‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 219 sur 389 · NOC · texte numérisé non relu

NOC

consiste i être confonne à l'image de Jésus-Clirisl, riicB. Aiguillon. Mais enfin, l'indigence amenant la bassesse, Le Parnasse oublia sa première oobless», BoiL. Art p.iv.La noblesse d'une science se tire de la noblesse de son objet : c'est un grand principe , MALEBK. Rech. vér. IV, 7. Il 7* Terme de littérature. Oualitédu style noble. La noblesse du style est une des variétés de l'élégance. Le génie de Corneille, malgré ses négligences fréquentes, a tout créé en France ; avant lui, presque personne ne pensait avec force, et ne s'exprimait avec noblesse, volt. Comm. Corn. Iléracl. iv, *. Â cette première règle... «i l'on joint de la délicatesse et du goût, du scrupule sur le choix des expressions, de l'attention à ne nommer les choses que par les termes les plus généraux, le style aura de la noblesse, bukp. Disc, de re'cept. La noblesse des termes est indépendante de l'idée; c'est l'usage qui la donne ou qui la refuse à son gré, mabmontel, Œuvr. t. vi, p. <85. {| En peinture et ea sculpture, le caractère élevé de la composition. Il Proverbes. Noblesse vient de vertu, c'està-dire un homme n'est proprement au-dessus d'un autre que par la vertu et par le mérite. On dit que la noblesse a la vertu pour mère; S'il est vrai, ses enfants ne lui ressemblent guère, bouhs.ault, Ésope à la cour, iv, 4. || Noblesse oblige, c'est-à-dire quiconque prétend être noble, doit se bien conduire.

— HIST.xiii* s. Jeromes dit : soverainne noblesce est la clarté de vertu, brun, latini, Trésor, p. 344. [Constance].... en qui fu courtoisie Et noblesse et valeur sans nule vilonie, Berte, cxliv. Deus damoi.selles moult mignotes. Oui estoient en pures cotes Et trecies i une tresce, Faisoient Déduit, par noblesse, Emmi la carole [danse] baler, la Rose, 7fl8. Noblece vient de bon corage; Car gentillece de lignage N'est pas gentillece qui vaille, ib. 1881». Il iiv* s. Les uns [membres] sont principaus en noblece, si cum le cuer [cœur], h. de mondeville, ^ 36. Il XV* s. kl entra le jeune roi en la cité de Reims, bien accompagné de noblesses, de hauts seigneurs et de meneslrandies, froiss. il, ii, 74. Vous acquestez maintes richesces. Vous usez de trutes noblesces, e. desch. Poésies tms. f" 4ï7. Grant déduit fut de veoir porter les jolivetez et noblesses que dames etdamoiselles envoyent aux jeunes chevaliers leurs amoureux, pour eulx parer pour l'amour d'elles, Perceforest, t. i, f î4. ||xvi' s. Le plus souvent nous logeons par honnêteté en quelque mestairie, et puis aux noblesses [maisons des nobles] parfois, d'aub. fœn. m, (.Jamais vilain n'aima noblesse, leroux dk linct, Prov. t. ii, p. »o. Le tiers estât est le séminaire de noblesse, id. ib. Nul noblesse de paresse, id. ib. Vraye noblesse nul ne blesse, ID. ib. longueur du temps n'esteiat noblesse ni franchise, lotsel, Inst. coût. 36.

— ÊTYM. Provenç. nobleza, noblesta ; espagn. nobleia; portug. nobreza; anc. ital. nobilezia; d'un thème fictif rxobilitin (comme paresse, de piyritia) , qui vient de nobilis, noble. On a dit aussi noblelé, de nobilitatem.

t NOC (nok ), t. m. Canal en bois ou autre substance, servant à conduire un ruisseau, par exemple à lui faire franchir un fossé sans y tomber.

— ÈTYM. Voy. NOUE ï, à l'étymologie.

