XXIV
— HlST. xiv 9. L'iver fut si plains de noifs [neiges] et de gelées, que le Tibre, closes ses voies, fut fet non naviable, BERcnEURE, f° (Oi , verso. \\ xvi* s. Le fleuve deîhais, un des plus navigables de toute l'Escosse, BEAUGoé, Guerre d'Ecosse, ii, 27. Ce lac est navi^ible d'assez grands bateaux, autot, Lucut.
— ÉTYM. Lat. navigabilis, denavigare, naviguer.
t N.4VIGANT (na-vi-gan), s. m. Celui qui navigue. Je vous puis assurer, monseigneur, que.... j'ai agi avec beaucoup de retenue avec les habitants de ces lies [de la Grèce] et avec tous les navigants dans ce passage qui est fort fréquenté, Duquesne à Seignelay, (68), dans jal.
NAVIGATEUR (na-vi-ga-teur), s. m. \\ !• Celui qui navigue, qui fait des voyages de long cours sur mer. Les plus fameux navigateurs , au nombre desquels on peut hardiment mettre M. Halley, même dans ce qui regarde purement l'art et la manœuvre delà navigation, hairan. Éloges, Halley. On a de H. Duhamel un traité sur la conservation de la santé des navigateurs, condorcet, Duhamel. Il [le capitaine Cook] sera toujours à mes yeux le premier des navigateurs, LA pérouse, Voyage, t. n, p. <08, dans pouGEKs. Entraînés par un mouvement commun à tout ce qui nous environne, nous ressemblons au navigateur que les vents emportent avec son vaisseau sur les mers, laplace, Expos, ii, 1. 1| Adj. Les Phéniciens n'étaient qu'une nation très-bornée dans son territoire et dans sa puissance; et c'est la première dans l'histoire des nations-, il n'en est aucune qui ne parle de ce peuple ; il fut connu partout, il vit encore par la renommée : c'est qu'il était navigateur, raynal, Ilist. phil. i, i, Introd. Plusieurs [fruits] furent taillés en nacelle, en gondole; Sur les champs de Thétis les caprices d'Éole Promènent à leur gré ces fruits navigateurs, delille, les Trois règnes, vi. Tous les flots sont peuplés d'oiseaux navigateurs, id. Parad. perdu, vu. || Peuple navigateur, peuple adonné particulièrement à la navigation. Il 2' Homme qui entend la conduite d'un vaisseau. C'est un excellent navigateur. || 3° Poéti- (^ement et fig. Homme qui vogue dans un ballon. Ici, que vois-je? est-ce un aigle qui vole, Et du soleil mesure la hauteur? C'est un ballon; voici la banderole, Et la nacelle et le navigateur, bA- BANo. Feu du pris.
— HIST. XV' s. Le comte [de Flandres] ....le fit [Jean Lyon] doyen des navieurs [commerçants par eau], FBOiss. ii, u, 52.
— ÉTYM. Lat. navigatorem,de navtgare, naviguer. NAVIGATION (na-vi-ga-sion ; en vers, de cinq
syllabes), s. f. || !• Action de naviguer sur la mer, sur les lacs, sur les fleuves. Alger.... nous verrons la fin de tes brigandages.... et la navigation va être assurée par les armes de Louis, boss. Uar.-Thér. Ou équipe par ses conseils et presque à ses dépens un vaisseau qui doit porter dans la Chine les richesses ie l'Evangile; le ciel, la mer, les vents favorisent l'abord cette entreprise; mais Dieu, dont les jugeooeiits sont impénétrables, rompt le cours de celte heureuse navigation, klêch. Aiguillon. L'art de la navigation consiste en deux parties : le pilotage qui regarde principalement l'usage de la boussole, et la manœuvre qui regarde la disposition des voiles, du gouvernail et du vaisseau par rapport à la route qu'on veut faire et aux avantages qu'on peut tirer du vent, fonteh. Renau. L'astronomie et l'art de la navigation sont portés à un si haut point de perfection, qu'on {ieut raisonnablement espérer d'avoir un Jour une connaissance exacte de la surface entière du globe, BOFp. Histoire naturelle, Preuv. théor. Urr. Œuvr. t. i , p. 928. || La navigation d'une mer, d'un fleuve, l'action de naviguer sur une mer, sur un fleuve. Quelle énorme quantité de gros arbres cerUins fleuve», comme le Mississipi, u'cn-
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traînent-ils pas dans la mer I le nombre de ces arbres est si prodigieux qu'il empêche dans certaines saisons la navigation de ce large fleuve, in. 3" Ép. nat. Œuvr. t. xii, p. <68. || Navigation intérieure, celle qui a lieu sur les lacs, les fleuves, les rivières et les canaux. Un système de navigation intérieure susceptible d'étendre ses ramificaiions dans des contrées que la nature ne semblait pas avoir destinées à profiter des avantages de ce mode de communication, gihabd, Instit. Mém. sciences, i. vu, p. i. Il Canal de navigation, canal qui porte des bateaux, par opposition à canal d'irrigation, lequel ne sert qu'à distribuer des eaux. || 2° La navigation, l'art de la navigation. La situation de Tyr est heureuse pour le commerce; c'est notre patrie qui a la gloire d'avoir inventé la navigation, fén. Tél. m. Les Romains n'avaient aucune connaissance de la navigation, montesq. Rom. iv. || Ecoles de navigation, écoles établies dans tous les ports, pour enseigner gratuitement aux navigateurs de toutes les classes qui se présentent, les mathématiques, la navigation et l'usage des instruments nautiques. Il 3° Voyage sur la mer, sur un lac, sur un fleuve. Ils ont fait de longues navigations sur la mer Rouge, FÉN. Tél. m. Sous Néchao, des Phéniciens avaient fait une navigation encore plus étonnante ; car, aprJs s'être embarqués sur la mer Rouge, ils avaient fait le tour de l'Afrique, et ils étaient revenus dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, conoillac , Hist. anc. i, <8. L'Europe a depuis deux siècles beaucoup augmenté sa navigation, montesq. Esp. XXIII, 24. Pline nous apprend qu'on prit successivement trois routes pour faire la navigation des Indes, ID. ib. XXI, ». Il Fig. Alors nous le vîmes s'oublier lui-même, et, comme un sage pilote, sans s'étonner ni des vagues ni des orages ni de son propre péril, aller droit, comme au terme unique d'une si périlleuse navigation, à la conservation du corps de l'État et au rétablissement de l'autorité royale, BOSS. le Tellier.\\^' Circulation des marchandises par les fleuves, les canaux. || 6° Acte de navigation, acte du parlement anglais, promulgué par Cromwell, à la suite du refus que firent les Provinces-Unies de s'allier à la république d'Angleterre. Il 6° Navigation aérienne, nom donné aux voyages qu'on fait en ballon.
— HIST. XIV* s. L'en doit faire comme font les mariniers, lesquiex, après la prem i ère na vigaoion .... quant vient à la seconde, il se traient vers le mendre [moindre] péril, obesme, Klh. 54. ||xvi*s. Elle [Carthage] n'est distante de Rome que de trois journées de navigation, ahyot, Arist. et Cat. comp. bi.
— ÉTYM. Lat. navigationem , de navtgare, naviguer. On disait anciennement navigage, et plus anciennement encore naviage.
NAVIGUER (na-vi-ghé), je naviguais, nous naviguions, vous naviguiez ; que je navigue, que nous naviguions, que vous naviguiez, v. n. \\ 1° Aller sur mer ou sur les grandes rivières. Que ceux qui naviguent sur la mer racontent les périls que l'on y court, et en les écoutant nous serons ravis d'admiration, SACi, Bible, Ecclésiast.XLUi, 26. Ses citoyens [d'Athènes] excellaient dans l'art de naviguer; et la mer, où elle régnait, l'avait enrichie, BOSS. Ilist. m, 6. Il On dit d'un matelot qui n'a pas fait de voyage sur mer, qu'il n'a pas navigué. ]| Naviguer à part, servir à bord d'un bâtiment de commerce moyennant une part dans les bénéfices. || Naviguer au voyage ou à la traversée, s'engager à bord moyennant salaire. || 2° U se dit de la manière dont un pilote conduit un navire. Ce pilote navigue bien. Il 8° En parlant du vaisseau même, se comporter à la mer. Ce bâtiment navigue bien, navigue mal. Un navire qui entre beaucoup dans l'eau navigue vers le même côté à presque tous les vents, MONTESQ. Esp. XXI, «. {j Naviguer dans les terres, se dit lorsque, la carte maritime se trouvant fausse, le vaisseau navigue dans un espace indiqué sur cette carte comme terre. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire aïoi'r. Il 4' Activement, en termes de marine, naviguer une chaloupe, la faire avancer avec des rames. Il On dit quelquefois naviguer l'un et l'autre océan.
— KEH. On disait de préférence, dans le xvii* siècle, naviger, forme qui a duré jusque dans le xviu" : Tous les gens de mer disent naviguer ; mais à la cour on dit naviger, et tous les bons auteurs l'écrivent ainsi, vaugel. Rem. 1. 1, p. )05, dans pougens. Faconde naviger nouvelle, la font. Fiancée. Puis bientôt en grande eau sur le fleuve de Tendre Naviger à souhait, boil. Sat. x. Les anciens, n'ayant pas de boussole, ne pouvaient guère naviger que sur les cflles, montesq. Rom. iv.
— lUST. xu' s. E cuidoit, par son grant orgoil, à
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negier par la terre, et aler par la mer, ffachab. n, 6. 11 se navient le travers de la mer, Roncisv. p. ii8. •il XVI* s. Oultre ces pays icy n'y a plus que de la vase que l'on ne peut naviger, amyot. Thésée, t. U navigua en Sicile, id. Thém. 47.
— ETYM. 'Wallon, naivi; provenç. navejar, navn/ar , espagn. et portug. navegar; ital. navigare ; du lat. navigare, de navis, nef, et le suffixe igare, dérivé de agere, conduire.
NAVILLÉ (na-vi-ir, U mouillées), s. f. Nom que nous donnons en français aux canaux d'irrigation de la Lombardie.
* — ÉTYM. Ital. naviglio, flotte et aussi canal pour bateaux, de nat'e, nef, navire (voy. nef). Naville dam l'ancien français signifiait flotte: Tut son naville il a fait aprester, f!h. de Roi. ci.xxxv. Du temps de Saint-Simon, on ne francisait pas le mot italien : Le prince d'Elbœuf, posté avec cinq cents chevauv derrière un naviglio, avec défense de le passer, st-
EIM. 149, <77.
NAVIRE (na-vi-r'), ». m. || 1° Bâtiment qui sert à naviguer sur mer. Tout nous rit, et notre navire A la bonace qu'il désire, malh. m, 2. Du bris de mon navire au rivage amassé, bègnier, Ëlég. v. On voit comme une forêt de mâts de navires, et ces navires sont si nombreux qu'à peine peut-on découvrir la mer qui les porte, fén. Tél. m. La mergémissait sous le nombre et sous la grandeur énorme de nos navires, mass. Louis le Grand. Les navires longs à un rang de ramosfchez les anciens] s'appelaient aphractes, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas couverts, et n'avaient pas de pont ; on les distinguait par là des calaphractes qui en avaient, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 671, dans pougens. Pline et Strabon nous disent que le chemin qu'un navire des Indes et de la mer Rouge faisait en vingt jours, un navire grec ou latin le faisait en sept, montesq. Esp, xxi, 6. Plus un navire est petit, plus il est en danger dans les gros temps ; telle tempête submerge un navire, qui ne ferait que le tourmenter s'il était plus grand, m. ib. On lui accorda [à Colomb] trois petits navires et quatrevingt-dix hommes ; avec celte faible escadre, dont l'armement ne coûtait pas cent mille francs, il mit à la voile le 3 août 1492, raynal, Hist. phil. vi, s. Qu'il va lentement le navire X qui j'ai conl!é mon sorti bérano. le Retour. || Fig. Il est, Chateaubriand, de glorieux navires Qui veulent l'ouragan plutôt que les zéphires, v. hugo, Odes, m, 2. || Navire I cri de l'homme en vigie, pour avertir quand il découvre un bâtiment au large. || 2° Petit navire, nom donné anciennement au loch. || 3° Navire de registre, nom qu'on donnait en Espagne à un navire marchand auquel le conseil des Indes avait accordé la permission d'y aller trafiquer, moyennant une certaine somme et sous certaines conditions. || 4* Terme d'astronomie. Le Navire Argo, constellation de l'Iiémisphère austral.
