XXV
— ÈTYM. Provenç. indignacio, endignacio; espagn. indigriacion ; ital. indignasione ; du lat. t'ndignationem, de indignari, s'indigner.
INDIGNE (in-di-gn'), adj. \\ 1° Qui n'est pas digne de...., en parlantdes personnes.", On mande des merveilles d'Allemagne.... ces Allemands se laissent noyer par un petit ruisseau.... on croit que M. de Luxembourg les battra.... ce n'est pas cotre faute s'ils se rendent indignes d'être nos ennemis, sÉv. 22 juill. 4 678. Indigne de vous plaire et de vous approcher, RAC. Phèdre, m, 4. Mais s'il a pu me croire indigne de sa foi, C'est lui qui pour jamais est indigne de moi, volt. Tancr. iv, 6. Richard, enfermé dans la tour, remit au duo de Lancastre les marques de la royauté, avec un écrit signé de sa main, par lequel il se reconnaissait indigne de régner ; il l'était en effet puisqu'il s'abaissait à le dire, m. Mœurs, 78. Joyeuse, né d'un sang chez les Français insigne, D'une faveur si haute était le moins indigne, m. Henr. m. || Indigne de, suivi d'un nom de personne, signifie qu'on n'est pas digne d'appartenir à cette personne. Mais enfin ce Rodrigue est indigne de vous, corn. Cid, ii, 5. Soyons indigne sœur d'un si généreux frère, id.
Hor. IV, 4. Il a° X quoi on ne peut accorder de
en parlant des choses. Une faute indigne de pardon. Il 3° Terme de jurisprudence. Qui est déchu d'une succession pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers le défunt, de son vivant ou après sa mort. Déclaré indigne de succéder. || Substantivement. Les enfants de l'indigne. || 4" Qui nest pas séant, convenable, en parlant des choses. Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle, boss. Reine d'Anglet. Comme un voleur, direz-vous; indigne comparaison! n'importe, qu'elle soit indigne de lui [Jésus-Christ], pourvu qu'elle nous sauve, iD. Marie-Thér. Les éclaircissements sont indignes de moi, volt. Zaïre, m, 7. || 5° Absolument. Oui n'est pas digne, c'est-à-dire qui mérite mépris ou haine, en parlant des personnes. Quoi 1 la peur a glacé mes indignes soldats ! rac. Athal. v, &. Quoi ! le ciel a permis Que ce vertueux père eût cet indigne fils, volt. Alx. lu, 5. Il II se dit des choses dans le même sens. Cette voie est basse, indigne et étrangère, pasc Pensées, art. in. Rebuté de tant d'indignes traitements, boss. Reine d'Anglet. Ai-je mérité seul son indigne pitié? rac. Alex, i, t. Ah ! dissipez ces indignes alarmes, m. Andr. ii, i . Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux Po'ter en murmurant leurs aigles devant vous. Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image, id. Rrit. IV, 2. De quoi nous a servi cette indigne contrainte ? :d. Ba;o*. u, 6. J'espérais que, fuyant un indigne repos, Je prendrais quelque place entre tant de héros, id. ib. J'ai fait l'indigne aveu d'un amour qui l'outrage, m. Phèdre, m, 3. ils firent d'Amaiec un indigne carnage, m. Esth. ii, <. ô crainte, a dit mon père, indigne, injurieuse! lo.
b(CT DB LA LAMOnK FRANÇAISE.
IND
Athal. V, t. Dans le temps mSme qi>'on examinait cette affaire, on apprit la manière indigne dont Charès avait été reçu par les alliés, roll'n, Hist. ane. Œuv. t. vi, p. s», dans pougens. Bayle examine ensuite si l'idolâtrie est plus dangereuse que l'athéisme; si c'est un crime plus grand de ne point croire à la divinité que d'avoir d'elle des opinions indignes, volt. Dict. phil. Athéisme. || Communion indigne, communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises. || 6° Indigne est quelquefois une épithète que l'on se donne par humilité. Signé : Un tel, prêtre indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage. Arrêtons ici, chrétiens, et vous. Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre [Bossuet lui-même] qui ne fait qu'afiaiblir votre parole; parlez dans le cœur, prédicateur invisible.... BOSS. Anne de Gons. \\ 7° Indigne, en bonne part, signifiant qui ne mérite pas un reproche, un mauvais sort, etc Un cavalier indigne des liens Où
l'a mis aujourd'hui la trahison des siens, corn. Clit. v, 5. Sa perte est de ses faits un indigne salaire, ROTROD, Bélis. V, 6. Ménécée, en un mot, digne frère d'Hémon, Et trop indigne aussi d'être fils de Créon, RAC. Théb. m, 3. Indigne également de vivra et de mourir. On l'abandonne aux mains qui daignent le nourrir, m. Bajax. i, i. Si vous daigniez, seigneur, rappeler la mémoire Des vertus d'Octavie indignes de ce prix, id. Brit. m, K II est indigne qu'on lui fasse des reproches, Dict. de l'Acad. de 1762. Il 8" S. m. et f. Un indigne, une indigne, une personne vile et sans mérites. D'où il s'ensuit qu'ils [le corps et le sang de Jésus-Christ] y sont [dans le pain et le vin] non-seulement pour les dignes, mais encore pour les indignes, boss. Var. xi, § 1 85. Ce n'est pas que Jésus-Christ ne nous donne la propre substance de sa chair indépendamment de notre foi ; car il la donne, selon Calvin, même aux indignes; mais c'est qu'il ne sert de rien de recevoir sa chair, si on ne la reçoit avec son esprit, ID. ib. IX, § 56. Un bienfait qui tombe sur un indigne, LA bruy. :v. Ah I l'indigne ! ah 1 l'ingrat ! ooLDom, Bourru bienfaisant, ii, <3.
— REM. Indigne se prend proprement en mauvaise part : on est indigne du bien et non pas du mal; on dit : il est indigne de vos bontés, et non il est indigne de punition ; cependant les exemples rapportés au n" 7 montrent que la signification en bonne part n'est pas étrangère à indigne, et qu'en quelques cas bien choisis on peut en user.
— HIST. XVI* s. Indigne et barbare cruauté [la mort de Marie Stuart], mont, i, 66. Les âmes bastardes et vulgaires sont indignes de la philosophie, ID. I, 150. Je responds des songes et bestises indignes d'un enfant, id. m, 277. Une accusation indigue de response, m. rv, 203.
— ÉTYM. Lat. indignus, de in.... i, et dignus, digne.
INDIGNÉ, ÉE (in-di-gné, gnée), part, passé d'indigner. Qui a conçu de l'indignation. Et de tant de mépris son esprit indigné, corn. Poly. m, 5. Regagner les drapeaux que le Parthe a gagnés, Et venger de Crassus les mânes indignés, brédel'p, Phars. i. Et les dieux contre moi dès longtemps indignés, RAC. Iphig. II, 6. Je crains que l'ombre de Brutus ne soit indignée, si elle me voit parler avec toi,
FÉN. Dial. des morts anc. [César, Caton) Comme
on voit d'abord le bûcheron. Quand le roi des forêts, victime désignée. Doit enfin fatiguer le fer de la cognée. Abattre autour de lui, dans un vaste contour, La foule d'arbrisseaux qui composait sa cour, Et lui marquer ainsi, sur la terre indignée, La place où son orgueil doit tomber à son tour, MASSON, Helv. m. La colère peut être folle et absurde ; on peut être irrité à tort ; on n'est indigné que lorsqu'on a raison au fond par quelque côté, V. HUGO, les Misérables, l" partie, liv. ii, ch. 7.
INDIGNEMENT (in-di-gne-man), adv. D'une manière indigne. Quand un roi fainéant, la vergogne des princes. Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces. Entre les voluptés indignement s'endort, MALH. Il, t. Un prince que j'estime, indignement m'offense, corn. JVicom. iv, 3. Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli, BOss. Reine d'Augiet. Prendrait-elle pour roi l'esclave de Mycène.... Qui s'est au roi d'Argos indignement soumis? BAC. Théb. i, 3. Par des soldats peut-être indignement traînée, id. Iphig. v, 3. Et je ne prétends pas, indignement épris, Rougir devant mon frère et souffrir des mépris, volt. Adélaïde, m, 3. Et d'un cruel spectacle indignement avide, m. Tancr. m, 3.
— HIST. XVI* 3. L'indignation sert à l'encontre de ceulx qui indignement sont heureux, amyot, De la
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vertu morak; 26. Employer indignement à qui bon nous semble les surnoms les plus glorieux de quoy l'ancienneté ait honoré un ou (Jeiux personnages en plusieurs siècles, mont, i, 383. J'ay péché devant toy, père doux et clément; Je m'appelle ton fils, mais c'est indignement, desportes, CEuv. chrest. xvin, Prière.
— Etvm. Indigne, et le suffixe ment.
INDIGNER (in-di-gné) , ». a. (j 1° Exciter l'indignation. Je sens que ma faiblesse et t'indigne et t'outrage, volt. Mérope, v, 4. || 2° Être indigné, éprouver de l'indignation. Il est indigné qu'on lui ait préféré un tel homme. Ces fameuses victoires [de Cromwell] dont la vertu était indignée, boss. fletne d'Anglet. Je suis encore plus indigné de tout ce que je vois que de tout ce que je lis, volt. Lett. d'Argental, 4 mai t^et . \\ 3» S'indigner, v. réfl. Etre indigné, éprouver de l'indignation. Elle [Rome] s'indignerait de voir sa créature X l'éclat de son nom faire une telle injure, corn. Sicom. i, 2. Je l'admirais moimême, et mon cœur combattu S'indignait qu'un chrétien m'égalât en vertu, volt. Zaïre, iv, &. Eh bien! cette bonté, qui s'indigne et se lasse, m. Mérope, v, 2. Us luttent en grondant, ils s'indignent du frein, delillb, Enéide, i.
— REM. Être indigné ou s'indigner se construitavec de et l'infinitif : il est indigné, il s'indigne d'être oublié ; ou avec qxix et le subjonctif : il est indigné, il s'est indigné qu'on lui ait fait ce passe-droit.
— HIST. XIV* s. Et aussi estoit chascuns indignés de ce que Romulus avoit ouvert et habandonnâ l'asile dessus dit aus famés aussi comme aus hommes, bercheure, ^ 40. Et se escusa que nus [nul] ne se devoit merveiUer ne contre luy soi indigner, se il demandoit et desirroit avoir le royaume, id. f" \ 9, recto. Icellui bastard se mist à garant ou [au] pourpris des frères meneurs à Lille, ou quel heu en indignant [bravant] justice et les amis du dit mort, se monstroit orgueilieusement, du cange, indignare. Le dit Pierre avoit jà pieça une femme, laquelle il n'aimoit point, ains la indignoit moult et mesprisoit, id. ib. Le mire [médecinj, devant parfait nettoiement du panicle [périoste], consolida la plaie dehors ; dont le panicle s'endaigna, et fu cause de spasme, lanfbanc, ^ 20.
— ÉTYM. Provenç. indignar, endignar; espagn. indignar; ital. indegnare; du latin indignari, de indignus, indigne.
INDIGNITÉ (in-di-gni-té), t. f.\\l' Qualité qui rend indigne de. Exclu pour cause d'indignité. In • dignité civile. Indignité politique. Intenter contre quelqu'un une action en indignité. Le juste semblera plus avantagé, si l'on pèse son mente ; et le pécheur [qui est revenu au bien] plus chéri, si l'on considère son indignité, boss. Mar.-Thér. Mon indignité peut et doit être en moi le fonds d'une plus grande humilité, bourdal. Assompt. de la Vierge, Myst. t. II, p. 328. Il II se dit des choses en un sens analogue. Les péchés qu'il commet [le prêtre] contractent une indignité personnelle par la sainteté de son état, bourdal. Exhort. dign. et dev. des prêtres, t. I, p. 374. Concilier les perfections de cette adorable fille avec i'indignité de son état, j. x. bouss. Conf. vu. Il 2* Qualité qui rend indigne, c'est-à-dire odieux ou méprisable, en parlant des choses. L'indignité de cette action. L'indignité de sa conduite souleva tout le monde contre lui. Soit qu'ainsi sa vengeance eût plus d'indignité, corn. Rodog. i, «. || 3° Action indigne, odieuse. Voudriez-vous qu'on mit au grand jour toutes les faiblesses secrètes, toutes les indignités.... que l'œil de Dieu a éclairécsî mass. Carême, Enf. prod. De peur d'avoir un second combat à soutenir, j'eus l'indignité de partir, sans aller remercier M. l'abbé de ses bontés, 1. 1. Rouss. Conf. m. Il 4° Outrage, mépris. X cette inilignité je ne connus plus rien, cork. Rodog. u, s. De ces indignités vos juges sont capables, id. Théod. m, t. Et je le traiterais avec indignité. Si j'aspirais à lui par une lâcheté, id. Pomp. II, t. Et qu'en faveur du sexe ou de la qualité On ne fasse à pas une aucune indignité, mairrt, Sophon. m, i. Il me fera raison de cette indignité, rotr. Yeneesl. i, ). J'ose dire pourtant que je n'ai mérité Ni cet excès d'honneur ni cette indignité, rac. Brit. ii, 3. Elles lui faisaient les plus cruelles indignités, fKn. Tél. xvni. Le cardinal de Bissy, l'un des plus ardentsdéfenseur» de la bulle [Unigenilus\, avoue dans une de ses lettres qu'elle n'aurait pas été reçue avec plus d'indignité k Genève qu'à Paris, volt. Louis XIV, 37.
— HIST. XVI" s. Il veult oublier cette indignité pour ne troubler le service du roy, carloix, ii, 6. Pour se desfaire des indignitez [soins indignes de lui] et cures de la maison, MONT. IV, 77. J'ay parfois compta
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à proufitles ingratitudes, offenses et indignitez, hont. IV, 96. Rudement et vilainement traictez par les passagiers, qui, oultre plusieurs aultres indignitez....,
— ÉTYM. Lat. indignitatem, de indignus, indigne.
INDIGO (in-di-go), s. m. || 1° Matière colorante qui sert à teindre en bleu, et que l'on retire des feuilles et des tiges des indigotiers. Les teinturiers ne sauraient faire le bleu sans indigo : les anciens le tiraient de l'Inde orientale ; il a été transplanté, dans les temps modernes, en Amérique; sa culture, essayée successivement en différents endroits, paraît fixée à la Caroline, à la Géorgie, à la Floride, à la Louisiane, à Saint-Domingue et au Mexique, baynal, Hist. phil. VI, -17. Ce dernier accident trop ordinaire a fait dire que les cultivateurs d'indigo se couchaient riches et se levaient ruinés, m. ib. vi, <7. Il 8° La plante même qui fournit l'indigo, dont il y a plusieurs espèces appartenant toutes au genre in' digofera (légumineuses). La culture de l'indigo. Il 3" Par extension, toute couleur semblable à celle de l'indigo; c'est un bleu intermédiaire entre le bleu pur et le violet. ||Nom d'une des sept couleurs du spectre solaire. || 4" Indigo bâtard, un des noms vulgaires de l'amorphe fruticuleuse (légumineuses), dite aussi faux indigo. || Faux indigo, nom de plusieurs espèces du genre galega (légumineuses). Il 5° Pourpre d'indigo, voy. indigocarmine.
— ÉTYM. Indigo est né d'une mauvaise prononciation de l'espagnol indico qui signifie indigo, et qui vient du latin indicum, indien, bleu indien, de India,lnde.L'indigo se disait inde (de indïcum) dans l'ancienne langue; l'accentuation latine y est bien conservée.
— HIST. XIII* s. Il y a en ceste province de Gazurat moult de poivre, et de gingembre et d'inde,
MABC POL, p. 660.
t INDIGOCARMINE (in-di-go-kar-mi-n'), s. f. Terme de chimie. Substance pourpre que produit l'indigo altéré, dite pourpre d'indigo par Berzélius, et nommée aujourd'hui acide sulfopurpurique.
— ËTYM. Indigo, et carmin.
t INDIGOFÈRE (in-di-go-fè-r') , adj. Plantes, substances indigofères, celles qui fournissent une teinture analogue à l'indigo. || On dit aussi indigotifère. Il S. f. pi. Terme de botanique. Les indigofères, nom moderne du genre indigotier (légumineuses).
— ÉTYM. Indigo, et le lat. ferre, porter.
•]■ INDIGOMÈTRE (in-di-go-mè-tr'), i. m. Terme de chimie. Nom donné quelquefois au chloromètre.
— ÉTYM. Indigo, et mètre.
t INDIGOTATE (in-di-go-ta-f), s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide indigotique avec une base.
DfDIGOTERIE (in-di-go-te-rie) , s. f. Lieu où l'on prépare l'indigo. Le quartier contient vingt-quatre cafeyères, trois cotonneries, soixante-six indigoteries, BAYNAL, Hist. phil. t. xm, 38. || Cuve destinée au travail de l'indigo.
— ÉTYM. Indigo.
