INCOMBUSTIBLE
(in-kon-bu-sti-W), adj. Qui n'est pas combustible. La toile qu'on fait avec l'amiemte est incombustible. Il fut brûlé dans du lin incombustible avec l'oranger sur lequel il avait couché, VOLT. Princesse de Babyl. 4. | IHomme incombustible, jongleur qui par certains artifices se préserve de l'action des corps très-chauds qu'il manie ou a préparés. || Fig. et par plaisanterie. Qui ne s'amourache pas.
— HisT. XIV' s. Matière incombustible et qui ne porroit ardoir, oresme. Thèse de meunier.
— ÉTYM. In.... 4, et combtistible.
tINCOME-TAX(in'-kom'-tak3'), ». f. Mot anglais
qui signifie impôt sur le revenu.
avantage, on demande de combien il est plus fort; et il est à remarquer que souvent les avantages ou les forces sont incommensurables, de sorte que les deux joueure ne peuvent jamais être parfaitement égalés, FONTEN. Bemoulli. \\ Par extension Quelle raison a eue Dieu d'unir deux êtres incommensurables [l'âme et le corps], volt. Newt. i, 9. || Fig. Ces agréments de la vie sont très-souvent incommensurables avec l'argent, galiani. Correspond, t. u, p. < 17. Il S. f. Les incommensurables, les racines qui ne peuvent être extraites exactement. || 2° Qui ne peut être mesuré, qui est très-grand ou infini. Un espace Incommensurable.
— HIST. xiv s. Le dyametre et le costé d'une figure quarrée sont incommen.surab!es, ohesme, Eth. «6.
— ÉTYM. Lat. incommensurabilis (qujcherat. Addenda), de in.... 4, et commensurabilis , commensurable.
t INCOMMERÇABLE ( in-ko-mèr-sa-W), adj.
Terme de banque. Qui n'est point susceptible d'être mis dans le commerce. Effet incommerçable.
— ÉTYM. In... 4, et commercer.
t INCOMMISËRATION (in-ko-mmi-zé-ra-sion) ,
». f. Manque de commisération.
— ÉTYM./n.... 4, et commisération.
t INCOMMODANT, ANTE ( in-ko-mo-dan, dan-
t'), adj. Qui incommode. Bruit incommodant.
LNCOMMODE (in-ko-mo-d'), adj. || !• Qui n'est pas commode, qui u'oflre pas de commodité. Outil incommode. Logement incommode. Si j'avais à remettre la tête d'un enfant ainsi gâté [par le goût de la toilette], j'aurais soin que ses habits les plus riches fussent les plus incommodes, j. j.nouss. Ém. ii. Il 2° Qui cause du malaise, de la gêne. La chaleur est incommode. Je ne pnuvals faire une plus incommode perte fil s'agit de la mort d'un serviteur] dans mon petit domestique, sÉv. juin <«90 (n° (284, édit. Régnier). Quelqu'un dira peut-être qu'elle n'a pas ressenti de ces douleurs aiguës qui font qu'on regarde la mort comme une consolation et la vie comme un supplice; que sa croix a été plus incommode que pesante, fliîch. Mme de Mont. Une langueur qui semble d'abord plus incommode que dangereuse, des maux d'autant plus à plaindre.... ID. Dauphine. || 3° Importun, à charge, en parlant des personnes. Ne voulez-vous pas me défaire de votre marquis incommode? mol. Critique, 4. Importun à tout autre, à soi-même incommode, boil. Sat. viii. Sa vertu l'avait rendu incommode à Idoménée, fén. Tél. vi. || Par extension, il se dit des animaux qui troublent et fatiguent. Il n'y a rien de plus incommode que les cousins et les mouches,
— ÉTYM. Lat. incommodus, de tn.... 4, et cotnmodus, commode.
INCOMMODÉ, ÉE (in-ko-mo-dé, dée), part. pa»«^ d'incommoder. || l"Quiéprouvede l'incommodité, de la gêne. Incommodé par le bruit de la rue. || 2° Incommodé dans ses affaires, ou, absolument, incommodé, qui a perdu de l'argent, ou qui n'a pas d'argent. Aussi est-ce à vous seul qu'on voit avoir recours toutes les muses nécessitantes ; vous êtes la grande protectrice du mérite incommodé, mol. Am. magn. I, 6. Revenons aux personnes incommodées, pour le soulagement desquelles nos pères assurent qu'il est permis de dérober non-seulement dans une extrême nécessité, mais encore dans une nécessité grave quoique non extrême, pasc. Prov. viii. || Fig. Je me trouve un peu Incommodé de la veine poétique par la quantité de saignées que j'y ai faites ces jours passés, MOL. Précieuses, (2. |j3° Qui a une indisposi-
INC
tion, une maladie légère. Ma fille est souvent lort incommodée de son côté; son TÏsage pourtant lui lait honneur, sÉv. 30 mars 4683. Elle m'apprit qu'elle se trouvait incommodée, et que, sans la visite de mon frère, elle ne se serait pas levée, mariv. Pays. parv. part. 6'. S'il [Louis XIV] arrivait chez Mme de Maintenon et qu'il la trouv&t incommodée, quelquefois avec la fièvre, cela ne l'empêchait pas de faire ouvrir les fenêtres, parce qu'il aimait l'air, DOCLOs, Règn. Louis XIY, (Èuv. t. v, p. <84, dans poDGENS. Il Être incommodé d'un bras, d'une jambe, n'en avoir pas l'usage. || 4° Terme de marine. Bâtiment incommodé, bâtiment qui a perdu quelqu'un de ses mâts ou qui a souffert quelque autre dommage. INCOMMODÊMENT (in-ko-m(wié-man), adv. Avec incommodité. Être logé incommodément. Être assis incommodément.
— HIST. xvi* s. On remua ces deux prisonniers on un galtas où ils estoient fort incommodément, d'aub. Uist. m, <B2.
— ÉTYM. Incommode, et le suffixe ment.
INCOMMODER (in-ko-mo-dé ; quelques personnes,
obscurcissant beaucoup l'o, prononcent in-ke-mo-der; c'est une mauvaise prononciation), i;. a. |{ 1° Causer de l'incommodité. Et qu'un père incommode un homme de mon 4ge ! cohn. te Uent. iv, ( . On incommode souvent les autres, quand on croit ne les pouvoir jamais incommoder, la hochefouc. Réfl, mor. n' 242. Elle n'entendra point de bruit.... eh I bon Dieu, pourrait-on être incommodée d'un bruit qui fait espérer votre retour? sÉv. 26 avr. 4680. Votre faux raisonnement m'incommodait, et je me sens plus en état d'aller me coucher tranquillement, FONTEN. les Mondes, 2* soir. Dans le travail lies mines de charhon de terre, l'on est toujours plus ou moins incommodé par les eaux, buff. Min. t. n, p. 294. Le curé de Maisons, qui s'intéressait à ma santé et qui ne craignait point la petite vérole, demanda s'il pouvait me voir sans m'incommorter, volt. Lett. Breteuil, janv. 4724. || Absolument. Je ne viens pas ici pour incommoder, mol. Poure. 1, 40. Trop de plaisir incommode, pasc. dans cousm. Un Dieu qu'on fait à sa mode, aussi patient, aussi insensible que nos passions le demandent, n'incommode pas, Boss. Anne de Gonx. || Il se dit aussi des choses qui sont gênées. Il faut couper ces arbres qui incommodent la vue du château, Dict. del'Acad. Il 2* Mettre dans la gêne, dans l'embarras, relativement à la fortune. Cela vous incommodera-t-il de me donner ce que je vous dis? uol. Bourg, gent. m, 4. Il y a loin de chez toi à ce faubourg; tu auras besoin de voitures pour y venir, et ce serait une dépense qui t'incommoderait, Marivaux, Pays, parv. part. 4«. || 3° Rendre un peu malade. Le repas d'hier l'a incommodé, jj Dans ce sens, on l'emploie souvent au passif. M. le Prince a dit qu'il était incommodé, sfiv. 4 27. Le comte : Quand je dis le lit, monsieur, c'est la chambre que j'entends. — Bartholo : Ne fût-il qu'incommodé, marchez devant, je vous suis, beaumabch. Barb. de Sév. m, 2. || t" S'incommoder, V. réfl. Se causer à soi-même de l'incommodité. Je ne puis vous céder ma chambre sans m'incommoder. Le respect est [à l'égard des grands] : incommodez-vous; cela est vain en apparence, mais très-juste; car c'est dire : je m'incommoderais bien, si vous en aviez besoin, puisque je le fais sans que cela vous serve, pascal. Pensées, v, 42, édit. lahure, 4 860. Il Se causer de l'incommodité l'un à l'autre. Ils s'incommodaient réciproquement. || Se causer une gêne d'argent. Pourvu qu'on piit rendre l'argent sans s'incommoder, pascal, Prov. viiu Je suis témoin qu'elle s'est incommodée pour eux, volt. Lett. en vers et en prose, 65. Si chacun faisait tout le bien qu'il peut faire sans s'incommoder, duclos, Consid. mœurs, ch. 4 6. || Se rendre légèrement malade. Il en aurait pu manger six [gâteaux] sans s'incommoder, i. j. houss. Em. u.
— HIST. xv s. Les Anglois incommodoient fort les François sur mer, jov. nés uhsins, dans le Dict. de DOCHEZ. Il XVI' s. Mais si ainsi estoil.... falloyt-il que ce feust en incommodant à mon roy celluy par lequel tu estojs estably ? rab£L. Garg.i, 3i.
— ÉTYM. Lat. incommodare , de incommodus, incommode.
INCOMMODITÉ (in-ko-mo-di-té), s. f. || 1° Gêne, malaise que cause une chose incommode. Les peuple» qui, ayant été autrefois demi-sauvages et ne «'étant civilisés que peu à peu, n'ont fait leurs lois qu'à mesure que l'incommodité ries crimes et des querelles les y a contraints, desc. Méth. ii, 4. Si on recevait quelque incommodité en fuyant les occasions, pascal, Prov. v. Si cela vous fait la moindre incommodité, s£v. 202. Je suis délicieusement oc-
DICT. DB LA LANGHE FRANÇAI.SB.
INC
cupèe du plaisir de vous recevoit et de faire que vous ne receviez aucune incommodité, m, 4» janv. 4674. Rien ne l'étonné, ni ces grands espaces de terre et de mer qu'il faut traverser, ni les incommodités et les périls d'une navigation difficile, fléch. Panég. 11, p. 359. L'on a cette incommodité à essuyer dans la lecture des livres faits par des gens de parti et de cabale, que l'on n'y voit pas toujours la vérité, la brut. i. || i° Gêne pécuniaire. La perte de son procès lui causera de l'incommodité. La perte de cet argent ne lui fera pas une grande incommodité, sév. 29 janv. 4690. || 3° Maladie légère. Je serais incapable de vous cacher une incommodité si je l'avais, sav. 4 6 oct. 4 68O. Il est retenu au lit par quelque incommodité, la brut. xi. Mme la duchesse de Chartres, sous prétexte d'incommodité, demeura à Fontainebleau, st-sim. 62, 40. La fièvre et les incommodités cruelles qui m'accablent, ne m'ont pas permis..., volt. Lett. Quirini, 25 octob. 4 745. Il Par plaisanterie. Nous sommes en peine de savoir si vous riez quand on vous harangue ; c'est une incommodité â quoi je craignais que vous ne fussiez sujette, s4v. 6 mars 4 674. || 4° Terme de marine. Etat d'un vaisseau qui a besoin d'être secouru. Ce vaisieau tait le signal d'incommodité.
— HIST. XV* 8. Souvent incommodité Provient d'avoir trop chanté, bass. xiv. || xvi* g. S vous la prenez pauvre [une femme] , avec la pauvreté Vous espousez aussi mainte incommodité, desportes, Diverses amours, xn, Stances du mariage, 4 7.
— ÉTYM. Provenç. incommoditat, encommoditat; espagn. tneomodtdod ; ital. incomoditd; du lat. incommoditatem, de incommodus, incommode.
t INCOMMCABLK (in-ko-mmu-a-bl') , adj. Qui ne peut être commué, en parlant de choses qui ne peuvent changer l'une dans l'autre. Les éléments chimiques sont incommuables.
— HIST. ivi* s. Incommuable, cotgrave.
— ÉTYM. In.... 4, et commuer.
t INCOMM0N, UNB (in-ko-mun, mu-n"), adj. Qui n'est pas commun.
— HIST. xvi* g. Incommun, oudin, Dict.
— BTYM. Lat. incommunis, de in.... i, et communis, commun.
t INCOMM0N1ANT, ANTE (in-ko-mu-ni-an, ant'), adj. Qui ne communie pas. Parle-t-il avec discrétion quand il déchire l'innocence dé ces filles [les religieuses de Port-Royal] dont la vie est si pure et si austère, quand il les appelle des filles impénitentes, incommuniantes...? pasc. Prov. xi.
— ÉTYM. In..., 4 , et communiant.
t INCOMMDNICABILFTÉ (in-ko-mu-ni-ka-bi-Ii-té), s. f. Qualité de ce qu'on ne peut communiquer.
