‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 173 sur 389 · MOE · texte numérisé non relu

MOE

il croistre toutes moeles dedanz les os, bbon. latim, Trésor, p. ui. Or vous ai dit du sens l'escorce, Qui fait l'entencion repondre [cacher]; Or vous en vueil la moelle espondre [expliquer], la Rose, 4 2064. Que nulz ne cuise ou rostisse eues [oies], ou vel, agniaux, chevraux ou couchons, se ils ne sont bons, loyaux et souffisans.... et aient bonne mouelle, sur la peine de l'amende de diz sols, six sols au roy, Livre des met. 47(i. || iiv* s. Se la fistule a la bouche estroite, soit eslargie 0 [avec] tentes de moele do seu [sureau], H. de mondeville, f* 94, verso. Gresse de porc, mouele de veel et semblables, id. ^ 67. Il XV' s. L'oingnement qui fut faict de la moule, Percef. t. n, p. 2C. || xvi" s. La mouelle spinale, paré, ui, 1 2. Un chaud adonc de moelle en moelle Brusia mon cœur.... bons. sb. Quel bien prétend il [le chien qui ronge un os]? Rien plus que ung peu de mouelle; vray est que ce peu plus est délicieux que le beaucoup de toutes aultres, pour ce que la mouelle est aliment elabouré à perfection de nature, rab. Garg. prol. X l'exemple d'icelluy [chien] vous convient estre saiges pour fleurer, sentir et estimer ces beaulx livres de haulte gresse.... puis, par curieuse leczonet méditation fréquente, rumpre l'os, et sugcer la substantificque mouelle, m. ib.

— ÊTYM. Berry, miolle ; wallon, miiole, miole; namur. môle; Hainaut, moule; provenç. meola, mealha, melha, muelha,meiola, metoUa, mexotha, et aussi, au masculin, mejol; esp. meollo; ital. midollo elmidolla; du lat. medulla, du radical mcd (voy. Ml) : ce qui est au milieu. Dans moelle, on trouve moe d'une seule syllabe dès le xui* siècle et aussi dans le provençal ; étymologiquement, il doit être de deux.

MOELLEUSEMENT (moi-leû-ze-man), adv. D'une manière moelleuse, c'est-à-dire d'une manière qui a de la force et de la douceur à la fois. Donnc-t-il [le moqueur] essor à sa voix dans ces tenues si expressives où les sons, d'abord pleins et éclatants, se dégradent ensuite par nuances et semblent enfin s'éteindre tout à fait et se perdre dans un silence qui a son charme comme la plus belle mélodie; on le voit en même temps planer moelleusement audessus de son arbre, BUfF. Ois. t. v, p. 454.

— ETYM. Moelleuse, et le suffixe ment.

MOELLEUX, ECSE (moi-leû, leû-z') , od;. || 1" Rempli de moelle. Un os moelleux. Du bois moelleux. il Fig. Que chacun prenne en mam le moelleux Abéli (auteur de la Moelle théologiquej, boil. LxUr. IV. Il 2" Par extension, et en raison de la nature onctueuse de la moelle et de la force qu'on croyait qu'elle donnait aux os et au corps, qui unit la force à la douceur. Vin moelleux. || ËtofTe moelleuse, étoffe qui a du corps, et qui est souple, douce à la main. Je tâte votre habit, l'étoffe en est moelleuse, MOL. Tan. m, 3. [] Voix moelleuse, voix pleine, douce, et qui n'a rien d'aigre ni de dur. Ce qui prouve qu'il [le perroquet) a moins de mémoire, moins de flexibilité dans les organes, et le gosier aussi sec, aussi agreste que les oiseaux chanteurs l'ont moelleux et tendre, buff. Ois. t. xi, p. 98. Il Couleur moelleuse, couleur qui a de l'éclat et de la douceur. Il n'y a guère d'oiseaux plus beaux par les couleurs [que la poule sultane] ; le bleu de son plumage, moelleux et lustré, est embelli de refiets brillants, buff. Oiseaux, t. iv, p. 3H.|| Terme de manège. Moelleux de la main, se dit d'un cavalier qui conduit avec légèreté et sans effort. || 3° Fig. en parlant des ouvrages de l'esprit ou des objets d'art. Qui a quelque chose de doux et d'onctueux comme la moelle. Un style moalleux. || Pinceau moelleux, pinceau dont les touches sont larges, grasses et bien fondues. La pâte moelleuse du crayon et la chaleur y font pardonner les incorrections, WDF.ROT, Salon de 47f5, Œuv. t. xiii, p. 402, dans POUGENS. Il On dit aussi burin, ciseau moelleux. Il 4" S. m. Le moelleux, ce qui, dans le dessin ou la peinture, dans le chant, la musique, etc. a le caractère de la largeur et de la douceur. Avoir du moelleux dans la touche, dans la couleur. Le moelleux des contours. || Avoir du moelleux, se dit d'un danseur qui fléchit les genoux avec aisance.

— HISl. XVI* s. L'os du bras est rond, mouëlleux, cave, PARÉ, IV, 26. Un plaisir solide, charnu et moelleux comme la santé, mont, m, 234.

— ÊTYM. Provenç. mexolhot; du lat. mrduUosus, qui vient de medulla, moelle.

MOELLON (moi-Ion), t. m. jj 1° Terme de maçonnerio. Pierre blanche, assez tendre, qui se tire des carrières en moindres morceaux que les pierrrs de taille, et qu'on recouvre ordinairement de plâtre ou de mortier. || Moellon d'appareil, celui qui est équarri pour être employé en parement. || Moellon

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pityiié, moellon travaillé avec la pointe, et servant aux puits, aux voûtes, aux fossés, etc. || Moellon gisant, celui qui a le plus de lit, et où il y a moins à tailler pour le façonner. || Moellon de plat, celui oui est posé sur sen lit dans les murs qu'on élève à plomb. Il Moellon en coupe, celui qui est posé de champ dans la construction des voûtes. || Mauvais moellon, sorte de calcaire tendre. || 2° Dans les manufactures de glaces, dalle, pierre dont on se sert pour polir et qu'on fait mouvoir en tous sens, avec interposition d'eau et de sable ou de poudre usante, sur la face des pièces de marbre, des glaces, des miroirs, etc.

— HlST. xiv* s. En la ville y avoit un nobile donjon ; Il nièrent tout jus la pierre et le moilon, X la fin que François n'y prennent mansion, Guescl.

V. 21355. Il XVI* s. Es carrières de Paris, lesdites pierres tendres sont appelées moilons, à cause qu'elles sont mal condensées, PALissr, 292. Ne pourront estre baslies.... d'autres matières que de pierres de taille, bricques, ou massonerie de moilon, ou pierres, Ordonn. janv. t500.

— ÉrY.M. Wallon, môielon, môlion ; Hainaut, molon. Origine incertaine. Paiissy, comme on voit à l'historique, le tire de moelle, à cause que cette pierre est tendre. Scheler est disposé à y rapporter l'espagnol m'jon, le sarde muifon«, pierre servant do borne, tas. Grandgagnage le tire du verl)e wallon môieler, môlier, qui veut dire bloquer, remplir de pierres; lequel verbe, à son tour, vient de moie, meule de foin (voy. meuls 2). Il y a dans le langage de la maçonnerie le mot tnoye qui signifie la partie tendre dune pierre dure ; moellon y lieiitil î On remarquera que l'historique n'a pas de textes au delà du xiV siècle, et que moeiion, écrit toujours moi'ion, n'est que de deux syllabes, ce qui concorde mal avec l'étymologie par moelle.

t MOELLONAILLE (moi-lo-nâ-ll', H mouillées), t. f. Menus moellons.

■f MOELLON 1ER (moi-lo-nié), ». m. Coin dont on se sert pour diviser la pierre.

— ETYM. Moellon.

I MOETTES (mo-è-t')iî. f. Terme d'agriculture. Tenailles en bois à longs mancherons, dont on se sert pour échardonner.

MOECF (meuO. «• "»• Terme de grammaire. Ancien nom des modes des verbes. S'il s'agit de grec, surtout dans lei commencements, il faut que le répondant soit en état de rendre raison de chaque mot, où il est, en quel sens et pourquoi, en quel temps, en quel moeuf.... rolun, (t'uer. t. ui,p. 300,

éd. FIBMIN DIDOT, 1845.

— HIST. XIV* s. Musique ou armonie selon tel meuf. Meuf doriste [dorienj, frigiste [phrygien], etc. OBESME, Thèse de meunier.

— ETYM. Lat. modus, mode (voy. mode i); le d ou ( changé en f, changement rare, mais dont on a un autre exemple dans soif de silis.

NOEVRS (meur; plusieurs prononcent meurs', en faisant sentir \'s, ce n'est pas une bonne prononciation; l'jne se lie pas : des meur honnêtes; cependant quelques-uns la lient : des meur-z honnêtes) , ». f. pi. Il 1* Habitudes considérées par rapport au bien ou au mal dans la conduite de la vie. De mauvaises mœurs. La France devant [avant] ces orages. Pleine de mœurs et de courages Qu'on ne pouvait assez louer, ualii. il, ♦. Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes, corn. Poly. iv, 6. 0 temps, ô moeurs ! j'ai beau crier. Tout le monde le fait payer, la pont. Fabl. xii, «. La réformation des mœurs, PASC. Pens. xxui, 44, édit. havkt. La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'ignorance de la morale au temps d'afllict on ; mais la science des mœurs me consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures, ID. ib.

VI, 41. L'Église fera une assemblée d'hommes dont les mœurs extérieures soient si pures, qu'elles confondent les mœurs des païens, id. Pens. xxiv, «2. Jouissez de votre dépen.v!, sans en faire une plus grande, qui serait superflue et contre les bonnes mœurs dont nous faisons profession, eév. <3 juin 1(85. D'où lui viennent [à l'esprit] ces régies immuables qui dirigent le raisonnement, qui forment les mœurs, par lesquelles il découvre les proportions secrètes des figures et des monuments? buss. Connaiu. iv, B. Vous ne l'avez pas [I» foi].... c'est pourquoi tout tombe en ruine dans vos mœurs, id. Mar.-Thér. Nos fausses pénitences qui ne sont suivies d'aucun changement de nos mœurs, lo. ib. Ce sont de jeunes gens dont les mœurs sont assez réglées, BOLRii. Pensées, t. ii, p. 37o. Ses mœurs avaient toujours été telles que les forment un grand atuçbemeni i l'étude el l'beureu&e privation du com-

merce du monde, FONTEN. HolU. Il est vrai que ce voi .du calcul des infiniment petits] ne peut avoir été que très-subtil, et qu'il ne faudrait pas d'autre preuve d'un grand génie que de l'avoir fait ; mais enfin il vaut mieux ne l'avoir pas fait, et par rapport au génie, et par rapport aux mœurs, ID. Leibnitz. Les mœurs publiques devenues des scandales publics, MASS. Carême, Motifs de conv. 11 ne faut pas être étonné, si les législateurs de Lacédémone et de la Chine confondirent les lois, les mœurs et les manières ; c'est que les mœurs représentent l3s lois, et les manières représentent les mœurs, montesq. Esp. xix, )«. Il y a cette diflérence entre les lois et les mœurs, que les lois règlent plus les actions du citoyen, et que les mœurs règlent plus les actions de l'homme, ID. Esp^. xix, 16. Il [Brutus] cliangera de mœurs en changeant de fortune, volt. M. de Ces. i, I. Caton forma tes mœurs, Caton seul est ton père, id. Mort de Ces. m, 2. Gouvernant sans conquête, et régnant par les mœurs, iD. Orphel. iv, 2. Avant que de parler de mœurs, commençons par déterminer les différentes idées qu'on attache à ce terme; car, loin d'avoir des synonymes, il admet plusieurs acceptions : dans la plus générale, il signifie les habitudes naturelles ou acquises pour le bien el le mal, duclos, Consid. mœurs, ch. t. Les mœurs, en parlant d'un particulier et de sa vie privée, ne signifient autre chose que la pratique des vertus morales, ou le dérèglement de la conduite, suivant que ce terme est pris en bien ou en mal, ID. ib. Je désigne ces actions de l'être intelligent par les termes d'actions morales ou, plus brièvement, par celui de mœurs, pour les distinguer des actions purement machinales et de celles qui n'ont pas une liaison sensible avec la pratique ou le bonheur, BONNET, Œuv. mêlées, t. xviii, p. 325, dans POU0ENS. Il Certificat de vie et de mœurs, de vie et mœurs, de bonne vie et mœurs, certillcat attefctant qu'il n'y a rien à reprocher à une telle personne. Il Faire information de vie et mœurs, se dit de l'autorité judiciaire ou autre qui prend des informations sur la conduite d'une personne. || 2° Absolument. Mœurs se dit pour bonnes mœurs. N'avoir point de mœurs, en avoir de mauvaises. Un homme, une femme sans mœurs. Les mœurs sans épithèle s'entendent toujours des bonnes mœurs, duclos, Consid. moeurs, ch. i. La sainteté, la paix, les mœurs vont disparaître, volt. Olymp, II, 5. On n'est rien sans les mœurs, id. Pélopides, II, 2. Pesez, monsieur, ce mol de mœurs ; j'ose vous dir&que ni ma famille, ni mes amis, ni la famille des Calas, ni celle des Sirven, ni la petitefille du grand Corneille ne m'accuseront de manquer de mœurs, id. Lett. Dorât, 28 janv. «707. || Cet homme a des mœurs, c'est-à-dire il est sage, do conduite régulière. || Dans un sens plus restreint, avoir des' mœurs, être d'une conduite régulière par rapport aux femmes. Je connaîtrais un homme qui a des mœurs entre cent mille débauchés, J. i. bouss. Ém. IV. Le vice auprès des mœurs n'est jamais sans effroi, Ducis, Àbufar, i, 2. || 3* Il se dit do la manière de vivre, des usages, coutumes, préjugés, qui varient chez les différents peuples et dans les différents siècles. Autres temps, autres mœurs. Il est bon de savoir quelque chose des mœurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule et contre raison, ainsi qu'ont coutume de faire ceux qui n'ont rien vu, desc. Mélh. I, 8. La corruption de la raison parait par tant de différentes et extravagantes mœurs, PA.sc. Pent. XXV, »o. Cette maxime, la plus générale de toutes celles qui sont parmi les hommes, que chacun suive les mœurs de son pays, id. ib. m, 8. Des siècles, des pays étudiez les mœurs, boil. Art p. m. Les mœurs, plus que les lois, font et caractérisent une nation, ddclos, Œuvr. t. vi, p. 5». Les amateurs de l'antiquité, ceux qui se plaisent 4 comi)arer les génies des nations, verront avec plaisir combien les mœurs, les usage» du temps de Mahomet, d'Abubeker, d'Omar ressemblaient aux mœurs antiques dont Homère a été le peintre fidèle, volt. Maurs, «. Aux mœurs de l'Occident laissons cette bassesse, ID. Zaire, w, 7. Etudiez nos mœurs avant de les blimer; Ces mœurs sont vos devoirs : il faut s'y conformer, id. Alx. vi, J. Les mœurs consistent dans la conformité d'un grand nombre do volontés, Di- DER. Opin. des anc. phtlos. {Thomatius). \\ Cela est, n'est pa« dans les mœurs de telle nation, c'est-à-dire cela est, n'est pas conforme aux usages de tellenation. Celte iiiteniptiajiccqui n'est |ihurn('medonosmffiiirs, UASs. i4cen(, A'oêf. Il 4* Les habitudes, les inclinations def individus. Cet homme a des mœurs sim-

ples, oes mœurs douces. Il était prêtre par son zèle, par la gravité de ses mœurs, par l'innocence de sa vie, Boss. Bourgoing. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs, boil. Art p. m. Que votre âme et vos mœurs, peintes dans vos ouvrages. N'offrent jamais de vous que de nobles images, m. ib. IV. Il S" Les mœurs des animaux, les habitudes naturelles des différentes espèces d'animaux, les habitudes qui résultent de leur instinct. Si un observateur aussi exact que M de Manoncour ne nous avait pas fait connaître les mœurs de cet oiseau, il ne serait guère possible de le reconnaître à la simple inspection pour un fourmilier, bufp. Ois. t. VIII, p. 23). Il 6" Terme de poétique. Ce qui est conforme aux habitudes morales des pays, de» lieux, des personnage.^ qui figurent dans un poëme, dans une pièce de théâtre, etc. (on dit aujourr d'hui plus souvent couleur locale). Les mœurs sont bien gardées dans cette tragédie, dans ce poème. Vous .savez en quel état se trouvait la scène française, lorsqu'il [Corneille] commença à travailler.... les auteurs aussi ignorants que les spectateurs, la plupart des sujets extravagants el dénués de vraisemblance, point de mœurs, point de caractères, HAC. Disc, à l'Acad. franc. On appellerait fausses les mœurs d'un poëme dans lequel un auteur aurait transféré aux Romains les usages, les coutumes, le culte religieux et tous les préjugés des Grecs, Mercure, t7i7, janv. p. 3). Cette pièce de Thompson, qui devait nous transporter dans les mœurs poétiques du moyen âge, qui devait montrer un roi d'Angleterre à la croisade, sous les murs do Ptolémaîs.... villemain, Litlér. Tabl. du xvm* siècle, 2* partie, 2* leçon. \\ Terme de peinture. Le costume, les usages des différents temps, des différents lieux. Les mœurs sont bien observées dans ce tableau. || 7° Terme de rhétorique. La partie de l'éloquence qui a pour objet de gagner la confiance dos auditeurs. Dans la rhétorique, !a probité, la modestie, la bienveillance et la prudence, voilà les mœurs que l'orateur aoit constamment montrer, et ce sont là les mœurs considérées dans l'orateur; mais on doit les considérer aussi dans l'auditeur : si l'art prescrit à l'orateur de connaître les mœurs de ceux à qui il parle, c'est afin de proportionnef son discours à leur intelligence, à leurs sentiments, de remuer les passions qui leur sont le plus familières, batteux. Éléments de littérature. \\ Terme de musique. Partie de la musique grecque qui en fixait les convenances et l'utilité. || Proverbes. Les honneurs changent les mœurs, c'est-à-dire un homme dont la fortune s'élève se méconnaît et néglige ses amis qui sont demeurés dans la pauvreté. Tienne qui voudra pour sentence Que les honneurs changent les mœurs; Je crois plutCt que les honneurs Mettent les mœurs en évidence, pon» (de Verdun), ttéflexion. {\ Une fille suit les mœurs de sa mère, c'est-à-dire l'exemple de sa mère la rend sage ou W pousse au désordre.

