Partie du corps de la chrysalide qui couvre les yeux de l'insecte
— ÉTYM. 'O30a>iièc, œil, et 6r,xr), loge, t OPIITIÎALMOTOMIE (o-ftalmo-to-mie), ». f.
Partie de l'anatomie qui a pour objet la dissection de l'œil. Il Extirpation de l'œil.
— ÊTYM. *Oî0a)ii4;, œil, et topt^, section, qui en latin s'est changé en tomia.
tOPIlTHALMOXYSE(o-ttal-mo-ksi-z'),s./'. Terme de chirurgie. Espèce de scarifications qu'on pratiquait 'autrefois sur laconjonctive dans les casd'ophthalmie
— ÉTYM. 'OçOaXu.è; œil, et tvffi;, scaritication. tOPUTIIALMOXYSTRE(o-l'tal-mo-ksi-sti'),s.ni.
Instrument avec lequel on scarifiait la conjonctive ou la surface interne des paupières.
— ÉTYM. Ophthalmo..., et ^vnripàv, scarificateur. OPIACft, ÉE (o-pi-a-sé, sée), adj. Qui contient de
l'opium. Préparations opiacées.
— ÊTYM. Opium.
t GPIANîQUE (o-pi-a-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide opianique, produit de la décomposition, par oxydation, de la narcotine.
OPIAT (o-pi-a ; l'Académie dit qu'on prononce le t, mais cela n'est pas conforme à l'usage le plus général), s. m. \\ 1° Électuaire où il entre de l'opium. Il 2° Abusivement. Un électuaire quelconque, mais surtout électuaire magistral. || 3° Pâte pour nettoyer les dents. H dit que l'opiat, la guimauve et le reste Ont été pour ses dents un remède funeste, desiioiji.. t. I, p. 284. J'ai connu un homme sans nom qui avait amassé des richesses immenses par le déjjit d'un nouvel opiat pour les dents, VAUVEN.ZJiaf. xvii, Renaud et Jaf. \\ Furctière fait la distinction do opiat, substantif masculin, et opiate, substantif féminin.
— HiST. XVI* s. Opiatte cordialle, bab. Pant. v, Prol. C'est le breuvage qui nous infatué et endort, comme une opiate bien sucrée, et qui sert de médicament narcotique, pour stupéfier nos membres, Sat. Uén. p. 161 . Conserves, opiates, poudres, paru, v, <«.
— ÉTYM. 'Oniov, suc (voy. opium).
OPILATIF, IVE (o-pi-la-tif, ti-v'), ad;. Terme de
médecine. Qui obstrue.
— ÉTYM. OpHer.
OPILATION (0-pi-la-sion), ». {. Terme de médecine. Obstruction.
— HIST. xvi* S. Et voyant que le visage lui dovcnoit jaune, estimèrent que c'estoit uno opilalion de foie, babo. Nouv. h. Par opilation des remèdes qui ferment et bouchent les pores, parB, xx:v, »».
— ÊTYM. I.at. oppilatimtem (voy. opilkr). OPILE, ÉK (o-pi-lé, lée), part, passé d'opilcr.
J'en perds le sentiment, du corps tout mutilé, Et durant quelques jours j'en demeure opilé, BiOMiSR, Sat. n.
OPILER (o-pi-16), «. a. Terme do médecine. Obstruer.
— iiiST. xvi* s. Ces mcdicamcns cschauffent et opilent trop, dont les tumeurs «ont rendues plus rebelles à suppuration, paré, xxiv, 3».
— ÉTYM. Lat. oppilare, de ob, et pilare, appuyer fortement (voy. Pii.i-).
OPI.MES(o-pi-m'J,ad/.r.pl- Il l'Tormc d'antiquité. Dépouilles opimos, celles que remportait un général romain qui avait tué do sa main le général ila l'armée ennemie. Tous ces grands hommes [les conquérants] étalent si parfaitement voleur» de grand chemin, que, depuis Homulus jii'q'i'iux flibustier», il n'eut question que do dépoui' dobiitin,
de pillage, do vaches et do : i main
armée, votr. Diet. phil. Courcr». aivjHKs. ||2' Fig. Dan» le langatte général, dépouille» opimes, belle»
dépouilles, belle acquisition, etc. || V. Hugo l'a employé au singulier masculin, en ce sens : Tandis que tu rêvais sur le trophée opime lin avenir si beau, Crép. 2.
— ÉTYM. Lat. opimiiî, excellent, de opes, richesses (voy. opuient).
OPI\'A\"r (o-pi-nan) , s. m. Celui qui opine dans une délibération. Le premier opinant. Quel moyen plus sûr peut-on avoir d'anéantir tous ces intérêts particuliers, que de les opposer entre eux par la multiplication des opinants? j. i. bodss. Polysynoa. OPINER (o-pi-né), v. n. ||1° Dire son seniiment dans une délibération. On ne put achever la délibération, quoique l'on eût opiné jusqu'à trois heures après midi; elle fut consommée le lendemain, et arrêt fut donné, retz, J/t'm. t. m, liv, iv, p. (i8, dans PODGENS. Qu'à 1 avenir on opinerait [à l'Académie française] sur les éleclion.s par billets et non pas de vive voix, comme on avait fait jusqu'alors, pELLissON, Ilitt. de VAcad. iv. Allez, mais sur tout autre opinez pour la paix, rotbol', Antig. i, 5. Dès l'abord leur doyen [des rats], personne fort prudente, Opina qu'il fallait, et plus têt que plus tard, Attacher un grelot au cou do Rodilard, la fontaine, Fabl. Il, 4. Il (Sainte-Hélène, un des juges de Fouquet] opina, sans appuyer sur rien, que M. Fouquet aurait la tète tranchée, à cause du crime d'Ëlat, sRv. à Pompons, 17 déc. (864. On parle de Bile et de Constance [conciles], où l'on opina par nations, jtoss. Projet de réunion, 2' partie, lettre xxil. Philoctcte et Nés-tor avaient déjà opiné qu'il fallait profiler d'une si heureuse occasion, FEN. Tél. xx. Savoir opiner dan» des conjonctures où il ne fallait savoir que consentir, MASS. Or. fun. Villars. Ils [des juges] jugèrent bien, parce qu'ils suivaient les lumières de la raison ; et les autres [des avocats] avaient opiné mal, parce qu'ils n'avaient consulté que leurs livres, volt. Babotic. Le roi défendit aux princes et aux pairs d'aller opiner dans le parlement de Paris sur des affaires dont il attribuait la connaissance à son conseil privé, id. Louis XV, 38. Il Opiner du bonnet, ôter son bonnet en signe qu'on est do l'avis qui prévaut ; et fig. acqiàescer sans mot dire. Appuyé sur sa canne, comme je vous l'ai dépeint, il opina du bonnet, MADAME d'épin'at, llém. 1. 1, p. uo, dans pougens. Il 2» Opiner à, être d'avis que. Ils opinèrent tous i l'arrêt de ma mort, SCUDÉRI, /'i4 m. libéral, i, .i. Chacun opine à la vengeance, lafo.nt. Cord. Tous vos amis opinent à votre retour, fÉv. soo. J'opine à n'aller à Rennes que pour la semaine sainte, m. I9 fév. 1 690. L. Cornélius opinai ce qu'on n'entrât en aucune négociation avec les dcus armées, vftitot, n('roJ. rom. V, 71. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire ocoir.
REM. Le XVI* siècle a fait quelquefois nctif
ce verbe; mais cela n'est plus usité; cependant on en trouve quelques exemple» : Messieurs , qu'opinez-vous? p. i. coor. Correspond, mai 1804.
— HIST. XV* s. Quelque chose qui luy fut dit et oppiné, il délibéra de.... cokm. i, 3. || xvi* s. Autant en opina des yculx (n'en fit pas plus do cas que d'un autre membre] coluy qui so les creva, MONT. I, 311. Antoine de Levé opinoit toutesfois la contraire et le desconsoilloit, id. i, 32I. Les femmes avoient droict d'assister et opiner aux cause» qui....
— ÉTYM. Lit. opi'nan'; prov. opinar. Opinari, opinio, opinus, dans née opinut, est rapporté avec vraisemblance par L. Meyer 4 la racino qu'on trouve dans le grec J'îttonat, et qui est une transformation do la racine oc (d'où oculus, œil). Opinus, qui est ici le root fondamental dont optni'o et opi'nori sont dérivés, signifierait donc qui voit, quis'nporçoitdo. Corssen a ndoptô cetlo explication {.\aclurûge, 2h).
t OPINEI-'R (opi-neur), ». m. Celui qui opine.
— IllST. xvi* s. Opineur, cotobavb.
OPINIATRE (o-pi-ni-â-tr'), od;. || 1* Kortcmcnl
attaché à son opinion, à sa volonté. La mule est un animal opiniilre. Vous êtes opiniâtre, me disent- Ils; vous lo dire» [le mot de prochain], ou vous serez hérétique, et M. Arnaud aussi, pasc. Prov. • Le» convulsioimairc» do Pari» ont été sur le point do faire uno révolution; 11» ont été bien fou», mais il» n'ont pas été assez opiniâtres, volt. Dict. pkil. Ignace de Loyola. Et dans son zèle aveugle un peuple opiniâtre, id. œdipe, i:i, 6. || Opiniâtre à. On cesse d'êtro opiniâtre à maltraiter une personne qui est cpiniâtro à nous aimer ni.ilgré nos mauvais traitements, LB MAiSTBE, Plaid. XXIX. || .Substantivement. Personne opiniâtre. Attendon-s-noiis que le» impics et les opiniitres se lai " //is(. ii, I3.
C'est <m cela (juo consiste l'o, l'u fait I bé-
réliquo et l'hérésie.... afin q.. >... , e iinn.-iilrB
cet opiniâtre qui e»t hérétique... voici s;i pn i m t4
OPI
incommunicalilo et son maniresle caractère : c'est qu'il s'érige lui-même, dans son propre jugement, un tribunal au-dessus duquel il ne met rien sur la terre, ou, pour parler en termes simples, c'est qu'il est attaclié i son propre sens, jusqu'à rendre inutiles tous les jugements de l'Eglise, Boss. Projet de réunion, Héfl. ilolanus , ii, vm, t. H. Oronte est un petit opiniâtre, lesage, Crisptn rival de son matlre, se. b. Quel opiniâtre I il me met en fureur, behn. de st-p. Mort de Sacrale. Il 2° Il se dit des choses où l'on apporte de la persévérance, de l'obstination, de l'acharnement. Mais il hait dos chrétiens l'opiniâtre zèle, CORN. Tliéod. V, i. Sa haine opiniâtre à croître mes malheurs, id. Œdipe, il, 2. Je voudrais bien pouvoir comprendre la délicatesse de conscience qui empêchera la signature de M. de Montausier et de sa fille : celte opiniâtre aversion est une chose extraordinaire, sêv. i" août <685. || Kig. Je ne pouvais concevoir par quel prodige votre opiniâtre image m'avait pu laisser si longtemps en p;iix avec tant de sujets de me la rappeler, J. J. rouss. Hél. w, (8. Il Travail opiniâtre, travail où l'on persiste malgré la difficulté, jj Combat opiniâtre, combat soutenu longtemps avec vigueur de part et d'autre, le combat fut rude et opiniâtre, rollin, llisl. anc. Œuir. t. m, p. t77, dans pougens. || Un mal opiniâtre, un rhume opiniâtre, un mal, un rhume qui résiste aux remèdes.
