MERCCRULE ( mèr-ku-rî-a-1'), s. f
Il 1* Genre do plantes dioïques de la famille des euphorbiacées : mercuriale annuelle, mercurialis annua, L. dite aussi foiraiide, foirolle, et ortie morte ; mercuriale vivace, mercurialis perennis, L. \\ Miel de mercuriale, voy. miel. || 2" Un des noms vulgaires de la sphragide coriacée (chéloniens) , dite aussi luth, rat de mer, tortue à clin; c'est la chélonéo coriacée de certains auteurs, legoarant.
— HIST. XVI* s. Mercuriale masle et femelle demande terre bien cultivée, o. de serres, 6I0
— ÉTYM. Ixit. mercurialis herba, ou, simplement, mercurialis, de Mercurius, Mercure.
\ MERCURIALISER (mèi-ku-ri-a-li-zé),». a.Terme de médecine. Causer le mercurialisme.
— KTYM. Uercuriel.
t MERCURIALISME (mèr-ku ri-a-Ii-sm'), s. m. Terme de médecine. Synonyme d'hydrargyrie.
t MERCURIAUX (mèr-ku-ri-6), î. m. pi. Terme de pharmacie. Médicaments dont le mercure est la base et le principe actif. Administrer les mercuriaux.
— ÉTYM. Voy. MKltCURlEI..
t MERCURICO-AMMO.vrODK (mèr-ku-ri-ko-ammo-ni-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel mercuriquo uni à un sel ammoniquo. || On dit semblablement, mercurico-argcntique, mercurico-bary» tique, etc.
tMERCUmCO-FERREUX (inèr-ku-rl-ko-fô-reû), adj. m. Terme de cliiinio. Se dit d'un sel morcuri<)uo uni à un sel ferreux, ||0n dit semblablemcnt mercurico-manganeux.
BIEKCURIKL, ELLE (mcr-ku-ri-èl, è-l"), adj. Il 1" Qui cuntient du mcrcuro. Les sels roercuriels. Préparations mercurielles. || Frictions mercurielles, frictions faites avec une pommade qui contient du mercure. Il Eau mercuricllii|liquido employé en médecine pour corroder cl détruire les chairs baveuses ; c'est une dissolution nitrique de mercure. Il Terre mcrcurielle, synonyme de mercure, dans le langage des alchimisto.s, qui pensaient que c'était la base des métiux. || 2° Terme do nièdeciiiu. Qui est causé par le mercure. Maladie mcrcurielle. Tremblement inercuriel.
' uu>r. XV* s. Qui ea veut médecine avoir Mer-
IlEK
curiale, en son vesspl Le mectra dcyant le fournel l'our faire sublimation, la Font. 463,
— F.TVM. Mercure, métal.
tMEKCl'KIFlCATION (nièr-ku-ri-fika-sion),ï./". ||
l'Opération par laquollcon tire lo mercure (tcsminélaux.lll'Teroie d'alchimie. Prétendue converfiond'un métal en mercure, ou prétendue extraction du mercure regardé comme l'élément de certains métaux.
— r.TYll. Uercvre, métal, et le lat. facere, faire, t MERCURIQOE (mèr-ku-ri-k'), adj. m. Terme
de chimie. Oxyde mercurique, le second degré d'oijdation du mercure. || Sels mercuriques, sels dans lesquels cet oxyde entre, ou dont la composition correspond à la sienne.
t MKUCl'ROSO-MKRCURIOUE (mèr-ku-ro-zomcr-ku-ri-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel mercureux uni à un .sel mercurique.
t MERDAILLE (mèr-dâ-ll' , Il mouillées), t. f. Terme grossier. Troupe importune de petits enfants. Kaites taire cette merdaille.
— mST. XIV* s. Et Bert.-ant du Guesclin les Anglols moult travaille; Hautement va criant : tuez ceste merdaille, Guesclin, v. 697».
— ETYM. Herde.
MERDE (mbr-d'), s. f. || 1' Terme bas et grossier. Excrément de Thomme et de quelques animaux. Ces intestins, g'il est permis de le dire, sont rerapli.s de merde, volt. Oreilles, 7. Nous n'approuvons pas la simplicité de ceux qui traduisent stereore par de la merde ; c'est le mot propre, disentils; oui, mais la bienséance et l'honnêteté sont préférahles au mot propre, quand la fidélité de la traduction n'en est point altérée, m. Philos. Remontrances à Rustan. X Rome, on ne se faisait point difficulté de parler de merde; Horace, le délicat Horace et tous les po6tes du siècle d'Auguste en parlent en cent endroits de leurs ou\raf,'es, comte de catlus (groslet), Jf^m. de l'Acad. de Troyes, Œuvr. t.xii, p. 20, dans pougens. {| Kig. De merde, se dit grossièrement pour qualifier ce qu'on déprécie. Voilà de beaux rameurs de merde I II faut donc que le prix se perde? scabr. Virg. v. ||PIus on remue la merde, plus elle pue, c'est-à-dire il ne faut pas approfondir une affaire où il y a du crime, de l'ordure, de la déshonnêteté. || Il y a de la merde au bâton, au bout du bâton, se dit d'une affaire où il y a quelque chose de honteux. || Merde I interjection qui se dit pour refuser énergiquement. || 2° Couleur merde d'oie (on prononce mér-doie), couleur qui ressemble à celle des excréments de l'oie, c'est-à-dire qui est entre le vert et le jaune. Taffetas merde d'oie. Ce que les minéralogistes ont nommé improprement mine d'argent merde d'oie, à cause des nuances très-variées que présentent les différents oxydes dont ce fossile est mélangé, four- CBOY, Connaiss. chim. t. v, p. 4.19, dans pougens. Il 8° Merde à Gaillard, mélasse, jl 4" Merde de cormoran, nom donné par les p5chfcu.~s à des substances desséchées et dures qui semblent être des varechs. Il 6" Merde du diable, nom donné quelquefois i l'assa fœtida, à cause de sa fétidité.
— HIST. XIII' s. Et quant li vilains rien n'i voit, Lorsquide [pense] que ce fOit fantosme,Donttasteà sa main et si osme [flaire]. Et sent que c'est merde quiput.flen. 88:i9.0uantplus remuet on la merde, Kt de plus put. Ce dist li vilains, Prov. du vilain, ms. de St-Cerm. f" 76, dans laci^rnb. || xiV s. Tu me dois deux journées d'aoust, tu fais que mauvaise merde que tu les me dois tant, du cangr, merda. Il XV s. Pol, tu les sers de merdes frites ; Je puisse esire ars en une forge. Se je ne te couppe la gorge, Jfort. de S. P. et S. P. Ce seroit trop legiere paine : Soit lapidée à grosses pieres; Car, par la foy que dey Saint Pierre, De telz merdes trop enduron, Mytt.de Su Cenec«ère.||xvi' s. La merde de fer subtilement pulvérisée en vinaigre très fort, paré, xi, <7. Kaul-il [c'est Hérode qui parle] qu'un royaume »e i)erdo. Qui à garder m'a tant cousté, Et qu'il me loit ainsi osté Par un petit enfant de merde? Us margurnieidela marguer. f n«, dans lacubne.
c"' o« 'oinra toujours abonde merde, hab. Gara. 1, ». Celluy, di»oit-i! IGrandgou.ier, à propos de Gargamcllequi mangeait des tripes], a grande envie de mascber merde, quid'icelle le sac mange id ib I. «. Un gentilhomme... m'avoil mandé, que,'commo Il leur (aux paysans huguenots] avoit remonstré qu Ils faisoient mal, et que te roy le trouvoroit mauvai», qu'alors ils lui rospondirent : Quel roy? nous s<jmmes les roys; celuy-li que vous dites, est uo peut reyot de merde; nous lui donron» de» Terges, uotm.vc 1- », éd. du Panthéon, p. 23a
- ÈTYM. Provenç. merga ; espagn mierdo : iul mtrOai du Ut. mrrda.
MÊR
MERDEtJX, EUSE (mèr-deû, dcû-r"), adj.
Il 1' Terme grossier. Souillé do merde. Croyez-vous qu'elles puissent aller briller aux ballets et aux assemblées avec des chemises merdeuses? comte de caylus (gbosley), ilém. de l'Acad. de Troyes, OfJurr. t. XII, p. 20, dans pougens. |{ Kig. et bassement. 11 sent son cas mcrdeux, il se sent coupable de quelque chose. Il Kig. C'est un bâton merdeux, on ne sait par quel bout le prendre, c'est un homme difficultueux, peu traitable. || 2° Substantivement et grossièrement. Un merdeux, une merdeuse, un polisson, une polis.sonne.
— HIST. XV' s. Au soir diront qu'ilz sont breneulx, Chetis, recreanz et faillis, Quant ils sont d'aucuns assaillis, Esohars, merdeux, la.sches etchiches, E. DESCH. Poésies tnss. f° 553. Ah I es-tu là, truant merdoux? Quel bon varleti mais à quoy faire! Coméd. de Palel.
— ÉTYM. Merde.
t MERDICOLE (mèr-di-ko-l'), adj. Terme d'entomologie. Qui construit son nid avec des excréments de cheval et de mulet. Fourmi merdicole.
— f.TYM. Merde, et le lat. colère, habiter.
t MERDIGÈRE (mè-di-jè-r"), adj. Terme de zoologie. Se dit d'insectes dont les larves se couvrent de leurs propres excréments.
— ÈTYM. Merde, et le lat. gerere, porter.
