‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 216 sur 389 · NIM · texte numérisé non relu

NIM

I osent, l'eiistence du soleil, volt. m. Pisrr. jxmr le Pr. royal, n. Des avantages qui ne puissent être ni disputés ni niés; or c'est ce qu'on trouve dans la naissance et dans la fortune, d'alemb. Est. sur la soc. des g. de lelt. Œuvr. t. m, p. 62, dans POL'CENS. Quand on nierait au christianisme ses preuves surnaturelles, il resterait de quoi prouver qu'il est le culte le plus divin et le plus pur, cha- TEACBR. Génie, iv, vt, I3. || Absolument. C'est un des abus de ce tribunal [l'inquisition], que, de deux personnes qui sont accusées du même crime, celle qui nie est condamnée à la mort, et celle qui avoue évite le supplice; ceci est tiré des idées monastiques, mon tesq. Esp. XXVI, i2. Il Nier Dieu, prétendre que Dieu n'existe pas. Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie ; Qui craint de le nier, dans son ime le nie, corn. Poly. ii, o. Son désespoir à la mort de ses enfants, porté jusqu'à nier la Providence, BOLUN, Hist. anc. Œuxt. t. xi, 2* part, p. 735, dans POUGENS. Vous craignez qu'en adorant Dieu on ne redevienne bientôt superstitieux et fanatique; mais n'est-il pas à craindre qu'en le niant on ne s'abandonne aux passions les plus atroces et aux crimes les plus affreux? volt. Dict. phil. Dieu. \\%' Nier suivi d'un autre verbe, régit de et l'infinitif, lorsque le verbe régi se rapporte au sujet de la phrase. Il nie d'avoir rien touché, pour se mettre dans le rang des créanciers, sÈv. <0 nov. <«75. Il a nié d'avoir prétendu deux fois dans le consistoire.... j. j. Rouss. dans oiHAnLT-DDviviER. Il Si le verbe régi ne se rapporte pas au sujet de la phrase, on met que et le subjonctif. Si cette vie est le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse immortalité.... l'on ne peut nierque la longue vie ne soit souhaitable, boss. Toi. de Monterby.

II On peut employer la même tournure quand les deux verbes ont le même sujet. Il nie qu'il se soit trouvé dans cette maison. || 8° Nier un dépôt, une dette, nier qu'on ait une dette à payer, un dépôt à rendre. Doutez-vous de ma probité, monsieur T vos centécus! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie, que de les nier un seul instant, beaumahch. Barb. de Sév.m, B.|| 4» En termes d'argumentation, ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Nier un principe. Il a accordé la majeure et nié la mineure. Il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie, BOSs. 3* averl. 2. {| B" Refuser, ne pas accorder. Et je n'ai pu nier au tourment qui le tue Quelques moments secrets d'une si chère vue, moi- D. Gare, m, 2. Et tâcher par des soins d'une très-longue suite D'obtenir ce qu'on nie à leur peu de mérite, i». Ifis. III, <. Il demeure libre d'oclrojer la demande ou de la nier,PASc. Proti. viii. || 6* Se nier, r. ré/l. Être oié. Ce sont là des choses qui se nient facilement.

— RE5I. 1. Nier employé avec une négation est suivi ordinairement de la négative ne : Je ne puis pas nier qu'il n'y ait eu des Pères de l'Ëglise qui ont condamné la comédie ; mais on ne peut pas me nier aussi qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui l'ont traitée un peu plus doucement, mol. Tart. Préface. Vous ne sauriez nier qu'un homme n'apprenne bien des choses quand il voyage, fén. Dial. des morts, n*«7. Je ne nie pas queje ne sois infiniment flatté.... volt. Leit. Urne du Bocage, 49 sept. 4764. || 2. On peut aussi supprimer ce ne : Je ne nie pas qu'il ait fait cela, Dict. de l'Académie. Je ne nie pas qu'il ait raison, J. i. Rouss. dans girault-ddvivier. || S. On met également ne quand le verbe parait sous une forme interrogalive : Peut-on nier qu'il n'ait avancé cette proposition? Hais ici aussi le ne peut se supprimer : Niex-vous qu'il en soit ainsi?