<. INDIGOTIER (in-di-go-tié; \'r ne se lie jamais; au pluriel, ïs se lie : des in-di-go-tié-z en fleurs), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes légumineuses, gui croissent la plupart dans la zone torride, et dont quelques espèces fournissent la matière colorante qu'on nomme indigo. L'indigotier est une plante droite et assez touffue; de sa racine s'élève une tige ligneuse,cassante, haute de deux pieds, ramifiée dès son origine, blanche à l'intérieur et couverte d'une écorce grisâtre, ratnàl, Hist. phil. VI, (7.
+ ï. INDIGOTIER (in-di-go-tié), «. m. Ouvrier qui travaille à la préparation de l'indigo. L'habileté de l'indigotier consiste à saisir l'instant favorable où il doit faire couler l'eau chargée de fécule colorante dans le reposoir ou diablotin, pour que cette fécule s'y agglomère et s'y ras»eye, Dict. des arts et met. indigotier. L'indigotier a l'habitude de faire écailler, pa.r pression du pouce droit, l'un des angles du pain d'indigo, afin d'en juger le grain, la qualité et l'espèce de coloration, vehnois, De la main des ouvriers, p. 30.
t INDIGOTIFÈRE (In-di-go-ti-fè-r') , adj. Voy.
INDIGOFËRE.
\ INDIGOTINE (in-di-go-ti-n-), s. f. Terme de chimie. Principe immédiat retiré de l'indigo.
— ÉTYM. Indigo, et la finale ine qui indique un principe alcalin.
t INDIGOTIQCE (in-di-go-ti-k*) , odj . m. Terme de chimie. Acide indigotique, acide produit par l'action de l'acide nitrique étendu sur l'indigo.
t INDILIGEMMENT (in-di-li-ja-man), adv. D'une maiiicre qui n'est pas diligente.
t INDILIGENCK (in-di-li-jan-s'), s. f. Défaut de diligence.
t INDILIGENT, ENTE (in-di-li-jan, jan-f), adj. Qui n'est pas diligent.
— HIST. XVI' s. C'est l'indiligent lecteur qui perd mon subject, non pas moy; il s'en trouvera tousjours en un coing quelque mot qui ne laisse pas d'estre bastant, quoiqu'il soit serré, mont, iv, 437.
— ÉTYM. In.... \, et diligent.
t INDDTE (in-di-n'), s. f. Terme de chimie. Poudre d'un rouge rose foncé, qui est un produit de décomposition de l'isatine.
— ÉTYM. Inde et la finale ine.
INDIQUÉ, ÉE (in-di-ké, kée) , part, passé d'indiquer. Il 1° Qu'on a fait connaître par une désignation. La maison indiquée. || 2° Terme de médecine. Moyen indiqué, moyen dont l'indication est fournie par l'état actuel du malade. || Fig. On a fait telle chose en tel cas, c'était indiqué ; c'est-à-dire il y avait la même raison pour la faire qu'il y en a pour employer tel remède en telle maladie. || 3° Assigné. Au lieu indiqué. X l'heure indiquée. || 4° Marqué. Dans les descriptions détaillées que MM. Brisson et Vosmaër ont données de cet oiseau, la huppe n'est pas bien indiquée, buff. Ois. t. viii, p. h 82. || Particulièrement, marqué par quelques traits, sans dessin complet ou achevé. La forme n'est qu'indiquée.
INDIQUER (in-di-ké), j'indiquais, nous indiquions, vous indiquiez; que j'indique, que nous indiquions, que vous indiquiez, v. a. \\ i° Faire connaître, enseigner à quelqu'un une personne ou une chose. Il m'a indiqué votre demeure. Je lui ai indiqué un bon médecin. Le baromètre indique les variations du temps, jj Terme de médecine. Fournir une indication. La force du pouls indiquait une saignée. 112° Particulièrement. Montrer, désigner par un indice quelconque. Indiquez-moi le plus jeune de ces trois hommes. Indiquer une chose du doigt. L'aiguille de cette horloge indique trois heures. Les traces indiquent la fuite des brigands vers le nord. Il 3" Faire connaître l'existence d'une chose, avec un nom de chose pour sujet. Ce mémoire indique une plume très-exercée. || 4° Dénoncer (.sens vieilli). Vindex indiqua la conspiration faite en faveur de Tarquin, MONTESQ. Espr. xii, 4 5. || B" Déteraniner, assigner. Indiquer les causes d'un phénomène. On remarquera quelques variétés dans la couleur du poil sur différents individus; mais ces variétés n'indiquent peut-être pas toutes des espèces ni même des races différentes, buff. Quadrup. t. xii, p. 162. Il 6° Fixer. Indiquer une assemblée, une session. Plût à Dieu que vous n'eussiez point été détourné de la résolution que vous aviez prise de les indiquer [les états généraux] à la mort du roi, st-sim. 4 65, 56. Louis le Débonnaire avait indiqué un parlement le jeudi saint, volt. Ifœur.s, 23. || 7° Terme des arts du dessin. Représenter quelque objet sans grands détails. N'indiquer que les masses dans un tableau. Indiquer par quelques traits de crayon un projet d'ornement. || Fig. Dans un sens analogue, marquer les traits principaux, sans entrer dans les détails, en parlant d'un ouvrage d'esprit. Les situations, les caractères, etc. sont à peine indiqués dans cette pièce. Il 8° S'indiquer, v. réfl. Être indiqué. La direction d'un cours d'eau s'indique, sur une carte, par une flèche.
— ÉTYM. Provenç. et esp.tndicar;ital. indicare; du latin indicare, qui vient de index (voy. ce mot).
t INDIRE (in-dir'), V. a. Terme de droit féodal. Doubler certaines impositions féodales, en certains cas déterminés, par exemple : pour le voyage d'outro-mer; pour une nouvelle chevalerie; quand le seigneur est prisonnier de guerre; pour le mariage d'une fille. D'où vient que vous êtes si révolté contre moi, lui dis-je [à un fermier], et que vous ne voulez pas payer le droit d'indire ? sÉv. 26 août 4877.
— ÉTYM. Lat. indïcere, prescrire, de in.... 2, dans, et dicere, dire.
INDIRECT, ECTE (in-di-rèkt, rèk-t'; voy. Di- EECT, pour la prononciation de la finale), adj. Il 1° Qui n'est pas direct. Chemin indirect. || 2° Fig. (jui suit une voie détournée. Avis indirect. Moyens indirects. || Louanges indirectes, celles qu'on donne adroitement à quelqu'un, sans qu'on témoigne avoir le dessein de le louer. || On dit de même : un blâme indirect. Quoiqu'il y eût dans la fin de son discours un blâme indirect de l'état actuel des Italiens, tous les grands de l'État l'approuvèrent, stael, Corinne, i, 2. Il 3° Terme de grammaire. Régime indirect, celui sur lequel ne tombe pas directement l'action du verbe. Dans -.je donne ce livre à Pierre, ce livre est le régime direct de je donne, et à Pierre le régime indirect. Il y a ordinairement en français une
préposition devant le rfgime indirect. Les pronoms personnels me, te, se, nous, etc. s'emploient fréquemment, comme régimes indirects, pour à moi, à toi, etc. il On dit dans le même sens complément indirect. || Dans les langues classiques, cas indirects, le génitif, le datif, et l'ablatif, par opposition au nominatif et à l'accusatif, dits cas directs. Il Modes indirect» ou obliques dans les verbes, les modes personnels au très que l'indicatif qui est seul appelé mode direct. Il 4° 'Terme de logique. Modes indirects de syllogismes, ceux qui ne concluent pas directement. La conclusion dans les modes indirects n'est pas aussi évidente que dans les autres. || 5° Terme de littérature. Discours indirect, forme que prennent les historiens pour rapporte! à la troisième personne les discours tenus ou supposés tenus à la première; ce qui en donne non le texte même, mais la substance. Il 6» Terme de jurisprudence. Avantage indirect, avantage que l'on fait à quelqu'un contre la loi, au moyen d'une personne interposée ou de quelque acte simulé. || Ligne indirecte, par opposition à ligne directe, ligne collatérale. || Terme de droit romain. Action indirecte, action qui se donnait en certains cas contre ime personne, bien que le délit ou le contrat dont il s'agissait lui fût étranger. Il 7" Terme d'administration. Contributions indirectes, les impôts établis sur les objets de commerce et de consommation, ou sur certaines choses dont le besoin est éventuel. Tels sont les droits d'octroi, de douanes, de timbre, d'enregistrement, etc.
— SYN. INDIRECT, OBLIOUE. Indirect ne se prend ni en bonne ni en mauvaise part, tandis que oblique se prend souvent, au moral, en .mauvaise part • parvenir à un emploi par des voies indirectes n'est pas y parvenir par des voies obliques.
— ÉTYM. Provenç. indirect; espagn. indirecto; ital. indiretto ; du latin indirectus, de in.... 4, et directus, direct.
INDIRECTEMENT (in-di-rè-kte-man), adv. D'une manière indirecte, détournée. Il y a en notre âme une opération, et c'est celle de l'entendement, qui, précisément et en elle-même, n'estpoint attachée au corps, encore qu'elle en dépende indirectement, en tant qu'elle se sert des sensations et des images sensibles, Boss. Connaiss. m, 4 4. Ceux qui nient directement le fondement du salut, sont en pire état que ceux qui ne le nient qu'indirectement, id. Yar. 3° avert. § 47.
— ÉTYM. Indirecte, et le suffixe ment; provenç. indire ctament; espagn. indirectamente ; ital. mdtrettamente.
1 INDIRECTION (in-di-rè-ksion), s. f. Défaut de direction.
— ÉTYM. In.... 4, et direction.
t INDISCERNABILITÉ (in-di-ssèr-na-bi-li-té),s. f. Caractère de ce qui est indiscernable. Le pouvoir soi-mouvant, seule et véritable source de la liberté, ne pourrait être détruit par l'indiscernabilité de deux objets, VOLT. Lett. Prusse, oct. 4737 [Sur la liberté).
f INDISCERNABLE (in-di-ssèr-na-bl'), adj. Qu'on ne peut discerner d'une autre chose de même espèce. Ce fameux conte du tonneau est une imitation de l'ancien conte des trois anneaux indiscernables qu'un père légua à ses trois enfants, volt. Dict. phil. Prior, Butler et Swift. Sa preuve de fait [de Leibnitz] était que, se promenant un jour dans le jardin de l'évêque de Hanovre, on ne put jamais trouver deux feuilles indiscernables, id. Physique, Inst. ph. 4)2. Il S. m. Terme de philosophie. Principe des indiscernables, principe de Leibnitz, d'après lequel il ne saurait exister deux choses exactement semblables en quantité, en qualité, en tous leurs attributs, parce qu'une telle similitude n'est pas autre chose que l'identité même.
— ÉTYM. In.... 4, et discernable.
t INDISCERNÉ, EE (in-di-ssèr-né, née), adj. Qui n'est point discerné.
— ÉTYM. In.... 4, et discerné.
t INDISCERNEMENT (in-di-ssèr-ne-man) , s. m, Absence de discernement.
— ÉTYM. In.... 4, et discernement.
t INDISCIPLINABILITÉ (in-di-si-pli-na-bi-Ii-té) • s. f. Etat, qualité 'le ce qui est indisciplinable.
INDISCIPLINABLE (in-di-si-pli-na-bl') , adj. Qui n'est pas disciplinable. Enfant indisciplinable. One armée indisciplinable.
— ÉTYM. In.... i , et discipliner.
INDISCIPLINE (in-di-si-pli-n'), s. f. Manque de
discipline. Les Français souffrirent une grande perte en faisant avorter le fruit des plus belles dispositions par cette ardeur précipitée et cette indiscipline qui leur avait fait perdre autrefois les batailles de Poitiers, de Créci, d'Azincourt, volt. Louis JV.
INI)
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IND
40. L'indiscipline et la terreur firent tout dans cette journée fà Narva], XD. Busiie, I, <*.
— ÉTYM. Lat. indisciplina, de in.... 4, et disciplina, discipline. Disciplina, indisciplina, en passant du latin au français, ont changé de signification ; venus de discere, apprendre, ils se rapportent en latin à ce qu'on apprend, c'est-à-dire à l'instruction, tandis qu'en français ils se rapportent à la conduite.
INDISCIPLINÉ, ÉE (in-di-si-pli-né, née), adj. Oui n'est pas discipliné, qui manque à la discipline. Troupes indisciplinées. Ecoliers indisciplinés. Un esprit indiscipliné, Uém. de Trév. dans desfontaines.
— HIST. Hv* s. Et aussi le gieu du bien discipliné finstruit] diffère du gieu de celui qui est indiscipliné, ORESME, Eth. Ml.
— ÊTYM. Lat. indisciplinatus , de in.... i, et disciplinatus, discipliné.
t INDISCIPLIIVER (S') (in-di-si-pll-né), v. réfl. Devenir indiscipliné. Ils frémiradent en voyant s'introduire de nouveaux sentiments, de nouvelles pensées qui serviraient aujourd'hui leur cause , mais qui pourraient s'indiscipliner une fois et se diriger vers un autre but, stael. De la littér. n, 3.
INDISCRET , ETE ( in-di-skrè , skrè-t' ) , adj. Il 1° Qui manque de discrétion, de retenue, en parlant des personnes. David fut indiscret et oiseux avant d'être adultère, mass. Carême, Tiéd. 2. || Il se dit dans le même sens en parlant des choses. Des regards indiscrets. J'ai beau te le crier, mon zèle est indiscret. Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret, la font. Fahl. vm, 4 . Et, si je m'en croyais, ce triomphe indiscret Serait bientôt suivi d'un éternel regret, rac. Brit. iv, 4. Et pourquoi? pour venger je ne sais quels prophètes Dont elle avait puni les fureurs indiscrètes, id. Athal. ii, 7. Un étranger , Fatime , un captif inconnu Promet beaucoup, tient peu, permet à son courage Des serments indiscrets pour sortir d'esclavage, volt. Zdire, i, 4 . Son amour indiscret et plein de confiance, id. ib. IV, 7. Léonce, caché derrière une haie, écoutait Eugénie; cela n'était-il pas un peu indiscret? GENLis, Yeill. du chdt. t. i, p. 49 (, dans poo- GENs. Il 2° Oui ne sait point garder le secret. Rien de plus indiscret que les plus discrètes religieuses, HAiNTENON, Lett. à Mme de Caylus, n nov. <7<5. L'homme indiscret, par un défaut contraire. Prend plaisir à tout révéler, delille, Convers. ii. J'ai été indiscret, mais je ne serai point perfide, marmûn- TEL, Mém. VI. Il 11 se dit, dans le même sens, des choses par lesquelles on révèle ce qu'on devrait taire, cacher. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes, ces âmes sans force aussi bien que sans foi, qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète I boss. Duch. d'Orl. De peur qu'en le voyant quelque trouble indiscret Ne fasse avec mes pleurs échapper mon secret, rac. Athal. I, 2. Mais sa bouche [de la Renommée], indiscrète en sa légèreté, Prodigue le mensonge avec la vérité, VOLT. Henr. i. Les caresses ont cessé Devant la lampe indiscrète, bérang. Hiver. || 3° S. m. et f. Un indiscret, une indiscrète, celui, celle qui manque de retenue, de discrétion. Se plaint-il d'Aglatide, et la jeune indiscrète Répondrait-elle mal aux honneurs qu'il lui fait? coen. Agés, ii, 3. Futil jamais inaccessible, je ne dis pas à ses amis, je dis aux indiscrets et aux importuns? fléch. Lamoignon. || Celui, celle qui ne sait garder un secret. Un indiscret est toujours curieux, delille, Convers. ii.
— HIST. XVI* s. L'immodéré adonaé d'une application trop indiscrète à l'estude des livres, mont. I, )8«. Sur le poinct de leurs ruses [des femmes] et des fuytes, et de nos contestations, je leur ay faict veoir par fois de la cholere et impatience un peu indiscrète, id. m, 376.
— ÉTYM. Lat. indiscretus, non distingué, confondu, et, dans quicherat, Addenda, indiscret, de in.... 4 , et discretui (voy. discret),
INDISCRÈTEMENT ( in-di-skrè-te-man ) , adv. Il 1° D'une manière indiscrète, sans retenue. Il en a usé bien indiscrètement. || S° D'une manière indiscrète, en laissant aller un secret. Il a parlé indiscrètement.
— HIST. XIV* s. Et se il s'esjoissent en multiplicacion des choses delettables comme pluseurs font follement et indiscrètement, oiiesme, Eth. »«. Loy Indiscrètement mise et faite sans prévision, id. ib. 442. Il XVI* s. Abandonnant [hasardant] trop indiscrettement leurs personnes et leurs vies, amyot, Pélop. et Marcell. comp. e.
