsi Boss. Reine d'ÀnqIet. Oi'i menezvous ces enfants et ces femmes? bac. Àtlialie, w, 7. Il Fig. Ceùt été un soutien sen.siblo à une âme comme la sienne d'accomplir de grands ouvrages pour le service de Dieu; mais elle est menée par une autre voie, par celle qui crucifie davantage.... BOSS. Anne de GonX. Il Fig. et familièrement. Mener quelqu'un à la baguette, le traiter avec hauteur, lui faire faire par autorité ce qu'on veut. || 6" Être à la tête de, faire marcher. Mener une troupe. Horace, qui menait le reste des Romains, Se retourne vers eux, leur fait signe des mains, nu bter, Scévnle, i, 3. Voilà celui qui nous menait dans les hasards, boss. Lnuis de Bourhon.- C'est [une armée] un assemblage confus de libertins qu'il faut assujettir à l'obéissance, de lâches qu'il faut mener au combat, de téméraires qu'il faut retenir.... Futca. Turenne. Il Fig. Mener des troupes à la boucherie, les exposer à une mort presque certaine. || Mener le deuil dans une cérémonie funèbre, être à la tête dos parents, des amis, de toutes les personnes qui forment le cortège. Oui de nous n'a mené le deuil autour d'un tombeau, n'a fait retentir le cri des funérailles? chateaubr. Ifarf. xxiv. Autour du froid tombeau d'une épouse ou d'un frère Oui de nous n'a mené le deuil ? v. iiuoo. Odes, i, 2. || Un air à mener un mort en terre, air triste, lugubre, ennuyeux. || Familièrement, Mener la l)anclo,êtro le chef d'uno association d'intérêt ou de plaisir Il On dit dans le même sens: C'est lui qui mène les autres. || 7"Kn parlant des animaux, les conduire. Mener les bêles aux champs. Mener paltro des vaches. Meuoiiseii une [oie] en notre bois, J'aurai soin de la faire paître, la vont. Oies. Il Mener les cluens i l'éliat, les mener promener. Il Mener do front trois cliovaux, qualie chevaux, guider trois chovaiii, quatre chevaux attelés sur une mémo ligne. || Fig. Mener de front plusieurs alTatres, les conduira à la fois. || Mener de frunt plusieurs sciences, les cultiver on même temps. Il On dit dans un sens analogue : il mène de front les affaires «t les plaisirs, c'e.st-&-diro il a beaucoup d'affaires et beaucoup d'amusements. Il Terme de chasse. Mener la quête, faire une bat-

tue pour trouver la perdrix. || Terme de manège. Mener son cheval en avant, lui faire continuer son allure quand il parait vouloir la ralentir. Mener un cheval droit, le placer de manière que ses épaules et ses hanches soient sur la même ligne. Mener un cheval en main, le conduire sans être monté dessus. Il Absolument. Le pied qui mène, se dit du pied droit de devant du cheval. Mener sur le bon pied, se dit du cheval qui, pour galoper, part du pied droit de devant. || 8" Conduire, en parlant des voitures de terre et d'eau. Mener une charrette, un carrosse, un cabriolet. Ces gens menaient un bateau. Il Absolument. J'ai un cocher qui mène bien, qui mène grand train. Mme de Roselle : Vous êtes postillon ? — Le postillon : Madame, à vous servir; Et chacun vous dira que je mène à ravir, collin d'hableville. Optimiste, iv, 16. ||Fig. Mener bien sa barque, conduire bien ses affaires. || 9° Mener, se dit d'un voiturier, d'un batelier qui conduit des voyageurs. Il (un batelicrlors de la fuite delà femme de Jacques II] ne croyait mener que des gens du commun, comme il en passe souvent [d'Angleterre en France], sév. 24 décembre tas». || Voiturer. Mener du blé au marché, du bois par bateau. Il 10° Se faire accompagner ou suivre, emmener, amener. Il mène bien des gens à sa suite. Il mena tout son monde avec lui. Le roi mène peu de troupes et la moitié de sa garde, sév. b avr. t087. Votre enfant était chez Mlles de Castelnau.... il avait mené un hautbois, on y dansa jusqu'à minuit, m. to janv. 1089. Mme du Puy-du-Fou ne veut pas que je mène la petite enfant ; elle dit que c'est la hasarder, m. 20 mai 1672.1111° Être cause qu'on suive, qu'on aille après. Ce voleur s'est enfui, il a mené loin les gendarmes qui le poursuivaient. Il Fig. La première chose qui saisit mon imagination la mène si loin, que cela compose souvent une loge des Petites-Maisons, sév. I7juill. 1680. Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous de cartes.... cette folie nous mena bien loin, et nous divertit fort, lo. 24 juill. 1675. |{ Fig. Ceci me mènerait trop loin, m'écarterait de mon sujet. Il Fig. Mener loin, entraîner à des conséquences compromettantes. Ceux qui prendront les tours d'esprit pour des faits et toutes les belles paroles pour des vérités n'ont qu'à se livrer à M. de Cambrai [Fénelon] : il saura les mener loin, Boss. Rem. sur la rép. à la rel. quiét. avant-propos. Il Fig. Mener loin, faire courir de grands risques, impliquer dans une grave afi'aire. On peut vous mener loin avec de pareils gages, mol. Tart. V, 1. Il Fig. Mener loin, avec un nom de chose pour sujet, compromettre, exposer à des difficultés, à des périls. La signature qu'il a donnée peut la mener loin. Le jeu, les femmes mènent loin, bien loin. Il ne faut jamais s'écarter de ses principes; lo contraire pourrait mener loin, geklis. Ad. et Thénd. t. m, p. 1B0, dans pouGKNs. || Fig. Mener loin, lorsqu'il s'agit de choses qui se dépensent ou so consomment, signifie fournir longtemps du secours k quelqu'un, lui durer longtemps. Ces provisions, cet argent peuvent encore nous mener loin. Cela no put le mener loin, et il demeura bientôt sans ressource, LE SAGE, Diable boit. ch. 20, dans pouoens. Il 12° Fig. Exercer sur quelqu'un une action comparée à celle d'un homme qui en mène un autre, le gouverner, lui faire faire ce qu'on veut. Allez, aller, il ne faut pas se laisser mener comme un oison, mol. t'/tm. méd. I, 4. Il faut pourtant paraître ferme au premier choc, de peur que, sur votre faiblesse, il ne prenne le"pied de vous mener comme un enfant, m. Fourh.de Scap. I, 4. Il yado certains es|irit3.... qu'on ne mène qu'en tournant où l'on veut les conduire, m. l'Avare, i, s. Dans la société, c'est la raison qui plio la première : les plus sages sont souvent menés parle jdiis fou et lo plus bi/arre, la bhuy. v. Pour se laisser mener sans résistance, rtn. Tél. vu. Il [Marlliorough] menait le parienient par son crédit et par celui de Godolphin, grand trésorier, volt. Louis .\IV, 18. Au fond, elle vou.? mine, en vous semblant soumise, gbesset. Méchant, i, 2. Mes amis et mes connaissiinccs menaient cet ours si farouche comme un agneau, j. j. nou.ss. Confess. viii. On no connaît point les préjugés quand on les adopto, et l'on ne mène point le peuple quand on lui re-ssomble, lu. Ém. m. Le point le plus essentiel dar.^ l'art do mener les esprits, c'est de leur cacher qu'on les mène, marmontel, Con(. mor. t'em. com. peu. Il Mener quelqu'un par la lisière, k la lisière, le conduire, le gouverni^r comnio un enfant. Il Mener quelqu'un en laisse, en disposer à son gré, le conduire comme on veut. || Mener quelqu'un pa.le nez, abuser de l'ascendant qu'on a sur quoi-

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qu'un ou de sa faiblesse d'esprit pour lui faire faire tout ce qu'on veut. Vous... Et vous faites mener en bote par le aet, mol. F. tav. ii, ». Vous me pensiez mener par le nez comme un ours, th. corn. D. Bertr. de Cigaral, v, ». C'est un sot, un benêt que je mène par le nez plus facilement que mes chevaux parla bride, lbgband, Galant coureur, se. I3 (Cette locution est prise de l'usage de conduire certains animaux, les ours, les buffles, à l'aide d'un anneau passé dans le nez). || C'est un homme à mener par le nez, c'est un homme faible, crédule, sans îaractère. Qu'est-il besoin pour lui du soin que TOUS prenez ? C'est un homme, entre nous, à mener par le nez, mol. Tari, iv, 6. |1 13° Fig. Agir envers quelqu'un de telle ou telle façon, le traiter de telle ou telle façon. Mener doucement quelqu'un. C'est un enfant timide, menez-le doucement. 11 le mena fort rudement. || Mener rudement, faire subir de grandes pertes, en parlant d'actions militaires. Les Perses menaient rudement la cavalerie thessalienne, vau- CELAS, Q. Cm, H. Il Familièrement. Mener quelqu'un rudement, le mener comme il faut, lui donner bien de la peine, lui susciter bien des affaires. Il Familièrement. Mener quelqu'un bon train, de la belle manière , le traiter sans ménagement. Je mène tous ces faquins-là assez bon train, volt. LeU. cCAlembert, 26 août i759. Le préfet s'est avisé d'y trouver à redire ; là-dessus nous l'avons mené de la belle manière, P. L. cour. 2« lettre particul. Il Mener follement, se moquer par des plaisanteries qui font beaucoup rire. J'ai dîné avec le coadjuteur, il se plaint de la cruauté de l'abbé qui l'a laissé seul à Paris ; le pauvre homme 1 sans amis , sans connaissances, sans maisons, ne sachant où donner de la têle; nous avons mené assez follement cette plainte, sÉv. (5 août (677. || Il se dit des souffrances qu'infligent les maladies. Il [M. de Grignan] a été mené quatre ou cinq jours fort rudement de la colique et de la fièvre continue, avec deux redoublements par jour, sKv. i"déc. )690. || Mal mener, Toy. MALMENER. || Cette médecine l'a mené doucement ou rudement, elle l'a peu ou beaucoup tourmenté, en le purgeant. || 14" Fig. Amuser par des paroles, par des espérances. Il y a six mois que vous me menez sans que je voie aucun effet de vos promesses. Il IS* Fig. Il se dit des choses que l'on fait aller, dont on tient la conduite, le fil. [Il] Mena si bien la fourbe et la tint si secrète.... mairet, Soliman, V, u. Envieux l'un de l'autre, ils mènent tout par brigues, Que leur ambition tourne en sanglantes ligues, CORN. Cinna, ii, i. Mme de Monaco mène cette affaire, sev. «63. Il faut mener les choses avec douceur et prudence, boss. Lett. abb. lu:;. C'est TOUS, à ce qu'on dit, qui menez cette intrigue, BEGNABD, Démoctile, IV, 5. Il Mener à bien, terminer, achever heureusement une chose. Ce n'est rien d'entreprendre une chose dangereuse; mais d'échapper au péril en la menant à bien.... beau- HARCH. Jfar. de Fig. i, t. || Familièrement. Mener rondement une affaire, la traiter avec activité sans trop s'attacher aux détails. || Mener une vie..., vivre d'une certaine façon. Ils mènent une vie avec tant d'innocence, coim. Poty. v, 6. Je suis presque toujours enfermé dans un cabinet où je mène la vie d'un savant, montesq. LeU. pers. U2. Vous devez mener une vie très-heureuse : vous vivez avec les belles-lettres, la philosophie, tous les arts, volt. Lett. d'Argent, 20 déc. n3a.|| Mener un train, un grand train, grand train, faire beaucoup de dépense, vivre avec faste. || Mener un train, signifie aussi se conduire d'une certaine façon. Et vous menez sous cape un train que je hais fort, mol. Tart. I, t. Il Familièrement. Mener grand deuil de quelque chose, en être fort attristé. || Mener beau bruit, grand bruit, faire beaucoup de bruit. Et elles [des personnes en société] mènent un si grand bruit, que, bien souvent, elles n'entendent plus c« qu'elles disent, mllk iie scudkbt, Cnnvertiotu, De la convertation. \\ Mener la parole, s'en servir habilement. Elle mena la parole si bien si vigoureusement, si capablemenl, qu'il le chevalier] en fut ravi pour une demi-heure, sev. (3 déc. (688 Mener les bras, travaillera force de bras. || Mener les mains, se battre. || Dans le langage familier, mener guerre, faire la guerre, guerroyer. En M temps-là, le l«n Belus, Suivi de ^ildats résolus, «•Mil guerre très-ïiolente, scarh. Yirg. 1. 1| Mener

