PARÉ, VI
— CTYM. Lat. miterere, aie pitié, de miser, misérable.
MISÉRICORDE (mi-zé-ri-kor-d'), s. f. \\ 1- Sentiment par lequel la misère d'autrui touche notre
Mis
cœur. C'est un homme sans miséricorde. Celui qui dans le temps n'aura pas exercé la miséricorde, n'a point de miséricorde à espérer dans l'éternité, bOURDAL. 8* dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 4 4 0. Pour vous raconter les différentes actions de miséricorde qu'elle a faites, il faudrait vous décrire ici toutes les misères humaines, fléch. Aiguillon. Qu'enfin, à l'exemple du Dieu qu'elle servait, elle a été riche en miséricorde, id. Dauphine. Le concile porta la miséricorde jusqu'à statuer qu'il jouirait (le comte de Toulouse] d'une pension de 400 marcs, volt. ifœu«, 62. || 2" j4u plur. Actes de miséricorde. 'Voyons-la dans ces hôpitaux où ella pratiquait ces miséricordes publiques, fléch. Mar. Thér. Il 3° La grâce, le pardon accordé à ceux qu'on pourrait punir. Caliste, priez nuit et jour, Vous n'aurez point miséricorde, malh. v, 34. Cieux, louez le Seigneur, parce qu'il a fait miséricorde, skci. Bible, Isaie, xliv, 23. Pour obtenir miséricorde de leur rigueur, pasc. Prov. x. 11 [Dieu] fait miséricorde au petit nombre de ceux qu'il sauve par son Fils, SÉv. 440. N'ai-je donc pas sujet de croire que Dieu lui a fait la miséricorde qu'elle fit aux autres? FLÉCH. Aiguillon. \\ Préférant miséricorde à justice, formule usitée dans les lettres de rémission etdani celles d'abolition. Il Être à la miséricorde de quelqu'un, dépendre absolument de la pitié de quelqu'un. Il Se remettre, s'abandonner à la miséricorde de quelqu'un, se remettre, s'abandonnera sa merci, è sa discrétion. Il Sans miséricorde, sans faire grâce. Avancez, compagnons, la flèche sur la corde. Et tirez sans respect, ou sans miséricorde, mairet, Solim. V, s. On pendait sans miséricorde tous ceux qui parlaient de traiter avec le roi, volt. Ilist. parkm. ch. xxxil. || Fig. Tous les parloirs [à l'abbaye de Chelles] sont fermés; tous les jours maigres sont observés ; toutes les matines sont chantées sans miséricorde, SÉV. 30 sept. 4 676. Il 4° La miséricorde de Dieu, la miséricorde divine, bonté par laquelle Dieu fait grâce aux hommes, aux pécheurs. Comme les deux sources de nos péchés sont l'orgueil et la paresse, Dieu nous a découvert deux qualités en lui pour les guérir : sa miséricorde et sa justice, pasc. Pens. sxiv, 32, édit. havet. Que restait-il à une âme.... déchue de toutes les grâces?... il restait la souveraine misère et la souveraine miséricorde, Boss. Anne de Gonz. Dieu n'a pas encore épuise SCS miséricordes, id. Ilist. II, 7. Comment Dieu, qui t'avait élu, t'a-t-il oublié? et que sont devenues ses anciennes miséricordes ? id. 16. 4o. Ne dissimule pas mes défauts et ne m'attribue pas mes vertus ; loue seulement la miséricorde de Dieu qui a voulu m'humilier par les uns, et me sanctifier par les autres, FLÉcn. Due de Mont. S'il est vrai que les ri chessos entrent dans les desseins de la miséricorde de Dieu sur des âmes nobles et désintéressées, id. ib. Et sa miséricorde [de Dieu] à la fin s'est lassée, HKC. Athal. i, 4. Le créateur du monde, qui a forme l'homme dans sa naissance et qui a donné l'être i toutes choses, vous rendra un jour l'esprit et la vie par sa miséricorde, rollin, Ilist. ane. Œuv. t. viu, p. 634, dans pougens. Que vos miséacordes sont infinies, 6 mon Dieu! mass. .^ vent, Donh. des justes. \\S° Miséricorde! par exclamation, marquant une extrême surprise, accompagnée d'une sorte de chagrin ou de regret. Miséricorde! un [lortier chez moi! DANCOURT, Bourg, à la mode, iv, 6. Figaro ; De retour à Madrid, je voulus essayer de nouveau mes talents littéraires; et le théâtre me parut un champ d'honneur. — Le comte: Ali miséricorde! DEAUMARCH. Barb. de Sév. 1, 2. || X l'aide, miséricorde! cri poussé quand on est battu, outragé, et qu'on demande du secours. |{ Crier miséricorde, crier en se plaignant des grandes douleurs qu'on souffre, ou d'une peine morale, d'une offen.se, etc. Ce serait à moi à crier miséricorde, si je n'avais du courage, sév. 438. Le mari de votre nourrice vint avant-hier crier miséricorde au logis, que sa femme lui avait mandé.... qu'on l'avait accusée' d'avoir du mal, SÉV. 21 août i«76. ||Fig. Une chose [le mariage de I.AUzun avec M-adomoisello] qui fait crier miséricorde à tout le monde, sÉv. 9. M. Fagon crie miséricorde contre moi de ce que j'écris trop, MAINTENON, LctI. à Mme de Brinon, t. 11, p. 234, dans POUGENS. Le duc de Villeroi crie miséricorde sur le froid, la pluie, la neige et le vent : et le roi n'en sent rien, in. Leit. au duc de SoaiUes, 8 mars 17 H. Il 8° Nom d'un petit poi^ard que les anciens chevaliers portaient de l'autre côté de l'épée, et qui leur servait à tuer leur ennemi après l'avoir 1 enversé, s'il ne criait pas miséricorde. || 1° Support en forme de cul-de-lampe pratiqué dans une stalle d'église, au-dessous du siège, et qui se relève avec
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lui. |I8* Récréation ou aliments supplémentaires que l'on accorde aux religieux en certains ordres. {| Se dit, chez les chartreui, d'un repas que ces religieux font une fois par semaine avec du pain et de l'huile. I) Mesure de vin plus grande que la mesure ordinaire, qu'on accordait aux religieux dans les grandes occasions. || Salle où l'on reçoit les Ilotes dans quelques communautés. || Demander miséricorde, se dit de l'acle du prieur qui déclare qu'il désire être déchargé du soin de la communauté. Il S" Terme de lituigie. Nom du 2* dimanche après Pâques, dont l'introït commence par le mot misericordia. || 10° Religieuses de Notre-Dame de la Miséricorde, ordre fondé en <637 pour les filles de qualité peu fortunées. || lI*Termo de marine. Ancre de miséricorde, vieux nom de la maltresse ancre. || Proverbe. X tout péché miséricorde, c'est-à-dire il faut pardonner les fautes, quelque graves qu'elles puissent être.