INCOMMUNICABLE ( in-ko-mu-ni-ka-bl') , adj. Qui n'est pas communicable. Un nom dont la majesté consiste à être incommunicable, boss. Bist. 11, 2. Et c'est ce grand nom de Dieu [je suis celui qui suis], terrible, mystérieux, incommunicable, sous lequel il veut dorénavant être servi, ilj. ib. u, 3. Un des caractères les plus incommunicables de la divinité est la connaissance de l'avenir, rollin, Traité des Études, liv. v, 2» part. ch. 4, art. 2. Ils ne savent pas adorer le Dieu de tous les êtres, unique, incompréhensible, incommunicable, éternel, et tout juste comme tout-puissant, volt. Socrate, m, 4. Le peuple même ne peut, quand il le voudrait, se dépouiller de ce droit incommunicable [le droit de faire des lois], j. j. rouss. Contrat, 11, 7. Chatjue animal a la science incommunicable de ce qui lui est propre, bern. bb st-p. Uarm. 1. v.
— HIST. xvi* s. Propriété incommunicable, calv. Inst. 75. Misérable paission [la jalousie], qui a ceci encores d'sstre incommunicable I car à quel amy osez-vous fier vos doleancesT nom. ni, 348. Combien do souspeçous.... incommunicables! id. 1, 34 5.
— ËTYM. Lat. incommunicabilis, de tn.... 4, et communicabilit , communicable.
t INCOMMDNIQCÉ, ÉE (in-ko-mu-ni-ké, kée), adj. Qui n'est point communiqué, transmis.
— ÉTYM. Lat. incommumcatus (ouicherat. Addenda), Ae in.... 4, et communitatut, communiqué.
INCOMMUTABILITÉ (in-ko-mu-ta-bi-li-té), s. f. Terme de jurùprudence. Qualité d'une propriété qui ne peut être changée légitimement. Il prouve l'incommutabilité de sa propriété par une possession centenaire.
— ÉTYM. Lat. incommulabilitatem, de intommutabilis, incommutable.
INCOMMUTABLE (in-ko-mu-U-bP), adj. Terme de jurisprudence. Propriétaire incommutable, propriétaire qui ne peut être dépossédé. || Dans un sens analogue, propriété incommutable. L'expérience fait voir que ce qui est noD-seulement en rtnmmua.
fNC
mais encore sans propriété légitime et incommutable, est négligé et à î'atândon, boss. Polit, vm, 11, 3.
— HIST. XVI* s. 11 vouloit que les estats de France et de Milan le jurassent, et que cela fust publié par edict incommutable, u. du bbllat, 253.
— ÉTYM. Lat. incommutabilis, de tn...4, et com^ mutabilis, qu'on peut changer (voy. commuer).
INCOMMDTABLEMENT (in-ko-mu-ta-ble-man) , adv. Terme de jurisprudence. En telle sorte, qu'on ne puisse être dépossédé légitimement. Posséder incommutablement une terre. || Par extension. Si une longue naturalisation ne les améliore pas [les épices], les Hollandais n'auront eu qu'une faussa alarme, et ils resteront incommutablement les maîtres du commerce des épiceries, ratnal, Hist. phil.
— ÉTYM. Incommutable, et le suffixe ment.
t INCOMPACITÉ (in-kon-pa-si-té), adj. Manque de compacité.
— ÉTYM. In.... 4, et compacité.
t INCOMPARABILITÊ (in-kon-pa-ra-bi-li-té) , «. f. Qualité, état de ce qui est incomparable.
— HIST. m* s. Incomparabilité , oown, Dict. INCOMPARABLE (in-kon-pa-ra-bl'), adj. \\ i' Qui
n'a pas de terme de comparaison. Pour peu qu'on ait réfléchi sur l'origine de nos connaissances, il est aisé de s'apercevoir que nous ne pouvons en acquérir que par la voie de la comparaison : ce qui est absolument incomparable est entièrement incompréhensible, buff. De l'homme, t. iv, p. 4 54. Il i' X quoi rien ne peut être comparé. Ouelle» preuves incomparables Peut donner un prince de soi. Que les rois les plus adorables N'en quittent l'honneur à mon roi? malb. Il, 4. L'assistance incomparable que vous avez rendue à feu monsieur votre frère [mort de la peste] vous doit être maintenant une consolation non pareille, voit. Lett. 4 3. Élevez maintenant, ô Seigneur, et mes pensées et ma voix; que je puisse représenter à cette auguste audience l'incomparable beauté d'une âme que vous avez toujours habitée, boss. Marie-Thér. || Il se dit des personnes dans le même sens. Il s'appelle Scapin, c'est un homme incomparable, et il mérita toutes les louanges que l'on peut donner, mol. Fourb. de Scapin, m, 3. Quand nous faisons besoin, nous autres misérables, Nous sommes les chéris et les incomparables, m. l'Ét. 1,2. En louant l'homme incomparable dont cette illustre jissemblée célèbre les funérailles, boss. le Tellier. L'incomparable Julie que toute la France a si longtemps admirée, et que toute la France regrette aujourd'hui, flécr. Mme de Mont. || U est incomparable, se dit par ironie,, pour témoigner la surpris" qu'on a de ce qu'un homme fait ou dit. Vous êtes vraiment incomparable.
— HIST. XV* s. [Les Français] t»outerent le feu en plusieurs maisons, et aussi en l'église saint Akaire et en l'abbaye, et y firent dommage incomparable, M0NSTRELET, n, 449. Le throue de netteté et de gloire incomparable as volu ordoier [salir] et souïllier par tes escrips, o. cbastel. Exvoi. sur la verUi mal prise. || xvi* s. Toute incomparable qu'elle est [la vaillance d'Alexandre], si a elle encores ses taches, UONT. II, 8.
— ÉTYM. Lat. incomparabilis, de in.... 4, et comparabilis, comparable.
INCOMPARABLEMENT (in-kon-pa-ra-ble-man) , adv. Sans comparaison. Cela est incomparablement beau. Il II est suivi ordinairement de quelque adverbe de comparaison, comme plus, mieux, moins. Des parties incomparablement plus petites, pascal, dans cousin. Qui leur eût dit qu'il y avait une sorte de navigation incomparablement plus parfaite.... vous pouvez compter qu'Us ne l'eussent jamais cru,F0NTEN. les Mondes, 2* soir. La terre est un globe dont le rayon n'est pas de sept millions de mètres; le soleil est incomparablement plus gros, la place, Exp. u, 4 .
— ÉTYM. Incomparable, et le suffixe ment.
t INCOMPARÊ, ÉE (in-kon-pa-ré, rée), adj. Qui n'est point comparé à un autre objet.
— HIST. XV' s. Ta grande beauté qui est incomparée, les Triomphes de la noble dame, f° 4 32,
dans LACUHNB.
— ÉTYM. Lat. incomparatus, de in.... 4, et comparatus, comparé.
t INCOMPASSIBLE (in-kon-pa-ssi-bl'),od7. Terme de théologie. Simultanément impassible. Les personnes de la Trinité sont incompassibles.
— ÉTYM. I.at. incompassibilis, de in.... 4, cum, avec, et passibilis, passible.
t INCOMPASSION (in-kon-pa-sion), s. f. Défaut de compassion.
— ÉTYM. In.... 4, et compassion.
INCOMPATIBILITÉ (in-kon-pa-ti-bl-li-té), s. (.
INC
Il 1» Contrariété qui fait que des personnes ne peuvent s'accorder entre elles. Elles [Athènes et Sparte] éudent ennemies plus encore par la contrariété de leur intérêt que par l'incompaUbilité de leur humeur, Boss. Uist. m, B. Dans la bizarrerie de votre humeur, dans l'incompatibilité de votre caractère, MASS. Carême, Pardon. Le divorce se fait par un consentement mutuel à l'occasion d'une incompatibilité mutuelle, montesq. Espr. xvi, a. Elle était âgée de quarante-sii ans, et il y en avait quinze qu'une extrême incompatibilité réciproque la séparait de son mari, volt. Hist. pari. ch. 4< . || î- Terme de législation. Incompatibilité légale, impossibihté légale que deux fonctions soient remplies en même temps par la même personne, ou que plusieurs personnes remplissent une fonction. U n'y a point incompatibilité entre les fonctions de ministre et celles de député. Démission fondée sur l'incompatibilité. Il On dit dans un sens analogue : Il y a incompatibilité que deux frères soient juges dans un même tribunal. Il 3° Par extension, impossibilité qui fait que des choses ne peuvent aller, compatir ensemble. L'incompatibilité de ces deux assertions. Je suis bien vieux, j'ai étudié toute ma vie; mais je vois là [dans l'histoire du serpent] une foule d'incompatibilités que je ne puis concilier, volt. Taureau blanc, B. Il 4° Terme de pharmacie. Opposition chimique que se font certains médicaments dans leur mélange, d'où il résulte qu'on ne peut les associer.
— HIST. xvi* s. Je viens de voir disputer devant le roi de l'incompatibilité de ces deux estats de connétable et maréchal de France que vous tenez, car- LODC, u, ». Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des bénéfices sous prétexte d'emprunt, impost, vacant, despouille, succession, déport, incompatibilité.... pithoo, <4. La vérité a ses empeschements, incommoditez et incompatibilitez avec nous, mont, ix, i no.
— ÊTYM. Incompatible.
INCOMPATIBLE (in-kon-pa-ti-bl'), adj. || l" Qui ne peut, en pajlant des personnes, s'accommoder d'une chose. [Coriolan] l'homme le plus incompatible avec l'injustice, mais le plus dur et le plus aigri, boss. Uist. m, 6. || Il se dit de ceux qui ne peuvent se supporter l'un l'autre. Qui ne voit sur se fondement que les luthériens et les calvinistes sont deux nations irréconciliables et incompatibles dans le fond? boss. Var. add. xiv, § n. Que si vous me demandez comment tant de factions opposées et tant de sectes incompatibles qui se devaient apparemment détruire les unes les autres, ont pu si opiniâtrement conspirer ensemble contre le trône royal..., m. Beine d'Anglet. \\ Absolument. Je trouve d'ailleurs que d'être comme incompatible et de ne pouvoir souffrir que des gens qui nous reviennent, c'est une heureuse invention pour se rendre insupportable à la plupart des dames, hérë. Revue des Deux-Mondes, iSis, t. xvni,p. 75. Vaut-il mieux être farouche, dédaigneux, incompatible et toujours mordant? fén. Dial. des morts anc. xvii. || Il te dit aussi d'animaux qui ne peuvent s'accoupler ensemble. M. le marquis de Spontin-Beaufort, ayant tenté cette même union du chien et de la louve, a très-bien réussi; et dès lors il a trouvé et suivi, mieux que moi, les routes et les moyens que la nature se réserve pour rapprocher quelquefois les animaux qui paraissent être incompatibles, buff. Quadrup. t. vm, p. 4î. || 2° Fig. Qui n'est pas compatible, en parlant de choses qu'on ne peut associer. Ta vie avec la sienne est trop incompatible, corn. Béracl. ui, 2. La charité qui , de sa nature, a la force de nous unir inséparablement â Dieu, par là f!-it incompatible avec l'état de péché, boss. 5° écrit, t :. Le plaisir et la gloire dans cette vie sont incompatibles, BOURDAL. Myst. Aseens. de J. C. t. i, p. 4 H. On ne doit pas mêler cet impôt avec d'autres impositions , quelles qu'elles puissent être, avec lesquelles il est incompatible de sa nature, VAUBAN , Dime , p. 234. Sans cesse elle présente à mon âme étonnée L'empire incompatible avec votre hyménée, rac. Bérén. v, 6. Oserai-je dire que le cœur seul concilie les choses contraires et admet les incompatibles T la brut. iv. Être né grand et vivre en chrétien n'ont rien d'incompatible, UASS. Pet. car. Respect. Jamais on ne vit un plus grand exemple, que le courage n'est point incompatibleaveclamoUesse, volt. Louis XtV, 43. Ce Chinois était lettré et négociant, deux choses •qui ne devraient point être du tout incompatibles, et qui le sont devenues chez nous, id. Dict. phil. Gloire, Glorieux. La raison et la liberté sont incompatibles arec la faiblesse, vauven. Jfoa. xx. || Absolument. Attrihuo- n la matière des qualités incom-
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patibles. || 8" Terme de jurisprudence. Se dit des dignités, des fonctions, des places qui ne peuvent être réunies dans la même personne. Cet homme à petit collet et grand ami des jésuites [Fouquet] possède deux charges qui sont incompatibles, gui patin, Lett. t. u, p. 4 B7. Il Terme de droit canon. Se dit des offices et des charges qui ne peuvent être possédés en même temps par une même personne.
— HIST. IV s. Ces deux princes [Louis XI et Charles le Téméraire] avoient conditions et moeurs incompatibles, et volontés toutes discordantes, g. CHASTELAiN, dans le Dict. de dochez. || xvr s. Ce n'est point chose incompatible d'user de ses biens comme chrestien, et comme vertueux ensemble, LANGUE, «78. Cela a rendu les gens si incompatibles, que, hantans ensemble, ils sont contrains de pratiquer souvent ce proverbe, qui dit, aujourd'hui ami, demain ennemi, id. 247. Les quinze luy ont bientost quitté toute la charge, le connoissant incompatible [insociable], carlou, n, î. Les deux estats [emplois] estoient sans doute incompatibles, ID. II, 8. Il devint si hagart, presumptueux et brave, qu'il estoit incompatible et intolérable à un chacun, josÈPHE, Guerre, Trad. de des Essars, i, iS. Cette altercation [marchander] à laquelle et mon humeur et ma forme de parler est du tout incompatible,
— ÉTYM. In.... 1, et compatible.
t XNCOMPATIBLEMENT (in-kon-pa-ti-ble-man) , adv. D'une manière incompatible.
