‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 26 sur 389 · INFUS · texte numérisé non relu

INFUS

t L\GA (in-pa), s. m. Nom d'une écorce d'Amérique qui est astringente ettoni(5ue.

f INGAGNABLE (in-ga-gna-l>l'), adj. Qui n'est pas susceptible d'être gagné. Procès ingagnable.

— ETYM. In.... * , et gagner.

l.NGAMBE (in-gan-b'), adj. Qui est bien en jambes, léger, dispos, alerte. Le inonde fut étonné de voir presque tout à coup un cul de jatte ingambe, ST-siM. 78, <34. Déjà monté sur la hune, (le czar] lui cria de venir recevoir son audience; l'ambassadeur, peu ingambe, aurait bien voulu s'en dispenser ; mais il n'osa témoigner sa crainte, duclos, Hfém. rég. CEtiv.t. v, p. 290, dans pougens. Jamais, avec l.'air assez ingambe, je n'ai pu sauter un médiocre fossé, J. J. Rouss. Conf. v. || Qui peut se déplacer, aller, venir. Je ne croyais pas la duchesse du Lude assez ingambe pour aller à Saint-Cloud, maintenon, Len.àUme de Vangeau, t. vu, p. (20, dans pougens.

— liiST. xvi* s. Le capitaine Artigue-Dieu, el autres françois et guascons, estans mieux en gambe que les Lansquenets, gaignerent le dessus du bastion, M. I)U BELLAY, 469.

— ÉTYM. Ital. in gamba, alerte, dispos, de in, en, et gamba (voy. jambe).

t INGANNO (in'-ga-nno) , s. m. Terme de musique. Cadenza per inganno, espèce de cadence qui donne une résolution difléreute de celle que l'oreille attend.

— ÊTVM. Ital. inganno, tromperie.

t INGARANTI, lE (in-ga-ran-ti, lie), adj. Non garanti. Marchandises ingaranties.

— F.TYM. In.... 1, el garanti.

+ INGÊNÉRABILITÉ (in-jé-né-ra-bi-li-té), î. f. Oualilé de ce qui ne peut être engendré, de ce qui est ingénérable. Aristote montra clairement à ces défenseurs de l'immutabilité ou de l'ingénérabilité.... dayle, Wcd'onn.au mot lénophane, remarque B.

t INGÉNÉRABLE (in-jé-né-ra-bl'), adj. 'l'erme didactique. Qui ne peut pas être engendré. Théophile d'Antioche procède de même : parce que Dieu est ingénérable, c'est-à-dire éternel, il est aussi inaltérable, Boss. 6' avert. <3. ils la regardaient [l'àme] comme étant ingénérable et incorruptible en sa substance ; c'était une portion de la divinité, JD. Àvert. sur le reproche d'idolâtrie, 26.

— msT. xiV s. Dieu le père ingénérable. — Choses ingenerables et generables, ohesme, Thèse de meunier.

— Ktvm. Lat. in.... A, et generare, engendrer (voy. cénéiiatiûn).

INGÉNIER {S') (in-jé-ni-é), je m'ingéniais, nous nous ingéniions, vous vous ingéniiez; que je m'ingénie, que nous nous ingéniions, que vous vous ingéniiez, x. réfl. Chercher dans son génie, dans son esprit, quelque moyen pour réussir. V.n cas pareil force est qu'on s'ingénie, le p. du cerceau, dans DESFONTAiNES. Chacun s'ingénie dans ce monde : l'un esta la tête d'une manufacture d'étoffes, l'autre de porcelaine, volt. VU. aux 4o écus, Entretien avec un géomètre.

— lllST. XV' s. Autres, de leur propre inclination, se ingénièrent, christ, de pisan, dans le Dict. de DOCHEZ. Il XVI* s. Il s'ingénia tant qu'il en avisa une qui luy sembloit a»sez bonne, despeb. Contes, t. i, p. (27, dans LACURNE.

— ÊTYM. Bas-lat. ingpniari, s'ingénier, de ittgenium, au sons d'engin (voy. ce mot).

INGÉNIEUR (in-jé-ni-eur), «. m. ||1° Celui qui invente, qui trace et qui conduitdes travaux et des ouvrages, pour attaquer, défendre ou fortifier des places. Ingénieur militaire. Le maréchal de Vauban, né en isa-l, le plus grand ingénieur qui ait jamais été, a fait forlilier, selon sa nouvelle manière, trois cents places ancienne3,etenabàti trente-trois, VOLT. Uenr. vu, note. Enlin il [Pierre le Grand] a eu jusqu'à une école d'ingénieurs dans un pays où pei-sonne ne savait [avant lui) les éléments de géométrie, lu. Charles XU, l.||2° Celui qui conduit des ouvrages ou travaux publics, tels que la cungtruction el l'entretien des routes et des ponts, ^exploitation des mines, etc. Ingénieur des ponts et chaussées. Ingénieur de» mines. Ingénieur de la marine ou ingénieur maritime. Ingénieurs des chemins de fer. || Ingénieur civil, nom donné aux ingénieurs qui ne sortent pas de l'école polytechnique, ou qui IravaiUenl pour l'industrie privée. || 3° luge-

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nieur-constructeur de la marine, ingénieur qui s'applique à l'art des constructions navales. Le.s constructpurs des vaisseaux de Sa Majesté serom appelés à l'avenir ingénieurs-constructeurs de lu marine, Ordonn.du 4 5 av. 4 689. M. de Chazelles y fit les fonctions d'ingénieur, fort différentes de celles de professeur d'hydrographie, fonten. Chazelles. Il 4° Ingénieur-géographe, celui qui dresse des cartes de géographie. || Ingénieur hydrographe, voy. HYDROGRAPHE. || 6° Ingénieur pour les instruments de mathématique, celui qui fait des instruments de mathématique. Il 6' Ingénieur opticien, celui qui fait des instruments d'optique.

— HIST. XII* s. Il fait creuser souz terre à pic et à martel Âses angigneors, dont ot pris maint chastel, Saxo7is, IX. Il XIII* s. Li engignieres fut moult sage, FI. et Bl. v. 4 852. Le roy fist faire xviu engins, dont Jocelinde Connaut estoit mestre engingneur, joinvii.le, 224. {) xv*s. D'autrepart il y avoit dedans Mortaigne un maistre engigneur qui avisa et considéra 1 engin de ceux de Valenciennes, et comment il grevoit leur forteresse, phoiss. i, i, 4 36. Un maître engigneur d'appertise [un homme qui fait des tours de force] avoit attaché une corde, laquelle corde comprenoit moult loin et par dessus la maison, id. m, iv, 4. || xvi* s. Ce que nos plus subtils ingénieux d'aujourd'hui appellent flancsfichés, d'aub. Uist. i, 343. La meohanique ou art des ingénieurs, amyot, Marc. 21.

— ÊTYM. Provenç. enginhaire, enginhador; du bas-lat. ingeniatorem, de iriflCHiari, s'ingénier(voy. ce mot). Enginhaire en provençal, eiigignere en français est le nominatif; enginhador, cngigneor est le régime. Ingénieur est une altération de la forme ancienne et correcte engigneur.

INGÉNIEUSEMENT (in-jéni-eû-ze-man), adv.

D'une manière ingénieuse. Les poèmes d'Homère sont remplis de fictions qui, sous l'enveloppe d'une fable ingénieusement inventée.... rollin, Traité des Et. liv. Il, ch. 2.

— ÉTYM. Ingénieuse, et le suffixe ment. INGÉNIEUX, EUSE ( in -je- ni - eû, etl-z'), adj.

Il 1° Plein d'esprit, d'invention et d'adresse. Andromaque trompa l'ingénieux Ulysse, rac. Andr. i, 4 . Son amitié pour moi le rend ingénieux, lo. Esth. 1,4. Homère avait l'esprit vaste et fécond, plus élevé ijue do.ioai, plus naturel qu'ingénieux, lamotte, dans nKSFONTAiNES. Et toi, vierge du Pinde, fille ingénieuse de la Grèce, descends à ton tour du sommet de l'Hélicon, chateaub. Mart. iv. || Même signification, en parlant des choses. Pièce, machine fort ingénieuse. Echapj)a-t-il jamais à son esprit vif et présent quelqu'une de ces railleries d'autant plus piquantes qu'elles sont plus ingénieuses, qui cachent beaucoup de venin sous peu de paroles...? FLECH. Dauphine. Non, non, tous ces détours sont trop ingénieux, iiAC. Iphig. i, 2. {{ 2° Qui met de l'application à faire quelque chose. Les esprits délicals, si ingénieux pour les plaisirs des autres, ont trop de goût pour eux-mêmes être ingénieux à faire quelque chose, sT-ÉVREM. II, 4 24. C'est ainsi, dira-t-elle [une mère], qu'il pose ses mains ; c'est ainsi qu'il porte les yeux ; les mères sont ingénieuses à observer jusqu'aux moindres choses, boss. 2* serm. Compass. de la Ste Vierge, 2. {| En parlant de choses. Votre juste douleur est trop impétueuse. — La tienne en ta faveur est trop ingénieuse , corn. Cinna, iv, 6. Il II se dit quelquefois dans un sens défavorable. Sois moins ingénieux à te tromper loi-même, id. ib. I, 4. Votre humeur curieuse X vous faire un supplice est trop ingénieuse, id. Olhon, ii, ). Vous êtes ingénieuse à vous chercher des embarras, boss. Lett. abb. 49. L'amour-propre est ingénieux à nous prévenir et à nous corrompre, bourdal. Sévérité e'io/igél. 2* avent, p. 43). Le cœur est ingénieux pour se tourmenter, fén. Tel x.\iv. Si les cœurs sensibles sont souvent ingénieux à se tourmenter, ils ne le sont pas moins à chercher, à trouver des consolations et des dédommagements, genus, Mlle de Clermont, p. «5, dans pougens.

— HtsT. XII* .s. Thiebaut 11 quens de Chartres fu fel et engignous, Rou, v. 4408. || xv* s. Je t'ai fait emprendre l'insecution de ce noble et ingénieux homme Bocace, g. chastelain, Exp. sur vérité mal prise. Il XVI* s. C'estoit à qui trouveroit des mcrU; plus ingénieuses et des tourments plus exquis, d'aub. Hist. I, 69. Tristes, pensifs, ingénieux |rôveurs], solitaires, paré, Introd. 6. Ny Tes subtilitez grammairiennes, ny l'ingénieuse contexture de paroles, MONT, u, 4 0».

— ÉTYM. Prov. enginhos ; catal. engignos ; esp:ign. ingenioso; ital. ingegnoso; du lat. ingeniosus, de iiigenium, génie, qui vient de in, en, et

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genius, génie. L'ancienne forme, qui est engignos, veut (lire rusé, trompeur.

t INGÉNIOSITÉ (in-jé-ni-ô-zi-tii),«. f. Qualité de celui qui est ingénieux ou de ce qui est ingénieux. M. de B*'* avait l'esprit délié; on prenait son ingéniosité pour du génie, chateaub. dans le Dict. de DOCHEZ. On se demande ce que l'on doit le plus admirer de l'ingéniosité des recherches ou de la hardiesse avec laquelle..., morin, Acad. des se. Comptes rendus, t. LX, p. S32.

— HlST. XVI* s. Ingéniosité, cotgrave.

— f.TYM. Ingénieux.

INGÉNU, UE (in-jé-nu, nue), adj. \\ 1» Terme de droit romain. Né libre et qui n'a jamais été dans uue servitude légitime, par opposition à affranchi, comme libre s'oppose à esclave. Les enfants, dont la différence d'avec les esclaves, c'est qu'ils naissent libres et ingénus, boss. Polit, viii, u, 2. || Substantivement. Transporter aux ingénus une partie de ces emplois, c'est diminuer le nombre des esclaves, MONTESQ. Espr.xv, 48. || S'Terme de féodalité. lief ingénu, fief libre, fief noble. || 3° Par extension du sens de personne libre. Oui laisse voir avec naïveté ses sentiments. Une jeune fille ingénue. Il est ingénu et sans malice, fén. Dial. des morts atu:. 6. Voilà un garçon bien ingénu, hEGNABD, Sérénade, se. 18. Il Use dit aussi des choses. Penser ingénu, TRISTAN, Marianne, 11, 4. Franchise ingénue, rotr. St Genest, iv, 9. Esprit ingénu, id. ib. Son récit ingénu redoubla la pitié Dans les cœurs prévenus d'une juste amitié, LA font. Filles de Minée. Un aie réformé, une modestie outrée, la singularité de l'habit.... ne relèvent pas le mérite; ils le fardent et font peut-être qu'il est moins pur et moins ingénu, LA brut. XII. Près du temple sacré les Grâces demi-nues Accordent à leurs voix leurs danses ingénues , VOLT. Henr. ix. Nos sciences, nos arts étransers à ses soins Ne l'ont point dépouillé de ses mœurs ingénues, gilb. le Poète malheureux. Qu'un jeune homme, agité d'une flamme inconnue, S'écrie aux doux tableaux de ma muse ingénue : Ce poète amoureux, qui me connaît si bien, Quand il a peint son cœur, a\ait lu dans le mien, A. cnÉN Elég. XXXII. Là, dans l'ombre descend ma Muse, X l'œil fier, aux traits ingénus, Image éclatante et confuse Des anges à l'homme inconnus, v. HUGO, Odes, V, 46. Il Substantivement. Faire l'ingénu, l'ingénue. U y a un roman de Voltaire intitulé l'Ingénu. || Au théâtre, jouer les ingénues, jouer les rôles de jeunes filles naïves.

— ÉTYM. Lat. ingenuus, proprement naturel; par extension, légitime; par une autre extension, digne d'un homme libre, franc; de in, en, dans, et genuus, engendré : c'est-à-dire inné, naturel (voy. génération).

INGÉNUITÉ (in-jé-nu-i;té), s. /■. jj 1° Terme de jurisprudence ancienne. État d'une personne née libre. Chariemagne, pour dompter les Saxons, leur ôta l'ingénuité et la propriété des biens, montesq. Espr. X, 3. Il 2° Franchise naturelle et gracieuse. Jugez par mon in/;énuité combien j'ai l'âme sincère, SCARHON, Lett. CEiiv. t. I, p. 22). Termes touchants et tout pleins de bonté, De tendresse innocente et d'ingénuité, mol. Ec. des femmes, m, 5. Cet âge est innocent; son ingénuité N'altère point encor la simple vérité, rac. Ath. ii, 7. Le siècle de nos pères où la bonne foi était encore une vertu, où une noble ingénuité tenait lieu d'art et de finesse, mass. Or. fun. Villars. Les uns, touchés de la sublime innocence de Clarisse [de Richardson], de cette ingénuité si pure, si élevée, si chari'able, de cette chasteté d'âme unie à tant d'élévation, à tant de sagacité d'esprit, le suppliaient de faire que jamaij ce beau modèle ne fiit altéré, villemain, Littér. fr. 18* siècle, 2* part. 4'* leçon. L'air d'inquiétude d'Adèle en me disant ces paroles, el l'ingénuité de la question même me firent sourire, genlis. Ad. et Théod. t. m, p 3I5, dans pougens. ||3° Terme de théâtre. Auplur. Les ingénuités, les rôles déjeunes filles naïves. Pour une femme qui, pendant vingt ans de sa vie, a fait les amoureuses et les ingénuités, c'est avoir l'humeur bien revêche et bien acariâtre, PICARD, Vieux c(>médien, se. 4.

— SYN. INGÉNUITÉ, NAÏVETÉ. Ces deux mots désignent le naturel et la simplicité; mais l'étymologie y met une nuance : l'ingénuité est ce qui est propre à une personne libre ; la naïveté exprime seulement ce qui est natif. De là vient que ingénuité est toujours un éloge, tandis que naïveté touche quelquefois à une simplicité trop grande, à une sorte de niaiserie.

— HIST. XVI* s. Si un serf délivré de son maistre ne veirt point cognoistre sa condition, mais s'utlri-

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bue ingénuité, ne merite-t-il pas d'eslre redigô en servitude? :alv. Inst. 623. Les libériez de l'Eglise gallicane nr sont point passe-droits ou privilèges esorbitans, mais plus tost franchises naturelles et ingenuilùs ou droits communs, p. pithou, 2.

— KTYJI. Lat. iiigenuitaiem, de ingenuus, ingénu.

INGÉNUMENT (in-jé-nu-man) , ado. || 1" D'une manière ingénue. Là se montrent ingénument la grossièreté et la francliise, la bruy. ix. En ce cas, tout ce que doit faire un historien, c'est de conter ingénument le fait, sans vouloir pénétrer les motifs, VOLT. Charles XII, 7. || 2» Sincèrement, franchement. J'aime mieux confesser ingénument mon péché que de mo mettre en peine de le mal justifier, BALZ. liv. vu, lettre 29. Pour moi, je lui dirais ingénument la chose, scabron, Z). Japh. d'Àrm. iv, ). Xanthus en aperçut une [inscription] qu'il ne put entendre, quoiqu'il demeurât longtemps à en chercher l'explication ; elle était composée des premières lettres de certains mots ; le philosophe avoua ingénument que cela passait son esprit, la font. Vie d Ésope. Je sais que bien des gens parlent de l'ingé m; tout ce que je puis répondre très-ingénument, c'est que je ne l'ai point vu encore, volt. Lett. Damilaiille, S août (7C7.

— HlST. xv s. Le roT de Portugal lui dit ingénument.... Kém. surduGuesdin, chap. <9. || xvrs. Confessons ingenuement que Dieu seul nous l'a dict [l'immortalité de l'âme], et la foy; car leçon n'est ce pas de nature et de nostre raison, mont, ii, 306.

— ÊTYM. Ingénu, et le suffixe ment.

t INGÉRENCE (in-jé-ran-s'), s. f. Action de s'ingérer. L'ingérence toujours fâcheuse de l'État dans la gestion des propriétés privées. Combattre les ingérences déplacées de l'esprit de parti.

— ÊTYM. Ingérer l.

<. INGÉREU (S') (in-jé-ré. La syllabe ]i prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je m'ingère, excepté au futur et au conditionnel : je m'ingérerai, je m'ingérerais), r. réfl.\\ 1" Vouloir s'introduire auprès de, entrer dans, sans être demandé, sans avoir qualité. Ceux qui s'ingèrent auprès des rois, qui S2 veulent rendre nécessaires dans les cours, Boss. Polit. X, IV, 4. Pour s'ingérer dans un emploi, BouBDAL. 5enn. 24* Cim. après la Pentec. Dominic. t. IV, p. 434. Le pécheur sait s'affermir contre toute crainte, et, d'un pas ferme, d'un visage assuré, il s'ingère dans la troupe des fidèles, iD. Pensées, t. ui, p. 366. Aucun ne doit s'ingérer dans la prêtrise ni dans les saints ministères, s'il n'y est dîlment appelé, FLÉCH. Panég. i, 168. Je suppose que vos premières mœurs ne vous ont pas annoncé par leur dérèglement que vous ne deviez jamais prétendre à vous ingérer dans le sanctuaire, mass. Confcr. rocat. à l'état ecdés. 2. |1 2° Se mêler de quelque chose sans en avoir le droit, l'autorisation, ou sans en être requis. Et s'oser ingérer de laire grâce aux rois Est d'un sourd attentat les soumettre à ses lois, noTH. 3''lis. IV, (. Vous vous ingérez donc de lui baiser la main, scarr. Jodelet, m, 12. Vous êtes un impertinent de vous ingérer des affaires d'autrui, MOL. ifp'd. m. lui, i, 3. Il est constant par celte histoire que Valdo et ses disciples sont tous de simples laïques, qui, sans ordre et sans mission, se sont ingérés de prêcher, BOSS. Yar. xi, § <24. S'ingérer dans les intrigues et les intérêts du siècle, uoukdal. Exhort. char. env. les pauvres, t. i, p. 24. Dangereux modèles et tous propres à faire tomber dans le froid, dans le bas et dans le ridicule, ceux (lui s'ingèrent de les suivre, la bruy. 1. 11 s'ingéra de la gronder, iiamilt. Gramm. iO. X Rome s'ingériit de !a médecine qui voulait, montesq. Espr. ix, 14.

— UEM. On dit, avec un substantif, s'ingérer de, et s'ingérer dans; avec un infinitif, s'ingéror de ; cependant Dossuet a dit s'ingérer à : Nul ne se doit ingérer de son autorité propre à gouverner l'Kglise, boss. Yar. xv. Cette construction est bonne aussi, et a des exemples dans l'historique.

— HlST. xv's. Il lit publier que, si quelqu'un s'ingeroitdenuire au chevalier anglois, illui encousteroit la vie, Mém, sur du Guesd. 6. Il s'estoit ingéré de aler.... copper, prendre et emporter à son pourfit singulier ramille ettonsture de bos [bois], diicange, ramilix. Cculx qui se ingèrent à demander plus grans oflice.t et estaz qu'iiz ne sont dignes, Uibl. des ch. B* série, t. 11, p. 444. || xvi" s. Ses soudards entrcprenoient sur l'office du capitaine général, t'ingerans de dire que l'on devroit faire telle et telle chose que l'on ne faisoit pas, amyot, P. jEm. 20. Comme si en introduisant diversité de noms, ils estoyent à excuser, en ingérant une façon nouvelle et hastarde, calv. Insl. 702. Ces advocats qui l'ingerenl pour maiutenir la justice de Dieu, ID. ib.

BICT. DE LA LANGUE FliANt MSE.

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763. Ceoy est trop hardyment fait à vous de vous ingérer en ceste compaignie, palsgr. p. 672, Que nul ne se ingère ou advance de pesquier [pêcher] d'aucun harnas es eauwes de nostre dit pays, Coust. gén. 1. 1, p. 8i3.lllepouvoit ingérer [induire] à commettre des delicts, Nouv. coust. gén. 1. 11, p. 604.

— ÉTYM. Lat. ingcrere, porter dans, pousser dans, de in.... 2, et gerere, porter (voy. gestion).

t 2. INGÉRER {in-jé-ré. Pour la syllabe gé, voy. le précédent), v. a. Terme de physiologie. Introduire par la liouche dans l'estomac. Les aliments ingérés dans l'estomac.

— ÊTYM. Lat. ingerere, de in.... 2, et gerere, porter.

t INGESTA (in-jè-sta), s. m. plur. Terme d'hygiène. Nom donnai toutes les substances qui, dans l'état de santé, sont destinées à être introduites dans le corps par les voies digestives : tels sont les aliments, les assaisonnements et les boissons.

— ÉTYM. Lat. ingesta, les choses ingérées, de ingerere, ingérer 2,

t L\GE.STION (in-jè-stion), s. f. Terme de physiologie. Introduction des aliments ou des boissons, par la bouche dans l'estomac.

— ETYM. Lat. ingestionem, de ingerere (voy. ingérer 2).

t IN GLOBO (in'-glo-bo), loc. adv. Voy. glodo.

t INGLORIEUX, EUSE (in-glo-ri-eû, eû-z'), adj. Oui n'a pas de gloire ; qui n'est pas glorieux. Jours inglorieux, delille. Trois règnes, 3.

— HlST. xiv's.lnglorieuset sans honneur, C/iron. fr. ms. de G. de Nangis, an 4 300, dans lacurne.

— ÊTYM. Lat. ingloriosus, de in.... 4, et gloriosus, glorieux.

tlXGLORIFIÉ, ÉE ( in-glo-ri-fi-é, ée), adj. Qui n'est point glorifié, célébré.

— KTYK. In.... 4, etglori/ié.

t INGOUVERNABLE (in-gou-vèr-na-W), adj. Qui ne peut être gouverné. Peuple, caractère ingouvernihlc. .M. Neckcr songe à quitter le ministère ; les Français sont donc ingouvernables ! galiani, Correspond, t. 11, p. 458.

— f.TYM. In.... 4, et gouverner.

f INGn.\CIEUSEMENT(in-gra-si-eû-ze-man), adv. D'une manière qui n'est pas gracieuse. Répondre ingracieiisemcnt.

t INGKACIEUX, EUSE {in-gra-si-eii, eû-z'), adj. Qui manque de grâce. Mouvements ingracieux.

— ÉTYW. In.... i , et gracieux.

t INGRAIN (in-grin) , s. m. Un des noms vulgaires de i'épeautre.

t INGRAMM.ATICAL, ALE (in-gra-mma-ti-kal, ka-l'), adj. Qui est contraire aux lois de la grammaire; qui n'est point grammatical. Théorie ingrammaticale.

— ÊTYM. In.... 4, et grammatical.

INGRAT, ATE (in-gra, gra-t'), adj. \\i' Désagréable, qui déplaît (ce qui est le premier sens étymologique). La forme de ce tableau est ingrate, m- DF.R. Salon de 1767, Ût'uores, t. xiv, p. 4 4 9, dans pouGENS. L'ile et les rochers battus de la mer de Corse ne pouvaient être qu'un séjour ingrat pour le philosophe[Sénèque] arraché subitemeiit d'entre les bras do sa mère, ID. ClaudeetXèr.l,3i . j| Peu attirant, qui inspire peu de confiance. Figure ingrate. Visage ingrat. Miiio ingrate. || Terme de marine. On dit que la toile à voile est ingrate, lorsque le chanvre qui a servi à en former les fils a été mal épuré. Il 2° Particulièrement. Qui n'est pas gracieux à celui qui lui a fait du bien; qui n'a point de reconnaissanc:i. Los cœurs les plus ingrats, corn. Cinna, lu, 4. Justinien fut ingrat envers ses amis, BOSs. Ilist. 1,4 4. Mais tout, s'il est ingrat, lui parle contre moi, lue. Brit. i, 4. || Qui aie caractère do l'ingratilude, en parlant des choses. Et comme je n'ai point les sentiments ingrats, corn. Sertor. v, 4. Et mon silence ingrat a droit de me confondre, id. Sertor. v, 4. Comme je condamne Votre ingrate conduite au regard d'Ariane, th. corn. Ariane, i, 3. |] Ingrat d'une chose, qui n'en a pas de reconnaissance. Veux- tu que la grAco divine Coule abondamment dans ton cœur, Fais remonter ses dons jusqu'à leur origine, N'en sois pas ingrat à l'auteur, cuRN. /mil. II, 40. Il ne demeura pas ingrat de cos faveurs, car il ne jurait que par moi, o'ablancoLRr, Lucun, la Double accusation. Je vous ren.urcie, et. pour vous montrer que je n'en suis pas ingiat, quoique je n'aime guère à décider, je vous répondrai sincèrement à tout ce que vous me demandez, méré, lettre 1. J'aime tendrement M. d'ilaiouys, et ne veux pas être ingrate des plaisiis qu'il m'a faits, sÉv. 26 fév. 46«7. Elle [l'Eglise] n'est pas ingrate de leurs bienfaits [des rois], elle s'en glorifie par toute la terre, doss. Panég, St

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Thomas de Cantorb. 4, 11 excelle par son cuisinier; aussi n'en est-il pas ingrat.... il l'a loué toute la journée, montesq. Lelt. pers. 48. || Ingrate, qui n'a pas de reconnaissance pour. A moins que d'être ingrate à mon libérateur, corn. Androm. v, 2. Ne soyez point ingrat au bon Clément, sÉv. 21 juin (680. || Ingrat à, avec un nom do chose pour régime, qui a de l'indifi'érenoe, de l'insensibilité pour. Son œil ingrat à mon tourment, Me donnant ce désir, m'ôta le jugement, RÉGNIER, Éle'g. u. Moïse ne se lassait jamais d'écouter le peuple, tout ingrat qu'était ce peuple à, ses bontés, boss. Polit, m, m, 1 2. Ces mêmes dignités Ont rendu Bérénice ingrate à vos bontés, hac. Bér. I, 3. Ingrat à tes boutés, ingrat à ton amour, VOLT. k. de César, , 4. || 3''0ui ne dédommage point des dépenses ou des peines. Jusqu'ici notre peina est une peine ingrate, tristan, Panlhée, i, '.Ce qui lui fit conclure en somme Qu'il avait à grand tort son village quitté; Il renonce aux courses ingrates, LA FONT. Fabl. vu, 4 2. J'entreprends, pour l'amour de Dieu et de son Église, un travail ingrat, qui est celui d'aller rechercher, dans de petits livres de peu do mérite, un nombre infini d'erreurs, boss. États d'oraison, i, 4o. Gémissant et caché, traîne encor ses vieux ans, Dans un service ingrat à la cour des tyrans, VOLT. Orcste, m, 8. Ici la pauvreté, couverte de haillons. S'enfuit, à son aspect, du seuil de sa chaumière; Avec un soc usé, traçant d'ingrats sillons. Le serf désespéré paraît creuser sa tombe, MASSON, Helvétiens, u. \\ Terre ingrate, celle qui ne répond pas aux dépenses et aux travaux du cultivateur. Je suis persuadé qu'il n'y a point de terrain, quelque mauvais, quelqu'ingrat qu'il paraisse, dont on ne pût tirer parti, même pour planter des bois,BUFF. //ii(. nat. introd.part. exp. (Muv. t. VIII, p. 388. Il Fig. En travaillant pour ie monde, vous avez semé dans une terre ingrate, bourdal. Sur la récomp des saints, t" atcnt. p. 21. L'éducation, qui d'ordinaire dans les autres hommes embellit ou cultive un fond, encore brut ou ingrat, ne fit que développer les richesses du sien, .mass. Or. fun. Villeroy. Les traducteurs sèment en terre ingrate ; le sol le plus fertile s'appauvrit sous leurs mains, nE wailly, J/crc. de l'r. Vendémiaire, an xi, p. B5. Il 4° Un instrument ingrat, un instrument de musique dont il est difficile de tirer bon parti. C'est le seul [un musicien) qui de la guitare ait pu faire quelque chose; mais sa composition était si gracieuse et si tendre, qu'il auraitdonnéderharmoiiieau plu» ingrat de tous les instruments, hamilt. Geamm. 8. il Un miroir ingrat, un miroir qui ne reproduit pas bien les traits. J'essayai mon habit le plus modestement qu'il me fut possible, devant un petit miroir ingrat qui ne me rendait que la moilié de ma figure, MARIVAUX, Marianne, I" partie. \\ 5» Kn littérature, et dans les beaux-arts, qui n'est pas favorable au développement du talent ou des beautés de l'art. Vous travaillez sur un fond bien ingrat. Pour ce qui est du sujet [l'histoire de l'Académie], on a bien pu le trouver ingrat et difficile à remplir, parce qu'e» effet il ne reste lii-dessus que peu de mémoires, d'olivet, Ilist. de l'Acad. t.i i, p. 2, dans pougens. On se trompe fort, lorsqu'on pense que tous ces sujets, traitt'S autrefois avec succès par Sophocle et par Euripide, l'Œdipe, le Philoctète, l'Electre, l'Iphigéiiie en Tauride, sont des sujets heureux et aisés à manier: ce sont les plus ingrats et les plus impraticables, volt. Œdipe, lelt. 4. Tout est ingrat pour une tète stérile, dider. Essai sur la peint. ch. 5. Il 6° S. m. et f. Un ingrat, une ingrate, celui, celle qui n'a pas de reconnaissance. Je ne puis non plus résister à cette inclination, qu'à celle que j'ai pour vous, et vous ne devriez pas trouver étrange que j'aimasse un ingrat, vous ([ui savez qu'il y a si longtemps que j'aime une ingrate, voit. Lelt. 30. Plus on sert des ingrats, plus on s'en fait haïr, corn. Suréna, v, 2. Allez, vous êtes une ingrate. Ne tombez jamais sous ma patte, la font. Fabl. m, ». Quant aux ingrats, il n'en est point Oui ne meure enfin misérable, m. 16. vi, 4 3. Les adorateurs des grandeurs humaines seront-ils satisfaits de leur fortune, quand ils verront que dans un moment h ur gloire passera à leur nom, leurs titres à leurs tombeaux, leurs biens à des ingrats....? boss. Duch. d'Orl. Vous l'ai-je confié [Néron] pour on faire un ingrat? BAC. Brit. 1, 2. Vous ne me trompez pas, je voii tous vos détours : Vous êtes un ingrat, vous le fûtes toujours, iD. ib. iv, 2. Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer? iD. Athal. i, 4. Un bienfait qui tombe sur un ingrat, la bruy. iv. 11 ne craignait point d'obliger des ingrats, suivant ce grand précepte de Zoroastre : Quand tu manges, donne à manger aux chiens, dussent-ils le mordre, volt

ING

Zadig, K||Vous n'aurez pas affaire à un ingrat, c'est-à-dire vous serez largement récompensé. Le galant, ravi d'entendre ces parole'î, remercia la soubrette de sa bonne volonté, et l'assura que, si elle pouvait en venir à bout, elle n'aurait pas affaire à un ingrat, lesage, Guim. d'Âlf. iv,2. || Celui, celle qui ne répond pas à un amour. On plaint mort un ingrat qu'on détestait vivant, corn. Tois. d'or, v, <. Mais l'ingrate en mon cœur reprit bientôt sa place, BAC. Àndr. 1, *. Laissez-moi le plaisir de confondre l'ingrat, ID. Bajai. Vf, e. Indigne de mes feux, indigne de mes larmes. Je renonce sans peine à tes faibles appas; Mon amour te prêtait des charmes, Ingrate, que tu n'avais pas. Vers adressés par le Grand- Prieur de V. à Ninon de Lenclos qui ne répondait pas à son amour. || Terme de théologi*. Les ingrats, les ennemis de la grâce. || Ingrat, avec un adj. possessif, celui qui a témoigné de l'ingratitude envers quelqu'un. Je ne sais que vous dire sur le sujet de M. Conrart, sinon ce vieux mot qui a été dit si souvent : « Je vivrai et je mourrai son ingrat » , il est trop obligeant de la moitié, balz. Lett. (2, liv. xxii. Soupçonner que mon cœur avait la faiblesse de pencher pour qui vous savez, pour mon ancien ingrat, YOLT. Lett. Bemis, i9 août (758. ||I1 se dit, dans le même emploi, de celui ou celle qui n'est pas sensible à l'amour pour quelqu'un. Fais un effort pour moi, va trouver mon ingrat, corn. Galer. du Palais, m, i .

— HIST. xv s. Ingrades non cognoissans ses bienfaiz, E. nEscBAMPS, Poésies mss. i-ioi. Si de l'argent voulez avoir, Il ne faut que le demander, L'hostesse ne fut pas ingrate [avare], En disant : je n'en ai pas haste, N'espargnez rien qui soit céans, VILLON, 2* repue franche. || xvi» s. Craignant d'estre ingrat à la mémoire d'un si magnanime Prince, la- HOUE, 670. Pour n'estre point ingrat à sa bonté [de Dieu], CALV. /nst. «ou. Que je m'appelle ingrat des biens que tu m'as faits! desfohies, Œuvres chrest. xviii, prière.

— ÉTYM. Lat. ingratus, de in.... f, et gratus, agréable, reconnaissant (voy. gré).

+ INGRATEMENT (in-gra-le-man), adv. Avec ingratitude, sans reconaaissance. Une amante abusée Laissée ingratement eu un bord solitaire,

UALH. I, i.

— HIST. XVI' s. Bien que je sois de longtemps malheureux De voir ma peine ingratement [inutilement] perdue, a«. jamin, Poésies, p. <69, dans la- CURNE. Or, bien que vous m'ayez ingratement laissé.... DESPOETES, Élégies, i, (O.

INGRATITUDE (in-gra-ti-tu-d') , *. f. \\ f Vice des ingrats. Ce que [le silence] l'on eût tenu pour révérence, le serait maintenant pour ingratitude qu'il lui a plu [à Henri IV], me faisant du bien, m'inspirer, avec un vif désir de vertu, celui de me rendre digne de l'aspect du plus parfait et du plus victorieux monarque du monde, régnieh, Épil. dédie. Â tant de perfidie et tant d'ingratitude, cobn. Ser-

tor. v, 4 L'ingratitude est le plus noir des vices,

MAiRET, Sophon. m, t. Hélas I j'ai beau ciier et me rendre incommode; L'ingratitude et les abus N'en seront pas moins à la mode, la font. Fabl. xii, 4 6. 9bus les Assyriens leur triste servitude [des Juifs] Devint lejuste prix de leur ingratitude [envers Dieu], RAc. Esth. m, *. Il vaut mieux s'exposer à l'ingratitude que de manquer aux miiiérables, la bruy. iv. Après les preuves touchantes, madame, que j'ai eues de votre amitié.... il y aurait à moi de l'ingratitude de n'y pas compter toujours, j. i. rouss. Lett. à Mme de Boufflers, 26 août 4 764. || 2° Au plur. Actes qui proviennent de ce vice. Repasse mes bontés et tes ingratitudes, corn. Tois. d'or, m, 3. Voici un trait d'ingratitude qui ne vous déplaira, et dont je veux faire mon profit, quand je ferai mon livre sur l«s grandes ingratitudes, sév. 6 fév. 4 671. [Elle] Me fait un long récit de mes ingratitudes, rac. Brit. il, 2. Qui doit aifin terminer.... toutes les ingratitudes de votre vie, mass. Carême, Rechute, 4 . Il 3° Etat d'un cœur qui ne répond pas à l'amour. C'est cet amour payé de tant d'ingratitude Qui me rend en ces lieux sa présence si rude, rac. Andr. n, 4. Mon «œur désespéré d'un an d'ingratitude, H), ib. m, 7. ij 4" Qualité de ce qui ne répond pas à la peine qu'on prend. L'ingratitude d'un sol qui ne lui fournit rien de ce qu'exige le besoin absolu de tous les jours, haynal, Hist.phil. xu, 28.

— Hisr. xiii' s. Se nous voulons à Diei , prendre similitude, Nous hérons [haïrons] comme lui pechié d'ingratitude, J. de meung, Test. 8l. C'est grant ingratitude de mettre en oblienee.... id. ib. 426. Il XV* s. Est bien raison que je regarde. Qu'envers vous ne soie entechié De ce faulx et mauvais pechié Que l'on reprouche en toute estude, Et qui

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est dit ingratitude. C'est à dire mal pour bien rendre, e. desch. Poés. mss. f° 484. {| xvi* s. Vice d'ingratitude et de mescognoissance, MONT, m, 34 7. Du moins, puisqu'à la fin sorti de servitude. Je cognoy ma sottise et leur ingratitude, despories, Œuvres chrest. Sonnets , 8.

— ÉTYM. Provenç. ingratitut; espagn. ingratitud; ital. ingratitudine; du lat. ingratitudirtem, de ingratus, ingrat.

INGRÉDIENT (in-gré-di-an; quelques personnes disemt in-gré-diin, à tort ; dès 4 668 Marguerite Buffet disait qu'il fallait prononcer in-gré-di-an), s. m. Nom des choses qui entrent dans la composition d'un médicament, d'une boisson, d'un mets ou de quelque autre mélange. Elle forme son goût décent ingrédients, hégnieh, Sat. i. Loin ces études d'œillades, Ces eaux, ces blancs, ces pommades. Et mille ingrédients qui font des teints fleuris ; X l'honneur tous les jours ce sont drogues mortelles. Et les soins de paraître belles Se prennent peu pour les maris, mol. Ée. des f. m, 2. Trouvant que le maléfice était gftté par un ingrédient qui n'y convenait apparemment pas, HAMiLTON, Hist. de Fleur d'Épine, p. 4 73, de l'édit. in-4 8, renouard, 4 820. || Fig. C'est le dernier ingrédient des affairesdéplorables, patro. Plaid. 4 4, dans lacuhne. Conservez-moi vos bontés, monsieur, elles sont un des ingrédients de mon paradis, volt. Lett. Jaucourt, juin i77o.

— HIST. XVI' s. La dose des ingrediens, paré, XXV, 27. La quantité des medicamens ingrediens n'est point déterminée, id. xxv, 28. Les saulses.... et puis particularisant les qualitez des ingrédients at leurs effects, mont, i, 38i .

— ÉTYM. Lat. ingrediens, entrant, ce qui entre, de ingredi, formé lui-même de in.... 2, et gradior, aller (voy. grade).

f INGRESSION (in-grÈ-ssion), s. f. Ancien terme d'astronomie. Entrée d'une planète, d'un corps céleste dans un signe, dans une constellation.

— ÉTYM. Lat. ingressionem; de ingredi, marcher, de m, en, sur, et gradior, aller.

t INGUÉABLE (in-ghé-a-W), adj. Qui n'offre pas de gué, qu'on ne p«ui pas passer à pied.

— HIST. XVI' s. Ingueable, duc de hohan, Uém.

t. I, p. 220, danSLACURNE.

— ÉTYM. ïn.... 4, et guéable.

INGUÉRISSABLE (in-ghé-ri-sa-bl'), adj. Qui ne

peut être guéri, en parlant des personnes. Malade en état si piteux, Direz-vous, est inguérissable ; Kt puis, que faire d'un goutteux? La goutte est un mal incurable, chaul. d Mme de Slafford. Votre lettre m'a bien consolé, mais ne m'a pas guéri, par la raison qu'à soixante et dix-neuf ans je suis inguérissable, volt. Lelt. d'Argental, I3 avr. 4 773. || Il se dit aussi des choses. Louis XIV ne les chassa pas comme Philippe II avait chassé les Maures d'Espagne, ce qui avait fait à la monarchie espagnole une plaie inguérissable, volt. Frag. sur l'hist. art. xxviii.

— HIST. xvr s. Inguérissable, cotghave.

— ÉTYM. In.... 4, et guérir.

INGUINAL, ALE (in-gui-nal, na-1'; ut se prononce comme dans huile), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient ou qui a rapport à l'aine. Glande inguinale. Bandage inguinal. || Canal inguinal, espèce de canal situé plus haut que le pli de l'aine, oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en dedans. Il Hernie inguinale, hernie qui se fait dans le canal inguinal.

— HIST, xvi' s. Quand la tumeur n'est qu'aux aines, ils ont nommé telle hargne bubonocele, que nous disons inguinale, ou hargne incomplette, à cause qu'elle ne tombe dedans le scrotum, paré, vi, 4 4.

— ÉTYM. Lat. inguinalis, de inguen, tnguinis (voy. aine) .

t LNGUINO-CUTANÊ, ÉE (in-gui-no-ku-tané, née; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme d'anatomie. Nom donné au rameau nerveux provenant du premier ner! lombaire.

t INGURGITATION (in-gur-ji-ta-sion), s. f. Action d'introduire un liquide dans la gorge.

— ÉTYM. Lat. ingurgitalioncm, de ingurgitarc

(voy. IIIGURGITF.R).

t INGURGITER (in-gur-ji-té), v. a. Avaler d'une manière avide; engloutir. Les liquides ingurgités.

— HIST. XTi* s. Ingurgiter, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. ingurqxlare, de tn.... 2, dans, et gurges, gurgitis, goulTre.

INHABILE (i-na-bi-l'), ad;. || 1° Qui n'est pas apte à. Ce malheureux vieillard inhabile à régner, TRISTAN, Mariane, iv, (. Quand ils n'auraient point d'autre inconvénient que de vous rendre inhabiles à la prière, mass. Carême, Prière 4. Une complexion qui nous rend inhabiles à la pratique des

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mortifications, lo. Panég. Ste Agnès. J'exclus un faible roi qui ne peut gouverner. Une ombre, un vain fantôme, inhabile à l'empire , nticis, Haml. i, 4. Quel mortel, inhabile i la félicité , Regrettera jamais sa triste liberté, Si jamais des amants il a connu les chaînes'' a. chén. klég.xxn. Un cœur faible, étroit, pusillanime, Inhabile aux vertus, id. Fragment x, éd. de 4 802. Il i" Terme de droit. Qui n'a pas les qualités requises pour faire une chose. Inhabile à tester. || 3* Qui n'est [las habile. Riches, pour touî mérite, en babil importun, Inhabile* à tout, vides de sens commun, mol. Femm. sav. iv, 3. Mais pour moi de Paris citoyen inhabile, boil. Épit. vi. Vingt fois, prêt à quitter ce ministre inhabile, Je restais, retenu par l'espoir d'être utile, picard, Médiocre et rampant, ii, 4.

— HIST. xiv s. Inhabile à bonnes œuvres exercer, ORESME, Thèse de meunier. || xv* s. Elle [la femme illégitime] degette les foulez, Etn'a cure dos affolez. Sains les prant, et rent inhabiles, e. desch. Miroir de mariage, p. 9». Ildoitestre deseuterré.... et tous ses biens acquis au prince, et ses enfans déclarés inhabiles à toute succession, monstrelet, i, 39. Il ivi* s. Hz sont déclarez inhabiles de jamais tenir office, amyot, Agésil. 49.

— ÉTYM. Lat. inhabilis, de tn.... t, et habilis, propr* à, commode.

t ESHABILE.MLNT (i-na-bi-le-man) , adv. D'une maniire inhabile. Agir, se conduire inhabilement.

INILABILETÉ (i-na-bi-le-té), s. f. Manque d'habileté. Cet ouvrage a été manqué par l'inhabileté de l'ouvrier.

— ÉTYM. Inhabile.

INHABILITÉ (i-na-bi-li-té), s. f. Terme de jurisprudence. Incapacité. La condamnation à une peine infamante perpétuelle emporte inhabilité à recueillir aucune succession, Dict. de l'Académie.

— HIST. XIV* s. Pluseurs causes de inhabilité & dignité sacerdotale, oresme. Thèse de meunier.

— ÉTYM. Le même que inhabileté.

t INHABILITER (i-na-bi-li-té), V. a. Ancien terme de jurisprudence. Rendre inhabile; mettre dans l'état d'inhabilité.

— HIST. xiv s. On les doit inhabiliter ou priver de office honorable, okesme. Thèse de meunier.

— ÉTYM. Inhabile.

INHABITABLE (i-na-bi-ta-bl') , adj . Qui n'est pas habitable. Les anciens croyaient la zone torride inhabitable à cause de la chaleur. L'Egypte serait alors devenue, en grande partie, inhabitable, peu propre du moins au commerce, raynal, Hist. phil. I, 12. Franchissons du désert le sable inhabitable,

LEMERCIEH, Louis IX, IV, 2.

— HIST. XV* s. Crolieres et lieux inhabitables, FROiss. liv. IV,. p. 200, dansLACURNE, au mot sauvagement. Il XVI* s. Ceulx de qui la mer, les montagnes et les déserts inhabitables ne peuvent arrestor l'avarice, amyot, Pyrrhus, s.i.

— ÉTYM. Lat. inhabitabilis , de tn.... 4, et habitctre, habiter.

t INUABITATION (i-na-bi-ta-sion), s. f. Non-habitation. Les maisons se dégradent parl'inhabitation.

— ÉTYM. In.... 4, et habitation.

INHABITÉ, ÉE (i-na-bi-té, tée), adj. Qui n'est

point habité. Les hommes détruisent les bois, contraignent les eaux, resserrent les fleuves, dessèchent les marais, et, avec le temps, ils donnent à la terre une face toute différente de celle des pays inhabités ou nouvellement peuplés, buff. Hist. nat. Preuv. théor. terr. GKut). t. i, p. 307. Dans un vaste dcser: je me crois transportée, Sur une terre aride, inculte, inhabitée, nucis, Abufar, il, 2.

— HIST. XVI* s. Au lieu plus chaud d'Afrique et plus inhabité, desportes, Cleonice, Lxxiv.

— ÉTYM. Lat. inhabilatus, de tn.... 4, et habitatus, habité.

t INUABITUDE (i-na-bi-tu-d') , s. f. Défaut d'habitude. L'inhabitude de penser dans l'enfance en ôte la faculté dans le reste de la vie ; il me semble que je pourrais aisément répondre à cela.... J. J. rùuss. Ém. II.

— ÉTYM In... 4, ei habitude.

t INHABITUÉ, ÉE (i-na-bi-tu-é, ée) , adj. Non habitué, qui n'a pas l'habitude.

— HIST. XVI' s. Inhabitué en tels actes, pasquier. Recherches, p. 872, dans lacurne.

— ÉTYM. In.... 4, et habitué.

t INHABITUEL, ELLE (i-na-bi-tu-èl, è-l'), adj. Qui n'est point habituel. Travail inhabituel.

— ÉTYM. In.... 4, et habituel.

t INHALANT, ANTE (i-na-lan, lan-t'), adj. Terme d'anatomie etdephysiologie.Quiabsorbe.il Vaisseaux inhalants, vaisseaux dont on supposait l'existencs

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pour expliquer l'absorption, et qu'une observation plus rigoureuse a démontré ne pas exister.

t INHALATION (i-na-la-sion), i. f. Terme didactique Action d'inhaler. || Absorption, par respiration, soit des vapeurs d'éther ou de chloroforme, à l'effet de produire l'insensibilité, soit d'eaux minérales dans quelques maladies d»s voies respiratoires. Salle d'inhalation. || Terme de botanique. Action par laquelle les plantes se pénètrent des fluides dans lesquels elles sont plongées.

— ÊTYM. Lat. inhalationcm, de inhalare, inhaler, t INHALER (i-na-lé), v. a. Aspirer, absorber par

.nspiration.

— ÉTYM. Lat. inhalare, de in.... 2, et halare, souffler.

t INHARMONIE ( i-nar-mo-nie ) , ». f. Défaut d'harmonie.

— ÊTYM. 7n.... <, et harmonie.

t INHARMONIEUSE.MENT ( i-nar-mo-ni-eû-zeman), adv. Sans harmonie, dune manière dépourvue d'harmonie.

t INHARMONIEUX, EUSE (i-nar-mo-ni-eû,eû-z'), adj. Qui est privé d'harmonie. Phrase inharmonieuse. Couleurs inharmonieuses.

— ÉTYM. In.... i, 6\. harmonieux.

INHÉRENCE (i-né-ran-s'), s. f. Qualité de ce qui

est inht rent. L'inhérence de l'accident à la substance.

— ÉTYM. Inhérent.

INHÉRENT, ENTE (i-né-ran, ran-t'), adj. Joint inséparablement. La beauté du visage est un frêle ornement.... Mais celle de l'esprit est inhérente et ferme, mol. Femmes sav. m, 6. Le vice le plus inhérent, si je puis parler de la sorte, et le plus inséparable des choses humaines, Boss. Hist, m, B. Les hommes ont tous un droit inhérent et naturel à tout ce dont ils ont besoin pour leur subsistance, fEn. t. XXII, p. 36S. L'auteur des Eléments a dit, à la vérité, avec tous les bons philosophes, que la pesanteur, la tendance vers un centre, la gravitation est une qualité de toute la matière connue, laquelle lui est donnée de Dieu et qui lui est inhérente ; le terme inhérent est bien éloigné de signifier essentiel, il signifie ce qui est attaché intérieurement, comme adhésion signifie ce qui est attaché extérieurement; l'essence d'une chose est la propriété sans laquelle on ne peut la concevoir, volt. Défense Newton.

— ÈTYji. Lat. inhœrentem, de irt.... 2, et hxrere, être attaché.

INHIBÉ, ÉE (i-ni-bé, bée), part, passé d'inhiber. Les choses inhibées.

