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COTYLE

MOXOCOTYLÉDONE (mo-no-ko-ti-lé-do-n'), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un cotylédon. Les graines des plantes renferment, comme l'on sait, une ou deux feuilles séminales qui se développent aussitôt après la germination; on a donné aux premières le nom d'univalves, d'unilobées ou uionocotylédones, hesfontaines, Instit. Mém. scicnc. 1. 1, p. 478. Il S. f. Les monocotylédones, l'un des trois embranchements du règne végétal. Le lis est une monooolylédone. Les palmiers sont des monocotylédones.

— ÉTYM. Mono..., et cotylédon.

t MONOCOTYLftDONft, fiE (mo-no-ko-ty-lé-doné, née), adj. Terme de botanique. Synonyme de moiiocolylédone. Embryon monocotylédoné.

t UONOtOIVLÉDONIE (mo-Do-ko-tilé-do-nie),

MON

» f. Etat d'une plante qui n'a qu'un seul cotylédon. Il Section du règne végétal qui renferme les plantes monocotylédones.

t MONOCULAIRE (mo-no-ku-lê-r"), adj. Qui se fait par un seul œil. Vision monoculaire.

— ÉTYM. Voy. MONOCLE.

t MONOCULE (mo-no-ku-I'), s. m. Celui qui n'a qu'un œil. Saint Augustin assure qu'il a vu des monocules, volt. Oreilles, 5. || C'est un latinisme qui ne s'est dit que par plaisanterie.

— ÉTYM. Lat. wonocu'us (voy. monocle).

t MONOCULISTE (mo-no-ku-li-sf), s. m. Terme burlesque de Scarron. Celui qui n'a qu'un seul œil. Lorsqu'on voit les monoculisles [les cyclopes, qui n'ont qu'un œil au milieu du front] Venir à différentes pistes, scahron, Yirg. ni.

t MONODACTYLE (mo-no-da-kti-r),adj. || 1° Qui n'a qu'un seul doigt. || 2° S. m. Les monodactyles, nom donné par les vétérinaires aux espèces du genre equus. Il 3° Nom d'un genre de poissons acanthoptérygiens, ayant une seule espèce, le monodactjle lalciforme (psette de Commerson).

— ËTYM. Mono..., et êâxTu).o!;, doigt.

t MONODELPIIE (mo-no-dèl-f), odj. Terme de zoologie. Animal monodelphe, et, substantivement, un monodelphe, animal qui n'a qu'une matrice et manque de cette seconde et fausse matrice caractérisant les didelphes.

— ÉTY.M. Mono..., et Se^çv?, matrice.

tMONODIE(mo-no-die),»./'.l| 1° l'ermed'antiquité.

Monologue dans les tragédies. || 2" Chant exécuté par une seule voix.

— ÉTYM. Lat. niOTiodta (ouicuebat, Addenda), du grec (iovioSia, de p-ôvoc, unique, et qiS^i, chant.

t MONOliONTE (mo-no-don-f), adj. Terme de zoologie. Qui n'a qu'une seule dent.

— ETYM. Mono.. , et 68oùç, ôSovto;, dent.

t MONODYNAME (mo-no-di-na-m'j, adj. Terme de botanique. Plante monodyname, plante dont une des étamines est plus longue que les autres.

— ÉTYM. Mono..., et 5'jva|j.i;, force.

t MONOECIE (mo-nè-sie) , s. f. Terme de botanique. Classe de plantes, dans le système de Linné, qui portent des fleurs mâles et femelles séparément sur la même tige.

— ÉTYM. ilfono .., et olxîa, maison.

f MONOECIQUE (mo-nè-si-k'), adj. Qui appartient à la monœcie.

— REM. Ce terme s'emploie exclusivement dans le syslt-me sexuel de Linné, tandis que mono'iqua sert à désigner la disposition des fleurs mflles et femelles sur un même individu, indépendamment de tonte classification, legoarant.

t MONO-ÉPIGYNE (mo-no-é-pi-ji-n'), od/. Terme de botanique. Plante mono-épigyne, plante monocotylédoné à étamines épigynes.

— ÉTYM. Mono..., utépigyne.

+ MONO-Él'IGVNIE (mo-no-é-pi-ji-nie), s. f. Terme do botanique. Classe de la méthode de Jussieu qui comprend les plantes monocotylédones dont les étamines sont épigynes.

t MONOGAME ( mo-no-ga-m' ) , odj. ||1* Qui n'épouse qu'une seule femme, par opposition à polygame. Populations mono^rames. || Qui n'a été marié qu'une fois. || Sulisiaiilivoment. Un monogame. Une monogame II i° Terme de zoologie. Rspèces monogames, celles oii un mile et une femelle se réunissent pour la vie ou au moins pour une saison. Tous les oiseaux autres que les gallinacés et les palmipèdes sont monogames. || 3" Terme de botanique. Plante monogame, plante dont toutes les fleurs sont du même sexe. || 4' Terme de chimie. Corps monogame, corps dont les combinaisons s'effectuent dans le rapport d'un seul équivalent des corps qui s'unissent. L'alcool est monogame.

— ÉTYM. Lat. monogamus, de (lovofaiioç, qui vient de (jlovo;, unique, et li^ioi, mariage.

t MONOGAMIE (rao-no-ga-mie), s.f.\\i°ÈlAt du mariage où l'homme n'a qu'une femme, par opposition à polygamie. || 11 se dit aussi de riiomme ou de la femme qui garde le veuvage et no se remarie pas. Tertullicn, dans .son traité de la monogamie, parle d'une femme qui offrait [faisait dos offrandes] tous les ans le jour de la mort de son mari, FKN. t. u, p. (04. Il 2"Terine de zoologie. L'union de certains animaux chez lesquels les individus des deux sexes, ne vivant ijue par paire, témoignent une inclination individuelle l'un pour l'autre. || 3" ferma de botanique. Onlre du système de I.inné compre. nant les plantes syngénfcscsà fleurs iscilées les unes des autres et sans en.veloppo florale commune.

— ÉTYM. Lat. monogamia, qui vient de (lovo- Ya|i(a (voy. honooaue}.

MON

MON

MON

eo9

f MOXOGAMIQCE (mo-no-ga-mi-k'), adj. \\ fQui appartient à la monogamie, les sociétés monogamiques. Il 2° Terme de botanique. Dont les fleurs sont séparées et distinctes.

t MOXOGASTRIQUE (mo-no-ga-stri-k*), adj.

Terme de zoologie. Qui n'a qu'un seul estomac, tel lue l'homme, le cheval.

— ÊTYM. Mono..., etrao-ri)?, ventre.

t >IOXOGÊNÉ, ÉE (mo-no-jé-né, née), adj. Terme l'histoire naturelle. Groupes monogénés, animaux et végétaux composés d'espèces qui se ressemblent tellement, que les différents ordres ou familles ne paraissent, en quelque sorte, former qu'un seul genre.

— ÉTYM. Voy. MONOGfiME.

t MOXOGENÈSE (mo-no-je-nè-z'), adj. Terme de zoologie. Oui n'offre qu'un seul mode de reproduction, le mode par œufs ou ovules. Les espèces monogenèses. Certains trématodes sont monogenèses.

— ÉTYM. Mono..., et genèse.

t MONOGÉME(mo-no-jé-nie), s. f. Terme d'histoire naturelle. Mode de génération consistant dans la production, par un corps organisé, d'une partie qui s'en sépare bientôt et devient un nouvel individu.

— ÊTYM. Jfono..., et ^ey^,i, engendré.

t MONOGÉNIQUE (mo-no-jé-ni-k') , adj. Qui a rapport à la monogénie. || Terme de minéralogie. Se dit des roches dont toutes les parties sont de même nature.

t MONOGÉNISME (mo-no-jé-ni-sm'), j. m. Terme d'anthropologie. Système d'après lequel on admet que toutes les races humaines dérivent d'un seul couple, ou du moins d'une seule origine.

— ÉTYM. Voy. MONOGÉNIE.

t MO.VOGÉNISTE (mo-no-gé-ni-sf), i. m. Partisan du monogénisme.

+ MONOGRAMMATIQUE (mo-no-gra-maa-ti-k'), adj. Qui a le caractèredu monogramme. |j On trouve aussi quelquefois monogrammique. Encyclopédie céramique monogrammique, tfonileur, 13 juill. IS67, p. 037, 4* col.

MONOGRAMME (mo-no-gra-m'), $. m. || 1* Nom qu'on donne à la réunion de plusieurs lettres en un seul caractère, de telle sorte que le môme jambage ou la même panse serve i deux ou trois lettres différentes, tandis que dans le chiffre on peut suivre distinctement toutes les parties de chaque lettre. Il Monogramme parfait, celui qui renferme toutes les lettres d'un nom. || Clef d'un monogramme, celle de ses lettres qui est la première dans l'ordre alphabétique; seconde clef, la seconde lettre en observant le même ordre. || 2* Chiffre ou signe que les artistes apposent au bas de leurs ouvrages. || 3° S. f. Terme de botanique. La monogramme, la plus petite fougère connue, et en même temps la plus simple d'organisation, || 4* Àdj. Terme d'antiquité. Qui ne consiste ijue dans les lignes, dans les contours. Peinture monogramme.

— ÊTYM. ilono..., et ^fifuia, lettre.

t MONOGKAM.MISTE (mo-no-gra-mmi-sf), t. m. Nom donné aux artistes qui, pour désigner leurs œuvres, se sont servis d'un signe figuré, des initiales ou d'une atiréviation de leur nom, etc.

t MOXOllRAPHE (mono gra-ph'). || 1" S. m. Auteur d'une monographie. Il 2" Adj. Qui ne traite que d'un seul objet. Des ouvrages monographes.

— ETYM. Mono..., et fpiîeiv, écrire.

MOOGRAPUIE (mo-nogra-fie), ». f. Ecrit sur un

point particulier d'histoire naturelle, de médecine, d'archéologie, de philologie, d'histoire, etc. La monographie de la cathédrale de Bourges. C'est c: • ! , liantlcs chênes à toutes les époques de leur T iice, c'est en les décrivant et dessinant dans le.) ;-réts même.s, qu'on parviendra & faire une bonne monographie de leur genre, uosc, Inst. Mém. tcienc. <so7, )•• sem. p. 30».

— ETYM. Monngraphe.

t MO.NOGRAPUIQCE (mo-no-gra-fi-k'), adj. Oui appartient à une monographie; qui est du genre de U monographie.

t MO.>OOYNB (mo-no-ji-D*) ou MONOGYMQUE jmo-no-ji-ni-k'), adj. Terme de botanique. Klfur monogyne, fleur qui ne renferme qu'un seul pistil.

— ETYM. Mono..., et TÛvTi, femelle, pistiL

t MO.irOGVNIE (mo-noji-nie), ». /. État d'une Deur monogyne. || bans le système de Linné, sousdividon qui sert à faire de^ sous-classes pour toutes les plante.t qui, avec des étaminct libres et égales, ont un seul pistil.

t MO.NOllYrjRATE (mo-no-i-dra-f), ». m. Terme de chimie. Premier des hydrates d'une substance qui en forme plusieurs.

— ÊTYM. Mono..., et hydrate.

OICT. D( Là. LAMODI rRANCAi».

t MONCflYDRATÉ, ÉE (mo-no-i-dra-té, tée) , adj. Terme de chimie. Oui est à l'état de monohydrate

t MONOHYDRIQUE (mo-no-i-dri-k'), adj. ferme de chimie. Se dit d'un composé qui a une proportion d'hydrogène pour une de l'autre composant.

— ETYM.. Mono..., et hydr.... pour liydrogéne.

t MONOllYLE {mo-no-i-F), adj. Terme de zoologie. Dont le corps est formé d'une seule masse homogène.

— ETYM. Mono..., et OXyi, substance.

MONOÏQUE (mo-no-i-k'), adj. \\i' Terme de botanique. Plante monoïque, plante qui porte des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées les unes des autres, mais sur un même pied. || S. f. Le maïs est une monoïque. || 2° Terme de zoologie. Se dit d'un animal chez lequel les deux sexes sont distincts l'un de l'autre, mais réunis sur un mfime individu.

— ÉTYM. Voy. MONŒCIE.

MONOLITIIB (mo-no-li-lT , adj. Qui est d'une seule pierre. Colonne monolithe. Le bloc dont est formé le dôme octogone et monolithe du tombeau de Théodoric, a été tiré des carrières de l'Istrie, LEGRAND d'aussy, Insttt. Mém. se. mor. elvol. t. u, p. 675. Il s. m. Un monolithe. Les obélisques sont des monolithes.

— ÊTYM. MovôXiOoi;, de (tôvoc, seul, et Xt- 6o;, pierre.

t MONOLOGIQUE (mo-no-lo-ji-k'), adj. Se dit de tout ce qui a rapport au monologue. Scène monologique, scène où un personnage parle seul.

