‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 191 sur 389 · MUN · texte numérisé non relu

MUN

des conseillers, et devant lequel sont portées les affaires de la commune. |{ S. m. pi. Les municipaux, les magistrats qui administrent une commune. Il Agent municipal, se disait, sous la république, des administrateursd'une commune de plus de 5(100 âmes.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. jnuni'cipof; ital. municipale; du lat. triunicipa/ù, de municipium, municipe.

t MUNICIPALEMENT (mu-ni-si-pa-le-man), adv. Selon les formes municipales. 11 ne faut que dos yeux pour voir que les villes gouvernées municipalement sont riches, volt. Lett. d'Ârgenson, 21 juin

MUNICIPALITÉ (mu-ni-si-pa-li-té), ». f. || f Le corps des officiers qui administrent une commune. Assembler la municipalité. |{ 2° La commune, le territoire administré par des magistrats municipaux. Il est de telle municipalité. || 3° La maison où les officiers municipaux tiennent leurs séances et ont leurs bureaux. Son acte de naissance est à, telle municipalité. On dit plutôt mairie.

— ÉTYM. Municipal.

t. MUNICIPE (mu-ni-si-p'), t. m. Ville du Latium et de l'Italie qui vivait d'après ses propres lois et coutumes, et qui participait au droit de bourgeoisie romaine. Le municipe différait de la colonie, en co que la colonie avait les lois de la mère patrie. Il y avait aussi des municipes hors de l'Italie. Dans les municipes d'Italie, le droit de rendre la justice aux citoyens, au moins en matière civile et en première instance, appartenait à certains magistrats municipaux, duumviri, quatuorviri, etc. guizot, Uist. de la civilis. '.;' leçon.

— ÉTYM. Lat.tnuntcipium;anc. lat. moinicipium; de munia, équivalent de munera, fonctions, et ca~ père, prendre, tenir.

t 2. MUNICIPE (mu-ni-si-p'). ». m. Habitant d'un municipe. Les municipes étaient premièrement citoyens romains; conséquemment ils jouissaient de beaucoup de droits et de privilèges qui n'appartenaient qu'aux seuls citoyens romains; cependant.... BoucHAUD, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. m, p. t4t.

— ÊTYM. Lat. municeps (voy. municipe i). MUNIFICENCE (mu-ni-fl-san-s') , s. f. Qualité qui

porte à faire de grandes libéralités, i la munificence divine, il ne lui faut point de raison, si l'on peut parler de la sorte ; c'est la propre nature de Dieu, BOSS. Sermons, Bonté, I. Forme, exprime un désir, et ma reconnaissance Ne mettra point de borne à ma munificence, lbherc. Frédégonde et Br. y, «.

— HIST. xv' s. La voix de pitié se nomme autrement munificence, gerson, dans le Dict. d«DociiEZ. Il XVI* s. Munifiance, monet, Dict. Chascun de ses amis [de Crésus] n'estimant pas que ce feust assez faire de luy en offrir seulement autant [d'argent] qu'il en avoit receu de sa munificence, mont.

IV, tt.

— ÉTYM. Lat. munificentia, de munus, proprement charge, fonction, et, par dérivation, don, et au.ssi œuvre utile, édifice (Vôy. munir), et facere faire.

MUNIR (mu-nir), v. a, || !• Pourvoir, garnir de C6 qui est nécessaire & la défense ou à l'approvisionnement de lieux de guerre. Vous pouvez cependant faire munir ces places, corn. A'irom. ii, 3. (land tombe avant qu'on pcnso à le munir, BcssuiiT, Marie-Thérèse. D'une première vue il découvre un passage assuré pour le secours [d'une villa assiégée] aux endroits qu'un ennemi vigilant n'a pu encore assez munir, id. Louis de Bourbon. Il Par extension. On le munit d'un pa.ssn-port, de recommandations. Saint Charles liorromée examinait lui-inème'les pièces qu'on jouait & Milan; il IcH fuuniss.ut de son approbation rt de son seing, volt. Dict phit. Police des t\iectacles. || 2* Se munir,

V. ff/I. Se pourvoir, être pourvu. No se pouvant munir encontre tant do maux, RiioMBR, Sat. xiv. Dorée et le soleil virent un vojagour Oui s'était muni par bonheur Contre le mauvais temps, là FONT, t'ahl. VI, 3. Ils [les conquéranLi, les politiques] se seront munis do tous cAtés par des précautions infinies.... boss. Duch. d'Orl. Trouvez-vous ce soir de'.ant les Chartreux, et niunisscz-vous do deux pistolets, OBNLis, Veill. du chdt. t. i, p. ïh, dans pouoENS. Il Se munir do patience, se pn'parer à supgiorter avec résolution, avoi-. couragi'. Dans les maux violents, lo cœur se munit de toute sa constance, rttcH. Mme de Mont.

— HIST. Un roy ne poult avoir forteresse plus forte no plus munie que l'amour, la foy et la bieii- Teillance des hommes, amyot, Arat. 60. Sans la-

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bourage, nature nous avoit munis à planté de tout ce qu'il nous falloit, mont, il, <«3. Alors l'ichneumon munit son corps, l'enduict et le crouste tout à l'entour de limon, m. ii, (64.

- 6TYM. Lat. munire, pourvoir, fortifier ; d'un radical mot» qui appartient à la langue de l'ancienne Italie : mofnia, muraille; osiiue, mninico, commun, public; a;ic. lat. tnunicus, même sens ; radical qui se trouve aussi dans com-mnnis, commun. La racine de mœnia, munira, munire, est le sanscrit mil, lier. Vunire est le dénominatif de munus.

MDNITION (mu-ni-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Au pluriel. Chose dont on munit. Uunitionsde guerre et de bouche. Elle abandonne pour avoir des armes et des munitions, non-seulement ses joyaux, mais....B0ss.i?eme d'Anglet. || Fig. Des munitions de gueule, des provisions pour faire bonne chère. || Munitions d'amour, le fard, les mouches, les pommades, etc.Elle se coula dans un petit cabinet, suivie de sa suivante morisque, qui lui apporta toutes ses munitions d'amour, scaruon, Hom. corn. dans LEROUX, Pic», corn. || 2° Spécialement, poudres et projectiles. Les munitions commençaient à manquer. || 3° /lu jinj. Pain de munition, le pain que l'on distribue aux soldats pour leur nourriture. Il Fusil de munition, fusil de gros calibre, qui est l'arme ordinaire des soldats d'infanterie.

— HIST. XVI* s. S'ensuit la façon de faire la munition et composition de feu grégeois. Livre de canoneric, dans reinaud et favR, Du feu grégeois, p. U2. On luy pourra jau précepteur] joindre quelque homme de lettres qui à chasque besoing fournisse les munitions [les instructions pour l'élève] qu'il fauldra, MOST.i, (74. Avec cette munition [de bons préceptes] 11 l'envoya [Alexandre] à subjuguer le monde à tout seulement 30ooo hommes, id. i, )80. Des gelées si asprcs que le vin de la munition se coupoit à coups de hache, id. i, sm. Ce livret contenoit Testât de la monition dont il avoit fait faire provision pour la guerre, de bîedz, d'armes... amyot, C. d'Uliq.n. L'armée n'avoit qu'un très petit équipage pour les munitions, lanoub, 627. Vingt mille pains de munition, CARL. VI, 22. Il avoit fait faire une munition de pain pour dix jours, m. du beliat, 6(8. Les gorgias champions.... consommèrent leurs munitions à force de tirer aux moineaux, bab. iv, Prol. de l'aiitheur.

— CTYM. Lat. munitinnem, de munire, munir. Le peuple dit d'ordinaire amunition, amonition, c'est un archaïsme : omuniiion se trouve dans Carloix, iv, U, et dans Paré, t. m, p. 705.

MUNITIONNAIRE (mu-ni-sio-nê-r'), ». m. Celui qui est chargé de fournir les munitions nécessaires à la subsistance des troupes. Les niunitionnaires des places frontières et armées du roi, avec les huit vivandiers ordinaires vendant vin en gros à la suite de la cour, Arrêt de la Cour desaides, <4 oct. (6(6. Le meilleur moyen de pouvoir avoir toujours de bonnes victuailles est d'établir un munitionnaire général, Corresp. de Colhtrt, m, <«3. Antipater quitta le service des Arabes pour celui des Romains; il devint leur munitionnaire et Ht une grande fortune dans les vivres, volt. Philos. Nouv. Test. Ilérode On entendit ses cris de tureur [de Napoléon] contre l'un des hommes chargés de cet approvisionnement [de Smolensk] ; le munitionnaire n'obtint la vie qu'en se traînant longtemps sur ses genoux aux pieds de Napoléon, ségur, Ilist. de Nap. ix, U.

— HIST. xvi* s. Les petites villettes prises, on les reservoit pour les munitionnaines, et menaçoit on les autres où il n'y avoit point de garnison, de i>ru3ler une lieue à U ronde d'elles, si elles n'envoyoyent quelques munitions, LANOUB, «28.

— KïVM. Munition.

j ML'MTIOjNNER (mu-ni-sio-né), e. a. Pourvoir de munitions. Munitinnner une pl;ico.

— Hi.sT. XVI' s. Trop exact et trop rude au gré du pays pour bien munitionner sa place, d'aus. Ilisl. Il, 373. L'armée espagnolle, artillée de S6 pièces de batterie, et munitionnée de <uoo chariots, lo. ib. il, 4I>0.

t M0NSTÉRIE» (mon-sté-riin), », m. RecUteur (ta Jean de Leyde, chef des premiers anabaptistes, •u xvi* siècle, ainsi dit parce que leur capitale était Munster.

t MUNYCUIOX (mu-ni-kion), ». m. Dixième mois do l'anoée athénienne. U correspondait à partie d'avril et de mai.

MCPirri (mu-OiJ, t. m. Voy. mufti.

MUOCEUX. li uSk (mu-keû, kcû-z'),a<iy. || l'Terme diilactique. Anciennement, qui a le caractère de la mucosité, soit en parlant d'un liquide, soit en parlant d'un Hmu, aussi bien chez les TégéUuz que

MUR

chez les animaux. Ligaments mu'^ueuz. Quand la surabondance du suc muqueux distend fortement les vaisseaux des arbres, fourcrot, Connaiss. chim. t. vu, p. 140, dans pougens. || Réseau muqueux, nom donné autrefois à la couclie qui produit la coloration de l.i peau. Vossius attribuait la couleur des nègre» à une maladie; Ruysch a mieux rencontré en les disséquant, et en enlevant avec une adresse singulière le corps muqueux réticolaire qui est noir; et malgré cela il se trouve encore des physiciens qui croient les noirs originairement blancs, VOLT. Dict. phil. Anatomie. La membrane muqueuse est blanche cher, nous, id. Mœurs, <4<.||0n dit maintenant couche pigmentaire de la peau. || 2° Aujourd'hui, particulièrement, qui a ou qui produit de la mucosité animale. Glandes muqueuses, Il Membrane muqueuse, ou, substantivement, une muqueuse, nom des membranes qui tapissent les cavités du corps humain ouvertes au dehors, et dont la surface libre est habituellement humectée d'un fluide muqueux. || 3" Râle muqueux, voy. bAlk. 114° Fièvre muqueuse, fièvre mal définie et qui est tantôt une dothiénentérie légère, tantôt une irritation des membranes muqueuses digestive et pulmonaire avec fièvre.

— HIST. XVI* s. Quelques fois, par une grande contusion, la chair contuse devient mucqueuse et boursouflée, comme si on l'avoit enflée de vent, paré, X, a.

— ÉTYM. Lat. mucosus , de mticus , morve, mucus.

MCR (mur), ». m. || 1° Ouvrage de maçonnerie dressé et portant en terre sur des fondements, ou sur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mur s'écroula. Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Cbarbonner de ses vers les murs d'un cabaret.... BOIL. Art poét. I. Vous Êtes en des lieux soumis à sa puissance [de Néron] ; Ces murs mêmes, seigneur, peuvent avoir des yeux, rac. Brit. ii, 6. Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière, m. Bajai. i, 2. Et jusqu'au pieil des murs que la mer vient laver, ID. ib. v, < 1 . Déjà leurs mains [des Cosaques] avides de pillage s'étendaient, quand tout à coup tous sont détruits, écrasés, lancés dans les airs avec ces murs [du Kremlin] qu'ils venaient dépouiller, séour, Hist. de Nap. ix, 6. || Ne laisser que les murs, se dit de celui qui emporte tout ce qui est dans une maison,

dans un appartement La nuit passée, un nombre

de bandits N'a laissé que les murs dans le prochain logis, regnabd. Fol. amour, i, 3. || Entre quatre murs, dans un logis non meublé. Klle vit sous un toit entre quatre murs tout dépouillés, dider. Père de famille, l, 7. || Entre quatre murs, se dit aussi pour en prison. On l'a mis entre quatre murs. |{ Fig. Être au pied d'un mur sans échelle, manquer une affaire, une entreprise pour no s'être pas pourvu de ce qui était nécessaire. || Fig. Mettre un homme au pied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bien le réduire à ne pouvoir rien répondre. Us sont au pied du mur par notre concert, iioss. Lett. qrtiét. 288. Le procureur général continuait ses difficultés, et, lorsciu'on croyait l'avoir mis au pied du mur, il en inventait de nouvelles, st-sim. 280, 68. || Par plaisanterie, on dit qu'un mur crève de rire, pour exprimer qu'il est crevassé, ruineux. || U vaudrait autant se battre la tête contre un mur, c'est se donner la tête contre un mur, c'est donner de la tête contre un mur, se dit pour exprimer qu'on s'efforce inutilement. || Vous tirerez aussitôt, vous tirerez plutôt de l'huile d'un mur, se dit à celui qui veut avoir de l'argent d'un avare, ou obtenir quelque chose d'un homme dur. || Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, par son adresse et par son industrie il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer. || 2° Gros mur, un des principaux murs sur lesquels porte tout le bâtiment. || Mur de face, gros mur qui est à la faca du blltiment. || Mur latéral, celui qui forme l'un des côtés. || Mur de pignon, mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a la forme. || Mur de refend, voy. bekend. || Mur de parpaing, mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur. Il Mur de clôture, mur qui enferme les cours, les jardins, les parcs, etc. || Mur d'appui, celui qui n'est qu'à la hauteur d'un mètre ou environ. || Murs d'un parc, d'un jardin, les murs qui enferment un parc, un jardin. || Mur de terrasse, mur qui retient les terres d'une terrasse, d'une plateforme, d'un boulevard. || Mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée. || Aile de mur, partie d'un mur de dossier qui excède l'emplacement qu'occupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordi-

MUR

nairement k forme d'un trapèze. || Mur bouclé ott soufflé, celui dans lequel le parement est détaché de la masse. || Mur en ailes, mur qui sert à arcbouter un mur de face ou un pignon. || Mur en l'air, mur qui porte à faux. || Mur en décharge, mur dont

10 poids est allégé par des arcades. j| Mur de douve, mur intérieur d'un réservoir. || Mur planté, mur fondé sur pilotis ou sur une grille de charpente

11 Mur mitoyen, voy. mitoyen. || 3' Murs d'une ville, ou, absolument, les murs, les murs qui entourent une ville. Il est doux de revoir les mura de la patrie, CORN. Scrlor. m , 2. Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire, m. //or. v, 3. Et de Jérusalem l'herbe cache les mnrsl bac. Estb. I, <. Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats Perdus par les chrétiens sous les murs de Damas I VOLT. Zaïre, i, t. Que tous les protestants, a la fois accablés, Dans les murs, hors des murs, soient en foule immolés, m. j. chén. Charles IX, iv, 5. Diodore de Sicile rapporte que des écrivains postérieurs à Ctésias bornaient la hauteur de ces murs [de Babylone] à cinquante coudées, et c'est l'opinion suivie par Strabon; or cinquante coudées du grand stade do Babylone vaudraient environ <l) mètres ou 71 de nos pieds, gosselin , Inslil. Mém. inser. et belles-lctt. t. vi, p. (27. || 4» Murs, au pluriel, se dit quelquefois pour ville. Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante i Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses murs, bml. Ép. iv. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si liers, RAC.ifitftr. III, 1. Il B'Seditdediverses murailles construites pour arrêter des invasions. Le mur d'Adrien, de Sévère. Après trois jours de marche, on arriva au mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vingt de large, et vingt lieuos d'étendue, bollin, Hist. anc. Œitvr. t. IV, p. (79, dans POUGENS. 116" Fig. Défense, protection. Je vais citer un prince aimé de la victoire; Son nom seul est un mur à l'empire ottoman [contre l'empire ottoman], LA FONT. Fabl. I, 4 Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir d'autres murs ni d'autre défense que le courage do ses citoyens, HOLLtN, Bist. anc. Œuir. t. viii, p. 453, dans POUGENS. Il On s'en sert quelquefois pour exprimer que des soldats supportent le feu comme le ferait une muraille. Ces hommes-là sont des murs. Il Un mur d'airain, une défense dont rien ne peut triompher. Cet homme que Dieu avait mis autour d'Israël comme un mur d'airain où se brisèient tant de fois toutes les forces de l'Asie, flkcii. Turenne. Il 7° Fig. Mur de séparation, mur d'airain, se dit des causes qui séparent deux personnes. Il y a un mur d'airain entre ces deux hommes. Il [Jésus- Christ] a détruit ce mur ilo séparation qui l'éloignait de l'homme, mass. Carême, Temples. Cette passion [le goût des voluptés] seule éleva un mur do séparation entre Dieu et le pécheur, id. Carême, Prod.ll 8° Dans les mines, mur se dit de la partie inférieure, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit. |{ 9° Terme d'escrime. Tirer au mur, pousser de tierce ou de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Parer au mur, parer les coups de celui qui tire au mur. || 10° Grand mur, se dit, à la paume, du mur contre lequel il n'y a pas do toit.jl 11° Terme de manège. Gratter le mur, se dit d'un écolier qui s'approche trop du mur. Il 12° Morts murs, parois d'un four de fusion. || Proverbialement. Les murs ont des oreilles, c'est-à-dire quand on s'entretient de quelque chose do secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.

— SYN. Mun, muraille. Muraille, représentant le pluriel neutre latin muralia, implique essentiellement une idée collective, ou, ce qui en dérive, une idée de grandeur et d'étendue, et se distingue par là do mur qui n'indique qu'un mur en particulier, ou en général un mur quelconque, grand ou petit.

— HIST. XI* s. Mur ne citet n'i est remès [resté] k freindre, Ch.de Bol. 1. 1| xii* s. Et li mur se desrochcnt [s'écroulent], Sax. ix. Ne mur tant haut qu'à la terre n'enfreigne. Ronds, v, p. Jt . || xiii* s. Desouz un arbrissel, delez un petit mur, Derte, xi, l. Il y avoit trois paires de murs ses [secs] à pa.ssor, joiNV. 273. jjxvi* s. Illuyfaudroit un mur [couvent] ou un mari, ouniN, Curios. (ranç. Se voyant au pied du mur sans eschelle, cotorave.

