‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 188 sur 389 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

— ÊTYM. Dérivé du bitin mueosus, muqueux.

t MUCOSO-SUCRIÎ, ÉE (mu-kô-zo-su-kré, krée), adj. Terme de chimie. Qui tient de la nature du mucilage et do celle du sucre. La manne est une matière mucoso-sucrée. || S. m. Le mucoso-sucrA. sorte de sucre imparfait, plus généralement appelé aujourd'hui sucre incristallisable.

[ MUCBOXE, fiE (mu-kro-né, née), adj. Terme de botanique. Qui se termina par une petite pointu droite et raido. Feuilles mucronécs. || Terme de zoologie. Qui est muni d'aiguillons.

— ETYU. Lat. mucronafui, de miuro, pointe.

t MUCUS (mu-kus*), ». m. Terme do physiologie Nom collectif de toutes les sécrétions qui proviennent do la surface des membranes muqueuses et des glandes ouvertes à cette surface.

— ÊTYM. Lat. mucus, rattachi au latin mungere, moucher; sanscrit, mue, chasser en soulffant, cracher.

t HUUAR (mu-dar) ». m. Nom indien du calo- Iropis giganlea, H. Hrown {asclepias gigantea, L.), plante do la famille des asclépiadées.

fMUDARINE (mu-da-ri-n'), ». f. Terme de chimie. Principe amer du ealotropit gigantea, K. Br.

MUE

t MCDER (mu-dé), V. a. Terme de marine. Paire passer la vergue ou l'antenne d'une voile d'un côté k l'autre du mât.

— ETVM. Autre forme de muer, changer.

I. MUE (mue), «. f. || 1* Opération par laquelle un animal se dépouille de son cpiderme ou des appendices de la surface de son corps, plumes, poils, cornes, etc. pour reparaître ensuite avec des parties analogues. La desquamation continuelle que l'épiderme et l'épitliélium éprouvent chez l'Iiomme est une véritable mue insensible. I.a mue du cerf, du serpent. La mue est un état maladif commun à tous les oiseaux, genlis. Maison rust. L i, p. 3I4, dans POUGENS. Il i' Le temps où ces changements se font. La mue est passée. || Autour de trois mues, autour qui a trois ans. || S* Changement de peau du ver à soie ; il y en a quatre. L'espace qui s'étend d'une mue à l'autre se nomme âge. || 4* Dépouille d'un animal qui a mué. || Mue du cerf, le boisque le cerf a mis bas. |{ Mue du serpent, la peau que le serpent a laissée. || 6" Grande cage où l'on met un oiseau quand il mue. Une mue de faucon. Comme poussins ou comme oisons hors de la mue, hégnier, Mae. Il 6° Endroit obscur et serré où l'on enferme les oiseaux, soit pour les faire chanter dans la saison où ils se taisent ordinairement, soit pour les engraisser. Nous sommes dans ce monde sous la direction d'une puissance aussi invisible que forte, à peu près comme des poulets qu'on a mis en mue pour un certain temps pour les mettre à la broche ensuite, VOLT. Letl. prince roy. l'russe, juin 4738. Il Par extension, la Fontaine l'a dit d'un hibou qui coupait les pattes des souris pour les garder. Puisque un cartésien s'obstine X traiter ce hibou de montre, de machine. Quel ressort lui pouvait donner Le conseil de tjonquer un peuple mis en mue? LA FONT. Fabl. XI, ». Il 7° Sorte de cloche à claire-voie sous laquelle on retient en plein air une poule qui a do petits poulets. || Fig. Se tenir en mue, se tenir chez soi. C'est donc cela que tu te tiens en mue, Fais le malade, et te plains tous les jours, 'le réservant sans doute à tes amoure? la font. Richard. Il 8" Changement qui s'opèi-e dans la voix des individus des deux sexes, it l'époque où ils passent de l'enfance à la puberté. || 9" Terme de vénerie. Mettre les chiens & la mue, cesser de les faire cha.s.ser.

— HisT. 111' s. Muer pueten ceste mue Ma plume tote ma vie, cresiikn i.g TnoiEs, dans hgli.and, p. 2Î0. Il xiii* s. Amis, vous m'avez perdue ; Li jalons m'a mis en mue [prison], Poés. franc. Valic. n° (490, f' 109, dans lacubne. Moult lonc tens fu renart en mue, Ne va, ne vient, ne se remue, lien. t29St. Il XV' s. Deux esperviers de tierce mue, Pereeforest, t. ii, f" 35. Neige et grésil sont en terre bouté; On oit chanter chascun parmi la rue; Arme toy lors ; tien toi l'iver en mue, e. desch. Saison de guerre. \\ xvi* s. La première maladie, mue, dormille, despouillement (diversement appellée) avient au huitiesme ou dixième jour de la naissance des vers à soie, o. ie sehiiks, 48 i.

— ETYM. Voy. muer; wallon, mowe; namur. mutce i provenç. espagn. et ital. mudo.

î. MUE (mue), adj. f. Employé seulement dans cette locution : rage mue, rage muette, sans aboiement. Il Fig. M. le duc d'Orléans fut fiché & sa manière, et n'eut pas graml'peine à ne rien montrer; ducs et princes étrangers, enracés, mais de rage mue, ST-»iH. 35S, 244. || On a dit llgurément aussi : folie mue. Parlons de cette sages-e [d'un M. de la Garde], qui me parait une folie mue, comme une rage mue; c'est un fond de rage muette : un chien ne paraît point enragé, il semble qu'il soit sage, et cependant il est profondément dévorA de cette rage, E£v. 20 juin. 4689.

— REM. L'Académie n'a pas l'adjectif mu«; mais, à RAGE, elle donne rage mue.

— HlST. xiii" s. Mu le fera tenir et coi, la Rose, t«767. Il XV' s. Amours luy avoit si close l'issue de >a responce, qu'elle demeura là endroit ainsi comme mue, Perceforest, t. v, f' 9t.||xvi' s. Plus raison a que vous la beste mue. Si vostre sens autrement ne se mue, i. mahot, v, 287.

— ÉTYJI. Uerry, mut; provenç. tnul; catal. mud; espagn. mudo; ital. tnuto; du lat. mulus; ganser, mfiira, muet, du radical mu lier (la langue).

MUft, f.E (mu-é, ée), part, passé de muer. Il 1* Changé. Alors que les couleurs de l'aurore, muées du rose au pourpre, commençaient K être tra- Tcrtées d» rayons d'un feu pur, chateaubr. .^m^r. Félet-Wt" Oiseau mué, oiseau qui a mué. || Voix mué*, Tolx qui a lubi la mue.

MDER (mu-é), je muais, noui muions, vous muiez ; que ]e mue, que nous muions, que vous

MUE

muiez. Il 1* T. a. Changer. Qui de Méduse eût vu jadis la tête Était en roc mué soudainement, volt. dans le Dict. de bescherelle. |{ Usité en ce sens dans le style marotique seulement. || i° Terme de vénerie. Muer sa tête, se dit d'un cerf qui quitte son bois. {| 3' V. n. Etre dans le temps de la mue. Un paon muait ; un geai prit son plumage. Puis après se l'accommoda, la font. Fabl. iv, 9. Voyant muer queli]uefois sa peau [du serpent], ils [les hommes] durent croire qu'il rajeunissait, volt. Matirs, Us. et sent. Communément, c'est vers la fin de l'été et en automne que les oiseaux muent, buff. Ois. t. i, p. 61. Il y a des chevaux qui muent de corne, cela arrive surtout à ceux qui ont été élevés dans des pays humides et marécageux comme en Hollande, id. Quadrup. t. i, p. (23. || Muer se conjugue avec l'auxiliaire oroir quand on veut exprimer l'acte : l'oiseau a mué hier ; avec l'auxiliaire être quand on veutexprimer l'état: l'oiseau est mué depuis quelques jours. || 4° Prendre un certain timbre rauque, en parlant de la voix des jeunes gens qui atteignent la puberté. Sa voix mue, ou plutôt il la perd, i. i. Rouss. ^m. iv. |1 5" Terme d'ancienne musique. Exécuter une muance; changer de ton, et, par suite, de manière de solfier.

