‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 182 sur 389 · RIQUE · texte numérisé non relu

RIQUE

— ÉTYM. Lat morus, mûrier, Ey).ixô;, qui vient du bois.

t 4. MORPnÊE (mor-fée), s. m. Terme de mythologie. Le fils du Sommeil, et le dieu des .smiges. Être dans les bras de Worphée. Les pavots de Morphée. Morphée avait versé sur lui tous ses pavots. Mais je dors moins que ne fait un proscrit, Moi, dont l'Orphée était le dieu Morphée, la font. ielt. XIX, à Sl-Eiremond. \\ Fig. Voici toutes les passions du roi [Louis XV] et tout le ressort du gouvernement : laissez-moi dormir.... que j'aie la paix à la cour, dans le royaume et avec mes voisins.... l'ordre ancien et accoutumé sans examen, la religion, du pays; c'est Morphée qui règne, d'argenson, J/em. dans Revue des Deux-Mondes, I5 janv. 4867, p. 383.

— ETYM. Mopcptù;, de (lopçïÛEiv, donner des formes variées (à cause des foruies diverses des songes), de (Jiopipii, forme (voy. morpho.... préfixe).

t 2. MORPHÉE (mor-fée), s. f. Terme de médecine. Nom ancien d'une affection cutanée, mal déterminée, qui paraît consister en des taches groupéi's les unes près des autres. || Maladie de l'oranger et de l'olivier.

— iilST. XVI' s. Lors il advient rongne et gratele crouteuse, morphée noire, chancre.... paré, Inirod. 6.

— ÉTYM. Ital. morfea. Origine inconnue.

t MORPllÉTINE (mor-lé-ti-n'), adj. Terme de chimie. Produit obtenu en traitant la morphine par le peroxyde de cuivre et l'acide sulfurique.

MORPHINE (mor-fi-n'), s. f. Terme de chimie. Alcali végétal qui exisie dans l'opium du commerce et dans le pavot indigène, et i|ui lui donne sa vertu soporifique. De l'acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd, en une cuillerée tue, p. l. cour. l'amphl. des pamphl.

— ÊTYM. Morphée, & cause de la vertu soporifique de celte substance.

t MORPIIIQUE (mor-fi-k'), ad). Terme de chimie. Se dit des sels dont la morphine fait la base.

I MORPIIO.... préfixe qui signifie forme, et qui vient du grec pLop<piri.

i MORPIIOGÉNIE (mor-fo-jé-nie), t. f. Production de la forme. Morphogénie moléculaire, disp<v sition qu'affectent les molécules dans un composé.

—ÉTYM. Morpho..., et le suffixe génie.

t MORPHOLOGIE (mor-fo-lo-|ie), ». f. Histoin

MOR

des formes que peut revftir la matitre. || Traité de la conformation eitérieure des animaux et des végétaux et des changements qi:e celle confinmation subit. La morphologie... c'esl-à-dire l'organographie expliquée par les transformai ions auxquelles sont soumises les parties des végétaux, aug. stniLAinE, ilorpholoyie régi'tale, p. I7, Paris, <84i. Il Morphologie des langues, doctrine de la forme des mots et de leurs transformations.

— ETY.M. Morpho..., et /ôfo;, traité, doctrine.

t MORPUOLOGIQUE (mor-fo-lo-ji-k"), adj. Quia rapport à la morphologie. || ClassificUion morphologique des langues, classification des langues d'après la forme que prennent les racines, suivant que les langues les tiennent isolées, ou qu'elles les agglutinent, ou qu'elles les infléchissent.

t MORPUOLOGIQUEMKPrr (mor-fo-lo-ji-ke-man), adv. Relativement à la forme. Les profondeurs des océans recèlent encore des animalcules morphologiquement identiques à ceux qui peuplaientl'universalité de la planète à l'époque où les Irilobites trônaient seuls au sommet de la série des organismes vitaux, FONviFLLE, Presse scienlif. (863, t. l, p. 46B.

f MORPllON (morfon), *. m. Genre d'insectes lépidoptères, de l'ordre des diurnes : le morphon adonis qu'on trouve dans toute l'.imérique méridionale; le morphon achille, appelé vulgairement

achille, LEGOARANT.

i MORPUOSE (mor-ffl-z'), i. f. Terme d'histoire naturelle. Action de prendre une forme, de donner une forme. Je viens arrêter un moment l'attention sur une chétive mais curieuse larve, jusqu'à présent inconnue à la science; c'est le premier âge, la première morphose d'un petit coléoptère habitant lies fleuves, le potamophilus acuminatus, Duroun, Acad. des te. Comptes rendus, t. liv, p. 260.

— ÊTYM. Môpsuotç, de (lopçôo), donner une forme, de (lopçin, forme.

t MORPHOZOAIRE (mor-fo-zo-ê-r^ , adj. Se dit l'un animal qui a une forme bien déterminée.

— ETYM. Morpho..., et Cioàr-iov, petit animal. MORPION (mor-pi-on) s. m. Terme grossier et

qui ne doit pas être prononcé. Sorte de pou qui s'attache aux endroits poilus du corps; pou du pubis, pediculus pubis, L. \\ Fig. et populairement, se dit par injure aux petits garçons pour leur reprocher leur petitesse ou leur importunité.

— mST. ivi* s. Des animaux qui se procréent en nos corps, à sçavoir pouls, punaises et morpions, PARÉ, XIV, l«. On petit morpion, oi)niN,Curioj. franc.

— ÊTYM. Hor, qui mord, et pton, ital. pedione, du latin pedis, pou (voy. pou) : pou qui mord.

HORS (mor; 1'» ne se prononce et ne se lie jamais: le moraux dents; des mor en fer; quelques-uns au pluriel, lient l't: des mor-z en fer), t. (m. || 1" Proprement, morsure; absolument inusitéencescns.l! Mors du diable, scabieuse des bois, scabiosa succiia, L., ainsi nommée à cause de sa souche tronquée comme par une morsure. |i Dans les verreries, extrémité de la canne que l'on plonge dans le creuset, et à laquelle le verre s'attache comme par une morsure. Il 2" L'ensemble des [lièces qui servent à brider un cheval ; ce sont l'embouchure, les branches, les anneaux, l'esse et le crochet. Le mors et l'éperon sont deux moyens qu'on a imaginés pour les obliger [leschevaux] à recevoir le commandement : le mors pour la précision, et l'éperon pour la promptitude des mouvements, buff. Cheval. || Mors à la turque, mors dont les branches sont droites, sans sous-barbe, il Dans l'usage le plus ordinaire, il se dit de la seule partie qui porte autrement le nom d'embouchure du mors, pour la diftinguer des autres pièces dont chacune a un nom particulier. Ils rougissent le mors d'une sanglante écume, rac. Phèdre, v, e. Le voyezfous... Abandonner le mors à son fougueux coursier? LAMART. Harold, 32. Il Fig. L'homme, eu ses pa.ssions toujours errant sans guide, A besoin (ju'on lui mette et le mors et la bride, boil. Sat. x. || Prendre le mors tux dents, se dit proprement du cheval qui saisit les branches du frein avec les incisives, et qui, dès lors, lutte avec avantage contre son conducteur. || Hais, dans l'ujage ordinaire, on dit qu'un cheval prend le mors aux dents quand il f'emporte, quoique le frein ait conservé sa position normale. Dit la première charge, le cheval de mon gouverneur prit le mors aux dents, ST-siu. <S, Mo. || Fig. Prendre le mors aux dents, se livrer tout entier i ses pa-ssions; et aussi s'emporter, se livrera une colère subite; et encore, faire succéder une grande activité & l'indolence. Non, morbleu, j'ai pris le mors aux dents, et il n'y a plus moyen de me retenir, lf.ghand, Gnlanl coureur, se. M. || Fig. Hocher le mors i quelqu'un, le contrarier, t'oppoier k ses désin. Pu

MOR

UB [dn conseil] n'osait hocher le mors au prince qui représentait le feu roi, st-sim. 4)», 2». || Fig. Ronger le mors, n'oser faire éclater son dépit; on dit plutôt ronper le frein. Lesuus [peuples] indomptés et farouches. Les autres rongeant dans leurs bouches Les mors des tyrans et des dieux, lamart. Ilarm. rv, <3. HS-Mors d'Allemagne, instrument employé pour punir le cheval, ou pour détourner sa sensibilité pendant une opération chirurgicale.

— HIST. xui" s. Adam par grant impacience Et par foie inobedience Mordi le mors [morceau] qui mort engendre, Jt. ng meung, Trt's. 31 B. ||ivi' s. Heureuse la nef arrestée Par le mors de l'ancrejettée Dedans le sein d'un si beau port ! du bellay, ii, 63, recto. Le cheval furieu.'C, aiant le mors pour guide, Tousjours en sa fureur ne dédaigne la bride, ID. iii, 62,rerso.

— ÊTYM. Provenç. mors, morsure; anc. espagn. muerso; ital. viorso; du lat. morsus, morsure.

t MORSE (n.or-s'), s. m. Mammifère marin, trichechus rnsinarus, Linné, famille des pinnigrades, ordre des carnassiers, qui vit dans toutes les mers du pôle nord, dit aussi cheval marin, vache marine, animal à la grande dent. Le morse a, comme l'éléphant, deux grandes défenses d'ivoire qui sortent de la mâchoire supérieure, et il a la tête conformée, ou plutôt déformée de la même manière que l'éléphant, auquel il ressemblerait en entier par celte partie capitale, s'il avait une trompe, bufp. Quadrup. t. VI, p. 308.

— ÊTYM. Danois, mar, mer, etroî,cheval : cheval de mer.

MORSURE (mor-su-r'), ». f. || !• Action de mordre. Leur morsure [des surmulets] est non-seulement cruelle, mais dangereuse, elle est promptement suivie d'une enOure assez considérable, et la plaie, quoique petite, est longtemps à se fermer, BUPF. Quadrup. t. iii, p. 3. [{ 2° Plaie avec contusion ou déchirure, que les animaux font en mordant. Morsure de cheval. La morsure d'un chien enragé. {| 3° Fig. Il se dit quelquefois de l'action de substances corrosives. On remarque que l'or résiste aux impressions et aux morsures du sel et du vinaigre, qui résolvent et qui domptent toutes les autres mati?;res, rollin, Ilisl. anc. (But), t. x, p. 622, dans POBGENS. || 4* Fig. Effets de la médisance, de la calomnie. Les morsures de la calomnie. 'Tout gonflé de poison il attend les morsures, v. hugo, Voix intérieures, iS. || 5* Morsure do puces, le cône pulicaire, coquille ainsi nommée de la forme et de la couleur de ses taches.

— HIST. xiii,' s. Maufcz [diable] , com m'avez mors de mauvèse morsure ! rltbb. ii, »6. {| xvi* s. De la morsure ou picqueure de la vipère, paré, xxui, 23. Telle dent, telle morsure, cotgrave.

— ÉTYM. Dérivé du lat. morsum, supin do mordere, mordre; provenç. et ital. morîura.

4. MORT, ORTE (mor, mor-t'; au masculin, le ( ne se lie pas, excepté dans la locution mor-t ou vif), pari, passé de mourir. || 1° Qui a cessé de vivre. Après mon père mort, je n'ai point à choisir, cor.n. Cid, IV, ï. De votre cheval mort je vous mis sur le mien, roih. Buis, v, B. S'il [votre fils] est bien fort, l'éducation rustaude est fort bonne ; mais, s'il est délicat, j'ai oui dire à Brayer et à Bourdelot qu'en voulant les faire robustes, on les fait morts, SÈV. 44 juin. (677. Les pères mourants envoient leurs fils pleurer sur leur général mort [Turenne], flF.ch. Tur. Dans Florence jadis vivait un médecin.... De tous ses amis morts un seul ami resté.... Boir,. Art p. IT. Tout le peuple.... Du prince déjà mort demandait la santé, bac. Brit. iv, 2. Les vivants, quand ils sont bien fiichés, disent : je voudrais être mort; et moi, je dirais volontiers au contraire : je voudrais meporter bien, fén. Dia(. de» mort» onc. t». Il Mort ou vif, c'est-à-dire soit mort, soit vivant. Mort ou vif, lui dit-il, montre-nous ton moineau, i.A font. Fabl. IV, (». Il Fig. et plaisamment. Mort ou vif, en quelque étatquecesoit. || C'est un homme mort,sedit d'un homme qui est ou qui parait être dans un grand danger. llChair morte, chair frappée de mortification, qui a cessé de vivre, et qui so séparera du reste du corps. Il Frappersur quelqu'un commesurbéte morte, le frapper violemment. || À demi mort, à qui il ne reste que peu de vie. Des voleurs le laissent à demi mort, PASC. Vrov. ii. Je la vois entre son mari mourant, son fils à demi mort, sa bclln-fillc frappée d'un mal incurable, uaihtenon, Utt. à Urne d» Caylut, UH mai <7<7.|| Mort ivre, ivre au point d'avoir pcnlu tout sentiment. On dit aussi irre mort. ||/4u plur. Morts ivras. || Cotte morte, voy. cottb t . jj Terme de féo<laIlt4. Se faire mort d'un fief, délaisser à son plus proche licritier apparent un fief en avancement d'hoiiia. Il 2* Il sedit aussi des végéuux ; avec

