‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 174 sur 389 · MOLETTE (mo-lè-f), s. f. || 1* Partie de l'é · texte numérisé non relu

MOLETTE (mo-lè-f), s. f. || 1* Partie de l'é

I peron, qui est une étoile de fer i huit ou dix

MOL

pointes, et qui sert à piquer les flanos du chevaL I Fleurs en molette, disposition des pétales en forme de molette d'éperon. On dit plus ordinairement fleurs en rose ou en rosette. || 2° Épi de poil» au front du cheval, sur le poitrail, sur les flancs, etc. qui se relève en quelques endroits sur le poil couché. Il 3" En termes de blason, la pièce principale de l'éperon ; elle est toute semblable à une étoile; toute la différence, c'est que la molette est percée en rond dans le milieu, p. menestrier, Méthode du blason. De Villiirs porte d'azur à trois molettes d'éperon d'or, au chef d'argent chargé d'un lion passant de gueules, id. ib.

— HIST. XIV* s. Un autre chasuble, dalmatique et tunique de dyapre blanc à mollettes d'or, nu cange, dyapre. ||xv* s Le chevalier s'armoit d'argent frété d'azur et à un chef d'azur â une molette d'argent au chef, froiss. m, iv, I2.

— ETYM. La molette de l'éperon a-t-elle été ainsi nommée, par une comparaison de forme, avec la molette qui sert à broyer?

t 4. MOLETTE (mo-lè-f), ». f. Outil de jardinier appelé aussi tranche-gazon.

t 6. MOLETTE (mo-lè-f), ». f. Terme de chasse. Se dit des tendons des épaules et des cuisses du cerf.

t MOLETTER (mo-lè-té), v. a. Pratiquer sur le» potteries l'opération du moletage. || Polir avec le iustroir.

— ETYM. Molette 2.

t *. MOLIÈRE (mo-liè-r'), adj. f. Carrière molière, carrière d'où l'on tire les meulières.

— ETYM. Voy. MEUUÈRE.

t 2. MOLIÈRE (mo-liè-r'), ». f. Terre grasse et marécageuse. Vers (566, ces marais n'étaient même encore qu'une terre mouvante et en molières aussi basses pour la plupart que le canal de la rivière, ROBIN, Mém. sur les marais de Cléville (Calvados), (781, p. 22.

t MOLIMEN (mo-li-mèn') , s. m. Terme didactique. L'effort qu'exerce toute masse en mouvement. Il Terme de médecine. Molimen hémorrhagique, ensemble des phénomènes intérieurs qui ont lieu avant la manifestation d'une hémorrhagie, tels que le flux hémorrhoïdal, les règles, l'épistaxis.

— ETYM. Lat. molimen, effort, de moJm, faire effort, entasser, de même radical que moles, masse (voy. MÔLE 2, et molécule).

t MOLINIEN, lENNE (mo-li-niin, niè-n'), adj. Oui a le caractère du molinisme. Les proposition» moliniennes qu'ils vous objectent, vous les avouez, mais vous dites que ce ne sont pas des hérésies, PASC. Prov. Lett. au P. Annat.

MOLIMSME (mo-li-ni-sm"), t. m. Opinion sur la grâce, d'après laquelle la grflce n'est point efficace par elle-même, mais est tantôt efficace et tantôt inefficace, selon que la volonté y coopère ou y résiste (comparez jansénisme et janséniste).

— ETYM. Molina, jésuite espagnol, né en (535, mort en (600.

MOLINISTE (mo-li-ni-sf), ». m. et f. Celui, celle qui suit l'opinion de Molina sur la grâce. Les molinistes sont gens qui connaissent la vérité, mais qui ne la soutiennent qu'autant que leur intérêt s'y rencontre, mais hors de là ils l'abandonnent, pasc. Pens. XXV, (23. || Adjectivement. Les opinion» raolinistes.

— ETYM. Voy. MOLINISMK.

t MOLLNOSISME (mo-li-no-zi-sm'), ». m. System» mystique qui fait consister toute vertu dans l'anéantissement absolu de la volonté et dans un ab<ndoD complet à la grâce divine. Le molinosisme, qui se confond avec le quictisme, fut condamné à Rome en (687, Par les chemins fleuris d'un charmant quiétismo Tout à coup l'amenant au vrai molinosisme, 11 lui fera bientôt, aidé de Lucifer, Goûter en paradis les plaisirs de l'enfer, doil. Sat. x. Il II ne faut pas confondre cette doctrine avec le molinisme.

— ETYM. Jfoli'noî, prêtre espagnol, né en (827, et mort en ( 696 dans les prisons de l'inquisition i Rome.

t MOLINOSISTE (mo-li-no-zi-sf), ». m. et f. Celui, celle qui adhère au molinosisme. || Adjectivement. Les opinions molinosistes.

MOLI.AII (mol-lfl), I. m. Prêtre musulman qui appelle, à certaines heures, du haut de la mosquée, les fidèles à la prière. Les voix perçantes des mollahs, qui annonçaient du haut des airs les heure* de la nuit, bebn. de st-p. Chaum. ind.

— ETYM. Aral)e, mouM, seigneur, maître, titr» d'honneur accordé, chez les Arabes et les Turcs, aux chciks, aux jurisconsultes, et en général 4

MOL

MOL

MOL

tout homme recommandable par son savoir ou sa piélé. « On a tort, dit Pihan, d'écrire mollah; la lettre h ne peut que nuire à l'exactitude de la transcription française, déjà défigurée par le redoublement de la consonne l.

MOLLASSE (mo-la-s"), adj. || !• Qui est désagréablement mou au toucher. Une substance mollasse. Il Qui est désagréablement mou sous la dent. Dans l'île de Sainte-Catherine, sur la côte du Brésil, on trouve quelques petits bœufs dont la chair est mollasse et désagréable au goût; ce qui vient, ainsi que leur petite taille, du défaut et de la mauvaise qualité de la nourriture, blff. Quadrup. t. vm, p. 98. Il 2" Oui n'a pas assez de consistance, assez de corps, en parlant d'une étoffe. Je bouffe si peu par ma personne, qu'il faut que je bouffe par mes habits; .Mlle d'Aumale voudrait bien bouffer aussi, et n'avoir pas un taffetas mollasse, maintenon, cité dans le J. det Débats, 20 janY. <863. || 3* Il se dit des personnes dont toutes les parties du corps sont dans un état de flaccidité et de relâchement.

— HIST. XVI* s. 11 va traînant sa robbe par la place, En cheminant d'une allure mollace, amyot, Àlc. 2. 11 est des viandes qui engendrent une chair mollace et demy pourrie, m. Comment discerner le flatteur, 37.

— ÊTYM. Mol, avec la. désinence péjorative asse; génev. mollache.

t ). MOLLE (mo-n,». f- Botte d'osier fendu dont se servent les vanniers et les tonneliers. Presque tout l'osier que les vanniers emploient à Paris, vientde Champagne et d'Orléans, en paquets de quatre pieds de ong qu'on appelle molles, Vict. des arts et met. Vannier. Pour une voie de cinquante-deux molles de cercles à muids, entrant par cou, est dû, 3 livres 13 sous 6 deniers. Déclaration, 22 oct. (7)5, Tarif.

1 2. MOLLE (mol-l'), t. f. Poisson de la Méditerranée (tanche de mer).

MOLLEMENT (mo-le-man), adv. || 1° D'une manière molle. Être assis mollement. J'étais couché mollement. Et contre mon ordinaire Je dormais tranquillement, la font. l'Amour mouillé, Imit. d'Anacréon. Mollement couchés sur des carreaux de velours, entourés de rideaux de soie, qu'ils ouvrent ou ferment à leur gré, ces superbes indolents... BAYNAL, Hisl. phil. IX, 49. Mais, oh ! que mollement reposera ma cendre.... a. chén. Élégies, IX. Il 2* Avec un abandon gracieux. Se balancer mollement. || Fig. Avec un abandon moral. Ces femmes.... Dont l'œil rit moîlemcnt avec afféterie, RÉGNIER, Sat. IX. Me laisser [dit le sceptique] mollement conduire à la mort, dans l'incertitude de l'éternité de ma condition future, pasc. Pensées, t. i, p. 299, éd. LAiiBBE. Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous n'avez qu'à suivre vos penchants, vous prêter à vous-même, vous laisser entraîner mollement au courant, mass. Carême, Fausse conf. Et toi, qui mollement te livres Au doux sourire du bonheur, lamart. Médit, ii, i6. || 8* Sans grande vigueur. Qu'au reste les veneurs, allant sur leurs brisées, Ne forcent pas le cerf s'il est aux reposées; Qu'ils prennent connaisf^anceet pressent mollement, Sans le donner aux chiens qu'à mon commandement, CORN. dit. II, 5. Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste.... boil. Art p. II. Ils agissent mollement dans les choses qui sont de leur devoir, la bbuy. xi. L'armée du pape se conduit lâchement, celle de Venise mollement, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, 1626. Les personnes dont vous parlez le serviraient peut-être, mais trèsmollement, et les dévots crieraient et remporteraient, d'alehb. Lett. à Voltaire, 4 8 juill. 4 700. Il 4* D'une manière efféminée. Vivre mollement. Vers le milieu de l'autre siècle, tout ne respirait que cet amour tendre et mollement pa.ssionné qui régnait dans la tragédie, saint-foix, Est. Paris, Œutrr. t. m, p. »"5, dans pouoens. Jo n'aurais point, eu vers de délices trempés K.t do l'art des plaisirs mollement occupés.... a. ciiën. Élégies, itiv.

— IllST. XIII* s. Tybert s'escus« molcment. Que vers lui corpable [coupable] ta sent. Tien. 330t. Et te disrenl que cil [le roi régnant] n'avoit mesticr à roi, et te prièrent moult que tu lou fusses; et tu lor respondies moletiieiit, et dcis que tu ne lou pooies estre tant com li rois Moines ve.squist; einsinc fainsis [tu feignis] la parole, Merlin, f 39, recto. Il XIV* s. Qu'il no feroicnt nulle chose pcroceusemeut ne mollement, bkbchf.l'he, t' 37, rerso. Et donques appartient il procéder iiiolemcnt avcuc telle gcnt,etleur fere gfuerre pardilacionsTio. f* 97,i;^«o. Il zv< s. Et disoit que Jean Lyon s'acquittait trop mollement en celle besogne, FBOigs.ii,ii, 62.||xvi*i. Afin qu'il couchast plus mollement, auiot, AU. *7.

— ÉTYM. Molle, et le suffixe ment; provenç. molam^n ; espagn. muellemente ; ital. mollemente.

