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nous dépeint, BOSs.For. vn, 2. Si je pouvais trouver d'assez noires couleurs, Que j'aimerais à faire une fidtle image Du fond de leurs perfides cœurs! des- HOuuÈREs, Épttre chagrine au T. R. P. de la Chaise. Il Rendre noir, diffamer, calomnier. Souvenez-vous, en parlant à la pupille, de les rendre tous plus noirs que l'enfer, Beaumarchais, Barb. de Sév. iv, t. Il iO' Funeste. Jamais hymen formé sous le plus noir auspice. De l'hymen que je crains n'égala le supplice, RAC. Mithr. i, 2. X mon noir ascendant tu n'as pu résister, volt. Œdipe , v, 4. || 11» Noir se dit de la magie, à cause de la couleur attribuée au démon. Cela [l'existence des démons] se confirme par cette noire science de la magie à laquelle plusieurs personnes trop curieuses.... Boss. 4"sermon, Démons, préambule. Médée , enseigne - moi l'usage De tes plus noirs enchantements; Formons pour lui quelque breuvage Égal aux poisons des amants, Bernard, Odes, H. Il Livres noirs, livres de magie. Il 12° Bande noire, voy. bande 2. || 13* 5. m. Le noir, la couleur noire. Un beau noir. Noir de jais. Que d'une serge honnête elle ait son vêtement, El ne porte le noir qu'aux beaux jours seulement, mol. Éc. des mar. i, 2. Rien ne m'épouvanta jamais au grand jour; mais tout m'effarouche dans les ténèbres qui m'environnent; et je ne vois que du noir dans l'obscurité, J. J. Houss. Lett. à M. du Belloy, Corresp. t II, p. m, dans pougens. Lorsque ces rayons priraitifs[les sept rayons du spectre] sont unis, le rayon total n'imprime aux objets qu'une couleur blanche; c'est le caractère propre de la lumière, dont le noir n'est que la privation, bailly, Hist. astrort. mod. t. II, p. 583, dans pouoENs. Une femme aux traits réguliers, aux cheveux d'un noir d'enfer, comme dit Alfred de Musset, Tn, gautier, Monit. univ. * juin 4867. IIFig. Aller, passer du blanc au noir, aller d'une extrémité à l'autre, dire ou faire dos choses opposées. Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir, boil. Sat. vin. Mais, reprit-elle, il serait peu convenable que le roi parût d'un jour à l'autre passerdu noir au blanc, mabmontel, Mém. vi. 11 On dit de même : changer du blanc au noir. Enfin, tout d'un coup, tout a changé du blanc au noir , on a eu horreur de ce qu'on estimait, sÉv. 23 oct. 4 680. M. Flëcbier, disait un jour Bâville à l'occasion d'un démêlé qu'ils avaient eu, m'a fait changerdu blanc au noir.Ditcs, répondit Flcchier,du noir au blanc, d'alfub. Éloges, Fléch || Familièrement. Par exagération. Si vous lui dites blanc, il vous répondra noir, c'est-à-dire il se plaît à contredire. Quand je veux dire blanc, la quinteuse [la rime] dit noir, boil. Sat. ii. || Familièrement. Mettre du noir sur du blanc, écrire, composer. || Il ne connaît que le blanc et le noir, se dit d'un homme qui ne «ait pas lire. 1| Le pot au noir, voy. pot. || Fig. et familièrement. Faire du noir, broyer du noir, se lirrer à des réflexions tristes, à des pensées mélancoliques. Vous m'avez écrit quelquefois que je faisais du noir, l'expression n'est pas juste , ce n'est pas moi, monsieur, qui fais du noir; mais c'est moi qu'on en barbouille, ).;. Rooss. Lett. à U. Laliand, Corresp. t. vu, p. 460, dans pougens. || Fig. Vendre (lu noir à quelqu'un, le desservir, le perdre dans l'esprit d'un autre. Pour Fonlanieu, il se trouvait taré, et on dit qu'il a trop intrigué parmi les valets de chambre du roi, mais autres que Bachelier, ou bien celui-ci lui vend du noir, d'aroenson, Kém. t. II, p. 432 (éd. de 4 880). Il 14" Le noir, la couleur du deuil. Florice, quittons le noir, je vous en prie, ou, s'il faut que nous soyons en deuil, que ce ne soit que pour votre absence, voir. Œuvr. t. Il, p. 4. C'est un charmant objet qu'un nouvel héritier. Et le noir est pour moi la couleur favorite, rkosard, Disir. Il, 7. Devant ma table vint 8'a.iseoir Un pauvre enfant Têtu 'le noir, i. de mlssrt. Nuit de décembre. Il 15" Terme de Iwaux-arts. Tirer au noir ou pousser au noir, se dit d'un t.ibicau dans lequel les ombres et les demi-teintes noircissent par l'action du temps. Il II y a trop de noir dans ce tableau, dans cette gravure, les ombres y sont exagérées, ou les transitions ne sont pas assez ménagées. H Noir aigre et poché, tailles ou hachures que l'eau-forte a fait creva.sser et CTinfondre les unes avec les autres. || Terme de sculpture. L<'S noirs, nom donné aux parties les plus renfoncées d'une statue, à cause de l'obscuritéoù elles >« trouvent fort souvent. || 16' Noir d'ivoire, charbon d'ivoire calciné dans un creuset fermé et employé en peinture. || Noir animal ou charlmn animal, charbon d'os obtenu comme le noir d'ivoire ; il est usité dans la peinture commune et pour décolorer les solutions sucrées et autres. || Noir en grain, poudre grossière de noiranimal. || Noir végéta), charbon de bois broyé qu'on emploie pour diverses épurations. || Noir d'Es-
pagne, noir fïilt avec du liégo brûlé. || Noir d'os, charbon d'os. Le cultivateur voulait du noir d'os, on allait lui vendre du noir de tourbe, iicre de la ferme, 2* éd. t. I, p. 64. || Noir de fumée, suie trèsnoire et légère que donne la poix-résine, et que l'on recueille pour l'employer dans les arts. || Noir de lampe, beau noir de fumée. || Noirde pèche, noir qui se fait avec les noyaux de ce fruit. || Noir de vigne, noir qui s'obtient des sarments brûlés. || 17" Terme de minéralogie. Noirde nickel,oxyde de nickel. {| 18° Noir animalisé, engrais désinfecté, composé d'excréments humains desséchés et réduits en poudre, ou de matières animales brûlées, mêlées avec de la terre carbonisée. Il 19° Fig. Ce qui fait frissonner, ce qui excite une sorte de terreur. [Dans Milton] L'origine de la mort, la manière dont les échos de l'enfer répètent le nom redoutable, tout cela est une sorte de noir sublime inconnu de l'antiquité, ciiateaub. Génie, ii, v, 4 4. Voici un petit échantillon de mon histoire ; mais c'est du noir, prenez-y garde, p. l. cour. Lett. i, 2n.||20° Fig. Ce qui attriste, rend mélancolique. La distance qu'il y a entre nous met un noir et un ennui dans ma vie, madame do deffant, Corresp. t. i, p. 6, dans pougens. || S'enfoncer dans le noir, dans son noir, se livrer à des pensées tristes. || 21° Un noir, une meurtrissure. Le coup lui a laissé un noir. U a des noirs sur tout le corps. || 22" Centre d'une carte, d'une cible oii il y a un cercle noir dans lequel les tireurs cherchent à mettre le coup. || 23° Le noir, nom donné par les agriculteurs à des champignons qui recouvrent, sous la forme de croûtes noires, les faces des feuilles et quelquefois les rameaux de certains arbres. Le meilleur moyen do détruire le noir est d'enlever les branches et les feuilles qu'il attaque. || Noir des céréales, maladie des céréales et spécialement du froment, produite par un champignon {puecinie des graminées, uredo frumenti}. || Maladie des orangers produite par une espi ce de champignon microscopique. || 24° S. m. pi. Noirs, ouvrages de serrurerie qui n'ont point été poliset blanchis à la lime. ||2S° Homme de race noire, nègre. L'affranchissement des noirs a été proclamé par la première république française, et, en 4 848, par la seconde. Les noirs de la côte d'Afrique ont un signe des valeurs, sans monnaie, mon- TESQ. Esp. xxii, 8. L'origine des noirs a, dans tous les temps, fait une grande question; les anciens, qui ne connaissaient que ceux de Nubie, les regardaient comme faisant la dernière nuance des peuples basanés, et il les confondaient avec les Ethiopiens et les autres nations de cette partie de l'Afrique, qui, quoique extrêmement bruns, tiennent plus de la race blanche que de la race noire, bufp. llist. na(. homme, (Eut), v, p. 466. Rien n'est plus affreux que la condition du noir dans tout l'archipel américain; on commence par le flétrir du sceau ineffaçable de l'esclavage, en imprimant, avec un fer chaud, sur ses bras ou sur ses mamelles le nom ou la marque de son oppresseur; une cabane étroite, malsaine, sans commodités, lui sert de demeure, baYnal, llist. phil. XI, 22. En supposant qu'il a été acheté quatrevingt mille noirs en 1777, id. ib. xi, 4». Sur son navire un capitaine Transportait des noirs au marché, BÉHANO. Néi/res. || Ami des noirs, mcmbred'une société fondée à Paris en 4 79 0, à l'effet d'appliquer aux colonies françaises les principes consacrés dans la Déclaration desdroits de l'homme. || 26 'Noir se prend aussi au sens d'homme de race blanche au teint brun. La pile est aux jasmins en blancheur comparable ; La noire à faire peur, une brune adorable, mol. Kit. Il, 6. Il 27* Les noirs, s'estdit des membres ilu cèté droit de l'assemblée constituante, pendant qu'elle siégea au manège. Les membres du cùté gauche furent appelés les blancs. Les modérés étaient appelés impartiaux noirsou impartiaux blancs, selon le cûté vers lequel ils penchaient. || Les noirs et les blancs, noms de factions, i Florence, du temps de Dante. || 28° Noir-aurore, gobe-mouches d'Amérique. Il Noir-bleu, espèce d'oiseau-mouche. || Noir-brouillard, chevalier brun ou barge. || Noir-manteau, espl:c» de goéland. || Noir-brun , poisson du genre goble. Il Noir veiné, espèce d'agaric. || 29* Adverbialement. D'une façon triste, mélancolique. Vous ne vous amus'Z point à des bagatelles; vous rêvez noir, ou il vous faut de la c>nvcrsation, stv. 27 sept. 467 4. Il II voit noir, il voit bien noir, Il est sujet i prévoir des événements tristes et funestes. || Bcgardur noir, regarder d'un (Cil irrité. Harlay qui regardait noir le duc de Coislin, st-sim. t. viii, p. 483, édil.ciitRi.'EL. lA comtesse se contenta do me regarder fort noir, Cimti di CÀTtos, Uém. des colporteurs, Œuv. 1. 1, p. 240, dans podobm*.
— HIST. XI* s. La neire gent il ad en sa baillie, Ch. de Roi. cxli. ||xiii*s. Encore font il leur diex noirs et leur deables blans, et font paindre leur ymages deleursains tretouz noirs, marc pol, p. 027. Berte chay pasmée sur un drap noir com saie, Berte, VIII. Jusqu'à tant que noir fist [qu'il fit noir], [elle] ne s'osa redresser, iT). xxxviii. [Le pain) Noirs ert [était] et pleins de pailles, [il] ne l'ot pas behité, t6. xlv. Delez lui Blanchefieurs, qui cuer [cœur] ot triste et noir, tb. lxv. Nus ne puet [nul ne peut] à Paris mclre en œuvre laine ne fil taint en noir de chaudière, se il n'i a autre coleur desus, Liv. des met. 4 20. Il [Dieu] fait pondre un blanc œuf une geline noire, Chantepleure, ms de St-Germ. ^ t04, dans LACURNE. Il XIV" S. Et 11 tonnoires va durement enforsant. Et faisoit si très noir, ce trouvons nous lisant ; Ne scevent où il vont, trop se vont esmaiant, Guescl. 9629. Il IV" s. Mauros, une grosse abbaye do noirs moines, froiss. il, ii, 46. Et feurent exposées les doléances que faisoit le roy, c'est à sçavoir de la monnoie qu'il faisoit d'or et d'argent, et toutes fois il ne la debvoit faire que noire, juv. des urs. Charles VI, 4 394. [Que] Nul ne porte pour moi 1« noir, On vent meilleur marchié drap gris, CH. d'orl. Bail. 4 24. Vint le noir de la nuit, o. de la marouk, }fém. liv. II, p. 634, dans l.^curne. Jene donncroye de toy ne de ton escu un noir denier, Perccforest , t. VI, f° 48. Le bon plant se destruit et mue; Dont le blanc lis devendra noir Par le faulx plant qui tout remue; Bonne herbe est mise en non chaloir, E. DESCH. Poésies mss, f° 7. ||ivi" s. Alcibiades, luy donnant la bataille, le rompit, et le chassa jusques à la nuict toute noire, amïot. Aie. 69. 0 nuict heureuse, 0 douce noire nuict I Ta noireté aux amants point ne nuict, marot, i, 353. El, qui pis est, mon péché se présente, Incessamment noir et laid devant moi, ID. IV, 294. La cour porta le noir et tout» marque de deuil, d'aub. Hist. ii, 8.
— ÉTYM. Wallon, neûr; provenç. nègre, nier, ner ; espagn. et ital. negro, nero; du lat. niger.
NOIRATRE (noi-rà-tr'), adj. Qui tire sur le noir. Quelques-uns à travers leurs noirâtres portiques Du ciel dans le lointain laissant percer l'azur, delille, Jard. m.
— ÉTVM. Noir, avec la finale péjorative dtre. NOIRAUD, AUDE (noi-rô, rô-d'), adj. Qui a les
cheveux noirs et le teint brun. || Substantivement. Un noiraud. Une noiraude.
— HIST. xvi° s. S'il est noirault, il l'appellera viril ; s'il est blanc, enfant des dieux, akyut, Comm. discerrter le flatteur de l'ami, 23.
— ÊTYM. Dérivé de noir.
