‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 250 sur 389 · OIE · texte numérisé non relu

OIE

bleu) faites un roi, bérano. Belges. ||S* Fig. et familièrement. Homme méchant, surtout d'une méchanceté barbare, et effrayant. Le prince royal de Prusse [plus tard Frédéric 11], à qui son ogre de père permettait & peine de lire, n'attend pas que ce père soit mort pour oser faire imprimer la Henriade ; il a fait fondre en Angleterre des caractères d'argent, volt. Letl. Cidevitle, b mai 4 740. || Nom donné par moquerie aux hommes qui font les terribles, les pourfendeurs. L'ogre [un mari jaloux et duelliste] est bâti de telle sorte qu'il lui faut absolument de la chair fraîche [des gens qu'il soupçonne de courtiser sa femme et qu'il puisse appeler en duel], ch. bb Bernard, JePoratonnerre. |8'Dans le langage d'argot, ogre, agent de remplacement, pscompteur, usurier. || Ogresse, revendeuse à la toilette, qui loue des effets aux filles de joie.

— ÉTYM. Ane. espagn. huergo, uerco; esp. mod. ogro, ogre, huerco , triste; ital. orco; napolit. huorco; anglo-sax. arc, démon infernal; du lat. orcui, enfer, dieu de l'enfer, d'après Dioz (orcuî, d'après Maury , est un mot étrusque). On a longtemps prétendu que ogre venait de Hongrois, à cause des dévastations que les Hongres, ou Hongrois, ou Oigours avaient faites dans l'Occident, au moyen Sge. La forme du mot dans les langues romanes ne se prête pas à cette dérivation.

011 (à), interj. qui marque la surprise. Ohl ohl quelle caresse! et quelle mélodie! Dit le maître aussitôt, LA FONT. Fabl. IV, 5. || Elle sert à donner de la force à l'expression. Ohl pour cela, non. Monsieur Tartuffe ! oh ! oh ! n'est-ce rien qu'on propose? mol. Tart. Il, 3. Oh ! que nous ne sommes rien ! boss. dans GiRAULT-Duv. Oh! qu'il est cruel de n'espérer plus, FÊN. Tél. xviii. Oh ! que la nature est sèche, quand elle est expliquée par des sophistes I cha- TEAUBR. Génie, i, v, 8. || Substantivement. Ohl ohl je n'y prenais pas garde : j'aimerais mieux avoir fait ce ohl oh! qu'un poSme épique, mol. Préc. 40.

f GUÉ (o-é), interj. populaire qui sertà appeler. Ohél les autres.

t OÏDIUM (o-i-di-om'), s. m. Genre de champignons parasites, dont une espèce cause la maladie du raisin. On combat l'oïdium par le soufre.

— ËTYM. Diminutif fait du grec ùiv, œuf, comme e«pi5iov, de eCpa, porte, etc.

OIE (ot), ». /. Il 1* Espèce d'oiseau aquatique plus gros et plus grand que le canard: l'oie sauvage, anser segetum ; l'oie domestique, anser cinereus, dite absolument oie; l'oie & cravate, anascanadensis,L.; l'oie nonnette, la bernacbe nonnette, anser erythropiu, L. Faire rôtir une oie. Garder les oies. L'oie nous fournit cette plume délicate sur laquelle la mollesse se plall à reposer, et cette autre plume, instrument de nos pensées, et avec laquelle nous écrivons ici son éloge, ULFp.Ot». t. xvii, p. 47. La domesticité de l'oie est moins ancienne et moins complète que celle de la poule, id. ib. p. 4». Les oies sauvages sont peut-être de tous les oiseaux les plus sauvages et les plus farouches, 10. ib. p. 78. Les Gaulois, bien instruits du sentier qui mène au Capilole, y montent pendant la nuit ; toutes les sentinelles dormaient, les oies consacrées à Junon veillaient seules; elles crient : un personnage consulaire, M. Manlius, s'éveille, appelle du secours.... l«ves- OUB, Inst. Mim. se. mor. et pol. t. ut, p. S24. || Terme d'antiquité romaine. Oies sacrées, les oies qu'on promenait eu triomphe tous les ans en mémoire de ce qu'elles avaient donné l'alarme dans l'attaque nocturne des Gaulois. || Tirer l'oie, se dit d'un jeu barbare qui consista i attacher une oie par le cou, et à y lancer des bâtons jusqu'à ce que le cou ail été rompu. Fontaubin : Monsieur a l'air.... — Lisette : D'un marinier qui va tirer l'oie, leorand, VVsuritr grntilh. se. <3. ||Bète comme une oie, qui so laisse plumer sans crier, c'est à-dire très-bête, jj On dit de même : n'avoir pas le sens d'une oie, La paix I il n'y aurapoint de paix; c'est un labyrinthe dont on ne se peut tirer; ah! pauvres Français, réjouissez-vous; car vous n'avez pas le scnsd'uneoie, volt. Utt. d'Argenlal, 4 4 sept. 476 1 . || Fig. C'est une oie, s« dit d'une personne très-sotte. || ï* Jeu de l'oie, jeu quel'on joue avec des dés sur un carton où dos figures d'oie sont placées dans un certain ordre. Plus, un trou-madame, et un damier, avec un jeu de l'oie, renouvelé des Grecs, fort propret à passer le temps lorsqu'on n'a que faire, mol. l'Avar», it, 4. Le jeu de l'oie vous a renouvelée, comme il l'a été par les Grecs, si^^v. 4 26. Mme la Dauphine s'était mise à Jouer à l'oie, ne pouvant mieux, bt-sim. au^, 4»». J'aime le* jeux galants ou l'esprit se déploie ; C'est, monsieur, par exemple un joli jeu que l'oie, rbonaru, U Joueur, i, 7. U Jeu de l'oie n'est pas la seule

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chose qui soit renouvelée des Grecs, arnault, Loisirs d'un banni, t. 11, p. 45, dans pougehs. || S* Contes de ma mère l'oie , contes dont on amuse les enfants. Et ne m'émeus non plus.... Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie, réqnier. Sot. xv. Qu'aurait-on dit de Virgile, bon Dieu! si à la descente d'Éni'e dans l'Italie, il lui avait fait conter par un batelier l'histoire de Peau d'àne et des contes de ma mère l'oie? boil. Dissert. surJoconde (en 4 869). Il Fig. Faire des contes de ma mère l'oie, dire dos choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité. Il D'après J. Grimm, les contes de la mère l'oie se rattachent à fiertbe la fileuse ou Uertbe pied d'oie, dite dans le midi la reine Pedauquc ; Berthe, Berchta est une divinité germanique. || i* Merde d'oie (on prononce mêr-doi), se dit d'une couleur mêlée de vert. Couleur merde d'oie. || 6* Petite-oie, ce qu'on retranche d'une oie quand on l'habille pour la faire rôtir, comme les pieds, les bouts d'aile, le cou, le foie, le gésier. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui un ahatis. || Fig. Petile-ole, les bas, le chapeau, et les autres ajustements pour rendre un habillement complot ; ainsi dit par comparaison avec l'abatis d'une volaille. Ne vous vendrai-je rien? monsieur, des bas de soie. Des gants en broderie, ou quelque petite-oie? cobn. Caler, du pal. IV, 44. Que vous semble de ma petite-oief la trouvez-vous congruente à l'habit? mol. Préc. 4 0. X la vérité, nos modes changent de temps en temps ; mais avez-vous pris garde que ces changements ne vont pas tant à l'essentiel des habits qu'aux ajustements et à la petite-oie? bouhours, Entret, d^Aristt et d'Eug. 2. || Fig. Les petites faveurs que les femmes accordent à leurs amants. Hors de cela, elle lui accorda après deux ou trois conversations ce qu'une fille peut accorder honnêtement à un homme ; et il fut maître de ce que nous appelons en France la petite-oie, bussy-rabu- TiN, la tyance galante, p. sus, édit. poitevin, 4 8&7. Menu détail, baisers donnés et pris; La petite-oie ; enfin ce qu'on appelle En bon français les préludes d'amour , la font. Orat». || Par extension , toute sorte de prélude, de diminutif. Je mettais mon chapeau en garçon qui n'était pas un sot; enfin j'avais déjà la petite-oie de ce qu'on appelle usage du monde, MARiv. Pays. parv. part. i. Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d'envie, et qu'ils avaient obtenu la petite-oie du martyre, d'alrmb. Destruet. des jésuit. CSuv. t. v, p. S02, dans pouoens. || Petite» oie est vieux dans toutes ses acceptions. || 6* Patted'oie, voy. patte-d'oie, à son rang. ||7' Oie noire, synonyme de macreuse. {| 8' Petite constellation qu'on réunit ordinairement à celle du Renard. Le Renard et l'Oie forment la constellation dite Fleuve du Tigre. Il Le Toucan, autre constellation, est appelé Ole d'Amérique, LEGOARANT.