MONOLOGUE ( mo-no-lo-gh' ), ». m. Scène où un acteur est seul et se parle à lui-même. Les monologues, qui ne sont pas des combats de passions, ne peuvent jamais remuer l'âme et la transporter, VOLT. Lett. Mlle Clairon, I6 oct. 47eo. Quand il fallait, chez les ai^ciens, apprendre aux spectateurs quelque événement, un acteur venait sans façon le conter dans un monologue, id. Vie dt Molière. Chaque comédien voulait briller par un long monologue; ils rebutaient une pièce qui n'en avait point; il fallut que Corneille dans Cinna débutât par l'inutile monologue d'Emilie, qu'on retranche aujourd'hui, m. Mél. litt. Chang. arriv. à l'art trag. Jadis, quand de la scène il imagina l'art, Thespis, dit-on, créa le dialogue; Mais l'inventeur du monologue Fut probablement un bavard, delille, Convers. I. Il On dit, par extension, d'une personne qui aime à tenir le dé de la conversation et à parler longuement, en compagnie, sans être interrompue, qu'elle aime le monologue, pratique le monologue.

— ÉTYM. Movo/ôfo;, qui parle seul, de (lôvo;, seul, et îiôyo;, discours.

t MO.NOMACUIE (mo-no-ma-chie), ». f. Terme d'ancienne jurispniiience. Combat d'homme à homme; preuve judiciaire par le duel.

— HIST. XYi* s. Cheffonlaine a fait un livre sous ce titre : Chrestienne confutation du point d'honneur, sur lequel la noblesse fonde aujourd'hui ses querelles et monomachies, do vebdieh, Bibliolh.

p. (66, dans LACURNE.

— ÉTYM. Movo(i.axtaf de (lôvo?, seul, et (loiy.ri, combat.

MOXO.MANB (mo-no-ma-n'), adj. Terme de médecine. Oui est atteintde quelque moiiomanie.jl Substantivement. Un monomane. Une monomane. Depuis cette époque, une préoccupation fixe cumme l'idée d'un monomane, lui avait dicté sa conduite, CH. Ds HERNARD, Un acte de vertu, S v.

— ÊTYM. Voy. MONOMANIB.

t MONOMANIAQUE ( mo-no-ma-ni-a-k' ), adj. Qui a rapport à la monomanie.

MONO.MANIE (mo-no-ma-nie),». /■. Terme de médecine. Folie ou délire sur un seul objet.

— ÊTYM. Mono..., et manie.

fMONO.'MAQUE (mo-no-ma-k'), orfj. m. Qui aime

à se battre en combat singulier; surnom donné à l'empereur Constantin IX.

— ÊTYM. MovOtt^XOC (TOy- MONOMACmE).

HONOME (mo-nO-m'), ». m. Terme d'algèbre. Quantité algébrique entre les parties de laque lie il n'y a pas de signe d'addition ou de st-uslraction interposé, àb est un monôuie.

— ETYM. Contraction pourmononom«,demono..., et voiio;, division.

] MONOMÈRE (mo-no-mè-r'), ad/, ferme de zoologie. In-iecte monomère, insecte coléoptère, dont les tarsf's sont d'un seul article.

— ETYM. Jfono..., et inp-J;, partie.

t MO.NOMÈ TRB (mo-no-mè-lr'), ladj. Poôme monomètre, poème qui n'a qu'un mètre ou qu'une eipèce de vert. || Vers monometre, vera d'une seule mesure.

— fiTYM. Lat. monomtler, de |i^vo;, seul, tt (Utpov, mètre. |

t MONOMÉTRIQUE (mo-no-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport au monouiètre.

t MONOMPHALIEN, ENNE (mo-non-fa-liin, lièn"), adj. Terme de tératologie. Monstres monomplialiens, monstres produits par la réunion de deux sujets presque complets, qui ont un ombilic commun.

— ÊTYM. Mono..., et àaçaXô;, nombril.

t MO.NOJIYAIRE (mo-no-mi-è-r'), adj. Terme da zoologie. Coquille monomyaire, coiuille bivalvo dont chaque valve ne porte qu'une seule impression musculaire.

— ÊTYM. Mono..., et nùç, (luoi;, muscle.

t MONONEURE (mo-no-neu-r'), adj. Terme de zoologie. Qui n'a qu'un seul système nerveux. Les insectes sont mononeures.

— ÊTYM. Mono..., et veùpov, nerf.

t MONOPÈDE (mo-no-pè-d'),s. m. Celui qui n'a qu'un seul pied (mot hybride fait par Voltaire). Saint Augustin assure qu'il a vu des monopèdes, vult. Oreilles, t.

— ÊTYM. Mono..., et le lat. pe», pedi's, pied.

t MONOPÉGIE (mo-no-pé-jie), ». f. Terme do médecine. Douleur de la tête qui n'occupe qu'une partie très-circonscrite, comme le clou hystérique.

— ÊTYM. Mono..., et TiriYEi;, fixé.

t MONOPÉRIANTUÉ, ÉE (mo-no-pé-ri-an-té, tée), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs n'ont qu'une seule enveloppe.

— ÉTYM. Mono..., et périanihe.

t MONOPÉRIGYNE (mo-no-pé-ri-]i-n'), adj.

Plante monopérigyne, plante monocotylédone dont les étamines sont insérées autour de l'ovaire.

— ÊTYM. Mo)io..., elpérigyne.

tMO.NOPÉRIGVME ( mo-no-pé-ri-ji-nie ), s. f.

Nom, dans la méthode de Jussieu, d'une classe qui comprend les plantes monocotylédones périgynes. MONOPÉTALE (mo-no-pé-ta-l), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un pétale. Corolle moiiopétale. Fleur monopétale.

— ÉTYM. Mono..., et pétale.

1 MONOPÉTALIE ( mo-no-pé-ta-lie), t. f. Étal d'une plante dont les fleurs sont monopétales.

t MONOPHTUALME (mo-no-ftal-m), adj. Qui n'a qu'un seul œil.

— ÉTYM. Mono..., et of9aX(jio;, œil.

MONOPUYLLE (mo-no-fi-l), adj. Terme de botanique. Calice monopbylle, calice formé d'une seule pièce. || Plante monopbylle, plante qui ne porte qu'une seule feuille.

— ÉTYM. Mono..., et çùXXov, feuille.

t MONOPUYSISME (mo-no-fi-zi-sm), ». m. Opinion de ceux qui n'admettent iju'une seule nature en Jésus-Christ (v* siècle).

t MONOPllYSITE (mo-no-fi-zi-f), ». m. Partisan du monophysisme.

— ÊTYM. Lat. monophysita (quicherat, Adderuîa), de (lOvoiuiÎTr,;, de \i.o-ioi, unique, et yûaïc, nature.

tMONOPHYTE (mo-no-fi-t'), adj. Terme do botanique. Genres monophytes, genres qui ne renferment qu'une seule espèce.

— ÉTYM. Mono..., et çutov, végétal.

t MONOPODE (mo-no-po-r). || 1» Àdj. Terme de zoologie. Qui n'a qu'un seul pied. || 2* S. m. Terme d'antiquité, l'able à un seul pied.

— ÉTYM. Lat. monopodius, qui n'a qu'un pied, monopodium, table i un pied, du grec ixovoiroSio;, de(i6vo(, unique, et «où;, 710Ô6;, pied.

t MONOPOUIE (mo-no-po-die), ». f. Terme de tératologie. Monstruosité caractérisée par l'existcnco d'un seul pied.

MONOPOLE (mono-po-1'), ». m. Ijl- Trafic exclusif, fait en vertu d'un privilège. Qu'est-ce donc que le monopole ? c'est le privilège exclusif d'un citoyen sur tout autre de vendre ou d'.iclietor, bay» MAL, llist. phil. XIX, ». En quelque contrée que lu monopole ait eu lieu, qu'y a-l-il produit? la dévastation, ID. ib. Il Fig. Cet écrivain semble l'étre ré> serve le monopole de l'injure. || Commerce (|ue la gouvernement fait d'une seule marchandise, avec interdiction à tout particulier da a'eu mêler. Le monopole du tabac. || Adj. Dans une industrie monopole, il faut qu'une initiative éclairée réalisa, par son action incessante, les effets qui, sous le régime de libre concurrence, dérivent nalurellumeiil de la loi do l'offre et la dcmaiulu, o. uarji'hoy, Oct réformes nécess. en Uligr. tsoe, p. i. \\ 2- ITiviléga accordé à des personnes pourvues du droit exclusif d'occuper certaines places, comme les agents de change, les courtiers, etc. || 8° Fig. 11 se dit de certains droits possédés exclusivement par un petit nombre de citoyens. Dans cette constitution les droits électoraux sont un monopole de quelques privilégiés. I' 4" rouventinn iuioue entre des marchands

MON

pour accaparer et pour vendre plus cher une mirchandise. Si on ne trouvait plus i propos pour éviter touleoccasion de monopole... vauban, Ptme,p. t08. Des marcliands si accrédités feraient toutes sortes de monopoles, honteso. Esp. v, 8. || 6' Abusive- Bieni et anciennement. Imposition onéreuse établie sur les marchandises. I-a plupart des bestiaux eussent péri faute de nourriture, on mit dessus un nouveau mono()ole, st-sim. 223, 26«.

— HIST. xiv s. Quant un tout seul vent aucunes choses en une cité ou pays, c'est monopole, obesme, Thdsf rie meunier. Faire monopole d'aucunes choses vendables, ro. ib. Assemblées, unions, monopoles [intrigues] et conspirations encontre mosdis seigneurs et le bien publique, Ordonn. des rois, t. III, p. *H. Il XV* s. Pour aucunes conspirations, monopoles et conjuroisons longtemps apensées et contrepcnsées, du canoë, apensalus. || xvi" s. Quant au reste e vostre lettre qui concerne certains particuliers relirez en cette ville accusez et convaincus de crimes atroces, d'avoir fait des traittés et monopoles contre la France.... n'AUB. Vie, CXLV.

— ÉTYM.Provenç. monopoli; espagn.et ital.treonopolio; du !at. monopolium, qui vient de (lovonûXiov, do (lovo;, seul, et jiwUiv, vendre.

BK)NOP01-EUR (mo-nopo-leur), ». m. Celui qui exerce un monopole. Tous les monopoleurs qui voulurent s'enrichir des ruines de l'Éiat, raïnal, Ilist. phil. I, H.

t MONOPOLISER (mo-no-po-li-zé), v. a. \\ 1° Remettre entre les mains d'un seul. La constitution monopolisait l'éligibilité entre un petit nombre de citoyens. || S* Posséder, vendre par monopole. Monopoliser le tabac. Diderot m'a proposé la question, s'il était possible, dans un certain cas, qu'on monopolisât les blés d'une province entière, lorsque, tout emploi d'argent étant décrié, il y a de l'argent énormément dans les mains des particuliers, ga- LiANi, Correspond, t. i, p. 244. || Fig. U y a des plaisirs qu'il n'est pas donné à la fortune de s'approprier, de monopoliser pour elle seule, lamart. dans le Dict. de ixjchkz.

— ÊTYM. Monopole. Dans le xvi' siècle, on disait monopoler, mais dans le sens d'exciter toute sorte de désordres. Condorcet a dit en 4 775 monopolant, dans CHARMA, Condorcet, p. 75.

t MONGPSIE (mo-uo-psie), ». f. Terme de tératologie. Monstruosité qui consiste en la présence d'un seul œil.

— ÊTYM. Mono..., et i<)c.i;, vue.

MONOPTÈKE (mo-no-ptè-r'), arfj. || 1" Terme

d'architecture ancienne. Temple monoptère, temple rond, dont la couverture n'était soutenue que par un seul rang de colonnes, sans muraille. Les temples circulaires dont Vitruve a donné les règles n'ont rien de commun avec le Panthéon de Rome; les uns .sont ce qu'il appelle monoptères, c'est-à-dire formés d'un rang circulaire de colonnes sans mur, et n'étaient rien moins qu'obscurs, ouatbemèbe de OuiNCT, Instit. Uél. hisl. et litt. anc. t. ni, p. 4 83. Il S. m. Un monoptère. || 2° Àdj. Terme d'histoire naturelle. Oui n'a qu'une seule aile, une seule nageoire. Il S. m. Poisson du genre des gades.

— ÊTYM. MovôjtTepoi;, de (iovoç, unique, et KTepov, aile.

t MONOPTÉRVGIEN, ENNE (mo-no-pté-ri-jiin, jiè-n'), adj. Oui n'a qu'une seule nageoire.

— ÊTYM. Mono..,, et icTÉpuÇ, nageoire.

t MO.\OPTOTE (mo-no-pto-f), s. m. Terme de grammaire grecque ou latine. Mot qui n'a qu'une seule finale pour tous ses cas, comme le latin cornu au singulier.

— ÊTYM. Mono..., et izziatbi, qui tombe, qui a une finale.

+ HONOPYRËNE (mo-no-pi-rè-n') , adj. Terme de botanique. Fruit monopyrcne, fruit qui ne renferme qu'un seul noyau.

