‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 183 sur 389 · MOS · texte numérisé non relu

MOS

homme. Et quitte ce morveux et l'amour qu'il te donne, mol. Éc. des f. v, 4. Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux, pour donner envie de leur peau, id. l'Arare, ii, o. Klle [Mme de Montespan] se sent au-dessus de toutes choses, et ne craint non plus ses petites morveuses de nièces que si elles étaient charbonnées, sÉv. 7 août I676. Un morveux d'officier m'outrage; Je lui fends I... il vient d'en guérir, bérang. Vieux caporal. [\ Traiter quelqu'un comme un morveux, le traiter avec un mépris humiliant. Il 3° Omelette morveuse, omelette peu cuite ; on dit plutôt omelette baveuse. || 4" Amande morveuse, amande changée en eau visqueuse. || B" Salade, chicorée morveuse, salade, chicorée qui se pourrit. || Proverbes. Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, c'est-à-dire il vaut mieux souffrir un petit mal que de l'augmenter par le remède. || Qui se sent morveux se mouche, celui qui se sent coupable des choses qu'on blâme en général, doit prendre pour lui la censure. Qui»e sent morveux, qu'il se mouche, mol. l'Avare, 1, 3- Il Les morveux veulent moucher les autres, se dit de ceux qui reprennent en autrui les défauts qu'ils ont eux-mêmes.

— HIST. xm* s. Or s'en iront cil vaillant bache- 1er, Ki aiment Dieu et l'onour de cestmont [monde], Ki sagement voelent à Dieu aler; Et li morveux, li cendreux demourront [demeureront], roi de na- \i.RhR, Poésies, t. Il, p. (33. Il xV s. Morfonduz sont vos chevaulx et morveux, e. desch. Poésies viss. ^ 22'. N'y avoit si meschante morveuse qui ne les face faire [des habits] plus excessifs, Aresta amorum. p. 287, dans i-ougens. Qui sera morveux si se mouche; Je ne crains que Dieu et le roy, coquil- LARt, Poés.p. 174, dans pougens. Sire morveux quu vous estes, et faicles l'amoureux, Jehan de Sainlri, ch. ( 1 . Il XVI* s. Ces trous donnent issue aux vapeurs en esternuant,et aux humeurs morveux, paré, m, 4.

— ÉTYM. lforie;Berry, morooux; gèn.mourveux. t MOUVOLANT(mor-vo-lan),i.ni.Soiemêlée,qui

tombe dans le déchet, lors du dévidage des cocons, t. MOSAÏQUE (mo-za-i-k'), adj. Qui vient de Moïs'». La loi mosaïque.

— 'ilST. XVI* S. Il est là question des observations mosniques, ausquelles les séducteurs vouloyent contraindre le peuple chreslien, cvlv. Instit. 269.

— ÊTYM. Lat. mosaicus, de Moses, Moïse.

a MOSAÏQUE (mo-za-i-k'), s. m. || 1° Ouvrage fait de pièces rapportées, cubes de pierre ou d'émait, ou de verre, ou de bois, colorés, appliqué,*; sur un fond solide, et combinés de manière à reproduire toute sorte de dessins. Une belle mosaïque. Pavé de mosaïque. || 2" L'art dont ces objets sont le produit. || 3° Fig. Mosaïque, ouvrage d'esprit composé de morceaux séparés, dont les tujets sont différents. Cet ouvrage est une mosaïque. Il 4° Termb de serrurerie, l'anneau en mosaïque, tringles assemblées obliquement et par entailles, formant des mailles, que l'on pose dans le haut d'une porte cochère, en place d'un panneau de bois. Il Terme de charpente. Certains assemblages de bois en grume. || 6° Espèce de cône, coquillage.

— HIST. XV* s. La chapelle de Saint Marc [de Venise], qui est la plus belle et riche chapelle^ toute faite de musalcq en tous endroits, comm. vu, i&. Il xvi*s. Marquetterie, qu'est une sorte d'ouvrage que les Latinsapppllentlfsse/oia opéra, nos François pieces rapportées, et l'ancien vulgaire mosaïque, ST-ju- LIEN, ifesi. hisl. Avant-propos, f" xm, dans lacurnb.

— ÉTYM. l'rovenç. muzec, mozaic ; espagn. et porlug. mosaic.o; ital. musairo; bas-lat. vwsnicum, miisaicum, mosiinm, musium : du lat, musiium, mosaïque, qui vient du grec (iouieîov, mosaïque, proprement musée (voy. musée). La forme régulière serait muii^; mais onadérivétnuîirum,qui reproduit (Aouoetov, en musique et musaique ou mosaïque.

t MOSAÏS.WE (mo-za-i-sm'), ». m. Loi de Moïse.

— ETYM. Lat. Motet, Moïse.

t MOSAÏSTE (rno-za-i-Bl"), ». m. Artiste en mosaïque. \\Adj. Les maîtres mosaïstes.

— ETYM. Voy. MuSAÏQUE I.

MOSARAUH (mo-za-ra-b'), adj. Voy. HOZARABS. t MOSARABIQUE (mo-za-ni-bi-k'), adj. Voy.

HOZAKAIIIOUF..

t MOSCATELLE (mo-ska-tè-l') ou MOSCATEL- LINK (mo-ska-lèl-li-n'), ». f. Nom spécihque et autrefois nom officinal do Vadoxa motchatelUna, Linné (araliacécs), dite aussi petite musquée.

— ETYM. Dérivé du baf-latiii muscalus, qui a le goût, l'odi'ur du mufic; comparez mu.soat.

t MO.SCIIII-'r.KE (mo-ski-fé-r'), adj. Terme de toologie. Qui porte ou produit du musc. — fTïM. M6ero( (vov. musc), elle lat. ferre, porter.

MOT

MOSCOUADB ( mo-skou-a-d"), t. p sucre brut coloré par de la mélasse et autres substances étrangères.

— REM. Les formes ont varié : mascovades, tarif an (8 avril 1607; masconnades. Arrêt du cons. d'État, 15 janv. (G7i ; mascouades, ib. 20 oct. 1(i72; mosconade, genms, Maisort rust. t, m, p. 366, dans pougens.

— ÉTYM. Origine inconnue.

MOSQUÉE (mo-skée), ». f. Temple des mahomâtans; on n'y voit ni autel, ni décoration, ni image. Omar enrichit Jérusalem d'une magnifique mosquée de marbre, couverte de plomb, ornée en dedans d'un nombre prodigieux de lampes d'argent, volt. Jfœur», 63. Barberousse était le maître absolu dans Toulon, il y fit changer une grande maison en mosquée, lo. «6. 125.

— HIST. xvi* s. Et [le Turc] sage les commet comme graves prophètes, Pour contenir son poupie et garder les mosquetes, rons. 695.

— ÊTYM. Espagn. mesquita; ital. moschea; do l'arabe mesgid, qui vient du verbe sagad, adorer : lieu d'adoration.

t MOSQUILLOX (mo-ski-llon , ZJ mouillées), ». n». Bergeronnette grise.

MOT (mo; on prononçait mo au xvi* siècle, palsgrave, p. 24, et non pas mot'; le t se lie dans la prononciation soutenue : n* mo-t ambigu; dans la conversation, on ne le lie pas, excepté dans la locution: mol à mot; quelques personnes font sentit le t, mot', quand mot finit une phrase ; cela n'est pas aujourd'hui de bon usage, bien qu'anciennement Régnier-Desmarais en ait fait une règle; au pluriel, l'i se lie : des mo-z ambigus; mots rime, outre les terminaisons en ots, avec faux, repos, eaux, etc.), s. m. || 1° Son monosyllabique ou polysyllabi(|ue, composé de plusieurs articulations, qui a un sens. || 2° Mot nouveau , mot propre, mot faible. || 8° Mots consacrés, saCr»meniols , factices, forgés. Il 4° Gros mots, mots gras. || 6° Grands mots. Il 6° Paroles. || 7" Ce qu'on écrit brièvement à quelqu'un. Il 8" Les mots, par opposition aux choses. Il 9° Sentence, apophthegme, dit notable, parole mémorable. || lO'Unbon mot. || ll"Mùlfin. || 12" Fin mot. Il 13" Mot trouvé. || 14* Mot pour rire. || 15" Prix que l'on demande ou que l'on offre d'une ch o.so ; le dernier mot; au bas mot ; prendre au mot. || 16° Le mot d'une énigme, d'une charade, d'un logogri|ihe. Il 17° Le mot dans une devise. || 18° Mot d'ordre. Il 19* En un mot; en deux mots; en peu de mots. ||20° Mot à mot; le mot à moL||21'>De mot h mot. Il 22° X ces mots. || 23* A demi-mot; le demimot. Il 24° X mots couverts. || 25° Dans l'anci'^nne poésie française, vers qui se reflétait dans toutes les stances d un poème. || 26* En vénerie, sonner un ou deux mots.

1° Son monosyllabique ou polysyllabique, composé de plusieurs articulations, qui a un sens. Vous vous souvenez du vieux pédagogue de la cour, et qu'on appelait autrefois le tyran des moLs et des syllabes [Malherbe], Balzac, Socrate chrétien, X. Cependant leur savoir ne s'étend seulement Qu'à regratter un mot douteux au jugement, Régnier, Sat. IX. J'ai une certaine tendresse pour tous ces beaux mots que je vois ainsi mourir, opprimés par la tyrannie de l'usage qui ne nous en donne point d'autres en leur place, vauoki. Hem. t. i, p. 206, dans pougens. Je me souviens do cette belle différence qu'il y a entre les personnes et le» mots, qui est que, quand une personne est accusée et que l'on doute de son innocence, on doit aller à l'absoluiion ; mais, quand on doute de la bonté d'un mot, il faut au contraire le condamner et se porter à la rigueur, m. ib. t. il, p. Di7. Une oreille un peu délicate pÂlit furieusement à entendre prononcer ces mols-lii, mol. Préc. 6. Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots, lu. f''. sav. Ii, 7. Quand, dans (in discours, se trouvent des mots répètes, et qu'cwayant do les corriger, on les trouve si propres, qu'on gAterait le discours, il les faut laisser, pasc ivn». vu, 21, éd. UAVET. Il y en a qui vont jusqu'à cette absurdité d'cipllqucr4in mot par le mol même ; j'en sais <]ui ont défini la lumii''re en cette façon : la lumière est un mouvement luminaire.... on voit assez de là qu'il y a des mots incainblcs d'être définis, PASC. Géom. 1. Ces mots primitifs, espace, temps, i: il... ID. i6.... I.'iinaginalioii que l'on prend

MO» choses [dos sciences] sont inacces-

i..,. leur donnant le nom de grandes, hautes,

élevées, sublimes...', je voudrais le» nommer basses, communes, familière ; ces noms-là leur conviennent mieux , jo hais les mots d'enflure, m. ib. n. Quelle liicllità, uuclle éloquence {dans une lettre) I

MOT

avec quel respect tous les mots viennent s'olTrir â TOUS et à l'arrangement que vous en faites! î-év. S« mai («90. Il ne faut jamais disputer des mots, mais tâcher de les entendre, Boss. /•-'(. d'orais. ii, 2. On vit redoubler sa valeur; n'entendez pas par ce mot une hardiesse vaine, indiscrèlp, emportée, FLÉcn. Turcnne. Quand la Toute-I'uissanco D'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les flots, boil. Sal. XII. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un ,)eu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, ID. An poét. II. Ainsi, recommençant un ouvrage vingtfoiSjSi j'écris quatre mots, j'en efTacerai trois, ID. Sat. ii. 11 est un heureux choix de mots harmonieux; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, ID. Art poét. i. Hais mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots, N'en dira jamais un s'il ne tombe à propos, ID. Sal. ii. Et sur le ton grondeur lorsqu'elle les harangue [ses domestiques]. Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, ID. ib. x. Enfin Malherbe vint.... D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, id. Art poét. i. Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construi, Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui, id. Ép. vi. Et, sans dire un seul mot, j'avalais au hasard Quelque aile de poulet.... ID. Sat. in. Ils me font dire aussi des mois longs d'une toise, rac. Plaid. III, 3. Jo^abet livrerait même sa propre vie, S'il fallait que sa vie, à sa sincérité. Coûtât le moindre mot contre la vérité, id. Ath. m, 4. D'un mot ou d'un regard je puis le secourir, id. Bajat. i, 4. Marot, par son tour et par son style, semble avoir écrit depuis Ronsard ; il n'y a guère entre ce premier et nous que la différence de quelques mots, LA BBUY. I. Combien de ces mots nventuriers qui paraissent subitement, durent un temps, et que bientôt on ne revoit plusl id. v. II n'appartient qu'à elles [les femmes] de faire lire dans un mot tout un sentiment, et de rendre délicatement une pensée qui est délicate, id. i. Chaque mot dans mon cœur enfonce le poignard, volt. Alz. m, 4. Citer les meilleurs auteurs qui ont fait usage de ce mot, faire voir le plus ou moins d'étendue qu'ils lui ont donné, remarquer s'il est plus propre à la poésie qu'à la prose, id. Dict. phii. Dictionnaire. Quelle perte pour ceux d'entre nos écrivainsqui ont l'imagination forte, que celle de tant de mots que nous revoyons arec plaisir dans Amyot et dans Montaigne I Diderot, Utt. sur les sourds-mucls, Oùiv. t. ii, p. 34:;, dans POL'CENS. Un seul mot renferme souvent une collection d'idées : tels sont les termes d'esprit et de cœur, DUCLOS, Consid. mœurs, ch.ii. Les mots sont des termes moyens entre les idées et les objets; l'idée doit produire le mot, et le mot doit rappeler l'idée ; mais le sens dos mots n'est pas toujours tellement déterminé qu'il amène cet effet, senneiuer, Ess. sur l'art d'observ. t. il, p. 45, dans pouoens. Mais l'abus.... sottise que ce mol; ceux qui l'ont inventé, ce sont eux qui vraiment abusent de la presse, p. i. couu. Pamphlet despamphlets. Cepuraphlétaire [P. L. Courier], qui ne su gênait d'aucune vérité périlleuse à dire, hésitait sur un mot, sur une jirgule, se montrait timide à toute façon déparier qui n'était pas de la langue de ses auteurs, carbel, Œuvr. t. V, p. 211. Il Kig. Là [sur la falaise], tout est comme un rêve, Chaque voix a des mots, "Tout parle v. hugo. Odes, v, 26. || Familièrement. Traîner ses mots, parler très-lentement. Il Compter ses mots, parler avec lenteur et avec altcclation. || Manger ses mots, voy. manger. li Absolument. Pas un mot, c'est-à-dire silence complet. Croyant que Milord l'avait oublié, je lui en parle avant de nous mettre à table; pas un mot comme auparavant, j.j.Houss. Conf.xu. ||Kig. N'entendre pas un mot de quelque chose, y être tout à fait ignorant, étranger. Il n'entend pas un mot de finances, voir. Lell. 19». Il On dit dans le même «en» : il n'en sait pas un mot, il n'en sait pas le plus petit mot. Elle ne sait pas le plus petit mot de tout ceci, ofnlis, Thédt. d'éduc. la Cloison, se. t. Il Dire les mot'* et les panjles, dire crûment une chose qui aurait besoin d'être adoucie par l'expression || Un mot à deux ententes, à double entente.à double sens, mot susceptible do deux interprétation». Il On du aussi : mot équivoque, mot ambigu. Vos mines et vos cris aux ombres d'iiid cenee Que d'un mot ambigu peut avoir l'innocence, mol Mit m, 4. Il II n'y a pas le mot de vrai, un mot de vrai daii^ ce qu on vous a rapporté, c'eii-à-dire tout y est faux, coBtrouv*. Il n'y a pu le mot de vrai de tout 00 que vous imaginez là, oolooni, nourru bien- fan II, a II Un mot pour l'autre, mot dti ou écrit en pUce du mot qu'il faudrait. On nous a pour la »i« Cbané* de vingt maison». — Chaasésl quelle