INHIBER (i-ni-b6), v. a. Terme de pratique et de chancellerie qui vieillit. Mettre opposition à, défendre. Nous avons inhibé et défendu.

— HlST. XVI' s. Inhiber, coTonAVE.

— ETYM. Provenç. et espagn. inhibir; du lat. inhibere; de in.... 2, et haficre, avoir, tenir: tenir dans, interdire.

INHIBITION (i-ni-bi-sion ; en vers, de cinq syllabes), J,^. Terme de jurisprudence. Opposition à, défense. Sa Majesté a l'ait très-expresses inhil)itions à tous nobles de son royaume de signer la prétendue re(|uête, st-sim. 463, 18. || 11 se joint souvent avec le mot défense, et il est plus usité au pluriel qu'au singulier.

— SYN. INHIBITION, PROHIBITION. L'inhibition s'applique aux actes que l'on veut empêcher. La prohibition s'applique aux choses que l'on veut empêcher de pénétrer dans un pays ou en exclure.

— IIIST. xv s. Fu envoyé un docteur juge et un chevalier de Toulouse qui portèrent au prince les lettres, inhibicions et adjournemens,CHn. le pisan, Charles V, m, 43. || xvr s. Samuel prie pour SaUl contre défense et inhibition expresse, CALV./iut. «90.

— ETYM. Provenç. inhibition; espagn. inhibition ; ital. inibizione ; du lat. inhibitionem, de tnhibere, inhiber.

I INHIBITOIRE (i-ni-bi-toi-r") , adj. Terme de jurisprudence qui vieillit. Qui défend, qui prohibe. Jugement inhibitoire.

— HIST. XVI' s. Et s'il se fait au contraire, le roy peut décerner des lettres inhibitoires à sa cour de parlement ou autre juge, où se peut la partie y ayant interest, pourvoir par appel comme d'abus, p. rrrnou, 46.

tlNHO.NORfi.ÉE (i-np-no-ré, rée), adj. Qui n'est point honoré, qui est privé d'honneurs légitimes. ô Dogeron [gentilhomme français, gouverneur de l'Ile de la TortucJ I ta cendre inhonorée repose dans quelque endroit peut-être inconnu de Saint-Domingue ou de la Tortue, raynal, Hist. phil. xiii, 3B.

— ETYM. Lat. inhonoralus, de in.... i, et honoratrn, bonc -.

INHOSPITALIER, lËRE (i-no «pi-ta-lié, liè-r") ,

adj. Il 1° Qui n'est point hospitalier. Un peuple inhospitalier. Il II se dit des lieux dans le même sens. Terre inhospitalière. Sans craindre ni les fables du pays, ni le nom d'inhospitalière qu'on donnait à cette mer, d'ablancouht, Lucien, Toxaris. Les syrtes inhospitalières, scarhon, Virg. iv. Moins inhospitalière. Sur ses rapides gonds elle [cette porte] roulait naguère, lemercier, J. Shore, v, 5. || Familièrement. Vin inhospitalier, vin que l'invité ne peut pas boire avec plaisir. || i' Qui a le caractère inhospitalier, en parlant de choses. Les Egyptiens avaient en horreur tous les étrangers, et se croyaient souillés s'ils mangeaient avec eux: les Juifs prirent d'eux cette coutume inhospitalière et barbare, volt. Philos. Bibl. expliq. Gen. note h.

— ETYM. In.... t, et hospitalier. Au svi* siècle, on disait de préférence inhospilable.

t INHOSPITALIÈREMENT ( i-no-spi-ta-liè-reman), adv. D'une façon inhospitalière. Recevoir, traiter inhospitalièrement.

INHOSPITALITÉ (i-no-spi-ta-li-té), ». f. Refus de recevoir les étrangers; manque d'hospitalité. La barbarie et l'inhospitalité de ces peuples.

— HIST. XVI' s. Inhospitalité, moket, Dict,

— ÊTYM. Lat. inhospitalitatem, de in..., i, et hospitalitas, hospitalité,

t INHOSTILE (i-no-sti-1') , adj. Qui n'est pas hostile, ennemi. Ils pénétrèrent jusque dans leurs retraites, et partout ils les trouvèrent inhostiles et bienveillants, la harpb, dans le Dict. de poitevin.

INHUMAIN, AINE (i-nu-min, mèn' ) , adj".

Il 1° Qui n'est pas humain, qui est sans humanité. Je suis libre, et je puis contre un frère inhumai,n.... Disputer en ces lieux le cœur de sa maîtresse, RAC. Bajaz. m, 4. || Même sens, en parlant des choses. 11 a pris à quelques docteurs [casuistes] une malheureuse et inhumaine complaisance , une piété meurtrière ' qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions...., Boss. Cornet. C'était sa maxime que la raillerie ne convient pas à ceux qui sont élevés au-dessus des autres.... qu'il est inhumain de s'en prendre aux gens à qui la crainte et le respect ôtent la liberté de se défendra et de se plaindre, fléch. Dauphine. Et plût aux dieux qu'à son sort inhumain Moi-même j'eusse pu ne point prêter la maini rac. Mithr. v, 4. Le ciel s'est fait sans doute une joie inhumaine De rassem hier sur moi tous les traits de sa haine, id. Iphig. II, t . Mourez donc et gardez un silence inhumain , ID. Phèdre, i, 3. Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, m. Athal. i, ^. \\ Il se dit, par exagération, de certaines exigences. On est inhumain en ce pays pour recevoir les excuses de ceux qui n'écrivent pas dans tes occasions, sév. 8 janvier <872. Il 2° Dans le langage des amants et des poètes, beauté inhumaine, femme qui ne répond point à la passion de celui dont ello est aimée. Il l'aime, mais enfin cette veuve inhumaine N'a payé jusqu'ici son amour que de haine, bac. Andr. i, i. Il Substantivement. Mais voici de retour cette aimable inhumaine, corn. Cinna, m, 3. Adorable inhumaine, hélas 1 où fuyez-vous ? botrou, Venceslas, II, 3. J'ai de l'amour encor pour la belle inhumaine, F.t ma raison voudrait que j'eusse de la haine, mol. Fâcheux, i, 7. L'amour me fait ici chercher une inhumaine, rac. Andr. i, <. Je prétends qu'a son tour l'inhumaine me craigne, lo. t6. III, I. Il Aujourd'hui on ne le dit plus qu'avec une nuanoe de plaisanterie, soit adjectivement, soit subsUintiveraent. || Familièrement. Cette femme n'est pas inhumaine, elle écoute facilement les amants. Cette fille — Poursuis. — N'est rien moins qu'inhumaine, mol. l'Ét. m, 2. Quoique Mme de Senantes ne fût pas plus inhumaine qu'une autre, HAMiLTON, Oramm. 4. Lise n'est point inhumaine, Mon fiacon n'est point cassé, bérano. J. des Morts. Il 3° S. m. Celui qui n'a pas d'humanité. Ces inhumains. Vous offrez l'alliance à tous le» inhumains, V. HUGO, à des journalistes de robe courte.

— HIST. XV' s. Et toujours, quelques paroles qu'il y eust, guerre inhumaine et mortelle se faisoit tant d'un «osté que de l'autre, juv. des urs. cité dans le

Dict. de DOCHEz. ||xvi' s Si que de la douleur

forte, Qu'au cœur porte, Je jette cris inhumain», MABOT, IV, 282. Chaude fièvre d'amour inhumaine et contraire. Dont je ne veux guarir quand je le pourroy faire, desportes, Am. d'Uippolytc, xxxiii, élégie. Une inhumaine vengeance, mont, ii, 256.

— ÉTYM. Lat. inhumanus, de in.... i , et humanus, humain.

INHUMAINEMENT (i-nu-mè-ne-man), odt). D'une maniera inhumaine. Quand j'aurais de ma main fait

périr votre amant, Pourriez-vous me traiter plus :nhuraainement? quinahlt. Agrippa, i, 2. X l'égard des Moscovites, ils demandèrent la vie à genoux, mai» on les massacra inhumainement plus ds six heures après le combat, volt. Charles III, s. || Il se dit, par exagération, dans les rapports des personnes entre elles. Il [mon fils] fait attendre H. d'Harouysà Nantes pour s'en revenir ensemble à Paris; je les admire tous deux, l'un à être si bon et si obligeant, et l'autre d'en abuser inhumainement, sÉv. (3 déc. (879. Je vous écrivis mercredi.... j'oubliai inhumainement, contre l'ordinaire des grand'mères, à vous parler de ma pauvre petite d'Aix, id. i9 avr. i880.

— HIST. XV" s. Lesquels pourroient avoir volonté de se venger de la mort de leurs amis meurtris bien inhumainement, jdv. des ubsins, cité dans le Dict. de DOCHEZ.

— ÊTYM. Inhumaine, et le suffixe ment.

INHUMANITÉ (i-nu-ma-ni-lé), ». f. || f Défaut

d'humanité, cruauté. Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères. Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien Que l'inhumanité de ces coeurs de vipères Ne renouvelle au tien? malh. ii, Vi. U y a de la témérité, aussi bien que de l'inhumanité, à les vouloir condamner tous [les païens] aux peines éternelles de l'autre vie sans miséricorde et sans réserve, LB vAYEH, Tertu des paiens, Observ. Quelle inhumanité de l'avoir exilée ! corn. Midée, ii, 2. Il les exhorta à sacrifier leur vie plutôt pour la défense de leur liberté que pour servir de spectacle à l'inhumanité de leurs patrons, vertot, Rév. rom. XI, p. (40. Nommez-vous la justice une inhumanité? volt. Triumv. i, S. || i° Au plur. Actes d'inhumanité. Pour monsieur le coadjuteur, je vous avoue que je suis impitoyable à ses longues et cruelles froideurs, pour ne pas dire inhumanités, sév. mai (690. Souffrant toutes sortes d'inhumanités, boss. Hist. Il, f. Le duc d'Albe, dont les inhumanités n'avaient servi qu'à faire perdre deux provinces au roi son maître, est enfin rappelé; on dit qu'il se vantait en partant d'avoir fait mourir dix-huit mille personnes par la main du bourreau, volt. Mœurs, ( «4.

— HIST. XIV* s. Le roi d'Angleterre et le prince de Galles tinrent et soutinrent compagnies au royaume de France, les quelles firent tant d'inhumâ»ités et de dommages, le Songe du Vergier, cité dans le Dict. de dochez. || xvi* s. La nouvelle de cette inhumaniLé rapportée à ceux.... mont, i, 298. C'est un vilain et détestable vice que la cruauté, et contre nature, dont aussi est-il appelle inhumanité, charron, Sagesse, i, 31.

— ÊTYM. Lat inhumanitatem, de inhumarvus, inhumain.

INHUMATION (1-nu-ma-sion ; en vers, de cinq syllabes), ». {. Action d'inhumer. L'inhumation d'un corps. On a vu des refus de sacrements, d'inhumation, sous prétexte d'hérésie ; barbarie dont les païens même auraient eu horreur, volt. Dict. phil. Droit canonique.

— HIST. xvi" s. Inhumation, oudin, Dict.

— ÊTYM. Inhumer.

INHUMÉ, ÉB (i-nu-mé, mée), part, passé d'inhumer. La populace, toujours extrême, toujours barbare quand on lui lâche la bride, va déterrer le corps de Concini, inhumé à Saint-Germain l'Auxerrois, volt. Mceurs, (75. Le curé de Saint-Etienne du Mont a dit publiquement qu'il l'aurait enterré [Voltaire] dans son église entre Racine et Pascal, qui en effet y sont inhumés, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, ("juill. (778.

t INHUMECTATION (i-nu-mè-kta-sion), s.f. Défaut d'humectation. L'inhumectation du sol.

— ÊTYM. /;>.... ( , et humecter.

t INHUMECTÉ, EE (i-nu-mè-kté, ktée), adj. Qui n'est point humecté. Sol inhumecté.

— ÊTYM. In.... (, et humecté.

INHUMER (i-nu-mé), v. a. Mettre en terre avec les cérémonies d'usage, en parlant des corps humains. Il défend d'inhumer le corps de l'olynice, ROTH. Antig. m, 3. Louis XI mourut le samedi 3o d'août, sur les sept heures du soir, et, huit jours après, il fut inhumé à Cléry, duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. m, p. 338, dans podoens.

— SYN. inhumer, enterrer. Ces deux mots ont même signification, puisque humu» signifie la terre; mais l'usage y a mis cette différence, ([ue enterrer n'exprime que l'acte simple de la mise en terre d'un mort et même de tout autre objet, tandis que inhumer y joint l'idée des cérémonies que le cas requiert et ne s'appli<(uo qu'aux corps de personnes mortes. On n'inhume pas un cheval, une urne; on les enterre.

— HIST. xiv s. Et mettras tout en seul vaisseau

INI

INI

INI

Bien clos, dedans ung seul fourneau Qui sera au tiers inhumé, Nat. à Valch. err. <07B. || xvi" s. Que c'cstoit plus tost toy [le p&re] qui devois issir de ceste vie, et estre inhumé par luy [le fils] qui estoit en la fleur de son aage, amyot, Consol. à Apollon. 6S. Demander un corps pour l'inhumer, mont, i, <b.

— ETYM. Lat. inhumare, planter dans la terre, et {■ihnmator (quiciierat. Addenda), celui qui inhume; de in.... 2, et humus, terre (voy. humus).

f IXIAQUE (i-ni-a-k'), adj. Terme d'analomie. Oui a rapport à la nuque.

— ÉTTM. Hviov, nuque.

f INIENCÉPHALE (i-ni-an-sé-fa-V), adj. Terme de tératologie. Monstre inioncéphale, monstre dont l'encéphale est situé en partie dans li boite cérébrale et en partie hors d'elle en arrière.

— ËTYlH. 'Iviov, nuque, et encéphale.

t l.VIENCÉPHALIE ( i-ni-an-sé-fa-lie ), t. f. État des monstres iniencéphales.

INIMAGINABLE (i-ni-ma-ji-na-W), adj. Qu'on ne peut imaginer. Cette méprise est inimaginable.

— HIST. xvi* s. Pour dignement les imaginer [les promesses de la béatitude céleste], il les faut imaginer inimaginables, indicibles et incompréhensibles, MONT. II, 25-3. Une confusion inimaginable,

— ÉTYM. In.... t, elimaginable.

tINI.MITABILITÉ (i-ni-mi-ta-bi-li-té), s. f. Qualité de cequi est inimitable. Mengs peignit un Ganymède, et Casanova le montra à Winlcelmann comme un morceau ancien qu'on venait de découvrir; Winkelmann le reconnut sur-le-champ pour tel, éclata en témoignages d'admiration et en louanges sur l'inimitabilité de ce chef-d'œuvre qu'il ne balança pas à placer à côté des plus belles productions grecques, rode et hiem, De la peinture chez les anciens, ix, 9, dans winkelmann, llist. de l'an chez les anciens.

INIMITABLE (i-ni-mi-ta-bl'), adj. Qui ne peut être imité, qu'on ne saurait imiter. Elles [les femmes] ont un enchaînement de discours inimitable, qui se suit naturellement et qui n'est lié que par le sens, la brut. i. Corneille ne peut être égalé dans les endroits oii il excelle, il a pour lors un caractère original et inimitable, id. ih. |{ Il se dit aussi des personnes. Il faut imiter au commencement pour devenir inimitable, costar, dans ri- CHELET. On représenta, le jour suivant, le Nicomède de l'inimitable monsieur de Corneille, scarr. Rom. cnm. r, ts. Et ils auraient été l'un et l'autre inimitables, si le père [le TellierJ n'eût eu le fils [Louvois] pour successeur, et si le fils n'eût eu le père pour exemple, fliîch. le Tellier. Les excellents ouvrages de l'inimitable Racine n'avaient point encore paru, les véritables routes du cœur étaient ignorées, volt. Comm. Corn. Rem. Othon, v, 7. 1 1 Avec la préposition à. La nature a des beautés inimitables à l'art.

— HIST. xvi* s. Outrecuidé, qui du dieu souverain, En galoppant dessus un pont d'airain, Contr'imitoit l'inimitable orage, du bellay, iv, B6, recto. La haulteur inimitable d'aucunes âmes héroïques, mont.

I, 263. Le roi, qui s'en alloit exécrable à son peuple, so rend inimitable aux dévotions, d'aub. Hist.

II, 330. Ces beaux mots amoureux, ces traits inimitables. Qui fléchiroient l'acier des cœurs plus indomptables, bkrtaut, Dem. amourt de Detf>ortes,

dans DESPORTES.

— ÊTYM. Lat. inimitàbilis,dein.... * , elitniton, imiter.

f INIMITABLEMENT (i-ni-mi-ta-ble-man), adv. D'une manière inimitable.

t INIMITÉ, ÉE (i-ni-mi-té, tée), adj. Que l'on n'a point encore imité.

— ÉTYM. In.... t , et imité.

INIMITIÉ fi-ni-mi-tié), >. f. \\ 1° Sentiment contraire à l'amitié. L'inimitié qui règne entre nos deux partis, CORN. Sert, m, 2. Après les vains efforts de mes inimitiés, Sauve-moi de l'affront de tomber à leurs pieds, :d. Rod. v, 4. Nous contestons tous les jours sur des bagatelles qui font le sujet de nos inimitiés, bourdal. ilyst. Trinité, t. i, p. 501. Pour moi, quelque péril qui me puisse accabler, Sa .seule inimitié [de J unie] peut me faire trembler, RAC. Rrit. m, 7. L'inimitié succède à l'amitié trahie, id. Bérén. i, 3. Sa vaine inimitié n'est pas ce que je crains, id. Phèdre, 1, 1. Les plus grandes inimitiés produisent moins de crimes que le fanatisme, volt. Uœurs, <76. Toute satire en attire une autre et fait naître souvent des inimitiés éternelles, id. Lett. Peiai, 9 mars <767. Vous voyez quelle ardente et fi'ire inimitié.... id. Adélaïde, 11, 7. || 2" Par extension, antipathie qui existe entre certains animaux. Il y a de l'inimitié entre le lièvre et le lapin.

— HIST. xii* s. Laid est qu'entre vus aJ si grant enemistié, Th. le mart. <H. || xin's. Hé mère Din, regardez m'en pitié. Qui voz servanz gardes d'anomistié. Cité dans coissemaker, l'Art harmonique, p. 229. Quant om at mauvais respitié, Trueve l'an puis l'anemistié; Car li mauz fruiz isl de maie entente, ruteb. <g7.|| xiv's. Il gasterent les champs par grande ennemistié, bbrcheure, f- 69 recto. Il XTi* s. Qui lors cogncust [eût connu] mon extresme tourment, Bien eust [eût eu] le cœur rempli d'inimitié, Si ma douleur ne l'eust meu à pitié, marot, i, <C0. Paulina [la femme de Sénèque].... envers laquelle il [Néron] n'avoit nulles particulières inimitiez, mont, m, 485.

— ÉTYM. Provenç. cnemistaJ jespagn. enémistad; portug. inimiiade; du lat. fictif inimicitatem, de inimicus, ennemi. Inimicitia aura donné enemesse, comme pigritia, paresse. La lettre s qui se trouve dans les anciennes formes représente la syllabe ci.

t INIMPRtM.\BLE (i-nin-pri-ma-bl'), adj. Qui no peut être, qui ne doit pas être imprimé. Écrit inimprimable.

— ÉTYM. In.... 4, et imprimer.

+ ININDUSTRIEUX,EUSE(i-nin-du-stri-eû,eû-z'), adj. Non industrieux. Les habitants sont inactifs et inindustrieux.

— ÉTYM. In.... I, et industrieux.

t ININFLAMMABILITÉ (i-nin-fia-mma-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est ininflammable.

t ININFLAMMABLE {i-nin-fla-mma-bl'), adj. Qui n'est point susceptible de prendre feu. Sels employés pour rendre ininflammable la fibre végétale, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 350.

— ÉTYM. In.... t, et inflammable.

t ININFLAMMATION (i-nin-fla-mma-sion), s. f. Défaut, manque d'inflammation. L'ininflammation d'une partie de la poudre.

t ININSCRIPTION (Inin-skri-psion), i. f. Défaut, manque d'inscription. L'ininscription des voyageurs sur le registre.

— ÉTYM. In.... l, et inscription.

t ININTELLIGEMMENT { i-nin-tèl-li-ja-man ) , adv. D'une manière inintelligente.

t ININTELLIGENCE (i-nin-tèUi-jan-s'), s. ^.Manque d'intelligence. Ces touristes porte-manteaux, qui font par inintelligence ce qu'Alfieri faisait pur orijnnalité, en. de behnard, un Acte de vertu, § 1.

t ININTELLIGENT, ENTE (i-nin-tèl-li-jan, jan-f), adj. Qui manque d'intelligence.

— ÉTYM. In.... 4, et intelligent.

tlNINTELLIGIBILITÉ(i-nin-tèl-li-ji-bi-h-té), s. f.

Qualité de ce qui est inintelligible. La dernière surtout [question proposée par l'académie de Berlin] m'a paru bien étrange par son inintelligibilité, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 22 sept. 4 777. Nous voici arrivés à la prétendue inintelligibilité que M. Solignac a la bonhommie d'appeler un entorliUage à double sens, miraleau. Collection, t. v. p. 4 87.

ININTELLIGIBLE (i-nin-tèl-li-ji-bl'), odj. Qui n'est pas intelligible. Cet oracle parut encore plus inintelligible que l'autre, volt. Blanc, noir. || 11 se dit aussi des personnes. Cet auteur est inintelligible. La réputation qu'eut Platon ne m'étonne pas ; tous les philosophes étaient inintelligibles; il l'était autant que les autres, et s'exprimait avec plus d'éloquence, volt. Uœurs, introduction.

— SYN. inintelligible, inconcevable, incompréhensible. Le premier se sépare nettement des deux autres : être inintelligible est toujours un défaut ; l'ininlelligibilité est non pas dans la faiblesse ou l'incapacité d'esprit de celui à nui l'on parle, mais dans la mauvaise manière de présenter la chose. Il n'en est pas de même d'inconcevable et d'incompréhensible ; là la fauta n'est plus à !a manière, elle est à nous : avec cette nuança cependant, que ce qui est inconcevable surpasse le pouvoir que nous avons de concevoir, d'imaginer, tandis que ce qui est incompréhensible ne peut pas être saisi, embrassé par l'intelligence.

— ÉTYM. Lat. inintelligibilis, de in.... 4, et intelligihilis, intelligible.

t ININTELLIGIBLEMENT (i-nin-tèl-li-ji-ble-man), adv. D'une manière inintelligible.

t ININTERPRÉTABLE (i-nin-tèr-pré-ta-bl"), adj- Que l'on ne saurait interpréter.

— ÉTYM. Lat. ininterpretabilis, de in.... 4, et tnterprelari, interpréter.

flNINTERPUÉTÊ, ÉE (i-nin-tèr-pré-té, tée), adj. Qui n'a point encore été interprété.

—ÉTYM. Lat. ininlerprelatus, de in.... 4, elinlerprelari, interpréter.

t ININTERUOMPU, DE (i-nin-tèr-ron-pu, pue), adj. Qui n'est point interrompu. Il pouvait d'un

seul trait ininterrompu suivre une figure de la tête aux pieds, dider. Observ. sur la sculpt. Œuvres t. XV, p. 313, dans pougens.

— ÉTYM. In.... 4, et interrompu.

t IXINTEURUPTION (i-nin-tèr-ru-psion), s. f. Non-interruption, continuité.

— ÉTYM. In.... 4, et interruption.

t INIODYME(t-ni-o-di-m'), adj. Terme de tératologie. Monstre iniodyme, monstre double qui n'a qu'un seul corps portant deux tSles réunies en arrière

— ÉTYM. "Iviov, nuque, et ôî5u|j.oc, jumeau.

t INIODYMIE (i-ni-o-di-mie) , s. f. État des monstres iniodymes.

■\ INIOPE (i-ni-o-p'), adj. Terme de tératologie. Monstre iniope, monstre double, dont la tête, incomplètement double, présente d'un côté une faca, et de l'autre un œil imparfait.

— ÉTYM. 'Iviov, nuque, et ûij;, œil.

t INIOPIE (i-ni-o-pie), t. f. État des monstres iniopes.

INIQCE (i-ni-k') , adj. Qui blesse l'équité. Penser inique, rothou, St Genest, v, 2. Le nouveau roi |le faux honneur] triomphe, et, sur ce droit inique. Bâtit de vaines lois un code fantastique, boil. Sat. XI. Ils ont confirmé par leur sufi'rage inique l'accusation de légèreté et d'imprudence dont on taxe.... MASS. Paraphr. ps. xxvi, v. 4 8. Vous faites là, monsieur, une action inique. — Aux maux désespérés il faut de l'émétique, regnard, le Joueur, 11, 4 6. Un jugement inique a poursuivi ton sang, volt. Scijthes, II, 4. Il II se dit des personnes. Un juge inique. M'oses-tu bien encor parler, femelle inique 7 MOL. Dépit, am. 11, 4.

— lilST. xv s Oster vie inique. Et ramener h.

droictevoie Cellui qui contre droit desvoie, e. desch. Miroir de mariage , p. 409. ||xvi« s. Ce seroit chose inique, si un homme particulier estoit poilu par lindignité d'un autre, calv. Instit. 825. Juges iniques et corrompus, mont, iv, 2(5.

— ÉTYM. Provenç. inic, enic; espagn. etital. iniquo; du lat. iniquus, à& in.... 4, et œquus, juste

(voy. ÉQUITÉ).

INIQUEMENT (i-ni-kc-man), adv. D'une manière inique. Tu as agi iniquement contre moi, volt. Philos. Bible expl. Gen.

— niST. xiv s. La bataille iniquement emprise, bercheure, f. 4 4, verso. \\ xvi's. Des tyrans ont esté sacrifiez à la haine du peuple par les mains de ceulx mesmes qu'ils avoient iniquement advancez,

— ÉrYM. Inique, et le suffixe ment; catal. iniq'iament; espagn. etital. iniquamente.

INIQUITÉ (i-ni-ki-té), s. f. \\ 1° Vice de ce qui est inique. L'iniquité évidente d'un arrêt. Que tous les serviteurs et les proches des traîtres Portent l'iniquité des parents et des maîtres mairet, Soliman, v, 4G. ....j'aurai droit de pester Contre l'iniquité de la nature humaine. Et de nourrir contre elle une immortelle haine, mol. ilis. v, 4 . De quelque belle apparence que l'iniquité se couvrît, il en pénétrait les détours, Boss. le Tellier. Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de r(''gle ni de frein.... et que souvent l'iniquité sortait du lieu d'où elle devait être foudroyée! id. ib. La plus profonde iniquité est celle qui se couvre du voile de la piéié, id. Élevât, sur myst. xviii, 20. Il Acte d'ini(|uité. Commettre une iniquité, des iniquités. Il 2° Par e.«tens!on, la corruption des mœurs. L'iniquité avait couvert la face de la terre. Enfant d'iniquité. Afin que vous portiez l'iniquité du peuple, et que vous priiez pour lui devant le Seigneur, saci, Bible, Lévit. x, 4 7. Les enfants héritant l'iniquité des pères, LAMART.y/arm. 1,7. || Il sedit, surtout au pluriel, des actes contraires à la religion, à la morale. Metslui devantles yeux ses iniquités, reproche-lui ses scandales et tous ses crimes, BOUfinAL. i' dim. après Pdq. Dominic. t. 11, p. 4 37. Bien loin d'avoir de la crédulité [pour les médisances], elle n'eut pas môme, en ces occasions, de la patience ; elle rompit l'iniquité et fit la guerre au détracteur, flsch. Dauphine. Où sont. Dieu de Jacob, tes antiques bontés T Dans l'horreur qui nous environne, N'entends-tu que la voix de nos iniquités? rac. Ath. iv, b. Clair arriva, je tombai à ses genoux, je lui fis la confession des iniquités de ma vie, chateaub. Mart. xi. || Fig. en termes de l'Écriture. Boire l'iniquité comme l'eau.

— HIST. xii*s. Tu espruvas le mien cuer [cœurj, e nen est truvée en mei iniquité. Liber psalm. p. 4 8. Par lur granz infidelitez E par lur granz iniquitez, BENOIT, i, V. 2079. Ne cil n'aime pas Deu qui n'aime leauté, E Deus het tricherie e tute iniquité, Th. le mart. 40. Abncr n'est pas morz si cume sue- Icnt mûrir li malveis et li recréant, mais si cume soient chaïr [choir] li boin par les fiz de iniquited,

INI

INJ

INJ

Itois, p. ) 33. Il xiii* S. Et por ce que c'esloit iniquité que cil qui promist ne venist en leu où il avoit promis, fu accordé que l'en donastboneaucion [action] contre lui, Liv. de jost. (58. Si sunl li autre meins [moins] peneit [tourmentés], Qui meins firent d'iniquiteit, marie, Purgatoire, v. 1 775. Ne ilesirre pas que tu soies juges sor les gens, se tun'es itijx [teljqueta vertuz puisse abaissier les iniquitez, biîun. latini, Trésor, p. B85. || xiv s. Li rois Charles li chauf m'a tout deserité, Bien croi, pour mon orguel et pour m'iniquité, Girart de Ross. v. 205t. [Il faut que] per diseite des mos français disse lou romans selonc lou latin pour iniquitas iaiquiteit, Hist. liU. de la Fr. t. XXIV, p. 408. || xvi* s. Satan inventeur de toute malice et iniquité, CALV./nsf. (13. Iniquité engendre adversité, leroux de lincy, Prou. t. ii, p. 320. ....Mon iniquité Qui sans cesserdevant moj se présente, DESPORTES, Œuvres chrest. prière.

— ÉTYM. Bourguig. igniquilai; provenç. iniquitat, enequitat; cspagn. iniquidad; ital. iniquité; du lat. iniquitatem . de m.... t, et xquilas, équité.

t IXIRASCIBILITÉ (i-ni-ra-ssi-bi-li-té), s. f. Qualité de celui qui n'est pas irascilile.

— HlsT. «iv s. I.e vice qui est en défaillant en ire est nommé inira^cibililé, oresme. Thèse de meunier.

t IMRASCIBLE (i-ni-ra-ssi-bl'), ad). Qui n'est pas irascible.

— HlST. xiv s. Et celui qui defî.iut soit appelle inirascible, c'est à dire trop moul et qui ne se cource [courrouce] pas quant temps et lieu en est, oresme, Eth. 49.

— ftrVM. In.... 1, et irascible.

INITIAL, ALE (i-ni-si-al, a-l'), adj. \\i' Qui est au commencement. La marche initiale du phénomène. || Terme de mécanique. Vitesse ir.îtiale d'un boulet, celle de ce projectile pendant le temps que, au sortir de la pièce, il parcourt une ligne sensiblement droite. Le temps pendant lequel il [le mobile] aura agi sera proportionnel à cette vitesse initiale, VOLT. Setct. i, <o. ||2° Terme de calligraphie et d imprimerie. Lettre initiale, celle qui commence un nom propre, un chapitre, une période : elle doit toujours être majuscule. || S. f. Une initiale, une lettre initiale. Il n'a signé ce billet que de l'initiale de son nom, que de son initiale. || 3» Terme de grammaire. Particule initiale, particule ou préposition mise devant les radicaux pour en modifier la valeur.

— REM. Au pluriel, des grammairiens ont voulu dire initiais; mais rien n'empêche de dire initiaux : Les mouvements initiaux de ces divers projectiles.

— ÉTYM. Lat. initialis, de initium, commencement, de in.... 2, et ire, aller : aller en, dans. Au xiv* si&cle, on a dit iniciant : S'aulcun estoit présent [au début d'une pleurésie] et que Dieu lu y eust donné telle grâce de congnoistre tel commencement iniciant, BERNAHn dp, gord in, Traduction, iv, 4.

I INITIALEMENT (i-ni-si-a le-man) , adv. En initiale, au commencement. Une lettre placée initialement.

f INITIATEUR, TRICE (i-ni-si-a-teur, tri-s'), ». m. et f. Celui, celle qui initie.

— ÉTYM. Lat. initiatorem, de initiare, initier.

INITIATION (i-ni-si-a-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Il 1* Chez les anciens, action d'initier aux mystères ; cérémonie qui accompagnait cette action. Chaque secte exigeait de nouvelles vertus, et recommandait à ses pénitents une nouvelle vie, initium novas vilx, et de là le mot initiation, volt. Dict. phil. Baptême. Il [Néron] n'ose se présenter à l'initiation des mystères d'Eleusis, dider. Claude et fier, i, 78. || Titre des hymnes qui portent le nom d'Orphée. |1 2° Fig. Première introduction à crtaines choses ou secrètes ou élevées. Les simples hôtes n'y sont point admis [dans une salle à manger] ; jamais on n'y mange quand on a des étrangers; c'est l'asile inviolable de la confiance, de l'amitié, de la liberté : c'est la société des cœurs qui lie en ce lieu celle de la table; elle est une sorte d'initiation à l'intimité, et jamais il ne s'y rassemble que des gens qui ne voudraient plus être séparés, J. J. Rouss. Hél, V, 2. Ce jour-là donc, après notre initiation à l'état ecclésia!?tique, nous allâmes, conduits par nos trois directeurs, rendre nos devoirs àl'évêque, mahmontrl, Kém. n.

— ÉTYM. Lat. initiationem, de initiare, initier. INITIATIVE (i-ni-si-a-ti-v'), t. f.\\l° Action de

celui qui entame le premier quelque affaire. Prendre l'initiative. H 2° Droit de faire le premier certaines propositions. En France, sous le gouvernement parlementaire, l'initiative, pour la proposition des lois, appartenait à chacun des trois pouvoirs. Il On dit dans le même sens : droit d'initiative.

— ÉTYM. Initier.

INmft, ÉE (i-ni-si-é, ée), part, passé d'initier. Il 1° Oui a été admis aux mystères. Initié aux mystères d'fileusis. Il Corneille a dit initié de : (!) Néarque, si je ne croyais pas indigne d'aller à lui [Dieu] sans être initié de ses mystères et avoir reçu la grflce de ses sacrements.... corn. Poly. Abrégé du martyre. {| 2'" Fig. Introduit dans les sociétés, dans les aPTaires secrètes. Elle [la duchesse de Maine] en fit part aux gens les plus familiers auprès d'elle et les plus initiés à ses mystères, staal, Mém. t. ii, p. 73. Je fus aussi initié dans des maisons honnêtes et même distinguées, ddclos, Wém,. Œuv. t. x, p. 88, dans POUGESS. Maintenant, initiée dans tous les secrets de l'État, elle recevait chez elle son maître, son souverain, le plus grand roi du monde, et il daignait la consulter, genlis, Mme de Maintmon, t. II, p. (((, dans pougens. || 3° S. m. Celui qui a été initié aux mystères chez les païens. Un initié. Les initiés. Un secret absolu était imposé aux initiés. Il fallait que l'initié partit re.ssusciter; c'était le symbole du nouveau genre de vie qu'il devait embrasser, volt. Maurs, Introd. \\ Fig. Celui qui sait le secret des affaires. Les initiés disent que.. ..Le nombre des vrais poètes et des vrais connaisseurs sera toujours extrêmement petit ; mais il faut qu'il le soit; c'est le petit nombre des élus; moins il y a d'initiés, plus les mystères sont sacrés, volt. Lett. Saint-Lambert, 7 mars (709.

INITIER (i-ni-si-é), j'initiais, nous initiions, vous initiiez; que j'initie, que nous initiions, que vous initiiez, v. a. ||1* Introduire à la connaissance et à la participation des mystères de certaines divinités chez les païens. Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal. Ou même, s'empressant aux autels de Baal, Se fait initier à ses honteux mystères, bac. A thaï. 1, 1 . Ce fut sur cette confession [exigée avant l'initiation] qu'un Lacédémonien, qui s'allait faire initier aux mystères de Samothrace, dit brusquement au prêtre : Si j'ai fait des crimes, les dieux les savent bien, font. Oracles, i, (3. Los Athéniens faisaient initier leurs enfants de l'un et de l'autre sexe dans ces mystères de fort bonne heure, et se seraient regardés comme criminels s'ils les avaient laissés mourir sans leur procurer cet avantage , HOLLiN, Hist. anc. QEuv. t. v, p. (9, dans pougens. Il 2° Il se dit, par extension, d'une religion quelconque. Initier les païens à la religion chrétienne. Par le sacerdoce où il venait d'être initié, il avait pouvoir de sacrifier sur les autels l'agneau de Dieu, BOURD. Nyst. Pass. de J. C. t. i, p. 26{. || $• Fig. Admettre, recevoir quelqu'un dans une société, dans une compagnie. Nous l'avons initié parmi nous. Il [Roche^ter] s'établit au milieu de ce qu'on appelle la cité [à Londres], quartier des gros bourgeois et des riches marchands.... son dessein, au commencement, n'était que de se faire initier aux mystères de ces habitants fortunés, hamilt. Gramm. (0. Il Faire admettre, faire recevoir. Non, sans doute, s'écria la marquise de la Jeannotière, que ses charmes avaient initiée quelquefois dans le beau mon'le, volt. Jeannot et Colin. || 4° Fig. Donner la connaissance d'une chose, mettre au fait d'une affaire, d'une science, d'un art, d'une profession, etc. La thèse où il demandait si l'homme a commencé par être ver, piqua tellement la curiosité des dames, et des dames du plus baut rang, qu'il fallut la traduire en français pour les initier dans des mystères dont elles n'avaient point la théorie, fonten. Geoffroy. Si j'étais initié dans les mystères de l'art, je .«aurais peut-être jusqu'où l'artiste doit s'assujettir aux proportions reçues, MOEn. Ess. sur lapeint. ch.i. Le comte de Broglio m'initia dans les mystères de ses négociations spcrètes, marmontel, Mém. ix. || 5° S'initier, v. réfl. S'introduire. S'initier dans le monde. || Prendre connaissance. 11 s'initia dans la connaissance des hiéroglyphes.

— lllST. XVI' s. Comme onl'initioit [Antislhène] aux mystères d'Orpheus, mont, ii, (44.

— ÉTYM. Lat. initiare, de initium, commencement (voy. initial).

INJECTÉ, ÉR (in-jft-kté, ktée), part, passé d'injecter. Il 1° Pou-ssé dans. Un liquide injecté dans les artères qu'on veut étudier. || 2° Oui a reçu une injection. Les petites artères très-bien injectées et devenues très-visibles. || 3* Terme de médecine. Face injectée, face colorée par l'afflux du sang dans les capillaires veineux. || Yeux injectés, yeux où se dessinent de petites veines pleines de sang. Les yeux jaunes et injectés, les paupières affaissées , la prieur et les taches du visage, la goût dépravé, bhfp. Hist. nal. Hom. Œuv. t. iv, p. 27(1.

I.MECTER (in-jè-kté), v. a. || 1° Introduire, par le moyen d'une seringue ou de tout autre instru-

ment, un liquide dans une cavité du corps, dans une plaie, dans le rectum, dans une fissure, dans les vaisseaux d'un cadavre. Reynier Graaf fut le premier qui, pour voir le mouvement du sang dans les vaisseaux, inventa une nouvelle espèce de seringue par où il injectait dans b-s vaisseaux une matière colorée, fonten. Ruysch. || 2° Remplir d'un liquide à l'aide d'une seringue une cavité quelconque. Injecter les veines, les artères. Injecter les vaisseaux lymphatiques avec du mercure. Injecter un cadavre. || Absolument. L'art d'injecter. || 3° S'injecter, V. réfl. Être injecté. Le mercure s'injecte dans les vaisseaux lymphatiques. || Être rempli par un liquide injecté. Les veine» s'injectent par l'orifice aortique du cœur. || Terme de médecine. Recevoir un excès de sang dans les vaisseaux capillaires. Ses yeux s'injectent.

— ÉTYM. Verbe formé du supin injectum, lancer, pousser, de in.... 2, et jacêre, jeter (voy. jeter).

t INJECTEUR (in-jè-kteur), s. m. Instrument propre à injecter un liquide. || Engin des appareils de ventilation, propre à introduire de l'air extérieur dans les lieux clos.

— ÉTYM. Injecter.

INJECTION (in-jè-ksion; envers, de quatre syllabes), s. /■. Il 1° Action d'injecter. Faire des injections dans l'oreille. Il 2° Introduction, dans les vaisseaux, de différentes matières propres à les rendre pius apparents, soit en en changeant le volume, soit en leur donnant une couleur particulière. L'injection d'un cadavre. Outre qu'il disséquait avec beaucoup d'adresse, il s'était mis au fait des injections anatomiques, invention nouvelle qui le disputait, pour le merveilleux, aux embaumements des anciens, mairan, Éloge de Hunauld. Il [Pierre le Grand] passait des journées entières chez le célèbre Ruysch, qui, le premier, trouva l'art de faire ces belles injections qui ont perfectionné l'anatomie et qui lui ôtent son dégoût, volt. Hist. Riiss. Anecd. Le microscope, le scalpel et les injections, qui nous conduisent si loin dans l'anatomie des animaux, refusent souvent de nous servir ou ne nous servent qu'imparfaitement dans celle des plantes, bonnet, Contempl. nat. x, 26. || 3° Le liquide que l'on injecte pour les dissections. Injection colorée. 11 faisait d'une partie qu'il examinait toutes les coupes différentes qu'il pouvait imaginer, il employait toutes les injections..., fonten. du Verney. || Le liquide que l'on injecte comme remède. Injection émolliente, détersive. || Pièces anatomiques préparées au moyen de l'injection. Le Hollandais Ruysch a fait de belles injections. Il 4° Terme de géologie. Pénétration d'une roche encore liquide dans la pâte d'une autre roche non encore solidifiée. L'injection du granit dans le gneiss. Il 5° Terme de médecine. Etat de réplétion des vaisseaux capillaires par le sang; ce qui en fait apparaître davantige les réseaux. || 6" Se dit de l'introduction de l'air extérieur dans les lieux clos à l'aide des appareils de ventilation.

— HIST. XIV" s. Injection de oille rosat, lanfranc, f" Lviii, verso. \\ xvi* s. Exemple d'une injection qu'on jettera en la matrice.... delà quelle en sera faite injection avec une assez grosse seringue, tenant bonne quantité d'injection, paré, xvmi, c5.

— ÉTYM. Lat. injectionem, de injicere (voy. injecter).

I.NJONCTION (In-jon-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Action d'enjoindre. Faire une injonction à quelqu'un. Un arrêt portant injonction.

— HIST. XVI* s. Adjoustans incontinent une autre manière de remettre les péchez, assavoir avec injonction do peine et satisfaction, calv. Inst. 506.

— ÉTYM. Provenç. injunction ; cat. injuncio; du lat. injunctionem, de injungere (voy. enjoindre).

t INJOUABLE (in-jou-a-W) , adj. Qui ne peut être joué. Vous aurez les Scythes incessamment, à condition qu'ils ne s«ront point joués; et la raison en est que la pièce est injouabla avec les acteurs que nous avons, volt. Lelt. Vamilatnlle, 2 janv. (767. Il En musique, morceau injouable, morceau qu'on ne peut jouer, soit à cause de la difficulté, soit pour toute autre raison. Les pièces faites par les compositeurs pour des instruments qu'ils ne connaissent pas sont souvent injouables. || Injouable se dit aussi aux cartes, au trictrac. Jeu injouable. Coup injeuable.

— ÉTYM. In.... (, el jouer.

+ INJUDICIEUX, EUSE (in ju-di-si-eû, efl-z') , adj. Oui n'sst pas judicieux. Cet homme très-judicieux, à qui j'ai ouï dire injudicieux, c'est M. Chapelain , MÉNAGE.

— ÉTYM. In.... I, et judicieux.

INJ

INJ

INJ

INJURE fin-ju-r'), s. f. 1|1° Ce qui est contre le droit, la justice (d'après le sens étymologique), tort, dommage. S'il y a plusieurs personnes qui n'aient pas plus de droit d'être expédiées l'une que l'autre, le juge qui prend'a quelque chose de l'une à condition de l'expédier la première, péchera-t-il? non certainement, selon Layman ; car il ne fait aucune injure aux autres selon le droit naturel, pasc. Prov. yiii. Je ménage l'une et l'autre [ma santé et ma vie] comme un bien qui est à vous, et que je ne puis altérer sans vous faire une injure, sÉv. 27 déc. 1684. Il 2» Fig. Effets nuisil)les produits par les saisons, l'âge, le temps, etc. C'est moi qui ai commencé la mode de vous aimer et de vous trouver aimable; une amitié si bien conditionnée ne craint pas les injures du temps, sév. à Coulanges, 2G avr. 4 696. Injures de toutes les saisons, chaleurs de l'été, froids de l'hiver.... boukd. Pensées, 1, p. 346. J'ai souffert les injures de l'air, FÉN. Tél. XV. Aristonoùs était encore exemptdes injures d'une vieillessecaduque, m. t. XIX, p. <05.Ilcommençait à sentir les injures de la froide vieillesse, ID. Tél. X. Le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps, volt. Cand. t. X sauver, s'il se peut, par mes travaux constants. Et leurs noms et les miens des injures du temps, piron, jlfrtrom.iii, 9. Le tombeau de Jéjjs-Christest maintenant exposé aux injures de l'air, ciuiiiAUB. Ilin. part. V. Le froid devient plus ardent; Moi j'en puis braver l'injure, bérang. Hiver. ||Les injures du sort, les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités. Il Poétiquement. Ce qui a «»bi l'injure. Baucis en égala les appuis chancelants [de la table] Du débris d'un vieux vase, autre injure des ans, LA FONT. Ph. et Bauc. \\ 3° Outrage, ou de fait, ou

de parole, ou par écrit Je jure Que par ce faux

soupçon vous lui faites injure, corn. Rodog. i, 5. On n'est pas où l'on pense en me faisant injure, MOL. Tart. IV, 7. Lorsque l'injure a une fuis éclaté, notre honneur ne va point jusqu'à vouloir cacher notre honte, mais à faire éclater notre vengeance, ID. D. Juan, m, 4. C'était lui faire injure de l'implorer, pasc. Prov, IV. C'est faire injure au maître d'une maison d'y entrer par la fenêtre, m. ib. VL Elle aimait à prévenir les injures par sa bonté, vive à les sentir, facile à les pardonner, boss. Puch. d'Orl. 11 vous est impossible , dites-vous , d'aimer sincèrement votre ennemi, et de lui pardonner de bonne foi l'injure que vous en avez reçue, BOURBAL. 5" dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. J86. Vous verrez tous les jours le chanoine insolent Au seul mot de hibou vous sourire en parlant; Votre âme, à ce penser, de colère murmure; Allez donc de ce pas en prévenir l'injure, boil. Lutr.

III. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, bac. liajas. 1, i Vous en attendez quelqu'injure nouvelle, ID. Andr. ii, <. De son temple détruit vengez sur eux l'injure, m. Esth. m, *. On t'aime et tu murmures ! ,Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures? m. Iph. i:, 8. Vous savez.... Que je ne cherche pas à venger mes injures, lu. Athal. ii, 5. Il est difficile d'étouffer dans les commencements le sentiment des injures, la bruï. iv. Si l'injure faite aux vivants est plus nuisible, celle qu'on fait aux morts est plus lâche, dider. Claude et Nér. i, 408. Il Fig. Faire injure à, avec un nom de chose pour régime, déshonorer, flétrir cette chose. Elle s'indignerait de voir sa créature X l'éclat de son noru faire une telle injure, corn. Nicom. i, 2. || Faire injure signifie aussi soupçonner injustement. X ma fidélité ne faites point d'injure, corn. Cid, m, 6. Il 4" Particulièrement, parole offensante, outrageuse. Vomir des injures. Charger quelqu'un d'injures. Celui qui jette une pierre contre des oiseaux les fera envoler; ainsi qui dit des injures à son ami rompra l'amitié, saci, Bible, Ecclésiast. xxii, 26. Un homme sage est au-dessus de toutes lesinjures qu'on peut lui dire, mol. Bourg, gent. ii, 4. Le* injures que vous me dites, pasc. Prov. ii. Je vousavertis, ma très-chère, que vous n'aimez point à lire.. ..je vous dis cette injure pour me venger de celle que vous m'avez faite, sév. 608. Vous les verrez bientôt, féconds en impostures. Amasser contre vous des volumes d'injures, boil. Sat. ix. Je crains votre silence, et non pas vos injures, bac. Andr. iv, 5. Et ton nom paraîtra, dans la race future, Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, id. Brit. v, 6. Sa fureur contre vous se répand en injures, lu. Phèd.

IV, ♦. Si ce n'est que cela, remettez-vous, mesdames, Je ne m'offense point des injures des fpmmes, DESTOUCHES, Phil. mar. il, b. Si l'on doit laisser tomber les injures, il faut relever les féiits, volt. Lett. d'Argental, B févr. <739. Les injures atroces

n'ont jamais fait de tort qu'à ceux qui les ont dites, ID. Conseil à L. Racine. \\ Populairement. Se ehanter raille injures, se dire toules sortes d'injures. || 5° X rinjure de, loc. adv. En insultant, Jovinien et ses sectateurs, qui, à l'injure du fils de Dieu, niaient la virginité île sa mère, BOss. Projet, Leit.de Boss. et de Leibniti, 33.

— HIST. xiii* s. Par les grans injures et par les grans rapines qui estoient faites en la prevosté, le menu peuple n'osoit demeurer en la terre le roy, JOiNV. 296. Ijxiv" Que cette injure faicte à vous I Philippe le Bell et à vostre pueple soit bienetsouffisamment amendée, Requeste, dans hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 233. Quant à faire venjances ou punicions selon justice, il a moult grant différence se les injures sunt voluntaires ou involuntaires, ORESME, Eth. (Bo. Vous savez que de grant injure vient moult de foiz grant grâce, bercheure, f° lo. Il XVI" s. Rétablir une injure [injustice], mont, i, 31. Lesinjures ("e la fortune, id. i, 83. Souffrir une injure [outrage], id. i, H9. U fut tout un jour à l'outrager de paroles diffamatoires en plaine place, et à luy dire toutes les injures dont il se pouvoitadviser, amyot, Pcric. 8. 11 y a ne sçay quoy de florissante nouveauité qui empesche que l'injure du temps n'en empire !a veue, id. ib. 27. De crainte de venir aux injures etaprès aux mains, langue, 657. Pour garantir l'armée de l'injure de l'hiver, id. 629. St Paul a repousse les mensonges et fausses injures de ses accusateurs, calv. Inst. 4 2U6. Action d'injure verbale ou par lihellediffamatoire se devra intenter en dedans l'an ; autrement, le dit an expiré, icelle action sera prescripte; et l'injure réelle, que l'on dit blessure et navrure, danscinq ans, J\rou«. coust. gêner, t. 11, p. I 29.

— ÈTYM. Provenç. injuria, enjuria; espagn. injuria; ital. ingiuria; du latin injuria, de in.... i, et jus, juris, droit.

f INJURIATION (in-ju-ri-a-sion) , s. f. Action d'injurier.

