‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 230 sur 389 · NOV · texte numérisé non relu

NOV

— ïrrTM. Le ffminin de l'adjectif nouveau, pr.s subslantivement; bourguig. nôvelte; provenç. notella, norWAa, nneta; espagn. novela; ital. novella.

NOUVELLEMENT (nou-vè-le-man), adv. Depuis peu de temps. Un jardin nouvellement planté. Elles s'attendrissaient surtout à la vue de la mère Agnès de Saint-Paul, qu'on enlevait ainsi à l'âge de îoiiante-treize ans, accablée d'infirmités, et qui avait eu tout nouvellement trois attaques d'apoplexie, RAC. Ilist. Port-Royal, 2* part.

— HIST. xin* s. Geste dame voil noçoier [je veux épouser]: Ses sires [son mari] est mors novelment, Ren. «2684. Il XV* s. Un berger joua d'une musette fort nouvellement [habilement], math, ds cohcï, Uist. de Charles ¥11, p. 669, dans lacurne. ||xvi' s. Oui est ce duc venu nouvellement, En si bel ordre, et riche à l'advantage? marot, ji, 287.

— f.TYM. Nouwlle, et le suffixe ment; provenç. novelhamen,novelamen, noelamen; catal. notieWamcnl; ilal. novellamente.

NOCVELLETÉ (nou-vè-le-té), s. f. Terme de jurisprudence. Entreprise faite sur le possesseur d'un héritage. Je m'en vais former complainte pour ce trouble, et te faire appeler en cas de saisine et de nouvelleté, Francion, liv. vin, p. 344.

— HIST. xvi* s. En cas de nouvelleté, se faut bien garder de dire qu'on ait esté spolié, mais simplement troublé, ou dejetté de sa possession par force, LOïsEL, 760. Je dy donc que tout cet œuvre est à nioy, et n'en puis estre fraudé, comme attentant nouvelleté, puisque j'ay basti en mon propre fond, et que l'édifice et les matériaux m'appartiennent, PARÉ, Au lecteur.

— ETYM. Lat. noi-eWifa(em(voy. nouveauté) , l'entreprise sur un possesseur étant considérée comme une nouveauté.

t NOUVELLIER (nou-vè-lié), s. m. Nom qu'on donne aux auteurs de nouvelles, particulièrement ccuxduxvi'siècle.Lesnouvelliersfrançais et italiens.

+ NOUVELLISME (nou-vè-li-sm'), t. m. Mot forgé par Bayle. Les habitudes du nouvelliste.

NOUVELLISTE (nou-vè-li-sf), s. m. || 1' Celui qui cherche ou débite des nouvelles. C'est là, comme vous savez, le fléau des petites villes , que ces grands nouvellistes qui cherchent partout à répandre des contes qu'ils ramassent, MOL. Comtesse, t. Les gens graves s'attroupaient aux allées les plus solitaires [des Tuileries], comme font ceux qu'on appelle les nouvellistes à (sic) Luxembourg, m"" de scudért, les Conversaliotis, Dialogue. C'est une plaisante chose que les provinces : tout le monde y est nouvelliste dès le berceau, et vous n'y rencontrez que gens qui débitent gravement et affirmativement les plus sottes choses du monde, rac. Lett. à son fils, » juin (695. Le devoir du nouvelliste est de dire : il y a un tel livre qui court, LA BRUY. I. Le nouvelliste se couche le soir sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, et qu'il est obligé d'abandonner le matin à son réveil, id. i. En nous donnant le caractère d'une femme nouvelliste, il [Juvénal] nous la représente débitant dans les compagnies, qu'il paraissait des comètes, baïle, J'ens. div. lxxxi. Je te parlerai, dans cotte lettre, d'une certaine nation qu'on appelle les nouvellistes, qui s'assemblent dans un jardin magnifique, où leur oisiveté est toujours occupée ; ils sont très-inutiles à l'Etat, et leurs discours de cinquante ans n'ont pas un effet différent de celui qu'aurait pu produire un silence au.ssi long; cependant ils se croient coctidérables, parce qu'ils s'entretiennent de projets magnifiques et traitent de grands intérêts, mon- TESQ. Lett. pert. i 30. El le vieux nouvelliste, une canne i la main, Trace au Palais-Royal Ypre, Furne, Menin, volt. Êvénem. de 1744. || 2» Nouvelliste à la main, rédacteur de nouvelles à la main.

— ÉTYM. Nouvelle. Dans l'ancienne langue on disait noreJi'er, aimant la nouveauté, Lai du conseil.

tNOVACUI-AlRE (no-va-ku-lô-r'), adj. Terme didactique. Oui sert & faire des pierres à rasoir ou dos rasoirs. Métal, matière, fonte novaculaire.

— ÉTYM. Lat. novacula, rasoir, qui vient de notut, neuf, et qui signifie Urne fraîchement affilée.

+ NOVACULITE (no-va-ku-li-t'), i. f. Terme de minéralogie. Schiste dont on fait des pierres à rasoir.

— CTYM. Lat. novaeuta, rasoir.

NOVALE (no-va-l), *. f. ]\ 1' Terre nouvellement défrichée. Défricher un bois, et en faire une novalo. Il 1* S. f pi. Dlmo que les curés levaient sur les nova'es. Comme la dîme des terres rédigées à nouvelle cuUuro depuis la mémoire des hommes, que l'on appelle novales, appartient, suivant le droit, aux curés, Édit, févr. 4at7. ||8* Adj. Terres Bovales. Dîmes iiuvalc».

NÔV

— HIST. XVI* s. Le premier lieu [pour planter la vigne] est donné à la terre novale, n'aiant jamais esté défrichée, o. de serres, (67.

— Rtym. Lat. novalis terra, de novus, neuf. NOVATEUR, TRICE (no-va-teur, tri-s'). || 1"S. m.

et f. Celui, celle qui innove. En général, tout novateur est artificieux, Boss. 2" instruct. past. §m. Il y a longtemps qu'on a dit que les disciples des novateurs se croient en droit d'innover, à l'exemple de leurs maîtres, id. Variât, ii, § o. Et encore qu'il semble que les novateurs aient voul-u retenir les esprits en les renfermant dans les limites de l'Écriture sainte, id. Reine d'Anglet. Toutes ces sortes de gens déclamèrent avec beaucoup d'emportement contre les religieuses de Port-Royal, les traitant de folles, d'embéguinées, de novatrices, de schismatiquos môme, rac. Porl-Rnyal. Us appellent indifféremment du nom odieux de novateur les hérétiques et les nouveaux philosophes, malebr. Rech. vér. Il , II, 3. Ces hérétiques se disaient enfants de la primitive Église, eton les appelait novateurs; ainsi on ne pouvait convenir des qualités, volt. Fragm. sur l'hist. art. xxn. Au tort d'Être étranger, d'être novaieur et d'avoir des succès et de la vogue, il joignait celui d'avoir établi l'inoculation, contre laquelle toutes les espèces de préjugés semblaient s'être réunis, condorcet, Tronchin. Dangereux novateur, par son cruel système, Il veut du ciel désert chasser l'Être suprême, gilb. Le 4 8* s. Que ceux qui croient toujours l'État ébranlé, si l'on touche à leurs privilèges, me traitent de novateur dangereux.... Mirabeau, Collection, t. i, p. 70. Plus d'un Mathieu Garo s'érige en novateur, delille. Pitié, l.\\i° Adj. Un esprit novateur. Des opinions novatrices. Encouragés par l'ardeur d'un ministère novateur à courir après les changements, bachaumont, Mém. secr. t. xxxvi, p. I6l. En France le pouvoir était souverain, illimité; mais l'opinion était singulièrement libre et novatrice, villemain, Litt. fr. 48* siècle, 2* part. 2* leçon.

— IllST. xvi* 8. Grand cas, si tout ce qui ne revient pas au goust de ces novateurs doit estro tenu pour fable, saint-feançois de sales, dans le Dict. de DOcnEZ.

— ÉTYM. Lat. novatorem, de novare, rendre nouveau, qui vient de novus (voy. neuf). On disait, dans l'ancienne langue, nouveleur.

t NOVATIEN (no-va-siin), s. m. Membre d'une secte fort rigide du 3* siècle, qui condamnait les secondes noces, et qui ne voulait pas admettre à la pénitence ceux qui péchaient après le baptême.

— ÉTYM. Novatus, évêque africain, et Novatianus, prêtre de Rome.

NOVATIO.V (no-va-sion), s. f. Terme de jurisprudence. Mode d'éteindre une ancienne obligation en changeant le titre, le créancier ou le débiteur. La novation s'opère de trois manières: i° lorsque le débiteur contracte envers son créancier une nouvelle dette qui est substituée à l'ancienne, laquelle est éteinte; 2" lorsqu'un nouveau débiteur est substitué à l'ancien, qui est déchargé par le créancier; 3° lorsque, par l'effet d'un nouvel engagement, un nouveau créancier est substitué à l'ancien, envers lequel le débiteur se trouve dégagé, Code Nap. art. I27t.

— lilST. rv* s. Novation de dettes est le renouvellement qui aucun faict en sa demande, quand il se prend d'aucun detteur à autre, bouteillbr, Somme rural, tit. xlviii, p. 343, dans lacurne.

— ÉTYM. Lat. novationem, de novare, rendre nouveau, de nouus (voy. neuf).

t NOVELETTE (no-vo-lè-f) , *. f. Terme rural. Jeune brebis qui n'a point encore porté.

— ÉTYM. Diminutif de novele ou nouvelle, féminin de nouveau. On voit souvent nouDcZet dans Ronsard et dans les autres poètes de xvi* siècle : Le bel esmail de l'herbe nouvclette, Am. de Cassandre, xiii.

NOVELLES (no-ïè-r) ,s.f.\\i' Terme de jurisprudence. Constitutions impériales promulguées par Théodose et ses successeurs, après la rédaction du code Théûdosien. || 2° Constitutions de l'empereur Justinien, qui forment la quatrième et dernière partie du corps du droit romain. Après cette révision, Justinien publia 465 constitutions et r.i édits, qu'on appelle les novelles, ou parce qu'elles changèrent beaucoup l'ancien droit.ou, selon Cujas, parcequ'clles furent faites sur de nouveaux cas et après la révision du coda compilé par les ordres de cet empereur, BOLLiN,//is<.o»ic.t.in, (fc'ucr. p. 6«*, danSPOUGENS. Il On dit au singulier : une novelle. La novelle xii*.

ÉTYM. Lat. novellx, féminin pluriel de novellus,

nouveau, ainsi dites parce que ces constitutions do Justinien sont postérieures à la rédaction de son code.

