‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 268 sur 389 · OR · texte numérisé non relu

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sainte Église, la font. Cloch. || 3* Or sert aussi à lier un iliscours à un autre. Or le plus grand dessein qui m'arrête en ces lieux, mair. Solim. i, 2. Or il est temps, ma sœur, de montrer qui nous sommes. Et qui peut plus sur nous, ou des dieux ou des hommes, kotii. Àntig. m, b. Comble-moi celte ornière; .is-tu fait? Oui, dit riiomme. Or bien je vas t'aider, dit la voix, prends ton fouet, la font. Fabl. VI, 18. Or ai-jeété iirolixe sur ce cas, id. Fér. La règle pour entendre l'Éciilure est de l'entendre selon la tradition.... or est-il que le motif de la récompense se trouve par toute l'Écriture, boss. Quiélisme, *• écrit, i, 24.' || Or donc se dit dans un sens analogue. Or donc, pour en revenir à ce que je disais.... Il Or donc ne peut se mettre pour or servant à argumenter ; et c'est une faute de dire : Dieu est juste, vous l'offensez; or donc il vous punira. Il faut mettre : donc il vous punira. || 4° Or sert à exprimer l'exhortation. Or, dites-nous. Orçà, monsieur. Or sus commençons. Or, faites-en, nymphes, votr« profit, LA FONT. Court. En son hôtel il fait venir Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire, Que gagnez-vous par an? in. Fabl. viii, 2. Or sus, nous voilà bien, mol. Tart. ii, *.

— HIST. x*s. Dixitore nos [il nous dit ore], Frogm. de Valenc. p. 407. Si astreient [.seraient] li Judei perdut, si cum ii ore sunt. ib. p. 40S. || xi* s. El dist al rci : or ne vous esmaiez, Ch. de Roi. m. Des or lil] comence le conseil que mal prist, ib. xii. Il xu' s. Ici de Charlemaine [je] me doi ore bien taire, Sax. xxxi. || xiii* s. Et par tel couvant li rendirent [la ville], qu'il les tenroit as us et as coustumes que li empereres Grieus les avoit tenus jusques à ore, villeii. cxvui, QuantTybers et les serve voient iju'il va ainsi. Or ne demandez mie s'il furent esbauhi, Herle, lxxxix. Seneschal, or me dites les raisons pourquoy preudomme vaut miex que béguin, joiNv. <85. 1] XV* s. [Quand le roi Philippe vit les Génois fuir devant les Anglais] il commanda et dit : Or tost, tuez toute celte ribaudaille, car ils nous empeschent la voie sans raison, froiss. I, I, 287. El là nous dist à tous le duc Jehan : Or çà nous sommes à ce que nous avons tou^jours désiré, COMM. I, tt. Il XVI* s. C'est ores la saison qu'on voit de toutes choses Multiplier par tout les semences encloses, du bellay, iv, 76, verso. Et, ores que le sage ne doibvo donner aux passions humaines de se fourvoyer de la droicle carrière, il peult bien leur quitter.... mont, i, 3^9. Mais, en la mesléo, l'un descendoit à terre ; et combaltoieut ores à pied, ores à cheval, l'un aprez l'autre, id. i, 308, Et ores que le faire soit plus naturel aux Ga.scons que le dire, si est-ce qu'ils s'arment quelquefois autant de la langue que du bras, id. iv, 343. J'espère et crain, je me tais et supplie. Or' je suis glace et ores un feu chaud, bons. u.

— Etyji. Provenç. ora, ara, aras, er, era, eras; anc. cal. ara; ital. or, oro; du lat. /lora (voy. heure). Le sens propre de ore, ores ou or est : à l'heure, alors, maintenant; de là le passage est facile au sens actuel de or. Ore ou or est hora ; ores est horis.

2. OR (or), s. m. || 1" Métal d'un jaune brillant, d'une pesanteur très-grande, dont on fait les monnaies de la plus haute valeur. L'or est un charme étrange, un métal précieux, Qui corrompt toute chose et tenterait les dieux, rotr. Àntig. v, 5. Qu'il ne s'ingère pas d'oser écrire encor Des lettres qu'il envoie avec des boites d'or, mol. Éc. des mar. ii, 7. Quand je vois.... nos vaisseaux, domptant l'un et l'autre Neptune, Nous aller chercher l'or malgré l'onde et le vent, boiL. Vise, au roi. i quoi bon ravir l'or au sein du nouveau monde? id. Épitre v. Telle qu'une bergère.... sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, id. Art p. II. C'est pour eux [ses amants] qu'elle étale et l'or et le brocart, lu. Sat. X. Que de l'or le plus pur son autel soit paré, rac. Fslh. m, 9. L'or et l'argent étaient très- raies en Europe; et l'Espagne, maîtresse tout à coup d'une très-grande quantité de ces métaux, conçut des espérances qu'elle n'avait jamais eues, montesq. Esp. xxi, 22. Lorsque les nations policées sont les maîtresses du monde, l'or et l'argent augmentent tous les jours, id. ib. xxu, ♦. L'or est de toutes les matières du globe la plus pesante, la plus inaltérabin, la plus tenace, la plus extensible; et c'est par U réunion de ces caractères prééminents que, dans tous les temps, l'or a été regardé comme le métal le plus parfait et le plus précieux, bufp. Min. t. iv, p. 21 H. En général, on trouve l'or dans quatre étals dilTérents, tous relatifs k sa seule divisibilité, savoir en poudre, en paillettes, en grains et en blets séparés ou conglomérés, u>. ib, t. iv, p. aas. L'or

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le plus fin, c'est-à-dire le plus épuré par notre art, est, comme l'on sait,à24 carats; mais onn'a jamais trouvé d'or à ce titre dans le sein de la terre; et dans plusieurs mines il n'est qu'à 20 et même à Jn et à U carats, id. 16. t. iv, p. 226. Dans les premiers temps de la civilisation de l'espèce humaine, l'or, qui, de tous les métaux, s'est présenté le premier à la surface de la terre ou à de petites profondeurs, a été recueilli, employé et travaillé, id. ib. t. IV, p. 295. En 1481, on fit le commerce de l'or de la Mina [or de la mine] au cinquième degré de latitude nord, sur cette mémo côte qu'on a depuis nommée la côte d'Or, m. ib. t. iv, p. 3i8. L'or, l'argent et le cuivre sont les jiremiers métaux que les hommes ont connus; on les trouvait souvent à la surface de la terre sans les avoir cherchés, condil. Comm. gouv. I, 13. Au Japon, l'or est à l'argent comme un à huit, tandis qu'il est en Europe comme un à quatorze et demi ou comme un à quinze, id. 16. I, 19. L'or et l'argent ne sont pas des richesses; ils représentent seulement des richesses, raynal, Uisl. phil. viii, 34. Pour avoir de l'or, vous avez franchi les mers; pour avoir de l'or, vous avez envahi les contrées; pour avoir de l'or, vous avez massacré la plus grande partie des habitants, id. ib. VII, 24. Avant l'arrivée des Castillans, les Mexicains n'avaient d'or que ce que les torrents en détachaient des montagnes, iD. 16. vi, 19. Il y a des corps capables de transmettre une couleur, et d'en rélléchir une autre ; tel est l'or, qui parait jaune par réllexion, et bleu verdâtre par transparence, brisson. Traité, de phys. t. 11, p. 4o9, dans pougens. 11 en est de l'or comme de l'argent : l'époque de sa découverte se perd dans la nuit des temps, et la tradition ne fournit parmi les hommes aucune trace des événements qui le leur ont fait connaître pour la première fois, foubcboy, Coniaiss. cliim. t. vi, p. 346, dans POUGENS. La densité de l'or est telle qu'on l'a cru longtemps le corps le plus pesant de la nature; on sait aujourd'hui qu'il ne tient que le second rang, et qu'il cède la première place au platine, id. ib. t. VI, p. 3bi. L'or s'applique sur le bois, sur le carton, sur te cuir, ou sur tout autre corps qui ne peut éprouver l'action du feu, au moyen d'un mordant qui est tantôt une huile grasse et siccative, tantôt une colle animale, al. bbongniart. Traité de min. t. Il, p. 349, dans POUGENS. La Thrace et la Macédoine fournissaient beaucoup d'or aux anciens, lu. ib. t. 11, p. 271. On ne trouve l'or minéralisé par aucune substance; en sorte que ce genre n'est composé que d'une seule espèce, id. ib. t. 11, p. 265. On ne trouve en général des mines d'or que dans les terrains primitifs, les terrains d'alluvion et le lit des rivières; les premiers le contiennent en filons, et les autres en paillettes, tiienabd. Traité de chimie, 1. 1, p. 322, dans POUGENS. Il Faire de l'or, nom donné h toutes les opérations par Jesquelles les alchimistes ont essayé de transformer les métaux vils en or. Le premier auteur qui parle de faire de l'or est Zozime, qui vivait dès le commencement du cinquième siècle, genlis, ifoi'son rust. 1. 11, p. I86, dans POUGENS. || Ce n'est qu'or et azur, se dit d'une maison bien parée. || Or en barre, or en lingot, or qui a la forme de barre, de lingot. || Fig. C'est de l'or en barre, se dit d'une marchandise de bon aloi et dont on peut faire argent sans peine, d'un billet dont on aura de l'argent comptant quand on voudra. Géronte : Voilà certainement un effet fort bizarre I — Hector : Oh ! s'il n'était pas mort, c'était de l'or en barre, rfgnard, le Joueur, m, 4. || C'est l'histoirede la dent d'or, se dit d'une prétendue merveille qu'il faudrait vérifier avant d'y croire; une prétendue dent d'or venue à un enfant ayant servi de texte à beaucoup d'explications, avant qu'on eût examiné si la dent était d'or réellement. En 1593, le bruit courut que, les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui était venu une dent d'or.... il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages [écrits pour expliquer ce phénoiuène], sinon qu'il fût vrai que la dent était d'or; quand un orfèvre l'eut examinée, il se trouva que c'était une feuille d'or appliquée à la dent avec beaucoup d'adresse, font. Oracles, i, 4. || Juste commode l'or ou comme l'or, se dit d'un poids très-juste, à cause que l'or se pèse tiè.s<iactement. Tous vos discours sur Charleroi sont justes comme l'or, sÉv. 363. || î* Or se dit au pluriel pour ^ignifier les différentes couleurs qu'on peut donner à l'or. Une boite de deux ors. Des ors de dilférentes couleurs, || 8" l'prme de commerce. Ce métal considéré suivant sa pureté ou ses emplois. Or de coupelle, ou or affiné, celui que le teu a purgé de toutes sortes de mélanges. Il Or au tiue, l'or à bijoux au titre de 834 mil-

on

îièmes enylron. |[ Or bas, or au-dessous de 7B0 millièmes. Il Or vierge, celui qui n'a pas souffert le feu, et tel qu'il est sorti de la mine. || Or moulu, celui dont on dore, au feu, le bronze et le cuivre, il Or de coquille, celui avec lequel on écrit en lettres d'or, et qui sert aux enlumineurs. L'or en coquille est de l'or en oxyde pourpre, précipité de sa disïolution et délayé avec une eau mucilagineuse ou une dissolution de gomme, folbcbot, Connaiss. ehitn. t. VI, p. 307. Il On nomme or en chaux, celui que l'on prépare [psur la dorure] en broyant avec du miel les r»gnures de feuilles d'or.... pour faire l'or en drapeaux, on trempe des morce.iux de vieux linge fin dans une dissolution nitro-muriatique d'or; on les fait sécher et on les brûle; quand on veut s'en servir , on trempe un bouchon mouillé dans les cendres de ces chiffons; on en frotte l'argent sur lequel l'or trJs-divisé s'applique facilement, ID. iî». Il Lettres d'or, lettres écrites avec l'or de coquille. Souviens-toi de m'écrire ces mots ; je les veux faire graver en lettres d'or sur la cheminée de ma salle, mol. Avare, m, 5. || Or mat, celui qui n'est pas poli et dont la surface est inégale. 11 serait fort à propos que ladite bordure frtt d'or mat tout simplement; car il s'unit très-doucement avec les couleurs, sans les offenser, podssin, te((. 28 avr. 4<39. Il Or bruni, celui qui est poli avec la dent de loup. Il Or de la mosaïque, celui qui est partagé en petits carreaux pour paraître de relief. || Or d'orfèvrerie, or solide et massif, qui doit être mis en œuvre. Il Or en pâte, or prêt à fondre dans le creuset. jjOr en feuilles, or disposé dans un petit cahier et dont se servent les peintres décorateurs et les fabricants d'éventails. || Or vert, composé de couleur verte formé par la combinaison de 708 parties d'or pur avec 29» parties d'argent pur. Il Or vert, or en feuilles appliqué sur ce que les doreurs nomment l'assiette, après l'avoir brunie. Il Or d'épée, celui dont on se sert pour damasquiner.ll Or de pistolet, celui qu'emploient les armuriers. Il Or d'apothicaire, celui dont on fait usage pour peinilre et écrire. || 4° Le veau d'or, voy. veau. Il B* Or, la monnaie, les espèces d'or. 11 m'a payé tout en or. Nos pièces d'or contiennent 29 centigrammes d'or par franc, plus </9 de cuivre, qui est ainsi le dixième du poids total. 11 leur jette (le l'or ensuite à pleines mains, corn. Theod. iv, 4. Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles. Ni les mains à celle de l'or, la font. Fabl. vin, 7. L'or est comme une femme; on n'y saurait toucher Que le cœur, par amour, ne s'y laisse attacher, be- ONARD, Je Joueur, iv, tï. Platon, qui naquit peu d'années avant la mort de Périclès, nous apprend qu'il y avait plus d'or.et plus d'argent à Lacédémone que dans tuut le reste de la Grèce, lEvësque, InsM. Ùém. icienc. mor. et pnlit. t. m, p. 3«6. || Il a coûté plus d'or qu'il n'est gros, c'est-à-dire on a dépensé beaucoup d'argent pour l'élever, pour l'entretenir. Il 6' Or, vaisselle d'or. Que dans l'or mangent les grands; 11 ne faut à deux amants Ou'un seul verre, qu'une assiette, bérang. B. vin. \\ l' Or, fil d'argent doré dont on fait des passements, des galons, des franges, etc. Toile d'or. Drap d'or. Or de Paris, de Lyon. Ce n'est qu'or et que pourpre dans votre armée, vaugel. 0- C. m, dans sicnKLET. M. de Langlé a donné à Mme do Monlespan une robe d'or sur or, rebrodé d'or, rebordé d'or, et pardessus un or frisé rebroché d'un or mêlé avec un certain or, qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été Imaginée, sÉv. 32«. L'or éclate en ses vêtements, bac. Etih. ii, ». || Défendre l'or et l'argent, défendre de porter des étoffes, des dentelles, tissues en fil d'argent doré. || Or clinquant, or de Paris, clinjuant d'or, fil de cuivre aplati en lame et employé, comme le fil d'or, pour lamer et broder le» éloffes; seulement l'or clinquant n'était porté que par les laquais, les bateleurs et les masques, db labobdk, ^maiu,p. iH. || Or tremblant, feuilles d'or clinquant cousues sur des vêlements de mascarade, de manière à trembler au moindre mouvement, i>e LAUOBbe, Émaux, p. «is. Il Or trait, c'était de l'or ou de l'argent doré, étirt, et d'une grande ténuité, lo. ib. Les mariera n'étaient encore cultivé» qu'en lulia et en Espagne; l'or trait ne »e fabriquait qu'à Veni»a et i Uilan, VOLT. Ilrrurs, m. || Terme de passementerie. Or fin, argent doré ou vermeil. Or faux, cuivre doré. Or demi-fin, cuivre qui a été doré trois fois ou plus. Il Kig. Il est tout cou.su d'or, il est trÈs-ricbe. Son voisin au contraire était tout cousu d'or, LA rosT. Fabl. viu, *. || Poétiquement. Des jour» filés d'or et de soie, de», jours brillant» et lieu- Mui. La Parque i filets d'or n'ourdira point ma

oft

vie, lA PONT. Fahl. xi, 4. || 8° Fig. Richesses, opulence. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux, la font. PMI. et liaucis. Car, si l'éclat de l'or ne relève le sang. En vain l'on fait briller la splendeur de son rang, boil. Sat. v. L'or même à la laideur donne un teint de beauté, ID. ib. VIII. Si l'or seul a pour vous d'invincibles appâts, Fuyez ces lieux charmants qu'arrose le Permesse ; Ce n'est point sur ses bords qu'habile la richesse, id. Art p. iv. Un roi sage, ainsi Dieu l'a prononcé lui-même, Sur la richesse et l'or ne met point son appui, bac. Ath. iv, 2. Si l'or prolongeait la vie. Je n'aurais point d'autre envie Que d'amasser bien de l'or; La mort me rendant visite, Je la renverrais bien vile, En lui donnant mon trésor, FONTEN. Dial. 4, morts anc. César avait bien raison de dire qu'avec de l'or on a des hommes, et qu'avec des hommes on a de l'or; voilà tout le secret, VOLT. Diet. phil. Roi. Au moment où l'on put arriver à tout avec de l'or, on voulut avoir de l'or, m- DER. Salon de 1707, Œuv. t. xiv, p. iB9, dans pougens. Malgré la voix de la sagesse. Je voudrais amasser de l'or, BtoANG. Ileauc. d'amis. || Fig. et familièrement. Il ne ferait cela ni pour or ni pour argent, il ne ferait pas cela pour tout l'or du monde, pour tout l'or du Pérou, c'est-â-dire il ne le ferait pas à quelque prix que ce soit. Je veux mourir si pour tout l'or du monde Je voudrais être aussi savant que vous, j. B. eouss. Ép. ii, I3. Il On n'en peut avoir ni pour or ni pour argent, se dit d'une chose très-rare, qu'on ne peut se procurer. || Acheter, vendre quelque chose au poids de l'or, l'acbeier, le vendre très-cher. Étesvous en état de les acheter au poids de l'or? le- SAOE, ffîfei». Goni. ch. 3i. || Promettre des monts d'or, faire de grandes promesses. || Faire un pont d'or à quelqu'un, voy. pont. || 9' Fig. et poétiquement. Il se dit de ce qui est jaune et brillant. L'aurore aux cheveux d'or, ou visage de roses. Déjà comme à demi découvrait toutes choses, rêr.NiBR, ^p. I. C'est l'or de les cheveux qui doit parer ton visage, et non cette rose qui les cache et que ton teint Hctrit, ;. ». bouss. //V/. ii, 25. L'or fiottant des moissons, et le vert des feuillages. Et le changeant émail qui peint les coquillages, delille, Trois règnes, 1. 1| 10° Fig. Il se dit de ce qui a moralement une valeur comparable à celle de l'or. Me voici encore, ma fille, à dépenser.... mon pauvre e.>;prit en petites pièces de quatre sous; il n'y a pas un grain d'or à tout ce qu' on dit, s&v. <0 août <680. Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, A Malherbe, à Racan préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile, boil. Sat. ix. Quelquefois du bon or je sépare le faux, id. Art p.iv. Son livre [d'Homère] est d'agrément» un fertile trésor; Tout ce qu'il a touché se convertit en or, m. ib. m. Comment en un plomb vil l'or pur s'ost-il changé? R\c.Atlial. m, 7. Il C'est un cœur d'or, c'est-à-dire c'est un excellent cœur. Il 11 parle d'or, il dit d'or, c'est-à-dire il dil ce qu'il y a de mieux à dire en la circonstance, ou ce qu'il y ado plus s'itisfaisant pour celui àqui il parle.' Ma foi, vous dites d'or; tout ira bien, couragel HAUTEBOCiiK, Bourg. de qualité, i, 7. Je parle d'or, sêv. tfl juin. (077. Par la mardi, vous parlez d'or, vous m'ôtez plus do cent pesant de de.ssu8 lo corps, et vous prenez bien la chose, mahiv. Surpr. lie l'amour, ii, 6. Il II dit d'or, et si il n'a pas le bec jaune, il parle bien et à notre avantage. || Un homme d'or, un homme Irès-ulilo, très-précieux pour ce qu'il y a à faire. Jo vous trouve pour le service Un homme d'or, imhiîbt, JaUni» sans amour, i, 3. Il C'est un livre d'or, se dit d'un livre excellent, et particulièrement d'un petit livre qui contient beaucoup d'idées jusiej cl d'une iililitô pratique. Voyez ces lignes, elk» sont toutes d'or, pasc. Prov. ly. Ce livre tout d'or, qu'il (Vincent de I.erinsl a intitulé Commotiitorium ou mi^moiro sur l'antiquité de la foi, Boss. Pruj. dcrdunion, i' part. letl. xxxiii Il II vaut son p»sant d'or, se dild un homme qu'on veut louer, d'un homme excellent. 1| Poétiquement. Une boucho d'or. Les poêle» célèbrent le» dieux avec une bouche d'or, et sont les plus simples des homme», ciiateaUuii. Tlen^. || Populairement. Saint Jean UjucIio d'or, se dit d'un homme qui ne peut garder le» secret», ou qui ne <!■ Il Une affaire, un maiclié d ■ grand» avantages. Vous pouvez l.iini.'-. i in.i ■. ■■ ..i d'Ici à dcniBiu, PICARO, Piihaulc. l, ». Il It- Icrmo du mythologie. L'Age, le siècle d'or, Ici temps où, »ou» le règne de Saturne, les homme» vivaient dans l'innocence et le bonheur. Jo Iransporlai» dans loi a*ile* d« la nature de* homme» digne» de le* lut-

