‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 167 sur 389 · UlRË, «ÎR (mi-ré, Tte), part, posté de mirer · texte numérisé non relu

UlRË, «ÎR (mi-ré, Tte), part, posté de mirer

MIR

Sur quoi on dirige une arme à trait ou i fpu T.e but miré avec soin.

2. MIRÉ (mi-ré), adj. m. Terme de chasse, ."^iinglier miré, vieux sanglier, dont les défenses, étant recourbées en dedans, ne sont plus dangereuses.

— ÉTYM. Jftr«, dent de sanglier (mires de sanglier, en italien zanne, oudin, Dict.) , dont l'origine est inconnue.

f MIRKMENT (mi-ro-man), s. m. Terme de marine. Effet de réfracllon qui fait paraître un objet plus élevé qu'il n'est réellement.

— SYN. MIREMENT, M1HAGK. Lc mirage fait paraître les objets renversés. Le mirement les relève ; il arrive souvent le malin qu'on dccouvrG jusqu'à la llottaison un bâtiment situé presque à porte de vue à l'horizon, et l'on dit alors que ce navire est en mirement, legoarant.

— ÊTYM. Mirer.

t MIRKPOIX (mi-re-pol), s. m. Terme de cuisine. Espèce de jus fait de plusieurs sortes de viandes, avec champignons et assaisonnements, qui sert pour les sauces liées ou claires; dénomination qui vient sans doute de la cuisine du duo de Mirepoix.

MIRER (mi-ré), v. a.\\i° Regarder attentivement (peu usité en ce sens). Plus je regarde et mire ta personne, la font. Lun. || Mirer des œufs, les regarder, en les plaçant entre son œil et le jour, pour s'assurer qu'ils sont frais. || Mirer un drap, regarder à contre-jour une pièce de drap déployée, pour en apercevoir les défauts. || 2" Regarder comme dans un miroir. Vous aimez madame et ses yeux noirs. Vous y venez mirer les vôtres tous les soirs, V. HUGO, Ilernani, i, 2. || 3" Mettre l'objet que l'on veut atteindre avec une arme à feu, sur la même ligne que la pointe de l'arme. Mirer une pièce de gibier. Toute chose prend fin, et rien n'en est exempt; Possible que la mort nous mire en devisant, garnier, CornéHe, 11. || Absolument. 11 mira longtemps, et cassa la poupée. Un énorme boulet, qu'on lance avec fracas. Doit mirer un peu liant pour arriver plus bas, volt. Tactique. |) Fig. Mirer une place, un emploi, y aspirer, y viser. || 4° V. n. On dit ((ue des diamants et autres pierres mirent, quand elles ont peu d'angles ou de facettes et que la surface en rappelle celle d'un miroir. || 5" Se mirer, V. réfl. Se regarder dans un miroir ou dans quelque autre chose qui renvoie l'image des objets qu'on lui présente. Ses yeux, qui demi-morts dans les miens se mirèrent. Bien mieux que ses discours do sa foi m'assurèrent, racan, Berger, i, 3. Dans le cristal d'une fontaine Un cerf so mirant autrefois Louait la beauté de son bois, la font. Fabl. vi, 9. Le soir retient ici son haleine expirante. De crainte de ternir la glace transparente Où se mire le firmament,, LAMART. Uarm. i, (O dans les eaux où

le cygne se mire, a. de musset. Nuit de mai. jj Par exagération. On se mirerait dans ce parquet, c'està-dire il est fort uni et fort luisant. || On se mire dans cette vaisselle, c'est-à-dire elle est très-netle et très-claire. Tout passa par ses mains [de la propreté], et le vin et la glace, Et les carafes decristal; On s'y serait miré.... la font. Tabl. Il Terme de marine. On dit que la terre se mire pour exprimer que les vapeurs font paraître les terres comme si elles étaient élevées sur de bas nuages. Il 6" Fig. Se voir, se reconnaître. Trouvez-vous bien noble et bien juste de se faire un mérite de dégrader ce beau gouvernement? n'est ce pas l'intérêt commun des grands seigneurs, des grands gouverneurs? ne doivent-ils point se mirer dans cet exemple [de M. de Chaulnesjî sÉv. « nov. (689. Je vous laisse digérer ces réflexions, et je vous prie tous deux [M. et Mme de Grignan] de vous mirer, et de voir si vous élesde la vieille cour [bons à reléguer], ID. (3 mars (680. Il Se complaire. Se mirer dans son ouvrage. Tes fils se mireront en si belles dépouilles, RÉGNIER, Ép. 1. Le moindre rayon de beauté que l'âme y aperçoit [dans le corps] suffit pour l'arrêter; elle se mire pour ainsi parler, et se considère dans ce corps, boss. la l'allière. On se fait une idole de son esprit : on se mire dans ses pen.sées, yp.n. t. xvm, p. 36. Qu'il se mirait sans cesse dans son opulence, et croyait qu'un millionnaire était le premier homme du monde, skvm^, M(rursdutemps, se. (. Il Un paon se mire dans sa queue, se ditd'un glorieux qui fait vanité de sa bonne mine ou de quelque autre avantage qu'il croit avoir. || On dit dans le même sens : se mirer dans ses plumes.

— SYN. MIRER, VISER. Mirer, c'est tourner la mire vers; viser, c'e^t tourner le vis, le visage. Ces deux mots, quand il s'agit de pointer une arme à feu, sont synonymes; seulement, aujourd'hui, viser est plus usité*que mirer.

MIR

— IllST. XII' s. Li duz Miles se pasme, qui en la mort se mire, Sax. x. Mais se vos ieuz où l'on se puct [peut] mirer,... Couci, 11. || xui* s. Tant ert [elle était] blanche et vermeille qu'on s'i peUst mirer, Berle, m. C'est le mircoirs perilleus. Où Narcissus li orguillous Mira sa face et ses yex vers, Dont il jut puis mors tout envers, la Itose, (681. !l xVs. Et à liriefdire, tant donne bon exemple do dévotion à ceulx qui le voyent, que grands et petits s'y mirent, Doucic. iv, 3. || xvr s. Tel se mire qui n'est pas beau, et tel se baigne qui n'est pas net, MARG. Lett.a. Et comme les gens de guerre qui s'avouoiont à lui se miroient à [imitaient] ses inconstances, n'AVB.llisl. 11,(59 Que lescanoniors

ne se lassent de tirer incessamment, sans bracquer ny mirer, mais seulement à coups perdus et en ruyne, carloix, v, 25. C'est pourquoi je suis miré et recogneu par dessus ceux de ma vocation, c-t respecté par ceux mesmes qui ne me cognoissent, PARfi, au lecteur. Son arc n'est plus faultier, sa flèche est advisée. Qui mire droict au cœur sans y prendre visée, bons. 213. Nature nous a touts figurez de mesme paste, à fin que chascun se peust mirer et quasi recognoistre l'un dans l'autre, la boétie, Serv. volont. Dame qui trop se mire peu file, cor- GRAVE. Qui bien se mire, bien se void; qui bien se void, bien se cognoist; qui biense cognoist, peu se prise; qui peu se prise. Dieu l'avise, ID.

— ÉTYM. Berry, mirer, comparer ; wallon, se murer ; gcnev. et norm. mirer, viser : il mire une riche veuve; provenç. et espagn. mt'rar; ital. mirare; du lat. mirari, dont le sens est admirer. Le sens de contemp'er, sinon d'admirer, se trouve dans les anciens textes, par une atténuation du sens étymologique. Colle atténuation a conduit facilement au sens de regarder dans un miroir, de viser.

t MIRETTE (mi-rè-t'), s. f. Espèce de campanule, campanula spéculum, Linné, dite aussi miroir de Vénus.

] MIREUR (mi-reur), s. m. Instrument au moyen duquel les arliUcurs des batteries de côte calculent à quelle portée sont les vaisseaux ennemis.

— ÉTYM. Mirer.

t MIHIFIQUE (mi-ri-fi-k'), adj. Qui fait qu'on s'émerveille, mais avec un sens d'ironie ou de plaisanterie. Les mirifiques aventures, voi.T. Dial. xxiv, (7. J'ai lu les remontrances; vraiment le parlement d'Angleterre ne parlait pas autrement à Charles I" ; cela est mirifique, id. Lett. d'A.rgrntal,t3im\let (783.

— HIST, XYi* s. Une volupté mirificque, hab.

— ÉTYSI. Lat. mirificus, de mirus, merveilleux, et facere, faire.

t MIRLICOTON (mir-li-ko-ton), î. m. Sorte de grosse pêche jaune, dite aussi pavie jaune.