MOT

folie! — Ohl c'est un mot pour l'autre, et puistjull faut choisir, Point chassés, mais priés de ne plus revenir, GiiEssET, Je Méchant, u, ). || 2° Mot nouveau, mot qui n'existait pas dans la langue, et que l'on crée pour une raison quelconque. Si est-ce que, lorsqu'il est question de faire un mot nouveau dont il semble que l'on ne peut se passer, comme est celui d'exactitude, la premitTe chose à quoi il faut prendre garde, est qu'il ne soit point équivoque; car dès là faites état qu'il ne sera jamais bien reçu, VAUGEL. Rem. t. i, p. 405. L'on écrit régulièrement depuis vingt années; l'on est esclave de la construction ; l'on a enrichi la langue de nouveaux mots, LA BRUY. I. Il ne s'y trouve pas [dans Racine] un mot nouveau, c'est-à-dire pas un de ces mots qui se faisaient de son temps, comme il s'en est toujours fait et comme il s'en fera toujours, d'olivet, Rem. Racine, § (3. N'employez jamais un mot nouveau, à moins qu'il n'ait ces trois qualités : être nécessaire, inlelligilile et sonore, volt. Conseils à un journ. (| Mot propre, mot qui exprime avec plus de justesse et d'exactitude que tout autre l'idée qu'on veut faire entendre. La haine, qui s'efforce de paraître impartiale, n'a jamais pour la louange le mot propre, parce qu'elle ne cherche que des termes qui puissent affaiblir la vérité qu'elle exprime à regret, genlis, ifme de Maintcnon, t. i, ■p. 237, dans pougens. || On dit par opposition : mot impropre. {| Mot faible, celui qui n'exprime l'idée qu'imparfaitement. Il 3» Mots consacrés, mots qui sont tellement propres et usités pour signilier certaines choses, qu'on ne peut se servir d'un autre mot sans parler improprement. || Mots sacramentels ou sacramentaux, mots qui appartiennent à un sacrement. Il Par extension, mots sacramentels, ceux qui sont essentiels à la validité d'un acte, d'une convention. Il Mot factice ou fictif, mot qui n'existe pas réellement, mais qui est fait suivant les analogies de la langue. || Mot forgé, mot créé par plaisanterie, d'après quelque circonstance ou quelque nom. Tartufiéeestun mot forgé. || Mot hybride, voy. hybride. Il Mot artificiel, mot sans signification, mais composé de telles lettres ou syllabes qu'il sert à rappeler certains objets et àaiderlaroémoire. Borbora dans la logique est un mot artificiel qui désigne un syllogisme dont les trois propositions sont universelles affirmatives. |l 4* Familièrement. Gros mots, jurements. Sortez, m'a-t-il dit, petit.... je n'ose pas prononcer devant une femme le gros mot qu'il a dit, BEAUMARCH. ilar. de Figaro, i, 7. || Gros mots, menaces, paroles oflénsaa! es. L'évèquede Rouen essuya les plus gros mots, dont la rei no est prod igue dans sa colère,voYERD'ARGENSoN,Afem. p. 3!io,dansPQncENS. Il Voy. aussi gros, au n° la. || L'Acadcmie donne: il a dit rie tiroi mots et des gros mots; c'est la même observation que pour de bons mots ou des bons mots, voy. bon. Rem. ». || Populairement. Avoir des mots, échanger des reproches. || Mots gras, mots qui contiennent quelque impureté, et qu'on ne doit point dire en honnête compagnie et surtout devant des femmes. Il Mots de gueule, voy. gueule, au n° 3.||B» Grands mots, paroles ampoulées. 11 [Ronsanl] vit... Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, BoiL. Art poét. i. Tout beau, dira quelqu'un, vous entrez en furie : X quoi bon ces grands mots?.... iD.Sat. I. Les pédants.... ne la distinguent pas [l'éloquence] de l'entassement des figures, de l'usage des grands mots et de la rondeur des périodes, LA BiiuYÈnE, I. Il Grands mots, expressions scientifiques employées hors de propos (voy. grand, n" 8).... ta métaphore et la métonymie. Grands mots que Pradon croit des termes de chimie , boil. Ép.x. il Un grand mot, ur.« parole de grande importance, ô l'heureuse nouvelle. Le grand mot qu'on m'a dit! nous irons, peuple aimé. Nous entrerons, troupe fidèle Dans la maison du Dieu qui seul a tout formé, coR.N.Trad. du psaumecxxi. || Familièrement. Le grand mot est lâché, le mot (|u'on retenait est enfin prononcé. || 6° Paroles, et, particulièrement, peu do paroles. Dites-lui un mot en ma faveur. Il n'a pas pu placer un mot dans la conversalicm. Un mot ne fait pas voir jusques au fond d'une Ame, corn. ttodog. IV, t. Faute d'un mot d'aveu dont il n'ose douter, m. Sophon. iv, 3. Us ne m'ont jamais dit un mot de leur amour, mol. Femm. sav. ii, 3. Mais disons donc un pauvre mot de ma fille, sEv. 43. Il n'a pas trouvé le moment de dire un mot en faveur do mon fila, id. 683. J'ai dit aussi que je croyais qu'il faudrait, quand il sera tout à fait résolu, en dire un petit mot au roi ; je voudrais que ce mot passât par vous, MAiNTSNON, Utt. aucard.de NoailUs, -.^t janvier 46*». Iji prélat.... Leur confie en ces mois sa trop juste douleur, boil. Lutr. i. Dé* le premie'-

MOT

mot ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée, rac. Ilérén. ii, 2. Souvent d'un grand dessein un mot nousfaitjuger, m. Athal. II, e. Seigneur, dites un mot, et vous nous sauvez tous, ID. Bajaz. ii, 3. Une audience deslinée à rendre sommaire justice au peuple, aux artisans et aux petites affaires qui n'ont <|u'un mot, st-sim. t7, 190. Léonor, qui était à la porte de sa chambre, no perdait pas un mot de ce que l'on disait, lesage. Diable boit. ch. 6, dans pougens. Jamais un mot d'amour n'est sorti de sa bouche, lamotte, Inèa de Castro, 1, 3. Si M. le maréchal de Richelieu était h Versailles, il pourrait lui en dire quelques mots, c'est-à-dire, en faire quelques plaisanteries, tourner mon entreprise en ridicule, se bien moquer de moi et de ma colonie, volt. I.ctt. d'Argetital, Il oct. (77). Ces raisons seront bien moins fortes qu'un mot de votre bouche, et je vous supplie d'avoir la bonté de dire ce mot à un prinee qui ne se fait pas prier quand il s'agit de faire des heureux, id. Leit. M. de la Tnuraille, 24 fév. t768. El de son plein savoir, si je réplique un mot. Pour prouver que j'ai tort, il me déclare un sot,GiLB. le XVlll' siècle. C'est un mérite non commun , ni facile, de clore en peu do mots beaucoup de sens, p. l. cour. Pamphl. dM pompW. Il Toucher un mot de, recommander une affaire, une personne. || Elliptiquement, un mot, se dit pour touchez un mot, recommandez. Cependant, s'il est vrai que mon service plaise, Rire, un bon mot de grâce au père de la Chaise [qui avait la fouille des bénéfices], p. corn, ^u roi, (070. Il Si je n'en disais mot, je n'en pensais pas moins, c'est-à-dire tout en me taisant je n'en gardais pas moins ma pensée (voy. dire, n" 28). Si je n'en disais mot, je n'en pensais pas moins, régnier, Sat. X. Il N'avoir pas le mot à dire, le plus petit mot à dire, être sans aucun droit pour élever des objections. Elle est, je vous assure, bien mortifiée et bien décontenancée ; je la vis l'autre jour, elle n'a pas le mot à dire, sév. 23. Je n'ai pas le mot dire à tout le premier article de votre lettre, ii>. 27 juin («79. Tout cela fut traité avec une justesse, une droiture, une vérité, que les plus grancïs critiques n'auraient pas eu le mot à dire, id. 5 mars (683. Il n'y a pas le plus petit mot à dire à cela, mariv. Serm. indiscr. 1, 6. Il N'être pas à un mot, ne pas se laisser imposer silence. M. de Rohan n'était pas à un mot, ni aisé à persuader, st-sim. 04, 58. || Avoir le dernier mot, l'emporter dans une discussion, faire taire son adversaire. Oh! puisque vous le prenez par là, vous n'aurez pas le dernier mot, fén. t. xix, p. 34). Il Au premier mot, à la première parole qui se dit de quelque chose, dès qu'on peut comprendre ce dont il s'agit. Un noblfl cœur au premier mot doit prendre son parti, mol. Festin, l, 3. J'ai lu votre lettre au roi, qui l'a entendue au premier mot, MAiNTENON, Letl. à Mme de Dangcau, t. VII, p. 8), dans pouoens. || Il faut que tout passe à son mot, il faut que tout se fasse comme il l'entend. Mais que peut-on espérer,quand un homme, et encore un homme qui n'a pas plus d'autorité ni peut-être plus de savoir que les autres, ne veut rien entendre, et qu'il faut que tout passe à son mot ? Boss. Variât, v. || Dire deux mots, tenir quelqueiliscours très-court. Mais, de grâce encor, sire. Deux mots en sa défense, (xm. Cid, ii, 7. Et j'ai deux mois à vous dire De la part de Jujiitcr, moi.. Ampli. Prol. Il Dire deux mots de, s'occuper de l'afl'airedont il s'agit. L'autre reprit : il vous faut un remède, Demain matin, nous en dirons deux mots, la fo.nt. Remède. Il est là dedans qui lui en dit deux mots, hamilt. (^ramm. 8. || Par forme de menace. Nous en dirons deux mots quand vous voudrez, nous viderons notre querelle quand il vous plaira. || On dit dans le niéme sens : J'ai à me plaindre de lui, je lui en dir.ai doux mots. Il Par forme de provocation, quand on veut avoir une explication avec quelqu'un. \ moi, comte, deux mots, corn. Cid, ii, 2. || Par extension et par plaisanterie. Disons deux mots à cette bouteille de bourgogne, à ce pâté, entamons cette bouteille, ce [làté. Il Dire son mot, parlera propos, donner son avis, prendre part à la conversation. Chacun lui dit son mot cette foi.s-là, la font. Papcf. Vous faites un dialogue, chacun y dit son mol irès-plaisamiiieiil, SÉV. 97. S'il faut absolument que je dise mon mot, y) commencerais par la douceur, maintbnon, Lctt. d Mme de Dangeau, )« mai )70«. Sur l'Œdipe nouveau de celte énigiiio obscure [l'univers]. Chacun adit mot, volt. Disc. 6. Il Vous m'en direz quelques mots, c'est-à-dire vous a|ipiécieroz combien cela est bon, utile, etc. Tu m'en diras quelques mots dans deux jours, la kont. Troq. || Ne dire mot, ne répondre mot, ne point parler, ne point répoudre. Celle qut

MOT

n'a dit mot, Monsieur, c'est la plus belle ou je ne suis qu'un sot, corn, le Ment, i, 4. Et vous ne dites mot i ces indignités, mol. le Dcp. ni, o. Comme il ne répondit mot, je dis.... pasc. Prov. iv. Le bruit est pour le fat, les plaintes pour le sot; L'honnèle liomme trompé s'éloigne et ne dit mot, langue, la Coquc'lle corrigée, l, 3. 11 écoutait tout et ne disait mot, BEBN. DE sT-p. Café de Surate. || On dit dans un sens analogue : ne sonner mot, ne souffler mot. Ne soufflez mot, retenez votre haleine; Trem- 1 !ez, enfants, vous qui jurez parfois, bérang. Préf. Trancher le mot, dire tout net, ne point pallier ion discours, s'exprimer sans feinte, donner une réponse décisive. Avoir prédit, tranchant le mot, Qu'il ne serait jamais qu'un sot, scarr. Virg. vi. || Un mot, deux mots, s'il vous plait, se dit familièrement pour appeler quelqu'un quand on a à lui parler. De grâce, un mot, mon frère, mol. Tari, i, 6. ||7° Ce qu'on écrit brièvement à quelqu'un. Je lui en écrirai un mot. Dites-moi quelque petit mot de ma tante, sÉv. il*. Un mot de notre voyage, ma chère enfant, id. 64S. Il serait à désirer que tous ceux qui prennent le parti de sortirde la vie laissassent par écrit leurs raisons, avec un petit mot de leur philosophie; cela ne serait pas inutile aux vivants et àl'histoire de l'esprit humain , volt. Otympie, Note. Il n'y avait pas un mot de tout cela dans votre livre, mon cher oncle, m. l'Ingénu, 5. Garder dans son cœur de jeune homme Un nom mystérieux que jamais on ne nomme. Glisser un mot furtif dans une tendre main, v. hugo, F. d'aut. (8. Il 8° Les mots, par opposition aux choses. Si quelqu'un, plein de pensées plus hautes, prétend ici plus superbement mépriser toute cette étude des niotseldu langage.... pellisson, llist. del'Acad. m. Un jeune Grec employait à l'étude des choses les précieuses années qu'un jeune Français consacre à l'étude des mois, d'olivet, Ilist. Acad. t. ii, p. (63, dans pouGENs. || Ce sont des mots, ce ne sont que des niots,c'est-à-dire ces paroles sont videsde sens : et aussi ces paroles ne seront suivies d'aucun effet. {{ Un mot , d'écrit, uu billet court. N'ayant reçu des recommandations que de deux ou trois personnes, je me plaignais en général de toutes les autres, de qui je n'avais pas ouï un mot depuis que je suis ici, von. lelt. 25. Celui qui l'a fait [un sonnet] devait bien connaître l'humeur de la personne [une dame] à qui - il écrivait, puisqu'ayant perdu un amant, il ne lui en dit pas un mot de consolation, id. ib. Que dites-vous du tour, et de ce mot d'écrit? mol. ^c. des femmes, ni, 4. || On dit dans le même sens : un mot, ' deux mots. Donnez-moi un mot, donnez-moi deux mots de voire main. Tenez, voyez ce mot, et sortez ' hors de doute; Lisez-le donc tout haut, mol. le ',' Dép. I, s. ||9* Sentence, apophthegme, dilnotable, parole mémorable. Le docte saint Jean Chrysostome a renfermé en un petit mot unesentence remarquable, quand il a dit.... Boss. Sermons, Véritable conlert. I. Saint Grégoire de Nazianze a dit ce beau ot du grand saint Basile : Il était prêtre, dit-il, Tant même que d'être prêtre, id. Uourgoing. Ces ots heureux qu'une approbation universelle transet à la postérité, bamilt. Gramm. i. Après avoir supputé longtemps sa dépense et ses forces, selon mot de l'Évangile, elle en demeure là et ne jette même les premiers fondements de l'éilifice, lASS. Carême, Knf prod. Savez-vous bien que Pjthagore, qui n'était pas un sot, et qui a mis toute sa philosophie en logogriphes, dit dans un de ses préceptes : Ne mangez pas votre cœur. C'est un grand mot, VOLT. l.rtt. Mme du Deffant, 31 déc. m*. || Il ■;.- '■ - j de pensées moins importantes. 11 lui I • mots fort heureux. Et tel mot, pour