NOVEUUBB (no-vau-br'j, t. m. Le onzième

KOV

mois selon notre manière actuelle de compter La Toussaint est toujours le «" novembre.

— ÉTYM. Bourg, novambe; provenç. novembre; espagn. noviemOre; portug. novembro; ital. novembre; du lat. november, de novem, neuf, ainsi dit parce que, dans l'ancienne année romaine, qui commençait par la mois de mars, il était le »• mois.

t NOVEMFOLIÉ, ÉE (no-v6m'-fo-li-é , ée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont le pétiole se termine par neuf folioles.

— ÉTYM. Lat. novem, neuf, et feuille.

t NOVEMVIR (no-vèm'-vir) , s. m. Terme d'antiquité romaine. Nom de certains magistrats chargés de veiller à la santé publique.

— ÉTYM. Lat. notfm, neuf, et tir, homme.

f NOVÉNAIRE (no-vé-nê-r'), ad;. T«rme didactique. Qui procède par le nombre neiii'. Série novénaire.

— ÉTYM. Lat. novenarius, de novem, neuf.

f NOVER (no-vé), V. a. Terme do droit. Renouveler une obligation ; substituer une obligation nouvelle à une précédente. Prétendrait-on appuyer la demande des droits [d'enregistrement] sur cette considération qu'une obligation peut être novée par le contrat même qui la constitue* — Plus tard, nous déclarons vouloir nover cette obligation, et pour cela nous la faisons constater parj un acte notarié, sans d'ailleurs la modifier en rien. — U y aura novation malgré notre volonté formellement exprimée de ne pas nover , Répertoire général de l'enregislremenl, au mot novation.

— ÉTYM. Lat. noiare, renouveler, de novus (voy. neuf).

t NOVES (no-v'), s. f. pi. Le même que noue 3.

— HIST. XVI' s. Pour baril de nos demorus, huit deniers, Coutume de la vicomte de l'eau de Rouen, dans LE HÉRicHËn, Ilist. et gl. t. i\, p. 41b.

NOVICE (no-vi-s') , t. m. et f. || 1° Celui, celle qui a pris nouvellement l'habit religieux, et s'éprouve pendant un certain temps avant de faire profession. L'une de ces novices était cette mademoiselle Perrier , nièce de Pascal, qui avait été guérie par la sainte épine, rac. Uist. Port-Royal, 2" part. || Fig. Ferveur de novice, l'ardeur qu'on met à remplir les obligations d'un nouvel état. Il n'est ferveur que de novice, sÉv. 338. || Fig. Celui, celle qui a peu d'expérience. Je crois que ma simplicité de novice ne fit qu'irriter sa fantaisie, J. J. Rouss. Conf. vi. Il 2° S. m. Se disait des jeunes gens qui faisaient leur apprentissage avant d'être reçus chevaliers. Il 3° S. m. Il so dit aussi quelquefois en pariant des mystères do la religion païenne. Les novices étaient couronnés de myrie, barthél. Anach. ch. 68. Il 4* Terme de marine. Jeune homme, dit aussi apprenti marin, qui n'a encore acquis que peu d'expérience dans les choses de la mer; il est entre le matelot et le mousse. || 5° Adj. Qui est nouveau, peu habile, peu e.xercé. Une chanteuse novice. Novice au métier de la guerre. U y aurait du danger pour un écrivain novice, à trouver ces sortes d'expressions hors du lieu où elles ont été mises originairement ; ce serait l'exposer à s'en servir mal à propos, D'OLIVET, Hiit. Acad. t. Ii, p. 69, dans pou- GENS. Il Substantivement. U [Louis XIV] croyait toujours apprendre quelque chose à ceux qui, en ces genres-li [construction, armement, etc.] savaient le plus, et qui, de sa part, recevaient en novices des leçons qu'ils savaient par cœur il y avait longtemps, ST-siM. 406, 7. Il Novice à. Les vieux soldats de Pliilippe, novices aux voluptés, vadgkl. 0. C. vi, e. ....Ton cœur, novice à l'infidélité. Parle commerce humain n'est pas encor gâté, rkgnard, Viimocrile, I 5. Il 6° Qui n'a point la connaissance du monde. i nous laisser duper nous sommes bien novices, couN. le ilcnt. III, a. 11 n'y a rien sur la terre où nous mettions appui.... qui.... ne puisse nous tourner en une amertume infinie ; et nous serions trop novices dans l'histoire de la vie humaine, si nous avions encore besoin qu'on nousprouvât cette vérité, BOSs. 3* sermon. Fête de tous les saints, 3. Ce sor.t là les leçons dont un père manceau Instruit son fils novice au sortir du berceau, boil. Épitre U. Jeuno et novice encore. J'aime de bonne foi, favart, Annclte et Lubin, 7. D'un courtisan novice excuse/, l'innorance, M. J. chên. Tibère, iv, a. || Par extension en pariant des choses. Plume novio». Guillaume, enfant de chœur, prête sa main novice, i.oil. Lutr I D'une aile moins novice alors le jeune élève llejeuiic oiseau] S'enhardit, prend l'essor, s'abat et se relève, delille, Trois règnes, vill. H N'être pas novice avoir une habileté, une expérience plutôt trop grande. Il n'était si novice Qu'il no connût les

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gens à la façon, la font. Court. N'était novice ea gemtjlables affaires, ID. tb.

— HlST. IV* s. Ces paroles apaisèrent grandement ce menu peuple, voire les simples et les novices et les bonnes gens qui là estoient venus et ne savoient qu'ils (iemandoient, froiss. ii, ii, hs. ||xvi's. Qui ne sçait, en son eschole [de la femme], combien on procède au rebours de tout ordre î... les novices y régentent, mont, m, 386.

— ETYM. Lat. novicius, dérivéde novus (voy.NEUP).

NOVICIAT (no-vi-si-a ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), j. m. || l'État des novices avantleur profession. Mais nous n'avons, hélas ! que trop d'expérience, Qu'ayant traîné vingt ans l'habit de pénitence, Souvent ce lâche cœur a moinsde pureté Qu'à son noviciat il n'avait apporté, corn. Imit. I, 4 1 . Ce premier noviciat par où, selon l'ordre et la sage discipline de l'Église, il faut passer avant que de prendre avec la religion un engagement fixe et immuable, BOLRDAL. Pensée», t. ii, p. 38». ||a° Temps de l'épreuve des novices. Un long noviciat. || 3° La demeure des novices. S'il arrivait en effet que ce jeune homme fût sage, serviable, instruit, et qu'allant en ambassade vous eussiez par hasard besoin de lui, informez-vous-en au noviciat des jésuites; il a été deux ans novice, volt. Lett. d'Argenson, 7 mars 1 730. Il 4° Fig. Apprentissage quelconque. Le temps que j'ai employé à votre service n'a pas tant été la saison de ma débauche que le noviciat de la vie régulière que je veux mener, balz. liv. vii, lett. îo.

— ÊTY.M. Novice.

NOVISSIMÉ (no-vi-ssi-mé) , adv. Terme familier. Tout nouvellement, depuis très-peu de temps. Cela est arrivé novissimé, tout novissimé.

— REM. L'Académie écrit novissimé avec un accent aigu, et optimè avec un accent grave; il n'y a pas de raison pour que l'accent soit différent entre ces deux mots; voy. donc la remarque à optimè.

— ETYM. Lat. novissimé, adverbe qui est au superlatif, et qui vient de novus, nouveau (voy. neuf î).

t NOXAL, ALE (no-ksal, ksa-l'), adj. En droit romain, abandon noxal, abandon d'une personne ou d'une chose qui a causé un dommage .

— ETYM. Lat. noxalis, de noxa, dommage.

t NOYADE (no-ia-d'; plusieurs prononcent noiia-d'), s. f. Il 1" Action de noyer plusieurs personnes i la fois. Il Se dit particulièrement des meurtres politiques commis à Nantes par le représentant Carrier en 1794. Les noyades de Nantes. ||2° Fig. Action de perdre un homme, de ruiner son crédit, sa fortune. Il [Maurepas] crut Fleury fini, et Chauvelin possible; il avait vaillamment aidé à la noyade de celui-ci, profité de sa chute, micuelet, Hist. de France, t. xvi, p. )«(.

— ETYM. Noyer î.

NOYALE ou NOYALLE (no-ia-l'; plusieurs prononcent noi-ia-l'),«. ^ Toile de noyale, ou, simplement, noyale, nom de la toile dont on se sert pour faire les grandes voiles d'un navire. Toiles à voiles à deux fils, noyales simples, mélis, prélats à sacs; noyales à quatre fils; noyales triples à un fil, Tabl. ann. aux leit. pat. du •« déc. <780.

— tlfU. Noyai (Ille-et-Vilaine), centre de fabrical. t NOYALlP,UE(no-ia-lié-r'; plusieurs prononcent

Doi-ia-Iiè-r'), t. f. Terme rural. Terre oii l'on sème des noyaux pour obtenir des arbres à fruits.

— ETYM. Noyai, ancienne forme de noyou. NOYAU (no-iô; plusieurs prononcent noi-iô), ». m.

Il !• i'arlie dure et solide, tantAt unique, tantil multiple, que certains fruits renferment, et qui contient la semence ou l'amande. Casser le noyau pour en avoir l'amande. Je fus surpris à mon arrivée en Grèce, de voir fumer et émonder les arbres ; mais ma surprise fut extrême, lorsque je vis des fruits dont on avait trouvé le secret de diminuer le Doyau, pour augmenter le volume de la chair, barjuiL. Anach. cil. &•. On obtient aussi des fruits sans noyaux en privant un arbre d'une partie do sa moelle, Gg.fus, Maitonrutt. t. ii, p. 3t9, dans rou- GEtts. II Fruits à noyau, fruits qui ont un noyau comme la pêche, la prune, etc. par opposition & fruits à pépin. || Eau de noyau, liqueur dan^i la préparation de laquelle entrent des noyaux de pêches. Il Les noyaux, se dit d'un jeu pour lequel on se sert de huit noyaux noirs d'un cfité et blancs de l'autre, que l'on jette en l'air. Jouer aux noyaux. Le jeu des noyaux. 1| 8* Fig. et populairement, au piur. de* noyaux, des espèces monnayées. Il a amassé bien des noyaux. Je vas chez U. Evrard pour toucher mes noyaux, conti de caïlu» (oboslet), Iliit. de M. Guillaume, (Euvr. t. x, p. «♦, dans pouoms. Il 8- Fig. Premier et petit groupe d'une compagnie, d'un établissement, d'un rassemblement, etc.

DiCT. DS LA LANOUB rHANÇAlSC.