iJÏÎÎ'. ^ **!■'' .'''" '**, ""'*"• ?«""■ "sofiir les MrtMMie* di..serparjeui.||18'Terme de géo- IMtn». Meoer une ligne d'un point à un autre iraler une ligne qui joigne cet deux points. || 17- Mener, «TM un nom de chose pour sujet, se dit de ce qui est cause qu'on vient. Hais quelle occasion mène

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Ëvandre vers nous? cohn. Cinna, i, a. Je suis ici venu....— Sans m'en faire récit, Je sais ce qui vous mène.... mol. Ée. des femm. v, 7. || 18° Fig. Il se dit de ce qui achemine vers un terme , y fait aller. Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène ! C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peine, corn. Jléracl. m, i. L'idée du bonheur nous mène à Dieu, BOss. Conn. iv, 6. On est presque toujours mené par les événements, et rarement on les dirige, volt, ioutî XV, 4. Les lumières et les vertus n'y mènent à rien de distingué, bern. de st p. Paul et FtVi?. Il Absolument. Le crime mène à l'échafaud. La débauche mène à la misère. Une religion [la chrétienne].... qui est faite pour mener sans cesse du repentir à l'amour et de l'amour au repentir, montesq. Esp. XXIV, <3. Trop de respect souvent mène à l'ingratitude, volt. Mahom. m, 3. C'est pourtant là, milord, que mène l'inconduite, c. LEi.AviGNE. Us Enfants d'Edouard, 11, 3. || Cela ne mène à rien, on n'en saurait tirer aucun avantage. Il 19° Fig. Il se dit aussi des motifs qui font agir. Change, pauvre abusé, change de batterie. Conte ce qui te mène, et ne t'amuse pas X perdre innocemment tes discours et tes pas, corn, la Veuve, I, t. Pour moi, je serais très-fftchée d'être consolée; je ne me pique ni de fermeté, ni de philosophie; mon cœur me mène et me conduit, sév. )26. Au lieu d'écouter son cœur qui la menait bien, elle écouta sa raison qui la menait mal, j. j. rouss. Confess. v. Â dix ans, il est mené par des gûleau.v; à vingt par une maltresse; à trente par les plaisirs; à quarante par l'ambition; à cinquante par l'avarice, ID. Ém. V. Il 20° Terme d'horlogerie. Se dit de l'action de la dent d'une roue qui presse l'aile d'un pignon. Il 21° Se mener, v. réft. Conduire soi-même sa voiture. La mode dans ce temps-là parmi les dames était de voyager sans laquais et sans cocher, et de se mener elles-mêmes, volt. Crocheteur borgne. WH" Fig. Se mener, être dirigé, conduit, en parlant de choses, d'affaires, etc. Je ne vous parlerai pas de ces commerces dangereux, ni de ces intrigues qui se mènent parmi les ténèbres, boss. 3* termon. Circoncision, 3. Cela se mène d'une manière qu'il n'est pas possible de vous en rien dire, m. le«. 163. Mais celte affaire-ci s'est menée un peu vite, collin d'harleville, Chdt. en Espagne, iv, 6. Il Proverbes. C'est le monde renversé, la charrue mène les bœufs. || C'est un aveugle qui mène l'autre, se dit lorsqu'un homme de peu d'esprit et de sens entreprend de conduire un autre homme qui n'en a pas plus que lui. || Tout chemin mène à Rome, on peut arriver à un but par différents moyens.

— HIST. XI* s. S'il le pot truver, sil [ainsi le] merra [mènera] à la justice, Lois de Guill. 4. Emprès lui dient : sire, car nous menez, Ch. de Roi. XXVI. Recreans ert(il sera] do la guerre mener, 16. Lxx. En France douce [elle] ert [sera] menée caitive [prisonnière], ib. ccLviii. || xii«s. Si coiement ai ma dolor menée. Qu'à mon semblant ne la reconnoiston, Couci, VI. Si j'atendrai.... Joie d'amour, se bonheur m'i maine, ib. xiv. Nuls ne nous faisoit guerre, ne ne menoit daiigier, Sax. xvi. Menez vostre ost banie [votre armée avec ses bannières], Rojic. p. <t. Hui perdra Charles l'orgueil qu'il seut [a coutume] mener, t'6. 70. Grant joie mènent la pute gent turquée, ib. )I8. Mes humes les abaterunt [les arbres] al bois de Lihan, e al ewe les merrunt, e enlanef leschargerunt,JJot.ï, p. 243. ||xili*s. Or menrez vous honteuse vie ci, nuKS d'oisi. Romane, p. <03. Puis fu un jor qu'ele li dit ; amis. Par paroles vous ai mené mains dis [jours], Qui;s- NES, Romane, p. 107. Et li nostreleur corurent sus, et les menèrent si près de la porte, que on lor gietoit grant fais de pierres sor les cors, vu.leh. lxxv. De son pais [il] i lu menés moût très pcliz, Rerte, v. Grant paour [elle] ot du vent qui menoit trop grant bruit, t'6. xxxvi. Se vous voulez la serve par no conseil mener [faire de la serve ce <|ue nous vous conseillons], ib. xcvii. Tant [elle] a le roi Pépin par paroles mené, Qu'ens al manoir Symon sont tuit ensemble entré, ib. cxiv. Et il est clere coze et apcrte que li païastres ou le [la] marrastre mainent malvese vie as enfans, beaum. xxi, <6. Li clers qui se vit de bénéfices de sainte Eglise ou de son patrimoine, sans nule marceandise mener, m. XI, 36. Mene-toi bel selono ta rente. De robes et de chauccmente, la Rose, 2i6<. Vous avez tort vers cel amant, Quant par vous est si mal menez, ib. 3-^72. Il cstfos [fou] qui maine dangier [fait l'orgueilleux, le violent] Vers cil qu'il deUst losengier, Et qu'il convient à suploier, ib. «897. Mes se de mon conseil usés, Jà d'eus prier ne vous penés, Se la chose à fin ne menés, ib. 7044. Qui sauroit quel vie ge moine.

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Il en devroit grant pitié prendre, t6. 3960. Fox [fou] est cil qui menra 0 [avec] soi quanque il a [tout ce qu'il a], Ce dit Salemons, Uarcoul et Salemon,ms. de St-Germ. f* « I6,dans lacurnb. || xiv* s. Aucunes choses qui ont esté touchées nous mennent à faire une question, oresme, Eth. 22. Sachent lea autres faire beaux ymaiges, les autres bien mener les causes, les autres astrollogie, id. l'b. ProJ. Onqur( n'i ot porcel ne s'en venist courant X la porte tout droit, telle vie menant Qu'on n'i oîst tonner le Pero tout-puissant, Guescl. (239. ||xv* s. Mon neveu le roi à présent a conseil de lez lui que il croit plus que soi-mcsme; et ce conseil le mainne ainsi qu'il veut, froiss. Il, m, 72. Si les assaillirent de grand courage jun corps de troupes resté en arrière], et les menèrent tellement qu'ils en tuèrent bien la moitié, iD. I, I, 112. Vueillez à mon cueur accorder. Sans par paroUesle mener, cH. d'orl. Bail. 48. Chascun joursemenoient de petiz marchez pour soustraire gens l'ung à l'autre, comm. i, 9. || xvi* s. Jetiez en le corps où vous voudrez ; car quant à moy, je n'en veux mener ny porter autre deuil, amyot, Publ. 27. Combien qu'elle [AspasieJ menast un train qui n'estoit gueres beau ny honneste, id. Péricl. 46. Il les mena bâtant jusque dedans leur camp avec grand meurtre, id. Fab. 20. Ce procès tant mené et qui encore dure, Lequel des deux vault mieulx, ou l'art, ou la nature, do bellat, ii, 79, reclo. Les princes sont menez et ramenez en leurs mouvements par les mesmes ressorts que nous sommes aux noslres, mont, ii, 191. Nous usons de ce mot de mouton par translation, non pas tant pour un sol que pour un qui a cette simplicité antique, et y va à la bonne foy (comme on dit par proverbe) qui se laisse mener par le nez, H. t.st.Apol.pourllérod. p. 21, dans lacurne. Qui femme croit et asne meine, son corps ne sera jà sans peine, cotgrave. Et commençasmes à mener à bon escient les mains, MONTi.tJC, liv. 1 (éd. du Panthéon, p. 25). Vous nourrissez vos enfants, à fin qu'il [le tyran] les mené, pour le mieulx qu'il face, en ses guerres, qu'il les meneàla boucherie, la boétie. Servitude volontaire.

— ÉTYM. 'Wallon, miner, à l'ind. présent sing. mône; provenç. menar; espagn. tneneor; ital. menare ; du lat. minare, mener; comp. l'anc. hautallem. menen, l'anc. frison mena, le bas-saxon mennen, mener. Il faut remarquer qu'en latin minare ne se dit dans le sens de mener que des troupeaux, des animaux.

I MÉNESTRANDIE (mé-nè-stran-die), s. f. Terme ancien signifiant la corporation, l'art des ménestrels.

— ÉTYM. Voy. ménestrel.

t MEN'ESTRE (me-nè-str'), s. f. Terme inusité aujourd'hui, qui signifiait une sorte de potage italien. L'ingrat époux lui fitlàter D'une menc'stre empoisonnée, scABii. Satyre contre un nommé Baron. Il Docteur de meneslre, homme affamé, parasite. Mon docteur de meneslre en sa mine altérée Avait deux fois de mains autant que Briarée, Régnier, Sa(. x.

