‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 23 sur 389 · II. - U · texte numérisé non relu

II. - U

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même, dites-moi comme il faut que j'explique Cei inégalités de votre république, cobn. Nicom. iv, 6. n y a assez d'injustice et de perfidie dans le procédé des hommes, assez d'inégalités et de bizarreries dans leurs humeurs incommodes et contrariantes, BOSS. la Vallière. Vivre sans règle et au hasard, et ne consulter que le goût et les inégalités de l'imagination, MASS. Prof, relig. 2. Une inégalité de raison qui ne sait pas se déterminer, m. Carême, Rechute, *. On ne vit point en lui de ces inégalités de piété si inséparables de l'inconstance des hom- Jies, que l'uniformité toute seule lasse, id. Or. {un. Louis le Grand. Sa conduite, ses inégalités, sa perfidie; dans le moment qu'il jure qu'il l'adore, il vient ici avec d'autres dames qu'il y régale, dancourt, Fites des cours, se. 9. Les inégalités du caractère influent sur l'esprit, vahv. Du caract.

— HIST. XIV' s. Une autre espèce ou manière d'amisté est selon superhabondance ou inequalitô des personnes, si come du père au filz, oresme, Eth. 24( . Il XVI" s. Vue la nature du lieu et inequalité des forces, MONT. 1, 243. Dioclès loge la cause des maladies en l'inequalité des éléments du corps, id. m, 814. L'inégalité et malaisance des lieux, amtot, Flam. is. L'inégalité dont il usoit es punitions de ceulx qui l'avoient offensé, m. Sylla, 1 3.

— ÉTYM. Inégal; lat. inxqualitatem, de tn.... 4, eixqualitas, égalité.

t INÉLASTIQUE (i-né-la-sti-k') , adj. Oui est dépourvu d'élasticité. Il se perd, comme on en convient, beaucoup de mouvement dans le choc des corps inélastiques, volt. Phil. Newt. dout. mesure des forces, V part.

— ÉTYM. In.... 4 , et élastique.

t INÉLÉGAMMENT (i-né-lé-ga-man), adv. D'une manière dépourvue d'élégance, Dict. de 4 798, attribué à l'Académie.

INÉLÉGANCE (i-né-lé-gan-s'), t. f. Défaut d'élégance. Je ne signalerai pas l'inélégance et l'irrégularité du langage, Boss. dans le Dict. de dochez.

— REM. Diderot paraît considérer inélégance comme un néologisme ; il a tort : Peut-on compter le dessouci de la vie et l'inélégance du style parmi les mots dont la disette appauvrit notre langue? di- DER. Claude et ffér. 11, 1 09.

— ÉTYM. La.i.inelegantia, de ineZe^ons, inélégant. INÉLÉGANT, ANTE (i-né-lé-gan, gan-t'), adj.

Qui n'est pas élégant. Les conseils qu'un auteur peut recevoir d'un homme du monde siu- un tour de phrase inélégant, dider. Sur Térence. Qu'ils sont lourds ces arbres épais, négligés, inélégants, maussades I ID. Salon de 4767, ÛKu»r. t. iiv, p. 446, dans PouGENS. Le style est inégal, incorrect, inélégant, LA harpe, Corresp. littér. lxvi.

— HIST. XVI' Les juges et avocats tirent leurs principales maximes des jurisconsultes qui ont escritd'un style inélégant, pasquier, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. In négatif, et élégant ; Rech. vm, 14. tem, de «n.... 4, et elegans, élégant.

t INÉLIGIBILITÉ (i-né-li-ji-bi-li-té), ». f. Qualité de celui qui ne peut être élu.

INÉLIGIBLE (i-né-li-ji-bl'), adj. Qui n'est pas éligible. On reconnut que le candidat était inéligible. L'élection est nulle, quand elle tombe sur un sujet inéligible.

— ÉTYM. In négatif, et éligible.

i INÉLOQUENT, ENTE (i-né-lo-kan, kan-t'), adj. Sans éloquence.

— HIST. XVI' s. S'ils ont prins en haine un advocat, l'endemain il leur devient ineloquent, mont.

— ÉTYBI. Lat. ineloquentem, de tn.... 1, et eloquens, éloquent.

t INÉLUCTABLE (1-né-lu-kta-bl'), adj. Néologisme. Contre quoi on ne peut lutter. Un destin inéluctable.

— ÉTYM. Lat. ineluctabilis , de in négatif, et eluctabilis, qu'on peut surmonter, de e, hors, et luctari, lutter.

t INEMBRYONNÉ, ÉE(i-nan-bri-o-né, née), adj. Terme de botanique. Qui est privé d'embryon. Les cryptogames sont inembryonnées.

