‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 270 sur 389 · Il Mettre ordre de, avec le verbe à l'infinitif On · texte numérisé non relu

Il Mettre ordre de, avec le verbe à l'infinitif On

se prépara pour la chasse d'après-dînée, et l'on mit ordre d'avoir des concerts d'instruments pour le lendemain, bussy, Hist. amour, des Gaules, p. <96 (Amsterd. t07i). || Mettre ordre à sa conscience, remplir touT les devoirs moraux ou religieux qu'on avait plus ou moins négligés. Tout ce qu'on disait là-dessus dans la chaire chrétienne, ne l'avait pas empêché de se promettre qu'il mettrait ordre à sa conscience avant ce dernier moment, mass. Àtent, Mort du péch. \\ 2° Ordre de succession, ordre dans lequel on hérite des biens, des dignités, de la couronne d'un défunt. L'ordre de succession étant une des choses qu'il importe le plus au peuple ae savoir, le meilleur est celui qui frappe le plus le» yeux, comme la naissance et un certain ordre de naissance, montesq. Esp. v, (4. || Terme de jurisprudence. Ordre entre créanciers, ordre des créanciers, acte qui règle l'ordre dans lequel chaque créancier prend part à la distribution du prix provenant de la vente des immeubles du débiteur. Il est le premier créancier en ordre. Instance d'ordre. Sentence d'ordre. Ouvrir l'ordre. Il s'est fait coUoquer en ordre, dans l'ordre. || 3* Ordre du jour dans les assemblées délibérantes, travail dont l'assemblée doit s'occuper dans le jour. Sur une table étaient inscrites les matières dont le conseil devait s'occuper, c'est ce que nous appelons l'ordre du jour, LÉVESQUE, Instit. Mém. scicnc. mor. et polit, t. iv, p. (60. Il Grand ordre du jour, les affaires qui ont le plus d'importance ; petit ordre du jour, celles qui . en ont moins et qu'on traite les premières. || Passer à l'ordre du jour sur une proposition, la rejeter et reprendre la discussion qui est à l'ordre du jour. ;| Demander l'ordre du jour, demander qu'on écarte une proposition et qu'on reprenne la disciLSsion courante. J'ai sur toutes les requêtes Demandé l'ordre du Jour, bKrano. Ventru. || Rappeler à l'ordre, rappel à l'ordre, sorte de blâme que le président d'une assemblée infiige à un des membres qui s'écarte des convenances ou des règlements parlementaires. Il Elliptiquement, à l'ordre! à l'ordre I cris dans une assemblée pour demander au président de rappeler un orateur à l'ordre. ||4° Terme militaire. Disposition d'une troupe. M. de Bouillon était vaillant, et savait parfaitement tous les oi-dres de la guerre, la rochefouc. Mém. 378. Ils [les Romains] savaient profiter admirablement de tout ce qu'ils voyaient dans les autres peuples de commode pour les campements, pour les ordres de bataille ... boss. Hist. m, 6. Nous voyons.... ces Romains.... l'emporter sur les Gaulois, parce qu'ils savaient choisir de meilleures armes, se ranger dans un meilleur ordre.... lu. t'6. m, 6. Il range les soldats d'Acaste, marche à leur tête et s'avance en boni ordre vers les ennemis, fEn. Tél. i. Ils combattent sans ordre, ID. «6. x. Nous avons manqué d'ordre et non pas de vertu, volt. Scythes, IV, 8. Il Ordre de marche, ordre de bataille, la disposition d'une armée pour marcher, pour combattre. Marcher en ordre de bataille, se dit des troupes lorsqu'elles marchent dans l'ordre où elles combattraient. {| Terme de tactique. Ordre mince, disposition d'une troupe offrant un front étendu et peu de profondeur. Ordre profond, disposition inverse, où la troupe offre beaucoup de profondeur et peu de front. Ordre oblique, disposition d'une troupe engageant le combat par une de ses ailes,

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et refusant l'autre aile. || Terme de marine. Arrangement des vaisseaux d'une armée navale, qui Tarie selon les circonstances. || Ordre de front, celui dans lequel les bâtiments sont rangés sur une ligne perpendiculaire à la direction de la route. Il 5' Terme d'astronomie. Mouvement selon la série des signes, mouvement qui suit de droite à gauche les constellations du zodiaque, en commençant par le Bélier, le Taureau, etc. || 6° Ordre, bonne adminislration des finances d'un État, de la fortune, des affjires d'un particulier. Tout est facile à un amant : don Carlos en un jour donna ordre à ses affaires, SCARR. Hom. corn, ii, 14. Si la présence de l'abbé vous paraît nécessaire à donner quelque ordre dans vos affaires, sÉv. I3 mai (672. Pour mes affaires de Nantes, j'y donne de bons ordres, elles vont leur chemin, lu. 24 juill. (689. Nous donnons à tout les meilleurs ordres que nous pouvons, id. 3 mai (680. Nous allons remettre les meilleurs ordres que nous pourrons à nos terres, id. Mercr. des cendres, (680. L'éloquence s'est épuisée à louer la sagesse de ses lois et l'ordre de ses finances [de Louis XIV], Boss. ilar.-Thér. Le commerce, la navigation et le bon ordre, avec une pai.x profonde, avaient rendu Jérusalem la plus riche ville de l'Orient, id. Uist. il, 4. Un des premiers soins de Darius, quand il se vit sur le trône, fut de régler l'état des provinces, et de mettre l'ordre dans les finances, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. m, p. 50, dans pol'Gens. Je veux pourtant songer à mettre ordre à mon bien, Avant qu'un prompt trépas m'en ôte le moyen, rs- GNABD, le Légat, i, 4. L'ordre et la règle lui tiennent lieu d'épargne ; il s'enrichit de ce qu'il a dépensé, I. J. Bonss. Hél. V, 2. Je ne cesserai de vous crier : de l'ordre, de l'ordre; sans ordre tout devient incertain ; rien ne se fait, ou tout se fait à la hâte et mal, RATNAL,Hisf. phil. xix, 6. || Fig. Donne pour ce grand jour [le jour de la mort] , donne ordre à tes affaires, Pour ce grand jour, le comble ou la fin des misères, corn. Imit. i, 4. || Avoir de l'ordre, bien régler ses affaires, s'en rendre bien compte, ne pas dépenser plus qu'on a. || En un sens contraire : manquer d'ordre. || Avoir de l'ordre, manquer d'ordre, se dit aussi de l'arrangement matériel des choses, appartements, papiers, objets, livres. Il 7» Ordre se dit de l'arrangement d'une maison, d'un appartement, d'un jardin, etc. Sa chambre est en bon ordre. Il aime l'ordre. Tout est chez lui mal en ordre. La déesse en entrant, qui Toit la nappe mise, Admire un si bel ordre, et reconnaît l'Eglise, BoiL. lutr. i. || 8° Ordre, loi générale, règle générale, dépendant de la nature, de l'autorité, de l'usage, etc. 11 est dans 1 ordre que les parents meurent avant leurs enfants. C'est un ordre établi. Ce que vous faites là n'est pas dans l'ordre, selon l'ordre de la nature. Et cet affreux devoir dont l'ordre m'assassine, corn. Cid, m, 4. Et l'ordre du destin qui gêne nos pensées N'est pas toujours écrit dans les choses passées, id. Cinna, II, *. Et l'ordre des traités règle tout dans leur cœur [des princesses], id. Rodog. m, 4. Et suivant le vieil ordre en Syrie usité, id. ib. v, 2. Tel est ton ordre [6 fortune] aux biens que tu nous fais : Tu nous caresses, tu nous frappes, lu viens à nous, tu nous échappes. Et tu ne t'arrêtes jamais, rotr. Antig. m, t. L'ordre de Dieu; il ne faut adoierque »on ordre, paec. Pens. xxiv, «» ter. Je fouffre ces maux comme étant dans l'ordre de la Providence, SÉV. 423. Je voudrais bien me plaindre au père Ma Icbranche des souris qui mangent tout ici, cela est il dans l'ordre? quoi, de bon sucre, du fruit, des compotes! id. 446. Je sens mille fois plus l'amitié que j'ai pour vous que vous ne sentez celle que vous avez pour moi ; c'est l'ordre, et je ne m'en plains pas ID. 20 sept. (695. Voilà l'ordre des conseils de Dieu, tels que lui-même nous les a révélés pour nous apprendre à le craindre, à l'adorer, à l'aimer, i l'attendre avec foi et patience, boss. Uùt. 11, 3. Louis XIU rendit au ciel son âme juste et pieuse, et il parut que notre ministre était réservé au roi «on fils; tel était l'ordre de la Providence, id. le Teliier. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font kuleur que d'un certain ordre général d'oii le reste se développe comme il peuti id. Ilar.-Thér. Si cet état était pour vous de l'ordre de Dieu, si tous ne l'avipz paschoisi vous-même... bourdal. Domime. 1, État du mariage, ■?•. Dans l'ordre des conteils de Dieu, la plus grande partie du morde devait avoir la pauvreté pour partage, 10. Mytt. Nativ. de J. C. 1. 1, p. 2». Tout ce qui arrive sur la terre est de l'ordre de Dieu, id. Dominie. <, Afflicliun des jut- Ut, 13t. Que le sérail soit désormais fermé, Et que

DICT. DE LA LANOUB riUNCAlSB.

