SYN. INSUFFISANXE, INCAPACITÉ, INAPTITUDE
L'insuffisance exprime que la personne dont il s'agit n'est pas au niveau de la besogne, de la tâche qui lui échoit, mais rien de plus. L'incapacité et l'inaptitude expriment que le sujet est au-dessous de la besogne, avec l'idée de quelque manque intellectuel considérable; la différence entre incapacité et inaptitude est que incapacité est général, tandis que inaptitude se dit plutôt de choses spéciales : Son incapacité a fait qu'il n'a pu jamais obtenir un grade plus élevé que celui qu'il a; Son inaptitude pour les mathématiques est complète.
— HIST. iiv* s. Après il déclare l'insuffisance des uns et des autres à mettre les loys, oresme, Thcse de MEUNIER. Il XVI* s. Un curé, de par le monde assez remarqué par ses facéties et insufrisance de la charge à lui commise, eesper. Contes, cm.
— ÉTYM. Provenç. insufficiencia ; espagn. tnïuficiencia; ital. insufficiensa; lat. insvfficientia, de insufficiens, insuffisant.
INSUFFISANT, ANTE (in-su-fi-zan, zan-t'), adj. Qui ne suffit pas. Cette somme est insuffisante. Chez les Cretois Minos, Numa dans l'Italie, X des peuples sans mœurs et sans culte et sans lois Donnèrent aisément d'insuffisantes lois, volt. ilah. ii, 5. Pourquoi fatiguez-vous d'une plainte imprudente Ma constance ébranlée et presque insuffisante? ducis, Oscar, ii, 2.
— HIST. XVI* s. Toutes ces incisions estant encore insuffisantes pour le faire mourir [Sénèquej, mont. m, <84.
— ÊTYM. Lat. insufficientem, de in.... <, etsufficiens, suffisant.
t INSUFFLATEUB (in-suf-fla-teur) , s. m. Instrument destiné à porter les remèdes pulvérulents dans le larynx ou dans les fosses nasales.
INSUFFLATION (in-su-fla-sion; envers, de cinq syllabes), s. f. Terme didactique. L'action de souffler dans un organe ou dans une cavité quelconque un gaz, un liquide ou une substance pulvérulente. L'insufflation d'une poudre dans l'œil. L'insufflation de l'air dans la poitrine d'un noyé. ||Actionde gonfler en soufflant dedans. L'insufflation d'un ballon à jouer.
— ÉTYM.Lat.inju/'/Za(to«em,detnju//Zare,insuffler.
INSUFFLÉ, ÉE (in-su-flé, flée), part, pasi^ d'insuffler. Du sucre candi insufflé dans l'œil.
INSUFFLER (in-su-flé), i). o. Terme de médecine. Souffler, introduire à l'aide du souffle un gaz, une vapeur, une poudre. Insuffler de l'air dans la bouche d'une personne asphyxiée. W Gonfler par insufflation. Insuffler une vessie.
— HIST. XIV* s. Quand Dieu en sa Trinité eust insufflé et mis en toy l'esperit de vie, du cange, insufflare.\\xvi' s. Quand elle [la sibylle] fut de l'esprit insufflée, Réponse ms. des oracles sur les trois enfants de France, p. 9 , dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. insufflare, de in, en, dans, et sufflare, souffler.
t INSUIVI, lE (in-sui-vi, vie), adj. Qui n'est point suivi. Cours iiisuivi, cours dépourvu d'auditeurs.
— ÉTYM. In.... I , et suivi.
INSULAIRE (in-su-lê-r'), adj. Qui habite une île. Les peuples insulaires. || S. m. etf. Un insulaire. Les insulaires de la mer Pacifique. Nous avons enseigné ces braves insulaires, volt. Orphel. v, 6. || Les insulaires, ancien nom d'une espèce de contredanse.
— HIST. xiv* s. L'ille de Labamare, ke un paen avoit, Conquist le ray Richard, lespaens en chaçoit; Insulair ad sa sœr out [avec] gardaym assignait, Chron. de F. de Lanytoste, mss. f° 2i (français anglonormand et barbare). |! xvi* s. Les villes maritimes alliées des Athéniens et les insulaires, amïot, Phocion, 16.
—ÉTYM. Lat. tniu?am,detnï«Zo,lle(voy.ceniot).
t INSULARITÉ (in-su-la-ri-té), s. f. État d'un pays composé d'une ou de plusieurs îles. L'insularité des États Britanniques
— ÉTYM. Insulaire.
t INSULÉ, ÉE (in-su-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des espaces comparables à des lies.
— ÉTYM. Lat. insula, île.
t INSULTABLE (in-sul-ta-bl'), adj. Susceptible d'être attaqué, qu'on peut insulter, attaquer. Tout cela arriva sur Notre-Dame de Halle et tout aussitôt après à Bruxelles, qu'on crut insultable et dégarni de troupes, st-sim. îio, 80.
— ÊTYM. Insulter.
INS
INSULTANT, ANTE (in-sul-tan, tan-l"), adj. Qui insulte. C'est au milieu de cette amère et insultante dérision que Dieu le chassa [Adam] du paradis de délices, pour travailler à la terre d'où il a été pris, Boss. Élc'v. sur myst. vi, 14. Va, je verrai peut-être à mes pieds abattu Cet orgueil insultant de ta fausse vertu, volt. Brut, ii, B. Une voix insultante offrait à sa détresse Les dons ingrats de la pitié, v. hugo, Odes,
— RE5I. Suivant l'Académie, ce mot ne se dit que des choses ; mais Voltaire a très-bien mis : une foule insultante; et son exemple peut être imité : Dérobez votre fille accablée, expirante, X tout cet appareil, à la foule insultante, volt. Tancr. ui, 7. |
tINSULTATECR (in-sul-ta-teur), s. m. Celui quia i l'habitude d'insulter. On aura, au lieu d'un homme I soumis, un insultateur, Boss. Lctt. quiét. 376. |{ Aujourd'hui on dit plus souvent, dans le même sens : insulteur.
— ÉTYM. Lat. fictif, insuUatorem, de insuUare, insulter.
t INSULTATION (in-sul-ta-sion), s. f. Action d'insulter.
— HIST. XIV* s. Icellui Vigier se lança au dit Robin, le quel, doublant la puissance et insultation du dit Vigier, le feri un seul coup, nu cange, insultus.
Il XVI* s Et que, la visitant [Catherine de Médicis]
en sa maladie, la fièvre lui redoubloit à la veue insolente de son fils [Henri III], et à l'ouie de ses insultations, ainsi s'appeloient ses visitations, d'aub. Hist. m, <B3.
— ÉTYM. Lat. ùclif, insultationem, de insultare, insulter.
INSULTE (in-sul-f), s. f. || 1* Action d'attaquer par un coup de main. Une place exposée aux insultes de l'ennemi. Le comte de Nassau emporta d'insulte la ville de Guise, mézeray. Ils parviennent au pied de la muraille, qui de ce côté là se trouva peu élevée, parce qu'un endroit si escarpé paraissait hors d'insulte , vertot, Rév. rom. vu, 206. Il 2° Agression offensante de fait ou de parole. J'admirai un jour la patience de M. Quinault en cette place, qui soufl^rit en bon chrétien l'insulte que lui fit M. Charpentier, en lui disant qu'on devait s'étonner qu'avec si peu de mérite et une si basse naissance il eût fait une si grande fortune, FuutTiÈRE, Factums, t. i, p. 406. X ces pécheurs insolents, s'ils ne s'humilient bientôt par la pénitence, est réservée dans le jugement cette dérision, cette moquerie terrible, et cette juste et inévitable insulte d'un Dieu outragé, boss. Sermons, Jugement dernier, 2. La raillerie, l'injure, l'insulte leur découlent des lèvres comme leur salive, LA BRU Y. V. Vous avez fait , madame , une secrète étude Du mépris, de l'insulte et de l'ingratitude, VOLT. Adélaïde, ii, b. |i Insulte se dit de l'outrage qu'on fait à quelque sentiment. Le mot : tout est bien, pris dans un sens absolu et sans l'espérance d'un avenir, n'est qu'une insulte aux douleurs de notre vie, volt. D^iost Lisbonne, Préface.
REM. Dans le xvu* siècle , insulte était du
masculin. Mais je veux qu'Attila, pressé d'un autre amour, Endure un tel insulte au milieu de sa cour, CORN. Attila, II, t. Evrard seul, en un coin prudemment retiré, Se croyait à couvert de l'insulte sacré, doil. Lutr. v. Deux puissants ennemis.... X nos sacrés autels font un profane insulte, ID. tb. vi.
— HIST. XV* s. Avint que [il] oy insuit et cry de gens arrivansau dit lieu.... lesquelz ainsi armez.... de fait le assaillirent, nu cange, insultus. Et aloieat les dessus diz faisans la dite commotion et insuit parmi la ville, en hurlant et taboulant aux huis et portes, ID. ib. \\ xvi* s. Insuit, cotgbave.
— ÉTYM. Lat. insultus, action d'assaillir (voy. insulter) ; ital. insulta.
INSULTÉ, ÉE (in-sul-té, tée), part, passé d'insulter. Il 1° Qui a été l'objet d'un coup de main. La place insultée à chaque instant par l'ennemi. || Fig. Tous ses bords [d'une rivière] sont couverts do saules non plantés Et de noyers souvent du passant insultes, BOiL. Épit. VI. || 2° Qui a reçu une insulte. Mme de Montespan ayant été insultée en puLlio, le roi lui donna des gardes et l'entoura de toute la pompe de la royauté, genlis, Ume de Xaintenon, t. II, p. )15, dans pouGENS. Et je n'ai pu venger ta mémoire insultée, briffaut, Ninus II, ii, 2.
INSULTER (in-sul-té), v. a. || 1" Attaquer par un coup de main , en parlant d'une placo de guerre et de fortifications. Les troupes du roi insultèrent en (677 avec tant décourage et de bonheur la contrescarpe de Valenciennes, qu'elles emportèrent la ville môme, bichklet. On insulta le chemin couvert du front de la basse ville, quoique cette entreprise parût
ÎNS
prématurée et hasardée, volt. Louis XV, < ( . D'abord il insulta la Jamaïque, où tout fut mis à feu et à sang, RATNAt, Hist. phil. XIII, 74. Il 2° Attaquer quelqu'un de fait ou de parole d'une manière offensante. J'appelle insulter la majesté de Jésus-Christ, demeurer en sa présence dans des postures immodestes, BouEDAL. Uyst. Pass. de J. C.t. i, p. <84. Que tout, jusqu'à Pinchêne, et m'insulte et m'accable : Aujourd'hui, vieux lion, je suis doux et traitable, BoiL. ÉpU. V. Quoil madame! un barbare osera m'insulterl rac. Iphig. ui, 6. Quelque rival indigne.... Insulte mon amour, outrage mon honneur, VOLT. Srylhes, ii, B. Connaissez qui je suis et qui TOUS insultez, m. Sophon. m, 3. || 3" V. n. Insulter en bravant avec affectation. N'entrez point dans la ville de mon peuple quand il sera ruiné; ne lui insultez point, comme les autres, dans son malheur, SACi, Bible, Abdias, i, i3. M. de Grignan a raison do triompher, de vous insulter sur cette première campagne de son fils; la pensée du contraire me fait suer, sév. « déc. <888. Il [l'incrédule] se met au rang des gens désabusés, il insulte en son cœur aux faibles esprits, boss. Anne de Gonx. Ce même Agamemnon à qui vous insultez, rac. Iphig. n, 5. Elle regarda le ciel avec mépris et arrogance, comme pour insulter aux Dieux, pén. Tél. viii. Il fuit honteusement et se cache ; l'autre le poursuit et lui insulte, id. Fable xv, les Deux lionceaux. Ses ministres [de l'Ëglise] ne doivent pas lui insulter par une pompe déplacée et si éloignée de son esprit, MASS. Confér. Us. des reven. ecclés. Tout ce qui était encore sur l'amphithéâtre et dans le cirque le reçut avec des huées ; on l'entourait, on lui insultait en face, volt. Zadig, 19. || Insulter en prenant avantage de la faiblesse, de la misère, de la douleur, etc. Ne voit-on pas qu'on se moque, lorsqu'on dit de pareilles choses, et qu'on insulte en soi-même à la crédulité d'un faible lecteur, boss. i" avert. § 44. Mon fils audacieux insulte à ma ruine, rac. ifithr. n, B. 'Voudrait-il insulter à la orainte publique? ID. Iphig. l, 2. Moi qui, contre l'amour fièrement révolté, Aux fers de ses captifs ai longtemps insulté, id. Phèd. n, 2. Nos superbes vainqueurs insultant à nos larmes, id. Esth. i, 4. Le traître! il insultait à ma confusion! id. ib. m, «. Tous les spectateurs insulteront à notre honte, MASS. Avenl, Jugem. Les imitateurs des passions des grands insultent à leurs vices en les imitant, ID. Pet. car. Exempt, des gr. Le ministère anglais ne croyait pas avoir besoin de l'empereur pour les obtenir [certaines sécularisations]; on insulta à ses offres en les rendant publiques, volt. Louis XV, 7. Ah! que dites-vous? pourquoi insulter à mes derniers moments? répondit Rustan d'une voix languissante, ix>. Blanc et noir. || 4" Se révolter. Insultant contre le premier qui s'opposait à son avis, PASC. Prov. ii.|| Vieilli en ce sens. ||B° S'insulter, V. réfl. S'adresser des insultes l'un à l'autre. Ils se sont insultés publiquement.