— HIST. XVI' s. Non sans grande peur qu'il eut que le roy de France Louis XII ne luy fit payer la meneslre de sa révolte [ne le châtiât], brant. Cap. eslrang. 1. 1, p. to5, dans lacuune.j

— ÉTYM. Ital. mineslra, potage, de ministrare, servir (voy. ministre).

MÉNESTREL (mé-nè-slrèl), s. m. Nom, dans l'Sgo féodal, des poêles et musiciens qui allaient de châteaux en châteaux, chantant des vers et récitant des fabliaux. Il y avait le ménestrel poêle et improvisateur, puis le ménestrel chantant, enlin le ménestrel joueur d'instrument; il y avait les grands et les petits ménestrels, comme nous eûmes plus tard les grands et petits violons; enfin, si je citais les instruments de musique, je parlerais d'un ménestrel de vielle, d'un ménestrel de harpe en 1360.... de LABonnE, Émaux, p. 38U.

— HIST. xii' s. Li reis Salomun tramist ses messages al rei Yram , e preiad que un ménestrel [ouvrier] bon li enveiast ki en seust e maistres fust do orfaverie, 7?"t.ï, p. 262. || xiii's. Ménestrel [musiciens] s'apareillent pour faire leur ineslicr, Bcrte, xi. Avint il [Richard] avoit longuement tenu un muncstrel, qui nés estoit devers Artois, et avoit nom lilondiaus, C/ir.de Kai'ns, p.63. || xivs. Sachent tuit que Philippe Lespieur eust fait semondre en caiist' (le héritage Guillaume Guiart, meiiesterel do bouche (joueur d'instruments], Bibl. del'Éc. des chartes, 2* série, t. m, p. i3. Comme du jugleur, et do l'ymagier, et de chascun menesterel en son artifice, oresmb, Klh. IX, 15. Il xV s. Le diner fut grand et bel, et bien estoffé de toutes choses; et y ot W grand foison de mencstrieux qui firent leur mostier, Fiioiss. H, m, 41. X Gracieuse Alegre, mcneslerelle

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du pays d'Espagne, pour sa pension, de labordb, Émaux, p. 386.

— ÉTYM. Thème fictif, ministrelltis pour ménestrel, ouministerellus pour menestereus,d\mia.dal3.t. minister (voy. ministre); provenç. meneilrai, artisan,

MÉXÉTKIER (mé-né-tri-é ; l'f ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, \'s se lie : des mé-nétri-é-z habiles), s. m. Homme qui joue du violon pour faire danser. Il se pourrait bien faire qu'Orphée eût été un fameux ménétrier des dieux Cabires, volt. Dict. phil. Samothrace. Je ne suis qu'un vieux bonhomme, Ménétrierdu hameau, nÉRANG.rVIatn. || S. f. Ménétrière, et, avec l'ancienne orthographe, ménestrière, femme qui fait danser au violon. Une harmonie grossière, telle qu'on devait l'attendre d'une ménestrière de village, d.vcier, dans legoarant.

— HlST. XIV' s. Iceu.x menestriez alerent pour corner et faire mestier en la chambre des compaignons de la ville de Saint Goubain, du CKN(iv.,minùterellus. Il IV' 3. Menestriers de bouche et du bas mestier furent apareillez devant le roy, et y firent leur devoir de ce qu'ils de\ oient dire et l'aire ainsi comme ils ont usage, FPOiss. liv. iv, p. t02, dansLACURNE. X iceulx mots fut mandé le roy des menestriers qu'on dit hcraulx d'armes, qui cria lors l'esbatemeiit qui depuis fut nommé tournoy, Perceforest, t. i, f° 23. Ung menestrier de la harpe, ib. t. u, f" 8). Six hauts menestriers et trois bas, godefroy, Annot. sur Vllist. de Charles VI, p. 7 1 5, dans lacurne. Il XVI' s. Pythagoras estant en compaignie de.... jeunes hommes.... commanda à la menesteriere de changer de ton.... mont, i, 345. Soufflez, menestrier, l'espousée passe, se dit lorsque quelqu'un se vante, oudin, Curios. franc.

— ÉTYM. Wallon, mestré; bourguig. menetrex; du thème fictif ministerarius, dérivé du latin minister, serviteur (voy. ministre).

MENEUR (me-neur), s. m. \\ l' Celui qui mène. U faut un meneur à la quêteuse. H s'était fait écuyer ou meneur d'une dame de Paris assez riche, SCABR. Hom. com. i, I3. || Meneur d'ours, homme qui les fait voir et danser en public. || Fig. Meneur d'ours, homme grossier et mal bâti. || Meneur de ! iips, nom donné dans les campagnes au sorcier, rce qu'on lui suppose du pouvoir sur les loups. . Mtience passait pour un meneur de loups; vous ivez que c'est une spécialité cabalistique accréditée Il tout pays ; je m'imaginais donc voir paraître ce diabolique petit vieillard escorté de sa bande aftamée, ayant revêtu lui-même la figure d'une moitié de loup, et me poursuivant à travers les taillis, G. SAND, Uauprat, iv. || 2° Celui qui mène ; écuyer, cocher. Le trop hardi meneur ne gavait pas De Phaétlionl'liistoireel piteux cas, voit. foisies, dans riciielet. || 3" S. m. et f. Meneur, meneuse, nom qu'à Paris on donne à ceux ou celles qui ramassent les nouveau-nés et les conduisent en province chez le» nourrices. || 4° Fig. Celui, celle qui, dans les affaires, mène les autres, les dirige, a de l'ascendant sur eux. Mon opinion, quoique évidemment raisonnable, était incapable, môme dans les circonstances les plus délicates, de balancer l'influence des meneurs du corps, Mirabeau, Co!(ec(ton,l. J,p. (22. || Se dit de ceux qui se mettent à la tète d'une intrigue, d'un complot, d'un mouve- "îent p pulairo. D'autres se plaignent que ce qu'ils mment les mem-urs ne profilent pas de cette ocion, BABŒUP, Pièces, I, î7. Leurs meneurs méi;nl toujours la confiance, !d. ib. p. 85. || 6° Meur de ciseaux, ouvrier cartier qui découpe les ■tes. Meneur de table, celui qui assortit les jeux.

— HIST. Iiil' s. Tu sanbles un meneur d'avugles fis [mieux] que lu ne faces autre home, les Deux ,reors ribaus, dans ruteh. U i, p. 332. || xiV s. lanne dame du bois Arnaut et Rogier du bois naul, tuteurs, curateurs, meneurs, du canoe, more. Il XV' s. Et en seroil chef et meneur [des com- :untsj le aenescbal de Toulouse à Montauban, oiss. I, I, 222. Puisque nous sommes en la voyc 1 ctiaslel, que mestier [besoin] avons-nous de

meurî Perceforest, t. m, f" 27. || ivi' s. Foinel rme un si grand choc à son meneur, qu'il le :te dans la cave, d'aub, Ilist. m, 38.

— £TYJI, Mener; bourguig. menou; provenç.me- • lire, mmador ; espagii. menador; ilal mcnatore.

} HE.M1IR (mc-nir), s. m. Nuiu de grandes pieri dressées dont l'érection, attribuée aux druides, , 's-probatiiemenl à tort, remonta i, une haute auttquité. \\ Au plur. Des menhir*.

— ÉTYM. Bas-bret. men, pierre, Wr, long. MÉMAJiE (raé-ni-a-n'), i. f. Terme d'architec-

l::e. f'clilc tcria.s.se ou balcon en avant-corps, uié- . c'i^é pour jouir de la vue du dehors, et ordinaire-

ment fermé de jalousies; il-n'est guère usité qu'en parlant des édifices d'Italie. {| Adj. f. Colonne méniane, colonne surmontée d'une espèce de balcon, ou servant de support à un balcon.

— ÉTYM. Lat. mxniana, ainsi dite d'un certain Ifa-niwi qui avait fait construire devant sa maison un balcon qu'on imita dans le cirque.

MÉNIANTHE (mé-ni-an-f) , s. m. L'orthographe correcte serait menyanthe; d'ailleurs le mot est altéré; voy. minyanthe.

f MÉXIDIE (mé-ni-die) , s. f. Nom spécifique do Vathérine ménidie (poissons acanthoptérygiens).

t MÊME (mé-nie) ou, par altération, MÉGNIE (mé-gnie) , s. f. Terme vieilli. Les gens de la maison, de la suite. Les père et mère et toute la mégnie, LA pont. Aveux.

— HIST. xui' s. Un quens [comte] de Lombardie qui estoit de la mesnie le marquis de Monlferrat, viLLEH. LXiv. Il XV' S. Il abandonna sa très belle femme, sa belle mesgnie d'enfants, parens, amis et héritages, louis xi, Nouv. xix. || xvi' s. Et sur ce propos, je supplie N. S. vous donner et à vostre mesnie toute consolation, mabg. Letl. -129. Tel seigneur, telle mesnie, H. est. Précell. p. t7«.

— ÉTYM. Bourguign. maignie; provenç. mainada; espagn. et portug. manada; ital. masnada; bas-lat. masnada ; du bas-lat. mansionala , de mansio, maison (voy. maison et mense) : les gens du logis.

t MÉNIL (mé-nil, et, plus ordinairement, méni), t. m. Habitation; mot qui, tombé en désuétude, ne se trouve plus que dans un très-grand nombre de noms de localités, comme Ménilmontant, Ménilgarnier, etdans plusieurs noms de personnes, comme Duménil, Duméni.

— ÉTYM. Ancienne forme mesnil, qui tient au bas-latin mansus, demeure (voy. meiNse) . La forme latine est mansionile, qui remonte très-haut dans la basse latinité.

t MÊNILITE (mé-ni-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Variété d'opale commune.

t MÊNILLE(mé-ni-ir, U mouillées), s. f. Terme de papeterie. Manche pour lever les mises.

t MÉNILLETTE (mé-ni-llè-f, Il mouillées), s. f. Faisceau de blé avec sa paille, qu'on forme en le coupant pour tenir l'épi en l'air et hâter la dessiccation du grain. 1,'neménilleLte de froment, d'orge, legoarant.

MEXIN (me-nin), s. m. Chacun des six gentilhommes qui étaient attachés particulièrement à la personne du Dauphin ; ce nom venu d'Espagne fut emjiloyé pour la première fois à l'occasion du Dauphin de Louis XIV, en (680, quand on lui composa sa maison. U [Dangeau] a été gouverneur de Touraine,le premier des six menins que le feu roi donna à Monseigneur, grand-père du roi, fonten. Dangeau. Il 11 s'est employé aussi au féminin. La reine [d'Espagne], n'ayant plus de filles ni de meniues, prit des dames du palais, st-sim. 33i, 85.