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biter.... je me faisais un siècle d'or à ma fantaisie, 1. 1. BOUss. *• Lelt. à il. de Ualesherbcs. Je le dis sans blesser personne. Notre âge n'est pas l'âge d'or, HÊBANo. Age futur. \\ C'est un homme de l'âge d'or, un homme de mœurs pures, d'une grande vertu. 1 On dit dans le même sens : il aies mœurs de l'âge d'or. Il Par extension. Lo dix et le onzième siècle passent pour les plus barbares du christianisme, mais il jLcibnilzJ prétend que ce sont le treize et le quatorzième, et qu'en comparaison de ceux-ci, la dixième fut un siècle d'or, du moins pour l'AlIciuagne, FONT. Leibnilt. || ii' Nombre d or, voy. nombre. Il 13° Eau ou liqueur d'or, l'eau-ile-vie de Daiitzick, sorte de ratafia dans lequel on a mis quelques paillettes d'or. || 14° Terme de blason. Couleur jaune qui représente le premier uiclal ou le premier des émaux, et qui s'exprime, dans la gravure, par une infinité de petits points. Il porte un lion d'or. || 16° Terme de chimie, ùr fulminant, oxyde d'or obtenu en précipitant le chlorure par un excès d'ammoniaque, et qui détone par la chaleur ou la pression. L'or fulminant causa la mort de son inventeur, senneiueb, Ess. sur lart d'observ. t. i, p. 42u, dans poioens. || Or potable, liquide huileux et alcoolique qu'on obtient en versant une huile volatile dans une dissolution de chlorure d'or, et qu'on regardait autrefois comme un cordial et un élixir de santé; il est sans vertu. Il fallait que ce fût quelque goutle d'or potable. — Cela pourrait bien être, mol. àlài. m. lui, l, 6. Il [Villebrune] a eu de grandes conversalioiis avec M. de Vardes sur l'or potable; il est fort estimé dans notre Bretagne, sÊv. ï9i. Je suis toujours fort en peine do Corbinelli; il a été rudement traité de la fièvre tinreo, le délire, et tout ce qui peut effrayer : il a pt's de l'cr potable, nous en attendons l'effet, ID. 300. Toutes les recettes d'or potable, de teintures et d'élisirs aurifiques, tous les moyens prétendus de le diviser, de l'atténuer, de le dissoudre ont été pour les véritables cliimisles autant de faits sur ses affinités et ses combinaisons, fouhcnoy, Connaiss. chim. t. vi, p. 348. || 16° Nom de différentes substances qui n'ont rien de commun avec l'or. Il Or blanc, ancien nom du platine. || Or de chat, nom vulgaire du mica lamelliforme ou ammochryse. || Or graphique, tellurure d'or argentifère. Il Or paradoxal ou problématique, tellure. Il Or do Manlieim, synonyme de siniilor (il faut prononcer manèram, qui rime à J(''ruïa/<'m). || Or musif ou mussif, voj. musif. || Or de Judée, synonyme d'or mu.ssif. || Or faux, chrysocale. Bijoux en or faux. || Or ilAllemagne, feuille très-minca de cuivre jaune. || 17" Or do couleur, sorte de vernis. Co qu'on appelle or do couleur n'en a que l'apparence; ce nest qu'un simple veinis qui ne contient point d'or, bukf. ifin. t. iv, p. 28». || Terme de doreur. Or couleur, couleur grasse et gluante dont les doreurs se servent pour appliquer le» feuilles d'or battu. || Or à huile, or eu leuilles, or appliqué sur l'or couleur. || Or de rapport, celui qu'on encbAsse dan» du fer pour produire les damasquinures. || 18° 'ferme d'alchimie. Or vif de» philosophes, le feu qui est dans la matière d» la pierre. || Fleur de l'or, la couleur qui suit la citrinitô. Il Or blanc, le mercure hermétique. || Proverbes. C'est de l'or do Toulouse qui lui coûtera bien cher, c'est-à-dire co bien ne lui profitera p.is; locution tirée de l'or pillé à Toulouse par les Romains, et qui, d'après la légende, fut cause de ni.illieur i ceux qui l'eurent (voy. justin, xii, a). j|Or est qui or vaut, c'est-à-dire nous estimons le» gens à proportion du bien qu'ils nous procurent. || Aux premiers siècles de l'Eglise, le» évêques étaient d'or et avaient dos crosses de bois, c'est à-dire les vertu» étaient grande» et li simplicité extrême. || Tout c« qui leluit n'est pas or, c'est-à-<lire il ne faut pa» so laisser prendre aux belles apparences.

HlST. X* ». Ne por or, neJ argent, no para-

menz, Fulalie. || xi* ». D'or et d'argent quatre ceiiz muls chargi'Z, Ch. de Uni. m. || xii' ». Covcitu» fu d'aur et d'aigeiit, WACit,ûuu,04fla. Et vaisscis daur e d'argent, in. ib. «50». Sur un escu de fin or reluisant, «onciiti. p 2H. Vous porterez ma diarlre où h »eax d'or pend, Sa*, xxi. || xiii' ». Qui l'escu portnjt d'or à un lion d'azur, tterie, xi.i. Nui no puet la du couleur à or selo derrière, so elle n'est :lo de fin or. c'est à dire d'or sans mcslouro

I» en apelo or parti, Liv. des mdt. 3Utf.

1 [cej qu'il avinl, il ne Ii eOst otriet i . -, , ur tout l'or del mont, Chr. de «oini, 2U3. s'iro, porté» la lance cl non sainte Marie I — Sire, ce disl li du», ne la porterai mie. Se vous or me donié» tou' "or qu'e*l en Bou»sie, Ch. d'Ant.

UHA

▼ni, 8î. Or 11 furent remez enc«r Rolios, vessels d'argent et d'or Kt (Iras de soie à or batuz, ruteb. it, «»». N'est pas lout or quanque il reluit, iD. Vie SU Elysab. p. m. Le cent d'emeraude», à or et sans or, de labobde, Émaux, p. **o. || xiv* s. À Jehan do Lille, crfevre, pour xv esterlins d'or do louclie i faire up collier pour le petit chlennel dudit seigneur [le roi], id. ib. p. 4ij. ||xv' s. k Mery Baudet, plumasseur, demourant à Tours, pour avoir garni d'or clinquant xxviii plumeaux pour mettre sur les salades des gens du duc [de Bretagne], id. ib. p. *n. Une beste tout chargiéede fremailles et d'or tramblant, le plus dru que faire se peut, id. i6. p. 413. Tous marchans... qui s'entremectront de vendre cl faire vendre à Paris or et argent filé, fait à Cennes, que l'on appelle or et argent de Chi[ipre, qui se vend en cannelles, seront tenus de vendre icelui or et argej'i entresuivant et autel [toi] dtîssoubz comme dessus, id. t6. p. 4t i . || xvi* s. Il avoit lait escrire en grosses lettres d'or dessus un escu : à la bonne fortune, amïot, Démosth. 27. Son stile estoit un fleuve d'or coulant, id. Ckéron, s». Son cœur comme son or est de vice souillé, rons. 803. En la balance l'or et le fer sont un, leboux de UNCY, Prot!. t. I, p. 80. Nul or sans escume, id. ib. p. 81. II est de bas or, il craint la touche, ouDm, Curios. franc.

— ÊTV.V. Bourg. 6, devant une consonne; prov. ttur; espagn. oro.- portug. ouro; ital. oro ; bas-lat. orum (quod rusiiui orum dicebant, pomp. festus, p. 75) ; du lat. aurum ; comparez le slave : lilh. aukïoi, or ; prussier.. ausm; la racine est le sanscrit ush, brûler et aussi briller, à cause de l'éclat de l'or; comparez le lat. aurora; litliuanien, au£;;ra; .sanscrit, ushas.

UKACLE (o-ra-kl'), s. m. || 1° Chez les païens, réponse de la divinité à ceux qui la consultaient; elle se rendait dans les temples et autres lieux consacrés par la religion. Enfin, mon désespoir, parmi ces longs obstacles, M'a fait avoir recours à la voix des oracles; Écoutez si celui qui me fut hier rendu Eut Toit de rassurer mon esprit éperdu, CODN. Ilor. I, i. Un oracle jamais ne se laissa comprendre. On l'entend d'autant moins que plus on croit l'entendre, id. ib. m, 3. Un oracle toujours se plaît à se cacher ; Toujours avec un sens il en présente un autre, bac. Iphig. u, 4. Croyez, du moins, croyez que, tant que je respire. Les dieux auront en vain ordonhi ■îon trépas ; Cet oracle est plus sûr que celui ù-i Calchas, in. ib. ai, 7. Un oracle dit-il tout ce qu'il semble dire? id. ib. iv, 4. Dodone célèbre par le temple et l'oracle de Jupiter, BOLxiN, Hist. anc. Œuvr, t. ii, p. 480, dans pougens. L'Écriture sainte ne nous apprend en aucune manière que les oracles aient été rendus par des démons, et dès lors nous sommes en liberté de prendre parti sar cette matière, ponten. Oracles, i, *. Les oracles n'ont cessé qu'avec le paganisme, et le paganisme ne cessa pas à la venue de Jésus- Christ, ID. ib. u, t. La fourberie des oracles était trop grossière pCvJr n'être pas enfin découverte par mille différentes aventures, id. ib. ii, 7. Sous Adrien, Dion Cnrysostomc raconte qu'il consulta l'oracle de Delphe», et il en rapporta une réponse... VOLT. Diet. phil. Oracles. Un dieu assez inconnu nommé Besa, selon Ammicn Marcellin, rendait en- Wre des oracles sur des billets, à Abyde, dans l'extrémité de la Theoaide, sous l'empire de Constantin, ID. ib. Tous ics ministres avaiaiit un profcmd respect pour les oracles ; tous convenaient ou feignaient de convenir qu'ils étaient le fondement de U religion, id. frinc. de Babyl. i. Fontenelle avait donné en «688, (•.'après le médecin Vandale, l'histoire des oracles, un de ses meilleurs ouvrages, et peut-être celui de tous auquel le suffrage unanime de la postérité est le plus assuré, d'alemb. Éluges, Dumarsait. t'ne pythie monte sur le trépied, des prophètes l'entourent ils recueillent les mets qui lui échappent, les interprètent, les mettent on vers, et on a des oracles ; ainsi s'est établi l'oracle de Delphes, le plus célèbre de la Grèce, condili,. llist. anc. 1, «!i. Il Fig. La raison, par ses conquêtes, Nous bannit des vieux donjons, Le monde a changé d'oracles. Nos pro<lige» ont cessé, L'homme fait les miracles; Notre règne est passé, bSbano. Lutins. \\ Les oncles des sibylles, les oracles sibyllins, titre d'une collection de prétendus oracles de la sibylle, dont la (^rication est attribuée aux Juifs et aux premiers chrétien». |||« U divinité même qui rendait des oracle». Aller consulter l'oracle. Alexandre envoya à l'oracle d'Ammon pour avoir permission de sacrifiera fcphe»lion, mail l'oracle le défendit, d'ablamcouht, Àrrien.rn, dau «icuEiat. || y«miUèiemenU Parler

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comme un oracle, très-bien parler. || Parler d'un ton d'oracle, avoir un ton d'oracle, parler de manière à commander la croyance. || S'exprimer en style d'oracle, s'exprimer d'une manière ambigus. Il 8° Terme de l'Écriture. L'oracle, nom du saint des saints, c'est-à-dire du lieu le plus sacré dans le temple des Juifs. Il [Salomon] fit en tel espace le lieu intérieur de l'oracle, qui est ie saint des saints, sAci, Bible, Rois, m, vi, te. L'oracle avait vingt coudées de long, vingt coudées de large, et vingt coudées de haut, id. ib. m, vi, 20. Les prêtres portèrent l'arche de l'alliance du Seigneur au lieu qui lui avait été destine, c'est-à-dire près de l'oracle du temple dans le saint des saints, id. ib. Paraltp. 11, v, 7. || Parmi les Juifs, les paroles de Dieu. Tous les oracles du Seigneur sont constants et infaillibles, Psaumes, dansmciiELET. Quel autre a fait un Cyrus, si ce n'est Dieu, qui l'avait nommé deux cents ans avant sa naissance dans las oracles d'isaîc? Boss. Louis de Bnurbon. L'arche sainte est muette et ne rend plus d'eracles, rac. Athal. i, 1. 1| Parmi 1*3 chrétiens, même sens. Pour moi, les huguenots pourraient faire piiracles , Ressusciter les morts, rendre de vrais oracles, Que je ne pourrais pas croire à leur vérité; En toute opinion je fuis la nouveauté, RÊGNiF.a, Sat. IX. L'Église par laquelle le Saint-E.';prit rendait ses oracles, noss. Jlist. u, <3. Pour comlattre toute innovation ou variation qui pourrait arriver dans la fol, il [Vincent de LerinsJ dit que les oracles divins ne cessent de crier : Ne remuez point les borne» posées par les anciens, id. t" avcrt. B. C'est un oracle de l'apôtre et par conséquent un oracle de la vérité éiernelle, que la sagesse de ce monde est ennemie de Dieu, bourdal. ilyst. Épiphan. t. i, p. t!l. La pénitence purement intérieure ne suffit pas, et tous les oracles de la foi nous apprennent qu'il y faut joindre l'cxlcrieure, id. /nsfruct. pour ic carlme, Eihort. 1. 11, p. 242. || 4» Fig. Décisions don nées par des personnes d'autorité et de savoir. Pour oracle on tiendra cette croyance folle, régnier, Sat. VI. En vérité, tout est si caché à Versailles, qu'il faut attendre en paix les oracles qui en sortent, sËv, i 28. Ces augustes tribunaux où la justice rend ses oracles, boss. le Tellier. Que dirai-je du dangereux artifice qui fait prononcer à la justice, comme autrefois aux démons, des oracles ambigus et captieux? ID. le Tellier. Digne de prononcer les oracles de la justice, id. t6. Il parle et chacun écoute ses oracles, flécii. Tur. J'approchai par degrés de l'oreille des rois; Kt bientôt en oracle on érigea ma voix, rac. Alh. m, 3. |{ Sentiment qui contient quelque chose rie beau et de solide. L'honneur parle, il suffit : ce sont là nos oracles, rac. Iphig. I, 2. Il Les personnes mêmes qui donnent ces sortes de décisions, qui émettent ces sortes de sentiments. Être des étrangers pour oracle tenu, RÉGNIER, Sat. XIV. Si ce qu'on dit d'Ésope est vrai. C'était l'oracle de la Grèce; Lui seul avait plus de sagos.se Que tout l'aréopage.... la font. Fabl.i}, 20. En gens coquets il [l'amour] change les Catons, Par lui les sots deviennent des oracles, id. Court. Vous êtes le seul sage et le seul éclairé, Un oracle, unCaton, dans le siècle où nous sommes, mol. Tart. 1,6. Saint Alhanase qui était l'oracle de l'Eglise, BOSS. t" avert. 30. Cet homme admirable [l'abbé Jean], qui était comme l'oracle de son siècle, flécii. llist. de TMo'.l. m, 79. Il est l'oracle d'une maison, celui dont ou attend, que dis-je, dont on prévient, dont on devine les décisions, la bruy. v. Les mourants qui parlent dans leurs testaments peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles, id. xiv. Vous ne savez pas à quel point l'abbé Desfontaines est l'oracle des provinces, volt. Lett. d'Argental, s févr. 4739. Son fameux chancelier Pierre des Vignes, son conseil, son oracle, son ami depjii» plus de trente années, m. Ann. Emp. Frédéric II, <24o. Il 8* S. m. pi. Titre de certains poéuies orphiques.

— HIST. xvi* s. Jadis en vers se rendoient les oracles, l'.t des hauts dieux les hymnes sont en vers, Ro.NS. 397.

— ÊTYM. Lat. oractdum, de orar«, parler, qui est le dénominatif do os, oris, bouche.

ORAGE (o-ra-j'), s. m. || 1° Agitation violente de l'atmosphère avec vent, éclair et tonnerre. U me semble qu'elle est votre Iris, et que c'est comme un arc-cn-ciel qui parait après l'orage, voit. Lett. 6;i. Comme un sage pilote, sans s'étonner ni dcsviigues, ni des orages, ni de son propre périt, boss. le Tellier. Les orages, les vents, les cieux te sont soumis, rac. Esth. I, 4. Il est certain que les orages sont beaucoup plus violents et plus dangereux sur les hautes montagnes que dan.s les plaines, Saussure, Voy. AlfM, t. Ut, p. 249, dans poucens. Le

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jour s'obscurcit, le vent «'éleva et nous apporta les sinistres roulements du tonnerre ; ce ciel menaçant, cette terre sans abri nous attrista.... il est vrai que cet orage fut grand comme l'entreprise [l'expédition de Moscou] ; pendant plusieurs heures, ses lourds et noirs nuages s'épaissirent et pesèrent sur toute l'armée; de la droite à la gauche et sur cinquante lieues d'espace, elle fut tout entière menacée de ses feux et accablée de ses torrents, ségur, Hist. de Hap. IV, 2. Il Fig. Et vous, ma chère fille.... vous que j'ai toujours aimé et souhaité d'avoir près de moi, voyez quel orage vous jette au bout du monde, SÉV. \K déc. (675. Il 2" Fig. Kevers, malheurs, embarras, disgrâces. Le ciel, en qui votre âme a borné ses amours. Était bien oblige de vous donner des jours Qui fussent sans orage, et qui n'eussent point d'ombre, malh. vi, iï. Si près de voir sur soi fondre de tels orages. L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages, corn. Ilor. i, i. Adieu, mais, quand l'orage éclatera sur vous. Ne doutez point du bras dont partiront les coups, id. Polg. v, 6. L'estime où l'on vous tient a dissipé l'orage, mol. Tart. IV, 5. Il y a quinze jours que nous sommes sur le rivage.... nous serons ravis de vous voir aborder comme nous, et tous également sauvés do l'orage [les embarras d'un procès], sÉV. 28 mars 1089. Aller me mettre à couvert pour quelque temps, jusqu'à ce que l'orage qui nous accable ici de toutes parts [une disette cruelle] soit un peu passé, id. à Mme de Cuitaut, a avr. 4094. Sans succomber pourtant tu soutins cet orage, boil. Sat. xii. Ou j'aime à me flatter, Ou sur eux quelque orage est tout prêt d'éclater, rac. Iphig. 11, s. Regarde quel orage est tout prêta tomber, id. t'b. v, t. Tous les jours de ma vie ont été des orages, volt. Tancr. I, 4. Quel changement affreux a formé cet orage? ID. ib. IV, B. Il se forme un orage ; je le vois ; je ie sens, DiDER. Père de famille, v, 2. || Conjurer l'orage, voy. CONJURER. Il 3» Fig. Guerre, révollc, désordre. Les orages d'une longue révolution. U apaisa l'orage dont le royaume était agile, flécii. Tur. Et, tandis que la guerre occupait son courage, [le roi] M'envoya dans ces lieux éloignés de l'orage, rac. Hithr.