— ETYM. Indiscrète, et le suffixe ment. INDISCRÉTION ( in-di-skré-sion ; en vers, de
cinq syllabes) , s. f. || 1° Manque de discrétion, de
retenue. L'indiscrétion est un si fâcheux vice, Régnier, Sat. vm. Mais ne serait-ce point une indiscrétion de vous demander quelle peut être votre affaire? MOL. Festin, m, 4. Vous seul savez éviter l'indiscrétion, vous en tenir à l'essentiel, mass. Carême, Rcsp. hxim. Charmel passait sa vie dans toutes sortes de bonnes.œuvres, dans une pénitence dure jusqu'à l'indiscrétion, st-sim. 64 , 20. || Action indiscrète. On n'a vu que trop de ces malheureuses entretenir l'audience des indiscrétions de leur vie,
PATRu, Plaidoyer 44, dans richelet Elle {la
tortue] eiit beaucoup mieux fait De passer son chemin sans dire aucune chose; Car, lâchant le bâton en desserrant les dents, Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants; Son indiscrétion de sa perte fut cause, la font. Fabl. x , 3. Un cœur indolent, sensuel comme le vôtre, ne nous promet pas de grandes indiscrétions dans les démarches d'une vie chrétienne, mass. Carême, Mort. \\ Parole indiscrète. Il lui échappe à tout moment des indiscrétions. Il 2° Manque de secret. Les femmes qui aiment pardonnent plus aisément les grandes indiscrétions que les petites infidélités, la rochep. Maximes, 429. Comptez que les secrets les mieux gardés ne le sont que pour un temps , et qu'il n'est point de pays où il y ait plus d'indiscrétion, que celui oîi tout se fait avec mystère, maintenon. Avis à la duch. de Bourgogne, Letfrt. m, p. 207, dans pougens. Monsieur était d'une indiscrétion reconnue; lui révéler un secret, c'était le dévoiler à toute la cour, GENLIS, Mme de Maintenon, t. 11, p. 246, dans pouGENS.
— HIST. ivi* s. Nous voyons avoir esté permis aux hommes et femmes se marier, voire à l'aage d'indiscrétion et où il semble n'y avoir grande connaissance, pasquier, Monophile, Œuvres mêlées, t. m, p. 4 02. Cette liberté decbne vers l'indiscrétion, MONT, m, 64.
— ÉTYM. Provenç. indiscretio; esp. indiscrecion ; ital, indiscresione ; du lat. indiscretionem (quicherat, AddenÂa) , imprudence, indiscrétion, de in.,.. 4, et discretio, discrétion.
t INDISCUTABILITÉ (in-di-sku-ta-bi-li-té) , s. f. Néologisme. Qualité de ce qui ne peut être soumis à la discussion. Comme les ministres étaient alors [sous le règne de Louis-Philippe] responsables et très-discutés, l'indiscutabilité du prince n'empêchait pas que son gouvernement ne fût sans cesse discuté, SAINT-MARC GiRARDiN , Joumal des Débats, 45 juillet 4 866.
t INDISCUTABLE (in-di-sku-ta-bl"), ad;. Qui n'est point susceptible d'être discuté, qui ne soutient pas la discussion. Projet, proposition indiscutable.
— ÊTYM. In.... 4, et discutable.
t INDISCUTÉ, ÉE (in-di-sku-té, tée) , adj. Qui n'a pas été soumis k la discussion,
— ÉTYM. In.... 4, et discuté.
t INDISERT, ERTE (in-di-zêr, zèr-t'), adj. Qui n'est point disert,
— HIST. XVI* s. Indisert, cotgrave.
— ÊTYM. Lat. indisertus, de in.... 4, et disertus, disert.
+ INDISERTEMENT ( in-di-zèr-te-man ) , adv. D'une manière indiserte.
— HIST. XVI* s. Indisertement, cotgrave.
, tlNDISPENSABILITÉtin-di-span-sa-bi-li-té), s. f. Etat, qualité de ce qui est indispensable. Plus encore que les faits physiologiques, les faits pathologiques affirment l'indispensabilité de cette étude [de l'acclimatation], Bull, de la Soc. d'anthrop. t. v, p. 792.
INDISPENSABLE (in-di-span-sa-bl') , adj.
Il 1° Dont on ne peut avoir dispense. La défense d'épouser la femme de son frère est indispensable, BOSs. Yar. 7. La loi de Dieu indispensable..., bourdal. Domin. iv, liestH. 372. Des chrétiens, qui sont des disciples de son humilité, et qui, par un engagement indispensable, en devraient être les sectateurs, id. Av. sur l'Évang. 444. || a» Dont on ne peut se dispenser, se passer. Ces objets me sont indispensables. Il est indispensable que vous veniez causer avec moi de votre affaire. Il faut que Mme d'Argental ne change pas d'avis sur les eaux : elles sont indispensables, volt. Lett. d'Argental, 29 mai 47D4. Il 3* S. m. Espèce de petit sac dans lequel les femmes portaient leur bourse , leur mouchoir, etc. Il Un indispensable, se dit quelquefois d'une espèce de chevalier servant, de sigisbée. || Ce qui est rigoureusement nécessaire. Il n'est pas précisément riche, mais il a l'indispensable. N'emportez pas tant d'effets, ne prenez avec vous que l'indispensable.
— ÉTYH. In.,., 4, et dispenser
INDISPENSABLEMENT (in-di-span-sa-bie man) , ode. D'une manière indispensable. Sacrifice qui, depuis le jour de la profession des vœux jusqu'au dernier jour de la vie, engage indispensablement ce religieux à se tenir dans cet état perpétuel de victime, bourd. Pensées, t. 11, p. 426. Ne point refuser un culte indispensablement requis ni une obéissance absolument nécessaire, iD.ib. 1. 1, p. 4io. Tous les hommes doivent savoir qu'ils sont indispensablement obligés d'aimer Dieu, fén. t. xvui, p. 288. Il faut que je lui parle indispensablement, dorat. Feinte par amour, n, 5.
— ÉTYM. Indispensable , et le suffixe ment.
t INDISPERSÊ, ÉE (in-di-spèr-sé, sée), adj. Qui n'est point dispersé; qui n'est point dissipé.
— ÉTYM. In.... 4, et dispersé.
t INDISPONIBILITÉ (in-di-spo-ni-bi-li-té), i. ,'. État d'une chose dont on ne peut disposer.
INDISPONIBLE (in-di-spo-ni-bl'), adj. Terme de jurisprudence. Dont les lois ne permettent pas de disposer, en parlant des biens.
— ÊTYM. In.... 4, et disponible.
t INDISPOS (in-di-spô), adj. employé seulement au masculin. Qui n'est pas dispos.
— HIST. XVI" s. Il est trop certain qu'il tut autre régime et manière de vivre à un corps malade et indispos qu'à un nomme bon et sain, Machiavel, Dise, sur Tile Live, p. 4 08, dans lacurne.
— ÊTYM. In.... 4, et dispos.
INDISPOSÉ, ÉE (in-di-spô-zé, zée), pari, passé d'indisposer. {| 1° Qui a une légère incommodité, qui a quelque altération dans sa séinté. Elle vint hier pour me voir; mais j'étais indisposée, et ne recevais personne, marivaux, Marianne, 6* part. ||î° Fig. Qui éprouve de la contrariété, et qui, par conséquent, répugne à faire ce que nous désirons de lui. Il est indisposé contre moi pour une bagatelle.
INDISPOSER (in-di-spô-zé), 1;. a. || 1° Rorc.ire indisposé, c'est-à-direunpeu malade. Ce qu'il a mangé hier l'a indisposé. || 2° Fig. Rendre indisposé, c'està-dire peu favorable. Les manières impérieuses qu'ils employaient à l'égard de leurs alliés et de leurs voisins, surtout depuis qu'ils se regardaient comme les maîtres de la Grèce, avaient géucraiement indisposé les esprits, E0LHN,//isf. anc. CEuv. t. IV, p. 272, dans pougens. Vous les indisposez contre votre tyrannie, i. J. Rouss. Ém. 11. Il va nar son babil indisposer Céphise, boissy, Babillard, se. 9. Il 3° Fig. S'indisposer, v. réfl. Devenir défavorable. Il s'est indisposé contre moi.
— HIST. xvi* s. La vie de l'ame est grâce de cha rite qui ne vient point en ame indisposée par pechô mortel, gerson, dans le Dict. de dochf£
— ÉTYM. In.... 4, et disposer.
INDISPOSITION (in-di-sp6-zi-sion ; en vers, de
six syllabes), s. f. |1 1» Incommodité légère; légère altération dans la santé. Il est remis de son indisposition. Jacques Lefèvre mourut à cent et un ans, sans aucune indisposition, et Marguerite de Navarre le fit enterrer magnifiquement, COLOMIÈS, Mélanges hist. dans richelet. Peut-être qu'à son ordinaire ce sera plus indisposition que maladie ; elle est extrêmement délicate, mabiv. Pays, porc. 4* part 112" Fig. Disposition peu favorable, éloignement pour quelqu'un, pour quelque chose. Elles n'avaient pas voulu se trouver à la cérémonie [du mariage] ; ce qui m'avait déjà annoncé leur indisposition à mon égard, staal, Mém. t. m, p. 4 77. Des médecins sensés, qui, également dégagés et de prévention pour les anciens, et d'indisposition contre les modernes.... Trévoux, Mém. 4 725, t. i, p. 67.
— HIST. XV* s. L'indisposition des personnes, car on ne doit point tenir pour conseil ce qui se fait après disner, comm. ii, 2. || xvi* s. Encores qu'une chose soit légitime, tousjours n'est-il pas expédient de la vouloir mettre en usage, à cause que l'indisposition des affaires et du temps ne le requiert pas, langue, 97. De ceste nourriture se sont engendrées des mauvaises humeurs, qui ont rendu des âmes malades, qui ne pensoient par aventure pas du commencement arriver à cette indisposition, id. 435, Or se trouvoit Nicias en personne à la pluspart des affaires, forceant l'indisposition do son corps, am»t, JVicioi, s. Comme les hommes qui se sentent de longtemps affoiblis par quelque indisposition se rangent à la fin à la mercy de la médecine, mont, i, 284,
— ÉTYM, /n.... t , ol disposition.
f INDISPOTABILITÉ (in-di-spu-ta-bi-li-té) , ». f. Qualité de ce qui est indisputable.
t INDISPUTABLE (in-di-spu-U-W), adj- Qui ne peut devenir l'objet d'une dispute. L'origine et la source antique De ces dieux, fantômes charmant». De votre verve prophétique IndispMabies «lémentfl,
TR
IND
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» B. Rooss. Odes, IV, «. Nous nous bornerons aux faits indisputables , voit. Philosophie, Sectes des Juifs, Samaritains.
— ÉTVM. Lat. indisputabilit, de in.... <, et dtsputare, disputer.
t INDISPCTABLKMENT ( in-di-spu-ta-ble-man ) , adv. D'une manière indisputable.
t UrOISPUTÉ, ÉE (in-di-spu-té, tée), adj. Qui n'est point disputé.
— ËTYM. In.... 4, et disputé.
INDISSOLUBILITÉ ( in-di-s.so-lu-bi-li-té ) , s. f.
Il l'Terme de chimie. Propriété d'un corps qui ne peut se dissoudre dans tel ou tel menstrue. L'indissolubilité de l'or dans l'acide nitriq-ae. || 2° Fig. Qualité de ce qui ne peut se dissoudre, se défaire, Be détruire. Justinien avait eu en vue l'indissolubilité du mariage, montesq. Etp. xxn, ». Nous l'aurions vu.... soutenir le droit d'aubaine, l'indissolubilité des grands fiefs, l'aliénation des domaines royaux, didekot. Sur Ihist. du parkm.
— ÉTYM. IndUsoluble.
INDISSOLUBLE (in-di-8so-lu-bl'), adj. || 1° Qui ne peut être dissous. L'or est indissoluble dans l'acide sulfurique. \\ i" Qui ne peut être dissous, défait, rompu. Je frémis à la seule vue d'un engagement indissoluble, st-evhemonii, dans htchelet. L'événement nous apprendra si la toree et la puissance sont des chaînes de diamants pour lier un empire comme le vieuxDenyss'en était flatté, ou plutôt si la bonté, Jîiumanité, la justice des princes et l'amour des sujets ne sont pas des liens infiniment plus forts et plus indissolubles, bolun, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 270, dans potJGENS. ||8° Qui ne peut être résolu, expliqué (sens qui a vieilli). La Toute-Puissance divine..., en lui [à la sagesse orgueilleuse] proposant des énigmes indissolubles dans tous les ordres des créatures.... Boss. Panég. St Franc. d'Ast. Préambule.
— MST. XVI* s. Ce nœud a semblé estre indissoluble, CALV. Intt. 4 59. Ce lien sacré et indissoluble, lo. ib. 737. Ces pierres sont dures et indissolubles, PAUSST, m . Tous ensemble forment une indissoluble amitié, pour abymer les Luthériens, carloii, vui, h 6 .
— ÉTYM. Lat. indissolubilis, de in....i, et distolubilis, dissoluble.
INDISSOLUBLEMENT (in-di-sso-lu-ble-man) , adv. D'une manière indissoluble. Il me savait indissolublement lié avec les entours du duc de Bourgogne,
8T-SIH. 374, 204.
— HIST. ivi* S. Indissolublement, cotgrave.
— ÉTYM. Indissoluble, et le suffixe ment.
t INDISSO0S, OUTK (in-di-ssou, ssou-t'), adj. Oui n'est point dissous, qui n'est point liquéfié.
— ÉTYM. in.... *, et dissout.
INDISTINCT, INCTK (in-di-stin, stin-kt' ; voy. DISTINCT, pour la prononciation de la finale) , adj. Il !• Qui n'est pas distinct. Lorsqu'on jette les yeux sur un objet trop éclatant ou qu'on les arrête trop longtemps sur le même objet, l'organe en est blessé et fatigué, la vision devient indistincte, buff. Hist. TMt. homme, (lEuv. t. iv, p. 467. || 2° Par extension, mal perçu, mal défini. On n'entendait que des voix confuses et indistinctes. Je n'en ai qu'une idée indistincte.
— HIST. ivi* s. Indistinct, nicot, Dict.
— ÉTYM. Provenç. indistinct; esp indistincte; ital. indistinto; du lat. iruiistinctu* , de in.... i, et distinctus, distinct.
INDISTINCTEMENT ( in-di-stin-kte-man ) , adv. Il 1* D'une manière indistincte, confuse. On ne peut voir cesobjets que fort indistinctement. Parler indistinctement. Il 2° Sans faire de distinction. Elle [une femelle d'oiseau] établit son nid au haut des vieilles tours abandonnées et des rochers escarpés, mais non pas indistinctement, bdfp. Oiseaux, t. v, p. 6. Les navigateurs de toutes les nations étaient indistinctement reçus dans leurs ports, batnal, Hist. phil. «v, 4.
—HIST. XVI* S. Sa cause estant irreparableœcr t conjointe à un consort et indistinctement, mont, i, 99.
— ÉTYH. Indistincte, et le suffixe ment.
t INDISTINCTION (In-di-stin-ksion), *. f. |j l'Eut de ce qui est indistinct.;] 2° Défaut de distinîîtion -Uas l'air et les manières. I.'indistinction de sa personne.
— ÊTYM. In.... (, et distinction.
■f INblSTINGDÊ, ÈE (in-di-stin-ghé, ghée), adj. Oui n'est point distingué, séparé. Ne reconnaître qu'un être universel indistingué de toute ia nature et de l'assemblage de tous les êtres..., BOtJtAiHviLuehs, iJe^ut. de Spinosa, p. 83».
— ÉTYM. In.... t , et distingué.
t INDISTINGUIBLE (in-di-stin-ghi-W), adj.
Qu'on ne peut distinguer.
— HIST. xvr s. Iceluy [sel] estant entremeslé
parmi les eaux, estant de la n-.*si3^ cotiiaur que les eaux liquides et diafanes ou transparentes, il est indisting-.:ible et inconnu à tous, pausst, 494.
— ÉTYM. In.... 4, et distinguer.
t INDIUM (in-di-ora'), s. m. Terme de chimi*. Nouveau métal trouvé dans la blende de Freyberg et dans le zinc qui en provient.