— HIST. XVI' s. Incompatiblement, monet. Dict. t INCOMPATISSANT, ANTE (in-kon-pa-ti-saj3,
san-t') , adj. Qui manque de compassion.
— ÉTYM. In... t, et compatissant.
t INCOMPENSABLE (in-kon-pan-sa-W), adj. Qui ne peut être compensé.
— ÉTYM. In.... 4, et compenser.
t INCOMPENSÉ, ÉE (in-kon-pan-sé, sée), adj. Qui n'a pas été compensé.
— ÉTYM. In.... 4, et compensé.
INCOMPÉTEMMENT (in-kon-pé-ta-man) , adv.
Termedejurisprudence. Sans compétence, par unjuge incompétent. Cela a été mal et incompétemment jugé. . — HIST. XVI' s. Incompetamment, monet, Diet.
— ËTYM. Incompétent, et ie suffixe ment. INCOMPÉTENCE (in-kon-pé-tan-s'),s./'.|| 1" Terme
de jurisprudence. Manque de compétence. L'incompétence d'un juge. || Incompétence matérielle, incompétence d'un juge qui connaît d'une matière attribuée à un autre juge. Incompétence personnelle, incompétence d'un juge qui prononce entre des personnes qui ne sont point ses justiciables. || Terme d'administration. Impossibilité où se trouve un fonctionnaire public de faire tel ou tel acte qui n'est pas de son ressort. ||2" Fig. Dans le langage ordinaire. Manque de connaissances nécessaires pour juger une chose, pour en parler. L'incompétence des théoriciens dans les questions de pratique.
— ÉTYM. In.... t, et compétence.
INCOMPÉTENT, ENTE {in-kon-pé-tan, tan-t'),
adj. Il 1° Terme de jurisprudence. Qui n'est pas compétent. Juge incompétent. |] En parlant d'un jugement. Jamaisjugement ne fut plus incompétent [que celui de Marie Stuart], et jamais procédure ne fut plus irrégulière, volt. Mœtirs, (69. || Partie incompétente, partie qui n'a pas capacité pour contester une chose en justice. || 2° Fig. Dans le langage ordinaire. Oui n'a pas les connaissances nécessaires. Il est fort incompétent en littérature.
— ÉTYM. Lat. incompetentem,dein....i, et compétent, compétent.
+ INCOMPLAISANCE (in-kon-plê-zan-s'), s. f. Défaut de complaisance. Souvent une femme, par son incomplaisance, repousse le goût de son mari et déroute la nature, volt. Dict. phil. Impuissance. 11 [le comte de Charolais] a cultivé ce mi-talent en s'enfermant en solitude par incomplaisance et misanthropie, d'abgenson, Mém. t. ii, p. 4o6.
— REM. Incomplaisance, mot proposé dans le XVII' siècle, condamné parBouhours et employé par Voltaire.
— ÉTYM. In.... 1, et complaisance.
+ INCOMPLAISANT , ANTE (in-kon-plê-zan, zant'), adj. Qui n'est pas complaisant. Je suis complaisant à l'accoutumée, c'est-à-dire incomplaisant tout à fait, mais je n'y saurais que faire ; il n'y a moyen que je force mon humeur, malh. Lett. ii, <4.
— ÉTYM. In.... t, et complaisant.
INCOMPLET, ETE (in-kon-plè, plè-t') , adj.
Il i" Qui n'est pas complet. Un recueil incomplet. Il Terme de philosophie. Idées incomplètes, celles qui ne représentent qu'une partie de leur objet. Il Terme de botanique. Fleur Incomplète, fleur qui
INC
manque de calice, ou de corolle, ou d'étamlnes, ou de pistil. Il Terme d'entomologie. Nymphe incomplète, celle qui est pourvue d'ailes et de pattes, mais immobile. || i° Homme incomplet, homme à qui il manque une chose quelconque pour être tout ce qu'il devrait être. || On dit de même : un esprit incomplet. Il S' S. m. Terme d'administration militaire. L'incomplet, ce qui manque à l'effectif. Il y a à tenir compte des malades, des traînards, eufiu des incomplets ordinaires. || Terme de libraire. Les incomplets, les livres incomplets. Donnez-moi le registre des incomplets.
— ÊTYM. Lat. incompletuSfàe in.... 4, et completxis, complet.
t INCOMPLÈTEMENT (in-kon-plè-te-man), adv. D'une manière incomplète. Les communes avaient une existence précaire et incomplètement reconnue, de bahante, cité dans legoarant.
INCOMPLEXE (in-kon-plè-ks'), adj. \\ 1° Qui n'est pas complexe. || â" Terme de grammaire. Sujet incomplexe, suivant Beauzée , sujet exprimé par un seul mot; c'est le sujet simple de Dumarsais; il est nom, pronom ou infinitif. || Proposition incomplexe, proposition dont le sujet et l'attribut sont simples et n'ont point plusieurs termes, même inséparables. 118° Terme de logique. Syllogisme incomplexe, syllogisme dont les propositions sont simples. Il 4° Terme d'arithmétique. Nombre incomplexe, nombre concret ou abstrait, qui ne -comprend pas de sous-divisions d'espèces différentes. || Terme d'algèbre. Quantité incomplexe, quantité qui s'exprime par un seul terme.
— ÉTYM. Lat. incomplexus, de in.... i, et cornplexus, complexe.
t INCOMPLEXITÉ (in-kon-plè-ksi-té) , s. f. Qualité de ce qui est incomplexe.
t INCOMPOSÉ, ÉE (in-kon-pô-zé, zée), adj. Qui n'est pas composé || Terme de musique ancienne. Intervalle incomposé, intervalle qui ne peut se diviser en intervalles plus petits, i. j. rouss. Dict. de mus. Il Terme de rhythmique ancienne. Rhythmes incomposés, ceux qui n'admettent qu'un genre de pied.
— ÉTYM. In.... i , et composé.
t INCOMPOSSIBLE (in-kon-po-si-bl'), adj. Terme dogmatique. Qui se détruit réciproquement, qui ne peut exister ensemble , en parlant d'idées, de propositions. Des termes incompossibles, Dict. de Trévoux.
— ÉTYM. In.... t, cum, avec, simultanément, et possible.
INCOMPRÉHENSIBILFTÉ (in- kon-pré-an-si-bili-té), s. f. Il 1° État de ce qui est incompréhensible. Pour avoir une idée vraie de l'infini , il ne doit en aucune façon être compris, d'autant que l'incompréhensibihté même est contenue dans la raison formelle de l'infini, desc. Rép. aux B" object. 33. Il y a infinité partout, et, par conséquent, incompréhensibilité partout, Nicole, Essais de morale, dans RicHELET. La trinité des personnes divines est le grand mystère de l'incompréhensibilité de Dieu, BOURDAL. Ifyst. Trinité, t. i, p. 482. C'est donc la sainteté de ses maximes qui vous révolte, plutôt que l'incompréhensibilité de ses secrets, mass. Avent, Délai. Pour moi, je n'ose être d'aucun avis, je ne vois qu'incompréhensibilité dans l'un et dans l'autre système, volt. Dict. phil. Idée. Quand je rejetais l'incompréhensibilité de ces raisonnements, on m'objectait l'insuffisance de ma raison, bern. de st-p. Préamb. Ch. ind. || 2° Chose incompréhensible. Le monde est trop éclairé pour se repaître plus longtemps d'incompréhensibilités qui répugnent à la raison, raynal, Hist. phil. vni, 28.
— HIST. XVI' s. Contradictions où ils se treuvent empestrez par la volubilité et incomprehensibilité de toute matière, mont, ii, 24 t.
— ÉTYM. Incompréhensible; ital. inoompreeraibilità.
INCOMPRÉHENSIBLE (in-kon-pré-an-si-bl'), adj. Il 1° Qui ne peut être compris. Sachant que ma nature est extrêmement faible et limitée et que celle de Dieu au contraire est immense, incompréhensible et infinie, desc. Médit, iv, 5. C'est lui [Dieu] qui fait de grandes choses, qui en fait d'incompréhensibles et de miraculeuses qui sont sans nombre, saci. Bible, Job, ix, 10. Jusqu'à ce qu'il [l'homme] comprenne qu'il est un monstre incompréhensible, PASC. dans cousm. Tout ce qui est incompréhensible ne laisse pas d'être, id. Pensées, art. xu, 9, édiU iiavet. Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu'il ne soit pas; que l'âme soit avec le corps, et que nous n'ayons pas d'âme,... iD. ib. xxiv, 97. Pour ne vouloir pas croire des irystères incompréhensibles, ils [les incrédules] fiiivent, l'une après l'autre, d'incompréhen-
INC
slhles erreurs, boss. Anne de ConH. Dieu a mis en nous.... quelque chose qui peut se soumettre à sa souverains puissance, s'abandonner à sa liante et incompréhensible sagesse...., id. Duch. d'Orl. Saint Paul avait bien appelé le corps humain ressuscité un corps spirituel à cause des qualités divines, surnaturelles et supérieures aux sens dont il était revêtu ; à plus forte raison le corps du Sauveur mis dans l'eucharistie d'une manière si fort incompréhensible pouvait-il être appelé de ce nom, ID. Yar. IV, § 7. Cette félicité incompréhensible dont jouiront les saints dans le ciel, bourdal. Sur la récomp. des saints, t" avent, p. 28. J'abuserais trop de ma faible raison, si je cherchais à comprendre pleinement l'être qui par sa nature et par la mienne doit m'être incompréhensible, volt. <" homél. athéisme. |] Substantivement. Pourquoi former des êtres sensibles et malheureux? pourquoi le mal moral et le mal physique î de quelque côté que je tourne mon esprit, je ne vois que l'incompréhensible, VOLT. Dial. 7. Il a° Dans une acception moins rigoureuse. Qui est très-difficile à comprendre. Il a un procédé qui m'est entièrement incompréhensible, sÉv. B84. Il 3° Il se dit d'une personne dont on ne peut s'expliquer le caractère, la conduite. Rabelais surtout est incompréhensible : son livre est une énigme, la brut. i.
— SYN. ININTELUGIBLE, INCOMPRÉHENSIBLE. Ce qui
est inintelligible, l'est par un vice qui est dans la chose, ce qui est incompréhensible l'est par une faiblesse de notre esprit qui ne peut pas y atteindre; cette différence est clairement indiquée dans l'exemple suivant : Ce mot inintelligible renferme beaucoup de venin : on dit d'une chose obscure et respectable, des mystères de la religion par exemple, qu'ils sont incompréhensibles, mais un homme religieux ne dira point qu'ils sont inintelligibles, volt. Facéties, la Prière universelle , 2.
— HIST. XIV s. Il [Dieu] créa en homme membres consemblables de proporcions incompréhensibles à entendement, lanfranc, f° i . jj xvi" s. Cette incompréhensible puissance de la divinité, mont, u, 252. Taisants estât.... de veoir dans les secrets de la volonté divine les motifs incompréhensibles de ses œuvres, ID. I, 248.
— ÉTYM. Lat. mcomprehensibilis, de m.... i, et comprehensibilis, compréhensible.
t INCOMPRÉHENSIBLEMENT (in-kon-pré-an-sible-man), ode. D'une manière incompréhensible.
t INCOMPRENABLE (in-kon-pre-na-bl'), adj. Que ^ l'on ne peut comprendre. On dit mieux incompréhensible.
— HIST. xvi* s. Ariston estime la forme de Dieu incomprenable, moht. 11, 249.
— ÊTYM. In....i, et comprenant.
EVCOMPRESSIBILITÉ ( in-kon-prè-ssi-bi-li-té ) ,
s. f. Il 1° Terme de physique. Qualité de ce qui est incompressible. L'incompressibilité de l'eau n'est pas absolue. || 2° Fig. Conditions de ce qui échappe à la compression politique ou morale. L'incompressibilité du libre examen.
— ÉTYM. Incompressible.
INCOMPRESSIBLE (in-kon-prè-ssi-W), adj.
Il 1° Terme de physique. Qui n'est pas compressible, dont le volume ne se réduit pas par la compression. Pourquoi l'eau est-elle incompressible? volt. Sing. 23. Lapropriété caractéristique des fluides soit élastiques, soit incompressibles, est l'extrême facilité avec laquelle chacune de leurs molécules obéità lapins lé« gère pression, la placb, Exp. m, 4. || 2» Fig. Qui ne peut pas être empêché par l'autorité politique ou religieuse. Le libre examen est devenu incompressible.
— ÉTYM. In.... t, et compressible.
t INCOMPRIMÉ, ÉE (in-kon-pri-mé, mée), adj. Qui n'est point comprimé.
— ÉTYM. In.... <, et comprima.
t INCOMPRIS, ISE (in-kon-prf, pri-z'), adj. Il 1" Qui n'est point compris. Livre, ouvrage mcompris. Il 2° Qui n'est point apprécié à sa juste valeur. Ces tentatives incomprises et mal secondées devaient échouer. || 3° Un homme incompris , une femme incomprise, se dit, ironiquement, d'un homme, d'une femme qui se croient des talents, des sentiments auxquels le monde ne rend pas justice. Le rêve le plus cher d'une femme qui, à tort ou à raison, se trouve malheureuse et incomprise, estde rencontrer un cœur qui la console, une intelligence qui la devine, ch. de 9EHHARD, Un octe de vertu, § vi. || Substantivement. Un incompris. Les incompris. Les incomprises.
