‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 263 sur 389 · ONT · texte numérisé non relu

ONT

jours au péril, sully, Uém. t. vi, p. 2H, dans la- CBRNE. C'est belle bataille des chiens et des chats, chascun a des ongles, cotgrave.

— ÉTYM. Picard, ongue; prov. ongla, ungla; esp. uno; port, unha; ilal. iingliia, ugna; du lat. ungula, diminutif de unguis, le même que le grec 6vj5; persan, ndA'/iè(i; sanscr. nak/ia; russe, nôgoi; ail. Nagel; angl. iiail; le latin paraît avoir comme le grec â-vjj , subi la prosthèse d'une voyelle.

t ONGLE, ÉE (on-glé, glée), ad/. || i" Terme de fauconnerie. Se dit des oiseaux qui ont des serres. Il 2' Terme de blason. Se dit des animaux dont les griffes sont d'un émail autre que celui du corps. Il porte d'azur à trois coqs d'argcul ouglés de sable, à l'aigle do sable ongle d'or.

— ETY.M. Ongle; ital. unghialo.

ONGLÉE (on-glée), s. f. \\ l'Engourdissement douloureux cau.sé par le grand fruid au bout des doigts. Cuant à présent, la campagne n'est pas tenable; il y l'ait presque aussi froid que dans ma chambre, où, prés d'un grand feu, je gèle en me rôtissant, et l'onglée me fait tomber la plume des doigts, i. i. RODss. Lett. à 11. LaUiaud, Corresp. t. vu, p. (86, dans pouGENs. || i' Terme d'art vétérinaire. Excroissance membraneuse à l'œil du cheval.

— HiST. xvi' s. Jean arrivé avec l'onglée aux doigts, qui s'accroupit vis à vis le fou, noel du fail, ConUs d'Eiitrapel, ch. xu.

— RTYM. Ongle.

ONGLET (on-glé; le t ne so lie pas; au pluriel, l's se lie), s. m. || 1° Dé que les brodeuses emploient pour diriger l'aiguille à crochet. |{ 2° Terme de zoologie. Épine saillante et roide qu'on voit souvent au bord externe de l'aile des insectes diptères. || 3" Nom d'une espèce de burin qui n'est différent du burin ord:naire des graveurs qu'en ce que son extrémité est en losange. || On dit aussi onglette. || 4° Terme .le botanique. Partie inférieure, et ordinairement létrécie, de chaque pièce d'une corolle polypétalc, celle par laquelle le pétale tient à la (leur. || 5" Terme de jardinage. La partie du rameau qui est laissée au-dessus de l'œil sur lequel on asseoit la taille. || La partie qui reste entre l'œil et l'aire de la coupe. |[ 6' Bande de papier que l'on coud au dos d'un livre en le reliant, pour y coller des cartes, des estampes. Cartes montées sur onglet. |1 Petite bande qu'on laisse quand on fait un carton, c'est-à-dire quand on supprime un feuillet que l'on remplace. Le relieur coupe, dans la marge du côté du dos, le feuillet qu'il veut supprimer, eu laissant, de ce côté, uno petite bande qu'on nomme onglet, sur laquelle il colle proprement le carton. Manuel du Relieur, p. 4«, Roret, 1827. Il Synonyme de fau.5S8 garde. Il 7" Terme d'imprimerie. Carton de deux pages substitué à des pages fautives. |1 8" Extrémité d'une planche,d'une moulure qui forme un angle de quarantecinq degrés. Couper, tailler d'onglet. Il 9° Echancrure sur le plat d'une règle de fer ou de bois. || 10" Terme de marbrier. Coupe faite obliquement par le bout ou sur l'épaisseur d'une bando de marbre. || 11° Terme de charpente et de menuiserie. Assemblage à onglet, celui des pièces qui sont coupées diagjnalement ou en triangle H 12' Entaille que l'ébéniste fait sur le couvercle d'une botte, lorsqu'il est ajusté à couli-.se, pour le tirer commodément. || 13" Entaille sur la lame d'un couteau ou sur celle d'un canif, dans laiiuelle on passe le bout de l'ongle pour faire sortir cette lame au dehors du manche. || 14" Terme do géométrie. Onglet sphcrique, portion de la sphère comprise entre deux plans qui pasi>ent par lo même diamètre. Onglet cylindrique, portion d'un cylindre, comprise entre sa base, sa surface courbe et un plan oblique qui rencontre la base, avant d'avoir coupé la surface entière du cylindre, y 15* En chirurgie, onglet est synonyme de plérygion. || Terme de chasse. Excrois.sance au coin de l'œil ou peau qui couvre les yeux des jeunes chiens. || 16" ùans ;es bêtes de boucherie, la piirtio de la fressure qui tient au mou et au foie, se nomme onglet.

— ÉTV.V. Diminutif d'ongle.

■tO.\GLETÉ,ÉE(ongie-té,téc),adj'.Tcrmodo botanique. Qui psi muni d'un long onglet. Pétalo onglclc.

— RTVM. Ongltt.

ONfiLETTEton-glè-f),*.^. Voy. OîîOLKT.

|OXOLON{ùn-glon), t. m. Nom donné aux enre-

loppes cornées de l'extrémité des doigts chez le^ animaux à pied fourchu, comme les ruminants. || Écaille qui envelopi)e l'extrémité dos pattes do la tortue.

— IIIST. XVI" s. Onglon.? de pourceau, cotorave.

— RfYM. Dérive tlongte.

fO-NOL'ÉAL, mauvaise orthographe d'unguéal, voy ce mot.