INDIVIDU (in-di-vi-du), s. m. || 1° Terme scientifique, lout corps considéré comme un tout distinct par rapport à l'e-spèce à laquelle il appartient. Le genre, l'espèce et l'individu. Un intervalle immense sépare les êtres vivants du reste des corps naturels, où l'on ne voit plus aucune organisation et où les individus ne jouissent point d'une force propre, coNDOHCET, Duhamel. || Terme de chimie. Individu, tout corps simple ou composé cristaUisable ou volatil sans décomposition. || Terme de classification zoologique et botanique. Individu, tout corps organisé qui vit ou a vécu d'une existence propre. Quelque admirable que cet ouvrage [un animal] nous paraisse, cf n'est pas dans l'individu qu'est la plus grande merveille, c'est dans la succession, dans le ranouvellement et dans la durée des espèces que la nature paraît ;tout à fait inconcevable, buff. Compar. des anim. et des vég. Son individu [de l'animal] est un centre où tout se rapporte, un point où l'univers entier se réfléchit, un monde en raccourci, iD. t6. Un individu, de quelque espèce qu'il soit, n'est rien dans l'univers, cent individus, mille ne sont encore rien, iD. Quadrup.t. iv, p. 24. Les individus ne sont rien, et les espèces sont éternelles, volt. Le«. Mme duDeffant, 4 mai 4772. Il 2" Echantillon d'une espèce quelconque, organique ou inorganique. Se procurer des individus bien conservés de chaque espèce d'animaux, de plantes ou de minéraux, buff. Théor. terre, i" dise. L'individu décrit par M. Linnseus avait toutes les pennes de la queue, à l'exception des deux intermédiaires, blanches depuis la base jusqu'au milieu de leur longueur, m. Ois. t. ix, p. 65. || 3° Il se dit particulièrement des personnes. Tous les individus qui composent une nation. || L'être personnel considéré par opposition à l'État ou à la société. Les droits de l'individu à l'égard de la société ; ceux de la société sur l'individu. Comme chaque individu est obligé de coordonner à l'état social sa liberté..., MiRABEAD, Collection, t. v, p. 383. L'individu et l'État, Titre d'un ouvrage de M. Dupont-Whrte. Il 4° Homme que l'on ne connaît pas, ou qu'on ne veut pas nommer, ou dont on parle en plaisantant ou avec mépris. Quel est cet individu? Un individu bien mis m'aborda. || Familièrement et par plaisanterie. Avoir soin de son individu, conserver, soigner son individu , avoir grand soin de sa personne, de sa santé, etc. L'hiver est l'ennemi particulier de mon misérable individu, et il n'y a pas moyen que nous nous accommodions lui et moi, balzac. Lettres familières à Conrart, dans richelet.
— HIST. XIV* s. Les complexions particulières sont infinités selonc le individue, lenfranc, f" 4 40, verso. Il XVI* s. Et puis il ne suffit pas de reconnaistre sa faute en destail et en individu, et tacher de la reparer..., cbabhon. Sagesse, i, 4. Et faut roter que ces articles [le, la] ont quelquefois quelque restriction, approchés d'un ce rtainindividue, comme: j'ai vu l'homme qui a couru deux cents pas, mei- GBET, dans uvet, la Gramm. franc, p. «8 (Livet imprime individue).
— ÉTYM. Lat. iiidiciduutjdein.... 4, et dividere, diviser. Dans le latin de la scolastique, individua ou indivisibilia, les êtres particuliers en lesquels se divisent les espèces, produites elles-mêmes par la division des genres ; de là l'uitage continuel de prendre pour exemples de l'individuum quid, des hommes individuels, Pierre, Socrate, et d'entendre par iridividu tout être pris singulièrement dans une espèce quelconcTie, ch. db wèbosat.
-I INDIVIDUALISATION (in-di-vi-du-a-li-za-sion), s. f. Terme de philosophie. Action d'individualiser; effet de cette action; état de l'objet individualisé. Les milliers d'années qui se sont écoulées depuis la période glaciaire, par exemple, n'ont pas introduit des types réellement nouveaux à la surface du (rlobe ; toutefois les êtres ont acquis, s'il est permis de s'exprimer ainsi, un caractère de plus haute individualisation, c'est-à-dire ont acquis des formes plus nettement déterminées et un plus haut degré de fini, fonvielle. Presse scientifique, 4863, 1. 1, p. 458.
INDIVIDUALISÉ, ÉE (in-di-vi-du-a-li-zé, zée), part, passé d'individualiser. Rendu individuel. On les peut rendre ainsi [quelques mots de l'Êvangilej : êtes-vous fils de Dieu? ou ainsi : étes-vous
le Fils de Dieu? or, ce sont deux propositions essentiellement distinctes, puisque le mot fils, en tant que précédé de l'article, est dans la seconde un substantif individualisé, d'oliv. Ess. gramm. u, 3. INDFVIDUALISER ( in-di-vi-du-a-li-zé ) , v. a. Terme de philosophie. Rendre individuel. || Dans le langage général, donner une marque individuelle. Quand la distance est telle qu' à cette distance les caractères qui individualisent les autres [objets] ne se font plus distinguer, diderot, Ess. sur la peint. ch. 3. Il S'individualiser, v. réfl. Devenir individuel.
— ÉTYM. Individuel.
t INDIVIDUALISME (in-di-vi-du-a-li-sm'), s. m. Terme de philosophie. Système d'isolement dans l'existence. L'individualisme est l'opposé de l'esprit d'association. || Théorie qui fait prévaloir les droits de l'individu sur ceux de la société.
— ÉTYM. Individualiser.
t INDIVIDUALISTE (in-di-vt-du-a-li-sf) , adj. Oui appartient à l'individualisme. Systèmes individualistes. Il S. m. Partisan de l'individualisme.
INDIVIDUALITÉ (in-di-vi-du-a-li-té), s. f. Il 1" Terme de philosophie. Ce qui constitue l'individu. C'est toujours la même individualité, le même moi ; mais qui est appelé à sentir et à agir par différents organes en différentes périodes de la vie, bonnet, Consid. corps org. CEuv. t. vi,p. 4 4 4, danspou- GENS. L'existence de deux ou de plusieurs cerveaux distincts sur le même tronc produit deux ou plusieurs Individualités personnelles entées sur un tronc commun , id. Ess. analyt. dme , ch. 24. Il 2° Néologisme. Individu. Toutes les individualités entrent dans la lutte. || Il se dit aussi quelquefois pour personnalité. C'est une individualité trèsprononcée. Il 3° Terme du système de Gall et Spurzheim. Connaissance distincte de l'existence des corps extérieurs.
— ÉTYM. Individuel.
I INDIVTDUATION ( in-di-Ti-du-a-sion ) , s. f. Terme de philosophie. L'ensemble des qualités particulières qui constituent l'individu, par opposition à l'espèce.
— ÉTYM. Individuer.
t INDIVIDUE (in-di-vi-due) , adj. f. Terme de théologie. La Trinité est individue, c'est-à-dire ne peut être divisée.
— ÉTYM. Lat. individuus, qui ne se divise pas
(voy. IND1VI3U).
— ÉTYM. Individu.
INDIVIDUEL, ELLE (in-di-vi-du-èl, h-V) , adj.
||1* Terme didactique. Qui est de l'individu, qui appartient à l'individu. Qualité individuelle. Il y a, jo le sens, un âge auquel l'homme individuel voudrait s'arrêter; tu chercheras l'âge auquel tu désirerais que ton espèce se fût arrêtée, j. j. rouss. Discours sur l'inégalité, préambule. || 2* Qui concerne chaque personne ou une seule personne. Traité des garanties individuelles. || 3° S. m. Transportez le raisonnement de l'individuel au collectif, de l'homme au peuple, chateaub. Génie, l, i, 7.
— ÉTYM. Individu.
INDIVIDUELLEMENT ( in-di-vi-du-è-le-man ) ,
adv. Il 1° Terme didactique. D'une manière individuelle. < Pierre est individuellement différent de Paul, et ne l'est pas spécifiquement. ||2° Pour ce qui concerne chacun en particulier. Les membres de l'assemblée prêtèrent individuellement le serment prescrit par la loi.
— ÉTYM. Irîdividuelle, et le suffixe ment.
t INDIVIDUER (in-di-vi-du-é), v. a. Terme de philosophie. Constituer l'individu, lui donner une forme individuelle.
t INDI'VIDUITÉ (in-di-vi-du-i-té), s. f. Qualité qui constitue l'individu. Et même, pour dire un mot de cette indivisibilité prétendue, j'avoue que nous concevons naturellement que tout être et par conséquent tout corps doit avoir son unité et, par conséquent, son individuilé, boss. Libre arb. 4.
— HIST. XVI* s. Nos femmes, avec les quelles nous avons voué l'individuité de nos vies, pasquier, Lett. t. I, p. 29.
— ÉTYM. Lat. individuitatem, de individuus, individu.
t INDIVINITÊ (in-di-vi-ni-té), s. f. Terme de théologie. Absence des qualités divines.
— ÉTYM. In.... 4, et divinité.
INDI-VIS, ISE (in-di-vî, vi-z'), adj. || 1° Qui ne se divise pas. La clause est une et indivise, patru. Plaidoyer 42, dans richelet. Comme les sensations [de l'éléphantj se trouvent combinées dans l'organe même, qu'elles sont contemporaines, et, po'iir ainsi dire, indivises les unes avec les autres,
il n'est pas étonnant qu'il ait de lui-même des espèces d'idées et qu'il acquière en peu de temps celle qu'on veut lui transmettre, bufp. Quadrup. t. iv, p. 26). Des gens ont aimé la liberté et Bonaparte à la fois, indivis, p. l. cour. Procès de P.Louis, Discours de Courier. j| Terme de botanique. Tige, feuille indivise, tige, feuille qui n'a pas de divisions. On dit plus souvent entier ou simple. Il 2° Terme de pratique. Qui n'est point divisé. La succession resta indivise. {| Propriétaires indivis, ceux qui possèdent une chose par indivis. || 3° Par indivis, loc. adv. Sans être divisé. Ils possèdent tous deux cette maison par indivis. |{ Fig. Il les mit en commun et par indivis dans la confidence de «es galanteries, betz, i, 4 1 . On vous aime tous deux [vous et votre fille] par indivis; est-ce le mot? sÉv. Lett. à Bussy, 26 mai 4681. C'est toujours par indivis que je vous parle, id. t6. 28 déc. 4 684.
— HIST. XVI* s. Et pour plus consolider l'œuvre, prendre le corps de N. S. J. C. par indivis et egallement le user en fidélité de paix, g. chastellaim, Chr. du duc Phil. Introd. || xvi* Possession de bien par indivis, mont, i, 24).
— ÉTVM. Provenç. indi'iits; espagn. et ital indivise; du lat. indivisus, de in.,.. 4, et divisus (voy. divises).
t INDIVISE, ÉE (in-di-vi-zé, zée), ad]. Qui n'est point divisé. Que sera-ce donc que les premiers principes de la matière ? ce seront des corps divisibles sans doute, mais qui seront indivisés tant que la nature des choses subsistera, volt. Lett. Prusse, 4737 (sans autre date). 11 n'est pas démontré en rigueur que l'atome soit indivisible ; mais il paraît prouvé qu'il est indivisé par les lois de la nature, ID. Vict. phil. Atomes. {| Substantivement. 11 est très-vrai que la matière est composée d'indivises, parce qu'il faut des êtres inaltérables pour faire des germes qui sont toujours les mêmes, id. Lett. Prusse, mai 4 737.
— HIST. XIV» s. Elles sont une meism'i chose indivisée, et différentes tant seulement selon raison ou définition, ORESME, Èth. 30. {{ xvi" s. Le flecheur profond descend indivisé jusqu'au carpe ; auquel endroit il se divise en cinq tendons, paré, iv, 2s.
— ÉTYM. In.... 4, et divisé.
INDIVISÉMENT (in-di-vi-zé-man), adv. Terme
de pratique. Par indivis. Posséder indivisément.
— ÉTYM. Indivise, et le suffixe ment.
INDIVISIBILITÉ (in-di-vi-zi-bi-li-té), s. f. Qua-
lilé de ce qui ne peut être divisé. L'indivisibilité d'un atome. |{ Kig. L'un avait pour lui la faveur des peuples et l'usage immémorial de l'indivisibilité de l'empire, rayhal, Hist. phil. vil, 6. Quelle merveille que des empereurs païens, dans un temps où l'institution chrétienne n'était pas reçue dans l'État, aient laissé cette institution se régir dans son indivisibilité, suivant des maximes qui ne pouvaient avoir d'effets publics? MIRABEAU, Collection, t. iv, p. 333.
— ÉTYM. Indivisible.
INDIVISIBLE (in-di-vi-zi-bl'), adj. || 1° Qui n'est pas divisible. Un atome indivisible. Les essences des choses sont indivisibles ; car l'idée représente l'essence de la chose, à laquelle si on ajoute ou diminue quoi que ce soit, elle devient aussitôt l'idée d'une autre chose, desc. Rép. aux 6"object. 39. Comment pourrait-il se faire que ces moitiés [d'un espace divisible, quelque petit qu'il soit] fussent indivisibles? PASC. Espr. géom. i. Nous devons en conclure que l'attraction du soleil se communique dans nn instant presque indivisible aux extrémités du système solaire, la place, Exp. iv, 4 8. || La république une et indivisible, titre que prit la république française, par opposition aux tendances fédéralistes. || Fig. Que les rois n'ont qu'un trône et qu'une majesté, Que leurs enfants entre eux n'ont point d'égalité. Et qu'enfin la naissance a son ordre infaillible Qui fait de leur couronne un point indivisible, corn. Perth. 1, 4. Il Terme de jurisprudence. Obligation indivisible, obligation à laquelle chacun des obligés est tenu pour le tout. || Substantivement. La vérité consistant dans un indivisible, il peut arriver que ce que nous ne croyons pas être tout à fait certain, pour probable qu'il nous paraisse, soit néanmoins absolument faux, desc. Rem. ^ur les l" obj. 67. En géo- ■ffiétrie, nous ne considérons que l'objet de nos pensées.... voilà pourquoi M. de Malézieux, dans ses éléments de géométrie, paraît se tromper en ne distinguant pas l'indivisible physique et l'indivisible mathématique, volt. Mél. lilt. À M. de Formont. Il J° Oui ne peut être séparé de. La famille royale est indivisible du trône, et ce n'est point là que la royaiilé peut trouver ni barrièra ni contre-poids, MIIUSEAD, Collection, t. V, p. 384.
— HIST. XIV* s. On meisme panuicle, continue, indivisible en soi meismes, ii. de mondevillb, f° 26. Il XVI* s. Cela se fait pour noter ia simple unité et indivisible qui est en l'essence divine, calv. Inst. 91 . Cette parfaicte amitié de quoy je parle est indivisible; chacun se donne si entière son amy, qu'il ne luy re.ste rien à despartir ailleurs, mont, i, 2i6.
— ÊTYM. Provenç. endevisible; espagn. indivisible; ital. indivisibile ; du lat. indivisibilis, de in.... 4, et divisibilis, divisible.
INDIVISIBLEMENT ( in-di-vi-zi-ble-man), adv. D'une manière indivisible. Le ciel et la terre les ont joints indivisiblement, patru, Plaidoyer 4.
— HIST. XVI* s. Indivisiblement, cotgrave.
— ÉTYM. Indivisible, et le suffixe ment.
INDIVISION (in-di-vi-zion; en vers, de cinq syllabes) , s. f. Terme de pratique. État d'une chose posséidée par indivis, ou des personnes qui possèdent une chose par indivis. Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. Code JVap. art. 84 5.
— ÉTYM. Lat. indivisionem (quicuerat. Addenda), de in.... 4, et divisionem, division.
IN-DIX-nciT (in-diz-uif), adj. invar. Volume indix-huit, volume où la feuille est pliée en dixhuit feuillets et fait trente-six pages. Feuille indix-huit. Il S. m. Un in-dix-huit, un volume indix-huit. De jolis in-dix-buit. || On écrit aussi ce mot de cette façon : in-4 8.
— ÉTYll. In, en, et dix-huit.
INDOCILE (in-do-si-I'), adj. || 1° Qui n'est pas docile, qui est très-difficile à instruire, à gouverner. Peuple.... Indocile à la paix et trop chaud à la guerre, réonier, Ép. i. L'Église romaine, la mère et le lien des Églises, devint l'objet de la haine de tous le's esprits indociles, doss. Variât, xi. Assez de sots sans moi feront parler la ville. Disait, le mois passé, ce marquis indocile. Qui depuis quinze jours dans le piège arrêté. Entre les bons maris pour exemple cité.... eoil. Sat. viii. [Joas] Indocile à ton joug [celui de Jéhovah], fatigué de ta loi, rac. Athal. v, 6. Il Qui résiste à. Indocile à la flatterie, il en craignait jusqu'à l'apparence, boss. Louis de Bourbon. || 2° Il se dit des choses dans un sens analogue. Quand [Dieu].... permet à l'esprit de séduction de tromper les âmes hautaines, et de répandre partout un chagrin superbe, une indocile curiosité et un esprit de révolte, boss. Reine d'Anglet. L'inexpérience indocile Du compagnon de Paul Emile Fit tout le succès d'Annibal, j. b. Ronss. Ode à la Fortune. Sun caractère ardent, son courage indocile, volt. Oreste, m, 2.
— REM. Indocile se construit avec la préposition à : indocile aux leçons. Mais on ne dit pas : indocile à une personne.
— HIST. XVI" s. Nous appelons les gens indoctes et sans esprit, "grandes oreilles et grands asnes, à cause que les asnes, qui ont les oreilles longues, sont fort indociles, bouche r, Serees, ii, p. 46, dans LACURNE, au mot indocte.
— ÉTYM. Lat. indocilis, detn....4 , etdocilis, docile.
t INDOCILEMENT (in-do-si-le-maii), adv. D'une manière indocile.
