H. DE MONDEVILLE
— f.TYM. Féminin de moreau, c'est-à-dire la noire; bas-latin, morella et maurellum.
t 2. MORELLE (mo-rè-l'), s.f. Douce morelle, variété de pomme à cidre de la haute Normandie. || On dit aussi dura peau. || Douce morello d'Aumale, autre variété de pomme à cidre, précoce, ronde et douceâtre. Ces deux pommes sont une variété de première saison, à fruits amers, jj On dit aussi grandvallée et blanc-mollet.
MORESQUE (mo-rè-sk'), od;. ||l»Oui a rapport aux coutumes, aux usages, au goût des Mores. Fête moresque. Êilifice mores'iue. Costume moresque. Les moresques balcons en trèfles découpés, v. hlgo, Orientales, m. i| Danse moresque, ou, substantivement, la moresque, danse à la manière des Mores. Il Peinture moresque, à la mores((ue, ou, substantivement, moresque, sorte de peinture et de gravure à la manière des anciens Mores d'Espagne, qui consiste en rameaux accompagnés do feuillages, sans ordre et s:ins aucun assujettissement à l'imitation de la nature. || Au fém. Moresque se dit aussi d'ornements de caprice, feuillages de fantaisie, qu'on emploie dans la dama.squinerie. (| 8° S. f. Une moresque, une femme du pays more.
— IIIST. XV* s. Or allez, dit sire Cosme au héraut, et faites bien la besogne, et nous vous donnerons vingt moresques [monnaie d'Espagne], fboiss. ii, m, 43. Les Suysscs dansent leurs morisques, A tout leur» tabourins sonnans, tOQUiLLAUT, Blason des armes et des dames. Oui est celui qui d'amer se tendroit, Quant bcaulté fait de morisque l'entrée, cil. d'orl. Rondeau.
— ÉTYM. Jfore.
t MORKT (mo-rè) ou MOOEET (mou-rè), t. m. Nom normand de l'airelle.
— RT>M. Diminutif do more, i cause de la couleur noire du fruit.
t MORFER (mor-fé), ». n. Terme hors d'usage. Manger goulûment. Il no faut pas s'enquérir comment il fut morfé, Francion, v, p. )8i.
— KTYM. Ital. mor/Ut, bouche, mor/ir«, manger.
4. MORFIL (mor-fil), s. m. Barbes ou asiiérités métalliques, irrégulières et extérieures au véritable tranchant fait de dentelures microscopiques; aspérités qui proviennent d'un premier repassage sur des pierres trop vives et disparai. -sent par un second repassage de deux faces sur des matières plus fines, plus onctueuses. On ôte le murfil au rasoir en le passant à l'huile, sur la pierre,
— HIST. XVI* s. Morfil, ouniN, Dict.
— Btym. Jfort, /W : tranchant mort, émoussé ; namur. moirt-fil.
2. MORFIL (mor-fil), i. m. Nom donné à l'ivoire qui n'a pas encore été travaillé, aux dents d'éléphant séparées de l'animal. Morfil ou ivoire, le cent pesant, 30 livres, Décl. du roi, nov. 4640, tarif. || On dit aussi marfil.
— HIST. xvi*8. Morfil, ouDiN, Dict
— ETYM. Ar.c. esp. aXmafd (texte de l'an 930) ; esp. marfil; port, marfim. On reconnaît dans la finale l'arabe /■(/, éléphant; mais le préfixe, quel est-il? Diez y voit l'arabe nuh, dent; mais le mot devrait être nafil, ou alnafil. PiJian croit qu'il est pour màlfil, de vult, richesse : la richesse en ivoire. Comme on voit, il reste du doute sur la première partie du mot.