— ÉTYM. In.... I, et embryon.

t INEMPLOYÉ, ÉE (i-nan-plo-ié, iée), adj. Qui n'a pas d'emploi. Forces inemployées. Inconnu ou inemployé il y a quarante ans, il [le chemin de fer] est devenu, depuis, la plus populaire et la plus efficace des entreprises des nations civilisées, mi- CHRL chevalier, joum. des Débats, 4 nov. 4 866.

— ÉTYM. In.... 4, etemplotfj, INÉNARRABLE (i-né-na-ra-bl'), adj. Qui ne peut

être narré, raconté. Saint l'nul vit des choses inénarrables. Je te jure d'aller à ces lieux ennoblis [la

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Mecque] Par ta naissance et par ta sépulture ; Oh I pour moi quelle joie inénarrable et pure Si je puis sur ce point contenter mes désirs I s&hecS, Serpent mangeur de kaimac.

— HIST. XVI' ». Inénarrable, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. inenarrabilis, de in.... 4, et narrabilit, qu'on peut narrer, de e, hors, et norrare, raconter (voy. narrer).

t INÉNARRABLEMENT ( i-né-na-ra-ble-man ) , adv. D'une manière inénarrable.

— HIST. XVI' s. Inenarrablement, la Marguerite des marguer. p. 9, dans lacubne.

+ INENGENDRÉ, ÉE (i-nan-jan-dré, drée), adj. Qui n'est point engendré. Dieu tout-puissant, inengendré, inaccessible, volt. Philosophie, Ép. aux Rom. 6' imp.

— ÉTYM. In.... 4, et engendré.

t INENTENDU, UE (i-nan-tan-du, due), adj. Qui n'a point été entendu. Le jeune enfant [Hylas] de loin croit entendre la voix [d'Hercule], Et du fond des roseaux, pour adoucir sa peine. Lui répond d'une voix inentendue et vaine, a. chén. Idylles, Hylas.

— ÉTYM. In.... 4, ei entendu.

t INENVIÉ, ÉE (i-nan-vi-é, ée), adj. Qui n'excite pas l'envie.

— ÉTYM. In.... 4, et envie.

t INÉPANOUI, lE (i-né-pa-nou-i, ie), adj. Qui n'est point épanoui. Fleur inépanouie.

— ÉTYM. In.... i, et épanoui.

t INÊPROUVÉ^ EE (i-né-prou-vé, vée) , adj. Qui n'a point été mis a l'épreuve. Des courages inéprouvés. Il Que l'on n'a pas encore éprouvé, ressenti. Bonheur inéprouvé.

— ÉTYM. In.... 4, et éprouvé.

INEPTE (i-nè-pf), adj. \\ 1° Qui n'a "point d'aptitude. C'est un homme inepte à tout, bouhours, Nmw. rem. Quand mon cœur serait moins inepte à l'amour, j. j. rouss. Hél. u, 6. || On dit aujourd'hui de préférence inapte. || ï" Qui ne s'adapte pas à..., en parlant dos choses. Ouoiqu'en matière de morale ce soit quelquefois une chose pieuse de considérer quelle fin nous pouvons conjecturer que Dieu s'est proposée au gouvernement de l'univers, certainement en physique, où toutes choses doivent être appuyées de solides pensées, cela serait inepte, DESC. Rép. aux i" object. 46. Apres avoir perdu ma cause sur des raisons invincibles pour moi, je la gagnai sur d'autres tout à fait ineptes à ce dont il s'agissait, sT-siMort, 200, 4 4t. || 3° Qui est sans aptitude aucune, sans capacité, sans esprit. C'est un homme inepte. l| U se dit des choses dans le même sens. En la bouche d'une personne qui agirait sérieusement, elles [des paroles] seraient ineptes et ridicules, df-sc. Remarq. sur les 7" object. 40. Un auteur sérieux n'est pas obligé de remplir son esprit.... de touxes les ineptes applications que l'on peut faire au sujet de quelques endroits de ses ouvrages, la brdt. i. || Substantivement. Les ineptes, les personnes ineptes. Dans une cour où les grandes places confondant les honnêtes gens avec les fripons, les noms les plus distingués avec la vile populace, les ineptes et les gens instruits.... dider. Claude et Nér. :, 44.