— ÊTYM. Mono..., et «vpj^v, noyau.

t MONOBCUIDE (mo-nor-ki-d'), adj. || 1* Oui n'a qu'un testicule. || SubstantivemenU Un monorchide.ll a* Terme de botanique. Plante monorchide, plante dont la racine n'offre, du moins en apparence, qu'un seul tubercule.

— ÊTYM Movopxiî, de |i«Koç, unique, et «pviç, testicule. ' '''■ '

+ MONORCIIIDIB (mo-nor-Ui-die), ». /. État de eelui qui est monorchide.

t HONORIMB (mono-ri-m), adj. Poème à couplet» monorlmet, poème qui procède par tirades sur une seule rime, comme nos anciennes cliaosons de ^tes. Il Pièces monorimes, petites pièces de fantai- ■•.oA l'on n'emploie que des ver» de même finale.

— ÏTYM. Mono..., et rim*.

MON

t MONOSftPALE (mo-no-sé-pa-l*), adj. Terme de hotanique. Calice monosépale, calice composé d'une seule pièce, au moins à la base.

— ÊTYM. Mnno..., et sépale.

t MONOSITIE (mo-no-si-tie), ». f. Terme didactique. Habitude de ne faire qu'un seul repas par jour.

— ÊTYM. Movo(jiT{a, de (iôvo;, unique, et oïtoî, aliment.

t MONOSOMIEN, IENNE(mo-no-so-miin, mic-n'), adj. Terme de tératologie. Monstres monosomicns, monstres qui n'ont qu'un seul corps.

— ÊTYM. Ifono..., et ffôiiia, corps.

t MONOSPERMATIQUE (mo-no-spèr-ma-ti-k') ou MONOSPERME (mo-no-spcr-m') ou MOXOSPER- MIQUE (mo-no-spèr-mi-k'), adj. Terme de botanique. Dont 1p fruit ne renferme qu'une seule grbino.

— ÊTYM. Mono..., et cT.ép^ia, graine.

t MONCSPERMIE (oio-no-spèr-mie), ». f. État d'une plante dont les fruits ne contiennent qu'une seule graine.

t MONOSPORÉ, RÉE (mo-no-spo-ré, rée), adj. Oui ne renferme qu'un seul corps reproducteur, en parlant des plantes cryptogames. Thèque monosporée.

— ÊTYM. Mono..., et spore.

t MONOSTACIIYÉ, ÉE (mo-no-sta-ki-é, ée), adj. Terme de hotanique. Dont les fleurs sont réunies en un seul épi.

— ÊTYM. Mono..., et (TTayù?, épi.

t MONOSTIGMATIE (mô-no-sti-gma-tie), s. f. État d'une plante dont les fleurs ne renferment qu'un seul stigmaie.

— ÊTYM. Mono..., et stigmate.

MONOSTIQUE (mo-no-sti-k'), adj. || 1» Qui n'a

qu'un seul vers. Les sentences monosliques de Ménandre. || S. m. Un monoslique, épigramme, inscription d'un seul vers. || 2" Terme de minéralogie. Cristal monostique, cristal prismatique dont la base est entourée d'un seul rang de facettes.

— ÊTYM. MovoiT-ccxo; , de (iôvoç , unique, et rciyo;, rangée, vers.

t'MONOSTO.'llE (mo-no-stom'), adj. Terme de zoologie. Qui n'a qu'une seule bouche ou ouverture.

— ÊTYM. M'ino..., et o-ioiJLa, bouche.

t MONOSTYLE (m o-no-sti-1') ou MONOSTYLÉ, ÉE (mo-no-sli-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un style. Ovaire monostyle.

— ÊTYM. Mono..., et style MONOSYLLABE (mo-no-sil-la-b'),». m.|| 1° Terme

de grammaire. Mot d'une seule syllabe. Ce n'est point une chose vicieuse en notre langue qui abomle en monosyllabes, d'en mettre plusieurs de suite, VAUGEL. Rem. t. i, p. 207, dans pol'gens. La corneille abandonna aux vents des monosyllabes prophétiques, CHATEAUBR. Génie, I, v, 7. Il Ne parler que par monosyllabes, daigner à peine s'exprimer. C'était un pharisien dédaigneux, tout au plus à monosyllabes, ST-SIM. 283, 48. ]ls ne répondent poiiil que par monosyllabes, regnard , Ménechm. i, 2. Il 2' Adj. Un mot monosyllabe. Un vers monosyllabe. Au lieu de !a lettre monosyllabe que je reçus de vous l'an passé, dans laquelle il y avait : oui, Bussy, dans sÉv. t. i, p. 3B0, éd. keonier. Cette remarque, toute monosyllabe qu'elle est, était indispensable, ST-SIM. 209, 4 02.

— ÊTYM. MovoaûXXoêoç, de piévos, unique, et avWaêii, syllabe.

MONOSYLLABIQUE (mo-no-sil-la-bi-k'), adj. Qui a rapport au monosyllabe ; qui en dépend. Il y a dans Rabelais, v, 28, une conversation de Panurge avec un frère Fredon qui ne fait que des réponses monosyllabiques. Le roi se contenta d'une simple approbation monosyllabique, st-sim. 304, 59. || Vers monosyllabique, celui qui est composé de monosyllabes comme : Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur, hac Phèdre, iv, 2.

— SYN. Le vers monosyllabi(iue est composé de monosyllabes ; le vers monosyllabe est celui qui n'a qu'une syllabe, comme ceux-ci sur la Passion, cités par Labarpe : De Ce Lieu, Dieu Mort Sort, Sort Fort Dur, Mais Très Sûr.

— ÊTYM. Monosyllabe.

t MONOSYLLABISME (mo-no-sil-labi-sm'),». m. Il !• État des langues qui n'ont (jue des monosyllabes pour racines. Le monosyllabisme de la langue chinoise. || 2° Manie de ceux qui ne parlent que par monosyllabes.

t MONOTUALAKS (mo-no-ta-la-m'), adj. Terme de zoologie. Coqudie monothalame, coquille univalve qui ne renferme qu'une seule cavité. La coquille des argonautes est monothalame, et celle des nautiles est polythalame.

— ETYM. Jfono . , et eiXauot, lit.

MON

t MONOTHfilQUE (mo-no-té-i-k*), aoj. Qui appartient au monothéisme.

t MONOTHÉISME ^mo-no-té-i-sm'), ». m. Adoration d'un seul Dieu ; doctrine qui n'admet qu'un seul Dieu. Le monothéisme des Hébreux.

— ÊTYM. Mono..., et théisme.

t MONOTHÉISTE (mono-té-i-sf), ». m. Celui qui adore un seul Dieu. Il conçoit que l'ordonnateur, le modérateur du grand tout doit être unique, parce que tout doit être régi par une seule puissance, par une seule volonté; il devient monothéiste, LEVESQUE, Insl. Mém. scienc. mor. et pol. t. III, p. 236. Il Adj. Qui concerne le monothéisme, qui y a rapport.

+ MONOTHÉLIS,ME (mo-no-téli-sm') ou MONO- TIIÉLITISME(mo-no-té-li-ti-sm'), .?. m. Doctrine qui admettait dans le Christ deux n.atures distinctes, l'une divine, l'autre humaine, mais laissant à la première toute volonté.

— ÊTYM. Mono..., et 60.eiv, vouloir.

t MONOTUÉLITE (mo-no-té-li-f), adj. Conforme au monotliélisme. Il S. m. Partisan de cette doctrine. L'hérésie des raonothélites, qui, par une bizarrerie presque inconcevable, en reconnaissant deux natures en Notre-Seigneur, n'y voulaient reconnaître qu'une seule volonté, boss. Ilist. l, 4 4.

t MONOTIIIONIQUE ( mo-no-ti-o-ni-k' ), adj. Terme de chimie. Acides monothioniques, acides du soufre qui ne renferment qu'un équivalent du radical, tels que le sulfurique, le sulfureux.

— ÊTYM. Mono..., et Oîîov, soufre.

t MONOTHYRE (mo-no-ti-r'), adj. Terme do zoologie. Coquille monothyre, coquille qui n'a qu'une seule valve.

— ÊTYM. Mono..., etOûpa, porte, valve.

MONOTONE (mo-no-to-n'), adj. \\ l» Qui est toujours sur le même ton. Parole monotone. Comme un enfant bercé par un chant monotone, Mon âme s'assoupit au murmure des eaux, lamart. Méd. i,«. Il On dit dans un sens analogue : bruit monotone. Le souffle souten-ain [d'une cascade], continu, monotone, lamart. Jocel. m, 4 17. Il 2" Par extension, acteur, orateur monotone, acteur, oraleu , dont le débit est toujours sur le même ton, sans variété. || 3° Fig. Uniforme, qui manque de variété. Une vie monotone. Je vis un marais fertile et monotone, cha- TEAUBR. llinér. \" part. Crains des bleus horizons le cercle monotone, v. nuGo, Bail. 44. || Style monotone, celui qui emploie toujours les mêmes idées, les mêmes tournures, les mêmes mots, les mêmes figures. 1, 4° Terme de peinture. Qui est égal de ton et de couleur, (lui est fade, gris, etc.

— ÊTYM. MovÔTovoc, de |ji6vo:, unique, etTovo;, ton. MONOTONIE (mo-no-to-nio), ». /. || 1° Défaut de

ce qui est monotone, dans le ton, dans la parole, dans la musique. La monotonie de sa récitation, de cette musique. La voix de la plupartde cesdéclamateurs a une monotonie perpétuelle, fén. t. xxi, p. bo. !l 2° Fig. Trop grande uniformité dans le style. Ce pocme a de la monotonie. || Terme de peinture. Uniformité, égalité de ton ; reproduction ennuyeuse des mêmes lignes, des mêmes figures, des mêmes masses. || 3° Fig. Manière toujours la même de vivre, de sentir. Sa vie est d'une monotonie ennuyeuse. J'aime la monotonie des sentiments de la vie, CHATFAUB. René.

— ÊTYM. Monotone.

t MONOTRÈME (mo-no-trè-m") , ndj. Terme de zoologie. Qui n'a qu'une seule ouverture pour émettre le sperme ou les œufs, l'urine er les excréments.

— ÊTYM. Jfono..., et Tfiiija, pertuis.

tMONOTRIGLYPUE (rao-no-tri-gli-r), S. m.

Il !• Terme d'architecture. Espace de la largeur d'un triglyphe, entre deux colonnes ou deux pilastres. Il Àdj. Portique monotriglyphe, portique dont les colonnes sont tellement .serrées qu'il n'y a entre deux, que l'espace nécessaire pour y placer un seul triglyphe.

— ÊTYM. Ifono..., et triglyphe.

tMONOTROPÉES (mo-no-tro-pée), 1. f. pi. Famille de plantes voisines des éridinées et semblables aux orobanches par leur port extérieur et leurs feuilles réduites à de simples écailles incolores; le nom du genre type est nionolropo.

t MONOTYPE (mo-no-ti-p'), adj. Terme d'histoire naturelle. Genres monotypes, genres dont le» espèces ont entre elles des rapports qui en font un groupe bien distinct.

— ÊTYM. Jtfono..., et type.

t MONOXYLE (mo-no-ksi-l'), od;'. Se dit de certaines barques faites d'une seule pièce de boi». Canot monoxyle. || 5. m. Un monoxyle.

— ÊTYM. Jfono..., et tOXov, bois.

MON

t MONOZOÏCnrÉ (mono-zo-i-si-té), t. f. Terme de zoologie. Caractère des animaux qui sont monozoîques.

+ MO.NOZOÏQUE ( mo-no-zo-i-k') , adj. Terme d'histoire naturelle. Animaux monozoiques, animaux dont les individus sont isolés et vivent hors de l'état d'agrégation.

— ÊTVM. Jtfono..., et Çùiov, animal.

MONS (mons'), s. m. Abréviation du mot moniteur, qui est familière ou méprisante. Le fils de Sommery n'avait pas honte de dire devant des gens ^ui avaient au moins le sens commun : le pauvre Bons Turenne me disait.... st-sim. 71, 471. Nous /avons rien à nous dire, mons de Lépine, j'ai affaire et je vous laisse, mariv. le Legs, se. 3. Une conscience I là, regardez-moi un peu sans rire, si vous le pouvez, mons Dumont, la conscience d'un intendant ! sau.iin, les Mœurs du temps, se 8. Mais mons ton fils, le sieur de Fierenfat, Me semble avoir un procédé bien plat, volt. Enf. prod. i, t . Mons de Louvois nous envoie de tous côtés des jésuites et des dragons, id. l'Ingénu, viii. Vous êtes, mons Picard, trop parleur avec moi, al. bvvm, Manie des grands, l, 7. Parlez donc, mons Krise-Pavets, savez-vous bien ce que vous venez de dire? babœuf, Pièces, I, 2H. Il Ce mot est pris dans le sens sérieux quand les rois parlaient aux archevêques et aux évéques : Mons l'archevêque. Ils ne leur disaient ni monsieur, ni monseigneur.