Le noyau d'une colonie. Le noyau d'un rassemblement. Il 4* Terme d'anatomie. Partie qui entre dans la structure des éléments anatomiques ayant forme de cellule. Le noyau d'une cellule. || S' Masses pierreuses, solides et moulées dans le creux des coquilles pétrifiées. |j 6° La partie la plus dure qui se trouve au centre de certains cailloux. || Se dit aussi d'une montagne ou de tout autre corps considérable. Le noyau d'une montagne est composé de différents lits de pierres, dont les supérieurs sont de pierre tendre, buff. Hist- nat. Preuv. thior.terr. Œuvr. t. II, p. 373. Le bonhomme [Maupertuis] proposait sérieusement.... de creuser un trou jusqu'au noyau de la terre, volt. Jfouperfuù. || 7° La partie centrale d'un cristal qui diffère souvent beaucoup du cristal lui-même. Cet octaèdre, retiré si aisément du cube de chaux fluatée, et qui est divisible parallèlement à ses propres faces, se nomme le noyau ou la forme primitive de la chaux fluatée, AL. BRONGNiART, Traité de min. t. i, p. 13, dans poo- GENs. Il 8° Terme de chimie. Théorie des noyaux, nom donné à la théorie des radicaux fondamentaux, dans les composés organiques, soit que le noyau résiste aux réactifs et reste seul, soit que, perdant du carbone ou un autre élément constituant, il se transforme en un autre noyau. || 9* Terme d'astronomie. Partie qui paraît la plus dense, dans une comète. Elles [les comètesj présentent aux yeux des observateurs un noyau vif et solide, qui réfléchit fortement la lumière du soleil à travers l'atmosphère immense de la comète, buff. Hist. nat. Preuv. théor. ter. Œuvr. t. i. p. <9». Au milieu de la nébulosité de la chevelure, qui est le caractère dislinctif des comètes, Jean-Baptiste Cysatus remarqua un espace plus lumineux et d'une clarté plus dense et plus serrée ; c'est proprement le disque et le corps de la comète ; il l'appela le noyau, bailly, Hist. astron. mod. t. ii, p. <2l. Il Partie lumineuse au milieu des taches du soleil. Il 10° Terme de fonderie. La masse de terre à potier, ou autre matière, remplissant l'intérieur d'un moule et destinée à soutenir la cire que doit remplacer le métal en fusion. Le noyau d'une statue, d'une cloche, d'un canon. || Terme de fontainier. Cylindre que l'on place au centre du moule dans lequel on coule les tuyaux de plomb. || Terme de plombier. Masse de terre composée que l'on met dans un châssis, pour mouler le creux d'un mascaron ou d'une autre figure en plomb. || La partie intérieure d'une médaille fourrée. J'ai cité les deux médaillons de plomb du cabinet de Vienne qu'il croit avoir été les noyaux de deux semblables médailles [fourrées], et qui auraient perdu les feuilles de métal précieux dont les faussaires les avaient revêtues, MONGEZ, Instit. Xim. acad. inscript, t. ix, p. 248. Il 11° forme de sculpture. Ebauche grossière d'une figure de plâtre, de stuc, etc. || U* Terme d'architecture. Toute partie plus ou moins brute et massive, qui est enveloppée d'un revêtement. I| Toute saillie brute sur laquelle des moulures lisses doivent être poussées au calibre. || Massif de pierre dont l'usage principal est de soutenir l'espèce de voûte rampante formée par les marches d'un escalier. || Noyau d'escalier, pièce de bois où toutes les marches sont emmorlaisées et tournent autour en lignes spirales. Noyau de fond, celui qui, du rez-de-chaussée, monte au dernier étage, Noyau suspendu, celui qui est coupé au-dessous dos paliers et rampes de chaque étage. Noyau k corde, celui qui est taillé d'une grosse moulure en forme de corde pour conduire la main. 1| 13' Partie d'un tuyau d'orgue, oii l'on place l'anche. || 14* Terme do gravure. Sorte de bouteroUe concave." 15' Noyau d'olive, volutu ruttiq te, sorte de coquille. || Proverbe. Il faut casser le noyau pour en avoir l'amande,c'est-à-dire il faut prendre de la peine avant de retirer do l'utilité de quelque chose.

— HIST. XII* s. E ço lert [c'était] Ii nualz de tux les malz que te sunt avenu dèsl'ure [heure] que fus bacheler jusqu'à cest jur, Roit, p. 4»i. Par devers nous est Ii noiaus [le gros, le fort de l'armée ennemie] tournés, Ronciiv. 8i. || xili* s. Vos dcupan- (leiz [dépensez] et sens raison Vostre tens et vostre saison, Et le vostre et l'autrui en tasche ; Le nolel laissiez por l'escralTe, El paradix pour vainne gloire, iUTKB. H4,||xiv* s. Le noyau du beuf est la pièce après le col et les espaules, Uénagier, i\,t. \\ XVI' s. Arbres i pépin, à ooiiu et à fruit, o. dx

— eTYM.Berry.nyau; provenç. nogalh, nogaill; du lat. nucalii, amande, datte, dérivé de nui, nucit, noU. II y avait aussi, dans l'ancienne langue, un noitl, not'au tout différeul, qui signifiait un

nœud, et venait du latin nodellus, diminutif de nodus, nœud.

NOYÉ, ÉE (no-ié, iée; plusieurs prononcent nol-ié) , part, passé de noyer, j] 1° Qui a perdu la vie par immersion. Noyé dans la Seine. Comme on voit un homme à demi noyé qui se prend de toute sa force à une branche qu'on lui tend dessus le rivage, Boss. Réfut. cat. Ferry, i, i, ». |{ Substantivement. Un noyé. Une noyée. Rappeler un noyé à la vie. Secours pour les noyés. Entre l'état d'un noyé qui revient à la vie, et l'état de celui dont la mort est irrévocable, la difl'érence sera difficile à bien établir, cabanis, Instit. Uém. scienc. mor. et pol. t. I, p. <0(. Il i' Fig. Noyé de dettes, qui est accablé de dettes. Colla mort, le laissant noyé de dettes, sans ressources et sans espérance, il prit, je crois, la résolution de se délivrer de la vie, mabmontel, ilfm. ix. || 3* Fig. Perdu, ruiné. Et le monde elTrayé Vous regarde déjîi comme un homme noyé, boil. Sat. ix. Chamilly, illustré par bien des sièges, mais noyé par Louvois et par Barbézieux, st-sim. 05, 4. Si votre amour l'emporte, adieu, plus d'amitié. D'estime ni d'égard pour un homme noyé, boisst, Deh. tromp. v, s. |{ 4° Inondé. Toutes les rivières sont débordées; tous les grands chemins sont noyés; toutes les ornières cachées; on peut fort bien verser dans tous les gués, stv. 4 3. Les mangliers qui couvrent un sol noyé rendent les lagons plus impénétrables, ratnal, Hist. phil. xiii, 49. Il Très-mouillé par la pluie. Le mauvais temps continue, il n'y a d'intervalle que pour nous faire mouiller.... on prend le moment d'entre deux nuages.... et l'on se trouve noyé, sév. h juin leso. Il Papier noyé, papier qu'on a trop trempé. || Teinte noyée, se dit, dans la peinture en émail, d'une teinte afl"aiblie ou devenue livide. || 5* Se dit des larmes coulant en abondance. Jamais une joie [le rappel du prince de Conti à la cour] n'a été noyée de tant de larmes [à cause de la mort du prince de Condé], sév. 13 déc. 1686. Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés, hac. Andr. iv, 3. Ciel I vos yeux noyés de larmes et votre visage défait m'annoncent quelque grand malheur, Beaumarchais, Mère coupable, II, <4. ||6° Fig. Noyé dans, adonné tout entier à. Cette âme malheureuse toute noyée et tout ablméo dans les afi'ections sensuelles, boss. Sermons, Impénit. /în. Variantes b, dans oanuab, Chcix de sermons. Un jeune Lydien noyé dans les plaisirs , FÉH. Tél. m. Dans les temps de sa vie où il était le plus dissipé et noyé dans le commerce des dames, je l'ai toujours vu droit, sincère et même sévère sur la religion, maintknon, Lett. au card. de Noailles, 18 oct. 1696. Noyé dans les plaisirs, mais capable d'affaire, chauueu, Épît. à Lafare. \\ V Perdu comme dans une grande étendue d'eau. Mlle de Scudéry vient do m'envoyer deux petits tomes de Conversations; il est impossible que cela ne soit bon, quand cela n'est point noyé dans son grand roman, sÈv. 2B sept. (cso. Comment vous serez-vous tirée de ses pattes lune fournisseuse qui demandait ce qui lui était dû] et do ces inondations de paroles où l'on se trouve noyée, abîmée 7 ID. 27 oct. 4S89. M'élant, pour ainsi dire, assuré do moi-même, je commence à regarder hors de moi, et je me considère avec une sorte de frémissement, jeté, perdu dans ce vaste univers et comme noyé dans l'immensité des êtres, j. j. aouss. Ém. iv. Voilà le début d'IIécaléc dans sou histoire : .... ce n'étaient guère que des légendes fabuleuses.... pou de faits noyés dans des contes à dormir debout, p. L. COUR. Trad. dHUrod. Préface du trad. || 8° So dit du sang versé par torrents. Kome entière noyée au sang de ses enfants, corn. Cinna, i, 3. Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, Ue combien ont rougi les champs de Macédoine, Combi( n en a versé la défaite d'Antoine, Combien celle de Sexto, et revois tout d'un temps Pérouse au sien noyée et tous ses habitants, m. ib. iv, 4. Il Terme de marine. Se dit de la batterie d'un navire quand elle se trouve trop près de la ligne d'eau, par l'elTol d'une mauvaise construction ou d'une surcharge. || Se dit aussi, familièrement, d'un objet qui disparaît k l'hnrizon. || Être noyé, se dit du pilote qui, voulant prendre hauteur, ne découvre point assez d'horizon. || Proverbe. De cent noyés, pas un de sauvé; de cent pendus, pas un de perdu, qui veut dire que sur cent pendus il n'y en a pas un k regretter, Lindis que les noyés sont une vraie porte.

+ NOYÉ-D'EAU (no-yé-do; plusieurs prononcent noi-ié-do), (. m. Nébulosité sur le papier.

4. NOYEB (no-ié; plusieurs pronunceotnoi-iô;rr ne se lie jamais ; au pluriel, l'i se lie : des no-lé-zen fleur), (. m. || 1* Genre de la familledes juglanditt.