— HEM. « Ce mot est fort nouveau, mais excellent pour exprimer ce qu'il signifie. M. Coeffeteau l'a vu naître un peu devant sa mort, et il me souvient qu'il le trouvait si fort à son gré, qu'il était tenté lie s'en servir, mais il ne l'osa jamais faire, à cause de sa grande nouveauté, vaugelas, Bem. 1. 11, p. 979. I Ce mot est excellent en effet; mais il remonte beaucoup plus haut que ne le pensait Vaugelas, puisqu'on en a des exemples du xiv* siècle.
— HIST. xiv s. Et leur sembloit bien que il po- Toient insulter et reprocher aux Roumains, berciiEURE, t° 44, recto. Il XVI* s. Mieux eust il fait soy contenir en sa maison, royallement la gouvernant; que insulter en la mienne, hostillement la pillant, BAB. Garg. i, 4«. France, France fut là dedans à voix commune mise en cry, et les portes de la ville, malgré les Espaignols, ouvertes aux François, et à grand tumulte toute la commune insultée [révoltée] contre les Espaignols, 4£an d'auton, Annales de Louis XII, p. 6(, dans LACURNE.
— £tïM. Lat. insultare, de in, en, sur, et sajtare, sauter (voy. sauter).
t INSCLTEDR (in-sul-teur), t. m. Néologisme. Celui qui insulte habituellement, qui fait métier d'insulter. Insulleur public (voy. insultateur).
INSUPPORTABLE (in-su-por-ta-bl'), adj. Qui ne peut être supporté, en parlant soit des personnes, soit des choses. Comme il délivrerait vos yeux D'une insupportable présence, corn. Agésil. m, i. La haine injuste de toute une ville, l'émotion séditieuse d'un peuple, la calomnie inventée faussement sont trois clioscs plus insupportables que la mort, SKCi, Bible, Ecclésiastique, xxvi, 7. Ce n'est pas queje souhaite que vous soyez sans ressentiment ; le eoup
INS
[la mort de Pascal le père] est trop sensiUe, il serait même insupportable sans un secours surnaturel, PASCAL, Lettre îiir la mort de son père. Mlle du Piessis, qui est insupportable de vanité, sÉv. t«oct. 1680. En faisant que les maux qu'ils [les hommes] souffrent leur paraissent plus insupportables que ceux qu'ils prévoient, Boss. Beine d'Anglet. Ne croyez pas que ses excessives et insupportables douleurs aient tant soit peu troublé sa grande âme, id. Duch. d'Orl. Quelque peine qu'on ait à y être [à la cour], il est insupportable d'en être éloigné, flécii. ttme de Mont. On lui tient compte de n'être pas toujours insupportable, la bruy. v. Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable, la poésie, la musique, la peinture, le discours public, id. i. Le vilain bail li et son insupportable fi Is ne troublaient point ce ite scène touchante, volt. Ingénu, 1 9. Jo suis insupportable quand je souffre ; je me tapis dans ma cellule , ID. Lett. d'Argental, aojuin 4707. || Insupportable à. Ce seraient des fatigues insupportables à des âmes tièdes, FLÉCH. Serm. i, 94. Voilà comme ce vice rend le pécheur insupportable à lui-même, mass. Carême, Prologue. Ces Seize avaient acquis une autorité absolue, et devinrent dans la suite aussi insupportables à Mayenne qu'ils avaient été terribles au roi, volt. Ess. guerres civ. de France.
— HIST. xvi* s. La peur est encore plus importune et insupportable que la mort, mont, i, C4. Nous avons trouvé ceste despence estre insuportable, et qu'il seroit impossible de la continuer longuement pour n'avoir moyen d'y satisfaire, marg. Lettres, 458. Si pensa que ce seroit chose honteuse et insupportable à luy, que.... amyot, Thésée, 9. Christ a il voulu qu'on portast les charges insupportables qu'imposent les scribes et pharisiens? CALV. Inst. 965. Car tant de maux dont mon ame est coupable... Chargent mon dos d'un poids insupportable, DES portes. Œuvres chrest. xviii, psal. 38.
— f.TVM. In.... i, et supportable.
INSUPPORTABLEMENT (in-su-por-ta-We-man),
adv. D'une manière insupportable. Tout deviendra insupporlablement si cher à Paris, qu'il n'y aura plus de moyen d'y demeurer, oui patin, Lett. t. ii, p. no.
— HIST. XVI* s. Quoique je peigne insupporlablement mal, j'aime mieux escrire de ma main que d'y en employer une autre, mont, i, 293.
— ÉTYM. Insupportable, et le suffixe ment.
INSURGÉ, EE (in-sur-jé, jée), part, passé d'insurger. Qui s'est soulevé. Un peuple insurgé. Les provinces insurgées. || Substantivement. Les insurgés se portèrent vers telle ville.
t INSURGENCE (in-sur-jan-s') , s. f. Néologisme. Etat d'insurgé, he droit suffit pour assurer la république contre l'insurgence des petits et l'usurpation des grands, pboudhon, Du principe de l'art, p. 437.
INSCRGENTS (in-sur-jan), x. m. pi. \\ 1° Nom donné à certaines troupes de Hongrie, levées extraordinairement pour le service de l'État. || 2° Nom donné aussi, lors de la guerre pour l'indépendance des Etats-Unis, aux Américains soulevés. Nous sommes ici fort occupés des insurgents, et fort impatients de voir quel sera le succès de la campagne décisive qui va s'ouvrir, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 28 avr. 4 777.
— ÉTYM. Insurger.
INSURGICR (in-sur-jé. Le g prend un e devant o et 0 : insurgeant, insurgeons) , v. a. || 1* Soulever contre. Insurger une nation. Ces taxes odieuses insurgèrent les campagnes. || 2° S'insurger, v. réft. Se soulever contre un gouvernement, une discipline, une autorité. Le peuple s'est insurgé contre le gouvernement. Il Avec ellipse du pronom personnel. Faire insurger une province. || Par eUension. Vous vous insurgez contre le bon sens, contre la nécessité. L'esprit s'insurge contre des proscriptions arbitraires.
— HIST. xvi* 8. Insurger, cotgbave.
— ÉTYM. Ital. insurgere ; du lat. insurgere, da in, en, contre, et surgere, se lever (voy. surgir).
INSCR.-aONTABLE (in-sur-mon-ta-bl"), adj. Qui ne peut être surmonté. Un obstacle insurmontable. Pour moi, je cours en Bretagne avec un chagrin insurmontable, sÉv. 3 avril 4 080. Vous jouez d'un malheur insurmontable, vous perdez toujours, m. 9 mars 4 672. Les héros en tout genre sortent tout formés des mains de la nature et avec des qualités insurmontables, fonten. dar Pierre. || Insurmontable à. Au milieu de ce pouvoir suprême qu'il [l'criclès] avait rendu perpétuel et sans bornes en sa personne, il »e conserva toujours invincible et insurmontable aux richesses, auoiuua d'ailleurs il ne
INT
manquât pas d'application à faire valoir son bien, ROLLiN, hist. anc. Œuv. t. m, p. 409, dans pougens.
— ÉTYM. In.... 4 , et surmonter.
t INSURMONTADLEMENT (in-sur-mon-ta-bleman), adv. D'une manière insurmontable.
t INSURPASSABLE (in-sur-pa-sa-bl') , adj. Qui no peut être surpassé.
— HIST. XVI* s. Insurpassable, loys le cabon,
f» 74, dans LACURNE.
— ÉTYM. In.... 4, et surpasser.
t INSORRECTEUR , TRICE (in-su-rrè-kteur, ktri-s'), adj. Qui insurge, qui excite une insurrection. Comité insurrecteur.
— ÉTYM. Voy. INSURRECTION.
INSURRECTION ( in-su-rrè-ksion ; en vers, de cinq syllabes ; quelques personnes prononcent inzu-rrè-ksion, ce qui est vicieux), s. f. Action de s'insurger. L'insurrection des Grecs. Le peuple était en pleine insurrection. || Fig, L'insurrection des esprits.
— S'YN. insurrectiom, révolte. L'insurrection est un soulèvement plus ou moins général contre l'autorité qui gouverne. La révolte est une résistance aux ordres de l'autorité. La révolte ne passe pas nécessairement à l'insurrection.
— HIST. XIV* s. Insurrections, esmeutes ou conspiracions, oresme. Thèse de meunier. || xvi* s. La conclusion feut d'envoier devers le roy, pour l'advertir de l'insurrection du peuple, qui avoit ainsi tué et chassé les nobles de la ville de Gennes, jean d'auton. Annales de Louis XII, p. 53, dans lacurne.
— ÊTYM. Lat. insurrectinncm, de insurreetum, supin de insurgere (voy. insurger).
INSURRECTIONNEL, ELLE (in-su-rrè-ksio-nèl, nè-l'; en vers, do six syllabes), adj. Qui tient do l'insurrection. Mouvement insurrectionnel. Esprit insurrectionnel.
— ÉTYM. /nst/rrcctton.
t INSURRECTIONNELLEMENT (in-su-rrè-ksionè-le-man) , adv. Par l'insurrection, d'une manière insurrectionnelle. Procéder insurreclionnellement.
t INSUSCEPTIBLE (in-su-ssè-pti-bl'), adj. Qui n'est pas susceptible de.... C'est un grand charme D'être insusceptible d'alarme, covti. Mélanges poétiques imprimés à la tuile de Clitandre, 4 632, 4" pièce. Il Qui n'a pas de susceptibilité, qui n'est pas susceptible.
— HIST. XVI* s. Avoienttousjours estimé le corps de ceux de la religion insusceptible de division, noHAN, Mém. t. ii, p. 37, dans lacurne.
— ÊTYM. In.... i, et susceptible.
INTACT, TE (in-takt, tak-f) , adj. || 1° X quoil'on n'a point touché, dont on n'a rien retranché. Le cachet est intact. Le dépôt s'est trouvé intact. |1 Fig. Elle sortit, au milieu do la nuit, do ce bosquet et des bras de son ami aussi intacte, aussi pure do corps et de cœur qu'elle y était entrée, j. j. rouss. Conf. IX. Il 2" Qui n'a point subi d'altération. Ce monument est resté intact. Il Fig. Sur le duc de Bourgogne j'ose disputer avec vous-même de respect et d'admiration pour ses rares vertus intactes au siècle, st-sim. 266, 46. Il 3° Fig. Qui n'a souffert do dommage ni par soupçon, ni par reproche. Honneur intact. Réputation intacte. Vertu intacte. Il C'est un homme intact, c'est un homme à qui l'on ne peut rien reprocher de contraire à la probité.
— ETYM. Lat. intactus, de in.... 4, et tactiis, touché, participe passif de tangere (voy. tangible) : mot à mot, à qui on n'a pas touché.
INTACTILE (in-ta-kti-l') , ad/. Terme didactique. Qu'on ne peut toucher, qui échappe au sens Ou tact. La lumière est intactile.
— HIST. XVI * s. L'ame est indivisible, intactiblo, et de nature intellectuelle, paré, xviii, 44.