— lllsT. xii* s. La grâce Deu vus flst enuindre a coruner: Pur co vous devez mult conslraindre a guverner, E tute nostre vie en buens murs afermer. Que vus puissiez as autres buens essamples duner. Th. le mart. 78. Cil fu bons cmperere ; Deus li duna sa grâce; Saint Iglise l'eshauce; il voit Deu face à face; Li reis dcvreit ensivre et ses mors et sa trace, ib. »l || iiii* s. Humles et frans, do boinos mours. Très gentix et do grans honors, Aynadas el Ydoine, ms. 6087. Convenenca qui est (eto contra bonnes meurs.... no Siint pas à tenir, heaum. xxxiv, 24. Oui porroit toutes ces mours traire El cuer à un riche jone home, Hon en feroit bien un preudome, ruteb. 52. Honors muent et varient les more, Prov. ruraus et vulgaus. Tiex [telles] mors avoir doivent et seulenl font coutume]. Oui parfctement amer veulent, la Rose, v. 4717. ||xiv* s. Amislé qui est selon bonnes meurs est amisté selon soy et est permanente et durable, oresmr, Eth. 268. Il congnoist les meurs de son ami et scet en queles choses il se delette, ID. ib. 290. Quant l'en vcult user de astrologie pour avoir congnoissance des choses avenir, ce est contre philosophie et aussi contre bonnes meurs, It Songe du vergier, i, )80. || xy*s. S'en soy meismes [il] ne povoit refréner Les meurs mauvais de sa condicion, e. descu. Des vertus néccss. au prince.W xvi*s. LesCrecs transporteicntce nom [barbare] aux meurs brutaux et cruelz, appelant toutes nations hors la Grèce, barbares, DO bbllay, Velferuê de la langue franc. I, >.

— ÊTY.M. Piovenç. nior, s. f. ; du lat. moi, niorit, mores, habituilo, mœurs, qui sa rattache au san.scrit md, mesurer, faire.

MOFKrrK (mo-ft-f), «. f. Il 1* Terme d'ancienne

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chimie. Tout paz non respirable. Sourent l'air pur qu'on obtient des différentes substances, est mêlé d'un p«u de mofette; il n'y a que celui qu'on retire de l'oxyde de mercure rougi par le feu, de l'oxyde natif de manganèse et de plantes vertes qui es soit exempt, bbissoit, Traité de physique, t. II, p. »«, dans pouGENs. |{ Mofette atmosphérique, le gaz azolft L'air que l'hommO respire est composa pour les deux tiers environ d'un fluide nommé mofette atmosphérique, dans lequel les animaux ne pourraient vivre, et pour un quart d'un air appelé air vital, tenon, Kém. sur les hop. p. < 87. Il Mofette inflammable, nom donné aux amas de gaz hydrogène, ou mieux de protocarbure d'hydrogène, qui, dans les houillères, font souvent explofion par le contact avec une lumière, et qu'on a appelés grisou, feu grisou, feu brisou. || On a dit aussi moufette. Aussi cet acide semanifeste-t-ildans la plupart des mines sous la forme de moufette suffocante, qui n'e,st autre chose que l'air fixe stagnant dans ces profonds souterrains, biff. Min. t. m, p. 4(». Il i' Mofette ou moufette, genre de mammifères qui répandent une odeur fétide. L'ysquiepatl du Mexique, animal qui répand une odeur empestée, et que par cette raison nous appellerons moufette, ne doit pas être pris pour un petit renard ou pour un blaireau, bupp. Quadrup. t. m, p. 227.

— ÊTYM. Lorrain, mouffa, moisir; provenç. moderne, muffir, moisir; espagn. mo/10, moisi; portug. mo/b; ital. muffo, moisi, mulJa, moisissure; de l'allem. Muff, moisissure.

t MOGIGRAPUIK (mo-ji-gra-fie), s. f. Terme de médecine. Crampe des écrivains (voy. crampe).

— F.TVM. Môfiî, avec peine, et fpâçEiv, écrire.

•J- MOGILALISME (mo-ji-la-li-sm') , S. m. Terme de médecine. Difficulté d'articuler les mots, bégaiement général.

— ETYM. M4t'«. »Yec peine, el \a\uv, parler.

t HOGOL (GRAND) (gran-mo-gol), ». m. Titre de Tempereur du Mogol.

MOHATRA (mo-a-tra), adj. m. Usité seulement dans cette locution, qui d'ailleurs a vieilli : contrat mohatra, contrat illicite, par lequel un usurier vend une marchandise i un très-haut prix, et la rachète immédiatement, lui-même ou par des personnes interposées, à un très-bas prix, mais argent comptant. || Substantivement. Le mohatra est quand un homme qui a affaire de vingt pistnles, achète d'un marchand des étoffes pour trente pisloles, payables dans un «n, et les lui revend à l'heure même pour vingt plstolcs comptant, pass. Prof. viii.

— ÉTYM. Pihan le tire de l'arabe mokhiitra, chance, risque. Cette étymologie serait sûre, si l'on savait quelque chose sur l'introduction du mot mohatra, dont on ne trouve ;d'ailleurs de citations que chez les casuistes et dans Pascal, leur adversaire.

MOI (moi), pronom singulier de la première personne et des deux genres, dont la destination principale est de servir de régime, mais que l'usage emploie comme sujet quan'l on a besoin d'une forme qui ne soit pas enclitique, comme le sont je et me; nous en est le pluriel. ||1° Moi sert de complément aux prépositions. Selon moi. 11 parle de moi. Il vint à moi. Loin de moi une pareille idée. Venez avec moi. Il est injuste qu'on s'attache à moi.... car je ne suis la fin de personne, pasc. Pens. XXIV, 39 ter, éd. ravrt. || Il n'est pas en moi de faire telle chose, c'est-à-dire il n'est pas en mon pouvoir, il n'est pa» dans mon caractère do la faire. Il i* A moi, avec le verbe être, signifie : m'appartient. Ce livre est à moi.j|II signifie aussi : esta mon service. Ayez soin tous deux de marcher immédiatement sur mes pas, afin qu'on voie bien que vous êtes à moi, mol. Bourg, gentil, m, t. M. Orifon ne sait pas que son fils a l'honneur d'être i moi, BEONARD, Sérénade, se. 3. Allez, Brunon, voilà qui est Uni, vous êtes à moi, et je souhaite que vous vous en trouviez bien, mabiv. Marianne, «O'part. Il^ig. Je suis à moi, je m'appartiens. Un corps qui ioufTre 6te k l'esprit sa liberté ; désormais je ne SuU plus seul, j'ai un hôte qui m'importune, il faut m'en délivrer pour être à moi, j. 1. kouss. »• lettre à M.dt Malesherbes. || Fig. Je ne suis plus & moi, je suis éperdu, hors de scn^ par col.'re ou chagrin. Je ne suis plus à moi, je suis tout à la rage, mol. Mis IV, «. Il 8* Je suis avec moi, je suis seul et occupé de mes réllexlons. Je vous avoue que les trois heures que je suis dans ces bois toute seule, »Teo Dieu, moi, vous, vos lettres et mon livre, né ne durent pas un moment, s*v. M3. l|4' Moi sert de régime direct ou indirect, au verbe à l'impératif (on met un tiret). Menec-moi. Dites-moi. U, re-

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gardez-moi là durant cet entretien , Et jusqu'au moindre mot imprimez-le-vous bien, mol. Èc. des I. 111,2. Ah! cruel I par pitié, montrez-moi moins d'amour, RAC. Uérén. v, 5. || Si le verbe a pour complément direct Je, la, les, ces mots se mettent après le verbe et devant moi, avec des tirets. Donnez-lemoi. Prêtez-les-moi. || Quant à menez-y-moi, voy. la RFM. 1. Il II en est de même avec leur, lui, complément indirect. Donnez-leur-moi sur les oreilles. Il 6° Donnez-moi, parlez-moi, etc. sans préposition, ou donnez à moi, parlez à moi, etc. avec la préposition à, ne s'emploient pas indilTéicmment l'un pour l'autre. On dit donnez-moi lorsqu'on se borne à demander une chose; et l'on dit donnez à moi lorsqu'on la demande à quelqu'un qui, paraissant ne savoirà qui la donner, est au moment de la donner à un autre. Va, bienheureux amant, cajoler ta maltresse, i cet objet si cher tu dois tous tes discours ; Parler encore à moi, c'est trahir tes amours, corn. Médée,v, 7. Qu'il entre; à quel dessein vient-il parler à moi? iD. Héracl.n, *. Unulphe, oubliez-vous Que vous parlez à moi, qu'il était mon époux? id. Perthar. i, * . Mais il est mon époux, et tu parles à moi, ID. PoJy. m, 2. Mcssala, songez-vous que vous parle?, à moi ? volt. Brutus, m, 7. Donnez-lui donc la main, ajouta-t-il en parlant à moi, cbêbillon fils, Lelt. de la marq. de M"* xxxv.||6° Moi s'emploie comme régime indirect d'une façon eiplctive et pour donner plus de force à ce qu'on dit (l'idée qui est au fond de cet explétif est : pour moi, en ma faveur, pour me satisfaire). Faites-moi taire ces gens-là. Donnez-leur-moi sur les oreilles. Allons, monsieur, faites le dtl de votre charge, et dresscz-lui-moi son procès comme larron et comme suborneur, mol. l'Àv. V, 3. Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres, boil. Sat. viii. Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne, rac. Plaid. 1, 8. Il 7° Moi, employé seul comme réponse, peut être sujet ou régime direct, et tenir lieu d'une phrase entière. Je partirai demain ; et vous? — Moi, la semaine prochaine. Dans cette phrase il est sujet. Oui a-t-on voulu désigner? — Moi; c'est-à-dire on a voulu me désigner. Dans cet exemple il est régime direct. || Moi peut aussi être complément d'un verbe intransitif. Dans un si grand revers que vous reste-t-il? — Moi, Moi, dis-je, et c'est assez, cOhn. Médée, I, 6. Il 8" Moi est régime direct dans les phrases où il est ajouté à d'autres mots qui sont régimes directs. Il a mécontenté ses parents et moi. U est venu nous voir mon frère et moi. Il 9° Dans un sujet composé où entre le pronom de la ('• personne, c'est de mot qu'on se sert et non de je. Mon avocat et moi sommes de cet avis. Il On peut ajouter explétivement le pronom nous. Vous et moi nous sommes contents de notre sort. Mme de Vins et moi nous en attrapons ce que nous pouvons [des relations écrites par Mme de Villars], sÉv. 408. Il Ce sujet composé peut être placé à la fin du membre de phrase. Nous irons à la campagne, lui et moi. || 10° Moi, joint à un nom ou à un autre pronom, ne doit, d'après les convenances de notre politesse, être placé qu'en second, à moins que le nom auquel il est joint ne soit celui d'une personne très-inférieure. Vous et moi, sommes de cet avis. Monsieur et moi, nous partons pour la campagne. || Mais un père dira: moi etmonfils; un maître dira : moi et mon domestique. || 11° Moi, joint à je, paropposition et réduplicalion, pour donner plus d'énergie à la phrase, et placé avant le verbe. Vous le voulez, vous; et moi, je ne le veux pas. Moi, je m'arrêterais à de vaines menaces! rac Iphig. i, 2. Moi, des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire, id. Ath. II, 7. Elle ajouta que les gens qui parlaient toujours d'eux-mêmes étaient insupportables, et la force de l'habitude lui fit dire au moment même : moi, je ne parle jamais de moi, genlis, .dd. el Théod. t. m, p. 340, dans POHGENS. Il Moi placé après le verbe ; cette tournure est souvent familière, tandis que la précédente ne l'est pas. Je le savais bien^ moi, que vous l'épouseriez, mol. Femm. sav. v, s. Est-ce que j'ai une de ces physionomies-là, moi? est-ce qu'on ne saurait s'empêcher de m'aimer quand on me voit? MARIVAUX, Serm. indiscr. u, 8. Et pourquoi ne pas travailler? je travaille bien, moi, BKBNAHD. DE ST-p. Paul et Virginie. || Moi employé absolument. Moi, l'espérance amie est bien loin de mon coeur, a. cnén. Élég. xv. || 12° Moi précédant le pronom relatif qui, dont, pronom qui veut nécessairement un antécédent. Peut-être que moi qui existe n'existe ainsi que par la force d'une nature universelle, la bruy. xvi. Si c'est Dieu qui l'a fait [le mal], pourquoi moi qui l'expie? LAMART. Joe. VI, 207. || Le plus souveut dans cette

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tournure, on reprend la phrase par je. Moi, i qui il a lait tant de mal, je cherche toutes les occasion» de le servir. Et moi qui l'amenai triomphante, adorée, Je m'en retournerai seule et désespérée, rac. Iphig. IV, 4. Il Quelquefois moi, au lieu d'être suivi ilu pronom relatif, l'est d'une apposition. Moi, votre ami, je ne puis vous approuver en cela . Moi, ne songeant à rien, j'allai lui dire ce qui se pas.sait. .\Ioi votre ami? rayez cela de vos papiers, mol. Mis. I, <. Moi, là-dessus : monsieur, je m'en rapporte à vous qui devez savoir ces choses, p. L. cour. Pamphlet des pamphlets. || Lorsque moi précède le pronom relatif et une proposition incidente, le verbe de celte proposition incidente doit être mis à la première personne, et l'on doit dire : moi qui t'aimai et non pas moi qui t'aima. C'est moi qui me nomme Pierre, et non c'est moi qui se nomme Pierre. || Cette régie n'existait pas au XVII* siècle, et l'on y trouve moi construit avec qui et un verbe à la 3° personne. Et que me diriez-vous, messieurs, si c'était moi Qui vous eût procuré cette bonne fortune? mol. Dép. am. m, 7. Ce ne serait pas moi qui se ferait prier, m. Sgan. se. 2. U n'y a que moi qui passe sa vie à être occupée et de la présence et du souvenir de la personne aimée, sév. 408. || Dans ce dernier genre de construction, qui est considéré comme étant Je la troisième personne; quelques langues en usent ainsi, par exemple l'allemand. || 13° Quelquefois moi est seul, et il y a ellipse de je et d'un verbe. Moi, trahir le meilleur de mes amis! Faire une lâcheté, moi I (c'est-à-dire : Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis! Je pourrais faire une lâcheté, moi!) Moi! le faire empereur! ingrat, l'avez-vous cru? RAC. iîrt(. IV, 2. Je me suis laissé dire que tu voulais nous sabrer. — Moi vous sabrer, bonhomme? p. l. COUR. 2' lettre particulière. || Dans cette tournure elliptique, on se sert quelquefois de que eiclamatif. Moi, que j'ose opprimer et noircir l'innocence! BAC. Phèdre, m, 3. || Dans ces sortes d'exclamations, moi peut se construire avec un adjectif. Moi jalouse! et Thi-s'e est celui que j'implorel BAC. Phèdre, iv, 6. || Cette tournure s'einploia quelquefois dans des phrases inlerrogativos. Si ma femme a failli, qu'elle pleure bien fort; Mais pourquoi moi pleurer, puisque je n'ai point tort? MOL. Sgan. se. (7. || 14° Moi se met aussi par opposition devant ou après me. Voudriez-vous me perdre , moi votre allié 1 Moi ! vous me soupçonneriez de vous avoir trahi. || 15° Moi se construit avec les pronoms ce et il dans certaines tournures impersonnelles. C'est moi qui vous en réponds. Il n'y a que moi à qui ces choses-là arrivent. C'est moi, prince, c'est moi dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigné les détours, BAC. Phèdre, u, 5. Je portai ma main sur ce nouvel être; quel saisissement! ce n'était pas moi, mais c'était plus que moi, mieux que m . bufp. Ilist. nat. homme, Œuv. t. iv, p. 620. || 16° .\près une conjonction c'est toujours moi qu'il faut employer. Mon frère et moi. Mon frère ou moi. Mon frère aussi bien que moi. Ni mon frère ni moi. Personne que moi ne lira cette lettre. Nul autre que moi. || 17° Do moi, après un nom de personne ou un pronom personnel également précédé de la préposition de, se met quelquefois pour le mien, la mienne. C'est l'opinion de mon frère et de moi que je vous exprime. |l 18° X moi, sorte d'exclamation pour faire venir promptement quelqu'un auprès de soi. X moi, à moi, soldats! X moi, Girot, je veux que mon bras m'en délivre [du lutrin], BoiL. iutr. IV. Il 19° De vous à moi, façon de parler dont on se sert pour témoigner à une personne qu'on lui parle avec sincérité, mais qu'on lui demande le secret. De vous à moi, il ne vaut pas sa réputation. || On dit dans le même sens : Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi. ||Do vous à moi,

signifie aussi entre nous deux Seigneur bandit, de

vous à moi Pas de reproche I v. hdgo, Wfrnani,ii, 3. Il 20°0uanlàmoi, pour moi, façons de parler dont on se sert pour marquer plus particulièrement ce qu'on pense. Quant à moi, pour moi, je sais bien ce qui en est. Pour moi, je vous demande un portrait qui soit moi, et qui n'oblige pointa demander qui c'est, mol. le Sicil. I2.||0uant-à-moi, employé comme un substantif masculin et un seul mot, et signifiant un air fier ou réservé (il est du langage familier). Garder son quant-àmoi. Quand nous avons quelque difTérond, ma sœur et moi, si je fais la froide et l'indifférente, elle me rocherclie; si elle se tient sur son qu.ini-à-moi, je vais au-devant, la font. Psyché, 11, p. 140. Il 21° Moi, après le verbe être, s'emploie comme adjectif. Pourtant auand je me tAt«

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§f qne je me rappelle, Il me semble que je suis moi.... MOL. Àmph. i, 2. El peux-tu faire enfin, quand tu serais démon. Que je ne sois pas moi, que je ne sois Sosie, id. ib. Ces heures sont les seules où je sois pleinement moi, J. J. rolss. Prom. 2. Il 22° De moi, dans le sens de pour moi, se disait dans le commencement du xvii' siècle. |123° Moi se construit avec l'adverbe même pour appuyer sur le mot. Il est véritable que, pour pouvoir dire : je veuï être content de moi-même et me sufrire à moi-même, il faut aussi pouvoir dire : je me suis fait moi-même, ou plutôt, je suis de moi-même, Boss. la Valliére. Dans un âge plus mûr moi-même parvenu. Je me suis applaudi quand je me suis connu..., BAC. Phèdre, l, *. |1 II se met en apposition soit après je, soit avant. Moi-même j'irai présenter votre pétition. Je viendrai moi-même chercher mes brebis, et je les visiterai moi-même, saci, Bible, Éze'chiel, xxxiv, n. || Moi-même s'emploie quelquefois comme sujet du verbe, sans je. En longs habits de pourpre attirant les regards, Moi-même au bord des eaux ferai voler les chars, delille, Géorg. m. Il Substantivement. Un autre moi-même, voy. MÊME. Il 2i° Chez moi, dans ma maison. Vous me trouverez chez moi. || Substantivement. Un chez moi, une maison où l'on habite, oii l'on a sa famille. Ils [certains auteurs] sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue, et toujours un chez moi à la bouche, pascal, Pens. xxiv, 68, éd. havet. Il 25" S. m. Le moi, l'attachement de quelqu'un i ce qui lui est personnel. Le moi est haïssable; vous, Miton, le couvrez, vous ne l'ôtcz pas pour cela; vous êtes donc toujours haïssable, pascal, Pens. VI, 20, éd. havet. Le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu'il se fait centre de tout : il est incommode aux autres, en ce qu'il les veut asservir; car chaque moi est l'ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres, ID. ib. La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de ne considérer que soi, id. ib. ii, 8. La piété chrétienne anéantit le moi humain ; la civilisation le cache et le supprime, id. ib. dans cousin. Le mot moi, dont l'auteur [Pascal] se sert, ne signifie que l'amour-propre; c'e.st un terme dont il avait accoutumé de se servir avec quelques-uns de ses amis, Porl-Iioyal, dans havet. Rem. sur les Pensées de Pascal, art. 6. Le moi, à qui je rapportais tout autrefois, doit être anéanti pour jamais, kên. t. xviii, p. 224. X tout propos, dans chaque phrase, Le moi régnant, le moi vainqueur, Est dans sa bouche ainsi que dans son coeur, delille, Convers. ii. Il 28* Le moi, la personne même. Oui moi, non pas le moi d'ici, Mais le moi du logis qui frappe comme quatre, UOL. Àmph. a, i. Un moi de vos ordres jaloux. Que vous avez du port envoyé vers Alcmène, Et qui de vos secrets a connaissance pleine, Comme le moi qui parle k vous, id. ib. Parlez-moi sans cesse de tout cela [les aflaires de •a fille).... toutes ces choses composent mon vrai moi, sÉv. 3 juill. 1089. Vous voyez bien, ma trèschère, que ce que je dis de mon moi est aussi ennuyeux que le récit que vous me faites du vôtre est divertissant, id. 20 juin <680. I.e voilà donc mort, ce grand ministre [Louvoisj, cet homme si considérable, qui tenait une si grande place; dont le moi, comme dit M. Nicole, était si étendu, id. 28 juillet <<3»i. S'il peut renoncer à sa vie, à sa raison, i son moi, J. J. Bouss. Ém. V. Il II peut se dire au pluriel et il ne prend pas d'*. De ce moi qui n'est plus d'autres moi vont ren lître, lamaiit. Uédii. a, inflexion. WVI' Terme de philoiopliie. Le moi, la personne humaine en tant qu'elle a conscience d'elle-même, et qu'elle est à la fois le sujet et l'objet de la pensée. Le moiconsistedaiisma pensée; donc moi qui pense n'aurais point été si ma mère eilt été tuée avant que je fusse animé, pASc.i'eni. i, *l. Et l'idée du moi, qui exprime si bien l'idée do l'âms, ne marque-t-elle pas une substance unique, simple et absolument indivisible? doulainvil- LlERS, Relut, de Spinosa, p. 33(. La conscience do ion existence, ce sentiment intérieur (|ui constitue le moi, est composé chez nous de la sensation de notre existence actuelle et du souvenir de notre existence passée, uurr. Nature drt animaux. Ce D'est qu'en comparant le sentm'.nt de son état prclent avec le souvenir de ses étals passes, que l'être pensant juge qu'il est la même personne ou le même moi; je veux dire que le moi qui éprouve actuellement une telle perception sent qu'il est le même qui avait éprouvé autreîois cette mime perception, bONMT, Contempl. nat. iv, •!, note «. {| Le DOD-moi, tout ce qui n'est pas le moi; c'est lo synonyme d« monde extérieur ou d'objet.