MORFONDRE (mor-fon-dr"), ». a. Se conjugue comme fondre. || 1° Ancien terme de vétérinaire. Causer un coryza, un catarrhe nasal, chez le cheval. Il 2° Causer un froid qui pénètre. L'air glacial de la nuit l'a morfondu. || 3" Se morfondre, v. réfl. Prendre froid. 11 pleure souvent les victoires de ce prince, et se morfond auprès de leurs feux de joie, BALz. Disc, à la régente. Pendant que sa peur le l'ait fuir jusque dans le jardin de l'hôtellerie, où il hasarde de se morfondre, scahr. Itom. corn, ii, 7. jj Fig. J'aime mieux Bergerac et sa burlesque audace, Que ces vers où Motin se morfond et nous glace, BOiL. j4r( p. IV. Il 4° Perdre du temps à attendre. La vogue (d'une devineresse] était passée Au galetas ; il avait le crédit; L'autre femme se morfondit, la font. Fabl. vu, i6. Un amant qui sans lui se serait morfondu, m. Coupe. Et, bravant des sergents la timide cohorte, [le noble] Laissa le créancier se morfondre à sa porte, boil. Sat. v. On peut vous reprocher de vous être venu morfondre plus d'un an (levant une bicoque, l. bruslé, Lucien en belle humeur, t. I, p. 379, dans POUOENS. J'avais cru qu'il ne s'agissait que de diminuer le ressort du parlement de Paris, et de ne plus obliger les pauvres provinciaux de courir deux cents lieues pour aller se ruiner et se morfondre dans rantichaïubre d'un conseiller au parlement, volt. Lett. Urne de St-Jullien, « avril I777. Pendant les cinq ou six mois que les équipages des navires européens se morfondent ou périssent à Hoang-fou, les agents du commerce font leurs ventes et leurs achats à Canton, bay- NAL, Ilist. phil. V, 25. Il Fig. Au lieu de vous morfondre tristement dans cette vue, osez prendre un plus grand essor, vauven. Conseils, x. || Avec ellipse du pronom se. Clarice : Je prendrai du plaisir du moins à le confondre. — Isabelle : J'en prendrais davantage à le laisser morfondre, cobn. le Uent. m, 3. Il En termes de boulangerie, la pâte se morfond, elle perd la force de fermentation.
— HIST. XIV* s. S'aucun cheval est morfondu, il le convient tantost faire soigner des jambes devant au plus bas, et au hault du plat des cuisses, et recueillir le sang, et d'icelluy oindre les pies, puis torchier de fuing mouillé..., ilénagirr, ii, .1. || xv* s. Eux et leurs chevaux, après la grand chaleur du soleil que ils auront eue le jour, morfondront, ne jà nei s'en sauront garder, froiss. ii, ni, «i. || xvi* s. S'il temporise, il pourra veoir morfondre son cnnemy et se desfaire soy-mesme, H'^nt. i, 356. Le chaud du jour les estouftoit, et le froid de la nuit les morfondoit, paré, xxiv, 62.
— ETYM. On a dit mort et fondre : fondre jusqu'à la mort. Mais, comme le mot est originairement do l'art vétérinaire, il faut y voir, avec Ménage : morr« et fondre.
MORFONDU, UE (mor-fon-du , due), part. passé de morfondre. || 1* Pénétré d'humidité et de froid. Pour se sauver do la pluie. Entre un passant morfondu, la font. Fabl. v, 7, L'aii devenu serein, il part tout morfondu, .Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, m. ib. IX, 2. Il Substantivement. Oiivnz, dit-il, je suis nu; Moi, charitable et bonhomme, J'ouvre au pauvre morfondu, ID. Autre imil. d'/liuicr. || 2* Fig. Qui perd son temps à attendre. Courti';an morfondu, frénétique et rêveur. Portrait de la disgrâce et de la défaveur, aftONiER, Sat. ni. || S* Fig. Qui a souffert quelque dommage, quelque perte comparée i l'élal dt celui aui est morfondu. Elle [Catherine de Mé>
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dicis] avait souvent sondé l'esprit du roi sur cela, et tâché de lui persuader que le sang était bien morfondu au delà du siiième degré; ([ue les Bourbons ne lui étaient plus parents que d'Adam et d'Eve, et qu'il était plus naturel de laisser sa suc- •ossion à ses neveux qu'à des gens si éloignes, mé- ZERAT, Abrégé chronol. Depuis la guerre on ne fait rien ici de nouveau ; les libraires sont trop morfondus, et depuis quatre mois les presses n'ont roulé que sur des paperasses mazarines, om patin, ietl. t. II, p. 6i«. Tous nos marchaiHls sont ici merveilleusement morfondus de cette guerre trop longue, ID. ib. p. 6S2. Ne trouvez-vous pas cette plaisanterie d'un esprit morfondu? M'"* DU deffant, Conv vp. t. 11, p. 4', dans pouGENS. Les économistes sont les plus étonnés et les plus morfond us de tous les êtres, r.ALiASi, Corresp. t. i, p. 231, dans pougens. Il 4° Graine morfondue, graine des vers à soie quand le germe a péri. {| 5° S. m. Terme de marine. Un morfondu, cordage fait avec de vieux câbles qu'on a préalablement détordus.