— HIST. xiit* s. Auwes ne capons, tailliar. Recueil, p. 440. Ilxiv* s. Chars de buef, d'oies, u. db MONDEv. f* 46. Que nulz n'achate oes que en la place ou es champs qui sont entre le ponccau de Roulle du pont de Chaillouau jusques aus faulwurs de Paris, Liv. des met. 47e. ||xvi"s. C'est loyqui mainu de los très-amples doues; Mais endroit moy tu fais cignes les oues, marot, u, *ho. De chacun baril J'auve, sain, oinct, et autres graisses. Arrêt du parlement, ao sept. 4&a7. Il est bien mal-aisé que tels esprits croyent aux petites oyes de vostre religion, comme au baptesme des cloches, d'aub. i'om. IV, 4 6. Verd de gris, merde d'oye, jaune paisle, jaune doré.... m. ib. i, a. Voilà une bataille avec set petites oyes [déulls], m.Hist. >ii, 6h. Je luy appris à tourner les talons en dedans, à cheminer on oye et de pareille gravité, id. Conf. 11, 4 . Qui mange il* l'oye du roi, en cent ans il en rend la plume, carl. I, 82. Or ça on plume l'oye sans la faire crier, rab. Pant. v, 43. Se hoyos sont trouvées en prés ou eo vignes, en quelque temps que ce soit, ou en terres embloyées ou semées, la tuaumassiKre, CouI. du Derry, p. sas, dans lacurne. Petite oue [abatis], oudin, biet. Petite oue d'habit, m. ib.

— ETYM.Berry, ocltê; wallon, dtt«; naraur. aui/;«; anc. espagn. auea; espagn. mod. et portug. oco; bas-lat. auca, de avica, dérivé fictif de oti», oiseau. Le nom général arica, oiseau, a été réduit à un sons spécial, comme jumenlum, bête de somme, • donné jument.

i OIGNARI) (o-gnar), ». m. OIONK (o-gn"), ». f. Canard siflleur.

OlONON (o-gnon ; l't ne »e prononce pas; quelques-uns écrivent ognon), ». m. || !• Plante potagi're à racine bulbeuse, de saveur et d'odeur très-forUis, allium cepa, L., liliacées. Faire cuire

des oignons. Manger des oignons. Cet homme [Alberoni], en I707, n'avait été connu que sur le pieii d'un uomo faceto e piacetole. qui faisait des soupes i l'oignon excellentes, volt. ifrt. hist. ex. du lui- d'Alberoni. || Oignon d'Espagne, d'hiver, allium fistulosum, L. Oignon rocambole, alUum Korodopratum, L. || Une t«le d'oignon, un oignon seul. Il Botte d'oignons, botte formée généralement d'oignons verts, dans laquelle les oignons sont lies ensemble par le milieu de la tige, de telle sorte que les têtes sont toutes, ou à peu près, dans un plan horizontal. || Chapelet d'oignons, assemblage d'oignons lequel, constitué par des oignons secs, a une forme pyramidale contenant, sur une longueur de 40

I 50 centimètres, plusieurs rangées horizontales lont les plus élevées offrent les petits oignons ; leur grosseur va en augmentant jusqu'à la base où sont les plus gros, legoahant. || On dit dans le même sens : corde d'oignons. || Petits oignons, oignons qu'on sème très-serrés pour qu'ils ne viennent que petits, et qu'on emploie dans certaines sauces, pour les cornichons, etc. || Fig, et ironiquement. Aux petits oignons, d'une façon aigre, peu plaisante. Je vous arrangerai cela aux petits oignons. || Pelure d'oignon, une des enveloppes de l'oignon, se dit fig. d'une étoffe très-mince. Je vous ai donné du satin fort, et celui-ci est une pelure d'oignon, théod. le- CLERCQ, Proferbeî, t. l, p. 88, dans pougens. || Les oignons font pleurer pendant qu'on les épluche; et l'on dit fig. et populairement, pleurer sans oignon, avoir de justes raisons de larmes. Ceux à qui tout porte guignon, La font larmoyer sans oignon, scarr. Yirg. 1. 1| Kig. Regretter les oignons d'Egypte, regretter son ancien état; locution prise des Israélites qui, errant dans le désert après leur sortie d'Egypte, regrettèrent plus d'une fois le pays qu'ils avaient quitté. Il Être vêtu comme un oignon, avoir plusieurs vêtements les uns sur les autres, parce que l'oignon a plusieurs peaui qui l'enveloppent. || Populairement. 11 y a de l'oignon, il y a quelque mauvaise affaire là-dessous, il y a du bruit, des difficultés, quelque intrigue; métaphore tirée de ce que les vapeurs de l'oignon piquent les yeux. || 2° Partie de la racine de quelques plantes, d'une forme renflée, et dont la base produitdes racines fibreuses; ou, plutôt, en botanique, tige souterraine, rhizome raccourci, à feuilles charnues, soit tunique comme dans Val- It'um eepa, soit écailleux comme dans le lis. Des oignons de jacinthe. Des oignons de tulipe. Des oignons de lis. Il trouva que la maladie était causée par une plante parasite qui s'attache à l'origine du safran, se nourrit aux dépens de sa substance, et, s'ctendant sous terre d'un oignon à l'autre, infecte tout l'espace oii on lui permet de se répandre, con- DORCET, Vuhamei. Croiriez-vous qu'il existe des gens assez extravagants pour donner deux ou trois cents louis d'un oignon en fleur? geni.is. Veillées du chat. t. I, p. 423, duns pougens. || 3° Flûte d'oignon, ou flûte à l'oignon, synonyme de mirliton.

