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t NÊVBINE (né-Tri-n), »7'. Terme de chimie. Base qui résulte du liéboublement du prolagon sous l'action de l'eau de baryte concentrée; l'autre corps produit est l'acide phosphoglycérique.
t NÉVHITE (né-vri-f), *. f. Terme de médecine. Inflammation d'un nerf.
— £TYM. Ncùpov, nerf, et la finale médicale ite, indiquant inflammation.
NÉVRITIQUE (né-vri-ti-k'), adj. Terme de médecine. Propre aux maladies de.'» nerfs. || Peu usité ; on dit plutôt nervin.
— ÊTVM. Névrite.
t NÉVRO.... élément de composition qui vient de veOoov, et qui signifie nerf, corde, nervure.
t NÉVROB.-VLISTIQUE (né-vro-ba-li-sti-k), s. f. 8e dit des armes de jet, agissant au moyen de l'élasticité d'une corde, d'une courroie, etc. telles que l'arc, l'arbalète, etc.
— ÊTYM. iVATO..., et balislique.
+ NftVROGllAPHE (né-yro-gra-f) , *. m. Celui qui s'occupe de iièv/ographie.
NÊVROGR.\PmE ( né-vro-gra-fie ), t. f. Terme d'auatomie. Description des nerfs.
— ETYM. JVeiro..., et yçi^tn, décrire.
t NÉVROUYPNOLOGIB (né-vro-i-pno-lo-jie), s. f. Nom qui a été donné par le docteur Braid à sa théorie sur l'hypnotisme.
— ÉTY.M. Ntvro..., Ott^oç, sommeil, et >6yo;, traité. XÉVROLOGIE (né-vro-lo-jje), ». f. Partie de l'a-
natomie qui traite des nerfs.
— ÈTYM. Névro..., etXofo;, traité.
t NÊVROLOGIQUE (névro-lo-ji-k'), adj. Qui appartient à la névrologio.
t NÉVROME (cé-vrô-m'), t. m. Terme de chirurgie. Tumeur sous-cutance, trfcs-douloureuse, qui ae développe dans l'épaisseur du tissu des nerfs ou entre les filets qui les constituent
— ETYM. Niùpùv, nerf.
t NÉVROMIMOSIE (né-Tro-mi-mô-zie), ». f.
Terme de médecine. Sorte de névrose rare, caractérisée par des accès où le malade joue, comme malgré lui, des scènes variées, et fait ainsi assister i un spectacle tantôt sérieux, tantôt burlesque.
— ETYM. Névro..., ci |iiii.6îv, imiter.
t NÉVBOPATUIE (né-vro-pa-Ue), *. f. Terme de médecine. Synonyme de névrose.
— ETYM. JVtTro..., et ndao;, maladie.
t NËVHOPATIIIQUE (né-vro-pa-ti-k'), eu^. Qui a rapport à la névropatliie.
NÉVROPTËBE (névro-ptè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Nom donne à un onlrc de la classe des insectes comprenant ceux dont les nervures ou lignes saillantes des ailes sont disposées de manière i former -un réseau à mailles plus ou moins régulières (libellules, éphémères).
— ÊTYM. Névro..., et nTspèv, aile.
NÉVROSE (né-vrô-z'), n. f. Terme do médecine.
Maladie qu'on suppose avoir son siège dans le système nerveux, et qui consiste en un trouble fonctionnel sans lésion sensible dans la structure des parties. Les névroses portent aussi le nom de maux de nerfs, d'état nerveux , de vapeurs et de névropathie.
— ÊTYM. Neûpov, nerf.
t NÉVROSTIIÊNIE (né-vro-sté-nie), t. f. Terme de médecine. Excès d'excitation nerveuse, irritation erveuse.
— ETYM. Névro..., et oOévo;, force.
+ I«ÉVROTUÈLE{né-vro-tè-l'), adj. Terme d'anatomie. Appareil névrothèle, nom donné par Breschet à l'ensemble des papilles de la peau.
— ÊTYM. Névro..., et 6/i).Ti, papille, mamelon.
t NÉVROTOME (né-vro-to-m'), *. m. Terme d'anatomie. Scalpel à deux tranchants, long et étroit, dont on se sert pour disséquer les nerfs.
— ÊTYM. Voy. NËVROTOHIB.
NÉVROTOMIE (né-vroto-mie), ». ^. ||1' Tarme d'anatomie. Dissection des nerfs. ||2* Terme de chirurgie. Section d'un cordon nerveux, opération pratiquée quelquefois comme moyen curatif de oerUinei névralgies. || Terme de vétérinaire. Névrotomie plantaire, dite aussi, mais improprement, nervation, éncrvation, opération qui consiste dans l'excision d'une partie des nerfs du pied, pour faire cesser la douleur produite par diverses maladies chroniques du sabot.
— ETVm; Névrn..., etT0|i9|, dissection.
NEWTOKIAMSME (neu-to-ni-a-ci-sm'), ». m. U philosophie naturelle de Newton, qui admet des forces Immanentes i la matière, exemple la gravitation, en opposition k la philosophie de Descartes qui expliquait tout par le mécanisme, exemple les tourbillons poui les mouvemenu des corps célestes.
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Le newt^nianisme est la vérité qui a écrasé les fables du cartésianisme, volt. Lett. Jeune de la Crois, 28 juin 1773.
— ÊTYM. Newtonien.
NEWTONIEN, lENNE (neu-to-ni-in , et, plus ordinairement, neu-to-niin, niè-n'), adj. \\ V Qui a rapport à la doctrine de Newton. Les calculs analytiques des mouvements de la lune ont sans doute été portés à un assez grand degré de précision pour nous convaincre que l'attraction newtonienne est en effet la vraie cau.se des inégalités qu'on observe dans le mouvement de cette planète, d'alemb. Disc, prélim. Syst. monde, Œuvr. t. xiv, p. I37, dans FOUGPNS. On ne pourra disconvenir, ce me semble, que le système newtonien ne doive principalement à l'Académie des sciences de Paris les fondements nombreux et inébranlables sur lesquels il va être appuyé désormais, lu. ib. p. 134. || 3° Qui a adopté cette philosophie. Un philosophe newtonien. || Substantivement. Un newtonien. La lutte des newtoniens et des cartésiens. Croiriez-vous qu'à son âge elle est physicienne, Kt, pour dire encor plus, grande newtonienne? Newton, à son avis, est un divin esprit, Et Descartes chez elle a perdu tout crédit, UESToucHEs, Uomme sing. i, *. Je suis fâché que vous désigniez par le nom de newtoniens ceux qui ont reconnu la vérité des découvertes de Newton; c'est comme si on appelait les géomètres eucJidiens; la vérité n'a point de nom départi, volt. Lett. Clairaut, <9 août i"B9.
