‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 234 sur 389 · TG · texte numérisé non relu

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NUI

chais au jour, it. ib. n. Il 6° P'S- Les faveure d'une femme Ils achetèrent de leur vie une nuit de Cleo pâtre, J. J. Rouss. Ém. iv. || 7* Nuit d'un cheval, en termes d'auberfçe, le foin, la paille qu'on lui donne pendant la nuit. || Terme de pêche. Harengs d'une nuit, ceux qui ont été pris la nuit du jour où on les livre. Il Terme de vénerie. Faire sa nuit dans un lieu, y repaître, s'y reposer, en parlant d!un animal. Il Défaire la nuit d'une bête, la rencontrer dans l'endroit où elle a fait sa nuit. || On dit aussi que le faucon se perche pour faire sa nuit. {| 8* Une obscurité quelconque. Mais jusque dans la nuit de mes sacré» déserts.... boil. Lutr, vi. Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne? bac. Xndr. v, 6. Nous fûmes enveloppés dans une nuit profonde, kén. Tél. 1. Il Fig. La nuit des temps, les temps reculés dont les traditions sont effacées. Tous les siècles à venir N'auront point de nuit assez noire Pour en cacher le souvenir, malh. iv, 6. La communion se perd dans la nuit des temps, cnATEAUB. Gdnie, i, i, 7. Il 9° La nuit du tombeau, ou des tombeaux, la nuit du cercueil, la nuit éternelle, la nuit infernale, c'està-dire la mort, le séjour de la mort. Avant que je te suive en la nuit du tombeau, rotr. Antig. v, 8. Kt tomber avec moi dans lanuitdu cercueil, id. Vencesl. r, 2. Sans me plaindre du sort, je cejîserai de vivre. Si ce doux espoir peut me suivre Dans l'affreuse nuit du tombeau, otiiN. Arm. i, ( i. Fuyons dans la nuit infernale, RAC. P/ifdre, IV, «. Filles d'enfer.... Venezvous m'enlever dans l'éternelle nuit? id. ^Indr. v, 6. Qu'est-ce donc que des jours pour valoir qu'on les pleure? Un soleil, un soleil, une heure et puis une heure, Celle qui vient ressemble à celle qui s'enfuit; Ce qu'une nous apporte, une autre nous l'enlève : Travail, repos, douleur, et quelquefois un rêve. Voilà le jour, puis vient la nuit, lamart. Méd. ii , b. Il On dit dans le même sens : nuit sans matin, nuit «ans réveil, nuit noire. Punis ces malheureux d'une nuit sans matin, bacan, Psaume 3. Voyez la consolation Que vous auriez dans la nuit noire. Lorsque vous saurez la façon Dont vous aurait traité l'histoire, VOLT. Ép. 20. Il L'éternelle nuit, se dit aussi de la damnation éternelle. Si la nuit de la mort m'eût privé de lumière. Je n'aurais pas la peur d'une éternelle nuit, malh. i, 4. || 10° Fig. Obscurité qui, par une cause interne, physique ou morale, se répand sur la vue. D'une soudaine nuit ses beaux yeux sont couverts, volt, llenr. ix. Il 11° Fig. Ténèbres de l'esprit ou du coeur. Mes beauxjours sont voilés d'une effroyable nuit, RÉGNIER, Plaintes. J'aime mieux croire que c'est qu'il ne peut y avoir de nuit dans votre esprit, et qu'étant, comme il est, une source de clarté, les téni'bres qui appesantissent les autres ne lui peuvent nuire, voit, ùtt.ei. Ainsi loin du vrai jour par toi toujours conduit, L'homme ne sortit plus de son épaisse nuit, boil. Sot. xii. Dieu d'Israël, dissipe enfin cette ombre.... Quand sera le voile arraché Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre? p.ac. Èstli.u, 9. Il La nuit de l'ignorance, se dit des époques ou des pays privés de connaissances, de lumières. Il 13° Fig. Ce qui cache, enveloppe comme ferait la nuit. Et pouvez- vous, seigneur, souhaiter qu'une fille.... Qui, dans l'obscurité, nourrissant sa douleur. S'est fait une vertu conforme à son malheur. Passe subitement de cette nuit profonde Dans un rang qui l'expose aux yeux de tout le monde? bac. Brit. II, 3. De la nuit du silence un secret peut sortir, \OLT. Mérope, i, 4. Réaumur, dont la main si savante ,'t si sûre A percé tant de fois la nuit de la nature, .D. Disc 4*. Il 13° De nuit, loe. adv. Pendant la nuit. Mais serais-tu fille à travailler de nuit? begnard, Sérénade, 20. || 14* Nuit et jour, ou jour et nuit, loc. adv. Sans cesse. Elle [la taoït] lui fut [à le Tellier malade] nuit et jour toujours présente ; car il ne connaissait plus le sommeil , nos», le Tellier. || Ni jour ni nuit, jamais. Tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit, boss. lotit* de Bourbon. Il Proverbes. La nuit tous les chats sont gris, c'està-dire il est aisé de se méprendre, de ne pas reconnaître ceux à qui l'on parle; et aussi on ne connaît, pendant la nuit, si une personne est belle ou laide, il La nuit porte conseil, c'est-à-dire il est prudent de se donner le temps de réfléchir. Usera demain jour, et la nuit porte avis, cobn. Ment, m, 8.