— HIST. xu* s. Puisqu'il le nie, sire, vez-ci mon gant, itonc. p. <8i. |!xiii* s. Ll plus sage paien en furent moult dolent ; Volentiers s'en r'alassenl ariere en orient, Mais plus en ot de fols qui en furent notant, Ch. d'Ant. vu, ti». Hais ce ne sui-je pas [ce n'est pas moi], sachiez, je vous le noi, Berte, cv. De ce qu'ele le noie, tous [j*] en sui trespensés, •b. cxxi. L'ostel, dit-il, tel cum veés, Prenés, jà ne vous iert neés [refusé], la Rose, 12878. ||xiv' s. La pensée qui afferme ou nie, obksme, Elh. 4 83. Teles vertus selon lesqueles l'ame dit vérité ou en affermant ou en noiant, lo. ib. 47». || xvi« s. Qui est-ce qui niera que cela n'ait esté fait par esprit prophétique? CALV. Ifuif». 40. Il faut qu'il nie quant et quant, ()ue la transgression de la loy n'est point pcché, iD. tb. 4»8. II nie qu'il n'a point esté créé apostre ne des hommes , ne par hommes, mais par JeiusCbrist, id. ib. 854. Il ne nioit point qu'il n'eust Cieopatre, inaii autti ne confessoit il i>oint qu'il la linst pour la femme, amtot, Anton. 18. II nia qu'il l'euat prise, mais il en fut trouvé aaisy, id. tb. «04.

— ETYM. Wallon, notl; provcoç, negar, neguar,

nejar, neyar ; espagn. et portug. negar; ital. negare; du lat. negare, que les étymologistes latins dérivent de nec et du radical du verbe ajo, oio, je dis ; mais à tort : car c'est le dénominatif de la négation nec, où le c s'est changé en g, comme dans neg-olium. La régularité de la conjugaison exclut la composition avec at'o.

t NIFE (ni-P), I. f. Surface supérieure d'un banc d'ardoise.

NIGACD, AUDE, (ni-gô, gô-d'), adj. \\ !• Qui est sans finesse d'esprit. Il est bien nigaud. || Substantivement, un nigaud, une nigaude. Ne pouvoir faire un pas sans trouver des nigauds qui vous regardent et se mettent à rire, mol. Pourc. i, 6. Et de tout votre bien revêtir un nigaud Pour six mots de latin qu'il leur fait sonner haut, id. F. sav. ii, 9. Ah I monsieur, je m'en souviens, Hargot avait si bonne grâce à faire comme cela la nigaude, mawvaux, Surprise de l'amour, i, 2. Le bailli présenta à Mlle Saint-Yves un grand nigaud de fils qui sortait du collège, volt. Ingénu, 2. || 2' Le nigaud, espèce de petit cormoran, ainsi nommé parce qu'il est encore plus paresseux et plus lourd que les autres cormorans. || 8" Jeu de canes qu'on nomme aussi patience russe. || Au jeu de la loterie, le nigaud, la carte qui n'a pas de lot.

— HIST. XV' s. Kt qui pis vaut, S'aucun briffaut Vient en leur gaine, ïantost il faut Qu'il soit nigaut. En brief espace, le Blason des faulses amours, p. 274, dans LACURNE. Ilxvi* s. Nigaud, badin et plusieurs autres noms, u. est. Àpol. pour Hérod.

p. 19, dans LACURNE.

— ÊTYM. Origine inconnue. Diez, arguant de la finale aud, ald, qui indique d'ordinaire une provenance germanique, forme un type n' vald, qu'il rapporte à l'anc. haut-ail. niuwi, niwi, neuf, novice. Faut-il le rapprocher du normand nichot, ntjot, nigeou, vétilleux , lambin , nijoter, faire le paresseux, d'origine d'ailleurs inconnue, à moins qu'on n'y voie un dérive de ntce f Le mot populaire niguedouille, qui a à peu près le même sens, paraît de même radical. Enfin on doit citer comme trèssingulier mais voisin nigosseurement qui se trouve dansun texte du xv siècle : Icellui Petit au suppliant : ïfiez cy une lettre bien nigosseurement laicte. Et lors le dit suppliant demanda pourquoy; et le dit Petit lui dist qu'il y avoit beaucoup plus de terres déclarées dedans qu'il n'en estoit contenu au nombre d'icelles, du cange, nativitas. On trouve aussi dans le xvr siècle niquenoquer : Quant je ne voudroie si sûlomcul niquenocqucr, Quintilien censeur, p. 484, dans LACURNE. Enfin l'anglais a m'^jord, avare, ladre, et to niggle, se moquer.

t NIGAUDEMENT (ni-gô-de-man), adv. D'une manière nigaude. Notre cher intendant d'Auvergne, qui s'en va nigaudement lire une de mes lettres,

MADAME D'ÉPINAY, Jf^m. t. III, p. 36B,dans POUGENS.

