‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 170 sur 389 · MOB · texte numérisé non relu

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Oa' sppartient à la mnémotechnle. Procédas mnémotechniques.

t MOBED (mo-bèd") , s. m. Nom des prêtres dans les temps postérieurs de la religion de Zoroastre.

— ETYM. Persan, mohed, répondant, par les radicaux, au sanscrit maha, grand, et patt, seigneur.

MOBILE (mo-bi-l'), adj. \\ 1° Oui se meut ou qui peut être mû. Mobiles comme le mercure, ils pirouettent, ils gesticulent, ils crient, ils s'agitent, LA BRUT. IX. Ce qu'on appelle une matière morte, ne seraît-ce pas une matière mobile par une autre matière? dider. Interprét. de la nat. Question b. Comme de vieux nochers, de qui la couche mobile est suspendue aux mâts, chateaubr. Génie, l, v, 3. Sur un sable mobile ou des flots écumants, c. delav. Paria, IV, 7. Il Terme d'imprimerie. Caractères mobiles, caractères séparés, par opposition aux planches gravées en bois, stéréotypées, etc. || Terme de botanique. Anthère mobile, anthère qui, fixée par un seul point faisant office de charnière, peut se mouvoir en deux sens opposés. {| Anneau mobile, anneau des champignons, quand, n'adhérant pas au pied du stipe, il peut en parcourir la longueur comme ferait une bague. || Terme de construction. Menuiserie mobile, celle qui a pour objet la construction des portes, des croisées, etc. || 2* Fêtes mobiles, certaines fêles de l'année ainsi nommées parce que le jour de leur célébration change tous les ans, selon la différence des lunaisons. || 3' Terme d'administration militaire. Troupes mobiles se dit par opposition à troupes sédentaires. Créer une garde nationale mobile. Il Garde mobile, corps de troupe formé en (848 après la chute de Louis-Philippe parmi les ouvriers de Paris. {| S. f. La mobile, la garde mobile. || S. m. Un mobile, un soldat "de la garde mobile. || 4° Armistice mobile, armistice par lequel, de deux corps, l'un avance et l'autre recule, sans en venir aux mains. Un armistice mobile s'établit [entre les Russes et les Autrichiens] : le général russe et Sohwartzenberg devaient manœuvrer l'un devant l'autre, le Russe sur l'offensive, l'Autrichien sur la défensive, mais sans en venir aux mains, ségur, Ilist. de Nap. xu, <0. || 5» Couleur mobile, couleur qui varie avec l'aspect des corps colorés. |{ 6° Cliangeant, inconstant. Salomon reconnaît la sagesse pour la plus muable ou la plus changeante chose de toutes les mobiles, la mothiî le vayer. Vertu des païens, n, Pyrrhon. Un caractère mobile, sensible et passionné, stael, Corinne, l, (. Il n'y a rien de plus mobile que les têtes exaltées, id. ib. XVI, 6. Vos édits inconstants Ont annoncé chez vous un cœur faible et mobile, m. j. chKn. Charles IX, II, 3. Il 7* S. m. Un mobile, un corps qui est mû. Un mobile communique ime partie de son mouvement à un autre mobile qu'il rencontre. Tout mobile qui se meut dans un cercle, ou dans une ellipse, ou dans une courbe quelconque, se meut autour d'un centre auquel il tend, volt. Newt. m, 4. || Terme d'horlogerie. Un mobile, roue ou quelque autre pièce du mouvement d'une montre ou d'une pendule, qui tourne sur son pivot. Les premiers mobiles sont le barillet, la fusée et la grande roue moyenne ; les derniers mobiles, la petite roue moyenne, la roue de champ, la roue de rencontre et le balancier. Il 8° Dans l'ancienne astronomie, le premier mobde, la première et la plus haute des sphères c^-lesles, qui se meut et donne le mouvement aux sphères inférieures. Ce ciel que nous appelions premier mobile, est tellement au-dessus do tous les autres cieux qu'il ne laisse pas de leur Imprimer son mouvement et son action, bourdal. ■i' dim. aprit l'Épiphan. Dominic. t. l, p. «28 || Temps du premier mobile, temps qui est mesuré par le retour des étoiles au méridien. || l'ar extension. Premier mobile, la première cause de plusieurs mouvements subordonnés. Le concours de l'Âme et du corps est visible dans les passions ; mais il est clair que le premier mobile est tant/'il dans la pensée de l'Aine, tantAt dans le mouvement commencé par la disposition du corps, Boss. Connaitt. m, h. || Fig. Premier mobile, se dit d'une personne qui donne le mouvement i une affaire, à une association. C'est cette infortunée Galigaî qui avait été le premier mobile de la fortune du cardinal de Hiclielieu, lorsqu'il était jeune encore, et qu'il s'appelait l'abbé de Chillon, volt. Krrurs, t'b. || Il se dit aussi dus chose» qui exercent la principale influence. 11 semble que leurs passions |des hommes] .wnt les premiers mobiles des changements et des fortunes, MASS. Panégyr. Martyr. L'argent, ce qui est le premier mobile des affaires de ce munde, volt, t'/nfénu, 8. Les trois philos'>phes agitèrent la grande queslioD, quel est le premier mobile de toutes les

actions des hommes, id. Oreilles, 7. || 9* La force mouvante, signification qui est advenue, bien que mobile veuille dire expressément ce qui peut être mil, de ce que U premier nwhilc, qui se mouvait le premier, était supposé communiquer son mouvement à tout le reste. Le feu e.st le mobile de cette machine. || Aujourd hui, on dit plutôt moteur. || Fig. Ce qui porte, ce qui excite à faire quelque chose. Les deux grands mobiles propres à remuer les spectateurs chez les anciens [dans les tragédies] étaient la terreur et la compassion, hollin, Ilist. anc. Œuv. t. V, p. 1 24, dans pougens. La gloire, ce puissant mobile de toutes les grandes âmes, buff. Nature des animaux. L'or, unique mobile, unique récompense, u. 1. CHÉN. Gracq. ii, 3.

— ÊTYM. Lat. mobilis, contraction de movibilis, susceptible d'être mû. ilobile est refait sur le latin ; mobilis avait donné meuble.

MOBILIAIRE (mo-bi-li-ê-r'l, adj. Qui consiste en biens meubles, ou qui concerne cette nature de biens. L'argent, les obligations, les récoltes coupées sont des effets mobiliaires. Imposition mobiliaire. Succession mobiliaire.

— REM. Cet adjectif fait double emploi avec l'adjectif mobilier; c'est le même, écrit différemment.

— ÉTVM. Voy. MOBILIER.

f MOBILICORNE (mo-bi-li-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a une corne mobile.

— ETYM. Mobile, et corne.

MOBILIER, 1ÈRE (mo-bi-lié, liè-r'), adj.

Il !• Terme de jurisprudence. Qui est de la nature du meuble. Les biens mobiliers d'une succession. D'après le code civil, les rentes constituées, les effets publics, les intérêts dans les entreprises de commerce, etc. sont des biens mobiliers. L'expression biens meubles, celle de mobilier, d'effets mobiliers comprennent généralement tout ce qui est censé meuble. Code Nap. art. 535. || Société générale de crédit mobilier, société fondée à Paris en (862 et destinée à faire des prêts sur dépôt de valeurs mobilières, actions, coupons de rentes, etc. {| Action mobilière, toute action qui tend à la revendication d'un meuble incorporel ou corporel. || Droit mobilier, droit à la revendication d'un meuble corporel ou incorporel. Il Vente mobilière, vente de tout ce qui est dénommé meuble. || Saisie mobilière, saisie de tous les objets qui peuvent être considérés comme meubles. Il Succession mobilière, succession ou portion de succession qui consiste en meubles. || Héritier mobilier, celui qui hérite de meubles. || 2° S. m. Le mobilier, l'eitsemble des meubles, de ce qui sert à garnir et orner une maison sans en faire partie. Le prodigieux mobilier du cardinal [Dubois] passa à son frère aîné Dubois, secrétaire du cabinet, depuis que le cadet était devenu secrétaire d'État, DucLos, Œuvres, t. vi, p. ci. Le mobilier qui échoit à chacun des époux pendant le mariage doit être constaté par un inventaire. Code Nap. art. i b04.