— IIIST. XVI' s. Le vice, de soy mesme, est opiniastre et contentieux à se deiïendre, amyot, Comment dise, le flatt. BB. D'une conférence de lettres elle en fait une opiniastre émulation et contention, ID. Comment refrén. la colère, 36.
— ÉTYM. Opiner, opinion, avec la finale péjorative dire.
OPINIÂTRE, ÉE (o-pi-nl-â tré, trée), part, passé d'opiniâlrer. Soutenu avec ténacité. Un combat opiniâtre.
OPlNIiTRftMENT (o-pi-ni-a-tré-man ) , adv. Il 1° D'une façon opiniâtre. 11 soutint opiniâtrement cette erreur. Les amis mêmes de l'abbé Régnier lui avaient donné le nom de l'abbé Pertiuax, parce qu'il avait, dit-on, l'habitude de disputer opiniâtrement dans les assemblées, d'alemb. Éloges, Jïégn. Desm. Il 2° Sans céder, sans se relâcher. 11 défendit opiniâtrement cette place. Le renard mord dangereusement, opiniâtrement, et l'on est obligé de se servir d'un ferrement pour le faire démordre, buff. Renard. Que si vous me demandez comment tant de factions opposées et tant de sectes incompatibles qui se devaient apparemment détruire les unes les autres, ont pu si opiniâtrement conspirer ensemble contre le trône royal.... boss. Reine d'Anglet.
— niST. xvi* s. La première rencontre ne fut pas fort opiniastrcment débattue, ny ne dura pas longuement, AUYOT, Agésil. HT. Us gagnèrent si follement et gardèrent si opiniastrement touttes les canonnières basses, qu'ils emportèrent le chasteau,
D'aUB. Ilist. II, 443.
— f.TYM. Opiniâtre, et le suffixe ment. OPINIÂTUER (0-pi-ni-â-tré), v. a. || 1° Soutenir
en opiniâtre. Après que le temps, qui consume tout, a fait cesser •(■lie [douleur] qu'elles avaient en effet, elles ne laisseï t pas d'opiniâtrer leurs pleurs, leurs plaintes et leurs soupirs, larociiefouc. i{c'/Iei. tnor. n* 233. On ne s lurait opiniâtrer plus mal à propos une affaire, SÉ". 21 janv. 1080. Il Absolument. L'éïêquc de Saini-Omer a été à l'extrémité.... il a opiniâtre de n'être point saigné avec une grosse fièvre, une inflammation ; le médecin anglais le fit saigner par force, sev. n janv. teso. ||2° Contredire, contrarier quelqu'un de manière à le rendre opiniâtre. N'opiniâtrcz point cet enfant. |j 8° S'opiniâtrer, v. rift. S'attacher à une opinion avec ténacité. No vous opiniâtrez point à cela. Vous vous étiez toujours opiniâtre à le refuser, pasc. Frov. xviii. J'apprends qu'elle [Mme de Marbœuf) s'opiniâtre à ne voir aucun médecin, sév. 28 janv. )08B. Lorsqu'il voit que, malgré toute son indifférence, on s'opiniâtre à le rechercher.... BOURDAL. t4« dim. après la Pentec. Vominic. m, p. 43o. || Se tenir avec constance. 11 [Masnau, un des juges de Fouquetet malade d'une colique néphrétique] se fit traîner à la chambre de miice, il y souffrit des douleurs inconcevables • M. le chancelier le vit pâlir, il lui dit: Monsieur' vous n'en pouvez plus, retirez-vous. 11 lui répondit : Monsieur, il est vrai, mais il faut mourir ici. M. le chancelier le voyant quasi s'évanouir lui dit, le voyants'opiniitrer.... Sêv. d Pompon?, 17 déc. «804. - IIIST. XVI' 1. S'oplniastrer i deffendre une place, «0^. I, B3. Les auteurs ont eu tort do s'opiaittlrerà former de nous une constante et solide
contexture, id. ii, s. Bien luy servit de s'opiniastrer encores en l'espérance, m. il, ai. Le conneslable et sa faction opiniastroient que le roi ne devoit point partir de Meaux, d'aub. Uist. I, 2i0.
— f.TVM. Opinidire.
OPLMATUETIÎ (o-pi-ni-â-tre-té), s. /■. || 1° Trop grand attacliement à son opinion, à sa volonté. L'opiniâtreté, directement opposée à la flexibilité, qui de toutes les qualités est la plus nécessaire pour le maniement des grandes affaires, retz, ilém. 1. 1, liv. II, p. 200, dans pougens. Vous avez une civile opiniâtreté qui me fait venir tout doucement à tout ce qu'il vous platt, mol. Bourg, gcnt. m, I8. Je comprends votre tristesse de la mort de ce jeune chanoine.... je vois, comme vous, la Providence marquée dans l'opiniâtreté de ne lui pas donner ce qui le pouvait guérir, sÉv. (2 oct. (677. On ne peut point penser comme vous faites, sans être bien armé et bien fortifié contre les cruelles opiniâtretés de la mauvaise fortune, id. à Bussy, 28 août leso. On plaint l'erreur, on hait l'opiniâtreté; donnez la préférence à vos raisons, à la bonne heure, mais sachez que ceux qui ne s'y rendent pas, ont les leurs, J. J. Rouss. Lett. à l'archevêque. \\ 2° Fermeté, constance. L'opiniâtreté de la défense lassa les assaillants. L'opiniâtreté du travail.
— IIIST. xvi» s. Agcsilaus, par une opiniastreté de vouloir monstrcr sa prouesse, et par une ardeur de courage.... amyot, /igc'si!. 27. C'estoit pour une particulière rancune et opiniastreté, qu'il cherchoit à perdre et ruiner les Thebains, m. Agésil. 44.
— ÉTYM. Opiniâtre. Au xvi' siècle, on disait opiniastrie et opiniastrise.
OPLNJON (o-pi-ni-on), s. f. I| 1" Avis, sentiment de celui qui opine sur quelque affaire mise en délibération. L'opinion de la majorité, de la minorité d'une assemblée. Il a été de l'opinion d'un tel. Les opinions sont partagées. || Au plur. Voix, suffrages. Recueillir les opinions. Mesdames Fouquet ont obtenu une copie de celte déposition, qu'elles présenteront demain à la chambre ; peut-être qu'on ne la recevra pas, parce qu'on estaux opinions; mais.... SÉV. à Pompone, <7dcc. (664. || 2- Sentiment qu'on se forme des choses. Voilâmes opinions, ou, si vous voulez, mes hérésies touchant les principaux points de l'art; et je ne sais point mieux accorder les règles anciennes avec les agréments modernes, corn. 3' dise, trois unit. Je te soutiendrai mon opinion jusqu'à la dernière goutte de mon encre, mol. Slar. forcé, 6. Personne n'ignore qu'il y a deux entrées par où les opinions sont reçues dans l'âme, qui sont ses deui principales puissances, l'entendement et la volonté, pasc. Esprit géométrique, ii. Toute opinion peut être préférable à la vie, dont l'amour paraît si fort et si naturel, id. Pens. vi, 38, éd. iiavet. On aime à voir dans les disputes les combats des opinions, m. ib. vi, 3i. Encore que les opinions du peuple soient saines, elles ne le sont pas dans sa tête, car il pense que la vérité est oii elle n'est pas ; la vérité est bien dans leurs opinions, mais non pas au point où ils se figurent, id. ib. v, 2 ter. Ainsi se vont les opinions succédant du pour au contre, selon qu'on a de lumière, id. ib. v, 2. C'est dans ce doute qui doute do soi et dans celte ignorance qui s'ignore, et qu'il [Montaigne] appelle sa maîtresse forme, qu'est l'essence de son opinion, qu'il n'a pu exprimer par aucun terme positif, id. Entrelien avec M. de Saci. Avez-vous bien peur que j'aime mieux Mme de Bris-ac que vou'i? ....avez-vous opinion que sa beauté efface vos charmes? sÉv. d Mme de Grignan, 22 avr. i67i. Ce n'est pas l'homme que j'ai méprisé, no le croyez pas; ce sont les opinions, ce sont les erreurs par lesquelles l'homme abusé se déshonore lui-même, noss. Duch. d'Orl. Les opinions [relativement aux affaires ecclésiastiques] sont plus saines dans le barreau éclairé et parmi les magistrats intelligents, que dans les livres de quelques auteurs, id. le Tellier. S'il disputait avec ardeur, ce n'est pas qu'il voulût assujettir le monde à ses opinions, flécii. Duc de Mont. Elles fies personnes d'esprit] se piquent de briller dans les conversations, de réduire tout à leur sens, et d'exercer un empire tyrannique sur les opinions, id. Mme de Mont. Cette généreuse fille se mit au-dessus des opinions vulgaires : parmi les erreurs et faux jugements du monde, elle s'appliqua à découvrir ce point de vérité qui fait regarder la vanité des choses humaines, id. ib. Il eût fallu changer tout d'un coup l'opinion des hommes, qui ne change qu'avec le temps, volt. Ilitt. Pari, xxxiii. 11 faut des siècles pour détruire une opinion populaire, id. Dict. phil. Opinion. Nos opinions sont nos maîtresses; et où Mt l'Msant qui souffre patiemment qu'on lui dite
OPI
que sa maîtresse est laide T dider. Mcm. t. m, p. 292, dans pougens. On était dans l'opinion que ni l'or ni l'argent, mis au feu, et même tenus en fusion, ne perdaient rien de leur substance, buff. Min. t. V, p. 69. Les attachements profonds qui se nourrissent par le silence, par la conformité des goûts, des opinions, des sentiments, conikjrci;t, Maurepas. Craignons des opinions qui, sous prétexte de réduire les sciences à leur véritable destination, favoriseraient l'ignorance. Je plus grand des fléaux de l'espèce humaine, id. Duhamel. Il C'est une affaire d'opinion, c'est une chose sur laquelle chacun peut penser comme il lui plaît. Il C'est une opinion, c'est une assertion qui n'est pas sûre. || Un mal d'opinion, un mal imaginaire. Un mal d'opinion ne touche que les sots, mol. Amph. 1, 4. Il Par opinion, par une simple manier» de voir. Tous ceux qui sont en effet vertueux, et non point par faux semblant ni seulement par opinion, DESC. Mélh. VI, 3. IIS" L'opinion publique, ou, simplement, l'opinion, ce que pense le public. C'est souvent du hasard que naît l'opinion, Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue, la fo.nt. Fabl. vu, 1 5. L'empire fondé sur l'opinion et l'imagination règne quelque temps, et cet empire est doux et volontaire; celui de la force règne toujours; aussi l'opinion est comme la reine du monde, mais la force en est le tyran, pasc. Pens. v, 5. La force est la reine du monde, et non pas l'opinion ; mais l'opinion est celle qui use de ia force, m. ib. xxiv, 91. L'opinion fait tout; elle t'a condamné, volt. Olymp. IV, 2. On nomme l'opinion la reine du monde; elle l'est si bien, que, quand la raison vient la combattre, la raison est condamnée à la mort, ID. Dict. phil. Opinion. L'opinion gouverne le monde, et les philosophes, â la longue, gouvernent l'opinion des hommes, id. Lett. d'Argental, 27 janv. I706. Pourrais-je, en proie aux soins vulgaires, Dans la commune illusion, Offusquer mes propres lumières Du bandeau de l'opinion? gresset. Chartreuse. Les coupables ne sauraient se soustraire à tout châtiment; ils sont punis par le jugement que le public porte de leur conduite; ainsi l'opinion est une loi qui statue sur les actions dont la loi civile ne prend pas connaissance, condil. Ilist. anc. Lois, ch. H. L'opinion est le tombeau de la vertu parmi les hommes, et son trône parmi les femmes, s. j. houss. Ém. V. Je parle des mœurs, des coutumes, et surtout de l'opinion, partie inconnue â nos politiques, mais do laquelle dépend le succès do toutes les autres, id. Contr. soc. u, 42. Tôt ou tard les hommes qui pensent et qui écrivent gouvernent l'opinion; et l'opinion, comme vous savez, gouverne le monde, D'ALEMB. Dial. Ciirist et Descart. 