MORFOSDURE{mor-fon-du-r'),i.^. Ancien terme de vétérinaire. Le catarrhe nasal ou coryza du cheval.
— HIST. XV* s. Et porra estre que l'un de ses chevaulx se recroira, ou demourra par aucun accident de morfonture, de releveure, ou d'aultre chose, Let IB joyes de mariag<-, p. 82. |{ ivi* s. l.a poulaille d'Inde craint la moriondure et les gouttes, 0. DE SERBES 3C3. La roigne leur avient (aux brobisj au dos, par pluies et morfondures, se donne et prend comme peste, m. 987.
— ÊTVM. ifor/bndu. Au ivi' siècle, on disait aussi morfondement.
t MORGANATIQUE (mor-ga-na-ti-k'), od). Terme de droit germanique. Mariage morganati(|ue, mariage de la main gauche, mariage dans lequel un homme épousant une femme d'un rang inférieur lui donne la main gauche dans la cérémonie n upliale.
— KTY!». Bas-lat. matrimonium ad morganaticam contractum. Origine incertaine. On a indiqué JBorgengabe, le don du matin ; à quoi Scheler objecte qu'on ne voit pas comment Uorgengabe donnerait morganaticus . et que le don du malin n'est pas essentiel au maria-'e morganatique; il suggL-re, avec douie, le gothique maurgjan, restreindre : un mariage avec restriction. Legoarant propose : à la Slorgane, à la manière de la fce Morgane; mais, pour autoriser celte étymologie, il faudrait quelque texte. Pouniuni ne serait-ca pas ilorgcn, matin : mariage célébré le matin, subrepticement, sans la grande pomjje du mariage de midiT
t MOHGA\ATIQUEXIENT (mor-ga-na-ti-ke-man), adv. X la morganatique.
t MOKG.xNB (mor-ga-n'), t. f. Sœur d'Artus et élève de Merlin, enchanteresse fameuse dans les romans de chevalerie. Oue ce soit Urgèle ou Morgane, J'aime, en un rêve sans ellroj, Qu'une fée au corps diaphane, Ainsi qu'une fleur qui se fane, Vienne pencher son front sur moi, y, hugo. Bail. i. Il Fée Morgane,cliâteau de la fée Morgane, nom donné au mirage qui, sur la côte d'Italie, fait voir au-dessus de la mer des ch.lteaux, des palais, des villes, etc. Il On dit aussi Morgain.
— ETYM. Nom celtique que M. de la Villcmarqué propose d'interpréter par le bas-breton mor, 1res, fort, et gan, pour can, brillant : la très-brillante : itai. fnia monjana, le mirage.
t MOIIGA.NT, AJiTE (mor-gan, gan-t'), adj. Terme vieilli. Qui morgue; qui témoigne de la morgue. Pourvu qu'on soit morgant, qu'on bride sa moustache. Qu'on frise ses cheveux, qu'on porte un ^■rand panache.... Kn ce temps d'aujourd'nui l'on n'est que trop savant, bêgnikr, Sat. m. || Le Uorgante, béros d'un poCme de Pulci, au xv* siècle, doit être notre mol morgant.
t MORGATE (mor-ga-f), f. f. Nom de la sèclio dnns le Finistère et le Morbihan, corrompu en margite dans les Côtei-du-Nord et la Normandie.
— ETYM. Bas-breton, mor, mer, el gai, lièvre : li^v^e de mer.
MOHGKLl.VF. (mor-je-ti-n'), ». f. Plante à pctiles fleurs et à feuilles |>ointue!i, que l'on nomme autrement alsine (genre de caryopbylléei). Il Morgeline d'i té, le mouron des champs.
— ETYM. Uort, ancien m'jt signifiant morsure, tt gHinr, poule : la morsure delà geliiie, plante ainsi nor<imée parce que les poulci l'aiment (ilal. mordtiinUiiia).
■} «OUGOI'LE (mor-gou-l'), I. f. Mollus(|ue marin, en forme de moitié irorango.