— REM. 1. Quand le verbe est suivi de y. moi se met après y (avec des tirets). Attendez-y-moi. Mene/.-y-moi. Vous allez dans votre voiture, donnez-y-moi une place. Ces constructions sont données par le Dictionnaire de l'Académie, qui dit dans un endroit qu'elles sont bizarres, et, dans un autre, ne leur inflige aucun blâme. Des grammairiens veulent qu'on dise : attendez-m'y, menez-m'y, comme on dit : tirez-m'en. ||2. Quand le veilie est suivi de en, moi ne s'emploie plus, c'est me : Donnez-m'en. Voilà l'embarras; tirez-m'en. || 3. Quand le verbe à l'impératif est accompagné d'une n.»^-ition, le pronom régime est me, et non pas moi. Ne m •^.: "arlez pas, et non, n'en parlez pas à moi ; ou du moiu.^ '^'le dernière tournure aurait un sens différent; voy. cidessus le n° 6. Il 4. Dans l'ancien français, moi n'était jamais employé comme sujet, et l'on disait : je qui vous parle, et non, comme aujourd'hui, moi qui vous parle. On voit la transition se faire au xvi* siècle. Tandis que Montaigne emploie moi comme nous faisons, Rabelais se sert de je : Voulant donc (je, votre humble esclave) accroistre vos passetemps, Pant. II, Prol.; et Calvin : Ce ne suis-je pas qui en suis cause, Inst. as ; et Marot : Je qui avois ferme entente et attente D'estre en sepulcbre honorable estendu. Suis tout debout à Hontiaulcon pendu, I, 394. Même au xvii* siècle, Scarron commence son Virgile travesti par ce vers : Je qui chantai jadis Typhon. ||B. Dans l'ancienne langue, je n'était pas ou du moins pouvait ne pas être enclitique. Mais, quand il le devint constamment, alors la nouvelle langue usa de moi pour sujet, en place de je. Par le même principe, toutes les fois qu'on a besoin d'une forme qui ne soit pas enclitique, on met moi et non pas me. Me reprend son emploi quand on a besoin d'une forme enclitique.

— HIST. IX* s. In 0 quid [pourvu que] il mi altresi fazet [m'en fasse autant], Serment. || xi* s. Si me direz à Charlemagrie rei, Qu'il ait merci de mei, Ch.deiloi. VI. Il xii* s. S'ironstornoier, moi et vos, Chev. au lyon, v. 250). Jamais crerez [croirez] bricon, moi ne autrui, Tîonc. i < . Porprenez moi ces puis [monts] et ces lariz [champs], t6. 57. Moi ai perdu et trestote ma gent, ib. fH. Baron, amenez moi mon félon boisseor [traître], ib. p. <98. Par tantes fois [j'] ai esté assailliz. Que je n'ai mais pooir de moi défendre. Couci, v. Ensemble convient remanoir Moi et amour par estouvoir [par devoir], ib. xviii. Il xiii* 8. Tant que la vraie histoire (j'] emportai avec mi, Berte, t. Sire, di.st-elle, adieu I saluez moi mon frère, tb. iv. Moi ne chaut qu'on en fasse, mais qu'ele soit tuée, ib. xvi. La moy place [la place de moi] il prist delez la place le conte d'Eu, pource que il savoit que le conte d'Eu amoit ma compaignie, joinv. 278. Quant ge voi que losengeor. Et traïtor, et envieus Sunt de moi nuire curieus, la Uose, 4066. || xvf s. Reveille-moi, belle ; Mon cœur est tout endormy, Reveille le my, marot, I, <97. Ce suis-je moi qui suis, et n'y a autre Dieu que moy, calvin, Instit. 92. La seule mort a causé ma tristesse, La seule mort y pourra mettre cesse. Ne m'empeschant plus longuement de suivre Cet autre moy, pour qui j'ainiois à vivre, desportes, Epitnphe, Diane, Complainte. Ce seroit cesser d'estre moy. Que de ces.ser d'aimer ma dame, ID. Amours d'Ilippolyle, xxii, chanson. Las I ([ue puis-je avoir fait, o moy, pauvre insensé, Qu'Amour de plus en plus mes douleurs renouvelle? id. ib. xxiil. Laisse moy l'astrologie divinatrice et l'art de Lullius, comme abuz et vanitez, rabel. Pant. ii, 8. Moy qui ay.... mont, i, <6. M(iy, selon leur licence et impunité, admire de les voir.... id. i, i70. Ceuxlà se moquent do toi, Diogenes.— Et je ne me sens pas mocqué, moy, respondit-il. amïot. Comm refréner la col. M.

ETVM. Pic. et wall. mi; provenç. mi, mei;

espagn. portug. et ital. mi; du lat. miM'; allcm. mich; angl. me; sanscr. ma. La forme ancienne est mei, mi, à côté de moi; ce qui exclut l'accusatif latin me.

t MOIK (mol), i. f. Tas de sable ou autre substance. On transporte ces petits monceaux [de sablonj dans les endroits où ils doivent être réservés sous la forme de meules, que les ouvriers [dans l'AvranchinJ nomment moies, Dicl. des arts et met. Saunier.

— ÉTYM. Lat. metula; c'est le même que meule. t MOIti.NET (moi-gnt), t. m. Mésange à longue

queue.

MOItiNO^r (mo-gnon; d'autres disent mol-gnon; mo-gnon est le plus usité et est le meilleur; comparez oignon), ». m. || 1' L'extrémité amputée d'un membre recouverte d'uoe cicatrice. M. >danson me

disait.... que toutes les fois que l'opération [l'amputation de la queue] avait été bien faite sur la salamandre, il ne se faisait qu'une reproduction en moignon, c'est-à-dire une masse de chair non organisée ou organisée difTéremment, bonnet, (Jiurr. t. XI, p. 27, dans pougens. || l'erme de chirurgie. Conicité du moignon, voy. conicité. || En chirurgie, moignon se dit aussi de la partie non retranchée du membre amputé comprise depuis la cicatrice jusqu'à l'articulation qui est au-dessus. || 2" Par analogie. Ce qui reste d'une grosse branche d'arbre qui a été coupée ou rompue. || 3° Il se dit d'une partie qui, sans jamais avoir subi d'amputation, a une forme comparée à un moignon. Les oiseaux dits manchots n'ont qu'un moignon d'aile. 11 n'est resté du tarse qu'un moignon court et couvert d'une peau rugueuse, geoffroy-st-hilaihb, Instit. Mém. acad. des se. t. xi, p. 44 5.

— HIST. xii's. Trestot le cuir jil] li abat del talon; Voit le Baudus, si s'escrie à haut ton : Cosin, a pou ne vos ai fet moignon [estropié]. Bat. d'Aleschans, V. 9769. Enri, del destre poing moignon [il] li lit [il lui coupa, à Henri, le poing droit], Gérart de Ross. p. 368. Il xm' s. Mais n'otnules mains for moignons, Jtom.de la violette, v. 5237.||xv's. Nulles mains n'ay que deux moignons, Qui sont enclos en cez manchons. Que venir povez sy en droit, la Nativité de N. S. J. C. Il ivr s. Au bras gauche, il porte un grand gantelet, qui le couvre jusqu'au coude, et au droit un petit mougnon qui cache seulement l'espaule, i.ANOUE, 286. Le malade mettra dedans [la main artificielle] son moignon le plus avant qu'il pourra, paué, xvii, 42. Avec son moignon d'espaule et la teste, ruoit une coignée, in. xix, 8.

— Etym. Génev. mognon, mougnon; Berry, meugnon; esp. muiion, le gros muscle du bras, muneca, poignet. Origine d'ailleurs inconnue.

t MOILETTE (moi-lè-t'), s. f. Outil en bois garni de feutre pour frotter les glaces.

MOINAILLE (moi-nâ-ll', J/ mouillées, et non moinâ-ye), s. f. Terme de dénigrement dont on se sert pour désigner les moines en général. La moinaille et la prêtraille ont été les moteurs des émeutes à Madrid en )70», galiani, Lettres, t. ii, p. 347.

— ÉTYM. Moine, et la syllabe péjorative aille. MOINDRE (moin-dr'), adj. comparatif || 1* Plus

petit en étendue, en quantité, en qualité. Celte colonne moindre que l'autre en hauteur et en grosseur. La distance est moindre que je ne croyais. Ma douleur n'est pas moindre que la vôtre. Il tient un moindre rang que vous. Un moindre inconvénient. Ce malheur scm lile moind re, et moi ns rudes .ses coups, ConN. //or. y, 3. Si l'effet a manqué, ma gloire n'est pas moindre, ivi.Cinna,iv,b. Ce Romain, dont l'effroi peut-être n'est pas moindre, in. Sieom. v, 8. La reine pleine de foi ne se propose pas un moindre modèle que Marie, uoss. Mar.-Thér. X de moindres faveurs des malheureux prétendent, rac. Andr. i, 4. Ma honte en serait moindre ainsi que votre crime, id. Mithr. 11, 4.||Hien de moindre, rien qui soit plus petit. Les éloges brillants que vous daigniez y joindre Ne me permettaient pas d'espérer rien de moindre, corn. Sertor. ii, 2. || 2" Qui est de moindre mérite, de moindre rang, en parlant des personnes. Ils étaient plus que rois, ils sont moindres qu'esclaves, corn. Sert, m, a. Sans m'envoyer du Parthc embrasser les genoux, Sans vous-même implorer des rois moindres que tous, bac. l/i(Ar. 111, ). IIS" Qui n'est pas aussi bon. Ce vin-là est moindre que l'autre. || i' Moindre avec l'article délinl le, ta, les, ou un adjectif possessif, est un superlatif signifiant le moins considérable, le moins important, le plus petit. Au moindre et premier bruit qu'eut fait votre malheur, corn. Xndroin. iv, 3. El ne savez-vous pas qu'il n'est princes ni rois Qu'elle [Rome] daigne égaler à ses moindres bourgeois? lu. ^icom. l, 2. Jamais la moindre grâce. Ni le moindre regard, lo moindre mot enfui Ne lui fut accordé par ce cœur inhumain, la pont, t'abl. xii, 26. Ella (la princesse de Conli] veut être ontcrrco à sa paroisse, simplement comme la moindre femme, siiv. 6 févr. <672. Oui vit jamais paraître en cette princesse ou le moindre sentiment d'orgueil, ou le moindre air de mépris? uoss. Uar.-TMr. Il étend ses soins jusqu'aux moindres de ses domestiques. 1». touii de Bourbon. Voyez comme elle frappe cette poitrine innocente, comme elle se reproche les moindres péchés.... ID. Mar.-Thér. Elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais !• silence même des princes, et combien la médisance... ID. Reine d'AnglH. Et nos moindres guerriers Se promettent déjà des moissons de lauriers, «AC. àUx. i, a. Je n'en avais créTU que Ui moindre

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partie, «ac. Béién. v, «. On ne s'attendait guère que des vainqueurs daignassent payer; ceux qui les apportèrent [des vivres] furent bien étonnés d être pavés généreusement et sans délai par les moindres sol'daU de l'armée, volt. Charles Xll, 2. Qu'un ouvrage destiné à l'éducation d'un prince ait de la célébrité, le moindre genlilhomme le croit propre à l'éducation de son fils, duclos, Comtd. mœurs, ch. 2. Il C'est le moindre de mes soucis, et, plus familièrement, c'est le cailet de mes soucis, je ne m'en soucie, ne m'en inquiète aucunement. || Familièrement, il se joint par une sorte d'exagération à petit. Au moindre petit bruit. Le moindre petit morceau de pain. Il Terme d'algèbre. Méthode des moindres carrés, recherche du résultat le plus probable entre un certain nombre d'observations qui ont donné des résultats diiïérents. || 6" Avec l'article, et précédé d'une négation, il signifie aucun. Je n'en ai pas la moindre appréhension. 11 ne lui a pas dit le moindre mol.jjB'Les quatre moindres, les quatre ordres mineurs. L'archevêque de Cambrai luidonna [à l'élecleurde Cologne] en cinq joursde suite les quatre moindres, le sous -diaconat, le diaconat, le fit prêtre et le sacra évèquo, st-sim. <«8, 260. Il 7" Le moindre, la moindre, s'emploie substantivement pour dire la personne la moins considérable, de la dernière condition. Et si la moindre tache en demeure à mon nom, Si le moindre du peuple en conserve un soupçon, corn. Nicom. iv, t. Vous qui devez respect au moindre des Romains, ID. Pomp. m, 2. Comme on attend un bien qu'on n'a pas mérité. Et dont, sans regarder service ni famille, Vous pouvez faire part au moindre de Castille, iD. I). Sanche, i, 3. Et [Dieu] ne dédaigne pqs de prendre la conduite Des moindres d'ici-bas, ha-

CAN, Psaume cxxivii Je m'aviserais sur le tard

d'être cause Que la moindre de vous commît !e moindre mail la font. Oies. Tous les hommes, jusqu'aux moindres, veulent qu'on les flatte, et ne peuvent souffrir qu'on les reprenne, Boss. ilcd. turl'Év. 2* partie, ts' jour. Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui, Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui, boil. Luirin, m. || Le moindre, ce qu'il y a de moindre. La sagesse éternelle, qui fait servir le moindre au plus digne, si l'Âme a besoin d'io corps pour vivre dans sa naturelle perfection, lui rendra plutôt le sien que de hisser défaillir son intelligence par ce manquement, boss. Connatsj. v, t3.

— Hl.ST. xiu* s. Il ne convient pas que la mendre abate lagrelgneur; mais la greignor peut abatre la meneur, DipfSfe, f°75. || xiV s. Pupilleset meures d'ans [mineurs], nu cange, aagiatus. || xv s. El [François Acreman] partit ses gens en deux, et prit la mendre part pour faire moindre friente [bruit], fboiss. ii, ii , 230.11 xvi* s. S'en sa largesse ilveutsa mainestendre, Aimé sera tant du grand que du mendre, mahot, i, (53. Tant d'esprits dont le moindre Sçait mieux que toi, louer et poindre [peindre], id. ii, 200. C'est le moindre de mon soucy, Que cette sapience, m. iv, <&7. La condition des bestcs brutes ne seroit de rien moindre à la nostre, s'il ne nous restoit quelque espoir d'éternité après la mort, calv. Inslil. H7. Les prestres de Home ont esté, le temps passé, beaucoup moindres que les evesques, ;au lieu que maintenant ils les précèdent de loin, id. ib. 819. Le nid du moindre oysclot, mont, i, 236. Encor moindre je suis au coinjj'.t de mes ans, Et desjà je suis vieux au compie de mes peines, la boétie, 520.

— ÊTYM. Wallon, moi/ir, mal portant; messin, marbre, mauvais; provenç. mendre, mettre; du lat. minor, avec l'accent surmi; moindre, mendre, est le nominatif dont menor (mineur) est le régime (de minorem). Uinor, forme comparative, se rattache à minuere, diminuer, en grec iiivOu.

t MOINDREMENT (moin-dre-manV, adv. D'une façon moindre; il a vieilli, mais quelques personnes le disent encore au superlatif : le moindrement, le moins du monde. Il ne viendra de votre part si mince brochure où je sois le moindrement intéressé, que la réponse ne suive de près, Uép. à l'apologie de l'ahhi d'O/iret, dan» desfontaines.

— ÊTYM. Moindre, et le suffixe ment.