I, 3. Il 4° Fig. Tumulte de senlimcnls, agitations du cœur, tumulte de la société. Se dérober aux orages du monde. Et ses trois frères morts par la maiii d'un époux Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous ; Mais j'espère aisément en dissiper l'orage, corn. Wor. iv, 3. Il pense voir en pleurs dissiper cet orage, rac. Andr. v, 4. Vos passions plus violentes et plus furieuses.... vous feront éprouver des agitations et des orages que vous n'aviez jamais éprouvés, même dans le crime, mass. Car. Pécher. Ah! qu'il se passe d'orages au fond du cœurl STAËL, Corinne, xviil, 5. Son cœur caclieiait-il quelque orage terrible'? ducis, Othello, iv, 7. Troublée par les orages du cœur, si la virginité résiste, elle devient céleste, chateauur. Géiiie, i, i, 9. Le* passions font gronder leurs premiers orages dans le cœur du couple malheureux [Adam et Eve], m

II, I, 3. Espères-tu, livrée aux orages des sens, Ol frir un encens pur et des vœux innocents? c. delav. Vêpr. sicil. se. supprimée. Bon vieillard, plaignez ma jeunesse. En butte aux orages des cours, bê- RANGER, Poyag. || 6° Fig. Opposition, colère soulevée contre quelqu'un ou quelque chose. J'ai eu un terrible orage à essuyer ; je ne me mêlerai plus d'aucune affaire, maintenon, Lett. à Hme de St Géran, 27 août 4 704. Vous ne sauriez avoir l'idée de l'orage qu'excite contre moi la publication des Lettres écrites de la montagne; c'est une défense que je devais à mes anciens concitoyens et que je me devais à moi-même, J. i. rouss. LM. à M. de Leyre, Corresp. t. vi, p. 'ioi, dans lacurne. || Familièrement. Ueproclies d'un supérieur. Tout l'orage tombera sur vous. Je vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes, mol. Scapin, i, 1. 1| Correction manuelle. Quels orages da coups vont fonire sur ton dos 1 mol. Amph. m, 2.

— REM. 1. Corneille a dit : Cependant allons voir si nous vaincrons l'onige, Bod. m, «. Sur quoi Voltaire observe que vaincre est impropre, qu'on dissipe, calme, détourne, brave un orage, mais qu'on ne le vainc pas. Cette rcmar(|uo est trop sévère ; l'idée de victoire peut s'appliquer à un orage. Il 2. Au xvn* siècle, les femmes, d'après Thomas Corneille, mettaient orage au féminin. On le trouve ainsi employé dans Mme de Sévigné : Devinez où s'en alla cette diablesse d'orage : apris m'avoir ravagé.... Lelt.àifme de Guilaut, 2» juill. 4694. Dans les enviions de Paris et en Normandie, les paysans font encore orage du féminin.

— SYN. ORAGE TEMPÊTE. L'orage produit là ton-

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nerrc, la pluie, la grêle, la tempête. La tempête est un vent violent, accompagné ordinairement de pluie ou de grêle, et qui s'élève quelquefois pendant l'orage, quelquefois sans orage. Les orages de mer portent ordinairement le nom de tempêtes. Il y a des orages sans tempêto quand la pluie et le tonnerre ne sont pas accompagnés de vent, F. guizot.

— HIST. XII* s, Viengnent tout à seQr quant il auront orage [temps favorable, Rou, ms. p. (27, dans LACURNR. Et granz orages et merveilleuz tempiez, Ronc. p. <<2. Amont par mi le Rin U orages (le temps, le vent] les guie [guide], Sax. vu. Aprendre lui convient [il faut] vie d'home sauvage, Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, tb. xxvi. Il xjii* s. Et li orages venoit devers nos gens, viL- LEH. Lxxx. Sor eles tonoit et negoit, Et si grant orage faisoit, Que nus [nul] ne le puist endurer. Lai du trot. ICt le priât un grans orages, si grans que il sanbloit que la nef montast as nues.... Chr. de Rains, p. 46. || xiv* s. Grans dons donna aux poures chevaliers qui leurs choses avoient perdues en mer pour l'oraige de la tempeste, Chron. de St Denis, t. il, ^ <8, dans lacurne. Uns orages leva, onkesne fu si grans, Qui le drommon emmaine, chi nous dist li rommans. Plus tost que nul oisiaus n'est parmi l'air volans, Bnud. de Seb. x, 1O81. Il XV* s. Et se mirent au danger de Dieu et du vent, si eurent orage bel et moult agrealile, et vindrent en bien briefs jour ferir au havre de Bajonne, ifBOiss. liv. m, p. 293, dans laourne. |1 xvi' s. Ces paroles jeltées conime un orage de vent impétueux sur la mer d'une infinie multitude de peuple, mirent la ville en grand trouble, amvot, Fab. 8. Toujours ne dure orage ne guerre, cotgrave, au mot guerre. De la pauvre vertu l'orage n'a de port Qu'un havre tout vaseux d'une honteuse mort, d'aub. Tragiques. Princes.

— ÉTYM. Dauphiné, oraye, le vent, le souffle du vent; bourguig. ora ige ; provenç. aurafge, vent, orage ; catal. oretj ; espagn. orage; d'une l'orme fictive auraticum, du lat. auro, vent, air; grec, oûpa, souffle. L'anci"!! français avait aussi oré; provenç. aurei/, qui était un autre dérivé du même mot auro.

+ ORAGfIR (o-ra-jé), e. o. Troubler en forme d'orage (inusité). Ils [les jésuites] oragent et tempêtent le calme où nous vivions avec eux, ahnabd, Plaid, contre les jés. cité dans le Dict. de bescherellb.

— lUST. XVI* S. Orager, cotcbavs.

t OBAGEUSKMENT ( 0-ra-jeû-ze-man ), adv. D'une manière orageuse. La séance s'annonçait orageusement.

ORAGEUX, EUSE (o-ra-jeû, jeû-z'), adj. || 1* Qui cause de l'orage, qui menace d'orage. Vent orageux. Le temps est orageux. Un ciel orageux qui s'éclaircit semble annoncer la fin du fléau, didebot, Salon de 1765, (Eutr. t. xiii, p. 2», dans podoenb. Il Sujet aux orages. La mer la plus terrible et la plus orageuse Est plus sûre pour nous que cette cour trompeuse, rac. Esth. m, t. Déesse aux pieds d'albâtre, orageuse Thétys, mrlev. EUg. 11, Vanaé. Il Troublé par l'orage. Nuit orageuse. || Fig. La manière grande et tragique dont il en conçut l'action, la couleur sombre, orageuse et terrible qu'il y répandit, mahmontel, Mém. iv. || Fig. Agité, troublé comme par un orage. Le malade, lr<!S-agité, a passé une nuit fort orageuse. X la vérité, dans un temps si orageux, Il n'y avait rien qui me put secourir, et je m'étais abandonné moi-même, voit. Lett. «3. Une humeur franche et libre et le don d'être amie Malgré Jupiter même et les temps orageux, LA coNT. Fabl. xn, n. On dit que votre maison est orageuse, sÉv. à Mme de Orignan, 25 déc. 4671. La d'Oradour n'en est pas [d'une nomination d'abbesses], dont elle est tout à fait mortifiée, car elle a entièrement l'esprit et la vocation de la petite cour orageuse des abbayes, lo. t. x, p. 6tl, éd. RËr.MEji. Une nation vaillante [les Anglais], mais au»si orageuse que la mer qui l'environne, mass. Orais. (un. Louis le Grand. Dans nos tomps orageux de trouble et de malheur, volt. Tancr. i, a. C'était la ressource des faibles dans les gouvernements orageux de l'Italie, in. Mœurs, m. La vie orageuse que je mène sans reiftche, depuis plusieurs années, J. J. holss. Lelt. à M. de Crajfmried, Corresp. t. I, p. 2(17, dans pouoens. Après avoir fait l'occupation orageuse et pénible des plus précieuses années de notre vie, elle [l'Encyclopédie] fera peutêtre la consolation des dernières, d'alhib. Préf. fc'ncycl. Œuv. t. I, p. 401, dans pouoehs. Il [Daniel Beriioullij tournait sans cessa se* regards vers sa patrie, vers l'égalité républicaine que la me d'une cour aussi orageuse que brillante [Saint-i'éterstwurg] lui rendait plut chire encore, u>flM>RCBT, Daniel

DICT. DK LA LAKCL'i FnA::;\i5;E.

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Bernoulli. Sans doute, au milieu d'une jeunesse orageuse, par la faute des autres, et surtout par Is mienne. J'ai eu de grands torts, Mirabeau, Collection, t. II, p. 37. Les guerres civiles dans lesquelles son inquiète liberté [de Rome] expira pour laire place au despotisme souvent orageux de ses empereurs, LAPLACE, Exp. y, 3. || 2* Prompt, colère, emporté (peu usité). M. Oispin, vous êtes orageux, HAUTEHocnE, tlobles de province, i, n.

— ETYM. Orage.

ORAISO.V (o-rê-zon), ». f. \\ 1* Terme de grammaire. Assemblage de mots construits suivant les règles de la grammaire. Pour rompre toute loi d'usage et de raison Par un barbare amas de vices d'oraison, mol. Femm. sav. ii, 7. L'avantage qu'il y a à avoir un mot de moins à placer dans l'oraison, LA BRUY. XIV. De ces grands mots, clinquant de l'oraison,;. B. Rouss. Ép. II, ï. Il Les parties d'oraison ou de l'oraison étaient autrefois ce que nous nommons aujourd'hui parties du discours, c'est-à-dire les espèces de mots. ||2° Dans le langage didactique, ouvrage d'éloquence composé pour être prononcé en pubUc. Une oraison dans le genre démonstratif. L'exorde est une des parties de l'oraison. Il Nom que l'on donne aux discours des anciens orateurs grecs et latins. Les orai.sons de Démosthène, deCicéron. L'on n'a guère vu jusqu'à présent un chef-d'œuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs : Homère a fait l'Iliade.... et l'orateur romain ses oraisons, la brui. i. Je suis corps, il n'y a point d'esprits; cela me paraît bien grossier; j'ai bien de la peine à penser que votre oraison pro lege Manilia ne soit qu'un résultat de la déclinaison des atomes, VOLT. Mcmmius, m, ) 4. || Oraison funèbre, discours d'éloge, prononcé après la mort d'un personnage. Ne vous a-t-on pas envoyé l'oraison funèbre de M. de Turenne [par Mascaron] ? M. de Coulanges et le petit cardinal m'ont déjà ruinée en ports de lettres, mais j'aime bien cette dépense: il me semble n'avoir jamais rien vu de si beau que cette pièce d'éloquence; on dit que l'abbé Fléchier veut la surpasser, mais je l'en défie; il pourra parler d'un héros, mais ce ne sera pas de M. de Turenne; «t voilà ce que M. de Tulle [Mascaron] a fait divinement à mon gré, sÉv. 242. En arrivant ici, Mme de Lavardinme parla de l'oriison funèbre de Fléchier; nous la fîmes lire, et je demande mille et mille pardons à M. de Tulle; mais il me parut que celle-ci était audessus de la sienne, id. 263. Une oraison funèbre n'est aujourd'hui bien reçue du plus grand nombre des auditeurs, qu'à mesure qu'elle s'éloigne davantage du discours chrétien, ou, si vous l'aimez mieux ainsi, qu'elle approche de plus près d'un éloge profane, LA BROY. XV. L'oraiso.i funèbre de Bertrand du Guesclin en«<ï80 est le premier exemple d'une oraison funèbre prononcée dans l'église, saint-koix, Esc. Paris, Œuv. t. iv, p. 269, dans pouge.ns. Quand on lit son oraison fumbre [de le Tellier, par bossuet], et qu'on la compare avec sa conduite, que peut-on penser, sinon qu'une oraison funèbre n'est qu'une déclamation? voi.T. toim XIY, 25. Il [Uossuetj se livra bientôt à un autre genre, où il n'eut ni supérieur ni égal, celui des oraisons funôbres ; toutes celles qu'il a prononcées portent l'empreinte de l'àme forte et élevée qui les a produites, d'alemb. Éloges, Bbssuet. L'oraison funèbre étnit un hommage d'étiquette chez les Romains, ainsi que do nos jours, dideb. Claude et Nér. i, 3S. L'impression que font sur les .Ames de grands exemples retracés avec une vive éloquence, sont les principes d'utilité sur lesquels a étô fondé dans tous les temps l'usage des oraisons fun" bres : U fut institué chez lo« Grecs parSolon, chez les Romain» pur Valérius Publicola, MABMONTKL, Élém. lill. Œuv. t. IX, p. 04. || Menteur comme un compliment, comme une oraison funèbre, se dit do quelqu'un qui ment, de quelque chose qui est un mensonge. || Fig. Et afin qu'il [un calomniateur] soit cru charitable, dans lo moment même qu'il assassine, 11 ne lue personne dont premièrement il ne fasse l'oraison funîbro, balz. De la cour, 5* dise. || 3* Prière & Dieu ou aux saints. Oraison jaculatoire. Faire l'oraison. Faire une oraison. L'oraison de tel saint. Faisant mainte oraison, l'oeil au eiel, les mains jointes, r^oxier, Sal. viii. Le pasteur «tait i cdté. Et récitait, k lordnaire, Maintes divotcs oraisons, la fO!«t. Fabl. vu, <t. La«l il vit comme un saint; et dedans la maison Du m.atln jusqu'au soir ilesten oraison, mol. leDdp. ni, «. Voulez-vous voir quel était l'esprit d'oraison du serviteur de DieuT Boss. Bourgning. Ce» «mes épanchées et dissipées qui aiment ise répandre au dehors.... sont-elles pour l'ordinaire bien spirituelles et filles d'oraison, si elles ne sont rccueillIcsT

ORA

S'il

10. Serm. Instr. aux ursulines sur le silence, i . Touchés des périls de ceux qui, marchant, comme di David, dans les grandes choses et dans des choses merveilleuses au-dessus d'eux, recherchent, dans l'oraison, des sublimités que Dieu n'a pas révélées et que les saints ne connaissent pas, id. Ordonn. sur les états d'oraison. Jamais l'heure de l'oraison ne fut changée ni interrompue, pas même parles maladies.... selon le précepte de Jésus-Christ, son oraisonfutperpétuelle, pour être égaleau besoin, ID. Anne de Gonx. Ange saint, qui présidiez à l'oraison de cette sainte princesse.... racontez-nous les ardeurs de ce coeur blessé de l'amour divin, id. Marie- Thér. J'appelle oraison chimérique, celle dont l'Ëvangile ne nous parle point, et que Jésus-Christ ni saint Paul ne nous ont jamais enseignée, BoraDAL. 5* dim. après Pdques, Dominic. t. ii, p. 210. L'oraison la plus commune est celle dont le Fils de Dieu nous a lui-même prescrit la forme, et que nous appelons pour cela oraison dominicale, ID. tb. t. ii, p. 2(6. Si le roi marchait au milieu des hivers, l'oral» son de la reine pénétrait les nues pour lui préparer les saisons, fléch. Mar.-Thér. Frappé de ces mur* mures importuns qui interrompent les oraisons des fidèles [durant le service divin], id. Due de Mont. Il [le Tasse] n'eût point de son livre illustré l'Italie, Si son sage héros, toujours en oraison. N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison, uoa. Art poit. m. Il Ktats d'oraison, les divers éuits de l'âme pour et pendant l'oraison. || Oraison mentale, oraison qui se fait sans proférer aucune parole ; par opposition à oraison vocale. Je connais une personne fort vertueuse.... qui emploie les jours et les nuits en des oraisons vocales, sans pouvoir jamais faire l'oraison mentale, stb Thérèse, dans boss. Et. dorais, ix, 1 3. Elle lit Rodriguez, fait l'oraison mentale, boil. Sat. i.Il [Ravaillac] était très-dévot, faisait l'oraison mentale et jaculatoire ; il avait même des visions célestes, volt. lfOB'<rï, 174. Il Fig. Dieu, dis-je en moi-môme tout bas, Dieu, délivre-nous du malin et du langage figuré! les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraîchir le sang ; celui-ci m'emprisonne, de peur que je n'écrive du poison.... Jésus, mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore I après cette courte oraison mentale, je repris.... p. L. cour. Pamph.det pamph. Il U a dit le matin une bonne oraison, se dit à un homme à qui, pendant le jour, il arrive quelque heureuse fortune. || Terme d'église. Se dit quelquefois pour salut. Aller à l'oraison.

— REM. Au mot SANQTiPiKR, l'Académie met un grand O à Oraison dominicale; elle n'en met point it la même expression dans l'article oraison.

— HIST. xn* s. Prestre n'i fit beneiçon ; Messe n'I otneorison, wacr, Brut, v. 7ihi. Une nuit, quant mult fa pencz en oreisun E il fu endormir, Th. le mort. «4. Que parvoslre preiere e par vo.slr» oreisun, Puisse l'amour conquerre del prelius l>arun, tb. t«4. ||xm* s. Le patriarche ou le prélat.... li dit plusiors orisons sur la teste, Ass. de J. i, »». Et aussi li moustiers est communs à toz por fera ses orisons, en tans et en lieu convenable, bbadm. xxiv, 14. Il appela le» sains pour li aider et secourre, et meismement monseigneur Saint Jaigue, en disant s'orolson qui commence : Rsto domine, jomv. 30.1. Il XIV* s. Oroison sans devocion est me.*sagier sans lettres, Ménagier, i, 3. || xvi* s. Jus<iues à ce que, par oraisons et sacrifices, ils eussent appaisé l'ire de» dieux, mont, i, «4. Je sçaiz bon gré à J. Amyot d'avoir laissé dans le cours d'une oraison franjoise les noms latins touts entier», id. || 34».

— ÊTYM. Provenç. oratio, orctso, oralion,orazon! espagn. oraci'on; ital. oraiione; du latin oru/ionem, de orare, parler, dénominatif de os, oris, bouche.

ORAL, ALB (o-ral, ra-l"), adj. || 1* Terme d'anatomie. Qui a rapport i la lioucbe. Cavité orale. Il Terme de scolastique. Manducation orale, l'action matérielle de recevoir l'Iiustie. 2" Qm est articulé par la bouche, en parlant de lettres et de syllabes. Syllabe qui est rendue orale de naitale qu'elle était. Il 3* Oui se transmet de boucha en bouche. U n'y eut presque point de peuple qui ne conserv&l dans ses archives, ùu qui n'eût, par tradition orale, quelque prédiction qui l'assurait de la conquâte du iiioiule, o'est-i-dire des nations voisines, volt. Mtrurs, inlrod. Cette loi orale qu'on disait que Moïse avait donnée, wdeh. Opin. des ane. philos. (Juifs). On ne devrait point dire l'écriture chinoise; il faudrait dire la langue visuelle des Cbiooi»; c'est une autre langue que leur langue orale, dkstutt-tbacy, Instit. Mi'm. sciene. mnr. et polit, t. m, p. t.37. Il 4* Qui est dit do vive voix, par opposition à

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écrit. Enseignement «rai. || Examen oral, eiamon dans lequel il ne se fait que des interrogations. Les examens pour l'obtention des grades universitaires •t pour l'admission aux 6co1m du gouvernement se divisent en deux séries d'épreuves, examen écrit, eiamen oral. On dit même, par abréviation et substantivement, l'oral. Il a échoué au baccalauréat es lettres peur l'oral. t| 6* S. m. L'oral, voile ou espèce de coiffe que portaient autrefois les femmes. || Voile que devaient porter les Juives quand elles allaient par la ville. || Grand voile que le papa a sur la tête et les épaules en certaines occasions.