OJiUL'ËNT (uu-gao; au pluriel, l'i le Ue : do*

on-ganz odoriférants), î. m. || 1" Médicament d'une consistance molle que l'on applique extérieurement. Une boîte d'onguent. || Onguent de la mère, onguent employé comme suppuralif, ainsi nommé d'une religieuse qui le composa. || Onguent gris, onguent napolitain, onguent où il entre du mercure. || Onguent pour la brûlure, cérat fait avec de l'huile et delà cire. llFig. De l'onguent pour la brûlure, moyen de se préserver des accidents qui peuvent se piésenter dans la vie. Fuyez Paris, n'allez point à la cour. Si vous n'avez onguent pour la brûlure, VOLT. Lett. en vers et en prose, 37. Les protestants n'ont pas trouvé D'onguent pour la brûlure, bébano. Mission. || Onguent pour la brûlure, ou Secret pour empêcher de brûler les livres, titre d'un poème en vers burlesques, de Barbier d'Aucourt. || Onguent niiton mitaine, voy. uito.n. Mais tout ça, comme dit l'autre, n'a été que de l'onguent miton mitaine, MOL. Méd. malgré lui, iu,2. || Onguent de courrier, suif de chandelle fondu et versé dans de l'eau, que les courriers appliquent sur leurs écorchures. || Terme de jardinage. Onguent de Saint-Fiacre , mélange de bouse de vache et d'argile, pour les plaies des arbres. || 2° Onguent s'est dit jadis pour parfum. Ouatre boîtes d'onguents, une d'alun brûlé, bégnieb , Sat. XI. L'n fameux auteur est repris, et avec raison, d'avoir écrit onguent, en parlant do la Madeleine, et dit : un précieux onguent; nous avons encore plusieurs de nos écrivains et de nos prédicateurs qui font cette faute, v.ilgel. Rem. t. ii, p. 847, dans pouGENS. Il Proverbe. Dans les petites boîtes sont les bons onguents, se dit quand on veut complimenter les personnes de petite taille.

— HlST. XVI" s. Unguent egyptido, pabé, v, 21.

— ÊTVM. Provenç. onguen, engu(n,eiiguent; esp. et port, unguento, du lat. ungueulum, de ungere, oindre.

t ONGUICULE (on-gui-ku-l'; ui prononcé comme dans huile), s. m. Termo do zoologie. Petit ongle.

— F.TV5I. Lat. unguiculus, diminutif de unguis. ONGUICULÉ, ÊË (on-gui-ku-lé, lée; ui prononcé

comme dans huile), adj. || 1° Terme d'histoire naturelle. Pourvu de petits ongles ou onguiculés. Les mammifères terrestres sont divisés en onguiculés et ongulés. || 2" Terme de botanique. Qui est muni d'un grand onglet. Pétales onguiculés. || 8" Oui est en forme d'ongle, c'est-à-dire allongé et arrondi ou à peu près ovale. Opercule onguiculé. || Myrrhe onguiculée, myrrhe dont les plus gros morceaux présentent, dans leur intérieur, des .stries blanches comparées à des coups d'ongle.

— ETYM. Onguiculé.

t ONGUIFOU.ME (on-gui-for-m' ; ui prononcé comme dans huile), adj. Qui a la forme d'un ongle.

— ÉTYM. Lat. unguis, et forme.

ONGULÉ, ÉE {on-gu-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un ongle, d'un sabot. Il Se dit des mammifères dont le pied est terminé par un ou plusieurs sabots à ongles.

— ÉTYM. Lat. ungula, ongle.

t ONGULINE (ou-gu-li-n'), s. f. Genre de coquilles bivalves.

— ÊTYM. Lat. ungula, ongle, à causa de la forme. ONinoCUITIE (o-ni-ro-kri-sie), «. f. Art d'interpréter les songes.

— 111ST. xvj" S. Interprète.... onirocrite et oniropole, BAB. m, u.

— ÊTVM. 'OveipoxpiiHa, de ivj;poj, songe, et xpîveiv, juger.

t ONlROCUrriQUE (o-ni-ro-kri-ti-k*), t. f. Synonyme d'onirocritia (voy. ce mot). Homme qui

possè<ie superlative arithmétique, optique, oiii-

rocritique.... mol. Ifar. forcé, 8.

t ONIKODYNIE (o-ni-ro-di-nie). t. f. Terme do médecine. Nom donné quelqucfoli au «omnamhulisme et au cauchemar.

— ÊTV.M. "Ovtipo?, songe, et èîOvïi, douleur. ONIKOiIANCË(o-ni-ro-man-s')oii()NIKO.MANCIE

(o-ni-ro-man-sie), ». f. Divination par lus songes.

— 8TV.M. 'OvtipônavTi;, de ivnfoj,. songe, et (nàvTtç, devin.

fONIliOMANClKN (o-ni-ro-maa-siin), *. m.

Celui qui interprète les songes.

t O.NOCENTAUKB (o-no-san-to-r"), ». m. Nom d'un animal fahuleui. Le» démons et les onoccntaures s'y rencontreront , et les satyres y jetteront de» cri» le» un» aux auiro», »aci, lliUe, /roic, xxxiv, i»

— KTYM. 'Ovbici<Taupo(, de ivo(, Ane, et vivtaupor, cenhiure.

O.NOCKOTALE (o-no-kro-ta-l'), ». m. E.sp4ce do pélican bl.inc.

— ETÏlL 'Oy(//.pis«)o{, do ivo;, ino, ol xpixa/o;, soDU«U< : soDDello d'àiS.

t ONOMASTICON (o-no-ma-sti-kon'), i. m. Titre d'un ouvrage qui a pour but de fixer le sens et l'emploi des mots. Onomasticon de PoUui. ][ X l'imitation des anciens, quel(|ues savants modernes ont donné le nom d'unomasticon à des glossaires spéciaux d'uu auteur.

— ÉTYM. 'Ovoiiaatixiv, sous-entendu ptfiXtov, de 6vo|jio, nom : livre relatif à des noms, à des mots.

t ONOMASTIQUE (o-no-ma-sli-k') , adj. Qui a rapport aux noms propres; qui renferme des noms. Nomenclature onomastique des rois d'Égipte. || ». f. L'uaomastique, la liste, la doctrine des noms propres.

t 0N0.MAT0L0G1E (o-no-ma-to-lo-jie), s. f. Science des noms , des classifications nominales.

— ÉTYM. 'OvoM-a, nom, et XÔTfo;, doctrine.

t ONOMATO.MANCIE (o-no-ma-to-man-sie), t. f. Divination fondée sur le nom d'une personne, sur lo nombre des lettres dont ce nom se compose, etc.

— HIST. XVI" s. Par onomatomanlio : comment as-tu nom? bas. m, 25.