II 4* Callosité douloureuse qui vient aux pieiis. Il Terme de vétérinaire. Tumeurs dures et douloureuses qui viennent au voisinage des articulations du pied du cheval, particulièrement de celles du métatarse, et qui consistent en un gonflement des os eux-mêmes. |{ 6° En rang d'oignon, loc. adv. Sur une même ligne. Après que maints bons compagnons Se furent mis en rang d'oignons, scarr. Yirg. V. M. de Saint-Brieux dans son diocèse, est transporté à Poitiers qu'il souhaitait; d'autres en rang d'oignon tous les jours à la messe du roi, n'ont rien, sÉv. 4oo. J'oubliais Mme de Vendôme, qui parut aus.si chez le roi en rang d'oignon, mais qui ne fut point visitée, st-sim. 3S6, 64. || Se mettre en rang d'oignon, prendre place dans une réunion où l'on n'est pas invité, dans une assemlilée à laqu>'lle on n'a pas le droit d'assister. || On fait venir l'expression proverbiale , être assis en rang d'oignon, d'Artus de la Fontaine Solaro, baron d'Oignon, qui, faisant l'office de grand maître des cérémonie» aux états de Blois, assignait les places et les rangs des seigneurs et des députés. Mais M. Leroux de Uncy dit : Ne vient-il pas tout simplement de la manière dont les gens de la campagne kssemblent les oignons «vec dos liens de paille, en plaçant les plus gros le» premiers, et ensuite les autres • Prot. Lu, p. »«. || 6' Populairement. Une montre, un peu épaisse, i l'ancienne mode, » causa que le» anciennes montres avaient une épaiaieur qui permettait de les assimiler à un oignon. Il 7* Populairement. Il a de l'oignon, il a de l'argent || •• Oignon de loup, variété de courge Il Oignon musqué le muscari odorant. || 9- Oignon bltuic, grande espèce d'hélice, coquille. | Proverbe.

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Marchand d'oignons se connaît en ciboules, c'est-àdire on est difficilement trompé sur les clioses de son métier.

— HIST. xiii* s. Et toute autre maniera de fruit crut en règne de France, aus, oignons et toute autre maniera d'aigrun, Liv. des m(?<. 32. Oingnon qui vienent par Marne, ib. 334.||xiv' s. Laiens a Espaignolz que je n'aime un ongnon. Oui rendre ne nous veulent la tour ne le donjon, Guescl. 47)86. |; XV* s. Par notre Dame I on m'a bien baillé de l'oignon, et si ne m'en doutois guère 1 si en ai esté plus aisé à décevoir, louis xi, Nouv. xxxiii. || xvi* s. Seulement par racine s'édifie le lys, icelle estant en bulbes et oignons, o. de serres, 6"6. Tant facent ilz bonne mine, si il y a de l'oignon, palsgr. p. 695. Se mettre en rang d'oignon et ne valoir une eschalote, cotgbave. À pain et oignon, trompette ne clairon, id. Si tu te trouves sans chapon, sois content de pain et d'oignon , id.

— ÉTYM. Provenç. uignon, ignon; du lat. unionem, sorte d'oignon, grosse perle, chose unique, unité, de unus, un.

t OIGNONADE (o-gno-na-d'), s. f. Terme de cuisine. Mets accommodé avec une grande quantité d'oignons.

OIGNONET (o-gno-nè), s. m. Sorte de poire d'été.

— HIST. XVI* S. Les tulipans demeurent vivans en terre, six ou sept années, en chacune leur racines s'augmentans en bulbes ou oignonets [petits oignons], comme les lys et le saffran, o. de serres, 577.

— ÊTYM. Diminutif d'oignon.

t OIGNONETTE (o-gno-nè-f), s. f. Graine d'oignon.

OIGNONIËRE (o-gno-niè-r'), *. f. Terre semée d'oignons.

— f.TYM. Oignon.

t OÏL (o-il). Langue d'oïl, voy. lanque, n" 5.

— ÉTYM. Voy. OUI.

OILLE (o-ir, U mouillées; l't ne se prononce pas), s. f. Il 1" Mets favori des Espagnols, qui consiste dans im mélange d'excellentes viandes, qu'on fait cuire en potage avec toutes sortes d'assaisonnements. ||2°D'après le dict.de l'académie, édition de t7)8 : Potage où il entre plusieurs herbes et plusieurs viandes différentes ; et d'après Furetière, au mot ouille : sorte de potage fait de diverses herbes et sans beurre, qu'on sert quelquefois les jours maigres sur les bonnes tables pour faire quelque diversité. J'avais le pot-au-feu, c'était une oille et un consomme, qui cuisaient séparément, sév. 2 nov. 1673. Il Fig. [Un orage] y fit [à Vantou près Dijon] une oille et une fricassée épouvantable de toutes sortes de gibier, et de volailles, sév. d Mme de Cuitaul, 24 juin. (693. US" Anciennement. Pot à oille, grand vase de table en argent, qui était une sorte de terrine. La duchesse de Mazarin vit de ménage; elle vend tout ce qu'elle a et se ruine pour du Mesnil, son amant, qui est joueur et escroc..., la pauvre dame vient de vendre ses deux beaux pots à oille pour payer une dette de jeu de du Mesnil, d'argenson, Journal et mém. t. ii, p. 429 (éd. de la Société do l'Histoire de France).

— ÉTYM. Esp. oUa, le contenu d'une sorte de pot-au-feu. On dit que ce mets fut introduit en France depuis l'élection de Philippe V, qui avait envoyé un eu isinier pour enseigner à faire ce ragoût ; c'est une erreur ; car longtemps avant cette époque, en <673, Mme de Sévigné parle de l'oiile. Le mot oie se trouve dans l'ancien français avec le sens de marmite : xiii' s. À pleine oie d'eve boillie, lien. «5866. On dit encore à Hennés oulle pour marmite. OUa, oulle et oie viennent du latin olla, pot.

OINDBE (ouin-dr'), j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils oignent; j'oignais; j'oignis; j'oindrai; j'oindrais; oins, oignons; que j'oigne, que nous oignions; que j'oignisse; oignant, oint, t>. a. Il !• Frotter d'huile ou de quelque matière grasse. Les anciens se faisaient oindre au sortir du bain. Ils les oignirent, à cause qu'ils étaient fort fatigués, SACi, Bible, Paralip. ii, xxviii, ib. Elle [Judith] se lava le corps, se l'oignit d'un parfum précieux, id. ib. Judith, x, 3. || Il se dit aussi de toute autre substance comparée à une huile. Cet homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue et en a oint mrs yeux, saci. Bible, Év. St Jean, ix, H. || î° Consacrer avec les huiles saintes. On oint les évéqucs à leur sacre. On oignait les rois de France avec l'huile de la sainte ampoule. Vous l'oignîtes de l'onction sainte, mass. Or. (un. Villeroy. Le pape envoya un bref par lequel il permettait au roi [Louis XI] do se faire oindre une .seconde fois de riiuilo de la sainte ampoule, duclos, Uiuv. t. m,

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p. 336. Il 3° S'oindre, v. réft. Se frotter avec une substance grassa. Dans l'Exode il est dit : prerez d'excellente myrrhe.... et on fera mourir quiconque s'oindra d'une pareille composition, ou en oindra un étranger, VOLT. Dict. phil. Sibylle. Ils s'oignaient, ils se baignaient, dideh. Opin. des anc. philos, (pythagorisine) . || Proverbe. Oignez vilain, il vous poindra; peignez vilain, il vous oindra, se dit pour signifier : caressez un homme de néant, il vous fera du mal; faites-lui du mal, il vous caressera.

— HIST. XII' s. [Je ferai] La char [d'un condamné] oindre de miel et lécher à mes ours. Soi. xxvii. rxiii' .s. N'est donc bien fortune seQre; Kest bien fos [est bien fou] qui s'i asseOre, Quant cens qu'el seult par devant oindre. Seuil aiisinc par derrière poindre, la Rose, 67C0. Tout le monde par parole oignent, Mes lor losenges les gens peignent Par derrière dusques as os.... ib. I045. Amors si se change sovent : 11 oint unehore, et autre point, ib. 3507. Et [Godefroi] ne vost [voulut] estre sacré ne oint à roi el dit roiaume, Ass. de J. l, 22. Si com la rose ist [sort] de l'espine, Issis [tu sortis], glorieuse reine, De juerie [juiverie] qui est poingnans, Et tu es souez [suave] et oingnianz, buteb. 320. {| xvi* s. Heureux qui se trouve à point pour leur oindre lî volonté sur ce dernier passage [à ceux qui font sans cesse leur testament]! mont. ji,85.Carquisçait par devant oindre Sçait aussi par derrière poindre, palsgrave, p. 817.