— CTYM LaL os, oris, bouche; sanscr. védique, A, bouche.

f OKANO (o-ran), ». •». Voy. orano-outanq.

ORA.NGE (o-ran-j'), t. f. \\ !• Fruit à pépins, d'un Jaune doré, et qui a beaucoup de jus; ou, suivant la définition des botani^ites , baie pluriloculaire i épicarpe glanluleux aromatique (le zeste, la peau), & mésocarpe sec et spongieux (le parenchyme) , à endocarpe (pulpe ou chair) tapissé par des cellules pulpeuses qui naissent de la paroi des loges et s'étendent jusqu'aux graines. J'ai fait apporter ici quelques bassins d'oranges de la Chine, de citrons doux et déconfitures, MOL. l'Àtare,iii, 42.|{2°Couleur d'orange, ou couleur orange, couleur qui approche de celle de l'orange. Un ruban couleur d'orange. Il On dit aussi elliptiquement : un ruban, des rubans orange. || S. m. L'orange, la couleur d'orange. L'orange de votre robe est plus beau que celui de la mienne. || S* Orange s'est dit anciennement pour oranger; delà la locution fleur d'orange, qui est restée dans la langue, et que l'on tend aujourd'hui, à tort, à remplacer par fleur d'oranger. Tapissé tout exprès De bouquets de jasmin, de grenade et d'orange, corn. Ment, i, 6. On se dit bonjour, on retourne cueillir des fleurs d'orange, sfiv. 602. Je vous apprends que nous sommes ici tout entourées de fleurs d'orange et de jasmins, ID. Mi. Tètebleu, j'oubliais le meilleur, de l'eau de fleur d'orange ; peut-on aller en bonne fortune sans eau de fleur d'orange ? baron, Homm. à bon. fort. IV, <*.||4° Orange amére, un des noms sous lesquels on désigne la bigarade. Ëcorce d'orange amére. ||5°0range musquée, orange rouge, orange d'hiver, orange tulipée, variétés de poire. |{ Fausse orange, variété de citrouille. || Terme populaire. Orange à cochons, la pomme de terre. || 6° Orange de mer, espèce d'alcyon.

— HisT. XIV* s. Pomme roonde, moienne, bêle, citrine, la quels croist en la rivière de Janes (Gènes), et est appellée en franchois pomme d'orenge, h. de MOUDEviLLE, f* 83, verso. ||xv* S. Pour six pommes d'orange, trois sols, Bibl. det chartes, 6' série, 1. 1 , p. ï»4. Il XVI* g. Cannespetieres, oranges [oiseau], flammans, etc. rab. Garg. i, 37. Un espagnol sans un jésuite est une perdrix sans orange, Sot. Mén. p. ï»7. Les cercles, les oranges [pièce d'artifice), les grenades, les pelotes, les pots et carreaux à feu, PARÉ, IX, Préf. On peut donner sallades d'oranges, citrons, limons, ID. xxviii, «6. De rozes de Damas, tire-on de fort bonne et odorante eau : aussi des fleurs d'orange, de l'eau naiïe, o db serres, S90.

— ÉTYM. Espagn. naranja; port, laranja; ital. arancia, arancio; milanais, naranx; vénitien, naranxa; bas-grec, vepivTÇiov; grec mod. vepôvTi;de l'arabe nûrauj ; persan, naren;'; sanscrit, ndgaranga , qui viendrait, d'après Wilson, de naga, éléphant, etrand;', être malade, à cause que les éléphants mangent des oranges à se rendre malades; ceci est sans fondement. Le mot parait oriental, mais non sanscrit. Le français a essayé d'assimiler ce mol à or, à cause de la couleur.

ORANGE, ÉE (o-ran-j«, jée), adj. \\ 1* Qui est de eouleur d'orange. Cette jolie perruche a une grande tache orangée sur le devant de la tête, bufp. Oi$. t.xi,p. 37». Il est cortainquele fer donneaux végétaux et aux animaux le» couleurs rouge et bleue et toutes las harmonies qui en dépendent comme l'orangée, U pourprée, la violette, bkrh. de st.-P. Jlarm. r.v. V. tform. anim. ||a* S. m. L'orangé, couleur d orange, la deuxième couleur de l'arc-cn-ciel ou du prisme. On forme de l'orangé avec du rouge et du l»»"». «lu vert avec du jaune et du bleu, de l'in-

hl ***" **" '''®" *' "*" ''°''^' B«»»*o«, Traité de P *• "i P- '*•• On pourrait soupçonner que • «rangé, la vert et l'indigo ne sont pas des couleurs prumu»»». etqu'eJles «ont produites par le mélange 1 J!!ïl.''"'.'~ avolrinent de part et d'autre Ida^s M^Mra aobire); mai. Nevrton s'est assuré que MMMs eoutours sont primltivet comme les quatre •atree, w. ib. Lu, p. s7i.

— BST. xf S. Tu es, bon cidre orangié, Tout

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songié. Un bon meuble on un mesnaige, basseun, ixix. Il XVI* s. Damas orengé, rab. Pant. v, 24.

— ÊTYM. Orarige.

ORANOKADE (o-ran-ja-d'), s. f. Boisson qu'on prépare en mêlant du jus d'orange avec de l'eau et en l'édulcorant.

— HIST. XVI* s. Orangeade, ounm, Diet.

— ÈTYM. Orange; ital. naranciata.

ORAÎîGEAT (o-ran~ja), .î.m. Confiture sèche faite

d'écorce d'orange. || Nom donné à des dragées faites d'écorce d'orange.

— HIST. XIV* s. Pour faire orengat, mettez en cinq quartiers les peleures d'une orange, Ménagier, 11, S.

— ÉTYM. Orange.

1. ORANGER (o-ran-jé;rr ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des oran-jé-z en fleurs), t. m. || 1° Arbre toujours vert qui porte les oranges, citrus aurantium, t., famille des aurantiacées ou hespéridécs. Orangers, arbres que j'adore, Que vos parfums me semblent doux! Est-il dans l'empiro de Flore Rien d'agréable comme vous? LA FONT. Psyché, I, p. 4 4. On voit encore aujourd'hui, dans l'orangerie de Versailles , un oranger qui existait déjà du temps du connétable de Bourbon, SAiNT-Foix, Ess. Paris, Œtiv. t. iii, p. 65, dans POUGENS. Des orangers qui languissaient dans la terre, reprirent dans la mousse une nouvelle vie, BONNET, Hist. no». Mém. Œuvr. t. m, p. 256. Ces forêts d'orangers, ces monuments pompeux, c. de- LAV. Vépr. sicil. il, 4. || Fleur d'oranger, voy. à ORANGE, fleur d'orange. || Les mariées portent une couronne de boutons et de fleurs d'orauger; de là la fleur d'oranger est prise pour le symbole du mariage. Acceptez ces fleurs d'oranger; Qu'à votre voile on les attache, bérang. Chap. de la mariée. || Fleur d'oranger, liqueur obtenue par l'infusion des fleurs de cet arbre dans l'eau-de-vie. || 2° Oranger du savetier, la morelle faux piment, solanumpseudo-capsicum, L. Il Oranger des Osages, le bois d'arc, maclurus aurantiaca, Nutt, famille des morées.

— HIST. xvi* s. Les truyes en leur gesine ne sont nourries que de fleurs d'orangiers, kab. Pant. iv, 7. Entre les espèces d'oranger croissans en Provence, est le oornut ou bigarrât, là ainsi appelle, et fort prisé pour son facile accroist, o. de sbrres,

— ÊTYM. Orange.

2. ORANGER, ÈRE (o-ran-jé, jè-r'). || l" S. m. et f. Celui, celle qui vend des oranges. La petite orangère, hamilt. Gramm. io.\\Adj. Un fruitier oranger, une fruitière orangère, fruitier, fruitière qui vend des oranges.

— ÊTYM. Orange.

t 3. ORANGER (o-ran-jé. Le g prend un e devant o et o : orangeant) , v. a. Donner une couleur orange à quelque chose.

— ÊTYM. Orange.

ORANGERIE (o-ran-je-rie), s. f. \\ 1° Partie d'un jardin où sont placés les orangers. || 2° Lieu où l'on conserve les orangers pendant l'hiver, dans les cliimats où ces arbres ne peuvent supporter la température ambiante; synonyme de serre froide.

— f.TYM. Oranger i .

t ORANGETTE (o-ran-jè-f), «. f. Fruit de l'oranger, tombé ou cueilli avant qu'il ait atteint la grosseur d'une noix (d'où le nom de petit grain qu'on lui donne), et que l'on confit.

— ÉTYM. Diminutif d'orange.

t ORANGIN (o ran-jin), t. m. Espèce de courge.

— ETYM. Orange, à cause de la couleur.

t OUANGISE (o-ran-j i-n'), s. f. J^spèce de pépon qu'on nomme aussi fausse orange.

+ ORANGISME (o-ran-ji-sm'), s. m. || 1° Opinion des partisans de Guillar.me d'Orange, en Angleterre, à la fin du XVII* siècle. 1| Système politique des protestants anglais, établis en Irlande, et réclamant envers les catholiques de ce pays la continuition des vexations dont ceux-ci furent accablés sous le règne de Guillaume. |{ 2° Opinion des partisans de Guillaume de Nassau en Belgique depuis («30.

t *. ORANGISTE (o-ran-ji-sf), s. m. Celui qui appartient i l'orangisme. || Partisan protestant de Guillaume, en Angleterre, en Irlande. || Partisan de Guillaume en Belgique.

fs.ORANGIsrB (o-ran-ji-sf),*. m. Celui qui s'occupe de la culture des orangers. Les pépins des oranges de Malte, selon quelques habiles oraiigistes. valent mieux, genus, Maison, rutt. t u, p. 47a, dans poiioF.Ns.

OBANG-OUTANG (o-ran-ou-tan) , s. m. Nom vulgaire de l'orang roux des naturalistes, pilhcctis tatj/nu, Geofl'ioy; espèce de singe sans queuo, qui

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se rapproche de l'homme par la conformation On verra dans l'histoire de l'orang-outang, que, si l'on ne faisait attention qu'à la figure, ou pourrait également regarder cet animal comme le premier des singes ou 'e dernier des hommes, bufp. Quadrup. t. vu, p. 41. L'orang-outang que j'ai vu marchait toujours deliout sur ses deux pieds , même en portant des choses lourdes ; son air était assez triste, sa démarche grave, ses mouvements mesu rés, son naturel doux et très-difîérent de celui deii autres singes, m. ib. p. 73. Si l'éléphant paraît s* rapprocher de l'homme par l'intelligence, l'orangoutang paraît s'en rapprocher bien davantage par le conformation tant intérieure qu'extérieure, et pas les inclinations, les habitudes et les talents qui eK dérivent, bonnet, Contcmpl. nat. xii, 4".

— REM. Âuplur. Bulîon écrit des orangs-outangs; suivant l'étymologie, il faudrait écrire :dosorangsoutang, puisque cela signifie les hommes de la forêt; mais le mieux est de le traiter comme un mot français, et d'écrire des orang-outans.

— ÉTYM. Malais, orang, homme, et houtang, outang, utan, forêt : homme de forêt, homme sauvage. Ce nom d'orang-outang est celui que prennent les indigènes eux-mêmes dans la presqu'île de Malacca.

t ORANVERT (o-ran-vêr), s. m. Merle du Sénégal.

ORATEUR (o-ra-teur), s. m. |1 1* Celui qui compose et prononce des discours. L'esclave Damis qui sert de secrétaire X cet orateur mercenaire, cop.n.

Agésil. m, 2 L'orateur recourut À ces figures

violentes Qui savent exciter les âmes les plus lentes, LA FONT. i'ab/. viii, 4. Nous ne pouvons rien, faibles orateurs, pour la gloire des âmes extraordinaires, boss. Louis de Bourbon. Trois choses contribuent ordinairement à rendre un orateur agréable et efficace : la personne qui parle, la beauté des choses qu'il traite, la manière ingénieuse dont il les explique, iD. Panég. Si Paul, i Et le triste orateur

Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, boil. Lulr. VI. S'il y a peu d'excellents orateurs, y a-t-il bien des gens qui puissent les entendre t la bruï. ix. La principale partie de l'orateur, c'est la probité, sans elle il dégénère en dcclamateur, il déguise ou il exagère les faits.... id. xiv. Dans une ville libre comme Athènes, où le talent de la parole avait un jiouvoir souverain, les orateurs avaient pris un tel ascendant sur l'esprit du peuple.... iiollin , UiU. anc. Œuv. t. viii, p. 23i, dans pougens. Laissons à l'orateur qui charme sa patrie Le soin de nous louer quand nous l'aurons servie, volt, if orl de César, II, 4. Rien n'est plus utile à un orateur pour se former l'oreille que de faire des vers bons ou mauvais, comme il est utile aux jeunes gens de prendre quelques leçons de danse pour acquérir une démarche nob'e et distinguée, d'alemb. Éloges, Héchier. Cette petite portion de l'humanité qui fait sa principale occupation du bon^ieur général de ses semblahles, et dont il avait mérité d'être en quelque sorte l'orateur et le chef, coNnoRCET, Montigni. Les auditeurs assis et l'orateur debout, c. delav. la Popularité, i, 3. || L'Orateur romain, ayec une majuscule, Cicéron. || Orateur sacré, auteur de sermons, d'oraisons funèbres. || On dit dans le même sens: orateur évangélique, orateur de la chaire. Il Orateur du barreau, avocat plaidant. || Orateur de la troupe, celui qui parle pour une compagnie, une troupe de personnes; locution tirée d'un ancien usage que les comédiens avaient de choisir entre eux un homme appelé l'orateur et chargé de faire les harangues et de composer les affiches. || 2" En Angleterre, l'orateur, le président de la chambre des communes. Sun major général [de Cromwell] Harrison va droit à l'orateur, et le fait descendre delà chaire avec violence, volt. Mœurs, ist. |13°En parlant d'une femme. Une femme orateur. || 4" Au XVI" siècle et au commencement du xvii*, on disait orateur pour prosateur, qui n'existait pas. 11 a lait imprimer un volume de sottises mesurées; et, s'il est mauvais orateur, il est encore plus mauvais poète, balz. Lett. à Conrart, 28 avril «863.

— HIST. XIV* s. Si estoient les orateurs des Latins devers le sénat, bercheube, f* 38, recto. Tenons [les religieux, prieurs et couvent de la Fontaine Nostre Dame en Valoys] par devant tous autres du dit ordre nos principaux et especiaux cliapellains et orateurs, nu canoë, ororor. ||xvi*s Comment usonsnous en françois du mot d'orateurs'? Ce .lont les evesquos et prélats, lesquels, es lellrcs (]u'il3 envoyciit aux roys et princes, prennent cette qualité de leurs humbles orateurs, rapportans ce mot à leurs dévotions et prières, pasquieb, Lelt. t. l, p. «»l .

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Henri par la grâce de Dieu roy de France.... nçaToir faisons avoir receu l'humble supplication de nos bien amez et dévots orateurs les religieux, abbé et couvent de l'abbaye de saint Pierre de Jumiei^es, DD ÇANGE, orator. On jiigeroit que ces composileurs Sont aussitost poètes qu'orateurs, CH. fontaine, dans MÉNAGE, Dxct. au mot prosateur. Bonnet avoit lu tous les auteurs. Fors poètes et orateurs, j.dd Bellay, dans MÉNAGE, ib.

— ÉTYM Provenç. et espagn. orador; ital. orotore; du lat. oratorem, de orare, parler, dénominatif de os, oris, bouche.

1. OKATOIRE (o-ra-toi-r*), adj. Qui appartient à l'orateur. Style oratoire. Le ton, le geste oratoire. Un mouvement oratoire. L'art oratoire ne pourrait même durer chez des peuples libres, s'il ne s'occupait d'atfaires importantes, et ne conduisait l'homme d'une naissance obscure aux premières fonctions de l'Eut, DiDEB. c:aude et Nér. i, to. Tout ce qui dans la description oratoire n'intéresse que l'imagination, est superflu et vicieHx; un modèle de ce genre est la description du supplice de Gavius dans la cinquième des Verrines, mahmontel, ÉUm. litt. t. VI, p. 459, dans poogens. Il [Ney] n'a point harangué; il marche, donnant l'exemple, qui, dans un héros, est de tous les mouvements oratoires le plus éloquent et de touslesordres le plus impérieux, sÉGi'R, Hist. de Nap. x, 8. Richardjon n'est pas, comme Rousseau, un écrivain savamment artificiel, un grand maître de la parole oratoire, villemain, Litt. franc, t. i, ivui* tiècle, t" leçon. Le génie oratoire, en touchant la philosophie de l'histoire, la transforme en discours qui résument et expliquent les révolutions et les guerres, taine, Essai sur Tile-ihe, Conclusion. || Le nombre oratoire, voy.

NOMBRE, n* 1 1.

— ÉTYM. Lat. oroiorttis, de orator, orateur.

2. ORATOIRE (o-ra-toi-r'), s. m. || l" Petite pièce qui dans une maison est destinée à prier Dieu. Nous voyions Marie-Thérèse s'enfoncer dans son oratoire, où elle trouvait le Carmel d'Elie, le désert de Jean et la montagne si souvent témoin dus gémissements de Jésus, Boss. Mar.-Thér. Quand tout cédait à Louis, les peuples jetaient les yeux sur la reine, et croyaient voir partir de son oratoire la foudre qui accablait tant de villes, id. ib. Kt qu'on ne nous dise pas qiiO les saints n'avaient point alors d'oratoires ni de chapelles; car on demeure d'accord qu'ils en avaient au quatrième et cinquième siècle, lo. 3' arert. 9. |{ 1° L'Oratoire de Jésus, ou , simplement, l'Oratoire, ordre religii-uz fondé en Italie par Philippe Neri en (5«8, introduit en France par Pierre de Bérulle en 18 H, et consacré à l'enseignement, c'est-à-dire faisant profession d'instruire la jeunesse dans les collèges, et il'élever des clercs pour l'Église dans les séminaires (on met une majuscule). Il est entré dans l'Oratoire. Il est sorti do l'Oratoire. Massilloii a été, en son temps, la plus habile des prédicateurs de l'Oratoire. Toutes les maisons de l'Oratoire n'étaient-clles pas, sous sa conduite, autant de séminaires d'évèques? boss. llniirgoing. Les pères de l'Oratoire de France, d'une institution plus nouvelle, sont dilTérenls de tous les onlres; leur congrégation est la seule où les vœux soient inconnus, ei où n'habite point le repentir, VOLT. Mœurs, <:i9. || La maison où demeurent les péri'S de la congrégation de l'Oratoire. Je vais à l'Oratoire. J'ai entendu la messe i l'Oriitoirc. Les liasse, les Galuppi, les Durante élevés, formas ou protégés dans les Oratoires de Venise, de Naples, de Rome, ciiateauu. Ctfm>, m, i, 3. || L'Oratoire, k Paris, temple pour le culte calviniste. {| 3* Synonyme inusité d'oratorio.

— RF.H. Ménage a dit : « Beaucoup de gens le font fniuinin : une petite oratoire. » Aujourd'hui il est toujours masculin.