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tout rentre ici dans l'ordre accoutumé, rac. Baj. Il, 2. Si je n'avais eu que deux ou trois galanteries tout au plus, cela était dans l'ordre, fon- TEN. Alex. Phryné. Il n'y a ici que M. de Valville qui pourrait l'accompagner, et il ne serait pas dans l'ordre qu'il partit avec elle, Marivaux, Marianne, VI. Il L'ordre commun, la loi commune aux choses. Quelques faits qui sortent de l'ordre commun, MASS. Carême, Salut. || Ordre physique, astronomique, etc. les lois physiques, astronomiques, etc. Il L'ordre de la nature, les lois qui constituent l'ensemble de ce qu'on nomme la nature. Quels faits sont dans l'ordre de la uatureîj. i. nouss. Ém. IV. Il Terme de théologie. L'ordre de la nature se dit par opposition à l'ordre de la grâce, oii Dieu accorde aux hommes des secours particuliers. Il faut conclure que les passions sont de l'ordre de la nature, puisqu'elles ne peuvent être de l'ordre do la grâce, MALEBRANCHE, Rech. vér. v, ). Dans l'ordre de la nature, c'est à l'âme de conserver le corps ; mais dans l'ordre de la grâce,c'est le corps deJésus- Christ qui conserve notre âme, bourdal. ilyst. irès-saint Sacrem. 1. 1, p. 62i. || 9* Terme d'histoire naturelle. Nom donné à des groupes plus ou moins nombreux de végétaux ou d'animaux, et souvent employé comme synonyme de famille, subdivision. Il [le perroquet amazone] appartient à l'ordre des amazo.'ies par le rouge qu'il a sur le fouet des ailes, BHFF. Ois. t. XI, p; 302. || Particulièrement, en zoologie, subdivision immédiate d'une classe d'animaux. Il Terme de chasse. Se dit pour race. Un bel ordre de chiens. || 10' L'ordre social, les règles qui constituent la société. Les fondements de l'ordre social. Cet ordre par lequel la société subsista est ce qu'on appelle le gouvernement de la société, du- MARSAis, Lib. Égl. gall. part, i, max. 1. 1| Ordre public, ensemble des règles qui font la sûreté de la société. Liberté, ordre public, devise adoptée par le gouvernement de juillet. || Ordre moral, les lois sur lesquelles repose la morale. 11 y a quelque ordre moral partout où il y a sentiment et intelligence, 3. J. ROBSS. Ém. IV. Il U" Ordre, discipline et subordination dans un État, dans une province, dans une ville, dans une armée, dans un corps ou établissement quelconque. Faire rentrer les mutins dans l'ordre. L'ordre a été troublé. Kétablir l'ordre. L'ordre et la discipline militaire s'augmentent avec les armées, boss. ilar.-Thér. Comme il ne suffit pas d'entendre la guerre si on n'a un sage conseil pour l'entreprendre à propos, et tenir le dedans de l'État dans un bon ordre... id. llist. m, 6. Apprenant à toutes les congrégations chrétiennes, qu'elles n'ont rien de plus beau ni de plus nécessaire que l'ordre, (jui en est l'âme et l'unique fondement, id. Hègl. pour les filles de la prop. de la foi, Préf. Plein des maximes d hon'heur et de probité dont il savait toutes les lois, il retenait la nobles.se dans l'ordre, plêch. Pue de Uont. Les citoyens d'une ville bien policée jouissent de l'ordre qui y est établi, sans songer combien il en coûte de peines à ceux qui l'établissent ou le conservent, fonten. d'-lrjenson. Auguste (c'est le nom que la flatterie donna à Octave) établit l'ordre, c'est-à-dire une servitude durable, mon- TEPQ. Rom. 13. C'est l'ordre qui constitue l'état social, et c'est la loi qui établit et qui maintient l'ordre, cambacehès, Inslit. Mém. scienc. mor. et pol. t. m, p. 6. Moscou vide ne lui offre plus aucune prise; il dit que c'est un malheur sans doute, mais que ce malheur est bon à quelque chose; qu'autrement il n'aurait pu établir l'ordre dans une si grande ville... sÉoufl, llist. de Nap. vm,n.|| 12° Ordre de choses, l'ensemble des conditions au milieu desquelles on se trouve. La voilà dans un nouvel ordre de choses ; la voilà sujette à de nouveaux engâgement3,à de nouveaux devoirs; et son cucur, qui n'était qu'à nous, se divit maintenant à d'autres affections, J. J. housa. Ilcl. n, ta. || Par extension. Ordre do choses, système de gouvernement. L'ancien ordre de choses. Le nouvel ordre de choses. \\i3' Ordre d'idées, système d'idées, classe particulière d'idées relatives à un même objet. || H- Nom donné aux différentes classes (ubordonnéos entre elles qui composent un État, une corporation. Quiconque aime l'Égii-se duii aimer l'unité; et quiconque aime l'uniié doit avoir une adhésion immuable à tout l'ordre épiscopal dans lequel et pour lequel le mystère da l'uuilé se consomme, boss. Bourgoing. Il [Dieu] a voulu imprimer dans l'ordre et dans l'office des pasteurs le mystère de l'unité de l'Eglise, 10. ib. L'uléma, qui est le clergé des Turcs, est un corps formidable, mais non pa* ce que nous appelons un ordre de la nation, volt. Mœurt, 83. lljr avait trois ordres parmi le* Gauloif : les drui-

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des , tes chevaliers et le peuple, condillac, Uist. anc. m, 8. Elle [Christine] offensa les deux ordrei extrêmes du royaume : le clergé, dont elle bravait l'autorité, et l'ordre des paysans dont elle choquail les préventions, d'alemb. llém. Christ. Œuv- t. iv, p. 55, dans POUGENS. || Â Home, les ordres, le sénat, les chevaliers et la plèbe. Les juges furent pris dani l'ordre des sénateurs, jusqu'au temps des Gracques, MONTESQ. Esp. Il, 18. On ne rend point dans u| moment aux ordres de l'État le respect qui leur» été été si longtemps, m. Rom. is. || Les ordres, se dit absolument des trois classes de membres dont se composaient les états en France avant la Révolution : t' l'ordre du clergé; 2" l'ordre de la noblesse; 3* l'ordre du tiers état. Chaque ordre se divisait en plusieurs classes. || L'ordre hiérarchique, les divers degrés de pouvoir et d'autorité subordonnés les uns aux autres, tant dans le gouvernement politique que dans celui de l'Église. Les sociétés, les familles, les républiques, les États, l'Église même et les divers corps de la hiérarchie qui la composent, sont autant d'ordres que Dieu a établis dans le monde, bourdal. Fête des saints, Uijit. t. ii, p. 402. {j L'ordre dos avocats, la compagnie des avocats inscrits sur lo tableau. Je n'ai pas l'honneur d'être de l'ordre des avocats; mais je suis de l'ordre de ceux qui aiment la vérité et l'éiiuité, volt. Poiit. et U'gisl.SuppUm. aux causes célèbres. || Conseil de l'ordre, le conseil de discipline de l'ordre des avocats. || 15' Les neuf classes ou chœurs dans lesquels les anges sont divisés. L'ordre des séraphins, des chérubins. Un ange du premier ordre. Il (le Sauveur] a couru après [la nature humaine] d'une course précipitée, sautant les montagnes, c'est-à-dire les ordres des angcs, comme il est écrit aux Cantiques, boss. Sermons, Bonté, I. Il 16° Il se dit des rangs qu'occupent entre eux les esprits, les personnes, les ouvrages. Ce livre est une composition du premier ordre. Leurs âmes à tous deux, d'elles-mêmes maîtresses. Sont d'un ordre trop haut pour do telles bassesses, corn. Poly. m, ). Ceci s'adresse i vous, esprits du dernier ordre, la font. Fabl. v, (B. Si Mme la Dauphine croit que tous les hommes et toutes les femmes aient autant d'esprit que cet échantillon, elle sera bien trompée ; c'est en vérité un grand avantage que d'être du premier ordre, sêv. 406. Aimezmoi toujours, ma chère belle ; mais ne mesurez jamais les autres amitiés à la v6tre; vous avez un cœur du premier ordre, dont personne ne peut approcher, id. 16 nov. <689. J'ai rencontré Mme de Schomberg, qui m'a dit très-sérieusement qu'elle [Mme de Marans] était du premier ordre, et pour la retraite, et pour la pénitence, n'étant d'aucune sorte de société et refusant même les amusements de la dévotion, ID. 6 janv. < 674. Il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois [de l'amour], à qui il ne peut inspirer des sentiments indignes de leur rang, boss. Mar.-TMr. Que si nous pouvons obtenir ces avantages extérieurs que la folle ambition des hommes a mis à un si grand prix, notre cœur s'enfle tellement que nous regardons tous les autres comme étant d'un ordre inférieur, id. Cornay. Un homme libre et qui n'a point de femme.... peut s'élever au-dessus de sa fortune, se mêler dans le monde.... cela est moins facile à celui qui est engagé; il semble que le mariage mot tout le monde dans son ordre, la brut. il. Glycère... se fait celer... souvent pour ses amis qu'elle resserre dans leur ordre , sans leur rien permettra de ce qui passe l'amitié, id. m. || 17* Espèce, catégorie. L'éclat des grandeurs.... la grandeur des gens d'esprit.... la grandeur de la sagL's.se qui n'est nulle part sinon en Dieu.... ce sont trois ordres différents en genres, pasg. Pens. xvii, l, édit. iiAVET. Ces deux puissances [l'Ëgliso et la royauté] d'un ordre si différent ne s'unissent pat, mais s'embarrassent mutuellement quand on les confond ensemble, BOsa. Rein» d'Auglet. Il n'y a rien dans l'ordre des créatures qui ;.oit plus uni i la majesté divine que la sainte Vierge, id. 2« serm. Compast. Stt Vingt, t. Dans l'ordre de la fécondité, l'autruche semble encoro appartenir de plus près à la classe des quadrupèdes qu'à celle des oiseaux ; car elle est très-féconde et produit beaucoup, liuFK. Ois. l. II, p. 247. Mes preuves sont d'un ordre surnaturel, i. J. rolss. Ém. iv. || 18* Terme do mathématique. Courbe du second, du troisième, etc. ordre, courbe dont l'équation est du second, du Iroiiiitme, etc. degré. || Infiniment petit du second ordre, quantité infiniment petite par rapport à une autre qui est déjà infiniment petite et que l'on qu'imie d'infiniment |)etit du premier ordre. On dit semblablcment infiniment petit du 3*, du 4* «r-

