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enimmstcus les dieux de la terre ; C'est la louange .... LA FONT. Fabl. I, f. Vous le savez, dieux domestiques, Mon style n'est point infecté Par le fiel amer des critiques, Ni par le nectar apprêté Des longs et froids panégyriques, bernis, Ép. vn, à nos dimx pénales. Du nectar idéal sitôt qu'elle a goûté, La nature répugne à la réalité, lamart. iidd. i, 2. |i 4° Terme de botanique. Suc mielleux que sécrètent diverses parties de la fieur, dans certaines plantes. le nectar est la nourriture exclusive de presque tous les lépidoptères, de plusieurs hyménoptères, héniiptères, et. en général, de tous les insectes suceurs, c'est-à-dire pourvus d'une trompe, legoarant.
— HIST. x\T s. Tu ne boiras aussi de ce nectar divin Oui rend Anjou fameux, rons. 458 Tranquillité d'esprit, Vrai nectar qui rend dieux les mortels qu'il abreuve, DESPORTES, Tombeau de Desportes.
— ÉTYM. Lat. nectar, nectaris, venu de véxTop, composé, d'après les éiymologistes grecs, de vri, particule négative, et xTtiw, tuer, c'est-à-dire moyen d'immortalité; mais le sens ne vaut rien, ce qui ne lue pas ne signifiant pas ce qui donne l'immortalité. M. Baudry pense que véxTap est formé du radical vEx de vexpôc, avec Tap suffixe des noms d'agent équivalent à TTi;, T«p; et voici comment il l'a expliqué d'après Kuhn, dans ses Mythes du feu {Rev. germ. t. xiv, p. bsO) : « Le nectar est le breuvage qu'on verse aux morts dans l'autre monde pour leur faire oublier celui-ci, le même que l'eau du Léthé et que Vôminnisôl des poèmes Scandinaves, ce philtre merveilleux que Grimliild fit boire à Sigurd pour lui faire oublier Brynhild. »
tNECTARADÈNE {nè-kta-ra-dè-n'), »./■. Terme de botanique. Glande qui sécrète le suc miellé des fleurs.
— ETYM. Nectar, età5inv, glande.
+ NECTARÉ, ÊE (nè-kta-ré, rée) ou NECTARÉEN, ENNE (nè-kta-ré-in, è-n'), adj. Terme didactique. Oui ressemble au nectar, qui produitdu nectar, doux comme le nectar. Il trouve sa yie dans des fleurs rouges, semblables à celles de la digitale, dont il lèche les glandes nectarées, bern. de st-p. Étud. i.
— HIST. xvi« s. Nectaré, otinm, Diet.
tNECTARlFfeRE ( nè-kta-ri-fè-r'), adj. Terme
de bounique. Oui sécrète une liqueur sucrée. Le nectaire est formé par un amas de glandes dites nectarifères.
— ÊTYM. Nectar, et le lat. ferre, porter.
t NECTARIFIQUE (nè-kta-ri-fi-k') , adj. Terme d'histoire naturelle. Il se dit d'animaux qui fabriquent, qui sécrètent une liqueur sucrée. Des pucerons nectarifitiues.
— ÊTYM. Nectar, et le lat. facere, faire.
t NECTAROTHÈQCE (nè-kta-ro-tè-k'),». f. Terme de botanique. Partie quelconque d'une fleur qui enveloppe le nectar. Dans la capucine la nectarothèque est constituée par la cavité de l'éperon.
— ÉTYM. Nectaire, et ôtixt,, loge.
t NECTIQUE (nè-ktik'), adj. Terme de minéralogie. Qui a la propriété de surnager pendant quelque temps. Silex nectique, variété de silex remarquable par sa légèreté.
— ETYM. >TixTixd«, qui nage, de v^z«iv, nager. NEF (nèf), ». f. Il 1° Synonyme poétique de navire.
11 devait mieux remplir nos vœux et notre attente. Faire voir sur ses nefs la victoire flottante, corn. Pomp. I, t. [Gens] X qui la demeure des villes Plaisait plus que celle des nefs, scar. Virg. vi. Peut-être ces débris promenés par les flots Sont-ils ceux de la nef qui portait ce héros I nucis, Oscar, i , ï. La nef tourne, s'abîme et disparaît aux yeux, nEi.iu.E, Enéide, \.Sa nef avait franchi les colonnes d'Alcide, in. Troll règnes, vi. Dès qu'on signale une nef vagabonde. Serait-ce lui [Napoléon]? disent les potentats? seRANO. Cinij ma». Quand sur le flot sombre et grossi Je risquai ma nef insensée, Moi je cherchais un monde aussi, v, hl'OO, Feuilles d'automne, ix. Il 2' Moulin à nef, moulin k eau construit sur un bateau. Il Nef ou bateau de Condé, sorte de bateau naviguant sur les rivières du Nord et assez semblable aux allèges de la Seine. || >■ La partie d'une église qui est depuis le portail jusqu'au chneur et entre les deux rangées de piliers qui soutiennent la voûte; ainsi dite par a-ssimilation de forme avec un navire. Ils p.->s3ent de la nef la vaste solitude, boil. Lutr. III.... Il Nef centrale, la nef, par np|)ositioa aux collatéraux. Il Nefs latérales, les bas cAtés d'une église. Il Aujounl'hui, on ne donne plus le nom do nef
3u'à la nef centrale, et (>our les nefs latérales on it les bas cfltés, le» collatéraux. || «• Petite machine en forme de navire (;ù l'on enfermait le couvert du roi, et qui se servait sur un t>out de la table. Il y •ut un grand couvert cliez Madame la Daupbine, où Monsieur l« Dauphin dioa; Viliacerf, son preoier
maître d'hôtel, la servit avec le bâton ; la nef était sur la table du prêt [le dîner servi tout prêt], dan- GRAD, Journal, t. un, p. 4B2. François I" fut trèsoffensé par les billets qu'ils Qes protestants] firent couler dans la nef dont on le servait à table, varil- LAS, dans BAYLE, Dict. Melanchthon, note n. || 5* Dans la vie privée du moyen âge, on appelait nef un vase allongé et de vaste capacité, qu'on plaçait sur la table en face du seigneur. Cette nef contenait tout ce que la cuisine ne fournissait pas; j'entends les épices, les vins, les vases à boire, les cuillers, de
LABORDB, ÉmOUI, p. 403.
— HIST. XI' s. Jo jettai voz choses de la nef par pour [peur] de mort. Lois de Guill. 38. || xii* s. Si com fait nés que vens guie, Couci, m. || xni* s. Nous ferons, dist li dus, vaissiaus pour passer quatre mille et cinq cens chevaux, et nés pour passer quatre mille cinq cens chevaliers, villeh. xiv. Nous apelons nef qui cort par mer ou par flueve ou par estanc,jà soit ce que ele soit petite, Dig. (" 165. Il XIV s. En la manière que l'en fait en médecine et en l'art de gouverner une naif, oresme, Eth. 36. La grant nef d'or, à deux angres [anges] sur les deux bouts, à iij escuçons esmailliez de France, dont les deux sont à iij fleurs de lys et les autres semez de fleurs de lys à vi lyons d'or qui la soustiennent, DE LABOKDE, Émaux, p. 404. || XV' S. Ceux qui dient la messe et l'escripture De l'évangile. Si sont dehors et les gens de la ville; Et en la nef sont les dames sans guile. Qui respondent de haulte voix habile X ceulx de hors, christ, de pisan, Dit de Poissy. Â Jehan Tarenne, changeur, pour avoir fait faire et forgier une grant nef d'argent doré, asise sur VI tigres, et est laditte nef esmaillée tout autour à oiseaux enlevez des armes de France, et aux deux bouts d'icelle nef sur deux terrasses a deux paons qui font la roue, esmaillées de leur couleur, 3e la- BOBDR, Ëmaux, p. 404. Il XVI' s. L'artillerie au champ sembloit tonnerre, Les grosses naux de Pregent respondoyent, i. marot, v, 29. Chascun se retira en sa nauf, et, en bonne heure, feirent voille on vent grec levant, rab. Pant. iv, i. Comme une nave attachée au rivage, Venu le vent, rompt tout chable et cordage, amyot. De la vertu morale, ts. Qui entre en nef n'a pas vent à gré, leroux de linct, Prov. t. n, p. <42.