— ÉTYM. Wallon, meur; provenç. mur, s. m. et mura, s. f. ; esp. et port, muro; du lat. muitts; anc. lat. tnoi'ru».

mCk, Cke (mûr, mii-r'), a^. || 1° Qui est arrivé au point de so détacher spontanément ou U'élra

MUR

cueilli , en parlant des fruits. Ces pêches ne sont pas mûres. Des raisins, mûrs apparemment Et couvert' d'une peau vermeille, la font. Fahl. in, H. li 2° Fig. 11 se dit des personnes qui ont atteint un îertain point de développement. Le seul fait qui aae semble douteui, c'est que, dans un climat aussi froid, les femmes soient mûres d'aussi bonne heure, BiPF. Suppl. à l'hist. nat. Œuvres, t. xi, p. 226, dans POLOENS. || Par ironie. Une fille mûre, une fille qui a passé la jeunesse, et qu'il serait grand temps de marier. || Dans un sens analogue. Déjà un peu âgé. Deux veuves sur son cœur eurent le plus de part, L'une encor verte, et l'autre un peu bien mûre, la pont. Fabl. i, )7. Un amant fait et mûr..., REGNAiiD, le Joueur, I, 2. H Mùr pour le ciel, en langage mystique, se dit d'une personne morte jeune, ou, simplement, dont la vie a été bien remplie. J'ai vu tendre aux enfants une gorge assurée X la sanglante mort qu'ils voyaient préparée. Et tomber sous le coup d'un trépas glorieux Ces fruits à peine éclos, déjà mûrs pour les cieui, rotrou, Saint Genest, II, 7. Si les autres affaires ont leur temps particulier, l'affaire du salut est de tous les temps, et tout âge est mûr pour le ciel, bourdal. Pensées, 1. 1, p. **i. Pleine de bonnes œuvres, mûre pour le ciel, MASS. Myst. Àssomp. \\ On dit de même : mûr pour l'éternité. || 3" Fig. Il se dit des choses qui sont arrivées à un certain point, ô cité mûre pour ta ruine, chateal'br. Ilin. T partie. {| Vin mûr, vin qui n"a plus de verdeur et qui est bon à boire. |{ Cet abcès est mûr, il est près de crever, de percer, ou il est temps de l'ouvrir. || Cet habit est mûr, est bien mûr, il est vieux, usé, facile à déchirer. Voyez cet homme dont l'habit est un peu mûr, c'est un dîneur en ville, PiCARn, Provinc. à Paris, a, < . || Cette af'aire est mûre, il est temps de s'en occuper, de la terminer. Ce projet n'est pas mûr encore, et je vous en rendrai compte dans quelques mois, si, comme je l'espère , il vient à bien,D'ALEMB. LeU. à Voltaire, 4 dec. <770. 1)4" Âge mûr, âge qui suit la jeunesse. L'âge viril plus mûr inspire un air plus sage , boil. Art p. m. Dans un âge plus mùr moi-même parvenu, hac. Phèdre, i, i.|| Homme mûr, esprit mùr, homme, esprit sage, posé, réfléchi. XJi raison n'est pas mûre en si verte saison, rotr. Aiitig. iv, 6. La troisième espèce [des dialogues de PlatonJ est de ceux qui sont propres aux personnes déjà mûres, fén. Platon. La lecture de ses ouvrages [de Hobbes] demande un homme mûr et circonspect ; personne ne marche plus fermement et n'est plus conséquent, dideb. Opin. des anc. philcs. Uobbisme. \\ Courage mûr, courage éprouvé. Votre courage mûr en sa verte saison, halr. ii, t. {| Mûre délibération, délibération où tout a été examiné avec beaucoup d'attention. Il Proverbes. Entre deux vertes une mûre, se dit de quelque chose de bon qu'on trouve entre plusieurs choses mauvaises. || Il faut attendre à cueillir la poire qu'elle soit mûre, il ne faut point précipiter une afTjiire. || La poire est mûre, la poire n'est pas mûre, l'affaire est arrivée, n'est pas arrivée au point précis où il convient de s'en occuper.

— HIST. XIII' s. De foi et de créance entérine et meure, Berte, xlii. Car jà famé.... si ferme cuer n'aura, Ne si loial, ne si meûr. Que jà pui.st estrc hom as.seUr De li tenir par nule paine, la Itose, 99.17. ....Car nous sommes seùr De morir; mais du terme, moi n'autrui n'aseûr; Plus tost meurent li jono souvent que li meûr, j. demkung. Test. 4 9. ||xv'3. D'entre deux meures une verte Vous fault servir pour vos lalieurs, CH. d'orl. Rondeau. Aussi dit-on que qui ne cuelt [cueille] des vertes, il ne mangera jà des meures, le Jourencel, dans lkroux ne lincy, Prov. t. Il, p. ♦93. Et si elle est aultrc [libertine], qui avient souvent, pensez qu'il [le mari] a assez à..sourfnr, et si elle lui en baille de belles, de vertes et de meures, Les ttjmjetde mariage, p. 40«.||xvi*s. Mais la mort le ravit en sa jeunesse meure; À maint homme qui vil, grand regret en demeure, marot, m, ar,fl. L'empereur lousjours les eiitretenoit, m'slant entre deux vertes une meure, aujourd'hui doute, demain espérance, m. du bellaT, *i>>. Devenu avec le temps plus poi.sant et plus meur, iio:<t. i, 31. Aprez meure délibération de conseil, ID. m, 320.

— ETYM. Wallon, nuitcfur; oamur, m<ilr;Hainaut, meur, fém. meurte, murte; Berry, meûr, et aussi meu», fcm. meuse, des poire* meuseï; génev. meur, fém. meure; bourg, meur, mfu ; picard, meur; provcnç. mâdur; espagn. maduro; ital. maluro: •lu lat. malurut. On lit dans Dêzo : • meur; l'u-sago s'est introduit de prononcr mur. »

t MURAGE (mu-ra-j'j (. m. || 1° £t.it do ce qui est muré; action de murer. || Terme d'ancleone juris-

MUR

prudence. Droit qu'on levait pour l'entretien d'une ville et des monuments publics.

— HIST. XV" s.... Car lors chiet [tombe] le muraige [la muraille] , e. desch. Poésies mss. f" 3t*.

— ETYM. Murer.

MURAILLE (mu-rà-ir , Il mouillées, et non murâ-ye),s. f.\\l' Ensemble de murs épais et d'une certaine élévation. Saper une muraille. Escalader la muraille. Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, boss. la Yallière. Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qu'il a dissipées parses prorusions; il ne peut souffrir la pauvreté, ces murailles nues, cette table dégarnie, id. t&. || Se ranger contre la muraille, se dit, dans une ville, d'une personne qui se serre contre les murs des maisons pouréviter les voitures. Il Fig. Toute mon attention est de me ranger promptement contre la muraille pour laisser passer quelques lettres de change à Beaulieu, qui aura soin de contenter les plus altérés, sév. 25 mai <089. Il 2° Particulièrement, il se dit des murs qui entourent une ville, une forteresse, etc. Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger.... tu te verras attaqué dans tes murailles, comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher parmi les rochers, BOSS. Xar.-Thér. Cet époux, dans une ardeur de gloire qui transporte les jeunes courages, trouve bientôt une honorable mais triste mort sous les murailles d'une ville rebelle, fléch. Aiguill. J'attends tout de nous seuls, et rien de nos murailles, VOLT. Ilenr. x. Des milliers d'hommes, la plupart sans armes, ont couvert les deux rives escarpées du Borysthène; ils se sont pressés en masse contre les hautes murailles et les portesde la ville (Smolensk), sÉGUR, Ilist. detfap. ix, a. || Fig. Ils nous servaient comme de muraille tant de nuit que de jour, pondant le temps (]ue nous avons demeuré au milieu d'eux, SACI, Bible, Rois, l, xxv, \6. ||3" Il se prend dans le .style soutenu pour la ville même. Du gain de six batailles, Des glorieux assauts de plus de cent murailles, corn, fficomède, m, o. Vous portâtes la mort jusque sur leurs murailles [des Juifs], rac. Bérén. i, 3. || 4° Un mur, en particulier. Il fut écrasé par la chute d'une muraille. Ils [des gens opiniâtres] sont faits tout d'une pièce; et, s'il est question de passer par quelque ouverture difficile, au lieu qu'ils doivent baisser la tête, il leur faudrait hausser la muraille, balz. De la cour, 6* dise. || Cette muraille pousse, elle tombe et menace ruine. || Familièrement. Enfermer-quelqu'un entre quatre murailles, le mettre en prison. L'abbé de Prades doit être condamné en parlement comme en Sorbonne, et passer sa vie entre quatre murailles, volt. Ilél. litt. Tomb. Sorbon. || Knlre quatre murailles, dans un logement dénué de tout. Épousez des femmes de chambre et vous aurez des rouleaux d'argent ; prenez une honnête fille, et vous voilà niché entre quatre murailles, Marivaux, Paysan parv. »'• part. Il Entre quatre murailles, se dit aussi" de la clAture d'un couvent. Nous étonnerons-nous que ceux à qui Dieu a voulu faire voir en cette vie quelque i)etite partie de ce spectacle [les joies célestes], se soient portés à dos résolutions extraordinaires, jusqu'à s'enfermer tout le reste de leur vie entre quatre murailles? NICOLF,, Essais, t. iv, p. H7, dans pouoens. Il II n'y a que les quatre murailles, se dit d'une maison, d'un appartement où il n'y a point de meubles. Il ne restait que les quatre murailles, lesaob, Guim. d'Alf. l, 3. Il Fig. Être comme une muraille devant l'ennemi, se dit d'une troupe en bataille que l'ennemi ne peut faire reculer. || Se casser la tête contre la muraille, se tuer de désespoir en se heurtant la tête contre un mur. Ce pauvre Lauzun.... ne croyez-vous pas bien qu'il se cassera la tête contre la murailleTsév. S57. || Fig. Se casser la tête contre la muraille, se donner une peine inutile. Il Couleur de muraille, se dit d'une couleur qui se confond avec celle des murailles. Tu prendras ce manteau fait pour bonne fortune, De couleur do muraille, regnard, Joueur, ii, 7. || X moi la muraille I cri dos ivrognes oui perdent l'équilibre. Il 6* Muraille se dit de trH-longs murs que certains p,.,ii,io. ,,r,i ifiii pour empêcher dos incursions. Les V( ■'Il cru mettre en sûreté ce territoire

(If ,nj et défendre la Grèce par une mu-

raille du'liuil milles de long, selon cet ancien usage que les Romains eux-mêmes avalent pratiqué au nord de l'Angleterre, volt. Mœurs, n».\\ Muraille do la Chine, ou, absolument, grande muraille, mur.iillo construite pour arrêter les Incursions des T.irtares. la grande muraille fut ailmirable et inutile; le courage et la discipline militaire eussent été des remparts plus assurit, vott. Fragm. tv- '"'iW. tri ti. C'est

MUR

pour ari'êter les irruptions que ces brigands faisaient à la Chine, que fut élevée, environ trois siècles avant l'ère chrétienne, cette fameuse muraille qui s'étend depuis le fleuve Jaune jusqu'à la mer de Kamschatka, ravnal, Hist.phil. v, 17.116° Terme de manège. Les murs du manège, dits aussi les dehors. || Passager la tête à la muraille, mener son cheval de cêté, la tête vis-à-vis et près de la muraille. Il 7'' Terme d'escrime. Tirer à la muraille, synonyme de tirer au mur. Après trois mois de leçons [d'armes], je tirais encore à la muraille, J.j. rouss. Conf. v. Il 8° Terme de marine. Enveloppe intérieure du navire. || 9° Se dit quelquefois du sol d'une mine. || 10° Terme de vétérinaire. L'épaisse couche cornée qui enveloppe le pied du cheval. Il Proverbes. Les murailles ontdesoreilles, voy. mur. Il Lamuraille blanche est le papier des fous; locution qui vient du penchant qu'ont certaines gens à écrire sur les murailles.

— HIST. xii* s. Dunt li murail erent [étaient] versé, benoît, dans RvTNOUARn, Lexique. \\ xiv s. Trestourner les ennemis des mesons de la cité et des temples et des murailz de Rome, bebcheure, f* <03, l'crfo. Il xvi* s Panurge consideroit les murailles de la ville de Paris, rab. u, <5. Cemot te soit comme une muraille d'airain, toTGHAvi:.

— ETYM. Dérivé de mtir; provenç. muralh, s. m. etmuralha, s. f; esp. muralla; ital. muragtia.

tMURAILLEMENT(mû-ri-lle-man, il mouillées), I. m. Maçonnerie en briques dont on revêt les puits d'une mine. || Travail qui a pour but de fortifier les ouvrages par la construction de murs. Nous avons voulu savoir quel avait été l'avancement maximum d'un chantier avec muraillement dans le tunnel de Blaisy, burat, Constitutionnel, 4 sept. (858. || Terme de métallurgie. Double muraillement, murs extérieurs d'un haut fourneau.

— ÉTYJi. Murailler.

t MURAILLER (mu-râ-llé, JJ mouillées) , v. a. Il 1° Recouvrir d'une muraille. Ces murs [de l'Escurial] sont fort épais ; on y fait des creux et on met un corps dans chacun, qu'on muraille par-dessus, en sorte qu'il n'en parait rien, st-sim. 33I, 84. || 2° Soutenir par un mur. Murailler un puits de mine, un souterrain, un remblai. Tranchée muraillée. Les roche» marneuses et délitables durent être muraillées, burat, Comtit. *. sept. 1858.

— HIST. xvi* s. Le fossé sera pavé, orné, enrichi et muraille des dites pierres et cailloux estranges,

— étvm. Muraille.

MURAL, ALE (mu-ral, ra-l'), adj. \\ i' De mur, qui a rapport aux murs. On a donné le nom de sel mural au natron qui se forme contre les vieux murs; il est ordinairement mêlé d'une grande quantité do substance calcaire, buff. Jfin. t. m, p. Sïi, note o. Il Cartes murales, cartes qui s'appliquentaux murs. Il Peintures murales, peintures qu'on applique sur les murs. (1 Plantes murales, plantes qui croissent sur les murs. || Terme de zoologie. Insectes muraux, insectes qui déposent leurs œufs dans les murs. || Oiseaux muraux, oiseaux qui grimpent sur les rochers. || 2" Terme d'astronomie. Cercle mural, ou, substantivement, un mural, instrument astronomique qui est fixé à un mur. L'astronome "bserveà son mural, au solstice d'été, l.i plus grande hauteur du soleil, bailly, Ilist. astr. mod. t. ii, p. 290, dans pouoens. || Quart de ci'.rcle mural, ou, substantivement, un mural, quart de cercle fixé sur un mur, et qui remplace souvent le cercle mural. Cet instrument a remplacé le gnomon des ancien». ||Au pluriel, des cercles muraux, des muraux. Il 8° Terme d'antiquité. Couronne murale, chez les Romains, couronne d'or crénelée qu'ils donnaient à ceux qui étaient montés les preiniers sur les murs d'une place assiégée, et qui en avaient chassé l'ennemi, jj Machines murales, celles qui servaient à défendre ou k renverser les murs.

— ETYM. Ut. muroJii, domunw, mur.

t mCrAL, ALE (mu-ral, ra-l'), adj. Terme do médecine. Calculs muraux, calculs vésicaux, dont la surface est hérissée de tubercules qui leur donnent quelque ressemblance avec une mûre.

MCRK (mu-r'; Ménage dit que, do son temps, on prononçait meure en Anjou; celle prononciation est encore conservée dans plusieurs provinces; elle est d'ailleurs archaïque; mais il faut s'en garder, car elle n'est plus ilu bon usage), ». ^. || l" Le fruit du mûrier. || Autant en ditlo renard des mûies, se dit à celui qui méprise une chnse parce qu'il ne peut l'avoir ; par allusion à un récit où lo renard dédaigne des mûres qu'il ne peut atteindre: dans la

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bble de la Fontaine, il s'agit de raisins. Cette délicatesse [du maréchal d'HuxellPs] ne fut que pourMonleigneur, et puur lâcher de se faire valoir: le renard les mûres, si on ne songeait point à lui ; se faire prier, si on y pensait, st-sim. 25», 228. || 2» Mûre sauvage, mûre de haie, le fruit de diverses espèces de ronces. || Fig. Aller aux mûres sans crochet, entreprendre quelque chose sans s'être pourvu de ce qu'il faut pour réussir. || Les ronces mêmes qui portent cette mûre. Sentiers Creusés sur les coteaux par les bœufs du village, Tout voilés d'aubépine et de mûre sauvage, lamart. Joc. IV, <37.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie met un accent circonflexe à mûre. Le mot n'est point contracté, puisqu'il vient du latin morum; dans l'ancienne langue, il s'écrit, il est vrai, meure; mais il est de deux syllabes, et non do trois.

— HlST. XII' s. Fenie a la loi d'enfant qui pleure; Ce qu'avoir puet [peut], n'aime une meure, ïAUTiF.R D'ARRAS, lUe et Go/efon. || XIII' S. Lors se lieve sanz atendue, Queut [ramasse] des pierres plain son giron, Si en aroche le boisson [buisson]. Qu'il voloit les meures abattre, Ren. 24670. Aussi n'ot des meures renars; Quant failli ot de toutes pars, Et il vit nule n'en auroit, Donc dist que cure n'en avoit, Bl. et Jeh. 4486. Encor viendra tout à tens l'heure. Que li maufé [les diables], noir comme meure. Les tendront [tiendront] en lor desciplines, RUTF.B. (09 II XVI' s. Et de se présenter au pape sans latin, c'estoit aller aux mures sans crochet, DESPER. Contes, vu.

— ETVM. Génev. meure; Berry, meûse, meure, molle, môse; wallon, meuJp; namur. meure; Hainaut, meure, meurte, moure; prov. et esp. mora; port. omora; ital. moro; du lat. mora; grec, [lôpov ou

(lÙpOV.

MURÉ, ÉE (mu-ré, rée) , part, passé de murer. Il 1' Entouré de murs. Chambre murée, étroite place. Quelque peu d'air pour toute grâce [prison de Fouquet à Amboise], la font. Lett. à sa femme, 6 sept. <06.i. On sait que ce n'est que sous Henri l'Oiseleur, vers, l'an 920, que la Germanie eut des villes murées et fortifiées, VOLT. Mœurs, introd. premiers peuples. Il Fig. La vie privée doit être murée, c'«t-à-dire on ne doit pas livrer à la publicité ce qui se passe dans la vie privée d'une personne. Il 8° Se dit de rebgie'jx enfermés dans un couvent. Il 3° Bouché par un mur. Une porte murée.

t MUREAC (mu-rô), t. m. Maçonnerie de la tuyère d'un fourneau de forges.

— HlST. XIII' s. Bien pert [paraît] as granz mureax Les paines, les travax Qu'orent li ancien, Prov. dufilain, Ms. de Sl-Germ. f° 74, dans lacubne.

— ETYM. Dérivé de mur.

mCrEMENT (mu-re-man), adv. Avec beaucoup de réflexion. Madame, encore un coup, pensez-y mûrement, corn. Nienm. m, 2. J'ai pesé mûrement toutes choses, mol. Tart.u, 2. Quandon a délibéré mûrement sur une affaire, quel qu'en soit le succès, on n'a rien à se reprocher, hollin, Uist. anc. Œui: t. 111, p. 175, dans pougens.

— HlST. xiv s. L'on doit conseiller meurement et longuement, ohesue, Eth. <82,

— ÊTYM. Jfûre, et le suffixe ment.

MURÈNE (mu-rè-n'), s. f. Genre de poissons de i division des apodes, dans lequel on distingue : ■a murène ht'lùne, ou murène des anciens, appelée encore ainsi dans une partie de l'Europe ; c'est la murène commune de certains auteur», et la murène flûte de l'Encyclopédie, legoabant. Ce LuciusCrassus cité par Plutarque et Macrobe pouvaitil douter que cette murène dont il avait fait sa favorite.... ne l'entendît point, lorsqu'il la voyait accourir sur le bord de la piscine toutes les fois qu'il l'appelait? aheiliion, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 378. Je fais jeter par jour un esclave aux murènes, v. hugo, Odei,iv, 8. |i La murène anguille, dite vulgairement anguille, qui se trouve dans les eaux douces et dans les eaux salées.

— mST. xiii' s. Horeine est apelée por ce que ele te ploie en mains cercles; de quoi li pescheordient que toutes moreines sont femeles, et que ele conçoit de serpent, brin, latini, Trésor, p. 484.

— ETYM. Lat. murxna ; grec, (lûpaiva, oiiûpaiva; comparez |iu!>i(, anguille de mer.

i MURËNOPBIS (mu-ré-no-fis'), ».m. Genre de poiMons, de la division des apodes, dans lequel on distingue le murénophis unieolor, appelé tnuréno dans les Iles Baléares.

— 8TYM. Murène, et 4?i<, serpent.

4. MDBER (mu-ré), c. a. || 1' Euiourer de mur». Ilurer une ville. |i I* Boucher par un mur. Murer

MUR

une fenêtre. Pour passer les nuits d'été dans le jardin du Luxembourg, avec une liberté qui avait plus besoin de complices que de témoins, elle fune fille du régentj en fit murer toutes les portes, à l'exception de la principale, dont l'entrée se fermait ou s'ouvrait suivant les occasions, duclos, (Eut), t. v, p. 240. Ij Fig. L'inclination rend le vice aimable, l'habitude le rend nécessaire.... l'inclination nous enchaîne et nous jette dans une prison; l'habitude nous y enferme, et mure la porte sur nous pour ne nous laisser aucune sortie, aoss. 4'serm. t" dim. de carême, 2.