— HIST. iii* s. Est nuls remés [resté] del lignage SaQl , ke je li face la miséricorde nostre Seigneur? Rois, p. U9. Il XIII* s. Miséricorde est une vertus par cui li corages est esmeuz sor les mesaises et sor la pouretédes tormcntés, brun, latini, Trésor, p. 434. Quiconques portera couiel à pointe u courte espachele u miséricorde ou tele arme meurtrissoire.... tailliar, BecueiJ, p. 38. Il fetœvre de miséricorde de rapeler tex [telles] manières de banissemens, beacm. lxi, 24. Ne nus [nul] testamens ne doit mie estre fes selonc crualté, mais selonc miséricorde, 10. XII, 65. Si refaisomes ceste acorde; De pecheor miséricorde, Ren. I8I4. Ne nous ûons pas tant en sa miséricorde [de Dieu), Que nous n'aions paour de sa juste discorde, i. de meung. Test. 263. Il IV' s, Philippe d'ArtevelIe ordonna que chacun se confessast et adressasl à son loyal pouvoir ; et se missent en estât deu, ainsi que gen» qui attendent la grâce et la miséricorde de Dieu, phoiss. u, h, (64. Il XVI* s. Chef belliqueux plein de miséricorde, ;. MAHOT, v, B8. U me respondit : Hal monsieur, à pécheur miséricorde. Alors la rage me print plus que devant, etluy dis : Meschant, veux-tu quej'aye miséricorde de toy, et tu n'as pas respecté ton roy? MONTLUC, Mémoires, v.
— Btïm. Provenç. espagn. et ital. misericordia; du lat. misericordia , qui vient de misereo, avoir pitié, et eor, cordls, cœur.
MISÉRICORDIELSEMENT ( mi-zé-ri-kor-di-eûle-man), adv. Avec miséricorde.
— HIST. XVI* s. Ils pensent avoir fait un grand chef d'oeuvre en françois, quand ils ont rymé un misericordïeusement at un mélodieusement, du
BELLAY, I, 29, versO.
— ÊTYM. ifiséricordieute, et le suffixe ment. MISÉBICORDIKUX, EUSE (mi-zé-ri-kor-di-eû ,
eû-z'), adj. Qui a de la miséricorde. Ily a bien des hommes qu'on appelle miséricordieux; mais qui trouvera un homme fidèle? sxa, Bible, Pruv. de Salom. 20. David, parlant de la sorte, était parfaitement instruit des intentions de Dieu et de ses vues toutes miséricordieuses, bourdal. t3'' dim. après la Pentec. Dominic. t. ui, p. 34 t. || Substantivement. Les miséricordieux, ceux qui ont de la miséricorde. L'Évangile dit : Bienheureux sont les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
— HiST. XVI' s. Il y en a plu,sieursqui conçoivent tellement la miséricorde de Dieu qu'ils en reçoivent bien peu de consolation; car cependant ils sont estreints en au^'oisse misérable, d'autant qu'ils doutent s'il leur sera miséricordieux, calv. Inst. 432.
— ÉTYM. Miséricorde, et le suffixe ieux, qui signifie plein de; provenç. miser icordios; espagn. et ilal. misericordioso.
t .MISOCAP.VIE (mi-zo-ka-pnie), t. m. Titre de l'ouvrage de Jacques I", toi d'Angleterre, contre l'usage du tabac.
— ETYM. Miaiîv, haïr, et xôitvoî, fumée.
t HISOGAUB (mi-zo-ga-m'), «. m. et f. Celui, celle qui hait le mariage.
— ÉTYM. Mntîv, haïr, et Tfiuo;, mariage.
t MISOGAMIE (mi-zo-ga-mie), s. f. llaine du mariage.
t HISOGirNB (mi-zo-ji-n') , i. m. Un homme qui hait les femmes.
— ÉTYM. .Mt'jtîv, haïr, et TuvJj, femme.
f MISOGYNIE (mi-zo-jl-nie), i. /'.Arerfion pour les femmes.
i UISOPOGO.'V (mi-zo-po-gon), (. «t. Titre d'une satire composée par l'emfKreur Julien contre les habitantsd'Antioche,qui le raillaient de porter la barbe.
— ÉTYM. Mtaiîv, haïr, et izutyon, barbe.
t MISOL'R (mi-zour), <. m. Nomdonuéau vent du aud, dans nos ports de la Méditerranée. Le misour M opposé au vent appelé tramontane ou du norU.
OICT. DE LA LAMOU* KHAMCAiac.
tMISPICKEL (mi-spi-kèl), f. m. Mine dans laquelle l'arsenic se trouve uni au fer natif ou au fer sulfuré.
t MISS (mis"), ». f. Nom que les Anglais donnent aux jeunes fîUes et à toutes les personnes du sexe non mariées.
— ETYM. Les Anglais croient que c'est une forte contraction du français mademoiselle ou plutôt mam'selle.
MISSEL (mi-sèl), *. m. Nom du livre ecclésia.<iique qui contient les messes propres aux difî'érents jours et fêtes de l'année, et qui sert aux prêtres à l'autel. Missel parisien. Le mi.s.sel romain a d'abord été dressé ou recueilli par le pape Gélase, mort en 496, FEBGiER, Dict. de théologie, Missel. Dans un missel romain, imprimé à Venise en (479, on a laissé, à l'endroit des préfaces, un espace vide pour ajouter les notes musicales à la main, cahl's, Inslit. Hdm. litt. et beaux-artt, t. v, p. 298. || Terme lie musique sacrée. Recueil des chants introduits par saint Grégoire, à l'usage du culte catholique.
— HIST. XII' s. Calices d'or et messauz et sautiers [psautiers], Charoi de Nymes, v. 767. || xiir s. Et je voi tôt prest sor l'autel Le vestemenl et le mesel, Ren. 3208. |)xvi' s. Ovidius, maistre Alain Charretier, Pétrarque aussi, le roman de la Rose, Sont les messels, bréviaire et pseaulier Qu'en ce saint temple on lit en rime et prose, mahot, i, )84.
— ÉTYM. Provenç. messal, missal; espagn. misai; ital. mesîaie; du lat. missaie, de missa, messe.
