‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 175 sur 389 · BASSELIN, LUI · texte numérisé non relu

BASSELIN, LUI

— ÉTYM. Lat. monasterium, qui est le grec |iovaffTTipiov, de (lovaffirip, moine, formé de (iovàtleiv, vivre seul, de iiévoç (voy. mono....). Uonastère est refait sur le latin; monaï(«rtum avait donné mouitier (voy. moctier); mouilier subsistedans le nom de plusieurs localités; c'est de ce mol que vient l'allemand Munster.

MONASTIQUE (mo-na-sti-k'), adj. Qui concerne les moines. Vœux monastiques. La vénérable mère Françoise de la Châtre.... abbesse de Faremoutiers, que nous pouvons appeler la restauratrice de la règle de Saint-lienolt et la lumière de la vie monastique, BOSs. Anne deGoni. La vie monastique, qui fait tant de bien et tant de mal, qui a été une des colonnes de la papauté, et qui a produit celui [Luther] par qui la papauté fut exterminée dans la moitié de l'Europe, mérite une attention particulière, volt. Mœurs, )39. Frère Lubin d'un ton peu monastique Interrogea le beau mélancolique, gresset. Ver-vert, ni. Saint Malo, l'un de ces grands apôtres monastiques qui ont laissé leurs noms aux diocèses de l'Armonque, montalEMB. les Moines de l'Occident, t. ii, p. 381.

— SYN. MONvCAL, MONASTIQUE. Ces dcux mots no diffèrent que par le suffixe et ont au fond le même sens. Mais l'usage a attaché un sens défavorable à monacal, et a laissé à monastique son sens naturel : vie monastique, intrigues monacales.

— ETYM. Lat. monasticus, du grec (lovaoTtxôî , de liOvôCetv, vivre seul, de |iôvo;, seul (voy. mono....).

MOSAUT (mo-nô), adj. m. Oui n'a qu'une oreille. Un chien, un chat, un cheval monaut. Quoi I d'un enfant monaut J'accoucherais..., la font. Fais.

— ETYM. Grec, (livuTo;, qui n'a qu'une oreille, de [icflio;, unique, et o5«, (!)t4;, oreille; wall. mond.

+ MO>'CADE{mon-ka-d'), s. m. Personnage de VÈcole des lourgeots de d'AUainval , présenté eoitime le type de ceux qui cherchent à séiluire les jeunes bourgeoises, et même à les (pouser tout en le» méprisant, elle» et leurs familles. Harniodius le nircleur, métamorphosé en marquis deMoncadc,me parut une chose si bouflunne que je ne pus retenir un éclat de rire, ch. de Bernard, vn Acte de vertu. S ni.

MONCRA0 (mon-so), ». m. || !• Amas fait en forme de petit mont, entassement confus d'objet». Dressonslui des autels sur des monceaux d'idoles, corn. Poiu. 11 , 6. Un jour donc l'animal [singe] qui ne cherchait qu'à nuir», Détachait du monceau tantôt quelque doublon, Un Jacobus, un ducaton, la font. fabl. XII, ». [l» chicane),... dévorant maisons, palais chDteaui entier». Rend pour des monceaux d'or dé »»ic» Us de papier», boil. Luir. y. Il avait rassemblé eu un mon^au toutes les dépouille» qu'il ne

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voulait point transporter à Rome, rollin, nist. ane. Œuvr. t, IX, p, 4 58, dans PODGENS. Puisse leur )ibeité préparant leur ruine.... Sous des monceaux de morts avec eux disparaître ! volt. Scythes, v, 4 X la mort de ce troisième empereur d'Occident, il s'éleva de nouveaux royaumes en Europe, comriiî des monceaux de terre après les secousses d un grand tremblement, iD. ifœurs, 24. || Familièrement. Avoir des moaceaux d'une chose, en avoir beau coup. Il Fig. Il fallait que sa rage.... Allât encor de lois embrouiller leLige.ste, Cherchât pour l'obscurcir des gloses, des docteurs. Accablât l'équité sous des monceauxd'auteurs....BoiL.So(.viii.|| 2"Termed'horticullure. Greffe en monceau, greffe par approche, sur tige, qui se fait en introduisant la tête du sujet coupée en pointe, dans une entaille faite à un arbre.

— HIST. la' s. Od [avec] l'espée d'acer sanglante, Dunt à la terre [il] les cravente [jette] Espessement e à monceaus, benoît, u, 2259. Puis ruèrent Absalon en une graut fosse, e jetèrent pierres sur lui, si que il i out un grant muncel, Rot», p. <87. Il XIII" s. Il [le phénix] s'en va à un bon arbre savourous et de bone odor, et en fait un inoncel où il fait le feu esprendre, BRUN. LAT. Trtfs. p. 2I4. Si chaî[tomba la tour] jus toi en un moncel, Merlin, f. 3 1, verso. L'en le deûsl mieï mener pendre Que luit ces autres larronciaus Qui deniers emblent à monciaus, la Rose, 7402. || xiv s. Li mort et li navré gisoient par monchiaus, Baud. de Seb. viii, 606. Les monceaux de la dicte blée [blé] noans [flottant] pardessus l'eaue avecquesle limon, berciieure, f" 29, recto. Il ivr s. De bien commun on ne fait pas monceau, loysel, 38o. Tout compté, il y a plus de peine à garder l'argent qu'à l'acquérir.... et depuis que vous.... avez planté vostre fantasie sur certain monceau..., vous n'oseriez l'escorner, mont, i, sib.

— ËTYM. Berry, moncel, monciau; norm. monciau ; provcnç. moncel ; du lat. monticellus, petit mont, diminutif de mon», mentis (voy. mont).

MONDAIN, AINE (mon-din, dè-n'), adj. || 1» Qui appartient à la vie du monde , par opposition à la vie religieuse. J'ose me livrer à ma sainte ardeur, j'ose insulter aux mortels, en leur avouant que je me suis servi de la science mondaine, que j'ai dérobé les vases d'Egypte, pour en construire un temple à mon Dieu, staél, Allem. m, io.|| Œuvre mondaine, œuvre mercenaire, sorvile. || Loi mondaine, loi composée du code Théodosien pour les Romains, et des codes nationaux des barbares pour ces derniers; se disait par opposition à la loi canonique. H Ere mondaine, ère de la création. || 2° Qui aime les vanités du monde. U voulait que leur simplicité et leur modestie [des muses chrétiennes] les distinguassent de leurs autres sœurs, qui sont plus mondaines et plus enjouées, balz. Sacrale chrét. Disc. 7. Demandez à cette femme mondaine si elle compte comme un péché de ne vouloir jamais ménager quelques moments pour écouter la parole de Dieu, BOi'RDAL. Dim. de la Sexagés. Dominic. t. i, p. 423. Ne sont-ce pas les plus mondains que nous voyons les plus éloquents à déclamer contre le monde? ID. 44* Dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 444. Il Plus particulièrement, il se dit, par opposition aux gens retirés, de ceux qui aiment les plaisirs des réunions du monde, bals, soirées, spectacles. Cette femme est mondaine. || Qui se ressent des vanités du monde, en parlant des choses. Au milieu des divertissements mondains, oii quelquefois ils semblaient avoir part, ils n'oubliaient pas les devoirs de la pénitence, bourd. 4» dm. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 24 3. Tous ces honneurs mondains ne sont qu'un bien stérile, Des humaines vertus récompense fragile, volt. Ilenr. vu. Sachez surtout que le luxe enrichit Un grand Ëtat, s'il en perd un petit; Cette splendeur, cette pompe mondaine D'un règne heureux est la marque certaine, iD. Défense du Mondain. || 3° Substantivement. Mondain, mondaine, celui, celle qui est attachée aux choses du monde. Le désordre ancien et commun était de voir avec compassion un insensé, sous le nom d'amant prodigue, et prodigue jusqu'à l'extravagance, contenter l'avarice et entretenir le luxe d'une mondaine qu'il idolâtrait, bousdal. Carême, Sur Vimpureti. Nous ne voyons point de mondains contents du monde, et nous voyons des serviteurs et des servantes de Dieu, contents de Dieu auquel ils se sont dévoués, m. Sur larécomp. des saints, t" atent, p. 3o. Quand il voit tant d-e monaains et de mondaines que l'ambition rassemble et qui tous à lenvi cherchent à se montrer.... m. Penséle», t. i,p. 32. Voici la Défense du Mond.iin [titre d'une pièce de vers] ; j'ai l'honneur de vous l'envoyer, non-seulement comme à un mondain

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très-aimable, mais comme à un guerrier très-philosophe, qui sait coucher au bivouac aussi lestement que dans le lit magnifique.... vohT.Défense du Mondain, au maréchal de Saxe. \\ Un sage mondain, un homme sage mais peu dévot (locution qui vieillit). !| Plus particulièrement, celui, celle qui aime les réunions, les soirées, les bals, les spectacles. || 4° Pigeons mondains, sorte de pigeons. Une autre race est celle des pigeons mondains; c'est la plus commune et en même temps la plus estimée à cause de sa grande fécondité, buff. Ois. t. iv, p. 326.

— HIST. XIV* s. Et vous estez de toutes pensées terriennes et mondaines, Mcnagier, 1, 3. Nous loons un bon homme aucune foiz en disant qu'il ne cure des honneurs mondains, oresme, Elh. 49. Prudence est congnoissance des choses mondaines et civiles, et est pratique, m. Eth. (8. || xv« s. LÀ nous sysmes [assîmes], et des cho^s mondaines Pou devisâmes, christ, de pisan, Dit de Poissy. C'est uns mondains paradis Que d'avoir dame toudis [toujours] Ainsy fresche, ainsy nouvelle , e. desch. Poésies mss. f" 474. Il XVI' s. 0 vous, mondains, qui viveî en délices. Ne suivant point de Jésus Christ l'enseigne, marot, i, 302. C'estoit un des plus sages mondains qui ait esté de nostre temps [Cosme de Médi-

Cisj , MONTLUC, Mém. t. I, p. 4 84, dans LACUHNE.

L'appétit et l'usage des plaisirs mondains, mont, i, 254. Quelques sages mondains, cognoisnans les infirmitez qui naissent et dans et hors de nos cerveaux, confes-serent franchement qu'ils n'avoient connoissaiice d'autre chose sinon de leur ignorance, PASQUiER, Lettres, t. i, p. B83.

— ÉTYM. Provenç. mondan, monda; esp. mundano ; ital. mondano ; du lat. mundanus, de mundus, monde 4 .

MONDAINEMENT (mon-dè-ne-man), adv. D'une manière mondaine.

— HIST. XV' s. Celui cueur qui ne se veut élever à Dieu, est comme une beste qui n'a point d'entendement, et vit mondainement au plaisi de son corps, GERSON, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Mondaine, et le suffixe ment.

t MONDANISER (mon-dani-zé), c. a. Rendre mondain.

— HIST. XVI* s. Mondaniser, cotgrave. Les vieux soldats les entrepreiioient, les prenoient en main, les moiidanisoient, si bien qu'en peu de temps on ne les eust reconnus, brant. Capit. franc, t. iv,

p. 63, dans LACURNE,

— ÉTYM. Mondain.

MONDANITÉ (mon-da-ni-té) , ». f. État de ce qui appartient au monde. L'Ëvangile, le christianisme n'est en nos mœurs qu'à demi ; nous cousons à cette pourpre royale un vieux lambeau de mondanité, ROSS. Sermons, Intégrité de la pénit. 3. Faire profession do mondanité où vous l'aviez faite de christianisme, MASS. Carême, Temples. |1 Vanité mondaine. Vous vivez toujours dans les mêmes illusions, toujours dans les mêmes dérèglements, toujours dans les mêmes distractions et les mêmes mondanités, bourdal. Dim. de la Sexagés. Dominic. t. 1, p. 420. On y apporte toutes les dispositions d'une mondanité voluptueuse, id. Exhort. char. env. les pauvres, t. i, p. 66. Je me sentis étourdi d'une vapeur de joie, de gloire, de fortune, de mondanité, si on veut bien me permettre de parler ainsi, marivaux, Pays. parv. 6* part.

— HIST. XV* s. Et n'y a celui qui ne tende  suivir la mondanité, coquillart. Plaidoyer de la simpie et de la rusée. || xvi* s. Quant à celui qui en tout temps s'encline A se baigner dans la mondanité, marot, i, 304. Rolandine qui avoit esté toujours plus reprise de ses austérités que de ses mondanités, dit.... MARO. Nouv. XXI. Elle s'adonna du tout au service divin, fuyant toute compagnie de mondaineté, ID. t'b. xxx. Ceux qui ont esté du bon temps n'ont pas veu les mondanilez que nous voyons aujourd'hui, H. EST. Apol. pour llérod. p. 4 4.