— HIST. XVI' s. Par ainsi de tous ceux-là se fera un arbre qui rapportera fruit participant de l'abricot, de l'auberge, de la pèche, de mirc-couton et semblables, 0. DE SEBBKS, 074. MirelicOtOU, COTGRAVE.

MIKI.IFLORE (rair-li-flo-r'), s. m. Terme familier. Jeune homme qui fait l'agréable, le merveilleux. Je figurerais mal dans un cercle de petits mirliflores, M'"' d'epinay, Mém. t. 11, p. "o, dans pougens.

— Ktym. 11 y avait dans l'ancien fr.ançais «ii'rJtfique, altération de mirifique; on peut penser que mirliftore est une altération analogoe où flor ou /leur remplace fique: qui est comme une fleur merveilleuse. Francisque Michel y voit une altération de mille (leurs, dénomination prise des bouquets dont se paraient les élégants du temps passé.

t MIRLIRO (mir-li-ro), s. m. Terme de jeux. Se dit, à l'hombre, de la réunion des deux noii-s; celui qui les a reçoit deux fiches s'il gagne, et en paie deux s'il perd.

MIRUROT (mir-li-ro), s. m. Corruption de mélilot (voy. ce mot).

— HIST. xvi' s. Mirlirot, omm,J)iet.' MIRLITON (mir-li-ton), s. m. ||1* Tube creux de

roseau garni parles deux bouts avec une pelure d'oignonouavccun morceau de peau de baudruche, et autour de laquelle s'enroule souvent un papier contenant un rébus ou des devises; on a pratiqué, aux extrémités, deux ouvertures latérales, sur l'une desquelles on applique la bouche, en chantant un air populaire; la vibration des pelures d'oignon donne à la voix un son nasillard et ridicule, qui fait que le mirliton n'est employé que par plaisanterie et pour faire rire; on le nomme à cause do cela flûte à l'oignon. Des chansons en quatre points Le froid nous désole. Mirliton s'en est allé, bérang. Gaudriole. Les œuvres dramatiques. Où l'intrigue, enlacée et roulée en feston. Tourne comme un rébus autour d'un mirliton, Vers cités dans la A«ru« de$

Deux-Mondes, t" mars )859, p. 226. || Vers de mirliton, poésie de mirliton, mauvais vers, poésie commune, vulgaire. || 2° Coiffure de gaze qui était en usage au xviii* siècle. Tout à coup, vers 1740, on se prit de passion pour les cheveux courts roulés en boucles égales autour de la tête en façon de perruque ronde; les plaisants appelèrent cette coiffure le mirliton, et le nom lui en resta, feuillet de conches, Caus. d'un cur. t. 11, p. 252. Il 8° Refrain populaire. {| On le trouve aussi sous la forme mirlitot. Qu'en proie à sa juste colère, Un fils soit condamné d'un père. Je n'en dis mot; Mais qu'un vieux conseiller barbare Contre son ami se déclare, J'en dis du mirlitot, AgnèsdeChaillot (parodie d'Inès de Castro), par Dominique. Il 4° Terme de cuisine. Sorte de pâtisserie d'entremets, faite avec des œufs, du beurre, du sucre, de la fleur d'orange, de la crème cuite, etc.

— ÉTYM. C'est sans doute un de ces mots pris pour refrain, qui ne signifient rien par eui-même.s, et dépendent eu caprice du chanteur, comme biribi, tralala, lanlaire, elc.

MIRMIDON, voy. mybmidon.

t MIIÎODER (mi-ro-dè) ou MIRACDER (mi-rôdé), V. a. Ajuster, faire la toilette. [La Brinvilliers] monta seule et nu-pieds sur l'échelle et sur l'échafaud, et fut un quart d'heure mirodée [miraudée, édit. de Rouen], rasée, dressée et redressée par le bourreau : ce fut un grand murmure et une grande cruauté, sÉv. 22 juill. t676.

— ÉTYM. Sans doute de mirer. Av Mans, mtroder, enjoliver une surface de lignes droites ou courbes, vtirodeure, ligne droite ou courbe destinée à faire un ornement. Uiroder paraît être aussi un mot de Rennes et des environs. Le patois normand a mirofer, ajuster avec soin.

MIROIR (mi-roir), s. m. || 1° Verre étamé, ou métal poli, qui rend la ressemblance des objets qu'on lui présente. Se regarder dans un miroir. Je ne veux point m'amuser à vous dire... que votre teint a une beauté et une fleur qui assure que vous n'avez que vingt ans; que votre bouche, vos dents et vos cheveux sont incomparables.... votre miroir vous le dit assez, b" de l\ fayette,. Portrait de Urrtede Sévigné. II est de ce fils [Jésus] et de cette mère [Marie] comme de deux miroirs opposés, qui, se renvoyant réciproquement tout ce qu'ils reçoivent , par une espèce d'émulation multiplient ' les objets jusqu'à l'infini , boss. i" sermon, Compass. de la Sle Vierge, ). Trois heures au miroir tous les matins ; c'est deux de trop, MAiNTENON, Lelt. à M. d'Aubigné, 28 fév. )C78. Les Vénitiens eurent seuls, au treizième siècle, le secret des miroirs de cristal, volt, ilaurs, SI. Les anciens Romains se servaient de miroirs d'étain que l'on fabriquait à Brindes, et il y a toute apparence que cet étain était mêlé de bismuth, BUFF. tlin. t. V, p. 181, note t. On appelle miroir un corps dont la surface est assez bien polie pour réfléchir avec régularité la plus grande partie des rayons de lumière qu'elle reçoit, bhisson, Traité de phys. t. II, p. 296, dans p'ûugens. Pour pouvoir apercevoir un objet entier dans un miroir plan, il faut que la longueur et la largeur du miroir soient moitié de la longueur et de la largeur de robjet,u>. ib. t. II, p. 300. Il Fig. Ne parlons pas de ces esprits faibles qu'on mène otl l'on veut par des louanges, qui s'arrêtent à tous les miroirs qui les flattent, qui s'éblouissent à la première lueur d'une faveur mfmn feinte, boss. Yétures, Pour la profession d'une demoiselle, I. Ah I le peuple I océan! onde sans cesse émuel... Miroir où rarement un roi se voit en beau! v. noGO, //cntont,iv,2. |{ Peindre comme dans un miroir, représenter exactement. Vous nous peignez,comme dan» un miroir, la beauté, la grandeur, la magnificence, l'étendue de toutes ces possessions, SÉV. 14 oct. )•»♦. Il Présenter le miroir, donner un miroir A quelqu'un pour qu'il s'y regarde. || Fig. Pr'sontcr le miroir, dire la vérité, représenter sans mOnagemenl. Lucile le premier.... Aux vice» des Romains présenta le miroir, boil. Art p. ». || Fig. Le miroir de l'espérance, les idée»' flatteuses qu'elle nous présente. Dans nos refrains que le pas.'ié renaisse; L'illusion nous rendra son miroir, bérano. /(onioir. Il Terme d'archéologie. Miroirs étrusques, dis |ues de bronze lét,'èrcmcnt concivc» et munis d'une queue, que l'on retrouve dans les tombeaux étrusques. On suppose avec vraisemblance que le côté concave était disposé en miroir. Ijk grand intérêt actuel de ces bronzes est dans le côlé convexe, Eur lequel sont gravés, au trait, des sujets, le plus souvent mythologiques, et d'une mythologie ordinairement galante. Le savant Gcrhardtafait un ou-

