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regarder la nuée qui porte le tonnerre comme un grand corps éleclrisé, brisson. Traité de phys. t. m, p. 490, danspouGENS. Ce ciel menaçant, cette terre |la Russie au delà du Niémen] sans abri nous attrista; quelques-uns même, naguère enthousiastes, en furent effrayés comme d'un funeste présage ; ils crurent que ces nuées enflammées s'amoncelaient sur nos têtes et s'abaissaient sur cette terre pour nous en défendre l'entrée, ségi'r, Hist. de Nap. iv, 2. Rois, puuples, couvrez-vous d'un sac souillé de cendre ; Bientôt sur la nuée un juge doit descendre, v. HUGO, Odes, m, 1. !| Les Nuées, titre d'une comédie d'Aristophane, dans laquelle Socrate est tourné en ridicule. On vit par le public un poète avoué [Aristophane] S'enrichir aux dépens du mérite joué. Et Socrate par lui, dans un chœur de nuées, D'un vil amas de peuple attirer les huées, eoiL. Art p. m. || 2° Par extension, nuage formé d'une vapeur quelconque. Du fond de notre sacristie Une épaisse nuée à longs flots est sortie. Qui, s'ouvrant à mes yeux dans son bleuâtre éclat. M'a fait voir un serpent conduit par la prélat, boil. Lulr. IV. Il 3° Fig. Multitude de personnes, d'oiseaux, d'animaux venus en troupe. Et il [Holopherne] partit lui et toutes SCS troupes avec ses chariots, sa cavalerie et ses archers , qui couvrirent toute la face de la terre comme des nuées de sauterelles, saci. Bible, Judith, II, 4 1 . Une nuée de traits obscurcit l'air et couvrit tous les combattants, fén. Tél. xix. 11 n'est pas rare de voir, dans les mers d'Amérique, des nuées d'oiseaux attirés par des nuées de papillons si connidérables que l'air en est obscurci, buff. Ois. t. xii, p. 34 4. Des nuées d'Arabes furent appelées en Egypte pour remplacer les habitants que la misère avait détruits, silvestre de sacy, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. v, p. 40. Ij Par exagération. Un grand nombre. Ici quelle nuée de témoins ! MASS. Carême, Vérité de la religion. Les nuées de commis et d'employés si odieux au peuple, si incommodes au public, J. J. rouss. Gouv. de Pologne, 4 4 . C'est le discours qui précède que les Dion Cassius, les Xiphilin, et la nuée des détracteurs de Sénèque depuis son siècle jusqu'au nôtre, ont successivement paraphrasé , diderot, Claude et Nér. i, B9. X ce bruit répandu avec l'atrectation d'une malveillance marquée, je m'aperçus que j'avais des ennemis; je fus même averti que j'en avais une nuée, MARMONTEL, Mém. IV. || Il Se dit aussi des choses. Léon X publia la bulle de condamnation du 18 juin 1520.... dès lors il [Luther] n'eut plus que de la fureur; on vit voler des nuées d'écrits contre la bulle, Boss. Variât. 1. 1| 4° Fig. Menace, orage qui se prépare. L'ennemi menaçait plusieurs provinces; la nuée a crevé sur celle-ci. Il se forme de cela une armée de vingt-cinq mille chevaux, de quinze mille hommes de pied, et de quarante canons; cette nuée grosse do foudres et d'éclairs vient fondre sur la Picardie, VOIT. Lett.Ti. Il 6° Terme d'astronomie. Nuées de Magellan, se dit de deux blancheurs remarquables que l'on observe dans le ciel austral. || 6° Terme de lapidaire. Nom donné aux parties somjjres qui se trouvent quelquefois dans les pierres précieuses, et qui en diminuent beaucoup la valeur. || 1° Nuée d'or, nuage, nom marchand d'une coquille univalvo. Il 8* Terme d'alchimie. La nuée dont Jupiter couvrit lo, la petite peau qui paraissait au commencement do la congélation de l'élixir.