NIGADDER (ni-gô-dé), V. n. Faire le nigaud, s'amuser à des riens. Les historiettes vont à merveille dans la bouche.... d'un homme qui semble.... marcher en dandinant et nigaudant, dider. Réflex. s. l'esprit. J'ai lu, j'ai écrit, j'ai rêvé, j'ai nigaude en famille, c'est un plaisir que j'ai trouvé fort doux, ID. Uém. t. n, p. 299, dans pougens. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Nigaud.

NIGAUDERIE (ni-gô-de-rie) , t. f. || 1* Action de nigaud. Il y a longtemps que nous le connaissons pour la plus pauvre espèce d'Angleterre, avec sa guitare et ses autresnigaudeiies, uamilt. Gramm. 8. Il 2° Le caractère du nigaud. La description que vous y faites avec des couleurs d'une vérité étonnante de la nigauderie d'un homme que je vous avais prôné, OALiANi, Corresp. t. i, p. 439, dans pougens. Tancez vivement l'auteur de cet article; il parle d'un serin, d'un petit chien, imaginés par la nigauderie allemande, mais qui sont déplacés en France, Corresp. de Napoléon 1", t. xxi, lett. du 28 nov. i84 0.

— ETYM. Nigauder.

t NIGELI-E (ni-jè-l'), t. f. Genre de renonculacées, dans lequel on distingue ; 4<'la nigelle cultivée, dite vulgairement nigelle, poivrette, toute-épice, patte d'araignée, araignée, nielle, dont les semences sont appelées cumin noir et faux cumin ; c'est la nigelle de Crète de certains auteurs; :;i"la nigelle de Damas, dile vulgairement herbe aux épices et herbe de toute-épice, noms donnés aussi i la nigelle' cultivée; la nigelle de Damas est appelée encore araignée, cheveux de Vénus, barbiche, barbe de capucin, patte d'araignée ; 3* la nigelle arvine, nommée vulgairement nielle, mot employé parfois pour désigner tout le genre nigalle, leooahant.

— ÊTYM. C'est la f'-rmc latine de uiell^ 4.

t NIGELLINE (ni-jel-li-n'),». ^. Terme de chimie. Matière amère, retirée de la graine de nigelle.

— ÊTYM. Nigelle, et la finale chimique ine.

t NIGOTEAU (ni-go-tô), s. m. Terme de maçon. Quart (le tuile placé le longd'un solin ou d'une tuilée.

t NIGRESCENT, ENTE {ni-grè-ssan,iisan-t'), adj. Terme didactique. Dont la teinte tourne un peu au noir.

— ÊTYM. Lat. nigrescere, devenir noir, de niger, noir.

tNIGRETTE (ni-grè-t'),». /■. Un des noms du merle.

— ÊTYM. Lat. ni'jer, noir.

t NIGRl... élément de composition qui signifia noir, et qui vient du latin niger, noir.

t NIGRICORNE (ni-gri-kor-n'), ad;. Terme d* zoologie. Qui a les antennes noires.

— ÊTYM. Nigri..., et corne.

t NIGRIFIANT, ANTE (ni-g:ri-fi-an, an-t"), ad]. Terme didactique. Qui rend noir. C'était en Afrique, disait-on, que l'action nigri fiante du soleil devenail évidente, broca, J. de la physiol. t. i, p. 687.

— ÊTYM. Lat. fictif, nigrifuare,dc niger, noir, et facere, faire.

t NIGKINE (ni-gri-n'), ». f. Terme de minéralogie. Variété de titane.

fNIGRlPENNE (ni-gri-pè-n"), adj. Terme de zoologie. Qui a les ailes ou les élytres noirs.

— ÊTYM. Nigri..., et le lat. penna, aile.

t MGRIROSTRE (ni-gri-ro-str'), adj. Terme da zoologie. Qui a le bec ou la trompe de couleur noire.

— ÊTYM. Nigri..., et le lat. rostrum, bec.

t NIGROIL (ni-gro-11, U mouillées), «. m. Poisson du genre des spares.