MOR

raison, puisqu'on effet ils ont la vie. Un arbre mort. Il Terme d'eaux et forêts. Bois mort, bois qui est abattu ou qui, étant debout, est sec et ne peut servir qu'à brûler, jj Mort bois, les épines, les ronces fct le bois blanc, qui ne peuvent servir à aucun ouvrage. Il Feuille morte, feuille sèche qui tombe de l'arbre en automne. |iFeuille-morte,voy.>EuiLLE-MOHTE. Il Terme de peinture. Nature morte, voy. nature, n° 22. Il 3° Plus mort que se dit par e.xagéralion pour exprimer un vif sentiment de douleur, de terreur. Xcet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême. J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même, rotrou, Anlig. I, 2. Il [Démétrius] se montra à celte multitude, qui était plus morte que vive, et qui attendait dans un tremblement qui ne peut s'exprimer l'arrêt de sa condamnation, ROLLIN, Hist. anc. Uîuv. t. vu, p. 275, dans pougens. || 4" Qui a l'apparence de la mort. Une morte pâleur s'empare de son front, conN. Soph. V, 8. Il Avoir le teint mort, les yeux morts, les lèvres mortes, avoir le teint décoloré, les lèvres paies, les yeux éteints. Il Couleur morte, couleur sombre et sans éclat. || 5" Qui est comme glacé par la mort. Je n'osais me remuer, je ne tenais presque point de place, et j'avais le cœur mort, Marivaux, Marianne, part. i". || Fig. Il a la gueule morte, voy. gueule. Il Avoir la langue morte, se taire. Il N'y pas aller de main morte, voy. MAIN, n"!. !| Main-morle,voy. mainmorte. Il 6° Mort se dit quelquefois pour damne, comme la mort se dit pour la damnation. Justes, pécheurs; mort, vivant; vivant, mort; élu, réprouvé, PASC. Pens. XXIV, (2, éd. havet. || 7" Privé de chaleur, de mouvement, en parl.int de parties du corps. 11 est paralysé; la partie inléneure du corps est morte. Parlons un peu de votre santé : n'êtesvous point clfrayée de ces jambes froides et mortes? sÊv. 22 sept. 1680. Il 8* Fig. Mort à, mort pour, ciui n'existe plus pour certaines choses. Je n'en ai point vu qui fût véritablement morte au monde, sÉv. 388. Sa vie, tout ecclésiastique, annonçait un pasteur entièrement mort aux choses du siècle, boss. Panég. St Sulp. 2. Je ne suis point à moi; tous mes amis doivent me regarder comme morte pour eux, maintenon, Lett. à lime de Brinon, t. li, p. 232, dans POUGENS. Mais croiras-tu qu'au sein de la souffrance. Mort au plaisir et mort à l'espérance.... VOLT. Enfant prod. m, B. Mort au plaisir, insensible à la gloire, Dans le désert je traîne un long ennui, millev. Chants élégiaques, l'Arabe. \\iion de, qui éprouve une vive impression de. Toute morte de jalousie, sfiv. B janv. 1676. Je crois que vous ne s.Tvez pas que mon fils est allé en Candie.... j'en vois tous les périls, j'en suis morte, id. 28 août 1668. J'arriverai à Chauteloup morte de fatigue, M"« nu DEFPANT, Lett. à Walpole, t. ii, p. <65, d;ins pouGENS. Il Familièrement. Tomber mort, perdre soudainement l'entrain qu'on avait. Comme nous étions le plus en train, nous avons vu apparaître monsieur le Premier avec son grand deuil : nous sommes tous tombés morts; pour moi, c'était de honte que j'étais morte, sÉv. 3 juill. (676. jj 9° Fig. en parlant des choses, qui est sans force, sansactivité, éteint, par comp.iraison avec la morl qui éteint la vie. Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte, CORN. Poly. ii, 8. Mais, la reconnaissance morte. L'amour doit courir grand hasard, m. Agésil. 1, i. Ceux-là sont vraiment malheureux et n'ont que des espérances mortes, qui ont donné le nom de dieux aux ouvrages de la main des hommes, SACI, Bible, Sagesse, xiii, (0. M. de Grignan m'est bien nécessaire; car j'ai un coin de folio (pii n'est pas encore bien mort, sÉv. 6 mai <6ko. Vous avez grand'raison de no pouvoir vous représenter Mme de Coulanges à l'agonie, et M. de Coulangos dans la douleur •- je ne le croirais pas, si je ne l'avais vu ; une vivacité morte, une gaieté pleurante, ce sont des proiligos, ii>. ai oct. )676. Les sociétés d'où on les flle [les vérités fondamentales du chrislianismoj sont des sociétés mortes qui ne |icuvent donner i Dieu des enfanU, BOSS. Var. xv, % 7». Messieurs, l'éloquence est morte, toutes se» couleurs s'effacent, ID. Disc. Acad. Le parti de M. de Cambrai est mort, IB. Ult.(;uiét. 44a. Ce discours d'un guerrier que la colère enllamiuo Ressuscite l'honneur déjà mort en leur âme, boil. Ép. iv. Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur, La poésie est morte, ou rampe sans vigueur, lu. Art p. m. Le» devoirs ne sont plus que des pratiques mortes et inanimées, MASS. Carême, Tiéd. 2. Une terre moite et pour ainsi dire écorchée par les vents, laquelle ne présente que «les ossements, des cailloux jonchés, des rochers debout ou renversés, buff. (juiidrup. t. v, p. 11 II Œuvres mortes, voy. œuvhe, n" i J. Il 10' Uugue morte, voy.ijuioug, d*«. Hou père rit-

MOR

garde nomme mal employé le temps que je donne aux langues mortes, e. i. coua. Lelt. i, <7. ||lf Balle morte, balle qui a perdu la plus grande partie de l'impulsion qu'elle avait reçue. Aui premières décliarges de la mousqueierie ennemie, le roi [Cliarles Xlll reçut une balle à la gorge ; mais c'était une balle morte qui s'arrêta dans les plis de sa cravate noire et qui ne lui lit aucun mal, volt. Charles XII, î. || lî' F.au morte, eau qui ne coule point, stagnante. Il Bras mort, dans une rivière, partie de rivière interceptée et où l'eau n'est plus courante. Dans certaines provinces, ces bras morts •ont dit les morts. || Mer Morte, nom d'un grand lac •aie dans la Palestine. || Morte eau, les petites marées au temps du premier et du dernier quartier de lune. À Audierne, la hauteur d'eau est de *",8U en vive eau, et 3»,30 en morte eau, grangkz, Vote* navig. de France, p. ï64. || Le temps dos plus petites marées. Nous sommes en morte eau. || .Morte eau se dit aussi du plus bas de l'eau, en parlant Je la marée. Il 13° Fiji. Où il n'y a pas d'action, sans action. Pardonnez-moi, il y a des temps dans la vie où l'on ne peut rien faire, des temps morts, et je me trouve dans cette situation, volt. ieK. d'Argenlal, 26 sept. 177*. Il Argfnt mort, argent qui ne porte ni intérêt ni profit. Il Papier mort, se dit p.ir opposition à papier timbré. Aujourd'hui on dit pluiôt papier libre, papier non timbré. || Lettre morte, écrit sans autorité. Cette loi n'est plus qu'une lettre morte. || Pays mort, pays où il n'y a ni commerce, ni industrie. J'ai animé un pays entièrement mort, j'ai fait naître le travail et l'opulence dans le séjour de la misère, volt. Lelt. d'Argenlal, it oct. I77i.|| Saison u;orte, ou morte saison , voT saison |: Chaidon mort, chardon bonnetier dont les pointes sont émoussées par le travail. Il Terme de fortitication. Angle mort, se dit de l'angle que fait un flanc mutile pour la défense. Il 14" Ancien terme de physiiiiie. Force morte, force aussitêl détruite qu'engendrée. Vous appelez cela une force morte; or ces mots de force morte ne sont-ils pas un peu contradictoires T ne vaudrait-il pas autant dire mort vivant, oui et nonT volt. Vict.phil. Force p/it/jti/ue. Il Chaleur morte. Pour reconnaître ce i|ue cette chaleur morte, c'est-à-dire cette chaleur dénuée de tout aliment, pouvait produire.... biiff. Hist.min. Inlrod. pari. exp. Œuv. t. vu, p. tac. || 15' Terme de chimie. Tète morte, voy. tête. || 16* Terme de marine. Tour mort, tour simple d'un cordage quelconque sur un appui. || X morte charge, jusqu'aux écoutlllcs. Un bâtiment est à morte charge, quand on l'a chargé autant qu'il est possible. I Eaux morte», celles qui enveloppent et qui semblent accompagner la partie supérieure de l'arriére de la carène, lorsque le navire est en marche. || Proverbe. Morte la bête, mort le venin, c'est-à-dire im méchant qui est mort ne peut plus nuire.

— ETYM. Lat. morUius, irrégulièrement formé de mon (la forme régulière serait mortus) ; rryorluus est une formation de mon avec le suffixe tuus, tva, comme daus murutu, slahta, etc.

». MOUT, MOKTE(mor,mor-t'),».m.et;. Hf Celui, celle qui a cessé de vivre. Alil c'est trop m'outrager. — N'outragez plus les morts, cobn. Nicum. II, 3. Les morts les mieux vengés ne ressuscitent point,in. Surena, v, S. J'ai appris d'un saint homme dans notre affliction qu'une des plus solides et plus utiles charités envers les morts est de faire les choses qu'ils nous ordonneraient s'ils étaient encore au monde, pasc. Lett. sur la mort de son père. C'est pour cette raison [le Saint-Esprit résidant dans les corps des saints jusqu'à la résurrection] que nous honorons les reliques des morts, et c'est sur ce vrai principe que l'on donnait autrefois l'eucharistie dans la bouche des morts, lo. ib. 11 [le comte de Fonlainf s) fut trouvé parmi ces milliers de morts dont l'Espagne sent encore la perte, boss. Louis de flourlion. Attendons-nous que Dieu ressuscite des aorts pour nous instruire? il n'est point nécessaire que le< morts reviennent ni que quelqu'un sorte du lombciu; ce qui entre aujourd'hui dans le tombeau doit suffire pour nous convertir, m. Duc/». d'Orl. De tout temps dans le christianisme on a prié pour les morts, bodhd. Commim. det morts, tlyst. t. ii, j). 654. Le» triste» dépouilles d'une illustre morte, es lai mes de ceux qui la pleurent, pLteu. Aiguitton. Les morts après huit ans sortent-ils du lom- Deau? SAC AlhaL i, l. 11 n'y avait de sûreté qu'en le faisant mourir.... car, dit-ll en se servant du pro- Tcrhe, Icsmoru ne mordent point, rollih //tj». anc. «Eut', t. X, p. 90», dans rouoms. D'un éternel oubli M lirez point les morw, volt. Simiramis, ii, 7. Les justes étoget sont un parfum qu'on réserve pour •rrbauner les moru. m. Prifac* à» VÊcossaitt. Le

MOR

nombre de» morts est plus grand à Pari» qu'à Londres depuis deux ans jusqu'à vingt ans; ensuite plus petit à Paris qu'à Londres depuis vingt ans jusqu'à cinquante ans; à peu près égal depuis cinquante jusqu'à soixante ans, et enfin beaucoup plus grand à Paris qu'à Londres depuis soixante ans jusqu'à la fin de la vie, blfkon, l'robab. de la rie, lEuiV. t. x, p. 5B4. Les volontés dos morts sont des lois souveraines, ducis. Ose. m, t. Les morts durent bien peu; laissons-les sous la pierre; Hélas! dans le cercueil ils tombent en poussitre Moins vile qu'en nos cœurs, v. hugo, F. d'automne, 6. |1 Un mort, une personne qu'on va enterrer. Monsieur le mort, laissez-nous faire, On vous en donnera de toutes les façons, 11 ne s'agit que du salaire; Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort, la FONT. Fabl. VII, 4 1 . Le curé de sa paroisse ayant su que c'était un bon mort, et qu'il avait le moyen de payer grassement ses funérailles, boursault, Lett. nouv. t. I, p. S53, dans pougens. || Dans le langage poétique, le rivage des morts, la demeure des morts, se dit des lieux où séjournent les morts. On ne voit pas deux l'ois le rivage des morts, rac. Phèdre, II, 5. Croirai-je qu'un mortel, avant sa dernière heure, Peut pénétrer des morts la profonde demeure? in. fb. Il, t. Il Chez les morts, se dit dans le même sens. Mon âme chez les morts descendra la première, BAC. P/iècire,i, J. || Tête de mort,tèledont il ne reste que la partie osseuse. || Faire le mort, retenir ses mouvements et sa resiiiiation de manière à faire croire qu'on est mort. Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent, la font. Fabt.y,io. il Fig. Faire le mort, ne pas répondre aux personnes par lesquelles on est questionné, interpellé par écrit. Il Terme de jurisiirudence. Le mort saisit le vif, une personne en mourant transmet son bien à son héritier, sans qu'il soit besoin d'un acte de mire en possession. || Danse des morts, voy. macauhe. Il S* S. m. Mort se dit, à la tontine, d'un joueur auquel il ne reste rien de sa mise. || Terme de whist. Jouer le mort, faire un mort, jouer le whist à trois personnes, en mettant sur table et découvrant le jeu d'un quatrième partenaire imaginaire. || 3" -S. m. Terme de marine. Le mort de l'eau ou le mort d'eau, les marées les plu» basses. On dit plutôt morle eau. Il 4' Le mort, eau do chaux dans laquelle le tanneur a plongé plusieurs fois les peaux et qui a perdu sa force. || Proverbes. Plus de morts, moins d'ennemis. ||Oui court après les souliers d'un mort, risque souvent d'aller nu-pieds. || Les morts oiit toujours tort, c'est-à-dire on excuse toujours les vivants aux dépens des morts.