— ÊTYM. In.... t, et compris.
\ INCOMPTABLE (in-kon-ta-W), adj. Que l'on ne peut compter.
— UiST. zvi* 8. Ca que l'appelle plus tost petites
INC
et imparfaites recordationsdesee bénéfices [deDieu], qui nous sont aussi incomptables que les pierres d'une cité, lanoue, <b<.
— ÉTYM. In.... i, et compter.
t INCONCESSIBLE (in-kon-sè-ssi-W), adj. Que l'on ne peut concéder. Grâce inconcessible.
— ÉTYM. Lat. inconcessibilis, de in.... t, et concedere, concéder (voy. concéder).
t INCONCEVABILITÉ (in-kon-se-va-bi-li-tc), s. f. Qualité de ce qui n'est pas concevable. Il y a des inconcevabilités artificielles dont la force n'est pas moindre que celle des inconcevabilités naturelles. Il fut un temps où l'idée des antipodes était une inconcevabilité.
INCONCEVABLE (in-kon-se-va-bl'), adj. \\ i° Qui dépasse la conception humaine. 11 [l'homme] est toujours disposé à nier ce qui lui est incompréhensible; au lieu qu'en effet il ne connaît naturellement que le mensonge, et qu'il ne doit prendre pour véritables que les choses dont le contraire lui paraît faux; et c'est pourquoi toutes les fois qu'une proposition est inconcevable, il faut en suspendre le jugement et ne pas la nier à cette marque, mais en examiner le contraire; et, si on le trouve manifestement faux, on peut hardiment affirmer la première, tout incompréhensible qu'elle est, pasc. Esp. géom. i. C'est dans la succession, dans le renouvellement et dans la durée des espèces, que la nature paraît tout à fait inconcevable, buff. Hist. anim. ch. i, OEuv. t. m, p. 3, dans pougens. Elle [l'âme] ose mesurer le temps, l'immensité. Aborder le néant, parcourir l'existence, Et concevoir de Dieu l'inconcevable essence, lamart. Mcd.i, 28. || 2" Dans une acception moins rigoureuse. Qui n'est pas concevable, explicable ; dont on ne peut facilement se rendre raison. U est inconcevable que cet abus ne soit pas réformé. 0 doux amusement I ô charme inconcevable A ceux que du grand monde éblouit le chaos 1 j. b. roùss. Odes, m, 7. Sa conduite, il est vrai, parait inconcevable, volt. Marianne, u, 1. Il II se dit des personnes, en un sens analogue. Que les femmes sont inconcevables! mariv. Sec. surpr. de l'amour, m, 4. || 3° Par exagération. Qui est surprenant, extraordinaire en son genre. Que les moments qui délivrent tout d'un coup le Cfpur et l'esprit d'une si terrible peine font sentir un inconcevable plaisir! sév. 2( déc. tem. Il [le^oi] dit des biens inconcevables du chevalier, et de sa naissance, et de son mérite à la guerre, m. 28 fév. 1680. Une rapidité si inconcevable étonna et déconcerta les Romains, ROLLiN,ï'rot(^ des Études, 3" part. ch. t . Nicétas, au rapport de Cicéron, faisait tourner la terre sur son axe et, par ce moyen, affranchissait la sphère céleste de l'inconcevable vitesse qu'il fallait lui supposer pour accomplir sa révolution diurne, LA place, Exp. v, 4.
— SYN. INCONCEVABLE, Irt'COMPHÊHENSIBLE. CeS
deux mots sont synonymes, sauf qu'incompréhensible est plus usité qu'inconcevable dans le sens de : qui dépasse la portée de l'esprit humain ; et qu'inconcevable est plus usité qu'incompréhensible, dans le sens du n" 2.
— ÉTYM. In.... t, et concevable.
t INCONCEVABLEMENT (in-kon-se-va-ble-man), adv. D'une manière inconcevable.
INCONCILUBLE (in-kon-si-li-a-bl'), adj. \]i°Qm n'est pas conciliable, qui ne peut entrer en accommodement. Il est inconciliable avec son frère. Ces deux plaideurs sont inconciliables. || 2° Qui ne s'accorde pas avec, en parlant des choses. Ce fait est inconciliable avec les principes. Des maximes inconciliables. Voilà les excès où l'on tombe quand on veut concilier ce qui est inconciliable, et expliquer ce qui est inexplicable, volt. IHct. phil. Populat.
— ÉTYM. In.... ), et conciliable.
t INCONClLL\BLEMENT(in-kon-si-li-a-ble-man), adv. D'une manière inconciliable.
t INCONCILIANT, ANTE (in-kon-si-li-an, an-t'), adj. Qui n'est pas conciliant. Mari inconciliant d'une femme conciliante
— ÊTYM. In.... I, et conciliant.
t INCONCILIÉ, ÉE (in-kon-si-li-é, ée), adj. Qui n'est point concilié.
— ÊTYM. In.... (, et concilié.
t INCONCLCANT, ANTE (in-kon-klu-an, an-t'), adj. Qui n'est pas concluant.Argument inconcluant.
— ÉTYM. In.... i , et concluant.
t INCONCRESCIBLE (in-kon-krè-ssi-W), adj. Qui n'est pas concrescible.
— ÉTYM. In.... t, et concrescible.
t INCONÇC, UE (in-kon-su, sue), adj. Qui n'est point conçu.
— ÉTYM. In.... i, et conçu
INC
t ÏNCONDITIONNÉ, ÉE|(in-kon-di-sio-né, née), adj. Terme de philosophie. Qui n'est soumis à aucune condition. L'être inconditionné. |{ S. m. L'inconditionné, terme employé pour réunir sous une abstraction générale l'infini et l'absolu.
— ÊTYM. In.... t, et conditionné.
t INCONDITIONNEL, ELLE (in-kon-di-sio-nèl, nè-l'), adj. Terme de philosophie et ds grammaire. Qui n'est point conditionnel. || S. m. L'inconditionneL
— ÉTYM. In.... », et conditionnel.
t INCONDITIONNELLEMENT (in-kon-di-sie-nèle-man), adv. D'une manière inconditionnelle.
t INCONDUCTEUR, TRICE ( in-kon-du-kteur, ktri-s'), adj. Terme de physique. Qui n'est pas coaducteur. Un corps inconducteur de l'électricité. Une matière inconductrice.
— ÉTYM. In.... < , et conducteur.
INCONDUITE (in-kon-dui-f) , s. f. Défaut de con
duite. Je traitai ses revers d'inconduite ; on me crut, COL. d'harlev. Vieux cilib. i, 6.
— REM. Mot dont l'adoption n'est pas très-ancienne. Le Maître de Clavilïe [Traité du vrai mérite de l'homme, <730) déclare qu'il ne peut soufirir inconduite. Il n'est dans le dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de (762,
— ÉTYM. In.... <, et conduite.
t INCONFESSÉ, ÉE (in-kon-fè-sé, sée), adj. Qui n'a point fait sa confession. Personne inconfessée.
— ÉTYM. In,... <, ei confessé. On disait autrefois inconfès.
t L\CONFL\NCE (in-kon-fi-an-s") , s. f. Défaut de confiance. Il y a dans la situation actuelle deux bien grands maux qui frappent tous les yeux : c'est, d'une part, l'inconfiance absolue qui tue les affaires, de l'autre, l'impuissance à laquelle le gouvernement se voit réduit à mesure qu'approche le formidable procès des ex-ministres, carrel, Œuvres, <8 oct. <830. Il est assez connu que la population de Paris passe rapidement de l'inconfiance à la défiance, de la défiance à la désaffection , de la désaffection à l'hostilité et de l'hostilité aux voies de fait,
ID. ŒUV. t. III, p. 605.
— ÉTYM. In.... I, et confiance.
t INCONFIANT, ANTE (in-kon-fi-an, an-t'), adj. Oui manque de confiance.
— ÉTYM. In.... I , et confiant.
t INCONFORIvnTÉ (in-kou-for-mi-té), s. f. Défaut de conformité.
— ÉTYM. In.... i , et conformité.
tlNCONGÉDIABLE(in-kon-jé-di-a-bl'), ad/. Qu'on
ne peut congédier. [L'estomac] Méchant et paresseux valet. Serviteur incongédiable , dorat, Estomac, Almanach des muses, 1778.
— ÉTYM. In.... t, et congédier.
t INCONGELABLE (in-kon-je-la-bl'), adj. Qui ne peut être congelé, qui ne peut passer à l'éta' de glace. L'alcool est incongelable.
— HIST. XVI' s. Incongelable, cotgravb.
— ÉTYM. In.... 1, et congeler.
i INCONGELÉ, ÉE (in-kon-je-lé, lée), adj. Qui n'a pas subi la congélation.
— Ér\'M. In. .. i, et congelé.
INCONGRU, DE (in-kon-gru, grue) , od;. Hl'Qui n'est pas congru, convenable. Réponse incongrue. Quostion incongrue. Il [ce prétentieux édifice] offrait à l'œil surpris la réunion incongrue de trois ou quatre architectures opposées, CH, de Bernard, Un homme sérieux, § iviii. || 2° Terme de grammaire. Qui pèche contre les règles de la syntaxe. Phrase incongrue.|| 3° Familièrement et par plaisanterie. Qui est sujet à manquer aux usages du monde, aux bienséances. C'est un homme fort incongru. Le moyen de bien recevoir des gens qui sont tout à fait incongrus en galanterie, mol. Prie. 5.
— HIST. xvi' s. Son corps [d'un capitaine tué au siège de Douarnencz] fut inhumé en une vieille tombe d'evesque.... ce que le chapitre et le peuple mesme trouva incongru, le ch* mobeau, dan» le Dict. de DocHEZ.
— ÉTYM. Lat. incongru'ÀS, de in... t, et :ott> gruus, congru.
INCONGRUITÉ (in-kon-gru-i-té) ,t.f.\\i° Qualité de ce qui est incongru. D'autant que l'incongruit!) des humeurs opaques, mol. If^d. malgré lui, m, 6. Il Action, parole peu convenable aux circonstances, et qui blesse, par conséquent, quelque règle de bonne conduite. || 2° Faute contre ia syntaxe. Tout
ce qu'il dit est plein d'incongruités Monsieur le
sot, je vous ferai bien taire: Quoi? comment? estce ainsi qu'on frappe Despautère [nom d'un grammairien] ? Quelle incongruité!... régnieh, Sat. x. Il Nom que les grammairiens du xvii* siècle donnaient au solëcisme.JI Fig. et par plaisanterie. Vous
y trouverez [dans un dîner] des incongruités [solécismes] de bonne chère et des barbarismes de bon goût, MOL. Bourg, gent. rv, 1. 1| 8° Il signifieplusordinairementunedeceschoses sales qu'on rougirait de faire et même de nommer en bonne compagnie, c'est-à-dire une flatuosité bruyante. Il a fait mae incongruité. -HlST. xvi* i. Il faisoit mille fautes et incongruiter, tantost il frappoit à costé, tantost à travers.... NOEL DtjFAiL, Cont. d'Eutr. ch. x, f» 49, dans ponoENs. Quelques grammairiens estiment en ce participe données pour le verbe donné [dans l'exemple : Us grâces que Dieu vous a données] une lourde incongruité; mais l'usage le combat, RAMtJs, dans uvet, Gramm. franc, p. 257.
— ÊTYM. Lat. incongruitatem, de incongruus, incongru.
mCONGRCMENT (in-kon-gru-man), adv. D'une manière incongrue. Parler incongrûment.
— HIST. XIV* s. Incongruement et improprement, ORESKE, Thèse de meunier.
— ÊTYM. Incongrue, et le suffixe ment.
t INCONJUGAL, ALE (in-kon-ju-gal, ga-1'), adj. Qui n'est point conjugal.
— ÉTYM. In.... ^, et conjugal.
t INCONNAISSABLE (in-ko-nê-sa-bl'),' adj. Qui ne peut être connu.
— HIST. XVI* s C'est le plus fin et feinct, le
plus couvert et fardé de tous, et presque incognoissable, CHARRON, Sagesse, i, t.
— ÉTYM. In.... 4, et connattre.
i INCONNAISSANCE (in-ko-nè-san-s'), s. f. Manque de connaissance. Le silence, la nuit, l'inconnaissance des issues, mercier.
— HIST. XV* s. Congnoissance face devoir; C'est ce qui le bon cuer [cœur] attrait Pour faire tous biens apparoir, Maugré qu'incongnoissance [ingratitude] en ait, k. desch. Poésies mss. f* m.
— ÉTYM. Jn.... 1, et connaissance.
t INCONNEXE (in-ko-nnè-ks'), adj. Qui n'a pas ie connexité avec une cbose.
— ÊTYM. Lat. inconnexus, de in.... 4, et connexus, connexe.
t INCONNEXION (in-ko-nnè-ksion) , s. f. Défaut de connexion.
— ÉTYM. Lat. inconnexionem, de in.... i, et connexionem, connexion.
t INCONNEXITÉ (in-ko-nnè-ksi-té), s. f. Défaut de connexité.
— ÉTYM. In.... i, et connexité.