— llIST. XI' s. Set cenz chameaux et mil hosturs [autours] muez, Ch. de R. m. Li reis Marsile ad la color muée, ib. xxxiii. || xii* s. Et de cors et de membres [elle] par fu si avenanz, Qu'onques Dex ne fist homme, tant soit vielz ne crolanz, Se l'osast esgarder, ne li muast talans [désir], Sax. v. || xiu' s. Car ele n'ot nouvele qui en mal ne se mue, Dcrte, Lxxx. Note que fort chose est mouer consentement, itt). de just. 184. [11] plus avoit d'orguel en lui que n'ot Nobugodosor, qui par son orguel fu mués vil ans en bieste, Ch. de Rains, p. 98. Li tens qui tote chose mue, (3ui tout fait croistre et tout norist, Et qui tout u.se et tout porrist, ta Rose, 380. Il XV' s. Quand le roi Philippe vit les Anglois, le sang lui mua, car il les heoit, fboiss. i, i, 287. Los dieux et les déesses à leur plaisance muoient les hommes en bestes et en oiseaux, id. ii, m, 44. Et ceulx là sont in ontinont muez d'amour en hayns et dehayne en amour, comm. i, 46. || xvi' s. La voix se mue et grossist si tost que le garçon se rue au jeu d'amour, paré, vi, I8. La maladie des magneaux [vers à soie] se rccognoist à la teste, qui s'enlle lor.-iqu'ils veulent muer, o. ce serrks, 481. Cueur féminin se mue, et prend son cours, Comme la lune estant en son decours, i. marot, v, 25u. Je fourvoyé, je ruse muantdelieu, d'occupation, mont. m, 290. Quand ils [les cerfs] cherchent à se donner du bon temps pour se défaire du mauvais qu'ils ont eu durant l'hiver, la première chose qu'ils font, c'est de muer leur teste, Charles ix, Chasse royale, ch. IV. Muons de chance, rab. m, sa.

— ÉTYM. Wallon, mouttcr; namur. mutoer ; prov. et esp. mudar; ital. mutare; du lat. muJare, changer. Mutare est moitare, voy. le grec (ioiTo;, mutuel, et est de même radical que mutuus (voy. mutuel).

MUET,ETTE (mu-è, è-t'), adj. \\ 1° Privé de l'usage delà parole. Sourd et muet de naissance. Il est muet comme un poisson. On lui présenta un homme muet possédé du démon ; le démon ayant été chassé, le muet parla, saci. Bible, Évang. St Math, lï, 32. Qu'est-ce que notre être! dites-le-nous, 6 mort; car les hommes trop superbes ne m'en croiraient pas; mais, ô mort, vous êtes muette, et vous ne parlez qu'aux yeux, uoss. Sermons, Mort, l. Il Familièrement. N'être pas muet, parler hardiment, ou parler beaucoup. || Fig. Carte muette, carte géographique où II n'y a rien d'écrit. |{ Personnages muets, se dit des figures qui, dans des dessins, des cartes à jouer, etc. no portent pas d'inscription. Il 2° Que des causes morales ou autres empêchent momentanément de parler. Je demeure à vos yeux muet d'élonnement, corn. Ik'racl. n, 6. Ils furent quelque temps sîdsis, muets, immobiles, flêch. Turenne. Le vin au plus muet fournissant des paroles, BOiL. Sat. m. Et le triste orateur Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, m. Luir. vi. Vous demeurez muette; et, loin de me parler. Je vois, malgré vos soins, vos pleurs prêts à couler, rac. àlithrid. II, 4. Les oracles ont duré plus do quatre cents ans après Jésus-Christ, et ils ne sont devenus tout i fait muets que lors de l'entière destruction du paganisme, VOLT. Bt'ct.philOrac/ïi. || On dit dans le même sens : bouche muette. Ma bouche et mes regards, muets depuis huit jours, L'auront pu prépareràce triste discours, HAC.Â^r^n. m, 4. Vos bouches sont muettes, VOLT. Oresie, m, 4. || Demeurer muet, n'avoir rien i. répondre. Interpellés d'en produire [des originaux différents des Évangiles], ils sont

MUE

demeurés muets, doss. Hist. n, 43. || Muet ii, qui garde le silence en voyant ou entendant.... Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes, Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmesî rac. i4ndr. v, 4. li Terme de vénerie. Chien muet, chien qui guette et suit la bête sans aboyer. || 3° Fig. Il se dit des choses morales que l'on compare à un être humain qui se tait. Mon honneur est muet, mon devoir impuissant I cor.'j. Cid, iv, 4. la nature est aveugle et la vertu muette, m. JVtcom. ii, 4. J'entendrai des regards que vous croirt/ muets, rac. Brit. II, 3. L'amour est-il muet, ou n'a-l-il qu'un langage? lo. tb.lii, 7. Il ne pouvait ignorer qu'une assiduité muette mène à la fortune, mais il ne voulait pas de fortune à ce prix-là, fonten. Lahire. Ils ont rendu muette la vaine philosophie des sages, MASS. Carême, Doutes. Mais le dessus écrit suffit pour te confondre ; X ce témoin muet que pourrastu répondre? KF.GNARD, Distr. v, 7. Vous affectez sur elle un odieux silence. Interprète muet de votre intelligence, volt. Adél. du Gucscl. ii, 7. Ma passion muette, étonnée et limide, lemebc. Agamemn. 111, 7. Il 4° U se dit semblablement des choses inanimées n'osant vous écrire la présente, ainsi mal

polie et rude comme elle est; mais, à la fin, j'ai pensé que ce n'est pas ce que vous attendez de moi, qui fais profession de choses muettes, poussin, l.ell M févr. 1639. Il me rend tout à vous par ce muet refus, CORN. Serlor. ui, 4. La terre à son pouvoir rend un muet hommage, hotr. St-Genest, m, 2. Voyant sur un tombeau ces muettes reliques, ID. Herc. mour. iv, 3. En voyant l'aveug.ement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet et l'homme sans lumière.... pasc. Pens.xj, », éd. HAVET. L'arche sainte est muette et ne rend plus d'oracles, rac. Athal. i, 4. Jésus! qu'est-il devenu 1 je le demande à toute la nature, et toute U nature est muette, fén. t. xvin, p. 4 48. Et je ne pense point Que le ciel de mon sort à ce point s'inquiète, Qu'il anime pour moi la nature muette, volt. M. de César, m, 5. Oui, dans ces noirs cachots, dans ces muets abîmes, Où Venise engloutit le coupable et ses crimes, Ducis, Othello, v, 4. Voyez là-haut les bois dont la muette horreur Aujourd'hui même encore inspire la terreur, oelille. En. vm. ô lac 1 rochers muets! grottes! forêt obscure! lamart. Médit, le Lac. Pour eux [les poètes] rien n'est muet, rien n'est froid, rien n'est mort, v. hugo. Voix inti'rieures, 4 9. || B" Se dit des choses qui ne font pas le bruit qui leur est ordinaire. || Fontaines muettes, fontaines qui n'ont pas d'eau. Le comte de Vaux, qui avait su mon arrivée, et qui me donna un très-bon souper ; et toutes les fontaines muettes, et sans une goutte d'eau, parce qu'on les raccommodait, ce petit mécompte me fit rire, sBv. 291. || Armes muettes, armes incapables de faire feu. On voit, d'un côté, quatre-vingt-mille hommes...; de l'autre côté, cinq mille soldats, une colonne traînante, morcelée, une marche incertaine, languissante, des armes incomplètes, sales, la plupart muettes et chancelantes dans (les mains affaiblies, SF.GUR, Ilist. de Nap. x,8. || Vin muet, moût préparé de manière à ne pas fermenter. [| 6° Au théâtre, jeu muet, la partie du Jeu d'un acteur, par laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître afiecté, ou par laquelle il feint certaines choses. || Seine muette, action d'un ou plusieurs personnages qui, sans parler, expriment leurs sentiments par les gestes, par les regards, ou feignent certaines actions. || Par extension. De sorte qu'il se passa alors entre nous doux une petite scène muette qui fut la plus plaisante chose du monde, MARiv. Payi. part'. 4" part. || Personnage: muets, personnages qui dans une pièce ne dis n! rien, et ne sont là que pour figurer; tels sont les gardes dans une tragédie. || Fig. Ce qui le fAch it, c'est que je ne lui donnais aucun rôle à jouer dant cotte comédie; il s'en plaignit à moi, et me demanda s'il n'y ferait qu'un personnage muet, le sage. Guzm. d'Alf. V, I. Il Un muet langage, manière de se faire comprendre d'une manière expressive, ma sans parler. Le muet langage des yeux. || 7* Terme de grammaire. Lettre muette, toute lettre qui ne se prononce [kis. La lettre p est muette dans compter, dompter. || // muette, celle qui n'est point aspirée, comme dans le mot honneur. || Emuel, l'e féminin, tel qu'il se prononce dans les mots boire, flamme, etc.; on donne aussi le nom d'« muet à l'e sans accent qui se prononce eu dans les monosyllabes ;e, me, que. Il S. f. Une muette, une lettre muette. || Terme de grammaire grecque, les muettes, nom donné à neuf consonnes (p, y, 8, t, x, t, 9, y, 6), qui no peuvent être articulées sans voyelle; aujourd'hui, dans la grammaire comparée, ces lettres se nom-

