‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 215 sur 389 · NID · texte numérisé non relu

NID

butiu. De son uid babiUard'reTient calmer la faim, DELILLE, En. m. Il 3» Nid à rat, petit trou où le» rats se logent. Toutes... [les souris] rentrent dans leurs nids à rats, la font. Fabl. m, *a. || Fig. Un nid à rats, un vrai nid à rats, une méchante petite chambre. Être logé dans un nid à rats. X Madrid, on couche dans des nids à rats, j. i. rouss. Conir. m, 8. Il 4° Fig. et familièrement. Un nid, un lieu où l'on s'établit. 11 est dans son nid; qu'il s'y tienne. Pour qu'un jour, mignonne, j'aille Où les anges font leurs nids, bérang. Mon curé. \\ Un bon nid, un bon établissement. 11 a épousé une veuve fort riche, il a trouvé là un bon nid. || Cela s'en est allé en nid de chien, se dit d'une chose qui a un mauvais succès. Il Le nid paternel, la maison paternelle. Les hommes, à un certain jour, font leur métier d'hommes; ils sortent du nid paternel, ils se prennent à tous les chemins, la poussière du chemin les ternit, SAINTE-BEUVE, C/ia(eau6r. et son groupe, \. i, p. 95. Il 6* Fig. Origine, source de choses morales. Mais aucun de ces maux n'égale les rigueurs Que la mauvaise honte exerça dans les cœurs; De ce nid à l'instant sortirent tous les vices, boil. Ép.ni. ||6°Nid d'oiseau, nom don né à des nids comesti blés qui sont faits par une espèce d'hirondelle, et qu'on mange en Chine et dans les Indes. L'opinion la plus probable sur la matière de ces nids, c'est qu'elle est constituée, pour la plus grande partie, par un mucus trcsconcrescible que sécrètent abondamment, au temps de la ponte, les follicules muqueux du jabot.... il paraît pourtant que l'oiseau emploie aussi à la construction de ce nid des thalassiphytes (du genre gélidie), mais en petite quantité, et peut-être encore d'autres substances, legoarant. || 7* Terme militaire. Nid de pie, genre de logement d'où l'on peut tirer sans se découvrir, et que l'assiégeant construit dans un ouvrage dont il s'est rendu maître. H 8* Terme de géologie. Petit amas de matières meubles et très-friables, qui sont enveloppées dans l'épaisseur des couches du globe. || Terme de métallurgie. Amas peu considérable de substances métalliiue» que l'on trouve isolées hors des filons. || 9" Term» d'anatomie. Nid de pigeon (Vicq d'Azyr) , nid d'hirondelle (Reil), enfoncement hémisphérique situé de chaque côté de la face inférieure du cervelet. Il 10* Nid de fourmis, sorte d'arbrisseau grimpant de Cayenne. || Nid d'oiseau, espèce de la famille des orchidées, nidus avit, L., neotlia nidtts avit, Richard. || 11' Terme d'alchimie. Nid, l'œuf philosophai. Il Nid du poulet, l'œuf où le mercure est enfermé. || Proverbes. Petit à petit l'oiseau fait son nid, c'est-à-dire on fait peu à peu sa fortune, sa maison. Il X chaque oiseau son nid est beau, c'est-à-dire chacun trouve sa maison, sa propriété belle.

— HIST.xii's. Uais quand li reis Henris vit bien et entendi, Qu'il [Thomas] purreit remaneir tuz dis à Punteigni, Al plus tost qu'il porra l'ostera de cel ni. Th. le mari. 96. {| xiii* s. Com li oisel qui concilie son ni, qufsnes, Romancero, p. «8. I.alurli-e [tourterelle] trueve ni où ele repoigne [mette] ses poucins, Psautier, t° (02.||xiy* s. Plus que faire n'avons de ce liepart félon ; Voit [qu'il aille] faire ailleurs son ni, plus de lui ne voulons, Guescl. v. in 82. Il XV* s. Au petit ru [ruisseau] boit tourterelle Plus aise qu'en rivière isnelle; Son nif en lieu moien enserre, e. dksch. Poésies mss. t° 28«. || xvi* s. Tel oiseau tel nid, cotgrave. Il croit avoir pris la mère au nid, oudin, Dict. Au nid des aquilons, en la froide Scythie, Où jamais le soleil ne se daigna lever, DESPORTES, Amours d'ilippolyte, ixxxvn. Kn son nid l'escurieu, en son aire l'oiseau , d'aub. Tragiques, Princes.

