‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 187 sur 389 · MUD · texte numérisé non relu

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es rais, et par où passe essieu. Mais de ce que les moyeux îles roues de votre carrosse auront pris feu, s'cnsuit-il que votre carrosse n'ait pas été fait expressément pour vous porter d'un lieu à un autre? VOLT. Dict. phil. Causes finales. {| 2° l'erme de Ireillagiste. Morceau de bois dans lequel sont placées les tiges des fleurs. \\Au plur. Des moyeux.

— HiST. xir s Es*, en un fane [bourbierl entré; Trusqu'as moieus i est li chars entrez,/,! charrois de Nijmes, v. <005. Aissels i out e rais e jantes e muiels, Bois, p. 255. ||xvi*s. Moi qui suis assis dans le mojau de tout le trouble des guerres civiles de France, mont, ii, 52. Moiau, cotgrwe.

— ÉTYM. Prov. moiot, muiol; du lat. modiolus, moyen, diminutif de modius, qui a donné l'italien moszo, moyen, ilodiolus est un diminutif de modius, boisseau, par assimilationde forme, et modius tient au radical sanscrit md, mesurer (voy. mode ()•

2. MOYEU (mo-ieu ; plusieurs disent moi-ieu), ». m. Terme qui vieillit. Le jaune d'un œuf. Prenez quatre moyeux.

— HIST. xm* s. Cole vitrine ki est samblans à mouiuei d'ues [œufs], alebrant, f* )5. Li mioel sont caut [chauds] et moiste tempréement, ID. f* 03. Il XIV* s. Moieuf de euf, du cange, modio/us.ll xv's. Néant plus que le my-œuf de l'œuf ne peut sans la glaire ni la glaire sans le mi-œuf, néant plus ne peuvent les seigneurs et le clergé l'un sans l'autre, PHOiss. u, ni, 27. Il xvi* s. Fouaces faictes à beau beurre, beaulx moyeulx d'eufz, rab. Garg. i, 3ï.

— ÉTYM. Berry, mojette d'un œuf; provenç. moiol, muiol, mugol. La forme ancienne est mioel, semblable à la forme provençale. Dicz y voit le latin mylilus, corrompu en iiiùlulus, ou, d'une façon plus romane, mutoius, la moule jaune et renfermée dans une écaille ayant donné son nom au jaune d'œuf renfermé dans une coi|uille; c'est ainsi que les Latins le nomment tilellus, le petit veau. Scheler le croit dénommé de sa situation intérieure, et rattache moyeu au latin fictif mediolus, dérivé de médius, qui est au milieu. Mais il ne faut pas sortir du mot tel qu'il est donné ; en la forme, il est identique avec le moyeu de roue, aussi bien dans l'ancien français que dans le provençal, et il aura été ainsi nommé par assimilation de figure arrondie et de situation centrale. Toutefois, au xiv siècle et au xv, il se créa, soit par altération et fausse interprétation du mot ancien, soit par formation nouvelle, le mot moieu/, mi-œuf, qui évidemment veut dire œuf du milieu, partie centrale de l'œuf.

3. MOYEU (mo-ieu),». m. Sorte de prune confite. Un pot de moyeux. Songez à vos moyeux pour Provence, SÉV. 22 déc. (075.

— ÉTYM. Origine inconnue.

t MOZAMBRUN (mo-zan-brun), ». m. Nom de pays du suc d'aloês venant de l'Inde , où il est fort préconisé.

MOZARABE (mo-za-ra-b') , ». m. || !• Nom donné aux chrétiens d'Espagne soumis aux musulmans. Il i" Adj. Qui appartient à leur culte. Le cardinal Ximenès rétablit, de son temps, dans la cathédrale de Tolède l'ancien usage des messes mozarabes, pendant lesquelles on danse dans le chœur et dans la nef avec autant d'ordre que de dévotion, volt. Diet. phil. Messe.

— ÊTYM. Arabe, arabi musiaraba, les Arabes étrangers, par opposition & arabi araba, les Arabes vraimeiit arabes.

t MOZARABIQUE (mo-z»-ra-bi-k'), adj. Quia rapport aux mozarabes. Dom Ituis do Martanza, chevalier du missel muzarabiquc, fit pnrdre les arçons à son adversaire, et le renversa mourant ; Mais la reine, qui avait beaucoup d'inclination pour le missel romain, voulut qu'on tentAt l'épreuve du feu, VOLT. Mœurs, 45. || Liturgie mozarabiquc, liturgie usitée en Espagne parmi les chrétiens soumis aux musulmans, «t qui avait cela de particulier, qu'avec un car.ictcre en grande partie grec, elle était en langue latine; que, contrairement a toutes les anciennes liturgies des Gaules, elle n'avait rien admis du chant grégorien ou ambrosien ; qu'elle supposait l'usage quotidien de la communion et de la dispensation du calice par le diacre, et qu'elle prescrivait de montrer au peuple, en l'ùlcvont, l'bobtie qui devait être ensuite partagée d'après les neufs mjstéres du Christ, l'iucarnatiou, la nativité, la circonci.ion, etc. en autant de parcelles. C'est à tort qu'on attribue la liturgie mozaubique à saint Isidore.