— HIST. xiu" s. Par Iceste signifiance Poons entesdrequel créance Doivent avoir li mort es vis [aux vivants], MARIE, Faly/e 33. Si fu....LamortdeGuion pardonée; Car c'est coustume par devis, Les mors as mors, les vis [vivants] as vis, pn. molskes, ms. p. 627, dans LACURNE. Il XIV* s. Sachez que les trespassés de ce siècle, après qu'ils sont morts, sçavent ce que d'eux en ce siècle estfaict de ce que ordonné ils ont; et ce savent ils par les bons anges qui habitent entre les vivans en l'air, bouteillee, Summc rural, livre il, tit. », p. 341, dans lacurne.|| xvi's. La personne, soit homme ou femme.... peut se faire mort par devant bailly [fiction légale par laquelle une personne se supposait morte et disposait en conséquencol, Coust. giriér. t. il, p. 844. La guerre est la fcste des morts, cotohave.

— f.TYM. ifort I ; bourguig. mô; wallon, motrf. 3. MOUT (mor ; le ( ne se prononce pas et ne se lie

pas : la mor a des rigueurs; excepte dans les locutions : la mor-taux rats, et il a soulTertmor-t et passion; au pluriel, l'inese lie pas : des moralTreuses; cependant plusieurs la lient : des mor-z affreuses), s. f. Il !• Fin de la vie. On distingue la mort naturelle et la Biortacciilenlelle. Le peuple offre le sceptre [à qui délivrerait Thèbes du Sphinx).... De cent cruelles morts cette offre est tôt suivie, corn. (Ed. i, 4. Faites du bien à votre ami avant la mort, et donnez l'aumône au pauvre selon que vous pouvez, saci, Uible, Ecclésiastiq. xiv, )3. Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour »e rendre heureux, de n'y point penser, pasc. Pens. IV, 5, éd. HAVET. La mort est plus aisée à supporter »an» y penser, que la pensée de la mort sans péril, ID. i6. VI, 58. Le présent ne nous satisfaisant jamais, l'espérance nous pipe, et, de malheur en malheur, nous mène jusqu'à la mort qui en est un comble éternel , id. ib. vm, i. Mort soudaine seule i craindre, et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grandis, lo. ib. xxv, 69. Nous savons que la vie, et la vie des chrétiens, est un sacrifice contiDUel qui ne peut tire achevé que par

MOR

la mort, m. Lcit. sur la mort de son père. De sorte que la mort est le couronnement de la béatitude de l'âme et le commencement de la béatitude du corps, m. ib. .le suis toujours surprise de la mort des jeunes personnes, sF.v. 393. La mort estafl'rcuse quand on est dénué de tout ce qui peut nous consoler en cet élat, II). 27 déc. 16S4. La mort, qui est la plus importante action de notre vie, a été aussi le plus bel endroit de la sienne, ID. 6 janv. (087. [La reine d'Espagne, fille de .Madame, et mourant très-raiiidementj mandant au roi qu'elle n'a point de regret à la vie, et qu'elle meurt de sa mort naturelle, quoique d'aliord elle eût dit comme feu Madame, et se repentant, comme elle, de l'avoir dit, id. 23 févr. 1 680. Quel est notre aveuglement, si, toujours avançant vers notre fin, et plutôt mourants que vivants, nous attendons les derniers soupirs, pour prendre des sentiments que la seule pensée de la mort devrait nous inspirer à tous les moments de la vie! boss. £)urh. d'OrJ. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte, id. Louii de Bourbon. 11 doit mourir de mort violente, m. Ilist. n, 4. La mort se déclare; on ne ter,te plus de remèdes contre ses funestes attaques, ID. le Tellier. Au lieu de l'histoire d'une belle vie. nous sommes réduits à faire l'histoire d'une admirable mais triste mort, m. Duch. d'Orl. Et dans les tourments inouïs de sa dernière maladie.... elle n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce, ID. Anne de Gom. Qu'il [l'homme] se multiplie tant qu'il lui plaira, il ne faut toujours pour l'abattre qu'une seule mort, ID. Sermon sur l'honneur, 1. Alors donc [après la résurrection) l'homme sera rétabli dans son premier état, la mort mourra, id. iléd. sur l'Év. Vem. sera, du Sauv. 4l« jour. Si j'allais (ah! plutôt la mort), si j'allais vous enseigner quelque erreur, je verrais tout mon auditoire se révolter contre moi, ID. la Vallière. Ces langueurs, ces abattements, CCS diminutions, que TertuUien aiipelle des portions de la mort, ne la lui taisaient-ils pas éprouver par avance? flêch. J/mc de ilont. La mort de madame la Daupliine est une de ces morts précieuses qui couronnent une belle vie, ID. Dauphine. Je ne suis point fort triste, nous n'en avons point de nouveaux sujets ; mais la mort est préférable à la vie, MAINTENON, Lett. OU duc de Koailles, t. v, p. 92, dans POUGENS. Ces histoires de morts lamentables, tragiques, boil. Sat. x. Les haines sont si longues et si opiniâtres que le plus grand signe de mort dans un homme malade, c'est la réconciliation, LA BHDY. XI. Oui ne craint point la mort est sûr de la donner, volt. Oreste, tu, 8. Je crois, toutes réflexions faites, qu'il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n'est bonne qu'à empoisonner la vie; la grande affaire est de ne point souffrir, ID. Lett. Mme du Df[[anl, (8 nov. 176». Le corps meurt peu à peu et par parties; son mouvement diminue par degrés, la vie s'éteint par nuances successives, et la mort n'est que le dernier terme de cette suite de degrés, la dernière nuance de la vie, BUFF. Ilist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 351. La mort, ce changement d'état si marqué, si redouté, n'est dans la nature que la dernière nuance d'un état précédent, m. «6. p. 367. La mort n'est pas une chose aussi terrible que nous nous l'imaginons, nous la jugeons mal de loin, c'est un spectre qui nous épouvante à une certaine dislance, et qui disparaît lorsqu'on vient à en approcher de près, in. ib. p. 371 Enfin la joie bête et ridicule de tous les fanatiques au sujet de cette mort [de Voltaire], u'alkihb. lett. au roi de Pr. 29 juin 1778. La mort, mon fils, est un bien pour tous les hommes, elle est la nuit de ce jour inquiet qu'cm appelle la vie, bern. de st-p. Paul et Ktrg. Il Fig. Ne sont-ce pas des morts, et des morts effroyables. Que tant de changements d'êtres si variables, Qui se disent toujours fatigués d'espérer? A. DK MUSSET, Povsies nnuv. Lett. à Lamartine. Il Belle mort, mort glorieuse. Mourir pour son pays est un si digne sort. Qu'on briguerait en foule une si belle mort, cobn. Wor. ii, 3. || Une bonne mort, une mort au milieu des sentiments religieux et en s'acquittant de tous les devoirs de la religion. Nous espérons obtenir par elle [la Vierge' une bonne mort après une vie toute mondaine, bour- DAL. Assompt. de la Vierge, Vyst. t. ii, p. 342. Il Mort subite, mort qui survient instantanément. Les morts subite» .sont causées d'ordinaire par des ruptures du creur ou des gros vaisseaux. Il disait que, loin de craindre une mort subite, c'était celle qu'il choisirait, nrcLOS, Œuvr. t. vi, p. *'». Il Donner la mort, voy. donner, n'e. |1 Mettre à mort, Toy. MKTTRB. |l Daiu'le langage élevé et poétique,

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porter la mort,Toy. pobtbr. || Familièrement. Souffrir mort et passion, voy. passion. || Familièrement. Mourir de sa belle mort, mourir de mort naturelle. Il serait plus honnête de me laisser mourir de ma belle mon, volt. Lett. d'Argental, 3o janv. (7-;8. j{ Fig. Tu dis qu'il faut brûler mon livre; Les tiens auront un meilleur sort, ils mourront de leur belle mort, J. B. ROLSs. Ép. m. 16. || Être à l'article de la mort, être à l'agonie. |1 Être malade à la mort, être fort malade, être près de mourir. Gens du monde, vous ne pensez pas à ces horribles profanations [de la messe]; à la mort, vous y penserez avec confusion et saisissement, boss. iouiî de Bourbon, llest plaisant que je sois si politique, en étant continuellement à la mort, volt. Lelt. d'Argental, « déc. 1777. Au milieu de ce premier triomphe, le roi tomba malade à Calais; il fut plusieurs jours à la mort, ID. Louis XIV, 6. Dès qu'on a le genre 7ierveux véritablement attaqué, on est porté à se croire continuellement à la mort, genlis. Maison rust. t. ii, p. 26t, dans pouGENS. || Entre la vie et la mort, dans un fort grand péril par maladie ou par accident. Alors qu'entre la vie et la mort incertaine, Comme un fruit par son poids délaché du rameau. Notre âme est suspendue et tremble à chaque haleine.... LAMABT. Uéd. n, 22. Il Être au lit delà mort, au lit de mort, être à l'extrémité. Un pécheur qui, étendu dans le lit de la mort, commence à ne plus compter sur sa vie, mass. Aient, Mort du pécheur. Il À son lit de mort, avant de mourir, en mourant. Il Fig. Avoir la mort entre les dents, être fort vieux ou fort malade. Je vois tout l'excès du ridicule 011 je me jette à mon âge |en faisant une tragédie à 84 ans], la syndérèsq dans le cœur, et la mort entre lesdents,ou du moins entre les gencives, c.ir de dents je n'en ai plus. volt. Leil. d'Argental, sojunv. <778. Il Avoir la mort sur les lèvres, être près de mourir, avoir la figure d'un mourant. || Mille morts, se dit, par exagération, pour les plus grands supplices ou les plus grandes douleurs, ou les plus grands périls. La goutte lui a fait souffrir mille morts. Xipharès... À travers mille morts, ardent, victorieux, S'était fait vers son père un chemin glorieux, rac. Milhr. V, 4. Plutôt de mille morts diissiez-vous me punir.... ID. ib. m, 6. || Vouloir mal de mort, vouloir beaucoup de mal i quelqu'un. Je me veux mal de mort d'être de votre race, mol. Femmes sav, II, 7. Il La mort exécute le vif, les héritiers du créancier mort peuvent faire exécuter l'obligé qui vit. I! Pères de la Mort, s'est dit d'hommes religieux ou de moines qui se vouaient i l'assistance des moribonds. X Paris, on appelait particulièrement ainsi les augustins déchaussés ou Petits pères. || Hussards de la mort, nom donné à certains régiments de hussards qui portaient pour insignes une tête et des os de mort, et qui, disait-on, ne faisaient aucun quartier à l'ennemi. Il 2° Dans le style soutenu, la mort est souvent personnifiée. La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Kt nous laisse crier, malii. VI, )«. Ia mort ne surprend point le sage, Il est toujours prêt à partir, la font. Fabl. vin, ». Défendez-vous p-ar la grandeur; Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse; La mort ravit tout sans pudeur, ID. l'j. Ce que vous dites sur la liberté que prend la mort d'interrompre la fortune est incomparable, sév. 8 juin 4878. Un tel homme voyant approcher la mort.... lui montre lui-même l'endroit où elle doit frapper : fl mort, lui dit-il d'un visage ferme, tu ne me feras aucun mal.... achève donc, 6 mort favorable, et rends-moi bientôt à mon maître, noss. le Tellier. Sans mfnacer, sans avertir, la mort se fait sentir tout entière des le premier coup, m. Duch. d'Orl. Laissons donc au sage méprinortous les étals de cette vie, puiisqu'cnfiii, de quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face qui couvre de ténèbres nos plus beaux jours, ID. ib. Il s'affaiblissait, ce grand prince, mais U mort cachait ses approches, ro. /-oui» de DuurboH. La grandeur et la gloire I pourrons-nous encore entendre ces noms dans ce triomphe de la mort? lu. Ijuch. d^Orl. Madame fut douce envers la mort, comme elle l'était envers tout le monde, id. ib. jLcs princes] dégradés à jamais par les mains do la mort, ID. ib. Elle SB trouve toute vive et tout entière entre les br.is de la mort, sans l'avoir presque enyisagée, m. Uar.-Thér. La voilà, malgré ce grand cœur, c<;tle princesse si admirée et si chériel la voilà telle que la mort nous l'a faite 1 m. Duch. d'Orl. La mort a rejoint ce qu'elle avait séparé, yttcn. Vue de Knnt. Omort, cruelle mort, que ne lui lals»aii-tu plus lii.'igtemps le plaisir de voir le fruit de ses travaux? id. Umt de Jf'mt. || Il serait Ixjn u aller