11 avait vu, dans plus d'une occasion, qu'un des moyens les plus sûrs de terminer facilement les affaires qui ne sont importantes que dans l'opinion, est de montrer, par la manière de les traiter, qu'on a su les réduire à leur juste valour, condobcet, Maurepas. Si on réduisait la culture des sciences aux travaux dont l'opinion publique doit être la récompense, on venait bientôt cette opinion s'égarer de plus en plus, et mettre à leurs progrès réels une limite que le temps et le génie pourraient à peine reculer, id. Uargraaf. Il savait sans doute que l'opinion publique ne plaçait pas son nom à côté des leurs [Morgagni et Haller], id. Berlin. Celui qui fait dépendre sa conduite de l'opinion, n'est jamais sur de lui-même, MARMONTEL, Bclis. Vil. 11 me sera pénible de me présenter ainsi à toute l'armée de l'opinion [cercle où se rencontre toute la haute société parisienne], stael, Delphine, iv, 23. L'opinion, j'appelle ainsi l'accord des esprits sur toute chose qui intéresse les hommes : une force apparemment, car la pensée de tous peut devenir l'action de tous, dupont-wiiite, la Liberiè politique, p. 289. || Fê^e de l'opinion, la 5' des fêtes instituées par laCor.vention, pour être célébrées pendant les jours complémentaires. || 4° Jugement, en bien ou en mal, qu'on porte d'une personne ou d'une chose. Par cet endroit fatal en tous lieux va renaître La bonne opinion des courages français, MAMi. H, t2. Vous apprendrez par là du moins les vœux de tous, Et quelle opinion les peuples ont de vous, CORN. D. Sanche, iv, a. La constante hauteur de sa présomption, Cette intrépidité de bonne opinion, MOL. /•'. sav. I, 4. L'opinion que j'ai do moimême est trop bonne Pour croire auprès <lo moi que quelque autre le plût, id. Dépil amour, i, 2. Us ont assez bonne opinion d'eux-mêmes pour croire..., PASC. Prov. v. Tant elle a donné bonne opinion de sa sagesse, sÉv. ». 11 n'y a qu'une opinion sur s« a sujet, ID. 497. Vous avez eu trop bonne opinion de moi, 10. 232. Il a donné au public une bonne opi-
OPî
OPl
OPP
nion de son cnidition, boss. Lett. «3. Si l'on jette quelque profondeur dans certains écrits, si l'on affecte une finesse de tour et quelquefois une trop grande délicatesse, ce n'est que par la bonne opinion qu'on a de ses lecteurs; la brdt. i. Il est arrivé souvent à plus d'un grand homme d'exprimer naïvement la bonne opinion qu'il avait de lui-même, d'alemb. Éloges, Bossuet, note M. Quel est celui qui, sans être un sot, ne s'est jamais trompé dans la bonne ou mauvaise opinion qu'il avait conçue des hommes? dideh. Claude et Nér. i, 120. Il est important au bonheur de votre fils qu'il ait, en général, une opinion avantageuse des femmes, genlis, Àdèlt et Théod. t. n, p. 224, dans pougens. || Absolument. Avoir opinion de quelqu'un, de quelque chose, en bien augurer. J'ai opinion d'un tel. Je n'ai pas opinion du succès de cet ouvrage. Le fond de tout cela est qu'il [Manfredi] avait sincèrement peu d'opinion de lui-même, disposition qu'on pourrait nommer héroïque, fonten. Manfredi. \\ 6' Terme de logique. Croyance probable. La démonstration engendre la science, et l'argument probable engendre l'opinion. Parmi les choses qu'on ne sait pas, il y en a qu'on croit sur le témoignage d'autrui, c'est ce qui s'appelle foi ; il y en a sur lesquelles on suspend son jugement, et avant et après l'examen, c'est ce qui s'appelle doute ; et, quand dans le doute on penche d'un côté plutôt que d'un autre, sans pourtant rien déterminer absolument, cela s'appelle opinion, boss. Connaiss. I, )♦. L'opinion est une connaissance douteuse qui n'est pas sans apparence et sans fondement, mais qui n'a point de ceititude, Fi.i:CH. t. n, p. 155. Toutes les sciences, renfermées dans les faits autant qu'il leur est possible et dans les conséquencesqu'onenpeutdéduire, n'accordent rien à l'opinion queqjiand elles y sont forcées, d'alemb. Disc, préltm. Encyel. Œuv. t. i, p. 289, dans pougens. Il Terme de casuiste. Opinion probable, opinion qui avait pour elle quelque docteur, quelque auteur autorisé, et qu'on pouvait suivre en conscience, quelque douteuse qu'elle fût en soi. Quand le pénitent, dit-il, suit une opinion probable, le confesseur le doit absoudre, quoique son opinion soit contraire à celle du pénitent, pasc, Prov. v. Nous avons bien voulu que d'autres que les jésuites puissent rendre leurs opinions probables, afin qu'on ne puisse pas nous les imputer toutes; et ainsi, quand quelque auteur que ce soit en a avanci une, nous avons droit de la prendre, si nous le voulons, par ladoctrine des opinions probables, ID. 16. ;; 6* Doctrine de politique ou de religion, parti. Les opinions des stoïciens, des académiciens. Les opinions des luthériens. Opinions philosophiques. Opinions religieuses. L'opinion légitimiste dominait en cette ville. L'opinion libérale. Les hommes de même opinion. Avouez que les opinions ont plus causé de maux sur ce petit globe que la peste ou les tremblements de terre, volt. Lelt. à jf' •*, 5 janv. (759. Il importe tant aux hommes de tenir moins aux opinions qui les divisent qu'à celles qui les nnissent, J. J. Bouss. Lelt. à l'arcluvique. || L'opinion avancée, ou les opinion.s avancées, se dit de ceux qui sont attachés aux nuances très-prononcées du libéralisme. || Les opinions relâchées, opinions de ceux qui ont peu de sévérité en morale. Les opinions relâchées plaisent tant aux hommes, qu'il est étrange que testeurs [des jésuites] déplai^ut, pasc. Petu. xxiv, «6, édit. havet.
— HIST. ziil* s. Opinions est ou de reriti ou de fausseté ; mais élections est eallre le bien ou le m.il, BBUN. tATiNi, Trésor, p. 277. l'ialns de science et de bonne opinion et de concorde, Ue^irrous d'amor, id. ib. p. 119. L'opinion dou bien et dou mal vient en nos de tel manière que nos savons naturelment quo nos devons faire le bien et eschuer [éviter] le mal, 10. ib. p. 4e3. Li hom lo doit garder que sa opinion ne soit corrompue, et que il ait tiono entension, ID. ib. p. *»*. Et por ce que cist [ceux-làj faisoient noblement ces choses ut autres semblables, li trisgruu Itaireurs et li famés [renommée] de lor bone opinion fu espanduc largement par le monde, Légende en proie de Girart, cité dans y. dei «acanU, avr. «860, p. 303. [ÉcheviosJ qui soient discret et de txiinne opinion, tailliar, BecutH, p. (>o». M'opinions est que il le doitrecevoiri le [la] mesure de CIcrmont, beauh. xivi, s. || xiv* 1. Chertés, au ccer me vient si bonnn opinions, Qu'encore aroos victoire,se bien nous defTi^ndons, baud. dé Seb. v, lua. De l'anathomie de l'oyl [œil] l'opinion est diverse selon diverses gens, h. dk homdkv. f* M, terto. L'emplastre que Thcderic loe muult sous l'opinion d'un maistre, ut. ^ ta. Hais Fedris le fary par tel opinion, Qu'ens u cors lui conduit le [la] laoco et le
DICT. Dl LA LaMOI/B rnANfAUB.
pingnOB, Hugues Capet, v. 85-2. Dieu confonle ce conte.... Et tous lez confortans en cel' oppinion De grever le [la] roïneàle[la] clere fachon, t't. v. 257». Aucun vousirent [voulurent] dire que cest enfant [Servius Tullius] fut serf; mes à cest» opinion contredist et résiste le grant honneur que li roys li a fait, BEBCHEURR, f° 20. || XV* S. Si fut ainsi avisé pour retraire le dessusdit de l'opinion des Anglois [le retirer du parti des Anglais], froiss. i, i, 250. Les aucuns des capitaines françois esloient d'upinion que toute la puissance des François saillissent et combalissent les Anglois, a. cuartieb, HijI. de Charles VIL. Ne prenez mie vo.stie opinion; que [car] vous ne tenrez [tiendrez] mie France du roy du ciel, le filz sainte Marie, mais la tendra [tiendra] le roy Charles, vray héritier à qui Dieu la donnée, qui entrera à Paris à bejle compaignie, Lett. de Jeanne SArc aux Anglois dans Chron. de la pucelle, «h- ♦4. Quoy voyant, le roy se mit en opinion de passer outre, coMM. vu, «. Il XVI" s. Madame, j'ai tant fait par me» journées, que Pauline n'a plus d'opinion [jalousie] de vous, mabg. Nouv. x. Je vous supplie que vous ne vous désespériez point ; car il y a vingtquatre heures au jour, esquelles l'homme peut changer d'opinion, ID. ib. XXXVII. Elle respondit que la vie et la fin de cette fille monstroient que jamais n'avait eu opinion [pensée] à homme vivant, qu'à celui qu'elle aimoit plus que savie....lD. ib. XLil. 11 rabilla, en bien mourant, la mauvaise opinion qu'on avoit eu de luy, mont, i, 67. Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est.... iD. i, 89. Ayant jugé que ce n'estoitque fantaisie et opinion [idée].... IB. i, 100. L'opinion pubhcque, id. i, H7. Poursuyvre l'ordre accoustumé, il vous a pieu me commander de ftiire l'ouverture des opinions [dire le premier mon avis], condé, Jfein. p. 667 Nostre
opinion seule ne nous contente, Et ce qui rend plus fort un esprit embrasé, C'est de voir que son choix de chacun est prisé, desportes. Élégies, u, 3. Chacun a son opinion, et non discrétion, leuoux de
LINCY, Prov. t. II, p. 268.