MIR

vrage sur les miroirs étrusques. || i' Nom donné, en optique, à toutes les surfaces solides, polies, planes ou courbes, qui sont susceptibles de réfléchir la lumière. Miroir concave, convexe, prismatique, pyramidal, parabolique. Il Miroir mixte, miroir dont la surface réfléchissante est composée de lignes qui sont droites dans un sens et courbes dans un autre. || 3° Il se dit de petits miroirs que les femmes ont portés quelquefois comme bijoux. Une jolie demoiselle toute pleine de miroirs et de chaînes, pasc. Pens. vu, 2B, éd. iiAVET. Il 4° Par extension, objet ou brillant ou poli comme un miroir. Ce parquet est un miroir. Ce ruisseau nous offre le miroir de ses eaux. Ce mauvais temps, qui vous glace le Rhône et la Durance, nous a fait un miroir de la Seine, sÉv. (9 janv. 1689. Il 5° Fig. Modèle. La clémence du roi, le miroir des monarques, régnjer, Sol. m. Faites, s'il est possible, un miroir de votre âme, id. 16. xiii. 0 gloire de ton sexe, ô miroir de ton âge ! Tristan, Panthée, v, 9. Cet illustre empereur, ce miroir des grands princes, m. M. de Chrispe, 1, 3. || 6' Fig. Ce qui représente une chose et la met pour ainsi dire sous nos yeux. Médée est un miroir de vertu signalée, CORN. Méd. II, 2. L'occasion est belle, il nous la faut chérir; Nous serons les miroirs d'une vertu bien rare, id. lier. 11. 3. L'un m'invite à le suivre, et l'autre me fait peur; Mais l'exemple souvent n'est qu'un miroir trompeur, id. Cinna, 11, 1. Mais il [un songe] passe dans Home avec autorité Pour fidèle miroir de la fatalité, ID. Poly. I, 3. On peut sur le passé former des conjectures. — Le passé mal con'iuit n'est qu'un miroir trompeur, Oii l'œil bien éclairé ne fonde espoir, ni peur, id. T'ois, d'or, m, 4. Toutes les peintures ridicules qu'on expose sur les théâ.tres, doivent être regardées sans chagrin de tout le monde ; ce sont miroirs publics où il ne faut jamais témoigner qu'on se voie, mol. Critique, 7. La science du christianisme, qu'est-ce autre chose qu'un miroir fidèle et céleste, dans lequel Jésus-Christ se représente? boss. Panég. SteCather. 2. J'ai fait, sans y penser, le portrait du saint que je dois exposer à vos yeux, comme un miroir de patience dans les persécutions, un exemple de douceur pour ses ennemis, un modèle des vertus épisoopales, Fi.Écii. Panég. 11, 439. Un discours trop sincère aisément nous outrage; Chacun dans ce miroir pense voir son image, boil. Sat. vu. || 7° Miroirs ardents, miroirs concaves, faits ordinairement d'acier extrêmement poli, qui, rassemblant les rayons du soleil, font prendre feu aux corps combustibles qu'on présente à leur foyer. Le miroir ardent que S. A. R. monseigneur le duc d'Orléans a acheté do M. de Tschirnhausest du moins un témoin irréprochable d'une grande partie de ce qu'il avait avancé ; co miroir est convexe des deux côtés et est portion de deux sphères dont chacune a dovize pieds de rayon, fonten. Tschirnhaus. L'histoire des miroirs ardents d'Archimède est fameuse; il les inventa pour la défense de sa patrie, luff. Ilùt. min. Intrnd. part. exp. Œuv. t. vu, p. <4l. Par la première expérience que j'ai faite, le 23 mars 1747, à midi, j'ai mis le fou, à ce pieds de distance, à une planche de hêtre goudronnée, avec 40 glaces seulement, c'est-à-dire avec le quart du miroir environ, ID. ib. p. 162. Sans l'invention des miroirs ardents, personne n'aurait pu ni dû assurer que les rayons du soleil .sont un feu véritable qui divise, qui brûle et détruit, comme notre feu que nous allumons, volt, I'/iii.iV(;ic<.Arat./'w,tn(rod.|| 8° Terme de chasse. Morceau do bois taillé en arc, portant plusieurs petits miroirs qui sont soutenus par une cheville au milieu do laquelle est un trou pour mettre une ficelle, afin do faire tourner ces miroirs ; des filets sont disposés pour prendre certains oiseaux qui se laissent attirer par les reflots au soleil. Prendre dos alouettes au miroir. {| Miroir anglais, espèce de miroir à alouettes qu'un chasseur peut faire mouvoir en même temps qu'il tire. |! l'écho au miroir, se dit d'une manièro d'attirer le poisson en recevant dans un miroir la lumière do la lune. Il 9° Miroir magique, miroir métallique, sur lequel sont graves légèrement des signes et des inscriptions cabalistiques, assez distincts pour être vus sans toutefois troubler les reflets du miroir, et avec lequel on préteu'lait deviner l'avenir ou apercevoir les choses éloignées. Depuis la plus haute antiquité, en A.sio, ju.s(iu'à la cour du régent, en Franco, jusqu'à nos jours dans lo Levant, ces miroirs magiques sont en u<.ago et en vogue mystérieuse, DE LAiioiiDE, £mauz, p. 392.11 10* Dans un langage trèsgrossier, miroir à putain, bel homme qui attire l'attention des femmes. Pour me donner un nom qui me soit convenable, Cbloris, ton jugement est plus que

MIR

raisonnable. Quand tu viens m'appeler un miroir à putains; Je n'en refuse point le titre ni l'usage : Il est vrai, je le suis; tes propos sont certains ; Car tu t'es bien souvent mirée en mon visage, st-amant, Œuvres, Sonnet. \\ 11° Terme de cuisine. Œufs au miroir, œufs cuits sur le plat, sans que les jaunes sa confondent avec les blancs, ce qui leur donne l'apparence d'autant de petits miroirs. || 12° Terme de décoration de jardins. Pièce d'eau dont la forma rappelle celle d'un miroir. || Terme de pêche. Endroit d'une 'rivière où la surface de l'eau est trèsunie. Il 13» Terme d'administration forestière. Place où l'on a enlevé l'écorco, sur un arbre, pour y mettre l'empreinte du marteau. || 14" Terme d'architecture. Ornement en ovale, taillé dans une moulure creuse. Il Terme de construction. Cavité produite dans le parement d'une pierre par un éclat qui a pénétré trop profondément. || 15° Endroit d'une peau de chagrin où le grain n'est pas formé. || 16° En zoologie, partie des plumes du milieu de l'aile de divers oiseaux qui tranche sur les parties voisines par la netteté de ses limites et surtout par la dissemblance de sa couleur, avec ou sans reflet métallique, l.e miroir est vert violet chez le canard sauvage. La soucrourette [espèce de sarcelle] a sur l'épaule la plaque bleue avec la zone blanche audessous, et ensuite le miroir vert, tout comme le soucrourou ; le reste du corps et la tète sont couverts de taches d'un gris brun onde de gris blanc, BUFF. Ois. t. xvn, p. 408. jl Taches qui terminent les barbes de la fansse queue de quelques oiseaux comme le paon. || Cheval bai à miroir, voy. mnoiTÉ. Il 17° Ancien terme de marine. Cartouche de menuiserie placé au-dessus de la voûte de l'arrière, et portant les armes du prince ou la figure dont le vaisseau a tiré son nom. || 18° Terme de chasse. Fiente des bécassines à l'aide de laquelle on reconnaît leur passage. Il 19° Miroir des Incas, ancien nom du fer sulfaté poli. || Miroir d'âne, le gypse laminaire. Il Miroir de Sainte-Mario, miroir de la Vierge, miroir du pèlerin, la chaux sulfatée à lames blanches. Il 20° Miroir de Vénus, voy. mirette. || Miroir du temps, mouron rouge. || 21° Espèce de papillon de jour. || 22° Miroir, ordre militaire institué en <410 par Ferdinand do Castille, après une victoire remportée sur les Maures; la chaîne était de fleurs de lis, entremêlées de griffons.

— IIIST. XIII' s. Miraours de chevalerie Fu il, tant corn il a vesou, buteb. 51. Quicunques veut estre ovriers d'estain, c'est à savoir fesieres do miroirs destain,de fremaus d'estain, de sounel tes.... Liv.des tn(;(.43.Cartretout cil qui ont à vivre Devroient ape- 1er ce livre Le miroer as amoreus, la Rose, 1O087. Ainsinc cum li mireors montre Les choses qui li sunt encontre, Et i voit l'en sans couverture Et lor color et lor figure, ib. (S83. || xiV s. Un mirouer d'or, poinçonné dohors à lis, et dedans est une annonciation esmaillée sur le blanc, de labobde, Émaux, p. 390. Certes, s'il n'est hardis, il ne vaut pas deux gans. Fors pour faire jalons et nous et nos enfans ; C'est un mirois à dames pour estre decevans, Baud. de Seb. m, 00. || xv s. Celle dure aventure lui devoit bien estre |au comte de Flandres] un grand mirouer, et dut estre toute sa vie, FRoiss. Il, II, 157. Aristides qui mit à la mesure de justice tout le pays de Grèce, et qui fut lo mirouer de continence et de vertu, Boucic. m, <3.||xvi° s. Quand, miroir de moi mesmo, en inoy jo nie regarde. Je voy comme le taiis m'c^t sans fruict escoulé, DESPORTES, (Euvres ehrestiennes. Sonnets, 17. Le prince partant do St-Denis (comme estant logé au milieu), aussi accompagné du cardinal de Chastillon, des vidâmes do Chartres et d'Amiens, des comtes do Saux et de la Suzo, ayant pria pour mirouer Stuartavec 33 Kscossois : tout cela marcha jusques au pavé, d'aub. Ilist. l, 2ll>. En chacuna branche de parage, celle qui s'appclloit mirouer de fief [la branche aînée] par l'ancienne coutume du Vcxin, pouvoit porter la foi pour toutes les autres, LOYSi'.L, «28. Il n'y a meilleur miroir que !• vieil ami.coTORAVR. Le miroir porte en soy L'imaige laquelle il ne volt, lçroux w. lincy, Frnv. t. 11, p. i7«. Un miroir ardent d'assier, tout rond, àdcuï bords dorez et entre doux ung cercle d'asur, l'en- Tors dudit miroir tout doré, de LAUOunE, Ëmaux, p. 392.