— HlST. xiii* s. Il [un palais] est si grant qu'il a X milles de tour, et est tous murés entour de haulz murs, MARC POL, p. 505. Li sages hom se doit murer Et garnir por crieme [crainte] d'assaut, ruteb. II, 62. Il xvi« s On fait condamner et murer la porte de l'estuve, amyot, Cimon, s.

— ËTYM. ifur; provenç. et espagn. murar; liai. murare.

t 2. MURER (mu-ré), s. m. Giroflée de muraille.

— ETYM. Ifur,

t 3. MURER (mu-ré), v. a. S'est dit anciennement, dans la marine, pour amurer. Nous avons été obligés de serrer nos huniers, et, étant murés aux basses voiles.... Journai de route, 1688, dans jal.

t mCrERAIE (mu-re-rê), s. f. Terrain planté de mûriers.

— HlST. xvi* s. Dresser la mureraie sert à recouvrer de la soie et à s'accommoder de bois pour le chaufTage, o. de serres, 36,

— ETYM. Mûrier.

MUREX (rau-rèks'), *. m. Genre de coquillages

où l'on distingue : 4° le murex pervers, dont la coquille est appelée par les marchands l'unique, le buccin unique, la guitare, la trompette de dragon ; 2° le murex calcitrape, dit aussi chausse-trape et clieval de frise ; 3» le murex crassispine ou murex forte épine, qu'il ne faut pas confondre avec l'espèce précédente; 4' le murex aruanien, dont la coquille est appelée par les marchands trompette d'Aru, sans doute parce qu'elle vient du royaume d'Aru, dans l'île de Sumatra; 6° le murex strigille, dit perçoir; 6° le murex lambis, appelé pomme d'acajou; 7' le murex brandaiis de Linné, dit massue d'Hercule; c'est le rocher droite épine de certains auteurs, et l'on croit qu'il produisait la pourpre des anciens, legoarant.

— ETYM. Lat. murei, le coquillage à pourpre. + MUREXANE (mu-rè-ksa-n'), s. f. Terme de

chimie. Poudre légère, d'un brillant satiné, insoluble dans l'eau et les acides étendus.

— ETYM. Lat. murex, pourpre. t MUREXIDE (mu-rc-k-si-d'), s. m. Terme de

chimie. Purpuraie d'ammoniaque.

— ETYM. Lat. mure», pourpre, t MURGER (mur-jé), s. m. Terme provincial.

Monceau de pierres de toute nature. || Eu Brie et en basse Bourgogne on dit merger.

mCri, IE (mu-ri, rie), part, passé de mûrir. ii 1° Devenu mûr. Des fruits mûris dans une serre. il 2' Fig. Devenu mûr, sage, en parlant des personnes. Il arrivait de là que les Indiens mûris par l'Age ne pouvaient s'empêcher de haïr, de mépriser du moins des instituteurs si corrompus, raynal, HUt. phil. Il, 4 9.

MURIATE (mu-ri-a-f), s. m. Terme de chimie. Ancien nom des chlorhydrates ou hydrochlorates. Le muriate d'étain sert à préparer la belle couleur pourpre nommée précipité de Cassius, fourcroy, Connais, chim. t. vi, p. 48, dans pougens.

— ETYM. Lat. murio, saumure (voy. mdire), parce qu'on retire du sel commun le muriate de soude.

t MURIATE, ÉE (mu-ri-a-té, tée), adj. Terme de minéralogie. S'est dit d'une base combinée avec l'acide muriatique. On dit aujourd'hui chlorhydrate.

MURIATIQUE (mu-ri-a-ti-k'), ad;. || l" Terme de chimie. Ancien synonyme d'hydroclilorique ou chlorhydrique. || Acide munatique oxygéné, ancien synonyme de chlore. || Acide muriatifjue suroxygéiié, ancien synonyme d'acide chloriquo. || 3" Terme do zoologie. Se dit d'une paludine qui vit dans les eaux saumâtres.

i MURICIER (mu-ri-sié), s. m. Animal qui habite les murex.

t MURICITE (mu-ri-si-f), s. f. Murex fossile.

t MUKICULÉ, ÉE (mu-ri-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est garni de petites pointes mousses. || On trouve aussi muriqué.

— ETYM. Lat. murex, pointe, chausse-trape. t HURIDB (mu-ri-d') , (. m. Terme de chimie.

Nom donné d'abord au brome.

mCrier (mu-rié ; t'r ne se lie jamais; au pluriel,

MUR

l'ï5elie:des mu-rié-zen fleurs), ». m. ||1' Arbre d« la famille des morées. || Mûrier noir(moruini9ra, t.), dont l'écorce, ainsi que la racine, est acre, amère, purgative, vermifuge ; ses fruits sont noirs. Les nymphes d'alentour lui donnèrent des larmes. Et du sang des amants teignirent par des charmes Le fruit d'un mûrier proche, et blanc jusqu'à ce jour, la PONT. Filles de Minée. \i Mûrier blanc ou de la Chine {morus alba, L.), dont les fruits de couleur blanche sont alimentaires comme ceux du précédent, mais qu'on cultive surtout pour ses feuilles, dont se nourrissent les vers à soie. || Mûrier à papier (morus papyrifera, L. ; broussonetia papyrifera, Venteiiat), dont le liber battu sert en Chine à f^iredu papieret des étoffes. || Mûrierdesteinturiers(morusItnc(oria, L.), arbre des Antilles et du Mexii|ue, où il devient très-gros. || 2° Mûrier , oiseau, voy. mérier blanc.

— REM. Voy. MÛRE, pour l'accent circonflexe.

— HlST. XII' s. E [il] ocist en grisille les lur vignes, et les morir rs d'els engeleda, it'ber psalm. p. <09. Il XVI' s. Deux races de meuriers y a il, discernées par ces mots, noir et blanc, et discordantes en bois, feuille et fruit, o. de serbes, 462

— ETYM. Mûre; génev. meurier.

I MÛRIFORME (mu-ri-for-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de mûre. Calcul vésical mûriforme.

— ETYM. Mûre, et forme. tMURIOSULFATE (mu-ri-o-sul-fa-f), *. m. Terme

de chimie. Sel produit par la dissolution de l'étain dans l'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique. || On dit aujourd'hui chlorosulfate.

t MURIOSULFURIQUE (mu-ri-o-sul-fu-ri-k') , adj. Terme de chimie. Ancien synonyme de chlorosulfurique. Il Se dit d'une solution d'étain dans l'acide sulfurique et l'acide muriatique, qui sert pour la teinture écarlate.

t MURIQOÉ,ÉE (mu-ri-ké, kée), adj. Voy. mu-

RICULÉ.

MÛRIR (mu-rir; au ivii' siècle, on écrivait et on prononçait meurir, chifflet, Gramm. p. 202) , v. n. ||1° Devenir mûr. Les raisins n'ont pas mûri cette année. Il fait naître et mûrir les fruits, rac. Athal. 1, 4. Le ciel nous redonne la paix; Nos vins et nos moissons mûriront désormais, dancourt, Impr. de Surêne, Prol. J'ignore encore si l'homme aux cinquante-trois ans ne ressemble pas aux nèfles qui ne mûrissent que sur la paille, volt. Lett. Beaumont, 23 janv. 1770. Il Fig. Choisissez, autant que vous pourrez, vos amis dans un âge un peu au-aessus du vôtre; vous en mûrirez plus prompteraent, fénel. dans Becucil de feugùre, p. 45. Tout mûrit par la temps et s'accroît par l'usage, volt. Loinat. part. 2. Il faut du tempî pour que les réputations mûrissent, ID. Louis XIV, 32. Un pape l'avait préchée [la croisade] inutilement malgré sa toute-puissance ; il la voulut, sans pouvoir la faire, quoiqu'il fût Grégoire VU; mais que cette idée fermente et mûrisse, vingt ans plus tard un simple ermite l'exécute, viL- LEM. Litler. franc, if siècle, 2" par(. i' /cf. Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon cœur mûrisse, lamart. Ilarin. i, 7. Ma harpe fut souvent de larmes arrosée, Mais les pleurs sont pour nous la céleste rosée; Sous un ciel toujours pur le cœur ne mûrit pas, ID. Ifedif. u, 5. || Fig. Laisser mûrir, donner le temps nécessaire pour qu'une chose vienne à point. Laissez entre mes mains mûrir voj destinées, Et ne hasardez point le fruit de vingt années, CORN. Héraci. 11, ï. J'avance cette opinion ; niais, parce qu'elle est nouvelle, je la laisse mûrir, au temps, pasc. i'rou, vi. Laissons mûrir le dessein de ce voyage de traverse comme une opinion probable dans Pascal, sÉv. 23 avr. 4 690. Y eut-il jamais homme plus sage et plus prévoyant.... qui laissât mûrir ses entreprises avec tant de patience T FLÉCH. Tureime. Laissez mûrir l'enfance dans les enfants, j. j. Rouss. Ém. II. Il 2' V. a. Rendre mûr. Le soled mûrit nos moissons. || Terme rural. Mûrir la terre, en exposer, par un labour profond, les parties inférieures à l'action fenilisante des gaz atmosphériques. || 3° Par extension, produire un effet comiaré à la maturité d'un fruit. Cet emplâtre mûrira l'abcès. La chaleur mûrit les rhumes. Ij 4" Fig. Donner de la maturité, de la réflexion. Après tout, l'âge peut le mûrir; tout ce que vous avez daigné faire pour lui peut parler à son cœur, volt. Lett. Richelieu, 6 janv. 4 768. Il II se dit dans un sens .inalogue des choses qu'on amène à point. D'abord le docteur grave qui l'a inventée [une opinion nouvelle en casuistique] l'expose au monde, et la jette comme une semence pour prendre racine; elle est encore faible en cet état; mais il faut que le temps la mûrisse peu i peu, pasc. Prov. vi. Maintenant

MUR

que le temps a mûri mes désirs, Que mon âge, amoureux de plus sages plaisirs, Bientôt s'en va frapper à son neuviî-me lustre.... boil. Épître v. L'âge mûrira les passions, m*ss. Carême, F. conf. La foi qui mûrit de bonne heure la raison, id. Panégyr. St Benoit. Vingt ans d'étude et de méditation dans le silence et la retraite ont amassé, mûri et fécondé ses connaissances; et moi je répands mes idées lorsqu'à à peine elles sont écloses, marmon- TEL, }lcm. IV. Ah ! ne vous hâtez pas de mûrir vos pensées! Jouissez du matin, jouissez du printemps. V. HUGO, Odes, V, <7.

— HlST. xui's. Il [les fruits] ne pueent [peuvent] es rains [rameaux] durer, Tant qu'il se puissent meûrer, la Rose, )8U8. ||xiv" s. Les vices se veillifseroient et vertu se meuriroit, bercheuhe, f° 65, recto. Mère, ce dist Bertran, ne vueillez effraier; Car le fruit ne vaut riens qui ne se puet murer, Gitescl. <63-)74.(|xv'' s. Les blés commençoient 4 mûrir, froiss. i, i, 4 27.

— ÉTYM. Iftlr; wallon, mawottri, maweri; namur. mûri; Hainaut, mcurtr; pic. meurir; Berry, meûrer, meûser, tneûrir; provenç. et espag. madurar; ital. malurare. Du latin maturare on avait fait meûrer; mais mûr avait aussi fourni mûrir, selon la règle générale chez nous qui forme en ir les verbes qui signifient devenir : grossir, devenir gros; grandir, devenir grand ; verdir, devenir vert ; mrlnr, devenir mûr, etc.

t BIÛRISSANT, ANTE (mu-ri-san, san-t'), adj. Il 1° Qui est dans un état de maturation. Grappe mûrissante. ||2*Qui est propre à rendre mûr. Chaleur mûrissante.

t MCRITY (mu-ri-ti) i. m. Plante du Brésil qui fournit des fibres textiles.

t MURMURANT, ANTE (mur-mu-ran, ran-t'), adj. Oui rend un murmure. Source limpideetmurmurante. Qui de la fente du rocher Jaillis en nappe transparente Sur l'herbe que tu vas coucher, lamart. Harm.

H, 6 Je veux aujourd'hui folâtrer avec vous Au

scindes vagues murmurantes, v. hugo. Odes, iv, 3.

— HlST. XVI* 3. Le matin et le soir, en faisant mes regrets, J'apprendray vostre gloire aux murmurans rivages, despoptes. Élégies, i, 6.

t MURMIRATECR {mur-mu-ra-teur),ï. m. Celui qui murmure. Ceux dont l'esprit était égaré ser»nt éclairés, et les murmurateurs apprendront la loi de Dieu, sAa, Bible, /iote, xxix, 24. Moïse, vengeant la gloire du Seigneur sur ses frères mêmes, en exterminant les murmurateurs, mass. Carême, Rcsp.hum. C'est un état dont les soins sont infinis et ingrats.... dont toute l'autorité et les plus sages ménagements du zèle se bornent à faire des murmurateurs et des mécontents, id. Confér. Amhit. des clercs. || Ad). Bernard frappe les rois et les royaumes, réforme le abernacle sur le modèle de celui que vous lui aviez nontré sur la montagne, confond les ministres murmurateurs... mass. Panég. St Bernard. Voilà ce que ces Juifs murmurateurs.... auraient pu dire à Moïse, VOLT. Dict. phil. Moïse. Peuple murmurateur, race ingrate et perfide, chateaub. Koise,i, 5.

— HîST. ivi* s. Pour fermer la bouche aux murmurateurs, CALV. Instit. 4078.

— ETVM. Lat. murmuratorem, de murmurore, murmurer.

t MURMlIRATION(mur-mu-ra-sion),». f. Action de murmurer.

— HlST. XV* s. De quoi grant murmuration sourdit entre les Anglois, froiss. i, i, lo.

— ÉTYM. Proveni;. murmurati'o; espagn. murmuracion; ital. mormoroîtone; du lat. murmurationcm, de murmurare, murmurer.

MCKMCRE (mur-mu-r'), s. m. |H* Bruit léger des eaux, des vents, etc. X peine parlions-nous qu'un murmure confus. Sortant du fond do l'antre, expliquait leur refus, cobn Œdipe, i, 8. Une fontaine y faisait un doux murmure, pén. Tél. iv. Le cri des oiseaux nocturnes, celui des tiétes féroces, en hiver, pendant la nuit, surtout s'il se mêle au murmuredes vents.... niDER. Salon de (7fl7, (fc'utr.

t. XIV, p. 28), dans pougens Tout resta mort,

muet dans Uoature, Le vent sans bruit, le ruisseau sans murmure, ducis, OlhelU», v, 3. Voilà donc le séjour d'un peuple et le murmure De ces innombrables essaims Que la terre produit et dévore à mesure, lamart. Ilarm. i, <o. L'onde n'a plus le murmure Dont elle enchantait les bois; Sous des rameaux sans verdure Le» oiseaux n'ont plus de roix, ID. ift. II, 4. Il 2* Bruissement que font enlcn- </re certains animaux. Les oiseaux par leur chant, le taureau par son mugisscmeot, le cheval par son hennissement, l'ours par son gros murmure..., annoncent tous un même désir. BUrr. Ois. t vu,

MUR

p. 5'8.|| Nom donné quel(|uefois aucoHbri.|t8°Terme de médecine. Murmure respiratoire, bruit léger qu'on entend lorsqu'on applique l'oreille sur la poitrine, le poumon et les plèvres étantsains. |1 4° Bruit confus de plusieurs personnes qui parlent et s'agitent en même temps. Murmure d'approbation, d'iraprobation. Quand la Champmeslé arrive, on entend un murmure; tout le monde est ravi, sÉv. (29. Nous l'avons vu, frappé de ces murmures importuns qui interrompent les oraisons des fidèles, et troublent dans la maison de Dieu le vénérable silence des saints mystères, se lever avec indignation.... fléch. Duc de Ûont. Vingt carrosses bientôt, arrivant à la file, Y sont en moins de rien suivis de plus de mille [dans les embarras de Paris].... Chacun prétend passer.... Des mulets en sonnant augmentent le murmure, boil. Sat. vi. Un doux murmure marquait les sentiments de toute l'assemblée, ROLLiN, Ilist. anc. Œuv. t. viil, p. 324, dans pougens. 11 se fit un petit murmure qui m'était favorable, MARIVAUX, Marianne, T part. Un murmure plaintif, un mélange de voix gémissantes se fait entendre, MA'iMONTEL, Mém. I. Il 5° Le bruit et les plaintes que font des personnes mécontentes. Apaiser les murmures du peuple. Ils [les chrétiens] souffrent sans murmure et meurent avec joie, corn. Poly. 1, 3. Cette femme [Mme de Boulay] est si peu digne des faveurs qu'elle reçoit, que c'est un murmure, SÉv. 22 oct. 1677. Les murmures et les libelles des mécontents, boss. Déf. Var. t" diic. § 36. Toute la Grèce éclate en murmures confus, rac. Àndr. 1,4. Votre absence est pour eux un sujet de murmure, id. Baj. i, 4. Malgré de secrètes jalousies, malgré les murmures qu'excitaient sa conduite et ses dettes, elle n'a jamais perdu sa pension,;, j. RODSs. Confess. m. || Plainte sourde d'une seule personne. Sa disgrâce ne lui arracha aucun murmure. Trouvez-vous que ma fortune soit heureuse? j'en suis contente, et, si j'ai des mouvements de murmure, ce n'est pas par rapport àmoi,SÉv.3( mai 4 680. Il 6° Fig. Le murmure du cœur, le murmure des passions, etc. le mouvement secret des passions contraintes ou contrariées. J'en ressens dans mon âme un murmure secret, corn. Pomp. v, 5. i On dit de môme : les murmures du sang, les murmures de la vanité. Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure? RAC. Iphig. i, 3. Écoutez-vous du sangle dangereux murmure? volt. Orcste, i, B.

— HlST. XIII* s. Cist sont bien mesnie de roi ; Il n'aimentnoise n^desroi Ne grant murmure, ruteb. 200. Il XIV* s. Occasion de murmure ou de rébellion, ORESME, Thèse de meunier. |I xv* s. Là furent en murmure ensemble moult longuement, pour savoir si ils lui demanderoient ou si ils s'en tairoient, froiss. II, III, t«. De là tyra le dit duc devant la cité de Lyege, lesquelz estoient en grant murmure, comm. II, 3. Il XVI* s. Il ne faut que deux jours de pluye et vingt quatre heures de disette, pour mettre en murmure un régiment, langue, 203.

— ETY.M. Provenç. murinur et murmurt; espagn. murmurio ; ital. mormorio; du bas-latin murmu- Hum, dérivé de murmur^ onomatopée qui se trouve dans toutes les langues aryennes: sanscr. marmara; grec, |iop|i'Jpw; anc. hautallem. murmulôrt; lithuanien, murmu.

HUR.MURÉ, ÊE (mur-mu-ré, rée), part, passé de murmurer. Dit à voix basse. Des paroles murmurées dans l'oreille.

t MUUMUREMENT (mur-mu-re-man), t. m. Action de murmurer.

— HIST. XII* s. Ici sorstrent [sourdirent] murmuramenz, benoît, dans batnouard. Lexique. || xiv* s. Sur le murmurement d'icelles paroles, du canoë, murmurium. || xvi* s. Le murmurement de l'eau,

— RTYM. Murmurer; provenç. murmurament ; ital. mormnrnmenlo.

