NIT
leur eût eu le courage de dire sainte n'y touche, comme nos pères, volt. Note sur le vers cité au mot
lUTOUCHE.
t NITRANILATE (ni-tra-ni-la-f), ». m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide nitranilique avec une base.
t NITRANILIQUE (ni-tra-ni-U-k"), adj. Terme de chimie. Se dit d'un acide qui est produit par l'action de l'acide nitrique sur l'indigo,
t NITRATATION (ni-tra-ta-sion), ». f. Terme de chimie. Conversion en nitrate.
NITRATE (ni-tra-f), s. m. Terme de chimie. Sel formé par l.^ combinaison de l'acide nitrique et des bases salifiables. Les nitrates.... on les nommait autrefois simplement nitres ou salpêtres terreux et calcaires, parce que la plus importante espèce de ce genre, celle qui sert aux plus grands usages, portait primordialement le nom de nitre ou de salpêtre, FounCROT, Conn. chim. t. m, p. »4, dans pougens. Il Nitrate d'argent, la pierre infernale. Le nitrated'argent est l'agent principal de la photographie, servant à sensibiliser la couche de coUodion, ainsi que le papier albuminé. || Nitrate de potasse, le salpêlre.
— ÉTYM. Nitre.
t NITRATE, ÉE (ni-tra-té, tée), adj. Qui est coftverti à l'état de nitrate.
NITRE (ni-tr'), ». m. || 1° Nom vulgaire du nitmts de potasse et du salpêtre (azotate de potasse) ou nitre prismatique. Du corps de ce dragon plein de soufre et de nitre, boil. Lutr. l. || Nitre cubique, azotate de soude. || Nitre fixé par le charbon, carbonate de potasse. || Nitre lunaire, azotate d'argent. Il Nitre inflammable, nom donné autrefois au protoxyde d'azote. || Nitre de boussage, nitre formé par effiorescence à la surface de certains sols et qu'on enlève avec des balais. || 2' Il se dit, quelquefois, en place de salpêtre, en poésie, pour la poudre à canon. Et le nitre irascible, irrité par les feux, Ebranle au loin les airs, et la terre, et les cieux, delil. Trois règn. 1. 1| 3° Ancien terme de pathologie. Sorte de substance nuisible qu'on supposait se former dans les humeurs et que l'on comparait au nitre. |l Tar extension. Ce qui était supposé agir semblablemcnt dans la nature. Si l'on croit cet auteur, cerlai.a bouillonnement Par le nitre causé fait ce débordement [du Nil], LA FONT. Quinquina, ii.
— HlST. xvi« s. Les eaux nalurellement salées, niireuseset sulphurées, ou préparées par artifice en y mettant du sel nitre et soulphre fondus, pahe, vi,(S.
— ÊTYM. Provenç. nitre ; espagn. et ital. nitro ; du lat. nitrum; grec, v(t(iov, qui vient de l'hébreu noter, nitre, natron, du verbe netar, faire eflervescenco.
t NITRÉ, ÊE (ni-tré, trée), adj. Où l'on a mis du nitre. Tisane nitrée.
— HlST. xvi* s. Eau nitrée, o. de serres, 4«. NITREDX, EUSE (ni-treû, treû-z'), adj. || 1" Terme
de chimie. Oui tient du nitro. Une terre nitreuse. Il Fermentation nitreuse, fermentation qui, dans les sucreries de betteraves, développe du gaz nitreux. Les praticiens qui s'occupent de la distillation des betteraves redoutent comme un accident très-grave la production du gaz nitreux pendant la fermentation des jus sucrés, heiset, Acad. des st. comptes rendus, L Lxvi, p. (77. || 2» Acide nitreux. nom primitif de l'acide azoteux. || Gaz nitroux, ancien nom du bioxydo d'azote, lequel a été encore appelé oxyde nitreux, oxyde nitrique, oxyde da/nto. li Gaz nitreux déplilogistiqué, un des anciens noms du protoxydo d'azote, nommé aussi oxyde nitreux, o.tydc d'azote, oxydule d'azote et gaz hilarant. Il 3* Terme d'ancienne chimie. Les esprits nitreux, sorte de ferment dont on comparait l'action i celle du nitre. Plus d'un naturaliste a cru Que les esprits nitreux d'un ferment prétendu Faisaient croître le Nil.... LA FORT. Quinquina, II.
— HlST. XIII* s. Molt se doivent il garder d'aiguë salée et nitreuse, urun. latini, Trésor, p. nt.
— ÊTYM. Provenç. ni'lro» ; espagn. et ital. nitrof o; du lat. nifroju», dérivé de nilruin, nitre.
NITR|C:rk (ni-tri-ô-r"), ». f. Lieu où se forme la nitro. Les nitrières naturelles, quoique fort nombreuses, ne produisent pas assez do nitro pour lus usages multipliés que l'on fait déco sel, bhongniamt, 7ratl^ d« min. t. i, p. < le, dans pouokns. || Nilrièro artificielle, endroit où l'on dispose les éléments do la formation du nitre. Prix annoncé par l'Acadi'niie des sciences sur les nltrières artificielles, buff. Min. t. m, p. 43*. L'emploi de l'urine pour les nitrièros artificielles.... elle contient assez de matières animales pour favoriser la production de l'acide nitrique dans la putréfaction, fourcrot, Connaît», chivi. t. X, p. aoï, dans pouckns. On peut évaluer à quatre
NIV
onces par pied cube de terre le produit d'une bonne Ditrière, Instr. sur la fahric. du salpêtre, p. 26. (INitriSres bergeries, nitrières artificielles établies dans des bergeries.
— HiST. XVI* s. Nitriere, cotoravb.
— ETYM. Lat. nitraria, de nilrum, nitre
T NITRIFICATIOX (ni-tri-fi-kasion), s. f. Terme de chimie. Opération naturelle par laquelle il se forme des nitrates ou du nitre. L'air est indispensable dans la nitrification, Instr. sur la fabric. du salpêtre, p. io.
t NITRIFIER (SE) (ni-tri-fi-é), V. réfl.Se couvrir de nitre. Tous les matériaux ne sonl pas également propres à la nitrification; ceux qui se nitrifient le mieux sont les pierres calcaires et surtout celles qui «ont tendres et poreuses, thenard, Traité de chim. 1 11, p. *7i, dans pouGF.NS.
— ËTYM. Nitre, et le lat. facere, faire.
t NITRINIQUE (ni-tri-ni-k') , adj. Terme de chimie. Acide nitrinique, produit de l'action de la potasse ou de la soude sur l'éther oxalique.