INCONNU, UE (in-ko-nu, nue), ad/. 1| 1° Qui n'est point connu. Si dans quelque recoin quelque vieille inconnue, régnier, Elég. n. Mais que nous veut ce Romain inconnu? corn. Sertor. v, 4. Mais du plus grand des rois la bonté sans limite, Toujours prête à courir au-devant du mérite, Crut voir dans ma francbise un mérite inconnu, boil. Êp. v. Je ne saurais chercher une fille inconnue, rac. Mithr. m, < . Les forces centripètes, l'attraction , la gravitation sont une nouvelle loi de la nature aussi certaine et aussi inconnue que la vie des animaux et la végétation des plantes, le mouvement et l'électricité, VOLT. Mél. litt. Au P. Tournemine , •1735. Cependant, si j'en crois votre air et votre armure. Vous êtes étranger : inconnu dans oes lieux, Vous y suivez peut-être une route peu sûre, masson, Èetvétiem, u. || Dieu inconnu, nom d'une divinité que l'on honorait à Athènes sans en déterminer aucunement les attributs. Ayant regardé en passant les statues de vos dieux , j'ai trouvé même un autel sur lequel il est écrit : au dieu inconnu; c'est donc ce dieu que vous adorez sans le connaître, que je vous annonce, saci. Bible, Act. des Ap. xvn, 23. 11 y a dans toutes les académies une chaire vacante pour les vérités inconnues, comme Athènes avait un autel pour les dieux ignorés, volt. Philo*. Hewt. singul. nat. ch. 3«. Il Inconnu à. Ces choses que je suppose n'être point, parce qu'elles me sont inconnues, DESC. »• inMii. 6. Nouveau genre d'étude et presque inconnu aux personnes de son ftge et de son rang, ajoutons, li vous voo.ez, de son sexe, elle étudiait ses défauts, boss. Duc/». à^Orl. Ce prétendu règne de Christ, inconnu jusqu'alors au christianisme, qui devait anéantir toute royauté et égaler tous les hommes, id. Reine à^Anglet. Sa fiUe.... Contrainte d'avouer tant de forfaits divers Kt des crimes peutêtre inconnus aux enfers, rac. Phèd. nr, «. L'ennui qui dévore les autres hommes au milieu même des délices est Inconnu i ceux qui savent s'occuper, FÉN. Tél. u. Un homme dont le visage ne lui était pas inconnu, ib. tb. Sans parents, sans état, i moimême inconnu, volt. Olymp. iv, 7. Trop heureux le» mortels inconnni i leur maître ! lo. Orphel. de
INC
la Chine, l, ». || Inconnu de. L'hymen est inconnu de la pudique abeille, delille, Géorg. iv. || 2° Qui n'a pais de renom. De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues, boss. Duch. d'Orl. LeJonas [nom d'un poème] inconnu sèche dans la poussière, boil. Sot. ix. Et moi, fils inconnu d'un si glorieux père, rac. Phèdre, ui, B. On est bien loin, monsieur, d'être inconnu comme vous le dites, quand on a fait d'aussi beaux vers que vous, volt. Lett. l'abbé Delille, -18 juin <76i. Il 3° Terme de mathématique. Quantité inconnue, ou, substantivement, l'inconnue, la quantité que l'on cherche pour la solution d'un problème. || Dégager l'inconnue, la faire sortir des combinaisons algébriques où elle est engagée. || Fig. Celui qui trouvera une manière de résoudre l'équation de cette inconnue sera, je pense, un habile homme,voLT. Wétaph. 6. Une algèbre aussi brillante ne peut-elle servir à dégager la grande inconnue? chateaub. Génie, i, iv, 3. Il 4° Qu'on n'a pas encore éprouvé , ressenti. Un malheur inconnu glisse parmi les hommes, Qui les rend ennemis du repos oii nous sommes, malb. u, i. Déjà jusqu'à mon cœur ce venin parvenu Dans ce cœur expirant jette un froid inconnu, rac. Phèd. V, 7. Il 5° S. m. et f. Inconnu, inconnue, personne
qu'on ne connaît pas Deux inconnus se sont
saisis d'Evandre, corn. Cinna, iv, 5 De tout inconnu le sage se méfie, la font. Fabl. xii, 4 7. Les amis de mon père Sont autant d'inconnus que glace ma misère, rac. Brit. i, 4. Il était plus occupé de son inconnue que de la philosophie d'Aristote, lesage. Diable boit. ch. 5, dans pougens. || Plus particulièrement. Personne qui n'est guère connue ou qu'on regarde comme peu digne de l'être. Elle s'est entêtée d'un inconnu. || 6° S. m. L'inconnu, la chose inconnue. Aller du connu à l'inconnu. L'inconnu inquiète toujours les hommes, jl?" S. /'.Terme d'horticulture. Inconnue chéneau, variété de poire nommée aussi fondante de Brest. Inconnue Lafare, nom donné dans quelques endroits à la poire de Saint- Germain.
— HIST. XVI* s. De toutes les religions que sainct Paul trouva en crédit à Athènes, celle qu'ils avoient dédiée à une divinité cachée et incogneue, lui sembla la plus excusable, mont, ii, 246. Je senty mal et bien |à la vue de madame].... J'esperay sans espoir, j'eu pe«r, j'osay pourtant, Etparlay dans mon cœur mainte chose inconnue, nEspoRTES,jlm. d'Hippol.xx..
— ÉTY.M. In.... t, et connu; provenç. enconogut. t INCONQUIS, ISE {in-kon-kl, ki-z'), adj. Qui
n'a point été conquis. Pays inoonquis.
— ÉTYM. In.... *, et conquis.
f INCONSCIENCE (in-kon-si-an-s'),s. f. Terme de psychologie. Défaut de conscience, de perception de certains actes intellectuels ou moraux.
— ÉTYM. In.... 1, et conscience.
t INCONSCIENT, ENTE (in-kon-si-an, an-t'), adj. Terme de psychologie. Qui n'a pas conscience de soi-même. Il y a dans le sommeil des actions inconscientes.
— ÉTYM. In.... 4, et conscient.
t INCONSÉQUEMMENT (in-kon-sé-ka-man) , adv. Avec inconséquence.
INCONSÉQUENCE (in-kon-sé-kan-s') , t.f. || 1° Défaut de conséquence. Il y a de l'inconséquence dans ses discours, dans ses procédés. Tout peut se soutenir, excepté l'inconséquence, mirabbau, Collect. t. III, p. 374. Il Inconséquence dans le style, défaut de suite dans les idées ou dans les mots. || 2* Choses que l'on fait, que l'on dit par inconséquence. Je ne vois dans la conduite du régent que les inconséquences apparentes de tous les caractères faibles qui ne résistent à rien, accordent tout, en rougissent intérieurement, et ne se déclarent qu'à la dernière extrémité, duclos, Xém. Rég. Œuv. t. vi, p. 76, dans pouGENS. || 3° Manque de réilexion qui compromet. Je me tais donc par prudence, Et n'offre que quelques (leurs ; Grand Dieu 1 quelle inconséquence! Mon bouquet a trois couleurs [ce qui était séditieux sous la Restauration], bérangeh, Halte-li. Il Actes de légèreté, en parlant de la conduite d'une femme. EUe n'a à se reprocher que des inconséquences.
— ÉTYM. Lat. inconsequentia, de inconséquent, inconséquent.
INCONSÉQUENT, ENTE (in-kon-sé-kan, kan-t'), adj. Il 1° Où il n'y a pas de conséquence. Raisonnement inconséquent. Que nos idées sont justes ou inconséquentes, obscures ou lumineuses, selon que nos organes sont plus ou moins solides, plus ou moins déliés, et selon que nous sommes plus ou moins passionnés, VOLT. Rem. Pent.Pasc.m. || 2° Qui
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n'est pas conséquent, en parlant des personnes. Les hommes ne sont inconséquents dans leurs actions que parce qu'ils sont inconstants ou vacillants dans leurs principes, duclos, Consid . moeurs, Intr. Œuv. t. I, p. 64, dans pougens. Les passions rendent inconséquent, genlis. Veillées du chat, t. m, p. 461, dans pougens. La plupart des caractères vrais sont inconséquents, stael, Corinne, vi, a. 113° Qui se compromet par des actes irréfléchis. Femme inconséquente, femme qui se compromet par une conduite légère. || S. m. et f. Un inconséquent, une inconséquente, une personne qui commet des inconséquences. Ce jeune homme est un inconséquent.
— ÉTYM. Lat. inconsequentem,de in....t, et co»isequens, conséquent.
+ INCONSERVABLE (in-kon-sèr-va-W), adj. Que l'on ne saurait conserver.
— ÉTYM. In.... 4, et conserver.
mCONSIDÊRATION ( in-kon-si-dé-ra-sion ; en
vers, de sept syllabes) ,s.f.\\i° Défaut d'attention qui vient de ce qu'on ne considère pas assez les choses. Je suis contraint d'avouer qu'il n'y a rien de tout ce que je croyais autrefois être véritable dont je ne puisse en quelque façon douter; et cela, non point par inconsidération ou légèreté, mais pour des raisons très-fortes et mûrement considérées, desc. t" médit. 8. Une personne peut faire beaucoup plus de fautes d'inconsidération, de légèreté, d'empressement, d'imprudence, qu'une autre, nicole. Essais, t. VIII, part. 2*, p. 4 07, dans pougens. La vérité ne me permet pas de profiter ou de l'ignorance ou de l'inconsidération de mon adversaire, boss. Var. 5* avert. § 28. La cause de mal juger est 1 inconsidération, qu'on appelle autrement précipitation, iD. Connaiss. i, 4 6. Ce qu'on appelle mépris à l'égard des règles monastiques, est l'opposite de ce qui s'appelle faiblesse, inconsidération, surprise, et emporte une malice délibérée, m. Lett. abb. 60. Qui de nous ignore que c'est notre aveugle et mobile inconsidération qui nous a conduits de siècle en siècle et de faute en faute à la crise qui nous afflige aujourd'hui? Mirabeau, Collection, t. i, 34 9. 112° Particulièrement. Légère imprudence dans le discours ou dans la conduite. Mes chères filles, qui produit un si méchant effet, si ce n'est l'imprudence et l'inconsidération des particulières qui ont parlé au parloir mal à propos? boss. Sermons, Sur le silence, 2. Médire par entretien et par une espèce d'amusement, médire par inconsidération et par envie de parler, boubdal. Pensées, t. m, p. 4 6j. S'il [le prochain] est ouvert, c'est, à ce qu'il nous semble, imprudence et inconsidération, m. Hotr.. sur r aveugle-né, Domin. t. iv, p. 48i. ||3° Privation, ab.sence de considération, d'estime. Être, tomber dans l'inconsidération. || 4° Manque d'égards. Cela était pris par Monsieur pour une marque publique d'une inconsidération extrême, st-sim. 93, 248. Le crédit ou l'inconsidération et pis encore qu'éprouvaient les prélats à proportion que la cour et les jésuites étaient contents ou mécontents.... lU. 2B(j, 76. Cet éclat montra l'abandon de Mme de Maintenon [que Mme de Maintenon abandonnait] , l'inconsidération du roi, et devint un grand embarras pour la princesse des Ursins, id. 38B, 2«2.
— HIST. XVI* s. Soit qu'ils le facent à leur escient ou par inconsideration, calv. Inst. 986. Je bla.'ime vostre inconsideration à vous jetter aux périls sans besoin, sully, Mém, t. iv, p. 4 59, dans lacorne. au mot rendre.
— ÉTYM. Lat. inconsiderationem, de in.... 4, et consideratio , considération.
INCONSIDÉRÉ, ÉE (in-kon-si-dé-ré, rée), adj. Il 1° Qui n'est pas considéré, examiné, qui a la marque de l'imprudence, en parlant des choses. Vous trouverez dans ce fond [de l'âme] un secret orgueil qui vous fait dédaigner tout ce qu'on vous dit et tous les sages conseils, vous trouverez un esprit de raillerie inconsidérée qui nait parmi l'enjouement des conversations, BOSs. la Vallière. Elle rougissait d'apprendre à celui qui ne l'aimait peutêtre plus la démarche inconsidérée qu'elle avait faite pour lui, stael, Corinne, xvii, 6. || 2° Qui ne considère pais, n'e.tamine pas, qui est imprudent, en parlant des personnes. Ce ne sont point esprits qu'une vague licence Porte inconsidérés à leurs contentements, malh. vi, 4 0. Et selon la sagesse et discrétion qu'ils [les gens du monde] remarquent dans les unes [religieuses], ils prennent de fort mauvaises impressions de celles qu'ils voient trojlibres, plus inconsidérées et mondaines dans leurs paroles, boss. Sermons, Sur le silence, 2. || Substantiveroant. Un inconsidéré. Une inconsidérée
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Cela les fait paraître moins Importuns et plus désintéressés que les inconsiclérés et les étourdis, GENLis, Mlle de la Fayette, p. ) 79 dans pougens.
— STO. INCONSIDÉRÉ, iNCONSÉQDENT. Depuis quelque temps le langage ordinaire a donné à inconséquent et inconséquence une signification très-voisine d'inconsidéré, inconsidération. Outre la différence étymologique qui exprime dans l'un le manque de conséquence, et dans l'autre le manque de réflexion, l'usage attache plus de gravité à l'inconséquence qu'à l'inconsidération ; l'inconséquence compromet davantage .