— lllST. xif s. Tut le plus de! jurert (il éuil|en un suen oratur Ded»nz une chamiirote ù fai.seit.^un labur, E l'ermout l'uis sur sel.... Th. le mart. toi. Il XI v s. Dedens son oratoire le roy Henri |ilj manda ; Le service de Dieu ohascun d'eux escoiita, Cueseltn, iBOiiï. Il IV* s. Sache» que le roi do Porlingal e^t lin s.Ti-'i^ liinni-. .. ••( .1 .ih Dieu.... et est uioull S') ;vi|,t'll^ ■:. ' r i: i:.:.il' >mx , KHOIS». Il, III , ïl.

— f.lVM. l'ioM:iii;. nriiliifi; u)<p.ign. et ilal. orolori'o; du lat. nratnrium, qui vient de orar«, per- |pr 'il- f>< )., Il, lift.

I' .IK.NT (o-ra-toi-r<>man), ait' D'une

m < '-. Ces f^andH homfn'sne sont eipli-

q ii'-5t(jiiiiuireiuent, pàtku , l'iaid. <s,ilaii» ricUELST.

— HIST. xvi' s. Oratolr(fui«nl, ouoiN, Dict.

— ETYM. Oratoire, et le suffixe ment.

ORATOKIEN (o-ra-to-riin), «, m. Mcml>f« de la

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congrégation de l'Oratoire, Un savant oratorien. Mes pères, dit le caustique magistrat (le premier président Harlay] en s'adressant aux premiers [jésuites], il faut vivre avec Vous, et se tournant vers les oratoriens : et mourir avec vous, buclos, Œuv. t. v, p. 67.

— ETYM. Oratoire ï.

ORATORIO (o-ra-to-ri-o), ». m. Drame lyrique composé sur un sujet sacré et destiné à être exécuté sans décorations ni costumes, dans un concert ou dans une solennité religieuse. La Création du monde, de Haydn, est un fort bel oratorio. Les oratorios de Hândel sont justement célèbres. WÀu plur. Des oratorios.

— REM. 1. n faut entendre ici par drame lyrique une suite de récits ou de discours dans lesquels on expose ce que l'on veut dire. || 2* On écrivait autrefois, au pluriel, des oratorio : Rien n'est plus commun à Rome, surtout pendant le carême, que ces sortes d'oratorio, brossard, Dict. Ces drames sont en petit ce que sont en grand, sur nos théâtres, Athalie, Esther et Jephté; on les appelle oratorio; et Métastase en a donoé des modèles admirables, dont le plus célèbre est, avec raison , le Sacrifice d'Abraham, marmontel, ÉUm. litt. Œuv. t. VI, p. 200, dans pougens. || 8. Castil-Blaze, dans plusieurs endroits de ses ouvrages, a proposé de remplacer le mot italien oratorio par le mot français oratoire, mot que du reste J. J. Rousseau avait employé avant lui dans son Dict. de musique.

— ÉTYM, Suivant Choron, Dict.de musique, jommoi're, ce mot vient de ce que Philippe Neri, qui fonda à Rome, dans le courant du ivv siècle, la congrégation de l'Oratoire, fit composer par d'habiles gens des intermèdes sacrés qui eurent un très-grand succès et qui prirent leur nom de l'église de rOrafoi're où ils étaient exécutés. Au contraire, suivant la Rente britannique, septembre iP52, p. 57, le duc AnnibalMarchesi, qui renonça au gouvernement de Salerne en 1740, et se retira dans un couvent de l'Oratoire à Naples, écrivit des drames religieux pour le théâtre particulier de ce monastère, où l'oratorio, c'est-à-dire l'opéra sacré, a pris naissance et reçu le nom qu'il porte.

I. ORBE (or-b'), ». m. Il 1° Terme d'astronomie. Nom donné à l'aire, à la surface circonscrite par l'orbite d'une planète ou de tout autre corps qui se meut autour d'un astre ou d'une planète. La somme des aires partielles que parcourt une planète compose son orbe. Le diamètre du grand orbe que notre planète décrit autour du soleil est de plus de soixante millions de lieue.s, et cette vaste circonférence s'évanouit et devient un point lorsque l'astronome veut s'en servir à mesurer l'éloignement des étoiles fixes, bonnet, Contempl. nalur. i, 4. La. réputation de Kepler le fit appeler pour enseigner à Gratz eu Slyrio; ei sun ouvrage des proportions des orbes célestes, qu'il envoya à Tycho, lui valut le suffrage de ce grand astronome, baillt, iritl. de l'astron. mod. t. u, p. lO. || On a dit abusivement: le grand orbe de la terre pour l'orbite de la terre. On voit autour de cette planète septsatellites se mouvoir d'occident en orient dans des orbes presque circulaires, laplacb, fxp. i, s. Le mouvement du soleil dans un orbo incliné à l'équaieur, m. ib. v, i . || 8* En poésie, globe en parlant des corps célestes, orlies errants, malpii Atbb , Ode «s. Toi qui peuplas les airs d'immortels habitants, Suspendis sous leurs pioda les orbes éclatants, c. delav. Paria, iy, 7. Dans l'orbe flamboyant qui sans cesse tournoie Autour du trfine étincelant.... V. HUGO, Odes, v, •«. H Par extension, toute espèce de corps globuleux. Les boml)es se croisent dans le» airs, comme l'orbe empenné que les enfants se renvoient sur la raquette, i hateauu. Snich. X. Il 3" Par analogie. Contour. .Sur l'orbe ébloui.ss.int de son bouclier d'or L'art présente un tableau plus magniiique eiioor, delille, Su. vu. Le reptilti se jette en orlje, monte et s'abaisse on spirale, chateaubr. Génie, l, m, >.

— SYN. orbe, orbite. L'orbe est k l'orbite ce que le cercle est à la circonférence.

— HIST. xiii* s. Après l'avironncmenl de l'elr est a.ssis li quarz élément, ce est uns orbes de fuu, qui s'estent ju.Mju'à la lune, brun, latini , Fri*». p, ^t».

— ETYM. Lat. orbis, cercle, rond, boulf.

2. ORUK (or-b'), adj. Terme do cliirorgie. Coup orlio, coup qui fait une large meurtrissure sans uiitamcr la chair ....Ne sont pu jeux d'enfinls, niiiit (le ces orties coups k tuer, scahro.i, dans li roui, Dict. comi(fu«. Il Terme de maçonnerie. Mur orbe, mur sans ouvertuie.

— HIST. xtl* s. Grant tort avet, fait il ; jo vus tieng tuz pur orbs [aveugles], Th. U mart. ii>7.

ORB

I jlxiii* s. S1I y a sanc dont cuirs soit perchiés, ou il y a cous orbes de poing garni, comme de baston ou d'autres coios, beaoh. xxx, I7. Les cleres cores doivent aler devant les orbes lobscures], id. vi, I3. H XVI* s. J'ayme autant les coups trenchants, comme les coups orbes, mont, m, 379. Par un grand coup orbe (encore qu'il n'y ait fracture à l'os) cause de l'esbranlement du cerveau, il se fait souventesfoij ruption des dites veines et artères, paré, m, ♦.

— ÊTYM. Prov. or6j, aveugle ; it. orbo : du lat. orbut, privé de..., ocftiu jumt'nù, privé de lumière; et de là dans les langues romanes, orbe, aveugle, obscur, non apparent (voy. orphelin).

t s. ORBE (or-b'), ». m. Nom vulgaire de deux poissons dont l'un est un diodon et l'autre un éphippus.

t ORBICOLE (or-bi-ko-l'), adj. Terme didactique. Qui peut habiter tout point du globe. Il y a des animaux orbioeles et d'autres qui n'abandonnent pa* certaines latitudes, leooarant.

— ÉTYM. Lat. orftij, le monde, et eolere, habiter. ORBICCLAIRB ( or-bi-ku-l*-r' ) , adj. Qui est en

rond, qui va en rond. Un soir, il aperf ut La lune au fonds d'un puits : l'orbiculaire image Lui parut un ample fromage, la pont. Fabl. 11, «. Dieu a donné aux planètes le inouvement orbiculaire d'orient en occident, volt. Ame, 4. Les taches de la panthère sont orbiculaires, bupp. Quadrup. t. vi, p. »o. || Terme d'anatomie. Muscle orbiculaire des paupières, ou, substantivement, l'orbiculaire des paupières, muscle formant une couche plate et assez mince aux deux bords de l'orbite, et servant à fermer les paupières.

— HIST. xvi* s. X cause de ses deux contraires mouveraens et quasi orbiculaires, ce muscle est appelé mascheur, pah4, iv, » La luxation orbiculaire de l'espine est moins dangereuse que l'angulaire, m. xiv, 18.

— ETYM. Lat. orbicularis, de orèicuiu», petit cercfe, diminutif de orbis (voy. orbb «).

ORBICCLAIREMENT (or-bi-ku-Iê-re-man), odr.

En rond. Les astres se meuvent orbiculajremeat.

— HIST. xvT s. Orbiculairement, cotgravb.

— ETYM. Orbiculaire, et le suffixe ment.

t ORBICDLE (or-bi-ku-l'), ». f. || l" Terme de botanique. Nom donné aux sporanges pédicellés de certains champignons. || 2*Terme de zoologie. Genre de coquilles univalves.

— ÉTYM. Lat. orbiculut, diminutif de orèi», cercle (voy. orbe l).

t ORBICDLfî, ÉE (or-bi-ku-lé, 14e}, adj. Terme didacli(|ue. Qui est plat et rond.

— ETYM. Ltit. orbieulatut, de orbieuluâ, petit rond, de orbis (voy. orbb t).

tORBIJ%RKS (or-biè-r'), ». f. pi. Morceaut de cuirs hémisphériques qu'on met sur les yeux d'un mulet.

— HIST. xvi* s. Il n'y a point de beste à qui plus justement [qu'à l'esprit) il faille donner des orbières pour tenir sa veue subjecta et contraincte devant ses pas, mont. 11, su.

— ÊTYM. Cest, étymologiquement, le même mot que omtére; et il vient, comme lui, d'une forme fictive orbilaria, do orbila, cercle, rond.

t ORBILLB (or-bi-ll*, « mouillées, et non or-bi-yo), ». f. Terme do botanique. Conceptacle orbiculaire de certains lichens.

ORBITAIRK (or-bi-tê-r^, a^j. Terme d'anatomie. Qui a r.npport à l'orbite de l'œil. || Arcaile orbilaire, rebord saillant de la paroi supérieure de l'orbite qui fait partie do l'os frontal. || Fosses orbltaires, les orbites.

— HIST. XVI* t. 11 y « tli M, k sçavoir trois de chacun costé, que nous pouvons appcller orbltair%s, K l'enloiir di-s yeux, par*, it, ».

— f.TYM. Orbite.

ORBITE (or-fii-t') , ». f. || !• Terme d'astronomie. Le chemin que décrit une planète par son mouvement propre*. Newton suppose que l'orbite de la lune est à peu près une ellipte, dont 11 néglige même l'excentricité, o'alrmb. Dise, prilim. Syst. monde, Oiuvr. t. xi», p. «7 dans pouorns. Un silence profond a régné dans l'antiquité sur les causes qui lancent ou retiennent les corps célestes dans leurs orbites, raili.y, Hist. attron. anc p. ». Le mouvement propre de chacune des planètes primitive* se fait d'occiilent en orient, sur une orbite elliptique, à l'un des foyers de laquelle se trouve le soleil, BRismm, Traité de phys. t. m, p. M, dans puugens. Après un grand nombre do tentatives continuées pendant dix-sept ans, Kepler reconnut enfla que le* carrés des temps des révolutions des planètes sent entre eux comme le* eubes des grands aïoa

ORC

ne leurs orbites, laplace, Exposé, ii, 6. 1| a- Terme d'anatomie. Cavité dans laqueUe 1 oeil est placé. L'orbite de l'œil est très-grande et bordée de brun [chei la putois rayé), buff. Putoù. || Dans les mamiDlfére», (lortion do cette cavité qui s'aperçoit par U saillie qu'elle lait au dehors. || Dans les oiseaux, partie interne de la région ophthalmique, celle qui iïoisine immédiatement l'œil. || Plusieurs, même dans le langage technique, le font masculin en ce lens. Ses yeux caves, cernés par un filon d'azur. Brillant comme un charbon dans leur orbite obscur,

lAIIART. Joe. T, *T.

— HlST. XIV* t. U [les nerb optiques] entrent la cran [crâne], et passent par lui tout outre, Unt qu'il apergenl [apparaissent] à l'orbite de l'oil, h. DE MONDEViLLK, f 17. || XVI' 3. Pour bien observer telle dissection, il ne faut pas arracher lœil de l'orbite, mais il faut rompre ladite orbite, pabé, iv, 6. La partie supérieure du dit os [cubitus] la quelle tourne dedans l'orbite du bras, est appellée olecranon, ID. IV, 2C.

ÊTYM. Lat. orbita, trace d'une roue de voiture, de orbij, roue, cercle (voy. o»be <).

■f ORBITËLE (or-:bi-tè-r) , adj. Terme de zoologie. Araignées orbitales, araignées qui filent des toiles composées de cercles concentriques.

— ÉTYM. Lat. orbis, rond, et tela, toile.

t ORBITO-NASAL, ALE (or-bi-to-na-zal, za-I'), adj. Terme d'anatomie. Qui se rapporte à l'orbite et au nez.

— ETYM. Orbite , et nasal.

■fOUBlTO-PALl'ÉBRAL, ALE ( or-bi-to-pal-pé-

bral, bra-l') , adj. Qui se rapporte à l'orbite et aux paupières. Muscle orbito-palpébral, nom donné au muscle releveur de la paupière supérieure.

— ÊTYM. Orbite, et palpébral.

OBCANËTK (or-ka-nè-f), ». f. Racine ayant un principe colorant rouge, soluble surtout dans les corps gras, qui appartient à l'anchusa tincloria, borraginées, la buglosse des teinturiers de certains auteurs, le grémil tinctorial suivant d'autres. L'orcanète qui fait un rouge brun tirant sur le tanné.... étant outre cela une drogue étrangère, Jnstruct. ponr la teinture, <8mars467(,art.44t.|| L'orcanète jaune, onosma eehioides , même famille.

— KIST. XVI* s. On dissoudra rasure de bresil et ercanete en eau alumineuje, paré, xxv, 44.

— ETYil. Origine inconnue. Cependant on peut songer à l'arménien orak, couleur, orakanel, se colorer; la drogue étrangère, dont parle Vlnstriution pour la teinture, pourrait venir du Levant.

t ORCA.VfÎTLVE (or-ka-nè-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Hésine rouge extraite de l'orcanète.

f ORCANSON ( or-kan son ), s. m. Autre forme d'arcanson (voy. ce mot). Le tonnerre est aisément imite par le bruit d'une ou deux roues dentelées qu'on fait mouvoir derrière la scène sur des planches; les éclairs se formentavec unpeud'orcanson, VOLT. Lett. Àlbergati, * déc. <768 (à moins qu'il n'y ait une faute d'impression et qu'il ne faille lire arcanson).

t ORCÊINE (or-sé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Produit de l'action de l'amqioniaque liquide sur l'orcine.

t ORCUEL (or-chèl)^ /. m. Synonyme vieilli d'orteille.

OHCUESTIQDE ( or-kè-sti-k' ) , 0<y. || !• Terme d'antiquité. Genre orcbestique, celui des deux genres priDCipaui de la gymnastique ancienne, qui comprenait la danse et l'exercice de la paume. 1 1 2' S. f. L'orcbestique, l'art de la danse et de la pantomime, chez les anciens.

— ETYM. 'Of/naiixbi (voy. ORCnESTRE).

i ORCHKSTOGRAPUIE (or-kè-sto-gra-Ge), *. f. Art d'écrire la danse, ce qui se fait en indiquant les pas et les meuvements sous les passages notés.

— ETYM. 'OcyemOai, danser, et ypiçtiv, décrire.

t ORCIIESTUÀTIOX (or-kè-stra-sion), ». f. || 1° Action d'orchestrer. Le succès qu'avait obtenu mon orchestration de Richard Cœur de Lion, ad. adau, Souvenir» d'un musicien (Adam avait retouché l'orcbestre de cet opéra). || %• Manière dont les parties d'un orchestre sont combinées entre elles, dont un compositeur sait rendre ses idées et les fait exprimer par tel ou tel instrument. Ce compositeur eateiid l'orchestration. Orchestration savante. Quelques idces heureuses, mal écritw et délayées dans «m orebestratioQ mesquine, ad. aoah, Souv. d'un miuic. t. 1, p. 4. Il »• Science du maniement d'un Orcti«str«.

— ETYM. Orcfc«str«r.

OK(;ilt:STRE (or-ki-slrO, ». «. fjf Terme d'antiquité. La partie du tbAiUe du Grecs consacrée à

ORC

la danse et aux évoluMsns du chœur. || Â Rome, le lieu oii se plaçaient les sénateurs et les vestales, dans les théâtres. || 2" Dans nos tbéitres, la partie contiguë à la scène et un peu au-dessous d'elle, où se placent les musiciens instrumentistes. 11 me semble que je n'ai été jusqu'ici que dans le parterre, ou tout au plus dans l'orchestre à jouer et à badiner avec les violons, retz, i, 69. Il est nécessaire de vérifier l'accord général des instruments avant d'entrer à l'orchestre, fétis, Uaniiel des compositeurs, m, 5. || 8° Par la métonymie du contenant pour le contenu, les musiciens qui occupent l'orchestre. Cet orchestre est excellent. 11 fait partie de l'orchestre de l'Opéra. || Chef d'orchestre, celui qui est assis au pupitre du milieu, et plus haut que les autres concertants, et qui les dirige avec l'archet ou le bâton de mesure. Habeneck, Valentino ont été d'excellents chefs d'orchestre. || Par assimilation, toute réunion de musiciens instrumentistes assez considérable pour que les violons, les altos et les basses j soient en nombre. L'orchestre du Conservatoire. Les premières symphonies de Haydn, qui ne contiennent outre le quatuor que deux cors et deux hautbois, montrent combien son orchestre était alors peu nombreux. || En termes de musique, dans une partition, l'ensemble des parties instrumentale», à l'exclusion des voix. L'orchestre est bien plus travaillé dans les partitions modernes que dans celles du siècle dernier. || Par moquerie, ensemble de gens faisant une musique ridicule ou détestable Qu'un rire inextinguible éclate à votre nom, Qu'un orchestre inhumain en sifflant vous salue, c. delav. les Comédiens, iv, 6. || 4' Ensemble quelconque d'instruments. Il est une vérité incontestable, c'est qu'un orchestre n'est jamais parfaitement d'accord, FÉTIS, Manuel des compns. m, 5. Il y a trois sortes d'orchestres qui, par leur destination, doivent être disposés de manières différentes : ce sont l'orchestre de l'opéra, celui du concert, et celui de la musique d'harmonie, id. ib. m, 4. || Par analogie. [Mon violon] C'était l'orchestre du village; Plus de fêtes, plus d'heureux jours, bérang. Violon brisé. || G»chestre monstre, se dit quelquefois d'un orchestre où le nombre des exécutants est très-considérable. Il 6° Se dit de certains rangs de stalles ou fauteuils destinés au public, et qui sont placés, dans nos théâtres, entre le parterre et l'orchestre proprement dit; on dit assez généralement l'orchestre des musiciens, l'orchestre des spectateurs. Fauteuil d'orchestre. Stalles d'orchestre. || Un orchestre se dit pour une place d'orchestre. || La partie du public placée à l'orchestre. L'orchestre était muet, le parterre eu balance, c. delav. les Comédiens, v, i. Il 6° Orchestre est quelquefois synonyme d'orchestration. Ce compositeur excelle dans l'orchestre. L'orchestre de Meyerbeer est toujours savant.

— KEM. Orchestre a été féminin, suivant l'étymologie : L'orchestre étant située, comme je l'ai dil....i ROLLiN, Ilist. ane. Œuvr. t. v, p. <45. Aujourd'hui il est masculin.