— ÉTYM. Newton, célèbre mathématicien anglais de la fin du xvii' siècle. En anglais ce nom se prononce niou-ton'.
t NEWTONISME {neu-to-ni-sm'), s. m. Synonyme inusité de newtonianisme. Vous êtes si persuasif que vous me faites trembler pour le newtonisme si vous le combattez, volt. Lett. Jfoiran, il sept.
NEZ (né; le x ne se prononce et ne se lie jamais : unnéaquilin;aupluriel,le«selie:desné-zaquilins), ».m. Il 1° Partie saillante, pyramidale et triangulaire du visagequicst l'organe de l'odorat. Le boutdunez, l'extrémité libre du nez. La racine du nez, l'endroit par où le nez se continue supérieurement aveu la partie moyenne et inférieure du front. Je serais fort empêché de dire de quelle sorte j'ai le nez lait; car il n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois, labucukfouc. l'orlruit. Toutes [les femmes qui se font poindrej demandent les mêmes choses: un teint tout de lis et de roses, un nez bien fait, une petite bouche et de grands yeux vifs et bien fendus, mol. le Sicilien, se. n. Le nez de Cléopatre : s'il eût été plus court, toute la f.uc de la terre aurait changé, pasc. jfens. iv, 4J, édit. iiAVET. Votre fille est plaisante, elle n'a pas osé aspirer à la perfection du nez de sa mère, elle n'a pas voulu aussi.... je n'en dirai pas davantage ; elle a pris un troisième parti, et s'avise d'avoir un petit nez carré, sév. 80. Une quintessence de la Chine qui fait sortir le nez à celles qui n'en ont guère, et le fait rentrer à celles qui en ont trop, DANCOURT, l'Opérateur liarry, Prol. se. ♦. Elle (Mme de Thianges] n'avait que de la blancheur, d'assez beaux yeux, et un nez tombant dans une bouche fort vermeille, qui fit dire à M. de Vendôme qu'elle ressemblait à un perroquet qui mange uue cerise, m"* de caylds, Mémoires, édit. de i805, p. <03. Ah! qui jamais aurait pu dire Que ce petit nez retroussé Changerait les loix d'un empire? KAVART, Soliman II. ui, 13. 11 avait le visiige long, avec un nez de perroquet, et, quoiqu'il n'eût pas mauvaise mine, il ne laissait pas d'avoir l'air d'un franc fripon, le sage, Oil Bl. ui, 3. Son nez pointu touche à son court menton, volt. Ce qui plait, etc. Un jeune libertin se promène au Palais-ltoyal; il voit là un petit nez retroussé, des lèvres riantes, un œil éveillé, une démarche déliliérée, et il s'écrie : oh! qu'elle est cbarmantel nioER. Mém. t. ii, p. 109, dans pouGENs. Il n'y a pas d'homme dont les passions se peignent plus vivement sur son visage; c'est peut-être le seul qui ait le nez expressif ; il loue du nez, il blâme du nez, il décide du nez, ID. ib. t. i, p. 386 , dans pouoEMS. Le nez est la partie la plus avancée et le trait le plus apparent du visage; mai.'!, comme il n'a que très-peu do mouvement, etqu'il n'eu prend ordinairement que dans les plus furies passions, il fait plus à la beauté qu'à la physionomie, BUFF. Wiil. nal. homme, (Euv. t. iv, p. il»a. || Par plaisanterie, nez qui a coûté cher à mettre en couleur, nez dont la teinte rubiconde atteste que son porteur a bu et payé plus d'une bouteille, || Nez de pompette, nez d'ivrogne. || Nez fleuri, nez bourgeonné, plein de boutons causés par le vin. || Naz
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enluminé, nez rouge comme chez les ivrogne». Il Par plaisanterie, nez de betterave, gros nez enluminé. Il Voilà un beau nez à porter lunettes, se dit pour se moquer d'un grand nez. || Parler, chanter du nez, parler, chanter d'une manière désagréable, comme si le nez était bouché. Il est sûr qu'elle a appris à parler du nez, à rire sans en avoir envie, maintenon, l.ett. à M. d'Aubigné, t. i^ p. 163, dans POUGENS. Un ermite.... Parlant du net à Dieu, chante au dos d'un lutrin, volt. Disc. 7, Il On dit de même : un ton do nez. Tant mieux, monseigneur, reprit le père d'un ton de nez fort dévot, ST-ÊviuiMONu, Conversation du père Canaye. Il Fig. et populairement. Vouloir manger le nez de quelqu'un, se dit de quelqu'un qu'on hait et qu'on veut écraser. || Tâte voir si le nez le branle, se ditdérisoirement et populairement à une personne (|ui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune chance d'obtenir. || Ils viennent regarder qui a le plus beau nez, se dit de gens oisifs qui se promènent. || Saigner au r.ez, du nez, voy. saigner. || Voir la longueur de son nez, être dans un lieu obscur où l'on voit très-peu. En ces lieux mal illuminés, On voit la longueur de son nez, scahr. Yiry. vi. || Fig Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez, avoir peu de lumières, peu de prévoyance. A moins que d'être illuminés, Les mortels plus loin que leur nez Ne peuvent jamais voir les choses, Bien loin d'en connaître les causes, scarr. Virg. n. Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez, L'autre était passé maître en fait de tromperie, la font. Fabl. m, 6. || Fig. Tirer les vers du nez à quelqu'un, tirer de lui un secret en le questionnant adroitement. Vous avez envie de me tirer les vers du nez, mol. C. Dand. ii, 7. Il m'a voulu tirer les vers du nez, mais je lui ai donné son reste comme il faut, ALAIN, l'Épreuve réciproque, se. 6. (Cette locution singulière vient probablement de ce que, en serrant fortement le nez, on fait sortir de la peau du nez de petits morceaux d'une matière demi-solide qu'on a comparée à des vers, et qui est le produit des follicules cutanés.) || Pincer le nez à quel- (ju'un, lui serrer le nez. 11 faut pincer le nez à cet enfant, pour lui faireouvrirla bouche. || Fig. Pincer le nez, faire faire quelque chose à quelqu'un malgré lui. Après il faut l'histoire (il faut que Pauline, fille de Mme de Grignaiilisel'histoire]; si on a besoin de lui pincer le ne/, pour lui faire avaler, je la plains, sév. 15 janv. iobo. || Venir frotter son nez, essayev" do se faire recevoir par quelqu'un, en quelque lieu. Viens, viens frotter ton nez auprès de ma colère, MOL. Dép, amour, iv, 4. || Fig. Mettre son nez, mettre le nez, fourrer son nez où l'on n'a que faire, se mêler indiscrètement de quelque cho.se. Je me fusse plutôt laissé crucifier. Que de mettre le nez où je n'ai rien à faire, Régnier, Sat. xi. Monsieur, il ne faut jamais qu'un serviteur mette le nez dans les affaires de ceux dont il mange le pain, haitep. Coch. supposé, se. 3. Et songez à vous taire, Sanw mettre votre nez où vous n'avez que faire, mol. ï'ar(. Il, 2. Il Mettre le nez dans, se mêler de. Est-ce à vous d y mettre le nez? mol. Médec. m. lui, i, 2. Le père aura mis son nez mal à propos <lans celte amitié, sÉv. 343. M. Boucherai a trouvé que, toutes ses dettes et ses legs payés, il ne lui restait |à Turenne] (]uedix mille livres de rente; c'est deux cent mille francs pour tousses héritiers, pourvu que la chicane n'y mette pas le nez ; voilà comme il s'est enrichi en cinquante années de service, id. 28 août t6"B. Je suis à une belle distance pour mettre mon nez dans tout cela [les affaires de Provence], id. i8 déc. 1675. Il ferait beau voir que chacun mît le nez dans mes affaires, marivaux, l'ayt. porc. (art. 6. || Fig. Mettre le nez dans une affaire, commencer à l'examiner. Il Fig. Mettre le nez dans les livres, commencer à étudier. Mais une bonne fois, ma très-chère, mettez un peu votre nez dans le livre de la Prédestination des saints de saint Augustin, s&v. 43e. Je trouve que l'étude est le parfait moyen De gâter la jeunesse, et n'est utile à rien ; Aussi je n'ai jamais mis le nez dan» un livre, rbonard, Ménechmes, m, s. || Meure à quebju'un le nez sur, lui faire voir, toucher ce qui lui échappait. Je lui mis, comme on dit, la nez sur ce morceau de grec, qu'il n'avait pu voir sans moi, P. L. cour. LcUre à Jf. «cnouord. || Fig. Avoir toujours le nez sur quelque chose , ne pas lever le ucz de dessus quelque chose, y être constamment appliqué. Elle a toujours le nez sui son ouvrage. || Fig. Mener quelqu'un par le nez, jiar le bout ilu nez, voy. mïn«h, n" i2. || Se ca,sser le nez, se heurter le nez contre quelque chose. Ceux qui vont trop vite sont sujets à se casser le nez, j OUI patin. Lett. t. II, p. 394, dans rouoKNS. || Fig.
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>e casser le nez, ne pas trouver chez lui quelqu'un qu'on allait voir. Vous étiez sorti, et je me suis cassé le nez. || En un autre sens, se casser le nez, ne pas réussir, avoir un échec. Elle tint bon, Frédéric échoua Près de ce roc, et le nez s'y cassa, la font. faucon. Les troupes de Paris auraient le nez cassé, TH. COBN. l'Inconnu, v, 4. Que je traite avec vous, par lettres, des choses où Aristote, Platon, saint Thomas et saint Bonaventure sa sont cassé le nez, c'est ce qu'assurément je ne ferai pas. volt. Lett. ifÀrgenson, Udéc. <"70. || Donner du nez en terre, tomber la face contre terre. Près de donner du nez en terre, scabr. Virg. v. || Fig. Donner du nez en terre, échouer dans quelque entreprise, avoir du dessous. Et fait au plus matois donner du nez en terre, RÉGNIER, Sot. xiv. Il y en a trois ou quatre douzaines fd'apolhicaires] qui ressemblent bien mieux à des gens qui vont donner du nez en terre faute d'emploi qu'à de bons marchands, gui patin, Août), lett. t. I, p. )H, dans poucens. || Fig. Avoir toujours quelqu'un sur la nez, à cheval sur le nez, en être perpétuellement occupé d'une manière désagréable. Vous avez toujours l'auteur sur le bout du nez, et vous croyez l'ouvrage hardi, parce que cet auteur a une fort méchante réputation, volt. Lett. (f Argent. 2« déc. t7«8. || Fig. II lui en pend autant au nez, il est menacé de pareille déconvenue. On dit plus souvent : autant lui en pend à l'œil, voy. PENDRE, t). n. Il Fig. Se couper, s'arracher le nez pour faire dépit i son visage, faire par dépit contre quelqu'un une chose dont on souffre le premier. Il Prenez-vous-en par le bout du nez, c'est-à-dire vous êtes vous-même coupable d'un crime dont vous voulez noircir les autres; locution venue, dit de Brieui, d'une ancienne coutume qui obligeait celui qui avait accusé quelqu'un à faux à lui faire réparation publique en se prenant le nez. || Allonger le nez, s'approcher pour voir, flairer, goûter. Dès qu'on parle de cela, il faut le voir allonger son nez. Tu as beau allonger ton nez, ça ne te regarde pas, ce n'est pas pour toi. Attends, attends, je vas te faire allonger le nez I l| Allonger le nez, faire la moue. Il allonge le nez sur tout ce qu'on lui donne. On lui sertee qu'on a de meilleur, et il allonge le nez. || Faire un pied de nez i quelqu'un, se moquer de lui; c'est un geste que l'on fait en mettant le pouce d'une main sur le nez et le pouce de l'autre main sur le petit doigt de la première main. Et quand ils sont enchaînés, Vous leur faites un pied de nez, scar. dans le rolx, Dict. comique. || Il