MISSION (mi-sion; en vers, de trois syllabes), I. {. Il 1° Pouvoir donné d'aller faire quelque chose. Sur quoi se fonde-t-il pour leur donner cette mission? PASC. Prov. I. Mais quoi! on agit comme si on avait mission pour faire triompher la vérité, au lieu que nous n'avons mission que pour combattre pour elle, iD. Fragment d'une lett. à U. Péricr, 168 1. Quand la nature semblerait vous refuser tout ce qu'il faut pour y réussir [dans les fonctions dont vous chargent les évêques], la grâce seule de la mission vous le donnera, mass. Confér. Zèle contre les scandales. Ce n'est pas par des miracles qu'il faut juger de la mission d'un homme, mais c'est par la conformité de sa doctrine avec celle du peuple auquel il se dit envoyé, dider. Pens. pJiilos. n" 42. Il Fig. La mission du xviii' siècle fut de faire triompher la tolérance. Ce siècle est grand et fort, un noble instinct le mène ; Partout on voit marcher l'idée en mission, y. hugo, Foix, <. || 2* Fonction temporaire dont un gouvernement charge des agents spécialix pour certains objets déterminés. Il 8° Ordre et pouvoir que donne Dieu, Jésus-Christ, un ecclésiastique supérieur pour aller prêcher, instruire, etc. Il lui demande sa mission apostohque pour travaillera l'héritage de Jésus-Christ, patru, Plaidoyer m, dans ricuelet. Un état où Jésus- Christ lui'même n'est entré qu'avec la mission de son Père, et où personne n'a droit d'entrer qu'avec celle de Jésus-Christ, mass. Confér. Vocation, 2. Plus les fonctions où nous sommes appelés sont élevées, plus la mission est nécessaire, id. ib. (. Saint Bernard fit taire ce rival qui n'avait pas la mission du pape, volt. Mœurs, b5. Saint Paul reçoit sa mission pour les nations infidèles, ciiateauu. Génie, iv, m, 2. || Mission se dit aussi de Mahomet. Les Ismaéliens et les karmates [sectes chez les Arabes] s'accordent à faire profession de l'athéisme et d'une licence entière relativement aux personnes et aux propriétés, et i nier la mission prophétique [de Mahomet], s. de sact, Inslil. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 7. Il Fig. Prêcher sans mission, n'être pas autorisé à faire ou à dire ce qu'on fait ou ce qu'on dit. On chassa ces docteurs prêchant sans mission [ceux qui jouaient des mystères], boil. Art p. III. Il i' Terme de théologie. En parlant des personnes de la Trinité, l'envoi de l'une des personnes par l'autre, pour opérer parmi les hommes un effet temporel , bercikh, Dictionn. de thiol. hission. Il 6* 'ferme collectif désignant les prêtres envoyés |>our la conversion des infidèles ou pour l'instruction des chrétiens. La mission de la Chine. La mission y a fait de grands fruits, elle a fait de grandes conversions. H est arrivé une mission dans la ville. Les missions ont formé plus d'huniiuesdaiis ces nations biirbares que les armées victorieuses des princes qui les ont subjuguées, bukk. Ilitt, nat. hnm. (Kuvr. t. v, p. lu-i. || Missions bottées, nom donné aux dragons employés, lors du la révocation de l'édit de Nantes, à la conversion de.s protestints. Il 6* Suite do prédications, de calcclii!imes et de conférences que les missionnaires font en quelque endroit. Faire une niissiun. Faire la jnissiou. Ou l'a envoyé eu mission. Pendant que l'un
[le cardinal de Richelieu] formait dans son esprit les grands desseins... l'autre (sa nièce, Mme d'Aiguillon] songeait au moyen de soutenir des hôpitaux chancelants, de fonder des missions dans le royaume et hors du royaume, flêch. Aiguillon. François Xavier, par ses missions dans l'Inde et au Japon, rendit l'ordre célèbre, volt. Moeurs, (39. || 7° Pères de la Mission, congrégation de prêtres réguliers dont l'institution a pour objet la prédication dans les campagnes, dits autrement lazaristes. Les Pères de la Mission (avec des majuscules). j| Maison oii demeurent les Pères de la Mission. Il est en retraite à la Mission.ll 8" Prêtres des Missions étrangères, prêtres séculiers qui vivent en communauté sous un supérieur général, et dont l'institution est d'aller prêcher l'Ëvangile dans les Indes. || X Paris, séminaire des Missions étrangères, ou, simplement, Missions étrangères, la maison où ces prêtres demeurent. || 9" Êtalilissement permanent, où des missionnaires chrétiens sont parvenus i réunir, sous leur direction, des peuplades auparavant sauvages et errantes. Les missions catholiques. Les missions protestantes. Ces vices étaient à peine corrigés, qu'une nouvelle calamité affligea les missions, raynal, Iltst. phit.viii, 1 5. Depuis l'établissement des dix différentes missions de la Californie septentrionale, les Pères y ont baptisé 7701 Indiens des deux sexes, et enterré seulement 2388, la pëbodsb, Yoyage, t. ii, p. 370, dans
POUGENS
— HIST. XIV' s. Frais, missions et despens, Ordonn. de* rois de France, t. m, p. 298. || xv s. Je disois ceste chose-là outrageuse et desraisonnable mission [dépense], math, de coocy, //t'it. de Charles Vil, p. 677, dans lacuhne. ||xvr s. Elle est ouverte aux affections des parties contenues sous la diaphragme, qui requièrent mission de sang, paré, IV, 31. L'office de l'Ei^lise, qui est défenderesse en ceste controverse, n'est que de nier la prétention de vostre mission [des protestants], card. do perron, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. messio, mise, dépense; du lat. missionem, envoi, mission, de missum, supin de miUere, envoyer (voy. mettre).
MISSIONNAIRE (misio-nô-r'; en vers, mi-si-onê-r'), ». m. |{ 1" Prêtre envoyé en mission. Les missionnaires ont été souvent martyrs. Je paye bien cher les missionnaires, dit-il [Louis XlVj, et il en revient beaucoup de plaintes et fort pei de conversions, MAiNTENON, Lett. au card. de Noailles, (897, t. IV, p. 4(6, dans pougens. Ce fut alors qu'on persuada au roi qu'après avoir envoyé des missionnaires dans toutes les provinces, il fallait y envoyer des dragons, volt. Lmis XIV, 3«. || Fig. Les dragons ont été de très-bons missionnaires jusques ici [parmi les protestants); les prédicateurs qu'on envoie présentement rendront l'ouvrage parfait, SÉV. 28 oct. (686. En un mot, tout est missionnaire présentement, chacun croit avoir une mission, et surtout les magistrats et les gouverneurs de province soutenus de quelques dragons, id. 24 nov. ( 686. || 2* II se disait autrefois plus particulièrement des Pères de la Mission. Ce sont les missionnaires qui desservent cette cure. || 3* Fig. Celui qui se fait le propagateur de certaines idées. Les missionnaires du socialisme. Mais de l'humanité maudits missionnaires, Pour leurs tristes lecteurs ces prêcheurs n'en ont guères, oilbeht, le ^ 6' siècle,
— ÉTYM. Mission.
tMlSSISSlPllCN (mi-ssi-ssi-piin), ». m. Nom qu'on a donné, pendant le système de Law, & ceux qui avaient des actions «ur la compjignie du Mis.sissipi.
MISSIVE (mi-ssi-v'), adj. f. Destiné k être envoyé. Usité seulement dans cette locution : lettre missive. M. de Meaux a recours à tout ce qu'il y a de plus odieux.... le secret des lettres missives na plus rien «l'inviolable pour lui, kEn. dans (uoss. Rem. sur la hép. d la tel. quiét. I, § 6, 2«. Mais lui-même, qui veut paraître si scrupuleux sur le secret des lettres missives, m'a-t-il demandé ma permission pour publier celle où je lui dis.... boss. ib. I, § 6, 28. Il S. f. Terme familier. Une missive, une lettre. Illllut qui, sans doute, est une missive de quoique amant, bkaumarchais, Harb. de Sév. u, (6. Voici les missives de toutes le* benulés attachées i votre char, al. duval, Jeun de Ilicluiieu, u, 2.
— illST. ivi' s. Sieil il pas bien à deux consuls romains.... d'employer leur loisir à ordomier et fagolter genlieuient une belle missive, pour en tirer la réputation de bien entendre le langage de leur nourrice? mont, i, 288.
— ÉTYM. Prov. missiu; espagn. mitiivo; du lat. missum, supin de mitlere, envoyer (voy. mettre).
I UISTENILCte (mi-slan-llu-t'), ». m. Terme
MIT
populaire qui se disait d'un jeune gii-çon trop délicat. Il Aujourd'hui, il se dit comme surnom pour désigner les gens qu'on ne veut pas nommer, ou pour équivaloir i un tel. Hé! misteiinûle !
— HiST. xvi's. Mistanfluste, oodin, CuHot. franc.
— ETVM. MistenflùU i de l'analogie avec mt'j-Iouflel sur lequel Ménage ilisserle. On peut croire que i.iit<.... est l'ancien adjectif mute (voy. mistjghi).
t MISTIC (mi-stik)ouMISTlQUE(mi-sti-k'),ï.tn. Nom d'un bâlimenl latin, long, étroit, mais plus Urge pourtant que n'étaient les galères.