MOLLESSE (mo-lè-s'), s. f. || 1* Qualité de ce qui est mou. La mollesse et la dureté des corps. La mollesse des chairs est l'indice d'une mauvaise constitution. La terre est partout, et jusqu'à des profondeurs considérables, composée de couches parallèles et de matières qui ont été autrefois dans un état de mollesse, buff. Hist. nat. Preuv. tliéor. terre, Œuvr. t. u, p. 26. || 2° En parlant du climat, température douce et molle. La mollesse de ce climat. Il 3° En parlant de la complexion, du tempérament des personnes, défaut de résistance. J'ai vu Sous un faste imposant des corps dont la mollesse Faisait mentir le fer qui chargeait leur faiblesse, c. DELAV. Paria, i, 4.||4° Il se dit de la prononciation, de l'articulation de certaines lettres. Toutes les fois qu'il n'y a point d'i devant les II, la prononciation ne prend point celte mollesse [l'articulation des II momn&es], le Théâtre de P. Corn. Préface, édit. de 4682. || Douceur, en parlant d'une langue, non sans une sorte de faiblesse. Lorsque son sujet demande de l'élévation, on est étonné comment la mollesse de la langue italienne prend un nouveau caiactère dans ses mains [du Tasse] et se change en majesté et en force, volt. Ess. poés. épiq. ch. 7. Il 5° En littérature, douceur de pensées et de style, accompagnée d'un certain abandon gracieux. On reconnaît dans Racine [en une scène analogue à celle de Corneille] la même idée, les mêmes nuances que dans Corneille; mais avec cette douceur, cette mollesse, cette sensibilité, et cet heureux choix des mots qui portent l'attendrissement dans l'âme, volt. Comm. Corn. Rem. Pertharite, ii, 6. Il II se dit de la danse dans le même sens. Le caractère de la musique était exprimé tour à tour par la précision et la mollesse des mouvements, stael, Corinne, vi, 4.116* En termes de peinture et de sculpture, la mollesse des chairs, l'imitation vraie de la flexibilité, de la souplesse des chairs. Il I.a molle.sse du pinceau, le défaut de fermeté dans le maniement du pinceau. Ceia est d'une négligence, d'une mollesse de pinceau, d'u"~e paresse de tête qui fait pitié, dider. Salon de 4767, Œuvr. t. XIV, p. 371, dans pougens. || 11 se dit du style dans un .sens analogue. Que prétend la faiblesse étudiée de ce langage forcé [les paraphrases de l'Écriture sainte], cette violente expression qui met les lecteurs à la torture, pour ne produire que de la molles.se et de l'afféterie? balz. Sacrale chrit. dise. 7. Il 7" Figr. Manque de vigueur et de fermeté dans le caractère, dans la conduite. Cette indigne mollesse et ces lâches défenses Sont des punitions qu'attirent mes offenses, corn. Poly. u, 6. N'avezvous point de honte avec votre mollesse? Et se peut-il qu'un homme ait assez de faiblesse Pour laisser à sa femme un pouvoir absolu ? mol. Femmes sav. ii, 9. Il ne faut point manquer à de telles grâces [l'action de Dieu sur l'âme], ni les recevoir avec mollesse, Boss. Anne de Gont. Si son âme vaincue avait quelque mollesse. Mon devoir et ma foi soutiendraient sa faiblesse , VOLT. Orphel. iv, 4. Ce fut surtout de cette mollesse de conscience que me guérit mon nouvel état, MARMONTEL, Mém. X. Il II se dit aussi au pluriel, en ce sens. H(n'reux pourtant et favorisé jusqu'à la fin, pui-squ'il lui fut donné [à Bernis] par ses derniers sacrifices, de pouvoir racheter et expier en quelque sorte les mollesses de ses débuts, STE-BEUVE, Causeries, 41 avr. 4853. || Excès d'indulgence. Est-ce que vous voulez qu'un père ait la mollesse De ne savoir pas faire obéir la jeunesse 1 MOL. Éc.des f.y, 7. Nous ne lui saurons jamais gré de sa complaisance.... nous aimerons toujours mieux après tout sa dureté même que sa mollesse, BOL'BDAL. Carême , \, Jugem. dfrn. 248. || 8° Délicatesse d'une vie efféminée , mœurs efféminées. Des plaisirs criminels le* damnables mollesses, CORN. Imit. I, 4. (iamme il ne perdit pas ses jeunes années dans la mollesse et la volupté, il n'a pas été contraint de passer les dernières dans l'oisiveté et dans la faiblesse, fléch. Turenne Doux

imprudentes princesses Qui pasiiaient tous les jours dans de vaincs mollesses, pebrai;lt, ConlM, l'AdroiM princesse. Un roi déj.*! vaincu par sa propre mollesse, BAC. Alex. II, ». Il s'endort, il s'éveille au son des initruments, Son cœur nage dans la mollesse, ID. Esth. II, 9. Les grands qui vivent dans la mollesse, pÉN. TÂ.im. Ce faste, ces mollesses, ces soupçons, ces cruautés, ces col." ros, ces emportements furieux contre tes «mis, id. Dial. des morts, i, 2«. Philippe, déjà vieux, raffine sur la propreté et sur la mollesse, LA BRUT. XI. L'expérience confirme que la mollesse

ou l'indulgence pour soi et la dureté pour les autres n'est qu'un seul et même vice, id. iv. La délicatesse et la mollesse étaient portées si loin [à Sybaris], qu'on écartait sévèrement de la ville tous les ouvriers qui faisaient trop de bruit en travaillant, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. m, p. 476, dans pougens. Il fut élevé comme la plupart des Parisiens, avec trop de mollesse, d'olivet, Hist. Acad. t. Il, p. 4 75, dans POUGENS. Elle n'a point trouvé la pompe et la mollesse Dont la cour des l'arquins enivra sa jeunesse, volt. Brutus, i, a La mollesse est douce et sa suite est cruelle, id. ^otre, l, 2 Qui, passant du carnage aux bras de la mollesse.... iD. Triumv.y, 2. Ces moments dangereux perdus dans la mollesse, in. Wenr. x. || Sorte de déité que crée la poésie. L'air qui gémit du cri de l'horrible déesse [la Discorde], Va jusque dans Ctteaux réveiller la Mollesse; C'est là qu'en un dot^ toir elle fait son séjour; Les plaisirs nonchalants folâtrent à l'entour: L'un pétrit dans un coin l'embonpoint des chanoines; L'autre broie en riant le vermillon des moines, boil. Lutr. ii.

— HIST. xn* s. Par roide destrenzon [effort] laveir tôt ce que de molece naist en la pense [pensée] , Job, p. 449. Il iiii* s. Quant Salhedin vit et pierchut sa moleche et sa nicheté, si li manda par plusieurs fois bataille, Chr.de liains, 6. || xvi* s. La moUice de la soye, rab. Garg. i, I3. L'on sent une mollesse et inondation à l'endroit de la dite contusion, paré, vm, 5.

— ETYM. Prov. mollexa, molexa; port, mollexa; ital. mollezza; du lat. mollitia, de mollis, mou.

4. MOLLET, ETTE (mo-lè, lè-t'), odj. || 1* Un peu mou. Il Familièrement. Avoir les pieds mollets, se d't d'une personne qui marche encore avec peine après une attaque de goutte. || 2* Qui a une mollesse agréable au toucher. Il [le chat] cherche les meubles les plus mollets pour s'y reposer, buff. Jforceaux choisis, p. 4 33. Matières qui rendent le nid plus impénétrable au dehors et tout à la fois plus mollet au dedans, id. Oiseaux, t. v, p. 353. Un lit mollet 011 l'on s'ensevelit dans la plume, j. j. rouss. Ém. n. Il Pain mollet, sorte de petit pain blanc qui est léger et délicat. || Œufs mollets, ou œufs à la coque, œufs cuits de manière que le blanc et le jaune restent liquides.

— HIST. XIV* s. Qu'il [1«J blessé] ait son lit qui soit molet, affin que le membre ne sueffre point de labour, lanfbanc, 1* S, verso. Se leur ny n'est bien molet, Ménagicr, m, 2. || xvi* s. Ne romps l'œuf mollet avant que ton pain soit prest, génin, fl^créat. t. 11, p. 24B.

— ÊTYSl. Diminutif de mol, wiou; provenç. molet ; cat. mollet.

2. MOLLET (mo-lè; le t ne se lie pas; au pluriel, Ys se lie : des mo-lè-z épais; mollets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Saillie que forment à la partie postérieure de la jambe les muscles jumeaux et soléaire, dite aussi le gras de la jambe. Le mollet de la jambe, ou, simplement, le mollet. Il Faux mollet, pièce rembourrée qu'on place à la partie postérieure de la jambe pour suppléer à un mollet insuffisant.

— HIST. XVI* s. Le mollet [lobule de l'oreille] oà on pend volontiers les bagues, est nommé des anciens fibra, et le dessus pinna, pabé, iv, 40. Un muscle situé à la ligne vitale, nommée thenar ou molet servant au poulco, m. iv, 42. Le gros tendon fait de trois muscles du mollet de la jambe, lequel s'insère au talon, m. vm, 37.

— ETYM. Mol, parce que cette partie est molle au toucher.

t 3. MOLLET (mo-lè), *. m. Mollet d'Inde ou du Pérou, la térébenthine à petites feuilles du Pérou.

MOLLETON (molc-ton) , I. m. || 1° Étoffe de laine, do coton ou do soie, tirée à poil, d'un seul côté ou des deux côtés, douce, chaude et mollette. Molletons mouchetés non croisés, molletons à deux faces dits calmouchs, Tahl. annexé aux litt. pat. du 22 juill. 1780. Il i* Terme de peintre en bâtiment. Blanc d'Espagne. || 3' Nom d'un oiseau de mer, de la forme d'un petit canard, dont le plumage tira sur le noir.

— Etvm. Dérivé de mollet I; génev. tnoiikfon.

t MOI.LETONNKUX, El'SE (mo-le-lo-neù, neûz'), adj. Qui est de la nature du molleton. ElolTe mollotnnneuse.

t MOLLIFICATIP, IVE (mol-li-fi-ka-tif, li-v'), adj. Qui a la vertu do mollifler.

— HIST. xvi* s. Des medicamens chauds, molliflcatif» et attractifs, paré, v, 29.

— ÊTYM. l'rovenç. mnllificatiu; ilal. mollilicaliVOf du lat. mollificare, mollifier.

MOL

t MOLI-IFICATIOÎC (mol-li-n-ka-sion) , t. f. Action de mùllifier.