— HIST. XI* s. Icele noit [ils] n'ont onques escalgaite [sentinelle], Ch. de Bol. clxxviii [Que] Nuls ne reçoit [reçoive] hom ultre trels nuis, si.... Lois de GuiU. 48. Il XII* s. Va s'en li jors, si vient la nuiz »ene, Bone. ss. Grans fu li dex [deuil] la nuit en Roncevaux, 0». 14». Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, Sàg. xxti. Mais à dame de valor Doit oo penser nuit et jor, Couci, i. Tant requist nuit et Jor la mare al creatur, Qu'ele U tramesUt santé

NUL

de sa dolur. Th. ie mart. 94. Ainceis [avant] fu neire nuit que il eûst supé, ib. 48. || xiii° s. La nuit apr5s souper, quand vint à l'enserir.... Berte, xiii. Et la nuisestoit moût et hideuse et o-^cure, ib. xlii. Dont se départirent à une avesprée de l'ost, et chevauchierent toute nuit, villeh. xcix. Quant ce vendra [viendra] qu'il sera nuis, Joflose, 2433. ...li plusors songent de nuitz Maintes choses couvertement, Que l'en voit puis apertement, ib. is. Les Sarrazins à pié entroient toutes les nuiz en l'ost, et occioient les gens làoùilslestrouvoientdormans, joinv. 2i8. Il XIV* s. Le [la]nuit saint Phelippe et saint Jaqueme, c'on dist le nuit de may, du canoë, nox. \\ xv* s. Jacqueville et ses souldoiers.... viendront un jour, de nuict, entre onze et douze heures au soir, juv. DES UBS. Charles VI, 14(3. Vous qui tournez lumière en obscurté, Et qui voulez du jour faire la nuit, E. DESCB. Ballade, Vie dissipée. Survint l'entrée de la nuyt, comm. i, 4. Ung champ, jouste les terres du lieu de Vernet devers nuit [le couchant], les terres dudit Bonnel devers midi, du cange, nox. Il XVI* s. ni moy l'amant qui, nouant [nageant] en la mer, Alloit, de nuict, les nopces consommer; Et le nocturne embrassement receu. Qui d'A urora ne fut oncapperceu, marot, iv, <03. On appelle ceste plante herbe de la nuict, parce que ses fleurs demeurent espanouies durant la nuict et la matinée, jusques à ce que le soleil ait frappé dessus quelque peu, o. DE SERRES, 676. Il estoit nuict fermée, et les hommes lassez Dessus la plume oisive avoient les yeux pressez, BONS. 794. La nuict n'a point de honte, et elle couvre beaucoup d'imperfections et poltronneries, bbant. Marignan. Qui ne rent son cens à jour, il doit cinq sols d'amende ; qui ne rent rente dedans les nuits [nuit était le terme auquel les rentes expiraient], il doit soixante sols d'amende, Ane. coust. d'Orléans, p. 468, dans lacurne.

— ÊTYM. Wallon, nule, neit; bourg. 7ieu; picard, neui'lj-angoumois, ne««;provenç noit,noich, nuoit, nuot,mteh, nuh; cat. nit; esp. noche; port, noite; ital. noite; du latin noctem; grec, vù5; ail. Nacht; goth. natlis; angl. night; russe, notch; sanscr. naktd M. Ad. Régnier, Idiome des Védas, p. i2o, pense que nakia se rattache à la racine naj, avoir honte, et signifie, comme l'autre participe nagna, la nue, latin nuda; il fait remarquer l'analogie entre l'allemand Nacht, nuit, et nackt, nu.

NUITAMMENT (nui-ta-man), adv. De nuit. Il arriva nuitamment. Un vol commis nuitamment.

— HIST. xvi* s. Et nuictamment, le cardinal gaigna son abbaye, carloix, viii, ta.

— ÊTYM. Adj. fictif nuifant, de nuit, et le suffixe ment. L'ancienne langue disait nuitentre.

NUITÉE (nui-tée), s. f. L'espace d'une nuit. On a fait travailler les maçons pendant trois nuits, et on leur a payé tant par nuitée. On fait payer dans cette hôtellerie tant par nuitée. Dépitée D'avoir sans un baiser consommé la nuitée, rëgnier, Élêg. IV. Le pauvret, s'il se fût tenu De sommeiller cette nuitée.... scarr. Virg. i.

— HIST. xm* s. As vilains doint Dex [Dieu] maujor [•mauvais jour] et maie nuitie, Ms. de poésies franc. avant 4 300, t. iv, p. 4 663, dans lacurnb. ||xiv* s. Et aussi adveue (déclare] à avoir ou [au] molin de Cholet une nuytce [une nuit de travail], quand il lui plaira, une foiz tous les ans, du cange, nox. Il XV* s. Si ordonnèrent cette nuitée leur besogne pour assaillir l'endemain, froiss. i, i, 210. La nuitie mesme, comme jeme trouvois à soncoucbier.... G. chastelain, Chron. des ducs de Bourg, m, 67.