— ÊTYM. Nigri..., etceil.

t NIGUEDOUILLE (ni-ghe-dou-U', U mouillées), s. m. et f. Synonyme populaire de nigaud, nigaude. Fuyons le triste breuvage Dont les poissons font usage. Des dieux ce fatal fléau N'est que pour les niguedouilles, Eh pourquoi boire de l'eau? panard, Chans. vaud. Œuvr. t. m, p. 303, dans pougens.

t NIHIL-ALBUM (ni-il-al-hom'), s. m. Terme de chimie. Vieux nom de l'oxyde de zinc sublimé. Il Excrément du rat, autrefois en usage en pharmacie.

— ÊTYM. Lat. nihil, rien, et albus, blanc : un rien blanc.

f NIHILISME (ni-i-li-sm'), ». m. || !• Terme de philosophie. Anéantissement, réduction à rien. La théorie du nihilisme attribuée à Bouddha. || i° Absence de toute croyance. || 3* Se dit quelquefois aussi de l'idéalisme absolu.

— ÊTYM. Lat. nihil, rien, nulle chose, qui est composé de la négation ne et de hilum, point noir qui sert d'attache à la fève dans la cosse. On trouve dans le xvi* siècle nt7»i7i(^.

t NIHILISTE (ni-i-li-sf), J. m. Celui, celle qui admet le nihilisme. Ijild;. Une philosophie nihiliste.

I NILGAUT (nil-gô), ». m. Espèce d'antilope, ontilops picta, Gmclin.

t NILLB (ni-ir, U mouillées), ». f. || 1* Terme de blason. Se dit d'une espèce de croix ancrée, plus étroite et plus menue que les croix ordinaires. Il 2° Filament vert et rond, qui sort de la vigne lorsqu'elle est en fleur. || 3° Bois qui entoure le manche d'une manivelle, pour empêcher que le fer en tournant dans la main ne la blesse. || Manivelle d'une bobine. || 4* Nom donné à de petits pitons de fer carrés, où l'on fait passer des clavettes pour tenir les panneaux de vitre, surtout dans les vitraux d'église.

— ÊTYM. Le même que annille.

f NILLÉ, ÊE (ni-llé, liée, «mouillées), adj. Terme de blason. Qui est en forme de nille. Croix niUce, ditfi aussi croix de moulin.

NILOMETRE (ni-lo-mè-tr'j, ». m. Pilier sor lequel sont marqués les degrés d'accroissement et de dccroissemenl du Nil. Les mêmes motifs qui, dans l'antiquité, avaient fait confier les nilomètres à la garde exclusive de certains membres de l'ordre sacerdotal, et qui en interdisaient l'accès au vulgaire, ferment encore l'entrée du maqyds de Roudha [Ile où est le nilomètrel au peuple actuel de l'Egypte, GIRARD, /»»(i». Him\ seienc. isn, t. n, p. 25».

— ÉTYM. NtO.oiifTpiov, de NiïXo;, Nil, et |iitpov, mesure.

t NILOMÉTRIQCE (ni-lo-mé-tri-k'), adj. Qui • rapport au nilomètre. La coudée niloméirique.

NIMBE (ninb'), ». m. jj f Terme didactique. Cercle do lumière que les peintres mettent autour de la tête des personnages divins ot des saints et saintes Il 2" Terme do numismatique. Cercle qu'on voit, sur les médailles, autour delà tête de quelques empereurs.

— ÊTYM. iJit. nimbus, nuage, le niénie, avec Intercalation d'une m, que le grec vifoc, nuée.

'■ MMUUS (nin-bus'), ». m. Terme de météorolo-

NIP

g\e. . uages pluvieux, d'un gris uniforme, qui se confondent entre eui.'

— ÉTYM. Voy. NIMBE.

t NLMADE (ni-ni-a-d'), t. m. Descendant de Ninus. Il Membre de la dynastie assyrienne fondée par Ninus.

— ÉTYM. Kinut, et la finale patronymique as, ode. t NIOBÉ (ni-o-bé), s. f. || !• Dans la mythologie,

mfere de six fils et de six filles, qui, ayant irrité Apollon et Diane, vit tousses enfants percés de leurs flèches, et fui changée en une statue qui pleure toujours. Ils ont raison, ma fille, tous êtes aimalile, et rien n'est comme vous.... depuis Niobé, jamais une mère n'a parlé comme je fais , sfiv. t ) mars <«7i. il 8° Terme de zoologie. Espèce de papillon.

tNIOBIQCE (ni-o-bi-k'), ad;. Terme de chimie. Oui a rapport au niobium. Les composés niobiques. L'acide niobique.

t NIOBIUM (ni-o-bi-om') , s. m. Terme de chimie. Nouveau métal découvert par Henri Rose en I8i4.

t NIOBT (ni-or), ville de France, qui entre dans cette façon burlesque de parler: prendre le chemin de Niort, c'rat-à-ilire nier, ne point dire la vérité; par un calembour entre nier et Niurt.