— ËTYM. Lat. inlocttiù, de in. ...t, et tactilis, qui peut être touché (voy. tact).
t INTACTILITÉ (in-ta-kti-Ii-té), s. f. Terme do physique. Qualité de ce qui ne se peut toucher.
t INTAILLK (in-tâ-ir, H mouillées), s. /■.Terme de beaux-arts. Pierre dure gravée en creux, à la différence des camées.
— ÊTYM. Lat. in, en, dans, et taille.
t INTANGIBU.ITÉ (in-tan-ji-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est intangible.
tlNTANCIIlLE (in-tan-ji-bl'), adj. Qui échappe au sens du toucher. Si dans l'animal raisonnable, appelé homme. Dieu avait mis une étincelle invisible, impalpable, un élément, quelque chose de plus intangible qu'un atome d'élément, ce que les philosophes grecs appellent une monade, volt. Dial.xnx, 4. L'idée que nous nous formons de l'âme n'est point du tout celle d'une substance que nous cous représentions comme simplt; mais elle est
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celle d'une collection d'effets que nous attribuons à une cause invisible et intangible, bonnet, CEuv. mél. t. xvin, p. H2, dans pohgens.
— ÊTYM. In. .. <, et tangible.
INTAniSSABI.E (in-ta-ri-sa-bV), adj. || 1° Qui
De pe'it ^''■6 t^") épuisé. Source intarissable. ;i Fig. Ces plaies [de Jésus-Christ] étaient des sources intarissables où il ne tenait qu'à toi de puiser les raui de ma grSce, bourdal. Myst. Pass. de J. C. t. I, p. 240. Ij 2° Fig. Qui, semblable à une source, ne s'épuise pas. Une imagination intarissable. Sujet int irissable de conversation. || 3° Qui abonde en jiaroles. Il est intarissable sur ce sujet. Les mêmes iiommes.... ont une bile intarissable sur les plus petits inconvénients, la bruy. xi. Leur crpur [aux amis] intari;sable et l'un à l'autre ouvert, lamabt.
Joe. II!, <o*.
— ÊTYM. In... < , et tarir.
t INTARISSABLEMENT ( in-ta-ri-sa-ble-man ) , edv. Dune mani'Te intarissable.
t INTÊGUABLE (in-té-gra-bl'), adj. Terme de mathématique, (."li peut Être intégré. '\ déterminait la forme des fonctions semblables ,tont les variations sont liées entre elles par une équation, et qui, multipliées par des facteurs constants et ajoutées ensemble, deviennent intégrables algébriquement, bien que chacune d'elles en particulier ne le soit pas, coNDORCET, Besout.
— ÊTYM. Intégrer.
INTÉGRAL, ALE(in-té-graI,gra-r), adj.||l» Entier, qui n'éprouve aucune diminution. Des payements intégraux. Restitution intégrale. Le renouvellement intégral d'une chambre législative. || 2° Terme de mathématique. Calcul inverse du calcul différentiel. Le calcul différentiel étant supposé, on sait combien est nécessaire le calcul intégral, qui en est, pour ainsi dire, le renversement, car, comme le calcul différentiel descend des grandeurs finies à leurs infiniment petits, ainsi le calcul intégral remonte des infiniment petits aux grandeurs finies; mais ce retour est difficile, et, jusqu'à présent, impossible en certains cas, fonthn. BernouUi. \\ S. f. L'intégrale d'une quantité différentielle, la quantité finie dont cette différentielle est l'incrément infiniment petit.
— HiST. XVI* s. Intégral, oudin, Dict.
— ÈTYM. Provenç. et espagn. intégral; ital. intégrale-, du lat. fictif integralis, dérivé àeinteger, entier (voy. ce mot et intègre); ital. intégrale.
INTÉGRALEMENT (in-té-gra-le-man), adv. D'une manière intégrale. Ces sommes ne peuvent être payées intégralement.
— ÉTYM. Intégrale, elle suffixe ment.
t INTÉGRALITÉ (in-té-gra-li-té), s. f. État d'une chose complète, entière.
— HIST. xvi* s. Intégralité, cotgrave.
— ÉTYM. Intégral.
INTÉGRANT, ANTE (in-té-gran, gran-t'), adj. Il 1° Oui contribue à l'intégrité d'un tout. Les bras, les jambes sont des parties intégrantes du corps humain. Faire partie intégrante de.... Ce [les œuvres pénales] n'est pas, selon la pensée et le langage des théologiens, une partie essentielle du sacrement [do pénitence], mais intégrante, c'est-à-dire qu'elle n'en est que le complément et que le sacrement, sans cela, pourrait subsister, bourdal. Pensées, t. i, p. 832. Il 2" Terme de physique. Parties intégrantes, celles qui constituent les corps simples ou composés et qui sont semblables à la masse ; elles peuvent être simples, comme dans les corps élémentaires, ou composées, comme dans ceux qui renferment plusieurs éléments. Dans le marbre, qui est de la chaux carbonatée , les molécules élémentaires sont le calcium, le carbone et l'oxygène; les molécules intégrantes sont le carbonate de chaux.
— ÉTYM. Lat. integrare, rendre entier, de inteteger (voy. entier) .
INTÉGRATION (in-té-gra-sion), ». f. Terme de mathématique. Action d'intégrer.
— ÉTYM. Intégrer.
INTÈGRE (in-t'-gr'), adj. Qui ne se laisse pas altérer, corrompre. Une vertu intègre. Ou d'excellents pères de famille, ou des juges intègres, ou des orateurs, la brut. ii. n ne suffit pas qu'un homme en place soit intègre lui-même et désintéressé : tout ce qui l'environne et l'approche doit l'être, ROLLiN, Hist. ane. Œuvr. t. ii, p. 663, dans pougens.
— ÉTYM. Provenç. intègre, entegre; espagn. et ital. intégra; du lat. integer (voy. entier).
INTÉGRÉ, ÉE(in-té-gré, grée), port, passé d'intégrer. Une équation intégrée.
INT
t INTËGREMEINT ( in-tè-gre-man ), adv. D'une
manière intégre.
INTÉGRER (in-té-gré. La syllabe té prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'intègre; excepté au futur et au conditionnel : j'intégrerai,j'intégrerais), v. a. Termede mathématique. Trouver l'intégrale d'une quantité différentielle. Intégrer une différentielle.
— ÉTYM. Lat. integrare, remettre en son état, de integer (voy. entier).
t INTÉGRIFOLIÉ, ÉE (in-tc-gri-fo-li-é,ée) , adj. Terme de botanique. Quia des feuilles entières.
— ÉTYM. Lat. integer, entier, et folium, feuille, t INTÉGRIFORME (in-té-gri-for-m'), adj. Terme
de minéralogie. Dont la forme se montre dans toute son intégrité.
— f.TYM. Lat. integer, entier, et forme. INTÉGRITÉ (in-té-gri-té), s. f. \\ 1° État d'une
chose qui est entière. II a remis le dépôt dans toute son intégrité. Conserver l'intégrité du territoire. Il Fig. Opposé aux brigues et aux partialités qui corrompent l'intégrité de la justice, noss. le Tellicr. Les écueils où l'intégrité de la foi peut faire naufrage, ID. Étals d'oraison, x, <, Le fait a passé pour constant, elle ministre est convenu que la fraction [de l'hostie], quoique commandée par Jésus-Christ, n'appartenait pas à l'essence mais à l'intégrité dusacrement, iD. Var. xiv, Jj H b . i j 2° État d'une chose saine et sans altération. L'intégrité de ces fruits, si bien conservés. Les parties intérieures du corps étaient dans toute leur intégrité. Il a gardé des fleurs, des fruits d'une année à l'autre dans leur intégrité. Il 3° Fig. Qualité d'une personne qui ne se laisse entamer par aucun vice. L'impudicité, qui veut tout corrompre, commence son effet par sa propre source, parce que nul ne peut attenter à l'intégrité d'autrui que par la perte de la sienne, boss. Sermons, Nécess. de la pénit. i. La populace de Toulouse égorgea le premier président Duranti et l'avocat général Raflis, deux magistrats connus par leur fidélité pour le roi, et par l'intégrité de leur vie, volt. Hist. pari. ch. 3) . || Particulièrement. Qualité d'une personne intègre, incorruptibilité pécuniaire. Si je voulais relâcher quelque chose de cette intégrité si exacte et si sévère, qui n'est guère de saison dans le temps où nous sommes et qui m'empêche de faire les mêmes profits que tant d'autres, bourdal. Pensées, t. i, p. <7. Avons-nous besoin, pour louer son intégrité, de découvrir ses actions secrètes? fléch. Lamoignon.
— HIST. xv« s. Un grand Caton en pure intégrité, cn.n'oTi.L. Bond, de Hobertet. ||xvi'3.Lescalomniesde nos adver.saires pueront et seront détestables à toutes gens de sens rassis et d'intégrité, calv. Instit. mi.
— ÉTYM. Provenç. tn(e(/ri/ai; espagn. infe^ndad; ital. integrità; du lat. integritatem, de integer, intègre.
f INTÉGCMENT (in-té-gu-man), s. m. Terme d'histoire naturelle. Ce qui enveloppe la peau. |{ Tégument est aujourd'hui beaucoup plus usité.
— ÉTYM. Lat. integumentum, de in, en, dans, et tegumentum, tégument.
INTELLECT (in-tèl-lèkt), s. m. Terme didactique. L'esprit en tant qu'il conçoit ; la faculté par laquelle l'âme humaine conçoit. Tout, suivant l'intellect, change d'ordre et de rang; Les Mores aujourd'hui peignent le diable blanc, Régnier, Sat. v. L'intellect.... ne souffre pas néanmoins dételle sorte, que de son chef aussi il n'agisse, balz. <" Disc, la cour. L'intellect est la troisième faculté do l'âme, elle est propre à l'homme, c'est la portion de lui qui connaît et qui juge, oideb. Opi». des anc. phil. {péripatéticiens). \\Turine de scolastique. Intellectagent, faculté intellectuelle qui s'approprie activement les espèces. Intellect-patient, faculté intellectuelle qui reçoit pas.sivement les espèces que lui envoient les objets extérieurs. || Chez Abeilard , théorie des intellects ou concepts ou idées générales, étude des universaux pris et envisagés dans notre entendement.
— HIST. XIII' s. Intellect est celé chose par cui l'on entent les commencemens des choses et forme la fin et le compUoment, brun, latini, Trésor, p. au8. Il XVI* s. L'ame est un esprit orné de raison et d'intellect, paré, xviii, ti.
— ÉTYM. Lat. intelleclus, do inlellcctnm, supin Ae intelUgere , comprendre (voy. intelligent).
INTELLECTIP, IVE (in-tèl-lè-ktif, kti-v'), adj. Appartenant à l'intellect. La faculté, la puissance intellective. \\S. f. L'intellective, la faculté de concevoir, compréhension.
— HIST. xi!i* s. La puissance intellective, par la cui œvre [par l'oeuvre de laquelle] est li hom diz
INT
bon» ou mauvais, brun, latini, Trésor, p. 2S4, Toute soutil science haute et intellective Se pert hui par nos clers ; car à la lucrative Queurent [ils courent] plus tost qu'il pueent [peuvent] porleurvie chctive,j.DR MEUNG, reit. 626. Il XIV» s. Aucun dient que home a trois âmes, la végétative, la sensitive et l'intellective, et la heste en a deuz, et l'arbre une, 0RESME, Eth. IX, )6. Il XVI' s. Quand Cicero parloit, il est certain Que, pour le son de son dire hautain. Des simples gens passoit l'intellective, marot,
— ÉTYM. Provenç. ««(fiiccd'u,- espagn. inïcîecftfo; ital. inlelleltivo; du lat. intellectivus, de inlelligere, comprendre (voy. intelligent).
t INTELLECTION (in-tèl-lè-ksion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Terme de philosophie. Action de comprendre, de concevoir. Je remarque la différence qui est entre l'imagination et la pure intellection ou conception, desc. Médit, vi, 4. Je demande de quelle façon ce philosophe [Hobbes] tire l'intellection de Dieu des choses extérieures, ID. Troisièmes objections , 63. Il veut que cette manière d'exister [d'une partie de l'âme sans mémoire d'une existence passée] ne soit que la plus pure inteilection, et qu'elle ne consiste que dans les idées les plus claires, les plus distinctes et les plus épurées, boulainvillieks, Béfut. de Spinosa, p. 332.