— ÉTYM. "Ovoiia, nom, et lo suffixe mancie. ONOSIATOPÉE (o-no-ma-to-pée), ». f. lerme de

grammaire. Formation d'un mot dont le son est imitatif de la chose qu'il signifie. Cuculus se prononçait comme nous dirions coucoulous, d'où vient le mot français coucou; et ces mots, dans l'une et l'autre langue, n'ont été formés que par onomatopce, c'est-à dire imitation du son, pour marquer le chant de cet oiseau, bollin. Traité des Et. i, 3. L'onomatopée est une figure par laquelle un mot imite le son naturel de ce qu'il signifie; on réduit sous cette figure les mots formés par imitation du sou, comme le glouglou de la bouteille, le cliquetis, c'est-à-dire le bruit que font les boucliers, les épées et les autres armes, en se choquant, db- MARS. Trop. Il, 19. Un enchaînement de petite» onomatopées analogues aux liées qu'on a, et dont on est fortement occupé, did/rot, Soiondel707, a'utir. t. iiv, p. 474, dans ougens. || U se dit des mots imitatifs eux-mémt.-r Dictionnaire des onomatopées françaises. || En un sens plus large, on applique quelquefois aujourd'hui le nom d'onomatopée aux cris qui naturellement accompagnent certains gestes.

— UEM. L'onomatopée diffère de l'harmonie imitative, en ce que l'une appartient à un mot, et l'autre à une phrase : glouglou est une onomatopée ; l'essieu crie tl se rompt est de l'harmonie imitative.

— ÉTYM. 'OvonaTono'.ta, de 8vo|ia, nom, etnoteï', faire.

t ONOMATOPÉlyUK (o-no-ma-to-pé-i-k' ), adj. Qui tient do l'onomatopée; qui offre les mêmes caractères. Les noms donnés aux chose» ont été souvent imitatifs, onomatopéiiuos.

t ONOSIDE (o-no-ni-d), ». f. Genre de la famille des légumineuses.

— ÉTYM. 'Ovuviç.

t ONOPOUDE (o-no-por-d*), t. m. Ce. re do la fa^ mille des composées.

— ÉTYM. 'OvosopSo;, de ivo;. Une, et «épîti», iriitopîï, péter, comme si l'on disait pet d ,Uie.

t ONOSME (o-no-sm'), ». f. Nom d'un gcut^ de borraginées où l'on distingue Vonosma ecUioid^, Linnô, dit surtout orcanèto.

— ÉTYM. *0vo;, âne, et io\i.-h, odeur: piaule flairée par les ânes.

t ONTOGONIE (on-to-go-nie),». f. Histoire d«U production des Stras organisés à la surface de li terre.

— ÉTYM. 'Ov, îvTO<, un être, et yôvot, génération. ONTOLOGIE (ontû-lo-jie), ». f. || 1" Théorie de

l'être, science do l'être; c'est en général le synonyme do métaphysique. Il sera bien dan» l'ordre J» la marche d'esprit qui va naturellement dos concrets aux abstraits et dos moin» abstraits aux plus abstraits, de finir par l'ontologie ou la science do l'.'tro, BONNET, <Jîui\ Hi^L t. xviii, p. »7i», dan» P0U0EN3. Toutei les ontologies, toute» les psychologies no aont-c'lli's p.n dos révcs? volt. Lett. L. C. i7(i«, .Sur Ut qualités oceultei. L'examen do ces propriétés forme colle branche do la philosophie dont toutes les autres emiTunlcnt un partie loura principes : on là Dommo l'ontologie ou acicnce de l'être, ou métaphytique générale, d'aleuh. Disc. prHim. Enojcl. (Euv. t. I, p. 23», dans pouoens. || Traité «ur l'ontologie. L'Onlologio du Wolf. || 2" Dans la niédocine, la doctrine qui, oppo.iée h la doctrine phy.tiologique, no rattache pa» U:i phriioméues pathologiques aux phénomène» régulier» de la vie.

— ÉTYM. 'Ov, ivTo;, l'être, et Xoyo;, doctrine. O.NTOLOOiyUR (on-to-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à l'oulolujjie. Il Preuve oulologiquo do l'exi*-

ONZ

tence de Dieu, celle qui conclut l'existence d^ln «tre nécossaire do l'idée que, suivant la psychologie, Dous avons en nous d'un tel être.

— ÉTYM. Ontologie.

t OITTOLOGISER (on-to-lo-ji-ré), t». n. Faire de l'ontologie.

f ONTOLOGISTE (on-to-lo-ji-st'), t. m. Celui qui l'adonné à l'ontologie, ou qui adopte les idées du «yslÈme onlologique.

t ONYCUIE (o-ni-kie), ». f. Terme de médecine. Inflammation de la matrice unguéale.

— KTYM. 'OvuE, ongle.

t 0.\YCIIO.MAîîClE (o-ni-ko-man-sie), *. f. Prétendue divination qui se fait en couvrant les ongles d'un enfant d'huile et de suie, et en observant les ligures qui s'y forment.

— ÊTYM. 'Oïut, iwxoc, ongle, et mande.

t ONYCIIOPIIORE (o-ni-ko-fo-r'), adj. Se dit des serpents qui ont des ergots à la partie postérieure du corps.

— ETYM. 'Ovuî, ongle, et çopè; , qui porte.

t ONYCHOPTOSK (o-ni-ko-ptô-z') , s. f. Terme de médecine. Affection caractérisée par la chute des ongles.

— ÉTYM. 'Ovu5, ongle, et ntûtji;, chute.

t 0>"VT.UOSE (o-ni-kô-z'), s. f. Terme de médecine. Callosité de5 ongles avec déformation, accompagnée d'inflammation de la matrice.

— ETYM. 'Ovvi5, ongle, et la finale uxm, ose, qui indique foimation.

