NEM
t ». NÉGUS (né-gus') , *. m. Sort» de limonade au vin en usage en Angleterre.
— ÊTYM. Ainsi dile du nom de l'inventeur. NEIGE (nè-j'), t. f. Il i° Eau congelée qui tombe de l'atmosphère en flocons légers, d'un blanc éclatant. Une belle plaine de neige d'environ quatrevingts lieues de tour forme notie horizon, volt. Lett. d'Àrgental, ijanv. 1 767. Les petits flocons qui en proviennerit (des gouttes d'eau atmosphériques], se réunissant plusieurs ensemble, et ne se touchant que par quelques points de leur surface, ne composent que des flocons très-légers ; c'est là ce que nous appelons neige, brisson, Traité de phys. t. ii, p. 4 54, dans pouGENS. Aux flancs des monts altiers, à leurs cimes glacées, L'hiver a suspendu les neiges entassées, st-laub. Saisons, iv. Rien n'est plus triste que la neige en Italie, stael, Corinne, xix, 6. L'armée marche enveloppée de vapeurs froides; ces vapeurs s'épaississent : bientôt c'est un nuage immense qui s'abaisse et fond sur elle en gros flocons de neige, ségob, Hisl. de Nap. iz, H. Là ils gémissent en vain; bientôt la neige les couvre; de légères éminences les font reconnaître; voilà leur sépulture, 10. ib. De la neige les flocons sont les papillons de la saison, a. de soland, Proverbes et dictons rimes de f Anjou, p. 3. Quand la neigea minuit, lente, silencieuse. Tombe aux toits endormis, stf.-beuve, Poésies, à David. Après ma mort, une avalanche De son linceul me couvrira, Et sur mon corps la neige blanche. Tombeau d'argent, s'élèvera, Théophile gaotier, 2e Chasseur. Wtieiges perpétuelles, celles qui ne fondent jamais. Pour moi, j'arrivai dans des déserts afl'reui; on y voit des sables brûlants au milieu des plaines, des neiges qui ne fondent jamais et qui font un hiver perpétuel sur le sommet des montagnes, pén. Tél.ii. \\ Devenir blanc commeneige, pâlir extrêmement. || Fig. Blanc comme neige, parfaitement innocent. Penautier sortira [de l'aflaire des poisons] un peu plus blanc que de la neige, sÉv. 32 juill. 1676. || Je ne fais non plus de cas de cela que des neiges d'antan, c'est-à-dire je n'en fais aucun cas. |{ Cela grossit comme une boule de neige, c'est une pelote de neige qui grossit, cela fait la pelote, la boule de neige, se dit de tout ce qui s'augmente par la durée et l'accumulation. Pour empêcher ce tumulte qui peut, comme une boule de neige , s'accroître merveilleusement , oui patin, .Voue. lett. t. n, p. 377, dans pougens. C'est la scène du Dépit amoureux, quand on ne le demande i le congé] que par le désespoir de n'être pas bien avec la princesse; et puis il se fait une pelote de neige : le congé accordé est une douleur qui confirme la première, sêv. Jour de Noël, i»l*. ||Par exagération et par plaisanterie. Tout ce qui est froid au moral. Ninon l'a quitté [Ch. de Sévigné]... elle n'en parle pas avec beaucoup d'estime : c'est une âme de bouillie, dit-elle, c'est un corps de papier mouillé, c'est un coeur de citrouille fricassé dans de la neige, sÉv. 4t. Vous ave^ lu la Souvelle Héloxse;eh bieni ma parole d'honneur, c'est de la neige fondue à cAté de mon style de ce temps-là, ca. us UERNAnn, la Femme de *0 ans, § iv. || 8» Neige, saison des neiges. Les Ostiaks comptent par neiges et non par la marche apparente du soleil, volt. Russie, i, i. k la prochaine lune des fleurs, il y aura sept fois dix neiges, et trois neiges de plus, que ma mère me mit au monde, chateadb. Atala, lé Récit, les Chasseurs, jj 3* Fig. Toute chose blanche comparée à la neige. Il faut qu'avril jaloux brûle do ,' ses gelées Le beau pommier, trop flcr de ses { fleurs étoilées. Neige odorante du printemps, V. Hcoo, Orient. 