a un pied de nez, se dit de quelqu'un d'attrapé, qui n'a pas réussi ; par allusion au geste du pied de nez Avant jour dans la rue avec un pied denez.BÉGNiER, Soi. XI. En sortant du palais, je l'abordai en lui disant : M. Renaudot, vous pouvez vous consoler, car vous avez gagné en perdant. Comment donc 7 me répondit-il. C'est, lui dis-je, que vous étiez camus lorsque vous êtes entré ici, et que vous en sortez avec un pied de nez, gui patin, Lett. t. ii, p. 42. Il aura un pied de nez avec sa jalousie, MOL. G. Dand. i, î. || Populairement. Ce n'est pas pour son nez, c'est-à-dire la chose dont il s'agit ne lui est pas destinée. || On dit ironiquement dans la même sens : c'est pour son nez; vraiment c'est pour son nez. Que c'est pour leurs beaux nex que se font les ballets, Qu'elles sont le sujet des vers et des poulets, hégnier, Sat. m. Ils croient qu'on leur doit pour rien la courtoisie. Mais c'est pour leur beau nez, ID. Sa<. xiil. Hé bien I tu vois, Cléanlhis, ce ménage ; Veux-tu qu'à leur exemple ici, Nous fassions entre nous un peu de paix aussi, Quelque petit rapatriage T — C'est pour ton nez, vraiment, cela se fait ainsi, MOL. Xmph. ii,7. || Ce n'est pas pour ton nezque le four chauffe, signifie cela De sera pas pour toi. Il 1* Terme de peinture et de sculpture. Mesure proportionnelle. Le nez est le tiers de la face. Il S* Nez se dit en parlant de quelques animaux. Le nez d'un cbien. Les chiens qui se portent bien ont le nez frais et humide. || Nez au vent, se dit du chien ^ui, le nez levé, flaire le vent et les odeurs qu'il apporte. Et chien couchant chassant devant. Branlant la queue et nez au vent, scàri. Virg. i. [\ Fig. Laissez-moi donc ious ma bannière, Vous, messieurs, qui, le nez au vent. Nobles par votre boufimnière, Encensez tout soleil levant, bErano. l* ntain. Il Nez de renard, présence de marques de feu au nez et aux lèvres du cheval. || Terme de manège. Porter le nez au vent, se dit en parlant des chevaux qui lèvent fort la tête. || Se dit, parexlon- Mon, des personnes qui march<'nt le nez en l'air, de» gens k la mine éventée, à l'air important. Il ne faut pas qu'une dame ait l'air ni le ton trop Uardi, qu'elli ait le regard trop élevé ni le nez au vent,
niCT. DK LA LANOUK rRANCAlUi
voTBB d'ahgensoh, Mém. p. 4(3, dans pougens. Déployez-moi cette figure, ce cez un peu au vent, i)iDER. Essai sur la peint, ch. 3. || On dit dans le même sens : nez en l'air, nez haut. Son nez en l'air semble narguer l'amour, pavart, Soliman II, i, i. M. de Stairs, au nez haut, arrive ici [Bruxelles] dans ce moment, volt. Lelt. d'Argental,i fév. 1744. Il 4* Nez se dit pour tout le visage. Il me regarde au nez, et riant me reproche... Régnier, Sat. xi. Mettant son manteau sur son nez, 11 avait regagné bien vite. De peur d'être mouillé, son gîte, scarh. Virg. 1. La belette avait mis le nez à la fenêtre : ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître? Dit l'animal chassé du paternel logis, la font. Fabl. VII, )6. jLes souris] Mettent le nez à l'air, montrent un peu la têlo. Puis rentrent dans leurs nids à rats, ID. ib. m, is. Mouillé, fangeux, ayant au nez la bise, iD. Orais. La fille enfin met le nez hors des di-aps, ID. Ilerm. Et jure, que la première fois qu'elle viendra lui parler dans le nez, comme elle fait toujours, elle vous imitera, et lui donnera sur sa vilaine joue, sÉv. 70. Je reviens mettre mon nez au bout de l'allée, id. 343. Je partis en fuyant, le nez dans mon manteau, raiu. poisson. Bar. de la Crasse, se. 3. || Mettre le nez dehors, s'aventurer à sortir. C'était un temps à ne pas mettre le nez dehors, sÉv. 860. Sans oser mettre la nez dehors, lo. Si. X peine notre flotte a-t-elle mis le nez hors de Brest qu'elle a été battue par les Anglais, volt. Mém. Volt. Il Nez à nez, face à face, l'un vis-à-vis
de l'autre El vous vous souvenez Que vous vous
trouvez, vous et ce fils, nez à nez, pir. Métrom. III, 7. Il On dit dans le même sens : nez pour nez. J'ai trouvé nez pour nez. Comme un grand revenant, Géronte sur ses pieds, regnard, Légat, iv, s. || Mettre son nez quelque part, s'y montrer. Votre frère veut aller mettre son nez à l'armée, sEv. 344. || Montrer son nez, se faire voir. Il a bien à faire de venir montrer là son nez. X peine le vert veut-il montrer le nez; pas un rossignol encore, enfin l'hiver le t7* d'avril, SÉV. <7 avr. <689. || On ditdans le même sens : montrer le bout de son nez. Du Plessis m'a écrit que sa chimère n'avait montré que le bout de son nez, sÉv. <8 sept. 4 889. || Donner sur le nez à quelqu'un, le frapper au visage; et fig. le tancer. Mon fils s'en pâme de rire; je lui donnerai sur le nez tout aussitôt que je le pourrai, sév. i;44. || Fig. Donner d'une chose par la nez, dire quelque chose à tort et à travers. Et sur les jours caniculaires. Ils [les médecins^ nous donnent encore, avec leurs lois sévères, De cent sots contes par le nez, mol. Amph. u, 3. Vous me donnez par le nez de l'historiographe; vraiment le roi m'ôta cette charge quand le roi de Prusse me prit à force, volt. Lell. Urne Lutxelbourg, <4 sept. 4 7K3. J'aurais pu lui donner comme un autre de l'héroïque par le nez, id. Lett. en vers et en prose, ta. \\ Fig. Planter au nez, i'we quelque chose de grossier, de désagréable. Sur cela, il sort une voix terrible de ce joli visage, qui nous plante