— HIST. XV' s. Se Dieu plaist, briefment la nuée De ma tristesse passera, en. d'orl. p. B5. X celle heure le herault cria au chevalier à la nuée [vapeur qui sortait du cheval en sueur].... tout a vaincu le chevalier à la fumée, Perceforest, t. vi, f° 40. Il XVI* s. Le ciel estoit clair sans nuée quelconque, AMYOT, Arat. 24.
— ÉTYM. Nue. Le wallon noUWte,nllWie, le namurois nulée supposent un thème latin fictif nubiiafo
t NUKI.LE (nu-è-l'), s. f.l'cnne de météorologie. Couches blanches et grises dont se compose un nuage isolé entre lesquelles se forme le grésil, tandis que la grêle se forme entre les groupes de nuages bien distincts et d'un volume considérable.
— fiTYM. Diminutif de nue.
NCEMENT (nu-maii), adv. Voy. nûment.
NCER (nu-é), V. a. Assortir des nuances. Cela
est très-bien nué. || Nuer un dessin, marquer sur les fleurs les couleurs que l'ouvrier doit employer. Il Absolument. Cet ouvrier sait bien nuer.
— SYN. NUEB, HUANCEB. La seule différence qu'on puisse apercevoir entre ces deux mots, c'est que nuer ne se dit jamais au figuré.
— IIIST. XVI* s. Nuer [unir les couleurs], oudin, Dict.
— CTYM. iViM, par allusion &>u reflets que pré-
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sentent les nues. Le mot paraît trop récent pour qu'on y voie une forme de muer, m changée en n. tNUESSE (nu-è-s"), s. f. Terme de féodalité. Qualité de ce qui est immédiat. Tenir un fief en nuesse de tel seigneur.
— lIlST. XVI* s. Le seigneur du fief peut faire estang en son fief et nuesse, pourveu que la chaussée en soit nouée par les deux bouts en son domaine, Coust. gêner, t. 11, p. 121.
— ÊTYM. Nu, à cause que tenir immédiatement, c'est une sorte de nudité ; provenç. nuexa, nudité
NUIRE (nui-r'), je nuis, tu nuis, il nuit, nous nuisons, vous nuisez, ils nuisent; je nuisais; js nuisis (qui n'est pas indiqué par l'Académie, mai? qui est dans l'usage); je nuirai ; je nuirais; nuis, nuisons; que je nuise, que nous nuisions; que je nuisisse; nuisant, nui, v. n. \\ 1° Causer un tort, un dommage. Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre ccui s.ms vous nuire, la font. Fabl. vm, 3. Une chose nuisit pourtant à ces cheveux. Ce fut la beauté ilu visage, m. Pysché, i, p. 84. Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire, mol. Ifis. n, 3. L'erreur de saint Cyprien, qui rejetait ce baptême donné par les hérétiques, ne nuisit ni à lui ni à l'Eglise, BOSS. Hist. i, <0. J'abats ce qui me nuit partout où je le trouve, boil. Lutr. iv. Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune dos autres, plutôt que de perdre un bon mot, méritent une peine infamante, la bsuy. vin. Je n'ai point fait mettre Law en prison, parce que vous m'en avez dissuadé ; et je l'ai laissé partir, parce que je craignais que sa présence ne nuisît au crédit public, duclos, Œuvr. t. VI, p. 65. Aussi faible qu'honnête, il nuit quelquefois aux gens pour lesquels il s'intéresse, à force de les vouloir préserver, j. j. rouss. Confess. X. Ce qui nous nuit, on le fuit; mais ce qui nous veut nuire, on lo hait, id. Ém. iv. On nuit plus aui progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant, d'alemb. Disc, prétim. Encycl. Œuvr. t. i, p. 295, dans pougens. || Absolument. Parlez-moi d'élever et non pas de détruire! Je n'ai pas de pouvoir quand il s'agit de nuire, boursault, Esope d la cour, iv, 2. Il eût voulu pouvoir attaquer sans nuire, se défendre sans offenser, et réduire au droit et à la justice ceux à qui il était obligé par devoir de faire violence, fléch. Turenne. L'on désirerait de