— HIST. XVI' La Roche-Thomas lui va dire : viens çà, idiote, inepte.... desper. Contes, xvi. Cela les rend ineptes à la conversation civile, mont. 1, 4 84. Ses argumens sont ineptes à vérifier ce qu'il veult, id. II, 4 30. n vault mieulx estre seul, qu'en compaignie ennuyeuse et inepte, id. iv, 425. Quand il portoit le buse de son pourpoinct entre les mamelles, il maintenoit par vifves raisons qu'il estoit en son vray lieu ; quelques années aprez le voylà avalé jusques entre les cuisses, il se moque de son autre usage, le trouve inepte et insupportable, id. i, Ï69. Soubz le nom de satyre, et non de ceste inepte appellation de coc à l'asne, du bellay, i, 25, recto. Aussi voyons-nous que les plus sçavants qui ont tout Aristote et Ciceron en la teste, sont les plus sots et les plus ineptes aux affaires, charron, Sagesse, i , 4 4.

— ÉTYM. Lat. ineptiu, de in.... 1 , et aptus (voy. apte) .

t DTEPTEMENT (i-nè-pte-man), adv. Avec ineptie; d'une manière inepte.

— HIST. XVI' s. Barbares anciennement estoient nommez ceux qui ineptement parloient grec, du BELLAY, I, 4, recto.

INEPTIE (i-nè-psie), s. f. || 1° Caractère, actes d'un homme inepte. L'on était alors persuadé de cette maxime, que ce qui est dans les grands splendeur, somptuosité, magnificence, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier, la bru y. vu. Le plus grand malheur d'im homme de lettres.... c'est d'être jugé par des sots; les sots vont loin quelque-

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fois, surtout quand lo fanatisme se joint fc l'ineptie, et à l'ineptie l'esprit de vengeance, volt. Dict.phil. Lettres. Il L'ineptie, les gens ineptes. Villeroj le refusa, prétendant, disait-il, par des succès brillants, réparer son malheur; car c'est toujours ainsi que l'ineptie nomme ses fautes, duclos. Règne de Louis XIV, CEuv. t. V, p. 20, dans pougens. || Il se dit aussi de» choses. L'ineptie d'une pareille conduite. Il 2° Action, idée, parole absurde, impertinente. Ce projet est une ineptie. Plus de charité quand l'esprit de parti domine; les pauvres moururent en foule; on n'y pensait pas; et les vivants se déchiraient pour des inepties, volt. Hist. parlem. ch. 65. Tant il est vrai que toute chose dont on a beaucoup parlé a fait dire beaucoup d'inepties, BUFF. Ois. t. IV, p. 45. Si un sot vous cite de lui une ineptie qu'il vous vante pour un bon mot.... GENLis, Veill. du château, t. m, p. 4 64.

— HIST. XVI' s. Une singulière ineptie de nostre siècle, mont, i, 383.

— ÉTYM. Lat. ineplia, de ineptus, inepte. INÉPUISABLE (i-né-pui-za-bl'), adj. || 1° Qu'on

ne peut épuiser. Une source inépuisable. Us boiront dans la coupe affreuse, inépuisable..., rac. Athal. 11, 9. Il Par extension, il se dit d'autres choses que des sources, des puits, etc. Une mine inépuisable. Des richesses inépuisables. La surface de la terre parée de sa verdure est le fonds inépuisable et commun duquel l'homme et les animaux tiennent leur subsistence, buff. Bceuf. \\ i' Fig. Qui ne cesse jamais de fournir, d'abonder. La source de ma haine est trop inépuisable, corn. Pomp. v, 4. Cet inépuisable enjouement, ID. Agésil. Il, 8. Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs ; L'empire en est pour vous l'inépuisable source, rac. Brit. 11, ». 11 n'y a que le zèle admirable de M. de Beaumont qui soit inépuisable, le public se lasse bien vite d'être généreux, VOLT. Lett. Damilaville, 5 avril 4765. L'esprit se lasse de plaisanterie», et le cœur est inépuisable, ID. Vie de Molière. Je n'ai pas encore quarante an», et j'ai épuisé ces plaisirs que leur nouveauté vous fait croire inépuisables, duclos, Confess. comte de '**, QBue. t. viii, p. 4 , dans pougens. La nature et le cœur sont inépuisables, bern. de st-p. Paul et Virginie. ]\ Il se dit des personnes dans le même sens. Ce Dieu dans ses bontés toujours inépuisable, corn. Imit. n, 9. C'est un ami inépuisable, sÉv. 6 nov. 4676. L'on devait tout craindre d'un prince inépuisable en ressources, bollin, Uist. anc.Qiiv. t. x, p. 274, dans pougens.

— HIST. XVI' s. Plutarque.... vous tend une main libérale et inespuisable de richesses et d'embellissements, mont. III, 365.