NOIRCEUR (noir-seur), t. f. || 1° Qualité qui fait qu'un corps est noir. La ndirceur d'une étoffe. Quoil s'ensuit-il qu'on soit un démon, parce qu'on n'est pas un ange, ou que l'embrasement dure encore, parce que l'on voit quoique fumée ou quelque noirceur? boss. Sermoru, Jugem. hum. 4. Celte couleur des Holtentots, dont la noirceur ne peut avoir été affaiblie que par la température du climat, buff. Hist. nat. homm. Œuv. t. v, p. 222. Il 2° Obscurité. La noirceur des bois sombres. Laissemoi ; de la nuit je chéris la noirceur ; Je voudrais en pouvoir redoubler les ténèbres, saurin, Bevrrlei, IV, 6. Il Fig. Je disais bien au fils d'un malheureux (le comte de Vaux, fils de Fouquet) que, si avec son mérite et sa valeur, qui perce même la noirceur de sa misère.... sêv. 24 oct. 4 676. |{ 3* Tache noire. Il a des noirceurs au visage. || 4° Fig. Tristesse morne. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'Ctra dans un plein re|ios ... Incontinent il sortira du fond de son Ame l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir, pa.sc. Pens. xxv, 26. En vérité la noirceur de mes pcn.séos m'a rendue quelquefois insupportable, siîv. f>6. Mme de .Varans vint hier chez Mme de la Fayette ; elle nous parut d'une noirceur, comme quand on a fait un pacte avec le diable, et que l'heure approche de se livrer, id. 4 3*. J'ai quelquefois des rêveries dans M bois d'une telle noirceur que j'en reviens plus changée que d'un accès de (lèvre, id. 67. Il m'est doux de penser à vous; mais l'absence jette une certaine amertume qui serre le coeur ; co sera pour ce .soir la noirceur des pensées, in. 24 août 4 87S. Pardonnez-mni d'égayer un pou la noirceur que ma transplantation [à Beriin] répand dans mon Ame, volt. l/-tt. Mme henit, a tout 4 760. || Pensées sombres, Je suis trop heureuse de l'espérer [le jour où elle reverra Mme de Grignanl, et jene veux point gftter cette joie par des noirceurs et des prévoyances ingrates envers Dieu, sfiv. 22 sept. 4680. Les noirceurs dans l'esprit, avec des peines si aiguës dan» l« corps, ab 1 mon Dieu, c'en est trop, arrêtez votr*
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bras et faites sentir vos consolations, Boss. teH. abb. 85. Ouand vous seriez dans les noirceurs de la mort, ID. t6. 66. Il B" Fig. Caractère méchant et perfide d'une action, d'une personne. Un retour de tendresse de cœur Qui de son action efface la noirceur, uoL. Ec. des f. V, 4. Qu'il y a de noirceur et d'apparence d'aigreur à conserver longtemps ces sortes de haines I elles doivent passer avec les affaires qui les causaient, sév. 20 oct. <67». De ces femmes pourtant l'hypocrite noirceur Au moins pour un mari garde quelque douceur, boil. Sat. x. D'un empoisonnement vous craignez la noirceur? RAC. Brit. IV, 4. Et, par là de son fiel colorant la noirceur, ID. Al/iai. i, i. Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes, id. Phèdre, iv, 4. La colère du roi [Alexandre] étant comme éteinte tout à coup dans le sang de Clitus, son crime se montra alors à lui, avec toute son énormité et toute sa noirceur, ROiUN, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 462, dans ponoENS. Méchant [Dubois] avec réflexion, et par nature, et par raisonnement, traître et ingrat, maître expert aux compositions des plus grandes noirceurs, sT -SIM. 300, U. Quel excès de noirceur I VOLT. Zaïre, iv, 6. J'ai démêlé son âme, et j'en vois la noirceur, id. Sémiram. il, <. || 6° Action ou parole qui a pour but de nuire. 11 y a bien des noirceurs dans ce que dit la Voisin, sév. 26 janv. <680. Fausses confidences, noirceurs, billets sacrifies, flatterie, médisance, baron, Homme à ion. fort, i, lo. C'est un enchaînement de tours, d'horreurs secrètes, De gens qu'il a brouillés, de noirceurs qu'il a faites, ORESSET, Uéch. I, 2. Le manège, l'intrigue, les pièges et ce qu'on appelle la noirceur, ne s'emploient qu'entre les rivaux d'ambition, dhclos, Cons\d. maurt, ch.H. Je sus qu'ils m'imputaient des noirceurs atroces, sans jamais pouvoir apprendre en quoi ils les faisaient consister, j. j. bouss. Confess. X. Les noirceurs secrètes, tous les petits moyens que l'ignorance et l'envie savent si bien mettre en usage contre ce qui leur nuit ou leur déplaît, sont employés pour perdre ce dangereux novateur [Rameau], d'alemb. Lib. de la mus. Œuv. t. m, p. 34), dans PODGENS. Soyez sûr que Mme du Deffand, qui vous a écrit cette noirceur, est bien moins votre amie que nous, id. Letl. à Volt. 2 juill. <770.
— IIIST. XII* s. Après vient l'oscurté si granz, E les ténèbres, la nerçors, benoît, h, 2074. || xiv s. La nerceur [de la dure-mère] apert [apparaît] as
eus [yeux], H. DE MONDEVILLB, f° 60. || XVl* S. Au
lieu de peler les noix, l'on les perce en trois ou quatre endroits, afin de leur feire vuider la liqueur maligne, leur causant la noirceur, o. de serres, 85».
— ÉTYM. Dérivation irrégulière de noir (voy. Boirub). Xcflté de noirceur, il y avait neror, tiré directement du latin nigrorem, etnoireté.
NOIRCI, lE (noir-si,sie), part, passé de noircir. Il 1" Rendu noir. Là les blessés expirent, ou étouffés par la fumée, ou dévorés par des charbons ardents; bientôt leurs squelettes, noircis et calcinés, sont d'un aspect hideux, quand l'œil y démêle un reste de forme humaine, séguh, llist. de Kap. ix, 2. || Obscurci. Tous les arcs sont tendus, les traits fendent les airs. Les cieux en sont noircis, les champs en sont couverts, deulle. En. ix. || 2' Fig. Assombri, en parlant d«s idées, de l'ftme, etc. Il [le roi à la mort du duc de Berry] avait l'âme fort noircie ; mais il était d'ailleurs peu touché, et il ne cherchait pas à s'affliger, ST-SIMON, 856, 200.
NOIRCIR (noir-sir). || !• Y, n. Devenir noir. Ces tableaux noircissent en vieillissant. Dans ces riches vallons la moisson jaunira. Sur ces coteaux riants la grappe noircira delille, Géorg. i. \\ l' V. a. Rendre noir. Noircir une muraille. Se noircir les cheveux, les sourcils. || Obscurcir. Soudain un sombre orage enveloppe les airs. Et, roulant et l'horreur et la nuit sur leurs têtes. Noircit l'onde en courroux de la nuit des tempêtes, deulle. En. v. Il En serrurerie, faire chauffer des pièces d'ouvrage et les frotter avec de la corne de bœuf pour les garantir de la rouille. 113" Familièrement. Noircir du papier, écrire. L'honneur.... Quel est-il?... L'ambitieux le met souvent à tout brûler.... Ce po6te à noircir d'Insipides papiers, uoil. Sat. xi. Il 4* Fig. Faire naître de sombres idées, attrister. ta vie se passe sans jouir d'une présence si chère; je ne puis m'accoutumer à cette dureté ; toutes mes pensées et toute» mes rêveries en sont noircie», »ev. ta nov. mts. Vous vous vanlezde ne rien faire dans votre cabinet; il me semble pourtant <jue vous êtes une substance qui pense beaucoup; que ce soit du moins d'une couleur à ne vous point noircir l'imagination, id. d J/me de Grignan, a juill. <680. U« sujeu de chagrin qui ont noirci votre joie na-
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turelle, et la gaieté et la vivacité de votre belle jeunesse, ID. d du Plessis,iO août I690. Voilà un des chagrins de l'absence; c'est qu'elle noircit toutes choses, id. H oct. <679. Mais quoi! ma goutte est passée. Mes chagrins sont écartés : Pourquoi noircir ma pensée De ces tristes vérités? chaulieu, Sur la goutte. Ce spectacle tout seul soulève tous les sens, trouble la raison, noircit l'imagination, mass. Carême, Mort. || S' Fig. Rendre noir, faire passer pour méchant, infâme. Et ce lâche attentat n'est qu'un trait de l'envie Qui s'efforce à noircir une si belle vie, cobn. Nicom. m «. S'il m'a voulu noircir d'un opprobre éternel, id. «6. iv, 2. Si vous pouviez savoir avec quel déplaisir Je vois qu'envers mon frère on tâche à me noircir, mol. Tart. lu, 7. Et même selon notre célèbre père Lamy, il est permis aux prêtres et aux religieux de prévenir ceux qui les veulent noircir par des médisances, en las tuant pour les en empêcher, pasc. Prov. vu. De ce même pinceau dont j'ai noirci les vices.... boil. Sat. ix. J'ignore de quel crime on a pu me noircir, rac. Brit. IV, 2. Moi, que j'ose opprimer et noircir l'innocence ! ID. Phèdre, m, 3. De quoi te chargeais-tu? pourquoi ta bouche impie A-t-elle, en l'accurant, osé noircir sa vie? id. ib. iv, B. C'est une mauvaise action de noircir dans l'esprit du prince le dernier de ses sujets, MONTESQ. Lett. pers. (27. Souvent d'affreux soupçons l'innocent est noirci, bhiffaut, Ninus, III, 2. Il II se dit, dans le même sens, de choses
auxquelles on donne une fâcheuse apparence Ses
scrupules, ses relâchements, ses oppositions, en augmentant et noircissant les doses, on en ferait fort bien votre ami le scélérat, sév. 22 janv. 1874. On tenta tous les moyens de noircir sa conduite, ce qui n'était pas facile, mairan, Éloges, Petit. C'est moi dont on blâmera la violence, dont on noircira le caractère, stael, Delph. part, v, lett. «. Il 6° Se noircir, v. rêjl. Devenir noir. Cela s'est noirci à la fumée. Un fleuve y serpentait, et ses flots divisés Baignaient , dans cent canaux , les champs fertilisés ; Je le voyais briller à travers les campagnes , Se noircir quelquefois de l'ombre des montagnes, saint-lambebt. Saisons, ii. || Le temps se noircit, le ciel se noircit, c'est-à-dire le temps devient obscur, le ciel se couvre de nuages. || 7° Fig. Se faire tort, se rendre odieux, infâme. Mais que, sans se noircir, il [Auguste] ne puisse quitter Le fardeau que sa main est lasse de porter, corn. Cinna, ii, t. Après l'indigne amour dont son cœur s'est noirci 1 Je cherche 4 m'en venger, c'est tout ce que j'espère, QUiN. If^re coq. iv, 7. Je ne me noircis pas pour le justifier, bac. Bajaz. v, 6. || Se diffamer l'un l'autre. Les calomnies atroces dont les chrétiens se noircissaient réciproquement, volt. Dict. phil. Zèle.
— SYN. NOinciR, DÉNIGRER. Quoique ces doux mots aient le même radical (niger, noir), cependant le sens en est différent: noircir, c'est imputer des actions noires; dénigrer, c'ijst détracter. De là résulte que noircir ne peut se dire que des personnes ou de leurs actes, tandis que dénigrer se dit et des personnes et des choses : on dénigre un homme, mais aussi on dénigre un tableau, une œuvre, etc. Noircir se dit surtout des actions ou des sentiments que l'on attribue à quelqu'un; et dénigrer, du jugement qu'on en porte : je dénigre un tel, en disant que j'en ai mauvaise opinion, ce qui est mon jugement; je le noircis, en lui attribuant des actes ou des pensées cruelles, envieuses, etc.
— HIST. XII* 8. Dune commença mer à mesler, Undes à creistre, à reverser; Nercist li ciel, nercist la nue,WACE, Vierflie Marie, p. 4. || xiii*8. Et sachiez que à sa color [de la grue] poez vos connoistre son aage ; car eles nercissent par vieillesce, brun. LATiNi, Très. p. 216. Quant l'entent la comtesse, s'a lacoulor noircie, Ch. d'Ant. i, 906. Et li lerres [le larron] entre en la place, Qui de traïson ot la face Blanche dehors, dedens nercie, la Rose, <2208. Moult aura biendelui merci Sathan et li autre ncrci, huteb. 11, 86. Il xvi* s. Ne sçay lequel de toi ou de ta mère Me rend le plus de tristesse noirci, mahot, m, 295.... Que la colombe en rien ne noircira, Et le corbeau de rien ne blanchira, id. ii, 56. La lune se commencea à obscurcir et noircir, amïot, P. ^m, 28. Ils découvrent tout à coup le rivage noirci de gens de guerre, d'aub. Hist. ii, 285. Il est des nations qui noircissent les dents avecques grand soin , et ont à mespris de les voir blanches, mont, h, 201 .
— ÉTYM. Dérivation irrégulière de noi'r, semblable à celle qui de clair a fait le terme technique claircir ; Hainaut, noirchir. Le wallon neûrt est régulièrement fait, et répond au latin nigrire. Noircir ne peut venir do nigrescere, qui ferait neraitre, commenaitre, de nascere, parailre, iiepare$cere,elB.
t NOIRCISSEMENT (noir-sl-se-man), ». m. || Action de noircir. || Terme de métallurgie. Action d* graisser l'intérieur des moules, dans les fonderies.
— HlST. XVI* s. Noircissement, cotorave.
+ NOIKCISSEUR (noir-si-seur) , s. m. Ouvrier teinturier qui achève les noirs. Le corps des teinturiers de la ville de Rouen.... divisés enguéderons, garanceurs, etc. noircisseurs, Instrucl. gén. pour la teinture, (8 mars lG7(,art. 93. || Fig. Noircisseur de papier, écrivassier, celui qui écrit beaucoup.
— HIST. XVI* s. Noircisseur, oudin, Dict. NOIRCISSURE (noir-si-su-r'), t. f. || 1* Tache d«
noir. Il 2° Altération des vins qui prennent uoe teinte noire.
— HIST. XVI* s. X mesure que pelerés les coins, lesjetiercs dans l'eau fresche, pour les préserver da noircisseure, 0. de serres, 865.
— ËTYM. Noircir.
4. NOIRE (noi-r'),*.f. || 1* Terme de musique. Figure moderne représentant la durée relative égale à celle de la moitié de la blanche ou du quart de la ronde; la noire vaut elle-même deux croches, et quatre doublescrocbes, ou huit triples croches. Dans nos anciennes musiques on se servait de plusieurs sortes de noires : noire à queue, noire carrée, noire en losange; ces deux dernières espèces sont demeurées dans le plain-chant; mais, dans la musique, on ne se sert plus que de la noire à queue,;, j. rouss. Dict. de musique, noire. || i° Terme de jeu. La rouge et la noire, se dit, à certains jeux de hasard, d'une boule rouge et d'une boule noire.
— ETYM. JVoir; note ainsi dite, parce que la tête en est complètement noire.
t 2. NOIRE (noir'), s. f. Espèce de persèque.
— HiST.xvi* s. Pèches et noirs, 0. de serres, 674. t NOIREMENT (noi-re-man), adv. D'une façon
noire, méchante. Le duc du Maine, par la perfidia si noirement pourpensée du bonnet, s'était délivré de la crainte de l'union des ducs et du parlement,
tNOIR-MnSEAD(noir-mu-zô),i. m. Voy. museau. f NOIUON (noi-ron), s. m. Variété de tulipe.
— ÉTYM. Dérivé de noir.
t NOIROT (noi-ro), s. m. Espèce de blatte.
— ÉTYM. Dérivé de not'r.
t NOIR-PLOYANT (noir-plo-ian ; plusieurs disenl noir-ploi-ian), s. m. Taches qui indiquent la ductilité dans un métal.
