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pieire» préclenses placées dans ce qui doit tes porter et les faire valoir. Vous avez là un diamant qui me paraît beau et iiierveilleusement bien monté, BOissT, Fronçait à Londret, se. (6. || Fig. Je vous demande en grâce que vous soyeï heureux; je ne veux [«s qu'un beau diamant soit mal monté, volt. Letl. nllflte, 20 sept. née. || 10* Monté sur, réglé d'après. L'artère peut être considérée.... comme un ressort ou un muscle monté, pour ainsi parler, sur le mouvement du cœur et qui doit battre en même cadence, boss. Conn. n,8. || Instrument monté à un certain ton, instrument accordé à ce ton. Si bien assortis que, lorsqu'ils étaient li, ils s'y trouvaient en harmonie comme les cordes d'un instrument monté par une habile main, mahmontel, Mém. vii. jl Fig. Je m'imagine qu'il y aura une philosophie dans votre poème [sur le czar Pierre] ; le siècle est monté à ce ton-là, et vous n'y avez pas peu contribué, VOLT. Lett. Thomas, 22 sept. <76B. Une fois monté à ce ton, il m'était aisé de continuer, p. l. COUR. Pamphlet des pamphlets. || Fig. et familièrement. 11 est monté sur un ton plaisant, sur un ton singulier, etc. se dit d'un homme qui plaisante ou qui affecte de dire des choses extraordinaires, etc. Son esprit est monté sur un ton raisonnable qui m'ennuie beaucoup, saint -foix. Oracle, se. B. J'ai trouvé votre imagination bien montée à la gaieté, et vous m'avez fait rire aux éclats au sujet de Christine, Corresp. du général Klinglin, 1, 377. {| Vous êtes aujourd'hui bien monté, mal monté, singulièrement monté, vous êtes bien, mal, singulièrement disposé. || Être monté sur le ton de dire, de faire, avoir l'habitude ie dire, de faire. Cette société n'est pas montée sur le ton de médire, Dictionnaire de l'Académie. Il Être monté, être irrité. Je ne sais ce que vous lui avez fait, il est monté contre vous. || 11° Monté en couleur, dont la coloration est prononcée. Visage monté en couleur. || 13° Vin monté, vin affecté de la pousse.
t MONTE-1-REGRET (mon-ta-re-grè). Terme d'argot. Abbaye de Monte-à-Regret, la potence, et aujourd'hui la guillotine.
t MONTE-AU-CIEL (mon-tô-sièl'), s. m. Nom vulgaire de la renouée d'Orient {polygonum orientale, L.).
t MONTE-CHARGE (mon-te-char-j'), s. m. Édifice, endroit où, dans une usine, l'on monte, à l'aide de chaînes à contre-poids, le minerai et la castine tjui doivent être jetés dans les fourneaux pour ali- Uenter la fonte.
— ÉTYM. Monter, el charge.
MONTÉE (montée), t. f. || 1» L'action de monter. La descente et la montée. || Terme de fauconnerie. Montée d'oiseau, le vol par lequel il s'élève. La montée d'essor est lorsque l'oiseau s'élève à perte de vue; montée par fuite, lorsque la crainte de quelque oiseau plus fort le fait fuir. {| Se dit des vers à soie qui, dans les mst^naneries, montent dans les branchages où ils doivent faire leur cocon. Il Terme de métallurgie. Montée de la fonte, phénomène dans lequel la fonte monte dans le fourneau, et qui est produit par un dégagement d'oxyde de carbone. || La montée, nom donné à de petites anguilles qui montent par troupes considérables de la mer dans nos eaux douces. || 2* Endroit par où l'on monte à une éminence, à une montagne, etc. Le mot de montée n'est guèr« bon que pour signifier un chemin qui monte à une montagne, à une colline ou à quelque lieu élevé ; cette montée est rude, difficile, douce, aisée, cailiêres. Bon et mauv. mage, Convers. u, p. (62, dans pougens. Lamentée est d'uno bonne demi- heure; en la faisant on traverse les forets que les Valaisans ont brûlées pour y semer des avoines, saussurr, Voy. Àlpts, t. m, p. t25, dans pouoens. || 8* Hampe douce au devant d'un édifice. La montée du Capilole, à Rome. ||4* L'escalier. Descendez parla montée; on vous le permet, mais dépêchez- vous, dancodrt, Chev. à la mode, v, ». Je mis, un certain •oir, à travers la montée Une corde aux deux bouts fortement arrêtée,... voilà l'esprit à bas; Les deux jambes i faux dans la corde arrêtées Lui font avec le nez mesurer les montée», reonard, Fol. am. i, i. Prenex garde de tomber sur la montée, baron, Coquette tt fauu» prude, v, 7. || Escalier de bois dun moulin à vent, jj Les mirches, les degrés qui composent un escalier. Deux servantes déjà, largement souffletées. Avaient k coups de pied descendu las montées, boil. Sat. x. Mon voisin dont je vous ai parlé, qui dit toujours sa montée pour son degré, me régale souvent de plusieurs tutret fafoDs de parler bourgeoises, caillèhe»,
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Bon et mauvais usage, Convers. u; p. 471, dans pouGENS. Il Populairement. Faire sauter les montées à quelqu'un, le chasser honteusement de chez soi ^et avec violence. || 6° Terme d'architecture. La montée d'une colonne, d'un édifice, d'une voûte, leur hauteur. || Montée d'un pont, la hauteur d'un pont considérée depuis le rez-de-chaussée de sa culée, jusqu'au couronnement de la maîtresse arche où est la plus grande élévation. || 6° Le mouvement organique par lequel le lait se produit dans les mamelles. La formation et, comme on dit, la montée du lait, ont de grands rapports avec les fonctions de la matrice, fourcroy, Conn. chim. t. ix, p. 386, dans POUGENS.
— HIST. xiii* s. Une harpe il tint en ses mains. Et harpe le lai d'Orphéy : Onques nus hom plus n'en oï Et la montée et l'avalée, FI. et Bl. 862. Trois montées de muire [l'action de tirer trois fois une certaine quantité d'eau salée d'un puits salin], DU CANGE, montea. \\ xiv" s. Le hairon prent il [le faucon] de montée. C'est une chose assez prouvée, Uodus, t° cix. 11 [les tisserands] firent mauveses montées et enchierissemens à leurs volentez de leurs ouvres, du cange, montare. || xv s. Plus firent les ennemis; car pour empescher aux nostres la montée.... Bouciq. 1, )*.!! xvi' g. Ce que prevoiaut de bonne heure, ferez préparer les rameaux nécessaires à la montée des vers, pour y vomir leur soie,
s'y agrafans, 0. de sehres, 486 Kt le reste dont
le feuillage et l'herbage fait le total de ses commodités, en sa montée [doit être semé quand la lune monte], id. bos. La montée, qui duroit environ un quart de lieue, n'estoit pas fort roide ny couppée, AUYOT, Lucul. 63.
— ÉTYM. Monté; wallon, montéie; Berry, montée, le printemps; provenç. montada.
t MONTE-JUS (mon-te-jii), s. m. Terme de raffinerie. Sorte de pompe.
— ÉTYM. Monter, jus.
MONTER (mon-té) , ». n. || l" Aller en un lieu plus haut que celui où l'on était. || 2* Monter chez quelqu'un, aller dans son logis situé au premier étage ou plus haut. || 3' Monter à cheval. || 4° Monter à l'assaut. || 5° Monter en voiture, monter sur un vaisseau. Il 6° Monter sur un trône, monter au trône. Il 7° Monter dans la chaire, en chaire, ji 8° Monter sur le Parnasse, sur le théâtre. || 9* Monter à un tribunal. Il 10° S'élever dans l'air; voler, en termes de fauconnerie. Il 11° La mer monte, le vent monte; un navire monte sur la lame. || 12° Il se dit de l'ascension d'un liquide. || 13° Grandir f t s'élever, en parlant des végétaux. || li° Monter sur l'horizon, en parlant des astres. l| 15° Avoir trop d'élévalion. Il 16° Passer à un poste, à un grade plus élevé. Il 17* Obtenir quelque chose d'élevé. || 18° Faire impression sur la tête, en parlant de ce qui est capiteux. || 19° Prendre l'essor vers le ciel, en parlant de certaines choses abstraites ou morales. || 20" Atteindre un degré élevé, en parlant des choses morales. Il 21° Aller du grave à l'aigu. |{ 22° Hausser de prix, croître en valeur. |{ 23° Faire un total. !| 24° Y. a. Parcourir, en s'élevant, en passant d'un lieu bas à un lieu haut, jj 25* Porter, transporter quelque chose en haut, l'y élever. || 26° Monter un cheval. H 27° Synonyme de s'allier, s'accoupler. |{ 28" Monter un navire, y être embarqué. || 29° Monter la garde, la tranchée |{ 30° Monter un cavalier, lui fournir un cheval; fournir de ce qui est nécessaire. Il 31° Monter une horloge. || 32° Disposer les pièces d'une machine j et fig. monter une cabale, un coup. i|33° Mettre en place, en parlant des pièces d'un navire. || 34° Monter un théâtre, une pièce. |i 35°Monter un instrument de musique. || 38° Accroître, élever. Il 37° En peinture, monter sa couleur. || 38° Monter la tête à quelqu 'un. || 39° V. réfl. Se monter, être gravi. Il 40° Recevoir un cavalier, en parlant du cheval. Il 41" Se procurer un cheval. || 42° Être mis en place, en parlant des pièces d'un appareil; et fig. se modeler. ||43° S'élever, se hausser. || 44°II se dit des choses (|ui croissent, s'augmentent. |j 45* Former un certain total. || Proverbe.
1° Aileron un .lieu plus haut que celui où l'on était. Monter à uncchelle. Monter àun arbre, sur un arbre. Les écureuils montent au haut desarbres. En allant du bord de la mer vers l'intérieur on monte toujours. Allons donc les voir faire, et montons à la tour, coBN. Ponip. I, 4.0Ù est le Seigneur, qui nous a fait monter de la terre d'Egypte, qui nous a conduits par le désert au travers d'une terre inhabitée et inaccessible? SAci, Bible, Jérémie, 11, 26. Ceux qui ont vu l'exécution Ide la Brinvilliers] disent qu'elle a monté sur l'éctiafaud avec bien du courage, gsv. «7 Juill. <67« Ils montent au sommet
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de la fatale église, boil. Lulr. m. La trop courte beauté t^onta sur des patins; La coquette tendit ses lacs tous les matins, id. Ép. ix. Et moi je suis montée en haut de la muraille, rac. Théb. m, 3. 11 [Démoslhéne] vint à bout de vaincre tous ces obstacles [difficultés à parler), en mettant dans sa bouche de petits cailloux et prononçant ainsi plusieurs vers de suite à haute voix sans s'interrompre ; et cela même en marchant et en montant par des endroits fort roides et fort escarpés, rollin, Ilist. anc. Œutfr. t. v, p. B34, dans pouoens. Ennuyée, elle avait monté dans sa chambre, 1. i. Rouss. Conf.u, Non, je me livrerai tout seul à ma fortune. J'oserai sans pâlir monter dans la tribune, m. i. chën. Gracq. i, B. Une espèce de rampe en terrasse [à Sparte].... c'était peut-être le chemin par où l'on montait à la citadelle, qui ne devint très-forte que sous les tyrans de Lacédémone, chateaubr. Itin. I" part. Sortez de vos débris antiques. Temples que pleurait Israël; Relevez-vous, sacrés portiques; Lévites, montez à l'autel, lamart. Méd. i, (o. Il monte, et l'horizon grandit à chaque instant; U monte, et devant lui l'immensité s'étend.... Jusqu'au sommet suprême où son oeil enchanté S'empare de l'espace et plane en liberté, id. ib. u, ta. Il Populairement et fig. Monter sur ses ergots, s'emporter, parler audacicusement, impérieusement. Il Fig. Monter sur des échasses, se guinder. || Fig. Monter au ciel, passer de cette vie à celle des bienheureux. Fils de saint Louis, montez au ciel. Paroles attribuées au confess. de Louis XVI sur l'échafaud. Il Fig. et populairement. Monter aux nues, se mettre en colère. || Terme de marine. Monter, c'est, au moyen des enfléchures qui terminent les haubans, comme les échelons traversent une échelle, s'élever à la hune, aux barres de perroquet, etc. Il 2° Monter chez quelqu'un, aller dans son logis, situé au premier étage ou plus haut. J'entends monter quelqu'un; viens, ne nous montrons pas, hauteroche, Espr. follet, 11, s. Montons chez Êliante, attendant sa venue, mol. Mis. v, ». Il Familièrement, on dit en un sens analogue, par pléonasme : montez en haut. Il monte en haut, et fait à la donzelle Son compliment, comme homme bien appris, la pont. Orais. ||3° Monter à cheval, se mettre sur un cheval. Il monta à cheval et partit. Il Par extension. Monter à cheval, manier un cheval, lui faire faire le manège. Il Monter en croupe, se placer à cheval derrière quelqu'un. Un fou.... En vain monte à cheval pour tromper son ennui ; Le chagrin monte en croupe, et galope avec lui, BOIL. Ép. v. Il Fig. Monter sur ses grands chevaux, ' ' prendre les choses avec hauteur; locution tirée de l'usage des chevaliers, qui, allant en guerre, avaient deux chevaux, l'un plus petit sur lequel iLs faisaient la marche, l'autre plus grand et plus fort sur lequel ils montaient pour le combat. || Fig. Il le faut faire monter sur l'ours, se dit d'un enfant quia peur. Il Populairement et fig. monter à l'arbre, par métaphore prise des ours du Jardin des Plantes, se laisser exciter à la colère, à l'espérance, etc. par quelqu'un qui se moque de vous. On dit en ce sens d'une manière absolue : je vais le faire monter. Il 4° Monter à l'assaut, attaquer une place afin de l'emporter de vive force. || Monter à la brèche, assaillir la brèche. || 6° Monter en voiture, entrer dans une voiture. || Monter dans les carrosses du roi, ou, simplement, monter dans les carrossas, être admis à l'honneur de monter dans les carros.ses du roi. !| Monter sur un vaisseau, sur un bateau, se mettre dans un vaisseau, dans un kiteau. Nous sommes montés dans le bateau à six heures par le plus beau temps du monde, sftv. 42B. On .se présentait en foule pour monter sur les nouvelles flottes destinées aux voyages des Indes, raynal, Ilist. phil. i, 9. Il Monter sur mer, s'embarquer. || 6° Monter sur un trône, aller de marche en marche s'asseoir sur un trône. Au.ssitôt sur un trône éclatant de rubis L'imposteur monte, orné de superbes habits, soii.. Snt. XI. Il Fig. Monter au trône, sur le trône, devenir roi ou reine. Seigneur, montez au trône et commandez ici, CORN. Pomp. m, 2. Néron monta sur le trône à dix-huit ans, ninERor, Claude el Nér. 11, «o. || 7° Monter dans la chaire, monter les degrés qui conduisent àlachnired'une église. || Fig. Monter en chaire, prêcher. Ou liien montez en chaire ; et là, comme un docteur, Allez de vos sermons endormir l'auditeur, BOIL. Sat. I. Il 8° Fig. Monter sur le Parna.sse, composer des vers, se livrer à la poésie. || Monter sur le
théâtre, sur les planches, se faire comédien Le
théâtre abhorré Fut longtemps de la France un plaisir ignoré; De pèlerins, dit-on, une troupe grossière En publie & Paris y monta U première, boil.
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Art p. III. Voilà un bel honneur pour un empereur romain que de monter sur le théâtre comme un boutron, FÉN. Dial. des morts anc. Dial. 48. || Monter sur les tréteaux, se faire bateleur. || 9° Monter à un tribunal, monter les degrés de l'estrade où un tribunal est placé. || Fig. Le premier tribunal où il monta fut celui de sa conscience, fléch. Lamoign. IJ Fig. Monter aux tribunaux, devenir juge. Cette Impatience téméraire de la plupart des jeunes gens... qui se dispensent de l'ordre du temps et de la rai- •on, pour monter précipitamment aux premiers tribunaux du royaume, fléch. le Te» i>r. || Trèspopulairement et absolument. Monter, comparaître comme accusé devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises. Il a eu des malheurs, il a monté. Il 10° S'élever dans l'air. U n'y a point d'oiseau qui monte plus haut que l'aigle. Le ballon monta lentement. La flamme montait plus haut que leu maisons L'encens qui monte et s'évapore Jusqu'au
trône du Dieu que la nature adore, lamabt. Uéd. i, 46. L'Espagnol a blessé l'fligle des Asturies.... Hérissé, l'oiseau pari, et fait pleuvoir le sang, Monte «ussi vite au ciel que l'éclair en descend, a. db viGNT, tUia, m. Il Terme de fauconnerie. Voler. Monter sur l'aile, se dit de l'oiseau, quand il s'incline sur une des aUes, et s'élève principalement par le mouvement de l'autre. Monter à l'essor, se dit des jeunes oiseaux qui s'essayent à voler, et qui commencent à tenter de hauts vols. || 11° Terme de marine. I.a mer monte pendant le flux. La superstition et l'orgueil, qui persuadent aux grands qu'indépendamment de l'ordre général, ils sont l'objet d'une attenlion particulière de la Providence, firent publier que la mer n'était pas montée si haut qu'à l'ordinaire pour laisser les princes approcher du pont, DLCLOS, Œuv. t II, p. 392. Il Activement, ô flots, que vous savez de lugubres histoires!... Vous TOUS les racontez en montant les marées, v. hugo, Rayons et ombres, xlii. jj On dit que le vent monte ou remonte, quand il se rapproche du nord. || Un navire monte bien sur la lame, quand il se comporte bien par une grosse mer debout. || 12° Monter se dit de l'ascension d'un liquide dans des tuyaux, dans un bassin, etc. Le mercure qui monte dans un thermomètre. La sève monte aux arbres. Dans un réservoir, dans un bassin qui n'a point d'écoulement, l'eau monte de manière à se trouver de niveau, soit avec sa source, soit avec le point où l'on en a détourné le cours. || Le baromètre monte, c'est-à-dire le mercure qui est dans le baromètre s'élève. On dit de même : le thermomètre monte. || Monter se dit aussi d'un liquide que la chaleur ou une autre cause gonfle et élève. Le lait chauffé monte. Cette solution se gonflait, montait comme le lait, et se serait répandue, si le feu avait été un peu trop poussé, DiDEH. Peint, en cire, (Euv. t. xv, p. 858, dans poi'GEMS. X mesure que la crème monte, lever ce qui est monté avec une écumoire, genlis, Jfaiton rust. 1. 11, p. 104, dans pouoens. Vous fouettez les blancs [d'œufs], jusqu'à ce qu'ils suient bien montés, m. ib. t. ii, p. a).||ll se dit d'un cours d'eau dont le volume s'accroît et le niveau s'evhausse. La rivière a monté d'un pied. || 13° Monter se dit des végétaux qui grandissent et s'élùvent. Cet «rbre monte trop, on le laisse trop croître. || Cette plante monte en graine, dans peu elle produira de la graine; locution provcnautde ce que, dans beaucoup de plantes herbacées, la laitue, par exemple, la tige ne commence à s'élever qu'au moment de la floraison, et n'achève son évolution que concurremment avec la formation des graines. Ces laitues ont monti'', elles ne sont plus bonnes à manger. || Fig. et familièrement. Monleren graine, prendredes années, en parlant des filles pour qui se passent le temps et les chances de se marier. || 14» Les astres, le soleil montent sur l'horizon, ils s'élèvent, se rapprochent du zénith. Ft le char vaporeux de la reine des ombres Monte et blanchit déjà les bords de l'horizon, LAMART. ëédit. l, <. Il Le soleil monte tous les jours, •e dit lorsque le soleil ^'approche tous les jours de plus en plus de notre zénith. ||1S* Ce mur monte trop haut, il a trop d'élévation. || Ce mur, ce collet d'habit, cette robe, etc. montent trop haut, ils ont trop de hauteur. || On dit dans le sens contraire : ce mur, ce collet, etc. ne montent pas assez haut. Il tt* Fig. Passer à un poste, à un degré au-dessus de celui qu'on occupait. Il était sergent, il eut monté i la sous-lieutcnance. Il était lieutenant et il ea monté au grade de capitaine. Cet officier a monté en grade. Cet écolier éuit en troisième, il est monté en seconde. Dedans Saint-Innocent il se flt secrétaire; Après, montant d'état, il fut clerc d'un notaire, corn. Vltliu. com. t, t. Il [H. Hu-
DtCT, DE LA LAAOUB FRANCAISB
nauld] était monté à la place d'associé dans le mois d'août 4741 , MA'.BAN, Éloges, Uunanld. C'est de cette manière laborieuse et tardive que M. Petit vint à bout d'apprendre assez de latin et de belles-lettres pour pouvoir monter en philosophie, w. Éloges , Petit. Il 17» Fig. Obtenir quelque chose d'élevé. Que trouvez-vous, madame, ou d'amer ou de rude Avoir qu'un tel bonheur n'ait plus d'incertitude ; Et, quand dans quatre jours vous devez y monter, Quel importun chagrin pouvez-vous écouter? corn. Tite et Bérén. i, 1. Le fidèle.... Fuyant des vanités la dangereuse amorce. Aux honneurs appelé, n'y montait que par force, BOIL. tu(r. VI. C'est encore beaucoup tirer de notre ami, si, ayant monté à une grande faveur, il est encore un homme de notre connaissance, LA BRUT. VIII. La lumière a quelque chose de si divin qu'on serait tenté d'en faire un degré pour monter à des substances encore plus pures, volt. Dict. phil. Feu. Mais, pour monter à lui [Dieu], notre e.<prit abattu Doit emprunter d'en haut sa force et sa vertu, lamaht. Uéd. i, 28. Oui, mon âme se plaît à secouer ses chaînes : Déposant le fardeau des misères humaines. Laissant errer mes sens dans ce monde des corps, Au monde des esprits je monte sans efforts, m. ib. i, 28. || Monter au faîte des honneurs, parvenir aux plus grandes dignités. || Absolument. Quiconque est ébloui de ce degré éminent où la naissance et la fortune l'ont placé, c'est dire qu'il n'était pas fait pour monter si haut, mass. Pet. car. Iluman. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là l'onde un trône, et monte pour tomber, LAMART. Sléd. II, 19. La dernière campagne A fait monter bien haut le roi François premier, v. HLGO, Uernani, i, a. || 18° Monter se dit des substances capiteuses qui font impression sur le cerveau. Le vin pur monte à la tête, mol. l'Avare, m, a. Le péril est comme le vin, il monte à la tête, STAËL, Corinne, xii, 2. || On dit de même : le feu, le sang, la rougeur me montent au visage. Ces mots ont fait monter la rougeur sur son front, bac. Àlhal. m, 3. Il Par extension. 11 se dit des passions tn un sens analogue. Ce fut alors, dame I ne vous déplaise, Que, le courroux lui montant au cerveau, 11 s'en allait, enfonçant son chapeau. Mettre l'alarme en tout le voisinage, la font. Mmois. Certes je ne sais pas quelle chaleur vous mimte ; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si pmmpte, mol. Tart. m, 2. Un établissement si manifeste du fanatisme où l'on veut que chacun juge de sa foi par son goût, c'est-à-dire qu'il prenne pour in.spiration toutes les pensées qui lui montent dan» le cœur, en un mot qu'il appelle Dieu tout ce qu'il songe, Boss. 3* oierJ. § 29. La jalousie lui monte d'abord à la tète comme une vapeur maligne, hamilt. Gramm. ». || 19° Il se dit de choses morales ou abstraites que l'on suppose prendre leur essor vers le ciel. Ses péchés sont montés jusqu'au ciel, et Dieu s'est ressouvenu de ses iniquités, SACI, Bible, Saint Jean, Apocal. xvtii, 5. Elle cri de son peuple est monté jusqu'à lui, bac. Estli. I, 4. Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens I ID. ib. I, 3. Quelle fut la première voix que votre cœur fit monter vers le Seigneur? mass. Carême, Prière 2. Que leurs vœux jusqu'à loi montent avec les miensi volt. QEd. i, l. Montez donc vers le ciel, montez, encens qu'il aime. Soupirs, gémissements, larmes, sanglots, blasphème.... Montez, allez frapper les voûtes insensibles Du palais des destins, lamart. Méd. i, 7. || 20° Fig. Atteindre un degré élevé, au sens moral, avec un nom de chose pour sujet. Le luxe monte tous les jours. Il verra, le perfide, à quel comble d'horreur De mes ressentiments peut monter la fureur, corn». MédM, i, 5. Ne vous on°eiisez pas d'ouïr parier en maître. Grande reine; ce n'est que pour punir un traître, Criminel envers vous d'avoir trop écoulé L'insolence où montait sa noire lâcheté, lo. Sert, v, 7. Vois leur constance au milieu de leurs gênes. Monter plus haut, plus on les fait languir, lU. Imit. m, <9. Le perfide I k quel point son insolence monte I bac. Thib. i, 6. Il 21* Terme de musique. Aller du grave i l'aigu, par intervalles conjoints ou disjoints. Ce chantijur munie jusqu'à l'ut. Leur voix [des grands pluvicrsj, qui s'entend de t^^s-loin, est un son plaintif semblable à celui d'une flûte tierce et prolongé sur trois ou quatre tons en montant du grave à l'aigu, biffuN, Oit. t. XV, p. 189. Monter par quintes ou ajouter un dièse, oniîTitY, Jft'i/i. pour pri'lud. p. 9i,dans pou- 0K\s. Il 22* Fig. Hausser de prix, crotlie en valeur. Le blé a monté jusqu'à trente francs l'beclolitre. La rente monte, toutes les valeurs ont monté. Quand le prix du blé montera progressivement, disait N'ccker, sans doute il réglera le prix de l'industrie et de totu