— ÉTYM. Espagn. menino, menina, jeune homme, jeune fille de naissance; portug. minino, minina, jeune garçon, jeune fille ; rattaché par Diez au gaélique min, petit, gentil, d'après cette raison que dans les dérivations \'e suppose un t long. Si le mot était d'origine française, il faudrait le rattacher à main; car on a dans le Beiry menin, petit enfant qu'on ne peut pas abandonner à lui-même; ce menin vient de manus, main.

t MENINAGE (me-nina-j' ), s. m. Fonction de menin. Mme de Montespan donne à M. D'Anlin, son fils, 2,000 écus de pension.... il a outre cela 2,oou écus du meninage, dangeau, i, 36«, 2 août tasa.

MÉNINGE (mé-nin-j'), s. f. Terme d'anatomie. Nom collectif des trois membranes qui enveloppent tout l'appareil cérébro-spinal, la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère. || Certains philosophes plaçaient l'âme dans les méninges. Quand on n'a rien de nouveau à dire, sinon que le siège de l'âme est dans les méninges, on ne doit point prodiguer le mépris pour les autres et l'estime jiour soi-même à un point qui révolte tous les lecteurs, à qui cependant l'on veut plaire, volt. ilél. I.iu. Obs. sur un ouvrage de Uarat. || U se dit quelquefois de la dure-mère seule.'

— HIST. xvi' s. Trépaner, afin d'oster les os qui compriment et piquent les méninges, paré, Inirod. 2.

— ÉTYM. M^viyÇ, (jif,vivTfo;, membrane.

t MÉNINGÉ, ÉE (mé-iiin-jé, jée), adj. Oui a rapport aux méniiiKes. Il Ajioplcxie métiiiigée, celle qui a lieu dans l'épaisseur ou à la surface do la pic-aiére.

t MÉNINGLNE (mé-nin-ji-n'), ». f. Terme d'anatomie. Nom donné collectivement par Chaussier à l'aractiuuide et i la pie-mère, qu'il regardait comme une memiiraiie unique formée de deux feuillets.

t UiÙNLNUlTK (mé-nin-ji-f), s. f. furme de mé-

decine. Inflammation des méninges, et, en particulier, de l'arachnoïde. || Méningite pariéfale, inflammation de la dure-mère et du feuillet da l'arachnoïde qui lui adhère. || Méningite cérébrale, inflammation à laquelle participent l'arachnoïde viscérale, la pie-mère surtout, et la surface cérébrale. Il Méningite cérébro-spinale, méningite qui attaque les enveloppes du cerveau et de la moelle épinière.

— ÉTYM. Méninge, et la finale médicale ite.

t MÉNINGO-ENCÉPUALITE (mé-nin-go-an-sôfa-li-t'), s. f. Terme de médecine. Inflammation simultanée des méninges et de l'encéphale.

t MÉNINGO-GASTRIQUE (mé-nin-go-ga-stri-k'), adj. Terme de médecine. Fièvres méningo-gastriques, nom donné par Pinel aux aCTections appelées auparavant fièvres bilieuses ou gastriques.

t MÉNINGOPHYLAX (mé-nin-go-ii-laks'), s. m. Terme de chirurgie. Synonyme de dépressoir.

— ÉTYM. Nrivi-^S, méninge, et <f\ilai, gardien.

t MÉNINGOSE (mé-nin-gô-z'), s. f. Terme d'anatomie. Union de deux os par des ligaments étendus en forme de membrane.

— ÉTYM. MfjvtyÇ, membrane.

t MÉNIOQUE (mé-ni-o-k'), s. f. Genre de plantes du midi de l'Europe (famille des crucifères).

t <. MÉNIPPÉE {mé-ni-ppée),od;'./'. Qui est fait à l'imitation des ouvrages de Ménippe, philosophe cynique auteur de satires très-mordantes. |{ Substantivement. Les Ménippées, titre de satires de Varron. Il 2° Se dit particulièrement d'une satire composée en 1593 contre les chefs de la Ligue. Satire Ménippée, ou, substantivement, la Méuippée.

t 2. MÉNIPPÉE (mé-ni-ppée), *. f. Genre de polypiers corail i gènes.

f MÉNISCOÏDE (mé-ni-sko-i-d'), adj. Qui a la forme d'un ménisque.

— ÉTYM. Ménisque, et elSo;, forme.

t MÉNISPERMÉES (mé-ni-spèr-mée) , s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, voisines des berbéridées; elles en ont été détachées par de Candolle.

— ÉTYM. Menispermum, nom d'un genre de cette famille ; de p-rivri, croissant de lune, et rrniçni.a, graine; ainsi dit d'une ligne en croissant de lune qui est marquée sur les noyaux des fruits.

t MÉNISPERMINE (mé-ni-spèr-mi-n'), s. f. Alcaloïde découvert dans le menispermum cocculus, L.

t MfiNISPEUMINIQUE (mé-ni-spèr-mi-ni-k') , adj. Terme de chimie. Acide ménisperminique, acide retiré de la coque du Levant, menispermum cocculus.

MÉNISQUE (mé-ni-sk'), f. m. Ht" Terme d'optique. Verre de lunette convexe d'un côté et concave de l'autre. |l 2" Par assimilation de forme, nom donné au solide creux convexe qui reste à la surface de notre globe après avoir conçu à l'intérieur une sphère dont le diamètre serait la distance d'un pôle à l'autre. Imaginons que la terre soit un sphéroïde homogène renflé à son équateur; on peut alors la considérer comme étant formée d'une sphère d'un diamètre égal à l'axe des pôles, et d'un ménisque qui recouvre cette sphère et dont la plus grande épaisseur est à l'équateur du sphéroïde, iaplace, Expos. IV, U. Il 8° Se dit, dans les phénomènes capillaires, de la portion supérieure de la colonne de liquide contenue dans le tube. || 4" Terme d'anatomie. Fibro-cartilage inter-articulaire imitant, par sa forme, un crois.sant do la lune. Les libro-cartilages de l'articulation fémoro-tibiale sont des ménisques. Il 5" S. m. pi. Terme de bijouterie. Nom collectif des croissants, tels que bracelets, collier».

— ÉTYM. MTiviffxo;,croissant, dérivé de iiïivn, lune, t MENNONISME (mô-nno-ni-sm'), s. m. Doctrine

des mcnnonites.

tMENNONISTE(mè-nno-ni-st') ou MENN0N1T8 (mè-niio-ni-f), s. m. Nom d'une secte parmi les anabaptistes qui repousse tout emploi de la force et de la violence et qui se donna à elle-même la titra de chrétiens .sans défense; ili n'administrent la baptême qu'aux adultes.

— ÉTYM. Mmno Simonis, fondateur de la secte, né en Hollande dans les premières années duxvi'sièclo.

MÉNOI.OGE (mé-no-lo-j'), s. m. || 1° Traité sur les mois des difl'éreiils peuples anciens ou modernes. Fabricius est auteur d'un ménologe. || 2° Livre de l'Église grecque qui, composé d'abord exclusivement de vies de martyrs, fut étendu plu» tard aux vies de tous les saints.

— ÉTYM. Lat.rrKnoiofftum, de fiïivoXoY'ov, de (j.y|v, mois (voy. mois), et Xoyiov, tableau (voy. logique).

MENON (me-non), t. m. Chèvre du Levant dont la peau sert à faire du maroquin.

— HIST. XVI' s. Ces boucs chastrés (en aucuns endroits appelles menons) entretient-on au troupeau quatre ou cinq ans, 0. de serres, 33u.

MEN

— BTYM. Prorenç. mod. menon, dans do caho»;

bM-l«t.m«'nnonW,mrno, bouc châtré; ital. rrunno. Origine inconnue. Dier révoque en doute mtnimus, très- peut, propo»é par Ménage.

t MÉNOPAUSE (mé-no-pô-z'), s. f. Terme de phyiiologie. Cessation das règles, temps critique des femmes.

— eTYM. Mriv, mois, règles, et Kaû<ri(, cessation (Toy. pause).

t MÉSOPLANIE (raé-no-pla-nie), t. f. Terme de médecine. Remplacement de la menstruation par une héraorrbagie mensuelle ayant son siège dans d'autres organes que l'utérus.

— ETYM. Mriv, mois, règles, et itXâvt), voyage, erreur.

t MÉNORRHAGIK (mé-no-rra-jie), J, /. Terme de médecine. Écoulement du sang menstruel trop abondant et porté au point de déranger la santé.

— ÈTYM. M^v, mois, règles, et f aytiv, faire éruption.

t MÊNORRHAGIQUE (mé-no-rra-ji-kT, odj. Qui a rapport .\ la ménorrhagie.

t MÉNOKRIIÉE (mé-no-rrée),«. {. Terme de médecine. Écoulement des règles.

— ÊTYM .Mr,v, mois, et fsïv , couler.

t MÉNOSTASIE (mé-no-sla-zie), s. f. Terme de médecine. Rétention, ou suppression de l'écoulement menstruel.

— ÊTYM. Mt^v, mois, règles, et orâui;, arrêt.

MENOTTE (me-no-f), ï. /.|| 1° Terme familier. Diminutif de mam.petite main, main genlille.Ah! beau poill belle tête I... ah! beau petit nez.... belles petites menottes I petits ongles bien faits, mol. Premier inlerm. de la Princ. d'Él. 3. Allons, suivons-les, et me donne la petite menotte, que je la baise, m. G, Dandin, m, 3. Ces yeux larmoyants, et ces nuinottes engourdies et gelées, diderot, Salon de • 765, Œuv. t. xui, p. 200, dans pouqens. ||i* Voy. MANOTTE, champignon.

— HIST. xvf s. X ses pieds l'enfant emmaillotté qui tendoit ses menottes au ciel, comme demandant vengeance, d'aub. Hist. i, set.

— ETYM. Wallon, manole ; diminutif de main ; comparez l'ital. manetta.

t MENOTTE, ÉE (me-no-té, tée), adj. Qui a les menottes. Voleur, criminel menotte.

MENOTfES {me-no-t'), s. f. pJ. Fers qu'on met •ux mains des prisonniers. On lui mit les menottes. On l'emmena les menottes aux mains. Mon onde levait les épaules quand il lisait dans RoUin que Xeriés avait fait donner trois cents coups de fouet à la mer; qu'il avait fait jeter dans l'Hellespont une paire de menottes pour l'enchaîner, volt. Déf. de mon oncie, ch. ix. {| Fig. et familièrement. Mettre les menottes à quelqu'un, le mettre dans l'impossibilité de se mêler d'une affaire, de nuire.

— HlST. ivi* s. Ceux qui contrefont le mal Sainct Jean se font mettre des menottes aux mains, paré, XIX, ■.!&. ...De manotes on lie Les fols qui ne sont pas si furieux que moy, rons. 2li.

— ÊTYM. Le même que menolle; les menoUes étant assimilées à de petites mains.