NOISE (noi-z'), s. f. Discorde accompagnée da bruit. Impudents boute-feux de noise et de querelle, MALH. V, 23. Ceux qui se trouvèrent assez loin pour n'être point obligés à se battre, n'estimèrent pas qu'il fût à propos de venir chercher noise, et, sans tirer l'épée, s'en retournèrent de bonne heure en leurs maisons, id. Le xxxiii* livre de T. Live, ch. 1 ». Destin prêta l'oreille quelque temps; mais le bruit et la noise, au lieu de cesser, augmentèrent, scar». Rom. com. I, i2. Sur le que si, que non, tous deux [chat et renard] étant ainsi, Une meute apaisa la noise, la font. Fabl. ix, H. Parmi certains coqs incivils, peu galants. Toujours en aoise et turbulents. Une perdrix était nourrie, id. ib. x, 8. Le» si, les car, les contrats sont la porte Par où la noise entra dans l'univers : N'espérons pas que jamais elle en sorte, id. BHph. Nous prendrons la Flandre; et, quand nous aurons commencé la noise, nous ne l'apaiserons peut-être pas aisément, sév. 22 janv. (072. Phénix dans le pays des noises, des castillcs [Falaise], Où l'on vous constitue arbitre des familles, DUFHÊNï, niconcil. norm. i, 8. Je doute fort que lo roi permette la convocation des pairs au parlement de Paris ; il apaise toutes les noises en temporisant, VOLT. Lett. Damilaville, 22 déc. (766. || Chercher noise à quelqu'un, commencer une querelle avec lui. Il [un sanglier] passait son chemin, et il était bon de ne lui rien dire, de ne point chercher de noise avec lui, mol. les Am. magn. v, ( .
— SYN. NOISE, QUERELLR. NoIse est uu mot qui tend à sortir de l'usage général, de sorte qu'il est surtout employé dans certaines locutions : chercher noise, être en noise. Cela le différencie ilo querelle. Ainsi on ne dit pas : il y a une noise dans la rue; mais : il y a une querelle. De plus noise est plus voisin de discorde que n'en est querelle. Enlin il y a sous noise une idée de bruit qui n'est pas «fins querelle; ainsi on ne dit pas une noise litiéraue, mais une querelle littéraire.
— HIST. XI" s. Scignor, que faites? ço dist li apostolie, Que valt cist cril, cist dol en ccsle noise? St- AUxis, CI. Granz est la noise, si loirent Franceis, Ch. de Roi. Lxxvii. Grant est la noise do mont joie escrier, ib. ctvm. ||xm* s. Là ol si grant bruit «
si grant noise qu'il sembloit vraiement que toute terre tremblast, villsh. ivu. Li rossignos lores s'efforce De chanter et de faire noise, la Rose, 75. Par petis tuiaiis.... S'en aloit l'iaue aval, fesant Une noise douce et plesant, ib. 4 398. Dès or comencerai l'estoire Et de la noise et del content, lien. )». 11 [le feu grégeois] fesoit tele noise au venir, que il sembloit que ce fcust ia foudre du ciel, joinv. 222. Il XV' s. li fit-on un ban de par la bonne ville de Gand.... que chascun.... se desarmast et ne fist noise ni butin, sur la teste à perdre, froiss. ii, u, 50. Les ditz privilèges ne leur servoient que de noyse avec leur prince, comm. v, i6. ||xv:* s. Ils nous objectent les anciens peres, par l'authorité desquels, si la noise cstoit à demesler entre nous, la meilleure partie de la victoire ïiendroit à nostre part, calv. Instit. Dédie. Ilz ont emply par noyses et debatz, le ciel de bruit, et la terre de piz, bab. Garg. i, B8. Chercher noise pour noisettes, cotgravb. Qui femme a noise a, m. De petite chose vient souvent grande noise, lehoui de linct, Prov. t. ii, p. 286.
— ÊTYM. Provenç. nosa, noysa, nausa, nama; anc. catal. et anc. espagn. noxa ; angl. (tiré du français) noise, bruit. Origine incertaine. Historiquement, la série des sens est bruit, puis querelle. Quant à la forme, le mot s'écrit par o et par au. Aucun mot latin ne satisfait à ces deux conditions. Diez, ne considérant que le sens de fâcherie, querelle, le tire du latin nausea, nausée ; cela est bon pour l'orthographe; mais le sens de bruit? Raynouard a proposé noxia, méfait, délit; ce sens est assez voisin de querelle et de bruit, et la forme noise répond assez bien à noxia, pour qu'on puisse accepter cette étymologie, regardant, en provençal, au comme une variante de o, qui ici prédomine.
t >'OISERAIE (noi-zc-rè), s. f. Lieu planté de noyers.
— ÉTYM. Soix, par l'intermédiaire d'un mot fictif noisier pournoyfr.
NOISETIER (noi-ze-tié ; Vr ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l'i se lie : des noi-ze-tié-z en fleurs), t. m. Arbrisseau de la famille des cupuUfères {corylusaiellana, L), dit aussi coudrier. Il Noisetier franc, variété, selon de CandoUe, du corylus aveliana, ou espèce particulière selon d'autres, eorylus tubulosa, Wildenow , corylus maxima, Miller ; elle se caractérise par la grosseur du fruit longuement dépassé par la cupule, laquelle, au contraire, ne le dépasse i as- dans le type commun. Il Noisetier de Saint-Domingue, l'omphalier.
— £TYM. Noisette; picard, neigetier; wallon, hcùhi; oamur. nei^'< ; Hainaut, nexÂsié, notier, notetier. On trouve, au ivi" siècle, noisetier.
NOISETTE (noi-zè-f), t. f. || 1* Fruit du noisetier, d Noisette franche, fruit du noisetier franc. || Fig. Présenter des noisettes à ceux qui n'ont plus de dents, offrir une chose à une personne qui n'en peut faire usage. {| Terme de piqueur. Casser des noisettes, se (lit du sanglier furieux qui fait claquer ses défenses. || 2* Terme de botanique. Fruit à enveloppe osseuse, uniloculaire, qui ne s'ouvre point à maturité, dont le péricarpe est peu ou point disLtnt de la graine, et qui est souvent enchUssé dans un in- Tolucre. Il 3° Couleur de noisette, ou couleur noisette, gris fauve approchant do la couleur do la noisette. Il 11 est aussi en ce sens adjectif invariable. Un drap noisette. Des étoffes noisette. [Oiseau] ayant l'iris noisette, quelquefois jaune, la paupière interne fort transparente, bukf. Oit. t. xi, p. 482. || 4* Terme de teinture. Synonyme de racine. || S* Noisette purgative, nom donné au fruit du médicinier {curcas inu«i/ida, t.), qui est un purgatif violent et dangereux, ii 6- Noisette d'Inde, l'arec. Il Noisette noire, petit agaric. || Noisette de terre, l'arachide. || 7' Coquille du genre bulitne.
— HI^r. XIV* s. Buvrage de noisettes : pourboulex et pelez, puis mettez en eaue froide.... Ménagier, II, 6. Nois'Utes confites, ib. ii, ♦.
— ÊTYM. Diminutif de notx; picard, n«ia;((«, n*irtle; wM.neûhf; namur.nei2;>; H»ia. neittéit, noiHe, nog(te. La langue avait aussi un autre diminutif qui était no<ilI«, et qui dura dans plusieurs patois : Berry, noisille, nousille; bourguig. neutille.
NOIX (noi ; 1'* se lie : une noi-z encore verte), ». f. Il 1* Sorte do fruit aynnt une coque dure et ligneuse, couverte d'une écale verte. Noix verte. Une cuisse de noix. Huile de noix. || Fig. Le goût de la «oit, l'amorce qui sert à persuader, à attraper .fuolii'i'iin. Il Noix de mésange, variété de la noix ordinaire dont la coque est très-fragile. || Noix confites, noix vertes cuites et accommodées avec du sucre. Il Fig. Puis les baisers, cl puis la noix confite, LAtoni. Orait. \\i' Terme de botanique. F.nveloppc
Wf»r. DE LA LANf.UB FIIANÇAISI
ligneuse, testacée ou osseuse, d'une ou de plusieurs graines, revêtues outre cela de leur tégument propre. Il 3" Il se dit aussi d'autres fruits qui ont quelques ressemblances avec la noix. || Noix d'Amérique, nom vulgaire, en France, des graines du berlhoUelia eœe;ja(myrtacées), Humb. et Bonpl. ]| N'oixd'aroc, la graine de l'aréquier. || Noix du Bengale, le mirobulan citrin. Il Noix du Congo, nom commercial des graines du bassia Parkii, DC, famille des sapotées, ou d'une espèce très-voisine. || Noix d'eau, fruit de la macro flottante. || Noix de girolle, ou noix de Bavensara, et quatre épices, noms vulgaires donnes aux fruits de Vagathophylle aromatique (laurinées), dit Ravensara. || Noix d'Inde, ou noix de coco, le fruit du cocotier; l'endroit de l'Europe oii se travaillent mieux ces sortes de fruits aussi bien que l'ivoire, est à Dieppe, pomet, Ilist. des drogues, dans DE LABORDE, bmaux, p. 406. || Noix muscade, nom donné au noyau contenu dans le fruit du muscadier aromatique (myristicées). || Noix de palmier ou de palme, nom commercial de Velœis guineensis, £., ou d'une espèce très-voisine. || Noix du Soudan, un des noms donnés aux graines de la sterculie acuminée, appelées aussi noix de Cola ou noix de Kola et noix de Gourou. || Noix vomique, fruit du vomiquier. || 4* Noix de galle, voy. galle i. Il Noix de frêne, espèce de bolet. || 8* Noix, nom donné par les bouchers et les cuisiniers aux ganglions lymphatiques axillaires du veau, lesquels sont voisins de l'articulation scapulo-humérale, et sont attenants au morceau appelé épaule. || Noix d'un gigot, morceau constitué par les ganglions lymphatiques poplités, situés dans le creux du jarret. || Ce creux du jarret est appelé gîte à la noix, ou mieux gtte de la noix, quand il appartiont au bœuf. Il Noix de cerf, morceau levé de l'épaule. Il 6° Noix, nœud ou partie centrale d'un œilleton d'artichaut. || 7° Terme de relieur. Noix, nom donné aux bosses que, par maladresse, le batteur laisse sur les cahiers en battant le volume. || 8" Noix du genou, désignation populaire de la rotiJe. || 9° 1a partie du ressort d'une arbalète, où la corde est arrêtée quand elle est tendue. Une clef.... Qui tire à sa coidelle une noix d'arbalète, Régnier. Sat. i. Il 10° Pièce de la platine, soit d'un fusil, soit d'un pistolet, où le marteau (autrefois le chien) est fixé, et sur laquelle agit le grand ressort; elle a deux crans, l'un dit du repos, l'autre du bandé, legoa- RANT. Il 11* Rous dentelée qui fait partie d'un moulin à café, à poivre, etc. et qui sert à broyer la graine. || Sorte de roue de cuivre fixée au bout d'un parapluie pour retenir les baleines. || Axe de la roue du potier. || Clef d'un robinet. || Petite poulie à travers laquelle passe l'axe d'un dévidoir ou d'un fuseau. Il 12* Terme de construction. Rainure dont le fond est arrondi en demi-cercle; languette qui entre dans cette rainure. || Fermeture à noix, celle dans laquelle les battants opposés d'une porte ou d'une croisée s'assemblent par le genre de rainure appelé noix. || 13' Terme de marine. Partie d'un mit de hune ou de perroquet, qui est plus forte que le mit lui-même et qu'on laisse en renfort, au-dessous du capelage, pour soutenir les barres. || On donne aussi quelquefois ce nom à la partie d'un cabestan qui reçoit les barres ou leviers. || 14° Noix de mer, le pétoncle velu. || Proverbe. Vous avez rangé tout cela comme des noix sur un bâton, se dit d'un plan, d'une combinaison inexécutable.
— HIST. XII' s. Onques d'els [il] n'ot treù [tribut] vaillissant une nois. Soi. iviii. || xm' s. 11 respondent i. une vouiz [volx| Que tout ce no vaut une nouiz, Saint Graal, v. <»ï». Il ont moult grant quantité de nois d'Inde [cocos] moult grosses, qui sont bonnes à mangier fresches, marc pol, p. 674. Ouiconques est huiliers S Paris, il puet [puut] faire huile de olives, do amandes, de noii>, de chencvis et de pavoz, Liv. des met. 46». ||xv s. Une noix d'Inde sur un pié d'argent, prisio vi lib. ii«L*itoanE, ^'mauï, p. 40». Il xvi' s. L'astragale tourne entre les chevilles et la susdite cavité, comme une noix dedans l'arbaletc, par*, v, 3«. Quelquesfois la fracture est faite en noix : c'est en plusieurs petites pièces séparées l'une de l'autre, m. xiu, «. Nulle noix sans coque, lp.roux m linot, Prov. t. ii, p. »o. Oui a des noix il en ca-sse; qui n'en a, il s'en passe, iD. ib. p. »80. Il [Coligny] prit si grand goust à cesle noix [le changement de la France], qu'il ne s'en degousU jamais, brant. Cap. franf. t. iil, p. (6»,
dAUS lACl'BNI.
— ÉTYM. Bourg. noc<; Berry, noui; picard, no»/ w.illon, Umoscade, némoteadi, noix muscade; provenç. noix; catal. nnu; espagn. nu«f ; portug. nm; ital. nocet dulat.nuMM. L'anglo-saxon hnui; anc.
NOM
haut-allem. /iniif font penserqu'ici, comme dans no*co, natus, le latin a perdu une initiale gutturale; ce serait donc gnucem. Le latin et les formes germaniques rapprocheraient ce nom de noduî, gnodus ; et ce rapprochement s'applique bien à tous les fruits à coque ligneuse.
t NOLANACÉES (no-la-na-sée) ou NOLANÊES (no-la-néo), s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones exotiques, formée aux dépens des convolvulacées ; genres : nolana, falkia, etc.
— ÉTYM. Le genre nolana, de nola, clochette, à cause de la forme de la fleur.
NOLI ME TANGERE (no-li-mè-tan-jè-rè), ». n». Il 1° Balsamine noli me tangere, ou, simplement,Ie noli me tangere (balsamiuées), plante dont les capsules, à l'époque de la maturité, s'ouvrent au moindre contact, et alors les graines s'élancent avec raideur, à la grande surprise de celui qui ignore ce phénomène;on l'appelle aussi balsamine des bois et herbe de Sainte- Catherine (impatiens noli me tangere, L.), legoa- RANT. Il 2' Terme de chirurgie. Ulcère que les divers moyens thérapeutiques employés ne font qu'irriter.
— IIST. ivi* s. Combien qu'elles [les fautes] desservent clerement pugnition et correction, pour riens ils ne veullent estre pugnis ne corrigez ; et ceste maladie chiet [tombe] souvent sur les puissans princes ; pour ce l'appelle on noli me tangere, Vist. de la toison d'or, t. ii, f' te», dans lacurne. Il xvi* s. Aucuns ont appelé tels chancres noli me tangere, c'est à dire... paré, v, 27.