— REM. Ce mot a été longtemps d'un genre incertain, tantôt masculin, tantôt féminin, comme on peut voir à l'historique. Malherbe Ta fait féminin dans ce vers : Car aux flots de la peur sa navire qui tremble, i, 4 ; Ménage, dans sa remarque sur ce vers, dit que navire féminin est partout usité en poésie où il fait mieux. Bossuet aussi : De même que l'ancre empêche que la navire ne soit emportée... boss. dans gandah. Choix de sermons de la jeunesse de Bossuet, p. < Si. Aujourd'hui navire n'est plus que masculin.
— SYN. BATIMENT, VAISSEAU, NAVIRE. Bâtiment
est le terme général. Vaisseau se dit plutôt des bâtiments de guerre, et navire de ce qui n'est pas bâtiment de guerre. Ces distinctions, qui sont techniques, n'empêchent pas que V. Hugo ait bien dit : Le navire à trois ponts qui tonne avec l'orage, Feuilles d'automne, l. Le langage commun confond naviro et vaisseau ; étymologiquement, bâtiment S8 rapporte à la construction ; vaisseau à la contenance, à la capacité; et navire, qui est le plus précis, à l'acte d'aller S'ur mer.
— lllST. XI* s. Par Scbre amont tut lur naviries [ils] turnent, Ch. de Roi. clxxxvii. || xu* s. Li reis feist atumer navirie en Asiongaber, Rois, p. 270. Il XIV* s. Et si avoient navire de deux cent nefs , Chron. de Saint-Denis, t. l, ^ 421, dans lacurne. Celui qui est maistre de navire, oresme, Eth. lia. Il XV* s. Lesquelz Anglois ont prins et destroussé aucuns navires, du cange, abotinare. Si ils en estoient seigneurs [d'Audenarde], ils auroient la bonne rivière de l'Escaut et le navire [navigation] à leur aise et à leur volonté, froiss. 11,11, 68. Et à tout ledict navire [avec ladite flotte] vint à Rhodes devers le mareschal, Bouciq. 11, 14. Dedans l8
NE
NE
NE
roi
BSTiie, COMM. vil, )3. Je suis d'avis que hastivejneiit las deux navires [barques] soient mises es 'ossez.... Perceforest, t. l, f° 83. ||xvi* s. Aussi facilement que le timon faict retourner la navire.... BONT. II, «9 5. Tous les navires qui relaschoient du port de Pyrée, m. ii, 220.
— ÉTY.M. Bourg, naivire, t. f.; du bas-latin nor»—'nm, dérivé du latin narts (voy. nef). Navire signifie proprement flotte, puis, par restriction, vais- «eau. La forme navirie est purement orthographique, rt ne compte que pour trois syllabes. X côté de navire, il y avait une forme en l : bas-Ialin, navilium; provenç. navili, riaveli; ital. navile, natiglio.
N.WRANT, ANTK (na-vran, vran-t"), adj. Qui navre. Une scène navrante. Des maux navrants.
— REM. On a proposé de former le substantif navrancejil serait utile; mais jusqu'à présent il n'a pas été adopté.
NAVRÉ, ÉE(na-vré, vrée), part, passé de navrer. [] !• Blessé. Je suis résolu de vous écrire des lettres toutes pures d'amour, pleines de feux, de flèches et de cœurs navrés,voiT.ie«. 28. Quand ces bergers navrés, tout moites de leur sang„.. pégnieb, Dial. ||2" Kig. Navré de douleur, blessé d'une profonde douleur. Père et mère, navrés de douleur sur la dépense..., maudissant l'heure et le jour de son mariage, 3ÉV. 25 oct. 4679. Il Absolument. Très-affligé. On passe sa vie à espérer, et on meurt en espérant; adieu, monsieur, vous m'avez instruit, mais j'ai le cœur navré, volt. l'H. aux 40 écus, Entretien avec un géomètre. Mais du temple voisin quand la cloche sacrée Annonça qu'un mortel avait quitté le jour, Chaque son retentit dans mon âme navrée, millev. ÉUg. 1, 2.
NAVRER (na-vré), v. a. || l" Blesser (peu usité en ce sens qui est le sens propre). Cette manière de s'armer jusqu'aux dents avec ses amis me paraît si cruelle, que j'aime cent fois mieux me présenter nu et être navré, j. j. rouss. Leit. à du Peyrou, 8 janv. 1767. Il 2" Ancien terme de jardinier. Donner un coup de serpe à l'endroit d'un échalas ou d'une perche qui ne sont pas assez droits. Si vous voulez bien planter cet échalas, il le faut un peu navrer, LA QLiNTiNYE, Jard. 1, dans richelet. || 3" Fig. Causer une souffrance morale comparée à une blessure. Les lumières.... Qui, me navrant le cœur, me promettaient la paix, bégnieb, Élég. u. C'est assez, ce me semble, de déplorer les perles publiques; c'est peu pour moi d'en être navrée, maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, 4 sept. 4 7u4. Vous navrâtes mon âme des plus amèrcs <louIeurs que j'aie jamais senties, ). j. nouss. t" dial. Je suis navré que vous soyez dupe à ce point, et que vous le soyez d'un homme si vil, d'alemb. Lett. à Voltaire, n mai (773.
— HIST. XI* s. Oliviers sent qu'il est à mort naffret, Ch. de Roi. cxlv. || xiii* s. Tous les navrés ne tous les mors, ne quanques s'en issit, ne sai je mie deviser, villeh. lxxv. Lors fu il |Nlnus] navrez d'une saiete dont il morut en la fin, urun. lat Très. p. 32. Crestiens de Troies dit uiiex [mieux] Du cuer navré de dart des iex. Que je ne vos porrole dire, huon le hehi, dans iiolland, p. 267. Il xvi* s. Tant feut grand le cry des navrez que le prieur de l'abbaye sonil, hab. Carg. I, 27. Cassar, couvrant son visage avec sa robbc, abandonna son corps à qui le voulut navrer, amyot, Brut. 20.
— ÊTYM. Norm. nafre, coup, blessure; provenç. nafrar, naffrar; \U\. natcrare, dans le composé iuiiaverare ; de l'anc. h. allcm. naOagér; bollànd. nniger, neffiger; scandin. no/or, tous mots qui signifient instrument pour percer,
t NAZARÉEN (na-za-ré-in), ». m. Habitant de N,iz,-iretli, ville de Galilée. Sur la croix, l'inscription désigne Jésus comme Nazaréen {Étang, de SI Jean, XIX, <»). Tu as vaincu. Nazaréen, mot attribué â l'emp''reur Juliea blessé & mort dans son expédition contre les Herses. || Nom donné anciennement aux chrétiens.
\ NAZIBÉAT (na-zi-ré-a), «. m. Condition du naziréen.
t NAZIRÉF.N (na-zi-ré-in), (. m. Ilébren qai fatlait vœu do laisser croître ses cheveux, et de no point boire de vin (FI. Josè^u),
— LTYH. Hébreu, na:ir, séparé, parce que ces hommri se séparaient de la vie commune.
t NAZORÉKXS (ni-zo-ré-in), ». m. pi. Secte cliriiiiciiiio (voy. sabéisme).
NE (ne). || 1* Mot qui rend une proposition négative et qui précède toujours le verlie ; seul et isolé de pat ou point, il n'a plus son ancienne vertu né- Cative que dao* certains emplois déterminés. Nf.
s'emploie seul avec les verbes cesser, oser, savoir, avoir garde, pouvoir et importer (impersonnel). U n'a cessé de gronder. On n'ose l'aborder. Il n'a garde d'y manquer. Je ne puis me taire. L'un dit : je n'y vais point, je ne suis pas si sot; L'autre : je ne saurais, la font. Fabl. n, 2. Il n'importe d'avoir payé Le Vacher ou non, sÉv. l" août 1085. il Toutefois, en ces cas, on peut mettre aussi pas ou point. U ne cesse pas de gronder. Chacun demeure d'accord qu'il ne pouvait pas mieux jouer, mol. Cril. se. 6. Il 11 sedit seul avec d'autres verbes, mais dans le style familier et un peu archaïque. L'âne appelle aussitôt le chien à son secours : Le chien ne bouge et dit.... la font. Fabl. vui, (7. Le jeu n'est sur avec cette ribaude, boil. Épigr. m. |1 On la met seul aussi avec l'impératif, mais dnns la conversation et dans le style familier. Ne bougez d'ici. Tiens cette bague, et ne la lâche, la f'ont. Ann. Il Cela se fait encore quelquefois à l'impératif, dans la poésie élevée. Henri.... Ne refuse k mes vœux un favorable appui, malb. i, 4. || 2° Dans des phrases négatives ou interrogatives, ne se dit seul au second membre, quand ce second membre est négatif. Y a-t-il un homme dont elle ne médise? Avez-vous un ami qui ne soit des miens? Je ne vois personne qui ne vous loue. Don Rodrigue, surtout, n'a trait en son visage Qui d'un homme de cœur ne soit la haute Image, corn. Cid, i, *.\\ 3° Ne se dit seul quand l'étendue de la négation est restreinte par quelque terme. Il ne lit guère. Je ne sortirai de trois jours. Tout fut mis en morceaux; un seul n'en échappa, la font. Fabl. m, 43. Il n'est demeure plus secrète, id. t6. x, 4. Chose n'est ici plus commune : Le bien nous le faisons, le mal, c'est la fortune, ID. ib. VII, 44. Il 4° Ne se dit seul avec autre et que. Je n'ai d'autre désir que celui de vous être utile. Il Mais on peut dire aussi : je n'ai pas d'autre désir.... Il 8° iVe se dit seul, quand le mot que signifie pourquoi, au commencement d'une phrase, ou quand il sert à exprimer un désir, à former une imprécation. Que n'êtes-vous arrivé plus tôt! Que ne m'est-il permis.... Que n'est-il encore vivant I Il 6° Après depuis que ou il y a, suivi d'un mot qui indique une certaine quantité de temps, on se sert de ne seul, quand le verbe est au parfait. Depuis que je ne l'ai vu. Il y a six mois que je ne lui ai parlé. || Mais il faut pas ou point, si le verbe est au présent; ce qui forme un sens tout différent. Depuis que nous ne nous voyons pas. 11 y a six mois que nous ne nous voyons plus. || 7* Ne se dit seul dans un membre de phrase gouverné par si, au sens de â moins que. Je ne sortirai point, si vous ne me venez prendre en voiture. || Cependant on dit aussi, quoique moins bien : je ne sortirai pas si vous ne venez pas me prendre en voiture. || 8* On se sert de ne seul, lorsque deux négations sont jointes par nt. Je ne l'estime ni ne l'aime. Heureux qui n'a ni dettes, ni procès! || On s'en sert aussi quand ni est redoublé, soit dans le sujet : Ni les biens ni les honneurs ne valent la santé; soit dans l'attribut : Il est avantageux de n'être ni trop pauvre ni trop riche. |) 9° C'est ne seul qu'on emploie dans la lournuren'^Iai'l, n'eût été, qui se dit pour si ce n'était, si ce n'eût été. Et je suivrais encore un si noble exercice, N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour. Je vous vis et je fus retenu par l'amour, cobn. le tient, i, 3. Confessez-le, ma sœur, vous siiuriez vous en taire. N'était le testament du feu roi notre père, lu. Pomp. I, ï. Et n'eût été Léonce, en la dernière guerre, Ce dessein avec lui serait tombé par terre, lo. Uéracl. 1, 4, Je le trouvais en vous, n'eût été la bassesse Qui pour ce cher rival contre moi 8'intéres>e, ID. Sertor. iv, t. Je me soucierais peu de ce qu'ils
peuvent dire, n'était l'artifice mol. Tart. Préface.