t MOZÊKIKN, EX.NE (mo-zé-riin, ri*-n'), adj. Terme de physique. Qui a rapport à Mozcr, physiwa alleiuaod coatemporaio. Ima{{e de Mozer ou

image mozérienne, celle qui se forme au bout d'un certain temps à la surface des verres placés devant une gravure ou une médaille.

t MOZETTE ^mo-ze-f), ». f. Voy, kosETiE au supplément.

t MU (mu), s. m. Nom de la douzième lettre de l'alphabet grec, qui est notre m, et qui provient du mim sémitique; les Grecs prononcent mt.

MÛ, UE (mu, mue), parf.posst de mouvoir. || l'Mis en mouvement. Entre un corps muet un autre corps mû, c'est suivant les rapports de la masse que les mouvements sont reçus, MONTESQ.fip.i, *. il 2° Fig. Qui a reçu une impulsion morale. Là-dessus, mû de zèle et de fidélité, j'en viens donner avis & Votre Majesté, TRISTAN, Marianne, ii, 4. La volonté mue par la grâce n'a pas le pouvoir d'y résister, pasc, t'rov. xviii.

— liEM. L'accent circonflexe indique une contraction de mcû, l'ancien participe.

t MUABlLirÉ (mu-a-bi-li-té). ». f. Qualité de ce qui est muable.

— HIST. xiu' s. Et lor promet eslableté [stabilité] En estât de muableté. Et tous les pcst [les repaît] de gloire vaine En labeneûrté mundaine, Ja Rose, 4874.

— ÉTYM. J/uoli(('; provenç. mutabilitat ; espagn. mutahilidad ; ital. mutabililà.

MUABLE (mu-a-bl'), adj. Sujet au changement. Tant que le jugement peut vaciller et que la volonté est muable, la réflexion leur est nécessaire, Boss. États d'orais. v, 5. Remarquer dans l'univers un esprit d'uniformité et d'égalité, qui se soutient de soi-même au milieu des agitations et des variétés infinies delà nature muable, id. Sermons, /usd'ce, (. [Les Français] peuple charmant, volage, muable, variable, mais toujours payant, p. L. couh. Lettre vi.

— HIST. XI' s. Set cenz charnels et mil autours muables, Ch. de Roi. xiu. 1| xiv s. Et il cuident bien que félicité fust chose permanente et non pas muable ou variable de legier.... oresme, Éili. 23. Il XVI* s. La plus muable et desloyalo nation qui soit au monde, amyot, Cat. d'Ut. 80. Une ingrate, muable aussi tost que le vent, desportes, Angélique, i.

— ÉTY.M. Provenç. mutable, mudable; espagn. mudable ; portug. mudavel; ital. mutabile; du lat. mutabilis, qui vient de mutare, changer (voy. muer).

t MUABLE.MEXT ( mu-a-ble-man), adi'. D'une manière muable, changeante.

— IIIST. ïvi* s. Muablement, monet, Dict. MUANCE (mu-an-s'), ». f. \\ l! Action de muer.

Usité seulement quelquefois en cette locution : La voix des enfantj est en muance, c'est-à-dire elle mue, elle commence à prendre un ton plus grave. [| 2° Terme de musique. Le changement d'une note en une autre, pour aller au delà des six anciennes notes de musique, soit en montant, soit en descendant. Il Système des muances, se disait, dans l'ancienne musique, de la manière d'appliquer aux notes du clavier les noms ou les différentes syllabes en usage depuis Guido, de manière à faire toujours tomber les syllabes mi, fa, sur les doux degrés formant un demi-ton. || Table des muances, table dans laquelle étaient rangés tous les changements de nom que subissaient les notes suivant les muances de B mol en B naturel, etc. Cette table s'appelait aussi main harmonique. || Fig. Muance s'est dit pour nuance, en peinture.

— HIST. xiu* s. Car honors ne font pas muance. Mes il font signe et demontrance Quex meurs [quelles mœurs] en eus avant avoient, la Hose, 0303. || xvi* s. X muance de seigneur, changement de loix, cari.oix, VI, 0. Es muances de la gamme, telle note qui est la plus basse en une octave, est la plus haute en regard d'une autre, amyot, Comment refr. la colère, i. Cette pie exprimoit parfaictemenl les repriiiscs, les poses et les muances dos trompettes, MONT. II, 175. Toutes choses sont en fluxion, muance et variation perpétuelle, lu. il, 37«.