— F.TYM. Turc, mistigo.
t MISTIGRI (mi-sli-gri) , t. m. || !• Il se dit fa-
I lilièrement d'un chat. Mistigri a pris une souris,
II 2° Terme de jeux. Se dit du valet de trèfle, surtout quand il est accompagné de deux cartes de même couleur à la bouillotte et au brelan. |{ On dit aussi, en ce sens, par abréviation, misti.
— ETYM. Il semble que ce mot est composé de l'ancien adjectif mttte, habile, adroit, bien paré, et de gri, pour grU.
MISTRAL (mi-stral), s. m. Nom qu'on donne, sur la Méditerranée, au vent qui se nomme nord-ouest iur l'Océan. Le mistral est opposé à l'isséio ou sudest. En arrivant à Beaucaire, nous entendîmes sonner toutes les cloches pour des prières publiques dont l'objet était de demander au ciel la cessation du mistral, qui par son poids et sa violence donnait des inquiétudes pour toutes les récoltes, saussiRB, a* loy. des Alpes, t. vi, p. tau, dans pougens. Il Quelques-uns disent et écrivent maestral.
— HIST.xvi's. Le vent lequel plusieurs appellent oest et plusieurs autres le nomment maestral, Uerit'n CocàU, L I, p. 360, dans lacurne.
— ËTYH. Mot provençal, dérivé de l'anc. provenç. maestral, de maître (voy. maître) : proprement le vent maître.
■f HISTRISS (mis'-tris'), s. f. Nom donné en anglais aux femmes mariées. Elle sera, ce soir, au bal de mistriss Lawington, une Anglaise que je connais, CH. DE behnard, la Femme de 40 ans, § vn.
— ÊTYM. Angl. mistress, maîtresse, prononcé mi-siz, quand il signifie madame, et qui est l'ancien français maistresse.
t MI-SUCRE, voy. SUCRB.
t MISY (mi-zi), ». m. Variété de sulfate de fer.
— HIST. XVI* s. Les moyens minéraux sont sout phre, argenlrvif, misy, paré, t. m, p. 636.
— ETVM. Miav.
MITAINE (mi-té-n'), *. f. || l* Gant sans séparation pour les quatre doigts, avec une séparation pour le pouce. Déjà l'hiver porte-mitaine... scarr. Virg. m. || 2° Gants de femme qui, ne couvrant que la moitié di la main, leur laissent l'usuge des doigts libre pour leurs travaux. || 3° Fig. et familièrement, au plur. Précautions, soins, ménagements. Je suis obligé de prendre des mitaines pour lui parler. Il Dire une chose [sans mitaines, la dire sans ménagement, l! 4° Mitaines à quatre pouces, chose inutile. Il S* Croque-mitaine, voj. ce mot. || 6° Peau de castor de mauvaise qualité. |j 7° Terme de verrerie. Plaque de télé courbe, ayant une échancrure dans laquelle la canne du souflleurposc pendant le travail.
— UIST. iiii* s. Et mittaiiies eu la saison Pour la gelée, Choses qui faiUtrd en ménage. || iv* s. Que les mitaines velues par dehors... seront fendues derrière, k doublons à l'enlour du poulcier et ries doiz.... que les mitaines tonsars [rases?], tant à deux que à quatre doiz, seront fendues derrière, à doublon à l'entour du poulcier, Icsdits tonsars courroyez en alun, Ordonnance, i4»i. Or retournons i notre clerc qui estoit plus gai qu'une mitaine de la mort de sa femme, Louis xi, Nouv. xui. || xvi« s. On ne prend point de telz cbats sans mitaines, uarot, T, <7. bt li les Allcmans et Gascons et autres gens depicd, qui des premiers estoient entrés, fourrèrent leurs mitaines [s'enrichirentdepiliage], jean u'aut. Annales dt Louis III, p. «7, dunsLACi-RNS. Et ne (ault pas doubler que ti le pape eust voulu abuser de 100 autorité, que l'empereur ne l'eust faict sau er bault comme une miViiue, brant. Charles Quint.
— ETVM. Bourguig. et gencv, mite; bas-lat. mitiHa, mitana, et, dans un texte de ma, mita. Il y a deux (brmea, mite (d'où milon) et mitaine. Comme la mitaine est di>lsée en deux parties, l'une pour ta» quatre doigta, l'autre pour le pouce, le mot mi doit-i'j trouver. La première forme vient du radical mit, qu'os trouve dans mit-ié (moitié) et mitait, mol provincial ; la seconde dérive de ce même milan; de sorte que mitai'n* veut dire demi -gant
tMITAUgRlK (mi-line-rie), s. f. Fabiique, commerce dt mitaines.
— UIST. xr t. Noua avana raceu l'humble sup-
MIT
plicationdes maistreset ouvriers du mestier de chapellerie, aumusserie, bonneterie, mytainnerie, de nostre ville et banlieue de Rouen, Ordonn. mars 1 450.
t MITAIMER (mi-tè-nié), s. m. Celui qui fabrique et vend des mitaines. Vu los statuts des chapeliersbonnetiers, aumussiers, mitainiers de la ville et faubourg de Rouen, Arrêt du conseil, )6 août t7)».
MITE (mi-f), *. f. Il 1* Nom vulgaire de plusieurs espèces d'arachnides voisines des acares. Mite ou ciron domestique ou du fromage, acarus siro, L. Mite de la farine, acarus (arinx, de Geer. Uie mite peut absorber toutes les conceptions du génie le plus étendu, bonnet, t" lett. Wilhelmi, Œuvr.i. x, p. 07, dans pouoENS. || Fig. Des "Dites, de très-petits êtres. Ils (les deux géants de Sirius et de Saturne] entendaient des mites [des hommes] parler d'assez bon sens : ce jeu de la nature leur paraissait inexplicable, VOLT. Hicrom. a. || 2" Nom donné à des larves d'insectes, surtout de papillons nocturnes du genre teigne, qui rongent les étoffes. J'ai trouvé une mite sur mon habit. Ce Dieu est dévoré par les mites sur son autel, dider. Nouv. pens. phil. 30. Il Herbe aux mites, nom donné à la molène blattaire, qu'on a crue faussement propre à écarter et même à faire périr ces larves qui sont celles des teignes. || 3° Pou des oiseaux.
— HIST XIV' s. Tu peus regarder par dcssoubs lesfueilles des choulx,et là trouveras grant assemblée de mittes blanches, et saches que c'est dont les chenilles naissent, Ménagier, ii, 2.
— ÉTYM. Origine germanique : dan. mid; hoU. mijt ; angl. mite ; anc. h. allem. mado; anglo-saxon, mile; goth. matha.
t MITÉ, ÉE (mi-té, tée), adj. Rongé des mites, larves de lépidoptères. Fourrure mitée.
— ÊTYM, Uite.
t MITURA(mi-tra) ou MITHRAS (mi-tras'), s. m Le soleil, divinité des anciens Perses.
— ETYM. MC0pa;ouMî9pTii; qui est un mot persan; sanscr. ift(ra, nom d'une des divinités solaires védiques, proprement ami.
t MITURIAQUE (mi-tri-a-k'), adj. Qui a rapport au culte de Mitbra.