— HiST. XVI' s. Paralysie ou resolulion est une relaialion ou molliflcation des nerfs, avec... paré,

— trrH. UoUtper; provenç. molUficacto; esp.

moUifiearion; ital. tno/d/imiione.

BIOLLIFIÊ, ÉK (molli-fi-é, ée), part, pasii de mollifier. Une tumeur mollifiée.

MOI.UFIËR (mol-li-fl-é),je mollifiais, nous mollifiions, vous mollifiiez; que je moUifie, que nous moUifiions, que vous mollifiiez, v. a. Terme de médecine peu usité. Rendre mou et fluide. Mollitierun abcès. Mollifier les humeurs.

iiiST. xvi* s. N'est-il moyen de te mollifier Par

tel façon que grâce en fust acquise T J. marot, v, 272. Une humidité glaireuse et superllue qui l'abreuve et molli fie [un ligament], paré, xiv, 4(.

— ÉTYM. Provenç. molli ficar ; esp. molificar; ital. molli jicare; du lat. moUis, mou, et ^acere, faire.

MOLLIR (mo-Iir), P. n. || !• Devenir mou. Ces fruits commencent à mollir. ||2« Manquer de force, faiblir, (léchir. Ce cheval n'ira pas jusqu'au bout de la course, il commence à mollir. Prêts à les repous.scr, les plus hardis mollissent, boil. Kpllre xii. Le livre [un Quinault lancé contre le chanoine Evrard] sans vigueur mollit contre sa tête, id. l.tUr. T. Leur courage mollit dans cet éloignement de leur patrie, bavnal, llist. phil. viii, 35. || Terme de manège. Se dit d'un cheval dont la jambe est faible et qui bronche souvent. || 8" Terme de marine. Le vent mollit lorsqu'il tombe ou diminue de force ; on le dit aussi d'une grosse mer. || Mollir se dit de l'état de la nage ou vogue, quand elle est moins énergique. 114" Fig. Céder trop facilement, ne pas garder de fermeté. Je ne compatis point à qui dit des sornettes. Et dans l'occasion mollit comme voua faites, MOL. Tari, ii, ». C'est à moi i m'humiltcr, mais non pas à mollir, boss. Lett. qxiiél. as. Nous verrons que M. Dupin ne fait que mollir en faveur de Neslorius et dissimuler ses erreurs, id. Rem.hist. Cône. Il, «. Si c'était un homme capable de mollir quelquefois sur l'article du devoir.... bourdal. Pens. 1. 1, p. 407. Persuadé que, si dans les commencements il mollissait en la moindre chose, tout le monde lui tomborait sur les bras, follin, Uisl. anc. Œurr. t. VI, p. «74, dans pougfns. Maintenant qu'il (le P. de la Tour] était à la tête du parti (janséniste), tout était perdu s'il mollissait, sr-sm. t64, 3:1. Quand l'esprit humain s'est emporté longtemps aux dernières fureurs, il mollit vers la patience et l'indifférence -, on le voit dans chaque particulier et dans les nations entières, volt. Maurt, t:i8. Il mollissait contre ma résistance, j. i. iiouss. Uél. vi, 3. D'autres amis plus fermes, plu^ jaloux de mon honneur philosophique, m'exhortaient à ne pas mollir, mahmontel, Kém. vm.|16''K.o. Termedemarino. Diminuer la raideur d'un cible ou d'une manœuvre quelconque, en la faisant filer. || Mollir la barre du gouvernail, la rapprocher de l'axe du bâtiment.

— HIST. XVI' s. Un mesme soleil mollit la cire et endurcit la fange, tver, p. 622.

— ETYM. Génev. mouler, se comporter lâchement, caponner; du lat. mollire, rendre mou, de mollis, mou.

t MOLLIUSCrLE (mol-li-u-sku-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est un peu mou.

— ETYM. Lat. moUiuteulxit, diminutif de mollis, mou.

t MOLLCSCUM (mol-lu-skom'), 1. m. Terme de médecine. Nom donné à des tumeurs qui peuvent se résorber sans ulcération, mais qui plus souvent l'ulcèrent.

— ETYM. Lat. moUuseum, nœud de l'érable, appliqué à ce genre de tumeur.

MOLLUSQCR (mo-lu-sk'), t. m. Terme de roologie. Nom d'animaux sans vertèbres qui forment le troisième embranchement du règne animal. Les mollusques sont divisés en six classes : les céphalopodes, les stéropodes, les gastéropodes, le» acéphales, les brachiopodes et les cirrhopodes.

— ETYM. Lat. mollutca, noix dont l'écorce est fort tendre; mol qui a donné l'idée de la dénomination de ces animaux mous.

t MOLO (mo-lo), I. m. Première huile qui sort de* peaux en apprêt.

■t M0UX:H (mo-lok"), «. m. || !• Dieu des Ammonites, célèbre dans l'Écriture par le culte cruel qu'on lui rendait «n faisant pa.sser des entants au travers du feu. C'étaient des peuples infidèles qui les hahi- Uient [les f -mtrées syriennes] ; c'était le Phénicien, wcriflcateur homicide l Moloch, qui rassemblait

MOM

dans ses murs les richesses de tous les climats, volnet, Ruines, ». || Selon les démoiiographes, prince du pays des larmes, membre du conseil infernal, COLLIN DB PLANCY, /)i'c(. l'u/'crnai. |1 2° Terme d'alcliimie. Vase de plomb à travers lequel on faisait couler du mercure que l'on voulait chauffer.

— ETYM. Mot phénicien signifiant celui qui règne; le même que l'hébreu me/A; arabe, malek, chef.

t MOLOCIIITH (mo-loki-f), s. m. Pierre précieuse opaque et de couleur des feuilles de la mauve, dont les anciens faisaient une espèce d'amulette.

— ÉTYM. Mo),o/(Titi;, de (ioXôyn, mauve.

t MOLOSSE (mo-!o-s'), t. m. || 1» Terme de métrique ancienne. Pied composé de trois longues. Il i' Espèce de chien que les anciens employaient à la chasse et à la garde des troupeaux; on le dit encore poétiquement d'un chien de garde. Un molosse Trois pasteurs, enfants de cette terre. Le

suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses, gardiens de leurs troupeaux bêlants, a. ciién. Idylles, l'Aveugle. {\i' Genre de chauves-souiis d'Amérique.

— ÉTYM. Jfolosj», nom d'un peuple de laThraco, pays célèbre par sa race de chiens.

t MOLOSSiyUE (mo-lossi-k'), adj. m. Se dit d'un vers grec ou latin dont tous les pieds sont des molosses.

t MOLUCELLE (mo-lu-sè-l'), t. f. Terme de botanique. Genre de plantes labiées.

MOLY (mo-li), s. m. Plante dont parle Homère, et à laquelle il attribue des vertus merveilleuses.

— ETYM. MwXy.

f MOLYBDATE (mo-li-bda-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels neutres formés par l'union de l'acide molybdique avec les bases.

t MOLYBDATfi, ÉE (mo-li-bda-ié, tée) , arfj.Terme de minéralogie. Oui est converti en molybdata.

MOLYBDÈNE (mo-li-bdè-n'), s. m. Métal découvert en t7H2 par Hielm; il est solide, blanc comme l'argent mat, malléable, presque infusible. |{ Molybdène a été du '^niinin conformément à l'étymologie. On trouvera quelque part, dans les montagnes de Chamo ni, de la vraie molybdène, production très-rare, que l'immortel Hergmann a bien distinguée de la plombagine ou mine de plomb commun, SAUSSURE, Voy. Alpa, t. m, p. 472, dans pou-

OKNS.

— ETYM. MoWeSaiv», veine d'argent mêlée de plomb, de (lôVjêîo;, plomb.

f MOI.YBDK.MTE, (mo-li-bdé-ni-f), s. ^ Terme de minéralogie. Sulfure de molybdène nalif.

t MOLYBDKCX (mo-li-l)deii), adj. m. Terme de chimie. Oxyde molybdeux, qui est le premier degré d'oxydation du molybdène. Il Se dit aussi des sels dans lesquels entre cet oxyde. Les sels molybdeux.

t MOLYBUICO - AMMONIOUE (mo-li-hdi-koa-mrao-ni-k'), adj. m. Terme de chimie. Sel molylv dico-ammonique, sel molybdique qui est uni à un sel ammonique. Il On dit semlilablement molybdico-potassique, molybdico-sodique, etc.

t MOLYBDIDES (mo-li-bdi-d), s. m. pi. Terme de minéralogie. Famille de minéraux qui comprend le molybdène et ses combinaisons.

t t. MOLYBDIQUE (mo-li-bdi-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide molybdique, acide du molybdène, qui fut découvert par Scheele.

— ETYM. molybdène.

+ 2. MOLYBDIQUE (mo-li-bdi-k'), ad/.lerme de médecine. Se dit quelquefois pour saturnin. Les maladies molybdiques, les maladies causées par le plomb. Colique molybdique.

— ETYM. M6X\j66o;, plomb.

t MOLYBDITE (mo-li-Wi-t'), ». t- Terme de minéralogie. Pierre qui contient des particules de plomb.

— ETYM. MoXuMo;, plomb, et la finale chimique ite.

t MOLYBDOÏDE (mo li-bdo-i-d'), t. f. Terme de minéralogie. Espèce de mine de plomb.

— ETYM. Mé'uMoç, plomb, et eKo«, forme.

t MOLYBUOSO-AMMONiyUB (mo-li-bdo-zoa-mmo-ni-k') , adj. m. Terme de chimie. Sel molybdoso-ammonique, sel molybdeux qui est uni à un sel ammoniaque. ||0n dit scmblablement molybdoso-potassi(|uo, moljbdoso-sodiquc, etc.

t MOMA.SSEH (mo-ma-sé), r. o. Ce mot est synonyme d'éliourgeonner; on momasse, dès que les bourgeons ont acquis une certaine longueur, gen- Lis, HaUon rust. t. m, p.as7.||Ce mot n'est plus en usage.

fMOMB (md-m"), I. m. Terme populaire. Gamin, petit enfant

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— HIST. XVI' s. Or cessent donques les momes De mordre lesescripts miens, Puisqu'ils sont frères des liens, DU bellat, ii, 49, verso.

— ÉTYM. Dans l'exemple de du Bellay, m6me parait signifier moqueur et se rattacher à momfrie. C'est à ce mot aussi que probablement se rattache môme, terme populaire.