■t MÉNOXP.NIE (mé-no-ksénie), s. f. Terme de médecine, bynonjme de minoplanie.

— ÊTYM. M^v, mois, règles, et Çni;, étranger. M£NSE (man-s'), ». f. || 1» Table (peu usité en ce

sens qui est le sens latin). Les convives allaient s'^ipprocher de la men.se hospitalière, chateaub. ifarl. II. Il Fig. Comptons donc les espèces comme nous l'avons fait, donnons-leur à chacune un droit égal à la mense de la nature, bupf. Quadrup. t. iv, p. 22. I! 2* Revenu d'une abbaye. La mense de Saint-Denis produisait au cardinal de Retz cent mille livres, MA1NTES0N, Letl. Mme de Sl-Géran, 2& cet. )6«5. Combien ne sortit-il p.a3 de terres de la mense du clergé? HOBTESO. Esp. xxxi, )0. || Mense abbatiale, le revenu qui est dans le partage île l'abbé. || Mense convrntupUe, le revenu qui est le partage des religieux. Il Mense commune, celui dont l'alibé et les religieux jouissent en commun. || Mense capitulaire, celle du chapitre. 1| Mense épiscopale, la portion asiigné« 1 1 évêque dans le parUge des biens entre lui et ion église.

— ETYM. Provenç. et iUl. men»o ; esp. meta, du lat. menta, UMe, qu'on a rattaché au sanscrit mdns, mdwa, chairjCurtiuiy voit le radici»! ma, mesurer construire. L'origine, comme on voit, est mcerUine! t MENSOLE (man-»o-l),«. ^. Terme d'architecture. Pierre qui est au milieu d'une voûte, et qui »«n, «n quelque sorte, i la fermer ; soit quelle soit «1 saillie ou non.

MENSONGE (man-son-j-), «.m. || !• Discours conwaue a U vérité, tenu avec dessein de tromper. Le

MEN

meilleur que j'y voie, c'est que ses mensonges ne feront pas geler les vignes, malh. Lettres, ii, 29. Voilà jusqu'à quel point vous charment leurs mensonges [des chrétiens] I corn. Poly. iv, 3. L'homme est de glace aux vérités ; 11 est de feu pour le mensonge, LA PONT. Fahl. IX, 6. Voyons, voyons un peu par quel biais, de quel air Vous voulez soutenir un mensonge si clair, mol. Uù. iv, 3. Ce qu'ils [les Perses] trouvaient le plus lâche après le mensonge, était de vivre d'emprunt, boss. Hist. m, 5. Celui-ci s'échauffe dans un barreau ; les autres dans leurs boutiques débitent plus de mensonges que de marchandises, iD. Sermons, Quinqmig. préamhtle. Ce commerce continuel de mensonges ingénieux pour se tromper, injurieux pour se nuire, officieux pour se corrompre, flKch. Duc de Hont. De nouveau tu semas tes captieux mensonges, boil. Sat. xii. D'un mensonge si noir justement irrité. Je devrais faire ici parler la vérité, rac. Phèdre, iv, 2. Le mensonge jamais n'entra dans tes discours, m. Esth. II, 5. Les dieux voient ma sincérité ; c'est à eux à conserver ma vie par leur puissance, s'ils le veulent; mais je ne veux point la sauver par un menson?"?, fiîn. Tél. m. Il savait taire un secret sans dire aucun mensonge, lo. ib. ivi. Mahomet.... Assemblage inouï de mensonge et d'audace, volt. Fanât, n, 6. Nous avons attactié d'autant plus d'infamie au mensonge, que, de toutes les mauvaises actions, c'est la plus facile à cacher et celle qui coûte le moins à commettre, lo. Traité mélaph. 9. Un système de mensonges ressemble plus à la vérité qu'un seul mensonge isolé; plus on voit de choses à contredire à la fois, moins on en contredit, dideb. Claude et Nér. ii, s». Tout ce qui, contraire à la vérité, blesse la justice en quelque façon que ce soit, c'est mensonge, i. i. iiouss. 4' prom. Et, meublant de Maret la boutique infernale. Ils dînent du mensonge et soupent du scandale, M. i. CHÉNiER, Disc, sur la calomnie. \\ Mensonge innocent, mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne. {| Mensonge officieux, mensonge fait dans l'intention d'être utile ou agréable à quelqu'un. Ne fût-ce que pour réparer le mensonge officieux de votre ami, maintknon, Lett. à la mar. d'Albret, (004, t. i, p. 34, dans pougens. Ce qu'on appelle mensonges officieux sont de vrais mensonges, parce qu'en imposer à l'avantage soit d'autrui, soit de soi-même, n'est pas moins injuste, que d'en imposer à son détriment, j. j. rouss. 4* proin. Il Fig. et familièrement. Un mensonge puant, un puant mensonge, un mensonge évident et grossier. Il Le champ du mensonge, lieu en Alsace où Louis le Débonnaire fut trahi par ses fils, en 833. || 2" Particulièremeni. Une fausse doctrine religieuse. ÔDieu de vérité, vous n'avez pas créé cet esprit pour le mensonge; laissez couler sur lui, du sein de votre gloire, un de ces rayons pénétrants de votre grâce.... KLÉCH. Duc de Mont. Vous malheureux, assis dans la chaire empestée, Oii le mensonge règne et répand son poison, bac. Alh. m, 4. |{ Dans le langage de l'Écriture, l'esprit du mensonge, le père du mensonge, le diable. 113° Poétiquement. Fable, fiction. La poésie vit de mensonges. Le mensonge et les vers de tout temps sont amis, la font. Fabl. ii, ). Amusez les rois par des songes. Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges, id. Fabl. vui, H. Quand la Gr'ce parlait, l'univers en silence Respectait le mensonge ennobli par sa voix, volt. Odes, 6. Que ces agréables mensonges Sont au-dessus des vérités 1 Et que votre reine des songes Kst la reine des voluptés I ID. Letl. Cideville, 26 juin (735. || 4° Erreur, illusion, vanité. Mes yeux, puis-je vous croire et n'est-ce point un songe Qui sur mes tristes vœux a formé ce mensonge? corm. Pomp. v, i. C'est une maladie naturelle à l'homme de croire qu'il possède la vérité directement.... en effet il ne connaît naturellement que le mensonge, pasc. Espr. tjéom. i. L'homme n'est que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à. l'égard des autres, lu. Perts. Il, 8, éd. havrt. || Proverbe. Tous songes sont mensonges, c'est-à-dire il ne faut pas s'arrêter aux songes ni leur accorder aucune foi.

— REM. Mensonge, féminin dans le début, a commencé à devenir indifféremment masculin et féminin dans le xvi* siècle et même plus tard ; aujourd'hui il n'est plus que masculin. D'abord les grammairiens m'appelleront en justice parce que je ne dis point une mensonge, et ne trois pas que la juridiction qu'ils ont sur les mois, puisse faire changer de sexe à celui-ci, balz. liv. iv, Ittt. au.

— SYN. 1. MKNSONGE, MKNïKBiE. Ces (leux mots, qui ne diffèrent que par le suffixe, sont très-sensiblement syuonymes; mai» l'emploi n'ea e«t pas le

MEN

même. Menterie appartient au style familier, et mensonge est de tous les styles : c'est pourquoi mensonge seul se dit figurément dans le style élevé.

Il 2. FAIRE HN WENi-ONGE, DIRE UN MENSONGE. Ces

deux expressions sont synonymes, et, ici, faire n'a que le sens de dire, bien que Roiibaud ait voulu les distinguer, en prétendant que dire un mensonge, c'est le proférer, et faire un mensonge, le composer.

— HIST. XI' s. S'altre le dist, jà semblast grant mençonge. Ch. de Roi. cxxxi. ||xn' s. Tu perderas tuz celz [ceux] chi parolentmenceunge. Liber psalm. p. 4. S'autre le dist, menzoigne fust prouvée, Roncisv. 84. Que Thomas l'arcevesque.... Ne seit de ses mençoignes oreOz ne escultez, Th. le mart. 54. Il xiii* s. Là me sovint des gens de maie guise Qui m'ont mis sus mensoigne à escient. Que j'ai chanté des dames laidement, quesnes, Romane, p. sa. Se je vous trouve à mençonge, vous le compeniiz [payerez] durement, Chr. de Rains, 4 4o. Nule raison qui soit proposée de l'une partie ne de l'autre, CM le [la] quele on voit aperte menchonge, de li raeïsme ne doit eslre receue en jugement, beaum. viii, 16. Etnns orrons bien se tu li diras nule mençonge, Merlin, f° 33, verso. \\ xiv* s. Or est-il ainsi que mensonge ou mentir est une chose malvese ilo soy et de sanatiire,0!iESME,£'«/i.( 34. |(xv' s. Et au pai t : r advisa une plus belle mensonge.... ce fut qu'il me dit.... COMM. viii, (2. Il xvr s. Une effrontée et solonne mensonge, mont, i, 37. Si comme la vérité la mensonge n'avoi t qu'un visage, iD.t'b. Vin tant divin, loing de toy est forclose toute mensonge et toute tromperie, rab. Pant. v, 44. M. Buyard m'a envoie une accoustumée mensonge que l'empereur a escripte au pape, dont je suis très aise, car les enfaiis peuvent estre juges de la vérité, mabg. Lettre cxiv. Encore qu'il soit assez coustumier de fourvoyer do la vérité pour escrire des mensonges et comptes faits à plaisir, amyot, Arlax. 7.

— ÉTYM. Provenç. mensonga, mensonja, me.<>scnga, messonja, messorga ; anc. c^t. mensotigia ; ilal. menzogna. Dérivation iirégulière du vprbe mendr. Il y a deux formes : dans mençoigne, mensogna,\ii la finale semblable à vergoigne, vergngna, du latin lerecundia, la finale représente undia; dans victisonge, féminin, vu la finale semblable à chalnnijr, qui est le latin calumnia, la finale onge représenio umnia; telle est la valeur de ces suffixes; maintenant, comment se sont-ils agencés à mentir? On ne le sait.

MENSONGER , ËRE (man-son-jé , jè-r') , adj. Il 1° Qui renferme ou qui fait naître le mensong?", en parlant des choses. Outre la vanité de son art mensonger [l'astrologie], la font. Fabl. ii, (3. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger, rac. E.tth. m, 3. Jo l'ai vu; ce n'est point une erreur passagère Qu'infnnte du sommeil la vapeur mensongère, volt. Sémi'r. i, 5. Loin de nous la fable des enfers et do l'Rlysée, et tous ces récits mensongers dont la superstition effraie les méchants, dideb. Opin. des anc. jihilos. {épicuri.s-me). || 2° Se dit, bien que rarement, des personnes qui mentent. Tou'i sectateurs de prêtres mensongers, J. B. Ruuss. Allég. liv. i.

— REM. La Bruyère met mensonger au nombre des "lots qu'il regrette; c'est une preuve que da son vernps il était vieux. Il a repris faveur.