— ÊTYM. JVut'(; provenç. nuileia; ital. notlata, NUL, NULLE (nul, nu-1'), adj.\\i' Aucun avec

négation. Nulle autre religion que la chrétienne n'a connu que l'homme est la plus excellente créature, et en même temps la plus misérable, pasc. Pens. pari. II, art. 4. Nul mortel en ces lieux n'ignore un sort si triste, volT. Mérope, m, a. Nul péril ne l'émeut, nul respect ne le touche, id. Orph. iv, 2. Aussi nul chevalier ne cherche à la défendre, id. Tancr. m, 4. || Il se dit aussi au pluriel. Nulles gens. Nuls frais. Nulles raisons d'Ëtat ne m'en ont fait de lois, corn. Sur. 11, 3. Un homme qui n'a pris nulles mesures pour un passage dont les suites sont éternelles, bourd. Carême, Prép. à la mari, 384. Ils ne reçoivent nuls avis.... ils n'entendent nulles remontrances, iD.7)omintc. iv, Conf.3-i. Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants, la bbiiy. xi. X tes devoirs par toi nuls objets préférés N'ont distrait tes esprits sous ces bosquets sacrés, c. dei.av. Paria, m, 4 . Il II se met avec sans. Déjà ce malheureux sans nuls empêchements F.tait prêt à sortir de nos retranchements, haïr. Sophon. i, 4. C'est moi-même,

NUL

messieurs, sans nulle vanité, moliêre. Misanthrope, V, 4. Sans nuls égards pour les' petits, la bbuy. xiv. Il Nul.... que, c'est-à-dire nul.... si ce n'est.... La princesse palatine change en un moment tout entière • nulle parure que la simplicité, nul ornement que la modestie, boss. Anne de Gonx. J'ai rapporté environ quarante passages pour les comparer à quatorze ou quinze propositions condamnables... et il ne s'est trouvé nulle ressemblance qu'informe et confuse entre les uns et les autres, id. Passages éclairas, xxviii. Il 2* Au masc. et au jtnj.Nul, employé absolument, signifie nul homme. Ma retraite. Nul que Dieu seul et moi n'en connaît les chemins, la font. Fabl. x, 4. Nul que moi ne s'y tient, et j'en garde la clef, mol. Et. v, 2. Un sage religieux qu'il appelle exprès règle les affaires de sa conscience; 11 obéit, humble cbréuen, à sa décision ; et nul n'a jamais douté de sa

bonne foi, boss. Louis de Bourbon Vous savez

qu'entre tous vos aïeux Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane, rac. Baj. 11, t. Nul ne leur a plus fait [aux Romains] acheter la victoire, id. ilith. v, 5. Nul n'est content de sa fortune. Ni mécontent de son esprit, deshoul. Béftex. 8. Nul de nous de sangfroid, avouons-le sans honte. N'envisage la nuit, L. RACINE, Épitre sur l'homme. Nul à Paris ne se tient dans sa sphère, volt. Étrennes aux sots. || Il se dit aussi au pluriel. Que nuls ne puissent être arrêtés dans la lecture de Théophraste, la bbuy. Disc, sur Théoph. || 3° Qui est sans valeur, sans eiïet, qui se réduit à rien, en parlant des choses. Son amour doit .se taire, ou toute excuse est nulle, corn. Hor. V, 1. Nous vous déclarons que les lettres qu'il vous avait envoyées contre eux en notre nom, sont nulles et de nulle valeur, saci. Bible, Esth. xvi, (7. Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie.... d'une pénitence nulle, douteuse si vous le voulez.... boss. Anne de Gom. Je ne sais voir qu'autant que je suis ému; les objets indifférents sont nuls à mes yeux, j. j. rouss. Corresp. t. IV, p. 24, dans pougicns. Ainsi ses moyens de plaire sont nuls, beaumarcii. Barbier, 1, 4. || Lettre nulle, lettre qui ne se prononce pas. L'i finale est nulle dans baril, chenil, coutil, etc. || Son crédit est nul, son talent est nul, il n'a point de crédit, de talent. || En parlant des personnes, qui, pour ainsi dire, n'a pas d'existence. J'avais la mortification d'être nul pour elle,j. J. rouss. Confess. in. Il ne me traitait pas précisément comme son inférieur, il me regardait comme nul, id. ib. ix. Ayant tout usé jusqu'à la débauche, il [le régent] avouait quelquefois qu'il ne goûtait plus le vin, et qu'il était devenu nul pour les femmes, duclos. Œuvr. t. vi, p. Vis. \\ C'est un homme nul, c'est un homme sans valeur, sans mérite. Sachant que cet homme, nul par lui-même, ne pense et n'agit que par l'impulsion d'autrui, j. i. Houss. Confess. xi. Voilà comment, avec des sentiments quelquefois élevés et grands, il fut toujours petit et nul par sa conduite, 10. 2* dial. || En un sens restreint. C'est un homme nul dans sa compagnie, c'est un homme qui n'a dans sa compagnie ni autorité ni considération. || 4° En termes de jurisprudence, nul se dit des actes qui, étant contraires aux lois pour le fond ou pour la forme, sont comme s'ils n'étaietit pas. Faire déclarer nul un testament. Cette donation est nulle. Cela est nul, de toute nullité. Ce mariage est nul au jugement de tous, haïr. Sophon. IV, 5. Il S" Terme de botanique. Qui manque entièrement. Calice nul. Graines nulles.

— REM. 1. Nul prend toujours la négation quand il est employé coinmeadjectifdéterminatif, ou placé avant son substantif (exprimé ou sous-entendu) ; au contraire il ne la prend pas quand il est employé comme adjectif qualificatif: C'est un homme nul. Il 2. Dans le sens do pas un, nul se met avant son substantif. ||3. On a critiqué ce vers-ci: Nulle paix pour l'impie, il la cherche, elle fuit, bac. Esik. 11, 9, En efTct le pronom la représente non pas la paix, mais nulle paix; toutefois le vers est très-clair; et ici la clarté suffit pour justifier la locution. Cependant, en général, la remarque est juste, et il faudrait se garder, excepté en des cas aussi clairs que celui de Racine, d'employer cette constiuction.