HOINË (moin"),!. m. || l'Homme qui s'est engagé par des vœux à suivre une certaine règle autorisée par l'Eglise. Les chevaliers de Malte... cadcU de bonne maison qui ne veulent rien savoir, rien valoir, mais qui voudraient bien tout avoir ; au reste gen» de bi«D et d'honneur, moines d'épée... eu! »ATin, Un. \. Il, p. 425. Ils ont jugé plus il propos et plu> facile de censurer que de repartir, parce qu'il leur est bien plus facile de trouver des moines que des r«isons, pasc. Proe. ui. De» évêques [an-

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glicans] qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire... en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre, c'est-àdire jusqu'au pape saint Grégoire et au saint moine Augustin son disciple it le premier apôtre de la nation anglaise, boss. licine d'Anglet. Vous avez vu, au douzième et au treizième siècle, les moines devenir princes ainsi que les évoques; ces évêques et ces moines partout à la tête du gouvernement féodal, VOLT. Ilœurs, 197. On demande pourquoi on permet à des moines de reprendre un de leurs moines qui s'est fa'* soldat, et pourquoi un capitaine ne peut ri^i^ndre un déserteur qui s'est fait moine, VOL-' Vxct.phil. Vœux. Il faut entrevoir pendant c s cinq siècles [de saint Benoît à saint Bernard] les atTorts surhumains tentés par ces légions de moines sans cesse renaissantes, pour dompter, pacifier, discipliner, purifier vingt peuples barbares successivement transformés en nations chrétiennes, montalem- BERT, Jfotnesd'Occt'dent, t. i,p.v. Le premier de tous les services que conféraient les moines à la société chrétienne, c'était de prier, de prier beaucoup, de prier toujours pour tous ceux qui prient mal ou qui ne prient point; la chrétienté honorait et estimait surtout en eux cette immense force d'intercession, ces supplications toujours actives, toujours ferventes, ces torrents de prières sans cesse versées aux pieds du Dieu qui veut qu'on l'implore, id. tb. p. xlviii. Il Moines gris, s'est dit des moines de Ctteaux, au commencement de leur institution. |{ Familièrement. Gras comme un moine, fort gras. Il Attendre quelqu'un comme les moines font l'abbé, c'est-à-dire se mettre à table et dîner sans l'attendre (locution née de ce que dans les monastères l'heure de chaque chose est réglée) . Il 2° Moine lai, laïque, ordinairement homme de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale, pour y être entretenu. Il 3» Moine bourru, voy. bourru. || i° Caisse doublée de fer- blanc, où l'on suspend un réchaud pour chauffer un lit ; ou cylindre de bois creusé, doublé de tôle, dans lequel on introduit un fer chaud pour ce même usage. Une femme de chambre accourt avec une bougie, elle trouve un moine dont on avait chaulTé le lit, que la Furstemberg n'avait pas senti, ST-siM. 31), 72. Il 6° Feuille de papier dont on couvre la traînée de poudre qui doit porter le feu au saucisson d'une mine. || Terme de marine. Se dit de petits cônes de poudre humectée avec du vinaigre, que l'on brûle dans l'entre-pont pour chasser le mauvais air. || Artifice que l'on nomme aussi feu de conserve. || 6° Sorte de masse ou de marteau à peu près pointu. || 7" Partie intérieure du moule qui sert à faire les coupelles. ||8° Boiirsoudure qui parait quelquefois dans le fer et dans l'acier quand on le forge. || 9° Les imprimeurs appellent moines des feuilles mal imprimées qui, n'ayant pas bien pris l'encre, paraissent noires et blanches comme l'habit de certains moines. |{ Moine se dit aussi, en imprimerie, de la partie blanche elle-même. || 10" Coquille univalve du genre cône (voy. sarcoramphe). Il 11° Donner le moine, se disait d'une certaine malice que pratiquaient les écoliers, les pages et les laquais, en attachant une petite corde au gros doigt du pied d'un homme endormi, et la tirant de temps en temps; on ne connaît pas l'origine de cette locution. Au xvr siècle, bailler le moine, signifiait porter malheur. || Proverbes. Pour un moine on ne laisse pas de faire un abbé, pour un moine l'abbaye ne faut pas, ou faute d'un moine l'abbaye ne manque pas, ne chôme pas, c'est-à-dire l'absKnce d'une personne n'empêche pas, ne doit pas empêcher que la chose dont il s'agit ne se fasse. || L'habit ne fait pas le moine, c'est-à-dire ce ne sont point les habits ni la parure extérieure qui font l'honnête homme.

— HIST. XI* s. Ainz [il] deit moine estre en un de ces mousliers, Ch.de Roi. cxxxix. ||iii's. E quant Ii moinie [prononcé moine] vindrenl lur compile chanter, Th. U mari. 4«. Muine e cou [cui-^inierj e scrgant, escuier e garçun, Chascun aveit sun pain e dreito livreisun, «6. 6i.||xiif s. Et puis [il] se rendit moine dedans une abcïe, Birte, n. La robe ne fait pas le moine, la /I ose, Hfi»2. ||xv's.Ja ne verrez moine c'en face abbé. De bien servir église entalenté [désireux], Bibl. des chartes, k' série, t. v, p. 863. Convoitise de moines blans, envie des moines ners [dicton né de la convoitise des nouveaux ordres vêtus de blanc, et de l'envie des anciens ordres vêtus de noir], lehoui de lincy, Frov. t. 1, p. 36. Et pour ce dit-on : pour la pitié de la nonnain, baise le moine l'oreiller; ainsi estoit il duchcvalier [qui alla se coucher en plein air au plus

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près qu'il put du logis de sa dame], Perceforest, t. v, f° B5. Il XVI» s. Pour tant encore est le proverbe en usaige de bailler le moyne à quelqu'ung[lui porter malheur], RAB. i, 4S. Frère Jan des Entommeures.... vray moyne si oncques en feiist, depuys que le monde moynant moyna rie moineryc, m. Garg. I, 27. A la fin le regnard sera moine, cotghave. Homme ne connoist mieux la malice que l'abbé qui a esté moine, in. Il a bien eu du moine [il a été bieu pris, bien étrillé], carloix, vi, 25. Paillard comme un moine, n. est. Apol. pour Ilérod. p. 326, dans lacurne. Il se falloit garder du devant d'une femme, du derrière d'une mule, et d'un moyne de tous costei, DES ACCORDS, Bigarrures, p. «», dans lacurne.

— ÉTYM. Bourg, monp; l'rovenç. monge, mongue, morgue, moncgne, moi/ne; cat. monjojesp. et port. monge; ital. monachn. Le français moine vient non du latin monachus, mais d'un thème montiis, qui se trouve dans le bas-latin monialis (en des textes du vu* siècle); tnoni'us est une autre forme de monachtis, grec (iovaxô;, dérivé de [lovo;, seul.

MOINEAU (moi-no), s. m. \\ 1* Petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans de» trous de muraille. Il faut à peu près vingt livres de blé par an pour nourrir une couple de moineaux, BUFF. Otî. t. VI, p. 215. Le curieux Bradley, qui cultivait avec succès la botanique, avait calculé que deux moineaux apportent par semaine à leurs petits 3360 chenilles, bonnet, Conlempl. nat.xi, 2. || Moineau franc, moineau domestique ou pierrot. || Fig. Tirer sa poudre aux moineaux, faire de la dépense pour venir à bout d'une chose qui n'en vaut pas la peine, ou dont on ne vient pas à bout. Vous voyez de quel air on reçoit vos joyaux; Croyez-moi, c'est jeter votre poudre aux moineaux, mol. ^cole des mat. II, 9. Ma foi, vous tireriez votre poudre aux moineaux ; 11 vous supplanterait, th. corn. Baron d'Albikrac, m, 2. || Manger comme un moineau, manger très-peu. Que je vous plains, vous qui êtes au lait, qui quittez votre ànesse pour Forges, qui mangez comme un moineau, et qui avec cela n'avez point de santé 1 volt. ie«. Jtfme de Fontaine, 23 sept. 4750, p. 07. Il Appelez-vous cela des moir neaux? se dit d'une chose considérable que d'autres veulent avilir. Il On dit dans un sens analogue : ce ne sont pas moineaux. Le gibier du lion, ce nesont pas moineaux, la font. Fabl. 11, t». || Pot à moineau, voy. POT. Il Voilà une belle maison, s'il y avait des pots à moineaux, se dit pour se moquer d'une maison de campagne. || Fig- C'est un vilain moineau, et, ironiquement, un joli moineau, c'est un homme laid, désagréable, méchant. || 2° Par plaisanterie et en jouant sur le mot. Petit moine. Nous sommes ici tous obsédés de moines et moineaux de tout plumage, GUI patin, Nouv. lett. t. 1, p. 60, dans pougens. Il 3° Moineau de neige, sorte d'oiseau qui se trouve dans les Alpes. || Moineau de mer, oiseau qu'on appelle à Terre- Neuve oiseau des glaces. Il 4' Terme de fortification. Bastion plat bâti au milieu d'une courtine lorsqu'elle est trop longue et que les deux b.istions des angles sont trop éloigné» pour se défendre l'un l'autre. || 6* Poisson du genre pleuronecte (le flet).

— lilST. xiii' s. Comment dite» vous à m'ame [à mon Ame] : va en ce mont ausi comme moiniausî Psautier, P ts. Uns huns jun homme], ce dit, entasseit blé. Et l'arunde l'a esgardé; Cum Ii moinet dehors eslcient, Qui au blé adeser n'oseieni, L'arundele les apela.... Li moinel se sunt deslurné.... Li vileins dist ceste parole ; Et li arunde, qui fu foie, As moissuns [moineaux] l'ala tost cunter; Si les fist en la granche entrer. Li vilainz a ses engins faiz, Les moinaus pris et à mort traiz, marie de FRANCE, t. Il, p. 34». Le moisnel qui saut et tressaut Débranche en branche moult soé [doucement], Ben. 26t28. Il XV' s. Se moussons y gargonncnt ou y font leurs nyds, c'est signe de bon air et de bonne fortune, les Étang, des quenouilles, p. 37. ||xvi' s. Les jours suivans se passèrent en canonadcs, pour raser un moineau qu'ils avoicnt avancé de la courtine, d'auii. i/is(. Il, 60. Passereaux et moineaux sont de faux oiseaux, cotgrave.

— ETYM. Norm. moisson; wallon, moAon; Ardennes, mochon ; Derry, moiffneou ; picard, mougneu, moigneau, moinet. L'ancien français disait aussi moine : Chassant aux moines, vu cange, moinus. 11 y a deux formes : l'une, ancien français, moisîun, et les patois vwisson, mohoii, mnhon; l'autre motne, d'où le diminutif moinel, moineau. La première indique sans conteste, comme liez le dit, un mot bas-latin muscio, de miura, mouche (un petit oiseau ayant été facilemcntdénommé d'après U mouche). De mouton on fit moissonel, d'où moimri.

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(jui se trouTe en effet; et c'est de laque Diez tire moineau. Mais à côté de moisson et de motvneJ on trouve dans les textes tiès-anciens d'une façon concordante moinet, moinel, moiuiau, sans s, de sorte qu'il est difficile de prendre cela pour de simples fautes de copistes. On peut donc croire qu'il y a eu moine et son diminutif moinel, ainsi dit du passage biblique, p<Ksersoii(ariustn tecto, le passereau solitaire, moine dans le toit,Ptalm. ci, lequel s'est confondu facilement avec moisnel.

MOINERIE (moi-ne-rie), J. f. || i' Terme collectif et de mépris qui désigne les moines ea général ainsi que l'esprit et l'humeur des moines. G. Naudé ayant l'esprit tout plein de considérations sur la vie des princes, sur le gouvernement du monde et sur la moinerie aujourd'hui dans l'Europe, gl'I patin, Lett. t. II, p. 478. L'abbé de MaiUy, qui n'avait jamais voulu tâler de la moinerie, n'avait pas d'incUnation à la profession ecclésiastique, st-sih. 160, <85. Il n'est pas à propos d'établir la moinerie dans les conseils; c'est un genre d'hommes qui n'a jamais fait bien à souverain et qui n'est destiné qu'à leur faire du mal. Test, polit, de Charles V, dans b'haissonville, Ilist. de la réunion de la Lorraine, t. iii, p. 380. Je sais, moi, que, sans les vertus de la tolérance, du pardon des injures, et autres moineries, les Romains fondèrent le plus grand des empires , L'ABBâ galiani, Lell.t. I, p. 146. {| 2° Se dit aussi d'un couvent de moines. Il s'est retiré dans une moinerie. Pour dire les monastères et couvents, qui sont les termes ordinaires <lesquels on se sert parmi les catholiques, M. Pasquier, avec Bèze et du Moulin , dira toujours les moineries, gakasse, Ileeh. des recherches, p. 791, dans lacurne.

— HlST. XVI* s. En trente-six moineries [couvents] on n'en eust pas trouvé un semblable [moinej, langue, 536. Saint Augustin en descrivant quelle est la moinerie saincte et bonne.... calv. Itutit. 40t6.

— ÊIYM. J/otn«.

MOINESSE (moi-nè-s'), t. f. Terme peu usité qui ne se dit d'ailleurs que par plaisanterie ou par dénigrement. Religieuse.

— HlST. XVI' s. 11 en vouloit fort aux moines et moinesses, desper. Contes, cxii.

— F.TYM. Ifotne.

MOINILLON (moi-ni-llon, U mouillées, et non moi-ni-yon], s. m. Terme de dédain. Petit moine ou moine sans considération. Desquels on fit de petits moinillons, la font. Uaiet.Lcs moines jaloux.... le prirent en haine [le père Caton].... les chefs se liguèrent contre lui, et ameutèrent les moinillons envieux de sa place, et qui n'osiient auparavant le regarder, J. j. Rouss. Confess. v.

— HlST. XVI' s. Cependant que lespresbtres s'amu- «oyent à confesser, les petitz moynetons coururent on lieu où estoyt frère Jan, bab. Garg. l, 27. Un moineton qui lui portoit à disner, d'aub. Fxn. iv, <t. Moinichon, cotgrave.

— ETVM. Diminutif de moine.

t MOINOTIN (moi-no-tin), *. m. Mésange charbonnirre.

MOINS (moin; Vt $e lie : moin-z on a.... Au XVII' siècle, quelques-uns prononçaient mains, c'était une prononciation archaïque). {| i° Adv. comparatif de peu, répondant à l'adverbe latin minus, opposé à plus et servant à marquer infériorité ou diminution. Parlez moins haut. Un peu plus, un peu moins. Un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, desc. Médit. I, (0. Seigneur, honorez moins une faible conquête, rac. Ipk. I, i. Tu me baissais plus, je ne t'aimais pas moins, id. Phèdre, ii, 5. Achille nous menace, Achille nous méprise; Hais ma fille en est-elle à mes lois T>'>ins soumise? m. Iph. iv, 8. En effet, ajoutaitli [Papirius],roret l'argent, à parler vrai, sont moins des armes que des dépouilles, rollin, llisi. ane. Œuv. t viii, p. 140, dans pougrns. || 2* Ne... pas moins, n'en... pas moins, c'est'à-<lire tout de même, nonobstant. Je suis souffrant, mais je n'en irai pas moins i la cérémonie. Je n'en perdrai pas moins ce peuple altominable, bac. Eilh. u, ». Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable, id. Phèdre,l,3. Il 8* Moins que jamais, se dit pour exprimer une impos3:bililé absolue. Après l'éclat et les pas que j'ai faits. Je dois vous épouser encor moins que jamais, rac. Bérin. v, s. ||4* Encor moins, se dit, après une première réponse négative, pour nier encore plus fortement dans une seconde réponse. Connais-tu cette femme, lui dit le visirT Non, soi' gneur, lui répondit Ugcrberi. Tu connais donc son fils? Encore moins, reprit-il, coHTit Dl catlds (ciosLKT) , Cont. orxent. Ilist. du portefaix, Œuv. t. Tiu. p. 4tu, dans poucENS. Il 6' Moins.,., moins,

plus.... moins, moins.... plus, se dit dans des phrases qui se correspondent. Plus je suis votre amant, moins je suis Curiace, cobn. Uor. ii, 6. Certes, plus je médite, et moins je me figure Oue vous m'osiez compter pour votre créature, bac. Brit. i, 2. Moins on lui en parlait, et plus il s'en occupait, J. J- Rouss. Ém. IV. Il Au commencement du xvu' siècle, on pouvait, dans cette construction, disposer autrement les adverbes de comparaison. J'ai moins de repentir plus je pense à ma faute, malh. v, 30. il 6° Le moins, superlatif de peu. Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins, uoil. Épdre v. Quand j'y pensai le moins, bac. Théb. m, 8. Et les plus malheureux osent pleurer le moins, id. Iphig. 1, 6. Il Au moins mal qu'il se peut, de la façon la moins mauvaise possible (moini dans cette locution détermine lemot mal, et est par conséquent ad verbe). Quant au but principal qu'Esope s'y propose. J'y tombe au moins mal que je puis, la pont. Fabl.y,^. Il Ne.... pas le moins du monde, en aucune façon (dans cette locution, le moins du monde détermine un verbe et est par conséquent adverbe). Le roi ne s'aperçut pas le moins du monde de cette scène, DUCLOS, Œuv. t. V, p. 316. || Absolument. Avez-vous eu connaissance de ce bruit? pas le moins du monde. || Moins pour le moins, tournure archaïque et qui n'est plus guère usitée. Ce Dieu touche les cœurs lorsque moins on y pense, corn. Po/(/. iv, 3. Souvent le bonheur vient lorsque moins on l'espère, BACAN, Berger, v, 3. Pour montrer que son cœur sait, quand moins on y pense. D'une bonne action verser la récompense, mol. Tart. v, 7. De tous les besoins publics c'est celui qui court moins de risque , MASS. Carême, Besp, hum. De toute la philo- .sophie de Platon, la partie que je crois moins soutenable est la physique, fleury, Disc, sur Platon, m. Il T Moins a certains emplois où il est adjectif, répondant à l'adjectif latin neutre minus. Il C'est moins que rien, se dit d'une chose de nulle considération, et aussi d'une personne qu'on méprise. Cette femme est moins que rien. Cette blessure est moins que rien. || Dans certaines locutions que l'usage a consacrées, au lieu du que, on emploie de. Cela coûtera moins de dix francs. Votre exemple ne laisse A personne à douter. Qu'à moins de la couronne on peut le mériter, cobn. Olhon, IV, 4. Il En moins de, dans moins de, c'est-àdire dans un moindre espace de temps. Ainsi CharlesXIl,àdix-huitans, commença et finit cette guerre en moins de dix semaines, volt. Charles XII, ». Il En moins dç rien, en très-peu de temps, en un moment. Mais, sitôt qu'il parut, je vis en moins de rien Tout mon camp déserté pour repeupler le sien, COBN. Sertor. i, i. Toute votre félicité, Sujette à l'instabilité. En moins de rien tombe par terre, ID. Poly. IV, 2. On dépeuplerait un État en moins de rien, si on en tuait tous les médisants, pasc. Prov. vu. Nos gens ont chassé en moins de rien les ennemis de la demi-lune, et s'en sont emparés, PELLissoN, Lett. hist. t. m, p. 24), dans pougens. Il Cette tournure est le reste d'un archaïsme. Dans l'ancienne langue,le complément des comparatifs se marquait par de; Moins grand de moi, ce qui répond à l'ablatif latin : mitnor me. ||8° À moins de, loc. prdp. X un prix au-dessous de (dans cette locution, moins joue la rôle d'adjecliO. Je ne lui donnerai pas ce cheval àmoins de mille francs. ||C'estencore ici un reste de l'archaïsme noté plus haut, n' 7. Il Absolument. X moins, pour un prix moindre, pour une peine moindre, pour une cause moindre. Vous avez beau marchander, vous no l'aurez pas à moins. On rirait, on se fâcherait à moins. Et je crois qu'à moins on s'effraie, la font. Fabl. i, 12. La tête tourne à moins, sÊv. 214. J'ai compris [ilit une vierge infidèle) qu'on pouviiit vous servir à moins, que vous ne demandiez pas des empressements si vifs et une fidélité si scrupuleuse, mass. Prof, rclig. Serm. 2. ||À moins de, sans une certaine condition (le de est ici pour le que qui suit les comparatifs). X moins de cela il no devait pas exposer sa réputation en produisant des ouvrage» si ridicules, bacan, Hém. pour la vie de Malherbe. Je me voyais perdue à moins d'un tel ûtago, corn. Itodog. II, 2. Tout est perdu, madame, à moins d'un prompt remède, lu. Nicom. v, 4. Je sais qu'à moins d'une couronne sur la tête, je ne saurais seconder votre mérite, ctbano ub bkro. Pédant joue, v, 40. Il À moins que de, avec un substantif, au <lessousde, pour quelque chose de m<iin<lrc (celte locution, irrégulière d'ailleurs, ne s'explique que par le pléonasme du que qui suit les comparatifs, avec le d« archaïque qui les suivait autrefois et qui les suit aujouril'Uui «n quelques cas avec moiru cl plut).