— ÉTYM. Provenç. entellectio ; espagn. intelleccion ; ital. intellesione; du lat. intellectionem, de inlelligere, comprendre (voy. intelligent).
t INTELLECTUALISER ( in-tèl-lè-ktu-a-li-zé ) , V. a. Terme de philosophie. Elever au rang des choses intellectuelles. Les scolastiques ont purifié, ennobli et intellectualisé l'idée de l'Être suprême, VILLERS, Kant, p. I3.1.
— ÉTYM. Intellectuel.
t INTELLECTUALITÉ (in-tèl-lè-ktu-a-li-té), *. f. Terme de philosophie. Qualité des choses intellectuelles.
INTELLECTUEL, ELLE (in-tèl-lè-ktu-èl , è-l') , adj. Il 1° Qui appartient à l'intellect. Phénomènes intellectuels. Préparer les esprits des lecteurs à considérer les choses intellectuelles, et les distinguer des corporelles, desc. Troisièmes objections, 2. Il est intéressant de suivre ainsi dans les phénomènes de la nature les vérités intellectuelles de l'analyse, la place, Exp. m, i>. || Sens intellectuels, nom donné quelquefois à la vue, à l'ouie et au toucher, par opposition au goiit et à l'odorat, qui se nomment alors sens affectifs. || 2° Spirituel, par opposition à matériel. L'âme est une substance intellectuelle.
— HIST. xm* s. Félicité qui apartient à l'ame intellectuel, brun, latini, Trésor, p. 2G4.||xiv's. Nous disons des vertuz les unes sont intallectuellos les autres sont morales, oresue, Eth. 32. || xvi' s. Les hommes, outre l'ame végétative et sensitive, vivent par l'ame raisonnable et intellectuelle, paré, xviii , a.
— ÉTYM. Provenç. intellectual; esp. intelectual; ital. intellettuale; du lat. intelleclualis, de intellectus. intellect.
f INTELLECTUELLEMENT (in-tèl-lè-ktu-è-leman), adv. D'une manière intellectuelle, dans l'intelligence.
t INTELLIGEMMENT (in-tèlli-ja-man ) , adj. Avec intelligence, d'une manière intelligente. Il parle intelligemment de toutes choses.
— REM. Cet adverbe est dans l'édition du Dictionnaire de l'Académie de (69G ; il a été supprimé depuis, mais l'usage l'a conservé.
— HIST. XVI* s. Intelligeamment, monet, Dict.
— ÉTYM. Intelligent, et le suffixe ment.
INTELLIGENCE (in-tèl-li-jan-s'), «. f. \\ 1° Qualité de ce qui est intelligent; faculté de comprendre. Cet homme a l'intelligence vive, prompte, dure. Ce livre est à la portée de toutes les intelligences. [11 disait] Quant à lui, qu'il était homme d'intelligence, RÉGNIER, Sat. viii. Tant est haut son courage [de Louis XIV], tant est vaste son intelligence, tant ses destinées sont glorieuses 1 boss. Louis de Bourb. Pourquoi ne songez-vous pas qu'il [Dieu] est tout vue, tout ouïe, tout intelligence? m. Sermons, Néccss. de trav. à son salut, t. Il ne suffit pas, chrétiens, d'ouvrir sur les pauvres les yeux de la chair, mais il faut les considérer par les yeux de l'intelligence, ID. Sermons, Scpluagés. 3. Cette intelligcnca dans l'homme et dans les animaux est-elle distinguée de la matière, ou n'est-elle qu'une propriété dépendante de l'organisation ? p'alemb. Lett. au roi de Prtisse, 30 nov. 1770. || Absolument. Compréheu' sion nette et facile. Cet enfant montre beaucoup d'intelligence. || Avoir de l'intelligence, comprendre
[NT
INT
facilenient, apprendre facilement, agir avec discernement. Il II se dit aussi des animaux. L'intelligence des grands singes. L'éléphant a beaucoup d'iiuelligence. || 2° Abstraitement. L'esprit en tant qu'il conçoit. L'intelligence humaine. J'entends ici par intelligence le pouvoir de former des notions ou de s'élever aux idées générales ; ce qui ne saurait s'exécuter que par l'usage de la parole, chose dont les animaux sont actuellement privés, bonnrt, PaUng. philos. T part. ch. iv, note 4. Il semble que les Egyptiens furent les premiers qui distinguèrent l'intelligence et l'âme, volt. Di'cJ. phil. Âme. Il 3° Substance spirituelle, considérée en tant qu'intelligente. Dieu est la suprême intelligence. Les intelligences célestes. Une partie de nous est tellement brute, qu'elle n'a rien au-dessus des bêtes; l'aiitre est si haute et si relevée, qu'elle semble nous égaler aux intelligences, Boss. Sermons, Pour une profession, Sur la virginité, t. Anaiagore.... passait pour avoir attribué le premier les événements humains et le gouvernement du monde, non à une aveugle fortune ni à une fatale nécessité, mais à une intelligence supérieure qui réglait et conduisait tout avec sagesse, bollin, Traité des Et. liv. y, 3' part. ch. 2. Si une horloge prouve un horloger, si un palais annonce un architecte, comment en effet l'univers ne démontre-t-il pas une intelligence .suprême ? volt. Cabales, note «. L'intelligence universelle brille dans les astres, nage dans les éléments, pense dans les hommes, végète dans les plantes, iD. PhUos. t"homél. athéisme. Il me paraît plus philosophique de présumer que notre terre est un livre que le grand Être adonné à lire à des intelligences qui nous .sont fort supérieures, et où elles étudient à fond les traits infiniment multipliés et variés de son adorable sagesse, bonnet, Paling. xii, î. Il 4' Action de connaître, de savoir, de pénétrer par l'esprit. [Macette].... A des cas réservés grandes intelligences, Régnier, Sat. xiii Qu'elle sera instruite de plusieurs belles connaissances, qu'elle aura l'intel igenco de trois ou quatre langues.... VOIT. Lett. 72. La souveraine sagesse e.st de craindre le Seigneur, et la vraie intelligence est de se retirer du mal, SACi, Bihle, Job, xxviii, 28. Il a des vieux auteurs la pleine intelligence, mol. Femmes sav. m, 5. Tâchons de les (des paroles de l'Évangile] entendre dans le fond, et pour cela présupposons quelques vérités qui nous en ouvriront l'intelligence, Boss. Sermons, Disp. à l'égard des nécess. de la vie, l . Amphiloque, prélat vénérable par son âge et par l'intelligence des saintes Écritures, yLf.cn. Hist. de Théodose, m, 27. Il acquit une parfaite connaissance du droit humain et du droit divin, une intelligence des lois et de la coutume, ID. Lamoign. C'est la bonne volonté qui donne l'intelligence des préceptes, mass. Carême, Évid. Il faut dire, pour l'intelligence de ce qui va suivre, que Mme Guyon avait été mise entre les mains do M. de Meaux, st-sim. 46, t i . Exemple mémorable et peut-être inutile du peu d'intelligence que la nation française a eue jusqu'ici du grand et ruineux commerce de l'Inde, volt. Louis XV, 36. 11 est raisonnable d'espérer que les Anglais, auxquels nous devons déjà tant de lumières sur l'Asie, n'oublieront rien pour arriver à l'intelligence de ces monuments qui peuvent jeter un si grand jour sur l'histoire et sur la religion des Indes, rwnal, Ilist. phil. m, 2). Il Avoir l'intelligence de quelque chose, la saisir, la pénétrer. Mais moi qui, dès l'enfance, élevé dans son sein. De tous ses mouvements ai trop d'intelligence. J'ai lu dans ses regards.... rac. Mithr. iv, 2. Il 5" En termes d'art, entente de certains efTets, talent, goUt avec lequel l'artiste sait les reproduire. L'intelligence du clair-obscur, de la lumière. Ce peintre n'a aucune intelligence des effets de lumière. Cet autour dramatique a l'intelligence du dialogue, l'intelligence de la scène. || 6" Adresse, habileté, en parlant des moyens employés et de leur choix pour obtenir un certain résultat. Il s'est acquitté de sa mission avec beaucoup d'intelligence. 11 a fait preuve d'intelligence dans cette affaire. On remarque une certaine intelligence dans la manifere dont cet animal creuse son terrier. Il montra une intelligence si extraordinaire, qu'on eût dit que rien n'y était nouveau pour lui, of.nlis, Veili. du chdt. t. II, p. )6i, dans pougens. || ?• Communication entre des personnes qui s'entendent l'une avec l'autre. Le duc ayant appris quelles intelligences Dérobaient un tel fourbe à vos justes vengeances, corn. Perthar. v, 4. Ses intelligences [d'un nouvelliste] même s'étendent jusques en Afrique et en Asie, mol. Comtesse, 4. On croit qu'on »a assiéger Cambrai ; c'est un si étrange morceau,
qu'on espcre que nous y avons de l'intelligence, sÉv. )6 avr. 4676. Que ces femmes Infidèles et ces hommes corrompus et corrupteurs se couvrent euxmêmes de toutes les ombres de la nuit ; que ceux qui s'entendent si bien pour conspirera leur perte, enveloppent leurs intelligences deshonnêtes dans l'obscurité d'une intrigue impénétrable, boss. Sermons, Nécess. de travailler à son salut, i . [L'Arménie] oti nous avons vu les évêques et les chrétiens, accusés d'intelligence avec les Romains, s'en défendre comme d'un crime, id. Variât. Déf. i" dise. § <3. Il avait des intelligences secrètes pour entrer la nuit dans latente du roi, fênel. Tél. ix. Ouel enchantement que cette première lueur d'intelligence avec ce qu'on aime! stael, Corinne, m, 3. || Fig. Sachez, ma sœur, que ce monde que vous quittez a intelligence chez vous, BOSS. 4* sermon, pour une profession, 3. Il Avoir une double intelligence, avoir des intelligences dans les deux partis, dans les deux armées. || Être d'intelligence avec... s'entendre avec... avoir concert avec... Nous pourrons sous ces mots être d'intelligence, corn. Afenï. i, 6. Et les aversions, entre eux deux mutuelles. Les font d'intelligence à se montrer rebelles, id. Uéracl. i, I . ■Vous êtes avec elle en trop d'intelligence. Pour n'en avoir pas eu toute la confidence, id. Suréna, ii, 3. Je ne suis point d'intelligence Avecque mes regards peut-être un peu trop prompts, la font. Fabl. vu, 18. Port-Royal est d'intelligence avec Genève dans leurs livres [des jésuites], pascal, Prov. xvi. Burrhus, je vous ai crus tous deux d'intelligence, rac. Prit. IV, 3. Est-il [Dieu] aveugle et sourd'/ est-il d'intelligence Avec l'impie et l'oppresseur? gilb. Jugem. dern. || Être d'intelligence, se dit aussi des choses qui s'accordent. Vos désirs et les miens seront d'intelligence, corn. Rodog. iv, 6 Mais
hélas! dans cette cour Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense ! Que la bouche et le cœur sont peu d'intelligence! pac. Prit, v, 4. Tout semblait avec nous être d'intelligence, lo. Bajax. i, i. Notre cœur d'intelligence avec tous les objets qui
10 flattent, mass. Mystères, Assompt. \\ Être de l'intelligence, être dans ce qui se concerte, se prépare. Amour même, dit-on, fut de l'intelligence, la font. Cand. Quelques coups qu'il entendit tirer dans sa cour lui firent juger que c'était à lui qu'on en voulait, et que les gardes étaient de l'intelligence, BOSS. Abrégé de rhist. de France. || Être de l'intelligence de quelqu'un, s'entendre avec lui, se concerter avec lui. Ce fils.... S'est aisément rendu de mon intelligence, corn. Hicom. i, f>. Je vous lo dis encor, redoutez ma vengeance, Pour peu que vous soyez de son intelligence, id. Othon, v, t. Je me tiendrai toujours de ton intelligence, in. Imit. m, 7. Célie est quelque peu de notre intelligence, mol. l'i't. v, 2. Les faux témoins et le juge, s'il est de leur intelligence, pascal, Prov. vu. || 8° Accord, union des sentiments. Ce grand jour où. l'hymen, étouffant la vengeance. Entre le Parthe et nous remet l'intelligence, corn. Rodog. i, i. Nous mangeons ensemble, nous sommes dans une parfaite intelligence, sÉv. 6 oct. <688. Ne réunit-elle pas les deux royaumes [Angleterre et France] ? et depuis encore ne s'est elle pas appliquée en toutes rencontres à conserver cotte même intelligence ? boss. Reine d'Anglet. Notre salut dépend de notre intelligence, RAC. Prit, in, 5. Prêt à faire sur vous éclater la vengeance D'un geste confident de notre intelligence, id. ib. 7. D'Assur et d'Azéma je romps l'intelligence, volt. Sémiram. m, 5. L'inti;lligence et l'union de la Francî et de l'Espagne qu'on avait tant redoutée, et qui avait alarmé tant d'États, fut rompue dès que Louis XI'V eut les yeux fermés, ID. Louis XV, *. Je crois voir dans la république des lettres un peuple dont l'intelligence ferait la force, fournir des armes à des barbares et leur montrer l'art de s'en servir, duclos, Consid. mœurs, ch. U.