MITURIDATE (mi-tri -da-t') , «. m.Électaaii^ composé de beaucoup de substances aromatiques, d'opium, etc. que l'on dit être de l'invention de Mithridate, et auquel on attribue des vertus de contre-poison. Il s'était trouvé souvent avec son mari dans les meilleures villes du royaume oii il vendait du mithridate, scarr. iiom. corn. i,(9. Je compose le baume et le grand mithridate, bour- SAULT, Médecin volant, se. 7. Ce sang [du canard] était la base du fameux antidote de Mithridate; on croyait en effet que les canards dans le Pont se nourrissant du toutes les herbes venimeuses que produit cette contrée, leur sang devait en contracter la vertu de repousser les poisons, buff. Ois. t. xvu, p. 234. Il Vendeur de mithridate, charlatan. || Fig. Vendeur de mithridate, homme qui parle avec jactance, qui promet beaucoup et ne tient rien. || Fig. J'ai bien peur que ce ne soit une drogue de charlatan; car on dit que l'amour en est un, et, franchement, vous m'avez tout l'air d'avoir pris de son mithridate, mahiv. Surpr. de J'omour, ii, *. Elle [la superstition] nous vend son mithridate, Chaumeix la suit, Omer la flatte; Et des fripons et des cagots En violet, en écarlate, Sont ses giUes et ses bedeaux, volt. Lett. en vers et en prose, (33.
— HIST. XVI' s. De quoy nous a fait foy le roy Mithridates, inventeur du melhridat, lequel, en ayant pris par long usage, ne se peust faire mourir qu'avec peine eitrcsme par poison, pake, xxiv, 24.
— ETYM. Lat. Uithridales, célèbre ennemi des Romains, du persan Jfi(/irada((a, donné par Mithra; comparez en grec Apollo-dote, donné par Apollon.
t MITIIRIDATIQUE (mi-tri-da-ti-k') , adj. Qui a pour objet Mithridate, roi de Pont. Guerres mithridatiques.
t MITIGATIF, IVE (mi-ti-ga-tif, ti-v'), ad;. Terme didactique. Qui est propre à mitiger, à adoucir.
— HIST. XIV' s. Dolour soit ostée et appaisie o [avec] choses micligatives, b. ue mondkville, f" 39. il XV* s. Princes, mieux vault encor tart que jamais En son grant mal prendre un mitigatif, e. descu. Poésies mss. ^ 2».
— ETYM. Prov. mitigaiiu; espagn. et ital. mi(»f/alivo,' (lu lat. mitigativut, de miligare, luitigcr.
MITIGATION (nM-ti-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de mitiger. La mitigation do la douleur. || Fig. Action d'atténuer. Les mitigations de Mélancbtbon les avaieut menés [les luthùrieusl peu à peu <^s excès de Luther.... boss. Diss. sur Gr^'Ht, t
MIT
— UIST. xrr s. Nous congnoissons la digesticu de la matière de la maladie [fièvre quarte] par la mitigacion des paroximes et par leur aligence bern. te oord. Trad. franc, i, 5. || xvi» s. Estant 1« mediciment fort, ce n'est de merveilles s'il a besoin de quelque mitigation, paré, xi, <2.
— ETVM. Lat. miligationem, de mitigare, mitiger. MITIGÉ, ÉE (mi-ti-jé, jée) , part, passé de mitiger.
Rendu moins vif, moins rigoureux. Son zèle [d'une Grignan qui voulait se faire religieuse] est-il mitigé ou à la rigueur? sév. 23 sept. 1680. C'est [le P. la Bo.ssu] le plus savant homme qu'il est possible, et janséniste, c'est-à-dire cartésien en perfection ; il est mitigé sur de certaines choses, id. te sept 1876. Cc<e sentence [qui condamnait lesContes de la Fontaine comme déshonnête.sj rendue contre le sieur do la Fontaine autorise la qualité d'Arétin mitigé que je lui ai donnée.... fuhetière, 3' /'actum, t. i, p. 300. Républicains mitigés qui voulaient établir dans les charges de ses ancêtres le prince d'Orange, volt. Louis XIV, 7. C'est que ma maltresse chez vous, La liberté, se voit logée ; Cette liberté mitigée, S l'œil ouvert, au front serein, A la démarche dégagée. N'étant ni prude ni catin, id. Ép. xxxi. || Ordres mitigés, ceux qui vivent sous une règle moins austère que celle de leur première institution. Je fais bien plus de cas d'un ordre mitigé qui garde ses règles, que d'une réforme extérieure qui couvre souvent de grandes difformités, haintenon, Lett. à Urne de la Yiefville, 2 mai <708. {[ Luthériens mitigés, se dit d'une secte qui se rapproche du catholicisme. Il S. m. Les mitigés, se disait, sous la Fronde, de ceux qui avaient des opinions modérées. MITIGER (mi-ti-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; mitigeant, mitigeons), ti. a. || 1° Rendre quelqu'un moins entier, moins vif, moins rigoureux. L'expérience mitigea ce caractère absolu et enthousiaste. Il 2" Rendre quelque chose moins intense, moins vif, moins dur. Mitiger la douleur, les passions. Mitiger une proposition. Ils [M. et Mme de Grignan] ont ici une petite tille qui, sans avoir la beauté de sa mère, a si bien mitigé et radouci l'air des Grignans, qu'elle est en vérité fort jolie, sév. à Bussy, 27 jan». <6'i2. Les physionomies, par le commerce que les hommes ont ensemble, contractent je ne sais quoi de liant qui les mitigé, hariv. dans desfontaines. Les Anglais, dans qui la nature a mis l'esprit d'indépendance, les adoptèrent [les réformes de Luther], les mitigcrent, et en composèrent une religion pour eux seuls, volt. Lout'î 2/ T, 36. Solon mitigea le système politique de Dracon, DIDEROT, Optn. des anc. philos, [grecs). \\3' Se mitijjer, V. réfl. Devenir moins absolu, moins rigoureux. On apprend que ces hérétiques [les Albigeois] se mitigeaient quelquefois à l'égard du mariage, Boss. Variât, xi. 11 me semblait que mon homme se mitigeait, qu'il était plus flatteur que zélé, plus généreux que charitable, mariv. lfarion7ie, part. i.
— HIST. xiv' s. Aucunes herbes ou mélodies si ont vtrtu naturelle de mitiguer et de donner alegence au lunaticque, le Songe du Vergier, i, I76. Combien que li père [les sénateurs] temptassent en toutes manières de mittiger le plèbe envers lui, BERCHKUHE, f* BO, vcTso. || xvi' S. Dès qu'il la voit, il mitigé et pallie Son parler aigre, marot, i, sbï. Il convient incontinent appliquer remèdes qui mitigent la douleur, par8, v, 9.
— ETVM. Provenç. et espagn. milinar; ital. mitigare ; du lat. mitigare, de mitis, doux, et igare, fréquentatif de agere, faire.
t MITINE (mi-ti-n'), s. f. Espèce de carline dont les écailles du périanthe sont sans épines sur le côté, carduncellus mitissimus.
t MITIOREM (IN) (in'-mi-si-o-rèm'), Joe. (a(in« usitée en cette phrase : il passe in mitiorem, c'està-dire l'avis le plus doux l'emporte.
— ETYM. In, en, et miti'orcm, plus douce (sousentandu sentenliam, sentence).
t MITIS (mi-tis'), s. m. Nom propre du chat. Notre maître Mitis Pour la seconde fois les trompe et les affine [les souris], la font, l'abl. m, 18.