— ÊTYM. Wallon, nàve, bateau; provenç. nau ; esp. nave; port, nao; ital. nave; du lat. navem ; grec, vaû; ; sapsc. niu ; la racine est snu, couler, qui a fait vtu, nager : ndu, vaù;, natif, signifie donc la nageante.
NÉFASTE (né-fa-st'), ad;'. || 1° Terme d'antiquité romaine. Jours néfastes, jours auxquels il n'était pas permis au magistrat de prononcer les paroles solennelles de procédure, et jours où il était défendu par la religion de vaquer aux affaires publiques. Il Jours néfastes se disait aussi des jours de fêtes solennelles qui étaient accompagnées de sacrifices ou de spectacles. || Jours de deuil et de tristesse regardés comme funestes, en mémoire de quelque disgrâce éclatante du peuple romain. || 2° Aujourd'hui, jour néfaste, jour signalé par quelque événement sinistre. || Par extension, il se dit des choses illicites et funestes. Action néfaste. Guerre néfaste.
— ÊTYM. Lat. nefastus, de nefat, toute violation de la loi divine, qui vient de ne, non, et {as, droit, de ^ari, prononcer (voy. fable).
■f NÈFE (nè-r), «. f. Terme de fauconnerie. Le gros du bec d'un oiseau de proie.
— ÊTYM. Provenç. nefa; ital. niffa; du germanique: holl. fwb; Scandinave, nebhi, bec.
NP.FLE (nè-fl'), I. f. Sorte de fruit qui a plusieurs noyaux, dont la peau est de couleur grisâtre, et qui n'est bon à manger que quand il est amolli par le temps. La nèlle est une nuculaine. On étend les nèfles sur de la paille pour les faire mûrir. Il Cela me coûte de bon argent, je ne l'ai pas eu pour des nèfles. || Proverbe. Avec le temps et la pailla les nèfles mûrissent, c'est-i-diro il faut exécuter les choses avec constance et patience. Cet hiver, je travaillerai k la composition du sujet de saint Paul ; et, comme dit le proverbe italien, avec le temps et la paille se mûriront les nèfles, poussin, l.elt. soct. )•«».
— HIST. xin* s. De le [la] iiavé« de neples, [on payera] une coupe (une certaine mesure], tailliar. Recueil, p. 47b. Comment sera la cure d'un grant pueplo seOre En ton jone parent tout plain d'eovoiseOre, Qui garderoit à peine une nèfle meure Qu'il n'i meist les dcns tantost grant aleOre? J. dk MEUNo. Tut. 6M. Il xvi* s. Contraindre, par l'enter, un colgDer,de produire des mesles, o. hbserru, «t(.
— ÊTYM. Wallon, m^i* ; namur. mespe ; Hainaut, népe, néfe; norm. meille. mêle : avec du temps et du feurre blanc on fait blettir les mêles ; picard , meille, merle, mesle ; Berry, mêle; génev. nèfe, neife: Isijsse, nèple; provenç. nesple; espagn. et port. nesfera; ital. nespola; du lat. mespilum; grec, \UaniXov. L'm étymologique s'est conservée dans plusieurs patois.
NÉFLIER (nè-fli-é ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; l'îse lie : des nè-fli-é-z en fleurs), ». m. Arbre de la famille des rosacées qui porte les nèfles {mespilus germanica, L.). || Voltaire a employé une des formes archaïques. Les bourgeois des villes de Flandre jouissaient du droit de prouver leurs prétentions avec la massue de mesplier, Mceurs, loo. Il Néflier buisson-ardent, néflier parasol, arbres d'ornement.
— HIST. XIII" s. Escorce de pruniers et de nespliers, alebrant, I* i». Et quant il orent ce fait, il pristrent un baston de mellier et y firent osques [coches] d'une espée, beaum. lxix, <6. Ses escuz est vermeuls trestoz, Et la cote roge desoz : Baston ot de néflier bien fet ; Bien fu armez au jor de plet, Ren. 14587. Il XVI' s. Dans l'hyver se plante le meslier ou nefflier, o. de serres, eo4. Le houx ou mesplier sauvage, id. 795.
— ÊTYM. Nèfle; norm. m^li'er; Berry, mtlier, mêplier; picard, nwrJier; wallon, mespli; Hainaut, n^pt'er.
t NEG A (ne-ga), ». m. Voy. minel.
t NÉGATEUR, TRICE (né-ga-teur, tri-s') , adj. Qui nie habituellement. Esprit négateur. En disant que la loi était athée, on ne voulait pas dire que la loi fût l'œuvre de philosophes négateurs d'un être suprême.... carrel, Œuv. t. iv, p. 331. || Celui qui nie. Les négateurs de la philosophie.
— ETYM. Lat. negatorem, de negare, nier. NÉGATIF, IVE (né-ga-tif, ti-v'), ad;. || 1' Terme
didactique. Qui exprime une négation. Proposition négative. Terme négatif. Il ne se présente pas seulement à ma pensée une réelle et positive idée de Dieu, mais aussi, pour ainsi parler, une certaine idée négative du néant; et je suis placé comme un milieu entre Dieu et le néant, desc. Médit, iv, ». La loi des Ripuaires et celle des autres peuples barbares, qui admettaient l'usage des preuves négatives, furent forcées d'établir la preuve par le combat, MONTKSQ. Esp. xxviii, 14. || Terme de grammaire. Particule négative, la négation. Ne est une particule négative. || Argument négatif, preuve» négatiTCS, argument, preuves qu'on tire du défaut, de l'absence, du silence, par opposition à argument positif, preuves positives. || Voix négative, dans une assemblée, droit de s'opposer i une résolution, et d'empêcher qu'elle ne passe. Avoir voix négative. || Terme de théologie. Commandement négatif, commandement qui défend de faire une chose. Il Schisme négatif, schisme dans lequel on se contente de rejeter les erreurs d'une Eglise, sans s'en séparer. || Peines négatives, lois par lesquelles on exclut certaines personnes des honneurs, des dignités, sans leur infliger aucune peine directe. Il Hérétique négatif, nom donné par l'inquisition à ceux qui refusaient d'avouer les croyances qu'on leur supposait. Il Droit négatif, droit que le petit conseil de Genève s'attribuait de rejeter les représenUtion» que faisaient les citoyens soit pour interpréter des lois olscures, soit pour maintenir des lois enfreintes (volt. lett. (ÏÀrgental, lafévr. (7e«). || On négatif, un partisan du droit du petit conseil à Génère. U |M. André) aurait fait souper gaiement ensemble un Corse et un Génois, un représentant de Genève et un négatif, le muphtl et un archev6(iue, volt. l'U. aux 40 écus, grande querelle. \\ 2' Qui refuse, qui a l'habitude de refuser. Cet homme est négalit C'est quelque chose d'extraordinaire que le mérite de ce garçon-là [le chevalier de GrignanJ ; il est aimé de tout le monde ; voilà de quoi son humeur négative et sa qualité de petit glorieux m'ont fait douter, sBv. il nov. l«76. || On dit de même : air négatif. Souvent nous n'accordons les grâces q[u'on nous demande qu'avec un visage négatif où on Ht encore les restes d'une longue résolution de refuser, TOtiRiiHL, dans HicngLRT. Il 8* Dépourvu de qualités positives, réelles, présentes. Il est pis que nul, U est négatif, ;. ;. rouss. J^m. i. La félicité de l'homme ici-bas n'est qu'un état négatif, id. ib. ii. Les plus sublimes vertus sont négatives ; elles sont aussi le* plus difflcilet, parce qu'elles sont sans ostentation.... 6 quel bien fait nécessairement à ses semblables celui d'entre eux, s'il en est un, qui ne leur fait jamais de mal I ID. ib. u. L'éducation négative n'est pas oisive, tant s'en faut; elle ne donne pas \m