MUE

ment plutdt explosives. || 8* Semaine muette, la semaine sainte, ainsi dite parce qu'on ne sonne pas les cloches. Il 9° S. m. et f. Un muet, une muette. L'institution des sourds et muets. Les poissons.... forment un peuple de muets chez qui le langage des signes est peu ahondant, bonnet, Contempl. nal. I, 30. Il Par antiphi-a^e. Une muette des halles, une harengère , une femme qui n'épargne pas les injures. Les femmes de la halle, qui sont les muettes de Paris, mais qui ne laissent pas de babiller plus que le reste du monde, gui patin, Lettres, t. Hj^p. floi. [| 10° Au plur. Muets, gens attachés au service des sultans, et qui, sans être privés de l'usage de la parole, ne s'expriment jamais que par signes. Le sultan lui envoya les muets, qui l'étranglèrent. Cette foule de chefs, d'esclaves, de muets, Peuple que dans ses murs renferme ce palais, rac. Bajax.ii, 1. Que la main des muets s'arme pour son supplice, id. ib. IV, 6. Les muets bigarrés armés du noir cordon, V. HUGO, Orientales, la Douleur du pacha. Il 11° Le muet, espèce de serpent à sonnettes. Il 12° X la muette, loc. adv. Sans faire de bruit. Celui-ci [l'épeiche] arrive toujours à la muette, c'est-àdire, sans faire du bruit, et jamais d'un seul vol, BDFF. Ois. t. xm, p. 90.

— REM. Appliqué aux personnes, muet suit toujours le substantif : un bomme muet, une femme muette. Appliqué aux choses, il peut le précéder : une muette horreur.

— HiST. xu' s. Tant puet [peut] et tant set et tant vaut Mes sire Kex en totes corz [cours], Qu'il n'i est ja muez ne sorz, crestien de troies, Chev. au Lyon, v. 030. ||xiii» s. Mais l'en ne puet muet servir. Qui pert sovent par .soi trop taire. Roman de la poire. Quant li bourgols oïrent cou, si furent tout esbahi, et li rois les regarda, si les vit tous mues, Chr. de Bain«, p.229. || xv« s. Aveugle fault estre, muet et sourt; Trop de perilz sont à suir [suivre] la court, E. DESCH. Douleur advenant à ceux qui suitent la cour. || xvf s. Et n'est si grand douleur, qu'une douleur muette, du bellay, vi, I6, recto. Ne monstre que tu sois trop ennemi du vice. Et sois souvent encor muet, aveugle et sourd, ;d. vi, 36, terso. Muet comme un francolin pris, cotgbave. 0 supplice muet [taire son amour], que ta force est terriblel despobtes. Amours d'Ilippolyte, <.

— ÉTYM. Diminutif de l'anc. franc, mu (voy. MCE 3); wallon, mouteoi; namur. moia; Hainaut, muau; ces formes sont parallèles à l'anc. français muel, muiaux, autre diminutif de mu, qui, à t>eaucoup près, était le plus usité.

t MCÊTISME (mu-é-ti-sm'), 1. m. S'est dit de l'état du muet avant que le mot mutisme eût été reçu dans la langue. La surdité et le muétisme de naissance, portai, Inst. Vém. tcienc. (807, a* semestre, p. <6).

«. MUETTE (mu-è-f), t. f. Maison destinée soit à garder les mues de cerfs, soit à mettre les oiseaux de fauconnerie, au temps de la mue.

— ÊTYM. Ifucr. Malgré la définition donnée par l'Académie, laquelle indique muer, il n'est nullement sûr que ce mot ne doive être rangé sous muettt 2, et que ce ne soit qu'un sens dérivé de cette muetle-W.

i. MUETTE (mu-è-f), t. f. Maison bâtie dans les parcs oi. l'on tient des relais de chasse, où sont les chenils, les équipages, et où logent les ofliclers de vénerie, lespiqucurs, etc. || Lieu auprès de Paris, dans le bois de Boulogne, qui servait de rendezvous de chasse. || Terme de chasse. Se dit du gîte où le lii'jvre a fait ses petits.

— HIST. XV* 3. Euli estant à la muette du chastel, tirèrent deux viretons.... du canoë, mueta.

— KTYM. Des étymologisles ont dit : « De mue s'est formé le nom de muette, qu'on donne aux maisons des capitaineries et des juridictions de chasse; parce qu'on y apporte ordinairement les mues des cerfs, c'est-i-dire les tétos qu'ils ont posées et qu'on trouve dans les bois. » Hais rien ne justifie cette ctymologie ; ce mot est l'ancienne orthographe de meute (voy. ce mot) comme on le voit par ces exemples-ci: Je suis obligé d'aller demain à la Meute faire ma cour, Lettre du duc de Hichelieu (le correspondant de Voltairo), dans Joum. dei Uébalt, 't févr. IS03. Au buis de Boulogne, k hi Meutle, ce M déc. <7t3, Corretp. de Lnuit XV tl de Noaillti, t. II p. 69. if. jour de l'expérience a été indiqué la temaine dernière au bois de Boulogne, au chilcau de la Meute, bachaumont, ïOoct. t77l,édit. de i7>)0. X cette époque on savait par la tradition que ce mot, bien que écrit muette, se prononçait meute; puis cela s'oublia, et l'or, prononça mutMe, suivant l'écriture. C'est i Génin, Récriât, philol. i, 66, que revient le mérita du redressement de cette étymologie.

MUG

t MUETTEMENT (mu-è-te-man) , adv. D'une façon muette. Le roi parut étonné, et, à ce qui lui l'chappa muettement, piqué du secret de l'entrée d'Harcourt au conseil découvert, st-sim. 22) , 238.

— ÉTYM. Uuette, et le suffixe ment.

t MUEZZIN (mu-è-zin'), s. m. Criourqui du haut des minarets appelle les musulmans à la prière. Il On dit aussi mouezzin.

— ÉTYM. Arabe, mouddïdsi'n, crieur public.

MUFLE (mu-fl'), s. m. Il 1° Partie nue et recouverte d'une membrane muqueuse qui termine le museau de certains mammi fères. Mufle de taureau, de lion. Il 2° Terme de peinture et de sculpture. Masque ou ornement qui représente la tête de quelque animal, particulièrement celle du lion. || 3° Fig. et par dérision, visage d'un homme qu'on veutinjurier. Du meilleur de mon cœur je donnerais sur l'heure Les vingt plus beaux louis de ce qui me demeure. Et pouvoir à loisir sur ce mufle assener Le plus grand coup de poing que je puisse donner, moi.. Tart. v, 4. Chien d'homme I ho ! que je suis tenté d'étrange sorte De faire sur ce mude une application, in. le De'p. 11 7. Lui [cet abbé], dont l'œil louche et le muP.e effronté Font frissonner la tendre volupté, VOLT. ilnti'gi'Ion. || Donner sur le mufle à quelqu'un, le frapper au visage. || 4° Populairement. Personne laide et désagréable. || 6° Mulle de veau, mufle de bœuf, mufle de chien, le muflier des jardins. li 6* 'ferme de métallurgie. Orifice de la buse d'un soufflet. Il 7° Bande de fer sur le bout d'un ressort.