— HIST. xvi* s. Mitis, pour le chat, despe». Contes, XXIII.
— ETYM. Lat. mitis, doux, à cause de son poil et de son apparence.
i. MITON (mi-ton), s. m. Espèce de manchettes en fourrure ou en tricot que les femmes portent sur le poignet pour se préserver du froid. Ouvrages de pure mercerie, tels que bourses, ceintures, palatines, mitaines, mitons, mantilles ou mantelets, Arrêt du conseil, 4 fév. 1 738.
— HIST. XVI' s. Miton, coTGRAVB,
— ETYM. VOV. MITAINK.
MIT
+ s. MITON (mi-ton), s. m. Un des noms que les enfants donnent au chat.
— HIST. XVI' s. Ce vieux rêveur, ce mitouin A contrefait le patelin ; Il l'a si bien mitouinée Kt si bien empatelinée, Ou'il a fait ce qu'il a voulu, b. bellEAU, la Reconnue, m, 5.
— ÉTYM. Peut-être miton, sorte de gant, par assimilation à une fourrure. Cependant il y a en ■spagnol mil, mito, chat. On disait aussi mitan, mitouard.
t 3. MITO\ (mi-ton), ». m. || 1° Nom, dans quelques provinces, de la mie de pain. Quand j'ai du miton sous la dent, Tieille chanson de la Touraine. Il Soupe aux mitons, sorte de panade faite avec des mitons ou morceaux de pain taillés moins fin que "es soupes. |1 2* Fig. et populairement. C'est de l'onguent miton mitaine, qui ne fait ni bien ni mal, se lit en parlant d'un remède, d'un secours, d'un expédient qui ne sert ni ne nuit. Pour tous ces petits maux de rhume, toux, migraine. Il compose à ravir l'onguent miton mitaine, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, i, -i. Ce secret- là n'est que de l'onguent miton mitaine, uahiv. Surp. de l'amour, i, 2.
— ÊTYM. 11 est probable que c'est un dérivé irrégulier de mie.
t MITONNAOE (mi-to-na-j'), f. m. Espèce de bouillon qui sert pour les potages.
MITONNÉ, ÉE(mi-to-né, née), part. passé de mitonner. Il l'Cuit doucement. Le potage trop mitonné devient bouillie, RAiM. poisson, Bar. de la Crasse, se. s. Il 2° Fig. Oui reçoit toute sorte de petits soins. Je vous trouve bien dorlotée et bien mitonnée, sêv. 40). Plus mitonné qu'un perroquet de cour. Tout s'occupait du beau pensionnaire, GBEssET,Keri-ïerJ, ch. i.
MITONNER (mi-to-né). || l" T. n. Rester longtemps sur le feu en trempant dans du bouillon ou de l'eau. Le potage mitonne. 112° F. a. Cuire à petit feu et dans un liquide. [Pour un coulis] Les écrevisses bien pilées, Uitonnez-les dans du bouillon, Joignez-y du pain qui soit bon. Et que toutes soient bien passées, Les recettes de cuisine en chansons (XVII* siècle), dans le Temps, i ) févr. (867. || Chez les peintres en eœail, faire cuire doucement la couleur à l'entrée du lourneau de réverbère. || Fig. Je n'ose m'ahandonner à toute la joie que me donne la pensée dd vous embrasser; je la cache, je la mitonne, BF.v. saoût (685. Il 3* Fig. et familièrement. Mitonner quelqu'un, ménager adroitement son esprit, dans des vues intéressées. Mon cœur aura bâti sur ses attraits naissants. Et cru la mitonner pour moi pendant treize ans.... UOL. Éc. desf.iv,!. La comtesse a pris soin d'amasser des écus; Il faut la mitonner, TH. CORN. ComJ. d'Or9uet;,iv,5. Je la mitonne[une servante] pour moi, BHUtYS, l'Important, i, 2. Ah! que cela est bon, monsieur! comme l'amour nous la mitonne I «AiiivAUx, Préj. vaincu, se. 2. || Disposer, préparer doucement. Je vous ai mitonné cette ressource, ce protecteur. 11 est certains moments, pourvu qu'on les mitonne.... iuuteboche, dans LE ROUX , Dict. comique. Ainsi nous mitonnerions les choses jusques à ce que nous vissions le moment propre i les décider [les généraux], BETZ, u, 3U2. Il Mitonner ime affaire, en préparer doucement le succès. || 4* Dorloter , prendre un grand soin de tout ce qui regarde la santé et les aises d'une personne. Le petit garçon [Charles de Sévigné] vous répondra sur m:i ganté; vraiment, ma chère enfant, il a bien d'autres affaires qu'à me mitonner; rien n'est si occupé qu'un homme qui n'est point amoureux; il représente en cinq ou six endroits, quel martyre I s£v. 23 juin («77. || Da.ns un sens particulier, à la cour de Louis XIV, amuser en faisant des contes. Mme de Coulanges voulut bien nous faire part des contes avec quoi l'on amuse les dames de Versailles; colas'a[>pelle les mitonner; elle nous mitonna donc, et nous parla d'une lie verte où l'on élevait une princesse plus belle que le jour, 8ÉV. < août <t77. || 6° Se mitonner, ti.r^/t. Etre cuit doucement. La soupe u mitonne. || Fig. Se procurer toute sorte d'aises et de commodités. Mais, ma chère comtesse, comment tous portez-voiuT je TOUS ai lais.sée vous mitonnant dans votre lit, stv. s fcvr.Ktu. La jeune Iris.... Jusqu'à midi volontiers se mitonne, OEsnountREs, Aondrau. || 6* Fig. Être en voie secrète de préparation. L'affaire qui se mitonne. Il y a eu ces jours-ci quuntité de sentences aux consuls; il se miionne nombre de banqueroutes, DANCOL'BT, lesAgiot. i, ».
— lllST. xvi' s. Faire mitonner un potage, OD- Dui, Curiot. franc.
— ETYM. Miton 3.
tMITOL'CIlE (.SAINTI-:) (sin-tc-mi-tou-ch') ou dmplemeut MITUUCIIE, i. f. Pernunue qui n'a piia '
MIT
l'air d'y toucher. Tu fais la mitouche hors de saisoi, FAVART, Cherch. d'esprit, se. I2.
— ETYM. Mauvaise prononciation et mauvaise orthographe pour sainte n'y touche (voy. nitouche).
t MITOUFLE (mi-tou-fl'), s. f. Synonyme inusité de mitaine. Mon père eut les gants ou mitoufles De Peléus et ses pantoufles, soarr. Virg. m.