— Etym. Forme qui provient sans doute de ce que dans les anciens actes on trouve souvent mons. en abrégé pour monsieur ou monseigneur.

MONSEIGNEUR (mon-sè-gneur; au xvi' sKcle, Palsgrave dit, p. 66, qu'on prononçait monseinieur), s. m. Il 1° Titre d'honneur qu'on donne aux personnes d'une dignité éminente, et qui signifie mon seigneur, mon maître. Le monseigneur de France n'est pas la même chose que le monsignor d'Italie; en ce pajs-là il ne présuppose pas nécessairement infériorité en celui qui le donne; ....le mot de monseigneur n'est pas si vulgaire en ce royaume [France] , où l'on ne s'en servait point de vive voix sous le règne des rois derniers morts, et avant que le cardinal de Richelieu fût venu changer les choses du monde; dans les lettres nous ne le devons pas seulement aux princes, aux ducs et pairs et aux officiers de la couronne, mais aussi, à mon avis, aux gouverneurs des provinces ou nous faisons notre résidence ; ....M. de Kacan fut le premier qui me mit du scrupule dans l'esprit et qui me remontra que la dignité d'évèque ne devait pas être moins respectée par un vrai chrétien que celle de duc et pair par un naturel français; sa remontrance me sembla fondée en raison, et nous résolûmes lui et moi de donner, à l'avenir, du monseigneur à tous les évoques, sans excepter l'évêque de Bethléem, quoiqu'il logeât dans un trou d'un collège de Paris, quoiqu'il allât à pieds par les rues, quoiqu'il fût lui-même son aumônier, BALZ. Dissert, critiques, vu. Monseigneur, je prends avantage de ma témérité, corn. Clilandre, ÉpUre au duc de Lonyueville. Monseigneur, nous vous sommes bien obligés. — Monseigneurl oh! oh! monseigneur! attendez, mon ami, monseigneur mérite quelque chose ; et ce n'est pas une petite parole que monseigneur; tenez, voilà ce que monseigneur vous donne, mol. ISourg. gent. II, 9. Il Le monseigneur, le titre de monseigneur [Il y eut une dispute à la cour de Louis XIV en *a75, pour savoir si on devait !aux maréchaux de France le monseigneur en écrivant; la question fut tranchée en faveur des maréchaux] Après cela j'ai parlé du monseigneur : Ah! mon Dieu, maiame, m'a dit .M. de Pompone, au nom de Dieu! que M. de Grignan se garde biea du monsieur; il ferait mal sa cour; le roi s'en est expliqué sur le su- 'jet du marquis d'Ambres ; il sera tondu ; le maréchal de Grammont conte en son langage que le coiiilede Guiche n'était pas un misérable sans naissance, sans dignité, et que jamais il n'a marchandé le monseigneur à aucun maréchal de France, sp.v. <* août ii>76. Il Moiiseigneur se dit en parlant d'un homme qui a droit à ce titre. Monseigneur est absent. Souvent, à pleines mains, d'Orval sème l'argent; Parfois, faute du fonds, monseigneur est marchand, oilb. Ifi* tiicle. Il I.es évéques aujourd'hui se traitent réciproquement de monseigneur, ukcailli£res, iIVo. Jo dtnai il y a qucl<|uvs jours chez H. Poncba.'train : il fit beaucoup de railleries assez aigres sur le mon.seign<!ur que le» évéques se donnent, MAiNTKNO», Utl. au cardin. deSuaiUes, ix oct. irtSs. Aujourd'hui on dit monscignrur en parlant à un évi'Mjue, ou d'un évé'jue. || Monseigneur de Paris, l'archevêque de Paris, Monseigneur de Chlluns, etc.

Autrefois on disait monsieur de Paris; monsieur de Blois, l'évêque de Blois, etc. jj 2" Messei^neurs, pluriel de monseigneur, titre dont on se sert en parlant ou en écrivant à plusieurs personnes qui ont droit au titre de monseigneur. || 3° Nosseigneurs, autre pluriel de monseigneur, dont on se servait principalement dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement, et autres cours souveraines. Au roi et à nosseigneurs de son conseil. Nosseigneurs du parlement l'ont mieux traité [l'auteur de la Philosophie de la nature], parce qu'ils ont eu peur du cri public, d'alemb. Lelt. au roi de Prusse, 28 juill. 1777. Il On dit aussi aujourd'hui nosseigneurs les évoques. Il 4° On dit monseigneurs au pluriel quand on n'adresse pas la parole aux grands personnages et qu'on veut seulement marquer leur dignité. ....Les simples monseigneurs N'étaient d'un rang digne de ses faveurs, la pont. Courlis, amour. n 5° Monseigneur, le Dauphin, fils de Louis XIV (on met une majuscule). Le seul enfant de ce mariage de Louis XIV qui vécut, fut Louis Dauphin, nommé Monseigneur, né le premier novembre losi, mort le H avril 17H, VOLT. Louis IIV, Enfants. || 6» Terme d'argot. Espèce de levier pour forcer les serrures.

— KEM. 1. On dit: Monseigneur, Votre Altesse.... et non : Votre Altesse, Monseigneur.... || 2. On écrit souvent par abréviation Mgr. || 3. La qualification de monseigneur n'a pas de limite bien tracée, ou du moins elle en change suivant les temps. Aujourd'hui on la donne aux princes de la famille impériale, aux évéques, aux maréchaux.

— HiST. XIII* s. Quant aucuns cas avient de monsegneur le conte contre seshomés, beaum. lxvii, i8. Il XVI* s. Tous ceulx qui liront cette .histoire entendent que celuy que je nomme monseigneur, c'est monseigneur d'Orléans ; car en ce temps là lui appartcnoitil d'estre ainsi appelle, jean de st-gelais, Uist. de Louis XII, p. 52, dans lacurne,

— ÉTVM. Mon, et ieigneur.-provenç. inonscgnor; espagn.monseHor; ital. monsignore. Dans l'ancienne langue, messire était le nominatif, et monseigneur, le régime.

MO.N'SEIGNECRISË, ÉE (mo-sè-gneu-ri-zé, zce), part, passé, de monseigneuriser. M. Jourdain monseigneurisé dans Molière par les garçons du tailleur.

MOSSEIGSEURISER (mon-sè-gneu-ri-zé) , v. a. Terme qui ne se dit que par plaisanterie. Affubler du titre da monseigneur. Irai-je, adulateur sordide, Encenser un sot dans l'éclat, Amuser un Crésus stupide. Et monseigneuriser un fat? grksskt, la Chartreuse. || Se monseigneuriser, t'. réjl. Se traiter réciproquement de monseigneur. Étant allé voir un évêque de mes amis, et ayant appris qu'il y avait d'autres évéques avec lui, ja demandai ce qu'ils faisaient : ils se monseigneurisent , me répondit assez pliisamment un de leurs laquais, cailliêres. Mots à la mode, Convers. 2, dans pougens. Tout le monde se moque d'eux [des évftiiu. s], et on riait de ce qu'ils s'étaient monsoigneurisés, st-sim. 227, 46. Non-seulement les évoques ne se monseigneurisaient pas, mais ils ne donnaient point du monseigneur aux cardinaux, volt. Dict. phil. Cérémonies.

— ÉTYM. Monseigneur.

MONSIEUB (mo-sieu, OU souvent aussi me-sieu ; l'r ne se lie jamais : mo-siou et ami ; monsieur rime avec le» mots en eur, mais c'est une rime qui n'est «[ue pour les yeux et qui doit être bannie; car on prononce toujours mosieu);au pluriel, MES- SIEURS (mè-sieù; Vs se lie : mè-sieu-z et amis), s. m. Il 1° Titre qui, avant la Uévolution, ne se donnait qu'à certaines classes de la société. Exercezla, monsieur, et gouvernez le prince, corn. Cid, i, 6. Monsieur, on tient conseil, et le roi vous demande, hotr. Antig. I, B. Il me déplaît par trop d'être le rat de cave do mon frère et de lo voir monsieur, nANCouRT, Helr. dei ojf. se. a. Ils l'appelèrent monsieur dans la conversation; le bonhomme, à ce terme, se retourna, s'imaginant qu'il» parlaient à quelqu'un qui venait et qu'il no voyait pas, maiu- VAiJX, Pays. parv. t" part. Il |lo duo d'Orléai:sj no s'oppo.sapointà l'habitude que lo parlement avait prise de l'api^eler toujours inonsiour, tandis qu'il écrivait au chancelier monseigneur, et tandis que tous les corps do la noblesse des états provinciaux donnaient le titre de monseigneur au régent, volt. Ilisl. pari. ch. hix. || Un petit monsieur, un enfant d'une classe où se [>orte le titre de monsieur. Knfcrmez un petit monsieur et un jietit paysan dans une chambre... >. i. Houss. ^m. il. || Faïuillèrcment. Il fait lo monsieur, il fait bien le monsieur, il fait l'homme de conséquence. Uicalât les devoirs, les

affaires, un bagage à porter m'ont forcé de faire le monsieur et de prendre des voitures, J. i. houss. Confess. ii. || Monsieur de, avec un nom de ville, se disait de l'évêque du diocèse dont cette ville est la capitale. Monsieur de Condom, monsieur de Meaui, noms successifs de Bossuet (au lieu de monsieur, on dit aujourd'hui monseigneur). Ce que je sais en général du clergé, c'est qu'ils ont beaucoup paru cette année ; et ils ont traité le pape, comme monsieur de Rome, fort familièrement, sÉv. 453. Pourquoi monsieur de Meaux ne dit-il mot? maintenon, Letl. au card. de Nouilles, to mars 1702. Il sera libre aux archevêques et évéques d'ajouter à leur nom le titre de citoyen ou celui do monsieur; toutes autres qualifications sont interdites, Art. XII des articles organiques [Concordat). \\%' Le pluriel est messieurs. Je vous respecte trop, vous et messieurs vos parents, pour être amoureux de vous, mol. CD. I, 8. Il Des messieurs, des hommes d'une classe où se porte le titre de monsieur. On ne souffre pas qu'ils deviennent des messieurs, J. j. rolss. llél. vi, 10. Xous ne prétendons pas être traités en messieurs, ID. Ém. m. Il Messieurs se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. Il [le roi de Prusse] appelle M. de Morival [condamné dans l'affaire d'AbbcviUe] auprès de lui.... cela vaut mieux, ce me semble, que d'aller se mettre à genoux à Paris devant messieurs, et de leur avouer qu'on est un impie qui vient faire entériner sa grâce, volt. Lett. d'Alembert, 7 juill. 1775. De sorte qu'encore aujourd'hui l'émétique demeure proscrit par un arrêt [du parlement], et que M. Silva [célèbre médecin d'alors] ne laisse pas d'en ordonner à messieurs, quand ils sont tombés en apoplexie, ID. Lett. la Condamine, 22 juin 1734. Voilà nos messieurs du parlement qui recommencent leur train, d'alembert, Lelt. au roi de Pr. 23 févr. 4776. Il On dit aussi messieurs d'autres compagnies que les anciennes cours souveraines de France. Je ne pouvais espérer que messieurs de Berne reconnus» sent ouvertement l'injustice qu'ils m'avaient faite, J. J. Rouss. Confess. xii. Je fus condamné dèc l'heure dans l'esprit de messieurs, dès que l'homme du roi m'eut appelé pamphlétaire, p. L. cour. Pam» plilet des pamphlets. || Au xvii* siècle, messieurs da la religion réformée, les ministres protestants. Après plus d'un siècle de contestations avec messieurs do la religion prétendue réformée, boss. Expos, doclr. calh. I. Il Ces messieurs, au xvii* siècle, en parlant des solitaires de Port-Royal. Elle [la mère Angélique] demande qu'est-ce qu'on a servi aux capucins, quel pain et quel vin on leur a donnés? la tourière lui répond qu'on leur adonné du pain hl.inc et du vin de» messieurs, rac. Letl. à l'auteur des Hérésies imaginaires. Il 8° Titre de simple civilité qu'on donne depuis longtemps par bienséance à un homme à qui l'on parle ou de qui l'on parle. Oui, monsieur. Cette lettre, monsieur et cher confrère, est pour.... Cher monsieur, Mon cher monsieur, se met en tête de lettres adressées à des personnes avec qui on a une liaison assez intime. Je vous prie, messieurs.... Messieurs le, membres du Corps législatif. || On ne donne point le nom de monsieur aux auteurs ijui sont morts il y a déjàquolque temps; ainsi onditAmyot, du Bartas, Ronsard, et non pas monsieur Amyot, ■ monsieur du Bart.as, monsieur Ronsard, vauof.l. Rem. rtot. Th. Corn. t. i, p. 208, dans polgens. Au lieu de dire rustiquement, mon père, comme le menu peuple, on dit monsieur, cela a plus de dignité. MAHiv. Pays. parv. i" part. Jo dis toujours le grand Corneille, qui a pour nous lo mérite de l'antiquité, et je dis monsieur Racine et monsieur Despréaui, parce qu'ils sont presque mes contemporains, volt. Aux aul. nouv. Parnasse. C'était un ordre de monsieur son père de faire venir monsieur son fil» k Paria, ID. Jeannol et Colin. Après ma mort, toutes ce» inepties deviendront autant de faits incontestables, parce que monsieur l'un et monsieur l'autre, et madame cellft-ci et mademoiselle celle-là, tous gens da la plus haute probité, les auront attestées, j. j. houss. Lett. à M. de SI Germain. 20 févr. )77o. || Ces messieurs, les gens dont on parle. Je priai qu'on fit venir un chirurgien : il y a de ces messieurs-là dam tous les quartiers, mariv. Pays. parv. 6* part. Voltaire... écrivait : 0 sage.sse du ciel, je te crois trèsprofonde; Mais à ([uels plats tjrans as-tu livré la monde? et dans une proso non moin» édifiante . « Le» fidèles sujets qui combattent pour ces in sieurs-là [les rois], sont de leriiblcs imbéciles», j.dk Mkisjm, Curresp. St-Pélersbourg, isii. Tandis que tout Paris (dans les journées de juillet] se joncliait do merveilles. Ces messieurs tremblaient dans leur peau. Auo. BARBIER, lambct, Curt^e. || Donner le