«. MORGUE (mor-gh'l, ». f. || 1* Contenance iéri«tu« et fière. Horgua de magisirat rébarbatif,
sévère. Qui ne dément jamais son grave caractère, DUFBéNT, Uar. fait et rompu, i, 3. || 2' Orgueil et suffisance. T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante? BOiL. Sat. X. [Le maréchal de Vllleroy] esprit borné et sans culture, de la vieille galanterie, un jargon de cour, de la morgue, haut ou plutôt glorieux, et plus bas que respectueux auprès du feu roi et de .Mme de Maintenon, duci-OS, Œuvres, t. v, p. 217. La fausse dignité ou la morgue, mnEROT, Salon de 1767, Œuv. t. xv, p. 447 dans pougens. Nous sommes loin de confondre la morgue sophistique avec les saines connaissances de l'esprit et du cœur, cnATEADBR. Génie, m, ii, f.
— HIST. xvi* s. Ces parolles achevées, Juppiter, contournant la teste comme un singe qui avalle pillules, feit une morgue tant espouvantable que tout le grand Olympe trembla, nAB. Pant. iv, Nouv. prol. Lnyre et sa femme se veslirent de leurs beaux habillemens, comparurent en la salle, faisans bonne morgue, ID. ib. iv, (2. Vous trouvez de ces morgues de vent coustumierement aux Espagnols, d'auh. Fan. IV, B. C'est injustice et folie de priver les enfants qui sont en aise, de la familiarité des pères, et vouloir maintenir en leur endroict une morgue austère et des<laigneuse, mont, ii, 79.
— ETYM. Origine inconnue. Cependant Grandgagnage, au mot mourort, cite le languedocien morija, museau; ce serait le même mot. Unrgue ne paraît pas dans la langue avant le xvi* siècle.
2. MORGUE (mor-gh), ». f.\\i' Petite chambre à l'entrée des prisons, où l'on met d'abord les prisonniers, pour donner le temps aux guichetiers de bien les reconnaître. On me conduit au petit Cliâtelet, où, du guichet étant passé dans la morgue, un homme gros, court et carré vint à moi, la Prisan de M. Dassnucy, etc. Paris, (674, in-12, p. m. Il 2° Par assimibition. Entréede la manche de certains filets. Il 3° Endroit oii l'on expose les corps des personnes mortes hors de leur domicile, alin qu'elles puissent être reconnues. La iiorgue est un endroit situé dans l'enceinte du grand Chàlelet, où les corps morts dont la justice se saisit, sont exposés à la vue du public, afin qu'on puisse les reconnaître, SAiNT-FOix, Ess. Paris, (Ii\tvr. t. m, p 22), dans pou- GKNS. Il extermine en effet ma pauvre Irène; il prétend qu'elle sera traînée à la morgue, et pendue par les pieds, parce qu'elle s'est tuée étant chrétienne, volt. Lett. Thihouvilte, lO nov. <777.
— REM. Mercier dit morne et non pas morgue : C'-stà l'HÔlel-Dieu, c'est à la morne, que l'on aperçoit les nombreuses et déplorables victimes des travaux publics et d'une trop nombreuse population, Tal'l. de Paris. I.ieuiimnnt de police.
— ETYM. D'après Ménage, morgue signifie visage, et est le même que morgue i ; le lieu où l'on reconnaît la morgue, \e visage des morts. L'élymologie est bonne, mais & condition que morne de Mercier soit une faute.
t. MORGUE, f.E (mor-ghé, ghée) part, passé àe morguer < . || 1* A (|ui on fait la morgue. Morgue par un fat. || i' Qui fait la morgue. Monseigneur parai.s,sait rêveur et morgue, sr-siM. 2"i, <B6. Je vis mettre le roi i table, il me sembla plus morgue qu'à l'ordinaire, et regardant fort à droite et à gauche, m. 3S!), 243.
f 2. MOKGUÉ (mor-ghé), interj. Sorte de juron de paysan. Morgue I queu mal te fais-jeT hol. Festin, II, t.