NOY

Il Le noyer commun, qui a plusieurs variétés, telles que le noyer à coque dure, le noyer à coque lendre ou noyer mésange, le noyer de jauge, le noyer à gros fruit long. Encore que l'on dise que celles de son seie soient de l'humeur des ânes et des noyers, de qui l'on ne lire point de p-ofil qu'en les ballant l'orl et ferme, Francion, liv. vu, p. 265. Tous ses bords sontcouverts de saules non plantés Et de noyers souventdu passant insultés, boil. ^p«. vi. || Par abréviation, une table de noyer, un lit de noyer, une table, un lit de bois de noyer. || 8" Noyer à feuilles de frêne, ancien nom de la ptérocarpe fraxini foliée, qui a fait partie du genre noyer. H Noyer du Japon, nom vulgaire de la gingko bilobée (conifères). Il Noyer de Ceyian ou dos Indes, nom vulgaire de la/uittcte adhatode (acanthacées) de Linné (Inde); c'est la carmenline en arbre de certains auteurs. Il Noyer de la Jamaïque, un des noms vulgaires de la hure crépitante (ouphorbiacées) de Linné, dite vulgairement sablier, legoarant. |1 Noyer vénéneux, le maiicenillier (euphorbiacées).

— HlST. iiu* s. Peskiers, ne periers, ne noiers, Autre cier arbre qui fruit port, Fi. et Bl. 2020. Il XVI* s. Pour les chasteneraies et nujeraies, c'est i dire pour les lieux emplantés universellement de cbastaniers et noiers, o. de serres, 641. Un noyer en une vigne, un porceau en un blé, c'est assez pour tout gaster, LEROUX de uncy, Frov. t. ii, p. 431. Le pouvre ressemble au noyer [il est en proie à chacun], GÉNIN, Récréât, t. n, p. 244.

— ÉTYM. Berry, nogier, nougier, nouèré; prov. noguier, nogier; cat. noguer; d'une forme fictive, nucarius, dérivée du latin nui, noix.

2. NOYER (no-ié; plusieurs prononcent noi-ié; quelques-uns prononcent neyer,dit Chifflet, Gramm. p. 200 ; cette prononciation s'entend encore quelquefois. L'y se change en t devant l'e muet : je noie, je noierai. Je noyais, nous noyions, vous noyiez ; que je noie, que nous noyions, que vous noyiez) , e. a. Il 1" Faire mourir d'asphyxie par immersion. Dieu, qui a tout fait et par qui tout subsiste, vanoyer [par le déluge) tous les animaux avec tous les hommes, Boss. liât, n, t. X la noyer [ma femme] cent fois je m'étais attendu ; Mais je n'en ai rien fait de peur d'être pendu, regnakd, Démocrile , iv, 7. Carlhage avait un singulier droit des gens : elle faisait noyer tous les étrangers qui trafiquaient en Sardaigne et vers les colonnes d'Hercule, montesq. Esp. XXI, 40. Il Fig. L'intérêt de la tendresse est noyé dans celui de l'orgueil, SÉV. 368. || Il n'est bon qu'à noyer, se dit d'une méchante personne ou d'une personne, d'un animal qui n'est bon à rien. Ah ! maudit animal qui n'est bon qu'à noyer, la font. Fabl. XI, S. Il 2° Fig. Causer la perte, la ruine d'une personne. Tout ce qui me fâche, c'est de faire du mal; mais, quand je joue à noyer, et que je me demande lequel je noie de M. de la Jarie ou de moi, je dis sans balancer que c'est M. de la Jarie, et cela me donne du courage, sÉv. 427. Presque tous les hommes noient leurs parents et leurs amis, pour dire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout, maintenon, Leit. ou card. de Noailles, 15 nov. <6»5. Mme de Saint-Simon convint qu'un refus nous noierait en effelsansretour, ST-SI.M. 269, 439. Pour couronner l'alTaire, Achevons de brouiller et de noyer Valère, CBESSËT,K^cAant,iv,9. || Use dit, dans un sens ana logue, de choses dont on veut détruire l'autorité. Plutôt que de conserver les livres de la Sagesse et les autres, vous aimez mieux noyer sans ressource l'Épître aux Hébreux et l'Apocalypse, boss. Projet de réunion, 2" part. Letl. xu, 25. || 3» Perdre le souvenir de.... Noyer son chagrin dans le vin. Et soient dans les coupes noyés Les soucis de tous ces orages, HALH. m, i. F.t noyons dans l'oubli ces petits différends, COHN. Ilor. I, 4. Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots, la rOMT. Fabl. vi, 4 2. Que fait un acteur lorsqu'il veut jouer naturellement une passion, que de rappeler autant qu'il peut celles qu'il a ressenties, et que, s'il était chrétien, il aurait tellement noyées dans les larmes de la pénitence, qu'elles ne reviendraient jamais à son espritT boss. Coméd. 4. Buvez un peu; c'estdans le vin qu'on noie L'ennui, l'humeur et les chagrins, BÉRANC.Jfuchet'eus. || Noyer sa raison dans le vin, perdre la raison i force de boire. || 4° Inonder. \ Doetbourg, ils [les Hollandais] ont inondé et noyé une partie des environs, pelusson, Lett. hiilor. t. i, p. •!>», dans POLGBNS. U empèchala perle d'un pays lu'll voulait noyer pour prévenir le siège de Uunkenjuc, tontm. Voubon. || Noyer les poudres, introduire de l'eau dans une poudrière, ou dans la tout* aui poudres d'un bâtiment, pour prévenir

NOY

une explosion. || On noie un bâtiment, lorsqu'on le coule à marée iiaute, à l'effet de faire périr les animaux nuisibles. || Mouiller fortement, en parlant do la pluie. Une pluie traîtresse, qui, sans se faire craindre, se met d'abord à nous noyer, mais noyer à faire couler l'eau de partout nos habits, sÉv. 23 août (671. Il Noyer son vin d'eau, mettre trop d'eau dans son vin. Il 5' Noyer de larmes, inonder de larmes. Artémisedepleurs se noya le visage, malh.vi, 4 7. Il noya de pleurs l'une des mains de Psyché, la font. Psyché, II, p. 206. Que j'ai d'envie de me mettre tout de bon à ma tragédie, et de noyer dans les larmes du parterre le souvenir des crimes de Desfontainesl volt. Lett. d'Argental, 20 févr. 4 739. Il 6° Fig. Inonder, en parlant de sentiments pénibles. Il faut aimer pendant la vie, la rendre douce et agréable, ne point noyer d'amertume ni combler de douleurs ceux qui nous aiment, sêï. 27 avr. 4 672. Il 7' Fig. Exprimer avec une excessive diffusion. Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles. M. de Félibien, Qui noie éloquemment un rien Dans un fatras de beau langage.... volt. Temple du Goût. Les fausses idées qu'on donne de l'éloquence dans nos collèges en apprenant à nos jeunes gens à noyer une pensée commune dans un déluge de périodes insipides, d'alemb. Réfl. sur l'éloc. orat. Œutr. t. i, p. 469, dans pougens. || 8° Terme de peinture. Mêler les extrémités des contours avec les contours voisins, de manière qu'ils se fondent insensiblement les uns dans les autres. || On dit de même : noyer les couleurs. || Par extension. Quelquefois le souffle du midi noie la perspective dans une atmosphiire de poudre, chateaubr. Génie, III, V, 2. Il 9" Terme de marine. On dit qu'on noie une terre, un bâtiment, lorsqu'on s'en éloignant, la convexité du globe en fait successivement disparaître les parties à la vue. || 10° Terme de jeu de boule. Noyer une boule, la pousser ou la chasser de manière qu'elle passe une certaine ligne qui est au delà du but. || 11° Terme de maréchalerie. Noyer le rivet, l'enfoncer dans la corne. Il 12° Se noyer, v. réfl. Se donner la mort en se jetant dans une eau profonde. Le désespoir le prit, il se noya. H Ne pas songer à une chose plus qu'à s'aller noyer, en être tout à fait éloigné. Je ne songe non plus à l'amour qu'à m'aller noyer, mariv. Surp. de l'amour, 11, B. || Mourir suffoqué dans l'eau ou dans quelque liquide. Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien; C'est une femme qui se noie; Je dis que c'est beaucoup, la font. Fabl. m, 4 6. Il y a eu bien des gens de noyés dans ce vaisseau du chevalier de Tourville, qui s'est sauvé à la nage; je crois qu'un de nos chevaliers de Sévigné s'est noyé, SÉV. 8 nov. 4679. On plongeait les hommes tout entiers et on les ensevelissait sous les eaux [du baptême]; et, comme les fidèles les voyaient se noyer, pour ainsi dire, dans les ondes de ce bain salutaire.... boss. 2» panég. St Franc. dePaule, 4. Il II est si malheureux qu'il se noierait dans un crachat, ou, simplement, il se noierait dans un crachat, se dit d'un homme à qui tout tourne mal, ou qui est malhabile. H Fig. Se noyer dans une goutte d'eau, échouer devant le moindre obstacle, la moindre difficulté. Vous voyez très-bien le faible de celui [raisonnement] du pauvre M. de Cambrai, qui s'égare dans le grand chemin, et qui a voulu se noyer dans une goutle d'eau, boss. Lett. quiét. 270. Il Malheureux comme un chien qui se noie, se dit d'un homme très-malheureux. |{ U se prend à tout comme un houime qui se noie, se dit d'un homme qui se sert de toute sorte de moyens pour sortir d'une mauvaise affaire. || 13° Être plongé dans un liquide trop abondant. Des pois verts qui se noyaient dans l'eau, boil. Sat. m. || 14° Fig. Se ruiner, se perdre. On se noie en amour aussi bien qu'en une rivière, MALii.ieM. 1,30. La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie; Pour peu qu'on son écarte, aussitôt ou se noie, doil. Art p. 1. 1| C'est un homme qui se noie, c'est-à-dire c'est un homme qui se ruine, qui se perd. || Se noyer de dettes, contracter des dettes qui dépassent beaucoup l'avoir qu'on a. Il s'est noyé de dettes, la bruy. vi. || 15* Se noyer dans les larmes, pleurer excessivement. Tandis que dans les pleurs moi seule je mo noie, hac. Bérén. v, 6. Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, Encordans mon malheur do trop près obserrée, Je n'osais dans mes pleurs me noyer à loisir, m. Phèdre, IV, c. Il Se noyer dans le sang, tuer, commettre des cruautés. Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie, bac. Andr. v, 6. || 16° Fig. Se plonger, être plongé dans certaines jouissances ou dans certaines souffrances, ô vous, tristes plaisirs, où leur ftme se noie, Vains et derniers efforts d'une

NU

imparfaite joie, Moments pour qui le sort rend leurs vœux superflus. Délicieux moments, vous ne reviendrez plus, la font. Adonis. Parmi les déplaisirs où son àmo se noie, Il s'élève en la mienne une secrète joie, rac. Àndr. 1, 4. Ahl dans le désespoir où mon âme se noie, volt. Oreste, iv, 8. Dans les bons vins que votre âme se noie, id. Gant. des cantiques. || Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs, dans le vin, faire excès de débauche, de plaisirs, de vin. || 17° Se noyer, au jeu de boules, pousser sa boule plus loiu que la ligne qui est marquée au delà du but. || Proverbe. Qui veut noyer son chien l'accu.^e delà rage, ou dit qu'il a la gale, c'est-à-dire on ne manque pas de prétexte pour perdre les gens.