DICT. DK LA LANOUE FIUMCAISB.

quérir, à aller chercher la mort, se dit d'un homme lent en tout ce qu'il fSiit. || 3" La Mort, personnification de la mort, personnage mythologique que l'on représente le plus souvent sous la forme d'un squelette armé d'une faux (on met une majuscule). Un malheureux appelait tous les jours La Mort à son secours: ô Mort, lui disait-il, que tu me semblés belle! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. La Mort crut, en venant, l'obliger en effet, la font. Fabl. I, (5. Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie, Se plaignait à la Mort que précipitamment Elle le contraignait de partir tout à l'heure,, iD. ib. viu, I. Un fantôme s'élance sur le seuil des portes inexorables, c'est la Mort; elle se montre comme une tache obscure sur les cachots qui brûlent derrière elle ; son squelette laisse passer des rayons livides de la lumière infernale, chatkaubr. jlfarf. VIII. Il 4° Dans le langage de l'Ecriture, les ombres de la mort, la mort (voy. ombre). || 6" Mort d'homme, se dit des accidents, des rixes où quelqu'un est tué. En ces occasions l'on frappe, l'on assomme. Et pour moins, bien souvent, il arrive mort d'homme, hautehoche, le Smtp. mal apprêté, se. a. Il y a ici mort d'homme et supposition, dancourt. Mari retrouvé, se. 22. Et si je n'avais pas apaisé la querelle. Userait arrivé mort d'homme ou de femelle, regnard, Ménechm. m, t. || Crime de mort, crime emportant la peine de mort; coupable de mort, coupable méritant la mort (locutions qui ne se disent plus beaucoup). C'était un crime de mort de paraître en la présence du roi [sans être appelé], L. racine, Rem. Esth. i, s. Quand Assuérus y était [dans la chambre du trône], quiconque y entrait sans être appelé était coupable de mort, id. 16. 11, (. Il 6* La peine capitale. Il vola la mort. Abolir la peine (le mort. Toutes les voix allaient à la mort, onlété à lamort. Il Cette affaire va à la mort, elle doit finir par un arrêt de mort. || Sentence, arrêt de mort, condamnation qui porte la peine de mort. || Testament de mort, déclaration que fait un condamné avant son supplice. || Par extension. Testament de mort, écrit qui atteste les derniers sentiments d'une personne. || 7° Terme de droit. Mo.ujvi.e, cessation de toute participation aux droits civils h 8° La mort éternelle, la mort de l'àrae, la seconce mort, la condamnation des pécheurs aux peines de l'enfer. Ouand il [le livre de l'Aiiocalypse] les condamne tous [les timides] à la seconde mort, à cette mort si terrible et si étrange, i ce lac ardent de feu et de soufre, BALZ. De la cour, 5' dise. Craignez les occasions prochMnes; car qui aime son p;^ril, il aime s:imort, ROSS. .Sermons, Intégrité de la pénitence, i. Des infidélités légères qui ne donnent pas la mort à l'âme, MASS. Carême, Tiédnir, t. Tous les péchés ne sont pas des péchés à la mort, id. ib. Il Mort de l'âme, la perte de la gi.ice sanctifiante par le péché mortel. |i Mort morale, état de l'âme où tout sentiment moral est éteint. Pour garantir Icjeune infortuné de cette mort morale dont il était si près, il commença par réveiller en lui l'amourjiropre et l'estime de soi-même, i. 1. rouss. Êm. iv. Il 9" La mort au monde, la retraite loin du monde, soit dans une maison religieuse, soitchezsoi et dans la demeure privée. FaitPS bien comprendre à nos sœurs en quoi consiste la mort au monde, maintenon. Lettre à Mme de GfTjiion, t. m, p. i94, dans ponOENS. Il Par extension.Je ne connais personne qui ait autant de besoin que vous, monseigneur, d'une mort continuelle à tout intérêt et à toute passion, MAiNTEN. Lelt. au cardinal de Noailles, 30 avril («»7. Il Mort mystique de l'âme, détachement général du péché. Il 10" Kig. Extinction, destruction, ruine. Le monopole est la mort de l'industrie. Je veux, dans un seul malheur, déplorer toutes les calamités du genre humain, et, dans une seule mort, faire voir la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines, BOSS. Duch. d'Orl. ...Ce marquis... qui sans cesse au jeu... Voit la vie ou la mort sortir de son cornet, DOIL. Sal. IV. On a ri à la mort du jansénisme et du molinisme, voi.t. Mt'l. litl. Arert. d'une éd. des pensées de l'iiscal. Les moralités sont la mort de toute lx)nne éducation,!. J. R0U>8. Ém. v. Les jeunes gens ijuclquefois se passionnent pour l'étude : c'est lamort à ton! .v .„,,.,,, ont, p. L. cour. /.c«. à l'Acad. detinscr.W : rit. La mort au beurre, se

dit de niet4 ' jaration demande beaucoup

de beurre. Les épmards sont la mort au beurre. Il 11' Fig. Un grand chagrin. Ce fils dénaturé lui donne la mort. Et le coup qui surjirend un espoir légitime, Porte plus d'une mort au cœur do la victime, con.t. Androm. u, 4. || Avoir la mort dans Vlitae, dan» le cœur, être irès-affligé. Mme de Cbaulnes m'a fort conté les affaire* des états... elle

me paraît la mort au coeur de toutes les troupes [envoyées en Bretagne], sév. a déc. t«7B. Vous voyez devant vous une reine éperdue Qui, la mort dans le sein, vous demande deux mots, rac. Uérén. m, 3. Elle a ... la fièvre, la migraine. Tout ce qu'on peut avoir.... la mort au fond du cœur, LANGUE, Coquette corr. v, 4. || Familièrement. C'esl une mort que d'avoir affaire à un pareil homme, que de poursuivre une telle alfaire, c'est-à-dire c'est une grande peine, c'est une grande misère que de.... C'est une mort que d'attendre si longtemps. 1 1 C'est une mort, signifie aussi : il y a de quoi rendre malade, de quoi tuer. Vous savez ce que c'est pour moi que la santé de votre chère femme; mais vous l'avez laissée trop écrire; c'est une mort que cet excès [Mme de Grignan venait d'accoucher], sév. 23 févr. <«76. Il C'est ma mort, c'est la chose la la plus désagréable pour moi. 1112° En termes de jeu, jouer à la mort de telle somme, jouer jusqu'à ce que telle somme soit perdue. || 13° Mort aux rats, drogue dont on se sert pour faire mourir les rats; c'est d'ordinaire une substance arsenicale. Le sulfate de baryte est employé en Angleterre comme mort aux rats, TiiENARi),7'raiWdrc/umte, t. u, p. 42B, dans pouoENS. Il Mort aux mouches , cobalt ou arsenic délayé dans l'eau. Il Mort aux chiens, colchique d'automne. Il Mort de safran, petite truffe parasite, rhiîoctonta croconim. DC. || Mort au chanvre, orobanche rameuse. || Mort aux poules, jusquiame noire. || Mort aux vaches, renoncule scélérate. j| Mort aux poux, staphysaigre. || 14" Populairement. La petite mort, le frisson. J'ai la petite mort dans le dos. || 15° Mort noire ou peste noire, nom donné à la grande peste qui dévasta le monde au milieu du xiv" siècle. |j 18» X mort, loc. adv. De manière qu'on en meure. Il fut blessé à mort. || Fig Être frappé à mort, être attaqué d'une maladie dont les symptômes annoncent une mort certaine. || Condamner, juger à mort, condamner quelqu'un à la peine de mort. Il Combat à mort, combat qui ne doit se terminer que par la mort d'un des combattants. C'est un duel ? — X mort : ou ma vie, ou la vôtre ! c. delaviGNE, Marino Fnliero , n, i S. || Populairement. X mort, excessivement. Boire à mort. || A mort! exclamation pour menacer de mort. X mort les traîtresl II On dit dans le même sens et dans le même emploi exclamatif : mort àl Mort aux traîtres I II 17° X la mort, loc. adv. Extrêmement, excessivement, en parlant de la haine, de l'ennui et d'autres sentiments analogues. Je suis ennuyée i la mort d'en entendre parler, sév. 36. Elle soutint que c'était obstination pure, que je m'ennuyais à la mort dans ma retraite, 1.1. rouss. Conf. x. Brutal, avare, amoureux et jaloux à l'excès de sa pupille, qui le hait à la mort, beaumarcii. Ilarb. de .Sév. i, 4. Je hais la toilette à la mort, cenlis, Théitt. d' (duc. V Enfant gâté, 1, 3. || 18° X la vie et à la mort, loc. adv. Pour toujours. Je suis votre ami à la vie et à la mort. Il Entre nous, c'est à la vie et à la mort, notre amitié durera toujours. || Il ne me pardonnera ni à la vie ni à la mort. Il ne me pardonnera jamais. Vou.» voyez bien ces vingt sols-1.^, Marianne, je ne vous les pardonnerai jamais, ni à la vie, ni à la mort, MARIVAUX, Marianne, part. a. |{ Terme de vénerie. X la mort, chiens! cri que les chasseurs emploient pour appeler les chiens quand le cerf est pris. Il 19* Par la morti sorte de serment et de menace. Par la mortI par la tôtel si je le trouve, je le veux échiner, mol. .Scaptn, n, ». Quiconque remuera, par la mort, je l'assornme I id. Éc. des f. 11, 2. || Monde ma vie, autre serment qui sort à affirmer avec une sorte d'impatience. Et mort de ma vie, la grâce saura bien vous préparer les chcminsi sÉy. 44», Mortde ma vie, (|ue les gens sont sots quand ils sont amoureux! bruets, Crond^wr, iii, 6. || Proverbes De tant de douleur on ne saurait faire qu'une mort. Il Dieu ne veut pas la mort du pécheur, c'esl-à-diro il faut être indulgent pour la faiblesse humaine. Il Après la mort le médecin, voy. hEuecin. || Il y » remède à tout, hors à la mort.

— lliST. xr s. Si me garde/, et de mort et do honte, Ch. de Roi. n. Ne lui chaut, sire , de quel mort nous mourions, ib. iv. Si chalengez [défendez] et vos morï et vos vies, ib. cxi.i. Oliviers sent que à mort est fcrut, ib. cxliv. || xii" s. De mort à vie suscitas UzarDn, Ronc. 18. Jà de plus aspre mort ncl pouvez justicier, ib. 200. E tu, bels sires, «n ccl lieu il tu seras, u à mort u à vie , jo I serai, Roit, p. tVb. En vostre amor, qui doiira [^donnera] mort ou vie, Couci, xxi. || xiii* s. Sa fille [elle] i « trouvée, que la maie mort ficro (puis.se frapper], Berte,xu. Se jo n'ai d'une cose [chose] que je désire i mort, Chron de Rains, («h. Li uns des serssunt