HIST. xv« s. Evite les destroits d'avarice insa-
ciable et le naufrage inconsidéré d'offension de voysins, J. lkmaire, Pallasparlant à Paris. || xvi* s. Se précipiter en des entreprises inconsidérées, langue, <82.
— ÉTYM. Lat. inconsiàerataSjAB in.... *, et contideratus, considéré.
INCONSînÉRfiMENT (in-kon-si-dé-ré-man) , adv. D'une manière inconsidérée. Il a parlé inconsidérément, et il ne paraît point de sagesse dans ses discours, SACi, Bible, Job, xxxiv, 35. L'abbé de Pontcarré me montra hier ce que vous lui écrivez sur le manteau donné inconsidérément [en cadeau à son valeti, SÉv. a< octobre 4676. Robert Wells, animé du désir de venger la mort de son père, se précipita inconsidérément au milieu de l'armée du roi , où il fut enveloppé, ddclos, Louis XI, (Muv. t. II, p. 409, dans poogens.
— HIST. XVI* s. Ils poursuivoient bien souvent leurs ennemis fuyans assez inconsidérément, amyot, Ificias, «. Bien avisnr de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsidérément avec un mauvais vendeur, o. de serres, 9.
— ÊTYM Inconsidérée, et le suffixe ment.
t INCONSISTANCE (in-kon-si-stan-s'), s. f. Défaut de consistance, de suite et d'ensemble. |1 Mot proposé par la Harpe et qui s'est impatronisé. L'inconsistance des idées, du caractère, la harpe, dans
HVEADX.
+ INCONSISTANT, ANTE (in-kon-si-stan, stan-t'), adj. Qui manque de consistance morale. Un homme incondstant. Une conduite inconsistante.
— ÉTYM. In.... -t, et consistant.
INCONSOLABLE (in-kon-so-la-bl*), adj. Qui ne
peut »e consoler ; qu'on ne peut consoler. On dit qu'on est inconsolable : On le dit; mais il n'en est rien, la font. Fabl. n, 2». Puisque la mort du corps est si sensible qu'elle nous cause de tels mouvements, celle de l'âme nous en devrait bien causer de plus inconsolables, pasc. dans cousm. J'emmène votro frère, et le dérobe à toute la honte de ses mauvais procédés ; vousjugez bien que ses maîtressesne seront pas inconsolables, sÉv. (8 mai 467). Toute l'Egypte parut inconsolable de cette perte, pén. Tél. n. Il Par exagération. Être inconsolable, être très-chagiin. Si les femmes étai ent telles naturellement qu'elles le deviennent par artifice, qu'elles perdissent en un moment toute la fraîcheur de leur teint, qu'elles eussent le visage aussi allumé et aussi plombé qu'elles se le font par le rouge et par la peinture dont elles se fardent, elles seraient inconsolables, la bruy. m. Il II se dit aussi des peines qu'on éprouve. Tu prends pitié de mes larmes, tu lis avec intérêt dans un cœur percé de toutes parts, qui te déploie ses inconsolables afflictions, volt. Amabed, 3' lett.
— ÉTYM. Lat. inconsolabilis, de in.... *, et contolabilis, consolable.
INCONSOLABLEMENT ( in-kon-so-la-ble-man) , adv. De manière à ne pouvoir être consolé. Il est affligé inconsolablement.
— HIST. XVI* s. Inconsolablement, cotgrave.
— ÉTYM. Inconsolable, et le suffixe ment.
t INCONSOLÉ, ÉE (in-kon-so-lé, lée), adj. Qui n'est point consolé ; qui ne se console pas. Ne diraiton pas bien, môme en prose : Cette femme, abandonnée de tout le monde, gémit inconsolée dans la retraite obscure où ses malheurs l'ont forcée de se cacher? la harpe, dans laveaux. Et cette veuve inconsolée [la duchesse de Berry],En lui cachant [au duc de Bordeaux] le mausolée. Du doigt lui montrera les cieux, lamart. Méd. i, 4 5. Et tu seras semblable à la mère accablée Qui s'assied sur sa couche et pleure, inconsolée. Parce que son enfant n'est plus, v. HUGO, Odes, i, 7.
— ETYM. In.... 4 , et consolé.
+ INCONSOMMABLE (in-kon-so-ma-bl*), ad). Qui ne peut être consommé. Cela me paraît inconsommable en deux jours.
— ÊTYM. In.... 4, et consommer.
t INCONSOMMÉ, ÉE (in-kon-so-mé, mée), adj. Oui n'est peint consommé.
— ÉTYM. In.... 4, et consommé.
INCONSTAMMENT (in-kon-sta-man), aâx. Avec
inconstance. Et ceci fut capable dès lors de me délivrer de tous les repentirs et les remords qui ont coutume d'agiter les consciences de ces esprits faibles et chancelants qui se laissent aller inconstamment à pratiquer comme bonnes les choses qu'ils jugent après être mauvaises, desc. Méth. m, 3.
— HIST. xvi* s. Tous les docteurs ecclésiastiques, excepté saint Augustin, ont parlé si douteusement ou inconstamment de cette matière, qu'on ne peut rien avoir de certain de leur doctrine, calv. Inst. 4 87. Les pensers des hommes ressemblent  l'air, aux vents et aux saLsons Et aux girouettes qui tremblent Inconstamment sur les maisons, desportes. Diverses amours, xli, Chanson.
— ÊTYM. Inconstant, et le suffixe ment. INCONSTANCE (in-kon-stan-s'), s. f. || 1° Facilité
échanger, en parlant des personnes. Je te parlais l'autre jour de l'inconstance prodigieuse des Français sur leurs modes, montesq. Lett. pers. 400. L'enfant, au milieu de ces trésors, ne sachant sur quel objet fixer son choix, voulant jouirde tout, ne jouissait de rien, et s'accoutumait à l'inconstance qui ne peut que fatiguer et ne satisfait jamais, genlis, Adèle et Théod. t. li, p. 2, dans pougens. N'as-tu pas vu son inconstance [du peuple] De l'héréditaire croyance Eteindre les sacrés flambeaux , Brûler ce qu'adoraient ses pères. Et donner le nom de lumières A l'épaisse nuit des tombeaux T lahart. Médit. I, 4 9. Il II se dit des choses en un sens analogue. L'inconstance du temps , des saisons. L'inconstance de la fortune. L'inconstance des modes. J'ai longtemps contemplé l'inconstance des choses, tristan, ilf. de Chrispe, m, 4.||a° Plus particulièrement. Abandon d'une affection amoureuse. L'inconstance jamais n'a de mauvaise excuse, corn. Perthar. n, 4. Ce vif ressentiment qu'excite l'inconstance, id. lois, d'or, V, 4. Il me faut, pour mon honneur, prévenir l'éclat de son inconstance, mol. Bourg, gent. m, 9. Et, fixant de ses vœux l'inconstance fatale, Phèdre depuis longtemps ne craint plus de rivale, HAC. Phèdre, i, t. Même il n'y avait point dans sa langue[celle des Hurons] de terme qui signifiât inconstance ; ces derniers mots plurent extrêmement à Mlle de Saint- Yves, volt. Ingénu, 4 . || 3" Acte d'inconstance. Cette femme n'a plus voulu se fier à lui aprèsson inconstance. Une foi vive est le fondement de la stabilité que nous admirons [dans la reine] ; car d'où viennent nos inconstances, si ce n'est de notre foi chancelante? Boss. Ifor.-Th. || 4" Terme d'histoire naturelle. Variation de certains caractères qui n'ont rien de fixe, dans les végétaux ou les animaux. L'inconstance est d'autant plus prononcée que les individus ont été plus profondément modifiés par la culture ou par la domesticité.
— HIST. XV* s. C'est bon de recourir aux saints martyrs contre inconstance et pusillanimité, gerson, dans le Dict. de dochez. || xvi" s. Que je hay l'inconstance, et que j'estime fous Ceux qui chassent partout d'une queste incertaine ! Quand on n'a point d'amour, tel pourchas n'est que paine ; lA seule affection, c'est ce qui le rend doux, desportes, Diane, II, 66. Je crois des hommes plus malayséement la constance que toute aultre chose, et rien plus ayséement que l'inconstance, mont, ii, 2.
— ÉTYM. Lat. inconstantia, de ineoTistans, inconstant.
INCONSTANT, ANTE (in-kon-stan, stan-t'), adj. Il 1° Qui n'est pas constant , qui est sujet à changer, en parlant des personnes. Mais que sert un bon choix dans une âme inconstante, corn. Sophon, iv, 2. Ne vous assurez point sur ce cœur inconstant, bac. Phèdre, v, 3, || Il se dit des cho.ses, en un sens analogue. Cette saison est bien inconstante. Je vois ton repentir et tes vœux inconstants, corn. Cinna, III, ♦. Que de soucis flottants, que de confus nuages Présentent à mes yeux d'inconstantes images! ID. Poly. m, 4. Il 2° Plus particulièrement. Qui cesse d'aimer d'amour une personne. Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle? rac. Andr. iv,5. Une femme inconstante est celle qui n'aime plus, la BRUT. ui. Je n'étais qu'infidèle; je devins inconstant, duclos, Confess. Comte de "', OEuv. t. viii,p. 466, dans POUGENS. Dans mon changement, il est vrai, je ne lui étais pas infidèle, mais j'étais inconstant; c'en était bien assez , marmontel, Mém. i. Elle est inconstante, reprit froidement le baron, mais elle n'est pas perfide, genus. Veillées du chdt. t. li, p. 304, dans POUGENS. || Substantivement. Un inconstant. Une inconstante. Les inconstants ne donnent point de cœurs Sans être encor tout prêts de les porter ailleurs, corn. Suréna il, 3 Pour moi, je ne
mourrai pas satisfaite que je n'aie assommé l'inconstant, HAOTEROCHE, le Coch. sc. 4«.0n ne fait pas revenir les inconstants par des plaintes et des fracas, BussY-RABUTiN, dans RicHELET. || 3° Terme d'histoire naturelle. Changeant, instable, en parlant descaracières zoologiques ou botaniques qui n'ont rien de fixe.
— HIST. XV* s. Après le peuple de Liège, il n'en est nul plus inconstant que celui de Gand, comm. dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Un regard inconstant, farouche et hagard, paré, Iiitrod. 6. J' erre égaré d'esprit, furieux, inconstant. Et ce qui plus me plaist me desplaist à l'instant, desportes, Àm. d'Hippolyte, xxxm, Élégie.
— ÉTYM. Lat. inconstantem, de tn....4, et constans, constant.
t INCONSTITDÉ, ÉE (in-kon-sti-tu-é, ée), adj. Qui n'est pas constitué. Comme si ce n'était pas par l'assemblée nationale que les Français, jusqu'alors agrégation inconstituée de peuples désunis, sont véritablement devenus une nation I mirabeau, Collection, t. m, p. 289.
— ÉTYM. In.... 4, et constitué.
t INCONSTITUTIONALITÉ (in-kon-sti-tu-sio-nali-té), s. f. Qualité d'un acte, d'une opinion contraire à la constitution.
INCONSTITUTIONNEL, ELLE (in-kon-sti-tu-sionel, nè-1'), adj. Qui n'est pas constitutionnel, qui est contraire à la loi constitutionnelle de l'État. Proposition inconstitutionnelle.
— ÉTYM. In.... 4, et constitutionnel.
tINCONSTITUTIONNELLEMENT(in-kon-sti-tu-sio
nè-le-man),adti. D'une manière inconstitutionnelle. t INCONSULTÉ, ÉE (in-kon-sul té, tée), adj. Qui n'a pas été consulté; qui n'est plus consulté. Dodone inconsultée a perdu ses oracles, dplille.
— ÉTYM. /n.... 4, et consulté.
t INCONSUMÉ, ÉE (in-kon-su-mé, mée), adj. Qui n'a point été consumé. Un cierge inconsumé.
— ÊTYM. In.... 4, et consumé.
t INCONTABLE (in-kon-ta-bl'), adj. Qui ne peut être conté, raconté. Cela est incontable devant les jeunes personnes.
— ÊTYM. In.... 4 et conter.
t INCONTAMINE, ÉE (in-kon-ta-mi-né, née), adj. Qui est sans souillure, non contaminé.
— HIST. xvi* s. Incontaminé, cotgrave.
— ÊTYM. Lat. incontaminatus, de in.... 4, etcontaminare, contaminer.
flNCONTESTABILITÉ (in-kon-tè-sta-bi-li-té), s.f. État, qualité de ce qui n'est pas contestable.
INCONTESTABLE (in-kon-tè-sta-bf), adj. Qui n'est pas contestable. La noblesse de vos parents est incertaine; mais celle de votre cœur est incontestable, mariv. Marianne, vir part. Louis XIV fit examiner ses droits par son conseil et par des théologiens qui les jugèrent incontestables, volt. Louis JIV, 8. Il est incontestable que les Grecs reconnaissaient un dieu suprême, ainsi que toutes les nations dont nous avons parlé, id. Moeurs, introd.
— ÊTYM. In.... 4, et contestable.
INCONTESTABLEMENT (in-kon-tè-sta-ble-man),
adv. Il 1* D'une manière incontestable. Montesquieu reproche à Dubos qu'il ne saurait montrer l'existence de la république armori que : cependant Dubos l'a prouvée incontestablement par plusieurs monuments et surtout par cette citation exacte de l'historien Zozime, volt. Dict. phil. Lois {Esprit des). Il 2° Sans conteste. Charles le Bel, qui s'était opposé à la loi salique, prit incontestablement la couronne et exclut les filles, volt. Mœurs, 75.