X moins que d'une reine il n'a pu s'enflammer, CORN. D. Sanche, iv, 6. Ce serait pour Cartbage un bonheur signalé ; Mais, madame, les dieux vous l'ont-ils révélé? X moins que de leur voix, l'âme la plus crédule D'un miracle pareil ferait quelque scrupule, ID. Soph. i, 3. X moins que d'une tête un si grand corps chancelle, id. Olhon, m, 3. X moins que de cela, l'eussé-je soupçonné? mol. l'Ét.l, to. ||X moins que, sans de, ce qui est la locution correcte, mais est devenu un archaïsme. Ces miracles visibles Ne sont point ouvrages possibles, X moins qu'une immortelle main, malh. III, 3. Après leuravoirdemandé s'ils étaient condamnés à faire des vers ou à être pendus, il leur disait qu'à moins que cela ils n'en devaient point faire, bacan, Lett. xi, à Chapelain. Moi dont la perte est sûre à moins que sa ruine, cobn. Nieom. m, 8. || X moinsque de, avec un verbe à l'infinitif, indique une condition qui, si elle ne s'effectue pas, laisse faire ce dont il s'agit Et ta beauté, sans doute, emportait la balance, X moins que d'opposer à tes plus forts appas Qu'un homme sans honneur ne te méritait pas, corn. Cid, m, 4. Toute puissance est faible à moins que d'être unie, la pont. Fabl. iv, (8. || On peut supprimer le que. X moins d'être fou, il n'est pas possible de raisonner ainsi. || X moins que.... sans de, avec un verbe à l'infinitif. Je ne l'écoute pas à moins que m'épouser, corn, le Ment, n, 3. N'es-tu pas, 6 mon Dieu, mon Seigneur souverain. Et moi ton serviteur, pauvre, lâche, imbécile. Dont tout l'effort est inutile X moins qu'avoir l'appui de la divine main, id. Imit. m, (0. Le moyen d'en rien croire à moins qu'être insensé? mol. Amph. n, t. Et l'on ne doit jamais souffrir sans dire mot De semblables affronts, & moins qu'être un vrai sot, m. Sgan. I7. Qui croit qu'on n'est point sage à moins qu'être insensible, destouches, Phii. mar. i, s. ||Les grammairiens ont ccûdamné la tournure à moins que avec un infinitif. Mais c'est tout au plus unarchaïsme, et rien n'empêcherait de s'en serviren verset dans la prose élevée suivant l'euphonie. || X moinsque, loc. conj. qui régit le subjonctif avec la particule ne, et qui signifie si ce n'est que. Un lièvre en son gîte songeait (Car que faire en un gîte à moins que l'on ne songe?), la font. Fabl. u, 44. X moins que votre cœur, animé d'un beau zèle. De vos nouveaux amis n'embrasse la querelle, bac. Alex, ii, 3. X moins que la pitié qui semble vous troubler No soit ce coup fatal qui vous faisait trembler, lo. Athal. H, 7. À moins qu'un homme ne soit un monstre, la douceur d'une femme le ramène et triomphe do lui tôt ou tard, J. J. Bouss. Ém. v. || Queliiucfois le ne est supprimé, du moins en vers. X moins que pour régner le destin les sépare, corn. Œdipe, i, 5. X moins qu'à vos projets un plein effet réponde, Ce serait trop donner à discourir au monde, id. Hent. II, *. X moins que ton secours me relève le cœur, X moins que ta bonté ranime ma langueur, Mes plus ardents efforts ne peuvent rien produire, II). Imit. III, 40. X moins qu'il soit mêlé d'un peu de peine, la font. Cag. La maîtresse ne peut abuser votre foi, X moins que la suivante en fasse autant pour moi, mol. le lUp. I, 4. Et moi je ne puis vivre à moins que vos bontés Accordent mon pardon à mes témérités, m. D. Gare, n, 6. || 9" Moins a certains emplois où il figure comme substantif absr trait, signifiant une moindre quantité. 11 a moins de fortune que vous. lia moinsde capacité que son frère. Eux trois [protecteurs) voulaient moins de reconnaissance Qu'à ce marchand il n'en coûtait pour un, LA FONT. Fabl.ym, (8. Nous avons parlé sérieusement de SCS affaires [dumarquisde l'omenais],qui ne sont jamais do moins que de .sa tête; le comte de Créance veut à toute force qu'il ait le cou coupé; Pomenars ne veut pas; voilà tout lo procès, sév. 20 juill. 4B74. Il lui coûtait moins d'exposer sa vie, que de dissimuler ses sentiments, fléch. Duc de Mont. Je veux moinsde valeur et plus d'obéissance, rac. Iph. iv, «. Ayez moins de frayeur ou moins de modestie, m. Hrit. Il, 3. En un mot, moins de superstitions, moin» de fanatisme; cl moins do fanatisme, moins de malheurs, volt. Vict. phil. Superstition, v. On a moinsde génie que dans le siècle de Louis XIV, moins de vrai talent, moins de grâce et do politesse; mais on a beaucoup plus de connaissances ; notre philosophie n'est pas à mépriser, m. Lett. Ilichelictt, I" oct. 477fc. Il 11 ne le menace pas de moins que de lui rompre bras et jambes, c'est-à-dire ses menace» vont juvqu'à dire qu'il lui rompra bras et jambes. Il Ni plus ni moins. Il n'en fait ni plus ni moins, sev. 44. Il Quand je me ficherais, il n'en sera ili plus ni moins, c'est-à-dire la chose restera la mêiro. Il 10* Moins , employé substanlivemonl

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tTcc l'artid» le, la plus petite partie. Et le glaive est le moins de ma calamité, malh. iv, 7. Que le plus et le moins y mctle dilTcrence, béonier, Sat. XV. Il Le moins qu'on puisse faire, se dit pour exprimer que la chose qu'on fait est la moindre, et qu'on devrait faire davantage. Le moins que vous puissiez faire, c'est de l'aller trouver. C'était bien le moins qu'ils fissent brûler Zadig pour le mau- Tais tour qu'il leur avait joué, volt. Zadig, (3. Il Moins se dit quelquefois arctfaïquement en ce sens pour le moins. Le respect que l'on porte à l'antiquité est aujourd'hui à tel point, dans les matières où il doit avoir moins de force, que l'on se fait <les oracles de toutes ses pensées, et des mystères même de ses obscurités, pasc. Traité sur le vide, Préf. Il Proverbe. Qui peut le plus, peut le moins. Il 11° Il se construit aussi comme substantif avec du, et se joint à plus; la locution signifie d'une quantité plus ou moins grande. Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins, Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins, boil. Sat. iv. Il Ils sont à peu près d'accord, ils en sont sur le plus et le moins, il ne s'agit maintenant que du plus ou du moins, c'est-à-dire il n'y a plus entre eux de débat (|ue sur la quantité, sur la somme plus ou moins considérable à donner d'un côté et à recevoir de l'autre. || Ij. chose ne peut pas être arrivée ainsi, il faut qu'il y ait du plus ou du moins, il faut qu'on ait supposé des circonstances qui ne sont pas vraies, ou qu'on en ait omis qui le sont. Il U° S. m. Terme d'algèbre. Un moins, trait horizontal qui est le signe de la soustraction; ainsi dénommé parce qu'il se prononce moins. A— B, prononcez : A moins B. || 13° S. m. Terme d'imprimerie. Tiret long qui ordinairement sert à séparer des phrases ou à remplacer des mots qu'on juge inutile de répéter ; ainsi nomme parce qu'il a la forme du moins employé en algèbre. || 14° L'ettant moins, substantif composé, qui signifie la quantité, la somme qu'il y aura do moins sur uite quantité à fournir, une somme i payer. Claudine, je t'en prie, sur l'et tantmoins,iiOL.G.^and. II, 4. ||Sur et tant moins, en déduction. Je vous donnerai cela sur et tant moins de ce que je vous dois. Sur et tant moins de la somme de mille écus on lui a donné cinq cents firancs. || Cette locution a vieilli ; elle signifie : et autant de moins. Il 16* Moins se combine avec quelques propositions pour former des locutions dans lesquelles il a grammaticalement un rôle de substantif. || Au moins, loc. conj. qui sert i marquer quelque restriction dans les choses dont on parle. Quand nous sommes malheureux, au moins avons-nous la mort, qui est comme un 'port assuré pour sortir de nos misères, BoiL. Traiti du sublime, cb. vu. [Il] Présente à mes regards un front séditieux, Et ne daignerait pas au moins baisser les yeux, hac. Esth. ii, t. Ne sait-on pas au moins quel pays est levôtreîiD. Athal. n, 7. Il On dit i peu près de même, tout au moins, pour le moins, à tout le moins. Qu'il offre à tout le moins quelque chose qu'on voie, rIIgmer, Sat. vi. X tout le moins usons de ce peu de liberté qui nous reste , BALz. Ilv. I, lelt. 3. X tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement, dfsc. Méd. 1, 40. Donne-moi jMjur le moins le temps de la connaître, CORR. Poly. y, s. Tout au moins vous vous moqueriez de moi, et vous savez combien j'estime votre estime, sev. <3oct. (673. Votre songe, tout faux qu'il er^t, esl pourtant le songe d'un homme qui rive : tout au moins il est sûr que vous rêvez, fém. t. XXIX, p. 248. Nous valons pour le moins ce qu'elle a su quitter, volt. Scj/th.i,3. ||Au moins, signifie quelquefois sur toutes choses, et sert à avertir celui à qui l'on parle de se souvenir particulièrement de ce qu'on lui dit. Au moins, prenez-y garde, c'est vetre affaire. Ne vous en allez pas au moins, j'ai besoin de vous. Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines, volt. Zaïre, ii, 3. || Au moins signifie encore en une quantité qu'on ne peut évaluer au-dessous de.... Il a au moins dix mille livres de rente.... Il 18' Du moins, loc. conj. qui sert à restreindre; c'est un synonyme de au moins. Il est étourdi ; du moins il a bon cœur. Rends-tof digne du moiris de ce que tu demandes, corn. Cinna, iv, •.Il sait aimer du moins, et même sans qu'on r»ime, «AC. Àndr. ii, 1. 1| Du moins a été employé pour signifier en une quantité qui n'est pas audessous de; c'est un archaïsme et un des sens

qu'a aujourd'hui au moins Je m'en doutais,

seigneur, que ma couronne Vous charmait bien dû moins autant que ma personne, corn. Nicom. i, s. Poppée avait pour vous du moins autant d'appas ; Et, quand oo TOUS I'ÔIa, tous n'en mourûtes pas, » 0(Ami,i, ». Je croit avoir démontré que l'action

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de l'Beautontimorumertos de Térence comprend du moins quinze heures, ménage, /Jwc. sur l'Heautont. de Térence, arert. Je vais gager qu'en perruques et rubans il y a du moins vingt pistoles, mol. l'Av. 1, 6. Nous trouvâmes qu'il fallait qu'ils fussent du moins trois cents piqueurs pour piquer menu, sÉv. t6 juiU. (67). Il y a peu de femmes si parfaites qu'elles empêchent un mari de se repentir, du moins une fois le jour,; d'avoir une femme, ou de trouver heureux celui qui n'en a point, la bruy. m. L'évèque était choisi en présence du peuple par les évêques de la province assemblés dans l'église vacante, du moins au nombre de deux ou trois, FLEURY, Mœurs des chrét. xxxii. Après cette guerre terminée en (897, l'Europe se voyait sur le point de retomber dans un trouble du moins aussi grand par la mort de Charles II, roi d'Espagne, ponten. Tallard. Je l'aurai [une terre] pour vingt-cinq mille écus, et je suis assuré qu'elle en vaut bien soixante mille. — Du moins. Monsieur, du moins, lesage, Crispin rival de son maître, se. <5. || 17° De moins, loe. adv. De manque. Il y a dans ce sac dix francs de moins. || On a supprimé jadis la préposition de. Il eût mieux valu danser une courante moins, et m'envoyer une lettre, VOIT. Lett. loa. || Corneille a renversé la place de la préposition de, et dit : J'ai moins d'un ennemi, au lien de : J'ai un ennemi de moins. Enfin, grâces aux dieux, j'ai moins d'un ennemi ; La mort de Scleucus m'a vengée à demi, CORN. Rodog. V, t. || De moins sert aussi à exprimer quelque diminution, quelque rabais. Marchandez, vous aurez cela pour quelque chose de moins. Il 18* En moins, i déduire. Vous compterez cela en moins. Il Manquant. J'ai reçu en moins trois francs. Il 19* Rien moins que, voy. rien. || 20° Rien de moins, voy. rien. L'Académie n'a pas cette locution; car, quand elle cite comme un exemple : il n'y a rien de moins vrai que cette nouvelle, elle se méprend ; ce n'est pas la locution rien de moins, c'est la locution rien de : il n'y a rien de moins vrai, rien de plus vrai. || 21° Terme d'administration militaire. Moins perçu, ce que l'on n'a pas reçu. Il y a tant de moins perçu. || 22° Moins enchérisseur, celui qui reste adjudicataire dans les adjudications qui se font au rabais (massé, 4 766).

— REM. 1. Moins sans que se met ordinairement avant le participe passé dans les temps composés : si je l'eusse moins aimé. Cependant ce n'est pas une faute dédire : si je l'eusse aimé moiis. || 2. S'il y a un que, moins se place ordinairement après le participe: Si jel'eusse airaémoinsque vous; maison peut dire aussi : Si je l'eusse moins aimé que vous.

— HIST. XI' s. E li plaiez [le blessé] jurra [jurera] sur saintz que par mes [moins] nel pot faire.... Lois de Guill. 4 1. Il xii* s. Vostre lignage en sera meiiis amés, Roncisv. 82 Quant mains se donont garde cil qui sont au crenel, Sax. ix. Tous li mains courrouciez s'cstoit bien aatis [décide], Qu'ains i lairroit la teste que il fust asservis, t6. ixvi. || xiii's. Li aisnés ot non Robieis et li mains nés Loeys, Chr. de Hains, i. Hais ore en savons mains que ne savions devant, Berte, cvii. Si comme s'il done le [la] cize por mains que ele ne vaut, beaiim. zxi, 32. Une d'elcs [des flèches] qui le mains blece, Ot non, ce m'est avis, simplece, la Rose, «43. || iv s. [Jean Lyon] avoit du moins deux ou trois cens blancs chaperons autour de lui, froiss. ii, ii, 63. Ce siège dura onze semaines trois jours moins, id. i, i, 4 43. Fut pris le sire de Cliçon et soupçonné de trahison; à tout le moins grand famé en courut, id: i, i, 2<2. Allons à tout le moins jusques sur le mont d'or, ID. Il, u, 195. Le hourt estoit tant richement paré de drap d'or et de soye qu'il resplendissoil à touz lez [de tous cdtés] par le soleil, qui ses raiz malineux gettoit ; et encores estoit ce du moins [c'était encore ce qu'il y avait de moins beau]; car la pucelle. .. Perceforest, t. y, f* 8i. Car jeunesse et adole.i'cence (C'e*t son parler, ne mains ne mais). Ne sont qu'abbus et ignorance, villon, Gr. Test. Et là ha continué à escripro le moings mal qu'il ba peu, selon ce qu'on luy ha rapporté, juv. des l'R.siNS, Charles VI, 4420. |ïxvi* s. Tous chevaliers certes ne plus ne mains. Vers les dames doivent tendre les m.iins, t. marot, v, 288. Qu'il ne veut pas moins fidèlement garder aux autres leurs droits, qu'il veut les siens lui estre gardez, calv. Inst. 9U6. Ceste parole ne s'adresse pas moins aujourd'hui aix chresliens, qu'elle s'adressoit aux percs du vieil testament, lo. tb. (o«». Voire assez moins que.,..H0NT. 1, 44. Les Pallantides avoient tousjours espéré de recouvrer le royaume d'Athènes, à tout le moins après la mort d'iKgeus, amyot, Thés. 4 5. Diocles a le premier mis ce compte es avant, au

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moins quant aux principaux points, id. Rom. >. C'est la beste de ce monde la moins mal faisante, ID. ib. 1 4. Il eust eu honte, si le plus pauvre homme de la ville de Thebes se fust passé à moins que luy pour sa personne, ID. Pdtup. 6. S'ilz eussent encore poursuivy le moins du monde, ilz eussent sans point de doute attainct le cheval qui l'emportoit, ID. Lucull. 34. Si veu ne l'avez, pour le moins avez TOUS ouy de luy parler, rabel. Pant. m, prol. Reste ung petit scrupule à rumpre; petit, dy je moins que rien, id. tb. lu, 3o.

— ÊTVM. Wall, mon; namur. moin; messin, moue; provenç. mens, tnetii, meins ; espag. et portug. menas; ital. meno; du lat. nitnus; comparez le grec jjiivOôeiv, le goth. viins, mim. Minus est le neutre de mi'nor (voy. moindre). On remarquera, dans l'ancien français, la forme mes, qui concorde avec le préfixe mes....

t MOINS-VALUE (moin-va-!ue), s. f. Diminution d une valeur, d'un fonds, d'un revenu.

— ETYM. Moins, et valoir.

t MOIRAGE (moi-ra-j'j, s. m. Action de moirer des étofles, du fer-blanc. Le moirage des étofles. Il Reflet ondulé que présente une étoffe moirée. Il Aspect du fer-blanc moiré.

— ÉTYH. Hoirer.

MOIUE (moi-r"), *. f. Il 1° Originairement, étoffe faite avec le poil d'une espèce de chèvre de l'Asie Mineure. Il y avait deux sortes d'étoffes nommées cilices, l'une très-fine et très-belle, tissue de poil d'antilope ou de chèvre sauvage appelée mo dans l'Asie Mineure, d'où nous vient la véritable moire, à laquelle nous avons substitué une étoffe de soie calandrée, volt. Philos. Bible expliq. Gen. \\ 2° Aujourd'hui, apprêt que reçoivent, à la calandre ou au cylindre, par l'écrasement de leur grain, certaines étoffes de soie , de laine, de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante. La pratique, en parfait accord avec la théorie, apprend que la moire apparaît d'une manière plus avantageuse sur les étoffes monochromes que sur les étoffes glacées, paTce qu'en effet, la beauté de la moire résidant dans la variété des dessins changeant avec la position du spectateur, les changements de couleur de l'étoffe glacée viennent, pour ainsi dire, contrarier la simplicité et la pureté des dessins de la moire, CBSvREin., Joum. des Sav. ihub, p. 648. |{ Etoffe quia reçu ce genre d'apprêt. D'une longue soutane il endosse la moire , boil. Lutr. iv. || Moire antique, moire dont le dessin est grand.