NITRIQUE {ni-tri-k'), adj. Terme de chimie. Acide nitrique, acide formé de deux équivalents d'atote et de cinq d'oxygène, dit aujourd'hui acide azotique, le tout dissous dans l'eau, car cet acide n'existe pas à l'état anhydre. On l'appelle vulgairement eau-forte.
— ÉTYM. Nitre.
t NITRITE (ni-tri-t"), t. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide nitreux avec une base; dit aujourd'hui azotite.
|- NITRIUM (ni-tri-om'), s. m. Terme de chimie. Radical hypothétique de l'azote, que Berzelius proposait de regarder comme formé d'un radical et d'oxygène.
tNITROBENZlDE(ni-tro-bin-zi-d') ou NITROBEN- HNE (ni-tro-bin-zi-n'), s. f. Terme de chimie. Combinaison d'acide nitrique et de benzide ou benzine.
t NITROFORME (ni-tro-for-m'), s. m. Terme de chimie. Corps incolore, solide à une température inférieure à <5«, cristallisable en cubes solubles dans l'eau, lui donnant une teinte jaune très-foncée.
— ÉTYM. Nitre, et forme dérivé de formique. tNITROGÈNE (ni-tro-jè-n'),«. m. Terme de chimie. Nom proposé pour désigner l'azoïe.
— ÉTYM. Nitre..., et le suffixe gène.
t NITROGÊNÉ, ÉE (ni-tro-jé-né, née), adj. Terme de chimie. Composés nitrogénés, composés produits par l'action de l'acide nitrique sur d'autres corps^ comme l'acide nitrohippurique, etc.
t NITROGLYCÉRINE (ni-tro-gli-sé-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Substance liquide qui, enflammée, produit une explosion beaucoup plus forte que celle de la poudre à canon.
— ÉTYM. Nitre, et glycérine.
t NITHO-UYDROCHLORIQCE (ni-tro-i-dro-klori-k'), adj. Terme de chimie. Se dit d'un acide vulgairement appelé eau régale, qui est un mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, et qui dissout l'or et le platine.
— ÊTVM. Nitre, et hydroehlorique.
t NITROMÈTRE (ni-tro-mè-tr'), s. m. Terme de chimie. Instrument propre à essayer les salpêtres du commerce.
— ÊTYM. Nitre, et ixé-rpov, mesure.
t NITRO.MURIATIQUE (ni-tro-mu-ri-a-ti-k') , adj. Ancien synonyme de nitro-hydrochlorique.
t NITROSITÉ (m-trô-zi-té), t. f. Qualité de ce qui contient du nitre.
— HlST. XVI' s. La sanie, par sa trop longue demeure, acquiert une chaleur et nitrosité qui.... P4RB, ixiv, 3».
— ÉTYM. Nitreux : provenc. nitroxitat; ital. nitrosità.
t NITRCRE (ni-tru-r"), ». m. Terme de chimie. Combinaison du nitrogène ou azote avec un corps simple.
•tNIVÉAL, A LE (ni-vé-al, a-l") , od;. Terme de botanique. Qui fleurit pendant l'hiver, ou qui habite dans la neige, par exemple le galanthus nttiolù. Il S. f. La nivéale, voy. OALAKtnB.
— ÊTYM. Lat. nix, nivis, neige.
NIVEAU (ni-vô), f. m. || !• Instrument qui sert à mener une ligne parallèle à l'horizon, et à trouver la différence des hauteurs de deux endroits. Dresser «u niveau, avec le niveau. || Niveau de charpentier, de maçon, de paveur, de canonnier, sorte d'équerre où rat atuché un fil & plomb. || Niveau d'eau, long tube de cuivre ou de fer-blanc terminé par deux tuyaux de verre qui se relèvent k angle droit sur le tube ; l'eau versée par un de ces tuyaux se met de niveau dans l'autre. || Niveau i bulle d'air, niveau formé d'un tube de verra rempli d'un liquide dam
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lequel on fait entrer une bulle d'air. Ce tube est supporté par une base ou espèce d'^ socle, que l'on place sur deux directions à peu près perpendiculaires d'un même plan qu'on veut rendre horizontal, puis l'on fait mouvoir de telle sorte que la bulle reste stationnaire au milieu de la longueur du tube, legoa- BANT. Il 2' État d'un plan horizontal, ou de plusieurs points qui sont dans le même plan horizontal. Prendre le niveau d'un terrain. || Niveau de pente, surface d'un terrain qui a une pente réglée par le niveau. || Dresser une allée suivant son niveau de pente, la dresser de manière que la pente soit égale dans toute la longueur. || Fig. Comment ce désordre pourrait-il avoir lieu dans un pays où le commerce, seul moyen de se procurer de l'aisance, baisse et se relève alternativement d'une province à l'autre, et entretient partout les richesses à peu près au même niveau, ou tend continuellement à les y ramener? coNDiLLAC, Comm. gouv. ii, 3. U Fig. Le niveau démocratique, l'égalité que produit la démocratie. Il 3* Terme de marine. Niveau de l'eau, de la mer, la surface de la mer. Comment l'océan, par son flux et par ses courants, aurait-il élevé le mont Saint- Gothard de «6 BOO pieds au-dessus du niveau de la mer, telle qu'elle est aujourd'hui? volt. Phys. Colinaç. 3' lettre. \\ Niveau de la mer, la ligne de flottaison d'un navire; on dit aussi niveau d'eau. Il 4' Tube en verre qui communique avec la chaudière d'une machine à vapeur. || 5° Terme de géologie. Nom donné à des nappes d'eau souterraines coulant entre deux couches de terrains imperméables. Il 6" Niveau d'eau, un crustacé. || Niveau de mer, le squale-marteau || 7° De niveau et au niveau, selon le niveau. Mettre de niveau. Cette terrasse n'est pas au niveau du jardin, de niveau avec le jardin. Vous vous souviendrez bien et beau Qu'à chaque bout est une place Grande, carrée et de niveau..., LA FONT. Lettres, viii. Tu dirais, reprenant ta pelle et ton râteau : J'aime mieux mettre cncor cent arpents au niveau, Que d'aller follement, égaré dans les nues. Me lasser à chercher des visions cornues, BoiL. Épilre XI. Il Fig. Deniveau, au niveau, de pair, à la même hauteur. Je ne pouvais mieux faire que d'entreprendre une bonne fois do les [opinions reçues] en ôter fde mon esprit], afin d'y en remettre par après ou d'autres meilleures, ou bien les mêmes, lorsque je les aurais ajustées au niveau de la raison, deso. Méth. n, 2. S'ils [les grands hommes] sont plus grands que nous, c'est qu'ils ont la tête plus élevée; mais ils ont les pieds aussi bas que les nôtres ; ils y sont tous à même niveau, et s'appuient sur la même terre, pasc. Pens. vi, 30. Quelle horrible peine à un homme qui est sans prôneurs et sans cabale.... et qui n'a que beaucoup de mérite pour toute recommandation, de se faire jour à travers l'obscurité où il se trouve, et de venir au niveau d'un fat qui est en crédit! la bruy. II. Il était simple, affable, toujours de niveau avec tout le monde, fonten. Newton. Cepoëme [Paradis perdu] est mis par les Anglais au niveau de l'Iliade, et beaucoup de personnes le préfèrent à Homère, avec quelque apparence de raison, volt. Ess. poét. ép. I. Le, ciel a-t-il rangé les mortels au niveatrî id. Dise. i. La nature nous a tous mis au niveau par un lien moral, et c'est être tyrans que de rompre cette chaîne par la force, gilb. le Carnaval des auteurs. Avec les gens de lettres, elle était au pair des plus ingénieux et au niveau des plus instruits, marmontrl, Ifcm. v. ||X son niveau, à leur niveau, à votre niveau, etc. de pair avec lui, avec eux, avec vous. Je ne te reprocherai jamais cette facilité cordiale et naïve que t'a donnée la nature, et qui te porte à mettre, soit dans la conversation soit dans les procédés, tout le monde à ton niveau, MIRABEAU, Lett. orig. t. n, p. 260, dans pougens.