les salaires, mahmontel, Mém. xii. || 23° Monter, faire un total. X ce Turnus dont le bien monte S dix mille écus, à bon compte, scarb. Vtrg. vu. Les préparaiifs de cette guerre durèrent trois ans ; l'armée de terre ne montait pas à moins de trois cent mille hommes, rollin, llist. anc. Œuv. 1. 1, p. 251, dans PO gens. Mille familles peut-être sont à l'aumône par celle banqueroute, qu'on fait monter à près de 40 millions, o'alemb. Lett. au roi de Pr. 13 déc. 4782. On fait monter à deux cent raille le nombre des sauvages encore errants dans le Brésil, BATNAL, Uist. phil. IX, 28. |{ Dans la supputation d'un compte : le tout montant à tant, foutes les sommes montant à celle de tant. || Ce mémoire monte bien haut, il en coûtera beaucoup pour l'acquitter. || Cette dépense n'a pas monté bien haut, elle a peu coûté. || 24° Y. a. Parcourir en s'élevant, en passant d'un lieu bas à un lieu haut. Monter une côte. Montez, le fer en main, les rochers du Tymole, ROTB. Antig. ii, 4. De l'auguste chapelle ils montent les degrés, boil. Lutr. m. || Monter, remonter un fleuve, une rivière, se rapprocher de leur source. I 25° Porter, transporter quelque chose en haut, l'y élever. Monter le blé au grenier. On monte les gros fardeaux avec des grues. || Fig.. ..Après un tel bonheur. Deux ans les ont montés au haut degré d'honneur, cobn. l'illus. com. iv, )0. Est-ce là cette gloire et ce haut rang d'honneur Où le devait monter l'excès de son bonheur 1 m. ib. v, 5. || Fixer à un point plus élevé. 11 faut monter un peu ce cadre. Il Ce jupon, ce pantalon ne sont pas assez montés, ils ne sont pas attachés assez haut. || 26° Monter un cheval, êlre monté sur un cheval. Bucéphale ne souffrait point qu'aucun qu'Alexandre le inoiilâl; et, quand il le sentait approcher, il se mettait à genoux, vaugel. Q. C. VI, 5. Elle monte un cheval écumant, eén. Tel. xxili. || Fig. Les Français, abattus, bistournés par Napoléon, se laissent ferrer et monter à tous venants, p. l. cour. Lett. x. || Monter un cheval à nu, le monter sans selle, sans éperon et sans couverture. On dit aussi monter à poil ou à cru. Il Monter un cheval, s'en servir habituellement et aussi l'instruire, le dresser. || Monter entre les piliers, se dit de l'élève qui monte le sauteur. Il Monter par haut, se dit de la manière de faire travailler les sauteurs, qui, s'élevant plus haut que terre à terre, manient à courliettes, à croupades, etc. |I 27° Synonyme de saillir, se dit surtout de l'accouplement du cheval et de la jument. De vieux chevaux qui n'avaient plus la force de monter la jument sans l'aide du palefrenier, buff. Quadrup. t. VII, p. 243. Il 28° Monter un navire, y être embarqué. Avec moins de cent hommes qui restaient de doux mille sept cents dont la flotte était montée, volt. Louis XV, 27. || Particulièrement, monter un vaisseau, le commander. || 29° Monter la garde, faire la garde en quelque endroit. || Monter sa garde, passer au poste Is temps voulu par le service. Il Fig. Monter la garde autour de, surveiller activement. || Monter la tranchée, faire la garde dans la tranchée. Il a monté la tranchée, il rend compte du siège à son oncle comme un vieil officier, sÉv. 409. Il 30° Monter un cavalier, lui fournir un cheval et l'équipement. || Par extension et par similitude avec la fourniture qu'on fait d'un cheval, fournir un élahlissement ou une personne do tout ce qui lui est nécessaire. Monter une imprimerie do ses presses. Monter une personne en linge. La manière dont son ménage était monté était précisément celle que j'aurais choisie, J. ;. rouss. Confea. III. Il faut que je songe à monter ma maison, r> ckhD, Ricochets, l, 2l.||31' Monter une horloge, une montre, un réveille-matin, un tournobroclio, etc. en rehausser les contre-poids ; ce qui a été cause qu'on s'e.st servi du mol monter, paret;ension, pour dire : bander les ressorts sans plus songer à l'ancien mécaniaiue qui consistait i hausser les poids. Une montre lorsqu'elle est montée, uksc. Past. I, 6. Il Fig. On ilisail d'elle que son mari la montait à la cour tous les matins comme une horloge, stsiM. 243, 238. Il 32° Disposer les pièces d'une macliinu, d'un appareil de manière qu'ils puissent fonctionner, servir. Un miroir de douze pieds do largeur .sur six pieds do hauteur ne lals^e pas d'élra une grosse machine embarrassante et difliclle i mouvoir, .'i monter et à maintenir, buff. lÊist. min. Introd. part. Expot. Œuv. t. vu, p. ti.i. L'ouvrier 'qui monte la inacliincetla fait marcher, j. ). rouss. C'onfr. Il, 7. Il Fig. Monter une caliaie, préparer une cabale. Monter un coup, une alfaire.ji Fig. et faniilièrenient. Monter une garde à (juelqu'un, lui faire une vive réprimande; locution qui parait se rattacher à garde d'épve (voy. OAiins 4, a'4 4).
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Il On dit dwj» le même sens populairement : loonler une gamme à quelqu'un; mais cela n'est pas bon : c'est chanter une gamme qu'il faut, voy. SAMUE. Il Poiiulaiiement, monter une scie, orgaaiier contre quelqu'un un ennui que chacun répète. Il Monter une partie, prendre des dispositions pour une partie, faire des invitations. || Monter un métier, accommoder et tendre sur le métier l'étofTe, la toile, le canevas, la chaîne, le fil, etc. pour travailler. Il Monter un diamant, le mettre en œuvre. || Monter une estampe, la mettre sous verre, dans un cadre. Il Monter un bouquet, disposer les fleurs d'une manière régulière et agréable à l'œil. || Monter un bonnet de femme, en disposer les parties, les ornements. Puisque je monte vos bonnets, vous pouvez bien faire mes robes, comte de caïlus (gbosleï), llitt. de y. Guillaume, Œuv. t. x, p. 2), dans poloens. || On dit de mémo : monter un habit, une chemise. || Monter une perruque, coudre les mèches de cheveux par rangées symétriques. || Monter une pièce d'étain, la battre sur l'enclume nue, en faisant tourner à mesure la pièce sur elle-même, jj Monter un squelette, attacher l'un avec l'autre les dilTérents os dans l'ordre et la position naturelle. || Monter un ouvrage d'orfèvrerie, do serrurerie, de menuiserie, etc. en assembler les pièces les unes avec les autres. Monter des pendants d'oreille. Monter un buffet. Monter une balustrade. Monter une charpente. Monter un lit. Ce collier [do porcelaine] était monté sur un fil de la racine du tremble, chateaubriand, Natcheiy liv. n. || Terme d'imprimerie. Monter une casse, la dresser sur le rang. || Terme militaire. Monter le bivac, arranger un bivac pour passer la nuit. || Monter une batterie, mettre tous les canons d'une batterie sur leurs affilts, et les ranger de manière à pouvoir s'en servir. || Terme de jeui. Monter une impériale, réunir les points nécessaires pour former et marquer une impériale. Il 33° Mettre en place, quand il s'agit des pièces d'un navire. Monter le gouvernail, les pompes, etc. Lorsque toutes les pièces de ce vaisseau [un certain modèle] seront entièrement achevées, 11 faudra que TOUS le fassiez monter deux, trois ou quatre fois en votre présence, et que vous ne vous étonniez pas si, dans les premières fois, les charpentiers sont longtemps, parce que, dans l'usage, ils s'apprendront à le monter dans le temps nécessaire, Colbert à Àmoul, 4 678, dans ial. {| Terme de pêche. Monter un filet, le garnir de cordes, de flottes, de plombées, le mettre ei> état de servir. || 34' Monter un théfttre, le dresser pour qu'on puisse y jouer. Pour tromper leur douleur mortelle. Soudain un théâtre est monté, bërano. Nègres. || Monter une pièce, faire les répétitions et les préparatifs nécessaiies pour la mise en scène et la représentation. Nous vous attendons pour la répétition : don Japhet d'Arménie, que nous montons avec tous ses agréments, piCA&o, Vieux comédien, se. 7. || 36* Monter un violon, ime harpe, une guitare, un piano, y mettre de nouvelles cordes au ton qu'elles doivent avoir. Il Ce violon est bien, est mal monté, les cordes en sont bonnes, en sont mauvais-es. || Poétiquement et fig. Monter sa lyre, se disposer k faire des vers. L'amour en sa f.iveur avait monté ma lyre, volt. Épilre *. Il Monter un instrument de musique, en hausser le ton. Monter un instrument au ton d'un autre. Il On dit dans le même sens: monier une corde de violon, de harpe, etc. ||Fig. Montez votre génie au ton que demande votre sujet, Mercure, <747, dans desfontaines. X monter aisément ma lyre sur ce ton, pihon, Ifi'Irom. m, 8. Il 86" Accroître, élever. Monter son train et sa dépense, il 87" Terme de peinture. Monier sa couleur, rendre la couleur de son tableau plus vigoureuse qu'on n'avait fait d'abord. || 38' Fig. et familièrement. Monter la tête à quelqu'un, ou, simplement. le monter, lui inspirer quelque idée qui s'empare do lui jusqu'à l'exalter. Je trompai ma mère qui ne découvrit que sur le point de l'exécution que j'avais monti mon père i ne se laisser point entamer, »tsiM. i , iJ. Un voyageur qui s'e-it bien monté la tête, doit être un peu confondu, quand il trouve, en arîJrant dans la rue des Trépieds, les tracasseries de •on village, cbatkaubr. /(m. 4" part. || Il faut bien distinguer, monter la tête qui signifie exciter, inspirer, et monter à la tête qui se dit d'une liqueur capiteuse ou d'une passion qui emvre. || 89' Se monter, ». rifl. Être gravi. La cût« se monU péniblement. Il iOf R^evoir un cavalier, en parlant du cheval ou autre bète de somme. Ce cheval se monte difacilement. || 41- S* monter, s« procurer un cheval. Kt qu'au contraire, encore qu'il connût sondcs- MU> [d'assassine' le due de Guisel, il [Coligny] lui
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donna [à Poltrot] vingt écus à une fois, et cent écus à une autre pour se bien monter, boss. Tar. X, S 5*. Il Par extension. Se monter en, se fournir de. Se monter en argenterie, en meubles, en linge. Il 4a° Il se dit des pièces d'un appareil qu'on dispose. Cette machine se montera quand on voudra. || Fig. Se modeler, se régler. Rebours s'était sûrement monté sur le marquis de Mascarille; il l'outrait encore , sT-siM. 4 3i, 240. Je me monte aisément à un train de vie quand il e>t volontaire, J. j.rouss. Conf.vi. Il 43° Fig. S'élever, se hausser. Il s'est monté à un ton qu'il ne soutiendra pas. Les hommes se montent naturelleme.nt au niveau de leurs espérances, MIRABEAU, Collection, t. III, p. 27. Il Absolument. S'exciter, prendre des sentiments de colère, d'opiniâtreté, etc. Quand son imagination se monte. Mais cet autre à la fin se monte de parole, bégnier, Sot. VIII. Quand la tête se monte, l'imagination la mieux réglée devient folle comme un rêve, beaumarch. Mar. de Figaro, m, 5. L'esprit de l'armée remonte à tel point que.... Corresp. du gén. Kliniilin, i, 482. Il 44° 11 se dit aussi des choses qui crois.sent, s'augmentent. Vos frères sont vainqueursquand nous .sommes trahis; Et, voyant le haut point où leur gloire se monte. Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte, cobn. Hor. m, 6. X moi? mes vanités jusque-là ne se montent, ID. la Suiv. m, 6. Il 45" Former un certain total. Son armée se montait à vinglmille hommes. Mon bien se monte
& tant : tenez, voilà le vôtre,BOiL. Sat.x i quoi
vont les revenus du comte 7 — Je ne saurais vous dire à quoi cela se monte, destouches. Glorieux, IV. 8. Les rentes sur l'hôtel de ville ne se montaient qu'à près d'onze millions, volt, toui's XIV, 4. Il Proverbe. Qui monte la mule, la ferre.
— REM. 1. Monter se conjugue avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état : il est monté dans sa chambre depuis une heure; avec l'auxiliaire oioir, quand il exprime l'acte : il a monté quatre fois à sa chambre dans la journée. La rivière a monté de
10 centimètres depuis hier. |{ 2. Monter à un arbre, monter sur un arbre. On monte à un arbre pour dénicher des oiseaux. On monte sur un arbre pour se placer parmi les branches, à dessein soit de cueillir des fruits, soit de se cacher, soit de mieux voir.
11 8. On monte en chaire pour prêclier; on monte dans une chaire pour l'examiner. On monte en voiture pour partir ; on monte dans une voiture pour y examiner quelque chose.
— HlsT. XI* s. Conseil d'orguil n'est dreir que à plus munt, Ch. deltol. xv. Cilsontmuntez [à chevall, qui le message firent, ib. vit. En som [au sommet de] la tour munlée est Bramimonde, ib. CCLXVI. Il XII' s. Après ces moz [il] a son cheval monté, Rone. 56. Lors est montez li rois sor un cheval, ib. 135. Tost les degrés de marbre est montez au donjon. Soi. XIV. De grant outrage faire nuls hom ne monteplie; Ainz [mais] se monte et essauce qui son cuer umelie, ib. xxxii. Car li reis est vers mei munté en si grant ire.... Th. le mari. 30. Ullre mesure [il] en est orguilluz e muntez ib. 74. Or [que] me lait [laisse] Diex en tel honor monter, Couci, vi. {{ xiii' s. [Ils] Orent Berte montée sur un palefroy bai, Berte, vu. Ha Uicx I je cuidoie estre montée en si haut pris, ib. xxx. U est propre nature des aiguës [eaux], que eles montent tout comme eles avalent, brun, latini, Trésor, p. 4 4 5. Et atendirent tant que li vens devers els monta moût durement, villeu. xcv. Lignages se pot diviser en quatre parties : la première partie en monUint si comme mes pero et mère.... BEAUM. XIX, 2. Et tant montèrent les paroles que li honsdepoesté dona au forestier unebafa [soufflet], ID. XXI, 8B. Or avint ainsi que tout li meuble que l'en apporta à l'ostel du légat ne montèrent que à six mille livres, joinv. 2I8. Vile orde garce, à vous que monte, Dist-ele, de moi conlreslerî la Rose, 20022. Car de nule riens gc n'ai honte, Se tele n'est qu'à pechié monte, ib. 6984. Et quant aucuns à honor monte Par son sens ou par sa proesce, ib. 848. Ains vous dirai que tout ce monte [ce que tout cela signifie], Ainçois que je fine mon conte, tb. 086. Sire Ysengrin, de vostre honte, Por le cuer bieu, à moi que monte? /{en. 204 4 2. Le vin est montez en la te.ste X Primant, tant en a beu, t'b. 3<ua. Le dit bailliage qui est de vostre droit et à vous monte d'avoir et tenir, Ast. de Jérus. J'réfare. || xiV s. Cyrurgie est exposée et deffenie de diverses gens seionc ce qui leur monstees testes ou selouu divers
ICgarS, H. DE MONDBVILLK, f> 14. || XV* S. Si Vint tOUt
à pied messire Hervé jusques àAbbeville; là se montèrent ; mais le dit messire Hervé estoit si travaillé qu'il ne pouvoit souffrir le chevaucher, froiss. i, i,
244. Si montèrent ledit roi <!t ses gens au port d« Douvres et vinrent sur une avesprée à Calais, m. i, I, 327. Et estoit toujours bien monté de bons coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois, id. i,
I, 324. X loi qu'en monte, si je lui blasme ses folies?...— X moi qu'en monte? dit l'archer; il en monte assez ; car il est compaing à mon maistre, ID. Il, II, 236. Quarante des mieux courants et plus experts deleurost, et les mieux montés, monstrel.
II, 4 9. Tant lui fus gracieux Que s'elle eust dit : donne-moy de la lune, J'eusse entrepris de monter jusqu'aux cieux, villon. Ballade. Gadifer n'a» voit par tout son corps ne sur ses membres pieca entière, mais estoit tout son corps deshaché d'espée, ensorte que la plus grant pièce ne montoil la paulme [n'était aussi grande que la paume de la main], Perceforest, t. v, f- t2.||xvi* s. La doreure seulement monta à plus de sept millions deux cent mille esous, amyot, Pub!, s». 11 n'y avoit ny aucuns passan.s, ny batteaux monians ou avallans, id. t'b. 35. Des rochers fort aspres à monter, id. Cam. 44. Cela le faisoît encore plus arrogamment monter en gloire et en presumptueuse opinion de soy mesme, id. Fab. 4 3. Du commencement il ne feit que se rire de leurs remonstrances; mais puis après il monta en cholere, et se courrouça à bon esciant à eux, id. Timol. 6. Monter un chameau, mont, i, 3C6. La vertu qui sera montée à tel poinct, que de non seulement mespriser la douleur.... id. il, tts. Le mur est soubdain monté et clos, id. ui, 4 3o. Montant le prix de la place, nous montons le prix et le désir de la conqueste, in. m, bo. Il semblera peut-estre que ceste foule [taxe] soit petite: mais je pense qu'elle se monte plus de douze cent mille livres par an, LANOUE, 105. Et afin que ces nobles et anoblis eussent moyen de .se monier et entretenir, id. 2J6. La mer montoit et remplissoit le canal, d'aub. llist. II, 208. Ung coche doublé de velours cramoisy, et monté de quatre grandes cavalles de Turquie, carloix, viii, 28. Plusieurs plantes se perdent par hastiveté, s'en montans trop tost en tige pour faire graine, o. de serres, 609. Monter au grenier sans chandelle, cOTOUAVE.Qui plus haut monte qu'il ne doit, déplus haut cliet [tombe] qu'il ne voudroit, id. Il faudra... que je monte, par manière de dire, les bestes brutes en chaire, pour vous enseigner votre nature et condition, la boétie, Servit, volont.
— ËTYH. Mont; proven(. montar, catal. muntarf espagn. et ital. montar.
t MONTE-KESSORT (mon-te-re-snr), ï. m. Instrument propre à démonter et à remonter un fusiL
— ËTYM. Monter, ressort.
MONTECU (monteur), *. m. || i° Ouvrier qui monte des pierres fines, des pièces d'orfèvrerie, etc. Il S.f. Monteuse de bouquets et fleurs artificielles, ouvrière qui monte, dispose les bouqueis et fleurs artificielles. || Monteuse, ouvrière qui monte les bonnets. || 2° Fig. et populairement. C'est un monteur de coups, c'est un homme qui cherche à tromper, à en imposer, et aussi un faiseur d'entreprises équivoques. Il 8° Ouvrierqui fabrique les boîtes de montre. Il 4° Monteur en blanc, celui qui dispose le bois du fusil à recevoir le canon.
— ETVJl. Monter.
\i. MONTFAUCON (mon-fô-kon), s. m. Nom d'une localité près Paris où l'on pendait les condamnés à mort. Mener à Montfaucon, mener au supplice du gibet.
— lllST. XVI* s. Lorsque Maillart, juge d'enfer, menoit X Montfauion Scmlilançay l'aine rendre, MAROT, Épifir. sur la mort de Semblanfay.
t 2. MO.NTFAUCON (mon-fô-kon), s. m. Format d'une espèce de papier.
MO.NTGOLFIËUE ( mon-gol-fiè-r') , s. f. Nom donné aux premiers aérostats, qui n'étaient autre chose qu'une enveloppe de papier remplie d'air dilaté par un récliaud placé au-dessous du ballon e> emporté par lui.
— Etym. Montgolfier, inventeur de l'aéroslatiou. t MONTICOLE (mon-li-ko-l'), ad}. Terme d'histoire naturelle. Qui vit dans les montagnes.
— ÊTYM. Lat. monlicoio, de mons, mont, et colère, habiter.
MONTICULE (mon-ti-ku-l'), *. m. || 1* Petit mont. Je trouve tout simple que les éruptions des volcans produisent dos monticules; ceux que les fourmis élèvent dans nos jardins sont bien plus étonnants, VOLT. Letl. Ilamilt. 47 juin 4773. || 2° Terme d'anatomie. Nom du milieu de la face supérieure du cervelet, qui s'élève en èminence.
HIST. XVI* s. Les racines se trouvans au-<les-
sus de la monticule du relèvement, vuides d'hu-
MON
MON
MON
meur, en temps de sécheresse défaillent, o. de serbes, 705. Ce qui nous advertil de sonder bien sagement, de peur d'intéresser le dit monticule [le veru montanum], paré, i, S9.
— ËTYH. Lat. monticiUut, diminutif de mons, mont.