— hist xu* s. Cbesquuns huem est mençungiers. Liber psalm. p. (78. Hxiii" s. Bien savoicnt celé parole Qui n'est mençongiere ne foie: Qu'onquos amor etseignorie Ne s'eiitrefirent compaignie, la Rose, 848S. {| xiv* s. Ces deux os petreus sont dis mençongniers, car leur jointures sont mençongniores en ce qu'il ne sont pas jointes [sic] com autres, mes aussi com en manière d'apoiemens, ii. de M(indeville, ^ 14. Il XV" s. Vérité dy, et si suis mensongier, CH. n'OHL. Bail. io9. ||xvi' s. De moi n'aura mensonger ne buveur Bien ne faveur, m.miot, iv, 3(is. Afin qu'il [l'homme] ne t'accuse [toi Dieu], et que tu ne sois trouvé mensonger, calv. Instii. 967. four convaincre sa vanterie de vanité mensongère, amyut, Lyc. 9. Dieux, que vous estes men.songere, Mauilit soit qui plus vousoroira, dksportes, ViUanelle.

— ETYM. Mensonge; provenç. mensotigier, messonqier ; ital. menzngnero.

t MENSON(iiîREMKNT (man-son-jè-re-man),adi'. D'une manière mensongère.

— hist. xvr s. Mensongeremcnt. cotoravb.

— ÊTYM. Mensnngère, et le suffixe ment; provenu, messongeirament.

t MENSTRUATION (rnan-stru-a-sion), *. (. Terme de médecine. Écoulement des menstrues.

— KTYM. Voy. MENSTIIUES.

MENSTRUK (man-atrue) , (. m. || 1* Terme da cbi-

MEN

MËN

MEN

tnie. Liqueur propre à dissoudre les corps solides. L'eau regale est le menstrue de l'or. || On dit aujourd'luii de préférence dissolvant. || 2° Terme d'alchimie. Menstrue blanchi, menstrue puant, menstrue essentiel, menstrue des philosophes, le mercure dos sages.

— iiisr. nv* s. Son jus donc qui tient sol et lune, Tireras sans grevance aulcune. Sans nulle séparation, Ne perverse desunion Des spermes d'avec la menstrue, Oui physiquement leur congrue, Tr. d'alck. 823.

— ÊTY.M. Bas-lat. menstrunm, à cause d'une analogie supposée j'ar les alchimistes avec les menttrua (voï. ce mot).

t MENSTRUÉE (man-stru-ée), adj. f. Femme menstruée, femme chez laquelle le flux menstruel sest établi. Femme bien menstruée, mal menstruée, femme chez qui la fonction menstruelle se fait bien, se fait mal.

— BTYM. Voy. MENSTRUES.

MENSTRUEL, ELLE (man-stru-èl, è-1'), adj. Terme de physiologie. Qui a rapport aux menstrues des femmes. Le flux menstruel. L'époque menstruelle.

— REM. Il s'est dit quelquefois pour mensuel. Il y a plus de six ans, mon cher et illustre maître, que je ne lis point les sottises menstruelles du Garasse de Trévoux; mais j'entends dire qu'elles n'ont point dégénéré, u'alemb. Letl. à i'oUaire, 24 fév. 4 759. Bien que menstruel soit un dérivé régulier du latin mensirutts, qui se fait tous les mois, et mensuel un dérivé irrégulier de mensis, c'est mensuel que l'usage a adopté.

— UIST. XIV' 9. CotilUdones, liquel portent de la matrique par le nonbril le norrissement du sanc menstruel au fruit, ii. oe MONnEviLLB, f° 29. Le sanc mestrueus, ce sont les (leurs de la famé, id. f 8. Il ivi* s. Le sang menstruel, pabê, Introd. 4. Fluxion menslruale, id. i, 3*.

— ÊTYM. Voy. menstrues; provenç. meslrual; espasn. menstrual; ital. menstruale.

MENSTRUES (man-strue), s. (. pi. Terme de physiologie. Évacuation sanguine qui se fait chez les femmes tous les mois tant qu'elles sont aptes à procréer des enfants. Des menstrues abondantes, régulières, retardées, avancées.

— REM. Ce mot ne se dit qu'au pluriel ; cependant il a pu avoir un singulier; et de fait on trouve dans Voltaire : La femme à Loth, quoique sel devenue. Est femme encor, car elle a sa menstrue.

— HJST. IV' s. Menstre est appelle et (lus, Qui cesse lors à la mère [devenue enceinte], B. desch. Poésies mss. f 84. {| xvi' s. X d'aucunes leurs men- Blnics et certaines aquosités sortent pendant leur grossesse, pabê, i, 34.

— RTYM. Provenç. mestruas; espngn. et ital. menitruo ; du latin menstruus, mensuel, de mensis, mois (voy. mois), ilenslre d'F.ast. Deschamps est régulier, l'accent dans menstruus étant sur men.

MnNSDEL, ELLE (man-su-èl, è-l'), adj. Qui .se fait tous les mois. État mensuel de recette, de dépense.

— ETYM. Dérivé fait sur le modèle de menstruel (voy. menstruel), et tiré irrégulièrement du lat. mensis, mois, comme si ce mot était mensus (voy. MOIS).

t MENSUELLEMENT (man-su-è-le-man) , ado.

Tous les mois.

t MKNSURABILITÉ ( man-su-ra-bi-li-té ), t. f. Terme diilactique. Propriété, qualité de ce qui est mesurable.

— KTYM. tiemurahle.

t MENSUR.ABLE (man-su-ra-W), adj. Terme didactique. Oui peut être mesuré.

— HIST. XVI' s. Mensurable, cotghave.

— ÊTYM. Ijit. mfnsuTabilit (voy. mensuration). t MEXSURALISTE (man su-ra-li-st) , s. m. Terme

de musique du moyen âge. Celui qui composait en ck^eh-inl ou écrivait sur le déchant, c'est-à-dire sur eu que noua nommons aujourd'hui harmonie.

t .MENSURATEUR (mansu-ra-teur), i. m. L'étnt i'". son portefeuille [de ia Banque de France] est un ■lynamomèlre des affaire» qu'on peut considérer ciimme offrant plus de précision qu'aucun mensuraleur quelconque. Courrier français, (» août IS67.

— f.TYM. Voy. MES.SII RATION.

t MKNSURATIO.X (maii-su-ra-sion), ». f. Terme didactique. Action de niciurer. La mensuration est einj/loyée pour constater la taille <ie8 animaux. I Terme de médecine. Mode d'exploration des viscère» thoraciques, qui consiste à mesurer cotnpnrati'/emcut le pourtour de chaque côté du thorax au moyen d'un ruban étendu de la ligne médiane du sternum à la colonne vertébrale. || Arpentage,

i>ICT. OB LA LAMaUB FRAMÇAl»»

Avec la corruption naquit la propriété, et, avec la propriété, la mensuration, chateaubr. Génie, i, iv,3.

— ÊTYM. Provenç, mensuralio ; ital. misurazione ; du lat. mensurationem, de meniuraW (voy. mesurer).

t .... MENT. Il 1° Suffixe qui donne à un adjectif la .signification adverbiale, et qui est le latin mens, menlem, esprit, auquel les peuples romans ont attribué le sens de façon, manière. Ce suffixe est commun à toutes les langues romanes : provenç. men ou ment; espagn. et ital. mente. Comme mens est du féminin, l'adjectif combiné avec lui pour faire l'adverbe a été mis au féminin : saintement, bonnement. L'ancienne langue écrivait et prononçait rraiement, hardiement, regUement, conlinuement; ces e qu'elle ne prononce plus, la langue moderne les a .su|)primés, sauf dans les adverbes en ument,oii l'orthographe varie, et tantôt supprime l'e muet, tantôt le remplace par un accent circonflexe. Dans l'ancienne langue, les adjectifs qui provenaient d'adjectifs latins à une seule terminaison pour le masculin et le féminin n'en avaient non plus qu'une seule pour les deux genres en français; aussi disait-on loyalment, griement (pour grief ment], elc. La langue moderne, oubliant l'origine latine et marquant par un e le féminin dans ces adjectifs, a dès lors avec raison dit loyalement, fortement, etc. Mais elle n'a pu être conséquente jus(]u'au bout dans sa transformation des anciens adverbes; les adjectifs en ens et en ans n'avaient, en raison do la latinité, qu'une même terminaison pour le masculin et le féminin, et leur adverbe prenait cnment : prudcnment. Naturellement ces adjectifs prirent l'eau féminin, quand l'assimilation eut tout gagné; l'adverbedevait donc être reformé, et, en effet, le .XVI' siècle le reforma, et il dit prudentement, etc. Mais cette forme, qui était devenue rationnelle, ne passa pas au delà du xvi* siècle; la forme archaïque reprit faveur, et, par une inconséiiuence, on garda, dans prudemment et adverbes semblables, la trace d'une règle syntaxique qui n'existait plus (voy. MENT.ALl. Il 2" ....MENT, suffixe nominal qui a le sens d'acte t u d'action : testa-ment, tesla-mentum, docu-mcnt, doiU-mentum, etc.; mentum, c'est-à dire men-tum, est une double forme participiale : men, grec (i£vo;, sanscrit manas, qui est la forme moyenne, et tum, grec xo, sanscr. ta, qui est la forme passive. Les mots comme tegumen, legumentum, mettent en évidence cette composition.

t MKNTAGRE (man-ta-gr'), s. f\\i' Terme de médecine. Affectioji parasitique des poils de la barbe, qui est dans cette région ce que la teigne tonsurante ou tondante est au cuir chevelu, et qui est causée, commesurce dernier, par le développement du trichnphyton tonsurans dans la racine du poil. Il 2' Sorte de maladie de la face qui afiligea Rome dans les premiers temps de l'empire, qui s'éteignit ensuiteet dont le caractère n'estpas bien déterminé.

— HIST. XVI' 9. Il y a ajiparence qu'avec le ten ps la verolle se perdra, comme fit la mentagre, qui luy ressemble en plusieurs accidents et qui afOigea beaucoup les Uomains sous le règne de l'empereur Tibère, PAhÉ, xvi, 5.

— ÊTYM. Lat. mentagra, mot hybride, du latin mentum, menton, et «ypo, prise.

t MENTAGROI'HYTË (man-U-gro-fi-f), s. m.

Terme de pathologie. Parasite végétal qui se développe dans la mentagre.