11 10' Lo plus ordinairement, ne, jugé insuffisant par l'usage, est accompagné do pu» ou poi'nf, ce qui fait la négation complète; toutefois il ne faut pas oublier que lo sens négatif appartient à ne seulement, et que pat et point sont do» mots essentiellement afllrniatifs. Il no veut pas. No viondra-t-il pas avec nous? Ne vendez point votre maison. || On peut mettre indifTéremment pat et point devant ou après le verbe, s'il est i l'infinitif : pour ne pas souffrir, pour ne souflrir pas. Toutefois la première façon de parler est la plus usitée. || hans le» temps simple» du virbe, paiet point doivent toujours suivre le verbe. Il ne souffre point. Il no soufl'rit pas. Il Au contraire, dans les temps composés, ils M mettent entre l'auxiliaire et le participe. Il n'a point souffert. Il n'a pas clianté. || l'our la distinction entre pat et point, voy. pas. || Lorsque ne n'est suivi ni de pat ni depotnl ni d'aucun autre mot équivaloul, lo sens de U proposition est moins uéuatif. Je
ne sais marque une ignorance moins absolue que je ne sais pas. || Quant aux différents emplois de savoir avec ne, voy. savoir. || 11° Les mots personne, rien, goutte, jamais, mot, jouent avec ne le même rôle que pas ou point. Je n'y connais personne. Je ne le verrai jamais. Je n'y vois goutte. Je ne demande rien. Je ne dis mot. Il 12° Nul, qui est essentiellement négatif, est toujours accompagné de ne, quand il n'est pas attribut (autrement on ne met pas ne : ses moyens sont nuls) . Je n'ai nul souci. Je vous porterai tous, Lun après l'autre, en ma retraite; Nul que Dieu seul et moi n'en connaît les chemins, la font. Fabl. x, 4. Il 13° JVe.... pas.... ne.... pas, double négation qui affirme. Je ne puis pas ne pas croire qu'il en est ainsi, c'est-à-dire je suis forcé de croire qu'il en est ainsi. Ces archers aux casaques peintes Ne peuvent pas n'être surpris, [Ayant â combattre les feintes De tant d'infidèles esprits, malh. ii, 4. Il 14* JVe est dubitatif après les verbes craindre, trembler, apprdiiettder, avoir ,.»"'<r et expressions analogues. Je crains qu'il ne 'f'-\ ve. Je tremble qu'il ne s'aperçoive de ma fa: > etc. Dans ces phrases, il n'y a aucune négatiai, et «e n'exprime que le caractère dubitatif. 1, .Juand le verbe douter est négatif ou simplement interrogatif, on emploie le ne dubitatif dans la seconde proposition, à moins qu'on ne veuille exprimer une chose positive et en quelque sorte incontestable, comme : Je ne doute pas que César ait été assassiné dans le sénat. Doutez-vous que je sois votre ami ? || De même, lorsque le verbe de la proposition primordiale est nier ou l'un de ses équivalents discon^ venir, désespérer, employés négativement, on se sert de la dubitative ne dans la proposition complétive, à moins que cette proposition ne renferme aucune idée de doute , n'exprime un fait incontestable comme : Je ne nie pas qu'il y ait un Dieu. Je ne nie pas que vous soyez heureux, lkgoabant. Il 15° Ne explétif après un comparatif d'inégalité suivi de que et d'une proposition complétive. Vous écrivez mieux que vous ne parlez. II est plus riche qu'il ne l'était. Elle est plus belle que vous ne croyez. Je pars plus amoureux que je ne fus jamais, RAC. Bérén. l, 4. Je vous entends ici mieux que vous ne pensez, m. Uiihr. il, 4. Depuis l'invention de la poudre, les batailles sont beaucoup moins sanglantes qu'elles n'étaient, parce qu'il n'y a presque plus de mêlée, MONTtSQ. Lett. pers. 406. ^ Le caractère explétif de ce ne est prouvé par le latin qui ne met point de négation : dtd'or est quam erat, U est plus riche qu'il n'était. || Après les mêmes comparatifs d'inégalité, si le premier membre est négatif, le second d'ordinaire ne prend point le ne explétif. 11 n'est pas plus riche qu'il était. Vous n'écrivez pas mieux que vous parlez. Ils n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont, desc. Méth. i, 4. Je ne crois pas qu'un puisse mieux danser qu'ils dansent, idOL. Àm. magn. n, 4, On n'en peut pas useï mieux que je fais, je pense, m. Tari, v, 4. On n'est pas plus maître de toujours aimer qu'un l'a été de ne pas aimer, la brut. iv. I.es rochers do Thessalio ne sont pas plus sourds ni plus insensibles aux plaintes des amants désespérés que Téléniaque l'était à toutes ces offres, rtn. dans cihault-duvivieu. Il Cependant des écrivains ont mis ce ne, et, quoique des grammairiens aient noté cola comme une faute, le caractère explétif de ce ne no permet pas, grammaticalement, de souscrire à leur décision. Cependant vous m'aviez fait uno réponse, et on ne peut avoir été mieux perdue qu'elle ne l'a été, SÉV. dans oirault-dovivier. L'animal que l'on appelle cujuacu-apara ne diffère pas plus do notre chevreuil quo le cerf du Canada ne diffère do notre cerf, BUFF.dansoiBAULT-nuviviBR. || Quand, avec dct comparatifs d'inégalité, la phrase exprime uno vraie égalité, il faut mettre le ne explétif. Vou.s n'écrivcl pas mieux que vous ne parlez, c'csl-â-dire vous écrivez aussi mal quo vous pariez. L'exlstenco do ScipioD ne sera pas plus doutr"iso dans dix siècles qu'elle ne l'est aujourd'hui, d'à :p,mo. dans oiraultouviviER. Il Avec uno phrase interrogative, sansnégalion, on supprime le ne e/tpictif, parce quo c'est une vraie inégalité qu'on veut exprimer. Puis-je mieux servir un maître que j'ai servi don (iarcioT (e lUimnnde Zaide, dansoiBAULT-ouviviKR. Croyezvous i|u'un homme puisse être plus heureux que vous l'êtes depuis trois mois? j. j. houss. dans oi- RAULT-DuviviER. Quel mortel fut jamais plus heureux que vous l'éteal volt. Zaire, i, 2. ||Si la phrase exprime sous forme inleriogative ce qui aurait été exprimé sous forme négative, ou met ne. L'existence de Scipion sera-t-elle plus douteuse
dans dix siècles, qu'elle ne l'est aujourd'hui T || Si la phrase fist négative et interrogative, on met ne. Ne peut-on pas mieui servir un maître que vous n'avez servi don Garcie ? || Avec autre, autrement, on met le ne explétif. On se voit d'un autre œil qu'on oe voit son prochain, la font. Fabl. i, 7. || Le ne se supprime quand la phrase est négative, comme avec les comparatifs d'inogalilé. Vous ne pensez pas autrement que vous dites. Un glorieux est incapable de s'imaginer que les grands dont il est vu pensent autrement de sa personne qu'il fait luimême, LA BRUY. n. Il Avec avant que on met, si l'on »eut, un ne, qui est toujours explétif. Sortez avant qu'il ne pleuve. || 18* Ne... que, ne... pas... que, voy. que. Il 11° N'avoir pour un seul, ou n'avoir pas pour un seul..., n'avoir pas uniquement un seul.... Les autres n'ont pour un seul adversaire, la font. Mazet. Il Cette tournure esst l'équivalent correct du barbarisme vulgaire d'aujourd'hui, ne.... pas que, i|ui dirait : Les autres n'ont pas qu'un seul adversaire (voy. que). Il 18" JVe est quelquefois supprimé dans une formule interrogative. Le ciel permet-il pas d'aimer ou de haïr ? la font. Daphné, \i, 5. De quoi le peux-t» plaindre? ai-je pas réussi? mol. VÉi. iv, 5. Les querelles, procès, faim, soif et maladie, Troublent-ils pas assez le repos de la vie? id. Sgan. I7. Tai-je pas là-dessus ouvert cent fois mon cœur? Et sajs-tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur? in. Tart. Il, 3. Mais quels chants! loin de moi, fuis, pensée odieuse; Pur de plus beaux objets promenons mes regards; Vois-je pas de buveurs une troupe joyeuse? gilb. Je Printemps. \\ Cela ne se fait guère qu'en poésie; cependant en voici des exemples en prose. Y a-t-il pas plus de distance de l'infiilélité à la vertu? pasc. Fens. xxv, B5, dans havet. || 19°iVe a été employé pour ni; c'est un archaïsme. Il ne «aura qui, quoi, n'en quelle part, N'en quel logis.... LA FONT. Mandr. On n'avait vu, ne lu, n'ouï conter.... m. Je Diable de Papefig. Kt je veux, si jamais on engage ma foi, Un mari qui n'ait pas d'autre livre que moi. Oui ne sache A ne B, n'en déplaise à madame, uou F. sav.y, 3. Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon rendait un son harmonieux lorsqu'elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout de même me sens-je animé d'un doux transport à l'apparition du soleil de vos beautés, id. Mal. imag. u, a.
— REM. 1. L'e de ne s'élide devant une voyelle ou une h muette : Il n'a pas; Il n'habite pas ici. Il 2. Avec ne.... pas, un verbe et un complément, m met de sans article, que le complément soit au singulier ou au pluriel : Je n'ai pas d'argent; Je n'ai point vu de loups. || 3. Avec ne.... jamais, un »erbe et un complément, on met la préposition de sans article, que le complément soit au singulier ou au pluriel : Je n'ai jamais vu de loups; Il n'y a jamais de boue en cet endroit. ||4. Avec ne, un Terbe et un complément, si le complément est au «inguller, on met de et l'article déflni : U n'a versé de l'eau à personne; Il n'a donné du pain à nul autre qu'à vous; mais on dirait aussi : Il n'a répandu d'eau nulle part; Il n'a donné de vin à personne. Si le complément est au pluriel, on met de sans article : U n'a dit d'injures à personne; mais on dirait aussi : U n'a dit des injures à personne. Bref la négation ne n'empêche pas l'emploi rationnel ou le rejet de l'article.