ceux qui ont un bon coeur, qu'ils fussent toujours pliants, faciles, complaisants, et qu'il fût moins vrai quelquefois que ce sont les méchants qui nuisent, et les bons qui font souffrir, LA bruy. XI. Ce qui m'étonne, c'est qu'on fasse do ces horreurs sans aucun intérêt que celui de nuire, et sans y pouvoir rien gagner, volt. Lett. lime du Delfant, 20 sept. 1709. U ne suffit pas de nuire, il faut surtout amuser ; sans quoi, le discours le plus méchant retombe plus sur son auteur que sur celui qui en est le sujet, duci.os, Consid. mœurs, ch. 8. U n'est point de sujet où l'intention de nuire trouve plus do prétextes à s'exercer qu'en matière de religion, d'alemb. Abus de la crit. Œuvr. t. vi, p. 253. Allons, plats écoliers, maîtres dans l'art de nuire. Divisant pour régner, isolant pour détruire, M. J. ciiÉN. ta Calomnie. \\ Impersonnellement. Si je vous avais déjà dit tout ceci, il ne vous nuira de rien de l'entendre encore une fois, sév. 4 9 mai (677. Il i° Se nuire, faire du mal à soi, ou s'en faire l'un à l'autre. Il s'est nui à lui-même. Ils se sont nui l'un à l'autre. Ces arbres se nuisent. Ce commerce continuel de mensonges ingénieux pour se tromper, injurieux pour se nuire, officieux pour se corrompre, FLÉCH. Duc de Mont. L'expérience ne permet pas aux hommes d'ignorer combien ils se nuiraient, si chacun, voulant s'occuper do son bonheur aux dépens de celui des autres, pensait que toute action est suffisamment bonne dès qu'elle procure un bien physique à celui qui agit, condillac. Trait, anim. part. 2", ch. 7. Il 3" Ne pas nuire, signifie quelquefois aider, servir, être utile. Vos bons offices n'ont pas nui i mon succès. Je n'ai point nui à vous faire recevoir ce cordon, SÉV. 5IB. Le joli portrait! j'aime fort la bonne peinture, mais je vous avoue que votre ressemblance ne nuit pas à me le fiire aimer, id. 20 sept. 1075. J'ai une robe de chambre ouatée, j'allume du feu tous les soirs.... cela ne nuit pas à me faire trouver les jours aussi longs que ceux du mois de mai, ID. 19 juin 1680. Nous venons do faire un empereur, et pour ma part je n'y ai pas nui, p. 1.. COUR. Correspond, mai I804. || Proverbes. Abondance de bien ou de biens ne nuit pas. H Surabondance do droit ne nuit pas. || Ce qui nuit à l'un, nuil à l'autre. || Tel nuit qui ne peut aider, jj Trop gratter cuit, trop parler nuit.
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— HIST. ui' s. Peu ai-je eu En la chambre [de madame] de joie; Trop m'a neû L'aube qui me guerroie, Romane, p. 68. Quant nous lui voulons nuire, je ne voi nulle part Que ildemeurten France ne la corone gart, Soi. xxix. Crans fu l'ocise, graindor [plus grande] fust Se li presse ne lor neQst, WACE, Brut, (3520. Que l'endemain matin, quant devra Deu servir, Qu'il chant de saint Estiefne le primerain martyr; Ja puis ne li purrunt si enemi nuisir. Th. le mart. 35. || nu" s. Qui voit le péril ains qu'il nuise, C'est cil qui mieux prend garde en lui, JLBINAL, t. II, p. 273. J'ai bien sentu et cogneQ Qu'el m'a aidié et m'a neQ , la Rose, tsse. Il XIV* s. Il sot [sut] bien au besoing le sien ami aider. Nuire à son anemi, quant ne l'a mie ctiier [cher], Baud. de Seb. x, ««2. 1| xV s. Par Esi>j*« c'estoit le pays par où on pouvoit mieux nuire «-..x Anglois, FROiss. il, il, *i. || xvi* s. Qu'il soit homme de bon jugement, pour sçavoir discerner ce qui nuiroit plus à déclarer, qu'il ne profiteroit à reprendre et à condamner, amyot, Préf. xii, 39. Il ne nuira de rien de donner quelques petits advertissements sur ce poinct, lanoue, 61.