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dre, etc. Il 19* Compagnie dont les membres font voBu de ïiTre sous ceruines règles. || Ordre religieux, militaire. Le chapitre général île l'onlre. L'ordre des templiers. L'ordre des hosintiliers, ou de Saint-Jean de Jérusalem, appelé dans les derniers temps l'ordre de Malte. L'ordre Teutonique fut souverain ; l'ordre de Malte l'est encore, et le sera longtemps, volt. Mœurs, «7. L'ordre des Chartreux, établi près de Grenoble à la fin du xi' siècle, seul ordre ancien qui n'ait jamais eu besoin de réforme, lo. t'b. 439. La prodigieuse multiplication des ordres monastiques , qui, •près avoir été dans les beaux jours île l'Église l'asile de l'humilité et de la pénitence, sont devenus si souvent depuis le repaire de l'ignorance et de la fainéantise, d'alemb. Éloges, Fleury. || Les ordres religieux peuvent se distinguer en quatre grandes catégories: «• les moines proprement dits, qui comprennent l'ordre de Saint-Basile et celui de Saint-Benoit, avec toutes ses branches, Cluny, lescamaldules, les chartreux, etc. tous antérieurs au xiii* siècle; 2° les chanoines réguliers qui suivent la règle de Saint- Augustin, et auxquels se rattachèrent deux ordres illustres, celui de Prémontré et celui de la Merci ; »• les frères ou religieux mendiants, comprenant les dominicains, les franciscains, les carmes, les augustins, les servites, etc. et touï les ordres créés du xm« au xvi* siècle; 4» enfin les clercs réguliers, forme affectée exclusivement aux ordres créés au ivi* siècle et depuis, tels que les jésuites, les théatins, les barnabites, etc. || Dans l'oidre de Saint- François, le premier ordre était l'ordre fondé par saint Fiançois d'Assise et composé des frères mineurs; le second ordre fut l'ordre des filles qui embrassèrent la règle de Saint-François d'Assise sous la conduite de sainte Claire ; le tiers ordre comprenait des hommes et des femmes vivant dans le monde, même dans le mariage, qui s'obligeaient par vœu à une vie véritablement chrétienne et à l'observation de la règle de Saint-François autant que leur état le permettait. || La différence des quatre branches de l'ordre de Saint-François consiste en barbe et pièce [les capucins], pièce sans barbe [les récollets], barbe sans pièce [les piquepuces], et ni pièce ni barbe [les cordeliers]. || Congrégations de plusieurs maisons unies sous un chef immédiatement soumis au pape, pour ne faire qu'un corps, ou un ordre religieux. Avant la fondation.de Cluny, quoique tous les moines suivissent la règle de Saint- Benoit, chaque abbaye était indépendante de l'autre et soumise à son érêque; depuis Cluny elle ne relevait plus que du pape. |[ Ordre blanc, les chanoines réguliers de Saint-Augustin. |[ Ordre noir, les bénédictins. || Ordre gris, celui des religieux de Cîteaux. Il 10' Compagnie de chevalerie instituée par quelque souverain en forme de confrérie. L'ordre du Saint-Esprit. L'ordre de Saint-Louis. L'ordre de la Légion d'honneur. L'ordre de la Jarretière. L'ordre de Saint-Michel, institué par Louis XI, en 146», se soutint avec éclat sous les règnes de Ciiarles Vlll, de Louis XII, de François 1" et de Henri II, saint- Foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 20i, danspouGENS. Les ordres de chevalerie, qui jadis étaient des preuves do vertu, ne sont maintenant que des signes de U faveur des rois, J. j. bouss. Gouv. de Polog. ch. «8. Il Autrefois, en France, chevalier des ordres du roi, cbevalier de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Chevalier de l'ordre du roi, chevalier de Saint-Michel, et, simplement, chevalier de l'ordre, chevalier du Saint-Esprit. Vous apprendrez aujourd'hui, ma fille, que le roi nomma hier soixante et quatorze chevaliers de l'ordre, dont je vous envoie la liste, sÉv. 490. Le roi a parlé à M. de Soubise et lui a dit qu'il lui offrait l'ordre, m. ib. || Collier, ruban, ou autre marque d'un ordre de chevalerie. Être décoré de plusieurs ordres. Le roi a envoyé son ordre i tel prince. Vous aurez vos ordres, et votre cordon avec la croix, comme les autres; vous serez tous traités également, soit qu'un chevalier vous donne l'ordre, soit qu'on vous permette de le porter, en attendant la réception, sÉv. 497. Son extérieur est simple; je n'ai vu aucun ordre sur ses habits, AL. DDVAL, Jfenut'mr de Livonie, ii, 2. Il L'ordre des Coteaux , voy. coteau. Ce singulier prélat [Lavardin, évé'|ue du Mans], qui avait établi l'ordre des Coteaui, volt. Pi'cl. pht'i. Ordination. Il U* Sacrement do l'Sglise qui confère le pouvoir de remplir les fonctions ecclésiastiquns. Il faut donc entrer dans le» ordres sacrés, et l'on j entre, pour-

?|ooit est-ce pour avoir le précieux avantage d'ofnrle (acrifice du corps et du sang de Jésus-Christ? c'est à quoi l'on ne pensait gu?;res, bolboal. Exhnrt. Oign. cl dm. dn yrUret, t. I, p. »M. Un canon du premier concile de Toun excommunie tout prêtre

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qui aurait consené sa femme après avoir reçu les ordres, CHATE\UBB. Génie, i, i, 8. ||0n divise les ordres en ordres séculiers ou petits oiiires, et en ordrossacrés ou ecclésiastiques ou grands ordres. Les petits ordres ou les quatre moindres ordres, ou les quatre mineurs, sont l'ordre de portier, l'ordre de lecteur, l'ordre d'exorciste et l'ordre d'acolyte. Les grands ordressontlesordiesde sous-diacre, de diacre et de prêtre. || Ordre de prières, le canon de la messe. Il L'ordre romain, livre très-ancien (du ix* siècle) concernant les cérémonies de l'Église. || 22" Terme d'architecture. Proportions et ornements qui distinguent la colonne et l'entablement dans la construction des édifices. U y a cinq ordres, le dorique, l'ionique, le corinthien, le composite, et le toscan ou rustique. Je ne vois point d'ordre asiatique ou égyptien; ce qui donnerait assez lieu de douter si la symétrie, les mesures, les proportions des colonnes, des pilastres et des autres ornements, régnaient parfaitement dans ces anciens édifices, roi.lin, Ilisl. ano. Œuv. t. ii, p. 4I9, dans pougens. L'ordre par excellence, l'ordre dorique, qui est le véritable canon do l'architecture, quatremèrb de qdinct, Instit. Uém. Bist. et lUt. anc. t. ii, p. 27 1. Cet esprit d'harmonie manifeste surtout dans l'architecture des Grecs par l'invention des ordres, invention particulière à ce peuple, id. ib. p. 270. || Ordre attique, nom donné à un petit ordre de pilastres qui ont une corniche architravée pour entablement. || Ordre caryatique, celui qui a des figures de femmes pour colonnes. || Ordre composé, toute composition d'architecture qui est différente des cinq ordres. || Ordre persique, celui qui a, au lieu de colonnes, des figures d'esclaves. Il Ordre français , s'est dit d'un genre de colonnes corinthiennes, dont le chapiteau est orné de fleurs de lis, aigles, coqs, etc. || Ordre protodorique, nom qu'on a donné quelquefois à la colonne polyédrique des Egyptiens. Le pilier rectangulaire aux belles proportions [de l'architecture égyptienne archaïque] amène bientôt à la colonne polyédrique; et, à la xii* dynastie, les tombeaux de Beni-Hassan fournissent le parfait modèle de cet ordre admirable que ChampoUion avait nommé protodorique, GUiGNiAOT, Rapport sur le progrès des études relatives à l'Egypte et à l'Orient, p. 5i. H 23° Prescription, injonction. Et, pour régler mes vœux, ai -je votre ordre à prendre? mol. D. Gare. III, 3. Vous violez les ordres les plus saints que Dieu ait imposés aux hommes, pasc. Prov. xiii. Mon fils doit aller à Rennes prendre les ordres do M. de Chaulnes, sév. B58. Sûrement M. de Vendôme [gouverneur] n'ira point [en Provence] ; M. de Pompone me l'a dit avec plaisir : tous les ordres s'adressent à M. deGrignan, iD. 380.11s (lesdeChaulnesjavaientun architecte avec eux, etallaient donner leurs ordres à des ajustements et même desdérangements si considérables, que ce château, que nous trouvions déjà si beau, ne sera pas reconnaissable, m. t" mai<680. Il se trouve parmi les Romains plus de gens punis pour avoir combattu sans en avoir ordre, que pour avoir lâché le pied et quitté leur poste, boss. Uist. III, 6. Lorsqu'on le crut en meilleur état [le prince de Condé], et que le duc d'Enghien [son fils], toujours partagé entre les devoirs de fils et de sujet, était retourné par son ordre auprès du roi, id. Louis de Bourbon. Il leur donne [à son fils et à sa belle-fille] ses derniers ordres, où tout respirait la piété, id. ib. Justice qui fait semblant d'être vigoureuse à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres.... mais qui tombe et disparaît tout à coup lorsqu'on allègue, sans ordre même et mal à propos, le nom de César, ID. le Tellier. Les lois de cette milice (romaine| étaient dures, mais nécessaires; la victoire était périlleuse et souvent mortelle à ceux qui la gagnaient contre les ordres, id. Hist. m, e. Le diligent officier qui porte ses ordres, id. Louis de Bourbon. J'ai ouï dire à notre grand prince, qu'à la journée de Nordlingue, ce qui l'assurait du succès, c'est qu'il connaissait M. do Tu renne, dont l'habileté consommée n'avait besoin d'aucun ordre pour faire tout ce qu'il fallait, id. Louis de Bourbon. Quand le sage chancelier reçut l'ordre de dresser ce pieux édit qui donne le dernier coup à l'hérésie (révocation de l'édit de Nantes], id. le Tellier. Allons, pardes ordres contraires, Révoquerd'un m'5chantles ordres sanguinaires, RAC. Es/h. m, 8. Par mes ordres trompeurs tout le peuple excite, id. Brit. iv, 2. Suivez do point en point ces ordres importants, m. Àthal. v, 3. U donnait tranquillement tous les ordres pendant que le pilote était troublé, rtn. Tel. i. Pygmalion donna ordre de renvoyer les troupes, id. ib. m. Il avait ordre de le conduire à Salcnte, lu. ib. xiv. U [Antiochus] donna à Lysias, qu'il laissait pour