— ÉTYM. Wallon, onde, ode; provenç. onger, ogner, oingner, onher; cspagn. ungir; ital. ungcre, ugnere;d\i lat. ungere; comparez Vir'- ong, le sanscrit anja. Ungere donne oi'nre, où le d s'introduit par l'appel de l'r, comme dans geiidre, moindre, etc.; comparez feindre, peindre, etc.

OING (ouin;le g ne se prononce jamais), s. m. Graisse. L'oing, qu'on appelle autrement axonge, est la graisse la plus molle et la plus humide du corps des animaux, genlis, ilaisonrust. t. i, p. 288, dans pougens. || Vieux oing, vieille graisse de pors fondue. Le vieux oing est la graisse du porc qui tient aux reins; il en faut faire provision dans une ferme, pour en frotter les essieux des roues, le rouleau des presses, etc. genlis. Maison i-ust. t. (, p. 280. Lorsque la résistance des frottements est trop grande, on la diminue beaucoup en enduisant les surfaces frottantes de quelque matière grasse, comme lorsqu'on met du vieux oing entre l'essieu et le moyeu d'une roue, brisson, Traité de phys. t. I, p. 96, dans POUGENS.

— HIST. XIII' s. Nus chandeliers de suif ne puet mètre sains ne oinst avec son suif, Liv. des mit. )62. Vostre soleir [vos souliers] n'ont mestier [besoin] d'oint, buteb. 2h.

— ÉTYM. Lat. unguen (voy. oindre).

OINT, OINTE (ouin, ouin-t'), part, passé d'oindre. Il 1° Frotté d'huile ou d'une substance grasse. || 8» Qui a reçu la consécration d'une huile sainte. Un David est oint do l'onction sainte, mass. Carême, Voc. On voit dans la formule de la consécration de Pépin, que Charles et Carloman furent aussi oints et bénits, montesq. Ksp. xxxi, <7. || Substantivement. Les oints du Seigneur, les rois, les prêtres. Dieu me garde de traiter comme vous dites celui qui est mon maître et l'oint du Soigneur, ni de mettre la main sur lui, puisqu'il est le christ et l'oint du Seigneur, saci. Bible, Buis, i, xxiv, 7. Gardez-vous bien de toucher à mes oints, et ne faites point de mal âmes prophètes, id. Paralip. l, XVI, 22. Le Tellier fut le Chusal qui confondit les mauvais conseils, et qui assura la victoire à l'oint du Seigneur [le roi Louis XIV], boss. le Tellier. Elle |la Dauphine] ne souffrait pas qu'on touchât aux oints du Seigneur, les honorant lors même qu'ils semblaient se rendre méprisables, couvrant leurs faiblesses par sa charité, fléch. Dauphine. || Jésus- Christ est appelé par excellence l'Oint du Seigneur. Il S. m. Membre d'une secte calviniste anglaise. Les oints pensaient qu'on ne pouvait plus pécher après avoir obtenu une fois l'absolution.

t ....OIR, finale masculine, qui répond au lalin orium, et....OIUE, finale féminine, qui répond au latin ....oria, toutes deux dérivant do la finale mssculiiie or qui indique un agent, par exemple : Victoria, victoire, de t!ic(or, vainqueur.

t ....OIS, suffixe qui répond au suffixe latin ensis, indiquant en général la dépendance d'un lieu, le rapport avec un lieu. D'après Corsscn, Bcitr. 470, il vient des noms de lieux en ento (ou eto, avec chute de la nasale : quercetum) ; ento est poui venio, sansc. raïUa, fourni, pourvu de : Laurentum, heu pourvu de lauriers; de ento vient enlio, hortenlius, horlensius, hortemis. Emis s'allaiblit ca

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fsis par chute de nasale; dès l'antiquité on trouve dans les inscriptions campanesis , narbonesis, etc. d'où l'italien ese ; cette finale, qui chez nous porte l'accent, se renforce er^ois.

1. OISEAU (oi-zô), s. m. || I* Animal ovipare à deux pieds, ayant des plumes et des ailes. Eh ! quoi ! ne dites-vous pas vous-même que le ciel et les oiseaux prouvent Dieu ? non, car encore que cela est vrai en un sens pour quelques ftmes à qui Dieu donne cette lumière, néanmoins cela est faux à l'épard de la plupart, pasc. Pens. xxv , îCO, éd. HAVET. Alger.... attaqué dans tes murailles comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher dans son nid, Boss. Mar.-Thtfr. Aux petits des oiseaux il [Dieu] donne leur pâture, hac. Ath.j, 7. Pensez-vous qu'en effet au gré de leur demande Du vol de leurs oiseaux la vérité dépende î volt. Œdipe, iv, < . La vie de l'oiseau aquatique est plus paisible et moins pénible que celle de la plupart des autres oiseaux, BUFF. Ois. t. xiii, p. 34*. Il [l'engoulevent] est dans le cas des autres oiseaux nocturnes; tous sont au fond des oiseaux de crépuscule plutôt que des oiseaux de nuit, id. tfr. t. xii, p. 223. J'observerai que tous ces mouvements bouffons ou satiriques attribués au hibou par les anciens appartiennent aussi à presque tous les oiseaux de nuit, id. «6. t. II, p. 4 49. Tous les oiseaux de proie sont remarquables par une singularité dont il est difficile de donner la raison: c'est que les mâles sont d'environ un tiers moins grands et moins forts que les femelles, ID. ib. t. i,p. 89. L'acteur tragique Ésopus fit servir un plat dans lequel étaient toutes les espèces d'oiseaux qui chantent ou imitent la parole humaine, oiseaux qui lui coûtaient dix mille sesterces la pièce; aussi estime-t-on le pUt à cent mille .sesterces [22500 francs], pastoret, Instit. Uém. hist. cl litt. anc. t. III, p. 405. Même quand l'oiseau marche, on sent qu'il a des ailes, lemierre. Fastes, i. Soyez comme l'oiseau posé pour un instant Surdes rameaux trop frêles. Qui sent ployer la branche et qui chante pourtant. Sachant qu'il a des ailes, v. hugo, Chants du crépuscule, 33. || Fig. C'est [Villebrune] un oiseau effarouché qui ne sait où se reposer, SËV. 22 juill. 4«76. Il Fig. et ironiquement. Voilà un bel oiseau, se dit d'un homme de mauvaise mine ou pour qui on a peu de considération. Ne voilà-t-il pas un bel oiseau ! |1 Fig. et familièrement. Quel oiseau, quel triste personnage 1 |l Fig. et familièrement, il se dit des personnes dont l'espèce est rare. Ces extrêmes Agnès Sont oiseaux qu'on ne vit jamais, LA FONT. Tahl. La dame Simonne, Le rare oiseau I ID. Itich. 11 découvre aussi l'oiseau rare [la jeune fille] Qu'attendait le roi très-chrétien, bé- RANO. M. de Charlem. \\ Fig. et familièrement. L'oiseau n'y est plus, l'oiseau s'est envolé, se dit d'un prisonnier qui s'est échappé. || On dit dans le même sens : les oiseaux sont dénichés. || Fig. La plume de l'oiseau, ce qu'il y a de mieux dans une affaire. Celte contusion |du jeune marquis de Grignan, à la guerre] était le dernier don de la dernière fée : î'est ce qui s'appelle la plume de l'oiseau, ou le pied lu cei-f, sEv. 22 déc. 408H. || Oiseaux domestiques, ceux qu'on élève dans les basses-cours pour le ménage: les coqs, les poules, les dindons, les canards, les oies, etc. || Oiseaux passagers, oiseaux de passage, les cailles, les bécasses, et tous ceux qui émigiput tous les ans. Chez les oiseaux do passage, les pères et les mères rassemblent leurs familles lorsque le temps du départ approche; plusieurs familles se rassemblent pour ne former qu'une même caravane, et se mettre par là plus en état de surmonter les résistances et de s'opposer à leurs ennemis, bonnkt, Conlempl.nal. xi, 4 3. || Fig. A quoi bon ce discours avec un étranger, Uneplumoà tous vents, unoiseau pa.ssagerT scuuerï, U Fils tupposé, i, 7. Ces sortes de créatures [les nourrices] sont des oiseaux de passage, que l'on souffre à cause des pauvres enfants, sÉv. îi août, i«75. Il Oiseaux de volière, ceux qu'on ri'Hirrit en cage. Réformes dans la maison du roi : ; . . / '. t de fainéants et de personnes vicieuses; Cl;,.' I 'z vos valets de passe-temps, les machinistes de vos plaisirs; videz vos écuries do chevaux, vos étables de chiens, vos volières d'oiseaux inutiles. Codicille du tett. attribué àLouitXlll, dans de lahorde, Émaux, p. 408. Il Oiseau de bois, les faisans, gelinotei, etc. || Oiseaux de rivière, les canards, saTcUcs et autres. |{ Tirer l'oiseau, se dit d'un exercice ou i on essaye d'abattre d'un coup de lu.'il ou d'un coup de t1< che ou d'un coup de pierre la figure d'un oiseau ou un oiseau réel. || Fig. Voilà une grande cage pour un petit oiseau, se dit d'un petit personnage logé dans un logis magnifique. || L'oiv>au eu a dans l'aile, s« dit d'un oiseau qui a re{U