i j ... le lecteur, A coûté bien souventdes larmes à l'auteur, boil. Sat. vu. Et dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai [)oint de r ; ■ qu'il ne soit en écrit, lo. tb. {{ Mot d'K- '. ; , le, voy. ivAKOiLK. Il 10* Un bon mot, une ; i io pleine de sens, de force (sens peu usité). |.M iit.'iigue] s'arrête à faire entendre qu'il ne faut pas juger de la cipacilé d'un homme par l'excellence d'un bon mot qu'on lui entend dire, pasc. '."'m. u. Il Plus ordmaircmenl, chose dite avec es- Un jeune frisé.... Me vint prendre et me dit , 1' int dire un bon mot : Pour un poète du temps, vous êtes trop dévot, aioNiEn, Sat. vni. Dieu ne créa que [)Our les sots Les méchaols diseurs de bons mots, LA po«T. Fabl. viii, 8. El dans tous ses pro|i09 Oh voit qu'il «0 travaille à dire de hons mots, mol. Ifiï. u, 5. Diseur de bons mot», mauvais caractère, I ASC. Pens. VI, «», éd. havp.t. Diseur de bons mots, niiuvais caractère : je le dirais, s'il n'avait été dit, LA BRUT. VIII. M. de Pompone m'a mandé qu'il me priait d'écrire tous les bons mots de lime Curouel,

MOT

SÉV. 27<. Les uns.... d'autres.... j'en vois qui sont sans cesse à étudier de bons mots, pour avoir l'applaudissement du beau monde, boss. Sermons, Loi de Dieu, Préambule. Un jeune fou qui se croit tout permis. Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis, BOiL. Sat. ix. Us blanciiissent auprès d'eux [les rois] dans la pratique des bons mots, qui leur tiennent heu d'exploits; mais ils s'attirent, à force d'être plaisants, des emplois graves, lO. ib. xi. Personne, après Mme Cornuel, n'a plus dit de bons mots que Mme de Goulanges, M"* de caylus, Souvenirs, p. ( 27, dans POUGENS. Les bons mots sont des hasards, et les agréments sont des titres, voisenon, Sultan Misapouf, ffiui). t. V, p. B8, dans pougrns. Ctcambo expliquait les bons mots du roi à Candide, et, quoique traduits, ils paraissaient toujours des bons mots; de tout ce qui étonnait Candide, ce n'était pas ce qui l'étonnait le moins, volt. Candtd*?, (8. Par des bons mots, qui piquent et qu'on aime, Si naturels que l'on croirait soi-même Les avoir dits, iD. Ce qui plaU, etc. Je vous réponds que , si le roi a autant de millions que l'abbé de Voisenon dit de bons mots, il est plus riche que les empereurs de la Chine et des Indes, id. Lett. Dupont, i« août nea. J'ai rencontré souvent de ces gens à bons mots. De ces hommes charmants qui n'étaient que des sots, GRESSET, Méchant, ly, 4. Et faisait jaillir à propos Le feu de la saillie et l'éclair des bons mots, delille,

Convers. Prolog Un flacon délectable Verse avec

son nectar les aimables propos, Et, comme son bouchon, fait partir les bons mots, id. Homme des champs. 1. 1| Absolument. Des mots, de bons mots, des traits d'esprit Est-ce bien là l'emploi qu'un bon esprit doit prendre ? L'orateur des foyers et des mauvais propos? Quels titres sont les siens? l'insolence et des mots, gresset, le Méch. iv, 4. Né avec le talent de la plaisanterie, ses mois étaient souvent répétés, C0ND0HCET, Vie de Voit. || On dit maintenant en ce sens : faire des mots. || 11° Mot hn, expression dont la force ou l'esprit ne paraît qu'après qu'on y a rélléchi. || 12° Kig. Le fin mot, ce qu'il y a de secret, d'important dans une affaire. Il Je n'entends pas le lin mot de tout cela, je ne comprends pas ce qu'on veut, à quoi tendent tous ces discours et cette conduite singulière. || Dire le fin mot, manifester entièrement son projet, ses vues. Il 13° Mot trouvé, mot si heureux ou si heureusement placé, qu'il semble le résultat d'une trouvaille, non d'un effort de l'esprit. Qui pense finement et s'exprime avec grâce Fait tout passer; car tout passe ; Je l'ai cent fois éprouvé, Quand le mot est bien trouvé, la font. Tabl. Voilà ce que Boileau appelle des mots trouvés, volt. Dict. phil. Dictionnaire. || 14° Familièrement. Mot pour rire, ce que l'on dit en plaisantant pour amuser les autres. Eh bien, il parle livre; il a le mot pour rire, RÉGNIER, Sat. xiu. Le bon Picard a donc le petit mot pour rire! collin d'barllvillb. Optimiste, i, 9. Il II n'y a pas le mot pour rire, se dit lorsqu'un homme, voulant être plaisant, ne l'est pas du tout. Il n'y a pas le mot pour rire à ce qu'il dit. Ou est là le mot pour rire? || Je ne sais où est le mot pour rire dans cette affaire, se dit d'une alTaire qui a mal réussi, qui est fort désagréable. || Il n'y a p.'ts là le mot pour rire, le plus petit mot pour rire, la chose dont on parle ne doit pas être tournée en plaisanterie. || 16* Prix que l'on demandé ou que l'on offre d'une chose. Je n'en rabattrai rien ; je n'ai pas deux mots. Je priai Jolet de faire le marché au mot du père [au prix que le père avait marqué], et que jodonneraislesurplu3,sT-siM.427, ib5. || Le premier mot, le premier prix, celui sur lequel il est possible que l'on fasse i|uelque diminution ou quelque augmentation. Il Le dernier mot, le dernier prix que l'on offre ou que l'on accepte. Allons, Ion dernier mot, iKjnhommc, et prends-y garde. — Faut-il vous parler clair? — Oui. — C'est que je le garde [mon moulin); Voilà mon dernier mot, andrieux, le Meunier de Sans-Souri. || Fig. Il se dit, dans toute discu.ssion,de ce qui est la détermination dernière. Fort bien t C'est votre dernier mut T et moi voici le mien, collin ii'hablsville. Vieux ccU2>. iv, &. || Au bas mot, m évaluant la chuscau plus petitprix. || Prendre au mot, accepter sur-le-champ les oflies, lespropositionsqui sont faites, et, en général, les dires de quelqu'un. On prend soudain au' mot les hommes de sa sorte, coR.N. Mél. Il, 4. Maître A^néaa au mut le prit. Et fil compliment au poète, scahr. Virg. vi. Vous êtes bientôt prise au Uiut, ma fille, Bos.s. l.etl. Cornuau, 77. .Sans s'imaginer quclledtit lu prendre au mot, IIAMILT. Gramm. 7. J'aurais été le plus puni, si l'on m'eût pris au mot, mahivaux. Pays. parv. [i:trx. *. Quelque (Hitmiasion qu'Us [les grandsj semblent

MOT

nous donner d'oublier leur rang, il ne faut jamais les prendre au mot, dider. Principes de polit. 32. Il Lâcher le mot, voy. lAcher, n° )0. || 16° Le mot d'une énigme, d'une charade, d'un logogriphe, le mot qu'on propose à deviner dans une énigme, dans un logogriphe, etc. || Fig. C'est une énigme dont chacun a cherché le mot depuis Pythagore, VOLT. .Ame, <4. Il est nécessaire de vous expliquer cette énigme ; en voici lo mot.... oenlis, Adèle et TMod. t. i, p. 273, dans pougens. || Fig. Le mot de la situation, ce qui l'explique. || Fig. Chercher le mot, avoir le mot d'une chose, en chercher, en avoir trouvé l'explication. J'ai vainement cherché le mot de l'univers, lamart. M('d. i, 2. || Vous dites là le mot, ce que vous dites éclaircit la difficulté, est décisif. Le gouvernement deviendra toujours corrupteur, quand, par sa nature, il sera corrompu; voilà le mot,RAYNAL, Hist. phil. xix, (4. || 17° Mot, dans une devise, signifie les paroles de la devise. " Il 11 se dit également d'un mot ou d'une phrase courte que quelques maisons illustres placent dansleursarmoiries.ll I8°Terme de guerre. Mot d'ordre, sorte de reconnaissance donnée par un chef à ceux qui sont sous ses ordres pour qu'ils puissent se reconnaître, et qui est composée de deux mots : l'un, mot d'ordre proprement dit, est celui de la demande; l'autre, mot de ralliement, est celui de la réponse. Donner le mot, prendre le mot, porter le mot. Quand un poste reconnaît une patrouille, il en reçoit lo mot d'ordre, et donne celui de ralliement. Quand une patrouille rencontre une ronde, elle lui donne les deux mots d'ordre. U est arrivé à Brest une contestation entre le sieur chevalier de Chasteaurenaut et le sieur comte de Sourdis, chefs d'escadre, sur lo commandement dans ledit port, ce dernier ayant prétendu donner le mot, quoique moins ancien.... Seignelay à Demuin, 1681, dans JAL. Les mots de ralliement! — Dieu, Charle et Médicis, m. j. chén. Charles II, ii, 4. Il On disait autrefois dans le même sens : le mot du guet. Son fils avait donné pour mot du guet : la meilleure des mères, dider. Claude et Nér. i, 38. Il Le motde passe, le mot qu'il faut dire pour qu'on vous laisse passer par un endroit gardé. || Fig. Prendre le mot de, subir les ordres de... U dit, et croit bien dire, parlant de moi, le loustic du parti national, et fait là une faute, sans s'en douter, le bonhomme ; le mot est étranger ; lorsque l'on prend le mot des puissances étrangères, il ne faut pas le changer, p. L. cour. Lettres particulières, il. Il Fig. Avoir le mot, être averti de ce qu'il convient de faire ou de dire dans certaines circonstances. Elle aura beau s'en plaindre; Le concierge a le mot, vous n'avez rien à cra'ndre, th. corn. Gofaiifdoublé, IV, 9. Le roi, qui a\ait le mot, avait étalé tous ses trésors, volt. Zadig, (4. M. d'Orbe a le mot pour entamer une savante dissertation, j. i. robss. Uél. I, 36. Il Dans un sens analogue, donner le mot, indiquer ce qu'il faut dire ou faire. Janot, X qui Richard avait donné le mot, la font. Hich. La voilà qui donne le mot à toute cette société de gens de bien, afin qu'ils concourent avec elle au succès de son entreprise, MAHlv. Ifart'onne, 9° part. |l Fig. Se donner le mot du guet, se dire le mot, se donner le mol, c'est-à-dire être de concert, d'intelligence ensemble. Comme si toutes deux s'étaient donné le mot, la font. Tabl. Si nous pouvions nous donner le mol de devenir sages, LA BBUY. XII. Toutes les nations ont dansé autrefois à la nouvelle lune; s'étaient-cllcs donné le mot? non, pas plus que pour se réjouir à la naissance do son fils, volt. Dict. phil. Antiquité. Aucun n'est parti, et ils se sont tous donné lo mot de ne pas quitter. Correspond, de Klinglin, t. i, p. (27. Il 19* En un mot, bref, enfin. En un mot, il faut vivre de manière que nous mourions à l'usage même de la vie, boss. Sermons, Véritable couvert 1. Elle flotte, elle hésite, en un mot elle est femme BAC. Alhal. MI, 3. Il En un mot, en une seule parole, en quelcpios paroles. F.n un mot, je n'en ferai rien. Pour répondre en un mol à toutes vos raisons, je vous dis que je n'y irai pas. || En deux mot!, on trois mots, même sens. Voilà précisément mon histoire en trois mois, destoulIies, U Philasopht marié, i, 4. Nicomède, en deux mots, ce désordre me ttche,coRN.JV>rom. iv, 3. Admirable portrait des gens du siècle, exprimé en deux mots par ce saint docteur, BouHDAL. 4° dim. ajirès Pâq. Uominie. t. ii,

p. MS.jjEn peu de mots, brièvement Qu'il n'est

|>oint de coupable en repos; C'est ce qu'il faut ici montrer en peu de mots, boil. Épilre xi.||Familiàrement. Autant en un mot qu'en cent, qu'en mille ; en un mot comme en cent, oomme en mille, façons déparier par lospiellus on exprime sa dernière résolution. Kn un mol comme en cent, je ne puis faire