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gouverner en son absence, la moitié de toute son armée, avec ordre d'exterminer la nation juive, et de donner leur paysàd'autres peuples, bollin, llist. anc. Œuv. t. vin, p. 669, dans pougens. [Dans un état despotique] il ne sert de rien d'opposer les sentiments naturels, le respect pour un père, la tendresse pour ses enfants et ses femmeS; les lois de l'honneur, l'état de la santé; on a reçu l'ordre, et cela suffit, MONTESQ. Esp. m, to. X cette nouvelle. Napoléon retrouve le feu de ses premières années ; mille ordres d'ensemble et de détail, tous différents, tous d'accord, tous nécessaires, jaillissent à la fois de son génie impétueux , sêglr, llist. de A'ap. viu, tt. Il Ordre se prend aussi dans le sens passif pour l'ordre qu'on a reçu. Je sais quel est mon ordre, et si j'en sors ou non, corn. Nicom. m, 3. L'ordre de Fourbin est dobéiràM. de Chaulnes, sêv. ta aoû' 167B. Il Jusqu'à nouvel ordre, jusqu'à ce qu'un nou vel ordre soit donné. Dites-lui que je lui défende de paraître devant moi jusqu'à nouvel ordre, genijs^ ilme de Maintenon, t. 11, p. 218, dans pougens. Il Par ordre, par une injonction d'une autorité supérieure. Cet avis a été inséré par ordre dans les journaux. Que ne travailles-tu pour le théâtre? jo te promets de faire jouer par ordre la première pièce que tu feras, al. buval. Jeunesse du due de Richel. II, 5. Il Par ordre, placé sur les affiches de théâtre devant la composition du .spectacle, indique que le souverain a l'intention d'aller le soir môme au spectacle. |{ 24° Le mot que l'on donne tous les jours aux gens de guerre pour distinguer les amis des ennemis. Prendre l'ordre. Envoyer l'ordre. 2 sept. 1 686 : Les Siamois allèrent à Main tenon voiries travaux qu'on y fait; on leur fit voir toute l'in-fanterie sous les armes; les officiers les saluèrent de la pique, et l'on prit l'ordre d'eux; enfin on leur rendit toutes sortes d'honneurs, dangeau, i, 378. 20 novembre : Ils donnaient l'ordre partout, et, au lieu de nommer le nom d'un saint, ils disaient quelque sentence à la mo le de leur pays, et même ils disaient fort spirituellement et presque toujours par rapporta la ville où ils étaient, id. i, 419. || Le mot de l'ordre, et, plus ordinairement, le mot d'ordre, le mot que l'on donne de cette façon. !| Avancez à l'ordre, est dit par la sentinelle à la patrouille qui doit avancer pour dire le mot d'ordre, et se faire ainsi reconnaître. || Fig. Mot d'ordre, résolution commune que prend un parti, une compagnie, et à laquelle tous les membres obéissent. Le mot d'ordre des partis. N'obéir à aucun mot d'ordre Il Le moment de la journée où le général distribue se ordres à son armée. Le roi dit à l'ordre qu'il ferait marcher son armée le lundi suivant pour aller camper sur la Haisne, dangeau, 1, ta, ti mai iC84. L'intendant avait beau lui porter ses plaintes [à Turenne] contre le pillage de ses troupes en Lorraine], il répondait froidement : je le ferai dire à l'ordre, volt. Leit. Colini, 21 oct. t767. || Aller, venir à l'ordre, aller, venir chez un chef de service pour prendre le mot d'ordre ou l'ordre du service. La hasard fit que j'allai seul à l'ordre chez M. de Luxembourg, st-sim. it, (28. || 11 se dit aussi des publications qui se font par ordre du général. Cet avis, ce trait de bravoure a été mis à l'ordre. Mettre à l'ordre un soldat, un officier pour sa belle conduite. Il 25° Terme de commerce. Endossement d'un billetou d'une lettre de change, ainsi dit parce que l'endossement est un ordre, un commandement de faire le transport d'une somme à un tiers qui en devra recevoir le montant. Mettre un ordre, son ordre au dos d'un billet. |1 Billet à ordre, billot payable à la personne à l'ordre do laquelle il est fait ou transmis. Je payerai à un tel ou à son ordre, est la formule d'un billet à ordre. || 26' Par ordre, loeadv. Successivement. Eh bien! qu'est-ce? m'as-tu tout parcouru par ordre? MOL.Amph. m, 2. Il |saint Luc] est le seul qui promet à la tète de son Evangile do raconter les choses [de la cène] par ordre, hoss. EucK m, 7. L'un [Turenno] , dès qu'il parut dans lesarmées, donne une haute idée de sa valeur, et fait attendre quelque chose d'extraordinaire, mais toutefois s'avance par ordre, et vient comme par degrés aux prodiges qui ont fini le cours de sa vie... id. Louis de Bourb. Daniel.... vit par ordre, à diverses fois et sous dos figures différentes, quatre monarchies sous lesquelles devaient vivre les Israélites, id. llist. 11, 4. Il D'ordre, suivant un certain ordre. En exposant d'oi» dre les causes de l'amour, pasc. Pens. vu, 1 », édit. ha- VET. Il 27" En sous-ordre, loe. adv. Voy. sous-ordre. — - REM. Au XVII' siècle, on faisait ordre féminin, quand il signifiait les sacrt-nients de l'Eglise : les saintes ordres. Aujourd'hui il est cxclusivemctit masculin.

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— IIIST. Il* S. Ordres nen ont [les clercs] ne en lor chefs couronés, Ch. de Roi. ccLjvi. || xii" s. D'un seul mesfait ne deit nuls huem dous feis périr; Quant li clers pert sun ordre, nel puet hum plus hunir, Th. le vtart. 28. En dous ordres de genl est faite sainte iglise; Del pueple et del clergié ele est faite e asise, ib. 79. Se j'en ooie novele au reperier, Toutes vos ordres [qualité de prêtre] n'i auroient mestier, Que n'en feîsse les testes reoignier, if coronemens Looys, v. (982. || xiii* s. Ainsi ont no ministre cest ordre [monastique] devisé, Berle, XLv. Tout ensemble dire ne puis. Mes tout vous conterai par ordre, la Rose, "ii3. Sor lotes autres ordres doit on mult honorer L'ordre de mariage, et amer, et garder, ruteb. 243. Tout li muebles que je aurai, demourront après mon decct à l'abbé et covant devant dis, et se je antroie an ordre aussi, DO CANGE, ordo. || XIV* S. Et ce soit fait en quelque manière que l'ordre de l'art le commande, h. de MOSBEviLLE, f" 90, verso. PourquoT au jour d'uy il [les tribuns] s'efforcent de troubler la concorde des ordres, bercheube, f° »7. Se reudi en l'ordre do Premonstré moyne blanc, Ilist. tilt, de la Fr. t. XXV, p. 502. Il XV* s. Ne voiià pas Guillaume de Hainaut qui, puis un peu de temps, a pris le bleu gerlier (jarretière] pour sa chausse lier, qui est l'ordre et enseigne des Anglois, proiss. m, iv, BO. Et fut en deux batailles et en plusieurs rencontres et sièges, accompaignant son père ; et desja se monstra fier et courageux et princip.ilement à tenir ordre, où il se delectoit aigrement, monstrant qu'il cstoit prince et seigneur apparent, et se faisoit craindre, o. de la marche, Uém. p. 70, dans lacuRNE. Perrotin estant plevy en fiance à une jeune fille, et cuidant icelle espouser, et recevoir l'ordre de mariage, du cange, ordo. Les princes de l'empire, encores que l'empereur fust homme de peu de vertus, y donneroient ordre [empêcheraient les conquêtes que prétendait faire le duc de Bourgogne], couH. IV, I. Pour remontrer au roy le mauvais ordre et injustice qu'il faisoit en son royaulme, id. i, 1. Commençai marcher le conte de Charolois, laissant, comme j'ay dit, toute ordre par avant devisée, ID. I, S. El s'estoient faits frères d'ordre, car il portoit la toison et le dit duc portoit la jartiere, ID. m, 6. Et se je estoye recongneu, si seroit honte à chevalerie, que ung homme fut trouvé en l'ordre, qui telz parlers auroit dit, Perceforest, t. vi, ^ 38. Il XVI* s. Seullement, envoya qui ameneroyt en ordre les légions.... rab. Garg. i, 47. Tous furent receuz entre les ordres [rangs], et là ruez par terre, ID. tb. I, 48. Panurge meit deux selles d'jirmes des chevaliers en telle ordre que elles servirent de landiors, ID. Pant. il, 2«. Je y donneray bon ordre, ou basions fauldront on monde, in. ib. m, 2». Il n'y a ordre que nous prétendions d'estre du corps de Christ, nous abandonnant à toute licence, et menant une vie dissolue, calvin, Itvsl. (»t. J'espère que Dieu me donnera la grâce de vous faire quelque service, au moins de ne rien gaster de la bonne ordre que jusques icy le roy de Navarre a tenue, HARO. Lell. 88. Je ne saurois faire escuse qui seult couvrir la faulte d'avoir receu ung si grant Leur [la visite du roi] en si mauvais ordre, iD. ib. 429. La distribution et ordre de son convoi, mont, i, <7. Sans ordre et propos, iD. i, 33. L'ordre de Saint Michel a esté longtemps en crédit parmy nous, ID. il, «4. [L'élépbaut] s'estant défendu jusques à n'en pouvoir plus, n'y voyant plus d'ordre, .... casse ses dens contre les arbres, la uoétie, 2». [Syracuse] estant pressée par les guerres, inconsideréement ne mettant ordre qu'au danger, esleva Denis le premier, m. 33. Eh bien! dit la coutelier, l'appelant monsieu, car il le voyoit bien en onire [bien mis], DEspKR. Contes, 83. Le légat n'use de ses facultez qu'après avoir juré par ses sainctes ordres de.... p. piTHOu, <i. Hz se Toyoient de tous cosiez enfermez, sans ordre [moyen] d'en pouvoir eschappor, AMYOT, Fab. <«.ll n'y avoit ordre de sauver laGrece, sinon en combatimt par mer, lu. Aritt. 32. lU voulurent une autre lois essayer la fortune on meilleure ordre et meilleur esquippige que devant, ID. Niciat, •>7.Le pont du Garest d'ordre tuscan.... o. UK SSH- «Es, 753. ;i y a trente ans et plus que vous tenez l'un des premiers lieux entre ceux de nostre ordre [des avocats] en vostre pais, pasquub, LtU. l. i, p. 420.

— ETim. Bourg, odre; Berry, or<U, espèce, famille : i;e chien etl de la bonne orde; prov. orde, horde, orden; esp. orden; porl. ordem; ilal. ordine; du lat. ordinem, ordre. Corsscii {lleitr. p. ioh) voit dans ordo le surfite don, qui e-tt dans dulri'-Jo,cupido, et la racine vr, do ortri; comparez i;.vu|ii, faire

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aller; sanscr. or, fînômt, se mettre en mouvement, aller : ordo serait donc la mise en mouvement, la façon d'aller.