— ÉTYM. Wall, moile; norm. muère. L'allemand llfohr, moire, paraît venir du français ou du moins (le l'anglais mohair. L'anglais mohair signifie poil de chèvre angora. Scaliger fait venir mohair de l'arabe moiacar, sorte de camelot. Au contraire, les élymologisles anglais, que Voltaire a suivis, y voient hair, poil, et mo, nom asiatique d'une espèce de chèvre. À quoi faut-il rapporter mire dans ce vers du iiil* siècle : Quar en son tref royal de mire alexandrine? Est-ce de la moire ? alors l'étymologie anglaise tomberait. Est-ce du madré.' mira se trouvant en ce sens dans du Cange.

HOIRË, ÉE (moi-ré, rée), part, passé de moirer. Il 1° Étoffe moirée. ||2° S. m. Le moiré, propriété, dans une étoffe, dans un métal, de présenter un dessin dont l'apparence varie avec la position du spectateur. || Moiré métallique, fer-blanc auquel on a donné, par le moyen de quelque acide, une apparence cristalline et chatoyante.

MOIRER (moi-ré), v. a. Donner à une étoffe, à un métal la façon de la moire, c'est-à-dire la f.içon oii la nuance, le dessin changent d'aspect avec la position du spectateur. Moirer un ruban. Il n'y a de différence entre tabiser et moirer que celle qui est occasionnée par la grosseur du grajn de l'étoffe, c'est-à-dire que dans le tabis, le grain de l'étoffe n'étant pas considérable, les ondes se remarquent moins que dans le moiré, où le grain de l'ctorié est plus considérable, Dict. des arts et met. Calandreur.

— ETYM. Ifoi're.

t MOIREUR (moi-reur), i. m. Ouvrier qui moire les étoffes, les métaux. Un habile moireur.

MOIS (mol; l'j se lie : un moî-z entier), s. m. Il 1° Une des douze parties de l'année, dont chacune Contient trente ou trente et un jour», exci'plé la seconde [février] qui est de vingt-huit jours seulement dans les années ordinaires, et de vingi-neuf dans les années bissextiles. Etant grosse de huit mois, s&v. 263. Use les aaccomplis [quarante ans]; mais les années pour elle ont moins de douze mois, et ne la vieillissent point, la bruy. m. Nous avons conservé les noms de mois du calendrier romain ■

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septembre, octobre, novembre et décembre prouvent que l'on comptait mars pour le premier mois; juin et juillet, qui s'appelaient anciennement quintile et sextile, prouvent la même chose, dklambre, Abrégé d'astron. p. 64a, dans poooens. || Le premier, le second jour du mois, ou, absolument, le premier, le second du mois. On dit aussi le deux du mois, et, à partir de ce nombre, on ne se sert plus du nombre ordinal, on ne se sert que du nombre cardinal : le trois, le quatre, le douzedu mois. Autrefois cet usage n'existait pas ; et l'on disait le troisième, le quatrième, le quinzième, etc. du mois. || i" En général, espace de trente jours consécutifs, de quelque jour que l'on tommence à compter. Le mois finira le douze de septembre. |{ D'un mois, pendant trente jours (avec une négation) . Ma convalescence fut longue, et je ne fus d'un mois en état de sortir, J. J. rouss. Conf. v. Il Terme de palais. Les parties viendront au mois, il a été ordonné qu'elles viendraient plaider dans un mois. Il D'après la loi, dans les questions d'intérêts, les mois sont tous de trente jours. || 3° Le prix convenu pour un mois. Payer les mois d'une nourrice. Il doit un mois au maître de musique. || Il se dit aussi de la somme qu'on donne à un jeune homme pour ses menus plaisirs, à une femme pour sa toilette. || Terme de marine. Mois de table, traitement accordé durant un mois à un officier pour sa table ou nourriture. Il 4' Absolument, mois de grossesse d'une femme. Cette femme est dans son septième mois. La rareté des enfants de neuf mois m'a fait rire, sÉv. 256. Il 5° Au plur. Les mois, se dit vulgairement pour désigner l'évacuation menstruelle ou les menstrues. Il 6° Terme d'astronomie. Mois solaire, l'espace de temps que le soleil met à parcourir un des signes du zodiaque. Douze mois composent une année, qui est le temps que la terre emploie à faire une révolulion entière dans son orbite, pendant lequel temps le soleil nous paraît parcourir les douze signes du zodiaque, brisson. Traité de phyt. t. m, p. (65, dans pouGF.Ns. || Chez les Athéniens, mois caves, ceux de vingt-neuf jours; mois pleins, ceux de trente jours ; ce qui avait été fait pour s'accorder avec la lune, dont la période estde i» jours et demi, et pour éviter les fractions. || 7° Mois lunaire, l'espace de temps que la lune emploie dans son cours, depuis l'instant de sa oonjonction avec le soleil jusqu'à l'autre conjonction, et qui est d'environ vingtneuf jours, douze heures et quarante-quatre minutes. On dit aussi lunaison. || Mois lunaire anomalistique, espace de temps compris entre deux passages conséculifs de la lune à son apogée. || Moisdracoiilique, draconitique, ou mois de latitude, espace de temps compris entre deux passages consécutifs de la lune i son nœud. |1 8* Mois romains, les mois tels qu'ils étaient disposés dans le calendrier de Rome. !| Fig. Mois romains, l'imposition qu'on levait sur les États de l'empi re german ique dans les besoins extraordinaires. La diète de Ratisbonne promet cette fois quatre-vingts mois romains; jamais l'Empire n'avait encore donné un si puissant secours ; mais il ne fut guère fiumi qu'en paroles, VOLT. Ann. J?mp.7?odo/phe 11, (603. Il 9° Terme de droit canonique. Mois des gradués, les mois pendant lesquels certains b'iiéfices vacants sont affectés aux gradués (jar ,er, avril, juillet et octobre, ce sont les premiers mois de chaque trimestre). || Mois du pape, les mois durant lesquels le pape confîire les bénéfices en pays d'obédience. Il 10* Mois entrant, se disait, dans les dates des anciennes chartes, des seize premiers jours d'un mois de trente et un jours et des quinze premiers jours d'un mois de trente jours. Mois sortant se disait des quinze derniers jours du mois; et ces jours se comptaient en rétrogradant. Le troisième jour du mois sortant de septembre signifie la vingt-huit septembre. || 11* Mois sacré, se dit, chez les musulmans, des mois pendant lesquels la guerre est interdite. || Proverbes. Il n'est mois qui ne revienne. Il On a tous les ans douze mois, on vieillit malgré qu'on en ait, on vieillit sans s'en apercevoir. — HIST. XI* s. Jà [il| ne verrat passer cest prcmer meis, Ch. de ttol. vi. |1 xu* «. IJc cest jor en un mois, sans plus de delaier [de retard], Sax. vi. Ainzois [avant] un mois passé, Hnncii. H7. ||xv* s. Et [Geuffroj Téte-noire] lenoit bien en son chastel quatre cens compagnons à gages; et trop bien les payoit de mois en mois, fboiss. il, il, 3M. Herilaigu certain ne vray demaine [vrai domaine] N'ypuet [no peut dans le temps] nulz homs acquérir ne garder; Heure, moment, jours, mois, an no scpmaine, Qui soit vray sien, qu'on ne luy piiist ester, e. DESCH. Poétiet mtt. f' f05. Car il n'en oit aujourd'hui nul en vie Tel comme il fut, ne ns scia de.i mois [de longtemps], lu. ib. ^ 38. jlxvt* s. Les

DICT. DE LA LÀKOUE ritANCAISB.

nourrices perdent leurs mois lorsque le laict leur monte aux mammelles, paré, i, il.

— ÊTYM. Wallon, meâ; Hainaut, md; bourg, mô; prov. etesp. m«; ital. mese;d\i lat. mfnsiî; comparez le grec jt^iv ; l'anglo-sax. môna; le goth. ni^na; l'ancien haut-ail. mdnot; l'allem. Honal ; l'angl. month; le persan mdh ; le sanscrit mâsa, mois, de mds, la lune. En grec, [).i\t signifie aussi la lune. L'origine demaio,(jiTiv, mensiî, est dans m(î,mesurer, la lune étant considérée comme mesurant le temps.

moïse (moi-z'), s. f. Il 1* Terme de charpente. Pièces de bois plates assemblées deux à deux par des boulons et servant à maintenir la charpente. iMoisede décharge, longue moise posée obliquement et qui supporte un poinçon. |1 2" Moise de tête ou brise-glace, moise posée obliquement sur la tête des pieux d'une digue. || 3° Tirants en fer qui résistent principalement aux efforts peu obliques par rapport à la verticale. |{ 4* Long crochet de fer servant à enfourner et retirer les glaces du four. Il B* Bourrelets conservés au milieu d'un corps de pompe en cuivre, pour y placer le collier en fer qui doit le fixer en place. |1 6* Terme de métallurgie. Moise d'ordon, organe qui tient la principale pièce de l'ordon.

— HIST. XV* s. Phalanga, moisine, scheler, Gloss. rom. latin, p. 4o.

— ÉTYM. Origine incertaine. Scheler y voit le latin médius {moi, comme dans moyen). Le wallon a amoise, qui signifie amorce; si on savait la provenance de moise, on pourrait y voir le mol wallon moïse, morsure, la moise mordant les pièces de bois. la forme mot'itne du iv siècle n'explique rien.

MOISË, ÉE (moi,-zé, zée), part, passé de moiser. Charpente moisée.

MOISER (moi-zé), V. a. Terme de charpente. Lier par des moises. Moiser les fermes d'un comble.

— ÉTYM. Moise.

MOISI, lE (moi-zi, zie), part, passé de moisir. ||1* Des confitures moisies. || Foin moisi, foin qui se gâte par l'humidité, prend mauvaise odeur et mauvais goût, et est nuisible à la santé des bestiaux. Il Fig. Vos lettres sont admirables; et, si les vieux châteaux sont mauvais i quelques-uns, croyez-moi, c'estqueceux qui les habitent n'ont pas une madame de Guitaut comme vous ; avec une telle compagnie je vous défie tous deux d'être moisis, sÉv. à Guitaut, 1685, Il 2° S. m. Ce qui est moisi. Cela est à demi gâté, il faut ôter le moisi. Cela sent le moisi.

MOISIR (moi-zir), «. n. {| l* Se couvrir d'une petite végétatio'n cryptogamique, en parlant do certaines substances ; ce qui indique qu'elles s'altèrent (voy- MOISISSURE, n° 2). Le Moïse [titre d'un poème] commence à moisir par les bords, boil. Sat. IX. Le pain doit être fait au biscuit pour ne pas moisir, RAYNAL, Uist. phil. I, 4. Il Fig. Rester longtemps. M. Mathieu ne laisse point moisir l'argent entre les mains de ceux qui lui doivent, regnard, Sérénade, 22. 11 2* V. a. Rendre moisi. C'est l'humidité qui a moisi ce pâté. 1| 3° Se moisir, v. réfl. Devenir moisi. Tout se moisit dans les lieux humides.

— SYN. MOISIR, CHANCiR. Êtymologiquement, moisir, c'est devenir muqueux ; et chancir, c'est se couvrir de blanc. Aujourd'hui chancir est beaucoup moins usité que moisir, et il indique un degré d'altération moins avancé que moisir.

— HIST. xui* s. Fors que pain noir, dur et hasié, Tout muisi et tout très salé [lisez tresalé, c'est-àdire passé, qui a perdu ses qualiiés], ruted. il, (71. Il xiv* s. Mes cil ont leur lances tendues, X pointes luizanz et molsies [rouillées], o. ouiart, t. ii, p. 27:1, V. 7090 () 6070). Il XV' S. Adouc scray en l'caue de liesse Tost refreschi, et au souleil de Franco Bien nectié de moisy de tristesse, ch. d'orl. Bal. ta. Se on nous bailloit par inventaire Doux mil escuï en une armoire. Ils n'aurolent garde de ymoisii, viLLO», liaillevent et Kalepaie. Les miens [écus] ne moisissent guère, Pourvu que je Ireuve à boire; Je sai qu'après le trespas Plus ne servent les ducats, BASSKLIN, xxxii. Il XVI* S. Ils [Ics grains] commencent à se moisir et à sentir le rance, mont. 11, <8«.

— ETYM. Provenç. moiir ; du lat. mucere, qui vient de mucut (voy. mucosité) . Hoisir vient de mucére, comme plaisir, de placire, taitir, do («ccre,elc.; mauces verbes, à sens inchoatif, prenn'-iil dans la conjugaison deux si, comme s'ils menaient de thèmes en eicere : moisissant, moisissais, etc.

MOISISSURE (moi-ri-su-r') , *. f. || 1* Altération d'une chose moisie. C'est la moisissure qui a gité les conlilures. 1| Kig. Je vous recommande l'un à l'autre, monsieur le comte et madame la marquise; parlez souvcnlenscmblc,afindene point oublier votre lingue; c'est ce qui vous a si bien préservés jus

ques ici de la moisissure qui arrive quasi toujours en province, sÉv. Au comte de Bussy et à Mme de Coiiani/, 18 sept. ) 678.11 2'Terme de botanique. Nom générique de toutes les petites végétations cryplogamiques qui se développent sous l'influence de l'humidité de l'air et d'une certaine température, sur les végétaux morts et sur les matières qui s'altèrent; elles appartiennent au groupe des mucédinêes et surtout au genre mucor. Les moisissures sont une des parties des plus intéressantes de la botanique microscopique, que nous devons à l'heureuse invention des verres, bonnet, Contempl. nat. m, 7. On observe des moisissures sur presque tous les corps ; ces taches, ces moisissures sont devenues des jardins, des prairies, des forêts en miniature, dont les plantes infiniment petites laissent pourtant entrevoir leurs fleurs et leurs semences, id. t. viii, p. 377, dans pouGENS. Il 3* L'endroit moisi. Enlever la moisissure. |1 4* Moisissure de pierre ou de roche, nom qu'on donne, dans les Alpes, à l'amiante en petits filaments courts et droits qui tapisse les fissures et les cavités de certaines roches.

— ÉTYJI. Moisissant.

t MOISSE (moi-s') , s. m. Vache marine.

— ÉTYM. Est-ce une corruption de morse (voy. ce mot) T

MOISSINE (moi-si-n'), 1. f. Faisceau de sarmenta de vigne, garni de feuillesetdegrappes que quelques vignerons suspendent au plancher de leur habitation.

— HIST. XIV* s. Moissine, congregatio racemorum, DU CAKGE, moissina. || xvi* s. Je te garde un trochet de cent noisilles branches. Et des raisins muscats attachés à leurs branche3,Une moissine belle et un petit oiseau, r. belleau. Bergeries, t. i, p. <8.

— ÉTYM. La forme du mot indique un latin fictif mustina, dérivé de muslum, moQt, ou plutdt do mus(u(, frais, récent : la branche fraîche ; le changement de st en ss n'est pas rare.

MOISSON (moi-son),*, f. \\l' Action de récolter les grains et principalement les céréales. La moisson de nos champs lassera la faucille, Et les fruits passeront les promesses des fleurs, malh. h, i. 11 (le laboureur) tient par les moissons registre des années, bacan, la Retraite. 11 faut qu'avec notre famille Nous prenions dès demain chacun une faucille; C'est là notre plus court; et nous achèverons Notre moisson i|uand nous pourrons, la pont. Fabl. IV, 22. Et laisse en soupirant ses moissons imparfaites, volt, llenr. 11. Je chante les moissons ; je dirai sous quel signe II faut ouvrir la terre et marier la vigne, uelille, C^orgt. i. Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson, Et, comme le soleil, de saison en saison. Je veux achever mon année, a. ciién. la Jeune captive. Jouissez, je le veux, du fruit de vos conquêtes; Hais pour vous seuls faut-il que les moissons soient faites? m. j. CHéN. Gracq. 11, 3. || Fig. Une santé dès lors florissante, éternelle. Vous ferait recueillir d'une automne nouvelle Les nombreuses moissons, 1. B. nouss. Ode au comte du Luc. \\ 2° Le temps de la mousson. La moisson approche. Le semer et la moisson Ont leur temps et leur saison, leroui ns linct, Prov. t. i, p. 79. Il 3* Les céréales mêmes qu'on récolte. Pour corriger le blé , Dieu permit aux moutons De retrancher l'excès des prodigues moissons, la font. Fabl. IX, II. Dieu, cette année, ayant trompé l'espérance de nos moissons, a frappé la terre de stérilité, hoss. Panég. St Curgon, a. Provinces qu'ils [les ennemis] avaient déjà ravagées dans le désir et dans la pensée, vous avez encore recueilli vos moissons, FLÉcii. Turenne, L'un, voyant croître ses moissons, bénit la mémoire de celui à qui il doit l'espérance de sa récolte; l'autre.... id. 16. Campagnes qu'engraissa le sang de nos guerriers, J'aime mieux vos moissons que celle des lauriers : La vanité les cueille et le hasard les donne, volt. Poémet, Voy. Berlin. J'errais parmi les fleurs, les moissons, les ruisseaux, Ducis, Abufar, 11, 3. || Fig. Jeter la faux en la moisson d'autrul, entreprendre sur son métier, sur ses attributions, sur ses droits. On dit dans le même sens et mieux Ml ne faut pas mettre la faucille dans la moisson d'autrui. || 4* Fig. Annéo. Ilss'adorent l'un l'autre; et ce couple charmant S'unit longtemps, dilon, avant le sacrement ; Mais, depuis trois moissons, à leur saint as.semhlaKe L'officiâl a joint le nom de mariage, uoii.. I.ulr. i.|| B'FIg. Acquisition en bien ou en mal. Ce savant a fait une riche mois.son dans les archives du royaume, il y a recueilli des matériaux précieux. Ce gouverneur avait fait dans sa province une riche moisson, il s'y était enrichi par ses concussions. Cette quêteuse a fait une abuudaulu moisson, sa quête a produit beaucoup

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d'argent. Les moissons d'or et d'argent , qui lui venaient [à l'Espagnel du nouveau aioDiie,le rendaient [Fiiilippe IIj plus puissant que Cliarlos-Ouiut, qui n'en avait eu que 'es prémices, volt. Uceurs, 163. Il 6''Kig. Ddns le langage de l'Écriture, conversion dps Ames, lis reviendraient bientât triomphants et comblés de juie, portant avec eux l'abondante moisson qu'ils avaient cueillie, boukdal. Sur la récomp. des tainis, I" aveiil, p. 23. Combien de fois, jetant les yeux sur les vastes campagnes des Indiens et des sauvages, et croyant y voir une moisson jaunissante qui n'attendait que la main des ouvriers, pria-t-clle le père de famille d'y cnenvoyerl flëcu. Aiguillon. ||7°Kig. Dans le ilyle élevé et poétique, récolle de choses comparées aux moisson.^. Mars nous fait recueillir d'amples moissons de gloire; C'est à nos ennemis de craindre les combats, X nous de les chercher, certains queia victoire, Amante de Louis, suivra partout ses pas, la font. Fabl. vu, m. Si celle vie Mt le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse immortalité, ne devuns-nous pas désirur que ce champ soit ample et spacieux, afin que la moisson soil plus abondante? soss. Fol. de Monlerby. C'est là (dans des conversations] qu'après avoir écouté les autres, il reprenait quelquefois les sujets qu'on croyait avoir épuisés, et que, recueillant les épis qu'on avait laissés après la moisson, il en faisait une récolte plus abondante que la moisson même, flëch. Lamoignon. Songei, seigneur, songez à ces moissons de gloire Qu'à vos vaillantes mains présente la victoire, RAC. Iph. V, 2. Ces moissons de lauriers, ces honneurs, cas conquêtes, lo, tb. v, 3. Kappelezleur que l'aquilon terrible De nos lauriers a dciruit vingt moissons, bKranq. Donne vieille. \\ 8° Ancien terme de jurisprudence. Loi de moisson ou d'août, droit de publier le ban de la moisson, ou de vendre du vin en détail, i l'exclusion de toute autre personne pendant le mois d'août. {| Proverbes. Jette son bien de la bonne façon Qui lème et fait la moisson. || Celui qui fait la moisson en doit payer la façon. || En moisson tt en vendange, il n'y a ni fête ni dimanche.