64fl

MOT

mieui, BODBSAOLT, Fables d'Ésope, v, i. En un mot comme en mille, tournez tant qu'il vous plaira, il n'y a rien rie tel que d'être sage, habiv. Marianne, *•• part. Il M- Mot à mot, mot pour mot, sans auf.un changement ni dans les mots ni dans leur ordre. Rappelle tous tes sens, rentre bien dans ton émc, El réponds mot pour mot à chaque question, MOL. Amph. n, i. Lessius que le père Héreau suit mol à mot, pasc. Prov. vu. Elle me conta mot à mot une conversation qu'elle avait eue avec le roi, sÊv. <2. C'est en vain qu'on écrirait mot pour mol ces narrations, hamilt. Gramm. 5. Il manquait d'intelligence et d'instruction, au point qu'il fallut lui e.Tpllquer son rôle en langage vulgaire et le lui montrer mol à mot comme à un enfant, marmontfl, Jf.'m. lit. Il Cela est mot pour mot, mot à mot dans Montaigne, dans Bossuet, cela s'y trouve entièrement, identiquement. Pour savoir si elles [ces propositions) étaient mot à mot dans Janséniusou non, PASC. Prov. xvn. Croirait-on que le jugement de Sancho dans l'Ile de Barataria est tiré presque mot i mot d'un recueil de légendes écrites en latin par un Espagnol du xif siècle, et dont la bibliothèque du roi conserve le manuscrit? saint-poix, fss. Paris, Œuv. t. IV, dans pougens. Cet homme [Bolingbroke], qui avait sans doute un beau génie, donna au célèbre Pope son plan du Tout est bien, qu'on retrouve en effet mot pour mot dans les œuvres posthumes de milord Bolingbroke, volt. Dict. phil. Bien, tout est bien. || Dicter mot à mot, dicter un mot après l'autre, ne dicter qu'un mot à la fois. Il Traduire mot à mol, traduire un mot d'une langue en place d'un mot d'une autre langue, sans rien changer à l'ordre. Homère, ce poète si sensé, si harmonieux, si sublime, devient puéril, insipide et d'une bassesse insupportable quand on entreprend de le traduire en latin mot à mot, comme saint Jérôme l'a sagement remarqué, roixin, Traité des El. I, I . Il S. m. Le mot à mot, une traduction littérale. Faire le mot à mot. || 21* De mot à mot, même sens. Voici donc de mot à mot comme on parla, boss. Var. xii, § ». Oui voudra faire un tissu de toute la doctrine de saint Augustin, n'a qu'à ramasser, de mol à mot seulement, ce qu'on trouve dans les endroits que ce Père a cités de saint Ambroise, iD. Déf. de la trad. et des saints Pères, vill, î2.||22° X ces mots, loe. adv. usitée dans la narration, et signifiant après qu'il a été parlé ainsi. X ces mots.... reconnaissant ma faute, boil. Sat. in. Il On dit dans un sens analogue : à ce mot. Dis-lui qu'avec douceur il traite sa caplivejOu'i) lui rende.... à ce mot, ce héros expiré.... bac. Phèdre, v,6.\\i3°X demi-mot, sans dire tout. S'expliquer à demi-mot. Il Entendre à demi-mot, comprendre promptement ce qu'une personne veut dire, dès qu'elle a commencé de parler. J'entends à demi-mot où va la raillerie, mol. Sgan. 6. Nous étions bien propres à vivre dans une même ville: nous nous entendons, ce me semble, à demi-mot, sév. à Bussy, 4 9 déc. 1 67o. On dirait que les coeurs qui s'aiment s'entendent à demi-mot, ciiateaub. Génie i, i, a. |{ 5. m. Le demimot, sorte de rélicence par laquelle on fait entendre sa pensée sans l'exprimer nettement-, le demi-mot se rattache à l'euphémisme. Riotes entre amants sont jeux pour la plupart; Vous les trouverez tous b&tis sur ce modèle; Un mot les met au champ, demi-mot les rappelle, la font. l'Eunxtqtte, v, s. Ce< trait que vous lancez en passant, cette parole malicieuse, ce demi-mot qui donne tant à penser par ion obscurité affectée, BOSS. Sermon*, justice,!. \\ Au plur. Demi-mots, insinuations, ouvertures discrètes. D'Antin hasarda des demi-mois qui firent que le roi lui dit le mariage, st-si.mon, 27i,i68. On «ait comment il opinait : des demi-mots, des réticences, des phrases indécises; du vague et de l'obscurité, ce fut tout ce que j'en tirai, mahmontkl, Uém. m. Il 24" X mots couverts, en employant des expressions qui voilent le sens de ce qu'on dit. D'après ce que tu m'en dis à mots couverts, hirab. Uu. orig. t. m, p. 63» dans pougens. || 25° Mol se disait, dans l'ancienne poésie fniiçaiso, d'un vers qui se répétait dans toutes les sta'nces d'un po6me; ces stances s'appelaient gloses. || 26' En termes de vénerie, sonner un ou deux mots, faire entendre, avec le cor, une ou deux notes prolongées. 11 Proverbes. Oui ne dit mot consent, en certains cas, se taire c'est consentir. Solencourt: HemI vous ne dites mol. — Lisette, à part : Oui ne dit mot consent, 'bkgnard, le Bal, se ». |l 11 n'y a qu'un mot qui serve, il faut parler franc et sans déguisement, et dire une parole sur quoi on puisse fairt? quelque fond. Ecoulez; il n'y a qu'un mot qui serve; i« n'entends pa* que vous ayez d'autres noms, moi..

MOT

Prée. 6. Il Quand les mots sont dits, l'eau bénite est faite, quand on aconcluun marché, il faut l'exécuter.

— REM. 1. Après mot employé pour annoncer un substantif, adjectif, verbe, adverbe, préposition que l'on cite, on joint ce substantif, etc. à nio( sans préposition : Dans le mot tempête la pénultième syllabe est longue, DtfJ. de l'Acad. an mol pénutticme. On peut aussi intercaler la préposition de : Le mot de vertu emporte presque toujours l'idée d'effort fait sur soi-même, Dict. de l'Àcad. emporter. Vset des mots de tu et de toi en parlant à quelqu'un, ib. tutoyer. Il 2. D'après Pautex, il vautmieux mettre de en trois cas: l°quand mot peut être remplacé par ipilhtte: Le mot de gredin est injurieux ; 2° quand mot peut être remplacé par nom : Le mot de gazetier a été remplacé par le motde journaliste; 3» quand mot est équivalent à idée ou à quelque autre terme semblable : Le mot de mort est pénible à certaines personnes.

— SYN. 1. MOT, terme. X l'idée de mol, terme ajoute l'idée de convenance au sujet dont on parle : La pureté du lanfrage dépend des mots; la précision du langas;e dépend des termes. |1 2. mot, parole. Les paroles sont le son émis comme exprimant une idée, tandis que les mots représentent non-seulement le son, mais aussi l'écriture; mais, dans quelques cas, mot se prend pour paroles, et il en devient synonyme; S'exprimer en peu de mots ou en peu de paroles.

— HI'.iT. xi's. N'i ad paienquiun sul mot respondel, Ch. de Uol. II. N'i a celui qui mot sont |sonne] ne mot tint [tinte], ib. xxx. Il lur a dit un mot curteisement, ib. Lxxxix. Il n'en sait mot, n'i a coulpe li bers, ib. xc. De nos franceis [il] va disant si mais moz, ib. xci. Il xu" s. Après ces moz [il] a son cheval monté, Ronc. B6. X icest motcheît Gantiers pasmés, ib. 94. Oue mol [ils] n'en savent par homme qui soit né,tfc. <66. Li cuiverz [le misérable] ne dit mut, l'ame s'en est alée, ib. 4 96. Et je, qui sui au morir. Ne sai qu'un mot, tant [je] le désir : Merci, Couci, iv. Jà de mon cuer n'istra [ne sortira] mais la sonblance Dont [ma dame] me conquist as moz pleins de douçor, id. xvi. El quant recort [je me rappelle] la simple courtoisie Et les douz mos que [elle] seul [a coutume] à moi parler, id. xxn. Enuit [ce soir] l'en adviendra [ce] dont encor [il] ne sait mot, Sat. XVII. E li sainz comença mot à mot à prover, Ù li reis par ces leis [lois] voleit tendre et nier, Tk. le mart. 57. || xui" s. Par moz couvers et par cointes semblans, Uist. litt. de la France, i. xxiii. p, 79( Ne cil [ceux-là] ne sont bien apris ne courtois, Oui m'ont repris, si j'ai dit mot d'Artois, qlesnes. Romane, p. 83. [Que] nul mal mot ne issenl de voslre

bouche, BRUN. LATINI, Tr&or, p. a56 Aihardement

[hardiesse] pris, Por mol à mot mettre en escrit Le tornoiement Anlecrisl, huon db mebi, Tornoiement Aniecrist, dans holland, Chrestien von Troies, p. < 2. Et puis s'escria à plain mot : Traï vos a cil ki vos ot [celui qui vous euljtX guier [guider] et à maintenir, PH. MOUSKES, ms. p. 18U, dans lacurne. lien fuiant un court mot sonne Du cor que il avoit au col, Bl. et Jehan, v. 409 1. Vilain mot [paroles qui attaquent la réputation d'une femme], aud. le bastard. Romancero, p. 22. [Il] Lui conta mot et mol toute l'entention De bêle Beatris.... ib. p. 33. X peine [elle] put mot dire, tant li cuers lui failli, Berte, cxxvii. Sire, tel née [nie] et défont moût & moût le murtre et les cas que tel li met sus. As. de J. (48. Tout otroie qui mot ne dit, la Rose, (3i88. Por ce est-il fous qui doneà perte Bone aventure quant il l'ot [entend] : Estraire en doit aucun bon mot , Dont il puisse ces resbaudir Oui son conte volent oïr, Ren. <9774. Li lai [les laïques] qui ont à plaidier contre aus [eux] en cort laie, n'entendent pas bien les mos meismes qu'il dient on françois, beaum. vi, ». Il doit requerre à le [la] cort que se [sa] procuration soit transcrite mot à mot, et li transcris seelés du seel de le [la] cort, id. iv, 28. Mult i a dolor et destrece. Quant l'en chiot en autrui dangier [l'on tombe sous l'autorité d'autrui] Por son boivre et por son mangier; Trop i covient gros mos oïr, BOTEB. Il, 81. Il XIV* s. On rit, on joue, on rigole; Et qui scet bon mot, si le dict. Do ce n'est on mie escondil, Modtts, (° ex. verso. Quand lu auras trouvé le cerf du limier, tu dois corner pour les chiens long mot, ib. 1" xx. Sacha [tira] le suppliant un petit coutel à un hiot [poignard meurtrier qui ne laisse dire qu'un mol], qu'il avoit i sa ceinture, nu cance, culiellus. || xv« s. Ils [les deux Anglais] ne savoienl mol de françois, et l'escuicr ne savoit mot d'anglois, froiss. ii, ii, 67. si s'en enorgueillirent grandement, et en commencèrent à tenir leurs ramposnes et leurs grou mots, id U, m, S9. Pour avoir fait tailler et graver les armes

MOT

de monseigneur et son mot sur ycelles vervelle^, ni LABORDE, kmaux, p. 400. X nous te fault les arme? rendre ; Hen toy, car tu es desconfis ; Dy le mot, plus ne puer [tu ne peux] attendre, e. dfsch. Pnhies mss. f* iS'. Elles [les femmes] désirent le^' citez. Les doulx mos à eulx [elles] usitez, Festes. marchiez fl le théâtre, m. ib. f-. 628 Armez et timbrez des armes et timbres dns chevaliers, de leurs motz, de leurs noms et de leurs devises, cl. df LA MARCHE, Mém. livre i, p. 259, dans lacurnb. Dictes hardiement le conseil; bons mots n'espargnent personne, Perceforest , t. i, f. 4 23. Et pour ce, noble déesse, veuillez tenir voslre mol, ib. t. m, f 182. Il fut contraint de leur accorder tontes leur; demandes; et après qu'il leur eut dit le mot après-plusieurs allées et venues... comm. ii, 4. Etdist quelque bon mot à chascun de ses gens [quelque mot aimable], id. iv, to. — Monseigneur — c'est assez. — Seiillement ung mot. — 11 est tard, coûuni- Plaidoyer de la simple et de la rusée. || xvi* s. Le flamand, foullé et assailly de tous costez, se defTendoil à tous efforts, mais tant esloit j.'i battu et lassé qu'il estoit prest à dire le mot et pris. j. d'auton, Annales de Louis XII, p. 351, dans lacur>k. lu pourras en trois mots luy dire mes ennuis, hon? 284. Puis j'ai congncu que la tienne promesse Nv sont pas motz d'évangile ne messe, J. marot, v, 4o. Contons n'avoir rien dict qui vaille aux neuf premiers vers, pourveu qu'au dixième il y ait le petit mot pour rire, dcbellat, i, 24, verso. Souvent pour un bon mot on perd un bon amy, id. vi, 37, verso.. . Luy avoit grandement despieu, quoi qu'il n'en sounast mot, bab. Pant. iv, au card. de Chastillon. Des mots de gueule.... des mots dorés, id. iv, 68. Pleust à Dieu.... que j'eusse le mot de la dive boutille, ib. Sur le mot de Solon que.... mont. 1,44. Courir après un bon mot, lo. ), 191. Il fut si misérable de. se voir prins au mol, id. i, 404. Mon ami, je teii prie, dépêche les moi, je te paierai à tes mots |cb que tu me demanderas], despf.r. Contes, xxv. Usant de mots qui remplissoient la bouche, afin de se faire estimer un grand docteur, ID. ib. xlii.

ETYM. Bourg, mô; prov. et calai, mot; esp. elpott. mote; ital. molto; napol. mutto; du liaslal. multum, mol [ne multum quidem audet dicrre) ; du lai. m»»- (um, mot, grognement, muHire, grogner, murmurer.

t MOTACILI.E (mo-la-si-l') i. f. Bergeronnette, dite aussi hochequeue, battemare, etc. Le nom de genre est mnlarilla, famille des turdidés.

— F.TVM. I.at. motacilla.

t MOTECALLEMIN ( mo-té-kal-lé-min' ) , f. m. Nom d'une secte do philosophes arabes qui, pour combattre le péripatétisme, l'idée d'éternité de la matière et la négation de la création, argumentaient de l'atomisme d'Epicure, modifié selon leur point de vue, et s'efforçaient d'établir unsccptioism» absolu devant tourner au profit de la I^ révélée.

— ETYM. Arabe, motecallem, participe dérivé da radical kalam, raison, philosophie ; il veut dire théologien.

fMOTKLLE (mo-tè-l') t. f. La. lotte de rivière, dans quelques contrées.

— ETYM. Génev. montaile ou moutelle; probablement du lat. musiela, nom d'un squale et aussi de poissons d'eau douce.

t MOTKRELLE (mo-te-rè-l') î. f. Le motteux (Beauce).