— ÊTYM. Lat. noli, ne veuille pas (impératif de nolle, contraction de non velle), me, moi, et tangere, toucher : ne me touche pas.
NOLIS (no-U), ». m. Terme de marine qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Action de noliser. Les jugements donnés en matière de ventes et achats de vaisseaux, fret ou nolis, engagement ou loyers de matelots.... grosses aventures ou autres contrats.... seront exécutoires par corps, Ordoun, marine, août i68i. Il écrira.... le nom des passagers, le fret ou nolis par eux dû, ib. Le loyer des vaisseaux, appelé fret ou nolis, sera réglé par la charte-partie, ou par le connaissement, ib. || On dit aussi naulage.
— ÊTYM. Voy. noliser. On trouve, même dans le ivu' siècle, no(e, qui est le simple (ital. nolo) : Et jugeant de tous ceux-là ce que je dois, je fais le môme que ceux qui nous survivront feront de nous après avoir payé le noie, malh. Lett. à M. de la Garde.
t NOI.ISATEOR (no-li-za-teur), ». m. Affréteur, fréteur, jal.
NOI.ISÉ, ÉE (no-li-zé, zée), part, passé de noliser. Un bâtiment noiisé.
NOLISKR (no-li-zé), «.o. Terme de marine. Affréter. La princesse de Babylone loua ou noiisa deux vaisseaux pour se transporter, avec tout son monde, dans celte bienheureuse Ile.... volt. Dabyl. 7.
— ÊTYM. Bas-latin, naulisare, du lat. iuiu2um fret; grec, vaOiov, de voù;, navire.
NOLISSEMENT (no-li-se-man), ». m. Action de noliser.
— REM. Pautex dit : « Encore une bizarrerie ; de nolis on forme le verbe noliser en ajoutant simplement er ; pour noiissement il faut doubler 1'». > Cette bizarrerie ou plutAt ce barbarisme n'existe pas dans l'ancienne ordonnance de marine : Toute convention pour le louage d'un vaisseau, appelée charte-pariic affrètement ou nolisement, sera rédigea par écrit, Ordonn. marine, août 4681.
— ÊTYM. Noliser.
t NOLITIO.V (no-li-»ion), ». f. Terme didactique. Acte contraire à la volition ; action de ne pas vouluir.
— ÉTYM. Lat. noU*, ne pas vouloir, île non, nnn.ct vel/e, vouloir, comme s'il avait eu un supin nolitum.
NOM (non), ». m. || 1* Mot qui désigne une personne. Il 1* Personnage, homme. || 8* Petit n^Ui. Il 4* Nom chez les Houialos, dans le moyen Age ut (le nos jours. || B* Le nom de Dieu. Il 6* Nom propre que l'on impose aux animaux. || 7" Nom qui ddsigno un Hre, un objet, une chose. || t* Le nom chrétien, le nom romain, etc. tout ce (|ul porte le nom do chrétien, de romain. || •■ Qualité, titre, en stylo de pratique. Il 10' Nom social. Il ll'Képulallon.il la'Noblesso , qualité. || 18* Personnes du méma nom. Il 14* Dénomination, qualité. || IS'Qualiflratiun morale, appliquée soit aux personnes, soit aux choses. Il 16' Kn termes do grammaire, mot qui sert k qualifier lei personne* ou les choses. || 17* Ce qui n'est pas effectif, par opposition i ce qui est réel. Il 18* Ancien terme d'algèbre. || 19* Nom de Jésus. Il 20* Au nom de. {| 21* De nom. || Proverbes.
1* Mot <|iii désigne une personne. Un nom de famille. Un nom de baptême. Quel abus do quitter
le vrai nom de ses pères Pour en vouloir prendre un liflll sur des chimères 1 mol. Êc.des femm. 1, «. Des noms de femmes que les Latins terminent en o, il n'y a guèie que Cido qui prenne l'n pour faire Didon; on dit Calypso, Ino,
10 et Sapho, et non pas Calypson , /non, Ion et Saphon, Acad. Observ. sur Yaugelas, p. 86, dans POL'GENS. Que dites-vous du nom de M. le Prince qui leur a fait lever le siège d'Haguenau, comme il fit fuir les ennemis l'année passée à OudnnardeT SÉV. 248. Voilà votre fils [vous madame de Coligny] dans le nom naturel de sa maison [Langhac]; il en a les terres, m. 41 juin 4e90. De telles vengeances rudes et basses [contre Foucquet] ns sauraient partir d'une âme comme celle de notre maître [Louis XIV] ; on se sert de son nom et on le profane comme vous voyez, id. 24 déc. 4 664. Vous l'avez cherché [Pierre Corneille] en moi [Th. Corneille], et, n'y pouvant trouver son mérite, vous vous. êtes contentés d'y trouver son nom, th. coen. Disc, de réc. à l'Acad. franc. Comme les rois d'Orient prenaient plusieurs noms, ou, si vous voulez, plusieurs titres, qui ensuite leur tenaient lieu de nom propre, et que les peuples les traduisaient ou les prononçaient différemment, selon les divers idiomes de chaque langue, des histoires si anciennes dont il reste si peu de bons mémoires ont dû être par là fort obscurcies, boss. llist. i, 4. On y voit un autre Gustave, non moins fier ni moins hardi ou moins belliqueux que celui dont le nom fait encore trembler l'Allemagne, id. Amie de Gonx. On dit tout, tjuand on prononce seulement le nom de Louis de Bourbon, prince de Condé, ID. ib. Pour ne voir pas votre nom terni, votre mémoire aoolie, id. le Tellier. Jules Mazarin, dont le nom devait être si grand dans notre histoire, m. Je Tellier. Justice.... qui tombe et disparaît tout à coup, quand on allègue, sans ordre même et mal à propos, le nom de César [l'empereur, le souverain], id. ib. Tu n'es pas encore, lui disait-il [le Seigneur], mais je te vois, et je t'ai nommé par ton nom : tu t'appelleras Cyrus, id. Louis de Bourbon. D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare, boil. Art p. m. Et, sur le nom de son ambassadeur [de la Grèce], J'avais dans ses projets conçu plus de grandeur, rac. Andr. i, 2. Elle m'a fatigué de ce nom ennemi, id. Brit. iv, 8. On ne voit point le peuple à mon nom s'alarmer, id. ib. iv, s. Et ton nom [Néron] paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, id. ib. v, 6.
11 ne répond encor qu'au nom d'Éliacin, id. Alhal. I, 2. Votre nom est comme un parfum délicieux qui s'eibale de pays en pays chez les peuples les plus reculés, féb. Tél. xiv. Ils avaient pris des noms de terres; et du véritable, je crois qu'ils ne s'en souvenaient plus eux-mêmes, mabiv. Pays. parv. 4" part. Les noms, qui donnent aux hommes l'idée d'une chose qui semble ne devoir pas périr, sont très-propres à inspirer à chaque famille le ilésir d'étendre sa durée; il y a des peuples chez lesquels les noms distinguent les familles ; il y en a où ils ne distinguent que les personnes ; ce qui n'est pas si bien, montesq. Esp. xxiii, 4. Les païens portaient la superstition jusqu'à croire qu'il y avait des noms plus agréables aux dieux les uns que les autres, et sous lesquels ils aimaient mieux être invoqués, duuars. Œuv. t. I, p. 66. J'apprends que Platon est revenu de chez Denys do âyracuse; ce n'est pas que je ne tous croie au-dessus de Platon, et l'autre au-dessus de Denys; mais les vieux noms font un merveilleux effet, volt. Lett. d'Alemb. t» .sept. 4 761. Votre nom seul ici manquait & ces grands noms, id. Tancr. m, 4 . La Vénus de Lemnos fut le seul ouvrage auquel Phidias osa mettre son nom, bider. Observ. sur la sculpt. Œuv. t. xv, p. »io, dans pouGENS. M. de Thury, fils de Jacques Cassini et troisième du nom, imagina de mesurer.... DAiLLT, Uist. astr. mod, t. m, p. 6, dans F0UGE^s. C'est une vérité reconnue que tous les noms propres ont été jadis significatifs, iD.Atlant. lett. 21. Tu voudrais cependant que sur un cénotaphe La gloue t'inscrivît ta ligne d'épitaphe. Et promît à ton nom, de temps en temps cité, Ses heures de mémoire et d'immortalité, lamart. Uarm. ii, 4 2. Tu sais que tôt ou tard, dans l'ombre do l'oubli. Siècles, peuples, héros, toutdort enseveli; Qu'à celte épaisse nuit ((Ulidcscend d'âge en âge, X peine un nom par sicclo obscurément surnage, id. ib. u, 4 2. || Avoir nom, porter le nom. EUe avait nom Philis, son voisin Eurvlas, la tont. Gascon. Je veux qu'il [un ornement] ait nom mouche ; «st-ce un sujet pourquoi Vom [moucliej (a<sicz sonner vos mérites? id. Fabl. ir, I. Comment vous nommez-vousT — J'ai
NOM
nom Kliacin, rac. Athal. ii, 7. || Simple nom , nom que l'on n'accompagne pas de monsieur ou de quelque autre désignation. Je me suis toujours révolté contre cette coutume impolie qu'ont prise plusieurs jeunes gens d'appeler par leur simple nom des auteurs illustres qui méritent des égards, volt. Uél. lilt. aux aut. nouv. Parnasse. \\ Changer de nom, se dit d'une femme qui se marie et qui perd son nom pour prendre celui de son mari. || Mettre les noms sur les visages, savoir nommer les gens en les voyant. Je n'ai pas le don de placer si vite les noms sur les visages; au contraire, je fais tous les jours mille sottises là-dessus, sév. 4 8 mars 467 4. || Sous le nom de quelqu'un, en prenant son nom. Quelque autre aura fait cette histoire sous leur nom, boss. Hist. II, 4 3. Et, sous des noms romains faisant notre portrait. Peindre Caton galant et Brutus dameret, BOIL. Art p. m. J'apprends que, pour ravir son enfance au supplice, Andromaque trompa l'ingénieux Ulysse, Tandis qu'un autre enfant arraché de ses bras Sous le nom de son fils fut conduit au trépas, hac. Andr. i,t. Ce qu'on se défend sous un nom, On se le permet sous un autre, lamotte, Fabl. i, 8. Le cordelier Perreti, devenu pape sous le nom de Sixte V, envoyait un légat à Paris, et lui donnait une juridiction entière sur les laïques, volt. Uist. parlem. XXXII. Les tragédies de l'abbé Abeille étaient données sous le nom du comédien la Thuillerie, d'a- LE.M «. Éloges, Gasp. Abeille. \\ Prêter son nom, se dit de celui qui permet qu'une personne prenne son nom pour faire quelque chose. Atalide a prêté son nom à cet amour, hac. Bajaz. i, 4 . On se servait d'un Latin ou d'un allié qui prêtait son nom et paraissait être le créancier, montesq. Esp. xxii, 22. Il Familièrement. Décliner son nom, dire qui l'on est, afin de se faire connaître. J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom. Et dit : je suis Oresteoubien Agamemnon, Que d'aller par un tas de confuses merveilles, Sans rien dire à l'esprit, étourdir les oreilles, boil. Art poét. m. || Je réussirai, ou j'y perdrai mon nom, c'est-à-dire je suis décidé à tout sacrifier pour réussir dans cette affaire. Il 2° Fig. Personnage, homme. ?on nom figure souvent dans l'histoire. On a mêlé son nom à d'assez tristes aventures. Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux [les Romains], Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, rac. Mithr. v, 5. || Les grands noms, les personnes illustres par la noblesse et le rang. J'aperçus en ce temps-là que les grands noms, quoique peu remplis et même vides, sont toujours dangereux, RETZ, Mém. livre m, t. ii, p. 24 6, dans pougens. Les grands noms sont toujours de grandes raisons aux petits génies, id. ib. t. iv, liv. v, p. 22. Il Fig. Vous savez, mon cher ami, que mes grands noms sont ceux de Newton, de Locke, de Corneille, de Racine, de la Fontaine, de Boileau, volt. Lett. Tliiriot, 4 768. Il 8° Familièrement, petit nom se dit pour prénom, nom de baptême. Mon pelit nom est Paul, est Alice. || Petit nom est aussi un nom d'amitié par lequel on désigne une personne avec qui on vit familièrement. Le petit nom est souvent un nom d'enfance. Elle lui dit publiquement mille cho.ses tendres, et lui donne de petits noms, fonten. lett. galant, u, 4. Le nom de cette aimable personne était Gaucher; son nom d'enfance et de caresse élait Lolote, MAHMONTEL, Uém. IV. Il Nom de guerre, voy. GUERRE, n° 9. Il Nom de religion, voy. religion. Il 4° Les Romains avaient trois noms, le prénom {prxnomen), qui désignait l'individu, le nom (nomen), qui distinguait la gens (voy. gens 2), et le troisième nom (cognomen), qui marquait la branche, la famille, par exemple: Caïus Julius Caesar; et quelquefois quatre, le quatrième {agnomen) étant un surnom, par exemple : Publius Cornélius Scipio Africanus. Il Dans le monde moderne, l'origine des noms de famille remonte à l'établissement de la féodalité et aux croisades. Ce ne fut que vers la fiu de la seconde race que , les fiefs, qui n'étaient auparavant qu'à vie, étant devenus héréditaires, on prit le nom du fief que l'on possédait, et ce nom devint aussi héréditaire dans les familles, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 264, dans iouûe.ns. || Longtemps dans le moyeu âge, on désigna les individus par le nom de baptême auquel ou ajoutait le nom du père, de cette façon : Johannes Pelri, Jean fils de Pierre, ce qui se disait en français, par l'effet de la règle des deux cas : Jean Pierre; beaucoup de noms ainsi faits sont devenus des noms de famille. Il Kn France on a deux noms, le ou les prénoms et le nom. || Terme d'antiquité. Nom diacritique, celui par lequel une personne était généralement désignée, entre les noms ([u'elle portait. || 6» Le nom
NOM
de Dieu, le mot par lequel on le désigne. J'ai fait à David un serment irrévocable par mon saint nom, et je ne lui mentirai point, saci. Bible, Psaume Lxxxviii, 36. J'y écrirai, dit-il [le Sauveur], le nom de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem, et mon nouveau nom, boss. Mar.-Tliér. [ô Dieu] Tu vois nos pressants dangers. Donne à ton nom la victoire, RAC. Eslh. I, 6. Que son nom [du Seigneur] soit béni, que son nom soit chanta; Que l'on célèbre ses ouvrages. Au delà du temps et des âges, Au delà de l'éternité ! id. ib. m, «. Ce doux repos du cœur qui suit un saint soupir, Ces troubles que d'un mot ton nom vient assoupir. Mon Dieu, donnent à l'âme ignorante et docile Plus de foi dans un jour qu'il n'est besoin pour mille, lamart. Uarm.