— ÉTYM. Mondain.

t. MONDE (raon-d'), ». m. \\ 1* Tout ce que nous apercevons d'espace, de corps et d'êtres, ainsi dénommé à cause de l'arrangement et de la régularité qui y régnent. La création du monde. Plusieurs philosophes ont cru que le monde est éternel. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptilde dans l'ample sein de la nature; nulle idée n'en approche, PASC. l'ens. I, 4, édit. havet Tellement

i]ue qui en saura les principes (de la religion] puisse rendre raison et de toute la nature de l'homme en particulier, et de toute la conduite du inonde en général, 10. ib. xi, 4fl. L'erreur qui a fait adorer le monde, soit qu'on le regardât comme Dieu lui-même, ou qu'on le considérât comme lu

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coqis dont Wen était revêtu, Boss. Arert. sur le reproche d'idolâirie, 28. L'éternel est son nom, le monde est son ouvraL'e rac. Esth. m, *. Par le inonde ils [les épicuriens] entendaient les oieux et la terre avec tout ce qui y est renfermé; par l'univers, ils entendaient non- seulement les cieux et la terre, mais encore le vide infini qu'ils supposaient au delà du monde, rolun, Ilist. anc. liv. xxvi, 3 , 2, § 2. Sans doute, le monde tel qu'il est, est un mystère que nous ne pouvons ni nier ni comprendre, STAïL, Corinne, x, 5. Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe, Où, jusqu'au souvenir, tout s'use et tout s'efface, lamart. MÎd. i, <8. ]| Hyperboliquemrnt. Un monde, quelque chose de trcs-grand. Qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver? pasc. Pens. I, I. il Faire un monde, imaginer un système sur la formation du monde. L«s philosophes qui font un monde, ne font guère qu'un monde ridicule, VOLT. Physique, Dissert, ehang. globe. \\ la machine du monde, le monde considéré dans le jt'u des forces qui l'animent, dans son mécanisme. Sans qu'il nous arrive aucun accident, la machine entière du monde travaille sans cesse avec une force invincible à détruire notre corps, Nicole, Ess. de mor. 4" traité, ch. *. Grâces aux travaux de ces grands hommes, le monde n'est plus un dieu; c'est une machine qui a ses roues, ses cordes, ses poulies, ses ressorts et ses poids, dideh. Pens. philos. n* 18. Il Par exagération. Je ne puis rien porter; une cuiller me paraît la machine du monde, sév. Î65. Il Ame du monde, espèce d'intermédiaire que la philosophie platonicienne plaçait entre Dieu et la matière. || Selon d'autres philosophes, l'âme du monde se confond avec Dieu même. || Familièrement. Depuis que le monde est monde, c'est-à-dire de tout temps. Un amour qui ne demande pas mieux que de lui faire oublier son devoir, comme il fait depuis que le monde est monde, mnER. Salonde (766, Œuv. t. XIII, p. 7S, dans pougens. || L'an du monde deux mille, la deux-millième année depuis la création du monde. Ce fut environ l'an 30oo du monde, le 488* depuis la sortie d'Égj-pte.... et looo ans devant Jésus-Christ, que Salomon acheva ce merveilleux édifice, BOSS. l[ist. i, 6. || Terme de marine. Est du monde, l'est vrai ou corrigé, par opposition à l'est donné par la boussole. || 2° Les anciens croyaient généralement que le chaos avait précédé le monde qui en avait été tiré. || Kig. X propos, c'est lundi la fêle de Chloé ; Sa maison, on le sait, est l'arche de Noé ; La ville, les faubourgs, chez elle tout abonde ; De ce chaos il faudra faire un monde, DELilXE, Couvert, ii. Va donc pour le chaos, et qu'il en sorte un monde ! c. dflavigne, la Popularité, IV, 8. Il 3* Le monde physique, le monde considéré dans ce qu'il a de sensible. || Le monde moral ou intellectuel, ou intelligent, le monde considéré par ra(iport aux choses morales ou intellectuelles. Il s'en faut bien que le monde intelligent soit aussi bien gouverné que le monde physique ; car, quoique celui-ci ait aussi des lois qui, par leur nature, aont invariables, il ne les suit pas con.stammnnt comme le monde physique suit les siennes, montf.so. Etp. i, 4 Mais de quoi jouissaisje enfin quand j'étais seul? de moi, de l'univers entier, de tout ce qui est, de tout ce qui peut être, de tout ce qu'a de beau le monde sensible, et d'imaginable le monde intellectuel, J. i. eouss. 3' lettre à M. de Kalciherbes. Le monde moral et le monde physique ont la même marche; nous nous poussons comme les Ilots de la mer, et nous nous succédons les uns aux autres, bailly, Atlantide, p. 231, dans POUGENS. Il Le monde idéal, l'idée archétype du monde qui est en Dieu, de toute éternité, selon la philosophie de Platon. || Monde idéal, se dit d'un mundo imaginaire, meilleur que le momie où nous existons, |{Flg. .Se créer un inonde, se faire un monde idéal. Si les hommes pouvaient, comme les femmes, te créer un monde dans leur propre coeur , stael, Corinne, ii, 2. Il Monde intelligible , le monde considéré dans les rapports qui ne peuvent être saisis que par l'intelligence. Il semble que Locke et Clarke aient eu les clefs du monde intelligible : Locke a ouvert tous les appartements où l'on peut entrer; mais Clarke n'a-t-il pas voulu pénétrer un peu trop au delà de l'édifice? YOLT. Di'c». phil. Platon. \\i' Dans un sens particulier, le monde, noire syslime solaire avec les planètes, les satellites des planètes et les comètes, par opposition il'uDiTers qui embrasse tout

ce que nons voyons d'espace et de soleils, et flans lequel le monde n'est plus qu'une parcelle. || Système du monde, l'ensemble des comlitions géométriques et mécaniques suivant lesquelles notre soleil, les planètes, leurs satellites et les comètes accomplissent leurs mouvements. || 5° Les planètes et les étoiles qui roulent dans l'espace, considérées comme des habitations semblables aux nôtres. Il semble que rien ne devrait nous intéresser davantage que de savoir comment est fait ce monde que nous habitons, s'il y a d'autres mondes semblables, et qui soient habités aussi, font, les Mondes, Préface. Lorsqu'il [Sénèque] répond à la question : Quelle sera la vie du sage sur une plage déserte, dans le fond d'un cachot? Celle de Jupiter dans 1a dissolution des mondes, il montre une 9me forte, DinER. Claude et Nér. ii, t. Je suppose qu'il est une progression dans les perfections respectives de celte série pr9<ique infinie de mondes semés dans l'immensité -ie l'espace, bonnet, Contempl.nat.iv, (3. Descend>-tu fun rayon de la lunei pour me révéler Des mondes le divin mystère ? lamart. Héd. i, 4. Il Pluralité des mondes, opinion hypothétique qui, considérant que les planètes sont des globes semblables «n beaucoup de choses à la terre, admet qu'elles ont aussi des habitants. Entretiens sur la pluralité des mondes, p:ir Fontenelle. Je n'ai aucune intention de choquer l'auteur des Mondes [Fontenelle], que j'estime comme un des hommes qui font le plus d'honneur à ce monde-ci, volt. Lett. Berger, U mai 1 738. || 6° Le globe terrestre. Le monde sublunaire. Faire le tour du monde. Les cinq parties du monde. M. Sauvai travaille à nous faire une histoire de la ville de Paris ; vous savez que cet abrégé du monde est divisé en ville, cité et université, oui patin, Lelt. t. n, p. 2sa. Entendez, ô grands de la terre; instruisez-vous, arbitres du monde, boss. Reine d'Anglet. Le monde, de qui l'âge avance les ruines. Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, boil. Lutr. m. Je l'épouse, et pour dot je lui donne le monde, volt. Sémiram. m, 3. Il Par exagération. Tout ce qui est au monde, c'est-àdire une foule considérable. Tout ce qui est au monde était à ce sermon [de Bourdaloue), et ce sermon était digne de tout ce qui l'écoutait, sév. t3 mars )«7) . Il Courir le monde, voyager beaucoup. 11 court toujours le monde, et le monde est bien grand, collin d'harleville, Chdt. en Espagne, ii, (. || Dans une opinion vulgaire qui considérait la terre comme une surface plate, le bout du monde, le lieu où la terre se termine, un lieu très-éloi^-né. D'un bout du monde à l'autre bout L'habit fait tout, biîrano. Vieux habits, vieux galons. || Hyperboliquement. Il est allé loger au bout du monde, dans un quartier fort éloigné. || On dit dans le même sens : à l'autre bout du monde. J'ai vu ce beau jardin des plante». — Miséricordel eh quoil tu viens?.... Mais c'est, d'honneur, Â l'autre bout du monde, collin d'harlev. Uœurs du jour, i, 7. || Kig. et familièrement. C'est le bout du monde, se dit lorsqu'on estime quelque chose à son plus haut prix, à sa plus grande valeur. Si vous tirez cent francs de ce cheval, c'est le bout du monde. |{ Le bout du monde, se dit aussi d'un délai extrême qu'on ne peut dépasser. Je pars, et, si je vous écris encore lundi, c'est le bout du monde, sév. 8 juill. (87». || De par le monde, quelque part. Il y a de par le monde un homme qui.... || Du monde, se joint avec un superlatif pour exprimer avec plus de force ce qu'on affirme ou ce qu'on nie. Le meilleur homme, le plus méchant homme du momie. Par le caprice du monde le plus bizarre, boil. Sat. xii, Avertissement. Cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde, le sage, Turcaret, l, )2. L'invention du monde la plus heureuse, volt. Comm. sur la Suite du Menteur, m, l. || Cela est, cela va le mieux du monde, cela est, cela va très-bien. Bannissez vos frayeurs, tout va le mieux du monde, corn. l'Illusion, IV, 6. Il Nous sommes le mieux du monde ensemble, nous sommes très-bien, très-ami» l'un avec l'autre. {| Pas le moins du monde, en aucune f&r^ou. Il Du monde, se joint avec le même sens à un substantif. Il dit de vous tout le bien du monde. Si homme du monde a la don d'obscurité, avouons que c'est celui-ci, BALZ. le llarbon. Ouvrez-la [la montre] ; lisez dans son sein; Mainte roue y tient lieu da tout l'esprit du monde, la kont. Fabl. X, *. Voilà qui me ferait plus de mal mille fois qu'à personne du monde, sév. 28 juill. <*7e. ;l Par exagération. Tout au monde, tout co qui est dans le monde; rien au monde, rien do ce qui est daiis le monde. Je donnerais tout au monde pour l'avoir. Rien au monde ue le fcra céder, || Terme