NOCF. (no-s*), ». f. Il 1* Au plur. Les noces, la mariage. Il épousa une telle en premières noces. Le jour de ses noces. Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots, lA PONT. Fabl. VI, 12. Et même ses bienfaits dans toutes ses provinces Invitèrent le peuple aux noces de leurs princes, bac. Hsth. i, «. La société sacrée des noces n'est plus qu'une union brutale, MASS. Carême, Avenir. Ma sœur est-elle mariée T Avez-Tous vu de nos garçons la. foule aux nocoi conviée La célébrer dans leurs chrinsons T bK- «Aiio. //ironriedc». Il 11 se dit qucli) fois au singulier, en ce sens Noce, i vous dire ici ce que j'en pense, Aux uns est joie, aux autres peine et troii, BENSERADE, dans riliielet. || Secondes noces, troisièmes noces, mariage qui a été précédé d'un ou de deux autres. Ëpouser en secondes noces Les secondes noces qui ont paru illicites et honteuses à beaucoup de chrétiens, oiderot, Opin. dei aru. philos. (Jui/i). Il Noces d'argent, fêta pour la célébration de la vingl-cinquiéme année da mariage. La 36 mat, les noces d'argent du roi et de la reine de Danemark ont été célébrées avec éclat à Copenhague, Honiteur univertei, * juin («67, p. «73, «• col. Il Populairement et Sg. Il ne fut Jamais, il n'a jamais été à telles noces, à pareilles noces. Il n'a jamais reçu un pareil traitement (en mauvaise part), il n'a jamais couru un tcld-inger. || Faites cela, jo vous servirai la jour da vos noces, sa dit àcelui i

qui on demande civilement quelque petit service. Il V Réjouissances qui accompagnent le mariage (en ee sens il se dit tant au singulier qu'au pluriel). Une noce de village. Je suis de noces. Salle à 'aire noces. Mon maître marie Sa filla unique, et vous jugez Qu'étant de noce, il faut malgré moi que j'engraisse, la font. Fail. ix, 10. Je voulais Corbinelli, il est demeuré à Paris pour être à la noce d'un des fils de M. Mandat, sÉv. 410. Mme de Lavardin est dans la noce par-dessus les yeux, lu. » juin I68U. Ils croyaient en lui, surpris du changement de l'eau en vin qu'il avait fait aux noces de Cana, boibdal. Serm. 4« dim. après la Pentecôte, Domin. t. iv, p. 124. || Garçon de la noce, ou garçon de noce, voy. garçon, n» 2. || Oui estce qui fera la noce, c'est-à-dire qui fera la dépense du festin (en cet emploi noce ne se dit qu'au singulier) ? || FamiliÈrement et fig. Faire noce, se réjouir. Vous faites noce et vous chantez Sur votre lyre enchanteresse, VOLT. ^p. 55. || Populairement et fig. Faire la noce, faire des parties de table, de campagne, etc. Il Populairement. Faire noce de chien, se livrer à la débauche. Les centaures.... Voulurent, chauds de reins, faire noces de chien, régnifr, Sat. X. Il Être aux noces, se régaler, bien manger. Nous étions aux noces, lorsque le principal.... festoyoit quelques-uns de ses amis, Francion, liv. m, Rouen, 1635, p. aoï. || Fig. et populairement. N'être pas à la noce, être dans une position critique. || 11 y va comme aux noces, comme à des noces, comme à la noce, se dit d'un homme de guerre qui va gaiement et hardiment au combat. I| Autrefois, plat de noces, dîner en argent ou en nature qu'on donnait au curé qui bénissait le lit des nouveaux mariés. Il Populairement. Tantqu'à des noces, abondamment, c'est-à-dire autant qu'à un repas de noces. Ils mangèrent tant qu'à des noces. || 3° L'assemblée qui s'est trouvée au mariage. Toute la noce est à la promenade. Los deux noces se rencontrèrent. Le lendemain l'époux cent fois Raconte à la noce égayée.... bérang. C/i. de io mande. Il 4" Terme mystique. Les noces de l'Agneau, la béatitude éternelle; expression de l'Apocalypse. || 5" Terme d'antiquité. Noces aldobrandines, ainsi dites parce qu'elles étaient à Rome dans le palais Abdobrandini sur le Ouirinal; ces célèbres fresques, datant vraisemblablement d'Auguste, ont été trouvées dans les Thermes de Titus, et sont maintenant placées au Vatican. || Proverbes. Voyage de maître, nocas de valets, c'est quand les maîtres sont absents que les domestiques s'amusent. || Il est arrivé comme Tabourin à noces, il est arrivé fort à propos. Il Jamais noce sans réveillon. || Allez-vous-en, gens de la noce, refrain d'une vieille chanson qui se dit aux gens quand on n'a plus besoin d'eux et qu'il est temps qu'ils partent.