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si soujet à lor Migneurs, que lor sires pot penre quanqu'il ont, k mort et à vie, et lor cor tenir en prison toutes les fois qu'il lor plest, soit à tort, soit & droit, qu'il n'en est tenus à respondre fors à Dieu, BEADM. ILV, 31. S'il 1 a mort d'homme, tout cil qui août au fst quieent [tombent] en la merci du comte, de cors et d'avoir, in. lx, to. ||iiv' s. Et ainsi celui est principalement dit fort qui se met en perilz de bonne mort, osesme, Eth. 70. Qui plus despend qu'à lui n'aflert, Sans coup ferir, à mort se liert [blesse], J. de vignay, Esches moralises, l. 74. Il me fera morir, bien sai, sans nul detri [retard]; Car il me het à mort, et aussi foi-je lui, Guescl. V. «6416. Mais mettez tout à mort, celle soudoierie I Avant à ces ribaus! lor puissance est faillie, ib, V. 17466. Mieux vaut prison que mort; car adès en jst-on [sort-on] ; Mais li homs qui est mors, jamais ne revoist-on, t6. v. (2260. ||xv* s. Mort de moy! vous y jouez vous Avec dame merencolie ? Mon cueur, vous faictes grant folye. C'est la nourrisse de courroux, ch. d'okl. Rond. Rien n'est d'armes, quand la mort assaut, lehoux de lincy, t. ii, p. 4(3. Le maréchal a le jour du vendredi en grande révérence ; il n'y mange chose qui prenne mort, ne vest couleur fors noire, Bouciq. iv, 3. Qui croit de léger les rapports De sesyeulx sans autre espérance, Pourroit mourir de mille morts Ainçois qu'atainilre à sa plaisance, al. chariier, la Belle dame sans merci. Mourir de mort acquise [violente], ferceforest, l. IV, f" 86. Or entendez, chère cousine, qu'il est ici malade avecques un sien compaignon ; si vous prie pour Dieu, que je puisse parler à luy, car c'est ma mort et ma vie, tb.t. i, P" 43. || xvi' s. KUe en faisoit l'essai sur les criminels de mort qui estoient détenus es prisons, amyot, Àntotu »3. Le jeudi conséquent, nonolistant grand tempcste, De canonner à mort l'Anglets sur nous tempesle, kobin. Siège de Boulogne, p. 34. Ceux qui voyent comment ce mal me met au ba.s, Comme il revient soudain, n'attendent qu'un trespas Qui ces petites morts d'heure à autre finisse, desportes, Diane, il, co. fieze est mort de mort civile, à sçavoir par bannissement, et de mort spirituelle, i sçavoir par Pexcommunication, d'aub. Conf. II, ». Ils crioienl. Nouvelles, nouvelles, comme on crie la mort aux rats et aux souris, Sat. Uén. p. t»7. Syncope ou petite mort, paré vu, 4 4. J'apperceu une vigne plus chargée do fruits que toutes les autres, et m'enquerant de la raison, on me respondit qu'elle estoit chargée à la mort, palissy, 3». Et ne voyant moyen de se desveloper, voulut vendre sa mort, h. du bellay, 6. Le semblable se fera pour toutes mises outre des plaintes, significations et recours à mort de la chandelle [extinction des feux], JVour. cousl. génér. t. ii, p. I8». on dit en commun proverbe que telle vie, telle mort, pasquier, Recherclies, livre vi, p. 63 1, dans lacurne. La mort n'a point d'ami, le malade n'en a qu'un demi, coTûRAVE. Bonne la mort qui nous donne la vie [qui ouvre le paradis], m. Contre la mort n'y a point d'appel, iD. X longue corde tire qui la mort d'autrui désire, m. Haine de prince signifie mort d'homme, iD. X toute heure la mort est preste, leroux de UNCY, Prov. t. II, p. 2H. Le capitaine Bayard, se sentant blecé à mort d'une arquebusade dans le corps, MONT. I, ie ceux qui entreprennent, vivants et respirants, jouyr de l'ordre et honneur de leur sépulture, ei qui se plaisent de veoir en marbre leur morte contenance ; heureux qui sachent resjouyr et gratifier.leur sens par l'insensibilité, et vivre de leur mort, m. i, i8. Jamais homme ne se prépara à quitter le monde plus purement et pleinement, et ne s'en desprint plus universellement que ie m'attends de faire ; les plus mortes morts sont les plus saines, id. i, 78. Moy qu'il [la Boétie] laissa (l'une si amoureuse recommandation, la mort entre les dents, par son testament, héritier de sa bibliothèque et de ses papiers, id. i, 206.

— Etym. Pays messin, moilc; prov. mort; esp. muerle; ilal. morte; du lat. mortem (voy. mourir).

i 4. MORT (mor), ». m. Troisième réservoir des conches dans un marais salant.

MOBTADKLLE (mor-la-dè-l') ». f. Gros saucisson, qui vient de Bologne en Italie et qui est fort estimé par les buteurs, parce qu'il est de haut goût. N'estil ])is vrai que vous picn<lriez chez vous la petite fille du Tasse, s'il y en avait uneT elle mangerait de vos mortaiJelles , et boirait de votre vin noir VOLT. /.««.ii;6erjrati,» juin. 1701. '

— BtVm. ' ital. morladella. Ce mot et le provençal mortùyrol vieniient de morlaio, mortier parce que les ingrédient» se pilent dans un mortier'

MORTAILLABLE (mor-la-lla-bl'. Il mouillées, ui Boo moru-ja-br),o4;. Terme de jurisprudence

MOR

féodale. Gens mortaillables , ceux dont l'héritage revient à leur seigneur, parce qu'ils sont serfs de condition. || Il se dit aussi de ceux qui sont taïUables à la discrétion du seigneur.

— F.TVM. Uortaille.

t MORTAILLE (mor-tâ-11' , Il mouillées),», f. Terme de féodalité. Droit que le seigneur avait, dans quelques coutumes, de succéder ii son serf décédé sans héritiers naturels.

— ÉTYM. Uort, et taille : taille sur ou pour la mort.

t MORTAISAGE (mor-tê-za-j'), ». m. Action de pratiquer une mortaise.

— ETYM. Morlaiser.

MORTAISE (mor-tê-z'), ». f. \\i' Entaillure dans une pièce de bois ou de métal pour recevoir un tenon. Emile, un ciseau d'une main et le maillet de l'autre, achève une mortaise, i. t. rouss. Ém. v. Il 2° Terme de serrurier. Ouverture que l'on fait dans une gâche pour recevoir un pêne. || L'ouverture qu'il y a en tête du madraer des plombiers, et sur laquelle ils suspendent leurs moules à tuyaux. Il 8° Petite pièce de bois percée de trous, par lesquels passent les sautereaux des clavecins et dus épinettes. Il 4" Terme de marine. Vide d'un moufle où l'on met le rouet. {| Trou dans lequel passe la tête du mât de hune.

— liiST. xvi* s. Et nud à nud (pour mieux leurs corps ayser) Les \'y tous deux par ung trou de mortaise, VILLON, Ballade, Contredit deFranc-Gontier.

— EïYJi. Origine inconnue. Mordre ne peut donner mortaise. L'anglais mortise vient du français. On cite le kimry mortais, irl. mortis, mortaise; mais sont-ils indigènes?

t MORTAISER (mor-tê-zé), v. a. Faire une mortaise ; tailler à mortaise.

t MOKTAISEUSK (mor-lê-zeu-z'), ». f. Machine à faire des mortaises.

MORTALITÉ (mor-ta-li-tél, s. f. \\ 1° Condition des èlres vivants qui les rend sujets à la mort. Tous ses principes [d'Aristote] semblent favoriser la pernicieuse créance de la mortalité de l'âme, la motiie le VAYER, Yertu lA'i- païens, n, Arisiote. Il [Jésus- Christ] ne "M»u>CJte pas, comme le Lazare, pour mourir encore dus lois; il no dompte pas seulement la mort, mais il va jusqu'au principe, et il dompte encore la mortalité, boss. 2' serm. Pâques, 2. || 2° Condition humaine. Il ne faut point imputer à ses fautes [d'Alexandre] , quoiiju'il en ait fait de grandes, la chute de sa famille, mais à la seule mortalité, BOSS. Ilist. 111, 6. Voici enfin le juste juge qui vient briser les liens de votre mortalité, mass. ÀveiU, Mort àiipéch. Elle ne recevait point dans ce lieu saint les dépouilles de leur mortalité, m. Carême, Temples. Éloignée [l'âme fidèle] de son Époux, que les nuages de la mortalité lui dérobent encore, id. Mystères, Àssompt. Elles [certaines âmes] voudraient bien à la vérité être revêtues de l'inimorlalité, mais sans être dépouillées do la mortalité qu'elles aiment encore, id. ib. || 8' Condition de ce qui doit causer la mort. La mortalité d'une blessure. Il 4* Mot collectif par lequel on désigne la quantité d'hommes ou d'animaux qui .succombent à la même maladie. La mortalité fut grande dans le choléra. La mortalité s'est mise sur les bestiaux. En (689, une affreuse mortalité moissonna la moitié de cette heureuse peuplade, RAYNAL, Uist. pl\il. XIV, (3. ||Fig. On dit que la mortalité est fort grande sur les ouvrages nouveaux, volt. Lett. en vers et en prose, 4B8. Il 6* Laquantitéd'individus de l'espèce humaine qui meurent annuellement sur un certain nombre de vivants. Quand on considère la mortalité collectivement, elle se mesure par le rapport entre le nombre des décédés et le nombre des vivants qui les ont fournis dans l'unité de temps on année moyenne. En sorte qu'il me paraît qu'on peut, sans se tromper, établir la mortalité de Paris, pour chaque année, à 18800, avec d'autant plus de raison que les dix dernières années, depuis 1 767 jusqu'en i706, ne donnent que 1868» pour cette moyenne mortalité, BUFF. Prob. de la vie, (Eue. t. x, p. 6io. || Tables de mortalité, tableaux dressés pour faire connaître la quotité relative de décès dans un temps donné. En consultant les nouvelles tables qu'on a faites à Londres sur les degrés de la mortalité du genre humain dans les différents âges, il parait que d'un certain nombre d'enfants nés en même temps il en meurt plus d'un quart dans la première année, plus d'un tiers en deux ans, et au moins la moitié dans les trois premières années , bukp. Ilist. nat. twm. (Euv. t. IV, p. 311. Certaines tables de mortalité, celles par exemple de M. Deparcieux en France et de M. Vargcntio eu Suède, ont appris que lus femmes

MOR

mariées vivent en général plus que les célibataires, piNEL, Inst. Mém. scienc. (807, t" sera. p. <82.

— HiST. xa* s. La fragiliteit denostremortaliteit. Job, p. 449. Ilxiil* s. I.àot si grant mortalité degent, que ce fu une grande merveille, villeh. clvii. Et fisent escrire unes lettres esqueles lor mesaises estoient escrites et lor mortalités, et que par Mahom il les seoourust, Chr. de Rains, 94. {| xv* s. Une si grand mortalité se bouta en l'ost, que des cinq en mouroient les trois, froiss. il, ii, 28. || xTT s Cette opinion si rare et incivile de la mortalité des amos, MONT, i, 1 13. En prenant nostre mortalité, il [Jésus- Christ] a fait son immortalité nostre.CALV./HSfit.l 095.

— ÊTYM. Provcnç. mortaldat, morlaudat; espag. morfondad; ital. morlolt/d; du lat. mortalilatcm, demortalis, mortel.

MORT-BOIS, s. m. Voy. mort, n° 2.

t MORT-CUIEN (mor-chiin), s. m. Colchique, ainsi dit parce que l'oignon de cette plante fait, diton, mourir les chiens.

t MORT-DIED (mor-dieu), interj. qui signifiait par la mort de Dieu. Si je pense réussir à venger Cicéron, mort-Dieu, je vengerai Sophocle, volt. Lett. d'Argentalj'ia aodt i749 (voy. mohdieu).

MORTE-EAU (mor-to), ». f. Terme de marine.' Voy. MORT 1, n' 12. ||Fig. Personne sombre et mélancolique qui parle peu.

— REM. L'Académie écrit morte eau, sans tiret, à MORT I .

MORTEL, ELLE (mor-tèl, tè-l' ; d'après Palsgrave, p. 60, au XVI* siècle, mortel se prononçait morte devant une consonne), adj. \\ i° Sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. La mort ne l'a point changé, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelle, Boss. Mar.-Tluir. Tout est vain en l'homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle; mais tout est précieux si nous contemplons le terme où elle aboutit, BOSS.Duch. (i'Or/.Tout ce qui est mortel, quoi qu'on ajoute par le dehors pour le faire paraître grand , est, par sou fond, incapable d'élévation, id. ib. Outre le rapport que nous avons du côté du corps avec la na- Uuo changeante et mortelle, nous avons d'un autre r;6té un rapport intime et une secrète affinité avec Oieu, ID. ib. Encore que notre esprit soit do nature à vivre toujours, il abandonne à la mort tout ce qu'il consacre aux choses mortelles, iD. ib. Pourquoi m'es-tu dunné, ô corps mortel, fardeau accablant.... iD. Bourijoing. Les I>ar(|ues à ma mère, il est vrai, l'ont prédit, Lorsqu'un époux mortel fut reçu dans son lit.... tiAC./pÀ. I, 2. Il Dans le style soutenu, la dépouille mortelle, ce qui reste de nous après la mort. Une urne contiendra sa dépouille mortelle, VOLT. Olymp. v, 3, || Quitter sa dépouille mortelle, mourir. Il S. m. et /. Un mortel, une mortelle, un homme, une femme. Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu, la font. Fabl. x, l. On n'entend dans les funérailles ([ue des paroles d'étonnement, do ce que ce mortel est mort; chacun rappelle en sun souvenir depuis quel temps il lui a parlé, et de quoi le défunt l'a entretenu, BOSs. Sermons, Mort,préambule. Sur l'ais qui le soutient, auprèsd'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleiaient à peine [un infortiat], boil. Lnlr. v. Mais je ne trouvepoint de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, id. Ép. xi. Je n'ai pas cru que.,.. Il fût quelque mortel qui pût impunément Sa venir à mes yeux déclarer mon amant, uac. Bérén. i, 4. Hélas I il me semblait qu'une flamme si belle M'élevait audessus du sort d'une mortelle, id. /p/ii'g. m, 6. Mortelle, subissez le sort d'une mortelle, id. Phèdre, IV, 6. Tout mortel est donc né pour soulfrir, volt. Orcste, II, 1. Les mortels généreux disposent de leur sort, ID. Orphel. v, 6. Le dernier des mortels est maître de son coeur, h. j. chkn. Chartes IX, m, a. Il Familièrement. Un heureux mortel, un homme à qui il arrive quelque chose d'heureux, d'agréable. Cadédis, vjus êtes un heureux mortel, dancourt, la loterie, se. 23. || Absolument. Les mortels, l'espèce humaine. Surtout, mortels, désabusez-vous de la pensée dont vous vous llattez, qu'après une longue vie la mort vous sera plus douce et plus facile, boss. le Tellicr. ô vanité, ô néant, ô mortels igncjrant» de leurs destinées, id. Duch. d'Orl. Les mortels sont égaux; co n'est point la naissance. C'est la seule vertu qui fait leur dilTérence, volt, l'anal. I, 4. Il S. m. Ce qui meurt. Et v.ms vous attachez à co corps, et vous bàiissez sur ces ruiuos, et vous contractez avec ce mortel une amitié immortelle! uoss. Bourgoinj.il 2" Qui appartient aux huinines, aux mortels. Le prélat.... Tout d'un coup tourne à gauche, et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné ; Le chanoine surpris do la fuudie mur-