MON

monsieur à quelqu'un, le traiter de monsieur, ne pas le nommer tout court sans faire précéder son nom <le monsieur. U [Ungleviel] parle de messieurs de Maurepas, Chauvclin, Machault, Berrier en les nommant par leurs noms sans y mettre le monsieur, et il en parle avec un ton d'autorité qui fait rire volt. Dict. phil. Qaisquù, Langleviel. \\ Mon bon' monsieur, se dit à quelqu'un avec un ton de Batterie, mais familier. Mou bon monsieur, Apprenez que tout natteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute, LA FONT. Fabl. i, a. Il 4' Monsieur sert encore à désigner tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. 11 est venu un monsieur vous demander. Faites entrer ce monsieur. Je la vis hier dans le bois de Vincennes, en grande conversation avec un monsieur que je ne connais point, lut'TERocHE, le Coch. 2. J'ai trouvé, en arrivant ici, un petit jeune monsieur que j'ai vu quelquefois avec vous, dancourt, Saison de eamp. se. 2».||0n le dit aussi au pluriel en cet emploi. Les deux messieurs Thomas. Que celte lettre soit commune aux deux messieurs qui ont eu la bonté.... J. t- Rouss. Lett. à Meuron, 23 mars t78B. X propos de la bibliotlièqud, ne sachant le nom des messieurs qui en sont chargés... in. ie((. d j»/ou/(ou, 35 avr. 4 762. Il C'est un beau monsieur, il est élégamment velu. Il Par atitiplirase, un beau monsieur, un homme qui déplaît, qui est insupportable. Et que nous ne puissions à rien nous divertir. Si ce beau monsieur-là n'y daigne consentir, mol. Tart. I, <. Il Familièrement. C'est un vilain monsieur, c'est un homme difficile à vivre, d'humeur maussade, ou qui fait quelque chose de répréliensible. Il Un gros monsieur, un homme fort à son aise. Femmes, filles, valets, gros messieurs, toi(t enfin, Allait, comme autrefois demander son destin, la FONT. Fabl. vil, <5. Ceux [les parents] du loup, gros messieurs, l'ont fait apprendre à lire, lo. ib. xu, 17. Mon fermier du Buron, qui est un gros monsieur, qui a part dans les fermes, sÉv. 698. Tous les plus gros messieurs me parlaient chapeau bas, b»c. Plaid, i, *. || 5° Monsieur se dit, par les domestiques d'une maison, du chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti. Ah I remets-toi promptement en la même posture, c'est encore noire monsieur, halteboche, Crisp. mééec. ii, *. Notre monsieur va toujours mal vêtu; cela fait mal juger de ses aflain^s, BBUETS, Àvoc. Patel. I, !s. Prie monsieur, de ma part, de passer un moment ici, beaumarcu. ifère coupable, IV, to. || Absolument Le maître de la maison, dans la bouche d'autres personnes que les domestiques de la maison. Monsieur est-il chez luiî je voudrais lui parler. || 11 se dit aussi par une femme qui parle de son mari à un domestique. Avertissez monsieur que le déjeuner est servi. || Souvent, aujourd'hui, dans la bourgeoisie, une femme dit monsieur en parlant de son mari à d'autres qu'à des domestiques; c'est mal dit et désagréable. Il 6° Monsieur se dit par mauvaise humeur ou par reproche en parlant de quelqu'un. Je fais ce que je peux et monsieur se fâclie. Monsieur ne songe à rien, monsieur dépense tout, Monsieur court, monsieur se repose.... Elle en dit lant, que monsieur à la fin Vous la renvoie à la campagne, la pont. Fabl. vu, 2. De le frapper je suis las ; Mais dans ses dents monsieur gronde.... bEkano. ilallre d'école. || Il se du aussi, dans des reproches, dans la colère, à quelqu'un de la famille qu'on n'a pas l'habitude d'appeler monsieur. Monsieur mon fils, par quelle aventure est-il mention de vous dans tout ceci'? reunahd. Sérénade, 8. Il 7* Par mépris, mon petit monsieur. Que veut donc ce petit monsieur? Hais, mon petit monsieur, prenez-lo un peu moins haut. — Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut, mol. UU. l, 2. Ma foi, j'aurais ]Oué ce petit monsieur l'auteur, qui te mêle d'écrire contre les gens qui ne songent pas à lui, 10. l'Impromptu, S. Ils [les séducteurs] courent de conquête en conquête; ce» petits messieurs ne sa croinnt de mérite qu'à proportion de leur perfidie, lahottb, jragni/ïf/ue, ii, 2. Je suis persuadée qu«! ce petit monsieur-la ne vous convient ooint, mariva'jx, Faxui. eon/id. ii, « i . Uame I vous l'avez appelé petit monsieur ; et un p.;iii monsieur c'est justement et à point un freluquet, lu. le Préj. vaincu, te. 8. ||8' Monsieur se joint quelquefois à un terme d'injure. Ce n'est pa» ce que je vous dis, m insieur le à)t. || »• Monsieur employé absolument', l'aîné det frère» du roi (avec une majuscule). Mon rang et ma beauté Ile frère de Louis XIV encore enfant] partout se font connaître ; Et, peiii que je •ois, je ne laisse pat d'être Tout le plu» grand Monaieur qui toit, whsibaok, BalUtdela nuil, i" part.

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7* entrée. Que dites-vous du mariage de MonsiourT... vous comprenez bien la joie qu'aura Monsieur d'avoir à se marier en cérémonie, sÉv. 76, Je loue madame de Chaulnes d'avoir appris l'amitié à Monsieur,; c'est une science que les personne» de l'élévation de Monsieur n'ont pas le bonheur de connaître, id. 3 févr. 1696. || 10" Terme de verrerie. Nom donné, comme par excellence, aux gentilshommes de race verrière, qui avaient seuls le privilège de travailler au verre, sans déroger. || 11" Titre qu'on donnait aux saints dans le moyen âge. Où l'oraison de monsieur saint Julien X Renaud d'Ast produisit un grand bien, la font. Orais. Il 12° Prune de Monsieur (avec une majuscule), sorte de prune ronde d'un beau violet. || Nom d'une nuance de la couleur violette. Des robes prune de Monsieur. || On dit aussi monsieur, par abréviation, pour la prune et l'arbre qui la produit ; alors il fait au pluriel des monsieurs et non des messieurs. Ce monsieur produit beaucoup de fruit. Ces monsieurs sont excellents. || Proverbe. Monsieur vaut bien madame, ou madame vaut bien monsieur, se dit pour exprimer que le mari et la femme se valent, ordinairement en un sens ironiiiue, signifiant que l'un ne vaut pas mieux que l'autre; et fig. quand on soutient que deux personnes sont d'un mérite égal, ou même que l'on compare deux choses. 11 ne faut point douter qu'on ne dise de lui et d'elle, que madame vaut bien monsieur, scarr. Lett. Œuvr. t. i, p. <64. Donc, à votre calcul, 6 ma très-digne femme. Monsieur, tout bien compté, ne vaut pas bien madame, MOL. Sgan. e.

— REM. 1. Monsieur et cher cousin, etc. en têle d'une lettre ne vaut rien ; il faut dire monsieur mon cher cousin ou bien monsieur tout court, de cail- LIÈRES, 4600. Aujourd'hui on dit: Monsieur et cher cousin, et formules analogues. || 2. On écrit souvent par abréviation M* ou M. pour monsieur, et M'' ou MM. pour messieurs.

— HlS T. xiv* s. Si com Avicence la mist p'anatomie], et si com el pot [peut] mix [mieux] estre estraite de lui par moi et par aucuns messieurs, h. uk M0NDEviLLF,,f°4. ||xv's. Estes VOUS point, à cause de vos vaillances et que l'on vous dit monsieur et de nouvel chevaher,chan^'ié? Petit /. deSaintr^, p. soo, dans LACtiRNE. Plus grands monsieurs qu'ils ne font, te ibjoyesdumariage,p. 97,daiisLAcuBNE. ||xvi's. Le roy François l'aimoit fort, et estoit de ses grands favoris; si que, voulant un jour un peu abuser de cette faveur, il se mit à appeler le roy monsieur, ainsi que faisoit M. de Vendosme; mais le roy luy dit que c'estoit tout ce qu'il pouvoit permettre à M. de Vendosme son aisné, et qu'il ne le voiiloit pas permettre au puisné.... brant. Cap. franc, t. i, p. 370. Il faut noter de lui [M. de Brissac], qu'en Piedmont, parmy sa grandeur et ses grands respects, jamais par tout il ne se fit appeler monsieur sans queue, comme nous avons veu plusieurs en France qui, abusans un peu de leurs grandeurs, permettoient fort bion, voire le commandoient, qu'ils ne fussent appelez que monsieur simplement en leurs gouvernements, id. ib. t. ii, p. soi. 11 n'y a presque gentilhomme de la France, qui ne pensast avoir fait tort à sa noblesse, s'il n'estoit appelé par ses enfans monsieur, au lieu de ce doux nom de père, pasquier, Bech. livre viii, p. 670, dans LACURNE. Encore mettons-nous en usage ce mot de monsieur pour les princes d'une façon particulière , car jamais nous n'appelons un prince monsieur, cela est pour le commun des gens de remarque; mais, si nous les appelons par leurs propres noms, nous en usons en ceste façon : François monsieur duo d'Alençon ; Henry monsieur prince de Condé, ID. ib. viii, p. 670. Ainsi s'en va Ledict valet... Et vous laissa monsieur dormir son saoul, Qui au resveil n'eut sceu finer d'un soûl : Ce monsieur-là, sire, c'estoit moi-mesme, marot, ÉpUre au roi. Monsieur de trois au boisseau ou de trois à une espée, coTORAVB. Aujourd'hui monsieur, demain mouschcur, id. k la journée de Serisolles, monsieur d'Anguien essaya deux fois de se donner de l'cspée dans la gorge, désespéré de la fortune du combat qui se porta mal à l'endroict où il estoit, hont. ii, st.