— HIST. XVI* s. Ils avoienten leurs testes des armets faits en forme de gueules de bestes sauvages, et de meufles estranges, sur lesquels ilz portoient de grands et haults pennaches, amyot, IfortKî, 44.

— ÉTYM. Berry, moufle; de l'allemand Muffel, Uojfel, chien à grosses lèvres pendantes, et, par extension, mufle, qui vient de l'ancien haut-allemand miipfan, contracter la bouche. On a dit moufle, au féminin, pour mufle : Morbleu, si plus tu m'interromps. Je p-urrais à la fin te donner sur la moufle, hauteroche, l'Amant qui ne flatte point,

t MUFLEAD (mu-flô), s. m. Muflier des jardins.

MUFLIER (mu-fli-é : l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie: des mu-fli-é-z élégants), s. m. Genre antirrinnum, famille des scrofularinées.

— ÉTYM. Mufle, à cause de la forme de la fleur.

t MUFLIÈUE (mu-fli-è-r'), s. f. Terme rural. Garniture de toile destinée à empêcher les veaux ou les vaches elles-mêmes de teter les autres vaches.

— ÉTYM. Muflt.

MUF'n (mu-fti), s. m. Le chef de la religion mahométane, dont les fonctions, supérieures à celles du cadi, consistent à résoudre en dernier ressort les points de controverse en matière de droit civil et religieux; la sentence rendue par lui s'appelle fetfa. || On trouve muphli, qui n'est pas une bonne orthographe. Les appointements attaches aux plus grandes dignités sont très-médiocres, on en peut juger par la place du muphti : il n'a que deux mille aspres par jour, ce qui fait environ cent cinquante mille livres par année, volt. Mœurs, <69.

— ÊTYM. Arabe, moufli, qui donne une réponse décisive, venant du verbe fatd, qui, à la 4" forme afta, signifie juger, faire connaître la vérité par une réponse juridique.

MUGE (mu-j'), s. m. Poisson de mer, dit aussi mulet de mer, à tête obtuse et à deux petites nageoires sur le dos (ordre des acanthoptérygiens, famille des mugiloïdcs). |{ Muge volant, ou exocet, dit aussi poi.sson volant, poisson approchant do la forme d'un muge, mais i très-longues nageoires pectorales qui le soutiennent en l'air comme des ailes.

— ÉTYM. Lat. mugil.

f MUGIIO (mu-go}, (. m. Espèce alpestre naine de pin qui croit sur les montagnes élevées d'Europe, pinu.« muf/hus, .Siopoli, pinu» pumilio, Hœnke.

f MUciLOÏlJKS uiu-ji-Io-i-d'),*. m.pi. Kamillade poissons acanthoptérygiens dont le muge est le type.

— ÉTVM. I.at. mugii, et ilioî, forme.

MUfilR (mu-jir), t>. n. || 1* Il se dit proprement du cri du taureau, des bœufs, des vaches et d'animaux analogues. I^ monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant, rac. Phid. V, 6. Le taureau ne mugit que d'amour; la vache mugit plus souvent de peur et d'horreur que d'amour, BUKr. Quadrup. t. 1, p. I9». j| S* Kig. Il se dit de la voix humaine quand on la força d'une façon excessive. Il mugissait do fureur. Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale Ut chicane en fureur mugir dans la grand'salle, BoiL. Sat. vin. Ils [les acteurs] vous jouent, ils vous défigurent.... un autre mugit, un autre fait les t>eaux bras, et la pièce va au diable, volt. Lett. Chabanon, '22 déc. 47<6.||Ac-

MUG

tivement. Et je mugis des vers en étoufl'ant ma voix, FAVART, Acajou, i, 4.|]3° Produire un bruit formidable. Sitôt que la pointe première Se discerna de la lumière, La terre se mit à mugir. Et fit pâlir et non rougir, .'Carr. Virg. \i. Les murs en sont émus, les voûtes en mugissent, boil. Lutr. m. Les vents déchaînés mugissent avec fureur dans les voiles, FÉN. Tél. iv. La mer, mugissant, ressemblait à une personne qui, ayant été longtemps irritée, n'a plus qu'un reste de trouble et d'émotion, étani lasse de se mettre en fureur, id. 16. L'onds turbulente Mugit de fureur, j. b. rouss. Cantate, Circe'. L'as'ie brillant du jour & l'instant s'obscurcit; L'air siffle, le ciel gronde, et l'onde au loin mugit, volt. Heur. 1. Quand le Vésuve commence à mugir et à rejeter les matières dont il est embrasé, BUFF. Ilist. nal. Preuv. théor. terre, Œuv. t. 1, p. 205. L'enfer mugit d'un efTroyable rire, BÉuANG.ilnfle exilé. Fit asseoir l'espérance où mugit la tempête [le cap de Bonne-Espérance], c. delav Paria, i, t. Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, lamart. Médit, le Lac. Quand l'ouragan mugit, quand des monts brûlants s'ouvrent, v. iiUGO, Odes, i, 1 1. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xiii's. Celé beste me veut destruire, Que je vol là crier et muire, Unicorneet Serpent. ||xiv*s. Quand il les amenoit, aucunes des vaches du farat [troupeau] commencierent à muir, bercheure, ^ 9. Je sui trestouz certains, les gens nous maudiront. Et contre nous à Dieu les bestes muiront, Girart de Ross. V . 4075. Il XVI* s. Alors la voix est empeschée, tellement que si peu qui leur en demeure, c'est en mugiant et ball)utiant, et requérant aide et secours, s'ils pouvoient parler, paré, xix, 33. Quand le bœuf hausse le muffle vers le ciel et mugit, ID. Animaux, 1,2.

— ÉTVM. Provenç. et esp. mugir; ilal. muggire; du lat. mugire, qui est une onoaialopée, comme le grec liuxôojjiai, mugir, et le sanscr. muj, sonner.

MUGISSANT, ANTE (rau-gi-san, san-t'), adj. Il 1° Qui mugit. Comme de vils troupeaux mugissants sous nos mains, volt. Scythes, iv, 2. || Kig. Une écluse, par où sortaient pêle-mêle, avec les eaux mugissantes, les terres, les arbres et les rochers, BERN. de st-p. Paul et Virginie, p. 84. Entends-tu l'aquilon mugis.saiit? Ducis,y(6i(/'or, 11, a. || Terme de grammaire. Lettre mugissante, nom par lequel Quintilien désigne la lettre M, le mu des Grecs.

MUGISSEMENT (mu-ji-se-man), s. m. \\ 1* Cri des animaux qui mugissent. Ses longs mugissements [d'un monstre marin] fc.nt trembler le rivage, RAC. Phèdre, v, «. On entendait retentir jusque dans les montagnes voisines les mugissements afîreux des victimes qui tombaient sous le couteau sacré, fén. Tél. xi. || 2» Fig. Cris, bruits qu'on a comparés aux mugissements des bœufs. Les premières pièces ofl'raient les mugissements contenus des valets, désespérés de la perte d'un maître si fait exprès pour eux, st-simon, 293, 241. Les vents agitent l'air d'heureux frémissements. Et la mer leur répond par des mugissements, rac. Iphig. v, 6. Les habitants de l'Ile d'Islande croient que les mugissements de leur volcan .sont les cris des damnes, bufp. Ilist. nat. Preuv. théor. terre, Œuvr. t. 11 , p. 203. Voyant de temps en temps cette écume et cotte eau bleue dont l'entendais le mugissement à travers les cris des corbeaux et des oiseaux do proie, I. 1. nouss. Confess. iv. La multitude des oiseaux rassemblés sur ce rocher était si grande, que souvent nous distinguions leurs cris pendant le mugissement de la tempête, cuatradh. Gi'nie, 1, v, 8. Nous marcliinns eo silence prêtant l'oreille au sourd mugissement de l'automnn, id, René, X chaque instant [dans l'incendie de Moscou] croissait autour do nous le mugissement des flammes, sBoua, Ilist. de Napnl. viii, 7.