— ÊTYM. Mot formé du lat. mobilis, dans le sens de meuble (voy. meuble), avec la terminaison adjcctive ier, ière, qui répond au latin arixts.

t MOBILISABLE (mo-bi-li-za-bl'), adj. Qui peut être mobilisé, mis en campagne. Une partie de la garde nationale est mobilisable.

MOBILISATION {mo-bi-li-zasion),î. f. || !• Terme de jurisprudence. Action d'assimiler aux meubles. Il 2" Terme d'administration militaire. Action de faire passer un corps sédentaire au service actif do guerre.

— ETYM. Mobiliser.

MOBILISÉ, EE (mo-bi-li-zé, zée), part, passé de mobiliser. La garde nationale mobilisée.

MOBILISER (ino-bi-li-zé), v. a. || l'Assimiler aux meubles. Par les contrats de mariage on mobilise quelquefois des immeubles. Vingt milliards, quelle vétille! en frappant du pied le sol [en («48], on devait les trouver ; un simple procédé y suffisait : il s'agissait de tout mobili.^r; ô vertu d'un motl mobiliser, mobilisation, enfants d'un vocabulaire qui n'est pas celui do Bossuet, que do qualités secrètes ne renfermez-vous pas I L. beïbaud, Ji'r. PaturoC, partie m, S vf. \\ !• Hendre mobile, mottie en campagne. On mobilisa une partie de la garde nationale de telle ville.

— ETYM. Habile.

HOBlLirfi (mo-bi-li-té), i. f. || 1* Propriété générale des corps, en vertu de laquelle ils obéissent parfaitement, et en tous sens, aux cau.'^es de mouvement. La mobilité du mercure. Ses disciples [de Pythagore] et PbilolaQs entre autres eurent un système astronomique qui leur était particulier, et dans lequel ils sup[K>saient la mobilité de la terre, LAMOTHK L« VATSB, Vertu des païens, il, Pythagore. La mobilité est la faculté qu'ont tous les corns de

pouvoi^ ^re mis en mouvement, brisson, Traité de phys. t. i, p. 41, dans pougens. La mobilité convient à latome, et le repos au monde, uiderot. Salon de (767, Œuvres, t. xiv, p. 64, dans pougens. Il Mouvement communiqué. La lumière lugubre .des lampes.... répandait une mobilité effrayante sur ces objets éternellement immobiles [les catacombes et leurs sépulcres], chateaub. Mart. v. Il Terme de chirurgie. Mobilité des fragments, la possibilité de faire mouvoir les deux bouts d'un os rompn. || 2° Facilité à prendre difFérentes expressions. Cet acteur a une grande mobilité dans la physionomie. Son âme, active au delà de toute expression, donnait aux traits de sa physionomie une mobilité éblouissante et ravissante, MARMONTEL, Mém. V. |1 3" Facilité à passer promptemont d'une disposition à une autre. Ce qui me ravissait en elles, c'étaient les grâces de leur esprit, la mobilité de leur imagination, le tour facile de leurs idées et de leur langage, marmontel, Mém. vil. Oswald était étonné de cette mobilité qui faisait succéder l'une à l'autre des impressions si différentes, STAËL, Cortjine, x, 4.

— HlST. XV* s. Mais ce n'est de nos fringuereaux Qu'inconstance et mobilité, coquil. dans le Dict. de DOCHEz. Il ivi* s. Mobilité, OUDI.-J, Dict.

— ETYM. Lat. mobilitatem, de mobilis, mobile.

t MOBULAR (mo-bu-lar), s. m. Nom, aux Antilles, d'une sorte de raie nommée ange en Franco.

t MOCADR (a:o-ka-d') , s. f. Nom qu'on donne quelquefois à I» m' quctte. Nous aurions accordé à Philippe le Clerc.'; la permission d'établir dans notre royaume la fabrique et manufacture de mocades ou moquettes façon de Flandres, Privilège de Pierre Maurice pour la manufacture des moquettes, 3 août (683. Il On trouve aussi moucade. Tapis de moucade, Pécl. durai, nov. 1640, tarif.

— ETYM. Voy. MOQUETTE.

t MOCASSIN (mo-ka-sin) , s. m. Chaussure des sauvages de l'Amérique du Nord; elle est faite de peau de bête. || Chateaubriand dit mocassine ; on dit actuellement mocassin. Elle [Atala] me broda des mocassines de peau de rat musqué, chateaub. Atala, le récit des chasses.

t MOCHE (mo-ch'), s. f. Terme de commerce. Paquet de soies filées. || Soies en moche, se dit de» soies ainsi disposées.

t MOCIIEUSE (nio-cheû-z'), s. f. Sorte de grand cylindre ou tambour en bois à axe horizontal et hérissé de petits piquants métalliques, qui sert i préparer la bourre de soie pour le peignage.

t MOCIILIQUE (mo-kli-k'), s. m. |) l" Terme de pharmacie. Voy. macaroni. |1 2" Titre d'un livre chirurgical de la collection hippociatique, ijui signifie levier, et qui renferme la description de quelques machines do réduction.

— ETYM. MoxXixôcdeiiôx^o;, levier; le médicament étint ainsi nommé à cause de sa grande puissance.

t MOCO (mo- ko), j. m. Espèce de rongeur du Brésil.

t MOCOCO (mo-ko-ko), *. m. Espèce de maki da la côte de Mozambique.

t MODAL, ALE (mo-dal, da-I"), ad;. || 1* Terme de philosophie. Qui concerne la modalité. Les accidents modaux. 11 s'ensuit que je ne mourrai pas tout entier, et (|u'une grande partie de moi-même échappera i la ruiu'! do mon existence modale, BOtiLAiNviLLiEHS, liéfutation de Spinota, p. 150. L'homme, être modal et conditionnel , m. ib. p. 264. Au moyen de l'aitention dont l'âmu est douée, elle peut séparer la partie de son tout, le mode de son sujet ; elle peut taire des abstiaotion» partielles et des abstractions modales, bonnet, Ess. psych. ch. 8. Il Proposition modale, et, substantivement, une modale, proposition qui contient quel- (|ue restriction. Si les modales sont appelées par quelques dialecticiens jJiiJrtnum ingeniorum, les anagrammes de maître Pasquior sont ptslri'num pistrini, oarasse, Jlech. des rech. p. 323, dans LACUHNB. Les philosophes ont particulièrement remarqué celles [propositions] qu'ils ont appelées modales, parce que l'affirmation ou la négation est modifiée par l'un de ces quatre modes : possible, coiilingcnt, impossible, nécessaire. Logique de Port-Uoyal, p. »»l, dans pouokns. || 2" Terme da jurisprudence. Oui a rapport à un modo, à une manière particulière de faire une chose. Disposition modale. 1| 3° Terme de musique. Cordes ou noies modales, celles qui caractérisent le mode majeur ou mineur : la tierce et la sixte.

— ÉTYM. Mode I.