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TWtui, mais elle pievient lei vices, id. lett. à Parebev. de Paris. Par la comparaison que je fais de leur sort au mien, ils me font jouir d'un bonheur négatif, BERNARD. DE ST-p. Paul et Virginie. La force de l'esprit ne peut jamais être longtemps négative, c'est-à-dire consister principalement dans ce qu'on ne croit pas, dans ce qu'on ne comprend pas, dans c« qu'on dédaigne, iTAEL,Àllem. m, «. || 4* Terme d'algèbre. Grandeurs ou quantités négatives, celles qui, résultant d'une soustraction réelle ou supposée qui ne peut se faire, sont marquées du signe moins et sont l'opposé des quantités positives. || Dans le langage ordinaire, avoir négatif, ce qu'un homme doit au delà de ce qu'il possède. {| 5" Terme de physique. Électricité négative, celle qui est développée sur les corps résineux, par opposition à l'électricité positive, celle qui est développée sur le verre. || Pôle négatif, le pôle d'une pile galvanique opposé au pôle positif. Dans la pile galvanique, les disques de cuivre sont les éléments négatifs. || Ëtat négatif, état d'un corps qui ne manifeste que de l'électricité négative. Il Terme d'optique. Foyer négatif d'une loupe, foyer pris de l'autre côté de la loupe. S'étant approché jusqu'au point qu'on appelle le foyer négatif de la loupe, c'est-à-dire un foyer pris de l'autre côté de la loupe, malebr. Rech. vér. éclairciss. sur l'optique, t. iv, p. 439, dans pougens. || 6° Terme de chimie. Se dit d'une substance simple ou composée jouant dans ses combinaisons le rôle négatif ou d'acide, c'est-à-dire se rendant au pôle positif de la pile électrique quand le composé est soumis à l'action de cet instrument; ce terme a pour opposé positif. On dit aussi électro-négatif. L'oxygène est le corps le plus électro-négatif. || Travail négatif, fermentation avec absorption de chaleur. j| 1' Terme de photographie. Épreuve négative, voy. épreuve. Il 8° S. f. Négative, proposition qui nie. M. Foucquet a parlé aujourd'hui deux heures entières sur les six millions.... Pussort faisait des mines d'improbation et de négative qui sciindalisaient les gens de bien, sÉv. i" déc. *«»*. Vous me demandez les symptômes de l'amour [de d'Hacqueville pour une des filles du maréchal de Grammont] ; c'est premièrement une négative vive et prévenante, c'est un air outré d'indifférence qui prouve le contraire, 10. • mars 4762. Elle [la jeune femme de Ch. de Sévigné] a de très-bonnes qualités, du moins je le crois; mais, dans ce commencement, je ne me trouve disposée à louer que par les négatives : elle u'est point ceci, elle n'est point cela ; avec le temps je dirai peut-être : elle est cela, id. i" ocL <684. Le chancelier pétillait, interrompait, faisait des négatives sèches, ST-siu. 3<6, 413. |{ 9° Terme de grammaire. Mot qui sert à nier, et pour lequel on dit aujourd'hui plutôt négation. Nori, ni, ne, sont des négatives. De pas mis avec rien tu fais la récidive. Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative, mol. Femmes sav. u, 6. || 10° Refus. Cette humeur aduste imprime sur leur front une négative perpétuelle, avec laquelle ils vont étouffer les prièrej jusque dans le cœur des suppliants, balz. De la COUT, e* due. Et là néanmoins ils rencontreront quelque esprit de fer.... qui... par une ferme et constante négative, brisera tous leurs filets et toutes leurs ruses, id. ib. 3* discourt. Vous souhaitez un Hontausier.... le semeur de négatives, sév. 41 nov. 4 «76. Los négatives se jettent sur les payements d'argent.... nous ne voyous que des gens qui disent non quand nous leur demandons notre pauvre argent, id. 47 noT. 4876, On apprend [par la pénitence] i dire non, i dire je ne puis plus, à payer le monde de négatives sèches et vigoureuses, boss. Sermons, Vérit. convers. 4. || Il est fort sur la négative, il est accoutumé à refuser ce qu'on lui demande. Il Se tenir sur la négative, refuser constamment, persister dans un refus.
— HlST. xui" s. Li clerc si dient, et il dient voir, que négative ne doit pas queoir [choir] en proeve; mais affirmative y uueoit, porce qu'on le [la] pot et doit prouver, bkaom. xxxix, «7. ||ivi's. Ils n'estiment point qu'un homme soit chrestien, qu'il ne s'accorde i toutes leurs déterminations, tant affirmatives que négatives, calv. InsUt. «28. Le roi de Navarre, à son audition, ne travailla point à la négative des choses alléguées, d'aub. Uist. u, (il.
— 6TYM. Pit>venç. rugatiu; espagn. et itàl. nefatito; du lat. ntgativut, de negare, nier.
''^-^'ATIOîl (oé-ga-sion ; en vers, de quatre syl- Ube»), «. f. ||i. Action de nier; U est opposé à afnrmation. Dieu ne peut faire les contradictoires; cela est vrai, parce que ce n'est pas un pouvoir de Uire oe qui est absurde, c'est au contraire une né- (auoo de pouvoir, tolt. ÈM hu. au Pire Tounie-
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tntn«, 47J5. Il J* Terme de grammaire. Mot qui sert à nier. Deux négations valent une affirmation, c'est-à-dire la néfjation d'une négation vaut une affirmation, par exemple en latin où non nemo signifie quelqu'un.
— HlST. XII* s. Obédience ofîristes ainz [auparavant] e subjectiun ; En refui de ço faites puis appellatiun; Tost turnastes vostre est en la negatiun, Th. le mart. 85.||xiii* s. [En matière de fait] cil qui nie n'enseigne pas nule raison de sa négation, BRUS. LATiNi, Tvéior, p. 48(1. || xiv* S. Ne se merveille nul, se je ay mis en pluseurs liens deux negacions pour une; car c'est la manière de parler en francois;si comme en disant : nul homme ne dort, okesue, Eth. 334.
— ÊTYM. Provenç. negatio; espagn. n«9acton; ital. negazione; du lat. ncgofionem, de negare, nier.
NÉGATIVEMENT (né-ga-ti-ve-man) , adv. D'une façon négative. Il a répondu négativement.
— ETYM. Négative, et le suffixe ment.
t NÉGATIVITÉ (né-ga-ti-vi-té), j. f. Terme de physique. État d'un corps qui manifeste les phénomènes de l'électricité dite négative.
t NÉGATOIRE (né-ga-toi-r') , adt). Terme didactique. Oui sert à refuser. || Terme de jurisprudence. Action négatoire , action par laquelle on veut faire déclarer que son adversaire n'a pas tel ou tel droit.
— msT. XVI* s. Négatoire, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. negatorius, de negare, nier.