de blason. Globe terrestre que l'on voit sur les tiares des papes ou sur les couronnes des empereurs. On en trouve aussi dans quelques armoiries particulières. Il 7° Le monde, ce bas monde, ce monde, la terre que los hommes habitent, par opposition au ciel, au royaume céleste. On n'a pas toutes ses aises en ce monde. Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin, iialh. vi, <8. Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes, la font. Fabl. m, t. Sur quoi foiidera-t-il [l'homme] l'économie du monde qu'il veut gouverner? sera-ce sur le caprice de chaque particulier? quelle confusion I sera-ce sur la justice? il l'ignore, pasc. Pens. m, 8, édit. HAVBT. La mort délivre l'âme... de la concupiscence des membres, sans laquelle les saint» ne viennent point dans ce monde, iD. Lettres sur la mort de son père. Le royaume de son Fils [de Dieu] n'était pas de ce monde, boss. Hist. n, i. Il y a un royaume qui n'est pas de ce monde, pléch. Jfor.- Thér. Voilà une pensée qui n'est pas de ce monde, MARrvAox, Sec. surp. de l'am. i, t. Ce monde-ci n'est qu'une loterie De biens, de rangs, de dignités, de droits Brigués sans titre, et répandus sans choix, VOLT. Nan. i, ». Comptez que le monde est un grand naufrage, et que la devise des hommes e,st, sauve qui peut, m. Lett. leChevalierdeR....!..., io sept. 1760. Un système de perfection qui n'était pas de ce monde et n'existait que dans les livres, MARMONTEL, llém. XI. Paix au travail I paix au sol qu'il féconde! Que par l'amour les hommes soient unis! Plus près des cieux qu'ils replacent le monde 1 BÉRAN6. les Quatre dges historiques. || Dans le langage de l'Écriture, lafigure de ce monde passe, c'est-à-dire tout ce qui est dans le monde n'a rien de solide ni de permanent. Les chrétiens regardent.... la figure du monde comme un songe, mass. Carême, Mauvais riche. Il Venir au monde, naître. C'est pour détruire le» œuvres du diable que le Fils de Dieu est venu au monde, sAci, Bible, St-Jean, i" épit. m, 8. Alexandre naquit la première année de la cent-sixième olympiade; le même jour précisément qu'il vint au monde, le fameux temple de Diane fut brûlé à Éphèse, ROLLiN, Ilist. ane. Œuvr. t. vi, p, 167, dans pouGENS. Fortunio Liceti, savant recommandable du xvi* siècle, qui vint au monde à l'âge de cinq mois, et que son père, médecin de réputation, conserva par les soin» les plus minutieux, cabanis, Instit. Mém. se. mor. et put. t. i, p. 126. || Par extension, venir au monde, survenir, arriver. Cela est donc venu au monde depuis votre société, pasc. Prov. V. Il Être au monde, être en vie. Cesser d'être au monde, n'être plus au monde, no plus exister. Il n'était plus au monde, c'était à un mort que j'écrivais, sév. 36». Quand il ne serait plus au monde, boss. Ilist. m, i. Si le fils de Thétis n'eût point été au monde dans le même temps, fén. Tél. xu. Hé I Madame, songez-vous encore que je soi» au monde? baron, Homme à bon. fort, u, n. Pour être l'objet des événements les plus terribles, il n'est seulement question que d'être au monde, Marivaux, Harianne, 9' part. || Par extension. Tous les soirs qui seront et qui furent au monde, rEonier, Sal. 1. Il Se savoir bon gré d'être au monde, être trcs-.satisfait de soi-même, de sa position, etc. D'où vient qu'il parle plus haut que les autres, et se sait si bon gré d'être au monde? monteso. Lelt. pers. 4». Il Mettre un enfant au monde, donner naissance à un enfant. La signera mit au monde une fille, la FONT. Ilerm. C'est un homme Toluptucui, qui ne cherche qu'à faire grande chère, et qui croit que Dieu l'a mis au monde pour tenir table, vult. ÉO' dig, 18. Il Fig. Mettre au monde, faire connaître, donner une certaine illustration. Celui-ci était.... un gentilhomme tout ordinaire de Lyon ; co qui les mit au monde [lui et sa famille] fut le mariage de son frère avec la sœur utérine de Mme do la Vallièro, sT-sm. t. XVII, p. 378, éd. ciiénuEL. || 8' Le monde ancien, ou le monde des ancie.ns, ce que les ancien» connaiisaient du globe terrestre. Ce voyage do Gaina fut ce qui changea le commerce de l'ancien monde, volt. Mœurs, Ml. || Le nouveau monde, le continent de l'Amérique. Kn sorte qu'à son tour le nouveau monde paraît avoir de» représentants dans l'ancien, bmkf. (Juadrup. t. vu, p. 376. Ce fut en allant i la ri'clicrche du /.iparigui de Marc Pol que ChnstOj'be Colomb dcrouvrll le nouveau monde, silv. ue saci, Instit. Mi!m. inscr. M bellet-lett. t. vu, p. 416. Qui découvrit un nouveau monda? Un fou, qu'on raillait eu tout lieu, bRhano. 1rs Fous. Il Nouveau monde, variété d'œillet. Le nouveau monde n'est point estimé des cunnaisscuri. Culture des fleurs , ch. 2, dans riciiixet. || Monde nouveau, tout co (^ue l'on connaît aujourd'hui du

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globe terrestre, par opposition k monde ancien qui DO comprenait qu'une partie de l'Kurope, de l'Aiie et de l'Alrique. || Monde maritime, l'océanie et ses dépendances. || Kig. Soyez-vous l'un à l'autre [deux amants] un monde toujours beau, Toujours divers, toujours nouveau, la font. Fabl. U, S. Ainsi ces deux enfants, l'un à l'autre leur monde.... lamart. Chute d'un ange, «• vision. Il Fig. Un monde tout différent, une manière tout autre de sentir, de comprendre, d'exprimer. Quand on passe de Ciana & Polyeucle , on se trouve dans un monde tout différent, volt. Comm. Corn. }'olyeucUyÉpit. dédie. || Fig. Mettre un moudo entre.... établir une eilrême différence entre.... Cela seul (les vous de Polyeucle opposés aux tu de Pauline] met tout un monde entre le martyr Polyeucle et la païenne Pauline, CHATEAUBR. Génie, n, m,». || Familièrement. De quel monde venez-vous? ou bien, vous n'êtes pas de ce monde, se dit à quelqu'un qui ne parait pas instruit d'une chose que tout le mon le sait. {| 9* Hyperboliqucment. Un lieu vaste et très-peuplé. Paris est un monde. C'est une république, c'est un monde que votre châleau, je n'y ai jamais vu cette foule, sEv. 45». |{ 10° Monde se dit pour exprimer un ensemble de pays, de sociétés, de civilisation. Le monde oriental. Le monde grec. Le monde du moyen &ge. |{ On dit de même : le monde chrétien, le monde des fidèles. Dès le moment que nous entrons dans l'Église, qui est le monde des fidèles et particulièrement des élus, PASC. Letl. rur la mort de son père. Les Ëtats qui composent le monde chrétien, bouroal. Serm. 22* dim. après la Pentecôt. Domin. t. iv, p. 344. Il Le monde politique, la société et son gouvernement. Il est certain, et les peuples s'en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le monde physique, se règle par poids, nombre et mesure, fonten. Uonlmorl. ||11° La totalité des hommes, le genre humain. L'opinion du monde. Jésus-Christ est le Sauveur du monde. Le monde est vieux, dit-on ; je le crois; cependant U le faut amuser encor comme un eni'ant, LA PONT. Fabl. viii, 4. Avant lui [Jésus-Christ], le monde vivait dans une fausse paix, pasc. Pens. XXIV, es. Cette civilisation [celle de l'Kurope] contient l'avenir du monde, jouffedï, ilél. de l'élal act.de l'hum. || 18° Les hommes en général, la plupart des hommes. Le monde, chère Agnès, est une étrange chose, mol. Éc. des f. u, «. A quoi pense le monde?.... à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague.... sans penser à ce que c'est.... qu'être homme, pasc. Pens. xxiv, 63. Le monde juge bien des choses; car il est dans l'ignorance naturelle qui est le vrai siège de l'homme, m. tb. Ili, 18. 11 [Alexandre] a souhaité de faire du bruit dans le monde durant sa vie et après sa mort, Boss. la Vallière. Le monde, qui n'est pas bon, mène souvent la passion des autres plus loin qu'elle n'est allée, BARON, l'Homme à bonnes fortuites, i, 4. Le monde me dédaigne, il me rejette, nous ne changerons pas le monde, Marivaux, Uariannt, T part. L'expérience m'a convaincu que ce monde est une espèce de bois infesté de brigands : l'histoire m'assure de plus qu'il n'a jamais été autre chose, d'a- LEMB. Mélanges, l. v, Hé[lexionssurl'hisloire.\\ 13°Un certain nombre de personnes. Peu de monde. Beau- Coup de monde. Il a amené beaucoup de monde avec lui. Le monde commençait à venir. Allons-nous-en d'ici, j'entends venir du monde, maihkt, Soliman, I, 1. Une grande partie du monde alla coucher à Reims, pelusson, Lett. hist. t. a, p. s» , dans pou- OEMS. C'est ainsi que Candide, Martin elle Périgourdin raisonnaient sur l'escalier, en voyant défiler le monde au sortir de la pièce, volt. Candide, 22. Le manque de soins avait fait périr autant de monde que les armes, m. Jfœurj, «74. On m'a mandé qu'on avait démoli un templ» auprès de U Rochelle, et qu'il y avait eu du monde tué, m. Lett. d'Argence, lo juillet «7«7. Le prince Eugène veut attaquer un pont; il y perd du monde, in. Louis XI V, ".Il y eut ce soir un monde prwligieux au cercle de la reine, oenlis, mU de la Fayette, p. ï6f. dans pouoEns. || Avoir du monde, avoir chez soi un certain nombre de personnes. Quand j'ai du monde, je travaille i ce beau paremect d'autel, sftv. sa. Vous me demander ce que nous lisons ; dès qu'on a le moindre monde, on ne lit pius, sev. as „ov tanu AU. oui, )'al bien le temps de m'arrêU-r, avec le monde que nom avons, picabu, Colialéral. w 4

m^Ti^r " '•'. recevoir chez s.. ides personnes qui vin visite Je ue me sens ,,a,

«,,«^„" •■• :!,'>"'"«"' » recevoir du monde, «DLLUi o-BAkuiv. C/utt, «n Esp. H, 6. |. Monde »o dil

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aussi pour une seule personne. N'entrez pas, il y a du monde dans son cabinet.îl A cet emploi de monde, correspond personne. Y a-t-il du monde ici ï il n'y a personiie.il 14" Le monde, les gens, vous, nous, le premier venu. U ne faut pas accuser le monde légèrement. La d^ « dont il se servait Quand il voulait tuer le mo>. /e, scabron, Virg. vi. Si bien qu'on ne peut se moquer du monded'uiie façon plus gros- .sière qu'en nous donnant ces discours comme fort anciens, boss. Var. xi, 426. || Devant le monde, en public. Ce qui est écrit noblement dans Homère devient aussi bas et aussi dégoûtant dans le Irissin [poète italien] que les caresses d'un mari et d'une foiumc devant le monde, volt. Ess. poés. épique, cil. v. Il Familièrenient et avec un ton de plainte. Le pauvre monde, les gens, vous ou moi. Voilà qui est beau de se moquer ainsi du pauvre monde, voisENON, llist. delà sultane Grisemine, Œurr.t. v, p. 67, dans POUGENS. {{ iS" Tout le monde, chacun. JEllej Croit que c'est aimer Dieu que haïr tout le monde, boil. Sal. x. Il aurait fallu commencer par imiter M. le duc d'Orléans [qui s'était fait inoculer] ; il faudrait donner la petite vérole à toul le monde pour sauver tout le monde, volt. Lett, Delisle, 27 mai 4774. Jl On peut employer le pronom ieur avec tout le monde. Avec quelle condescendance engageaitelle tout le monde à leurs devoirs en s'acquitlant des siens envers tout le monde 1 le p. de la hue, Or. fun. du Dauphin et de la Dauphine. Le bon prince [Charles II] commençait à être de mauvaise humeur.... il laissait toul le monde en repos dans leur commerce, et cependant on avait souvent l'insolence de troubler le sien, eauilt. Gramm. 4 3. Il Tout le monde, le premier venu. Si j'étais la Fontaine et si Mme du Châtelet avait le malheur de n'être que Mme de Montespan, je lui ferais une épitre en vers, où je dirais ce qu'on dit à tout le monde, volt. Lett. Thimot, <*' mars 4 736. Madame sort sans Uvrée I nous avons l'air de tout le monde, BEAUMARCH. Jfère coupable, i, 2. || 16" Hyiierboliquement. Un monde, une grande quantité de personnes. Apaise?, le lion : seul il passe en puissance Ce monde d'alliés vivant sur notre bien, la pont. Fabl. XI, 4. Ékre servi par un monde d'esclaves, lo. l'Eunuque, u, 4. Ma manière d'agir, ma critique, mes ris, M'attireraient bientôt un monde d'ennemis, REGNABD, DémocTile, I, 6. Un monde d'adversaires élevés contre lui, tant au dedans qu'au dehors de l'Académie, ne l'ébranla point, fonien. Uéry. Il Absolument. L'éloignement d'aucun ne saurait m'aflliger; Mille encore présents m'empêchent d'y songer ; Je n'en crains point la mort, je n'en crains point le change; Un monde m'en console aassitôt, ou m'en venge, cokn. la Place roy. I, 4. Il Une grande quantité de choses. Contre un monde de recettes, la font. Ann. Je vous écrivais tout à l'heure que je brûlais d'aller à Paris; à présent je tremble d'y trouver un monde d'affaires, DiDER. Lett. Voland, 2» oct. 4 7co. Dans le peu de paroles qu'avait prononcées cet homme, j'avais entrevu un monde de douleurs secrètes, L. reïbaud, Jérôme Paturot, Introduct. || il' Avec l'adj. possessif, les domestiques. Il a congédié tout son monde. On dit ordinairement en parlant : tout mon monde est venu, son monde n'est pas venu, pour dire : tous mes gens ou tous mes domestiques sont venus, ses gens ne sont pas venus; mais il le faut éviter comme un terme bas, et, si j'ose le dire, de la lie du peuple, vaugelas, Jlem. t. I, p. 277, ilans POUGENS. Son monde, pour dire ses gens, ses domestiques, n'est point un terme de la lie du peuple, comme il est qualifié dans celte remarque ; il est de la conversation et du stylo familier, et on ne ddil point blAmer ceux qui disent: son appartement est fort commode, il a tout son monde autour (le lui, Académie, Observations sur Vaugelas, p. 91. Là-dessus le maîlie entre et vient faire sa ronde : Qu'est ceci, dit-il à son monde? la pont. Fabl. IV, 24. Il savait bien qu'il n'avait pas besoin de tout ce monde, mais il croyait que tout ce inonde avait besoin de lui, flécii. Duc de Uont. Il Les gens qui sont sous les ordres de quelqu'un. Ce capitaine n'avait avec lui que la moitié de son monde. Déjà monsieur le maître et son monde se lasse, rEgmkr, Sot. vi. Le leirleuiuin, au premier lever de l'aurore, je fais embarquer tout mon monde, pénel. t. xxi, p. 40». || Un certain nombre de personnes que l'on attend. Notre monde n'est pas

encore arrivé Monsieur, voici tout votre monde.