MOR

telle.... BoiL. Luir. v. || 3« Qui cause la mort, ou semble devoir la causer. Une maladie mortelle. Cette substance est mottelle aui poissons. Ah ! cesse de courir à ce mortel danger ; Te perdre en me vengeant ce n'est pas me venger, corn. Cinna. i, i . Elle voulut assister ce frère mourant [de la peste], sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs, fléch. Sfme de Uont. Par une exacte police qui coupait les communications mortelles [en temps de peste].... il sauva ce peuple.... ID. Duc de Uont. D'abord il a tenté les atteintes mortelles Des poisons que lui-même a crus les plus fidèles, RAC. Hilhr. v, *. J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie, ID. ib. iv, 5. C'est peu de vouloir , sous un couteau mortel, Me montrer votre cœur fumant sur un autel, id. Iphig. m, 6, [] Fig. La chair et le sang de Jésus-Christ, non-seulement ne nous seraient plus salutaires, mais deviendraient pour nous le poison le plus mortel, bourdal. Myst. Très- St Sacrem. 1. 1, p. 542. || Le coup mortel, le coup qui donne ou paraît devoir donner la mort. De mille coups mortels son audace est punie, bac. Brit. v, 8. ]| Fig. Coup mortel, ruine, perte. La plus puissante de toutes [les monarchies formées de l'empire d'.^lexandre], après avoir été ébranlée par la mollesse et le luxe de la nation, reçut enfin le coup mortel par la division de ses princes, boss. Hist. m, 5. ]| Péché mortel, péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une espèce de njort à l'âme. Chrétien, tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels, id. Mar.-Thér. Ce n'est pas que je veuille ici confondre les fautes vénielles avec les fautes mortelles, mass. Carême, Fautes légères. \\ Mortel ennemi, ennemi mortel, ennemi jusqu'à vouloir la mort. Être l'ennemi mortel de (luelqu'un. Comme il vous traitait en mortel adversaire, corn. Pomp. m, 2. Et plus vous la pouvez accabler d'infamie. Et plus elle vous traite en mortelle ennemie, ID. fficnm. lu, ♦•Ht" Fig. Fatal , funeste. Rechercher un trépas si mortel à ma gloire, corn. Cid, l, 9. Cette mode [une sorte de coiffure] durera peu; elle est mortelle pour les dents, sév. 4 avr. (07i. La gloire, qu'y a-t-il pour les chrétiens de plus pernicieux ou de plus mortel? boss. Duch. d'OrL Jamais jour n'a paru si mortel à la Grèce, rac. Iph. v, 8. Cherchons des remèdes contre les maladies de l'âme, non moins funestes et non moins mortelles [que celles du corps], volt. Dict. phil. Ana, ane<,dotes. 115° Excessif dans son genre; il ne se dit jamais qu'en mal. Crois-tu donc que je sois insensible â l'outrage , Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur? cobn. Ilor. iv, 5. Un si mortel affront, ID. Théod. IV, 6. Haine mortelle, rotr. BHis. iv, l. Guerre, guerre mortelle à ce larron d'honneur Qui sans miséricorde a souillé notre honneur I mol. Sgan. se. 2l. D'où vient que, leur [aux vices du temps] portant une haine mortelle. Vous pouvez bien souffrir ce qu'en tient cette belle? ID. Mis. I, I. Vous croye?. donc que les déplaisirs et les plus mortelles douleurs ne se cachent pas sous la pourpre? BOSS. Mar.-Thér. En quel trouble mortel son intérêt nous jette! bac. Andr. m, 4. Dans le doute mortel dont je suis agité, m. Phèdre, i, t. Je suis dans des peines mortelles, uass. Carême, Impén. \\ 6* Dans le stylo familier, mortel se dit de ce qui fatigue par sa longueur, de ce qui paraît cicessivement long, ennuyeux; alors il .se met devant son substantif. On nous dit qu'il y avait deux mortelles lieues, sêv. 3C3. En moins de rien, il eut fait cinquante mortelles l'nies, iiAMiLT. Gramm. 9. Quinze mortels jours ic passèrent de la sorte, cbrlis, MUe de Clermmit, p. «^, dans pOL'CEss.

— REM. X prop.is de ce* vers do Racine : Plus qu à mes ennemis la guerre m'est mortelle, Théb. ili. S; L. Kacine dit : Mortelle pour funeste, expression qui n'est pas exacte. L. Racine se trompe, la locution est bonne et employée avant son pire.

— HIST XI* s. Par moi.... sfjn mortel enemi, Ch. de Uni. xxxiv. I.iverai lui une mortel balaillo, ib. Li. Il xir t. jCharlesJ Mande par moi [à] ses niortcx enemis, flanc. 'i4. S'or y laissons [en la terre sainte, nos ennemis morticus, A tou.sjours mais ert [sera] oostre vie honteuse, ooksmes, Romane, p. «s. Oui puis rcfist à Saisnes maint mortel encombrier. Soi. iv. [Il] A veQ et trové moult mortel aversaire, ib. xxxi. Droiz est que li morticl soient sogia à D«u, Machab. ii, «. Toute lor painne ont mise en moi trahir; M.ii» ne lor vaut lor morleuz trahisons, Couei, xiii. Il xiii's. Cuin est la mescine [médeciiiej du cel [ciel], Ouanl BJe dcsccntsur mortel, Edouard le conf. V. 4423. Irai !:i» seroie mortiex, Se »ervoie por décevoir, la Hose, '»**. |l xv i. El pour ce

MOR

que Te roî de France savoit le roi Robert d'Escosse avoir grand guerre et tout le royaume d'Escosse avoir mortelle haine aux Anglois, froiss. ii, ii, 45. il XVI* s. L'inimitié mortelle qu'il nous porte.... CARL. IV, 48. Nos viandes leur estoient mortelles et venimeuses, mont, i, 40«. Une telle prudence est mortelle ennemie de haultes exécutions, id. i, 434. Des statues, non ouvrées de mortelle main, ID. Ii, (48. Prest à recevoir le coup mortel de la main de son ennemy, amtot, Marins et Pyrrhus, t5. Un mortel poison , id. Pompée, bo.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. morlal; ital. mortaU; du latin mortalis, de mors, morlis, la mort.

MORTF.LLEMENT (mor-tè-lo-man), od». || 1° D'une manière qui cause la mort. Et le monstre aussitôt blessé mortellement, roth. Ilere. mour. u, 2. Mortellement atteint d'une (lèche empennée. Un oiseau déplorait sa triste destinée, la fo.nt. Fabl. ii, o. Il 3' Pécher mortellement, commettre un péché mortel. Le malade et son confesseur pécheraient mortellement, fasc. Prov. x. || 3" Douloureusement. Du bruit de son trépas mortellement frappés, volt. Œdipe, 1, 4.114"" Excessivement, en parlant îles sentiments de haine, de jalousie, ainsi que des offen.ses. Les Pharisiens se tenaient mortellement offensés de ce qu'il découvrait leur hypocrisie, bourd. Myst. Passion de J. C. t. i, p. 205. Cette aventure commence à réconcilier.les jansénistes avec l'inquisition, qu'ils haïssaient jusqu'ici mortellement, d'alemb. Lett. à Voltaire, 34 oct. 4764.

— HIST. xii* s. Et quant m'aurez mortelment déguerpi [abandoncé], Couci, vu. || xiii* s. Tant [elle] fist que mortelL^'ent partout se fist haïr. Perte, lxiii. Il xvi* s. L'embusche fut descouverte, dont ce roy fut depuis haï mortellement, amyot, Philop. 19. Des desseings qu'il projecte contre cesle couronne qu'il a mortellement odieuse, carloix, iv, 7.

— ÊTYM. JforffWe, et le suffixe ment; prov. mortelmen; cat. mortalmenl ; esp. et ital. mortalmente.

t MORTELLERIE (mor-tè-le-rie), I s. f. Art ou travail du mortellier. La rue do la Mortellerie à Paris, ainsi nommée des mortelliers, bien qu'on ait dit (à tort) que le nom en était venu d'une mortalité, qui y avait sévi plus qu'ailleurs.

t MORTELLIER (mor-tè-lié) , s. m. Celui qui brise certaines pierres dures pour en faire du ciment. Le mortellier etle plâtrier, Ôi'c/. des arts et met. Maçon.

— HIST. XIII" S. Li mortelieret li plastrier sont de la mesme condition et du raesme establissement des maçons en toutes choses, du cange, morlariuin.

— f.TY.M. BasMat. mortella, qui s'est dit pour mortariuffi, mortier, et qui en est une corruption.

MORTE-PAVE (mor-le-pê; plusieurs disent mortc-pè-ye), s. f. Voy. paye.

MORTE-SAISON (mor-te-sê-zon), ». f. Voy. saison. \\ Au plur. Des mortes-saisons.

— HEM. L'Académie écrit morte saison sans tiret, à mort, participe pL«sé de mourir.

— HIST. XV" s. En icelle morte saison, les gentils hommes se seulent [ont coutume de] esbatre à chasser, Bouciq. 1, 4 2.

MORT-GAGE (mor-ga-j'),ï. m. Gage dont on laisse recueillir les fruits à l'engagiste, sans qu'ils soient comptés sur la dette. || Au plur. Des morts-gages.

— HIST. xiii' s. Encore est-il une autre manière d'usure, de quoi noz n'avons pas parlé, que li aucun apelent morgage, iibaum. lxviii, 4(.

— RTYM. Ifor» 4, et gage.