— HIST. XII* I. Ji ne verres l'entrée de moison. Que ci verrez Geri et Berneçon; Sor vos venront as bons destriers gascons, Raoul de C. 243. {| xvi* s. Passant dessus la tombe où Lucrèce repose, Tu versas dessus elle une moisson d« fleurs, bons. soo. Il fault [pour payer tant de taies] que tu ayes le pouvoir de nous donner deuz estez et deux automues, deux moissons et deux vendanges, amyot, Ànlun. 28. En moissons dames chambrières sont, cotorave. Grande moisson l'oleissant recueille, ID.

— ETYM. Wallon, méhon ; namur. méchan ; Hainaut, michon, mùfon ; provenç. meisto, meisho;à\i lat. mestiontm, dérivé de metiit, récolte, qui vient de TMlere, couper, moissonner ; comparez le grec &-|<.âw, l'allem. màhen, le danois meye. Le Bsrry dit metiv», dérivé directement de mettre.

t MOI.>iS<).VNE (moi-so-n'), *. f. Variété de figue. MOISSONNÉ, ËE (moi-so-né, née), part. p(Uf^ de moissonner. || 1* Les blés moissonnés. Les champs moissonnés.ll Fig.De cette fleur si tendre et sitôt moissoimée, SAC. Aihal. iv, a. || 2" Eig. Coupé comme l'est la moisson. Votre vie, aillours et longue et fortunée, Devant Troie en sa lieur doit être moissonnée, bac. Iphig. i, 2. Le fils d'Idoménée est moissonné dos son premier ige, fén. Tél. v. Et le peuiile étonné de cette 8n terrible Plaignit un roi si jeune et si tât moissonné, volt. Uenr. m.

MOISSONNER (moi-so-né), v. a. ||l* Récolter ar moisson. Moissonner le* froments, les orges, es avoines. || Moissonner un champ, faire la moissondes grains qu'il a produits. || Fig. Dans la Bible, celui qui sème le vent moissonnera la tempête, c'està-dire celui qui veut exciter des troubles sera luimême victime de troubles plus grands encore. || Absolument Uoissonner, faire la récolte. On a moissonné. Il Fig. Comme tu sèmeras, tu moissonneras, c'est-àdire comme tu feras, tu seras récompensé. || 2* Fig. Oaoi le langage élevé et poétique, moissonner des ptlmM, de* lauriers, avoir de nombreux succès, remporter de grandes victoh-e». || »• Fig. et absolument. Recueillir, obtenir des choses comparées à une moisson. Dans le champ du public largement ils moissonnent, coan. Ct'nna, ii, i. Je sais combien le champ où vous moissonnez est riche, et je connais le mpissonneur, bonnkt, LeU. div. Œuv. L XII, p. iti, dans pougkns. L'indigence glane chez d'autres, liais elle moissonnait chez lui (un riche|, B«g*no. Éluilet qui jilent. || En un sens dé- Uvorable, recueillir du mai. Si vous semez dans la tKniftioit, troua moissonnereidau* la corruption,

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MASS. Àvent, Délai. \\i'¥ig. Détruire, faire périr. La parque.... a-t-elle moissonné l'espoir de sa famille? BOlL. i'ût. X. Le fer moissonna tout, bac. Phèdre, u, *. Il moissonne par le fer ce qui a échappé au feu, fén. Tél. xvi. Nous avons vu la faim et la mort moissonner nos citoyens, mass. Avent, Disp. à la comm. Que d'accidents iieuvenl moissonner l'espérance d'une plus longue vie! ID. Carêm^^ Temp*. || Absolument. Et si la mort toujours moissonne, (AmourJ Ne te lasse pas de semer, BÉRANO. Prière d'un épicurien.

— HlST. xiii* s. Après pentecoste en esté. Et après qu'on a moissonné, Unicorne et Serpent. Quant vanra [viendra] au paier, comment paiera l'arme [l'âme]. Quant li cors selon Dieu ne moissone ne same [sème]? ruteb. ttfi. Quand il deivciil messonner ou vendengier, dans ruteb. Il, 458. Il XV* s. Le duc de Berry n'a nully espargiié, ni povre, ni riche, et a tout messonné et cueilli devant lui, KBOiss. m, IV, ♦. Il XVI* s. Helas I tu es venu trop tard, et un autre a moissonné ton espérance, yver, p. 633. Aimon, moissonnon nos désirs, Passon l'amour de veine en veine, bons. i66. Avec le temps l'on moissonne, cotgrave.

— ËTVM. Moisson ; wallon, mèhener, glaner ; namur. mèchener; Hainaut, mes'ner, muchener ; bourguig. moissenai.

MOISSONNEUR, EUSE (moi-so-neur, neû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait la moisson. Louer des moissonneurs, des moissonneuses. || 2° Moissonneur, un des noms vulgaires du freux. || 3° S. f. Moissonneuse, machine à moissonner.

— uiST. XII* s. Celé herbe ne feraja bien à moissonneor; car ne puet [peut] atendre tans de meùrer [mûrir], Psautier, f" 161. {] xvi' s. llz enlevoient par forces toutes gens que l'on pouvoit trouver par les champs, viateurs passons, mulatiers, moissonneurs, amyot, Ant. 78.

— ÉTYM. Moissonner ; picard, méehoneux; wallon, mèheneû, glaneur; namur. mècheneû; Hainaut, mesneux.

MOITK (moi-f), adj. || 1* Un peu humide. Ce» bergers... Tout moites de leur sang comme moi de mes larmes, régnieb, Dial. La fraîcheur du matin n'avait plus rien de moite ni de piquant, balz. le Prince , avant-propos. On sent une clialeur moite et étouffante, desc. Uétéor. 7. || Le moite élément, la mer, dans le langage familier. Quelque autre curé plus savant.... Bravast les fougues de la bise, Se serait livré sans remise Aux périls du moite élément, gresset, le Carême. || Dans le langage de la médecine, peau moite, peau qui a delà moiteur. || 2° Fig. Mou, sans énergie. Ce même esprit me parait lâche, moite, j. i. rouss. £ni. u.

— HIST. xiu' s. Je di que li hom tiova pardon [devant Dieu, après le péché], porce que la foibli-té de pechier vint en lui de par le cors, qui est de boe et de terre moisle, brun. lat. Très. p. i ». Etfroit, et chaut, etsec, etmoiste, /a/fo(«, <7463. || xiv* s. Chascun, quant il en a besoinget indigence, a concupiscence de nourrissement sec ou moiste, c'est assavoir de mangier ou boire, obesme, Blk. 95. || xv* s. Angloissont plus mous et plus moistes que ne sont Portingalois, froiss. ii, m, 83. La dicte année foui fort moiste... et y eut de grans tempestes en divers lieux, JEAN de troyes, Chron. M86,Et jà estoit le lieu moite, pource que l'hiver approchoit, et que c'est pays bas, comh. vin, ft. || xvi* s. Lanuictavoit esté moitié à l'occasion des vents du midy qui avoient soufflé, amyot, Flamin. t2. Ne regardez pas à ces jeulx moites et à cette piteuse voix, mokt. m, 4 78.

— ËTVM. 'Wallon, mat'; angl. moist. Le wallon tnaC vient probablement du lat. m aclidus, mais moisle n'en vient pas; madidus aurait donné vtade, comme rapt'dut a donné rade. Die/, indique avec doute le lat. musteus, juteux, de mustum, moût; la forme convient; et quant au sens, on passe sans grand'pcine de juteux i motte. M. Baudry propose mucidus, moisi, proprement moi-veux; la formi' convient aussi, mucidus donnant mot'sre, comme rigidus avait donné roil, bien que \'t de moiste fasse quelque difficulté; si le sens par mustum n'est pas direct, il l'est davantage par morveux, couvert de mucosités.

t MOITEMENT (moi-tc-man),oilt!. D'une manière moite.

— HIST. XV* s. Anglois en leur pays sont nourris moult doucement et mollement, froiss. ii, m, 82.

MOITliUR (moi-teur), t. f. Qualité de ce qui est moite. Cette chambre est humide, il y a de la moiteur aux draps du lit. || Terme de médecine. Sueur peu abondante ou simple humidité de la peau. Il y a de U moiteur.

— UlST. uu* I. Lan estancbe la moistour de la

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nue, qui maintenant devient blancbe et legiere, brun. lat. Tréf. p. tts. ||xv* s. U dit ainsi, car il cuidoit assez connoistre la complcxion du roi : a Celle maladie est venue au roi de coulpe; il tient trop de la muisteur de la mère. » froiss. m, iv, so. Lorsque la chaleur et la moisteur est grant au jouvencel, environ l'aagedeson adolescence, christ. DE pisAN, I, ». Il xvrs. Le bûiset la pierre ordinairement reçoivent une certaine moitteur dont il s'engendre de l'humeur, amyot. Cor. 58.

— ÉTYM. tloite.

MOITIÉ (moi-tié) , s. f.\\l' Une des deux parties égales dans lesquelles un tout est divisé. Les deux moitiés d'un cercle. La moitié de (2 est 6. Dans les assemblées, la moitié des voix plus une fait la majorité absolue. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans tous les meubles. Avant que de ses deux moitiés Le vers que je commence ait atteint la dernière, a. chén. [ambes. || Couper, part.iger une chose parla moitié, la couper, la partager en deux parties égales. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. || Partager un différend, le dilléiend par la moitié, se relâcher des deux côtés, dans un marché, dans une contestation, sur ce qui empêche de conclure, de s'entendre. Je lui demandais mon congé et mes gages, il a partagé le dill'érend par moitié ; il m'adonne mon congé etme retient mes gages, reomard, Atttndex-moi tous i'orm«, 3. Il Partager quelque chose par la moitié, prendre chacun la moilio d'une chose qui était à partager. Il 2* Par extension, une part qui est à peu près la moitié. La moitié d'un pain, d'un poulet. Il n'a iait que la moitié de son ouvrage. Venez vous asseoir auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place. Il fuit et le reproche et les yeux du sénat, Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale, cob N. Poir.pce, I, 4. Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous la donnerais, saci. Bible, Esther, V, 6. Des enfants de Japet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre, la font. Fabl u, 6. Quand il n'y aurait que votre barbe, c'est déjà beaucoup, et la barbe fait plus de la moitié d'un médecin, MOL. Val. imag. m, 4 4. Les femmes, qui fout la moitié du monde, pasc. Prov. ii. Vous ne connaissez pas la moitié de ma tendresse pour vous, main- TKNON, Lett. à M. d'Aubigné,ii juillet 4«78. Le pain bis renfermé d'une moitié décrut, boii.. Sat. x. U n'en fallait pas la moitié tant pour.... bamilt. Cramm. 6. L'intérêt de l'Élat fut leur suprême loi [dos sultans] ; Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée, RAC. Baj. II, 3. Heureux si j'avais pu ravir à la mémoire Cette indigne moitié d'une si belle histoire, ID. Phèdre, i, (. La moitié de la terre à son sceptre est soumise, m. Esth. l, 4. La moitié du genre humain périt avant l'âge de huit ans un mois, c'esUà-dire avant que le corps soit développé, et avant que l'âme ne se manifeste par la raison, bukf. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 244. Le plus grand usage, ou le plus grand abus que l'homme ait fait de sa force, c'est d'avoir asservi et traité souvent d'une manière tyiannique celte moitié du genre humain, faite pour partager avec lui les plaisirs et les peines de la vie, id. Œuv. t. iv, p. 332. La moitié de Paris riait, et l'autre moitié murmurait; les convulsionnaires protestaient que ces démêlcsfiniraienttragiquement, volt. /iis(. pari. lxvi. Oui, la moitié du monde a toujours mangé l'autre, ID. ilarseillaitetLion. || La moitié du temps, pendant une bonne partie de son temps. La moitié du temps il est sans argent. Il Offrir) la moitié de son lit à quelqu'un, offrir place dans son lit i quelqu'un. Il La moitié suffit, se dit pour mettre fin à des exhortations, représentations, reproches que l'on trouve inutiles ou déplacé». || On dit, pour donner à entendre qu'un récit , un éloge, une plainte sont exagérés :11 en faut rabattre la moitié. || On dit de même : n'en croire que la moitié. La princesse n'ajouta pas foi à tout ce qu'on lui dit : elle pensa qu'elle ne devait en croire que la moitié, GKNUS, Urne de Maintenon, t. ii, p. «, dans pougens. Il a* Moitié de la vie, moitié de moi-même, termes d'affection. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondezvous en eau : La moitié de ma vie a mis l'aulreau tombeau, corn. Ct'd, m, ». En favenr de Cinna je fais ce que je puis. Et tâche à garantir de ce malheur extrême La plu* belle moitié qui reste de luimême, ID. Cinna, IV; ». Laisser à ces tyrans la moitié de soi-même, volt ' Ah. il, <. ô moiUé de ma vie t cher époux, ID. OrpAel. iv, 5. ||4* Femme, à l'égard do son mari, dans le style élevé et poétique. Uendstoi digne du nom de ma chaste moitié, corn. i/or.iv.

MOI

7. ô d'un illustre époux noble et dipne moitié, corn. Pomp. m, s. ô vous, à ma douleur objet terrible et tendre, Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié, m. Mort de Pompée, v, (. Votre digne moitié, couchée entre des fleurs, Tout près '''ici m'est apparue, LA FOST. Fabl. vui, H. Laissez à Ménélas racheter d'un tel prix La coupable moitié dont il est trop épris, RAC. Iphig. iv, 4. L'usage apermisqu'en quelques occasions on puisse appeler sa femme sa moitié: «Mines du grand Pompée, écoutez sa moitié. » Ce mot fait là un efTet admirable, volt. Comm. Héraclius, v, t. Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas, Emportent leurs enfants, gémissants dans leurs bras, id. Henr. vin. Il Hors de là, il no se dit, aujourd'hui du moins, que dans le langage familier. Avez-vous pris la peine d'en parlera madame votre chère moitié ? halterociie, Crisp. médec. i, ï Or c'étaient les moitiés De nos galants, LA FONT. Rém. Et ce n'est pas peu d'heur que d'être sa moitié (de Tartufe] , mol. Tart. ii, 3. Je vous conjure de faire mes compliments à votre ch'-re moitié, SÉV. à Pompone, 24 nov. (664. Mandez mol de vos nouvelles, si vous avez votre aimable moitié.... m. à Guitaut, 20avr. («83. Et je suis convaincu que nombre de maris Voudraient de leurs moitiés se voir loin à ce prix, begnard, Démocr. I, <. 116" La plus belle moitié du genre humain, les fffmmes en général. Il est capable de nous rendre ridicules à la plus belle moitié du monde, balz. hv. IV, let. (9. Il 6° Moitié, pris adverbialement pour signifier à demi. Moitié sérieusement, moitié en plaisantant. Moitié par adresse, moitié par force, il se rendit le plus puissant, Boss. llist. m, 5. Moitié vaincue par les raisons, et moitié attendrie de reconnaissance pour toute la peine que je lui voyais prendre, afin de me persuader, Marivaux, Marianne, 8* part. Chaque corps serait composé de moitié Chinois et moitié Tarlares, montesq. Esp. X, »5. Je suis un pauvre vieillard, moitié poète, moitié philosophe, et qui n'est pas i moitié persécuté, quoiqu'il ne dût être qu'un objet de pitié, étant surchargé de quatre-vingt-quatre ans et de quatre-vin«t-(|uatre maladies, volt. Le(J. àMmeDubocage, i nov. 4777. Les Français seront toujours moitié tigres et moitié singes; ils se réjouiront également à la Grève et aux danseurs de corde du boulevard, id. Lett. Panckoueke, 30 avril 4777. Cette dynastie fondant par les mains d'un vieux et sage roi la monarchie représentative au milieu d'une cour moitié d'ancien régime, moitié de noblesse nouvelle, villemai.n, Souvenirs contemporains, les CentJourt, ch. i. \\ Moitié guerre , moitié marchandise, voy. marchandise. || Moitié figue, moitié raisin, voy. fioue. || Moitié chair, moitié pois- »on, voy. POISSON. || 7°X moitié, avec le nom suivant sans article et sans préposition, en partageant par moitié ce dont il s'agit. Louer une terre à moitié fruits. Il X moitié chemin, à la moitié du chemin. Elle était tombée malade dans une petite ville à moitié chemin d'Edimbourg, stael, Corinne, xvii, 8. || X moitié prix, pour la moitié du prix ordinaire. || Dans le langage rural, à moitié, pris atsoluracnt, signifie : en partageant par moitié les produits entre le tenancier et le propriétaire. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait cette vigne à moitié. Il X moitié de, dans le même sens. Une fille est une marchandise qu'on ne saurait garantir, et l'on n'en a pas plutôt fait l'emplette qu'on voudroit en être défait à moitié de perte, reonard, la Sérén. se. 4.||X moitié de perte et de gain, ut aussi à moitié perte et gain, en partageant également soit la perte soit le gain. Prendre un marché à moitié de perte et de gain. || X moitié, en partie, à demi. De l'argent plus d'à moitié dépensé. Un fruit à moitié pourri. [L'enfant] Prit la fronde, et du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse, la font. Fabl. ix, i. Seigneur, le traître est expiré. Par le peuple en fureur i moitié déchiré, rac. Eslh. lu, », Le crime de tes mains n'est commis qu'à moitié, volt. Fanât, iv, 1. 1| On dit plus rarement : plus qu'à moitié. De l'argent plus qu'à moitié dépensé. || 8* Ctre de moitié, se mettre de moitié, être, m mettre en société avec ,,,"■1 Mi'i.r, ,!(> manière que la porte et le gain so i moitié. Ils sont do moitié dans cette ii^-nous de moitié pour celte partie décarié. || Kig. Être de moitié, prendre part; mettre de moitié, faire partager. Si tu veux, avec toi Je terai de moitié, corn, le Menl. iv, 6. Ha flile eut d» moitié de tout ce que je vous dis ici, *tv. d Uonlceou, 4 fév. (696. Je trouve ca livre admirable [les Bitais de moral* de Nicole); personne n'a écrit tur

MOL

ce ton que ces messieurs ; car je mets Pascal de moitié à tout ce qui est de beau, id. a sept, I67i. Vous ne sauriez trop en parler [l'espérance d'un régiment pour lejeune Grignan], ni trop me conter toutes vos pensées, ni tous vos raisonnements pour et contre, ni le dialogue do la crainte et de l'espérance; je suis de moitié de tout cela, m. 698. Mon amour-propre était de moitié avec le sien, dans tous les affronts que je supposais qu'elle essuyait, mabiv. Marianne, )(• part. Pour ton bonheur qu'ils fl'hymen et l'amour] régnent de moitié, bérang. Coin de Vam. || Être de moitié, consentir. Villeroy manda au roi qu'il obéiraitavec soumission et sans se plaindre, mais qu'il n'attendit pas de lui qu'il en fût jamais de moitié, st-sim. i 59, 9) . || 9° De moitié, ou de la moitié, loc. adv. signifiant de beaucoup. Le moindre bruit que l'on peut faire Est le plus sûr de la moitié, LA FONT. Joe. Sa taille [de Mme de Montcspanj qui n'est pas de la moitié si grosse qu'elle était, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres en soient moins bien, sév, 29 juill, 4678. Je suis plus riche de la moitié que je ne voudrais, fén. Pitlacus. Les Caraïbes sont de la moitié plus heureux que nous, J. J. Ronss. Ém. 1. 1| En rabattre de moitié ou de la moitié, se dit pour exprimer qu'on diminue beaucoup t'estime qu'on avait pour une personne.