au nez d'un air ridicule, que mauvaise herbe croit toujours, sEv. 17 nov. (675. || Regarder quelqu'un sous le nez, s'approcher do lui de très-près pour le regarder, comme pour le braver, pour le choquer. Comme cette action ne lui parut pas naturelle, il la regarda sous le nez, uamilt. Cramm. (0. Il Fermer la porte au nez, fermer la porte au moment où quelqu'un s'y présente pour entrer; et fig. ne pas vouloir le recevoir. Vous me deviez fermer la porte au nez, rac. Plaid, ii, 2. Peu s'en est fallu que son portier ne vous ait fermé la porto au nez, uancourt, Chev. à la mod«, iv, l. || Familièrement. Au nez de quelqu'un, en sa présence, et aussi en le bravant. Et leur dire à leur nez qu'ils n'ont rien fait qui vaille, RÉGN.5af. IX. Oui, me rallier, vous dis-je, et de plus à mon nez, sauter. Ajip. tromp. I, (3. Vous voulez encore lui parler de votre mariage, après que ta femme roua a dit à votre nez qu'il n'en sera jamais rien, id. Crisp. médec. 111,3. Elle écoute un amant, elle en fuit un mari; Le tout au nez du mort qu'elle avait tant chéri, la KOMT. Matrone d'Éph. Je vous trouve plaisant d'user de cet empire. Et de me dire au nez ce que vous m'osez dire, mol. Kis. iv, i. Il ne sera pas dit que l'on cachi;te une lettre à mon nez, sans que je vous donne quelque légère signiflancc, cit. dk SÉV. dans sEv. (•' sept. (68U. || Rire au nez do quelqu'un, se moquer de lui en face. Les verrous fie faisaient aucun bruit; On me riait au nez, HÉGNiEH, Sat. X. X votre nez, mon frère, «Ile se rit >lc vous, MOL. Tari, i, e. A-ton jamais vu une pendarde o^mme celle-là, qui me vient rire insolemment au nezTiD. Bourg, gent. m, i. Elle ne peut s'empicher de lui Caire uu éckt de rire «u uez,
hahilt. Cromm. 7. || Pig. Jeter à quelqu'un une chose au nez , la lui reprocher. C'est un étrange fait du soin que vous prenez X me venir toujours jeter mon âge au nez, mol. Éc. des mar. i, (. Fautil.... qu'en toute rencontre.... On te rejette au nez le scandaleux affront Qu'une femme mal née imprime sur ton front! m. Sgan. 9. \\ Fig. Avoir le nez de, avoir l'apparence, la réputation de.... Moi qui n'ai pas le nez d'être Jean qui nepeut,RÉCNiKH, Sol. xi. Il Avoir le nez tourné vers, se disposer à aller, k faire. J'ai le nez tourné vers Paris; mon fils y est déjà, SÉV. ("mars (676. |{ fig. Avoir le nez tourné à... être en chance de.... Il mourut un des hommes d« la cour qui avait le nez le plus tourné à une grande fortune : ce fut le comte de Mailly, st-siu. 68, 98. Comment peut-on imaginer que j'aie persécuté Jean-Jacques?.... en vérité, ai-je le nez tourné à la persécution? volt. Lelt. d'Alembert, 4 5 sept. (762. Il Nez s'est dit familièrement en termes d'amitié. Hai, bail mon petit nez, pauvre petit bouchon, MOL. Éc. des maris, ii, (4. {| S" Le sens de l'odorat. Ce chien a bon nez. Et des chiens attroupés l'instinct intelligent Déjà d'un nez avide interroge le vent, DELiLLE, i^n. IV. Il Fig. C'est une des belles chasses qu'il est possible de voir, qae celle que nou.s faisons après M. de Bellièvre et M. de Mirepoix ; ils courent, ils se relaissent, ils se forlongent, ils rusent, mais nous sommes toujours sur la voie, nous avons le nez bon, et nous les poursuivons toujours, sEv. (96. Il Terme de chasse. Avoir le nez fin, se ditd'un chien qui chasse avec succès dans la poussière et pendant la chaleur. Avoir le nez dur, se dit d'un chien qui entre difficilement dans la voie. Chien de haut nez, celui qui chasse le nez haut. |{ 6° Fig. Sagacité, prévoyance. Marinette eut bon nez, quoi qu'on en puisse dire, De ne permettre rien un soir qu'on voulait rire, mol. le Dép. ii, 4. J'avais bon nez, sans doute, et son voisinage déjà m'avait donné quelque soupçon, ID. G. Dand. i, 2. Comme il a bon nez, il n'est pas longtemps la dupe, sév. 64. Je ne crois pas que le marquis [de Villeroi] prenne lepersonnaged'amant; il est observé par gens qui ont bon nez, et qui n'entendraient pas raillerie, id. (3 avr. (672. Il y a là de quoi faire rire les gens qui ont le nez fin, VOLT. Lett. roi de Prusse, août I75n. || Avoir du nez, flairer, deviner. Pour qui avait du nez, l'odeur delà ligue leur sortait par tous les pores, st-sim. (77, (U4. Il Familièrement. Mettre le nez dessus, deviner ce dont il s'agit. Nous inventâmes des supplices pour le premier qui mettrait le nez sur l'attachement qu'il aurait pour vous, sEv. (33. J'ai mis le nez dessus, n'est-ce pas? dancourt, les Agioteurs, 1, 4. Il 7° Bout du nez, portion delà lèvre supérieure du cheval, située entre les doux naseaux, et servant d'organe de toucher aux solipédes, en raison de la grande sensibilité que développent dans cette partie les cordons nerveux considérables qui viennent y aboutir. || Dans le bœuf, le bout du nez est formé par le mufle; dans le porc, il porte le nom do groin ou boutoir. || 8° Partie des insectes appelée aus.si chaperon ou épistome. || 9' Terme de marine. Avant, proue du navire, employé seulement dans cette locution : être sur son nez, enfoncer sa proue dam l'eau plus qu'il ne convient. || 10' En terme rural, on dit qu'une charrue est sur ion nez quand elle s'enfonce trop dans la terre. || 11° Terme de relieur. Le nez, l'obliquité des cahiers que la couseuse n'a pas tenus verticalement. Le volume présente une pointe, .soit vers le commencement, soit vers la lin; cette pointe se désigne sous le nom de nez ; la rognure ne peut corriger ce défaut qu'aux dépens (La la régularité des marges, Extrait du Manuel du relieur, p. Si*, Roret, (827. Autrement la rognure n'est jamais unie, et faisant successivement plusieurs sauts, le livre finit par être plus haut d'un câté que de l'autre, ce que l'on nomme, en termes de l'art, faire du uez, lksné, fa Heliure, p. (74. Il i%' En termes de fondeur, on nomme nez une croûte de scories qui se forme, par la fraîcheur du vent, au devantde la tuyère par laquelle lo vent est introduit dans le fourneau. {| D:mi la fonte des cloches, morceau de planche taillé en forme de couteau qui, en tournant le compas, dispose sur li colli.