— ETYM. Prov. opinto; espagn. opinion; ital. opinione ; du lat. opinionem, de optwor», opiner.
tOPINlOXISTE(o-pi-ni-o-ni-st'), s. m. Nom donné dans le xv* siècle à (les sectaires qui refusaient de reconnaître le pape pour vicaire de Jésus-Christ, parce qu'il n'observait point la pauvreté évangélique.
t OPIOLOGIE (o-pi-û-lo-jiej, s. f. Traité sur l'opium.
— (TYM. Opium, et Xoifo;, traité.
t OPIOPIIAGE (o-pi-o-fa-j';, *. m. Mangeur d'opium.
— ÉTYM. 'Ouiov, opium, et çaytiv, manger. -
t OPISTUOCYPUOSE (o-pi-sto-si-fô-z';, ». f. Termo de médecine. Cambrure de l'épine en arrière.
— ÉTVM.'OitiaOêv, en arrière, et «ùçuiotî, courbure.
t OPlSrUODOMK (o-pi-sto-dô-m"), *. m. Terme d'architecture ancienne. La partie postérieure d'un temple, et, particulièrement, à Athènes, la cellule la plus reculée d'un temple qui servait de trésor public. Combien il est improbable que ce temple périple re, d'ordre ionique, ayant un pronaos et un opistbodome.... ouATREuàHK de Qumcr, lust. Mim. hist. et litt. ane. t. m, p. 24s.
— ETYM. 'OTfiaboi'ULOi, de iniaOf v, en arri&re, et ôôuo;, maison.
t UPISTUOGASTRIQUB (o-pi-^to-ga-stri-k'), adj. Terme d'anatomie. Artère opisihbgastrique, le tronc cceliaque, qui natt de l'aorte descendante, derrière la partie supérieure'de l'estomac.
— ErvM. 'OTtia'Jev, en arrière, et gastrique.
t OPKSTUOGIUPUK (o-pi-sto-gra-r), adj. Terme d'antiquité. Qui est écrit par derriire. || Ecriture opisthographe, écriture qui se trouve au verso d'un feuillet. Il Feuillet opisthographe, feuillet écrit ou imprimé sur le recto et sur le verso. Cette édition se distingue des éditions antérieures, en ce qu'elle est opisthographe: les feuillets sont imprimés tant au recto qu'au verso, camus, InslU. Uim. iilU el beaux-arii, t. it, p. <•.
— ETYU. 'OiciaOoYpafo;, de iictaOsv, par derrière, et Yfi^iiv, écrire.
t OPI.STIIOGBAPIJIQUK (o-pl-sto-gra-fl-k'), adj. Qui appartient i des pages opisthographes. || Qui isl écrit sur le derrière d'un feuillet, d'un marbre, cto. Débris opistiiognphique.
t OPlhTUOroNOS (o.pi-slo-t<>-nos'), f. m. Terme de médecine. TéUnut aveo renversement du corps en arrière.
— HIST. zvi* s. La seconde sorte de convulsion est dite en grec opistlu)tonM,qi4sa fait lorsiuetout lo corps, col «t testa, •• relireot «n la partie postérieure, PABt, vu, «b
— ÉTYM. 'Oki(t06ïovo«, de iiçiaoïv, en arriî re, et TÔV&5, contraction."
0P1C.M (o-pi-om'l, s. m. || !• Suc épnîssi dos capsules de diverses espèces du genre pavot et surtout du pavot somnifère (papaver tomniferum, i.), qui nous vient de la Turquie et de la Perse en morceaux arrondis ou aplatis. L'opium est une substance narcotique, très-vénéneuse à haute dose, calmante et soporifique i dose médicale. Après que l'opium a été recueilli, ou l'humecte et on le pétrit avec de l'eau ou du miel, jusqu'à ce qu'il ait acquis la consistance, la viscosité et l'éclat de la poix bien préparée ; on le réduit en petits pains, raynal, Uist. phil. ui, 30. Le pavot blanc se cultive en grande quantité dans l'Inde et l'Orient; après la floraison, on fait des incisions longitudinales aux capsules; il en découle un suc laiteux qui se concrète facilement; ce sue, ainsi devenu concret, constitue l'opium, tbf.narb. Traité de chimie, t. m, p. 365, dans poooBNS. || Fig. L'armée était au Saussay, dans une tranquillité profonde, dont l'opium avait gagné jusqu'à M. le duc de Bourgogne , st-sim. 2i3, t25. La dévotion est un opium pour l'âme, j. j. RODss. //(•■{. Ti, 8. Il a* L'opium est employé aussi cérame un excitant du système nerveux, qui procure un sentiment momentané de bien-être. Les fumeurs d'opium. 8e qu'il y a de certain, c'est qu'aujourd'hui même, les preneurs d'opium ou de haschisch se procurent, sous les haillons de la pauvreté et sans ser< tir d'une misérable taverne, un bonheur et dos jouissances auxquels il ne manque que la réalité, silvestrr db sact, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. iv, p. 6). Il Fig. Us [les poètes] versent.... Cet opium divin que dans sa soif d'extase Le rêveur Orient puise en vain dans son vase, lahabt. Joc. vi, 234.
— REM. On a longtemps écrit et prononcé opion, témoin ces vers de Voltaire : L'opium peut servir un sage; Mais, suivant mon opinion. Il lui faut, an lieud'opion, Un pistolet et du courage; et ces vers de Senecé : Lit-on du mal, c'est jubilation; Lit-ou du bien, des mains tombe le livre, Qui vous endort comme bel opion.
— HIST. XVI* s. L'odeur fascheuse du .suc de pavot noir, qu'on appelle opion, fait qu'il est malaisé à mesler pirmy le boire.... par8, xxiii, 44.
— ÊTYM. 'Oiriov, diminutif de i-nii, suc : proprement petit suc. "Otià; est de même radical que la latin sapa (voy. sSve), et l'allem. Saft, suc.
t OPI.ITE (o-pli-f), *. m. Voy. hoplitk.
t OPLITODUO.UE (o-pli-to-dro-m'), ». m. Terme d'antiquité grecque. Coureur qui, dans les jeux publics, disputait, couvert d'une armure, la prix de la course. Parrhasius, selon Pline, avait peint deux opiitodromes, l'un dans l'actlos de courir, et l'on croyait le voir suer, l'autre mettant bas ses armes, et il semblait qu'on l'entendit haleter, quatremëkr bg Qui.Ncr, butit. Mém. hist. el litt. ane. t iv, p. <87.
— ÊTYM. *0!i),iToSpi|j.o;, de inXÎTii;, hoplite, et Spô|j.a;, course. II serait mieux d'écrire lu>plitodrome, vu l'esprit rude.
OPLOMACUIB (o-plo-ma-chle) , ». f. Voy. hoplomacuie.
tOPOBALSAUCU (o po-bal-sa-mom"), ». m. Nom donné autrefois au baume de la Mecque.
— ETYM. 'Oiti;, SUC, et piXaaaov, baumo.
i OPOCf.PlIALE (opo-sé-fa-l'f, adj. Terme de tératologie. Monstres opocéphalcs, ou, substantivement, les opocéphales, monstres qui ont les deux oreilles rapprochées ou réunies sous la tête, les mHcbuires atrophiées, et point de bouche.
— ETYM. 'U»]/, (i«4;, face, et x«?jX^, tête. fOPOUELDOCIi (o-po-dèl-aok)ouOPODia.TOCU
(o-pft-dél-tok), ». m. Nom d'un baume pbarmaceutiqu.'.
t Oi>OUVME (o-po-di-m') ou mieux OPODIDVHK (o-po-di-di-m'),ad;. Terme de tcratologlo. Monstres oçodidymes, ou substantivement, les opodidymes, monstres qui n'ont qu'un seul corps, mais dont la téta, unique par derrière, se sépar« en deux face* distinctes.
— t.TOt. 'U'}), («ni;, face, et î(îu|iio;, double.
t OPoPA-MAX (o-po-pa-naks*), ». m. Suc gommeui, résineux, obtenu par des incisions faites au collet de U racine du patltnaca opopanax, L. || Un dit aussi, mais mains bien, op<>|iunaz. Opoponax, la «00 pesant payera 20 livres. Tarif, )8 sept. 10«4.
— ETYM, 'Onunitii, de eus;, »uc, et itdvoî, sorte de (liante : la suc du nâvaf.
t OPOSSUM (o-po-»»om'), ». m. Nom donné par les An^lu-Aiiiéricains au didelpba à oreilles bicolores (lit aus-i ?arigua.
+ 0PP1K.N>E (o-ppi-è-n"), adj. f. Terme de droit romain. Loi opplenne, fameuse lui romaine coi'ir .
OPP
le luxe et l'excessive dépense des femmes dans leurs habits, portée par Oppius, tribun du peuple, sous les consuls 0- Fabius Maximus et Sempronius Cracclius (n 6 ans avant Jésus-Christ). En eriipcchaut les femmes de succéder, il [Caton l'ancien] voulut prévenir les causes du luxe, comme, en prenant la défense de-la loi oppienne, il voulut arrêter le luxe même, «ontesq. Espr. xivii. || On dit aussi loi Oppia.