Hère, rival, maîtresse et madame Kaymoiule, LEORANu, f'oir* de Saint-Laurent, se. 4. Mon souper est prêt : attendons notre monde, al. duval, Jeunesstde Aiclul. v. 4. || La famille, les gens qu'on

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a autour de soi. Tout mon monde vous fait ses compliments. Tout notre monde vous est extrêmement obligé de l'honneur de votre souvenir, balz. liv. vin, lett. 46. Il On dit de .ses enfants jeunes : mon petit monde. || Fig. Connaître son monde, savoir à qui l'on a affaire. Apprendre à quelqu'un à connaître son monde, lui faire la leçon, le remettre à sa place. Si vous m'en croyez, nous leur jouerons tous deuj une pièce qui leur fera voir leur sottise et pourra leur apprendre i connaître un peu mieux leur monde, mol. Préc. 4. || 18- Dans la marine, l'équipage, ou une partie de réiiuijiage. En haut le monde 1 appelez le monde! On met du monde sur telle ou telle manœuvre qu'on veut lider. Tout le monde sur le ponti Envoyer du monde à terre. Il Faire passer du monde sur le bord, faire descendre, quand un officier ou un étranger vient à bord d'un vaisseau, le long de l'échelle quelques matelots qui veillent sur lui pendant le trajet à faire de l'embarcation qui l'a apporté au pont du navire, le préservent des chutes ou autres accidents et le reçoivent le bonnet à la main. || 19° La société des hommes, ou une partie de cette société. L'usage du monde. Il ne voit qu'un certain monde. Vous êtes peu du monde, et savez mal la cour, COBN. Nicom. m, 8. Mais vous êtes du monde ; et, dans votre sagesse. Vous savez excuser le feu de la jeunesse, mol. Ée. des f. v, 2. Mais quand on ou est du monde, il faut bien que l'on rende Quelques dehors civils que l'usage demande, id. le Mis.

1,4 C'est une folie à nulle autre seconde De

vouloir se mêler de corriger le monde, lo. ib. 1, 4. Il faut parmi le monde une vertu traitable,iD. tb. Enfin, j'ai vu le monde, et j'en sais les finesses, iD. Éc. dès f. IV, 6. Le peuple et les habiles composent le tiers du monde, pasc. Pens. m, m. Enlin, le voilà jeté dans le monde, et il y fait fort bien, sÉv. 4 08. Elle sut se prêter au monde avec toute la dignité que demandait sa grandeur, aoss. Mar.- Thér. Je veux confondre le monde par ceux que le monde même révère le plus, par ceux qui le connaissent le mieux, et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trône, lu. Duch. d'Orl. Les pensées ambitieuses sans lesquelles on n'est pas du monde, in. 3- serin. Penlec. 4. Le monde est une comédie qui se joue en différentes scènes ; ceux qui sont dans le monde comme spectateurs, souvent le connaissent mieux que ceux qui y sont comme acteurs, m. Pensées chrét. 30. Dans ces déplorables erreurs, la princesse palatine avait les vertus que le monde admire, et qui font qu'une àme séduite s'admire elle-même, lu. Anne de Gont. On admire en elle des qualités qui la rendent parfaite selon le monde, bourdal. Concept, de la Vierge, Mysl. t ii, p. 66. Il ne pouvait ignorer qu'entre les gentils il y avait eu des sages du monde, des hommes distingués selon le monde, m. ilyst. Epiphanie, t. i, p. »4. Qu'il y avail un art innocent de séparer les pensées d'avec les paroles, et que la probité pouvait souffrir ces complaisances mutuelles qui, étant devenues volontaires, ne blessent presque plus la bonne foi, et maintiennent la paix et la politesse du monde, flf.ch. duc de Mont. Le monde, et surtout MM. les évêques sont trèsmécontents de ce qu'on vient de faire pour les nouveaux convertis, maintenon, Lett. au card. de Noailles, s janv. ions. Le monde est un menteur, il nous promet des plaisirs, et il ne donne que des peines, id. Lett. à Mme de Fonlanes, 4 606. Le monde, à mon avis, est comme un grand théâtre, Où chacun en public, l'un par l'autre aliusé, Souvent à ce qu'il est joue un rôle opposé, boil. Sat. XI. Jeune, autrefois par vous dans le monde conduit, ID. ib. X. Le monde cependant se rit de mes excuses, lu. Ëp. vi. C'est [Alidor bâtissant un monastère] un homme d'honreur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, ID. Sal. IX. Point ne me chaut ce que le monde en pense, chaul. Bouquet, 6. La pécheresse de l'Évangile était du monde, mass. Carême, Samar. Dans ces miiisons de retraite.... l'esprit du monde y règne quelquefois plus que dans le monde même, ID. Carême, Vocation. Une telle situation mit Villars fort dans le monde, et dans un monde fort au-dessus de lui, st-sim. 3, 64. Heureux qui jouit agréablement du monde I plus bcuieui qui s'en mociiio et qui le fuiti volt. Lett. Mme du Dejlant, 20 janv. 4 76». J'entre avec une secrète horreur dans ce vaste désert du monde, l. l. houss. Ilél. Il, 4 4. La nature lui avait donné le goût des sciences et une sorte de répugnance pour lo monde, c'est-àKlire pour la dissipation sans plaisir, la vanité sans motif et l'oisiveté sous repus, conduucet, Courtanvaux. La

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monde, dit Luther, ressemble à un paysan ivre : veut-on le mettre en selle d'un c6té,il tombe de l'autre, viLLERS, £^an(,p. 136. Elle est sœur de Mmed'Olcy, que vous avez certainement rencontiée dans le monde, CENUS, Adèle et Diéadore, t. i, p. 63, dans POUGKNS. Ici viennent mourir les derniers bruits du monde, lamart. ilédit.i, ie.l\ Aller dans le monde, fréquenter la société, aller dans les salons, dans les bals, les concerts, etc. Celte dame laissait croire que j'étais destinée à son fils; mais elle me laissait a."ler dans le monde sur ce pied-là, Marivaux, Marianne, 6' part. Les filles vivent dans les couvents, et les femmes courent le monde, J. J. Rouss. Ém. \. Il Mettre quelqu'un dans le monde, l'introduire dans la société. || Homme du monde, homme qui vit dans la société et qui en sait les usages. ||4u pluriel, les gens du monde, voy. gens, n" 3. || Savoir son monde, savoir bien le monde, savoir vivre et se conduire dans le monde. Fille qui sait son monde a saison opportune, bégnier, Sat. xiii. Estil possible, notre gendre, que vous sachiez si peu votre monde ? mol. G. Dand. I, ♦. Cela est étrange qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son monde, m. la Comtesse d'Escarb. I, 2. Un homme qui ne sait pas le monde, sÉv. 89. Voilà la reine des filles pour entendre parfaitement bien wn monde ! brueys, Muet, iv, 4 a. || Avoir du monde, même signification. M. de Coulanges est bien en peine de savoir laquelle de vos madames y prend goût [à mes lettres] ; nous trouvons que c'est un bon signe pour elle ; car mon style est si négligé qu'il faut avoir un esprit naturel et du monde pour s'en pouvoir accommoder, sév. 23 déc. <674. [Cal- »isson] c'était une fort vilaine figure d'homme, mais avec beaucoup d'esprit, de lecture et de monde, st-sim. 78, a. Je ne puis deviner quel est son projet ; mais il a du monde, de l'esprit, dan- COLRT, Moulin de Javelle, se. 26. || Manquer da monde, être sans monde, ne pas connaître les usages de la société distinguée. J'entendis une fois Mme de '*' dire à son amie : Il manque de monde, mais il est aimable, J. i. rouss. Confess. vi. De paisibles campagnards sans monde et sans politesse, ID. Ilél. V, 2. Il Connaître le monde, connaître les hommes. Il a de l'esprit, de l'honnêteté, il connaît le monde, SÊV. 28o. Frédéric a plus d'art et connaît mieux son monde, volt. lip. (0(.||La science du monde, la connaissance de la manière de voir de la société. Ces sacrifices que les ambitieux appellent la science du monde, fléch. Duc de Mont. Il Vous ne changerez pas le monde, c'est-à-dire il faut accepter les usages, les opinions, les manières de faire. Le monde par vos soins ne se changera pas, MOL. Mis. I, I. Il N'être plus du monde, n'être plus dans le commerce du monde, ne plus fréquenter la société. Il On dit dans le même sens : quitter le monde, renoncer au monde, se retirer du monde. Au monde qui la quitte, elle veut renoncer, MOL. Jart.l, I. Je m'applaudistouslesjoursde m'ètie retiré i la campagne depuis quinze ans.... il ya, je l'avoue, un grand mal dans cette privation, c'est qu'en quittant le monde, je vous ai quittée, volt. Lett Mme du £)e//an(,20janv. 176». || Voilà le momie, c'est ainsi que les choses changent, que la fortune porte ses coups, que les sentiments tournent. La maréchale de Clérambault aura son paquet à Poitiers; c'est-à-dire au même lieu où elle avait reçu l'ordre de venir au Palais-Royal; voilà le monde, sev. 3»i. Enfin voilà Mme de Kicbelieu à la place de Mme de Mont-iusier; quelle joie pour bien des gens! quel chagrin pour d'autres I voilà le monde, lu. 2-^ nuv. l<7i. Il Ainsi va le monde, c'est ainsi que les hommes agissent, se conduisent. || C'e.si le monde renversé, se dit quand une chose se fait contre l'ordre et la raison. || C'est uu homme qui doit à Dieu et au monde, c'est-à-dire il est fort endetté. || 20° Le grand monde, la société distinguée par les richesses, par les dignités de ceux qui la com|iosenl. Étn^ reçu dans le grand monde. Dans ce grand monde où tu vas l'entraîner i^ta femme], soil. Sat. x. Toulu sa vie |Villeroy] nourri et vivant dans le plus grand monde, ST-siM.3«2,*3. Des gens puissants, qui ont du crédit ou des dignités, et qui corup^sent ce qu'on appelle le grand inoiidi', makiv. Marianne, i.' jiitrl. Le plu.', grand monde etaitde ses soupers et de ses fêles, mak- MûHTEL, Mém. IV. Par degrés l'accoutumant à faire les honneurs de sa maison, la mil dans le plus grand monde, oenlis, lf</« (1« ta t'ayett4;,p. l*,din» POOGENS. Il Grand monde sigiiilio aussi une société nombreuse. Kt vou.t avez grand monde? —A ne pas nous connaître, PIRON, Métrom. l, i.l| Familièrement. Le petit monde, les gens du commun. Le |>euple dit : il ne faut pas tant uépriser le petit monde