— HIST. II* s. SI lo retumar non Tint poi» [si je ne l'en puis détourner], Serment. || x' s. E io ne dolreie (je ne serais pas chagrin].... Fragm. de Valenc. p. *6». No aiet niuls maie voluntatem contra sem peer, ib. Ne por or nod argent ne paramenz, Eulalie. || xi* s. Altre home qui ccste franchise nen ad.... Lois de Guill. 3. Nen ai tel gent qui la sue derompe, Ch. de Rot. u. Sa hanste est fraite, [il] n'en a que un tronçon, ib. civ. || xil* s. Ainz [avant] qu'il «oit vespre ne le soleil couchant, Rone. <8i. Tu n'es mes homs, i6. <5. Cil court plus tost qu'arcs ne jette bouzon [flèche], ib. 74. Mieux vaut mesure [modération] que ne vaut estoutie, tb. 82. Por verdure ne por pré, Ne por feuille ne por flor. Nulle chançon ne m'agrée, Couci, 4. Ne sai qu'un mot, tant Ije] le désir: Merci, m. iv. Mais nul partir, sachez, quoi que nui [nul] die, N'est dolereus que d'ami et d'amie, id. xxiv. || xiif «. Cil qui chantent de fleur xe de verdure, Ne «entent pas la doleur que je ««Di, EDST. LE PEiMTBE, dans Couct. Mieux [elle] ressemble \k] Bertain que ne peindroii peigniere [peintre], BtrU, m. N'i ot for» buissonciaus [il n'y eut que buiiMms] où du vent «'est couverte ib XXXT. D'une part [à part] sont aie, et ne furent que troi, ib. ct. Kt U nostre n'avoicnt mie plus de •ept vint, chevaliers, tilleb. cxxxi. Une coustume
NÉ
ne quort mes [n'a plus cours], le [la] quele soloit
corre el roiame de France, bbauu. xxxix, 09 Ge
n'ai, fors à grant dangier, Ne que boivre, ne que maiigier, Ne que chaucier, ne que veflir, In Rose, 8052. Ne nulz ne s'acorda onques puis à moy, ne mes que [si ce n'est] le sire de Chalenay, jomv. 256. Le roy ne requist ne ne prist onques aide des siens barons, n'a ses chevaliej's, n'a ses hommes, no à ses bones villes, jd. 207. Les saintes escriptures nous diejit que le moinne ne peut vivre hors de son cloistie sans péché mortel, ne que le poisson peut vivre sanz yaue, lu. 288. L'autre point si est tel, que 1 croient que nulz ne peut mourir que jusques au jour que il li est jugé, ID. 260. Il XIV* s. Puis que il a jà fait les excès et se est mal gouverné, il ne est mais en sa volenté ou poesté non estre malade, oresme, Elh. 74. ||xv* s. Car vieilles n'ont ne cours ne estre, Ne que [pas plus que] monnoie qu'on descrie, villon, Ilatlade de la belle Heaulmière. Oictes-moy où, n'en quel pays Est Flora, la belle romaine, id. Bail, des dames du temps jadis. ||xvi*s. Si Pierre n'avoit pas plus de puissance sur les autres, qu'iceux avoyent sur lui, calv. Instit. «88. Nous ne reprouvons point le vœu de s'abstenir de mariage, que [si ce n'est] pour ces deux causes, id. Inst. io24. Nous ne mettons point aucune vertu aux créatures, ID. <035. Ceulx qui n'auront leu la prodigieuse force et vaillance de ce prince, mont. i,2. Ja ne l'aime ny l'estime, m. i, 6. La plus belle royne vient elle pas de mourir par main du bourreau? id. i, 06. Ils firent deifense que nul n'eust plus à aller là, id. i, 233. Sans empeschement ne destourbier, m. ii, tt7. Quand nous songeons, nostre ame vit, ne plus ne moins que.... id. h, 368. Je ne veux point de trop volage amie, Nj ne la veux aussi trop endormie, st-oelais, 230. Nul, s'il n'est vrayement du tout ignare, voire privé de sens commun, ne doute point que les choses n'ayent premièrement esté^ puis après, les mots.... du bellay, i, m, recto. As-tu point veu une nymphe craintive.... id. u, 28, reclo. Kt qui sait si les derniers Se feront point les premiers? id. III, 50, recto. Les flots courroussaz qui baignent Leurs rivages qui se plaignent, Ne sont plus sourds que je suis, m, 78, reclo. Quelque fois je m'esmerveille comment ne pourquoy un hommesi aspre eut onques le surnom de bon, amvot, Phoc. ib. Et l'eust toute dévorée, n'eust esté que elle crioyt horriblement, HAB. Pant. n, *. Il vint en Avignon, où il ne feut troys jours que il ne devint amoureux, lu. tb. Il, 5. 11 n'est vol que de pigeon, quand il ha œufz ou petitz, ID. ib. IV, 3. Combien l'erreur est grand de ne trancher pas le chemin aux confusions ! langue, 38. Je ne perdoye point espérance que nous ne peussions un jour y parvenir, id. 60. Avecques deffenses de ne s'entr'ofîenser, id. 259. U [l'amour] ne fait que de naistre et m'a desja perdu, rons. 289. Sitost le gouvernai ne tourne la navire Errante au gré du vent, que le peuple se vire Vers les mœurs de son prince, id. 662. Les deux n'avoient qu'un cœur.... id. 491. Quand de mon chaud esté je ne sors qu'à grand peine, Je n'entre qu'en automne, et ne peux arriver De vingt ans pour le moins aux jours de mon hyver, id. 658. Je disois à par moy : Ce n'est rien que des rois [les rois ne sont rien] , id. 694. Je n'avois pas quinze ans que les monts et les bois Et les eaux me plaisoient plus que la cour des rois, id. 89j.
— ÊTVM. Forme affaiblie du latin non. D'anciens textes conservent le non latin, en normand nen; mais de très-bonne heure aussi, non ou nen s'atténua en ne. Ne dans les textes rapportés à l'historique a souvent le sens de ni; en cette acception il vient du latin nec. Dans l'ancienne langue, on trouve souvent ne employé sans aucune idée de négation pour et et ou.
NÉ, NÉE (né, née), part, passi! de naître. || 1* Qui est venu au monde. Les enfants nés en ce jour. Il 2* Bien né, né d'une famille honnête, honorable. Il Né ce que..., qui est d'une certaine extraction. Etant né ce qu'il est, souffrir un tel outrage I cohn. Cid, II, 3. Je ne puis jeter l'œil sur ce que je suis née, Sans voir que de périls suivront cet hyniénée,iD. TtVe «( fi^r. IV, t. Il 3" Né à, né pour, qui a desdisposilions innées pour. Tout de bon, il semble qu'elle ait eu celui [l'esprit] de tout le monde, à voir comme elle est née à toute chose, voit. Lett. 3u. Les esprits nés à la tyrannie, halh. ii, 4. Son génie né pour l'action, boss. le Tellier. Je suis née pour mourir des maux d'autrui , maintrmon, Lett. à Mme de Caylus, 30 août <7t«. Esprit né pour la cour, et maître en l'art de plaire, Gullleriigues, qui sais et parler ct te taire, uoil. Ep. v. Peuple lâche en effet
NÉ
et né pour l'esclavage, rac. Àth. ni, 7. Néron, s'il» en sont crus, n'est point né pour l'empire, iD.Brit. IV, (. Les hommes, nés pour vivre ensemble, sont nés aussi pour se plaire, montesq. Esp. iv, 2. Tandis qu'elle [la ville de Lille] fut assiégée par le duc de Marlborough, on y joua la comédie tous les jours, et les comédiens y gagnaient cent mille francs; avouez, sire, que voilà une nation née pour le plaisir et pour la guerre, volt. Lett. roi de Prusse, 16 nov. 1743. Il [Charles XII] croyait que tous se« sujets n'ùtaient nés que pour le suivre à la guerre, et il les avait accoutumés à le croire aussi, id. Charles XII, 8. || Fig. Tu sais bien que mon style est né pour la satire, boil. Ép. viu. || i' Qui tient (le sa naissance certaine qualité, dignité, fonction. Vous êtes né ce que nous tAchons de devenir, balz. Liv. IV, lett. 3). Né ministre du Dieu qu'en ce temple on adore, bac. Ath. m, 3. Nés juges de l'État, nés les vengeurs du crime. C'est souffrir trop longtemps la main qui nous opprime, volt. If. de Ces. II, 4. Né dépourvu, dans la foule jeté, id. le Pauvre diable. Il [Carie Vanloo] ne savait ni lire ni écrire; il était né peintre, comme on naît apôtre, dider. Salon de t765, Œuv. t. xiii, p. 4o, dans pougens. Mais pourlni rien n'émeut son àme appesantie ; N'en soyez pas surpris, il est né fatigué, delille, Convers. II. Il Né dans.... né sur.... se dit pour exprimer qu'on possède en naiss-int telle ou telle chose. Un homme né dans les richesses, Boss. la Vallière. Cette princesse, née sur le trône, avait l'esprit et le cœur plus haut que sa naissance, iD. Dueh. d'Ori. Il 8° Bien né, mal né, qui a apporté en naissant de bonnes, de mauvaises dispositions.... Aux âmes bien nées La valeur n'attend pas le nombre des années, CORN. Cid, II, 2. Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet, ID. Nicom. ii, 3. Cette digne vertu de l'âme la mieux née, ID. //^ocJ. v,2. Qu'Us laissent ces impiétés à ceux qui sont assez mal nés pour en être véritablement capables, pasc. Pens. IX, I, éd. HAVET. Jamais un homme n'a été mieux né [que le chevalier de Grignan], ni avec des sentiments plus droits et plus souhaitables, sSv. 4» févr. 4672. A tous les cœurs bien nés que la patrie, est chère I volt. Toner. m, i. Il choisit Azora, la plus sage et la mieux née de la ville, id. 7adig, '.lll"''?- Sans ce terrible nom mal né pour les oreilles, boil. Ép. iv. || 6° Fig. Produit, en parlant des choses. Née [la comédie] vers la cinquantième olympiade, dans les bourgs de l'Attique, assortie aux mœurs grossières des habitants de la campagne, elle n'osait approcher de la capitale, BARTiiÉL. Aruich. ch. 69. Il Né de, produit par, issu de. Goûtez des jours sereins, nés du sein des orages, VOLT. Mérope, i, 4. Un feu né d'un instant qu'un autre instant détruit, iD. Tancr. i, 2. || 7" Né se joint par un trait d'union à quelques adjectifs pour signifier que la qualité exprimée est de naissance. Aveugle-né. Il Mort-né, mort-née, mort avant que de naître. Enfant mort-né. Une fille mort-née. || Fig. en parlant des ouvrages d'esprit, des lois, etc. (jui n'ont aucun succès, aucune efficacité. Une tragédie mort-née. Louis XIV fut poussé à remettre en vigueur l'édit mort-né de Henri IV [sur les bâtards], ST-siM. 2»3, 12. Il Auplur. Des mort-nés. suivant l'Académie. L.aveaux veut qu'on écrive morts-nés, disant qu'il s'agit d'enfants nés morts ; mais, comme l'usage a prévalu de dire au féminin mort-née, il faut considérer ici mort comme un préfixe invariable. Il Nouveau-né, ée, qui est né depuis peu de temps, qui vient de naître (dans celte locution , nouveau est adverbe et invariable). Un enfant nouveau-né. Une fille nouveau-née. t;hez un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père. Moi nouveau-né, sachez ce qui m'advint, bêrano. Le tailleur el la fée. Il Fig. En parlant des choses qui viennent de naître. Philaminte : A notre impatience offrez votre épigramme. — Trissotin : Hélas! c'est un enfant tout nouveau-né, madame, mol. Femm. sav. m, 4. Dès le temps ni)uveau-né, quand la Toute-Puissance D'un mol forma Io ciel, l'air, la terre et les flots, »oiL. Sat. xii. Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et Saint-Pierre, S'agenouillant au loin dans leurs robes de pierre. Sur l'orgue universel des peuples prosternés Entonnaient l'hosanna dei siècles nouveau-nés, a. ue musset, Hodo. || S. m. Un nouveau-né. Enfin l'ange de mort fond sur le» nouveau-nés; Tous dans la même nuit meurent exterminés, DELILLE, Parad. perdu, iii. \\Au plur. De» nouveau-nés. Des enfants nouveau-nés. || Premierné (ici premier est adjectif et s'accorde; mais dans l'usage il n'y a point de féminin, et l'on ne trouve ni ne dit une première-née), le premier enfant mâle. Les enfants premiers-nés. || S. m. Un pre-
NÊA
NEA
NÊA
mier-né. J'ai perdu mon premier-né. Sur le milieu d« la nuit, le Seigneur frappa tous les premiers-nés de l'Egypte, saci, Hible, Exode, m, a». || 11 se dit aussi, en parlant des animaui. Les premiers-nés des animaux étaient offerts à Dieu. || Fig. Dans le royaume de Jésus-Christ la prééminence appartient aux pauvres, qui sont les premiers-nés de l'Église et ses vérilables enfants, Boss. Sermons , Septiiag. préambule. || Demier-né, enfant mile né le dernier de tous. Dernier-né des enfants du triste Ochosias, Nourri, vous le savei, sous le nom de Joas, rac. Âth. IV, 3. Il S. m. Elle a voulu être la nourrice de son dernier-né. || Au plur. Derniers-nés. || 8" Né se joint par un trait d'union à certains noms qu'il qualifie, pour exprimer que la qualification dont 11 s'agit est attachée comme par droit de naissance. Légat-né. Président-né. Les princes du sang, magistrats-nés dans celte affaire, boss. Var. x. Il [Romulus] fut reconnu en même temps pour le chef de la religion, le souverain magistrat de la ville, et le géncral-né de l'État, vEHTOT, Révol. rom. i, 18. Les rois sont les juges-nés de leurs peuples, i. J. Rouss. Pologne, nu. Il Fig. 11 se dit de tout ce que l'on compare aune condition de naissance. Dès que l'impression fait éclore un poète, 11 est esclave-né de quiconque l'achète, boil. Sut. ix. Les veuves et les orphelins étaient les clients-nés de l'évêque, naddet, Instit. Mém. intcr. et belles-leltres, t. vm, p. 547. || Il est l'ennemi-né de..., c'est-à-dire il a une tendance naturelle à combattre.... || 11 est le protecteur-né des sciences et des arts, signifie qu'en toute occasion il les protège, ou que, par sa position, il a le devoir de les protéger. || Le trait d'union ne se met pas quand né est séparé de son nom par quelque mot interposé. L'archevêque de Paris et l'abbé de Cluny étaient conseillers d'honneur nés du parlement de Paris, Dict. detÀcad.