MURMURER (mur-mu-ré) , o. n. Hl* Faire un bruit léger, en parlant des rjux, des vents, etc. Le vent murmurait dans la forêt. || 2" Faire entendre un murmure, en parlant des personnes. Jeanne, non moinsqueCirce, entre ses dents murmure, bRonier, Sat. XI. Il 8* Fig. Faire entendre une plainte sourdement sans éclater. On a dans les deux camps entendu murmurer, cobn. //or. m, 2. Les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, SACi, Bible, Sombr. xiv, 2. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour Tous donner une telle instruction, BO.ss. Duch. d'Orl. Du rouge qu'on vous voit, oir s'étonne, on murmure, iioiL. Sat. x. Malgré tout mon amour si je n'ai pu vous plaire, Je n'en murmure point.... >ac. Bajai. v, 4. Orgueilleuse rivale, on t'aima et tu murmures I SoufTrirai-je à la

MUS

fois ta 'gloire et tes injures ? id. Iph. ii, 7. Vous murmurez contre la bonté de Dieu, mass Avent, Afflict. Despréaux, du royaume sombre II me sembla entendre ton ombre Murmurer déjà contre moi, LAMOTTE, Odes, t. i, p. B02, dans pougens. Ils peuvent murmurer, mais c'est dans la poussière, volt. Sémir. n, 3. Les peuples, qui avaient idolâtré leur roi dans ses prospérités, murmuraient contre Louis XIV malheureux, id. Louis XIV, 21. Le peuple n'a pas sans doute le droit de murmurer, mais sans doute aussi il a le droit de se taire, et son silence est la leçon des rois, l'abbé de BEAuvAis, Oraison funèbre de Louis XV. jj II se dit aussi des choses qui, personnifiées, se plaignent, résistent. Je ne sais quoi pourtant dans mon cœur en murmure, corn. Héracl. v, s. Mais dans votre coeur même un autre amour murmure, id. Attila, V, 4. La chair murmurera, mais de tout son murmure La ferveur de l'esprit convaincra l'imposture, ID. Imit. III, 4 2. La bouche obéit mal lorsque le cœur murmure, volt. Tancr. i, 4. ||4° Murmurer de, s'entretenir mystérieusement de. Cela n'est pas bien assuré, mais on en murmure. On murmure de quelque rhume extraordinaire de Ouanto [Mme do Montespan], comme l'année dernière, sÉv. 4 3 oct. 1077.11 II se conjugue avec l'auxiliaire at'OiV. |[5°r. a. Dire à voix basse. Quelquefois nous murmurions desversque nous inspirait le spectacle delà nature, chateaubh. René. Mon cœur à ce réveil du jour que Dieu renvoie.... Murmure en s'éveillant son hymne intérieur. Demande un jour de paix, de bonheur, d innocence, lamart. Harm. i, 5. Il Fig. Savez-vous son nom [du Seigneur] ? la nature Réunit en vain ses cent voix ; L'étoile à l'étoile murmure: Quel Dieu nous imposa nos lois? lamart. Harm. i, 2. || 6» Se murmurer, v. réfl. EK-edit à voix basse. Cette nouvelle se murmure.

— HlST. xir s, Il vit que tuit murmuroient contre Domitre, Machab. i, 4 1. Ne creirent [ils ne crurent pas] à la parole de lui, e murmurèrent en lur tabernacles. Liber psalm. p. 460. ||xiii* s. Charité ne murmure point. Se je doins ma pecune toute, j. DE MErNO, Tr. 4B76. || XVI* S. Et y en eulmesme qui murmureront entre leurs dents, qu'il falloit retenir en la ville les sénateurs, amyot, C.d'OTiq. 80. Tous ceulx de la cour en murmuroient, ID. Artaa. B. Au son des vers que tu murmures, bons. 4I3.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. murmurar ; ital. mormf)rare;dulat. murmurore, qui vient de murmur.

ImOrON (mu-ron), *. m. jj 1° Fruit des ronces. Il 2° Framboisier sauvage.

— KTYM. Dérivé de milre ; génev. meuron.

t MUROS (KXTRA OU INTRA) {in-tra,ek-stra-murôs'), locutions latines qui signifient, hors des murs, dans les murs d'une ville. Les débitants de boissons intra muros ne sont pas soumisà l'exercice par les employés des contributions indirectes, tandis que les débitants extra muros le sont.

MUURIIIN, INE (mu-rrin, rri-n'), adj. Terme d'antiquité. Vases murrhins, vases fort estimés des anciens, et dont la matière est encore pour les savants un objet de discussion. La matière des célèbres vases murrhins, dont parle Pline, était, suivant l'opinion de nos plus savants minéralogistes, de la fluorine [fluorure de calcium], qui présente l'aspect d'un beau verre cristallisé, de couleurs variées, legoarant.

— ÉTYM. Lat. murrhinus, de murrha ou mijrrha, substance dont on faisait ces vases.

t MUSACÉKS (mu-za-sée), s.f.pl. Terme do botanique. Famille de plantes monocotylédonées dont le bananier est le type.

— ËTYH. On dit que ce nom est dédié à Mutamédecin de l'empereur Auguste.

MUSAGÈTE (mu-ja-jè-f), adj. m. Terme de mythologie. Apollon musagète, c'est-à-dire Apollon conducteur des muses.

— £tym. MousaY^Tii;, do iioûo-o, muse, «t dEyiiV) conduire.

t MUSANGÊRB (mu-zan-jè-r'), t. f. Grosse mésange.

MUSARAIGNE (mu-za-rè-gnT , s. f. Nom d'un genre de mammirèrcs carnassiers insectivores, où l'on distingue la musaraigne commune, dite vulgairement musaraigne, musette, et au ma.sculin, muset, mrex araneui, Linné ; musaraigne d'eau, lorex /■»dicns, Gmclin.

— Etym. Lat. mutaraneut, do mu», rat (comparez l'ill. Maus, souris, et le sanscr. mush, dérober), et aranca, araignée ; wallon, miterf((« ; norm. mesirelie ou miserelte.

MUSARD, ARDK (mu-ïar, wir-d'), adj. Qui • l'habitude de muser. Le cadet paraissait presque

bli

MUS

itupide, musard, têtu, J. j.hodss. Conf. vi. HSubstantiTement. Un musard. Une musarde. C'est un »rai musard. Monsieur Musard, piico de Picard.

— HIST. xii' s. Li baron de Herupe ne sont mie musard, Soi. xxix. || xiu' s. Si que par le doute [la crainte] des prisons li musard se castient de fera tel folies, beaim. xxx, ta. Ce sevent bien sage et musart : Oui plus est près du feu, plus art [brûle], la Rose, 2369. Ensi ot dire [il entend dire] que espérer ctquidiers furent doi [deux] musard, Chr. de Rains, p. 75.

— ÉTYM. Muser; provenc. musart, musard.

t MUSARDER (mu-zar-dé), f. n. Terme populaire. Faire le musard. Telles étaient les réflexions que je faisais l'autre jour, en musardant avec un de mes amis, comte de séodr, Galer. mor. t. m, p. 95, dans pouGENS.

I MCSARDERIE (mu-zar-de-rie) ouMUSARDISE (mu-zar-di-s'), s.f. Conduite ou caractère du musard.

— ÊTYM. Uusard. L'ancienne langue employait beaucoup musardie.

MUSC (muAk"), ». m. ||t» Animal ruminant qui produit le musc, dit aujourd'hui porte-musc ou chevrotain porte -musc (moschus moschiferus, L.). Il 2° Substance odorante (|ue l'on trouve dans une poche située entre l'ombilic et les parties de la génération de cet animal. Pour achever l'histoire des chèvres, des gazelles, des chevrotains et des autres animaux de ce genre, il ne nous manque que celle de l'animal aussi célèbre que peu connu duquel on tire le vrai musc, duff. Quadrttp. t. v, p. 413. La plus grosse vessie ne produit qu'une demi-once de musc; son odeur est naturellement si forte, que, dans l'usage ordinaire, il faut la tempérer en y mêlant des parfums plus doux, baynal, Hist. phil. m, 30. Le paradis de Mahomet est une terre de musc et de la plus pure farine de froment, CRATEAUBR. Génie, I, vi, 8. T'ai-je imprépné [mon habit] des flots de musc et d'ambre Qu'un fat exhale en se mirant? bérano. Ifon habit. |{ Fig. Je vous dirai, et il est aisé à tout le monde de le connaître, que mes écrits sentent beaucoup plus l'ambre et le musc, que l'huile ni la sueur, galz. Lelt. <7, liv. I. Il Musc kabardin, musc venant du Bengale ou plutôt du Thihet. || 3° Couleur de musc, espèce de couleur brune. Le poil est onde ou jaspé de noir, sur un fond couleur de musc foncé avec trois bandes blanches distinctement marquées sur la poitrine, buff. Quadrup. t. xi, p. 2. || Drap musc, ou, simplement, musc, sorte d'étoffe qui était de cette couleur brune. Les muscs minimes, gris de Maure, couleur de roi et de prince, noisettes et autres de couleur semblable, Règl. sur les manuf. août 4 ces, teinturiers en soie, laine et fil, art. 30. Règlement pour la fabrique des draps musc fins, établis dans la ville de Romorantin, Àrréldu conseil, s mai I7i8. Un appartement tapissé de drap musc, lesage, Diable boit. ch. vi, dans pougens. || i' Peau de musc, peau parfumée de musc. Il 5° Musc végétal, nom donné à l'huile essentielle de la muscatelline, de la mauve musquée {malva moschata, L. malvacées) et du mimulus moschalus, Dougl. (scrophularinécs). Il 6° Musc artificiel, espèce de résine jaune. || 7" Musc indigène , fiente de vache séchée au soleil. ||8° Herbe au musc, plante qu'on appelle aussi ambrelte. || 9" Gros musc d'hiver, poire d'hiver, longue et verte, quia beaucoup de parfum, mais qui est fort pierreuse. || Auplur. Des gros muscs.

— KEM. Du temps de Ménage on disait musqué; témoin le vaudeville: Je n'ai senti ni le musqué ni fambre, etc.

— HIST. xiVs. Une pomme d'orple!nedemusque,à une grosse perle au bout, garnie d'un gros bouton de perles et un dyamant, de laborde. Émaux, p. 402. Il XV* 8. Une belle pomme de must, qui se euvre par le milieu, m. ib. Leurs habitz sentoyent le cyprès Et le musez si abondamment, Qw) l'on n'eust sccu estre au plus pr6s Sans esternucr largement. Arrêts d'amour, dans DE laborde , Émaux, p. 403.

— ETYM. Pravenç. musc;anc. espago. muico; ital. nuico, muschio; portug. almiscar; arabe, almosk; lat. muséum; grec, v-à/rxo:, qui n'est pas ancien dans la langue. Ces mots viennent du persan mosq, musc; sanscrit, muthka, testicule.

MUSCADE (mu-ska-d"), ». Ap-NoU du muscadier des épices. Aimez-vous la muscade T on en a mit partout, boil. Sot. m. La muscade ronde est plus recherchée que la longue, qui n'en est qu'une van6té;on estime surtout celle qui est récente, grosse, pesante, de bonne odeur, d'une saveur agréable quoique amëre, et qui, étant piquée, rend un suc •uiileu», «ATSAt, Hist. phil. u, a. || On dit aussi

MUS

noix muscade. || Beurre de muscade, substance grasse qu'on retire de la muscade broyée, ramollie avec de l'eau et soumise à la presse. || 2° Rose muscade, espèce de rose, ainsi nommée à cause de son odeur particulière; dite aussi rose muscade rouge de Hollande ; elle est la fleurdu rosier musqué. || 3° Petite boule de la grosseur d'une muscade dont les escamoteurs se servent dans leurs tours de gibecière. Partez, muscade.

— HIST. xiir s. Itel fruit cum sont nois rougadcs, la Rose, (343. || xvi* s. Huile de nard, de noix muscade, paré, xx, 27. Du poivre, de la muscade, de la graine de paradis, o. de serbes, 225. Noix muscate, id. 900.

— ÉTYM. Bas-lat. muschatus, du lat. muscus, musc; génev. muscate.

t MUSCAUELLE (mu-ska-dé-l'), ». f. Espèce de poire qui .sent un peu le musc.

— ÉTYM. Diminutif de muscade.

MUSCADET (mu-ska-dè ; le t ne se prononce pas

et ne se lie pas), ». m. || 1° Sorte do vin quia queki'.ie goût de vin muscat. || 2° Nom d'un plant qui, dans la Loire-Inférieure, donne le meilleur vm. || 3° Petite pomme douce dont on fait d'excellent cidre.

— HIST. xv« s. Il vaut mieux près beau feu boire la muscadelle Qu'aller sur un rempart faire la sentinelle, rassel. xix. Vin bastart, muscadet, ou autres semblables vins, du cange, muscatellum.

— ÉTYM. Diminutif de muscade.

MUSCADIER (mu-ska-dié ; l'r ne se prononce et

ne se lie jamais ; au pluriel, 1'» se lie : des mu-skadié-z en fleur), s. m. || 1' Nom d'un genre de végétaux qui sert de type à la petite famille des myristicées, et dans lequel on distingue le muscadier aromatique, dit vulgairement muscadier, qui porte la muscade. Un fait certain et aujourd'hui généralement connu, c'estque les Françaisont réussi en 177) et en (772 à tirer des Moluques des muscadiers et des girofliers qu'ils ont transplantés sur leur territoire, RAYNAL, Hist. phil. Il, 25. || 2" Le muscadier sébifère ou muscadier porte-suif.

— ÉTYM. Muscade.

MUSCADIN (mu-ska-din), ». m. || 1° Petite pastille à manger où il entre du musc. Cette plaisante contestation, née à l'hôtel de Rambouillet, s'il fallait dire muscardins ou muscadins, qui fut jugée par l'Académie en faveur du premier, pelusson, llist. del'Acad.ni. 112° Fig. Petit-maître, homme qui affecte une grande recherche dans son costume; ainsi dit du parfum des muscadins (dénomination qui est née durant laRévolution et que Mme de Genlis condamne dans ses Mémoires, t. v, p. 92). Afin de vivre à ma guise en faisant la fortune d'un joli muscadin de bonne volonté, genus, Parvenits, t. m, p. 48, dans pougens. Dans une autre lettre, il [Bonaparte] montrait beaucoup de jalousie sur la société de Joséphine, et surtout des jeunes muscadins qu'elle recevait journellement, in. Mém. t. v, p. 300, dans pougens. || S'est dit , en particulier, des élégants à l'époque de la république, qui se joignirent au parti thermidorien et plus tard au parti royaliste. Déclara que les nobles, les prêtres et les muscadins étaient prêts à égorger les citoyens, mo- HELLET, Mém. t. I, p. 94, dans pougens Du linge blanc, un habit fin ; Oh I cet homme est un muscadin, AL. DuvAL, les Suspects, se. <6.

— HIST. XVI* s. Garnir et bas et haut de roses et de nœuds, Les dents de muscadins, de poudre les cheveux, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÊTYM. Muscade.

t MUSCARDIN(mu-skar-din),». m. Nom vulgaire et spécifique du loir muscardin (mammifères rongeurs), dit aussi rat d'or, taupe muscardine, et, par corruption, muscadin; dit aussi croque-noix et croque-noisette, mu» avellanarius, L. Le muscardin est le moins laid de tous les rats; il a les yeux brillants, la queue touffue et le poil d'une couleur distinguée, buff. Quadrup. L ii, p. 355. || Muscardin volant, espèce de chauve-souris.

— ÉTYM. Muscadin, écritaussi ji;u»cardt'n, comme on peut voir à l'article précédent. L'animal a été dit ainsi à cau.sc de son odeur.

t MUSCARDINE (mu-skar-di-n'), ». f. Maladie des versàsoie, contagieuse et produite par la végétation d'un cryptogame du groupe des moisissures.

t MUSCARDINIQUE (mu-skar-di-ni-k'), adj. Qui appartient à la muscardine, ou qui est afTecté de muscardine. Les œufs muscardiniques.

t MUSCARI (mu-ska-ri),». m. Genre déplantes de la famille dos liliacées, où l'on distingue: <° le muscari chevelu, dit vaciet, herbe auserpcnt, jacinthe à toupet, dont une variété porte les noms vulgaires de jacinthe de Sienne, lilas de terre et

MUS

muscari monstrueux, mu»cart eomosum, DC; hyctcinthus comosus, Linné; 2° le muscari en grappe, appelé ail de chien, muscari racemosum, Mil. hyacinihus racemosus, L.

MUSCAT (mu-ska ; le ( ne se prononce pas et ne se lie pas) , adj. m. \\ 1° Qui a une odeur parfumée tenant légèrement de celle du musc Ce brugnon

muscat Dont le pourpre est plus délicat Que le teint unideCaliste, théoph. Œuv. t. ii, p. (58, dans la- CURNE. Il 2" Raisin muscat, et, substantivement, mu», cat, nom de diverses espèces de raisin, qui ont une certaine odeur de musc. Des muscats que je mange, il en sortirait de quoi enivrer la moitié de l'Angleterre, balz. liv. m, let. 7. Les muscats comme des grains d'ambre que l'on peut croquer, et qui voue feraient fort bien tourner la tête, si vous en mangiez sans mesure, parce que c'est comme si l'on buvait à petits traitsduplusexquis vinde Saint-Laurent, sÉv. 9 sept. 1694. Il Fig. Elle [unesage éducation) ne cherche point la pêche fondante sur l'épine, le muscat parfumé sur la ronce, bonnet, Ess. psyclwl. ch. 7). 113° Vin muscat, et, substantivement, muscat, vin qu'on tire de ces raisins. Muscat de Frontignan. Il se lève, enflammé de muscat et de bile, boil. Sat. v. J'ai commandé.... que l'on portât chez vous Certain quartaut de vin. — Eh ! je n'en ai que faire.— C'est de très-bon muscat. — Redites votre afl'aire, rac. Plaid. II, il. Il 4° S. m. Muscat, nom de plusieurs espèces de poires. Muscat royal. Muscat vert. || Petit muscat, sorte de très-petite poire.

— REM. Plusieurs grammairiens disent quemiMcal adjectif a pour féminin muscade : noix muscade, rose muscade. Il est certain que c'est le même mot ; mais on peut les tenir séjiarés, le féminin régulier des mots en at ne se formant pas en ade.

— HIST. xv° s. Vin grec et du vin muscade, e. DESCH. Poésies mss. f° 6<«. || xvi' s. Sur tous les vins paroissent les musquats et l)lanquetes de Frontignan et Miravaux en Languedoc, o. iiE serres, (45. Touchant la taille des vignes, particulièrement la musquate sera taillée long, id. (54.

— ÉTYM. Musc.

fMUSCATELLINE (mu-ska-lêl-li-n'), »./■. Planta qui donne le musc végétal {adoxa moschatellina, L.), famille des araliacées.

— ÊTYM. Muscat.

I MUSCUELKALK (mou-chèl-kalk) , s. m. Terme de géologie. Calcaire coquillier, nom donné à une série de couches, tantôt calcaires et tantôt marneuses, formant un étage supérieur au grès bigarré.

— ÉTYM. Allem. Muschel, coquille, et Kalk, chaux, calcaire.

t MUSCICAPE (mu-ssi-ka-p') , ». f. Nom moderne du genre gobe-mouche (oiseaux insectivores) , dans lequel on distingue : la muscicape grisole, dite absolument gobe-mouche ; la muscicape bicolore, appelée gillit et dominicain ; la muscicapelactueuse, commune en Europe, et qui est le gobe-mouche becfigue de certains auteurs; la muscicape verte, dite vulgairement babillard, et nommée par certains auteurs le gobe-mouche babillard, legoahant.

— ÉTYM. Lat. miwco, mouche, et capfrc, prendre, t MUSCICOLE (mu-ssi-ko-l'), odj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit ou végète dans les mousses.

— ÉTYM. Lat. muscus, mousse, et colère, habiter, t MUSCIDES (mu-ssi-d'j,». f. pi. Terme de zoologie. Tribu d'insectes de l'ordre des diptères.

— ÊTYM. Lat. musca, mouche.

t MUSCINÉES (mu-ssi-née), ». f. pi. Division des cryptogames acrogènes, comprenant les mousses et les hépatiques.

— ÉTYM. Lat. muscus, mousse.

tMUSCIPULE (mussi-pu-1'), adj. Terme de botanique. Plantes muscipules, plantes qui prennent les mouches, dites vulgairement attrape-mouches: telles sont la silène muscipule (carjophyllées) et la dionée muscipule (droséracéos).

— ÉTYM. I.e latin muscipula signifie non pas attrape-mouche, mais attrape-rat, souricière, et no peut signifier autre chose ; car il vient non pas do musca, mouche, et d'une finale barbare pula, mais de mus, rat, et cipula, dérivé de capere, prendre. Linné a comparé les plantes attrape-mouches à une souricière.

t MUSCIVORK (mu-ssi-vo-r*), adj. Terme de zoologie. Oui dévore les mouches. Nous ferons trois classes de ces oiseaux muscivores, buff. Ois. t. viu,

— ÉTYM. Lat. intt»ca, mouche, et vorare, dévirer.