— ÊTYM. Mentagre, et çutov, végélaL (.MENTAL, ALE (man-tal, la-1'), odj. || 1° Qui

se fait dans l'esprit. Il suppose que l'esprit fait de» propositions mentales dans lesquelles il joint ou sépare les idées sans l'intervention des mots, CON- DiLLAC, Conn. hum. iv, 2. || L'oraison mentale, celle qui se fait intérieurement et sans aucune prononciation de paroles. Elle lit Rodriguez, fait l'orai.son mentale, boil. Sat. x. || Terme de casuiste. Restriction mentale, réserve tacite qu'on fait d'une partie de ce qu'on pense, pour induire en erreur ceux à qui on parle. || 2* Qui a rapport à reiitcndument. Elle [la chasteté] devient méditation dans le solitaire, caractère essentiel de l'&me et de la force mentale; il n'y a point d'homme qui n'en ait senti l'avantage pour se livrer aux travaux de l'esprit, ciiATEALBR. Génie, I, I, 9. Il D'uis le langage de la philosophie moderne, état menlal, conditions mentales, régime mcnLil d'une société, se disent pour exprimer la manière générale de penser qui prévaut dans une société. || Terme de médecine. Aliénation mentale, folie. Maladies mentales, maladies troublant les fonctions intellectuelles.

— HIST. XVI' s. Que luy [Socrato], en son amour Tirile et mentale.... mont, ii, 24». Une religion pu-

rement mentale, sans ohjet prefîx et sans meslange matériel, id. ii, 248. Cette solitude mentale ne peut nullement estre empeschée par la multitude de ceux qui vous sont autour, sT fr. de sales,

— ÊTYM. Provenç. et espagn. mental; ital. n.rnlale ; du lat. mentalis, qui vient de mens, esprit; grec, ne'vo;; sanscrit, manas, entendement. La racine est man, penser, qui se rattache à maneo, [iévM, zend upa-mana, rester, demeurer, et signifio demeurer en place sur un objet, comme sens primitif et matériel.

t 2. MENTAL, ALE (man-tal, ta-1'), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient au menton.

— ÊTYM. Lat. mentum, menton.

MENTALEMENT (man-tn-le-man) , adv. D'une

manière mentale. Substituer mentalement la définition à la place du défini, pasc. Géométr. t.

— fn». Mentale, et le suffixe menf; provenç. mentalment; e.spagn. et ital. mentalmente.

MBNTERIE (nian-te-rie), s. f. Synonyme familier de mensonge. Je n'ai point tant d'esprit pour tant de monterie. Je ne puis m'adonner à la cajolerie, RÉGNIER, Sat. III. J'appelle rêveries Ce qu'en d'autres qu'un maître on nomme menieries, corn. Menteur, i, 6. Je vous prie de lui pardonner tout ce qu'il avouera naïvement, mais jamais une menterie, sÉv. .ioi. Dieu merci, il ne m'a point encore attrapé en menteiie, et je lui en dis pourtant trèsbien tous les jours, dancourt, foire de Besons, se. 20. Il Mensonge léger ou badin, sans conséquence. Madame, vous pourrez bien me ramener, n'est-il pas vrai? — Pardonnez-moi, madame, car il faut que je passe chez Mme du Puydu-Fou. Menterie, j'y avais déjà été, sÉv. 3 avr. <67l. Là il n'y a point de poésie où il n'y a pas de menterie, CHATEAUBR. Génie, II, I, 6.

— HIST. XV s. X Dieu et aux gens détestable Est menterie, al. chartier, dans le Dict. de dochi:z. Il xvi* s. Au lieu desquels entrèrent flaterie. Déception, trahison, menterie, marot, iv, I8. Mon amo de sa complexion refuyt la menterie, mont, m, 62.

— ÊTYM. ifenrtr.

MENTEUR, EUSE (man-teur, teû-z'), adj. || !• Se dit des personnes qui mentent. Les lèvres menteu.ses sont en abomination au Seigneur, saci, Bible, Prciv. de Salom. xii, 22. Des prophètes menteurs la troupe confondue, RACiltfta/. i, «.L'homme est né menteur, la brut. xvi. Toutes les passions sont menteuses, iD. iv. Ces oracles menteurs d'un temple mépri>able, voit. Sémiramis, ii, 4. Menteur comme tous les gens desprit, qui ne balancent guère à supprimer ou à ajouter une circonstance léi;ère à un fait lorsqu'il en devient plus comique ou plus intéressant, niDEH. Opin. des anc. philos. (Pyrrhoniens). Mentir pour son avantage à soimême est imposture, mentir pour l'avantige d'autrui ot fraude, mentir pour nuire est calomnie, c'est la pire espèce de mensonge ; mentir sans profit ni préjudice de soi ni d'aulrui n'est pas mentir : ce n'est pas mensonge, c'est fiction, j. j. rouss. 4' prom. Celui qui ne peut faire un mensonge qu'en rougissant n'est point encore menteur, genms. Ad. et Théod. t. i, p. 44, dans pouoens. || Familièrement. Menteur comme un arracheur de dénis, homme qui dit beaucoup de mensonges; locution tirée do ce que l'arracheur de dents promet à fes pratiques de ne pas les faire soutfrir. {| On dit dans le Lième sens : menteur comme uno épîtro dédicatoire, comme un panégyrique; menteur comme un valet, comme un la'iuais. Il était menteur comme un valet, scarr. Rom. corn, i, 8. Il Terme de chasse. Chien menteur, celui qui cèle la voie pour gagner le devant, ou qui crie à faux. I! Dans l'Écriture, tout homme est menteur, c'est-àdire tout homme est sujet à tromper. Je suppose néanmoins que le livre <|ui fait mention do César, ne soit pas un livre profane écrit de la main dci hommes (|ui sont menteurs, la brut. xvi. || 2" Il se dit aussi des choses dont on compare l'apparence trompeuse à un mensonge. Toutes leurs volupté» sont courtes et menteuses, cobn. Imit. ni, (2. Sottes prétentions, grandeurs qui nous llatlez, Est-il rien de menteur comme vos vanités? huih. Veneesl. Il, 4. Si ce front n'est menteur, vous approuvez mon choix, ID. St Genesl, i, 4. Funeste aveuglement I perfide jalousie I Récit menteur, soupçons que je n'ai pu celer, bac. Bajaz. iv, i. tin roi sngo, ennemi du langage menteur. Écarta d'un regard le perfide imjKjsteur, id. Btth. m, 3. Madame, voilà donc cet ennemi terrible; De vo» songes menteurs l'imposture est visible, lu. AthaL,

MEN

II 7. Il Argument menteur, argument des sophistes grecs, par lequel on prétendait démontrer qu'il n'y k point d'éfidence réelle; on le présentait sous cette forme : Êpiménide dit que les Cretois sont menteurs; or Épiménide est Cretois, donc il a menti, et les Cretois ne sont pas menteurs; mais si les Cretois ne sont pas menteurs, Êpiraénide étant Cretois a dit vrai, etc. ||8° S. m. et f. Menteur, menteuse, celui, celle qui ment, qui a l'habitude de mentir. Un menteur est toujours prodigue de serments, corn, le lient, m, 6. Et même qui mentirait Comme Ésope et comme Homère, Un vrai menteur ne serait, la font. Fabi. u, t. Il faut parler, mes pères, il faut le nommer, ou souiïrir la confusion de n'être plus regardés que comme des menteurs indignes d'être jamais crus, pasc. Prov. XVI. C'était la plus intrépide monteuse que j'aie connue, mabiv. Pays. part'. 2" part. || Fig. Je n'ai j.i mais cherché les baisers que nous vend Et l'hymne dont nous berce avec sa voix flatteuse La popularité, cette grande menteuse, v. hcgo, Voix, 2. || Menteur d'hiver, celui qui dit qu'il n'a pas froid quand il gcle. il Proverbes. 11 faut qu'un menteur ait bonne mémoire, c'est-à-dire une bonne mémoire lui est indispensable pour qu'il ne se coupe pas, ne se contredise pas Un menteur qui n'a pas de mémoire Se décèle d'abord ... destoixhes, Glor. iv, I. Il On attrape plus vite un menteur qu'un \oleur, c'est-à-dire les mensonges se découvrent facilement.

— HIST. xii* s. [Dame] Qui croit faus druz [amant] menteor, Coud, t. Car s'en vous truis (si je trouve en vous] le semblant menteor, th. xvi. Il iiii* s. Chacuns hons est mentierres. Psautier, {• U2. |lxv« S. D'entour lui [il] doit touz menteurs rebouter, eust. desch. Vertus nécess. au prince. Il xvr s. Il faudroit que la parole de Dieu fust menteuse (ce qui n'est point), si.... Sat. Mén. 4 48. Ceste Grèce menteresse, du bellay, i, 40, recto. On se peult bien garder d'un larron ; d'un menteur garder ne se peult on, génin, Bécréat. t. ii, p. 246.

— ETYM. Provenç. menlire, mentidor ; ital. tnenîilore; du lat. fictif mentiiorem, dérivé de menlrri, mentir. Le provençal mentire, le français menticre est le nominatif, de tnentitor, avec l'accent sur ti; mentidor, menteot est le régime, de mentitorem, avec l'accent sur to.

t MENTH ASTRE (man-ta-8tr') , s. m. Menthe sau- Tage.

— HIST. xiir s. Jons ne mentaslre n'i a point,

r.UTEB. 11, 41.

— ÊTYM. Lat. mentastrum ou menthastrum, de menfha.menthe, avecla désinence péjorative astrum.

MKNTllE (man-f) , ». f. Genre de plantes de la famille des labiées, qui sont odoriférantes. Pastilles de menthe. B^u de menthe. Essence de menthe. Il La menthe poivrée, mentha pipcrita, L. Il Uenlhe crépue, mentha crispa, L. || Menthe de chat, un des noms vulgaires de la népète cataire de Linné. || Menthe lie cheval, menthe sauvage, tc./it/ia lylreslris, t. || La menthe pouliot, mentha pulegium, L. || Menthe cultivée, mentha satira, L. Il Menthe verte, ou à épi, ou de Notre-Dame, ou i)caunie vert, mentha viridis, L. || Menthe commune, mentha gentilis, I.. || Menthe aquatique ou à grenouilles, mentha aqualica, L

— HIST. xiir s. Tout ce ne prise Berte la fueille d'une mente, Berte, cxi. Lors m'en alai tout droit à destre Par une petitete sente Plaine de fenoil et de mente, ta Rose. 718.

— ÉTYM. I.at. mentha, du grec iiCvBa.

t MKNTUE-COQ (man-le-kok), i. f. Plante synanthérée odoriférante [lanacetumbalsamita, L.), dite aussi menthe à bouiiucts ou menthe grecque.

t MKNTUfcVE (man-tc-n'), *. m. Terme de chimie. Kssence liquide qui se trouve dans la menthe •Tec la stéaroptène ou camphre de menthe.

t MENTIANE (mansi-a-n'), s. f.Vn des noms vul- (alrM de la viorne.

MENTION (man-sion ; en vers, de trois syllabes), ». f. Commémoration faite de vive voix ou par écrit. Faites quelque mention de ceruines gens dans vos loitrei, «8r. <». M. lic. Soubise l'a remercié de cet honneur, et a demandé seulement qu'il fût fait mention sur lo.i registres de l'ordre, et do l'olTre |de l'ordre] cl du refus, pour des raisons de famille ro. 4W. U postérité eût ignoré jusqu'aux noms de Baviua M Mévius, si Virgile n'avait eu la faiblesse a en (air* taiention dans un de sei vers, d'alemb. Est tur la toe. des gtm de lett. Ofiu». t. 4», dans pouotM. Il Mention lionoraUe, ou, «itnplomeni, mention, distinction accordée i un ouvrage de concours qui n'a obipnu ni le |.ru ni ra;ce»s,l, ni quelquefois on» médaille. U a obteuu une mention honorable.