NÉGLIGÉ, F:E{né-gli-jé,jée), part, passé à^ négliger. Il 1° Traité avec moins de soin qu'il ne faut. Un jai-din négligé par le propriétaire. Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible. Sur vos fautes jamads ne vous laisse paisible; Il ne pardonne pas les endroits négIigés,BOiL. Art p. I. Ils avaient la barbe longue et négligée, rÉN. Tél. x. Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles, id. Éducat. fiUes, i. LouisXIV, qui devait à la nature seule toutes ses bonnes qualités et à sa seule éducation tous ses défauts, ne sentait que trop combien cette éducation avait été négligée, pour ne rien dire de plus, d'alemb. Éloges, Kafon. Il Maladie négligée, maladie qu'on a laissée s'invétérer faute de soin. Un rhume négligé. De vos mata négligés vous guérirez sans doute ; Tâchons à réparer les forces, quoi qu'il coûte, regnard. Légat, i, 4. || 2° Il se dit des ouvrages d'esprit où il n'a pas été apporté un soin suffisant. Mon styleestsi négligé qu'il faut avoir un esprit naturel et du monde pour pouvoir s'en accommoder, sév. 23 déc. t67( . Ces mémoires [de l'abbé de Choisy], quoique fort négligés pour le style, sont peut-être le plus agréable de ses ouvrages, d'alkmb. El. Choisy. \\ Style négligé, celui où manquent souvent quelques-unes des qualités habituelles du style. Le défaut contraire à l'affectation est le style négligé, lâche et rampant, volt. Dict. phil. Français. \\ Écrivain néglige, écrivain qui ne soigne pas suffisamment son style. Il avertissait Cbaulieu de ne se croire que le premier des poètes négligés et non pas le premier des bons poStes, volt. Temple du Goût. || 3° Qui a un air de négligence, en parlant des personnes. La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée. Est mise sous le nom de beauté négligée, uol. ilis. ii, 6. Elle vous trouve bien négligée, ma fille, de laisser voir la couleur des petites vcinesel la chair, qui composent le vrai teint; elle trouvebien plus honnête d'habiller son visage, sEv. 686. M. Corneille était assez grand et assez plein, l'air fort simple et fort commua, toujours négligé et peu curieux de son extérieur, fonten. Vie de Corneille. Quoi qu'il [Louis XI] fût toujours fort négligé dans ses habits, duclos, Œuvr. t u, p. 4 79. Il U se dit des choses, dans le même sens. Il y a des grâces négligées qui plaisent plus que des beautés régulières, st-evbe- MONu, dans hichelet. Vos travers, vos écarts, vos propos négligés Établissent les droits de leur impertinence, FAVART, Soliman U, ii, 4 4. J'aime beaucoup votre coiffure, elle est simple, négligée, mais elle a beaucoup de grâce, genlis, Théâtre d'éduc. la Bonne mire, i, 3. || Absolument. Il se dit d'une femme quand elle n'est point parée. Zélide, toute négligée, brillait davantage, voix. Hist. Alcidalis, Œuvr. t. II, p. 28». Vous qui voyez tout, ne voyezvous point comme je suis belle les dimanches, et comme je suis négligée les jours ouvriers, sEv. 64. ||i* Qui n'est pas traité avec une considération suffisante, eu parlant des personnes. Trouvait-elle des gens de bien inconnus ou négligés, elle leur procurait des emplois selon leurs talents, fl£cu. Aiguillon. Vous ue me parlez plus de Thiriot : estil dans votre société, aussi négligé que négligent? VOLT. Lett. Damilaville, 4 mars 4 764. Il [M. de Choisy] eut le malheur honorable de déplaire au
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ministre, et de s'en voir négligé comme il devait s'y attendre, d'alemb. Éloges, Choisy. Ce Descartes qui, négligé dans sa patrie après sa mort comme pendant sa vie, attend encore de ses compatriotes les honneurs que les étrangers lui ont prodigués, CONDORCET, Linné. ||6°S. m. L'étatoùest une femme quand elle n'est point parée. Par ma foi, voilà le plus élégant négligé qu'on ait jamais vu.dancourt, Cheval, à la mode, i, 6. Que j'étais restée dans mon négligé, je dis dans le négligé où je m'étais laissée en me levant, Marivaux, ilarianne, *' part. || Absolument. Cela n'est point toilette; c'est négligé. || Se dit du costume du matin des hommes aussi bien que des femmes. Lucile fut un peu surprise de voir paraître en négligé un homme qu'elle connaissait à peine, marmontel, Contes moraux, Heur. div. Il Fig. Les bons esprits ne s'intéressent guère moins à voir au naturel et comme en négligé ceux qui ont éclairé leurs contemporains que ceux qui les ont gouvernés bien ou mal, d'alemb. Éloges, Ch. Perrault. || Demi-négligé, négligé un peu caché. Il Fig. Le demi-négliRé du style. |t 6° Terme de beauj-arts. Négligence aimable qui plaità l'œil. Un beau négligé est souvent un artifice du peintre.
t NÉGLIGEABLE (né-gli-ja-bl'), adj. Qui peut être négligé, omis sans inconvénient; se dit surtout dans le langage mathématique. Des quantités négliseables.
NÊGLIGEMENT (né-gli-je-man),î. m. Action de négliger, surtout en parlant de choses d'art. Concluons-nous qu'un ouvrage de peinture est fait par le hasard, quand on y remarque des ombres ou même quelque négligement du pinceau? fEn. Exist. i, 8».
— ËTYM. Négliger.
NÉGLIGEMMENT (né-gli-ja-man), adv. Avec négligence. On dit qu'il [M. de PomponeJ faisait un peu négligemment sa charge, que les courriers attendaient, sÉv. 387. r^endant que l'empereur Constance, occupé des affaires de l'arianisme, faisait négligemment celles de l'empire, les Perses remportèrent de grands avantages, boss. Hist. i, 44. Ses cheveux noués par derrière négligemment, fén. Tél. i. Une expérience que je proposerais à un homme de soixante-cinq ou soixante-six ans... .ce serait d'emporter avec lui dans la retraite Tacite, Suétone, Sénèque, de jeter négligemment sur le papier les choses qui l'intéresseraient.... dider. Claude et Sérun, i, à M. Naigeon. \\ D'un ton de négligence qui marque peu d'intérêt. Je lui répondrai négligemment que je crois que c'est pour supplier Sa Majesté de considérer les dépenses infinies que M. de Grignan.... sév. 26 nov. 4884. Puis elle ajouta négligemment: et vous, ne viendrez-vous pas aussi?!, j. rouss. Confess. ii.
— HIST. xiii* s. Ce que on done doit l'on tenir don par autretel corage come il est doné; et porce ne doit om pas doner négligemment, brun, latini. Trésor, p. 4(0. ||xiv* s. Come yleucqucs il [le général romain] alast espanduement et ncgligcutement, beiicheure, f° (07, verso. ||xvi' s. Tout est fait négligemment là où l'un à l'autre s'attend, cotorave.
— ÉTYM. Négligent, et le suffixe metit. Negligenlement a été refait quand le féminin des adjeclite en ent devint ente.