I. MOJtENT (ino-man), s. m. \\ !• Partie petite, mais indéterminée, du temps. Un moment donne au sort des visages divers, corn. Cid, i, l. Un moment l'a fait naître, un moment va l'éteindre, id. ih. u, a. Un moment est bien long à qui ne sait pas feindre, id. Théod. m, 5.... Est-il aucun moment Qui vous puisse assurer d'un second seulement? LA FONT. Fabi. xi,s. Est-il mort sur le champ? n'a-t-il pis eu un seul moment? sÉv. 148. Si l'on avait à traiter quelque grande affaire avec ce prince, on eflt pu choisir de ces moments où tout était en feu autour de lui, bOSS. Louis de Bourbon. Quand je vois, dans une vie si réglée, tant d'heures et tant de moments comptés et alloués pour l'éternité, ID Yol. de Monterhy. Tout ce qui est sujet à finir s'efface nécessairement au dernier moment, II), ib. Vous avez perdu ces heureux moments où vous jouissiez des tendresses d'une mère... m. Ann. de Gant. Quelle santé nous couvrait la mort que la reine portait dans son sein?.... tout d'un coup on volt arriver le moment fatal où la terre n'a plus rien pour elle que des pleurs, id. Mar.-Thér. Tout à coup on se trouve plongé dans l'abîme, sans avoir pu remarquer le fatal moment d'un insensible déclin, in. Le Tellier. Quelle dureté est semblable à la nôtre, si un accident si étrange [la mort de la duchesse d'Orléans]..., ne fait que nous étourdir pour quelques moments? noss. /)uc/i. d'Orl. Fallut-il essuyer à sa porto de mauvaises heures, pour attendre un de ses moments commodes? flEch. lAinniqnon. Elle remit son âme entre les mains de celui qui l'avait créée; moment fatal pour tant do pauvres dont elle était la mère et la protectrice I moment heureux pour elle, qui entrait en possession de l'éternité! moment triste mais utile pour nous, si nous apprenons .1 vivre et mourir comme ellel m. Aiguillon. Hàtonsnous, le temps fuit et nous traîne après soi ; Le moment où je parle est déjà loin de moi, boil. lipilre m. Mais le barbier, qui tient les moments précieux, id. Luir. m. Vous voulez qu'un roi meure, et pour son châtiment Vous ne donnez qu'un jour, qu'une heure, qu'un moment, bac. Androm. iv, 3. Et que le doux moment de ma félicité Soit le moment heureux de votre liberté, rac. Iphig. m, 4. Les moments me sont chers; écoutez-moi, Thésée, in. Phèdre, v, 7. U n'y avait pns un seul moment à perdre, fKn. Tél. vu. 11 ne lui laisse aucun momeni pour se rassurer, lo. ib. xvi. L'ouvrage de la conversion n'est pas l'ouvrage d'un moment, mass Carême, Inconst. Ce serait une grande douceur pour moi si je pouvais aider k votre consolation, el m'entretenir avec vous librement dans ces moment» si courts qui nous restent, et qui ne sont suivis d'aucuns moments, volt. ùtt. Urne du DeffanI, s mars 1764. Nous revivons que deux moments. Qu'il en soit un pour la sagesse, iD. Lettres en vers et en prose, 74, Par vous un jouit. Au mometil qui passe et qui fuit, Du moment i]ui n'est pas encore, in. Pandore, acte v. || Le moment de, avec un infinitif, un temps très-court pour.... Je n'eus que le moment de faire [i Mme de MainlenonJ un geste de remerciement ei do reconnaissance, sÉv. 28 févr. (6iiB. Il Familièrement, un momeni do temps se dit pour un moment. Il reviendra ici le plus tûl qu'il pourra, sans y perdre un moment de temps, sBv. 28 juil. t«Ho, Il N'avoir pas un moment à soi, avoir tout son temps pris par les occupations, par les plaisirs. On n'a pas un moment, cela m'échaulln, siv. hdl. Il Les derniers moments, le peu de tenii>s qui reste h un homme qui va perdre la vie. |{ Par extension. Ainsi de tous côtés la maîtresse du monde. Assiégée au dehors, embrasée au dedans, Est cent fois en un jour A ses derniers moments, VOLT. liomc sauv. v, 2. 1| Familièrement et par ellipsr. Un moment, c'est-A-ilire attende/, un moment. Un moment, j'ai à vous parler. Debout, dit l'Avarice, il es! temps démarcher. — Hé I laisse-moi. — Debout.— Un moment. — Tu répliques I boil. Sat. viii. || Compter les moments, s'impatienter beaucoup. Pinucio comptait les moments de la nuit, la font. Bere.. Il i' Temps qui convient, opportunité, occasion. On iirend le moment d'entre deux nuage», sBv. 4;tî). Si la reine en eût été crue... on eût marché droit à Londres... et cette campagne eût fini la guerre ; mais le moment fut manqué, noss. Heine d'Anghl

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Le prince saura profiter de tous les moments, boss. Louit de Bourbon. Ces rapides momeuts d'où dépendent les victoires, id. ib. Ce jeune homme appelé par Jésus-Clirist manqua son moment, UASs. Paiiég. Ste Uagd. Ou part à son moment, on s'arrùte à sa volonté, J. i. rouss. Ém. v. || Un lion moment, un instant favorable pour faire ce qu'on désire. Clioisir, prendre les bons moments. Qi'and ils sont près d'un bon moment. L'inconstante (la fortune] aussitôt échappe à leur désirs, la font. Fabl. VII, 13. Il En un sens contraire, un mauvais moment. || Avoir de bons moments, se dit d'une personne dont l'esprit est égaré, mais qui a quelques bons inter\'alles, ou d'une persoime d'biimeur fâcheuse qui a des intervalles où elle est de bonne humeur. Elle a quelquefois de bons moments, mais cela ne dure pas, reonahd. Retour imprévu, se. i». Il Un bon moment, un mauvais moment, se disent encore d'une espèce d'inspiration subite et passagère pour faire le bien ou pour faire le mal. || 3° Coujonclure. Depuis ce malheureux moment tout alla en déiadence, Boss. Heine d'Anglet. || i* Un moment, pris idverbialement, pendant un seul moment. Nos deux jpoux, à ce que dit l'hisloire, Sans disputer n'étaient pas un moment, la tonr. Beljjh. UélasI nous ne pouvons un moment arrêter les yeux sur la gloire de celle princesse, sans que la mort... boss. Uuch. d'Orl. Albine, il ne faut pas s'éloigner un moment, Hac. Brit. I, t. Il 5° Dans uu moment, après un moment. Je ferai cela dans un moment. || Dans un moment, bientôt, dans trés-peu de temps. Je suis, je serai à vous dans un moment. Je suis de retour dans un moment, mol. Mot. forcé, <. Cela est fait dans un moment, sêv. *2. Quand ils verront que dans un moment leur gloire pa.ssera à leur nom, leurs titres à leurs tombeaux, leurs biens à des ingrats, BOSS. Duch. d'Orl. Surpris, n'eu doutez pas, de mon retardement. Lui-même il nous viendra chercher dans nn moment, bac. Iphig. m, 7. Il En un moment, dans l'espace d'un moment. Et le drôle eut lappé le tout en un moment, la font. Fabl. I, <8. Il parait en un moment comme un éclair dans les pays les plus éloi;;nés, Boss. touii de Bourbon. Avec quelle vivacité il se met dans l'esprit en un moment les temps, les lieux, les personnes! m. ib. Il 6" Dans le moment, bientôt, dans très-peu de temps. Je reviens dans le moment. || Dans le moment, exprime aussi un temps relatif, le temps dont il s'agit. Il croyait me prendre au dépourvu; mais, dans le moment, je me rappelai tout ce qui avait eu lieu, et je lui répoudià en conséquence. Il 7* X ce moment, alors. La dernière fois que vous vlntesà Paris, il me fut impossible d'aller vous voir; à ce moment, j'étais retenu dans mon lit par la fièvre. X ce moment, il [le prince mourant] étend ses soins jusqu'aux moindres de ses domestiques, boss. Louit de Ilourb. \\ 8"X tout moment, à tous momeuts, continuellement, sans cesse. 11 tombe tout à coup dans CCS ennuyeuses douleurs où l'on souffre sans secours et sans intervalle ; la respiration, qui nous fiil vivre, le fait mourir à tous moments, flKch. Duc de Uont. Hélas I l'état horrible où le ciel me l'offril Revient à tout moment eiïrajer mon esprit, hac. Ath. I, 2. Mais ne voyais-tu pas dans mes emportements Que mes vœux démentaient ma bouche à tous moments? lo. Andr. v, 3. j'ai besoin à tout momeot d'oublier que je l'écoute, hai<ivai;x, Jeux dt l'amour el du has. u, ». || On dit dans le même sens : à chaque moment. On l'éveille à chaque moment; car il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d être surpris, boss. Louit de Bourbon. Il 9* De moments en moments, sans intervalle, continuellement. De moments en moments votre garde s'éc<>ule, coitN. Nicom, v, s. Tandis que des soldats, de moments en moments. Vont arracher pour lui [Néronj des applaudissements, bac. Brit. IV, 4. Il II signifie aussi, dans le plus prochain intervalle de temps. Des vaisseaux dans Ustie armés eo diligence. Prêts à quitter le port de mome.its en moments, bac. Bérén. i, a. || 10* D'un moment à l'autre, dans le plus prochain lulervalle de temps. Hademoisello, vous direz qu'on n'Ôte pas mes clie- TMiz, parce que je peux sortir d'un moment k l'autre, OWLIS, Thédl. d'éduc. la Tendretu matem. se. ♦. Il ll*Encemom<:nt, présentement, à l'heure qu'il est. Revenez me voir demain ; je suis trop ex cupé en ce moment pour tous recevoir. || 12* Au moment de, loc. ptépot. Sur le point de. Tu vis en frémissant ce qu'un tel caractère Fut au mom<^nt d'oser i U mort de mon frère, M. >. uitit. Gracquet, t, 4. Il 13* Dès ce moment, de ce moment, depuis ce momeol. Sojaz r«me. dii-il, et des ce luuiucnt

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mime De sa main sur mon front posa le diadème , BAC. Esth. 1, I. |fl<" Au moment où, au moment que, dans le moment où, dans le moment que, loc. conjonct. Lorsque. Au moment où il arrivera, j'irai le voir. Au moment que je lui ai présenté ma face réjouie, elle s'est bien doutée de mon dessein, sév. 3 1 7. Au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle de Louis de Bourbon, prince de Condé, je me sens également confondu.... boss. Louis de Bourbori. Théodose, enchaîné par Léonce, au moment qu'il allait faire égorger les citoyens, VOLT. Slceurs, 28. Lxaminez-le au moment qu'il arrive à Paris, J. l. rouss. Ém. iv. || 15* Du moment que, loc. con). Dès que, depuis que. Du moment que je l'ai connu, je l'ai aimé. || Du moment que, puisque. Du moment que votre père y consent, je n'ai plus rien à ilire. || 16" Depuis le moment que, depuis que. Mais depuis le moment que cette frénésie [faire des vers] De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie.... boil. Sat. a.