— HIST. XIV* s. Et les autres transmutacionssunt violentes et manifestes si comme.... rapine, mutilacion, accusaoion, injuriacion, oresmb, Eth. <45.

INJURIÉ, ÉE (in-ju-ri-é, ée), part, passé d'injurier. U est vrai que, s'ils prenaient les arguments invincibles pour des injures, ils devaient se sentir fort injuriés, J. J. roijss. Conf. xu.

INJURIER (in-ju-ri-é), j'injuriais, nousinjuriions, vous injuriiez; que j'injurie, que nous injuriions, que vous injuriiez, v. o. Offenser par des paroles blessantes. On vient m'injurier, puis soudain ou m'apaise, tristan, if. de Chrispe, m, 5. Votre douleur m'afflige. Comme en m'injuriant votre zèle m'oblige, mairet, Soliman, i, 2. Vous injuriez toujours notre pauvre siècle, beaumarch. Barb. deSév. 1, 3. Il 2° S'injurier, v. réfl. Se dire des injures les uns aux autres. Ils se sont injuriés en pleine rue.

— HIST. XIV" s. Ce estoient ceulx qui plus avoient esté injurié, bebciieure, f° 4 0. J'ay, en injuriant autruy, raconté aucune fois aucunes choses monsongieres elles ay affermées estre vraies, Ménagier, i, 3. Il XV* s. Et sur la fin de son parlement, il leur remontra bien que le roi de France et son conseil s'estoient grandement injuriés contre lui; et que à tort et sans cause on lui avoit osté sa terre.... de Normandie, fboiss. il, m, 6i. || xvi* s. Et si l'injuriant ne comparoit, il sera déclaré par afiches publiques incapable de se trouver à la cour, langue, 2B8. Maintenant que je porte, injurié par lage, Mes cheveux aussi gris comme est vostre plumage, rons. G76. Je veulx qu'ils donnent une nazarde à Plutarque sur mon nez , et qu'ils s'eschaudent à injurier Sene(|ue en moy, mont, ii, 98.

— ÉTYM. Berry, injurer; provenç. enjuriar; espagn. injuriar; ital. ingiuriare; du latin injunare, injurier (ouicherat, addenda), qui vient de injuria, injure.

tINJURIEUR(in-ju-ri-eHr),s. m. Celui qui injurie.

— HIST. xvi" s. Injurieur, cotgbave.

1NJUR1E0SEMENT (in-ju-ri-eû-ze-man ), adv.

Il 1° Contre le droit. 11 est bâtard, mon.sieur, il est injurieusement au-dessus de moi, st-sim. 608, 227. Il 2° D'une manière injurieuse. Surtout je vous conseille de ne jamais traiter injurieusement un homme aussi digne d'être respecté de tous les siècles que Cicéron, bac. Lett. à son fils, iv.

— HIST. XVI* s. Injurieusement nous dessirons [déchirons] un homme tout vif, mont, m, 38).

— ÈTYM. Injurieuse, et le suffixe ment; provenç. iujuriosament; espagn. injuriosamente ; ital. ingiurinsamente.

INJURIEUX, EOSE (in-ju-ri-eû, eû-z'), adj. Il 1° Qui fait injure, aui «t ou qui agit contre la

justice et le droit. Hé I sire, abandonnez ce prince injurieux Qui nous traite en vassaux et vous brave à vos yeux, du hyeb, Scévole, ni, 2. || U se dit des choses, dans le même sens. Et que l'ordre des cieux En me la refusant m'est trop injurieux, corn. Polyeucte, iv, 6. Ces cruels tyrans Qu'un astre injurieux nous donne pour parents, id. Jlor. iv, 4. Ce commerce [à la cour] continuel de mensonges, ingénieux pour se tromper, injurieux pour se nuire, officieux pour se corrompre, fléch. Duc de Uont. Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux, bac. Iphig. m, 4. Et que leurs noms, vainqueurs de la nuit la plus sombre, Ont su dissiper l'ombre Dont les obscurcissait le sort injurieux, j. b. rouss. Odes, IV, 2. Il 2° Qui fait outrage, déshonneur, offense. Et je l'ai surpris 15, qui faisait à madame L'injurieux aveu d'une coupable flamme, mol. Tart. III, 6. ô crainte, a dit mon père, indigne, injurieuse, rac. Athal. v, «. J'oublie en .sa faveur un discours qui m'outrage; Je n'en ai pas troublé le cours injurieux, id. Brrén. i, 4. J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses, id. Brit. m, 3. D'abord, vous le savez, un bruit injurieux Le rangeait du parti d'un camp séditieux, id. Mithr. v, 1. La fausse confiance lui est injurieuse [à Dieu], et se forme l'idée d'un Dieu qui n'est ni véritable, ni sage, ni juste,ni même miséricordieux, MASS. Carême, i''ausie conf. Et pour confondre ici une bonne fois une erreur si universelle et si injurieuse à la piété, id. Carême, Samarit. Cas timides ménagements qui nous éloignent actuellement de lui [Dieu] sont plus injurieux à sa gloire que les crimes mêm«s, id. Carême, Resp. humain. De mes transports jaloux l'injurieuse offense, volt. Zaïre, iv, 3. || Il se dit, dans le m*nie sens, des personnes. Je sais de quels appas son enfance [de ta fille] était pleine. Et n'ai pas entrepris. Injurieux ami, de soulager ta peine Avecque son mépris, malh. vi, 4 8. Peintres injurieux, redoutez la colère De ce Dieu terrible et puissant, J. b. rouss. Pour l'hiver. Ne croyez pas non plus que mon honneur confie La vertu d'une épouse à ces monstres d'Asie, Du sérail des soudans gardes injurieux, volt. Zaïre, 1, 2.

— HIST. XIV* Plus par injurieuses que par périlleuses molestes, beecheure, f* 45, recto. Et n'espargnoit à nulles paroles injuriouses, id. f° 22, verso. Les baillis ou injurieux, oufaisanz exactions, ou soupçonnez de usure, du CANGE,tnjuriort.|| xvi's. Perroquets injurieux, non entendans ce qu'ils jargonnent, desper. Cymbal. 98. Les plus injurieux [parmi ceux qui font des reproches] ne disent pas-. . . . mont. I, 497. Sans la santé la vie nous est pénible et injurieuse, id. m, 206. Paroles injurieuses et diffamatoires, amyot, Péric. se. Civif, courtois, nullement injurieux, lanoub, 265.

— ÉTYM. Provenç. enjurios; catal. injurias; espagn. tnjun'oso ; ital. ingiurioso ; d\x lat. injuriosus, de injuria, injure.

INJUSTE (in-ju-sf), adj. || 1° Qui n'est point juste, en parlant des personnes. Quand on craint d'être injuste, on a toujours à craindre, corn. Pomp. I, 4. Et, demeurant incapable d'être touché des intérêts d'autrui, il est non-seulement rebelle à Dieu, mais encore insociable, intraitable, injuste, déraisonnable envers les autres.... boss. Concupisc, XI. A-t-il plié sous la grandeur, lorsqu'elle s'est trouvée injuste? pléch. Duc de Mont. Un injuste guerrier, terreur de l'univers, boil. Sat. xi. Que, malgré les complots d'une injuste famille..., bac Phèdre, v, 7. || Qui n'est pas juste, en parlant des choses. Que d'une injuste offense il aura, quoi qu'il tarde, Le juste châtiment, malh. 11, 42. Il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif, boss. Reine d'Anglet. || 2° Déraisonnable et mal fondé. Des prétentions injustes. Cette pensée n'e.st ni injuste ni ridicule, quand on ne sait point ce ([ui vient d'arriver, sév. ces. De votre injuste haine il n'a point hérité, bac. P/ièdrp, v. 3. || Il se dit des personnes, dans un sens analogue. Hé quoi ! toujours injuste en vos tristes discours, bac. Andr. 11,

2 D'où vient que d'un soin si cruel L'injuste

Agamemnon m'écarte de l'autel? id. Iph. m, 2. Non, non, mon intérêt ne me rend pas injuste, id. Brit. i, 4. Il 3° S. m. et f. Un injuste, une injuste, celui, -celle qui est injuste. Même aux yeux de l'injuste un injuste est horrible, boil. Sat. xi. || S. m. Ce qui est injuste. La distinction du juste et de l'injuste.

— HIST. xvi* s. Quand je considère la grandnur incomparable de cette ame [César], j'excuse la victoire de ne s'ostre peu despestrer de luy, voire en cette très injuste et très inique cause, mont, m, 162.

— ÉTYM. Provenç. injust; espagn. injusto; ital. ingiuslo; du lat. iH/uî(ui, de in. ...4, etjustus, juste.

INL

INJUSTEMENT (in-ju-ste-man), adv. \\ i° D'une manière injuste. Il fut injustement condamné, li 2° D'une manière mal fondée. Vous vous plaignez injustement.

— ËTYM. Injuste, et le suffixe ment; provenç. injustement.

LVJUSTICE (in-ju-sti-s'), s. f. || 1° Manque de justice. Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doivent être repris ! Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits Que tout mal et toute injustice, la font. Fabl. xi, 7. Il faudrait que je fusse folle et l'injustice même, pour vous avoir mandé ce que vous me reprochez, si j'avais su ce que je n'açprends que par vos deui dernières lettres, SÉV. 608. Il est vrai que les hommes ne blâment l'injustice que parce qu'ils ne peuvent la faire et qu'ils craignent de la souffrir, boss. Pensées chrét. î». Après avoir compris quelle doit être la grandeur de la prière par l'injustice du crime, vous l'entendrez beaucoup mieux encore par la justicB de Dieu, id. Sermons, Faux honrteur et humilité chrétienne. La satire, en leçons, en nouveautés fertile. Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile.... Elle .seule, bravant l'orgueil et l'injustice. Va jusques sous le dais faire p&lir le vice, boil. Sat. IX. Je vois que l'injustice en secret vous irrite, rac. Athal. 1, 4. L'injustice triomphe, et ce peuple, à sa honte, Au mépris de nos lois, penche pour Polyphonte, VOLT. Mérope, i, 2. Le mot d'injusti e ne se prononce jamais dans un conseil d'État, où l'on propose le meurtre le plus injuste, m. Philos. Ignor. quest. 32. |{ Fig. L'injustice du sort, ce qui dans les dispensations du sort est comparé à une injustice. J'ai su de mon destin corriger l'injustice, BAC. Esth.n, I. Il 2° Les gens injustes. Il couvrait l'injustice de confusion, en lui faisant seulement sentir qu'il la connaissait, boss. le Tellier. Partout où se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libres, fléch. Duc de Mont. J'ai vu sur ma ruine éle\er l'injustice, kac. Brit. m, 7. Il 3° Acte d'injustice. Ce qu'il a reçu pour faire une injustice, pasg. Prov. xi. Vous pensez à moi partout; du moins je ne vous fais pas d'injustice sur la reconnaissance et la sensibilité que j'en dois avoir, sév. 23 juin 1677. Elle ne se permit pas [avec ses créanciers] ces compositions si adroitement colorées qui souvent ne sont qu'une injustice couverte d'un nom spécieux, BOss. Anne de Gens. 11 aima la paix, et craignait moins de souffrir une injustice que de la commettre, fléch. Uist. de Théod. I, t. Ariane aux rochers contant ses injustices [de Thésée], hac. Phèdre, i, < . De Joad contre moi je sais les injustices, m. Athal. i;i, 4. Le catapaii fit aux Français des injustices et s'attira leur vengeance, volt. Mœurs, 39. || Faire injustice, être injuste à l'égard de quelqu'un. Je suis homme d'honneur, tu me fais injustice, corn. Ment, iv, 7. Rome n'a pas dessein de vous faire injustice, id. A'tcom. II, 3. Il 4° Ce qui est injuste, déraisonnable, mal fondé. Mais il faut des amants excuser l'injustice, HAC. Iph. Il, 5. Que dis-je 1 il reconnaît sa dernière injustice, m. Drit. v, 4. Ah ciel! de mes soupçons quelle était l'injustice! M>. ib. v, 7.

— HIST. xiV s. Mauvaises opérations qui sont faites selon injustice, oresme, Eth. 4 43. || xvi* s. Si l'amour est un dieu, c'est un dieu d'injustice, dks- PORTES, ÉUgies, i, (9, discours.

— ÉTYM. Provenç. injusticia; espagn. injustiça; ital. ingiustifia ; du lat. injustitia, de injustus, injuste.

t INJDSTIFIABLE (in ju-sti-fi-a-bl'), adj. Qui ne «aurait être justifié. Conduite injustiliable.

— ETYM. In.... t, et justifier.

t mJUSTlFICATlOS (iu-ju-sti-fi-ka-sion), s. f. Défaut do justification.

— HIST. xiv s. Injustification est faire ou souffrir chose injuste. — 11 montre par quelles injustifications un homme est injuste, oresme. Thèse de meu-

tilER.

— ËTYJI. Jn.... t, cl justification.

INLISIBLE (in-li-zi-bl'), adj. \\ !• Dont on ne

peut pas lire les caractères. Brancas me conta une affaire que M. de Grignan eut cet liiver avec M. le Premier : « Je suis pour Grignan,j'ai vu leurs plaisantes mais inlLsibles lettres. » Il m'en a dit dos morceaux ; nous davons prendre un jour pour les lire tout entières, sév. 24 avril I67i. Mais sa main [de Pierre le Grand] ne forma que des caractères inlisibles dont on ne put déoliiffrer que ces mots en russe : Kendez tout à.... volt. Russie, il, 17. || 2" Qui est indigne dêtre lu. Il fait un iiilisilile libelle en forme de dénonciation [contre l'Encyclopédie]; il attaque à tort et à travers tout ce qu'il est incapable

INN

d'entendre, volt. Lett. Albergati, as déc. 4 760. On prétend que vous abandonnez vos anciens protégés, Champs, Montrouge et votre belle collection de livres rares et inlisibles, id. Lett. duc de la Vallière, 9 sept. 4766. Vous pourriez, ïu lieu des grossièretés inlisibles publiquement que vous citez de Shakspeare, y substituer quelques autres passages ridicules et lisibles, d'alemuert, Lett. à Voltaire, dans laveaux.

— HEM. Les grammairiens ont cherché à étabUr des différences entre inlisible et illisible, mais l'usage n'en a fait aucune; seulement, aujourd'hui, inlisible est bien moins usuel qu'illisible.

— ÊTYM. In.:.. * , et lisible.

t INLOUABLE (in-lou-a-bl'), adj. Que l'on ne peut louer. Cet homme est inlouable, quelque envie qu'on eût de le louer, mercier.

— HIST. iiv* s. Humidité mauvese et inloable,

H. DE MONUEVILLE, f" 7», VCrSO.

— ÊTYM. M.... 1, et louable.

IN MANUS, voy. MANUS (in).

t INNASCIBILITÉ (i-nna-ssi-bi-Ii-té), *. f. Terme de théologie. Qualité de ce qui ne peut avoir de naissance ou ne peut naître. L'inn.iscibilité de Dieu.

— ÉTYM. Provenç. innascibilital; du lat. innascibilitatein (quicuerat, Addenda], de innascibilis, innascible.

t INNASCIBLE (i-nna-ssi-bl'), adj. Qui ne peut naître. Dieu est innascible.

— ÉTYM. Lat. innctscibilis, de in.... i , et nasci, naître.

IN NATORALIBUS, voy. naturalibus fm).

t INNATUREL, ELLE (i-nna-tu-rèl, rè-l'), adj. Qui n'est pas naturel.

— JIIST. xiv* s. Fièvre est chaleur innaturelle muée en ardeur, behn. de cordon, Trad. franc, i, (.

— ETYM. Lat. innaturalis (quicuerat, Addenda), de in... 4, et nattcralis, naturel.

t IN.N'AVIGABILl l'É (i-una-vi-ga-bi-li-té) , s. f. État d'un endroit ou d'un cours d'eau iunavigablo. Il Etat de ce qui ne peut naviguer.

IXNAVIGABLE (i-nna-vi-gabl'), adj. Qui n'est pas navigable. L'Atlantide n'est aujourd'hui qu'une vaste mer, que les déhris de cet ancien monde et le limon mêlé à ses eaux rendent innavigable, volt. Dict. phil. Platon.

— HIST. xvi's. Innavigable gouffre, makot,iv, u4.

— ÉTYM. Lat. innavigabilis, de in.... 4, et navigare, naviguer.

INNÉ, ÉE (i-nnê, nnée), adj. Qui est né avec nous, que nous apportons en naissant. Qualités innées. Il Idées innées, idées que certains philosophes, surtout Descartes et son école, supposent inhérentes à l'intelligence humaine et non acquises par l'expérience, par exemple celles du général et du particulier, de la cause, etc. S'il y a quelque chose de démontré hors des mathématiques, c'est qu'il n'y a point d'idées innées dans l'homme, volt. Trait, métaph. ch. m. 11 n'y a point de notions innées; l'homme vient au monde comme une table rase sur laquelle les objets de la nature se gravent avec le temps, diuerot, Opin. des anc. philos, [stoïcisme).

— REM. Descartes ne parait pas se servir de inné ; il dit né dans.

— ÉTYM. Lat. innatus, de in, dans, et natus, né. t INNÉGOCIABLE (in-né-go-si-a-bl') , adj. Terme

de banque. Qui ne peut être uégocié. Effet inuégociable.

— ÉTYM. In.... t, et négocier.

t INNÉITÉ (i-nné-i-té), s. f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est inné. L'innéité des idées. Il Terme de physiologie. Dispositions propres à l'individu, par opposition à hérédité. L'innéité est antagoniste de l'hérédité : dans le sein des diverses familles, elle produit des individus doués d'aptitudes ou de dispositions exceptionnelles, en bien ou en mal, au physique ou au moral.

— RTYM.'/'irie.

t INNERVABLE (i-nnèr-va-bl") , adj. Terme de physiologie. Qui est doué de l'innervation, en parlant des éléments nerveux, par opposition aux autres éléments qui ne sont pas doués de cette propriété.

— ÉTYM. Voy. INNERVATION.

t INNERVATION (i-nnèr-va-sion), ». f. Terme de phy.siologie. Mode spécial d'activité inhérente aux éléments anatomiques nerveux, et, par suite, aux tissus nerveux central et périphérique. || Ensemble des actions nerveuses.

— SYN. INNERVATION, SENSIBILITE. On COnron<l

quelquefois ces deux termes, à loit; c'est prendre la partie pour le tout. L'innervation est l'activilé propre à tous les cléments et tissus nerveux; la seiisi-

INN

bilité est l'activité propre aux organes des sens et aux nerfs dits sensibles.

— ÉTYM. In.... 2, et le lat. nervus, nerf. INNOCEMMENT (i-no-sa-man), adv. || 1° Avec

innocence, sans dessein de mal faire. Vous en êtes la cause encor qu'ianoeemment, corn. Poly. iv, 5. Ses erreurs, ses écarts [de Louis XIII] vinrent d'un mauvais choix Dont il fut trop longtemps innocemment complice, id. .Sonnet sur Louis XIII. Tandis qu'innocemment, sans malice, comme un pauvre mouton, MOL. Préc. se. 4 0. Notre P. Bauny a bien appris aux valets à rendre tous ces devoirs-là [les services dans toutes sortes d'intrigues] innocemment à leurs maîtres, en faisant qu'ils portent leur intention, non pas au péché dont ils sont les entremetteurs, mais seulement au gain qui leur en revient, pascal, ProtJ. vi. La simplicité d'une vie particulière qui goûte doucement et innocemment ce peu de biens que la nature nous donne, BOSS. Ouch. d'Orl. Présentement que je vois qu'il ne sert de rien de vivre innocemment et de son mieux ; que les méchants n'ont qu'à inventer pour Être crus, bien qu'on connaisse et leur noirceur et leur mauvaise foi, Lettre de Madame, 2» femme du frère de Louis XIV, dans Hevue German. t. xxi, p. 481. L'ignorance d'une fille est cause qu'elle s'ennuie, et qu'elle ne sait à quoi s'occuper innocemment, FÉNEL. Éduc. filles, ch. II. Ils jouent innocemment et aussi lestement que de petits chats, BUFF. Quadrup. t. iii, p. 387, dans pocgens. L'amour innocemment est entré dans mon cœur, nvcxs, Abufar , m, 6. 11 n'a jamais su rue innocemment, GENLis, Veillées du chdt. t. m, p. 2» Il 2' Niaisement, sottement. 11 tombe encore innocemment dans la même faute.... aussi est-ce un bon homme, desc. lîem. sur les T object. 7.

— HIST. XVI* s. Cette jeune déesse, aussi fiero que belle, Erroit sans passion ainsi qu'il luy plaisoit, Et bien qu'innocemment mille plajes faisoit, desportes. Élégies, ii, 6, advantxire première.

— ÉTYM. Innocent, et le suffixe ment; Berry, tnnocentement; bourg, ignoçaman; liai, iimocentemcnte.

INNOCENCE (i-no-s'an-s'), *. f. || !• Qualité de qui ne nuit point, douceur inoffensive. L'innocence des agneaux, des colombes. Hélas ! il [un enfant] mourra donc! il n'a pour sa défense Que les pleurs de sa mère et que son innocence, rac. Andr. i, t. Votre âge, vos biautés, votre aimable innocence, volt. Fanât, i, 2. 11 pourra d'un enfant protéger l'innocence, id. Orphel. jii, 4.|| 2' État de qui est innocent, non coupable. Son innocence fut reconnue. L'innocence partout peut avoir des témoins, TRISTAN, Mariane, n, 2. Je me défendrai mal : l'innocence étonnée Ne peut s'imaginer qu'elle soit soupçonnée, corn. Itodog. v, 4. Non, non, le droit ordonne en première m.Txime Le prix à l'innocence et le supplice au crime, rotr. Antig. ii, 4. Que les guerres sont permises pour assurer la paix, pour protéger l'innocence, pour arrêter la malignité qui se déborde.... flKch. Turenne. Mais l'innocence enfin n'a rien à redouter, r.^c. Phèdre, m, 6. Dieu legarde en pitié son peuple mallieureux, Disionsnous : un roi règne ami de l'innocence, id. Esth. III, 4. Eh ! que sont vos malheurs ? vous avez l'innocence ; Vous n'avez point trahi la nature et l'honneur, briffabt, .^inus II, m, 7. || L'innocence de la vie, manière de vivre dans laquelle on garde un cœur et des mains pures. L'innocence de la vie Ôte la frayeur de la mort. || L'innocence dos mœurs, chasteté, continence. L'innocence des mœurs a sa volupté qui vaut bien l'autre, parce qu'elle n'a point d'intervalle et qu'elle agit continuellement, j. t, ROiJSS. Conf. IV. Il 3° État de pureté qui appartient à l'ignorance du mal. En amour, l'innocence est un savant mystère. Pourvu que ce ne soit une innocence austère, réonier, Sat. xiu. Quand ou voit, dans l'Évangile, la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le reste du troupeau; quand on y lit cet heureux retour du prodigue retrouvé et ce tran.sport d'un père attendri (jui met en joie toute sa famille, on est tenté de croire que la pénitence est piéfcrée à 1 innocence même, i>oss. i/ar.-ï'/ier. Il y a dans la politique comnie dans la religion une espèce de penilcnce plus glorieuse que l'innocence même, qui répare avantageusement un peu de fragilité par dos vertus extraordinaires, . klKch. Turenne. Qu'il est difficile qu'au milieu d« tant de [ia.ssioiis [dans le monde |, si l'innocence ne se perd, du moins elle ne s'airailJisseî id. Danpldne. Dans les temps bieiiheuieux du monde en son enfance, Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence, BOIL. .Sat. V. Et jamais on n'a vu la timide innocence Passer subitement à l'extrême Ucence,

INN

BAC. Phèdre, iv, 2. L'innocence est une sanlé piécieuse de l'âme ; c'est une ressource et une consolation dans les plus affreuses douleurs, fén. Dial. des nwrls anc. tT.\l L'âge d'innocence, l'enfance. Je puis supposer Emile resté dans sa primitive innocence, J.J. RODss. ^m.iv. Il Innocence originelle, l'étal où le premier homme fut créé. || L'innocence du baptême, l'état d'innocence de l'enfant lavé du péché originel par le baptême. Ils sont encore dans l'innocence du baptême, pasc. Prov. iv. || Fig. En style de dévotion, la robe d'innocence, l'état d'innocence. Dépouiller la robe d'innocence. || La virginité. Sans respect pour mon habit blanc, il me ravit mon innocence [dit une jeune fille], montesq. Lett. pers. 28. Il 4° Innocence, se dit des choses qui n'ont rien de blâmable. L'innocence de sa démarche fut reconnue. Amazan, instruit de l'innocence du baiser donné au roi d'Egypte et de la résurrection du phénix, goûtait une jo'ie pure et était animé du plus violent amour, volt. Princ. de Babyl. xi. 1| 6° Simplicité d'une personne qui ne connaît ni les choses ni les personnes. Arnolphe : Et celle que j'épouse a toute l'innocence Qui peut sauver mon front de maligne influence.— Chrysalde : Et que prétendezvous qu'une sotte, en un mot.... mol. Éc. des femmes, I, ). Vous pourrez dans cette conférence Juger de sa personne et de son innocence, id. ib. Elle était fort en peine et vint me demander, Avec une innocence à nulle autre pareille.... m. ib. Il s'en est peu fallu que, durant mon absence, On ne m'ait attrapé par son trop d'innocence, id. «6. m, 3.

— msT. xn' s. Juge mei. Sire, sulunc la meie justise e sulunc la meie innocence, Liber psalm. p. 7. Il xiii' s. Innocence est purlez de corage qui het à faire touz torsfaiz, BnuN. lat. Trésor, p. 424. Il XVI' s. Innocence porte sa défense, cotgeave. AlbuquTque.... en un extrême péril de fortune de mer, print sur ses espaules un jeune garson, pour cette seule fin qu'en la société de leur fortune son innocence luy servist de garant et de recommendation envers la faveur divine pour le mettre à sau-

veté, MONT. I, 373.

— ÉTYM. Bourg, ignôcence; provenç. innocencia, ignocencxa ; espagn. inocencia; ital. inriocengia ; du lat. innoceniia, de innocens, innocent.

INNOCENT, ENTE {i-no-san, san-t'), adj. || 1° Qui ne nuit point, qui ne fait point de mal. L'agneau est un animal innocent.Mais, seigneur, épargnez un enfant innocent, volt. Orphel. m, 2. || \\ se dit des choses dans le même sens. Lin remède, un breuvage innocent. Messieurs les régents sont si animés contre moi à cause des innocents Principes de physique qu'ils ont vus, et si en colère de ce qu'ils n'y trouvent aucun prétexte pour me calomnier, desc. Lclt. à C/ian«t,34, du t. i"del'éd. de 1724. || 2» Qui n'est point coupable, en parlant des personnes. Et le plus innocent devient souvent coupable. Quand aux yeux de son prince il parait condamnable, corn. Hor.v, 2. Il disait donc en parlant de cette prison malheureuse qu'il y était entré le plus innocent de tous les hommes, et qu'il en était sorti le plus coupable, boss. Louis de Bourbon. On eût dit que les prisons n'étaient faites que pour eux [les chrétiens, sous Dioclétien]; aussi étaient-elles tellement remplies de ces innocents coupables, qu'ilnerestaitplusde place dans les cachots pour les malfaiteurs, id. Panég. St Goryon,!. Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles ; Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles! bac. Phèdre, i,3.Que de pécheurs voluptueux et invétérés deviendraient innocents, si le long usage de la volupté tout seul lej dispensait devant Dieu d'être chastes I mass. Carême, Mot. de conv. Mon cœur est innocent, mais ma main est coupable, volt. Mérope, m, 4. || Innocent se construit avec la préposition de. On vous soupçonna même d'être coupable de sa mort. — J'en suis aussi innocent que vous, fén. Diai. des morts mod. Hichelieu, Oxenstierne. \\ Le sang innocent, le sang des personnes innocentes. Dans le sang innocent ta main va se plonger, bac. Esth. m, 3. || Substantivement. Un innocent. Une innocente. Son amour conjugal chassant le paternel Vous fera l'innocente et moi le criminel, corn. Nicom. m, 7. Dans des fleuves de sang tant d'innocents plongés, volt. Orphel. m, 3. Souvent d'aflreux soupçons l'innocent est noirci, brifpaut, Ninus II, m, 2. || 3" Qui n'est point coupable, en parlant des choses; qui ne vient point d'une mauvaise intention. Us mangeaient, ils buvaient, ils se mariaient; c'étaient des occupations innocentes; que sera-ce quand en contentant nos impudiques désirs...? boss. Mar.-Thér. Elle prêtait de nouveau l'oreille à Dieu qui l'appelait avec tant d'attraits à la vie religieuse; et l'asile qu'elle avait

tNN

choisi pour défendre sa liberté devint un piege innocent pour la captiver, id. Anne de Giinx. Traiter en vos écrits chaque vers d'attentat. Et d'un mot innocent faire un crime d'État, boil. Sat. ix. Ce qui fut innocent peut-il cesser de l'être? volt. Fanât, m, 3. On ouvrait toutes mes lettres; on empoisonnait ce qu'elles avaient de plus innocent, et les personnes qui avaient juré ma perte en faisaient des extraits odieux, id Lett. en vers et en prose, 52. Il Familièrement. Un sabre innocent, un sabre qui n'a jamais servi. Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent , bérang. Carabas. Il 4* Pur et sans malice, en parlant des personnes. Une jeune fille innocente. Il est innocent comme un enfant. Et grande, je l'ai vue à tel point innocente, Que j'ai béni le ciel d'avoir trouvé mon fait, MOL. Ec. des f.i, < . Il [l'amour] rend agile à tout l'âme la plus pesante. Et donne de l'esprit à la plus innocente, id. ib. m, 4. Lorsque le monde plus innocent était encore dans son enfance, boss. Yolande de Monlerby. Les rois, en des siècles plus innocents, furent autrefois eux-mêmes les juges du peuple, FLÉCH. Lamuign. |l Même sens, en pailant des choses. Il était dans cet âge innocent où l'on ne soupçonne point le mal. Badinage innocent. Et d'un œil innocent il couvrait sa pensée, bégnieb, Sat. m. Les premiers plaisirs qui nous ont trompés sont entrés dans notre cœur avec une mine innocente, comme un ennemi qui se déguise, boss. la Vallière. On déclare une guerre immortelle et irréconciliable à tous les plaisirs; il n'y en a aucun si innocent qu'il ne devienne suspect, id. ib. Et ses cris innocents [d'un enfant], portés jusques aux dieux, rac. Phèdre i, 6. Enfant de tant de rois, faut-il qu'on sacrifie Aux ordres d'un soldat ton innocente vie? VOLT. Orpkel. 1, 6. Oui fait, dit-on, do petits vers innocents, d'alemb. Lett. à Voltaire, 3 janv. (765. Il Jeux innocents, petits jeux de société, où l'on impose des pénitences à ceux qui se trompent. |{ Substantivement. Un innocent, une innocente, celui, celle qui est sans malice et dans l'ignorance des choses de la vie. Une jeune innocente. Quoil pour une innocente un esprit si présent! mol. Éc. des f. m, 6. Et je serai la dupe, en ma maturité, D'une jeune innocente et d'un jeune éventé I m. ib. IV, 7. Voilà ce que vaut le bon abbé; il me soulage si parfaitement do toutes sortes d'affuires, qu'il semble que je sois une innocente, sÉv. 29 janv. (680. Cette pauvre innocente a-t-olle mérité Qu'on payât son amour de tant de cruauté! regnard, Ménechm. v, 3. Il Faire l'innocent, affecter une grande simplicité, teindre d'ignorer une chose. Vous faites l'innocente, et vous ne l'êtes guère, th. corn. Baron d'Albikrac, II, < . Il 5" Simple, crédule, niais. Vous êtes bien innocent de croire ce que cet homme vous dit. || Substantivement. C'est un grand innocent. Le duc d'Orléans est un lâche et un innocent de prendre des scrupules, RETZ, IV, «6. Comment avez-vous pu si bien contrefaire l'innocente, ayant autant d'esprit que vous en avez? destouches, Fausse Agn. m, <. Oh I pour cela, dit Babet, si jamais quelqu'un a eu la mine d'un innocent, c'est vous assurément, mariv. Pays, parvenu, 3» part. Je vous prie de lui dire, pour la décharge de ma conscience, que je suis innocent [d'un madrigal sur Dorât] , et qu'il faudrait être un innocent pour me soupçonner, volt. Lett. Mme Necker, 28 déc. (767. || Un innocent fourré de malice, se dit de celui qui, paraissant doux et simple au dehors, est malicieux dans l'âme. Il 6° S. m. Un innocent, des innocents, se dit, dans le langage familier, des enfants au-dessous de l'âge de sept à huit ans. On a dépouillé ces pauvres innocents. Un pauvre petit innocent. |1 7° S. m.pl.Lea Innocents, les saints Innocents (avec un I majuscule), les petits enfants que le roi Hérode fit égorger. Le massacre des Innocents. || La fête des Innocents, ou, simplement, les Innocents, le jour, le lendemain des Innocents. || Bailler les Innocents à quelqu'un, se disait autrefois d'une plaisanterie qui consistait en ce que les plus diligents allaient, le jour des saints Innocents, surprendre les paresseux et les endormis et les fouetter dans leur lit. || 8° S. m. pi. Terme de cuisine. Pigeons nouveau-nés qu'on sert à table. Des poulets aux pistaches, des innocents aux truffes et aux olives, deux dindonneaux au coulis d'écrevisses, VOLT. Taureau blanc, 0. || 9° S. f. Innocente, espèce de robe ample et sans ceinture que les femmes portaient à la fin du xvii* siècle. Une robe de chambre étalée amplement, Qui n'a point de ceinture et va nonchalamment , Par certain air d'enlant qu'elle donne au visage Est nommée innocente, et c'est de bel usage, boubsault, Mots à la mode, se. )6.

INN

— niST. XI» s. As mnocenz vous en serez séant [en paradis], Ch. de Roi. cxiv. || xii*s. Ot |avec| saint tu seras sainz, et ot hume innocent tu seras innocent, Lib psalm. p. 2». || xiii* s. Saint etmartir, apostre et inccent Se plaiiideroient de vous au jugement, Bomancero, p. i02. Pour nient soffri [je] ennui en cest siècle, et lavé mes mains entre les innocenz, Psautier, f° 86. || xiV s. Il est tout cler que condempner l'innocent de certaine science est tele chose et est malvese de soy, supposé que elle ne fust pas deffendue, oresme, Elh. I62. Et s'il [un enfant] aloit as pûmes, enchois [avant] qu'à la monnoie. Je vous ai en convent [je vous affirme] qu'inocent le tenroie, Baud. de Scb. i, 1040. {j xv s. Aussy innocents que Judas de la mort Jésus, co- QUILLART, p. 471, dans lacurnb. Il XVI' s. Très chère sœur, si je sçavois où couche Vostre personne au jour des Innocens, De bon matin j'yrois à vostre couche.... Et si quelqu'un survenoit d'avanture. Semblant fcrois de vous innocenter, marot, m, 97. Je suis sur, dit Hircan, que je ne scandalise point l'innocent devant qui je parle, marquer. Nouv. lix. Les tuteurs ne se donnent seulement aux mineurs, mais aussy à ceux qui n'ont l'usage de leurs sens, comme à ceux qui sont naturellement muets et sourds, tous innocents, sots et autres, Nouv. coust. génér.X. i, p. (2C0. Poursuyvre et tuer une beste innocente qui est sans desfence, mont. 11, (3i.

— ÉTYM. Bourg, ignôçan ; pruvenc. innocent, ignocen; espagn. inocente ; ital. innocente ; du lat. inuocentem, de in.... 4, et nocens, qui nuit (voy. nuire).

INNOCENTÉ, ÊE (i-no-san-té. tée), part, passé d'innocenter. Innocenté par le jury.

t INNOCENTEMENTE (i-nno-tchen'-té-men'-té), adv. Terme italien de musique, qui indique un mouvement modéré et un caractère simple et sans ornements.

— ÉTYM. Ital. innocentemcnte , innocemment.

INNOCENTER (i-no-san-té), v. a. Déclarer innocent. Depuis l'arrêt du parlement qui l'innoceMte, bachabmont, Méiix. secrets, t. xxxiii, p. 4 46.

— ÉTYM. Innocent.

INNOCUITE (i-nno-ku-i-té) , s. f. Terme didaciique. Qualité d'une chose qui n'est point nuisible. L'innocuité d'un végétal, d'un breuvage.

— ÉTYM. Lat. innocuus, de in.... 4, et nocere, nuire (voy. nuire).

INNOMBRABLE (i-non-bra-bl'), adj. Qui rv. se peut nombrer. Vous m'avez établi roi sur votic grand peuple qui est aussi innombrable que la poussière de la terre, saci, Bible, Paralip. 11, i , 9.|| Pur exagération. Non-seulement elle conservait, mais encore elle augmentait le peuple de Dieu ; les conversions étaient innombrables, BOSs. Reine d'Anglcl. Lui seul.... Dissipa devant vous les innombrables Scythes, rac. Esth. m, 3. Je leur parlai des calamités et des crimes innombrables qui couvrent cet excellent monde, volt. Dict. phil. Monde. Ces animaux [les morses], comme l'on sait, vont en trèsgrandes troupes, et ils étaient autrefois en quantité presque innombrable dans plusieurs endroits des mers septentrionales, bufp. Quadrup. t. xi, p. 427.

— REM. Du temps du cardinal du Perron et de M. Coëffeteau, on disait toujours innumérable et jamais innombrable ; maintenant tout au contraire, on dit innombrable! et non pas innumérable, vaugel. Rem. not. Th. Corn. t. i, p. 412, dans pougens. Montaigne disait innumérable.

— HIST. xiV s. Feux boutés, arsins [incendies] et autres crimes innombrables, Bibl. des chart. 5' série, t. i, p. 8I. Mal peut estre fait en manières infinies et innombrables, ORESME, Eth. 40.

— ÉTYM. In.... 1, 6inombrer.

INNO.MBUABLExMENT (i-non-bra-ble-man), adv.

D'une manière innombrable.

— HIST. xv s. Innombrablement, andré de la vigne, Voy. de Nap'.es de Ch. VllI, p. 1 43, dans lacurnk.

— ÉTYM. Innombrable, et le suffixe ment. INNOMÉ, ÉE, adj. Voy. INNOMMÉ.

INNOMINÊ, ÉE (i-nno-mi-né, née), adj. Terme d'a-

natomie. Qui n'a point de nom. Ëpithètedonnéeàdifférentsorganes: les os innominés, les os iliaques; l'artère innominée,unedesgrandesartèresdu corps, etc.

— IIIST. xvi' s. Les trois os innominés [cunéiformes] du tarse, paré, iv, 38.

— ÉTYM. Lat. innominalus, de in.... 4, et nominatus, part, de nominare, nommer.

t INNOMMABLE (i-nno-ma-W) , adj. Qui ne peut pas être nommé; pour qui l'on ne saurait trouver un nom.

— HIST. XVI' s. Nous trouvens en Lucian qu'un juge appella en jugement un pour l'avoir noninic par sou nom, pensant ce juge, depuis qu'il estoit

INN

INO

INO

consacré , demeurer innomable et mnpppilable , BOi;cnuT, Serées, liv. i, p. 363, dans lacur.ne.

— ÊTYM. M.... I, etnommer.

INNOMMÉ, ÉE (i-nno-mé, mée), adj. Qui n'a pas reçu de nom. || Terme de droit romain. Contrats innommés, contrats qui n'ont point do dénomination particulière, tels que ceux où l'un promet de faire, et l'autre de donner, etc. L'engagement d'un domesti'iue est un contrat innommé. U [le demandeur] évite ce danger en exerçant une action innommée..., qui sadapte à un nombre infini de contrats innommés; car, indépendamment des contrats spéciaux ou contrats nommés qui ont chacun leur action, il y a contrat et obligation par suite de toutes conventions qui renferment une cause licite, du- CAURROY, Inslitules expliquées, 6* éd. n" <069.

— HEM. L'Académie i cril innomé par une seule m; c'est une faute, le mot venant de nommer. Ducaurroy, Instilutes expliquées, écrit partout innommé.

— iilST. XIV* s. Et aussi les vices sont innommez,

ORES.ME, Eth. 49.

— KTVM. In.... >, et nommé.

INNOVATEUR (i-nno-va-teur) , s. m. Celui qui innove. || On le dit aussi au féminin. C'est une innovatrice. ||Adj. Qui tend à innover. Pouvoir innovateur.

— ÉTYM. Lat. innovatorem (quicherat, Addenda), de innovare, innover.

INNOVATION (i-nno-va-sion ; en vers, de cinq syllabes), î. /". || 1* Action d'innover; résultat de cette action Le fait qu'il articule le plus nettement, c'est la prétendue innovation de Paschase Radbert, boss. Var. 2' inslr. pasior. § 8 1. Il [le peuple] s'apaisera bientôt quand il verra d'une manière à n'en pouvoir douter que coite innovation a pour but principal et très-certain de le rendre plus heureux qu'il n'est, vaucan, Dimc, p. 209. Toute innovation est à craindre dans un gouvernement; la plus sainte et la plus douce dos religions, le christianisme même ne s'est pas affermi sans causer quelque trouble, didir. Pens. phil. n" 43. Il en est de l'art de cultiver comme des manufactures; il n'y a point d'innovations sans avances, sans risques, coNDORCET, Duhamel. Les innovations peu importantes ne sont pas toujours celles qui soulèvent le moins les ennemis de la nouveauté, m. Vie de Voltaire. Tu entendras murmurer autour de toi : cela ne se peut, et, quand cola se pourrait, ce sont des innovations; des innovations! soit; mais tant de découvertes dans les sciences et dans les arts n'en ont-elles pas été? raynal, Hist. phil. iv, I8. Il 2° Terme de botanique, applicable à la ramification des hépatiques (cryi togames) caulescentes. L'innovation est la continuation de la tige par le développement d'un bourgeon.

— HIST. xvi" s. U combatoit pour remuer et faire des innovations en Testât de la chose publique, AMïOT, Mar. 76. Dont resulteroiont nouvelles et infinies occasions de nouveaux erreurs, et innovation [renouvellement] de plusieurs anciens, M. DU BfXLAY, 1 83. Rien ne presse [ne met à mal] un estât que l'innovation ; le changement denne seul forme à l'injustice et à la tyrannie, mont, iv, 82.

— ÊTY.M. Provenç. ennoracio; esp. innovacion; ital. innovaiione; du lat. innovatioiiem, de innovare. innover.

INNOVÉ, ÉE (i-nno-vé, vée),part. pa^s^ d'innover. Los institutions Innovées. Il n'est rien innové en tel point.

INNOVER (i-nno-vé), V. a. || 1° Changer par esprit et désir de nouveauté. Je n'entreprends pas do faire im traité entier de l'orthographe et de la prononciation, et me contente d'aioir donné ce mol d'avis touchant ce qui a été innové, corn. Préf. de : le Thédlre de P. Corn. édit. de <082. Laissez votre vocabulaire. Abandonnez votre grammaire, N'innovez ni ne faites rien Kn la lai gue, et vous ferez bien, ménage, UequHe des dict. à l'Acad. Par ce moyen, on n'innovait rien à Constanlinople, mais on n'avait pas plus innové à Nicée, bo.'^s. )•' avert. g 30. Il Absolument. Introduire des nouveautés, des changemenis. Quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs : c'était un dégoilt secret do tout ce qui a de l'autorité, et une démangeaison d'innover sans fin, après qu'on en a vu le premier exemple, boss. Ueine d'.lnulet. || 2° Introdui"-? par innovation (sens qui a vieilli). Les riches crièrent hautem^^nt, quand T. Gracchus voulut leur (airo rendre des terres acquises contre la loi, qu'on innovait un département [partage] d'héritages qui allait mettre la républi(iue en combustion, st-héal, Coftjur. des Gracques.

"• UIST. XVI' s. Minerve eut les premiers sente-

^ICT. DE LA LANGUE FRANÇAtSB.

ments D'innover [inventer] basions de guerre, J. MAROT, v, 209. Il ne faut pas innover à chacune fois ni à tout propos pour Icgiere chose, calv. Inst. 969. L'appctit et convoitise de tout innover, changer et remuer, id. ib. 1197. Le premier article estoit de faire envers le roy, qu'il promist de ne rien innover en Italie, M. du bellav, <S2. Le maniement et employte des beaux esprits donne prix à la langue, non pas en 1 innovant tant comme la remplissant de plus vigoureux et divers services, l'estirant et ployant, mont, m, 353.

— ÉTYM. Provenç. et esp. innotar; itaL innovare; du lat. innotare, de in.... 2, et noiarCj renouveler, de nofui, neuf.

t INO (i-no). \\i'S. f. Dans la mythologie grecque, fille de Cadmus, honorée comme déesse marine sous le nom de Leucothée. || 2" S. m. Terme de zoologie. Papillon de jour.

t IXOBÉISSANCE (i-no-bé-i-san-s") , s. f. Défaut d'obéissance.

— ÉTYM. In.... 1, et obéissance. On a dit inobedience : Inobedience destruit telle amistié, oresme, Thèse de mecnifr.

t INOBSERVABLE (i-nob-sèr-va-bl') , adj. Que l'on ne saurait observer. Phénomènes inobservables. Il Fig. Préceptes inobservables.

— ETYM. Lat. inobservabilis, de in.... l, et observabilis, observable.

t INOBSERVANCE (i-nob-sèr-van-s'),s.^. Manque à observer les prescrip ions religieuses ou morales ou hygiéniques, etc. Los inobservances deviennent une manière d'apostasie, qui ne saurait plus trouver d'excuse que dans un cœur ingrat et infidèle, mass. Profess. relig. 2. Il n'est que l'impossibilité qui puisse en justifier l'inobservance, iD. Carême, Jeûne.

— ETYM. Lat. inobserianlia, de in.... i, et observantia, qui vient de observare, observer.

INOBSERVATION (i-nob-sèr-va-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de ne pas observer, de ne pas se conformer à. Linobseivation des règlements. L'auteur dos lus ituts au droit criminel compte parmi les crimes de lèse-majesié divine au second chef l'inobservation des fêles et des dimanches, volt. Dict. phil. Blasphème.

— HlST. XVI' s. M. l'admirai se douta tousjours de l'inobservation d'icelle [paix], langue, C35.

— ÉTYM. In.... I, et obseriation.

t INOBSERVÉ, ÉE (i-nob-sèr-vé, vée), at/j. Qui n'a pas été observé. Que de faits inconnus, inobserves ' La fièvre à rechute, fièvre inob.servte jusqu'à ce jour.

— ÉTYM. Lat. inobservatus, de in.,., i , et observatus, observé.

t INOCCUPATION (i-no-ku-pa-sion), t. f. État d'une personne inoccupée.

— ÉTYM. In.... i, et occupalion.

INOCCUPÉ, ÉE (i-no-ku-pé, pée), adj. Qui n'est

pas occupé. Une vie inoccupée. L'homme inoccupé, c'est-à-dire livré à la seule considération de son être personnel, iferc. de (7I7, dans de.-fontaines. H En parlant des choses. Qui n'est pas occupé, tenu. Place inoccupée.

— ÉTYM. In.... I, ei occupé.

IN-OCTAVO (i-no-kla-vo), adj. invariable. Terme d'imprimerie et de librairie. Foimat in-octavo, format où la feuille est plice en huit feuillets, et a seize pages. Livre in-octavo. Des volumes iu-octavo. Quoi I mes couplets, encore une sottise! Osez-vous bien paraître in-octavo? dérang. ln-»'.\\ S. m. Un in-octavo. || On écrit aussi in-S". ||J«piur.jDes in-octavo.

— ÉTYM. In, en, et ociavus, huitième, de oclo, huit. [ INOCULABILITÉ (i-no-ku-la-bi-li-té) , s. f.

Terme de médecine. Propriété que possèdent certaines humeurs altérées d'être inoculées, de transmettre à d'autres par inoculation l'état dans lequel elles se trouvent.

t INOCULABLE (i-no-ku-Ia-W), adj. Qui est susceptible d'être inoculé. Maladies inoculables, les maladies virulentes.

INOCULATEUR, TRICE (i-no-ku-la-tour, tri-s'), s. m. et f. Ternie de médecine. Celui, celle qui fait l'opération de l'inoculation. Vous voyez que la famille des Tronchin est dévouée aux arts; mais l'auteur aura des succès moins brillants que l'inoculatcur: il vaut mieux suivre Esculapo qu'Apollon, volt. Lelt. d'Ârgental, 4 juin I750. Aucun inoculateur, en Europe, n'était plus célèbre, aucun n'avait été .si heureux, condorcet, Tronchin. || Àdj. L'impératrice de la vaste Russie, en essayant sur elle-même l'inoculation qu'elle préparait à son fils unique, en faisant parcourir tous ses États par des chirurgiens inoculateurs, a sauvé la vie au quart de ses peuples, volt. Fraym. sur l'hist. art. xxiii. il Inoculatrices, nom donné aux femmes grecques qui apportèrent ou

renouvelèrent la pratique de l'inoculation à Constantinople.

— ETYM. Lat. inocuTatorem, celui qui greffe, da inoculare (voy. inoculer).

INOCULATION (i-no-ku-la-sion; en vers, de six syllabes), s. f. |{ l'Action de communiquer artificiellement une maladie contagieuse, en en introduisant le principe matériel dans le corps. L'inoculation da la petite vérole, du vaccin, de la morve. || 2° Absi lument. L'inoculation, l'inoculation de la petite vérole. L'inoculation passa de Constantinople k Londres en 1721 et à Paris en 1755. L'inoculation, qui était fort utile, a été abandonnée pour la vaccine. L'inoculation fut annoncée en France par une lettre d'un docteur en médecine adressée à M. Dodard, premier médecin du roi, et imprimée à Paris en 1723, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 393, dans pougens. Même lorsque le médecin Mead fit en Angleterre les premières expériences de l'inoculation, en 1721, il la tenta à la manière chinoise sur un des sujets qu'on lui donna, et elle réussit, volt. Fragm. sur l'hist. art. xxiii. La feue reine d'Angleterre fit essayer l'inoculation de la petite vérole sur quatre criminels, id. Diatr. Doct. Akakia. La mort du duc de Parme est une belle leçon de l'inoculation; son fils, qui a eu la petite vérole artificielle, est en vie; et le père, quia négligé cette précaution, meurtà la fleur de son âge, id. Lelt. Riihetieu, 30 juillet 1765. L'usage de l'inoculation, si nécessaire pour conserver la beauté, est ancien et pratiqué avec succès en Arabie, bufp. Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 281. Que dites-vous de ce bel arrêt du parlement de Paris pour consulter la faculté da théologie sur l'inoculation, cette même faculté qu'il a déclaré ne pouvoir être juge en matière da sacrements? d'alemb. Lelt. à Voltaire, 7 aoilt 1763. L'inoculation du roi et de la famille royale, à laquelle on était bien loin de s'attendre il y a un mois, prouve que la raison est écoutée, et donne tout à la fois bon ejpoir et bon exemple, id. Lctt. au roi da Prusse, I" juill. 1774. En 1756, M. Tronchin fut appelé à Paris pour l'inoculation des enfants da M. le duc d'Orléans, condorcet, Tronchin. \\ 3" Fig, Transmission , propagation d'idées , d'opinions. L'inoculation des doctrines hérétiques fut trèsprompte au XVI" siècle.