MOvr-JOIE (mon-jol), t. f. || !• Monceau de pie^ res jetées confusément, en signe de yictoire, ou pour marquer les chemins. || S'est dit aussi des croix ou indications mises sur les monts-joies pour reconnaître les chemins. || Ordre de chevalerie, institué dans le douzième siècle, par le pape Alexandre III, pour combattre les infidèles dans la terre sainte. || 4° Se disait, par extension, d'un amas de choses quelconques. {| Fig. Je prie Dieu qu'il vous envoie U'ébatlements une raont-joie, scarr. Poés. dans RiciiELET. || 3" Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement, mont-joie, cri de guerre usité parmi les Français dans Ips batailles, durant le moyen fige. Liberty and property [liberté et propriété], c'est le cri anglais; il vaut mieux que Saint-George et mon droit, Saint-Denis et mont-joie; c'est le cri de la nature, volt. Dict. phil. Propriété. \\ Bannière qui indiquait la marche de l'armée. 1| S. m. Titre affecté autrefois au premier roi d'armes de France. Le roi d'armes Mont-joie (avec une majuscule).
— HIST. XII* s. Franceiz crient : monjoie, et Normanz : Dex aie, wack, Rou, v. ««68. ||xm* s. Tant i ot pierres aportées. Qu'une monjoie i fut fondée, DU CANGE, mons gaxidii. Mort sont Ogier et Charlemaine; Loiautez est morte et perie ; C'estoit sa monjoie et s'ensaigne, C'estoit sa dame de compaigne, BUTBB. <06. Il XV* S. Merciez Dieu, pensez de le servir, Il vous garde de tous biens grant montjoye, Et vous fera avoir vostre désir, CH. d'oiil. Bal. )26. France qui a longtemps souffert meschief. Qui se plaingnoit et regrettoit montjoye, E. desch. Pois, mss. f* (3(.||xvi* s. Les passans pèlerins Alloient semans roses et romarins. Faisans de fleurs mainte belle montjoye, marot, i, 484. Nous voyons do grandes monljoies d'arène mouvante qui marchent d'une demie lieue devant la mer et gaignent païs, MONT. I, 232. Un de ses prédécesseurs avoit autrefois esté deffait en Grenade, comme il paroissoit par une grande monjoie d'os gardez ensemble pour la mémoire, d'aub. Ilist. i, 35a.
— ÊTYM. Mont, et joie. La Mont-joie Saint-Denit, ou, simplement la J/on(-joie, était le nom de la colline prés Paris où saint Denis subit le martyre; ainsi dite, parce qu'un lieu de martyre était un lieu de joie pour le saint qui recevait sa récompense. La Jlon(-joie Sotnt-DCTiù signifie la Mont-]oie de saint Denis, selon l'ancienne règle qui rendait le génitif latin par le cas oblique. Le nom de mont-joie s'étendit à tous les monceaux, et se prit même figurément. D'un autre côté les Français prirent pour cri de gueire Mont-joie Saint-Denit ou, simplement. Mont-joie; enfin ce cri de guerre devint le nom du roi d'armes en France. C'est par erreur qu'on a dit quelquefois de notre temps, par forme d'archaïsme, Mont-joie et Saint-Denis I ce qui ne signifie rien ; par exemple, Casimir Delavigne (Louis XI, w, >'■>): Montjoie et Saint-Denis I Dunuis, à nous les chances 1
t MONT-JOLI (moD-jo-li), t. m. Sauge des montagnes.
t MONTMARTRITB(mon-mar-tri-t'), ». f. Terme de minéralogie. Variété de gypse calcarifère que l'on trouve à Montmartre, près de Paris, et qui résiste à des intempéries de saison que le gypse commun ne pourrait supporter.
t MONTMORENCY (mon-mo-ran-si), ». f. Nom d'une cerise acide et à cnurtc queue, que l'on cultive beaucoup k Montmorency près Paris. Aimezvous la montmorency T II Anplur. Des montmorency.
MONTOIR (mon-toir), ». m. |; 1* Grosse pierre ou gros billot dont on se sert pour monter plus aisément à cheval; dans l'ancienne langue le montolr a« nomme souvent perron. || Ce cheval est dimcilc, est rude au montoir, Il se tourmente, il estin(|uiet, quand on veut monter dessus. || Dans un sensopposé : ce cheval est aisé, est doux au montoir. || 2* Le c6l6 du montoir, I« cAlé gauche du cheval, ainsi appelé parce que c'est de ce cdié-là qu'on monte d'ordinaire i cheval. || Le pied du montoir, le pied gauche du cheval. || Le dlé droit se nomme hors montoir ou hors du montoir. || 8* Appui du pied gaucliK du cavalier sur l'élrier du c6lé gauche.
— lll^^T. xiii* s. Kt que for» de la nef issiez, Kl si venez par ja entor Où ill moult lioii montcor, Parou vos porrei bien monlvr, Ren. •imm. || xiv* s. Ed la court de nostre palais royal à Paris, entre la
5 terre de marbre, Dostre montouer et nostre auieiice.... bU cange, montoriutn. Ëutm lesqueli
murs [du Louvre, dans les environs de larue Froidmantel et de ChampOori] est le montoir du roi et de la reine, de laborde, Émaux, p. 89«. || xvi* s. Les crins bien fournis de poil, pendans du costé du montoir, o. de serbes, 3oi.
— Ety.m. Monter.
t MONTRABLE (mon-tra-bl"), adj. Qui peut être montré. Si vous aviez des yeux, vous ririez bien de ma figure de quatre-vingts ans, qui n'est ni Iransporlable, ni montrable, volt. Lett. à Mme du Dcffant (qui était aveugle), dans laveaux.
MONTRE (loon-tr'), ». f. || 1° Action de montrer; sens qui n'est guère usité que dans la locution : fiire montre, montrer avec une sorte d'étalage. Elle Étale ses beautés, fait montre de ses charmes, MALH. V, 23. Quand un discours naturel peint une passion, ou un effet, on trouve dans soimême la vérité de ce qu'on entend, laquelle on ne savait pas qu'elle y fût, en sorte qu'on est porté à aimer celui qui nous le fait sentir; car il ne nous a pas fait montre de son bien, mais du nôtre, pasc. Pens. vir, 26, éd. iiavet. Vous avez beau faire montre d'une vaine intrépidité, mass. Carême, Evid. de la loi. Autant pour faire montre de leur crédit que pour obtenir quelque nouveau privilège, anquet. Ligue, i, 240. || 2* Ce qu'on montre pour faire juger du reste, échantillon. Une montre de blé, d'avoine. Le corps de la pièce sera semblable i l'endroit vulgairement appelé la montre, et, au cas qu'il se trouve d'une qualité inférieure, la pièce d'étoffe sera confisquée, Arrêt du C. *!> août i7j4. || Acheterdu blé sur montre, l'acheter d'après l'échantillon que le vendeur a apporté au marché. || Fig. Voilà une petite montre de ce grand commerce de friperie que l'on exerce à la cour, balz. De la cour, B* d«4c. Conserve à nos neveux une montre fidèle Des exquises beautés que tu tiens de son zèle, mol. Val-de-Grdce. Il 3* Ce qu'un marchand étale devant sa boutique, pour montrer quelle sorte de marchandise il vend, tout cela n'est mis que pour servir de montre. Le brodeur et le confiseur seraient superflus, et ne feraient qu'une montre inutile, si l'on était modeste et sobre, la bruy. via. || Faire des montres, étaler des marchandises de moindre qualité. Le marchand fait des montres pour donner de sa marchandise ce qu'il y a de pire, LA BRUY. VI. Il Ne point faire de montre, c'est-à-dire faire voir d'abord ce qu'on ade plus beau, de meilleur. || 4* Boîte vitrée danslaquelle les orfèvres, bijoutiers, etc. mettent leurs raarcliandises, afin qu'on les voie sans pouvoir y toucher. || 5° Ce qui sert d'ensçigne, d'annonce. Semblables à ces figures de carton qui servent de montre à une fête publiiiue,il3 [certains grands] jettent feu et flamme, tonnent et foudroient, la bruy. ix. || Fig. Hypocrites qui, outrageant la vertu dans leurs coeurs, abusent de son image qui leur sert de montre pour .se concilier la faveur des hommes, boss. Sermons, Honneur (fragm. sur le même sujet). || 6* Montre d'orgues, devanture qui simule les tuyaux d'orgues, et qui cache les véritables tuyaux. ||7* Endroit d'une salle d'armes où sont placés, dans une espèce de râtelier, 1. s fleurets des élèves. || 8° Lieu où les marchands de chevaux font voir leurs chevaux & vendre. || La manière dont ils essayent et conduisent ces mêmes chevaux. Prenez-y garde, la montre est trompeuse. || 9* Nom que les fabricants de porcelaine donnent aux pyroscopes. || 10* Apparence. Il est des choses qui ont une montre douteuse, et qu'on ne peut tenir pour honnèles, que premièrement on n'en fasse l'interprétation, MALH. /« Traité des bienf. de Sénèque, iv, <6. Quand sur une si belle montre on a essayé du personnage, la bruy. xv. C'est une question agitée «i la réalité nous importo plus que la montre, lk p. COL'RBEVILLE, dans desfontawes. Il La montre des blés est belle, ils annoncent une bonne récolte. Il N'être que pour la montre, se dit de certaines choses qui ne sont que pour l'apparence et dont on ne se sert point. || Ce senties vignes delaCourtille, belle montre, peu de rapport, ou, simplement, belle montre, peu de rapport, se dit pour exprimer que la personne ou la ciuisu dont on parle, a de belles apparences auxquelles p- "épond nullement la réalité. Le proverbe do la Courtille: belle montre, peu de rapport, cyhano de beko. Pédant joué, ii, 2. Il 11" Kig. Parade, étalage. Si les médecins n'avaient des soutanes et dos mules, et que les docteurs n'eussent des Imnnets cirrés..., jamais ils n'auraient dupé le monde, qui ne peut résister i cette montre si authentique, rAsc. Peni. ui, s, éd. ravkt. Malheur ivuus, hypocrites.... qui n'avez qu'une vaine montre et une fausse apparence de probité, bodbdal. Àvent, tt. On dirait qu'il a du zèle pour moi, mais ce
n'est qu'une idole et qu'une vaine montre de zèle, iD, 5* dimonch» après la Pentecôte, Dominic. t. il, p. 742. Il 12* Autrefois, revue de gens de guerre. Ce qu'il y eut en cette montre [le spectacle, le défilé du triomphe du consul Cornélius] de plus regardé, fut une troupe de Crémonais et de Plaisantins, qui, en habit d'affranchis, voulurent marcher après son charriot, malh. Tite Live,\. xxxiii*,ch.33. Et comme en une montre où les passe-volants.... sont les plus insolents, règnier, Sot. x. Il avait quatre cents hommes d'armes qui étaient payés k la montre, sans avoir ni contrôleur, ni inspecteur, DUCLOS, Œuv. t. Il, p. 402. Il Fig. et familièrement. Passer i la montre, être acceptable, en parlant soit des personnes soit des choses. Chez les provinciaux on prend ce qu'on rencontre. Et là, faute de mieux, un sot passe à la montre, corn. Ment, i, i. Ainsi Richard.... Vécut longtemps, et fit force bon tours, Dont celui-ci peut passer à la montre, la fo.nt. Richard Minutolo. || Revue passée pour le payement de la solde. || Par extension, un mois, un quartier de solde. Cette compagnie a touché sa montre. || Montre sèche, revue où on ne donnait point d'argent. (| 13* Ancien terme de guerre. Manœuvre pour cacher son vrai dessein à l'ennemi. Après diverses montres de différents côtés et avoir menacé plusieurs de nos places, le prince d'Orange tourna tout à coup sur Namur, st-sim. 30, 92. Il On dit aujourd'hui démonstration. || 14° La platine qui indique les heures dans une horloge ou une montre. Les horloges dans les éRlisfS avaient des montres dedans et dehors. || On dit aujourd'hui cadran. Il 15* Petite horloge qui se porte ordinairement dans une poche destinée à cet usage. Montre d'or, d'argent. Monter sa montre. Ma montre va bien, va mal. Mettre une montre à l'heure. Ceux qui jugent d'un ouvrage par règle sont, à l'égard des autres, comme ceux qui ont une montre à l'égard des autres; l'un dit : il y a deux heures; l'autre dit : il n'y a que trois quarts d'heure ; je regarde ma montre; je dis à l'un : vous vous ennuyez ; et à l'autre : le temps ne vous dure guère; car il y a une heure et demie, pasc. Pens. vu, 6. En ouvrage de goût, en musique, en poésie, en peinture, c'est le goût qui tient lieu de montre ; et celui qui n'en juge que par règle en juge mal, volt. Rem. Pens. l'asc. 48. Il Montre à répétition, voy. hépétition. || Montre en bague, montre qui se porte au doigt à l'aide d'une bague où elle est enchâssée. Si jamais vous voulez orner le doigt de quelque illustre dame espagnole d'une montre en bague.... cela ne se fait que dans mon village, et on y sera à vos ordres, volt. Lett. Aranda, 2u déc. I77t. || Montre marine, montre faite avec beaucoup de précision, en sorte qu'elle conserve toujours l'heure, soit du premier méridien, soit de tout autre lieu dont le méridien est connu. En comparant cette heure avec celle que le calcul donne à bord dans le moment d'une observation, on en déduit le méridien sur lequel on se trouve, c'està-dire la longitude du lieu qu'on occupe; c'est ainsi qu'une montre marine donne les longitudes. L'Académie avait proposé, en <7«7, pour sujet d'un prix la consiruciion dune montre marine, coNDOHCKT , Courtnntaux. La difficulté était de faire une horloge qui pût marcher régulièrement sur un vaisseau sans cesse agité par les flots; Sully, artiste anglais établi à Paris, construisit une montre marine en 1726 ; celte horloge n'était qu'un essai, bailly, Wt»». d« l'astr. nio.i. t. m, p. III. Une montre bien réglée dans un port dont la position est connue, et qui, transportée sur un vaisseau, conserverait la même marche, indiquerait, i chaque instant, l'heure que l'on compta dans ce port, laplace, Expos, l, I3.|| Montre d'ivrogne, celle qu'on peut monter en tournant i droite ou k gauche, jj Terme de marine. Montres i dérive, A sillage, appareils dont le but est d'indiquer à tout moment le nombre des degrés de la dérive, le nombre des noeuds du sillage.
— HIST. XII* s. Venez et vedez [voyez) les ovres del seignur, lesqueles il posât monstres sur terr»/ Liber psalm. p. 62. Remembrez des merveilles de lui [Dieu], ses monstres e les jugemenz de la liuche [bouche] lie lui, ib. p. 164. |{ xiii's. Kt le requérant ii dcit faire la mostre, mais non mie de totcs choses, As.de J. 82. Il XIV* s. L'exposant print et misten son saing une tasse d'argent appelée monstre [ainsi dite parce qu'on y dégustait le vin], du canoe, mon»(ra. i| xv* s. Et fit le sire de Percy toute manière de gens armer et appareiller et traire sur les champs et faire leur monstre, froiss. ii, ii, i6. Un chascun d'eulx [les trois ordres] son droit estât maintiengne, Car l'excéder est monstre et droicte
MON
•nseigne De pis avoir pour le peuple et l'église, DRScii. Souffrance du ftuple. Ils (les gens de gui'rre] faisoient monstre tous les moys sur les lieux et recevoient argent, comm. m, < . Quiconque amènera es marchés bleds, farines, ou autres grains où il y ait emboucheure, c'est i sçavoir, qui ne soient aussy suffisans etaussy bons dessous comme en la monstre, il perdera les denrées, Ordonn. des rois, t. II, p. 354. Il XVI' 8. Mais tout ainsi que qui gasle ou tourmente Le mouvement et secret d'une monstre, L'aiguille faut, et l'heure ne rencontre, ST-CELAis, 177. Et d'aultres lettres, pour le mas.]ue et la montre, mont, i, 38. Faire montre d'une chose en public, id. i, ne. Aussi devons nous, au «iecle où nous sommes, si dépravé, regarder de près aux choses qui ont belle montre, lanoue, et.... La première place que je mettray en monstre [que je citerai] sera la citadelle d'Anvers, langue, 33B. L'assemblée de la Rochelle s'engageoit de le'ur faire toucher deu-t montres, en attendant le reste de leur payement, d'aub. Ilisl. m, 605. Toutes œuvres qui procèdent des hommes que Dieu n'a point sanctifiez par son espr:!, quelque belle monstre qu'elles ayent.... calv. Instil. 609. Quand il en venoit quelques uns qui en apportoient des monstres et des eschantillons seulement [des poésies d'Euripide], AMYOT, Nicias, 32. La monstre de tout le triumphe fut départie en trois jours, ID. P.Alm. 65. Vos courtisans, qui entendent mieux à monter une montre qu'à affusler ou pointer un canoa ou mesme tirer une arquebuzade, montldc, If^m. t. il, p. 62t,dans
lACDRNE.
— ETYM. Substantif verbal formé de montrer, wallon, moie; Hainaut, monte; provenç. mostra ; espagn. muestra; ital. mostra. Le cadran qui montre les heures se nommait montre ; puis on a donné au tout le nom de la partie, et dit une montre pour une horloge portative; c'est au xvi' siècle que l'objet et le nom viennent en usage.
MONTRE, ÉE (mon-tré, trée), part, passé de montrer. Il 1" Qu'on fait voir. La lanterne magique montrée aui enfants. || 2° Qu'on enseigne. La lecture montrée aux enfants. || 3° Avoir été bien montré, mal montré, aroir eu on bon ou un mauvais maître.
— REM. Bien qu'on emploie le verbe montrer pour enseigner au passif avec le nom de personne pour sujet, toutefois il veut, à l'actif, ce nom pour régime indirect. On ne dit pas en ce sens montrer quelqu'un, mais montrera quelqu'un. Une anomalie analogue se voit pour le verbe obéir.
t MONTRÉE (mon-trée), ». f. Ancien terme de palais. Descente sur les lieux «our vérifier ce aui est contentieux.
— ETYM. Montré.
MONTRER (mon-tré), v. a. || 1° Faire voir. Il m'a moniré sa maison, sa biMiothcque, ses tableaux. C'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir dans le même temps et dans les mêmes campagnes ces deux hommes (Condé et Turenne).... comme si Dieu, dont souvent, selon l'Écriture, la sagesse se Joue dans l'univers, eiît voulu nous les montrer en toutes les formes, et nous montrer ensemble tout ce qu'il peut faire des hommes, Boss. Lows de Bourbon. Pendant que la magnanime et intrépide régente était obligée à montrer le roi enfant aux provinces, lo. le Tellier. En remerciant ses médecins : voilà, dit-il [Condé mourant], mes vrais médecins; il montrait les ecclésiastiques dont il écoutait le» avis, ID. Louis de Bourbon. C'est depuis qne l'Évangile a montré à la terre des hommes Justes, qui offrent au Seigneur des prières ferventes pour les princes et pour les rois, que les Césars sont plus heureux, l'empire plus llorissant, hass. Carime, Mélange. Feu M. le cardinal de Fleuri me montra l'endroit oii Lpuis XIV avait épousé Mme de Maintenon, volt. Lett. Roques, 1 752. || Fig. et populairement. Montrer son nez quelque part, se faire voir m quelque endroit; cela se dit plus souvent avec l'idée qu'on ne fera qu'y paraître et qu'on y restera peu de temps. Je n'ai garde d'aller montrer U mon nei. || On dit dans un sens analogue, mais moins populairement : montrer son visage. Ce duc ne nous a point trompés ; il nous disait.... que le* choses avaient changé.... qu'il fallait un feu venir montrer son visage i la cour, sév. 595. |.Monirer son nez, se dit aussi de ceux qui vont mal à propos en quelque endroit. Qu'avait-il à faire d'aller monuer li son nez ? || MonlnT les dents, voy. J*RT, !>• ♦. (1 Kig. Montrer les talons, voy. talon! Il Cet hibii montre la corde, c'est à-dire il estsi usé qu'on en voit la trame. || Fig. Cet homme montre la corde, il fait voir qu'a en est aux expédients, à se* dernières reaMurees, M aussi on'il n'avait au'un
MON
esprit d'emprunt. C'est un homme qui e.st de mise un quart d'heure de suite-, qui le moment d'après baisse, dégénère, peixl le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et montre la corde, la brdï.
II. Il Cela montre la corde, c'est une finesse grossière et facile à découvrir. || Montrer à quelqu'un son béjaune, voy. béjadne. |{ Il montre tout ce qu'il porte, se dit d'un homme qui se découvre d'une manière déshonnête. || 2° Montrer à la terre, se dit de quelque personne remarquable que la destinée n'a pas laissée vivre longtemps. Le prince pieux.... que vous n'avez fait que montrer à la terre, MASS. Pet. carême, Humanité. || 3° Indiquer par quelque figne ou geste ou de toute autre façon. Montrer quelque chose du doigt. Il n'est pas fort poli de montrer quelqu'un du doigt. Montrer le chemin à quelqu'un. Ces poteaux montrent le chemin. Un cadran qui montre l'heure. Dans son hypothèse [de Leibnitz], l'àme n'a aucun commerce avec son corps; ce sont deux horloges que Dieu a faites, qui ont chacune un ressort, et qui vont un certain temps dans une correspondance parfaite; l'une montre les heures, l'autre sonne, volt. Newt. I, 6. Il Fig. Montrer quelqu'un au doigt, s'en moquer publiquement. Je voudrais déjà être à Burgos, où, n'étant connu de personne, je ne courrai pas le risque de rencontrer quelqu'un qui me montre au doigt, LESAGE, Est. Gonx. ch. 44. Il Montrer la porte à quelqu'un, faire signe à quelqu'un dont on est mécontent, qu'il ait à sortir de la chambre, de la maison. Il Fig. Montrer le chemin aux autres, faire quelque chose pour engager les autres à faire de même, servir d'exemple. Marot.... Tourna des triolets... Et montra pour rimer des chemins tout nouveaux, boil. Art p. I. Il 4* Montrer une lettre, un écrit, les faire lire. Heureux qui, d'une femme adorant les appas. Reçoit de tels billets et ne les montre pas! volt. Indiscret, I, t. Mon projet était d'envoyer cette lettre sans vous la montrer, dans la crainte que vous ne l'approuvassiez point, oenlis, Adèle et Théod. t. m, p. 467, dans POUGENS. || 5° Faire paraître. Tout son visage montre une fierté si haute.... cobn. Sertor. IV, 3. Il fallait montrer partout, et à l'Allemagne comme à la France, le défenseur intrépide que Dieu nous donnait, BOss. Louis de Bourb. Par les soins d'un si grand roi, la France n'est plus qu'une forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable, \T>.Uar.-Thér. L'eucharistie, nom composé de biens et de grâces, qui nous montre dans cet adorable sacrement une source de miséricorde, un miracle d'amour.... ID. ib. Toutefois épargnez votre tête sacrée ; Vous-même n'allez point de contrée en contrée Montrer aux nations Mithridate détruit, rac. Uilhr.