MOTET (mo-tè; lo t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'iselie: desmotè-z agréables; molstî rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. {| 1" Au xiii* siècle, composition liarmoni lueàdeux, trois on quatre parties, le plus souvent à trois, ayant habituellement pour ténor un fragment de plain-chanl, quelquefois un air populaire, avec lequel devaient s'harmoniser les autres parties, selon que le ténor ou l'une des parties servaient de base harmonique, cous- SBMAKER. Le motet semble dans l'esprit du musicien avoir été une composition dans laquelle on avait la prétention de donner un rêle particulier à chacune (les parties dont la réunion devait créer un ensemli!» harmonique analogue à celui que les artistes mo dernessontquelquifois parvenus à produire dans certains trios,q uatuors ou choeu rs d 'opéras,coussE m * k i-;h , l'Art harmonique, p. «". 112" Aujourd'hui, uiorcriiii de musique surde:* paroles religieuses latines desliiè à être exécuté à l'église, sans faire partie du .servicn divin. Laurenzani fait de beaux motets, la bruy. xiii. On a exécuté depuis peu un motel à grands chœur.n qui a fait beaucoup de bruit, du moins dans la salle oii l'on chantait, volt. Lclt. Cuther. 58.

— HlST. xiii*. s Savoir se bon scroit Qu'il fe'ist

rimes joliettes, Motez, fabliaux, ou cbançonnet'!'^, Qu'il vueilleà s'amie eavoier Por U cbevir etapaicr,

MOT

MOT

MOT

la Rose, S380. Et nequedent se Rustebues, Oui nous oonnoist hien a dix ans, Voloit dire deux moles nues [deux petits mots neufs], Mes qu'au dire fust voir disanz, huteb. 2I6. ||xvi* s. Lors sont ouyz aux mansions divines, Maints beaulx motetz et chansons celestines, i. marot, v, B6. La Barre s'en va avec ce motet [petit mot] ,*caiu,oix, vui, (4.

— ÊTYM. Diminutif do mot ; ital. mottetto. On trouve aussi le diminutif motot.

MOTia'R, TRICE (mo-teur, tri-s'), s. m. et f. Il !'■ Celui, celle qui donne le mouvement. Il [Dieu] est infiniment au-dessus de cette cause première ot de ce premier moteur que les philosophes ont connu sans toutefois l'adorer, Boss. Hist. il, <. De la terre 8t des cieux les moteurs éternels, volt. [Icnr. vin. Ce premier moteur est Dieu, être vivant, éternel, DIDER. Opin des anc. philos. {périp(Uéticiens).\\ Il se dit aussi de ce qui donne le mouvement. Le moteur d'une machine. || Moteurs animés, nom donné à l'homme et aux animaux considérés dans leur emploi à porter ou à traîner des fardeaux. Il 2* Fig. Il se dit de celui ou do celle qui produit des efforts compares au mouvement physique. Et toi, puissant moteur du destin qui m'outrage, Termine ce combat sans aucun avantage, Sans faire aucun des deux ni vaincu ni vainqueur, corn. Cid, v, *. Puisse le grand moteur des belles destinées. Pour prolonger vos jours, retrancher nos années I id. Cinna, v, 3. Il y a uniformité d'esprit entre le moteur qui inspire nos passions et celui qui prescrit la résistance à nos passions, pasc. dans cousm. Vous avez voulu, 6 mon Dieu, qu'il [le libre arbitre] concourût à votre grande cruvre, qui est notre sanctification, sans songer que c'est vous, 6 moteur secret, qui lui inspirez le bon choix qu'il fait, BOSS. Concupiso. 32. On peut concevoir que le corps meurt, si les esprits qui sont le moteur s'éloignent ou si.... ID. Connaiss. n, 42. Adressez-vous à Dieu eu qualité de moteur des coeurs, id. Lett. abb. 69. Tous [tout le monde] ne considèrent que vous [régent] comme convocateur et moteur de l'assemblée [dos états généraux], saint-siu. 465, 70. Ce sont les femmes qui furent motrices de toute cette révolte, MONTESQ. Lett. pert. 24. Un brasseur de bière de la ville de Gand fut le grand moteur de cette guerre fameuse et celui qui détermina Edouard à prendre le titre de roi de France, volt. Mœurs, 75. i| 11 se dit aussi des choses. Qu'est devenu ce sentiment intime Oui, sous les noms d'amour et d'amitié. De l'univers i^t le moteur sublime ÎMALraiTHE, Narcisse, iv. || 3° Moteur, trice, adj. Qui produit un mouvement. Ainsi l'esprit moteur, dont la vertu {éconde Par de puissants ressorts anime tout le monde, bahieb, le Cabinet de Quinault, p. ea. La force motrice des corps n'est pas un être composé de parties, volt. Dict. phil. Ame. Cette attraction [gravitation], diminuée par la distance, est ^irécisement la vertu motrice de Kepler, laquelle, comme la lumière, est affaiblie quand le corps est plus éloigné, BA1LLY, Ilist. aslron. mod. t. ji, p. 465. La connaissance do ce centre [de tous les mouvements planétaires] est indispensable pour avancer dans la recherche des causes motrices, laflace, Expos. Il, préface. \\ En aiiatomie, moteur sedit des muscles. Les muscles moteurs de la jambe, du liras, etc. || Nerf moteur, se dit do quelques nerfs de mouvement qui se rendoiit à certains muscles. Le nerf moteur externe de l'œil.

— HIST XV* s. Du premier ciel et grand moteur Est mon savoir gubernateur, iVat. à l'alcli. err. 3»o. Il xvi* s. Le connestable en fut moteur [de cet accord], d'aub. Uist. I, 107. S'il est, comme chantent DOS vers. L'esprit moteur de l'univers, do bellay, VII, '■15. verso.

— ËTYH. Lat. molorem, de motum, supin de mocrre (voy. mouvoib).

MOTIF (mo-tif ), f. m. Il 1* Ce qui pousse à faire ■De chose. Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire, cobn. Nicom. v, (0. Phèdre enchérit souvent (nir Ësope] par un motif de gloire, la font. Fabl. lY, *8. Le motif seul fait le mérite des actions des hommes, la bhut. ii. Prenez dans vos mis':res un nouveau motif de confiance, uass. Carême, Laiare. Les motifs d'honneur et de justice t'emportèrent ici iur ceux de l'iutcTêt et de la politique, xoLLm, Ilist. anc. Œuv. t. I, p. 307, dans polgens. C'est bien peu connaître les passions que de les faire raisonner; «Iles ont des motifs et jamais des principes, nucLos, CoTuid. mœurs, ch. 5. || Motif à, avec un verbe à l'infinitif. Où prenez-vous, monsieur, que j'aie dit que mon motif à professer la religion chr^'ticnne est le pouvoir qu'ont les esprits de ma sorte d'édifier el de scandaliser T t. J. boobs. Lett. à M. Petit-Pierre,

DU.T. DU LA LA^aU£ FKANgAISS.

Moliert.... t7(îS. ||En psychologie, motifs d'action, les motifs qui déterminent la volonté. || Motif de crédibilité, ce qui peut raisonnablement porter à croire une cliose indépendamment des preuves démonstratives. Il Terme de jurisprudence. Les motifs, les raisons de juger que les jugements doivent contenir. Les arrêts.... qui n'ont pas été rendus publiquement, ou qui ne contiennent pas les motifs, sont déclarés nuls, tot20a»ri/i8IO,art. 7. |{ 2''Terme de musique. Phrase mélodique. || Motif principal, la phrase de chant qui domine dans tout le morceau. Il 3" Terme d'architecture. Se dit de certains sujets de sculpture Près du cercle international se trouve le parc anglais, dont le motif principal est une pagode de l'Inde, le jouniai le Siècle, i" avr. 1887.

— HIST. XIV' s. Ceux [les nerfs] de la nuche sont diz motis [moteurs], H. de mondeville, ^ », terso. Nerf est ung instrument sensible et motif, lanfhanc, f" ». L'un aime pour une nison ou pour un motif, et l'autre aime pour l'autre, onESME, Eih. 24 1 . Et les choses desquelles le principe et la cause motive est en nous meisme quant à les faire ou non, telles choses sont Toluntaires, m. ib. 48. || xvr s. Les seigneurs persiens luy demandèrent s'ilz venoicnt de leur privé motif, ou s'ilz estoient envoyez par le public, amyot, Lye. 54. La faculté motive consiste principalement es nerfs et muscles, paré, Introd. s. Fxisant estât de trouver les causes de chasque accident, et de veoir dans les secrets de la volonté divme les motifs incompréhensibles de ses œuvres, mont, i, 248.

— ËTYM. Prov. et catal. moliu; esp. et ital.mo<tt;o; du latin motttm, supin de movere (voj. mouvoir). .Jfod'^ est proprement un adjectif qui dao« l'ancienne langue et dans les autres langues romanas signifie : qui a la propriété de mouvoir. De là, transformé en substantif, il a pris le sens de cause d'action.

t MOTILITÉ (mo-ti-li-té), s. f. Terme de physiologie. Faculté de se mouvoir. La motililé ou faculté de nous mouvoir, à laquelle nous devoi s la perception de mouvement et celle de résistanc 9, destuittbacy, Instit.Mém. se. mor. et pol. 1. 1, p. 333.

— ÉTYM. Dérivé du latin motum, si^pin de movere, mouvoir (voy. mouvoir).

MOTION (mo-sion; en vers, de troii syllabes), s. f. Il l' Terme didactique. Action de mouvoir. On ne sait si les bêtes sont gouvernées par les lois générales du mouvement ou par une motion particulière, MONTESQ. Esp. I, I. Quand même il serait nécessaire que la matière fût en motion, comme il est nécessaire qu'elle soit figurée.... volt. Phil. Ilomél. sur l'athéisme. t| i° En termes militaires, se disait généralement, avant le xviii* siècle, au lieu des mots évolution, manœuvre. || 3° Motion, nom donné aux voyelles dans la langue hébraïque, parce que ce sont elles qui donnent aux consonnes le mouvement, c'est-à-dire la prononciation. || 4* Fig. Proposition faite dans une assemblée délibérante parun de ses membres. Ma motion du 3o janvier devait nous conduire à la paix, et faire céder avec quelque gloire par les deux premiers ordres ce que l'impérieuse voix du temps et de lajustice va leur arracher, MIRABEAU, Collection, 1. 1, p. 54. Il Motion d'ordre, motion qui a pour objet l'ordre de la discussion. Il 6* Terme théologique. Synonyme do grâce efficace. De là s'ensuit que l'oraison passive [des mystiques] ne consiste pas dans la motion ou grïce efficace, par laciuelle Dieu persuade aux hommes tout ce qu'il lui platt, parce que cette motion se trouve dans tous ceux qui pratiquent la vertu, et se trouve pcrsévéramment dans tous ceux qui persévèrent, Bo.ss. Et. d'oraison, vu, 4.

— HIST. XIV* s. Les mocions, est à dire les oporacions et les generacions, ohksme, Elh. 220. Toute motion est hastive ou tardive, lo. T/iése de meunier. Il XV* s. De cette motion [sollicitation] furent tous les cardinaux esbahis et courroucés, rRoiss. ii, ii, 20. Il XVI* s. Quelconque motion [sollicitation] qui lui pouvoit estre faite au contraire. Lettres de Louis XII, t. IV, p. 256, dans lacubne. X fin que les poulmons eussent l'aliment qui les suivislen toutes leurs motions, paré, h, 14.

— ÊTYM. l'rovenç. mocio; espagn. mocion; ital. mnxiortei du latin mo(ioni>in, qui vient du supin ntitum, de movere (voy. mouvoir).

t MOTIVAL, AI.K (mo-li-val, val'), adj. Terme do jurisprudence. Qui concerne les motifs d'uti arrêt. Clause motivale.

— ÊTYM. Motif.

MOTIVÉ, ÉE(mo-tlvé, ■>(e)^parl. passe ne mol'tvcr. La France est le seul pays ou les arrêts ne soient pas motiV('s,coinmQ c'est aussi le seul où l'on acii 'te le droit de juger les hommes, volt. Lett. Damitayille, 13 juin 47«8. Il Terme de jurisprudence. Conclu-

sions motivées, conclusions que les avoués se signifient dans le cours d'une instance, et auxquelles ils joignent des moyens sommaires.

MOTIVEE (mo-ti-vé), t;. o. || 1* Munir des motifs nécessaires. Il motiva son refus. Aujourd'hui les juges sont obligés de motiver leurs jugements. Il voulait dire apparemment qu'il ne convenait pas à un roi de rendre raison à son peuple, et qu'il fallait en user comme le parlement qui ne motive jamais ses arrêts, volt. Lett. d'Àrgenlal, 30 mars 4770. J'en vais corriger un second [abus] en vous motivant mon arrêt; tout juge qui s'y refuse est un grand ennemi deslois, beaumabch. Jfar. de Fig. m, (5. Il 2° Servir de motif. Voilà ce qui a motivé cette mesure. Ces doutes étaient assez motivés peut-être par la nature des objections qu'on nous a faites, MIRABEAU, Collection, t. II, p. 37. Il Motiver les entrées et les .sorties dans une pièce de théâtre, faire que les entrées el les sorties des personnages paraissent commandées chaque fois par les circonstances. Il 3° Se motiver, v. réfl. Etre motivé. Cette opinion se motive par plusieurs raisons.

— REM. Motiver n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de I740.

— ÉTYM. Motif.

t MOTO (mô-to), t. m. Terme de musique. Mot italien qui veut dire mouvement, et ((u'on emploie quelquefoisdansles partitions. Con moto, avec mouvement, d'une manière animée.

— ÊTYM. Ital. mofo, mouvement, du lat. motus, mouvement, de motum, supin de niowere, mouvoir.

t MOTRICITÉ (mo-tri-sité), s. f. Terme de physiologie. Faculté de mouvoir, mode d'innervation par lequel la contraction des tissus musculaires est déterminée. On dit aussi quelquefois incito-motricité.

— ÉTYM. Moteur.

MOTTE (mo-f), f. f. Il 1* Petit morceau de terre détaché avec la charrue, la bêche, ou autrement. Rompre, casser, briser les mottes d'un champ. Il Terme do fauconnerie. Prendre motte, se dit d'un oiseau qui se pose à terre au lieu de se percher. Il 2* Terme de jardinier. Unecertainequantitéde terre qui tient aux racines. Lever un arbre en motte. Replanter un arbre avec sa motte. || 3° Butte, éminence faite de main d'homme ou par la ii<iture. Aplanir une motte. || Hutte sur laquelle s'élève un moulin à vent. || Massif de pierre qui fait partie de la machine à pilons d'un moulin à poudre. || Terme du moyen âge. Principal lieu d'une seigneurie; place de la forteresse ou du château. 1 1 4* Motte i brûler, ou, simplement, motte, tan qui ne peut plus servir à tanner, et dont on fait de petites masses rondes pour brûler. || Tourbe séchée et réduite en parallélipipèdes. Il 5- Motte de beurre, une certaine masse de beurre que les marchands détaillent. || 6° Nom qu'on donne en Provence à la quantité d'olives qui doit former une mouture.