MORTIER (mor-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie : desmortié-z épais), s. m. || 1° Vase à parois épaisses, en fer, en marbre ou antre substance, creusé d'une cavité hémisphcrii)ue évasée par le haut, et dans lequel on conçusse, pulvérise ou écrase, à l'aide d'un pilon, des substances pour l'usage de la chimie ou de la pharmacie ou île la cuisine, etc. Je ne voudrais pas avoir à faire à un prince athée qui trouverait son intérêt à mo faire piler dan» un mortier ; je suis bien sOr que je serais pilé, volt. Met. phil Athéisme. || 2" Ancien terme de U maison du roi. Mortier de veille, polit vaisseau d'argent, qui a quelque ressemblance avec un mortier à piler, et qu'on remplit d'eau, sur biqiielle surniigo un morceau do cire jaune d'une demi-livre avec un petit lumignon au milieu, qu'on «Hume aussitôt que le roi est couché, et qui brille toute la nuit dans sa chambre. || 8* Par assimilation de forme avec un mortier, sorte de l)onnet que le chancelier de France et les grands présidents, qu'on appelait présidents i mortier ou au mortier, [>ortaient pour marque de leur dignité, et qui est encore aujourd'hui la coiffure de» présidents de cours de justice. C'est là leur diadème (des (leur»]; ils en font plus de compte Que d'un cercle i fleurons de marquis

MOR

ou de comte. Et des larges mortiers à grands bords abattus, volt. ^p. 76. Les barons en robe de soie, Avec leurs mortiers de velours, v. iiuGO, Ballades, VI. |] 4° Fig. Le président lui-même. 11 tient ici contre le mortier, la brhy. vu. 11 traite les mortiers de bourgeoisie, id. xi. Tel ou tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance ; le mortier et la pairie se disputent le pas, id. xiv. Le premier président donna un grand dîner ; quelque magistrature avide du sac, d'Antin, nul autre duo ni autres gens de marque, quelque peu de mortiers, st-sim. 362, 30. Il On dit président à mortier. Cependant Bouhours (iVout;. Rem.) voulait qu'on dît : président au mortier : « Lamoignon, remarque-t-il, disait toujours président au mortier, et il savait son nom apparemment. Patru, Ménage, Mlle de Scudéry, sont également pour président au mortier. Notre langue veut que les mots qui marquent une distinction retiennent l'article : huissier à la chaîne, chambre aux deniers. «iiB" Par une autre assimilation de forme, nom donné à une pièce d'artillerie \io\y lancer des bombes. Que cette armée était d'enviror. 20000 hommes, que M. de Munster avait soi.xaiiledix mortiers, avec lesquels il prétendait désoler cette place, PELLissoN, Lett. hist. t.i, p. 421, dans pougfns. Jusque-là il n'était tombé dans l'esprit de personne que des mortiers pussent n'être pas placés à terre et se passer d'une assiette solide, fonten. Renau. M. Renau avait encore inventé de nouveaux mortiers qui chassaient les bombes plus loin et jusqu'à 4 700 toises, ID. ib. Longtemps après sa chute [de la bombe] , on voit fumer encore La bouche du mortier, large, noire et sonore, v. hugo. Odes, m, 6, Il 6° Terme de maçonnerie qui provient de ce que la mortier se pilait dans un mortier. Sable et chaux mélangés dont on se sert pour lier les pierres d'un mur. Faire du mortier. Mortier k chaux et à sable. Le mortier est un mélange intime do chaux, d'eau et d'un corps dur réduit en petits fragments, thenard, Traité de chimie, t. 11, p. 219, dans pougens. C'est à tort que certains maçons donnent le nom de chaux au mortier de chaux, pour le distinguer du mortier de terre cm'ils appellent absolument mortier, legoarant. Il Bâti à chaux et à mortier, bâti solidement. Il Mortier gras, mortier dans lequel il y a beaucoup de chaux. Mortier maigre, mortier dans lequel la chaux manque et qui n'est pas liant. Mortier blanc, mortier fait avec une chaux de faible qualité. Mortier bâtard, mortier fait avec de bonne et de mauvaise chaux. || Mortier liant, mortier qui se manie facilement. || Fig. et par plaisanterie. Il dit que son évéque d'Annecy, qui s'intitule prince de Genève, est cousin germain de son maçon, et que c'est ua prélat qui n'a pas le mortier liant, d'alemfi. Lett. au rot de Pr. 7 août i76». Il Fig. et familièrement. Cette soupe est du mortier, elle est trop épaisse. || 7" Mélange d'argile et de sable avec lequel on construit les fourneaux. {] Mélange d'argilo, de sable et de foin ou do bourre servantà construire des murs dans les pays où la pierre à bâtir est rare. || Terme de peinture. Composition de chaux et de sable dont on fait des enduits pour peindre à fresque. || 8° Bassin creux fait en terre oh l'on éteint la chaux.

— HIST. xii* s. Phicles [fioles] a mortiers, e encensiers, tut de fin or, Hois, p. 267. || xiii* s. Mortiers ouvrés, desquex la charretée.... Liv.des met. 277. Li mortelier doivent jurer.... qu'il ne feront nul mortier forsque de bon liois, etseillefet d'autre pierre.... il doit estre despeciez, ib. 4 10. Li murs.... Tôt entor est faist â compas. Et est fais trestous d'un mortier Qui ne doute pikois d'acier, FI. et Bl. •"s9. Peivere [poivre] soudoiil (il broyait] en un morter. Lai del désiré. Et lor list commencer la tor do pieric foit à cbauz et à mortier, Merlin, f. 34, iwto. Oloutonie.... Uol'et sovent le mortier [cornet k dés] bruire Et chiés [chez] Hasart le tavernier, buieb. 11, '■<». Il XIV* s. Un mortier do pion ©[avec] pestel [pilon] do pion, H. DE MO.NiiKVM.is, 1* 90. On dist que mortiers est adés les aux llorans [sent toujours l'ail], Bauil. de Seh. u, 385. Et ama mieux estre pilé en un mortier, qu'il revclaslâun tirant le secret de sa cite, onESMR, Eth. 41». Il IV* s. Toujours veiilt mortier qu'on besnngno, E. nnscH. Poésies m.ss. f* 333. Abusé m'» et faict entendre Tou-sjours d'ung que ce liist ung aultre, De farine que ce fust cendre, li'ung mortier, un chapeau do foauire, villon, Grand teslam. Double ballade. Cliaigercnt un mortier, puis mirent le feu dedans, et vint choir tout droit sur la nef de l'eglise, et rompit la dite nef, andrU I'E la vigne, K")/. de Charles Vlll, p. i34, dansLACURNE. ||xvi* s. Lhs Mores assiégés tiioient certaim tonnerres avec des mortiers do fuij PAHt. ix. PriJ. S'en asvcilla en

MOR

»ursault,etapprocnanlIe mortier de cire qui bruslolt [sorte de yeûleuse].... D. Flores <U Grèce, f 53, dans

LiCLHNK.

— ETYM. Bourg, motey; wallon, motrlet; namur. mord'; provenç. mortier; cat. morter; esp. monero; port, morteiro ; ital. morlaio, le mortier à piler; du laL morlarium, qui signifie à la fois le mortier à construire, et le mortier où l'on pile, parce que le mortier à construire se pilait. Uorlaiium paraît avoir des affinités avec marcus, martulus, marteau ; radical sanscr. mar, broyer, a changé en o, comme dans mort, radical mar.

MORTIFÈRE (mor-ti-fîi-r'), adj. Latinisme qui se dit quelquefois dans le langage médical. Qui cause la mort. Substance mortifère. De sorte que le roi ne doit du tout rien de sa santé à ce remède mortifère [l'émétique], gui patin, Lettres, t. ii, p. 416. Il 11 se dit aussi dans le langage général, mais comme terme marotique ou de plaisanterie. De plusieurs herbes morlifères Elle parsema le bûcher, scarron, Yirg. jv. Leurs arcs, mortifères machines, id. ib. v.

— ÉTYM. Lat. r^i^rtiferus, de mort, mo/rtit, la mort, et ferre, porter.

MORTIFIANT, APfTE (mor-ti-B-an , an-t'), adj. Il 1" Qui mortifie la chair. Des pratique» mortifiantes. Il 8* Qui humilie l'amour-propre. Chs vérités physiques, si mortifiantes en elles-mêmes, peuvent se compenser par des considérations morales, buff. De la vieillesse et de la mort.

MORTIFICATION (mor-ti-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Terme de médecine. État des chairs mortes, gangrenées. Un bandage trop •erré produisit la mortification de la peau. || 2° Terme de cuisine. Action de garder la viande et particulièrement celle du gibier, pour qu'elle devienne tendre et gagne du fumet. || 3° Dans le style ascétique, action par laquelle on donne une sorte de mort au corps, aiu passions. L'âme délivrée par ses réflexions de la captivité des sens, et détachée de son corps par la mortification, boss. la Vallière. Saint Bernard et ses disciples, pour avoir porlé cette pauvreté et la mortification chrétienne à sa dernière perfection.... id. Var. xi, § M5. Si vous ne portez pas la mortification de Jésus-Christ sur voire corps, HASS. Àvent. Disp. Pour parvenir à la mortification des passions, ID. Carême, Tiéd. l. Clément se prépara au parricide, comme un bon chrétien ferait au martire, par les mortifications et par la prière, VOLT. Uenr.y (note). || 4"Humillation qu'on éprouve par quelques refus, par quelques mépris, par quelques réprimandes. Ce fut une cruelle mortificalion pour cinq ou six religieuses, patru. Plaid, i, dans BiCHELET. Ce qu'il y a à faire, c'est de l'en remercier tout bonnement, et ne lui pas donner la mortification de croire que l'on n'est pas charmé de son présent, sSv. (97. Je trouve bien honnête et bien noble de n'avoir pas paru fâché de son dîner perdu [Louvois, invité, n'était pas venu] ; je ne sais comme on peut donner de ces sortes de mortifications à des gens qui jettent de l'argent et qui se mettent en pièces pour vous faire honneur, id. 34 maiiâso.Un accident qui arrive, une mortification qu'on vous donne, pléch. Serm. ii, 66. Une des mortifications du premier ministre était que, lorsqu'il travaillait avec le roi aux affaires d'État, Fleury y assistait toujours, et que, lorsque Fleury faisait signer au roi des ordres pour l'Êirlise, le prince n'y était point admis, VOLT. Louis IV, 3. Il est plus facile de souffrir une gr'udo peine que de souffrir toute sa viu de petites i ortificalionsqui se succèdent sans fin, mi-EROT, If^m. 1. 1, p. «ai.dans pougens. ||6° Dans le style delachaire,aocidents qui arrivent dans la vie. Ce sont des mortifications que Dieu nous envoie.

— HIST. xv s. Ung livre de la mortificacion do l'ame, Bibl. des eh. 6» série, t. i, p. 36». || xvi« ». Mortification ou gangrené. — Gangrené est une disposition qui tend à mortification de la partie,

PARi, X, K.

— ETYM. Provenç. morli/icatto; esp. mortificacion; ital. mord'/icaxtOTK; du lat. morJi/icare, mortifier. On trouva dans le xu» siècle, mortifiemeitl.

MORTIFIÉ, ÉK (mor-ti-fi-é, ée), part, passé de mortifier. || !• Frappé de gangrène. On trouva dans la hernie l'intestin mortifié. || 2" Gardé de manière i devenir tendre et à prendre du fumet, en parlant de la viande. Ils (les Calmuques] mantçoiit de la chair de cheval, de chameau, etc. crue ou un peu mortifiée sous la tPlik de leurs chevaux, bukk. Histoire naturel e. Ilom. (Euv. l. V, p. M. Il 8- Affligé par «es austérités, par des privatiuus. Son teint mortifié prêche la continence, atoNiKR, Sat. xiii. Un chrétien n'ettiamiut *i»ant sur la lerr», parce qu'il y

MOR

est toujours mortifié, et que la mortification esf un essai, un apprentissage, un commencement de la mort, Bosg. Uar.-Jhér. Une vie exacte et extérieurement mortifiée, BOUBDAL..ÇainJ('(^ évang. 2* a\:ent, p. 4S5. Vous croyez que nos désirs, si longtemps mortifiés, seront irrités à votre vue, montesq. Lelt. pcrs. 7. Il 4» Qui a reçu une mortification. Ces rois [d'Asie], toujours vainement mortifiés par leurs défaites, ID. Esp. x, i3.

MORTIFIER (mor-ti-fi-é), je mortifiais, nous mortifiions, vous mortifiiez ; que je mortifie, que nous mortifiions, que vous mortifiiez, v. a. || t° Terme de médecine. Causer la mort, la gangrène d'une partie. Un bandage trop serré peut mortifier la peau et les muscles. || Fig. La mort est nécessaire pour mortifier cette malheureuse racine [du péché], et c'est ce qui la rond souhaitable, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, ». || 2° Faire que la viande devienne plus tendre. Le grand air mortifie la viande. || 3" Fig. Affliger son corps par des austérités, par des privations. Il faut être mortifiée sur (toutes choses, sÉv. 343. Plût à Dieu que, touché d'un si saint exemple, je mortifie mes membres mortels! boss. Bmirgoing. H Mortifier ses sens, ses passions, les réprimer dans la vue de plaire à Dieu. || 4° Humilier par une mortification. Que je souffre en dedans I et qu'il me mortifie I regnard, Démocrite, i, 4. Nous sommes si mortifiés de n'avoir pas réussi dans notre entreprise, que nous renonçons à toutes les fourberies, LE SAGE, Crisp. riv. de son maître, se. 23. Son refus me mortifie plus que je ne puis l'exprimer, Marivaux, Préj. vaincu, se. 6. Il [Charles XII] arriva en un quart d'heure à l'autre bord, et fut mortifié de ne sauter à terre que le quatrième, volt. Charles XII, 2. Il Absolument. On a bien de l'obligation à ceux qui avertissent des défauts; car ils mortifient, PASC. Pens. XXV, 38, éd. havet. || 5° Terme de l'ancienne chimie. Détiuire la forme d'un corps mixte. On mortifiait le mercureen lui ôtant sa fluidité. Il 6° Se mortifier, r.r^/l. Être frappé de gangrène. Les parties trop serrées se mortilièrent. || 7" Fig. S'infliger à soi-même des austérités ascétiques. Elle se mortifie de ce plaisir, mais c'est sans alTectation, SÉV. 183. Voilà cette pauvre Vibraye submergée dans les plaisirs ; il faudra bien qu'elle se mortifie comme notre ami Tartufe, m. 3 janv. I880. On se retranche, on s'abstient, on se mortifie en secret; mais on fait si bien que ce secret cesse bientôt d'être secret, bOVRDkh. Sévérité, Évang.^'avent, p. *i*.