-t du moule la ligure des anses. |{ 13* Petits éminence de terre cuite qu'un ménage aux tuiles plates pour les accrocher à la latte. |{ 14' Nez de busqué, partie du bois d'un fusil de munition qui forme un ressaut près do la poignée. || 1&' t'anii: d'unsoudlet qui se termine en pointe; se dit surtout des soufflets d'orgue. || 16* Poisson du genre dos squales, la lamie cornubique (sélaciens), appelé aussi long-nez et squale long-nez. Il Nez de potence, espèce de serpent || 17' Ne/, au sens <le cap. C.i|>
ri. —01
NI
Gris-n«z prèï Calais. Le cap d'Antifer, près du Havre, a pour vrai nom de sa: partie essentielle le Nez d'Antifer : ainsi l'on a la Courtine d'Antifer, le Fourquet d'Antifer et le Nez d'Antifer (l'éiymologie directe est le norrois naes, angl. ness, cap, qui se rapportent aussi sans doute au nez du visage). || Proverbes. Un grand nez ne gâta jamais beau visage. Sur tous les autres nez son nez a l'avantage, Et jamais un grand nez n'orna mieux un visage, M'" deshoutiSRBs, Portr. de Linières. \\ Il vaut mieux laisser son «niant morveux que de lui arracher le nez, c'est-àdire il est de la sagesse de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand. ||Si on lui tordait le nez, lien sortirait du lait, Toy. tordre. || Cela parait comme le nez au milieu du visage, se dit d'une chose très-apparente. Il On dit dans le même sens par ironie : Cela ne parait pas plus que le nez au milieu du visage.
— REM. Béranger a, pour la rime, écrit né : Turpin d'abord trouve lui-même Cœur de vingt ans non profané; Mais un bon moine de Thélème Le croque à l'instant sous son né, Uorl de Charlem. Labarpe avait fait la même chose dans son poëme de Tanyu et Félime, ch. iv : L'infortuné Ouvre une figue et l'avale; son né Grandit d'un pied.
— HlST. XI' s. [Il] Tranche le nés et la bouche et les dens, Ch. de Roi. cxiiu. || xu* s. Le nés moult très bien fait, les dens menus et blans, Sax. v. Il xiii* s. Quant li archevesques ol la lettre lire, si li cheî le nés, et fu li plus esbahis homme del monde et il et tout li sien, Chr. de Rains, p. 2*2. |1 iiv s. Poi [j] aroie d'honeur, se le vostre perdez ; Car trop a laide face cil qui n'a point de nez, Guescl. 6806. Se une partie du nez estoit deperdue, et incisions fussent faites es parties adjacentes, à ce que les parties fussent relachiées et peussent estre traites et aoniées [réunies] ensemble, h. de monbeville, ^»9, ïerto. Il XV' s. Et ce qui plus estoit, c'estoit le dangier des principales personnes à qui de heure en heure il en pendoit autant au nez,o. cbastel. Chron. dex dur» de Bourg, s- partie, ch. 20. |{ xvi* s. Quand vous estes tous ensemble, vous vous laissez mener par le nez à tels, de qui chacun de vous à part ne Toudroit pas prendre le conseil en ses privez affaires, AHTOT, Caton, Kf>. Le comte d'Ostrate, qui estoit mandé, eut meilleur nez, et se sauva, d'aub. Mist. 1, 26«. On fit une petite brèche, les pièces ayans le nez levé et tirans de mille pas, m.ib.ï, 209. D'abord l'evesque et sept de meilleure marque donnèrent du nez à terre [tombèrent morts] , id. i, 344. Il avoit l'œil louche, le nez troussé, les nazeaux ouverts, ID. «6. II, 4S0. Au temps qui court, qui a beau nez, il boit à la bouteille, palsor. p. 8H. Epigramme que je vous estale tout de son long, non que j'y trouve aucun nez [finesse, espritj, pasouier, Rech. IX, p. 794, dans lacohne. Chaque législateur se met une justice en buste, et chacun d'eux luy fait, si ainsi voulez que je le die, un nez de cire, et la diversifie sur le moule de ses conceptions particulières, id. Lettres, t. 11, p. 466. Voulez-vous en françois braver un homme, tous dites que vous le ferez bien camus, ou que vous lui rendrei le nez aussi plat comme une andouille, iD. Rech. viii, p. 693. Mener les hommes par le nez comme buffi-js, h. est. ipoJ. pour Uérod. p. 673, dans LACURWS. Spinelle voyant ce conseil D'avoir profité à son mari, auquel si auparavant elle avoit tiré le nez d'un doigft, elle luy allongea depuis de deux brasses, Nuits de Slraparole, t. n, p. <46, dans LACL'RNE. Fallut donner û bataille qu'ils perdirent, et fallut après s'en retourner en France, avec un nez de honte ; car par ce moyen tout l'Estat de Milan se perdit, brant. Capit. franc. 1. 11, p. «72, dansLACUBMS. Quand ce vient au fait et au prendre, comme l'on dit, il [l'État de Vienne] saigne du nez, PROMENTEAH, Finances, 3' livre, p. 291. Chacun mouche son nez, leroux de uncy, Prov. t. 11, p. 268. Qui coupe son nez défigure son visage, id. ih. p. 38 .Le défendeur se retira chez luy, ou demeura par les chemins s'il voulut, avec un pied de nez, HOEL DUPAIL, CofU. d'Eulrap. ch. vu.