NÉGLIGENCE (né-gli-jan-s'), »./■. || 1* Défaut de soin, d'exactilU'le, d'application. Il est vrai, madame, que vous ne me sauriez perdre, quelque négligence que vous ayez pour moi, voit. ie»«. 4 7. Je m'accuse déjà de trop de négligence. Courons à la vengeance, corn. Cid, ii, ». Le feuilletant avec négligence et sans penser à rien, pasc. Prov. vin. Je vous conjure, ma chère fille, d'avoir soin de votre santé.... ne vous abandonnez pas à ces cruelles négligences dont il me semble qu'on ne puisse jamais revenir, sÉv. 6 fév. 4 07(. De la négligence à l'égard des plus petites choses, l'on va promptement à la négligence dans les grandes, bourdal. 5*dim. après la Pentecôte, Doininic. l. il, p. 453. M. Leibnitz laissait aller le détail de sa maison comme il plaisait à ses domestiques, et il dépensait beaucoup en négligence, fonten. Leibnitz. Songez qu'en de telles circonstances ne pas écrire à son ami sur-le-champ, c'est le trahir; négligence est crime, volt. Lett. Thiriot, 48 janv. I7a». Il Négligence de, avec l'infinitif. La négligence de purger ces fautes [véniillos] pouvant aller à un excès qui.... boss. Méditât. Cette, i" part. x. Il Négligence à, avec l'infinitif. Votre négligence à répondre, volt. Thiriot, 48 janv. 473». || a* En un sens restreint, il se dit du peu de soin apporté au vêtement, à l'extérieur. La négligence, i mon gré si requise. Pour cette fois fut sa dame d'atour, la font. Orait, Je vous remeicie de vous
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habiller; cette négligence, que nous vous avons tant reprochée, était d'une honnête femme; votre mari peut vous en remercier, mais elle était bien ennuyeuse pour les spectateurs, sÉv. 60. Hé! ma fille.... coiffez-vous demain pour l'amour de moi ; l'excès de la négligence étouffe la beauté, id. 4 mars I67a. Je suis toute réjouie.... que vous conserviez sous votre négligence une beauté si merveilleuse, ID. 23 mars 4 672 Je ne sais si cette
négligence [dans le vêtement] , Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence. Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs Ilelevaient de ses yeux les timides douceurs, bac. lirit. ii, 3. Une trop grande négligence, comme une excessive parure dans les vieillards, multiplient leurs rides et font mieux voir leur caducité, la bruy. xi. || 3° Vice du style négligé. Une petite négligence de style. Relever la moindre négligence dans un ouvrage. Le père Bouhours est derrière eux [les grands écrivains], marquant sur des tablettes toutes les fautes de langage et les négligences qui leur échappent, volt. Temple du Goût. {{ Il se dit souvent des défauts de soin qui sont plutôt faits pour plaire que pour déplaire. J'appelle négligence raisonnée celle qu'on se permettrait avec mure réflexion et pour donner une sorte de grâce au discours, d'olivet. Rem. Racine,
§ 45 La négligence aimable Et des Courtin et
des Chaulieu, desmahis, Poésies, p. 32, dans pougens. 11 lui échappe même [à Massillonj quelquefois, soit dans les expressions, soit dans les tout s, soit dans la mélodie si touchante de son style, des négligences qu'on peut appeler heureuses, parce qu'elles achèvent de faire disparaître non-seulement l'empreinte, mais jusqu'au soupçon du travail, d'alehb. Éloges, Uassillon. || 4° Action de négliger quelqu'un. Il ne faut point mentir, ma juste impatience Vous accusait déjà de quelque négligence, HAc. Bérén. i, 4, Mais le dédain, la tiède négligence. Et d'un cœur froid le calme injurieux, delille, Convers. ch. m.
— HlST. XII* s. Proz [preux] est e sages e corteis; Par négligence e par envie En aviom ier dit fulie ; Ne savioin qui il esteit, benoît, u, 10602. ||xiii's. Ta neleé [propreté] doit estre tele que ele ne soit haïe par trop d'aornement, mais tant que tu ostes la sauvage négligence, brhn. latini, Trésor, p. 372. Le [la] négligence d'aucun ou le [la] malvese garde n'escuse pas contre autrui damache, beauh. xxx, 67. Il iiv* g. La justice du dit lieu avoit esté en négligence et en deffaut de punir le ditmurtre, Bibl. des chartes, 4' série, t. 11, p. S9. En négligence son temps use Cieus [celui] qui son sens ne fait apiert [manifeste], j. de condet, p. 101. La tierce manière de chauveté advient par négligence de garde des cheveux et du cuir, lanfhanc, f 44. Négligence c'est quand l'en aime et craint si peu Dieu que l'en ne fait nul bien pour lui, Uénagier, l, 3. ||xv* s. Car au povre tout perdre fault [en justice], Pour faire un très povre default. Ou une povre négligence Oui est faitte par indigence, e, oescii. ifiroir de mariage, p. 86.
— ETYM. Provenç. ncgligencia, negligema; esp. negligencia ; ital. negligeniia, negligenia ; du laU negligentia, de négligent, négligent.
NÉGLIGENT, ENTE{né-gli-jan,jan-t'),adj.|| l'Oui a de la négligence. Un intendant négligent. Tandis que les prophètes [en Judée] ont été pour maintenir la loi, le peuple a été négligent; mais, depuis qu'il n'y a plus eu de prophètes, le zèle a succédé, p«sc. /•en*. XV, 13 bis, éd. havet. Comme je suis fort négligent, je ne lui fis pas de réponse, volt. Letl. d'Araental. 20 cet. «764. || SubsUnlivement. Uo i.i^Klifîi-iit. Une négligimte. || j* 11 se <1U aussi dus chose». Mon amitié n'est point du tout négllgout<i, volt, dans le Dicl. de beschrrei.lb.
- uisT. xir 1 Tel ropo» ne soit pas nogligcni, •miN lati.m, Trésor, p. 383. (Le magnanime) est iii'gliKcns en petis detpent, mait es autres grans choses et honorables n'est 11 mio pcrecous [paresseux]. ID. ib. p. 288. Et par ce est- U bon que II ajorneres ne soit j ai negUgens de nommer le (l.i) cause par quoi il ajorne, beaum. x, 4 . On doit moult •ecorre Ici negliK'ns qui ne loTeal pal le* couttumei, ID. xxx, 94. || xiv« ». Fus-tu onquvt de Dieu tenrir point négligent? Girard de Rou v. 1Ù61.
— ETYM. Uerry neingligent, ingligent; provenç. neiUgent; espagn. et Ital. négligent»; da tat uegligcnlem, da negligere, oégl.gcr.
NËGLIGER (oé-gli-jé. Le g prend un « devant a et 0 : je négligeais, négligeons), v. a. || 1* Traiter queli|ue chose avec moins de soin qu'il ne faut. Elle IMailcIeinc] répand ses parfums, elle jette se» vain» uinemeots, elle néglige «es cheveux, doss. Sermon»,
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Intégrité de la pénit. s. On l'entendit [Lamoignon] , selon les temps, parler des grandes choses comme s'il eût négligé les petites, et des petites comme s'il eût ignoré les grandes, fléch. Lamoignon. Un magistrat qui n'a rien ignoré ni rien négligé dans son ministère, id. ib. Mais lorsqu'on la néglige [la rime], elle devient rebelle, boil. Art p. i. Tu négliges les sentiments. Pour faire briller la pensée, CHAULIEO, Ode contre l'esprit. Gardez-vous bien de négliger votre santé, hamilt. Gramm. 8. L'histoire des mœurs et de l'esprit humain a toujours été négligée, volt. lell. Formont, 13 juin <7bo. Votre Majesté Impériale parait aujourd'hui forcée de cultiver l'art de la guerre, mais vous ne négligez point les autres, volt. Lelt. Calher. 127. || Négliger veut de devant un infinitif. Quand les princes, négligeant de connaître leurs affaires et leurs armées, Boss. Reine d'Anglet. Un auteur n'est jamais parfait, Quand il néglige d'être aimable , bebnis, Épilre à Fonten. Il Terme de peinture. Négliger une partie, la laisser imparfaite. |{ Terme de manège. Négliger son corps, ne pas se maintenir en bonne position à cheval. Il 2° Négliger quelqu'un, n'avoir pas pour lui la considération, l'attention qu'il faudrait. Dans ces jours de confusion et de trouble où les grâces tombaient sur ceux qui savaient à propos se faire soupçonner ou se faire craindre, on le négligea comme un serviteur qu'on ne pouvait perdre, flécu. Duc de Mont. Du même fond dont on néglige un homme de mérite, l'on sait encore admirer un sot, la bruy. xii. Le duo d'Épernon s'était presque ruiné pour secourir la reine mère, et se plaignait d'avoir été négligé par elle, après l'avoir si bien servie, volt. Mœurs, il6. On payait un astrologue, et on négligeait un géomètre, volt. Fragm. sur l'hist. i. U [Louis XIV] négligea le seul la Fontaine, et paya par cet oubli le tribut à la royauté, d'alemb. Éloges, bangeau. || Absolument. On néglige aisément un homme qui néglige, corn. laSuiv. i, 6. || Négliger une femme, se refroidir à son égard et ne plus lui témoigner la même assiduité. Je ne respire pas dans cette incertitude ; Moi, je vivrais, Phénice, et je pourrais penser Qu'il me néglige, ou bien que j'ai pu l'offenser I bac. Bérén. 