— IllST. xii* s. Guiteclins flst ses noces moult riches et moult gians, Sax. v Et parent et ami

Noces en firent tex [telles] com poés oir, Dedens la cort au fort roy Loeys, Raoul de C. iv. || xiii* s. Et furent les noces hautes et planieres el grant palais de Bouche du Lion, villeh. ctxviii. Me gart l'heure que chien fassent de vous leur noce [ne vous dévorent; il s'agit d'un cheval], flenarl cl Fairon. || xiv's. Et est aucune foys magnificence es choses propres à soy et qui ne adviennent à une personne que une foiz en sa vie, si corne noces ou aucune tele chose, ORF.saE, Elh. 116. Et sy ay veu ailleurs escripl Un proverbe qui sur ce dit Que les grans noces font li sot, Et li saige homme sans cscot, s. dëscm. Poésies mss. f 49». Icelle femme dist au suppliant qu'il estoit garçon [homme méprisable], et que aucuneffois on faisoit les noces à sa femme entretanl qu'il aloit au vin, du canoi, nubere. \\ xvi' s. Vrai li proverbe qui dit que le diable fait des nopccs, quand on trompe un avocat, d'aiib. Fan. m, 4. L'on ne doit point aller aux noces qui n'y est convoyé, lkroi;x DE LiNCT, Proo. t. II, p. 336. Tous jours no sont pas nopces, ID. ib. p. 4ï7.

— erYM. Provenç. notsat; espagn. at portug. nupciat; ital. noxxe; du lat nuptix, da nuptum, supin de nubere, se marier (voy. nubile).

t NOCF.UR, F.USE (no-scur, seû-z'), *. m. et {. Terme populaire. Celui, celle qui aime à taire la noce, à se divertir.

NOCUER fno-ché ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; i ; ..luriel, l'« se lie: des no-clii-z habiles), (.m. Il 1 Anciennement, dans le langage dos gens do mer, le contre-ni.iltre des navires d'une certaine importance, et le maître ou patron de quelques petits bâtiments, JAL. Le contre- maître ou nocher aura soin do faire agréer le vai3se,iu ; et, avant que de faire voile, il verra s'il est suffisamment garni. ...da tous I les apparaux nécessaires.... Ordonn. août ittt. La

roi a permis au sieur Mauvelet d'envoyer un b.1timent qui lui appartient aux Iles, et de revenir par le détroit, s'il ose en risquer le passage; vous lui dono">rez un maître [capitaine], un nocher et un pilote ; et il formera le reste do l'équipage de volontaires étrangers ou ii. valides, Ordres du roi, 1S98, dans jal. Il 2" Dans lo langage poétique ou élevé, synonjme de pilote. Njcher, ployez la voile, et redoublez vos vœux, uklil. Géorg. i. Quand le nocher battu par les flots irrités Voit son fragile esquif menacé du naufrage, lamart. Héd. il, H. || Le nocher du Styx, le vieux nocher des morts, Caron. Je vois déjà la rame et la barque fatale, J'entends la vieux nocher sur la rive infernale, rac. Iph. Préface. Le vieux nocher des morts à sa voix accourut, volt. Épil. 22.

— SYN. NOCHER, nautonier. Ces deux mots, qui sont tous deux du style poétique ou relevé, ont cette différence que le nocher conduit, dirige le vaisseau, tandis que le nautonier travaille à la manœuvre.

— HlST. ïvi" s. Le vent, la tempeste et l'orage Montrent du nocher le courage, cotorave. Commo le nocher gouverne son navire, mont. Il, 295.