— ETYM. Altération de mordié.
t. MORGUEU (mor-ghé), je morguais, nous morguions, vous morguiez; que je morgue, que nous morguions, que vous morguiez, v. o. || 1" Faire la morgue à quelqu'un. Je pris vengeance de ceux qui m'avaient morgue autrefois, en le» morguanl tout de même, Prancion, liv. vi, p. 232. Et, do son large dos morguanl les spectateurs. Aux trois quarts du parterre [il] a caché les acteuw, mol. Fdch. i, i. La comédienne [une maltresse de Charles II | est aussi fière que la duches.se de Portsmouth : i Ile la morgue, elle lui fait la grimace, elle rattai|ue et lui dérobe souvent le roi, E^.v. 216. Guitaut m'écrit de Fontainebleau, où il est allé morguer la cour, m. 4S7. Il faut s'y atlenilre. en prévenir les acteurs, ne se pas décourager, jouer la pièce arec un majestueux enthousiasme, bien morguer le public, et le traiter avec la dernière insolence, volt, l.etl. d'Argeiilal, 2loct. «772. Il Fig. Morginnt la destinée el gourmandanl la mort, HEiiSitn, Snt. vi. || î' Se morguer, r. rèfl. .Se faire la morgue l'un à l'aulre. 1-à ils (les deux Siiiinn; cominencérenl tous dent i se morguer, VOLT. Philos. Ép. aux Rom. V imp.
— HIST. XV* s. Cet cscuycr breton les alla morguer luj tout seul, Mém. t. D. G. dt. as. || xvi* *. Un
homme si desdaigneux, si morguant, doibt estra plus habile, mont, iv, 47.
— ETY.M. Morgue ).
t MORGUER (mor-ghé), v. a. Ancien terme de pratique. Examiner les prisonniers à leur entrée dans la geôle, afin de les reconnaître.
— f.TVM. Morgue 2.
t MORGUEUÙ (mor-gheur), ». m. Celui qui regarde avec morgue.
— HIST. XVI* s. Hardi, d'un nouveau cœur, maintenant je m'adresse X ce géant morgueur, par qui chacun trompé Souffre h sos pieds languir tout le monde usurpé, d'alb. Tragiques, Princes.
t MORGUIENNE (mor-g'hiè-n'), interj. Sorte de jurement de paysan. Morguiennel si j'avais su ça tantôt, MOL. Festin, II, 3.
— ETY.M. Altération de morgue 2.
MOUIBO.M), O.VDE (mo-ri-bon, bon-d'), adj. Qin
est près de mourir. ...comme un pauvre malade moribond qui ne sait plus que faire; il s'imagine qu'en se levant il sera un peu allégé; il achève de perdre son peu de force |iar un travail qu'il ne peut supporter... boss. l"isrmon,Pfn(ec. i. One diantre voulez-vous que l'amour aille faire Dans un corps moribond à ses feux si contraire? peonard, le légat. II, 5. Êire tout moribond, être dans un état de langueur, comme si l'on allait mourir. N'est-il pas cruel, me dit-il, i|ue mon oncle, tout moribond qu'il est, épouse demain mademoiselle de Taviré pour la laisser veuve au bout de six mois? Marivaux, Marianne, 9* part. Il .1. m. el f. Un moribond, une moribonde. Que voit-on dans le tableau d'Euilamidas? le moribond sur la couche, à côté le médecin qui lui tâte le pouls, riBER. Pensées sur la peint. Œuv. t. XV, p. 20H, dans pougens.
— HIST. XVI* s. Je le trouvai avec un visage moribonde et jauna^tre, pabé, t. m, p. 728.
— i;ty.m. I,at. morthuiidKï, de mort, mourir. MOUICAUI), AUI)E(mo-ri-k6, kô-d), adj. Terme
familier. Qui a le teint de couleur brune. Il est moricaud. || S. m. et f. Moricaud, moricaude, homme ou femme dont le teint est brun. Mlle de la Garde et Mlle llardou, toutes deux Françaises, avaient été placées par la reine mère ; la première était une petite moricaude... iiamilt. Cramm. ». || Il se dit familièrement aussi des nègres.
— HIST. XVI* 8. Il [Henri II] estoit beau, encore qu'il fust un peu mauricaut; mais ce teint brun en elTaçoit bien d'autres plus blancs, urant. Cap. franc.
t. Il, P- B9, danSLACt'RNE.
— £tym. Dérivé de more, par l'intermédiaire de morixque.
MOItlGËNË, t.K (mo-ri-jé-né, née), part, passé de morigéner. || l" Dont les mœurs se sont améliorées. El chacun sait que maître Êiiée, Personne bien morigénée. Était sans faste et vanité. Adoré pour sa charité, scarb. l'irg. vi. Vous avcz-là un grand g.irçon bien mal morigéné, monsieur, RE0NARn,.S'ciV H, se. ». Il 2* Oui a reçu une réprimande. Ce jouno homme morigéné par son père. || Par plaisanterie. Le .sanglier mal morigénés'est iinperlinemmenl détourné contre nous, mol. Am. magn. v, I.