Il Le beau monde, la société la plus brillante, celle qui est distinKuée par l'élégance en tout genre. Voilà le beau monde qui prend le chemin de nous venir voir, MOL. Préc. 4 2. Mon hôtesse, sans s'informer des motifs de ma curiosité, me mena à une égUse où tout le beau monde allait à la me»se. H"' dk TENCiN, ilalti. de l'amour, Œuv, t. iv, p. 461, dans POUGENS. Il Mme de Genlis trouvait le beau monde une façon de parler basse, Mém. t. v, p. 92, dans PODGENS. Il Voir le beau monde, fréquenter les personnes de distinction. || En un autre sens. Du beau monde, des gens bien mis. J'ai vu là beaucoup de beau monde. Il Le monde savant, le monde lettré, les hommes qui s'occupent particulièrement <les si'.iences, des lettres. || Le monde gcomclie, les géomètres. L'universalité surprenante des méthode^ [dans le calcul dillérentiel], l'élégante brièveté des démonstraiions.... tout attirait les esprits, et il se faisait dans le monde géomètre une révolution bien marquée, KONTEN. RoUe. \\ Demi-monde, gens d'une réputation équivoque ; se dit surtout des femmes galantes, entretenues. H Le demi-monde littéraire, des littérateurs de dernière classe. || 21" En langage de dévotion, la vie des hommes qui ont les mœurs peu sévères du siècle. Dieu ne veut point d'un cœur où le monde domine, corn. Poty. i, 4. Honteux attachements de la chair et |du monde, m. ib. IV, 2. Monde, pour moi tu n'as plus rien, lu. ib. IV, a. ô fausse volupté du monde I roth. St Genest, v, 4. Dans l'àme elle est du monde, mol. Mis. m, 3. Seigneur, prenez mes affections que le monde avait volées, pasc. Prière pour le bon usage des nia/ad. Le monde que je sais avoir été véritablement le meurtrier de celui que je reconnais pour mon Di3u et mon père, qui s'est livré pour mon propre salut, ID. ib. 11 fallait autrefois sorlirdu monde pour être reçu dans l'Église, au lieu qu'on entre aujourd'hui dans l'Église en même temps que dans le monde; on connaissait alors par ce procédé une distinction essentielle du monde d'avec l'Église ; on les considérait comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables.... m. Compar. des clirét. des premiers temps, etc. Il faut que le monde vous désabuse du monde; ses appas ont assez d'illusions, ses faveurs assez d'inconstance, ses rebuts assez d'amertume, Boss. la Vallière. Reconnaissez ici le monde, reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biens, m. Ann. de Gom. L'un [amour] est l'amour de soi-même pousse jusqu'au mépris de Dieu, c'est ce qui fait la vie ancienne et la vie du monde; l'autre.... in. là Vallière. L'honneur du monde, mes frères, c'est celte grande statue que Nabucbodonosor veut que l'on adore, lu. 4" serm. Uim. des Ram. Préambule. Ce qu'on appelle le monde, les sectateurs du monde, les esclaves du monde, ces hommes et ces femmes remplis de l'esprit du monde, connaissent-ils DieuT bourdal. Instruct. pour l'Avent, Exhorl. t. ii, p. »4 9. Le monde, que saint Augustin appelle la région des faussetés et des mensonges, kléch. Duc de Mont. Le monde qui ne peut cesser d'être monde, c'est-à-dire corrompu, fén. Éduc. filles, 8. Vous leur persuadez que le monde n'est pas ai incomi>atible avec le salut qu'on le pense, mass. Carême, Resp. hum. Une vie mêlée, tantôt de retraite et de vertu, tantôt de monde et de faiblesse, lo. Carême, 3'icdeur, 2. || 22" La vie séculière, par opposition à la vie monastique. Abandonner le monde. Un religieux qui rentre dans le monde. Le désir qu'elle avait eu de renoncer au monde, eléch. Dauph. 1123" L'autre monde, la >ie par delà le tombeau. N'ayant du communication qu'avec les morts, je ne vous saurais raconter que des nouvelles de l'autre mtinde, balz. liv. i, luit. ». Enfin, si l'autre monde a des charmes pour vou.s, Pour moi je trouve l'air de celui-ci fort doux, MOL. le Dép. v, 4. Et aussi les deux mondes : la création d'un nouveau ciel et nouvelle terre ; nouvelle vie, nouvelle mort, pasc. Peru. xxiv, 4 2. Il Familièrement. Envoyer dans l'autre monde, tuer. C'est la vouloir envoyer dans l'aulre uiondo, mol. Am. méd. i, 4. Si vous n'y prenez garde, il prendra laiildo soins de vous qu'il voua enverra (Luis l'aiilio monde, lu. Mal. im. ui,3.;| Allerdans l'autre monde, mourir. Il faut toujours avoir son paquet prêt et le pied à l'elrior, pour voyager dans col autre monde, où, ijuplque chose qui arrive, les rois n'auront pas grand crédit, volt. Leil. Mme Denis, 4» déc. 4762. Il 24» ).'i^. L'autre monde, sa dit du passé, du monde (i'aiitrefuis, de ce qui n'est plus à la moite, dan» l'usage. Il fait voir que la vertu de Citou était de l'autre monde et non pas de celui-ci, balz. s* dise, sur la cour. Que la foi lui paraît |au monde] simijle et mal habile I... que la piété chré-

tienne lui semble être de l'autre monde I boss. 3' serm. Pentec. 1. 1| Des gens de l'autre monde, des gens qui n'appartiennent plus au temps présent, qui ne connaissent pas les usages du monde. Ce que je ne puis comprendre, c'est que vous vous teniez tous deux à l'écart [M. et Mme de Grignan] pour des gens de l'autre monde, et i|ui ne sontplus enétat de penser à la fortune et aux grâces de Sa Majesté, sÉv. 4 3 mars i68o. Je trouvai, dans cette maison, une compagnie plus de l'autre monde que de celui-ci, STAAL, Mém. t. I, p. 345. Il Fig. 11 sembla qu'il vienne de l'autre monde, se dit d'un hoir.me qui parait ignorer ce qui se passe publiquement, les choses que tout le monde sait. Je viendrais d'un autre monde, si j'ignorais les éloges qu'elle [une reine] a reçus en celui-ci de la voix de tous les peuples, balz. lett. lO, liv. vi. || Dire des choses de l'autre monde, dire (les choses étranges, incroyables. Il 25* Titre de diverses publications périodiques ou non, qui exposent des choses relative» au monde. Le Monde illustré. Le Monde religieux. •\ 26" Petit monde, poisson du genre des quatredents. Il 27* Grand monde, sorte de papier d'une grande dimension. |{ 28" Monde d'or, quartz résinite (l'hydropbane des minéralogistes), connu des bijoutiers sous le nom d'œil du monde ; sa qualité spongieuse lui permet d'absorber une quantité d'eau qui, en reflétant les couleurs du spectre solaire, lui donne le chatoiement de l'opale, de laborde. Émaux, p. 396. Il Proverbe. Maître Gonin est mort, le monde n'est plus grue (voy. gonin).

— REM. 1. lîouhours (Nuuv. Rem.) hésite sur la locution avoir du monde , il a beaucoup de monde, pour dire avoir l'usage du monde : « Plusieurs personnes qui se piquent de politesse, parlent de la sorte; mais plusieurs personnes polies en font scrupule, et c'est ce qui me rend la phrase suspecte. Pour m'en servir, je voudrais qu'elle fût plus établie. » Cette locution s'est en effet établie. || 2. Th. Corneille remarque que un monde de pour signifier une infinité, une multitude, n'est plus usité ; mais la Fontaine s'en est très-bien servi ; et la locution a repris faveur.

— HIST. xti* s. Touz l'ors dol mont ne les pourreit tenser [préserver], Ronc. 78. Le Seignor [elle] prie qui le mont estora , ib. 4 75. Novele amor... Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist el mont ne voerue trouver, Couri, ii.jl xiii's. En tout ce mont [je] ne lui demanderoie Fors que s'amour, qui à la mort me mené, Couci, 4 2». Des nons et do la diversité des vens ne dira ore plus li maistres, por ce que les gens duu monde changent el devisent les nons selonc lor usage et selon la divereilé des langages, BRUN, latini. Trésor, ]i. 4 24. A-il mcsaise au monde qu'à la moie |à la mienne] compère [soit égale]? Rnte, xviii. [il] N'iy) avoit si maie garce tant com dure li mous, ib. xxiii. Là fu Vilains de Nulli, qui bien esloit uns des bons chevaliers du monde, villkii. xxxiii. Onques si grans afaires ne fu empris de nulle gent puis que li mons fu estorés, ID. lxi. Kt bien sachtés que tos li mons le tint & grant miracle, m. CLXi. Avarice a le mont sorpris [s'est emparée du monde], Ren. 4»3. De mainte guise agent el monde. Que li un sont de pechié monde. Et moult i en a d'entecliioz De t&z les crerainiés péchiez, ib. iMiia. || xv* s. L'homme du monde ([ui plus aida le roy Pliili[ipeà parvenir à la couronne, ce fut.... eroiss. i, i, 54. Ne mesembloit qu'il fust homme en ce monde Qui me vausisl [valût] de sens et de povoir, E. dksch. Dali, sur les erreurs de la jeunesse. Au temps passé quant nature me lisl En ce monde venir... cii. u'orl. Poésies, p. 4. El ne vouidruiu eslreencely traiu pour un monde d'or, car j'en seroie à blasmer devant Dieu et devant les hommes, j. chastelain, Chr. de Bourg, il, 2U. Cn le présume mort au monde; On le tient pourdcsiiature,cuuuiLLAiiT, Droits nouveaux. Ils no pensuienl qu'à leurs divisions, et à faire ung momie neuf, et ne rcgarduient point à plus Inlng, coMM. V, 46. Ils en eurent un monde de biens, qui estoiunt dedans [le chasleau], lu. vil, 44, || xvi* s. Il y a un lUondHiln vices caché en l'ame derhoinine, CALv. lust. 640. Sans laquelle imprudence, la Ionlaine durendt un monde d'ans, o. dk skbuks, 772. Sçavez-vous bien comme on s'entretciiiiit, Ving' ans, trente ansTcela duroii un monde. Au Iwu vieux temps, MAROT, II, 421. Hors du monde je me retire, ID. III, 3H. Sus, sus, mon cœur. Dieu où tout bien abonde Ta faut louer : louez le, tout le monde, m. IV, a4t. Kn ce uiesme monde [dans l'Indel, mont. I, 4«. Un monde d'ennumis. lo. l, I9. Les ojiiuioi» du monde, lu l, «a. Il «sWit bien près de mourir de huit, car 11 n'y avoit eau du monde au lieu où il

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i'étoit retiré, AMTOT, Arlax. 1 5. Il les estimoit les plus e/Trontez hommes du monde, id. ib. 98. Hommes médians, h«lz des dieux et du monde, id. Dion, 37. La divinité au gouvernement de laquelle l'univers obéissant est de faict et de nom monde, qui autrement ne seroit que desordre et conrusion, ID. ib. (3. Que s'il y a aucune loy qui s'escarte le moins (lu monde de cette première et originelle matrice, c'est un monstre, une fausseté, une erreur, ciiABHON, Sagesse, il, 3. Savoir son monde, oudin, Curios. franc. Ainsi va le monde ; quand l'un descend, l'autre monte, lo. t6. Q\ii veut la conscience monde, il doit fuir le monde immonde, cotgbave. Le monde est bien mangé de rais, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 330. Le monde est rond; qui ne sait nager va au fand,iD.tt). Le monde n'est monde, iu. tb. Le monde parle, l'eau coule, le vent souffle, l'aages'escoule, id. ib. Quant à la restitution de l'escarboucle et monde d'or qu'avons présentement en nos mains pour gaige.... DELABOHDE, Émaux, p. 396.

— ETYM. Provenç. mun, m»n, mont; cat. mon; esp.et port, mundo; ital. mondo; du latin mundus, proprement ce qui est ordonné, bien disposé (voy. MONDE 2). Uundus, ayant les deux sens d'ornement, bon arrangement et de monde, est la traduction du grec xô(Tpto;, qui a aussi ces deux sens. Dans xoffjjio;, le sens d'orner, d'arranger est le premier, et celui de monde est secondaire, dû, suivant Plutarque, aui pythagoriciens qui considéraient le monde comme un arrangement. La même idée a déterminé l'emploi latin de mundus; au sens de monde, il se trouve dès Enniuset Plaute; l'on sait d'ailleurs que, grâce à la grande Grèce, la philosophie pythagoricienne n'était pas ignorée à Rome, dès ce haut temps.

2. MONDE (mon-d'),od;. Terme usité sailement en style de l'Ecriture sainte et signifiant pur, sans souillure. Les animaux mondes et les animaux immondes.

— HIST. xii' s. Oui en ceste vengeance iert[sera] pèlerins verais, Quites sera et mondes de trestouz les xesfais, Sax. xv. ||xiii' s. Vous lestes tous coniiessé et munde de tos pechiés et de toutes ordures de vilenie, h. de valenc. viir. || xv* s. Vres Diexl com lors est belle et monde. De gai maintien et de gent corps, fboiss. J?ipt"n. amour.