— ÉTYM. Provenç. noxer; anc. espagn. noct'r; ital. nuocere ; du lai. nocere. Au moment de la formation, il y avait pour nocere deux accentuations, l'une bjnne, nocere, qui a donné le français nuisir, le provenç. noier et l'anc. espagn. nocir; l'autre fautive, nocere, quia donné le français nuire, et l'ital. nuocere.
t NCnSiV>'CE (nui-zan-s'), ». {. Qualité de ce qui nuit. Les nuisances politiques et sociales. Quand il a fallu [en Angleterre] créer une législation sur les établissements insalubres, définir les nuisances et rcglerles formes de l'autorisation.... reybaud, Bev. ijes Deux-Mondes, janv. «ses, p. 384.
— niST. xii* s. Sire, fait l'arcevesque, et de vostre fil quel. Que fesistes enuindre et coruner à rei.Tut par haste e senz prcu, pur nuisance de mei? Th. le mart. 416. ||xm* s. Que nus [nul], sor cors et sor avoir, ne face aide à nule des parties, ne nuisance à l'autre partie, beaum. lxiv, l i . || xiV s. Se leles paroles portent grant deshonneur pour celui qui les dict, ou se elles li portent nuisance, obeshe, £t/i. 432. ||ivi* s. Ta langue brasse et fraudes et nuisances, MAROT, IV, 293. Quand ce vint à plaider la cause, la veue du Capitole fist grande nuisance aux accusateurs, amyot, Corn. 62. Nous sommes assie- ^'cz de tant de dangers, de tant de nuisances.... CALV. Inslit. 4 10.
— ÊTYM. nuisant; provenç. noysensa, noiensa; ital. nocensa. Ce mot très-anciennement français, nous le reprenons maintenant des Anglais, qui l'ont retenu des Normands.
t NUISANT, AN TE (nui-zan, zan-t"), adi. Qui nuit.
— HIST. xii* s. Voir, dist Bernier, molt me faites dolant. Qui mes parens m'aler ci ociatit; Molt ai en vos à tous jors mon nuisant, R. de Cambrai, 4 59. Il ivi* s. On les dict avoir des yeux offensifs et nuisants, MONT. l, 401. Puisqu'on cognoist la médecine estre plus nuisante que la maladie, calv. Instit. 870. Ils invoquent la mort.... Blasphèment la fortune et les a.stres nuisans, desportes, Angélique, l.
NUISIBLE (nui-zi-bP), ad;'. Qui peut ou doit nuire. Un soin est nuisible Donné sans besoin, vadé, Nicaise, se. 44. En général, on trouve les animaux nuisibles des continents dans toutes les ilesqui en sont fort voisines, et jamais dans celles qui en .«ont fort éloignées, bufp. Ilist.nat. Preuv. théor. terr. Œuvr. t. Il, p. 424. Combien de fois l'expérience nous a-telle appris que la maladie et la pauvreté no sont pas nuisibles par elles-mcmesl babth EL. ilnoch. 26.
— HIST. XIV* I. Aucunes deicttations sont laides et rcprouvables, et aucunes sont nuisible."!, obesme, Eth. 219. Et semblablemcnt a il erreur es biens, et eu illent aucuns que il leur soient profitables, et il leur sont nuisibles, lo. i7). 4 4 4. || xvi* s. De sa nature, elle [la guerre) est nuisible, lanoue, 46o.