— ÉTYM. Mugir.

t MUUOT (mu-go), 1. m. Synonyme vieilli de magot, somme d'argent. Le malheureux n'o.saiit presque répondre Court au mugot, et dit : c'est tout mon fait, la font. Paysan, M. de Lyon, <67t (l'édition de 4669, Amstcrd. a au magots, sic).

— HIST. XVI* s. Nous decouvrinips à peu de frais le beau et ample muguot dn Molan ItièMuier do l'épargne],. S'al. Mtm. Harangue de M. le lieutenant.

— ETVM. Origine inconnue.

MUGUET (uiu-ghè; le I ne se lie pas; au pluriel, \'i se lie : des mu-ghè-z élégants), 1. m. || i* Plante qui fleurit au printemps, et qui porte de petites fleurs blanches d'une odeur agréable. {| Le convaflaria majalis, L., muguet des Parisiens, lilium contallium des pharmaciens, qui est employé comme sternulatoire. || L'atperula odorata, L., muguet reine

MUG

des bois, aspérule odorante, qui est légèrement antispasmodique, famille des rubiacées. || Muguet du Japon, nom vulgaire de l'ophiopogon japonique (asparaginéps), qui a été la convallaire japonique. Il Le convallaria bifolia, Linné, famille des asparaginées. Il Fleur du muguet. Cueillir du muguet. Cela sent le muguet. || 2° Fig. Nom donné aux jeunes gens faisant profession d'élégance et de galanterie, parce qu'ils se parfumaient avec des essences de muguot. Muguet, mot de satire ou de comédie, malh. Comment, sur Desportes, t. iv, p. J«». Dis-moi un peu, quel est ce muguet qui se rencontre à toutes les promenades que fait ma nièce'? HADTKBOciiE, Coclier supposé, se. 3. La bonne dame et le jeune muguet, la pont. Gag. Ne voudriez-vous point, dis-je, sur ces matières De vos jeunes muguets m'inspirer les manières? MOL. ^c. des mar. i, *.

J'entends Qu'aux discours des muguets elle

ferme l'oreille, id. ib. i, a. Mon pire, dit-elle au président, j'éprouve le besoin de répondre à ce muguet; je demande la parole, l. beybaud, Jér. Paturot, i, s. j| Adj. Qui appartient aux muguets, qui est de leur ressort. Et vous verrez ces visites muguettes D'un œil à témoigner de n'en être point soùlT hol. Éc. des maris, i, 2. || 3" Terme de médecine. Indammation avec production pseudomembraneuse, par petites plaques, as^ez fréquente chez les nouveau- nés, et le plus ordinairement contagieuse ; ainsi dite parce qu'elle est blanche comme la fleur du muguet; les plaques en sont formées en grande partie par un végétal pnrasite.

— HIST. XIII' s. La nuit, quant me doi endormir, En vision si vie fje vis] venir Un home sor un blanc keval Trestot couvert jusqu'à aval De floretes et de mugeit, Bibl. des ch. e- série, t. m, p. 4 4). Bobin cueilloit le musguet, Quant ol [il entendit] son compaignon Un sien petit aignelet Ferir de son croceron, Thédt. franc, au moy. âge, p. 36. Si dirent.... Dedens nostre loge manjons Sur le muguet et sur le jons, Bl. et Jehan, 3537. |j xiv s. S'ot un chappelet de rosettes, De muguet et de violettes, KAciiADT, p. «6. Canelle, graine de paradis, noix muguettes, Uénagier, u, 6. || xvl's. C'est une espèce de violier que les muguets.... de parfaite blancheur, et de très bonne senteur, la renduns très suave et douce, mais foible. Il s'en trouve de deux sortes, de grands et de petits, o. de serres, 573. Une petite muguette de la rue Saint Martin entra dans le logis. Caquets de l'accouchée, p. i85, dansLACUHNE. Fuyez aussi toute accointance De ces muguets pleins d'apparance. Qui se paissent de vanité. Et qui fondent leur recompanse Plus au bruit qu'en la vérité, desportes, imour«d'//ip/)oiy le, Lxxxviu, C/ianson. Ainsi ton pouvoir décevant Tous les jours s'estend plus avant, De nouveaux muguets caressée, ID. Diverses amours, xxxii, Ode. Et au lieu de l'espoir d'estre plus renommez, Us [les bons serviteurs de l'Ëtat] donnent passetemps aux muguets parfumés, d'aub. Tragiques, il.

— ÉTYM. Wallon, murgtiè ; génev. murguet, meurguet; diminutif de l'anc. franc, muge, qui s'est dit pour musc ou muguet (Que plus que muge ne que mente Flaira souef lor renomée, du canoë, muscus). Muguet, outre la plante, a signifié musqué : noix muguette, c'est-à-dire noix muscade. Il faut donc voir dans muge une forme dérivée du latin muscus, musc. Dans ce cas, l'r des formes de patois représente Vs de muscus.

UDGDETË, ÊE (mu-ghe-té, tée), part, passé de mugueter. Une jeune fille muguetée.

HDGUETER (mu-ghe-té. Le ( se double, quand la syllabe qui suit est muette : il muguette , il muguettera), v. o. ||1* Courtiser, comme fait le muguet. Vous muguetez sa fille, elle a de quoi vous plaire, th. corn. Comtesse d'Orgueil, i, S. Ce petit officier qui vous muguetait ce printemps, et que je vous ai défendu de voir, dancourt, i'oia de Bourbon, se. «I. Il Absolument. Il ne fait que mugueter. Il »• Fig. Rechercher, désirer d'obtenir. Outre la liaiion qui avait toujours été entre elle et Monsieur, dans tous les temps, il muguetait sa riche succession, •T-siM. s, 71. Lo duc de Noailles en sut profiler [du gré que lui sut le régent de son replâtrage avec Law] pour en tirer le gouvernement et la capiuincrie de Saint-Germain qu'il avait toute sa vie mu-

guetés, ID. 47», 288.

— HIST. XV s. Devisé et mugueté [ayant dit des neurelifi»], Aresta amorum, p. 402, dans lacurne. Il XVI' 1. Car autrement il vous grattoit. Et avec la patta friande De loing muguetoit la viande, nu bellat, VII, «I, recto. Si nostre roy senioit qu'un princ* voisin voulustvonir mugueter la fronUere fcAiroi;ï. Dite. p. «»», dans lacomik. Uquel, »ui-

MUL

vant la coustumedes jeunes gens, muguetant l'une, tanlost l'autre, et les trouvant à son plaisir, !iuits de Siraparole, 1. 1, p. < 13, dans lacurne.

— ÊTYM. Muguet.

t MCGUETTKRIE ( mu-ghè-te-rie ), j. f. Action de mugueter.

— HIST. XVI' s. Muguetterie, oudin, Dict.

— ETYM. Mugueter.

fMUIIARRIîM (mu-a-rrèm') , s. m. Le premier mois de l'année turque.

MUID (mui; le d ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie;desmui-zemplis),s. m. || 1° Ancienne mesure de capacité, qui variait suivant les provinces. || Muidde Roussillon, contenant 472 litres. || Muid de Languedoc, contenant 442 litres. || Muid de Montpellier, contenant 73o litres. || Les muids gros, contenant 340 litres.ll Muid de Cahors, contenant 296 litres. Il Dans la basse Bourgogne,le muid n'est plus qu'une mesure de compte valant 270 litres; on ne se sert que du demi-muid ou feuillette, contenant (36 Utres. Il Quart-muid, petite barrique contenant 70 litres. Il Le muid de blé valait 18 hectolitres 73 litres; celui d'avoine, 37 hectolitres 46 litres; celui de sel, 24 hectolitres 98 litres; celui de charbon, 4< hectolitres, 63 litres; le muid de Paris, pour les liquides, contenait deux feuillettes, soit 268 litres, LEGOARANT. Si uu mallieureux, pour la subsistance de sa famille, d'un muid de cidre ou de poiré, en fait trois, en y ajoutant deux tiers d'eau comme il se pratique très-souvent.... vaub. Dime, p. 6:!. Les droits d'entrées, gros et huitième seront levés à raison du muid, jauge de Paris, contenant trentesix septiers, Arrél du conseil, is sept. (677. || 2° La futaille qui contient la mesure d'un muid. Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque, non.. Lulr. IV. Il Fig. Si de continuer le ciel lui fait la grâce. Il mesurera l'or au muid, dancourt, Eitf. de Paris, I, 3. Il II est gros comme un muid, se dit d'un homme très-corpulent. L'hôte de ce palais [une auberge] était gros comme un muid; il s'appelait Cerise, hamilt. Gramm. 3. M. de Monaco n'était pas fait pour les affaires; avec cela gros comme un muid, sT-siM. 85, tu. Il 3" Se dit d'une mesure de terre que l'on ensemence avec un muid de grain. Il 4" Muid de chaux, la valeur de six futailles. || Muid de plâtre, trente-six sacs à deux boisseaux et demi.