— SYN. NUL, aucun. I.a dilTérence est que nul a, de soi, un sens négatif, et que aucun a, de soi, un sens positif; il ne prend, primitivement, le sens négatif qu'avec une négation ; et c'est seulement par abus que, sans négation, il est employé quelquefois au sens de pas un.

— HIST, IX* s. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, Serment. Ne io [je] ne neuls cui eo [je] returnar int pois [que j'en puisse détourner], 16. In nulla aiudha, 16. || x* s. Seit niuls, t'rag. de Valme, p. 467. Ne aiet niuls maie voluutatem contra sein

NUL

peer [que nul n'ait mauvaise volonté contre son compagnon], t6. p. 409. ||xi» s. Li naïfs [le serf natif] qui departet de sa terre, nuls nel retenge [que nul ne le retienne]. Lois de Guill. 33. Jà mar craindrez nul home à mon vivant, Ch. de Roi. lxi. Il XII' s. Jà nus de vous n'i portera les picz, Itonc. p. )S. N'avoit si hele famé en nule région, Saxons, XIV. Car onc ne lui rendîmes chevage nule fois, ib. XXXIII. Nule chançon ne m'agrée, Couci, i. Dame, nul mal que j'aie, [je] Ne tieiig fors à léger, 16. VIII. Puisque merci ne m'i daigne valoir. Ne sai cil nu! confort [je] pregne, ib. ix. K vous, amans, plus qu'à nule autre gent Est bien raison que ma dolor [je] complaigne, ib. xxii. Por li [Dieu] m'en vois [je m'en vais] souspirant en Siirie; Car nus ne doit faillir son Creator, ib. xxiii. Un suen homme il out mis là pur le lit guarder; Et quant i veneit nul, sil fâiseit returner, E diseit qu'um lessast sun seignur reposer. Th. le mart. 48. || xiil* s. [Votre père] Qui vous amoit de cuer sans nul point de feintise, Berle, c. Car nus ne vient à vie [qui] ne conviene tiner, ib. m. Se tu lui fais nul [aucun] mat, par l'apostre saint Pierre.... ib. xx. Et se nus ne nule demande Comment je voil [veux] que cil rommanz Soit appeiez, que je commanz : Ce est li rommanz de la Rose , la Rose, 34. Il XIV* s. Ne se merveille nul se je ay mis en plusieurs lieus deus negacions pour une, car c'est la manière de parler en françois, si comme en disant : nul homme ne dort, oresme, Eth. 234. || xv* s. Les Florentins vouloient, tout avant œuvre, que le mareschal consentist, jurast et agreast cet accord, ou autrement marché nul, Boucic. m, 8. J'ay fait plus continuelle résidence avecques lui [Louis XI] que nul autre, comm. Prol. Jure donc que jamais tu n'entreras en église nulle que co soit, louis xi, Nouv. V. Il XVI* s. Disant que nulle est sous la lune, Où tant de. valeur soit comprise, marot, m, i»t. Puis que Dieu est père de tous, ce n'est pas raison qu'il en déshérite nuls sinon.... calv. Inslit. 789. Dieu ap[ielle tant des juifs que des payens ceux que bon lui semble, sans estre obligé à nul, ID. 16. 790. Voix [témoignage] d'un, voix do nun, loysel, 779. Son élection [au tribunal] ayant esté faitte directement contre l'expresse prohibition des loix, csloit nulle, amyot, C. d'Utiq. B2. Exemple aussi rcmarf|uable que nul des précédents, mont, i, ib. Nulle trempe de cuirasse vous couvre [ne vous garantit], ID. I, 78. Nul vent faict pour celuy qui n'a point de port destiné, lo. 11, 9. L,e dict cheval estoyt si effréné que nul ausoyt monter dessus, rab. Garg. 1, (4. Nul ne le feit mieux que luy, id. ib. I, 23. Les traictz passoyent par dessus sans nul férir, ID. ib. I, 47. Vous n'en avez jamais voulu parler à nul amy que vous ayiés, pour le luy faire entendre, maro. Lett. il*. Nul miel sans fiel, COT- CRAVE. Ouvrage de commun, ourrage de nul, id.

— ÉTYJI. Wallon, n:H, nol devant une voyelle, vouk à la fin d'une pi-nise, noie au féminin; bourg, nun; provenç. nui, nulh, nuill; portug. et ital. nuZ^o; du lat. nuUus, composé de ne, et ullus, aucun, qu'on suppose être pour unulus, diminutif de unut, un. Dans l'ancienne langue, on disait nului, au régime, qui s'est conservé jusque dans loxvi* siècle.

Nl'I.LE (nu-V), t. f. Terme de cryptographie. Syllabes ou phrases insignifiantes entremêlées aux caractères significatifs dans une dépêche secrète pour en rendre le déchiffrement plus difficile. Ne vous arrêtez pas à ce caractère, c'est une nulle.

— ÉTYM. Nulle (sous-entendu syllabe).