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un coup qui l'empêche de voler, et fig. d'un homme atteint dans sa santé, dans sa fortune, dans sa réputation. Il II est comme l'oiseau sur la branche, il ne sait ce qu'il fera, ce qu'il deviendra. Et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l'homme est, en ce monde, ainsi que l'oiseau sur la branche, MOL. Festin, v, a. || Un oiseau de mauvais augure, oiseau considéré chez les anciens comme présageant quelque malheur. Mais le jour baisse et l'air s'est épaissi; J'entends crier l'oiseau de triste augure, DDCis, Oth. V, 2. Il Fig. et populairement. Oiseau de bon, de mauvais augure, personne qui fait pressentir un heureux événement, ou un accident fâcheux. Eh 1 bien, prenez la peine, mon cher seigneur, do chasser à l'instant cet oiseau de mauvais augure, pavart, Soliman II, i, lO. || Chambre aux oiseaux, local réservé jadis, dans chaque palais, à entretenir des oiseaux. || 2° Terme de zoologie. Classe du règne animal comprenant les animaux vertébrés dont le corps est couvert de plumes, et dont les membres antérieurs ont en général la forme d'ailes, à tête terminée en avant par un bec corné qui recouvre des mâchoires allongées, dépourvues de dents. Il 3° Le roi des oiseaux, la reine des oiseaux, l'aigle. L'escarbot intercède, et dit: Princesse des oiseaux.... LA FONT. Fabl. u, 8. || L'oiseau de Jupiter, l'aigle. L'oiseau de Jupiter, sans répondre un seul mot, Choi]ue de l'aile l'escarbot, la font. Fabl. u, 8. Il L'oiseau de Junon, le paon. || L'oiseau de Minerve, la chouette, le hibou. Connaissez-vous les miens [enfants] ? dit l'oiseau de Minerve, la fomt. Fabl. V, 18. Il L'oiseau de Vénus, la colombe, le pigeon. Dès qu'il [le chasseur] voit l'oiseau de Vénus, Il le croit en son pot et déjà lui fait fête, la font. Fabl. Il, <2. Il 4''Terme de fauconnerie. Absolument, l'oiseau, l'oiseau de proie dressé à la chasse. Faire voler l'oiseau. || Oiseau pillard, celui qui en pille un autre. || Oiseau branchier, celui qui n'a encore que la force d'aller de branche en branche. || Oiseaux de bonne compagnie, ceux qui ne sont point sujets à s'enfuir. |1 Oiseau dépiteux, oiseau qui ne veut pas revenir quand il a perdu sa proie. || Oiseau de bon goût, celui qui prend son temps à propos pour voler. Il Oiseaux ignobles, oiseaux de bas vol. Oiseaux nobles, oiseaux de haut vol. || Oiseau sor, se dit des oiseaux de pa'îsage qui n'ont pas encore mué. Il Oiseaux de leurre, les f;iucons, les gerfauts, et, en général, tous ceux qui servent à la haute volerie, et qui sont dressés à revenir au leurre et du leurre sur le poing, à la différence des oiseaux de poing, qui sont dressés à revenir immédiatement sur le poing, tels que les autours et les éperviers. || Oiseau niais, oiseau pris au nid et qui n'a pas encore volé. || Ce n'est pas viande pour vos oiseaux, c'est-à-dire cela ne vous est pas destiné, c'est pour des gens d'une plus grande qualité. || Fig. Battu do l'oiseau, se dit de quelqu'un àflui il est arrivé plusieurs malheurs, plusieurs perles qui lui ont abattu le courage; locution tirée de la fauconnerie, quand l'oi-seau battait de l'aile celui qu'il poursuivait. Vous n'êtes pas en état d'envisager votre retour, vous êtes encore trop battus de l'oiseau, comme disait l'abbé au rcversis, SÉV. 29 mars 4680. La princesse d'Harcourt [faisant des excu.ses] était si battue de l'oiseau, qu'elle crut n'en pouvoir trop dire pour en faire sa cour, st-sim. 64,72. Il S° Oiseau-mouche, sous-genre de passereaux ténuirostres compris parmi les colibris. Son chefd'œuvre [do la nature] est le petit oiseau-mouche; elle l'a comblé de tous les dons qu'elle n'a fait que partager aux autres oiseaux; légèreté, rapidité, prestesse, grâce et riche parure, tout appartient à ce petit favori, bufk. Ois. t. xi, p. 2. Ce très-pclil oiseau-mouche est à peine long do quinze lignes, de la pointe du bec au bout do U queue; le bec a trois lignes et demie, la queue quatre ; de sorte qu'il ne reste qu'un peu plus de neuf lignes pour ta tête, le col et le corps de l'oiseau, id. ib. p. 4 4, Le nid de l'oiseau-mouche se compose à l'exKrieur d'une légère couche de lichen gils, ce qui le fait facilement confondra avec la branche à laquelle il est attaché, cap, Audubon, p. 4 9. || Oiseau-abeille, oiseau-bourdon, jcs oLscaux-mouches et les colibris. Il 6° Oiseau-moqueur, voy. moqubur. || 7* Oiseau d'Afrique, la pintade. || Oiseau de Calicut, nom donné par erreur au dindon, en lui supi'Osant une origine asiatique, tandis qu'il nous est venu du Mexique, leooarant. || Oiseau de cerises, le loriot Il Oiseau chameau, l'autruche. || Oiseau do cimetière, le grimporeau des murailles. || Oiseau à collier, le niartin pécheur. || Oiseau diamant, nom donné par les colons au pardaloto pointillé (lurdidés) de la Nouvello-G^les du sud, || Oiseau dVi Ixjn Dieu, nom, en Norm uidie du ruitclet. || Oiseau fou, le