— ÊTYM. ProT. mund, mon, monde; espagn. et ital. mondo; du lat. mundus, pur, net. L'ancienne langue usait de ce mot en tous les cas, et c'est dommage qu'on l'ait réduit à un emploi tout restreint.

ÏIONDË, ÉE (mon-dé, dée), port. p<w»<i de monder. Séné mondé. Certaines dragées fines contiennent des amandes mondées. || Prendre de l'orge mondé, boire de l'eau dans laquelle on a fait bouillir de l'orge mondé.

MONURR (mon-dé), ». o. || !• Débarrasser de matières hétérogènes, inutiles, telles que coques, bûchettes, queues, etc. Il faudra monder ces amandes. Il Monder de l'orge, en ôter la pellicule. || Monder de la casse, la tirer de son bftton, la préparer. Vous et moi nous avons vécu assez honnClement, en prévenant les maladies par un peu de casse; je fais monder la mienne, et je la fais un peu cuire, volt. Lett. Umedu Deffant, 49 avr. t775. ||a» Terme de peintre en bâtiment. Nettoyer ou séparer quelque matière mixte. || 3* Terme de chirurgie. Monder ou mondifier une plaie, un ulcère, les nettoyer, les déterger. 1)4* Il se dit quelquefois pour ébourgeonner.

— HIST. XII* s. Et par confessiun sun espirit fil] munda, E sulTri discipline et sa char cbastia. Th. le mart. tso. Là fait Deus cius [aveugle] veeir, sura (sourds] oîr, muz parler, l.epruz munder, les morz e revivre e aler, ib. t3(.||jiii* s. Celui netioit et mondoit, Celui lavoit, celui tondoit, ruteb. u,4«9. Il XVI* s. Orge mondé ou amundé,PARÈ,xv, 23.

— f.TYM. Provenç. mundare, mondar ; espagn. mondar ; ital. mondart; du lat. mundare, qui vient de mundut, monde 2.

t MON DIPICATIF, I VE (mon di-fi-ka-tif.ti-v') , adj. Terme de médecine. Qui a la vertu de mondifier.

— HIST. xvi* s. Gargarismes mundificatifs, pabé, n, ».

— f.TYM. Mondifier.

tMONDIFICATION (mon- di-fi-ka-sion),».^. Terme de médecine. Action de mondifier.

— HIST. XVI* I. Apres la mundification, on fera cicatrice à l'ulcère, paré, vi, 8.

— r.TYM. Mondifier; provenç. mondificatio; ital. mnndificatione.

MO.NDIPIÈ, ÉK (mon-di-fl-é, éa), part, passé de roomlifier. Une plaie mondifiée.

MONDIFIER (mon-di-fi-é),je mondifiais, nr,uj noodiOions, vous moodifiiez; que je moodifia que

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nous mondifiions, que vous mondifiiez, v. a. Terme de médecine. Nettoyer, déterger. Mondifier un ulcère.

— HIST. XIV* s. Premièrement soit mondefie la plaie car dehors, ii. de mondeville, f* 42, verso. Il XVI' :^. Par le sang de Jésus Christ nous «ommos puTKez et mondifiez, calv. //is(i(. 1044.

— Kl'YM. Prove c. mwnfii/icar; espagn. mund//!car ; ital. munilificare ; du lat. mundifkare qui vient du lat. mundus, monde 1, et facere, faire.

•f MONDRAIN (mon-drin), s. m. Monticule de sable. 1 e (letiis irondrains ou tertres de terr ! élevéen forme de tombeaux. Butp De l'homme. Variété. La côte bst élevée, montueuse et couverle de bois ; elle Bit coupée en mondrains détachés et taillés à pic qui en rendent l'aspect très-varié, bouoainville, Voyage, i, 6.

t MONE (mon'), s. f. Singe d'Afrique. La mono est la plus commune des guenons ou singes à longue queue, nous l'avons eue vivante pendant plusieurs années, buff. Quadrup. t. vu, p. I70.

— ÉTYM. Espagn. et portug. mono; de l'italien monna, qui signifie aussi madame, pour madonna; ce qui semble avoir été soit un terme de ,flatterie pour la guenon, soit un terme provenant de la ressemblance humaine.

t MONÉDULE (mo-né-du-r), *. f. \\ 1° Genre d'oiseau comprenant les choucas. || 2° Genre d'hyménoptères fouisseurs.

— ETYM. Lat. monedula, choucas, fMONERON (mo-ne-ron), *. m. Pièce de cuivre

fabriquée pendant la Révolution , i un moment où l'argent manquait.

— ETYM. Nom de l'homme qui avait fabriqué ces pièces.

MONÉTAIRE (mo-né-tê-r'), s. m. |j 1* Nom donné autrefois aux fabricateurs des monnaies, qui étaient des officiers établis par le roi. Le nom du monétaire, sous la première race, était marqué sur chaque pièce. Le monétaire recevra les matières d'or et d'argent à fabriquer du commis au change, trésorier de la monnaie, et de nu! autre, Mirabeau, Collection, t. v, p. 143. ||a° Adj. Quia rapport aux monnaies. Système monétaire. Les questions monétaires. Nonobstant ce qu'il a plu à quelques antiquaires de publier sur la fidélité des artistes monétaires dans la représentation des monuments, je crois que le plus souvent ils n'en ont donné que des images réduites, qi;atrem. de quincy, Inst. Mém. hist. et lia. anc. t. m, p. 243. L'art monétaire, qu'ils [les anciens] ont connu, est sans doute trèsvoisin de l'imprimerie au moins tabtUlaire ; et l'on peut dire même qu'ils ont eu quelque idée des caractères mobiles, daunou, Itutit, Mém. se. mor. et

pal. t. IV, p. 522.

— ETYM. Prov. monedier; catal. moneder; esp. monedero; portug. moedeiro; ilal. monctiere ; da lat. monetarius, qui vient de moneta, monnaie.

+ MONÉTISATION (mo-né-ti-za-sion), s. f. Action de transformer en monnaie. Le commerce de l'or et de l'argent fut interdit sous peine de mort; on réserva ces métaux, par un accaparement d'urgence, à la monétisation, lamart. dans le Dict. de dociiez.

— ETYM. Uonétiser, verbe fictif qui se trouve dans d^-mon^(ùer, et qui vient du latin mon£la, monnaie.

t MONGETTE (mon-jè-f), t. f. Nom du haricot dans le sud-ouest de la France.

t MONGOLIQUE (mo-go-Ii-k'), adj. Qui appartient aux Mongols. {| liace mongolique, se dit quelquefoisdela race jaune. || On dit aussi race mongole.

t MONGOLOÏDE (raon-go-lo-I-d") , adj. Terme d'anthropologie. Qui a la forme du crâne du Mongol. Type mongoloïde.

— ETYM. Mongol, nom d'un peuple tartare, et eiôo;, forme.

t MONILICOHNE (mo-ni-li-kor-n'), ad/.Termede zoologie. Oui a les antennes en forme de chapelet.

— ETYM. Lat. monile , collier, et corne. Comparez monile au sanscrit mani, pierre précieuse.

t MONILIFÈRE (mo-ni-li-fè-r"), od;. Terme d'histoire naturelle. Oui porte un collier ou chapelet ; qui a quelqu'une de ses partins disposi^s en manière de collier ou chapelet.

— ETYM. Lat. monile, collier, et ferre, porter; on trouve aussi moniligère, de gerere, porter.

t MONILIKORME (mo-ni-li-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemUe à un chapelet ou à un collier.

— ÊTYM. Lat.mont<<, collier, et ferr», porter.

•t MONIMIACÉES (mo-ni-mi-a-sée), s. f. pi. Kamille lie plantes séparée des urlicées, et voisine desfiguieis. Les monlmiacées «ont dei arbres ou des arbrisseaux.

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MOMTECR .mo-ni-teur), s. m. || 1* Celui '-.ui donne des avis. Un docteur pour nous instruiie de fi vérité, ou plutôt un moniteur assez fidèle pour nous disposer à en être instruits, malebr. Recher- :he, v. H, 9, Conclusion. Les jeunes gens ont besoin, s'il m'est permis de parler ainsi, d'un moniteur fidèle et assidu, d'un avocat qui plaide auprès d'eux la cause du vrai, de l'honnête, de la droite mjson, ROLLiN, Traité des Et. Disc, prélim. Un conciliateur modeste qui ne voit dans les savants qui se font la guerre et dans ses propres adversaires que des moniteurs utiles sur les erreurs où ils ont pu tomber réciproquemeni, maiban, i^/oge de J'ofib^ Molières. \\ Kig. Le pays ne s'aperçoit pas immédiatement de la dépréciation du billet, il ne s'en aperçoit qu'au moment où l'or, ce moniteur silencieux, l'en avertit, wolowski, liée, des Deux-Mondes, t" sept. <866, p. 187. Il 2" Dans les écoles d'enseignement mutuel, élève qui a reçu directementla leçon dujmaître, et qui est chargé d'instruire un certain nombre de ses condisciples. || En ce sens, moniteur a un féminin. Celte petite fille est monitrice dans sa classe. || 8° Titre de certains journaux, et, jusqu'en 18C9 d'un journal officiel du gouvernement. Lire le Moniteur. Le Moniteur des théâtres. Le Moniteur fidèle, en ses pages sanglantes, Par le souvenir même inspire la terreur, m. j. CHÉN1EH, la Calomnie. Un ministre veut m'enrichir, Sans qu'au Moniteur on m'affiche, bérang. Refus.

— HIST. ivi* s. Moniteur, oudin, Dict.

— ÉTYM. Lat. monilorem, de monere, avertir. MONITION (mo-ni-sion ; en vers, de quatre syU

labes), s. f.\\l' Terme de juridiction ecclésiastique. Avertissement émanant de l'évêque avant l'excommunication. || 2° Publication d'un monltoire.

— HIST. XIII* s. Et s'il n'obfcist à lor monission, sainte Eglise les doit condampner, beaum. zi, 2b. Il XV* s. Et je m'en irai à Bruges.... et les rafreschirai par paroles et monilionsdebien faire, pboiss. II, II, 174. Il XVI* s. Quelques monitions, excommunications ou interdictions que le pape puisse faire, les sujet» ne doivent laisser de rendre au roy l'obeissance deue pour le temporel, p. pithou, <6.

— ÊTYM. Provenç. mont(ton; espagn. mont «on; ital. montïtone; du lat. mont<«on«m, de montre, avertir.

MONITOIRE (mo-ni-toi-r'), t. m. Terme de jurisprudence ecclésiastique. Lettres qui s'obtenaient des juges ecclésiastiques, en vertu de permissions des juges laïques, et qu'on publiait au prône des paroisses pour obliger les fidèles de venir déposer des faits contenus dans ces lettres sous peine d'e.?communication. Fulminer, jeter un monitoire. Un monitoire est une espèce de proscription.... voyez quel cfi'et horrible ont produit les monitoires contre les Calas et les Sirven, volt. Lett. à M*'*, mars 4767. On ne fulmine des monitoires que pour découvrir des grands crimes publics dont les auteurs sont inconnus, id. Polit, et législ. Écrits pour les habitants du Jura, la Voix du curé. || Par plaisanterie. On disait l'autre jour qu'on avait jeté un monitoire pour savoir où était l'armée de M. de Luxembourg, sév. 23 oct. t«76. ||Adj. Lettres monitoires. La chambre a permisaudit procureur général d'obtenir lettres monitoires, et icelles faire publier par les paroisses de cette ville de Paris pour la révélation desdils faits.... pour être l'arrêt de la chambre exécuté, et les monitoires y contenus publies pour avoir révélation des.... Arrêt de la Ch. des commîtes du! févr. 1046 el plumitif du J3 mars. || 2" Citation juridique faite sous peine d'excommunication. Alexandre III est le premier pape qui ait introduit l'usage des monitoires. Aldovrandi avertit les évoques du royaume [d'Espagne] par des écrits portant le nom de monitoires, que le pape suspendait toutes les grâces qu'il avait accordées au roi d'Espagne, ST-siM. 601, 61. On sait que lo pape Sixte V eut l'insolence d'envoyer, en (689, un monitoire par lequel il ordonnait au roi de se rendre à Home en trente jours, pour se justifier de la mort du cardinal de Guise, volt. Fragm. sur l'hisl. art. I6. Il Le monitoire se répète et se nomme alors réaggrave.

— REM. Ce mot se trouve au féminin dans les Grands jours de Kléchier, p. 339, édit. 4»*i.