— ÈTYM. Lat. nocibilis, nuisible, indiqué par notibilitat, qui est dans Quicberat, Addenda. Dans l'ancienne langue, on disait aus.si nuisable et nuisif.
t NL'ISIBLK.MIi.NT (nui-zi-ble-man), adv. D'une manière nuisible. L'Ivglisa ne condamne pas le culte parfait; elle ne décide point nuisibicment au salut, F^N. t. II, p. 314. C'est [le duc de Bourgogne] un ouvrier qui doit se mettre sans délai ison ouvrage, (t qui différerait vainement et nuisiblement de travailler, ST-SIU. 266, 62.
NUIT (nui ; le ( se lie : travailler nul-t et jour, une nui-t obscure; au pluriel, !'« se lie : dcsnui-z obscures),*, f. Il 1* L'espace de temps qui suit le crépuscule du soir, jusqu'au crépuscule du matin. Il fait nuit. :l se tait nuit. X nuit tombante. Tout obecure qu'elle
est, la nuit a beaucoup d'yeux, Et n'a pas pu cacher votre forfait aux cieux , rotr. Vencesl. v, ♦. Soit lorsque le soleil rentre dans sa carrière, Et que, n'étant plus nuit, il n'est pas encor jour, la FONT. Fabl. X, 44. Que vos chevaux [les chevaux de la Nuit], par vous au petit pas réduits. D'une nuit si délicieuse Fassent la plus longue des nuits, mol. Amph. Prol. Cette nuit en longueur me semble sans pareille ; Il faut, depuis le temps que je suis en chemin. Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin. Ou que trop lard au lit le blond Phébus sommeille Pour avoir trop pris de son vin, id. i6. 1,2. ô nuiti 6 trahison, dont la double noirceur Passe tout.... th. corn. Ariane, v, 3. ô nuit désastreuse, ô nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt. Madame est morte 1 boss. Duch. d'Orl. ô gémissements, ô cris de la nuit, pénétrant les nues, perçant jusqu'à Dieul m. Bourgoing. Que l'on voit peu de ces veuves qui passent les jours et les nuits dans la prière! id. Anne de Gom. X la nuit qu'il fallut passer en présence de l'ennemi, le duc d'Enghien reposa le dernier, id. Louis de Bourbon. Les nuits, plus tristes encore que les jours, ôtent à M. de Monlausier la douceur de la compagnie, et ne lui donnent pas celle du repos, FLÉCH. Due de Mont. Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle, rac. Andr. m, ». Ces flambeaux, ce bScher, cette nuit enflammée, id. Bérén. i, B. Et ce vainqueur, suivant de près sa renommée, Hier avec la nuit arriva dans l'armée, id. Iphig. i, 4. C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit; Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée , id. Alh. II, 6. Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure Depuis que votre corps languit sans nourriture, ID. Phèdre, i, 3. La beauté du jour est comme une beauté blonde qui a plus de brillant; mais la beauté de la nuit est une beauté brune qui est plus touchante, fonten. Mondes, t" soir. J'étais las, attendant chez moi votre retour. Qu'on fit du jour la nuit et de la nuit le jour, regnard. Joueur, I, 7. On jouait [chez la duchesse du Maine] des comédies, ou l'on en répétait tous les jours : on songea aussi à mettre les nuits en œuvre par des divertissements qui leur fussent appropriés ; c'est ce qu'on appela les grandes nuits, staal, Mém. t. i, p. 264. Déjà la nuit plus sombre Couvre ce grand dessein du secret de son ombre, volt. Alx. iv, 3. On comptait encore par nuits, et de là vient qu'en Angleterre on dit encore sept nuits pour signifier une semaine, et quatorze nuils pour deux semaines, ID. Mœurs' 49. La nuit effraye naturellement les hommes, et quelquefois les animaux; la