OXYX (o-niks'), ». m. Terme d'histoire naturelle. Agate trcs-fine, qui présente des couches parallèles de différentes couleurs. Les princes d'entre le peuple offraient des pierres d'onyi. et des pierres précieuses pour l'éphod et le rational, saci, Bible, Kxode, zxxv, 27. La disposition des couleurs en couches ou zones fait le principal caractère des onyx, et les distingue des agates simples qui sont bien de la même nature, hdfp. ifin. t. vi, p. 3(6. On creusait l'onyx pour eu faire un vase propre à contenir les essences, car on croyait que l'onyx les prcsertait de la corruption, PASTOBEr, Instit. Uém. insc. (t belles-Utt. t. v, p. |<05. La transparence laiteuse de l'ongle sur la chair du doigt a été comparée par les ancien"- à l'effet produit par la couche de calcédoine, ou d'agate blanche sur la sardoine qui est l'agate brune rouge&tre; de là son nom d'onyx qui, à la rigueur, n'est applicable qu'à la sardonyx, de LABOBDE, Émaux, p. 409. |{ Adj. Une agate onyx.

— HIST. ziv* s. Un signet où est dedans un onisse et un homme entaillé dedans, de labohbe. Émaux, p. 4<i5.

— ÊTYM. "OvuJ, ongle, à cause de la comparaison avec la couleur de l'ongle.

•j-ONYXlS (o-ni-ksis'), ». f. Terme de médecine. Ongle entré dans les ciiairs.

— ÊTYM. 'OvuE, ongle, et la finale t» qui s'applique aux maladies.

^ ONZ.AISE (on-z6-n') , ». f. Quantité de onze objets. En certaines fêtes doubles majeures on met devant le sanctuaire une herse appelée râtelier et onzaine parce qu'on y met onze cierges, de la- BORDK, Émaux, p. 310.

- ETYM. Onte.

ONZE (on-z'; par exception, \'e muet de l'article le, de la préposition de et de la conjonclion que, ne •'élide pais devant orne : le onze; nous n'étions que onze; de onze enfants, il n'en reste que trois ; cependant quelquefois dans la conversation cet e s'élide : l'onze du mois, nous n'étions qu'onze. Avec entre on élide toujours l'e muet : entre onze heures et midi; dites : an-tron-z heures et midi. Les consonnes finales des mots qui précèdent onze ne se lient jamais: ils étaient onze, dites : ils é-tô onze, et non ils é-tè-t onze, lîrossctte dit que Boile.iu en récitant ce ver» : Se vienne en nombre pair joindre à ses onze sœurs, ne liait pas l'« de tes), adj. numéral cardinal. ||1» Nombre qui contient dix et un. Onze heures. Onze personnes. Onze cents. Onze mille. On peut parier M 556 contre 93 ou 4 24 2/u contre t, qu'un enfant de onze ans vivra un an de plu», BUFP. Prob. de la lie, Œuv. t. x, p. 288. I! Il va chercher midi où il n'y a qu'onze heures, se dit d'un écomificur; locution qui provient de l'u- •age ancien de dîner à midi. || Les onze mille viergei, Toy. VIEHOE. || »• Se dit pour onzième. Page •M». Louis onze, qu'on écrit Louis XI. || 8" S. m Onze multiplié par deux. || Pour le loto on peut »»oir oocasion d'écrire (sans ») : les onze sont peu «oarqné». I 4* Le onzième. Le onze du mois. J'ai reçu de. lettres du onze. || S. m. pi. Les onze, oflider» public» d'/.thfnes qui étaient cbargOs de IwécuUoa des sentences crimiuoUc».

OPA

— REM. 1. On dit : j'ai reçu une lettre du onze, et non de V onze ; nous sommes au onze, et non à l'onze. Il 2. La prononciation de onze comme s'il était précédé d'une aspiration vient de la tendance du vieux français à faire précéder d'une h les mots monosyllabiques ou du moins les mots à une seule syllabe sonore, commençant par une voyelle : haut, huit, huile, huître, etc.

— HIST. XI* s. Onze millies chevaliers [ils] peuvent estre, Ch. de iioi. ccxx. Il XII* s. Or m'esliscz onze de vos barons, iionc. p. 40. || xvi" s. L'inégalité entre le cours du soleil et celuy de la lune est de onze jours, amyot, Numa, 3i. On m'appelloit l'amant des onze mille.... Qui tous les jours en ajmoit deux ou trois. Le quatrième des bigarrures du seigneur des Accords, Paris, (608, 2* partie, p. 43.

— ÉTYM. Bourguig. onîre; du lat. undecim, de uniw, un, et decem, dix.

ONZIÈ.HE (on-ziè-m' ; le plus souvent on n'élide pas la voyelle de l'arliclo devant onzibme : le onzième, la onzième; on peut cependant les élider : l'onzième jour, l'onzième page, à l'onzième page; ou dit au onzième jour et non à l'onzième jour. Les consonnes des mots qui précèdent ne se lient pas : les six onzièmes, dites : les si onzièmes, et non les si-z onzièmes), adj. numéral ordinal. Il 1° Nombre d'ordre qui suit le dixième. On a fait contre vous dix entreprises vaines ; Peut-être que l'onzième est prête d'éclater, corn. Cinna, u, t. Il 2* S. m. La onzième partie. J'en aurai le onzième. il Le onzième, le onzième jour. En vérité, ma fille, voici une pauvre petite femme bien malade ; c'est le onzième de son mal, qui lui prit à Chaville, en revenant de Versailles, sÉv. 3i6. ||3°S. f. Terme de musique. La onzième, le redoublement de l'intervalle de quarte.

— HIST. XIII* s. Dont est en son pals venus, Lui onzime, sans plus avoir, bahbaz. Fabliaux, 1. 1, p. 76. 'i XV* s. Le roy Louys unzisme, comm. l'rologue. Il XVI* s. Elle le pourta jusques à l'unziesme moys, RAB. Garg. ï, 3. Le moys de janvier soubs Romulus esloit runziciue, amïot, Numa, 3(.

— ETYM. Onie; provenç, onzcn, homen; calai. onsé; espagn. oneeno; ital. undecimo.

ONZIÈ.MEMENT (on-ziè-me-man) , adv. En onzième lieu. Je lui ai fait observer onzièmement...

— ÉTYM. Oniième, et le suffixe ment.

OOLITUE (o-o-li-f), s. m. Terme de géologie.