1, 5. Son nom [de Dieu] tel que la nature Sans paroles le murmure, Tel que le savent les cieux; Ce nom que l'aurore voile, Et dont l'étoile à l'étoile Est l'écho mélodieux, id. ib. u, 4 3. || 6° Il se dit aussi du nom propre que l'on impose aux animaux soit pour leur parler soit pour les désigner. Les chiens entendent leur nom. || 7° Mot qui désigne un être, un objet, une chose. Le nom d'une ville, d'un pays, d'une rivière, d'une montagne, d'une plante. J'y consens, leur dis-je; car je ne dispute jamais du nom, pourvu qu'on m'avertisse du sens qu'on lui donne, pasc. Ptov. i. On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire que les seules impositions de nom aux choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus, id. De l'esprit géom. I. Nous ne pensons jamais ou presque jamais à quelque objet que ce soit, que le nom dont nous l'appelons ne nous revienne; ce qui marque la liaison des choses qui frappent nos sens, telles que sont les noms, avec nos opérations intellectuelles, boss. Coimaiss. m, 4 4. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom, id. Reine d'Anglet. De même que ces fleuves tauit vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues, id. Duch. dOrl. Sa majesté veut qu'il fasse peindre et dorer le nom à h poupe de chacun de ses vaisseaux ; et, si les étran{;ers n'en usent ainsi, elle est bien aise de leur en donner l'exemple, sa marine étant plus belle et plus parfaite qu'aucune de celles des nations étrangères. Ordre du roi, 1078, dans jal. Le pays a pris lo nom du fleuve, fén. Tél. viii. Si l'étoile Canope avait donné son nom à la ville, ou si la ville avait donné le sien à l'étoile, volt. Babyl. 4 1. Toutes les villes avaient un nom mystérieux que l'on cachait soigneusement aux ennemis, do peur qu'ils ne mêlassent ce nom dans désenchantements, et par là ne se rendissent les maîtres de la ville, id. Philos. Exam. milord Bolingbroke, iv. Les noms composés de sons imitatifs de la voix, du chant, des cris des animaux sont, pour ainsi dire, les noms de la nature ; ce sont aussi ceux que l'homme a imposés les premiers, bufp. Ois. t. xv, p. 28. Je pourrais ajouter que les premiers noms des animaux en imitèrent vraisemblablement le cri; remarque qui convient également à ceux qui furent donnés aux vents, aux rivières et à tout ce qui fait quelque bruit, condil. Conn. hum. u, i,
2. Il y a des philosophes qui ont pensé que les noms de la langue primitive exprimaient la nature même des choses; ils raisonnaient sans doute d'après des principes semblables à ceux que je viens d'exposer, et ils se trompaient, ID. Gramm. i, 2. Pourquoi lo prononcer ce nom de la patrie? Dans sou brillant exil mon cœur en a frémi, laii.(rt. Uarm. m, 2. || Nommer les choses par leur nom, donner sans ménagement aux choses et aux personnes les noms qu'elles méritent. Je ne puis rien nommer si ce n'est par son nom. J'appelle un chat un chat, et RoUet un fripon, boil. Sal. i. Mon dossein a été do vous accoutumer à entendre nommer les choses par leur nom, fén. Tél. xii. || Nommer les choses par leur nom, signifie aussi employer dans la conversation des termes que la bienséance on a bannis. Il N'avoir pas do nom, se dit d'une chose qui ne peut être quahfiée assez sévèrement. Sa conduite n'a pas de nom. C'est un excès qui n'a pas de nom, boss. 6* at'crl. 63. |{ 8° Le nom chrétien, le nom romain, le nom français , etc. tout ce qui porte le nom de chrétien, do Romain, do Français, etc. c'est-à-dire tous les chrétiens, le christianisme; tous les Romains, l'empire romain; tous les Français, la monarchie française, elc Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout lo nom français,
NOM
«on siècle.... boss. Louis de Bourbon. C'est là [en Italie] qu'en arrivant, plus qu'en tout le chemin, Vous trouverez partout l'horreur du nom romain , RAC. Mithr. m, *. Les Turcs, fiers de leurs conquêtes passées, menaçaient le nom chrétien, mass. Or. fun. Conty. || 9* En style de pratique, qualité, titre en vertu duquel on agit, on prétend à quelque chose. Il procède au nom et comme tuteur. Es noms qu'il procède. || Répondre d'une chose en son propre et privé nom, en être personnellement responsable. Il Céder ses droits, noms, raisons et actions, transporter les droits et titres en vertu desquels on prétend quelque chose. || On dit aussi : être attaqué, poursuivi en son propre et privé nom, être attaqué, poursuivi directement et personnellement. || On dit : Mme B...., en son nom [de demoiselle] Mlle X.... H 10* Terme de commerce. Nom social, le nom Que des associés doivent signer pour représenter la raison de leur commerce. Être en nom dans une aflaire, dans une maison de commerce. Il fait partie de telle maison, de telle société commerciale, mais il n'est pas en nom, c'est-à-dire la maison de commerce ne porte pas son nom. || 11° Réputation. Il a laissé un nom détesté. Cet auteur a déjà quelque nom. Ma reine acquiert à ses mérites Un nom qui n'a point de limites, malh. m, 3. Et ne prétends avoir.... Qu'un simple bénéfice et quelque peu de nom, HÉGNiER, Sat. m. Ce nom qu'il s'est acquis chez les peuples d'Espagne, corn. Sertor. i, t. Moi qui depuis dix ans ai gagné sept batailles, N'ai-je acquis tant de nom que pour prendre la loi De qui n'a commandé que sous Procope ou moi? lo. Pulch. i, b. Mon crime véritable est d'avoir aujourd'hui Plus de nom que mon roi, plus de vertu que lui, id. Sur. v, 2. Aucun législateur n'a jamais eu un si grand nom parmi les hommes [que Moïse], doss. Ilist. ii, 3. Ce sera de nos jours s'cire fait un nom que d'avoir servi sous le prince de Condé, id. louis de Bourbon. Worms, Spire, Mayence, Landau, vingt autres places de nom ouvrent leurs portes, lo. ^ouù de Bourbon. Ne laisser aucun nom, et mourir tout entier, bac. Iphig. I, 2. La sotte vanité semble être une passion inquiète de se faire valoir par les plus petites choses, ou de chercher, dans les sujets les plus frivoles, du nom et de la distinction, la brut. Théophr. xxi. Il n'est pas si aisé de se faire un nom par un ouvrage parfait, que d'en faire valoir un médiocre par le nom qu'on s'est déjà acquis, ID. I. Il n'y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s'achève que l'on a à peine commencé son ouvrage, id. ii. Il [Philopémen] s'en retourna chez les Achéens avec un si grand nom , qu'à son arrivée il fut fait général do la cavalerie, BOLUN, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 136, dans pon- OEHS. X quoi nous sert un nom stérile T Ce n'est plus qu'un bruit inutile. Qui n'est pas même un bruit pour nous, lamotte, Odet, t. i, p. 3»i, dans pou- OENS. Ô qu'un grand noai, dit-il, est un poi'ls incommode I DELiLLE, Contert. ii. || La gloire de son nom, se dit de la gloire, de la réputation qu'une personne s'est acquise. La gloire de mon nom vaut bien qu'on le retienne, corn. Don Sanche, v, b. || Cet homme est sans nom, c'est un homme sans nom, c'est-à-dire on ne le connaît point dans le monde, il est sans crédit, sans autorité, sans réputation. || Par extension. Notre vie est semblable au fleuve do cristal Oui sort humble et sans nom de son rocher natal, lamart. Ilarm. il, 12. || 12* Noblesse, qualité. Polyeucte a du nom et sort du sang des rois, coim. Poly. n, t . Vous avez tant do nom que tous les rois voisins Vous veulent comme Orode unir à leurs destin», id. Suréna, m, 2. Les grands noms abaissent au lieu d'élever c«ix qui ne les savent pas - 'iienir, la bociiefouc. Hax. »♦. Il n'y eut qu'un rnme de quelque nom de tué, c'est Beaurcgard,
, 11 avait été page du roi, pelusson, Lett. hitt. t. ni, p. Bi, dans pougenx. Toute mon ambition est do rendre service aux gens de nom et do mérite, >' !.. Sieil. H. Le monde aujourd'hui n'est plein
lie.... de ces imposteurs qui.... s'habillent insolemment du premier nom illustre qu'ils s'avisent de prendre, id. T Avare, v, s. Elle [la victoire] ne nous coûte que quelques soldats et pan un homme qui ait un nom, sÉv. a» avril l«7«. Avcz-vous pu penser qu'au sang d'Agamcmnon Achille prérérit une fille sans nom? bac. Iphig. Il, B. De bien des gens il n'y a qu« le nom qui vaille queUjue chose; quand vous les voyez de fort prés, Vest moins que rien, la sbut. II. S! vous portez 'in grand nom, on lo dispute à vos ancAlres, mass.
AterU,Bnnh. Il avait une figure noble et belle, beaucoup d'e.sprit, an grand nom, une fortune indépendante, STAËL, Corinne, i, t. Ton nom? — J«
NOM
n'en ai pas; mais tu vas m'en faire un, c. deiavioNE, ?a Fi7;e du Ctd, 11, il. || C'est un nom qui s'éteint, se dit d'une famille dont le nom ne peut plus se continuer, faute d'héritiers mâles. || 13° Personnes du même nom, famille. Je vous embrasse en pleurant [à cause de la mort d'un Grignan], comme si j'avais l'honneur d'être de votre nom, sÉv. à U. de Grignan, I8 mars (689. Je suis persuadée que vous êtes aimée dans votre famille [de Grignan].... par votre conduite et vos actions vous avez acquis un droit sur tout ce nom, id. d Mme de Grignan, t" uoy. 4688. Sa femme [de Charles de Sévigné], qui est d'un des bons noms de la province [Bretagne], id. 2a juill. 1685. || 14° Dénomination, qualité. Si l'on doit le nom d'homme & qui n'a rien a'humain, X ce tigre altéré de tout le sang romain, CORN. Cinna, 1, 3. Pompée : Elle parait ma femme et n'en a que le nom. — Aristie : Et ce nom seul est tout pour celles de ma sorte, id. Sertor. m, 4. Ils [les hommes] vont tous se confondre dans ce gouffre infini du néant, oii l'on ne trouve plus ni rois, ni princes, ni capitaines, ni tous ces autres augustes noms qui nous séparent les uns des autres , BOSS. Gornay. Des extravagants qui prirent le nom de philosophes, id. Hist. iii, b. Peut-être avant la nuit, l'heureuse Bérénice Change le nom de reine au nom d'impératrice, bac. Bîrén. 1, 3. Fille d'Agamemnon, c'est moi qui la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père, id. Iphig. iv, 4. De l'honneur ottoman ses successeurs jaloux Ont daigné rarement prendre le nom d'époux? m. Bajax. II, I. Mais sous un autre nom n'est-il pas roi luimême? VOLT. Brutus, IV, 3. Il faut un nouveau nom pour un nouvel empire. Un nom plus grand, plus saint, moins sujet aux revers, id. M. de César,
I, 3. On nomme ce tyran du nom de roi des rois, ID. Orphcl.t, I. Il 15° Qualificttion morale, appliqué» soit aux personnes, soit aux choses. Ce prince a mérilé le nom de grand. La reine, sa belle-mère, malgré ce nom odieux, trouva en elle non-seulemont un respect, mais encore une tendresse... boss. Ilar.-Tliir. La première [de ses bonnes œuvres] fut d'acquitter ce qu'elle devait avec une scrupuleuse régularité, sans se permettre ces compositions si adroitement colorées qui souvent ne sont qu'une injustice couverte d'un nom spécieux, m, Anne de Gonx. Oui leur résoudra ces doutes, puisqu'ils [les esprits forts] veulent les appeler de ce nom? id. ib. Je sais que vous*leur donnez [à certaines liaisons] de beaux noms, et que, pour en étouffer tous les remords, vous les qualifiez sans scrupule d'amitiés honnêtes, boubdal. Xyst. Pentecôte, t. 1, p. 4B». 11 faut en France beaucoup de fermeté... pour se passer des charges et des emplois... il ne manque cependant à l'oisiveté du sage qu'un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s'appelât travailler, la bbut. 11. Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre, Madame ; on ne m'a pas instruite i les entendre, bac. Iphig.