— HIST. xu' s. Un mui de sel auroit mangié Cest chevaliers, si com jecroi, Ainçois qu'il vous defraist vers moi, la Charrette, v. )584. || xiii' s. S'on me pieste un mui de forment, liquix [lequel] vaut quarante sous, BEAUM. xxxiv, )6. Car tex [tel] n'a pas vaillant dous miches. Qui est plus aese et plus riches Que tex à cent muis de froment, la Rose, 4997. Se tu vels [veux] trover la contenance du mui, se tu mesures le dyametre du fous et le dyametre deseure.... Comput, f° 20.

— ÊTYM. Wallon, moie; namur. mou; bourguig. mcu ;prov. viuei,mueg,mug, rnuog; port, tnodio ; ital. mngf/io ; du lat. modius (voy. moyeu 1).

t MUIRE (mui-r'), s. f. \\ 1° lîau salée qu'on tire des puits pour en faire le sel ensemble des quartiers et portions de muires qui nous appartiennent aux puits à muiredu bourg dessous Salins.... et de toutes muires provenantes des sources et fontaines salées étant auxdits puits.... Bail Boutet, Lett. pat. 27 juin 1680. Il 2" Nom qu'on donne, dans les salines, à l'eau saturée de sel, après qu'on lui a fait subir l'évaporation nécessaire.

— ÉTYM. Lat. muria, saumure, qui «e retrouve dans le grec 4X-|iup£ç.

■j MULAR (mu-lar), s. m. Cachalot des mers glaciales (physeter tursio, cétacés).

I MULARD (mu-lar), ». m. Bâtard du canard commun et du canard musqué.

t MCLASSE (mu-là-s'), t. f. Jeune mulet ou jeune mule.

— ÊTYM. Diminutif de mule.

t MCLASSERIE (mu-la-se-rie) , t. f. Industrie qui a pour objet la production du mulet.

— ÊTYM. Mulassier.

t MULASSIKR, lÈUE (mu-la-sié, siè-r'), adj. Relatif à la production des mulets. Pays mulassier. Industrie mulassièrc. La race asino du Poitou est chez nous la race mulassiëre par excellence. Le Poitou n'a plus de race chevaline mulassière. || Jument mulassiëre, ou substantivement une mulassière, jument employée à la production du mulet et de la mule.

— ETYM. Mulasse.

t MULAT (mu-la), s. m. Poisson du Japon (holacanthe mcKolcuque, acanthoptérygiens).

MULÂTRE (mu-lâ-tr'), adj. || 1" Qui est né d'un , nègre et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une né-

MUL

presse. Un domestique mulâtre. || 1» S. m. Un mulâtre. Le blanc avec la noire, ou le noir avec la blanche produisent également un mulâtre dont la couleur est brune, c'est-à-dire mêlée de blanc et de noir ; ce mulâtre avec un blanc produit un second mulâtre moins brun que le premier; et, si ce second mulâtre s'unit de môme à un individu de race blanche, le troisième mulâtre n'aura plus qu'une nuance légère de brun qui disparaîtra tout à fait dans les générations suivantes, BUFF. Quadrup. t. vu, p. (95. il Au fém. Une mulâtre, ou une mulâtresse.

— ÊTYM. Corruption de l'espagn.rnuiato, dérivé de mulo, mulet Aux colonies on dit aussi mulateelmulatesse, à l'imitation de l'espagnol mulatoet mulcUa.

MULCTÉ, ÉE (mul-kté, ktée) , part, passé de mulcter. Ne trouvant pas l'abbé trop mulcté de 1 500 livres , GRiMM, Correspond. 1. 1, p. 2(3, dans pougens.

MULCTER (mul-kté), t>. o. || l» Terme de jurisprudence. Condamner à quelque peine. || 2° Par extension, maltraiter, vexer. || Peu usité.

— HIST. xvi' s. Agesilaus fut mulcté par les ephores, pour avoir.... mont, m, 454.

— ÊTYM. Lat. mulctare.

t. MULE (mu-l'), s. f. ]|1° Sorte de pantoufle poui les hommes, et de chaussure .sans quartier pour les femmes. Ses mules d'un côté, de l'autre son toquet, RÉGNIER, Sat. XI. Elle avait perdu une de ses mules de chambre, sEv. 20. Elle parait.... en simple déshabillé sans corps et avec des mules, la bruï. m. Hélas I lui criaient-ils [les pauvres à Mme de Cagnon, protestante condamnée à mort pour religion], nous ne recevrons plus d'aumônes de vous. — Eh bien, dit-elle, vous en recevrez encore, et elle leur jeta ses mules de velours que ses bourreaux lui avaient laissées, volt. Philos. Cons. rais, à Bergier, ch. 23. ||2° Espèce de chaussure de dessus que l'on mettait pour se garantir de la crotte. C'est à peu près ce que l'on appelle aujourd'hui galoche. Il 3' Il ne se dit plus guère que de la pantoufle du pape, sur laquelle il y a une croix. Baiser la mule du pape. Parlons du pape ; on voilà donc un; si j'avais été à Paris, j'aurais été lui baiser la mule dans la chambre de l'abbé Bigorre : il y est peint en perfection, sév. 591. || En province, il se dit encore pour pantoufle. Cherchez-moi mes mules.

— ÉTYM. Wallon, mole; espagn. mulilla; ital. mula; anc. flam. muyle, du lat. mulleus calceut, ou, simplement, mulleus, sorte do brodequins, ainsi dits, à cause de leur couleur, de mullus, rouget, poisson qui est rouge. D'après Festus, d'autres pensaient que Tnuileujvenait de »n«nore, coudre; mais laforme adjective de mulleus indique bien plutôt mullus.

2. MULE (mu-l"), s. f. Produit femelle de l'accouplement de l'âne et de la jument, ou du cheval et de l'ânesse. Il est plus difficile à ferrer qu'une mule, TH. conN. D. Bertr. de Cigarral, i, 2. La mule produit quel(]uefois, surtout dans les pays chauds, BUFF. Quadrup. t. xii, p. 202. || Il n'a ni cheval ni mule, se dit d'un homme qui n'a pas d'équipage. Il U est quintcux comme la mule du pape, qui ne boit et ne mange qu'à ses heures. || Être fantasque, être têtu comme une mule, avoir des caprices, de l'obstination. Cette personne est opiniâtre comme une mule sur certaines petites choses, quoiqu'elle se laisse aller à tout vent sur d'autres, volt. Lett. d'Argental, 4 janv. 1773. || Fig. Ferrer la mule, voy. PERREK. Il Proverbe. X vieille mule, frein doré,se dit d'une vieille femme qui aime à se parer, ou de tout ce qu'on pare afin de le mieux vendre.

— HIST. XI' s. Diz blanclies mules fist amener Marsile, Ch. de Roi. vu. || xir s. Prenez ma gent od vus, si faites Salomun mun fiz muntor sur ma mule, et sil menez en Gyon, Rois,p. 224. || xin's. U fu très bien montés sur une mule noire, Berte, Lxvi. Il XVI' s. De bonne mule, mauvaise beste.o. dk SERRES, 312. Petit mulet et grande mule, id. 3i3. Je ne boy que à mes heures, comme la mule du pape, RAB. Garg. i, 5. X vieille mule frein doré ; Riche habit fait fol honorer, lehoux de lincy, Prov. t. 1, p. 187. Elle no faisoit grand cas du dit prince, et plusieurs fois luy a fait tenir la mule, cela s'entend qu'il ontroit ordinairement dans la chambre de la reyne, et le dit prince demeuroit en l'antichambre, et non sans estre brocardé d'elle, comme elle sçait bien faire, brant. Cap. franc, t. m, p. 49, dans LACURNE. Brider la mule aux despcns d'au- Iruy, coTORAVE. Qui ne s'adventuro, n'a cheval ni mule, a dit Salomon; Qui trop s'adventure perd chevalet mule, rcspomlit Malcon, bab. i, 33.