— HlST. x° s. Eus noieds, Fragm de Valtnc. p. 467. Il XI* s. Tuit sunt neiez parmerveilleus ahan [souffrance], Ch. de Roi. clxxvi. ||xii* s. Chetive, lasse, malvenue, Que ma char et mon sanc demaine [propre] [je] Voil mètre à dolor e à peine. Ne sai, à vivreouà neier, GrtijotrekCraJid, p. 24. ||xiii*s. Et en une nef s'en embla une fois bien cinq cens, qui tuit furent noie, villeh. liv. Une feme fu trouvée noiée en un puis, ijeaum. lxix, 4 4. Et puis reclost l'en la porte et l'en boucha l'en bien, aussi comme l'en naye un tonnel, joinv. 210. Por riens qu'il dointja point n'en ait, Miex s'arde, ou se pende ou se nait, la Rose, 432&0. Mut en ert [était] l'iave blanche et bêle; Fui, Graelent, n'i entre pas; Se tut'i mes, tu noieras, marie, Graelent. Il XIV* s. Les pugneses [punaises] dites cimices.... il sontnaiés [tués] 0 [avec] fume de paille ou oestront de vache, u. de mondev. f° 88. Salive d'omme jeun [à jeun] naie [tue] le basilique, id. f° 88,t'erio. N'ay que d'une mort à mourir; Noyer ne peut cil qui doit pendre, ]. bruant, dans ilénagier, 1. 11, p. 7. Prenez-moi ce glouton [ce misérable], il le nous faut noier, Guescl. 4 6 1 32. || xv* s. Noyons nostre souloy En ce doux dagorie [espèce de cidre], basselin , XLii. Il XVI* s. La plaine, e.stant au dessoubs de plusieurs fonceaux, vallées et cavains, fut incontinent toute noyée et remplie de force ruisseaux et torrents, amyot, Timol. S8. Ce fut Icetes qui feit noyer dedans la mer la femme de Dion, in. ib. 44. Je me naye, je me pcrdz, je m'esguare, quand j'entre on profond abymede ce monde, rab. Pant. m, 4. Si sommes nayez, ne nayera il pas comme nousT id. IV, 21. Au milieu de la muraille posera on les tuiaux, et là, noies dans le bon mortier bien gras, seront environnés de bonne maçonnerie, 0. de serres, 76ii. Et que tout le passé soit tenu pour perdu ; Noyons-en la mémoire et l'amour tout ensemble, desportes, Élégies, 11, 2. Et si ledit seigneur noyé les prez ou autres de ses sujets par ledit estang, il les peut contenter par eschange advenant, Coust. génér. t. 11, p. 4 21. Quand un chien se noyé, chascun luy offre à boire, cotghave.

— ÈTVM.Wallon, net; Hainaut, néier; picard et Berry, neyer; norm. ncuc/icr ; génev. nayer; provenç. negar; ital. ncgare ; du lat. necarc, proprement tuer, sens qui se trouve dans quelques uns de nos textes; quant à faire mourir dans l'eau, ce sens se trouve dès les lois barbares ; et une inscription latine donne : £u/rom'o.... naufragio necta, Journ. des sav. fév. 4858, p. 9).

NOVON (no-ion ; plusieurs prononcent noi-ion, ou, populairement, nè-ion), s. m. Terme de jeu de boule. Ligne au delà de laquelle la boule est noyée. Souven l un joueur très ex pert, En voulan t débusq uer son homme, Dans le noyon tombe cl se perd, panard, Chans. vaudev. (Euv. t. ui, p. 347, dans pougens. Il Terme d'horloger. Petit creux cylindrique.

— ETYM. Noyer 2.

t NOYURE (no-iu-r'; plusieurs prononcent noiiu-r').*./'. Trou en entonnoir dans lequel on loge la tête d'une vis. || Creux dans une platine pour loger une roue. || Creux au devant d'un pignon, pour le détacher d'une roue au centre de laquelle il est rivé.

— ÉTYM. Noyer a.

4. NU, NUE (nu, nue), adj. || 1* Qui n'est point vêtu. Les cheveux flottants, le bras et le pied nu, corn. Mcdée, iv, 2. Et je vous verrais nu du haut jusques en bas. Que toute votre peau ne me tenterait pas, mol. Tart. m, 2. Mes soldats presque nus, dans l'ombre intimidés, hac. Uilhr. 11, 3. On peut, avec un art extrême. Offrir à la sagesse même L'amour qui rougit d'être nu, bkhnis, ÉpU. ix. Us [les premiers hommes] étaient nus, et c'est chose trèsclaire Que qui n'a rien n'a nul partage à faire. Sobres étaient, volt. Mondain. Les auteurs araoei prétendent que Tamerlan se faisait verser à buira par l'épouse de Bajazet i demi nue ; et c'est ce quj a donné lieu à U fable reçue, que les sultans turci

NU

ND

NUA

ne se marièrent plus depuis cet outrage fait à une de leurs femmes, id. Kœurs, 88. Ils [les Moscovites prisonniers au nombre de 30 ooo] marchèrent tête nue, soldats et officiers, à travers moins de sept mille Suédois, id. Charles XII, 2. L'être que Dieu fit nu dut inventer les arts, Il file ses habits, il bâtit des remparts, delil. Trois règnes, viii. || Fig. Adieu, ma très-chère ; je me trouve toute nue, toute seule, de ne vous avoir plus, s6v. ( ) juin 1677. Il Nu est invariable, lorsqu'il précède le substantif, et alors on met le trait d'union. 11 était nu-tête et nujambes, les pieds chaussés de petites sandales, volt. l'Ingénu, l. Éveillés à minuit au cœur de l'hiver par l'ennemi da/!s leur ville, les Genevois trouvèrent plutôt leurs fusils que leurs souliers; si nul d'eux n'avait su marcher nu-pieds, qui sait si Genève n'eût point été prise ? J. J. rodss. Ém. II. Il Les nu-pieds, nom donné à des hommes qui se révoltèrent en 4639 dans la Normandie contre le gouvernement. Les nu-pieds s'étaient barricadés dans les faubourgs d'Avranches, et s'y défendirent avec fureur, H. MARTIN, llist. de France, t. xi, p. 506. !| Il est accoutumé à cela comme un chien d'aller nu-têfe, se dit d'une chose à laquelle un homme est tout à fait accoutumé. || Fig. et familièrement. Un va-nupieds, un gueui, un misérable. || S'enfuir un pied chaussé, l'autre nu, se ditde celui qui s'enfuit en grande hâte. Il Demi-nu, à moitié vêtu. Près du temple sacré les Grâces demi- nues, VOLT. Ilenr. ix. || Nu comme la main, nu comme un ver, ou comme il est sorti du ventre de sa mère, se dit de quelqu'un qui n'a aucun vêtement. Il [Job] se jeta par terre, et adora Dieu, et dit : je suis sorti nu du ventre de ma mère, saci. Bible, Job, i, xi, 2t. Jamais aucuns profits, et souvent en hiver II me laissait aller presque aussi nu qu'un ver, DESTODCBES, Glorieux, i, 3. || On dit dans le même sens : nu comme un singe. 11 [un fakir] était nu comme un singe, et avait au cou une grosse chaîna qui pesait plus de soixante livres, volt. Bababec. |1 Mettre quelqu'un nu comme la main, le dépouiller de ses habits; et fig. le priver de ce qu'il possède. L'intérêt de l'humanité demanderait que la puissance spirituelle fût mise nue comme la main, d'alemb. Lett. àVollaire, 6 avril «773. || Être nu en chemise, n'avoir sur soi qu'une chemise. Guitaut était nu en chemise, avec des chausses, s6v. 20. Il i' Par exagération. Etre tout nu, avoir de méchants habits, ou n'être pas vêtu comme l'exigerait la saison ou la bienséance. || Fig. 11 est arrivé tout nu, se dit d'un homme qui était dans le dénùmcnt, et à qui l'on a prodigué les bienfaits. Il 3° Cheval nu, cheval vendu ou acheté sans selle ni bride. Ce cheval-là tout nu me coûte mille francs. || 4* Fig. Nu de, qui n'est pas pourvu de. Un homme qui tout nu de glaive et de courage, HALn. J, 4. Dieu, notre Dieu n'est pas un Dieu nu de puissance, du bartas, Semaine, T jour. Mes ouvrages sont trop vulgaires El trop nus de science et d'art, ménard, Épigramme à HenrilV. Les ports sont comblés, les villes sont détruites, et la terre, nue d'habitants, n'est plus qu'un lieu désolé, volnet, Buints, 2. Il 6* Terme de jurisprudence. Nue propriété, propriété d'un fonds dont un autre a l'usufruit. Il Fig. et par plaisanterie. J'ai la nue propriété d'un des plus jolis objets qui soient sortis des mains do la nature, p. l. cour. Lett. i, 136. Il Nu propriétaire, celui qui a une nue propriété. /I Titre nu, charge, par exemple do commissaire, achetée .sans clientèle qui y soit jointe. ||6' Terme d'astronomie ou de physique. Œil nu, oeil qui n'est pas armé de verres grossissants. Observer à l'œil nu. Il 7* Terme de chimie. Feu nu, celui dont l'action se dirige immédiatement sur une substance. || 8* Terme debotaniqua. Se dit d'une partie quelconque, 1 .: ;u''lle est privée des appendices qui l'accom- ; n^:, -I t souvent ou ordinairement. \je réceptacle est nu quand il ne porte pasde paillettes, d'écuiUcs. Les fleurs sont nues quand elles n'ont ni bractées, ni involucres. L'amande est nue quand tes enveloppes propres se sont soudées aux parois de la loge. Il Se dit des ailes des insectes, quand on ne voit à leur surface ni poufsière (arincuso, ni poils. Il Se dit aussi de quelques poissons privés d'écalllcs. il Enfin il se dit de la peau des quadrupèdes, là où elle est découverte de poils. Il a les oreilles courtes et non pis nues comme le rat domestique, •OFF. Quadrup. t. m, p. a7s.-Lo dessous est en peau nue, ID. ib. p. ihs.|| Métal nu, métal dégagé de toute substance étrangère. ||9*0ui n'a pas l'enveloppe, la couverture, l'ornement ordinaire. Les arbres sont nus en hiver. Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qui les a dissipées par ses profusions.,., ces murailles nues, cette tabla di-

garnie, cette maison presque abandonnée.... Boss. la Vallière. Et je tremble de peur quand une épée est nue, pegnard, Joxteur, n, H. || Une maison nue, une maison dégarnie de meubles. || Pays nu, pays sans arbres, sans verdure. {| Qui manque des ornemente convenables. La façade de ce bâtiment est trop nue. Sans dentelles ni rubans une robe est nue. Une reliure nue. Il 10° Fig. 11 se dit ce qui est sans ornement intellectuel ou moral. Un stjle nu. Une composition trop nue. Ah ! regret qui me tue De n'avoir pas aimé la vertu toute nue I corn. Poly. i, *. Une bonne action se produit toute nue, rotr. Bélis. ii, (9. Une morale nue apporte de l'ennui, la font. Fàbl. VI, ). Je vois bien qu'on n'aime ici que la vaine apparence, et qu'on n'y considère point la vertu toute nue, mol. Prée. t». L'un n'est point trop fardé, mais sa muse est trop nue, boil. Art p.