— ÊTYM. Incontestable, et le suffixe ment. INCONTESTÉ, ÉE (in-kon-tè-sté, stée), adj. Qui
n'est point contesté. Maximes incontestées.
— ÉTYM. In... 4, et contesté
t INCONTINEMMENT (in-kon-ti-na-man) , adv. Par incontinence, d'une manière impudique.
— ÊTYM. XV* s. Incontinemment, cotgbave.
INCONTINENCE (in-kon-ti-nan-s'), s. f. || 1° Incapacité de retenir; sens propre qui n'est conservé qu'en médecine: écoulement ou émission d'une matière excrémentitielle, liquide ou solide, malgré la volonté ou sans qu'on s'en aperçoiv:i. Incontinence d'urine. || 2° Fig. Incontinence de la langue, incontinence de langue, propension trop grande à parler. || 3° Fig. et particulièrement. Vice opposé à la vertu de continence. L'incontinence seule sépara Henri VIII de l'Église catholique, MA0CR0IX, Schisme, liv. i, dans hichelet. Ils paraissent épuisés de leurs incontinences, vauve- NARGUES, Les jeunes gens.
— HIST. XIII* s. Moult blasment nos incontinences, l»os outrages et nostre orgueil, gautiïp. va coiNsi, dans le Dict. de dochez. || xi v* s. En injustice ,
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INC
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et en couardie et aj incontinence , oresmb , Eth. 47. Il XVI' g. Ayant expérimenté 'l'incontinence de ma langue, mont, n, 3«. Il verra encore de belles leçons pour attiser l'incontinence, qui n'est que trop enflammée es poictrines des jeunes, langue, Ul.
ETYM. Provenç. incontinenia; esp. incontinen-
cta; ital. incontinenia; du lat. intontinentia, deincontinens, incontinent.
1. INCONTINENT, ENTE (in-kon-ti-nan, nan-t'), adj. Qui n'a pas la vertu de continence. C'est un homme incontinent. || Substantivement Les incontinents.
— HiST. XIV* s. Celui est incontinent qui a malvaises affections et temptations de concupiscence et ensuit ses desiriers, oresue. Thèse de meunieh. Il XVI» s. Ils s'y rendent dissolus en paroles, incontinens aux effects, jureurs de Dieu, et surtout moqueurs et injurieux, lanoue, U8.
— ÉTYM. lat. incontinentem, de in.... t, conlinere, contenir, retenir (voy. contenir).
2. INCONTINENT (in-kon-ti-nan), adu. de temps. Aussitôt, au même instant, sur-le-champ. Bien est-il malaisé que l'injuste licence Qu'ils prennent chaque jour d'affliger l'innocence. En quelqu'un de leurs voeux ne puisse prospérer ; Mais tout incontinent leur bonheur se retire. Et leur honte fait rire Ceux que leur insolence avait fait soupirer, malh. i, 2. Incontinent après que César fut parti d'Alexandrie, CORN. Ex. de Pomp. 6. Un moment.... de grâce.... J'aurai fait incontinent, mol. Prol. Princ. d'Élide. Incontinent après ils fondèrent Rome, boss. Hisl. i, 7. Charles combattit à pied entouré- de quelques officiers qui accoururent incontinent autour de lui, VOLT. Charles XII, *.
— HIST. XIV* s. Car encontenant lues que [dès que] tu commenceras.... Le livre des taules, mss. français, n° 379) , f° 203. || xv* s. Et repourvurent incontinent ce bel et grand vaisseau de purs archers, FROiss. I, I, <2*. Incontinent que la nuyct fut venue, COMU. I, 6. Il XVI* s. Un feu de paille fait grand flamme, et puis s'esteint incontinent, langue, 552. Si chascun qui oid [ouït] une juste sentence regardoit incontinent par où elle lui appartient en son propre, mont, i, )16. Disans que, sans plus long delay, dès incontinent que les gens de guerre le vcrroient, il sourdroit de grandes nouvelletez et grandes mutations en leur camp, amyot, Démet. 72.
— ÉTYM. Provenç. encontenen; catal. incontinent; espagn. et ital. incontinente; du lat. in continenti, sur l'heure, de in, en, et continens, ce qui se tient, de continere (voy. contenir.)
t INCONTINGENT, ENTE (in-kon-tin-jan, jan-t'), adj. Terme de philosophie. Qui n'est pas contingent.
— ÉTYM. Lat. incontingentem (quicherat, Addenda], de m.... i, et contirifferw, contingent.
f UNCONTIND, UE (in-kon-ti-nu, nue), adj. Qui n'est pas continu.
— ÉTYM. Lat. incontinuus (quicherat. Addenda), de in.... 4, et conti'nuu^, continu.
t INCONTINUITÉ (in-kon-ti-nu-i-té), s. f. Défaut de continuité, qualité de ce qui est incontinu.
— ÉTYM. In <, et continuité,
+ INCONTRADICTION (in-kon-tra-di-ksion), s. f. Absence de contradiction. Plusieurs choses certaines sont contredites, plusieurs fausses passent sans contradiction : ni la contradiction n'est marque de fausseté, ni l'incontradiction n'est marque de vérité, PASC. Pensées diverses, <23, éd. faugêre.
— ÉTYM. ln....i , et contradiction.
i- INCONTRIT, ITE (in-kon-tri, tri-V), adj. Qui n'a pas fait acte de contrition, qui n'est point contrit.
— ÉTYM. In ... t, et contrit.
+ INCONTRÔLABLE (in-kon-trô-la-W) , adj. Que l'on ne peut soumettre à aucun contrôle. Les asserti 3ns de ce voyageur sont incontrôlables.
— ÉTYM. In.... t, et contrôlable.
t INCONTRÔLÉ, ÉE (in-kon-trô-lé, lée), adj. Qui n'a subi aucun contrôle.
— ÉTYM. In.... (, et contrôle.
t INCONTROVERSÉ, ÉE (in-kon-tro-vèr-sé, sée), adj. Qui n'a point été controversé.
— ÉTYM. In.... i, et controversé.
+ INCONVAINCU, UE (in-kon-vin-ku, kue) , adj. Qui n'a point été convaincu.
— ÉTYM. In.... < , et convaincu.
+ INCONVENABLE (in-kon-ve-na-bl') , adj. Qui n'est pas convenable. C'est [le bal de l'Opéra] de tous les plaisirs le plus inconvenable de toute façon, surtout de la façon que vous y allez; car Monsieur, qui vous accompagne, n'est rien, Lett. de Joseph Il à Marie-Antoinette, Rev. des Deux-Mondes, <•' juin <88«, p. «59. 11 ne disait rien qui fiit préci- «éaicnt inconvenable, mais il froissait toujours les
sentiments délicats d'Oswald, en parlant trop fort ou trop légèrement sur ce qui l'intéressait , stael, Corinne, m, *.
— SYN. mCONVENABLE, INCONVENANT. Ce qui est inconvenable ne convient pas; le sens est purement négatif. Ce qui est inconvenant, non-seulement ne convient pas, mais en outre est choquant, blessant par quelque chose. Inconvenant est une aggravation d'inconvenable.
— HIST. XV* s. Je n'oseroye escrire les horribles faits inconvenables qu'ils [les Jacques] faisoient aux dames, froiss. liv. i, p. 208, dans lacohne.
— ÉTYM. In.... t , et convenable.
t INCONVENABLEMENT (in-kon-ve-na-ble-man) , adv. D'une manière inconvenable. Un auteur peut rendre à jamais ridicule une expression dont il s'est inconvenablement servi, stael, De la liltér. i, <».
t INCONVENANCE (in-kon-ve-nam-s') , s. f. Il 1° Manque de convenance; action qui blesse les usages du monde. Quelle inconvenance I || 2° Qualité de ce qui est inconvenant, ne convient pas,
est inopportun Quand il ne s'élève de doutes
que sur la rédaction, quand ces doutes appartiennent presque en entier à l'inconvenance d'un moment si orageux et où l'on abuse avec tant d'impétuosité de nos arrêtés les plus sages..., mirabeau, Collection, t. il, p. 34.
— HIST. XVI* s. Inconvenance, cotgravb.
— ÉTYM. Inconvenant.
INCONVENANT, ANTE (in-kon-ve-nan, nan-t'), adj. Qui blesse les convenances. Cela est un fait inconvenant. Une réponse inconvenante.
— ÉTYM. In.... i, et convenant.
t f. INCONVÉNIENT, ENTE ( in-kon-vé-ni-an , an-t'), adj. Terme vieilli. Qui ne convient pas. Encore n'a-t-il pas été inconvénient que les choses n'arrivassent pas tout d'un coup à la plus haute élévation, balzac, le Prince, ch. <5. Et si ses traits [de l'Amour] ont eu la force d'entamer Les cœurs de Pluton et d'Hercule, Il n'est pas inconvénient Qu'étant aveugle, étourdi, téméraire. Il se blesse en les maniant, la font. Psyché, i, p. 22.
— HIST. XIV* s. Medicinement inconvénient appliqué à la plaie, h. de mondeville, f° 67, verso. Il xvi* s. Par quoy nous voyons qu'il n'est pas inconvénient qu'une mesme œuvre soit attribuée à Dieu et au diable et à l'homme, calv. Instit. 225.
— ÉTYM. Provenç. inconvénient, inconvenien; esp. et ital. inconveniente ; du lat. inconvenientem, qui, signifiant proprement discordant, hétérogène, avait pris dès Apulée le sens d'inconvenant, de messéant.
2. INCONVÉNIENT ( in-kon-vé-nî-an) , s. m. \\ 1° Ce qu'il y a de fâcheux dans une chose qu'on fait, dans un parti qu'on prend. Je ne vois point d'inconvénient à cela, à faire cela. On devait tomber dans un autre inconvénient, boss. Bist. m, 7. Il [Athénagore, dans son Apologie] commence à exposer qu'il n'y a point d'inconvénient que Dieu ait un fils, mais qu'il ne faut pas s'en imaginer la naissance, id. 6* avert. 69. D'où vient que les mêmes hommes qui ont un flegme tout prêt pour recevoir indifféremment les plus grands désastres, s'échappent et ont une bile intarissable sur les plus petits inconvénients? la bruy. xi. J'aime mieux me borner à ce que l'on sait avec quelque certitude que de me livrer à des conjectures, et tomber dans l'inconvénient de donner pour existants des êtres fabuleux, et pour des espèces réelles des animaux défigurés, bupp. Quculrup. t. vu, p. S98. Il 2» Désavantage attaché à une chose, résultat fâcheux qui en dépend. Qui prévoyait de plus loin, et qui donnait des moyens plus sûrs, pour éviter les inconvénients dont les grandes entreprises sont environnées? boss. le Tellier. Il faut choisir entra les inconvénients les moins grands, volt. Lett. Chauvelin, 23 fôvr. <7«7. Y a-t-il quelque bien dans ce monde-ci qui soit sans inconvénient? niDER. Entret. avec la maréchale *'*.
— REM. J. J. Rousseau a dit : Je ne vois pas d'inconvénient de me prévenir du jour où vous arriverez, Lett, à du Peyrou, (2 sept. 4767. C'est un solécisme; il faut je ne vois pas d'inconvénient à, ou je ne vois pas l'inconvénient de. Dans le premier cas, à est régi par le verbe, dans le second de est régi par le nom.
— HIST. XIV* s. Il s'ensuit inconvénient, oresmb, Thèse de meunier. || xv* s. Et alleguoient l'inconvénient advenu à son grant père à Montereau Fault- Yonne [Jean de Bourgogne assassiné à Montereau], COMM. II, 4 2. Notez comme un très grant prince et puissant peut très soudain tomber en inconvénient et par bien peu d'ennemis, lu. 11, 4 2. Je dis en vérité que contre un inconvénient qui pourra advenir par
exécution de justice, cent en adviendront ai on procède par autre voie, monstr. i, 48. Quand les quatre chevaliers furent cheuz comme mors, leurs ennemys qui les regardoient et qui avoient pitié do leurs inconvénients.... Percefor. t. iv, f'84. ||xvi* s. Ils le convoyèrent tous jusques en sa maison, monstrant qu'ils estoient bien marris de son inconvénient |accident], amyot, Lyc. 48.
— ÉTYM. Inconvénient 4.
t INCONVERSIBLE (in-kon-vèr-si-bl'), adj. Terme de logique. Proposition inconversible, proposition qui ne peut avoir de converse, c'est-à-dire oî» l'on ne peut changer l'attribut en sujet, et le sujet en attribut, sans qu'elle cesse d'être vraie.
— ÉTYM. Lat. inconversibilis (quicherat, Ad' denda), de in.... 4, et convertere, changer (voy. convertir).
t LNCONVERTI, lE (in-kon-vèr-ti, tie), adj. Qui n'a point été converti.