— HIST. xiu* s. Tuit chaplerent [tous frappèrent] sur Aristote, Qui fu lier com chastel sur moie. Bataille des sept arts. Et les Sarrasins à pié leur gotoiunt les motesde terre enmi le* visages, joinv. 23G. Des ycx dou cuer ne veons gote, Ne que la taupe soz la mote, ruteb. 246. ||xiv* s. Gautier recevant une moto appdiéeatterissement en l'yauedo Seine, du cangk, a/(m«n?n(n<um. || xv* s. Us envoyèrent un chevalier de leur conroy devers lo roi d'Angleterre, qui se tenoit plus à mont sur la moltn d'un moulin à vent pour avoir aide, pboiss, i, i, 2no. Et passèrent par force outre les fossés, et vinrent ju.squesà la motte de terre et au pied de la tour à pics et à boyaux, ID. i,i, 3I7. Le lieu n'est pas deleiisable, car la motte est de main d'homme faite ot petite, comh. vil, <2.||zvi* s. Les attaquans, aidez do six canons eslevez !>ur unemotte, rcinimrrerentdans deux jours [à la conir'escarpoj les enfermez, d'ai'b. Ilist. Il, 2U3. En Frise et en Hollande, les motlcï qu'ils appellent torf, palisst, 783. Le fils a et luy appartient pour son droit d'ainesse le principal chastel ou maison forte, niothe ou place de maison sci' giiRirialo tenue en fief, si aucune en y a, à sor. choix, Coust. gi'nir. l, i, p. 4lJ,

— ÊTYM. Uerry, moMH«; espagn. et port. tnoM, levée de terre pour clore un étang; ital. modo, terre éboulée. Les langues germaniques ont : lioll. moet, mot, petite élévation ; lavar, moK, monceau do terre marécageuse; ce qui peut avoir donné molle du roman. D'autre part le gaélique a mota, mont; ce qui conviemlrait aussi, un cite encore l'une, haut-allem. molta, terre, motte; gotU. mulda, devenu en plat dcutsch môtwurf; allem. mod. ifuufwurf, l'animal ijui jetti la terre, qui tUit la motte (la taupe). D'après Fr. Michel, c'est l'ial. mol», assemblée, donnant son nom à la motte où elle se tenait.

Oî2

MUU

MOU

MOTTE, ÉE (mo-té , téa) , part, patié de motter. l'cnlriz mottées.

I MOITIÎE (roo-ti^e), t. f. Se dit, dans la Vendée, d'une pièce de terre entourée de fossés profonds Jont on a rejeté la terre sur la pi6ce même.

— f.rvji. kniie.

lIOTrER(mo-té),f.a. || l'Terme rural. Jeter des molios de terre avec la houlette pour faire obéir les brebis. |i 2* Terme de chasse. Se luotter, v. réfl. So cacher derrière des moltesde te rre,en parlant de perdrix.

— ItEll. L'Académie n'a motier que comme verbe réfléchi.

— HIST. XYi* ». [Le chien] Se tient ferme planté, tant qu'il Toye la place Et le gibier motte couvert delatirace [filet], bons. t30.

— ÊTYM. Uolte.

t MOTTKREAU (mo-te-rô), t. m. Hirondelle de rivape, hirvndo riparia, /,.

t MOTTECR (moteur), *. m.OuTrier qui fait des mottes à brûler. Le luotteur nus pieds presse la tannée dans le tsoule [de cuivre] et la frappe pour la durcir, Diet. des arls et m. Tanneur.

— ÊTYM. UoUe.

t JlOTrEUX(mo-teû), s. m. Oiseau commun en Europe (famille des lurdidés, genre traquet). Le moilcux ou cul blanc, molacilla cenanlUe, Linné; le motieux roux, molacilla stapazina, Linné.

— ÈTYM. ilolle, parce qu'il a l'habitude de se tenir sur les mottes des terres labourées.

t MOTTOIS (mo-loi), t. m. Nom d'une race de bœufs nés sur les montagnes du Cantal, dite aussi bœufs du haut cru.

— ÉTYM. ilolte, dans le sens de hauteur.

t MOTTONS (mo-ton), ». m. pi. Petites boules produites par la farine au moment où on l'incorpore dans ilu lait ou un liquide quelconque lorsqu'elle n'est pis bien délayée préalablement.

— ÊTYM. C'est probablement un augmentatif de moite.

t MOTD PROPniO (I)i;) (dé-mo-tu-pro-pri-o), toc. adv. Expression latine qui signifie : de propre mouvement, et qui appartient au style des bulies des papes. Ce qui la met [une bulle] le plus hors d'état d'être reçue au parlement est qu'ayant été faite par le pape seul, sans concile et même sans l'avis du collège des cardinaux, elle ne peut être considérée que comme ayant été faite par le propre mouvement du pape, motu proprio, que l'on ne recomiait poini en France, pasc. i'roi'. xix. || Il se dit aussi dans le langage général. Je le ferai de motu proprio. (i Substantivement. C'est un motu proprio. || Au lieu des locutions motu proprio et de motu proprio, on dit aussi proprio motu.

— llisr. ïvi* s. Demain nous parlerons d'aller aux stations, De motu proprio, de reformations, D'ordonnances, de bricfs, de bulles et dispenses, du BELLAT, p. 411, t-erio, dans lacukne.

— £TYM. Lat. de, de, motu, mouvement, proprio, propre.

MOTL'S (mfi-tus'), expression familière par laquelle on avertit quelqu'un de ne rien dire. Mais, motus, je saurai cacher la vérité, hauteboche, les Appar. Iromp. il, 8. Motus, il ne faut pas dire que vous m'avez vu sortir de là, mol. G. Uandin,i,i.

— ÊTYM. Ce parait être mot affublé, par plais.interie, d'une terminaison latine ; vwl s'est dit en effet au sens de tnodt» (voy.MOT). Stboler est disposé t y voir une altération du latin mutus, muet.

*. MOU, HOLLK (mou, mo-l'), adj. || fQui cède facilement au toucher, à la pression, tout en conservant une certaine adhérence. Du from. ge mou. De même que le feu terrestre partage telh ment sa vertu, qu'il y a des choses qu'il fait plus fermes, et qu'il y en a d'autres qu'il rend plus molles, boss. 2* serm. Pentec. 2. On apporte à l'instant ses somptueux habits, Où sur l'ouate molle éclate le tabis, BOiL. Lutr. IV. Son menton sur son sein descend à double étage, Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur. Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur,

'!>••''■• Un ruisseau qui, sur la molle arène,

Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,

n>. Art p. I Mangez sur ma parole; J'aime à

voir aux lapins cette chair blanche et molle, ID. Sot. m. Tout C8 qui est humide est en même temps mou, c'est-à-dire moins dur que ce qui est sec; aussi n'y a-t-il de parfaitement solide que ce qui «Il entièrement sec, sur. Jfin. t. i, p. «3. Le canon tirait contre la maison ; mais, le» pierres étant fort molles, il ne faisait que de» trous et ne renversait rien, VOLT. Charl.Xll, ». || Poires molle», voy. poibe. Il Terme de physique. Corps mous, ceux qui ne tendent |>a» i reprendre la figure que le choc ou la comprsiaion leur t (ail perdre. || Terme d'auato-

mle. Parties mollee du corps, ensemble des cbaiis ou des organes qui recouvrent le squelette. || S. m. Ce qui est mou, chose molle L'une voudra du mou, L'autredu dur.... la fontaink, J/aiei. ....L'un demande du mou. L'autre du dur, »:oL. Wp. amoureux, iv, 2. || S. m. pi. Nom qu'on lionne quelquefois aux mollusques. || 2* Par extension. Le temps est mou, le vent est mou, le temps est relâché, le vent est chaud et humide. || 3° Fig. Oui a peu de vigueur. Ce cheval est mou. Homme mou au travail. Il Qui a peu de suite, de ténacité. Cet homme est mou à servir ses amis. M. de la Poplinière, qui a du pouvoir sur cette ime molle [Thiriot], et qui & quelque intérêt que la mollesse n'aille pas jusqu'à l'ingratitude, volt. Lett. Uelvélius, janvier 4739. ||I1 se dit aussi des choses. Et tous mes vœux pour vous seront mois et timides, CORN. Iléracl. m, t. j| Style mou, style qui manque de vigueur. Il Terme de peinture. Touche molle, manière molle, faiblesse d'expression dan» le mécani.sme de l'art. Pauvre, sale, mou de touclie, didehot, Salon de 1767, Œuvres, t. xiv, p. 47, dans PQUGENS. Il On dit dans le môme sens : un pinceau mou. Il 4* Oui perd sa vigueur dans les plaisirs, dans une vie énervante. Les hommes sont lâches dans les petites tentations; ils sont mous dans les plaisirs, FÉN. t. XVII, p. 281. Savez-vous, leur dit-il, à quels ennemis vous aurez aiïjire? à des hommes mous, lâches, elTéniiiiés, déjà à demi vaincus par les délices, BûLLiN, //lit. anc. Œui'. t. ii, p. (47, dans pougens. fjL Grèce entière est libre, et la m :11e lonieSous un joug odieux languit assujettie, volt. Brvtus, l, 2. Ce peuple mou, volage et facile à fléchir, id. Jf. de Ces. Il, 4. Il 5° Oui appartient à une âme sans vigueur. Qu'à tant de violence 11 oppose, non plus une molle prudence. Mais un courage mâle, corn. Thdod. V, 6. L'amour que j'ai pour vous hait ces molles bassesses, id. Pertliar.iv, 5. Et dont, à tous propos, les molles complaisances Donneraient de l'encens à mes extravagances, mol. ilis. li, t. N'est-ce pas ainsi qu'une molle complaisance a perdu tant de femmes, et tous les jours en perd tant d'autres? BOURDAL. 2* dim. après l'Épiplian. Dominic. t. i, p. (04. Je craignais beaucoup plus sa molle résistance, RAC. Aies. Il, 6. Les molles faiblesses d'un cœur fragile, mass. Carême, Uclange. Je suis persuadé que ceux qui ont dit que je m'étais emporté dans cette dernière réponse sont les mêmes qui ont dit que mes précédentes réponses étaient molles et marquaient un ménagement trop timide, batle, Lelt. à des Maizeaux, 23 juill. 4 706. Nos mœurs sont trop molles; j'aurais dû peindre avec des traits plus caractérisés la fierté sauvage des Tarlares et la morale des Chinois, volt. Le». d'Argental, 17 septembre 4755. Il Oui éteint la vigueur de l'âme. Qui s'apprête à mourir, qui court à ses supplices. N'abaisse pas son âme à ces molles délices, corneille, TMod. IV, 6. Ils [les grands] livrent leurs cœurs aux vaines douceurs d'une vio molle et oisive, flEcii. Aiijuillon. Vous avez eu une éducation molle, id. j,

Ï20 Bajazet dédaigna de tout temps La molle

oisiveté des enfants des sultans, bac. Uaj. l, t. La molle volupté, sur un lit de gazons. Satisfaite et tranquille, écoute leurs cban.soiis, volt, ilenr. ix. Parla molle douceur doses impressions [de l'amour], ID. Adél. du Guescl. il, 4. Et dont la danse molle aiguillonne aux plaisirs, a. ciiÉN. Klég. xxix. Il 8° Terme de marine. Se dit d'un navire qui tient mal le vent, qui va mal. || Molle mer, mer étale, intervalle entre le flux et le reflux. || Cordage mou, cordage làclieiiui n'est pas roidi. || S. m. Lemou d'un cordage, la partie d'un cordage qui n'est pas roidie. Il Donner du mou à une manœuvre, à un câble, en diminuer la tension. Em braquer le mou, roidirun cordage. || 7° Bronze mou, bronze tliaullé au rouge et trempé dans l'eau fraîche. ||8* Terme de pêche. Molle salée, morue à laquelle on n'a pas donné assez de sel.

— UEM. Dans le style soutenu et surtout on poésie, on dit quelquefois mol au masculin quand le mot qui suit commence par une voyelle : un mol abandon. Qui le soufTrea le ceeur lâche, mol, ab.Utu, coBN. Cinna, li, (. Cependant, même quand le mot Commence par une consonne, la poésie peut préférer mol à raou : L'afl'ront que m'eût fait ce mol consentement, CORN. Ilor.iii, 5. Au reste, autrefois mol était aussi uÀté que mou. S'il pardonne, il est mol, s'il se venge, barbare, rotb. Yencesl. l, 4. On n'en voudrait pas [del'argent gagné au jeu], s'il était oflert; ce n'est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu'un recherche.... pasc. reni^ci, éd. lahure, t. I, p. 205.

— HIST. XII* s. Siaturnadun mol mangier devant lui i son cet [à sa commodité], Rois, p.4«3. ||xui*8.

Scies [sois] mt ;ani, mais non pas mo», BBim. ix- TiNi, Trésor, p. 3«6. Et quant li airs iert [sera] apaisiés. Et li tens cler et aesiés, Et li vens mol cl delitables, la Rose, 8442. Se ge disoie d'eus parole Oui ne lor fust plaisante et mole, ib. 11002. Atant me vindrent dui [doux] vilain, Chascun un lia.sion en sa main. Oui tant me douèrent dt cous Que tous les costez en ai mous, lien. t8S23. || xv s. Par estre trop mol, les franchises de Gand se pourroient perdre, qui estoient si très nobles, froiss. h, ii, 5:1. Tendres et mois comme un petit oison, e. desch. Poésies iTiss. f 207. Est bon avoir grant garnison de potz plains de mol savon, le Jouvencel, (° 90, dans LACUKNE. Il XVI' s. Nostrc corps sera cendre esteinte, et l'esprit sera espars comme le mol air, et nostre nom sera oublié avec le temps, la noue, 5. N'ayans autre but qu'un mol et vain plaisir extérieur, m. 205. Croupir en mois plaisirs et paresse, ID. 210. Ses gents faisans plus molle garde, mont, i, 28. J'ailmire de les veoir si doulces et molles [les guerres civiles] , ID. i , 4 70. Une beauté molle, a(rettéc,delicato, artificielle, m. i, 477. Pour arracher de leur bouche quelque parole molle et rabaissée, m. 1, 242. 0 ployables esprits, 0 consciences molles, Téméraires jouets des vents et des paroles, d'al'B. Tragi'fues, Princes,

— ÊTYM. Picard, mau; Berry, mou, mouillé, moule, mouillée; wallon, vtô, au fém. tnoJe; namur. moi; Hainaut, mo; provenç. molh ;ca.i. mnll; esp. mole, muele; port, et ital.wioi/e;du lat. mollis, pour mollis, comme l'indiquent les formes en u du pers.an et du sanscrit ; pers. mordu; sanscr. mridu. Palsgrave écrit au pluriel mnlt, prononcémox, p. 26.