— REM. Si les mots moitié, tiers, quart, etc. expriment précisément la moitié, le tiers, le quart, ils sont collectifs généraux, et le verbe s'accorde arec le collectif : La moitié des députés a voté pour, et l'autre moitié contre le projet de loi. La moitié des recrues est dirigée sur Paris, et l'autre sur Lyon. Mais, s'il ne s'agit pas d'une quantité précise, le collectif n'a en réalité d'autre valeur que celle de beaucoup, de quantité; alors 11 devient collectif partitif, et c'est le nom qui suit le collectif qui est le sujet du verbe : La moitié, le tiers, le quart des fruits de ce fruitier sont gâtés. De la même façon on dira : Une douzaine d'exemplaires de cette grammaire vous coûtera quinze francs, et : Une douzaine de livres étaient épars sur son bureau. Mais cette remarque n'est point une règle absolue; et Corneille ne l'a pas suivie dans ces vers : Maxime et la moitié s'assurent de la porte. L'autre moitié me suit, et doit l'environner [Auguste], Cinna, n, S.

— HIST. Il* s. De la citet l'une meitiet est sue [sienne], Ch. de Roi. cxv. {| xii* s. Li reis Annon fist prendre les messages le rei David, e rere [raser] la meité des larbes, et colper lur vestures très par les nages [fesses], Rnis, p. 162. ||xiir8. Ele voloit partir [partager] en le [la] meson, moitié à moitié, eUvenir de se [sa] partie à l'ommage de son segneur, BEAHM. iiv, ». Miex [elle] t'en prisera la moitié, la Rose, 2680. || xiv s. Nennil, ce dit Bertran ; par Dieu le fruit de vie. J'ai d'une femme assez, et trop de la moitié, Guescl. v. 17898. ||xv* s. Tout soit du conquest moitié à moitié, froiss. ii, II, 37. Attendant le soleil levant. Moitié dormant, moitié veillant, Environ l'aube ou peu avant, al. ciiAMT. Ercusation de maitre Alain. De par celli [celle] qui est la moitié de ma vie. Me vint un bon salut, qui m'ame a resbaudie, Ms. d'Avranches {t6H2, 294 3, (70). Il xvi' s. N'estoyt médecin qui en sceust à la moitié tant comme il faisoyt, rab. Garg. i, 23. La ville estant augmentée de la moitié, on ajouita cent nouveaux patriciens sabins aux cent premiers romains, amyot, Jlom. so. X la fin ilz prirent le hazard de passer à travers le pals des Brutiens, et, moitié de gré, moitié par force, feircnt tant qii'ilz gaignerent la ville de Rege, lu. rimoj. 27. Nous estions à moitié de tout, mont, i, 2(8. Ancien proverbe, que II moitié passe le tout, paeqoier, Lett.

— ÊTYM. liourguig. mitié; provenç. meital, mi- (ol;espagn. mitad; portug. tnetade; ital. metd ; du latin mrdielalem, de medi'u» (voy. mi).

f MOITIR (moi-tir), v. O. Moitir le papier, l'imbiber d'eau également.

— ÈTVM. Moite.

MOKA (mo-ka), i. m. \\ !• Le café qui vient de Moka, ville il'Arabio. De bon moka. De vrai moka. Il mûrit à Moka, dans le sable arabiqu<>, Ce café nécessaire au pays des frimaa, volt. ÉptI. 76. || 2* Infusion faite avec la graine de ce café. Une tasse de mok.i.

MOI., MOLLE (mol, mo-l'), voy. «ou.

M(JI^1RB (mo-lé-r'), adj. f. Dents molaires, ou, sulisLinllvement, les molaires, dents qui servent à broyer les aliments et qu'on nonimi- aussi uiftclielières. Il Se dit des dents des mandibules de certains insectes herbivores, qui sont terminées parunesurfaoe plana et inégale.

MOL

^- lllST. XVI' 3. Les grosses maxillaires ou molaires, qui sont dures, larges et aspres, pilent, brisent et menuisent ce qui a esté taillé par les inci< sives et œillères, paré, iv, 2.

— ÊTYM. Lat. molaris, de mola, meule de moulin (VOV. MEIILF. 4).

tMOLAKIFORME (mo-la-ri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une dent molaire. Il Champignon molariforme, champignon ainsi dit parce que la surface en est garnie de dents qui ressemblent à des molaires, avec leurs tubercuhs.

— KTYM. Molaire, et forme.

+ MOLAItlTE (mo-la-ri-l'), s. f. Terme de minéralogie. Silex dont on fjit les meules de moulins.

— Rtv.m. Lat. mnlaris (voy. molaire).

t MOLASSE (mo-la-s'l, s. f. Terme de minéralogie. Sorte de sous-sol formé de pierre calcaire mêlée de sable et d'argile, complètement infertile et impénétrable aux racines des plantes. || Molasse asphaJtique ou bitumineuse, grès imprégné de bitume. Il Dans le canton de Vaud, on appelle molasse un grès très-fin, blanc ou gris blanc, relié par un ciment marneux et souvent ferrugineux et qui so décompose facilement à l'air. La base de la colline est un grès tendre qtji porte dans le pays le nom de molasse, Saussure, Voy. Alpes, t. i, p. 64, dans

POUOENS.

— f.TYM. Est-ce l'adjectif mollasse détourné de son sensT

t MOLASSIQUB (mo-l»-ssi-k'/, adj. Terme de géologie. Oui a le caractère de la molasse. Système molassique. Dépôt molassiqae.

(. MÔLE (mô-l'), 5. ^. ||1» Terme de médecine. Embryon informe consistant en un simple sac cutané, sans organes distincts, renfermant quelquefois des portions d'os, des dents, etc. Ces môles sont quelquefois appelées vraies môles ou môles légitimes. || 2° Fausses môles, nom donné à des concrétions sanguines retenues dans la matrice, à des corps charnus ou fibreux, à des polypes.

— HIST. xvf s. Extraire un enfant mort, ou l'arriére fais, ou une mole, ou autre mauvais germe hors le ventre de la mère, paré, Inirod. 2. Mole vivante [adhérente], mole avortante [libre et caduque], id. XVIll, 44.

— ETYM. Lat. moia; grec, |j.û)ii; dit ainsi par assimilation de forme à une meule de moulin. L'assimilation, bien que singulière, est certaine puisque la môle se dit en latin mola.

2. HOLE (mô-lT, s. m. || l' Massif de maçonnerie placé au-devant d'un port pour le mettre à couvert de l'impétuosité de» vagues et en empêcher rentri''e aux vaisseaux étrangers. Le môle de Naples. Cette ville a deux grands môles semblables à deux bras qui s'avancent dans la mer. Ce môle servira à poser un phare, et fera que les marées n'entreront avec tant de violence dans le havre, et de plus que, lorsque le vent donnera d'un côté, on pourra sorlir par l'ouverture opposée, folrnier. Hydrographie, II, 6 (1643), dansuL. ||2* Anciennement, par métonymie, le port lui-même. M. de Cotolendy, consul des" Français (à Livoume], me vint voir; duquel m'étant informé de l'état de toutes choses, me dit qu'il y avait ([uinie ou seize vaisseaux hollandais mouillés dans le môle pêle-mêle avec autant de français et d'anglais, Lett. de Martel au roi, 4672, dans JAL. Il 8* Nom donné, dans la ville de Rome, au tombeau de l'empereur Adrien; il est connu sou» le nom de château ou fort Saint-Ange, à cause d'un ange qui le surmonte. || On dit quelquefois au féminin : la môle d'Adrien.

— HIST. XII' ». Plu» e.st ferms que la pierre qui siet sur vive mole; Vicaires est saint Piere..., th. le mart. 88. || xvi' ». Les citadins de Thalasse estoyent sur le mole aecouruz pour Tcoir l'embarquement, HABïL. Pant. IV, 4. Estans sus le moule et de loing voyans les mariniers et voyagier» dodan» leur» naufi en haulle mer, id. il», ui, 24.

— f.TYM. Lat. moles, niasse, ta».

t 3. mOLE (mô 1'), I. f. Kil de laiton qui sert à faire les tête» d'épingle».

t 4. mOle (mÔ-T), ». m. Synonyme de molet 4.

t MOLKAU (mo-16), s. m. Huile qu'on exprime d'une iieau après qu'elle a été chamoiséo.

MOLfiCULAlKK (mo-lé-ku-lé-r'), adj. Oui a rapport aux molécules. || Actions moléculaires, celles (|ui se passent dans l'intimité de la substance de» corps, comme les actions chimiques. Nous entendrons par action moléculaire l'oxcèsdo la répulsion sur l'attraction entre deux molécule», poisson, Inst. Mém. scienc. t. ix, p. ». || Force» moléculaires, celles qui t'exercent entre les molécule» hgmogèues (cohé»ion) ou hétérogène» (affinité). || Attraction

MOL

molé«uUire, force qu'on suppose Inhérente aux molécules de !a maùère, et qui les tient adhérentes les unes avec les autres. || Théorie moléculaire, théorie des atomes.

— ÊTYM. Molécule. ,, , ,.

+ MOLÊCCLAIREMENT (mo-lé-ku-lê-re-man),

adv Molécule i molécule; par molécules.

HOLÉCDLE (mo-lé-kuV), i. {. \\ 1° Petite partie l'un corps. Les phénomènes célestes comparés aux lois du mouvement nous conduisent à ce grand principe de la nature, savoir que toutes les molécules de la matière s'attirent mutuellement en raison des masses, et réciproquement au carré des distants, tAPLACE, £ipoj. iv, <. Il 2° Terme de chimie. La plus petite partie d'un corps composé qui puisse exifter à l'état libre, entrer dans une réaction ou en sortir, par opposition à atome qui est la plus petite partie d'un élément qui puisse exister dans un corps composé. || Molécules intégrantes, celles qui forment par leur rapprochement la masse d'un corps, soit simple, soit composé. Il Molécules constituantes, les molécules des corps composés. Il 9° Molécules organiques, petites parties imaginées par Buflon, et auxquelles il attribuait l'office de la reproduction des corps organis'js. Ces molécules organiques qui ne se multiplient pas, mais qui , subsistant toujours en nombre égal, rendent la nature toujours également vivante, la terre également peuplée, buff. Quadrup. t. i, p. 172. Un autre physicien, M. l'abbé Spallanzanc, a démontré la fausseté du système des molécules organiques, et mis dans le plus grand jour l'origine des méprises singulières- de l'inventeur, bonnet, Contempl. nat. Œuvr. t. viii, p. ïoi, dans pou- OBNS. Si Buffon et Needham avaient eu les expériences et les observations sur les animalcules des infusions, ils n'auraient pas fabriqué leurs molécules organiques et leurs forces végétantes , sennebier, £■«01 sur fart d'observ. t. u, p. 26, dans pougens.

— ÊTYM. Lat. fictif, moteeuiô, diminutif de moles, masie.

HOLËNB (mo-lê-n'), ». f. Terme de botanique. Genre de là famille de» scrofulariées , autrefois rangé parmi les solanées; maintenant on en fait une famille intermédiaire, celle des verbascées. I^ type en est la molène ou bouillon blanc, verbascum thaptus. Il Molène blattaire, voy. uite.

— ETYM. Angl. muUen. M. Boullin le tire de mollis, mou, par l'intermédiaire d'une forme fictive mollieina, la molène ayant des feuilles souples revêtues d'un duvet épais et moelleux ; il remarque que l'anglais mullen ne prouve autre chose que l'ancienneté du nom en français et son emploi en Normandie. Au lieu de moUicina, on pourrait penser tu bas-latin molocina, sorte d'étoffe à trame blanche, lequel vient de mohchinus, moloehe, mauve (voy. MAUVE <).

t MOLEQCIN (mo-le-kin), adj. m. Terme de teinture. Vert molequin, vert de mauve. Vert de laurier, vert molequin, vert brun, Inslr. génér. pour la teinture, 18 mars t67(, art. 55.

— ÊTYM. Bas-lat. melocineus, du lat. molochinm, de mofoche; grec, no).6xri, mauve (voy. mauve <). Le molequin était aussi une étoffe : Cendaus, mola^uins arabis, la Rose, 21208.

+ HOLESTATION (mo-lè-sU-sion; en vers, de cinq syllabes), ». f. Action de molester.

— HIST. XIV* s. Et [ellesl li crient merci des mo- Icstations Et des grans batcmens et des dérisions, Cirart de Ross. v. 24S9. || xv* s. Par voie de fait ou de molestation , hohstrelet, 1, 50.

— ÉTYM. Molester; provenç. molestation.

MOLESTÉ, ÉE {mo-lè-sté,stée),por».poiï^ de molester. Quoi I le nombre innombrable des citoyens molestés, excommuniés, réduits à la mendicité, égorgés, jeté» i la voirie.... voit. Philos. Exam. Bol. Conclus.

MOLESTER (mo-l&-»té), V. o. Tourmenter, inquiéter par des contrariétés suscitées mal à propos. Je demande comment on a souffert qu'un homme tel que Juricu molestât un homme tel que Bayle 1 V01.T. Dict. phit. David. Un édit pour légitimer vos mariage» [de» protestants] a été mis trois fois sur le Upis devant le roi i Versailles ; il est vrai qu'il n'a point passé ; mais on a écrit k tous le» gouverneurs de province, procureur» généraux, intendant», de ne tous point molester, m. Lett. Olirier des Monts, a déc. <7e7. Le gr»nd point est de ne jamais molester ni le corps ni l'ime de ion prochain, iD. Lett. M"', « mai «77t.

— HI8T. xin» ». Anchois [aupararanl] li flst donner boine aureti que Jamais II n'en leroit molestié, Chr. de Raim. p. m. u xiv t. Pour fulrel escheter

MOL

[éviter] que il ne molestent ou contrlstent ceux arecque» qui il conversent, oresme, Eth. < 35.|| xvi* s. De repoulser ceuli qui nous molestent impudemment et effrontéement, en ne nous laissant point vaincre à la honte, amtot, De la mauvaise honte, <6. Vray est que ils molestent tout leur voisinage à force de trinqueballer leurs cloches, rabel. Garg. i, 40. L'expulsion des humeurs qui molestent la nature, PARÉ, Au lecteur.

— ETYM. Provenç. et espagn. molestar; ital. malestare; du lat. molestare.

I t. MOLET (mo-lè), J. m. Petit morceau de bois portant une rainure, dans laquelle le menuisier fait entrer les languettes d'un panneau pour en vérifier l'épaisseur.

— ETYM. Le même au masculin que molette 2, au féminin.

t 2. MOLET (mo-lè), s. m. \\ 1* Nom d'une petite pincette qui sert à l'orfèvre i tenir sa besogne. Il 2' Petite frange qui sert à garnir les meubles.

— ETYM. Ital. molla, ressort, molle, pincettes ; portug. mola; espagn. muelle, ressort, tenaille. Diez, remarquant que l'espagnol a molla, mie de pain et mollet, gras de la jambe, rattache tous ces mots au latin mollis, mou, flexible ; d'où le sens de ressort, de pincette, etc.

t MOLETÉ (mo-le-té), ». m. Ornement imprimé dans les pâtes céramiques au moyen d'espèces de cachets en métal ou de roulettes de même matière qu'on nomme molettes.

— ETYM. Molette 2.

f MOLETOIR (mo-le-toir), *. m. Instrument qui

sert à polir les glaces.

— ETYM. Molette 2.

t MOLETS (mo-lè), ». m. Nom qu'on donne, en

certaines parties de la France, à des gouffres de terre dans lesquels un homme et un cheval seraient engloutis s'ils n'étaient secourus promptement.

— ETYM. On devrait l'écrire »no!i«(»; car c'est l'adjectif mollet: terrain mollet, mou.

■f MOLETTAGE (mo-lè-ta-j'), ». m. Action d'appliquer des ornements, avec une molette, sur une poterie encore molle.

— ETYM. Molette 2.

t. JtOLETTE (mo-lè-f), ». f. Terme de vétérinaire. Maladie particulière aux chevaux, consistant en une sorte d'hydropisie des capsules synoviales qui environnent les tendons fléchisseurs du pied (synovite tendineuse chronique) ; on l'appelle alors molette simple, et, par abus, molette nerveuse; lorsqu'elle a son siège sur leurs parties latérales, on la nomme molette soufflée.

— ETYM. Bien que cette tumeur soit molle, il ne paraît pas que ce soit là qu'il faille chercher l'étymologie ; molette est dit ainsi par rapport à la forme (voy. molette 2).

2. MOLETTE (mo-lè-f), ». f.\\ i' Cône de marbre qui sert aux peintres à broyer los couleurs. || Terme de pharmacie. Espèce de pilon en pierre du.-e ou en verre, i surface large et plane, employé à broyer les corps sur le porphyre. || 2' Morceau de grès, ou morceaux de faïence réunis, ou même plomb en forme de cône servant i polir le marbre. j| 3° Instrument garni de feutre qui sert à dégrossir et doucir les glaces. || 4° Petite pièce de bois sur laquelle les lunetiers travaillent le verre des lunettes. ||B' Il se dit de poulies verticales sur lesquelles passent des cordes destinées à soulever un fardeau . Il Terme de cordier. Poulie de bois, avec un fer recourbé, qui sert à retordre. || 6° Petite roue servant à graver les cylindres qu'on emploie dans la fabrication des toiles imprimées. || 7° Terme do marine. Petit cylindre armé d'un crochet où l'on accroche le bout du fil de caret que l'on commence & fabriquer, jj Petite fiche en bois avec laquelle on fixe le bout des planches d'un gabari. || 8* Outil qui sert à fixer des ornements sur une poterie encore molle. Il 9' Molettes ou fraise, disque d'acier tournant, servant i transmettre sa forme sur des corps durs qu'il attaque en les râpant || 10° Scie à molette.s, scie circulaire mue par un mouvement de rotation. Il 11° Terme d'horticulture. Se dit d'un melon ou d'un concombre mal fait. Ce n'est qu'une molette.

— lllST. xvi* g. Ouand je voulois broyer mes couleurs en hyver, je faisois chauffer la molette, et après l'avoir posée sur le marbre toute chaude.... pa-

— Etyu. Diminutif du latin mola, meule demoulin.

Wall, mouli'le, morceau de marbre servant & broyer;

génev. mnirite, pierre à aiguiser des faucheurs.

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