Variété de calcaire composé de nombreux petits grains ovoïdes semblables à des œufs de poisson. Plusieurs naturalistes ont regardé les petits grains comme des ovaires de poissons, et ont appelé ces pierres des oolithes, en allemand Jiojensfem, Saussure, Yoy. Alpes, t. ii, p. )o, dans pougens. L'oolithe est toujours en globules ou sphéroïdes, dont la grosseur varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'une graine de pavot, al. brqngniart, Traité de miner, t. i, p. 203, dans pougens.

— REM. Plusieurs géologues font oolithe du féminin.

— ÉTYM. 'ûàv, œuf, et Xi6o;, pierre.

t OOLITHIQUE (o-o-li-ti-k'), adj. Qui résulte d'une agglomération d'oolithes. Terrains oolilhiques.

t OOLOGIE (o-olo-jie), s. f. Traité de l'œuf, considéré par rapport à la génération.

— ÉTYM. 'Ilov, œuf, et Xô-foi;, doctrine.

t OOLOGIQUE (o-0-lo-ji-k'), adj. Qui appartient à l'oologie.

t OONIN (o-o-nin), ». m. Nom que l'on a donné à l'albumine.

— ÉTYM. 'Ûàv, œuf.

t OONINE (o-o-ni-n'), ». f. Membrane réticulée qui contient l'albumine du blanc de l'œuf dans ses cellules.

— ÉTYM. 'Qôv, œuf.

tOOPUOlUIHË (o-o-fo-ri-die), s.f. Nom, dans les Ijcopodes, de capsules renfermant des corps globuleux.

— ETYM. *fi6v, œuf, et çopès, qui porte.

t OOPlIoniTE (o-o-fo-ri-f), ». f. Terme de médecine. Infiammation de l'ovaire.

— ÊTYM. 'Qov, œuf, çopoc, qui porte, et la finale médicale ite indiquant inflammation.

t OOTIlP.QOË (o-o-tè-k'), s. f. Terme de botanique. Ovaire des plantes de la famille des fougères.

— ÉTYM. 'Uov, œuf, et ôiôxii logo.

t OPACIFIER (o-pa-si-fi-é), ti. a. Rendre opaque, li S'opacifier, v. rift. Devenir opaque.

OPAaTÉ(o-pa-si-té),».^.||l*Propriétéqu'ont certains corps d'intercepter la lumière, même lorsqu'ils ont peu d'épaisseur. Si l'on applique l'un sur l'autre deux verres épais et colorés l'un en rouge, l'autre en vert, ils produiront une opacité parfaite, quoique cha-

OPA

cun d'eux, pris séparément, soit transparent, bhissoN, Traité de phys. t. ii, p. 360, dans pougens. Newton prétend, et je crois avec raison, que l'opacité des corps vient de la multitude des réfractions et réflexions qui ont lieu dans leurs parties intérieures, ID. ib. p. 4(0. Il Fig. Quoi I l'esprit le plus beau de tout notre hémisphère Voit de l'opacité parmi tant de lumièrel boubsault, Fables d'Ésope, i, 6. || 2° Absence de lumière. L'éruption d'un fleuve souterrain a fait dresser des autels; les fontaines d'eaux lliermalcs ont un culte; l'opacité de certains bois les a rendus sacrés, dider. Claude et Ner. u, s.

— UIST. XVI* S. Opacité, corOHAVE.

— ETYM. Lat. opacitalem, d'opacns, opaque.

t OPALAGE (o-pa-la-j'), ». m. Action d'opaler.

OPALE (o-pa-l'), ». f. Quartz résinite, produit volcanique, d'un Manc laiteux et bleuâtre, qui reflète, dans les fissures dont il est traversé, les cou leurs du spectre solaire, et produit ce chatoiement opalin qui lui est particulier. De toutes les pierrechatoyantes l'opale est la plus belle; cependant elle n'a ni la dureté ni l'éclat des vraies pierres précieuses, BUFP. iliii. t. vi, p. 180. Une ojiale d'un grand volume, dans toutes les parties de la(iuelle les couleurs brillent et jouent avec autant de fou que de variété, est une production si rare qu'elle n'a plus qu'un prix d'estime qu'on peut porter très-haut, iD. ib. p. )8i. L'opale de Hongrie.... sa couleur est le blanc clair et bleuâtre du lait étendu de beaucoup d'eau; mais ce qui distingue particulièrement cette belle pierre, ce sont les vives couleurs de l'iris qu'elle fait voir lorsqu'on la regarde sous diflcrents aspects, AL. BRONGNiART, Traité dc min. t. i, p. 3oo, dans pougens. La plus estimée est celle de Hongrie ; les joailliers lui donnent improprement le nom d'opale orientale, id. ib. p. 302. L'opale, moins dure que le cristal de roche, raye cependant le verre et se distingue par sa légèreté de toutes les pierres quartzeuses, de laborde. Émaux, p. 4U9. || Opale arlequine, ainsi dite par allusion à l'habit d'arlequin. Il Opale de bois, opale qui ofl're des filaments ligneux. Il Opale noble, nom d'une opale fort recherchée. Il Opale résinoïde, voy. quartz. || 2° Couleur do l'opale. Que do variété, que de pompe et d'éclat I Le pourpre, l'orangé, l'opale, l'incarnat, De leurs riches couleurs étalent l'abondance ; Hélas I tout cet éclat marque leurdécadcnce [des jardins], delii.le, Jard. II. Il 3° Croûte cristalline qui se forme à la surface du sucre. |1 4° Espèce de tulipe de quatre couleurs.

— HIST. XVI* s. Le suc fort bigarré fait l'agalhe et l'opalle , R. belleau, Poésies, t. l, p. t>, dans la-

CUllNE.

— ETYM. Lat. opalus, du grec JTtiXXio; ; sanscr. upala, pierre précieuse.

f OPALEU (o-pa-lé), t). a. Répartir les cristaux de sucre dans toute la masse que contient une forme, en brisant la croûte cristalline dite opale.

t OPALESCENCE (o-pa-lè-ssan-s'), ». f. Apparence semblaUe à celle de l'opale. J'ai obtenu une glace opaline, bien homogène, et j'ai pu recueillir quelques fragments irréprochables au point de vue de la recherche de la densité; leur opalescence ne tenait pas à la présence de l'air, mais probablement ."i une structure ou à des clivages intérieurs, uufouh. Comptes rendus, Acad. dessc. t. liv, p. )08i.