III, i. Dieux, éclairez mon trouble et daignez âmes yeux Montrer la vérité que je cherche en ces lieux, ID. Phèdre, v, 2. Et que vous montrent-ils [ces lieux] qui no vous avertisse Qu'il faut qu'on me respecte et que l'on m'obéisse? m. Brit. m, 8. Athènes me montra mon superbe ennemi, id. Phèdre, i, 3. Montrez-nous, héros magnanimes. Votre vertu dans tout son jour; Voyons comment vos cœurs sublimes Du sort soutiendront le retour, J. b. bo'jss. Ode à la fortune. Le témoin le plus vil et les moindres clartés Nous montrent quelquefois de grandes vérités, VOLT. Mérope, ii, 1. 1| Faire paraître une affection, un sentiment réel ou simulé. Montrer de la douleur, de la joie, de la tristesse. || On dit dans un sens analogue : montrer un visage gai, un visage triste. L'affabilité no serait plus qu'une insulte et une dérision pour lesmallieureux, si, en leur montrant un visage doux et ouvert, elle leur fermait nos entrailles, hass. Pet. car. llunuin. Il Montrer, construit avec un adjectif qui le suit. L'effet montra soudain ce conseil salutaire [montra que ce conseil était salutaire], corn. lind. I, t. J'entretins la sultane et, cachant mon dessein. Lui montrai d'Amurat le retour incertain, rac. Baj. I, I. Il Voltaire a blâmé cette tournure; mais elle est brève, correcte, et peut être emiiloyée. || Montrer avec la préposition de et un verbe à l'infinitif. Vous buviez sur son reste, et montriez d'affecter Le côté qu'à sa bouche elle avait su porter, mol. l'Ét. iv, 6. Tenant par deux frères à la cour de Vienne, il montre d'être fiché de ses échecs, monteso. Correspondance, 44. Il Montrer avec un verbe à l'infinitif, sans préposition. H. de Beauvillier devait mettre en garde le roi, par des vérités fortes et bien assenées, non pas se laisser frapper sans montrer le sentir, st-sim. 23», I8J. XDourlens, il [le duc du Maine] faisait ou montrait faire de longues prières, id. 524, 227. Il *• Faire preuve de. Il montra du sang-froid en ce péril. Montrer un bon, un mauvais cœur. Me demande donc plus jpar quelle humeur sauvage
Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, Et montre pour Paris si peu de passion, boil. Ép. vi. Il faut montrer ici ton zèle et ta prudence, rac. Iphig. i, *, Il 7' Faire connaître, prouver. Je lui ai montré que la proposition est fausse. Ce qu'a fait le sénat montre ce qu'il faut faire, corn. Nicom. v, 2. Il faut bien que je me fasse à moi cette violence [de parler dos outrages faits à la majesté royale], puisque je ne puis montrer qu'à ce prix la constance de la reine, boss. Reine d'Anglet. Montrons dans un prince admiré de tout l'univers que ce qui fait les héros.... id. Louis de Bourbon. Le valeureux comte de Fontaines, qu'on voyait porté dans sa chaise [à Rocroy], et, malgré ses infirmités, montrer qu'une âme guerrière est maîtresse du corps qu'elle anime, id. ib. 11 [Charles I"] a montré qu'il n'est pas permis aux rebelles de faire perdre la majesté à un roi qui sait se connaître, id. ib. Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche, rac. Brit. Ii, 2. Il 8° Enseigner. Montrer les langues, la grammaire, les mathématiques. Montrera écrire. Et ce qui vous était plus important, on vous a montre avec soin l'histoire de ce grand royaume que vous êtes obligé de rendre heureux, boss. Hist. Dessein général. U vaut mieux me laisser montrer à lire à Mlle de la Tour, MAINTENON, Lctt. à Mlle de Caylus, e juillet <7I7. Il Par extension. Je vous al montré l'art d'affaiblir son empire, corn. Sert, m, 2. Il montre aux plus hardis à braver le danger, rac. Théb. i, <. Il Absolument, dans le même sens, et alors on dit montrer à quelqu'un. Outre le maître d'armes qui me montre, j'ai arrêté encore un maître de philosophie, MOL. Bourg, gent. i, 2. Votre maître de musique est allé aux champs, et voilà une personne qu'il envoie à sa place pour vous montrer, id. Mal. imag. ii, 4. Ils sont charmés de cet homme [un précepteur] ; c'est lui qui montre à cette belle marquise, SÉV. 28 juin (680. L'occupation de montrer en ville n'est guère moins oiiposée à l'étude que la dissipation des plaisirs, fonten. Carré. || Proverbe. Souvent les bêtes montrent à vivre aux hommes, c'est-à-dire elles n'ont pas de si grands dérèglements. Il Pairmenace, je lui montrerai bienà vivre, je le châtierai, je me vengerai de lui. |{ 9" Se montrer, v. réfl. Paraître, se faire voir. Le soleil ne s'est pas montré aujourd'hui. Montrez-vous pour sauver ce héros du trépas. Mais montrez-vous en maître, et ne vous perdez pas, corn, lléracl. iv, l. X quoi bon se montrer, et, comme un étourdi, Me venir démentir de tout cequejedi?MOL. l'Él. i, 6. Qu'est-ce donc que ma substance, 6 grand Dieu? J'entre dans la vie pour en sortir bientôt ; je viens me montrer comme les autres; après il faudra disparaître, boss. Sermons, Mort, i. Que s'il [l'esprit d'indocilité et d'hérésie] s'est montré tout entier i l'Angleterre, et si sa malignité s'y est déclarée sans réserve, iD. Reine d'Ànfilet. Avec Pirithoûs aux enfers descendu. Il a vu le Cocyte et les riviiges sombres. Et s'est montré vivant aux infernales ombres, RAC Phèdre, ii, t. Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée. Comme au jour de sa mort ponipeusement parée, ID. Ath. il, 5. S'il pouvait se montrer, j'espérerais encore, volt. Tancr. i, 6. Les prophètes des Cévennes qui allèrent à Londres ressusciter des morts en (707, avaient vu Elle, ils lui avaient parlé, il devait se montrer au peuple, m. Mœurs, i»t. Les mâles sortent plus souvent des cavernes que les femelles, qui ne se montrent que rarement, BtJKF. Ois.t.viii,p.i85.Le pavillon suédois se montra dans tous les parages de l'Europe, raTnal, Jlist. phil. v, 7. Il Se montrer, aller dans le monde, dans les visites, dans les soirées, etc. Mon fils est à Paris; il y sera peu : la cour est de retour, et il ne faut pas qu'il se montre, sév. 68. Le désir de sa montrer, d'être mieux mise qu'une autre, genlis, Thédt. iVéduc. Dangers du monde, i, 2. || Se montrer, se dit de celui qui ne se tient pas caché. 11 est bien hardi de se montrer après cela. Revenir sans mon ordre, et se montrer ici I cokn. Nicom. II, t. Perfide, oses-tu bien te montrer devant moiT BAC. Phèdre, iv, 2. Lucile en est outrée et ne se montre plus, chesset, le Méchant, m, ». || N'oser se montrer, se dit de celui qui se tient caché pour quelques craintes ou pour quoique honte. Les académiciens qui s'attendaient à être siftles, honnis, lafoués, n'osaient se montrer, diderot, Salon d* «767, Œuvres, t. xv, p. U7, d»ns pocokns. || N'avoir qu'à se montrer, se dit d'une personne qui, ayant de la puissance, de l'habileté, n'a besoin qua de paraître pour tout emporter. Le roi d'Ethiopie, ])lein de confiance dans les troupes innombrables qu'il amenait, avait cm qu'il n'avait qu'à se montrer
MON
MON
MON
pour mettre en fuite les Assyriens, rollin, TraM des Et. V, ch. 3, 8' part, note 2. || 10» Fig. Se faire connaître. J'aime un esprit aisé qui se montre, qui s'ouvre. BOii.. Ép. ix. 11 [l'homme de mérite] a besoin de toutes les raisons tirées de l'usage et de son devoir, pour se résoudre a se montrer, LA BBUT. M. La fierté prend sa source dans la médiocrité, ou n'est plus qu'une ruse qui la cache; c'est une preuve certaine qu'on perdrait en se montrant de trop près, mass. Pet. car. Human. Il 11° Se montrer tel, faire voir par les effets qu'on est tel. Tu t'es en m'offensant montré digne de moi, Je me dois par ta morl montrer digne de toi, coBN. Cid, m, 4. Montrez-vous bon ami, montrez-vous bon valet, scabr. Jodelet ou le malt, valet, IV, 6.': La reine se montre le ferme soutien de l'Etat, Boss. Reine d^Anglel. D'un nouveau personnage inventez-vous l'idée? Qu'en tout avec soi-même il se montre d'accord, boil. Art p. m. Ah! seigneur, qu'éloigné du malheur qui m'opprime Votre cœur aisément se montre magnanime! bac. Iph. I, 3. Cicéron se montra plutôt péripatéticien qu'académicien, dioer. Opin. des anc. phil. [romains). Il Se montrer tel qu'on est, ne rien affecter, ne rien dissimuler. || Kig. Se bien montrer, se montrer mal, faire bonne, mauvaise contenance dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté. Il 11 faut se montrer, il faut faire acte de résolution, payer de sa personne. || 12° Devenir visible, apparent. La lune se montrait entre les nuages. Il Fig. Il se dit des choses dont l'épreuve se fait, dont la preuve se donne. Ta foi dans mon malheur s'est montrée à mes yeux, bac. Andr. iv, l.
— HIST. X' s. Cest fructum que mostret nos habemiis, Frag. de Valenc. p. 469. ||xi« s. Et il li ad com chevalier mustrée [son épée], Ch. de Roi. cv. Il xu* s. Cel jour [il] mosira moût bien son vasselage [vaillance], Ronc. «4. Anuist [aujourd'hui] verrons nostre grant droit mostré, ib. 480. Et nous lui monstrerons tant espié et tant dart... Soi. xxix. Lors fut m'amors descouverte et monstrée, Coud, VI. Grant pechié fait qui son homme veut prendre Par biau semblant monstrer, tant que bien tient, ib. ixi. En grant dévotion celé messe ad chantée, E à Deu sun seigneur ad sa cause mustrée, E pria qu'il le guard de maie destinée, Th. le mart. 35. Il un' ». Joffrois li mareschaus de Champaigne monstra la parole et l'offre qu'il avoient faite au duc de Bourgoigne et au comte de Bar le Duc, villeh. xxv. Lors parlèrent li evesque et li clergiés au peuple, et leur monstrerent qu'il fussent confés et feist cbascun d'aus [eux] sa devise [ce qu'il avait à faire], ID. Lxx. Qui [à) si bêle pucele monsireroit laide chère [figure, mine], Berte, xx. Car je n'i sai la voie, s'ele ne m'est monstrée, ti>. XLVi.Mal lui monstrons semblant que soions si ami, ib. Lxxi. Scnechal, ore nous a monstre Dieu une partie de son pooir, joinv.
496 Grant deshoneur à qui mal voudront fere;
car on les monterra au doi, m. 3U3. Il [le lynx] voit tout quanque l'en li monstre , Et dehors et dedans tout outre, la Rose, S993. Cels pris [je prise ceux-ci], cels aim, et si je doi ; Cels doit l'en bien monstrer au doi ; Qu'il sont el siècle cler-semé, hu- TEB. 230. Il xiv* s. Pierre Ijiblié qui en sa vie cstoit homme assez monstrant [arrogant] et de diverse cole [humeur], nu cangr, monstrare. || xV s. Et ne font nul semblant qu'ils doivent fuir, mais nous attendent, à ce qu'ils monsirent, froiss. i, i, î86. Le roy et la cour monstroient, en tout et partout, de luy vouloir aider, comm. vu, 1. 1| xvi* s. Si disoit àceulx qui monstroient de s'esmerveiller de sa diligence et sollicitude en telles choses.... ahtot, P. /Cm. 47.
— ETYM. Berry, bonirer; wallon, moslrer ; Hainaut, mntulrer,moutreT; provenç. et osp.ign. mostrar ; ital. mostrare; du lat. moixtrare, qui est le dénominatir de monxtrum (voy. monstre).
t MONTREUR, KUSK (mon-trcur, treÂ-z*) i.m. ttf. Celui, celle qui montre. Un montreur de lanterne magique, de bêles féroces, de marionnettes, t'ur le montreur d'appas tomba toute la haine [le roi Candaule qui avait montré k Gvgès va femme au bain), ix yortt. Cand. J'étais si ennuyé do salons, de jets d'eau, de bosquets, de parterres, et dos plus ennuyeux montreurs de tout cola, 1. 1. iiotjss. Confett. IX.
— HIST. XVI» S. Honstreur, cotoravb.
— CTYM. Uontrer; provenç. mosiraire, mottrador ; espagn. mostrador ; ital. moitralore.
MOXTVEVX, EUSE (mon-tu-cû, eil-z'), adj. Qui est coupé de monts, de bauieunt. La lune nulle part n'a sa surface unie, Montueuse en des lieux, en d'autres aplanie, la font. Fabl. va, 1». Ce continent, qui ne tient au reste de la terre que per I* chaîne
étroite et montueuse de l'isthme de Panama, bupp. Suppl. à Vhist. nat. Œuv. i. xi, p. 66. On sait que le Valais est un pays montueux, divisé suivant sa longueur par une grande vallée dans laquelle roule le Rhône, saussuke, Foi/. Alp. t. viii, p. 7, dans POUGENS.
— HIST. xvi* s. Grenade, grande ville distinguée comme Rome en quartiers montueux et bas, d'aub. llist. I, 347. Et est le pays montueux en partie, en partie plainier, palsgr. p. 883. Le chemin qui est montueux et malaysé, mont, ii, 57.
— ÊTYM. lfori(; provenç. montuos; espagn. et ital. montuoso. Sur l'u de montueux, voy. monstrueux.
t MONTUOSITE (mon-tu-ô-zi-té), s. f. Nature d'un pays montueux. Les anciennes laves les plus impraticables par leurs montuosités, leurs coupures et leurs pointes, furent, en un clin d'oeil, converties par ce torrent en une vaste plaine de sable, BDFP. Addit. théor. ter. (Euv. t. xm, p. 85.
— ÊTYM. ttontueux.
MONTURE (mon-tu-r'), t. f. || !• Bête sur laquelle on monte pour aller d'un lieu à un autre. J'ai néanmoins encore une prière à vous faire, que vous preniez des montures et l'équipage nécessaire, et que vous alliez trouver Gabelus, SACi, Rible, Tobie, IX, 3. Les ânes firent toujours fa monture ordinaire, VOLT. Mœurs, 62. Sa monture était un tigre superbe qu'il avait dompté, et qui était aussi haut que les plus beaux chevaux de Perse, id. la Princ. de Babyl. l.\\i° Travail d'un ouvrier qui a monté quelque ouvrage. Vous payerez tant pour la monture. || 3° Ce qui se/t à ussembler, à supporter, à fixer la partie ou les parties principales d'un objet, d'un outil, etc. La monture d'un thermomètre. {| La monture d'un fusil, d'un pistolet, le bois sur lequel le canon et la platine sont montés. || La monture d'un éventail, l'assemblage des morceaux de biis ou d'autre matière qui servent à soutenir le pap er ou l'étoffe d'un éventail. || Monture d'un violon, d'une basse, d'une guitare, l'ensemble des cordes qui les garnissent, considérées surtout une fois qu'elles sont ou peuvent être montées au ton convenable. Il Monture de bride, ce qui porte et soutient la partie du mors qui entre dans la bouche du cheval. |{ 4* Le métal employé pour monter un bijou, un objet précieux. Une monture d'or, d'argent. || 6° Terme de commerce. Équipement d'un vaisseau. || Marchandises qu'on doit transporter. Il Proverbe. Qui veut aller loin ménage sa monture, c'cst-à-dïïe il faut évilcr les excès si l'on veut prolonger ses jours; ou bien il faut ménager les choses dont on veut se servir longtemps. Je lui disais parfois : monsieur Perrin Dandin, Tout franc, vous vous levez chaque jour trop matin ; Qui veut voyager loin ménage sa monture, bac. Plaid, i, 4.
— HIST. XV* s. Sans monture et sans armure, pROiss. II, II, 23t. Portant harnois rouillé de nonchaloir Sus monteure foulée de foiblesse, en. d'orl. Rai. 8«.||xvi*s. Il, alloit faisant sa Visitation par les villes à pied, sans monture quelconque, ahtot, Cat. 43
— ETYM. Monter; provenç. et espagn. montadura.
MONl'MKNT (mo-nu-man), i. m. || 1° Construction faite pour transmettre à la postérité la mémoire de queli|ue personnage illustre , ou de quelque événement considérable. Moïse parle des choses arrivées dans les premiers siècles comme de choses constantes, dont même on voyait encore dans les peuples voisins et dans la terre de Chanaan des monuments remarquables, BOSS. llist. 11, 3. Ils y avalent érigé des monuments des choses qui leur étaient arrivées, id. t&. Dresser des monuments pour la postérité, ID. ib. m, S. Les monuments les plus superhcs, les ouvrages do marbre et <le bronze qu'on élève à la gloire des grands, Roi.LW, llist. anc. Œuv. t. m, p. 39'l,dansi'0U0i:NS. Ils [les descendants des races illustres] ne perlent point sur leur front l'orgueil de leur naissance; ils vous la laisseraient ignorer, si elle pouvait être ignorée; les monuments publics en parlent assez, s.ans qu'ils en parlent eux-mêmes, mass. Pet. car. Human. La plupart des monuments, quand ils sont érigé» longtemps après l'action, ne prouvent que de» erreurs consacrées, volt. Ifrguri, (»7. Qu'un monument pompeux consacrant leur mémoire De ces martyrs do Rome éternise la gloire, LP.onuvi!, Épich. et Sir. v, 2, || Absolument. Le Monument, colonne élevéi>à Londres, en mémoire de l'incendie qui détruisit une partie de cette ville en teno et dont on accusa les catholiques. || 2* En général, édifices imposants par leur grandeur, leur beauté, leur ancienneté. Les monuments d'une ville. D'an-
ciens monuments. J'ai cherché le repos dans ces grands monuments. D'une âme qui se fuit trompeurs amuseaients, volt. Sémiram. m, ^. Cessez de mutiler tous ces grands monuments, Les prodiges des arts consacrés par les temps, m. Orphel. II, B. Mais une terre est détruite, mais le château, les souvenirs, les monuments, l'histoire.... les monuments se conservent où les hommes ont péri, à Balbek, à Paimyre et sous la cendre du Vésuve, p. L.coUR. Lett.v. Monument écroulé, que l'écho seul habite ! lamart. Pèlerinage de Child-Harold. || Par extension, statues, bas-reliefs, colonnes, etc. qui proviennent de l'antiquité. Une autre salle renferme les monuments tristes et sévères des Egyptiens, de ce peuple chez lequel les statues ressemblent plus aux momies qu'aux hommes, stael, Corinne, vin, 2. Il 3° Dans le style élevé. Tombeau. Ces rêveurs... ....veulent déterrer les Grecs du monument, Régnier, Sat. IX. S'il arrivait qu'Auguste entrât au monument, tristan, Mariane, iv, 1. Qu'on le fasse sans bruit porter au monument, iD.Jf. de Chrispe, V, 10. Mais la dame voulait paître encore ses yeux Du trésor qu'enfermait la bière. Froide dépouille et pourtant chère ; C'était là le seul aliment Qu'elle prit en ce monument, la pont. Matrone. Enfin, seule et toute à moi-même, Je puis envisager cet affreux changement Qui du haut d'une gloire extrême Me précipite au monument, mol. Psyché, II, 3. Kt vous, ne viendrez-vous pas à ce triste monument, vous, dis-je, qu'il a bien voulu mettre au rang de ses amis? tous ensemble.... environnez ce tombeau, boss. Louis de Bourbon. Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle aux bords du monument? soiL. Sat. X. Les mânes effrayés quittent leurs monuments, J. b. rouss. Cantate, Circé. Cette lyre au monument Avec moi voudra descendre ; Mais qui de vous sur ma cendre Viendra rêver un moment? millevoye, Élég. liv. 1. 1| On dit aussi monument funéraire, qui peut être employé dans le langage ordinaire. Il 4° Fig. Certains grands objets de la nature. Les montagnes sont des monuments des révolutions du globe. Mais comment à ces monts.... Ose-t-on comparer les vains efforts de l'art? Ce sont les monuments qu'a laissés la nature. D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux, masson, Ilelv. il Il 6° Fig. Ouvrages durables de la littérature, des sciences et des arts. Cette statue est un des plus beaux monuments de l'art. Je ne doute paa qu'une édition de Machiavel, avec ce contre-poison à la fin de chaque chapitre, ne soit un des plus précieux monuments de la littérature, volt. Lett. Pr. roy. de Prusse, 28 déc. 4739.11 [Homère] écrivait la guerre la plus mémorable du premier peuple de l'Europe contre la plus florissante nation qui fiit encore connue dans l'Asie; son poëme fut presque le seul monument de cette grande époque, id. Dict. phil. Épopée. Il 6° Fig. Tout ce qui consacre et manife.'ïte, tout ce qui garde les souvenirs. Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brillait pour le rétablissement de cette foi [catholicisme] dans le royaume d'Angleterre, où l'on en conserve encore tant de précieux monuments? noss. Duch. d'Orl. Il dit en scellant la révocation du fameux édil de Nantes, qu'après ce triomphe de la foi et un si beau monument de la piété du roi, il ne se souciait plus.... BOSS. le Tillier. Babel, premier monument de l'orgueil et de la faiblesse des hommes, id. llist. 1, 2. Il s'est fait apporter ces anniUes célèbres.... On y conserve écrits le service et l'onense, Monuments éternels d'amour et de vengeance, rac. Esth. n, t. Il Par exiension. Ces dépouilles seront mises sur mon tombeau comme un monument de la vict-oiw duo à mes flùches, pên. Tél. xv. Et s'il (le Seigneur] laisse encore traîner sur la terre des restes infortunés de leur race |des oppresseurs], c'est pour les faire servir do monument éternel à ses vengeances, MASS. Pet. carême, Jluman. Peut-être, oui, pardonne, fl maître do la lyre, Peut-être j'oserais, et que n'ose un amant? Egaler mon audace à l'amour qui m'inspire. Et, dans des chants rivaux céléljr.int mon délire. De notre amour aussi laisser un monument, LA MART. Mi'd. I, a.
— HIST. XII* s. Ço est li monumenzquo flst Symon en Modin, jusques en cest jor, Machub. i, 43. Ë les soveli es monuinenz de lor pères, 16. u, 12. || xiu* s. L'ont enfoui [un mort] à grant honour; Li cors fa mis el monument, gui de camhrai, Barl. tt Jos. p. 247. Il XV* s. 0 BreUiigne, plouro ton espérance I Normandie, fai sonentierroment; Guyenne aussi et Auvergne, or t'avence ; Et Languedoc, quiorlui son monument, r. hkscii. Mort de du Guetclin.
— ï TYM. Provenç. monumen, monimen: cat. ntO'
MOQ
num«ni; esp. et ital. monumento; du lat. monuni«nlum ou mnnimenlum, de monere, avertir : ce qui avertit, indique.
MONDMENTAL, ALE (mo-nu-man-U!, ta-l"), adj. Oui a rapport aux monuments. Une pare monumentale. Des édifices monumentaux. Il Fig. Ilyalà|dans la vie de Chateaubriand) une destini5e littéraire et plus que littéraire, une destinée vraiment historique et nionuDientalo, i laquelle se rattache da loin aux yeux de la postérité toute une période accomplie, STB-B£uvs, Chaleaubr. et ton groupe, t. i, p. *&.