— ÉTYM. Wallon, ni; provenç. ni», nieu,nit, ni; esp. nido; port, ninho; ital. ni'do, nidio; du lut. nidus, sanscr. nida, qui est, dit Benfey, pour nisada, couvaison, proprement acte de s'asseoir.

t NIDIFICATION (ni-di-fi-kasion), ». f. Terme didactique. Construction d'un nid par les oiseaux. Le but de la nidificiiion, qui est de recutrillir et de concentrer la chaleur, buki». Ois. t. ix, p. 2U.

— ETVN. Lat. nidi/icalion^m, de nidi^are, de nidus, nid, ri facere, faire.

t MDIFOIIMK (ni-di-form*), adj. Terme d'anatomie. Masses nidiformcs, substances homogènes qui, comme le frai, enveloppent certains œufs.

— ETYM. I.at. nidu», nid, et forme.

NIUOREUX, ElISE (ni-do-reû.roû-/.',', adj. Terme

de médecine. Qui a une odeur et un goût de pourri, de brûlé, d'œufs couvés. Des rapports nidoreui.

— HIST. xvi* s. Nidoreux, cotgbavk.

— ETYM. Lat. niitorosiis, de nidor, odeur de brâlé ; nidor, pour tnidor; comiiarcz le ftrcc x/iooa, wleur de brtUâ,

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tNIDOLANT, ANTK (nl-du-lan, lan-t"), adj. Terme de zoologie. Qui' construit des nids. |j Terme d'anatomie. Membranes nidulantes, membranes vésiculeuses dans lesquelles certains animaux, tels que les crapauds, renferment leurs œufs.

— ETYM. Lat. nidulus, diminutif de nidus, nid. NIÉ, ÊE (ni-é, ée), part, passé de nier. Repoussé

par une dénégation. Un fait nié par les témoins. Un dépAt nié par un dépositaire.

t NIEBKLUNGEN (ni-be-loun'-ghèn") , s. m. pi. Titre d'un ancien poëme héroïque écrit en vieil allemand, et dont le sujet est la lutte des Burgundes contre Attila.

— ETYM. ffift-heims, en norrois, le château des nuées (comp. veçéXTi), où est enfermé le trésor des niflungs; ail. niebelungen.

NIÈCE (niè-s'), s. f. || 1° Fille du frère ou de la sœur. Je sais qu'une favorite ou nièce d'abbesse est la plus mauvaise de toutes les éducations, maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 3 avril 1707. Isaac Newton avait une nièce assez aimable nommée Mme Conduit ; elle plut beaucoup au grand trésorier Halifax; le calcul infinitésimal et la gravitation ne lui auraient servi de rien sans une jolie nièce, VOLT. Dict. phil. Newton. \\i' Petite-nièce, la fille du neveu ou de la nièce. Il me vint l'autre jour trois jolies femmes, ce sont les petites-nièces de M. Descartes, sÉv. 567. M. Titon du Tillet, ancien maître d'hôtel ordinaire de la reine, âgé de 85 ans, lui recommanda [à Voltaire] la petite-nièce du grand Corneille, qui, étant absolument sans fortune, était abandonnée de tout le monde, volt. Comm. Œuvr. aut. Henr. || 3° Nièce à la mode de Bretagne, la fille du cousin germain ou de la cousine germaine.

— HlST. xii' s. Belle nièce Aude, or vous croist seigneurie, Roncisv. )60. HeUssant [ils] emmenèrent, nièce Lohot de Frise, Sax. xxiii. || xiu' s. Symonsen [de Berte] fait sa nièce, et Constance s'amie, Berte, tx.

— ETYM. Picard, ennette ; provenç. nepta, netsa, catal. neto;espagn. nieta; du lat. neptis (voy. nevei).

«. NIELLE (hi-c-l'),». f. Plante qui croît dans les blés, et dont la semence est noire. {{ Sous le nom de nielle des blés on a confondu le nigdla anensis, L., renonci.lacées, et Vagroslemma gilhago, L., caryophyllées, toutes deux à graines noires. 1| Nielle a encore été employé comme synonyme de nigelle, genre de renonculacées, et l'on a appelé nielle de Virginie, le mélauthe de Virginie, legoabant.