MOItlGËNEK (ino-ri-gé-né. La syllabe gé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je morigène, excepté au futur et au conditionnel: je morigénerai, je morigénerais), v. a. || 1* Former les mœurs de quelqu'un (vieilli en ce sens). Si vous aviez, en brave p're, morigéné votre fils, il no vous aurait pas joué le tour qu'il vous a fait, mol. Srap. II, 1 . Il 2* Héprimander, reinetlre dans l'ordre el dans le devoir (il c-t lauiilier ence sens). C'est un étourdi qui mérite que vous le morigéniez sévèrement
— HEM. C'est une faute de dire mori^jiner.
— HIST. XV* s D'autre» aisez, lesquels le service d'amour a faicl devenir raillans cl bien morigénés, Douciq. I, 7. Vaillant aux armes et bien morigiiié, ih. m, *. jj xvr s. Il faut que la nourrice sou sage et bien morigénée, PAKà, xviii, 24. Sans celte hemoraglo il n'auroil pu se morigéner, i cause du sang bouillant qui le dominoit naturellemenl, d'auh. Vie, xxvii.
— ETYM. Provenç. morigenar ; du latin morigerari, être docile, par le changement de l'r en n, changement Iris-rare, tandis que le changement de l'n on r ne l'est pas. tforij/crori vient de mos,morit, mœurs, el gerere, porter.
MOUILLE (mo-rl-ir, Il mouillées, et non mori-ye), ». f. Il 1* Espèce de cha:iipigiion comestible vanté autrefois oiuiinc a|ihioilisJaque et percé de petits trous, morcliella esculenla, famille des pezizes. Il 2* Morilles de mer, polypiers de la famille des éponges.
— CTYM. Picard, meroule, merouille; hoUaod,
morilhe; anpi. morel; anc. h. allem. morhi/o; allem. rnod. Mnrchel; suéd. murkla; ainsi dite, d'après Saumaise, suivi par Diez, de more, parce qu'en cui«anl la morille devient noire.
MORILLON (mo-ri-Ilon, Il mouillées, et non mori-yon) , t. m. || 1° Sorte de raisin noir et doux. || 11 jr en a aussi une variété de blanc. || 2° Sorte de petit canard de couleur noire. Le morillon est un joli petit canard , qui pour toutes couleurs n'offre, lorsqu'on le voit en repos, qu'un large bec bleu, bufk
Oit. t. IVU, p. 325.
— HIST. xni* s. Et li vins de moreillons, cascuns œuis. neuf sous de rente cascun an,BEAOi«.xxvn, 2.s.
— £TYM. Dérivé de more, noir.
MORILLONS (mo-ri-Uon, Il mouillées) , s. m. pi.
Terme de joaillier. Émeraudes brutes qui se vendent à la livre.
— Etvm. Le même que morion a.
t MOKIN(mo-rin),i. m. Principe colorant du bois jaune. Sousles nomsdemorinjauneetdemorin lilanc, on connaît, dans l'art de la teinture, deux couleurs fournies par le mûrier des teinturiers, dit bois jaune, qui est devenu le broussonetia tinctoria, legoarant.
— ÊTVM. Lat. morus, mûrier.
t MORINDE (mo-rin-d'), t. f. Genre de plantes équatoriales de la famille des rubiacées. La morinde à feuilles de citronnier. La morinde royoc, dite vulgairement royoc.
t MORINE (mo-ri-nT , s. f. Principe cristallisable, blanc jaunâtre, qui existe dans le bois du mûrier à teinture {morus tinctoria, L.).
— ÊTYM. Voy. Mosm.
t MORINELLE (mo-ri-nè-l'),«. f. Espèce de pluvier.
t MORINGE (mo-rin-j') , s. m. Genre de plantes : le moringe plérigosperme deGaertner, qui était le moringe oléif^re de Lamarck et la guilamline moringa de Linné; le moringe aptère (Indes orientales) de Gaertner, nommé dans les officines been-albutn ou ben-album, c'est-à-dire been-blanc ou benblanc, mais qu'il ne faut pas confondre avec le behen blanc, legoarant.
t MORLVGfiES (mo-rin-jée), t. f. pi. Terme de botanique. Nom d'une tribu des légumineuses.
fHORINGIQUE (mo-rin-ji-k'), adj. Terme de chimie. Acide moringique, acide gras retiré de l'huile de ben.