— ÊTVM. Monument.
t MOQOADLK (mo-ka-W"), adj. Digne de moquerie, dont on doit se moquer. (ISeaumarchais] amusant et infatigable plaideur; doué du talent de rendre l'arbitraire non-seulement odieux mais moquable, et de mettre lo ridicule du parti des gens de bien, viLLEMAiN, Court de litt. du xviii's. 3' part. p. 304.
— HIST. xvi" ». Au lieu de se monstrer bon moqueur, il se rent muqualile à tout le monde, J. TA- UDREAU, Poésies, p. «0, dans làcurne.
t <. MOQUE (mo-k'), «./■. Terme de marine. Bloc de bois qui ressemble à une sphère aplatie dans son contour, ou qui a la forme d'un cœur, et qui est évidé dans son milieu. || Moque de civadière, celle où passe l'écoute de civadière. {| Moques du grand étai, gros corps de mouton que l'on met l'un au bout de l'élai, l'autre au collier, et qui soat réunis ensemble par une ride.
1 2. MOOL'E (mo-li'),s. f. Gobelet de fer-blanc. Une moque de bière. || Petit pot de terre, en forme de tasse avec une anse, qui sert de verre aux paysans de Sainlonge. ||0n se sert de ce terme, pour désigner une certaine mesure d'une tasse, du côté d'Avranches. Une moque de cidre.
HOQDË, ÉE (mo-ké,kée), pnrl.poïsi! de moquer. Tourné en ridicule. El peut-être pressé [le roi] de> guerres d'Arménie, Vous laissera moquée, et la reine impunie, corn. Rodog. m, 2. Quelqu'un le reconnut (le geai], il se vit bafoué, Herné, sifflé, moqué, joué, Et par messieurs les paons plumé d'étrange sorte, lA FottT. Fabl. iv, ». || Il se dit des cho.se». Sous un prince aussi grand que religieux [Louis XIVJ, la vertu, autrefois étrangère et moquée à la cour, y est devenue la voie la plus sOredes grâces et dos récompenses, mass. Carême, Injust. Plaisir cherché par mes vœux superflus. Plaisir moqué des mortels corrompus, malfil. Narcis. i.
MOQUER (SE) (mo-ké), V. rifl. || t' Tourner en ridicule quelqu'un. On ne rit point du ridicule des gens qu'on ne connaît point; voilà pourquoi M. de Mazarin disait qu'il ne se moquait jamais que de ses parents et de ses amis, volt. Letl. Mme du Veffant, I» févr. 4766. Il 'roiirner en ridicule quelque chose. Des mystères sacrés hautement se moquait, corn. Poly. m, a. Pour se moquer de leur religion [des Égyptiens], il [Cambyse] avait fait tuer le dieu Apis, c'est-à-dire le taureau sacré qu'ils adoraient sous ce nom, bollin, Uitt. anc. Œavr. t. v, p. 526, dans POuoENS. On commence k respecter très-peu l'aventure de Curtius, qui referma un gouffre en se précipitiint au fond lui et son cheval ; on se moque des boucliers descendus du ciel, volt. Mil. hist. Fragm. t. l'hist. art. xiii. On se plaignait de l'envie en Grèce, on s'en plaignait & Rome, et je m'en moque quelquefois en France, lO. Lett. Chabanon, «juill. 4768. La malignitésaisit un ridicule et s'en mo<|ue; la sottise se moque sans aucune raison, oenlis. Ad. et Théod. t. ui, p. Ï37, dans pouoKus. Il %' Témoigner par des paroles ou par des actes qu'on ne fait oui cas de quelqu'un ou de quelque chose. Faisons nos sûretés et moquonsnous du reste, corn. Olhnn, II, 4. Ce héros voit la fourbe et s'en moque dans l'&me, lo. J'omp. ii, 2. Je me moque de ces auieurs-là, s'ils sont contraires i la tradition, pasc. Prov. iv. Si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se
moque de vous nous trouverons que vous
avez raison, s»v 8. Je me moque de ces moments d'amitiéqui ne laissent aucun crédit à ceux que l'on time, ID. »7o. Il se moque des lois, se rit des immortels, ouiN. agrippa, i, h. X peine Mme du Haine fut-elle mariée qu'elle sa moqua de tout ce que M. le Prince lui put dire, m— ue caïi-us. Soutenir», p. 347, dans pougeni. Antoine, qui se »oyaii aux portes de Rome k la tète d'un puissant eoi-ps (le troupes, se moqua du décret, vp.ïtot, Hévol. rom. XIV, ai4. pie II envoya au roi une epéc bénite, mais il sa moqua de lui, et ne donna point à ton cousin le royaume de Naples, volt. Util, paritm. ch. xi.||Je m'en moque comme de l'an qturaote, iour^ntendu de la république, dicton «■iployt par les royalistat pour exprim»' nn'on
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ne verrait jamais l'an quarante de la république. Il Se moquer du monde, se moquer des gens, ne pas parler d'une manière sérieuse, ne pas mériter l'attention. N'est-ce pas se moqiierdesgens?sév. a8. On ne peut se moquer du monde d'une façon plus grossière, Boss. l'or. <t. Voilà une drôle de façon d'honorer un honnête homme, que de mettre une troupe de coquins après lui , c'est se moquer du monde, milKIvwx, Double inconst. i, *«. L'ange Ituriel se moque du monde, de vouloir détruire une ville si charmante, volt. Baboue. Allez, monsieur, vous vous moquez des gens, boissy, Français à Londres,!». Il C'est se moquer de Dieu etdu monde d'agir ainsi, c'est-à-dire c'est fouler aux pieds toutes sortes de lois. || 3° Se moquer de, suivi d'un infinilif, n'agir pas raisonnablement. Use moque de soutenir une chose si absurde. Elle se moque de se piquer de jeunesse, la rruy. m. || 4° Kefuseren ridiculisant, ne pas tenir à. Je me moquerais fort de prendre un tel époux, MOL. Tart. ii, 2. Je veux ce soir lui donner pour époux un homme aussi riche que sage ; et la coquine médit au nez i|u'elle se mocpie de le prendre, ID. t'Av. i, 7. Il B° Ab.solument. Ne pas parler, ne pas agir sérieusement. En nous flattant il semble qu'il se moque, mairet, Soliman, v, 3. On crut qu'il se moquait; on sourit, mais à tort, la font. Fabl. IV, tS.Votrepère se moque; et ce sont des chansons, MOL. Tari. Il, 4. Ah, monsieur Fleurant, c'est se moquer, il faut vivre avec les malades, m. Ual. imag. i, t. Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Ouiche au monde; vous vous moquez avec vos longues douleurs, sÉv. 28 déc. «673. || Par civilité. Vous vous moquez de moi, vous vous moquez, c'est-à-dire vous me traitez avec trop de cérémonie, vous poussez trop loin la politesse. Èrasto : Je vous prie de m'excuser de l'incivilité que je commets. — M. de Pourceaugnac : Vous vous moquez, MOL. Pourc. l, 10. Il me dit que je me moquais; que ces compliments ne se faisaient pas entre amis, ha- MiLT. Gramm. 9. Vous moquez-vous? de grSce, ne prenez pas garde à moi ; entre amis et voisins les c 'mplimcnts doivent être bannis, genlis. Théâtre d'Mue. le Vraisage, II, 6. || 6° Être moqué, être tourné en ridicule. Les esprits forts qui s'étaient moqués de la fée furent moqués à leur tour, j. i. Rouss. Reine Fantasque. Qui n'a pas été opprimé par les puissants, moqué par les faibles, fui et abandonné par tous les hommes I vauven. Orat. chagrin. !| 7" Se faire moquer, être tourné en ridicule. Il s'est lait moquer pour sa conduite étourdie. Il s'est fait moquer de tout le monde. |l Proverbes. La pelle se moque du fourgon, se dit lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle. L'abbé fesiu dit rudement à notre voisine : Mais, madame, si elle vous avait répondu que la pelle se moque du fourgon, qu'auriez-vous dit? Monsieur, dit-elle, je ne suis point une pelle, et elle est un fourgon, sÊv. 387. || 11 ne faut passe moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, c'est-à-dire il ne faut pas choquer un homme tant qu'on est dans un lieu où il peut vous nuire. Il Donner à plus riche que soi, le diable s'en moque, signifie que, les largesses faites à des riches étant rarement désintéressées, le diable ne doit pas en tenir compte, ou bien qu'il est ridicule de donner à plus riche que soi.
— REM. 1. On notera que moquer a une forme passive, bien qu'il n'ait pas de forme active. On no dit pas moquer <inelqu' un ; mais on dit être moqué par quelqu'un. L'ancienne langue employait régulièrement l'actif. || J. X côté de se faire mO(|uer, tournure qui est la tournure régulière, il s'en est introduit une autre qui est complètement inconciliable avec la syntaxe \ c'est : vous vous ferez moquer de vous, il s'est fait moquer de lui, etc. De tout, de lui, etc. ne peuvent se construire : faire moquer soi de soi, ne signifie rien. Cependant il faut ajouter que cette locution, tout opposée à la grammaire et même toute barbare qu'elle est, a pour elle l'usage, l'autorité de l'Académie et celle des exemples. Ne vaut-il pas mieux porter son mal en patience, que de se faire moquer de soi par des regrets inutiles? d'aulancoubt, Lucien, Dial. det morts, Achille et Àntiloque. Il se fait moquer de lui en public à cause de sa timidité, in. Lucien, Jupiter le tragique. Xanthus avait une femme de goût as.sez délicat, et à qui toutes sortes de gens ne plaisaient pas ; si bien que de lui aller présenter sérieusement son nouvel esclave (Esope], il n'y avait pas d'apparence, à moins qu'il ne la voulût mettre en colère ot se faire moquer de lui, la pont. Vie d'Btopt C'est un orgueil indiscipliné qui .se vanta, qai va à la gloire avec un f-mpressemeot
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trop visible; il se (ait moquer de lui, Eoss. Pentéei chrét. 21. Je me ferais moquer de moi, nANCouRT, les Bourgeoises à la mode, iv, e. Certains particuliers qui.... excitent par une dépense excessive et par un faste ridicule les traits et la raillerie de toute une ville qu'ils croient éblouir, et se ruinent ainsi à se faire moquer de soi, la bruy. vu. Albergotti s'évanouit chez Mme de Maintenon, et, tout à la mode qu'il fût, se fit moquer de lui, st-sim. 12, ta. Je crus que je me ferais moquer de moi, si je m'expliquais d'une manière bien claire, montesq. Lett. pert. 130. Un étranger qui écrirait en français croirait bien faire que d'emprunter beaucoup de phrases à Molière, et se ferait moquer da lui, d'alemb. tél. t. v. Sur la laliniti' des modernes. Tu te fais moquer de toi par les voyageurs qui descendent dans cette auberge, picard, la Petite tille, II, t. Malgré ces examples, et quoique cette tournure se trouv» dans Charron dès le xvr siècle, on fera bien de l'éviter soit en parlant soit en écrivant.
— HIST. xiu* s. Tous [tel] me tient ore en grani honneur et en grant révérence qui adontse moqueroit de moi, Wisl. /i((. de la France, t. xxiii, p. 727. Vostre orguel ne vaut une coque ; Sachiés que fortune vous moque, la Rose, 6542. De joste son seignor se sisl Au mangier, et maintenant rist De Renart qui les a moquiez, Ben. 22(37. Le bon comte de Soissons, en ce point là où nous estions, se raoquoit à moy [plaisantait avec moi] et me disoit : Senesehal, lessons huer ceste chiennaille, jomv. 228. Sa famé et si enfant vraiement s'en anuient; Liestrange le moquent, et li sien le defuient [fuient], J. DE MEUNO, Test. (88. Il XIV* s. Quant l'empercur vist l'escript, il fut tout esmerveillé, et dit que le clerc s'estoit moqué de luy, ilodut, (' cxii. Naril- 1er, frotter la narine ou mouquer [subsartiiare], du GANGE, norire. || xv s. Ainsi de moy fort amour se mocquoit, CH. d'orl. i. || xvi* s. Et que le mocqueur soit à mocquer si adestre,Ouele mocqué s'en rie, et ne pense pas l'ostre, bons. 659. Ils y apprenoient à s'entrenioquer plaisamment, et à ne se courroucer point pour estre semblablemeiit moquez, amyot, Lyc. 19, Les tribuns ne se feirent que rire et moquer de ceste advcrtissemenl, IB. Coin. 23. Diogenes, à un qui luy disoit, «('.eux la se moquent de toy, ««Jene m'en tie.»i, dit-il, point pour moqué. » Voulant dire qu'il reputoit ceulx li seuls estre moquez, qui se passionnent et se troublent pour des moqueries, m. Fab. 23. Et ce je appelle moque Dieu, non oraison, rab. Garg. i, 40. Qui de nous ne semocque deveoir.... mont, i, 84. Le fourgon se mocque de la paele, id. m, 3S8. Elle [la vieilT le.sse] se faict mocquer d'elle, chabhon. Sagesse, i, 36.
— ÊTYM. Provenç. mochar; angl. to viock. Diez rapproche l'espagnol muf<;fl,grimace,de»noq«er,qu'il tire, comme la plupart des étymologistcs, du grec piuxqtv, railler. Cette étymologie paraît plausible ; cependant on ne voit pas comment un verbe grec serait entré, sans intermédiaire latin, dans le provençal et le français, et y serait entré sans pénétrer simultanément dans l'espagnol et riialien ; car l'assimilation de mueca et de pax^^v est très-problématique. Le celtique a : kimry, nioc, moquerie, moci'atc, se moquer; gaél. mag, se iiiO(|uer ; on pourrait y voir l'origine de notre mot. Enfin Scheler, repoussant aussi le verbe grec, croit que moqiifr est la forme picarde do moucher (ce qui pouirait être en efl'et), et que tiioi/tier ou moucher est une locution figurée pour railler, duper: se moucher de quelqu'un, à peu près comme les latins disaient emungere, qui signifiait à la fois se moucher, et duper, railler. Cette étymologie est fortenienl appuyée par l'exemple du xiv siècle qui rend subsannare, railler, par mouquer; elle l'est aussi par le sens populaire do moucher, qui veut dire corriger un homme, le battre .'je l'ai mouché ; tu vas te faire moucher.
MOQUERIE (mo-ke-rie), t. {.\\\' Action de se moquer. C'est une oi.ose bien remarquable sur ce sujet, que, dans les premières paroles que Dieu a dites à l'homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie et une ironie pi(|uante, aeluii lès Pères, pasc. l'rov. II. Celte belle faiblesse naturelle et cette disposition aux larmes qui ont été l'objet de la moquerie de votre fermeté et de votre philosophie, sÊv. 25 mai «680. De peur d'exposer une si grande vérité à 14 moquerie, Bos». Ilist. II, 6. Nos beaux jours sont fini», nos honneur» sont passés; Bientôt vous allez voir vos iroides rêveries Du public exciter les justes moqueries, BoiL. Ép. X. La moquerie est souvent indigence d'esprit, LA BRUY, v. La moquerie est, de toutes les injures, celle qui se pardonne le moins.... elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, lU. xi. L*
MOQ
moquerie a cela de particulier, qu'elle nuit essentidlemunt à ce qui est bon, mais point à ce qui est fort, STAËL, AUem. m, si. La raillerie, la fine moquerie de Pascal a fait ce que n'avaient pu les arrêts, le3 édits, a chassé de partout les jésuites, p. L. couH. Pamphlet det pamphlets. || %° Chose absurde, impertinente. C'est une moquerie que de vouloir soutenir une telle proposition.
— SYN. MOQUEHiE, PLAisANTERiB. Par la moquerie OU toume en ridicule; elle est donc toujours plus ou moins offensante. La plaisanterie n'a point nécessairement ce caractère ; sans doute elle peut être outrageante, mais elle peut aussi être innocente, obligeante, piquante.
— HIST. XIII* s. Et mons Philippe dit que je disoie voir [vrai]; car il ne le disoit que par moquerie,JOlNV. 250.!|xiv" s.Pluseurs 6eesjoi35ent....plus que il n'appartient en oïr et escouter.... moqueries des autres, ohesme, Eth. (36. Quant au bord du fossé vint li ducs chiere lie, Et voit les a-ssaillans faisant grant envaïe, Or voit bien et congnoistque c'est sans moquerie, Guesclxn, v. 40997. Car qui est povrez homs, vous vez que Diex l'oblie ; Et li inondes en fait aussi se [saj moquerie, Baud. de Seb. I, 586. Ele l'a prié que il ne la vueille pas lessier estre à njoquerie et à dérision de leur anemis, Bn-cHEORE, f* 20, vtrso. \\tv S. Je rompiz la parolle et la convertiz en moquerie, comm. iv, <). Il xvi' s. Un traict de moquerie, amïot, Lyc. <9. Mocqueries, folatreries et menteries joyeuses, bab. Garg. i, prologue. C'est une espèce de mocquerie et d'injure de vouloir faire valoir un homme par des qualitez mesartvenantes à son rang, mont, i, 288.
— ÉTVM. Moquer; bourguig. moque.
< . MOQUETTE (mo-kè-f) , s. f. Etoffe à chaîne et i trame de fil, veloutée en laine, dont on fait des tapis ou dont on couvre les siège». Une chauffeuse
à moquette Une superbe jaquette Faite d'une
riche moquette, scabhon, Virg. i.
— ÊTYB. Origine inconnue.
f ». MOQUETTE (mo-kè-t'), I. f. Oiseau vivant qu'on attache près d'un piège, pour en attirer d'autres.
— ÊTYM. Moquette, qui s'est dit au xvi* siècle pour raillerie, attrape, de moquer.
t MOQUETTES (mo-kè-f) , s. f. pi. Terme de vénerie. Fumées du chevreuil.
MOQUEUR, EUSE (mo-keur, keù-z'), adj. || 1" Qui se moque. Le Français quelquefois est léger et moqueur; Mais toujours le mérite eut des droits sur son cœur, volt. Èxénementi de «744. On s'est moqué de ce système ainsi que des anguilles nées de blé ergoté; car on est moqueur en Gaule aussi bien qu'en Grèce, id, Dial. xxix, 9. Les gens moqueurs ne savent rien approfondir; ils sont toujours superficiels, genlis, Maison rust. t. ii, p. <80, dans POUGENS. || 2" Qui a le caractère de la moquerie. Il y a encore des vers moqueurs que fit le poète Claudien contre l'eunuque Eutropius, consul et patricc de l'empire, balz. Ve la cour, «*' dise. Jamais un généreux vainqueur N'affligea les vaincus d'un langage moqueur, mairbt, Sophon. m, 4. Tandis que mon faquin, qui se voyait priser, Avec un ris moqueur les priait d'excuser, bojl. Sat. m. Remarquez qu'ils se saluent avec un ris moqueur : ils se méprisent mutuellement, et ils ont raison, LESAOE, Diable boit. ch. 47, dans pougens. L'œil moqueur de la critique, marmontel, Mém. vu. Il 3* .V. m. et f. Moqueur, muqueuse, celui, celle qui se moque. Ne reprenez point le moqueur, de peur qu'il ne vous haïsse; reprenez le sîige, et il vous aimera, saci, Bibli-, Prov. deSalom. ix, s. Peu s'en faut qu'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision, qui est le dernier eicès et Cfimme le triomphe de l'orgueil, et qu'elle ne se trouve parmi ce» moqueurs dont le jugement est a) proche, selon la parole du sage, Bosg. Anne de Gom. Les moqueurs sont moqués; cela se voit souvent, legraîid, Hoi de Cocagne, II, <. ||4* S. m. Oiseau d'Amérique, qui imite ai.sémenl le chant des autres oiseaux. L'oiseau moqueur {turdut polyqlottut) habite )a Louisiane ; c'est le roi du chant, un musiciea accompli, sans rival; AudiiboQ n'ezcept« pas même le rossignol, cap, Auduhon, p. Jo. Le moriueur est quelquefois attaqué par le faucon ; mais il se défeml bien ; si le faucon manque son coup, le moqueur l'attaque à son tour, et, s'il ne peut en triompher, U appelle à «orv secours les moqueurs d'alentour, qui ne tanlent pas & l'en délivrer, ID. «6. p. it.
— msr. XIV* s. Avccquos le moqueur ir'aie* compaignie, mais la fuy et ses paroles comme venin, MAiagier, i, 1. 1| xv* s. X grant moqueur fault grande moqueresse, i. nesca. Poésies mss. f lift. || xvi* t.
MOR
Nous avons un grand rieur et un grand mocqueur de consul [parole de Caton à propos de Cicéron], amyot, Cieér. et Démoslh. a.
— ÊTYM. Moquer ; Berry, moquard, moquarde. t MOQUILIER (mo-ki-lié), s. m. Arbre de la
Guiane.
t MOQUOISEAU (mo-koi-zô), s. m. Espèce de cerise blanche.
— ÊTYM. Moquer, et oiseau.
t MORAILLER (mo-ri-Ué, 21 mouillées), t). o. Pincer, saisir avec des morailles.
MORAILLES (mo-râ-ll', iJmouilléss, et non morâ-ye), s. f. pi. p 1° Sorte de tenailles pour serrer le nez d'un cheval, afin de le contenir dans une opération, ou de le punir. Les morailles sont en fer ou en bois; elles se composent de deux branches disposées en forme de compas et jointes à charnière. Il Fig.'Volre poitrine [le mal que vous avez à la poitrine] est comme des morailles qui m'empêchent de sentir le mal rie ne vous avoir plus; je tiens de vous cette comparaison, stv. 24 nov. 4679. Le premier plan sur lequel il [Tellierj avait travaillé n'avait été que pour donner des morailles au pape, et lui donner (les affaires en France, st-sim. 345, 24. || 2* Espèce de tenailles pour allonger le cylindre de verre avant de l'ouvrir.
— REM. Legoarant observe, à bon droit, qu'il n'y a pas de raison pour ne pas donner un singulier à ce mot, et pour ne pas dire : voilà une forte moraille. Il a acheté trois morailles.
— Etym. Provenç. morailla. On a dit que c'était un dérivé irrégulier de mordre; mais le provençal ne permet pas cette supposition. L'origine reste incertaine. 'Voyez cependant mokaillon.
MORAILLON (mo-râ-Uon, U mouillées, et non mo-râ-yon), s.m. Pièce de fer qui sert à la fermeture d'une malle, d'une porte, etc. en laissant passer, dans une lunette qui s'y trouve formée, un anneau destiné à recevoir un cadenas.
— HIST. xiii* s. Primaut qui plus vesiez [adroit, fin] fu, Prist la huche, et à quelque paine En a brisée la moraine, lien. 3H4. || xiv* s. Un coffre duquel le morillon fu rompu, nn cangr, moralla. ||iv* s. Le suppliant, d'une serpe qu'il tenoit, rompit le morreul d'un coffre, m. ib. Ung morillon pour fermer la Serrure, Bihl. des chartes, 3* série, t. iv, p. 390. Il XVI* s. Appliquans des morillons et cadcnats jusqu'aux boutiqiics et fenestres pour les empescher de courir à l'allarme, d'aub. Hist. i, 278. 1^ mareschal demi yvre leur presta des marteaux, et leur aida à rompre le mourillon de la barre, m. ib. ii, 4 4 4.