11, G. Il m'aimait à sa manière, comme les hommes savent aimer, en me négligeant, en se livrant à toutes les vaines dissipations qui l'arrachaient d'auprès de moi, gknlis, Thédt. d'éduc. l'Amant anonyme, i, «. Vous aux pieds d'un cruel qui a pu vous négliger, qui fait couler vos pleurs, qui doit seul en verser I M-" BiccoBONi, Marg. de Pressy, Œuvr. t. 11, p. 86, dans POUGENS. || Cet homme néglige sa femme, il ne lut donne pas les marques d'affection qu'elle a droit d'attendre de lui. |{ Négliger quelqu'un, le voir rarement. Je lui dis un jour : Grimm, vous me négligez, je vous le pardonne, t. 1. bousseau, Confess. VIII. J'ai demeuré longtemps à Pétersbourg, et je l'ai vu comme je vous vois; mais, depuis ce temps, jel'ai négligé beaucoup, alex. duval, Menuit. de Livonie, II, 7. || 8' Ne pas mettre en usage. Il n'a négligé aucun des moyens qui pouvaient la faire réussir. 11 n'était pas homme à négliger la moindre précaution, hamilt. Gramm. 6. Mon coeur a tout à craindre, et rien à négliger, VOLT. Mer. u, 1. 1| Négliger une occasion, la laisser échapper, ne pas en profiter. || 4' Ne pas tenir compte. Comme rien n'est égal à sa grandeur suprême [de Dieu], U faut ne rien aimer qu'après lui, qu'en lui-même. Négliger, pour lui plaire, et femme et biens et rang.... corn. Poly. i, 4. La menace n'était pas à négliger, hamilt. Gramm. ». Je négligerai, si l'on veut, l'autorité de Barbeyrac, qui déclare nettement que.... J. J. rouss. Inégal. 4* part. Il 6* Terme d'algèbre. Omettre dans le calcul des quantités fort petites qui ne peuvent pas en affecter le résultat. Négliger les dernière» décimales. Une valeur très-sensible qu'il aurait été impossible de négliger dans des observations aussi exactes, biot, Instit. Mém. acad. icienc. t. ni, p. »«7. ||8' Se nég'iger, v. ré/l. N'avoir pas soin de sa personne pour la propreté, l'ajustement, etc. Ce vieillard se néglige. || S'occuper moins exactement qu'A l'ordinaire d« son devoir, de sa profession, de son travail, etc. Pompée croit que son nom soutiendra tout et se ni^glige, uoss. Iliit. m, 7. Cette manière d" presser les draps en cache les inégalités et les défauts, ce qui pourrait donner occasion aux ouvriers et fabricanU do se négliger, Arrêt dueonieil, 3déc. «Su7. Dans le cours de tant de prospérités où l'on se néglige pour l'ordinaire, le sénat agissjiit toujours avec profondeur, montesq. Hom. a. — lllST. xiv* s. Que nulle chose apiiartenans au droit divin ne fust troublée en négligent les cous-
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tûmes du pays, berchel'he, t" »3, «erso. || xvi* s. Il estoit bien mal aisé de leur faire le procès, en un si grand trouble, et bien dangereux de négliger, attendu leur conspiration, ahyot, Agés. 54. Ne sçachant que ce chien fust enragé, il négligea sa morsure, et quatre mois après mourut furieux et enragé, PARÉ, XXIII, 20.
— ÉTYM. Berry, xngliyer; du lat. negligere, qui vient de nec, ni, ne, faisant fonction de préfixe négatif, et légère, prendre, cueillir : proprement, ne pas prendre.
t NEGO (né-go). Mot latin qui signifie je nie et dont on se sert quelquefois dans le discours familier. Distinguo, mademoiselle; dans ce qui ne regarde point sa possession, concedo ; mais dans ce qui la regarde, nego, mol. Mal. imag. u, 7.
— ÈTYM. Voy. NIER.
NÉGOCE (né-go-s'), s. m. || 1° Proprement et étymologiquement, il se dit de toute affaire, de toute entremise d'affaires. || En mauvaise part, il se dit de certaines industries suspectes, soit à cause du péril, soit à cause de la messéance, de la honte qui y est attachée. La contrebande est un périlleux négoce. || Faire un vilain négoce, se mêler de quelque chose de honteux. || Ironiquement. Vous faites là, monsieur, un fort joli négoce, uancourt, Enf. de Paris, V, ». || Fig. Alors [chez les premiers chrétiens] la piété était véritable, parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris à s'accommoder au monde, ni à servir au négoce des ténèbres, boss. Sermons, Honneur, 3. lia- Particulièrement, synonyme moins usité de commerce. Se mettre dans le négoce. Faire le négoce. Si c'est quelque chose, messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service , mol. Médecin maigri lui, i, 6. Certains particuliers qui, riches du négoce de leurs pères.... la BRUY. vil. Son négoce [d'Athènes] fut presque borné à la Grèce et au Pont-Kuxin d'où elle tira sa subsistance, M0NTESQ. Esp. XXI, 7.|| Fig. Si Votre corps est une hostie qu'il faut immoler à Dieu, conservez-lui une hostie vivante ; si c'est un talent précieux qui doive profiter entre ses mains, mettez-le de bonne heure dans le négoce, n'attendez pas, p' ur le lui donner, qu'il faille l'enfouiren terre, boss. 4* «ermon pour le i" dim. de cartme, 3. || Aujourd'hui on ne dirait plus, comme Montesquieu, le négoce d'Athènes, mais le commerce d'Athènes; commerce est réservé pour un Ëtat, une nation, un peuple.
— lllST. 111' s. Nus [nul] ki servet à Deu ne soi emploiet ez séculiers negosces, Job, p. 48 1. 1| xiv's. Guillaume.... gouvernant les négoces et besongnes d'icelle Marguerite, du canqe, n<yo<ium. |{ xvi* s. Il l'avoyten si grande privaullé receu, que rien ne lui celoyt des menues négoces de sa maison, rab. Pant. IV, 67. Ainsi sont ils serfz toute leur vie les uns des voluptez, et les autres des négoces et du gaing, amtot, Pélop. ». Serf de mes négoces, ou, encore pis, de ceulx d'autruy, mont, iv, 76. Le négoce de la paix, qui n'avoit jamais esté intermis, fut repris plus que de coustume, d'aub. Hist. I, 231.
— ÉTYM. Provenç. negoci; espagn. négocia; ital. negnxio; du lat. negolium, de nec, ni, ne, faisant fonction de préfixe négatif, etod'um, loisir.
t NÉGOCIABILITÉ (né-go-si-a-bi-li-té) , /. f. Terme de commerce. Qualité d« ce qui est négociable.
NEGOCIA BLE (né-go-sl-a-bl'), adj. Qui peut se négocier, surtout en parlant de» effets publics, des lettres de change, des billets, etc. Du papier négociable.
— ETYM. Négocier.
NÉGOCIANT (né-go-si-an), /.m. || !• Celui qui fait le négoce en grand. [Dans la ville commerçante da Tyr] les hommes sont occupés à décharger leurs vaisseaux, à transporter leurs marchandises ou à les vendra, ou à ranger leurs magasins, et à tenir un compte exactde ce qui leur est dû par les négociants étrangers, ri'N. Tél. m. Le négociant, ayant l'œil sur toutes les nations de la terre, porte i l'une ce qu'il tient de l'autre, HONTESQ.fsp. XX, 4. Les compagnies de négociants qui s'associent pour un certain commerce, conviennent rarement au gouvernement d'un seul ; la nature de ces com|>axnies est de donner aux richesses particulières la force des richesses publiques, ID. ib. XX, to. Un négociant doit toujours connaître ses obligations, et se conduire i chaque instant suivant l'état de sa fortune, lu. ib. xx, <7.Je m'appelle Frce» port, loyal négociant, riche; Infoimez-vous de moi & la bourse, volt. Écoss. 11, s.lsaac Lemaire, un de CCS négociants riclicset entreprenants qu'on devrait regarder partout comme les bienfaiteurs de leur patrie, forma bi projet de pénétrer dans la mer du Sud par les terres australes, raïnal, Hist. phil. 11, I». Chaque citoyen peut et doit connaître son
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pays; le négociant seul connaît l'univers, mirabead, Collection, t. I, p. 6«. || î° On emploie le féminin négociante, mais très-rarement. Les négociants ordinaires envoyaient à grands frais et à grands risques des étofies dans l'Orient; ces belles négociantes faisaient, sans aucun risque, un trafic toujours renaissant de leurs attraits, volt, la Princesse de Babyl. ». || 3* Par plaisanterie, négociant tu petit crochet, chiffonnier.