— ÉTYM. In.... 4, et épuiser.

jINÉPUISABLEMENT (i-né-pui-za-ble-man), adv.

D'une manière inépuisable; sans jamais tarir. II y a en nous une raison primitive et un principe d'intelligence, d'où naissent continuellement et inépuisablement toutes nos pensées, boss. 6" avert. 34.

t INÉPDISÉ, ÉE (i-né-pui-zé, zée), adj. Qui n'est point épuisé. L'impétuosité presque sauvage de son caractère [St Jérôme], les ardeurs de sa foi, l'infatigable activité de son esprit, les immenses ressources de sa science et cette fougue inépuisée qui dégénérait quelquefois en emphase et en affectation. Mi talembert, les Moines d'Occident, 1. 1, p. 4 69.

— ÉTYM In.... 4, et épuisé.

■j- INÉQUALIFOLIÉ, ÉE (i-né-koua-li-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles inégales ou dissemblables.

— ÉTYM. Lat. imequalis, inégil, eifolium, feuilfi. ■j- INÊQUIANGLE (i-né-kui-an-gl'), adj. Dont les

angles sont inégaux.

— ÉTYM. In négatif, et équiangle.

t INÉQUILATÉRAL, ALE (i-né-kui-la-té-ral, ra-l'), et INÉQUILATÈRE (i-né-kui-la-tè-r'), adj. Terme de minéralogie et de botanique. Dont les doux côtés ne sent point égaux. Les feuilles de l'orme sont inéquilatères.

— ÉTYM. In négatif, et équilatéral, équilatère. t INÉQUIPÈDE (i-né-kui-pè-d'), adj. Terme de

zoologie. Dont les pattes n'ont pas toutes la même dimension.

— ÉTYM. In négatif, et équipède.

t INÉQUITABLE {i-né-ki-ta-bl'), adj. Qui manque d'équité.

— ÉTYM. In.... 4, et équitable.

t L\ÊQU1TABLEMENT (i-né-ki-ta-ble-man;, adv. D'une manière qui n'est pas équitable.

tlNÉQOIVALVE (i-né-kui-val-v') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est composé de valves inégales.

— ÉTYM. Ir, négatif, et équivalve.

INEUME (i-nèr-m'), adj. \\ 1° Terme de botanique

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Ouf n'a ni aiguillons, ni épines, par opposition à armé. La tige de cette plante estinerme. || 2° Terme de zoologie. Oui n'a point de cornes.

— ÉTYM. Lat. inermis, sans armes, de in.... <, et arma, armes.

INERTE (i-nèr-t'), adj. || 1° Oui est sans activité propre. Les minéraux sont appelés corps inertes, parce qu'ils paraissent dépourvus de toute espèce d'activité. || Terme d'agriculture. Sol inerte, partie du sol arable située entre le sol actif et le sous-sol. La composition du sol inerte est toujours la même que celle du sol actif; il en a les qualités et les défauts. Il 2° Oui n'a point d'activité intellectuelle ou morale. Un esprit inerte. || T se dit des ohoses dans le même sens. X cette foule de malheurs il [Napoléon] ne peut opposer qu'une résistance inerte, une fermeté impassible, une attitude inébranlable, SÉcoR. Hist. de Sap. x, 2.

— ÊTYM.Lat. inertem, de in.... I , eiars , ortt'j, art. INEUTIE (i-nèr-sie), s. f. || 1» Terme scientifique.

Ktat de ce qui est inerte; défaut d'aptitude à changer spontanément d'état. || Terme de physique. Propriété qu'ont les corps de ne pouvoir modifier d'eux-mêmes l'état de mouvement ou de repos dans lequel ils sont. Tout corps, étant indifférent de luimême au repos et au mouvement, et ayant cette inertie qui est un attribut de la matière, suit nécessairement la ligne dans laquelle il est mù, volt. Phil. New. m, t. Cette tendance de la matière à persévérer dans son état de mouvement ou de repo6 est ce que l'on nomme inertie ; c'est la première loi du mouvement des corps, la plack. Expos, m, 2. Il Force d'inertie dans les corps, résistance au mouvement qui ne vient que de leur masse et qui est proportionnelle, comme la pesanteur, à la quantité de matière qui leur est propre. Elle [la boule] est soutenue par mon plancher, et vous donnez à Hion plancher libéralement la force d'inertie ; inertie signifie inactivité, impuissance; or n'est-il pas singulier qu'on donne à l'impuissance le nom de force? VOLT. Dict. phil. Force physique. || Fig. Force d'inertie, résistance passive qui consiste principalement à ne pas obéir aux ordres qui prescrivent une action. Il rencontra dans la nation une force d'inertie qui arrêta toutes ses mesures. |{ 2° Terme de médecine. Inertie de la matrice, état de cet organe qui, après l'expulsion du fœtus, ne revient pas sur lui-même, et ne resserre ni ne rapproche ses parois. || 3° Manque d'activité intellectuelle ou morale. Si une grande application de l'esprit comtiense souvent le défaut de pénétration, c'est que l'application est une force qui se déploie sur les organes et en surmonte l'inertie , bonnet, Ess. analyt. âme, ch. 23. Il retombe promptement dans son inertie naturelle, genlis, Mlle de la Fayette, p. 80, dans pouGENS.