ORDURE (or-du-r') s. f.\\i' ExcrémenU, impuretés du coi-ps. Cette plaie, cet abcès suppure, il jette beaucoup d'ordure. Défense de faire ou de déposer des ordures le long de ce mur. M. de Réaumur a observé que les jaseurs aiment la propreté, et que ceux qu'on tient dans les volières font constammentleursordures dans un même endroit, bi'ff. Ois. t. VI, p. 4 67. Les castors ne font ni ne souffrent jamais aucune ordure dans leurs habitations, m. Castor. Il 2° Immondices, balayures, tout ce qui rend sale et malpropre un appartement, un escalier, une cour, etc. Un panier d'ordures. Jeter quelque chose aux ordures. Ces gens-là [les libraires de Genève] en font des papillotes [d'ouvrages de mathématiques], et en s«nt quittes après pour dire qu'ils les ont perdus.... je vous prie de les engager.... à voir si les débrisdemes calculs ne pourraient pas se retrouver dans les ordures, d'alemb. Lett. à VoU. 22 sept. 1767. Il Kig. Il ne fait guère d'ordure au logis, c'est-à-dire il n'y reste guère. Il y a trois jours qu'il est à la chasse avec un de ses amis; il ne fait guère d'ordure au logis vraiment, dancolrt, Maison de camp. se. i. Il Kig. et familièrement. Personne indigne et comparée à une balayure. L'épiscopat allait tombant de plus en plus, depuis que M. de Chartres , Jodet, l'avait rempli des ordures des séminaires, st-sim. 39«, (38. || Kig. Être jeté dans le panier aux ordures, dans le sac aux ordures, être rejeté, mis à l'écart comme quelque chose de vil. Il ne m'a pa^ paru que Mme de Schomberg ait encore pris ma place [dans l'amitié de MmedeLafayette].... enRn je ne crois pas être tout à fait jetée au sac aux ordures, SÉV. 30 oct. i«80. ||3* Poussière, duvet, plume, paille, et autre petite chose malpropre qui s'attache aux habits, aux chapeaux, aux meubles. Votre manteau est tout plein d'ordures. Il lui est entré une ordure dans l'œil. {[ 4" Kig. Turpitude dans les actions, dans les mœurs. Nos plus sages discours ne sont que vanités. Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures, halh. i, 4. Des troupes d'eunuques qui se prostituaient à toutes sortes d'ordures, val'GEL. Q. C. 362. Vous y avez vu des abominations et des ordures, c'est-à-dire leurs idoles, le bois et la pierre, l'argent et l'or qu'ils adoraient, saci. Bible, Deutéron. xxix, 4 7. Chaque instant de ma vie est chargé de souillures. Elle n'est qu'un amas do crimes et d'ordures, mol. Tart. m, 6. Que le cœur de l'homme est oieux et plein d'ordure! pasc. Pens. iv, 4, éd. havet. Libérale même dans sa vieillesse, quoique cet Age soit ordinairement souillé des ordures de l'avarice, Boss. Yol. de Uonlerby. Vous voyez que cette assemblée vénérable [un concile| estime qu'on se joue des sacrés mystères, lorsqu'après les avoir reçus on retourne à ses premières ordures, id. Sermons, Pénitence, 3. Les connaisseurs crurent trouver sous ce langage barbare [des Maximes des saints] un pur quiétisme, délié, affiné, épuré de toute ordure, st-sim. *5, 44.||6° Kig. Paroles, discours, écrits obscènes. Je mets en fait qu'une honnête femme ne saurait la voir sans confusion, tant j'y ai découvert d'ordures et de saletés, mol. Critique, 3, Ces sortes d'ordures-là ne se disent point à une femme de ma condition, id. Poure. m, s. Marot et Habclais sont inexcusables d'avoir semé l'ordure dans leurs écrits : tous deux avaient assez de génie et de naturel pour pouvoir s'en passer, la nRUY. l. À Monsieur, aux filles du roi, à quantité de femmes, il [Langlée] leur disait des ordures horribles, sT-siM. 75, 281. La Satire de Pétrone est un mélange de bon et de mauvais, de morahtés et d'ordures; elic annonce la décadence du siècle qui suivit celui d'Auguste, volt. Kél. hiit. Pyrrh. hist. XIV. Je [Kabelaisj pris mes compatriotes par leur faible, je parlai de boire, je dis des ordures, et avec ce secret tout me fut permis, lo. Viol. s. J« tous préviens qu'il sera nécessaire do retrancher les ordures de Shakespeare, si vous voulez que l'Académie fasse Imprimer l'ouvrage par son libraire, d'alemb. Lett. à Voltaire, 27 août 477».

— HIST. XII* s. Li sire esdrece de puldre le besuignus [le besogneux], e de ordeure esleved le povre. Liber pialm. p. 236. || xiu* s. L'oreille ki e^i estupée. Cornent puet tle esire saiiée [guérie], Se loie ordure ne seit traite? Jh. St-Jean. Celui qui aime humilité et qui het orgueil, estrait Dieus de l'ordure du siècle, Piautier, f* 24u. Ne suelfro sor toi nule ordure; Lave tes mains, et tes dens cure, la ttoie, 2176. Pri à ton fil qu'il nous en terde (essuie]. Et nous esiave De l'ordure qu'apporta Eve,

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RDTEB. 4 4. Il xï* ». Beaux seigneurs, l'ordre de chevalerie est si noble et si haute, que nul cuer ne doit penser, qui dwîvalicr est, à ordure ne à vilté ne à couardise, froiss. ii, m, I9. Icelhii Dolebel lui disi qu'il avoit espousé une ordure [femme de mauvaise vie], et qu'il estoit coui, do cange, ordura [Les flatteurs des princes] En décevant pour leur argent attraire, Leur consentent ordure et lascheté, E. DKSCH. Ce qui est nécessaire aux roys. |{ xvi* ". II avoit esté acheminé à cette ordure [le vol] par l'avarice de son père, mont, h, 72, Les faulses couleur» de quoy il veut couvrir l'ordure de sa pestileiite ambition, 10. ii, 4io. Pressant sa playe, j'en fois sortir l'ordure qui s'y amassoit, ID. ii, 4 98. On dit en commun proverbe qu'il ne faut pas remuer l'ordure, qu'elle ne fasse apparoistre sa mauvaise odeur, viLLEROT, Kéin. t. 11, p. 804, dans lacubne. Truye ne songe qu'ordure, cotorave. Car vous donnez tel lustrée vosnoiresordures. Qu'en fascinant vos yeux, elles vous semblent pures, d'aub. Tragiques, Princes.

— ETYM. Ord; provenç. ordura, orduma,ordum' no; ilal. (yrdura.

ORDURIER, lËRE (or-du-rié, riè-r'), ad>. || 1* Qui se plaît à dire des choses sales, déshonnètes. Lo commandeur de G..., \ieux débauché, plein de politesse et d'esprit, mais ordurier, y logeait et y attirait une folle et brillante jeunesse en officiers aux gardes et mousquetaires, j.j. rouss. Conf. vu. Ce monsieur du journal m'appelle jacobin, homme horrible, ordurier, grimacier... p. L. cour. -2* loti, particul. \\ Substantivement. Ces sels dont on peut dire que M. Ménage n'était que le faux-saunier, et qu'il prodiguait comme s'ils eussent été de son propre, quoiqu'ils fussent de celui de son M. Bautru et de .semblables orduriers, ArUi-ménagiana, p. S. Il 2° Qui contient des ordures, des choses obscènes. I,es vers orduriers du poète Ausone, natif de Bordeaux et consul romain, volt. Lett. Richelieu, 29 jtiill. 4774. Julie avait aimé Octave, témoin l'épigrammeordurière d'Auguste, ID. Lett. d'Argent. 23 juin. 4763. Il 3° S. m. Petite caisse de bois, munie d'un manche j et dont on se sert pour mettre les balayures.

— ÊTYM. Ordure.

\ 4. OBB OU ORES (o-r'), adv. Voy. oh 4.

t 2. ORK (o-r'), *. f. Terme de métallurgie. Contrevent au cdté opposé à la tuyère, dans les feiu catalans.

ORËADE (o-ré-ad'), (. f. Terme de mythologie. Chacune de» nymphes qui présidaient aux forêts et aux montagnes. Les oréades taciturnes Cherchent les antres des déserts, BERNi8,^alr«<aù.j4u(omn«.

— ÊTYM. 'Opià«, de Jpoc, montagne.

ORËE (o-rée), i. f. Terme qui vieillit. Le bord, la lisière d'un bois. Cependant, i l'orée du bois, on voit déjà lleurir les primevères, bern. de st-p. Élude V. Nous débarquâmes i l'orée d'une plaine circulaire, chateaubb. Voy. AmH: 4i«.

— HIST. XIII*. s. Avoit fait tendre ung pavillon sur l'oreedu fleure, joinvillb, p. 09, dans lacukhe. Il XIV* ». Lesquelz se srre'-terent hors du chemin lez l'orée d'un petit buisson, nu canob, oreria. || xv* s. Us s'estoient arrestez la uuict devant l'orée de la forest, Perceforest, t. iv, f* 42. ||xvi* s. Les porteguidons et porlenseignes avoient miz leurs guidons et enseignes l'orée des murs, bab. Carg. i, -il. Et si feit encore mettre aux deux orées de ces chemins, ainsi pavez deçà et delà, d'autres pierres un peu relevées (montoir»], amyot, les (;raciiues,*o. Il prit sa charge à giuche du mesme temps, et avec moins de 300 chevaux rompt et mené batianl un gros de plus de 6UU jusqucsàreuréed'unl)<)is,u'AUB.//ùl.lil, 231.

— ETYM. Wallon, or*i< ; d'une forme non latine orala, dérivé du latin ora, liord.

OHEILLAHI), ARIIB (o-rè-llar, llar-<l', M mouillées, et non o-rè-jar), adj. || 1* Qui a les oreille» longues, basses, pendantes. Une jument oreilhirda. lA's oreilles (des chevaux] doivent ètro petites, hardies et bien placées en haut de la tête, et non |ias basse» et tombante», ce qu'on appelle oreillards, UENLIB, Maison rustique, t. l,p. 489, dans poucins. lion dit aussi orillard. ||2" Terme da ziiolnnii!. Dont les oreilles offrent quelque circonstance notable. Grèbe oreillard, eolymbus auritut, L. || .S', m. Espèce de chauve-souris, vespertUio auriluf, L. L'oreillard est peut-être plus commun que la chauvo-»ouris.... il a.... le» uredies d'une grandeur démesurée, bvrr.Qwldritp. t. li, p. »if. || Et- Geoffroy St-Hllaire a sé|>aré de» vespertilion» uu sous-genre oreillanl, ylrcntus.

— ETYM. Oreille.

ORKIM.K (o-rè-ll'i H mouillée», et non o-rô-yc), ». f. Il 1" Aiiparcil de l'audition qui est divisé en

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trois parties. || V Organe de Toute, placé de chaque côté do la tête. ||8» L'ouïe, le sens qui perçoit les sons n** Appréciation des sons musicaux. ||8° Délicatesse de l'ouïe. || 6" La partie externe qui est autour du trou de l'oreille. || 7° Fig. Les oreilles du cœur. |l 8" Fig. Attention, intérêt, confiance. Il 9° Oreille se dit quelquefois pour la personne qui entend, qui écoute. || 10* 11 se dit de ce qui a quelque ressemblance avec la figure d'une oreille. Il 11° Petite partie du haut ou du bas d'un feuillet d'un livre qu'on a plié pour marquer une page, lin- Oreille de ballot, le coin de la toile qui enveloppe le ballot. |l 13» Les deux espèces de grosses dents qui terminent le peigne des deux côtés. Il 14° Diiïérentes acceptions dans le langage de la marine. Il IS* L'une des deux cimes d'une montagne bifurquée. ||16° Appendice de certaines feuilles. Il 17° Ancien nom des oreillettes du coeur. || 18» Nom de différentes plantes et champignons. || 19° Nom de diverses coquilles, il 20° Nom d'un poisson, d'un oiseau. || 21° Jusqu'aux oreilles. || 22° Par-dessus les oreilles. || Proverbes.