MOUALITf^ (mn-da-li-té), s. f. || !• Terme de logique. Manière d'être. On répond que, comme les ligures ronde et carrée sont des modalités de l'é-

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lendue, de même l'étendue et la pensée sont des attributs de la substance, boulainvilliehs, Réfut. Je Spinota, p. <». Comme nulle modalité ne peut commencer d'eiister que par la détermination d'une ou plusieurs causes, il n'en est point aussi qui ne cesse d'êlre par la détermination d'une autre cause différente de nature et d'effet, id. 16. p. 4»T. Ce changement [de la monade] est ce que notre philosophe nomme une modalité ; il dit que la monade produit par elle-même ses propres modalités, BONNET, Œuvres mêlées, l. xviii, p. io5, dans poucENs. Il 8° Terme de musique. Indication du mode dans lequel on joue. 11 faut déterminer la modalité.

— ETYM. Modal.

i. MODE (mo-d'), ». m. jj l' Terme de philosophie. Manière d'être qui ne peut exister indépendamment des substinces, quoiqu'elle puisse être conçue i part abstrailement. Le mode est un accident que l'on conçoit nécessairement dépendant de quelque substance, rohault. Physique, dans wciiKLET. Comment une substance quelconque périrait-elle î tout mode se détruit, l'être reste, volt. Dict. phil.Âme. La figure et le mouvement dépendent d'une cause qui est extérieure au corps ; ce ne sont donc pas dos propriétés essentielles ; ce »nt de simples modes, mais qui ont leur fondement dans les attributs essentiels de la matière : la figure dans l'étendue, le mouvement dans la solidité, BONNET, Coruid. corps oryan. Œuvres, t. v, p. «68, dans pouGENS. Les modss déïivent des attributs, ID. Œuv. mêlées, t. xviî, p /». || 2* Terme de logique. Modification d'unt pioposition, ce qui la rend modale. || Certain ordre dans le raisonnement, ou dans la manière d'argumenter, qui dépend de la nature des propositions. Modes du syllogisme, les différentes manières dont les quatre sortes de propositions (l'affirmative, la négative, l'universelle et la particulière) se combinent trois i trois pour former un syllogisme. || 3° Terme de jurisprudence. Clause qui moilifle l'effet d'un acte d'après un événement incertain, mais dépendant de la volonté de celui qui doit profiler de la disposition modale. || 4° Dans le langage ordinaire, forme, méthode. Mode de gouvernement, d'administration, d'enseignement, etc. || 5° Terme de grammaire. Nom donné aux différentes formes du verbe employées pour affirmer plus ou moins la chose dont il s'agit, et pour exprimer non pas le temps, mais les différents points de vue auxquels on considère l'existence ou l'action. Les modes sont, en français, l'indicatif, l'impératif, le subjonctif, le conditionnel, l'infinitif et le participe. Les modes s'accordent entre eux, c'est-à-dire que, dans deux propositions qui se commandent, si la première est au présent, la seconde doit être mise au présent; si la première est au passé, la seconde doit être aussi au passé -.je veux que vous fassiez cela; je voulais, j'ai voulu, j'avais voulu que vous fissiez cela. || Modes personnels, ceux qui, dans les verbe», ont des personnes. Modes impersonnels, l'infinitif et le participe. || Modes obliques ou indirects, s'est dit autrefois de tous les modes des verbes autres que l'indicatif. || 6* Terme de musique ancienne. Certaine disposition de l'échelle des sons, où les anciens reconnaissaient : 4* un diapason plus ou moins élevé, le mode phrygien étant d'un ton plus haut que ledorien, etd'un ton au-dessous du lydien, etc.; 2* uno position différente du demi-ton, qui se trouvait au troisième degré dans le dorien, au second dan» le phrygien, au premier dans le lydien, etc.; 3° un caractère particulier, la fermeté et l'énergie dans le dorien, la fureur bachique dans le lydien, et dans l'ionian, l'agrément et une douceur un peu efféminée. Le Pentateuque se chantait k Jérusalem sur un mode plein et doux, cuaieaub. Génie, m, 1, î. Néron, maître du monde et dieu de l'harmonie. Qui sur le mode d'ionie Chante en s'accompagnant de la lyre i dix voix, huoo, Odes, Un chant de fête de Néron. \\ Fig. La muse mo toucha d'un magique rameau, Et d'un mode inconnu m'cnseicna l'harmonie, milleyoïe, ÉUi/ies, u. Bûcher de la lyre. IByron) Ta Toix, sur un mode infernal, Chante l'hymne de gloire au sombre dieu du mal UMiRT. Jf<;d. I, 3. Il Fig. Le mode ihébain, U poésie lyrique semblable k celle de Pindare, qui éuit de Thèbes. Lutteurs.... Venez vaincre dans nos fêles ABn d'obtenir des poètes Un chant sur le mode thébain, v. hooo, Odes, iv, to.jj Terme de pUinchanl. DispoiiUon de l'échelle des sons analogue aux modes des Grecs, mais déterminée : 4« par la ptal» des deini-tons; ««par l'étendue, qui éuitpour ohMin duoe octave; »• par U Hnale, c'est-à-dire fW U not« qui devait terminer la cbaot dans cha-

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que mode; *• par la dominante, c'e^t à-dire par la note qui occupait la plus grande partie du chant ; 5* par la distinction des modes authentiques et des modes plagaux, le mode plagal étant d'une quarte au-dessous de l'authentique correspondant, avec la même note pour finale; 8" par le caractère grave, triste, joyeux qu'on y reconnaissait. Dans le plainchant, quand la finale d'un chant en est aussi la tonique, et que le chant ne descend pas jusqu'à la dominante, le mode s'appelle authentique; mais, si le chant descend ou finit à la dominante, le mode est plagal, J. j. rouss. Dict. de mus. Authentique. Il Terme de musique moderne. Disposition des sons de la gamme, délerminée par la place du demi-ton, qui occupe le troisième degré dans le mode majeur, et le second dans le modo mineur. || Mode majeur, celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont majeures. || Mode mineur, celui où la tierce et la sixte, au-de.ssus de la tonique, sont mineures.

— HIST. xvi* s. Les modes sont de cinq sortes : la première s'appelle indicative.... r. estienne, Gramm. franc, p. 38, dans lacurne. Et que je chante en mode pastorale Ce que voudray de ma fiuste rurale, marot, iv, 2.

— ÉTYM. Prov. mo, s. m., mode de verbe; dulat. modus. Mode, s. m. n'apparlient point à l'ancienne langue. Au xvi" siècle, il était uniformément féminin ; c'est plus tard qu'on a distinfrué le mode et la mode. Modus, au sens de mode de verbe, avait donné mœu/'(voy. ce mot).