— ÉTYM. Lat. inertia, de iners, inerte.

t INÉRUDITION (i-né-ru-di-sion), s. f. Défaut d'érudition ; manque d'instruction.

— ÉTYM. In.... i, et érudition.

t INESPÉRABLE (i-nè-spé-ra-bl') , adj. Qu'on ne peut espérer. Dans cette angoisse, une fortune inespérable les vint trouver, st-sim. 4 67, 249.

— HIST. xvi* s. Souhait inesperable, delaporte, Épithètes.

— ÉTYM. In.... t, et espérer.

INESPÉRÉ, ÉE (i-nè-spé-ré, rée), adj. Qui n'est pas espéré. Le choix qu'il [votre esprit] vous a fait faire de trois ou quatre paroles, avec lesquelles votre dernière lettre m'a semblé plus obligeante que les autres, a produit en moi des contentements inespérés, voit. Lett. «t. Les biens inespérés que le ciel vous envoie, corn. Iléracl. m, 2. Les succès inespérés de Luther dont il avait été ébloui d'abord et qu'il [Mélanchthon] prenait avec tous les autres pour une marque du doigt de Dieu, n'eurent plus pour lui qu'un faible agrément, lorsque le temps lui eut découvert les véritables causes de ces grands progrès et leurs effets déplorables, Boss. Var. v, <. La gr&ce inespérée d'un beau jour d'hiver, ID. ilfar.- Thér. Il [le grand Condé] savait que tout ce qui est soudain et inespéré transporte les hommes,voLT. Louis XIV, 6. Il Inattendu. D'oil (le sol s'affaissant] s'ensuit la ruine infaillible et inespérée de tout l'édifice, DESC. liem. sur les 7" obj. t».

— SYN. INESPÉRÉ, DÉSESPÉRÉ. Ces deux mots signifient l'espoir perdu; mais inespéré le signifie pour le passé, et désespéré eu égard à l'avenir; désespéré 16 dit parce qu'il ne reste actuellement aucun espoir, et inespéré parce que l'espoir était perdu et qu'il est revenu : un bonheur inespéré, une situalion désespérée.

— IIIST, XVI* 8 Je sena ce proufit inespéré de la

publication de mes mœurs, qu'elle me sert auicunemeut de règle, mont, iv, h3.

— ÉTYM. In.... 1, et espéré.

INESPÉRÉMENT (i-nè-spé-ré-man) , adv. D'une

manière inespérée. Il était ruiné, il lui est survenu inespérément une succession qui a rétabli ses affaires.

— HIST. XVI* s. La seule chose qui lui avait defailli pour défaire les Parthes lui estoit inespérément offerte, amtot, Ant. 6".

— ÉTYM. Inespéré, et le suffixe ment.

t INESSAYÉ, ÉE (i-nè-sè-ié, iée), adj. Qui n'a point été mis à l'essai.

— ÉTYM. In.... t, et essayé.

INESTIMABLE (i-nè-sti-ma-bl'), adj. Qu'on ne

peut estimer, qui est au-dessus de toute estimation, en parlant des choses. Un diamant inestimable. Jamais la liberté ne cesse d'être aimable. Et c'est toujours pour Rome un bien inestimable, corn. Cinna, ii, 2. Ayant fait un butin inestimable des richesses de plusieurs années, pehrot. Tac. M 3. L'habit de M. le prince de Conti était inestimable; c'était une broderie de diamants, sÉv. 399. X quel prix inestimable ai-je toujours mis les moindres marques de votre amitié 1 id. <8 mars <67(.

— REM. Inestimable ne s'applique jamais aux personnes en ce sens; car, si l'on disait d'un homme qu'il est inestimable , cela signifierait qu'il n'est digne d'aucune estime.