(. MÈRE (mè-r'; Chiflet, Gramin. p. 190, au xvii' siècle, dit qu'on prononce mère), «. f.\\l° Femme qui a. mis un enfant au monde. Que ne peut point un fils sur le cœur d'une mère! corn. Rodog. iv, 4. Comme un enfant que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, doit aimer, dans la peine qu'il souffre, la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté, pasc. Pens. xxiv, 6I ter. Vous avez perdu ces heureux moments où vous jouissiez des tendresses d'une mère qui n'eut jamais d'égale ; mais il vous reste ce qu'il y a de plus précieux, l'espérance de la rejoindre dans le séjour de l'éternité, Boss. Mar.-Thér. Nous vîmes alors [en une maladie dangereuse du Dauphin] dans cette princesse, au milieu des alarmes d'une mère, la foi d'une chrétienne, id. ib. KUe pouvait dire avec le prophète : mon père et ma mère m'ont abandonnée; mais le Seigneur m'a reçue en sa proleclion, id. Duch. d'Orî. Femme et m'fre très-chérie et trèshonorée, elle a reconcilié avec la France le roi son mari et le roi son fils, id. Reine d'Anglet. ô mère, 6 femme, 6 reine admiraljle! id. tb. Il demeura sous la conduite d'une mère que les pauvres avaient toujours regardée comme la leur, fléch. Lamnignon. Souvenez-vous de ces années stériles où, selon le langage du prophète, le ciel fut d'airain et la terre de feu :les mères mouraient sans secours sous les yeux de leurs enfants, les enfants entre les bras de leurs mères, faute de pain, iD.y4iguiHon. Des droits de ses enfants une mère jalouse Pardonne rarement aux fils d'une autre épouse, bac. Plièd. (1,6. Mais enfin j'étais mère et pleine de faiblesse, volt. ORdipe, iv, 4. C'est une mère ravie X ses enfants dispersés. Qui leur tend de l'autre vie Ces bras qui les ont bercés, lamart. Uarm. 11, 4.Ô l'amour d'une mère, amour que nul n'oublie I Pain merveilleux qu'un Dieu partage et multiplie, Table toujours servie au paternel foyer 1 Chacun en a sa part, et tous l'ont tout entier! v. nuGO, Feuilles d'automne, l. || Fils de bonne mère, voy. fils, n° 4.||Fig. Cette femme est la mère des pauvres, elle fait de grandes charités, elle donne des soins aux pauvres. [Sa mort) moment fatal pour tant de pauvres dont elle était la mère et la protectrice, PLÉcH. >4i3utWort. Il a° 11 se dit des femelles des animaux. Une chienne mère de trois petits. Il 3' Mère de famille, femme mariée qui a des enfants. La véritable mère de famille, loin d'être une femme du monde, n'est guère moins recluse dans sa maison que la religieuse dans son cloître, j. 1. Rouss. Ém. v. Y a-t-il au monde un spectacle aussi louchant, aussi respectable, que celui d'une mère de famille entourée de ses enfants, réglant les travaux de .ses domestiques, procurant à son mari une vie heureuse, et gouvernant sagement la maison? id. Lett. à d'Alemb. || 4° La mère do Dieu, Marie, la sainte Vierge. || Mère de Dieu, nom d'un ordre de chevalerie, institué en 4 233, et confirmé en tsoa, par Urbain VI, sous la règle de Saint-Dominique, pour soutenir les intérêt» des veuves et des orphelins; la marque était une croix pattée de rouge, avec deux étoiles en chef, de mime couleur, sur une soutane blanche. ||B' Notre première mère, Eve, la femme d'Adam, il 8' Dans le paganisme, la mère des dieux, Cybèlc. Il 7* Mère Dourrice, la femme qui donne à teter à
MÈR
un enfant au lieu de la véritable mère. || Demimère, nom qui a été donné quelquefois aux nourrices. || 8° Grand'mère, mère-grand, voy. grand' MÈHE. il Fig. Contes de ma mère l'oie , contes dont on amuse les enfants. Kt ne m'émeus non plus, quand leur discours fourvoie. Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie, Régnier, Sat. xv. Il Faire des contesde ma mère l'oie, dire des choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité. Il 9° Belle-mère, voy. belle-mère. || 10° Mal de mère, affection de matrice, et, particulièrement, l'hystérie. Mlle de Clisson a de grands maux de mère, siiv. 9(. || 11° Fig. Notre mère commune, la terre. Il La terre notre mère, la terre qui nous nourrit. Vous rougirez de la charrue, vous renierez la terre votre mère, et l'abandonnerez, p. L. couB. Simple discours. || Mère se dit des contrées considérées comme origine. Albe est ton origine ; arrête et considère Que tu portes le fer dans le sein de ta mère, CORN. //or. 1, 4. Patrie aux flancs féconds, sainte mère des hommes. Ce que furent jadis nos pères, nous le sommes! th. Gautier, Prologue d'ouverture, 4845. || Fig. Quand, par les rois chrétiens aux bourreaux turcs livrée, La Grèce, notre mère, agonise éventrée, v. iiuco. Feuilles d'automne, XL. Il 12° Fig. La mère des fidèles, l'Eglise. Notre mère sainte Église. L'Église ne fait que gémir.... mère affligée, elle a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment; on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés, BOss. leTellier. Que dirai-je des saintes prières, des agonisants, où, dans les efforts que fait l'Eglise, on entend ses vœux les plus empressés et comme les derniers cris par où cette sainte mère achève de nous enfanter à la vie céleste? id. Louis de Bourbon. Il Se dit des églises qui en ont fondé d'autres, ou qui ont établi des congrégations. || Il se dit aussi des religions qui en ont enfanté d'autres. Les religions chrétienne et musulmane reconnaissent la juive pour leur mère; et, par une contradiction singulière, elles ont à la fois pour cette mère du respect et de l'horreur, volt. Dict. phil. Juifs. i| 13° Fig. et familièrement.La mère une telle, se dit d'une femme du peuple un peu âgée. Ce n'est p;i3 votre faute, la mère, alex. duval. Menais, de Livonie, I, 4 2. Je les entends rire en buvant Chez la mère Simonne, bérang. Mon Curé. || Confrérie de la mère folle, société bouffonne établie à Dijon en 4 454. Il Fig. Mère des compagnons, auberge où descendent les compagnons du tour de France, de chaque métier, en chaque ville. || 14° Titre qu'on donne à la supérieure d'une maison religieuse. La mère abbesse. La mère prieure . La mère supérieure m'a priée de ne pas faire courir cette petite histoire, sÉv. 24 nov. ico4. || Qualification qu'on donne à une religieuse professe. On demande au parloir la mère une telle. || Mère de l'Église, s'est dit d'une femme ([ui est un honneur pour l'Eglise, par analogie avec père do l'Église. Pour madame de Miraraion, celte mère de l'Église, ce sera une perle publique, stv. 29 m.ars 4G!)U. Il 15° Mère artificielle, abri préparé pour les jeunes poulets, dans les couveuses artificielles. || 16° Kig. Cause, origine, lieu qui produit. L'ambition est la mère de beaucoup de désordres. La Grèce a été la mère des beaux-arts. Quoi qu'en ait dit l'ignorance appuyée de la malignité, la philosophie fut dans tous les temps la mère de la religion pure et des lois sages, volt. Philos. Dise, de Uellcguier. Il 17* Nom donné par les pépiniéristes aux sujets sur lesquels on doit greffer, ou dont on doit tirer des marcottes. |1 18° Moule qui n'est destiné qu'à donner de nouveaux modèles, sur lesquels on peut faire d'autres moules. || 19° Mère ou matrice d'émeraude, plusieurs pierres vertes qui n'ont rien de commun avec l'émcraude. || 20° Mères de girolle, nom donné aux fruits mûrs du girofiier, dits aussi anthoOes. || 21° Mère caille ou mère des cailles, le râle de genêt. || Mère dos harengs, nom que les pécheurs donnent à l'alose. || 22° Mère des mines ou mine à maréchal, se dit, dans le Bourbonnais, d'une veine particulière de houille qui colle bien au feu. Il 23° Terme de chasse. Se dit de l'entrée de la tanière d'une bête fauve. La renardière n'a jamais qu'une mère. || 24° Mère de vinaigre, membrane gélatineuse [mycoderma aceti) qui se forme à la surface des vases contenant du vinaigre et qui joue un r<Mo dans la fermentation acide. || On dit dans le môme sens les mères. || Mères de vinaigre, tonneaux qui ont déjà servi à la fabrication du vinaigre. || 25° Mère s'emploie quelquefois adjectivement. || la mine -y mère, la reine douairière. || La mire patrie, l'État, le pays qui a fondé une colonie et qui la gouverna.
Il Langue mère, voy. langub, n* s. || L'idée mère d'un ouvrage, l'idée dont il est le développement. Une idée mère et neuve s'y développe avec grâce dans toute son étendue, hupf. Hép. à Chatelux, Œuv. t. X, p. *6. Il Mère branche, grosse branche d'oil sortent plusieurs autres branches. || Mère perle, f,'rosse coquille qui renferme quelquefois un grand nombre de perles. || Mère montagne, grande monta^'ne qui en a de petites autour d'elle. Toutes tes collines enfantées par l'EtiM, qui a douze mille pieds de hauteur, ne paraissent être que de petites cminences faites pour accompagner la majesté de la mère montagne, i-uff. Àdd. ihéor. terr. Œuv. t. XIII, p. 65. Il En cliimie, eau mère, eau saline et épaisse, qui ne donne plus de cristaux. || 26° Durem're, voy. dure-mère; pie-mère, voy. pie-mère. Il Proverbes. On ne la trouve plus, la mère en est morte, se dit d'une chose qui est devenue fort rare. Il II veut apprendre à sa mère à faire des enfants, se dit quand queli|u'un se mêle d'enseigner à un autre une chose que cet autre sait mieux que lui. Il C'est le ventre de ma mère, je n'y retourne plus, se dit quand on a été mal satisfait d'un lieu où l'on ne veut plus retourner, d'une affaire qu'on ne veut pas recommencer.
— REM. 1. Mme de Maintenon a dit: Après tous ces discours de mère, croyez que j'en ai toute la tendresse, Letl. à M. d'Auhigné, 26 sept. t. i, p. U7, dans POUGENS. Â la rigueur, le pronom en ne peut pas représenter un substantif pris partitivement ; mais ici le sens est si clair, qu'il n'y a pas lieu de faire prévaloir la règle. || 2. On dit : ses père et mère, dans le langage familier etdans le langage d'affaire, pour son père et sa mère.
— HIST. xr s. Çodist li pedres [le père] :cher filz, cura t'ai perdu! Respont la medre : lasse! qu'est devenus! St-Alexis, xxii. Celui qui la mère yglise requireit f requérait]. Lois de Guill. t. [Ils] Ne reverront lur mères, ne lur femes, Ch. de Roi. cvii. Il XII' s. Mar douterez home de mère né, Roncisr. ie. [Notre terre] Que la mère Deu tient à son lige doaire, Sax. ixxi.|| xiii* s. Et sa mère en commence de la joie à pleurer, Berte, m. Mère, ce dist Aliste, Diex oie vo prière, t'b. xii. ||xv"s. Et aussi sa dame de mère [au comte de Flandre]... le blasmoit trop fort, PROiss. ii, il, 58. Sachez que l'en dist que amour de mère est plus grande que amour de nourrice, Perceforest, t. m, f' i»o. || xvi" s. Là sera bastie la mère de la fontaine, pour recevoir l'eau venante de plusieurs costpz, et de là la rendre dans les tuiaiii, 0. de sekbes, 75». Ces pièces sont mises saler sur un grand saloir, appelle mère, composé de plusieurs aix joints ensemble, contenans trois ou quatre pas en quadrature, aiantdes bords es environs pour garder de verser la saumure; aucuns font leur mère ou saloir d'une peau de beuf crue, un peu silée, id. 839. Nostre mère nature, mont, i, 2<io. Chanson qu'on chantoit dix ans, comme je croy, avant, que ma mère grand fut mariée, H. est. Apol. pour Hérod. p. 620, dans lacubne. Mère piteuse fait sa fille roigneuse, cotgrave. La mère du timide ne sçait que c'est de pleurer, in. Bon temps et bonne vie père et mère oublie, lebocx hk lincy, Prov. t. Il, p. 252. La povre dame de mero estoit en une tour du chasteau, qui tendrement ploroit; car combien qu'elle fust joyeuse dont son fils estoit en Toye de parvenir, amour de mère l'admoncstoit de larmoyer. Chronique de Bayart, ch. i.
— ETYM. Provenç. maire; catal. mod. mare; espagn. et ital. madré; du lat. mater; grec, liTnTio; allem. Kutter; angl. molher ; sanscrit, mdfri, de la
md, dans le sens de construire, faire, ï. MP.KE (mè-r'), adj. f. qui signifie pure, et qui n'est usité que dans les deux locutions suivante» : mère goutte; mère laine. || Mère goutte, le vin qui coule de» grappe» vendim^ées, avant qu'elles aient été pressurée». Les volaille» les plus grasses, la mère goutte du vin leur appartiennent, voi.T. Dial. xiiv, 8. Il Fig. Tout ce que je sais, c'est que, si je n'avais quatre-vingt-trois [ans], je vous aimerais autant qu'à trente; la lie de mon vin vous appartient comme la mère goutte, in. Lett. d'Arpental, <*' janv. i777. || Mère laine, la lame du dos di.'s brebis, qui est meilleure que celle des autres pirties du corps.