— HlST. XV* s. Qui ne commence son euvre sur affection vertueuse, et ne la conduit au liveau et sous la mesure de raison, semble à celuy qui édifie sur faulx fondement, a. ciiarties, l'Espérance, p. 298. Il ivi* s. Le chemin que vostre eau a à tenir sera finement nivelé avec le grand niveau.... et moiennant que le plomb du niveau pende tant soit peu, ne doutés que l'eau n'aille par le canal ainsi mesuré, o. de serres, 765.
— ÉTYM. Normand (Gucmesey), livet ; wallon, levai; Hainaut, nmau; provenç. livell, nivel; espagn. nivel; portug. livel et nivel; ital. livello; du lat. libulla, niveau, diminutifde libra, balance.
NIVELÉ, ÊE (ni-ve-lé, lée), part, passé de niveler. Un terrain nivelé.
4. NIVELER (ni-ve-lé. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette : je nivelle, je nivellerai) , V. a, ||i* Mesurer avec leniveau, au niveau. Nive-
NfV
1er une route. Niveler une rivière, pour savoir combien elle a de pente. U [Pierre le Grand] nivela luimême le terrain ; on conserve encore les instrumeiits dont il se servit pour ouvrir la terre et la voilurer, volt. Russie, u, H.||2* Rendre plan et horizontal. Niveler une route. Ma main nivellera comme une vaste plaine Ses murs et ses palais [du peuple], lamart. SIéd. i, 30. || 3* Fig. Rendre égal. Révolution qui nivelle les rangs, les conditions. Partout la Providence Veut, en nous protégeant [nous contrebandiers]. Niveler l'abondance. Éparpiller l'argent, bérang. Contreb. || 4° Se niveler, V. réfl. Être mis de niveau. Les fleuves des pays plat» deviennentsurtoutméandri(jues, lorsque, approchariv des embouchures, leurs lits alluviaux se nivellent avec la mer, fournet, ^cod. des se. Compl. rendus, t. LU, p. 1 1 17. Il Fig. Les fortunes tendent i se niveler par les partages.
— ÊTYM. Niveau, par l'intermédiaire de nteel.
f i. NIVELER (ni-ve-lé), v. n. Terme vieilli. Vétiller, s'amuser à des bagatelles. Je passerai sous silence les raretés de ces deux chapelles, et je m'arrêterai seulement à un Saint-Jérôme tout de pièces rapportées, la plupart grandes comme des tètes d'épingles.... j'admirai non-seulement l'artifice, mais la patience de l'ouvrier : Et dans l'art de niveler L'auteur de Saint-Jérôme Devait sans doute exceller Sur tous les gens du royaume, la fort. Lett. à sa femme, 12 sept. <863.
— ÉTYM. Origine inconnue. On trouve aussi niveler, qui peut-être se rattaclie à nivet.
t NIVËLERIE (ni-vè-le-rie) , s. f. Badauderie. Je voudrais pour comble de nivèlerie, qu'un autre entreprît de compter les pièces qui le composent [un Saint-Jérôme en mosaïque] ; mais ne passerais-je pas moi-même pour un nivelier de tant m'arrêter à ce Saint-Jérômeî la pont. Lett. à sa femme, «2 sept.
— HIST. XVI* s. Voicy le vrai enfant prodigue qui s'est imaginé de belles folies; mais, comme pleines d'enfance et de nivelleries, je lui pardonne, sullt, Mém. t. V, p. 244, dans lacurne.
— ÈTYM. Niveler 2. On trouve aussi nivetlerie.
tNIVELETFE (ni-ve-lè-f), s. f. Terme de chemin de fer. Petit voyant servant à régler la pente d'une chaussée entre des points rapprochés.
— ÉTYM. Diminutif de niveau.
NIVELEUR (ni-ve-leur), s. m. || 1* Celui qui nivelle. Il 2* Fig. En politique, celui qui veut effacer les rangs sociaux. {| Nom des membres les plus exaltés du parti des indépendants pendant la révolution d'Angleterre. Avec leur fanatisme, les niveleurs établirentla liberté, ciiateaubr. Mél.p. 481, dans POUGENS. || On a donné le même nom à certains révolutionnaires français. Charle avait dit : que juillet qui s'écoule Venge mon trône en butte aux niveleurs, bérang. Tomb. de juillet. \\i° Adj. Niveleur, niveleuse, qui a le caractère de niveleur politique. Dans les légistes conseillers de Philippe le Bel, il y avait contre les nobles, les hommes d'armes, les chevaliers, un fonds commun de malveillance, un levain de haine niveleuse, michelet, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Niveler 4 .