î. MODE (mo-d'), s. f.\\i° Manière, fantaisie. Nature qui sert un chacun à sa mode, Régnier, Sat. VII. Vous avez, Dien me sauve, un esprit à ma mode ; Vous trouvez, comme moi, la grandeur incommode, COBN. Illus. com. 11, 4. J'approuve cependant que chacun ait ses dieux. Qu'il les serve à sa mode et sans peur de la peine, lo. Poly. v, e. Même on dit qu'il suivit la mode de son maître, la font. Pdté. Mme de Vins me parut hier fort tendre pour vous, ma fille; c'est-à-dire à sa mode, mais sa mode est bonne, sév. 28 juin 1675. J'entre dans le goût qu'il [un directeur, le prieur de Sainte-Catherine] a de ne point ressembler à ses voisins [les jésuites] , et je le traite à sa mode, qui est aussi tout à fait la mienne, id. « oct. 4693. Dn Dieu qu'on fait à sa mode, aussi patient, aussi insensible que nos passions lo demandent, n'incommode pas, boss. Anne de Gons. Pendant que le parlement d'Angleterre songe à congédier l'armée, cette armée toute indépendante réforme elle-même à sa mode le parlement.... et se rend maîtresse de tout, id. Reine d'Anglcl. Prince religieux àsa mode, id. Hist. m, 3. Ronsard.... Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, boil. Art p. i. Mais d'une vertu à leur mode et qui ne les empêche pas de faire mille maux, et de manquer à faire mille biens, maintenon, Lett. à Mme de la ViefviUe, I3 déc. t7to. ||X la vieille mode, comme dans le temps passé. Vous nous parlerez longtemps du malheur de M. dePompone, avant que nous vous trouvions à la vieille mode; cette disgrâce est encore bien vive dans nos têtes, SÉV. 2» nov. 4 679. \\ X la mode d'Italie, d'Espagne, etc. suivant les usages d'Italie, d'Espagne, etc. Il Oncle, tante à la mode de Bretagne, cousin germain, cousine germaine du père ou de la mère. Neveu, nièce à la mode de Bretagne, fils, fille du cousin germain ou de la cousine germaine. Un maître maquignon qui est mon neveu à la mode de Bretagne, lesage, Turcaret, m, 2. ||a' Usage passager qui dépend du goût et du caprice, [l-es Français] Aimant, comme je fais, beaucoup le changement, Kn leur langue commune ils me nomment la mode, Discours nouveau sur lamode (4 643). Voyez ce taffetas, la mode en est nouvelle, Régnier, Sat. vni. Il en est [des diables] du village, il en est du grand monde; Il en est de la mode, il en est de la Fronde, Hist. du tliédtr. franc, t. vu, p. 2)6, dans LACUBNE. Comme la mode fait l'agrément, aussi fait-elle la justice, pasc. Pens. vi, 5. La modo même et les pays règlent ce que l'on appelle beauté, id. Passions de l'amour. Ne vous engagez point à le soutenir [l'usage du chocolat] ; songez que ce n'est plus la mode du bel air, sév, 4& avr. 4C7i. Le moyen que vous ne m'aimiez pas?... c'est moi qui ai commencé la mode de vous aimer et de vous trouver aimable, ID. d Coulanges, 26 avr. 4 6U6. Des modes que le dieu du siècle, c'est-à-dire que le démon de la chair a inventées, bouhdal. Sur le scandale, 4"avent, p. 408. Le savoir nuit à tout, la mode en est passée; On croit qu'un bel esprit ne saurait être bon, d*shoul. Ép. chagrine à Mlle"'. Importun i tout autre, k soi-même incommode. Il change, à tout moment, d'esprit comme de mode,

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BOIL. Sal. vri. Une femme surtout doit tribut à la mode, id. ib. x. On n'y peut plus souffrir ses vertus hors de mode, id. ib. xi. Une chose folle et qui découvre bien notre petitesse, c'est l'assujétissement aux modes quand on l'étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé et la conscience, la brut. XIII. Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu'à l'affecter, id. ib. L'on blâme une mode qui, divisant la taille des hommes en deux parties égales, en prend une tout entière pour le buste.... l'on condamne celle qui fait de la tête des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages, id. ib. Iphis voit à l'église un soulier d'une nouvelle mode ; il regarde le sien, il rougit, il ne se croit plus habillé, ID. ib. Le duel est le triomphe de la mode, et l'endroit où elle a exercé son empire avec plus d'éclat, id. ib. Une mode a à peine détruit une autre mode qu'elle est abolie par une plus nouvelle, qui cède elle-même à celle qui la suit, et qui ne sera pas la dernière, id. tb. Je fais mon plus grand soin du soin de me parer. Rien ne me flatte plus qu'une mode nouvelle, destolches, Homm. siny. Il, 4. De la mode jusque dans la médecine; cette manie était trop commune dans Paris, volt. Ingénu, 1 9. Vous dont l'esprit formé par la lecture Ne parle pas toujours mode et coiffure, m. Ép. 4 4. Il est une déesse inconstante, incommode, Bizarre dans ses goûts, folle en ses ornements, Qui parnît, fuit, revient et natt en tous les temps, Protée était son père, et son nom est la Mode, id. Poésies mêlées, 2». X la mode régnante : Le plus sage la suit, le plus heureux l'invente, la chalssée. Retour imprévu, i, 3. La mode n'a point droit de nous donner des vices, H'. Préjugé à la mode, 11, t. Les femmes des îles du golfe Persique ont aussi des modes et des coutumes semblables à celles des femmes indiennes, comme celles de se passer dans le cartilage du nez des anneaux et une épingle d'or au travers de la peau du nez près des yeux,BUFF. Hist. nat. Homme, Œuvr. t. V, p. 73. Il Passer de mode, cesser d'être dans lo goût du jour. 11 faisait représenter des tragédies où on pleurait, et des comédies nù l'on riait ; ce qui était passé de mode depuis longtemps, volt. Zadig, 7. Il Mettre à la mode, faire accepter par le goût du jour. C'est le langage que les sociniens tâchent de mettre à la mode, (juand ils parlent des grands mystères de notre foi, BOSS. Rem. Hist. eonc. m, 7. Il n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode.... que le grand jeu, la bruï. XIII. Le peintre que j'employais est un homme que j'ai mis à la mode, genus, Tliédt. d'éduc. Zélie, 1, 2. Il X la mode, dans le goût du jour. Je lui fis à la mode un petit compliment, Régnier, Sat. vin. La pièce est fort complète et des plus à la mode, corn. le Ment, v, 4. Est-il vrai, grand monarque? et puis-je me vanter Que tu prennes plaisir à me ressusciter? Qu'au bout de quarante ans Cinna. Pompée, Horace Reviennent à la mode et retrouvent leur place? ID. au roi sur Cinna, Pompée, etc. L'hypocrisie est un vice à la modo, et tous les vices à la mode passent pour vertus, mol. Festin, v, 2. Cent petites boucles sur vos oreilles.... qui vont mal, et qui ne soni non plus à la mode présentement que la coiffure de la reine Catherine de Médicis, sÊv. 4 avril iU7l. Mlle de Marsilly prétend queSaint-Cyrestpré.sentementàlamode, MAINTENON, Lett. à Mme de Brinon, t. 11, p. 226, dans pouoens. Le mérite et l'esprit ne sont plus à la mode, boil. Sat. I. Un poète à la cour fut jadis à la mode, ID. tb. Son esprit était tellement à la mode que.... hamilt. Gramm. s.jj Cet homme, cette femme est à la mode, est fort à la mode, cet homme est recherché, celte femme est beaucoup fêtée. Personne n'est plus ici k la mode que M. l'archevêque de Cambrai; et, ce qui vous surprendra, c'est par une chose qui n'est peut-être jias trop à la mode, qui est de faire admirablement son devoir d'évêque, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 277, dans pougens. 11 [le marquis de GrignanJ est à la mode, sÊv. 498. Une personne à lamode ressemble à une fieur bleue, qui croît le soir même dans les sillons, où elle étouffe les épis, diminue la moisson, et tient la place de quelque chose de meilleur, qui n'a de prix et de beauti; que ce qu'elle emprunte d'un caprice léger... l» BRUT. XIII. Un homme i la mode dure peu, car les modes pa.ssent, id. «b. Tel a été à la mode pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers, qui n'y est plus, in. ib. M. le maréchal de Uerwick, présentement l'homme à la morte, et digne de l'être, mmntenon, Lett. auD. de Noailles,l.y,p. 404. Amesure qu'il parvenait k être plus k la modo, il y mettait l'anatomie, qui, renfermée jus(iue-là dans los