MUSCLE (mu-skl'), ». m. Terme d'anatomie. Organe charnu, composé de fibres irritables, dont les

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MUS

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contractions déterminées soit par la volonté soit par certaines irritations, produisent tous les mouvements des animaux. Le muscle se contracte sous l'influence de la volonté, et cette volonté lui est transmise du cerveau par le nerf. La tête, la queue, le ventre d'un muscle. Ce sculpteur rend bien les muscles. La langue est un tissu de petits muscles, TÈn. Exist. 40.

— HIST. xiV s. La corde [tendon] , les muscles, la main, u. de mondeville, f* 8. |{ xvi" s. Muscle est l'instrument du mouvement volontaire, paré, i, 8. Quelle est l'insertion et la teste du muscle, telle est la situation de son ventre et de sa queue, id. xm, 1 8.

— ÊTYM. Provenç. muscle, moscle; esp. musculo; ital. muscolo; du lat. musculus, muscle et aussi petit rat; grec, (lùç, muscle et aussi rat; sanscr. mûiha, rat, du radical mûsch, dérober. On peut rapprocher de musculus, petite souris, ceci, que ''ans le gigot de mouton le muscle de la jambe se nomme souris.

MUSCLÉ, ÉK (mu-sklé, sklée), adj.\\i' Qui est pourvu de muscles. Tous les sapajous ont la queue prenante, c'est-à-dire musclée de manière qu'ils peuvent s'en servir comme d'un doigt pour saisir et prendre ce qui leur plaît, bufp. Quadrup. t. vu, p. 285. Il 2° Qui a les muscles marqués et puissants. Ils sont d'une forte complexion et d'une taille carrée, ils ne sont ni trop grands ni trop petits, mais bien musclés, id. Bist. nat. hom. t. v, p. 3». |{ En termes de peinture et de sculpture. Cette figure, cette statue est bien musclée, trop musclée.

t MUSCLER (mu-sklé), v. a. Terme de physiologie. Développer les muscles. L'exercice muscle les membres.

— tTYM. Muscle.

t MUSCOLOGIE (mu-sko-Io-jie), t. f. Partie do la botanique qui traite de l'histoire des mousses.

— ÉTYM. Lat. muscus, mousse, et Xoyo;, discours. MUSCCLAIRB (mu-sku-lê-r') , adj. Terme d'ana-

tomie. Qui a rapport aux muscles. Tissu musculaiie. Contractions musculaires. Chair musculaire. Quelle que soit la matière qui sert de véhicule au fïnliment, et qui produit le mouvement musculaire, ,1 est sûr qu'elle se propage par les nerfs, et se communique dans un instant indivisible d'une extrémité à l'autre du système sensible, bufp. Quadrup. t. ii, p. U7. Il Force musculaire j puissance développée par la contraction des muscles. || Système musculaire, l'ensemble des parties musculaires du corps de l'animal.

— ÉTYM. Lat. muscularis, de musculus, muscle, t MUSCULATION (mii-sku-la-sion), s. f. Terme

de physiologie. L'ensemble des actions musculaires. Histoire de la musculation irrésistible ou de la chorée anomale. Titre d'un livre. || Ensemble des mou- Tements musculaires d'un organe. Des troubles dans la musculation volontaire de la langue.

— ÉTYM. Uuscie.

t MUSCULATURE (mu-sku-la-tu-O, ». (. Terme de beaux-arts. L'ensemble des muscles du corps humain, d'une statue, etc.

— ÉTYM. Muscle.

HUSCULE (mu-sku-l'), t. m. Terme d'antiquité. Nom d'une machine de guerre des anciens qui servait à couvrir les assiégeants.

— ÉTYM. Lat. musculus, proprement petit rat, ainsi dit par l'habitude de donner des noms d'animaux aux engins de guerre (voy. muscle).

MUSCULEUX, EUSK (mu-sku-leù, leû-z"), adj. ||1* Où il y a beaucoup de muscles. Partie musculeuse. ||S^. /. La musculeuse, la couche de fibres musculaires de l'intestin, de l'utérus, etc. |{ i' Qui a le» muscles très-apparents, très-forts. Les Finnois ont le corps musculeux et charnu, les cheveux blonds jaunes et longs, l'iris de l'œil jaune foncé, BUF». llist. nat. hom. Œuv. t. v, p. to».

— illST. xiT* S. Une char [chair) sutile muscleuse, B. DR MOMDEviLLE, f 3l.||xvi' S. L'homme bien charnu et musculeux, pabi», Introd. 8. Les crurales [artères de la cuisse] se divisent premièrement en musculeu.ses; ainsi nommées pourcequ'elles TODt aux muscles obliques asceadaiu et transversaux.... m. I, 36.

— ÉTYM. Lat. musculoius, de musmlut, muscle, t MUSCULI.NE (mu-sku-li-n'j, t. f. Terme de

chimio. Substance naturellement dcmi-sollde, qui n'existe que dans le tissu musculaire.

t MUSCULO-CUTA.N'É, ÉE (lUU-sku-lo-ku-U-né , née), adj. Terme d'aoatomie. Qui appartient i des muscles et à la peau.

t MUSCULOSITÉ (mu-sku-lo-zi-té), i. f. Qualité de ce qui est musculeux.

— UlST. XYi* s. Musculosité, cotoravk.

DICT. DI LA LAMOOK rRANÇAISI.

( . MUSE (mu-z'), *. f. Il 1° Chacune des neuf déesses qui présidaient, suivant les anciens, aux arts libéraux (on met une majuscule). Clio, Muse de l'histoire; Calliope, Muse de l'éloquence et de la poésie héroïque; Melpomène, Muse de la tragédie; Thalie, Muse de la comédie; Euterpe, Muse de la musique; Érato, Muse de la poésie amoureuse; Terpsichore, Muse de la danse; Polyranie, Muse de la poésie lyrique; Uranie, Muse de l'astronomie. Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, boil. lutr. i. Le loisir fut certainement le père des Muses, les affaires en sont les ennemis, et l'embarras les tue, volt. Lett. d'Argental, 2) juin (7BI. 0 Muses, accourez, solitaires divines. Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines, A. chén. i6. xiï. Ahl je les reconnais, et mon cœur se réveille; ô sons, ô douces voix chères à mon oreille, Ô mes Muses, c'est vous; vous, mon premier amour, Vous qui m'avez aimédès que j'ai vu le jour, id. ib. iv. On a appris par l'examen des .Muses dont nous avons les statues, et de celles qui se trouvent sur les médailles et dans des basreliefs, que les sculpteurs anciens les ont ordinairement représentées vêtues et la gorge couverte, MONGEz, Instit. Mim. litt. et beaux-arU, t. v, p. ib6. Il Dixième Muse, se dit, par flatterie ou par admiration, de toute femme qui cultive la poésie avec succès. Les anciens ont dit que Sapho était une dixième Muse. Les modernes ont appliqué ce nom à diverses femmes. |1 Voltaire a nommé dixième Muse la critique. Nous eûmes longtemps neuf Muses; la saine critique est la dixième qui est venue bien tard ; elle n'existait point du temps de Cécrops, du premier Bacchus, de Sanchoniaton, de Thaut, de Brama, volt. Dict. phil. Pierre le Grand etj. J. Rousseau. || Fig. Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, les poètes. Il 2" Fig. Les belleslettres, <*t, particulièrement, la poésie (dans ce sens et dans tous les suivants on met une minuscule). Cultiver les muses. Motin, la muse est morte, ou la faveur pour elle; En vain dessus Parnasse Apollon on appelle; En vain par le veiller on acquiert du savoir, Si fortune s'en moque.... Régnier, Sat. iv. || L'art (le la poésie. Enfin Malherbe vint.... Et réduisit la muse aux règles du devoir, boil. Art poét. 1. 1| Les muses grecques, latines, françaises, etc. la poésie grecque, latine, etc. Il est certain, et vous le savez aussi bien que moi, vous qui connaissez les bonnes choses, et qui les faites, qu'il n'y a point de muses si sévères que les françaises, ni de langue qui souffre moins le fard et l'apparence du bien que la nôtre, balz. liv. X, lett. 3. Il En ce sens, on le dit aussi au singulier. La muse latine. La muse française. 113" Absolument. L'inspiration poétique en général. Il est de ceux à qui la muse accorde aisément ses faveurs, Dicl. de l'Académie. || 4" Particulièrement, le génie de chaque poète, le caractère de sa poésie. Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire, boil. Disc, au roi. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine. Et d'un sens détourné n'abuse avec succès, iD. Art p. n. le hais ces vains auteurs dont la muse forcée M'entretient do ses feux, toujours froide et glacée, w. ib. ii. Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piège adroit pour vous les réciter [ses vers] ; Aussitôt il vous quitte, et, content de sa muse. S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse, m. ib. i. Ma muse en l'attaquant, charitable et discrète. Sait de l'homme d'honneur distinguer le poCte, id. Sot. IX. Mais sa muse [de Ronsard] en français parlant grec et latin, id. Art p. i. Damon, ce grand auteur, dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, id. Sat. i. Dut ma muse p.ir là choquer tout l'univer». Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire dos vers, lo. t6. vu. J'ai pris pour passagère La muse des chansons, bêiiano. Nacelle. Jouy déjà gronde ma muse. Dont il soutint les premiers pas, id. Cord. Quitter la lyre, 6 ma muse, El déchiffrez ce mandat ; Vou.s voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État, w. Muse. Oh! la muse se doit aux peuples sans défense, v. iilgo. Feuillet d'aulomn», il. Ohl muse, contiens-toi! museaux hymnes d'airain, Muse de la loi juste et du droit sou/erain, Toi dont la bouche abonde en mots trempés ili! flamme, ID. Voix intérieures , xixu. .Muso,soisdQr.c sans crainte ; au souflequi t'inspire Nous poiivins sans péril tous deux nous conlicr; Il estdouxdepleircr, il est doux de sourire Au souvenir des maux qu'on pijixmit oublier, a. db mus^ft. Nuit d'octobre. Est-ce toi dont la voix m'appelle, ô ma pauvre n use I est-ce toiT ô ma fleur, d mon

immortelle. Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi, m. Nuit de mai. || 5° Muse se prend quelquefois pour les poètes, pour un poète. Dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, boil. Art p.

IV. On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greftier la grasse matinée, m. Ep

V. Il 6° La personne ou le sentiment qui inspire la poète. L'indignation est sa muse. La brillante marquise de la Sablière, la femme du monde qui a inspiré le plus de jolis vers, puisqu'elle était à la fois la muse de son mari, celle de la Fare son amant, et de la Fontaine son ami,GENLis, Ifmedeifainten. t. I, p. <02,dansP0U0ENs. Camille, où tu n'es point, moi, je n'ai pas de muse, a. chen. Élég. m,

— ÉTY.M. Provenç. espagn. et ital. musa; du lat musa; grec, |i.aû(Ta ; dorique, (jlûsx ; éol. piocaa. MoOoa est un participe présent de iJ.âo|i.ai, forme primitive de naîvw, penser, s'exalter, désirer ; [jLoîsa est une forme éolique fréquente aux participes présents.

2. MUSE (mu-z*), t. f. Terme de vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La muse dure cinq ou six jours.

— ETYM. Mus, radical de museau (voy mdseau, à l'étym.) jcomme le prouve ce passage: lis [les cerf.-.] entrent dans le fort de leur rut, et ne demeurent en aucune place, ains ne font que cheminer et musser c'est-à-dire mettre le nez en terre, et sentent par oii les biches ont passé, et les poussent et chassent de cette manière devant eux, chaules ix, De la chasse, p. 4.

t 3. MUSE (mu-z'l, 1. f. Nom donné à quelques figues d'Êsypte plus douces ■que les autres.

t 4. MUSE (mu-z'), I. f. Ancienne locution, inusitée aujourd'hui. Donner la muse à quelqu'un, tromper, amuser quelqu'un de belles promesses.

— HIST. XVI' s. Prince quisçavoit par belles promesses donner la muse à ses ennemis, et rompra tout d'une suite et leurs choleres et leurs desseins, PASQUIEB, Lett. C I, p. (64.

— ETYM. Voy. MUSER.

MUSEAU (mu-zô), ». m. || !• Nom donna vulgairement à la face des mammifères quand elle avance beaucoup en avant du front, de manière k rendra les mâchoires saillantes. Le museau d'un chien, d'un loup, d'un renard. {[ Il se dit aussi des poissons. On connaît que l'eau commence à être viciée, c'est-à-dire privée de l'air propre à la respiration , lorsque le poisson morte à la surface et sort la museau de l'eau, oeslis, Maison rust. t. m, p. 407, dans PouoENS. || 1* Populairement, par mépris et par plaisanterie. Le visage. Qui casse le museau, qui son rival éborgne, RiONiER, Sat. x. Montrez da loin votre chapeau. Ou bien montez sur quelque chose Pour faire voir votre museau, mol. Ilemerc. au roi. Il est bien nécessaire, vraiment, de faire tant de dépen.se pour vous graisser le museau, m Préc. 5. Quand elle approchait de mon visago son museau sec et noir, barbouillé de tabac d'Espagne j'avais peine à m'abstcnir d'y cracher, J. j. rouss. Confess. iv. || Ironiquement. Voilà encore un beau museau, un plaisant museau, se dit d'un homme qui fait l'agréable. Orgon : Sans être damoiseau, Tartuffe est fait de sorte....— Dorine : Oui, c'est un beau museau, mol. Tart. n, i. Ardez le beau museau. Pour nous donner envie encore de sa peau, ID. Wp. amour, iv, 4. |{ 8' Terme de vétérinaire. Museau noir, ou noir museau, ou faux museau, synonyme de barbuquet. || 4* Accoudoir d'un» stalle. Il 5* Partie du panneton d'une clef, dans laquelle sont faites les entailles pour le passage des dents du râteau. Il 6" Terme d'anatomie. Museau de tanche, orifice vaginal de l'utérus. || 7" Museau long, poissou du genre gymnote. || Museau pointu, espèce du genre raie. || Museau de brochet, eipèce do crocodile. Il Demi-museau, un des noms vulgaires de l'espadon (poisson).

— HIST. iiii* i. Bainsant le pié a destendu, Et Tsengrin a si foru Entre le pis et le musel,Tout coi lo jeta el prael, ttfn. 78»». Moult s'en faut poi, par saint Marcel, Quejo no vous oing lo niusel, FaWiaux, t. m, p. 2»o. Il XV s. El [la truie) avoit un musei long el tout affamé, raoïss. ii, m, 2i. || xvi* s. Petit museau, petites dens [d'un chien], duiiellat, vu, •1», i'*rio.

— ÉTYM. Picard, muté; wallon, mujoi; namur. muiia; Haiiiaut, musio«; provenç. mus, et ics diminulifs mursel, mursol; espsgn. et ital. mtMo; anc. franc, muse, s. f. (Tôt maintenant la porto ouvrirent Au borgoi5c|ui tendoit la muse, mêon, JVo iw. rec de fabl. le prêtre et ta dame), et mouse (Toms les jours une talemouae Pour bouter et fourrer si

MUS

mouse.viuoi», Grand lest.) ; bas-latin, tnu»uî,dans un texte du vin' siècle. Origine incertaine. Cependant l'apparition de l'r dans le provençal mursel indique que celte lettre est radicale, et a disparu comme dans dos de dorsum, et dans giuso de deorsum; de sorte que mus représenterait le latin morsus, ce arec quoi l'on mord. Cette étymologie plausible a pour soi l'autorité de Diez.

MUSËE (mu-rée), s. m. ||1* Anciennement et proprement, temple des Muscs (sens inusité). || Par extension, édifice où l'on se livre à l'art, à la poésie, k l'érudition, etc. Les harangues qui se tenaient dans les musées d'Athènes. || Particulièrement, le grand établissement fondé par les Ptolétnées à Alexandrie pour la culture des lettres et des sciences. l| 1* Aujouni'hui, lieu destiné soit à l'étude, soit à rassembler les monuments des beaux-arts et des sciences, les objets antiques, etc. Le musée du Louvre. Le musée britannique. Le mu.séc d'artillerie. Ils allèrent d'abord au musée du Vatican, ce palais des statues où l'on voit la figure humaine divinisée par le paganisme, stael, Corinne, viii , i. || 3° Titre des ouvrages qui renferment la gravure et la description des objets d'art rassemblés dans un musée. Le Musée Pio-Clemenlinode Viscontl. Le Musée Landon.

— Etym. Mouacïov, de (loûffo, muse.

MUSELÉ, ËE (mu-ze-lé, lée), part, passé de

museler. Un chien muselé. *

t UCSELLEMENT (mu-zè-le-man), ». m. Action de muscler. Je signalais parmi les moyens qui semblaient les plus efficaces pour prévenir la rage, le musellement permanent de tous les chiens qui ne sont pas tenus à l'attache ou enfermés, rehadlt, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 7a.

MUSELER (mu-ze-lé. L'Académie ne conjugue pas ce verbe; mais on peut le conjuguer comme appeler, c'est-à-dire doubler \'l quand la syllabe qui suit est muette : je muselle, je musellerai), v. a. Il 1* Serrer par une muselière la gueule d'un animal. Museler un ours, un cheval. || Fig. Est-ce notre (au te i nous, «i, voulant museler un renani, nous en attrapons deuxT beaimarch. Ifar. de Fifj. y, ». Il 8" Fig. Empêcher de parier, d'agir. Museler la presse. Il ne fallait dune pas se laisser museler par les dispositions que ferait le roi, st-siu. 396, 4 38. Le peuple se plaint de ce qu'on le muselle, ba- %ax3r, Pièces, i, t09.

— HIST. ivr s. Sous ces chapeaux d oliviers, les lions et les ours de la France enchaisnez etenmuselei, d'aob. Jlist. m, 538.

— ETVM. Uusel (voy. musead) ; Berry, mureler. MUSELIÈRE (mu-ze-liè-r'), s. f. || 1° Lien qu'on

met au museau de quelques animaux pour les empêcher de mordre, de paître. Si on laisse aller le furet sans muselière, on court risque de le perdre, parce qu'après avoir sucé le sang du lapin, il s'endort, BUFF. Quadrup. t. n, p. 25S. |1 2" Morceau de cuir avec de petite clous qu'on met sur le nez des jeunes poulains et sur le mufle des jeunes veaux qu'on veut sevrer.

—HlST.xvi's.Lesvachessescntans piquées par l'ajh proche des pomtes algues de ces muzelieres ou frontaux ne souffriront d'estre tettées, o. de serres, 283.

— ETYM. Iftaeler; Berry, mureliire; Hainaut, mwt^re; génev. musiliire.

+ MUSÉOGRAPHK (mu-zé-o-gra-f), s. m. Auteur de la description d'un musée.

— ËTYM. Musée, et irpiçti", décrire.

I MUSfiOff (mu-zé-on), ». m. Voy. husédm.

t. MUSER (mu-zé), t». n. S'amuser, perdre son temps à des riens. Cet arrangement, qui devenait pour moi l'œuvre de Pénélope, me donnait le plaisir de muser quel']ues moments, j. ). rouss. Confus. zii. Avec lui tu pourras, sans te compromettre, faire de la musique, te promener, t'égarer, enfin muser tout i ton aise, picard. If. Musard., se. 33, jp m'en Tais musant et baguenaudant jusqu'à Naples, t. L. COUR. leu. II, 64. Il Impersonnellement, au passif. Cest assez musé, on a assez musé, perdu de temps. Il Proverbe. Oui refuse, muse, c'cst-à dire en refusant une offre, on perd une occasion qu'on ne retrouTera plus. Je lui dis : homme qui refuse Ordinairtmentaprèsmuse, scarr. Virg. u. Tel refuse qui •près muse, la font, Stantet en rieux lang. Tu veux de moi; Je veux de toi ; Voilà ma foi ; Qui refuse, muM , LEORAMo, Famille extrav. Divert. || Cette locution trouve son eiplicationdans les vers deScnrron : elle ligniQe que celui qui refuse e-st ensuit? dans la situation de l'homme qui muse, qui perd son temps. Il 11 M conjugue avec l'auxiliaire oroir.