— HIST. xiii's.Quex [quel] vin» que ce soit, reech ou seur [sur] merc,lie. dei met. ;ioo.|| xvi*». Lapura cresmede nosprovinccs.lemere-goutedenotgouvcrnement3,.Ça(. Mihi. 7i. Alors les vin», jaissans leur vieille mere-lle, n'ont le loisir ne le moicn d'en faire une nouvelle, leurdcfaillantle bouillir, cdes^rres, ïis. La more goutte est le moust procédant de» raisin» que de gré il» laschenl sans fouler, id. 2I3.
MER
— ÉTYM. Provenç. mer, min; espagn. et ital. mcro; du lat. mertw, pur; lesens primitif demcrui est seu/, d'après pestbs. Ifierou mer était un adjectif très-usité dans l'ancienne langue; les chansons de geste ne parlent que d'or mier.
t MÉREAIT (mé-rô), s. m. Nom donné, à partir du xu' siècle, aux médailles ou à la monnaie de convention, de plomb, de cuivre, et quelquefois d'argent, dont chacun avait droit de faire usage : k l'église, pour constater la présence des moines aux offices ; au marché, pour prouver l'aciiuittement d'un droit; dans les travaux et les ateliers, pour représenter, à la fin de la semaine, le prix des journées, et à d'autres usages, de la borde. Émaux, p. 384. Distribuer les méreaux aux chanoines. On vous payera en rapportant vos méreaux. Il Fig. La grâce est le gage ou le méreau que Dieu donne à sa créature, le p. simon mars, Uysl. du, rot/, de Dieu, p. 627, dans poucens. || Se disait aussi , chez les protestants, d'une espèce de cachet qu'on donnait à ceux qui voulaient communier. il Nom donné primitivement aux marrons que les rondes déposent dans les corps de garde.
— HIST. xiv* s. Le clerc des mereauls de l'aumosne, Ordonn. 20 nov. (346. || xv* s. Et se aucuns de» dits frères ou seurs avoient prins les mereelz pour y venir disner et ilz y defailloient, ilz seront tenus payer douze deniers en la descharge de la dite confrairie pour le dit disner, Ordonn. août U83. Ung meriau d'estaing où estoit empreint le nom de Jésus, Journ. de Parissous Ch. VI et Ch. VU, an 1429. Il XVI* s. Il dit qu'ils n'ont point esté participans de la circoncision, en quoy il signifie qu'ils estoyent exclus de la promesse, puisqu'ils n'en avoyent point eu le mereau, calv. Inst. (035.
— Etym. Bas-lat. merallus, dont l'origine est inconnue.
MËRELLE (mé-rè-1), s. f. Voy. marelle.
t MÉRELLÉ, ÉE (mé-rèl-lé, lée), ad/. Terme de blason. Qui ressemble à une mérelle ou marelle.
— HIST. xV s. Et esdits meriteaux ne mectront aucunes peaulx merellées, bigarrées, clavelées, ne peaulx de mouton, Ordonn. juilL -1486.
— ÉTYM. Mérelle.
t MÉRENCHYME (mé-ran-chi-m'), J. m. Terme de botanique. Variété de tissu utriculaire végétal, caractérisée par la forme sphéroïdale et par la faible union des utricules constituants.
— ÊTYM. Mepo;, partie, et ix/yv-^, chose épandue, de il, en, et xeîv, réjiaiidre (voy. chyme).
t MÉRENDÈRE (mé-ran-dè-r'), ». f. Terme de botanique. Nom 'd'un genre de colchicacées. Mérendère bulbocode (merendera bulbocodium, Ramon), plante bulbeuse, de propriétés analogues à celles du colchique d'automne.
— ÉTYM. Esp. merendera, nom du colchique.
t MÊRENDÉRÉES (mé-ran-dé-rce), t. f. pi. Terme de botanique. Synonyme de colchicacées.
f MERGER (mèr-jé), s. m. Nom, en basse Bourgogne, de tas de pierres provenant de l'épierrement du sol.
t HERGDE (mèr-gh'), *. m. Genre mergus, L. ordre des palmipèdes. Le mergue merganser, appelé encore harle, grand harle, vautour d'Islande et castor de mer. Le mergue albelle, appelé aussi harle piette et piette.
- ÉTYM. Lat. mergus, plongeon, de mergere, plonger. Mergue n'est guère qu'une transcription ; le français est harle.
t MÉRICARPE(mé-ri-kar-p'),».m. Terme de botanique. Portion de fruit isolée naturellement dans le sens longitu<linal et contenant une seule graine.
— ÊTYM. Mepo;, partie, et xapiièî, fruit.
t. MÉRIDIEN (mé-ri-diin), *. m. \\ 1° Cercle de la sphèro passant par les deux pôles, par le zénith et par le nadir, et coupant l'équateur à angle» droits. Trois degrés d'élévation du pôle renversent toute la jurisprudence ; un méridien décide de la vérité, PASC. Peutf.et, t. I, p. 2^6, éd. laiiure. Comme tous les mC.-idien» se rassemblent sou» la p<Ve en un seul point, les Français et les Chinois, par exemple, se trouveraient voisin» du côté du septentrion, si leurs royaumes »'étcnitaicnt beaucoup davantage de ce côté- là, fonten. Cxar Pierre l". Tous les méridien» sont considéré» comme de» cercle» de longitude, parce que le» différentes longituilcs se mesurent d'un mérnlien à lautre, comdil. Art de rais, v, 6. Le calife Almamon Qt mehurcr géoniélriqucment un degré du rriérldien pour déterminer la grandeur de la terre; opération qui n'a été (aile en France que plus de oeuf cents ans après, sous LouisXIV, volt. Mreurs, S. Le grand cercle qui passe parle zénith et par les
MÉR
pôles est le méridien ; il partage en deux également 1 arc décrit par les étoiles sur l'horizon ; et, lorsqu'elles l'atteignent, elles sont à leur plus grande ou à leur plus petite hauteur, la place, Système, I, 4. Le méridien céleste, que déterminent les ob: servations astronomiques, est formé par un plan qui passe par l'axe du monde et par le zénith de l'observateur, ID. ib. i, 12. {] Premier méridien, grand cercle qu'on se ligure décrit sur le globe terrestre pour compter de là les degrés de longitude. Ptolémée avait fait passer son premier méridien par les Canaries comme étant la limite occidentale des pays alors connus, la place, Exp. i, 14. Le choix du premier méridien est indiffèrent; les Français le font passer par l'île de Fer, les Hollandais par le pic de Ténériffe, et chaque astronome par le lieu d'où il fait ses observations, conmll. Arl de rais, v, 2. || Depuis que CondiUac a écrit, les Français ont abandonné l'île de Fer, et pris le méridien qui passe par l'observatoire de Paris; toutes les nations devraient s'entendre pour choisir le même premier méridien. || Méridien terrestre, voy. méridien 2,n° 3. Il 2° Méridien magnétique, plan qui passe par le centre de la terre et par la direction de l'aiguille aimantée horizontale. || à'Terme d'architecture. Espèce de cadran solaire qui marque l'heure du midi par la chute de l'ombre d'un gnomon sur la ligne méridienne. Il 4° En physiologie, méridien se dit des difi'érents arcs de la cornée. Le méridien le plus courbe de la cornée. || 5° Terme de tapisserie. Méridien ou paumier, espèce de grande bergère .ivec large dossier et deux jouées de même hauteur servant de lit de repos, ainsi dite parce qu'on y fait la méridienne (voy. ce mot, n" 6).
— HIST. xv s. Méridiens [gens venant du côté du midi], Perceforest, t. iv, f* 60. || xvi' s. Méridien est une ligne qui se imagine de l'un des polies du monde à l'autre, et passe droict par dessus nostre teste, auquel le soleil, en y arrivant, faict midi à tous ceiilx qui habitent desoubz icelle ligne, j. devaulx, dans jal.
— ETYM. Lat. meridianus, de meridies, midi, qui vient de meri, équivalent de med (dans viedius, voy. MI), et dies, jour. L'r pour le d est fréquent en ombrien et aussi en latin : ar-biter, pour od-bi(er, ar-cessere pour ad-cessere, ar-fuerunt archaïque pour ad-fuerunt. Le méridien est ainsi nommé parce que, lorsque le soleil parvient à ce point du ciel, il est midi dans tous les endroits de la terre qui sont sous le mémo méridien.
2. MERIDIEN, lENNË (mé-ri-diin, diè-n'), adj. Il 1" Terme de géographie astronomique. Oui a rapport au méridien. Aspect méridien. || Ombre méridienne, celle que projettent les objets saillants au moment de midi. || Hauteur méridienne du soleil ou d'une étoile, leur hauteur au-dessus de l'horizon au mcment où ils sont dans le méridien du lieu où on les observe, [j Terme de botanique. Plantes dont les fleurs s'ouvrent vers le milieu du jour; par ex. le mesembryarUhemum crystalltnum, L, Il 2" Ligne méridienne, ou, simplement, la méridienne, ligne sur la surface de la lerre et tiréa du nord au sud dans le plan du méridien. Si l'on prend des hauteurs égales du soleil avant et après midi, ou d'un astre quelconque avant ou après son passage au méridien, la ligne méridienne partage également, soit pour le temps, soit pour l'espace, l'intervalle entre ces deux hauteurs égales, HAiLLY, Ilist. de l'astr. mod. vu, 5. || 3» Ligna méridienne, ou, simplement, méridienne, longue ligne qu'on suppose tracée sur la surface d'un pays dans le plan d'un méridien déterminé. La ligne méridienne, la méridienne de la Franco. La fameuse méridienne de l'Observatoire, commencée par M. Picard an 1869, continuée en 1683 du côté du nord do Paris par M. de la Hire, et du côté du sud par M. Ca.ssini, et enfin poussée par M. Cassini en <700 jusqu'à l'extrémité du Roussilloii, fonten, Caseini. Une méridienne que M. Bianchini voulait tracer dans toute l'étendue de l'Italie, à l'exemple de la méridienne de la France, uni(|ue jusqu'à présent, in. Bianchini. {{ 4" S. f. Méridienne, ligne qui est la section du plan du m< ridien sur un autre plan quelconque, horizontal, vertical ou incliné, et qui indique l'heure do midi riai au moment où soit le point de lumière, soit la ligne d'ombre passent dessus. Se serait-on imaginé que Ticbn, si habile et si exact observateur, aurait mal tiré sa mcridieiinc, et que les ancieii:> Ëgypticni, si grossiers, du moins en cette matière, auraient bien tiré la leurT ïonten. Chazellcs. Deux points d'intersection entre les ombres égales du matin et du soir donnent une mériilicnnu cxcci-
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lente, J. J. Iiouss. Ém. m. || Méridienne du temps moven, courbe en forme de s qu'on trace autour de l« ligne de midi d'un cadran solaire, et qui indique l« midi en temps moyen pour chaque mois de l'année. Il 8' La méridienne, sommeil auquel les habitants des pays chauds se livrent ordinairement vers l'heure de midi. Kaire sa méridienne. Le Forlis par bonheur fait la méridienne, Boissv, Deh. tromp.
ui, ).
— REM. Faire mérienne ou mérienner, de brieux. Celte forme se disait encore, comme on voit, au XVII* siècle; aujourd'hui elle est archaïque et pro- Tinciale.
— HIST. xii' 8. Entre ces afaires, li reis David à un jur levad après meriene ; si se alout esbanoiant [amusant! en un solier, Rois, p. <64. || xiii's. Puis filj fist s*ost[son armée] aceminer; Si vinrent ensemble à Viane Un mardy puis meridiane, ph. mouskes, ms. p. 24a, dans lacurne.