écoles da médecine ou à Saint-Côme, osa se produire dans le beau momie, présentée de sa main, KONTEN. du Femey. |{ Des amis à la mode, se dit des gensqui ne témoignent de l'amitié qu'à ceui qui peuvent leur rendre service. En vérité, de sentir les blessures d'un autre premier que [avant] lui..., il faut avouerquece n'est pas aimer à la mode-, balz. liv. v, lett. 9. Il 11 est de mode, c'est-à-dire la mode veut. Puiser dans la Bible est de mode ; Prenons-y le sujet d'une ode,BÉRANG. Nabuchod. || 3° Terme de cuisine. Bœufàlamode, ragoût fait d'une pièce de bœuf piquée de gros lard, avec des carottes. || Tripes à la mode de Caen, manière d'accommoder les tripes qui est propre à la ville de Caen. || 4° Modes, au pluriel, signifie les ajustements, les parures à la mode; mais, danscet'e acception, il ne se dit qu'en parlant de ce qui serlà l'IiabiUementdes dames. La France fournit iiussi les modes, une infinité d'étoffes qui se fabriquent dans ses manufactures mieux qu'en aucun autre endroit du monde, VAtJBAat, D(m«, p. 27. Voyez ces ajustements, jupes étroites, jupes en lanterne, coiffures en clocher, coiffures sur le nez, capuchon sur la tête, et toutes les modes les plus extravagantes, mariv. la Double surprise del'amour, I, 3. En voyant des marchands de modes vendre aux (i .mes des rubans, J. i. Rouss. Ém. m. N'entendons assujétir à aucunes règles les linons rayés, mouchelés, brochés, gazes, mignonettes et autres toiles de moles, I.Hl.pal.du 30 sept. < 780, Picardie. Elle dit quelle ae désire que l'honneur de voir madame, et de lui montrer des modes nouvelles, gknlis, Thédt. d'idue. les Dangers du monde, i, 4. || Tenir les modes et la nouveauté, vendre des chapeaux, des objets de modes, des étoffes nouvelles. || Aujourd'hui, modes ne se dit plus guère que des chapeaux et des coiffures. Une marchande de modes est une faiseuse de chapeaux. || 5° Terme de point d'Alençon. Nom donné à tous les jours qui font l'ornement du point d'Alençon, dans la dentelle-réseau. |{ 6° Ancien nom d'une espèce de serge. Serges en coton ou modes, Tabl. annexé aux lett. pat. du 30 sept. 4 780, Chdlora. Il Proverbes. Chicun vit à sa mode, c'est-à-dire chacun en use comme 11 lui plaît dans ce qui le regarde. || Les fous inventent les modes, et les sages les suivent.

— msT. XV* s. Au barbier qui la barbe oste, Oui ma barbe esta, Et à la mode qui trotte, Qui me la coupa, BASSEUN, V. || ivi' S. Sur les autels couverts de parements Qui sont beaux lits à la mode ordinaire, MAROT, I, (87. On luy reprocha que c'estoit à la mode du regnard, pour n'y pouvoir advenir, mont, i, UI. à la mode de qnoy [à la manière dont] nous sommes instruits, il n'est pas merveille si.... m. i, UJ. Comme nous avons dit et pouvons entendre de sa mode (du muscle] d'opérer, PABÉ,i, 10. Il n'estoit pas losible au père de nourrir SCS enfans à sa mode, ainsi que luy scmbloit, au vot, hjc. 33. Jeune, belle, gentille, délibérée, de mode que cet homme devint tant amoureux de ses bonnes grâces, Nuits de Slraparole, t. ii, p. (38, dans lacuRNE. Chascun à sa mode, et les asncs i l'antique corde, leroux db linct, Prov. i, ii, p. ï«i).

— ÉTV.M. Kode 1.

MODELAGE (mo-de-la-j"), t. m. Terme de sculpture. Opération de celui qui modèle. Ce nom de galvanoplastie indique la production électrique d'un métal solide, au moyen de partie.s déposées paisiblement par l'agent voltalque; c'est, en un mot, la sculpture, le modelage ou moulage électrique, babi- MET, Revue des Deux-Mondei, it mai t8&4, p. 8<o.

— f.TYM. Uodeler.

MODÈLE (mo-dè-l'), f . m. || 1* Objet d'imitation. i;n modèle d'écriture, de broileric. Suivre, imiter le modèle. .Salomon le bâtit |Ie temple] sur le modèle du tabernacle, BOss. llist. il, 4. Ëtudiez la cour et r.onnaissez la ville: L'une et l'autre est toujours en modèles fertile, boil. Art p. m. Si du même limon la nature féconde Sur un modèle égal ayant fait les humains.... volt. Scythes, iv, «. || Fait d'un certain modèle, fait d'une certaine façon. U est bien difficile enfin d'être fidèle X de certains marisfaits d'un certain mrjdèle, hol. Tari, il, 2. Oii la fortune a^ t-elle Mis en vos mains lépouz d'un bizarre modèlet «KOHABD, Dimocr. iv, 7. || tr Personne qui, dans un atelier de peintre ou de sculpteur, se pose, nue ou autrement, pour être dessinée ou peinte. J'ai connu un jeune homme plein de goût, qui, avnnt de jeler le moindre trait sur la toile, se mettait à genoux, et disait : Mon Dieu, délirrcz-moi du mod'le, DiuKBOT, Essai sur la peint, ch. (. || Poser le modèle, mettre une personne dans les attitudes qui conviennent à la figure qu'on veut faire. Oui, vraiment, c'est un art, et un grand art que de po-