3l. \\ Neige, barbe blanche. En vain une neige glacée D'Homère ombrageait le menton, lam art. Médit, ii, 26. |{ Il a de la neige sur la tête, se dit d'un vieillard dont les cheveux ont blanchi. || 4' Glace de fruits faite aveo du sucre et le jus de certains fruits. La neige avec art préparée Aiguise nos sens émousséf ; On dirait que ces fruits glacés Sortent des jardins de Borée, brrris, (Suaire saisons, Été. jj 8* Œufs à la neige, plat socré composé de blancs d'oeufs battus en neige ferme •t jetés quelques minutes dans du lait bouillant. Avec le reste du lait, les jaunes d'oeufs, quelques aromates, on fait une crème qui se sert autour des blancs «n neige. || 6* Dentelle de peu de valeur. l|7*Terme d'ancienne chimie. Neige d'antimoine, oxyde d'antimoine blanc sublimé. || 8* Neige rouge, hydropliyte (le la famille des phycées qui, en cerulnes circonstances, se déveloj>pe en grande quantité sur la neige : c'est le protocoecus nivalis, appelé aussi terre rouge de la neige, leooarant. Quand j'examinais de près cette neige rouge, je voyais que la couleur dépendait d'une poudre fine mêlée avec elle, et qiii
pénétrait jusqu'à deux ou treis pouces de profondeur, mais pas plus avant, sacssure, Foy. Alpes, t. m, p. 45, dans pougens. {| 9° Familièrement et fig. De neige, sans valeur, digne de mépris. Voyez le beau héros de neige, Pour avoir un tel privilège, scarron, Yirg. vi. Tiens, tiens, sans y chercher tant de façons, voilà Ton beau galant de neige, avec ta nonpareille, mol. Dépit, n, 4. Ahl le beau médecin de neige aveo ses remèdes, destouches, Tambour noet. i, 6. || Proverbes. Des neiges et un bon hiver mettent bien des biens i couvert. || La neige qui tombe engraisse la terre. || Neige au blé est tel bénéfice Comme au vieillard la bonne pelisse. Il On ne voit cygne noir ni nulle neige noire. || Il en faut autant qu'il faut de pelotes de neige à chaufl'er un four, se dit d'une chose qui ne sert aucunement à ce qu'on veut faire.
— HIST. n* s. Autresi blanche corne neif sur gelée, Ch. de Roi. ccxi. ||xii' s. Gorge blanche plus que n'est nois ne lis, Couct, p. 4 25. {| xiii's. Gésir as chans sour la gielée et sor la noif, sans loge et sans pavillon, henri de valenc. xxva. Li autres principaus [vent] qui vient de la tramontane done nues et froidure, et qui li est encoste, vers couchant, donne noif et grelle, brun. lat. Très. p. (22. Il XIV* s. Et de nege cheî tant et si longuement, Que l'endemain au jour, ains prime vraiement, Fu de nege cinq piez et plus.... Guescl. (9684. || xv* s. Un grésil et une noige va commencer si fort que merveilles fut, FROiss. n, II, 41. Neige et grésil sont en terre bouté ; On oit chanter chascun parmi la rue, E. DESC. Saison de guerre. Dictes moy où n'en quel pays Est Flora la belle romaine.... Mais où sont les neiges d'antan ? VILLON, Bail, des dames du temps jadis. Il XVI* s. Un seul trait de ses yeux, tous mes sens enchantant. Ne suffisoit que trop pour me forcer à croire Que la neige estoit noire, desportes, Diverses amours, Plainte. Laissans rouler sans nul empeschement ceste petite pelote de neige, en peu de temps elle se fit grosse comme une maison, la-
— ETYM. "Wallon, nivaie; namur. n<B«; Hainaut, nive; bourg, noge; provenç. nicx, neu, nieu; cat. neu; esp.nieve; port, et ital. 7icie;dulat. nta!,n!rem, anc. lat. nmguw, dans Lucrèce; grec, vtçsi, il neige. Comparez le goth. snaivs, l'anc. h. ail. îneo, l'ail. Schnee, l'angl. snow, l'anc. irl. sncachta. Les formes germaniques et celtiques annoncent qu'en latin et en grec une s initiale est tombée; tout cela conduit au sanscrit snih, être humide. Le français a deux formes : neif, noif, qui vient de nix, nivem,el neige, qui vient de nivea, pris substantivement. Quant au wallon nivaie, il vient de nivalia.