HIST. XVI* s. Monitoires ou excommunications

avec clau.se satisfactoire.... sont censées abusive», p. PITHOU, ss.

— ÊTYM. Provenç. monitori; espagn. et ital. monitorio; du lat. moniiorius, denioiicre, avertir.

t (. MONITOR (mo-ni-tor), s. m. Genre de ropliles sauriens.

— ETYM. Lat. monitorem, qui avertit; ainsi dit

MON

parce que le monitor passe pour prévenir l'homme de l'approche des crocoiiiles.

f î. MOMTOR (mo-ni-tor) , s. m. Nom donné en Amérique, par assimilation au monitor du crocodile, à un navire cuirassé dont la principale particularité est d'être très-peu élevé sur l'eau. Elle [la seconde chambre de Hollande] a autorisé la construction de quatorze monitors, de dix navires cuirassés à tour et à éperon, et de douze corvettes à hélice armées de seize canons de fort calibre, Moniteur univers. 22 et 23 avril <867, «• col. Nous avons vu surgir les vaisseaux cuirassés, les frégates blindées, les moniiors, les fusils à aiguille, tous engins de destruction au prix desquels les autres n'étaient cjne jeux d'enfant, E. teiier, Siècle, 3' mars (867.

MOMTORIAL, ALE (mo-ni-f. fi al , a-l'), adj. Lettres monitoriales, lettres en foime de monitoire. La cour de Vienne lui envoie [au roi de Danemark] des lettres monitoriales, comme à un membre de l'Empire, et lui enjoint d'évacuer les terres de Slesvich, volt. Ànn. Errip. Ferdinand U, I6i9.

— ÉTYM. Voy. MONITOIKE.

t MOXJOLI (mon-jo-li), t. m. Genre de borragioées d'.\mérique.

MO.NNAIE (mo-nê), i. f. \\ l' Pièce de métal servant aux échanges, frappée par une autorité sou- «eraine, et marquée au coin de cette autorité ; en d'autres termes, lingot dont le poids et le titre sont .-.ert.fiés. la. monnaie d'or de France, sur mille parties, doit contenir 898 à 902 d'or, ou 900, terme moyen. Portipn de matière à laquelle l'autorité publique a dorir.é un poids et une valeur certaine pour servir de prix et égaler dans le commerce l'inégalité des choses, bodteroue. Traité des monnaies, p. 8, dans BicnELET. Pourrait-on jamais s'imaginer l'étrange disproportion que le plus ou moins de pièces de monnaie met entre les hommes? LA BRUT. VI. Interdire [à Sparte] tout usage de la monnaie d'or et d'argent, et en introduire à sa place une de fer, qui était d'un grand poids et d'une très-petite valeur, et qui ne pouvait avoir de cours que dans le pays même, rollin, llist. anc. Œuvr. X. IV, p. 473, ilans poiOENS. J'insiste souvent sur ce prix des monnaies; c'est, ce me semble, le pouls ■i'uD Etat, et une manière assez sûre de reconnaître les forces, volt. Jfoeuri, 61. Vous savez que la premier? monnaie d'or fut frappée sous Darius, fils d'ayslaspe, ID. Quelq. niais, ch. 7. Suivant laChronique de Paros, la première monnaie d'argent fut frappée par ordre de Phidon, dans l'Ile (fÉgine, l'an 895 avant l'ère vulgaire, levesque, Inst. Mém. te. mor. et pol. t. m, p. 3««. || Battre monnaie, fabriquer de la monnaie, qui en etfet se frappe au balancier, et autrefois se frappait au marteau. Le prince seul a droit de battre monnaie, j. j. nocss. Ém. m. L'Angleterre avait toujours été si pauvre que le roi Edouard III lut le premier qui fit battre de la monnaie d'or, volt. Dict. phil. Argent. Il Fig. Battre monnaie, se procurer de l'argent. Chamillart avait battu monnaie de tout ce qu'il avait, et emprunté le reste, ST-sm. 70, 183. On ne peut que vous fournir du pajiier. — J'«D ferai de l'espèce, moi, je battrai monnaie, je m'en charge, DAHCOURT, les Àgiot. m, ». La plume d'un négociant, d'un banquier doit battre monnaie sur son bureau, et laisser au peuple la monnaie des métaux, qui représente et paye journellement le travail de ses mains, TOULONOEOK, Inst. Uém. scienc. mor. et pol. X. IT, p. 428. Il Monnaie forte, nom que l'on donnait i la monnaie la plus pure d'alliage. Payer en monnaie forte, payer en espèces évaluées sur un pied avantageux à celui qui reçoit. Monnaie faible, celle qui ne pèse pas tout à fait le poids voulu. || 2" Monnaie de compte ou munnaie imaginaire, monnaie qui n'a jamais existé ouqui n'existeplus, mais ijuiscrt à facilit'ir les comptes, en les établissant toujours sur un pied certain et non variable, par opposition à monnaie réelle ou effective, monnaie dont II existe des pièces ayant cours dans le commerce. La livre tournois était une monnaie de compte; on comptait par livres, sous et deniers : cent livres, deux cents Uvres; mais, pour faire cent livres, il fallait seize éeos de six livres, un écu de trois livres, une pièce d« tt tous et 6 sous. Il 3* Monnaie olislilionale, monnaie frappée dans une ville assiégée où on lui donne cours pendant le siège. || Oo donne aussi le nom de monnaie i des pièces sans aucune valeur intrinsèque, mais passant pour munnaie en des temps difficiles. Le roi même fut réduit à payer ce qu'il achetait pour sa maison en une monnaie de cuir, qui avait au milieu un petit clou d'argent, VOLT, kaeuri, 78. || 4' Papier-monnaie, papier créé fu 1« gouvernement pour faire olto» de mon-

MON

naie. || Monnaie fiduciaire, les billets, le papier. Il 6° Fausse monnaie, monnaie qui, imitant la monnaie de bon aloi, ne contient pas d'or ou d'argent, ou en contient moins qu'il ne faut. Hier fut ici pendue une femme pour avoir exposé de la fajsse monnaie, et celui qui la faisait a eu sa grâce; il y a de l'apparence que c'est qu'il avait de bonne monnaie, outre la fausse qu'il faisait, oui PATIN, Lelt. t. Il, p. -204. Il Fig. Confondre l'appaparence avec la vérité. Estimer le fantôme autant que la personne Et la fausse monnaie à l'égal de la bonne, mol. Tart. i, 6. Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argentez-moi. Et me voilà fausse monnaie, bérano. Reftis. || Oa dit qu'un homme ferait de la fausse monnaie pour un autre, pour signifier qu'il lui est entièrement dévoué. Qu'elle ferait pour moi de la fausse monnaie, Régnier, Sat. II. Il Familièrement. Etre décrié comme de la fausse monnaie, comme la fausse monnaie, comme fausse monnaie, avoir une très-mauvaise réputation. |{ 6» Menues pièces d'argent ou de biUon. Je n'ai pas de monnaie sur moi. Je n'ai pas un sou de monnaie. Changer une pièce d'or en monnaie. Rendez-moi ma monnaie. Vous connaissez bien une dame qui n'aime point à changer un louis d'or, parce qu'elle trouve le même inconvénient pour la monnaie, sév. t2 oct. 1677. || Fig. Ne pouvoir supporter tous les mauvais caractères dont le monde est plein, n'est pas un fort bon caractère : il faut, dans le commerce, des pièces d'or et de la monnaie, la BR UT. v. Il Valeur d'une pièce monnayée en plusieurs pièces moindres. La monnaie d'une pièce de cent sous. Il Fig. Les diseurs de bons mots appelèrent ces huit maréchaux (nommés après la mort de ïurenne] la monnaie de M. de Turenne, Henri Martin, Hist. d«/'raïice,LXXxiv. Il Valeur d'un billet en pièces d'or ou d'argent. || Donner à quelqu'un de belle monnaie, donner des pièces d'or ou d'argent au lieu de pièces de cuivre ou de billon. || Fig. Rendre à quelqu'un la monnaie de sa pièce, se venger, user de représailles, prendre sa revanche. Il Payer en monnaie de singe, voy. singe. ||Fig. Il l'a payé eu irême monnaie, se dit de celui qui, ayant reçu quelque service ou quelque déplaisir rend la pareille. C'est vous payer sur l'heure en la même monnaie, th. cohn. l'Amour à la mode, i, 1.117° Fig. Chose intellectuelle ou morale, dite monnaie en considération de sa valeur. Le plaisir, qui est la monnaie pour laquelle nous donnons tout ce qu'on veut, pasc. Pens. vu, 30, éd. havet. La science est dlns la plupart de ceux qui la cultivent une monnaie dont on fait grand cas, qui cependant n'ajoute au bien-être qu'autant qu'on la communique, et n'est bonne que dans le commerce, J. J. ROuss. Hél. l, i2. Il Paroles ou actions dont il se fait une espèce d'échange dans la société. La science ne doit point être payée en môme monnaie que la beauté, fonten. Platon, Uarg. d'Ecosse. M. de Chevreuse fit force belles promesses, monnaie dont aucun ne se paya, st-sim. 20, 238. Et de cette fausse monnoie Que le courtisan donne au roi, Et que le prince lui renvoie. Chacun vit ne songeant (fn'i soi, VOLT. Epit. B5. || 8° Hôtel de la monnaie, des monnaies, et, par abréviation, la monnaie, établissement où l'on fabrique la monnaie. Aller à la monnaie. Porter des lingots à la monnaie. C'est ainsi que la monnaie des rois de France suivait la cour sous les deux premières races et au commencement de la troisième, moîjgez, iTist. Uém. acad. intcr. t. IX, p. 21t. || Fig. et populairement. Être brouillé avec le directeur de la monnaie, n'avoir pas d'argent. || I.a monnaie des médailles, le lieu où l'on Irappe les médailles, les jetons. || 8° Chambre des nionnaic^s, érigée en cour par Henri H dans l'année Ib&l, cour supérieure qui ét<iit établie pour juger souverainement tout ce qui concernait les monnaies. || 10° ferme de botanique. La lunaire bisannuelle. || Monnaie du pape,lla lysimachie nummulaire ou monnayère. || 11* Nom de diverses coquilles. || 12* Terme de minéralogie. Monnaie de Suède, nom donné anciennement, dans le commerce, au cuivre coulé en pains ronds. || Proverbes. Monnitto fait tout. || Il n'a po:nt de monnaie, faute de gros.scs pièces, se dit do quelqu'un qui prend ce prétexte pour éviter une menue dépense.

— REM. Dans le xvii* siècle, on prononçait encore monnoie, témoin ces vers : D'un ton qui témoignait sa joie: Que de filles, d dieux I mes pièces de monnoie Ont produites!... la pont. Fabl. iv, 12. Lorsqu'un bomms vous vient embrasser avec joie, Il faut bien la payer de la mime monnoie, mol. Jfù. I, t . Mais ia dipbthongue oie n'avait pas alors •xactemeut le ion ouvert qu'elle a aujourd'hui, et

MON

l'on disait, comme cela se dit encore en quelque! provinces, monoué [monnoiej, roué [roi], etc.

— HIST. xir s. Je te doing congé de faire ta propre inniioie, ilachab. i, ti. || xiii- s. Monoie si fut establie Por les giens qui n'avoient mie Chescun vin, blé, bestes ne dras, Image du monde, m, (2. Cil font la povregent tuer. Et les monnoies remuer, Ken. 40968. Il XIV s. Et est monnoie aucunement le moien en commutations, car par elle mesure l'en toutes teles choses, oresme, Elh. IBI. Et que nulle monnoie ne soit prise au royaume, de la Saint Jean en avant, là où il n'a point de propre monnoie, fors la monnoie le roi.... et puet [peut] et doit courre la monnoie le roy par tout son roiaume sans contredit de nulli qui ait propre monnoie, ou [au] point que ele courra en la terre le roy, du cange, moneta regia. Et fait crier que nus [nul], sur peine de corps et d'avoir, ne soit ousez trebuchier ni fondre nos mondes blanches ni noires que nous faisons faire, Lett. pat. 19 mai 1306. Que nuls orfèvres ne rachatent.... nules monnoies d'or ne d'argent, blanches ne noires, ne nul argent en plate quelque il soit, Ordonnance, juin I3i3. Se ainsi estoit que li ouvriers et monoiers ne peussent garnir nos monnoies de tant d'ouvriers et monoiers comme l'en [l'on] auroit mestier [besoin], Ordonn. 26 sept. 1327. Il XV s. Et tous les jours [le comte de Foix] faisoit donner cinq francs en petite monnoie, pour l'amour de Dieu, et l'aumosne à sa porte à toutes gens, pboiss. ii, m, 13. Vous luy donnerez quelque enseignement dont il pourra mieux valloir; car ung marchant ne vault riens sanz monnoye, ne ung jeune homme sanz conduite, Perceforest, t. m, f° 115. Je, Jehan Hînnequart, varict de chambre et peintre de mon très redoublé soigneur M. S. le duc de Bourgongne, confesse avoir reçu .... pour avoir fait plusieurs patrons pour faire coings de nouvelles monnoies, au nombre de trente manières, dont je fis quatre de couleurs, lesquels M. D. S. choisit entre les autres, de laborde, Émau», p. 396. Il XVI* s. Àpouvres gens menue monnoie, cotgrave.