OPPORTDN, UNE (o-por-tun, tu-n'), ad]. Qui est k propos. Il est opportun que vous partiez. Fille qui tait son monde a saison opportune, hégnier, Sat. jtiii. Si votre bon génie attend l'heure opportune, KOTH. StCen. n, ».
— REM. Au xvin* siècle, opportun vieillissait. Instabilité devait-il être plus heureux qu'instable? et importun plus heureux qu'opportun îmahmONTEL, Elém. lin. Œuvr. t. x, p. 433, dans pougens. Heusement, il est revenu en plein usage.
— HIST. XIV' s. Il est grandement opportun Que les pommes des Hesperides De facultés ne soient si vuide3,Ains qu'elles embaument autour, Tr.d'alch. 58Ï. Il XVI» s. Les médecins empescherent qu'il n'eust jamais temps opportun de luy pouvoir rien dire, AMTOT, Dion, 8. Il esprouva du ciel la faveur opportune, DESPORTES, Roland furieux.
— f.TYM. Prevenç. opportun ; catal. oportù ; espagn. opurluno; ilal. o;)por(uno; du lai. opporlunus, de ob, ot portus, i>ort : ce qui est au port.
t OPPORTUNÉMENT ( o-por-lu-né-man ), adv. D'une manière opportune ; à propos.
— HIST. xvr s. On ne l'a pas donné opportunément au paravant que le venin eust saisi le cœur, PARÉ, XXIV, chap. complém.
— ÊTYM. Opportune, et le suffixe ment; l'accent aigu est attiré sur \'e par l'influence des adverbes provenant des adjectifs en <!.
OPPORTCMTÉ (o-por-tu-ni-té), t. f. || !• Qualité de ce qui est opportun. Profiter de l'opportunité de la circonstance. || 2* Absolument. Occasion favorable. Saisir l'opportunité. Il s'est prévalu de l'opportunité.
— IIIST. XIII* s. Car jà tant ni ara d'esperitalilé. S'en [si on) ne fuit et cscliieve toute oportunité El tout acisement.... Que moult ne s'i euibate de la charnalité, j. de heunq. T'est. 2068. |{ xiv* s. Selon que fortune donra oportunité, bebcheuhe, f* 32. verso. Ils nous feront guerre quant ilz en auront opportunité et puissance, le Songe du vergier, i, I B5. Chascun a en sa vie très souvent et moult de occasions et de opportunités ad ce, ohesme, Elh. 98. Biens corporels, richesses, amis et aulres opportunités, ID. ib. VIII, U. Il XVI* s. Si luy donna sur la queue [arrière- garde], usant de l'opportunité,
AMYOT, Lucul. 48.
— ÉTVM. Provenç. opportunitat ; espagn. opor- (uni'dad; ital. opportunilà; du lat. opporlunitatem; de opportunus, opportun.
+ OPPOSABLE (o-pô-za-W), adj. Qui peut être mis en face, vis-à-vis. Le pouce est opposable aux autres doigts. || Qui peut être dit contre, mis contre. Il n'y a pas d'argument opposable à ce dilemme.
— iTYM. Opposer.
OPPOSANT, ANTK (o-pfl-zan, zan-V], adj. \] l'Terme d'anatomie. uni met en opposition ou en face. Il SubsUntivement. L'opposant du petit doigt , muscle situédansTémineiioehypotliénar; l'opposant du pouce, muscle situé dans l'éminence tliéiiar. Il f Par extension, qui s'oppose à. 11 est opposant k cette mesure. Il Substantivement. Celui qui s'oppose à une personne. Le posle où est son opposant est si considérable eue je crains pour lui qu'il ne fasse revenir bien des voix, corn. Lettre àl'abbé de Pure, ti mars <66». Comme s'il cherchaità prendre plutôt le tour d'esprit de ses opposants, pour les ramener à la raison, que le langage de la raison pour les convaincre, i.i. rouss. l'olysynodie, Jugt. (1 Celui qui s'oppose à une chose. 11 j a eu plusieurs opposants à cette résolution. Le ministère avait peine i suffire aux lettres de cachet qui envoyaient en prison ou en exil lesopposanU, volt. Louis XI V, »■». L'intérêt commun trouve des opposants, j. j. «0U8S. Con»r. iv, l.||8' Terme de procédure. Qui «oppose suivant les formes à un jugement. Elle a été reçue opposante. || Se rendre opposant & un acte, faire connaître d'une manière «uthenlique qu'on n'acquiesce pas i cet acte, ou qu'on a le moven de lemp«cher oti d* l'annuler. Se rendre oppo'sant à un jugement par défaut, à un mariage. || 4* Dans IM uiemhlées parlemenUirei, qui est dans I'odik)- •lUon, qui comlit le ministère. U parti opposant L« mioonl* opposante. Il SubiUntivement. Il y a «*" °°Pg>"'>l» 'Itnt cette assemblée.
OPPOSE. U (cKpft-ié, tée), port, paué d'opposer.
OPP
Il 1" Placé vis à vis. Les deux rives opposées. Leur troupe sanguinaire Marche en ce même instant au rivage opposé, volt. Triumv. ii, t. Les deux pyramides [représentées par les rayons visuels] sont opposées l'une à l'autre par leur base, et cette base est ilans la prunelle, bonnrt, Ess. psychol. 28 || Terme de géométrie. Angles opposes, ceux qui sont formés par deux lignes droites qui se coupent. || Terme de botanique. Se dit des parties qui se présentent au nombre de deux, vis-à-vis l'une de l'autre, sur un même plan horizontal. Feuilles opposées. || 'Forme de marine. Se dit en parlant de deux vaisseaux qui font une route opposée ou qui courent h bord opposé. Il Terme de blason. Pièces opposées, se dit de deux pièces dont la pointe do l'une regarde le chef et la pointe de l'autre lo bas de l'écu. || 2° Oui est en opposition, qui combat contre. Vraiment je vous admire de penser que nous soyons opposés à l'Écrilure, aux papes ou aux conciles, pasg. Prov. v. Opposé non-seulement &u\ brigues et aux partialités qui corrompent l'intégrité de la justice... Boss. U Tellier. Tu sais que, de tout temps à l'amour opposé.... BAC. Phèdre, ii, t. La fortune à mes vœux cesse d'être opposée, id. ib. m, 4. Étrangers dans la Perse, à nos lois opposés. Du reste des humains ils [les Juifs] semblent divisés, id. Eslh. il, t. Il Absolument. Se dit de personnes, de choses qui luttent l'une contre l'autre. Tant de factions o|iposée3 et tant de sectes incompatibles [en Angleterre] qui se devaient apparemment détruire les unes les autres, soss. Heine dWnglet. Des partis opposés qui désolaient Messènes, volt. Hérope, i, 3. || 3" t,'ui diffère totalement, en parlant des personnes. Ma fille, pour être si o|"posées dans nos lectures, nous n'en sommes pas moins bien ensemble ; au contraire, nous sommes une nouveauté l'une pour l'autre, sév. juin 1080. Souvent opposés d'opinions, toujours d'accord de soutiments et de principes, et pleins d'estime l'un pour l'autre, marmontel, Mém. ix. Il Qui diffère totalement, en parlant des choses. J'ai déjà dit que ce grand Dieu les enseigne [les princes] et en leur donnant et en leur Clant leur puissance; la reine dont nous parlons a également entendu deux leçons si opposées, noss. Reine d'.lngtet. Selon lui [Pompéel, rien n'était plus méprisable que la religion des Juifs, plus indigne de la sagesse et de la grandeur des Uomains, plus opposé aux maximes oe leurs ancêtres, hollin, Ilist. anc. Œtw. t. ix, p. 468, dans pougens. L'esprit de la nouvelle Rome est diamétralement opposé à celui de l'ancienne, nucLos, Œuv. t. vu, p. 60. On a porté des jugements opposés de mes livres, ou plutôt de l'auteur do mes livres, parce qu'on m'a jugé sur les matières que j'ai traitées bien plus que sur mes sentiments, j. i. rouss. Lett. à l'archev. de Paris. On aime surtout à voir dans les vieillards les vertus opposées aux défauts qu'on leur attribue, marmontel, Élém. liit. Œuv. t. viii, p. 4 20, dans POUGENS. Il Terme de dialectique. Terme opposé, terme dont le sens est contraire à celui d un autre terme. Chaud et froid sont deux termes opposés. Le mot de fils est opposé à celui de père. || Substantivement. L'opposé, ce qui diffère absolument. Cette proposition est l'opposé de telle autre. ...On ne voit sous les cieux Nul animal, nul être, aucune créature Qui n'ait son opposé; c'est la loi de nature, LA font. Fabl. xn, 8. Ces contes qu'on nous fait de jeunes et belles chrétiennes condamnées à la pio- (.tilution sont l'opposé des mœurs et des lois romaines, volt. Comm. Corn. Rerrt. Théodore, ii, 6. Lo ducd'Orléans, régent, en toutl'opposé de Louis XIV... d'alemb. Desir. des Jésuites, Œuv. t. v, p. 09, dans POUGENS. |] En dialectique, les opposés, les termes opposés. Tous les contraires sont opposés, mais tous les opposés ne sont pas contraires.