— ETYM. Méridien ); Berry, morienne, mcrienne, mesienne, meienm; saintong. mérienne, meriéner; Dorm. mérienne, sieste; provenç. meridiana, tneriana; espagn. et ital. meridiana.
MÉRIDIONAt, ALE (mé-ri-di-o-nal, na-1'), adj. Il !• Oui est du côté du midi. Les pays méridionau.i. Il Cadran méridional, celui qui est dans le plan qui va du levant au couchant, et qui est directement tourné vers le midi. || Le pôle méridional, le pôle antarctique. || Terme d'astronomie. Distance méridionale, se dit quelquefois de la différence de longitude entre deux astres. || Parties, minutes méridionales, se dit, dans la navigation, des parties, (les minutes comptées sur le méridien dans les cartes marines. || 2° Substantivement. Les méridionaui, les gens qui habitent les pays du Midi, spécialement les habitants du midi de la France. C'est un méridional.
— HIST. xiv s. La mer oriente! ou meridionel,
H. DE MONUEVIIXE, f" 88, lerSO.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. méridional; ital. méridionale; du lat. meridionalis (voy. mébidien) .
t MÉRIER-BLANC (mé-rié-blan) , t. m. Oiseau qui mange les mûres. On dit aussi mûrier. || Au plur. Des mériers-blancs.
t MÉRINE (mé-ri-n'), adj. f. Race mérine, la race des mérinos. La race mérine est actuellement naturalisée en France.
— ETYM. Voy. MÉRINOS.
MERINGUE (me-rin-gh"), «./■. Espèce de pâtisserie fort délicate faite avec des blancs d'oeufs et du sucre en poudre, et que l'on garnit de crème fouettée ou de confitures. Les mets délicats et peu substantiels, comme les meringues, la crème fouettée et les fruits fondants, volt. Vict. phil. vampires.
— ÊTYM. Il y a dans le bas-latin meriuga, corruption de merenda, collation du soir; ce ns peut être l'origine de meringue. L'espagnol a melindre, beignet fait avec de la farine et du miel-, Scheler demande si meringue serait une altération de ce mot espagnol, où le mot mel, miel, parait figurer. Hais tout cela tombe si, comme le croit M. Siméon Luce, la meringtie est une crème ou pâtisserie originaire du pays de Xehringen, qui envoie au dehors beaucoup de p&tisserie.
t MERINGUÉ, ÉE (me-rin-ghé, ghée), adj. Dont le dessus est semblable à la crème des meringues. Gâteau meringué. Si ces gâteaux n'étaient pas légers et comme meringués, il faudrait y mettre plus de potasse qu'on ne l'a prescrit , genus, Mais. rutt.
MERINOS (mé-ri-nos'),«. m. || 1* Mouton de race
espagnole dont la laine est très-fine. Un mérinos. Les mijrinos. C'est seulement vers le milieu du siècle dernier qu'arrivèrent pour la première fois dans la péninsule hispanique ces brebis à soyeuses toisons qui ont fait la fortune de Ségovie, et c'est en souvenir de ce qu'elles étaient venues par mer qu'on les appela moutons maritimes, ntejat marinas; c'est de ce dernier mot que nous avons fait celui de mérinos, le Siècle, <3 et i» juin 481,9, »• p. c col. Il Adjectivemeni et invariable. Bélier mérinos brebis mérlno*. || %• Étoffe faite avec de la laine dé '^lérinos. Un beau mérinos.
— ÉTYM. n y » dans l'espagnol tnertMo, qui, wbstanllf, «Ignifle juge, inspf cteur des troupeaux et bisant la répartition des pâturage», et, adjectif •ignifle •rt»pt, passager, en parlant des troupeaux qui changeny» pâturage ; d'où merino, troupeau qu on fait chaBfter de pâturage, lana merino, la laine de ce troupeau. Cela détruit l'étymologie •mpruntée au Siitl*, laquelle n'est qu'un jeu d'e»-
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prit. Merino vient du bas-latin màjorinus (dérivé de major, voy. maire), et signifie proprement un juge, puis, particulièrement, un juge do la transhumance des troupeaux, d'où un adjectif mcrtno, relatif aux troupeau.vde transhumance, et finalement un mouton de race spéciale.
JIERISE (me-ri-z'), s. f. Fruit du merisier.
— HIST. xiv* s. Cerises, merises, guines, Ménagier, II, 5. Il XV* s. Le supliant s'arresta à l'endroit d'un mesirier où avoit des mesires.... lequel, altéré de challeur, se print à cuillir des riitss mesires pour soy reffroichir, nu cange, mesillus. || xvi' s. Merises sont guines presque sauvages et petites, tenant de l'amer, dont elles portent le nom, o. de
— ÊTYM. 0. de Serres le rattache à amer; en italien, amarella, merise, vient en effet du lat. omorus; mais voy. merisier.
MERISIER (me-ri-zié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, Vs se lie : des me-rizié-z en fleurs) , s. m. Cerisier sauvage {cerasus avium, D. C). \\ Merisier à grappes, cerasus padus, D. C, espèce sauvage des bois montueux à fruits rouges ou noirs, amers. || Merisier de Virginie {cerasus virginiana, L.) , arbre dont le bois est utilisé dans les arts. || Merisier du Canada, espèce de bouleau,tetuJo lenta, L. \\ Merisier des Antilles, euffenio glutinosa, Richard.
— HIST. XV* s. Meserasus, merisier, scheler, Gloss. rom. lat. p. 40.
— ÉTYM. D'après le Héricher, Ilist. et Gloss. t. II, p. 465, mertst'er est pour mé-cérisier, de mé, mal, en normand, et cerisier : mauvais cerisier, cerisier sauvage.
t MÉRISMATIQCE (mé-ri-sma-ti-k'), od;. Terme de physiologie. Multiplication ou reproduction mérismatique, celle qui a lieu par division ou scission des cellules ou des êtres entiers.
— ÊTYM. M£sw(jLa, division.
I MÉRISME {mé-ri-sm'), s. m. Figure de rhétorique. Division d'un sujet, d'un point à traiter en ses diverses parties.
— ÉTYM. Meptattè;, division, de \UfOi, partie.
MÉRITAirr, ANTE (mé-ri-tan , tan-t') , adj. Il 1° Oui a du mérite. Un homme fort méritant. Des personnes méritantes. Donner des récompenses aux plus méritants. || 2° Oui a de la qualité, en parlant d'une espèce d'arbre fruitier. Qu'une variété méritante soit fécondée par une variété sauvage ou à fruits acerbes, il naîtra certainement du semis de ses pépins des variétés nouvelles qui lui seront, pour la plupart, sinon toutes, inférieures en qualité.
MÉRITE {mé-ri-t'), s. m. \\ 1° Ce qui rend une chose digne de récompense ou de punition. Toute action de miséricorde fera placer chacun en son rang selon le mérite de ses œuvres, saci, Bible, Ecclésiast. xvi, 1 5. Comment la vie active et la vie contemplative ont chacune leur mérite devant Dieu, Boss. i'^fatî d'orow. ix, (3. Humble dans les grandes choses, grande dans les petites, et joignant surtout à la pureté de ses intentions le mérite de l'obéissance, flêch. Pant'gyr. Ste Thér. De ta constance ailleurs va montrer les mérites, th. CORN. Ariane, m, 4. Oue ce soit un courtisan fidèle ou un pentilhommede Bonaparte [qui ait imaginé de donner Chambord au duc de Bordeaux], c'est la même chose pour nous qui n'y saurions avoir jamais d'autre mérite que celui de payer, p. L. COUR. Simple discours. || Se faire un mérite de quelquechosc, tirer gloire, tirer avantage d'avoir, de faire quelque chose. .Sans que de mon pouveir je me fasse un mérite, mol. Psyché, m, 3. Elle est toujours l'objet do la jalousie de la l'iossis, qui se fait un mérite auprès de ma mère de la haïr comme le diable, s6v. 248. Se faisant un mérite de sa complaisance, Boss. Uist. I, O. Et loin de repousser le coup qu'on vous prépare, Vous voulez vous en faire un mérite barbare, rac. ly'tig. iv, 4. Us se font un mérite de leur ignominie, mass. Pet. car. Drapeaux. Il 2* Ce qui rend une personne digne de récompense eu de punition. Les méchants sont soufferts pour l'instruction ou pour le mérite des justes, HASS. Carême, Mélange. || En ce sens il se dit trèssouvent au pluriel. Proportionnez vos vœux â vos mérites, roth. Fencesl. i, 4. Ce peuple tantôt châtié, et tantôt consolé dans ses disgri'ices, par les différents traitements qu'il reçoit selon ses mérites, rend un témoignage public â la Providence qui régit le monde, aoss. Hist. ii, 5. Qu'il soit récompensé par delà ses mérites, c. delav. Paria, iv, 3. Il En ce sens et au pluriel il prend quelquefois le
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caractâre du langage familier Est-ce un sujet
pourquoi Vous fassiez sonner vos mérites? la font. Fabl. IV, S. Vous m'honorez vraiment par delà mes mérites, regnard, Minechmes, m, 6. || Familièrement et ordinairement en mauvaise part. Il sera traité selon ses mérites. || Par dérision, faire valoir tous ses mérites, exagérer ses services. || 3" Les mérites de la passion de Jésus-Chri.st, ses souffrances et salnort, en tant qu'elles ont satisfait pour les hommes à la justice divine et qu'elles leur confèrent les effets de la grâce. Sans la prière, quelle part avezvous aux mérites de Jésus-Christ? bohbdaloue, 5* dim. après Pâques, Dominic. t. ii, p. <99. || Les mérites des saints, les bonnes œuvres des saints. || Les mérites, les bonnes œuvres, par rapport à la récompense que Dieu y attache. Nous agissons de nous-mêmes; cequi fait quenousavons des méritcsqui sont véritablement nôtres, contre l'erreur de Calvin, pasc. Prov. xviii. Ils ne s'assurent point en leurs propres mérites, rac. Athal. m, 7. La certitude que nos peines ne sont pas perdues, que nos dégoûts sont pour nous de nouveaux mérites, mass. Carême, DégoAls. Il [Jésus-Christ] couronnera ses dons, en récompensant mes faibles mérites, id. Carême, Pécheresse. Il Droit à la miséricorde divine.Queles vrais Juifs ne considéraient leur mérite que de Dieu, et non d'Abraham, pasc. Pcns. XXI. !| Mérite decondignité, droit sur l'héritage céleste qui appartient au véritable fidèle ayant persévéré jusqu'à la fin dans la foi qui agit par la charité, et ayant par ce moyen accompli la loi selon la mesure de cette vie, noss. RéfuC, catéch. Ferry, i, ii, <3. || 4° Ce que les personnes ontde digne et d'estimable. Dans les belles âmes, Le seul mérite adroit de produire des flammes, corn. Cid, I, 3. Je sais que le mérite est sujet à l'envie, id. Surina, IV, <. La nature fait le mérite, et la fortune le met en œuvre, la rochekouc. Max. (63. Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite, que le mérite même, id. ib. lee. Quelque disposition qu'ait le monde à mal juger, il fait encore plus souvent grâce au faux mérite qu'il ne lait injustice au véritable, m. ib. 455. Les hommes n'ayant pas accoutumé de former le mérite, mais seulement le récompenser où ils le trouvent formé, PASC. Pens. XXV, t07, édit. havet. Que si son rang la distinguait, j'ai eu raison de vous dire qu'elle était encore plus distinguée par son mérite, boss. Duch. d'Orl. Qu'un père si éclairé vous ait témoigné cette confiance jusqu'au dernier soupir.... c'est le plus beau témoignage que votre vertu pouvait remporter; et, malgré tout votre mérite. Votre Altesse n'aura de moi aujourd'hui que cette louange, id. Louis de Bourbon. Ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince de Condé, et comme un titre pour commander de l'avoir vu faire, id. ib. Les deux augustes cardinaux [Richelieu et Mazarin] qui ont soutenu la majesté de cet empire, ont voulu donner la récompense qui était due â son mérite ; mais il a tout refusé, lU. Cornet. Une princesse dont le mérite passe la naissance, encore que sortie d'un père et de tant d'aïeux souverains.... id. Anne de Goni. Le mérite ne brille guère ici sans protection, et la protection n'aime pas â se charger du mérite, MA1NTEN0N, Lctt. à l'abbé Gobelin, (6 mars 1675. Parmi tant de mortels.... Il ne s'en trouve pas qui, touches d'un vrai zèle. Du mérite oublié nous fassent souvenir, rac Eslh. ii, 3. La jalousie et l'émulation s'exercent sur le même objet.... avec cette différence que celle-ci est un sentiment volontaire, courageux, sincère.... et que celle-là, au contraire, est un mouvement violent, et comme un aveu contraint du mérite qui est hors d'elle, la BRUY. XI. Personne presque ne s'avise de lui-même du mérite d'un autre, id. ii. Les bouimes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme; leurs intérêts sont trop différents, ID. m. Il ne faut rien exagérer, ni dire des cours le mal qui n'y est point : l'on n'y attente rien de pis contre le vrai mérite que de le laisser quelquefois sans récompense; on ne l'y méprise pas toujours, quand on a pu une fois le discerner, on l'oublie, id. viil Qui peut, avec les plus rares talents et le plus excellent mérite, n'être point convaincu de son inutilité, quand il considère qu'il laisse, en mourant, un monde qui ne se sent pas de sa perte, et où tant de gens se trouvent pour lo remplacer? m. ii. Un mérite paisible, mais solide, accompagné de mille vertus, id. m. Il ne voulut point que ce qui appartenait au mérite lui pût être disputé par l'argent, rival trop dangereux et trop accoutumé à vaincre, FONTKN. Fagon. Le mérite est un sot, si l'Urgent
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ne l'escorte, montfledrt, Fem.juge et pari, ii, 4. Ces hommes ne se rendent d'ordinaire sur le mérite d'autrui qu'à la dernière extrémité, vauvenargues, Conseils à un jeune homme. Il est plus nécoss:iire, pour vivre en paix, de cacher son mérite que ses défauts, COMTE de caïlus (grosleï), Œuv. t. ïii, p. <97, dans pouGENS. Le mérite a sa pudeur comme la chasteté, diclos, Consid. mœurs, 3. Il se trouvait en ce moment dans cette heureuse position où le mérite peut espérer une indulgence qu'il n'éprouve qu'une fois et même qu'il n'éprouve pas toujours, CONDOBCET, Haller. Vanter sa race, c'est louer le mérite d'autrui, M"* de lambert, Avis d'une mère à son /iJs. || Avoir du mérite, avoir des qualités, du talent. Ma sœur a du mérite, elle est aimable et belle, th. corn. Ariane, ii, 4. Tiiéramène était riche et avait du mérite; il a hérité, il est donc très-riche et d'i;n très-grand mérite, la bruy. VII. Il De mérite, se dit des personnes qui ont du mérite. Nommez cet ecclésiastique de mérite, que TOUS dites avoir assisté à cette assemblée.... pasc. ProB. XVI. Chrysanthe, homme opulent et impertinent, ne veut pas être vu avec Eugène, qui est homme de mérite, mais pauvre, il croirait en être déshonoré, la bruy. vi. Les personnes de mérite et de service sont utiles aux rois, id. xi. Parmi les officiers de l'armée, on voyait des gens de mérite, HAMiLT. Gramm. 2. Madame la maréchale d'Albret était une personne de mérite sans esprit, madame DE CAïLis, Souvenirs, p. (7, dans polgens. || Du premier mérite, qui est au premier rang par son mérite. 11 [Scipion] avait toujours auprès de lui des savants du premier mérite, comme Panétius et Polybe, qui l'accompagnaient même dans ses campagnes, HOLL. Hist. anc. Œuvres, xi, 2* part. p. 668, dans POUGENS.JI Au plur. Ces deux hommes ont des mérites différents. Que si tori heur était pareil À tes admirables mérites, malh. m, 2. Qu'il ne vante donc plus ses mérites frivoles, corn. Pomp. i, i . Demeurez avec moi d'accord de vos mérites, id. la Veuve, II, 4. Dans le monde on voit tous les jours des mérites médiocres l'emporter sur des mérites éclatants, boubdal. Jfyst. Ascens. deJ. C. 1. 1, p. 4o3. Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser d'une loi commune, l'illustre et la vertueuse Julie vivrait encore avec son époux; ce peu de terre que nous voyons dans cotte chapelle couvre ces grands noms et ces grands mérites, fléch, duc de llonlaulier. On lui dut [à Patru] l'ordre, la clarté, la bienséance, l'élégance du discours, mérites absolument inconnus avant lui, volt. Louis XIV, 32. Molière fut, si on ose le dire, un législateur des bienséances du monde; je ne parle ici que de ce service rendu à son siècle, on sait assez ses autres mérites, id. ib. 32. Il 6* Ce qu'une chose a de digne d'éloge. Le mi'iite du style. Cette pièce n'est pas sans mérite. Ou ôte du mérite aux bienfaits qu'on retarde , iioTK. Bélis. II, )0. Et sans considérer quel sera le lojer D'une action de ce mérite, la fontaine, l'abl. VI, 13. Si, pour faire un système, on peut poser toutes sortes de principes, prendre les plus absurdes comme les plus évidents, et faire une complication de causes sans raison, quel mérite peut-il y avoir dani des ouvrages de cette espèce? cONDiLLAC, Traité des sysl. ch. 3. Je préférai toujours X ce mérite faux des politesses vaincs La grossière vertu des mœurs républicaines, volt. Tancr. i, 2. Le mérite do la diflicullé surmontée est quelque chose, id. Lett. lfm?/>emi, 22aoùl t76o. Il 8" Habileté, talent. On cherche les rieurs; et moi je les évite; Cet art veut sur tout autre un suprême méril<?, la font. Fabl. viu, k. Il [le chevalier de (^rignan] estboD jugedu mérite de la guerre [mérite militairel, sF.v. <« juill. loflo. || 7» Mérite, les gens (le mérite. Honorer le mérite. Affable à tous avec ,;:>.'riilé, elle savait estimer les uns, sans ficher les iiur'is; et, quoi>|UC le mérite fût distingué, la faillc se no se sentait pas dédaignée, Boss. Duch. 'lOrf. IJOn l'a dit au singulier pour signilier un : •.mrae do mérite. Et l'on peut pour époux refuser un raérito Que p<jur adorateur on veut bien à sa suite, tiOL. y. sav. i , < . || 8" Kig. Importance, en parlant d'une chose. Il a vu cet homme que je vous ai dit qui est habile [un médecin], et qui le traite actuellement selon le mente de ce mal, sev. e oct. I6H0. Il 9* Terme de marine. Apostilln favorable portée sur le congé d'un marin, ou i cAté de son nom sur les matricules. || 10* Hérite militaire, nom d'un ordre fondé par l.ouis XV.
— REM. On dit un homme de mérite , on dit aussi le mérite d'un ouvrage; mais on ne dit pas un ouvrage de mérite
— HIST. xiu' s. Hclas! se nus [nuls] te doit sau-
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ver [faire son salut] dolans. Dont doit par droit ma mérite estre grans, Car plus dolans ne s'en part nus de France, quesnes, îiomanc. p. 96. Ainçois le donne [ton cœur] en don tout quite : Si en auras greignor [plus grand] mérite, la Rose, 2204. Si vous rens grâces et mérites De la bonté que vous me dites, ib. 2821. Pechié porte sa peine et bienlail sa mérite, i. de mkung, Test. 209. Diex 1' [lui] en rendra encore, sachez, tout son mérite [tout ce qu'elle ciérite], Bertc, liv. || xiv* s. X cely doit on rendre grâces et mérites, qui est souverain de tous les rois, Chr. de St Denis, t. i, f" (7. Si ceste oppinion estoit vraye que toutes choses adviendroient de nécessité selon la constellation des corps célestes, nul n'auroit mérite, Sam/e du vergier, i, (7). !| XV' s. Bienfait ne se doit sans mérite [recompense] passer, Perceforest, t. v, f° 82. |) xvi" s. Croire est de don, non point de mérite, calv. Inst. 451. Dieu applique le loyer au mérite, et la peine au démérite, AMïoT, Moral. Êpit. (i.
— ÉTYM. Provenç. merit, mérite; cat. merit; esp. port, et ital. merito ; du lat. meritum, chose méritée. L'espagnol et l'italien, qui ont l'accent sur me, viennent du latin meritum, qui a l'accent sur la même syllabe ; mais le provençal et le français font difficulté d'abord pour la forme: l'accent est déplacé; puis pourlesens : mifnte y signifie récompense; tout porte à croire qu'il faut y voir unsubstantif tiré du participe mert, de l'ancien verbe merir, qui, tout en venant du latin meren, avait prisle sens de récompenser. Le sens primitif de mereri est avoir en partage; comparez [ic'po;, liôpoç, jXEÎpoaai.
MÉRITÉ, ÉE (mé-ri-té, lée),part. possède mériter. Récompense méritée. Mais celte amour si ferme et si bien méritée, cobn. Poly. iv, 3. L'Évangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités; Et de vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités donne l'air de la fable, BOîL. Art p. m.