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ser le modèle, id. ib. |{ Être fait comme un modèle, être bien fait, avoir toutes les parties du corps dans des proportions régulières et élégantes. Il 3' Terme de sculpture, d'architecture et de plusieurs autres arts. Représentation, en terre ou en une autre matière, d'un ouvrage à exécuter. Un modèle de terre, de cire, ou un modèle en terre, en cire. Modèle de vaisseau, de canon. Le modèle de l'architecte est trompeur, parce que le bâtiment, regardé ensuite à une plus grande distance, fait un effet tout différent, et que la perspective aérienne en change les proportions, volt. Temple du goût. Il Dans le commerce de certains arts, on appelle modèles, les statues, les groupes, les sujets qui appartiennent à telle ou telle maison. Cette statue est un modèle de la maison Barbedienne. ||4* Modèle de fabrique, sorte de table qui sert à couper les pains de savon. || Grande glace doucie sur laquelle on assemble plusieurs glaces, pour qu'elles présentent une surface unie, et qu'on scelle ensuite ensemble pour les polir toutes à la fois. Il Se dit, chez les teinturiers, des écheveauxde soie et de laine cramoisie sur lescjuels ils doivent faire les épreuves des teintures. || 6° Fig. Ce qui est pour les choses d'esprit ou pour les choses morales l'équivalent des modèles dans les arts. Le second Théodose avait pris leur modèle [des empereurs sans autorité]; Sa sœur à cinquante ans le tenoit en tutèle, CORN. Attila, 1, 2. Si mon œuvre n'est point un assez bon modèle, J'ai du moins ouvert le chemin ; D'autres pourront y mettre une dernière main, la FONT, Fabl. XI, Épilogue. Votre homme, à dire vrai, n'est pas de ce modèle [dos vrais dévots], mol. Tart. I, 6. Là, votre pruderie et vos éclats de zèle Ne furent pas cités comme un fort bon modèle, iii. Mis. m, 4 II y a un certain modèle d'agrément et de beauté qui consiste en un certain rapport entre notre nature, faible ou forte, telle qu'elle est, et la chose qui nous plaît ; tout ce qui est formé sur ce modèle nous agrée.... tout ce qui n'est point fait sur ce modèle déplaît à ceux qui ont le bon goût, pasc. Pens. VII, 24, éd. havet. Jésus-Christ, que les deux Testaments regardent, l'Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle; tous deux comme leur centre, m. ib. xvii, lo. L'éclat de la véritable équité aurait assujetti tous les peuples, et les législateurs n'auraient pas pris pour modèle, au lieu de cette justice constante, les fantaisies et les caprices des Perses et Allemands, m. Pensées, t. i, p. 258, éd. LAHURE. Que je consacrasse la mémoire de ses vertus, et q'ue je vous proposasse, comme en un tableau, le modèle de sa sainte vie, boss. Bourgoing. Calvin l'a [une confession de foi] composée autant qu'il a pu sur le modèle des anciennes apologies de la religion chrétienne, présentées aux empereurs qui la persécutaient, m. 5' aeerl. 64. La reine pleine de foi [lors de la maladie du Dauphin] ne se propose pas un moindre modèle que Marie : Dieu lui rendaussi son fils unique.... lo. Ifar.-rWr. On gardait ses lettres comme le vrai modèle des pensées raisonnables et de la pureté de notre lan gue, PLÊCH. Mmede Mont Ce guide fidèle [Malherbe] Aux auteurs de ce temps sert encorde modèle, soi:.. Art p. 1. J'étais né pour servir d'exemple à ta colère, Pour être du malheur un modèle accompli, BAC. Andr. v, 5. David.... Me paraitdes grands rois le plus parfait modèle, iD. Ath. iv, 2. Que m'importe, après tout, que Néron plus fidèle D'une longue vertu laisse un jour le modèle? id. Prit, i, i. Votre règne aux neveux doit servir de modèle, id. Eilh. ii, 5. Celui qui commande doit être lo modèle de tous les autres, fEn. Tél. m. Nos voisins viennent en chercher chez nous les modèles [du luxe], hass. Panég. St Louis. Il n'y avait point de monarchie sur ce modèle-là, montesq. Esp. xi, ». Il [le roi de Priis.so] est né pour être, je ne dis pas le modèle de» rois, cela n'est pas bien difficile, maii le modèle des hommes, volt. I.ell. Thiriot, 26 août «740. On se plaint généralement que l'éloquence est corrompue, quoique nous ayons des modèles presque en tous les genres, m. Dicl. phil. Style. La cour devint le centre des plaisirs et le modèle des autres cours, ID. Louis IIV, 55. Tel adorateur des anciens qui se garderait bien d'écrire l'histoire comme eux ne craint point de nous répéter qu'ils sont nos modèles en tout genre, d'ai.p.mb. Mélanges, etc. I. v, Uéft. sur l'Iùsl. Je ne me place point parmi ces grands modèles, m. j. chën. Charles IJ, m, <.||Cest un modèle, se dit d'une personne qui a de grandes vertus, de grandes quaUtés. De tout ce nouveau monde Alzire est le modèle, volt. Xlz. i, *. — REM. Colbert écrivait mo<lnl : L'intention du roi est qu'il aoit lait «u chacun arsenal des mudeli

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en petit d'an vaisseau de chacua àm cinq rangs..., colbert, 1678, dans jal.

— UIST. XVI' s. Quand le ciel te fit naistre, il rompit la modelle,RONS. 287.Jenet'ay pas dit que par la plan et pourtrait [de ma forteresse] on pust juger le total; mais, avec le plan et pourtrait, j'ay adjousté qu'il estoit requis faire un modelle, palissy, «22,

— ETYM. Ital. modello, dérivé d'un lat. fictif modellus, diminutif de modus (voy. mode t).

KîODKLË, ÉE (mo-de-lé, lée), part, passé de modeler. Il 1° Formé d'après un modèle. Le loup, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, ressemble si fort au chien qu'il parait être modelé sur la même forme ; ce|jendant il n'offre tout ou plus que le revers de l'empreinte, BUFP. Ouadrup. t. ii,p. tsi. \\ i' S. m. Terme de peinture et de sculpture. Représentation, imitation des formes. Un beau modelé. || Dans le langage didactique, forû. imprimée par quelque action. Le soulèvement des Andes est le dernier qui ait contribua à donner à la surface terrestre son modelé actuel, GRANDEAO et LAOGEL, Revue des sciences, p. 93.

MODELER (mo-de-lé. La syllabe de prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je modèle, je modèlerai), v. a. || 1" Terme de sculpture. Représenter par un modèle en terre molle, en cire, en plâtre. Modeler une statue en terre, en cire. Il [le diable] prend une argile ensoufrée, Il en modèle un chef-d'œuvre naissant, volt. Crépinade. \\ Absolument. Le sculpteur a passé toute la nuit à modeler. || %° Représenter en petit un grand ouvrage. {| 3° Tirer en creux, faire des moules sur les beaux ouvrages de l'antiquité ou autres ; en ce sens on dit plutôt mouler. || 4° Terme de peinture. Rendre exactement, par le moyen du clair-obscur, le relief des figures, les méplats et les détails du système musculaire. |] Absolument. Ce peintre modèle très-bien. || 6* Donner la forme extérieure. L'Océan a contribué pour sa part à modeler le globe. |1 Par extension. L'intelligence qui dirige son mouvement [de la matière] et qui modèle ses diverses figures, volt. Phil. Jlomél. sur l'ath. || 6° Fig. Régler, conformer. Le gouvernement fut modelé sur celui de la métropole, BArNAL,Hiî«. phil XVIII, 7. On y voit [dans une pièce] un marquis ridicule, avantageux et poltron, sur lequel Regnard paraît avoir modelé celui du Joueur, LA HARPE, Cours de litt. t. viii, p. 280, dans pouGENS. || 7° Se modeler, v. réfl. Se régler, se conformer. Les jeunes animaux se modèlent sur les vieux, bufp. Disc. nat. anim. Œuv. t. v, p. 306. Du fond de l'Rcosse, il [Robertson] se modelait sur le langage des écrivains tout à fait anglais qui vivaient au milieu de la ville de Londres, villem. Littér. franc, xviir siècle, 2« part. 4' leç.

— ÊTVM. Modèle.

t MODELEUR (mo-de-leur), ». m. || l* Terme de beaux-arts. Celui qui modèle. J'ai vu peindre Latour, il est tranquille et froid ; il ne se tourmente point, il ne souffle point, il ne halète point; il ne fait aucune de ces contorsions du modeleur enthousiaste, DiDKH. Salon de <767, Œuv. t. xiv, p. 267, dans pouoENS. Il 2" Par analogie. Celui qui fait des modèles de machines.

— ETVM. Modeler; ital. modellatore.

MODÉNATUBE (mo-dé-na-tu-r'), ». f. Tecme d'architecture. Proportion et galbe des moulures d'une corniche. La modénature détermine le car.ictèro des divers ordres d'arcliilecture, Dict. de l'Académie.

— ÉTYM. Ital. modanalura, de modoHO ou modine, moule, du latin modulus (voy. moule, ». m.),

t MODf.IlANTISME (mo-(lé-ran-ti-»m'), ». m. S'est dit, pendant la Révolution française et plus tard, de l'opinion de ceux qui sont modérés, qui comlatlent les opinions extrêmes, ardentes. Depuis trop longtemps, le Patriote dmiaisien [un journ;il d'opposition I était embourbé dans les eaux basses du modi'rantisme, cii. dk, brrn. Un homme séritux,%i.