NÉANMOINS (né-an-moin ; au xvn* siècle, quelques-uns prononçaient néanmoins (e muet), contre quoi Marguerite Buffet, Observât, p. <38, met en garde. Ilya aujourd'hui une tendance mauvaise i prononcer* né-a-moin), adv. Non moins, toutefois, pourtant. Néanmoins je lui parlerai. Si néanmoins vous voulez faire le voyage. Les Machabées étaient vaillants, elnéanmoins il est écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par leurs armes, boss. Jfor.- Thér. Le pauvre, qui n'a rien, aura néanmoins de quoi subsister, parce que le riche le lui fournira, BOOBDAL. »• dim. aprèt la Pentecôte, Dominic. t. III, p. *o«. lia* On l'employait autrefois avec ee. Ce néanmoins, madame, bon droit a besoin d'aide, MOL. Comtesse, 4«.
— HIST. XIII* ». Nenmains, quant le vens se fiert ens... dans boteb. u, *si. || xiv* s. Et niantmoins il fait tousjours son devoir, orbsmb, Éth. is. || xv« s. Beau sire Dieu, qui a si bault lieu comme à l'ordre de chevalerie me laissastes monter et m'eleustes à vostre serviteur, neantmoins que je n'en fusse pas digne, Lancelot du Lac, t. m, ^ sa, dans lacur.ne. llxvi* s. El néanmoins qu'il menast la vie que je vous dis, si estoit il prince craignant et aimant Dieu, MAfio.iYouc.xxv.il fault maintenir ce neantmoins l'ame en bonne trempe, mont, i, 30ï.
— ÉTYM. Néant, et moins: c'est-i-dire rien moins; bourg, n'ômoin.
NftANT (né-an), *. m. || 1" Le non-être. C'est lui qui du néant a tirél'univers, hoir. Si Genest , m, t. Quelque mouvement, quelque nombre, quelque espace, quelque temps que ce soit, il y en a toujours un plus grand et un moindre ; de sorte qu'ils se soutiennent tous entre le néant et l'iofini, pasc. Géométr. (. La monde n'a d'autre cau.<o que la seule volonté de Dieu , qui, ne trouvant hors de lui-même que le seul néant, n'y voit rien par conséquent qui l'attire à faire et ne fait rien que ce qu'il veut et parce qu'il veut, boss. libre arb. i. Elle [l'Sme] voit toujours au-de«ous d'elle deux gouffres profonds, le néant d'où elle a été tirée, et un autre néant encore plut affreux, c'est le péché oA elle peut tomber sans cesse, m. ta Valliére. L'impossible, qui, par manière de parler, a deui degrés de néant, puisque ni il n'est ni il ne peut *lr«, in. El. d'orais. IX, 1. Que j'occupe peu d'espace dans cet abtme Immense du temps! je ne suis rien; un si petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant, 10. Sermrms, Mort, t. Le néant absolu n'est pas plus Biséi concevoir que l'infini, saillt, Uist. attron. tnod. t. m, p. iss, dans pouGtns. Quoique le néant De soit rien en lui-même, cependant ce mot marque une alTectinn réelle de l'esprit : c'est une idée abstraite que nous acquérons par l'usage de la vie, i l'oceaision de l'absence des objets «t de tant de privations r^ui nous font plaisir ou qui nous affligent,
DD MABSAis, Tropes, t. ni, p. l*s. || 2' Destruction, anéantissement de l'être vivant. Je sais seulement qu'en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d'un Dieu irrité, PASC. Pens., ix, t, éd. havet. Enfin, après avoir fait, ainsi que des fleuves, un peu plus de bruit les uns que les autres, ils [les hommes] vont tous se confondre dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes.... boss. Gornay. Les impies n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent, iD. Anne de Gon%. Le néant ne peut dormir, ni rêver, ni se tromper, ni ignorer, ni se douter, ni dire peut-être. fén. Dial. des morts anc, dial. 2S. Quand tout finirait avec cette vie, ce serait là le seul secret de la passer heureuse et tranquille.... je n'y vois pas de plus grand malheur : il retombe dans le néant, et son erreur n'a point d'autre suite, mass. Carême, Avenir. Et plus que le néant ils craignent l'infamie, VOLT. Orphel. v, 6. Du néant tout semble sortir, Dans le néant tout se replonge, id. Lett. en vers et en prose, <62. Tous ces rois fainéants qui sous ces voûtes sombres Ont changé de sommeil et qu'a jetés le sort Du néant de leur vie au néant de la mort, delillb, /mofjiin. vu. Triste comme la mort? et la mort souffre-t-elle? Le néant se plaint-il à la nuit étemelle? LAMART. Harmon. iv,t4. || 3' Terme de palais. Mettre une appellation au néant, à néant, refuser de l'admettre. Sa Majesté leur a ordonné [aux gens du parlement] de mettre leur décret à néant, et leur a défendu de dénoncer des livres, volt. Leit. Audiberl, 28févr. 4776. Il Mettrerappellationetcedontestappel au néant, annuler et l'appel, et la sentence dont il a été appelé. || Mettre néant sur une requête, sur un article de compte, mettre le mot néant au bas d'une requête, à côté d'un article de compte, pour marquer qu'on rejette cette demande, cet article. Ils veulent qu'on mette néant sur la requête, qu'on la mette au greffe, et que cela tienne lieu d'un arrêt qui décide tout, sÉv. B3). Il Cette locution vieillit, ainsi que l'usage auquel elle se rapporte. || Fig. et familièrement. Mettre néant à la requête de quelqu'un, refuser ce qu'il demande. || On dit dans un sens analogue : réduire à néant, annuler, compter pour rien. Cet argument [les variations des premiers siècles de l'Église] est un coup de foudre qui réduit à néant l'argument tiré contre nous [de nos variations], JURIEU, dans boss. «• avert. i. Des sacrifices qui réduisent à néant celui de la croix, id. vi, Yélure, t. Il 4* J'ar exagération, peu de valeur, infinie petitesse d'une chose. Êpaigner-moi , Seigneur ; car mes jours ne sont qu'un néant, saci , BibU, Job, VII, i«. Elle [l'âme convertie] commence à considérer comme un néant tout ce qui doit retourner dans le néant, le ciel, la terre, son esprit, son corps, ses parents, ses amis, ses ennemis.... PASC. Convers. du pécheur. Qu'est-ce que l'homme dans la nature? un néant k l'égard de l'inflni, un tout à l'égard du néant, pasc. Pens. i, (, édit. HAVET. Comptons donc comme très-court, chrétiens, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit, boss. le TeUier. Au milieu des grandeurs humaines il en découvrit le néant, n-Écii. U TeU. Il [Dieu] voit comme un néant tout l'univers ensemble, rac. Esth.i, ». Les grandeurs de la terre ne lui paraissaient plus qu'un abîme et un néant, MASS. Or. (un. Madame. J'ai connu son néant [de ma religion], j'ai quitté ses chimères, volt. Alx. ii, 4. Ces maux dont vous vous plaignez sont de purs néants, chateaubh. Ueni. || Il se dit aussi des personnes pour exprimer leur infinie petitesse à l'égard de Dieu. Il [un pécheur] ne trouve aucune apparence qu'un Dieu si grand et si bon veuille tyranniser sa créature.... longtemps il s'est flatté de cotte pensée qu'il n'éuit pas digne de Dieu de se tenir offensé de ce que faisait un néant, ni de s'élever contre un néant, boss. 4' serm. pour It ••' dim. de carime, i. 6 vanité, ô néant, 6 mortels ignorants de leurs destinées! lo. Duch. dOrl. Je ne puis pas soutenir ces grandes paroles [la grandeur et la gloire] par lesquelles l'arrogance humaine tiche de s'étourdir elle-même, pour ne pas apercevoir son néant, lo. ib. Dans tout le cours de sa vie, elle a exprimé ce parfait original.... par la connais- Mnce de son néant et de la grandeur de Dieu, PLtcu. Mme de Mont. L'humilité ne voit que son propre néant, mass. Prière i. Je m'anéantis avec vous devant la Providence divine, sachant qu'on n'apporte devant Dieu que trois choses qui ne peuvent entrer dans son immensité, notre néant, nos fautes et notre repentir, volt. Lett. l'érti/. d'Annecy, M i\r. I7SII. Voici Babel déserte et sombre. Du néant des mortels prodigieux témoin, v. vuao, Orient. l, <.