I. Quelques métaphysiciens modestes ont dit que le même pouvoir qui a fait croître l'herbe dans les campagnes de l'Amérique y a pu mettre aussi des hommes; mais ce système nu et simple n'a pas été écouté, volt. Diet. phil. Popuîad'on. || Terme de peinture. Tableau nu, tableau dont la composition est pauvre, qui a besoin d'être garni de figures, de meubles, etc. Hll" Fig. Qui est sans déguisement, sans fard. C'est la vérité toute nue. Voilà, pour vous montrer mon âme toute nue. Ce qui m'a fait bannir Didyme de ma vue, cobn. Théodore, ii, 2. Mais je t'expose ici mon âme toute nue, hac. Brit.

II, a. Il ia° Substantivement, au pluriel, en langage de dévotion. Les nus, les pauvres qui n'ont pas de vêlements. Vêtir les nus. HlS^S.m. Le nu, les parties nues du corps. Le nu des bras et des jambes montre un homme fort et nerveux, fén. t. xix, p. 333. Le pied et le nu de la jambe sont couverts d'ime peau noire, dure et écaillcuse, bufp. Ois, t. xiv, p. 208. Il Terme de sculpture et de peinture. Les figures et les parties des figures non drapées. On dessine les figures sur le nu avant que de les draper. Le nu de cette figure n'est pas correct. Peignez-vous d'après le nu, madame, et avez-vous des modèles? quand vous voudrez peindre un vieux malade emmitouflé, avec «ne plume dans une main et de la rhubarbe dans l'autre.... volt. Utt. Mme de Fontaine, 23nov. 175». Grand Dieu! que ses formes sont belles [de l'Apollon du BehédèreJI Surtout les beaux nus que voilà! bérano. Éduc. \\ Le nu ne se dit pas du visage et des mains que l'u.sage veut qui soient découverts. || Par extension. Lo paysage doit être dessiné sur le nu, si on le veut faire ressemblant, cnATEAtiBR. Dessin. || Fig. C'est peu d'avoir étudié dan^ l'homme moral ce que les peintres appellent le nu; il faut s'instruire des différents modes que l'institution a pu donner à la nature, selon les lieux et les temps, marmontel, Œuv. t. vin, p. 385. Il On dit en parlant des parties des figures que les draperies recouvrent, mais sans empêcher de voir les formes : Ces figures sont bien dessinées, la draperie suit bien le nu. La draperie de celte maussade figure est bien jetée et dessine le nu, DiDKROT, Salon de 1767, Œuvr. t. xiv, p. 8oo, dans pouGENS. Il 14* 11 se dit, en architecture, de l'absence d'ornements. Il y a trop de nu dans cette décoration. Il Le nu du mur, la partie du mur qui est plane, où il n'y a point de ressaut, d'ornements qui excèdent. Le nu du mur extérieur. Un pilastre excède le nu d'un mur. || Terme do menuiserie. Le devant d'une partie quelconque. Il 'S* X nu, loc. adv. X découvert. Kt, laissant voir à nu deux têtes sans cheveux. Ont rendu le combat risillement afTreux, MOL. l'tt. V, 14. Il Monter un cliov.il à nu, ou à dos nu, monter dessus sans selle. || Fig. Librement te montrer à nu mes passions, FÉGNiEH, Sa». VI. || 16* En chimie, à nu se dit d'un corps qui se montre hors de toute composition. Sa découverte [de Bertholletj do l'acide phosphoriquo à nu dans l'urine humaine, focrcrot et vAtiQnELiN, Inst. Mém. tciene. t. II, p. 461. Il se forme très-peu de sulfure de potassium.... et du charbon est mis à nu, s4rulias, Inst. Mim. aead. teienc. t. xi, p. 2»7.

RESI. I. Nu est invariable qu&nd il précède le

substantif, sans être lui-même précédé d un article, et alors il se joint au substantif par un trait d'union : nu-pieds, nu-jambes, nu-téte. Il s'accorde, au contraire, quand il les suit : aller pieds nus; je me promène tête nue. || î. Quelques grammairiens croient que nu-pieds est pour nu par les pieds; et ils expliquent ainsi le non-accord de ces mots; mais cette ctplication n'est pas bonne; car alors il faudrait dire qu'une fille est nue-pieds, nue-tête; et l'on n'écrit pas ainsi. Nu est ici simplement un adjectif pris i la forme absolue, comme cela arrive souvent en français dans des locutions de même genre, jiilliin.

Autrefois cet usage, carce n'est qu'un usage, n'était nullement observé. Vous n'alliez pas nus pieds pour faire moins de bruit? scarron, Jodclet ou le maître val. il, t. Madame de Guitaut était nues jambes, et avait perdu une de ses mules de chambre, SÉV. 20. Elle monta seule et nus pieds sur l'échelle, ID. 297. Je ne songe seulement pas à en tirer une de ma cassette pour me recoiller, et je suis nue tête, MARiVAix, Ifariannc, 3* part. || 3. On écrit souvent, avec un trait d'union, nu-propriétaire, et on fait alors nu invariable : des nu-propriétaires ; mais ni l'un ni l'autre de ces usages ne doit être suivi. H faut écrire nu propriétaire sans^rait d'union, puisqu'on écrit nue propriété ; et dès lors nu doit s'accorder : les nus propriétaires ; une nue propriétaire.

— HIST. XI' s. [11] Trait [tire] Duranilal sa bone espée nue, Ch. de Bol. en. Puis ferent il fils frappent] nud à nud sur lur broines [cuirasses], ib. cci.xi. Il XII* s. La char [il] lui tranche, li os sont remi's [restés] nu, Bone. (45. Touz nuz soit despouiUez ses cors et sa façons, ib. p. 200. S'il etlsscnt sun cors tut nu à nu cergié [visité], Descurgies [oscourgée», discipline] l'eussent trové tut depescié. Th. le mart. (56. Espines que l'um ne pot nue main esracicr [arracher], Jîots, p. 2H.||xiu*s. Diex ! est-ce jaque [je] la tienne à celée Entre mes bras nu à nu à loisir? viD. DB CHARTRES, Bomanc. p. 114. Et bornage qui sont tenu en arrière fief ne font nule reilevance, fors à lor segneurs de qui ils tienent nu à nu,BEADM. xxvn, 23. En son poing [il] tenoit nu le brant fourbi d'acier, Berte, xiv. i nus gcnous sur terre souvent [elle] s'agenoilloit, l'b. xxviii. Li rois Pépins la prent par la blanche main nue, ib. Lxxx. Povreté qui ung seul denier N'eûst pas, s'el se deûst pendre, "Tant seQst bien sa robe vendre ; Qu'ele iere [était] nue comme vers, la Bose, 447. Ez-vous la joie ; N i a si nu qui ne s'esjoie ; Plus sont seignor que ras sus moie [huche], ruteb. 34. || xv' s. [Le comte t'e Flandre] veut que tout homme de la ville de Gand.... soient tous nuds en leurs linges robes, nuds chefs et nuds pieds, froiss. ii, ii, i63. || xvi* s. Marcher à pied nu, calv. Instit. 954. Sortir en la rue nue teste, id. t6. 989. Ayant honte de veoir Agosilaus ainsi couché par terre dessus l'herbe nue, il s'y coucha aussi auprès de luy, kvtot. Agés. i9. Estant nud non seulement d'armes défensives, mais aussi de tous vestemcns, id. ib. 69. La première loy, que Dieu donna jamais à l'homme, ce feust une loy de pure obéissance ; ce feut un commandement nud et simple, mont, n, 208. On ne peut despouiller un homme nud, cotgrave. Tu me vois nu de tout, sinon de vitupère; Je suis l'enfant prodigue; eiiibrasse-moy, mon perc, desportes. Œuvres christ. xviii, Plainte. [Lui] Les pieds et les bras nuds, nud teste et sans ceinture, id. Élégies, n, 6, Pyromance.

— ÊTYM. 'Wallon, nou, notre au féminiii; namur. ntt, neuve au féminin; provenç. nud, nul; catal. nu;anc. cspagn. nudo;portug. nu; ital. nudo; du lat. nuduî; comparez le sanscrit nagda, nu; anglo-saxon, nacod; angl. naked; le latin serait pour nûgdus, a affaibli en a.

t2.NO (nu),», m. La treizième lettre de l'alphalict grec; elle répond à notre N; c'est le noun phénicien.