— ETYM. iUnUirnnt, de modérer.

t MODlînANTlSTE (mudé-ran-ti-sf), ». m. Partisan du moilérantisme

MODERATEUR, TRICB (mo^lé-ra-teur, tri-s'), ». m. et^. ||1" Celui, colle qui modère, qui dirige, qui règle. Etant, comme vous fil s, modérateur dr» mœurs et de la police, balz. llv. v, lett. i. Vous leur avez donné un conseil de trois cents sénateurs qui servent d'inspecteurs de leur conduite et de modérateurs de leur autorité, vebtot, llévol. rom. Il, 4 68. Elle est l'esclave plutAt que la modératrice des événements, mass. Carême, Vocat. Ils [les parlements) partageront la souveraineté ; ils en seront les modérateurs suprêmes, miraueau. Collection, t. m, p. 70. Uossuet et Swift oubiXent que le conseil suprême de censure grammaticale changerait comme le public, et qu'à la longue les modérateur*

de ru«ape y (Videraient eux-mêmes, villemain, Dkt. de l'Acad. préface. || Le souverain modérateur, Dieu. La providence du souverain modérateur de TuniTcrs, mass. Conf<!r. Vocation, i.||2" Titre que prenait le président de certaines assemblées des reformés en France. On voit comment se fit l'élection des modérateurs à l'assemblée politique de Saumur, Urm. du due de Rohan, t. il, p. <7, dans lacurne. Il II se dit encore en Suisse dans le même sons. Le consistoire s'a.ssembla ; le modérateur avertit la compagnie que ce jésuite avait répandu à Genève plusieurs écrits scandaleux, volt. Quest. miracles, lelire 20*. || S' Celui qui cherche à tempérer des opinions exaltées, des sentiments extrêmes. Il est le modérateur de son parti. || Adjectivement. Influence modératrice. Pouvoir modérateur. |] 4° Terme de mécanique. Instrument dont on se sert pour ralentir et régulariser le mouvement des machines. Il Appareil destiné à régler l'émission de la vapeur dans le cylindre d'une machine; on l'appelle aussi régulateur, jl Modérateur ou lampe à modérateur, espèce de lampe à piston munie à l'intérieur d'une tringle conique qui modère l'ascension de l'huile. Il Terme de métallurgie. Trou placé près dela.êtièie d'un soufflet à lefTet de modérer la force du vent.

— HIST. XIV* s. Estre arbitres et modereurs du publique conseil, bercheore, J* 35, verso. || xvi* s. Modérateur, cotorave.

— ÊTYM. Lat. modcra/orem, de moderari, modérer.

MODÉRATION (modé-ra-sion ; en vers, da cinq syllabes), s. f. || 1" Vertu de celui qui se modère. La modération est comme la sobriété : on voudrait bien manger davantage, mais on craint de se faire mal, LA ROCHEF. Prem. pens. n° 8. Montrons de la modération.... ayons du cœur dont nous soyons les maîtres, une valeur qui n'ait rien de farouche, MOL. Festin, m, b. La modération que le monde afTecle n'étouffe pas les mouvement» de la vanité : elle ne sert qu'à les cacher, boss. Duch d'Orl. Notre ministre a fait voir à toute la terre que sa modération durant quarante ans était le fruit d'une sagesse consommée, lo. le Tetlier. Examinez sa sagesse dans une condition privée, sa modération dans les plus grandes dignités de la cour.... flécu. Mme de kont. l'ravaillez avec modération pour travailler longtemps, mainte.non, Lettre à Mme de la Viefville, B oct. (70B. La modération, je le sais assez, souvent n'est que le sceau de l'orgueil, hass. Or. fun. Villars. X tes discours altiers, à cet air de menace, Je veux bien opposer la modération, volt. Scyth. IV, ï. Tout vouloir est d'un fou ; l'excès est son partage; La modération est le trésor du sage, ID. 4' discours. Il faut chercher la félicité souveraine dans la modération du désir, didp.rot, Opin. des anc. philos. (T/ionitutui]. || Il se dit aussi au pluriel. Et vous nous faites voir Des modérations qu'on ne peut concevoir, mol. Fem. sav. i, 2. Il ï° Action de rendre moindre. La modération d'une taxe. La modération d'une peine, d'une -amende. Il a apporté une modération à cette permission générale, pasc. Proi'. u.

— HIST. XIV* s. Ceste moderacion fête par le tribun, BKHCHELRE, ^ 70, verso. X très grande loenge non pas seulement de vertu et de prouesce, mais aveuc ce de moderacion et de prudence, id. f 8ï,

— ÊTYM. Provenç. mod«racto ; espagn. moderacion; ital. moderaîione ; du lat. moderalionem, de moderari, modérer. On a dit aussi moderance.

t MODERATO (mo-dé-ra-to), adj. Terme de musique, qui indique un mouvement intermédiaire entre le lento et le presto. Allegro moderato, mouvement im peu moins vif que l'allégro.

— ÉTYM. Ital. moderato, modéré (voy. modérer).

MODP.RË, ÊE (mo-dé-ré, rée), part, possède modérer. || l°Ketenu dans une juste mesure. Les passions modérées par la raison. || 2"' Par extension, qui se tient dans une juste mesure, en parlant des personnes N'espérez pas de le voir modéré [César],

corn», i'omp. IV, 4. Charles I", roi d'Angleterre, était juste, modéré, magnanime, iioss. Heine d'Anglet. Son esprit modéré ne se perdait pas dans ces vastes pensées, id. le Tellier. Les esprits justes, doux, modérés, non-seulement ne les atteignent [les esprits vastes), ne les admirent pas, mais ne les comprennent point, la uruï. i. Qu'elle vous serve à être plus modéré dans vos désirs, kén. Tél. I. Il ne faut jamais être la dupe de ces réponses méditées, de ces discours publics que le cœur désavoue; Colbert paraissait modéré, mais il poursuivait la mort de Kouquet avec acharnement, volt. Louii IIV, 2fc. L'empereur [Joseph I") n'était nulle part modéré dans son bonheur, m. t'i». »ï. || u ge dit des cboMS dans le même sous. Adorez donc 6

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grand roi, celui qui vous fait régner, qui vous fait vaincre, et qui vous donne dans la victoire, malgré la lierté qu'elle inspire, des sentiments si modérés, BOss. Mar.-Thir. J'avoue que le livre est sage et modéré; tout critique doit l'être, volt. Lelt. Damilaville, 26 juin (766. || 8° Oui est éloigné de l'excès, de l'extrême, en parlant des choses. Une chaleur modérée. Un feu modéré. La plupart d'eux embrasse un avis modéré, corn. Tite et Bérén. iv, (. Les gens qui ont eu le malheur de s'accoutumer aux plaisirs violents perdent le goût des plaisirs modérés, et s'ennuient toujours dans une recherche inquiète de la joie, ténel. Éduc. des filles, ch. 5. Vous vantez sa superbe fortune [d'Orbassan] ; Mes vœux plus modérés la voudraient plus commune, volt. Tancr. i, 4. || Terme de musique. Se dit d'un mouvement moyen entre le lent et le gai. On dit plus souvent moderato. || 4* S. m. Un modéré, les modérés, ceux qui ont la prétention d'appartenir au parti ennemi des extrêmes. U y a de faux modérés, de faux équitables, qui voudraient qu'on épargnât les hérésiarques, BOss. Rem. Hist. conc. Il, 10. Il S'est dit en particulier, sous la Convention, d'abord des girondins, puis des dantonistes, et, sous le Directoire, du parti opposé aux républicains exaltés.

MODÉRÉMENT (mo-dé-ré-man), ad». Avec modération, sans excès. Je ne vois point de créature Se comporter modérément, LA font. Fahl. ix. H, C'est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément, vauven. ilax. xii. Il est plus facile de renoncer à ce qui nous plaît, que d'en user modérément, genlis, Adèle et Théod. t. m, p. 82, dans pouGENS.

— HIST. XVI* s. Son (ils ne porta point ce tour moderéement ny patiemment, amïot, Artax. 3». Hz entrèrent au dedans du païs d'Epire, et le traversèrent si moderéement et avec une si grande abstinence que.... m. Flamin. s. Se conduisant ordonnéement et moderéement, mont, i, 39».

— ÊTYM. Modérée, et le suffixe metit.