— ETYM. Uuer, changer. Dans l'ancienne langue, muance avait un emploi général, non technique.

t MUANT (mu-an), ». m. Bassin qui fait partie d'un marais salant.

t MUCATE (mu-ka-t'), ». m. Terme de chimie. Genre de sels >iui sont produits par l'acidu niiiciqtie.

t MUCÊUINIÎKS ;mu-sé-di-néc)OU MUCOUINÉKS (mu-ko-ri-néej,». f. pi. Nom d'une famille du champignons de l'ordre des tbécasporées, comprenant le plus grand nombre des petites espèce* connues sous le nom de moisissures.

— ETYM Lat. mucedo, moisissure, de mucu», morve (ïoy. mucus).

HUCIIE-POT (A) (à-mu-che-po), loe. adv. En cachant le pot pour vendre du vin et frau<icr le droit ; et fig. en cachette. La veuve l'Honoré, et le sieur de Doulanville, contre lesquels il avait éti

rendu un procès-verbal de vente à n^achepot le 1 1 juin I7Ù9, Arrêt du cons. d'État, 20 déc. (729 Il On dit aussi à musse-pot.

— ÉTYM. Mucher, forme picarde de musser, etpo<. En Picardie et en Normandie on dit encore aujourd'hui : d la muche-ten [ton]-po<, en cachette.

MUCILAGE (mu-si-la-j'), ». m. || 1° Substance végétale de nature visqueuse, coagulable en gelée par l'alcool, qui se rapproche beaucoup de la gomme, et qui se trouve en grande quantité dans les racines de guimauve et de grande consoude, dans la graine de lin et les semences de coing. || Liquide épais et visiiueux formé par la solution ou la division d'une gomme dans l'eau. 1| 2° Mucilage animal, mucus.

— HIST. xiv s. Oing les [cheveux] o [avec] muscilaige de semence de lin, lanfranc, f* 38. [Cavité] plaine de aucuns muscelages , m. f" t07, rerso. Il xvi* s. En y appliquant les remèdes susdits et tels mucilages.... paré vui, 25.

— ÊTYM. Mot dérivé du lat. mucu», sur le modèle de cartilage; prov. mucellage ; espagn. mucilago; ital. mucilagine.

MUCILAGINEUX, EUSE (mu-si-la-ji-neû, neù-z'), adj. Il l'Ancien terme d'analomie. Qui contient du mucilage. Glandes mucilagineuses, glandes destinées à filtrer des humeurs muqueuses. || On dit aujourd'hui glandes ou cryptes mucipares. || 2° Qui tient de la nature du mucilage. Périsperme mucilagineux.

— HIST. XIV* s. Humeur muscilagineuse.LANFRANC^ f* 46, rerso. Il xvi* s. Les mucilages faits de deux drachmes de semences mucilagineuses, paré, xxv, 37.

— ÊTYM. Mucilage.

+ MUCINE (mu-si-n'), ». f. Terme de chimie. Substance analogue à la mucosine.

— ÊTYM. Mucus.

t MUCIPARE (mu-si-pa-r'), adj. Terme d'anatomie. Oui produit le mucus. Glandes mucipares.

— ÉTYM. Lat. mucus, et parère, produire.

f MUCIQUE (mu-si-k'), adj. Terme de chimie. Acide mucique, acide produit par l'action de l'acide azotique sur la gomme, ou sur la manne grasse.

— ÊTYM. Jfucus.

t MUCO (mu-ko), t. m. Espèce d'arbre de la famille des malvacées, à fruits comestibles.

t MUCO-PUS|(mu-ko-pù),s. m. Terme de pathologie. Nom donné aux mucus qui, par leur mélange avec du pus, ont pris une teinte jaunâtre plus ou moins prononcée.

— ÊTYM. Mucus, et pu».

t MUCOUINÉES (mu-ko-ri-née), ». f. p/. Voy. mu-

CÉDINÉES.

— ETYM. Lat. mucor, moisissure.

t MUCOSINE (mu-kô-zi-n'),»./'. Termedechimie. Nom donné, d'après de Blainville, à plusieurs substances organiques coagulables, difl'érente«4'une de l'autre, qui se trouvent dans le mucus utérin, nasal, bronchique , etc. et qui donnent à ces mucus leur viscosité.

MUCOSITÉ(mu-kô-zi-té),»./'. || 1* Fluide visqueux que les membranes muqueuses sécrètent. || 2° Suc qui n'est ni tout à fait fluide, ni tout à fait visqueux, que contiennent certaines iilantes. Le bois le plus dur n'a d'abord été qu'une gelée, et le cèdre majestueux du Liban «[u'une goutte de mucosité, bonnet, Contempl. nat. x, 33. || 3" s. f pi. Groupe de champignons.

— HIST. XVI* 8. Les jointures aux hommes qui deviennent maigres se remplissent de mucosités, para,

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