— Etym. Won, et tieur. Steiir est une forme contracte de seigneur; monsieur signifie donc proprement monseigneur ; c'est pour cela que, parlant des saints, des princes, on disait : Monsieur saint Julien , François monsieur [c'est-à-dire monseigneur] duc d'Alençon. Monsieur est le régime dont messire est le nominatif,

1. MO.NSTRK (mon-str'), ï. m. || 1" Corps organisé, animal ou végétai, qui pi°ésente une conformation innolite dans la totalité de ses parties, ou seulement

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dam quelques-unes d'entre elles, tes neurs doublai sont des monstres. Cette femme est accouchée d'un monstre. Les miracles sont plus rares que les monstres, BALZ. liv. I, lett. 4t. On peut réduire en trois classes tous les monstres possibles : la première est celle des monstres par excès; la seconde, des monstres par défaut; et la troisième, de ceux qui le sont par le renversement ou la fausse position des parties, buff. Suppl. à l'hist. natur. Œuvrts, t. xi, p. 4 1 0. La plupart des monstres le sont avec symétrie, le dérangement des parties paraît s'être fait avec ordre, id. Hist. anim. ch. xi. M. Lemory soutenait que la formation des monstres était due uniquement à des causes accidentelles qu'il assignait, et qu'il savait employer avec beaucoup de sagacité et d'esprit, BONNET, Consid. corps organ. Œuvres, t. VI, p. 447, dans pouoens. M. Wiiislow laissait là tout cet attirail d'explications physiques, et, le scalpel à la main, il prétendait trouver, dans certains monstres, des preuves incontestables que leur for« mation était due uniquement à des œufs originairement monstrueux, id. ib. || 2° Les êtres physiques imaginés par les mythologies et par les légende», dragons, minotaures, harpies, divinités à formes étranges, etc. Les Centaures étaient des monstres. La Chimère était un monstre. Polyphème était un monstre. Vous adorez en vain des monstres impuissants, CORN. Poly. m, s. Tous les monstres d'Egypte ont leurs temples dans Rome, id. ib. iv, 6. Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont donné le droit de faillir comme lui [Thésée], nue. Phèdre, i, 4. L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux Parmi des flois d'écume un monstre furieux, id. ib. v, a. La tête d'un homme sur la corps d'un cheval nous plaît; la tête d'un cheval sur le corps d'un homme nous déplaira ; c'est au goût à créer des monstres, diuerot, Pensées sur la peint. Œuvres, t. xv, p. 4 76, dans pougens. || 8" Par assimilation, les êtres allégoriques auxquels on donne soit des formes étranges, soit dos inclinations malfaisantes. Cependant cet oiseau qui prôno les merveilles. Ce monstre composé de bouches et d'oreilles, La renommée... boil. Lutr. u. Et lo barreau n'a pas de monstres si hagards Dont mon œil n'ait cent fois soutenu les regards, id. ib. m. Il y a deux monstres qui désolent la terre en pleine paix : l'un est la calomnie, et l'autre l'intolérance; je les combattrai jusqu'à ma mort, volt. Mél. lilt. Réfut. d'un écrit anonyme. || 4° Par exagération, les animaux d'une grandeur extraordinaire. || Poéliquement. Les monstres des forêts, les bêtes féroces qui habitent les forêts. Croit-on que dans ses flancs un monstre m'ait porté? rac. Phèdre, a, 2. || Fig. L'Américain farouche est un monstre sauvage Qui mord en frémissant le frein de l'esclavage, volt. Aix. i, 4. I! Monstres marins, les grands cétacés. {| Par extension. On a servi des monstres sur cette table, on y a servi des poissons d'une grandeur extraordinaire. Mais enfin il les sut engager X lui servir d'un monstre [poisson] assez vieux pour lui dire Tous les noms des cherchours de mondes inconnus, la font. Fabl.wm,». ||5°Fig. Un monstre, une chose dont on s'effraye. La Mousse [à propos d'un projet de voyage en province) a été un peu ébranlé des puces, (les punaises, des scorpions, des chemins et du bruit qu'il trouvera peut-être ; tout cela était un monstre dont je me suis bien moquée, sÉv. Hjuill. 467i. Cette timidité, en nous montrant sans cesse des monstres où il n'y en a pas, t. j. rouss. Hél. VI, 7. Il Faire un monstre d'une chose, la représenter comme dangereuse, pénible, etc. El puisqu'elle vous blâme, et que sa fantaisie Lui fait un monstre affreux de votre jalousie, mol. D. Gare. IV, C. Vous lui faites sans cesse un monstre de l'amour, th. co«n. Baron d'Albikrac, m, 4. || Se faire un monstre de (|uelque chose, s'imaginer qu'une chose est très-pénible, très-difficile. Il n'y a point de faute aussi pardonnable qu'une sensibilité comme la mienne; ne vous en faites donc point un monstre, Marianne, ajouta-t-il, en pliant le genou devant moi, MARIVAUX, Uarianne, part. a. |i .Se faire de» monstres de tout, s'exagérer les difficultés do toute chose. Une mère peu éclairée se fait dus monstre» de tout, J. J. Fouss. Ilél. v, 3. |{ 6" Kig. Par analogie et par transition du physique au moral, personne cruelle, dénaturée, ou remarquable p;ir quelque vice poussé à l'excès. T'ai-je peint ces tristes Tjsiphone» [lesfemmosqui haïssent leurs enfants], Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont point les lionnes? hoil. Sat. X. Caligula, Néron, Monstres dont à regret je cite ici le nom, rac. Uérén. ii, a. Monstre (|ii'a trop longtemps épargné lo tonnerre, i». Phèdre, IV, 2, Un passe pour un monstre quand on manque

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de reconnaissance, fén. Tél. iviii. Ah 1 je suis un monstre à vos yeux, genlis, Thédt. d'éduc. les Faux omt'i, II, < 1. Quels monstres le hasard rassemble «DUS nos yeux ! Tibère et Néron se regardent, BTAEL, Corinne, xiii, 4. || Il se dit, par antiphrase, de quelque qualité qui nous cause autant de peine que ferait un vice. Une femme constante est un monstre nouveau Oue le ciel a produit pour être mon bourreau, destocches, l'hil. marié, m, 6. || Monstre s'est dit, par esprit d'intolérance, des hérétiques, des infidèles et des athées. Un Spinosa, ce monstre, qui après avoir embrassé plusieurs religions, finit par n'en avoir aucune, mass. Carême, Doutes. Le monstiel il [Galilée] ose prouver que c'est la terre qui tourne, VOLT. Philos. Disc. Ilelleguier. Julien [l'empereur] est sobre, chaste, désintéressé, valeureux, clément; mais il n'était pas chrétien ; on l'a regardé lonjçtemps comme un monstre, id. Dict. phit. Julien. Il Populairement, dans le même sens, un monstre de nature. Ce doit être un monstie de nature, hac- TEBOCHE, Esp. foll. i, ). ||0n a dit dans un sens analogue : des monstres de la société, des monstres qui outragent la société. 11 faudrait que ce fussent des monstres de la société, s'ils ne trouvaient pas en eux-mêmes les sentiments nécessaires à cette société, volt. Traité de métapliysique, ix. Il C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, de cruauté, etc. se dit d'une personne qui montre une noire ingratitude, qui e.st d'une sordide avarice, etc. Sors donc de devant moi, monstre d'impiété, rac. .\thal. m, 6. Deux fils [d'Hircan] qui étaient des monstres de perfidie, d'avarice et de cruauté, votr. Philos. Sommaire de l'Hist. juive. lî Monstres d'hommes, hommes remarquables par leur méchanceté. Quelques monstres d'hommes tels qu'ont été un Diagore mélien, un Évhemère tégéate , et un Théodore cyrénien, qui ne voulaient pas même reconnaître une cause première, lamothe le VAYER, Vertu des païens, i, Observ. sur let trois états. Il Monstre se dit aussi, par exagération et par plaisanterie, d'une personne à qui on reproche quelque cnormité. Ces monstres d'hommes n'en font pas d'autres. || 7° Par exagération , personne extrêmement laide. Son avarice... Le fit dans une avare et sordide famille Chercher un monstre afi^reux sous l'habit d'une filin, boil. Sat. i. De six monstres qui se disaient filles d'honneur, et d'une duègne autre monstre qui se portait pour gouvernante de ces rares beautés, hamilt. Gramm. 6. || On dit dans le même sens : un monstre de laideur. || 8° Fig. Toute chose qui est comparée à un monstre pour sa grosseur, sa laideur, sa grossièreté, sa disproportion, son abomination. Que nous avons nommé le monstre de l'octave, ou une octave défectueuse, DESC. Mus. Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature, mol./?. Juan, IV, 6. S'il [l'homme] se vante, je l'abaisse; s'il s'îibaisse, je le vante; et le contredis toujours, ju.squ'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible, PASC. Pens. vm, <4, édit. havut. Cette négligence [des indifférents en matière de religion].... est un monstre pour moi, id. Pens. ix, I. L'orgueil contre-pèse et emporte toutes les misères; voilà un étrange monstre et un égarement bien visible, ID. ib. xxiv, 40 bis. Je vous conjure que ma fille ne réponde point à cette lettre, c'est un monstre d'écriture : je n'ai rien à faire, je me porte bien, et c'est mon unique plaisir de vous parler, sÈv. 3i mai )<180. Quels monstres d'opinions se faut-il mettre dans l'esprit? Ëosg. llist. u, <3. Il avait toujours regardé le libertinage [irréligion] comme un monstre dans les armées, flëch. Duc de Mont. Être chrétien et n'être pas pénitent était un uio.istre et une nouveauté sans exemple, mass. Carême, Jeûne. Une armée de monslrusva ressusciter dans votre cœur, ID. Carême, Rechute, i . Vous vivrez sans joug et sans règle, vous entasserez monstre sur monstre, id. Carême, Ineoiut. Lorsque ni l'une ni l'autre [partie] n'y consentent, c'est un monstre que le divorw, «ontesq. ICtp.xxyi, i. Kl de lA >ortiront des merveilles ou des monstres de raisonnements sans nombre, Iilff. Nature det anim. li 9° Sorte de ciîieaux à longs anneaux. |i 10 Nom vulgaire de la m'sunge i longue queue. || 11* Monstre double, monstre simple, nom de deux variétés de tulipes. Il 12' ^d/'. Dans le langjge populaire, prodigieux, monstrueux, énorme, extraordinaire. Un bouquet monstre. Lin dtiicr monttre. Un concert monstre.

— HIST. xu* S. Dont poroies veoir un moll horrible monstre.... si tu les oylz [yeux] del cuor avoies eiilumiiielz , saint behnard, p. b«3. jj xiii* s. U •tenduit quell poinz apareust et li mostrusquc Mer-

lins li dist; mais ne demora puis gaires que li mostresloraparut en l'air, Merlin, {. 5i, terso. Et quant ele [une infirme] aloit, ele portoit son chief près de terre pié et demi, apuiée d'un baslon.... et sembloit un mostre, si que, quant les enfanz la veoient, il s'enfuioient, Miracles St Loys, p. 127. || xvi' s. Une beauté cruelle est un monstre en nature, despoutes, Cartels et masquarade, pour le roy Henri 111. La cour est un monstre de plusieurs testes et consequemment de plusieurs langues et plusieurs voix, DES AL'TEi.s, dans L1VET, la Gramm. franc, p. 126. Je diray un monstre [une chose monstrueuse], mais je le diray pourtant, mont, ii, (24. Des gens barbus [les Espagnols], montez sur des grands monstres incogneus [les chevaux], id. iv, i8. Si une chacune ame est sujette à tous ces monstres de vices, CALV. Iiiitit. 209. Tous ceux qui violent l'authorité paternelle ou par mespris, ou par rébellion, .^ont monstres et non pas hommes, id. ib. 300. Question laquelle toutes gens craignans Dieu à bon droit ont en horreur comme un monstre détestable, id. ib.

— ÈTYM. Provenç. mostre; espagn. monstruo; portug. niouïfro; ital. mostro; du lat. monstrum, qui viont directement de wonerc, avertir, par suite d'une idée superstitieuse des anciens : (yuod moneat, dit Festus, voluntatem deorum. Jfonîlrum est pour monestrum; monstrare (voy. montheh) est le dénominatif de monstrum.

t 2. MONSTRE (cQon-str'), ». f. Diagramme qui indique, pour un ii orceau de musique, le nombre de vers que le poêle doit faire , et le nombre de syllabes que chacun de ces vers doit avoir. Et prenant la plume, Kossini traça brièvement le scénario de la situation, et fit des monstres pour la coupe des vers destinés à la mélodie, A. azevedo, Opinion nation. 2 avriH867.

— ÊTVM. C'est sans doute le môme mot que montre, écrit aufi-efois monstre.

MONSTIIU KUSEMIÎNT ( mon-stru-oil-ze-man ) , adv. D'une manière monstrueuse. Nous devons observer que cette peau en forme de crête est monstrueusement exagérée dans la figure donnée par le rédacteur du voyage d'Anson, et qu'elle est réellement beaucoup plus petite dans la nature, bukf. Quadrup. t. xj, p. 436. Chaque germe reste renfermé dans sa poche, tous deux procédant séparément à leur développement, l'un régulièrement et l'autre monstrueusement, Geoffroy st-iiil. Instit. Mém. acad. des se. t. xi, p. 44o.

— fcTYM. Monstrueuse, et le suffixe ment. MOXSTRUKUX, EUSK (mon-strii-eil, eû-z'), adj.