— SYN. MOMENT, INSTANT. Etymologiquement, l'instant est ce qui se tient sur nous, un point présent et très-court dans la durée. Moment signifie mouvement; appliqué au temps, c'est la durée d'un petit mouvement. Dans l'usage, moment est plus indéterminé; il comporte un intorvalle plu.s long ou moins précisément limité que l'instant.

— HIST. XV* s. Sçavoir les heures, les temps, les minutes et les moments, pour sçavoir le commencement des jours et des nuits, E. uesch. Poés. mss. f* 394. Il XVI* s. Cela apprit aux catholiques et refformez à s'unir et combattre ensemble, ce qui ne fut pas de petit moment [importance], d'aub. UwMi,425.

— ÊTYM. Provenç. moment ; espagn. et ital. momenlo ; du latin momentum, contracté de movimenlum, mouvement (voy. ce mot). Mouvement passe au sens de moment, parce que moment veut dire le temps d'un simple mouvement.

s. MOMENT (mo-man) , *. m. Terme de mécanique. Moment d'un levier, ou, simplement, moment, le produit d'un bras de levier par la force qui lui est applit|ué9 perpendiculairement. || En général, produit d'une force par une dislance, i! U désignequelquefois le produit d'une masse par une vitesse ou une quantité de mouvement. || Moment d'iuerWe d'un corps, la somme des produits de chaque masse élémeiftaire par le carré de sa distance à uu axe de rotation.

— ËTYM. Lat. momentum, ce qui fait pencher la Iwlance, de morere (voy. mouvoib).

MO.MENTANÉ, ÉE (mo-man-ta-né, née), ad;. Qui ne dure qu'un moment. Un olfort momentané. Lorsque votre impatience aura été suspendue par ces délais momentanés qui lui servaient de digue, avec quelle impétuosité ne se répandra-t-elle pas au moment où il plaira au poète de les rompre 1 dideh. Éloge de RicUardson.

— REU. Autrefois on écrivait momentanée, même au masculin, pour représenter le latin de plus près.

— HIST. XIV* s. ChaulTaiges qui sont annuelz et momentenez, Ordonn. des rois, t. vu, p. 77a. Il XVI* 8. Son goust est plus momentanée, fluide et caduque, uont. i, 6». Ce n'est pas contre la mort que nous nous préparons, c'est chose trop momentanée.... 10. IV, 21».

— f.TYM. Lat. momentanew, de momnUum, moment (voy. MOMENT t). Au XVI* siccio, on disait momentain, qui était conforme i l'accentuation de motnenldniiis.

MO.MKNTANIÎ.MENT (mo-man-ta-né-man) , od».

Pour un moment, pendant un moment. Il n'est i Paris que momentanément.

— ETVH. UomentarU, et le suffixe ment.

MOMKIllE (mo-me-rie), ». Ml 1* Mascarade. Soit

que ce fût un triomphe véritable que Bacohu» institua le premier, ou que ce ne fût qu'un jeu d'ivrogne» et une pure momerie, vauokla», Q. C. mi. Il Vieux en ce sens. || 2° Chose concertée pour faire rire quelqu'un. C'est une plaisante momerie. Si j'omettais les représentations et momeries qui eurent lieu pendant le diner entre les services, marcuanot, 'J'rùlan le voyageur, Lxxii. || Vieux en ce sens. Il 8* Chose concertée pour tromper quelqu'un, mais avec teinte de ridicule. Je ne vois point de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule, qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre, mol. Mal. imag. m, 3, L'auteur qui a composé l'histoire de la diablerie de Loudun, favorise une partie des conjectures que je viens d'alléguer ; il expose les intrigues particulières qui firent éclore cette étrange momerie, bailk. Analyse, t. IT, p. Ï77. Il 4* Cérémonie bizarre, ridicule. U liienri IU| était persuadé, aussi bien que c«rtaias

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théologiens de son temps, que ces momeries expiaient les péchés d'habitude, volt. Ilenr. i (notes). Les catholiques ridiculisaient l'austérité affectée des protestants; les protestants répliquaient en produisant en scène ce qu'ils appelaient les momeries des catholiques, lahahpe, Cours de litt. t. vu, p. 43, dans POi'GENS. li B° Fig. Aiïectation ridicule d'un sentiment qu'on n'a pas. On ne pouvait être trop en garde contre les artifices de la cour de Vienne, dont toute la conduite était un tissu de momeries, sT-st.u 504, «22. Si Mazarin en avait usé ainsi [prié pour la prise des prince*], c'eût été une momerie atroce, volt. Louis XIV, 4. Ce méprisable sénat qu'on amusait par des momeries auxquelles il répondait par d'autres momeries, dideh. Claude et Nér. A, 7».

— HIST. XV* s. En acquictant nostre temps vers jeunesse, Le nouvel an et la saison jolie. Venus sommes en ceste momerie, CH. d'orl. Bail. t20. Plusieurs assemblées, festois, ban(]uetz, danses.mommeries et esbatemens, furent faits pour festoyer le roy des Romains, ol. de la mabche, Uém. liv. i, p. 171, dans LAcmiNE. Icellui Darleux commença à dire au suppliant qu'il falloit jouer à la momnierie aux dez, du cange, momfrium. || xvi* s. Il défendit toutes assemblées de festins, mommeries et toutes autres telles joyeusete/., qui lors esloient hors de saison, amyot, Pyrrh. 33. 11 s'enquesta à quelquung de la bande, que queroyt ceste mommerye, RAB. Garg. i, i8.

— ÉTYM. Espagn. »nomfrt"a; angl. muiiimery ; allem. Ifummerey. Du Cange le tire de l'ancien français mahomerie, qui signifiait mosquée, pratique musulmane, et, par suite, pour des chrétiens, chose ridicule. Diez le tire du germanique : allem. mummen, masquer; angl. ta mum. L'ancien français avait morne, sorte de divertissement, etmomer. Le latin, de son côté, avait momerium, action de tourner en ridicule, ilomertum vient certainement de momus, en grec plù|jlo;. Mais l'ancien français momc, marner, joint à l'anglais lo mumm, mummery, indique plutôt l'origine germanique.

MOMIE (mo-mie), s. f. |{ 1* Corps embaumé par les anciens Égyptiens, et qu'on retrouve dans les sépultures d'Egypte. Ce peuple aussi triste que vain fut inventeur de l'art lugubre des momies par lequel il voulait, pour ainsi dire, éterniser la mort, malgré la nature bienfaisante, qui travaille sans cesse à en effacer les images, bupf. Ois. t. xv, p. 7. Il Kamilièrement. Cet Ali d'Egypte ne remue pas plus qu'une momie, volt. Letl. à Calh. 64. {| Fig. Qu'il I [l'étranger] éveille en passant cette cité momie, Pompéi, corps gisant dune ville endormie, V. BUGO, Orient. 40. || 2* Il se dit aussi des corps embaumés par les anciens peuples des Iles Canaries. Les Guanclies ont un secret pour les embaumer [les morts] comme les Ëgyplicns, avec cette différence que ceux-ci enveloppaient leurs momies de bandelettes.... tandis que les Guanches les ont laissées nues en les cousant dans des peaux, bailly, Letl. sur l'Atlantide, p. 96, dans pouokns || 3* Par extension, nom donné aux corps des voyageurs engloutis sous les sables du désert, et que l'on retrouve ensuite de.sséchés par l'ardeur du soleil. Lémery donnait à ces momies la qualification de blanches, parce que, dans le sable, elles ont conservé leur couleur, et il les distinguait ainsi des autres, qui, par l'effet des drogues de leur embaumement, sont devenues noires, lroband d'aussy, Iristil. Uém. se. mor. et pol. t. u, p. 5I4. ||4° Cadavre desséché el embaumé. Les momies de .M. Ruysch prolongeaient en queli{ue sorte la vie, au lieu que colles de l'ancienne Egypte ne prolongeaient que la mort, FONTEN. Ruysch. || 5* Fig. et familièrement. C'est une momie, une vraie morale, se dit d'une personne sèche et noire. J'ai reçu vos deux lettres en revenant de la Franconie à la suite d'un roi qui est la terreur dos postillons comme de l'Autriche, et qui fait tout en poste; il traîne ma momie après lui, VOLT. Lett. Thiriol, 8 oct. 043. |[ Il se ditaussi d'une personne nonchalante et bonne à rien, d'un vieillard imputent ou qu'on regarde comme tel. Cette momie rsliopiée [le parlement croupion appelé après Kicliard Cromwell], arrachée de son tombeau, crut un moment qu'elle était puissante, parce qu'elle se souvenait d'avoir fait juger un roi, CBATEAUB. Richard Crnmtce/1. || On a dit

iiopulaimment momin pour désigner les personnes 1 opinions surannées. || 6° Couleur brune tirée des bitumes dont les momies ont été enduites. Il Daume momie, nom donné au malthe. Il ma panitt plus que vraisemblable que ces propriétés spécifiques attribuées par les Persans & leur baume momie, sont communes 4 tous les bitu-

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mes de même consistance, et particulièrement à celui oue nous appelons poix de montagne, buff. Jfin t. m p. *9- Il '° Terme de méilecine superstitieu»e. Nom donné à des esprits qu'on supposait dans les cadavres, et auxquels on attribuait des vertus pour la gucrison de diverses maladies. || On dit aussi mumie en ce sens. || Terme d'alchimie. Cer- Uin amalgame de plomb et de mercure. || 8» Second état des insectes, quand ils sont tout à fait inactits (Lamarck) .

HIST. XVI» s. La mumie a pris son nom et origine des anciens Juifs, Arabes et Chaldeens, et principalement des Égyptiens, mesmes longtemps auparavant Mojse, et depuis eux les Grecs et les Homains : tous lesquels ont eu en si grand honneur, révérence et recommandation les corps des trespas- 8CS, pour l'espérance de la résurrection, qu'ils ont fort recherché les moyens non seulement de les ensevelir, mais aussi de les conserver à jamais, pake, Mumie, I. On dit que la mumie dont on a usé jusques aujourd'hui est venue de là [les tombeaux des Egyptiens].... Autres disent que mumie n'est autre chose qu'une simple chair humaine, prise des corps morts trouvés dans les sables et arènes qui sont 6s déserts d'Arabie.... Autres tiennent que la mumie se fait et façonne en nostre France, et que l'on desrobe de nuict les corps aux gibets, puis on les cure estant le cerveau et les entrailles, et les fait on seiclier au four, puis on les trempe en poix noire.... ID. xb. vi. Les pescheuis usent d'appâts puants pour allicher les poissons; à cesle cause ils usent de mumie, parce qu'elle est fort puante.... i ceste cause, je proteste de jamais n'en ordonner ny permettre à aucun en prendre, s'il m'est possible, id. ib. vin.