Il 6* Néant se dit aussi de l'état d'une âme vide de sentiments et d'affections. Si l'état le pire Est le néant, je ne sais point De néant plus complet qu'un cœur froid à ce point, la pont. Filles de Minée. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passion, sans affaire.... il sent alors son néant.... son vide, pasc. Pens. xxv, 26. Il Terme mystique. Sentiment de nullité, d'anéantissement qui s'empare de l'àme. ô néant, ô vrai rien, mais pesanteur extrême. Mais charge insupportable à qui veut s'élever, Mer sans rive où partout chacun se peut trouver. Mais sans trouver partout qu'un néant en soi-même, corn. Imit. m, U. On trouve à toutes les pages des livres de nos faux mystiques, que le néant ne pèche plus; que qui n'a point de volonté ne pèche plus, et cent autres propositions de celte force, boss. États d'oraison, i, 4. Il 8* Nullité, obscurité d'une personne. Ces destins merveilleux Qui tiraient du néant les héros fabuleux, cobn. D. Sanche,iv, 3. Retourne en ton néant, et rends-moi la toison, id. Tais, d'or, v, 4. Les apôtres et leurs disciples, le rebut du monde, et le néant même, à les regarder par les yeux humains, ont prévalu à tous les empereurs et à tout l'empire, BOSs. Ilist. u, H. Rentre dans le néant d'où je t'ai fait sortir, rac. Bajax. u, 4. Clérambault et Mme du Plessis vécurent dans une grande avarice et fort dans le néant, st-sim. 33, m. En précipitant de sa place un secrétaire d'État ou un autre ministre de la même espèce, i! [Louis XIV] le replongeait lui et tous les siens dans la profondeur du néant d'où cette place l'avait tiré, sans que les richesses qui lui pourraient rester, le pussent relever de ce non-être, m. 406, 80. La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant, plus que tout, l'air de néant sinon par lui [Louis XIV], étaient les uniques voies de lui plaire, id. 406, 7B. Un pays [l'Angleterre] où les bâtards du roi sont ce qu'ils ont été partout, c'est-àdire des néant? sans état et sans nom, id. bd, 238 Cet ex-bacha [Pontchartrain] si rude et si superoe occupe son néant à compter son argent, in. 428, ïoo. Colin sentit son néant et pleura, volt. Jeannot et Colin. Vos guerriers, leurs équipages, leur suite, leurs tambours, leurs trompettes font tout leur être, et, perdant cela, qu'ils vivent ou qu'ils meurent, les voilà néant, p. L. codr. Convers. chef Mm» d'Albany. || Homme de néant, et, plus rarement, homme du néant, homme obscur, qui n'est rien ni par sa position ni par sa fortune. Quand vous entendez dire de quelqu'un que c'est un homme de néant, ne jugez-vous pas incontinent qu'on parle d'un pauvre? boss. Sermon pour un» profession, t. Louis le Débonnaire, ayant perdu toute sorte de confiance pour sa noblesse, éleva desgens de néant, montesq. Exp. XXXI, 21. Quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme du néant, comme Varron et Marius, id. Rom. viii. On reproche à Louis XI d'avoir employé dans ses affairesdes hommes de néant, préférablement à ceux que leur naissance sexnbUil intéresser davantage au bien de l'État, DUOLOS, Œuv. t. m, p 359. l|7« Pour néant,
loc. adv. Inutilement J'ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus; Chapitres, non de rats, mais chapitres do moines, Voire chapitres do chanoines, la font. Fabl. ii, ». || Pour rien (vieilli en ce sens). On n'a pas mis cet homme en prison pour néant. || 8* Néant s'emploie familiorement dans un sens négatif pour exprimer que la chose dont on parie n'existe (as. Quant à l'esprit, néant; il n'a pas pris la peine Jusqu'ici do paraître, et je doute qu'il vienne, orkssst, Méchant, u, T. Il 11 se met aussi pour non. Si c'est une vieille, néant; je suis loué, dancouiit, Cur. Compiègne,K.i. Notre maire, un peu mécréant, A maint sermon répond : néant, b*hano. Jfon eur<.
— HIST. XI* Et dit al comte : je ne vous aim nient, Ch. de Roi. jxii. Ce dist U quens [le comte]: je n'en ferai nient, ib. lxi. Guenes respont : de Uttaille est nient, ib. czxxii. || xii* ». Encor ne savuit Karles du domage néant, Sax. zii. [L'amour inconstant] Roi en fait [de celui qu'il trompe) et puis néant, Couei, iv. No me vout [voulut] pas Dicx pour neiant donner Tous les soûlas qu'ai eus en ma vin, ib. XXII. Totes les richesses et tote li gloire dcl mund», et lot ceu [ce] c'un pucl cncuvir [souhaiter] el mundo, est asi cum ung nianz envers ccsiegloro, ST HEBN. 52*. || xiK' »■ Pour Ce dis-JB qu'amours ne vaut nient, De nient vient et à nient retourne, qubs- NKS, ilomancero, p. »». S'on prent, par droit, d'un larron la justice. Doit-on der.plaire as loiaus, de néant? ib. 8>. Bêle, e« dist Simons, orne plcurtz noient. Dette, xlvu. Kt en la Bn fu 11 palemcat
NËB
neaos, tilleh. xcii. On doit uzer des cozes prestées stionc le pa] manière qu'ele fu prestée, et nient autrement, beaum. xxXvii, a. Nule franco [libre] personne n'est tenue à servir autre pour noient, id. iTjSi. Il XIV' s. Or est venu de nient; à nient l'en fault r'aler, Guescl. (618«. ||xv* s. Tout ainsi l'avoient en leur imagination et propos jeté les Anglois; mais tout tourna au néant, froiss. ii, ii, 227. Combien qu'elle eust volontiers de cette mesprise excusé son frère le roi de France; mais néant; car le comte n'y Touloit rien entendre, id. i, i, 400. || xvi' s. Et jure comme un vieil sergent. Qu'on n'embrasse point «on corps gent Pour néant, marot, m, I77. X ceste heure une parole de néant, ou dite en jeu, attirera an démentir, lanode, 247. Le prince eut bien de la peine pour les magasins de vivres, pour ce que les asmpagnies avoient mis le pais à néant, c'AUB.tfût. D, 296. Les escrivains indiscrets de nostre siècle.... parmj leurs ouvrages de néant, mont, i, 4 66. Pour néant demande conseil qui ne le veut croire, cot- GRAVE. Pour néant recule qui malheur attend, id. Pour néant va au bois qui marrein ne cognoist, id. Quivoitenfant, il voit néant, m. Xla vérité, c'est bien pour néant de debatre si la liberté est naturelle, puisqu'on ne peut tenir aucun en servitude sans iuy faire fort, la boétik. Servitude volontaire. Les petits enfants mourir à la mammelle de leurs mères allangouries, tirants pour néant, et ne trouvants que succer, Sat. Ken. Harangue de M. d'Auhray.
— ET YM. Provenç. m'en, twtn, nienl ; ital . niente ; du lat. ne ou nec, et ens, entis, l'être (voy. entité). ATien* a été un monosyllabe au xiv siècle.
t NÉARTUROSE (né-ar-trfl-z') , *. f. Terme d'aoatomie pathologique. Articulation de nouvelle formation, dans les cas de résections.
— RTYM. Néoc, nouveau, et àpOpov, articulation, t NÈBLE (nè-bl'), s. m. Terme rural. Brouillard
qui passe pour faire beaucoup de mal au blé, au commencement de l'été. Il Terme de vétérinaire. La pourriture des moutons ; on l'appelle aussi fiébladure.
— HIST. XVI* s. Neble [nuage], cotgrave
— ÉTYH. Lat. nebula; provenç. nehla , neble; ital. nebbia. Nebula se rapporte au grec yzféy.r,.
t NÉBBIDE(né-bri-d'}, *. f. Terme d'antiquité.Peau de cerf que l'on donne à Bacchus comme attribut, ainsi que la peau du lion est donnée à Hercule.
— ÉTYM. NeSpli;, peau de cerf, de vtgpèç, faon de biche. Selon Curtius, veÉpiç est pour vefapèç, veapè;, ]eune, de vfo«,pour vif oç, latin noru*.
t NËBCLÉ, ÉE (né-bu-lé, lée), adj. Terme de blason. Qui est en forme de nuages. Fasce nébulée.
— ÉTYM. Lat. nebula, nuage.
NÉBULEUX, KUSE (né-bu-leû, leû-z') , adj.
H 1° Obscurci par les nuages. Un ciel nébuleux. Le soleil n'en est pas plus nébuleux dans les pays où Dieu n'est pas connu; lapluie n'en arrose pas moins abondamment les champs et les pâturages, noss. Médit, sur l'Évang. Sermon sur la montagne, 8* jour. On dit que l'air y était si pur et si net, qu'il n'y avait pas de jour dans l'année, qucli|ue nébuleux qu'il fût, où le soleil n'y parût, rollin, Jlist. ane. Œuvr. t. m, p. 648. || Fig. Quand nous retrouverons-nous, quand passerai-je avec vous le soir tranquille de ce jour nébuleux qu'on nomme la vieî VOLT. Lettres en vers et en prose, 64. 11 voit devant ses pas, seul pour se soutenir. Aux rayons nébuleux de sa funèbre aurore, Le grand désert de l'avenir, v. hugo, Odes, v, s. || Fig. L'horizon est nébuleux, on est menacé de troubles, d'événements tristes, funestes. || Fig. Visage, front nébuleux, vi- •age, front sur lequel se peint le souci, l'inquiétude. Beau comme un ange ou comme deux, Mais beaucoup triste et nébuleux, scabr. Kïrfli. vi. Qu'as-tu mon ami? dit ce dernier à mon maître; je te trouve l'air nébuleux, je vois sur ton visage une impression de colère, lesage. Cil Bios, m, 3. \\i' Vapo- Jf "»> semblable à de la vapeur. U même dans
I été, l'horizon le plus sûr. D'un rideau nébuleux
«1° 5î"*' ***" ''^"'' "^'-"•■-K. Jardins, m. Dors, 0 nu d Apollon ; ses lauriers te couronnent ; Dors en paix: les neuf sœurs t'adorent comme un roi; DO leurs chœurs nébuleux les songes t'environnent, La ,yre chante auprès de toi, v. huco. Odes, iv, 2
II Fig Vague, obscur, peu précis. Écrivain nélmcux. Il 8- Etoiles nébuleuses, ou, substantivement, les nébuleuses, étoiles dont la lumière est faible terne. La nébuleuse d'Andromfde. || On donné aussi le nom de nébuleuses à do très-petits nuages blanchâtres épars dans le ciel. Le télescope a fait découvrir une infinité de ces nébuleuses ; le ciel •n est parsemé ; M. de la Caille en a compté quaranle^iualre dans le ciel austral qu'il a décrit en •nuer, baiih, Ht»», aiir. mod. t. m, p. 21» dan»
NÈC
poncENS. II est vraisemblable que les nébuleuses sont, pour lapULart, des groupes d'étoiles vus de trcs-loin, et dont il suffirait de s'approcher pour qu'ils présentassent des apparences semblables à la voie lactée, laplace, Exp, v, «. || 4° Terme didacti-
aue. Dont la surface offre des taches irrégulières 'un brun jaunâtre. Les couches nébuleuses ont reparu, BONNET, Consid. corps organ. Œuvr. t. vi, p. 265, dans pouGENs. Il Cristal nébuleux, celui qui a des nuages blancs. Pierres nébuleuses, celles qui ne sont pas parfaitement claires. || 5° S. f. Nébuleuse, espèce de couleuvre. || Espèce de chouette.
— HiST. xii* s. Alsl com la fumeie obscuret par la nuUouse assembleie le jor az enfers oes [aux yeux mabdes]. Job, p. 459. {| xiv' s. Es contrées nubleuses,cHR. de ns.Ch. V,n,i. ||xvi's.L'aultanleur fait l'air grossier et nébuleux, paré, ix, 2* dise.
— ÊTYM. Lat. nebulosus, de nebula, nuage.
+ NÉBULOSITÉ (né-bu-lô-zi-té), s.f.\\ l-SubsUnce qui a l'apparence d'une vapeur, d'un nuage. Au milieu de la nébulosité de la chevelure, qui est le caractère distinctif des comètes, bailly, Hist. astron. mod. t. II, p. 4 21, dans pougens. Les nébulosités qui les environnent [les comètes] et les longues queues qu'elles traînent après elles sont le résultat de la vaporisation des fluides à leur surface, laplace. Expos. I, <4. Il 2° Fig. Caractère de ce qui ne se comprend qu'imparfaitement et comme à travers un nuage. La nébulosité des idées. || 3° Fig. Apparence soucieuse, nébuleuse. Puisque vous me voyez tâcher de mettre à l'ombre. La nébulosité de ce visage sombre, TH. corneille, D. Ces. d'Avalos, i, 4.
— ÉTYM. Lat. nebulositatem, de nebulosus, nébuleux.