— ÊTYM. Origine inconnue. Les formes sont moraine, morreul, bas-latin mora(?a, et les dérivés tnorillon, mourillon. Cela semble indiquer un radical mor, qui se trouve probablement dans le provençal mor, morre.morr, museau, le catalan morro, mais qui reste indéterminé.
t 4. MOIIAINE (mo-ré-n*), *. f. Terme de géologie. Falaise, terres escarpées au bord d'un torrent, d'une rivière, d'un lac. Celte moraine, haute de mo à 4 60 pieds, borde au nord-est le petit lac que nous côtoyions, sausslre, Voy. Alpes, t. m, p. 413, dans POUOENS. Il Amas de pierres que les glaciers déposent ou ont déposé anciennement sur leurs Iwrds et à leur extrémité inférieure, et qui provient de la descente de la masse glacée rejetant à droite et <à gauche terre, roches et bois. On va descendre au bord du glacier, et l'on suit pendant quelque temps sa moraine ou l'encaissement de pierres et de gravier qui l'accompagne, Saussure, Voy. Alpes, t. m, p. 4 5. La moraine ou te rempart du glacier traverse obliquement le fond de la vallée en s'élfvant lieaucoup au-dessus d'elle, lo. ib. p. 4 4 7. || Moraines terminales, alignements dedéhrisquioccupenl la limite inférieure du glacier. || .Moraines latérales, luntcs alignements de débris que l'on remarquo sur lus côtés du glacier.
— ETYM. Origine inconnue. Moraine tient «ans doute au bas-lalln mnrena, digue de pieux; Ital. mora, tas de pierres.
t ». MORAINE (mo-ré-n'), f. f. Terme do construction. Cordon de mortier que lo maçon forme autour d'un ouvrage en pisé.
— ÊTYM. Ce moraine est probablement le même que le préc'idnnt.
t». MOBAI.NE (mo-r«-n'), s. f. L«lne qu'on enlève de dessus la peau d'un animal mort de maladie. Il Adj. Laine moraine.
— ETYM. Ane. franc, morine, mortalilA, dérivé du latin mort, mourir.
MORAL, Al-E (mfj-ral, ra-l'), adj. || 1* Oui concenie les mosuis. Préceptes moraux. Hétlexions morales. Les oeuvre* morales de Piutarque. Sens,
instinct moral. || Contes moraux, contes oii l'auteur a l'intention de faire ressortir une leçon de morale. Tu fais grand cas des contes moraux.... Oui assurément ; cependant ils ne me paraissent pas tous moraux, à beaucoup près, genlis, Veill. du chat. t. ii[,p. 37,ilansP0U0ENS. || 'Vertus morales, celles qui ont pour principes les seules lumières de la raison. Un homme doux qui a su tempérer l'austérité des lois et de la justice...; un chrétien qui a consacré ses vertus morales et politiques par une piété simple et sincère, fléch. I.amoignon. || Théologie morale, partie de la théologie qui traite des cas et de tout ce qui appartient à la conscience. || Folie morale, voy. folik. Il î" Oui est conforme aux bonnes mœurs. Ce livre, ce discours est fort moral. Il n'y a rion de si facile que de se donner l'air très-moral, en condamnant tout ce qui tient à une âme élevée; le devoir... peut être dénaturé, stael, Corinne, xiv, i. 113* En parlant des personnes, qui a des mneurs, une conduite conformes à la morale. Un homme moral. Un écrivain moral. || Substantivement. Horace, tantôt le débauché, tantôt le moral, adit.... volt. Dict. phil. Tonnerre. \\ 4° Oui, dans l'être humain, est du ressort de l'ime, par opposition àce qui estiiu ressort du physique. Les facultés morales. Le mal moral. Le monde moral. Sciences morales. Ce mot s'emploie au sens moral dans beaucoup d'acceptions. Pour connaître l'homme qu'on appelle moral, i! faut surtout avoir vi'cu et réfléchi, volt. Dictionn. phil. Homme. Nos maux moraux sont tous dans l'opinion, hors un seul, qui est le crime, et celui-là dépend de nous; nos maux physiques se détruisent ou nous détruisent, J. J. Houss. Ém. 11. Les choses qu'on nomme morales ne sauraient être ramenées au calcul, BONNET, Paling. xi, 8. || Dans l'interprétation de l'Écriture sainte, on distingue le sens littéral, le sens moral, le sens allégorique, etc. || Action morale, l'action d'un agent capable de choisir et de refuser librement, au lieu que l'action physique n'est qu'une action aveugle de la nature. || Terme de philosophie. Certitude morale, certitude fondée sur des témoignages ordinaires, tels que le récit d'autrui, l'expérience et les régies ordinaires de la sagesse. Il est opposé à certitude physii|ue. || On dit, dans un sens analogue, impossibilité morale. Les marclianils faisant leur déclaration d'un grand nombre de vaisseaux de différentes espèces, il se trouvera toujours dans une impossibilité moralede faire une réduction juste, Airêi du conseil d'blat, 35 sept. 1688. Il 5* S.m. Le moral, l'ensemble de nos facultés morales. Le physi(|ue influe sur le moral, et le moral sur le physique. Nous ne sommes donc jamais trop vieux si notre moral n'est pas trop jeune, bi'FF. Probultililés de lie. Si le physique va trop bien, le moral se corrompt, j. ». ROi'SS. Ém. II. Il 6° Fermeté à supporter les périls, les fatigues, les difficultés. Son moral s'e-st relevé. Remonter le moral^d'une armée. || 7° Ce qu'il y a de moral en quelque chose. Qu'est-ce en effet que le moral de l'amour? la vanité, bufe. Disc. no». anim. Œuvres, t. v, p. S53.
— HIST. XIV* s. Nous disons que des vertuz les unes sont intellectuelles, les autres sont morale», OBESME, Élh. 22. En françoiSjCes mos mour et moral ne «ont pas en usage commun, in. ib. a». Il XV* s. De philosophie niorele. Et celle qui est naturele, 8. descii. Poésies mss. 1'° 4 4 9.
— KTYM Proveiiç. et esp. moral; ital. morale; du hit. morahn, qui vient démo», moris (voy. mœurs).
MORALE (mo-ra-l'), ï. /'. || 1* Ensemlile des règles qui doivent diriger l'activité libre de l'homme, décomposé en deux parties : démontrer que l'homme a des devoir», de» obligations, et faire connaître ces devoirs, ce» obligation». Voulez-vous apprendre la morale? — La morale?— Oui. Qu'est-ce qu'elle dit cette morale? — Elle traite de la félicité, enseigne aux hommes à modérer leurs passions, et.... — Non, laissons cela : Je suis bilieux comme tous les diables, et il n'y a morale qui tienne; je me veux mettre en colère tout mon .soûl, quand il m'en prend envie, mol. Bourg, gent. il, 6. Hél doucement, ma «reur; où donc est la morale Oui sait si bien régir la partie animale? id. Femmes sav. i, 2. Toute notre dignité consiste en la [Kinsée.... travaillons donc à bien pensier ; voilà le principe de la morale, pasc. Pens. i, o, éd. havrt. Morale et langage sont des sciences particulières, mais univer- .sclles, II). «6. XXV, 77. Il est Indubitable que, que l'àme soit mortelle ou immortelle, cela doit mettre une différence entière dans la morale; et cependant les philosophes ont conduit la morale indépend.imment décela, iD. ib. xxiv, 67 (er. Toute la foi consiste en Jésus-Christ et en Adam ; et toute l«
MOR
morale on la concupiscence et en la grâce, pasc. Pens. XXIV, i. La vraie éloquence se moque de l'éloquence; la rraie morale se moque de la morale; c'est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l'esprit qui est sans rèRles; car le jugement est celui à qui appartient le sentiment, comme les sciences appartiennent à l'esprit, ID. 16. vu, Î4. Ceux qui sont dans le dérèglement disent à ceux qui sont dans l'ordre que ce sont eux qui s'éloignent de la nature.... comme ceux qui sont dans un vaisseau croient que ceux qui sont au bord fuient.... il faut avoir un point fixe pour en juger ; le port juge ceux qui sont dans le vaisseau; mais où prendrons-nous un point dans la morale ? ID. i7>. VI, 4. Le temps où nous sommes, où la corruption de la morale est aux maisons de sainteté et dans les livres des religieux et des religieuses, ID. un. à Mlle de Roannei,9. Il eiU voulu pouvoir attaquer sans nuire; se défendre sans attaquer.... enfin il s'était fait une espèce de morale militaire qui lui était propre, flécii. Turenne. La morale douce et relâchée tombe avec celui qui la prêche, lA BRDT. XV. La morale des États se résout, pour de si grands intérêts, à hasarder le sacrifice de quelques particuliers, fonten. Uarsigli. La morale, qui se propose pour objet de régler les mœurs, est, à proprement parler, la science de l'homme, bollin, Uùt. anc. Œuvr. t. xu, p. 564, dans pouoens. Que sa loi [du Christ], sa morale et consolante et pure De mes sens désolés guérirait la blessure, volt. Alx. I, ♦. Le jeune prince plein d'honneur ne pensait pas qu'il y eût une morale dilïerente pour les rois et pour les particuliers, lu. Chartes XII, 11. Ne pensons pas qu'en effet il y ait une morale pour les citoyens, et une autre pour les souverains, et que le prétexte du bien de l'État justifie l'ambition du monarque, m. Panég. St Louis. Voyez combien d'excellents traités nous possédons en matière de physique, d'histoire naturelle, d'économie, d'arts, etc.; et nous n'avons point encore de sy.stème tant soit peu complet de morale, bonnet, Palingén. xiil, 5. Je conviens avec votre Majesté que la morale est encore plus intéressante [que la géométrie], et qu'elle mérite surtout l'étude des philosophes, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 2»janv. t"B8. La morale est peut-être la plus complote de toutes les sciences quant aux vérités qui en sont les principes et quanta l'enchaînement des vérités, d'alemb. Mél. t. V, § * . La morale est la science dos lois naturelles, ou des chose» qui sont bonnes ou mauvaises dans la société des hommes, dioer. Opin. des anc. philos, (hobbisme). Ils espéraient tout de cette morale publique qui senible avoir soumis jusqu'au gouvernement, Mirabeau, Collection, t. i, p. 7i. La morale est le sentiment du juste et de l'injuste, du bien et du mal, de l'honnête et du désbonnête, CAMBACÉnÈs, Inst. Uém. se. mor. et pol. t. m, p. 8. Soit que vous considériez la morale comme l'expression des devoirs, soit que vous la considériez comme la science des caracti'res; que le moraliste devienne un prédicateur de vertu, ou seulement un observateur du cœur humain, villemain, Litt. franc. iS' siècle, 2* pari, i" leç. |{ Terme de droit. Offense à la morale publique, sorte de délit qui se commet par la voie de la presse et qui consiste en propositions jugées dangereuses pour les mœurs. Je fus en prison deux mois à Sainte-Pélagie, par l'indulgence des magistrats, pour avoir outragé la morale publique, crime de Socrate comme vous savez ; sur la morale particulière, un peu différente de l'autre, je n'ai eu de démêlés avec qui que ce soit, et même n'entends point dire qu'on me reproche rien, p. l. COUR. Au rédacl. de la Quotidienne. || 2' Morale avec une épiihète défavorable désigne des doctrines plus ou moins nuisibles aux mœurs. Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Luliy réchauffa du feu de sa musique, BOIL. Sat. x. |{ 3° Traité de morale. Je lisais ces jours passés la Morale d'Ëpiclète plus grande que nature, d'alemb. Lett. au roi de Pr. a mars <78a. Toute l'antiquité a regardé la Morale d'Aristote comme le plus parfait de ses ouvrages, CUAMPAONE, Inttit. Uém. se. mor. et polit, t. 111, p. »». Il On dit aussi : les Morales d'Aristote, parce qu'il a fait plusieurs traités sous ce titre, jj Les Morales, titre d'un ouvrage de saint Grégoire le Grand. t.a raison qu'en rapporte saint Grégoire ....dans ses Morales sur Job, bourdal. Car. xi, Parfaite observ. de la loi, 19&. ||i' Morale, leçon de morale. Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le préc«pt« avec lui, la font, h'abl. vi, ) . Cette théologie n'aura rien de fatigant pour vous, et elle me dooners lieu d'entrer dans les morales les plus édifitotes, »oo»DM. »• dtm. après ta Pentecôtt, Vo.
MOR
mtmc. t. III, p. M 3. On fait apprendre les fables de la Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un .seul qui les entende; quand ils les entendraient, ce serait encore pis , car la morale en est tellement mêlée et disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu, j. j. rou.ss. Ém. II. Il La morale d'un ouvrage, la leçon de morale qui en résulte. || Dans le langage familier, il se dit souvent pour conséquence simplement. La morale «le la chose fut que.... || 6" Réprimande. Son père lui a fait la morale, une morale. Excédés de vos fades leçons, de vos longues morales, j. j. rouss. Ém. IV.
— ÉTYM. Moral.
MORALEMENT (mo-ra-le-man), arf». IH" Cxmformément à la morale. Se conduire moralement. [Auteurs] qui maintiennent qu'aucun infidèle ne doit être appelé vertueux, parce que son infidélité l'empêche de pouvoir produire des actions moralement bonnes et vertueuses, la mothe le vayer, Yertu des paijens, 1, Avant-propos. || 2' Moralement parlant, ou, tout court, moralement, selon la méthode morale, selon toutes les vraisemblances. Il était moralement impossible que de tels hôtes [les croisés] n'exigeassent des vivres avec dureté, et que les Grecs n'en refusassent avec malice, volt. 1/œurî, 64, Il ne me suivit pas jusqu'à Chambéri où il était moralement sûr de m'atteindre, j. j. nouss. Cou/'. 11.
— ÉTYM. Morale, et le suffixe ment; provenr. moralmen ; catal. moroiment ; espagn. et ital. moralmeute.
t MORALISATEnR, TRICE (mo-ra-li-za-teur, tri-s'), adj. Néologisme. Qui est propre à moraliser. Un enseignement moralisateur.
t MORALISATION (mo-ra-li-za-sion), t. f. Néologisme. Action de moraliser, de rendre moral, de donner des principes moraux. La moralisation des masses par l'instruction. Autrefois on disait le théâtre est une école de mœurs, un néologue dirait une école de moralisation.
MORALISÉ, ÉE (mo-ra-li-zé, zée), par», possède moraliser. Rendre moral. Un peuple moralisé.
MORALISEK (mo-ra-li-zé). || 1" V. n. Faire des réflexions morales. Les deux belles sœurs moralisèrent longtemps sur les privilèges avantageux qu'avaient les hommes, scarr. Rom. com. 11, t». Le sujet de moraliser est grand quand on se souvient.... sÉv. 2 déc. 187 1 . Je m'égare et je moralise Peut-être un peu hors de saison ; Qu'y faire ? malgré la raison, Dans tout ce qu'on écrit, on se caractérise, DESHouLiÊREs, à M. Vabbé de Larau. La Fare t'attendra tranquille dans sa chaise; Et, pour moraliser tous ensemble à votre aise, Sonningnous versera d'un vin délicieux, chaul. Ép. de l'abbé C. en 4703. J'ai fait moraliser tousmes morts, fonten. à Lucien. || Fig. Tout est matière à nos réflexions; Tout événement moralise, lamotte, Fabl. iv, 1 9. || Au passif et impersoiinellement. C'est assez moralisé. Il S" V. a. Terme familier. Moraliser quelqu'un, lui faire de la morale ou une morale. Sénèque y moralise sans cesse Néron, comme s'il était le plus patient des hommes, et lui, Sénèque, le plus courageux de tous, STAËL, Corinne, vu, 2. || 3° Néologisme. Rendre moral, perfectionner l'homme au pointde vue moral. 1|4° Se moraliser, v. réfl. Devenir moral.
— HIST. xiv* s. Il veut moraliser les bestes, Modxu, dans le Dict. de docuez. || xv* s. Fiction moralisée, EUST. DESCK. ib.
— ÉTYM. Moral.
MOKALISEUR (mo-ra-li-zeur), t. m. Celui qui affe;:te de parler morale. Je n'aime pas les moraliseurs, MARMONTEL, les Hommes à la mode, 1, 3.
— lliST. xvi" s. Moraliseur, coigbave.
— f.TVM. Moraliser.
MORALISTE (mo-ra-li-sf) , t. m. || !• Ecrivain qui traite des mœurs. La Rochefoucauld, la Bruyère, Vauvenargues sont nos plus grands moralistes. Toujours luoralistes pédants, J. j. Bouss. Ém. II. Prenons une autre extrémité, touchons une autre corde du cœur; voyons non plus le moraliste pathétique et touchant, mais le moraliste profond et accusateur, villemaih, Litt. franc. 48' siècle, 2- part. I" leçon. || 2* Nom que l'on a donné en Flandre aux jansénistes.
— KfYM. Iforal.
MORALITÉ (mo-ra-li-té), s. f. Hl-Rédexion morale. Nous sommes tous d'Athèno en ce point; et moi-même. Au moment que je fais cette moralité.... LA FONT. Fabl. vin, «. ... Si vous n'aviez lu que ces moralités, Vous sauriez un peu mieux Taire mes volontés, MOL. Sgan. 4. Votre Provence vous dira toujours des merveilles; le beau temps ne vous est
MOR
de nen; vous y êtes trop accoutumée; pour nous, nous voyons si peu le soleil, qu'il nous fait une joie particulière; il y a de belles moralités à dira là-dessus, sêv. 40 nov. 4 675. J'aime les moralités, ellesendorment, baron. Homme à bonn. fort. 1, 40. Massillon montre, dans son petit Carême, des moralités écrites avec une élégance qui ne bannit pas la simplicité, chatkaubh. Génie, in, iv, 3. || Moralité chrétienne, réflexions conformes aux principes et à l'esprit de la religion chrétienne. || 2' Sens moral qui est renfermé sous une fable, un récit. La moralité d'un apologue n'est pas toujours exprimée. Il 3° Ancien poëme dramatique français qui représentait une action sérieuse ou morale, à l'aide de personnages allégoriques. Le soir, le cardinal de Bourbon leur donna une fête magnifique, suivie d'une comédie de ce temps [sous Louis XI], c'està-dire une moralité ou sotie, duclos, (Eue. t. m, p. 32. Il 4" Discernement moral. Les actions des fous sont dénuées de moralité. || Rapport des actions humaines avec les principes qui en sont la règle. La moralité des actions humaines suppose la liberté de l'être humain. || S" Qualité de ce qui est moral. Tous les rites chrétiens sont de la plus haute moralité, chateaubr. Cénie,l, 4,7.||Ea parlant des personnes, caractère moral. Prendre des renseignements sur la moralité de quelqu'un. Des certificats de moralité.
— HIST. xiii* s. Si comme la xîire reçoit la figure dou seel, tout autressi la moralité des homes est formée par exemples, brun, latini, Très. p. 46ii. Deux manières sont de vertuz : l'une est de l'entendement de l'home, ce est sapience, science et sens; l'autre est moralité, ce est chasteé etlargesce, et autres semblables, id. ib. p. '^65. || xiv* s. Et de toute ceste doctrine la meilleur, la plus digne et la plus proffitable, c'est la science de moralité contenue par especial en ung livre, oresme, £Jh. proi. Il XV* s. Une moult belle moralité, sotie et farce, Chron. scand. de louis XI, p. 336, dans lacurne. Il XVI' s. Nos moralitez tiennent lieu de tragédies et comédies indifféremment, sibilet. Art poétique, livre II, p. 424, dans lacurne. Formellement la moralité bonne ou mauvaise, vertu et vice {qui ne peust estre sans le franc arbitre et est matière de mérite et démérite) ne peut estre en la beste, charron, Sagesse, i, 35.
— ÉTYM. Provenç. moralitat; esp. moralidad; ital. moralitd; du lat. moralilatem, de moralis, moral.
t MORATE (mo-ra-f), *. m. Terme de chimie. Nom générique des sels produits par la combinaison de l'acide morique avec les bases.
t MORATOIRE (mo-ra-toi-r') , adj. Terme de jurisprudence. Intérêts moratoires, intérêts qui courent par l'effet d'une demande en justice; ils sunt dus à raison du retard apporté au payement d'une créance exigible.
— ÊTYJl. Lat. morart, retarder.
t MORAVES (mo-ra-v'), s. m. pi. Voy. hebnotes.
t MORBEUX, EUSE (mor-beù, beû-z"), adj. Terme
de médecine. Synonyme peu usité de morbide.
— ÉTYM. Lat. morbosus, de morbus, maladie.
MORBIDE (mor-l)i-d'), adj. || !• Terme de médecine. Qui a rapport à la maladie. Etat morbide. Phénomènes morbides. || 2" Terme de peinture et de sculpture. Qui a de la morbidesse.
— Etvm. Lat. morbidus, de morbus, maladie.
f MORBIDËMENT (mur-bi-de-man), adv. D'une manière morbide. On ne peut affirmer lequel des deux viscères, du cœur ou du foie, a été primitivement affecté, pour agir morbidcment sur l'autre, portal, Inslit. Uém. scienc. t. ix, p. 54».
MORBIDESSE (mor-bi-dè-s'), s. f. Terme de peinture et de sculpture. Mollesse et délicatesse des chairs dans une figure. || Dans le langage général, souplesse dans les attitudes, la démarche, les manières, mêlée d'une sorte de mollesse aimable. Il Fig. Cette mélodie [une barcarolle de la Muette do Portici], limpide et doucement émue, a couru le monde depuis trente ans qu'elle estéclose, et n'a rien perdu de sa fraîcheur et de sa morbidesse priiitanièro, SCUDO, Rcxue des Veux • Mondes, 4*' févr. 4 863, p. 767.
—ÉTYM. Ital. morbidezia, do morbido, de morbus, il y a transition du sens de m.iladie à celui do grâc» molle, comme d'un convalescent. Au xvii* siècle, le mot ne s'employait encore que sous la forme italienne. En se regardant dans un miroir qui était dans la ruelle, el^o [Mlle de Retz] montra tout ce que la morbidezza des Italiens a de plus tendra de plus animé, do plus touchant, retz, i, 7.
UORBIFIQDE (mor-bi-S-k'), adj. Terme de mi-
MOR
d'Heine. Qui cause la maladie. Principe morbifique. Jîiasmes n.nrlifiques. L'enterrement des cadavres dans les maisons, les cours et les jardins [à Smolensk),ct leurs exhalaisons morbifitiues empestaient l'air; les morts tuaient les vivants, ségur, Jlist. de \ap. IX, H.
— lilST. XVI' s. Mangeant lors, le malade augmente la matière morbifique, paré, Intiud. 22.
— ËTYM. Lat. morbus , maladie, et /o cerf, faire, t MORBILLEUX, EUSE ;mor-!iil-Iea, leû-z'), odj.
Terme de médecine. Qui a rapport à la rougeole. Une éruption morldlleuse.
— ÊTVM. Jfor''i//i, qui, dans le latin moderne de médecine, signifie la rougeole; diminutif pluriel du lat. morbus, maladie.