— ÉTYM. Mirer; Berry, mirouer, miroui; hourgulg. mirfi ; le Mans, mircux ; provenç. mirador. Il y a deux formes pour ce mot : miraor, mircof et lo provençal mirador signifient proprement le mtreur; miroir, miroir, miroer, mirouer, signifient l'instriinicnt à mirer.

t MIROITANT, ANTK (mi-roi-Un, tan-t') adj.

MIS

Il l'Oui miroite, qui a l'éclat d'un miroir. Surface miroiUnle. || V S f. La miroitante, diallage métallique. MIROlTfi, ÉE (mi-roi-té, tée), part, passé de miroiter. || !• Rendu semblable à un miroir. Et sans doute fdisait Davousl) qu'on oubliait ce chemin couvert de givre, battu et miroité par les pas de tous ceux qui les devançaient, sêgcp, Hist. de Nap. IX, 9. Il S' Robes miroitées, se dit, chez le cheval, des robes dans lesquelles on remarque des plaques arrondies plus brillantes ou d'une nuance plus claire que le fond de la robe.

— BEM. Miroité n'est dans le Dictionnaire de l'Aeadémic qu'au 2* sens.

t MIROITEMENT { mi-roi-te-man), t. m. Éclat qu'une surface polie jette en réfléchissant la lumière. Le défaut de l'huile pour les compositions monumentales [lable.aux] est le miroitement qui empêche le spectateur de saisir l'ensemble de l'œuvre, la VE- LEïB, Rev. des Deux-Mondes, <5 déc. «866, p. 842.

— ÉTYN. Miroiter.

t MIROITER (mi-roi-té). i|l* V. a. Rendre semblable à un miroir (sens qui n'est pas dans le Dict. de l'Académie). || 8° V. n. Jeter des reflets ondoyants. (Le firmament pur] On dirait l'eau des mers, quand une faible brise K.".ii miroiter les flots où le rayon se brise, lamaht. Joc. ii, 77.

— ÉTYM. Miroir, par une dérivation irrégulière où l'ra disparu; ce devrait être miroirer.

MIROITERIE (mi-roi-te-rie), *. f. Commerce de miroirs.

— ÈT(M. Miroitier.

MIROITIER, 1ÈRE (mi-roi-tié, tiè-r'), ». m. et f. Il !• Celui, celle qui fait, répare et Vend des miroirs. Les miroitiers s'appelaient, dans leurs lettres de maîtrise, miroitiersi-lunetiers, et leur profession était synonyme de celle d'opticien, et comprenait la fabrication des verres de tous genres relatifs à l'optique. Il .ild/. Maître miroitier. |i 2° Ouvrier qui met les glaces au tain, les coupe, etc.

— ÊTYM. iBiroir ; Vr a irrégulièrement disparu; ce devrait être miroirier.

i MIRO-MIRO (mi-ro-mi-ro), s. m. Nom vulgaire d'une espèce de gobe-mouches.

+ MIRONTAINE (mi-ron-tè-n") et MIRONTON (miron-ton). Sorte de refrain populaire qui n'est que pour le son et n'a point de sens.

MIROTON (mi-ro-ton), s. m. Terme de cuisine. Mets composé de tranches de bœuf déjà cuites qu'on assaisonne <le différentes manières, et surtout avec des oignons coupés en tranches très minces et bien cuits. Cette pauvre fille, il ne faut pas lui demander quelque chose de bien difficile, un miroton, une blanquette, les premiers éléments, scribe et ■ AZÊRES, Vatel, se. 8. Il Miroton de pommes, espèce (le compote de pommes.

— ETYM. Origine inconnue.

] MIRZA (mir-za), i. m. || !• Chez les Persans, titre d'honneur, prince. Mirza se place ordinairement après le nom propre ; quand il le précède, il équivaut à monsieur en français. Il était fils unique d'un mirza du pays; c'est comme qui dirait marquis parmi nous, ou baron chez les Allemands, VOLT. Le blanc et le noir. || i° Sorte de bijou que les femmes ont porté autrefois. Elle met à son orrille des mirzas d'émeraudes, genlis, Veillées du ehdt. t. I, p. 34, dans pougens.

— ÊTVM. I'ersan,mirîo, contracté de l'arabe émir, prince, émir, et du persan idda,i\\i : fils de prince.

MIS, MISE (ml, mi-z"), part, passé de mettre, fl !• Colloque en quelque lieu. Un livre mis dans une bibliothèque. || Fig. Les volontés ne sont pas seulenicnt soulTertcs par sa patience [de Dieu], mais nicore mises sous le joug de sa puissance souve- .•line et inévitable, iioss. Déf. delà Irad. xi, )3. 1 Main mise, voy. mainmise, qui s'est écrit en deux mots. Il Avec un infinitif. Les quenouilles de mais, .nises bouillir dans de l'eau de fontaine, sont re- Vicos à moitié cuites, chateaub. Amérique, File (un dit mieiu mises i bouillir). || 2' Bien mis, mal mi», bien, mal habillé. Un gentilhomme Jeune, bien fait, et des mieux mi» de Rome, la roiiT. Court. S'il rencontre un jeune homme mieux mi» que lui.j. j.houss. Ém. iv. Elle arrivait coiffée en cheveux, mise k peindre, genlis, Ad. et Tnéod. t. l,p. (fco.dans poi'GKNs. || 8* Terme de marine. Être mis ou jeté au plein ou sur des roches, être porté au plein ou sur de» roches par suite du mauvai» temps ou de circonstance» indépendante» de la volonté

MISAINK (mi-iW), ». {. Il 1- Terme de marine. Mit d'avant, mtt qui est auprès du beaupré. || La Yoile de mliaint, ou , simplement, la misaine, la voile attacbie i ce mil. || l'Le» pêcheur» normand» donnent auaioe nom i un muiceau de toile qu'ils

MIS

mettent pour les garantir de l'eau de la mer lorsqu'ils font la pi>che de la morue.

— Hisr. XVI* s. Eust esté pris le dit Espaignol, mais en se défendant advisa le vent, et se meit audessus; et, pour fuir plus tost, meit la mizenne soubs l'eslouyn , qui est une voile tenant à un des bouts de l'antenne, pendant hors sur le bord du navire, mise là pour faire hastivefuiteouviste chasse,;, d'au- TON, Ann. de Louis XII, p. 348, dans lacl'rnk.

— ÉTYM. Ital. mexxaiM, qui, au moyen âge, désignait la voile du mât du milieu, alors qu'orlimone nommait la grande voile hissée au mât de l'avant, ;al.

MISANTHROPE (mi-zan-tro-p') , ». m. || 1» Celui qui hait les hommes. Le Misanthrope, comédie de Molière représentée en loea. Une chose de fort grand cours Et de beauté très-singulière Est une pièce de Molière; Toute la cour en dit du bien; Après son Misanthrope il ne faut plus voir rien; C'est un chef-d'œuvi-e inimitable, subugny, la Muse Dauphine (1066). Timon, ou le misanlhiope, peut avoir l'âme austère et farouche; mais extérieurement, il est civil et cérémonieux, la bruy. xi. J'ose prendre le parti de l'humanité contre ce misanthrope sublime, volt. Pensées de Pascal, Avant-propos. || 2" Honjme bourru, chagrin , ennemi du commerce des autres hommes. Le rapporteur de mon père, parmi sa solitude ordinaire, s'était rendu un vrai misanthrope, personne ne se pouvait vanter de le savoir gouverner, Francion, 1. m, p. OB. Il 3° Adjectivement. Un caractère misanthrope. Il 4° S'est dit aussi du jeu nommé le solitaire.

— HIST. XVI" s. L'offre que fist Timon le misanthropeàsesingrats Athéniens, RAB.PonMv,onc.proJ.