— ÉTYM. 'Wall, manàie; provenç. et espagn. monedo; port, moeda; ital. moneta; du lat. moneta. Mont^ta, qui signifie sans doute celle qui avertit, était un surnom de Junon à Rome, Juno Uoneta; c'est dans son temple qu'on fabriquait la monnaie; de là moneta prit le sens de monnaie.

t MONNAIERIE (mo-né-rie), s. f. Nom qu'on donnait au lieu particulier, dans l'hêtel des monnaies, où l'on marquait la monnaie de l'empreinte établie par les ordonnances.

MONNAYAGE (mo-nè-ia-j') , t. m. Fabrication de la monnaie. Monnayage au marteau, au balancier. Les types qui réussissent le mieux au monnayage sont ceux dont les diverses parties se balancent dans tous les sens, mongez, Instit. Mém. liU. et beaux-arts, t. 11, p. 283.

— HlST. XIV* s. Tout le prouffit et émolument du monoyage qui nous appartiendra, Ordonn. des roit, t. II, p. 294.

— ÉTYM. Monnayer.

MONNAYÉ, ÉE (mo-n6-ié, iée), part, paué do monnayer. Argent monnayé, se dit par opposition à argent ouvragé ou brut. Ce prince [Louis XI] laissa quatre cent mille écus d'or monnayé, soixante douze mille marcs d'argent en vaisselle, et pour plus de deux millions de meubles, que son fils dissipa bicntât par ses folles entreprises, duclos, Œuv. 1. 11, p. 312. Il Par extension. Son argent redresse les jugements de son esprit; ses louanges sont monnayées, mol. le Bourg, i, <.

MONNAYKB (mo-nè-ié), e. o. U se conjugue comme payer. || 1* Convertir un métal en monnaie^ Monnayer des lingots d'or. [Dans une guerre de protestant à protestant| point de divinités topiques, ni de saints tutélaires i briser ou à monnayer j point de reliques à jeter au vent. Analyse de Ilayle, t. I, p. 33. Les Romains ne monnayèrent l'argent que cinq ans avant la première guerre punique, pastorit , Imtit. Uém. hist. et litl. ane. t. m, p. 296. Il 2* Donner l'empreinte à la monnaie. Ce balancier monnaye tous les jours tant de milliers de pièces d'or. || Absolument. L'art de monnayer a fait (le grands progrès. Avant l'adoption des coins gravés au burin, on monnayait à chaud le plus souvent, lorsqu'on no moulait pas simplement les médnilles, lionarj., Instit. Mém. acad. imcr. t. ix, p. 211.

— HIST. XII* s. E bien seissante livres d'argent lut muneé, Th. le mari. 162. || xin* s. Moneés deniers, Ft. et Bl. 1*42. Or et argent monneé et i monnoier, Liv. des met. 304. || xiv* s. Les monnoiers auront, de monoier le cent des deniers d'or à l'aingnel, «a deniers tournois, Ordonn. 26 sept. 1327.

MON

— ÉTYM. Knnnaif, wall. manoii; provenç. et espapn. mnnednr; ital. monelare.

t MONNAYfcUE (mo-nè-iè-r') , ï. f. Plante, voy.

LTSIMACIIIK.

MO.\NA%'Et'R (mo-nè-ieur), s. m. || 1° Celui qui travaille à la monnaie de l'État. Un général éloigné de la cour était-il revélu de la pourpre impériale pir ses trou|ie3, les nionnayeurs qui suivaient l'armée pour fabriquer les espèces destinées au payement de la solde, moulaient dans l'esiiace d'une nuit les coins avec sa tète, uonof.z, Instit. Kém. arad. inscr. t. ix, p. 2)0. || 2" Faui monnayeur, celui qui fait de la fausse monnaie. Un faux monnayeur est un excellent artiste ; on pourrait l'employer dans une prison perpétuelle à travailler de son métier à la vraie monnaie de l'État, au lieu de le faire mourir dans une cuve d'eau bouillante, comme l'ordonnent Charles-Quint et François I", VOLT. Polit, et ItUjisl. Prix dp la just. et de l'hum. vil II Kig. Ces faux monnayeurs en dévotion , qui veulent attraper les hommes avec uu zèle contrefait et une charité sophistiquée, mol. Tartufe, t" placet.

— KEM. L'Académie écrit à faux faux-monnayeur avec un tiret ; à monnayeur elle écrit sans tiret faux monnayeur.

— iilST. xvr s. Il n'est que monnoyeur pour se connoistre en billon, leboux de lincy, Proi;. t. ii, p. t*i.

— f.TYM. Monnayer. On disait dans l'ancienne langue non mon7inyeur, mais monoier.

t M0\0.... préfixe qui vient du grec (i6vo«, et qui sigriiiie seul, unique.

t .MOSO-ATOMIOUE (mo-r,o-a-to-mi-k') , adj. Terme de chimie. Acide.s, bases mono-atomiques, acides, bases formées par la combinaison d'un équivalent d'oxygène et d'un équivalent d'un autre corps simple, comme l'acide hyposulfureux, l'oxyde d'argent, |{ On écrit aussi et mieux, monatomique.

— ÉTYM. Mono..., et atome.

t MONOBAPHIE (mo-no-ba-fie) , ». f. Terme didactique. État d'une surface qui n'olTre qu'une seule couleur.

— KTYM. Mono..., et pôçetv, teindre.

t MOXOBASE (mo-no-ba-z'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui n'a qu'une seule base. {| Qui ne s'implante que par un seul point.

— ÉTYM. Mono..., et base.

t MO.\0RASI0UE (mo-no-ba-7.i-k'), adj. Terme de chimie. Acides monobasiques, acides qui. contenant un équivalent d'eau, le rempLicent par un équivalent de base pour former un sel neutre, et de la sorte ne contiennent qu'un équivalent de base.

— ÉTYM. Ifono..., et hase.

+ ilONOBLEPSIE (mo-nf>-blè-psie), ï. f. Terme de médecine. Affection où la vision avec les deux yeux est confuse, tandis que la vision avec un seul œil est nette.

— ÉTYM. Mono..., et p>éi!»t;, vision.

t MOXOCAKPE (mo-no-kar-p"), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un seul fruit; qui porte des fruits solitaires.

— ÉTYM. Mono..., et xapiti;, fruit.

+ MONOCAHPKI.LAIRE ( mo-no-kar-pM-lê-r') , adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un carpelle. La gO",(ss€ ou légume est un fruit monocarpellaire, et la .sil que est dicarpollaire.

— RrNM. Mono..., et carpelle.

t MONOCAKPIEN, lENNE (mo-no-kar-piin, piên'), adj. Terme de bo'inique. Oui ne produit qu'une seule fois des fleurs, des fruits, comme les tiges herbacées annuelles.

— ÉTYM. Wono...,et xapTtiç, fruit.

t MONOCfiPHALE (mo-no-sé-fa-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a (ju'une seule tète. || Qui a des fleurs disposées en têt ;s solitaires.

— ÉTYM. Ifono..., et xEÇî)^. tête.

+ MONOCÊPHALIEN, lENXE (mo-no-sé-fa-liin, ii-n') , ad;. Terme de tératologie. Monstres monocéphalien», monstres chez lesquels une seule tête surmonte deux corps confondus d'une manière plus ou moins intime.

t MONOCP.RK (mo-no-sè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a qu'une seule corne ou un seul prolongement en forme de corne.

— ÉTYM. Mono..., et x<pa<, corne.

t MO>OCf.R()S (mo-no-sé-ros'), ». m. Le narval ou Ecorne. || Terme d'astronomie. Constellation australe

— KTYM. Voy. M0M0C6RF.

t >i""" ■!■::■ r (mo-no-ki-r*), ». m. Genre de

'""'' ptérygiens subbrachiens, famille

— KTYM. Mono,.., et xùf, maia, braa.

MON

+ MONOCHLAMYDî: , ÉE (mo-no-kla-mi-dé,

dée), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'une seule enveloppe florale ou périanlhe.

— ETYM. Mono..., et /Xaiiù;, tunique.

t MONOCUROÏTE (mo-no-kro-i-f), adj. Terme de minéralogie. Oui ne présente qu'une seule teinte. Substances monochroîtos.

— ÉTYM. Mono..., et xp°à. couleur.

t MONOCUROMATIQUE ( mo-no-kro-ma-ti-k') , adj. Se dit d'une peinture en monochrome. || Terme de physique. Lumière monochromatique, celle qui ne donne que des rayons d'une seule couleur, soit qu'on fasse passer la lumière naturelle à travers un verre coloré, soit qu'on prenne dans le spectre solaire la couleur dont on a besoin. || Lampe monochromatique,! lampe dans laquelle la flamme de l'alcool, contenant du sel marin, donne une teinte jaune uniforme.

— ÉTYM. Voy. MONOCHROME.

MONOCHROME (mo-no-kr6-m') , adj. Qui est d'une seule couleur. Les grisailles sont des peintures monochromes. Il .Sculpture monochrome, se dit, dans les arts de l'antiquité, de sculptures auxquelles on n'appliquait aucune couleur, par opposition aux scul|itures polycliromes. ]| S. m. Un monochrome, tableau d'une seule couleur.

— ETYM. Mono..., et 7,pw|ia, couleur.

MONOCLE (mo-no-kl'j, s. m. || l» Petite lunette

qui ne sert que pour un œil. || 2° Terme de chirurgie. Bandage croisé propre à maintenir un topii|ue sur l'un des yeux. |) 3° Genre de crustacés qui ont les yeux très-rapprochés et presque réunis; on en a formé depuis un genre entier, celui des branchiopodes.

— HIST. xvi* s. Monocle [qui n'a qu'un œil],

COTCRAVE.

— ÉTYM. Lat. monoculus, mot hybride, du grec (jLovo;, unique, et du lat, oculus, œil.

t MONOCLINE (mo-no-kli-n'), adj. Terme de botanique. Plante monocline, dite aussi hermaphrodite, plante qui est pourvue des deux sexes dans une même fleur.

— ÉTYM. Mono..., et xXivTi, lit.

t MONOCLINIQUE (mo-no-kli-ni-k'\ adj. Terme de minéralogie. Type monoclinique, type caractérisé par trois axes obliques l'un sur l'autre, mais dont deux seulement égaux et le troisième inégal.

— ÉTYM. Mono..., et xXîvti, inclinaison.

t MONOCONQUE (mo-no-kon-k'), od;'. Terme de zoologie. Coquille monoconque, coquille composée d'une seule pièce. On dit plutôt univalve. || S. f. Une monoconque.

— ÉTYM. Mono..., et conque.

MONOCORDE (mo-no-kor-d'), ». ni. || 1° Terme

de musique dans l'antiquité. Instrument à une seule corde, en usage chez les Grecs, qui en jouaient en promenant sous la corde un chevalet mobile et pinçant la partie libre. {{ 2° Instrument sur lequel il y a une seule corde tendue et divisée suivant certaines proportions pour connaître les différents intervalles des tons. Les monocordes, appelés aussi clavicordes.... sont fort agréables quand on les joue tout seuls.... c'est dommage que ces sortes d'instruments ne soient lias connus en France ; on en fait d'excellents dans la haute Allemagne, Diei. des artset met. I767. Fact. de clavecin. \\ 3° 11 se dit aussi d'un instrument composé de plusieurs cordes, mais toutes à l'unisson , qui sert à régler les tons des autres instruments.

— ÉTYM. Lat. monnchordum (quicherat, Addenda), du grec (lovéy.opSov, de iaovoç, seul, et XépôT), corde.

t MONOCOTYLAIRE (mo-no-ko-ti-lê-r") ou MO- NOCOTYLE (mo-no-ko-ti-l'), adj. Terme de zoologie. Qui ne porto ';u'une seule ventouse ou suçoir.

— ÉTYM. Mono..., et xotuXt), petite coupe (voy.

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