\ NEIGÉ, ÉE, (nè-jé, jée) , adj. || 1* Couvert de neige. Derrière Corne-rousse et les Trois-dents on voit une longue suite de cimes neigécs qui se prolonge.... SAi'ssuKE, 2* voy. Àlpes, t. v, p. 4î«, dans POUGENS. La crête du Mont-Blanc ne se découvre pas de cet endroit [Servoz] ; mais on en a une vue distincte de sa croupe neigée, appelée le dôme, chateaub. Mont-Blanc. \\ f Terme de vétérinaire. Nom donné aux robes sur lesquelles se remarquent des taches blanches, peu étendues, ressemblant à des flocons de neige. || 8* S. m. Petit neigé, l'agaric blanc.
NEIGER (nè-jé. Le ff prend un «devant a: il neigeait), e. n. impers. || 1* Tomber, en parlant de la neige. Il a neigé toute la j:)urnée. Nous avons vu neiger dans le mois de mai. Il neigeait, il neigeait toujours : la froide bise Sifflait... v. huoo, l'Expiation. Il Cela est vrai comme il neige, se dit d'une assertion fausse. || l* Par extension, tomber comme de la neige. Quand novembre de brume inonde le ciel bleu. Que le bois tourbillonne et qu'il neige des feuilles, v. iiugo, Orient, «i. ||8* Fig. et familièrement. Il a neigé sur sa tête, lia les cheveux blancs. Les ans font-ils neiger sur nous, X nos yeux tout se décolore, kérano. Donne maman. || Il se conjugue avec l'auxiliaire otoir. || Proverbe. Quand il neige sur la montagne, il fait bien froid aux vallées.
— REM. Chateaubriand a fait un verbe actif de neiger : La lune neige sa lumière, chatiaubr. Mémoires, vol. xi, p. »7.
— HIST. zn* s. R Trifon aparallla cheralerle por venir celé nuit, e il avolt moult neigé, e ne vint mie, Machab. i, i*. || un* s. Ele est simple et moll bien polie, Et plus blanche que nois (neige] ncgio, l.ai d Ignaurès. F.t sachiés que il negolt et gieloit à celui point que il se parti de la ville, a. ns valimc. 14, Il XV* s. Femme n'est qui plus m'ait cbier, Pour ce que mon corps est vain; Bien sçay quant il doit negier Ou plouvoir, tout de certain, ■. dbsch. Poéi. mss. f" 22«. Il XVI* s. Or... d'adventure.... negcoit, de manière que la pluspart du monde s'estoit re-
tirée au dedans des maisons, amtot, P^lop. <6. Jà cinquante et six ans ont neigé sur ma teste, Il est temps de laisser les vers et les amours, rons. 305.
— ÉTYM. Neige; Hainaut, nirer; namur. niver; provenç. et espagn. neiar ; ital. nevare.
NKlGEtrX, ECSE(nè-jeù,jeû-z'), adj. || 1* Chargé de neige; où il y a beaucoup déneige. Temps neigeux. Comme, au Pérou, les montagnes des Cordillères séparent deux saisons de la nature, et portent leurs sommets neigeux dans l'atmosphère, ayant l'été ou le printemps d'un côté, et l'hiver de l'autre, BAILLY, Atlantide, p. 221, dans pougens. Au nord, s'étendent les plaines neigeuses et nues de la Tartarie, VOLN. les liuines,*. || 2°'rerme d'histoire naturelle. Qui a des taches blanches sur un fond coloré. lis. f. Nom marchand d'une coquille univalve du genre porcelaine. || Neigeuse i rubans, la volute hispidule.
— HIST. XVI* s. En beau jour, non pluvieux, negeux, bruineux, non trop froid ne venteux, o. de SERRES, (61. Tel qu'un torrent enflé d'ondes negeu» ses, AM. JAHIN, Poésies, p. 28, dans lacurne.