— ÉTYM. Miidvôpwiio;, de \uatii, haïr, et ivôpuitoç, homme.

t MISANTUROPEKIE (mi-zan-tro-pe-rie) , ». f. Mot employé par Mme de Sévigné avant que misanthropie fût en usage, et signifiant plutôt, à cause de sa finale, métier de misanthrope, aifectation de misanthropie. Dites-moi s'il [Vardos] est birn désolé de la longueur infinie de son exil, ou si sa philosophie et un peu de misanthroperie soutiennent son cœur contre les coups de l'amour et de la fortune? SÉV. 28 juin 1671.

MISANTUROPIE (mi-zan-tro-pie), ». f. Caractère du misanthrope, haine des hommes. Ma misanthropie augmentant tous les jours, je déclarai que je ne voulais plus recevoir personne, genlis, Vceux téméraires, t. i, p. 178, dans pougens. || Terme de médecine. Aversion pour les hommes et pour la société, c'est un symptôme de la mélancolie et de l'hypocondrie.

— ÉTYSI. MisavOpwîtîa, de (itadvCpuTco;, misanthrope.

MISANTUROPIQUE (mi-zan-tro-pi-k'), adj. Qui a le caractère de la misanthropie. Ce ne furent [des écrilsd'Alph. Rabbejque des compilations faitesavec hâte et fatigue, et dans lesquelles étaient jetées çà et là des pages éloquentes, expression de ses misanthropiques douleurs, carhel. Œuvres, t. v, p. 217.

MISCELLANEA (mi-ssèl-la-né-a) ou MISCEI.LA- NÉES (mi-ssèl-la-née). s.m.pl. Mélanges de littérature.

— ÊTYM. Lat. miscellaneus, de miscellus, mêlé, de mii^cere, mêler.

t MISCUNA (mi-chna), ». f. Recueil, de traditions rabbiniques depuis Moïse; il a servi de fondement au talmud et en forme la première partie. Il On trouve aussi misnah. Il [le P. Morin] assure que la misnah ne put être composée que l'an 3uu, et le talmud de Babylone l'an 700 environ, diijer. Opin. des anc. philos, (juifs).

— f.TYM. Hébreu, tnischna, remaniement.

t MISCIINIODE (mi-chni-k'), adj. Qui a rapport à la mi.schna. Les écrivains mischniques. || Substantivement. Les mischniques.

MI.SCII)ILITË (mi-ssi-bi-li-té), ». f. Terme didactii|ue. Qualité de ce qui peut se mêler.

— ETYM. Miscible.

MISCIBLE (mi-ssi-bl'), adj. Terme didactique. Qui est doué de la miscibilité. L'eau et l'alcool sont miscibles.

— ETYM. Lat. miscere, mêler.

MISE (mi-z'), ». f. Il 1° Ce qu'on met soit dans une société de commerce, soit au jeu. Nous ions petit jeu, la mise n'est que de cinq francs. Ils avaient des comptoirs, des facteurs, des agents. Des registres exacts de mise et de recette, la font. Fabl. XII, 7. Les hommes tirèrent au blanc une mise donnée par Mme d'Orbe, ). J. ruuss. Uél. v, 6. Le ciel a béni l'entreprise. Et nous avons au moin» décuplé mtre mise, sauhiw, Bcverlei, m, 8. Il i' tliichère. J'% fait plusieurs mises: mais on a

MIS

toujours surenchéri. || 8° L'emploi de l'argent, la dépense; l'état qu'on en dresse dans un compte (vieilli en ce sens). La mise excède la recette. || Fig. N'en faire ni mise ni recette, ou ni mise ni compte, n'en tenir compte. Ce hrave seigneur me dit que je ne nie mi.sse point en peine; que, de ce pas, il dépéchait un de ses substituts à Saint-Germain pour avertir le roi des ruses de M. de Liancourt ; et, quant à Royer, que je n'en fisse ni mise ni recette, d'autant que c'était un homme couché bien avant dans ces registres et en bien noirs caractères, ph. garasse, Récit des persécutions contre les jésuites, ms. inédit, cité par ch. nisard. Journal de l'instruction publique, 2 août t860. De toutes ces plaintes féminines, je n'en fais ni mise ni compte, GUI PATIN, Lettres, t. iv, p. 102, dans polgens. Il 4" Qualité d'une monnaie qui a cour». Monnaie de mise. Ces espèces-là ne sont plu» de mise. Il Fig. et familièrement. De mise, qui est reçu, accepté, trouve faveur, en parlant des personnes. Aller dans l'autre monde est très-grande sottise, Tant que dans celui-ci l'on peut être de mise, mol. Sgan. 4. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure de suite, qui, le moment d'après, baisse, dégénère, perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, la bruy. ii. [Le duc de Sully] c'eût été un honnête homme et de mise, s'il n'eût point été si étrangement et si obscurément débauché, st-sim. 338, 1 68. J'ai vu une femme à la foire qui avait quatre mamelles et une queue de vache à la poitrine; elle était monstre sans difficulté, quand elle laissait voir sa gorge, et femme de mise quand elle la cachait, volt. Diet. phil. Monstres. ||Cet homme est de mise, il est fait pour la bonne compagnie. Garçon bien fait, beau parleur et de mise, la font. Gag. J'avais nartout quelque connaissance de mise, J. j. Rouss. Em. v. || Se faire de mise, se faire recevoir, accueillir. Il y [à Paris] vient de tous lieux des gens de toute sorte; Et dans toute la France il est fort peu d'endroits Dont il n'ait le rebut aussi bien que le choix ; Comme on s'y connaît mal, chacun s'y fait de mise, CORN. Ment. 1, <.||En parlant des choses, être de mise, être valable, convenable. Ceux qui ont dit que la neige est noire ont laissé des successeurs qui, s'ils ne disent la même impertinence, en diront d'autres qui ne seront pas de meilleure mise, halh. à Balzac, dans godefroy. Les. de Corn. t. 11, p. 49. Combien en connaissais-je à qui tout est de misel Régnier, Dial. Il est impossible qu'on s'imagine qu'à des personnes de votre rang et à des esprits de l'excellence du vôtre, on présente rien qui ne soit do mise, puisqu'il est tout vrai que vous avez un tel dégoût des mauvaises choses.... CORN. dit. dédie, au duc de Longueville. En lieu de sûreté le babil est de mise, iD. l'Illusion, IV, 9. Venez, cette raison est de mauvaise mise, iD. Place roy. 11, 8. Ces beautés [à la scène] étaient de mise en co temps-là, id. Ex. du Cid. Que tout y soit bien ajusté. Que rien n'y penche d'un côté. Rien n'y soit de mauvaise mise. Rien n'y sente la barbe grise, m. Poés. div. Bagatelle, 'l'on excuse n'est point une excuse de mise, mol. Amph. 11, 3. On est blâmable de ne pas mettre ses goûts et ses répugnances au niveau des goûts et des répugnances qui sont de mise, le p. buffier, (7;!6, dans DESFONTAINES. |{ Cette étoffe n'est pas de mise, n'est plus de mise, elle n'est plus de mode, ou bien la saison de la porter est passée, ou enfin elle est usée. || B° Terme de jurisprudence. Mise en possession , formalité juridique par laquelle on est mis en possession d'un bien. || Mise en accusation, en jugement, décision par laquelle ou met un prévenu en accusation , un accusé en jugement. || Mise en liberté, décision par laquelle le prévenu ou l'accusé est mis en liberté. {| Mise en cause, action d'appeler une personne dans un procès. Il Mise en délibéré, jugement (|ui ordonne un délibéré. || Mise en demeure, interpellation faite au débiteur, pour qu'il ait à remplir ses obligations, et déclaration que, passé telle époque, il sera considéré comme retardataire. || Frais et mise d'exécution, frais qu'un créancier est obligé de faire pour employer son litre. || Mise à prix, déclaration du prix d'un objet, qui est faite en diverses circonstance» par le vendeur. || Mise en état de siège, déclaration oflicielle des mesures prises pour la défense d'une ville, d'un pays. || 6» Mise en vente, l'action de vendre ou faire vendre quelque chose. || 7" Terme do commerce. Mise hors, argent déboursé, avancé pour les frais d'une entreprise. || 8* Mise on œuvre, l'action de mettre en œuvre une matière quelconque. Il 9* Mise en scène, les préparatifs, les suios