MÉRITER (mé-ri-té), v. a. \\ i° Être digne de, en parlant des personnes. Et concevez enfin des vœux plus élevés. Pour mériter les biens qui vous sont réservés, corn. Nicom. I, 2. Je m'en vais seul au temple où leur hymen s'apprête. Où vous n'osez aller mériter ma conquête, bac. Andr. iv, 3. Vous méritiez, ma fille, un père plus heureux, id. Iphig. II, 3. L'on croit mériter les bons succès, mais n'y devoir com]iter que tort rarement, la bhuy. xi. Il Mériter de, avec l'infinitif. 11 mérite d'être protégé. Plus vous me commandez de vous être infidèle, Madame, plus je vois combien vous méritez De ne point obtenir ce que vous souhaitez..., rac. Bajai. II, 5. Il Mériter que, avec le subjonctif. Songeons que ce sacrifice [la messe].... serait inutile à la reine, si elle n'avait mérité par sa bonne vie que l'effet en pût passer jusqu'à elle, boss. Uar.-Thér. Il .Mériter une femme, l'obtenir en raison de son mérite. Pendant que tant de naissance, tant de biens, tant do grâces qui l'accompagnaient lui attiraient les regards de toute l'Europe, le prince Edouard de Bavière.... la niérila, BO.ss. Anne de Gonî. \\ Absolument, mériter beaucoup, être digne de récompensa par ses talents par ses services. Cet homme meritebeaucoup.il Bien mériter de, rendre de grands services à. On coupait la tête à un vieillard vénérable, lorsque j'arrivai à la Haie; c'était la tête chauve du premier ministre Barnevelt, l'homme qui avait le mieux mérité do la république, volt. i'carmenJado. Ahl Wallstein de nous deux avait bien mérité, benj. const. Wallstein, il, 8. || 11 a bien mérité de la patrie, mention que la Convention et la Constituante de 184 8 décernaient comme une suprême récompense à des armées victorieuses ou à des hommes qui s'étaient signalés par quelque gmnd service. || On dit aussi quelquefois mériter tout seul an sens de bien mériter. Descartc» a mérité de l'astronomie pour avoir découvert la force centrifuge, ba'LLY, Hiit. de Vaslron. mnd. iv, $ 20. I 2* En mauvaise part, cncouwr, attirer sur soi. Mériter une punition. Il est bii?n plus juste de conserver à tant de personnes que vous avez décriées la réputation do piété qu'ils no mériteul pas do perdre, que de vous laisser la réputation de sincérité que vous ne mentez pas d'avoir, pasc. Prov. xv. Hélas! si jeune encore Par quel crime ai-jo pu mériter mon malheur? rac. Esth. l, S. Ils [les enfants] savent précisément et mieux <iiie personne ce ce qu'ils méritent [en fait de châtiment], et ils no méritent guère' quo ce ijuils craignent, la bbuy. XI. Il 3* Il se dit des choses qui font obtenir quelque grâce, quel'iue récompense. Cette action mérite récompense. Et celle ressemblance, où son courage as;<irn. Mérita mieux que toi de gouverner l'empire,
MÉR
CORN, hérael. i, 2. Il [Coligny] appelait de loin le jeune Téligny; Tcligny, dont l'amour a mérité sa fille, volt. llenr. n. \\ Cette nouvelle mérite confirmation, elle a besoin d'être confirmée. || 4° Absolument. Avoir du mérite, être digne. Le plus grand des maux est les guerres civiles-, elles sont sûres si on veut récompenser les mérites; car tous diront qu'ils méritent, PASC. Pens. v, 3, éd. havet. || Être méritoire. Plus elle [la mort] est volontaire, et plus elle mérite, corn. Poly. II, 6. Ce ne sont ni les austérités du corps, ni les agitations de l'esprit, mais les bons mouvements du cœur qui méritent, pasc. Lett. à Mlle Roannex, o. || 5° Mériter quelque chose à quelqu'un, se dit de ce qui nous fait obtenir quelque avantage. Sa justice, sa prudence, la facilité qu'il apportait aux affaires, lui méritaient la vénération et l'amour de tous les peuples, boss. le Tellier. Jésus- Christ, pour nous mériter la rémission de noscrimes... id. 3* sermon, Passion, 2. Comment voulez-vous qu'Êrophile, à qui le manque de parole, les mauvais offices, bien loin de nuire, ont mérité des grâces et des bienfaits.... la bruy. xi. || En mauvaise part. Avant que de César la trame soit coupée, Il faut que son orgueil lui mérite aux enfers Tout ce qu'on lui prépare et d'opprobre et de fers, brébetif, Phars. vi. || 6° Etre assez important pour....euparlantsoit deschoses, solides personnes. Ce que le prince fit ensuite mériterait d'être raconté à toute la terre, boss. Louis de Bourbon. Examinons ce bruit, remontons à sa source; S'il ne mérite pas d'interrompre ma course, Partons.... rac. Phèdre, u, e. Si ton sang méritait qu'on daignât le répandre.... volt. Œdipe, m, 4. 11 ne méritait pas de tomber sous ma main, id. Sémiram. v, 8. Il 7° Se mériter, v. réft. Etre mérité Ces bienfaits dont j'ose me vanter, Par des vers immortels ont dû se mériter, boil. Èp. v. || 8° Être dignes l'un de l'autre. Par des droits secrets que le ciel avait décidés, la princesse du monde la plus parfaite [la jeune Marie-'l hérèse] appartenait déjà au plus grand des rois [le jeune Louis XIV] ; ils travaillaient, sans y penser, à se plaire et à se mériter l'un l'autre, FLÉCH. ttar-Thér.
— REM. J. J. Rousseau écrit : Les petits événements do mon voyage ne méritent pas, madame, de vous en occuper, Lett. à Urne de Bouf/lers, b avr. (766. La phrase est incorrecte; il faut : que vous vous en occupiez.
— SYN. mériter, être digne. On a essayé d'établir la synonymie entre ces deux expressions, en disant que mériter se rapportait aux actes, et être digne aux qualités. Mais, en examinant les emplois divers, on n'aperçoit aucune nuance sensible entre mériter et être digne; l'usage les confond sans cesse.
— HlST. XV* s. Sans en rien l'avoir mérité, COMM. V, <8. Vous me pourrez dorénavant très bien servir; à mon pouvoir, vous le mériterai, louis xi, Nouv. xiii. ||xvi* s. En close main, à regret estendue, Don ne mérite, et grâce est confondue, j. marot, v, IBS. Cestuy Jason avoit bien mérité Estre des preux, ID. v, 289. [Livre] non sans bien grande et méritée recommandation, mont, i, 206. Il avoit bien mérité la honte que l'on hiyavoit faille, amvot, Flamin. 37. Nous les [les acteurs] voyons es théâtres ne plorer ny ne rire pas à leur plaisir quand ilz veulent, ains (|uand la matière de ce qu'ilz récitent le requiert et le mérite, id. Uémoith. 3i.
— F.TYM. Mérite.
t MÉRITIIALLE (mé-ri-t.i-l'), I. m. Terme do botanique. Intervalle qui existe entre deux nœud» ou entre deux insertions de feuilles sur un rameau.
— ETVM. Mepiç, partie, et (lôWoc, tige. MÉRITOIRE (mé-ri-toi-r'), adj. \\ 1" Attirant des
mériies, digne d'être récompensé, en parlant des choses. Il est méritoire de pardonner les injures. Et je croirais, en le Tolant, fiire uno action méritoire, mol. VAv. 11,1. Il 2" Particulièrement. Qui atliro la miséricorde divine. Quand mes prières seraient inutiles pour les morts, elles seront toujours méritoires pour moi, noiRDAL. Commémorât, des morts, Mysl. t. 11, p. 498. Rendre nos souffrances méritoires, MAi<s. Avenl,Affîict, C'est un acte irès-mériloiro aux Indes de prier Dieu dans l'eau courante, montesû Ksp. XXIV, 28. Le prêtre boit dans le vin pur le sang méritoire do l'agneau, chateauhb. Génie, l,i,T.
— HIST. xui* s. Biens, quant à pardurable gloire, N'cstoit, devant croix, méritoire, J. iiE meung, Tr, «74. Il xvi* s. X Rome entra sur le char de victoire. Où il receut triumptie meritoiie, i. marot, v, 2io. Les jésuites qui apcloient acte méritoire do tuer les tyrans, d'au». Hisl. m, 339. Les bonnes œuvres .sont méritoires des grâces que Dieu nous confère en cest«
MER
vie, mais la vie éterneUe est loyer de la seule foi,
CALV. Insl. «23.
— ETYM. Provenç. meritori ; esp. et ital. mentorio ; du laU meritoriut, de meritum, mérite.
MÈRITOiRKMENT(mé-ri-toi-re-man), ad». Dune manière méritoire. En celte circonstance il a agi mériloirement.
— HisT. xvi* s. U palme d'excellence, au jugement des plus clairvoyans, est mcritoiremenl adjugée à Plutarque, amïot, Préf. xxi, 48.
— ETYM. Méritoire, et le suffixe ment.
t MERL (mirl), t. m. Substance calcaire marine formée de concrétions dures, irrégulières, mamelonnées, i ramifications vermiculaires, toujours mélangée accidentellement de débris de coquilles; celle substance est un produit excrété par les polypiers lithopliytes, et particulièrement par le mtHepnra ealcarea rtn Umark; on distingue le merl blanc qui est gris-verdâlre, et le rose qui est blancrosé, isin. piKBRE, Éludes sur Us engrais de mer, p. «53. Le merl, dit aussi mearl, mari, sable vermiculaire, sert en Bretagne à l'engrais des terres.
— ETYM. Uert ou merle, forme provinciale de marne (vov. marne ().
MERiJlN (mèr-lan), s. m. || 1° Poisson de mer (gadus merlangus, i.) du genre des gades, dont la chair est e,\trémement légère. Filets de merlan. Il S" Se dit populairement d'un perruquier, et surtout se disait quand les perruquiers étaient blancs de poudre, comme les merlans de farine. La Peyronie (célèbre chirurgien] est chef de perruquiers qu'on ajipelle merlans, parce qu'ils sont blancs. Journal de uarbier, 4744, t. u, p. 404, i" édit. ....M'ad ressaut à un merlan qui filait une perruque sur un peigne de fer.... ciutf.aubr. Mêm. d'outrelombe, dans le feuillet, de ta Presse du 4 non. I848.
— HisT. xiii' s. Del millier de makeriel quatre deniers [de droit], et del millier de mierlenc quatre deniers, TAILLAR, Recueil d'actes, p. (5. Nus poisonniersde mer ne puet mètre raie, ne amener poisson salé, ne merlano salé, que le fuerie [la paillej qui est dessus les paniers ne soit ostez es haies, ains que le poison soit veiiduz, iirre des met. 269.
— ETYM. Hainaul, merlert, merlin; bas-bretoii, marlouan. Origine inconnue. Diez remarque qu il viendrait très-bien d'une forme allemande merling, qui appartient à la mer, mais que cette forme n'existe pas.
MERLE (mèr-P), ». m. || !• Oiseau de l'ordre des passereaux (genre turdus), dont une espèce, le merle noir à b'C jaune, est com ni une en Fr.ince. Le ramage naturel du merle solitaire est très-doux, très-llùté, mais un peu triste, comme doit être le chant de tout oiseau vivant en solitude, bvff. Ois. t. vi, p. 4). Parmi les fieurs J'entends les gais pinsons et les merles siflleurs, v. hugo, Floréal (Châtiments, y il, n). Il U siffle comme un merle, il siffle très-bien. ||Fig. jasercomme un merle, parler beaucoup. || Fig. Franc comme un merle, très-franc. || Fig. et familièrement. Fin merle, homme adroit, rusé drôle, rusé compère; locution qui vient de la défiance qu'a le merle des pièges et des chasseurs. Que voilà un fin merlel vadê, fficaise, se. 18. || Fig. Un vilain merle, un homme désagréable. Palsangué ! votre père est un vilain merle, dancourt, Eaux de Bourbon, te. n.\\ Fig. Cest un dénicheur de merles, se dit d'un homme habile à reciurcher ce qui peut lui èlre agréable ou utile, et adroit à en profiter. || il d'autres, dénicheur de merles, se dit à une personne i qui l'on ne se fie pas. || 2'" Merle blanc, merle qui de noir devii>nt blanc; ce qui est une rareté. Quoique le merle ordinaire soit l'oiseau noir par excellence, et plus noir que le corbeau, cependant on ne peut dire que son plumage ne prenne quel luefois du blanc, et que même il ne change en entier du noir au blanc, bupp. Oit. t. vi , p. h . Le mont Cyllène, qui s'ùlfcve avec majesté au-dessus des montagne* de l'Arcadie, et dont la hauteur perpendicu- Uire peut s'évaluer à quinze ou vingt stades; c'est le seul endroit de U Grèce oii se trouve l'espèce des merles bancs, bahthéu Anack. ch. 62. || Fig. Si tous faites cela, je vous donnerai un merle blanc, le dit pour défier quelqu'un de faire une chose qu'on regirde comme impossible. Si tout le monde était comme moi, vous trouveriez plutôt un merle >l»nc qu'un amoureux, Marivaux, Double inconsl. i, •. Il Rare comme uo mcrla blanc, très-rare. Il •• Çnod merle de montagne, le merle à plastron. Il Uèrle d'eau, oiseau qui a été rangé dans le genre étoumeau ou dans le genre bécasseau. •J Merle rose. Aldovrande, qui a parlé le premier des merles couleur de rose, dit seulement qu'ils paraissent quelquefois dans les campagnes des onvi-
MER
rons de Bologne, oii ils sont connus des oiseleurs sous le nom d'étourneaux de mer, bufp. Ois. t. vi, p. 27. Il Merle viscivore, nom d'une draine dite aussi vergnette. || 4° Merle ou merlot, poisson du genre labre. Il Proverbe. Faute de grives on prend , on mange des merles, c'est-à-dire parce qu'on n'a pas le meilleur, ce n'est pas une raison de iiédaigner le bon.