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noajl noir, sferno stolida, Linné, famille des laridés. Il Oiseau goitreux, le pélican. || Oiseau des Indes, le perroquet. Il Oiseau des joncs, l'ortolan dos roseaux. || Oiseau do mai, l'alouette calandre. || Oiseau-mon-pére, à Cayenne, le choucas chauve, corvus calvus,Gmelin, famille des turdiilés. || Oiseau de mort, la chouette elTraie. || Oiseau da Palamède, nom donné par les poëtos & la grue commune; il lui vient, dit-on, de ce que les grues rassemblées par le vol figurent un upsilon, lettre dont l'invention est attribuée à Palamède, legoarant. || Oiseau pécheur, le balbuzard. L'oiseau pêcheur ne parait pas se dé fier assez de ceux mêmes qu'il attaque; ce n'est pas toujours impunément qu'il fait sa proie des poissons ; quelquefois le poisson le saisit et l'avale, buff. Ois. t. xiii, p. 362. Il Oiseau Saint-Martin, le busard soubuse, fako pygargus, L. || Oiseau du soleil, nom donné par les colons de la Guyane à l'ordca helias, L. famille des hérons. || Oiseau teigne, le martin-pêcheur, parce qu'on s'est imaginé que sa dépouilla conservait les draps en éloignant les teignes. || Oiseau des tempêtes, procellaria pelagica, L. ordre des palmipèdes. Il Oiseau trompette, l'agami trompette, ptophia crépitons, L. ordre des échassiers. || Oiseau des tropiques, nom qu'on donne aux paille-en-queue , parce que leur apparition annonce le voisinage delà zone torride. || 8° Oiseau de paradis, voy. paradis. II En astronomie, Oiseau de paradis, constellation de l'hémisphère austral, dite aussi l'Oiseau indien ou l'Oiseau sans pieds; elle n'est pas visible dans les latitudes de l'Europe. || 9° Oiseau royal , espèce du genre grue. || Oiseau royal, nom d'une ancienne sorte de coiffure. Mon Dieu ! que je fus aise quand j'appris que le théâtre était purgé de blanc-poudrés coiffes au rhinocéros et à l'oiseau royal i volt. Lctt. Mmed'Argental, 4 8 juin 4 759. ||10» Fig. et populairement. L'oiseau de saint Luc, le bœuf; locution tirée de ce qu'un bœuf symbolique est représenté avec cet évangéliste, et on appelle ce bœuf oiseau par plaisant souvenir de l'aigle de saint Jean. Léger comme l'oiseau de saint Luc. || 11" Oiseau désigne quelquefois l'avicule commune (coquille). Il 12"Termo de blason. On nomme oiseau, dans l'écu, celui dont on ne peut designer l'espèce. || 13" Terme d'alchimie. Oiseau des sages, le mercure philosophai. || Oiseau vert, la pierre philosophale, lorsqu'elle prend la couleur de la végétation. ||14°i vuo d'oiseau, loc, adv. Do la manière dont on verrait un objet, si l'on planait au-dessus; se dit en termes do dessin et de peinture. Plan à vue d'oiseau. I| Fig. Je n'ai fait voir les choses dans ce dernier volume [d'Kssai sur l'histoire générale] qu'à vue d'oiseau, volt. I.ett. Richelieu, 4 3 mars 4 705. || 15" X vol d'oiseau, loe. adv. En ligne droite. || 16" Populairement et fig. Aux oiseaux, très-bien. Il est meublé aux oiseaux, n. LE BALZAC, dans A'xccnlricitc's du langage. \\ Proverbes. Petit à petit l'oiseau fait son nid, se dit en parlant des choses qui se font lentement et peu à peu. Il  chaque oiseau son nid est beau, c'est-i-dire chacun trouve belle sa maison, sa propriété. ||Tel oiseau, tel nid. || 11 a battu les buissons, et un autre a pris les oiseaux, c'est-à-dire il a pris la peine, et d'autres en ont profilé. Un certain homme [Louvois] avait donné de grands coups depuis un an [contra M. do Pompone], espérant tout réunir; mais ou bat les buissons^ et les autres [les Colbert] prennent les oiseaux, sÈv. 8 déc. 1679. || Grande cage ne veut pas un petit oiseau. || La belle plume fait le bol oiseau, c'est-à-dire les beaux habits relèvent la bonne mine. || Le bon oiseau se fait lui-même, c'est-à-dire les heureux naturels se développent par oui-mômcs et indépendamment des circonstances. || C'est un vilain oiseau que celui qui salit son nid, se dit de ceux qui médisent de leur pays, de leur lamille, de leurs parents, des bienfaiteurs de leurs enfants.

— iiiST. XI* s. Plus est isnels [rapide] que n'est oisel qui vole, Ch. de Roi. cxxi. ||xii* s. CarpleQs/ Deu, qui fit oisel volage.... Rone. p. 65. X la douçot du temps qui raverdoie Chantent oisel et fiorisscnt verger, Couci,ixi. Dune veissiezcntr'cis les beaube. lez I joyaux] duner,E les chiens onveior, o les oisaus porter. Th. le mart. 99. || xni" s. Se il no le Iriievo si acompli de toutei choses, porco que luit blano oisiau no sont pas oigne, brun. lat. Trésor, p. 688. Cil qui Iraient [liri'nlj à oziax ou à besles sauvages, BEAUM. LXix, 3. ChascuDS devient oisel de proie; Nus [nul] no vit mes, se il ne proie, butbb. 248. De put ocf put oisel [do vilain œuf vilain oiseau], LEROUX DE UNCT, l'iov. t. 1, p. 488. ||xvs. Mo^sire Waflart de la Croix, qui s'esloit bouté et repu [caché] entre marais et toseaux, et se cuidolt là tenir jusques à la nuit, fut aperçu d'aucuns compagnons qui dicvaucboieut parmi ce» marais cl voluieut do

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leur» olsesui. Faoïss. i, i, «s*. Si gagnerions volontiers.... aucune chose sur ces beaux oiseaux qui s'envolent sans ailes, et qui font voler leurs bannière», ID. H, m, »•. Roys qui ne scet est comme oisel en caige, b. desch. Poés. mtî. ^ lis. D'oiseaux, (le chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille loulours, VILLON, cité dans mênacb. || xvi* s. Oiseaux mignons [apprivoisés], amtot, Sylla, 58. Ce que nous disons oiseau, et nos ayeuls ou bisayeuls oisel, H. EST. PriceU. p. 86. Oiseau débonnaire [de bonne race] de luy niesme s'afTeite [se dresse], le- RODXBK LiNCY, Prov. t. I, p. «88. Oiscau ne peut Ttiler sans ailes, id. ib. X tart crie l'oiseau quand il est pris, lo. ib. Plus l'oiseau est vieux, moins il se veut défaire do ses plumes, oddin, Curios. franc. Vieil oiseau ne se prend à retz, cotgrwe.

— ÊTYM. Berry, oisiau; picard, eusieu, oisieu; bourguign. ougia, oisea, oxea; Jura, ugé,vgeau; Vosges, ougé, oujeix; wallon, oûhai; namur. oûja; Hainaut, osiau ; Banc de la Roche, ouheu ; provenç. ouiel; anc. catal. ausel; ital. uccello, augello; bas-lat. aucellus, dans laloisalique; d'undiminutif non latin avicellus, de avis, oiseau. L'ancien français faisait au nominatif oijeJî ou oisaus; au régime, oisel; au nominatif pluriel, oisel. Oi'iel, ancienne forme du mot oiseau, s'est conservé assez tard dans la fauconnerie : ("est M. le baron de Messy qui a perdu son oisel avec des grelots, dancoubt, la liaison de campagne, se. 9.