INDOCILITÉ (in-do-si-li-té), s. f. Caractère de celui qui est indocile. L'indocilité d'un enfant. L'indocilité d'un cheval. Quoique cet esprit d'indocilité et d'indépendance soit également répandu dans toutes les hérésies de ces derniers siècles, boss. JJet'ne dAnglct.
— ÉTYM. Indocile.
t INDOCTE (in-do-kf), adj. Qui n'est point docte, Dict. de VAcad. 17)8.
— HIST. XVI* s. Indocte, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. indoctus, do m..i, et dodus, docte, t INDOCTEMENT (in-do-kte-man), adv. D'une
manière qui annonce le défaut de science ou d'érudition.
— HIST. XVI* s. Indoctement, cotgrave.
t INDO-EUROPÉEN, ENNE (in-do-eu-ro-pé-in, pé-è-n'), adj. Qui commence à l'Inde et finit à l'Europe inclusivement. Langues indo-européennes, langues qui, se ressemblant par une foule de radicaux et par la grammaire, comprennent, en allant de l'orient à l'occident, le sanscrit, avec ses dérivés pracrit, pâli , etc. l'armémon , les langues slaves, les langues germaniques, le grec, le latin et le celtique.
t INDO-GERMANIQUE (in-do-jèr-ma-ni-k'), adj. Qui commence à l'Inde et finit à la Germanie inclusivement: Langues indo-germaniques, nom donné aux langues indo-européennes, alors que l'on n'avait pas encore reconnu que le celtique appartenait à la même souche.
t INJ»0-HELLÊNIQUE ( in-do-èl-lé-ni-k' ) , adi.
IND
Qui appartient à l'Inde et à h Grèce. Langues indohelléniques, groupe de langues comprenant le sanscrit et le grec.
t INDOLEMMENT (in-do-la-man), adv. Avec indolence. Et de bonne, foi, mes frères, vous ne seriez ministres de l'Église que pour vous traîner tous les jours indolemment de maison en maison^ d'assemblée en assemblée, mass. Confér. Fuite du monde. Frère Thiriot reste indolemment au coin de son feu, VOLT. Lett. Damilaville, 9 janv. 4 762. Et tandis qu'à l'écorce il confiait ses chants. L'amour, au doux sourire, aux yeux vifs et touchants, La tête sur son corps indolemment penchée, Lui soufflait tous les feux dont il brûle les cœurs, gilb. À Dorât.
— ÉTYM. Indolent, et le suffixe ment.
INDOLENCE (in-do-lan-s'), s. f. || 1° Terme de
médecine. Privation de sensibilité physique. L'indolence d'une tumeur. || 2° Terme de philosophie. État d'une âme qui ne s'émeut de rien, ni du bien, ni du mal. L'indolence des stoïciens est difficile à concevoir. Êpicure disait que c'était dans l'âme qu'il fallait planter l'indolence. || En ce sens, il vieillit. Il 3° Etat d'une personne peu sensible à ce qui touche ordinairement les autres hommes. Il me semble que je vous vois dans l'indolence que voua donne l'impossibilité ; ne vous y abandonnez qu'autant qu'il est nécessaire pour votre repos, et non pas assez pour vous ôter l'action et le courage, sév. 80. L'indolence inséparable des longs attachements [amoureux], id. 6 mai 1076. J'eus le temps de réfléchir sur mon état et de déplorer ma timidité, ma faiblesse et mon indolence, qui, malgré le feu dont je me sentais embrasé, me laissaient languir dans l'oisiveté d'esprit, toujours à la porte de la misère, j. j. rouss. Conf. vu. Elle semblait se reposer sur sa beauté du soin de plaire, sans y contribuer d'ailleurs que par l'égalité d'un caractère aimable et par son indolence à se laisser aimer, MARM0NTEL, Mém. IV. || Privation de sensibilité morale. Est-elle [cette délicatesse] autre chose qu'un long usage d'indolence? mass. Carême, Jeûne. Un motif impie de tranquillité et d'indolence dans les crimes, id. Profess. rel. Serm. 4 . || 4° Nonchalance amoureuse des aises. Vos statues d'hommes sur des piédestaux sont bien ennuyeuses; vous me ferez aimer l'amusement des Bretons plutôt que l'indolence parfumée de vos Provençaux, sÉv . 80. D'autres, et c'est la multitude, ont si peu de vie dans l'âme et une si grande indolence à penser, qu'ils ne comparent et ne combinent rien, buff. Nat. des anim. Ainsi m'observant en silence. Ils semblent de ma vie accuser l'indolence, ancelot, Fiesque, ii, 2.
— HIST. XVI* s. Voilà pour quoy la secte de philosophie qui a le plus faict valoir la volupté, encores l'a elle rengée à la seule indolence [ne pas soufl'rir], mont. II, 2) 5. Si ay je encores [malgré l'âge que j'ay] des remises, quoiqu'inconstantes et courtes, si nettes qu'il y a peu à dire de la santé et indolence [absence de souffrance] de ma jeunesse, jd. iv, 280.
— ÉTYM. Lat. indolentia, de indolens, indolent. INDOLENT, ENTE (in-do-lan, lan-t'), adj.
Il 1° Terme de médecine. Qui ne cause pas de douleur. M. Turgot est toujours affecté d'une goutte indolente, héréditaire dans la lamille.... on appelle cette goutte indolente, parce qu'elle ne fait pas souffrir; mais elle lui 6te l'usage des jambes, bachaumont, ttém. secrets, t. xxix, p. 346. || 2° Privé de sensibilité morale, sur qui rien ne fait impression. C'est un homme indolent qui ne s'émeut de rien. Quatre bœufs attelés d'un pas tranquille et leat Promenaient dans Paris le monarque indolent, boil. Lutr. II. Je me reposerais sur l'appui chancelant D'un sénat incertain ou d'un peuple indolent! lbmierre , Barnev. m, ^ . jj II se dit des choses en un sens analogue. On n'a aucune prise sur les naturels indolents, fên. Éduc. filles, ch. b. Quand le cœur, endurci par les cicatrices mêmes des coups qu'on lui a portés, est devenu plus insensible, on arrive aisément à cet état d'indifférence, à cette quiétude indolente dont on aurait rougi quelques années auparavant, bufp. Disc.nat. anim. CEu». t. v,p.346. || 3°Qui ne se donne pas de peine. Honnête homme indolent, qui dans un doux loisir. Loin du mal et du bien, vivez pour le plaisir, volt. Disc. 7. Henri d'Albret, roi de Navarre, prince sans mérite, mais bon homme, plutôt indolent que paisible, id. Henriade, Ess. guerres civil, de France. Ils vivent du maïs ou des légumes qu'ils cultivent, et vendent le superflu de ces productions à leur indolent voisin, raynal, Hist. phil. XVI, 8. Suard , naturellement indolent, aurait bien voulu de la fortune,mais sans qu'il lui en coutAt sa liberté ni son repos, maruontel, ifém. v. Les peuple» indolents sont facilement rusés, su el, Çori'nn»,
IND
VI, 3. Il II se dit des choses, en un sons analogue. Sa démarche était indolente ; mais dans la négligence de son maintien c'était un naturel plein de bienséance et de grâce, mabmontel, Mém. iv. |1 4° S. m. et f. Un indolent. Une indolente. C'est un grand indolent qui ne se met en peine de rien. Et toi, Lisette, es-tu contente? Tu voulais un beau rôle, et tu fais l'indolente, praoN, Mélrom. u, 2.
SYN. INDOLENT, NONCHALANT. L'indolent est celui que rien ne fait douloir, qui est insensible. Le nonchalant est celui à qui rien ne chaut, qui ne se soucie de rien. Là est la nuance ; il y a dans indolent l'idée qu'on cherche ses aises, idée qui n'est pas dans nonchalant.
— HlST. XVI' s. Si les afflictions du monde, si mesme les funérailles de ses propres enfans sont venues pour troubler son contentement, elles l'ont esmu à la proportion d'un bon naturel qui ne peut estre indolent en chose si sensible, sully, Mém.
t. IV, p. 288.
— ÉTYM. Lat. indolentem, de in.... *, et dolens, qui souffre, dolent.
tlNDOLORE (in-do-lo-r'), adj. Terme demédecine. Qui ne cause point de douleur. Tumeur indolore.
— ÉTYM. Lat. indoloris, de in.... ^, et dolor, dou-
«ur. .
t CfDOMANIATION (in-do-ma-ni-a-sion) , s. f. Action de faire entrer une propriété dans le domaine de l'État.
ÉTYM. In.... 2, et domaine.
t INDOMPTABILITÉ (in-don-ta-bi-li-té; le p ne se fait pas sentir), s. f. Qualité de ce qui est indomptable.
INDOMPTABLE (in-don-ta-bl"; le p ne se fait pas sentir), adj. || 1» Qu'on ne peut dompter. Un homme indomptable. Don Sanche est-il si redoutable Qu'il donne l'épouvante à ce cœur indomptable? corn. Cid, V, i . Ainsi dans les actions les plus indifférentes de son enfance [Charles XII], ce naturel indomptable laissait souvent échapper de ces traits qui caractérisent les âmes singulières, et qui marquaient ce qu'il devait être un jour, volt. Charles XII, i. Ainsi finit la lutte d'un cœur indomptable et d'un esprit inflexible, dider. Salon de 4 767, Œm. t. xiv, p. 391, dans pougens. || U se dit aussi ries animaux. Un cheval indomptable. U n'y a point d'animal plus farouche ni plus indomptable que l'homme, quand il se laisse dominer à ses passions, noss. 2° serm. Quinquag. 2. Indomptable taureau, dragon impétueux, rac. Phèdre, v, 6. Un aigle adulte est non-seulement indocile, mais indomptable, BUFP. Ois. t. I, p. 13 <. Il 2° Il se dit des choses, dans le même sens. Et de qui le mérite indomptable en vertu, Régnier, Sat. xiv. Quel autre a pu former un Alexandre, si ce n'est ce même Dieu, qui en a fait voir de si loin, et par des figures si vives, l'ardeur indomptable à son prophète Daniel? boss. Louis de Bourb. Ceux qui sont instruits des affaires.... en accusent [des excès contre la royauté] la fierté indomptable de la nation [anglaise], m. Reine d'Â.nglet. Stanislas voulait et aurait pu faire un traité avantageux avec le roi Auguste ; mais l'indomptable opiniâtreté de Charles XII lui fit perdre ses terres et ses biens réels en Pologne, pour lui conserver le titre de roi, volt. Charles XII, 7. || Fig. Il y a des terrains indomptables, comme les landas de Bordeaux, la partie de la Champagne nommée Pouilleuse, volt. Dict.phil. Population, ii.
— HIST. XVI* s. Chaste sœur d'Apollon.... Que la force d'amour a connue indontable, desportes, Diane, u, H. Cette ardeur indomptable de quoy tant de milliers d'hommes, femmes et enfants, se présentent et rejectent à tant de fois aux dangiers inévitables, pour la deffense de leurs dieux et de leur liberté, mont, iv, 19.
— ÊTYM. In.... *, et domptable.
t INDOMPTABLEMENT (in-don-ta-ble-man ; le
p ne se fait pas sentir), adv. D'une manière indomptable.
INDOMPTÉ, ÉE (in-don-té, tée ; le p ne se fait pas sentir), adj. \\ 1° Qui n'est point dompté, ou qui n'a pu être encore dompté. Rendre docile au frein un coursier indompté, bac. Phèdre, i, i. Il Fougueux , emporté. On l'attacha à la queue d'un cheval indompté. || 2° Qui n'a pas été subjugué. Le» filles de l'Egypte à Suse comparurent; Celles même du Parthe et du Scythe indompté Y briguèrent le sceptre offert à la beauté, rac. Ksth. I, 4. Il 3'> Qui n'a pas été subjugué moralement. Les droits de la victoire ont quelque liberté Qui ne saurait déplaire à notre âge indompté [la jeunesse], CORN. Sophon. IT, 3. On portera le joug désormais uns se plaindre ; Et les ^lu indomptés, renversant
IND
leurs projets, Mettront toute leur gloire à mourir vos sujets, ID. Cinna, v, s. Afin que vous daigniez vous-même venir à son secours, mettre un frein à ses passions indomptées, éclairer ses erreurs, mass. Carême, Prière t . Mais enfin c'est à toi d'essayer désormais Sur ce cœur indompté la force des bienfaits, VOLT. Als. IV, 2. Il Qui ne peut être contenu, réprimé. Orgueil indompté. Nous ferons bien changer ce courage indompté, corn. Nicom. m, ( . Un courage indompté, dans le cœur des mortels. Fait ou les grands héros ou les grands criminels, volt. Rome sauv .V, ». 1 1 Substantivement. Ce grand, cet indompté n'a plus de Déjanire, rotr. Herc. mour. u, 2.
— HIST. XVI* s. Ha! je mourray plustost, et ma dextre indontée Fléchira par mon sang le ciel traistre et jaloux, desportks, Diane, u, 72. Et le vaillant Caton d'un esprit indonté, m. Cléonice, x. Comme un champ libre et indompté porte les herbes plus gaillardes, mont, i, 38).
— ÉTYM. In.... t, et dompté.
f DTDOULOCREtrx, EUSE (in^lou-lou-reû, reû-
z'), adj. Qui n'est point douloureux.
— HIST. XVI* s. Instrumens qu'on accommode aux fractures pour tenir le membre en figure droite et indouloureuse, paré, xii, 8.
— ÉTYM. In.... *, et douloureux.
IN-DOUZE (in-dou-z') , adj. invar. Terme d'imprimerie. Format in-douie, format où la feuille est pliée en douze feuillets. Livre in^ouze. Volume in-douze. Ci-dessous gît Baour, le Tasse de Toulouse, Qui mourut in-quarto, qui remourut indouze, ANDRiEUX, Épigr. contre Baour-tormian (qui avait fait deux éditions, in-i" et in-i 2, de sa traduction de la Jérusalem délivrée) . 1 1 S. m. Un in^louze, un volume in-douze. Des in-douze.|| On écrit aussi: in-i2.
— ÉTYM. In, en, et douze.
t INDRI (in-dri) , s. m. Petit mammifère du
genre maki.
t INDROITURE (in-droi-tu-r"), s. f. Absence de droiture.
— HIST. XV* s. Ton indroiture et ta grande injustice, les Triomphes de la noble dame, f° 309, dans
LACURNE
— ÉTYM. In.... 4, et droiture.
INDU, UE (in-du , due) , adj. |j 1° Qui est contre ce
qu'on doit, contre la raison, contre la règle, contre l'usage. Une réclamation indue. || Heure indue, heure à laquelle il ne convient pas de faire quelque chose. Vous ririez bien de me voir une poule mouillée comme je suis, regardant à ma montre, et trouvamt que quatre heures et demie est une heure indue, sÉv. 26». Venir dans leur appartement à l'heure indue qu'il était, hamilt. Gramm. f 0. L'heure de parler au roi était tellement indue , que leur curiosité était extrême de savoir ce qui m'avait pu engager à une démarche si peu usitée, ST-siM. 64, 69. Il a° Terme de droit. Qu'on ne doit pas. Il S. m. L'indu, ce qu'on ne doit pas. Le payement de l'indu, fait par erreur.... ortolan, Explic. hist. des Inst. de l'emp. Justin, t. ii, p. 30«, 4* édit.
— REM. L'Académie écrit indu sans accent, et dû avec un accent.
— HIST. XIV* s. Le libéral ne donnera pas ses pecunes à ceux à qui il ne appartient les donner, ne en temps que il n'appartient, ne selon quelconque autre circonstance indeue, oresme, Eth. 4 0«. Soy occuper en temps indeu, si comme qui estudieroit au vespre, m. ib. 64. ||xv" s. Non mie pour leur faire extortion, ne grief.... ne les tenir en indue subjection, Bouciq. ii, 9. ||xvi* s. Ils avoient en abomination les banquets et yvrogneries qu'il faisoit ordinairement, à heure indeue, amyot, Anton. 4 2. De la vraye obéissance nous glissons aisément en la fausse, laquelle, en contr' eschange d'une chose deue, nous en fait faire une indeue, lanohe, ,'«4 4.
— ÉTYM. In.... 4, et dû.
INDUBITABLE {in-du-bi-ta-bl'), adj. Dont on ne
peut douter. Ce Dieu, dont la clémence égale l'é quité, Récompense ici-bas la vraie humilité De sa lumière véritable, Celle qui nous conduit aux généreux desseins Où la gloire est indubitable, kacan, Psaume 24. Si ce fils vit encore, il a tué son père, C'en est l'indubitable et le seul caractère, cobn. Œdipe, m, 5. La perte de ta vie était indubitable, MAIRET, M. d'Asdr. m, 3. Encore qu'elle [une doctrine] soit très-indubitable, il n'est pas si aisé de l'imprimer dans les cœurs, boss. Sermon pour la viture d'tme bernardine, 4. Comme il est indubitable que l'intérêt emporte les cœurs, bourdal. 4 2* dim. après la PerUec. Domin. t. m, p. 286. Il y a certainement des connaissances accordées à l'homme ; nous savons mesurer, calculer, peser jusqu'à un certain point;, les vérités géométriques
IND
sontinJubiL2i)les,ct c'est déjà beaucoup, volt. i>M. Prusse, juin 4 738. || On a dit en parlant de choses : être indubitable, ne pas manquer son effet. On vous fera un régime et une nécessité de ne me jamais voir; je ne sais si ce remède serait bon pour vous ; quant à moi, je vous réponds qu'il serait indubitable pour finir ma vie, sév. 46 juin 4677.