NÉCESSAIRE (né-sè-sé-r'), adj. || f Qui doit être pour que quelque chose soit ou se fasse. La respiration est nécessaire à la vie. Voir naître en nous l'un pour l'autre cette inclination si nécessaire à composer une union parfaite, mol. le Mal.im. u, 7. Les refus que l'intérêt de l'État rendait nécessaires, Boss. le Tellier. Monseigneur [le frère de Louis XIV],.., en exposant au milieu des plus grands hasards de la guerre une vie aussi précieuse et aussi nécessaire que la vôtre, id. Reine d'Anglet. Vous me direz peut-être que, sous le nom de pain quotidien, vous lui demandez [à Dieu] les biens temporels qu'il a voulu être nécessaires pour soulenir cette vie mortelle, id. Sermons, Nécessités de la vie. Votre présence, Abner, <ist ici nécessaire, HAC. Alhal. II, 4. Les guerres doivent être justes; ce n'est pas assez, il faut qu'elles soient nécessaires pour le bien public, fénel. Tél. xvii. Le suparflii, chose très-nécessaire, A réuni l'un et l'autre hémisphère, VOLT. le Jfondain. Il Terme de botanique. Polygamie nécessaire, se dit, dans le système de Linné, des synanthérées dont les calathides offrent des fleurs mâles au disque et des fleurs femelles à la circonférence, ce qui rend la polygamie nécessaire pour la conservation de l'espèce. {{ Cela n'est pas nécessaire au salut, se dit ironiquement d'une chose qui n'a guère d'importance. || C'est un mal nécessaire, se dit de certaines choses qui ont de grands inconvénients, mais qui sont ou indispensables ou inévitables. J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire, corn. Pomp. m, 2. Les maux nécessaires que la guerre traîne après soi, plécii. Turenne. || U est nécessaire, avec de et l'infinitif, ou que et le subjonctif, signifie il faut. Tant qu'il n'était point nécessaire de parler, la sage princesse gardait le silence, boss. Anne de Goni. Il est nécessaire de donner tout ensemble à un Dauphin les vertus d'un roi et celles d'un particulier, FLÉcn, Duc de Mont. Il n'est pas nécessaire de passer deux fois la ligne pour voir observer religieusement des lois et des coutumes déraisonnables, MALEBR. Itech. vér. 11, m, 2. Il est nécessaire, vu la prodigieuso distance des étoiles flxes, que, depuis .Saturne jusqu'aux extrémités de notre tourbillon, il y ait un grand espace vile et sans planètes, fon- TEN. Mondes, 6* soir. |{ U est nécessaire de, avec un substantif, il est besoin de (tournure usitée dans le xvii* siècle et même le xviii', et qui vieillit). Pour joindre cette matière et cette substance immatérielle, il est nécessaire d'un lien, pén. Dial. Arist. et Descartes. 11 n'était point nécessaire de préambule, 1. 1. Bouss. Utl. I7:)2, édit. musset-pathay. Uicntdt et sans qu'il fût nécessaire d'une longue olraen'alion, séour, Mém. t. 11, p. 227 (édit. in-H° en 3 vol.). Il 2° Il se dit aussi des personnes. Mille affaires où vous et M. de Grignan êtes nécessaires, sÉv. 28 déc. 1873. Un ministre [MazarinJ persécuté, et devenu nécessaire non-seulement par l'importance de ses services, mais encore par ses malheurs, boss, |
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le Tellier. Tout ce qui suit ordinairement la faveur et la reconnaissance d'un roi juste et puissant, lor» qu'elles tombent sur un sujet capable, fidèle et nécessaire, FLÉCH. Mme d'Aiguillon. Leur frugalité [des Phéniciens], leur habileté, leur industrie, leurs périls, leurs fatigues les rendaient nécessaires à toutes les nations du monde, uontesq. Esp. ixi, 6. Richelieu, malade à Tarascon, avait perdu toute sa faveur, et ne conservait que l'avantage d'être nécessaire, VOLT. Mœurs, (76. || Se rendre nécessaire, se dit de celui qui se rend si utile qu'on ne peut guère s'en passer. Des hommes qui ont l'art de se rendre nécessaires, fén. Tél. xiii. || On dit dans le même sens : Cette personne m'est devenue nécessaire, m'est nécessaire. Prince, plus que jamais VOUS m'êtes nécessaire, bac. Bérén. m, 1 . || Faire le nécessaire, faire l'empressé, se mêler de tout. Ainsi certaines gens, faisant les empressés. S'introduisent dans les affaires; Ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être abaissés,
LA FONT. Fabl. VII, » Au diantre tout valet....
Qui fatigue son maître et ne fait que déplaire, X force de vouloir trancher du nécessaire ! mol. les Fdch. i, r II Un nécessaire s'est dit pour un homme qui fait le nécessaire. Le nécessaire : Messieurs, commencez donc, uol. Impromptu, se. 8. || 3° Dans le langage de la philosophie, il se dit de ce dont la négation est impossible, de ce qui ne peut pas ne pas être, par opposition à ce qui est contingent. Je sens que je peux n'avoir pas été.... donc je ne suis pas un être nécessaire, pasc. Pens. 1, H, éd. HA VET. Il L'être nécessaire, Dieu. || Lois nécessaires, lois sans lesquelles l'univers ne saurait subsister. || Causes nécessaires, agents nécessaires, les causes, les agents qui, n'agissant pas librement, produisent infailliblement leur effet. || Effet nécessaire, effet qui suit infailliblement la cause destinée à le produire. Il Vérité nécessaire, vérité qui ne peut pas ne pas être. Les lois de l'équilibre et du mouvement, telles que l'observation les fait connaître, sont de vérité nécessaire, d'alemb. Traité de dynam. Œuvres, t. iv, p. 230, dans pougens. Il i' Par extension de la signification précédente, il se dit de ce qui est considéré comme logiquement, naturellement lié à. Tirer une conséquence nécessaire. C'est la suite nécessaire de ce principe. Le temps.... cette vapeur légère et volage, qui ne se forme qu'en se dissipant, et qui entraine perpétuellement mon être avec elle d'une manière si étrange et si nécessaire, boss. Yolande de Monterby. Philippe le Bon, nouveau duc de Bourgogne, succe-sseur de son père [Jean assassiné à Montereau], devint un ennemi nécessaire du Dauphin par devoir et par politique, volt. Mœurs, 79. || 6° S. m. sans pluriel. Ce qui est indispensable. Ce nécessaire qu'il faut préférer au vraisemblable [dans une pièce de théâtre], ou, pour parler plus juste, qu'il faut ajouter au vraisemblable dans la liaison des actions et leur dépendance l'une de l'autre, corn. 2* duc. tragéd. La conférence n'alla pas au delà, pour mieux en conserver le secret dans le pur nécessaire au succès, sT-siM. 208, 125. Il Faire le nécessaire, s'acquitter de ce qu'il y a de plus important, quand on ne peut pas faire le tout. || En termes de l'Écriture, l'affaire du salut est l'unique nécessaire. C'est là [dans la virginité] qu'on ne vaque qu'à l'unique nécessaire, c'est là que l'on n'a d'époux que Jésus tout seul, BOSS. Sermon pour une profession. Virginité, 3. Il 6° Tout ce qui est essentiel pour les besoins de la vie. Le strict nécessaire. Il n'est pas bon d'être trop libre; il n'est pas bon d'avoir tout le nécessaire, PASC Pens. XXV, 72, éd. havet. Il prendra pour payer sur son nécessaire, sév. 606. Nous serions tous assez riches, si nous ne voulions que le nécessaire, MAINTENON, Leit. à Mme de Cayltis, t. vi, p. 40?, dans POUGENS. Si je compare.... les grands avec le peuple, ce dernier me paraît content du nécessaire, et les autres sont inquiets et pauvres avec le superflu, la BRur. IX. Les besoins du clerc sont-ils les mêmes que ceux du pontife T la règle du nécessaire ne souffre-t elle pas autant de différences, qu'il y a de rangs dans l'Église et de conditions dans l'ÊtatT mass. Confér. Us. des revenus ecclés. La veuve de Henri le Grand, la mère d'un roi de France, la belle-mère do trois souverains, manqua quelquefois du nécessaire, volt. Mœurs, <7«. J'entends par le néces.saire la dépense qu'on est obligé de faire pour vivre comme l'on a toujours vécu, rnjFF. Homme, Arithm. morale. Les sujets ne sont assurés du nécessaire que lorsque les princes s'interdisent le superflu, duclos, Œuir. t. v, p. 62. Comment liser les limites du nécessaire? raïnal, Hist. Ail. v, 33. Réduit au plus étroit nécessaire.
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KORELLBT, Uim. t. I, p. 250, dans PODGENS. || 7* Le nécessaire, ce qui ne peut pas ne pas exister. La métaphysique définit le nécessaire ce qui est et qui ne peut jias ne point être ; ce qu'elle rend en d'autres termes quand elle dit que le nécessaire est ce dont le contraire implique contradiction ou est impossible en soi, bonnet, Paling. xvii, 2. Il 8° S. m. avec un pluriel. Sorte de cassette ou d'étui qui renferme tout ce qui est indispensable à la toilette et que l'on porte en voyage avec soi. Des nécessaires de voyage. || Les objets contenus dans cet étui. Il Petit c( ffret qui renferme les objets nécessaires pour travailler à l'aiguille. Des nécessaires en acajou. {| Assortiment de tout ce qui convient pour faire, servir et prendre du café, du thé et du chocolat. Il 9° Nécessaire s'est dit, dans le langage des précieuses, au sens de serviteur. Marotte : Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis, et dit que son maître vous veut venir voir. — Madelon : Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement; dites : Voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en commodité d'être visibles, mol. Prée. 7.
— HIST. xin* s. Quant vous trovés Deux choses qui sont convenables; Nécessaires et profitables. Celé qui est plus nécessaire Vaut mlex..., JaRose, 6515. Il xiv" s. Cinq nécessaires [chaises percées] enveloppées de cuir et couvertes de drap par dessus, DD GANGE, tifcesîona. 11 est aucunes choses qui sont nécessaires, et sont en tout temps et partout en une manière, et de celles choses sont les sciences très certaines, oresme, Eth. m. || iV s.... Nécessaire a ou jardin [i' y a un privé au jardin], Où l'on pourra chascun matin Aler une fois par licence, E. DEscH. Poésies mss. î° *H. Quel mérite devrolt avoir [l'homme sans libre arbitre] î Certes nul, qu'il ne pourrolt faire Fors que bien et par nécessaire; Ainsi maulx ne seroit pugnis, Ne bien ne seroit remeris, ib. ^ 473. |{ xvi' s. La mort est l'object nécessaire de nostre visée, mont. i. 72. Les choses nécessaires aux enterrements, id. i, )04.
— Etym. Bourguig. necessare; provenç. necestari; espag, necesario; ital. necessario; du lat. neeessarius (voy. nécessité).
NÉCESSAIREMENT (né-sè-sê-re-man) , adv.
Il 1" D'une façon nécessaire, par un besoin absolu. 11 faut nécessairement manger pour vivre. || 2" Infailliblement. L'eflet suit nécessairement la cause. Si je ne suis le temps, je me perds, parce que ma vie demeure arrêtée ; et d'autre part, si je suis le temps, qui se perd et coule toujours, je me perds nécessairement avec lui, boss. Yolande deUonterby. Ce secret principe de toutes nos actions qui, étant capable de s'unir à Dieu, doit nécessairement y retourner, iD. Duch. d'O.-l. Je m'en vais voir si je serai éternellement ou parmi les dons ou sous les coups de ses mains puissantes [de Dieu] ; voilà ce qu'il faudra dire nécessairement avec la princesse Anne, id. Anne de Gonx. Il 3° En théologie et en philosophie, il s'emploie par opposition à librement.
— HlST. xvi* s. Le priant de luy donner quelque argent dont il avoit nécessairement affaire, amyot, Anton. «. Ce sont deux choses relatives, nécessairement enchaînées l'une avec l'autre,, id. Aritt. et Coton, t.
— ÊTYM. Nécessaire, et le suffixe ment.
i NÉCESSARIEN (né-sè-sa-riin), s. m. Membre d'une secte chrétienne qui affirmait que les êtres moraux agissent par une véritable nécessité.
t N£CESSARIO (né-sè-sa-rlo), od;. Terme de musique. Mot Italien dont on se sert en musique dans le sens d'obligé, dont on ne peut se passer. On emploie aussi obligé dans le même sens (voy. oauoi).