MIS

qu'exige la représentation d'une pièce de thé.ltre. Une mise en scène dispendieuse. |{ Mise eu action, l'action de donner un effet réel à. Rien ne retarda les mouvements des troupes, qui étaient la mise en action de ce manifeste [la déclaration du )" mars )8U) des puissa;ices alliées contre Napoléon], villemain, Souvenirs cantemp. les Cent jours, v. Il 10" Terme d'imprimerie. Mise en pages, l'action de rassembler les paquets de composition pour en faire des pages et des feuilles. || Mise en train, l'action de tout disposer pour le tirage d'une forme. Il Mise en casse, action de jeter les lettres dans les cassetins. || En général, mise en train, acte par lequel on fait commencer un travail, ou par lequel on met en action un mécanisme quelconque. Il 11* Mise en subsistance, position d'un militaire momentanément attaché, quanta l'administration, à un autre corps que le sien. || Mise en disponibilité, peine infligée à un officier, à un fonctionnaire civil, par laquelle toute fonction lui est ôtée, sans qu'il soit destitué. || Mise à la retraite, action de donner sa retraite à un employé. || Mise à pied, interdiction de travailler dont l'administration frappe un cocherqui a commisquelque faute grave; se dit, par extension, d'un fonctionnaire destitué ou disgracié. Il 12' Terme de construction. Mise en ligne, manière de construire un mur i parement vertical, en se guidant sur des ficelles ou lignes tendues. || ISTerme de marine. Mise à l'eau d'un bâtiment, son lancement duchantier.jj Miseen place des couples, leurélévation sur la quille aux points où ils doivent rester dès le commencement de la construction. || 14° Terme de musirjue.Mise de voix, tenue faite sur une des notes les plus sonores du diapason, en passant insensiblement du pianisssimo au forte et du farté au pianislimo. Il 15" Manière de se mettre, de se vêtir. Votre fille a vraiment une mise divine, picard, Entrée dans le monde, i, (O. || Mise en ce sens est un néologisme quin'estdans le Dictionnairede l'Académie qu'à partir de l'édition de 1 8-16, et qui est blâmé par Mme de Genlis : Sa mise, une mise décente, en parlant de l'habillement de quelqu'un, expressions condamnées, Me'm. t. v, p. »6, dans podgens. Il 16° Bassin carré destiné à recevoir le savon quand il est cuit, afin qu'il s'y refroidisse. Il 17° Trou conique par lequel on verse la graine de moutarde dans le moulin. || 18° Pièce de fer forgée à laquelle on donne la forme propre à être soudée exactement à une masse ou à un autre morceau de fer. Il Pièce de bois sous la presse du papetier. || Disposition des pièces de bois d'un train à fiotter. Il 19° Mise-lias, parturition. La mise-bas de cette chienne. || 20° Mise-bas, se disait autrefois des habits qu'on ne veut plus porter, et qu'on donne aux domestiques ou aux pauvres. Donner sa mise-bas.

— HIST. xiii* s. Si vous prient corne à seigneur.... que vous asseurés la mise à tenir, et sachiés que il ne souferoient en nule manière la guerre, villf.h. czxiii. Hestre Guillaumes au roi vint. Là où des gens et plus de vingt; Si dist : « sire, nous sons en mise Par le dit et par la devise Que li prélat deviseront, BUTRD. 76. En toz tex [tels] cas doivent estre li parçonniors ois, li quel ne vocleiit riens mètre es mises de l'iretage, beaum. xxii, 2. Procureres ne pot fere pes ne mise ne accordance no concordance de le [la] quercle son segneur, se li pooirs.... m. iv, 30. Il xiv* s. Le magnifique fait tclos despenses et expose grans mises pour bien et à bonne fin, oresme, Eth. IIS. Il XV* s. Et davantage luy payer dix mil Angloys pour quatre moys, affin que plus aysement il portast le» mises de l'armée, comm. vi, a. || xvr s Ce n'est pas défense de mise ni de recepte, si l'homme estant doué de sens allègue qu'il n'a point d'oreille pour ouir la vérité, calv. Imlit. 26. La monnole n'est pas de miw; je n'en saurois «ivoir ni pain ni vin, nespcR. Coniet, xxi. Quand mise ou arbitrage est mis sur deux qui ne se peuvent accorder, ils ne peiivent prendre un tiers, s'il ne fut mis en la mise {compromis], lotsel, 36*. Nous sommes grands mesnagiers de nostre mise, mont, i, -iu. Il s'est desmis de r« bourse, de sa rccepts et de s.a mise, iD. I, >i8. Nous appelons monnoye, non celle qui est loyale seulement, mais !& faulse aussi qui a mise, m. in, "7. La naîfvelé et la venté pure, en quelque siècle que ce soit, Ireuvent encore leur op portunité et leur mise, ID. m, 2»*. L'acticteur qui auroit fait ladilte mise i prix de la chose suhhast*«, Coutt. génér. L l, p. «7S.

— RTYM. Jft».

t MI.SKR (mi-zé),». n. Tenne qui se dit dansquel- •jues provinces pour enchérir. Ne misez pas sur moi.

— KTYM. Ifl««.

MISÉRABLE (mi-zé-ra-bl'), adj. || f Qui ast dans

la misîre, ou dans le malheur. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, la font. Fabl. vu, l. La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable, pasc. Pens. i, 3, éd. iiavet. Il [l'homme] veut être heureux, et il se voit misérable, ID. ib. I, 8. C'est être d'autant plus misérable qu'on est tombé de plus haut, m. ib. viii, O. On n'est pas misérable sans sentiment : une maison ruinée ne l'est pas; il n'y a que l'homme de misérable, ID. ib. XXV, 82. Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables : misérables comme nous, impuissants comme nous. ID. ib. XIV, I. Nous voici donc, hélas ! à ce jour détestable Dont la .seule frayeur me rendait misérable, RAC. Théb. 1, I. Et ce héros aimable Est aussi malheureux que je suis misérable, ID. ililhr. ii, i. Haï, craint, envié, souvent plus misérable Que tous les malheureux que mon pouvoir accable, id. Esth. ii, I . Mais dans l'ennui qui m'accable, Si mes amis sont heureux, Je serai moins misérable, volt. Usage de la vie. Le plus heureux est celui qui souffre le moins de peines; le plus misérable est celui qui sent le moins de plaisirs, i. i. ROuss. Ém. n. \\ Par exagération. Ce misérable M. d'Auxerre n'a pas même un bon carrosse? maintenon, Lett. à Urne de Caylus, 2* nov. 1716. Il II se dit des choses. Une misérable condition. Son sort est misérable. La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l'autre misérable, la brut. xi. Il Faire une fin misérable, mourir dans la misère, et aussi mourir d'une mort funeste. || 2° Digne de pitié. Misérable, je puis adoucir des taureaux. Et je ne puis toucher les volontés d'un homme, CORN. Mcdée, m , 3. Misérable vengeur d'une juste querelle, Et malheureux objet d'une injuste rigueur, ID. Cid, i, 9. Misérables humains, ceci s'adresse à vous, la font. Fabl. x, I3. ||I1 se dit aussi des choses. C'est une misérable suite de la nature humaine, pasc. dans cousin. On traîne, on va donner en spectacle funeste Do sou corps tout sanglant le misérable reste, rac. Esth. m, 8. || 3° Digne de mépris et de haine. Il faut être bien misérable pour faire une telle action. Le croyez-vous vous-mêmes, misérables que vous êtes? pasc Pro«. XVI. Misérable, tu cours à ta perte infaillible, rac. Phèdre, iv, 3. Misérable! et je visi et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue, m. ib. iv,6. Misérable Zaïre ! Tu ne jouiras pas.... volt. Zaïre, v, 7. || 4° Qui est sans valeur, sans mérite. Un auteur miséraffle. N'avez-vous point de honte de me mettre en état d'appréhender auprès de vous un misérable bourgeois? bussy, dans hichelet. Un misérable faiseur de vers, p\trd. Oraison pour Archias, d.ins ricbelet. Lucrèce était un misérable physicien, et il avait cela de commun avec toute l'antiquité, VOLT. Dict. phil. Poêles. || Il se dit aussi des choses. Un livre misérable. Si vous ne m'aimiez, il faudrait brûler mes misérables lettres avant que de les ouvrir, sÉv. 425. Il n'y a rien do plus éclatant [que la gloire], ni qui fasse plus de bruit parmi les hommes, et tout ensemble il n'y a rien de plus misérable ni de plus pauvre, boss. la Yallière. Rien n'est si petit et si misérable quo de se donner pour ce qu'on n'est pas et so faire honneur du personnage d'un autre, Mass. Carême, Doutes sur la relig. Telle e.st la misérable faible.sse des hommes, qu'ils regardent avec admiration ceux qui ont fait du mal d'une manière brillante, et qu'ils parleront souvent plus volontiers du destructeur d'un empire que de celui qui l'a fondé, voi.t. Charles XU, discours. C'est une misérable con'Olalion d'apprendre que des monstres sont abhorrés, mais c'est la seule qui reste à notre faiblesse , id. Lftt. d'Alemb. 18 juin. 1768. Je l'ai lu, s.ins pouvoir y glaner une misérable ligne qui me servît, didrr. Salon de i:o7, Œuv. t. XIV, p. .191, dans pouokns. Quelques-uns, tel» que les fourmiliers, les paresseux, etc. sont d'une nature si misérable, qu'ils ont à peine les facultésde se mouvoir et de manger, buff. Quadrup. t. V, p. 168. Tous ces êtres sont misérables sans être malheureux, et, dans ses productions les plus néglif^ées, la nature P'-ir'-iU toujours plus eo mère qu'en marâtre, it>. i6. t. vi, p. H8. Ahl monsieur, me dit-il, ma santi est bien misérable, et il entra dan» le détail de se» maux de nerfs.... harmonvel, Kém. VIII. Il 6' SulMtanlivement. Un misérable, une misérable, celui, celle qui est dans la misère ou dans le malheur. (;omme les joies des misérables ne durent guère, VOIT. Lett. 26. Puis la peur de la mort sied mal aux misérable», «oth. Ildit. i, 2. Il ne se (aut jamais moquer des misérables; Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux? la font. fabl. v.