NIVELLEMENT (ni-vè-le-man),«. m. || 1* Branche de la géométrie pratique qui a pour objet de mesurer la difi'érence des niveaux des points terrestres, ou de faire connaître combien un point de la surface du globe est plus près ou plus loin du centre qu'un autre point. M. de Louvois appliqua les géomitre» de l'Académie à de grands nivellements nécessaires pour les aqueducs et les conduites d'eaux que voulait faire le roi, fontf.n. Lahire. 11 fit plusieurs nivellements par les ordres du même minisire ; cir alors il était fort question de conduire des eaux, et l'on a obligation i celles de Versailles d'avoir porii à un haut point la science du nivellement et de l'hydraulique, ID. t'6. Il Nivellement barométrique, nivellement exécuté à l'aide d'un baromètre. || Nivellement par rayonnement, celui qu'on obtient sans changer de place. || Terme d'architecture. Opération par laquelle on cherche, ou bien l'on établit une ligne horizontale sur le terrain, soit pour y asseoir des constructions, soit pour en faire dériver des pentes ou plans inclinés. || f Action de rendre un plan uni et horizontal. Telle est l'action des eaux sur la terre ferme; et l'on voit qu'elle consiste presque uniquement en nivellements, et en riivellemcnt» qui ne sont pas indéfi nis,CDT. liévol. p. 38. ||3* Kig. Action de rendre égal. Le nivellement des fortunes, des conditions, des rangs. Les auteurs classiques du siècle de Louis XIV se sont élevés k un rang que toutes les révolutions du globe et tou« les nivelle-
NOB
NOB
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menu faits de nos jours n'ont pu leur &ter, genlis, Uém. t. VIII, p. i 34, dans pougens.
— ÉTYM. Siieler t.
t NIVÉOLK (ni-vé-o-1'), s. f. Genre de la famille des amarjllidées : la nivéole d'hiver, galanthus nitalis, Linné, encore appelée perce-neige à cause de sa floraison précoce ; la nivéole d'été, fleurissant de bonne heure, mais moins précoce que la précédente, leucojum xstiium, Linné; la nivéole printanière, teucojum vemum, L.
— ÊTVM. Lat. nii, nt'i'ts, neige.
t NIVEREAC (ui-ve-iô), S. m. ou NIVEROLLE (ni-ve-ro-l), s. f. Pinson de neige.
— ÉTYM. I.at. nti, niris, neige.
i NIVERNAISE (ni-vèr-nê-z'), t. f. Terme de cuisine. Sorte de ragoût de carottes qu'on emploie pour des garnitures.
NIVTET (ni-vè), s. m. Terme populaire. Remise que l'on fait par-dessous main à celui qui achète par commission.
— ETYM. Origine inconnue.
t MVETTE (ni-vè-f), *. f. Variété de pÊche. t NIVIFOR.ME (ni-vi-for-m'), adj. Terme de minéralogie. Qui ressemhle à de la neige.
— £TYM. Lat. Tiii, nivis, neige, et forme. NIVÔSE (ni-v6-z ), s. m. Le quatrième mois du
calendrier républicain.
— ÉTYM. Lat. niiostiî, de nix, nivis, neige.
■)• NIZA.\I (ni-zam'), s. m. Nouveau système militaire créé par le sultan Sélim III à l'ellet d'exercer des troupes turques à l'européenne, pour remplacer les janissaires.
— ÉTYM. Arabe, niidm, règlement.
t NOACUIDE (no-a-chi-d') , t. m. Descendant de Noé.
— ÉTYM. Noé, dont le nom hébreu est représenté par les lettres noach.
t NOAILLES (no-â-11', » mouillées), t. m. Nom qu'on a donné à une espèce de louis d'or, de vingt au marc, frappés en t7i6, pendant que le duc de Noailles était président du conseil des finances.
NOBILIAIRE (no-bi-li-ê-r') , adj. ||1° Qui appartient à la noblesse. La caste nobiliaire. L'orgueil nobiliaire. (Ce mot se prend le plus souvent avec un sens de blâme.) {| Particule noijiliaiie, préposition qui précède le nom des nobles. En France, c'est de, en Allemagne ton, en Danemark af, etc. La particule de ne se place jamais seule devant le nom : on «igné non de Montmorency, do Biron, de Noailles, mais Charles de Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. En signant un billet à un ami ou un acte, on met sans de: Grammont, Richelieu, Mortemart. Quand on ne met pas le titre de noblesse ou le titre de monsieur ou monseigneur, on ne met pas non plus la particule de : j'ai rencontré le comte de Ségur, et non j'ai rencontré de Ségur; mon cher Grignan, et non de Grignan, dit Mme de Sévigné. Il y a deux cxceplions : on laisse le de, même sans prénom, qualification ou titre : 4*devant les noms d'une syllabe ou de deux avec un e muet: de Thoua bien écrit; j'ai vu de Sèze ; i' devant les nom» qui commencent par une voyelle ou une h muette : VArmorial de d'Hozier; i moi d'Auvergne; le fds de d'Orléans (vian, la Particule nobiliaire, ism, p. 62). Il 2* S. m. Le nobiliaire, registre qui contient les noms de toutes les races nobles d'une province, d'un pays.
— KTYM. Dérivé du lat, nobilis, noble.
NOBILISSIME (no-bi-li-ssi-m'), adj. || 1* Terme
d'antiquité. Titre qu'on donnait dans le bas empire aux Césars et i leurs femmes. || 2° S. m. Dignité créée par Constantin, laquelle donnait le droit de porter la pourpre. || 3» Celui qui, dans le cours des études théolog:ques en Sorbonne, était le premier, non |>ar sa science, mais par sa naissance.
— ETYM. Lat. nobilùnmtu, superlatif de nohilit, noble.
t NOBILITÉ (no-bi-li-té), t. f. Terme d'ancienne jurisprudence. Qualité d'un fonds noble. Les seijfii'.ur» de fief» assuraient que le» propriétés cl.i.ss.iiKnt les citoyen» en Provence; que, seul» propriétaire» des terre» franr-hn» nn noble», ils représentaient la noblesse, pu: ; i'ux,ily avaitcn Provence une nobilitérii; '.qu'une noblesse de personnes, mirabead, tiiUi-riiim, t. i, p. <«ï.
— IliST. XII*». Par grant nobilité, Ronc. p. I». Il XIII* s. BiRn voient qu'il e»t bom de grant nobilité, Berle, cxiv.
— ETYM. Provenç. nobililat, nobletat; ilal. nohilitii ; du lat. nohilitatem, de nobilit, noble.