NDLLEMKXT (nu-le-man), adv. Do nulle manière. Je ne le souffrirai nullement. II n'est nullement instruit do cette affaire. Prenez femme., abbaye, emploi, gouvernement: I.e monde en parlera, n'en doutez nullement, lafont. Fabl. m, 1.

— REM. Quand nullement sert de réponse à une question, il se met sans la négative : Voulez-vous céder vos droite? Nullement.

— HIST. XIV* ». Donques se ensuit il que celle chose est simplement parfctte, qui est eslisible |)Ourells et nullement pour autre, oresme, £(/i. VIII, t4. Il zv* s. Et sachez voiremcnt que, si nous le |<iuvions nullement faire par riostre honneur et toi garder, nous le ferions, froiss. i, i, 96. ||xvi*9. l'ourquoy ne faut nullement s'excuser, Mais envers lui [Dieu] nos delicls accuser, mahot, i, a«7.

— tTYM. Nulle, et le suffixe ment.

t NL'LLIFICATEUR (nul-li fi-ka-leur), /. m. Se dit, en parlant des Ëtats-Unis, de ceux qui veulent anéantir, nullifler une loi.

tNULLIFICATK)."» (nul-li-fi-ka-sion), »./•. Terme de politique. Décision par laquelle uu des Etats do

DICT. DB LA LAHOtn nUMCAISI.

NUM

la république des États-Unis défend d'exécuter un acte du gouvernement fédéral.

— ÊTYM. Nullijxer.

\ NULLIFIER (nul-li-fi-é), je nullifiais, nous nullifiions; que je nullifie, que nous nuUiiiions, v. a. Faire une nuUification.

— f.TY.M. Lat. nullus, nul, et facere, faire.

NULLITÉ (nul-li-té), s. f. || 1" Terme de jurisprudence. Défaut qui rend un acte nul. Moyens de nullité. Nullité au fond. Nullité dans la forme. Quand il n'y aurait rien en cette bulle qui la rendît rejetable pour elle-même, au lieu qu'elle est toute pleine de nullités essentielles... pasc. Prov. xix. Une autre nullité et qui nous touche de plus près, est que le pape y menace de peines ceux qui n'obéiront pas à sa bulle, id. tb. Mais je n'y trouve, moi, qu'une difficulté. Le mariage est nul, de toute nullité, DESTOUCHKS, PhU. marié, v, 7. Le roi de Prusse fit protester de nullité par ses ambassadeurs, VOLT. Louis XV, (7. Il Terme de liturgie. Se dit de ce qui rend nul un sacrement. || 2° Fig. Défaut absolu de talent, de valeur. J'ai vu d'autres méchants d'un grave caractère, Gens laconiques, froids, à qui rien ne peut plaire ; Examinez-les bien : w\ ton sentencieux Cache leur nullité sous un air dédaigneux, GRESSET, le Méchant, iv, 4. Vous opéreriez une révolution dans les habitudes d'une jeunesse qui passe de la frivolité à la corruption , et de la corruption à la nullité, uirabeau. Collection, t. m, p. 22. Les hommes avaient confessé leur nullité dans ces grandes rencontres de la vie, chateaub. Génie, iv, m, s. || Néologisme. Une nullité, un homme nul, dépourvu de facultés. Les nullités et les médiocrités. || 3° Terme de typographie. Espèce de guillemets qu'on pose dans les colonnes où il ne doit point y avoir de chiffres. Ce signe remplace les francs ou les centimes manquent.

— HIST. XV* 8. Haa, terre très noble, de quelle nullité [anéantissement] et malheur estes vous maintenant tenue, comme de cheoir de si hault en basl Perceforest, t. iv, f* H9. ||xvi* s. Eu France, en cour laie, les voies de nullité n'ont point lieu, LAURiÈBE, Gloss. du droit français.

— ETYM. Nul; provenc, nullitad; espagn. nulidad; ital. nullità. On trouve aussi nulece : xii* s. La nulece de la cbarneil corruption. Job, p. 497.

t NULLITER (nul-li-té), v. n. Ancien terme de droit. Opérer une nullité. Les baux rapportés par les opposants ne doivent nulliter contre tous ces règlements, ce sont des actes qui ont été concertés.... Arrêt du conseil d'État, «4 juillet t722.

— ÉTYM. Nul'

nC'ME.\T ou NCKMENT (nu-man), adv. || 1* En état de nudité. Les animaux ne pouvant ni se vêtir, ni s'abriter, ni faire usage de l'élémentdu feu pour se réchauffer, ils demeurent nûment exposés, et pleinement livrés à l'action de l'air et à toutes les intempéries du climat, di'fp. Quadrup. t. vu, p. 200. Il 2° Fig. D'une façon nue, sans rien d'ajouté. Souffre/, s'iivousplaît, monseigneur, que je ne vous flatte point, et qu'en fidèle historien je raconte nuement les choses comme elles sont, voit. Lett. iO. L'on ne souhaite pas nûment une beauté; mais l'on y désire mille circonstances.... i-asc. Passions de l'amour. Les historiens de ce siècle-là.... se sont b'en gardés d'écrire les faits nuement et sèchement, ils les ont accompagnes de motifs et y ont mêlé les portraits de leurs personnages, fonten. Orig. fabl. t. m, p. 281, dans pougens. Le président ne l'appelle [le lieutenant de police] ni maître, ni monsieur, mais nûment par son nom, st-sim. 460, 3ï. || 3* Fig. Sans déguisement. Je répondrai nuement à tous les chefs de son accu.sation, sans me servir de ses couleurs ni de ses artifices, d'ablancourt, Lucit-n, la Double accusation. Je vais vous instruire nuement et sans détour des plus petites particularités, RF.TZ, I, 2. Pour développer devant moi ma conscience et pour être prêt à l'exposer dans la confession nûment et sans déguisement, bouhd. Pensées, t. I, p. un. Je n'aurai qu'à raconter nûment et simplement les faits, comme ils se sont pas.sés, orimm, Corretp. t. I, p. a74, dans pouce»». ||4* En jurisprudence féodale, immédiatement, sans intermédiaire. Ceux qui étaient autrefois nuement sou» la puissance du roi, en qualité d'hommes libre» sous la comte, devinrent insensiblement vxs^aux les uns des autres, montesq. Etp. xxxi, 26.