11 Être en bonne, en mauvaise intelligence avec quelqu'un, avoir avec lui de bonnes, de mauvaises relations. Us vivaient en bonne intelligence. Périclès éiaitenassez mauvaise intelligence avec sa fomme,et elle consentit s.ans peine à se séparer do lui, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. ii, a* part. p. 76 (, dans pou-
OENS.
— REM. 1. L'Académie dit : Ils .sont d'intelligence pour vous tromper. Racine a dit : Tous deux à me tromper sont-ils d'intelligence? Bnjni. m, 7. Cette dernière tournure n'est pas moins bonne que l'autre. Il 3. Chateaubriand a employé intelligences, au sens anglais de nouvelles, sens qui n'est point admis en français; [Ceux qui étaient en (Hi.';] au centre des années et do Iï diplomatie européenne, et, conséquemment, tu centre de toutes les
intelligences et de tous les rapports, t. xxvi, p. (94, en note, éd. poorrat frères, <828.
— msT. xiv s. Des diex [dieux] ou intelligences, OBEPMiî,.E'^/i. (56. Il xv s. Aucuns ont voulu dire que le dit conte du Mayne avoit intelligence avec eulx, mais ie ne le crois pas, comm. i, 3. Habandonnez furent [les Anglais] de ceste maison de Bourgongne, et perdirent leur temps et intelligences au royaulme, jD. 1, 7. Il xvi* s. Puisque les autres passages ont une mesme intelligence [sens], caLv. Inst. (68. Us se sont abusez par mauvaise intelligence d'un passage, m. ib. 205. Leur ame s'estoit merveilleusement enrichie par l'intelligence des choses, mont. I, (41. Quant au grec duquel je n'ay quasi du tout point d'intelligence, id. i, 195. Les consuls, aprez la condamnation de T. Gracchus, poursuyvoient tous ceulx qui avoient esté de son intelligence, id. i, 2(.l. Faustulus enleva les deux petits enfans du sceu et avec intelligence de Numitor, amyot, Rom, 7. Hz s'accoustumoient à ne dire jamais parole à la volée et en vain, soubs laquelle il n'y eust tousjours quelque intelligence [sens] secrette, ID. Lyc. 43. Co fut [Anaxagore] le premier qui attribua la disposition et le gouvernement de ce monde à une pure et simple intelligence, id. Péricl. e. La longueur du temps qui leur brouille et offusque la nette intelligence des affaires, id. ib. 30. Il enseigna aux autres le moyen de s'accroistre par bon mesnage et par intelligence du labourage, id. Arist. et Cat. comp. o.
— ÉTYM. Prov. intelligencia, entelligencia ; esp. inteligencia ; ital. intelligenxa; du lat. intelligentia, de intelligens, intelligent.
INTELLIGENT, ENTE (in-tèl-li-jan, jan-t'), adj. 111° Pourvu de la faculté de concevoir, de comprendre. Je parle, je chemine : Je sens '^.\ moi certain agent; Tout obéit dans ma machite X ce principe intelligent, la pont. Fabl. x, (. La nature intelligente aspire k être heureuse, elle a l'idée du bonheur, elle le cherche ; elle a l'idée du malheur, elle l'évite, boss. Connaiss. iv, (. Les sages, ea contemplant la nature, admettent un pouvoir iatelligent et suprême , volt. Dict. phil. Dieu, dieux. il Intelligent de. Un créateur tout puissant n'a pu me créer qu'en me rendant intelligent de la vérité, pén. Exist. II, 4, L'esprit qui aurait, etc. !| Intelligent sur. Celui qui leur |aux pauvres] distribue quelque aumône.... soulage lamisèredu pauvre; mais néanmoins il est véritable qu'il n'est pas intelligent sur le pauvre; celui-là entend véritablement le mystère dt la charité, qui considère les pauvres comme les premiers enfants de l'Église, boss. Sermons, Septuag. 3. Il 2° Qui a beaucoup d'habileté, d'adresse. Il a un commis, un domestique fort intelligent. Il est fort intelligent dans les affaires. || Il se dit aussi des animaux. Ce chien est fort intelligent. || 3° Fig. Qui contient en soi une vertu d'intelligence, en parlant de certaines substances qui agissent favorablement sur le cerveau. Le café, liqueur intelligente, dissipe, après un repas trop généreux, les vapeurs dont un commencement de digofition alourdit lo cerveau et ranime au dessert la conversation languissante. Thé et chocolat, Paris (86(, p. ((9.
— HIST. XVI' s. Il les fit entrer trois à trois dans la ville, sur le poinct que les habitans intelligcans se jetteront aux portes, d'aiib. Ilist. i, 2( (. Plus intelligent dos affaires de France qu'il ne pensoit, SULLY, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Lat. inlelligentem, de intelligere, comprendre, discerner, de inter, entre, et légère, choisir (voy. lire).
t INTELLIGIBILITÉ {in-tèl-li-ji-bi-li-té ), s. f. Qualité de ce qui est intelligible. [Dans la supposition de deux Dieux infinis] chacun de ces Dieux connaîtrait ou ignorerait son égal; s'il l'ignorait, il aurait une intelligence défectueuse, il serait ignorant d'une vérité infinie ; s'il connaissait parfaitement son égal, son intelligence surpasserait infiniment son intelligibilité, fBn. Exist. il, 3, unité.
INTELLIGIBLE (in-tèl-li-ji-bl'), adj. || f Qui est aisé à comprendre. Je ne m'explique peut-être pas d'une manière intelligible ; mais, monsieur, vous n'y perdez rien, et nous nous entendrons bien quand vous serez ici, maintenon, Lelt. au card. de Noailles, 17 janv. <(!95. J'ai cru autrefois et dans ma première jeunesse que ces endroits [tirades] étaient clairs et intelligibles pour les acteurs, lour le parterre et l'ami hithéâtre; que leurs auteurs s'entendaient eux-mêmes.... je suis détrompé, la BRLY. 1. On n'est pas entendu seulement à cause que l'on s'entend soi-même, mais parce qu'on est en effet intelligible, in. i. Je ne sais pas, interrompit la marquise, pourquoi vous n'approuvez pas cet ordre-là dans l'univers [le système de PloléméeJ;
INT
INT
il me paraît asse-! net et oi^oz intelligible, fonten. Kondes, l" soir. || 2° Qui peut être ouï et compris facilement et distinctement. Parler à voix haute et intelligible. Dieu grava le décalogue sur deux tables de pierre ; il prononça les autres articles de la loi d'une voix haute et intelligible, qui fut entendue de tout le peuple, Boss. Elevât, sur myst. IX, 7. Il 3" Terme de philosophie. Qui appartient à l'ordre de l'intelligence. Notre intelligence tient dans l'ordre des clioses intelligibles le même rang que notre corps dans l'étendue de la nature, PASC. Pensées, t. i, p. 248, édit. lauure. || Substantivement. Le sensible le plus fort offense le sens, mais le parfait intelligible recrée l'entendement et le fortifie, BOSS. Coirnaiss. i, M. || Qui ne subsiste que dans l'entendement, comme les êtres de raison, par opposition à réel. Les universaui, les catégories sont purement intelligibles. || Monde intelligible, l'idée primitive du monde dans l'entendement divin.
— HIST. XIII' s. Et sont tel délit [plaisirs] qui sont divers en généralité si comme est li sensibles et li intelligibles, brun, latini. Trésor, p. 326. || xvi" z. Une voix basse, foible et petite, toutefois bien articulée, distincte et intelligible, rab. Fant. iv, f.8. Marmonnant quelques mots non intelligibles et de barbare termination, id. ib. Celaesttrop sot et trop lourd; la paincture estoyt bien aultre, et plus intelligible, id. tb. iv, 2. Sa majesté, à voix intelligible, le proclama son lieutenant gênerai, carl. ix, 4i. 11 n'est mouvement [du corp-] qui ne parle, et un langage intelligible sans discipline, et un langage publicque, mont, ii, <59.
— ÉTYM. Lat. inteXligibilis, de xntelligere, comprendre (voy. in'teiligknt).
INTELLIGIBLE.MENT (in-tèl-li-ji-ble-man), adv. Il 1° D'une manière facile à comprendre. Lesquels, non contents de savoir tout ce qui est intelligiblement expliqué dans leur auteur, veulent outre cela y trouver la solution de plusieurs difficultés dont il ne dit rien et auxquelles il n'a peut-être jamais pensé, DESC. Méth. vi, 6. Il parlait français fort intelligiblement, VOLT. l'Ingénu, < . || 2° D'une manière facile à ouïr et à comprendre. Il a prononcé intelligiblement. La présence de Dieu se rendait sensible par les oracles qui sortaient intelligiblement du milieu de l'arche entre les deux chérubins, boss. Elév. sur myst. ii, 8.||3° D'une laçon appartenant à l'ordre de l'intelligence. Par la grandeur et la beauté de la créature, on pouvait voir et connaître intelligiblement le créateur, boss. Elév. sur myst. VII, 8. Il [Platon] appelle quelquefois la matière éternelle; par où il n'a pas voulu faire entendre qu'elle subsistait visiblement de toute éternité, mais qu'elle subsistait intelligiblement dans l'idée éternelle de Dieu; c'est ce qu'il entend lorsqu'il dit : l'exemplaire du monde est de toute éternité, BOLLiN, Ilist. anc. t. xiii, liv. xivi, ch. m, art. 3, § 3.
— ÉTYM. Inielligihle, et le suffixe ment.
t INTEMPÉRAMMENT (in-tan-pé-ra-man), adv.
D'une manière intempérante. Boire intempérammsnt. Il aparlé intempéramment.
— REM. Cet adverbe est dans le Dictionnaire de l'Académie de 4762; il n'y a aucune raison de le retrancher.
— HlST. XVI" s. On appelle scandale prins, quand quelque chose qui n'estoit point intemperamment ni indiscrètement faite, néanmoins.... calv. Instit. 665.