— ETYM. Lat. inoculationem, action de greffer, de inoculare (voy. inoculer).

INOCULÉ, ÉE (i-no-ku-lé, lée), part. pofs^ d'inoculer. Il !• Transmis par inoculation. Un virus inoculé. Il 2* Qui a reçu un virus par inoculation, et en particulier celui delà petite vérole. Les personnes inoculées. Il Substantivement. 11 leur dit que de compte fait il n'était mort que deux personnes en Angleterre sur deux cent mille inoculés : encore ces deux morts avaient-ils été <langereusement malades avant l'opération, volt. Fragm. sur l'hist. art. xxiii.

INOCULER (i-no-ku-Ié), t'. a. || 1" Transmettre par inoculation un virus ou principe matériel de maladie. Inoculer le virus vaccin, le virus variolique. Il S'inoculer, inoculer à soi-même. S'inoculer le virus variolique. || Absolument. Inoculer la petite vérole. L'histoire n'omettra point que le roi, son petit-fils [de Louis XV], le comte de Provence et le comte d'Artois, frères de Louis XVI, tous trois dans une grande jeunesse, apprirent aux Fiançais, en se faisant inoculer, à braver le danger pour éviter la mort, VOLT, ioui's XV, 4i. La petite vérole vous a chassés ; voilà ce que c'est de ne pas faire inoculer tous les petits garçons et toutes les petites lillcs d'un pays, à l'oge de sept ans, id. Lctt. d'Argental, 29 août 1702. Le premier usage que Lieutaud fit de sa place [de premier médecin] fut da donner au roi [Louis XVI| le conseil do se faire inoculer, CONDORCET, Lieulaud. Tôt ou tard un poisin [le virus de la petite vérole] dans les veines circule, Qui défigure ou tue. — Oui, mais on inocule, collin d'hahlkv. l'Oplimitte, m, 9. || Fig. Les mauvais livres inoculent les mauvaises doctrines. || 2° Communiquer à quelqu'un par inoculation un principe matériel de maladie. Inoculer un enfant. Je crois que Mme la comtesse d'Egmont a eu la petite vérole; c'est bien dommage ; sans cela, nous l'inoculerions, et nous lui donnerions des fêtes volt. Lctt. Uichelieu, 22 juin 1763. || 3" S'inoculer, v. réft. Être inoculé, transmis par inoculation. Le vaccin s'inocule de bras à bras. || Se faire à soi-même l'opération de l'inccubtion. Il prit du virus, et s'inocula lui-même. Il Par extension, contracter volontuirement la petite vérole. En me ra[ipelanl la manière dont il baisait sa main [de Julie, malade de la petite vé;ole|, je ne puis douter i|u'il n3 se soit inoculé volontairement, >. I. nouss. Ilél. m, H.

Il — 14

INO

— ÊTYM. Lat. inocidare, greffer en écusson, de in, en, et oculus, œil, liourgeon.

INOCULISTh (i-no ku-li-st'), s. m. Terme vieilli. Partisan de l'inoculation. On disait, dans le sens contraire, anti-inoculiste.

— ÊTYM. Inoculer.

IXODORE (i-no-do-r") , adj. Dépourvu d'odeur. Gaz inodore. Fleurs inodores. Il Dont on a fait disparaître la mauvaise odeur. Fosse inodore. Cabinet inodore.

— ÉTYM. Lat. tnodoruj, de tn.... <, et odorus, odorant, qui vient de odor, odeur.

t INODCLAIUE (i-no-du-lê-r'J, adj. Terme d'anatomie patliologitjue. Tissu inodulaire, tissu fibreux accidentel qui, se développant dans les plaies en suppuration, forme le tissu des cicatrices.

— ÉTYM. Inodulaire et inodule sont de la création du chirurgien Delpecli (Dequelquesphénom. de l'infl. p. 378); il n'a pas dit comment il les a composés. Ces mots semblent formés du grec IvwSr,;, fibreux, et ûXri, substance ; mais alors il faudrait dire inodyle, inodylaire.

mOFFENSIF, rVE (i-no-fan-sif, si-v*), adj Qui ne fait d'oiïense, de mal à personne. Un espiit,un homme inoffensif. Un animal inoffensif. || Même sens, en parlant des choses. Une plaisanterie inoffensive. La gaieté vraiment inoffensive est celle qui appartient seulement à l'imagination, stael, Corinne, vu, 2.

— ETYM. In.... i, et offensif.

+ INOFFENSIVEMENT (i-no-fan-si-ve-man), adv. D'une manière inoffensive.

t INOFFICIEL, ELLE (i-no-fi-si-H, è-l'), adj. Qui n'est pas officiel. Communication inofficielle.

— ÉTYM. In.... t, et officiel.

tlNOFFIClELLEMENT (i-no-fi-si-è-le-man), adv.

D'une manière inofficielle. Le gouvernement [anglais] a inofficiellement fait sjivoir à l'Autriche qu'il était d'avis.... Journal des Débats, <4 juin <806.

ISOFFICIEUX, EUSE (i-no-fi-si-eû, eû-z'), adj. Terme de jurisprudence. Ne se dit guère que des testaments et des donations. Te.stament inofficieux, celui où l'héritier légitime est déshérité sans cause par le testateur. |1 Donation inofficieuse, celle par laquelle un des enfants est avantagéaux dépens de la légit me des autres.

— HIST. XVI' s. Inofficieux, cotgrave.

— ETYM. Lat. inofficiosus, de in.... i, et ofjieio^us, officieux.

INOFFICIOSITÉ (i-no-fi-si-ô-zi-té), t. f. Terme de jurisprudence. Qualité d'un acte inofficieux. || Action d'inofficiositc, action intentée contre un testament inofflcieux, une donation inofficieuse, etc. Il Querelle d'inofficiosité, plainte de testament inofficieux.

— HIST. xvi* s. Inofficiosité, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. inofficiositatem, de inofficiosus, inofficieux.

t INOMISSIBLE (i-no-mi-ssi-bl'), adj. Qui ne peut pas êt:'3 omis. Voix [dans un conseil] nécessaire, délibérative, inomissible, st-sim. 398, \19.

— ÊTYM. In { , et le lat. omillere, omettre.

INONDATION (i-non-da-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. f. || 1" Action d'inonder. Il ne me parla que des réparations de sa maison, des inondations do la Seine, et sur le tout me dit que j'étais bien heureux d'avoir tant d'esprit, scaruon, LetL Œuv. t. i,p. 239. L'inondation ne commence en Egypte que vers le (7 de juin, buff. Uist. nat. Preuv. th. terr. Œuv. t. ii, p. 83, dans poucens. Le Nil n'est pas le seul fleuve dont les inondations sont périodiques et annuelles, in. ib. p. 84. Celui [déluge] de Deucalion n'est que d'environ quinze cents ans avant l'ère chrétienne, et celui d'Ogygcs de dix-huit cents ans; tous deux n'ont été que des inondations particulières dont la première ravagea la Thessalie, et la seconde les terres de l'Attique, id. 6" époq. nat. CEuv. t. xii, p. 29t.[|Fig. Les grandes âmes ne sont pas celles qui aiment le plus souvent ; c'est d'un amour violent que je parle ; il faut une inondation de passion pour les ébranler et les remplir, PABC. Amour. || Faire des inondations autour d'une place, lâcher les eaux autour d'une place pour arrêter l'ennemi. Il couvrit d'inondations les passages par où les Français pouvaient pénétrer dans le reste du pays, volt. Louis XIV, 4 0. Il 2° Les eaux débordées. L'inondation couvrait une immense étendue de pays. || 3° Fig. Afflux considérable de troupes armées ou non. On voit commencer l'inondation des barbares, boss. fli'sl. i,)o. Il fallait un prince dont les États pussent d'un côté commi::niquer à l'Italie, et de l'autre résister aux inondations des Turcs, volt. Moeurs, 4 20. || Afflux de choses, quelles qu'elles soient. Disons ua mot

INO

de Mme Rciiiié [rcirchande de modes qui venait demander de l'argent à Grignan].... mais comment vous serez-vous tirée de ses pattes et de ces inondations de paroles où l'on se trouve noyée, abîmée? sÉv. 26 oct. <689. La mortalité introduite par le péché a attiré sur le genre humain cette inondation de maux, cette suite infinie de misères.... boss. Concupisc. 3. Ces peines prescrites par l'Église ont été modérées, et dès là l'inondation des vices a commencé, bourdal. Pénitence. 2' Av. p. 503. Il y eut alors [lors de la banqueroute du P. la 'Valette] une inondation de brochures et autant d'injures de part et d'autre qu'il y avait de jésuites en France, VOLT. llél. lin. llonnêt. litlér. 7.

— HIST. xtii* s. Il i sauveroient lor vies De la grant inundacion, Cum fist jadis Deucalion, la Rose, > 7799. Il XIV* s. Inundaciuns ou subversions des cités ou corrupcion de l'air, obesme, Eth. 88. [|xvi' s. Le sens auditif est pour recevoir les dites inondations [ondes sonores] ou circuitions, paré, iv, lO. Lorsque la tumeur s'csleve en pointe, et que l'on sent une inondation ou fluctuosité à la partie.... ID. v, (0.

— ÉTYM. Provenç. inondacion; espagn. inundasion; ital. inondazione; du latin inundationem, de inundare, inonder.

INONDÉ, ÊE {i-non-dé, dée), part, passi d'inonder. Il 1° Couvert par une eau qui déborde ou afllue. Les prairies inondées par la rivière. Il n'y avait plus de conquêtes à faire dans un pays inondé, volt. i.JIK, to. Il Terme de botanique. Plantes inondées, plantes qui, suivant la saison, vivent couvertes d'eau ou à sec. Il 2" Couvert de multitudes qui se répandent. D'armes et d'ennemis ces champs sont inondés, VOLT. Ah. m, 6. Il 3° Fig. Rempli de tout ce que l'on compare à une inondation. L'Angleterre se voit inondée par l'effroyable débordement de mille sectes bizarres, boss. Heine d'Anglel. Que mille objets charmants X vos sens inondés d'ineffables délices Offrent d'éternels aliments! c. delav. Paria, iv, 7. Posez-moi, sans jaune immortelle, Sans coussin de larmes brodé, Sur mon oreiller de dentelle De ma chevelure inondé, th. okm\Ki^, Émattx et camées, Coquetterie posthume. |[ 4° Substantivement. Celui qui a souffert d'une inondation. Quêter pour les inondés. Nous allons créer une classe d'affligés qui nous appartiendra, celle des inondés du Borysthène, beybaud, Jérôme Paturot, ii, B. |[ 6' S. m. Oiseau du genre des queues-aiguës.

INONDER (i-non-dé), ». a. || 1° Couvrir d'eau. On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces heux d'un déluge nouveau, boil. Sat- VI. Il Pratiquer une inondation. On ouvrit les écluses, et on inonda la prairie. || 2° Par exagération. Mouiller beaucoup. J'ai reçu l'averse ; j'ai été inondé. La sueur l'inondait. Ah! le voici; les pleurs inondent son visage, volt. Àlz. v, 4. Ses pleurs l'inondaient, et sa voix ne laissait échapper que des mots entrecoupés, cuateaube. Atala, Le drame. \\ 3" Inonder de sang, faire périr beaucoup de personnes. Thèbes, avec raison, craint le règne d'un prince Qui de fleuves de sang inonde sa province, Rvc. Théb. IV, 3. Il ne reste que moi de ce sang glorieux Dont ton père et ton bras ont inondé ces lieux, volt. Zaïre, V, 10. Il Le sang inonda Rome lors des proscriptions, beaucoup de personnes y furent mises à mort. | [ 4" Fig. Il se dit des multitudes qui se répandent. Du temple, orné partout de festons magnifiques. Le peuple saint en foule inondait les portiques, rac. Ath,. i, 1. Ils savent que, sur eux prêt à se déborder. Ce torrent, s'il m'entraîne, ira tout inonder, id. Uithr. m, I . La désolation de la Perse redoublait de tous côtés ; les Turcs l'inondaient du côté de la Géorgie, l'ancienne Colchide, volt. Mœurs, (93. Les Autrichiens disent qu'ils inonderont la France avec cent mille hommes l'année qui vient; je n'en crois rien du tout, m. Lett. d'Argental, nov. 1 742. Je découvrais la multitude qui inondait la place, et j'étais à portée d'entendre la lecture de la bulle In cœna Domini, DUCLOS, Voy. Ital. Œuv. t. vu, p. (67, dans PÛUGENS. Tel était à peu près l'état des choses en Egypte, lorsque cette contrée fut Inondée de Grecs et de barbares qui y entrèrent à la suite d'Alexandre, DIDEROT, Opin. des anc. phil. (Égyptiens.) |{ Il se dit dans le même sens de ceux qui répandent les multitudes. Xercès avait inondé le pays d'un si grand nombre dhommes et d'animaux qu'ils avaient tari les fontaines, valgel. Q. C. ni, (o. || 5° Par une autre métaphore, il se dit de toute chose qui, affluant, couvre et envahit. L'idolâtrie qui inondait tout le genre humain, boss. Uist. u, 3. Un torrent de fausses opinions inonda toute l'Angleterre, pléch. Commendon, i, (0. Tout cela s'engloutit dans le torrent des sottises dont on est inondé, volt. Lett.

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ilfme du Deffant, * j\i\\\. 4772. Abl mon révérend père, apprenez-nous comment le mal inonde toute la terre, m. Uist. d'un bon bramin. J'ai été inondé do lettres de Paris, m. Lett. d'Alembert, lO août (776. C'est à vous à m'inonder de nouvelles, ID. Lett. en vers et en prose, i3. Conçois-tu quelle ivresse inondera mes sens? c. delav. Paria, v, 3. Quand l'astre à son midi, suspendant sa carrière, M'inonde do chaleur, de vie et de lumière, lamart. Ucdit. i, 46. D'où me vient, 6 mon Dieu, cette paix qui m'inonde? ID. Uarm. l, 5. Tristesse qui m'inonde, Coule donc de mes yeux ; Coule comme cette onde Où la terra féconde Voit un présent des cieux ! id. ib. IV, 5. [| Il se dit semblablement de ceux qui procurent cet afflux. Je ne m'étonne pas si ces hérétiques triomphent, ni s'ils inondent de leurs écrits artificieux toute la face de la terre, boss. i" averl. § 47. Il va nous inonder des torrents de sa plume, BoiL. Lutr. IV. Il 6° F. n. Affluer comme une eau (emploi qui vieillit). C'est son sang innocent [de Jésus] qui fait inonder sur nous les trésors des grâces célestes, boss. i' serm. Compassion de la Ste y^ierge, 4. Voyant du haut de sa croix combien l'àme de sa mère était attendrie, et que son cœui ébranlé faisait inonder par ses yeux un torrent de larmes amères, id. ib. 2. Cette bouche divine [de Jésus] de laquelle inondaient des fleuves de vie éternelle, lo. i" sermon,Pâques,i. || Inonder est présentement toujours actif, et c'est mal parler que de dire : le Pô qui avait inondé sur les terres voisines, Acad. Observât, sur Yaugelas, p. 664, dans pougens. Il 7" S'inonder, v. réfl. Se faire à soi-même une inondation. Les Hollandais aimèrent mieux s'inonder de leurs propres mains que de se soumettre à Louis XIV. Il Fig. Et chacun tour à tour s'inondant de ce jus [le vin]. Célébrer, en buvant, Gilotin et Bacchus, BOIL. Lutr. m. \\ Être inondé. Les plaines de la Hollande s'inondèrent facilement.

— HIST. XII' s. Il [Dieu] ferit la pierre, e decururent ewes, e li doit [les fontaines] eniinderent, Liber psalm. p. 4 ce. E mes rujemenz [rugissement] est aisi com aiwes [eaux] enundanz. Job, p. 470. Il XIII' s. Lors croist li Aura dou Nile et inonde la terre d'Egypte, brun. lat. Trésor, p. 4 53.

— ÉTYM. Génev. inondé, inondé; du lat. inundari': île tn, en, et unda, onde.

] INOPÉRABLE (i-no-pé-ra-bl'), adj. Que l'on ne peut opérer. Cancer inopérable.

— ÉTYM. In.... 4, et opérer.

t INOPEXIE (i-no-pè-ksie), s. f. Terme de physiologie. Coagulation de la fibrine.

— ÊTYM. "Iç, tvô;, fibre, et ii?i5t(;, coagulation. INOPINÉ, ÉE (i-no-pi-né, née), adj. Sur quoi on

n'avait pas d'opinion, à quoi on ne songeait pas. Accident inopiné. Bonheur inopiné. Et nous cachant aiasi ta mort inopinée, corn. Ilor. v, 4. La mort, qui s'avançait pas à pas, arrive, imprévue et inopinée, poss. Sermons, Impénit. finale, préambule.

— HIST. xvr s. Aussi doyvent-ils prendre do bonne part les corrections inopinées, qui les rendent plus prudens pour n'y retomber, langue. 328.

— ÈTY.M. Lat. inopinalus, de tn....4, etopman, opiner, penser.

INOPINÉMENT (i-no-pi-né-man), adv. D'une manière inopinée. Ô ciel I de quel poison Sens-je inopinément attaquer ma raison? botr. Yencesl. ii, 6. Hélas 1 que deviondrai-je ? et que dira le père. Lorsque inopinément il saura cette affaire? mol. Éc.desf.y, 4. Quehjue charge que l'on vous donne, jamais vous ne cesserez de prétendre ; ce que vous croyez la fin de votre course, quand vous y serez arrivés, vous ouvrira inopinément une nouvelle carrière, Boss. Sermons, Impénit. 2. Ils finissent enfin, et rencontrent inopinément un avenir qu'ils n'ont ni craint, ni espéré, la bmuy. xi. Pour ne pas tomber inopinément dans le gouffre, mass. Carême. Mort.

— HIST. xvr s. Les premiers, ne connoissans pas les pièges, s'y prennent inopinément, et les seconds, les apercevans de loin, les vont cercber pour les briser, langue, 438. Le juste estonnement qu'apportoit à ces nations là [d'Amérique] de veoir arriver si inopinéement des gents barbus, mont, iv, 43,

— ÉTYM. Inopiné, et le suffixe ment.

INOPPORTUN, UNE (i-no-por-tun, tu-n'), adj.

Qui n'est pas opportun, à propos. Un moment inopportun. Mesure inopportune.

— ÉTYM. Lat. inopportunus, de in..., 4, et opportunxis, opportun.

t INOPPORTUNÉMENT (i-no-por-tu-né-man), adv. D'une manière inopportune.

— HIST. XVI' s. Convier inopportuueement, MONT. I, 99.

INOPPORTUNITÉ (l no por tu-ni-té), s. f. Qualité

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de ce qui n'est pas opportun. L'inopportunité d'une démarche. Dans les débats parlementaires, l'inopportunité d'une interpellation.

— ÉTYM. Lat. inopporlunitatem (gnicnERAT, Addenda), de inopportunus, inopportun.

INORGANIQCE (i-nor-ga-ni-l£'), adj. || 1° Terme d'histoire naturelle. Qui n'est pas organisé, par opposition aux corps organisés, c'est-à-clire vivants. Nous pouvons supposer avec vraisemblance qu'il est deux genres d'éléments ; les éléments premiers ou inorganiques ; les éléments seconds ou organiques, BONNET, Consid. corps, org. Œuv. t. v, p. <66, dans poiGENS. || Corps inorganiques, ceux dont chaque molécule représente un individu complet, et où toutes les conditions d'existence sont uniquement soumises à des lois mécaniques, physiques et chimiques. Il Règne inorganique, ensemble des corps bruts ou dépourvus d'organisation, qu'on appelle des minéraux. || 2° Terme de grammaire. Lettre, signe inorganique, lettre, signe qui n'appartient pas à la constitution essentielle et primitive du mot. Dans hurler, venant du lat. ululare, l'h est inorganique.

— ÉTYM. In.... t, et organique.

t INORGANISABLE (i-nor-ga-ni-za-W), adj. Qui

ne peut êire organisé.

— f.TYM. In.... t, et organiser.

t INORNÉ, ÉE (i-nor-né, née), adj. Qui est dépourvu d'ornements. Chambre inornée. Discours inorné.

— ÉTYM. In.... I, et orné.

t INOSATE (i-no-za-f), s. m. Terme de chimie.

Sel formé par l'acide inosique. Inosate de potasse, principe immédiat existant dans le tissu musculaire <les mammifères.

t INOSCOLATION (i-no-sku-la-sion), s. f. Terme d'anatomie. Synonyme d'anastomose. || Il signifie aussi l'abouchement des deux bouts d'un vaisseau divisé en travers, avec conservation du calibre après la cicatrisation.

— ÉTY.M. M.... 2, et le lat. osculari, baiser, de osculum, petite bouche, diminutif de oî, orù(voy. oral).

t INOSIQUE (i-no-zi-k'), adj. Acide inosique, acide trouvé par Liebig dans la chair musculaire.

— ÉTYM. "I;, Ivè;, fibre.

■)• INOSITE (i-no-zi-f) , i. f. Terme d'anatomie.

Substance qui a d'abord été trouvée dans les muscles et que sa composition a fait classer parmi les sucres.

— ÉTYM. 'Iç, !vo;, fibre, t INOSTÉATOME (i-no-sté-a-to-m'), s. m. Terme

de médecine. Sorte de tumeur, formée de corpuscules graisseux et de masses de fibres.

— ÉTYM. "I;, lv4î, fibre, et stdatome.

t INOSURIE (i-no-zu-rie), s. f. Terme de médecine. Passage de l'inosite dans l'urine.

— ÉTYM. Inosite, et oîipov, urine, t INOUBLI A BLE (i-nou-bli-a-bl') , adj. Qui ne peut

Être oublié. Longtemps et souvent interrompues, quelquefois pour le service de l'Église et le Vôtre, ces études ont été naguères reprises à la voix de Votre Sainteté, lorsque, au milieu de l'enthousiasme inoubliable qui saluait son avènement, Elle proclama, dans une encyclique célèbre, les devoirs et les droits dos ordres religieux, montaleubeht, les Moines d'Occident, t. i, Dédicace.

— ÉTYM. In.... I, el oublier.

INOUÏ, ÏE (i-nou-i, ie), adj. || 1' Qu'on n'a pas

ouï. Cette façon de parler est sans doute de quelque province de France; car elle est inouïe à la cour, et même il ne me souvient pas de l'avoir ouï dire dans les villes, vaugel. Item. t. ii, p. 003, dans POL'GENS. Il 2° Dont on n'a jamais ouï parler. Que, lorsqu'il n'y avait point d'exemple de quelque chose, il en fallait faire; que ce qui était inouï ne le serait plus quand il serait fait, balz. De la cour, !• dise. Il est beau de tenter des choses inouïes, coni». Sertor. iv, 2. Et qui croira qu'un cœur si grand en apparence.... Trame une perfidie inouïe à la cour? RAC. Brit. m, 6. Le prix est sans doute inouï, Jamais d'un tel honneur un sujet n'a joui, m. Esth. II, c. Est-ce donc un prodige inouï parmi nous? id. Phèdre, iv, o. Les grands et le peuple lui rendent des honneurs jusque-là inouïs, mass. Carême, Pécheresse. Ah! quels noms inouïs lui donnez-vous,

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seigneur! volt. Fanât, i, 2. Le czar, se ré.servant pour tous domestiques un valet de chambre, un homme de livrée et un nain, se conlondait dans la foule; c'était une chose inouïe dans l'histoire du monde, qu'un roi de vingt-cinq ans qui abandonnait ses royaumes pour mieux régner, id. nussie, t, 9. L'appareil inouï pour ces mortels nouveaux Do nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux, m. Àh. I, t. Il Inouï à. Que faudra-t-il croire de cet amas de dogmes inouïs aux schismatiqucs mCme les

plus audacieux ? FÉN. t. ii, p. 93. || Il est inouï que..., avec le subjonctif. Il n'est pas inouï qu'une femme se change, eotb. Bélis. n, 5. Il est inouï qu'on se permette d'ouvrir les lettres de quelqu'un, bead- MAFCH. Barb. de Sév. ii, (6. || On dit de même : il est inouï de. Songe qu'il est inouï de se coucher à dix heures à Paris; il faudra donc renoncer à toute société, genlis, Adèle et Théod. t. m, p. 48, dans pouoENS. || 3° Si extraordinaire, que jusquelà on n'avait ouï parler de rien de semblable. Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs, boss. Hist. i, lo. Les infortunes inouïes d'une si grande reine, u>. Reine d'Anglet. La promptitude inouïe avec laquelle se fit ce grand changement est un miracle visible, ID. Hist. ii, 7. Ah! sentence! ah, rigueur inouïe! RAC. Iphig. v, t. Fortune dont la main couronne Les forfaits les plus inouïs, j. b. rouss. Ode d la Fortune. La jalousie entre ces deux chefs et l'absence du czar furent en partie cause de la défaite inouïe de Nerva, volt. Russie, i, < < . Ce crime est trop indigne, il est trop inouï, id. Tancr. ii, 6.

— HIST. XVI* s. Si ce petit livret des merveilles inouyes est de lui fAristoteJ, mont, i, 233. Tant de cruautez inouies, id. m, <09.

— ÉTYM. In.... », et ouï. On a dit parfois, dans le xvi* siècle, maudite, qui est le latin inauditus.

t INOVULÊ, ÉE (i-no-vu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui ne contient pas d'ovules, en parlant >i'un ovaire ; par opposition à ovulé.

— ÉTYM. In.... <, et ovulé.

t INOXYDABLE (i-no-k-si-da-bl'), adj. Qui n'est

pas sujet à s'oxyder. Métal inoxydable.

— ÉTYM. In.... t, et oxyder.

INPACE, voy. FACE (in).

IN PARTIBUS, voy. partidus (in).

IN PETTO, voy. PETTO (in).

IN-PLANO (in'-p!a-no), adj. invar. Terme d'imprimerie et de librairie. Format in-plano, synonyme de format atlantique, celui où la feuille imprimée ne contient qu'une page de chaque côté. || S. m. L'inplano est un format de luxe. || Au plur. Des in-plano.

— ÉTYM. Lat. in, en, dans, et plarius, uni, plan. IN-PROMPTO, voy. impromptu.

t INQUALIFIABLE (in-ka-li-fl-a-bl'), adj. Qui ne

peut être qualifié ; il se prend surtout en mauvaise part. Conduite inqualifiable.

— ÉTYM. In.... I, et qualifier.

t IN-QUAKANTE-UUIT (in-ka-rant'-uif), s. m.

Terme d'imprimerie. Livre dont les feuilles sont pliées en 48 feuillets et contiennent 98 pages.|| .4dj. m. Volume in-quarante-huit. |i On écrit aussi un in-48. Il^lu plur. Des in-quarante-huit.

INQUART (In-kar), s. m. ou LNQUARTATION (in-kar-ta-sion) , s. f. Terme de chimie. Synonymes de quartation (voy. ce mot).

— ÉTYM. In, en, et quart;k cause qu'on ne met qu'un quart d'or sur trois quarts d'argent.

IN-QUARTO ( in- kouar-to ), od;'. invar. Terme d'imprimerie et de librairie. Format in-quarto, format où la feuille est pliée en quatre feuillets, ce qui fait huit pages. D'un Pinchène in-quarto Dodillon étourdi, BoiL. lutr. v. || S. m. Un in-quarto, un livre de format in-quarto. || On écrit aussi in-4*. [\ Au plur. Des in-quarto.

— ÉTYM. Lat. in, en, et quartus, quatrième. t IN-QUATRE-VINGT-SEIZE (in-ka-trevin-sè-z'),

s. m. Terme d'imprimerie. Livre dont les feuilles sont pliées en 06 feuillets et contiennent )92 pages. Il On écrit aussi in-U8. || jlu plut. Des in-qualrevingt-seize.

t INQUERESSE (in-ke-rè-s'), s. f. Femme qui enfile les harengs dans les brochettes pour les faire sécher.

INQUIET, ËTE (iii-ki-è, è-t'), adj. || !• Qui n'est pas en repos, en quiétude, qui ne peut rester en place. Il est si inquiet qu'à peine entré dansun lieu, il veut en sortir. L'on voit des gens brusques, inquiets, suffisants, qui, bien qu'oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient pour ainsi dire en peu de paroles et no songent qu'à se dégager de vous, la druy. v. || Cheval inquiet, cheval qui, par trop d'ardeur, ne peut tenir en place, qui se tourmente et tourmente son cavalier. || Que la souffrance met dans une agitation continuelle. Le malade a été inquiet toute la nuit. || Sommeil inquiet, sommeil troublé, souvent interrompu. || Regard inquiet, se dit d'un regard qui se porte sans cesse deçà et delà. Des courtisans sur nous les inquiets regards Avec avidité tombent do toutes parts, VOIT. Œdipe, m, 1. 1| On dit de môme : visage inquiet. Dans les audiences vulgaires l'un toujours précipité vous trouble l'esprit; l'autre, avec un vi-

sage inquiet et des regards incertains, vous ferme la coeur, BOSS. le Tellier. || 2° Qui n'e.st jamais content de sa situation, de son état. Toute âme inquiète et ambitieuse est incapable de règle, boss. le Tellier. Et peut-être Albcroni, Gortz et Charles même étaient-ils plutôt des hommes inquiets <iui tentaient de grandes aventures que des hommes profonds qui prissent dos mesures justes, volt. Russie, l, 8. || Il se dit, dans co sens, des passions, des mouvements de l'âme. Mais le désir de voir et l'humeur inquiète L'emportèrent enfin, la font. Fabl. ix, 2. On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples; ils ont dans le fond du coeur je ne sais quoi d'inquiet qui s'échappe, si on leur ôte ce frein nécessaire, boss. Reine d'idnp/cMl [le monde] sait remuer si puissamment j« ne sais quoi d'inquiet et d'impatient que nous avons dans le fond du cœur, qu'il nous tient toujours en mouvement, id. Sermons, Vérit. convers. i. Son chagrin inquiet l'arrache de son lit; Elle veut voir le jour, et sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde, rac. Phèdre, i, 2. Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette? lo. Brit. I, 3. Fatiguez bien votre inquiet loisir, volt. Prud. n, 3. S'il y a des hommes qui portent dans la retraite les passions Inquiètes des courtisans.... CONDORCET, Lieutaud. Leur inquiète activité continuera à faire répandre des torrents de sang, raïnal, Hist. phil. IV, ch. 32. Il 3° Qui est dans l'agitation d'esprit et dans la peine pour une crainte ou un tourment quelconque. Il attend des nouvelles, et il est inquiet sur l'issue de son procès. Je vous trouve aujourd'hui l'âme toute inquiète, boil. Sat. m. Osmin a vu le sultan et l'armée ; Le superbe Amurat est toujours inquiet, rac. Baj. i, 2. || Il se dit, en ce sens, des sentiments et des passions. L'ordre de son tyran et sa flamme inquiète Me pourront envier l'honneur de ma retraite, corn. Sertor. i, 3. Du moins de Laelius la prudence inquiète Sur le point du combat nous envoie un trompette, id. Sophon. I, I . Avec quelle douceur et quelle charité consolait-il quelques-uns de ses amis dont il voyait la conscience irrésolue et inquiète [pour se faire de protestants catholiques] ! plécu. Duc de Montansier. Dissimulez, calmez ce transport inquiet, rac. Ândr.

III, 1. Vous vivez, vous calmez nos douleurs inquiètes, voi.T. Zaire , ii, 3. Ta tendresse inquiète accroît ta vigilance, ddcis, Olhel. ii, 2. || Qui marque l'inquiétude. Une attitude inquiète.

— UEM. Inquiet de.... marque la cause de l'inquiétude : Je suis inquiet de lui, inquiet de ne p.Ts recevoir de nouvelles. Inquiet sur.... exprime l'objet de l'inquiétude : Je suis inquiet sur son sort, sur celle affaire.

— HIST. XV • s. Ce sont dos execz fiebvreux de nostre esprit, instrument brouillon et inquiète, mont.

IV, (05. Les opinions delà philosophie eslevées et exquises se trouvent ineptes à l'exercice ; cette poinctue vivacité d'ame et cette volubilité soupple et inquiète trouble nos négociations, id. m, 88. Cette jeune princesse qui a\oit un esprit grand et inquiète, comme celui du feu cardinal de Lorraine son oncle, casteln. <87.

— ÉTYM. Lat. inquielus, de in.... i, et quietus, tranquille (voy. coi et quiétude).

INQUIÉTANT, ANTE (in-ki-é-tan, tan-t'), adj. Qui cause de l'inquiétude. Une affaire très-inquiétante. Une inquiétante maladie. Si on vous prouve une vérité, existe-t-elle moins parce qu'elle traîne après elle des conséquences inquiétantes? volt. Dial. Érhémère, 2. J'étais d'ailleurs une espèce de personnage inquiétant pour eux ; ils voyaient bien que je n'étais pas à ma place, j. j. rouss. Conf. ji.

t INQUIÉTATION (in-ki-é-ta-sion), s. f. Terme d'ancienne jurisprudence. Action d'inquiéter; ti'ouble ; interruption qui empêche la prescription.

— ÉTYM. Lat. inquietationem, de inquielare, inquiéter.

INQUIÉTÉ, ÉE (in-ki-é-tè, tée), part, passé d'inquiéter. Hl" Privé de repos, de quiétude. Inquiété toute la nuit par les piqûres des cousins. || 2 ' Oui est en butte à des attaques, i la réserve de quelques frontières inquiétées quelquefois par les voisins, boss. Hist. m, 6. Il 3" Qui éprouve quelque agitation d'esprit par crainte et souci. El nous verrons bientôt son cœur inquiété Mo demander pardon do tant d'impiété, COHN. Poly. m, <. Plusieurs de ses domestiques avaient été malheureusement nourris dans l'erreur que la Franco tolérait alors; combien de fois l'a-l-on vu inquiété de leur salut, affligé de leur résistance, consolé par leur conversion! boss. Louis de Bourbon. La Grèce en ma faveur est trop inquiétée, rac. Andr. i, a. Non, quoi que vous disiez,

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mon âme irifuirtée Dr soupçons importuns n'est pas moins agitée, volt. Œdipe, iv, i.

t INOPlftTEMENT (in-ki-è-te-man), adv. D'une manière inquiète.

— HIST. XVI' s. Inquietement, cotgbavb.

INQUIÉTER (in-lii-é-té. La syllabe é prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'inquiète; excepté au futur et au conditionnel : j'inquiéterai, j'inquiéterais), v. a. \\ 1° Priver de repos, de quiétude, agiter. Et depuis qu'une fois elle [l'ardeur de rcgner| nous inquiète, cok'N. Nicom. u,t. Dans le temps même où les huguenots attiraient une attention sérieuse, le janséni.sme inquiéta la France plus qu'il ne la troubla, \olt. Louis XIV, 37.||2°Susciter quelque mauvaise affaire, quelque trouble. Il est inquiété pour une vieille affaire politique. Il avait pris la sage précaution d'envoyer à Larisse brûler tous ses papiers, afin que les Romains ne fussent point en état d'inquiéter aucun de ses amis, ROLLiN, Ilist. anc. (V'.nv. t. vin, p. 276, dans pod- GENS. Il n'était pas aussi facile qu'on le croyait d'ini|uiéter l'auteur de Zaïre, d'AIzire, de Mérope et de Mahomet, marmontel, Éém. m. {| Troubler quelqu'un dans la possession d'une chose. On l'inquiète sur la lépitimitédeson titre. Il fut inquiété dans la possession de cette terre. || Absolument. Si l'on m'inquiète, je ferai assigner mon vendeur en garantie. Il 3° Faire des démonstrations hostiles, des attaques pourtroubler une armée, une province, une ville forte. Fabius jugea bien qu'Annibal serait obligé de prendre pour son retour le même chemin par lequel il était venu, et qu'il serait facile de l'inquiéter dans sa marche, bollin, Hist. anc. Œuv. t i, p. 424, dans pou- KENS. Ces agrestes guerriers dont l'audace Indiscrète Pourrait inquiéter leur marche et leur retraite [des Perses], VOLT. Scythes, iv. 4. LcsTurcsétaienttoujours maîtres de la Hongrie jusqu'à Bude, et inquiétaient le reste, id.j4 Tin. Emp. Charles-Quint, IB66. Comme les chaloupes chargées de cet approvisionnement pouvaient être inquiétées, il fallut poster, pour les soutenir, un corps de quinze cents hommes.... baynal, Ilist. phil. IX, 4e. Il 4° Causer de l'agitation, en raison d'une crainte quelconque. Et qui n'a pas pour feindre assez de liberté Tant que pour son objet il est inquiété, corn. Théod. m, B. Il ne faut pas inquiéter un pénitent sur le passé, boss. Lett. abb, 13. L'avenir l'inquiète et le présent le frappe, rac. Esth. II, 3. Il Absolument. Enfin sentaient [de Hume], sa réputation deviennent assez éclatants pour inquiéter sur ses doctrines, viLLEMAiN,LtHér. fr. (8« siècle, 2" part, s» leçon. || 5° S'inquiéter, v. réfl. Avoir l'esprit agité, en raison de quelque crainte. Et de quoi s'inquiète un cœur qui la méprise? corn. Sertor.vi, 4. Votre zèle pour moi s'est trop inquiété, mol. Tart. ni, s. Vous avez très-bonne grâce de vous inquiéter sur la conservation d'une personne si considérable [le cardinal de Relz], et à qui vous devez tant d'amitié, sÉv. 26 août 4 677. Un songe (me devrais-je inquiéter d'un songe?), bac. Athal. Il, 6. Cléopatre ne s'inquiétait pas plus des superstitions de l'Egypte qu'Hérode de celles de la Judée, VOIT. Défimse de mon oncle, ch. xxi.

— HIST. xii' s. Fist Samuel al rei : Pur quel m'as inquieted e traveilled e que seie resuscited? Hois, p. < 4 o.

— ÉïYM. Provenç. et espagn. inquietar; ital. inquietare; du lat. inquietare, de inquietus, inquiet.

mOUIÉTCDE (in-ki-é-tu-d'), s. f. \\ 1° Manque de repos, agitation. L'inquiétude de ce malade a été très-grande toute la nuit. L'un [le chat] doux, bénin et gracieux. Et l'autre fie coq] turbulent et plein d'inquiétude, la pont. Fabl. vi, 5. || Au plur. Inquiétudes, douleurs vagues, surtout aux jambes, qui donnent de l'agitation, de l'impatience. Madame de Chaulnes, après avoir embrassé la belle comtesse, lui mande qu'elle a des inquiétudes aux jambes, tout comme elle, siîv. 652. || 2° Agitation d'esprit, impatience causée par quelque passion. Ils [les hommos sous nos anciens rois] vivaient la plupart contents de ce qu'ils avaient reçu de la fortune, ou de ce qu'ils avaient acquis par leur travail ; comme ils possédaient leur propre bien sans inquiétude, ils regardaient colui des autres sans envie, fléch. Lamoignon. Mais Evrard, en passant coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, BoiL. Lutr. V. Et l'on craint si la nuit, jointe à la solitude. Vient de son désespoir aigrir l'inquiétude, Que sa douleur bientôt n'attente .sur ses jours, bac. Brit. y, 8. Inquiétudes d'esprit, inégalité d'humeur, inconstance de cœur.... tous vices de l'âme, mais différents, la brut. xi. Nos dégoûts de la vie sont des dégoût» de nos passions; sont des inquiétudes secrètes de mis crimes, mass. Kyst. Àssompt. Lui [le peuple], dans son orageuse et vague inquié-

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tude. Instrument et jouet de vingt partis rivaux. Passait de trouble en trouble à des tourments nouveaux, DELILLE, Trois règnes, v. Ahl portons dans les bois ma triste inquiétude ; ô Camille, l'amour aime la solitude, a. chén. Êlég. xi. || 3° Inconstance d'humeur qui fait qu'on ne demeure pas content de ce qu'on est ou de ce qu'on a. L'inquiétude naturelle à l'homme. Le secrétaire d'Ëtat.... agité de ces je ne sais quelles inquiétudes dont les hommes ne savent pas se rendre raison à eux-mêmes, se résolut tout à coup à quitter cette grande charge, boss. le fellier. Toute mou âme en est agitée [de l'ignorance et du dérèglement], et tombe dans un au ire malheur, qui est une inquiétude et une inconstance éternelle, m. Sermons, Loi de Dieu, préambule. C'est par inquiétude que vous avez désiré le repos, fén. Dial. des morts mod. Charles- Quint, un jeune moine. Est-ce curiosité, inquiétude d'esprit? e>t-ce besoin réel? volt. Dict. phil. Japon. Un chinois, nommé Equam, né dans l'obscurité, s'était fait pirate par inquiétude, et, par ses talents, était parvenu à la dignité de grand amiral, BAYNAL, Hist. phil. II, 6. Une inquiétude ardente et sauvage les a toujours dégoûtés de leurs déserts pauvres et incultes, lo. ib. u, 47. \\ 4° Agitation pénible et douloureuse que cause une crainte quelconque. Allez, indigne objet de mon inquiétude, ROTR. Vencesl. Il, 2. Il est inutile de s'inquiéter de cet état, puisque l'on n'y remédie pas par l'inquiétude; mais il n'est pas inutile de le craindre, Nicole, Ess. mor. 3' traité, ch. iv. Si l'on avait le scrupule de ne vouloir point rire quand on ne le doit pas, le plus sûr serait d'être toujours en inquiétude, SÉv. 357. J'aurai d'ailleurs de si vives inquiétudes pour vous..., iD. 7t. Vous pouvez juger de son horrible inquiétude, id. t6. Cela tient tout le monde en inquiétude, id. 4 90. Je m'en vais fermer mon paquet.... afin de n'être point en inquiétude de revenir de bonne heure, id. 30 août i675. Notre Allemagne est assez paisible; c'est elle qui fait nos principales inquiétudes, id. b août t6U5. Les enfants d'Adam ont les inquiétudes, les terreurs d'un cœur continuellement agité, les inventions de leurs espérances trompeuses et trop engageantes, et le jour terrible de la mort, boss. Concupisc. 3. De quels yeux le regardions-nous [Louis XIV], lorsqu'aux dépens d'une santé qui nous est si chère, il voulait bien adoucir nos cruelles inquiétudes par la consolation de le voir, id. Louis de Bourbon. Pénétré de toutes les inquiétudes que donne un mal affreux, id. ib. Celui-ci [Turenne à Nordiingue] publiait de son côté qu'il agissait sans inquiétude , parce qu'il connaissait le prince [de Condé] et ses ordres toujours sûrs, id. ib. L'avarice, passion basse, passion odieuse au monde, amasse non-seulement les injustices, mais encore les inquiétudes avec les trésors, id. Sermons, Nécess. de la pén. 4. Dans quelle inquiétude, Ksther, vous me jetez ! bac. Esih.u,!. Votre lettre m'a laissé sur votre santé dos inquiétudes que vous m'obligeriez de vouloir lever, ). 3. rouss. Lett. à Urne de Créqui, 4 5 janv. 4 759. Les soins qu'elle lui rend, la tendre inquiétude. Le regret et l'amour, peints dans son altitude. Disent qu'un père seul en est l'objet sacré, uksso>i, Helvétiens , u. Ses lettres devinrent moins tendres ; car, au lieu d'exprimer ses propres inquiétudes, il s'occupait à dissiper celles de son amie, stael, Corinne, xvii, 4.

— REM. La Fontaine a donné à inquiétude le sens de soin : Le duc d'Albret donne à l'étude Sa principale inquiétude; Toujours il augmente en savoir, Poésies mêlées, xxxiii.

— HIST. XVI' s. Une inquiétude du corps et de l'esprit qui empesche de dormir, paué, xx, 4$.

— ÊTYM. Provenç. inquiettit ; espign. inquiitud; ital. inquietudine ; du lat. inquietudinem, de wquielus, inquiet.

t INQUINÉ, ÉE (in-kui-né, née), adj. Souillé (latinisme qui n'est pas en usage). Et toi de qui je tiens la main très-inquinée,scARR. D. Jsphet d'Arm. III, 4. Si cet air était phlogistiqué, comme le prétend Priestley, s'il était inquiné par un principe quelconque qui le rendît malsain, il ne suffirait pas, pour le rétablir dans l'état d'air commun, de lui rendre ce qui lui manque, lavoisier. Mémoire sur la combustion des chandelles dans l'air atmosphérique, 4 777.

— ÊTYM. Lat. inquinatus, souillé, de in, en, dans, et cunio, aller à la selle.

INQUISITEUR (in-ki-zi-teur), t.m.\\i' Celui qui se livre à des recherches minutieuses, à des inquisitions. Pont»hartrain était d'une curiosité insupportiible, grand fureteur et inquisiteur, ST-sii«. 268,

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4 23. Il 2° Juge de l'inquisition. Inquisiteur de la fol. C'était toujours un jacobin qui était grand inquisiteur en Espagne. Les disputes fréquentes entre le» évêques et les inquisiteurs sur les limites de leur autorité, sur les dépouilles des condamnés, etc. obligèrent, en 4 473, le pape Sixte IV à rendre les inquisitions indépendantes et séparées des tribunaux des évêques ; il créa pour l'Espagne un inquisiteur général, muni du pouvoir dénommer des inquisiteurs particuliers, volt. Dict. phil. Inquisition. Cpj premiers inquisiteurs avaient le droit de citer tout hérétique, de l'excommunier, d'accorder des indulgences à tout prince qui exterminerait les condamnés, de réconcilier àl'Êglise, de taxer les pénitents, et de recevoir d'eux en argent une caution de leur repentir, iD. Mœurs, 440. Ce fut bien pis quand le roi [saint Louis] eut la faiblesse de permettre qu'il y eùtdans son royaume un grand inquisiteur nommé par le pape ; ce fut le cordelier Robert qui exerça ce pouvoir nouveau d'abord dans Toulouse, et ensuite dans d'autres provinces , id. ib. , 03. Tous les inquisiteurs ne sont pas à Lisbonne, d'alehb. Lett. à Voltaire, 34 mars 4702. || Adj. F.t vous, rois de l'Europe, princes souverains, républiques, souvenezvous à jamais que les moines inquisiteurs se sont intitulés inquisiteurs parla grâce de Dieu, volt. Dict. phil. Aranda. Ce prince inquisiteur voulut que les infidèles fussent réellement de sa religion, BAYNAL, Hist. phil. VIII, 34. || 3° Inquisiteurs de l'État, nom d'une magistrature secrète dans la république de Venise; ces inquisiteurs étaient chargés de découvrir et de prévenir les complots formés contre le gouvernement.

— HIST. xv« s. Durant laquelle messe prêcha frère Pierre Heure, docteur en théologie, de l'ordre des frères prêcheurs, inquisiteurs de la foi, monst. i, 220.

— ÉTYM. Lat. inquisitorem,de inquirere, enquérir (voy. ce mot).

t INQUISITIF, IVE fin-ki-zi-tif, ti-v') , adj. Qui s'enquiert; qui a le caractère de l'inquisition. || Regard inquisitif, regard d'inquisiteur, regard scrutateur.

— ÉTYM. Lat. inquisitirus (voy. inquisiteur).

INQUISITION (in-ki-zi-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Recherche, enquête. Faire une inquisition sommaire du jour et du vrai temps de la mort d'une personne, patru. Plaidoyer 4 4, dans hichelet. Il 2° Recherche, perquisition rigoureuse où il se mêle de l'arbitraire. Le P. Malebranche a te chagrin que ses livres ne peuvent plus entrer en France, et qu'à cause de cela personne ne les veut imprimer en ce pays [la Hollande] ; l'inquisition est devenue effroyable en France contre les bons livres, BAYLE, Lett. à Lenfant, 24 juin 4686. Le magistrat porte une inquisition sur un genre d'action où elle n'est pas nécessaire, montesq. Esp. xii, 4. S'il y avait eu une inquisition littéraire à Home, nous n'aurions aujourd'hui ni Horace, ni Juvénal. ni les œuvres philosophiques de Cicéron , volt. Mél. litl. à un premier coïïimts. || 3° Juridiction ecclésiastique érigée par le saint-siége en Italie , en Espagne, en Portugal, et plus tard aux Indes même, pour rechercher et extirper les hérétiques, les juifs et les infidèles. En Espagne ils [les ministres ignorants] voudraient donner liberté de conscience; en France ils voudraient introduire l'inquisition, balz. De la cour, 2' dise. De quel attentat était-il accusé, pour qu'on le mît à l'inquisition? hamilt. Gramm. 8. Nous devons au Code des Wisigoths toutes les maximes, tous les principes et toutes les vues do l'inquisition d'aujourd'hui, montesq. Espr. xxviii, I . L'inquisition fut adoptée par le comte de Toulouse en 4 229 et confiée aux dominicains par le pape Grégoire IX en 4233; Innocent IV en 426i l'établit dans toute l'Italie excepté à Naples, volt. Dict. phil. Inquisition. L'inquisition vient d'être anéantie en Espagne; iln'en resteplus que le nom; c'est un serpent dont on a empaillé la peau, lu. Lett. Audibert, 9 mars 4 770. || 4" Inquisition de l'État, tribunal secret et d'un pouvoir illimité, dans l'ancienne république de Venise.

— HIST. XII!' s. U [au] tens de l'inquisioion de cest miracle, en l'an mil deux cens quatre vinz et deux. Miracles St Loys, p. 4 53. Et feraient inquisition de sen [son] afaire par tout là ù il cuideroient savoir la vérité, tailliar. Recueil, p. 4 48, Li evesques et li prelar dou leu [du lieu] devent faire l'inquisition de la loi sor li, et demander li de la foi, Liv. de jostice, 4 2. ||xiv' s. Celui est bon conseillier qui scet conjetturer et trouver selon inquisition de raison le plus très grant bien des choses ouvrables, obesme, Eth. 4 79. || xvi' s. Je me trouve plus par rencontre que par l'inquisition do mon jugement, mont. I, 42. Cette proposition le meit et

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teint longtemps en grand accessoire à l'inquisition de Rome, m. i, )6i. L'inquisition d'Espagne, la quelle a esté jugée si inique de toutes les autres nations, qu'il n'en y a pas une qui l'ait voulu accepter, CONDÉ, Mém. p. 678.

— ÈTYM. Provenç. inquisicio ; espagn. inquisicion ; ital. inquiîione; du latin inquisitionem (voy. inquisiteur).