— HiST. xiii' s. Ce fu un jour de mai que chascuns oisiaus crie, Que li rosignaus chante et la merle et la pie, Ch. d'Ànt. i, 693. Melles i avoit et mauvis, Oui baoient à sormonter Ces autres oisiaus par chanter, la Rose, v. 638. || xvi* s. Les merles, les corbeaux, les pies, les perroquets, nous leur apprenons à parler, mont, u, ni.
— ÊTYM.Wall.micJ, loriot; bourg, marie, merle; norm. melle; picard, ormerle, eurmerle, ermele; prov. merle, s. m.; cat. meWa; esp. micWo, mirlo; port. merlo, melro; ital.mcrJo, meria;du lat. merula.
t MEKLEAU (mèr-16), s. m. Jeune merle.
MEULETTE (mèr-lè-f), s. f. || i°Terme de blason. Oiseau représenté sans bec et sans pieds. 11 porte d'or àtroismerletles de sable. || 2» Femelle du merle.
— ËTYM. Diminutif de mcrie.
1 4. MERLIN (mèr-lin), s. m. Personnage traditionnel, chez les populations celtiques, lequel possède lin grand pouvoir mafrique. || Par extension, nom donné à ceux qui prétendent s'occuper des sciences occultes. Dis-moi un peu, vieux Merlin, ton impudence n'a-t-elle jamais ixcité quelqu'un à te traîner par la barbe î uesiouches, Tambour nocturne, lu, 6.
— KTYM. Ancien breton, marthin; armoricain, tnorït'n; gallois, myrdhin. D'après une conjecture de M. de la ViUemarqué, ce nom tiendrait au dieu latin Marsus.
2. MERLIN (mèr-lin), s. m. \\i' Long marteau ou espèce de massue dont les bouchers se servent pour assommer les bœufs. || 2° Espèce de hache à fendre le bois.
— lllST. xvi* s. Serpes, haches ou merlins, Nouv. coust. génér. t. li. p. lii96.
— ETYM. Origine incertaine. Scheler le tire de marcuitnui,diminutif fictif latin de marcu/us, marteau, mais les intermédiaires manquent.
t 3. MERLIN (mèr-lin), s. m. Terme de marine. Cordelette formée de deux ou trois fils de caret, commis ensemble.
— ETYM. Wallon, mdr/in; angl. marKîic;du flamand maarline, de maar, mer, et ii'nc, corde : corde de mer.
f MEULINE (mèr-!i-n'), s. f. Espèce de serinette plus grave que la serinette ordinaire : on s'en sert pour apprendre des airs aux merles.
— ETYM. Merle.
t MERLINER (mèr-li-né), v. a. Terme de marine. Coudre avec du merlin.
— ETYM. Herlin 3.
MERLON (mèr-lon) s. m. Terme de fortification. 1^ partie du parapet qui est entre deux créneaux ou deux embrasures. Le seul ordre que je vis donner fut de raser les merlons de la batterie de la Hougue, dont l'usage est de couvrir les canons, Docum. inéd. sur l'Histoire de France, Mém. de N. J. Foucault, p. 292. Il Demi-merlon, l'espace compris entre une embrasure et l'extrémité de l'épaulement ou de la batterie.
— ETYM. Est-ce merle, par une vague comparaison des créneaux et des entre-deux avec un merle perché ? On disait dans l'ancien français merlct.
t<. MERLOT (mèr-lo),s.m. Poisson du genre labre.
t 2. MERLOT (mèr-lo) , s. m. Cépage très-productif.
MERLlICUE(mèr-lu-ch'), s. f. Nom qu'on donne, en général, aux poissons du genre gade, après qu'ils ont été desséchés au soleil ; et, particulièrement, à la morue sèche. Poignée de merluches, se dit de deux merluches liées ensemble. || Fig. ... Un souvenir qui me revient d'un homme qui me parlait en Bretagne de l'avarice d'un certain prêtre; il me <iisait fort naturellement : enfin, madame, c'est un homme qui mnnge de la merluche toute sa vie pour manger du saumon après sa mort; je trouvai cela plaisant, et j'en fais l'application à toute heure, sÉv. i6 juin <67(i.
— ÉTYM. Voy. merlus; bourg, marluche; cat. merlussa; esp. meWuxa,
MERLUS (mèr-lù), s. m. Poisson de mer qu'on appelle merluche, quand il a été séché. 8 sols sur
le cent de pièces de merlus et morue sèche
4» sols sur cent de pièces de morue verte en pile, Déclaration du Roi, lo fév. (636.
— HIST. xiv s. Merlus est fait, ce semble, de morue, Ménagier, u, 5. || xv s. Pour ne perdre l'eau salée Du mer'ut quant il bouilloit. De la souppe il en faisoit. Dont il passolt la journée, basskl. Vau
MER
de Tire, 44. || xvi* s. Le stocphis et merlu bien detranipez et dessalez, PARé, xx, 36.
— ETYM. Provenç. meriui; ital. merluxio ; d'après Ménage, du lat. maris luseius, brochet de mer.
tMEUI.USlNE (mèr-lu-zi-n'), î. /■. 'Voy. mélosine.
t MERLUT (mèr-lu), s. m. Peaux en merlut, le» peaux de bouc, de chèvre et de mouton, en poil et en laine, qu'on a fait sécher sur une corde, pour les garantir de corruption, jusqu'à ce qu'elles soient passées en chamois, en mégie, ou en maroquin.
— ETYM. Fausse orthographe pour merlus; le merlut étant dit ainsi par comparaison avec le merlus séché.
t MÉROCÈLE (mé-ro-sè-1'), ». f. Terme de chirurgie. Hernie formée au pU de l'aine à travers le canal crural.
— ETYM. Mnp6;, cuisse, et v.-f{>-r\, tumeur.
t MÉROLOGIE (mé-ro-lo-jie), s. f. Terme didactique. Traité des parties simiilcs ou élémentaires.
— ETYM. Mioo;, partie, et Xôyo;, traité.
f MEROLON (me-ro-lon), s. m. Dans le parler de Genève, petit oiseau, ou plutôt troupe de petits oiseaux qui passent en automne; sert surtout à désigner les pinsons d'Ardennes.
t MIÎUOU (mé-rou),». m. Poisson de la Méditerranée (genre serran, famille des percoïdes).
t MÉROVINGIEN, lENNE (mé-ro-vin-jiin, jiè-n'), adj. Il 1° Qui appartient à la dynastie ou à la famille de Mérovée. Cette princesse [BrunehautJ, jeune encore et d'une beauté remarquable, répondait mieux que les autres épouses mérovingiennes à l'idée que la population gauloise se faisait d'une reine, AUG- THIERRY, Récits des temps mérovingiens, 2' récit. Il Qui appartient au temps de cette dynastie. Il 2° S. m. Se dit des rois des Francs, descendants de Mérovée. Les Mérovingiens ont régné depuis l'an 4H jusqu'en 752.
— ÉTYM. Meroicig, nom d'un ancien chef franc, et ing, finale indiquant descendance.
MERRAIN (mè-rin), ». m. || 1- Bois fendu en planches et propre à dilTérents ouvrages. Où ledit droit de sol pour livre est établi sur le bois, tant merrain qu'à brûler, Règlement général sur les aides, *i oct. 4624. Il Bois préparé pour faire les douves des tonneaux. || 2° Terme de vénerie. La matière de la perche et du bois du cerf. Le merrain gros et bien perlé, avec grand nombre d'andouillers forts et longs, BUFP. Quadrup, t. u, p. 40.
— HIST. xii* s. Li reis Yram enveiad messages al rei David... eenveiad lui mairen de cèdre, echarpentiers,e taillurs de pierre, /loi», p. t37. || xm* s. Helas ! quant je regart mon estai premerien, Comment Diex me fist home quant je n'estoie rien, Et de si vil matereet de si vil merrien, Bien devroie amer Diex au mains au deerien [à la fin] , j. de meung, Test. 24 ( . Il ne sera jà si soutis [habile) maistres qui de tant de marrien seust faire un vaissel.... brun. lat. Très. p. 4 H . Il XIV" s. Mais de merriens pesanz sur les créneaux posez Avoit on nostre gent laidement ravalez, Guescl. 8271. Il XV" s. En ce temps, les eaues lurent merveilleusement grandes... et des villaiges feurenl plusieurs petites maisons comme abbatues, et en venoit le marrinavaireaue,juv. des uns. Charte VI, 1405. L'en voit les cerfs naturelment muer L'an une fois le merien... e. desch. Poésies mss, f" 327. Il XVI" s. Bestial à pied fourché, et bois merrien, Déclar. du roi. 23 janv. <698.
— ETYM. Wallon mairain; provenç. mairom; du bas-lal. moteriamen, dérivé au lat. materia, bois (voy. matière).
f MERSION (mèr-sion), ». f. Terme didactique. Action de plonger dans. Ni nous ni les prétendus réformés n'écoutons les anabaptistes, qui tiennent la mersion essentielle et indispensable [au baptême), boss. Commun, sous les deux esp. ii, 4.
— ETYM. Lat. m«rïionem, de mergere, plonger, venant du rad. sanscr. marj, nettoyer, essuyer, mais dont le sens primitif parait être mouiller.
j MIÎRULE (mé-ru-l), ». m. Genre de champignons voisin des agarics.