— ÊTYM. Prov. rmuchier, naucler; catal. natixer; anc. esp. nai(cfter,nouc/ieJ; ital. «occ/iicro, nocc/iiere ; du lat. nauclerus. qui vient du grec vaûxXripoc, de vaû;, navire, etx),T,(;o:, condition, profession.

t NOCIÈRE (no-siè-r'), adj. inusité. Qui appartient, préside aux noces. La torche nocière, ondoyante. Lançait mille divins éclairs Dessus la terre et dans les airs, voit. Poés. Œuv. t. ii, p. 177. On dit que Junon la nocière Et dame Tellus nourricière S'entredonnôrent le signal, scarr. Virg. iv.

— ÈTYM. Noce.

NOCTA.MnilLE(no-ktan-bu-l'),j.m.et^. Ill'Cehii,

celle qui marche la nuit en dormant, somnambule. Voilà précisément ce qui vous est arrivé dans votre acte de noctambule, volt. Dict. phil. Somnambule, ^ . Il 2° Adj. Oui marche la nuit; se dit de certains animaux. La punaise est noctambule.

— ÉTYM. Lat. nox, noctis, nuit, et ambulare, marcher.

NOCTAMRCLISME(no-ktan-bu-li-sm'),*. m. État de ceux qui sont noctambules.

t NOCTIFLORE (no-kti-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui épanouit ses fleurs le soir et les ferme le matin.

— ÊTYM. Lat. nox, nuit, et fleur.

i NOCTILL'OUE (no-kti-lu-k'), odj. || !• Terme d'histoire naturelle. Se dit des fleurs qui no s'ouvrent que la nuit, et des animaux qui répandent une lueur phosphorique dans l'obscurité. Fleurs noctiluqucs. Il Substantivement. Les vers luisants sont des noctiluques, Dict. de l'Acad. 1782. || 3" Se dit également des corps organiques ou inorganiques qui répandent de la lumière dans l'obscurité, commo le phosphore, le bois pourri, le poisson mort.

— ÊTYM. Lat. noctilucut, de nox, nuit, et lucere, luire.

t NOCTIVAGUB (no-kti-va-gh'), adj. Terme de zoologie. Qui ne se promène que la nuit.

— ÊTYM. Lat. noctivagus, de nox, nuit, et vagari, errer.

t NOCTUELLE (no-ktu-è-l') , ». f. || 1" Variété da hulotte. Il 2* Insecte qui fait du mal au blé dans la tige, agrostis segelum, papillon de nuit.

— KTYH. Diminutif du lat. noctua, cbouettc, da nox, nuit.

t NOCTURNAL (no-ktur-nal), ». m. Terme do liturgie. Office da nuit, matines.

— lllsT. XV' s. Item ung bréviaire contenant scul- Icment le nocturnal, ducakck, noclumalit,

— ÊTYM. Lat. nocturnalis, dérivé de noctumus, NOCTURNE (no-ktur-n'), ad). || !• Qui arrivo

pcniluiit la nuit. Auguste défendit aux jeunes gens de l'un et l'autre sexe d'assister à aucune cércmonio nocturne, s'ilsn'étaientaccompagnés d'un parentplus flgé, uonteso. A'jp. XXV, 16. Amants heureux I dans la naturo entière Tout vous invite aux icnurcs voluptés : I.es yeux »ur vous, la nocturne courrièro, D'un pas plus lent, marche dans sa carrière, malpil. Narcisse, cli. i. La terra suit; Man moins rapide D'un air sombre s'avança et guide La* pas tardifs de Jupiter; Et son père, le vieux Saturne Roule à peine son char nocturne Sur les bords glacés da l'élher, ID. le Soleil fixe au milieu des planiles. El toi, lampe nocturne, aslracher à l'amour, a. chén. ÉUg. la Lampe. Il ne crut pas devoir placer toute sa division dans la ville haute, au delà d'une ri- Tiêro, d'un défilé cl sur la crêle d'un précipice dans lequel une attaque nocturne aurait pu le jeter, SCCUR, Napol. II, 3. Un rayon de l'a.stro nocturne, Glissant sur mon Iront taoiiuriio, Vient mollement

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