INQUISITORIAL, ALE (in-ki-zi-to-ri-al, a-l'), adj. D'inquisiteur, qui appartient à un inquisiteur. Pouvoir inquisitorial. Visites inquisitoriales. || Par extension et toujours en mauvaise part. Oui procède par inquisition. Des procédés inquisitoriaux. La plus vieille des deux femmes [une tante acariâtre], après avoir plongé dans le char à bancs un regard inquisitorial, en. de bern. l'Anneau d'argent, § (.

— f/rvM. Inquisiteur.

t INBACINABLE (in-ra-si-na-W), ad/. Terme de jardinage. Qui ne peut prendre racine par bouture ou marcotte.

— lllST. xvr s. Le cyprès ne se peut édifier que par semence, estans leurs branches inracinables et leurs tiges vuides de rejetions, o.de serhes, 5B8.

t INRI, abréviation qu'on voit souvent au-dessus de la tête ou au-dessous des pieds d'un christ, et qui représente, par les initiales, Jésus NaiarxusRex Judxoritm , Jésus Nazaréen roi des Juifs.

t INRCINABLE (in-ru-i-na-bl') , adj. Qui ne peut être ruiné. L'abbé Perrin s'associa, en teea, avec un maniais de Sourdiac, grand machiniste, qui se ruina dans cette entreprise [de jouer l'opéra].... l'abbé Perrin inruinable se consola dans Paris à faire des élégies et des sonnets, volt. Dict. phil. Art dramatique, De l'opéra.

\ INSABBATÉ (in-sa-ba-té), s. m. Nom qu'on donnait aux Vaudois. On les appela encore les insabbatés, d'un ancien mot qui signifiait des souliers, d'où sont venus d'autres mots d'une semblat)le signification qui sont encore en usage en beaucoup de langues ainsi que dansla nôtre ; c'est de là donc qu'on les appela les insabbatés, à cause de certains souliers d'une forme particulière qu'ils coupaient par-dessus pour faire paraître les pieds nus.... et ils affectaient celte chaussure pour marque de leur pauvreté apostolique, boss. Variât, xi, Hist. des Vaudois.

— ÉTVM. D'après ce que dit Bossuet, le mot paraît venir de in, en, et savate ou sabot .-en savate.

t INSAISISSABILITÉ (in-sê-zi-sa-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est insaisissable. L'insaisissabilité des pensions militaires.

1NSAISIS.SABLE (in-sê-zi-sa-bV), adj. ||1' Qui ne peut être saisi. Ce malfaiteur est demeuré longtemps insaisis.sable à la justice. || Familièrement. Cet homme est insaisissahle, c'est-à-dire on ne peut jamais le rencontrer, le trouver chez lui, pour lui parler de quelque affaire. {{ 2° Terme de jurisprudence. Qu'on ne peut saisir valablement. Les objets que la loi déclare insaisissables. Dans l'ancien régime, plusieurs rentes ont été déclarées insaisissables, Décret du 27 floréal, an II, Rapport de Camion, p 95. Il 3° Fig. Qui ne peut être saisi, aperçu, compris. Cette différence est tout à fait insaisissable. Des abstractions insaisissables. Les courants ont lavé le sable; Au soleil montent les vapeurs. Et l'horizon insaisissable Tremble et fuit sous leurs plis trompeurs, v. hugo, Odes, v, 24.

— ETYM. In.... <, et saisir.

t INSAISISSABLEMENT (in-sê-zi-sa-ble-man) , adv. D'une manière insaisissable. Des nuances insaisissablement ménagées.

t INSALIVATION (in-sa-li-va-sion\ s. f. Terme de physiologie. Imprégnation des aliments par lasilive.

— ÈTY.M In, dans, en, et salive.

INSALUBRE (in-sa-lu-br'), adj. Qui n'est pas sa-

lubre. Exposition insalubre. Nourriture insalubre. Il Terme d'hygiène publique. Arts insalubres, arts qui compromettent la santé des ouvriers , ou celle du voisinage.

— lilST. xvi* s. Insalubre, cotobave.

— ÉTYM. Lat. insalubris, de in.... i, et talubris, salubre.

t INSALIIBREMENT (in-sa-lu-bre-man), adv.

D'une manière qui n'est point salubre. Être logéinsalubrement.

INSALUBRITÉ (in-sa-Iu-bri-té) , ». f. Qualité de ce qui est insalubre. L'insalubrité des contrées marr'cageuses. L'intempérie de l'air, l'insalubrité du lieu dégoûtèrent ses auditeurs, diderot, Opin. des anc. pitil. {secte mégarique).

— HIST. xvr s. Insalubrité, cotghave.

— F.TYM. L^t. insalubntatem, de insalubris, inlalubre.

t nfSALDTAIRE (in-sa-lu-tê-r'), adj. Qui n'est point salutaire.

— HIST. XVI' s. Remettant tous ces insalutaires conseils qui ne peuvent qu'affoiblir Testât, pasquier, Lett. t. m, p. 691.

— ÉTYJi. In i , el salutaire.

t INSANITÉ (in-sa-ni-té), i. f. Terme didactique. Privation do la raison, état d'un esprit malade. Je sais que les plus grands esprits ont ressenti plus ou moins, pendant nos révolutions populaires, le contact de l'insanité publique, cuvillier-fleury, J. des Débats, 17 avril <k63.

— ÉTYM. Lat. insanitatem, de insanus, fou, de in.... i, et sanus, sain.

t INSAPIDE (in-sa-pi-d'), adj. Qui n'est pas sapide. Une eau qui ne laisse pour 1 ooo parties que de 0,09 à 0,20 de résidu après l'évaporation, et qui d'ailleurs est fraîche en été, et en ouire inodore, insapide, aérée, est de très-bonne qualité, chevreul, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvii, p. 180.

— ÉTYM. In.... *, et sapide.

t INSAPIDITÉ (in-sa-pi-di-té), s.f. Etat de ce qui est insapide.

t INSAPONIFIABLE (in-sa-po-ni-fi-a-bl') , adj. Qui n'est pas saponifiable, qui ne peut être transformé en savon.

— ÉTYM. In.... i , et saponifier.

INSATIABILITÉ (in-sa-si-a-bi-li-té),*./'. || 1° Qualité de celui dont on ne peut rassasier la faim. Le loup a une insatiabilité que rien ne peut contenter. (I 2° Fig. Au sens passif, l'impossibilité d'être rassasié, contenté. L'insatiabilité des passions. L'argument tiré d'une prétendue insatiabilité du cœur humain, boullainvilliers. Réfutation de Spinosa, p. 491. Il Au sens actif, l'impossibilité de reissasier, de contenter. L'insatiabilité des richesses. Mon insatiabiliié de nouvelles est une de ces maladies opiniâtres contre lesquelles tous les remèdes blanchissent, BAYLE, Lett. à Uinutoli. 27 févr. 1673. ■

— HIST. XVI" s. Ung tas de viUaines et pestilentes bestes, toutes forgées en l'officine de ne sçay quelle insatiabilité, me evocquoyent du doulx pensement on quel je acquiesceoys, habel. Pant. m, 21. L'insatiabilité et l'ingratitude qui nous rendent misérables sans mesure, langue, t60.

— ÉTYM. Lat. insatiabilitatem, de insatiabilis, insatiable.

INSATIABLE (in-sa-si-a-bl'), adj. || 1" Qui ne peut être rassasié. On a vu des loups suivre les armées, arriver en nombre à des champs de bataille où l'on n'avait enterré que négligemment les corps, les découvrir, les dévorer avec une insatiable avidité, BUFF. Quai/j-up. t. II, p. 49»). Il 2° Fig. Qui désire sans pouvoir être rassasié. C'est trop peu de mon lit, tu veux encor ma robe, Rivale insatiable, corn.

Wédée, IV, f d'Agésilas la haine insatiable Pour

me perdre d'honneur veut m'enlever ma foi, id. Agésil. Il, 6. Je vous avoue que j'ai une curiosité extrême et insatiable pour tout ce qui peut me faire connaître les mœurs, le génie et la fortune des personnes extraordinaires, pellisson, Ifist. Acad. iv. Cette curiosité [de savoir] s'étend aux siècles passés les plus éloignés, et c'est de là que nous vient cette insatiable avidité de savoir l'histoire, BOSs. Concnpisc. 8. Tantôt voyant pour l'or sa soif insatiable, bac. Athal. i, 4 . Luxe insatiable, saurin , Spartacus, v, 5. Je suis, comme les courtisans, insatiable de nouveaux bienfaits, volt. Lett. roi de Pr. oct. 1737. Mondor, son père, aussi insatiable que Doralice était modérée, n'avait pu se contenter de deux cent mille livres de rente, genlis, Veillées du chdt. t. I, p. 224. Que ne profanent pas leurs mains insatiables'/ DELAViG. Vépr. sic. u, 6.

— HIST. XV* s. Evite les destroitz d'avarice insaciable, j. lemaire, Pallas parlant à Paris. ||xvi"s. Homme violent, cruel et insatiable de guerres, AUXOT, Agés. 61. Un esprit preoipiteuxet insatiable, MONT, i, 351. Encor ces soldats furent si desbordez et insatiables que.... brant. Bourbon. Promeihée.... Qui servoit de pasture à l'aigle insatiable, despoh- TEs, Diverses amours, XLi, Stances du mariage, 3.

— ÉTYM. Lat. insatiabilis, de in.... 1, et saliabilis, rassasiable, de saliare, rassasier (voy. satiété)

INSATIABLEMENT (in-sa-si-a-ble-man), adv.

D'une manière insatiable.

— HIST. XVI* s. Or est-ce une nation insatiablement avaricieuse comme ilz montrèrent bien alors, AMYOT, Pyrrhus, 69.

— ÉTYM. Insatiable, et le suffixe nient.

t INSATURABLK (in-sa-tu-ra-bl'), adj. Qui ne peut être saturé || Fig. Avec une activité insaturable de détails, une inquiétude d'espiit toujours avide de nouveaux soucis, il [Napoléon] ne se bornait pas

à régner, à gouverner, il continuait d'administrer, MOLLiE.v, )tém. d'un ministre du trésor, t. ii,p. 230.

— ÉTYM. In.... 1, et saturer.

t rxSATCRÉ, ÉE (in-sa-tu-ré, rée), adj. Qui n'est point .saturé.

— ÉTYM. In... 1, et saturé.

t INSCIE-MMENT' (in-si-a-man), adr. Sans savoir. Je vous ai nui insciemment.

— HIST. XVI* s. Les péchés qui se commettent insciemment ne sont tant graves comme les volontaires. Nuits de Slraparole, t. ii, p. 400.

— ÉTYM. In... 1, et sciemment.

t INSCIENCE (in-si-an-s'),s. f. Manque de science. L'innocence et l'inscience gardent les mœurs plus sûrement que des préceptes et des controverses, ray- NAL, Ilist. phil. xviii, 6.

— HIST. XV* s. Les sotes qui par inscience.... e. DESCH. Poésies mss. f- 544.

— ÉTYM. Lat. inscientia, de insciens, inscient.

t INSCIENT, ENTE (in-si-aD, an-t'), adj. Qui n'a pas conscience de....

— HIST. xv"s. Las! où est honneur et vaillance? Eslevez sont les insciens [ignorants] En maint pais et en maint règne, e. desch. Poésies mss. f" 446.

— ÉTYM. Lat. inscientem, qui ne sait pas, do in. .. 1, et scire, savoir.

tlNSCRIPTIBLE(in-skri-pti-bl'), odj. Terme de géométrie. Qui peut être inscrit dans un cercle, dans une sphère. Tout quadrilatère est inscriptible au cercle , quand deux angles opposés valent deux droi'.s.

— ÉTYM. voy. INSCRIRE.

INSCRIPTION (in-skri-psion; en vers, de quatre syllabes) , s. /■. j [ 1° Ce qu'on écrit sur le cuivre, le marbre, la pierre, etc. en mémoire d'un événement, ou pour indiquer la situation d'un édifice, etc. L'Académie des inscriptions et belles-lettres. Le déchiffrement des inscriptions hiéroglyphiques, cunéiformes. J'écrirai dessus, poursuit le Sauveur ; j'élèverai la colonne; mais en même temps je mettrai dessus une inscriiition mémorable; hél qu'écrirez-vous, ô Seigneur? trois noms seulement, afin que l'inscription soit aussi courte que magnifique, BOSs. llar. Thér. Il travaille aux inscriptions des arcs et des pyramides qui doivent orner la ville c:ipitale un jour d'entrée, la bruy. x. Il m'a demandé une inscription en français, attendu qu'il s'agit d'un roi de France et non d'un empereur romain, volt. Lettres en vers et en prose, 137. Je sens très-bien qu'il faudrait faire toutes les inscriptions en français; mais aussi cela est trop difficile : la marche de notre langue est trop gênée, notre rime délaye en quatre vers ce qu'un vers latin pourrait facilement exprimer, m. Lrtt. Locman'a,17juill. 1741. Une inscription latine modéplait parce que je suis bon Fiançais; je trouve ridicule que nos jetons, nos médailles et nos louis soient latins, ID. ib. || 2° Courte indication, avis succinct qu'on place en un lieu apparent pour servir d'instruction, de renseignement. Les inscriptions placées sur des poteaux dans une forêt indiquent au voyageur les directions. || 3° Action d'inscrire une personne ou une chose sur un registre, une liste, etc. Il a requis son inscription sur la liste des jurés. L'inscription d'un acte de nais-ance, de décès sur les registres de l'état civil. || Inscription civique, inscription sur les registres de la municipalité, iiue l'on exigeait en I79i de tout citoyen &u.é de viiist et un ans. || 4° Action d'inscrire un étudiant sur le registre de la faculté dans laquelle il étudie, formalité sans laquelle on ne peut recevoir les grades que donne la faculté. || Chacune des inscriptions trimestrielles qui constatent l'assiduité du jeûna homme pendant le cours des études. II faut tanl d'inscriptions pour être reçu licencié , docteur. Prendre des inscriptions en droit, en médecine. Perdre une inscripition pour avoir plusieurs fois manqué aux appels du professeur. || 5° In.scription maritime, enregistrement, au bureau des classes, de ceux qui peuvent être requis pour le service de la marine de l'État. Il 6' Terme de finances. Inscriptions sur le grand livre de la dette publique, titres d'une rente perpétuelle due par le trésor. Que l'inscription sur le grand livre soit le tombeau des anciens contrats et le titre unique et fondamental de tous les créanciers, camhon, Rapport, i4 août 1793, p. T>. Si une inscription de 5u livres ne se vendait sur la place que 800 livres, la nation pourrait offrir le remboursement, ID. ib. p. 73. Il sera délivré à chaque créancier un extrait de son inscription sur le grand livre, m. ib. p. 76. Il 7° Terme de jurisprudence. Inscription hypothécaire, mention que le conservateur des hypothèques fait, sur ses registres, de l'hypothèquo ou privilège qu'une personne déclare et justifie avoir sur los biens d'un autre. Certificat d'inscription.

INS

Les inscriptions conservent l'hypothèque pendant dix ans, à compter du jour de leur date, Code Nap. art. 215*. Rayer une inscription hypotliécaire. Il 8*Terme de pratique. Inscription de faux ou inscription en faux, acte par lequel on déclare au greiïe de la juridiction où l'on doit plaider, que la pièce dont la partie adverse veut se servir est fausse ou falsifiée. Je discourus un peu sur les manières de Mme de Bury, sur cette inscription de faux contre une pièce qu'elle savait véritable, sÉv. 30 juill. <689. Mme de Lussan se porta à des inscriptions en faux honteuses et perdit son procès, st-sim. (79, U2.

— HIST. Encore que en tous crimes nous ne poursuivions que notre interest civil, sans qu'il soit besoin d'auîune inscription, si la gai'dons nous en crime de faux, loys. 798.

— ÊTYM. Provenç. escripïi'o; espagn. inscripcion; ital. inscrizione; dulat. inscriptionem, de inscribere, inscrire.

INSCRIRE (in-skri-r'), ». a. Se conjugue comme écrire. || 1° Écrire sur. Ilsinscrivirentleurs noms sur l'écorce des arbres. Inscrire une maxime sur un monument. || Kig. Inscrire son nom au temple de mémoire, dans les fastes de la gloire , se rendre célèbre par ses écrits, par des exploits guerriers. |l 2° Écrire dans. On l'inscrivit sur la liste des candidats. L'hypothèque a été inscrite. L'Académie française a inscrit dans ses registres la lettre dont vous avez honoré M. d'Alembert à ce sujet [la statue de Voltaire, par P!îralle"|,voi.T. Lett. Rnir!ePr. 20 août 4770. Il [Pierre I« Grand] se fit inscrire dans le catalogue des charpentiers de ce fameux village qui fournit de vaisseaux presque toute l'Europe, id. Bussie, anecdotes. Ces deux noms sont inscrits sur la liste enlevée, legouvé, Épich. et Nér. iv, 4. Vous devez consolider la dette publique et l'inscrire sur le grand livre, cambon, Rapport, ti août 1793, p. 73. Il 3° Terme de mathématique. Inscrire une figure dans une autre, tracer,dans l'intérieur d'une figure géométrique, une autre figure, telle que le sommet de tous les angles de celle-ci touche le périmètre de celle-là. || Fig. Je pris tant de goiit à l'Ile de Saint-Pierre, et son séjour me convenait si fort, qu'à force d'inscrire tous mes désirs dans cette île, je formai celui de n'en point sortir, j. j. rouss. Conf. XII. Il 4° S'inscrire, v. ré/l. Inscrire ou faire inscrire son nom dans un registre, sur une liste. On a ouvert un registre, je me suis inscrit. S'inscrire sur les registres d'une faculté. || 5° Terme de pratique. S'inscrire en faux, soutenir en justice qu'une pièce que la partie adverse produit est fausse. Le demandeur déclarera par acte au greffe.... qu'il entend s'inscrire en faux, Code de Procéd. civ. art. 218. Je vais m'inscrire en faux contre l'arrêt du parlement de Toulouse, sév. t8 janv. <090. || Dans le langage ordinaire, s'inscrire en faux contre, ou , elliptiquement, s'inscrire contre, nier une proposition. Je m'inscris en faux contre ce que vous dites Ce n'est que par une méprise de mots contre laquelle Nay semblait s'être inscrit d'avance, que le traducteur d'Albin a nommé cet oiseau canard de Moscovie, bufp. Ois. t. xvn, p. 24(. || 6° Terme de mathématique. Être inscrit. L'on ne doit pas dire.... qu'il n'est point nécessaire de penser que toutes les ligures de quatre côtés so peuvent inscrire dans le cercle, mais que, supposé que j'aie cette pensée, je fuis contraint d'avouer que le rhombe y peut être inscrit, puisque c'est une figure de quatre côtés; et ainsi je serai contraint d'avouer une chose fausse, niisc. Médit, v, 6.

— HIST. xvr s. Inscrire les lettres d'une légende de qualitez et tiltres, mo.\t. i, 2<)3.

— ÉTYM. Provenç. inscrire; ospagn. inscribir ; ital. inscrivere; du lat. inscribere; de in, en, et scribere, écrire.

INSCRIT, ITE ( in-skri, skrit' ) , pnrt. passé d'inscrire. ||1° Écrit sur.Les noms inscrits sur une colonne. Il 2' Écrit dans. Inscrit sur la liste des jurés. Dette inscrite. Les orateurs inscrits pour et contre. Créancier inscrit. La loi voconienne était f.iite pour régler la richesse, et non pas pour régler la pauvreté; aussi Cicéron nous dit-il qu'elle ne statuait que sur ceux qui étaient inscrits dans le cens, montesq. Esp. xxvn. Il S" Terme de mathématique. Une figure inscrite. Un carré inscrit dans un cercle. Ces lames sont autant de petits cônes inscrits les uns dans les autres, et dont le nombre est indéfini, bonnet, Consid. corps org. Œuvres, t. v, p. 297, dans POUGENS. Il 4° S. m. Marin qui fait parti» d» l'inscription maritime. || Inscrits provisoires, ceux qui n'appartiennent que provisoirement à l'inscription maritime. Faire sécher le poisson [la morue, à Terre-Neuve], l'étaler le matin au soleil «ur des grèves de galets aplanies..,, le retourner à midi, le

INS

remettre en tas le soir.... telle e?t la tAche des inscrits provisoires, Revue des Deux-Mondes, i" fév.

t INSCRCTABILITÉ ( in-skru-ta-bi-li-té ) , s. f. Qualité de ce que l'on ne peut scruter. L'inscrutabilité des desseins de Dieu.

INSCRUTABLE (in-skru-ta-bl'), adj. Qui ne peut être scruté. Ce qui est, dit saint Augustin, plus inscrutablequequand il [Dieu] envoie, en cette vie, des maux aux gens de bien et des biens temporels aux méchants, nicole. Essais, t. iv, p. )32, dans pouGENS. Lui [Apollon] qui de l'avenir informe les humains, Qui sait du monde entier les ressorts inscrutables, brébeup, Phars. v. Ce degré, c'est la fièvre; à l'égard des retours X certaine heure, à certains jours. C'est un point inscrutable.... la FONT. Quinquina, t.

— HIST. XVI* s. Sa divine et inscrutable sapieru;e [de Dieu], mont, i, 248.

— ÉTYM. Lat. inscrulabilis , de in.... ), et scrutari, scruter.

t INSCRUTABLEMENT (in-skru-ta-ble-man), adv. D'une manière inscrutable.

INSÇU {X V) (in-su), voy. insu.

+ INSCULI'ER (in-scul-pé) ou INSCULPTER (inskul-pté) , V. a. Graver en frappant avec un poinçon. Les fabricants d'ouvrage d'or et d'argent sont tenus de faire insculper à l'administration du département et à la municipalité du canton où ils résident leur poinçon particulier sur une planche de cuivre.

— ÊTYM. Lat. insculpere, de in, en, dans, et seulpère, graver (voy. sculpture) .

f INSÉCABILITÊ (in-sé-ka-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est insécable.

t INSÉCABLE (in-sé-ka-bl'), adj. Qui ne peut être coupé, partagé. Des atomes, c'est-à-dire des corpuscules insécables dont Ëpicure prétend que toutes choses sont composées, fén. Épie. Si un atome insécable dure éternellement, pourquoi le don de penser en lui ne durera-t-il pas comme lui ? volt. Newt. i, 0. Newton croyait aux atomes insécables, indestructibles, ainsi que Gassendi et Boerhaave, m. Dict. phil. Athéisme.

— ÉTYM. Lat. insecabilis, de tn.... i, elsecabilis, venu de sccare, couper (voy. section).

I INSECOUABLE (in-sekou-a-bl'), adj. Qu'on ne peut secouer, dont on ne peut se débarrasser. 1) vint un Grégoire IX, ennemi des empereurs et des rois, qui, par un décret, fit du mariage un joug insecouable, volt. Dict. phil. Adultère.

— ÉTYM. In.... 1, et secouer.

t INSECOURABLE (in-se-kou-ra-bl'), adj. Qui n'est pas secourable.

— HIST. xvi* s. Insecourable, loys le caron, Voés. f" 20, dans lacuhne.

— ÉTYM. In.... <, et secourable.

INSECTE (in-sè-kf) , s. m. || 1» Petit animal invertébré, dont le corps est divisé par étranglements ou par anneaux, et, aujourd'hui, suivant la définition de la zoologie actuelle, classe du règne animal dans laquelle on range les animaux articulés qui sont munis seulement de six pattes. Tous les insectes subissent des métamorphoses avant d'arriver à l'état parfait. Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme? oui sans doute, boil. Sat. vni. Un goût particulier le portait à étudier les insectes, espèce d'animaux si difl'érents de tous les autres et si différents encore entre eux, qu'ils font comprendre en général la diversité infinie des modèles sur lesquels la nature peut avoir fait des animaux pour une infinité d'autres habitations, fonten. Poupart. L'insecte précieux qui produit la soie est originaire de la Chine, c'est de là qu'il passa en Perse assez tard, avec l'art de faire des étoffes du duvet qui le couvre; et ces étoffes étaient si rares du temps mêmede Justinien, que la soie se vendait en Europe au poids de l'or, VOLT. Mœurs, t. X l'égard des insectes on peut dire qu'ils ne sont nulle part aussi grands que dans le nouveau monde ; les plus grosses araignées, les plus grands scarabées, les chenilles les plus longues, les papillons les plus étendus se trouvent au Brésil, à Cayenne, et dans les autres provinces de l'Amérique méridionale, buff. Quadrup. t. m, p. 206. Les insectes sont ordinairement mieux caractérisés aux yeux de la plupart des hommes par les dommages qu'ils causent, qu'ils ne le seraient par une description exacte, bonnet, Observ. pucerons, Œuv. t. I, p. 2, dans pougens. Quel est l'insecte dont le naturaliste le plus patient et le plus laborieux puisse se flatter d'épuiser l'histoire? in. Observ. 49', Insectes. On sait que les insectes meurent, lorsqu'on les plonge dans l'huile, ou qu'on ap-

INS

plique seulement sur leurs stigmates quelques gouttes de cette liqueur, id. Us. feuilles plantes, t" mém. Sous l'insecte vengeur envoyé par Junon, Telle lo tourmentée, en l'ardente saison. Traverse en vain les bois et la longue campagne, a. chên. l'Invention. \\ Fig. Ces minuties bourgeoises [querelles jansénistes] occupèrent plus les Parisiens que tous les grands intérêts de l'Europe; c'étaient des insectes sortis du cadavre du molinisme et du jansénisme, qui, en bourdonnant dans la ville, piquaient tous les citoyens, volt. Louis XV, 36. Je l'accusais [Voltaire] de trop de sensibilité pour la piqûre des insectes qui s'attachaient à lui, dider. Claude et Nér. It, (09. La retraite n'avait été inquiétée que par quelques bandes de cosaquos, i iisectes importuns qu'attiraient nos mourants et nos voitures abandonnées, fuyant partout où l'on portait la main, mais fatiguant par leur retour continuel, SÉ- GUR, Hist. de Nap. ix, (2. || 2» Fig. Être vil, misérable, sans importance. Ces insectes de la société qui ne sont aperçus que parce qu'ils piquent, volt. Goût. X trente ans il écraserait tous ces insectes, j. j. Houss. Ém. IV.

— ÉTYM. Lat. insectum, de insecare, couper, de in, en, elsecare, couper (voy. section), ainsi dit à cause des étranglements du corps.

t INSECTICIDE (in-sè-kti-si-d'), adj. Qui détruit, qui tue les insectes. Poudre insecticide.

— ÉTYM. Lat. insectum, insecte, et cœdere, tuer, t INSECTIER (in-sè-ktiè), s. m. Casier préparé

pour conserver des insectes.

— ÉTYM. Insecte.

t INSECTIFÈRE (in-sè-kti-fè-r'), adj. Terme de minéralogie. Qui renferme des insectes fossiles.

— ÉTYM. Insecte, et le lat. ferre, porter.

t INSECTIVORE (in-sè-kti-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Qui vit d'insectes. La carpe, ce poisson insectivore, bern. de st-p. Harm. 2. Cet appétit de préi'érence pour la viande crue indique une conformité de nature entre les oiseaux de proie et les insectivores, lesquels peuvent être regardés en effet comme des oiseaux de petite proie, bufp. Ois. t. XII, p. (22. Il 5. m. Les insectivores, troisième subdivision de l'ordre des mammifères carnassiers, comprenant les musaraignes, les taupes, etc.

— ÊTYM. Lat. insectum, insecte, et vorare, dévorer, t INSIXTOLOGIE (in-sè-kto-lo-jie ), s. f. Étude

des insectes. Tout ce qui tient à l'industrie des insectes est bien plus propre à piquer la curiosité d'un amateur que toute autre particularité de l'insectologie, bonnet, Observ. 26, insectes.

— ÉTYM. Insecte, et i.âfoi, traité. Ce mot hybride est remplacé aujourd'hui par entowologie, qui a le même sens.

t INSECTOLOGIQUE (in-sè-kto-lo-ji-k') , adj. Qui a rapport à l'in-sectologie ; on dit aujourd'hui entomologique. Je dirai bien encore que je fais plus de cas d'un bon traité sur un seul insecte que de toute une nomenclature insectologique, bonnet, Contempl. nat. Œuvr. t. viii, p. (4u, dans pougens.

t INSECTOLOGISTE (in-sè-kto-lo-gi-st' ), s. m. Synonyme d'entomologiste qui est seul usité. Le grand insectologiste M. de Geer parle de coques de chenilles qui avaient la consistance du parchemin.... bonnet, Contempl. nat. xii, 34.

t INSECTO-MORTIFÈRE (in-sè-kto-mor-ti-fè-r'), adj. Mauvais synonyme d'insecticide.

t INSÉCURITÉ (in-sé-ku-ri-té), s. f. Manque de sécurité. L'insécurité des communications, forguep, Rev. des Deux-Mondes, mars (865, p. to,. Dans les affaires, les intérêts sont gros en raison de l'insécurité du capital, L\OKKms,,J. des Débats, 3 juin (8G0.

— ÊTYM. In.... (, et sécurité.

IN-SEIZE (in-sê-z'), adj. invariable. Terme d'imprimerie et de librairie. Format in-seize, format où la feuille est pliée en seize feuillets et qui donne trente-deux pages. Volume in-seize. Livre in-seize. Il S. m. L'in-seize ne s'emploie que rarement. || On écrit aussi in-iG. \\Au plur. Des in-seize.

— ÉTYM. In, en, et seise.

t INSÉMINATION (in-sé-mi-na-sion), s. f. Pratique superstitieuse qui consistait à jeter dans de la terre remuée quelque chose venant d'une partie malade, et à y semer une plante qui devenait propre à guérir la maladie

— ÉTVH Lat. in, en, et seminare, semer.

I INSÉNESCENCE (in-sé-nè-ssan-s'), ». f. Terme ae physiologie. Qualité de ce qui ne vieillit pas. L'insénescence des facultés intellectuelles, propriété que certains physiologistes attribuent à ces facultés.

ÉTYM. In.'... i , et lat. senesccns, vieillissant

(voy. sénile).

INSENSÉ, ÉE (in-san-sé, séo), adj. \\ 1° Qui n'est pas sensé, qui a perdu le sens.. La femme belle et

INS

iNS

insensée est comme un anneau d'or au museau d'une truie, saci, Bible, Prov. de Salomon,xi, 22. Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeau, boss. Gornay. Dures mais indubitables vérités.... c'est vous qui avez rendu l'inimitable François si heureusement insensé; c'est vous qui l'avez eaUamméd'un violent désir du martyre, iD. Panég. St Franc. d'Ass. 2. Ah! fallait-il en croire une amante insensée? rac. Andr. v, 3. Pour contenter ses frivoles désirs. L'homme insensé vainement se consume, m. Esth. 11, 9. Sages seulement dans les discours, insensés dans les œuvres, philosophes dans l'inutilité des conversations, peuple dans tout le cours de la conduite, mass. Or. fun. Dauphin. \\ 2° Qui n'est pas conforme au bon Eens, en parlant des choses. Je me plains seulement d'une ardeur insensée, corn. Héracl. 11, 7. Je ne me flatte point d'une gloire insensée, bac. Drit. n, 3. Je ne me pique point du scrupule insensé De bé^ nir mon trépas quand ils [les sultans] l'ont prononcé, m. Baj.i, I. Il n'est plus temps : il sait mes ardeurs insensées, m. Phèd. m, <. || 8° S. m. et f. Celui, celle qui a perdu le sens. Dans son désespoir, elle s'agitait comme une insensée. Je me joins avec vous contre cet insensé, corn. Poly. v, 3. Se régler par l'autorité et par l'exemple du commun des hommes, c'est le partage des insensés, jén. Dial. des morts anc. Démocrile, Heraclite. Us marchent en dansant comme des insensés par la voie qui y conduit [à la perdition], mass. Avent, Mort du pe'ch. Et quel est l'insensé sinon celui qui ne craint pas de la perdre [son âme] en vous offensant? id. Paraphr. ps. XXIV, V. (0. Le commandeur : Insensé! — Saint- Albin : Je sais ; c'est ainsi qu'on appelle ceux qui préfèrent à tout une femme jeune, vertueuse et belle, DiiiER. Père de famille, 11, 8.

— HIST. XVI' s. Ce puissant Dieu qui blesse les pensées,D'un traict félon, les auroitinsensées.HONS. 635.

— ÉTYM. Lat. insensatus, de in.... *, et sensatus, sensé. Au XVI* siècle, insenser était un verbe qui avait insensé pour participe.

t INSENSÉMIÎNT (in-san-sé-man) , adv. D'une manière insensée. Après avoir parlé insensément de cîlui [Aristote] qu'on a eu raison d'appeler le secrétaire de la nature, la moihe le vaver. Vertu des païens, 11, Aristote.

INSENSIBILITÉ (in-san-si-bi-li-té), S. ^. |; !• Manque de sensibilité physique. Le chloroforme, l'éther produisent l'insensibilité. J'étais dans cet état de faiblesse et d'insensibilité entre la mort et la vie, volt. Candide, xi. || 2° Manque de sensibilité morale. Les grands dont la bonté n'est pas le partage, par une juste punition de leur dédaigneuse insensibilité, demeureront privés éternellement du plus grand bien de la vie humaine, c'est-à-dire des douceurs de la société, BOSS. Louis de Bourbon. Vous |pêch6urs| implorerez en vain ma miséricorde, poussée à bout par vos ingratitudes; votre insensibilité fait la mienne, id. Élevât, sur mysi. i, 0. Vous m'avez arrachée de ces sociétés de plaisir et de débauche, où je courais avec tant d'insensibilité à ma perte éternelle, MASS. Paraphr.ps. xxvii, v. 3. Mais vous, n'affectez pas l'insensibilité, u. J. chen. Fénel. iv, 3. || Particulièrement. Refus d'écouter l'amour. Il [votre mérite] est grand , mais bien moins que la félicité De votre insensibilité, corn. Agésil. iv, 6.

— HIST. XII' s. L'insensibloté du liement [ligament], H. DE MONDEViLi.E, f' H, verso. L'utilité de l'insensibilité [du ligament] fu que il ne fust blecié par multiplication de mouvement des jointures, id. f° 9. Et telle insensibilité n'est pas humaine, ORESME, Elh. 97. Il xvi* s. La nature, m'ayant désarmé de force, m'a armé d'insensibilité et d'une appréhension réglée ou mousse, mont, iv, 4.

— ÉTYM. Espagn. insensibUidad ; iUû. insensibilità; du lat. insensibiliCalem (quicuerat, Addenda), de insensibilii, insensible.

I.NSENSIBLE (in-san-si-bl'), adj. || !• Qui n'a pas de sensibilité physique. Los végétaux, quoique vi- Tants, sont insensibles. J'emploie toutes choses, monsieur, les raisonnables et !■ s insensibles, pour TOUS persuader votre retour, dalz. Lett.v, 9. Je comprends mieux que personne du monde ces sortes d'attachements qu'on a pour des choses insensibles et, par conséquent, ingrates; mes folies pour Livry en sont de belles mar(|ues, sftv. 18 oct. tean. Sur la pieiTe insensible où mes pleurs ont coulé, m. j. CHÉN. Fén. IV, 3. Affecter la froideur d'une insensible image, c. delav. Paria, 11,2. Ossements desiéché», insensible poussière, Levez-vous, recevez la

vie et la lumière, lamart. tfid. i, 30. || Qui ne sent point, ne ressent point l'impression que l'objet doit faire sur les sens. Etre insensible au froid, au chaud. Les secrets à l'aide desquels la peau devient insensible pour quelque temps à l'action du feu, comme l'huile de vitriol et d'autres corrosifs, volt. Ann. Emp. Charles le Chauve, 877. || Terme de manège. Bouche insensible, bouche qui ne répond pas à l'effet des rênes. || 2° Oui n'a pas la sensibilité morale. Et je suis insensible alors qu'il faut trembler, corn. Cinna, IV, B. Il est vrai que le» hommes aperçoivent moins cette malheureuse délicatesse dans les âmes vertueuses ; on les croit insensibles, parce que non-seulement elles savent taire mais encore sacrifier leurs peines secrètes, BOSS. Marie-Thér. Un Dieu qu'on fait àsa mode, aussi patient.aussi insensible que vos passions le demandent, n'incommode pas, m. Ann. de Gonx. Soumis à la loi seule, insensible comme elle, volt. Taricr. 11, 6. Mes baisers, à l'entendre, étaient froids, insensibles, a. ciiÉN. EIe'g.x;x. L'homme insensible et froid en vain s'attache à peindre Ces sentiments du cœur que l'esprit ne peut feindre, id. Ép. 1. Il Insensible à, qui n'est pas touché de. Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage? corn. i/or. iv, 5. La plupart des gens de travail pensent à boire et à manger, ils sont comme insensibles à toutes les autres choses, NICOLE, Ess. de morale, dans richelet. Êtes-vous donc insensible au plaisir de revoir vos proches? fénel. Tél. xiv. Insensible à la vie, insensible à la mort. Il ne sait quand il veille, il ne sait quand il dort, l. rac. Rel. 11. Insensible à sa chute et grand dans ses misères, volt. Zaïre, II, <. Il 3° Particulièrement. Qui n'est pas sensible à l'amour. Le seul pour qui je tâche à le rendre visible [mon cœur] Ou n'ose en rien connaître ou demeure insensible, corn. Sertor.n, t. Ah! si d'un autre amour le penchant invincible Dès lors à mes bontés vous rendait insensible, rac. Kiihr. iv, 4. L'insensible Hippolyte est-il connu de toi? id. Phèdre, II, <. L'Amour était vivement piqué de voir que ce vieillard inconnu, non-seulement était insensible à ses traits, mais encore lui enlevait Télémaque, FÉN. Tél. vin. Uns femme insensible est celle qui n'a pas encore vu celui qu'elle doit aimer, la bruy. ni. Il Substantivement. Mais, mon cœur, essayons de vaincre l'insensible, desmarets, Èlirame, 11, 2. 11 fait de l'insensible, afin de mieux surprendre, corn. Rodog. IV, 6. Que tout aime à présent; l'insensible n'est plus, lafont. Fabl.xn, 28. Ciel! comme il m'écoutait! par combien de détours L'insensible a longtemps éludé mes discours! rac. Phèd. m, i. Il 4' Qui n'est connu, perçu que difficilement par les sens, ou mênàe qui n'est pas perçu du tout. Le mouvement de l'aiguille d'une horloge est insensible àTiril. Souvent il se disait en son cœur que le plus malheureux effet de cette faiblesse de l'âge était de se cacher à ses propres yeux, de sorte que tout à coup on se trouve plongé dans l'abîme, sans avoir pu remarquer le fatal moment d'un insensible déclin, BOSS. le Tellier. Et d'un vol insensible il sa vit transporté Dans un vaste palais d'admirable beauté, pebraui.t, dans riciiei.et. Ouo l'insecte insensible enseveli sous l'herbe Et l'aigle impérieux qui plane au haut du ciel Rentrent dans le néant aux yeux de l'Êlernel, volt. Fanal, i, 4. Elle s'avance à son but par les degrés les plus insensibles, dider. Inlcrpr. de ta nature, ii' 37. Le diamètre apparent des satellites de Jupiter étant insensible, on ne peut pas mesurer exactement leur grosseur, laplacb, Exp. I, 7.

— HIST. xili's.Quenis [même] les choses insensibles,Oui rien n'entendent ne ne sentent, X Dieu le créateur s'asscntent [obéissent], Ste Leocade, dans b*rbazan, t. I, p. 278. Il xiv s. Mouvement insensible. Gens insensibles, ORESME, Thèse de meunier. [Le cartilage] plus prochain en dureté à l'os, de complexion froide et seiche, insensible et flexible aucune fois, ;. . de MONDEViLLE, f° 9. Jehan du Monstier, homme fol, insensible et furibonde, ducange, insensibilis. Il XVI' s. Je veux, pour ne le voir, devenir un rocher Sourd, muet, insensilile, ronsard. Poèmes, liv. i". Unepenledouceetcomme insensible,M0NT.i,82.Vous gaignez crédit à passer oultre d'une facile et insensible inclination, ID. m, 291. [La mort] chose si soubdaine, si inévitable, si insensible, id. i, 302.

— ÉTYM. Lat. insensibilis, de m.... J, eUensibilit, sensible.

INSENSIBLEMENT (in-san-si-ble-man ) , adv. D'une manière peu sensible, pou perceptible, peu à peu. Ce grand coup doit tomber plus insensiblement, CORN. Thénd. m, b. Dépouille entièrement tes mauvaises coutumes; Leur appas dangereux, chaque fois qu'il surprend, Forme insensiblement un obstacle

plus grand, id. Imit. i, il. Celte conversation nous est si naturelle que nous y tombons insensiblement, sév. 43. Elle y (dans la lecture de l'histoire] perdait insensiblement le goût des romans et de leurs fades héros, boss. Duch. d'Orl. La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce Font insensiblement à mon inimitié Succéder.... je serais sensible à la pitié? rac Athal. II, 7. Je crains qu'insensiblement je n3 sois assez lâche pour rougir de votre nom, mass. Paraphr. Ps. xxvii, V. ). Cet établissement s'était fait insensiblement. — Insensiblement pour vous, reprit Mme de Montespan, mais très-sensiblement pour moi, CAYLUS, Souvenirs, p. 44, dans po'JGEns.

— HIST. xiv* s. Membre insensiblement [sans douleur] flechissable, u. de mondevu.le, f° 8, verso. !i xvi* s. Il n'y a si fin entre nous qui ne se laisse embabouiner de cette contradiction et eblo lir tant les yeux internes que les externes insensiblement, MONT. I, 49. Nous sommes insensiblement touts en cette erreur, ID. i, t7l.

— ÉTYM. Insensible, et le suffixe ment.

t INSÉPARABILlTÉ(iii-sé-pa-ra-bi-li-té),s. f. État de ce qui est inséparable. La conjonction constante de deux phénomènes dans la nature crée dans nou-e esprit une inséparabilité entre les idées qui les représentent. L'unité, la simplicité ou l'inséparabilité de toutes les choses qui sont en Dieu est une des principales perfections que je conçois être en lui, DESC. Médit, m, 22. Harphius, en parlant des noces spirituelles de l'âme avec Jésus-Christ, dit et répète qu'elles produisent une entière inséparabilité, ce qui, étant pris à la lettre, ne serait rien moins que l'hérésie de Calvin et de ses sectateurs, boss. Et. d'orais. >, 6.

— ÉTYM. Provenç. inseparabilitat ; du lat. inseparabilitalem, de inseparabilis, inséparable.

INSÉPARABLE (in-sé-pa-ra-bl'), adj. \\ 1» Oui ne peut être séparé. Idées... jointes ensemble et inséparables, DESc. Uéd. III, 22. Nos destins, par vos mains rendus inséparables, corn Poly. v, 3. Les noms sont inséparables des choses, pasc. Prov. ii. La foi est inséparable de la contrition, boss. Var. <. Ce vice [l'injustice] est inséparable du désir de dominer, in. Ilist. m, 6. Le travail qui doit être inséparable de la royauté, fén. Tél. xviii. || Terme de grammaire. Particules inséparables, particules qui ne s'emploient que dans des mots composés : in, dé sont des particules ou des prépositions inséparables. || S. m. Des inséparables, comme re, for, dans retenir, forligncr. Il 2" U se dit de personnes qui ne peuvent se séparer l'une de l'autre, qui ne se quittent jamais. .Soumise à tes lumières, j'adopterai aveuglément tout ce qui pourra nous rendre inséparables, ghakfigny, Lett. péruv. 2.5. La princesse, à dîner et à souper, ne manquait jamais d'appeler Mme de G***, dont elle devint absolument inséparable, genlis, Mlle de Clermont, p. 31, dans pùl'gkns. |1 Substantivement. Ce sont deux inséparables. || On appelle inséparables des perruches qui ne vivent en cage que par couples et dont, l'une mono ou enlevée, l'autre no tarde pas à mourir {psitlacula pullaria, Lesson) .

— HIST. XVI' s. Sa justice et sa puissance [de Dieu] sont inséparables, mont, i, 393. Quand ils [des inconvénients] naissent des membres du mesnage, continuels et inséparables, id. iv, 72. Qualité [la passion partiale] inséparable des erreurs populaires, ID. IV, 101.

— ÉTY.M. Provenç. et espagn. inséparable ; ital. inseparabile ; du latin inseparabilis , de in.... t, et separare, séparer.

INSÉPARABLEMENT (in sé-pa-ra-ble-man),adt). D'une manière inséparable. Il me prend un enthousiasme pour vous, pour M. de Grignan, pour son fils, pour votre maison, pour ce nom qu'il doit soutenir et auquel je suis inséparablement attachée, sÉv. 24 janv. 1689. Tout mon être dépendant du temps..., il s'ensuit que ma substance n'est rien, étant inséparablement attachée à cette vapeur légère et volage qui ne se forme qu'en se dissipant, lioss. Or. fun. de madame Yolande. Le fils de Dieu plus inséparablement uni à son Père que tous les rayons ne le sont au soleil, id. 6' avcrt. 44.

— HIST. XIV* s. J'entons, au vif argent vermeil Kt parfaict corps qu'on dict soleil, Sont quatre et chascun élément ijnis inséparablement, l'Akh. à nat. B74. Il XVI' s. Sa cause estant inséparablement conjoincte à un consort, mont, i, 99.

— ÉTYM. Inséparable, et le suffi.ve ment.

t INSÉRABLE (in-sé-ra-bl'), adj. Qui peut être inséré. Cet article n'est point insérable dans le journal

INSÉRÉ, ÉE (in-sé-ré, rée), part, passé d'insérer. Il 1° Mis dans. Le vaccin inséré sous l'épiderme dans la peau. Il 2" Terme d'histoire naturelle. Qui a Un point

INS

INS

INS

d'attache ou d'insertion. Étamines insérées sur l'oraire. Les feuilles sont insérées sur la tige.

INSÉREIt (in-sé-ré. La syllabes^ prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il insère, excepté au futur et au conditionnel : j'insérerai, j'insérerais) , v.o. !| 1° Mettre dans. Insérer une greffe sous l'écorce. Que Mme de Montaigu verrait [à Constantinople] inoculer de petits enfants sur le pas des portes... ces enfants se jouer avec le venin salutaire fie virus variolique] que ces femmes leur inséraient, et n'en être pas plus malades que l'on n'est à cet âge d'une dartre passagère, volt. Mél. litl. Fragm. sur l'hist. art. xxiii. || Par extension, introduire dans un texte, dans un registre, etc. Il inséra une clause dans le testament. Insérer une annonce, un article dans un journal. On dira qu'il [Esdras] y aura pu insérer [dans les livres saints] les miracles et les prédictions qui les font passer pour divins, voss. Hist, n,i3. L'Académie française vient d'arrêter d'une voix unanimeque la lettre dont Votre Majesté m'a honoré serait insérée dans ses registres, b'alemb. LeJ(./ot de Prusse, 12 août )770. Il 2° S'insérer, v. réfl. Être inséré, et, particulièrement, dans le langage de l'histoire naturelle et de l'anatomie, être attaché à, sur. Le casoar a une vésicule de fiel; et son canal, qui se croise avec le canal hépatique, va s'insérer plus haut que celui-ci dans le duodénum, buff. Ois. 1. 11, p. 32(.

— HIST. XVI" s Ce que j'ay bien voulu insérer

ici, afin que nous balancions les faits anciens avec les modernes, pour sçavoir auquel des deux temps la malice a esté plus pesante, lanoue, 65. Ceux qui sont une foiz receus et inserez en l'Eglise, calv. Jnst. net. La pointe du tire-balle s'insère dedans le plomb, PARÉ, Introd. 2. Les uns [des muscles] 6 insèrent à l'os, ID. I, 8. Un papier journal à insérer toutes les survenances de quelque remarque,

— ÉTYM. Provenç. inserir; ital. inserire; du lat. inserere. de tn,en, et serere, entrelacer (voy. série).

f INSERMENTÉ (in-sèr-man-té) , adj. m. Prêtre insermenté, prêtre qui refusa de prêter le serment civique lorsque la constitution civile du clergé fut proclamée en <7flO.

— ÉTYM. In.... ( , et serment.

INSERTION (in-sèr-sion ; en vers, de quatre syl- Iabe.s), s. f. Il 1° Action par laquelle on insère; résultat de cette action. L'insertion d'un feuillet dans un livre. L'insertion, sous l'épiderme, du liquide de la vaccine. Il 2» Terme d'histoire naturelle. Attache d'une partie sur une autre. Insertion d'un ligament, d'un muscle, d'un tendon, sur un os. L'insertion des étamines, de la corolle

— HIST. ivi" s. En chacune partie faut considérer sa composition, coUigance ou connexion sous laquelle est compris l'origine et insertion, pabé, i. Préface. Les différences des muscles sont prises de leur substanc», origine, insertion, m. i, 8.

— ÉTYM. Provenç. insercio; espagn. insercion ; ital. inserzione; du latin insertiorieni, de inserere, insérer.

tINSERVILITÉ (in-sèr-vi-li-té), s. {. Absence de servilité. Montesquieu voyait çà et là, dans notre histoire, des choses nobles et fières, un fonds d'inservilité, des saillies de caractère, duponi- WHITE, Centralisation, p. 354.

— ÉTYM. In.... { , et servilité.

t INSEXÉ, ÉE (in-sè-ksé, ksée), adj. Terme d'histoire naturelle. Dépourvu d'organes sexuels; neutre. Les ouvrières chez les abeilles sont insexées.

— ÉTYM. In.... *, et sexe.

t INSIBIATEUR (in-si-di-a-leur), s. m. Terme Ticilli. Celui qui tend des embûches.

— HIST. XVI' S. Insidiateur de la foy, h. es- TiENNE. Lang. fr. ital. Dial. 2.

— ÉTYM. Lat. insidiatorem (voy. insidieux).

t INSIDIATION (in-si-di-a-sion), s. f. Terme vieilli. Action de dresser des embûciios.

— HIST. XV' s. Batailler contre la villenie et ordure de la chair, contre les malices du monde et contre les insidiations du diable, les Triomphes de la noble dame, î' 23, dans lacurse.

— ÉTYM. Voy. I.NSIDIEUX.

INSIDIEUSEMENT (in-si-di-eû-ze-man) , adv.

D'une manière insidieuse. On ïa insidieusement amené à faire celte promesse.

— ÉTYM. Insidieuse, et le suffixe ment. INSIDIEUX, EUSE ( in-si-di-eû , eù-z'), adj.