— HIST. XIV* s. De ce que les enfans du marquis estoient retournés, à l'inestimable consolation du marquis, Ménagier, i, 6. 1| xvi* s. Les despences des dittes guerres sont infinies et inestimables, d'aub. Ilist. II, 243, Une quantité inestimable du riches et précieux meubles, amyot, Alex. 67. Le thresor inestimable de tant d'amis, mont, iv, h. Un estude de fruict inestimable, m. i, <69.

— ÉTYM. Provenç. inestimable; ital. inestimabile; du lat. inœstimabilis, de in.... t, et xstimare, estimer.

t INESTIMÉ, ÉE (i-nè-sti-mé, mée), adj. Qui n'est point apprécié, estimé.

— ÉTYM. In.... 4, et estimé.

f INÉTENDU, UE (i-né-tan-du, due), adj. Oui n'est

pas étendu. Un être inétendu [l'âme] gouvernant un être étendu, volt. Lett. Mme du Seffant, t o avril (772. Dire simplement que l'une [des deux substances] est inétendue, immatérielle, immortelle,.... BUFPON, De l'homme. ||En théologie, on dit que le corps de Jésus-Christ est inétendu dans l'eucharistie.

— ÉTYM. In.... *, et étendu.

t ÎNÉTIRABLE (i-né-ti-ra-bl'), adj. Oui ne peut paS'être étiré. Les produits carbures [aciers et fers] offrent une série de termes étirables entre des limites chimiquement peu différentes.... ils deviennent inétirablgs dès que les gaz oxydants y ont existé, azANCouRT, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVII, p. 3)8.

— ÉTYM. In.... < , et ^(irer.

flNÉTCDIÉ, ÉE (i-né-tu-di-é, ée), adj. Qui n'a point été étudié.

— ÉTYM. In.... ), et étudié.

i INÉVIDENCE (i-né-vi-dan-s'), s. f. Manque d'évidence. La difficulté de former une idée juste de cet être [la substance en soi] ne vient pas de quelque inévidence, mais de la disproportion de sa nature et de la mienne, boulainvilliers, Héfut. de Spinosa, p. <3.

t INÊVIDENT, ENTE (i-né-vi-dan, dan-t'), adj. Qui manque d'évidence. Un de nos écrivains a dit : des preuves inévidentes et inévidence, bouhours, liem. sur la langue.

— ÉTYM. In.... t, et évident ;\^t. inevidens (quicherat. Addenda), de tn.... *, et evidens, évident.

t INEVITABILITÉ (i-né-vi-ta-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est inévitable. C'est précisément cette inévitabilité du jugement ou de la conclusion, qui se fait par l'esprit en conséquence de la perception, qui s'appelle évidence, boulainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. <38.

— ÉTYM. Tiré du latin inevitabilis, comme si inevitabililas existait.

INÉVITABLE (i-né-vi-ta-bl'), adj. Qu'on ne peut éviter. [L'astrologie] Pour nous faire éviter des maux inévitables? la font, Fabl. ii, <3. Jamais on a fait la guerre avec une force plus inévitable, puisqu'on méprisant les saisons, il [Louis XIV] a ôlé jusqu'à la défense à ses ennemis, boss. Mar.-Thi'r. Ce tombeau, où tous ensemble nous ne voyons plus que l'inévitable néant des grandeurs humaines, id. ib. Quand il voulut sauvsr la ville do Béthulie, il [Dieu] tendit, dans la beauté de Judith, un piège imprévu et inévitable k l'aveugle brutalité d'Holopherne, id. Reine d' An j/let. Comme une aigle... .aussi vifs étaient

les regards, aussi vile et impétueuse était l'attaque, aussi fortes et inévitables élaieiil les mains du prince de Condé, id. Louis de Bourbon. Des embarras du trône effet inévitable, hac. Esth. ii, 3. Une légèreté de nature pour qui la nouveauté a des charmes inévitables, MASS. Carême, Inconst. J'étais ravie de voir le charme qui m'avait séduite, produire le même efl'et de toutes parts; l'excuse de ne l'avoir pas évité était qu'il fût inévitable, staal, Mém. t. i, p. 74. Vous vous perdez, songez qu'un maître impitoyable Nous obsède, nous suit d'un œil inévitable, volt Oreste, ii, 7. Il vaudrait mieux ignorer l'avenir Que de prévoir d'inévitables peines, malfilAtre, Narcisse, m. Un avenir qui semble impossible, lors même qu'on le sait inévitable, stael, Corinne, VIII, 2. Il Inévitable avec la préposition à. Les plaisirs sont devenus des amusements inévitables à l'ennui qui nous persécute, mass. Carême, Prière 2. {| Il est inévitable, avec que et le subjonctif. Il est inévitable qu'on vous fasse un procès, j] En cet emploi Pascal a mis la particule ne qu'on ne mettrait pas aujourd'hui. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et, nous disposant toujours à être heureux, il est Inévitable que nous ne le soyons jamais, pasc. Pensées, t. i, p. 256, éd. lahure. Aussitôt qu'on fait apercevoir à l'âme qu'une chose peut la conduire à ce qu'elle aime souverainement, il est inévitable qu'elle ne s'y porte avec joie, pasc. Art de persuader, éd. faugère.