— HIST. !xvi* s. La mesnagere envolera le bled au moulin, après l'avoir fait nettoier de toutes ordures, de nielle, de vesce, d'yvroie, de pierres de gravois, de poussière, o. db sekues. 28i.... Prendr.c par le nez de la niele, dite poivrete, trempée en vinaigre, et poudre de pirete pour faire esternuer, ID. 895.

— ETYM. Picard, Tiel/e,fic(e;génev. mo/Ie ; provenç. niela ; catal. niella ; espagn. ncguilla ; ital. nigella ; du lat. nigella planta, plante noire, diminutif de niger, noir.

•i. NIELLE (ni-èl'), s. m. 111° Terme d'orfèvrerie. Ornements ou figures que l'on grave en creux sur un ouvrage d'orlevierie, et dont les traits sont remplis d'une sorte d'émail noir, fait d'un mélange d'.Trgeiit, de plomb et de soufre liquéfiés. || 2' Se dit do l'émail noir dont on se servait pour faire ressortir la gravure appelée nielle, et qui est un mélange de soufre, de plomb et d'argent. || 8* Se dit aussi de l'empreinte en soufre, ou de l'épreuve sur papier, tirée de la planche de métal.

— HIST. xiu's. D'or avoit [la coupe] de5eure un cisel X trifoïro et à neel, FI. et Dl. *9T. Fors qu'en le [la] coupe al damoi.sel N'a or, ne argent, ne nool, Parlonop. v. loi 7. || xvi* s. Au fond du vieux palais, autres fois le séjour Des demi ilieux de France, est un temple d'amour; X nuaui argenlcz la voûte est toute painle, :)KSeonT:y.i, Élégies, u, 6, Advanture première.

— ETYM. Provenç. niel, niell: espagn. niel; ital. niXio; du bas-lat. niecKuin, dessin en émail noir sur un fond d'or ou d'argent; du Ut. nigellus, diroinuiif de niger, t\oir. C'est niel, masculin, qui t donné au pluriel uuaux,

». NIELLE (nië-l'}, s. f. || 1* Maladie des grains qui convcriit l'épi en une poustièro ni^râtre, et qui est produite par deux espèces de champignons parasites, uredo carbo, DC. et uredo caries, DC. On l'appelle aussi charbon, carie. Lorsqu'il viendra sur la terre, ou famine, ou pesie, ou corruption de l'air, ou que la nielle, la sauterelle, ou quelque maligne humeur g-llera le» blés, SACi, mille; Rois, m, viii, 37. Il 2' Nielie des arbres, nom que l'on a, i tort, donné à la rouille et au blanc des arbres, la nielle se met aussi sur le pied et sur les feuilles de melon, sur la I cbieorie et sur les concombres, et elle tes ftit périr.

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LAQuiNTiNYE, Qans RicHELET. || 3* Terme de marine. Sortede fermentation qui détériore les toiles à voile.

— REM. 11 ne faut pas décomposer nielle qui vient de nebula, en ni-è-V , comme on fait pour nielle, plante, qui vient de nigella; dans le premier, nt'el est une diphthongue; dans l'auire il y a deux voyelles distinctes. Toutefois Saint-Lambert a dit ni-elle : Achève tes bienfaits; que la nielle impure, Les insectes, l'orage et les vents ennemis Respectent les présents que tu nous as promis, Saisons, u.

— HIST. xiv s. Comme par brueillaz ou par niele, G. GLiART, dans nu cange, ninguidus. En France entour la Saint Jehan cheut sur les blez une rousée qu'on appelle nielle, dont ils furent si enmioUés que, quant on mettoit l'espi en sa bouche, il sentoit le miel tout proprement, Clir. de St-Denis, t. M, ^ 25, dans LACkiRNE. Ce ne vault grain ars [brûlé] de niele, l'Alch. à nat. 524. || xvi* s. Satan, afin de priver l'église de ce thresor inestimable, l'a desja de longtemps obscurci , premièrement par nioles et brouées, et puis après par ténèbres fort espesses, calvin, Instit. t09, 3. '