MERVEILLE ( mèr-vè-U' , Il mouillées, et non mèr-vè-ye), s. f. ||1° Chose qui cause de l'admiration . La valeur de son père, en son temps sans pareille, Tant qu'a duré sa force, a passé pour merveille,conN. Ci'd,i, i. La plus rare merveille, Quand l'esprit la connaît, ne surprend plus l'oreille, hotr. St-GeneU, i, 7. Mais de nous charmer les oreilles Par sa merveille des merveilles, Cela ne se pont nullement, behtelot, Contre Malherbe, dans l'cd. de Ménage, p. 40k. Il ne laut jamais dire aux gens ; tïcoutez un bon mot, oyez une merveille; Savezvous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille? la font. Fabl. xi, ». Paroles font en
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amour des men-eilles, la font. Orois. De la moindre vétille il fait une merveille, mol. i/is. ii, 5. Faute de cette connaissance [de l'agrément, en poésie], on a inventé de certains termes bizarres : siècle d'or, merveille de nos jours, et on appelle ce jargon beauté poétique, pasc. Pens. ni, 25, éd. havet. Quelle partie du monde habitable n'a pas ouï les victoires du prince de Cor.dé et les merveilles de sa vie? Boss. Louis de Bnurbon. Élevant son esprit aux choses invisibles de Dieu par les merveilles visibles de la nature, Fuécn. Lamoign. Le public, enrichi du tribut de nos veilles. Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles, boil. Épilre vi. Lorsque, dans les âges suivants, l'on parlera avec étonnement des victoires prodigieuses et de toutes les grandes cboses qui rendront notre siècle l'admiration de tous les siècles à venir. Corneille, n'en doutons point, Corneille tiendra sa place parmi toutes ces merveilles, rac. Rép. au dise, de récept. de Th. Corneille. Les grands et les puissants de Pologne, frappés des merveilles que la renommée répand do lui en tous lieux, mass. Or. (un. Conti. Je vis près d'Apollon, à son autel de pierre, Un palmier, don du ciel, merveille de la terre, A. chBn. l'Afeugle. Là, près des ruches des abeilles, Arachné tisse ses merveilles, lamart. Harm. ii, ». |1 Les sept merveilles du monde , les sept monuments les plus célèbres dans l'antiquité, à savoir les pyramides d'Egypte, les murailles et les jardins suspendus de Babylone, le temple de Diane à Éplièse, celui de Jupiter Olympien à Pise en Êlide, le tombeau qu'Artémise fit élever pour Mausole, son mari, le phare d'Alexandrie, et le colosse de Rhodes. Ainsi fut achevée la ruine de ce tombeau [de Mausole], la dernière des trois merveilles dont l'Asie s'enorgueillissait; car le temple de Diane à Éphèse et le colosse consacré au soleil à Rhodes avaient depuis longtemps disparu, sainte-cboix, Instit. Uém. hist. et liU. anc. t. II, p. 380. Il Par exagération. C'est une des sept merveilles du monde, se dit d'un superbe édifice, ou de quelque autre chose semblable, étonnante en son genre. i| On dit de même : c'est la huitième merveille du monde. || Familièrement. Ce n'est pas grande men-eille, ou, par ironie, voilà une belle merveille, ou, elliptitiuement, belle merveille, belles merveilles, se dit pour rabaisser une chose, une action que quelqu'un veut faire passer pour admirable. Belles merveillesl assembler des voleurs, des scélérats, se faire chef de bandits, fën. Ihal. des morts anc. dial. 8. || Etre la merveille de, exciter l'admiration. Cette princesse est toujours la merveille de la cour, boss. Lett. qitiét. 497. La cour ne le retint guère, quoiqu'il en fût la merveille, in. Lnuis de Bourbon. Cet État sera la merveille de l'Hespérie, fRn. Tel. xxii. Que le corps de ville [de Paris] demande seulement permission de mettre une taxe modérée et proportionnelle .sur les habitants.... que les projets [d'embellissement] soient reçus au concours, que l'exécution soit au rabais, il sera facile de démontrer qu'on peut, en moins de dix ans, faire de Paris la merveille du monde, volt. Poi et Uq. Embell. de Paris. Cette femme dont tout le monde parlait, et dont on ne connaissait pas le véritab'c nom, parut à lord Nelvil l'une des merveilles du singulier pays qu'il venait voir, staf.l, Corinne, 11, I. Il C'est une merveille.... c'est merveille de.... que de... c'est-à-dire c'est une chose extraordinaire de. ...ou que de.... C'est une merveille de faire cela, ou que de faire cela. C'était merveille de le voir. Merveille de l'ouïr... la pont. Fabl. viii, 2. Vous connaissez la manoeuvre des uns et des autres, que c'est une merveille, hamilt. Cramm. 6. || C'est mervilli; que, avec le subjonctif. flIjCourtà soncompafTifri, lui dit que c'est merveille Qu'il n'ait eu seu- ';'.;<rit que la peur pour tout mal, la font. Fahl. v, 2<i. Il Ce n'est pas merveille de, ce n'est pas merveille que.... avec le verbe au subjonctif, ce n'est pas . miirveille si.... c'est-à-dire iln'ya paslieu de s'étonner. Ce n'est pas merveille qu'il aitéchoué. Ce n'est pas merveille, s'il faut une force assez sensible, dbsc. Mondes, ». Ce n'est donc pas merveille si les peuples faisaient moins de cas des nouveaux oracles que des anciens, kontf.n. Oracl. i, H. Puisque vous logez chez un médecin, ce n'est pas merveille que vous soyez malade, volt. Mt. Thiriot, 8 ocl. <7oo. l'our elle, ce n'est pas merveille De troubler l'ordre rtcmesjours, hêhano. Print. etaut. || Farnilièroment. Faire merveilles, faire des merveilles, se distinguer d'une façon extraordinaire. Si lu le fais [si le Seigneur conseille le roi], Seigneur, il fera dos merveillfi, MALîi. 11, I. Ma Chimène, il est vrai qu'il a fan des merveilles, corn. Cid, iv, 5. Vous faite» des merveilles, moi. Bourg, gent. u, ï. Vous avez
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fait des merveilles d'écrire à Mme de Lavardin, stv. 77. L'on dit que, dans le passage du Rhin, le chevalier de Grigiian fit encore des merveilles de valeur et de prudence, id. 206. Vous savez toutes les merveilles qu'on a faites sur les Turcs [qui venaient d'être battus], id. 2 sept. <687. Elle [votre cousine! y a fait merveilles, m. à Dussy, 4 5 janv. (687. Mme la Dauphine fait merveilles, et tout le monde en est content, maintenon, Lctt.àM. d'Aubigné, 3 oct. <684. || Faire des merveilles à, produire un excellent effet à ou sur. Hier, le remède de l'Anglais avait fait des merveilles, sÉv. 413. Les eaux m'ont fait des merveilles, id. 2i sept. 1677. il Faire dos merveilles à, faire un excellent accueil à. Mme de Schomberg me fait des merveilles, et son mari à mon fils, m. 29 juiU. IC76. Je fus hier avec Mme de Coulanges au Palais-Royal.... Madame me lit des merveilles d'abord; mais, quand l'abbé de Chavigny fut entré, mon étoile pMit visiblement, ID. 2Bjuin (677. Il Se faire merveilles, se faire mille amitiés l'un à l'autre. Praslin et le chevalier de Montfort se firent merveilles, st-simon, 13, (49. || Faire merveille, se dit des choses qui produisent un bel effet, qui plaisent infiniment. Un ruisseau qui fait merveille dans le paysage. || Dire des merveilles de, dire merveilles de, vanter extraordinairement. On en disait merveilles, la font. Faucon. On dit des merveilles de notre bon pape, sÉv. 325. M. le chancelier me dit hier des merveilles de votre conduite, MAiNTENOM, Lelt. au card. de Noailles, 48 déc. 4695. Dire merveilles de sa santé devant des infirmes, LA BRUY. v. Il Dire merveilles, dire des merveilles, écrire des merveilles, dire, écrire des choses charmantes. Elle [Mlle de la Valliire entrant aux Carmélites] a fait couper ses beaux cheveux.... elle caquèie et dit merveilles ; elle assure qu'elle est ravie d'être dans une solitude, sÉv. avril ou mai (074. Le roi écrivit hier ici des merveilles, boss. Lett. quiet. 78. Il Crier à la merveille, exprimer vivement son admiration. [Le pacha fixant un maximum fort bas fUT les comestibles] le peuple crie à la merveille, mais les marchands ferment leurs boutiques, CHATEAUBR. Uiu. 5' partie. || On dit dans le même sens : crier merveille Un amas de vains admirateurs.... prompts à crier merveille, eoil. Art p.
IV. Il Fig. Promettre monts et merveilles, promettre merveilles, faire de très-grandes promesses. Elle fait amitié, leur promet des merveilles, corn. Médée. I, 4. Il Conter monts et merveilles, conter merveilles, conter des merveilles de, faire des récits qui excitent l'admiration pour. Qu'il conte merveilles à ceux qui l'écoutent, de l'éloquence attique, balz. Sacrale, dise. 2. Ce fut un passe-temps de l'entendre conter Monts et merveilles de la dame, la font. Fiancée. Ils contaient des merveilles des périls de cette expédition, hamilt. Gramm. 4 4. || 2° Personne qui excite l'admiration. La voici, la belle Marie, Belle merveille d'Êtrurie, malh. m, 4. Je sers, je le confesse, une jeune merveille, id. v, 21. Je vous réponds que vous en ferez une petite merveille, sf.v. 624. La princesse de Conti.... est enfant au delà de ce qu'on peut imaginer, et Mme la Dauphins est une merveille d'esprit, de raison et de bonne éducation, id. 4 2 avr. 4680. Soutenir la dignité de merveille entre deux âges où vous m'avez élevée, iD. 24 avr. 4074. Du théâtre français l'honneur et la merveille. Il [Racine] sut ressusciter Sophocle en ses écrits, boil. Podsies div. xix. || 3° Chose qui, excitant Vétonnement, parait dépasser les forces de la nature. Par quelle merveille Mon œil peut-il sitôt démentir mon oreille? roth. '^enresl. IV, 5. Les merveilles que Dieu avait opérées on leur pays, boss. Ilist. 11, 4 2. Quelle merveille de la grâce! malgré une vocation si peu régulière, la jeune abbesiie devint un modèle de vertu, m. Anne de Gom. Une merveille absurde est pour moi sans appas, doil. An p. m. On ne voit plus pour nous ses redoutables mains Do merveilles sans nombre effrayer les humains, bac. Athal. 1, 4 . Peuple ingrat I quoil toujours les plus grandes merveilles, .Sansébr.inlor ton cœur, frapperont te» oreilles? ID. ib. Et faites retentir jusque» à son oreille Do Joas conservé l'éionnante merveille, id. ib.
V, 3. Tant de incrveilics qu'ils (les dieux] ont faites en votre faveur, yen. Tél. vu. 11 chante les merveilles des dieux, id. ib. xtx. J'oublierai le monde entier pour ne plus m'occuper que des merveilles de votre grâce sur mon âme, mass. Carême, Ijizare Il 4* A merveille, loc. ado. Très-bien, parfaitement. Kl Tartufe? — Tartufe? Il se porte à merveille. Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille, ho:.. Tart. 1, 5. Tout allait i merveille; j'avais obtenu, presque arraché l'estime de tout le
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monde, j. 1. rouss. Confess.iu. || Au xvii» siècle on écrivait à merveilles ; c'est l'orthographe du Dictionnaire de l'Académie de ( 694. Je revinschez lad'Escarsadmirer encore la beauté de notre linge etde nos étoffes; tout sera à merveilles, sÉv. 26 août (678. Je lui procure.... un bon médecin dont il se trouvera à merveilles, id. 24 sept. 4 677. || A merveille, se dit aussi ironiquement pour exprimer son mécontentement, son indignation. || 6" Familièrement. Pas tant que de merveille, pas beaucoup. |1 6° Merveille à fleurs jaunes, balsamine des bois. || Se ditnh plusieurs variétés de fleurs, et particulièrementde tulipes. Merveille d'Amsterdam, de Harlem. || Merveille du Pérou, plante de cette région, dont la merveille consiste en ce qu'elle porte cinq petites fleurs, en forme de cloche, dont chacune est tout à fait différente des autres; d'autres disent que c'est tout simplement la belle-de-nuit. || Merveille d'hiver, espèce de poire de novembre. || 7° S. f. pi. Merveilles, pâtisserie genevoise, rubans de pâte cuits dans le bourr». La collation fut composée d'échaudés, de merveilles,