\\i° Oui dresse des embûches, en parlant dos personnes. Insidieux valet I vous entendez fort bien que ce n'est pas le danger qui m'inquiete, mais le Diutif, BkAUMAKcii. Mar. df l'ig. m, b. Sophiste iii- «lilieui, M. J. CHÉN. Cracques, u, 3, J] 2" Qui est

plein d'embûches, qui a le caractère de l'embûche, en parlant des choses. Ces subtilités qui semblent insidieuses, malh. dans vaugelas. C'est une insidieuse façon de nuire que de nuire en sorte qu'on en soit remercié, id. ib. Des talents insidieux, l'abbé houtevjlle, dans desfontaines. Vous sentez, mon cher maître, tout ce qu'il y a d'insidieux dans ce projet, d'alemb. Lett. à Voltaire, (6 févr. 4 774. ....Quand autrefois auprès De cette ingrate aimée, en nos festins secrets. Je portais à la hâte à ma bouche ravie La coupe demi-pleine à ses lèvres saisie. Ce nectar, do l'amour ministre insidieux, Bien loin de les éteindre, aiguillonnait mes feux, a. chén. Élég. XXII. Zèle insidieux, ducis, Lear, v, 2. Art insidieux, M. j. ciiÉN. Œdipe-roi, m, 3. Vaugelas nous fait remarquer d'autres mots plus lents, qui ont eu une peine infinie à pénétrer dans la langue et qui y sont pourtant entrés à la longue: par exemple, le mot insidieux, tout latin et si expressif; Malherbe l'avait risqué; Vaugelas, qui en augure bien, avant de l'adopter toutefois, le voudrait voir employé par d'autres^ et il n'ose le conseiller que moyennant des précautions et des préparations qui le fassent pardonner, ste-bbuve, Vaugelas, Constitua 28 déc. 1863. Il Terme de médecine. Affections insidieuses, affections qui, ne paraissant pas, au premier abord, aussi dangereuses qu'elles le sont réellement, sont propres à mettre en défaut le praticien.

— REM. L'Académie, dans ses remarques sur Vaugelas, disait que ce mot n'avait pas été accueilli favorablement; et Chapelain, qu'il était désagréable et dégoûtant. Depuis lors l'usage l'a pleinement adopté.

— SYN. INCIDIECX, CAPTIEUX, La distinction est donnée par l'étymologie. Ce qui est captieux tend à capter ; ce qui est insidieux a le caractère de l'embûche. Ce que les raisonnements les plus captieux n'ont pas produit, souvent une caresse insidieuse l'opère, dit Girard.

— HIST. XVI' s. Insidieux, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. insidiosus, de insidia, embûche, de insidere, être assis, posté, de in, en, et sedere, être assis (voy. seoir) : insidere, se poster, par conséquent attendre, dresser une embûche.

4. INSICNE (in-si-gn') , adj. \] i" Qu'on distingue à quelque signe remarquable; digne d'être remarqué, d'être distingué en bien ou en mal, en parlant des choses. Rigueur insigne, tristan, Mariane, 11, 2. S'il a cette vertu, cette valeur insigne, CORN. Nicom. II, 3. Malheur insigne, mairbt, Soliman, I, 6. Et par cet apologue insigne entre les fables, LA FONT. Fabl. m, 2. Mais si l'on peut prétendre à cetlionneur insigne, bac. Ihéb. v, 3. Hélas! d'où nous viendra cette insigne faveur? m. Athal. m, 7. Ton arrogance insigne Ne mériterait pas qu'on te fit cet honneur, volt. Tancr. ui, 6. Il aurait dû périr par un supplice insigne, id. Triumv. IV, 6. Joyeuse né d'un sang chez les Français insigne, iD. Henr. m. Je vous entends, mes fils; en ces combats insignes. Vous jurez de briller entre tous mes guerriers, gilb. la Mort de Louis XV. || Il se dit particulièrement de quelques églises collégiales qui, sans jouir des privilèges des églises cathédrales, étaient supérieures à d'autres collégiales. L'insigne église de.... || 2° Il se dit dans le même sens, en parlant des personnes. Un personnage insigne par ses services. Il y respectera la vertu la plus digne Dont l'épreuve ait jamais fait une femme insigne, hotr. Venceslas, 11, 2. || Insigne pris absolument ne s'accole guère qu'à des noms exprimant un vice, un défaut, et dès lors a une signification défavorable. Un insigne fripon. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron, la font. Fabl. vu, 6. Ce fut un sot en son temps très-insigne, iD. Mandr. Où ne se glorifie-t-on pas de ces damnables victoires [sur les femmes], où ne cclèbre-t-ùn pas ces insignes corrupteurs de la pudeur qui font gloire de tendre des pièges si sûrs que nulle vertu n'échappe à leurs mains impures? boss. Concupisc. )é.

— HIST. xvi' s. Faire quelque insigne poltronnerie, JVui'îî de S(raparofc, t. n, p. I2R, danSLACURNE. Un voleur insigne, mont, u, 4 30.

— ÉTYM. Lat. insignis, de in, en, dans, et signum, signe, marque.

2. INSIGNE (in-si-gn'), s. m. Marque distinclive de grades, de dignités, etc. On avait placé sur le cercueil les insignes du défunt. Les insignes de la royauté. || Il ne s'emploie guère qu'au pluriel.

— HIST. XIII' s. Se plus lie le [la] moitié du seel [sceau] est depeciés ou perdus oudeffaciés, (ju'on n'i connoisse lettres ne ensengnes, le [la] lettre doit eslre

de nule valeur, beaum. xxxv, u. || xv* s. Le cardinal la Ballue receu à Lion avec les insignes de Icgat, coDEKROY, Observ. sur Charles VllI, p. 44 1,

dans LACUHNE.

— ÊTY.M. Lat. insigne, insigne, marque (voy. insigne I).

INSIGNIFIANCE (in-si-gni-fi-an-s'), i. f. Qualité de ce qui est insignifiant. Quant aux mots collectifs de règnes, île classes.... ils ontsans doute beaucoup d'insignifiance, bern. de st-p. Ilarm. v. || Fig. Manque de toute importance. L'insignifiance de cet homme. L'insignifiance d'un tel événement.

— ÉTYM. Insignifiant.

INSIGNIFIANT, ANTE ( in-si-gni-fi-an, an-t'), adj. Qui ne signifie rien. Une phrase insignifiante. U commença la conversation, en se rassurant luimême, par des paroles insignifiantes, stael, Corinne, VI, 4. Il Fig. Qui est sans importance, en parlant des personnes et des choses. Un homme insignifiant. Ces insignifiantes promesses.

— ÉTYM. In.-., t, et signifier.

t INSIMULÉ, ÉE (in-si-mu-lé, lée),adj. Qui n'est pas simulé.

— HIST. XVI' s. Insimulé, cotgrave.

— ÉTYM. In.... I, et simulé.

INSINUANT, ANTE (in-si-nu-an, an-t'), adj. ||1° Oui s'insinue, qui pénètre doucement. On peut bien les subtiliser [les corps], les rendre plus déliés, les réduire en vapeurs et en esprits; par là ils deviendront plus vites, plus mobiles, plus insinuants, mais cela ne les fera pas sentir, iioss. Conn. V, 13. L'eau si fluide, si insinuante, si propre à échapper, fén. Exist. m. || 2" Fig. Qui sait s'introduire auprès des gens et les gagner, les capter. Il y avait dans l'armée un Dolope, nommé Eurymaque, flatteur, insinuant, sachant s'accommoder à tous les goûts et à toutes les inclinaisons des princes, PÉN. Tél. XVI. Les cours ne sauraient se passer d'une certaine espèce de courtisans, hommes flatteurs, complaisants, insinuants, la bruy. viii. Elle avait tous les agréments de l'insinuation, sans j)araître insinuante, mariv. Marianne, U)' part. Jamais le grave Tillotson ne parla avec tant d'énergie; jamais l'insinuant Smaldrige n'eut des grâces si touchantes, volt. Jenni, 7. Un homme est doux et facile, on le trouve insinuant, vauven. Caracières. Il II se dit dans le même sens, en parlant des choses. S'ils sont courts, ils [les livres des mystiques] remuent de grandes questions; leur brièveté les rend plus insinuants , boss. États d'oraison, i, i 0. Des manières insinuantes et persuasives , l'art de gagner les cœurs, et de se les attacher encore plus par l'affection que par l'intérêt, rollin, Hist. anc. diuv. t. Il, p. 168, dans pougens.

tINSINUATIF. IVE (in-si-nu-a-tif, ti-v'), adj. Qui insinue, qui fait pénétrer. Un petit clystère insinuatif, préparatif et rémoUient, mol. Mal. im. I, i. Il Fig. Paroles insinuatives.

— ÉTYM. Insinuer.

INSINUATION (in-si-nu-a-sion; en vers, de six syllabes), s./'. || 1° Action de pénétrer,de s'introduii-e. Si on considère combien est lente et insensible l'insinuation de l'aliment dans les parties qui le reçoivent.... BOSS. Connaiss. m, 6. || 2° Ancien terme de pratique. Inscription d un acte sur un registre faisant autorité, afin de donner authenticité à l'écriture. Les fermiers généraux, touchés d'une action si belle [affranchissement de vassaux], en ont partagé l'honneur; ils ont refusé le droit d'insinuation qui leur est dû et qui est très-considérable, volt. Pol. et législ. Écrits pour les hab. la voix du curé, 3. Tous les frais tant pour la procédure que pour les contrôles et insinuations que pour.... id. Lett. Christin , 27 oct. •1767. ||3° Fig. Adresse dans le langage par laquelle on insinue quelque chose. Vous avez de la tête, du jugement, du discernement.... de l'insinuation, SÉV. 9 juin I680. On remarquait dans les deux princesses la même noblesse dans les sentiments, le même agrément et, si vous permettez de parler ainsi, les mêmes insinuations dans les entretiens , boss. Anne de Gom. Il Terme de littérature. Figure qui consiste à gagner préalablement la faveur de l'auditeur. Exorde par insinuation. || Adresse de manière, de langage, par laquelle on s'insinue auprès de quelqu'un, on capte sa laveur. La valeur n'était pas la seule qualité de Scipion ; il avait une merveilleuse dextérité à manier les esprits, et à les amener à son but parla voie de l'insinuation, rollin. Traité des Et. 3' part. ch. 1. Poniatowski les soutenait [les demandes de Charles XII à la Porte] par le crédit (|u'il savait se donner; l'insinuation réussit partout : il ne paraissait vêtu qu'à la turque, volt. Charles XU,

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». Il 4° Paroies dites par insinuation, avec insinuation. Une insinuation adroite. Parlez nettement, je n'aime pas les insintiations. Il [le baron de Gortz] se rendit en poste auprès du czar; et ses insinuations prévalurent plus que jamais auprès de ce prince, volt. Hist. Charles XII, 8. Ce bien [qu'on dis:\itde quelqu'un] était altéré par des insinuations adroites et perfides, mabmontei., Jfe'm. xii.

— HIST. XVI* s. Pourveu que celui qui le lendemain les desavoue [des contrats] et y renonce, le i'ace sçavoir à la partie adverse par insinuation, et à cet effet luy rende les pot de vin et denier à Dieu dans le mesme soleil luisant.... Nouv. coust. génér. '. I, p. 658.

— ÊTYM. Provenç. insinuation; espagn. rnsmuoeian; WaX. insinuaxione; du latin insinualionem, (le insinuare, insinuer.

INSINUÉ, EE (in-si-nu-é, ée), part, passé d'insinuer. La sonde insinuée dans la vessie. || Fig. Une médisance insinuée contre les absents.

INSINUER (in-si-nu-é), j'insinuais, nous insinuions; que j'insinue, que nous insinuions , v. a. Il 1* Introduire doucement et adroitement quelque chose. Le chirurgien insinua le doigt dans la plaie. De même qu'une vapeur pestilente se coule au milieu des airs, et, imperceptible à nos sens , insinue son venin dans nos cœurs, boss. ) " sermon, Démons , 2. || 2° Ancien terme de palais. Enregistrer quelque chose au greffe des insinuations. La donation qui vous a été faite par votre oncle est d'autant meilleure, qu'elle a été insinuée deux mois avant sa mort, dancourt, les Agiot. I, 6. M. le Riche m'écrit qu'il faut faire insinuer mon contrat de deux cent mille livres, volt. Lett. Chrislin, 27 oct. (767. || Terme d'histoire ecclésiastique. Attacher un clerc à une paroisse. Il 3° Fig. Faire entrer doucement dans l'âme. Il a été à propos d'en rendre la représentation agréable, afin que le plaisir pût insinuer plus doucement l'utilité, CORN. Poly. Abrégé du mart. De faire entrer chez vous le désir des sciences. De vous insinuer les belles connaissances, mol. F. sav. ni, 6. Le monde pour lequel la chaste inspiration qui vous ébranle le cœur commence à vous insinuer un secret dégoût, Boss. Élevât, sur myst. xvii, 2. [Jouer la tragédie d'Estbcr] lui fit appréhender [à Mme de Maintenon] que cet amusement ne leur insinuât [aux demoislles de Saint-Cyr] des sentiments opposés à ceux qu'elle voulait leur inspirer, m— de caylus, Souvenirs, p. 204, dans pouGENs. Il 4° Dans l'ancien langage du théâtre, annoncer un personnage d'une manière un peu couverte. Don Raymond et ce pêcheurne suivent point la r'»gle que j'ai voulu établir, de n'introduire aucun acteur qui ne fût insinué dès le premier acte, ou appelé par quelqu'un de ceux qu'on y a connus, conN. Examende D. Sanehe. \\ 5° Fig. Faire entendre adroitement. Les moyens de faire insinuerau pape ma reconnaissance, boss. Lett. quiét. 59. On peut insinuer la religion dansdesconversationsparticulières, FÉN. t.ii, p. (29. Lui insinuant que quelques personnes lui rendaient de mauvais offices, hollin, Uist. anc. Œuv.t.iv, p. )8l, dans pougens. N'est-cepas vous, monsieur, que j'ai vu dans telle loge, me dit-elle, comme pour m'insinuer à son tour qu'elle m'avait démêlé ? Marivaux, Paysan parv. 5« part. On ne dit rien, on insinua tout, les grandes réputations furent toutes attaquées, montesq. Rom. O. Les émissaires [de Charles XII] insinuaient sans cesse que Pierre Alexiovitz voulait se rendre maître de la navigation de la mer Noire, volt. Charles XII, B. 11 insinue parmi nous les sentiments de Locke, iD. Dial. I. La lettre que Voltaire m'écrivit sur mon dernier ouvrage me donna lieu d'insinuer mes craintes dans ma réponse; l'effet qu'elle produisit les confirma, j.j. nouss. Conf. viii. || 6° S'insinuer, V. réfl. Pénétrer peu à peu. L'eau s'était insinuée par les pores du bois, ils vous prient de vous en frotter le côté (avec du baume tranquille].... il faut que cela soit chaud, et qu'il pénètre et s'insinue dans le mal, SÉV. (5 déc. «68*. c'est lui [Dieu] qui, se cachant sous cent noms différents, S'insinuant partout anime la nature, chaul. Au marq. de la Fare, néisme. Il est semblable au feu dont la douce cha- '.eur Dans chaque autre élément en secret s'insinue, VOLT. Disc. t. L'on trouve des fers incrustés de cuivre et des bois dans lesquels ce métal s'est insinué en forme de végétation, bofp. Min. t. v, p. I34. Il Par plaisanterie. Le bouquet fait, il commence à louer L'assortiment, tâche à s'insinuer; S'insinuer, en fait de chambrière, C'est proprement couler la main au sein, la pont. Servante. \\ Fig. Le doux «ommeil s'était insinué dans ses membres, peu. Tél. xxiv. Le venin s'insinue par la conformité des hu-

DICT. DE LA LANGUK PHAN(;AISE.

meurs, mass. Prof. rel. 1. 1|7° En parlant des personnes, se faire admettre quelque part, s'y introduire avec adresse. Cependant sa grimace est partout bienvenue; On l'accueille, on Iri rit, partout il s'insinue, mol. Uis. i, (.Je vous dirais qu'elle n'a employé aucun de ces artifices que les ambitieux appellent la science du monde et le secret de parvenir, et qu'elle ne s'est insinuée à la cour ni par de pressantes sollicitations, ni parde lâches fiatteries, fléch. ilme de Moniausier. Vers l'an (569, quelques calvinistes s'étaient d'abord insinués dans le peuple, qu'il faut presque toujours gagner le premier, volt. Mœurs, <37. Chacun se lance ; non : à la cour, on se glisse, on s'insinue, on se pousse, p. l. cour. Lelt. viii. Il 8" Fig. Pénétrer doucement dans l'âme. L'espoir s'insinuait peu à peu dans son âme. L'erreur a-t-elle pu s'insinuer au milieu de tant de clartés [chez les anges], ou la dépravation et l'iniquité parmi de si grandes grâces? boss. Élevât, sur myst. IV, 2. Il 9» Fig. Se glisser dans les bonnes grâces, dans la bienveillance de quelqu'un. J'ai commencé par m'insinuer dans l'esprit de la reine, pén. Dial. des morts mod. i 9. Les méchants sont empressés à s'insinuer et à plaire, m. Tél. ii. Cette fille s'était insinuée dans sa confiance, hamilt. Gramm. tu. L'artde s'insinuer dans le cœur par l'amour-propre est peu connu, stael, Corinne, xii, i.

— SVN. insinuer , SUGGÉRER. InsinuatioD implique une idée qui n'est pas dans suggestion. Celui qui insinue quelque chose emploie de l'adresse, des détours, des ménagements. Celui qui suggère fait l'office d'inspirer quelque chose à quoi on ne songeait pas.

— HIST. xvi' s. Jacob, estant caché sous la personne de son frère, et vestu de sa robbe, s'est insinué à son père pour recevoir la bénédiction sous la personne d'autrui, calv. Inst. B9(. 11 sçavoit fort bien s'humilier envers les grands, et s'insinuer en leur bonne grâce, amyot, Pyrrh. (8. Je m'insinue par imagination fort bien en leur place, mont, i, 202. Sa première poison [du démon] s'insinua en nous par les promesses qu'il nous fist de science, ID. II, 208. Je luy insinuerai.... palsgr. p. 008. Insinuer ses nominations au diocèse d'amour, taiiu- REAU, Dial. p. 83, dans lacubne.

— ÈTY.M. Provenç. insinuar, enst'nuor; espagn. insinuar; ital. insinuare; du lat. insinuare, de tn, en, dans, et sinus, sein (voy. sein).

INSIPIDE (in-si-pi-d') , adj. \\ 1° Qui est sans saveur et qui, par là, est désagréable au goût. Breuvage insipide. Dos sauterelles et du miel sauvage, du pain et de l'çau, ce fut toujours là son mets le plus délicieux : persuadé que l'usage des créatures est le prix du sang de Jésus-Christ, il ne s'accorde qu'avec mesure les plus insipides, mass. Panég. St- Franc. de P.\\ i° Fig. Qui est privé de toute saveur intellectuelle ou morale. Et [mon esprit] ne saurait souffrir qu'une phrase insipide Vienne à la fin d'un vers remplir la place vide, boil. Sat. ii. Un poème insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, id. ib. ix. MaisMardochée, assis aux portes du palais. Dans ce cœur malheureux enfonce mille traits. Et toute ma grandeur me devient insipide, Tandis que le soleil éclaire ce perfide, rac. Eslh. ii, 1 . Rien ne sei-ait plus insipide, si l'on ne faisait que s'entr'aimer, fonten. Sapho, Laure. Cette passion rend insipides toutes les choses du ciel, MASS. Carême, Prodigue. On ne trouve dans la prière que des égarements d'esprit qui la rendent insipide et insoutenable, m. Carême, Prière \. Les vers médiocres sont ce qu'il y a de plus insipide au monde, volt. Lett. lioissy, 7 déc. (77o. Il 3° Qui n'a aucun agrément, en parlant des personnes. Un harangueur insipide. Un railleur froid et insipide. Un amant qui ne soupçonne point sa maîtresse, qui n'est point en fureur contre elle, qui ne la tue point, e.st un homme insipide, mais il est beau de réussir sans amour chez les Français, volt. Lett. d'Argental, <8 juillett772. Je voussais bon gré. Madame, de lire l'Histoire d'Angleterre parThoyras; vous la trouverez plus exacte, plus profonde et plus intéressante que celle de notre insipide Daniel, id. Lfilt. Mmedu /;e/7an«, )8 août <7«l,p.46l. C'estbien la plus insipide petite créature que vous ayez jamais vue, GENLis, Jd. etThéod.l. ii, p. 2«i,dans pougens.

— SYN. INSIPIDE, iNSAPiDE. Insaplde désigne ce qui n'a aucun goût, ni bon ni mauvais; insipide, ce qui n'a aucun goût quand cette absence de goût va jusqu'à rendre la chose désagréable, rebutante. Du reste, cette distinction est récente.

— HIST. XVI* s. Ce phlegme ou pituite est doux et insipide, parè, xx, 25. oh I la sotte composition et insipide, mont, iii, S84.

— ÉTYM. Provenç. insipid; espagn. et ital. l'nstpido ; du lat. insipidus, de in..., etsapidus, sapide.

tINSIPIDEMENT(in-si-pi-de-man),o(it). D'une manière insipide. Champs Ëlysées où le corps se promène insipidement quand il n'est plus, volt. Dial. 25.

INSIPIDITÉ (in-si-pi-di-té), s. f.\\l' Qualité de ce qui est insipide. Des jeûnes sans interruption, une nourriture qui, loin de soulager le corps, le révolte par son insipidité, mass. Panég. St Bernard. Il 2" Fig. Manque de saveur intellectuelle ou morale. Ce qu'ils appellent insipidité, je l'appelle tranquillité, fontrnelle, dans desfontaines. Cela [l'indifférence du duc d'Orléans pour la couronne] allait à l'insipidité et à une sorte d'apathie, st-sim. 430, 34 . On a banni les démons et les fées ; Sous la raison les grâces étouffées Livrent nos cœurs à l'insipidité ; Le raisonner tristement s'accrédite ; On court, hélas! après la vérité : Ah! croyez-moi, l'erreur a son mérite, volt. Ce qui plaît aux dames. Voilà les deux pivots de la vie : de l'insipidité ou du trouble, m. Lett. Mme du Deffant, (8 mai i767. Elles [vos lettres] me sont, sire, plus nécessaires que jamais ; elles font toute ma consolation, et raniment l'insipidité de ma vie, d'alemb Lett au roi de Prusse, 30 mars t78(. J'étais pendant deux ou trois jours de l'insipidité la plus estimable, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. ^^o, dans pougens.

— ÉTYM. Insipide; provenç. insipiditat.

INSISTANCE (in-si-staii-s'), s. f. Action d'insister. L'insistance du mendiant valide ajoute encore à l'abjection du métier. Les hommes en place accordent plus à l'insistance qu'au malheur réel (Ces exemples sont de Mercier, qui a introduit ce mot.) Il Terme de rhétorique. Sorte de figure appelée aussi demeure, commoration, épimone, et qui consiste à insister sur quelque raison.

— ÉTYM. Insister.

t INSISTANT, ANTE (in-si-stan, stan-t'), adj. Terme de zoologie. Pouce insistant, pouce des oiseaux qui porte à terre par le bout seulement.

— ÉTYM. Lat. insistentem, pesant sur, de insist^re (voy. insister).

INSISTER (in-si-sté), v. n. || 1° Faire instance, persévérer à demander, à vouloir quelque chose. N'insistez pas. 11 insiste à demander cette place. Elle insista fort pour me faire avoir le gouvernement du Havre de Grâce, larochefouc. Mém. dam bichelkt. Il Insister que, avec le subjonctif. Il insista qu'il eût à confesser dans la torture ce qu'i. avait dit si franchement, vaugel. Q. C. vi, u. Le pape Adrien insiste qu'on lui rende le patrimoine de la Sicile, volt. Mœurs, to. 112° S'arrêter aveo force sur quelque chose, y appuyer. L'avocat insista principalement sur ce moyen. Insistant toujours sur ce qui caractérise les mœurs du temps, j'observerai qu'Edouard défia Philippe de Valois à un combat singulier, volt. Mœurs, 7B. || On a dit insistera; on dit plutôt aujourd'hui insister sur. Sans cette participation des privilèges des pauvres, il n'y a aucun salut pour les riches ; et il me sera aisé de vous en convaincre, en insistant toujours aux mômes principes, uoss. Serm. Scptuagés. 3.

— HIST. xvi* s. Je sçay bien toutefois qu'il y en a qui insisteront à rencontre en soustenant que.... AMYOT, Préf. IX, 34. Ils insistent en telle rage qu'ils ont accoustumé, pour.... parfaire la ruinequ'ils ont encommencée, calv. Instit. Dédie

— ÉTYM. Lat. iruistere, de in, en, sur, et sistere, se tenir debout, de même radical que starê (voy. stable).

INSOCIABILITÉ (in-sosi-a-bi-li-tc) , s. f. Caractère de celui qui est insociable. On compta pour rien les dégoûts, les caprices et l'in.sociabilité dos humeurs, montesq. Lett. pers. ne. Le progrès dei lumières autorise à penser que cette insociabililé aura un terme, baynal, Uist. phil. viii, 34.

— ÉTYM. Insociable.

INSOCIABLE (in-so-si-a-bl'), adj. Qui n'est pas sociable. Un homme insociable. La. société dépend des femmes; tous les peuples qui ont le malheur de les enfermer sont insociables, volt. Lett. sur Zaïre. Je supporte Maupertuis, n'ayant pu l'adoucir ; dans quel pays no trcuve-t-ou pas des hommes insociables avec qui il faut vivre? ID. Lett. Mme Denis, 24 août «751.

— HIST. XVI* s. Les légers [défauts] sont un» vaine et caduque fierté, babil ennuyeux, humeur» espineuses et insociablos, charron. Sagesse, i, 36.

— ÉTYM. Lat. iruociabilis, de in.... t, et sociare, associer (voy. social).

t INSOCIABLE.MENT (in-so-»i-a-ble-man), adv. D'une manière insociable.

— HIST. XVI* s. Insociablement, monet, Dict.

tlNSOQAL, ALB fin-so-si-al, a-1'), ad]. Oui n'est pas social. Ce contrat social ou insocial n'est remarquable que par quelques injures dites grossièrement aux rois par le citayen du bourg de Genève, et par quatre pages insipides contre la religion chrétienne, volt, dans la veaux.

— ÉTYM. In.... *, et social.

f m - SOIXANTE - QUATRE (in-soi-san-te-katr') , adj. invariable. Terme d'imprimerie et de librairie. Format in-soiiante-quatre, format dont chaque feuille est pliée en 64 feuillets, faisant 4 28 pages. Il On écrit aussi in-64. || S. m. Un in-soiiante-auatre. 1| Au plur. Des in-soiiante-quatre.

INSOLATION (in-so-la-sion ; en vers, de cinq syllabes) , s. f. Terme didactique, jj l-Action d'expo'-eiquelqu'un ou quelque chose à la chaleur du soleil. L'insolation d'un papier chloruré. L'insolation nécessaire pour obtenir un effet déterminé. On se sert d'insolation pour les teintures, pour les baumes et pour les plantes qu'on veut garder, charas, Pkarm. *" part. chap. î3. || Moyen employé en thérapeutique pour exciter l'économie animale, ou pour produire la rubéfaction. || Maladie qui est la suite de coups de soleil dans les pays chauds. Insolation prise sur le pont du navire en passant la ligne. || 2" Quantité de chaleur solaire ver>ée sur la terre.

— HIST. ivi* s. La troisième manière d'huile est faite par insolation, quand, en esté, l'on laisse au soleil les fleurs des herbes mises tremper en huile, PARÉ, XXV, S4. Insolations, c'est à dire trop grandes ardeurs du soleil, ii). xxv, 42.

— ETYM. Lat. insoJattonem, de tTUoiore, insoler. •)• INSOLÉ, ÉE (in-so-lé, lée), part, passé d'inso-

1er. Qui a reçu l'action du soleil. Du foin insolé. Il Terme de photographie. Soumis à l'action du soleil. Épreuve insolée.

INSOLEMMENT (in-so-la-man) , adv. Avec insolence. Mais aujourd'hui qu'on voit cette main parricide Des restes de ta vie insolemment avide, eoRN. Rodog. m, 3. Lâche, tu viens ici braver encor des femmes, Vanter insolemment tes détestables flammes, ID. Sertor. v, 4. D'Hacqueville et l'abbé de Pontcarré étaient avec nous [Mme de Sé- Tigné et le cardinal] ; j'étais insolemment avec ces trois hommes, sév. 22 avril <672. Jamais l'histoire n'eut plus besoin de preuves authentiques que dans nos jours, où l'on trafique si insolemment du mensonge, VOLT. Russie, Préf. Ils [les chacals] entrent insolemment et sans marquer de crainte, dans les bergeries, les écuries ; et, lorsqu'ils n'y trouvent pas autre chose, ils dévorent lecuirdes harnais, des îaottes, des souliers, buff. Quadrup. t. vi, p. 202.

— HlST. XIV" s. Ces anemis tant orgueilleusement et insolemment les demoquoient, behcheure, f" 43 bis. Il xvr s. Si ne me semble pas croyable qu'il se fust voulu si insolentement et si superbement monstrer au.\ Athéniens, amïot, Â.lc. 66. Combien insolemment rebrouent Epicurus les stoïciens sur ce qu'il tient l'e.stre véritablement bon et heureux n'appartenir qu'à Dieu 1 mont, h, 267.

— tjyn. Insolent, et le suffixe ment, insolemment a éié fait alors que l'adjectif dérivé des adjectifs latins à une seule terminaison pour le féminin et le masculin n'en avait qu'une en français aussi ; insolente-ment est un remaniement qui n'a pas duré, et qui remettait la formation do l'adverbe en accord avec la nouvelle syntaxe des adjectifs.

INSOLENCE (in-so-lan-s'), s. f.\\ i° Perte de respect. Contre elle, dans ma cour, que peut votre insolence? CORN. Nicom. n, 3. Elle a, d'une insolence à nulle autre pareille, Après trente leçons insulté mon oreille Par l'impropriété d'un mot sauvage et bas Qu'en termes décisifs condamne Vaugelas, mol. Femmes sav. u, 6. Le perfide I à quel point .son insolence monte I hac. Théb. 1, 8. Vos pleurs, votre présence N'ont point de ces cruels désarmé l'insolence? iD. Brii. II, 6. Malgré leur insolence Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, id. ililhr. iv, «. Traître, tu prétendais qu'en un lâche silence Phèdre ensevelirait ta brutale insolence, id. Phèdre, IV, 2. Je ne prends point pour juge un peuple téméraire ; Quoi que son insolence ait osé publier, Le ciel même a pris soin de me justifier, id. Àth. n, 5. Il a» Violence oppressive. Déjà de l'insolence heureux persécuteur, Vous aviez des deux mers assuré les rivages, kac. Phèdie, m, 5.118° Orgueil offensant. L'insolence des parvenus. Je les prie [les dieux] de vous conduire heureusement dans votre patrie, d'y confondre l'insolence de vos ennemis, FÉN. Tél. VI. Ses amiraux portèrent même l'insolence de la Victoire jusqu'à défendre aux pêcheurs français de suivre la morue le dimanche, ratnal, Ilist. phil. XVII, (3. 114° Paroles et actions où il y a

INS

de l'insolence. Il n fait, il a dit mille insolences. Lisez : jugez après cette insolence Si nous devons d'un traître embrasser la défense, hac. Baj. iv, 6. J'ai d'autant plus besoin de votre discours qu'on réimprime actuellement mes insolences sur l'histoire générale, volt. Lett. d'Alcmb. 27 fév. 47CI. Vous aurez entendu ces petits pages qui se battent et se disent des insolences au pied de l'escalier, viTET, États de Blois, se. 9.

— HIST. XVI' s. Voians ceste maladie continuer entre ces gens pour l'insolence [l'excès inhabituel] du froid, d'aub. Hist. i, 276. Le reste fut mis en pieces par le peuple avec des insollences nompareilles, ID. ib. I, 29î.Laroineentrantdans sa chambre avec quelques insolences de joie qu'on n'avait jamais remarquées en elle, id. ib. 11, •• 29. Les centaures s'estant enivrez commirent plusieurs insolences jusqu'à vouloir prendre les femmes àforce, ahyot, This. 38.

— ÉTYM. Lat. insolentia, de insolens, insolent. Insolentia a proprement le sens d'action, de chose insolite, sens qui se trouve au xvi° siècle.

INSOLENT, ENTE (in-so-lan, lan-t'), adj. \\ 1° Qui perd le respect, en parlant des personnes. Tout homme insoleut est en abomination au Seigneur, saci. Bible, Prov. de Salomon, xvi, 6. Voilà les petites peccadilles dont il [un mari] l'accuse [sa femme] ; elle entre en fureur de son côté, elle oublie toute pudeur, elle veut se séparer pour jamais d'un si insolent calomniateur, sév. 23 janv. 4 682. N'attirez point sur vous des périls superflus. Pour un fils insolent que vous ne verrez plus, rac. Uithr. IV, 4. Il Insolent de. Insolent de ses succès. Je ne viens point ici montrer à votre haine Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne, cohn. Nicom. v, lO. Il 2" Qui a le caractère de l'insolence, en parlant des choses. Ses discours insolents m'ont mis l'esprit en feu. Et je veux prendre l'air pour me rasseoir un peu, mol. Tart. 11, 2. Elle partit des ports d'Angleterre à la vue des vaisseaux des rebelles, qui la poursuivaient de si près qu'elle entendait presque leurs cris et leurs menaces insolentes, boss. Reine d'Ànglet. Dans ses yeux insolents je vois ma perte écrite, hac. Phèdre, m, 3. |1 3° Particulièrement. Qui offense la modestie, la pudeur. 11 est insolent, fort insolent avec les femmes. Sextus a été le plus insolent de tous les hommes [dit Lucrèce racontant son malheur], m"" scuqéry, Clélie. \\ 4» Qui est d'un orgueil outrageux. Oui, mais il n'était plus en sortant ce Didyme Dont l'orgueil insolent demandait sa victime, corn. Théod. iv, 4. Tout vainqueur insolent à sa perte travaille, la font Fabl. vu, i3. Ceux mêmes qui n'étaient pas ambitieux dans une condition médiocre, deviennent quelquefois insolents lorsqu'ils se trouvent dans une plus grande élévation, FLÉCH. Duch. de Mont. D'un rival insolent arrêtez les complots, rac. Uithr. 11, 5. |1 II se dit, dans le même sens, en parlant des choses. Et l'insolent orgueil de sa cagoterie N'a triomphé que trop de mon juste courroux, mol. Tan. m, 4. Il [Satan] tomba du ciel ainsi qu'un éclair; et, assemblant avec lui tous les compagnons de son insolente entreprise.... Boss. 4" sermon, Démons, a. On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, hac. Plièd. i, 8. Pour éblouir les yeux, la fortune arrogante Affecta d'étaler une pompe insolente, boil. Éptire ix. D'esclaves entourés, sur un char insolent. Ils [les conquérants] foulaient à grand bruit la terre.... roucher, les Leçons de la mort. \\ 6° Fig. et familièrement. Extraordinaire, inouï, immérité. Bonheur insolent. Fortune insolente. || 6° S. m. et f. Personne insolente. C'en est assez, Félix, reprenez ce courroux, Et sur cet insoleut vengez vos dieux et vous, corn. Poly. V, 3. L'insolente n'a pu dissimuler sa joie, ROTROU, Bélis. 1, 4. L'insolent devant moi ne se courba jamais, bac. Esth. 11, 4. Quel est cet insolent qui pense me braver? volt. Orphcl. m, 2. On s'avise quelquefois de comparer l'insolent avec l'insolence, et, l'un ne paraissant pas lait pour l'autre, on le fait rentrer dans l'ordre, duclus, Consid. mœurs, ch. 4 0. || FamiUèrement. Celui qui offense la modestie, la pudeur. L'insolent de la force empruntait le secours, rac. Phèdre, iv, 4 . J'ai connu, me dit-il, une honorable dame qui confessait qu'un jour, après avoir crié à l'insolence, il lui était échappé enfin de dire: charmant insolent,

MARMONTEL, Uém. Vil,

— HIST. xvr s. Nouveauté insolente, delapohte, Épithètes.

— ÉTYM. Lat. insolenlem, de in.... et solens, habituel (voy. souloir), mot à mot : inaccoutumé; de là on passe au sens de immodéré, excessif, pui» à celui d'un insolent; toutes ces acceptions sonidanslc latin.

INS

t INSOLENTER (in-so-lan-té), v. a. Traiter avec insolence. Mme laduchesse se sentit soulagée d'avoir au moins insolente sa sœur, st-sim. 274, 472. Nous qui faisons ordinairement bouquer la noblesse, il ne sera pas dit que nous nous laissions insolcnter par la roture, dancourt, le Prix de l'arquebuse, se.

— ÉTYM. Insolent.

t INSOLER (in-so-lé) , v. a. Terme didactique. Exposer au soleil. Insoler un corps. {| S'insoler, v. réfl. S'exposer aux rayons du soleil.

— ÉTYM. Lat. insolare, de in, en, et sol, soleil.

t INSOLIDARITÉ (in-so-li-da-ri-té), s./. Manque de solidarité. Pour qui considère nos habitudes de licence, nos goûts de calomnie, notre esprit d'insolidarité, notre insouciance du bien publie, proudbon, De la justice, 1, 98.

— ÉTYM. In.... 4, et iohdortlé.

t INSOLIDE (in-so-li-d'), adj. Qui manque de solidité.

— HIST. XVI' s. Insolide, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. itisolidus, de in.... 4 , et solidus, solide.

t INSOLIDEMENT (in-so-li-de-man), adv. D'une manière qui n'est point solide. Maison insolidement construite.

— HIST. XVI' s. Insolidement, cotgrave.

t INSOLIDITÉ (in-so-li-di-té), s. f- Etat de ce qui n'est point solide. L'insolidilé des fondations. Il Fig. L'insolidité d'un argument. Je commence à voir que sa façon d'agir [du P. Noël] est bien différente de la mienne, parce qu'il produit ses opinions à mesure qu'il les conçoit ; mais leurs contrariétés propres suffisent pour en montrer l'insolidité, pasc. Lettre à le Pailleur.

— HIST. xvr s. Par l'insolidité du fondement,

t IN SOLIDO, voy. solido.

INSOLITE (in-so-li-f), adj. Qui n'est point d'usage, qui est contraire à l'usage. C'est dans un de ces livres de l'analogie qu'il [César] recommandait particulièrement d'éviter, comme un écueil, les expressions nouvelles et insolites, rollin, Uist. anc. t. III, liv. 25, ch. u, art. 2, p. 269, dans pougens. La manière insolite de combattre avait un peu effrayé les ennemis des Romains, le p. cathou, dans DESFONTAiNEs. Ils prirent une voie insolite, id. ib. Ces démarches illégales et insolentes autant qu'insolites rebutent ceux qui travaillent pour moi, volt. Lett. Àrnoult, 46 juin 4761.

— HIST. xvi" U remet ceste et autres injures insolites et indignitez à lui faittes, eniierement à la volonté de Dieu, m. du bellay, si 2.

— ÉTYM. Lat. insolitus, de in.... 4, et solitus participe de solere avoir coutume (voy. souloik).

t LNSOLITEMENT (in-so-li-te-man), adv. D'uno manière insolite.

INSOLUBILITÉ (in-so-lu-bi-li-té) , s. f.\\V Terme de chimie. Qualité des substances qui ne peuvent se dissoudre. Ij 2° Impossibilité de résoudre un problème, une question, etc. L'insolubilité d'un problème, d'une question.

— ÉTYM. Lat. insolubiiitatem, do insolubilis, in soluble.

INSOLUBLE (in-so-lu-bl'), adj. || 1° Terme de chimie. Qui ne peut se dissoudre. La résine est insoluble dans l'eau. || 2° Qu'on ne peut résoudre, expliquer. Trouver le secret de mesurer cet angle, en connaître la différence, lorsque la terre est au Cancer et lorsqu'elle est au Capricorne : avoir par ce moyen ce qu'on appelle la parallaxe des étoiles fixes, est un problème insoluble en n'employant que les instruments connus jusqu'ici, volt. Ncwt. n, 4.

— HIST. XIII' s. Elle [la logique] se defent d'insolubles, De soluces et de fallaces, Bat. des sept arts. Il XVI' s. Il se vante d'avoir un argument iiisiiluhlo et ferme par dessus tous les autres, assavoir la prophétie d'Adam, calv. Instit. 360. U leur iiropo-a plusieurs questions, qui sembloient insolulilcs,

AMYOT, Alex. 4 07.

— ÉTYM. laX.insoluiiiliSfde in.... 1, et solubUis, soluble.

flNSOLUBLEMENT (in-so-lu-ble-man),adt'. D'une manière insoluble.

INSOLVABILITÉ (in-sol-va-bi-li-té), jr. f. Impuissance de payer. L'insolvabilité de ce débiteur.

— ÉTYM. Insolvable. Au xvr siècle ou disait insolvcnce.

INSOLVABLE (in-sol-va-W) , ac^. Qui n'a pas de quoi payer. .Mourir insolvable. Je voulais que ce débiteur in.solvable par le désordre de sas affaires et languissant dans une obscure prison fût encouragé, fat consolé, fût délivré, bourdal. s* dim. après la

INS

INS

INS

Pentee. Dommic. t. lit, p. h 3. 1| Fig. La gloire n'est pas tant une dette dont s'acquitte le public, qu'un aveu de ce qu'il doit et tout ensemble une protestation qu'il est insolvable, balzac, la Gloire. Insolvable de son fonds, elle [l'âme] sent sa pauvreté et sa misère, bourd. Pensées, t. m, p. 28O.

— ÊTYM. In.... <, et solvaUe. Au xvi* siècle, on disait insohent, avec raison, puisque le sens est celui du latin insolvens, qui ne paye pas.

DfSOMXIE (in-so-mnie), s. f. Privation de sommeil. L'abbé Têtu a des vapeurs qui l'occupent et toutes ses amies; ce sont des insomnies qui passent les bornes, sÉv. t3 déc. 1688. Des insomnies presque continuelles m'annoncent une disposition inflammatoire qui terminera vraisemblablement par me faire prendre congé de ce meilleur des mondes possibles, d'alemb. Leit. au roi de Prusse, 20 nov. 4 772. Je me tourne et m'agite, et ne peux nulle part Trouver que l'insomnie amère, impatiente, Qu'un malaise inquiet et qu'une fièvre ardente, a. chén. Élég. xxiii.

- ÉTYM. Lat. insomnia, de in.... 1, et somnus, sommeil (voy. somme, s. ni.).

t INSONDABLE (in-son-da-bV), adj. Qui ne peut être sondé. Fondrières insondables, scahron. {| Fig. Qui peut sonder de Dieu l'insondable pensée î la-

UART. Joe. Il, 63.

— ÉTVM. In.... 1, et sonder.

t INSONORE (in-so-no-r'), adj. Qui n'est point sonore. Quand Zoïle veut louer quelqu'un, sa trompette devient insonore, mercier. L'asphalte comprimé [en chaussée] ne présente ni boue ni poussière; il est insonore, o. Maurice , Presse «ciend/. 1864, t. 1, p. 267.

— ÉTYM. Lat. insononis, de in.... i, et sonorus, sonore.

t INSONORrrÊ (in-so-no-ri-té), *. f. État de ce qui n'est point sonore.

t INSOUCI (in-sou-si) , s. m. Absence de souci, de sollicitude. Combien les hommes de l'opposition des quinze ans n'ont-ils pas reproché au gouvernement de la branche aînée sa dépendance de l'étranger, son insouci de l'honneur national, son ignorance de la vraie politique du pays! carrel, Œuvres, t. iv, p. Î48. L'insouci de la plupart des hommes à l'endroit de cette science d'eux-mêmes a droit de confondre, D. STERN, Essai sur la liberté, p. l*.

— ÉTYM. In.... 1, et souci.

t PîSOOCIAMMENT (in-sou-si-a-man), ad». D'une manière insouciante. Que l'histoire reproche à Henri d'avoir, au lendemain de Centras, abandonné son armée et perdu insouciamment les fruits de sa victoire pour courir à Pau aux pieds de Mme de Grammont..., yong, J. des Débats, 25 juill. 18G5.

INSOUCIANCE {in-sou-si-an-s'), *. f. Etat ou caractère de celui qui est insouciant. Du doge rassuré par mon insouciance Rien ne peut ébranler l'aveugle confiance, anxelot, Fiesque, iv, 6. Les simples soldats, qui voient toute leur vie dans le moment présent, et qui, attendant peu de l'avenir, ne s'en iijquiètent guère, conservaient leur insouciance, la plus précieuse de leurs qualités, ségur, Hist. de JVop. VIII, 1 i . Telle était l'insouciance qui résultait de cette multiplicité d'événements et de malheurs sur lesquels on était comme blasé, et tel l'égoïsme produit par l'excès de fatigue et de souffrance, qu'ils ne laissaient à chacun que la mesure de force et de sentiment indispensable pour son service et pour sa conservation personnelle, id. ib. viii, 6. || Absence de souci, d'inquiétude sur quelque chose. L'insouciance du danger, de la mort.

F.TYM. Insouciant.

INSOUCIANT, ANTE(in-sou-si-an, an-t'), adj. Qui no se soucie pas d'une chose ou des choses. Être insouciant du lendemain. On verra dans le monde des maris insouciants qui savent tout et ne se fâchent de rien , GENus, Veill. du chat. t. m, p. 48.

— ÉTYM. In.... i, et soucier.

t INSOUCIEUSEMENT (in-sou-si-eû-ze-man), adv. D'une manière insoucieuse. La nuit, quand tout dort insoucieusementàbord.., J.desDébats, I7janv.l860.

t INSOUCIEUX, EUSE (in-sou-si-eû, eù-z'), adj. Qui n'a point de souci, qui ne se soucie pas de. [Le Napolitain] Prie un saint et s'endort sous une cotonnade, lasoucieux du lendemain, mêry, dans legoa- RANT. 11 voulut deviner par quel ancien mystère, Quel charme souverain l'homme était retenu. Insoucieux de l'heure, aux bords du rocher nu, 10. Naissancede la rime, dans Bévue de Paris, 2' période, t. x, p. 4»2.

— ÊTYM. In.... 1, et s'jMa'em.

t INSOUDABLE (in-sou-da-bl'), adj. Qu'on ne peut souder.

— ËTYli. In. t „ et souder.

t INSOUFFRABLE (in-sou-fra-bl") , adj. Qui ne peut être souffert.

— HIST. xv s. Et comme tel visce soit à Dieu comme insoutirable, CHRIST. DE FiSAN,C/»aWe« F, 1,27.

— ÉTYM. In.... i, eisoulfrir.

INSOUMIS, ISE (in-sou-mî, mî-z'), adj. Non soumis. Peuples insoumis. Les Saxons insoumis, mermet, Itol. à Roncevaux. || Substantivement. Jeune soldat qui, ayant reçu une feuille de route, n'est pas arrivé à sa destination au jour fixé par cet ordre. Il y a quelques insoumis dans le département.

— ETYM. In.... 1, et soumis.

t INSOUMISSION (in-sou-mi-sion), s. f. Caractère, état de ce qui n'est pas soumis.

— ÉTYM. In.... t, et soumission.

INSOUTENABLE (in - sou - te - na - M' ) , adj.

Il 1° Qu'on ne peut soutenir, défendre, justifier. Elle fera passer leur opinion pour insoutenable, PASC. Prot). II. Des erreurs si insoutenables et si visiblement opposées à la pureté de l'Evangile, id. 2' factum pour les curés de Paris. Les absurdités où ils tombent en niant la religion, deviennent plus insoutenables que les vérités dont la hauteur les étonne, boss. Anne de Gonx. Il n'y a rien qu'il ne vaille mieux admettre que de dire des choses si insoutenables, pén. Exist. 28. On croit se trouver dans des conjonctures où il faut fermer les yeux à l'iniquité, soutenir des abus que l'on connaît insoutenables, MASS. Carême, Immut. de la loi. Il est insoutenable d'admettre une succession d'êtres matériels pensants par eux-mêmes, volt. Dial. vu, 2. Il 2° Qu'on ne peut supporter, endurer. Ne pouvant soutenir vos propres pensées, et croyant que tout ce qui est possible arrivera ; voilà le plus cruel et le plus insoutenable état où l'on puisse être, sÉv. H cet. 1688. N'est-ce pas dans un père une témérité insoutenable de vouloir se rendre maître des vocations et des états de sa famille"? bourdal. i" dim. après l'Épiph. dominic. t. i, p. i". Plus il aime le monde, plus son ennui devient insoutenable, MASS. Àvent, Bonh. La vertu nous parait plus triste et plus insoutenable, id. Carême, Dégoûts. Comme il y a plus de cœurs pusillanimes que d'âmes fortes, l'idée de la mort se trouve toujours exagérée, ses approches trop redoutées, et son aspect insoutenable, buff. Probabilité de vie. Ils se baignaient très-souvent hommes et femmes pêle-mêle dans des étuves échauffées à un degré de chaleur insoutenable pour tout autre que pour eux, id. llist. nat. hom. CEuv. t. V, p. no. || 3° Qui choque extrêmement. Vanité insoutenable. C'est un homme insoutenable. Il est insoutenable avec ses prétentions.

— ÉTYM. In.... 1 , eXsoutenable.

f INSOUTEN'A ELEMENT (in-sou-te-na-ble-man), adv. D'une manière insoutenable.

t INSPECTATEUR (in-spè-kta-teur) , s. m. Terme inusité. Celui qui examine curieusement. Les Allemands, curieux lecteurs et inspectateurs desdites inscriptions, mol. Fdch. m, 2.

— ÉTYM. Lat. inspectatorem { quicherat. Addenda),de inspectare, inspecter (voy. inspecter).

INSPECTÉ, ÉE (in-spè-kté, ktée), part, passé d'inspecter. Les collèges inspectés tous les ans.

INSPECTER (in-spè-kté), v. a. Examiner avec autorité, ou avec une mission spéciale d'une autorité compétente. Il est chargé d'inspecter les collèges. Il Absolument. C'est M. un tel qui inspecte.

— ÉTYM. Lat. inspectare, de in, en, et speclare, regarder (voy. spectacle).

INSPECTEUR, TRICE (in-spè-kteur, tri-s'), s. m. et f. Celui ou celle dont la fonction est d'inspecter, de surveiller quelque chose. Inspecteur aux revues. Dans les manufactures libres, l'intérêt du commerçant suffit pour qu'il veille à la perfection de ses denrées ; et cet intérêt est le meilleur et le plus sûr de tous les inspecteurs, condohcet, Ifonst'gni. Il Dans l'université, inspecteurs de l'enseignement primaire, ou inspecteurs primaires, ou inspecteurs des écoles, ceux qui sont chargés de surveiller l'enseignement primaire. Inspecteurs d'académie, ceux qui inspectent les établissements d'instruction publique dans une académie; il y en a un par département. Inspecteurs géciraux , ceux qui sont chargés d'inspecter, les uns pour les lettres, les autres pour les sciences, les lycées et collèges importants de toute la France. Inspecteurs de l'enseignomont supérieur, ceux qui sont chargés d'inspecter les facultés. || Inspectrice, dame chargée d'inspecter les pensions déjeunes filles. Il y a (les inspi^ctrices pour les écoles communales de jeunes filles et pour les salles d'asile. {| Inspecteur général, celui qui a l'inspection sur toute une

branche d'un service public. Pour soutenir la discipline militaire, il [Louis XIV] créa des inspecteurs généraux, ensuite des directeurs, qui rendirent compte de l'état des troupes; et on voyait par leur rapport, si les commissaires des guerres avaient fait leur devoir, volt. Louis ÎIY, 2». || Inspecteurs de la salle, les cinq députés chargés de la police des conseils sous le Directoire. || Inspectrice, la femme d'un inspecteur. Madame l'inspectrice. || Inspecteur des compagnies franches de la marine, inspecteur des galères, inspecteur général de la marine et des galères, différents titres qu'on a donnés, dans le xvn* siècle, à des officiers chargés d'inspection.