II, B. Il 16° Terme de grammaire. Mot qui sert à désigner ou à qualifier une personne ou une chose, les personnes ou les choses. Nom substantif. Nom ailjectif. Nom masculin. Nom féminin. Nom neutre. Et transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, boil. Sat. II. Un nom, pour le définir philosophiquement, est un mot qui sert à exprimer ou le sujet ou l'attribut d'une proposition , et souvent aussi des circonstances qui tiennent i l'un ou à l'autre, d'olivet, Eu. gramm. i, 2. || Nom propre, nom qui sert à désigner les personnes. Tout nom propre est déterminé par lui-même; l'article lui est donc inutile, et on dira César, Alexandre, conuill. Gramm. 11, it. || Nom commun, nom qui convient à tous les êtres, à tous les objets de la même espèce. Il Nom de nombre, nom qui sert k désigner les nombres. Trois,quatre, dix sont des noms de nombre. Il 17* Le nom, ce qui n'est pas effectif, par opposition à co qui est réeL Elle se défand du nom, mais non pas de la chose, mol. Critique, a. Non, tprès co que nous venons de voir [la mort rapide de Madame], la santé n'est qu'un nom, la gloire n'est qu'une apparence.... buss. Dueh. d'Orl. Saint Chrysostome a bien compris celte vérité quand il a dit : Gloire, richesse, noblesse, puissancs pour les hommes du monde ne sont que des noms; pour nous, si nous servons Dieu, m sont des choses ; au contraire la pauvreté, la honte, la mort sont des choses trop enectives et trop réelles pour eux; pour nousc« sont seulement des noms, id. ib. Il est question de la chose et non pas du nom, rix. Liai, dei morte anc. Dial, 3». Soyons justes, aimons le vrai, ne nous laissons pas séduire, jugeons par les choses
et non par les noms, volt. Dict. phil. Femme. Les noms, en tout genre, font dIus d'impression que les choses, id. Mél. hist. Mens. impr. doxttes test. Uichel. Il N'être qu'un nom, n'avoir point de réalité. Croire que les vertus les plus pures ne sont que des noms, mass. Avent, Bonh. Nous les accoutumons à penser que la vertu n'est qu'un nom, id. Panégyr. St Louis. Être Bonaparte, et se faire siro.... il croit monter en s'égalant aux rois, il aime mieux un titre qu'un nom, p. l. codrier, Corresp. mai (804. Un Brutus qui, mourant pour la vertu qu'il aime. Doute au dernier moment de cette vertu même, Et dit : tu n'es qu'un nom I LAMABT. Médit. VII. Il 18° Terme d'algèbre ancienne. S'est dit pour désigner une quantité qui a devant elle le signe -f ou le signe — . || On dit aujourd'hui terme ou monôme. || Quantité de deux noms, un binôme. || 19° Nom de Jésus, petite peinture ou chiffre où ce nom est en abrégé. || Nom de Jésus, sorte de papier fin. || 20° Au nom de, loe. prép. De la part de. Oui, mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polydore, mol. le Dép. m, 2. Au nom de l'empereur j'allais vous informer D'un ordre qui d'abord a pu vous alarmer, bac. Brit. i, 2. Le petit avertissement que j'ai reçu de la nature, d'aller trouver Horace, au nom de qui vous m'écrivîtes une si jolie lettre, volt. Leit. la Harpe, s avr. 1777. Il On dit de même : en mon nom, en son nom, etc. Il Fi g. Notre religion, comme celle des anciens, anime les arts... la nôtre [le catholicisme] parle au nom de l'amour, la vôtre [le protestantisme] au nom du devoir, 5tael, Corinne, x, B. || Il signifie aussi : en considération de. Au nom d'une amitié si constante et si belle, Emp'oyez le pouvoir que vous avez sur elle, rac. Bérén. m, 1 . Au nom de votre fils, cessons de nous haïr, m. Andr. m, 7. Au nom au Pinde et de Cythère, Gentil Bernard, sois averti Que l'Art d'aimer doit samedi Venir souper chez l'Art déplaire, volt. Billtt à Bernard (autenr de VArt d'aimer) pour l'inviter à souper chex Mm,t du Chdtelet. Il Au nom de Dieu, en invoquant le nom de Dieu. Servez ce roi immortel et si plein de miséricorde [Dieu], qui vous comptera un soupir et ua verre d'eau donné en son nom plus quo tous les 2« très ne feront jamais tout votre sang répandu, bosi. Louis de Bourbon. La formule de foi que nous pr«^ nonçons en confessant la Trinité, et qui est conçue en ces termes : au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, boubdal. Myst. Trinité, t. i, p 4u3. Il Au nom de Dieu n'est quelquefois qu'uno simple supplication. Mon frère, au nom de Dieu, ne vous emportez pas, hol. Tart. m, a. Je suis fort contenta de ce que vous me dites de votre santé, mais au nom de Dieu, si vous m'aimez, conservez-vous, sSv. 6B. Il Au nom des dieux, se met dans la bouche des païens. Phœdime, au nom des dieux, fais ce que je désire, bac. Mithr. iv, 1. 1|21° De nom, par le nom. Ces deux dames se connaissaient de nom, et par là savaient les égards qu'elles se devaient l'une à l'autre, Marivaux, Marianne, T part. || De nom, se dit aussi par opposition i réellement et de fait. Ils combattent sous lui, sous son ordre ils s'unissent. Et tous ces rois de nom en effet obéissent, corn. 5w<. II, I. Votre grâce qui n'est surfisanlo que de nom, Pisc. Prov. 11. N'oso-t-il être Auguste et César que de nom? rac. Brit. i, 2, Reine longtemps de nom, mais en effet captive, id. Jfi'lAr. 1, 1. La Franco était expirante sous le régne de Charles le Simple, roi de nom, et dont la monarchie était encore plus démembrée par les ducs, par les comtes et les barons ses sujets que par les Normands, VOLT. Moeurs, 26. || Proverbe». Je ne lui ai jamais dit pi» que son nom, c'ost-i-dire Je ne lui ai jamais rien dit d'injurieux. || On ne saurait l(j dire pis que son nom, se dit de quelqu'un qui est connu comme un malhonnête homme, comme un scélérat. || C'est un homme à qui il ne faut pas dira plus haut que son nom, c'est-à-dire c'est un homme qui s'offense aisément. || On ne lui a pas dit plus haut que son nom, c'est-à-dire on ne lui a fait ni observation ni reproche. Notez que le dit Caveirao est l'auteur do l'apologie de la Saint-Barthélémy, pour laquelle on ne lui a pas dit plus haut que son nom, n'ALEHB. Lett. d Voltaire, Il janv. I70S. Il Cette expression a aussi un sens tout différent: Vous no lui direz pas plu» haut quo son nom, si» gnifle que co nom est si Illustra qu'on n'en peut pas trouver de plus élevé.
— RRH. t. Le nom propre, étant destiné à distinguer une personne d'une autre, n'est susceptible ni (le l'idée ni de la mar(|ue du pluriel. Mais il y s quatre ciccptinn» à cotte règle : i' on lo considère comme le nom propre de toute une classe d'hom-
NOM
mes et non plus spulement comme le nom propre d'un individu; dans ce cas on dit au pluriel et avec l'« : les Henris, les Bourrons, les Stuarls, les douze Césars, etc. La Senie a des Bourbons, le Tibre a des Céi-ars, boil. Ép. i; s° on l'emploie par antonomase, c est-à-dire comme un nom commun, pour distinguer tous les individus semblables à celui dont il» empruntent le nom : alors les Corneilles se prend pour les grands poètes tragiques, les Mécènes pour les protecteurs des lettres,etc.; 3° quelquefois les noms propres se mettent au pluriel, mais sans prendre Vt, quand il s'agit, il est vrai, d'une seule personne, mais quand pourtant on veut citer ceuilà entre autres et non d'une manière exclusive. Les expressions heureuses qui font l'âme de la poésie et le mérite des Homère, des Virgile, des Tasse, des Milton, des Pope, des Corneille, des Racine, des Boileau, volt. Mél. litt. aux auteurs du noiit'. Parnasse; *° quand on nomme des personnes qui ont porté le même nom, on emploie le pluriel, mais sans mettre l'j ; les deux Richelieu; quatre ilathu?alem. |{ 2. Les noms propres ne prennent point d'article, excepté en trois cas : <° on met l'article avec un nom de femme dans un parler trèsfamilier : la Grand-Guillaume, la femme de Grand- Guillaume; ou par mépris : la Brinvilliers, Mme de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse; on le met aussi devant les noms de chanteuses ou de danseuses en renom: la Taglioni, la Grisi, la Patti; *• on met l'article quand le nom propre désigne le livre de la personne nommée : le Cicéron que vous m'avez envoyé; donnez-moi un Tacite; onditaussi: cela est du Bossuet, du Racine, c'est-à-dire cela est tiré de Bossuet, de Racine; 3° enfin l'article défini se joint à quelques noms italiens : l'Arioste, le Tasse. On remarquera que les Italiens ne joignent l'article qu'aux noms de famille et jamais aux prénoms; ce serait une faute de dire le Torquato, pour le Tasse; c'en est une de dire le Dante; Dante est un prénom; et, quand les Italiens mettent l'article au nom de leur grand poète, ils disent VAlighieri, qui était son nom de famille. On a pris l'habitude de dire également le Poussin (Nicolas Poussin ayant longtemps vécu en Italie). Au xvii* siècle, on a essayé d'introduire cet usage en France : X mon gré, le Corneille est joli quelquefois, boil. Sat. m.
— SYN. SUBSTANTIF, NOM. Le Substantif désigne les êtres par l'idée de leur nature ; à cause de cela on l'appelle souvent nom, parce qu'il paraît nommer les personnes et les choses. On peut presque toujours employer sans inconvénient sensible ce mot de nom pour celui de substantif; toutefois, dans la rigueur des termes, le sub.stantif n'est qu'une espèce du genre nom, lequel comprend, en outre, les adjectifs et les pronoms, jullien.
— HIST. X' s. S. El [il] li enorte.... Oued elle fuiet lo nom christien, Eulalie. || xi* s. Par nun [à condition] d'ocire i enverrai le mien [filsj, Ch. de Roi. lit. Li niés [le neveu de] Marsile, il anum Astaroth, ib. xci. Et de m'espée ancoi [aujourd'hui] sauras le nom, tb. cxL. Li nums Joyeuse à l'espée futdonet, ib. CLXxii. Il xn* s. Deus, dist li quens [comte] , par ton santisme nom.... iloic. 67. Etse je truis(trouve] ma dame o [avec] le douz non, Pleine d'orgueil et dame sans guerdon. Coud, ii. Lasl pourquoi lai de mes euz [yeux) regardée, La douce rien qui fausse amie a non?tb. vi. [Le souvenir] me fait renouvelemens De toute joie sans non, tb. xv. Et la guerre durs tante mainte saison; Li uns rois après l'autre la reprist eu son nom, Saa. m. Seignor, dist li cuens [comte] Hues, par le nom de Jhesu.... t6. ixviii. Il xiii* s. Pape Adriens el roi Carlon Se plaint de Desiier par non (nominativement, en détail], Oui tenoit Pulles et Lombardie, Oui la guerre ot recomancie, PH. hodskbs, ms. p. 4U, dansLA- CURNR. Comment avez à nom, que bien seiez venue? Bert», LU. Au nom à ce Seigneur [par le nom de ce Seigneur] qui se laissa pener Ens en la sainte croi, tb. cxii. Marie ai num, si sui de France, MABIB, t. u, p. 40t. Entre vous cbrestiens estes fiz de Dieu, et de son nom de Criste estes appelez cbrestiens, joiNv. 268. U estoit home de grant non «t de grant valeur, m. ï4 8. jjxv s. Ceux de Karon- Un n'avoient point de capitaine de nom, froiss. n, 11, 37. Et en nom de rémunération je vous donne.... m. i, i, 308. Et avec ce il avoit le nom d'estre le plus appert bomme.d'armesqui fust au pays.... iD. 1, i, »2t. Toute joye est descendue sur my. Quant j'ai oy de ma dame nouvelle ; Car elle m'a appelé nom d'amy, e. jsisca. Poésies mst. f° 1 8o. La craiucte fut plus grande que la perte des deux oostez;car il ne sa pardit nul homme de nom, GOHM. I, ». Moult furwil joyeulx dames el damoi-
NOM
selles et les chevaliers de la feste, pour ce que grant temps avoit que le roy ne avoit fait feste de nom, Perceforest, t. iv, ^ 67. Moult nico est celuy qui ne scet son nom nommer, tb. t. u, ^ 2i. Et ce jour fut en l'hostel de la dicte ville pour les affaires du roy, el là lui fut baillé le nom de la nuit [le mot d'ordre pour la nuit] comme à prevost de Paris, Cliron. scandai, an 4466, p. 88, dans lacurne.
I xvi* s. Au temps que le destin en Gaule fera naistre Henry second du nom, des autres rois le maistre, RONS. 87:).... Pourmetuer, deschirer et humer Mon sang, trahy dessous le nom d'aimer, id. 962. Tel a le nom qui l'effect non, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 419. Le créancier puet commencer son e.\ecution,si bon luy semble, sur les debtes, noms [titres] et actions de son debteur, Coust. gén. t. ii, p. 458.
— ÉTVM. Wallon, no; provenç. nom ; a".c. esp. nome; esp. mod. nombre; ital. nome; du lat. nomcn; sanscr. ndman; les étjmologistes rapportent ce mot à jria, connaître, à cause du g initial qui se trouve dans co-gnomen.
t NOMA (no-ma), s. m. ou NOME (no-m'), s.f. Terme de médecine. Nom d'un ulcère qui attaque la peau.
— f.TYM. Nô|Hi, de v^jxeoBai, paître, ronger. NOMADE (no-ma-d'), adj. || 1° Qui n'a point
d'habitation fixe, en parlant de peuples. Longtemps avant Solon, les Scythes nomades étaient en grande réputation pour leur simplicité, leur frugalité, leur tempérance et leur justice, rollin, llist. anc. Œuvr. t. II, p. 620, dans pougens. Il [Abraham] est représenté au sortir de l'Egypte comme un pasteur nomade, errant entre le mont Carmel et le lac Asphaltide, volt. Mœurs, introd. De grandes conquêtes, de grands renversements, voilà les œuvres des hommes numades; de grands établissements, des travaux consacrés à l'immortalité, voilà les œuvres des hommes policés, LÉvESQnE,/nsttt. Jf^m. sc.mor. et pol. t. I, p. 246. Il Par extension, une population nomade, certaine classe de gens qui n'ont pas de résidence et qui se déplacent suivant les besoins.
II i° S. m. pi. Les nomades, les peuples qui n'ont pas d'habitation fixe. Les nomades n'ont bergerie. Qu'il ne suffise à désoler, malh. m, s. || 3° Ternie de zoologie. Genre d'hyménoptères communs aux environs de Paris.
— ÉTYM. NoiiAi:, de voiièç, pâture (voy. nome). t NOMARCHIE (no-mar-chie), s. f. Gouvernement d'un nome; fonction d'un nomarque.
NOMARQUE (no-mar-k'), s. m. Terme d'antiquité. Gouverneur d'un nome dans l'ancienne Egypte.
— ÉTYM. NofiâpxTH, de vojjLè;, nome, et âpy.Etv, commander.
I NOMBLES (non-bl'), s. m. pi. Terme de vénerie. Se dit des deux muscles de l'intérieur des cuisses du cerf. || On le dit aussi des bœufs et des vaches.
— HIST. nv s. Nombles et queue de sanglier à lasausse chaude, Ménagier, u, 4. En un cerf sont les espaules, les cuisses, le foie, les nombles, id. Il, B. Nouibles, c'est une chair et une gresse avecques les rongnons qui est par dedans, en droit les longes, Modus, t° xxii, verso.
— ETYM. Bas-lat. numbi7e, numbulus, nehulus, dit, par altération, pouriunibu/us (npour l, comme dans niveau, de libella), diminutif de lumbt, les lombes.
t NOMBRABLE (non-bra-bl*) , adj. Terme didactique. Oui peut être nombre, compté. La quantité abstraite, objet des mathématiques pures, est ou nombrablc ou étendue, d'alemb. Explic. syst.conn. hum. Œurr. t. i, p. 337, dans pougens.
NOMBRANT (non-bran), adj. m. Usité seulement dans cette locution : nombre nombrant, nombre abstrait.