— ETYM. Wallon, na»e; namur. nAx' ; provenç. luu, nax; Ital. noio; du lat. tuuus; russe, ndf; lanscr. nat, nOsd.
NI (ni), eon;'. négative qui ne se dit jamais sans la particule négative n« précédant ou suivant, et qui est équivalente à et avec une négation. || 1* Ni répété devant chacun des termes qu'il s'agit de nier. La religion commande des choses difficiles, mais elle n'est ni affreuse, ni farouche, ni cruelle, benserade, dans oiBADLT-DuviviER. EUe n'a ni parents, ni support, ni richesse, mol. Ée. des f. m, 6. 11 gotita le repos d'un homme heureusement dégagé à qui ni l'Eglise, Di le monde, ni son pnnce, ni sa patrie, ni
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les particuliers, ni le public n'avaient plus rien à demander, boss. le Tellier. Les enfants n'ont ni passé, ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent, la brut. xi. La boussole n'a point été trouvée par un marin, ni le télescope par un astronome, ni le microscope par un physicien, ni l'imprimerie par un homme de lettres, ni la poudre à canon par un militaire, l. RÂCitiz,la Religion, ch. v, noie (73. Je n'ai l'avantage d'être, pour ma consolation, ni le plus grand capitaine, ni le plus grand roi, ni le plus grand et le plus vrai philosophe de ce siècle, ni le prolecteur de l'Allemagne, ni le réformateur de la justice, ni enfin l'exemple des souverains et des gens de lettres, d'alemb. iett. au roi de Pr. 15 sept. (780. Ni le jour, ni les ténèbres, ni le bruit, ni le silence, rien ne peut mettre obstacle à l'esprit d'un homme qui sait penser, condillac. Art de penser, 2' part. ch. 3. || L'usage est de répéter ni à chaque terme, et les grammairiens en font une règle. Cependant cette règle n'est fondée sur aucune raison pcremptoire ; et voici des exemples où elle n'a pas été observée. Que ferais-je àlacour, moi qui ne suis, seigneur. Hypocrite, jaloux, médisant, ni flatteur? boursault, Ésope à la cour, v, 3. Je ne veux l'un ni l'autre, il n'est pas temps de feindre, VOLT. Rome sauv. 11, 3. (Ces exemples sont des vers; mais on pourrait les imiter en prose.) || 2° Ni l'un ni l'autre, voy. un. || 3° JVt mis une seule fois; en cet emploi on ne s'en sert guère qu'avec des substantifs sans arlicle ou avec des noms propres. Honneurs ni richesses ne font le bonheur. Ils n'avalent tapis ni housse, Mais tous fort bon appétit, la font. Fabl. v, 7. Dans ses meubles, dût-elle en avoir de l'ennui , Il ne faut écritoire, encre, papier, ni plumes, mol. Éc. des f. m, a. Quand je plaisais à tes yeux. J'étais content de ma vie. Et ne voyais rois ni dieux Dont le sort me fit envie, id. Am. magn. intermède m, se. 7. Je ne connais Priam, Hélène ni Paris : Je voulais votre fille, et ne pars qu'à ce prix, rac. Iphig. IV, 6. Qui n'est bourgeois, abbé, robin ni militaire, pir. Uétr. i, t. 114° JVt est quelquefois suivi immédiatement de ne, lorsqu'il joint deux propositions négatives ; dans ce cas la proposition liée rejette la particule pas ou point. Jamais pécheur ne demanda un pardon plus humble, ni ne s'en crut plus indigne, boss. le Tellier. Le prince n'a point d'autre but, ni n'en veut connaître, montesq. Lett. pers. <27. Il 5° JVi joint quelquefois deux propositions négatives, comme fait et. Si on n'aimait pas les justes, ni on ne les protégeait pas pour eux-mêmes, il les faudrait protéger pour le bien public, boss. Xéd. sur l'Évang. dern. serm. du Sauveur, 83* jour. Il 6° Quand ni n'est pas répété, il peut se construire avecpiM ou point. Est-il possible que ce même Sostrate qui n'a pas craint Brennus ni tous les Gaulois.... MOL. Am. magn. i, t. Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant, ni de forcer la bassesse de noire nature, boss. Duch. d'Orl. Ma maison ni mon lit ne sont point fails pour vous, boil. Sat. X. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme. Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, in. Art p. I. Personne ne souhaitera jamais plus que moi que vous goûtiez des plaisirs, mais des plaisirs qui ne vous passionnent ni ne vous amollissent point, fén. Tél. viii. || 7» Quand ni est répété, on ne met pas la particule point ou pas. On ne dit pas : Il ne faut pas être ni prodigue ni avare ; mais : Il ne faut être ni prodigue, ni avare. On ne dit pas : Ni la prudence ni l'humanité ne permettent pas une telle conduite; mais : Ni la prudence ni l'humanité ne permeltent une telle conduite. || Toutefois les meilleurs écrivains se sont alTranchis de cette règle ou plutôt de cet usage. Madame, mon amour n'emploiera pas pour moi Ni la loi du combat ni le vouloir du roi, corn. Cid, v, 7. Ce n'est pas tout encore, et tu no conçois pas Ni tout ce qu'est l'amour ni ce qu'il a d'appas, id. Imit. m, 6. Je ne décrirai point ni leur douleur amère. Ni les pleurs de Psyché, ni les cris de sa mère Qui du fond des rochers renvoyés dans les airs.... la font. Psyché, I, p. 84. Cela n'est pas capable ni de convaincre mon esprit, ni d'ébranler mon âme, mol. D. Juan, v, -i. Ni la prudence, ni la piété, ni la bonne théologie ne permettraient pas de décrier un concile qui a été universellement reçu, aussitôt que la doctrine en a été bien entendue, doss. Uém. sur la bibl. ecclés. de Dupin. Ce n'est point ni un ennemi ni un étranger, c'est Judas, ce cher disciple, cet intime ami qui le trahit, id. 3' serm. pour le vendr. saint , II. La réponse ne pouvait pas être ni plus courte, ni plus certaine, ni plus décisive, m. 2' insiruct. past. sur les prom. de J. C. à l'Église. Une parole, une raillerie nous trouble, et nous