— HIST. XIV* ». Oui lui depechoroit [dépècerait] sa robe tant que l'on veist son bras ou »a poitrine nuement, sa beauté naturel s'en montreroit miculx, oRFSME, Kth. 26. Il XV* s. Adonc va dire raessire fiabriei, qui li estult, que dès lors déjà vnulnit et se coiisciitoit.... que le dict chastcl de Ligourue fust

NUM

nuement et absolument au mareschal, Bouci'c. m, 40. Il XVI* s. Il faut se rapporter nucTuent aux formules de la foy establies par les anciens, mont. 1, 399. Ce meurtre, à l'ouir nuement et simpluucat reciter, semlileroit encore plus cruel que celui de Philotas, AMYOT, Àiex. 88. Or j'enten que nous cognoissons Dieu, non pas quand nous entendons nuement qu'il y a quelque Dieu, mais quand.... calv. Instit. 4.

— ÊTYM. Nue, et -le suffixe ment; provenç. nudnment; espagn. et ital. nudamente; portug. nuamcnte.

NUMËnAIRE (nu-mé-rê-r'), adj. || 1* Qui sert i compter. C'est le seul moyen de fixer quelque» points dans l'immensité de l'espace, et de placer un certain nombre de pierres numéraires sur la route éternelle du temps, bufp. Époq. nat. Œuv. t. xii, p. 2. Il Terme de marine. Se dit des signaux qui indiquent un chiffre, un numéro d'ordre. 1| 2* Particulièrement. Ayant valeur légale, en parlant des espèces qui ont cours, soo livres, ce qui revenait à près de 148 000 livre» numéraires de nos jours, VOLT. Kaurs, 58. La paye du soldat est restée au même taux qu'elle était il y a deux cents ans : on donne cinq sous numéraires au fantassin, comme on les donnait du temps de Henri IV, id. Louis .XIV, 30. Il 3" S. m. Argent monnayé. Il m'a payé moitié en numéraire, moitié en billets de banque. || Le numéraire fictif, les lillets, le papier. L'expérience nous montre partout la nécessité du numéraire réel pour soutenir le numéraire fictif, Mirabeau, Collection, t. Il, p. 399. Il 4" Terme d'antiquité romaine. Le numéraire, officier chargé de tenir les comptes, comptable.

— f.TYM. Lat. numerariiu, de numerus, nombre. NUiMÉRAL, ALE (nu-mé-ral, ra-l"), adj. Qui liési-

gne un nombre. Les adjectifs numéraux sont, comme leur nom le déclare, ceux qui qualifient par un attribut d'ordre numéral, tels que le premier, dernier, second, duuars. Œuv. t. iv, p. <09. || Lettres numérales, lettres qui désignent un nombre, comme dans les chiffres romains. || Cartes numérales, celles des cartes à jouer qui comptent par les points. Il Vers numéraux, vers chronologiques, dont les lettres numérales marquent le millésime, c'est-idire l'année d'un événement. || Arithmétique numérale, l'arithmétique proprement dite, par opposition à l'algèbre.

— SYN. NUMERAL, humSriqor. Numéral signifie qui désigne un nombre; et numérique, qui a rapport aux nombres. Une différence numérique est une différence de nombre; un caractère numéral appartient à des adjectifs, à des lettres, à des vers.

— lllST. XVI* s. Puisque nous sommes venu» sur la matière des noms numéraux, hkioret, dans u- VET, la Gramm. franc, p. 75.

— ETYM. Provenç. et esp. numéral; liai. »um«raie; du lat. numeralis, de numerus, nombre.

Nl.MftUATEUR (nu-mé-ra-teur), s. m. Terme d'arithmétique. Le nombre qui indique, dans une fraction, combien elle contient de parties de l'unité. Tout numérateur est un dividende, et tout dénominateur est un diviseur, condil. Long. cale. 1, 7.

— HIST. xvi* s. Deux nombres, l'ung dessus qui s'appelle numérateur, et l'autre dessoubz qui est nommé dénominateur, de la roche, Arismetique, t. (i,terîo. Quand lo partiteur ou dénominateur est composé et le numérateur est nombre simple, ID. ib. f. 46.

— ÊTYM. Lat. numeralorem, celui qui compte, de numerare, nombrer.

t NCMl-R.^TIF, IVB (nu-m*-ra-tif, ti-v'), odj. Terme didactique. Qui sert à compter. || S. m. Terme de grammaire. Nom donné à des adjectif», substantifs ou adverbes qui désignent un nombre. N'uméralifordinal, cardinal, distriliutif,otc. |{ Numératif multiple, celui qui marque combien de fois uns chose est plus grande qu'une autre, comme simple, double, triple, etc.