2. MO0 (mou), s. m. Nom vulgaire du poumon de certains animaux, et particulièrement du veau. Il Morceau de mou. Le chat a-t-il eu son mou?

— IIIST. xiv s. Pour faire boudins de foie, prenez deux morceaulx de foie, deux morccaulx de mol.... ilénagier, u, 6. Le mol ou poumon, car c'est tout un, ib. II, 5.

— f.TVM. mou 4.

f MOLXET (mou-sè), s. m. Fauvette d'hiver.

t .MOL'ClIACllE(mou-cha-ch'),î.^.Voy.HOi;ssACHE.

MOCCllARD (mou-char ; le d ne se lie pas : un mou-char adroit; au pluriel, 1'* ne se lie pas : des mou-char adroits; cependant quebiiies-uns la lient : des mou-char-z adroits), *. m. || 1° Terme de dénigrement. Espion de police. Mouchards, gens fort dangereux, AiUi-ilénayiana, p. 4 87. Mais nous qui de maints brocards Poursuivons j.tsqu'aux mouchards, BÉRANO. Judas. Il 2 II se dit aus.si de ceux qui, dans la vie privée, jouent le rôle des mouchards de police. Ne voilà pas de mes mouchards qui jirennent garde à ce qu'on fait'/ mol. ,(rare, 1, 3. Chemin faisant, on observe avec soin S'il n'est point là do mouchard qui regarde, nu cerceau. Poésies, la \ouvelle i'ie. ||ylu fém. Dans le style familier. C^st une petite moucharde. || 3' Sans idée de dénigrement. Un curieux. C'est .sur ce fameux théâtre dos Tuileries, dit un écrivain de l'époque, qu'une beauté naissante fait sa première entrée au monde; bientôt les mouchards de la grande allée sont en campagne au bruit d'un visage nouveau; chacun court en repaître ses yeux, les Souhaits (4 693), se. de Colombine et Isabelle; dans le Théâtre ilalien de Gherardi, t. v, p. 65, 66. || Inusité en ce sens. Il 4* Espion do guerre (inusité en ce sens). Les mouches de cour sont chassées; Les mouchards sunt pendus : et vous mourrez de faim. De froid, de langueur, de misère, Quand l'hél>us régnera sur un autre hémisphère, la pont. Pabl. iv, 3.

— llIST. xvi' s. l.a reine more, qui ha'issoit et se voyoit haïe du duc d'Anjou, et avoit par ses espions et mouchards découvert ce qui se projettiit pour la desautlioriser et cinpescher le retour du roy de Pologne, siLLY, ilém. t. i, p. 80, dans lacubne.

— ÊTYM. Uouchard parait venir de mouche qui s'est dit pour espion. Cependant Mézeray {Règne d« François 11) dit, en parlant de Déraocharès, théologien de Paris et inquisiteur pour la foi, qu'il se nommait de ilouchi/, et que ses espions s'appelaient mouchards ; étymolugie adoptée par Voltaire, ilist. parlem. ch. xxi.

t MOL'CUARDAGE (mou-char-da-j'),*.m. Action de moucharder. Le mouchardage gagé par nos adversaires est un de leurs ressorts que nous devons le plus craindre, BAB<i;uF,i»iicei-, 1,466. Là, les patriote» seront.... moins exposés au mouchardage, il), (so.

t MOL'CIIARDER (mou-char-dé), v. n. Faire le mouchard. || Activement. Moucharder quelqu'un, le pionner.

— liiST. XVI* s. Moucharder, cotgrave.

— F.TVM. Ilouchard.

MOUCllE (mou-cb'}, t. f. Il 1* Genre d'insectes

MOU

MOU

MOU

diptères. Mouche-guêpe. La mouche domestique, musca domcKi'ca, Liiiné; c'est la mouche ortlinaire; la mouche des bcfiufs, musca boiina, Rob. espèce très-voisine de la mouche domestique; la mouche bourreau, musca carnifex, Kob. se trouve sur le breuf. L'obscurité dans les écuries est le meilleur moyen d'éloigner les mouches qui tourmentent les animaux. J'ai envoyé devant vous des mouches piquantes, et je les ai chassés [les Chananéens] de leur pays, SACi, Bible, Josué, xxiv, 12. Et la dcrnicre main que met à sa beauté Une femme allant en conquête, C'est un ajustement des mouches emprunté, la poiit. Fahl. iv, 3. Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles, Et fait cent sottises pareilles, m. ib. vu, ». Aui traces de son sang un vieux hôie des bois. Renard fin, subtil et matois, Ble^!sé par des chasseurs et tombé dans la fange. Autrefois attira ce parasite ailé Que nous avons mouche appelé, ID. ib. XII, (3. Ne vous étonnez pas s'il ne raisonne pas bien à présent; une mouche bourdonne à ses oreilles : c'en est assez pour le rendre incapable de bon conseil, pasc. l'ens. m, », éd. HAVET. la puissance des mouches : elles gagnent des batailles, empêchent notre âme d'agir, mangent notre corps, id. ib. xxv, t20. Je suis un peu incommodé des mouches dont mon appartement est plein, vis-à-vis des glaces étemelles des Alpes; il y a toujours dans ce monde quelque mouche qui me pique; mais cela ne m'empêchera pas de vous servir, volt. Letl. d'Alemb. I6. Une mouche va déposer ses œufs dans le nez du mouton ; une autre mouche plus hardie encore va pondre dans le gosier du cerf, bonset, Consid. corps org. Œuvr. t. v, p. U2 , dans POUGENS. || Mouche charpentière, mouche de l'Inde, qui, à l'état de larve, détruit le bois, xylocnpa. || Cheval tendre aux mouches, cheval qui supporte mal les piqûres des mouches. Il Fig. Être tendre, être sensible aux mouches, avoir le cieur facile aux moindres émotions, ressentir vivement les moindres désagréments. En vérité, la vie est triste quand on est aussi tendre aux mouches que je la [il faut (ej suis, sév. si sept. 4675. Avec cela il est délicat à l'excès, sensible aux mouches, voyer d'abgenson, Mém. p. 447, dans POLGENS. Il Fig. et populairement. Gober des mouches, perdre le temps à attendre, à ne rien faire. Il Kig. Prendre la mouche, se fâcher, se piquersans grande raison. J'ai voulu le dire, monsieur; mais, ((uand vous avez une fois pris la mouche, y a-t-il moyen de vous parler? bhi^eys, Kuct, iv, ». Le mai était qu'il prenait souvent la mouche sur rien, i. j. HOfss. Confesf. ni. || Prendre la mouche c'est en être piqué, comme prendre une maladie, oénin, RéiTéat. t. I, p. 272. Il Uuelle mouche le pique? Quelle mouche l'a piqué? se dit en parlant d'un homuic qui s'emporte, sans qu'on sache qu'il en ait aucun sujet. Gros-René, dis-moi donc quelle mouche le pique, MOL. le Dép. i, ». Ouais! quelle mouche les a piqués tous deux? id tlmirg. gmt. m, 8. On ne sait bien souveniquelle mouche le pique, BoiL.i'al.ix. || On dit dans un sens analogue : la mouche monte i la tête. Ah! que vous êtes prompte! La mouche tout d'un coup i la tête vous monte, mol. l'Êt. i, <o. Il On dit encore dans un sens analogue : quelle mouche lui a passé devant les yeux ? Mais quelle mouche vous a passé de nouveau devant les yeux, et qu'a donc fait votre mari? daucouht, Verl galant, 8C. 7. Il Fig. Une mouche qui passe devant les yeux, une personne qui attire les regards. On nomme la comtesse deGrammont pour une des mouches qu! passent devant les yeux (du roi], sEv. ti oct. itn. Il II ne faut qu'une mouche pour l'amuser, se dit d'un enfant qu'un rien distrait de l'étude. || Dans le langage des soldats. Abreuvoir A mouches, plaie étendue et allongée faite par un instrument tranchant. Ouand Hercule, aprj'i mainte touche, Lui fit un abreuvoir k mouche De son ceiit- ... scahr. Virg. T. Il Faire la mouche du coche, faire lernpressé, s'attribuer le succès des choses auxquelles un a le moins contribué, locution prise de la fable delà Fontaine où la mouche s'imagine qu'elle fait marcher la coche. Laisse bourdonner toutes ces mouches dj coche, MIRABEAU, un. orig. t. IV, p. 4.1, dans poOCEms. Il Faire rjuerello sur un pied de mouche, faire une querelle, un irr.cès sur une chO'.c de né-int. H Kig. F'rf r'iir.— - fii'iiclies, être enbutleaux incultes. ym-i J 'il il m; la chute de Dfsm:irPts était

lieu ■,v.'^"7. j r •!•'!■, sans se trouver encore mange des mouches d^iis le lieu de son eiil, st-mh. 77, 257. Il Faire d'une mouche un éléphant, user d'hyperboles, d'cxigénlions. || Dru comme mouches, en trts-grande abondance. Les balles picuvaient sur le bataillon dm comme ■loaehw. |J Tuer las moucbM

auTol, avoir une haleine infecte. || Terme d'escrime. Chasser les mouche.s se dit d'un tireur qui pare à l'aventure, et par des mouvements irréguliers. Il %' Nom donné à quelfjues insectes coléoptères, c'est-à-dire dont les ailes extérieures ne sont pas transparentes. || Mouche à miel, ou, simplement, mouche, abeille. Élever des mouches. Que la mouche des Grecs leurs lèvres emmielle, régnieb, Sat. IX. Il Ordre de la mouche à miel, ordre honorifique fondé à Sceaux par la duchesse du M.iine parmi ses courti.sans. La duchesse <lu Maine avait institué un ordre de la mouche à miel, qui avait ses lois, ses statuts, un nombre fixe de chevaliers et de chevalières, qui s'élisaient en chapitre avec grande cérémonie, STAAL, Kém. t. I, p. 220 II Mouche à feu ou mouche luisante, sorte de mouche qui brille comme le ver luisant. Nous vîmes une multitude de mouches luisantes, dont les arbres qui bordaient la rivière étaient si couverts qu'ils paraissaient comme des lustres, tachard, Voyage de Siam, livre III. Il Mouche bretonne, mouche à chien, l'hippobosque des chevaux. || Mouche des rivières, les éphémères et autres insectes. || 8' Nom donné quelquefois aux canlharides. || L'emplâtre vésicatoire préparé avec les cantharides. Appliquer une mouche. || Mouche de Saint-Jean , mouche d'Espagne, la cantharide. |)4* Pieds de mouches, écriture fine et mal formée. La petite Sainl-Géran m'écrit des pieds de mouches, sÉv. 88. L'écriture de Pauline visait sans vous aux pieds de mouche; ce ne sera pas le seul bien que vous lui ferez, ID. 48 mai (089. Le latin qui est imprimé en pieds de mouche, VOLT. Lelt. en vers et en prose, 1 67. || 5" Des mouches d'hiver, de la neige qui tombe. || 6° Terme de médecine. Mouches vol.mtes, nom donné à des taches, à des filaments ou àdesiwints brillants et colorés qui passent quelquefois devant les yeux quand on a regardé un objet vivement éclaire, ou qui constituent un trouble spontané de la vision. || 7* Petit morceau de taffetas noir, de la gran-^eur d'environ l'aile d'une mouche, que les dames <' n.ettent sur le visage. Une boîte à mouches. La première mention des mouches se trouve dans une piice galante imprimée en «665, DE LAB0RD8, Palais llaiarin, p. 3(8. De miroir en miroir.... Elle ôte et puis remet dix fois la mé.mo mouche, th. corn. Baron d'Albikrac, il. t. Voilà le meilleur choix du monde pour apprendre à la princesse à bien mettre du rouge et des mouches, ST-sia. 3», (»o. Au masque succédèrent les mouches; on p,rélond ([u files en mettaient une si grande quantité qu'on avait peine à les reconnaître, SAiNT-FOix, Ets. Paris, Œuv. t. iv, p. ((«, dans PODGF.NS. ôte cette mouche galante que tu as là, MARiVAi'X, Double incontt. i, 3. || Fig. Vous mîtes du rouge i Virgile, Mettez (les mouches à Miltoii, J. cnÊNiER, l'élite épUre à J. Delille. || Mouche se dit aussi de toute application .semlilable il une mouche. Il avait une cicatrice que couvrait une large mouche, BAMILT. Grawm. 7. || Tache de la grandeur d'une mouche sur le visagi. || 8* Très-petit dessin qu'on figure sur les étoffes. || 9' Éclaboussure de crotte sur le linge ou sur les h.abits. jj 10° Morceau de peau placé au bout d'un fleuret. || 11* Petit bouquet de barbe qu'on laisse croître à la lèvre inférieure et qui est plus souvent appelée impériale. Il 12' Le point noir que l'on vise dans un tir avec le pistolet ou le fusil. || Faire mouche, tirer le pistolet ou le fusil avec une justesse telle que la balle vienne s'aplatir sur le point noir placé au centre de la cible. Appeler sur le terrain un adversaire dont on connaît leshaliitudes pacifiques, lorsqu'on a dix ans de salle et qu'à trente pas on Init mouche un coup sur deux, cela n'exige pas un héroïsme extraordinaire, CH. UE 8RRNAMD, le Cendre, (j 8, Il 13' j<« p/i/r. Douleurs courtes et légères, assez éloignées les une» des autres, qui annoncent le commenccnienl du travail de l'accouchement. Cette femme commence à sentir des mouches, les mouches. || 14" Terme de pêche. Appât pour prcmlre le poisson. || Mouche artificielle, appât |Kjur ceriaine» espèces de p'dssons. || IB* Fig. Espion, mouchard. Frauder les droits de perception en ayant du vin chez un voisin et n'allant en chercher que la nuit pour n'être vus des mouchi'» de ce pays qui valent pires que Kuép"S d'Orléans, Tezie de (SJ*, dans F.xcentricil^t du langage, I^s mouches de cur sont chassées, la kont. Fabl. iv, i. Il me parait être une de ces mouches que l'on tient sans cesse à mes trousses, i. j. rouss. Prom. ». || Familièrement. Fine mouche, personne Irês-flne et tris rusée. Défie-toi de M.irin; cir tu sais que c'est une fine mouche, haotki(x:iib, Critjiin méd. i, s. Pour attraper les Rens 11 est de fines mouches.