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ne considérons pas ni de quoi ni par qui nous nous laissons troubler, bourd. 2" serm. pour le i' dim, de l'avent. Je n'ai point exigé ni serments, ni promesses, boil. Lutr. u. Des pièces que je ne voudrais point pour rien au monde ni avouer ni avoir faites, VOLT. Lelt. Damilavtlle, i8 avril 1764. Celui qui n'a jamais réfléchi ne peut pas être ni clément, ni juste, ni pitoyable, 1. 1. rouss. De l'origine des langues,ix. || 8" Avecjamoisonometundesni, mais aussi on le répète très-bien. Je ne l'ai jamais vu, lui ni son frire. La justice ne fut jamais ni si éclairée, ni si secourable, boss. le Tellier. \\ Il en est du substantif personne comme de l'adverbe jamais. La nature n'avait donné à personne ni une àme plus élevée, ni un génie plus heureux, qu'à la fille de Théon, dider. Opin. des anc. phil. (éclectisme). || 9" Lorsqu'il y a plusieurs verbes qui se suivent, le premier n'est point précédé de ni. Je ne veux, ni ne dois, ni ne puis obéir. || Cependant cet usage n'est pas absolu. Un sot ni n'entre, ni ne sort, ni ne s'assied, ni ne se lève, ni ne se tait, ni n'est sur ses jambes, comme un homme d'esprit, la bruy. n. || 10° Ni liant non des mots, mais des propositions, peut se mettre en tête des propositions, surtout dans le style élevé. Ni sa main n'est point raccourcie, ni ses trésors ne sont point épuisés, boss. Panég. de St Franc. d'Assise, 1. Ni l'édifice n'est plus solide que le fondement, ni l'accident attaché à l'être, plus réel que l'être même, id. Duch. d'Orl. \\ 11' Ni s'est construit avec sans. Elle [la Brinvilliers] écouta son arrêt, dès le matin, sans frayeur ni sans faiblesse, sÊv. 22 juin. t676. Mon équipage est venu jusqu'ici sans aucun malheur, ni sans aucune incommodité, ID. 27 juillet 1672. Il Aujourd'hui on mettrait et au lieu de ni. || 12° Après un que conjonctif que précède un verbe accompagné d'une négation, le membre de phrase qui suit doit toujours commencer par ni. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime. Innocente à mes yeux, je m'approuve moimême. Ni que du fol amour qui trouble ma raison Ma lâche complaisance ait nourri le poison, rac. P/ièdre, II, 6. Il Cet usage est souvent violé, sans aucune faute, jj 13° Ni suivi de la préposition de et d'un nom pris partitivement. Elle ne peut causer ni d'enflure ni d'enfoncement, pasc. Équil. des liqueurs, VII. Qu'il lui coûtait moins d'exposer sa vie que de dissimuler ses sentiments, et qu'il n'achèterait jamais ni de faveur ni de fortune aux dépens de sa probité, fléch. Duc de Kent. || 14° Ni se met quelquefois sans ne et sans verbe, et par la seule vertu d'une proposition sous-entendue. Comment la trouvez-vous T Ni belle ni laide. Ayant pour maxime inviolable avec mes amis de me montrer à leurs yeux exactement tel que je suis, ni meilleur, ni pire, J. J. Houss. Confess. XI. || 15° Ni se dit quelquefois pour et en des phrases qui ont un sens négatif implicite. J'ai grande peine à croire ce que vous me dites de madame ***, ni qu'elle ait pris votre parti contre moi, voit. Lett. 68. Désespérant de réduire Babylone ni par force ni par famine, boss. llist. III, 4. J'ai peine à croire que MM. de Genève traduisent ni impriment mon livre, id. Lett. 80. Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer, Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer, boil. Ârtp.
II. Bientôt ils défendront de peindre la prudence. De donner à Thémis ni bandeau ni balance, id. ib.
III. Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie, L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, id. 16. m. Pelletier écrit mieux qu'Ablancourt ni Patru, id. Sat. IX. Il C'est cet emploi de ni qui rend correcte cette phrase : Il n'est pas possible ou il est impossible que ni le temps ni l'art apportent quelque amélioration à l'état de sa vue. || 16' Ni sans ne, archaïsme tombé en désuétude et qui est aujourd'hui considéré comme une faute. Elle n'ôte à pas un ni donne d'espérance, corn. Cid, 1, < (scène changée). Une douceur que rien n'émeut ni aigrit, boubdal. Pensées, t. i, p. 90. Lorsque le père n'instituait niexhérédait son fils, montesq. £jp. xxvii. Il 17* Ni pris substantivement. Ces deux ni avec point ne sont pas permis, volt. Comm. Corn, [il s'agit de ces vers de Nicomède : Je vous avais prié de l'attaquer lui-même. Et de ne mêler point, surtout dans vos desseins, Ni le secours du roi, ni celui des Romains, m, 6).
— REM. 1. Ni ladouceur ni la force n'y peut rien ou n'y peuvent rien : les deux se disent également, suivant qu'on a dans l'esprit la conjonction ou la disjonction des sujets. Ni mon grenier ni mon armoire Ne se remplit à babiller, la font. Fabl. iv, S. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux, id. Phil. etBaucis. || 2. Ni fait hiatus dans les vers, et on ne le met pas devant une voyelle. Cependant Mal-