1' Appareil de l'audition qui est divisé en trois parties : l'oreille externe, qui comprend le pavillon et le conduit auditif; l'oreille moyenne , formée par la caisse du tympan et ses dépendances; et l'oreille interne ou le labyrinthe, qui comprend le vestibule, le limaçon et les canaux demi -circulaires. L'oreille humaine est une machine acoustique de la plus savante composition, et dontl'anatomie moderne donne un détail qui étonnerait le philosophe.... bonnet, Contempl.nat.\,i*.\\i° Organe de l'ouïe, placé de chaque côté de la tête. Oreille droite, gauche. Les deux oreilles. Les maux d'oreille. Se boucher les oreilles. Un tintement d'oreilles. Passez donc de l'autre côté; car cette oreilleci est destinée pour les langues scientifiques et étrangères, et l'autre est pour la vulgaire et la maternelle, uoi.. Mar. forcé, 6. Faut-il vous le rebattre Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre? id. Tort. V, s. De toutes les machines, il n'y en a aucune qui travaille autant que la langue, aucune d'aussi orgueilleuse et d'aussi passive que l'oreille, DiDEH. Claude et Nér. ii, so. || Fig. Avoir les oreilles bouchées, ne pas écouter, ne pas accorder d'attention. La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier; I-a cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier, malh. vi, <8.Dans les audiences vulgaires [des juges].... celui-là se présente à vous par coutume ou par bienséance.... celui-ci, plus cruel encore, a les oreilles bouchées par ses préventions, boss. le Tellier. Les oreilles y sont bouchées et les cœurs de fer, fén. Dial. des morls anc. < 8. [| Entendre des deux oreilles, se dit par pléonasme emphatique pour affirmer qu'on a bien entendu. Rien n'est plus vrai, madame : je l'ai entendu de mes deux oreilles, lamotte, Talisman, se. 42. Il Être tout oreilles, écouter avec une extrême attention. Nous sommes tout oreille. Oh ! vous pariez si bien que je suis tout oreille, boissy, I?a6t7{ard, se. 9. \\ Familièrement. De toutes ses oreilles, avec une grande attention. Approchez et venez de toutes vos oreilles Prendre part au plaisir d'entendre des merveilles, mol. Femm. sav. m, a. Non» y sommes de toutes nos oreilles, id. Préc. < o. Écoutez-moi tous deux de toutes vos oreilles, baron, Àndrienne, n, 3. Vous, monsieur le baron, écoutez do toutes vos oreilles, destouches, Fausse Agn. i, 2. Il Fig. Il entend, il n'entend pas de cette oreille-là, il consent, il ne consent pas, il accède, il n'accède pas. L'abbé Duviquet, son successeur, en- *«nd fort bien de cette oreille-là, ARNAULT,iotsirï d'un banni, t n, p. ♦«, dans pougens. || Prêter l'oreille, être attentif. Prête, sans me troubler, l'oreille âmes discours, coRW. Cinna, v, 4. Si vous prêtez l'oreille, vous recevrez l'instruction, saci, Bible, EccUiiaxtique, vi, 31. Prêtez-moi l'un et l'autre une oreille attentive, rac Athal. ii, 6. Il prête l'oreille ftu moindre bruit, péw. Tel. m. Les esprits entre eux se prêtent l'oreille, dider. Bss. sur la lertu. Il Dans le style relevé ou poétique. Que la terre prête l'oreille aux paroles de ma bouche! boss. Hist. U, ». Cieux, écoutez ma voix ; terre, prête l'oreille ! RAC. Alhal.m, 7. || Prêter l'oreil'e, donner créance. La destinée ordinaire de ceux qui refusent de prêter l'oreilla & la vérité, est d'être entraînés à leur perte par des proiihètcs trompeur», boss. Ilist. n, 9. Est-ce à vous do prêter l'oreille à leur» discours? bac. Brit. IV, ♦. Il Prêter l'oreille, accéiler, écouter favorablement. Je ne doute point qu'il ne prêtât l'oreille à la proposition, «ot. TArare, iv, 4. S«» douce» confolition» [dune »bbc»»o] rétablirent dan» !e cœur de .« princesse Ann* c« que d'importun» cmprosse-

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menfs en avaient banni ; elle prêtait de nouveau l'oreille à Dieu, qui l'appelait avec tant d'attrait à la vie religieuse, boss. Anne de Gonx. || Fig. Ouvrir l'oreille, écouter attentivement. J'ouvre l'oreille et je n'entends rien. || Fig. Ouvrir l'oreille, écouter favorablement les propositions, les suggestions. Byzanco ouvre, dis-tu, l'oreille à ces menées, conN. Héracl. I, 4. Enfin j'ouvre l'oreille aux conseils de la rage, hoir. Antig. i, 6. || L'argent lui fait ouvrir les oreilles, se dit de celui qui, pour de l'argent, consent à quelque proposition. Une marquise! deux cent mille francs! oh! oh! cela me faitouvrir les oreilles, dancoiirt, les Fonds perdus, m, 7. Il Fig. Fermer l'oreille, ne pas vouloir écouter. Le Parthe.... fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord; Il veut fermer l'oreille, enflé de l'avantage, corn. Rodog. i, 6. Combien de fois on ferme l'oreille aux plaintes des innocents! boss. i" sermon, Qninquagés. i. Fermons l'œil aux prés"nts et l'oreille à la brigue, bac. Plaid, ii, (4. On ferme l'oreille aux avis qu'on ne se sent pas la force de suivre; ils importunent parce qu'ils humilient, DiDEn. Claude et Nér. ii, 28. || On dit dans un sens analogue : détourner ses oreilles de. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger, rac. Esth. m, 3. || Fermer l'oreille à quelqu'un, l'empêcher d'entendre. Je crains d'avoir fermé votre oreille à ses cris, rac. Phèdre, II, 5. Il Parler à l'oreille, parler très-près de l'oreille et de manière à n'être entendu que de la personne à qui l'on parle. Ayant la mauvaise coutume de parler toujours aux oreilles des personnes, et de faire un secret de tout, scarb. TJom. corn, i, 19. La doctrine ancienne [le catholicisme], qui doit être prêchée sur les toits, pouvait à peine parler à l'oreille [dans l'Angleterre protestante], Boes. Reine d'Anglet. Je ne vous dissimulerai pas même que je n'aime point du tout qu'on se parle à l'oreille quand on est à table, et qu'on dise ce qu'on a fait hier à son voisin qui ne s'en soucie guère, ou qui en abuse, volt. Lett. d'Autre, 6 sept. 4785. || Dire quelque chose à l'oreille de quelqu'un, lui parler de manière à n'être entendu que de lui seul. Vous n'avez pu savoir cette grande nouvelle, Sans la dire à l'oreille à quelque âme infidèle, corn. Héracl. h. 4 . De la moindre vétille il fait une merveille, Et jusques au bonjour il dit tout à l'oreille, mol. ilis. ii, s. Des bruits incertains se disaient à l'oreille parmi les courtisans, hamilt. Gramm. B. Puis-jeen secret, 6 gentille merveille. Vous dire ici quatre mots à l'oreille? VOLT. Kn^. prodigue, iv, 2. || Dire deux mots à l'oreille de quelqu'un, le menacer, et même lui proposer un duel. U faut que de ce fat j'arrête les complots, Et qu'à l'oreille un peu je lui dise deux mots, MOL. Tart. m, 4. || Souffler quelque chose aux oreilles de quelqu'un, lui dire quelque chose secrètement. Il On dit de même : murmurera l'oreille. Ne leur irez-vous pas murmurer à l'oreille : Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts ? v. nuoo, Rayons et ombres, xxxiv. || Cela lui entre par une oreille et lui sort par l'autre, se dit de celui qui ne fait pas grand cas de ce qu'on lui dit, ou de celui qui n'a pas beaucoup de mémoire ou d'attention. Le Grenadin, sur cela, se répandit en remercîments, qui ne m'auraient fait qu'entrer par une oreille et sortir par l'autre, s'il ne m'eût assuré que sa reconnaissance suivrait de près le service que je lui rendais, LE SAGE, Gil Bas, VIII, 8. Il Familièrement. Avoir les oreilles battues, rebattues d'une chose, être ennuyé d'en entendre parler. || Étourdir, rompre les oreilles à quelqu'un, l'importuner par ses discours. Il Corner quelque chose aux oreilles de quelqu'un, vouloir persuader quelque chose à quelqu'un à force de lui en parler. || Les oreilles ont dû vous corner, se dit à quelqu'un dont on a beaucoup parlé pendant son absence (locution née d'une vieille idée populaire, que, lorsque les oreilles vous cornent, c'est signe qu'on parle de vous). || Les oreilles lui cornent, il croit entendre ce qu'il n'entend pas. Il Les oreilles lui en tintent, se dit de quelqu'un auquel on rebat quelque chose. ||3° L'ouïe, le sens qui perçoit les sons. Avoir l'oreille fine. Être dur d'oreille. Tout ignorant se surprend par l'oreille, scARR. Poés. div. Œuv. t. vil, p. (07, dans pouGENS. Des Romains expirants sous un cruel vainqueur Les cri» vont à l'oreille et ne vont point au cœur, BHÉBEUP, Phart. vu. Je vous étudie des yeux et des oreilles, mol. Critique, 3. Ce sont repas friands qu'on donne à mon oreille , tn. Femm. sav. m, 4. Que ferez-vous ici, faibles discoureurs?... di»»ipcrez-vous ces conseils cachés en chatouillant les oreilles? BOSS. Bourgoingi. Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer

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des yeux, boil. Art p. m. Oui, c'est Agamcn-non, c'est ton roi qui t'évoiUe; Viens, reconnais la voix qui frappe ton oreille, nAc. Iph. i, 4. Mie pourrait avoir écouté sans avoir entendu; la salle est grande, et la bonne dame n'a pas l'oreille fine, dancourt, la Folle enchère, se. 8.|1X l'oreille, à l'audition. Tel écrit récité se soutint à l'oreille. Qui, dans l'impression au grand jour se montrant. Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, noiL. Art p. iv Il N'avoir point d'oreilles pour quelque chose, ne pa? vouloir y accéder. Ils fies Juifs] n'eurent plus d'yeux ni d'oreilles que pour celles [des prophéties] qui leur annoncent des triomphes, boss. Ilist. u, 6. Il N'avoir point d'oreilles pour quelqu'un, ne pas l'écouter. Il n'a point d'yeux pour lui, ni d'oreilles pour moi, cobn. Perthar. v, 4. || Venir à l'oreille, aux oreilles de quelqu'un, arriver à sa connaissance. Il ferait le diable à quatre, si cela venait à ses oreilles, mol. G. Dand. i, 2. Le bruit parvint jusqu'aux oreilles de Sésostris, fén. Tél. ii. || Faire la sourde oreille, ne pas vouloir entendre ce qu'on vous dit, ne pas vouloir faire ce qu'on vous demande. Je voyais.... Neptune à mes cris faire la sourde oreille, malh. v, 28. Il m'en a bien dit quelque petite chose; mais j'ai fait la sourde oreille, GENLis, TlMt. d'éduc. l'Amant anonyme, iv, 2. Il Cola écorche l'oreille, cela est très-rude, très-peu agréable à entendre. Un seul endroit y mène [à la gloire] et de ce seul endroit Droite et roide.... Pluton : Ah! elle m'écorche les oreilles, boileau, is Héros de roman. \\ 4° Appréciation des sons musicaux. Avoir l'oreille juste. Avoir l'oreille fausse. Quoique les musiciens distinguent fort bien les différentes consonnances, ce n'est point qu'ils en distinguent les rapports par des idées claires; c'est l'oreille seule qui juge chez eux de la difl"érence des sons; la raison n'y- connaît rien, malebr. Rech. vér. Éclaire, liv. m, t. iv, p. 21 3, dans pouoens. Il Absolument. Avoir de l'oreille, apprécier la justesse des sons, la régularité de la mesure. On dit par opposition : n'avoir pas d'oreille. || 5° Délicatesse de l'ouïe. Ouv<lcmoigna jamais une si juste oreille X remarquer des tons les divers changements? malh. VI, 4. Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée, Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée, BOiL. Art p. I. Comme le remarque Quintilien, il n'est guère possible qu'une chose aille au cœur, quand elle commence par choquer l'oreille, qui en est comme le vestibule et l'entrée, rollin, Traité des Et. m. 3. Pour obéira l'oreille, jamais ne négligeons le nombre, mais varions-le souvent, d'olivet, Prosod. franc, v, 2. Les oreilles, que Cicéron appelle superbes, sont fort capricieuses, volt. Lett. Chabanon, 4 6 mars 4 707. Avec un peu d'oreille de la part de l'écrivain, les hiatus no seront ni fréquents ni choquants dans sa prose, d'alemh. Mél. lilt. Œuv, t. III, p. 234, dans POUGENS. Les vers sont une espèce de chant, sur lequel l'oreille est si inaxorahle, que la raison même est quelquefois contrainte de lui faire de légers sacrifices, m. Sur le goût, Œuv. t. m, p. 417. Il Avoir de l'oreille, avoir le sentiment de la cadence et de l'harmonie. Tout le quatrième chant [de l'Enéide] est rempli de vers touchants qui font verser des larmes à ceux qui ont de l'oreille et du sentiment, volt. Diet. phil. Épopée.U suffit d'avoir un peu d'oreille pour éviter les dissonances, bufp. .Worc. choisis, p. 4 0. Tous ces vers sont pleins do dissonances; et celui qui ne les sent pas n'a point d'oreille, DIDER. Lett. sur les sourds et muets. || Fig. Avoir les oreilles délicates, se choquer des moindres choses. Il Fig. Avoir les oreilles chastes, craindre les paroles qui blessent la pudeur. Quelqu'un même des laquais cria tout haut qu'elles étaient plus chastes des oreilles que de tout le reste du corps, mol. Critique, 3. {{ 6° La partie externe qui est autour du trou de l'oreille, ordinairement en forme de cornet, d'entonnoir. Mettre un vésicatoire derrière l'oreille. Un ànier, son sceptre à la main, Menait, en empereur romain. Deux coursiers à longues oreilles [ilnes], LA FONT. Fabl. II, 40. Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles, m. ib. v, 4. Un petit bout d'oreille échappé par malheur Découvrit la fourbe et l'erreur, in.tft.v, 2t. Il a l'oreille rouge, et le teint bien fleuri, MOL. Tart. n, 3. Presque tous les animaux libres et sauvages ont les oreilles droites; le sanglier les a droites et roides, le cochon domestique les a inclinées et demi-pendantes, bufp. Quadrup. 1. 1, p. 392. Les plus petites oreilles sont, à ce qu'on prétend, les plus jolies ; mais les plus grandes et qui sont en même temps bien bordées .sont celles qui entendent le mieux, in. Ilist.nat. hom. (fur. t. iv, p. 300. L'oreille extérieure n'est qu'un accessoire i l'oreille intérieure; »a concavité, ses plis peuvent

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servir à augmenter la quantité du son ; mais on entend encore fort bien sans oreilles extérieures, lo. tb. p. 482. On ne sait sur quoi peut être fondée cette coutume singulière de s'agrandir si prodigieusement les oreilles; il est yrai qu'on ne sait guère mieux d'où peut venir l'usage presque général dans toutes les nations de percer les oreilles et quelquefois les narines, pour porter des boucles, id. ib. p.307. Un autre usage de Taïti, commun aux hommes et aux femmes, c'est de se percer les oreilles, et d'y porter des perles ou des fleurs de toute espèce,. Bou- GAixv. Toy.i. II, p. 79, dans poogens. || Boucle d'oreille, pendant d'oreille, bijou que les femmes portent à l'oreille, préalablement percée. || Fig. laisser passer le bout de l'oreille, laisser, quoiqu'on veuille le cacher, reconnaître ce qu'on est, ce qu'on veut; locution prise de l'âne qui, revêtu de la peau du lion, est reconnu à un bout d'oreille qui passe. || Fig. Pendre à l'oreille, être imminent. Un grand désagrément lui pend à l'oreille. ||Etre toujours pendu aux oreilles de quelqu'un, être assidu à le suivre, à lui parler. Après avoir été pendue aux oreilles du roi, et demandé ce régiment Royal avec fureur, sév. 4 sept. (67.5. Il Terme d'équitation. Oreilles hardies, oreilles de cheval dont les pointes se présentent en avant et semblent s'unir l'une à l'autre. || Boiter de l'oreille, aller de l'oreille, se dit du cheval qui accompagne chaque pas d'un mouvement de tête.jl Oreilles d'âne, oreilles semblables à celles d'un âne qu'Apollon infligea au roi Midas, à cause de son ignorance. J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne, eotl. Sat. !x. Il On dit dans un sens analogue : grandes oreilles. La cour a sifflé tes talents; Paris applaudit tes merveilles; Grélry, les oreilles des grands Sont souvent de grandes oreilles, volt. Poésies mêlées, ccxxm [à propos de l'opéra de Midas de Grétry, sifllé à Versailles, applaudi à Paris]. Nonotte trouve Ouinault plat; quoi! tu n'aimes pas l'auteur d'Atys et d'Armidel tant pis, Nonotte, cela prouve que tu as l'âme dure et point d'oreille ou trop d'oreille, id. Kél. lia. Honnêtetés Un. Petite digression. || Oreilles d'âne, papier roulé en forme d'oreille d'âne que l'on met aux oreilles des enfants coupables, dans leurs devoirs ou leurs réponses, de quelque grossière ignorance. |1 Fig. Tenir le loup par les oreilles, ne savoir quel parti prendre parce qu'il y a du péril de tous les côtés (locution tirée d'un dicton latin qui exprime l'embarras de lâcher le loup ainsi tenu et de continuer i le tenir). Elle tient, comme on dit, le loup parles oreilles, cohn. le Ment, iv, 7. || Fig. Dormir sur les deux oreilles, sur l'une et l'autre

oreille, être plein de sécurité Censeurs, je vous

conseille De dormir comme moi sur l'une et l'autre oreille, la font. Oiet. Qu'il eut, pour ne rien faire, un merveilleux talent! Qu'il dormait bien sur l'une et l'autre oreille! fonten. Poés. div. Œuv. t. iv, p. 385, dans poucENS. Dormez donc sur l'une et l'autre oreille, mon cher petit neveu.... volt. Lett. la llouliére. 22 oct. <""0. || On a dit dans un sens analogue : mettre l'oreille sous le coude, c'est-à-dire rassurer. C'est afin que je vous mette l'oreille sous le coude, malh. Trad. des ép. de Sénèque, Ép. i*. Il Secouer les oreilles, ne tenir compte de quelque chose, s'en moquer. Magnac éclata à la cour, où il fit un étrange bruit; mais Villars, qui avait le prix delavictoireetMmede Mainlenon pour lui, n'en fit que secouer l'oreille, st-sim. h), («5. || Secouer les oreilles, se dit aussi d'une personne à qui il arrive quelque accident, quelque affront, et qui témoigne ne pas s'en soucier. On l'a chassé de cette société, il n'a fait que secouer les oreilles. || Vin d'une oreille, le bon vin; vin de deux oreilles, le mauvais; on appelle ainsi le bon vin, parce que le bon vin fait pencher la tête de celui qui le goilte d'un c6té seulement; et le mauvais vin, parce qu'on secoue la tète et par conséquent les deux oreilles (c'est l'eiplication donnée par de Brieux). || Dresser les oreilles, faire attention à ce qui est dit. À ces propositions il dressa les oreilles. || Avoir l'oreille basse, être humilié, mortifié. Il lui fallut i jeun retourner au logis, Honteux comme un rcnaid qu'une [mule aurait pris. Serrant laqucue et portant bas l'oreille, la font. FaU. I, )8. Il Baisser l'oreille.être las, triste, harassé, mélancolique. Mai» enfin ma fierté a baissé l'orcille. MOL. Prxnc. d'f.l. il, 2. Ils viennent tous me dire calions, vite une lettre pourmadame la duchesse.... je baisse les oreilles, j'écris, et puis je suis tout honteux, et je voudrais m'aller cacher, volt. Lett. Mme de Choiseul, <" juin (77o.|| Avoir l'oreille basse, se dit aussi pour être fatigué, abattu par le travail, par des excis, par la maladie. |i En avoir