raison, les connaissances, l'esprit, le courage délivrent peu de gens de ce tribut, J. i. bouss. Em. il. La' nuit dérobe les formes, donne de l'horreur aux bruits; ne fût-ce que celui d'une feuille, au fond d'une forêt, il met l'imagination en jeu, diderot. Salon de 4767, Œuv. t. xiv, p. 260, dans pougens. Los nuits presque toujours belles entre les tropiques, bûuoainviLLE, Foy. t. u, p. 4 07, dans pouoens. C'est un beau spectacle que celui des nuits de Jupiter, où l'on peut voir à la fois quatre lunes sur un même horizon; mais ce spectacle n'est rien en comparaison de celui des nuits de Saturne.... bailly, Ilisl. astr. mod. t. II, p. 30i<. Il n'y a personne qui n'ait été frappé de la beauté du spectacle de la nuit ; la vue, encore fatiguée de la lumière du jour, erre sur la voûle céleste, et s'y repose avec complaisance, lu. Ilist. aslr^ane. p. 23. Le magnifique spectacle qui rend les nuits des peuples septentrionaux plus ravissantes que nos beaux jours, sknnebieh. Est. sur l'art d'obserr. t. ii, p. 2io dans pouGF.^s. Tout se couvre à mes yeux d'un voile de langueur : Des jours amers, des nuits plus ambres encore, a. chên. ÉUg. XV. Et sur un lit oisif, consumé de langueur, D'une nuit solitaire accuser la longueur, id. ib. XXXIV. Ces belles nuils des tropiques où l'on prend une si grande idée de la nature et de son auteur, STAËL, Corinne, xix, 3. La nuit a ralenti les heures; Le sommeil s'étend sur Paris, déhano. Rouignols. La nuit arrive alors, une nuit de seize heures; mais sur cette neige qui couvre tout, on no sait où s'arrêter, où s'asseoir, où so reposer [dans la retraite de Russie], sèour, Hist. de Nap. ix, 4 4. Cependant la nuit marche, et sur l'abtme immense Tous ces mondes flottants gravitent en silence, LAHART. Mid. II, 8. Alori ces globes d'or, ces lies de lumière. Que cherche par instinct la rêveuse paupière, Jaillissent par milliers.... sur les pas de la nuit, 10. ib. Pourquoi balancez-vous vos fronts que l'auba esfuie. KorèU qui tressaillez avant l'heure du
bruit? Pourquoi de vos rameaux répandez-vous en pluie Ces pleurs silencieux dont vous baigna la nuit? ID. Uarm. i, s. Poète, prends ton luih; I* nuit, sur la pelouse, Balance le zéphyr dans son voile odorant, a. de musset, Nuit de mai. Un an après, il était nuit. J'étais à genoux près du lit Où venait de mourir mon père, ID. Nuit de décembre. Il La nuit, pendant la nuit; cette nuit, la nuit qui va venir ou qui vient de s'écouler. On reposait la nuit, on dormait tout le jour, eoil. Lutr. u. Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ? rac. Iph. I, 4. Il Fig. Je ne m'en relèverai pas la nuit, c'està-dire c'est une chose dont je ne me soucie guère. Il Nuit close, nuit fermée, le moment où la nuit est devenue complète. On la voit, à nuit fermée, entrer seule dans de petites rues, PATRU,P!aidoyer 1 4, dans RicHELET. Il Oiseaux de nuit, les oiseaux de proie que le jour incommode et qui chassent à la tombé» de la nuit. Il La nuit tombe tout à coup, c'est-àdire le crépuscule ne dure guère. || Se mettre à la nuit, s'exposer à être surpris par la nuit. || Bon soir et bonne nuit, ou je vous souhaite une bonne nuit, se dit en prenant congé, le soir, des personnes avec qui l'on vit en familiarité. || Nuit blanche, nuit passée dans l'insomnie. J'ai passé une nuit blanche, M"' DU DEFFANT, Lettre à U. Walpole, t. iv, p. 384, dans pouGENS. Êtes-vous reposé, mon cher Perséa [Klinglin], de la nuit blanche que nous avons passée ensemble? Correspondance du général Klinglin, i, 402. Il Une bonne nuit, une nuit pendant laquelle on dort bien dans son lit. Passer une bonne nuit. Son état est toujours bien fâcheux; depuis quelques jours cependant il a de meilleures nuits, d'alembert, Lett. à Voltaire, 22 octob. 