— ÊTYM. Persan et arabe, mumia, du persan moum, cire ou substance balsamique.

■( mOMIER (mô-mié), s. m. Nom de certains sectaires fanatiques nombreux en Suisse. On appelle aussi mômiers, par dénigrement, en Suisse, les méthodistes.

t MOMinCATEUR, TRICE (mo-mi-fi-ka-teur, ri-s'),adj. Qui a la vertu de momifier. L'usage du perchlorure de fer comme agent momificateur des tissu» exposés à se putréfier rapidement.... kœberlè, A.cad. des se. Comptes rendus, t. lv, p. 787.

+ MOMIFICATION (mo-mifi-ka-sion), s. f. Con- Tersion d'un cadavre en momie. ...des Ijuges égyptiens qui n'appréciaient que les titres des morts à la momification, ponvielle, Jo Liberté, 4» juin «867. Il Fig. Amaigrissement considérable.

t MOMIFIER (mo-mi-fié), je momifiais, nous momifiions, vous momifiiez; que je momifie, que nous momifiions, que vous momifiiez, ». a. Transformer en momie, dessécher un corps mort. || Par extension. Momifier, dessécher le pédicule de la tumeur ovaflque et les parties libres des ligatures avec du perchlorure de fer, kœbeblé, Acad. des se. Comptes rendus, t. Lv, p. 787. {| Se momifier, v. réfl. Devenir extrêmement maigre.

— ÉTYM. Jfomte, et le lat. facere, faire.

t MOMON (mo-mon), s. m. || 1° Mascarade. || Espèce de danse exécutée par des masques. Masques, où courez-vous T le pourrait-on apprendre? Trufaliin,ouvrez-leurpour jouerunmomon,MOL. VÉl. m, 41. Il 2* Défi au jeu de dés porté par des masques. Il alla en tel endroit où il porta un momon. Il est défendu à celui qui porte le momon de parler. Recevoir un momon. Perdre un momon. Un momon de cent pistoles. Quelle figure 1 est-ce un momon que vous allez porter? mol. Bnurg. gent. v, t. Il Couvrir le momon, accepter le pari. || Fig. Vous me couvrez le momon par votre raisonnement contraire au mien sur le voyage de M. le prince [c'està-dire votre raisonnement balance le mien], sÈv. 28

juill. (680

— HIST. XVI' s. Quand ils [les Turcs] entendent que les chrétiens arment en gros, aussi font-ils de leur eosté, et sont si diligens que.... qui nous doit faire Croire qu'ils couvriroient bien tost le mommon, ainsi qu'on dit, LANOUE, «ai. Le Suédois estoit entré à cette guerre mal préparé ; et eut ce moumnn sur les bras, n'csperant rien de si prest, d'aub. Ilist. i, I90. Les rois de France et de Poulogne, sous couleur rie porter un mommon, entrent chez Nanlouillet, mettent tout par place, jusques à rompre les c'oiïres, pillrr la vaisselle et l'argent monnoié au profit dé quelques altérés qui les suivoient, m. t6. ii, )o*.

— ETYM. Même radical que momerie. Momerie •vait aussi siRoifié une sorte de jeux (voy. l'historique).

t MOMORDIQUE (mo-mor-di-k'), ». f. Genre de M rimiUede* cucurbitacées [momordica).'

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f MOMOT (mo-mo), s. m, Genre de passereaux de la division des syndactyles (momot est le nom par lequel Fernandez avait désigné l'espèce type du houtou).

t MOMUS (mo-mus'), i. m. || 1» Dieu de la mythologie qui présidait aux rires et aux chansons. Momus a pris pour adjoints Des rimcurs d'école ; Des chansons en quatre points Le froid nous désole, BÉRANGEB, la Goudrioie. || 2° Par extension, la chanson joviale.

— ETYM. Mù>(j.o;, raillerie.

> . MON au masc. (mon ; l'n se lie, et la voyelle perd le son nasal : mo-n ami) ; MA au fém. (ma) ; MES au plur. pour les deux genres (mê; 1'* se lie : mê-z amis), adj. poss. qui répond au pronom personnel mot, je. \\ 1° 11 exprime la possession qu'a la personne qui parle. Mon bien. Ma mtre. Mes malheurs. Mais j'ai suivi mon ordre [l'ordre que j'ai reçu] et n'ai point deviné... corn. Suréna, ii, 4. Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon livre, mon commentaire, mon histoire ; ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue, pasc. l'ens. iiiv, 68, éd. havet. Que je ne cherche point à venger mes injures [les injures que j'ai reçues], rac. Athal. Il, 6. Il y a une conspiration contre moi plus forte que celle de Catilina; soyez mes Cioérons, volt. Leit. d'Àrgental, 8 janv. i76S. || 2° Devant un nom féminin commençant par une voyelle ou par une h muette, au singulier, l'usage veut qu'on emploie le masculin. Mon amie. Mon humeur. Prenons parti, mon âme, en de telles disgrâces, corn. Hor. m, ). |I3° 11 se dit aussi en parlant à une personne ou d'une personne qu'on aime. Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme, corn. Ilor. iv, 6. Mon Herniiono encor le tient-elle asservi? rac. Andr. i, i. Ma Phœdime, eh! qui peut concevoir ce miracle? m. ilithr. IV, I. Aussi bien n'ai-je point vu d'aujourd'hui ma cruelle Marine, c'est ma comtesse à moi, BRUEVs, Muet, i, to. \\ 4" Familièrement. Il se met pour désigner des objets qui ne nous appartiennent pas dans le sens précis du mot, mais avec lesquels le personne qui parle a pourtant quelque rapport d'habitude ou de mention faite précédemment, etc. Voilà mes fous. Voilà mon homme pris, et ma vieille attrapée, coRN.reutie, iv, 7. Il [le chat] y tombe [dans un piège] en danger de mourir ; Et mon chat de crier, la font. Fahl. vin, i2. Notre interprète transmit en indou le discours impie de mon jeune homme, volt. Voyages de Scarmenlado. Je connais mon public : l'enthousiasme passe; il n'y a que l'amitié qui reste, id. Lett.d'Argental, it mars 1752. Je renverrai mon fat, et mon affaire est faite, GRESSET, Méchant, m, 40. |{ Il se dit dans le même sens devant les noms propres. Non, baron, je connais assez mon Londres, quoique je n'y sois que depuis trois semaines, BOissY, Français à tond, i, 4 . Je ne suis pas scrupuleux; je lis quelquefois mon Pétrone, dider. Essai sur la peint, ch. 5. || 5° Mou, ma, mes devant les adverbes ou adjectifs comparatifs forment le superlatif. Mon meilleur ami. Ma plus chère espérance. Mes moindres chagrins.

— REM. 1. Autrefois on disait ma devant une voyelle et on élidait Va comme nous l'élidons dans la : m'espéo, m'csperance, etc. Il en est resté seulement m'amie, m'amour. C'est dans le courant du XIV* siècle que ce solécisme a commencé à s'introduire et à prendre force d'usage; vrai solécisme, car le féminin a toujours été ma, ta, sa, et jamais mone, tone, sone. Comment s'est-il fait? l'ancien picard, qui disait le pour les deux genres, disait aussi pour les deux genres men au lieu do «ion, ma; il est possible que l'influence picarde, qui a été considérable, se soit fait sentir et ait causé devant les voyelles la confusion de mon et de ma. Il 2. Il faut dire -.fat mal à la tête, et non pas d ma ttle, parce que le pronom je montre suffisamment que c'est ma tête dont je veux parler, et que d'ailleurs on ne peut avoir mal à la tête d'un autre. Mais il faudra dire : ;e rois que ma jambe t'enfle, si je veux parler de ma jambe, et non pas seulement : je vois que la jambe s'enfle, parce que je peux très-bien voir la jambe d'un autre s'enfler. !| 3. Ifon, mo, mes se répèlent devant chaque substantif et devant chaque adjectif, à moins que ces adjectifs n'aient à peu près le même sens. On dit donc : Ifon père et ma mère sont venus ; Je lui ai montré mes beaux et mes vilains habits. Mais on dit : Je lui ai montré mes beaux et brillants équipages. Il est évident dans le dernier exemple que les adjectifs beaux et brillants sont appliqués au même substantif.

— HIST. IX* I. Si salTarsi eo [je] cist [cej moon fra-

MON

dre Karlo, Serment. Et Kar'us meos sendra [monseigneur], «6. Il XI* s. Conseiler mei comemi hume saive [mes hommes sages] , Ch. de Uol, ii. Que jel suivrai od [avec] mil de mesfcdelz, ift.vi. Làvonssuirat, ce dist, mis avoez, ib. ix. Tu n'es mes hom, ne je ne sui tis sire, ib. ixi. || xu* s. Baron, ameiiez-inoi mon félon boisseor [trompeur]. Donc. (»8. Ma se. ror te donai par bone volonté, ib. 4 08. Men escient [à mon escient], ib. p. 26. Tenez m'espée, ib. p. 29. [X] Marsilion de moie part nonciez... ib. 120. En Bencevals gisent mort mi Frenzois, ib. 4 37. Que mamor ne soit doutée, Couci , i. Tuit mi penser sont à ma douce amie, id. h. |{ xiii* s. Je voudroie, par m'ame, qu'ele fust decolée, Berte, xvi. || xiv* s. Et roçoy m'ame en ta benoite foy, Uénagier, i, t. J'ay par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult vilains sermons, ib. l, 3. Et que on le deist en ma présence et à mon ouie, ib. i, 3. Je me suis excusé et mectoie mon excusation premièrement, 16. Il XV* s. Je ferraj [frapperai] d'estoc et de taille De m' espée sur lui tous jours, H«surrect. N. S. Mystère. || xvi* s. Pourtant je veux, m'amie et mon désir... marot, i, 343. Sus, louez Dieu, mon ame, en toute chose, m. iv, 308. Un soleil voit naistre et mourir la rose; Mille soleils ontveu naistre m'amour, rons. 62. Il m'est souvenu do mon homme, mont, i, 382. Depuis le temps des rois de très louable mémoire, mes père et aieul, d'aub. Hist. II, 242.