-f OPALIN, INE (o-pa-lin, li-n"), adj. Qui a la teinte laiteuse et bleu.ltre de l'opale, et les rrflels de cette pierre précieuse. Ces belles pierres nouvellement découvertes et auxquelles on a donné le nom impropre de marbres opalins, sont plutôt des incrustations ou des concrétions que des pétrifications, bukp. Min. t. VII, p. 2 lu.

t OPALISE, ÉE (o-pa li-zé, zi'e), adj. Terme de minéralogie. Qui est converti en opale.

OPAQUE (o-pak'; d'après Cliifflet.tramm. p. 183, on prononçait opaque), adj. Qui ne lais.çe point passer la lumière. Semblable aux autres planètes, la terre est opaque, elle fuit ombre, elle reçoit et réfléchit la lumière du soleil, uufp. Hi.si. anc. Preuv. théor. tcrr. Œuxr. t. i, p. I86. Quebiu» opaque que soit un corps, jamais il ne rèllécliit toute la lumière qui tombe sur lui, brisson, Traité de phys. t. u, p. 28». H y a des corps opaques qui deviennent transparents, si on remplit leurs pores d'une subsUince dont la densité égale celle des parties do ce corps ; c'est ce qui arrive à du papier que l'on mouille, ou que l'on imbibe d'huile, m. ib. p. 411. Il Qui est sans lumière. À travers l'oihbre opaque et noire Des hauts cyprès du promontoire LAMART. llarm. I, «0.

— HIST. xiv* s. La terre grosse, opaque.... Qm contient en soy sans doubtaiico La moindre part do quinte-essence, Nat. à l'alch. err. 43». || xvi* s. C'est

OPÊ

une espineuse entreprise, et plus qu'il ne semble, de suyïre une allure si vagabonde que celle de uostre esprit, de pénétrer les profondeurs opaques de ses replis internes.... mont, u, 69.

— ÊTYM. Lat. opacus.

OPÉUA (o-pé-ra), s. m. |{ l' Poème dramatique mis en musique, et, plus particulièrement, grand poème lyrique composé de récitatif, de chant et de danse, sans discours ou dialogue parlé. J'honore tout ce qui est opéra, et, quoique je fasse l'entendue, jo ne suis pas si habile que M. de Grignaa, et je crois que j'y pleurerais comme à la comédie, SÉV. 239. Je m'en ■vais à un petit opéra de MoUier, beau-père d'Hier, qui se chante chez Pclissari; c'est une musique îrès-parfaite, ID. 486. Ce n'est point l'opéra que je fais pour le roi Qui m'empêcha d'être tranquille; Tout ce qu'on fait pour lui paraît toujours facile, QUiNAULT, dans BicHELET. On ne peut jamais faire un bon opéra, parce qua la musique ne saurait narrer; que les passions n'y peuvent être peintes dans toute l'étendue qu'elles demandent; que d'ailleurs elle ne sauraitsouvent mettre en chant les expressions vraiment sublimes et courageuses, boil. Fragm. d'un prolog. d'opéra, avert. U ne faut point de vols, ni de chars, ni de changements aux Bérénices et à Pénélope ; il en faut aux opéras, et le propre de ce spectacle est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement, la BRCï. I. C'est dans ce village [Issy], près de Vaugirard, que fut représenté le premier opéra français en (659, SAiNT-FOix, Ess. sur Paria, Œuvr. t. m, p. 363, dans poucENS. Le cardinal Mazarin, pour soienniser ce mariage (do Louis XIV], fit représenter au Louvre l'opéra italien intitulé Ercote amante; il ne plut pas aux Français, vclt. Louis XIV, 25. Les charmants opéras de Quinault feront toujours les délices de quiconque est sensible à la douce harmonie de la poésie, au naturel et à la vérité de l'expression, aux grâces faciles du style, quoique ces mêmes opéras aient toujours été en butte aux satires de Boilcau, son ennemi personnel, id. Comm. Corn. Item. Sertor. Préf. Ce fut là qu'ayant demandé à Hme de Maintenon quel était l'opéra qu'elle aimait le mieux, et Mme de Maintenon s'étant déclarée pour Atys, il [Louis XIV] répondit : Atys est trop heureux, genlis, ilfme de Maintenon, t. ii, p. 24 1, tlans POUGENS. Il 2° En Italie, opéra sérieux, dit aussi (.rand opéra, opéra dont les personnages sont ceux de la tragédie (ondit aussi opéra séria, quand on parle Italien). || Opéra bouffon, ou opéra bouffe, celui dont les personnages appartiennent à la comédie (on dit aussi opéra bufia). || S* En Franco, opéra comique, drame mixte qui tient de la comédie par le dialogue et de l'opér» par le chant. J'ai vu ce que je n'avais jamais vu, des opéras comiques, volt. Lett. d'Argental, (9 sept. 4 708. Joue-t-on encore Eponinoî l'opéra comique soutient-il toujours la gloire de la France? m. Lett. Damilaville, 43 déo. 4762. Je suis afiligé de la Martinique [prise par les Anglais] et de mon roué [Calas] ; nous sommes bien sots et bien fanatiques; mais l'opéra comique répare tout, in. ib. 4 avr. (7(<2. U na faillit aux Romains quepanfm et circfï«.<eï; nous avons retranché ponem, il nous suffit du circenses, c'est-à-dire de l'opéra comique, ID. cité par Grimm, t. vi, p. 370. Je puis dire qu'en relevant le caractère de l'opéra comique, j'en créais un genre nouveau, haiimontei., Uém. iz. Dans sa nouveauté, l'opéracomique, tel Qu'il parut aux foires Saint-Laurent et Saint- ('•ermain, n'était que ce qu'on nomme maintenant le vaudeville; des couplets en faisaient tous les frais, fétis, la Musique, ii, 4 8. ||4* Le genre de spectacle que constituent les poèmes dramatiques mis en musique. L'abbé Perrin «blint de Louis XIV, vers 4660, la permission d'établir un opéra dans Paris; et la première représentation fut celle de l'omone, en («72. L'on voit bien que l'opéra est l'ébauche d'un grand spectacle : il en donne l'idée, la uitor. i. Je no sais pas comment l'ooérï avei* une musique si parfaite et une dépense toute royale, a pu réussir à m'cnnuyer, id. ib. Alors l'opéra ne faisait que de naître en Franco; mais l'art incomparable do Lulli eut bientôt porté ce spectacle à une perfection où les Italiens euxmêmes, qui en sont les inventeurs, ne l'ont jamais TU chez eux, d'olivet, Ilitt. Acad. t. n, p. 3(4, dans Poi'GF.Ns. Le marfuis de Sourdiac, du nom de rtieux, à qui l'on dut depuis l'établissement de l'opéra en France, fit exécuter dans ce lcmp<-là même [losoj, à sfrs dépens, dans son ch.1teau de Neubourg, la Toison d'or de Pierre Corneille, avec des machines, volt. Louis Xl¥, 36. Je ne connaLi plus d'autre musique que celle de* rossigools, et les