— H[ST. XVI" s. Il n'allègue argument quelconque nécessaire, pourquoy l'on doive ajouxter foy indubitable à ce qu'il en a recueiliy, amyot, Numa, 2. Il y a des preuves assez certaines, autant que la raison humaine le porte, pour rendre l'Escriture indubitable, CALV. Instit. 36. Dieu par cela ne le recommandoit-il pas comme un prophète indubitable envoyé de sa part? m. ib. 39. C'est d'un regard si indubitable que nous sçavons bien qu'il n'y a nulle tromperie, id. ib. 435.
— ÉTYM. Lat. induhitabilis , de in.... 4, et dubitare, douter.
INDUBITABLEMENT (in-du-bi-ta-ble-man), adv. D'une façon indubitable. C'est la muse indubitablement qui inspire les mauvais vielleurs , balz. le Barbon. Je vous jure par le Seigneur qu'indubitablement je vous prendrai, saci. Bible, Ruth, m, 4 3. Il y a des gens, à la vérité, qui prétendent qu'un homme qui se vantait d'avoir un génie familier, était indubitablement un peu fou ou un peu fripon, VOLT. Dict. phil. Locke. Par malheur, je n'ai point l'art de me contrefaire; Il vient pour un sujet qui ne saurait me plaire. Et je le marquerais indubitablement, GRESSET, le Méchant, i, 4.
— HIST. XVI» s. L'ame fidèle reconnoit indubitablement, et, par manière de dire, touche à la main la présence do Dieu, calv. Inst. 83. Ciceron dit, que, tout ainsi comme Hélène fut cause de la guerre de Troye, aussi avoit esté Antonius autheur de la guerre civile , ce qui indubitablement est faulx , AMYOT, Anton, s.
— ÉTYM. Indubitable, et le suffixe ment. f INDUCTEUR (in-d«-kteur) , adj. m. Terme de
physique. Circuit inducteur, circuit qui fait l'induction. Il Muscle inducteur, muscle qui produit une contraction induite.
— ÉTYM. Voy. INDUCTION, t INDUCTIF, IVE (in-du-ktif,kti-v'), adj. ||l°Oui
induit à. Des conseils inductifs à mal. || Peu usité en ce sens. 1| 2° Qui procède par induction. Méthode inductive, voy. induction. || 3° Terme de physique. Capacité inductive, facilité plus ou moins grande avec laquelle l'électricité neutre se décompose et se recompose dans l'intérieur d'une même molécule; par opposition à la conductibilité, qui consiste dans la facilité plus ou moins grande avec laquelle l'électricité d'une molécule se transmet aux molécules suivantes.
— HIST. xv s. On dit que les femmes sont fragiles, muables, deceptives et inductives à mal, le Triomphe de la noble dame, f° 264, dans lacurns. Il XVI* s. S'ils parlent d'apointements ou alliances, faut reciter les causes finales et inductives, et qui ont, à ce , meu les parties, m. du bellay. Prologue.
— ÊTYM. Provenç. inductiu; esp. induclivo; ital. induttivo ; du lat. inductivus (voy. induction).
t INDUCTILE (in-du-kti-r), adj. Terme de physique. Qui manque de ductilité.
— ÉTYM. In.... I, et ductile.
t INDUCTILITÉ (in-du-kti-li-té), s. f. Manque de
ductiUté. Il On a dit aussi, mais à tort, inductibilité, qui ne pourrait être correct que si l'on disait ductible, inductible. L'inductibilité du cuivre jaune lorsqu'il est chaud, vient de ce que le cuivre rouge qu'il contient se fige presque aussitôt qu'il est hors du feu.... Dict. des arts et met. Mines.
INDUCTION (in-du-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1" Action d'induire, de mener vers, suggestion. Il s'est laissé aller à cela par l'induction d'un tel. Par l'induction de son conseil, elle jugea que..., maucroix. Schisme, liv. iv, p. 446, dans RicHELET. Il 2° Manière de raisonner qui consiste à inférer une chose d'une autre. Il ne peut juger des choses qu'il ne voit pas que par induction sur celles qu'il voit, i. J. rouss. Uél. vi, 7. Les vérités d'existence appartiennent aux sens, celles d'induction à la raison, dider. Opin. des anc. phil. [épicurisme). || Terme de philosophie. Sorte d'analyse où l'on va des effets à la cau.se, des conséquences au principe, du particulier au général (voy. ANALYSE), OU, autrement , opération qui découvre et prouve les propositions générales, procédé par lequel nous concluons que ce qui est vrai de certains individus d'une classe est vrai de toute la classe, ou que ce qui est vrai en certain temps sera vrai en tout temps, les circonstances étant
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pareilles. Une induction est essentiellement la perception qui nous montre qu'un cas particulier appartient à une certaine classe de cas préalablement généralisés. {| 3° Conséquence que l'on tire par induction. Pour confirmer toutes ces inductions, on m'a communiqué deux pièces, patru, Plaidoyer 3, dans RiCHELET. Il lui serait libre de tirer de leurs paroles telle induction qu'il lui plairait, boss. Confér. avec Claude, u. Sans faire ici une longue induction, n'est-ce pas ce que nous avons tu presque de nos jours dans l'hérésie du siècle passé? bourdal. 3* dim. après la Pentec. Domin. t. ii, p. î6(. Leur physique [des anciens] est pleine de qualités occultes et d'inductions vagues qu'ils tirent presque toujours des affections de l'âme appliquées à la matière, de sympathies et d'antipathies , maiban, Éloge de Vabbé de Molières. Ceux qui savent évaluer la force des inductions et apprécier la valeur des analogies, buff. Hist. min. Introd. 2" part. Œuv. t. VI, p. 202. Cette induction que nous faisons tous, sans savoir pourquoi, de ce qui se passe en nous à ce qui se passe au dedans des autres, DiDER. Mt. sur les aveugles. || En plaidoierie et discussion juridique. Argument, qui, d'un fait constaté, en infère, par voie de conséquence, un autre pour lequel on manquait de preuve directe. Tel fait allégué n'est pas établi, ce n'est qu'une induction. Il i° Terme de physique. Si l'on fait passer le courant électrique développé par une pile ou par un aimant, à travers un fil de cuivre d'une certaine longueur, isolé par un iil de soie qui le recouvre, et enroulé autour d'une bobine, il y a production , chaque fois qu'on interrompt ou qu'on rétablit le courant, d'un courant électrique inverse dans la fil induit, au moment de l'ouverture du circuit inducteur, et manifestation d'un courant direct au moment de sa fermeture. Courant d'induction. Il 5° L'action d'étendre ou d'appliquer quelque chose sur la surface d'un objet, surtout quelque chose de ductile et de mou,
— HIST. xiv s. Et tant fist par ses inductions [suggestions] que le pueple latin avecques les Romains furent d'acort de fere à Rome un temple par commun, BERCHEURE,f° 22, recto, induction est quant de pluseurs particuliers l'en conclut universelment, ORESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Commander, conduire et guider, non par dures ni violentes contraintes, mais par molles et douces inductions et persuasions, AMYOT, De la vertu morale, 5.
— ÉTYM. Provenç. inductio; espagn. induccion; ital. induxione; du lat. inductionem, qui vient de induclum, supin de inducere, induire.
INDUIRE {in-dui-r'), j'induis; j'induisais; j'induisis; j'induirai; j'induirais: induis; que j'induise ; que j'induisisse ; induisant ; induit, v. a.
Il 1° Mener à, conduire vers, poussera Le ciel
pour l'induire à quelque pénitence, Régnier, Éleg. III. On estimait qu'il pourrait être induit à se rendre par le bruit de la renommée, vaugel. Q. C. viii, < 3. Et mon fils à l'aimer vous devrait tous induire, MOL. Tart.i, 1. Est-ce induire à mépriser cette science que de montrer où elle est toujours? Boss. Var. 2* instr. pastor. § n». Je suis induit à ce sentiment par le succès de certaines gens, la BHUY. n. Il II se prend souvent en mauvaise part. Induire à mal faire. Et ne t'attends de m'induire à luxure, LAFONT, Coc. S'il [Dieu] ne les accordait [les biens terrestres] qu'aux méchants, il induirait les faibles à cesser d'être bons pour les obtenir, fléch. Serm. 1. 11, p. 208. || Induire à erreur, conduire à l'erreur, soit que celui qu'on induit y tombe ou n'y.tombe pas. Ce que l'âme connaissait de sa dignité et de son immortalité l'induisait le plus souvent à erreur, BOSS. Hist. II, 6. Il Induire en erreur, faire tomber dans une erreur. La petite erreur dans laquelle vous m'avez induit, sert à déployer votre profonde érudition, volt. Mél. litt. à M. de laVaUière. || Induire en erreur, a souvent le sens de tromper à dessein. Il voulait m'induire en erreur. || Induire en tentation, faire tomber dans la tentation. Dans l'oraison dominicale : Ne nous induisez point en tentation, c'est-à-dire ne permettez pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces. {| 2° Faire une induction, tirer une conséquence. Le plus dangereux effet de ce principe [la doctrine des quiétistes sur l'acte continu et universel] est d'induire la suppression des actes explicites, boss. Et. d'orais. 1, 12. Comme ce sont là les principaux traits par lesquels l'outarde d'Afrique de M. Linnaeus et l'autruche volante du Sénégal diffèrent de notre outarde d'Europe, on peut en induire, ce me semble, que ces deux oiseaux se ressemblent beaucoup, BUFF. Ois. t. m, pi 78. Il Absolument, Induire^st uli
procédé logique constamment employé dans les sciences d'observation. || 3° Terme de fauconnerie. L'oiseau induit sa gorge, quand il digère la viande qu'il a prise. || 4° S'induire, v. réfl. Être induit, être conclu. Cela s'induit facilement des prémisses. Il 6° S'engager réciproquement à quelque chose. Ils s'induisent de bonne heure au mal.
— SYN. INDUIRE À, INDUIRE EN. Induire à, c'est conduire vers ; induire en, c'est conduire dans. Induire au mal, c'est engager à faire le mal; induire en tentation, c'est faire subir la tentation.
— HIST. xiv s. Gardez que vous soiez honnestement vestue, sans induire nouvelles devises et sans trop ou pou de bouban [faste], Jtenagier, i, <. Se il avient que celi qui est simplement et purement prodige [prodigue] soit fait tel que il ne puisse estre enduit à bien, oresme, £t/i. -140. Il xv s. Son intention estoit de aller devant pour.... Hollandois et Zelandois émouvoir et iaduire à son service faire et son désir accomplir, fhoiss. m, iv, 50. || ivi* s. Je ne me suis jamais laissé induire de faire un outil de guerre de ma maison, MONT, iv, 92. Qui est-ce qui induit [induisit] Roboam pour le faire obéir au conseil des jeunes gens? calv. Inst. 228. Et comment seroient-ils induits à l'invoquer [Dieu], sinon qu'ils espérassent avoir quelque aide de lui? id. 16. 437. Induire le cas d'une loy à une autre, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. enduire, endurre; catal. induir; espagn. inductr; ital. indurre; du lat. inducere, detn.... 2, etducere, conduire (voy. duire).
INDUIT, ITE (in-dui, dui-t'), part. 'piss^ d'induire. Il 1° Poussé à. Induit à prêter une forte somme d'argent. || 2" Tiré comme conséquence. Principe induit de bonnes observations. || 3° Terme de physique. Fil induit, fil de cuivre isolé par un fil de soie qui le recouvre, et servant à la production des courants d'induction. || Contraction induite, contraction produite par un muscle qui se contracte et sur lequel repose le nerf moteur d'un autre muscle.
t INDULGEMMENT (in-dul-ja-man) , adv. D'une manière indulgente. Il [le concile de Trente] les [les prêtres] avertit que, s'ils agissent trop indulgemment avec les pécheurs, en leur ordonnant des peines très-légères pour des péchés très-griefs, ils se rendent participants des crimes des autres, boss. Sermons, Satisfaction, 2. Mes remords ont besoin qu'un prêtre indulgemment Lave en moi le mensonge et l'empoisonnement, lemebcier, Frédég. et Bruneh. v, ).
— HIST. XVI* s. Indulgemment, cotgrave.
— ÉTYM. Indulgent, et le suffixe ment.
INDULGENCE (in-dul-jan-s'), s. f. \\ 1° Facilité à
excuser et à pardonner les fautes. Le ciel n'est pas toujours aux méchants si propice ; Après tant d'indulgence il a de la justice, corn. Attila, iv, 6. Allez et n'imputez-cet excès d'indulgence Qu'au pouvoir absolu qui retient ma vengeance, hotr. Yencesl. I, 2. Mon Dieu 1 Monsieur de Sotenville, vous avez des indulgences qui n'appartiennent qu'à vous, et vous ne savez pas vous faire rendre par les gens ce qui vous est dû, «fOL. Georges Dand. i, 4. Faites sentir aux pécheurs l'horreur du crime qu'ils ont commis...., de peur que votre facilité ne leur soit une occasion de libertinage, et qu'abusant de votre indulgence, ils ne fassent une nouvelle injure au Saint-Esprit par leurs fréquentes rechutes, boss. Sermons, Satisfaction, 2. D'une mère facile affectez l'indulgence, rac. Brit. 1, 2. L'expérience confirme que la mollesse ou l'indulgence pour soi et la dureté pour les autres ne sont qu'un seul et même vice, LA bruy. IV. Tout pouvoir en un mot périt par l'indulgence, volt. Âl%. i, *. X l'infidélité l'indulgence encourage, id. Tancr. i, i. Et que souvent pour deux époux L'art d'être heureux c'est l'indulgence, imbert, Jaloux sans amour, m, 3. Croyez que tout mortel a besoin d'indulgence, m. j. chén. Fénel. m, 2. C'était une personne sans indulgence, et qui, ne concevant rien que le devoir et les sentiments qu'il permet, prononçait l'anathème contre tout ce qui s'écartait de cette ligne, stael, Corinne, XIX, 3. Il 2° En termes ecclésiastiques, rémission de tout ou partie de la peine due au péché que le pape accorde en vertu des mérites du Sauveur (en ce sens il s'emploie souvent au pluriel). Indulgence plénière. Lorsque, ayant égard ou à la ferveur des pénitents ou à d'autres bonnes œuvres qu'elle [l'Église] leur prescrit, elle relâche quelque chose de la peine qui leur est due, cela s'appelle indulgence, boss. Eipos. de la doclr. de l'Égl. 8. Qui ne sait la publication des indulgences de Léon X, et la jalousie des augustins contre les jacobins qu'on leur avait préférés en cette occasion 7 iD. Var. I, S 6. C'est par la mépris de» indulgence* qu'a commencé le schisme de l'hérésie,
BODRDAL. Ouvert, du •tîfttW, myst. t. 11, p. 883. n [Léon XI prétexta une guerre contre les Turcs, et fit vendre dans tous les États de la chrétienté ce qu'on appelle des indulgences, c'est-à-dire la délivrance des peines du purgatoire, soit pour soi-même, soit pour ses parents et amis, volt. Mœurs, 437. Les évêques d'Angleterre étaient encore catholiques en renonçant à la juridiction du pape ; et ils étaient si animés contre les hérétiques que, lorsqu'ils les avaient condamnés au feu, ils accordaient quarante jours d'indulgence à quiconque apportait du bois au bûcher, id ib. 4 37. || Fig. et familièrement. Gagner, mériter les indulgences, les indulgences plénières, se dit, en plaisantant, d'une personne qui fait une chose méritoire, difficile, désagréable. Tout domestique en trompant un mari Pense gagner indulgence plénière, la font. Gag.
— ÉTYM. Provenç. indulgencia, endulgencia, endulgensa; esp. indulgencia; ital. indulgensia, indutgema; du lat. indulgentia,de indulgens, indulgent.