NOBLE (no-bl'), ad;'. Il 1* Qui appartient i une classe distinguée ou privilégiée dan» r£lat par droit de naissance. Il est noble par M naissance, noble de
DICT. DE LA LAMaUE rRANCAISE.
naissance, noble d'extraction. Des plus nobles d'entre eux et des plus grands courages N'avez-vous pas les fils dans Osca pour otages? CORN. 5er(or. i, î. Je n'ai pas fait difficulté de rappeler son origine [de Voiture, fils d'un marchand de vin], parce que, suivant mon sentiment, si ceux qui naissent nobles sont plus heureux, ceux qui mériteraient d'être nobles sont plus louables, pkllisson, Hist. Acad. iv. Voiture. Croyez-vous.... que ce nous soit une gloire d'être sortis d'un sang noble, lorsque nous vivons en infâmes? mol. D. Juan, iv, 6. Voulant dérober leur vie aux cruelles persécutions qui ont accompagné les désordres de Naples, et qui en firent exiler plusieurs nobles familles, id. l'Avare, v, 5. L'on a trouvé le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, et de mettre une différence infinie entre le sang noble et le roturier, comme s'il n'avait pas les mêmes qualités, Boss. Gomay. La noble maison de 'Wignerod, originaire d'Angleterre, établie en France sous le règne de Charles Vil, fléch. Aiguill. 11 y a des gens qui n'ont pas le moyen d'être nobles, la bruy. XIV. Il n'y a rien à perdre à être noble : franchises, immuaités, exemptions, privilèges, que manque-t-il à ceux qui ont un titre? id. ib. || Familièrement. Être noble comme la roi, être d'une extraction fort noble, que personne ne conteste. D'après mon blason Je crois ma maison Plus noble, ma foi. Que celle du roi, BÉRANG. Carabes. || Il est fou, ou le roi n'est pas noble, il est fou incontestablement. |1 Se dit de ce qui appartient à un noble, à une famille noble. Un fief est une terre noûle. Garde noble. Il Terme de jurisprudence féodale. Biens nobles, les biens qui étaient tenus en fief. || Noble abbaye, abbaye où l'on ne pouvait être reçu sans être noble. Il 2* Noble homme, qualité que prenaient quelquefois, non-seulement ceux qui étaient nobles, mais aussi quelques bourgeois, dans les actes qu'ils passaient. Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme, et peut-être un honorable homme, lui qui est mcssireî la bruy. vi. Quoi! parce que, dans nos temps modernes, quelques bourgeois ont pris la qualité de nobles hommes un passage de la vie de Louis le Débonnaire s'appliquera à ces sortes de gens ? montesq. Esp. xxx, 25. Ayant toujours pris et porté le titre de noble homme, c'est aux généalogistes à nous apprendre le sens précis de cette expression , surtout dans certaines provinces, d'alemb. Éloges, Fléchier. |j 8° Noble, se dit d'un cheval qui a de la beauté dans les formes et surtout dans l'avant-main. || Terme de fauconnerie. Se dit des oiseaux de proie susceptibles d'être dressés pour la chasse. || 4° Terme de grammaire, La personne la plus noble, celle dont la relation est plus proche avec celui qui parla. La ('* personne est plus nobleque lai*, etlaa* plus noble que la 3*. Il Le genre leplus noble, se ditdu masculin comparé au féminin, et du féminin comparé au neutre. Il 5* Fig. Distingué, relevé au-dessus des autres. L'Ecriture sainte nous apprend qu'il [Dieu] a des soins particuliers de ceux qu'il porte sur le trêne et qu'il met à la tête de son peuple; ce sont ses créatures les plus noble», revêtues de sa puissance et de sa grandeur, et faites proprement â sa ressemblance et 4 son image, kléch. Uar.-Thér. L'étude qu'il fit de cette noble et savante antiquité qu'il reganlait comme la source de la raison et de la politesse de nos siècle», m. Dut de Mont. La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats, bvrt. Cheval. || Auguste, grand. Il ajipartenait au roi de garder une si noble partie de son gang [les princes de Condé et de Conti arrêtés], boss. le Tellier. Une longue et paisible jouissance d'une des plus noble» couronnes de l'univers, lu. Reine d'Anglet. En bannissant ses rois. Home & ce nom, si noble et si saint autrefois. Attache pour jamais une baine puissante, rac. Bnén. il, a. Sait-il déjà son nom et son noble destin? lo. Athal. i, 3. Je songe avec respect de combien je »ui» née Au-dcs»ou» de» grandeur» d'un si noble hyménéo, tn. Uithr. iv, 4. Il l'iein de gloire, plein de dignité. Lorsqu'après un long et pénible travail, loin du bruit do la ville et du tumulte des alTaires, il allait jouir d'un noble repo» dans sa retraite de Blvillo, yiéai. Lamoign. M.-ii» par de vrai» comlat», par do nobles dangers, KAC. Bajax. III, 4. Une pauvreté noble est tout ce qui me reste, vor.x. Zairr, l, 4. || Plein do grandeur morale, en parlant des affections, de» sentiments. Mais peut-être que le» passions plu» nobles et plus généreuses seront plus capables de la remplir [l'ime], BOSS. la Vallière. Un caur noble ne peut
soupçonner en autrui La bassesse et lamalice Qu'il ne sent point en lui, rac. Esth. m, 9. X l'aspect de ce front dont la noble fureur Tant de foisdans leurs rangs répandit la terreur, id. Mithr. v, 4. Ses superbes coursiers , qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix, id. Pnèdre, v, 6. Une noble pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or, id. Esth. m, 4. Que vous inspire une si noble audace? ID. Bajai. IV, 7. Son âme est noble au moins ; car elle est sans orgueil, volt. Scythes, l, *.\\ Ironiquement. Vous [Andromaque] me haïssez plus que tous les Grecs ensemble ; Joui.ssez à loisir d'un si noble courroux, RAC. Androm. m, s. || Il se dit des personnes, dans le même sens que pour les choses. Fontenelle et Lamotle, toujours mesurés, et par conséquent toujours nobles avec les grands, toujours sur leurs gardes avec eux sans jamais le paraître, d'a- LEMB. Éloges, Lamotte. || 6" Libéral, généreux. Quoiqu'il n'y ait jamais eu de roi plus noble, saint Louis ne sut-il pas régler ses dépenses ? flKcii. Panig. SI Louis. Il 7° Terme de littérature. Qui est élevé audessus du langage vulgaire. Le genre noble. Quelle est donc la marque infaillible pour savoir si, dans les anciens, un tour, une image, une comparaison, un mot est noble ou ne l'est pas? mabmontel, ÉUm. litt. Œuv. t. VIII, p. B0«, duns pougens. II [un traducteur d'Hérodote] ne nommera pas le boulanger de Crésus, le palefrenier de Cyrus, le chaudronnier Macistos ; il dit grand panetier, écuyer, armurier, avertissant en note que cela est plus noble, P. L. cour. Traduction d'Hérod. Pr^/"ace. || Style noble, style qui choisit des expressions en parfait rapport avec le sujet qu'on traite, ou qui même s'élève au-dessus du sujet, si celui-ci descend trop bas pour que le langage la suive. Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, boil. Art p. i. Us croient que le styie noble est celui du blason, p. L. cour. Procès. Il Terme de beaux-arts. Se dit de tout ce qui se distingue par la sages.se de l'ordonnance, l'élégance des formes, la gravité tempérée et l'élévation du style. Il Architecture noble, celle qui impose par la justesse des proportions, la simplicité du plan, 1( choix sans profusion des ornements et une juste me^ sure entre des dimensions trop petites ou trop grandes. |{ En termes de théâtre, père noble, se dit du rôle des pères et des hommes qui ont âge et autorité. Il 8° En physiologie, les parties nobles, le coMir, le foie, le cerveau, etc. Je ne m'étonne pas, ma dière fille, si vos parties nobles ont été si culbutées, «Êv. 2). Il 9° Terme de minéralogie. Se dit des filons riches en minerai , et des métaux qui ne s'oxydent point au feu. En général, c'est dans les montagnes de schiste ou d'ardoise que se trouvent en Hongrie les plus nobles veines de cuivre, bu FF. ilin. t. v, p. 1 30. Il 10* 5. m. Celui qui, par sa naissance ou par les lettres du prince, fait partie d'une classe privilégiée. En Angleterre on n'appelle proprement nobles que ceux qui ont le titre de duc, de marquis, de comte, de vicomte ou de baron. Lui [Jésus] quia méprisé toutes les grandeurs, qui n'a appelé ni beaucoup de sages, ni beaucoup de nobles, Boss. Gomay. Un noble, s'il vit chez lui dans sa province, il vit libre, mais sansappui, la bruy. vin. Le noble de province, inutile k sa patrie, à sa famille et à soi-même, souvent sans toit, sans habits et sans aucun mérite, répète dix fois lejourqu'il est gintilbomme, lo. xi. II faut qu'il y ait, pour un temps ou pour toujours, un magistrat qui tassa trembler les nobles, comme les éjihores i Lacédémone, et les inquisiteurs d'Etat à Venise, monteso. Etp. v, ». X Venise, le» lois forcent les nobles à la modestie, lo. ib. vu, 3. Un noble vénitien avait plu» d'or dans son coffre et plus de vaisselle d'argent sur sa table, que l'empereur Maximilion surnommé Poehi Danari, volt. Vict. phitoi. Argent. Tous ce» noble» sans gloire ou connus par leurs vice», DUCis, Othello, II. t. L'abandon total de Moscou no coûta, guère plus à obtenir que celui du moindre village; 1&, comme à Vienne, Berlin et Madrid, les principaux nobles n'bésitèrcnt point à se retirer à notre approche; car il semble que pour ceux-là roter serait trahir, s£our, llisl. de Nap. VIII, 1. Il F.n France, sous l'ancien régime, on appelle noble celui qui, étant anobli, commence la noblesse do sa famille ; ceux qui naissent do lui ont la titre do gentilhomme. Un ancien gentilhomme se nomme un homme de comlition j et un gentilhomme d'une famille illustrée, humiua de qualité Tout gentilhomme est noble, mais tout noble n'est pas gentilbonimo ; le prince fait des nobles, mai» le sang fait des gentilshommes, Dictionn.de l'Acad. Cboibieii de nobles, dont le père et les aîné» sont rotu»
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riersl la brut. ziv.II Dans l'ancienne Rome, noble se disait (le ceui qui avaient une longue suite d'aïeux célèbrej ou connus, qu'ils apparlinssent ou non à l'ordre privilégié îles patriciens. Il y avait des familles très-nobles parmi les plébéiens. || 11* S. m. Le noble, ce qui a un caractère élevé au-dessus du vulgaire. Le grand et le noble. || 12* Nom d'une ancienne monnaie d'or d'Angleterre et de France; la valeur en varie de 20 à 24 francs. Ce fut sous Edouard III que les nobles à la rose furent frappés en Angleterre, avec les roses des maisons d'York et de Lancastre. [Le singe] Détachait du moiiceau, tantôt quelque doublon, Un jacobus, un ducalon, Kt puis quelque noble i la rose, la font. Fabl. xii, 3. || 13° Noble épine, aubépine, et quelquefois épine-vinette. || Proverbe. Un noble, s'il n'est à la ro.se. Vaut parfois bien peu de cbose, dicton tiré du noble à la rose, et qui signifie que la noblesse sans la richesse a peu de valeur.
— HIST. XI' s. Noble vassal vous i seult hom clamer [on a coutume de vous nommer], Ch. de Roi. XXVI. Il veit gésir le nobile baron, ib. clxiii. Et Olivier son noble compaignon, ib. cclxix. |{ xii' s. Muillors out dous [il eut deux femmes] : la plus noile fud clamée Anna, et l'altrc Phenenna, iîoi's, p. l . Il ini* s. La royno qui puis porta le noble fruict [enfant], Bcrte, xxxvi. Je veuil qu'o vous s'en voist [aille] noble chevalerie, ib. lxxi:. 0 moi venrez I vous viendrez] en France la terre noble et gant, t6. CXI. Tel se fait noble par tençon, F.t veult menacier et parler. Qui moult petit est à douter [craindre], IJARIE, Fable 23. Noble [nom du roi des animaux, le lion, dans le roman du Renart] a croie un poi la teste, Quant la parole a entendue, Ren. «09«. Il xiv* s. Fistule qui est en membre noble, H. de noNnEvii.Lt, r 80, verso. Cy commence le premier livre d éthiques, et Iraicte le premier chapitre de la fin et du fruict de ceste noble science, oresme, Eth. II. Et acheta.... [plusieurs prisonniers], et en paya vingt mille nobles tous appareillés, froiss. i, I, 272. Le bon doit amer et affecter le bon; le noble, le noble; le vertueux, le vertueux, e. cuas- TELAIN, Exposition tur vérité mal prise. Nobles chairs, c'est K sçavoir cerfs, biches, dains, sangliers, porcs et autre venayson [donnée aux gentil hommes, dames et damoiselles, par opposition aux bœufs et moutons donnés à tout le monde], Perceforest, t. i, ^ ne. Ce fol langage court aujourd'hui entre les curiaulx [gens de cour], que le noble homme ne doit sçavoir les lettres, et tiennent à reprouche de gentillesse bien lire ou bien escrire, a. chabt. l'Espérance, p. 310. ||xvi* s. Ceutx des plus nobles maisons avoient despendu tous leurs patrimoines en jeux et en festins, amïot, Cicér. *s. Il ostoit les biens à des nobles hommes et à des gens d'honneur, pour le» bailler à des pendards, id. Anton. 27. Neocles le pria, les larmes aux yeux, de vouloir pardonner à un si noble chef d'oeuvre, id. Àrat. ib. Et une si grande troupe de nobles, non seulement nobles de nom, mais qui parleur vertu honorent leur noblesse, mont, i, uo. Rien de noble ne se faict sans hazard, id. i, <3*. Je crois sans doute qu'il sentit du plaisir en une si noble action, id. ii, as. Noble est qui noblesse ne blesse et n'oublie, leroux de lincy, Prnv. t. II, p. R». Nul noble sans noblesse, id. ib.