I MOUBLEC, (mor-bleu), tnler;. Sorte de jurement en usage même parmi les gens de bon ton. Ci-gît , oui gtt par la morlilcu Le cardinal de lii-
(chelieu, Et ce qui cause mon ennui, Ma pension âvecque lui, benserade, dans wcuelet. 11 faut que le reproche i madame s'adri-sse. — Non, morbleul c'est à vous; et vos ris complaisants Tirent de son esprit tous ces traits médisants, UOL. Mis. ii, 6. Despréaui soutint les anciens, à la réserve d'un seul moderne qui surpassait à son goût et les vieux et les nouveaux ... le jésuite reprend et presse Despréaux d • nommer cet auteur si merveilleux.... enfin Despréaux le prend par le bras, et, le serrant bien fort, lui dit : mon Père, vous le voulez : eh bien! c'est Pascal, morbleu, sÊv. )6 janv. 1690.
— ÈTYM. Uorbleu, morbieu, euphémisme de prononciation pour mort Dieu, la mort de Dieu; comparez CORBLEU.
MORCE.\U (mor-sfl), *. m. || l" Portion séparée d'une chose solide, bonne & manger (ce sens est le premier, puisque, étymologiquement, un morceau est une chose mordue, une bouchée). Morceau délicat, friand. Couper un morceau. On vous met le premier à table; C'est pour vous la place d'honneur, Pour vous le morceau du seigneur, la fOiNT. Coupe. Les bons morceaux de tout, il faut qu'on les lui cède, MOL. Tart. i, 2. Qu'avez- vous donc, ditil, que vous ne mangez point? Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète. Et les morceaux entiers restent sur votre assiette, Boa. Sat. m. Les morceaux trop hStés se pressent dans sa bouche, ID. Lulrin, i. |1 Kamilièrement. Maiger un morceau, faire un repas lé^cr. Cependant arrivé, vous sortez bien et beau, Sans prendre de repus ni manger un morceau, mol. .Sgan. 7. i peine ai-jeeu seulement le loisir de manger un morceau chez une de mes i^ amies, DANCOURT, Femme d'inlrigues, i, 3. || Que ce soit mon dernier morceau, si..., sorte de protestation pour affirmer ou nier fortement quelque chose. Et je prie Dieu que ce soit là mon dernier morceau, si j'ai non plus pensé à père ni à mère que s'il n'y en avait jamais eu pour peraonne, Mahiv. Marianne, î* part. || Kig. Ne plus manger morceau qui profite, être exposé i toute surle de vexations, de désastres. Tu ne mangeras plus morceau qui te profite, ayant lâché le maire, p. L. cour. Pierre Clavier, dit Uliyndeau. || l'amilièrenient. Doubler le» morceaux, ses morceaux, mettre les morceaux doubles, mettre les morceaux en double, se hâter de manger, jl Fig. Je serai bien charmé de pouvoir digérer un peu à mon aise ce que j'ai été obligé d'avaler gloutonnement, en mettant, comme on dit, les morceaux en double, d'aleub. Lelt. à Voltaire, 1» août 1764. Il Le morceau honteux, le morceau qui reste le dernier sur le plat. || Fig. Prendre le morceau, se lais.ser attraper, par métapliore des piégesetdesappitsil'hameçons. Minutolo.... Comme en passant mit dessus le tapis Certain mari.... Et fit si bien que madame Catelle Entre en soupçon,
prend le morceau pour elle, la font. Hinul Je
ne suis pas bomrae i gober le morceau, i.t laisser le champ libre aux yeux d'un damoiseau, mol. Er.. det f. Il, 4. Il Kig. Ne faire qu'un morceau de quelqu'un, en triompher sans [Kiine et complètement. Oui d'Ënée et de son troupeau Ne pensaient faire qu'un morceau, scarr. Virg. vu. jjFig. S'6ter le morceau, les morceaux de la iKiucbe, se priver du
I Décessai re pour secourir ou < .• ! |u'un.|| Fig.
Tailler les morceaux iqu> I -r, prescrire
i«dé{)erise qu'il doit faire, n nj;. nu.er les morceaux bi-n courts à quelqu'un, lui (aire si p.irt bien petite. || Fig. il a ses morceaux bien taillés, ses morceaux sont taillés, c'esli-dire 11 vil de son revenu, et n'a juste que ce qu'il lui faut. || Fig. Il a ses morceaux tailli'ts, on lui a prescrit ce qu'il avait i faire, il ne peut s'écarter de ses instructions. || Kig. Aogncr les morceaux i quelqu'un, diminuer ses profits, ses revenus. || Un lui compte ses morceaux, on
DICT. DK LA LAMOUB riUMÇAlSC.
ne lui donne que tout juste ce qu'il faut pour vivre. (I 2° Par extension, partie séparée d'un corps solide. Antoine et Manlius déchirés par morceaux, COHN. Scrtor. v, 6. Ils les ramassèrent, et emplirent douze paniers des morceaux des cinq pains d'orga, qui étaient restés, saci, ISible, itvang, St Jean, vi, 13. Comme un morceau de cire entre les mains elle [une fille] est, mol. Éc. des f. m, 3. 11 me semble qu'elle vous est quelque chose du côté paternel de M. Descartes, et dès là je tiens un petit morceau de ma ch're fille, sév. i» mai (G89. L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tète, Et ileux fois de sa main le buis tombe en morceaux, non.. Lutr. y. Nous avons, au cabinet de Sa Majesté, do très-bons morceaux de mine d'argent, que le roi de Danemark, actuellement régnant, a eu la bonté de nous envoyer, BUFP. Min. t. v, p. S7. Il Fait de pièces et de morceaux, qui n'est pas fait d'une seule pièce. Un vêtement fait de pièces et de morceaux. || Fig. Fait de pièces et de morceaux, qui n'est point coordonné, point fait d'une manière systématique. La législation de Pologne a été faite de pièces et de morceaux, j. I «ouss. Pologne, 7. || Fig. Les morceaux en sont bons, se dit d'une chose qui, môme partagée ou brisée, reste encore de valeur. Des trônes renversas en sont larécompense [vers de Mahomet] ; ils sont alors, dites-vous, de peu de valeur; non, non, les morceaux en sont bons, volt. Lett. Cideiitle, i9juill. < 741. Il Fig. Un morceau d'homme, un petit homme, un homme de peu d'apparence. Voilà auprès de vous un beau petit morceau de princel mol. Àm. magn. i, 6.||8° En général, portion, partie séparée ou non d'un tout, mais distincte et considérée à part. Morceau de terre. Morceau d'héritage. Je crois de votre province toutes les merveilles que vous m'en dites.... comment ferez-vous pour me faire voir un petit morceau de vos pays enchantés? SÉV. 27 mai (672.;! Il a attrapé un lion morceau de cette succession, il en a eu une bonne partie. || 4' Partie, fragment d'un ouvrage d'esprit. Je suis déjà charmé de ce petit morceau [commencement d'un sonnet], MOL. Mis. 1, 2. Il me pria de lui montrer un morceau de votre style, sév. 441. Je sais à qui je montre ces petits morceaux de vos grandes lettres, in. 127. En face on vous dira que les vôtres [ouvrages] sont beaux, Et l'on poussera l'imprudence Jusqiies à vous presser d'en dire des morceaux, deshouliêres, Épttre chagrine d Mlle **. Mettez ensemble tout ce que les anciens poètes ont dit des dieux, ce sont des discours d'enfants en comparaison de ce morceau de Lucain" volt. Dict. phil. Épopée. Les beaux morceaux de Corneille m'ont paru au-t!essu.dc tout ce qui s'est jamais fait dans ce genre chez aucun peuple de la terre, id. Comm. Corn. }tép. à un acad. Je fus le premier qui fis connaître aux Français qucljues morceaux de Milton et de Shakspeare, m. Kss.poés.épiq. ch. ». Ceux qui craignent de perdre des pensées isolées, fugitives, et qui écrivent en différents temps des morceaux détachés, ne les réunissent jamais sans transitions forcées, BUEPON, Disc, de réception. Ces deux petits morceaux sont écrits il y a longtemps, et, tout médiocres qu'ils sont, je ne serais pas en ce moment en état de les faire, d'alemb. l.rll. au roi de Pr. 28 avr. 1777. Les morceaux de littérature que j'y lisais n'avaient rien de brillant, mais n'avaient rien d'ambitieux, mabmontel, J/i'm. xi. || Mirceaux choisis, se dit de quelques recueils qui contiennent des morceaux de dillérents ouvrages et de difi'érents auteurs. || B° Par extension, objet bon à manger considéré dans sa totalité. Un faisan est un morceau délicat. Il Les bons morceaux, les mets recherchés. Apicius n'avait jamais fait d'autre étude que celle de» bons morceaux, fonten. Jugem. de Pluton, s» part. I! Aimer les bons morceaux, aimer la bonne chère. Il Fig. et familièrement. C'est un morceau trop cher, c'est un morceau de prince, se dit d'une chose qui est d'un prix trop élevé, et, par extension, de tout ce qui, personne ou chose, est haut prisé. Je sais que la vengeance Est un morceau de roi, car vous [rois] vivez en dieux, la ronr. f'abl. x, <2. M. de la Trousse demeure sur la r' ntière et prend soin des places con<|uises; cet emploi est un morceau do favori, SËV. 37o, C'était un morceau unique [la coadjutorerie de Reims] qu'il convoitait pour «on neveu, st-sim. fc», 22». || On dit dans le mime sons : Il ne lAnra pas, vous ne tâterez pas de ce morceau-là. {| Fig. C'est un friand murcoau, c'est un morceau de roi, se dit d'une jolie personne. Morbleu I j'entre en furie En songeant qu'un morceau si tendre et si friand Doit tomber sous la main d'un maudit b.as Normand, REONAiin, le Bal, 4. (.e bonhomme Tournebem t'écrltit souvent : Il faut
MOR
avouer que la fille de Mme Poisson [celle qui fut Mme de Pompadour] est un morceau do roi, volt. Comm. Œuv. aut. Ilenr. || 6° Fig. Objet de littérature ou d'art considéré dans sa totalité. La colonnade du Louvre est un beau morceau. Voilà un beau morceau do sculpture, d'orfèvrerie. Ce ravissant morceau [de peinture], quoique d'un moindre rang. N'a pas moins que la Flore et l'augusle et le grand, bahiep, le Cabinet de Quinautt, p. 5«. De tous ses ouvrages [de Longin], le temps ne nous a conservé que son traité du Sublime, qui est un des plus beaux morceaux qui nous restent de l'antiquité, EOLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. Xl, 2« part. p. 682, dans pouGF.NS Le |dus beau morceau de Loulherbourg est sa nuit; je l'ai comparée à celle de Vernet, DintROT, Salon de t76&, Œuv. t. xiii, p. 241, dans pouGRNS. Vous a-t-il lu son morceau sur les mœurs et l'état politique des Anglais? cenlis, Veitl. du chdt. t. III, p. 170, dans pougkns. || Morceau de réception. Les peintres et les sculpteurs faisaient autrefois, pour entrer i l'Académie, des tableaux ou des groupes en marbre de petite dimension d'après lesquels ils étaient reçus; il y en a plusieurs au Louvre dans les salles de sculpture moderne qui portent ce titre : Morceau de réception. Morceau de réception, morceau d'exclusion, uinEH. Salon de 1 767, Œuv. t. XV, p. 130. Il 7* En musiiiue, un morceau, une pièce de musique. Cette ouverture est un beau morceau. || Morceau d'ensemble, morceau à diverses parties, chanté par plusieurs voix. |I8- Fig. Fragment, partie d'une chose qui n'est divisible qu'en idée. C'est ainsi qu'ils [les frères de Bohème] se séparèrent des cali.iilins, c'est-à-dire les seuls hussiles qui fussent alors, voilà comme ils sont disciples do Jean Huss : morceau rompu d'un morceau, schisme séparé d'un schisme, hussites divises des hussites, et (|ui n'en avaient presque retenu que la désobéissance et la ruj ture avec l'Rglise romaine, bops. t'orial. XI, § 171. Mme do Vins a gagné un grand morceau de son procès, sÉv. 8 mai 1676. Votre relation est admirable.... je prends intérêt à toutes ces aventures.... ce morceau de votre vie est si extraordinaire et si nouveau.... m. l< mai 4672. Nous ne finissons pas.... vous regrettant, ne trouvant rien qui TOUS vaille, chacun de nous redisant quelque morceau de votre esprit, lo. à Bussy, 24 avr. 1672. Que dites-vous de trouver i Grignan un si bon morceau de la Bretagne, ma mère et mon frère? M"' DE oniGNAN, dans sév. à Coulanges, 10 avr. 1691. Il II se dit dans le même sens d'un tout. On croit qu'on va assiéger Cambrai : c'est un si étrange morceau, qu'on espère que nous y avons de l'intelligence, SÉV. 15 avr. 1678. La première chose que le roi fait avec le nouveau pape, qui est entièrement selon son cœur, c'est de lui rendre ce beau morceau [le comtat d'Avignon] qui était si fort à votre bienséance, m. 26 oct. i6S9.il 9* Morceau d'Adam, la petite proémincncequ'on voit au gosier des hommes. On dit plus souvent pomme d'Adam. || Proverbes. Double jeûne, double morceau, se dit i ceux qui, les jours déjeune, mangent plus ipi'à l'ordinaire. Il Morceau avalé n'a plus de goût, c'est-à-dire on Tait peu de cas des plaisirs passés. || Les premiers morceaux nuisent aux derniers, c'est-à-dire on ne peut pas manger autant des derniers plats que des premiers, dans un diiier.
— HIST. III' s. Ki del morse! fu estranglez, wace, flou, V. 40723. Il xiu* s. Chansonnettes, mos, fableaux, Pour gaigner les bons morceaux [un bon repas], Hist. lilt. de la Fr. t. xxiv, p. 449. Ncs [même] un tout seul morsel n'en a elo «valé, Berle, XLv. Du bout des dois le morsel louche, Qu'el devra moillier en la sauce, ia Rose, ISBIS. Ki ne porquaiit il lidemanileUn seul morsel de sa viande, /(en. 1029. Chevaurbé as les grnns chevaus, El dcvoré les cras
morsiaus, Lit vert du monde. || xiv's Qupj'eQsss
un hanap de vin tant seulement Et trois morseaux sans plus de bon pain de froment, Cuescl. 11640. Kt quelque gros morcel qui y soit, il convient qu'il passe oultre le neu de la gorge, Ménagier, i, a. || iv •. Porrote la Uaudoyne empoisonna le suppliant, et lui bailla ung mauvais morceau, du camge, morsiilum. Il XVI* s. L'enter i e8cus^on, appelle aussi otnplastration, morceau et bouton, o. dk sebris. «ou. Le lar.„v „,, ..,,.|,j (le la gorge, qu'on appelle vulgairo- I iceau d'Adam, paué, iv, 16. A morceau
I , Nil de Tin, cotgbavr. Cosiuy-ci [le vi-
comte d'urthe/.] ne la fit pas longue après ce refus (de massacrer les protestants]... avec soupçon... d'un morceau mal digéré, h'ai'bioniè, Hitl. il, 29.
— RTVM. Pic. mourcheu; wall. motrsai, trognon j prov. morj«i, mnrueus; ilal. morseUo; bas-lat. morteliut, diminutif de mortut, morsure (roy. mohouk)*
MOR
MORCELA, f.E (mor-se-lé, lée), part, passé de morceler. Ailicu bosquets, parterres, gazons, allées d'arbrisseaux el de fleuri ; tout cela morcelé entre dix paysans, P. L. cour. Lett. v. || Fig. Son discour?, assez accueilli à la séance publique, mais à la faveur d'une lecture morcelée, n'a pu se soutenir en entier dans le cabinet, laharpe, Correspond, t. iv, p. S6B, dans pougens. Le caractère germanique sur lequel devrait se fonder la force de tous, est morcelé comme la terre même qui a tant de différents maîtres. STAËL, Mlem. I, î.
MORCELE» (mor-se-lé. L'Jse double quand la syllabe qui suit est muette : je morcelle, je morcellerai ; c'est du moins ce qu'on induit de morcellement, l'Académie ne conjuguant pis morceler), ». a. Séparer en morceaux. Dans la formation et compositioudes lots, on doit éviter autant que possible de morceler les héritages et de diviser les exploitations, Code A'ap. art. 8Ï2. Il Absolument. Et tenant le pied àdemi levé, il [la poule sultane ou porphyrion] mange en morcelant, buff. Ois. xv, p. Ht. || Se morceler, V. réft. Être partagé entre. La propriété s'est beaucoup morcelée dppuis la Révolution.
— ÉTYM. Uorceau, par l'intermédiaire de morcel.
MORCELLEME.NT (mor-sè-le-man),». m. L'action de diviser par morceaux. || Morcellement des terres, division du domaine agricole en petites propriétés.
— ÉTYM. Morceler.
t BIORD (mor), s. m. Terme de relieur. Faire des mords, serrer la presse le plus fortement possible, et, par quelques petits coups de marteau, forcer les premiers et derniers cahiers de »e replier sur les membrures, lesnê, la lleliure , p. 458. || Quand toutes ces opérations sont terminées, il faut rogner le carton du côté qui doit se loger dans le mord du livre ; ce côté du rogné se nomme aussi le mord, id. la lieliure, p. *n.
— ÉTYM. Le même que mords.
I MORDACUK (mor-da-ch') , ». f. || 1* Espèce de tenailles de bois qu'on place entre les mâchoires d'un étau. || 2* Extrémités de quelques instruments qui ont du rapport avec des tenailles. Les mordaches d'une tenette. || 3* Instrument de fer qui sert à saisir sans peine de grosses bûches et à les arranger dans une cheminée. || 4* Nom que les capucins donnent à un petit bâton ou mords, que leurs novices se mettent dans la bouche, pour avoir rompu le silence.
— ÉTYM. Mordre.
MORDACITË (mor-da-si-té) *. f. \\ !• Terme didactique. Qualité corrosive. La mordacité do l'eauforte. Il 2" Fig. Penchant à mordre, à médire, k relever les défauts d'autrui.
— HIST. XVI* s. La cholere [bile], parson acrimonie et mordacité, le racle et nettoyé [l'intestin] , paré, i, ( B.
— ÉTYM. Lat. mordocHatem, de vwrdax, mordant, de mordere, mordre.
t HORDAMMENT (mor-da-man), adt;. D'une manière mordante.
■ - msT. XV* s. Ung soir tout mordanment luy dit : Croy, Croy, on peut mal servir deux maistres à gré,o. cuASTEL Chron. des ducs de Bourg, u, 6i.
— ÉTYM. Mordant, », et le suffixe ment.
t MORDANÇAGE (mor-dan-sa-j'), s. m. Action d'appliquer un mordant pour faire prendre la teinture sur les étcffes.
t MORDANCER (mor-dan-sé. Le e prend une cédille devant a elo), v.a. Appliquer un mordant sur une étoffe.
— ETYM. Mordant S.
«.MORDANT, ANTE (mor-dan, dan-t'), adj.
Il 1* Qui mord, qui entame. J'entends crier la dent de la lime mordante, df.lille, Céorg. 1. 1| Terme de chasse. Bâte mordante, nom donné à certaines bétes qui se défendent avec les dents; telles que le sanglier, le renard, le blaireau, le loup, la loutre, etc. Il i* Fig. Qui a une qualité corrosive. L'eau-forte est mordante. || Terme de médecine. Chaleur mordante, chaleur du malade qui .semble mordre la main du médecinqui le touche. || 3° Fig. Dont la parole mord en quelque sorte. Dans vos discours chagrins, plus «igre el plus mordant Qu'une femme en furie ou Gautier en plaidant, boii.. Sa», ix.llisoot d'ordinaire plus mordant« que des avocats, et plus emportés que des jansénistes, tolt. Œdipe, LeU.au P. Parée. Le GrammoDt dont les mémoires ont été écrits par Antoine Hamilton, son beau-frère, était un roué de première classe, avec beaucoup d'esprit et très-mordant, DUCLOS, Œwr. t. I, p. Sï«. Le mordant et ingénieux Lucien, un des meilleurs écrivains et des plus beaux esprits du siècle de Trajan et de Marc-Aurèlo, BOniiiT, Palinç. XXI, i. || Il se dit aussi des choses! ....Quand Juvénal, de sa mordante plume. Faisait Muler des Ootsde &el et d'amertume, boil. Sat. vu.
MOR
Juvénal, nevé dans les cris de l'école, Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hj-p?rbole, ID. Art p. n. Le génie déclamateur et mordant de Juvénal, hoi.l. Ilisl anc. liv. xxv*, ch. ( , art. 2, § 3. Le poêle, qui a la réputation d'avoir eu quelquefois de tristes salaires pour ses vers mordants, lesage. Diable boit. ch. 8, dans POUGENS. On ne peut pas calomnier; mais la médisance la plus mordante en dédommage, genlis. Yeill. du chdl. t. m, p. 388, dans pougens. Mme de Montespan, dans tous ses entretiens particuliers avec Louis, lançait les traits les plus mordants sur le caractère de Mme de Maintenon, m. ilme de Maintenon, t. i, p. 239, dans pougens. || 4° Qui fait sur l'ouïe une impression forte et comparée à quelque chose qui mord. Le son de sa voix était net, plein, bien timbré; une belle voix de basse, étoffée et mordante, qui remplissait l'oreille el sonnait au cœur, j. j. Rouss. Confess. v.
— HIST. XII' S. Car veez cum li pères chastie sun enfant Par mult dulce parole e paraspre e mordant, E mainte feiz le bat de la verge trenchant. Th. le
mart. 78. || xiii* s Se moz i trovés ja mis, Qui
semblent mordans ou chenins Encontre les meurs femenins. Que ne m'en voilliés pas blasmer, la Hose, 1 5402. Il XVI* s. Je ne me suis pas feinct à leur donner des advis paternels et mordants, et à les pincer là où il leur cuisoit, mont, m, 377.
2. MORDANT (mor-dan), s. m. || 1° Agentà l'aide duquel on attaque, décape ou corrode les surfac»s métalliques. || Se dit des substances qui mordent sur les bois, etc. || 2* En teinture, nom de tous les corps qui ont la propriété de s'unir avec ceux que l'on veut teindre, et d'en augmenter l'affinité pour les matières colorantes. Le degré de perfection auquel l'art de teindre les laines et les étoffes était parvenu dès les temps les plus reculés, ne permet pas de douter que les anciens ne connussent aussi l'usage des mordants, sans lesquels il ne peut y avoir de vraie teinture, aweilhon, Instit. Mém, lia. et beaux-arts, t. ni, p. 358. On donne le nom (le mordant à toutes les substances qui servent d'intermédiaires entre les principes colorants et les matières à teindre, girardin, Leçons de chim. élém. 37* leçon, Paris, < 846. || Composition pour fixer la laine hachée sur la toile ou sur le papier de tenture. Il 3* Vernis qui sert i retenir l'or en feuilles sur le cuivre. Autre usage de l'eau de cire : c'est un bon mordant pour la dorure, diderot. Peint, en cire, Œuv. t. xv, p. 393, dans pougens. Il 8* Fig. Ce qui agit sur l'esprit des autres comme la substance qui mord un métal, un tissu. 11 a du mordant dans l'esprit. || 4° Fig. Il se dit de la voix qui fait sur l'oula une impression comparée à quelque chose qui mord, qui pénètre. Celte voix a du mordant. || Terme de musique. Trille qui n'est pas achevé ; a^'rément qui consiste en deux ou plusieurs petites notes placées immédiatement avant uns note quelconque. {| 5° Sorte de pince courte et sans branches à l'usage du fabricant de clous d'épingle. ; Espèce de mâchoire de. bois dont se sertie parcheminier. || Tringle de bois avec laquelle le compositeur d'imprimerie retient la copie sur le visorium. il Instrument destiné à mordre, à saisir, à pincer certains objets. Il Nom qu'on a donné aux deux grandes [linces d'une écreviss«, d'un homard, j 'Anciennement, pièce de métal qui s'appliquait à l'exlrémité de cette partie de la ceinture qu'on laissait pendre, après le nœud formé autour de la boucle, d'à peu près trente centimètres de longueur chez les hommes, chez les femmes jusqu'à terre, delabordb, Ëmaux, p. 397. Il 6° Manière de couper le bout d'une pièce do bois pour l'assembler avec une autre, en faisant un tenon à mi-bois, et coupant l'épaulement à onglet.