OPÉ

chouettes de la forêt m'ont dédommagé de l'opéra de Paris, j. j. rouss. Lett. à M. Vemes, Corresp. t. IV, p. 189, dans polgens. Je ne pouvais ni rire, ni bâiller à l'opéra français, puisque je n'y restais jamais, et qu'aussitôt que j'entendais commencer la lugubre psalmodie, je me sauvais dans les corridors, iD. Lett. à M. le Nieps. L'opéra de Paris passe à Paris pour le plus pompeux, le plus voluptueux, le plus admirable qu'inventa jamais l'art humain, id. Hél. n, 23. L'opéra me parait une belle fête, et telle qu'aucune autre nation n'en peut donner ; c'est l'amusement d'un peuple riche, éclairé, sensible et ami des voluptés de bon goiit, st-lamb. Sais, iv, note 4. L'opéra français, tel qu'on le forma dans sa nouveauté, fut reçu de la nation avec un applaudissement presque unanime, cauusac, Panses anciennes et modernes, m, m, g, L'opéra italien se divise en trois genres ; l'opéra sérieux, le semisérieux et le bouffe; l'opéra français est de deux genres : le grand opéra, chanté d'un bout à l'autre, et l'opéra comique, où les acteurs parlent ei chantent tour à tour, FÈTls, la Musique, Dict. opéra. Il 5° Par extension, l'Opéra, dit aussi à diverses époques l'Académie royale ou impériale de musique, le théiltreoii l'on joue le grand opéra; l'Opéra- Comique, celui cii l'on joue l'opéra comique (on met dos majuscules). L'Opéra est le premier de nos théitres lyriques; il a été tantôt dans les attributions des menus plaisirs, de la liste civile du roi, de la maison de l'empereur ou du ministère d'État, tantôt en régie. Par toi-même bientôt conduite à l'Opéra, De quel air penses-tu que ta sainte verra D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse.... Entendra ces discours sur l'amour seul roulants, Ces doucereux Renauds, ces insensés Rolands...? BOIL. Sat. X. La salle de l'Opéra et toutes les autres dépendances du Palais royal du côté de l'église de Saint -Honoré sont bâties sur les ruines -de l'hûtel des comtes d'Armagnac, saint-foix, Ess. Paris, Œuir. t. ni, p. 69. U y a déjà quelque temps que l'on m'a dit que M. Destouches avait une pension de 4ooo livres sur l'Opéra, et une direction sur les auteurs et sur les musiciens, j. b. ROUss. Lett. à Boutet, Soleure, le... Peut-on se réjouir à Paris dans ce malheur général (des guerres d'Allemagne]? hélas I il le faut bien; et on tuerait cent mille hommes en Allemagne, que l'Opéra serait plein les vendredis, volt. Lett. d'Argental, 5 juiil. 47'i3. On va voir une tragédie pour être touché, on se rend à l'Opéra par désœuvrement et pour digérer, id. Lett. Chabanon, 4 2 février 4 768. Par une ordonnance du 14 décembre 47i5, les baispublics furent permis trois fois la semaine dans la salle de l'Opéra; les directeurs firent faire une machine avec laquelle on élevait le parterre et l'orchestre au niveau du théâtre, cahosac, Danses anciennes cl modernes, p. 475, dans pougens. Abonnés de l'Opéra-Comique, Abonnés du sublime Opéra... Ah 1 combien vous devez être riches, Si vraiment Le bien vient en dormanti scribe et germais delavione, Somnambule, ii, couplets finals. || Grand Opéra, se dit quelquefois pour Théâtre de l'Opéra, afin de le distinguer de celui de l'Opéra-Comique. jlB-Opéra ballet, genre d'opéra mêlé de danses, fort à la mode à la fin du xvii' siècle et au commencement du xvm" siècle. Le Dieu et la Bayadért de MM. Scribe et Auber est un opéra ballet, l.e roi y a donné ordre, madame; on peut être de l'opéra s.îns faire tort à sa noblesse; les plus grands seigneurs du royaume y peuvent danser avec l'approbation de tout le monde, sT.-ÉVREM. Us Opéra (sic), v, 3. |j 7" Bal de l'Opéra, bal que donne le grand Opéra pendant le carnaval. Le premier bal de l'Opéra fut donné le 5 janvier 4716 par autorisation du duo d'Orléans régent. Il 8" Opéra spirituel, s'est dit quelquefois pour oratorio. Il 9* Flg. S'est dit de tout ce qui semble difficile. C'est un opéra do lui parler, DOUiiouRS.A'out). Rem. Ils sont en si grand nombre, que ce serait un opéra que d'en vouloir dresser un mémoire, batle. Lettres, p. sus, dans polgens. Mon opéra fait, il s'agit d'en tirer parti : c'était un autre opéra bien plus difficile, J. >. ROL-ss. Conf. vu. |j S'est dit aussi d'une chose excellente, d'un chef-d'œuvre. Vos deux lettres sont des choses admirables, dignes d'être apprises par cœur, et, en un mot, ce qu'on appelle des opéra (Sic), scarr. Lettres, dans uichelet. Mais à propos de couches, vous vous souvenez bien de la lettre quevou» m'avez promise, dès que vous auriez appris que je serais grand-père; je m'attends & un opéra, BussT-RABUTm, (t If 1714 dt Grif/tutn, 3 janv. 4076. Kt, pour son opéra, une soupe i bouillon perlé, souloniie d'un jeune gros dindon, MOL. Vourij. gent. iv, 4. Il Faire ot^ér», au nain jaune, se défaire successive-

OPÉ

ment lie toutes ses cartes, sans en avoir été empêché par son adversaire; se dit aussi au lansquenet, quand le banquier ou coupeur amène toutes les cartes retournées sur le tapis avant d'amener la sienne.