ï. OISEAU (oi-zô), t. m. Terme de maçon. Sorte de petite auge qui se met sur les épaules, pour porter du mortier. Porter l'oiseau, être manœuvre auprès des maçons.

— ÊTYM. Ainsi dit, par comparaison avec un oiseau, ou peut-être corruption à'augeau, dérivé de auge.

CISELÉ , ÉE (oi-ze-lé, lée), part, passé d'oiseier. Faucon oiselé, faucon dressé.

OISELEU (oi-ze-lé. La syllabe sel double l'I, quandla syllabe qui suit est muette :j'oisolle, j'oisellerai). || 1° Y. a. Terme de fauconnerie. Dresser un oiseau pour le vol ; chasser à l'oiseau. || 2° V. n. Terme de chasse. Tendre des filets, des gluaux, etc. pour prendre les petits oiseaux.

— mST. xii* 8. Ostors por ciseler, Ttone. p. 7. Il XIII" s. Et cil qui pas apris ne fu Ne d'oiseier ne de chacier, Ben. 50b7. Deables, qui de joie oisele [s'ébat]. Quant voit les bones gens meflaire. Moult grant joie ot de cest affaire, nu cange, oisellare. Il XVI* s. Oiseler un faucon sur la grue, cotohave.

— ÉTYM. Anc. franc, oisel, oiseau.

t OISELET (oi-ze-lè) , s. m. || !• Petit oiseau. Cependant, tout le jour, un peuple d'oiselets, De rameaux en rameaux volant dans les bosquets, db- LitLE, Parai, perdu, vu. Ij Fig. Pauvre oiselet, j'ai pu trouver un nid, bRrano. Souven. d'enfance. lia* Dans le moyen êge, oiselets de Chypre, boules parfumées, faites en forme d'oiseaux, peut-être même recouvertes de plumagps d'oiseaux, et qu'on crevait pour en répandre la poudra odorante, de laborde, Émaux, p. 4i*.

— HIST. xiu* 8. Escoutant ces dous ciselés, Qui chantoient sons novelés, la Rose, 4005i. || xiv* s. Un poisson d'argent à mettre oyseletz de Chipre, pesant zii eslcrlins, de laborde, ^maux, p. 42B. Trois oiselets en uneescuelle, c'est assez, Kénagier, il, *. Il xv« s. Fuient bien dix mille environnant le chastel [de Bervich occupé par les Écossais] par celle manière; et l'assiégèrent de si près que un oiselet ne s'en peu-it partir sans congé, kroiss. ii, ii, 1 5. || xvi's. Tous nos efforts ne peuvent seulement arriver à représenter le nid du moindre oyselet, mont, i, 235. Mieux vaut estre oiselet de bois au bocage, qu'un grand oiseau de cage, leroux de lincy, Prov. t. i, p. no

— ETTi'M. Diminutif d'oijei (voy. oiseau). OISELEUR (oi-ze-leur), ». m. || 1° Celui qui fait

métier de prendre des oiseaux à la pipée, aux filets, ou autrement. L'oiseleur repartit : Ce petit animal T'en avait-il fait davantage î la >ont. Fabl. vi, » 5. Il Au pfm. J'ai reçu la charmante oiseleuse avec un nouveau plaisir, j. j. nous». Lett. à Coindct, 27 avr. «766. Il f 11 s'est dit de celui qui avait un goût décidé »our la chasse à l'oiseau, comme dans le nom Henri tOiteleur. || 8- Ad}. Qui prend de» oiseaux et en vit, raparlantdecertainsanimaux.Desserpentsoiseleurs sifAent suspendus aux dômes des IhjI», chateaub. ÀUila, ProloyiM. 114* Vents oiseleurs, nom de certains venu réguliers et périodique», qui soufflent tous les »n» dans la même saison, et qui s'appellent autrement ttésltns et omiihies. On les nomme oiseleurs, parce qu'il» rèfnent dans le temps où le» oi.scaux travail- IWil k faire leur» nid»; ils sont d'ailleur» fort doux. — «YW. oiSRLKua, oisr.LiBN. Oiseleur est celui qui prend 1«» oIimui , oiselier celui qui le» vend.

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— HIST. xiii* S. Ainsinc cum fait li oiselierres, Qui tent à l'oisel comme lierres [voleur]. Et l'apele par dous sonnés, Muciés entre les buissonnés.... laRose, 21767. Comme li oisiaus qui eschape de la roiz à l'oiseleur. Psautier, f" <B8. || xvi' s. Je ne prends gueresbeste en vie,à qui je ne redonne les champs; Pythagoras les achetoit des pescheurs et des oyseleurs, pour en faire autant, mont, ii, *3i.

— ÉTYM. Oisft (voy. oiseau). Oiselière m nominatif, oiseleor au régime, dans l'ancien français. Ital. uccellatore.

OISELIER (oi-ze-lié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des oi-ze-lié-z achalandés), s. m. Celui dont le métier est d'élever et de vendre des ciseaux.

— HIST. xvi" s. Oiselier, oudin, Dict.

— ÉTYM. Oisel (voy. oiseau); wallon, ouhelt. OISELLERIE (oi-zè-le-rie), s. f. j| 1° Métier de

prendre, d'élever et de vendre des oiseaux. || 2° Lieu où l'on élève des oiseaux.

— ÊTYM. Oiselier.

t OISEUSEMEXT (oi-zeû-ze-man), adv. D'une manière oiseuse.

— HIST. XVI" s. Oiseusement, monet, Diet. OISEUX, EUSE (oi-zeû, zeû-z'), adj.\H' Qui

par habitude ou par goût ne fait rien. U y a trop de larrons et de vauriens, et trop de gens oiseux qui ne cherchent qu'à faire bonne chère et à être braves aux dépens d'autrui , gui patin, Lelt. t. m, p. Î2B, dans POUGENS. Vous vous distinguez même, dans votre esprit, de ces hommes oiseux de votre rang qui ont toujours mené une vie obscure, lâche, inutile, mass. Avent, Idort du péch. Ce sont là des raffinements; l'Évangile, cette philosophie si sage, si simple, si admirée même des païens, n'est donc plus qu'un vain système d'un esprit oiseux, id. Carême, Dang. des prosp. David fut indiscret et oiseux, avant d'être adultère, ID. Carime, Tiéd. 2. L'Église, qui voit un de ses ministères.... rempli par un ministre tiède et oiseux, id. Confér. Zèle contre les scandales. |l Substantivement. L'ambitieux, l'oiseux, le vindicatif, mass. dans planche, Dict. de la langue oraioire et pratique. || En parlant des choses. Une vie incertaine. Inégale, oiseuse dans son agitation, mass. Profess. relig. Serm. 2. Les professions oiseuses, futiles ou sujettes à la mode, telles, par exemple, que celle de perruquier, 1. J. Bouss. Ém. m. || Fig. Sors de ce lit oiseux qui te tient attaché, boil. /,ulr. i. Aux élans redoublés de sa voix douloureuse, Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, m. ib. iv. || 2" Inutile, qui ne sert à rien. Occupation , dispute oiseuse. Une épithète oiseuse. Sien conséquence de ces principes une parole oiseuse doit être condamnée, que sera-ce d'une vie tout entière, où Dieu ne trouvera rien que d'inutile? bourdal. Dim. de la Sepluagés. Dominic. 1. 1, p. 350. Des questions oiseuses où l'on ne s'intéressait pas pour le fond de la vérité, mass. Carême, Vérité de la relig.