— ÉTYM. Intempérant, et le suffixe menî. INTEMPÉRANCE (in-tan-pé-ran-s'), s. f.\\i' Ce
qui est opposé à la modération, àla juste mesure, de quelque espèce d'excès qu'il s'agisse. Cette intempérance de sagesse dont parle saint Paul, bourdal. 10* dim. après la Fentcc. Dominic. t. m, p. 224. Une assiduité et, si j'ose le dire, une intempérance de lecture, fléch. Duc de Mont. Quelques-uns, par une intempérance de savoir, et par ne pouvoir se résoudre à renoncer à aucune sorte de connaissance, les embrassent toutes et n'en possèdent aucune, LA briiy. xiii. Soit indifférence pour la vie, soit une certaine intempérance de bonnes actions, défaut assez rare, on l'accuse de ne s'être pas conduit (en médecin] comme il conduisait les autres, FONTEN. Bourdelin. || Intempérance d'esprit, se dit de ceux qui s'abandonnent, sans frein, à leur propre sens. Ne croyez pas que l'homme ne soit emporté que par l'intempérance des sens; l'intempérance de l'esprit n'est pas moins flatteuse; comme l'autre, elle se fait des plaisirs cachés, et s'irrite par la défense, boss. Reine dAnglel. || 2° Particulièrement. Vice opposé à la sobriété. Leur intempérance [des hommes] change en poisons mortels les aliments destinés à conserver la vie, fén. Tél. xvii. L'intempérance détruit et fait languir plus d'hom-
mes, elle seule, que tous les autres fléaux de la nature humaine réunis, huff. Nature des anim. Nous sacrifions plus encore à notre intempérance que nous ne donnons à nos besoins, id. Quadrup. t. ii, p. (34. La Mort, reine du monde, assembla cartain jour Dans les enfers toute sa cour; Elle voulait choisir un bon premier ministre. Qui rendit ses états encore plus florissants.... La Mort même était en balance; Mais, les vices étant venus. Dès ce moment la Mort n'hésita plus; Elle choisit l'intempérance, FLORiAN, Fabl. I, 9. Il Plus rarement. Défaut opposé à la chasteté. Ce sont [les luthériens] les premiers des chrétiens qui ont permis d'avoir deux femmes à un prince qui confessait son intempérance, BOSS. 4« avcrl. § 2. || 3° Intempérance de langue, trop grande liberté qu'on se donne de parler, soit en disant ce qui ne devrait pas être dit, soit en attribuant aux autres des actes ou des discours qui peuvent nuire à leur réputation. Il fut grondé de son intempérance de langue, hamilt. Gramm. 3. Une intempérance de langue difficile à pardonner, dider. Cla\ide etNér. i,62. || On dit dans un sens analogue: intempérancedeplume. On devrait châtier l'intempérance de plume qu'on remarque à tant d'auteurs, st-évremond, dans riciielet.
— HIST. xiv s. Il fut dit que intempérance est plus contraire à tempérance que elle n'est contraire à insensibilité, oresmk, Eth. 53.
— ÉTYM. Lat. intemperantia, do in.... 4, et temperantia, tempérance.
INTEMPÉRANT, ANTE (in-tan-pé-ran, ran-t') , adj.i\ l"Oui ne secontient pas, qui n'est pas contenu. Langue intempérante. L'esprit intempérant, dans le désir de tout savoir, va rechercher ce qu'il y a do plus secret dans la nature, st-évremond, dans RICIIELET. Il 2° Particulièrement. Qui a le vice de l'intempérance, qui n'est pas sobre. Dom Fernand dans sa province est oisif, ignorant, médisant, querelleur, fourbe, intempérant, impertinent; mais il tire l'épée contre ses voisins, et pour un rien il expose sa vie, LA BRUY. XI. Les enfants sont hautains,
dédaigneux, colères, curieux intempérants,
menteurs, dissimulés, ils rient et pleurent facilement, ID. tb. Il [le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV] était né intempérant, colère, violent, orgueilleux, méprisant, fastueux, dissipé, duclos. Règne de Louis XIY, Œuvr. t. v, p. 5i, dans pou- GENS. Il Substantivement. L'intempérant abrège ses jours. Il 3" Qui a le vice opposé à la chasteté (sens assez rare). On peut tenir pour certain que Luther, Buceret Mélanchihonne sont pas les seuls qui aient flatté les princes intempérants, B0ss.V'ar.4'oi;erl.§ 12.
— HIST. XVI» s. L'intempérant est bien aise et se resjouit d'avoir péché; l'incontinent en a douleur et regret, amyot, Ce la vertu morale, 4 3.
— ÉTYM. Lat. intemperantem, de in.... 4 , et temperans, tempérant.
INTE.MPÉRÉ , ÉE (in-tan-pé-ré, rée) , adj. En qui le juste tempérament n'existe pas. C'est un homme intempéré en toutes choses, Dict. de VAcadémic. ....Tant de maux Dont [par lesquels] l'air intempéré fait guerre aux animaux, régnier, Sat. xiv.
— HIST. XVI' s. Le mal d'un corps intemperé Peult estre esteint ou modéré Par jus d'herbe ou racine, nu bellay, m, 53, verso.
— ËTYM. Lat. xnlemperatus, de in.... 4, et Jemperatus, tempéré.
\ INTEMPÉRÉMENT ( in-tan-pé-ré-man ), adj. D'une manière intempérée.
— HIST. xvi*s. Intemperément, oudin, Vid.
— ÉTYM. Intempéré, et le suffixe ment; ital. intemperatamente.
INTEMPÉRIE (in-tan-pé-rie), s. f.\\l° Manque de juste tempérament, do bonne température, en parlant de l'air, des saisons, etc. Être exposé à toutes les intempéries de l'air, ou, simplement, à toutes les intempéries. Il [le ciel] a envoyé contre nous, pour punir notre ingratitude , la maladie, la mortalité, la disette extrême, une intempérie étonnante.... boss. Serm. Impénit. finale, 3. Lorsqu'un mal funeste et contagieux se ré[>andit dans les villes principales de Normandie, soit que l'intempérie des saisons eût laissé dans les airs quelque maligne impression.... flècii. Duedeilont. Il 2» Terme d'ancienne médecins. Mauvaise constitution des humours du corps. J'ai à vous dire que je vous abandonna i. votre mauvaise constitution, à l'intempérie de vos entrailles, à l'âcreté de votre bile, mol. Mal. imag. m, 6. Voilà ce qui m'a fait craindre qu'il n'y eût quelque chose de plus que l'intempérie de votre sang, sév. m fév. 4 68o. || Fig. Quel transport, quelle intempérie a causé ces violences et ces agitations? BOSS, Heine d'Anglet.
— ÉTYM. Lat. intempéries, de fn.... 4, et temperies, état tempéré (voy. tempérer).
INTEMPESTIF, IVE (in-tan-pè-stif, sti-v'j, adj. Qui n'est pas fait en temps convenable. Demande intempestive. Projet intempestif.
— HIST. XVI' s. Intempestif, cotgrave.
— lîTYM. Lat. intempestivus , de in.... i, et (cmpcstivus, venu à temps, de tempestas, saison (voy. tempête).
INTEMPESTIVEMENT ( in-tan-pè-sti-ve-man ), adv. D'une manière intempestive. Vous ne pouviez faire une pareille demande plus intempestivement.
— HIST. XVI' s. L'on pisse du sang tout pur, pour avoir usé intempestivement de Venus, paré, XV, B2.
— ÉTYM. Intempestive, et le suffixe ment.
t INTEMPESTIVITÉ (in-tan-pè-sti-vi-té), s. f. Qualité de ce qui est intempestif.
— ÉTYM. Lat. intempestivitatem, de intempestivus, intempestif.
f INTENABLE (in-te-na-bl'), adj. Qui n'est point tenable; quinepeut être gardé ou défendu. Poste intenable.
— HIST. XVI' s. Place intenable, rouan, ilfem.
t. I, p. 272, dans LACURNE.
— ÉTYM. In.... 1, et tenahle.
INTENDANCE (in-tan-dan-s'), s. f.\\l' Direction, administration d'affaires. Mlle Hubert avait l'intendance du cabinet des bains, hamilt. Gramm. 9. Le roi de Rome commandait les armées, et avait l'intendance des sacrifices, montesq. Esp. xi, 4 2. Je confesse que je ne vois nulle impossibilité dans l'existence de plusieurs êtres prodigieusement supérieurs à nous, lesquels auraient l'intendance d'un globe céleste, volt. Princ. dact. ch. 24. || Intendances sanitaires, assemblées qui étaient chargées d'exercer la police sanitaire locale. || Intendance générale, se dit d'une division ecclésiastique dans les pays protestants. || 2' Anciennement, charge, fonction d'intendant de province. Pendant son intendance on en usait ainsi. H 3° Intendance militaire, corps des intendants militaires, partie de l'état-major qui veille aux divers besoins de l'armée. Il 4* Maison où demeure un intendant, où il a ses bureaux. Aller à l'intendance, || B» Charge d'un intendant qui gère les biens d'un particulier.
— HIST. XVI* s. Attribuant l'intendance du monde tantost à l'entendement, tantost au ciel, tantostaux estoiles, mont, ii, 248.
— ÉTYM. Intendant.
INTENDANT (in-tan-dan), s. m. \\ l' Celui qui est chargé de l'administration de quelque affaire. Son maître [de Joseph], qui voyait bien que Dieu était avec lui, le prit en affection; il le fit intendant de sa maison, et il se reposa absolument sur lui du soin de toutes ses affaires, hollin. Traité des Et. v, ii, \. Il 2" Autrefois, fonctionnaire qui était à la tête de l'administration des provinces, nommé aussi intendant de justice, police et finances, et encore commissaire départi ; sous Richelieu et par suite de l'édit de mai 4636, il y eut une création particulière de présidents , intendants et trésoriers do F'rance, qui furent l'origine des intendants de justice, police et finances. Intendant du Languedoc. En ce temps, Michel le Tellier, encore maître des requêtes, était intendant de justice en Piémont, Boss. le Tellier. Jamais homme ne fut si intendant que celui-là [Voysin], et ne le demeura si parfaitement toute sa vie, st-sim. 236, (43. || Intendant du commerce, titre de certains commissaires créés par le roi en 1721 pour l'inspection des affaires commerciales ; ils furent supprimés en 4 774 et rétablis en 4777. || Intendant de la marine, fonctionnaire qui administrait un des départements maritimes do France , comme les préfets maritimes. Il Intendant de '.'amirauté , fonctionnaire qui administrait la marino sous l'amiral de France. Il 3° Fonctionnaire qui surveille et dirige un service public ou un grand établissement. Intendant de la marine. Intendant des bâtiments. Il [Lenôlre] était intendant des bâtiments, et logeait aux Tuileries ; il avait soin du jardin, qui est de lui, et du palais, st-eim. 78, 49. 114' Intendants militaires, délégués du ministère de la guerre pour tout ce qui concerne l'administration de la guerre. |i 5* Celui qui gère les affaires d'une personne riche, d'une grande maison. Un intendant probe. Un intendant? qu'est-ce que cette chose? Je définis cet être un animal Qui, comme on dit, sait pêcher en eau trouble; Et plus le bien de son maître va mal, Plus le sien croît, plus son profit redouble, la font. Bclph. Voilà monsieur votre intendant qui vous fera bonne chère pour peu d'argent, mol. Avare, m, 5. Araminte : Il a si bonne mine pour un intendant, que
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je me fais quelque scrupule de le prendre ; n'en dira-t-on rien? — Marton: Et que voulez-vous qu'on liise? est-on obligé de n'avoir que des intendants ma! faits? mabiv. Fausses confid. i, 6. || Par plaisan'arie. Intendant de rivière, le brochet, ainsi dit à cause de sa voracité.
— ÊTYM. Lat. intendenlcm, qui surveille, de tntcndere (voy. entendre).
INTENDANTE (in-tan-dan-f), s. f. \\ l' Autrefois, la femme d'un intendant de province. Je vous avoue, madame, que j'ai été touché de voir le frère de madame l'intendante de Paris arriver chez moi à pied, sans domestique, et vêtu d'une manière indigne de sa condition, volt. Lett. Mme de Sauvigny, s janv. <769. Il 2° Dans les monastères de femmes, titre que portait la supérieure dans certains ordres. II y avait aussi des intendantes des pautres.
INTENSE (in-tan-s'), adj. Terme didactique. Qui a de la tension, et, par suite, grand, fort, vif. Un froid intense. Rougeur intense. Quelque intense, quelque grande que soit une chaleur renfermée dans un vaisseau bien clos, elle ne produira l'inflammation que quand elle touchera quelque matière enflammée, buff. Hist. min. introd. 2* part. Œuv. t. VI, p. U5. Il Terme de musique. Se dit des sons qui vibrent fortement, et qui s'entendent de loin. || Terme de médecine. Maladie intense, maladie dont les symptômes se manifestent avec beaucoup de force.
— ÉTYM. Lat. intensus, tendu, de in, en, et tensus, tendu, de lendere, tendre.
t INTENSIF, IVE [in-tan-sif, si-v'), adj. || 1° Terme didactique. Qui a le caractère de l'intensité. [L'infini] est infinité par une totalité d'être qui n'est pas collective, mais intensive, fén. Extrait d'une lettre sur la réfutation de Spinosa. || 2° Terme de grammaire. Verbes intensifs, certains verbes dérivés qui expriment l'action comme faite avec plus d'intensité. Forme intensive. || Particule intensive, particule qui renforce le sens, la signification. 113° Terme d'agriculture. Culture plus ou moins intensive, culture exigeant plus ou moins de travail et de capital. IIAgriculture intensive, agriculture qui metsurun terrain donsé plus de travail et de capital qu'une autre.