— HEM. On a longtemps écrit au pluriel opéra sansî. Bienque j'aie toujours entendu prononcer des opéras comme on dit des factums et des totons, je ne voudrais pas assurer qu'on le doive écrire, et jo pourrais bien m'être trompé en l'écrivant de la .sorte, BOIL. Réflexions crit. sur Longin, vm. Les opéra de Rameau commençaient à faire du bruit, et relevèrent ses ouvrages théoriques, que leur obscurité laissait à la portée de peu de gens, j. j. rouss. Confess. v. Mais, depuis l'édition de 4 835, l'Académie met \'s au pluriel ; auparavant, plusieurs la mettaient aussi. J'écris opéras au pluriel, malgré la décision contraire, parce qu'il me semble que la derni're syllabe de ce mot est longue au pluriel, d'.vlemb. Lib de la mus. Œuvr. t. m, p. 35», note 4 , dans polgens

— ÉTYM. Ital. opéra, œuvre (voy. ce mot).

t OPÉRABLE (o-pé-ra-bl"), adj. Qui peut être opéré. Ce cancer n'est pas opérable.

t OPÉRANT, ANTE (o-pé-ian, ran-t'), adj. Oui est propre à opérer. La foi vive et opérante par la charité, mass. Profess. relig. Serm. 2.

— REM. Bossuet, suivant la règle archaïque, faisait encore quelquefois accorder le participe présent avec son substantif : On les reconnaît [les bonnes œuvres] nécessaires comme présentes, mais non pas comme opérantes le salut, eoss. Projet de ri'union, Réfl. de l'év. de ileaux, i, 7.

OPÉRATEUR, TRICK (o-pé-ra-teur, tri-s'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui se livre à quelque manipulation. Il Fig. Ces opérateurs d'iniquités [les jésuites] sont plus dangereux que n'étaient autrefois, du temps du Messie, les scribes et les pharisiens , GL'i PATIN, Lettres, t. il, p. 440. U 2' Celui qui fait certaines opérations de chirurgie. Un habile opérateur. HomI disait l'un, jamais n'entonncraije Un requiem sur cet opérateur? j. b. bolss. Ép, i, lo. Il On dit quelquefois au féminin, opératrice. Voilà l'opératrice aussitôt en besogne; Elle relira l'os, la FONT. Fabl. m, 9. || 3" Charlatan qui vend des drogues en place publique. La bonne compagnie qui était déjà dans l'hôtellerie, augmenta d'un ojioratcuret de son train, qui était composé de sa femme, d'une vieille servante more, d'un singe et do deux valets, SCARRON, Jtom. rom. I,4B. 23 janvier loeo ;

10 soir, il y eut une petite mascarade chez le roi, où M. 1« duc (lu Maine était opérateur; il lit beaucoup de présents aux dames, fort magnifiques, dangeab, I, 28*. Il Au féminin, opératrice, femme d'un opérateur. Il triompha aussi de l'insensibilité et do la misanthropie de la Rancune, qui devint amoureux de l'opératrice, scarr. Rom. corn, i, 49,

— msT. XIV* 8. De serfs sont deux espèces, la curateur et le operateur. Tels sont operateurs artisans] et font les œuvres serviles, oresmf.. Thèse d« KEUNiER. Il XVI* 8. Aussi habile fut un operateur sur l'aumonier do Marmoulior lequel il traitait d'une hernie, o'al'b. Fœn. iv, 4 4.

— ÊTMil. Lat opcroJorem,deo;)(rran'(voy.opi!RW).

f OPÉRATIF, IVE (o-pé-ra-tif, ti-v'), adj. Terme de scolastique. Propriétés opératives, celles qui sont causes d'actes. Les qualités formelles sont de simples attributs; mais les opératives doivent soigneusement se diviser en originales et en dérivées, VOLT. Dict. phil. Droit, t,

— F.TVM. Opérer.

OPÉRATIOM (o-pé-ra-sion ; en vers, do cinq syilabos), I. f. Il f Action d'une puissance, d'une faculté qui proluit un effet. Les opération» de la nature. On trouva do graniloi difficultés à donner do» noms aux opérations de l'âme, parce qu'on est naturellemcnt peu propre à refiochir sur soi-même, coNDiL. Conn. hum. i, l, ».1| En termes do dévotion. L'opération du Haint-Fjprit. Les opérations do la grâce. Le doigt do Dieu est ici [dans la conversion d'Anne <"o Gouzaguo], la suite ne permet pas d'en douter, et l'opération de la grâce se reconnaît dan» SOS fruits, Boss. Anne deConx- Il En termes do philosophie, les trois opérations de l'esprit, la première qui conçoit, la seconde qui juge, la troisième qui raisonne. Si elle (la logique] a pour objet le» trois opération» do l'esprit, ou la troisième «oulemcnt, MOL. Jfar. forcé, so. «. || »* Terme de mathématique. I.es calculs qu'il faut faire pour obtenir un résultat. Trouver la racine carrée d'un nombre est une opération d'arithmétique. Les quatre règles de l'arithmétique, eu les quatre règles, l'addition, la soustraction, la multiplication et la division.

11 8* Plans combinés, dessein» en voie d'oxécuiion. L'amortissement de la dette publique cstuneop^ra

Page 1