— f.TVM. l'articipe présent de négocier.
t NÉGOCIANTISME (né-go-si-an-ti-sm') , s. m. Terme de la Révolution. Manièrede voir, opinion des négociants, préférence que l'on accusait quelques négociants d'accorder à leurs intérêts privés sur les inléréts publics. Accusé, suspect de négociantisme.
NÉGOCIATEUR, TKICE (né-go-si-a-teur, tri-s'), (. m. et /. Il 1° Personne qui négocie quelque affaire. Cette dame est la négociatrice du mariage. Il se porta négociateur entre la majorité et la minorité de la chambre. C'est à ce Démétrius [philosophe stoïcien] que Caligula, qui désirait se rattacher, fit offrir deux cents talents ; c'est ce personnage qui répondit au négociateur.... dider. Claude et Nér. i, ti. Il J° S. m. Celui qui négocie quelque affaire considérable auprès d'un prince, d'un Etat. Le roi ne peut douter du succès d'une affaire dont M. de Chaulnes sera le négociateur, sitv. 674. Il ajouta que, plus le choix du négociateur serait marquant, plus il annoncerait d'inquiétude, ségur, llist. de Nap. Vlil, 9.
— HIST. xiv s. Guillaume Corault varlet et négociateur de Marguerite de Montagu, DU cange, negotium. Il aiment plus liberalment que font ceulx qui aiment gaaing et qui sont négociateurs [négociants], ORESUE, Kth. M9. Il XVI' S. Ce fut [Côme de Médicis] un personnage de famille très riche, et avec cela prudent, grand négociateur et trafiqueur, lequel augmenta son bien, langue, 478. M. le prince de Condé ayant sçeu par ses négociateurs d'Allemagne que les reitres.... ID. 625. En donnant la plus part de mon labeur aux gens de guerre, il faut quelque chose pour les négociateurs, d'aub. Uist. u, 270.
— 8TYM. lat. negotiatorem, de negotiari, négocier.
NÉGOCIATION (né-go-si-a-sion; en vers, de six syllabes), *. f. || 1° L'action d'arranger les différends publics et surtout internationaux. Ce qui fait que l'on est souvent mécontent de ceux qui négocient, est qu'ils abandonnent presque toujours l'intérêt de leurs amis pour l'intérêt du succès de la négociation, qui devient le leur, par l'hotineur d'avoir réussi à ce qu'ils avaient entrepris, la bochefouc. /te/2, rnor. n' 278. Le premier président dans son compliment lui glisse la beauté de la négociation qu'il va faire, sÉv. 67i. Jules Mazarin, dont le nom devait être si grand ^dans notre histoire, employé par la cour de Rome en diverses négociations, s'était donné à la France, Boss. le Tellier. U entama ses négociations avec Luther, id. Var. 4. Néanmoins, dit-il [Jésus-Christj; je ne suis pas envoyé pour juger le monde ; tout le pouvoir de mon ambassade ne consiste qu'en une négociation de paix, id. Sermons, Bonté, 4. Les ressorts des négociations doivent être inconnus, même après leur effet; il faut les faire jouer sans bruit, et sacrifier courageusement à la solide utilité tout l'honneur de la conduite la plus prudente et la plus délicate, fonten. Rép. card. Dubois, Œuvres, t. m, p. 318, dans pougens. Ces tracasseries royales appelées négociations, j. j. bouss. Ém. v. Le roi de Prusse, qui croyait la probité bonne à tout, même aux négociations, où tant d'autres rois moins éclairés que lui l'ont jugée au moins inutile, d'alemb. Eloges, milord Maréchal. || 11 sa dit aussi en parlant des affaires particulières. 11 est en négociation pour acheter une charge de notaire. Il i' L'affaire même qu'on traite et qu'on négocie. On l'a chargé d'une négociation importante. Il 3* Terme de commerce. Trafic qui se fait d'un billet, d'une lettre de change, etc. par les banquiers, les marchands, etc. La négociation du papier.
— HIST. xiv s. Négociation, gaaing par marchandise.ORESME, Thèse de meunier. || xvi* s. La première finesse fui la négociation delà paix,LANOCE, 622. La plu» riche et belle partie du monde bouleversée pour U négociation des perles et du poivre, mont, iv, 20.
— ÉTYM. Lat. negoliationrm, de negotiari, négocier.
NÉGOCIÉ, ÉK (né-go-si-é, ée) , part, passé de négocier. Il t" Arrangé par négociation, lin traité decommercii négocié par les deux gouvernemenU. Un mariage négocié par un ami commun. Cette lecture Uni négociée n* fli pas l'effet dont l'auteur s'était Oaué, OMMM, Corresp. t. i, p. 504, dans pouobns. Il r TeniM de commerce. Passé d'une main à une autM, M parlant de bilteu. Un billet négocié i perte
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NËGOCRR (né-go-si-é), je négociais, nous négociions, vous négociiez; que je négocie, que nous négociions, que vous négociiez. || !• F. n. Faire négoce, faire trafic. Négocier en épicerie, en draperie. Ce Jean Rolhe [un visionnaire], après quelque temps de prison, fut mis en liberté, et il vit comme un autre à Amsterdam, où il est marié et négocie, baïle, Lett. à Uarais, i3 oct. 4 701. Les peuples qui ont négocié aux Indes y ont toujours porté des métaux, et en ont apporté des marchandises, MONTESQ. Esp. XII, ). Je puis vous assurer que les Treize cantons ont aU delà de 720 mille âmes, en comptant les natifs qui servent ou qui négocient en pays étranger, volt. l'H. aux 40 écus, Un bon souper. \\i' V. a. Traiter une affaire avec quelqu'un. Un homme qui négocie la plus importante affaire, sÉv. B77. Il négociait une rétractation de M. de Cambrai, boss. Lett. quiét. 418. En vain mes soins t'ont su délivrer d'un soldat Qui, ministre insolent des fureurs du sénat, Muni de ton arrêt, négociait ta perte, laposse, Marins à Mini. 11, 4. Il Absolument. Ensuite il va négocier pour faire obtenir à son malade cette femme dont il sera amoureux, ponten. Jug. de Pluton. jj 3" Traiter de la paix et de la guerre, ou autres affaires inlcrnationales. Négocier une ligue offensive et défensive. || Absolument. M. le cardinal eut peur: et, comme ses peurs allaient toujours à négocier, il négocia, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 434, dans pougens. Vous savez que, quand deux ministres négocient ensemble, ils ne disent jamais la moitié de leur secret, volt. Lett. d'Argcnson, 6 nov. 1770. Il [Albéroni] négociait à la fois avec la Porte Ottomane, avec le czar Pierre le Grand et avec Charles XII, id. Louis JV, I. Il 4" Transmcllre à un tiers, en parlant des effets publics, des papiers de commerce, etc. Négocier un billet. || S" Se négocier, ». réfl. Être transmis à un tiers, en parlant de papiers de commerce. Mon papier, quelque bon qu'il soit, ne se négocie pas aisément, à moins que je ne m'en mêle, dancourt, les Àgiot. m, 5. Les billets de banques s'étaient toujours négociés, volt. Louis XIV, ».