NUAGE (nu-a-j'), s. m, || 1" Amas do vapeurs vésiculaires suspendues dans l'air, qui troublent le bleu du ciel sous forme de ma.ssc3 blanches, gri.scs ou noires. On se hasarde sous l'espérance do la Niint- Jean, on prend le moment d'entre deux nuage».... SÉV. 43B. Comme la terre qui, élevant des nuages contro le soleil qui l'éclairé, no lui Me rien de la lumière et se couvre facilement elle-même de ténèbres, ainsi lo pécheur.... BOss.Serm. 3'dim. de l'avent, I. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages. Et chasse au loinla foudre et les orages, rac.Fk/i. m, s. Le soleil élève de la terre et des eaux des exh.ilalsons et des vapeurs, qui, montant en l'air jusqu'à quelque hauteur, s'y assemblent et forment les nuages, fonten. Mondes, 3« loir. Les nuages sont généralement plus élevés en été, et constamment encore plus élevés dans les climats chauds, bl'fp. Add. et corr. théor. terr. (F.utr. t. xiii. p. 23. Un grand nuage suspendu à la voûta du ciel formait un immense ridoau qui nous dérobait presque toute cotte vue, SAi-ssi-RE, Vo\j. Alpes, t. vin, p. «0, dans pougens. On connaît ces nuiiges que l'on a nommés parasites, qui s'attachent à la cime des montagnes, et qui so'ivcnt, comme ceux de la montagne de la Table au cap de Bonne- Espérance, sont les précurseurs do grains ou d'orages, m. ib. t. vu, p. «02. Un nuago éclatant d'or, de pourpre et d'azur, de- LiiLR, En. VII. Il est vrai que cet orage [l'orage qui assaillit l'armée française à son entrée en Hussie]

NUA

fut grand comme l'entreprise ; pendant plusieurs heures, ses lourds et noirs nuages s'épaissirent et pesèrent sur toute l'armée, ségur, llist. de Kap. iv, ».Le 6 novembre le ciel se déclare ; son azur disparaît ; l'armée marche enveloppée de vapeurs froides; ces vapeurs s'épaississent; bientôt c'est un nuage Immense qui s'abaisse et fond sur elle en gros flocons de neige, m. «6. ix, 1 1. 1| Un ciel sans nuage, un ciel parfaitement pur. || Fig. Venei.... princes et princesses, nobles rejetons de tant de rois, lumières de la France, mais aujourd'hui obscurcies et couvertes de votre douleur comme d'un nuajje, boss. Louis de Boiirfcon.'H 2" Fig. Ce qui est chargé de quelque chose de menaçant, comme un nuage l'est de pluie. Je vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules, mol. Scapin, I, «. Il faut voir ce que tout cela deviendra |les troubles d'Angleterre); il me semble que c'était un gros nuage épais, noir, qui commence à s'éclaircir, sÉv. «•' avr. 1689. Que de sacrifices à faire à Dieu!... nous sommes tous bien faibles et bien tremblants sous la main toute-puissante qui remue l'Europe d'une telle manière présentement, qu'on serait bien empêché de dire ce qui arrivera de ce nuage répandu partout, iD. 23 avr. (68». Pour moi, je suis persuadée que le roi, c'est-à-dire Dieu par lui, surmontera tous ses ennemis, et débrouillera tous ces nuages qui paraissent si noirs et si prêts à fondre sur nous, m. so mars <689. Ce coup du ciel qui vient de dissiper ce gros nuage, fléch. Uar.-Thlr. Comment s'est calmé l'orage? Quelle main salutaire a chassé le nuageT rac. Eslh. m, 9. || S" Par extension, tout ce qui offusque la vue, et qui empêche de voir distinctement les objets. Semblables à un nuage de sauterelles, ils remplissaient tout et gîtaient tout par où ils passaient, saci, Bible, Juges, VI, b. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage, rac. Iph. V, 6. Dans un nuage épais le Seigneur enfermé, ID. Athal. I, 4. Déjà s'élevait un nuage de poussière, FÉN. Tél. XX. Elles étaient venues à cheval, couvertes du sombre nuage de leurs voiles et de leurs habits, montesq. Lett. pers. 47. Un nuage de pleurs et d'éternelles craintes, volt. Orphel. m, t. Aux deux pSles nagent les baleines avec les innombrables colonies de morues et de harengs, avec les nuages d'insectes, avec les peuplades infinies et prodigieuses de la mer, haynal, llist. phil. xvii, 3. Il Fig. Je ne sais, ma fille, comment vous pouvez dire que votre humeur est un nuage qui cache l'amitié que vous avez pour moi, sëv. 26 oct. 4688. Il 4° Fig. Il se dit aussi de l'obscurité qui se répand dans la vue, pour quelque cause physique ou morale. Et ses yeux, comme morts, de nuages se couvrent, BÉONiER, Dial. Déjà je ne vois plus qu'à travers un nuage Et le ciel et l'époux que ma présence outrage, rac. Phèdre, v, 7. Le Samien me donna dans la tète et puis dans l'estomac des coups qui me firent v mir le sang et répandirent sur mes yeux un épais nuage, fénelon, Télémaque, v. II5"" Fig. Ce qui voile, dérolie à la vue de l'intelligence. Et j'ai devant les yeux toujours quelque nuage Qui m'oilusque la vue et m'y jette un ombrage, corn. Nicom. m, 4. La foi véritable qui.... ne cherche plus qu'à se développer de ses ténèbres, et, en dissipant le nuage, se changer en pure lumière et en claire vision, boss. Je Tellier. Quelle fut la pénétration de H. le Tellier, quand il fallut percer les nuages de la dissimulation et de l'artifice? FLÉCH. le Tellier. Des lumières successives dissipèrent une partie des nuages dont M. de Montausier [calviniste, puis converti] était environné, n>. Due de Xont. Ahl que je crains, mes sœurs, les funestes nuages Qui de ce prince obscurcissent les yeuxl Comme il est aveuglé du culte de ses dieux ! bac. Eith. Il, ». Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuAge odieux Dérobe sa vertu, qui brille à tous les yeux? ID. Phèdre, v, 3. Je craignais que la vérité no psrç&t le nuage, féi». Tél. xiii. Elle perce déjà, avec des yeux mourants, le nuage de la mortalité qui l'environne encore, mass. Âvent, Mort du péch. Le démon répand mille nuages sur l'esprit, lo. Carême, Enf. prod. Les pratiques extérieures.... forment une espèce do nuage sur l'âme ; on se pardonne plus facilement des fragilités et des choses qui paraissent compensées par des œuvres saintes, 10. Carfme,CuI((r. Sur leurs yeux vigilants répandant un nuage.... volt. Orph. i, a. Ces prétentions restè- «nl toujours enveloppées d'un nuage, id. Lovis XIV, •6. Tu n'y »as point chercher les combats des systèmes, Les nuages du doute et la nuit des problèmes, BIUL. Tro^i règnes, i. Tant qu'il brille ici-bas, tout •itre a son nuage, lamart. HoroM, ai. || 6* Doutes, soupçons, qui s'élèvent sur U conduite de quelqu'un.

NUA

ou dans les liaisons, les amitiés, le commerce du monde. Jamais nous n'avions eu le moindre nuage dans notre an>tié [avec Mme de la Fayette], bév. 3 juin (693. Comme elle possédait son affection [de Charles I"],car les nuages qui avaient paru au commencement furent bientôt dissipés, boss. Reine d'A nglet. Nous jetons un nuage sur leur mérite, mass. Âvent, Épiph. Les cours sont orageuses.... tout y forme des nuages, n>. Orais. fun. Madame. Va fort mécontentement avait fait quitter au baron de Bresse le service d'Espagne, non sans laisser quelques nuages sur sa réputation, st-siu. i, 25. Un amas de blé dont il [Caumartin] fut fort accusé dans un temps de cherté, et diverses autres choses avaient laissé un nuage dans l'esprit du roi, id. 69, (36. Vous dissiperez facilement tous les nuages qui se sont élevés entre vous et lui depuis quelque temps, collé, Part, de chasse de Henri IV, l, 6. Si jamais d'un soupçon le plus léger nuage Arfligeait sa vertu par quelque indigne outrage, Dtjcis, Othello, iv, 3. Il 7° Chagrins, ennuis. De toutes parts sont éclaircis Les nuages de nos soucis, malh. vi, 3. On ne me verrait pas détruit comme je suis. Ni l'esprit aveuglé d'un nuage d'ennuis, mairet, Sophon. i, t. Ton bonheur n'est couvert que d'un peu de nuage, corn. Cid, ii, 3. D'où vient qu'un triste nuage Sembla offusquer l'éclat de ces beaux yeux? MOL. Psyché, IV, 3. Il n'y en a guère [de vie] qui soit exempte de nuage, sév. s déc. 4677. Il n'y a plus de chagrin présentement [entre le roi et Mme de Montespan] ; mais tout est si peu stable, qu'avant que vous ayez cette lettre, il y aura eu et des nuages et des rayons de soleil, m. 20 oct. 4 677. Puis-je savoir quel trouble a formé ce nuage? rac. Brit. y, 3. Puisje vous demander quel funeste nuage. Seigneur, a pu troubler votre auguste visage? id. Phèdre, iv, 2. Ce sont des nuages passagers qui n'occupent que la surface de l'àme, mass. Àvent, Bonh. Ce nuage d'ennui, cette sombre langueur.... t>vcis,Àhufa,r,i, t. Il 8° Idées vagues, obscures, peu intelligibles. Un sommeil inquiet sur de confus nuages Elève incessamment de flatteuses images, Et sur le vain rapport fait naître des souhaits Que le réveil admire et ne dédit jamais, corn, la Gai. du Palais, 1, 8. I«$ esprits des hommes sont pleins de nuages et de faux jours, Port-Royal, Logique, i, 4». il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, boil. Art p. i. Du romantisme jeune appui, Descends de tes nuages, BÉRANC. Troubadours. || Se perdre dans les nuages, parler, écrire avec emphase et obscurité. || 9°Terme d'astronomie. Nébulosité ou blancheur du ciel, située près du p61e austral. Le petit nuage. Le grand nuage. lilO" Terme de médecine. Flocons que l'on observe quelquefois un peu au-dessous de la surface de l'urine qu'on a laissée reposer dans un vase. || 11° Un nuage de lait, une très-petite quantité de lait qu'on verse dans le thé, et qui s'y développe d'abord avec des contours de nuage. Je veux dans mon thé seulement un nuage de lait. || 12" Terme de blason. Il se dit des pièces qui sont représentées avec des sinuosités et des ondes. || 13° Nuage, un des noms marchands du cane tulipe (mers de l'Inde et de l'Amérique), dit encore nuée et nébuleuse (voy.

NUÉE d'or).

— ÉTYM. Nue; bourg, nueige.

t NUAGE, ÉE (nu-a-jé, jée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des dessins représentant des nuages. || Terme de blason. Se dit des pièces qui sont représentées avec des ondes ou sinuosités.

— ÉTYM. Nuage.

NUAGEUX, EUSE (nu-a-jeû, jeû-z'), adj. ||l«Où il y des nuages. Un ciel nuageux. De Leucate bientèt les sommets nuageux.... de loin nous apparaissent, DELILL8, ^n. in. Il Qui ressemble à des nuages. Les eaux qui s'élancent en gerbes de ces fontaines sont si légères et si nuageuses.... stael, Corinne, iv, 3. || f Fig. Qui n'est pas clair. Des pensées nuageuses. Un style nuageux. || Il se dit aussi des écrivains. L'auteur a trop d'imagination pour n'être pas quelquefois sombre et nuageux, CARACqiou, Lett. récréât, et mor. t. 11, p. 67, dans poucENS. Il 3* Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué de taches irrégulières, peu foncées, sur un fond blanc. Des taches bleuâtres et brunes, sur un fond nuageux, blanchâtre, buff. Ois. t. m, p. 4 84. Il 4* Terme de joaillerie. Pierre nuageuse, pierre précieuse dont la transparence est terne en quelques endroits. Nos cristaux d'Europe dans lesquels la transparence n'est pas aussi limpide et qui souvent sont nuageux, buff. Min. t. vi, p. taa.