— HlST. XIII* ». Tout ce li disoil ele pour li faire ttuser, Pour avoirplu» d'espace de leur chose areer, 9*rt$, ITU. h jNarciue] musa tant k la (onUine

MUS

Qu'il ama son umbre demaine, la Bose, teoi. Qu'il ne m'i convient plus muser, Ne mon tems en gloses user, ib. 7241. Qui en sa conscience voudroit souvent muser, Assez y troveroit de quoi soi accuser, J. DE MEUNO, Test. 269. Dame, gardez-vous de la bée [l'attente, l'action d'être béant après]. Qui en maint leu par la contrée S'arest et fet la gcnt muser, Lai du conseil. \\ xv* s. Elle s'en revint devers le roi, qui encore pensoit et musoit fortement, FROiss. 1,1, t68. Je ne veul plus, dame, sur vous muser; Vous povez bien quérir autre musart; Car m'aperçoy qu'on m'a fait amuser, e. desch. Poésies mss. f 482. Il XVI* s Tel refuse qui après muse, MARO. Nouv. xuv. Pendant le parlement [capitulation] et qu'ils musoient sur leur seuretez, mont, i, 27.

— ËTYM. Wallon, mûxer, être triste, mus\ morne, taciturne; provenç. musar, niuior; anc. espagn. musar; ilal. musare. Origine incertaine. Diez y voit un dérivé du radical mus, museau ; de sorte que muser serait tenir le museau béant, la bouche béante. D'autres y voient le latin mussare, parler entre les dents, hésiter; mais les lettres et même le sens concordent mal. Huet alléguait le latin musa, muse ; mvser serait se livrer aux muses, à l'étude, à la contemplation, etc. Les patois suisses ont musen, être triste, mus, mélancolie, qu'on peut rapprocher des significations wallonnes. Enfin l'allemand offre ilusse, loisir, ans. haut-ail. mueiôn, être oisif; ce qui est la dérivation la plus probable.

i. MUSER (mu-zé), v. n. Terme de vénerie. Être près d'entrer en rut, en parlant du cerf.

— ÉTYM. Muse 2.

MUSEROLLE (mu-ze-ro-1'), », f. La partie de la bride d'un cheval qui se place au-dessus du nez.

— ÉTYM. Dérivé de mus, radical <le museau.

MUSETTE (mu-zè-f), s.f. || 1° Synonyme poétique de cornemuse (voy. ce mot). On y vit des lambeaux, L'habit d'un gardeur de troupeaux.... Et, je pense, aussi sa musette, la font. Fabl. x, to. Le bal et la grand bande, à savoir deux musettes, mol. Tart. II, 3. Il J» Air fait pour la musette. Jouer, chanter, danser une musette. Des musettes, parce que Mlle Salle et M. Dumoulin les dansaient avec autant de grâce que de volupté, noverre, Lett. sur la danse, p. is'., dans pougens. ||3" Par extension, musette se prend pour tout Instrument joyeux. Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons, bérang. Louis XI. Il Par une autre extension, la poésie champêtre et joyeuse. Je ne célèbre point d'héroïques exploits ; Je vais chanter sur ma musette Les naïfs amours de nos bols, étienne, Joconde, 1, 3. Il 4° Terme militaire. Petit sac en toile forte, qui sert au cavalier pour renfermer ses effets de pansage; ainsi dit par assimilation de forme. || 5* Petit sac, dit aussi sachet, rempli d'avoine qu'on attache au cou des chevaux, et dans lequel ils mangent l'avoine en route ou en travaillant. || S" Défaut du papier, produit par une bulle d'air comprimée entre la feuille et le feutre, dans la fabrication. || 7* Sorte de poire, ainsi dite de sa forme.

— HIST. XIII* s. Volez oîr muse musette; En mai fut faite un matinet. Poésies avant I300, t. u, p. 709, dans i.ACURNE.

— ÊTYM. Diminutif de l'anc. franc, muse. Il est vraisemblable que ce musc est le substantif do musare, faire de la musique, qui se trouve dans le bas-lalin et qui vient de musa, muse, chanson.

MUSÉUM (mu-zé-om'), s. m. || 1* Synonyme de musée, en quelques acceptions particulières. Le muséum d'histoire naturelle, à Paris. Son seul luxe était un muséum immense, monument glorieux pour la Suède, puisqu'il était la collection des tributs que les naturalistes du Nord avaient consacrés à celui qu'ils nommaient leur chef et leur maître, CONDORCET, Linné. \\t' Il se dit quelquefois du musée d'Alexandrie. {{ On a écrit aussi muséon, qui n'est que la prononciation ancienne de muséum. C'est sans doute à ce muséon qu'Alexandrie est redevable do l'avantage dont elle a joui pendant plusieurs siècles, d'être une des plus grandes écolesdumondo, et d'avoir formé un grand nombre d'excellents hommes dans la littérature, rollw, Uist. anc. Œuvr. t. VII, p. 304, dans pougens.

— SYN. MUSÉK, MUSÉUM. Lc premier est le terme général, le second est devenu le nom de certains établissements quand il est déterminé par quelques mots : le muséum d'histoire naturelle; mais on ne dit pas le muséum du Louvre.

— ETYM. Voy. MUSiE.

MUSICAL, ALE (mu-zi-kal, ka-1'), adj. Qui a

rapport à la musique. Il a l'oreille musicale. Soirée

musicale. L'art musical. Caractères musicaux.

I II Gazette musicale, Art musical, nom de journaux

MUS

de musique. || Terme de médecine. Bruits musicaux, degré le plus élevé des bruits de soufflet, perçus en auscultation.

— HIST. XV* s. Dix paires de menestriers sonnans d'instrumens musicaulx, monstrelet, ch. 62, p. 97, dans LACURNE, au mot paire.

— ETYM. Musique; provenç. muiical; esp. musical; ital. musicale.

MUSICALE-HEXT (mu-zi-ka-le-man), adv. Conformément aux règles de la musique.

— HIST. XVI* s. Les François s'en aydent mieulx [de la flûte Iraversière] et plus musicalement que toute autre nation, carloix, vi, il.

— ETYM. Musicale, elle suflixe ment.

t MUSICASTRE (mu-zi-ka-str') et MUSICÂTRE (rau-zi-kâ-tr'), s. m. Terme de mépris. Mauvais musicien, musicien qui veut faire ce dont il n'est pa» capable. De puissantes mains [celles de Napoléon 1*'J renversaient des barrières que des musicastres imprudents opposaient à l'homme d'invention et de génie [Spontini], c. blaze. Académie de musique, §xx, t. u, p. 121. Les moindres musicàtres pou valent hardiment [on t74o] s'intituler professeurs de composition, ADAM, Souven. d'un musicien, Monsigny.

— ÉTYM. Musique, et la finale péjorative astre ou dtre.

MUSICIEN, lENNE (mu-zi-siin, sië-n'), ». m. et f. Il 1° Celui, celle qui sait l'art de la musique. C'est un excellent musicien. Si le grammairien sait peu de musique, le musicien sait encore moins de grammaire, d'olivet, Prosodie (ranç. art. ii, § î. || Adj. Toutes les fois qu'on entend un son, est-il bien vrai qu'on entend trois sons diiïérents? personne avant M. Rameau ne s'en était aperçu; c'est donc un phénomène qui tout au plus n'existe dans la nature que pour des oreilles musiciennes, buff. De Vouie. Les peuples naturellement musiciens reçoivent, par l'harmonie, des sensations et des idées que leur situation rétrécie et leurs occupations vulgaires ne leur permettraient pas de connaître autrement, STAEL, ,4 Hem. l, 2. 112" Particulièrement, celui, celle qui fait profession de composer ou d'exécuter de la musique. J'ai eu des musiciens et des musicienneï, et tout ce qui fait les délices des enfants des hommes, saci, Bible, Ecclésiaste, il, 8. Philidas trouva ensuite quelques musiciens qui se réjouissaient de savoir que Mme la Dauphine a une belle voix, et qu'elle aime fort la musique et la sait, m"* de scudéry, les Conversations, Dialogue. Dan» le butin que Cyrus fit mettre à part pour Cyaxare son oncle, il est fait mention de deux musiciennes très-habiles qui accompagnaient une dame de Suse, et qu'on avait fait prisonnières avec elle, roi.lin, Hist. anc. Œuvr. t. ii, p. 420, dans pougens. Qui est cet homme-là? Un musicien de l'opéra, REON.S^r^n. 7. Il Musicien de la Samaritaine, se disait autrefois pour chanteur du pont Neuf, mauvais musicien. |1 8' Fig. Les musiciens des bois, les oiseaux chanteui-s.

— HIST. xiv* s. Le musicien se delette en bonnes mélodies, et a iristece as malveses, oresme, Elh. 284. Il XVI* s. Les mauvais musiciens ne sont jamais ennuyeux à eux mesmes, cotgrave.

— ETYM. Musique, et le suffixe len, signifiant qui s'applique à, qui s'occupe de; provenç. muiician.

MUSICO (mu-zi-ko), s. m. Lieu public dans les Pays-Bas où le peuple va boire, fumer, entendre de la musique, etc. Il faut avouer qu'une Ile cnchaulée, dont Vénus est la déesse, et où des nymphes caressent des matelots après un voyage de long cours, ressemble plus à un musico d'Amsterdam qu'à quelque chose d'honnête, volt. Jλ». poéi. épiq. cU. « Il Au plur. Des musicos.

— HIST. ivi* s. S'estant desgouté de l'estude, il acheva de se perdre dans les musicaux de la Hollande parmi les filles de joie, d'aub. Vie, cuij.

— ÉTYM. Mwique.

t MUSICOGRAPHE (mu-zi-ko-gra-f) , ». m.

Il 1* Auteur qui écrit sur la musique. || 2* Instrument au moyen duquel on peut écrire la musique,

— ÉTYM. Musique, et fpàfciy, écrire.

t MUSICOMANIE ^mu-zi-ko-ma-nie), ». f. Sorte d'aliénation mentale caractérisée par une passion eflfrrnée pour la musique. || Fig, Goût efl'féné de la musique. On dit mieux mélomanle.

— ÉTYM. Musique, et manie.

t MUSIF, IVE (mu-zif, zi-v'), adj. Of musif, combinaison de soufre et d'étain [bisulfure d'ctain], dont on se sert pour frotter les coussins d'une machine électrique. || On dit aussi mussif. Pelletier s'est servi de la propriété oxydante des acides sulfurique et nitrique sur l'étain pour favoriier l'union de cet oxyde avec le soufre, et préparer ce composé brillant et auriforne connu depuis longtemps sous le nom d'or

MUS

mussif, FOORCROT, Connaist. ehitn. t. ti, p. »8,

dans PO0GEN3.

— HIST. xiu* s. Li estage del palais tuit [tous] Devers la rue sont torné, Et sont d'or musique aorné, Parlonop. t. 847.

— ÉTVM. Voy. MOSAÎQUB.

MUSIQCR (mu-zi-li'), t. f. Il 1" Dans le sens ancien et primitif, la musique n'était pas une soience particulière, c'était tout ce qui appartenait aux Mu«es ou en dépendait ; c'était donc toute science et tout art qui apportait à l'esprit l'idée d'une chose agréable et bien ordonnée. Cliez les Égyptiens, suivant Platon, la musique consistait dans le règlement des mœurs et l'établissement des bonnes coutumes. Selon Pythagore, les astres dans leurs mouvements forment une musique céleste. Il nous reste de saint Augustin un traité de la Musique où il n'est question que des principes et des conditions des vers. Polybe nous dit que la musique était nécessaire pour adoucir les mœurs des Arcades, qui habitaient un pays où l'air est triste et froid... Platon ne craint point de dire que l'on ne peut faire de changement dans la musique qui n'en soit un dans l'État; Arislote, qui semble n'avoir fait sa Politique que pour opposer ses sentiments à ceux de Platon, est pourtant d'accord avec lui touchant la puissance de la musique sur les mœurs, hontesq. Esp. iv, 8. Il semble assez prouvé que les Grecs entendirent d'abord par ce mot musique, tous les beauxarts; la preuve en est que plus d'une Muse présidait & un art qui n'a aucun rapport avec la musique proprement dite, comme Clio à l'histoire, volt. Pol. et léghl. Comm. sur l'Ksp. det lois, xx. Vous pouvez juger de notre goût pour la musique par la multitude de« acceptions que nous donnons à ce mot: nous l'appliquons indifféremment à la mélodie, i la mesure, à la poésie, i la danse, au geste, i la réunion de toutes les sciences, à la connaissance de pi ""ue tous les arts, barthél. Voy. d'Anach. ch. xxvii. Il Ce sens a presque entièrement disparu chez nous ; il ne se retrouve que dans quelques phrases d'une signification très-vague. On avait aloi-s à l'Opéra l'esprit d'applaudir à la beauté ; la beauté n'est-ce pas de la musique? a. houssaye, Galer. du islu'tJècle,IIUe Clairon, %iv. || 2* Science ou emploi Aes sons qu'on nomme rationnels, c'est-à-dire qui entrent dans une échelle dite gamme; ce sens paraît s'être décidé nettement dans l'école d'Arislote, mais sans avoir jamais chez les anciens exclu absolument les autres sens. Avoir du goût pour la musique. La musique est un des beaux-arts. Et votre danse et ma musique auraient à souhaiter que tout le monde lui ressembl&t [à H. Jourdain qui payait bien], UOL. Bourg, genl.l, l. Ignorer la musii|ue passait dans ces temps [l'antiquité] pour un défaut d'éducation, ROLLiî», Uist. ane. Œuv.l.xi, i" part. p. 213, dans pouGENs. La musique ne fut bien cultivée qu'après le seizième siècle; mais les plus fortes présomptions font penser qu'elle est très-supérieure à celle des Grecs, qui n'ont laissé aucun monument par lequel on pût soupçonner qu'ils chantassent en parties, VOLT. Maurs, <3t. Pylliagore trouva les principes de la musique dans l'inégalité des sons produits par plusieurs forgerons frappant ensemble sur une enclume, sennebieh, Est. sur l'art d'observ. 1. 1, p. 39«, dans PouoEHS. Écartons ces objets étrangers; il ne s'agit ici que de la musique proprement dite, BARTH<L. Voy. d'Anacharsis, ch. xxvii. Autrefois les législateurs regardaient la musique comme une partie essentielle de l'éducation ; les philosophes ne la regardent presque plus aujourd'hui que comme un amusement hortnéte, lo. ib. Rien ne retrace le passé comme la musique, stabl, Tor. xiv, 3. Il Apprendre la musique, apprendre, soit à composer soit i exécuter de la musique. Est-ce que les gens de iiualité apprennent aussi la musique? mol. Bourg, gent. I, s. {| On dit dans la mfime signitication: savoir la musique; ans«t)(ner, montrer la musique; classede musique, etc. || Maître de musique, celui qui enseigne la musique. Votre maître de musique est allé aux champs, mol. Mal. imag. ii, i. |{ Ecrire la musique, représenter les sons qui la forment par des signes qui en indiquent la hauteur, la durée et l'Intensité. || Lire la musique, reproduire par la voix ou par les Instruments, avec leur hauteur, leur durée et leur intensité, les sons représentés par des signes écrits. || 3* Production de cet art. Composer de la musique. Musique instrumentale, vocale. Messe, Te Deum en musique. Le milan alors lui réplique : Vraiment, nous voici bien; lorsque je suis i jeun, Tu me viens parler de musique, La roHT. Fabl. ix, t*. Oi:i sont donc les paroles que vous dites T il n'y a lA que de la musi-

MUS

que écrite, MOL. Mal. imag. a, 8. Et tous ces lieux communs de morale lubrique, Que LuUi réchauffa des sons de sa musique, boil. Sat. x. Musique italienne, française, je suis un homme à deux mains, HEONARD, sérénade, 7. Il écoutait celle musique de danse, qui, comme toutes les musiques, fait rêver, bien qu'elle ne semble destinée qu'à la joie, stael, Corinne, vi, <.|| Mettre en musique, faire de la musique sur des paroles. Lulli était plein d'esprit et de goût ; plus il en avait, plus il lui élait impossible de mettre en musique de telles paroles [de la Fontaine]; Lulli même lui pardonna [la satire du Florentin], et très-plaisamment, en disant qu'il aimerait mieux mettre en musique la satire de la Fontaine que ses opéras, volt. Mél. litt. Lelt.de la Visdède. Beuvron, qui, causant et chantant avec un égal agrément, mettait en musique les chansons de Coulanges, genlis, Mme de Mainlenon,i. i, p. )e4, dans pougens. || Musique grise, mu-sique faite par des instruments qui ne donnent qu'un son fondamental, des membranes, des diapasons, des cordes gênées en leurs mouvements, des tuyaux d'orgue larges et fermés; par opposition à musique colorée, celle qui est faite avec des cordes largement vibrantes ou des tuyaux d'orgue renforcés. Il 4* L'exécution de la musique, soit avec la voix, soit avec les instruments. Une musique de voix et d'instruments. Nous avons entendu de bonne musique. 11 faut qu'une personne comme vous..,, ait lin concert de musique chez soi tous les mercredis ou tous les jeudis, hol. Bourg, gent. ii, 4. Tous mes sots.... Détonnant de concert, se mettent à chanter; La musique sans doute était rare et charmante, boil. Sat. m. On faisait chez elle une fois la semaiue de la musique, j.j. Rouss. Conf. m. La musique qu'on entendait avait quelque chose de fier et de doux tout à la fois, qui conseillait noblement le sacrifice de la vie, stael, Corinne, xvii, ». Il Musique enragée, ou musique de chiens et de chats, ou musique d'enfer, détestable musique. Concert extravagant de musique d'enfer, réonier, Sat. 1. Pour ma consolation, j'entendais les assistants se dire à leur oreille, ou plutôt à la mienne, l'un : il n'y a rien là de supportable ; un autre : qucllomusiqueenragée! J. J. rouss. Confett. il. || Ces locutions se disent, figurémcnt aussi, du bruit confus de plusieurs personnes qui se querellent. |!6* Instrument de musique, instrument avec lequel on exécute de la musique. Il 6' Notes de musique, voy. note. Il T* Livre de musique, cahier de musique, livre, cahier dans lequel de la musique est écrite. || Musique se dit aussi pour ces livres, ces cahiers. Avezvous apporté votre musique T|| 8* Papier de musique, voy. PAPIBR. Il 9" Concert, sérénade ; sens qui a vieilli. On dit qu'on a donné musique à quelque dame, corn, le Ment, i, 5. Tel à un sermon, à une musique a entendu des sentiments opposés sur.... LA BRUT. XII. A une musique où le roi élait, à Versailles, sT-sm. 69, 217. Il 10* Mu.sique, compagnie de musiciens qui ont coutume de jouer ensemble. Une musique de régiment. La musique de cette église est très-bonne. Toute la musique de l'opéra y fait rage, 8*v. H 3. Si vous m'en croyez, allez-vous-en un peu prendre garde que la musique ne s'enivre ; elle est sujette i cela ordinairement, dancouht, Opéra de village, se. 7. || 11* Fig. Certains sons agréables ou désagréables. La voix de cette personneestunemusiquedélicicuse. Le roi [CharlesXII] demanda au major général Sluart ce que c'était que ce petit sifflement qu'il entendait à ses oreilles. — C'est le bruit que font les balles de fusil ({u'on vous tire, lui dit 'e major. — Bon, dit le roi; ce sera lA dorénavant ma musique, volt. Charles Xll, a. 0 lyre, 0 mon génie, Musi>|ue intérieure, InefTablo harmonie, lamart. Médit. 16. Il Ironiquement. Quelle musique nous fait cet enfant avec ses cris I || Paroles qui llattent le cœur. Ils sont devenus muets ceux qui semblaient si joyeux eo célébrant vos louanges, et dont les continuelles acclamations faisaient résonnera vos oreilles une musique si agréable, soss. Serm. Uonn. du monde, 1. 1| 12* Musique mécanique, mouvements au moyen desquels des pendules, des tabatières jouent un certain nombre d'airs, jj iS'Terme d'ouvrier maçon. Paire de la musique, mêler du poussier avec du pl.Ure. || ii* Espèce de coquille du genre volute, réglée comme un papier de musique.

— HIST. XVI' s. TouH les frcdons de la papisteric, et tout ce qu'ils appellent musique rompue et chose faite, et chants a quatre nwtiei, ne conviennent nullementila majesté de l'Eglise, CALVii«,/ru(i(.7(<. Un Bsne n'entend rien en musique, cotoravi.