— REM. Je suis mortifié pour je suis fâché.... mortifié veut dire humilié; il est très-ridicule de dire qu'on est humilié de n'avoir pas trouvé jjuelqu'un chez lui, GENLis, ilém. t. v, p. 93, dans pougens.

— HIST. xir s. Esguarde li pecliere le juste [le pécheur regarde le juste], et quierl mortifier lui, Liber psalm. p. 48. Li sires mortifie e vivifie, e en enfer meinee remeine, ilois, p. 7. Vos vos mortifiez chascun jor, chier frère, en maintes geûnes et en labors sovent, ST bers. 572. || xin* s. Et il porsut [poursuivit] les soufreteus por mortefior l'uiiiilié. Psautier, f° t36. ||xv' s. Puis le tout bien unifié, Quant Mercure est mortifié Par nature, ne peut jamais Se vivifier.... Traité d'alch. 255. || xvi' s. 11 n'y en a aucun [moine], tant contemplatif et mortifié qu'il s'estime estre.... LANGUE, 141. Résolu pourtant de n'accepter aucunement le combat en gros; mais laisser mortifier cette armée de pièces rapportées, par les séditions, d'aub. i, 3:19. J'ay a[ipris do vous, monsieur, qu'il faut manger les viandes quand elles sont mortifiées, et profiter sur les hommes, quand ils sont attendris par leurs misères, ID. Coiif. 11, IX. L'extrémité du nez se mortifia sans y avoir aucune pourriture, pake, x, <4. Je les aime peu cultes lies viandes], et les aime fort mortifiées,

— Ety.m. Provenç. mor(i/îcar,morti/îar ; espagn. mortificar; ital. mord'/icare; du lat. mortificare, de mors, mortis, la mort, elfacere, faire.

t MORTIFIEDR (mor-ti-U-eur) , s. m. Celui qui mortifie.

— HIST. xvi« s. Mortifieur, cotgrave.

— ETYM. Mortifier; ital. mortificatore.

t MORTINE (mor-ti-n'), s. f. Feuille de myrte et de diverses autres plantes pour la tannerie.

— ETYM. Myrte, dit quelquefois niurte ou morte. MORT NÉ (mor-né), adj. Voy. ^É.

t MORTOUFS (mor-to-d'),«. Z'. pi. Perles fausses, qu'on nomme aussi perles godronées, et qu'on emploie dans le commerce d'Afrique, avec les nègres du Sénégal et de Guinée.

t MOKTO.V (mor-ton), s. m. Agaric mouitrier.

t MOUT-FLAl. (mor-plin), ». m. Terme de mégissier. On dit aussi plain mort (voy. plain).

MOR

t MORTS-FLATS (mor-fla) , s. m. pi. Sorte de maladie qui fait de grands ravages parmi les vers à soie.

MORTUAIRE (mor-tu-ê-r'), adj. || !• Concernant les morts. Et ce cœur qui n'a jamais vécu que pour lui, se réveille, tout poudre qu'il est, et devient sensible, même sous ce drap mortuaire, au nom d'un époux si cher, boss. Retne d'Anglet. Accoutumez l'imagination des enfants à entendre parler de la mort, à voir, sans se troubler, un drap mortuaire, un tombeau ouvert, des malades même qui expirent, et dos personnes mortes, fén. Êduc. filles, ch. 7. Après avoir fait des prières à Jupiter et à Mercure terrestres, il [Léonidas] invite ces vaillants hommes à ce festin funèbre et à ces effusions mortuaires, B01.1.1N, Hist. anc. (Euv. t. m, p. 273, dans pougens. Tu peux, quand tu voudras, appeler les notaires; Me voilà maintenant en habits mortuaires, be- GNABD, Légat, iv, *. Ils jetaient des bouquets sur le lit mortuaire, le p. catrou, dans desfon taines. Prophète à son jour mortuaire [le poète], La prison est son sanctuaire. Et l'échafaud est son trépied, V. HUGO, Odes, I, t. Il 2° Registre mortuaire, registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées. François 1" ordonna en (639 que les curés dresseraient des registres mortuaires de toutes les personnes qui mourraient dans l'étendue de leurs paroisses, LE MAÎTRE, Plaid. 7, dans bichelet. Il [le docteur Sangrado] me chargea du soin de tenir ce livre [le registre de ses malades], qu'on pouvait justement appeler un registre mortuaire, puisque les gens dont je prenais les noms mouraient presque tous, LESAOE, Gil Blas, 11, 3. || Exlrait mortuaire, extrait qu'on tire de ce registre. || Fig. De l'Encyclopédie ange conservateur. Dans l'histoire chargé d'inhumer ses confrères, Grand homme, car il fait leurs extraits mortuaires, gilb. Apologie. Il 3° Domicile mortuaire, lieu où une personne avait son domicile légal, au moment de son décès. Il Maison mortuaire, celle où e.st le décédé, et où l'on se réunit pour lui rendre les derniers devoirs. || 4° Droits niorluaires, droits perçus pour les cérémonies funèbres. || Droit mortuaire, portion du bétail ou des meubles que l'église paroissiale prélevait en quelques endroits sur les successions. ] | B° S.m. Le mortuaire se dit, dans l'ordre de Malte, du revenu d'une commanderie, depuis la mort du titulaire jusqu'au premier mai suivant. || 6° 6>'. m. Un mortuaire, un cas de mort. Comme il naît à Paris vingt-sept mâles pour vingt-six femelles, le nombre des mortuaires pour les femmes devrait être de.... BUFF. Profcob. de la vie, Œw:r. t. x, p. 5U. || 7° S. f. En démographie, la mortuaire, tableau raisonné des décès dans un pays, dans une localité donnée, Presie scientifique, met, t. l, p. 239.'

— HIST. xiii* s. Au moustier vint, et le service Fist mortuore haut et rice Pour le roi Felippe de France, ph. mouskes, Chronique, v. 24i4i. 1] XV* s. Et là lui vinrent nouvelles, qu'entre les Angloisavoiteu trop grand desconfiture do mortuaire, FROiss. 11, II, 87. Selon les ordonnances et constitutions [de l'ordr» de Saint-Jean de Jérusalem], l&s mortuaires et vaccans des prieurés, chastelainies et comraanderies appartiennent au commun trésor du couvent de Rodes, Ordonn. des rois, t. vni,p. 47». Après le mortuaire [la mortulilé] fu le temps si très chier, Que poures gens u'avoient pas granlment à mengier, un cange, mortwirium.Hwi' s. Par la dilte coustume les biens meubles d'un trespassé sievent [suivent] le corps, et se partissent selon la coustume du lieu de la maison mortuaire, Coust. génér. t. i, p. 7U5. Les debtes mortuaires, sçavoir la sépulture, l'enterrement, le convoy.... Nouv. coust. génér. t. i, p. 495. Un cyprès mortuaire, despories, hodomont. Chant mortuaire, id. Imitation de la complainte deBradamant. Comme font cespersonnes qu'on loue aux mortuaires pour aidera lacerimonie du deuil, mont, m, S02.

— ETYM. Lat. mortuarius, de morluus, mort. L'ancien français disait aussi morluel, de morttuilis : Les messes mortuaus, Honc. p. 14».

t MORUAO (mo-ru-fl), t. m. Petite morue, i Tcrre-iSeuve.

MORUK (mo-rue),». /'.Il 1° Poisson malacoptérygien dont la chair est alimentaire, et dont le fuie fournit une huile (famillodesgadoides, morhua vut- Sariï, Cloquet). La France ne put obtenir qu'avei beaucoup de difficulté le droit de pêche vers Terre- Neuve, et une pelite île inculte nommée Michelon, pour y faire sécher la morue, volt. Louis XV, 36. Quand on vient A aiiprendre de l'infatigable Leuwen hoek qu'une seule morue peut pondre eDviron dix millions d'oeufs, on n'est plus surpris qu* la fécou-

dite de ce poisson puisse fournir aux besoins de tant de peuples, bonnet, Contempl. nat. xu, 27. || Une poignée de morue, deux morues jointes ensemble. Il Morue franche, la morue fraîche, le cabillaud. Il Morue verte, la morue simplement salée, par opposition à la morue sèche qui a été de plus séchée au soleil, et au stockfish qui a été séché sans être salé. Il Fig. Être las d'un homme comme de la vieille morue, en être très-las. Qu'elle en était lasse comme de vieille morue, genlis, Panenus, t. in, p. 47, dans pouGENs. || 2° Nom qui s'est donné jadis, parmi les libraires, à des ouvrages manuscrits, ils ont des ouvrages manuscrits qu'ils mettent en société pour l'impression, et qu'ils appellent de la morue, cay- Lus, Œuvres badines, t. x, p. 175, dans fr. miciiel, Argot. Il 3° Queue de morue, se dit des pans de l'habit ou du frac, lorsqu'ils sont étroits vers l'extrémité. Habit en queue de morue ou à queue de morue.

— REM. La prononciation a longtemps balancé entre molue et morue qui a prévalu. Il se fait ordinairement plusieurs distinclions des molues; la plus parfaite est qualifiée molue marchande, et celle qui lui est inférieure en qualité est appelée trie, lingne, raguet et poisson vicié, Arrêt du Conseil dÉtat, 21 fév. 1690.

— HIST. ïiu* s. Quiconque acbate morues baconnées [fumées] et maqueriaux salés, Liv. des met. 271. Ilxvi's. Œufs durs, moliue, viandes froides.... PARÉ, I, 4*. Les morues et autres poissons, ayans esté prins avec les ails, ils sentent si fort que plusieurs n'en peuvent manger, lo. xxiii, 4.

— ÉTVM. Wallon, molowe; namur. moleuwe; Hainaut, molue ; bas-lat. moruta, dans un texte du xm* siècle ; angl. melwel, merluche. Diez le tire de l'espagnol m'>rros, qui signifie petits corps arrondis, et qui s'applique particulièrement aux intestins de la morue salés et mis dans le commerce. X quoi Scheler objecte avec raison qu'on ne voit pas comment le français aurait emprunté, pour dénommer la morue, un mot à l'espagnol qu i la dénomme tout autrement. Suivant M. Baudry, molue est la forme dégénérée de merlus; cela est vraisemblable.

t MOUCLE (mo-ru-l'), s. f. Terme didactique inusité présentement. Petit retard. On sait que le même corps peut parcourir le même espace, tantôt plus lentement, tantôt plus vite ; si le mouvement est continu, comment y peut-on comprendre cette différence; et, s'il est interrompu demorules, quelle est la cause qui suspend le cours d'un corps une fois agité? Boss. Libre arb. 4.

— ÉTYM. Lat. moruta, diminutif de mora, retard, t MORLTfER (mo-ru-ié), adj. m. Vaisseau mo-

niyer, vaisseau qui va à la pêche de la morue.

MORVE (mor-v'), ». f. || 1° Terme de vétérinaire. Itedoutable maladie, particulière aux chevaux, qui débute par une inflammation de la membrane pituitaire accompagnée d'un jetage par les narines, qui est tantôt aigué tantôt chronique, et qui est éminemment contagieuse soit de cheval à cheval, soit du cheval à l'homme, jj 8' l'ar extension, humeur visfiueuse qui découle des narines. Cet enfant a la morve au nez. || 3° Mucilage qui forme la substance des fruits huileux, avant leur maturité. Il 4* Pourriture qui attaque les laitues et la chicorée.

— HIST. xvi's. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de œorve, courbes et courbatures, LOVSEL, 4(8.

— 6TYM. Génev. mourve ; provenç. vorma; anc. cat. rorm ; esp. tnuermo ; port, mormo ; sicil. mortu. Comme la morte est la maladie par excellence du cheval, ce mot vient du latin morbus, qui d'ailleurs a pu donner toutes les formes ci-dessus inscrites. Il n'y a de difficulté que pour le provençal torma. dans IC'iuelon peut voir ou une mélithèseou un mot congénère de gourme. Comme dans la moriedu cheval, il y a un Hux par les narines, le mot a pris le sens de mucosité nasale.

UORVEAC (mor-vfl), f. m. Mot grossier et à éviter. Morve épaisse et recuite. || Kig. Lécher le morteau, (lalter, servir Quelque go<lclureau Qui méthodiquement vous lèche le morveau, scarh. Jodel. maitrfel rakt, dans lk roux, Dict. comiqiu.

— f.TYM. Dérivé de morte.

t MftRVER (mor-vé), ti.n. Terme d'horticulture. Se pourrir.

— ETYM. Morve.

MORVKi:X.KI'SK(mor-ven,vca-z'),ad/.|| ITerme

de vétérinaire. Cl.i;v,il morveux, clleval (|ui a la morve. Il 2" Qui a la morveau Ixiul du nez. Nez morveux. Quand d'enfants la troupe morveuse X coups de lanières de cuir Par-ci, par-!àle font fuir (un sabûl|, 8CAR». Virg. va. || S. m. et f. Kamilièrement et par méiiii!,. Liifant, garçon ou fille, ou même j»un»

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