— ETYM. Provenç. et esp. noble; port, nobre; ital. nobile ; du lat. nobilis, pour gnobilis (comparez i-gnobilis), digne d'être connu; il vient du radical no, qui est dans novi, notum ; sanscr. jnd, connaître.
NOBLEMENT fno-ble-man), ad». || l'A la manière des nobles. Le parlement jugea que les enfants de Jean le Ualtre devaient partager noblement, volt. Uœurs, 58. Il Vivre noblement, vivre en noble sans avoir d'autre profession que celle des armes. Un tel vit noblement, il mange son bien avec honneur, MASS. Carême, Mauvais riche, jj Terme de jurisprudence féodale. Tenir noblement une terre, la tenir en fief. Il a« Fig. D'une manière noble, élevée, généreuse.... Qu'une digne main par moi-même animée. Dans ton champ de bataille, aux yeux de ton armée, T'immole noblement, corn. Pomp. iv, ♦. La constance par laquelle, n'ayant pu vaincre sa destinée, elle en a si noblement soutenu l'effort, BOSS. Reine d'Angltt. Voyez si jamais un particulier traita si noblement ses intérêts, id. iouij de Bourbon. Elle n'a été grande que pour servir Dieu noblement, riche que pour assister libéralement Im pauvres de Jésus-Christ, flécu. Mme d'Aiguilion. Dans un noble projet on tombe noblemeni, BoiL. Longin, Sublime, ch. )t Nous l'avons rencontré De mort» et de mourants noblement entoure, RAC. Bajat. v, M. Un caractère vif, ferme, noblement audacieux, et qui rendait l'éloquence plus irapéneu»», ua extérieur agréable et animé
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qui s'accordait au discours et le soutenait, ce furent les talents qu'il apporta à la prédication, pon- TEN. Saurtn. Il y a une fameuse lettre de Pétrarque qui reproche à l'emporeur sa faiblesse; Pétrarque était digne d'apprendre à Charles IV à penser noblement, VOLT. Ann. Emp. Charles IV, 1355. Arts trop pernicieux dont l'éclat les captive, À nos vrais chevaliers noblement inconnus, in. Tancr. i, t. Il est trop difficile de penser noblement, quand on ne pense que pour vivre, J. ;. rolss. Conf. ix. {| 8° Fig. Qui a, dans le style et dans les beaux-arts, un caractère élevé. 11 faut dire noblement les plus petites [choses] ; elles ne se soutiennent que par l'expression, le ton et la manière, la- bruy. v. Ces lions du capitole sont noblement paisibles, stael. Cor. iv, 4.
— IIIST xiii* s. Couronnés fu si noblement et si richement come l'en couronnoit, à celui tans, les empereurs grieus, villeh. lxxxviii. Un très riche chastel qui siet très noblement [entre deux rivières], Berte, 11. Moût a Ii rois Pépins noblement receû Le bon roi de Hongrie, ib. cxxni. Faites vous bien à blasmer, quant vous estes plus noblement vcstu que le roy, Jomv. 196. ||xiv«s. Justin en raconte l'istoire moult noblement, oresme, Eth. v, 9. || xv:" s. On dit que sa meie estoit née noblement, et qu'elle a toujours vescu honorablement, amyot, Ciccr. i. Si le père est noble, vivant noblement, et la mère roturière, les enfants procréez d'eux seront nobles, et suivront la condition du père, Coust. gén. t. 11, p. 4 036.
— ÉTYM. Aobie, et le suflixe ment; provenç. noblament; catal. noblement; espag. nobkmenie; portuî. nobremente ; ital. nobilmenle.
NOBLESSE (no-blè-s'), s. f. || 1° Rang et qualité de ceux qui sont élevés au-dessus des roturiers, soit par leur naissance, soit par des lettres du prince. Rome n'attache pas le grade à la noblesse, CORN. Sertor. 11, 2. La noblesse, de soi, est bonne; c'est une chose considérable assurément, mol. G. Dand. i, *. Apprenez qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature ; que la vertu est le premier titre de noblesse; que je regarde h-e.n moins au nom qu'on signe, qu'aux actions cj'- on fait, id. D.Juan, iv, «. Le peuple.... croit que la noblesse est une grandeur réelle, et il considère presque les grands comme étant d'une autre nature que les autres, pasc. Disc. cond. des grands, 1. La noblesse n'est souvent qu'une pauvreté vaine, ignorante et grossière; oisive, qui se pique de mépriser tout ce qui lui manque; est-ce là de quoi avoir le cœur si enflé? BOSs. Oblig. de l'état relig. 3. Le grand saint Paulin, en faisant le panégyrique de sa parente sainte Mélanie, a commencé les louanges de cette veuve si renommée par la nobles.se de son extraction, id. Gornay. Si, pour votre noble.sse, il vous manque des titres, Il faudra recourir à quelques vieilles vitres. Où nous ferons entrer d'une adroite façon Une devise antique avec votre écusson, bours. F. d'Ésope, III, 4. La noblesse, Dangeau, n'est pas une chimère, Quand, sous l'étroite loi d'une vertu sévère. Un homme issu d'un sang fécond en demidieux Suit comme toi la trace où marchaient ses aïeux, BOIL Sol. t. Savez-vous si.... Et si leursang tout pur, ainsi que leur noblesse. Est passé jusqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce ?id. ib. Le ciel a sur son front imprimé sa noblesse, rac. Iphig.ni, «, Cette disposition de cœur et d'esprit qui passe des aîeui par les pères dans leurs descendants, est cette bravoure si familière aux personnes nobles, et peut-être la noblesse même, la bkuy. ix. Si la noblesse est vertu, ellese perd partoutce qui n'est pas vertueux; et, si elle n'est pas vertu, c'est peu de chose, m. XIV. Le roi Jean anoblit son chancelier Guillaume de Dormant ; car alors aucun office de clerc, d'homme de loi, d'homme de robe longue, ne donnait rang parmi la noblesse, malgré le titre de chevalier es lois et de bachelier es lois que prenaient les clercs, volt. Mœurs, 98. Un marchand nommé Maître Jean, séduit par les bontés du roi [Louis XI], qui le faisait souvent manger avec lui, s'avisa de lui demander des lettres de noblesse; ce prince les lui accorda; mais, lorsque le nouveau noble parut devant lui, il affecta de no le pas regarder, dlxlos, Œuv. t. m, p. 34i. || Noblesse d'extraction, celle dont l'origine est inconnue. || Noblesse d'épée, celle qui était regardée comme originairement acquise l'épée & la main, mais à une époque déjà reculée. || Noblesse militaire, celle qui appartenait de droit aux roturiers parvenus à certains grades. Il Noblesse de robe ou d'office, celle que conférait la possession de certains offices de judicature. L'édit de (044 a prévalu : les cours de judicatureoQtjoui des privilèges de la noblesse, et la n«(iOD |