Il 1" Qui a la conformation d'un monstre. Un enfant, un animal monstrueux. Ce monstrueux dragon dont les fureurs la gardent [la toison d'or], cohn. Tois. d'or, v, 4. Par des mots inconnus ces êtres monstrueux S'appelaient tour à tour, s'applaudissaient entre eux, tiuci^, Macbeth, ii,6. ||Ondil de même : conformation monstrueuse. || Fig. Peuple monstrueux [les Juifs], qui n'a ni feu ni lieu ; sans pays et de tout pays ; autrefois le plus heureux du monde, maintenant la fable cl la haine de tout le monde, boss, Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. Il Terme de blason. Se dit d'un animal repré.senté avec quelque partie appartenant naturellement à un autre; ou d'un animal à face humaine. || 2° Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement monstrueux. Il Fig. Comme il [Cromwell] eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes, le plaisirde dogmatiser était le charme qui possédait les esprits, Il sut si bien les concilier par là, qu'il fit un corps redoutable do cet assemblage monstrueux, BOss. Heine d'Ànglet. jj 8' Prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la téie monstrueuse. Laideur monstrueuse. Cet animal estd'une grosseur munstrueuse. Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcouil tous les recoins d'un monstrueux pAto, boil. Lulr. V. L'art d'élever sur un patiiniomo obscur une fortune monstrueuse, mass. Carême, Salitl. Les boas monstrueux, les crocodiles verls. Moindres que des lézards sur les murs entrouverts. Glissaient paimi les blocs Euperbes, v. iiuoo, Orientales,!. || 4' Fig. Qui excède en mal tout ce qu'on peul concevoir. L'égarement en divers endroits | l'inconstance en amour] est aussi monstrueux que l'injustice dans I esprit, PASC. Passions de l'amour. Par un abus insupportable et une monsirucuso ingratitude, bouhu. 2* dim. après Pdq. Dominic, t. ii,p. 30, HIen n'iSgale en lureur, en monstrueux caprices. Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, boil. Sat. x, II n'y a point eu dans l'unircrs de vengeance noire... potntd'iinpudicités monstrueuses.... qui.... ne se découvrent à cette &me Innocente, mass. Carême, Passion. Elle

[l'âme de J. C] y voit les plus monstrueuses superstitions établies parmi les hommes, id. ib. Jamais siècle ne fut plus fécond en assassinats, en empoisoiinements, en trahisons, en débauches monstrueuses, VOLT. Mœurs, los. Demande aux tigres ea furie S'ils sauraient inventer ces monstrueux tourments De faire aux yeux d'un père expirer ses enfants, DL'cis, Roméo, IV, 5. Luxe monstrueux, m. j, CHÉN. Gracques, ii, 3. || Il se dit quelquefois, en ce sens, des personnes mêmes. La faction d'Orléans était composée d'hommes monstrueux comme leur chef; ce monstre avoit rallié à lui la lie de l'espèce humaine, babœcf, Pièces, i, 406.||B° Par exagération. Qui choque toutes les bienséances. On le vit paraître en habit de ville : la chose était monstrueuse pour la conjoncture, hamilt. Gramm. 7. Vous prendriez une piocureuse au Châtelet pour une présiilente. — La présidente : Pour une présidente "i" mais en vérité cela est monstrueux, destouches. Fausse Agnès, i, 7. II n'y aurait plus d'ordre si on permettait des unions aussi inégales que le serait la vôtre, on peut même dire aussi monstrueuse, marivai'X, Marianne, 6* part. || Qui choque les règles du goût. C'est ainsi qu'en Espagne Diamante et Guillain de Castro semèrent, dans leurs deux tragédies monstrueuses du Cid, des beautés dignes d'être exactement traduites par Pierre Corneille, volt. Mél. litt. à l' Acad. fr. ii. Des pièces embrouillées, sans imagination et sans vraisemblance, toujours froidement monstrueuses, grossièrement ridicules et par le style et par le plan, genlis, Mlle de la Fayette, p. 4 86, dans pougens. || Qui choque la raison. C'est une chose monstrueuse d» voir dans un même coeur et en même temps cett\ sensibilité pour les moindres choses cl cette étrange insensibilité pour les plus grandes, pasc. Peiis. ix, 4, édil. HAVEï. Je lui dis fau fils de Mme de Grignanj que, puisqu'il aime la guerre, il est monstrueux de n'avoir point envie de voir les livres qui en parlent, sév. 606.

— REM. On lit dans Ménage : « Plusieurs persoD nés non-seulement de la ville mais delà cour disert monstreux; le grand usage est pour monstrueux.» C'est en efl'et monstrueux qui a prévalu.

— HIST. xvt* s. L'i'uie [du roi de Navarre] estoit monstrueuse, par laquelle il apprenoit des nouvelles d'autrui, oude soi-mesme, parmi les bruits confus de sa chambre, et mesmes en entretenant autrui, d'aub. Hist. lu, 286. Esprit monstrueux en savoir, id. ib. m, 294. II fit parler de capitulation, qui lui fut octroiée; de timt plus honorable que la douceur du temps estoit monstrueuse, m. ib. m, 446. 1,'enfantoment sera difficile si ledict enfant est monstrueux, paré, ii, 026. Celte excellente police de Lycurgue, monstrueuse à la vérité par sa perfection, mont, i, 4M. L'athéisme est une proposition comme dénaturée et monstrueuse, id. 11, 447.

— ÉTVM. Provenç. mosWuoi.-espagn. monstruoso; ital. mostroso, mostruoso; du lat. monstruosus, qui Tient de monstrum, monstre. L'u de monstruosus n'a rien d'organique; il s'est glissé sous l'influence des thèmes tiris de la quatrième déclinaison, comme «u»n;j(uoîUJ, etc.

MONSTKUOSrrlî(mon-stru-ô-zi-té),». ^.|| l'Nom donné à des anomalies graves dans la conformation, toujours apparentes au dehors, et plus ou moins nuisibles à l'imlividu qui les présente. On a prétendu que tout ce i|ui affectait la mère affectait aussi le fœtus, que les impressions de l'une agissaient sur le cerveau de l'autre, et on a attribué & cette Influença imaginaire les ressemblances, les monstruosités, et surtout les taches que l'on voit sur la peau, buff. Hist. anim. ch. xi. j{ Toute production animale ou végétale qui présente une de c^ anomalies. Les monstruosités végétales ne sont pa moins dignes de l'examen réfléchi du physicien que les monstruosités animales, bonnet, Us. feuilL ptant. suppt. 2*. Il 2* Caractère de ce qui est monstrueux. Considérer la monstruosité en elle-même, oeuffr. st-hil. Instit. mém. acad. des se. t. xi, p. 437. Il 8' Chose monstrueuse. Une petite chose utile me platl ; une monstruosité qui n'est qu'étonnante n'a nul mérile à mes yeux, volt. Déf. de mon oncle, ch. xxL || Fig. Ce qui choque la raisk , 'a morale, le goût. Sa conduite est une monstruosité. Il nous serait impossible, dit-Il, de supporter sur la scène les inconséquences des Grecs, ni les monstruosités de Shakspcaro ; les Français ont un goût trop pur pour cola, stakl, Corinne, vu, 2. Si mes commettants savaient que j'ai paru regretter un seul instant les monstruosités de l'ancien régime I en. ue BERNARD, Un homme sérieux, $ vu.

— HIST. xvi* s. L'un et l'autre se donnèrent mer-

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Teille» de la force et monstruosité de cest entrepreneur, D. Flores de Greu, (' cxiii, dans lacuhne.

— 'êtym. Uonstrueux; provenç. mostruoittat ; Jspagn. monstruosidad ; ital. mostruosild

MONT (mon ; le < se lie : un moii-t escarpé ; au pluriel, Vs se lie : des mon-z escarpés), s. m. Il 1- Grande masse de terre et de roche, élevée au-dessus du terrain qui l'environne. La moindre taupinée était mont à ses yeux, la font, l'abl. ïiii, ». Déjà le sacré mont, où le temple est bâti, D'insolents Tyriens est partout investi, bac. Ath. iv, 6. Et que du sein des monts le marbre soit tiré, id. Esth. m, 9. Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité. Comment as-tu du ciel attiré lacolùre? D. Athal. Il, 9. 0 monts, écrasez-nous.... Cieux, tombez sur nos têtes, volt. Œdipe, i, 2. Ces monts sont-ils aussi vieux que le monde? ont-ils été produits en un instant? bavnal, Ilist. phil. vu, 24. On se familiarise malgré soi en Grèce avec Thémistocle, Epaminondas... et il faut une grande religion pour ne pas franchir le Cythéron, le Ménale ou le Lycée comme on passe des monts vulgaires, craTeaud. Itin. I" part. Il Fig. et familièrement. Promettre monts et vaux, faire les plus grandes promesses. [11] M'a promis monts et vaux moyennant bouche close, TH. coBN. l'Amour à la mode, v, 2. || Promettre des montsd'or à quelqu'un, lui promettre de grandes richesses, de grands avantages. Vous promettez monts d'or, et n'avez pas un sou, collin d'harlev. Clidl. en Esp. I, 8. Il On dit dans un sens analogue : promettre monts et merveilles. La mer promet monts et merveilles, la font. Fahl. iv, 2. || Par exagération. Un mont d'or, une somme très-considérable. Cela lui csùte des monts d'or. Plcnœuf avait gagné des moiits d'or dans les partis et depuis dans les vivres, sif-siM. 474, 70. Le banquier me faisait espérerdes monts d'or, pour peu que la fortune secondit les projets qu'il formait, lesage, Guzm. d'Alf. vi, 3. Il Vous me donneriez un mont d'or, des monts d'or, que je n'en ferais rien, vous me donneriez tous les biens du monde, que, etc. || 2° Mont suivi d'un nom propre pour désigner un mont particulier ne prend pas la préposition de, tandis que montagne la prend. Les monts Pyrénées. Au pied du mont Adule, entre mille roseaux, BoiL.^p. iv. La fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée , rac. Alh. i, f . Le mont Vésuve et le mont Etna ont les mêmes fonde- Dents sous la mer qui les sépare, volt. Mœurs, Introd. chang. globe. || 8° Absolument, ou plur. Les monts, une chaîne de montagnes. Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les monts, CORN. Sertor. Ii, 2. Repassez les monts et les mers, Rassemblez-vous des bouts de l'univers, RAC. Est/i. m, ». || Particulièrement, les monts, les Alpes. Passer les monts. De là les monts. Pépin passe les monts et réduit les Lombards, boss. llisl. m, 7. Si quelque objet pareil, chez moi, de çà les monts, Pour m'épouser entrait avec tous ces grands noms, boii.. Sat. x. || 4° Poétiquement. Le double mont, le mont sacré, le mont Parnasse. Et ne savez-vous pas que sur ce mont sacré, Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré ? id. ib. ix. Il Le mont Sacré, colline de Rume célèbre par la sèces-iion du peuple. || 5° Mont pagnote, voy. pa- GNOTE. Il 6* Nom donné par les riverains du lac Léman à des pontes sous-lacustres que l'on rencontre à une certaine distance des rives, et où l'on cesse de pouvoir distinguer le fond du lac par la transparence des eaux. Dans cette saison le poisson se tient sur le mont. || 7° Mont-de-piété, établissement où l'on prêta sur nantissement et à intérêt. Reconnaissance du mont-de-piété. Le moiitde-piété établi en <777, avec le succès qu'on en attendait ; il a prêté à <u pour loo sur gages, nec- KKR, Compte rendu ou roi, janv. (78(, p. »2. Quel est le bien ou le mal que causent les monts-depiélé? GALiANi, LeU. t. i, p. 76. Le mont-de-piété a clé inventé en Italie par des confréries pieuses au quinzième .■■iècle, l'resit scienlifiiiue, KWi, t. i, p. 22a. Il Lieux de mont, sorte d'établissement de crédit fondé par le pape Siite V. Sixte V, ayant, suivant la maximii àt 1 ibère, divisé pour régner' imagina, pour mettra toute la noblesse et les familles opulentes dans sa dépendance, de se rendre maître de l'or et de l'argent des citoyens par l'appât qu'il leur présents ; pour cet effet, il créa les lieux de mont, qui répondent à nos rentes sur la ville • lu étaient d'abord à cinq pour cent.... mais le coup décisif de Sixte V, pour garder l'argent, fut qu'au beu de payer les intérêts en espèces, on ne les paya qu'en papier qui avait et continua d'avoir cour» comme monnaie, que l'État reçoit et donne en payement, duclos, » oy. en Italie. || 8- En termes de

MON

chiromancie, on appelle mont la petite éminencequi est au-dessous de chaque doigt de la main. Celle du pouce s'appelle mont de Mars; celle de l'index, mont de Jupiter; celle du doigt du milieu, mont de Saturne; celle du- doigt annulaire, mont de Vénus; colle du petit doigt, mont de Mercure. || 9" Terme d'anatomie. Mont de Vénus , éminence celluloadipeuse, qui est située au bas de l'hypogastre chez la femme, au-devant du pubis. || 10° Par monts et par vaux, loc. adv. En toute sorte d'endroits, do tous côtés. Mais tant fùt-il mauvais cheval Courant à mont ou bien à val, scahhon, Virg. v. Vous avez fait faire à ma fille le plus beau voyage du monde ; elle en est ravie ; mais vous l'avez bien menée par monts etparvaux, sÉv. 2 juin 1672.

— REM. On met quelquefois la préposition de avec mont et un nom propre de localité ; mais cela est rare. Tout le mont de Sinai était couvert de fumée, SACl, Bible, Exode, xix , < 8. ô mont de Sinaï, conserve la mémoire De ce jour.... rac. Ath. i, 4. Du camp des Sarrasins il connaît les passages, Et des monts de l'Etna les plus secrets chemins, volt. Tancr. ii, ).

— SYN. MONT, mo.ntagne. La montagne, étymologiquement, est le mot mont, plus la finale latine anims; il signifie donc proprement ce qui appartient au mont et a une signification plus compréhensive. Ainsi on dira se réfugier dans la montagne et non dans le mont.