4 768. |{ Une mauvaise nuit, une nuit pendant laquelle on ne dort pas, en raison de souffrances physiques ou morales. Passer une mauvaise nuit. Il [Charles le Téméraire] m'a voulu du mal, et m'a fait à Péronne Passer trois de ces nuits qu'avec peine on pardonne, c. delà vigne, Louis II, lu, 13. Il On dit dans le même sens : bien passer, mal passer la nuit, {j On dit d'un malade : Comment a-t il passé la nuit? c'est-à-dire a-t-il eu une bonne, une mauvaise nuit? || Ce malade no passera pas la nuit, c'est-à-dire il mourra dans la nuit. || Passer la nuit à étudier, à jouer, à danser, à boire, etc. étudier, jouer, etc. pendant toute la nuit. |l Absolument. Passer la nuit, veiller hors de son lit. [Les paysans] forcés de passer les nuils dans leurs fcves et leurs pois avec des chaudrons, des tambours, des sonnettes pour écarter les sangliers, i. J. hodss. Confess. xi. || U y a autant à dire que du jour à la nuit, c'est-à-dire la différence est extrême. || Il ne dort pas toute la nuit, se dit d'un homme qui a du souci, des affaires qui le font veiller. || Nuit sacrée, dans les dates des manuscrit^, la veille de Pâques. || Fig. Faire un trou à la nuit, voy. THOi'. Il 2° Dans le langage poétique ou élevé. Les feux de la nuit, les étoiles. Figurez-vous une nuit tranquille et belle, qui dans un ciel net et pur étale tous ses feux, boes. Élétat. sur myst. xvii, 3. Il L'astre des nuits, la reine des nuits, la lune. Lo soleil a cédé l'empire X la paie reine des nuils, LAMART. Médit. I, 2i.||Les voiles de la nuit, l'obscurité de la nuit. || 8° Bonnet de nuit, coiffure do nuit, bonnet, linge dont on se couvre la tète pour dormir. Chez certaines femmes, les mœurs de parade et les mœurs négligées sont aussi différentes que la coiffure do jour et la coiffure de nuit, dufbesny. Double veuvage, i, 4 0. || Familièrement. Triste comme- un bonnet de nuit, très-triste, très-sombre. || Chemise do nuit, chemise que l'on met le soir en se couchant, et que l'on quitte la jour. Il Table de nuit, table que l'on place i cûté de son lit pour divers besoins. || Pot do nuit, vase que l'on a près de soi pendant la nuit pour satisfaire aux besoins naturels. {| Sac do nuit, sac dans lequel on emporte ce qui est nécessaire dans un voyage, surtout pour la nuit. || 4" Terme de peinture. Effet de nuit, scène où l'on ne voit point d'autres clairs ni d'autres refiets que ceux qui paraissent venir do la lueur do la lune, d'une bougie, d'une lampe, ou d'une lanterne. || Une nuit, un tableau c|ui rcprcscnto un effet do nuit. Uno nuit du Corrége. || 5" Terme do mythologie. Déesse qui préside à la nuit, et qui était liguréo avec un voilo semé d'étoiles, porlée sur un char et traînée par des chevaux noirs (on mot uno majuscuio). Tout beau I charmante Nuit, daignez vous arrêter; Il est certain secours que do vous on désire ; Et j'ai deux mois i vous dire Do la part de Jupiter, uoL.Amphytr. Prologue. Mais la .Nuit aussitôt do ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, BOiL. Lulr. m. Ahl Nuit, si tant do fois, dans les bras de l'amour. Je t'admis aux plaisirs que je ca>