ÊTYM. Pxovenç. espagn. et ital. mula; du lat.

mula.

t MULE-JENNY (mu-lc-jènni), s. f. Jenny perfectionnée. Il Au plur. Des mule-jennys.

MUL

— ftTYSI. D'afrès Poncelet {Rapport sur les mach. et outils, t. i, p. (08), de mule 2 et jenny : jenny bâtarde. D'après d'autres, cette machine fut ainsi dénommée parce que les premières inventées à Hottinghain, en i769, étaient mises en mouvement par une mitle. En tout cas, il faut écrire muleienny, et non muU-jenny.

MCLES (mu-l'), J. f. pi. !| 1° Nom qu'on donne vulgairement aux en^'olures qui ont leur siège aux talons. Avoir les mules aux talons, Dict. de l'Àcad. Il 8° Terme de vétérinaire. Mules traversines ou tra- Tersières, fissures qui surviennent à la peau du paturon et du boulet, et qui précèdent ou accompagnent souvent les eaux au.x jambes.

— REM. Pautex demande : pourquoi ce mot n'a-t-il pas un singulioraussi bien qu'engelure? Et pourquoi encore dit-on les mules plutôt que des mules, puisqu'on dit avoir des engelures et non les engelures?

— HIST. xiv s. Il [mon cheval] ha les mules traversainnes, Qui ne sont pas en yver sainnes, ma- CHAUT, p. 80. Il XVI' s. Les mules au talon, Le petit cancre au menton, La maie toux au poulmon, rab. IV, Prologue de l'auteur. Vos maies mules! lu. ib.

— ÊTY.M. Probablement mule t , à cause de l'assimilation avec une chau-sure qui blesse, ou bien parce que les engelures rendent le talon aussi rouge que la mule, pantoufle; wallon, meule; génev. mule au singulier, avoir la mule au talon; anc. flamand, muyi.

i. MULET (mu-lè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie : des mu-lè-z aj^iles), s. m. \\ 1° Quadrupède engendré d'un âne et d'une jument, ou d'un cheval et d'une ânesse, et qui n'engenilre point, ou du moins qui, lors même qu'il engendre, ne peut faire race; on accuse le mulet d'être fort têtu. Mulet de bât. Mulet de selle. Et vous qui de grand matin Gaioppez tout hora d'haleine Comme mulets au moulin. Puis après à la fontaine.... Pièce de <Gi9, dans fr. hichel, .^rgot. Le mulet d'un prélat se piquait de noblesse , Et ne parlait incessamment Que de sa mère la jument. Dont il contait mainte prouesse, la font. Fabl vi, 7. .Scapin : Il me faut encore, a-t-il dit, un mulet pour porter.... — Arganie : Oh I qu'il aille au diable avec son mulet!... — Scapin : Monsieur, un petit muleti — Argante : Je ne lui donnerais pas seulement un âne, UOL. Scapin, 11, 8. On sait que les mulets ont souvent produit dms les pays chauds, l'on en a même quelques exemples dans )103 climats tempérés, BUFF. Qvadrup. t. ix, p 228. ||Fig. Cyrus était le mulet dont l'oracle avait voulu parler, parce qu'il tirait sa naissance de deux différents peuples, étant persan par son père et mode par sa mère, bollin, Hist. anc. Œuv. t. 11, p. 228, dans pouGENS. Il Grand mulet, ou mulot proprement dit, celui qui provient de l'accouplement de l'âne avec la jument; petit mulet ou bardeau, celui qui provient de l'accouplement du cheval avec l'ânesse. Il Chargé comme un mulet, se dit de quelqu'un qui porte de lourds fardeaux, ou fig. qui essuie de grandes fatigues. || Être têtu comme un mulet, être fort opiniâtre. || Fig. Garder le mulet, attendre longtemps quelqu'un avec ennui et impatience. On aurait grand tort, si on vous reprochait que vous avez gardé le mulet au camp de Thionville \ au diable le mulet que vous avez gardé, voit. Lett. M4. Nous nous sommes la.ssés de garder le mulet, TH. CORI». Baron d'AWikrae, iv, 5. || Fig. Faire garder le mulet, faire attendre quelqu'un, pendant que l'on est en quelque partie de plaisir. Il Hembourré comme un bât de mulet, se dit d'un homme qui a beaucoup d'habits les uns sur les autres Il 2* Nom générique donné au produit d'accoupl'-ment de deux individus d'csiiète et de race ilif- Tér<?ntes; il est synonyme de métis et d'hybride. Il 3* En botanique, toute plante qui est le produit d'une semence fécondée par la poussière d'une plante d'une autre espèce. J'ai indiqué quelgucs expériences qui ont élé tentées sur les mulets végétaux.... BONNRT, Idées fée. plant. Œuv. t. x, p. 83, dans PotGFNS. || 4* Terme de vénerie. Se dit d'un cerf qui a mis bas son bois et qui n'a pas encore de refait. Il B* Se dit quelquefois des abeilles et des guêpes de la classe des ouvrières, qui sont itérilcs. Des trente ou quarante mille mouches <|ue la mère abeille produit, il n'y en a qu'un trts-petit nombre de femelles, quinze cents ou deux mille mâles, et tout le reste ne sont que des mulets.... incapables de produire, BUPP. Ilitt. anim. ch. I. ||8' Mulet fécond de Daourie, solip? de du genre cheval. || 7* Mulet k feu, ancienne pièce d'artillerie.

— iilST. XI* s Les diz muiez fait Cbarlas estv bler, Ch. de llol. xi. || xii* ». Li clera i vient sur un

SICT. D> LA LAHOUI FIUMÇAI8B

MUL

mulet ambiant, Ronc. <63. || xiii* s. .Asnes, muiez, charnel por homme James ne porteroient somme, la Rose, 18007. ||xvi« s. Quelque chose qu'en disent les moines de Sainte Geneviève, auxjuels il joua un tour de mulet, yver, 602. Courteaux, mulets de coffres, et aultres chevaux de somme et de bagaige, carl. v, ). Le mulet garde longuement coup de pied à son maistre, 0. de serres, 3 12. 11 m'avoit donné le coup de pied de mulet, et fait le tour d'un ami ingratissime, brast. Capit. franc.

t. IV, p. 31), dans LACUHNE.

— ÉTYM. Diminutif de l'anc. franc. miiJ, qui vient du lat. mulus, mulet ; provcnç. imdet; espagn. mulelo; ital. muletto.

2. MULET (mu-lè), s. m. Sorte de poisson de la Méditerranée et autres mers, dit aussi muge, mugil cephalus, L. Les mulets, poursuivis pai les loups marins, se creusent des trous daiisdes terres vaseuses qui bordent les ruisseaux où ils se réfugient, eou- GAiNviLLE, Vnynge, t. i,p. (27,danspoUGENs. |{ Mulet barbé, surmulet. {| Mulet rayé, le muUe rayé.

— HIST. XVI* s. Sardines, mulots, merlans, esperlans, p.vBÉ, XXIV, 22.

— ÉTYM. Diminutif de mulle 2.

MULETIEK (mu-le-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des mu-le-tié-z actifs), ». m. Conducteur de mulets.

— HIST. XVI* s. laisser un si honneste gentilhomme pour un si vilain muletier, marg. Nouv. xi,

— ÉTYM. Mulet l.

t MULETIÈRE (mu-le-tiè-r") *. m. Femme d'un muletier.

t MULETIÈRES (mu-le-tiè-r'), s. f. pi. Terme de pêche. Sorte de filet.

t MULETON (mu-le-ton), s. m. Jeune mulet. Je ne connais aucune observation qui prouve qu'un mulet ait engendré ; mais il est des observations bien attestées qui prouvent que des mules ont engendré un muleton, bonnet, Contempl.natur.Œuv. t. viii, p 90, dans pougens.