— ÊTYM. 'OpxiQOTpa, de ôpxEïoOai, danser.

t ORCUESTRER (or-kè-stré), v. a. Arranger pour l'orchestre ; écrire les parties d'orchestre. Il [Boieldieu] avait fait un pas immense dans l'art d'orchestrer et de disposer l'harmonie, ad. adam. Souvenirs d'un mustcien, 1,6.

— REM. Ce verbe, assez nouveau, a pris de nos jours une grande importance, parce que, comme l'orchestre des Monsigny, des Grétryetdes anciens auteurs d'opéras comiques, avait peu de ressources et de variété, toutes les fois qu'on veut reprendre une de ces pièces anciennes, on est oblige de les orchestrer à nouveau, c'est-à-dire d'en refaire l'orchestre. On dit aussi dans ee sens réorcheslrer (voy. obchestration).

t ORCHESTRINO ( or-kè-strl-BO ) , ». m. Instrument i clavier dont les cordes sont mises en vibration par une roue qui sert d'archet.

— ETYM. Diminutif de l'italien orchestra, orchestre.

• t ORCUESTRION (or-kc-strion), ». m. I| Sorte d'orgue portatif. Non loin des coucous les orchestrions résonnent.... c'est la For&t-Noire qui fabrique tant de coucous et d'orchestrions, catulle men- DÈs, Uonit. univ. 4 janv. 4«68,p. 20, 6' col. || Piano uni à quelques registres d'orgue.

— ETYM. Orchestre.

-t ORCIIULGIK (or-ki-al-jie), ». f. Terme de médecine. Douleur nerveuse des testicules.

— ETYM. 'Op/ii;, testicule, et SXfoç, douleur.

t ORCIIIUËES (or-ki-dée), ». f. pi. Famille de plantes moiiouolylédoues et tuberouleussi. ^— ETYM. Orchit.

ORD

t ORCHIOCËLE (or-ki-o-sS-r), ». f. Terme de médecine. Tumeur du testicule, vulgairement hernie humorale.

— ETYM. 'Opx'î, testicule, et xrXti, tumeur.

t ORCUIOTOIUIE (or-ki-o-to-mie), ». f. Terme de chirurgie. Ablation d'un testicule.

— ETYM. 'Opxtc, testicule, et to(i9i, section. ORCUIS (or-kis'), s. m. Genre de plantes de la

famille des orchidées, ainsi appelées parce que les racines, qui sont bulbeuses, ressemblent à des testicules.

— KTYM. 'Opxic testicule.

t ORCHITE (ôr-ki-f), s. f. Terme de médecine. InflaTimation du testicule.

— ÉTYM. 'Opx't, testicule, et la finale médicale ile qui indique l'inflammation.

t ORCINE (or-si-n'), s. f. Terme de chimie. Corps qui existe dans certains lichens {variolaria dealbata, L.].

t ORCYNE (or-si-n'), ». m. Nom moderne du genre germon (poissons scombéroïdes).

ORD, ORDE (or, or-d'), adj. Terme vieilli. Qui excite le dégoût et pour ainsi dire l'horreur pai la saleté. Je ne suis.... Qu'une orde écume de torrent, Qui semble fondre avant que naître, bégnieb. Stances relig. Je n'ai jamais lu dans Sénèque le genre de mort d'un Allemand qui s'étrangla et s'étouffa de la pUis orde manière dk monde, la mothe le vayer, la Promenade, dialogue i, p. 9», dan»

POUGENS

— HIST. xiii* s. Il est venus son lieu reconchier. Et s'est plus ors que quant il s'en ala, hdes d'olsi. Romancero, p. <u4. jjxiv s. Un message lequel estoit triste et hort, à savoir que son fils estoit mors, bercheure, f'SO, t-erso. || xv* s. Lesseigneurs foulés et travaillés de tant gésir aux champs par si ord temps, si froid et si pluvieux, froiss. ii, ii, t06. Il XVI" s. L'on est aucune fois contraint de boire, en un camp, des eaux si troubles et si ordes, qu'elles font mal au cueur à les voir seulement, amyot, Lyc. <4. Si le voisin fait sur sob héritage propre privez, ordes fosses, fumieres.... Coust. ginér. t. u,

— ÉTYM. Norm. iord; du lat. horridus, qui feit horreur, de horror, horreur,

ORDALIE (or-da-lie), ». f. Toute épreuve juridique usitée, dans le moyen âge, sous le nom de jugement de Dieu. Il y en avait de bien des espèces [d'épreuves judiciaires] ; mai? elles se rapportent toutes à trois principales, savoir le serment, le duel et l'ordalie ou l'épreuve par les éléments, DUCLOS, Œuv. t. 1, p. 301. Il Nom qu'on donnait aux cuves dans lesquelles se faisait l'épreuve de l'eau.

— ETVM. Bas-lat. ordalium, ordela; du germanique : anglo-sax. orddl; ail. Urthel, Urtheil, jugement, c'est-à-dire ur, fondamental, et Theil, partage.

ORDINAIRE (or-di-nê-r'), adj. || 1» Qui est dans l'ordre commun, qui a coutume d'être, de se faire, d'arriver. Oui, madame, on a vu son bonheur ordinaire [de César].... cobn. l'omp. v, 3. 11 est des articles de vos lettres sur lesquels je ne réponds point; il est ordinaire d'être ridicule quand on répond de si loin, sÉv. i> déc. <e73. Ce zèle de la foi y eut toujours la meilleure part [dans la charité de Mme d'Aiguillon], et la conversion des cœurs fut le motif et le fruit ordinaire de ses aumônes, TLÈcn. Aiguillon. Une chose énoncée d'une façon ordinaire se fait aussi plus aisément croire, BOiL. Longin, Subi. 25. Votre llamme devient une flamme ordinaire, bac. Phèdre, i, 6. J'ai rempli d'un Français le devoir ordinaire, volt. Zaïre, ii, > . Tout ce qui n'est point ordinaire produit des erreurs encore plus extraordinaires, bui'P. Ois. t. vu, p. 3U3. Il Ordinaire à. Il est assez ordinaire au] personnes à qui le ciel a donné de l'esprit, d'abuset des grâces qu'elles ont reçues, fléch. Vme de Mont. Ces dévotions extérieures qui sont ordinaires à Sa nation (espagnole] , et qui ne s'établissent que trop dans la nôtre, in. Kar.-Thér. Ainsi me voilà malheureux dans mon bonheur, chose fort ordinaire à nous autres houimes, volt. tf«. //tc/ieii'eu, si août 4761. Il leur est plus ordinaire [aux hommes] de penser d'après leurs actions, que d'agir d'après leum principes, duclos, Consid. mœurs, 4 8. || Question ordinaire, le premier degré de la torture qu'on fai>ail subir à un accusé. || Terme militaire. Le pas ordinaire, le pas le plus lent de ceux qui sont réglés pour les troupes et qu'elles doivent toujours prendre quand on n'en commande pas d'autre. || 2° Dont on se sert habituellement. Nourriture, vin ordinaiie. H Dans les restaurants, vin ordinaire, le vin que l'on sert «ans le faire payer en sus du repas.

ORD

Il 8° Il se dit des officiers de la maison du prince ç'di remplissent' leur fonction toute l'année, par ojv position à ceux qui servent par quartier. Médecin ordinaire. Maître d'hôtel ordinaire. || Il s'est dit de quelques officiers de la maison du roi, quoiqu'ils ne servissent que par quartier. Musicien ordinaire de la chapelle du roi. || Gentilhomme ordinaire du roi, gentilhomme servant le roi pour porter ses ordres et ses volontés aux parlements, aux provinces, et ses compliments aux cours des rois et des princes. Le roi mon maître, en me cédant à lui [le roi de Prusse], m'a daij,'né accorder une pension, et m'a conservé la charge de gentilhomme ordinaire de la chambre, volt. Mél, litlér. Fragment d'une lettre. \\ Un genliihomme ordinaire du roi se nommait quelquefois simplement, un ordinaire. J'ai oublié de vous mander que de Sainte-Marie il (le roi] avait envoyé un ordinaire nommé M. de Saint-Aubin, pour assurer la république de son amitié, pelusson, Lett. hislor. t. u, p. 44, dans pouGENS. Le roi envoya ce jour-là visiter M. le Prince par un ordinaire nommé Essin, ID. if). 1. 1, p. 205. Il 4° Il se dit de fonctionnaire* qui sont en exercice toule l'année. || Autrefois, conseiller d'État ordinaire, celui qui siégeait au conseil toute l'année. M. de Harlay et M. de Besons ont rempli les deux places vides du conseil, et M. de la Reynie et M. de Bignon sont devenus ordinaires, sÉv. S avr. <6N7. Il Aujourd'hui, conseiller d'Etat en service ordinaire, par opposition à conseiller d'État en service extraordinaire auquel ont été confiées des fonctions qui l'empêchent d'assister au conseil. Il Ambassadeur ordinaire, celui qui réside près d'un» cour, à la différence de ceux qui n'ont qu'une simple mission. Il Juges ordinaires, cour ordinaire, les juges, les cours qui «ervaient toule l'année, à la différence des juges et des cours qui ne servaient que par semestre. || Juges ordinaires, ceux à qui appartenait naturellement la connaissance des affaires, à la différence des juges de privilège et de ceux qui étaient établis par commission. || Terme de jurisprudtm:i> Affaire ordinaire, affaire qui n'est pas de nature h être jugée sommairement. || Il s'est dit aussi de certains officiei-s de guerre. Commissaire ordinaire des guerres. Commissaire ordinaire de l'artillerie. ||8' Terme d'antiquité romaine. Consul ordinaire, se dit d'un consul nommé au commencement l'année, par opposition à consul sufl'ectus, celui qu'on nommait plus tard et comme remplaçant. Il 6° Oui ne dépasse pas le niveau commun. N'attendez pas que je loue M. de lurenne comme on loue tous les hommes ordinaires, fléch. Turenne. Enfin, Êliacin, vous avez su me plaire; Vous n'êtes point sans doute un enfant ordinaire, raC. Àth. ii, 7. Mais ce n'est point, madame, un amant ordinaire, ID. Mithr. u, (.Dans Mme de Miran, je vous ai peint une femme d'un esprit ordinaire, de ces esprits qu'on ne loue ni qu'on ne méprise, mahi- VAUX, Marianne, 5* part. Ne vous regardez plus comme un homme ordinaire, volt. Sémiram. iv, a. Celui qui méditera avec attention cet abrégé de la vie et de la doctrine d'Empédocle, ne le regardera pas comme un homme ordinaire, niDEa. Opin. det anc. philos. Pytliaijorisme. || 7* S. m. Ce qui a coutume d'être, ce qu'on a coutume de faire. El quand la renommée a passé l'ordinaire. Si l'on n'en veut déclioir, il faut ne plus rien faire, COBN. Hor. V, ». Voire ordinaire est-il de rêver en parlant? lo. Hent. i, 6. Le cas parut étrange et contre l'ordinaire : Hinos en ces deux morts semblait s'être mépris, la font. Fabl. xi, ♦. Contre mon ordinaire Je dormais tranquillement, lO. Imit. d'Anacr. Ce que peut la vertu d'un homme ne se doit pas mesurer par ses eOorts, mais par son ordinaire, PASc. Pens. VI, a?, éd. havet. Si j'étais devote, comme par exemple M. de la Garde, je crois, contre l'ordinaire, que je conviendrais avec mes anus des gr&ces singulxres et précieuses que je recevrais de Oieu.... stv. 2t mai tt»o. Mlle du Plessis est insupportable de vanité.... Mlle du Pics sis donc disait une impertinence au-dessus de l'ordinaire : moi , je pris aussi un ton au-dessus de l'ordinaire.... lu. i» oct. lasu. Qu'il [bieu] donne une dose de patienc« au delà de l'ordinaire à ce pauvre chevalier, lo. 37 sept. 1887. D'une laïUc au-dessus de l'ordiiulre, volt. Louis IIV, 26. Seion l'ordinaire dus caraclcres emportés al dominants, aroukt. Uyue, m, p. *. ||8"Ce qu'on a coutume de servir pour un repas. Un sien ami, voyant CCS somptueux repas, Lui dit: et d'où vient donc un si bon ordinaireT la fort. Fabl. vu, <4. Un Qogue de qui l'ordinaire T.tait un pain entier, lii. t^. vui, ta. Daux perroquets, l'un père et l'iulre

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fils. Du rôt d'un roi faisaient leur ordinaire, iD.t6. x, 1 2. Le régime que vos Grignans vous font observer, est fait exprès pour mon ordinaire, sSv. 373. Voilà un bon ordinaire bourgeois, hancourt, Vert galant, se. )5. Il [Moriu] se débarrassa du carrosse, et se retira à Saint-Victor sans aucun domestique, ayant cependant augmenté son ordinaire d'un peu de riz cuit à l'eau, fonten. ilorin. J'ai toujours eu partout un très-gros ordinaire pour un nombre d'amis et de connaissances familières qui y venaient sans prier, st-sim. 392, 60. Je ne suis pas difficile à servir, je ne fais point d'ordinaire ; je man^e en ville, LESAGK, Gil Bl. m, «. || La portion d'alimenls que, dans les auberges, chez les traiteurs, on donne à une personne pour un repas, et principalement une portion de soupe et de bœuf bouilli. Prendre un oi-dinaire chez le traiteur. || Vin d'ordinaire, vin de qualité ordinaire qu'on boit dans le cours du repas. Il La mesure de vin qu'on donne pour chanue repas aux domestiques. A-t-il eu son ordinaire î || La mesure d'avoine qu'on donne le soir et le matin aux chevaux. Mon cheval a-t-il eu son ordinaire ? || Fig. La manière de vivre. Quarante ans d'exil à cet ordinaire me seraient quarante ansde félicité, balz. liv. viii, lett. <.||Fig. et familièrement. L'usage de la vie conjugale. Je voudrais bien Que, content de votre ordinaire,Vou» ne goûtassiez plus au mien, la font. PdJé. Il Anciennement, restaurant, taverne, lieu où l'on donne à manger. Je regarde l'ordinaire le plus proche de White-Hall qui soit bon, et où viennent les plus honnêtes gens ; j'y vais dîner trois ou quatre fois.... st-evrem. Sir Polilick,m, 2. || 9° L'or- (linaire de la messe, les prières que le prêtre dit à la messe, et qui ne changent point. Les laïques qui n'entendent pas le latin ont l'ordinaire de la messe traduit en français. || Livre indiquant la manière de réciter l'office divin. || 10' Autrefois, l'ordinaire des guerres, certain fonds établi pour payer la maison du roi, les commissaires des guerres, et les compagnies de gendarmerie. || 11° Le courrier de la poste qui part et arrive à certains jours réglés. Je reçus, il y a un mois, une lettre quo vous me faisiez l'honneur de m'écrire du 20 janvier; le dernier ordinaire m'en a apporté un autre du 26 du mois passé, voit. Leit. 25. Je ne vous en parlerai que par le premier ordinaire, pasc. Prov. u. Les lettres qui seront portées par cet ordinaire, vous feront voir si nous disons vrai ou non, SÉV. ». Les nouvelles de cette année ne tiennent pas d'un ordinaire à l'autre, lo. 4». Je me suis donné l'honneur de vous écrire par l'ordinaire de vendredi, Boss. Lett. 1 5. Mme du Chàtelet ne vous écrit point, je crois, cet ordinaire, voit. Lett. en vers et en prose, 62. Il II vieillit en ce sens; on dit habituellemenl courrier. H Le jour où cet ordinaire, ce courrier part et arrive. Si pendant cette marclie vous étiez aussi quelque ordinaire sans recevoir de mes nouvelles, vous n'en serez point en peine, sév. )o3. Voilà le second ordinaire que je ne reçois point de nouvelles de ma fille, ID. 47 juin 1671.1112° L'ordinaire, le juge naturel d'une personne. i| Régler uu procès, une affaire à l'ordinaire, ordonner qu'un procès intenté au criminel ne pourra être poursuivi qu'au civil. || On dit dans le même sens : recevoir les parties à l'ordinjire. || 18" Terme d'Église. L'ordinaire, l'évêque diocésain ; ou, si lu siège épiscopal est vacant, l'autorité diocésaine. Les maisons religieuses qui ne sont pas en cougrégation, ou qui ne jouissent pas du privilège qu'on appelle exemption, sont soumises à la juridiction ue l'ordiiiaue. La visite de la clôture appartient de plein droit à l'ordinaire, pathu, Plaid. 5, dans hicuklrt. Gaucclin, évêque de Lodève, que Geraul, évéque d'Aibi, qui était présent et l'ordinaire du lieu, avait revêtu de sou autorité, boss. Var. xi, ï7. Le» ultramontains prétendent que le pape est l'oidiiiaire des ordinaires, c'est-à-dire qu'il peut dans chaciue diocèse ce que peut l'évêque même, et surlout dans lo patriarchat d'Occident, uumab». LiO. égl. gall. part, u, maz. 4 4. Il 14" Ordinaires de la musique de la chambre du roi, se disait des chanteurs et des ctiaiitouses des concerts du roi. ||16" Au piuritl. Menstrues. Celle femme a ses ordinaires. || 18" À l'ordinaire, loe. ode. Suivant la manière accoutumée. Je ue doute [Kjint qu'à l'ordinaire il ne M lue l'Sme et la corps, BALZ. liv. jii, Iclt. 14. Le pasteur était à cûto (du mort], El récitait à l'ordinaire Maintes dévole» oraison», LA FONT. Fabl. vil, (4. Du reste tout va ici à l'ordinaire, boss. UU. 4». Le parlement reprit une itwuiio lui» ses fonctions, et les plaideurs, que l'on avait négligés pour ces affaires, euieut la liberté de se ruiner à l'ordinaire, volt, iouu XV, »o. Il 17" D'urdinairo; loe, adv. Le plus souvent. C'est

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d'ordinaire ainsi que ses pareils agissent, corn. Mcom. n, 4. Une vie plus douce et plus oiseuse qu'on ne la mène d'ordinaire dans le siècle, mass.

Mystères, Œuvres de misérieorde Tu sais que

d'onliiiaire. Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire, begnard, le Joueur, r, 2. Les Suisses ne faisaient encore usage de leur liberté que pour vendre leur sang; et d'ordinaire celui qui avait la plus de Suisses dans .son armée se croyait sûr do la victoire, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, i520.

Il Pour l'ordinaire, même sens On nous voit tous,

pour l'ordinaire. Piller le survenant, nous jeter sur sa peau, LA font. Fabl.x, 46. L'amour, pour l'ordinaire est peu fait à ces fois, mol. Ilis. u, 5. l'uut l'ordinaire (à Rome], on ne coinptiit plus les prisonniers, BOSS. Ilist. m, 0.

— SYN. ORDINAIRE, COMMUN. Dans ordinaire il y a, d'après l'étymologie, un retour régulier et conformément à l'ordre. Cette nuance n'est pas dans commun.

— HIST. XIII* s. Et s'il ne s'en veaut [veut] chastier deden/. quarante jurz, ele le doit dire à l'ordenaiie, Liv. de just. 43. X justice laie [laïque] n'appartient pas à parler de le [la] venganche, mais à notre Soigner et à lor ordinaires, beaum. xxxvim, i4. Il XV* s. Recipe pour ton ordinaire, Et le donne à travers les dents Du rouge sirot d'Orléans, basselin, Vaude Vire, 4 2. || xvi* s. X rh»ure du disner, chascun envoie son ordinaire chez le chantre, pesper. Contes, m. Et disnoit et soupoit de si bonne heure qu'elle n'alloit plus à l'ordinaire des dames, haro. Nouv. XXI. Nul corps ecclésiastique ne peut estre exempté de son ordinaire [dioce.sain], pour se diie dépendre immédiatement du saincl siège, p. pitiiou, 7 4. Un tas de gens, interprètes et conlreroolleurs ordinaires des desseings de Dieu, mont, i, 248. Les plus ordinaires ocftisions de surprinse, w. l, 25, Mithridate, qui se fuit ordinaire [s'habitua] à boire le poison, la boetie, 34. Epammondas dit en parlant de sa table ; Dn tel ordinaire ne reçoit jamais trahison, auygi, Lyc. 23. Acte surpas.sant l'ordinaire d'humaine nature, id. Pubi. ». Cette liberté [de l'Iîglise gallicane], tant rechantée par les nos- Ires, n'est autre chose que le droit commun et ordinaire; et c'est la cause pour laquelle chacun, par un consentement, s'est induit d'appeller les evosques ordinaires, comme ne faisans rien dans leurs diocèses qui ne fut de droit ordinaire, et que ce que l'on cntreprenoit sur eux estoit extraordinaire, PASQUiER, flec/HTcheî, liv. 111, p. 242, dans lacuhne.