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ne les a pas contestés à ceux qui jugent la nation, VOLT. Mœurs, 98. || Noblesse de finances, titre de noblesse que l'on acquérait en achetant des titres. L'acquisition qu'on peut faire de la noblesse à prix d'argent encourage beaucoup les négociants à se mettre en état d'y parvenir, montesq. Esp. xx, 22. Il Noblesse do la cloche, celle qui venait de mairie ou d'échevinage. || Noblesse dormante, noblesse suspendue à cause de quelque acte dérogeant, CHÊBUEL, Dict. de la France. \\ Noblesse présentée, les nobles qui vont à la cour. 11 n'y a de bon que les moines, la noblesse présentée.... p. i. cour. Lettre 9' au censeur. || Fausse noblesse, se disait de l'acquisition des fiefs ou terres nobles par les non-nobles, la possession d'un marquisat ou d'un comté ne faisant ni un marquis ni un comte. || Soutenir noblesse, faire une dépense convenable à la noblesse lie sa naissance. Il Fig. Et l'italien, l'oubliez-vous? j'en lis toujours un peu pour entretenir noblesse, sév. 7juin 107t. Il 2° Terme d'ancienne jurisprudence. Fief qui dépendait immédiatement du souverain, et dont la possession anoblissait. || 3° Auplur, Joyaux de la couronne. Le roi promet aussi [lors de son sacre] de conserver la souveraineté, les droits et noblesses de \a couronne de France, sans les aliéner ou transporter à personne, boss. Polit, xvii, v, ts. || Au plur. Se disait, dans les tournois et les cours plénières, des livrées, des insignes, des décorations qu'on donnait comme marques d'honneur. {{ 4" Noblesse personnelle, illustration qui dépend de la personne même et non des aïeux. Vous verrez le père Buurgoing, illustre d'une autre manière [que par ses ancêtres], et noble de cette noblesse que saint Grégoire de Nazianze appelle si élégamment la noblesse personnelle, boss. Bouryoing. [\ B' Tout le corps des hommes qualifiés nobles. Les trois états du royaume étaient le clergé, la noblesse et le tiers état. Vous avez voulu tâter de la noblesse, et il vous ennuyait d'être le maître chez vous, mol. G. Dand. 1, 3. Comme notre Bretagne esttoute pleine de noblesse qui n'aime pas à sortir de son pays, et de beaucoup d'autres hommes à proportion, il [le duc de Chaulnes] a levé en un moment un régiment de dragons le plus beau (lu monde.... le corps de la noblesse pour l'arrièrebanest d'une grandeur et d'une magnificence surprenante, sÉv. 16 mars 16»9. 11 gagna la noblesse, déjà presque (lemi-séduite, VLÈcn.Duc de Mont. Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien Trouva l'art d'emprunter et de ne rendre rien,BOiL. Sot. v.Sylla, Pison, Crassus, les chefs de la noblesse, bac. lliit. m, 6. La noblesse expose sa vie pour le salut de l'Éiat et pour la gloire du souverain, la bruy. ix. La cérémonie, partout employée jusqu'à outrance, est le cheval de bataille de la noblesse campagnarde, hamilt. Gramm. to. 11 faut que je cherche comme dans des abîmes les anciennes prérogatives de cette noblesse qui, depuis onze siècles, est couverte de poussière, de sang et de sueur, montesq. Esp. xxxi, 8. Il est contre l'esprit du commerce que la noblesse le fasse dans la monarchie, id . ib. xx, 22. Je n'aime point ces distinctions de collèges et d'académies qui font que la noblesse riche et la noblesse pauvre sont élevées différemment et séparément, 1. 1. Rouss. Gouvem. de Pologne, ch. 4. Si vous connaissez la noblesse d'Angleterre, vous savez qu'elle est la plus éclairée, la mieux instruite, la plus sage et la plus brave de l'Europe, id. Ilél. I, 62. M. de Linné obtint, quelques années après, un rang dans la noblesse suédoise, condorcet, Linné. \\ Haute noblesse, la partie de la noble.sse qui a le plus d'ancienneté ou d'illustration. S'il y a du fabuleux dans l'origine des grandes nobles.scs, du moins il y a une sorte de fabuleux qui n'appartient qu'à elles et qui devient lui-même un titre, fonten. Argenson. || Petite noblesse, celle qui en a lo moins. || Ancienne noblesse, celle qui existait en France avant la révolution de 178»; et, nouvelle noblesse, celle qui a été créée depuis. || Assemblée de noblesse, assemblée particulière de gentilshommes, {j Noblesse do l'Empire, titre de noblesse conféré par Napoléon 1" à certains personnages, et principalement à des généraux. || 6° Fig. Grandeur, élévation, dignité, en parlant soit des personnes, soit des choses. La noblesse de son maintien, de sa physionomie. On remarquait, dans les deux princesses, la même noblesse dans les sentiments, le même agrément, et, si vous permettez de parler ainsi, lo» mêmes insinuations dans les entretiens, BOss. Anne de Gont. La noblesse de ses expressions [de I^uis XIV] vient de celle de ses sentiments; et ses paroles préci.scs sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées, id. Mar.r/Ur. Qu'il y a une pureté do mœurs plus estimable que celle du sang, et une noblesse spirituelle qui
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