— ÉTYM. In.... 4, et converti.
t INCONVERTIBLE ( in-kon-vèr-ti-bl' ) , adj. Il 1* Qui ne peut être changé, immuable. Tertullien soutint contre Hermogène que, si la matière est éternelle, elle est immuable et inconvertible, incapable de tout changement, boss. 6* avert. 4 3. Il Terme de finances. Qui ne peut être converti, qui n'est pas sujet à conversion. Ce titre est inconvertible et insaisissable. || Qui ne peut être changé en. Tout papier-monnaie inconvertible en espèces est un mensonge, miciiel chevalier, Jouri». des Débats. 4" nov. 48C6.||2'' Qu'on ne peut convertir, ramener à la religion. Quel effort du bras de Dieu et quel miracle n'a-t-il pas fallu pour, gagner à Jésus-Christ un nombre presque infini, ne disons pas de semblables libertins, mais encore de plus obstinés et de plus inconvertibles, dont le changement , également prompt et sincère, a toutefois été la gloire et l'honneur du christianisme? boord. Coréme, t. i, p. 308. Avec une fausse conscience, on est incorrigible et inconvertible, m. Sur la fausse consc. 4*' avert. p. 493. || 3* Terme de logique. Synonyme d'inconversible.
— ÉTYM. Lat. inconvertibilis , immuable, de in.... 4, et convertere, changer (voy. convertir).
t INCONVICTION (in-kon-vi-ksion), s. f. Défaut de conviction. Ne distinguera-t-on jamais l'inconviction de l'incrédulité ? servan.
— ÉTYM. In.... 4, et coni/t'ction.
t INCONVIÉ, ÉE (in-kon-vi-é, ée), adj. Qui n'a pas été convié.
— ÉTYM. In.... 4, et convié.
t INCOORDINATION (in-ko-or-di-na-sion), s. f. Absence de coordination. L'incoordination des idées. Il Terme de pathologie. L'incoordination des mouvements musculaires, état dû à certaines maladies des centres nai-veux, dans lequel le malade ne peut coordonner les mouvements musculaire! pour marcher, saisir un objet, etc.
— ÉTYM. In 4, et coordination.
t INCOQUE (in-ko-k'), adj. Qui n'a pas de coque. Terme dont Voltaire s'est servi par plaisanterie : Je me suis donné souvent le plaisir innocent de couper des têtes de colimaçons-escargots à coquilles, et de limaces nues incoques, Phil. Newt. Coiim. 4'* lettre.
t INCORPORABLE (in-kor-po-ra-W), adj. Qui peut être incorporé. Incorporé veut dire entré dans un corps, et incorporable, qui n'y est pas encore entré, bern. de st-p. //arm. 6.
INCORPORALITÉ (in-kor-po-ra-li-té), s. f.
Terme dogmatique. Qualité des êtres incorporels. Je les entends crier tout le jour et parler d'idées et d'incorporalité, d'ablancourt, Lucien, t. il, Double accusation, p. 340, dans richelet.
— ÉTYM. Lat. incorporalitatem, de incorporalis, incorporel.
t INCORPORANT, ANTE (in-kor-po-ran, ran-t'), adj. Qui incorpore. Langues incorporantes, langues dans lesquelles les mots s'incorporent les uns dans les autres de manière à former des membres de phras» et même des phrases.
INCORPORATION ( in-kor-po-ra-sion ; en ver» , de six syllabes), s. f.\\i° Action d'incorporer, de faire entrer un corps dans un autre. || Terme ri» pharmacie. L'action de faire entrer par mixtion un ou plusieurs médicaments dans un excipient mou ou liquide, pour donner au tout une certaine consistance. Il faut pétrir ces drogues jusqu'à ce que l'incorporation soit parfaite. || 2* Fig. Action do faire entrer des parties dans un tout. L'incorporation d'une terre au domaine. L'incorporation des conscrits dans le régiment. L'incorporation du ]>euple vaincu avec les vainqueurs no s'opéra que lea-
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tentent. Ces choses [la pénitence et le désir des catécliumènes] étant connues de toute rEjçlise, on leur conférait le sacrement d'incorporation par lequel ils devenaient membres de l'Église, pasc. Pens. sur le pape et V Église; Jléflex. sur la manière, etc. édit. FACGÈBE.
— HIST. XIV* s. i plusieurs qui auparavant ne j'entreconnoissoyent quasi pas.... il [le vin] leur a donné un commencement de commixtion et d'incorporation des uns avec les autres, langue, 623. Les électeurs du Saint Empire, aux quels ceste incorporation [des villes impériales à la France] touchoit plus qu'à tout aultre.... carloix, ix, 24. Or est il icy question d'incorporation, et non de simple enduisement et inonction, paré, ix, 18.
— ÉTYM. Provenç. incorporatio ; esp. incorporacion; ital. incorpornzione; du lat. incorporationem (ouiciierat, Addenda) (voy. incorporer).
INCORPORÉ, ÉE (in-kor-po-ré, rée) , part, passé d'incorporer. {| 1° Réuni en un seul corps. Comme on trouve ces coquilles incorporées et pétrifiées dans les marbres et dans les rochers des plus hautes montagnes, bufp. Hist. nat. 2* dise. CEuvres, t. i , p. 113. Il 2° Réuni à un tout. Province unie et incorporée à la couronne, PATHU, Plaidoyer i, dansRicHE- LET. Elle [Albe] fut vaincue et ruinée; ses citoyens, incorporés à la ville victorieuse, l'agrandirent et la fortifièrent, boss. Hist. l, 7. Les Espagnols sont une race d'Arabes, de Carthaginois, de Juifs, de Tyriens, de Visigoths, de Vandales incorporée avec les habitants du pays, volt. Bussie, i, i.
t INCORPORÉITÉ (in-kor-po-ré-i-té) , s. f. Qualité de ce qui n'a pas de corps. C'est en réalisant nos spectres autour de nous par des noms vides de sens, que nous ef * venue l'idée d'incorporéité, Diderot, Opin. des anc. phil. (fcoibwme).
— lîrVJl. In.... i, et corporéité; provenç. incorporeitat; esp. incorporeidad ; ital. incorporeità.
INCORPOREL, ELLE (in-kor-po-rèl , rè-l'), adj. Il 1° Qai n'a point de corps. Les substances incorporelles. Dieu est une raison incorporelle qu'on ne saisit que par la pensée, didehot, Opin. des anc. phil. (platonisme). || 2° Terme de jurisprudence. 11 se dit des choses qui, ne tombant pas sous nos sens, n'ont qu'une existence morale. Tous les droits sont incorporels. Toute créance est un meuble incorporel.
— HIST. XV" s. Si me semble chose bien dure De vendre biens incorporels, coquillart, dans le Dict. de iwcuEZ. Il XVI' s. Substances incorporelles et invisibles, langue, 486. Ceux qui ont faict Venus déesse, ont regardé que sa principale beauté estoit incorporelle et spirituelle, mont, m, 285.
— ÉTYM. Provenç. incorporai; ital. incorporale; du lat. incorporalis, de in.... i, et corpus, corporis, corps.
INCORPORER (in-kor-po-ré), v. a. || l" Unir en un seul corps. Incorporer du mercure dans de l'aionge. Le dessein du Sauveur du monde qui a été, en nous incorporant avec lui, d'établir parmi nous la plus parfaite société, bgurdal. Instruct. paix avec le prochain, Exhort. t. ii, p. 3B4. Nous négligeons souvent les hommes.... qui sont ceux qu'il faut attacher et comme incorporer à nous, vaoven. Maximes, liv. || 2° Fig. Réunir en un seul tout. Plusieurs des lois anciennes furent incorporées dans le code. La liaison des scènes semble, s'il m'est permis de parler ainsi, incorporer Sabine dans cette pièce, au lieu que, dans le Cid, toutes celles lie l'infante sont détachées et paraissent hors d'œu- »re, CGRN. Exam. d'Uor. \\ 3° 11 se dit de la réunion avec des corps politiques, religieux, militaires, etc. Comment pourrons-nous sans ce secours [un épiscopat formé à tous les devoirs] incorporer à l'Eglise de Jésus-Christ tant de peuples nouvellement convertis [les protestants après la révocation de l'édit de Nantes] et porter avec confiance un si grand accroissement de notre fardeau? boss. le Tellier. Ils pourront dans la suite être incorporés à votre peuple, FÉN. Tél. XII. L'heureux moment qui nous incorporera avec tous les élus dans ce corps mystique qui se forme depuis la naissance du monde, mass. Carême, Mort. I-a plupart des soldats furent incorporés dans un nouveau régiment d'un fils du prince d'Anhalt, qui fut leur quatrième maître, volt. Char- Us XII, 8. Il II se dit aussi de pays, de terres, de propriétés qu'on réunit avec d'autres. Incorporer une terre au royaume. Quand il »'agit d'incorporer la Lusace i la Bohème, volt. A nn. Emp. Charles IV, 1368. Il 4° S'incorporer, v. r^/l. Devenir incorporé. Cette drogue s'incorpore facilement avec les extraits. Le pain de vie est un poison, une sentence de mort qu'il fie pécheur] s'incorpore aveo lui-mi'iiie qui de-
vient sa propre substance, mass. Carême, Communion. La. lumière s'incorpore, s'amortit et s'éteint dans tous les corps qui ne la rénéchis.sent pas, ou qui ne la laissent pas passer librement, buff. Hist. min. Introd. i" partie, Œuv. t. vi, p. 42., dans pougens. Il Fig. Mon fils aune qualité très-commode, c'est qu'il est fort aise de relire ce qu'il a trouvé beau : il le goûte, il y entre davantage.... cela s'incorpore, sÉv. 8 janv. 1690. Si vous saviez par combien d'imperceptibles liens elles [les richesses] s'attachent et, pour ainsi dire, s'incorporent à votre cœur, boss. le Tellier. || 5* Se joindre, être joint comme partie à un tout. Ces lois ne peuvent s'incorporer dans la nouvelle législation. Les alluvions ou attérissements s'incorporent au domaine: <iuquel ils sont contigus. Des peuples qui viennent s'incorporer au sien, FÉN. Tél. xiii.
— HIST. xm* s. Tous mes cozers [mon cœur] est à vous donnez. Et si est si eiicorporez Dedans l'amoureuse porprise, Que jà estez Ne desovrez [séparé] N'ert [ne sera] puis que m'entente i ert mise, Lay d'Amours, jubinal, u, p. I97.||xiv" s. Brouès des chars [chairs] devant dites, o les quiex [avec les quels] il puet encorporer oefs, H. de^mondeville, f° 96, verso. Car toujours gens de bien qu'en honneur sont fondez Monstrent le bien qui est en eux encorporez, Guesclin', 20783. Tant ouvra sur le drap et main [matin] et vesperée. Que li histoire i fu mise et encorporée Telle que vous sera de par moi recordée, Daud. de Seb. u, 33o. Des quels articles la teneur est ci dessouz encorporée, Bibl. des chartes, 4* série, t. ii, p. 57. Ijxvi" s. Et tiens que l'empereur n'y fera point de résolution sans me ouyr, puisque suis icy, et m'efforceray si bien le incorporer des matières, que tout ira bien, Lett. de Louis XII, t. IV, p. 307, dans lacurne. Ils estoient d'advis que l'on {"ncorporast les villes de Thoul et de Verdun à ce gouvernement, carloix, v, 28. Il ne faut pas attacher le sçavoir à l'ame, il l'y faut incorporer, mont, i, 148. On incorpore la cholere en la cachant, id. m, 145. Si est-ce sans le corps qu'il [l'homme] seroit ocieux; L'esprit incorporé devient ingénieux, rons. 251. Entre ceux qui plus ne meurent, Incorporez avec Dieu, m. 534.
— ÉTYM. Provenç. encorporar, incorporar; espagn. incorporar ; ital. incorporare ; il\x lat. incorporare, de in.... 2, el corpus, corporis, corps.
INCORRECT, ECTE { in-ko-rèkt', rè-kt'; voy. corrp:ct pour la prononciation delà finale), adj. Qui n'est pas correct. Cette édition est fort incorrecte. Style incorrect. Dessin incorrect. || Il se dit aussi des personnes. Écrivain, auteur incorrect. Peintre incorrect.
— HIST. xvr s. Pardonnez moy, respondit l'asne, monsieur le roussin, ainsy sommes nous en nostre langue incorrects et mal apprins, nous aultres villageois, HAB. Pant. V, 7.
— ÉTYM. Lat, incorrectus, de in.... 1, et correctus, correct.
t INCORRECTEMENT ( in-ko-rè-kte-man ) , adv. D'une manière incorrecte.
— HIST. XVI' s. Incorrectement, cotgrave. INCORRECTION (in-ko-rè-ksion; en vers, de cinq
syllabes), s. f. \\ 1" Défaut de correction. Incorrection de style. Il y a beaucoup d'incorrection dans le dessin de ce tableau. Par quelle fatalité Corneille écrivait-il toujouvs avec plus d'incorrection et dans un style plus grossier, à mesure que la langue se perfectionnait sous Louis XIV? volt. Comm. Corn. Rem. Nicomède, v, 9. || 2° Endroit incorrect. Faire disparaître une incorrection.
— HIST. XVI* s. Voilà comment le mauvais exemple et l'incorrection ont donné persévérance à ce détestable vice, langue, 7.
— ÉTYM. Lat. irucnrrectionem , de tn....l, et correctio, correction.
t INCORRIGÉ,ÉE (in-ko-ri-jé, jce), odj'.Qui n'est point corrigé.
— HIST. XVI* s. On a misses ouvrages en lumière incorrigez et informes, mont. Il, 214.
— ÉTYM. In.... 1, corrigé.
INCORRIGIBILITÉ (in-ko-ri-ji-hi-li-té), s.f. Défaut de celui qui est incorrigible. Je vous ai déjà dit que l'incorrigibilité de Monsieur m'avait rebuté,