— ETVM. Provenç. ordtnori; ital. et esp. ordinario; «lu lat. ordinarius, de ordo, ordinis (voy. ordhe].

ORDINAIKEMENT (or-di-nô-re-man), ode X l'ordinaire. Ordinairement ceux qui sont dans les emplois de la guerre croient que c'est une prééminence del'épéedene t'assiijétiràaucuneloi, boss. Gomay. Il a toujours méprisé les vanterios ridicules dont il arrive assez ordinairement que la noblesse étourdit la monda, m. t'6. Au milieu des jeux et des assemblées où l'Ame se dissipe ordinairement, celle de Marie-Thérèse se recueillait en elle-même, FLécii. Har.-Thér. M. de Lamoignon disait oïdinairemcnt qu'il y avait peu de difféieuce entre un juge méchnnt et un juge ignorant, lo. toinoiynoi». (.lu'ello vienne samedi ou dimanche après dlnor à Sainl- Cyr; ce sont Ivs jours où j'y vais le plus ordinaii-ement, maintknon, Lell. au card. de Koaillis, 3 mai 4700. Les rois de Macédoine étaient ordinnircnient des princes habiles, montkso, Ilom. 6.

— HlST. xvr s. Ordinairement, amyot, Lye. 4«.

— ETVM. Ordinaire, et le s.idije mrnl.

ORDINAL, ALK {or-di-nal, na-l'), adj. || !• Tenno

de grammaire. Qui regarde l'ordre, lo rang; qui marque, Indique l'ordre. Des adjectifs ordinaux. Premier, deuxième, troisième, s<inl des nombres ordinaux. Premièrement, secondement sont des adverbes ordinaux. || 8' Ternie do zoologie. DilTércnces ordinales, diflérencc» d'ordre. || 3" .S', m. Nom donné par le clergé anglicin à un livre qui contient le service divin et les cérémonies avec lesquelles on confère les ordres.

— HBM. Quand deux termes ordinaux se suivent séparés seulement par et uu par ou, on peut nir'ltra lo premier au nombre cardinal : le sept ou builièma pour le septième ou le huitième.

— ETYM. l.at. ordinadi, de ordo, ordinit, ordrat provonç. et esp. ordituil; ital. ordinale.

OKDINANII (or-<li-nan),».m. Celui qui se prépare aux ordres sacrés. Ordonnons que chu(|uu ordinand nous présentera une attestation de trois publications faites à la paroisse de sa promotion luturo aux sa créa ordres de sous-diaconat, do diaconat et d« prélrite, bosi. Ordonn. siinodale, itvt

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ÉTYM. Lat. ordinandiis, devant être ordonné,

de ordimirf, de onio, ordre fvoy. oudhe).

ORDI.\ANT (oiMli-nan), t. m. || 1» L'évêque qui confire les ordres. L'orditiant doit célébrer la messe et faire les cérémonies selon les ordres qu'il donne. Il a'.i<rfj.Onlin,inl s'est dit, maisne se dit plus, pour ordinal. Il [Ménage] observe que, quand deui noms ordinanls se suivent, on met le premier au substantif: le sept ou huitième, le dii ou douzième, et non pas le septième ou huitième, le dixième ou douzième, valoel. Item.NoteTh. Corn. 1. 1, p. 4»9, dans POUGKNS.

— f.TYM. tat. ordmonîem, de ordtnare, qui vient de or((o, ordre (voy. ordre).

t OUDINATKUn, TRU'.E (or di-na-tcur, tri-s"), ad), li 1" Oui niel l'ordre, (lui arrange. Il pensait que la cjuse universelle, ordinatrice et première était bonne, mi.ER. Qpin. des auc. philos. (PyOtagorisme). Il Kn ce sens on dit aussi ordonnateur. || 2° S. m. Celui qui confère un ordre de l'Étjlise. Quel crime c'est.... de reconnaître pour Églises celles qui ne peuvent pas rapporter la suite de leurs pasteurs aux apOtrcs comme à leurs ordinateurs, iioss. 2» inslr. sur les passages, dissert, sur Grotius, 21 .

— 6TYM. Lat. ordinalorem, de ordinare, de ordo, ordinis, ordre {voy. ordre).

ORDINATION (or-(ti-na-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Action de mettre en ordre, d'arranger. Chacune de ses faces [d'une idole] est un symbole de ses attributs relatifs à l'ordination et au gouvernement du monde, diderot, Opi'n. des anc. ■philos. [Valahares). ||2° Action de conférer les ordres de l'Église. Une ordination faite par M. de Seez, Boss. Lett. 79. Toujours modeste, toujours innocent, toujours zélé comme un saint prêtre, il avait prévenu son ordination ; il n'avait pas attendu la consécration tnys'-ique; il s'était, dès son enfance, consacré lui-même par la pratique persévérante de la piété, ID. Ilourgoing.

— HlST. xiv* s. Les causes seront délivrées à l'ordination des présentations [suivant l'ordre, le rang des présentations], Ordonn. des rois de France, t. V, p. (35. Ijxvi's. Il reste d'exposer par quelle circonstance on ordonnoit les ministres de l'Eglise ancienne après les avoir eleus; les Latins ont appelé cela ordination ou consécration, calv. Inslit 807.

— ÊTYM. Lat. ordi'naltonern, de ordinare, qui vient de ordo, ordre ; provenç. ordinalio, ordenalio, ordonation; esp. ordenacion; ital. ordinazione.

OUDO (or-do), s. m. Livret qui indique aux ecclésiastiques la manière de réciter l'oflice du j ;ur. Acheter un ordo.

— ÉTYM. Lat. ordo, ordre.

t ORDON (or-don), s. m. Terme de métallurgie. Système de charpente employé dans les appareils destinés à convertir la fonte en barre et en plaques, et dans lequel sont placés les marteaux. || Terme de pêche. Se dft d'une certaine longueur de cannes, ou de lignes montées sur des cordes.

— HIST. XVI' s. L'une ou l'autre partie pourra user de laditte muraille et commune paroi ou pignon, et y enfoncer ses ordons relians, sommiers, plattes ou cartouches, JVou». coust. gin. t. l, p. t2«9.

— ETYM. Origine inconnue.

t ORDONNABLE (or-do-na-bl'), ad}. Qui peut être ordonné, rangé.

— HIST. xiv s. Choses mal ordonable» aus vertus morales, oresme, Thèse de meunier.

ORDON.NANCB (or-do-nan-s'), *. f. || l- Mise en ordre, en arrangement La cavalerie en ordonnance de bataille, pkhrot, Tae. 3)0, Les apAtres, assemblât autour de leur maître, lui montraient le temple et les b&timents d'alentour; ils en admiraient les pierres, l'ordonnance, la beauté, la solidité, bosk. //i((. u, 9. Tous mes sots, & l'instant changeant de contenance. Ont loué du festin la superbe ordonnance, BuiL. Sat. m. Là d'un enterrement la funèbre ordonnance C'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, id. ib. vi. Pour former co vif coloris, cette belle onlonnsooe de figures en si grand nombre, FfN. Exist. 8. Votre peinture chinoise n'a ni correction, ni dessin, ni ordonnance, ni noblesse dans les figures, lo. t. xix, p. i &». Ce que j ai eu l'Iionneur d'envoyer à Votre Excellence n'est qu'une première et légère esquisse du grand tableau dont vous me fournissez l'ordonnance [l'histoire du czar Pierre], volt. LtU. Sehouvalof, n juill. 176». H me parait prouvé que Racine a puisé toute l'ordonnance da la tragédie d'Andromaque dans le second acU de Pertbarite, lu. Comm. Corn. ttem. P*rtK II, t. u sageHc et la grandeur de l'ordonnance, 1 intalligeno* de U lumière et des ombres BiM». Salon dt «7i*, a:uvr. t. un, p. <oa, dan»

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potiGKNS. On a prétendu que l'ordonnance était inséparable de l'expression; il me semble qu'il peut y avoir de l'ordonnance sans expression, id. Essai sur la peint, ch. 6. Dans les ouvrages d'Homère, une ordonnance toujours savante, toujours varice, BARTHÊL. Ànach. ch. 26. Tel qu'un peintre, arrêtant ses indiscrets pinceaux, D'avance en sa pensée ébauche ses tableaux, Ainsi de vos dessins méditez l'ordonnance, delille, Jard. n. Des travaux et des jours tu chantas l'ordonnance, millev. Élég. liv. n. Pompeuses ordonnances, charmes flatteurs du coloris, balancement des masses, enchaînement des groupes, et tant d'autres coquetteries du métier qui ne disent rien à l'âme, lévesoub, Inslit. ilém. litt. et beaux-arts, t. i, p. 467. || Terme d'architecture. Se dit de la manière dont les trois ordre» sont employés, et de l'effet qui en résulte. Ordonnance dorique, ionique, corinthienne. || Se dit aussi du nombre des colonnes d'une façade, et de la manière dont ces colonnes sont disposées. Ordonnance tétraslyle, décastyle, pycnostyle. || Termed'arlificier. Intervalle uniforme de temps qu'on doit lais.serentre le jeu dos pièces d'artifice. || i' Acte, prescription émanée de l'autorité supérieure. Vous savez du sénat l'ordonnance dernière, mairet, Sophon. v, 2. Mais de ce grand sénat les saiutesordonnanccs Eussent peu fait pour vous, seigneur,sans vos finances, corn. Pomp. III, 2. J'abhorre l'ordonnance et redoute la peine, Rorii. Ànlig. m, b. Heureux ceux qui gardent les ordonnances du Seigneur! Ps. cxviii,dansRicHELET. Ce n'est pas à un pécheur de raconter vos justices et de publier vos ordonnances, Khss. Carême, Jeûne. Lotliaire fit cette célèbre et inutile ordonnance, que, pour éviter les séditions trop fréquenies, le pape ne sera plus élu par le peuple, volt. Mœurs, 24. Il 8° Particulièrement. Dans l'ancien régime, lois et constitutions des rois de France. L'ordonnance, les ordonnances de saint Louis. Les rois de France avaient perdu leur chartrier; ils sentaient la nécessité d'avoir un dépôt d'archives qu'on put consulter aisément, la cour prit insensiblement l'usage de déposer au grefTe du parlement ses cdits et ses ordonnances, VOLT. Hist. pari. xi. || Ordonnances de Louis XIV, se dit spécialement des grands règlements par lesquels Louis XIV régularisa en France l'administration de la justice; ce sont l'ordonnance civile, l'ordonnance criminelle, l'ordonnance des eaux et forets, l'ordonnance sur les évocations, le code de commerce, le code de marine, et le code noir. Il Ordonnances du Louvre, le recueil des ordonnances imprimées à l'imprimerie royale. C'est lui qui drossa le plan du recueil des ordonnances; ouvrage immense, qui signale le règne de Louis XIV.... un recueil d'ordonnances n'e.<t que l'histoire des variations, volt. Louis .ÏIV, Écrivains, Laurière. Il On disait au pluriel, en termes de palais, ordonnances royaux (voy. lettres, rem. 2, pour l'explication de royaux). {{ i' Aujourd'hui, règlements et actes faits par le souverain pour l'exécution des lois ou pour des objets d'administration. Le mode d'exécution de cette loi a été réglé par une ordonnance. On dit présentement décret. || S. ^p/. Se dit, absolument, des trois ordonnances rendues par Charles X en juillet (sau. {| Fig. Pas d'entraves à la pensée Par ordonnance do Bacchus, iiérano. Ma répulil. Il 8° En un sens collectif,au singulier, l'ensemble des ordonnances. Cela est contraire à l'ordonnance. Il Familièrement. Être meublé suivant l'ordonnance, n'avoir que les meubles i|uo la loi défend de saisir et, par conséquent, être mal meublé. A ce jardin était joinlo une guinguette assez jolie, qu'on meubla suivant l'ortlonnance, j. j. rouss. Confess. v. Il Ordonnances de police, ordonnances que rend la police pour la tranquillité, la propreté, la salubrité, etc. des villes. ||6" Terme do jurisprudence. Ordonnance du juge, décision d'un juge sur une question qui lui est soumise; ordre qu'il donne au bas d'une requête qui lui est présentée ou d'un procès-verbal. Il Ordonnances de la chambre du conseil, décisions rendues par la chambre du conseil en matière criminelle. || 7' Se dit, en général, de tout ce que le médecin prescrit au malade, par rapport tant aux médicaments qu'au régime, l'aisez-vous , ignorante; ce n'est pas à vous à contrâler les ordonnances de la médecine, hol. Mal. im. i, t. Je fais des lavages i mes mains, de l'ordonnance du vieux de l'Orme, sév. 4< mars «670. Nous voyons avec quelle exactitude il (le malade] obéit & toutes leH ordonnances du médecin qui lo gouverne, bourd. Pensées, t. i, p. 893. Le sage médecin Ds donne pas des ordonnances & la première vue, I. J. Rouss. Ém. u. Kn me rendant ses soins qu'il appelle des visites, on me donnant ses conseils

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qu'il nomme des ordonnances, il fie médecin] remplit dignement et sans faste la plus noble fonction d'une âme éclairée et sensible, beadmarch. Harbier de Sév. Préface. || Ordonnance est souvent synonyme de formule. || Le papier sur lequel le médecin a écrit la prescription. Porter l'ordonnance chez le pharmacien. || 8° Terme militaire. Compagnie d'ordonnance, compagnie qui ne fait partie d'aucun régiment. || Sous l'ancienne monarchie, compagnies d'ordonnances, nom qu'on donnait aux troupes qui n'entraient point en corps de régiment et qui consistaient en gendarmes, chevau-légers, etc. || 9' Habit d'ordonnance, habit d'uniforme. L'infanterie était sans iiabits d'ordonnance ni rien d'uniforme, VOIT. Charles XII, 3. Son habit d'ordonnance avait deux épaulettes, in. Tactique. || L'expression habit d'ordonnance est abandonnée et remplacée par habit d'uniforme. || D'ordonnance, se dit de même ds tous les insignes attachés à une fonction. Ils [les démons] les faisaient parer [leurs idoles] des robes et des ornements dont se revêtaient les magistrats, et porter devant eux les faisceaux et les bâtons d'ordonnance, «oss. (" sermon. Déwons, 2. {| iO° Nom donné à un planton de cavalerie employé près d'un officier général, et qui monte à cheval pour porter des dépêches. Il En ce sens, bien que le féminin soit la règle, on emploie quelquefois le masculin : L'ordonnance s'est mal conduit. Tous les ordonnances seront réunis à six heures. || On dit dans un sens analogue : officier d'ordonnance. |] 11° Terme de finances. Mandement à un trésorier de payer certaine somme. On m'a donné pour vous une ordonnance de voyage; j'irai la recevoir quand je serai à Paris, et je vous en tiendrai bon compte, bac. Lett. à son fils, xxiv. {| Ancien terme de palais. Une ordonnance de dernière volonté, un testament. Il 12* Au plur. Les derniers sacrements et particulièrement l'extrême-onction.

— HIST. xiu* s. Noslre intention est à esclairer tous les mestiers de Paris, leurs ordenances, la manière des entrepresures dechascun mestier, Liv. des mrt. s. Mes de ce monde l'ordenance. Que Diex par sa grantporveance Volt [voulut] cstablir etordener, la Rose, )77on. Puisque l'ancienne ordrenance de la légion a esté dicte, J. de meung, Végèce, ii, 7. Il XIV* s. De la manière et de l'ordenance quielle évacuation doit estre premièrement faite o [avec] flobothomie ou médecine laxative, h. de mondeville, f* 44. Tu qui sces jugier des coulours Et des amoureuses douleurs. Dois savoir la signiflance El de son habit l'ordonnance, macuaut, p. 46. L'ordonnance du souper est telle pour dix escuelles [couverts], Ménagier, n, 4. La monnoie n'a pas son pris et son cours par nature, mes par la loy et par ordenance humaine, ORESMR, £(^1. tB2.|]xv' s. Si entenriirent les dessus dits seigneurs aux ordonnances de la ville, qui pour le temps n'estoit point fermée, et aussi à faire armer chascun, froiss. i, i, 20B. Si singlerent ce premier jour à l'ordonnance de Dieu, du vent et des mariniers, id. i, i, 264. Depuis que icellui Porcbier fu féru, il vesqui l'espace de neuf jours, et après mort s'en ensuy, et eust toutes ses ordonnances [sacrements], du cangi:, ordiJiar». 11 faut tenir pour seur que la grant prospérité des princes, ou leurs grandes adversitez procèdent de sa divine ordonance [de Dieu], comm. v, 9. Kt y estoient [avec lo roy] toutes les ordonnances du royaulme qui povoient bien estre xxiii cens hommes d'armes environ, id. i, s. Et estoit l'armée très puissante et plus beilo que jamais eut; car il y avoit douze cens lances d'ordonnance qui avoicnt trois archiers pour hommes d'armes, et le tout bien en poinct et bien montez, id. m, 8. jlxvi" s. Je y veidz six mille et seze oyscaulx seloucides, marchans en ordonnance, et devorans- les saulterelles parmy les bicdz, hau. Pant. V, 30. A nouveau prince il fault neufve ordonnance, ID. V, 33. L'ordonnance que Cyrus faict à ses enfants ([ue.... mont, i, i7. Aprez qu'il eut recogneu l'ordonnance de l'armije que les Romains luy envoyoient au devant, in. i, 23u. Je voudrois estre roy pour faire une ordonnance. Que chacun deusl la nuict au logis se tenir; Sans plus les amoureux auroieiit toute licence, despories. Diverses amours, XIV, Contre une nuict trop claire. Quatre regimens d'Infanterie se doyvent, par rai.son, entretenir en temps de paix, réglez à six cens honinies chacun, pour bien correspondre avec les forces des ordonnances (la cavalerie], langue, 262. Et quand il a baillé son orilounance à quelqu'un, après qu'il aille où il voudra, tousjours sera-il payé : car telles dettes sont merveilleusement privilégiées, id. Sol.

— ETYM. Ordonner ; prov. ordenansa, ordunnamai esp. ordenansa; ital. ordinanxa.

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ORDOyNAÎTCfi, ÊB (or-do-nan-sé, ' sée) , part, vass^ d'ordonnancer. Les sommes ordonnancées.

t ORDONNANCEMENT (or-do-nan-se-nnan), J. m. Terme d'administration. Action d'ordonnancer un payement.

ÔURONNANCER (or-do-nan-sé. Le c prend une ec'dilledevantaet o : ordonnançant, ordonnançons),

V. a. Terme d'administration. Écrire au bas d'un état, d'un mémoire, l'ordre de payer. Ordonnancer un état de dépense,

— ÉTYM. Ordonnance.