— KTYM. liai, necessario, du lat. necessarius. NÉCESSITANTE (né-sè-si-tan-f), adj. f. \\ i' Qui
nécessite. || Terme de théologie. Grâce nécessitante, grâce qui contraint et qui 6te U liberté. SI c'est induire une grâce nécessitante que de dire qu'on ne peut pas résister i la volonté de Dieu, BOSS. Aterl. sur (e livre Rifles, mor. v. || Familièrement. De nécessité nécessitante, de nécessité absolue, indispensable. || 1* Dans le sent de nécessiteux. Aussi est-ce à vous seule qu'on voit avoir recours toutes les muses nécessitantes, mol. Am. magn. i, t. Il Inusité en ce dernier sens.
1 NÊCESSITATION (né-sè-si-ta-sion), l. f. Terme de philosophie. Se dit des circonstances qui nécessitent l'action de la volonté.
«. 5ÉCE.SSITE (né-sè-si-té), i. f. || l'Ce qui est absolument nécessaire ; condition nécesiiairo. Une dure nécessité. Faire une chose par nécessité. Afin que les hommes, édifiés de votre conduite et accoutumés à vous suivre, se trouvent réduits à l'heureuse
OICT. DE LA UWOt« »RA*i»*'*E.
nécessité de fuir le mal, et à la nécessité encore plus heureuse de faire le bien, bodbdal. Sur le scandale, 4" avent, p. 136. Il mourut le « août «706 d'une mort douce et paisible et par la seule nécessité de mourir, fonten. Duhamel. \\ 2' Dans un sens abstrait et général, le caractère de ce qui s'impose irrémissiblement. Plier sous le joug de la nécessité. Les dures lois delà nécessité. Le mieux serait peutêtre de n'avoir point reçu cette vie dont on se plaint si souvent et qu'on aime toujours ; mais rien n'a dépendu de nous; nous sommes attachés, comme dit Horace, avec les gros clous de la nécessité, volt. Leit. If***, 4 mai 1772. Et la nécessité, souveraine des lois, ID. Mérope, u, l . Les délégués de la nation ont pour eux la souveraine des événements, la nécessité, MinABEAU, Collection, t. i, p. 268. Cédez au maître des maîtres, à la nécessité, id. ib. t. m, p. 287. Il 8° Terme de philosophie. Ce qui fait qu'une chose ne peut pas ne pas être. Il ne faut point souffrir en Dieu une nécessité qui soit hors de lui, qui lui soit supérieure, qui le domine.... il est lui-même sa propre nécessité, BOSs. 6* averl. 34. Il Nécessité métaphysique, celle qui fait qu'une chose est telle que le contraire en est impossible; exemple : deux et deux font quatre. || Nécessité morale, celle qui oblige les êtres moraux. La distinction de perfection et de conseil, et du bien de nécessité et d'obligation, boss. 5' avert. 13. Cette nécessité de faire toujours le meilleur ne peut jamais être qu'une nécessité morale ; or une nécessité morale n'est pas une nécessité absolue , volt. Lett. PrtTwe royal de Prusse sur la liberté, 1737. || Terme de théologie. Nécessité de moyen , se dit pour nécessité absolue, par opposition à nécessité do précepte. Le baptême est nécessaire d'une nécessité de moyen ; l'eucharistie n'est, à la rigueur, que d'une nécessité de précepte. || 4" Ce qui est logiquement nécessaire. Je ne vois pas la nécessité de cette conséquence. Si vous voulez qu'on vous pardonne, c'est une nécessité que vous pardonniez. Vous ne trouvez point que tout cela soit ni bon ni vrai ; je cède à la nécessité et à la force de vos raisons, sÉv. 28 déc. 1673. 115* Ce qui contraint, oblige, en une circonstance donnée. La nécessité était venue de s'expliquer. S'assure-t-on sur l'alliance Qu'a faite li nécessité ? la font. Fabl. viii, 22. Nécessité l'ingénieuse Leur fournit une invention, id. ib. x, 1. Celle recherche marque en lui une furieuse nécessité à tous aimer, BussT, Ilist. amour, t. i, p. 73. Ne serait-ce pas une tyrannie de les mettre dans cette nécessité ou de.... ou dte.... pasc. Prov. xvu. Mettre les peuples dans l'affreuse nécessité ou de ne pouvoir respirer librement, ou de secouer le joug de votre tyrannique domination, est-ce là le vrai moyen de régner sans trouble? pèn. Tél. xii. On est souvent dans la nécessité de s'en servir [des méchants], id. ib. XXIV. II est d'une nécessité indispensable que M. le duc de Duras, M. de Chauvelin.... crient de toutes leurs forces à l'imposture, volt. Lelt. di'Argental, A mai «77Ï. Nécessité tire parti de tout, Nécessité d'industrie est la mère, oresset, Lutrin vivant. Nécessilé l'ingénieuse me conseilla de me ménager cette occasion d'être connu des Sulpiciens et de mon évêque, mabmontel, Uém. 11. ô nécessité dure, ô pesant esclavage I a. ciUn. ÉUg. xxxvi. || Faire de nécessité vertu, faire de bonne grâce une chose qui déplaît, mais qu'on est obligé de faire. D'une nécessité faites une vertu, hairkt, Snphon. v, ». Afin qu'après.... il fa.sse de nécessité vertu de meilleure grâce, CORN. Examen du Uenleur. || Une chose de première nécessité, une chose dont il est impossible ou trèsdifficile qu'on se passe pour exister. Les fruits tels que la terre les produit par sa seule fécondité, sont do première nécessité pour un sauvage, condillac, Comm. gouv. I, 7. || Par analogie, les choses de seconde nécessité, les choses qui sont fort utiles, mais dont à U rigueur on pourrait se passer. Los arts mulliplienlles choses do seconde nécessité, ils les perfectionnent, condillac, Comm. gouv, i, 2. Il 8* Besoin pressant. Quelle nécessité y avait-11 de faire ce que vous avez fait T Dans une néces.silé de toutes choses, vauoel. Q. C. 240. Pourquoi le perdons-nous dans la nécessité U plus pressante, au milieu de ses grands exploits... T rticH. Turcnne. S'il se trouvait dans une pressante nécessité, rlN. Tél. VIII. Elle [Antiope] ne parle que pour la nécessité, et, si elle ouvre la boucne, la douce persuasion et les grâces naïves coulent de ses lèvres, id. ib. XIII. Il me semble que nous avons un besoin extrême de <'<>ii.'> et de M. de Condorcet; il ne faut pas que vou< abandonniez vos amis dans leurs nécessités urgentes, volt. Lett. ItoTfllet, 2» févr. 177«. |i7° licsoio d'argent, indigence. Il est tomt<é dans
la nécessité. Revenons aux personnes incommodées, pour le soulagement desquelles nos Pères assurent qu'il est permis de dérober non-seulement dans une extrême nécessité, mais encore dans une nécessité grave quoique non extrême, pasc. Proi'. viii. Mon fils s'en va.... on ne voilà Paris que des équipages qui partent; les cris sur la nécessité sont encore plus grands qu'à l'ordinaire; mais il n'en demeurera aucun, non plus que les années passées, sÉv.
10 avr. 4 776. Il n'est pas possible que, dans un si grand nombre de branches de commerce, il n'y en ait toujou.'s quelqu'une qui souffre, et dont par conséquent les ouvriers ne soient dans une nécessité momentanée, montesq. Esp. xxui, 29. |{ 8° Au plur. Tout ce qui est exigé par des besoins physiques ou moraux. De s'offenser pour avoir reçu un soufflet, ou de tant désirer la gloire ; mais cela est très-souhaitable à cause des autres biens essentiels qui y sont joints ; et un homme qui a reçu un soufliet sans s'en ressentir est accablé d'injures et do nécessités, pasc. Pens. v, <4. C'est lui [un ministre] qui reçoit les voeux, qui écoute les plaintes, qui examine les nécessités, qui pèse les services.... VLtcK.Uine d'Aiguillon. S'il m'était libre d'alléguer Ici ces expressions vives et nobles dont il s'est servi pour exprimer les nécessités des peuples, vous verriez combien il était sensible à toutes leurs peines, ID. Lamoignon. Les besoins et les nécessités de l'Ëglise, iD. I, 236. Dans les plus grandes nécessités de son peuple, il se contenta d'envoyer un de ses disciples, FLÉCH. Pa"/^ffyr i, 3^2 La vue des nécessités humaines que tu peux soulager par tes aumônes, iD. ib. I, 37». La Providence suscita, pour subvenir à ces nécessités pressantes, Ignace comme un autre Esdras, pour rétablir la loi, in. 16. 11, 214. Plût au ciel que, dans cet aveuglement où nous vivons aujourd'hui, chacun de nous eût son prophète qui l'avertît des nécessités de son âme, id. ib. Franc, de Paule. Il 9' En un sensplus restreint. Les nécessités, les besoins de la vie, les choses nécessaires à la vie. Alexandre fit savoir les nécessités de ses troupes aux gouverneurs des autres provinces, vaug«l. Q. C. 620. Ceux qui le plaignaient [l'homme qui criait malheur à Jérusalem), ceux qui le maudissaient, ceux qui lui donnaient ses nécessités n'entendirent jamais de lui que cette terrible parole, BOSs. Uist. u, 8. Nous parlons pour l'intérêt des pauvres, nous exposons leurs pressantes nécessités, BOURDAL. Exhort. char. env. ics pauvr. t. i, p. 62.
11 prenait sur les nécessités absolues de la vie de quoi acheter des livres de cette espèce, ou plutôt il les mettait au nombre des nécessités absolues, font. Fartgnon. X l'égard de l'or et de l'argent du Pérou et du Mexique, le public n'y gagna rien, puisqu'il est égal de se procurer les mêmes nécessités avec cent marcs, ou avec un marc, volt. Polit, et Ugisl. Fragm. hist. Inde, i. {| Menues nécessités des tribunaux, s'est dit des buvettes, du chauffage, etc. jj Par plaisanterie. Les exigences d'un amant auprès de sa maîtresse. Il y a apparence que, si Roquchrune fut habile homme, il profita de l'occasion et représenti ses nécessités à l'agréable Inezilla, scarr. Roman com. I, 23. Il 10* Besoins d'argent qu'éprouve un pays, un gouvernement, une corporation, une grande maison. Le premier argent qu'il reçut d'Espagne, malgré les nécessités de sa maison, fut donné à ses amis, BOSS. Louis de Bourbon. L'argent destiné pour les frais du théâtre d'Athènes était un argent sacré: il n'était pas même permis d'y loucher' dans les plus grandes nécessités et dans les plus grands dangers de la guerre, volt. Lelt. Mlle Clairon, «7«B. Il U* Les nécessités de la nature, les besoins auxquels la nature de l'homme est assujettie, comme boire, manger, etc. Assujettis aux mêmes nécessités naturelles, exposés aux mêmes périls, livrés en proie aux mêmes maladies, loss. Gomay. C'est en effet la vraie grâce de l'aumAne, en soulageant les besoins des pauvres, de diminuer en nous d'autres besoins, c'est-â-dlra cet besoins honteux qu'y fait la délicatesse, comme st It nature n'était pas asscîc accablée de nécessités, boss. Anne de Oons. || Aller à ses nécessités, faire ses nécessités, satisfaire les besoins d'évacuation. || Il se dit au singulier. Il se Irouva là une caverne, où il entra pour une nécessité n.ilurelle, saci, Bible, Unis, i, xxiv, 4.11 12* Do nécessité, loc. adv. Néccs.sairement. Quand il faut de nécessité finir la pièce, cohn. Fxamtn de Don Sanche. Il faut de nécessité que tout ce "ue nous avons dit arrive en lui, boil. Du tulil. xxxv. Il fallait de nécessité qu'elle y (It de grands frais, hamilt. Gramm. 8. || 18* Par nécessité, toc. adv. X cause d'un besoin pressant. Il vend sa bibliothèque par nécessité. || Proverbe. Nécessité n'a point d«