OPPOSKR (o-pù-zé), V. a. Il 1* Mettre une chose vis-à-vis d'une autre, de manière qu'elles soient en face. Opposer une glace à une fenêtre. || Placer des choses en contraste. Opposer, dans un tableau, des bruns aux clairs. ||2* Placer une chose de manière qu'elle fasse obstacle. Opposer une digue à un torrent. Il Fig. Et comme un saint rocher opposant ton courage, rêgnier, Épttre i. N'oppose aucun obstacle à cet ordre sacré, volt. Orphel. i, «. || Faire qu'une chose serve d'obstacle. Ils vous opposeront do vastes solitudes, bac. Alex, v, 1. 1|3* Faire que quelqu'un tienne tête à d'autres. L'opposer seul à tous serait trop d'injustice, corn. Cid, iv, 8. L'archiduc... par un soudain mouvement du prince, qui lui oppose des troupes fraîches à la place des (roiipes fatiguées, est contraint à prondro la fuite, buss l.ouitdc /Bourbon. Il fallait opposer k tant d'ennemis un homme d'un courage forma et usuri, d'une
OPP
capacité étendue... flêcii. Turenne. Qui donc opposez-vous contre ces satellites? hac. Alhal. i, a. Thémistocle mourut dans ces circonstances, lorsque le roi de Perse songeait à l'opposer à Ciraon, CON- DiL. Hist. anc. Ii, s. Comme il a de l'éloquence et de l'audace, on lo fit venir de son exil pour l'opiiosor à Platon, bahthél. Anach. ch. 3:i. || Mettre en lutte. C'est toi qui, me flattant d'une vengeance aisée, M'as vingt fois en un jour à moi-même opposée, RAC. Athal. V, 6. Opposant sans relâche avec trop de prudence Les Guises aux Condés, et la France à la Franco, voi.T. Ilenr. Ii. Quel sujet toutefois a pu vous diviser? Quels méchants l'un à l'autre ont su vous opi'oser? m. j. ciiên. Tihère, i, i. Il 4° Fig. Mettre en obstacle quelque chose de moral comme on y met quelque chose de pliysi.|ue. Opposons la constance aux périls.... corn. Iléracl. 1, 4. Et [il] n'oppose à mes vœux que son propre mérite, id. Nicom. m, 8. X quoi sert d'opposer leur innocence à votre calomnie ? pasc. Prov. xvi. Achille, à qui tout cède, Achille à cet orage Voudrait luimême en vain opposer son courage, rac. Iph. v, 3. J'oppose à ses raisons un courage inutile, id. Bril. IV, 4. Il oppose à l'amour un cœur inaccessible, id. Phèdre, m, <. Les philosophes ne peuvent opposer la force à la force; leurs armes sont le silence, la patience, l'amitié entre les frères, volt. Lett. Damilarille, 16 avr. 4'6i. Et n'opposa plus à ses ennemis que le travail, le succès et le silence, d'alemb. Eloges, Crc'fjiifon. Le prélat français sut opposer la prudence à la finesse, la modération aux vains éclats du zèle, l'activité à la lenteur, et la vigueur à l'opiniâtreté, id. Éloges, Card.d'Estr. \\ 6° Objecter, présenter comme une difficulté. Si nous savons nous connaître, nous confesserons, chrétiens, que les vérités de l'éternité sont assez bien établies; nous n'avons rien que de faible à leur opposer, boss. Duch. d'Orl. Que si M. Jurieu refusait à des livres si anr.iens la vénération qui leur est due, il n'y aurait qu'à lui demander d'où il a donc pris l'histoire des Machabées, qu'il nous oppose, in. 6* ocert. 'H. Ce qu'on oppose le plus ordinairement dans le monde à ce devoir, m^-îs. Carême, Prière i. L'usage, voilà tout ce que vous avez à nous opposer, id. Carême, Élus. Quel indigne artifice ose-l-on m'opposcrî VOLT. Orphel. m, 2, || Opposer que. Je me suis accusé de trop de violence, Et ta beauté sans doute emportait la balance, Si je n'eusse opposé contre tous tes appas Qu'un homme sans honneur ne te méritait pas, corn. Cid, m, 4. || 6" Fig. Se servir de personnes ou ée choses pour résister à d'autres ou pour les combattre. Opposer une puissante recommandation à une autre. Opposer l'autorité d'Aristote à celle de Platon. Opposer Aristote à Platon. || 7° Mettre en contraste. J'oppose quelquefois, par une double image, Le vice à la vertu, la soltise au bon sens. Les agneaux aux loups ravissants, la font. Fabl. v, t. Api'àfi avoir opposé de la sorte péché à péché, vous opposerez pénitence à pénitence, bourdal. Exhort. char. enr. les pauvres, t. i, p. 21. Ma rivale, accablant mon amant de bienfaits, Opposait un empire à mes faibles attraits, rac. Bajaz. 1, 4. Je craignais beaucoup que Ouillaume Tell ne fût précisément mon Jndalire; il était si naturel d'opposer les mœurs champêtres aux mœurs de la cour, que je ne conçois pas comment l'auteurde Guillaume a pu manquer celte idée, volt. Lett, d'.irfiental, i9 déc, 1766, La seule chose que j'oserais blâmer dans le rôle du Misanthrope, c'est qu'Alceste n'a pas toujours tort d'être en colère contre l'ami raisonnable et philosophe que Molière a voulu lui opposer comme un modèle de la conduite qu'on doit tenir avec les hommes, d'alemb. Lett. à J. J. Rouss. Discerner la vérité au milieu de l'erreur générale, c'est le caractère du génie; opposer son sentiment à celui de tout un peuple, c'est l'indice d'une âme forte, Diderot, Claude et Nér. 11, 40. || Mettre en comparaison, en parallèle. Un homme que notre siècle oppose à toute l'antiquité, balz. liv. i, lett. î. Jérôme Bignon, cet illustre magistrat que les derniers siècles peuvent hardiment opposer aux jilus grands personnages de l'antiquité, maira», Eloges, l'abbé Hignon. Osons opposer Socrate même à Caton : l'un était plus philosophe, l'autre plus citoyen, j. j. ROUSS. Écon. polU. Il 8" S'opposer, v. réfl. Etre placé en obstacle. Herinionc, seigneur, arrêtera vos coups; Ses yeux s'opposeront entre son père et vous, rac. Andr. 1,2. Les périls menacent, les obstacles s'opposent, volt. Comm. Corn. Rem.Jlérac.i,i. Il 9' Terme de danse. S'opposer, effectuer un mouvement contraire, opposé. Dans la marche, le bras gauche s'oppose naturellement au pied droit, Dicl. de danse, 1787. Il 10° Se faire contre-poids. Des forces qui se
OPP
balancent, qui s'opposent sans pouvoir s'anéantir, BLFP. itorc. choisis, p. 15. ||ll'' Faire tète à des personnes. Mon esprit en désordre à soi-même s'oppose, CORS. Cinna, i, 2. 11 est tard de vouloir s'opposer au vainqueur, rac. Bajax. iv, 3. Si les jésuites sont fessés, les jansénistes ne sont-ils pas trop fiers? gens de bien, opposez-vous aut uns et aux autres; soyez hardis et fermes, volt. Lett. Damilatille, 6 déc. 1761. Il Faire tête, résister à quelque chose, empêcher quelque chose. L'homme s'oppose en vain contre la destinée, Régnier, Élégie v. Je ne m'oppose point à la commune joie, cork. Uéracl. v, 8. Et insultant contre le premier qui s'opposait à son avis, il forma le dessein de le perdre, PAsc. Prov. II. Ne sait-on pas qu'il fallait souvent s'opposer aui inclinations du cardinal son bienfaiteur [Mazarin]? Boss. le Tellier. Comme un fleuve majestueux et bienfaisant, qui ....ne s'élève et ne s'ende que lorsqu'avec violence on s'oppose à la douce pente qui le porte à continuer son tranquille cours, ID. Louis de Bourbon. Il faut le dire, toujours il [Mazarin] y voulait revenir trop tôt [à la cour]; le Tellier s'opposait à ses imptiences jusqu'à se rendre suspect, ID. le Tellier. La puissance et l'autorité s'opposèrent à son dessein fde se faire religieuse], fléch. ifme d'Aiguillon. U. de Turenne s'oppose à la jonction de tant de secours ramassés, ID. Turenne. X l'erreur de Kosano ai-je dû m'opposer. Et perdre mon amant pour la désabuser? rac. Haj. i, 4. On lui sut gré ici [à Lauzun] d'avoir contribué à une fuite [de Jacques II] à laquelle le prince d'Orange n'aurait eu garde de s'opposer, M"" de caylus, Souvenirs, p. 232, dans pouiiENS. Il 12» Terme de jurisprudence. Mettre un empêchement judiciaire à l'exécution d'un acte. S'opposer à un payement, à un mariage.
— flIST. XIII* s. Rois Avenir en sa couronne .Se délite molt et opose, Car il cuide que nule chose Ne li puist nuire ne retraire Nés [même] un voloirdeson alîaire, G. DE cambraj, Barl. et Jos. p. 3. Li uns pensers vers l'autre opose, ID. ib. p. «6. De mainte chose i fut Berle moût araisnie, Et souvent oposée [contredite] et souvent assaillie, Ber(e,cnx. Rosons, qui d'autre part l'oppose Qu'ele se gart de fere chose Dont ele se repente au loing. Lai de l'ombre. Car riens qu'il voil, el ne refuse; S'il opose, el se rent concluse ; S'ele commande, il obeist, la Ilose, 21442. Il XVI' s. X ses légions mutines César opposoit seulement la fierté de Sbs paroles, mont, i, 35(. Ses argumens sont aussi solides que nuls autres qu'on leur puisse opposer, id.ii, «4». Et peut on opposer à la prise de Samos, que Periclcs prit à force, le recouvrement de larente, amtot, Péric. et Fab. eomp. 5. Ses malvueillans s'opposèrent à ce que l'honneur du Iriumphe ne luy fut point décerné, m. Marcel. 35. Si tous les autres d'un accord avoicnt arreslé une chose ensemble, et qu'il y en eust un seul qui s'y opposasi, le seul i-f posant l'emportoit par dessus tous les autres, w. C. d'Utiq. 32.
— ETVM. Verbe fait sur le modèle d'opposition (voy. ce mol).
t OPHOSiTAIRE (o-pA-ïi-té-r"), adj. Terme de botanique. Se dit des parties d'une fleur qui sont disposées sur plusieurs rangs opposés.
OPPOSITK (o-pô-zi-f), ». m. Il !• L'opposé, le contraire. Ce qu'on appelle mépris est l'opposilo de ce qu'on appelle faiblesse, BOss. Leit. abb. 6u. Avec un peu de jugement, Albéroni eût évité de citer celui [Tacite] qui nous a montré Séjan daus tous ses vices, et qui en opposite nous a laissé la vie d'Agricola, st-sim. 204, 243. || 2* X l'opposite, Inc. adv. En face, vis-à-vis. En quelque lieu qu'allât celte engeance maudite, Le miroir se pla^it toujours à l'opposite, LA FONT. Psyché, u, p. )»3. Votre poignet à l'opposite de ^•olre hanche, mol. le Uourg. gent 11, ». X l'opposite, l'on rencontre une autre forêt de grenadiers, qui est très-agréable par la couleur de SCS fleurs el par la grosseur de ses fruiL^, seorais, l'Ile imaginaire , t. u, p. <Ba. || Fig. Au contraire. )U [les marcioniles] élablirent deux dieui, dont l'un, qui n'avait pour toute qualité qu'une bonté insensible.... l'autre à l'opposite, étant d'un naturel cruel et malin..-, BOSs. Sermons, Bonté, préambule.
— KEM. Opposite est un adjectif pris substanli- Teroent. L'Académie le dit masculin et fruiinin; mais il doit être plutôt masculin que féminin ; à quoi, dans le» exemples, rien no contredit.