OKDONNATEl'R, rRICE (or-do-na-teur, tri-s'), m. et /■. ||1° Celui, celle qui ordonne, met en ordre, en arrangement. L'ordonnateur, l'onlonnatrice d'une fête. Un bel ordre du :tout, qui marque 'p concert des parties et l'unité d'intention de l'ordonnateur, I. J. Rouss. /M. V, 2. Aristote n'a pas jiilsité à reconnaître Dieu comme première cause du mouvement; et Platon, comme l'unique ordonnateur de l'univers, barthél. Anaeh. sh. 79. Je m'élance dans les espaces pour y trouver l'ordonnateur de tant de mondes, chateacbr. Ccnie, i,

VI, <. ||2' Ordonnateur, nom donné à l'officier public chargé d'accompagner et de diriger les convois mortuaires; il les accompagne à l'église et au cimetière. Il 3° Celui qui ordonne les payements. Chaque ministre est l'ordonnateur des dépenses do son département. || Anciennement, ordonnateur général des bâtiments, le chef de tous les architectes du roi. M. de Seignelay était surintendant et ordonnateur général des bâtiments du roi. |] i° Adj. Qui dispose, ordonne. Ce fut là qu'il annonça la doctrine d'un dieu ordonnateur du monde et protecteur des hommes, sous le nom d'Amida, dider. Opin. des anc. philos. {Japonais). |{ 6° Adj. m. Commissaire ordonnateur, celui qui ordonnance les dépenses de l'armée.

— ÉTYM. Ordonner ; provenç. ordenaire, ordenador, ordonadoT; ilal. ordinalore. On trouve dans les anciens textes orden«ur.

ORDONNÉ, EE (or-do-né, née), part, passé d'ordonner.ii l- Disposé suivant un certain arrangement. Ha! que c'estchoso belle et fort bien ordonnOe Dormir dedans un lit la grasso matinée! Régnier, SaJ. vil. Dorante; Quelque collation a pu l'accompagner Ha musique]? — Alcippe : On le dit. — Dorante : Kcrl superbe. — Alcippo ; Kt fort bien ordonnée, tOHN. le lient, l, r.. Quelques vérités fondamentales de la religion, ordonnées à cette fin (distinguer la Traie spiritualité do la fausse), Boss. Ordon. sur les étals d'orais. Attaques hardies , retraites honorables, campements bien ordonnés, flécu. Turcniie. La chevelure assez mal ordonnée,voLT. Mondain. 11 n'y a pas un être dans l'univers qu'on ne puise, à quelque égard, regarder comme le centre commun de tous les autres, autour duquel ils sont fcjus ordonnés, i. i. rooss. Emile, tv. S'il s'y trouve des retours ordonnés des mSmes sons, des m£mcs terminaisons, cela facililera encore davantage le rappel de la suite, bonnet, Ess. anal, âme, ch. 22. Les maximes d'une politique éclairée et bien ordonnée, Baynal, Hist. phil. xia, 49. Les événements particuliers dont la rencontre semble ordonnée par une puissance supérieure, mahuontel, ÉUm. lilt. Œuir. t. viii, p. 36i. Astres qui, poursuivant votre course ordonnée. Conduise?, dans les cieux la marche de l'année, delille, Céorg. i. \\ Une maison bien ordonnée, une maison tenue avec ordre. || Une tSle bien ordonnée, un esprit juste, dont les idées (ont bien classées. || Absolument. Ordonné signifie bien ordonné, ^es mœurs ordonnées et douces, MASS. Carême, Prod. \\ Terme de mathématique. Raison ou proportion ordonnée, proportion qui résulta d'une ou de plu.sieurs autres proportions. Il Terme de blason. Mal ordonné, se dit des piÈces dispos(':es dans l'ordre contraire à l'usage général. Il Troverbc. Chanté bien ordonnée, etc. voy. chapiTiS. Il %' Oui a reçu l'ordination. N'est-ce rien de r.g,;,;.; 111 i:,' lise comme n'ayant point de pasteurs l/^^K-iiuM'iiienl oidonné»'? uoss. Var. xii, 4S. Si les prêtres étaient mariés avant leur ordination, il leur était permis de garder leurs femmes; mais, d^s qu'une fois Ils avaient été ordonnés, il ne leur était plus permis de se marier, conhillac, llist. anc. XV, (. Il >■ Prescrit, enjoint. Le meurtre de S'jnique ordonnipar Néron. || Absolument, en style de palais. Ordonné que, c'est-t-<lire tordre de.... ayant été dominé. Ordonné qu'il sera fait rapport à la cour bu foin que peut manger une poule en un jour, HAC. Fiaid, l, 7. i|4" S. (. Terme de géométrie. Ordona<!H, ligne droite tirée d'un point de la circonférence d'une criurbe perpendiculairement à son axe. La ligna des absciues et celle des oi n-

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nées. Dans la parabole, les ordonnées croissent comme les racines carrées des abscisses.

t ORDONNÉMENT (or-do-né-man), a<J). D'une manière ordonnée, réglée. II est immense ce qu'elle faisait d'aumônes, et combien noblement et ordonnément elle les distribuait, st-sim. 433, 8.

— HIST. xiii* s. Li clergiés vint encontre moût ordenéement, Berte, cxxxiii. |{ xvi* s. En la saison première, après que toutes choses Furent de leur chaos ordonnément decloses, desportes, Élfgiei, i, 9. Le zèle qui tient de la divine raison et justice, se conduit ordonnéement et moderéement, mont, i,

— f.TYM. Ordonnée, et le suffixe ment; prov. ordenadamcn; espagn. ordenadamente ; ital. ordi'natamcnte.

ORDONNER (or-do-né), «. a. || 1* Mettre en un certain arrangement. Que prudemment les dieux savent tout ordonner! corn. Médée, iv, 3. Là, dans un long tissu de belles actions. Il verra comme il faut dompter les nations, Attaquer une place, ordonner une armée, m. Cid, i, 6. Nous ordonnons tous deux la fête de CybMe, L'honneur est égal entre nous, QniN. Atys, i, 6. Dieu, voyant que le monde avec la sagesse humaine ne l'avait point reconnu par les ouvrages de la sagesse, c'est-à-dire par les créatures qu'il avait si bien ordonnées, noss. llist. n, ti. Dieu a préparé, dans son conseil éternel, les premières familles qui sont la source des nations ; il a aussi ordonné, dans les nations, les familles particulières dont elles sont .composées, m. ilarie- Thér. La raison a besoin de temps pour ramasser ses forces, pour ordonner ses principes, pour appuyer ses conséquences, m. Serm. Véritahle conters. < . Et qui présentera ma fiUe à son époux î Quelle autre ordonnera cette pompe sacrée '/ rac. Iphig.

III, <. Comme on était surpris do la belle ordonnance qui régnait à sa table, il disait ag:éabiement que le môme esprit qui servait â bien ranger une bataille servait aussi à bien ordonner un festin, ROLLiN, Ilisi. anc. Œutr. t. ix, p. <50,dans poucens. Ordonnez le festin, apportez-moi la lyre, j. B. Rouss. Cantate, Hacchus. Le plus sûr moyen de s't'Iever su-des.sus des préjugés et d'ordonner ses jiigeiuents sur les vrais rapports des choses, est do .se mettre à la place d'un homme isolé, j. j. iiodss. Ém. m. Il y a peu d'hommes, même parmi les gens de lellres, qui sachent ordonner un tableau, uiuer. Salon de no?, Œuvr. t. xiv, p. I2(!, dans rouoENs. Convenez que, lorsque je vous l'ordonnais ainsi [un tableau], vous aviez tort do m'objecter les limites de votre espace, m. ib. p. 60. ij 1° Terme d'algèbre. Ranger des termes suivant les puissances croi.ssantes ou décroissantes d'une certaine letlrc. Ordonner un dividende par rapport à la letire o. Les approximations sont d'autant plus commodes et précises, que l'on développe moins de fonctions en séries, et que les séries sont ordonnées par rapport aux puissances de quantités très-petites, lapi.ace, Inslit. Mém.scienc. X. n, p. (27. 1| 8° En matière ecclésiastique, conférer les ordres de l'Église. Le même empereur [Alexindre-Sévèie] louait et proposait pour exemple les saintes précautions avec lesquelles les chrétiens ordonnaient les ministres des cho.ses sacrées, boss. llist. u, «2. On l'avait ordonné fort jeune, sans avoir égard aux règles do l'âge, FLÉCH. Uist.de Théodose, u, ». || Absolument. Un évÊque ne peut ordonner dans le diocèse dun autre sans sa permission. {| Administrer les derniers sacrement*. j| 4° Prescrire, enjoindre. M'ordonner du repos, c'est croître mes malheurs, corn. Cid, n,

9. Si je commande ici, le sénat ue l'ordonne, id. .ÇerJor. iii, 2. Alexandre ordonna un deuil général à la mort d'fiphestion, ii'ablancourt, Arrien, vu, dans aiciiELET. J'ordonne, poursuit le Seigneur, que tout lui soit soumis (àNabuchodonosorJ, boss. /l«iu« d'Anglel. Les inventions par lesquelles ils [les enfants d'Adam] s'imaginent forcer la nature, et se rendre dilTérents les uns des autres, malgré l'égalité qu'elle a ordonnée, lo. Gomay. M. de Montaumer avait appris dans la loi de Dieu ce qu'elle définid et ce qu'elle ordonne, fléch. Duc de Mnnt. L>mour me fait ici chercher une inhumaine; Mais qui sait ce qu'il doit ordonner de mon sorlt bac. Aiulr. I, i. Mou père avec les Grecs m'ordonne de partir,

10. ib. II, •. Ma gloire, mon amour vous ordoiiiiunt de vivre, in. Iphig. v, a. Quelle voix salutaire ordonne que je vive. Kl rappelle en mon sein mon âme fugitive T lu. Eith. u, 7. J'ordonne à la victoire Ue préparer pour vous les ohcmins do la gloire, VOLT. Ilenr. i. ô nature, 6 devoir, Qu'alleivous ordonner d'un eicar au dése.ipoirT m. Méropt,

IV, 6. Il ALsulumeat. Comme il donnait des ordres

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ui

particuliers et de la plus haute importance, puisqu'il y allait de sa c mscience et de son salut éternel, averti qu'il fallait écrire et ordonner dans les formes... boss. ioui'.t de Bourbon. Ils marchent droit au (leuve [le Rhin], où Louis en personne. Déjà prêt à passer, instruit, dispose, ordonne, boil. Ép. Passage du Hhin. || Quelques auteurs ont dit ordonner que, avec le futur de l'indicatif. Noms ordonnons qu'elle [une ordonnance] sera envovée à toutes les communautés, boss. Ord sur les èl. d'orais. Ce sera une très-bonne loi que celle qni ordonnera qu'on emploiera des monnaies réelles, hontesq. Èsp. xxii. 2. Il Familièrement. J'ordonne, sorte de substantif qui se dit de personnes toujours prêles à commander. Voyez donc monsieur j'ordonne, voyez donc madame j'ordonne ! || 5" Il se dit des prescriptions des médecins. Le mi'decin ordonna la diète, une saignée. || Absolument. Les médecins ne visitent point assez et ordonnent trop, maieiir. Rech. rér. Éclaire. liv. m, t. iv, p. 241 , dans pougens. || 6° En termes de finance, donner à nn trésorier le mandement de payer une certaine somme. Quelle somme vous a-t-on ordonnée pour votre vo;age? || Vieux en ce sens. On dit ordonnancer. || 7° V. n. Ordonner de, faire le règlement de. Lo repas dont Monigohert avait ordonné, sitv. « août i«80. Ce sage législateur [Moïse] ordonne du commerce et de la police, des successions et des héritages , do la justice et de la guerre, enfin do toutes les choses qui peuvent maintenir un empire, boss. Panég. de Si Thomas de Canterb. 1. 1| Particulièrement. Ordonner de quelque chose, en disposer. Le temps de chaque chose ordonnée! fait le prix, corn.- Pomp. I, 3. Remettez en ses mains trône, sceptre, couronne, Et, sans en murmurer, souffrez qu'il en ordonne, id. ib. n, 4. Vous qui savez son crime, ordonnez de sa peine, id. Kicom. v, 7. Attendronsnous, seigneur.... que, le Iront paré de votre diadème. Ce traître trop heureux ordonne do vousmême?», Olhon, V, 3. La Providence en ordonnera, sÉv. 2 H. La Grèce a-t-elle encor quelque droit sur sa vie [du fils d'Hector]? Et, seul de tous les Grecs, ne m'est-il pas permis D'ordonner des captifs que le sort m'a soumis? bac. Andr. i, s. Etqu'ilse garde bien D'ordonner de son sort sans être instruit du mien, id. Mithr. iv, 3. Il s'ingèro de les meubler, et il ordonne de leur équipage, la briy. m. || On a dit ; ordonner sur. Conservez votre tête pour bien Ordonner sur tous mes intérêts, sitv. d Mme de Guitaut, 24 juin. <093. Il 8° S'ordonner, t). réfl. Sesoumcllro i un certain arrangcmdit. Qui ne s'ordonne pas à sa patrie, sa patrie au genre humain et le genre humain i Dieu, n'a pas connu les lois de la politique, iiEiU). de st-p. Élude i. || Être prescrit. Le sulfate do quinine s'ordonne en ces cas. Que jamais il [le café] ne s'est ordonné dans la disposition où vous êtes, et qu'on en peut juger par votre maigreur, qui augmente à mesure que vous en prenex, sÉv. à Mme de Grignan, 8 nov. ic79.

— HEM. 1. Dans le &enf de prescrire, ordonner régit de avec l'infinitif, lorsqu'il a un régime indirect : On a ordonné i votre frère de partir; et qtu avec lo subjonctif quand il n'a point do nom en régime : Votre père a ordonné que vous le fissiez. Il a. Ordonner une armée (Attaquer une place, ordonner une armée, t'id, 1, 0), ce n'est pas bien parler français, quoique sens <]u'on lui veuille donner, et ne signifie point, ni mettre une arniéu en bat;iille, ni établir dans une armée l'ordre (|ui y est nécessaire, Àcad. Rem. sur le Cid. Voltaire, avec raison, défend l'expression de Corneille.

— SVN. oauoNNEB, (.ommanukr. Étymologiquement, ordonner, c'est mettre par anangoinent ; commander, c'est transmettre un manduuieut. Mais l'usage a singulièrement rapproché lo sons de ce» deux verbes. Toutefois on apercevra le» traces de la signification dans cet emploi : le médecin ordonne les remi»lc4, il no les commande p.'i.t au nialado; le médecin ordonna au malade de prendre un purgatif, et non lui commanda. Héuiproquemcut, un commando un ouvrage à un artisan, mais on ne 1« lui oritunne pas.

— III.ST. xu* s. Et CCS batailles renginr et ordenor, Honc. p. 47. En nul liu no duit estro evesques ordene/.. Tant n'i aura ovosqiie» venui neasomblez, Sciiz cdiisoil dol primat, Th. U mort. <27. Pur ço voluit 11 reis, e il e si barun. Que, se nul ordenel fusl pris k m«sprisun, Cunime de larrecin u murti|9 u tralsun. Dune fiut desurdeiiot par ilele Mi" Sun, E puis livré à mort et k dusfuctlun, ib. Id Il xiii* 1. Et, s'il vous plaist, biau sire, [je] fera] laa ordener [faire pritresj, Bertt, xcviii. U tor 1 fu toute reondc. Il n'ot si riche en tout le moudg^

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Ne par dedensmiex ordenée.io «oie, S807. || xiVs. Entre ces vertui iulellectuelles il en y a une qui est architettoDique et principal et qui ordene de tout, ORESME, Elh 180. Ceulx qui régulent et gouvernent bpolicie et ordenent les loys, ID. ib. 47. La femme, après avoir esté confessée, commeniée et onlenée (ayant reçu les derniers sacrements], mourut environ mie beurê après son accouchement, du cange, ordinare. Pour eulx faire ordener [panser] et appareiller de leurs plaies, :d. ib. \\ xv* s. Si que, tout considéré, le séjourner là ne lui estoit pointprofitable; H ordonna à départir et desloger, froiss. i, i, 319. |0n conseille à Edouard d'envoyer des secours en Gascogne] asiez tost après ordonna ledit roi son cousin le comte Derby, et le fit capitaine et souverain de tous ceux qui iroient avec lui, iD. i, l, 2f5. Pourquoi le duc son fils fust toudis clief et souverain de cette entreprise, mais il s'ordonnoit par le conseil du roi son père, id. i, i, «)7. Au lieu qui avait esté ordonné pour la bataille, comm. i, 3. Dieu qui ordonne de tel mystère, id. i, 3. Les ordonnez à ceste entreprinse eslôient jà sur la rivière, id. i, 9. Après que le roi eut ordonné de son affaire comme il entecdoit, iD. viu, 2. || xvr s. Tout ce qui se fait est onionué de Dieu, calv. Inslit. I43. Il ordonna que de dix ans on ne parlast.... mont, i, 22. On luy ordonna dix mines attiques, pour avoir retiré de la mort le pcre commun des Siciliens, iD. i, 2B5. Un style equable, uny et ordonné, id. ui, 38. En son vivre ordinaire il fut homme réglé et bien ordonné, AMyoT, Crassus, H.

— ETYM. Provenç. et espagn. ordenar; ital. ordinare ; du lat. ordinare, de ordo, ordinis. La forme ancienne et régulière est ordener; ordonner n'apparaît qu'ensuite.

ORDRE (or-dr"), s. m. |{ 1° Disposition des clioses selon des rapports apparents et constants, simples ou complexes. || 2° Ordre de succession, ordre dans lequel on hérite des biens, des dignités, de la couronne d'un défunt. ||3° Ordre du jour dans les asiemblées délibérantes, travail dont l'assemblée doit s'occuper dans ce jour. || 4° Disposition d'une troupe militaire. || 5° Vn a.slrûnomie, mouvement suivant la série des signes. || 6° Bonne administration. Il 7° Arrangement d'une maison, d'une campagne, etc. |j 8° Loi générale, règle générale dépendant fie la nature, de l'autorité, de l'usage. {| 9° En histoire naturelle, nom donné à des groupes plus ou moins nombreux de végétaux ou d'animaux. Il tO" L'ordre social, jj 11» Discipline et subordination. |1 lî* Ordre de choses, l'ensemble des conditions au milieu desquelles on se trouve; régime de gouvernement. || IS" Ordre d'idées, système d'idées, classe d'idées. || 14" Nom donne aux différentes classes subordonnées entre elles qui composent un État, une corporation. || 15° Les neuf classes ou chœurs dans lesquels les anges sont divisés. || 16° Il se dit des rangs qu'occupent entre eux les esprits, les personnes, les ouvrages. |l 17° Espèce, catégorie. Il 18° En mathématique , ordre se dit pour degré. Il 19° Compagnie dont les membres font vœu de vivre sous certaines règles. |{ 20° Compagnie de chevalerie instituée par quelque souverain en forme de confrérie. || 21° Sacrement de l'Église qui confère le pouvoir de remplir les fonctions ecclésiastiques. Il 82° En architecture, proportions et ornements qui distinguent la colonne et l'entablement dans la construction de» édifices. || 23° Prescription, injonction. || 24° Le mot que l'on donne tous les jours aux gens de guerre pour distinguer les amis des ennemis. || 26° Dans le commerce, endossement d'un billet ou d'une lettre de change. || 26° Par ordre, successivement. || 27° En sous-ordre.

1* Disposition descho.se8 selon des rapports apparents et constants, simples ou complexes. Ainsi sur chaque auteur il trouve de quoi mordre; L'un n'a point de raison, et l'autre n'a point d'ordre, RiîomKR, Sot. X. Instruis-moi seulement de l'ordre de tes crimes, corn. Théod. iv, t. Il paraît que les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quehjue science que ce soit dans un ordre absolument accompli; mais il ne s'ensuit pas de là qu'on doive abandonner toute sorte d'ordre, pasc. Etpr. géom. i. Cet ordre [celui de la démonstration géométrique], w plus parfait entre les hommes, consiste non pas à tout définir ou à tout démontrer, ni aussi à ne rien définir ou à ne rien démontrer, mais à se tenir «an» la milieu de ne point définir les choses eUirea «t entendues de tous les hommes, et de dé-

m1!'-Î2ÏÎ! '*• '"'"'• '"• •''■ ''■"=« 1"« cet art K* '"••'""'■I con^i.sleen deux choses principales, rmm de prouver chaque proposition en particulier,

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