— HIST. XV* s. Et suis très desplaisant de ce qui en est advenu; mais les occasions m'en estoient inévitables, carloix, IX, 22.

— ÉTYM. Lat. inevitabilis, de in.... i, et evitare, éviter.

INÉVITABLEMEPirT (i-né-vi-ta-ble-man), adv. D'une manière inévitable. Il s'exposait à être inévitablement défait, si les troupes eussent été droit à lui, LA BOCHEFOUC. dans BiCHELET. Les sons vifs et légers ne portent-ils pas inévitablement dans notre âme le plaisir gai? graffigny, Lett.Péruv. Lett.i'.

— HIST. XVI* s. Inévitablement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Inévitable, et le suffixe ment ; ital. tnevitabilmente.

t INÉVITÉ, ÉE (i-né-vi-té, tée), adj. Qui n'» point été évité.

— ÉTYM. In.... t,et évité.

INEXACT, ACTE (i-nt-gzakt, gza-kt'; voy. exact pour la prononciation de la finale), adj. || 1° Qui n'est pas exact, en parlant des choses. Copie inexacte Il 2° Qui n'est pas exact, en parlant des personnes. C'est un homme fort inexact.

— ÉTYM. ira.... (, et exact.

INEXACTEMENT (i-né-gza-kte-man), adv. D'une

manière inexacte.

— ÉTYM. Inexacte, et le suffixe ment.

INEXACTITUDE (i-nè-gza-kti-tu-d') , s. f. || 1° Défaut d'exactitude dans les choses. L'inexactitude d'un calcul. Il Défaut d'exactitude dans les personnes. Il est d'une grande inexactitude à remplir ses devoirs. I| 2° Faute, erreur commise par inexactitude. On a remarqué beaucoup d'inexactitudes dans cet ouvrage.

— ÉTYM. Inexact.

t INEXAUCÉ, ÉE (i-nè-gzfl-sé, sée), adj. Qui n'a point été exaucé. Prières inexaucées.

— ÉTYM. /»i.... <, et exauce.

t INEXCITABLE (i-nè-ksi-ta-bl'), adj. Terme de physiologie. Qui ne peut être excité. Sur des aninimaux récemment tués, là substance propre de la moelle allongée est inexcitable dans ses parties profondes ; mais les fibres des racines [des nerfs moteurs] qui traversent cette substance sont excitables dans toute l'étendue de leur trajet intra-médullaire, au même titre queleur partie libre, chauveau, Acad. des se. Comptes retidus, t. liv, p. 4(62.

— ÉTYM. in.... i, et excitable.

INEXCUSABLE (i-nèk-sku-za-bl'), od;. || 1* Qui

ne peut être excusé, en parlant des choses. Ce crime, quoique grand, énorme, inexcusable, corn. Hor. V, 3. Dans quelques-unes de ses meilleures pièces [de Corneille], il y a des fautes inexcusables contre les mœurs, la bruy. i. || 2" Qui ne peut être excusé, en parlant des personnes. Tellement que les philosophes même du paganisme ont été inexcusables de ne pas rendre à ces perfections divines, qu'ils ne pouvaient Ignorer, le juste tribut de louanges qui leur était dû, bouroal. Pensées, t.:, p. 28. L'un pèche avec connaissance et il est plus inexcusable, FLÊCH. Lamoignon. Marot et Rabelais sont inexcusables d'avoir semé l'ordure dans leurs écrits: tous deux avaient assez de génie et de naturel

pour.... LA BRUY. i.

— HIST. XV* s. Remettre à entendre ce qu'on luy apporte de nouveau.... s'il esthoanme ayant charge

INE

publioque, pour ne rompre sondisner, voire ny son sommeil, il est inexcusable de le faire, mont, ii, 43.

— ETYM. Lat. inexcwsabilis, de in.... *, et excutabilii, de excusare, excuser. ' •*

t DÎEXCDSABLEMENT (i-nèk-sku-za-ble-man), ttdv. D'une manière inexcusable, La paresse effroyable qui s'est emparée de moi et qui m'a empêché si inexcusablement de répondre à la dernière lettre que j'avais reçue de vous, BATLE, Lettre 78, S5 mai (690,

— HtST. XVI' s. Inexcusablement, cotgrwe.

f DfEXCUSÉ, ÉB (i-nèk-sku-zé, zée), adj. Qui n'est pas excusé.