— IIIST. XIV* s. Occasion de négocier et marcheander, ohesme, ïTièse de meunier. |{ xvi* s. Il te fauldra nécessairement négocier et traitteravec luy par personnes interposées, amyot, Thém. 4». On cust là parlé et negotié à cheval, langue, bb.i.
— ÉTYM. Lat. negotiari, de negotium (voy. négoce).
NËGRE (nè-gr'), s. m. || 1° Nom qu'on donne en général aux habitants noirs de l'Afrique. Louis XIII se fit une peine extrême de la loi qui rendait esclaves les nègres de ses colonies; mais, quand on lui eut bien mis dans l'esprit que c'était la voie la plus sûre pour les convertir, il y consentit, montesq. Esp. XV, 4. Depuis qu'on transporte des nègres en Amérique, c'est-à-dire depuis environ 2£>o ans, l'on ne s'est pas aperçu que les familles noires qui se sont soutenues sans mélange aient perdu quelques nuances de leur teinte originelle, buff. (Juadrup. t. VII, p. 198. On ne trouve des nègres que dans les climats de la terre où toutes les circonstances sont réunies pour produire une chaleur constante et excessive, tu.Ûist.nat. Homme, Œuvr. t. v, p. 22B. Il U se dit aussi dépopulations noires qui habitent l'Australie; on les nomme encore nègres mélanésiens, océaniens. || 8° Esclave noir. Je voudrais bien, dit-il [Sénèque], que Caton rencontrât un de nos élégants, précédé de ses coureurs, de ses postillons, de ses nègres, tous enveloppés dans le môme tourbillon de poussière.... on se croirait presque sur la route de Versailles, dider. Claude et Nér. 11, 3*. Il Particulièrement, esclave noir employé aux travaux des colonies. La première concession [en France] pour la traite des nègres est du )i novembre <873, volt. Dict. phil. Lois (Esprit des). Les nègres sont bornés, parce que l'esclavage brise tous les re.ssorts de l'âme; ils sont méchants, pas assez avec vous, raynal, Hist. phil. xi, 24. || Familièrement. Traiter quelqu'un comme un nègre, le traiter avec beaucoup de dureté et de mépris. Il [le duc de Gesvres] l'a traité [le marquis de Gesvres] lui et sa femme comme des nègres toute sa vie, st-sim. 7», I9B. La duchesse de Berry traitait son père comme un nègre, tellement qu il ne songeait plus qu'à l'apaiser, ID. 30», 38. Il Faire travailler quelqu'un comme un nègre, exiger de lui un travail pénible, le faire travailler sans relâche. || On dit de la même façon : travailler comme un nègre. US" ild;. Qui appartient k la race des nègres. Nation, race nègre. Peuple nègre. Bétancourt vit la chaumière de la femme pègre se changer en un hôpital magnifique, CHATIAQBR. Génie, iv, VI, 2. 114-5. m. Nègre blanc, nom qu'on a donné aux albinos, i cause qu'on a cru
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d'abord que l'albinisme était particulier aux nêgrss, et formait parmi eux une race distincte. || Nègres pies, nègres produits par le croisement d'une négresse blanche avec un nègre noir (buffon, Suppl. d l'hist. nat. Œuvr. t. xi, p. 390). || 6' Poisson du genre scombre. || Papillon du genre satyre.
— SYN. NftGHE, NOiR. Quand les Portugais découvrirent la côte occidentale de l'Afrique, ils donnèrent aux peuples noirs qui l'habitent le nom de negro, qui signifie noir. Delàvient notre mot nègre. L'usage a gardé quelque chose de cette origine. Tandis que noir se rapporte à la couleur, nègre se rapporte aussi au pays ; et l'on dit plutôt les nègres, en parlant des habitants de la côte occidentale d'Afrique que les noirs.
— ÉTYM. Esp. et ital. negro, du latin niger, noir (voy. noir).
Ni5GRERIE (nè-gre-rie), s. f. Lieu où ceux qui font la traite renferment les nègres. || Lieu où les nègres travaillent.
— REM. On devrait écrire nègrerie avec un i grave, comme espièglerie, mièvrerie, etc. padtex.
— ÉTYM. Nègre.
t NÈGRES-CARTES (nè-gre-kar-f), s. f. pi. Êmeraudes de rebut et de peu de valeur qu'on laisse au profit des nègres qui font, dans la Nouvelle-Grenade^ la recher.che de ces pierres précieuses.
NEGRESSE (nè-grè-s'), s. f.\\l- Femme nègre. Il a été allaité par une négresse. Nous exigeons des négresses des travaux si durs, avant et après leur grossesse, que leur fruit n'arrive pas à terme, ou survit peu après l'accouchement, raynal, hist phil. XI, 23. Il 2° Nom marchand d'une coquille univalve, le cône cordelier.
— ËTYM. Nègre.
t NÉGKET (nè-gré), s. m. Variété de raisin.
NÉGRIER (nè-gri-é. L'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, 1'* se lie; des né-gri-é-z inhumains), adj. m. usité dans ces locutions ; vai.sseau ou bâtiment négrier, ou, simplement, négrier, bâtiment qui sert à la traite des nègres. Les esclaves entassés à bord d'un négrier. || Capitaine négrier, "apitained'un bâtiment qui a cette destination |]Un négrier, un marchand de nègres. Comme il chantait sa chanson d'esclavage, Le négrier sur ces bords descendit Un habitant de son lointain rivage, millev. le Pauvre nègre. \\Adj. f. Littérature négrière, celle qui s'occupe du sort des nègres.
— ÉTYM. Nègre.
NÉGRILLON, ONNE (nè-gri-Uon, Uo-n', U mouillées, et non né-gri-yon), s. m. et f. || !• Petit nègre, petite négresse. Les négrillons sont sujets au tétanos. Le nègre a sur le soldat l'avantage de ne point risquer sa vie et de la passer avec sa négresse et ses négrillon.s, volt. Dial. xxvi, 8. jj 2° Négrillon, négrillonne, se dit, abusivement, d'une personne d'un teint noir. Cette femme est une négrillonne. || Enfant barbouillé de noir. 113° S. m. Négrillon se dit d'une altération particulière de l'argent rouge ou du cuivre gris argentifère du Pérou et du Mexique, altération dans laquelle ces métaux se réduisent à une poussière noire.
— ÉTYM. Diminutif de nègre.
t NÉGRITE (nè-gri-f), *. f. Insecte qui ravage les plantations de pastel.
NÉCROMANCIEN (nè-gro-man-siin) ou NÉGRO- MANT (nè-gro-man), *. m. Voy. néciiomancien, né-
CROMANT.
t NÉGRONE (nè-gro-n'), s. f. || 1" Variété de figue. Il 3* Maladie du ver à soie qui le rend tout noir.
— ÉTYM. Ital. negro, noir.
t NÉGROPHILE (nè-gro-fi-l'). || l'Àdj. Qui aime les nègres. || 8° S. m. Partisan de l'abolition de l'esclavage.
— ETYM. Nègre, et fîîio;, ami.
t NÈGIJE-CHIEN (né-ghc-chiin) ou NÈGUE-FOL (nè-gue-fol), s. m. Petit bateau pour chasser les gibiers d'eau.
— ÉTYM. Néguer, forme provinciale de noyer, et chien ou fol, à cause du danger de se noyer que l'on court dans ces expéditions.
t NÉGDNDO (nè-gon-do), t. m. || 1" Nom d'un genre d'acérinées, dans lequel on distingue le négundo fraxinifolié, dit négundo, dont la sève donne du sucre, acer negundo, L. \\i° Nom .spécifique du vitex négundo (verbénacées), appelé, au Malabar, bem-nosi, c'est-.'i-dire nosi blanc. C'est le galtilicr découpé de certains auteurs, lëuoahant.
— ËTYM. Negundo est le nom donné dans l'Inde au n° 2.
t <. NÉGUS (né-gus'), j.m.On appelle l'empereur des Abyssins, grand négus, ou Prêtre-Jean, Dict. dt i'Arad 1762.