— ÊTYM. Intense.
INTENSITÉ (in-tan-si-té), s. f. l'Degréde tension d'une chose, et, par suite, degré de force ou d'activité d'une chose, d'une qualité, d'une puissance. L'intensité du froid. L'intensité magnétique, électrique. On sent bien qu'avec un pareil régime ils ne doivent pas vivre fort longtemps, par cette règle générale que l'intensité de l'existence en diminue la durée, buff. Ois. t. x, p. <90. J'ai fait voir qu'à égale intensité de lumière un grand foyer brûle beaucoup plus qu'un petit, id. Hist. min. Introd. part. exp. Œuv. t. vu, p. I99. || Boussole d'intensité, aiguille aimantée suspendue par son contre de gravité, et qui, par ses oscillations, sert à déterminer l'intensité magnétique. || Intensité du son, le plus ou moins de force du son déterminé par l'étendue des vibrations du corps sonore autour de sa position d'équilibre. || 2° Terme de grammaire. Mot employé pour indiquer la différence du fort au faible qu'on remarque entre les articulations analogues p et &, t et d, k eig, f et ». || On l'emploie aussi pour marquer la plus grande force avec laquelle la voix appuie sur une syllabe accentuée.|| 3° Terme d'agriculture. Intensité d'une culture, la quantité de travail et de capital qu'elle exige.
— f.TVM. Intense.
t INTENSIVEMENT (in-tan-si-ve-man) , adv. X un haut degré, avec intensité. L'être infini, en épuisant intensivement la totalité de l'être, ne l'épuise point collectivement ou extensivement, fén. Extrait d'une lettre sur la réfutation de Spinosa, p. 376. Ils disent que Dieu est infini intensivement et non extensivement, boullaimvilliebs, Réfut. de Spinosa, p. 66.
— ÉTYM. Inten.sii:e, et le suffixe ment. INTENTÉ, ÉE (in-tan-té, tée), part, passé d'intenter.
INTENTER (in-tan-tc), ». o. Terme de jurisprudence. Usité seulement dans ces locutions : intenter une action, intenter un procès, intenter une accusation contre quelqu'un, faire un procès contre quelqu'un, former une accasalion contre quelqu'un. Il On dit aussi: intenter un procès à quelqu'un. On va juger incessamment le procès que la pauvre famille des Calas intente à leurs juges, volt. Lett. Prifices de Prusse, Landgrave de Ilesse-Cassel, , 2'i févr. 1764. Il S'intenter, r. réjl. Être intenté. Une action de cette sorte ne s'intente pas ainsi.
— • HIST. XVI' s. Tout co ni'' est i l'entour de nous '
non seulement est suspect, mais r.r.us menace quasi apertement, comme s'il nous vouloit intenter la mort, CALv. Inst. (54. Et semble qu'il y eut procès intenté sur cela, car Isocrates a escrit un plaidoyer, A.MYOT, Àlc. is. Complaintes ne s'intentent.... JVouu. coust. génér. t. il, p. 884.
— ETYM. Lat. intentare, tendre vers, présenter, fréquentatif de intendere, de tn, en, vers, et tendere, tendre.
INTENTION (in-tan-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action de tendre, d'appliquer; usité seulement, en ce sens, dans cette locution chirurgicale : réunir une plaie par première intention, en rapprocher les bords de manière à empêcher la suppuration; réunir une plaie par seconde intention, la laisser suppurer et n'en rapprocher les bords qu'après la sui'puration. || 2" Fig. Action de tendre l'esprit, et, par suite, mouvement de l'âme par lequel on tend à quelque fin. Vous paraissiez plus ferme en vos intentions, cos-j. Cinrta, m, 2. Ce qui passe à vos yeux pour une perfidie. Cache une intention fort noble et fort hardie, id. Hérac. IV, 6. Si l'on se pnre sans mauvaise intention, PAsc. Protj. IX. Je vous excusai fort sur votre intention ; Je voulus de votre âme être la caution, mol. mis. m, 5. C'est bien contre mon intention, sév. 360. Que peut-on faire à ces sortes de malheurs, mon pauvre monsieur? peut-être connaissez-vous le chagrin d'avoir de bonnes intentions sans les exécuter, id. Lett. à Moulceau, 25 oct. (686. Comme le christianisme a pris naissance de la croix, ce sont aussi les malheurs qui le fortifient; là on expie ses péchés, là on épure ses intentions, boss. Berne d'Anglet. L'intention, c'est le regard de l'âme, id. Médit, sur les Évang. Sermon sur la montagne, 29' ;our. Le premier tribunal où il monla fut celui do sa conscience, pour y sonder le fond de ses intentions, FLÉCH. Lamoignon. Il méprisa souvent les bruits du vulgaire , et même, se renfermant dans ECS bonnes intentions, il lui abandonna les apparences, ID. ih. Pourquoi juger si mal de son intention? bac. Esth. III, *. La pauvre Brice n'avait aucune mauvaise intention, hamilt. Gramm. s. Toutes questions qui étaient assez dures, et pourtant faites avec la meilleure intention du monde, MARIVAUX, Pays. parv. 4* part. J'ai de bonnes intentions pour vous, ma chère enfant, soyez-en persuadée, ID. Marianne, 6« part L'intention doit au moins faire excuser l'action, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 28 nov. 1777. || D'intention, en se joignant par l'intention. Nous sommes d'intention avec vous dans tout ce que vous faites. || Terme de théologie. Intention actuelle ou intention extérieure, celle qui accompagne l'action. L'intention extérieure suffit pour la validité des sacrements. || Terme do dévotion. Diriger ou dresser son intention, rapporter ses actions, ses vues à une fin déterminée, et ordinairement à une bonne fin. || On dit dans un sens analogue : direction d'intention ou de l'intention. Il Terme de casuiste. Direction d'intention, manière de sauver ce qu'il y a de mauvais dans un discours, dans une action, en portant l'intention sur ce que ce discours, cette action enferme d'irrépréhensible. Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, mol. Tart. iv, a. Sachez que ce principe merveilleux est notre grande méthode de diriger l'intention dont l'importance est telle dans notre morale, que j'oserai quasi la comparer à la doctrine de la probabilité.... lorsque je vous ai fait entendre comment les valets peuvent faire en conscience do certains messages fâcheux, n'avez-vous pas pris garde que c'était seulement en détournant leur intention du mal dont ils sont les entremetteurs pour la porter au gain qui leur en revient? voilà ce que c'est que diriger l'intention ....quand on n'est pas dans cette malheureuse disposition [pécher pour pécher], alors nous essayons de mettre en pratique notre méthode, de diriger l'intention, qui consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis, pasc. Prov. 7. Voilà par où nos pères ont trouvé moyen de permettre les violences qu'on pratique en défendant son honneur, car il n'y a qu'à détourner son intention du désir de vengeance qui est criminel, pour la porter au désir de défendre son honneur, qui est permis selon nos pères, m. ib. Montrez-moi avec toute cette direction d'intention qu'il soit permis de se battre en duel, ID. ib. Il 3' Particulièrement. Volonté, surtout quand il s'agit de celui qui a supériorité, autorité. L'intention de votre père est que vous partiez. Le roi lui a fait savoir ses intentions. Les intentions du testateur furent scrupuleusement remplies. || Kn un sens restreint, d'ailleurs peu usité. Inclination,
amour. Si quelque intention le pressait po;ir Lucile, MOL. De'p. cm. w, 8. || 4° Â l'intention de, par destination pour. Je crois que tout le monde s'y tpouve [dans un livre de Nicole]; pour moi, je crois qu'il a été fait à mon intention: j'espère aussi d'en profiter, sÉv. 7 oct. <67l. Dans une fête qui n élait pas à son intention, iiamilton, Gramm. e. Chez les Sibériens on tuo les prêtres pour les envoyer prier dans l'autre monde k l'intention du peuple, VOLT. Diction, philos. Fanatisme. || Faire des prières, donner des aumônes, dire la messe, etc. à l'intention de quelqu'un, faire ces choses dans le dessein qu'elles lui servent devant Dieu. Je m'en vais dire la messe à son intention, boss. Lett. abb. (07. Il X bonne intention, avec l'intention d'être utile, de plaire, etc. Us [Bucer et Melanchthon] passent par-dessus beaucoup de choses, et n'appréhendent point ces ambiguïtés; ils le font à bonne intention, BOSS. Var. 4. || J mauvaise intention, avec le dessein de nuire. || En intention de ou que, avec la volonté de. Ma^arin tient fort le parti de M. d'Épernon, en intention que le duc de la Valette, son lils, épousera une des Mazarinettes, gui patin, Xet(. t. II, p. 46. Ptolémée s'embarqua avec ces précieuses dépouilles en intention de les faire couler à fond. Exil de CîceVcn, dans dbsfoktaines. || Sans intention, sans avoir l'intention de. Si les coups portés ou les blessures faiies volontairement, mais sans intention de donner la mort, l'ont pourtant occasionnée, le coupable sera puni de la peine des travaux forcés à temps, Code pénal, art. 309. Il 6° Terme de musique. Se dit dans le sens do motif. L'intention do cet air. || Un air de première intention, un air produit tout entier par une inspiration immédiate. Il 6° Terme de scolastique. Extrême tension , extrême intensité. Il (DieuJ est l'être infini, par intention, comme dit l'école, et non par collection, fén. Exist. u, i, Ce que c'est que Dieu. Il Intention première, action de l'esprit qui se porte directement sur l'objet et l'appréhende intuitivement. Intention seconde, celle de l'esprit qui, réfléchissant sur la connaissance première , s'en forme une notion moins immédiate ou plutôt dérivée. Ainsi homme est un terme de première intention; et ce qui convient à rbnmme, comme d'être espèce, d'être au nominatif, e-tc. est do seconde intention. Il Proverbes. L'enfer est pavé de bonnes intentions, c'est-à-dire ou'il y a beaucoup de bonnes intentions, mais qu'elles deviennent inutiles, parce qu'on ne les mène pas à fin. jj L'intention est réputée pour le fait, c'est-à-dire qu'en cenainsras avoir voulu une chose vaut autant, on bien ou en mal, que l'avoir faite.
— REM. Comme on dit: il a intention de partir, et il a l'intention de partir, des grammairiens ont cherché à spécifier la nuance, remarquant que, dans la première locution, on désigne seulement une intention générale, et dans la seconde une intention particulière. Mais, tout bien considéré, il y a non pas une différence de signification, mais seulement une différence de syntaxe : avoir intention, par la suj'pression de l'article, devient une sorte de mot composé; tandis que avoir l'intention consen'e la séparation des mots.
— HIST. XII' s. Et quant j'ai mis en li [elle] m'entencion, Couci, ii. [Moi] qui servi et prié Longuement ai en bonc intencion, ib. vu. Car c'est adès toute m'ententions, Dame, de vous honorer et servir, ib. xiii. Car je forfis en bone intencion, ib. XX. Il xiif s. Et croient [les Bédouins] que quant l'homme meurt pour son seigneur, ou en aucune boue entencion, que l'ame d'culx en va en meilleur corps et en plus aaise que devant, joinv. 229. ij XIV' s. En intention de boire, du cange, aiantagium. Il xv s. Et leur dit son intention et le grand désir qu'il avoit de la feste entreprendre, fboiss. i,
I, 213 Vray amant Qui, de cueur et d'intencion,
Sert amour sans condicion, en. d'orl. Bail. 43. Il XVI' s. Ponocratos, pour le séjourner de ceste véhémente intention des cspritz.... rabel. Garg. i, 24. Il meit les cnfans dans une auge, et s'en alla vers la rivière en intention de les jetter dedans, amyot, Uom. 4. Respondre des intentions de quelqu'un, mont, i, (03. On n'a pas exempté d'ambition l'intention de Pompcius au gouvernement des affaires, ID. IV, 62. Los 03 se reprennent, non toutesfois proprement, c'est à dire selon la première intention, ains selon la seconde; la première intention est, quand les parties divisées se reunissent ensemble, comme elles cstoient auparavant, sans moyen do substance d'autre genre ou espèce, paré, vu, 4. La douleur se doit appaiser .selon l'intention [intensité] et rémission d'icello, id, ix, 9. En la cure des
UST
INt
INT
luxations faut observer cinq intentions ou respects,
— ÉTYM. Provenç. entencio, entensio ; espagn. intencion; ital. inlenzione; du lat. intentionem, action de tendre, tension, application, volonté, d'mtensum, supin d'iniendere, être attentif, vouloir
(VOy. ENTRNnBE).