— ETYM. In.... t , et excusé. INEXÉCUTABLE (i-nè-gzé-ku-ta-bl'), adj. Qui

ne peut être exécuté. Celui qui nous a tous créés, peut faire, quand il lui plaît, ce qui est inexécutable i tout autre qu'i lui, l'abbé houtevili-e, dans r-ESPONTAiNKS. Dans ce pays désert, il ordonne l'achat de vingt mille chevaux.... quelques-uns des siens s'étonnèrent d'entendre des ordres si inexécutables, sÉouR, Hitt. de Nap. vni, 1 1 .

— ÊTYM. In < , et exécutable.

tlNEXÉCDTABLEMENT(i-nè-gzéku-la-ble-man),

adv. D'une manière inexécutable. Cette sonate est do»gtée ineiécutablement.

•t INEXÉCUTÉ, ÉE (i-nè-gzé-ku-té, tée), adj. Qui c'a point été exécuté.

— HIST. XVI* s. Inexécuté, cotgrave.

— ÊTYM. In.... 4, et exécuté.

INEXÉCirnON (i-nè-gzé-ku-sion ; en vers, de

six syllabes), *. f. Manque d'exécution. L'inexécution des lois. L'inexécution d'un projet.

— HlST. XVI» i. Les refformez se plaignaient des inexécutions de l'edict, d'ahb. Hist. i, 261,

— ÉTYM. /».... I, et exécution.

INEXERCÉ, ÊE (i-nè-gzèr-sé, sée), adj. Qui n'est

pas exercé. Des troupes inexercées. Une main inexercée.

— ÉTYM. In.... « , et exercé.

■\ INEXIGÉ ÉE (i-nè-gzi-jé, jée) , adj. Qui n'est point exigé, qui n'a pas été exigé.

— ÊTYM. In.... I, et exigé.

t INEXIGIBILITÉ (i-nè-gzi-ji-bi-li-té), t. ^.Qualité decequi est inexigible. L'inexigibilitéd'une dette.

INEXIGIBLE (i-nè-gzi-ji-bl'), adj. Qui n'est point exigible; qui ne peut être exigé. Dette inexigible. Capital inexigible. Des conditions inexigibles.

— ÊTYM. In.... *, et exigible.

f INEXISTANT, ANTE (i-nè-gzi-stan , stan-t'), odj'. Qui n'existe pas.

— ÉTYM. Lat. inexixtentem (obicherat, jlddendo), de in.... 4, et existens, existait.

t INEXISTENCE (i-nè-gzi-stan-s"), t. f. Terme de jurisprudence. Défaut d'existence. L'inexistence d'un testament.

— ÉTYM. In.,., t , et existence.

+ INEXQRABIUTÉ (i-nè-gzo-ra-bi-li-té), s. f. Défaut de l'homme inexorable.

INEXORABLE (i-nè-gzo-ra-bl'), adj. Qui ne peut être touché par les prières. Mon père et mon devoir étaient inexorables, corn. Poly. i, 3. J'ajoute à ces tableaux la peinture effroyable De leur concorde impie, affreuse, inexorable, id. Cinna, l, 3. Quoi 1 madame, toujours un front inexorable! id. Nicom. 1, 2. Lorsque le juge veut s'agrandir et qu'il change en une souplesse de cour le rigide et inexorable ministère de la justice, boss. le Tellier. Mithridate revient peut-être inexorable, hac. Milhr. i, 5. Jéhu n'a point un cœur farouche, inexorable, id. Athal. m, ». Il Fig. Mais si ce fier honneur, toujours inexorable, Ne se peut apaiser sans la mort du coupable , CORN. Cid, V, 8. Car, ne nous flattons point, ma gloire inexorable Me doit au plus illustre, et non au plus aimable, id. Pulchér. m, a. Ma gloire inexorable à toute heure me suit, rac. Bér. Y, «. Il Inexorable prend la préposition o. Ah , dieux I lorsqu'à mes vœux l'ingrat inexorable S'armait d'un œil si fter, d'un front si redoutable, rac. Phèdre., iv, 5. Un homme inexorable à soi-même n'est indulgent aux autres que par un excès de rai- »on, LA B»3T. IV. Aurez-vous le cœur assez dur pour être inîxorable à votre roi ? fén. Tél. xiv.

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