— ÊTYM. Lat. numerare, nombrer; provenç. mtmeraliu.

NUSlfinATION (numé-ra-slon ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de nombrer. || En style de notaire, action do compter. Il n'y a pas numération do deniers. Il 2* En arithmétique, génération de tous le» nombres au moyen de certain» nombre» que l'on considère comme simples ou comme lionnes immédiatement. Il (M. lU: KeralioJ lui enseigna les mathématiques; après lui avoir fait observer commentse fait la numération, il lui fit comprendre que la mani're dont on procède dans les quatre opérations de l'arithmétique, n'est qu'une conséquence do la manière dont se fait la numération même, condil. Gramm. Uulif des élud. Œuv. t. r,

NUM

p. cxLvn, dans fooobks. || Minière d'écrire en chiffres un nombre énoncé, et d'énoncer verbalement un nombre écrit en cliiffrcs. Numération parlée. Numération écrite. || Numération décimale, celle qui emploie dix caractères; numération binaire, ternaire, etc. celle qui n'en emploie que deux, trois, etc.

ilIST. XVI" s. Plus pour obligation de deniers

prestez excédant aussi la ditte somme de quinze livres tournois pour une fois, soit que le contrat porto numération actuelle, ou qu'il y ait seulement confession du receu, Coust. génér. t. i, p. too.

— £TYM. Lat. numerotionem, denumerare, nomlirer.

NL'MlÎBIQCE (nu-mé-ri-k'), adj. \\ 1° Qui appartient aux nombres. L'unité numérique. || Calcul numi'rique, calcul qui se fait avec des nombres, et qu'on appelle calcul arithmétique, à la différence du calcul littéral, qui se fait avec des lettres, et qu'on appelle algèbre. || Tableaux numériques, Ubleaux contenant des séries de nombres relatifs à la statistique, à un phénomène, etc. || Terme de philosophie médicale. Méthode numérique, méthode qui consiste à établir par des chiffres les résultats de l'observation médicale; c'est la statistique appliquée à la pathologie et à la thérapeutique. Il 2° Oui consiste en nombres. Force, supériorité numérique. Différence numérique. La valeur numérique de la conductibilité [de la chaleur] varie suivant la nature des li'juides, fourieh, Instil. I!t!m. scicnc. t8i» et <82o, t. iv, p. ao8. || 3° Terme de minéralogie. Se dit d'un cristal ayanl un signe représentatif dont les exposants offrent quelques propriétés do nombres.

— ÊTYM. Lat. numerui, nombre.

NUMIÎRIQCKMENT { nu-mé-ri-ke-man), adv.

Il 1* Relativement au nombre. Des résultats numériquement ripoureux, biot, Inst. ilém. scienc. t. viii, p. ïi.||2° En nombre. L'ennemi était numcriqueinent supérieur.

— f.TYM. Xumérique, et'.e suffixe ment.

M'Mf.KO (nu-mé-ro), s. m. || 1° Nombre, cote

qui scrt.t reconnaître ce qui est étiqueté, ou marqué do chiffres. Le numéro de la page d'un livre. Les numéros pairs, impairs des maisons dans une rue. Le numéro d'une voiture de place. Tout pari fait après l'affichage, au poteau, des numéros des chevaux partants est nul, si le cheval contre lequel on a parié n'y est pas inscrit, paz, Dict. des courses. Il Numéro d'ordre, numéro qui indique la place d'un objet dans un classement. || Livre de numéro, celui dont on se sort dans les manufactures pour constater l'entrée et la sortie des marchandises. Il Populairement. Aller au numéro t oo, aller aux lieux d'aisance; ainsi dit par un calembour entre cent et sent (on sent). |{ Terme de métallurgie. Instrument à numéroter les gueuses de métal, pendant que U fonte a conservé une partie de sa fluidité. || 2° La marqua particulière qu'un marchand met sur ses marchandises et qui, connue de lui seul, lui sort à se rappeler le prix d'achat. || Fig. et familièrement. Connaître le numéro de quelqu'un, être fixé sur sa valeur intellectuelle ou morale. || 8» Dans le commerce, la grosseur, la longueur, la largeur, la qualité de certaines marchandises. Des épingles de tel numéro. Du ruban numéro 3. || Numéro d'un verre de lunettes, voy. lunette. || Appliqué au coton filé, numéro exprime la quantité d'écheveaux nécessaire pour peser un demi-kilogramme, l'échereau représentant une longueur de mille mètres. || Dans la filature du lin, il indique tant do kilomètres de longueur par kilogramme de matière. || Fig. et lamitiérement. Cette marchandise, cette denrée est du bon Duméro, elle est de bonne qualité. Il Fig. et populairement. Premier numéro, le plus haut degré. C'est de la folie du premier numéro. Il i* Numéro se dit des billets de loterie. Il a eu un bon numéro. || Fig. Un bon numéro, quelque chose d'heureux qui arrive par hasard. |1 6° Numéro se dit des numéros que les jeunes gens tirent i la conscription. U a eu le numéro ïo. Un bon numéro, un numéro qui exempte d'être soldat; un mauvais numéro, un numéro qui oblige au service militaire. Il 8" S'est dit autrefois des numéros avec lesquels on jouait i un certain jeu nommé la blanque.lj Fig. Entendre, savoir le numéro, son numéro, être expérimenté en quehjue chose, entendre les affaires. Il n'était lors de Paris jusqu'à Rome Galant qui sût si bi«i) le numéro, l* fo»t. Rkh. C'est un homme qui sait parfaitement son numéro, cahacciou, Lett. Ttertat. t. u, p. ns, dans podgbhs. || On disait aussi : un homme de numéro, pour un homme !:n •a aOaires. Il n'y a tien qui désabuse Uni les gens,