Mis

«7. En un mot il languit, le pauvre misérable, mol. Éc.desf. 11,6. J'aime les biens, parce qu'ils donnent le moyen d'en assister les misérables, pasc. Pens. XXIV, 69. Et pour nous rendre heureux, perdons les misérables, rac. Brit. ii, 8. || Il se dit aussi de ceux qui sont dans une condition inférieure, ou de gens .sans ressources. Quand nous faisons besoin, nous aulres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables, MOL. l'Ét. 1, 2. Moi qui sens de la pitié pour ce qui s'appelle des misérables, maintenon, Lett. à Urne des Ursins, 4 juill. 1706. Lorsqu'en 1763 la Floride fut cédée par la cour de Madrid à celle de Londres, les cinq ou six cents misérables qui végétaient dans cette région se réfugièrent à Cuba, ray- NAL, //lit. phii. xn, 11. Il 6° Celui, celle qui est digne de haine ou de mépris. On distingue les hommes en doux classes : la première, des hommes divins qui sacrifient leur amour-propre au bien public; la seconde, des misérables qui n'aiment qu'eux-mêmes, volt. Trait, métaph. ch. 8. || C'est un misérable, ce n'est qu'un misérable, c'est un homme de néant, ou c'est un très-malhonnête homme. |{ Dans ce dernier sens, on dit quelquefois : c'est un grand misérable. || C'est un petit misérable, se dit d'un enfant vicieux, et aussi d'une personne sans consistance. Comment! petit misérable, vous faites entendre qu'il n'y a que de m.iuvais catholiques qui aient justifié Jean Calas, rétabli sa mémoire, et déclaré sa famille innocente! volt. Facéties, Quest.sur lesmir. 17* ie«re. Il C'est une misérable; la misérable, en parlant d'une femme que l'on méprise. Quoi! cette misérableà mon fils destinée Déclare maintenant sa haine contre moi ! rdtr. Antig. iv, 2.

— HIST. XVI' s. On dit que la consolation des misérables est d'avoir des pareils, l'Amant ressu-icité, p. 502, dans lacuhne. Au dernier coin se sied la misérable crainte, d'aub. Tragiques, la Chambre dorée.

— ÊTYM. Provenç. et esp. mùierable; ital. miserabile ; du lat. miserabilis, de miserari, avoir pitié (voy. misère).

MISÉRABLEMENT (mi-zé-ra-ble.-raan), adv.

D'une manière misérable. Pour cotte cassolette [cadeau du cardinal de RetzJ, dispensez-moi, ma bonne, de retourner misérablement là-dessus, sÉv. 26 juin 4675. La vie de l'homme est misérablement courte, PASC. Amour. Ils périrent tous deux misérablement, Boss. Hist. 1, 6. Beaucoup de juifs chassés d'K.spagne par Ferdinand et Isabelle se sont réfugiés à Tétuan.à Méquincz, à Maroc, et y vivent misérablement, VOLT. Mœurs, lea.

— HIST. XIV" s. Et fincroit sa vie ainsi meschament et misérablement, oresme, Eth. 22,

— ETVM. Misérable, st le suffixe ment.

t MISÊRATION (mi-zé-ra-sion), s. f. SenVimont de pitié, effet de la miséricorde. Un Dieu si Iwn et si bienfaisant, dont les miséricordes n'ont point do bornes, dont les infinies misérations éclatent magnifi'iuement par-dessus tous ses autres ouvrages, boss. Sermons, Anges gardiens, i.

— HIST. XIV' s. Miseracion, Chron. franc, ms. de Nangis, an 1 300, dans lacubnk.

— lîTYM.Lat.mwrad'oncm, de mtKrnri.avnir pitié. MISÉUH (mi-zfc-r'), s. /■. || 1° État mallioureiu.

Le regret du passé, du présent la misèio, niioNiEii, Sat. XI. Que je te plains, ma fille! hélas I pour ta misère Los destins ennemis tut fait naître ce frèio, corn. Veuve, m, 8. Ciol qui vois ma miscro et qui fais les heureux, Prends pillé d'un devoir qui m'est si rigoureux, id. ib. iv, m. Nos crimes sont pareils ainsi que nos misères,iD.Wor.iv,7. Lo soir, le matin et à midi, je raconterai mes misères, et j'annoncerai ses miséricordes : et il exaucera ma voix, saci, Bible, Psaume liv, 48. L'ellroi que j'aurais do le» voir [certaines personiies| en cet état éternel do misère, pasc. I.elt. d Mlle dt Itoannit, 3. Misi le de l'homme sans Dieu, id. Pens. xxu, i, éd. luvEr. Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heur(uiv, do ne point y penser, id. ib. iv, 5. Malgré les misères qui sont extrêmes, on ne laisse pas de sa marier: M.leprincedeUohan et Mme de Turenn». . siv. 13 février 4694. M. de la Itocheroucniild a U goutte ; si, malgré le lait, la goutte prend celte liberté tous les ans, ce sera une grande misère, il), 6 nov. 4675. Contrainte de paraître au monde, et dt taler, pour ainsi dire, à la France même ctauLuun> où elle était me avec tant de gloire, toute l'éiendiie do sa misère, noss./Jeinr d'Anglel. Êtrt! prompteniinl délivré des misères do cette vie, m. ïol. de Mnnlerby. 7'outos les eztnmitcs des choses humaini'S la féliciié sans bornes, aussi bien que les mi.sèru.s, 10. Reine d'Anglet. Cett« capitale du royauma,