NOMBRE (non-br'), s. m. \\\' L'unité, une collection d'unités, les parties de l'unité. Les chiffres servent à écrire les nombres. Nom de nombre. La géométrie ne peut définir ni le mouvement, ni les nombres, ni l'espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement, PASC. Géom. 4. Les nombres imitent l'espace, qui sont de nature si différente, iD. Pens. xxv, 65, éd. havet. Le nombre infini, id. tb. xii, 20. Plus de douze attroupés craindre le nombre impair, BOIL. Sat. vill. Quand Newton dit que le nombre est un rapport abstrait d'une quantité à une autre de même espèce, n'a-t-11 pas entendu par là l'usage des nombres en arithmétique, en géométrieT volt. Dict. philosnp. Nombre. Euclide avait-il raison dedi^finir le nombre, collection d'unités rie mêmeespèce? id. l'b. Wolf dit : le nombre est ce qui a le même rapport avec l'unité qu'une ligne droite avec une ligne [ droite ; n'est-ce pas plutôt une propriété attribuée
au nombre qu'une définition? id. ib. Si j'osais, je définirais simplement le nombre, l'idée de plusieurs unité-:, 10. l'b. Point de nombre, point d'extension à laquelle je no puisse ajouter, iB. Princ. d'action, 4. Il n'y a, si je puis m'eiprimer ainsi, que des un, un, un, et les nombres ne sont que dans des noms que nous avons faits pour notre usage, condillac, Langue cale, i, 4. jj Les grands nombres, les nombres composés de beaucoup de chiffres. Dans le calcul des grands nombres, la multiplication est bien longue, la division l'est plus encore, et il serait commode de n'avoir à faire que des additions et des soustractions, in. tb. ii, 49. || Nombre abstrait, tout nombre considéré en lui-même, sans application à rien de déterminé, dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombre nombrant. Considérer les nombres d'une manière générale ou comme applicables à tous les objets de l'univers, c'est la même chose que de ne les appliquer à aucun de ces objets en particulier ; c'est la même chose que les abstraire ou les séparer de ces objets pour les considérer à part, CONDILLAC, Longue cale, i, 4. Il ne faut pas se faire illusion en s'imaginant que les idées des nombres séparés de leurs signes soient quoique chose de clair et de déterminé,'iD. Artde penser, i, 6. || Nombre cardinal, tout nombre qui sert à marquer la quantité, comme un, deux, etc. || Nombre d'ordre ou ordinal, tout nombre qui sert à marquer l'ordre, comme premier, second, etc. || Nombre collectif, tout nombre qui exprime l'assemblage de plusieurs unités, comme une dizaine, une vingtaine, etc. Il Nombre concret, celui qui exprime l'espèce de l'unité, comme vingt ans , cent éciis , dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombre nombre. Dans quatre arbres, quatre a une signification concrète. Multiplier 4 mètres 39 par 3 francs 80, pour former un certain produit, est faire une multiplication de nombres concrets. || Nombre entier, celui qui contient l'unité un certain nombre de fois exactement. Un, deux, trois, quatre sont des nombres entiers. Il Nombres naturels, les nombres entiers. || Nombre rompu, ancien synonyme de fi action. |1 Nombre rond, se dit, dans le langage vulgaire, d'un de ces nombres auxquels on rapporte le plus souvent les comptes, comme dix, vingt, cinquante, cent, etc. Cent francs est un nombre rond par rapport à 97 ou 98 fr. ou à 404 ou à 402 fr. Il Nombre cane, synonyme de seconde puissance. Quatre est un nombre carré , par rapport à deux. || Nombre cube ou cubique, synonyme de troisième puissance. Vingt-sept est un nombre cubique, par rapport à trois. || Nombre décimal, nombre de parties de l'unité divisée en dix. Il 2° Théorie des nombres, partie des mathématiques qui s'occupe des propriétés des nombres. || Nombre premier, celui qui n'est divisible que par lui-même et par l'unité, comme 3, 6, 7. || Nombres premiers entre eux, nombres qui n'ont aucun diviseur commun,comme 44, qui n'est divisible que par 2 et 7, et 4 5, qui ne l'est que par 3 et 6. || Nombre parfait, celui qui est égal à la somme de tous ses diviseurs, comme 6 qui e.st divisible par 4, 2 et 3, et qui est leur somme. || Nombre imparfait, par défaut ou par surabondance, seditparopposition à nombre parfait. Il Nombres homogènes, nombres composés des mêmes facteurs premiers. || Nombre plan, nombre formé par la multiplication de deux nombres et représentant une surface rectangulaire. || Nombre solide, nombre qui se forme en multipliant un nombre plan par un troisième facteur et qui repré.seute un parallélipipède rectangle. || Nombre polygone, se dit des nombres formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de nombres commençant par l'unité et ayant une différence constante. || Nombre pyramidal, se dit des nombres formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de nombres polygones. Il Nombre triangulaire, se dit des nombres formés par l'addition d'une cerlaiae qnantité des premiers termes de la série des nombres naturels 4, 2, 3, 4, etc. Il 8° Doctrine des nombres, système d'anciens philosophes grecs qui supposaient l'univers réglé par les nombres, et qui attachaient à certains nombres des propriétés mystérieuses. Le jurisconsulte Paul dit que l'enfant naît parfait au septième mois, et que la raison des nombres de l'ythagoro semble le prouver, monte.sq. Esp. xxix, lo. Le pouvoir des nombres fut d'autant plus respecté parmi nous qu'on n'y comprenait rien, volt. Die. phil. Nombre. La doctrine (îes nombres est si obscure, si profonde et si attrayante pour des esprits oisifs qu'elle a fait éclore une fouie d'opinions, ilmuiiel. Anacharsis, ch. so. Observons ici que Pylbagorene disait point que tout avait été fait par la vertu dîs
NOîiI
nombres, mais suivant les proportions des nomTares, ID. ib. 38. 1; 4° Dans la numération , nombre, dizaine, centaine, etc. unité, dizaine, centaine, etc. |{ 5''Terme de cliimie. Nomiires proportionnels, les équivalents. |! 6° S. m. Les .Nombres, livre de l'Ancien Testament où Moïse fait le dénombrement du peuple de Dieu par tribus, et qui est le cinquième du Pentateuque. Il 7° Nombre d'or, période de dix-neuf ans, trouvée par Méton d'Athènes, au bout de laquelle la lune recommençait son cours avec le soleil, aune heure pris et quelques minutes ; ainsi dit parce qu'il s'éctivait avec la couleur or. ||8° Quantité indéterminée. Un petit nombre. Un grand nombre. Poursuivons dop.c, Bomains, achevons la victoire ; Qu'un nombre de captifs augmente votre gloire, mairet, il. d'Asdnibal, i, 4. Ln nombre de corbeaux aussi funeste qu'elles A quelque temps après redoublé mon effroi, rotr. Àntig. v, 6. Je veux jouir, s'il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m'offre la jeunesse, hol. G. Dand. ii, *. Hélas ! et croyez-vous que l'on se mette en peine De ce nombre d'amants dont vous faites la vaine ? m. Jfi*. m, 5. Ils étaient les plus forts en nombre, pasc. Prov. II. Pour des casuistes et des nouveaux scolastiques, il vous en apporte! a un beau nombre, id. Prov. iv. Le nombre de ses serviteurs pouvait être à charge à sa dépense, mais non pas à sa générosité, flêcii. Pue de ilont. Ha fuite arrêtera vos discordes fatales ; Seigneur, j'irai remplir le nombre des vestales, BAC. Brit. m, 8. Il Faire nombre, compter, figurer. Un carpeau, qui n'était encore que fretin. Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière: Tout fait nombre, ditl'liomme, en voyant son butin, la font. Fabl. V, 3. Que si toutes ses années [du vieillard blanchi dans les vanités de la terre] sont perdues, elles ne sont pas capables de faire nombre, Boss. Yol. de Uonlerby. l'eut-ètre n'est-il pas fâché de tenirune place, de faire nombre, j. j. rouss. Ém. ii. Il Ne pas faire de nombre, n'avoir point d'importance. Comme les sociniens ne font point de nombre dans le monde, qu'ils y sont dispersés sans y faire figure, JUBIE'J, dans BOSS. i"avert. 43. || N'être là que pour faire nombre, ne pas compter comme personnage actif. Je ne suis rien; un si petit intervalle n'est pas capable de me dstinguer du néant; on ne m'a envoyé [dans la vie] que pour faire nombre, boss. Sermons, Mort, i. Partout ailleurs (que dans leur monde] ils [les soleils] ne servent qu'à faire nombre, FONTEN. les Mondes, 6* soir. M. d'Elbeuf ne fit que nombre, et ne se mêla jamais de rien, ST-siMON, («, îio. Il Après un grand nombre, suivi d'un nom au pluriel, on met à volonté le verbe qui suit au singulier ou au pluriel. Un grand nombre de soldats fut tué dans ce combat. Un grand nombre de personnes avaient été conviées à la cérémonie, DxH. de l'Académie, à convier. Acclamation se dit des cris par lesquels un nombre plus ou moins grand de personnes marquent la joie qu'elles ont do quelque chose, ib. à acclamation. Un nombre inlini d'oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants, pén. Tél. iix. || Quand grand nombre n'a pns de complément au pluriel, on met le verbe au singulier. Le plus grand nombre m'a assuré qu'il [Charles Xll] voulut.... volt. Charles XII, ». Il En ce sens, on peut dire nombre sans article. Nombre de couvents furent supprimés. J'ai pourtant vu nombre de sots qui n'avaient et ne connaissaient point d'autres mérites dans le monde, que celui d'être nés nobles, ou dans un rang distingué, mariv. Pays. parv. *' part. Nombre de dissertateurs qui raisonnent à l'infini, vauven. Pugoit. || En ce sens, le vcrlw se met toujours au pluriel. || Petit nomljro, petite quantité. Le petit nombre des Juifs qui avait reçu l'Évangile, boss. Uisl. ii, 7. D'adorateurs ïélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre, hac. Athal. T, I. Je suis charmé du progrès qu'un petit nombre d'auti^urs ont donné à notre poésie, rtîN. iMtre à Lamolte. Le petit nombre de ceux qui courent après lui ne peut l'atteindre, la bhut. i. Cette bataille (devienne, contre les Turcs] pput être comptée parmi celles qui font voir que le petit nombre l'a presque toujours emporté sur le grand, peut-être parce qu'il y a trop <le confusion dans les armées immenses et plus d'ordre dans les autres, VOLT. Ann. Emp. hfnpold, («M. || En cet emploi, le verbe se met à volonté au singulier ou eu pluriel. Il Particulièrement, le petit nombre, un petit nombre d'hommes, par o|i|)(c!ilion k la foule, au vulgaire. Le petit nombre qui |')'nsfl conduit le grand nombre avec le lemp*, volt. Poi. et lég. Paix jterp^t. 32. || f Supériorité numéri'Mie. Excusez la vertu sou» le nombre accatilce, corn. //or. iv, (, Tandis que sa vertu suc-
NOM
combe sous le nombre, m. Poly. i, ♦. Enfin il a cédé au nombre, et il est tombé à nos pieds, montesq. Lelt. pers. (69. Consolons par ce mot-l:i [tout est perdu, fors l'honneur] Ceux que le nombre accabla, bébang. Bon français. \\ 10" Terme de grammaire. Forme indiquant qu'un nom ou verbe appartient à un seul objet ou à plusieurs. Nombre singulier. Nombre pluriel. Nombre, en termes de grammaire, se dit de la propriété qu'ont les terminaisons des noms et celles des verbes, de marquer si le mot doit être entendu d'une seule personne, ou si l'on doit l'entendre de plusieurs, dumars. Œuv. t. iv, p. 343. Il 11" Harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers. La rime au bout des mots assemblés sans mesure Tenait lieu d'ornement, de nombre et de césure, boil. Art p. I. Balzac fut le premier auteur de ce changement, en donnant à notre langue un tour et un nombre qu'elle n'avait pas auparavant, bouhours. Entretiens d'Ariste, 2. Il y a dans l'homme un goiit naturel qui le rend sensible au nombre et à la cadence; et, pour introduire dans les langues cette espèce d'harmonie et de concert, il n'a fallu que consulter la nature, rollin. Traité des Ht. iii, 3. Les mêmes nombres et les mêmes chutes mettent de l'ennui dans un long poëme, montesq. Goût, Variété. Deux choses charment l'oreille dans le discours, lo son et le nombre : le son consiste dans la qualité des mots; et le nombre dans leur arrangement, d'alemb. Uél. litt. Œuv. t. m, p. ï62, dans poDGENS. Dans l'éloquence du barreau, cette recherche curieuse et continuelle du nombre serait nuisible à l'éloquence; il no doit ni en être exclus, ni trop y dominer, surtout dans les endroits pathétiques, marmontel, Élém. litt. Œuv. t. viii, p. 626, dans pooGENS. Nous répétons les vers de ces hommes divins Qui dérobent des sons aux luths des séraphins. Ornent la vérité de nombre et de mesure, Et parlent par image ainsi que la nature, lamabt. Hartn. i, 6. || Le nombre oratoire, le rhythme plus ou moins large de la phrase éloquente. || 12" 11 se dit aussi dans le sens de régularité en général. Qui «iispose de tout avec poids, avec nombre, avec mesure, mass. Carême, Vocation. \\ 13" Terme d'horloger. Se dit de la quantité de dents donnée à chaque roue d'une horloge, pour qu'elle fasse les révolutions qu'on demande. Nombre rentrant, se dit pour exprimer que le nombre du pignon est partie aliquote du nombredela roue dans laquelle il engrène. || 14"Dans le nombre, locution adverb. qui signifie parmi plusieurs, entre plusieurs, et qui s'emploie relativement à des personnes ou à des choses dont on vient de parler. Je voudrais bien que vous ne me missiez point dans le nombre de ceux que vous trouvez qui souhaitaient votre départ, sÉv. 4î mai 1680. L'espèce de folie dont vous parlez manquait absolument dans le nombre de toutes celles qu'on a connues jusques ici, ID. 18 janv. <694. Il 16° Au nombre de, du nombre de, toc. prcp. Parmi, au rang de. Ils l'avaient mis au nombre des magiciens, Boss. llist. ii, <2. || Du nombre, s'emploie aussi adverbialement. Vous serez peut-être du nombre, sÉV. 490. Votreenfant est dece nombre, ID. 56B.||16" En nombre, nombreux. Ils viennent en nombre. La gelinotte ne se trouve en nombre que dans les climats froids, bupf. Ois. t. m, p. 362. Il En termes de librairie, livres de fonds et en nombre, par opposition aux livres de hasard acquis dans lesventes, etc. dont la librairie ne possède qu'un ou quelques exemplaires. || 17" Sans nombre, loc. adverb. En multitude, en quantité si grande qu'on la suppose innombrable. Aussi bien tn un seul voici des maux sans nombre, corn. Rodog. ii, .1. Les derniers malheurs étaient sans nombre, sF.v.3»6. De figures sans nombre égayez votre ouvrage, boil. Art p. m. Vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains, rac. Phèdre, v, 3. — iiIST. xir s. E li nombres de son host jarméej si fu cent et vingt mile homes, Machab. i, ». || xiii* s. On escrit de vermellon le nombre d'or on tous Icalendrieni, CompuI, f" f. Et fu si grans li gaaings, que nus ne vos en sauroit dire le nombre, villeh. cvii. Tel cheval qu'il me demande, il le me vendi tel nombre d'argent, et l'offre à prouver, beau». vit, 22.||xv' s. Tant en y vint d'un costé et d'un autre qu'il» furent bien en nombre, froiss. i, i, <«0. Aussi de duc», de comte» cl de barons tant que «an» nombre, id. i, i, »0. X Sainct Mor de» fossez ae logèrent le» duc» de Bcrry et Bretaigne avec ung nombre da leur» gon», et tout lo demeurant envoyèrent loger à.... COMM. l, ». Il y avoit largement gen» d'arme» et grant nombre d'artillerie, m. v, (6. Il XVI* ». De» meurtre» tans fin et »ari» nombre, AHYoT,Sy lia, «6. Sur l'autre rive de la rivière pai»-
NOM
soient quelque nombre de vaches consacrées à la déesse Diane, m. Lucul, 44. X vous ouyr desirez merveilleusement les armes nombre contre nombre, llist. du chev. Bayard, p. (07, dans lacubne.
— ÊTYM. Provenç. nombre; espagn. portug. et ital. numéro; du lat. numerus, qui se rattache au grec vï'ijiM, partager.