NIPPE (ni-p"), ï. /. Il !• Tout ce qui sert à l'ajustement, surtout en linge. Valëre : Je me mettrais m gage en mon besoin urgent. — Hector : Sur celle nippe-là vous auriez peu d'argent, regnard, le Joueur, u, u. Cette mise est quelque nippe à leur usage, I. I. Rocss. Hél. iv, lo. ||11 se dit surtout au pluriel. La garde-robe de la reine fut volée, et toutes ses robes emportées.... il en est encore demeuré deux avec toutes les nippes et force sachets de poudre, halh. dans lafaye, Synon. Elle eut encore de bonnes nippes, qu'à l'aide de son bon ami elle avait détournées pendant la maladie du licencié, lb SAGE, Gil Bl. II, 3. Je convins avec le messager de ce que je lui donnerais pour le port de mes bardes.... Bentivoglio, chef des voleurs qui me les enlevèrent, se contenta de donner à chacun d'eux trente pistoles et les plus mauvaises nippes, id. dans lafate, Synon. Outre cet argent-là, mes meubles et mes nippes, J'ai de revenu clair trois cents bons mille francs, DESTOUCBES, dans lafate , t'b. Laissez-moi seulement quelques nippes pour mes sûretés, et ne m'ôlez point le profil que je puis retirer de ma chambre, mariv. Marianne, ()• part. Tout d'un coup, au milieu de l'entretien, j'eus la vile et indigne pensée, que j'héritais de ses nippes, et surtout d'un bel habit noir qui m'avait donné dans la vue, i. i. Rouss. Conf. v. || Fig. et familièrement. Il en a eu, il en a tiré de bonnes nippes, se dit d'un homme qui a tiré beaucoup d'utilité, beaucoup d'avantage de quelque commerce, de quelque emploi. || 2* Nippes se dit populairement, au pluriel, pour des vêtements en mauvais état, du vieux linge usé. Ce ne sont que des nippes. |j 3° Nippe s'est dit anciennement pour chose bonne à manger. Il tira de la poche quelques reliquats de la noce, dont je lui arrachai goulilmentde bonnes nippes, et les allant manger auprès de la fenêtre.... Francion, liv. VII, p. ï«7.

— SYN. bardes, nippes. Hardes comprend tout, et spécialement les habits principaux et de première nécessité, les gros vêtements ; au lieu que nippes exclut les habits et ne désigne que le linge, surtout celui qui n'est destiné qu'à l'ajustement.... Lesnippes, n'étant pas de première nécessité, supposent une certaine aisance, une sorte de luie ; ce que ne

fait pas entcnlre le mot bardes Une autre difTé-

rence très-remarquable consiste en ce que le.i nippes»* considirent par npportà leur valeur, comme plus ou moins précieuses, comme constituant une plus ou moins grande valeur mobilière, comme laisant qu'on est plus ou moins bien nippé.... La •eule nuance propre k bardes est celle de former un paquet ou un fardeau qu'on porte.... Enfin les hardes se prennent plutAt collectivement en gros, •t les nippes distributivement en détail, lafate.

— ËTYM. Frisch le rattache au hollandais nijpen, pincer, parce que les peiits colifichets de parure s'attachent avec des agrafes. X quoi Scheler objecte que les nippet ne comprennent pas seulement les («lits ornements d'ajustement; II r voit un synonyme de bardes, qui a, comme hardes , le sens de faisceau, de nœud ) et ce sens, il le trouve dans le vieux Scandinave hneppa, d'où procède l'islandais hmppe, haides, trousseau, nippes

NIPPÉ, ÊE(ni-pé, pée) , par(. p<uf/ de nipper. Savary était à son aise, bien nippi, sans emploi, et vivait en épicurien, ST-tiM. (7, H<,

— ÊTYM. Nippe.

HlPPba (ni-pé), c. a. || 1* Fournir de nippes,

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