— HlST. XIV* 1. Le pouce ausi com opposite de chascun doi, H. de mohukville, ^ at. Afin qu'il ordena^t sa bataille encontre lesmontaignes op|<osiles, lEHCHEUHE, f" 3», verso. Et li povre, par opposite De l'exemplaire que j'ay dicte. Tant soit il sage i graut devise, Nul ne l'aiioe, bouiiouxa ne prUe,
OPP
bruyant, dans Xénagier, t. ii, p. 2». II semble estre raisonnable qu'injuste soufTrir et juste souffrir soient opposites, ohesms, Eth. <6». ||xv* s. L'avant garde, le connestable, et bien trois mille lances s'arreslerent tout outre à l'opposite de l'ost du roi, PROiss. II, II, 212. Il XVI* s. Il est nécessaire de conclure à l'opposite que.... calv. Inst. 92. Deux grosses troupes prinrent d'eflVoy deux routes opposites,
— ÊTYM. Lat. oppositus, de ob, devant, et posilus, posé (voy. POSITION). Opposite est un latinisme fait au xiv* siècle; d'origine, il serait oposte.
t OPPOSITIF, IVE (o-pô-zi-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Oui est placé à l'opposite d'une autre chose. Étamines opposilives, étamines situées visà-vis des divisions d'un périanthe simple ou d'une corolle.
— Rtvm. Dérivé de opposite.
t OPPOSITIFLORE (o-pô-zi-ti-flo-r"), adj. Terme de botanique. Oui a des fleurs portées par des pédoncules opposés.
— f.TYM. Lat.oppo,çt(ui, opposé, et fias, fleur.
t OPPGSITIFOLIÉ, ÉE (o-pi-zi-ti-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a les feuilles opposées. Il Oui naît à l'opposite des feuilles.
— ÊTYM. Lat. oppostlui. opposé, et /bîium, feuille. OPPOSITION (o-pô-zi-sion ; en vers, de cinq
syllabes) , ». f. || 1* Action de mettre en face, vis-àvis. Il Terme d'astronomie. L'aspect d'un corps céleste qui est à cent quatre-vingts degrés d'un autre. Une planète est en opposition avec le soleil quand la terre est interposée entre elle et le soleil; et elle est en opposition avec la terre lorsque le soleil se trouve entre elle et noire globe. Les marées doivent être un peu plus fortes dans la conjonction que dans l'opposition, VOLT. Newt. m, u. jj Terme d'escrime. Mouvement de la main par lequel on pare l'estocade. Elre en opposition, tenir la pointe de l'épée dirigée vers la poitrine de l'adversaire, en garantissant sa propre poitrine avec la garde de l'épée. ]] T«rme de physiologie. Mouvement d'opposition, celui qu'exécutent les muscles opposants. || 8* Terme de rhétorique. Figure p.ir laquelle on réunit deux idées qui parai-ssent contradicloirps; par exemple : une folio sagesse. Au lieu de meure de l'opposition dans les mois, il faut quelquefois la laisser uniquement dans les sentiments qui se contrastent ; c'est avec ce discernement qu'on fait usage des antithèses, CONniLLAC, Art décrire, ii, B. || Terme de logique. Disconvenance des propositions. || 3° Action de mettre ou d'être en balance, en contraste. Les oppositions de la nature. || Terme de peinture. Contraste d'ombres et de couleurs. || Ternie d'architecture. Se dit de l'espèce de différence d'ornement ou de grandeur, que l'on,élablit entre les parties d'un édifice, afin que les unes fassent ressortir les autres. || Terme de sculpture. Conlra-Ue de formes. || Terme de danse. Contraste, mouvement opposé, contraire. L'opposition des bras avec les pieds, flirt, de danse, 4787. Il 4* Empêchement qu'une personne met à quelque chose. Je n'ai pas rencontré d'opposition. Cela éprouvcia de l'opposition. Je trouvai dans mes amis une opposition extraordinaire, parce qu'ils crurent que j'y courais un grand péril, rstï, Ùém. t. ii, liv. iii, p. 73 , dans pot'GKNS. Il 5* Terme de jurisprudence. Action de se rendre opposant. Mettre opposition. Faire opposition au payement d'une rente, d'obligations, etc. Tout acte d'opposition [4 la célébration d'un mariage] énoncera la (jualilé qui donne à I opposant le droit de la former, Code Hap. art. 176. Il Bureau de» oppositions, au ministère de» finances, dan» le» administrations de chemins de fer, etc. bureau où l'on fait opposition aux payements. Faire viser un mandat au bureau de^ oppositions avant de le toucher. || 6* Cfinlrariéié, différence, contraste. Ce» opposition» que nous avons à Dieu el à noire propre bien, pasc. Peru. xii, », éd. havbt. L'opposition continuelle qui règne depuis tant de siècle» entre les loi» ecclésiastique» et les lois civile», volt. Polit, et Ugul. Comm. délits et peines, Révél. par confession. Le comique français, dont le tliéàlro anglais i-'cst enrichi, autant que l'opposition de» mœurs a pu le permettre, marmontel, Élém. de littér. t. VI, p. mo, dan« podokns. Il faut de l'harmonie dans le* sentimenl» et de l'opposition dans le» caractère» pour que l'amour niistn tout à la foi» de la sympathie et de U diversité, stael, Corinne, XVI, 1. 1] En opposition, en lutte. Éviter les »iluaiinn» qui mettent no» devtirs en opposi lion avec noi intérêts, l. l Rous*. Confett. u. || Hauièrr de voir contraire. Ils sont toujours en opposition. Il 7' Le parti de l'opposition, ou, simplement, l'opposition, U partie d'une assemblé* «a oppuiitiuo
OPP
d'idées, de /ues, avec la majorité. Membre de l'opposition. Il est de l'opposition. Il siège sur les bancs de l'opposition. Passer à l'opposition. Quitter l'opposition. Il Par extension. Le parti attaché aux opinions de la minorité opposante d'une assemblée; et, en général , tout ce qui n'approuve pas la marche du pouvoir. Ecrivain, journaliste de l'opposition. L'opposition gagne mon antichambre, c. ds- LAvioNE, la Popularité, n, a. ||0n dit de même: journal, écrit de l'opposition. || Faire de l'opposition, se montrer hostile par des discours ou des écrits à la direction donnée aux affaires publiques par lo gouvernement. Il 8* Répugnance. L'opposition invincible qu'elles ont à la prière, mass. Carême, Prière t.
— HlST. XIV* s. Il détermine de la contraireté et opposicion qui est en vices et en vertus, oresue, Eth. 61. Il XVI* s. Il u.soit d'une figure de rhétorique qui s'appelle antithèse, comme qui diroit opposition, AMVOT, DémostK. )4.
— ETYM. Prov. oppozilio; espagn. oposicion ; du lat. oppostltonem, de ob, devant, et poWttonrm, position (voy. position).
t OPPOSITI-PENNÉ, ÈE (o-ppô-zi-ti-pê-nné, née), adj. Terme de txitanique. Se dit de feuilles pennée» dont les folioles sont opposées. || On dit aussi oppositi-pinné.
— Rtym. Lat. oppoîifus, opposé, et penna, penne.
OPPRESSÉ, ÉE (o-prè-sé, sée) ,part. ptws^ d'oppresser. Il 1* Oui est gêné par une espèce de pression. Poitrine oppressée. || Fig. Ces sermons, tels que l'auteur les traçait sur le papier, n'étaient pour l'ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son àme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l'ensemble, d'alrmb. Éloges, Bossuet. \\ 2* Oui est gêné par une soufl'rance comme par une pression. Étant de sa plaie et d'amour oppressé, «Rgnieh, Dial. Quand on se trouve bien oppressée de méchante compagnie, sEv. 8 oct. 1876. Pour la voiraussilôt de douleur oppres.«ée, boil. Sat. X. Il entendra gémir une mère oppressée..., bac. /p'119. m, 7. Il 3* Serré, gêné, contraint. M. do Luxembourg est un peu oppressé près de Maestriclit par l'armée de M. de Monteroy et du prince d'Orange, sÊv. 29 déc. <873. Je vous assure en gros que le roi sera toujours triomphant partout : son bonheur fait retirer M, de Lorraine et le prince d'Orange; il donne les coudées franches & M. de Turenne, qui était un peu oppressé, ID. à Guilaut, 28 juin 1676. Je nie promènescule.et, quoique vous disiez, ma chère, je serai» bien oppressée si je n'a val» pas celte liberté, la. t" oct. 46»4. || 4* Opprimé (sens qui vieillit, mais qui serait encore rie bon emploi dans le style élevé). Il a vu des peuples entièrement oppressés, boss. 2* l'rulr. patlor. < U. Quelle plus sainte hostie, quel encens plu» doux, quelle prière plu» agréable, que défaire entrer devant soi la cause de la veuve, que d'essuyer le» larmes du pauvre oppressé? lO le Tellier. || Substantivement. Jésu» de Nazareth, homme approuvé de Dieu, qui passait bien-faisant et guérissant tous les oppressé», boss. Sermons, Bonté, >. Dieu n'adonné tant d'autorité aux évéque» qu'afin qu'il» puissent prêter leur voix aux infirmes et leur force aux oppressés, ID. Var. Il, 22. Cette compaKnic [le sénat romain] était regardée comme l'asile des oppressés, m. Hnt. m, «.
OPPRESSER (o-prè-sé), v. a. || 1* Presser fortement, gêner la respiration. Un poids m'oppres-se la poitrine. || Être oppressé, respirer péniblement. Eli» était oppressée, et elle resta (|uclque» moment» sans parler, gknlis, Ifi^dnla Fayi:lle,p. 62,daiispouaKNS. Il Fig. Un violent chagrin m'oppresse. Je vous remercie, ma bonne, de la peine que vous prenei do TOUS défendre si bieiid'avoir jamais été oppressée de mon amitié, sév. 28 juin 1876. || Absolument. Rico n'oppresse comme la douleur dont un rougit à ses propres yeux, oknlis, Vaux téméraires, t. m, p. *•, dans pouoENS. || 1* Anciennement, opprimer. Jud» est rempli de force; les royaumes qui l'ont oppressé sont humiliés, boss. Hitt, U, 4. ||S* S'oppresser, V. réjl. Devenir oppres'MS. Alors sa poitrine s'oppres.sa, et, dans ses yaux à demi sanglant», de» larmes s'arrêtèrent sans pouvoir couler, BF.at<. oc »T-p. Paul et V\rg.
— mST. xiii* ». Gilles, opressés par aperte povreté, avondu à l'alicie de St Léonard seize mesures de boi», tailliah, llecueit, p. 283. il avoiuiit grant mestier [besoin] de seigneur et de secors ; que Johuiuii, li rois de Ulaquie et de Bouguerie, les avolt moût opressés de guerre, villeh. (XXViii. Il XV' *. Ceux de dedans estoiml si près menés et »i oppressé» de famine, qu'il» avoient mangé par huit jours tous leurs chevaux, fboiss. i, 1, *7V. Le juge
OPP
oui l'onprsMoit [pressaitl de faire venir wn compalgnon, Percfforesl, t. I. t' H6. || ivi* s. De fuir lamour qui m oppresse Je n'ai pouvoir ne volonté, MABOT H, a*&.... l>ont mon ame ainsi empressée [serrée], De douleur se trouve oppressée, ID. iv, 387. Quand les pourta oppressez lui adressent leurs complaintes, calv. Inslit. 68». Que Dieu est secourable en fin aux opressez, et qu'il cliastie ceux qui les «priment, lanole, <2. 11 nettoya la Sicile de plusieurs tyranneaux q«i l'oppressaient, hont. jii,
— ÊTYM. Tormé sur le modèle de oppression (voy. ce mot). Aux environs de Paris, les paysans disent empresser pour oppresser; cette forme se trouve dans Marot (voy. l'historique).