NOMBRE, ÉE (non-bré, brée),porJ. passé de nombrer.jl Formule ancienne de pratique. Cet argent lui a été compté et nombre en présence des notaires. [Défense aux notaires en Alsace de passer des obligations en faveur des juifs] à moins que les deniers ne fussent réels, à découvert, nombres et délivrés en leur présence, Édit, dans desquiron, Comment, sur le décret, p. 9. |{ Nombre nombre, voy. nombre, n° <.
NO.MBRER (non-bré), v. a. \\ 1" Trouver le nombre de. Toutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois, ou je nombre les côtés d'un carré, desc. Méd\t. I, 8. Voir deux objets à la fois, ce n'est pas voir leurs rapports, ni juger de leur différence; apercevoir plusieurs objets les uns hors des autres, n'est pas les nombrer, j. i. ROUSS. Ém. iv. || Absolument. De cela seul que j'aperçois que je ne puis jamais, en nombrant, arriver au plus grand de tous les nombres, et que de là je connais qu'il y a quelque chose, en matière de nombrer, qui surpasse me» forces, DESC. Rép. aux 2" obj. (8. || %' Dans le langage général, compter, relater, énumérer. [Il] Peut à peine nombrer ses États et ses villes, rotr. Hypermn. i, 3. Je ne viendrais jamais à bout De nombrer les faveurs que l'amour leur envoie, la font. Joe. Je ne puis vous nombrer les louanges et les tendresses de Barillon, sÉv. 42 juin (676. Si vous nombrez les poids, les roues, les cordages, la bruy. vi. Qui voudrait nombrer tous les gens de loi qui poutsuivent le revenu de quelque mosquée, aurait aussitôt compté les sables de la mer et les esclaves da notre monarque, montesq. Lett. pers. 68.
— HIST. xi« s. Geste Francor jdes Francs] trente escheles [escadrons] i nombre, Ch. de Roi. ccxxxvi. Il XII* Ne soit [une nuit] mie numbreie es jors del an ne conteie es mois. Job.v. 46(. ||xi!i*s. 11 sembloit que toute la mer, tant comme l'en pooit veoir i l'ueil, feust couverte de touailies des voiUes de» vessiaus, qui furent nombrez à dix-huit cens vessiaus que granz que petiz, joinv. 2(3. De divers arbres i ot tant. Que moult en seroie encombrez, Ains que les eiisse nombres, la Rose, ( 374. En monnoio boine, bien contée et bien nombrée, tailliab, Recueil, p. 337. Il XV" s. Et conquirent si fier et si grand avoir que merveilles seroit à penser et à nombrer,
FHOiss. I, 1, 2*7 Que si tous les bons jours qu'il
a euz en sa vie estoient nombrez, il s'en trouveroit bien peu, couv. vi, (3. ||xvi' s. Exception d'argent non nombre n'a point de lieu, loïsel, 707. Il [PolybeJ a depuis, par le moyen de l'estude qu'il foit en sa prison, esté nombre entre les plus sçavans historiographes des Grecs, amyot. César, 7 ( . Nombrer si est le nombre en l'entendement conceu par figures communes artificiellement représenter, de la roche, Arismelique, f 7.
— f.lYM. l'rovenç. numerar, numbrar, nombrar; espagn. numrrar ; ital. nHmcrare.du lat, nuineror».
t NOMBREUSE.MENT ( non-breil-ze-man ), adj. En nombre, d'une manière nombreuse. L'espèce humaine, au lieu d'avoir souffert une diminution considérable depuis le temps des Homains, comme bien des gens le prétendent, s'est au contraire augmentée, étendue et plus norabrcusemenl répandue, buff. Quadrup. t. m, p. »7.
— HIST. xvi" 5. Nombreusement, oudin, Dict.
— RTVM. Nombreuse, et lo suffixe mi^nl; itaT. nutnernsamenle.
NO.MBHEUX, EUSE (non-breû, breû-z'), adj. Il !• Oui est en grand nombre. Ciel, quel nombreux essaim d'innocentes beauléi S'offre à me» yeux en foule et sort do tous côtés I hac. £.»(/i. i, 2. Qut tout leur camp nombreux «oit devant tes sold.a» Comme d'enfant» une troupe inutile, ii>. i6. m, 3. Quoil no voyez-vous pas quelle nombreuse escorte.... 10. Alluil. v, 4. Et mes nombreux forfaits ont surpassé le nombre Des sables de la mer, j. B. sous». Épodtt, I. Ma famille est pauvre et nombreuse ; je lui ai déjà trop coûté, mahmontkl, Uém. I. De nombreuses et brillantes armées que la fertile Allemagne attirait et qui croyaient marcher à une gloire prompte et certaine, traversaient fièroincnl ces contrées, y répandaient do l'argent, en consommaient le» produits, sÉouR, Hitl.de Nap. m, (. Il Terme de pointure. Composition nombreuse, celle dan» laquelle il entre un grand nombre de figures. 112" En parlant du style, qui a da l'harmonie, du nombre. D'un ver» nombreux.... Tu ta fais un clto-
min à l'immortalité, bégnier, Sal. ix. ta ricfle expression, la noii)l)'euse césure, boil. Ép. xi. Quoique notre langue ait plus d'éprard au sons qu'à la cadence, elle ne laisse pas d'être aussi nombreuse que les langues anciennes, bouiioubs, Entret. d'Ariste, 2. Rien n'est si doux et si nombreux que vos vers, rÈH. Pial. des morts anc. Dial. 48 [Horace, Virgile). La gloire qui lui appartient en prose [à BaUac].... consiste en ce qu'il nous a fait sentir que notre langue, sans le secours du vers, était susceptible d'un t)ur nombreux, d'olivet, Ilist. Acad. t. II, p. 83, dans pouGENS. X la pureté de la diction, l'orateur joint une harmonie douce et facile, quoique pleine et nombreuse, d'alemb. hloges, h'iéch. Il Période nombreuse, période bien cadencée. La période nombreuse de Massillon. || 3° Par comparaison avec le style, il se dit de ce qui offre une certaine cadence. Il n'est pas jusqu'aux rameurs dont le pénible travail ne trouve une sorte de soulagement dans cette espèce de concert que forme leur mouvement nombreux et uniforme, bollin, Uist.ane. Œuv.t.xi,*" part. p. 2H, danspouoENS.
— IlIST. XVI* S. Nombreux, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. numéros; du lat. numerosvs, dérivé de numenis, nombre. Au xvi* siècle, on trouve le latinisme numereux.
NOMBRIL (non-bri ; VI ne se prononce et ne se lie jamais), î. m. Il 1° Cicatrice arrondie, déprimée ou saillante selon les espèces, située vers le milieu de la ligne médiane de l'abdomen chez les mammifères adultes, où elle remplace le trou par lequel passaient, dans le fœtus, l'ouraqueet le cordon ombilical. Lier le nombril aux enfants nouveau-nés. Quand Mahomet H prit Constanlinople, les moines défendaient beaucoup plus l'éternité de la lumière du Thabor qu'ils voyaient à leur nombril, qu'ils ne défendaient la ville contre les Turcs, volt. Homme aux *o écus, Un bon souper. || l' Cavité qu'on aperçoit à la partie des fruits qui est opposée à la queue, et à laquelle les jardiniers donnent le nom d'oeil. || 3° Enfoncement au milieu de la base d'une coquille. Il Nombril marin, nom marchand des o|iercules de certaines coquilles. |{ 4* Terme de blason. Nombril de l'écu, point qui est au milieu du dessous de la fasce, et qui lasépare de la pointe. Il porte d'orà un écusson de gueule mis au nombril. || 6° Centre d'un plateau de verre. 116° Nombril de Vénus, cotylet, cotijledon umbilicus, Linné, crassulacées. || Nombril blanc, espèce d'agaric.
— HlST. xiii* s. E teus [tels] i eut [enfoncés] de ci qu'as piz faux poitrines], E teus i a desk'as numbriz, Tous asquisses, teus as genuz, marie, Purgat. v. <I35. Il XVI* s. Le nombril de l'enfant n'est autre chose qu'un corps blanc, fait comme un cordon de cordelier, PARÉ, I, 30. Elles rongent le nombril du grain, qui est la partie par laquelle il jette le germe, le chastrant longtemps devant, id. Animaux, 8. Et nos dames, ainsi molles et délicates qu'elles sont, elles s'en vont tantost entr'ouvertes jusques au nombril,
— ÉTYM. Berry, lambouri; génev. lambouret, lanbnret (par agglutination de l'article, pour ambouret); bourg, ambreuilte, barullô, bunillô; provenç. ombelie, umbrilh ; al. Uombrigol; esp. ombligo; ^or{. umbigo, embigo ; ital. omWtco, bellico, bilico. Les formes qui commencent par om, um, am, viennent du latin umbilicus ou umbiliculus. Celles qui commencent par b, proviennent des précédentes par aphérèse. Reste nombril; on a dit que nombril était pour lombril, dit, par agglutination de l'article, pour l'ombril. Hais alors il faut admettre que cette agglutination, avec transformation de l'I, s'est faite dis le xiii* siècle; ce qui est certainement une difficulté. Peut-être y a-t-il lieu àa supposer que l'allemand Nabel, nombril, est devenu nombril sous l'influence de ombril, qui était dans les origines de la langue et dans les dialectes. Au reste, umbo, umbilicus et le grecénçaXà; semblent se rapporter, moyennant une voyelle prothétique et chute do la voyelle radicale, au sanscrit nabhi, nombril, auquel se rattache directement l'allemand Nabel.
». NOME (no-m'), ». m. Terme d'antiquité. Poème en l'honneur d'Apollon. La plupart de ces cantiques, appelés nomes, c'est-à-dire lois ou modèles, étaient divisés en plusieurs parties et renfermaient une action, barthél. Anach. ch. ï7. Le nome était une sorte d'air, que chantaient des personnages isolés, et sur lequel on improvisait.... des développements plus ou moins étendus, vincent, Notice des ma. grecs, p. <»4. || Chant ou air assujetti k une cadence. Nome éolien. Nome béotien.
— KTYM. Nôaoç, loi, de v<|ic.v, partager; vô|io< veut donc dire d'abord partage légal.
NOM
î. NOME (no-m'), s. m. Terme d'antiquité. Gouvernement, préfecture, en parlant des divisions administratives de l'Egypte. Il [Sésostris] divisa tout le pays en trente-six gouvernements ; on les appelait des nomes, et il les donna à des personnes du mérite et de la fidélité desquelles il était assuré, BOLUN, Hist. anc. Œuv. t. i, p. <29, dans pougens.
^ ÉTYM. Noixoi;, préfecture, qui, différant par l'accent de vé|i.o;, loi, se rapporte à vojAè;, pâturage, habitation.
t 3. NÔME (nÔ-m"), s. m. Terme d'algèbre ancienne. Quantité jointe à une autre par un signe -fou un signe — ; a-j-b est un binôme dont les deux nômes sont a et b.
— ÉTYM. Lat. nomen, nom.
NOMENCLATEUR (no-man-kla-teur) , t. m.
Il 1° Terme d'antiquité. Esclave romain qui nommait les citoyens à ceux qui avaient intérêt à les connaître. Alors se présentaient ceux qui aspiraient aux charges, accompagnés de leurs amis qui les recommandaient, et ayant à leur gauche des nomenclateurs qui leur disaient le nom et le surnom des passants, cONniL. Ilist. anc. xi, 3. Un contemporain de Caton, Cicéron, annonce expressément que cet homme si austère avait un nomenclateur, pastoret, Instit. ilem. hist. et litt. anc. t. m, p. 394. || Par extension. X mesure que ces seigneurs passaient auprès d'eux, le diable faisait le noinenclateur : voilà, disait-il.... lksage. Diable boit. ch. 7, éd. 1737. || 2° Celui qui impose des noms. Dieu par sa bonté profonde, Un beau jour mit dans le monde Apollon son serviteur, Et l'y mit justement comme Adam le nomcnclatcur, Lui disant : te voilà, nomme, la font. Cas de consc. Un de nos fantassins, très-bon nomenclateur, Du titre de hardi baptisant Monseigneur [le fils de Louis XIV], Le fera sous ce nom distinguer dans l'histoire, m. Poésies mêlées, lxiv. || 3° Celui qui s'applique à la nomenclature en cliimie, en histoire naturelle, etc. L'âne et le cheval sont-ils, comme le disent les nomenclateurs, de la même famille? BHFF. Ane. Ceux qui n'ont vu dans M. de Linné qu'un simple nomenclateur, condorcet, Linné. Les faiseurs de collections et les nomenclateurs proprement dits n'aiment point ces espèces douteuses qu'il est trop difficile de rapporter à des genres décidés, SAUSSURE, Voij. Alpes, t. IV, p. 4 69, dans pougens. Il i' Recueil de mots destiné à enseigner l'orthographe. Nomenclateur orthographique. || Recueil des noms d'hommes ou de lieux qui sont dans un auteur. Le nomenclateur cicéronien.
— ÉTYM. Lat. nomenclalorem, do nomen, nom, et calare, appeler (voy. caliiniies). Va est tombé, après s'être affaibli en u dans nomcnculalor, qu'on trouve chez Martial.
NOMENCLATURE ( no-man-kla-tu-r' ) , s. f. 111° Ensemble des mots d'un dictionnaire. |1 Catalogue de plusieurs mots les plus ordinaires d'une langue, pour en faciliter l'usage à ceux à qui on l'enseigne. || 2° Collection des mots employés pour désigner les différents objets d'une science ou d'un art. Il ne manqua pas de perfectionner les méthodes déjà établies pour les distributions et la nomenclature des plantes, fonten. Boerhaave. Les nomenclatures sont indispensables malgré leurs imperfections; comment se reconnaître au milieu de cette foule d'êtres différents? sennebier, Ess. sur l'art d'observer, t. li, p. 49, dans pougkns. Que devons-nous penser de ces nomenclatures fastueuses qu'on ose nous donner pour le système de la nature ? BONNET, Contempl. nal. Œuv. t. viii, p. * 40, dans pou- GfNS. Si l'homme s'était borné à recueillir des faits, les sciences ne seraient qu'une nomenclature stérile, et jamais il n'eût connu les grandes lois de la nature, la place, Exp.i, <i. Il Particulièrement, la totalité des différents noms souslesquels est connu un minéral, un animal, un végétal. La première chose que l'on doit fe proposer lorsqu'on entreprend d'éclaircir l'histoire d'un animal, c'est de faire une critiiiue de sa nomenclature, de démêler exactement les différents noms qui lui ont été donnés dans toutes les langues et dans tous les temps, bufp. Ois.l. m, p. t. Il Nomenclature chimique, langage dont se .servent les chimistes pour désigner les corps, ou l'ensemble des principes et des règles d'après lesquels on dénomme les corps composés qui sont du domaine de la chimie. C'est à M. Guyton de Morveau qu'est due l'heureuse idée de la nouvelle nomenclature [chimique]; ce fut lui qui en posa les premières bases vers l'année i78o, et qui le premier s'en servit dans ses cours publics i Dijon , tiienard. Traite de chim. t. I, p. 432, dans pcugens. || 3° Méthode pour classer les dilTérents objets d'une science, d'un art, et qui