INDULGENÏ, ENTE (in-dul-jan, jan-t'), adj. Il i' Qui a de l'indulgence, qui pardonne aisément. Indulgents à leurs femmes, vaugelas, Q. C. 285. Sois-lui plus indulgent [au prochain] et pour toi plus sévère, CORN. /mit. 11, 3. Mais chacun pour soimême est toujours indulgent, boil. Sat. iv. Rome lui sera-t-elle indulgente ou sévère? rac. Bérén. 11, 2. Un homme dur au travail et à la peine, inexorable à soi-même, n'est indulgent aux autres que par un excès de raison, la bruy. iv. Les pécheurs ne seront pas plus indulgents à son infortune, mass. Avent, Jugement. Henri IV était indulgent à ses amis, à ses serviteurs, à ses maîtresses, volt. Hist. du parlem. xxxvii. Les succès et la prospérité adoucissent toutes les belles âmes ; il est si naturel d'être indulgent quand on est heureux I genlis, Jfme de Maintenon, 1. 1 , p. 33. Tout comprendre rend très-indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté, stael, Corinne, xviii, 6. || 2* Il se dit des choses dans le même sens. Pourquoi, lorsque mon coeur si longtemps offensé, Indulgent pour vous seule, oubliait le passé.... volt. Mariamne, iv, 4. L'indulgente vertu parle par votre bouche, id. Alx. I, 4. [Gens instruits qui] D'un regard indulgent contemplent nos erreurs, id. Trois emper. en Sorb. Tout ce qu'en nos climats La nature indulgente a semé sous nos pas, m. Scythes, 1, 4 . || 3» Par extension, qui se laisse aller à. Ovide, en vers doux et mélodieux. Sut débrouiller l'histoire de ses dieux: Trop indulgent au feu de son génie, Mais varié, tendre, plein d'harmonie, j. B. Kooss. Épit. i, s. De ses refus d'apprêt oubliant l'artifice , Indulgente à l'amour, sans fierté, sans caprice. De son sexe cruel n'ayant que les appas, a. chén. Elég. XI. Il 4° S. m. Nom par lequel les adhérents de Robespierre désignaient les dantonistes, auxquels ils reprochaient trop de mollesse.
— REM. Outre indulgent à, on dit aussi indulgent pour, indulgent envers.
— HIST. XVI» s. Que c'est une farouche alliance de marier le divin avecques le terrestre, le raisonnable avecques le desraisonnable, le severe à l'indulgent, l'honneste au deshonneste, mont, iv, 304.
— ÉTYM. Lat. indulgentem, part, présent de mdulgere, accorder.
INDULT (in-dulf), s. m. || 1" Privilège accordé par lettres du pape à quelque corps ou à quelque personne d« pouvoir nommer à certains bénéfices, ou de pouvoir les tenir contre la disposition du droit commun. On distingue l'induit des rois, par lequel ils ont le pouvoir de nommer aux bénéfices consistoriaux, l'induit des cardinaux, qui leur donne le pouvoir de nommer en commende, celui de tenir les bénéfices réguliers comme les séculiers, et de ne pouvoir être prévenus dans les six mois qu'ils ont pour conférer les bénéfices à leur nomination. Il Fig. Et ne sais pas comme il ne vient de Rome Permission de troquer en hymen.... Peut-être un jour nous l'obtiendrons, amen. Ainsi soit-il; semblable induit en France Viendrait fort bien, la FONT. Troq. \\ 2° Droit particulier qu'avaient le chancelier de France et les officiers du parlement do Paris, de requérir sur un évêché ou sur une abbaye le premier bénéfice vacant, soit pour euxmêmes, soit pour un autre, après y avoir été autorisés par lettres du prince. Chaque officier ne pouvait exercer le droit d'induit qu'une fois en sa vie. Mettre son induit sur une abbaye. François I" obtint du pape l'induit du chancelier et des membres du parlement, volt. Moeurs, 4 38. || 8° En Espagne, droit qui se paye au roi sur tout ce qui vient des Indes occidentales, par les galions. — HIST. XVI* s. Je comteray plus tost contre les
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privilèges les induits d'aucunes cours souveraines, encore qu'ils soyent plus anciens qu'aucuns ne pensent, p. pithou, 69.
— ÈTTM. Lat. indultwn, chose accordée, de indulgere,
INDULTAIttE (in-dul-iê-r'), s. m. Celui qui a droit à un bénéfice en vertu d'un induit.
— ÉTYM. Induit.
INDÛMENT (in-du-man), adv. Terme de pratique. D'une manière indue. On a indûment procédé. L'official de Gez est dûment officiai; mais je crois qu'il a très-indûment instrumenté le 8 de juin, VOLT. Lett. AmouU, e j\xil\. 476<.
— HlST. xiv* s. Amer et quérir honneur non deu ou induement, obesme, Eth. 5i. ||xv« s. Si voulsist le duc de Gueldre nourrir amour et bon voisinage, Il ....et remit arrière lavilledeGavresqu'induement il tenoit, froiss. ii, jii, 94.
— ÉTYM. Indue, et le suffixe ment.
t INDCPLICATIF, IVE (in-du-pli-ka-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Qui se replie en dedans. Préfloraison induplicative, celle où les feuilles ont leurs bords régulièrement repliées en dedans.
— ÉTYM. in.... 2, et duplicatif.
t INDURATION (in-du-ra-sion) , s. f. Terme de médecine. Action de devenir dur. Induration du tissu cellulaire. || Partie indurée. Il y a des indurations dans le ventre.
— HIST. XIV" s. Note que coagulacion de lait en la mammelle ne se fait pas proprement par froidure; car ce seroit plus induracion que coagulacion, beb- NABD DE GORDON, Trad. franc, iv, i*.||xvi' s. Les autres tumeurs passent en disposition dure et scirrheuse, dit vulgairement induration, pxhé, v, 3.
— ÉTYM. Indurer.
t INDURER (in-du-ré), v. a. Terme de médecine. Rendre dur. L'inflammation chronique indure quelquefois les parties. Une glande indurée. || S'indurer, v. réfl. Devenir dur. Glande qui s'indure.
— ÉTYM. Lat. indurare, rendre dur, de in.... 2, et duras, dur.
t INDUSE (in-du-z*), s. f. Vpy. indusie.
t INDUSIE (in-du-zie), s. f. \\ 1° Terme de botanique. Membrane qui recouvre les sores ou groupes de corps reproducteurs des fougères. || 2" Terme de minéralogie. Nom donné par Bosc à des corps fossiles qui présentent la forme d'un tube de 6 à «0 millimètres de diamètre et de 6 à 8 centimètres de longueur, ouverts d'un côté et fermés de l'autre ; la formation en paraît due à un insecte aquatique du genre frigane, névroptères, legoarant. Il On dit aussi induse. Calcaire à induses, calcaire qui contient de ces étuis.'
— ÉTYM. Lat. tndust'um, chemise, de induere, vêtir, qui paraît formé de tndo, en dedans, et un radical v^re, d'ailleurs inconnu; comparez ex-uere.
t INDUSTRIALISME (in-du-stri-a-li-sm') , s. m. Néologisme. Goût pour l'industrie; préférence donnée au monde industriel. || Système qui considère l'industrie comme le pi^ot des sociétés. || Prépondérance politique des industriels; puissance de l'industrie.
— ÉTYM. Industriel.
t INDUSTRIALISTE (in-du-stri-a-li-sf) , adj. Néologisme. Qui appartient à l'industrialisme. || S. m. Partisan de l'industrialisme.
INDUSTRIE (in-du-strie), s. f. || 1" Habileté à faire quelque chose, à exécuter un travail manuel. Cela est fait avec beaucoup d'industrie. Avoir de l'industrie. Une dangereuse industrie. Quelque industrie qui paraiase dans ce que font les animaux, Boss. Connaiss. de Dieu, v, 2. X Smolensk, l'ordre avait été donné de prendre, en partant, pour plusieurs jours de vivres; l'empereur n'en ignorait pas la difficulté, mîris il comptait sur l'industrie des chefs et des soldats ; ils étaient avertis, cela suffisait ; ils sauraient bien pourvoir eux-mêmes à ieurs besoins, ségur, Hist. de Nap. vu, i.\\i° Kig. Inven tiou, savoir-faire. Doucement, ce discours est de mon industrie, mol. VÉt. lu, 4. Voilà vos craintes dissipées.... je vous défie avec toute votre industrie de trouver à regratter là-dessus, sÉv. 20 nov. 4 689. Ulysse, en apparence, approuvant mes discours. De ce premier torrent laissa passer le cours ; Mais bientôt, rappelant sa cruelle industrie, Il me représenta l'honneur et la patrie, bac. Iphig. i, <. 11 a mille industries pour faire plaisir à son voisin, pén. Tél. xiv. Je ne voulais pas leur montrer [au duc et à la duchesse d'Orléans] tous mes ressorts, pour ne les pas ralentir et apparesser par compter trop sur mon industrie, st-sim. 267, <06. || Vivre d'industrie, trouver moyen de subsister par son adresse et par gon savoir-faire (locution qui ne se dit qu'en mauvaise part). Faate de revenu, je vis de l'industrie.
REGNARD, Fol. am. I, B. Il Fig. et familièrpraenS, Chevaliers d'industrie, et, autrefois, chevaliers ilis l'industrie, gens qui, n'ayant point de bien, subsistent par une adresse malhonnête. Mon père.... Était chevalier d'industrie, Sans en être moins glorieux, BÉBANG. Enf. de bonne maison. Des professions nouvelles commencent pour la noblesse; d'innombrables tripots, aux tournois de leurs tapis verts, voient jouter la chevalerie nouvelle ; un mot a enrichi la langue: chevalier d'industrie, miciielet, Louis XIV et le duc de Bourgogne, p. (48. ||3- Profession mécanique ou mcroantiio, art, métier que l'on exerce pour vivre. Cette petite industrie lui donne de quoi subsister. Ce prodigieux nombre d'industries singulières, inconnues à tous ceux qui ne les exercent pas, nullement observées par ceux qui les exercent, négligées par les savants les plus universels qui ne savent pas même qu'il y ait là rien à apprendre pour eux, et cependant merveilleuses et ravissantes dès qu'elles sont vues avec des yeux éclairés, fon- TEN. des Billettes. Il est nécessairement équitable que 'l'industrie raffinée du négociant paye plus que l'industrie grossière du laboureur, volt. L'homme aux 40 écus, entretien avec un gdomètre. || 4° Nom sous lequel on comprend toutes les opérations qui concourent à la production des richesses : l'industrie agricole , l'industrie commerciale et l'industrie manufacturière; l'industrie agricole s'applique principalement à provoquer l'action productive de la nature ou à en recueillir les produits; l'industrie commerciale crée de la valeur en mettant les produits à la portée du consommateur ; l'industrie manufacturière est ceile qui, en transformant les choses, leur crée de la valeur, legoarant. Les progrès de l'industrie. Les produits do l'industrie. L'industrie française. L'industrie a réparé les torts que la nature et la négUgence fesaient à nos climats, volt. Mœurs, 1 59. Nulle industrie ne secondait, dans ces climats heureux, les présents de la nature ; ni les soies de Valence, ni les belles laines de l'Andalousie et de la CastiLe n'étaient préparées par les mains espagnoles, id. ib. 177. 11 faut que l'industrie soit favorisée, mais il faut que l'industrie opulente secoure l'État, iD. Homme aux 4o éc^is, entretien avec un géomètre. Les caprices même de l'industrie méritent l'indulgence du gouvernement, raïnal, Hist. phil. xui, 38. Il Industrie se dit quelquefois de tous les arts industriels, sauf l'agriculture, par opposition à l'agriculture. || Les grandes industries, celles qui travaillent et produisent en grand; les petites industries, celles qui travaillent et produisent en petit. Il Exposition de l'industrie, exposition, à des époques plus ou moins éloignées, des produits de l'industrie d'un pays ou des principaux pays.
— HIST. xiv* s. Une mauvaise nef requiert plus grant industrie à estre menée que ne fait une bonne. — Il ont en eulz aucunes industries profitables au conseil, oresme, Thèse de meunier. ||xv* s. Jacques Cuer, argentier jadis du roi Charles, homme plein d'industrie et hault engin, subtil d'entendement et haut emprendre, oeorges chastelain. Temple de Jehan Bocace.
— ÉTYM. Provenç. industria, enduslria; espagn. et ital. industria, du lat. industria, de indo, en, dans, et struere, bâtir (voy. structure).
INDUSTRIEL, ELLE (in-du-stri-èl, è-1'), adj. Il 1° Qui appartient à l'industrie, qui en provient. Les arts industriels. Les professions industrielles. Les produits industriels. Les richesses industrielles. Cours industriels. || Écoles industrielles, écoles annexées à des lycées ou collèges, et où l'on fait des études non latines. || Centre industriel, grande ville où il y a beaucoup de fabriques. || Féodalité industrielle, ensemble et pouvoir des chefs de l'industrie comparés aux barons féodaux. || 2° S. m. Un industriel, une personne qui se livre à l'industrie. L'intérêt des industriels.
— HIST. XVI" s. Sont reputez fruicts industrieux les fruicts pendans en vignes et les bleds estans semez es terres, Coust. gén. t. i, p. 4I8.
— ÉTYM. Industrie, et le suffixe el, correspondant à la terminaison latine alis.
f INDUSTRIELLEMENT ( in-du-stri-è-le-man ) , adv. D'une manière qui se rapporte à l'industrie, d'une manière industrielle.
t INDUSTRIER (S') (in-du-stri-é) , v. réfl. Terme familier. Employer son industrie, cherchera la faire valoir, s'ingénier.
— HIST. XVI" s. S'iiidustrier, cotgrave.
— ÉTYM. Industrie, et la terminaison verbale er. INDUSTRIEUSEMENT (in-du-stri-eû-ze-man) ,adK.
D'une manière industrieuse. Les fausses couleurs, quelque industrieusement qu'on les applique, ne
tiennent pas, lioss. Jleine d'Angl. On les voit [les animaux].... attaquer et se défendre aussi industrieusement qu'on le puisse imaginer, m. Conrt, V, ( . Les main» de la princesse industrieusement occupées s'exerçaient à des ouvrages dont la piété avait donné le dessin, id. Arme de Goni. Mêlant industrieusement l'or et la soie, fléch. Ûauph.
— HIST. XVI" s. Et si ce n'estoit que j'aurois peur qu'il ne semblast que j'allasse industrieusement ramasser de toutes parts des inductions plaisantes, pour aggreer aux jeunes gens, amyot. De la vertu morale, 7. Elle [la sagesse humaine| faict favorablement et industrieusement d'employer ses artifices à nous peigner et farder les maulx, et en alléger le sentiment, mont, i, 227.
— ÉTYM. Industrieuse, et le suffixe ment. INDUSTRIEUX, EUSE (in-du-stri-eû, eû-z'), adj.
Oui a de l'industrie, de l'adresse. Cet ouvrage est fait d'une manière très-industrieuse. Industrieux à se cacher dans les actions éclatantes, il en renvoyait la gloire au ministre, boss. le Tellier. Il y avait dans l'armée un Dolope, nommé Eurymaque, flatteur insinuant, sachant s'accommoder à tous les goûts et à toutes les inclinations des princes, inventif et industrieux pour trouver de nouveaux moyens de leur plaire, pén. Tél. xvi. Le ciel industrieux dans sa triste vengeance, volt. Œdipe, i, i . Je vois un peuple antique, industrieux, immense, ID. Orph. IV, 2. Dans un pays où tout le monde allait pieds nus, le premier qui se fit faire une paire de souliers avait-il du luxe ? n'était-ce pas un homme très-sensé et très-industrieux? m. Dic«. phil. luxe. Partout où l'on voit subsister des espèces faibles, non protégées par l'homme, il y a à parier que ce sont des espèces industrieuses, buff. Ois. t. x, p. 297.
— ÉTYM. Lat. industriosuSjdeindustria, industrie.
INDUTS (in-du), s. m. pi. Nom donné, dans plusieurs églises, aux ecclésiastiques qui assistent aux messes hautes, revêtus d'aubes et de tuniques pour servir le diacre et le sous-diacre.
— BTYM. Lat. indutus, habillé; comme ce sont des personnages muets, dit Ménage, leur habit leur a donné leur nom.
t INDUVIAL, ALE (in-du-vi-al, a-1'), adj. Terme de botanique. Calice induvial, calice qui persiste et recouvre le fruit.
— ÉTYM. Induvie.
t INDUVIE (in-du-vie) , s. f. Terme de botanique. Toute partie accessoire de la fleur qui persiste et recouvre le fruit.
— ÉTYM. Lat. induvia, vêtement, de induere, vêtir (voy. indusie).
f ....INE, suffixe qui, en chimie, marque l'origine d'une substance par rapport à une autre et sa nature alcaline : indigo, indigotine.
t'iNÉBRANLABILITE (i-né-bran-la-bi-li-té), s.f. Qualité de ce qui est inébranlable.