— HIST. XI* s. Sonent li munt et respondent li val, Ch. de Roi. cliv. || xii* s. Dès le mont Saint Michel jusqu'à Chastel Landon, Sax. xxv. E sewid [il suivit] les cumandemenz sun poi'e David, fors tant que il fist ses sacrefises as munz. Rois, p. 234. Par nions et par laris [plaines], iionc. 2t. Ainsi l'ont fait as forches contre mont sus lever, ib. \»1. \{ xiii* s. Si comme s'il done le mont de buce [bûche] à deniers ses [argent comptant], beaum. lxviii, 7. Dessus la rivière, aussi comme il aloient à mont, joinv. 220. Il XV' s. Si chevauchèrent tant, à mont et i val, qu'ils trouvèrent aucuns hamelets, fhoiss. i, i, 48 Quand le flux de la mer est en venant, il regorge la rivière si contre mont que nul n'y pourroit pas ser, ID. I, i, 278. Qui adonc vit gens lancer sur ce pont, et trébucher l'un sur l'aulre, dix ou douze en un mont.... bien put voir.... lo. i, i, 3fi). || xvi' s. Voyez prendre à mont l'essor à Platon en ses nuages poétiques, MONT. II, 202. 11 respondit monts et merveilles pour se, faire valoir, id. iv, 19i. 11 tiroit à la butte, du bas en mont, du mont en val, devant, de cousté, en arrière, rab. Garij. 1, 23. Vous promettez monts et vaux, desper. Contes, m. Pour venir à succession de père ou de mère, les enfauz mariez sont tenus de rapporter en mont commun les dons et advancemens de mariage à eux faits, Coust. génér. 1. 11, p. 9o7. Au matin vers les monts, au soir vers les fonds, cotgrave.

— ÊTYM. Provenç mont, mon, mun; espag. et ital. monte; du lat. montem. D'après Corssen, Nachlràge, p. 77-80, mons se rattache au radical latin min, qui se trouve dans les verbes composes, e-min-ere, pro-min-ere; mons s'y rapporte comme fors à ferre, et veut dire éminence.

MONTAGE (mon-ta-j'), s.m.\\l' Action de ce qui monte, s'élève. Pour favoriser le montage de la crème [dans la fabrication du beurre], la température de fi' à 16' est la meilleure. || 2° Action de monter quelque chose, de l'élever. Le montage d'un bateau, d'aval en amont d'une rivière. Le montage du bois. Il 3" Action de disposer dans l'ordre voulu les pièces d'une machine. Le montage d'une filature. Quand les pièces d'une pendule sont choisies, il faut procéder au montage. || 4° Terme de soierie. Opératiou qui consiste à enlever de l'ourdissoir la chaîne toute préparée et à la disposer sur le cylindre ensouple du métier à tisser. || 6" Terme do coutellerie. Action de monter la pièce qui est devenue couteau.

— ÉTYM. Monter, et la finale âge (voy. ...âge). MONTAGNARD, ARDE (mon-ta-gnar, gnar-d"),

adj. Il 1" Qui liahite les montagnes. Les populations uiontagnardes. || 3" Se dit de tout ce qui a rapjorl aux faabilanls des montagnes. Mœurs montagnardes. Costume, chant montagnard. Les chrétiens qui s'enfuirent vers les pays montagnards, à la ville de PelIa,B0ss. Uéd.sur L'Étang. Vern. serm. du Sauveur, 85' jour. Conjectures qu'il fonde sur la dureté montagnarde et sauvage du style, diderot, Opin. des anc. phitos. (Zend-Avcsta). |{ 8° Substantivement Un montagnard, une montagnarde, celui , celle qui habite les montagnes. De hai-dis montagnards. De l'œildu montagnard l'audace et la fierté, DUcis, Macbeth, 1, *.\\i' S'est dit, sous la Conven-

tion, des membres du parti qu'on appelait la montagne. Il Se dit encore aujourd'hui de ceux qui ont, en politique, des opinions très-révolutionnaires. Il B" Nom d'un faucon d'Afrique. {| 6° A'om donné à des diables auxquels la superstition des mineurs attribue le pouvoir de les tourmenter.

— lîTYM. Montagne. L'ancienne langue disait moHfaiii'er.

MONTAGNE (mon-ta-gn'), s. f.\[l° Suite de monts qui tiennent l'un à l'autre. Les montagnes de la lune. Quelque avantage que prenne un ennemi habile autant que hardi, et dans quelque affreuse montagne qu'il se retranclie, boss. Louis de Bourbon. Déjà prenait l'essor pour se sauver dans les montagnes cet aigle dont le vol hardi.... fléch. Turenne. Les montagnes de Juda et d'Éphraïm étaient de grands vignobles, pleubv. Mœurs des Israélites, titre vu, 2* part. p. 74, dans pouoens. Quand Maillet imagina que la mer avait formé les montagnes, il devait dédier son livre à Cyrano de Bergerac, volt. Dict. phil. Fleuves. Les plus fameux tremblements de terre dont l'histoire fasse mention n'ont pas eu assez de force pour élever de» montagnes, blff. Ilist. itat. Freuv. théor. ter. Œuvres, t. 11, p. 323. Ne sait-on pas que les montagnes s'abaissent continuellement parles pluies qui en détachent les terres et les entraînent dans les vallées? ID. ib. t. i, p. (42. Les montagnes les plus élevées, qui nous semblent des masses énormes, sont des inégalités à peine sensibles sur cet épiderme [du globe terrestre], brongniart. Traité de miner, t. I, p. 68, dans pougens. || Terme de géologie. Montagnes primitives, celles dont l'origine remonte à l'époque de la formation du globe. Montagnes secondaires, tertiaires, volcaniques, etc. divisions analogues à celles des terrains. || Mal de montagne, voy. mal, n° 6. || Chaîne de montagnes, suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre. Les plus grandes chaînes de montagnes sont voisines de l'équateur : les montagnes de rAfri<)ue et du Pérou sont les plus hautes qu'on connaisse, buff. Ilist. nat. 2* Disc. Œuv. t. i, p. (35. || 2° 11 se dit pour mont simplement; et alors, quand il est joint à un nom de localité, on met la préposition de, par opposition à mont qui ne la prend pas. La montagne ti'Athos. Ces hautes montagnes, dont la cime, audessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne, boss. Louis de Bourbon. Levons les yeux vers les saintes montagnes, bac. Esth. I, 6. N'ôtes-vons pas ici sur la montagne sainte? iD. Athal. iv, 5. La Condamine altiibu.iit la déviation de laligne aplomb au pied de la montagne du Chimborazo à la gravitation de cette montagne colossale, SENNEBIER, Ess. sur l'art, d'obscrv. t. u, p. 160, dans pougens. Il Fig. La montagne a enfanté une souris, se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien, par allusion à la fable ancienne et bien connue. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute, Que chacun, au bruit accourant, Crut qu'elle accoucherait, sans faute, D'une cité plus gros.se que Paris : Elle accoucha d'une souris, la font. Fabl. v, 10. Que produit un autour après tous ces grands cris? La montagne en travail enfante une souris, uoiL. Art p. m. Il 3° Montagnes de glaces, amas considérables de glaces flottantes qu'on rencontre principalement dans les mers polaires. || 4" Kig. Amas quelconque, comparé, par exagération, à une montagne. Cet horrible débris d'aigles, d'armes et de chars, Sur ses champs empestés confusément épars, Ces montagnes de morts, privés d'honneurs suprêmes, Que la nature force à se venger eux-mêmes, corn. liomp. I, 4. De morts et de mourants cent montagnes plaintives, hnii. Art p. 1 (vers de Brébeuf, cité par Bfiileau). Ceiieiidant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide, BAC. Phèdre, v, 6. || 5° Kig. Grosses affaires qui semblent des montagnes. Je l'ai entendu raisonner [M. de Pompone] sur les affaires présentes : il trouve que toutes ces grandes montagnes s'aplanissent, sÉv. 28 févr. i(i89. Il 11 a sa montagne dans la tète, il est très-occupé d'un dessein qu'il a conçu. I! 6" Montagne d'eau, espèce de rocher artificiel d'où sortent plusieurs jets, bouillons et nappes d'eau. Il 7* Montagnes russes, nom donné à des montagnes réelles ou artificielles où l'on a pratiqué un chemin uni que parcourt un traîneau qu'on laisse glisser du haut en bas. Ce jeu a été supprimé par la police en Krance, à cause des dangers qu'il présentait et des accidents qui se sont produits. Il 8° Mojitagne, le parti exalté parmi les républicains, ainsi nommé parce que, dans la Convention,

MON

MON

MON

il siégeait dans le haut de la salle (on l'écrit avec une minuscule). || La crête de la montagne, les plus eialtis de ce parti. || 9» Terme d'astronomie. Montagne de la Table, constellation méridionale. || Prorerbes. Deux montagnes ne se rencontrent point, mais deux hommes se rencontrent, se dit ou par menace, pour faire entendre à un homme qu'on trouvera occasion de se venger de lui, ou lors(|u'on rencontre inopinément quelqu'un qu'on ne s'attendait pas à voir. || Il n'y a point de montagne sans vallée, c'est-à-dire chaque chose existe avec ses conditions naturelles; et aussi chaque chose a son contraire, chaque action a sa réaction. Nous voudrions des hommes complets, pour ne pas dire parfaits, sans songer si nous avons, si nous pouvons même avoirune idée bien assurée de la perfection, et si les hautes montagnes ne supposent pas les grandes vallées, mirab. Notice siir son grand-père (dans

tles Mémoires, publiés par M. Lucas Montigny). Il Si ht montagne ne vient pas à nous, il faut aller à elle, c'est-à-dire il faut faire les avances, quand celui à qui on a affaire refuse de les faire. — HIST. xii's. Efoî s'en [il s'enfuit] il e si fil [ses fils] es montaignes, e guerpirent lot quant que il

avoient en la cité, Machab. i, 2. ||xiu' s Tant

erra fort Par montaignes et par valées. Et par forés longues et lées.... Bl. et Jehan, v. -2038. || xvi» s. Montagnes ne s'encontrent jamays, mays gens de cognoissance s'encontrent souvent, palsgr. p. 635. Rome, qui as veu de tes sept montaignes Tout l'univers ployé sous tes enseignes, }. dv bellay, Œuvres, p. 482, dans laclrne.

— Etym. Provenç. montanha, montagna, montayna; cat. montanya; esp. monlaila; ital. montagna; (\'\xn adjectif fictif mon(anei<î, dérivé démons, mont. Montanus, qui est latin, n'aurait pas donné le son mouillé gn ou n; il aurait donné montain.

t MONTAGNKTTE (man-ta-gnè-f) , s. f. Terme du style familier. Petite montagne.

— HIST. XV s. Il assembloit les enfans de son âge, puis alloit prendre et saisir certaine place, comme une petite montaignete, Bouciq. i, 3. Il xvi* s. Cette rue du faux-bourg estoit à la merci d'une montagnette qui le commandoitde deux cents pas, n'AUB. Hist. ii, 36».

— Ktym. Diminutif de montagne.

MONTAGNEUX, EUSE (mon-ta-gneû, gneii-z'),

adj. Où il y a beaucoup de montagnes. La Grèce est un petit pays montagneux entrecoupé par la mer, à peu près de l'étendue de la grande Bretagne, TOLT. Mœurs, Introd.

— SYS. M0NTAGNEi;x, MONTUEux. Le pays montagneux présente des montagnes importantes; par pays montueux on entend un pays coupé de hauteurs cl de vallons.

— HIST. xvi' s. Pays montagneux, lawoue, 674.

— RTYM. Montagne.

f MOXTAIX (mon-tin), t. m. Grand montain, le

pinson.

t MONTAISOX (mon-té-zon), ». f. Terme de pêche. Saison où les truites quittent l'eau salée pour passer dans l'eau douce, où elles doivent frayer,

— HIST. xvi' s. Le premier navire qui viendroit tous les ans à la montaison [à l'époque où l'on monte], chargé de vins.... caiiixiix, i, 3i.

— ETYM. Monter.

t MONTANE (mon-ta-n"), adj. f. Terme d'histoire

naturelle. Cui appartient aux montagnes. Les espèces montanes, Arch. des miss, scient. 2* série, t. m, p. 140.

— ETVM. Lat. mmttanus, de moru, mont.

t MONTANLNE (mon-ta-n i-n') , t. f. Terme de

chimie. Principe amer de l'écorce de Sainte-Lucie, Veroslemma ftaribunda.

t MO.\TANLSMË(mon-u-ni-sm'),«. m. Doctrine

le Moniariu3(ii' siècle) qui prétendait être le consola-

l'.'ur promis par le Christ, condamnait les .secondes

noces, permettait la répudiation, et commandait

un jeâne rigoureux, trois fois de quarante jours.

i MOXTAMSTË (mon-ta-ni-jf) , s. m. Partisan du

Biontanisme. Il /td;'. Les doctrines montanistcs.

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