— ETYM. Berry, moun, devant une voyelle : moun âne; wallon, mi; Hainaut, mén; picard, min, min; au fém. em', ème, emn' ; provenç. mas, mon; au fém. ma, au plur. mei, miei; espagn. et ilal. mio, mia; du lat. met(m, mea. Dans l'ancienne langue mis, mes était le nominatif singulier, pour le masculin; mon, le régime singulier; mi, le nominatif pluriel; mes, le régime pluriel. Mon, ma, ainsi que le, la, ton, ta, son, sa, se caractérisent comme les seuls mots qui aient gardé les terminaisons latines en um, a; cela tient à leur nnclytisme, faisant que leur finale n'avait pas occasion de tomber.

t 2. MON (mon), particule adv. qui sert à affirmer, à interroger; elle est tout à fait inusitée. Ardez, voire, c'est mon, Régnier, Sat. xi. M.Jourdain : Lorsque je hante la noblesse, je fais paraître mon jugement; et cela est plus beau que de hanlcr votre bourgeoisie. — Mme Jourdain : Çà mon vraiment, il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles, MOL. Bourg, gent. m, 3.

— HIST. XII* s. E ceaus [ceux] qu'um ne purra aveir ne asembler, Lur mesago od lur letres i doivent faire aler, Saveir mun s'il voldrunl cel sacre graanter [octroyer]. Th. lemart. 4 27. {| xiii's. Li roisapela celi prince, et li dit : tu esrevenudel'ostdcsTartarins.et il repondit: Sire, ce sui mou, JOINV. 264. Aus chevaliers la montre et dit : Vez, voi ci leplushardi home Qui soit d'Illande jusqu'à Rome; Il a plus cuer que un lion. Cil respondent que ce a mon, méon, Nouv. rec. I, 253. X folie me font entendre; X folie, voir, ce font mon. Car je n'i voi nule raison, la Manekine, v. 468. Il XVI* s. Respondez-moi, veu ceste foy constante, X sçavoir-mon, s'il nous laisse au besoiiig? MAROT, I, 304. Tu estimes bien ce qui sert, et non pas ce qui nuit. — Ce lay mon, dit Critobule, la boStie, 4 09.

— ETYM. Origine incertaine. On «indiqué la particule grecque (lûv et la particule de l'ancien Scandinave mim ; suédois, monne ; mais ces particules sont dubitatives, interropatives, et mon est affirmatif. Dicz émet une conjecture ingénieuse et plausible : il suppose que mon répond à l'adverbe latin munde {munde ayant donné mon, comme mundus avait donné mont) ; de sorte que mon signifierait purement, certainement.

t MONACAILLE (mo-na-kâ-ll', «mouillées),».^. Se dit par dénigrement des moines. La monacaille et la prètraille ont été les moteurs des émeutes de Madrid en 4765, oaliani, Correspond, t. 11, dans

POOGENS.

— ETYM. Lat. monachus, moine, avec la finale aille, souvent péjorative.

MONACAL, ALE (mo-na-kal, ka-I"), orf;. Appartenant à l'état de moine, presque toujours avec un sens défavorable et de dénigrement. V.t ce jus (de mandragore]. Pris par la femme, opère beaucoup plus Que ne fit onc nulle ombre monacale, la font. Mandrag. Porte-la [ta cause] dans Trévoux, à ce beau tribunal [tenu par des Jésuites] Où de nouveaux Midas un sénat monacal.... boil. Sat. xil. Qu'on érigea Paris ce puissant tribunal [l'inquisition]. Ce monument affreux du pouvoir monacal, volt. Henr. vi. Les vertus monastiques cèdent à l'esprit monacal, duclos, Consid. mœurs, cb. 4 4. Il y •

MON

MON

dans le stoïcisme un esprit monacal qui me déplaît, DiDEB. Claude et Nér. n, 8.

— HiST. XVI' s. Tel est vestu d'habit monachal, qui au dedans n'est rien moins que moine, rabel. dans le Dict. de nocHEZ.

— ETYM. Lat. monaehus, moine, du grec |i,ôvayo; (vov. moine). L'ancienne langue disait montai.

' MOXACALEMENT ( mo-naka-Ie-man), adv. X la manière ties moines (avec un sens défavorable).

— HIST. XVI' s. Monacalement, ouDm, Dict.

— ÊTYM. Vonncale, et le suffixe ment.

t MOX.ACELLE (mo-na-sÈ-1'), ». f. Espèce de champignon du pt'nre helvelle.

t MONACÉTIXE (mo-na-sé-ti-n'), $. f. Terme de chimie. Liquide neutre, d'odeur étliérée.

— ÉTVM. Mono.... , et le lat. acelum, vinaigre.

i MOXACllELLE (mo-na-chè-l'), t. f. Poisson du genre des spares.

.MOXArHlS.ME(nio-na-chi-sm'),if.m. lit" État de moine (avec un sens défavorable). L'esprit, l'influence du monachisme. Lemonachismc y fait [dans l'Inde] les mêmes maux [que les instilulions qui, donnant les terres aux princes, ôtent aux particuliers l'esprit de propriété]; il est né dans les pays chauds d'Orient, où l'on est moins porté à l'action qu'à la spéculation, «ontesq. Esp. xiv, 7. || Vie cénobilique (sans idée de dénigrement). On peut distinguer dans l'hisloire du monachisme trois époques importantes, qui forment, s'il est permis de le dire, autant de dynasties séparées dans cet empire d'un genre nouveau : une seule en Orient et deux en Occident; les Antoine, les Basile furent les fondateurs de la première; la seconde s'honore d'avoir eu saint Benoit pour patriarche, et la troisième commence à saint François, lingdet, Hist. '/il monachisme, p. u. 112° Manière de penser et Jagir semblable à celle des moines. Suivant ces derniers [les incrédules], le christianisme est un vrai monachisme; les vertus qu'il recomminde, les pratiques qu'il prescrit, le renoncement au monde qu'il conseille, ne conviennent qu'à des moines, BEBGiim, Théologie, au mot monastique.

— ÊTYM. I^t. monachus, moiiic.

t MONACO (mo-na-ko), s. m. Nom donné à des espèces de sous fabriqués dans la principauté de Monaco. Honoré V, mort de dépit en 4 811 de n'a- ▼oir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu'un sou, les Excentricili'it du langage. \\ Par extension, un mauTais sou, n'ayant pas cours en France. || Familièrement, avoir des monacos, être riclin. Perdre ses monacos.

t MONAnAlKE (mo-na-dê-r'), adj. Qui est aussi petit qu'une monade ; qui lient de la monade. || S. m, pi. Les nionadaires, famille d'animalcules, dont le genre monade est le type.

MONADE (mo-na-d'), *. f. || !• Unité parfaite qui, selon les pythagoriciens, renferme l'esprit et la matière sans aucune division. La monade de Pylhagore c'est Dieu lui-même. Comme Pythagore, il rattache la chaîne des êtres à la monade, à l'être existant seul et par lui-même, abelrémusat, Instil. Mim. inscr. et bellcs-lelt. t. vu, p. 5t. || 2' D'après Leibnitz, éléments des choses, ou substances simples, incorruptibles, nées avec la création, ditTérentes de qualités, inaccessibles à toute influence du dehors, mais sujettes à des changements internes qui ont pour principe l'appétition et pour résultat la perception. Parmi les monades créées, il en est dans lesquelles la perception est plus distincte et accompagnée de conscience : ce sont lésâmes proprement dites. Il croyait qu'il y a partout des substances simples qu'il appelait monades ou unités, qui sont les vie», les ftmes, les esprits qui peuvent dire moi, roNTE!». Leibnitz. Il [Leibnitz] admet quatre espèce» de monades : t' les éléments de la matière qui n'ont aucune pensée claire; 2° les monades de» bétes qui ont quelques id^es et n'en ont aucune distincte; 3* les monades des esprit» fini» qui ont de» idées confuses, de» claires, des distinctes; 4* enfin la monade de Dieu qui n'a que de» idées adéquate», volt. A'etr». i, s. Dieu me garde do faire un systùme, mais certainement il y a dans nous quelque chose qui pense et qui veut; ce quelque chose que l'on appelait autrefois une mo- Dîde, ce quelque chaso est imperceptible, ID. Jenni, H. Ou il n'y a [mint de parties, il n'y a ni étendue, ni ligure, ni divisibilité; telle est la monade, l'atome réel de la nature, l'élément vrai des chose», uiukh. Oiiin. dei ane. philos, iteihnit- J nnirme). Suivant Leibnitz, les monailes sont csserliellcment actives; elles sont des êtres simple», otl'ac;ivité e.sl la seule chose iiosilive qu'on puisse QoakGvuir dan> de tels êtres, bonnet, Œuiret méUct,

LICT. DE U LANOUE FRANÇAISE

t. xviii, p. 105, no!e s, dans pougens. || 3° En arithmétique, nombres composés d'une seule figure, tels que <, 2, 3, 4, 5, etc. 114" Genre d'animalcules microscopiques.

— SVN. MONADE, ATOME. La monade est, dans l'hypothèse de Leibnitz, l'être simple et actif des corps, capable de dire moi dans ce qui a vie. L'atome, dans l'hypothèse de Démocrile, est la particule dernière et indivisible des corps, agitée d'un mouvement éternel, et entrant, par ce mouvement, en combinaison avec les autres atomes. Aujourd'luii, selon la vue des chimistes, l'atome figure à l'esprit la constitution des corps d'après laquelle ils se combinent en proportions définies.

— HIST. xvr s. Monade, cotgbave.

— f.TYM. Movà;, unité, (iôvoç, unique.

t MONADELPUE (rao-na-dèl-f), adj. Terme de botanique. Dont les étamines sont réunies en un seul paquet ou faisceau par les filets. Fleurs monadelphes. Étamines monadelphes.

— P.TYM. Mono...., préfixe, et àîeJipi;, frère. MONADELPHIE (mo-na-dèl-fie), s. f. Terme de

botanique. Nom, dans le système de Linné, d'une classe et de deux ordres renfermant les plantes monadelphes.

I .-ilONADELPlIIQUE (mo-na-dèl-fi-k'), adj. Qui appartient à la monadelphie.

t MONADIS.ME (mo-na-di-sm'), s. m. Système philosophique qui admet que l'univers est composé de monades.

t MO.NADISTE (mo-na-di-sf) , ». m. Partisan du monadisme.

t MO.NADOLOGIE (mo-na-do-Io-jie), ». f. Doctrine de Leibnitz sur la monade. J'oserais bien prédire que la monadologie tombera un jour comme la philosophie scolastique avec laquelle elle a bien des rapports, que l'inventeur lui-même voulait bien ne dissimuler point, bonnet, ûïiitT. mêl. t.iviii, p. (04, dans pouGENS.