INÉBRANLABLE (i-né-bran-la-bl') , adj. \\ 1° Qui ne peut être ébranlé. Une masse inébranlable. Celui [le trône] de Dieu, ma fille, est seul inébranlable, VOLT. Irène, m, 2. La cabane était inébranlable, BERN. DE ST-p. Ch. ind. || Par extension, il se dit d'une troupe que le choc ennemi n'ébranle pas. Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés.... demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute, boss. Louis de Bourbon. || Fig. Jamais triomphe n'a été si complet [que celui de Mme de Montespan].... il est devenu inébranlable, depuis qu'il n'a pu être ébranlé, sÉv. (4 juin 4677. Les bornes de nos talents sont encore plus inébranlables que celles des empires, vauven. Max. cclxxiv. Il 2° Constant, ferme, qui ne se laisse point abattre. Inébranlable dans ses amitiés, et incapable de manquer aux devoirs humains, boss. Anne de Gonx. Un homme armé de la défiance de soi-même et de la confiance en Dieu demeurera inébranlable à toutes les secousses de la fortune, Mém. de Trév. 1724 dans DESPONTAINES. Tant ils étaient inébranlables dans la discipline sévère à laquelle leur roi les avait accoutumés, volt. Charles III, 7. || 11 se dit également des choses morales. Mon cœur inébranlable aux plus cruels tourments, corn. Théod. v, 3. Que cette inébranlable et fidèle amitié Mérite bien de vous au moins quelque pitié, th. corn. Ariane, 11, 7. Sa vertu t'est connue; elle est inébranlable, volt. Scythes, i.i, a. || 3° Qu'on ne peut faire changer de dessein, d'opinion. Protésilas a vu que j'étais inébranlable dans ces maximes, fén. Tél. ni. Tu verras qu'une femme, à tes yeux méprisable. Dans ses projets au moins était inébranlable, volt. Brutus, IV, 3. 11 répondit avec modestie et respect, sans s'expliquer sur les motifs , et fut inébranlable ,
INE
puaos, Mém. rég. (Suv. t. vi, p. <«», dan» pon-
CBNS.
— ÉTYM. In.... *, et ébranler.
INÉBRANLABLKMENT ( i-né-bran-la-ble-man ) ,
adv. D'une manière inébranlable. Ce rocher est fixé inébranlablement. || Fig. C'est un homme inébranlablement attaché à son devoir.
— ÉTYM. Inébranlable, et le suffixe ment.
+ INËBBANLË, ÉE (i-né-bran-lé, lée), adj. Qui n'est point ébranlé. Rocher inébranlé. || Fig. Doctrine inébranlée. Résolution inébrantée.
— REM. Inébranlé avait été employé par Malherbe. Inébranlé, que dit M. de Malherbe, ne vaut rien, VAUGELAS, Nouv. rem. p. 363. Malgré la remarque de Vaugelas, inébranlé est fort bon.
— ÉTYM. In.... *, et ébranlé.
flNÊBRIATIF, IVE (i-né-bri-a-tif, ti-v'), adj.
Terme didactique. Qui cause l'ivresse.
— HIST.xiv* s. Armonies inebriatives ouen^vrans, ORESME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Lat. tnebrtore,de in.... i, et ebrius, ivre, t INÉCLAIRCI, lE (i-né-klêr-si, sie), adj. Qui n'a
point été éclairci; qui n'est pas rendu clair. Unfait inéclairci.
— ÉTYM. In.... 1, et éclairci.
i mÉCODTÉ, ÉE (i-né-kou-té, téB),adj. Qui n'est point écouté.
— ÉTYM. in.... t , et écouté.
t INÉCROULABLK (i-né-krou-la-bl'), adj. Qui ne peut s'écrouler.
— HIST. xvi* s. Inescroulable, cotoratb.
— ÉTYM. In.... t, et écrouler.
BSÉDIT, ITE (i-né-di, di-t'), adj. || i' Qui n'a point été édité. Œuvres inédites. || %' Terme didactique. Animaux inédits, plantes inédites, animaux, plantes, dont la description ou la figure n'a pas encore été publiée.
-—ÉTYM. Lat. tnedttiu, de in.... A, et tditus, édité (voy. ce mot).
t INÉDCCATION (i-né-du-ka-sion) , t. f. Défaut d'éducation. L'accusé sera défendu à outrance par un conseil dont c'est la mission légale, et qui fera valoir en faveur du plus scélérat, du plus parricide, toutes les excuses de la misère, de l'inéducation, de l'inexpénence, dupont-whitb, la Liberté pol. p. tôt.
— ÉTYM. In.... t, et éducation.
t INÉE (i-née), t. f. Plante de la famille des apocynées, dite aussi onage, qui croit au Gabon, dans l'Afrique occidentale, et dont la graine donne un suc employé par les indigènes à empoisonner les petites flèches de bambou dont se servent les chasseurs d'éléphants.
INEFFABaiTÉ (i-né-fa-bi-li-té) , t. f Qualité de ce qui est ineffable. L'inefTabilité des mystères. L'inefTabililé des grandeurs de Dieu.
— ÉTYM. Lat. ineljabilitatem, de ineffabUis. INEFFABLE (i-nè-fa-bl'), adj. || l»Oui nepeutêtre
exprimé par des paroles. Tressaillir d'une joie ineffable et pleine de gloire, saci, Bible, St Pierre, t" ép. 1, 8. Pendant que le pauvre à ta table Goûtera de la paix la douceur ineffable, rac. Àthal. ii, 9. Il [Jésus-Christ] pousse sans cesse des gémissements ineffables sur les malheurs qui nous menacent, mass. Carême, Fautes légères. Cette ineffable paix que donne la vertu, c. delav. Paria, i, 7. Vos sens inondés d'ineffables délices, id. ib. iv, 7. |{ Il se dit particulièrement de Dieu et des mystères de la religion. Le nom de Jéhovah est ineffable parmi les Juifs. Accoutumée dès son origine à des mystères incompréhensibles et à des marques ineffables de l'amour divin, les merveilles impénétrables que renfermait le sens littéral ne l'avaient point rebutée, Boss. Yar. ii, 1. Préférant les saintes douceurs de la solitude et les communications ineffables avec son Dieu à la conduite des tribus, mass. Carême, Resp. hum. L'union ineffable qu'il a contractée avec lui [Jésus] dans son baptême, id. Carême, Comm.ind. Il 2' Terme d'arithmétique ancienne. Nombre ineffable, nombre irrationnel ou incommensurable.
— ETYM. Lat. inetfabilis, de in..,, i, ex, hors, et fari, parler (voy. fable, fatal).
t LVEFFABLEMENT (i-Dè-fa-ble-man) , odt). D'une manière ineffable.
INEFFAÇABLE (i-nè-fa-sa-bl'), adj. Qui ne peut être effacé. La plus élevée [montagne] porte l'empreinte ineffaçable d'un ancien volcan, baynal, Ilist. phil. xiii, <». Il Fig. Il [Bourdaloue] nous peignit sa mc>:t [de Condé] avec des couleurs ineffaçables dans mon esprit et dans celui de tout l'audi- «nre, sÉv. îB avril <687. Les grandes impressions du cœur sont ineffaçables, m"' de scuuehy, dans ni- CHELET. Il regardait sa qualité de prince indépendant comme un caractère inefiaçable, volt. Louis X17.3S.
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Poursuivi par le souvenir ineffaçable du fils qu'il avait perdu, GENUS, Veill. du ehdt. t.ii, p. 376.
— SYN. INEFFAÇABLE, nTOiLèsiLE. Ces deui mots ont au fond le même sens; mais l'idée qu'ils expriment n'est pas exactement la même. Une chose est ineffaçable si, malgré tout ce que l'on met dessus, on ne peut la faire disparaltie. Elle est indélébile, si on ne peut parvenir à en détruire les parties. Une encre indélébile est celle dont rien n'ïJtère la nature : mais elle n'est pas ineffaçable si, par un moyen quelconque, on l'enlève de dessus le papier. D'ailleurs, indélébile est un mot plus technique et qui s'accommode moins du style élevé qu'ineffaçable, parce que effacer est français, tandis que delere n'est que latin.
— ÉTYM. In.... t, et effacer.
t ESEFFAÇABLEMENT (i-nè-fa-sa-blo-man), adv. D'une manière ineffaçable.
t INEFFACÊ, ÉE (i-nè-fa-sé, sée), adj. Qui n'a point été effacé. '
— ÉTV-M. In.... t, et effacé.
t INEFFECTIF, IVE (i-nè-fè-ktif, kti-v*), adj. Qui n'est point effectif, qui ,n'est point suivi d'efl'et. Dieu veut des œuvres, et il ne se paye ni de simples désirs, ni des volontés ineffectives, kascâ, dans le Dict. de dochez, au mot onivre.
— ÉTYM. In...^ i , et effectif.
f INEFFECruÉ, ÉE (i-nè-fè-ktu-é, ée), adj. Qui ne s'est point effectué.Promesses ineffectuées.
— ÉTYM. In.... i, et effectué.
INEFFICACE (i-nè-fi-ka-s') , adj. Qui n'a point d'efficacité. Ce n'est là qu'une fausse résolution, ou du moins ce ne sera qu'une résolution inefficace, bourdal. **• dim. après la Pentee. Dominic. t. m, p. 423. Il proposait un autre remède, non moins inefficace, contre la vivacité de la douleur, qui consistait à rendre notre esprit distrait sur les maux qu'on souffre, et à tourner toute son attention sur les plaisirs qu'on a sentis autrefois, rollin, Hist. anc. liv. xxvi, '!• part. ch. 2, art. i, § <.
— SYN. INEFFICACE, INEFFECTIP. Ce» deUI motS
ont pour radical facere, faire. Ineffectif signifie qui ne produit pas d'effet; inefficace, qui n'achève pas. Une volonté est ineffective quand elle ne passe pas à l'acte ; elle est inefficace quand l'acte qu'elle produit n'atteint pas le but proposé.
— ÉTYM. Provenç. ineficax ; catal. inefleas ; esp. irw/îco*; ital. inefficace; du latin ineffrcacem, de t'n.... 4, et efficax. efficace.
t INEFFICACEMENT (i-nè-fi-ka-se-man), adv. D'une manière qui n'est point efficace. Après le saccagement de Rome, inefficacement secourue par les Français, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, i 528.
INEFFICACITÉ (i-né-fl-ka-si-té) , s. f. Qualité de ce qui est inefficace.
— ÉTYM. Inefficace.
INÉGAL, ALE (i-né-gal, ga-^, adj. || 1° Qui n'est point égal, c'est-à-dire qui n'est pas de même étendue, grandeur, durée, force, valeur, etc. Deux personnes de condition inégale. Mais leurs coups [blessures] inégaux séparent leur poursuite [des Curiaces], corn. Wor. IV, 2. Il [Jurieu] se débarrasse encore plus mal du crime de rendre inégales les trois personnes divines, qui est le plus manifeste de tous les blasphèmes, BOss. 6* avert. 26. Je me suis exposé dans un combat à forces inégales, fén. Tél. xvi. J'ai toujours détesté tout partage inégal, destouches, Homm. ting. i, 4. La fortune entre vous devient trop inégale, volt. if. de Ces. i, 3. jj Terme de botanique. Se dit des parties qui n'ont pas les mêmes dimensions. Ëtamines inégales. || Par extension. Combat inégal, combat où les forces ne sont pas égales des deux côtés. Si vous voulez voir un combat plus inégal encore, J. J. rouss. Disc, sur finégalilé, <'*partie. || Inégal aux armes, aux forces de..., qui ne peut résister aux armes, aux forces de (emploi qui n'est plus guère usité). Quand la Castille inégale à ses armes [de François I"] Lui vola son dauphin, MALH. VI, 8. Il 8° Qui n'est pas uni, qui est raboteux. Un terrain, un chemin, un plancher inégal. Quelques lieux inégaux [dans la lune] de loin font cet efl'et, la font. Fabl. vu, <8. || 3° Qui n'est pas réglé, régulier, uniforme. Marcher d'un pas inégal. Démarche inégale. || Pouls inégal, celui dans lequel les pulsations artérielles diffèrent les unes des autres par rapport à la grandeur et à la durée. Il Respiration inégale, celle dont les mouvements ne se succèdent pas d'une manière uniforme. || 4° Fig. Mêlé de bon et de mauvais. Conduite inégale. Le jeu de cet acttur est fort inégal. Que Virgile est passable.... Que Pline est iné^jal.... Régnier, Sat. X. L'homme du meilleur esprit est inégal : il souffre des accroissemeats et des diminutions, la bbuy. xi.
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Les hommes en un même jour ouvrent leur àmn à de petites joies, et se laissent dominer par de petits chagrins; rien n'est plus inégal et moins suivi que ce qui se passe en si peu de temps dans leur cœur et dans leur esprit, id. ib. L'autre [Théophile], sans choix, sans exactitude, d'une plume libre et inégale.... n>. I. Il S' Qui offre de grandes et subites variations d'humeur. Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans. S'il les déteste morts, les adore vivants, cORN. Cinna, u, 3. Un homme inégal n'eS pas un seul homme, ce sont plusieurs; il se multiplie autant de fois qu'il a de nouveaux goûts et de manières différentes.... il se succède à lui-même, la brut. XI. Je crois qu'il passe sa vie, comme moi, à être malade ; cela le rend un peu inégal dans les devoirs de l'amitié, volt. Lett. Damilaville, i9 sept. t76». Mon humeur était impétueuse, mon caractère inégal, chateaub. René.
— HIST. XIV* s. Et en ceste manière ceulx qui sont inequalz pevent estre mesmement amis, oresme, Eth. 243. Il XVI' s. Si ma touche se treuve faulse, et ma balance ineguale et injuste, mont. u, 320. En ceste succession [des saisons] continuelle il y a une telle diversité et si inégale que.... cal vin, Inst. 4 34. Au demeurant, il semble avoir esté fort inégal en ses mœurs et fort dissemblable à soi mesme, amyot, Sylla, 43. La clameur que jettason armée fut foible, basse et inégale, id. Crassut, 64 .
— ÉTYM. In négatif, et égal ; lat. inxqualis, de tn.... 4, et asqualis, égal.
INÉGALEMENT (i-né-ga-le-man), adv. D'une mjmière inégale. Y a-t-il une seule nation qui puisse se vanter d'être arrivée au meilleur gouvernement possible, qui serait de rendre tous les hommes non pas également heureux, mais moins inégalement malheureux? buff. 7« ép. nat. CEuv. t. xii, p. 363.
— HIST. XVI* s. Inegualement, cotgrave.
— ÉTYM. Inégale, et le suffixe ment.
INÉGALITÉ (i-né-ga-Ii-té), ». f. || 1° Qualité de ce
qui est inégal. Ni l'inégalité de vos mérites à moi, ni le peu de bonne volonté que j'ai reconnue en vous, n'ont pu empêcher mon affection, u'urfS, Astrée,i, 5. Je vous dirais, seigneur, que l'amour pjtemelle Doit à cette princesse un trône digne d'elle; Que l'inégalité de mon destin au sien Ravalerait son sang sans élever le mien, corn. Sur. m, 2. Et je m'imputais même à trop de vanité De trouver entra nous quelque inégalité, m. Héracl. m, 4. Quelque apparente inégalité que la fortune ait mise entre nous, la nature n'a pas voulu qu'il y eût grande différence d'un homme à un autre, boss. Henri de Gornay. Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalité : l'une que j'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé des forces du corps et des qualités de l'esprit ou de l'âme; l'autre qu'on peut appeler inégalité morale ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention et qu'elle est établie ou du moins autorisée par le consentement des hommes, j. j. rouss. Disc, sur l'inégalité, Préambule.\\ Les inégalités sociales, l'inégalité qui est entre les diverses classes de la société. || Terme d'algèbre. Nom des expressions dans lesquelles figurent les signes > ou <, c'està-dire plus grand que ou plus petit que. || 2" Élut d'une surface qui n'est pas plane, unie, qui est raboteuse. Il se trouvait une inégalité dans le chemin. Les plus grandes inégalités du globe doivent se trouver et se trouvent en effet voisines de l'équateur, buff. Uist. nat. 2* dise. Œuv. t. i, p. 4 4». Les inégalités qui sont à la surface de la terre, qu'on pourrait regarder comme une imperfection à la iigure du globe, sont en même temps une disposition favorable et qui était nécessaire pour conserver la végétation et la vie sur le globe terrestre, id. ib. Preuv. théor. terr. CEuv. t. ii, p. 4. || 3° Défaut de régularité. L'inégalité du cours d'un fleuve. L'inégalité du pouls. Il Terme d'astronomie. Irrégularité que l'on observe dans le mouvement des astres. C'est une chose bien admirable d'être parvenu à reconnaître les inégalités que l'attraction des grosses planètes opère sur la route des comètes, volt. Lett. Clairaut, 49 août 4769. Il 4° Les inégalités d'un style, d'un auteur, se dit quand un style, un auteur a des imperfections, des passages faibles ou mauvais à côté d'autres qui sont bons. Son style est plein d'inégalités. Elle [la poésie latine avant Virgile] montrait quelquefois de la force et des traits de génie, mais sans élégance, sans grâce, et avec de grandes inégalités, HOLLiN, Hw(. anc. liv. xxv, ch. 4, art. 2,54. Il 6° Défaut d'égalité dans le» dispositions morales. Et je me plains à lui des inégalités Qu'il me force ds voir lui-même en ses bontés, cor.n. Agés, v, 3. Vous