NUM

et surtout un homme de numéro, que quand on leur veut ôtcr ce qui leur appartient, tallemant des BEAUX, Ilislorielles, cdit. in-s», t. v, p. 49. || 7° Partie d'un ouvrage publié par cahiers ou par feuilles numérotées. Un numéro de la Revue des Deux- Mondes. Le numéro du jour.

— REM. 1. Le mot étant étranger, on a hésité d'abord à lui donner le signe du pluriel. Je crois qu'on doit écrire au pluriel numéros et non pas numéro; ce dernier mot, qaoique tout latin, étant devenu français par l'usage, d'alemb. Éloges, la Hotte, note 4. Il 2. On écrit en abrégé n° devant un nombre

— lllST. XVI* s Del'Ilalion introducteur de ce

jeu [la blancque], nous usa.fmes du mot de numéro au lieu de nombre, qui nous est naturel françois, et dismes ccluy entendre le numéro, qui n'avoit oublié le nombre sous lequel sa devise estoit enregistrée : et depuis accomodasmcs cette manière de parler en toute autre chose, disans qu'un homme entendoit le numéro, quand il avoit certaine information et connoissance d'une chose, pasquier, Recherches, VIII, 49.

-; ÉTVM. Ital.nt(mcro,dulat. numerus (voy. nom- BHe) ; géncv. mimero.

NU.llfiROTAGE (nu-mé-ro-ta-j'), s. m. Action de numéroter. Le numérotage des maisons, des voitures de place. |] Ordre dans lequel on numérote. Numérotage vicieux. || Action de peser les écheveaux pour en déterminer le numéro.

— ETYJl. Numéroter.

NCMEIIOTÉ, ÉE (nu-raé-ro-té, tée), part, passé de numéroter. Les maisons numérotées. |{ Dans le style plaisant, un char numéroté, un fiacre. Visitez donc les grands durement cahoté Sur les nobles coussins d'un char numéroté I c. delà vigne. École des vieillards, i, 6.

NUSIËROTER (nu-mé-ro-té), v. a. Marquer d'un numéro. Numéroter les pages d'un manuscrit.

— ftîYM. Numéro; génev. mimeroter.

t NUMISMAL, ALE (nu-mi-smal, ma-l*, ad]. Il !• Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une pièce de monnaie. || 2° S. f. Numismate, ancien synonyme de nummulite (mollusques), d'où vient qu'on trouve aussi numismale [dans la minéralogie] parce qu'on prenait les nummulites pour des pierres (voy. nummuline), legoahant. Ces rocs sont calcaires et renferment beaucoup de pétrifications où je distingue des graphites et de petites numismales, SAUSSURE, a* Voy. Alpes, t. vi, p. eo, dans pougens.

— ËTYM. Voy. KDMISMATE.

NUMISMATE (nu-mi-sma-f), s. m. Voy. kumis-

MATISTE.

— ÉTYM. Lat. numisma ou nomi'jmo, pièce de monnaie, du grec v6iinT|jia, de vo|i(I|£iv, régler par la loi, qui vient de v6|io;, loi.

NUMISMATIQUE (nu-mi-sma-ti-k'), adj. \\ 1° Qui a rapport aux médailles antiques.Les recherches numismatiques. 112° S.f. La numismatique, la science des médailles. Savant dans la numismatique.

— ÉTYM. Numismate.

t NUMISMATISTE (nu-mi-sma-ti-sf), s. m. et f. Celui, celle qui étudie la numismatique. Un grand numismatiste. Une jeune numismatiste.

— REM. Depuis quelque temps, les savants qui s'occupent de numismatique, se nomment numismatistes, de préférence à numismate.

t NU.MISMAT0GRA1'IIE (nu-mi-sma-to-gra-T) , s. m. Auteur d'une description de médailles.

— ÉTYM. Lat. numisma, monnaie, et ypàçeiv, décrire.

NUMISMATOGUAPniE (nu-mi-sma-to-gra-fie) , ». f. Description numismatique.

t NUMIS.MAT0GRAP1IIQUE (nu-mi-sma-to-grafi-k'), adj. Qui concerne la nuraismatographie.

t NUMMIFORAIE (nu-mmi-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une pièce de monnaie.

—ÊTYM. Lat. nummus, pièce do monnaie, 'et forme.

NUMMUI.AIRE (nu-mmu-lê-r'; d'après Legoarant, on doit prononcer no-mmu-lô-r'), s. m. || 1° Nom vulgaire et spécifique de la lysimachie nummulaire (primulacées), dite aussi herbe aux écus et herbe aux deniers. || 2" Petite coquille pétrifiée, en forme de lentille, qui compose souvent des roches entières.

— lllST. xn' s. Numilaire, d'elle-mesme, «'engeance en lieu bas et aquatique, sans aucune culture ; ccstc herbe est ainsi appellée, à raison q ue ses feuilles ressemblent à deniers, en latin dits nummt,

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