— ÉTYM. Lat. inypeclorem, de inspectuin, supin de t'nspicere, examiner, de t'n, en, et specio, regarder (voy. spectre).

INSPECTION (in-spè-ksion ; en vers, de quatre syllabes),*, f. \\ 1° Action d'inspecterquelque chose, de l'examiner. X la première inspection, on connaît que cet acte est faux. Faire l'inspeciion des armes. Lorsque quelqu'un dit: je pense, donc je suis, il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelqae syllogisme, mais comme une chose connue de soi ; il la voit par une simple inspection de l'esprit, pasc. Rép. aux 2" object. 22. Les Arabes, habitant sous des tentes, étant continuellement à portée d'observer les astres, furent peut-être les premiers qui réglèrent leurs années par l'inspection du ciel, volt. Dict. phil. Job. Il 2° La fonction d'examiner quelque chose, de le surveiller. Inspection des écoles. Inspection d'académie. Des magistrats qui eussent inspection sur la conduite des femmes, mo.ntesq. Esp. vu, 1 0. Le cliancelier en Angleterre avait inspection sur la cour du banc,voLT.ifœurï, 16.\\ 3° Place, emploi d'inspecteur. Il obtint une inspection dans les ponts et chaussées. Il Division ecclésiastique dans les pays protestants.

— ÉTYM. Provenç.tnspectton.-espagn. tnipeccion; ital. inspezione, du lat. inspectionem, inspection (voy. inspecteur).

t INSPIRANT, ANTE (in-spi-ran, ran-t'), adj. Qui est propre à inspirer, inspirateur. Les circonstances où il [Pallas] écrivait n'avaient rien de bien inspirant, cuvier. Éloge de Pallas.

INSPIRATEUR, TRICE ■;in-spi-ra-teur, tri-s'), adj. Il 1° Terme de physiologie. Qui sert à l'inspiration. Mouvements inspirateurs. || Muscles inspirateurs, muscles qui servent à l'inspiration, en produisant l'ampliation de la poitrine. Le diaphragme est le principal muscle inspirateur. || 2° Fig. Qui agit comme un souffle sur l'âme, sur l'esprit. ...Autour de lui tandis que tout sommeille, La lampe inspiratrice éclaire encor sa veille, dilille. Homme des champs, i. Ce calme inspirateur que le poSte implore, M. I. CHÉN. la Promenade. Quelquefois seulement, quand mon âme oppressée Sent en rhyihmes nombreux déborder sa pensée. Au souffle inspirateur du soir, dans les déserts Ma lyre abandonnée exhale encor des vers, lamâbt. Jfi^d. i, 20. Ce jour inspirateur [le clairde lune] et qui la fait rêver [la pensée]. Vers les cho.ses d'en haut l'invite à s'élever, id. Harm. 1,10. Il Substantivement. Par ses relations avec les dilettanti, il se faisait passer en Italie et dans toutel'Europe pour l'inspirateur des beaux-arts, marmontel, Mém. VI. ô toi l'inspiratrice et l'objet do mes chants, DELILLE, la Pitié, I. J'ai choisi Richardson comme inspirateur de Rousseau et comme premier modèle du pathétique familier, exagéré par Diderot, VILLEMAIN, Litt. fr. 1 8' siècle, 2' part. 3» leç.

— ÉTYM. Lat. inspiratorem,deinspirare, inspirer.

INSPIRATION (in-spi-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\ 1" Terme de physiologie. Action par laquelle l'air est inspiré, entre dans les poumons, mouvement opposé à l'expiration. Immédiatement après que l'air, chargé d'exhalaisons nuisibles, a été chassé au dehors par l'expiration, l'inspiration introduit dans le poumon un nouvel air, et avec lui bien des principes qui influent plus ou moins sur la sanguification, iionnet, Contempl. nat. Œuvr. t. vui, p. 30, note ) , dans pouoens. 11 paraît certain que les loups et les chiens ne hurient que par inspiration; on peut s'en assurer aisément, en faisant hurler un petit chien près du visage, on verra qu'il tire l'air dans sa poitrine, au lieu de le pousser au dehors, buff, Suppl. à l'hist. nat. Œuvr. t. XI, p. 1 08, dans P0UGENS. Il 2° Fig. Mouvements do l'âme, pensées, actions qui sont dus à une insufllation divine comparée à l'insufflation qui introduit l'airdans la poitrine. Un soldat, poussé, dit Josèphe, par une inspiration divine, se fait lever par ses conl- ]iagnons à une fenêtre et met le feu dans ce temple auguste [de Jérusalem], boss. Hist. 11, 8. Il (le

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jeune Sclpion] attaque Carthage la Neuve, comme l'il eût agi par inspiration, et ses soldats l'emportent d'abord, boss. Hist. i, 8. Qu'y a-t-il donc, chrétiens, qui puisse nous empêcher de recevoir, sans différer, ses inspirations [de Dieu, pour la pénitence]? iD. Duch. dOrl. || On fait un pape par voie d'inspiration, lorsque tous les cardinaux s'accordent unanimement et comme par inspiration à choisir un sujet qu'ils nomment à haute voix. || 3° Particulièrement. L'enthousiasme qui entraîne les poètes, les musiciens, les peintres. Ce vers a été écrit d'inspiration. Cette poésie est pleine d'inspiration. Vous ferez votre tragédie quand votre enthousiasme vous commandera; car vous savez qu'il faut recevoir l'inspiration, et ne la jamais chercher, volt. Lett. Chabanon, 20 aoiit (7C6. Qu'est-ce donc que l'inspiration? l'art de lever un pan de voile, et de montrer aux hommes un coin ignoré ou plutôt oublié du inonde qu'ils habitent, ciDER.SaJon de I7ii7, (Euv. t. XIV, p. 368, dans pouGENS. Une inspiration céleste animant dans cet instant laphysionomiede Corinne, ETAEL, Corinne, x, 5. || 4° Action de conseiller quelqu'un, delui suggérer ((uelque chose. Marie [d'Angleterre], ne se dirigeant que par les inspirations de Philippe II, faisait brûler les protestants, VOLT. lfû?urs, <63. Il La chose inspirée. Je vous dois cette inspiration. 11 n'écoute que les inspirations de sa fureur.

— HIST. xiv s. Après ce qu'out oré par grant dévotion, Li vint divinement une inspiration, Girart de Ross. V. «389. Il IV* s. Et crois, quand la paix y . fut premièrement avisée, que ce fut par la grâce de Dieu et inspiration divine, proiss. ii, ii, 239. Si le r«i Ferrant de Portingal eust eu nulle inspiration ni imagination de ce qui est à présent.... m. u, m, î9. Il XVI' s. S'il se fait quelque inspiration d'un air pestilent, paré, Introd. to. Le cœur est rafreschi par l'inspiration, id. ii, 9.

— ÉTYM. Provenç. inspiratio; espagn. xnspiracion; ital. inspiraxione ; du lat. inspirationem , de inspirare, inspirer.

t INSPIRA TOIRE (in-spi-ra-toi-r'),odj. Terme de physiologie. Qui sert, qui a rapport à l'inspiration.

— ÊTVM. Inspirer.

INSPIRÉ, ÉE(in-spi-ré, rée), part, passé d'inspirer. Il 1" Introduit par insufflation ou inspiration. L'air inspiré et expiré. L'eau inspirée par la bouche, et qui se répand dans les interstices des branchies, la rafraîchit [la frange formée par les vaisseaux], elle échappe ensuite par les opercules dans l'expiration, BONNKT, Contempl. nat. m, 25, note 6. || 2° Oui a reçu l'inspiration divine ou poétique. David inspiré parle Seigneur. Muse contemple ta victime! Ce n'est plus ce front inspiré. Ce n'est plus ce regard sublime Oui lançait un rayon sacré, lamart. Médit, i, <«. Il 3° Qui est suscité dans l'esprit ou le cœur. Témoins des tendres feux à mon cœur inspirés, volt. Olymp. i, 4. Il 4° Qui reçoit conseil, direction. Le prince inspiré par son ministre. || Inspiré de, avec un infinitif. Le plus sage de tous les rois, éclairé des lumières de l'esprit de Dieu, inspiré de laisser à la postérité le portrait d'une femme héroïque.... fléch. Urne de Montausier. ||5* S. m. elf. Un inspiré, une inspirée, personne qui reçoit du ciel ce qu'elle pense, ce qu'elle dit. Tantôt l'inspirée devinait le passé, tantôt l'avenir, volt. Uceurs, Proph. || Par extension. Lui [Byron], le grand inspiré de la mélancolie, Qui, las d'être envié, se changeait en martyr, A. DE MUSSET, Poésies nouv. Lett. à Lamartine.

INSPIRKR (in-spi-ré), v. a. || 1» Souffler dans. Inspirer de l'air dans la poitrine d'un noyé. Il [Satan] inspire son venin dans le cœur, boss. 2" sermon, Démons, 2. || 2° Terme de physiologie. Inspirer de l'air, faire entrer de l'air dans sa poitrine. 1.6 ver renfermé dans la galle animale ne saurait se passer d'une communication libre avec l'air extérieur, il a besoin de l'inspirer, bonnet, Contempl. nat. XI, 6, note 6. || Absolument. Inspirer, faire l'acte de l'inspiration. Inspirer et expirer font l'acte complet de la respiration. || 3' Fig. Souffler dans le cœur, dans l'esprit, en parlant de la Divinité de qui sont reçues des lumières surnaturelles. C'est le Sa nt-Esprit qui l'a inspiré. La suite des événements justifia clairement que Mathathias était inspiré, BOSs. Var. 5« avert. 24. Les trembleurs, gens fanatiques qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées, id. Reine d'Ànglet. || Il se dit aus.si des divinités du paganisme. Vous [Numa] qui leur avez persuadé [aux Romains] que vous étiez inspiré par la nymphe Êgérie, fên. Dial. des morts anc. ( 9 Il Familièrement. Je fus bien inspiré quand je fis telle chose, c'est-à-dire je fus bien avisé, j'eus une bonne idée lorsque, etc. Ah! que je fus bien inspirée, Quand je vous reçus da>s ma cour 1 iiaruon-

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TEL, Didon, n, 3. ||4" Par extension, donner l'enthousiasme poétique, l'enthousiasme de l'art. Les poètes disent que les Muses les inspirent. Et, maudissant cent fois le démon qui m'inspire. Je fais mille serments de ne jamais écrire, boil. Sat. ii. Il [Cupidon] descend, il s'arrête aux champs de la Sicile, Où lui-même inspira Théocrite et Virgile, volt. Henr. ix. || Il se dit, en un sens analogue, de ce qui fait naître l'inspiration chez l'écrivain ou l'artiste. Ce beau sujet inspire le musicien. Achille était poétique; Mais, morbleu! nous l'efi'açons: S'il inspire une œuvre épique , Nous inspirons des chansons, BÉRANGER, Mirmidons. \\ 6* Faire naître dans le cœur ou l'esprit quelque mouvement, dessein ou pensée. Ces mêmes dieux à Tulle ont inspiré ce choix, CORN. Hor. m, 3. Mme de Chaulnes prend ses mesures.... pour s'en aller à Chaulnes.... un besoin qu'inspire la vie qu'on fait ici ; chacun veut s'en reposer à la campagne, sév. 7 oct. <G87. Vous ne perdez rien avec nous de toutes les bonnes qualités que Dieu vous a données; nous vous prions de les inspirera votre fille, id. 29 oct. 4688. Si.... nous attendons les derniers soupirs pour prendre les sentiments que la seule pensée de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vie, BOSS. Duch. d'Orl. Le courage qu'inspirait à nos troupes le besoin pressant de l'État, les avantages passés, et un jeune prince du sang qui portait la victoire dans ses yeux, id. Louis de Bourbon. Il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois [de l'amour], à qui il ne peut inspirer des sentiments indignes de leur rang, id. Éar.-7'hér. Méditant ces éloquents et graves discours qui enseignaient et qui inspiraient tous les ans la justice, fléch. Lamoignon. Elle lui a inspiré [au fils de Louis XIV] ses premiers vœux et ses premières prières ; elle a tiré de son cœur ses premiers soupirs, id. Mme de Mont. Une dame illustre, capable de former l'esprit et le cœur des enfants du plus grand monarque du monde, de leur inspirer des paroles et des pensées dignes de leur rang et de leur naissance, id. ib. Appelez les cruels qui vous l'ont inspirée [cette action si noire], rac. Brit. iv, 3. Et moi-même éprouvant la terreur que j'inspire.... id. Phèd. m, 6. Saitil toute l'horreur que ce Juif vous inspire ? id. Esth. III, 4. Le ciel en ce moment m'inspire un artifice, id. Mithr. m, 4. Votre exemple m'a inspiré le faste, FÉN. Tél. VIII. Ses regards inspiraient le respect et la crainte, volt. Henr. vu. On a de lui [Fénelon] cinquante-cinq ouvrages différents ; tous partent d'un cœur plein de vertu ; mais son Télémaque l'inspire, id. Louis XIV, écrivains, Fénelon. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre; Des cœurs nés sans vertu l'infortune estl'écueil; Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil, LAMART. Méd. I, 4 4. Il On dit quelquefois inspirer dans; c'est une nuance. Vos bontés à leur tour Dans les cœurs les plus durs inspireront l'amour, rac. Alex, m, «. Il Inspirer de, avec un infinitif. Autant de vertus qu'elle a pratiquées sont autant de sujets de confiance en la bonté de Dieu, qui se plaît à récompenser ceux à qui il inspire de le servir, fléch. Mme de Mont. || Inspirer que, avec le verbe à. l'indicatif. Des âmes hautaines qui, pour faire servir les princes [emprisonnés par ordre de la cour] à leurs intérêts cachés, ne cessaient de lui inspirer [au frère de Louis XIII] qu'il devait s'en rendre le maître, boss. le Tcllier. \\ 6° Inspirer, avec le nom de la personne pour complément direct, conseiller, diriger, animer. Suivez, suivez, seigneur, le ciel qui vous inspire, corn. Cinna, ii, t. Les dieux qui m'inspiraient et que j'ai mal suivis M'ont fait taire trois fois par de secrets avis, rac. Mithr. iv, 2. Je vois que la sagesse elle-même t'inspire, id. Esth. II, 6. Il Inspirer quelqu'un de, avec un verbe à l'infinitif. Et l'inspirant bientôt de rompre avec Florange, Donnez-moi le moyen de montrer qu'à mon tour Je sais pour un ami contraindre mon amour, CORN, la Veuve, m, ( (On peut voir au participe un exemple, dans Fléchier, d'une tournure semblable). Il 7° S'inspirer, v. réfl. Recevoir l'inspiration. Il s'inspire de ses lectures.

— HlST. xu* s. Tant furent espiré del felun susduiant [qui trompe] Tut li mielz [les mieux] de la curt et tut li plus vaillant. Et tut li plus séné [sensés], e Englois e Normant, Th. le mari. <36. || xiii's. Piteux diex, piteux roys, pileux hom, piteiix sire. Par ta sainte pitié mon dur cuer si m'inspire. Que toute humaine euro puist haïr et despire, J. de

ueung. Test. 2103. Il XIV' s Mais Jésus inspiroit

La noble bourgeoisie qui par dedans estoit. Tellement qu'à nos gens doucement se rendoit, Guesclin, V 2t337. Et fut la dame avecques son seigneur et

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mary tellement inspirée de sens et de beau maintien.... Ménagier, 1,6. || xv* s Et puis du lymon composa Adam qu'en paradis posa. Et lui inspira au corps l'ame, Nativité de JV. /. S. C. Mystère. Ainsy est science donnée De Dieu et en l'homme inspirée, L.^ FONT. 308. Il xvi* s. Ce mouchoir empoisonné inspira son venin si promptement que.... MONT. III, -159. Un feu d'oi"! s'inspiroit la chaleur à tout le logis par des tuyaux, id. iv, 2:16. Les vapeurs ou odeurs que nous attirons, inspirons par le nez es ventricules du cerveau, pahé, Introd. )0.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. inspirar; ital. inspirare ; du lat. inspirare, de in, en, dans, et spirare, souffler.

INSTABILITÉ (in-sta-bi-li-té) , s. f. || I' Défait de stabilité physique. L'instabilité d'un équilibre. Il Instabilité d'un navire, vice de construction d'un navire qui fait qu'il n'est pas bien stable à la mer. || Fig. J'ai promené mes yeux Sur l'instabilité qu'on trouve sous les cieux, TRISTAN, If. de Chrispe, m, i. Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre; Toute votre félicité. Sujette à l'instabilité. En moins de rien tomba par terre; Et comme elle a l'éclat du veire, Elle en la fragilité, corn. Po/;/. iv, 2. Faisant réflexion que, de tant de milliers d'hommes, il n'en resterait pas un seul dans cent ans, il [Xercès] ne put refuser des larmes à l'instabilité des choses humaines, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. 190, danspoccENS. L'avarice est une extrême défiance des événements qui cherche à s'assurer contre les instabilités de la fortune par une eice.ssive prévoyance, et manifeste cet instinct avide qui nous sollicite d'accroître, d'étayer, d'aflTermir notre être, vauven. Introd. à la conn. de l'esp. humain, ii, 29. || 2° Fig. Défaut rie stabilité morale. Et laissant dans son cœur parler sa défiance De l'instabilité d'un peuple qui balance, ERÉBEUF, Phars. iv. Dieu, pour punir l'irréligieuse instabilité de ces peuples, les a livrés à l'intempérance de leur folle curiosité, boss. iictna d'Anglet. La perpétuelle instabilité des Églises protestantes, id. Var. (6. Celui [le royaume d'Israël] que la révolte avait élevé malgré les rois légitimes, eut en lui-même une perpétuelle instabilité et périt enfin sans espérance par ses fautes, ID. Polit, ix, 3, 6. Je sais, mes frères, que le sacrement de pénitence ne fixe pas l'instabilité du cœur humain, MASS. Carême, Rechute, t. S'alarmer de la répugnance des penchants, de la médiocrité des forces, de l'instabilité des goûts, id. Réf. religieuse, sermon t.\\i' Non-permanence dans le même état. L'instabilité d'une combinaison chimique. L'instabilité du continent qui, perpétuellement battu, rongé, bouleversé par l'océan dont il éprouve les vicissitudes, d'un côté perd au loin peut-être des terres immenses, et de l'autre découvre à nos yeux de nouveaux pays, raynal, Hist. phil. x, 2.

— HIST. XV' s. Condoleant lors les instabilités des choses humaines et la diversité des accidents que les fortunes transmettent inopinables , chastel. Expos, sur vérité mal prise. || xvi' s. Redoubler l'instabilité de la fortune, amyot, P. Jim. 4 5. Le pis que je treuve en nostre estât, c'est l'instabilité, et que nos lois, non plus que nos vestements, ne peuvent prendre aulcune forme arrestée, mont. m, 64 L'irrésolution d'une part, puis l'inconstance et l'instabilité . est le plus commun et ajiparcnt vice de la nature humaine, charron. Sagesse, i , 40.

— f.mLLa.l.in.'!tabililatem,ùeinstabilis, instable, t INSTABLE (in-sta-bl'), adj. \\ 1" Qui n'est pas

stable, permanent dans la même assiette. || Terme de mécanique. Équilibre instable, équilibre tel que, au moiixlre déplacement, le centre de gravité du corps cesse (5e tomber entre les appuis de ce corps, qui, dès lors, ne peut plus conserver la position qu'il avait. {| Fig. Caractère instable. || 2° Terme de chimie. Combinaison instable, combinaison qui se défait facilement. || Acier instable, acier qui perd facilement ses propriétés.

— REM. Vaugelas no croyait pas ce mot français; il dit dans ses Remarques : Il y a beaucoup de mots de cette terminaison qui n'ont point de composi's, comme aimable, méprisable, faisable, haïssable, stable, on ne dit point inaimable, imméprisable, infaisable, inhaîs.sable, instable, pour signifier le contraire de leurs simples, vaugel. Rem. not. Th Corn. t. II, p. (027, dans POUGENS. Instable, usité dans le xv'et le xvi' siècle, conservé par le lang.igj de la mécanique, a repris sa place dans la langue.

— HIST. XV' s. Et voit uiig homme de inhumaine figure, qui bien monstroit estre homme instable et croyant de legier conseil, sanz aucunement regarder se il pretendoit à bien au à mal, Percel'oresl,

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t. IV, f 68. II XVI* S. Tourbe stupide, servile, instable, et coiuiimellement floltante en l'orage des passions, mont, i, 318. J'ay le pied si instable et si mal assis, je le treuve si aysé à crouler et si prest au branslo.... in. ii , 323. 0 paix instable et fausse..., DESPORTES, Amours d'IIippolyte, xlii.

— f.TYM.Lat.tnsmbih's, de in....) ,etsto()t7ts,stable. 1 IX.'JTABLE.MENT (in-sta-ble-man) , adv. D'une

manière qui manque de stabilité.

— IMST. XVI» s. Et comme instablemrnt il [l'Amour] fait tourner sa roue, desportes, Amours d'IIippolyte, xxxiii, Élégie.

t INSTALLATEUR (In-sta-la-teur), s. m. Celui qui installe. Les chanoines prébendes et les deux chanoines honoraires se sont ensuite diripi^s vers la chaire archiépiscopale, où l'installateur a fait asseoir le prélat, et l'a rais ainsi en possession, Installât, de iJçir Darhoy , archevêque de Paru, dans Journal des Débats, 23 avr. )8(i3.

INSTALLATION (in-sta-la-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Acte par lequel un évêque, ou tout autre bénéficier, est mis en possession de sa dignité et de ses droils; locution prise de la stalle du chœur où l'on faisait asseoir le nouvel élu. Interrogez les peuples qui vous ont vu; faites-les consentir, si vous le pouvez, à votre installation dans le s,incluaire, m>ss. Confér. Vocation, t. Il Par extension, il se dit de toute autre installation. L'installation du président d'un tribunal. L'installation doit être faite dans les formes, patru, Plaidoyer 16, dans RicntLET. Qui que ce soit n'est revêtu de la moindre charge, que son installation ne soit accompagnée de compliments sur sa grande capacité, duclos, Consid. mœurs, ch. 3. || 2" Terme de marine. Action de mettre dans une disposition convenable tous les objets qui se trouvent à bord d'un bâtiment. || Il se dit, par extension, de l'arrangement intérieur dans un logement, dans une maison.Venez nous voir, notre installation est complète.

— f.TY.M. Installer.

INSTALLÉ, ÉE (in-sta-Ié, lée), part, passé d'installer. Cette famille installée provisoirement dans une auberge. || Terme de marine. Un navire est bien ou mal installé, suivant que son gréement, .ses emménagements, ses appareils sont plus ou moins commodément disposés pour un service actif.

INSTALLER (in-sta-lé) , V. a. || 1° Faire l'installation d'un dignitaire ecclésiastique. Théodora et Marozie gouvernèrent Rome; on installa des papes de douze ans, de dix-huit ans, volt. Ànn. Emp. Doutessurl'hist.6.\\P3LT extension, faire l'installation de tout autre dignitaire ou fonctionnaire. Vous pourriez partager vos .soins avec un gendre. L'installer dans le trône et le nommer César, corn. Pulchérie, ii, 2. 11 [Louis XIV] installait lui-même ces colonels à la tête du régiment, en leur donnant de sa main un hausse-col doré avec une pique, VOLT. Louis IIV, 29. Il 2° Placer, établir quelqu'un en quelque endroit. Installer un commis à son bureau. Le colonel Roguin voulut absolument passer avec moi la montagne et m'inslaller à Métiers, j. j. Rouss. Conf. XII. Il 3° Terme de marine. Disposer chaque objet à la place qui lui convient. ||Par extension, installer sa maison, y faire les dispositions nécessaires pour y être à son aise. || 4° S'installer, V. rcjl. Se donner à soi-même l'installation. Nota que .V. le premier président s'installe lui-même; le plus ancien président se recule, et le premier président prend la place, Arch. des finances, mss. Inslruct. sur la Cour des comptes, <70<, p. 87.||Se mettre, se caser. Il s'est installé dans un fauteuil. Je m'installerai bientôt dans mon nouveau logement.

— HIST. XVI' s. La première chose qu'il fist après estre installé en l'estit, fut qu'il nomma prince du sénat L. Valerius Flaccus, amyot, Caton, 34. Il n'estoit aucun besoing d'y en installer un plus chevaleureui, n'estant plus la ville de Lyon frontière, CARi.oix, II, <7. Cosme de Medicis se fit et installa chef de la république de Florence , bbant. Medicis.

— ÉTYM. Wallon, estaler, placer; du bas-lat. instaUare, de in, en, dans, et le bas-lat. stallus, stalle (voy. stalle).

t INSTAMINÉ, ÉE (in-sta-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui ne contient pas d'étaminej.

— f.TVM. In.... i,etétamine.

INSTAM.MKNT (in-sta-man), adv. D'une manière

instante, avec instance. Je demande si instamment à Dieu qu'il ne t'arrive aucun ma!,B.DEST-p. P. et V,

— HIST. xvi' s. Il l'en pria très instamment, AMYOT, Fnb. 20.

— RTYM. Instant, et le suffixe rrtent.

INSTANCE (in-stan-s"), t. f. \\ 1° Soin extrême,

pressant. Et notre plus grand soin, notre première

instance Doit être à le nourrir [l'esprit] du suc de la science, mol. F sav. ii, 7. || 2° Sollicitation pressante. Demander avec instance. Et son amour même m'a fait instance De presser les moments d'une telle alliance, mol. F. sav. ii, 3. On ne sait pas faire instance pour obtenir la délivrance des passions, MASS. Carême, Prière 1. || Instances, au pluriel, en ce sens, est présentement plus usité que le singulier. Faire de vives instances. Ses instances furent pressantes. Peut-être que la personne infortunée qui corrompit la première votre innocence crie actuellement dans le lieu de son supplice [enfer], et fait des instances de rage auprès de son juge pour qu'il lui soit permis de venir vous montrer ce spectre affreux qui alluma autrefois dans votre ame encore pudique des désirs impurs, mass. Carême, Riche. Il 3" Nom qu'on donne à tout procès où il y a demande et défense. L'instance était pendante à tel tribunal. Former une instance. L'instance est périmée. Reprise d'instance. Je me la suis fait adjuger pour les frais d'une instance que j'ai eu l'esprit de faire durer dix-sept ans, et le fond du procès n'est pas jugé encore, dancourt. Vacances, se. 3. Il Terme de pratique. Instance par défaut, celle qui se poursuit lorsque le défendeur ne se présente pas. || Première instance, poursuite d'une action devant le premier juge. Il perdit son procès en première instance. || Tribunal de première instance, tribunal inférieur qui connaît de toutes les contestations en matière civile, à partir d'une certaine somme. Avoué près le tribunal de première instance. || On dit de même : juge de première instance. || Terme d'ancienne jurisprudence. Instances sommaires, procès qui s'instruisaient par écrit dans l'espace de six jours, en conséquence d'une requête présentée à la cour. Il 4° Terme de l'école. Argument nouveau qui a pour objet de détruire la réponse faite au premier. Voilà une bonne instance. Que répondez-vous à cette instance? Les instances de Gas.sendi contre les Méditations de Descartes. Comme a fort bien répondu Sénèque à cette sorte d'instance [adressée à Êpicure], LA MOTHE LE VAYER, Vertu des païens, u, hpicure. Il 5° Cas, fois (acception qui a vieilli). Mon cheval tombe sur moi par deux instances, ciiaulieu, Lett. inéd. p. 95 (édit. de )85o).

— HIST. XIV* s. Et Tarquinius ha mis grant instance que les comiies fussent hastez, BEHCiituRB, f° (9, recto. S'il enchauçoit [poursuivait] les anemis par trop grant instance, lu. f" BO, recto. X instance de partie, Ordonn. des rois, t. vu, p. 545. || xv" s. Ceux qui tenoient les frontières à l'instance du jeune roi d'Angleterre n'en estoient mie rosjouis, FROiss. II, u, 4. Si assembloit le duc d'Anjou de tous lez [côtés] , en instance de ce voyage, si grand avoir que merveilles, ID. II, ii, t29. A ceste propre instance qu'ils donnèrent sus nous, donna le comte de Gaiaz/ e sus l'avant garde, comm. viii, 6. || xvi* s. De présent estoyt le dict roy en la roche Clermauld, et là, en grande instance, se remparoyt luy et ses gens, bab. Garg. i, 78. X nostre instance, le vieil Macrobe monstra ce que estoyt spectacle et insigne en l'isle, ID. Pant. IV, 25. Erreurs desquelles on debvroit, à toute instance, combattre la naissance et le progrez, MONT, i, 37. Elle sollicita son mary avecques extrême instance de.... id. i, 262. L'instance encommencée, ils se sont portez pour appelans en la court de parlement, MAltGUER. Lett. 159.

— ËTYM Provenç. instancict , instanssa; ital. istanza; du lat. instanlia, de instans, instant.

<. INSTANT, ANTË (in-stan, stan-t') , adj. ||1* Qui poursuit, qui presse. Instante sollicitation. Aux instantes prières de cet homme. |j 2° Qui nous est prochain, qui est sur nous. Le péril est instant. Le besoin est instant. Le régent avait accoutumé de me faire part des choses secrètes les plus impertantes qui demandaient des partis instants à prendre, ST-siMON 523, 20). L'abbé, qui n'avait pu compter sur rien de si instant, voulut capituler, id. 7, 93.

— SYN. INSTANT, IMMINENT. Ce qui cst instant se tient sur nous et nous presse; ce qui est imminent nous menace, tel est le sens étymologi(iue qui indique la nuance. Un péril instant nous presse d'agir; un péril imminent nousavertit seulement par sa menace.

— HIST. xvi* s. Instante supplication, mont, i, i7. Retournons à nostre bon Gargantua, qui est à Paris, bien instant à l'estude des bonnes lettres, rab. Garg. i, 28. Le soupper achevé, consultarent sur l'affaire instant, et fust conclud que.... id. ib. i, 40,

— ÉTYM. Bcrry, instant, istans, existant [il n'est pas mort, il est toujours instant-, du lat. mslantem, do instare, être pressant, de m, en, sur, et stare, se tenir debout (vo/. stable).

2. INSTANT (in-stan), «. m. || 1* La partie de temps infiniment petite qui est considérée comme actuelle et ne faisant qu'un point dans la durée. Dans le môme instant. Un instant a souvent changé l'ordre des choses, botr. Antig. i, 2. Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide, .... Qui d'abord accablait ses ennemis surpris. Et d'un instant perdu connaissait tout le prix, rac. Athal. m, 3. Insensés que nous sommes! que nous impoite dans quelle situalion la main de Dieu nous place pour l'instant rapide que nous paraissons sur la terre? mass. Carême, Riche. Il Elli(itiquement et familièrement. Un instant, signifie attendez, arrêtez. Un instant, ne soyez pas si pressé. || 2* Il se dit quelquefois pour un certain intervalle de temps de peu de durée. Aboiard n'était pas dans son accès farouche : Les plus brutaux ont leurs instants, la motte, Fabl. m, 15. Il 3" Â chaque instant, atout instant, ioc. adverb. Continuellement, sans cesse. 11 le repète à tout instant, à chaque instant. || 4° Â l'instant ou dans l'instant, loc. adverb. Aussitôt, à l'heure même, tout à l'heure. Si le roi, dansTin-stant, pour sauver le coupable. Ne lui donne à baiser son sceptre redoutable, rac. Esth. I, 3. Mais sa langue en sa bouche à l'instant s'est glacée, id. Athal. ii, 2. X l'instant on chanta le combat des Centaures avec les Lapithes, FÉN. Tél. I. Lisez ce billet important Qu'un Arabe en secret m'a donné dans l'instant, volt. Fanal, m, < I. Il 5° En un instant, en très peu de temps. Il le fait, il le fera, il l'a fait en un instant. || Dans un instant, tout à l'heure. 11 reviendra dans un iiistLiit. Il 6* Dès l'instant que, aussitôt que. Dès l'instant qu'il vous aperçut, il courut au-devant de vous. Il 7° X l'instant que, dans l'instant où. Notre corps est transporté à l'instant que nous le voulons, boss. Connaiss. iv, 4.

— HIST. XVI' s. Ils furent negligens de corriger sa teste folle sus l'instant, bab. Garg. i, 50. X chaque in.stant. mont, i, 74. X touts instants, id. t, 76. Que l'infinité des siècles tant passez qu'à venir n'est à Dieu qu'un instant, id. il, 207.

— ÉTYM. Instant ).

INSTANTANÉ, ÉE (in-stan-ta-né, née), adj. Qui ne dure qu'un instant, qui se produit en un instant. Longlempson pensa que la lumière était instantanée, c'est-à-dire qu'elle ne mettait aucun temps appréciable pour se transmettre à travers les plus longues distances.

— ETYM. Adjectif formé d'instant, avec la finale latine ancus, comme dans conlemporaTiats, qui est du mémo temps, contemporain.

t INSTANTANÉITÉ (in-stan-ti-né-i-té), s. f Qualité de ce qui est instantané. L'instantanéité des effets de la sensibilité et de l'activité prouve au moins la prodigieuse mobilité de l'organe immédiat des opérations de notre âme, bonnet, Ess. analyt. dme, ch. 24.

t INSTANTANÉMENT (in-stan-ta-né-man) , adv. D'une manière instantanée, soudaine.

INSTAR [k V) (a-liu-star), loc. prépos. X la manière de, à l'exemple de, de môme que. X l'instar du culte évangélique, il [Julien] essaya d'unir la morale à la religion, chateaubr Génie, i, I, i.

— REM. À l'instar est une préposition décriée, dit Chiffiet, Gramm. p. 127. À l'instar n'est plus décrié ; mais il a toujours quelque chose de technique qui en empêche l'emploi dans le haut style : "Tailleur à l'instar de Paris.

— HIST. XVI' s. Et de la part des dits gens des comptes, auroit esté dit au contra ire, qu'en l'an 1657 la dite chambre fut reliée à l'instar de celle de l'aris; et en l'année IB75, le dit instar fut jugé, parties ouïes, Déclaration du roi, 5 août I58i.

— ÉTYM Lat. instar, ressemblance.

t INSTAIIRATKUR (in-stô-ra-teur) , s. m Celui qui instaure.

— HIST. XVI' s. Instaiirateur, les alarguer, de la marguer. p. 35, dans lacur\H.

— ÉTYM. Lat. instauratorem (voy. in.staubation). INSTAURATION (in-stô-ra-sion ; en vers, de cirq

syllabes), s. ^.Établissement. Inslau ation desjei.x Olympiques. L'instauration du temple de Jérusalem.

— HIST. xvi' s. Les parties dédiées pour la propagation et instauration, paré, i, <.

— ÉTYM. Lat. inslaurationem, de instaurare, de in, en, et un radical staurare qui paraît signifier afi'ermir, palis.sader, et tenir au grec oTaupè;, palissade; comp. aussi le goth. stiurjan, fi\er; ail. steuer; l'étyinologie est le sanscr. slhdvara, fixe, ferme, de stltd,cn latin stare.

t INSTAURER (in-stô-ré), V. a. Donner l'instauration. Instaurer un temple.

— HIST. XVI* s. Par sa mort le péché a esté oiti}

INS

par sa résurrection, lajusticea esté instaurée, calv. Instit. 39B.

— ÉTYM. Lat. inslaurare (voy. instauration). INSTIGATEUR. TKICE (in-sti-ga-teur, tri-s'), s.

m. et f. Celui, celle qui instigue, qui pousse à faire quelque chose. Un certain ecclésiastique que l'on prétend avoir été instigateur de cette belle affaire , MALii. Lettres, ii, 33. Il était instigateur de la persécution, MAUCROix, Schisme, livre i, dans biouelet. Le diable, cet esprit superbe et jaloux de l'homme, fut l'instigateur des Juifs, comme il l'avait été de Caïn , BOSS. ÉUvat. sur myst. vili, s. Un Anglais fanatique, nommé Felton, l'assassina [Buckingham) d'un coup de couteau, sans que jamais on ait pu découviir ses instigateurs, volt. Mœurs, 476. L'infâme Claudius, du crime instigateur, Fut de ma mort surtout le complice et l'auteur, ducis, Hatnlet, II, 6. Ainsi la nature, ayant fait de l'amour le lien de tous les êtres, l'a rendu l'instigateur de nos lumières et de nos plaisirs, bern. de st-p. Paul et Yirg.

— HIST. XIV' s. Obvier aux fraudes, malices et haras des dits lombarz usuriers, et de leurs flatteurs, promoteurs et instigateurs, Ordonn. des rois de France, t. ni, p. 646.

- ÊTYM. Provenç. istiguador; espagn. insligador; ital. instigatore, istigatore; du lat. instigatorem, de instigare, instiguer.

INSTIGATION (in-sti-ga-sion; en vers, de cinq syllabes), s.f. Action d'instiguer. Il leur demanda, à l'instigation de Perdiccas, quelsétaient les auteurs de la sédition, vaugel. Q. C. viii, <4. L'âme a péché par le ministère et même en quelque sorte par l'instigation du corps; et c'est pourquoi il est juste qu'elle soit punie avec son complice, boss. Sermons, RésurrecU dern. i. L'âme sent, à de certaines instigations confuses, qu'il [le Saint-Esprit] veut quelque chose qu'elle ne peut comprendre, m. Et. d'orais. v, 26. On leur impute [aux jésuites] beaucoup de choses dont on n'a aucune preuve , mais que l'on croit facilement à l'instigation des préjugés, DAYLE, lett. à Pécher, «o août <706.

— liEM. «L'Académie a jugé ce mot de palais et peu élégant : je m'en suis pourtant servi pour ma traduction de Quinte-Curce, vaugel. Nouv. Rem. p. 24 2. » L'arrêt de l'Académie n'a pas prévalu contre ce mot.

— Hisr. xiv s. Sanz les souffrir pour le temps avenir estre empeschiez en aucune manière à l'instigation du dit hourgois ou d'aucune personne.... lettre de Charles V, Bibliothèque des chartes, 4* série, t. m, p. 4 26. Comme à l'instigation, enortemcnt et promotion de feu Estienne Marcel n'agueres prevost des marchands de la ville de Paris.... Ordonn. t. IV, p. 340. Sans instigation de nul autre, ber- CHEURE, f" 28, verso. Ijxv s. Il ne voult oricques consentir que ceux de la ville de Gand fussent appelés es traités, et par le pourchas et instigation de ceux de Bruges, froissart, ii, u, 2)6.

— ÉTYM. Lsii.instigationem,dp. tns(iflore,instiguer. INSTIGUfi, ÉE (in-sti-ghé,ghée), parJ. pass^ d'instiguer. Instigue par de mauvais conseils.

INSTIGUER (in-sti-ghé), j'instiguais, nous instiguions, vous instiguiez; que j'instigue, que nous instiguions, que vous instiguiez, v. a. Exciter à, comme par un aiguillon. Cet.homme est instigue par un tel.

— HIST. XV' s. Guillaume de Montigny instiga et promeut le suppliant de jouer aux dez, du cange, insligator. \\ xvi' s. [Ô Dieu] Fai que nous ne soyons ni gourmands, ni prodigues. Ni contempteurs de toy, ains que tu nous instigues A t'aimer et bénir pendant que nous vivons, j. lehouï, xv.

— ËTYM. Provenç. instigar, isliguar; espagn. instigar; ital. instigare; du Int. instigare, de in, en, et un primitif inusité stiyare, qui est de même radical que le grec ottCetv, piijuer (voy. stigmate).

INSTILLATION (in-stil-la-sion ; en vers, de cinq syllabes), «. f. Action de verser un liquide goutte à goutte. Verser par instillation.

— HIST. xvi' s. Instillation, cotgrave.

— ÊTVM.Lat.i7u(ii/at/oneni,de instiliare, instiller. INSTILLÉ, ÉE(in-S[i-lé, lèe), part, passé d'instil-

ler.Ouelques gouttesd'un collyre instillées dansl'œil. INSTILLER (in-sti-lé), v. a. Faire couler, verser goutte à goutte. || S'instiller, v. réfl. Être instillé. Le collyre s'instille dans l'œil.

— HIST. xvi' s. Prenez laict de figuier et instillez en la playe, paré, xxiii, ta.

— ÊTYM. Lat. instiliare, de in, en, et*(iUo, goutte

(voy. STILLATION).

INSTINCT (in-stin; au singulier, le c seul se lie : un in-stin-lf impérieux ; au pluriel, Ys se lie : des in- •tin-z impérieux), t. m. || l' Impulsion donnée, insti-

INS

gation (sens latin qui n'est plus guère usité). Ce fier tyran qui me caresse, Montre pour moi tant de tendresse .... Que je ne saurais présumer Si c'est par instinct de nature Ou par coutume de m'aimer, CORN. Héracl. v, (. Il n'y a point d'autre cause qui ait fait parler de lui [Jésus-Christ] si clairement en ces endroits [les prophéties], si ce n'est l'instinct du Saint-Esprit, qui souffle où il veut et qui sait bien s'affranchir de toutes les règles des discours vulgaires , boss. Eiplicat. de h, prophét. d'Isaie , 3' lett. Il [le prince du monde, Satan] anime les Juifs, et je [Jésus] les vois avancer par son instinct, iD. Méd. sur l'Év. la Cène, 99' jour. || 2° Impulsion intérieure et involontaire, qui meut l'âme humaine. Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres. Et ne croyons le mal que quand il est venu, la font. Fabl. i, 8. Si le vôtre [esprit] est né propre aux élévations Où montent des savants les spéculations. Le mien est fait, ma sœur, pour aller terre à terre.... Ne troublons point du ciel les justes règlements, Et de nos deux instincts suivons les mouvements, mol. F. sav.i, t. Le mot d'instinct, en général, signifie impulsion; il est opposé à choix, boss. Connaiss. v, 4 3. L'autre [Condé].... par ces grandes pensées que le ciel envoie et par une espèce d'instinct admirable dont les hommes ne connaissent pas le secret, semble né pour entraîner la fortune.... id. Louis de Bourbon. Cet âge où l'on ne suit que les premiers instincts de la liberté, fléch. Duc de Mont. Que ne peut la frayeur sur l'esprit des mortels? Dans le temple des Juifs un instinct m'a poussée, rac. Athal. Il, 5. Ce n'était que par instinct que j'agissais ainsi ; et l'instinct ne débrouille rien, mariv. Pays. parv. 2' pai-t. Cet instinct tout-puissant de moi-même ignoré. Devançant la raison, croissant avec notre âge, Du ciel qui conduit tout fut le secret ouvrage, volt. Fanât, m, 3. Ce faux instinct de gloire égara mon courage, id. Métope, ii, 2. Il faut avouer que, dans les arts de génie, tout est l'ouvrage de l'instinct, in. Leit. Diderot, 20 avr. 1773. L'instinct gouvernera toujours toute la terre ; car les passions sont la production de l'instinct, et les passions régneront toujours, ID. Dial. xxix. C'est à un instinct mécanique, qui est chez la plupart des hommes, que nous devons la plupart des arts, et nullement à la saine philosophie, iB. Dict. phil.Fr. Bacon. N'estil pas vrai que l'instinct et le jugement, ces deux fils aînés de la nature, nous enseignent à chercher en tout notre bien-être, et à procurer celui des autres, quand leur bien-être fait le nôtre évidemment? ID. Dial. XXIV, 7. Sa santé, qu'il avait toujours ménagée, s'altéra l'hiver dernier; il sentit par cet instinct que la nature nous a donné, que sa fin était prochaine, condorcet, Montigni. Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre I Laissez-moi mon erreur; j'aime, il faut que j'espère; Notre faible raison se trouble et se confond ; Oui, la raison se tait, mais l'instinct vous répond, lamaht. Médit, i, 5. Par l'infaillible instinct le cœur soudain frappé Ne craint pas de retour, ni de s'être trompé, id. Joc. m, U)2. On a remarqué ces cruels instincts chez des hommes de caractères très-diflérents, et l'histoire les a qualifiés d'instincts pervers : il serait plus juste de les qualifier d'instincts pervertis soit par une maladie du cerveau contractée dans le milieu où ces hommes sont nés, soit par l'impunité, mortelle à la raison, que certaines situations leur ont assurée dès leurs premiers pas dans la vie : on a vu de jeunes rois égorger des biches qu'ils semblaient chérir, pom' le seul idaisir de voir palpiter leurs entrailles, Georges sand. Elle et Lui, ch. xu. Il En ce sons, il se dit aussi des animaux. Son éléphant, par un instinct de vengeance, fit un carnage des ennemis, vaugel. Q. C. vin, 44. || 3» Particulièrement. Stimulation intérieure qui détermine l'être vivant à une action .spontanée, involontaire ou même forcée , pour un but de conservation ou de reproduction; ou, plus précisément, mode d'r.ctivité du cerveau qui porte à exécuter un acte sans avoir notion de son but, et à employer des moyens toujours les mêmes , sans jamais chercher à en créer d'autres. Nous [hommes] agissons tout autrement [que les animaux] : La volonté nous détermine, Non l'objet, ni l'instinct, la font. Fahl. x, 4. 11 y a [sur les animaux] deux opinions qu'il est bon de rappeler en peu de paroles : la première veut que l'instinct des animaux soit un sentiment; la seconde n'y reconnaît autre chose qu'un mouvement semblable à celui des horloges et autres machines, Boss. Conn. v, I3. Tout sentiment est instinct, une conformité secrète de nos organes avec les objets forme notre instinct, volt. Dict. phil.

INS

Instinct. Presque tous les quadrupèdeù et les reptiles mêmes perfectionnent, en vieillissant, leur instinct jusqu'aux bornes prescrites : les fouines, les renards , les loups en sont une preuve évidente ; un vieux loup et sa compagne font toujours mieux la guerre que les jeunes, id. Dial. xxv. L'instinct.... qui est la raison des bêtes, raison aussi inférieure à la nôtre qu'un tournebroche l'est à l'horloge de Strasbourg, id. ib. Dans tous les êtres bien organisés, l'instinct se marque par des habitudes suivies, qui toutes tendent à leur conservation, BUFF. Ois. t. XVI, p. 4 4 9. L'éléphant, le castor et le singe, sont de tous les êtres animés ceux dont l'instinct est le plus admirable, id. Quadrup. t. IV, p. 4 88. L'instinct social n'est pas donné à toutes les espèces d'oiseaux; mais dans celles où il se mcinifeste, il est plus grand, plus décidé que dans les autres animaux, ID. Ois. t. xv, p. 4 14. J'essayais de prouver que l'instinct n'est en général que le résultat des impressions des objets sur la machine, et que la portée de l'instinct est en raison directe du nombre , de l'espèce et de l'intensité des sensations, bonnet, Ess. analyt. âme, ch. 4 6. Il Absolument. Il se dit des aptitudes qu'on remarque chez les animaux. Ce chien a de l'instinct, a beaucoup d'instinct. |{ 4" Très-grande aptitude. Cet enfant a l'instinct de la musique. |{ 5° Terme de manège. Naturel ou caractère d'un cheval.

— HIST. XVI' s. Comme l'on commençoit la batterie du costé d'une citadelle, les bandes, de leur instinct, présentent une escalade, d'aub. Hist. ii, 464. S'il est quelque loy vraiment naturelle, c'està-dire quelque instinct, qui se veoye universellement et perpétuellement empreint aux bestes et en nous, MONT. 11, 69. [Seigneur] Un cœur net en moy renouvelle. Afin que plus je ne chancelle, Suivant mon instinct vicieux, desportes, CEu». chrcst. iviu. Ode.

— ÉTYM. Lat. instinctus, de instinatum, supin de instinguere, pousser, exciter, de in, en, vers, et stinguere, de même radical que le grec irxîCeiv, piquer (voy. stigmate) .

INSTINCTIF , IVE (in-stin-ktif, kti-v') , adj. Qui naît de l'instinct. Mouvement, sentiment instinctif. Il Folie instinctive, voy. folie.

— ÉTY'M. Instinct.

INSTINCTIVEMENT (in-stin-kti-ve-man), adv.

Par instinct. L'enfant fait instinctivement les mouvements très-compliqués qu'exige la succion du lait de sa mère.

— ÉTYM. Instinctive, et le suffixe ment.

t INSTINCTIVITÉ (in-stin-kti-vi-té), s. f. Qualité, état de ce qui est instinctif. L'instinctivité de certaines impulsions.

t INSTINCTUEL, ELLE (in-stin-ktu-èl, è-1'), adj. Qui appartient à l'instinct. Les lois instinctuelles.

t INSTINCTUELLEMENT (in-stin-ktu-è-le-man) , adv. D'une manière instinctucUe.

t INSTIPDLÉ, ÉE (in-sti-pu-lé, lée) , adj. Terme de botanique. Qui n'est point garni de stipules. Plante instipulée.

— ÉTYM. In.... 4, et stipule.

t INSTITOIRE (in-sti-toi-r'), adj. Terme de droit romain. Action institoire, action donnée contre ua marchand pour ce qui s'est fait en son nom par son commis ou son facteur.

— ETYM. Lat. inslitorius, de institor, commis de marchand, de insistere,se tenir debout auprès, de in, en, et sistere, dérivé de slarc (voy. stable).

INSTITUÉ, ÉE (in-sti-tu-é, ée), part, passé d'instituer. ||1° Etabli. Les honneurs sont institués pour récompenser le mérite, fléch. Mme de Mont. || Qui a reçu des institutions politiques. Lorsqu'il s'agira d'une nation déjà tout instituée, dont les goûts, les mœurs, les préjugés, les vices sont trop enracinés.... j. j. Rouss. Pologne, i. || 2° Établi en une charge, en une fonction. Environné de toutes ces jeunes filles adoptives, de toutes ces religieuses instituées par elle, genlis, Mme deMaintenon,t. n, p. 4 4B, dans pouGENS. Il 3° Héritier institué , celui qui a été nommé héritier par testament. ]] Substantivement. Il restait un prince de la maison de Bourgogne, un comte de Nevers, descendant de rinstitué,vOLT. Mœurs, 96, |( 4" Instruit, formé. Est-il plus important qu'un cheval soit bien dressé qu'un enfant bien institué ? PATRu,Ptoid. i o,dans hicuei.et.