4. MORION (mo-ri-on), t. m. Ancienne armure de tête plus légère que le casque. Adieu tessette, adieu mon morion antique. Crève-cœur du vieux toldat, pièce de 4623. Une épée à gaine d'ivoire, Outre un fort joli morion . Fera le prix du champion .SCARR. rtrgr. v. Il Donner sur le morion, espèce do punition qu'on applitjuait aux soldats convaincus de quelque faute, et qui consistait en coups de hallebardedonnésdanslecorps de garde. Dignedu morion ou bien de la prison, Crcie-cœur du iîfu.rsoidaf. Que sur peine de morion, Autant chevalier que pion. Personne ne mit pied à terre, scar. Virg. i.
— IIIST. xvi* s. Deux capporaulx d'harquebusiers portans morions, chacun 4 8 livres; cinq lanspessades harquebusiersmorionnez, chacun I2 livres, Ordonn <2 déc. 4653.
— ÊTYM. Esp. morrion; portug. mom'do; ital. morioiie. D'apriisM. RouUin, le mot serait espagnol, et viendrait de morra, la partie supérieure et ronde de la tête, le même que morro (comparez morne 2).
t 2. HORION (mo-ri-on), t. m. || !• Pierre précieuse, qui est une espèced'onyï, d'un noir rougeâtre , transparente et brillante. || 2" Genre de coléoptères pentamèrts. || 3° Genre de coquilles univalves. Il 4° La morelle somnifère.
— ÊTYM. Diminutif de more, noir.
t MORIOPLASTIE (mo-ri-o-pla-stie), t. f. Terme de chirurgie. Art de réparer chirurgicalcnient les parties détruites de nos organes.
— ÉTYM. M6(,iov, partie, et ixXioativ, former.
t MORIQUE (mo-ri-k'). ad;. Terme de chimie. Acide muriquo, acide trouvé dans l'écorce du mûrier blanc. Il On le nomme aussi moroiylique.
— ETYM. I.al. moruï, mûrier.
t MOKISyUEou MAURISQUE (mo-ri-sk"), s. m. Nom donné aux Mores d'ICspa^ne après la ruine de leur empire. Ce jourJ'hui, 28 décembre loio, est ar riTé un courrier de béville oii est le maniuis do Saint-Germain, qui est après à faire trouver vaisseaux pour quelques Morisqucs d'Andalousie qui désirent paiser en France, Mém. de Jf. de Puitieux au roi, dans de laborde, Émaux, p. a»9. Votre Majesté aura su comme tous les Maurisques du royaume de Valence sont passés, le nombre s'est trouvé da cent trente mille, Uu. de M. de Vaucel- \e* au roi, déc. 46o», <6.
— mST, XV' 1. (Au feaUn dM ambauadeurs de
MOR
Bohême] il y eut des entremets de morisques, mommeries... J. chartieh, //lit. de Ch. F//, p. 2»*, dans LAd'Rire, au mot mystère.
— ETYM. Autre forme de moresque.
t MORLETTE (mor-lè-t'), s. f. Nom vu'gaire, dans le Midi, d'une fauvette dite aussi becfigue qui s'attache à becqueter les figues, alaitda pratensis, L.
f MORME (mor-m'), s. m. Poisson de la Mcditerranie, du genre spare.
t MORMIROT (mor-mi-ro), t. m. Espèce despare, poisson.
t MORMON (mor-mon) , s. m. Nom d'une secte religieuse, moitiéjudaîque, moi lié chrétienne, qui admet la polygamie et la théocratie, et qui s'est établie dans l'Amérique'du Nord. || Adj. L'église mormonne.
— ÊTYM. itformon, personnage imaginaire qui, selon Joseph Smith, fondateur de la religion mormonne, sortit de populations juives qui auraient pénétré jadis en Amérique.
t MORMOXISME (mor-mo-ni-sm'), s. m. Religion des mormons.
4. MORNE (mor-n'), ad;. || !• Qui a la tristesse peinte sur le visage, dans la contenance. Le malheureux lion, languissant, triste et morne, la font.