mû

qui renferme tant de grandeurs cl tant de mîs?ires tout ensemble, fléchieb, Aiguillon. Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre as'^assin ; Lui seul y fit longtemps la publique misère, uoil. Art p. iv. Hécube près d'Ulysse acheva sa misère, bac. Andr. i, 2. D'un ennemi respecter la misère, Sauver des malheureux.... Soigneur, voilà des soins dignes du fils «i'Acliille, iD. ib. i, 4. ...Les amis de mon père Sont autant d'inconnus que glace ma misère, ID. Brit. I, i. l'eut-être je devrais, plus humble en ma misère.... ID. llilhrid. i, 2. J'ai tantôt, sans respect, affligé sa misère, m. /;ihtg. m, i. Il y a une espèce de honte d'être heureux à la vue de certaines misères, la brut. xi. Les misères publiques, en augmentant les murmures, semblent augmenter les profusions, mass. Carême, Mauv. riche. 11 n'est pas inutile de dire aux étrangers que misère est en poésie un terme noble, qui signifie calamité et non Indigence, volt. Sur Uorace. C'est bien par cet exemple aussi cruel que mémorable, qu'il faut déplorer les misères de la grandeur, 1. 1. rouss. Confess. XII. Tenez, dit-il, en me montrant des paysans qui traversaient le parc et se rendaient à l'ouvrage en chantant, que ne donnerais-je pas pour partager leurs travaux et leurs misères! scribe, le Prix de la vie dans les Ilistorietles et proverbes. Il La misère du temps, des temps, le mauvais état des affaires. {| 2* Faiblesse et néant de l'homme. Ce sont [les misères de l'homme] misères de grand seigneur, misères d'un roi dépossédé, pasc. Pens. i, 3, éd. HA VET. Orgii?il, contrepesant toutes les misères; ou il cache ses raisères, ou, s'il les découvre, il se glorifie de les connaître, m. ib. 11, 2. Malgré la viie de toutes nos misrres, qui nous touchent, qui nous tiennent Ji la gorge, id. ib. 11, 4. La misère persuade le désespoir, l'orgieil persuade la présomption, jd. ib. XII, 14. Tout le corps des justes qui prie, et qui est toujours exaucé, rend le Seigneur bien plus attentif aux besoins de l'Église, et aux misères de nos »mes, MASs. Carême, Mot. de conv. || 3* Soullrances physiques, incommodités. Vous ne sauriez croire combien je suis devenu vieux ; toutes mes misères ont augmenté, et un apothicaire est beaucoup plus nécessaire à mon être qu'un général d'armée, volt. Lrlt. Itichelicu, 1 8 juin )7B7. || 4° Lit de misère, lit sur lequel est une femmeentravaild'accouchement. Il S° Indigence, privation de ressources, des cl.oscs nécessaires. Sa misère est sans doute une honnête roisère,MOL. Tart. 11, 2. Je serai au désespoir, s'il faut que je reprenne encore les pensées de la guerre... il est triste de s'avancer dans le pays do la misère : c'est ce qui est indubitable dans votre métier [mili tairej, sEv. d Bussy, <2 octobre 1678. X force ds vouloir soutenir mon vieux chlteau, il me fera tomber dans la misère de n'avoir pas de quoi souper cet hiver, m. <b novembre <C77. Mme Bernard : Mais vous prêchez toujours misère. — M. Bernard : C'est que vous m'y plongez, dans la misère, dan COURT, Èlais. de camp. se. <4. Ceux qui n'ont des yeuxquepourlesmisèresd'éclat, mass. Or. (un. Villars. L'homme aux quarante écus : Quoi 1 le moyen de vivre commodément est d'associer ma misère à celle d'un autre 7 — Le géomètre : Cinq ou six misères ensemble font un établissement très-tolérablc, VOLT. l'Il. aux quarante écus, Fntret. avec un géom. On touche au temps de vérifier ce qui a été dit, qu'il y avait une puissance qui donnerait la paix, et que cette puissance c'était la misère. :». Lett. d'Argent, nov. «759. Ah! la misère entraîne feux plus affreux nnlheurs I Elle ôte le courage et dégrade le cœur, m. j. ciién. Gracques, m, <o. Il Mal de misère, la pellagre. || La misère, les gen» qui sont dans la misère. Ces tristes demeure» oil se retirent la misère et la pauvreté, »Lf.cH. i^iguiHon. ||Le bonhomme Misère, personnage principal d'un conte populaire. Comment le bonhomme Misère vainquit la mort. || 6° Peine, difficulté. C'o-l une grande misère que les procès. C'est une misère que d'avoir affaire à lui. || Fig. et famdièremenl. Collier de misère, travail pénible, qu on ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt, par allusion soit au collier du cheval qui tire, soit i l'ancien collier de l'e-clave. || Familièrement. Faire des misères, causer de la peine des contrariétés, du tourment. || Paroles de médisance Il a dit toutes sorte» de misère» de vous. On joue on bâille, oft s'ennuie, on ramasse quelque misère les uns de» autres, on se hait, on s'envie, on se •MM^ et on se déchire, MAmTEHon, UU. à Mme 4* Layltu, 17 juillet (70i. ||7- Action, chose moralement petite. Elle ne fait point de ce» petite» inii*re»U,«*v. »7o. Quel besoin n'aurais-je pas

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d'un courage et d'une vertu comme la vôtre?... c'est ce qui ne m'est pas donné; je suis livrée lia misère d'une grande faiblesse, W' îiv. grignan, dans SKv. t. x, p. 400, éd. RÉGNIER. Quelle misère de s'offenser de tout ce que la Providence divine fait pour les autres! fléch. Serm. 11, 2. M. le Duc ne demanda pas mieux que de faire les avances du raccommodement ; le comte de Fiesqiie eut la misère de les recevoir, st-sim. 99, 54. Chamillart fit la sottise de le mettre [son frère] de l'Académie française en sa place, qui avait eu la misère de l'élire, ID. 355, t»3. 11 avait les misères des femmes qui l'avaient fait subsister; il ne craignait rien tant qu'une salière renversée, id. 44", 241. Le bel intérieur de conscience à montrer ! que de misères mises au jour! et quelles misères encore! Marivaux, Paysan parv. B" part. Écrivez, vous dis-je, à Mme du Châtelet; point de politique, point de ces lâches misères, volt. Lett. Thieriot, isjanv. (739. i| 8° Bagatelle, chose de peu d'importance et de valeur. Vous ne voudriez pas que j'entretinsse le roi de ces misères, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné,t.i, p. 168, dans POUGENS. Il n'est pas permis aune femme auteur de donner des misères, M"' de puisiEux, hidic. à la mode, p. 2B0, dans pougens. Vous ne vous êtes donc pas présenté à la caisse"? — Ah! monsieur, c'est une misère, picard, Duhautcours, 1, 5. Il 9° Terme du jeu de boston. Coup que l'on gagne, quand on parvient à se débarrasser de toutes ses cartes, sans relever une seule main. Demander une misère en pique. || Petite misère, celle dans laquelle on écarte préalablement une carte à son choix. Il Misère sur table, celle qui se fait en montrant son jeu (voy. bosto?;). |{ 10° Misère, rougegorge; on dit aussi bonhomme-misère.

— lilST. xu» s. Si fust tun plaisir que veissesma miserie, Rois, p. 3. || xm'' s. Par le péché Adam no père Sommes nous mis en grant misère, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. 42. Je crien que coste pitiez et ceste dciuçor no nos tort [tourne] à misère et à amertume, BRUN. LATINI, Trésor, p. B14. Come ladite Amile eust esté en si grant misère [souffrance, maladie] par trois mois. Miracles SI Loys, p. '77. Il xiv s. Et après en sa vieillesse il chiet [tombe] en très grant misère, oresme, Eth. a2. Disant que m.oult courtoisement il les avoit Iraitié en temps de leur misère, bercheure, f° 35, verso. ||xv' s. Les premiers agousteurs [ceux qui goûtèrent les premiers] de ceste humaine misère, chastelain, Chron. du duc Philippe, Proesme. || xvi* s. Aimer mieulx mourir, que vivre en celle misère, d'avoir à se garder mesme de ses amis, MONT, i, <3 3. Il suffi; au jour de sa misère, cotgrave.

— ETYM. Prov. esp. et ital. miseria; du lat. miseriam, dérivé de mii^er, dont on pense que les relations étymologiques sont avec le lat. mmstus, triste, liîiTo;, haine.

MISERERE (mi-zé-ré-ré), s. m. || l" Terme de liturgie. Le psaume cinquante-unième, qui commence en latin par ces mots, miserere mci, Deus (ayez pitié de moi, Dieu). Je vous remercie du psaume ; mais pourquoi m'envoycr, en l'état où je suis, des choses si tristes? quelle meilleure paraphrase peuton voir du miserere, que moi-même? voit. Lett. 30. Le miserere est un psaume composé de versets qui se chantent alternativement d'une manière très-différente, stael, Corinne, x, 4. j] Fig. Il ena eu depuis miserere jusqu'à vitulo.^, il a été bien étrillé, il a fait quelque grosse perte, par allusion aux moines qui se donnent la discipline en disant le psaume miserere dont le dernier mot est vilulos. Il Terme de musique. Chant composé sur les parolesdu psaume miserere. Le miserere de Verdi dans l'opéra du Trouvère. || 2° Par extension, le'temps

dédire un miserere F.nfin la porte s'ouvre;

Mais ce ne fut d'un bon miserere, la font. Erm. Je demeurai deux bons misérérés sans parler, ni elle (la duchesse d'Orléans], st-sim. 272, 480. Il 3° Sorte de colique très-dangereuse et très-douloureuse, que les médecins nomment iléus. || Au plur. Des misérérés.

— HiST. ilii* s. Lors commence sa kyriele, Sa credo et sa miserele, Pater noster, sa letanie, Ren. 284. Il XV* s. Or vous suppli, très humbles columbelles. Qu'après ma mort ayez de mai merci ; Dites pour moy pscaumes et miserelles, e. desch. Poés. mss. ^ 36B. Il XVI' s. Telle maladie [hernie étranglée] est nommée communément miserere mei,

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