— ETYM. Bourg, musicle; provenç. mMXica;esp. et ital. muhca .- du latin musira; grec, iaovoixVj,

MUS

dérivé de iioOira, Muse. Moutyix:^ est d abord un adjectif au féminin en sous-entendant téy vi], c'est donc l'art des Muses, comme la rhylhraique est la science des rhythmes, comme la métrique est la science des mètres. Cela explique le sens général que ce mot avait dans le principe.

tMDSIQUER(mu-zi-ké).||l' V. n. Terme familier. Faire de la musique. Après dîner on fit apporter de la musique; nous musiqu&mes tout le jour au clavecin du prince, J. j. rouss. Conf. viii. Il t' V. a. Mettre en musique. Il n'y a pas six vers de suite qu'on puisse musiquer, niDEROT, cité par CASTiL BLAZE, l'Art des vers lyriques, p. t03. Presque tous les maîtres ont musique le Demofonie, VArtaserse, la Didone, castil blaze, l'Opéra italien, Introduction.

t MUSOIR (mu-zoir), t. m. Pointe d'une digus. Il Tête d'une écluse.

— ÉTYM. Ce pourrait être une forme irrégulière de museau.

t MUSOPHAGE (mu-zo-fa-j') , ». m. Genre de passereaux amphidactyles, voisin des gallinacés, se nourrissant de bananes d'où leur nom (muîo, bananier, et ifaycît, manger). Le musophage varié parait être l'oiseau appelé faisan d'Afrique dans l'édition de Buffon par Sonnini.

MUSQUÉ, ÉE (mu-ské,skée) , port, possède musquer. || 1° Imprégné de musc. Un vêtement musqué. Un homme musqué. Quand un galant musqué lui offre ce service, J. J. aouss. Ém. v. || Papier musqué, papier qui sent le musc. Voici le papier musqué pour* le premier acte [papier où étaient des vers corrigés] ; il n'y aura qu'à l'ajuster avec quatre petits pains, volt. Lett. d'Argental, 21 déc. 1768. || Fig. et familièrement. Messe musquée, la dernière messe, où assistent ordinairement les gens du grand monde. Il 2° Il se dit aussi de certaines choses dont l'odeur a quelque rapport avec celle du musc. Les bisons ou bœufs à bosse du nord de l'Amérique ont une si forte odeur, qu'ils ont été appelés bœufs musqués par la plupart des voyageurs, bupf. Quadrup. tv p. 107. Il Rosier musqué, rosier qui porle la rost muscade. Il 8°0uialasaveurdumusc. Poire musquée. Canard mus(!;ué. || i° Fig. et familièrement. Qui a trop d'apprêt,de manières, qui affecte les ornements futiles. Écrivain, orateur, poêle musqué. Style musqué. Phrases musquées. Père Ver- Vert cher à plus d'une Hébé,'Gras comme un moine et non moins vénérable, Civilisé, musqué, pincé, rangé, oresset, Ver-Vert, ch. il. || Comédie musquée, comédie dont le dialogue, manquant de naturel, est semé de petits traits maniérés. || Paroles musquées, paroles obligeantes et flatteuses, maniérées. || 6* Fanlaisies musquées, toutes sortes de petits bijoux inutiles qui ne servent qu'à la propreté, ou à la curiosité, qui sont entre les mains des gens élégants, des curieux, FURBTiÈRE, Dict. || Fig. On ne saurait avoir trop de fantaisies musquées, ou point musquées, il n'importe [il s'agit d'attachements], sÉv. Il •■). Cette Bible et cet Evangile ne répondent pas à toutes les fantaisies musquées des gens, mariv. Pays. porc, a* part. :| L'Académie dit que fantaisies musquées signifie fantaisies singulières, bizarres; cette locution, qui d'ailleurs a vieilli, n'a que le .sens indiqué par Pure- Hère; seulement elle pouvait se prendre figurément.

MUSQUER (mu-ské), je musquais, nous musquions, vous musquiez; que je musqué, que nous musquions, que vous musquiez, ». o. {| !• Parfumer avec du musc. Husquer des ganls. || 2* Se musquer, r. réft. Se parfumer de musc.

— IIIST. XVI' s. Cent fleurs lui musquent le soin, YVER, 527. Rejettant pour emploier en breuvage les petites poires musquées qui se corrompent aussi tost que cerises, 0. DB SKRRi s, 247. Coucher dans des matelas musquez, mont, i, i?"*

— ÈTYM. Muse.

f Mlî.syuiNIF.R (mu-skl-nlé), ». m. Le tisserand e.tt un artisan dont la profession est de faire d» Is toile sur le métier avec la navette; on quelques lieux on le nomme toiller, télier ou tisser; en Artois et en Picardie, son nom est musquinier, Dict, des arts et mit. Tisserand.

t Ml!SSR (mu-»') s. f. Terme de vénerie. Pas.<iage étroit d'un fort ou d'une haie, pour les lièvres, Itt la|iins et autres gibiers. || Habitation des oies, de' canardi, dans quelques lieux.

— ÉTYM. Voy. MUSSKR.

HCSSÉ, Ee (mu-sé, sée] , pari, ptusé de musser. Musse derrière un buisson.

MUSSER (SB) (mu-sé), v. réfl. Se cacher (Il vieillit). Et dessous une aumusse, L'ambition, l'amour, l'avarice se musse, rKonier, Sat. ix. || Familièrement. A musse-pot, et, avec une autre prononciation,

MUT

MUT

MUT

qui Mt celle de la Picardie et de la haute Normandie, i muche-pol, eu cachette : c'est-à-dire en cachant le pot.

— HlST. lu* s. Deus, quel duel [deuil] des prelax que lur mestier ne funt I Hucie est la lumière qui esclaire le munt [le monde), Th. le mart. 6». Tute la nuit erreient entresqu'i l'ajurner, Ë le jur M mucowent d'ici qu'à l'avesprer, ib. i*. {| xiii* s. Lors [elle] se muce au buisson, si lait [laisse] le temps passer, Berie, xlui. Cil en usent malvesemcnt qui truevent autrui cozes et serent bien qu'eles ne sunt pas lur; ains le [la] muecbent ou il I aproprient à eus, beauman. xxv, <». ||xv* s. Femme, «auve-moi, je suis ton sire le comte de Flandre; mais maintenant me faut mussier, froiss. u, ii, 1 67. Tel cuyde estre bien musse, qui de tous lez [côtés] est \eui, Perceforest, t. VjC-ss. ||xvi* s. U fautmusser ma foiblesse soubsces grands crédits, uont. u, 88.

— ËTYM. Bourguig. se meussai, se coucher, se taire; picard, mucher; norm. mucher, muchier; wallon, mucM; dans la Puisaye (qui tient au Berry par la langue populaire) on dit musser pour glisser : se muster par un petit trou; miisse ton bras dans la monc/ie; sicilien, ammuctari; pays deCoire, mieiar, s'échapper. Origine inconnue. Grangagnage propose la germanique muchen, musken, agir d'une manière cachée; Diez, l'ancien haut-allem. sich mùten, «e retirer dans l'obscurité.

t Ml'SSlF, IVE (mu-sif, si-v"), adj. Autre forme de musif (voy. mdsif).

t MOSSITATIO.N (mu-ssi-ta-sion), s. {. Terme de médecine. Mouvement des lèvres qu'un malade exécute, comme s'il parlait à voix basse.

— ËTYM. Lat. mtufttationem, action de parler à voix basse.

+ SICSTAFA (mu-sta-fa), s. m. Voy. moustapha. y Mustapha violet, variété d'oeillet

+ MUSTEC (mu-stèk), i. m. Genre de poissons qui se rapprochent du merlan.

t MUSTËLINS (mu-sté-lin), t. m. p(. Terme de zoologie. Famille de mammifères qui a pour type le genre belette.

— ËTYM. Lat. mustelinxa, de mustela, belette.

t UDSTELLE (mu-stè-l') , ». f. bous-genre de poissons démembré du genre gade.

— ETYU. Lat mustela, qui signifia belette et tu poisson de mer.

MUSULMAN, ANE (mu-zul-man, ma-n') , «. m. et (. Nom que les mabomélans se donnent. Les musulmans ont fait autant de prosélytes par la parole que par l'épée ; ils ont converti à leur religion les Indiens et jusqu'aux nègres, volt. Dict. phil. Alcoran. || Adj. La religion musulmane. Les peuples musulmans. Aaron-al-Raschid, cet illustre contemporain de Cbarlemagne, dominateur de l'Afrique, de la Syrie, de la Perse et d'une partie de l'Inde, envoya des missionnaires musulmans des rives du Gange aux îles de l'océan Indien, et jusque chez des peuplades de nègres, volt. Moeurs, s.

— ËTYM. Arabe, moslein, soumis [à Dieu et à Maliomet], augmenté de la finale persane an.

t MUSULMANISME (mu-zul-ma-ni-sm'),f.m. La religion musulmane. Ce prince l'ayant un jour extrêmement pressé d'embrasser le musulmanisme.... DB PETssoHNKL, Traité SUT le commerce de la mer Notre, II, SO-llOn dit plus ordinairement islamisme.

HUSURGIE (mu-zur-jie), t. f. Terme de musique aujourd'hui inusité. Art d'employer à propos les consonnances et les dissonances, Dict. de l'Acad.

— ËTYM. Mouooup'fioi, qui signifie uniquement art de la poésie, et qui vient de |uû(ra, muse, musique, et i;/ifov, œuvre.

MUTABILITÉ (mu-ta-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est muable. Nous ne possédons aucun bien, même dans l'ordre de la grâce, que nous ne puissions perdre un moment apr^s par la mutabilité naturelle de nos désirs, boss. Duch. d'Orl. Pour la mutabilité [de Dieu], la chose est claire [Jurieu l'admet], lo. «• avert. 40. Tout change sur la terre, parce que tout se sent de la mutabilité de son origine, MASS. Carême, Immut. Nous devons nous tolérer mutuellement, parce que nous sommes tous faibles, inconséquents, sujets à U mutabilité, à l'erreur, volt. Dict. fhil. Tolérance, S.

— IIIST. xv« s. Ha fortune! fortune! trop fol est cil qui ne redoubte U mutabilité de tes doubles visaiges, et qUl toujours te cuide tenir en esgale beauté, 0ouetq. i, »3. || xvi« i. A cause de la mutabilité de U matière et de la variété des appetis, tA^oDt, SI». U i'estendoil sur la muUbilité dos wpriu OaniaDS, d'adb. Hist. n, ».

— emi. Provenç. mutabilitat : espa^. tnulabi-

lidad; ital. mutabiiitd; du lat. mutabilitatem ; de mutabilis (vov. muable).

t MUTACISME (mu-ta-si-sm"), fausse ortographe pour mytacismb, s. m. Répétition abusive de la lettre m dans plusieurs mots de la même phrase.

— ËTYM. La lettre grecque mu.

t MUTAGE (mu-ta-j'),». m. Opération quia pour but d'arrêter la fermentation du moilt, en le mettant en contact avec un sulfite ou avec de l'acide sulfureux .

— ËTYM. Muter.

MUTATION (mu-ta-sion; en vers, de quatre syllabe.s), if. ^. Il 1° Changement. Des mutations de matière et de forme, bu pp. Époque nat. Œuv. t. XII, p. 4. La plus décisive des vicissitudes que puisse éprouver un peuple, la mutation du pouvoir fondamental et souverain, avait passé sur l'Angleterre, viLLBMAiN, Litt. fr. xvuT sUcle, 2* partie, 2' leçon. Il î' Remplacement d'une personne par une autre. Il y a eu de nombreuses mutations dans ce régiment, dans cette administration. |{ Terme de jurisprudence. Transmission de la propriété d'un bien par vente, échange, donation, succession, testament, etc. Payer un droit de mutation, i chaque mutation de propriétaire foncier, l'État perçoit un droit d'enregistrement. Il 8" Particulièrement. Changement qui arrive dans les sociétés humaines. Les mutations des empires. Quelque haut qu'on puisse remonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations, on trouve que jusqu'ici elles sont causées ou par la mollesse ou par la violence des princes, boss. Reine d'AngUt, || Terme de musique. Jeux de mutation, se dit, dans l'orgue, de ceux qui ne sont pas au ton de l'octave des fonds de l'orgue, mais qui en sonnent la quinte ou la tierce.

— SYN. MUTATION, RÉVOLUTION. Mutation a un sens plus général que révolution; il implique seulement qu'il y a eu changement; révolution implique qu'il y a eu renversement.

— HIST. xm* s. Jonesce met homme es folies, Es boules et es ribaudies. Es luxures et es outrages, Es mutacionsde corages, la Rose, 4482. || iv* s. Ces nouvelles en resjouirent plusieurs qui desiroient à partir pour recouvrer santé et mutation de nouvel air, FROISS. u, lu, 84. Jà tiroit vers le temps que la mer souvent s'engrosse pour cause de la mutation dos vents, Bouciq. u, '!4. Après le décès de si grands et puissans princes les mutations sont grandes, coMM. Prol. Il XVI' s. X minuict la roine, qui craignoit au roi quelque mutation [pour le dessein de la Saint-Barthélémy], descend en la chambre de son fils, d'adb. Hist. ii, te. Il le tansa de la soubdaine mutation de sa contenance, mont, i, 27 t.

— ETYM. Provenç. mudazo, mutacio; cspagn. mutacion ; ital. muloîione ; du lat. mulationem, de mutare, changer (voy. mueb).

t MUTEL (mu-tèl) , s. m. Belle espèce de coquille du genre anodonte.

t MUTELLINE (mn-tèl-li-n'), ». f. Espèce de plante onibellifère, meum muteUina, Gaertner.

— ËTYM. Espèce dédiée au botaniste Uutel.

t MUTER (mu-té), v. a. Pratiquer l'opération du mutage. Le moût que l'on mute, c'est-à-dire que l'on imprègne de gaz sulfureux ou de sulfite de chaux, n'est plus susceptible de fermenter, tiiknard, Traité de chimie, t. m, p. 4is, dans pougens.

— ËTYM. Mut (voy. HUE 2), du lat. mutus : rendre muet, inerte.

j MUriLATEUR, TKICE (mu-ti-la-teur, tri-s'), s. m. et f. Néologisme. Celui, celle qui mutile. La terreur de l'invasion, l'irruption horrible de ces bandes de mutilaleurs [les troupes irrégulières de l'armée autrichienne], l'effroyable récit de ce qu'ils faisaient en Alsace, uicublbt, Louis XV, llist. de France, t. xvi, p. 23». \\Adj. Je demandais... que... Chaque branche en dépit des vieux décorateurs, Et des ciseaux mutilatcurs. Pût rendre un libre essor à son luxe sauvage, dblillk, cité dans modier, Crit. des dict.

MUTILATION (mu-ti-la-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de mutiler. Toute mutilation énerve le corps et le défigure, volt. Lett. d'Argental, 3 nov. «7e«. || Terme de chirurgie. Retranchement d'un membre. || 2' Par extension, destruction partielle de statues, de monuments, de tableaux. Réparer les mutilations d'une statue, d'un arc de triomphe, d'un tableau. || 8" Fig. Suppression de passages dans une œuvre littéraire, 'i'otre Majesté n'a pas d'idée de la détestable Inquisition qu'un exerce sur tous les ouvrages, et des mutilations intolérables qu'on fait essuyer à tous ceux qu'on croit capables de dire quelques vérités, o'a- LEMB. Utt. au roi dcPr. s avr. 4 773,

— HIST. XIV* 8. Agait et de fait appensé, desquelles coses plusieurs occisions, mutilations et plusieurs autres injures souventes fois avenoient.... Ordonn. des rois, t. i, p. B7. || xvi' s. La peine du vaincu estoit la mort, ou mutilation de membres, lotsi^l, 819. Le tronçonnement et la mutilation des hermes de Mercure, amyot, Nie. 23.

— ËTYM. Provenç. mutilacio; espagn. mutilacion; ital. mulilaiione; du lat. mutilalionem, de mutilare, mutiler.

MUTILE, ËE (mu-ti-lé, lée),par(. passé ie mutiler. Il 1° X qui on a retranché quelque membre. Qu'ai-je fait pour me voir ainsi Mutilé par mon propre makreî la font. Fabl. x, ». (Jette dame fut saisie par les gardes du roi et livrée à Amestris, qui lui fit couper les mamelles, la langue, le nez, le* oreilles et les lèvres, et la renvoya ainsi mutilée à la maison de son mari, bollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 281, dans POUGENS. Il Substantivement. Personne mutilée. Un mutilé. Des mutilés. |{ Terme d'entomologie. Se dit des élytres, quand ils sont courts et qu'ils ont l'air d'avoir été coupés. Il 2° Se dit des monuments d'art ou de lettres qui ont subi quelque dommage. Et ce n'est pas un dieu comme vos dieux frivoles. Insensibles et sourds, impuissants, mutilés, corn. Poly. iv, 3. Toutes les statues de Mercure qu'on voyait de forme carrée à l'entrée des maisons et des temples [à Athènes], se trouvèrent mutilées en une nuit, et particulièrement au visage, rollin, Uist. ano. Œuv. t. ni, p. 629, dans POUGENS. Le ("livre [de Longus], que tout le monde sait être mutilé dans les éditions, me parut entier dans ce manuscrit, p. l. cour Lett. à M. Renouard. \\ 8° Qui a subi des retranchements, en parlant d'une œuvre littéraire. Comédie mutilée par la censure.

MUTILER (mu-ti-lé), v. a. || !• Priver de quelque membre. Après qu'il l'eut fait ainsi mutiler p < r tout le corps, il commanda qu'on l'approchât du feu, «< qu'on le fît rôtir dans la poêle pendant qu'il respirait encore, saci, Bible, Machab. ii, vu, 6. Je leur dis quelquefois que tout est le mieux du mon le; mais ceiu qui ont été ruinés et mutilés à la guerre n'en croient rien, ni moi non plus, volt. Hist. d'un bon bramine. Il [l'homme] mutile son chien, son cheval, son esclave, j. j. rouss. Ém. i. Achille mutile son ennemi, et l'insulte après l'avoir abattu, chateaub. Génie, ii, U, 7. || Par extension. Mutiler un arbre , en retrancher les branches nécessaires. Mutilait sans pitié les tiges inégales Dont la tète orgueilleuse ombrageait leurs rivales, delille, ConverscU. ch. lu. ]| Fig. Comme nous la touchons [la vérité inhérente en nous] de plus près [que la vérité en Dieu], et que nous pouvons, pour ainsi dire, mettre nos mains dessus, nous pouvons aussi pour notre malheur la mutiler et la corrompre, la falsifier et l'obscurcir, boss. Sermons, Haine de la térilé, 2. 112" Absolument. Châtrer. Plaulien, eu mariant sa fille au fils aîné de l'empereur, fit mutiler cent Komains libres, chateaubr. Cénie, iv, vi, tJ. Il 3" Par extension, détruire partiellement un ouvrage d'art. On a mutilé ce tableau à coups de couteau. Mutiler une statue. "Cessez de muliler tous ces grands monuments, volt. Orphel. n, s. ||4° Fig. Faire éprouver aune oeuvre littéraire des retranchements ou des déformations comparées à la mutilation des corps. Je vous demanderai qu'il ne soit pas permis aux comédiens de mutiler mes pièces; vous savez qu'il y a des gens qui croient en savoir beaucoup plus que moi et qui substituent leurs vers aux miens, iD. Leit. Richelieu, 22 juill. (707. J'eus le désagrément dont M. de Malesherbes ne m'avait pas prévenu , de voir horriblement mutiler mon ouvrage, et empêcher le débit de la Imnne édition, jusqu'à ce que la mauvaise fût écoulée, j j. bouss. Confet. X. Il 5* Se mutiler, v. réfi. Se couper quelque membre, et aussi se châtrer.

— HIST. xiv* s. Kl ainsi fu lidit poure homme mahengnié et mutilez, Bibl. des chartes, 4* série, t. u, p. M. Uug adveugle ou ung mutilé, le Songe du vergier, i, tsa. Si est assailly ou tué ou mutilé de ses ennemis, ib. ||xv«s. Et en voit-on plusieurs mourir et mutiller, en faisant ledit ouvrage, tant pour la puanteur qui est esdiles mines, comme pour les autres iierils, qui sont d'aller sous la terro minant, Lett. patent, du 30 mai t4iS. Et personnes de tous mestiersSont tuit. fraint par beauté do femmes, Et maint en ont esté infâme. Mutilé, mors et aflolez, E. DKSCH. Miroir de mariage, p. »J. || xvi'g. Hz déposèrent qu'Alcibiades et autres siens familiers avoient ainsi tronçonné et mutile quelques autres images, AMTOT, .4i<;. 33. Les mutilés (en tératologie] ce sont aveugles, borgnes, bossus, boiteux,

MUT

MUT

MYA

on ayans six doigta & la maia ou aux pieds, ou moins de cinq, ou joints ensemble, pahé, xix, Préf.