— ÉTYM. Neige.
t NEILLE (nè-ir, Il mouillées), s. f. Chanvre pris dans une grosse ficelle Jécordéo; on s'en sert pour boucher les fentes d'un tonneau.
t NÉLOMBLACÉES (né-lon-bi-a-sée) , s. f.pl. Tribu de la famille des nymphéacées.
t NÉLUMBO (né-lon-bo), s. m. Fève d'Egypte.
t NÉMATOCÈRE (né-ma-to-sè-r"), adj. Terme de zoologie. Qui a des antennes fihformes.
— ÉTYM. N»)|j.a, fil, et xépa;, corne, antenne. Nrina vient de véia, filer; sanscrit, nah; lat. nectere.
t NÉMATOÏDE (né-ma-to-i-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la forme d'un fil. || S. m. Nom d'un ordre de la classe des helminthes, comprenant ceux dont le corps est cylindrique, filamenteux, vermiforme ou filiforme (filaires, strongles, ascarides, trichines).
— ÉTYM. NTJfta, fil, et elSoç, forme.
NÉMÉENS (né-mé-in) , adj. m. pi. Terme d'antiquité. Jeux Néraéens, jeux solennels qui se faisaient en l'honneur d'Hercule, à cause de sa victoire sur le lion de N6mée. Aux jeux Néméens, la couronne était de branches d'olivier. || Les Néméenues de Pindare, odes composées pour les jeux Néméens.
t NfiMÉSIS (né-mé-zis') , s. f. || 1° Terme de mythologie. Déesse, dite aussi Adrastée, chargée de punir les outrages, les violences, l'orgueil, les crimes des mortels. Il est assez commun de souhaiter que la déesse Némésis compense nos prospérités par quelques légères disgrâces, batle, Lett. à Minutoli, 27 fév. <673. Et des chœurs sur ta tombe, en une sainte ivresse, Chanteraient Némésis, la tardive déesse, Qui frappe le méchant sur son trône endormi, a. chén. à Charlotte Corday. \\ 8* Titre d'un recueil de poésies satiriques composées sous le règne de Louis-Philippe par Barthélémy.
— ETYM. N<|ii<ri«, vi|jLri<Ti{, proprement partage au sort, puis, dans la mythologie, la déesse du sort, et particulièrement la déesse du sort malheureux que les dieux envoient à l'homme par vengeance ou même par jalousie ; de là le sens de colère des dieux, et, en général, indignation, colère.
t NE.MINE CONTRADICENTE (né-mi-né-kon-tradi-sin-té), expression latine qui signifie sans aucune contradiction, et qui est familière dans les cours de justice, pour signifier l'accord unanime de tous les sufl'rages pour ou contre.
— ÉTYM. Lat. nemo, personne, conlrodicen», contredisant.
t NÉMOBLASTE (né-mo-bla-st'), s. m. Terme d« botanique. Embryon filiforme, comme celui des mousses.
— ÉTYM. Nf,n«, fll, et blaste.
\ NÉMOPIIII.E (né-mo-fl-n , (. m. Genr« rit plantes d'Amérique qui sert k l'ornement, famille des hydropbylléus.
— ÉTYM. tHy-oi, pré, et çOo;, ami.
f NÉMORAL, ALE (né-moral, ra-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui habite ou croit dans les forêtv
— CTYM. Lat. nemoralir, de nemiu, forêt.
t KK M'OUBLIEZ PAS (nc-moubli ê-p&), l. m.
Voy. MYOSOTIS.
— HIST. XV* s. El à elle prcsentoray Des fleurs de ne m'oubliez mie, ch. u'oiil. Kondel. || xvi' s. Un diamant taillé en fleur de ne m'oblie mie, Bibl. des eh. 6* série, t. i, p. 473.
t NEM8 (nèms'), ». m. Nom imposé i l'ichneumon gris (mammifères digitigrades) de Lesson, par BulTon, qui le place en Afrique, tandis que Geoffroy Saint-Hilaire dit qu'il habile l'Inde, legoarant.