MITOYEN, ENNB (mi-to-iin, iè-n'; quelques-uns prononcent mi-toi-iin), adj. \\ i° Qui tient le milieu entre deux choses, qui est entre deux choses. Espace mitoyen. || Mur mitoyen, mur qui, séparant deux propriétés contiguës , appartient aux deux propriétaires, ce qui se constate par titre, ou, en l'absence de titre, par certains indices. Un puits mitoyen est un puits qui se trouve dans un mur mitoyen. La réparation et la reconstruction du mur mitoyen sont à la charge de tous ceux qui ont droit, Code Nap. art. «B5. || Une haie, un fossé qui séparent deux champs sont mitoyens, quand ils sont dans les mêmes conditions que le mur mitoyen. Il Fig. Cette attache intime que nous avons à nousmêmes, c'est la ligne de séparation, c'est la paroi mitoyenne entre tous les cœurs, c'est ce qui fait que chacun de nous se renferme tout entier dans ses intérêts, boss. Sermons, Charité fralern. ). || Cloison mi 10 j'enne, cloison qui est commune à deux chambres et qui les sépare. || Dents mitoyennes du cheval, quatre dents qui poussent entre les pinces et les coins, après que les deuts de lait sont tombées, ce qui arrive lorsqu'il a passé trois ans. || 2° Fig. Qui est placé entre deux choses extrêmes ou opposées, et qui tient un peu de l'un et de l'autre. [Les chevaliers à Rome] ordre mitoyen entre les patriciens et le peuple, boss. Hiit. ii, 8. Calvin cherche une voie mitoyenne, iD. Yar. 9. Platon établit trois sortes de dieux : des dieux supérieurs, des dieux inférieurs et desmitoyens, fén. Platon. Ma condition ne soutire point ces états mitoyens de vertu qui tiennent comme un milieu entre l'innocence et le crime, MASS. Avent, Disp. d la commun. Marc-Aurèle, aussi grand peut être sur le trône de l'empire romain qu'Épiclète dans l'esclavage, parle souvent, à la vérité, des dieux, soit pour se conformer au langage reçu, soit pour exprimer des êtres mitoyens entre l'être suprême et les hommes, volt. Dict. phil. Idolâtrie. Ces caractères indécis et mitoyens ne peuvent jamais réussir, à moins que leur incertitude ne naisse d'une passion violente, in.Jiem. Ci/rn. Tite et Bérénice, l, ». Je me sers d'une drogue qui me rendra ou. qui m'ôtera la vue tout à fait; je n'aime pas les partis mitoyens, lo. Lett. d'Argental, 27 nov. <764. Celte matière mitoyenne entre le suif et la cire pour la consistance et la qualité, tenait lieu de l'une et de l'autre aux premiers Européens qui abordèrent dans ces contrées, raynal, Uist. phil. XVIII, 26. Je penche pour un parti mitoyen entre l'opinion de ceia que j'aime et que j'honore et l'avis des hommes qui ont montré le plus de dissentiment avec moi depuis le commencement de cette assemblée, iiinAUEAU, Collection, t. m, p. 340. L'ne opinion en apparence mitoyenne et modérée, l'abbé morellet, Mém. t. i, p. aao, dans pougens. Il Avis mitoyen, avis qui s'éloigne des extrémités de deux avis opposés. || 3" État mitoyen, condition entre la richesse et la pauvreté. Les hommes de l'état mitoyen, auxquels l'inanition et les excès sont également inconnus, bupf. Ouadnip. t. i, p. (83. C'est dans l'état mitoyen que la probité est encore le plus en honneur, duclos, Consid. mœurs, ch. 4. Il Appartenant à l'état mitoyen. Moi, j'aime i pourchasser des beautés mitoyennes, begnabd, U Joueur, II, *.
— UIST. XIV* s. Premièrement commencèrent li ennemi à estre vaincuz en la bataille miltoeune (au centre], berciieurb, I* 74, verso. || xv* s. Deux paires de murs sont, c'est à sçavoir les murs miloyaus et personniers, Ordonnance, (485. || xvi* s. Une personne sacrée, oincte et chérie do Dieu, comme mitoyenne entre les anges et les hommes, Sat. Mén. (4». En villes, tout mur est metoien, s'il n'appert du contraire, lotsel, 283.
— ETTM. Bourg, moitoyen ; bas-latin, medietaneui (dans un texte du xii* siècle), de medietat, moitié, formé comme le mot fictif eitittanetu , citoyen, l'est de civitat,
HITOYENNETC (mi-to-iè-ne-té; plusieurs disent mi-toi-iè-oe-t' j, i. f. Qualité do ce qui est mitoyen. La mitoyenneté d'un mur, d'un puits. Il y a marque de non-mitoyenneté lorsque la sommité du mur est droite et à plomb de sud parement, d'un c'ité, et présente de l'autre un plan incliné. Code Sap. art. «54.
— ETYM. Mitoyen.
MIT
MITRAILLADE (mi-tri-lla-d', II mouillées, et non mi-trâ-ia-d'), s. f. Décharge de plusieurs canons chargés à mitraille.
— ÉTYM. Mitraille.
MITRAILLE (mi-trâ-ll', Il mouillées, et non mitrâ-ye), s. f.\\i' Anciennement, toute sorte de vieille quincaillerie, de vieux morceaux de cuivre. Cuivre rompu en pots et morceaux ou mitraille, le cent pesant payera vingt sous. Ordonnance, )680. Vieille ferraille, vieille mitraille, cri des revendeurs dans les rues de Bourges, [jaubebt, Glossaire. || 2° Familièrement. Basse monnaie. Si, pour vous amuser le soir. Je chante au quai de la Ferraille, Vous savez que c'est dans l'espoir De gagner un peu de mitraille, Les disgrâces de porter perruque, dans franc. MICHEL, Argot.\\3' Anciennement, toute sorte de vieux clous et autre ferraille dont on se servait pour charger des pierriers. || Aujourd'hui, les balles de fer ou biscaîens, ordinairement mêlés de ferraille, dont on charge les canons. Remaclea une grosse mitraille au travers du corps, p. l. cour. Lett. 1, 498. Celle-ci [la ligne russe] s'avançait par masses épaisses, où d'abord nos boulets firent de larges et profondes trouées ; et pourtant elles approchaient toujours, quand les batteries françaises, redoublant, les écrasèrent de mitraille, ségur, Uist. de Nap. tu, i o. La liberté mêlait à la mitraille Des fers rompus et des sceptres brisés, bérano. Vieua sergent. En vain boulets, obus, la balle et les mi trailles, De la vieille cité déchiraient les entrailles, V. HDGO, Crép. (.||4* Sorte de laiton qui sert à souder et qui est composé de fer, de cuivre et d'argent. || B* Mitraille pendante (voy. pendant.)
— lllST. XIV* s. Icellui du Rut trouva un petit sachet où il y avoit mitaille, qui est appelé billon, DU GANGE, mita. Il XV* s. Quantité de menue ferraille, appliquée à fait de marchandise de mitaille, iD. ib. Il XVI* s. De chacun cent pesant de plomb, d'estain, de baterie de mitraille, cuivre ouvré ou à ouvrer, et autre baterie ou dinanderie, Arrêt du parlement, 20 sept. (627.
— ÉTYM. Ane. franc, mitaille (l'r est épenlhétique), de l'anc. franc, mite, très-petite monn.Tie, qui vientdu flamand mij(e, minutie, petite monnaie.
MITRAILLÉ, ÉE (mi-trà-Ué, liée, U mouillées), part, passé de mitrailler.
MITRAILLER (mi-trâ-Ué, H mouillées, et non mi-trâ-yé), v. n. Tirer le canon à mitraille. On a mitraillé pendant une heure. || Activement. Mitrailler l'ennemi. || Se mitrailler, ». réfl. Les deux cor[)s se mitraillèrent quelque temps avec un grand cai^ nage.
— ÉTYM. Mitraille.
t MITRAILLEUR (mi-trâ-lleur, Il mouillées),», m. Celui qui fait tirer à mitraille sur des rassemblements, sur des gens d'émeute, sur le peuple
t MITRAL, ALE (mi-tral, tra-l'), adj. Qui a la forme d'une mitre. || Terme d'anatomie. Valvule mitrale, repli membraneux, qui, placé dans le ventricule gauche du cœur, borde l'ouverture de communication de ce ventricule avec l'oreillette correspondante.