— IIIST. XIV* 8. Pour faire et forgier la garnison toute blanche d'une cspée dont l'alemelle estoit à fenestres, c'est assavoir faire la croix, le pommeil, la boucle et le mordant ci un coipel, nE laboroe, Émaux, p. 397. Il XV* s. Neuf garnitures d'espées, d'or, avec leurs morgans et clotz, u>. ib. p. 398.
— ETYM. Mordant.
t BIORDfJll (mor-dé-i), t. m. Terme de médecine. Maladie à laquelle sont sujets les habitants dos Indes orientales : elle consiste dans un dérangement des fonctions digestives causé par la chaleur continuelle du climat, par les sueurs qu'elle excite, le froid qui lui succède.
t MORDKXLE (mor-dè-l'), «. ^. Genre do coléoptères hétéromères à antennes.
t MORDErrE (mor-dè-f), ». f. Urve du hanneton, dite aussi ver blanc.
— ÉTYM. Mordre, i cause des ravages que fait cette larve.
t MORDEUB (mor-deur), s. m. Celui qui mord.
MOR
Il Mordeur de pierres, nom que les pêcheurs deb». leines donnent au loup de mer. || Adj. Mordeur, mordeuse, qui a l'habitude de mordre. Cheval mordeur. Jument mordeuse.
— HIST. XVI' s. Mordeur, cotgrave.
— ETYM. Mordre; ap. inordcdor ,ital. mordilore. MORDICANT, A.XTE (mor-di-kan, kan-t'), adj.
Il 1° Terme didactique. Qui exerce une espèce de petite morsure par son âcreté. L'humeur mordicante qui lait naître la goutte ou la colique, Boss. Connaiss. m, 6. Ils[les lama.ijcrachentà lafacede ceux qui les insultent, et l'on prétend que cette salivo qu'ils lancent dans la colère est acre et mordicante, au point de faire lever des ampoules sur la peau, bufp. Quadrup. t. vi, p. b6, dans pougens. Il faut écarter une armée de grosses fourmis qui les environnent [les pucerons] de toutes parts, et qui envoient au visage des gouttes d'une eau mordicante qui y fait la même impression qu'y feraient de très-petites aiguilles, bonnet, Observ. pucerons, Œuvr. t. i, p. 95, dans pougens. || Terme de médecine. Chaleur mordicante, modification de la chaleur cutanée, qui cause une sensation de picotement désagréable au doigt qui touche la peau : c'est la même chose que la chaleur acre. || 2' Fig. et familièrement. Qui aime à mordre, à railler. Oui, madame Toinon est toujours mordicante, HAUTEROcnE, Crispin mus. dans le roux, Dict. comique. On ne doit pas être surpris si la critique la plus mordicante se déchaîne pour le décrier; mais je suis d'avis de les laisser dire et de ne s'en point mettre en peine, vAUB. Dtme, p. 4 99. Mais avec des discours et des traits mordicants.. . dancourt, Ifme Artiu, iv, s. Les pinces mordicantes de l'esprit de Cliamfort, HfiRAULT DE sÉCHF.LLEs, De la Conversation (à la suite du Voyage à Montbar). \\ 3° S. f. pi.Terme de zoologie. Les mordicantes, mouches à ailes dentelées qui sucent le sang ries animaux.
— HIST. XVI* s. Aux parties ulcérées le froid est mordicant, paré, vin, 4 1. Nous avons besoin d'estre sollicitez et chatouillez par quelque agitation mordicante, mont, m, 380.
— ETYM. Lat. mordicanlem, de mordicare, béfjuentalifde mordere, mordre.
f MORDICATION (mor-di-ka-sion) , ». f. Teime de médecine. Irritution acre.
— HIST. xiv* s. Médecines dessiccatives sans aucune mordication, H. DEMORDEVILLE, f" BB, «CTÏO.
— ETYM. Provenç. mordicacio; esp. mordicacion; Ital. mordt'cozione; du lat. mordieationem, qui vient de mordicart (voy. mordicant).
MORDICDS (mor-di-kus'), adv. Terme familier. Avec ténacité, opinifltreté. Jevous soutiendrai mordicus, jusqu'à mon dernier syllogisme, que ce siècle-là [de Louis XIV] est en tout supérieur au vôtre, p. t. COUR. Lelt. ii, 2I0.
— ÉTYM. Lat. mordi'cu», en mordant, et fig. avec ténacité, de tnordere, mordre. Uordicu» appartient, avec simple substitution de c à 1, à cette formation d'adverbes en tus, cœlitus, funditus, en grec bu, oùpavéOev, du ciel, en sanscrit tas, anyatas, d'un autre côté, qui sont d'anciens noms avec un .suffixe pronominal las, tus, faisant fonction d'ablatif.
t MORDIÉ (mor-(Jic), interj. qui s'employait dans le même sens que mordieu, et qui en est une altération.
MORDIENNE (mor-diè-n'), ». f. Sorte de juron. Mordiennode vousl c'est-à-dire la peste soitde vous I Il A la grosse mordienne, sans façon, franchement. Nous nous contenterons d'apprêter tout à la grosse mordienne, Franeion, vu, dans lb roux, Dict. comique. Il On dit de même morguenne.
— HIST. XVI* s.. Par la mort diene, dirent adonques les dyables... hab. Pant. iv, u.
— ÊTVM. Dérivé de mordié.
t MORDIEU (mor-dieu), interj. Sorte de juron. Le maréchal de Gramont était l'autre jour si transporié de la beauté d'un sermon de Bourdaloue, qu'il s'écria tout haut en un endroit : Mordieu, il a raison. Madame s'éclata de rire, et le sermon en fut tellement interrompu.... sêv. 42 avril 467J. Savez-vous ce que dit Aslruc? ce ne sont point les jansénistes qui tuent les jésuites, c'est l'Encyclopédie, mordieu, d'alemb. Lett. d Volt. * mai i782.
— ÉTYM. Mort, Dieu: par la mort de Dieu (voy. morbleu).
t M0RD1LLAGE (mor-di-Ila-j', U mouillées), ». m. Action de mordiller, de mordre légèrement.
MORDILLE, fiE (mor-di-Ué, lié, Il mouillées), part, passé de mordiller. Le hochet mordillé par l'enfant qui a mal aux gencives.
MORDILLER (mor-di-llé, // mouillé-îs, et non ■nor-di-yé), «. o. Mordre légèrement et IWquem-
MOR
MOR
MOR
ment. Il y a huit j«ars que M"" de Ludre, Coetlogon.... furent morjues d'une petite chienne..., de sorte que Ludre, Coetlogon.... sont parties ce matin pour allT à Dieppe et se faire jeter trois fois dans la mer.. , Théoboo n'a pas voulu y aller, quoiqu'elle ait été mordillée, ssv. )3 mars 4 87(. || Absolument. Nous jouons les uns avec les autres comme déjeunes chiens qui mordillent, ou de jolis chats dont les coups de griffes ne sont jamais mortels, MARQUIS d'argenson, Jfcm. p. «93, dans pougens,
— HlST. ivi* s. Ha nieu, qu'il fait bon mordiller Ces belles roses, et piller Un million de mignardises, J. TAHUREAU, Poésies, p. 274, dans lacurne.
— f.TYM. Fréquentatif et diminutif de mordre. MORDORÉ, ÉE (mor^lo-ré, rée) , ad;. IJl-Qui est
d'une couleur brune, mêlée de rouge, avec un reflet brillant. Des souliers mordorés. || 2" S. m. Le mordoré est une couleur sérieuse. Le fond de cette couleur est un mordoré brun, la gorge est aussi revêtue de plumes veloutées; mais celles-ci sont noires, avec des reflets vert dorés, bdfp. Ois. t. v, p. 230. Il 8° Espèce de pigeon. {| Espèce de bruant.
— ÊTYM. Jfore doré, doré en more, doré noir, ainsi qu'on le voit par l'orthographe de ce passage : Les more doré et feuilles mortes seront guédés et passés en cuve, Réglem. sur les manuf. août ig69, Teint, en soie, fil et laine, art. 45.
t MOR DORURE (mor-do-ru-r*), i. f. Couleur mordorée.
MORDRE (mor-dr'), je mords, tu mords, il mord, nous mordons, vous mordez, ils mordent ; je mordais ; je mordis; je mordrai; je mordrais; mords, qu'il morde, mordons, mordez, qu'ils mordent; que je morde, que nous mordions, que vous mordiez ; que je mordisse; mordant, mordu, v. a. || 1° Entamer avec les dents. Un chien enragé l'a mordu. lia été mordu d'une Tipère. Dans le premier transport de ma douleur, je me jetai sur le glacis et je mordis la terre , j. j. Rouss. Confess. i. Qui leur eût dit que.... Les chevaux de Crimée un jour mordraient l'écorce Des vieux arbres du grand Louis? v. hugo. Voix, 2. Il Fig. Rien que -la médiocrité n'est bon ; c'est la pluralité qui a établi cela, et qui mord quiconciues'en échappe par quelque bout que ce soit, pasc. Pens. vi, <4, éd. HAVET. Un plie pamphlétaire.... S'en vient, tout grelottant d'envie et d'impuissance, Sur le front du génie insulter l'espérance. Et mordre le laurier que son souffle a sali, a. de uisstT, Nuil demot. ||Fig. Mordre le sein de sa nourrice, se montrer ingrat. Ne mordez jamais le sein de vos nourrices, volt. Disc, aux Velches. || Fig. Se mordre la langue, voy. langoe. || Se mordre les lèvres de dépit, de rage, etc. De race, sans parler, je m'en mordais la lèvre, Régnier,. Sat.i. Mordant ses lèvres de dépit, LA font. Nie. Si quelqu'un disait un bon mot, les autres baissiienl.les yeux et se mordaient les lèvres de douleur de ne l'avoir pas dit, volt. Babouc. \] Kig. Se mordre les lèvres, signifie aussi se montrer étonné, surpris. Il [Télcmaque| parle ainsi, et tous ces princes se mordent les lèvres et ne peuvent assez s'étonner de la vigueur avec laquelle il vient de parler, rtn. t. iil, p. 3i6. || S'en mordre les doigts, s'en mordre les pouces, se repentird'une chosequ'on a faite. Car on tient que, deux jours après son mariage, Il s'en mordit les doigts, th. corn. Baron d'AWikrac, li, 0. Je crois que Lambert se mordra les pouces de m'avoir réimprimé; ,dix volumes sont durs à la vente ; Dieu le bénisse et ceux qui liront mes sottises; pour moi je voudrais les oublier, volt. Leit. Ihiriot, i() sept. iT>». || Se mordre les doigts, ses doigts, ronger ses doigts avec les dents, pendant qu'on est plongé dans la méilitation et le travail. Dès que j'y vou» rêver [à louer), ma veine est aux abois; J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, roil. Sat. vu. || Mordre ses ongles, se ronger les ongles avec les dents ; et fig. se travailler l'esprit pour fijre quelque composition en vers ou en prose. || Fig. et familièrcmont. Je ne sais quel chien l'a mordu, je ne sais quel caprice le prend. Quelque chien enragé l'a mordu, je m'a.ssure, mol. Ée. des f. ii, 2.||2* Par extension, entamer avec le bec ou les suçoirs, sa dit eo parlant des oiseaux, des insectes. Le perroquet le mordit. Cet enfant est tout mordu de puces. || 8* Absolument. Ce chien est d.ingereux, il mord. Mordre dans un morceau d<.' pain. Nos dogues mordent par instinct de courage, et lui par instinct de bassesse, volt. Éconaise, ii, «. Il [l'agouti] mord cruellement, bupr. Quadrup. t. III, p. 88. Il Fig. Il [J. B. Rousseau] a fait une épit{ramme sanglante contre vous; elle commence ainsi.... Ce malbeurcui veut toujours mordre et n'a plus de dents, volt. Lelt. d'Anjent, *8 oct. 4736. y Mordre jusqu'au sang, serrer entre les dent* jus-
qu'à ce que le sang vienne. Il mord jusqu'au sang, en faisant sembler de baiser la main j il sera mordu de même, volt. Lelt. d'Alembert, 8 déc. 4778. Il Mordre à l'hameçon, se dit du poisson qui saisit l'appât et l'hameçon. S'il était des poissons dont la pêche réussissait lorsque la lumière du jour avait disparu, d'autres aussi ne mordaiest jamais à l'haraeçnn ou n'approchaient jamais des filets dans les ténèbres, ameilhon, Instit. Mém. litt. et beauxarts, t. y, p. 382. Il Fig. Mordre à l'hameçon, se laisser séduire par une proposition qui a été faite pour tromper, pour surprendre. Charmé de ce qu'il mordait si bien à l'hameçon, lesage, Cujrm. d'Alf. v, b. Il Fig. Il mord à la grappe, il trouve agréable ce qu'on lui dit, ce qu'on lui propose. Elle s'aperçut que nous mordions à la grappe, lesage, Bachel. de Salam. ch. t ». || Fig. Mordre à quelque chose, y prendre goût, y faire des progrès. Ce jeune homme mord avut mathématiques. Comme elle [Pauline, la nièce de M. de Sévigné] a, ainsi que son oncle, la grossièreté de ne pouvoir mordre aux subtilités de la métaphysique, CH. DE SÉVIGNÉ, dans sÉv. 4 5 janv. 4 690. Il II n'y saurait mordre, il ne peut comprendre, il ne peut réussir, et aussi il aspire à une chose à laquelle il ne saurait parvenir. |j 4° Poétiquement. Mordre la poudre, la poussière, la terre, être tué dans un combat Dontla main.... Met Egée en prison et son orgueil à bas, Et fait mordre la terre à ses meilleurs soldats, corn. Méd. iv, 3. J'ai fait mordre la poudre à ces audacieux, bac. Théb. i, 3. Il 5° Ronger, creuser, percer, en parlant de certaines choses qui exercent ces actions. Les flots du lac, poussés par le vent, mordaient leurs rivages, ciia- TEACBH. Natch. 2* part, t" moitié. L'onde incendiaire [l'océan de flamme qui dévore Sodome] Mord l'Ilot de pierre Qui fume et décroît, v. iiuoo, Orimt. 4. Il Terme de gravure. Mordre une planche, ou faire mordre une planche, lui faire éprouver l'effet de l'eau-forte. || Terme de teinturier. L'étoffe mord la teinture, prend la couleur. || 6° V. n. Exercer une action corrosive, entamer. L'eau-forte mord sur les métaux. L'eau-forte n'a pas assez mordu sur cette planche. La lime ne mord pas dans l'acier trempé. La rouille y mord [sur les fers] avec mille fois plus d'avantage que sur ceux dont la surface est garantie par la trempe, bupf. Uist. min. Introd. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 4 28. Un chemin de glace où les pieds des chevaux, couverts d'un fer usé et poli, no pouvaient pas mordre, sêgur, llist. de Nap. ix, 9. Il 7° Terme de, marine. Se dit de l'ancre dont la patte inférieure s'enfonce dans le sol. || Le vent mord au nord, il tend à passer vers le nord. Il 8° Faire impression sur. La Parque et ses ciseaux Avec peine y mordaient [sur le sanglier) ; la déesse infernale Reprit à plusieurs fois l'heure au monstre fatale, la font. Fabl. viii, 27. || Absolument. Torme de peinture. Se dit des couleurs qui s'attachent à la toile. 119° Empiéter. || Mordre dans un mur, avancer dans un mur. Cette pièce de bois ne mord pas assez avant dans le mur pour y tenir ferme. Il Terme de couturière et de tailleur. Il faut mordre plus avant dans l'étoffe, il faut faire la couture un peu plus loin du bord de l'étolTe , pour qu'elle ne se défasse pas. || En termes d'imprimerie, la frisquette mord, les bords de la frisquette empêchent quelques portions de papier de recevoir l'impression. Il Les dents de cette roue ne mordent pas assez sur les ailes du pignon, elles n'engrènent ps assi z. Il 10" Fig. Faire une critique de quelqu'un ou de quelque chose comparée à une morsure. Elle va d'un pas et d'un ordre Où la censure n'a que mordre, malb. m, 3. Ainsi sur chaque auteur il trouve de quoi mordre, RÉGNIER, .S'at. x. Leurs louanges mordent, leurs caresses égr.ilignent, balz. De la cour, 6« dise. Espnls du dernier ordre. Qui, n'étant bons i rien, cherchez sur tout à mordre.... la font. f<ihl. V, 46. Que dites-vous de la beauté do cette retraite [du cardinal de RelzlT le monde, par rage de ne pouvoir mordre sur un si beau dessein, dit qu'il en sortira, s6v. » oct. 4«7&. Votre peinture du cardinal Grimaldi est excellente ; cela mord, la. 4 s avr. 4674. Belle conclusion et digne do l'exorde. — On l'entend bien toujours : qui voudra mordre y morde, rac. Plaid, m, 3. Pour ne pas donner à la médisance le moindre sujet de mordre, on convint que des dames reApectiblcs et les plus graves do la cvur seraient pré.scntcs t cette entrevue, II" db CAYLUS, Soureniri. p. «8, dans pougens. L'envie veut mordre, l'intérêt veut gagner, volt. Letl. Albrrgati, 33 déc. 4 760. Dira-t-on qu'en des vers à monire disposés Ma muse prête aux grands des vices supposés? oilm. A' K///*<ircfe. Chacun, vous dé- I nonçant i la baine puollque, Se dit : fuyez cet
homme, il mord, c'est un critique, id. Mon apologie. Il Fig. Mordre en riant, faire, tout en plaisantant, quelque reproche incisif. || 11° Se mordre, V. re'/I. Se faire une morsure à soi-même. 11 s'est mordu en mâchant. || Se faire des morsures l'un à l'autre. Ces chiens se sont mordus cruellement. Il Fig. Ils ne se mordront pas, se dit de gens fort éloignés l'un de l'autre. || Fig. Se déchirer, se faire du mal. Très-sots enfants de Dieu.... Ne vous mordez donc plus pour d'absurdes chimères, volt. Ép. 96. Il Proverbes. Cela ne mord ni ne rue, se dit d'une chose indifl"érente. Il S'il t'égratigne, mords-le, se dit à quelqu'un pour l'exciter à se battre, à se venger. Il C'est un beau mâtin s'il voulait mordre, se dit d'un homme qui parait avoir tout ce qu'il faut pour faire une chose, sauf la volonté, le courage, etc. I! Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, se dit, en méprisant, des menaces. || Chien qui aboie ne mord pas, c'est-à-dire ceux qui font le plus de bruit ne sont pas les plu» à craindre. || Mordu de chien ou de chat, c'est toujours bête à quatre pattes, c'est-.^dire : que le mal nous arrive par celui-ci ou par celui-là, c'est toujours la même chose.
— HlST. XI' s. Al destre bras lui morst uns vers [verrat] si mais, Ch. de Roi, lvi. Et porc et chien le mordent et défoulent, ib. CLXxxiii. (| xiu' s. Et povreté fait pis que mort, Car ame et cors tormento et mort. Tant cum l'ung o [avec] l'autre demore, la Rose, 84 9*. Briemsnt les nommerai sans ordre, Por pluslost à ma rime mordre, ib. 40488. Penssons que, quant li homs est ou travail de mort. Ses biens ne ses richesces n'i valent un chat mort. Ne li pueent ester l'angoisse qui le mort. Ne ce dont conscience le reprenl et remort, j . de meuno, Test. 345. Il XIV* s. Tenailles à ce porpocionées, à ce que il [elles] puissent mordre la chose qui est fichée enz, H. DE MONDEviLLE, f" 37, terso. Philotecles qui avoit esté mors d'un serpent appelle vipère, oresme, Eih. 210. Il IV* s. [X la bataille de Montihéry] du costé du roy fust un homme d'estal, qui s'enfuit jusques à Luzignan, sans repaistre; et du costé du comte [de Charolois], un autre homme de bien jusques su Quesnoy-le-Comte; ces deux n'avoient garde de se mordre l'un l'autre, comm. ilém. I, *.||xvi* s. Lequel en son epitaphe se complainct estro mort pour estre mords d'une chatte au petit doigt, BAS. Pan». IV, 4 7. X présent, ijuand on void quelcun à la cour avec l'habillement de l'an précèdent, on lui dit : nous le conoissons bien; il ne nous mordra pas, langue, 466. Quand quelqu'un estoit noté d'estre querelleux, on le fiiyoit comme un cheval qui mord ou qui rue, id. 24 5. Comme ceste avant garde faisoit bonne mine, couli de la religion ne l'osoyent aller mordre, m. 593. M. le mareschal d'Anville esloit alors mordu des calomniateurs qui l'accusoyenl d'avoir intelligence avec son cousin l'admirai, id. 699. Mordre en riant, calv. Instit. Ép. 309. Douleur poignante et mordante, PARÉ, VIII, 40. Piqués OU monlus des bcsles venimeuses, ID. XXIII, 1. Je fus mords d'une vipère au bout du doigt index, id. xxiu, 23. Lorsiiuo la partie moree devient purpurée, noire ou verdoyante, id. xiii, 30. Si j'oyois faire quelque conte où je ne peusse pis mordre.... mont, i, 200. Socrates avoit seul mordu à certes au précepte de se cognoistre, in. 11, 62. Il faut leur faire baisser la teste et mordro la terre soubs l'auctorité, id. ii, 4 50. Une volu|ité cuisante et mordante, m. 11, 215. Il adjouita à son dire ce traictde risée : Un homme mort no mord point amïot, Pomp. 108. Bien souvent les sages et vrayos remonstrances mordent et irritent ceuli qui sont en malheur, m. Phoc. a. On ne sçaitqui mord ni cjui rue, COTGBAVE. Tel rit qui mord, id.
— ETYM. Provenç. mordre; cspagn. et portug. morder; ital. Hiordere; du latin mordère. I.e français et le provençal ont rendu brève la syllabe de, dit mord<rre, et reculé l'accent; d'ailleurs le supin morsumet le parfait momordisu rapportent à un ninrdéfre plutôt qu'à un mordire; et il est possible que les langues romanes représentent une forme archal'juc conservée populairement. Morder» se rattache au radical sanscrit mard, broyer.
f MORDS (mor), (. m. Nom donné par les fabri» cants à la partie de la tenaille qui en se refermant saisit l'objet qu'on veut serrer, tenir ou arracher. Le mords de cette tenaille est usé. || Chacune des deux mâchoires de l'étau du serrurier, du forgeron, etc.
— ÊTYM. lîordrc.
MORDU, VH (mor-du, due), part, passé do mordre. Il t* Oui a été entamé par les dents. Une pêche moriiue à belles dents. || Fig. Mordu du chien de la méti'omanie, Ln mal me prit, je fus auteur aussi, VOLT, te Pauvre diable, || a* Kig. Qui a lubi quelque