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— HIST. xm* s. Se je osais^e en faire mention, De la grant cour de France au dous renom, hues de n FERTii, liumane. p. ^82. En la terre le conte de Champaignese croisa Garniersli vasques deTroies.... et maintes autres bonnes gens dont li livres ne fait mie mention, villeh. m. || xiV s. Il attendoit que les letres fussent avant baillées, que il en feist nulle mention, bercheube, ^ (8, verso. \\ xv' s. Il y ot un fait d'armes et une joute devant Vannes, de la quelle nous vous ferons mention, car telles choses ne sont mie à oublier ni à taire, froiss. ii, ii, 77. ||xvi' s. En cette excellente police de Lycurgus, il s'y fait peu mention de la doctrine, mont, i, isi.

— ÉTYM. Provenç. mencio; espagn. mencion ; ital. memione; du lat. mentionem; il vient du radical qui est dans l'ancien verbe men-isci, souvenir, le même que memini (voy. mémoire), par l'intermédiaire du supin inusité meiitum.

MENTIONNÉ, ÉE (man-sio-né, née) , part, passé de mentionner. Un fait mentionné dans les chroniques. Il On dit aussi, surtout en termes de pratique, l'acte sus-mentionné, la pièce, la circulaire sus-mentionnée, etc.

MENTIONNER (man-sio-né; en vers, de quatre syllabes), v. a. Consigner par mention. U faut mentionner cette proposition au procès-verbal. || Mentionner honorablement, ou, simplement, mentionner, accorder à un ouvrage de concours l'espèce de distinction appelé» mention. {| Il se dit aussi d'autres choses que des ouvrages. Cet officier a été mentionné dans le rapport de son général.

— REM. D'après Chifflet, Gramm. p. 98, mentionner n'est pas un bon mot; mais il n'est pas plus mauvais que passionner, affectionner, et plusieurs autres dérivés des substantifs en ion.

— ËTYM. Mention; provenç. mensonar.

t . MENTIR (man-tir), je mens, tu mens, il ment, nous mentons, vous mentez, ils mentent; je mentais; je mentis; je mentirai; je mentirais; mens, qu'il mente, menions, mentez, qu'ils mentent; que je mente, que nous mentions; que je- mentisse; mentant, menti, ». n. Il 1° Dire un mensonge. Il faut bonne mémoire après qu'on a menti, coim. le Kent. IV, 5. La première [mère devant Salomon] répliquait : vous mentez; car c'est mon fils qui est vivant, et le vôtre est mort, saci. Bible, liais, m, m, 22. Quoique les personnes n'aient point d'intérêt à ce qu'elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu'elles ne mentent point; car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir, pasc. Pens. VI, 29, édit. havet. Ce tombeau s'ouvrirait, ces ossements se rejoindraient et se ranimeraient pour me dire : pourquoi viens-tu mentir pour moi qui ne mentis jamais pour personne? fléch. Duc de Mont. C'est alors qu'on trouva, pour sortir d'embarras, L'art de mentir tout haut en disant vrai tout bas, BoiL. Sat. xii. Cela ressemble à Arlequin qui se dit curé de Domfront; et, quand le juge lui fait voir qu'il a menti : monsieur, dit-il, je croyais l'être, VOLT. Philos. Bible expl. Machab. viii. D'un bout du monde à l'autre on ment et l'on mentit; Nos neveu.v mentiront comme ont fait nos ancêtres, ID. Filles de Mince. Ne sais-tu pas que ceux qui mentent sans esprit, ainsi que ceux qui mentent avec esprit, n'entreront jamaisdans le royaume des cieuxî \D.Lelt. Albergati, 23 dcc. (760. La satire ment sur les gens de lettres pendant leur vie, et l'éloge ment après leur mort, id. Lett. Bordes, lo janv. (769. Il 11 n'enrage pas pour mentir, se dit d'un homme qui ment habituellement. || Sans mentir, à ne point mentir, il ne faut point mentir, en vérité, à dire vrai. Et sans mentir, pour voir encore un homme pareil à vous, il est besoin que toute la nature travaille, BALZ. liv. I, lett. 5. Sans mentir, vous auriez tort de vous faire turc ; car je vous assure que vous avez beaucoup d'amis dans la chrétienté, voit. Lett. 4 24. Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage. Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois, la font. Fabl. i, 2 La persécution qui se prépare non-seulement contre les personnes (ce serait peu), mais contre la vérité ; sans mentir, Dieu est bien abandonné, pasc. Lett. à Mlle de lloannei, D. Non; mais je viens tremblante, à ne vous point mentir.... rac. P/ièdre, iv,o. U ne faut point mentir, ma juste impatience Vous accusait déjà de quelque négligence, iD. Bérén. i, 4. Il 2* Mentir à Dieu, mentir au Saint-Esprit, phrases tirées de l'Écriture. J'avoue qu'il est rare de trouver de ces âmes noires et maudites de Dieu, qui, de propos délibéré, viennent mentir au Saint- Esprit, MASS. Carême, Confess. Je ne mentirai point au Dieu do vérité, h. j. cuén. Fénelon, i, a. || 3° 11 en a meuli, c'est-à-dire il a menti sur la chose dont

MEN

il s'agit. Ils se servent comme ils doivent du mentiris impudentissime , c'est-à-dire que vous en avez menti, mon révérend père, pasc. Lett. de Nicole au

père Annat Vous en avez menti. Reprend le

campagnard, et, sans plus de langage. Lui jette pour défi son a.ssiette au visage, boil. Sat. m. Ceux qui vous l'ont dit en ont menti, hamiit. Gramm. 4. Il Pour rendre le démenti plus offensant, on disait : Il en a menti par la gorge. Charles-Quint et François I" se défièrent, s'envoyèrent des cartels, se dirent qu'ils avaient menti par la gorge, et ne se battirent point, volt. Mœurs, »9. || X n'en point mentir, pour n'en point mentir, pour dire la vérité. Mais, à n'en point mentir, il serait des moments Où je pourrais entrer en d'autres sentiments, mol. D. Gare. I, 6. Et, pour n'en point mentir, n'êtesvous pas méchante De vous plaire à me dire un* chose affligeante? id. Tart. ii, 4. || Cet en ne se met qu'avec les temps composés et avec l'infinitif; encore avec l'infinitif il tombe en désuétude. || 4° Vous avez fait mentir le proverbe, le mot, se dit à celui qui a fait une chose improbable selon les opinions reçues. Celle-ci donc ne fit mentir le mot, la font. Fér. Il Faire mentir quelqu'un, prouver qu'il s'est trompé dans son jugement. Je me fais un honneur de faire mentir M. do la Trousse, et je crains quelquefois de ne pas y réussir, sév. 395. (| 6° Se mentir à soi-même, se persuader à soi-même une chose qu'on sait être fausse. || Se mentir réciproquement, se dire des mensonges les uns aux autres. Ilsse.sont menti réciproquement. Elles se sont toujours menti. Il 6° Activement, dans le style élevé, figurer faussement, représenter faussement. De même qu'avant lui une érudition servile avait mal interprété les vieux monuments de notre histoire pour leur faire mentir la servitude, ainsi souvent Mably leur fait mentir la liberté, villemain, Tabl. de la litlér. du XVIIP ». <"part. 17* leçon. || Proverbes. On sait mentir sans parler, c'est-à-dire on peut vouloir induire en erreur par sa contenance, par ses gestes. Il A beau mentir qui vient de loin, c'est-à-dire celui qui vient de loin, dit-il des mensonges, no peut être convaincu de fausseté. || Peut-être garde les gens de mentir, c'est-à-dire dans le discours peut-être est un correctif qui diminue la portée des affirmations. || Amplifier n'est pas mentir. || Bon sniig no peut mentir, une personne bien née ne dégénère pas.

— REM. Mens-je7 ne se dit pas; on tourne par est-ce que je mensT

— HIST. XI* s. Cuivert [misérables] paien, vus i ' avez mentit, Ch. de Bol. xciii. || xii* s. Il menti de

lot ce que il avoit promis, Machab. i, H. La belo,

j des nompers la flour, Ne faites voslre pris mentir.

Par trop merci contrelenir, cuutSTiEN de troïes,

Ipoùies mss avant 1300, t. m, p. 1265, dans la-

CUHNE. Dix mil paiens et plus, se je ne ment,

Bonc. 95. Do tout se ment [il ment en tout], bien le

I pooz prover, ib. 188. 11 boissa [trompa] le roi Chario

et sa foi lui mentit, ifc. 192. El sachiez bien, se biaus

servirs ne ment, Que touz les biens qu'on puet [peut]

avoir d'amer, Aura mes cuers [mon cœur] qui adcs

[toujours] s'i aient. Coud, xiii. Tant [elle] est belle

à regarder. Que nulz n'en porroil mentir [exagérer],

l'b.p. 123. Il xiirs. Que qu'il se plaint et il se blasmc,

Li cuers li ment, et il se pasiue. Et la parole a jà

perdue, Narcisse, ms. de St-Germain, {' 130, dans

j LACUBNE. Ensi fuient ilec par deux jors, et puis leur

I menti de quanque il lor avoit en covenant [en pro-

messe], villeu. cliii. Mais dites vérité, n'i ait de

j riens menti, Berte, cxviii. || xiv s Ce seroitVicei

I très grief et grans d'avoir dit janglerie; Quar d'arl mes et d'amours mentir ne doit on mie, Cirart de Ross. Prol. Il XV' s. 11 nous vaut trop mieux à mentir notre serment envers le ducd'Anjou que devers le roi d'Angleterre, froiss. Il, li, 8. || xvr s. l'remieremcnl ils mentent de cela : car il n'est dit nulle part que nostre Seigneur ait commandé cela à ses disciples, CALV. Instit. 189. Nous disons que vous avez menly par la gorge, et qu'autant que vous lo dires, vou4 mentirés, Gage débat, de François I" et de Charles Quint, f 80, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç et esp. mentir; ital. mentire; du lat. «lentiri, démens, esprit, imagination, pario que mentir c'est imaginer. Si le verbe est irrégulier au présont, cela tient à la place de l'accent dans méntior; ainsi accentué, menlior di donné je menis, et le reste s'en est suivi.

1 1. MENTIR (man-tir),». m. L'habitude de mentir.

— HIST. xvi* s. La mentir est un maudit vice, MONT. 1, 36.

t MENTO-LABIAL, ALE (man-to-la-bi-al, a-H, adj. Terme d'analomie. Muscle mentu-labial, fai»*

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