— ÉTYM. Monade, et yô-y'îi doctrine.

t MONADOLOGIQUE ( rao-na-do-lo-ji-k'), adj. Oui a rapport à lu monadologie. Quand on connaît un peu les terribles objections qu'on a élevées contre toute la doctrine monadologique de Leibnitz, bonnet, ŒuvT. mH. t. xvin, p. 83, note 7, dans pougens.

t MONANDRE (mo-nan-dr'), adj. Terme de botanique. Oui n'a qu'une seule étamine.

— ETYM. Mono..., préfixe, et àvr.p, mâle.

MONANDRIE (mo-nan-drie), s. /". Terme de botanique. Nom, dans le système île Linné, d'une classe et de trois ordres renfermant les plantes monandres.

t MONANDRIQUE (mo-nan-dri-k'), adj. Qui appartient à la monandrie.

t MONANTHE (mo-nan-t'), adj. Terme de botanique. Qui ne porte qu'une seule fleur; dont les fleurs sont solitaires.

— f.TYM. Mono..., préfixe, et Moi, fleur.

f MONANTHÈRE (mo-nan-tè-r') , adj. Se dit d'une étamine qui ne porte qu'une seule anthère.

— f.TYM. Mono..., préfixe, cl anthère.

t MONANTIIROPIE (mo nan-tio-pie), s. (. filât du genre humain où, suivant le monogénisme, il n'y avait qu'une seule race, par opposition à polyanthropie.

— f.TYM. Jfono..., préfixe, et âvOpMTto;, homme. + MONARACIIINE (mo-na-ra-chi-n'), ». f. Terme

de chimie. Corps obtenu par H rtbelot en chauffant l'acide arachique avec la glycérine.

— f.TYM. Mono..., et arachide.

MONARCHIE (mo-nar-chie), ». f. || 1» Gouvernement d'un État régi par un seul chef. Monarchie

héréditaire, élective De quelque façon que votre

cour vous nomme. On hait la monarchie, corn. Cinna, II, *. Étudier les conseils de la divine Providence et les fatales révolutions des monarchies, Boss. Reine d'AngUt. Marc-Auièle se proposait d'établir, dans la monarchie la plus absolue, la plus parfaite Jilierlé du peuple soumis, ID. B» arert. Bo. I.e pouvoir intermédiaire subordonné le plu» naturel est celui de la noblesse; elle entre en quelque façon dan» l'essence de la monarchie, dont la maxime fondamentale est : point de monarque, poli ! dn noblesse; point du noblesse, point de monarque; mais on a un despote, montp.j;o. i"»p. ii, 4. Dan» les monarchies, la politique fait faire les plus grandes choses avec le moins de vertu qu'elle peut, comme, dans les plus belle» machines, l'art emploie aussi peu de mouvements, de forces et de roue» qu'il est possible, lo. ib. m, 6. Une monarchie élective, comme était Rome, suppose nécessairement un corps aristocratique puissant qui la soutienne; sans quoi, elle se change d'aliord en tyrannie ou en F/lat populaire, lo. tb. xi, u.

Il Monarchie constitutionnelle, celle où la balance et l'exercice des pouvoirs sont réglés par une constitution. Seulement il [Napoléon] craignait la signification républicaine de son nom [il s'agit du choix de Carnot pour le ministère de l'intérieur en mars 1815] ; car la France, disait-il, est aujourd'hui éjirise de la monarchie constitutionnelle (le mot était devenu usuel depuis une année), mais elle n'a pas cessé d'avoir peur de la ré[iulJiiiue, thiers, fli.9t, du Consulat et de l'Empire, t. xix, p. 240. || 2° État gouverné par un roi. L'unité catholique, qui a Ta.it fleurir durant tant de siècles l'Église et la monarchie d'Angleterre autant que les plus saintes Églises et les plus illustres monarchies du monde, boss. Reine d'Anglet. C'est le sort des monarchies que leur prospérité dépende du caractère d'un seul homme, volt, iowis XIV, 17, Notre monarchie gouvernée par les lois et surtout par les moeurs, lo. Lflt. Mignot, 24 juin <"7I. || Monarchie universelle, pouvoir d'un monarque établi sur la terre entière, ou du moins sur la partie la plus importante et la plus civilisée. On croit communément que Grégoire VII fut le premier qui établit la chimère d'une monarchie sainte et universelle, volt, Louis XIY, 40.

— HIST. XIII* s. Après la mort Julius César fU empereres Octaviens ses niés [son neveu], et tint la monarchie de tout le monde, brun. lat. Trésor, p. 47. Neporquant li s:iint pero, et 11 saint patriarche. Et Tobie, et Jacob, et Noé qui fist l'arche, (Jui tindrent en leur temps du monde la monarche, J. DE MEUNO, Test. 919. || xiv S. Et la communicacion ou policie qui est transgression et coirupcion de celle qui est appellée royalme et est sa contraire, c'est tyrannie, car l'une et l'autre sont monarchies, ORESME, Eth. 246. [Charles VI] amez fut et doublé [craint] non pas seulement de ses subgiez, mais de toute la monaroiiie du monde, Geste des nobles,

dans VIRIVILLE, p. I08.

— ÉTYM. Prov. monarchia; esp. monarquia; ital. monarchia; du lat. monarchia, qui est le greo [jLOvap/(a, de fiovo;, seul, et âf-x^^v, commander.

t MÔNARCUIEN (mo-narchiin), ». m. S'est dit par dénigrement, vers (791, des partisans d'uns monarchie représentative.

MONARCHIQUE (mo-nar-chi-k'), adj. Qui appartient à la monarchie. Affranchir ton pays d'un pouvoir monarchique? coHN. Cinna, v, 1. Les grenouilles, se lassant De l'état démocratique. Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique, la font. Fabl. m, ♦. Alors [à l'époque de l'invention de l'écriture] commencèrent les inquiétudes vagues de ceux qui se lassaient de travailler pour autrui, et en même temps le dévouement monarchique de ceux qui voul.iient à toute force qu'on travaillât pour enx, r. l. courier, 9' lettre au Censeur. || Substantivement. Le monarchique, la monarchie, le gouvernement monarchique. Les Macédoniens aiment le monarchique, CORN. Cinna, II, 4.

— f.TYM. M'jvapx'xoç, de (lovapx'*- monarchie. MONAIUHIQUEMKNT (mo-nar-clii-ke-man),flde.

A la manière d'une monarchie.

— ÊTYM. Monarchique, et le suffixe ment. tMONARCHlSER (mo-nar-chi-zé), ». a. Rendre

mon.irchique, mettre sous la domination d'un monaniue.

t MO.NARCIIISMB (mo-nar-chl-sm'), ». m. Système, opinion des partisans de la monarchie.

t MONARCHISTE (mo nar chist'), .«. m. Partisan delà monarchie. \\Adj. Un peuple monarchiste veut étendre au delà des mer» la gloire et l'empire de son maître, raynal, Hist. phil. ii, ta.

t MONARDE (mo nar-d'), ». f. Terme de botanique. Genre de labiées d'Amérique auquel appartient la nionardc fistuleuso, t.

MONARQUE (rao-nar-k'j, ». m. Chef d'une monarchie. Lorsqu'à punir son peuple un monarque s'obstine... du byer, .Scévole,i, i. Quoique doive un monarque, et dûl-il sa couronne, Il doit à set sujets cncor plus qu'à personne, corn. Pompée, i, t. Et, monarque, oubliez les différends du prince, rotrou, Venceilas, i, 3. Grande reine, je satisfais a vos plus tendre» désirs, quand je célèbre ce monarque (Charles I"], boss. Reine d^AnglH. Quelque faiblesse qu'ils [les roi»] puissent avoir, l'homme se cache, pour ainsi dire, sou» le monarque, plSch. ifine de Uont. Empêcher que Caron, dans sa fatale barque. Ainsi que le ber(;er, ne passe le monarque, moil. Art p. lit. De» éganls que le» monarques doivent à leur» sujet», montesq. Esp. xii, 28. Quoi 1 vous êtes monarr|iin, et vous m'aimez encore I volt. Ép. «9 (au roi de Prusse à son avènement au tr6oe)>

Il Fig. Une moujhe est monarque des animalcules imperceiitibles qu'elle dévore ; l'araignée est monarque des mouches, puisqu'elle les emprisonne et les mange; l'hirondelle domine les araignées; les pies-grièches mangent les hirondelles, cela ne finit point, VOLT, ift'l. litt. à JP".

— HIST. HT* ». Konarche, (felui qui un seul tient le souverain princcy, oresme, Thèse de meunier. Il IV' s. Tout ainsi que, par l'ordonnance du supernel monarche, principaultez et seigneudes sont créées et eslablies, a. CHARTiEB.Ouadri/ogue inrectif. La très noble cité du Paris, ville monarche et capital de France, Chron. addit. à la suite de Uonstrelet, f ) , dans lacurne. || xvf s. Par maintes foys, et semblables conquestes. Plus que canons, ou foudroyans tempestes, [tu] Feis estonner du monde la monarche [Rome], mahOT, iv, (25. Dessus son Ihrono est l'éternel monarque : Là haut assis il voit toui de ses yeux, in. iv, 246.

— ÉTVM. Movàf/Tic, monarque (voy. bonarchie). MONASTÈRE (nio-na-stè-r'), ». m. Édifice habité

par des moines ou par des religieuses. Et durant douze ans qu'elle fut dans ce monastère [de Faremoutiers], on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait à quoi elle était le plus propre, ou à commander, ou à obéir, boss. Anne de Coni. Si l'on vient à chercher pour quel secret mystère Alidor à ses frais bâtit un monasiire, boil. Sat. IX. Il n'y avait presque pas de livres dans les plus anciens et les plus riches monastères [de Russie], même à la condition de n'y eue pas lus, pois- TEN. Cxar Pierre. Combien d'olficiers blessés en combattant pour la patrie sont venus demaniler l'aumône, «t quelquefois inutilement, à la porte des opulents monastères fondés par leurs ancêtres ! VOLT. Polit, et législ. Lett. d'un ecelésiast.

— HIST. xiv s. Et funder abaïes, priortez, monastères, Cirart de Ross. v. 2683. || iv s. En un monastère reclus. Mes jours il me faut confiner,

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