— ÉTYM. Diminutif de mulet <

+ MULETTE (mu-lè-f), s. ^. Terme rural. Petite meule de blé.

— ÉTYM. Diminutif de meule 2.

t MULIER (mu-Ué), s. m. Terme de pêche. Filet qui ressemble aux folles et qui est principalement employé pour prendre les poissons nommés mulets.

f MULION (mu-li-on), s. m. Genre de diptères des environs de Paris,

t *. MULLE ^mu-l'), j. f. Franche mulle, nom vieilli delà caillette, un des estomacs des ruminants.

— ÉTYM. Franche, et mule, qui avait anciennement le sens de poche.

f 2. MULLE jmu-l'), s. m. Genre de poissons (acanthoptérygiens) remarquables par leurs belles couleurs et la délicatesse de leur chair. Le rouget en fait partie.

— ÉTYM. Lat. muUus, rouget.

t s. MULLE (mu-l'), adj. Se dit d« la garance de qualité inférieure.

— ÉTYM. lat. mulleus, qui est de couleur rouge, de mullus, mulle 2.

t MCLLEQUIN (mu-le-kin), ». m. Ancienne espèce d'étoffe.

— HIST. XIII* s. Et molechins moult avenant, do CANOË, melorineus.

— ÉTYM. MoXôyri, mauve; dit ainsi, d'après du Gange, à cause de la couleur de l'étoffe (voy.MOi.Eomw).

t MULLETTE (mu-lè-f), I. f. || 1* Terme de fauconnerie. Gésierdcsoiseaux de proie qui vient après le jabot. Il Avoir la miilletle, se dit des oiseaux de proie chez lesquels cette parlio est embarrassée par une humeur gluante et visqueuse. || 8° Se dit quelquefois de l'estomac du veau où se trouve la présure. Il 3* Genre de coquilles bivalves.

— ÉTYM. Diminutif de mulle 1.

t MDLOIf (mu-Ion), ». m. Terme de pêche. Tas de morues qu'on fait avec celles qui ont reçu dix à douze soleils. || Un las quelconque en forme do mule. Un petit mulon formé de tronçons d'arhrc», revêtu d'écorce de bouleau, t\ pérousb, Foyope, t. m, p. 20, dans pocoews.

— ÉTYM. Diminutif normand de meule s.

MULOT (mu-lo; le t ne se lie p.is; au pluriel, I'»

se lie : dos mu-lo-z endormis; mulots rime avec repos, faux, etc.), ». m. Il 1* Espèce de souris dos champs. Il y a de certaines conjuration-H superstitieuses dont on se sert pour chasser les mulots et les serpents, thif.iis, Superitiiions, ch. 3», dans RiCHKLKT. Le mulot est plus petit (|ue le rat, et plus gros que la souris; il n'habite jamais les maisons, et ne se trouve que dans les champs et dans les bois, Burr. Quadrup. 1. 11, p. 2»». Les mulots n'en-

MUL

tendent pas moins bien que les hamsters à faire de grands amas de graine^ et d'autres provisions; mais leurs terriers ne sont ni aussi profonds ni aussi spacieux que ceux des hamsters, bonnet, Contempl. natur. xil, 30. Les mulots font beaucoup de mal dans les prairies, dans les terres où ils creusent une multitude de souterrains, genlis, Maison rust. 1. 1, p. 324, dans pougens. || Fig, Endormeur de mulots, voy. ENnoRMEun. || Le mulot est le mtts njlvaticus de Linné. || 2* Grand mulot, le surmulot, mu* decumamis, Pall. |1 3° Mulot volant, espèce de chauvesouris, myoptère, rat volant, Geoffroy St-Hilaire.

— HIST. xvi* s. Me courrouçant contre la taupe et mulots qui me font tant de mal, noel dufaii. Contes, ch. 34.

— ÉTYM. Hollandais, mol, taupe; angl. mois. Lehéricher le croit dit pour murot, dérivé du lat. mut mun'ï, rat; mais il ne cite pas d'exemple demurol:

t MULOTER (mu-lo-té), v. n. Terme de vénerie. Se dit du sanglier qui fouille les caveaux du mulot, pour se repaître du grajn qu'il y trouve amassé. Il Un limier mulote lorsqu'il s'arrête sur tout ce qu'il rencontre, lorsqu'il gratte la terre sur les trous de taupe ou de mulot.

— ÉTYM. j|fu/o(.

t MULQUINIER (mul-ki-nié),». m. Ancien terme de commerce. Celui qui fabrique des toiles fines. Défendons à tous fabricans, tisserands et mulquiniers, de se servir d'aucun ingrédient pour plaquer, cirer ou gommer les pièces de batiste et linons, Lett. patent, du 9 août 1781, Flandre et Ilainaut.

— HIST. xiv* s. Jehan Ratel telier de toiles

Mathieu Wiet meulequinier, du cange, melocineus.

— ÉTYM. Mullequin

\ MULSION (mul-sion), s. f. Action de traire les femelles laitières. Au nombre des ustensiles appropriés au service des bêtes bovines, on doit trouver ceux qui sont nécessaires pour opérer la mulsion.

— ÉTYM. Lat. mulsionem.

t MULTANGULAIRE (mul-tan-gu-lê-r") ou MDL- TANGULÉ, ÉE (mul-tan-gu-lé,lée),ady. Termedidaotique. Quia beaucoup d'angles. Figure multangulaire.

— ÉTYM. Lat. multanyulus, de multi..., et angulus, angle.

t MULTI.... Préfixe qui signifie beaucoup, et vient du latin multus (voy. moult).

t MULTI ARTICULÉ, ÉE (mul-ti-ar-ti-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est composé d'un grand nombre d'articles.

— ÉTYM. Multi..., et article.

t MULTIAXIKÈUE ( mul-ti-a-ksi-fô-r*) , ai}. Terme de botanique. Inflorescence m ultiaxifère, inflorescence qui présente plus de trois axe.« de végétation, comme le thyrse du lilas.

— ÉTYM. Multi .., axe, et le lat. ferre, porter

t MULTICAPSUL,VIRE(mul-li-ka-psu-lé-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte beaucoup de capsules.

— ÉTYM. Multi..., et cap»ui«.

t MULTICAULE (mul-ti-kô-l'), adj. Terme de botanique. Qui a de nombreuses tiges. Le mûrier mullicaule.

— ÉTYM. Multi..., et le lat. cauli», tige.

t MULTICOLORE (mul-ti-ko-lo-r"), adj. Terme didactique. Qui est d'un grand nombre do couleurs.

— ÉTYM. Lat. muid'cofoni», de multi.. .^ et eolor, couleur.

t MULTICORNE (multi-kor-n"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a un grand nombre de cornes ou de tentacules.

— ÉTYM. Multi.... et come.

t MULTICUSPIDE, ÉK (mul-ti-ku-spi-dé, dée), adj. Terme d'histoire nntur<-lle. Qui a beaucoup de pointes. Di-nts multicuspidées.

— ÉTYM Mulli..., et le lat. cuspis, pointe.

t MULTIIilGITÉ, f.B (multi-di-ji-lé, tée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a beaucoup de doigts ou de divisions en forme de doigts.

— ÉTYM. Multi..., et le lat. digitut, doigt.

t MULTIKMBltYONNft, ÉE (mul-ti-an-bri-o-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit d'une graluo qui renferme plusieurs embryons.

— ÉTYM. Multi..., et embryon.

■f MOLTIPASCIÊ, ÉB (mul-ti-fa-8si-6, éo), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte un grand nombre de bandes colorées.

— ÉTYM. Multi..., et le lat. fatcia bande.

t MULTIFIDE (mul-ti-fi-d'), noj. . enne didactique. Quieslparlagé on nombreuses lanières. || Terme lie botanique. Qui est divisé à peu près jusqu'à la moitié par plusieurs incisions aiguës dont on ne détermine point le nombre.

— ËTYH. Lat. muUiftduî, de mufti..., et findere, fendre,

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