HODËBKK (nio-dé-ré. La syllabe dé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je modère ; excepté au futur et au conditionnel : je modérerai, je modérerais), v. a. [| 1* Tenir dans la juste mesure. La générosité n'a pu la modérer [la haine], corn. Serlor. m. 4. Enfin, la jeunesse nous guérit, et le temps modéra notre affliction, scarr. Hom. com. u, 14. Jupiter ii« tarda guère X modérer son transport, la font. Fabl. vin, 20. La règle que donne saint Augustin est de modérer l'usage de la communion quand elle tourne en dégoût, boss. Mar.-Thér. Laissons aux infidèles ces longues et sensibles douleurs que la religion ne modère pas, FLÉCU. lamoignon. M. do Vendôme modérera en Italie le feu du roi d'Espagne : mais qui modérera le sien? MAiNTENON, t. II, p. <55, dans pougens. Modérez donc, seigneur, cette fureur extrême, rac. An4r. m, 4. Modérez des bontés dont l'excès m'embarrasse, ID. l'héd. l\, 2. C'était lui [Ulysse] qui modérait le bouillant courroux d'Achille, fEn. Tél. x.ldoménée modère ses passions, id. ib. xxil. On peut modérer son feu ; on ne saurait en acquérir, volt. Vicl. phil. fVoid. lia* Atténuer, rendre moindre, diminuer. Modérer le feu d'un fourneau. Vous allez trop vite, modérez votre marche. Tout cela est rigoureux, il est vrai ; mais de prétendre modérer tout cela, expliquer tout cela par des interprétations favorables à la cupidité de l'homme, c'est se tromper soi-même, bouiidal. Pensées, t. i, p. 8i. Périclès prit son parti [d'Anaxagoias] avec tant de chaleur, qu'il fit modérer sa sentence, fén. Anaxagoras. Koger avait fait modérer la redevance à 600 bcsans d'or, volt. Mœurs, 4». Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait de modérer l'ancien prix établi à Genève, id. Lett. Panckoucke, mars 1769. Mon peuple [l'espagnol] m'auivil abandonné, si j'avais voulu seulement modérer leurs abominables atrocités (des inquisiteurs], w. Princ.de JSahyl. 1 1. Il 3" Se modérer, e. réfl. Se tenir dans une juste mesure. Oui sait se modérer, s'il veut, tout lui succède, rothou, St Genest, v, 2. Soit qu'il fallût se modérer dans les prospérités ou se soutenir dans les malheurs de la guerre.... fl^cu. J'urenne. Modérezvous de grâce, rac. liajax. m, t. Un grand monarque m'avait mandé que non-seulement Votre Majesté ferait la paix, mais qu'elle la ferait avec modération; je ne vois pas pourquoi tant se modérer avec ce Mouslaplia [le sultan] qui ne se modérerait I)oiiit s'il était vainqueur, volt. Letl. Calher. 66. Il fitre tenu dans une juste mesure. Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère, corn. Poly.ll,t. Il y avaitsujet d'espérer que, cette première chaleur se

MOD

modérant un peu parle temps, ils [les reformés] jugeraient plus équitablemenl de notre doctrine, boss. lii'fut. caléch. Ferry. Préambule. [[ 4* Devenir moins violent, être atténué. Le froid commence à se modérer. La chaleur s'est beaucoup modérée.

— HIST. XIV* g. Et pour ce convient-il que les delettacions soient bien mesurées et modérées, et que elles soient petites et en petit nombre, orp.sme, Éth. i»o. ||xv* s. Que les dits trois points voulsissions modérer, et sur ce faire nostre déclaration à son entencion, Lett. de Charles VU, dans Bulletin du Comité de la langue, t. m, p. 68i. Se le monde ne se modère, Il en mourra par millions [il s'agit des excès de table], liée, de farces, p. 4(/o. || ivi* s. Quel profit a eu Achab de ce que la peine lui a esté modérée? CALVIN, Instil. 483. Et quand il pouvoit parler à part en privé avec Cinna, il l'addoulcissoit le plus qu'il pouvoit, et le reudoit par ses prières plus modéré, amyot, Serlor. 7. Car ne pouvant mon ardeur modérer Par mes soupirs.... despohtes, Diverses amours, xvi. Chanson.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. moderar ; ital. mor derare ; du lat. moderari, dérivé de modiM, mesure (voy. MODE *). Vr y est pour l's: modesari, comme dans temperare, de temptis, pour tempesare, vulnerare. de vulnus, pour vulnesare.

MODERNE (mo-dèr-n'),odj. || 1* Qui est des derniers temps. Un auteur moderne prouve ordinairement que les anciens nous sont inférieurs, en deux manières, par raison et par exemple : il tire la raison de son goût particulier, et l'exemple de ses ouvrages, la bruy. i. Nous qui sommes modernes, serons anciens dans quelques siècles, id. Disc, sur Théophr. \\ Histoire moderne, l'histoire depuis la renaissance au xvi' siècle jusqu'à nos jours. || Terme de peinture. Tableaux modernes, tableaux exécutés depuis peu d'années, par opposition à ceux des peintres des deux premiers siècles qui ont suivi la renaissance de l'art. École moderne, l'école d'aujourd'hui. Il Géométrie moderne, celle de Descartes. Il Astronomie moderne, celle qui a commencé à Copernic. || Physique moderne, celle de Galilée, de Descartes, de Newton. |{ Chimie moderne, celle qui a été créée par Lavoisier. || Médailles modernes, celles qui ont été frappées depuis la renaissance. Il Terme de géologie. Terrains modernes, terrains caractérisés par la présence des monuments de l'industiie humaine. |[ Architecture moderne, se dit de tous les genres d'architecture qui ont été en usage dans l'Occident depuis le commencement du moyen âge, y compris l'architecture ogivale. Toutefois, quand on dit bâtiment moderne, édifice moderne, on entend un bâtiment, un édifice bâti depuis peu. Il Terme d'eaux et forêts. Baliveau moderne, baliveau qui a depuis 40 jusqu'à 60 et 80 ans; après ce temps, ce sontdesarbresdehaute futaie. || Substantivcment.Les modernes, baliveaux réservés lors de la dernière coupe, par opposition aux anciens, qui sont les baliveaux réservés lors de l'avanl-dernière. |[2"S. m. Les modernes, les hommes des époques récentes, par opposition aux hommes des temps anciens. Un moderne. Les modernes. Je n'irai pas si loin ; et, si mes quinze lustres Font encor quelque peine aux modernes illustres, Je n'aurai pas longtemps â les importuner, corn, au roi sur Cinna, Pompée, etc. On se nourrit des anciens et des hahiles modernes, on les presse, on en tire le plus qu'on peut, on en rende ses ouvrages, la bhuy. i. || La querelle des anciens et des modernes, querelle qui s'éleva dans le xvu* siècle sur la question de savoirqui,des anciens ou des modernes, avait la supériorité dans les choses d'esprit. Quelques habiles prononcent en laveur des anciens contre les modernes, là. brut. i. Lamotte, homme d'esprit et de talent, qui a mérité des applaudissements dans plus d'un genre, a soutenu, dans une ode remplie devers heureux, le parti des modernes, volt. Dict.phil. anciens et modernes. Il 3* S. m. sing. Le moderne, ce qui est dans le goût moderne. Les ouvrages qui ont la force de l'antiquité et la fraîcheur du moderne, volt. Mœurs, »i. Chez toutes les nations il faut que l'antique l'emporte sur lo moderne, jusqu'à ce que le moderne soit devenu antique à son tour, id. Aux aut.gax.littér. |{ 4°X la moderne, Joe. adv. Suivant la manière moderne. Bâtir à la moderne. || 6" Rose de moderne, voy.

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