Tii. CORN. D. César d'Avalos,i, a Toi, fine mouche, Va conter mon amour à l'objet qui me touche, regnard, le Distr. i, 7. || On ditaussi mouche simplement au sens de fine mouche. Ne voilà pas une belle description de nos maîtres mouches et pa.ssefins [lesjésuites]?Gui PATIN, Leil. t. ii, p. 2(4. || 16" Nom donné jadis aux parasites. Nomme-t-on pas aussi mouches les parasites' la font. Fabl. iv, 3. || 17" Terme de marine. Petit navire qui va à la découverte, porte des ordres, ou épie les mouvements de l'ennemi. Une frégate accompagnéedesa mouche. || IS" Terme de musique. On appelle mouche et grosse mouchp certaines cordes de la vielle, qui forment une sorte de pédale (voy. ce mol) ; on dit plutôt bourdon. Il 19' Espèce (iejen de cartes, dit aussi pamphileou mistigri. Les perles de chaque coup, notées pour être payées successivement comme enjeux des coups suivants . se nomment des mouches. Voyez ces peintres qui jouent à la mouche pour savoir qui payera la collation, picard. Provincial à Paris, II, (. Il Se dit, au jeu de ce nom, de la réunion de cinq cartes d'une même couleur dans une seule main. || Se dit aussi, à d'autres jeux de cartes, dr la punition du joueur qui, ayant proposé le coup, n'a fait aucune levée ou bien a renoncé. || Être mouche, ne pas faire de levée. || Jeu d'écohers, où l'un d'eux choisi au sort fait la mouche, sur qui tous les autres frappent comme s'ils la voulaient chasser, Il 20" Terme d'astronomie, la Mouche, ou mieux l'Abeille, constell.ition de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats. || 21" Terme rural. L'épi se tourne en mouche, il ne devient p.as plus gros qu'une mouche, et n'a que quelques mauvais grains. || 22" Terme d'ardoisier. Mouches, synonyme de lamproies, jj 28" Nom générique proposé pour désigner les oiseaux- mouches. li 24" Double mouche, espèce de saumon. || 25° Engrenage qui, dans queliiues machines à vapeur, communique le mouvement du balancier au volant. Il Petit crampon i]u'on met au fer do derrière des chevaux pour relever le talon || Couteau à mnucho, couteau qui ne peut se fermer qu'en soulevant le ressort. |{ 26" Pièce avec laquelle on boncho les trous du parchemin. || Proverbes. X chevaux maigres vont les mouches, c'est-à-dire les pauvres, les affiigés sont plus exposés (|ue d'autres aux mauvaises chances. || Les vieilles mouches ne se laissent pas engluer ni prendre aisément. || On prend plus de mouchesavec une cuillerée de miel qu'avec une tonne do vinaigre, on réussit mieux dans les affaires par la douceur que par la dureté et la rigueur. La jeunessse répugne à des airs trop farouches, Et c'est avec du miel qu'on attrape les mouches, FABRE d'églant. Intrigue épiit. i,4. || Il en discourtà faire rire les mouches et à dormir delmut, garasse, la liecherche des rech, p. 1 6», dans lacurne.

— IIIST. XII* a. Il [Dieu] dicl, a Tint musche et fl iliez [moustique] en tuz les fins [pays] d'els [Égyptiens], Liber psalm. p. (5«.||ilii" s. Diei méfait le tons si à point : Noire mousche en esté me point. En yver blanche, mutbb. 'it. || xiv* s. Et se queuvrent [couvrent] au miex qu'il pevent Pour les mouches [flèches, traits] qui entre eus saillent, ouiart, t. ii, p. 3.13, v. 8«fc7 ((7«38). Ilxv* s. On viendroit tous armés courir sur ces meschantes gens.... et on en tueroit autant que de mouches, kroiss. ii, ii, m. [Ils] sccvent bien là les noms nommer Des CAtoilles, de pliiseurs vens. Et sçavoir en leurs nef» iledrns Par la mouche [boussole] à la transmontaine Où le patron la nave maine,i;. df.scm. Poésies mss. I"4r.u. Je cognoy bien mouschesen laict, villon, llallade. Il xvi" s. Est-il poliie réglée avecquos plus d'ordre 'lue celle des mouches à miel? mont, ii, (fiu. Il n'y a rien qui rende tant odieux lestyransque les mouches, c'est à dire les espions qui vont |iart<iut espiaiit ce qui se fait et qui se ilit, autot, De la curiosilé., 17. En bouche close n'entre mouche, LF.Hi;tix i>r LINCT, Prov. t. I, p. (RS. Laroouche va si souvent au laict qu'elle y demeure, id. f6. p. <8S. Qui son net mouche ne peut prendre mouche, m. ib. Case ou maison de terre, cheval d'herlies, amy de bouche ne valent pas une mouche, ib.ib. t. ii,p. 26«.Charon luy jura que.... il luy feruit un abreuvoir k mouches de son timbre avec son aviron, dans fr. miciikl. Argot, Rii mot nbreufnir. Se jettant au beau milieu de la fuire comme une mou.sche sans leste, hoiiciiitr, Ae>rr'et, liv, m, p. 4, dans lacurne. Ijiis.se la mouche quand clic est saoule, oKnin, Hécréat. t. il, p. 3ti. Les firent rire comme un tasdemousches, rah. i, i2.

— ÊTYM. Wallon, mo/i«; namur. mnc/i«; llainaul, moui]ue ; picard, mouke; bourguig. moutque ; norm. mouqu; ; proTcnç. ospagn. et ital. nunca ; du lat. musca; (rac, |tu(«xr| , diminutif de v-vXa, mouche.

MOU

*. MÛCCUfi, ÉE (mou-ché, chée), port, passé de aoucher ). A qui on a flté l'humeur qui est dans le nez. Un enfant mouché par sa mère. || Dont on a coupé la mèclie brûlée. Des chandelles mal mouchées. || Fig. Mouchél eiclamation populaire pour pris I pincé! attrapé!

2. MOCCnÉ. ÉE (mou-ché, chée), part, passé de moucher a. Espionné. Mouché par un ennemi secret. i. MOUCHER (mou-ché), e. a. || 1* Presser les narines pour en faire sortir les mucosités. Il [Diopàne] vit un jour un homme qui se faisait chausser par un esclave ; tu ne seras pas content, dit-il, jusqvti. ce qu'il te mouche; de quoi te servent tes mains T BOLLiN, But. ane. t xii p. 600, dans pouoras. Il Alraolument. Si cet entant pouvait moucher, 11 serait soulagé. Le tabac fait moucher. || .S. m. Action deimoucher, de se moucher. Tous les moudiers, toussers.... pasc. Pens. xxv, es, éd. havf.t. Le fréquent moucher [de la duchesse de Bourgogne] répondait aux cris du prince son beau-pcre, saint-sim. S93, 243.112° Moucher du sang, rendre du sang par le liez ■:•. se mouchant. || 8" Par extension, 6ter le bout du lumignon qui empêche une chandelle de bien éclairer. Vous ferez encore des mouchettes et des vases destinés pour y éteindre ce qui aura été mouché des lampes, sACi , Bible, Exode, xxv, 38. En feignant de la moucher. Qu'on éteigne la lumière, BÉBANG. Censure. || Moucher une chandelle avec le pistolet, tirer si juste que la balle coupe la mèche. Vous aurez le plus grand plaisir du monde à voir moucher des chandelles & coups de pistolets, toutes les fois que vous en voudrez avoir le passe-temps, SCARR. Lettres, Œuv. t. i, p. I«8. || Populairement. Moucher quelqu'un, remettre quelqu'un i sa place, lui infliger une correction, le battre. Tu vas te faire moucher, tu vas recevoir une correction, te faire rosser. || 4° Terme de marine. Couper l'extrémité d'un cordage qui s'effile, d'une pièce de bois qui ne se termine pas par une surface unie. || 6° Se moucher, ». réfl. Faire sortir ce qui est dans le nez. Moi, Je leur soutiens qu'un homme qui n'a pas l'air que nous avons en France, est un homme qui fait tout de mauvaise grâce, qui ne sait ni marcher, ni l'asseoir, ni se lever, ni tousser, ni cracher, ni éternuer, ni se moucher; qu'il est par conséquent un homme sans manières, boisst, Français à Lond. se. i . Mais quand on voit arriver la secousse. Qu'avant la fin le parterre i grand bruit Se mouche, tousse, Tout est dit, panard, Œuv. t. III, p. 37S, dans pougens. On voit, dans Juvénal, un mari demander le divorce , parce que sa femme se mouchait soovent, mongez, Instit. Mém. hist. et litt. ont. t. iv, p. 308. || Il n'a pas le loisir de se moucher, se dit d'un homme fort occupé. Il Proverbes. Qui se sent morveux se mouche (voy. morveux). || Il ne se mouche pas du pied, c'est un homme habile, intnlligent, résolu. Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose. N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied, mol. Tart. Il, 3. Il Un des tours d'agilité familiers aux anciens saltimbanques consistait i saisir le pied à deux mains et à se le passer virement sous le nez. De là, celte façon de parler trivial» pour dire un homme çrave, digne, considérable : c'est un homme qui ne se mouche pas du pied. || Il ne se mouche pas du pied, il y paraît sur sa manche, se dit quand, ne croyant pas i l'habileté du personnage dont il est question, on veut faire tourner le proverbe à son désavantage ; car, qu'il y paraisse sur la manche, c'est signe de malpropreté. || Cela était bon du tcmjis qu'on se mouchait sur la manche, se dit pour mépriser une coutume ancienne (du temps qu'on se mouchait sur la manche, du temps que le monde était fort simple, était comme un enfant, gEnin, Hécréât, t. i,p. S9). Ne voudriez-TOus point supprimer les mouchoirs, parce qu'autrefois on le mouchait sur la manche? dascourt, Fite de viHage,i, 2. || Ne pas se moucher sur sa manche, ne pas se laisser mener comme un enfant (lequel s« mouche sur sa manche). J'ai grand' peur qu'un bourreau de beaupère ne m'ait promis plus de beurre que de pain j je ne me mouche pas sur m» manche, comme vous

savez, et il en faudrait venir scasron, le Uar-

quis ridicule, dans otmn , Récriât, t. i, p. 88.

— HIST. xin* s. Que ses doiz arde |brû!e] à les mouchier (les ebandellesl, oautier de coincy, p. "I. En la chiere |facc| [II] li crache et moche, fln». u»8». Ijxv* i. Comment il a esté mouchél N'ay-je pas bien fait mon devoir? Patelin. || xvi» s. àvecques se* dardz, de mille pas loing, il esmouchoyt une boagle sans l'esuindre, rab. Pant. iv,2*. Il se mouscboyt i «es manches, il mourvoyt dedans n iouppe, lu. Garg. v ««. Or mouchez voz nez,

MOU

petits enfans, ro. Pant. préf. Un temps fut que sans grand respect, On lachoit à table le pel.... El qu'on se mouchoit à la nappe, saint-gel. (7B). .... Par là il se poussa. Et aux plus hauts honneurs du palais s'avança, Ayant mouché [abusé] les rois avec telle prattique, nn cellat, iv, 86, verso. Pour ung sysiaux à moucher la chandelle, de lahosde, ÉmauT, p. 400.

— ÉTYM. Wallon, moW, moucher une chandelle ; picard, mouker; du lat. fictif mucare, de mucus, morve. Mucus, morve, et mungere, moucher, ont le même radical : sanscr. mue, muncSmi, rejeter, répandre; grec, à-KO-ndna-tù, se moucher, (iux-t^p, nez.

2. MOUCDEU (mou-ché), v. a. Espionner. On l'a fait moucher par la police. || On dit plutôt aujourd'hui moucharder.

— HIST. XV* s. Et qui plus est, mouscher par les provinces, Pour mieux ouyr et rapporter aux princes, Faifeu, p. 6.

— ÉTYM. Mouche.

fs. MODCUER (mou-ché), r. n. Aller comme des mouches, aller et venir, en parlant de lettres, de billets, de chansons, etc. (terme inusité). L'héritière de Ventadour avait eu le temps de se faire connaître par tant de galanteries publiques, qu'aucune femme ne la voyait, et que les chansons qui avaient mouché s'étaient chantées en Flandre, dans l'armée,

ST-siH. 21, 250 Et par des subalternes affidés de

ses troupes, les avis mouchaient à Comroercy et à son fils, iD. 96, 20. Elles convinrent de ne se voir jamais sans une nécessité à laquelle rien ne pourrait suppléer, et les billets mouchaient entre elles comme avec le roi, id. 477, 408.

— HIST. rvi* s. [Le taon].... qui, au retour de l'an. Parmi les prez fait moucher [courir comme les mouches] les genices, rons. 6I*. Or notiez, amiables frères, et dressez les oreilles comme la queue d'une vache qui mouche [chasse les mouches]. Moyen de parvenir. i> 425, dans lacurne.

— ÉTYM. Mouchf bourguig. mousquai, se fâcher, prendre la mouche.

MOCCnEROLLE (mou-che-ro-ll, s. m. Petit oiseau de la grosseur à peu près d'un moineau, qui habite ordinairement près des bois et qui se nourrit de mouches (genre muscipela, de Cuvier, famille des turdidés). Nous sommes convenus d'appeler moucherolles ceux qui, étant plus grands que les gobe-mouches ordinaires, le sont moins que les tyrans, et forment entre ces deux familles une famille intermédiaire où s'observent les nuances et le passage de l'une et de l'autre, bupf. Ois. t. viii,

— ÉTYM. Dérivé de mouche.

4. MOCCIIERON (mou-che-ron), t. m. Nom vulgaire de petits diptères, et particulièrement des espèces du genre cousin. C'est ce vent [avec la pluie] qui est cause que, lorsque les hirondelles volent bas, elles nous avertissent de la pluie; car il fait descendre certains moucherons dontcUes vivent, qui ont coutume de prendre l'essor et de s'égayer au haut de l'air quand il fait beau, desc. Méteor. 7. Aaron, tenant sa verge, étendit la main, et frappa la pou.çsière de la terre, et les hommes et les bêtes furent tout couverts do moucherons, saci, Bible, Exode, viii,47. Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre ; C'est en ces mots que le lion Parlait un jour au moucheron, la font. Fabl. u, ». Où la guêpe a passé, le moucheron demeure, m. ib. Il, (6. La piqûre des moucherons, plus abondants peutêtre dans ce climat glacé [la LaponicJ qu'ils ne le sont dans les pays les plus chauds, uuff. De l'homme, Variétés. 11 ne regardera point comme une action purement indilTérente d'écraser un moucheron qui ne lui fait et ne peut lui faire aucun mal, bonnet, Palingén. xv, «. || Populairement. Un moucheron, un petit garçon.

— HIST. XVI* s. Avoir des moucherons en teste,

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