— ËTYM. Mitre.
MITRE (mi-tr), ». ^. |1 1* Terme d'antiquité. Coiffure des anciens peuples de l'Asie, Perses, Lydiens, etc. que les dames romaines leur avaient empruntée. Vous leur mcttrei la mitre sur la tête, et ils seront mes prêtres pour me rendre un culte perpétuel, SACi, Bible, Exode, xxix, ». C'est peu que, le Iront ceint d'une mitre étrangère. Ce lévite à Baal prête son ministère, rac. Ath. i, (. || 2'CoilTure que portent les évêqucs, quand ils Officient en habits pontificaux; c'est un bonnet rond, pointu et fendu par le haut, apnt deux fanons qui pendent sur les épaules. En quelques églises les chanoines portaient la mitre. Tu dorsl atlerids-tu donc que, sans bulle et sans titre, Il te ravisse encor le rochet et la mitreT boil. Lutr. I. Une villa.... Où le vice orgueilleux s'érige en souverain. Et va la mitre en tête et la crosse à la main, id. Sat. i. Et de ces mitres d'or aux deux sommets pointus, volt, le Lac de (lenève. Il Fig. La mitre, le pouvoir spirituel du (>apo. Ca querelle de la couronne impériale et de la mitre de Rome, tolt. Moeurs, 5( . || 8° Il s'est dit du bonnet
3ui est au-dessous de la couronne de l'empereur et e quelques rois.jl 4* Bonnet de papier qu'on mettait en Espagne sur la tête de ceux qu'on exécutait pat jugement de l'inquisition. Us furent tous deux revêtus d'un tanbenilo, et on orna leurs têtes de mitres de papier, volt. Candide, t. \\ 6° Tuiles ou planches de plâtre qu'on dispose en forme de mitre au-dessus d'une cheminée pour l'empêcher de fumer. || 8" Ancien nom du chapeau des agarics.jl 7* Petit rebord qui
MTX
ïépAre U lame descouteaiix de table d'avec la soie ou la queue qui sert à les emmancher. || 8° Le dôme des chaudières des locomotives prend quelquefois le nom de mitre, lorsqu'au lieu de le faire rond on lui donne une forme quadrangulaire. || 9° Pavé que l'on place à l'endroit ou deux rangées se réduisent à une seule, en raison de ce qu'on emploie du pavé d'un plus fort échantillon. Il 10* l'remier bout de tuyau qui est évasé et qui fait partie d'une suite de gros tuyaux de tôle placés sur le haut d'une cheminée. Il If Dans le langage familier, le train de derrière d'un dindon rôti lorsqu'on le détache des ailes et de .a poitrine, parce qu'il offre une sorte de ressemblance avec une mitre. || 12° Genre de coquilles univalves. Il Mitre polonaise, espèce de madrépore.
— HlST. im* s. Et puis li mist-on la mitre au cief qui iert blance, Chr. de Rains, t05. Tiex cops [tels coups] lor donrai sor les testes, Que lever i ferai tex boces. Qu'il en perdront mitres et croces, la ilo»«, t H 1 2. Il XIV' s. Pourquoi l'oreille est ploiant .... pour ce qu'el puisse estre ploiée sous la coiffe ou sous la mitre ; caste utilité est fieble, car les bues [bœufs] ont oreilles ploians, qui n'ont coiffe ne mitre, H. DE M0NDE\iLLB, f )« t!er*0.
— ÉTYM. Provenç. esp. et ital. mitra; du lat. mttra, qui est le grec [lirpa.
MITRE, ÉE (mi-tré, é), adj. Qui porte la mitre. Abbé crosse et mitre. M. de Saint-Malo [évèque de Saint-Malo], linotte mitrée, sÉv. 237. |1 Abbaye crossée et mitrée, abbaye dont l'abbé porte la crosse et la mitre. || Qui porte la mitre signe d'une condamnation infamante. Elle [Jeanne d'Arc] fut liée sous l'écriteau infâme, mitrée d'une mitre où on lisait : Hérétique, relapse, apostate, ydolastre, liiCHELET, Hist. de France, t. v, p. «73. || Terme d'histoire naturelle. Qui porte une sorte de mitre.
— HlST. xv s. Condamné à estre mené en un tombereau par la ville de Paris en aucuns carrefours, mitre, et mis à l'eschelle, et condamné en cbartre et prison perpétuelle au pain et à l'eau, jov. DES DRSiNS, Hist. de Charles VI, en (4<4.
— ÊTYM. Mitre. Uiirer se disait autrefois d'une condamnation à porter la mitre et i 6tre mis au pilori.
t MITBIFORME (mi-tri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la forme d'une mitre.
— ÊTYM. Mitre, et forme.
MITRON (mi-tron), s. m. \\ 1* Terme populaire. Garçon lioulanger. Par la faveur de je ne sais quel prélat polonais engoué et crédule, de mitron qu'il était, il se fait abbé mitre, orihh. Correspond, t. i, p. 4, dans polgens. || 2° Coiffe ou mitre de papier. || 3° Sorte de tuile.
— ÊTY.M. Le mitron est ainsi nommé do la mitre ou coiffa de papier qu'il porte ordinairement.
■f MITTE (mi-l") , s. f. Vapeur qui s'exhale des fosses d'aisances et qui cause des maux d'yeux ; elle est composée d'ammoniaque unie aux acides carbonique et sulfhydrique. |{ Maladie d'yeux provovoquée par la mille.
— f.TYM. Origine inconnue.
t MIXO-LYDIEN (mi-kso-li-diin), adj. m. Terme de musique ancienne. Mode mixo-lydien, c'était le plus aigu des modes.
— ÉTVM. Mi4o),ûô'.o;, de (liÇ, mélange (comp. MIXTE), et Wôtoç, lydien.
MIXTE (mik-sf), adj. || 1° Composé de plusieurs choses de différente nature. Corps mixte. || 2 Par extension, qui participe à différentes choses. Précisément parce que nous sommes des êtres mixtes, nous ne saurions avoir une idée directe de la substance immatérielle, BONNET, Lett. div. Œuv.t.xn, p. 478. Je n'étais guère moins fatigué des gens du monde et, en général, do la vie mixte que je venais de mener, moitié à moi-même, et moitié à des •ociclôs pour lesquelles Je n'étais point fait, j. j. Rouss. Con^ X. Il Gouvernement mixte, gouvernement qui participe de U nature de plusieurs autres. Dans toutes sortes de gouvernements, monarchique ou mixte, absolu ou limité, héréditaire ou électif, il doit toujours être permis de représenter las griefs data naUon, ff.i«. t. xxu, p. 3go. C'est un double incon- Ténient des gouvernements mixtes, tel qu'éuit celui de Carthage, où le pouvoir est parUgé entre le peuple et les grands.... BOLi.m, Hist.anc. Œm. t. i p. <»«, dans POtWEM». Plusieurs EtaU, les uns monarcbiques, les autres mixtes, volt, /.ouù Ht 2 l' OommiMlon mixte, commission composée d'hommes pn» dans deux ou plusieurs compagnies, dans deux ou plusieurs nations. || Espèce mixte race dan^aui produite par croisement. Ces animaux «espèce mute sont beaucoup moins féconds et tou- JOtti» {dus Urdib que ceux d'espèce pure, bukf.