INSTITUER (in-sti-tu-é), j'instituais, nous instituions, vous instituiez ; que j'institue, que nous instituions, que vous instituiez, v. a.\\ i'Donner commencement, établir. Instituer une fête. Ce fut lui [Louis XIVJ qui institua les brigadiers, volt. Louis XIV, 29. Il institua l'ordre de Saint-Louis, récompense honorable, plus briguée souvent que la

INS

fortune.YOlT. Louis XIV, »9. Il [le parlemenq institua à perpétuité cette procession à laquelle il assiste tous les ans le 22 mars, en robes rouges, pour remercier Dieu d'avoir rendu Paris à Henri IV, et Henri IV à Paris, id. Hist. pari. ch. xxxv. || 2»ÉUblir en charge, en fonction. Instituer un juge, un notaire. |1 Terme de jurisprudence. Instituer un héritier, instituer héritier, nommer, faire quelqu'un son héritier par testament. Lorsque le p5re n'instituait ni exhérédait son fils, le testament était rompu ; mais il était valable, quoiqu'il n'exhérédât ni instituai t sa fille , montesq. Esp. xxvn. (| 3" Donner des institutions. Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple, J. i. pouss. Contrat soc. 11, 7. Il 4° S'instituer, v. réfl. S'établir de sa propre autorité dans quelque fonction. En temps de révolution il est naturel que plusieurs s'instituent euxmêmes et prennent l'autorité. || Être institué. Les fêtes qui s'instituent pour les événements. || Être fait, établi. Il s'institue une espèce d'unité entre l'entendement et la chose entendue, dider. Opin. des anc. phil. {éclectisme).

— HIST. XIII* s. Le prevost fermier de ladite foire sera et doit estre institué en son siège par le prevost de Paris ou son lieutenant, Liv. des met. 439. Il XIV* s. Et ceuls jours festinables furent instituez, que l'en appelé les saturneles, bercheore, f"> 35, recto. Et fu [monnaie] instituée selon composition ou convencion humaine, okesme, Eth. )5). || xv* s. Or vint la saison que le parlement ordonné et institué en la cité d'Arras approcha, fboiss. 1, i, U6. (I XVI' s. Aux fameuses universitez, où plusieurs gentils-hommes envoyent leurs enfans pour s'inslitituer aux lettres, langue, m. Quand les chefs militaires sont bien institués, ils donnent après une bonne institution à leurs soldats, m. 281. Venant à mourir, elle l'institua son héritier, amyot, Sytla, 3. Les villes instituèrent aussi une feste solennelle en son honneur, id. Lucul. 41.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. instituir ; ital. istituire ; du lat. instituere, de tri, en, et statuere, établir (voy. statues).

INSTITUT (in-sti-tu ; le < ne se lie pas ; au pluriel, l'î se lie : des in-sti-tu-z-utiles), s. m. \\ 1° En général, chose instituée (sons peu usiié aujourd'hui). Car enfin c'est lui seul qui met en évidence Ce miracle impossible à tout effort humain ; C'est ton saint institut [l'eucharistie], c'est l'œuvre de ta main, Qui passe de bien loin toute notre prudence, CORN. Imit. IV, 4. En prononçant les mots que je vous ai dictés. Suivant mon institut, suivant mes volontés, Vous opérez l'efl^et de votre ministère, id. tb. IV, 5. Il 2° Particulièrement. Constitution d'un ordre religieux, d'une règle de vie qui est prescrite à cet ordre au temps de son établissement. Vous pouvez connaître combien cette compagnie [l'Oratoire] est redevable aux soins de son général, qui savait si bien conserver en elle l'esprit de son institut, boss. Bourgoing. Les communaulés qui s'appliquent, selon leur institut, à élever des filles, pourraient entrer dans ces vues, fén. t. xvu, p. hi. || L'ordre luimême. Ce fut l'abbé Chauvelin qui, le premier, dénonça leur institut [des jésuites] comme ennemi de l'État, et qui par là rendit un service éternel à la patrie, volt. IHst. pari. ch. xlviu. || L'institut séraphique , l'ordre de saint François d'Assise. Il 3° Nom donné quelquefois à une fondation quelconque. Il serait à souliaiterqu'ily eut des retraites douces pour la vieillesse ; mais ce seul institut nécessaire est le seul qui ait été oublié, volt. Mœurs, 139. Il 4° Coqjs (le gens do lettres, de savants, d'artistes choisis. L'institut de Bologne. || Institut national des sciences et des arts, titre d'une grande compagnie des principaux savants, littérateurs ou artistes établie par la loi du 3 brumaire an IV (25 octobre <'?9B), en remplacement des anciennes académies qui avaient été détruites. L'Institut national des sciences et des ans appartient à toute la République, Article t du titre IV de la loi de <795. Cet établissement, nommé par abréviation l'Institut national , comprenait la classe des sciences physiques et mathématiques, celle des sciences morales et politiques, et celle de la liltéiature et des beaux-arts. |{ Institut impérial, c'est l'Inslilut national des sciences et des arts , sous le premier empire. La classe des sciences morales fut supprimée ; et l'Instilul comprit quatre classes, celle des sciences physiques et mathématiques , celle de langue et littérature française (Académie française) , celle d'histoire et do littérature ancienne (Académie des inscriptions et belles-lettres), et celle des beaux-arts. || Institut royal, nom que prit l'Institut au retour des Bourbons. Rien ne fut

changé à la constitution du corps, sinon que les Académies furent placées dans l'ordre de leur fondation : i° l'Académie française, 2' l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; 3° l'Académie des sciences; 4° l'Académie des beaux-arts. Sous le règne de Louis Philippe, la classe des sciences morales fut rétablie, et forma la cinquième classe de l'Institut. Il Institut impérial, c'est le nom que l'Institut des sciences et des arts a repris depuis l'établissement du second empire || On dit absolument aussi l'Institut, avec un 1 majuscule. || Membre de l'Institut. Entrer à l'Institut. || Lieu où se tiennent les séances de l'Institut. Aller à l'Institut. Il 5° Institut polytechnique, nom donné à des établissements d'instruction en Allemagne qui, étant à la fois des écoles théoriques et des écoles d'application, ont une grande analogie avec notre Ëcole centrale des arts et manufactures. || S. m. plur. Instituts se dit quelquefois pour Institutes.

— ÉTYM. Provenç. istilut; espagn. instituto; ital. istituto; du latin institutum, chose instituée, de instituere, instituer.

t INSTITUTAIRE (in-sti-tu-tê-r'), s. m. Professeur qui expliquait les Institutes de Justinien.

INSTITUTES (in-sti-tu-t'), s. f. pi. || 1° Terme de droit. Ouvrage élémentaire qui renferme les principes du droit romain (avec un I majuscule). Les Institutes de Gains, jurisconsulte romain. || Institutes de Justinien, colles qui furent composées par l'ordre de ce prince. || Absolument. Les Institutes, les Institutes de Justinien. Étudier les Institutes. Il 2° Par extension, nom donné à certains autres ouvrages élémentaires de jurisprudence. Les institutes du droit français. || Quelques-uns disent Instituts, et le font masculin.

— HIST. XV* s. Vous [avocats] acquestez maintes richesces, Vous usez de toutes noblesces. Vous estes franz sans servitute Plus que n'est le droit d'institute, E. DEScii. Poésies mss. f" 423.

— ËTYM. Lat. institutiortes, les Institutes, de instituere, instituer.

INSTITUTEUR, TRICE (in-sti-tu-teur, tri-s'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui institue, qui établit. Saint Augustin ne fut jamais ni religieux, ni instituteur d'aucun ordre, patru. Plaidoyer i 5, dans Hi- CHELET. Il est un des quatre premiers avec lesquels son instituteur (de l'Oratoire] en a posé les fondements, BOSS. Bourgoing. Comme Jésus-Christ son instituteur [de l'Église] est venu au monde pour renverser l'ordre que l'orgueil y a établi, id. Serm. Septuag. Préambule. Vous enseignerez, vous baptiserez, et vous administrerez les sacrements, dont je [Jésus-ChrisfJ suis l'instituteur, m. 2* instr. sur les prom. de l'Égl. 38. De relever les anciens établissements qui tombent, ce ne serait pas peut-être une oeuvre moins méritoire; mais elle serait plus obscure, et l'on n'aurait point le nom d'instituteur ou d'institutrice, douhdal. Pensées, t. i, p. 429. Raymond Dupuy, premier grand maître et instituteur de la milice des hospitaliers, volt. Mœurs, 64. Tel nous paraît être le but le plus important qu'une académie de médecine puisse se proposer ; tel a été l'espoir de ses instituteurs, condorcet, Bucquet. Il Celui qui donne des institutions à un peuple. Une bonne institution pour la Pologne ne peut être l'ouvrage que des Polonais.... un étranger ne peut guère donner que des vues générales pour éclairer non pour guider l'instituteur, j. j. Rouss. Pologne, *.\\i° Personne chargée de l'éducation et de l'instruction d'un ou de plusieurs enfants. Un habile instituteur. Une habile institutrice. Pour assurer la félicité des Guaranis, en quelque nombre qu'ils fussent ou qu'ils pussent être, leurs instituteurs avaient originairement réglé, avec la cour de Madrid, que ces peuples ne seraient jamais employés aux travaux des mines, ni asservis à aucune corvée, HAVNAL, Hist. phil. yni, io. Le principal défaut de tous les instituteurs est, comme l'observe Rousseau, de s'attacher moins à former leurs élèves qu'à les faire briller, genlis , Àd. et Théod. t. l, p. 73, dans POL'GENS. Il 3° Plus particulièrement. Celui, celle qui tient une pension, une maison d'éducation, une école. || Aujourd'hui, instituteur ne .se dit plus que du maître d'école ; quand on veut parler de celui qui tient une pension, une maison d'éducation, on dit chef d'institution. || 4° Instituteur primaire, institutrice primaire, celui, celle qui tient une école primaire.

— ÉTYM. Lat. i7islUuloiem,iiainsUluere,inslitaeT. INSTITUTION (in-sii-tu-sion ; en vers, de cinq

syllabo.s) , t. ^. Il i" Action par laquelle on in.stituo, on établit. Ce renversement admirable des conditions humaines [entra les riches et les pauvres] est

iNS

déjà commencé dès cette vie, et nous en voyons le» premiers traits dans l'institution de l'Église , boss. Serm. Septuag. Préambule. Ils [les protestants] ont jugé que les deux espèces n'étaient pas essentielles à la communion par l'institution de Jésus- Christ, ID. Expos, de la doctr. cathol. il. Ce n'est que par occasion que les rois ont des ennemis à vaincre, et c'est par institution qu'ils ont des sujets à gouverner, fléch. te Tellier. Dans la naissance des sociétés, ce sont les chefs des républiques qui font l'institution, montesq. Rom. i. L'usage de la baïonnette au bout du fusil est de son institution [de Louis XIV] , volt. Louis XIV, 29. Quelques auteurs ont pensé que les archevêques mêmes sont d'institution apostolique, chateaubb. Génie, iv, m, 2. || Ramener une chose à son institution, en faire revivre les principes. C'est rappeler la poésie à son institution primitive, que de la faire servir ainsi à la religion, rollin, Ilist. anc. t. XII, liv. XXV, chap. i, art. 1, § I, p. 23, dans pouGENS. Il 2° Tout ce qui est inventé et établi par les hommes, en opposition à ce qui est de nature. Ce qui est d'institution est sujet à changement. Il ne fallait pas dire si absolument que les lois du mariage sont des lois positives, et que le mariage est de pure institution, comme s'il n'était pas fondé sur la nature même, ross. 4* aierl. 5. 113° La chose instituée. Les hôpitaux, les écoles, les caisses d'épargne, sont des institutions utiles. La grande part qu'il a eue à fonder une institution si véritablement ecclésiastique [l'Oratoire], Boss. Bourgoing. Avant que les préjugés et les institutions humaines aient altéré nos penchants naturels, le bonheur des enfants ainsi que des hommes consiste dans l'usage de leur liberté, j. j. RO0SS. im. II. Il Dans le langage de la politique, les institutions, les lois fondamentales qui régissent un État. Il 4° Terme de jurisprudence. Institution d'héritier, nomination d'un héritier. L'institution d'héritier est, en droit, comme la pierre fondamentale du testament, patru. Plaidoyer 8. Il Institution contractuelle, don irrévocable de succession fait par contrat de mariage, au profit d'un des conjoints ou des enfants qui doivent naître d'eux. Il Terme de droit canon. Nom donné à toutes sortes de provisions qui font le titre par lequel on acquiert un bénéfice, et l'on s'y maintient. Il Dans un sens particulier, concession d'un bénéfice de patronage par le supérieur collateur, sur la présentation du patron. || 5° Action d'instruire et de former, au sens passif, en parlant de ceux qui sont instruits. La bonne institution sert beaucoup pour corriger les défauts de la naissance, desc. Pass. <6t. Si la naissance nous donne une partie de ce qui est nécessaire pour ces grandes choses, nous devons recevoir le reste do l'inslitulion, pellisson, Disc, à l'Àcad. Vous faites de l'insiilulioii des enfants un grand objet de gouvernement, volt. Lett. laChaloiais, 22 juin 17G3. || Institution, au sens actif, en parlant de ceux qui instruisent. U faut distinguer trois époques dans la durée de l'institution de Sénèque, ainsi que dans l'âme de son élève, dider. Claude et Nér. i, 40. || 6° École, maison d'éducation. Ouvrir, établir, tenir une institution. L'institution des Aveugles. Il Chef d'institution, maître de pension. Les chefs d'institution de Paris.

— HIST. xiv s. Cil pooir qu'il avoiont sur le puepie avant l'institution des tribuns, BEnciiEURE, f" 40, reclo. A tftledomotratiesontcoiivenablosteles institutions ou ordenances,ORi;sME,T/i. de meunier. Il XVI* s. ContrerooUor l'institution de ses enfants, mont. 1,79.

— ÉTYM. Provenç. inslitutio, i.ttitutio; espag. mstitucion; iud. istitusione ; du latin insltftutonem, de instituere, instituer.

INSTRUCTEUR (in-stru-kteur), s. m. || 1° Celui qui instruit. Ils [les adversaires des philosophes] sont tous parmi nous ce qu'étaient les apôtres. Avant ()U'un feu divin fiit descendu sur eux, De leur siècl» profane instructeurs généreux, volt, le /iii.wc i Paris. Peu d'auteurs se sont servis du mut iiisti licteur qui semble manquer à notre langue; on voit bien que c'est un Russe qui parle ; le terme r pond à celui do courkaski, qui est très-énergique on skvon, lu. ib. note T. 1| 2" Particulièrement. Celui qui est chargé d'enseigner aux jeunes soldats le maniement des armes. Manuel de l'instructeur. || Adjectivement. Capitaine instructeur. Officier instructeur. Il 3° Terme de manège. Écuyer qui enseigne l'équilation. Il 4" Terme de palais. Juge instructeur, même sens que juge d'instruction (voy. INSTRUcTIO^i).

— HIST. XIV* s. Maislre et instruicteur, bouteil- LER, Somme rural, p. 8»(, dans lacurne. ||xvi' 8. Instructeur, oudin, Dict,

INS

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iNS

— ÊTYM. Provenç. istruidor; anc. espagn. inttruidor; ital. instruttore; du lat. instructorem, de xnslruere, instruire.

INSTRUCTIF, IVE (in-stru-ktif, kti-v'), adj. Qui instruit, en parlant des choses. L'histoire de la poésie italienne par Crescimbeni m'a paru un ouvrage assez instructif, volt. Lettres, d'Àlembert, 1755 (n° 6). La mort instructive et terrible de Charles I", raynal, Hist. phil. m, 6. || Terme de philosophie. Sens instructifs, les sens de la vue, du touclier et de l'ouïe, par opposition au goût et à l'odorat, dits sens affectifs.

— HlST. XV' s. Si n'est qu'ilz ayent patron et exemplaire de chevetains [capitaines] et principaux seigneurs, pour avoir instructif de discipline militaire, A. CHARTIEB, Quadriloge invectif, p. *50. Il XVI* s. Il feit ouvrir le ventre au soldat pour s'esclaircir de la vérité du faict ; et la femme se trouva avoir raison ; condamnation instructive, mont, ii, 49.

— ÉTYM. Instruire; provenc. instructiu; espagn. inslructho ; ital. instruttiro.

INSTRUCTION (in-stru-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° Action d'instruire, de dresser à quelque chose. Adieu, fais lire au prince, en dépit de l'envie, Pour son instruction l'histoire de ta vie, COHN. Cid, I, 6. Un évêque [Bossuet] qui.... venait d'être appelé à l'instruction d'un prince que le plus grand roi du mcnde et le plus zélé défenseur de la reliiîion de ses aucêtresfait élever pour en être un jour l'un des principaux appuis, Boss. Expos, de la doctr. cath. avertissement. Il [Louis XIV] lui recommanda [à M. de Montausier] le soin de l'instruction [du dauphin], et se chargea des grands exemples, fléch. Duc de Mont. L'instruction fait tout ; et la main de nos pères Grave en nos faibles cœurs les premiers caractères Que l'exemple et le temps nous viennent retracer. Et que peutêtre en nous Dieu seul peut effacer, volt. Zaire, I, <. Il L'instruction d'une chose, l'action d'enseigner cette chose. On ne les y admettait [les catéchumènes, au baptême] qu'après une pleine instruction des mystères de la religion , pascal , Réflex. sur la manière, etc. éd. faugère. || 2° Particulièrement. L'action d'enseigner diverses connaissances à la jeunesse dans une nation. Instruction primaire. Instruction secondaire. Instruction professionnelle. Répandre le bienfait de l'instruction. Il Instruction obligatoire et gratuite, système de distribution de l'instruction , dans lequel on oblige tous les enfants à fréquenter l'école, les dispensant de toute rétribution. || L'intruction publique, celle que l'Etat distribue au public par l'intermédiaire de certains corps. Le ministre de l'instruction publique. || Absolument. L'Instruction publique, le ministère de l'instruction publique. Employé à l'Instruction publique. Dans ce sens, on met un I majuscule. || 3° Savoir, connaissances. Avoir de l'instruction. Manquer d'instruction. C'est un homme d'une grande instruction. Il 4° Leçon, précepte qu'on donne pour instruire. f;t de mes actions S'il vous a plu tirer quelques instructions, corn. Serlor. m, 2. Dieu les frappe [les personnages puissants] pour nous avertir; leur élévation en est la cause; et il les épargne si peu qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes, boss. Vuch. d'Orl. il vaut mieux tirer quelque instruction et recueillir quelque fruit de cette doctrine salutaire [la prééminence des pauvres sur les riches], m. Sermons, Septuag. ). Il y a là une instruction pour la modestie, ID. Lett. 287. La chute du peuple de Dieu devait être l'instruction de l'univers, u>. llist. ii, 4. Une des sœurs fera, certain jour de la semaine, un catéihisma et une instruction familière dans une talle, ID. Réglem. pour les filles de la propag. de la foi, m, ». Comme il [Matta] s'était bien trouvé de la capacité du chevalier [de Grammont] dans les premiers projets qu'ils avaient formés ensemble, il suivit ses instructions en amour, comme il avait fait les conseils sur le jeu, hamilt. Gramm. 4. Nestor lui donnait des instructions qu'il appuyait de divers exemples, fén. Tél. xv. Heureusement en Angleterre aucun procès n'est secret, parce que le châtiment des crimes est destiné à être une instruction publique aux hommes, et non pas une vengeance particulière,voLT. Pol.etlég. llist. d'Élis. Canning. || Instruction pastorale, mandement d'évêque sur quelque point de doctrine. M. le curé de Versailles m'a dit ce matin que vous viendriez au premier jour présenter votre instruction, maintknon, Lett. au card. de Noailles, 20 nov. t702. || S° Conpaissance qu'on donne k quelqu'un de certains faits, de certains usages qu'il ignore. Je tous demande

cela pour mon instruction. Instruction sur la manière de se servir d'une chose. || 6° Ordres, avis, explications qu'une personne donne à une autre pour la conduite de quelque affaire, de quelque entreprise, et dans ce sens il s'emploie surtout au pluriel. L'ambassadeur a suivi ses instructions. Il est chargé de toutes nos instructions, sÉv. <72 Vous recevrez vos instructions, id. 496. Ces politiques spéculatifs qui arrangent suivant leurs idées les conseils des rois et composent sans instruction les annales de leur siècle, boss. Duch. d'Orl. Les instructions de Lauriston portaient qu'il ne devait s'adresser qu'à Kutusof; il rejeta donc avec hauteur toute communication intermédiaire, ségur, Hist. de Nap. viii, 4 0. || S. f. pi. Terme de marine. Ouvrage où l'on trouve des détails nautiques sur une côte, sur une mer, etc. |j 7° Terme de jurisprudence. Ensemble des formalités et des informations nécessaires pour mettre une cause, une affaire civile ou criminelle en état d'être jugée. Travailler à l'instruction d'un procès. Le code d'instruction criminelle. Le reste de l'instruction fut fait par de nouveaux commissaires, VOLT. Hist. pari. ch. <7. || Juge d'instruction, magistrat établi pour rechercher les crimes et délits, en recueillir les preuves ou indices, faire arrêter et interroger les prévenus, les inculpés.

— HIST. XV' s. Ung livre de l'instruction d'un jeune prince, Bibl. des ch. 6' série, t. i, p. 359. Qu'ilz estoient bien seurs de ce qu'ilz disoient, et qu'ilz monstreroient leurs instructions quand besoing seroit, comm. v, <6. ||xvi' s. Avec lettres de créance et instructions d'ambassadeur, mont, i, 38. Nourrie simplement et sans aulcune instruction de lettres, iD.i, <48. La sottise mesme et foiblesse d'aultruy luy sera instruction, ID. i, tes. Celui qui prend les poètes en main pour en tirer utile instruction, AMYOT, Comm. il faut lire les poètes, 43.

— ÊTYM. Provenç. instructio; espagn. imtruccion; ital. instrugione, istruzione; du lat. instructionem , de instrucre, instruire.

INSTRUIRE (in-strui-r'), j'instruis, nous instruisons; j'instruisais; j'instruisis; j'instruirai; j'instruirais; instruis, instruisons; que j'instruise, que nous instruisions ; que j'instruisisse ; instruisant, instruit, v. a.\\i° Enseigner quelqu'un, lui apprendre quelque chose, lui donner des leçons, des préceptes pour les mœurs, pour quelque science, etc. 11 nous faut en riant instruire la jeunesse, wol. Éc. des maris, i, 2. Jupiter cependant voulut le faire instruire (son fils], la font. l'abl. xi, 2. C'est ainsi que Dieu instruit les princes, non-seulement par des discours et par des paroles, mais aussi par des effets et des exemples, boss. Berne d'Angl. Qu'il serait aisé de les confondre [les incrédules] , si, faibles et présomptueux, ils ne craignaient d'être instruits I ID. Anne de Gom. Dieu voulait instruire les rois à ne point quitter son Eglise, m. Heine d'Anglet. Je l'instruirai moi-même à venger les Troyens, bac. Andr. i, 4. Vous êtes jeune encore, et l'on peut vous instruire id. Brit. m, 8. ô bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime. Oui de bonne heure entend sa voix. Et que ce Dieu daigne instruire lui-même! id. Athal. u, 9. L'on ne peut guère charger l'enfance de la connaissance de trop de langues ; et il me semble que l'on devrait mettre toute son application à l'en instruire, LA BRUY. xiv. Je suis ravi de voir mon disciple; quelle gloire pour moi d'avoir instruit le vainqueur de l'Asie! fén. Dial. des morts anc. Aristote et Alex. Tu ravages le monde et tu prétends l'instruire, VOLT. Fanât, u, 6. Vainement par nos lois l'univers fut instruit, id. Orphel. 1, 2. jj Instruire d'exemple, instruire par l'exemple. Instruisez-le d'exemple, corn. Cid, 1, 6. Il m'instruisait d'exemple au grand art de la guerre, volt. Henr. a. Et dans quels lieux le ciel mieux qu'au séjour des champs Nous instruit-il d'exemple aux généreux penchants? DELiLLE, Homme des ch. 11. ||Se faire instruire, se faire donner un enseignement. || Particulièrement. Se faire instruire, quitter une hérésie pour entrer dans l'Église catholique. || Dans le langage poétique ou soutenu, on donne quelquefois à instruire un nom de chose pour complément. Dis-lui.... Mais j'aurais tort d'instruire ton adresse, cohN. Scrtor. a, t. C'est vous, lui disait David [au Seigneur], qui avez instruit mes mains à combattre, et mes doigts à tenir l'épée, boss. Louis de Bourb. A peine ma langue commençait à se délier, qu'on l'instruisit à nommer votre saint nom, MASS. Paraphr. ps. xxi, v. iO. Hercule, instruis mon bras à me venger du ciime, volt. Mérope, V, ï. Peut-être qu'en secret je tirais vanité.... D'instruire à nos vertus son féroce courage, id.

Orphel. I, <. Il II se dit aussi des choses qui donnent une sorte d'instruction. C'est presque toujours notre propre obliquité qui nous instruit à la défiance, MASS. Pet. car. Eoieils. || Absolument. Ma parole instruisait dès l'enfance du monde ; Prophètes, de moi seul vous avez tout appris, corn. Imit. m, i. C'est qu'en instruisant tu sais plaire, LAMOTTE, Fabl. IV, (. Son exemple instruisait bien mieux que ses discours, volt. Henr. ix. Quand on n'est point pressé d'instruire, on n'est point pressé d'exiger, et l'on prend son temps pour ne rien exiger qu'à propos, J. J. Rouss. Ém. II. On instruit par le précepte; on instruit par l'exemple, dider. ( Inude et Sér. I, 40. || Instruire a quelquefois seulement !e sens d'habituer. Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre. Madame : on ne m'a pas instruite à les entendre, bac. Iphig. 11, 5. Vous êtes dès longtemps instruite à m'outrager; Ce n'est pas d'aujourd'hui que je dois me venger, volt. Orphel. m, 2. Il 2° Dresser un animal. Instruire un cheval. On instruit les chiens à rappnrter, à chasser. Il S'Informer, avertir, donner connaissance de quelque chose. Cette lettre est destinée à vous parler de moi, et à vous dire de mes nouvelles, dont vous voulez que je vous instruise en bonne amitié, sÉv. 12 juillet (C9i. Il lui marquait (au Dauphin] les justes mesures de sa grandeur, en l'instruisant de ce qu'un roi doit à ses sujets, et de ce qu'un fils doit à son père, flécu. Duc de Mont. Et qu'un tombeau superbe instruise l'avenir Et de votre douleur et de mon souvenir, rac. Alex, v, S. De nos crimes communs je veux qu'on soit instruit, ID. Brit. m, 3. Combien de fois, hélas! puisqu'il faut vous le dire, Mon cœur de son désordre allaitil vous instruire! :d. ib. m, 7. Un ordre qui d'abord a pu vous alarmer. Mais qui n'est que l'effet dune sage conduite Dont César a voulu que vous soyez instruite, id. ib. I, 2. Je l'instruirai de tout, je t'en donne parole, regnard. Fol. amour, m, 8. || 4°Terme de droit. Mettre une cause, une afi'aire civile ou criminelle en état d'être jugée. T.i, ta, ta, ta, voilà bien instruire une affaire, rac. Plaid, m, 3. || Instruire le procès de quelqu'un, lui faire son procès en matière criminelle. Quoiqu'il [Châteauneuf] fût sous-diacre et revêtu de bénéfices, il instruisit un procès criminel : et le cardinal lui fit ve^iir une dispense de Rome, qui lui permettait de juger à mort, volt. Mœurs, <76. || Par extension. Instruira le procès de quelqu'un, examiner rigoureusement ce que ses actions ont de coupable. Instruisons en règle le procès de Suilius, dider. Claude et Ncr. I, 60. Il Fig. Les titres et les mémoires qui instruisentladécisionde notre réprobation, mass. Car. Évid. Il Absolument. Instruire, insiniire contre quelqu'un. Voyant.... Un avocat instruire en l'une et l'autre cause, RÉGNIER, Sat. xv. || 5» S'instruire, v. réfl. Recevoir de l'instruction. Je me trouvais embarrassé de tant de doutes et d'erreurs, qu'il me semblait n'avoir fait autre profit, en tâchant de m'instruire, sinon que j'avais découvert de plus en plus mon ignorance, iiEsc. Méth. I, 6. Pour s'instruire d'exemple, en dépit de l'envie. Il lira seulement l'hisloire de ma vie, corn. Cid, 1, 6. Et ceux qu'aura ma mort saisis de mon emploi. S'instruiront contre vous, comme vous contre moi, id. Sertor. m, 2. Elle s'est instruite elle-même, pendant que Dieu instruisait les princes, BOSs. Heine d'Angl. Entendez, ô grands de la terre, instruisezvous, arbitres du monde, id. ib. || S'iiabituer. Hercule s'instruira de l'usage des larmes, both. Herc. mourant, i, 4. || 6° Se donner l'un à l'autre de l'instruction, des informations. Nous nous instruisons réciproquement des nouvelles qui arrivent. On les dresse [les animaux], on Ips instruit, ils s'instruisent les uns les autres, boss. Connaiss. v, (.|| 7" Terme de jurisprudence. Ëtie instruit. Ce procès s'insiruit en ce moment. La cause d'un citoyen vertueux et honoré s'instruit-elle comme celle d'un ciloym obscur et suspect? dideh. Claude et Nér. i, 123.

— REM. Des grammairiens, entre autres d'Olivet, ont soutenu qu'on ne pouvait dire ni instruire qiu ni instruire qui, ni instruire si. Voici des exem pies de ces constructions. Que vient de l'aire lin race? Il vient de vous instruire Qu'il ne faut qu'iii Romain pour défendre un empire, du byer, Scémie I, 6. Je puis l'instruire au moins combien sa confidence..., RAC Brit. 1, 2. C'était pour nous instruire Que souvent la raison suffit à nous conduire, volt. Henr. ix. Ne pourra-t-on m'instruira Qui commande en ces lieux, quel est le sort d'Alzire, Si Montèze est esclave..., m. Alx. 11, 4. La raison grammaticale contre ces constructions c'est qu'elles semblent impliquer deux régimes directs â

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ÏNS

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instruire; mais 1 usage a prévalu d'employer le que avec d'autres verbes, par exemple avec avertir : Je TOUS avertis qu'il en est ainsi : et l'on ne voit pas pourquoi il n'en serait pas de môme d'instruire. D'ailleurs, on dit : Instruit que vous devez partir (voy. au participe).

— HiST. xir s. Ouaud sainz Paules enstruioit son cliier disciple del establissement des offices de l'église..., Job, p. 5H. Entendement te dunrai (je te donnera ], e enslruirai tel en cesto veie que tu iras, Liber psalm. p. 39. La veie de tes justificaciuns enstrui mei [enseigne-moi la voie de tes justitications], ift. p. ( 84. Il XV' s. Prince, 11 homs qui [cul, que] suffisance instruit, Vit liement, et n'eust c'un seul pain cuit, E. DESCM. Douleur advenant à ceux qui suivent la cour. Il XVI* s. S'instruire par les exemples d'aultruy, mont, i, 52. Oeulx qui nous vont instruisant que sa queste est.... lo. i, 70.

— ÉTYM. Bourg, instrure, au part, instru; proyenç. estruyre; espagn. inslruir ; ital. instruire, istruire; du lat. instruere, proprement Mtir, construire dans, comme si l'on construisait dans l'esprit, et aussi munir de, pourvoir de; de tn, en, et struere, bâtir (voy. structure).

t INSTRUISABLE (in-strui-za-bl'), adj. Qui est susceptible d'être instruit. Il est sinon instruit, du moins instruisable, J. i. Bouss. Ém. m.

— HIST. XVI' s. Je les propose comme les enfants proposent leurs essais, instruisables, non instruisants, MONT. I, 40).

— ËTYM. Instruisant.

t INSTRUISANT, ANTE (in-strul-zan, zan-t'),

adj. Oui donne de l'instruction. [La vérité] De qui la parole instruisante N'a pour se faire ouïr que de muets accords, corn. Imit. m, ). Dieu étant caché, toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché n'est pas véritable; et toute religion qui n'en rend pas la raison n'est pas instruisante, pasc. Pensées, 2' part. art. 4, Marques de la véritable religion. Il n'y a rien de plus consolant ni de plus instruisant tout ensemble pour un chrétien que la lecture des livres saints, malebranche, Convers. chrét. vi.

— HIST. XVI' s. Exemple instruisant, mont, i, B2. INSTRUIT, UITE (in-strui , strui-t'), part, passé

d'instruire. || l'Ouiareçude l'instruction. Surtout il est instruit dans l'art de bien régner, corn. Nicom. II, 3. Un régiment de cavalerie, instruit à notre discipline, PERROT, Tacite, 162. Et ce que le soldat d:ui3 son devoir instruit Montre d'obéissance au chef qui le conduit, MOL. Éc . des f. m, 2. Instruits par leurs prophètes & obéir aux rois à qui Dieu les avait soumis, leur fidélité [des Juifs] fut inviolable, boss. Ilist. Il, 6. Il ne fut pas, comme Moïse, instruit dans les sciences et la sagesse des Égyptiens, mass. Panég. St Franc, de P. Instruit par le malheur, ce grand maître de l'homme, volt. Brutus, i, 2. 11 faut que ceux qui sont nés pour les gouverner [les hommes) ensachent plus qu'eux; il estjusteque le berger soit plus instruit que le troupeau, m. Lctt. princes de Prusse, au prince royal, u janv. <770. Tous les peuples qui cultivent leur raison reconnaissent en effet le même Dieu, malgré tous les égarements de cette raison mal instruite, id. Russie, 1, 7. Il Absolument. Qui a beaucoup d'instruction. C'est un homme instruit. Les gens instruits. Il Habitué. Vous n'y apportez que des larmes instruites à mentir, mass. Carême, Itechute, l. Ne rencontrant autour de lui que des regards toujours trop instruits à plaire, m. Or. (un. Louis XIV. Catiliria lui-même à tant d'horreurs instruit, volt. Catil. V, 3. Il 2° Informé, qui a appris. Hélas! que j'étais mal instriiiie d'une santé qui m'est si chère! sÉv. 20 juin 1672. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière Instruite que Joas voit encore la lumière.... rac. Alhal. IV, 3. Bérénice est instruite Que vous voulez ici la voir seul et sans suite, id. Bérén. i, 3, Le témoignage du marquis de Beauvau, si instruit des affaires de son temps, volt. Lett. Colini, 21 oct.l767. Il 3» Terme de droit. Qui a été l'objet d'une instruction. Un procès instruit, bien instruit.

INSTIIUMKNT (in-stru-man), f . m. || 1- Tout agent mécanique qu'on emploie dans une opération quelconque. Un ouvrier fourni de tous ses instruments. Des instruments d'optique, d'astrûnomie,etc. Le grand point [pour un astronome] est de se familiariser avec les instruments, il faut instruire ses mains; les livres instruisent son esprit, volt. Lett. Pitot, juill. 1738. L'un des plus grands moyens d'avancer les sciences, c'est d'en perfectionner les instruments, bufp. Hist. min. Introd. t. viii, p. li. || Instrument, en termes de marine, se dit absolument des instruments à réflexion, tels que cercle, sextant ou octant, || Kig. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles, que

nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement, PASC. Pensées, m, i«, édit. lahure, (sgo. Il Terme d'économie politique. Instruments naturels de l'industrie, les matières et les forces que la nature fournit gratuitement à l'homme, par opposition aux instruments artificiels. || Terme de liturgie. Instruments de paix, reliquaire, image, anneau, patène, etc. que l'on baise. || Par extension. Le principal instrument de la tradition de l'Église est renfermé dans ses prières, boss. Et. d'orais. vi, <• || Instruments des sacrifices, se dit des objets servant chez les anciens à des usages sacrés, et dont la représentation forme des ornements d'architecture. Il 2° En particulier. Instruments de musique. Il s'endort, il s'éveille, au son des instruments, rac. Esth. II, 9. Il Instruments à vent, ceux où le son est produit par le souffle de la bouchs, comme la flûte, le cor, la clarinette, ou par un soufflet, comme l'orgue, l'accordéon. || Instruments à cordes, ceux oii le son est produit par des cordes pincées comme la guitare, ou frottées comme le violon, ou frappées comme le tympanon, le piano. Louez-le au son de la trompette, louez-le avec l'instrument à dix cordes et avec la harpe, saci. Bible, psaume cl, 3. Il Instruments de percussion, ceux qu'on frappe pour marquer le rhythme, comme les tambours, les cimbales, le chapeau chinois, etc. || 3" Par extension, tout ce qui sert pour faire une chose quelconque, une action quelconque. Chacun tient en sa main un instrument de mort, saci, Bible, Eiéchiel, XI, t. Prenez vos plumes sacrées, agiles instruments d'un prompt écrivain et dune main diligente, loss. le Tellier. J'ai reconnu le fer instrument de sa rage, RAC. Phèdre, iv, t. Que tardezvous? allez, et faites promptement Élever de sa mort le honteux instrument, lu. Esth. 11, l. Hi'Fig. Personnes ou choses qui servent à produire quelque effet, à parvenir à quelque fin. Avouons-le à la honte de la raison humaine et de la subtilité des sophistes : un grand esprit tout seul est un grand instrument à faire des fautes, balz. De la cour, 3* dise. Non, non, persécutez, Et soyez l'instrument de nos félicités, CORN. Poly. v, 2. Son pouvoir n'ayant plus à s'étendre plus loin, Il brise l'instrument dont il n'a plus besoin, rotr. Bélis. v, B. Force gens ont été l'instrument de leur mal, la font. Candaule. Dieu, dont l'homme n'est que l'instrument, pasc. Prov. XIV. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, boss. Heine d'Anglet. C'est ce qui lui fit dire [à Titus prenant Jérusalem] qu'il n'était pas le vainqueur, qu'il n'était qu'un faible instrument de la vengeance divine, id. Ilist. 11, 8. Quoil [serai-je] toujours l'instrument et l'objet de sa rage? rac. Andr. V, B. Je connais trop les grands.... Nous sommes de leur gloire un instrument servile, volt. Brutus, i, 4. Cette force qui agit sur la masse, qui' fait la pesanteur, et qui est le principal instrument de la nature,BuFF0N, Quadrup.X. vu, p. 33. La jeunesse du sage est le temps de ses expériences; ses passions en sont les instruments, j. j. rouss. Ilél. v, I. Il [M. le Duc] n'était que l'instrument de la marquise de Prie, sa maîtresse, nucLOs, Uém. rég. Œuv. t. VI , p. (61, dans pougens. |1 6° Titre par écrit établissant des droits. L'instrument de ce mariajj-e, daté du 4 mars ib^o, est avec la consultation dans le livre qui fut pul)lié par l'ordre de l'électeur palatin, boss. For. VI. Et déjà le notaire a, d'un style énergique, Griffonné de ton joug l'instrument authentique, BOIL. Sat. x. Le comte de Brionue prétendit être traité d'Altesse dans l'instrument de la remi.se où le duc de Savoie était traité d'Altesse royale. ST-siu. 41, 232. Cet instrument, écrit en lettres d'or, souscrit par sept évèques d'Allemagne, cinq comtes, deux abbés et plusieurs prélats italiens, est gardé encore au chttteau Saint-Ange, à ce que dit Baronius, VOLT. Mœurs, 36 || Proverbe. C'est un bel instrument que la langue, c'est-à-dire il est plus facile de parler que d'exécuter.

— HIST. xm« s. Par rasure (rature] est dampnez li estrumanz, Liv. dejost. 46. Adonc fu liés [joyeux] Blondiaus et ala querra sa viiele et ses estrumens, et tant servi le castelain, qu'il fu moult bien do laiens et de toute la maisnie, Chr. de nains, 64. Et tous les autres estruinens Qui sunt piliers et argumens X soutenir nature huniaine.... la Rose, o»03. ||xiv' s. Kn la quelle chambre ilz dancerent aux bas instruments [instruments pou estimés, par opposition à hauts instruments , instruments estimés] qu'ils avoient; et depuis retournèrent en la dite sale, et dancerent enicelle aux liaulx menestriers qui y estoieut, du cange, instrtimentum. Et do ces fins nous eslisons les unes pour une

autre aussi comme nchesces et autres instrumens ORE.sME, Elh. 14. Le serf est un instrument vif qui a ame, m. ib. 249. || xv s. Et de cette [autorisation | prirent les dessus-dits, instrumens publics conformes et scellés suffisamment de l'empereur, fboiss. I, I, 74. Firent les seigneurs d'Angleterre qui seoient devant Renés, un assaut très grand et Hen ordonné, etavoyent, un grand tempsavant, appareillé instrumens et aornemens pour assaillir, et dura l'assaut un jour entier, id. livre i, p. H5, dans lacurne. Combien que cueur etvoulenté eust surmonté le chevalier, les instrument', du corps [les membres] qui se dévoient mettre à œuvre estoient encore tendres; si commencèrent à lasser et à lascher, Pcrcefnrest, t. Il , f° 1 28. Si jouoit par très grand art d'un instrument de bouche, Boude, m, (4. Disant que ces in3truments[cyfoine, sorte de vielle] ifu'il voyoit tant admirer à coste cour [de Portugal] n'estoienl en France et en Normandie qu'à l'usage des aveugles et des mendians et qu'on les y appeloit instrumens truans, menarr, Hist. de B. du Gucscl. p. 23o, dans LACURNE. Il XVI' S. Il [mon père] me faisoit esveillei par le son de quelque instrument, mont, i, 195. Que l'ame est douée d'organes ou instrumens qui respondent à chacune partie, calv. Instit. <6. Confessons donc avec ce noble instrument de Dieu S. Paul, que.... id. ib. 606. Les sacremens sont comme instrumens de contracts, par lesquels Dieu nous promet sa miséricorde ; nous d'autre costé lui promettons obéissance, ID. ib. 1012.

— ÉTYM. Bourguig. instreuman ; provenç. instrument, estrument, estrumcn, esturtnen; espag. instrumenta ;itaL\.strumento; du lat. instrumentum,âe t'nstrueri;, construire, arranger (voy. instruire), avec le suffixe mentum : l^i chose qui arrange, construit.

INSTRUMENTAIRE (in-stru- man- tê-r'), adj.

Il 1° Terme de jurisprudence. Témoin instrumontaire, celui qui assiste un notaire ou quelque autre officier public dans les actes pour la validité desquels la présence de témoins est nécessaire. || Terme da marine. Officier instrumentaire, officier d'administration du bord, quan<i il agit, d'après ses pouvoirs, comme officier de l'état civil. || 2' S. m. Celui qui joue d'un instrument de musique. Les instrumentaires donnaient des fanfares, hichelet. || Vieilli em ce sens. On dit aujourd'hui instrumentiste.

— HIST. XVI' s. Seigneur, vous estes nostre père, nous sommes voz enfanz faitz, engendrez et procréez par vous immédiatement ; les pères et mères que nous avons en ce monde, ne sont que puta.tif3, qu'instrumentaires, l'Amant ressuscité, p. lOO, dans LACURNE. La commoderation ou santé des parties in- Sirumentaires, paré, Inirod. lo.

— ÉTYM. Instrument.

INSTRUMENTAL, ALK (in-stru-man-tal, ta-l'),

adj. Il 1° Qui sert d'instrument. La causa instrumentale. Il £° Terme de grammaire. Cas in.strumental, cas qui so trouve dans quelques langues, entre aiftres le sanscrit, et qui exprime l'instrument, le moyen. Il 3° Terme de musique. Qui s'exécute, qui doit être exécuté par des instruments. Musique instrumentale. Concert vocal et instrumental. La partie instrumentale d'un opéra. || Chant instrumental, les parties do chant confites aux instruments. || Compositeur instrumental, celui qui compose pour les instruments.

— HIST. XIV' s. En plusieurs manières jieut une chose ostre dite faire, c'est assavoir ou comme cause principal ou comme cause inslrumentele, ores.me, Eth. 101. Il XVI' s. Sous ombre que les vertus da l'ame sont instrumenteles, pour s'appliquer d'un accord avec les parties extérieures, ces rustres l'attachent au corps, comme si elle ne pouvoit subsister sans icelui, calv. Instit. lo.

— ÉTYM. Instrument; provenç. instrumental, istrumental ; ital. slrumentaie.

t INSTRUMENTALEMKNT (in-stru- man -ta- loman), adv. D'une manière instrumentale.

— ÉTYM. Instrumentale, et lo suffixe ment; provenç. instruinentalement; espagn. instrumental mente; ital. slrunienl'dmente.

INSTRUMENTATION (in-stru-man-ta-siun), s. f. Terme de musique. L'art de tirer dans la musique un bon parti des in.strumonts par rapport à leurs diapasons, à leurs timlires et aux passages qui leur sont le plus favorables. |{ Manière dont la partie instrumentale d'un morceau de musitjua est disposée. L'instrumentation do ce chœur est fort savante. Lorsque Rameau donna son premier opéra en 1733, l'instrumentation avait fait de grands progrès, adam, Souven. d'un musicien, notice sur Gossec.

— ÊTV.M. Instrumenter.

INSTRU-MENIER (in-stru-man-té),D.n. ||l"Termo

de pratii|ue. Dresser des contrats, des procès-verbaux,

iNS

des exploits, et autres actes public». Les huissiers à la chaîne sont toujours fort respectés, et instrumentent avec une grosse chaîne d'or au cou, d où raiid une médaille du roi, st-sim 69, S42. Le parlement eut alors liberté tout entière d'instrumenter contre les habitués, vicaires, curés, porte-Dieu, qui refusaient d'administrer les mourants, volt. Ilist. pari. ch. 86. || Instrumenter se dit quelquefois familièrement, par allusion aux huissiers qui instrumentent, d'actions par lesquelles on rompt une serrure, un cadenas, etc. Le chevalier : Romps chaîne et cadenas, — Valentin : Puisque vous le voulez, je n'y résiste pas; Or sus, instrumentons, mcGNAHD, Uénechmes, :,2. H 2° Terme de musique. Ce compositeur instrumente savamment, hardiment, c'est-à-dire il sait employer habilement, tiardiment les instruments. {| Quand on remet au théâtre une pièce fort ancienne, on est souvent obligé de l'instrumenter de nouveau. On dit mieux dans ce seni : l'orchestrer, la réorchestrer.

— Etym. Instrument.

•f INSTRUMENTISTE (in-stru-man-ti-sf), s. m. Celui qui exécute la musique sur un instrument. Il II se dit particulièrement d'un musicien militaire.

j- INSTUDIEUX, EUSE (in-stu-di-8Û , eû-z'), adj. Qui n'est point studieux. Enfant instuUieui.

— ÈTYM. Lat. insludiosus, detn.... <, et sludiosus, studieux.

INSU [k V) (in-su), t. m. A l'insu de quelqu'un, et, dans les locutions analogues, à mon insu, à votre insu, etc. c'est-à-dire la chose n'étant pas sue de quelqu'un, de moi, de vous, etc. Mais c'était à l'insu de leurs parents cruels; La défense est un charme, la FONT. Filles de Minée. Sinon contre mon gré, du moins à mon insu, i. J. rouss. Conf. ix.

— ETYM. In.... <, etîu.

t INSUAVE ( in-su-a-v' ) , adj. Qui n'est point suave. Odeur insuave.

— lilST. xvi* s. Insuave, cotgravb.

— ÉTYM.Ital. insoave; du lat. insuo«t»,de in.... i , et snavis, suave.

t INSUAVITÉ (in-su-a-vi-té), S. f. Défaut de suavité. L'insuavité d'une odeur.

— ÉTYM. Lat. insuavitalem , deinsuavis, insuave. tINSUB.MERSIBILITÉ{in-sub-mèr-si-bi-li-té),s7.

Qualité de ce qui est insubmersible. L'insubmersibilité d'un bateau.

t INSUBMERSIBLE ( in-sub-mèr-si-W ), adj. Qui n'est pas susceptible d'être submergé. Les navires dits insubmersibles sont munis de tuyaux en métal creux et fermés , qui contiennent assez d'air pour soutenir à flot un bâtiment chargé qui viendrait à se remplir d'eau, legoarant.

— ÊTYM. In.... *, et submerger.

INSURORUINATION ( in-su-bor-di-na-sion ; en

Yers, de sept syllabes), s. f. Défaut de subordination, manquement à la subordination. Esprit d'insubordination. Acte d'insubordination.

— Etym. In.... (, et subordination.

INSUB0RD0NNI5 , ÉE (in-su-bor-do-né, née), adj.

Qui a l'esprit d'insubordination, qui manque fréquemment à la subordination. Ce soldat est insubordonné. Élève insubordonné. Troupe insubordonnée.

— ÊTYM. In.... (, el subordonné.

t INSUBSTANTIEL, ELLE (in-sub-stan-si-èl, è-1'), adj. Qui n'est point substantiel, qui manque de substance, de consistance.

— HIST. ivi' 8. Ce sont subtilitez aiguës et insubstantielles, MONT. II, <25.

— ÊTYM. Lat. insubstantialis (quicherat, jlddenda), de in.... <, et substantialis, substantiel.

t INSUCCÈS (in-su-ksê ; Vs se lie : un in-su-ksê-z affligeant), s. m. Manque de succès.

— ÉTYM. In.... t, el succès.

INSUFFISAMMENT (in-su-fi-za-man), adv. D'une

manière insufliante.

— HIST. XVI' s. Insuffisamment, cotgrave.

— ÉTYM. Insuffisant, et le suffixe ment. INSUFFISANCE (in-su-fi-zan-s'), s. f. || 1° État de

ce qui est insullisant. L'insufûsance des capitaux. Notre dégoût n'est point un défaut et une insuffisance des objets extérieurs, vauven. Uax. cxcvu. Il Terme de médecine. Insuffisance des valvules, lésion des valvules aortiques, quand, n'obstruant pas hermétiquement la lumière du vaisseau, elles permettent i une partie du sang de refluer dans le ventricule gauche du cœur. || 2" État d'un esprit qui n'est pas capable d'une certaine besogne, d'une certaine tâche. Leur insuffisance peut apporter beaucoup de confusion, patru. Plaidoyer *, dans richf.let. Malgré notre surprise et notre insuffisance. Je TOUS obéirai, seigneur, sans complaisance, corn. Cinna, u, t . Celui qui cache son insuffisance vaut

INS

mieux que celui qui cache sa sagesse, saci, Bible, Ecclésiastique, XX, 3S.Je suis émerveillé qu'un pareil petit gredin, qui n'a jamais rien fait qu'une détestable tragédie, refusée par les comédiens, se soit avisé d'insulter M'M. de Saint-Lambert, Watelet, Delille, et tutti quanti, avec autant de suffisance que d'insuffisance, volt. ie«. Chabanon, 9 mars <772.

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