— ETYM. Normand, nuile, nieule, nielle; génev. ntoHe, petite pluie froide. On a rattaché nielle, maladie des blés, à nielle, plante ; mais il paraît y avoir seulement confusion par assimilation entre nielle, plante, et niele ou niolle, brouée, brouillard qui cause la maladie des plantes ; en ce sens niell» vient du latin nebula, nuage, brouillard (voy. ^ÈBLB et neuble). Le normand a conservé la forme la plus voisine du latin. D'ailleurs le texte des Chroniques di St-Dcnis prouve que la nielle était une rosée. Oudin connaissait le sens précis de ce mot, puisque, dans son Dictionnaire, il traduit niellé par anncbfct'ato.

^. NIELLÉ, EE (niè-lé, lée) , part passé de nieller 4. Gâté par la nielle. Le blé niellé paraît reiifié ou plus rempli que le blé sain ; cependant, si on le met dans l'eau, il surnagera, bonnet, Uist. nat. Mém. Œuv. t. m, p. 228, danspouGENS. || Se dit des fruits qui prennent difficilement leur accroissement et dont la surface est tachée.

1. NIELLÉ, ÉE (ni-c-lé, lée), part, pof»^ de nieller 2. Poignée niellée.

«.NIELLER (niè-lél, v. a. Gâter par la nielle. Il Se nieller, v. réft. Etre gâté par la nielle. Le» blés se niellent par le mauvais temps.

— HIST. xvi* s. Elles mettent les grains au soleil pour les faire seicher, lorsqu'ils sentent qu'ils se nyellent ou llestrissent ou pourrissent, PARÉ, Amm. s.

— ETYM. Nielle 3.

2. NIELLER (ni-è-lé), v. a. Oroerde nielles. Nieller une tabatière.

— HIST. XII" s. Il trait l'espée au poing d'or [poignée d'or] noïlet, Raoul de C. 259. || xiii's. Sor un faudesluef d'or à boutons noolé, Ch. d'Ant. 11, 203.

— tTYH. Nielle 2; proTenç. et espagn. ntWar; ital. niellare.

t NIELLEUR (ni-è-leur), s. m. Graveur de nielles. Il Adjectivement. Les orfèvres nielleurs.

— ETYM. Nieller 2.

f ). NIELLUIIE (niè-lu-r'), t. f. Action funeste de la nielle sur les céréales. Nous snnimes à la merci du ciel inconstant, qui fait pleuvoir sur le tendre épi, non-seulement les eaux nourrissantes de la pluie, mais encore la rouille inhérente et consumante de la nicllure, boss. Ëlév. sur myst. vi, «1.

— ETYM. Nieller 1.

t 2. NIELLURE (ni-è-Iu-r') , t. f. Travail «n nielle. || L'art de nieller.

— HIST. XIII" s. k grant mervelle [une coupe] fu bien faite. Et moult soutiument porlraite Par nccleure menue, FI. et RI. *47.

— ETYM. Nieller 2.

NIER (ni-é), je niais, nous niions, tous niiez ; que je nie, que nous niions, que vous niiez, v. a. Il 1* Dire qu'une chose n'est pas vraie ou n'est pas. Il me nia le fait, mais d'une manière qui me le fit croire, parce qu'il me conjura de ne le pas publier, RETZ, Mim. t. Il, liv. III, p. 345, dans pouckns. Les sadducéens, qui nient la résurrection, le vinrent trouver, et ils lui proposèrent celte question... saci. Bible, Évang. SI Mare, xii, I8. Vous étiez aussi avec Jésus de Nazareth? mais lui le nia, en disant : Je ne le connais point, et je ne sais ce que vous dites, in. ib. XIV, 67. C'est une maladie naturelle à l'hoinmo de croire qu'il possède la vérilé directement ; et de là vient qu'il est toujours disposé à nier tout ce qui lui oHt incompréhensible, pAsc. Espr. géom. i. Souvenez-vous que nous avons vu nier dans Paris les expériences de Newton sur la lumière, et lui faire des objections plus frivoles, volt. Pol. et législ. Fragm. hist. Inde, xxvi. Vous laissez I les taupes, enterrées sous vos gazons< nier» ai ellei

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