— ÉTYM. Lat. mutilare, de mutilus; grec, m-OtOo; et (li-ruXoç, piitO),>u, couper, mutiler, qu'on rapporte au radical sanscrit mi, détruire, périr.

t MUTILEUR (mu-li-leur), s. m. Celui qui mutile. Attendez quelques jours ; alors votre juste douleur aura perdu de sa violence, vous ne serez pas fiché de voir de l'oeil qui vous reste une grosse somme d'argent que je vous ferai donner parlemutileur, VOLT. Polit, et Ugisl. Prix de la just. et de rhum. m. |{ On dit aussi et mieux, mutilateur.

MUTIN, INE (mu-tin, ti-n'), adj. \\ i' Qui se révolte. Enfant mutin. Elle est mutine. Peuple séditieux et mutin. Et la ville calmée... N'a plus à redouter le divorce intestin Du soldat insolent et du peuple mutin, corn. Pomp. iv, 3. Vas-tu, grand défenseur des droits de ton église, De tes moines mutins réprimer l'entreprise ?boil. Éptlre u.|| S. m. et f. Un mutin, une mutine. Oui, par votre secours, Rome, cette mutine, Par ses murs entr'ouverts, voit déjà sa ruine, do ryer, ScévoU, i, t. Lesa-t-on vus [les chrétiens] mutins? les a-t-onvus rebelles? corn. Poly. iv, 8. Tant que j'ai fait le mutin contre la persécution, j'ai souffert comme un damné, et j'ai tellement agrandi mes maux par l'impatience.... busst, dans sévignb, t v, p. 4o3, éJit. RÉGNIER. Votre plus court sera, madame la mutine, D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine, mol. Sgan. i. Le vrai intérêt de ceux qui gouvernent est d'intéresser à leur conservation les peuples soumis; ainsi l'étranger est repoussé avec zèle, le mutin et le séditieux n'est pas écouté, Boss. f>' avert. § B6. Malgré leur insolence Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, rac. Milhr. IV, 6. Il Fig. Régnez sur votre cœur avant que sur Bysance, Et, domptant comme moi ce dangereux mutin... CORN, lléracl. tu, <.|| Faire le muiin, se fâcher, s'emporter. On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre ; il met tout en déroute, Fait le petit mutin, hkgnard, le Joueur, m, )3. || i* Il se dit aussi des choses. Caractère mutin. Calme les flots mutins, dissipe les tempêtes, corn. Inscription! mise.^ sous des estampes, viu. Défaite dans l'tle de lihé.Et luimême à toute heure il se fait violence Pour vaincre de ses sens la mutine insolence, iD. /mit. i, 2*. Tel est le cœur humain, surtout celui des femmes : Un ascendant mutin fait naître dans nos âmes, Pour ce qu'on nous permet, un dégoût triomphant. Elle goût le plus vif pour ce qu'on nous défend, piron, Uélrom. u, 4. || Un visage, un air mutin, un o?il mutin, un visage, un air, un œil vif, éveillé, piquant. J'ai le pied leste et l'œil mutin, Soldats, voilà Catin, bérano. Vitaud.

— msT. ivi* s. Il n'y a remède, je tremble. De despit ha je suis mutin, p. grinooiiie, Farce à la suite du jeu du prince des sots. Les plus séditieux et plus mutins, amïot. Cor. tT. Homme mutin, brusque roussin, flascon de vin prennent tost fin, COTGRAVE. U retenait du badaudage. Et faisoit un peu le mutin, Quand on le sangloit trop matin, Sot. Uéni}ypie, l'Âsne ligueur.

— £TVM. Français du xvi* ». mutin, mutinerie (Pour ce que i leur mutin g'estoit monstre tousjours pour la querelle [mpulaire, JEAN d'auton, Ann. de Louis Xll, p. •♦, dans lacurne); espagn. molt'n, mutinerie ; ital. ammutinarse. Diez le tire de l'anc. franc. m«ul« ou muete, trouble, insurrectiOD. Le sens est bon ; mais la voyelle fait diflioulté; et comment l'espagnol et l'italien ont-ils ce mot?

MDTIMË, ÉE (mu-ti-né, née), part, passé de mutiner. Il Oui s'est révolté. La fuite et les clameurs d'un peuple mutiné, CORN. Pofi/. m, 1. 1| Fig. 'rusensune révolte en ton cœur mutiné Contre la patience où tu l'as condamné, corn. Imil. ui, *i. Enchaîner un captif étonné. Contre un joug qui lui plaît vainement mutiné, BAC. Phèdre, ii, 4.||Kig. Le» Ilots, les venu mutinés, le» floL» agité», les vents impétueux. Ou'Éole.... Ouvre aux vent» mutmés les priions d'Ëolie, BOIL. Art p. lit. Du tribut que la uier reçoit de no» fontaine» Indigné» et jaloux, leur souffle [de» aquilon») mutiné Tient les llcuve» chargés de chaîne». Et »oulè*o contre eux l'océan déchaîné, J. B. R0U88. Cantate xii, contre t hiver.

MirnUKR (mu-li-né), «. a. || 1* Jeter dan» U révolte, soulever, irriter. Je ne vou» dirai [loinl qu'il commande au tonnerre. Qu'il fait entier le» mer», qu'il fait trembler la terre. Que de l'air qu'il mutine en mille tourbilioni. Contre ses ennemi» il fait des baUillons, corn. Illus. comique, i, •. Un peu de jalousie et de confusion Mutinait mes désira ei V* soulevait l'âme, lo. Agis, u, 7. l)éaisM£-le ,

foudres, orages, Frimas, neiges, glaçons, grêles, I vents indomptés, Qui ne mutinez l'air et n'ouvrez les nuages Que pour faire ses volontés, id. Trad. du ps. cxLviu. Vous ne feriez que mutiner son amourpropre, I. I. ROBSS. Ém. IV. {1 2° Se mutiner, v. réfl. Faire le mutin, se porter à la révolte. Mais d'ailleurs les deux camps se mutinent, corn. Uor. m, 2. Quel était donc ce gouvernement si sage et si vanté de Philippe II, lorsqu'on voit dans ce temps -là même ses troupes se mutiner en Flandre, faute de payement, et saccager la ville d'Anvers? volt. Mœurs, 1 64. || Avec ellipse du pronom se. Acaste nouveau roi fait mutiner la ville, cobn. ilédée, i, t . Il 3* Se dépiter, s'irriter. J'avais commencé à me mutiner de ce que vous ne m'aviez point fait de réponse, voit. Œuv. t. ii, p. &i, dans pougens. Cinna seul dans sa rage s'obstine. Et contre vos bontés d'autant plus se mutine, corn. Cinna, iv, 4. Je l'ai fait votre égal; et, quoiqu'on s'en mutine. Sachez qu'à plus encor ma faveur le destine, id. D. Sanche, i, 3. On ne se mutine guère contre la nécessité, J. i. bolss. Ém. ii. Je m'en affligeais et je ne m'en mutinais pas, id. Conf. i.

— KEM. Voltaire dit : « On ne se mutine'point de; mutiner est un verbe qui n'a point de régime, Comm. Corn. Rem. Rodogune, iv , i.» Celte observation ne se fonde ni sur la grammaire qui ne repousse pas se mutiner de, ni sur l'usage; car les exemples cidessus le montrent employé par plusieurs auteurs.

— HiST. XVI* s. Son cœur enflé de rage au dedans se mutine, desportes, Angélique, i. Craignant que lesreitresnese mutinïissent par faute de payement, LANODE, 687. Quant au menu populaire, il le mulinoit aussi, en lui donnant à entendre que ce n'estoit qu'un songe que la liberté qu'on leuravoit promise, AMYOT, Thésée, 40. Les Gaulois en furent si mutinez et si courroucez qu'ils ne voulurent plus aucunement dilayer, ains marchèrent en toute diligence devers Rome, lu. Com. 29. On traitte des moyens pour mutiner les villes. Pour nourrir les flambeaux de nos guerres civiles, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÉTVM. Mutin.

MUTINERIE (mu-ti-ne-rie), ». f.\\i' Action de celui qui se mutine. Son ordre excitait seul cette mutinerie, corn. Ilérad. v, 7. Dans les séditions populaires, un homme adroit qui saura manier et ménager avec art les esprits de la populace lui fera quelquefois tourner sa fureur contre ceux auxquels on pensait le moins; ce qui rend ces sortes de mutinerie extrêmement dangereuses, boss. i' sermon, Compass. de la sainte Vierge, a. Par le refus formel desdits habitants qui n'agissaient que par un esprit de mutinerie qui tendrait à rébellion. Arrêt du Cont. d'État, I" déc. «722. || 2' Obstination d'une personne qui se dépite. C'est qu'un enfant qui joue dans un chemin et qui ne veut pas interrompre son jeu pour laisser passer une charrette, fait par dépit et par mutinerie ce qu'un homme ne fait point 'par raison, fénel. Viol, des morts, diat. i».

— HlST. xvi* s. Par la mutinerie des gens do guerre, d'aub. llist. i, 313. Faisant ce que possible luyfut pourappaiserlamutinerie.M.DU BELLAï, 4i)3.

— ÉTYM. Mutiner. On trouve dans le xvi* siècle mutinatton et mutinement.

t MUTIQUE (mu-tik'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a ni pointes ni piquauU, par opposition à mucroné, aristé.

— ÉTVM. Même radical que muter.

i. MUTIS.ME (mu-ti-sm'),i. m. Impuissance d'articuler les sons. Mutisme de naissance. Mutisme accidentel. Il Fig. Lo mutisme imposé à la presse.

— ÉTYM. Lat. mutus, muet (voy. «ue 2).

t 2. MUTISMF, (mu-li-sm'), s. m. S'est dit pour mutage, thïnahu. Traité de chim. t. m, p. 175, dans

POUGKN».

t MUTITÉ (mu-ti-té), f. f. Terme de médecine. Privation de la parole, de la voix articulée.

— ÉTYM. Lat. mutus, muet.

t MUTUALISTE (mu-tu-a-li-st'), f. m. Actionnaire d'une »oci(''lé d'assurance mutuelle.

t MUTUALITÉ (inu-tu-a-li-té), s. f. Néologisme. État dece qui est mutuel. Le système de la mutualité pour l'eiiieignemeiit primaire. || Système des société» d'assurance mutuelle, de coopération mutuelle.

— ÉTYM. Mutuel.

MUTUEL, ELLE (mu-tii-èl, *-!'), od;'. || 1* Qui s'échange entre deux ou plusieurs personne), entre deux ou plusieurs cbote». Tu lo &ai», lu l'a» vu, quand c<>s flU de h lerre Par leurs coups mutuel» terminjrfnt leur guerre, coHN. Médée, m, a. Leur flamme est mutuelle; Il adore Emilie, il est adoié d'elle, lu. Cinna, ui, t. Que U probité pouvaitsouffri' ce» complai»ance» mutuelle» qui, étant devenue*

volontaires, ne blessent presque plus la bonne fol et maintiennent la paix et la politesse du monde, FLÉCB. Duc de Mont. Le bonheur des amants est d'être mutuel, ouin. Agrippa, iv, 4. Nous ne sommes pas faits, je le vois, l'un pour l'autre ; Mon bien se monte à tant; tenez, voilà le vôtre; Partez; délivrons-nous d'un mutuel souci, boil. Sat. x. Allons donc assurer cette foi mutuelle, rac. Jfi(/ir. ii, 4. Ja plains mille vertus, une amour mutuelle, id. Iphig. I, 4 . Il 2° Enseignement mutuel, voy. enseignement, n° 3. Il 3" Assurance mutuelle, contrat de société par lequel les assurés s'engagent mutuellement i payer les dommages éprouvés par un d'eux dans une circonstance prévue, telle qu'incendie, etc. Le» assurés y sont assureurs les uns des autres; ella difl"ère de l'assurance à prime fixe dans laquelle le» assurés payent à l'assureur une prime fixe à lorfait, et l'assureur les indemnise, sans qu'ils contribuent plus ou moins selon les sinistres arrivés dans l'année. L'aléatoire des sinistres annuelsincombeaux assurés dans l'assurance mutuelle, à l'assureur dan» l'assurance à prime. || Populairement. La mutuelle, l'assurance mutuelle. Je suis assuré à la mutuelle.

— SYN. mutuel, BÉciPBOQnB. Mutuel désigne l'échange; réciproque, le retour. Le premier exprime l'action de donner et de recevoir de part et d'autre; le second, l'action de rendre selon qu'on reçoit. On dit que l'alTection est mutuelle, pour signifier qu'on s'aime l'un l'autre ; on dit qu'elle est réciproque, pour marquer qu'on se rend sentiment pour sentiment. Le don est surtout mutuel quand il est le même ou du même genre de part et d'autre; il n'est que réciproque s'il s'agit d'objets difl'érents cédé» en compensation. Un mari et une femme s'engagent mutuellement leur toi, et ils s'engagent réciproquement à des devoirs différents, lavkaux. L'enseignement mutuel est mutuel et non pas réciproque : car si A instruit B, lî n'instruit pas A réciproquement; mais il rendra à C ce qu'il a reçu de A, et C à son tour rendra à D et ainsi de suite ; la mutualité a donc un sens plus étendu que la réciprocité.

— HIST. XIV" s. Action mutuelle, si comme quand aucun a faict autre convenir devant le juge, et la convenu faict devant le mesme juge convenir celuy qui l'a premièrement faict convenir pour respondra àluy, BOUTKiLLER, Somme rural, litre 27, p. (57, dans LAC0RN8. || xvi* s. Confession mutuelle, calv. Instit. 490.

— ÉTYM. Dérivé du lat. mu(uui; sicilien, \i.otto:, (loîTov àvti fioîtou, par pari; on le rattache au radical sanscrit ml, changer.

MUTUELLE.MENT (mu-tu-fc-le-man), adj. D'una manière mutuelle. L'ordre qui montre le plus naturellement de tous en quelle sorte elles [des lignes, dans un problème de géométrie] dépendent mutuellement les unes des autres, desc. Géom. i. Hél mutuellement croyons-nous gens de bien ; Je risque plus du mien que tu ne fais du tien : Accepte sans façon le marché qu'on propose , hol. Sgan. 22. Ces deux puissances [le saint-siége et la royauié] d'un ordre si différent ne s'unissenl pas, mais s'embarrassent mutuellement, quand on les confuul ensemble, boss. flei'ne d'/liifl/cl. C'estainsi qu'ils (Cundé et Turenne dans la bataille do Nordlingenj se donnaient mutucllementun repos qui les appliquait chacun toutenticr à son action, ID. Louis de Uourbon. Les poêles el ceux qu'on nomme littérateurs sont presque les seuls artistes auxquels on puisse reprocher ce ridicule* de se déchirer mutuellement sans raison, volt. Mél. litt. Mém. sur la satire. Critique permise.

— HIST. xvr s. Un chacun se doit tenir sobrement avec sa femme, et la femme mutuellement avec son mari, calv. Instit. 3t>5. Quand le Seigneur nous offre remission de nos péchez, il a accoustuinô de requérir mutuellement de nous amendement da vie, ID. ib. 477. Mari et femme n'ayant enfan» sa peuvent entre-donncr inuluoUement, pourvu qu'il» soient égaux en s.inté, ago el chevancc, loysel, 428.

— ÉTYM. Mutuelle, el lo suffixe ment.

t MUTOELLIS.MB {mii-tu-è-li-sm'), s. m. Sy»tème des mutucllistes. || Leur a.ssocialion.

f MUTUELLISTE (mu-tu-è-li-sf),». m. Membro d'une corporation des maîtres ou chefs d'atclior i Lyon.

— ÉTYM. MutueL

MUTULB (mu-tu-H, ». f. Terme d'architecture. Ornement propre à la corniche de l'ordre dorique; c'est ce qu'on appelle modillondanslcsautres ordres.

— ÉTYM. Lat. mutulus, lo même que mylufu», (AÛtilo;, une moule, une coquille.

t MVALftIE (mi-al-jie), ». f. Terme de médecine. Douleur des muscles.

— ÉTYM. M0(, muscle, et iXYo<, douleur.

MYI

t MTCÉLirM (mi-sé-li-oni[), t. m. Terme de botanique. Le blanc du champignon, assemblage dé filaments produits de la végétation des spores et servant de support oiv de racine aux champignons. Le mycélium est la vraie plante, la partie végétative dont le champigQOD proprement dit n'est que U fructification.

— ÊTYM. Formation irrégulière de hOxti;, champignon (même radical que to lat. mucuj et>nucor,le champignon étant considéré comme une mucosité).

t MYCÉTOGnAI'lIlE (mi-sé-to-gra-fie) , t. f. Description, hisioire des champignons.

— ÉTYM. Mûx>ic, champignon, et >,ôto(, traité.

t MYCÊTOLOGIE (mi-sé-to-lo-jie) , t. f. Partie de la bjtj.nique qui s'occupe spécialement de l'étude des champignons.

— ÉTYM. Mû*»);, iiûxviTo;, champignon, et Xo- •jo;, traité.

t MYCOGENIE (mi-ko-jé-nie), s. f. Terme d'histoire naturelle. Production de mucédinées.

— ÊTYM. MiJxo«, mucédinée, et le suffixe génie, production.

t MYCOOÉMQtJB (mi-ko-jé-ni-k"), adj. Qui produit des mucédinées.

t WYCOGLYCOSE (mi-ko-gly-kô-z"), t. f. Terme de chimie. Glycose qui se forme aux dépens de la lactine, au contact de l'acirie sulfurique.

— ETYM. Mûxo;, mucus, cl glycose.

t MYCOLOGIE (mi-ko-lo-jie), s. f. Histoire des mucédinées.

— RTVM. MCxo(, mucédinée, et ).6yoc, traité.

t MYCTÉRIE (mi-klé-rie), ». f. Genre d'oiseaux de l'ordre des échassiers, dans lequel on dislingue la myctérie américaine, dite vulgairement jabiru et collier rouge.

— F.TYM. Muxrrip, trompe d'éléphant.

t MYDRIASE (mi-dri-a-z'), s. f. Terme de médecine. Paralysie de l'iris caractérisée par la dilatation permanente de la pupille.

— ÊTYM. M'jStiaatç.

t MYDRlATiyUE (mi-dri-a-tik'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la mydriase. Substances mydrialiqucs, substances qui la produisent.

t MYE (mip), t. f. Genre de coquilles bivalves.

I MYELEN'CÉPHALE (mi-é-lan-sé-fa-l'j, ». m. Terme d'anatomie. Nom donné aux parties centrales du système nerveux, la moelle épinière et l'encéphale.

— ÉTYM. MucXôc, moelle, et encéphale.

t MYÉLINE (mi-é-li-n'), ». f. La substance médullaire contenue dans les tubes nerveux.

— ÉTYM. Mu!>A;, moelle.

t MYÉLITE (mi-é-li-f), s.f. Terme de médecine. Inflammation d« la moelle épinière.

— ÉTYM. Mue),o;, moelle, et la finale médicale t(e indiquant inflammation.

t MYÉLOCYTE (mi-é-lo-si-f), ». m. Terme d'anatomie. Éléments de la substance grise du sy«tè-me enccphalo-rachidien.

— ÉTYM. MueXoi;, moelle, et xOxes, cellule, loge. + MYÉLOl(UE(mi-é-lo-i-d'), adj. Terme de pathologie. Qui ressemblée la moelle des os.Tumeur myéloïde.

— ÉTYM. Mu£).4;, moelle, et eîîo;, forme.

t MYÉLO.MALACIE (mi-é-lo-ma-la-sie),»./'. Terme de mcdvcinc. Ramollissement de la moelle épinière.

— ÉTYM. Mue) o;,moelli!, et |ia),axi«, ramollissement, t MYÉI.OMK (mi-é-lô-m'), ». m. Tumeur de la

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