INTENTIO.VNÉ, ÉE (in-tan-sio-né, née; en vers, de cinq syllabes), adj. Qui a certaine intention. M. de Vendôme arrivera affamé, et fort bien intentionné d'écumer ce qui reste d'argent dans cette province, sÉv. novembre, 1680. || Bien intentionné, mal intentionné, qui a de bonnes, de mauvaises intentions. Il faut des fripons auprès des ministres même les mieux intentionnés, l\ bhïïy. viii. Avouez que si votre Allemand [Copernic] eût pu nous la faire perdre [la lune], il l'aurait fait volontiers; car je vois dans tout son procédé qu'il était bien ma! Intentionné pour la terre, fonten. Mondes, t" soir. C'est un homme très-bien intentionné pour la bonne cause, mais il la sert bien mal en croyant lui faire du bien, volt. Lett.d'Argental, ("mai 177B
— HIST. XVI' S. Toutes les deux [armées] descamperent, et prirent la route de Lusignan, près d"où il y a un petit quartier du païs bon en perfection, où chacune estoit intentionnée de se venir loger,
lANOUE, 648.
— fiTYM. Intension.
INTENTIONNEL, ELLE (in-tan-sio-nèl, nè-l'; en vers, de cinq syllabes), adj. ||1° Qui appartient à l'intention, à la volonté. Le sens apparent de cette proposition est bien différent du sens intentionnel de l'auteur. Il Terme de jurisprudence. Question intentionnelle, question soumise à la décision du jury, relativement à l'intention de l'accusé en commettant le crime qu'on lui impute. Cet accusé a été acquitté sur la question intentionnelle. || 2° Terme de soolastique. Espèces intentionnelles, les images que l'on supposait sortir des corps pour frapper les sens ; dites aussi espèces impresses.
— ÊTYM. Intention.
t INTENTIONNELLEMENT {in-tan-sio-nè-leman), adv. En intention. Coupable intentionnellement.
t INTERAMBDLACRAL , ALE (in-tèr-an-bu-lakral, kra-l'), adj. Terme de conchyliologie. Qui est entre les ambulacres, ou bandelettes formées par les séries de petits trous qui se voient sur le lest des oursins.
t INTÉRANTENNAIRE (in-tè-ran-tè-nnè-r'), adj. Terme de zoolqgie. Qui est placé entre les antennes.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et antenne.
tlNTER-ARS (in-tèr-ar), s. m. Termed'hippiatri-
que. Partie située entre les ars, qui s'étend depuis le poitrail jusqu'au passage des sangles.
— ETYM. Lat. inter, entre, et ars.
t INTERARTICULAIUE (in-tèr-ar-ti-ku-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé entre les articulations. Fibro-cartilages interarticulaires. Ligaments interarticulaires.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et articuhire.
t INTEEIBRANCUIAL, ALE (in-tèr-bran-chi-al, a-l'), adj. Terme de zoologie. Qui est compris entre les branchies.
— ÉTYM. Lat. inter, entre, et branchie. INTERCADENCE {in-tèr-ka-dan-s'), î. f. Terme de
médecine. Trouble dans la succession des pulsations artérielles, qui offrent, de loin en loin, une pulsation surnuméraire placée entre deux pulsations.
— ETYM. Intercadent.
INTERCADENT, ENTE (iu-lèr-ka-dan , dan-t'), adj. Terme de médecine. Pouls intercadent, pouls qui offre des intercadences.
— ETYM. Lat. inter, entre, et cadere , tomber
(VOy. CHOIR.)
INTERCALAIRE (in-tèr-ka-lê-r'), adj. \\i'Q\ii est intercalé. Jour intercalaire, jour que l'on ajoute au mois de février dans l'année bissextile. Année interlalaire, se dit, en général, des années civiles auxquelles on ajoute un ou plusieurs jours pour les maintenir d'accord avec l'ordre des saisons. || Lune intercalaire, la treizième lune qui se trouve dans une année, de trois ans en trois ans. || Dans l'antiquité gi-ccque, mois intercalaire, mois qu'il fallait intercaler pour accorder ensemble l'année solaire et l'année lunaire, trois fois en huit ans selon Cléostrate de Ténédos, sept fois en dix-neuf ans scion M>;ton. Année intercalaire ou ernbolismique, celle où l'on intercalait ce treizième mois, c'està-dire le mois de Posidéon. |i 2"' Terme de grammaire. Vers intercalaire, vers qu'on répète plusieurs
fois dans de petits poèmes, tels que les chants royaux, les ballades, les virelais, etc. On dit plus souvent et mieux : refrain. || 8* Terme de médecine. Jours intercalaires, nom, dans la doctrine des dises, des jours que l'on regardait non comme critiques, m.iis simplement comme provocateurs de la crise. || Jour intercalaire, se dit aussi du jour d'apyrexie dans les fièvres intermittentes.
— ÉTYM. Lat. iniercalaris, de intercalare, intercaler.
t INTERCALATEUR (in-tèr-ka-la-teur), s. m. Celui qui fait des intercalations.
— ÊTYM. Intercaler.
INTERCALATION (intèr-ka-la-sion ; en vers, do six syllabes), s. f. || 1° Action d'intercaler; résultat de cette action. || Proprement, l'addition d'un jour dans le mois de février, aux années bissextiles. L'année 011 l'on fait l'intercalation, le mois de février a vingt-neuf jours. || Toute addition de jours faite périodiquement, pour faire concorder l'année lunaire ou l'année civile avec l'année solaire. L'intercalation qui fait concorder l'année lunaire avec l'année solaire, se compose de u ou -4 2 jours par an. || 2° Par extension, action d'insérer entre, dans, en parlant d'écrits. L'intercalation d'un mol, d'une ligne dans un acte, d'un article dans un compte, d'un passage dans un texte, d'un livre dans un catalogue, dans une bibliothèque.
— ETYM. Lat. intercalationem, de intercalare, intercaler.
INTERCALÉ, £e (in-tèr-ka-lé, lée), part, passé d'intercaler. Mots intercalés et d'une autre main.
INTERCALER (in-tèr-ka-lé), v. a. \\ 1» Au propre, ajouter un jour de quatre ans en quatre ans dans le mois de février, afin de faire cadrer l'année avec le cours du soleil. Dans les années bissextiles on intercale un jour. || 2° Par extension, ajouter dans l'intérieur, insérer. Intercaler un mot, une ligne dans un acte. || 3° Terme d'imprimerie. Intercaler un carton, une demi-feuille, imposer la feuille dont ils font partie, do manière qu'ils se trouvent dans lo milieu à la ployure. |{ 4° S'intercaler, V. réfl. Être intercalé. Il ne s'intercale dans cette durée aucune action qui la divise.
— ÉTYM. Lat. intercalare, de inter, entre, et calare, crier, appeler (voy. calende?) .
t INTERCÈDENT, ENTE (in tèr-sé-dan, dan-t') , adj. Terme de médecine. Pouls intercèdent, pouls qui, étant mal réglé, semble disparaître par intervalles.
— ETYM. Lat. intercedentem, qui cède entre (voy. interckdeb).
INTERCÉDER (in-tèr-sé-dé. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'intercède; excepté au futur et au conditionnel : j'intercéderai, j'intercéderais), D. n. \\ 1° intervenir en faveur de. Ce recours à l'oiseau ne fut pas inutile, Jupiter intercède, la font. Fhil. et Uaucis. On vit [lors de la Saint-Barthélémy] les assassins poursuivre les proscrits jusque sous les lits et dans les bras des princesses, qui intercédaient en vain pour les défendre, volt. Ilist. parlem. ch.xxviir. Banni du monde entier, sans amis, sans appui. L'excès de sa'faiblesse intercède pour lui, lafosse, tiarius à M.i, *. Vous pouvez rendre un grand service à la philosophie, eu intercédant auprès de M. de Choiseul pour le pauvre abbé Morellet, d'alemb. Lett. à Voltaire, 18 juilL <700. || 2» Terme d'histoire romaine. Il se dit de l'action des tribuns qui opposaient leur veto à un décret quelconque. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI* s. Tel honneur fist Caesar à Arrius, qui luy requit pardon, et intercéda pour plusieurs autres, amyot, Anton, to'i. Combien que le sacrificateur fust establi pour intercéder et obtenir pardon, calv. Instit. 383. Assis à la dextre du père, il [Jésus- Christ] intercède encore pour nous, id. it>. o»(i.
— ÉTYM. Lat. intercedere, de inter, entre, et cedere, aller (voy. céder) : mot à mot, aller entre.
f INTERCELLCLAIRB in-tèr-sôl-lu-lê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est placé entre les cellules. Il Terme de botanique. Méats intercellulaires ou espaces intercellulaires, lacunes ou cavités aériennes qui, laissées par los cellules, et n'étant pas remplies par la substance intercellulaire, ne renferment que des gaz. || Substance intercellulaire ou unissante, matière amorphe interposée aux cellules véiréiales, là où il n'y a pas de méats intorcellulaires.
— ÉTYM. Lat, inter, entre, bI cellule.
INTERCEPTÉ, ÉE (in-tèr-sè-pté, ptée) , part, passé d'intercepter. Le commerce, intercepté et mal entendu, l'appauvrit [un paysj encore, volt. Dirt.
phil. Économie. Ancien terme de géométrie. Ligne
interceptée, l'abscisse.
INTERCEPTER (in-tèr-sè-pté), V. o. || 1° Prendre au passage, et, par conséquent, arrêter, empêcher. Intercepter les communications. On saii que les éclipses du soleil n'arrivent que parce qui' la lune, qui est un corps opaque, étant placée entre la terre et le soleil, intercepte la lumière qui devrait venir du soleil à la terre, hollin. Traité dej Et. liv. v, art. 3 et 4. J'interceptais par ce moyen le cours de la sève qui devait passer par l'écorce et entre l'écorce et le bois, bufp. Hist. nat iiurod. part. exp. Œuv. t. vju, p. 279. Il [La Bourdonnais', y aurait intercepté les bâtiments anglais et sauvé ceux de son pays, raynal, Ilist. phil. iv, 20. Il S'intercepter quelque chose, intercepter quelque chose l'un à l'autre. La chasse est un germe de guerre; dès que deux troupes [de sauvages], séparés par des forêts de cent lieues, viennent à se rencontrer dans leurs courses, à s'intercepter le gibier, elles ne tardent pas à tourner contre ellesmêmes les flèches qu'elles réservaient aux ours , RAYNAL, Hi-t. phil. XV, 34. || 2* S'emparer par surprise de ce qui est adressé, envoyé k quelqu'un. J'avoue que mon unique faute fut de ne vous tromper pas avec assez de précaution, et de laisser intercepter mes lettres, pén. Dial. des morts mod. Louis XI, la Balue. Nous voilà comme un amant et une msîtresse dont les lettres sont interceptées par les jaloux ; aimons-nous-en davantage, volt. I.ett. Damilaville, 28 mai i76B. La princesse des Ursins, ivre Q' ■ sa faveur, crut pouvoir tout se permettre : elle intercepta une dépêche que l'abbé d'Estrées, ambassadeur de France à Madrid, écrivait au roi, duclos, Règne de Louis IIV, CEuv. t. v, p, 74, dans POUGENS. || 3° S'intercepter, v. réfl. Être intercepté. Les communications s'interceptèrent facilement entre l'île et le continent.
— ÉTYM. Verbe formé sur le thème fourni par interception.
INTERCEPTION (in-tèr-sè-psion ; en vers , de cinq syllabes), s. f. Action d'intercepter. Interception des rayons de la lumière. L'interception d'une lettre. Il Terme de chirurgie. Espèce de bandage usité chez les anciens, par lequel ils se proposaient d'arrêter la marche de la cause matérielle do la goutte et du rhumatisme.
— HIST. XVI' s. En hiver, à cause de l'interception ou glaciation dudit esprit, faite par le froid es parties externes comme la main.... pabé, Introd.