— HIST. XVI" s. Nuageux, cotgrave.

— £TVM. Nuage. On trouve dam I« xvi* siècle

NUA

nuager; Ainsi qu'Iris la nuagere.... am. jamin, Poé sies, p. 206, dans lacurne.

NUAISON (nu-ê-zon), ». f. Terme de marine. Durée d'un même vent, d'un même état.de l'atmosphère. Chaque jour, un peu avant ou après midi, nous avions à essuyer des grains accompagnés de tonnerre ; d'où nous venait cette étrange nuaison, sous le tropique et dans cet océan renommé plus que toutes les autres mers par l'uniformité et la fraîcheur des vents alizés de l'est au sud-est? bougainviLLE, Voyage, t. 11, p. 6, dans pougens. On attend que le vent du nord-ouest ait amené un froid sec pour commencer la chasse du castor; pendant les jours qui précèdent cette nuaison, on s'occupe de quelques chasses intermédiaires, chateaubr. Amer. Chasse.

— ÉTYM. Probablement de nuer, sous l'influenc» de nue, qui est dans ce verbe.

NUANCE (nu-an-s'), s. f. || 1° Degré d'augmentation ou de diminution que présente une même couleur; différence ou changement des couleurs, surtout dans leur passage d'un ton à un autre. L'opalw et l'incarnat qui parent le matin. Les couleurs d'un beau soir où son œil incertain Cherche, sans la trouver, la première nuance Du pourpre qui finit, de l'azur qui commence, st-l«mb. Sais. m. Ainsi le peintre unit de nuance en nuance La teinte qui finit à celle qui commence, delil. Imag. m. Il 2° Mélange et assortiment de plusieurs couleurs qui vont bien ensemble. Nuance douce, rude. Ces nuances sont mal entendues. Après le diner, je vais dans une grande galerie pour y diriger l'ouvrage de plusieurs jeunes filles peu habiles à mêler leurs nuances, madame riccoboni, Sophie de VaUière, Lett. 4». Il Terme de perruquier. Mélange des cheveux de différente couleur qui ont du rapport. Faire des nuances à une perruque. || 3° Fig. Différence délicate et presque insensible qui se trouve entre deux choses du même genre. Ce sont deux espèces extraordinaires [le pangolin et le phatagin], peu nombreuses, assez inutiles, et dont la forme bizarre ne paraît exister que pour faire la première nuance de la figure des quadrupèdes à celle des reptiles, buff. Quadrup. t. iv, p. 84. la nature marche toujours et agit en tout par degrés imperceptibles et par nuances, id. Hist. anim. ch. xi. On a dit qu'il n'y avait point de grand génie sans une nuance de folie, dider. Essai fur Claude et sur Néron. Suivant les difl'érences du rang, du mérite personnel, de la réputation, il donnait à sa politesse, à ses égards, les nuances que ces différences exigent, condorcet, Maurepas. Ces secrets du penchant retenus et trahis par la tendresse du sourire, par l'éclair échappé d'un timide regard, mille nuances fugitives dans l'expression des yeux et des traits du visage sont l'éloquence de la beauté, marmontel, Élém. de litt. Œxnres, t. v, p. 33», dans POUGENS. De la peine au bonheur délicate nuance, Ce n'est point le plaisir, ce n'est plus la souffrance, delil. Imag. m. \\ i' Fig. II se dit des délicatesses du langage, comparées aux nuances des couleurs. L'extrême difficulté ne parait qu'à penser sur chaque sujet ce qu'il y a de meilleur à dire, et à trouver dans le langage je ne sais quelles nuances qui dépendent de se connaître en ce qui sied le mieux en fait d'expressions, hêrë, Convert. p. 20, dans richelet. Elle [la future Dauphine] a écrit à monsieur le Dauphin [le fils de Louis XIV] avec des nuances de style, selon qu'elle a été près d'être sa femme, qui ont marqué bien de l'esprit, sÉv. 38 fév. (680. Dès qu'un homme comme notre conquérant tartare [dans l'Orphelin de la Chine] a dit: j'aime, il n'y a plus pour lui de nuancs, volt. Lett. d'Argental, 8 sept. 4 764. Les nuances les plus fines dans l'expression, marmontel, Mém. v. ||6*Terme de musique. Se dit surtout des différences du forte et du piano. Cette pianiste joue sans nuance ; et, comme la nuance donne l'expression, on dit à peu près avec le même sens : jouer sans nuance et sans expression.

— HEH. On se sert préférablement en peinture des termes de teintes et demi-teintes, de tons. Nuance est particulièrement du langage des teinturiers, des tapissiers et du langage figuré.

— ÉTYM. Nuer.

NUANCE, r.E (nu-an-sé, sée), part, passé dt nuancer. Où les couleurs sont assorties. La description des couleurs sera courte; c'est un noir t peine nuancé de quelques reflels violets sur tou. le corps, BUFF. Oiseaux, t. xii, p. »o. Le reptile baisse son cou nuancé, entr'ouvre avec sa tête les herbes fines, chateaubriand. Génie, i, ui, 2. || Par extension. Une vois continue et nuancée, t. i.

NUC

Booss. Essai sur Vorigine des langues, ch. ▼. Leur chani [des fauvettes] s'exprime par une suite de modulations peu étendues, mais agréables, flexibles et nuancées : ce chant semble tenir de la fraîcheur des lieux où il se fait entendre, b'jfp. Ois. t. II, p. <86. Il Fig. La nature est comme celte image que présente le prisme : tout y est nuancé à l'infini, bonnet, PaUngén. iv, *. Dans l'École des femmes, l'imbécillité d'Alain et de Georgette, si bien nuancée avec l'ingénuité d'Agnès, mar- MosTEL, ÉUm. de litt. t. vi, p, 1 80.

NUANCER (nu-an-sé. Le c prend une cédille devant a et 0 : nuançant, nuançons), v. a. || 1° Assortir les nuances. Nuancer les couleurs. || Terme de perruquier. Mêler habilement, dans une perruque, des cheveux de différente et d'assortissante couleur. Il Nuancer les crayons de pastel, les l'aire de différents tons dans la couleur de même espèce. || 2" Fig. Ménager des gradations comparées à des nuances. Dans une comédie, nuancer les caractères des personnages. L'homme ne sait pas mieux dans ses nobles désirs Provoquer, varier, nuancer les plaisirs, Les hâter, les calmer, les quitter, les reprendre, delille, Trois règnes, ch. 8. || 3* Se nuancer, r. réft. Être nuancé. Ces couleurs se nuancent agréablement.

— f.TYM. Nuance.

t NUANÇOIR (nu-an-soir), f. m. Outil dont se sert l'ouvrier en paille.

— ÉTYM. Nuancer.

NUBÉCULE (nu-bé-ku-r), t. f. || 1° Terme de médecine. Petite tache qui siège dans les lames externes de la cornée, et qui fait voir les objets comme à travers un nuage. || 2° Nuage suspendu au milieu de l'urine. || 8° Coquille univalve.

— ÊTYM. Lat. nubecula, diminutif de nubes, nue. NCBILE (nu-bi-F), adj. Qui est devenu apte au

mariage, en parlant des filles. La grande peine où je me voi, C'est d'avoir cinq filles chez moi Dont la moins igée est nubile; Je dois les établir, je voudrais le pouvoir; Mais à suivre Apollon on ne s'enrichit guère ; C'est avec peu de bien un terrible devoir De se sentir pressé d'être cinq fois beau-père, quinault, dans bichelet. Une fille nubile, exposée au malheur. Qui veut faire une fin en tout bien, tout honneur, regnard, le Légat, v, 7. Un ancien usage des Romains défendait de faire mourir les filles qui n'étaient pas nubiles; Tibère trouva l'expédient de les faire violer par le bourreau avant de les envoyer au supplice, montksq. Esp. XII, u. Il Age nubile, l'âge auquel on est en état de se marier. Il Fig. [Au printemps alors] Que la terre estnubile, et brûle d'être mère, a. chEr. Hermès.

— HiST xvi* 8. Nubile, ouDiN, Dict.

— ÊTYM. Lat. nubilis, de nubere, se marier, d'où nuplt> (voy. noce).

t NL'BILECX, EUSE (nu-bi-leû, leû-z'), adj. Couvert de nuages. || Fig. Cependant je remarquai un air fort nubileux, scarbon, dans le rodx, Dict. com.

— REM. Nubileux est dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie.

— HIST. XVI* s. Le style nubileux et doubteux des oracles, mont, ii, 3B3.

— ËTYM. Lat. nubilosus, dérivé de nubiUu, qui vient de nubes (voy. nijeI.

NIIBILITÉ (nu-bi-li-té), *. f. Aptitude au mariage. On remarque dans les adolescents certaines affections nerveuses analogues à celles que produit si fréquemment dans les sujets de l'autre sexe le travail préparatoire de la nubilité, cabanis, Instit. sciene. mor. et polit, t », p. <88.

—ÊTYM. Nubile.

tNUCAL, ALE (nu-kal, la-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui tient à la nuque, qui appartient ou qui a rapport i la nuque. La plaque nucale de la carapace. Les os nucaux.

— ÊTYM. Nuque.

f NL'CELLE (nu-«è-n, s.f. Terme de botanique. Corp» celluleux qui occupe le centre de l'ovule.

— ÊTYM. Diminutif du lat. nui, noix.

t NUCIFOBME (nu-si-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à une ooii.

— ÊTYM. Lat. nui, noix, et ^orme.

t NUCIFRAGE (nu-si-fra-j'), adj. Qui bris« les noix. Il S. m. Le nucifrage, le gros-bec, oiseau.

— ÊTYM. Lat. nui, noix, et frangere, briser.

t 5UCIV0RE (nu-êi-vo-r") , od;. Terme de loologie. Oui se nourrit de noix. Le perroquet nucivora n'a point lesgoâls d'un oiseau de proie.... bern. de ST. -p. Ilarm. lit. v, Jlarm. anim.

— ÊTYM. Lat. nus, noix, ettoror», mtnger.

t NUCLÉAIRE (nu-kl6-6-r') , adj. Terme de bo tanique. Qui a rapport au noyHu ou i iod contenu

— ÊTYM. Lai, nucleut, noyau.

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