— REM. Des grammairiens prétendent que oiseux ne se dit pas des personnes. C'est une erreur. Les meilleurs auteurs l'ont employé en ce sens; et il n'y a aucune raison pour ne pas suivre leur exemple.

— HIST. xiu' s. Car par vie oiseuse et fetarde Puet l'en [on peut] à poureté venir, la Rose, 1023«. One ne liplot [plut] oiseus sejors, ib. 4 890i. Garde que tes paroles ne soient oiseuses; car il nos conviendra rendre raison de tout mot oiseux, brun. LATiNi, Trésor, p. 358. On ne li pot pas demander le damace, ancois li doit on rabatre de son loier selon le tans qu'il demeura oiseus, beaum. xxxviii, i9. Por ce que li molin ou li pressoir soient wiseus, ID. ib. Il XIV" s. Et pour ce, à parler par similitude, l'en pîut dire que benivolence est amisté oyseuse, OBESME, Eth. 270. Vous avez bon cheval; il sent bien l'esperon : Vous n'avez pas esté oiseux, bien le voit-on, Cuescl. 4BH7. || xv" s. Les gens y sont tous oiseux, et n'y font point de labour [en Pouille et en Calabre], froiss. ii, ii, <37. || xvi" s. La lecture des livres qui apportent seulement une vaine et oiseuse délectation aux lisans, est à bon droict reprouvée, amyot, Préf. I, p. 25. 11 vouloil que la fin de leur vie ne fust non plus oiseuse ny inutile que le demourant, 10. Lyc. 61. Une vie oiseu.se, id. Pyrrh. 42.

— ÉTYM. Wallon, ou/ifili; provenç. oci'oî, ossios; esp. oci'oso; ital. oiinso; du lat. oliosus, de otium, loisir. L'ancien français avait un substantif féminin oiseuse, uiseuse, qui signifiait oisiveté.

OISIP, IVE (oi-zif, zi-v'), adj. || 1" Qui ne fait rien actuellement. Ces Ames oisives qui n'apportent d'autre préparation à leurs charges que celle de les avoir désirées; qui mettent leur gloire à les acqué rir, non pas i les exercer.... ritctt.le Tellier. Et mes

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coursiers oisifs ont oublié ma voix, hac. Phèdre, II, 2. Cela est bon pour la petite poste de Paris, pour avertir un homme oisif qu'il est prié à souper chez une femme oisive, avec des gens qui n'ont rien à faire ni à dire, volt. Lelt. Thibouville, 20 nov. 4 777. Les journées sont longues et les années sont courtes pour l'homme oisif, dider. Claud» el Nér. ii, 79. Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon, j. j. nouss. Ém. m. 1111 se dit aussi des choses en ce sens. Une oisive indolence. Les sots ne se bornent pas à une haine oisive contre les gens d'esprit; ils les repré-sentent comme des gens dangereux, ambitieux, intrigants, DUCLOs, Consid. mœurs, xi. || Vie oisive, vie d'une personne inoccupée. Ou'est-co donc encore une fois que le désordre d'une vie oisive î c'est, répond saint Ambroiso, à le bien prendre, une seconde révolte de la créature contre Dieu, bolrdal. Dim. de la Sepluagés. Dominic. t. i, p. 346. || 2" Dont on ne fait point usage. La valeur est oisive pendant la paix. Est-ce votre dessein d'attirer mes blasphèmes, Et qu'ainsi que mes maux mes crimes soient extrêmes; Qu'à mille impiétés osant me dispenser [me livrer], X votre foudre oisif je donne où se lancer? CORN. Sut», v, 2. Transporté d'une ardeur qui ne peut être oisive. Je rejoindrai bientôt les

Grecs sur cette rive, rac. Iphig. i, 2 Mais ce

secret courroux. Cette oisive vertu, vous en contentez-vous? La foi qui n'agit point, est-ce une foi sincère? id. Ath. l, <.|| Argent oisif, argent qu'on ne fait point valoir, dont on ne jouit pas. Celui-ci ne songeait que ducats et pistoles; Quand ces biens sont oisifs, je tiens qu'ils sont frivoles, la FONT, l'dbl. XII, 3. Il 3° S. m. Personne oisive. On punissait une étourderie de jeune homme comme on aurait puni un empoisonnement ou un parricide; les oisifs en poussaient des cris perçants, et le lendemain ils n'y pensaient plus et ne parlaient que de modes nouvelles, volt. Princ. de Rabyl. lo. Le» oisifs des villes, gens aussi ennuyés qu'ennuyeux, qui ne sachant que faire de leur temps, abusent de celui des autres, j. j. bouss. Lett. d M. Jfonicr, Corresp. t. iv, p. 278, dans pougens. Mais non : il faut que lo public essuie Le mal contagieux d'un oisif qui s'ennuie, delille, Convers. i, || Les Oisifs {gli Osiosi^, nom des membres d'une académie de Bologne. || Proverbes. Qui est oisif en sa jeunesse travaillera dans sa vieillesse.

— REM. Balzac, cité par Bouhours, a dit : « 11 faudra rendre compte, au dernier jugement, de la moindre parole oisive. » Aujourd'hui en ce sens, on dit oiseux.

— SYN. OISIF, OISEUX. Oiseux désigne celui qui a l'habitude de ne rien faire; oisif, celui qui ne fait rien actuellement; quelquefois le sens de ces deux mots se rapproche beaucoup; mais c'est là la nuance. En parlant des choses, oisif exprime qu'on n'en fait point usage ; oiseux, qu'elles ne servent à rien.

— HIST. xvi" s. Et nous laissons, maugré nous, les doux champs Et nos pays; toi oisif en l'umbrage, Fais résonner les foretz.... marot, iv, t. Jamais je ne suys oisif, bab. Garg. l, 40. Ce ne sera chose inutile et oisifve, vous ramentevoir l'origine du bon Pantagruel, m. Pant. n, *. Enrichissant ton œuvre d'epithetes significatifs et non oisifs, c'est à dire qui servent à la substance des vers, rons. B83. La vie oisive.... ID. 6(H. Comme les terres oisives foisonnent en mille sortes d'herbes sauvages.... charron, Sagesse, 1,15.

— ÉTYM. Oisif, qui est un mot récent, du XVI" siècle (cependant il doit être plus ancien, et remonter sans doute au xiv" oii l'on trouve oisivcU qui le s-uppose), est fait sur le modèle d'oiteu*. L'ancienne forme était oi'dii'e, employé substantivement au sens d'oisiveté, et qui représente une forme non latine otiivus, de otium, loisir.

OISILLON (oi-7.i-llon, /( mouillées, et non oi-ziyon), s. m. Petit oiseau. Un manant au miroir prenait des oisillons, la font. Fabl. vi, (5. || Proverbe. Tel bat les buissons qui n'a pas les oisillons, se dit do ceux qui travaillent pour autrai et qui prennent une peine dont ils sont fort mal récompensés.

— HIST. XII"». El li douz chant des menus oizillons, Couci, XIII. || xill" s. X celui matin, pour la douchour dou tans, chil oiselon chantoient cleremeiit, chascuns selon sa manière, H. de valenc. vu. Li oisillons du vert boscage. Quant il est pris et mis en cage, la Rose, )4I45.

— f.TVM. Diminutif d'otî?! (voy. oiseau). OISIVEMENT (oi-zi-ve-man), adv. D'une inauiiit

oisive.

— HIST. xvi" S. Oisivement, cotoravk.

— ÉTYM. Oisite, et le suffixe ment.

OIS

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