OPPUESSECR (o-prè-seur), s. m. || 1° Celui qui opprime. C'est d'IsraSl le superbe oppresseur, rac. Islh. m, s. Enfin de ma maison le perfide oppresseur, Jéhu, le fier Jéhu tremble dans Samarie, m. .XJ/i. H, *. Si elle [la puissance de juger] était jointe k la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur, mostesq. Espr.^ xi, «. Orbassanl l'ennemi, l'oppresseur de Tancrède, VOLT. Tancr. m, *. Les lois cruelles contre les oppresseurs sont les plus douces pour la société, nncLos, Cortsid. mœurs, b. || 2» Adj. m. Goiivernement oppresseur. La ville do Londres ouvrit enfin les yeux, mais trop tard et trop inutilement, sur tant de malheurs: elle voyait un parlement oppresseur opprimé par l'armée, volt. Uaurs, 480.
— REM. Il est singulier que oppresser ait perdu le sens d'opprimer, tandis que oppresseur l'a gardé, et même à l'exelusion de tout autre,
— HIST. xvi's. Les povres gardera d'oppresee, Reboutant l'oppresseur, mabot, it, 297. Oppresseurs de leur» ennemis, sauveurs de leurs parents, autot, Thit. et Rom. comp. ♦.
— STYM. Lat. oppressorem, de oppressum, supin de opprimere, de ob, et premere, presser.
Ol'l'UhSSIF, IVE (o-prè-sif, si-v'), adj. Qui tend
I opprimer, qui sert à opprimer. Moyens oppressifs.
— «TYM. Oppresser.
OPrRESSIO.V (o-prè-sion; es vers, de quatre syllabes), t. f. Il l'État de ce qui est oppressé. || Terme de médecine. Oppression des forces, état dans lequel le malade, loin jde manquer de forces, est embarrassé de leur excès; c'est ce que l'on observe au début de quelques pMegmasies, de quelques hémorrhagies, etc. ||2° État dans lequel le malade éprouve la sensation d'un poids. Oppression de poitrine. Il Absolument. L'oppression de la poitrine. La bi.se me fait une oppressioD par la crainte qu'elle me donne, si». 377. Hier, à six heures, il tourne à la mort tout d'Un coup ; les redoublements de fièvre, l'oppression, les rêveries; en un mot la goutte l'étrangle traîtreusement, id. H 3. || Fig. Cliereher à soulager l'oppression de mon cœur, graffignx, Lett. péruv. tt. Je hais l'oppression d'une haine profonde, V. BCGO, Feuilles d^automne, xl. || 8° Etal de ce qui est opprimé. Dieu parle dans les dernières opiiressions; si le refroidissement de la charité laisse l'Êîjlise presjue sans vrais adorateurs, le.s miracles en exciteront, fAsc. Pensées, x.\v, 204, éd. uavït.
II y a quatre cents ans que tu demeures dans l'oppre.ssion, boss. Hist. v, *o. Mme d'Aiguillon savaitelle une famille opprimée, elle animait la justice contre l'oppression, flëcr. Aiguillon. L'Ëgliso gémissait dans l'oppression, mass. J'anég. Sle Agnès. Le «ri de U liberté toujours prêt à sortir de l'extrême oppression, j. j. bouss. Polysynodie. || Action d'opprimer. L'aversion natur'Ue que l'on a pour les oppressions injustes, 8Sv. d Guita\U, 26 sept. t677. Les énormes dépenses.... jetèrent un si bon roi [Salomon] dans les oppressions qui donnèrent lieu, sous son fils, à la division de la moitié du royaume, BOSS. Polit. X, VI, 4. Admirez, femmes riches, et tremblez, dit le prophète, vous qui par des dépenses ISIts et excessives contraignez vos maris à chercher dans l'oppression des pauvres de quoi fournir à vos vaoitis et à voire luxe, fléch. JBar.-Thér. D'un même joug soulTrnnt l'oppression, bac. Esth. i, 4. Il est rare que l'oppression, quand elle est extrême, n'inspire pas aux peuples quelque résolution salutaire, DiDEg. Claude elSér.i,iOT. Mortelle ennemie des lois et de la libcruS, qu'a-t-elle [la noblesse] jamais produitdans la plupart des pays où elle brille, »i ce n'est U force de la tyrannie et l'oppression «es peuples^ j. 1. bouss Uél. 1, »i. Corvée, impAl» rongouri, tribuu. taxes pesantes, Le sel, fils de U terre, ou même l'eau des mer», Source tfûppresilon «t de Oéaux divers, a. chèb. Uymnt d la tranct. || Oporession se dit aussi de la tyrannie domestique Elle se reUra dans un Muvent poar se
OPP
soustraire à l'oppression d'une belle-mère. t| i° Embarras d'argent, embarras d'affaires. Je vous mandai , la dernière fois, la vue que j'avais pour vous tirer de l'oppression où vous êtes, sêv. 2b janv. 4 6bo. On met ses amisen os^ipf^ne.' ou plutôt ils s'y mettent eux-mêmes afec... tant d'envie de vous tirer de cette oppression [un procèsj, ^ae -Vest leur propre affaire, id. 4 6 mars i6g». |
— HIST. xiv* s. Pour très grie *ç« oppressions que l'en li fait, oresme, lime de «F.UNiiiR. (j yvi* s. Nous garderons de toute oppression- et violenv\e tant les ecclésiastiques que le pauvre peuple, d'am. Ilist. II, 227. Les oppressions et miseresde ràes pauvres sujets, id. ib. 11, 244.
— BTYM. Provenç. oppression; itab oppn^sipne; du lat. oppressiencm, de oh, et pressionem (voy. pression). On a dit aussi oppresse aux xv* et xv;' siècles.
t OPPRESSIVEMEÎÎT ( o-prè-si-ve-man ), adv. D'une manière oppressive.
t OPPKIMANT, ANTE (o-pH-man, man-t*), adj. Oui opprime. Une religion si longtemps persécutée, afin qu'elle ne fût désormais ni opprimée ni opprimante.... VOLT. Hist. parlent, xl. Je fais du genre humain deux parts, l'opprimante et l'opprimée ; je hais l'une et je méprise l'autre, d'alemb. Lett. à Voltaire, 48 nov. 4771.
OPPRIMÉ, ÉK (o-pri-mé, mée), pari, passe d'opprimer. Tu connais le fils de l'Amazone, Ce prince si longtemps par mol-même epprimé ? bac. Phèdre, i, 3 . Oui, je la défendrai contre toute l'armée ; Lâches,vous trahissez votre reine opprimée , id. Jph. v,3.Lcs Anglais commençaient à recevoir la religion chrétienne; elle y avait été apportée par Constance Chlore, protecteur secret de cette religion alors opprimée, VOLT. Mœurs, 21. Réduits au désespoir par ces magistrats mêmes, leurs naturels appuis, opprimés au nom des lois qui doivent les protéger, p. L. COUR. Pétition aux chambres. || Substantivement. Les opprimés. L'ecclésiastique était pauvre, et avait besoin de tout le monde; mais l'opprimé avait eneore plus besoin de lui , et il n'hésita pas à favoriser son évasion, i. j. bouss. Ém. iv. Malheur aux opprimés, surtout quand ils le sont pleinementi id. Lett. àHairel, Corresp. t. i, p. 4 94, danspouGENs. Rosine : U est triste qu'il faille être l'opprimé pour avoir le beau rôle. — Amélie : Oui, mais l'opprimé, dans ce cas, gagne l'intérêt de tous les bons cœurs, GKNUs, Théâtre d'édue. la Colombe, se. 3.
OPPBIMËR (o-pri-mé), v. a. \\ 1° Accabler sous un poids. Sous des rocs entassés le superbe Encelade, La beuche haletante et le sein enflammé, Soulève le fardeau dont il est opprimé, delil. Troisrègnes, iv. Il 2° Accabler sous la violence, sous une autorité tyrannique. La vérité ne se laissera point opprimer à une multitude de sophistes, balz, liv. v, lett. 40. 11 vous importe de vous accoutumer de haïr l'injustice, et de prendre ceux qu'on opprime sous votre protection, voit. Lett. 9. Celui qui opprime le pauvre, fait injure à celui qui l'a créé; mais celui qui en a compassion rend honneur & Dieu, saci, Bible, Prov. de Salom. xiv, 3i. La pauvre Mm» du Puydu-Fouvint hier ici.... nous témoigner la doulteur où elle est du procédé de son frère et de son gendre; elle est opprimée du dernier, et se cache de lui, il la tient comme prisonnière, sÉv. 42 juill. 4676. Mère affligée, elle [l'Église) a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment; on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés, uoss. le Tellier. Je ne veux que vous faire souvenir de la cause célèbre de ces étrangers.... ceux qui devaient les secourir aidaient eux-mêmes 4 les opprimer, flêch. Lamoignon. Et ce mosaent si cher, madame, est consumt X louer l'ennemi dont je suis opprimé I Rac. Brit. u, 6. Seigneur, de mes efforts je connais l'impuissance ; Je oède, et laisse aux dieux opprimer l'ineocence, id. Iph. 1, 4. U est aisé de m'opprimer, nais difficile de m'avilir, 1. ;. bouss. Lett. à M. Davenport, Corresp. t. vi, p. 386, dans pougens. Cotte précieuse partie de l'Etat, que tant de ministres ont comptée pour si peu de chose, et qu'ils ont opprimée comme on égoige ces animaux faibles et paisibles, t^ui n'ont ni la force de sa défendre, ni même celle de se plaindre, s'alehb. Eloges, Fouquet. Les Juifs qu'on méprise, qu'on opprime et qu'on outrage : tous les peuples du continent détestent le joug qui les accable, raynal, ifisf. phil. XI, 9. Il Fig. Les violences dont l'art y [à Versailles] opprime la pauvre nature, sév. 4 6 juin 1676. Il Absolument. Mais tel ost d'un tyran le natuturel infême, .... S'il ne craint, il opprime, et s'il n'opprime, il craint, cohn. Uéracl. v. 6. Dientôt ils [les courtisaiii] vous diront.... Qu'aux larmes, au