Fabl. m, 44 À ce discours je te trouve un peu
morne, boil. Sat. x. Tout un peuple suivait, morne, glacé d'horreur, volt. Oresle,v, 7. || 2° Il se dit aussi des choses. Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour, corn. Hor. ii, 2. [Des coursiers] L'œil morne maintenant, et la tête baissée, rac. l'hèdre, v, 6. Le niorno et triste silence de l'Ingénu, ses yeux sombres, ses lèvres tremblantes, les frémissements de son corps.... volt. l'Ingénu, 20, Morne clarté» M. J. CHÉN. Charles iJT, v, 2. Morne effroi, id. Fénel.i, 1. 1| Temps morne, temps obscur et couvert. Il Couleur morne, couleur sombre, qui manque d'éclat.
— HIST. XII' s. X l'ostel s'en ala lihuem [l'homme de] nostre sçignur ; Si clerc furent vers li o murne e en irur. Th. le mart. (09. || xiii* s. Et au pauvre [la dame] se fait et chicheet morne,QUESNEs, Romancero, p. 86. [La femme] Une hore rit, antre hore est morne, la Rose, 3095. X joie et à déduit t'atorne ; Amors n'a cure d'omme morne, t'b. 2488. ||xvi' s. Quand on peint un tableau, on cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met on au-dessus les guayes et claires, amyot. De la tranq. d'âme, 3i. Un visage morne et centriste, mont, i, 270. Son œil morne et transi, d'aub. Tragiques, la Chambre dorée (édit. lalanne, p. 4*2).
— ÊTYM. Picard, rnourme; provenç. mom; porlug. morno; du germanique : goth. maurnan, être triste ; anc. h. allem. mornon ; angl. ta moum.
2. MORNE (mor-n'), s. m. Nom donné aux petites montagnes dans les Antilles, et, en général, dans les colonies françaises. De cette ouverture, on aperçoit, sur la gauche, la montagneappeléelemornede la découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'Ile, bern. de st-p. Pauiet Virg. Quelques pins rougeàtres sur la nudité d'un morne, c'est tout ce qui s'offre aux regards, chateaub. Génie, lu, v, B.
— ÉTYM. Espagn. morro, et son augmentatif morron, monticule, qui s'est altéré dans la bouche des créoles français.
t 3. MORNE (mor-n'), s.f. \\ 1° Sorte d'anneau, dit aussi frette, qu'on mettait au bout de la lance courtoise. Il 2° Terme de blason. Le cercle que forme une trompette, ou un huchet, à son extrémité.
— HIST. XVI' s. Mont-Gommeri rompit on la visière [du roi Henri 11] si rudement que la morne descrocha de la liaute-piece; la visière levée en haut, le contre-coup donna en l'œil, d'aub. Uist. i, 85.
— ÊTYM. On disait lance morne pour une lance garnie de l'anneau qui la rendait inoffensive : Partant prindrent ung chascun la picque morne en poing, BAB. Sciomnchie. La lance morne était ainsi appelée parce qu'elle semblait morne, triste, par opposiiion à la lance émoulue dont le ferétait brillant. Puis le nom de la lance passa à l'anneau qui fut dit morne (voy. morne 4).
MORNÉ, ÊE (mor-iié, née) , ac^)'. || 1* Lances mornécs, lances garnies d'une morne, et dites aussi armes courtoises. Sa Majesté se montra incontinent sous le dais.... portant un bâton de bresil morné d'argent (4022), fbancisql'e miciikl. Argot, p.28i. Il 2" Terme de blason. II se dit des animaux sans dents, sans bec, langue, griffes et queue. Lion morue. Aigle momé.
— HIST. xvi' 8. [Subtilité] momée pour un aultre, affilée pour moy, mont, i, 42.
— Éi YM. lfom« a.
i MORNEHENT (mor-ne-man) , adv. D'une manière morne.
— UIST. xvi* ■. Ilomement, oudw, Ditt.
MOR
t MORNET (mor-nè), ». m. Petit morne.
— ÉTYM. Diminutif de morne 2.
t MORNETTE (mor-nè-f), s. f. Terme de llason
Petite morne
— ÉTYM. Diminutif de morne S.
MORNIFLE (mor-ni-fl'), s. f. || 1' Terme familier. Coup de la main sur le visage. || 2° Espèce de jeu de cartes.
— HIST. XVI' S. Donner momifie, oudin, Curios. franc. Bailler.mornifiesu! les leviesduroy, cotgbavb.
— ÉTYM. Picard, bomifle, soufllct dans les yeux. Origine inconnue.