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sur l'oreille, être fatigué, abattu. Sa dernière maladie l'a beaucoup vieilli, il en a sur l'oreille. || Tirer l'oreille, les oreilles, tirer fortement l'oreille à un enfant, à un écolier pour le punir de quelque faute. Si un élève de l'école de Raphaël ou des Carrache.< en avait fait autant, n'en aurait-il pas eu les oreilles tirées d'un demi-pied? didf.r. Salon de t7B7, (Euv. t. XIV, p. 87, dans pocgens. || Tirer l'oreille à quelqu'un, la lui pincer par signe d'amitié ou pour avertissement. Il Tirer l'oreille, éveiller, exciter. A qui l'ambition la nuit tire l'oreille, bégnieb, Sat. xii. Ce soin ambitieux me tirant par l'oreille, boil. Épitre v. Déjà me tirant par l'oreille. L'ambition hâtemes pas, BÉRANO. Hab. de cour. || Se faire tirer l'oreille, faire quelque chose lentement, avec mauvaise volonté. Dis-nous quel est notre destin Sans te faire tirer l'oreille, scahr. Virg. m. Allons, monsieur, faites les choses galamment, et sans vous faire tirer l'oreille, MOL. Mar. forcé, <8. On se fit un peu tirer l'oreille d'abord, hamilt. Gramm. 8. Voilà monsieur Clitandre qui me doit cent cinquante pistoles, par exemple je sais bien pour lui qu'il ne se fera pas tirer l'oreille, dancourt, la Désolât, des joueuses, se. ». Il Se faire tirer l'oreille, est une locution qui vient de l'ancien usage d'amener des témoins tirés par l'oreille {testes per aurem attracti, voy. horace, Sat. 1, 9), usage qui est spécifié ilans la loi des Bavarois (voy. DO cange, auris). || Se prendre par les oreilles, se quereller, se battre. Débuter dans une querelle de musique par se prendre par les oreilles, cela est assez naturel, ghimm. Correspond, t. IV, p. 7, dans pougens || Par plaisanterie. Je gage mes oreilles, se dit quand on veut affirmer quelque

chose S'il est ici, je gage mes oreilles Qu'il

est dans quelque allée à bayer aux corneilles, piron, Métrom. i, ). || Y laisser ses oreilles, être maltraité, ne pas revenir sain et sauf de quelque entreprise périlleuse. Il 11 sera bien heureux s'il en rapporte ses oreilles, se dit de quelqu'un engagé dans une affaire périlleuse. || Je lui couperai les oreilles, se dit par menace à quelqu'un qu'on châtiera. Laissez-moi, je lui veux couper les deux oreilles, mol. l'art, v, 2. Moi, je lui couperais sur-le-champ les oreilles, S'il n'était pas garant de tout ce qu'il a dit, m. l'Ét. m, 3. Il Frotter les oreilles à quelqu'un, ou lui donner sur les oreilles, lui infliger une correction manuelle. Jour de Dieu ! je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tart. I, «. Je te donnerai sur les oreilles, lo. Pourc. m, 9. ôtez-vous de là, vous, ma mie, que je ne vous donne sur les oreilles, dancourt, Chetal. à la mode, v, 3. Défendez-vous mieux contre les mahométans, qui vous donnent tous les jours sur les oreilles, volt. Dict. phil. Volonté. Les Russes vous donnent [à vous Ottomans] sur les oreilles depuis trois ans, et vous les frotteront encore, id. Lett. à Cath.93. || Avoir sur les oreilles, recevoir quelque correction, manuelle ou autre. Si la conversation s'échauffe, la marquise aura sur les oreilles, dancourt, la Folle enchère, se. *8. On m'a parlé aussi d'un dictionnaire [le Dictionnaire pliilosophiquel où beaucoup d'honnêtes fripons ont rudement sur les oreilles, d'alemb. I.ell. à Yoltaire, 9 juillet I76*. || Il se gratte l'oreille, se dit d'un homme qui a quelque chagrin qui l'inquiète, ou qui a peine à se souvenir de quelque chose. Il Avoir la puce à l'oreille, être inquiet de quelque chose. || Mettre la puce à l'oreille, inquiéter. Il Echauffer les oreilles à quelqu'un, le mettre en colère par quelque discours. Dites-lui ma pensée, et l'avertissez bien Qu'elle ne vienne pas m'échauffor les oreilles, mol. Femm. sav. m, 8. Retire-toi, to dis-je, et ne m'échauffe pas les oreilles, m. l'Avare, II, 3. Quand la maréchale do la Meillcrayo lui échauffait les oreilIes[à Saint-Ruth] , il jouait du bâton et la rouait de coups, stsiM. 2C4, «l.||Avoir lo bouquet sur l'oreille, voy. bouquet < , n* 2. || T Dans le style relevé. Les oreilles du cœur, la sensibilité morale. Qu'il [le Seigneur] vous donne ces oreilles du cfBur qui seules font entendre sa voix, mass. Carême, Parole. \} S' Fig. Attention, intérêt, confiance. Je dois ici l'oreille à d'autres intérêts, corn. Snphnn. iv, a. Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur? BAC. Esth. ni, 2. J'approchai par degré.»

de l'oreille des rois, m. Alhal. lu, 3 Mo fit faire

une opération, pénible dans le» commencement», mais qui me fut plus heureuse dan» la »uite, parce qu'elle m'.ipprocha do l'oreille et de la confiance de mes malirc», montusq. UU. peri. «♦. || Avoir l'oreille de quoiqu'un, en être favorablement écouté. C'est beaucoup que d'avoir l'oreille du grand maître, CORN. Othon, II, ». On dirait qu'il» ont seuli l'oreille d'Apollon, BOiL. Dite, au mi. Ces gens ont l'oreille des plus grand» prince», sont de lou» leur» plai»irs

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et de toutes leurs fêtes, la bruy. viii. Je suis bien plus en état de vous servir, présentement que j'ai l'oreille du premier ministre, lesagk, Gil Blas , XI, 13.119° Fig. Oreille se dit quelquefois pour la personne même qui entend, qui écoute. Si vous vous laisser gagner aux soupçons, si vous prenez facilement des ombrages et des défiances, prenez garde pour le moins de ne les porter pas aux oreilles importantes, boss. Sermons, Charité fratem. autre conclusion. Je me plais à répéter toutes ces paroles [relatives au .service des pauvres] , malgré les oreilles délicates ; elles effacent les discours les plus magnifiques, in..^nnc de Gonx. || 10" Il se dit de ce qui a quelque ressemblance avec la figure de l'oreille. Les oreilles d'une éeuelle. Il avait la tête enfoncée dans un bonnet de laine brune à longues oreilles; et sa barbe, plus blanche que la neige, lui descendait jusqu'à la ceinture, lesage, Cil I>1. iv, 9. || Oreilles de soulier, les parties du soulier où sont attachées les boucles ou les cordons. || Quand quelqu'un menace de donner sur les oreilles, on répondait autrefois: ce sera donc sur les oreilles de mes souliers. Il Oreille de la charrue, voy. versoir. || Oreilles d'abricots, abricots confits dont on a rejoint les deux moitiés après en avoir ôté les noyaux. || 11" Petite partie du haut ou du bas d'un feuillet d'un livre qu'on a plié pour marquer une page qu'on veut retrouver. Faire une oreille à un livre. Lisez la page 34, où il y a une oreille, et voyez les lignes que j'ai marquées avec un crayon, pasc. Prov. iv. || On dit plutôt maintenant : faire une corne à un livre. |{ 12° Oreille de ballot, le coin de la toile qui enveloppe le ballot, et que l'emballeur laisse en forme d'oreille quand il coud la toile, afin que par cette oreille on puisse prendre le ballot pour lo remuer. Il 13° Les deux espèces de grosses dents qui terminent lo peigne des deux côtés et qui renferment les véritables dents, se nomment les oreilles, Dict. des arts et met. Tableticr. || Dans les jeux d'orgues, petites lames que l'on soude à la bouche des tuyaux, et qui sciTent à les accorder. || Terme (l'imprimerie. Languette de frisquette. |{ Terme de menuiserie. Voussure dont la parlie supérieure est droite en devant, et dont le fond est bombé en arc. Il Partie saillante de certaines pièces employées dans les constructions, et qui servent à les assembler, à l'aide de boulons, à d'autres pièces fixes. Il Terme de maçonnerie. ICnlaillo qu'on fait au bout d'un appui de croisée ou d'un seuil pour qu'il entre dans le tableau de la baie et conserve une saillie sur le nu du mur. || Partie saillante qui excède une pièce de serrurerie, et sert de lepère pour uno autre pièce. |l Dans certaines machines, saillies ajoutées à un ohjet pour lai donner plus d'empâtement, ou pour lui permettre de s'appuyer sur un autre. Il l'etits appendices qui portent les galets du glissoir de la tige d'un piston. || Petite saillie sur les côtés de la charnière do certaine» coquilles bivalves. Il 14" Terme de marine. Oreille de l'ancre, chacun ues angles de la base du triangle qui a le nom de patte de l'ancre. || Oreille de lièvre, angle aigu de la voile latine, dans sa partie supérieure. Oriente en oreille de lièvre. || Donner de l'oreille à une pièce de bois, à un bordage, les conformer de manière que, sur leur longueur, plusieurs parties sf trouvent dans des plans différents et differemmcnl inclinés. || Taquets à oreilles, taquets à double tête qui sont fixés dans la muraille d'un bâtiment pour y tourner les écoules des basses voiles. || Oreilles d'âne, forts taquets à ileux têtes qui servent i tourner, à amarrer. || IB» L'une des deux cimes d'une montagne bifuniuéo. Son sommet [d'une montagne] est Torcille orientale d'un énorme cratère dont l'enceinte est entii'-rcment culbutée du côté du couchant, BAMONB, Instil. Mém. scienc. I8i3, I814. (816, p. 1 1 a. j; IG" Terme de liolanique. Appoiiduo qui se trouve à la base de certaines feuilles do quelques plantes. On dit aussi orcillon et oreillette. || Ijtn jardinier» appellent oreille» les feuilles séminales. On peut planter en pépinière do petite» laitues, dis qu'elles ont les oreille» un peu grandes, l* oiji;«ii- NïR, Jardi'ni, l" part, dan» biciiklf,t. || 17' Nom donné anciennement aux oreillettes ilu cœur. t'.es deux dernières [l'artère veineuse et la voiiiu cavej s'élargissent avant (|uo d'entrer dans le cœur, et j font comme deux bourses nommée» le» oreilles du cœur, DESC. Méth. v, 5. || 18" Nom do différente» plante». Oreille de lièvre, le buplèvro en faux, tuplerrum falcatum, L. ombellifèrei. || Oreille d'ours, primevère oreille d'our», primula auricula, L. primulacce». || Oreille do souris, le myosotis de» champ», [«rragiiKos; on donne aussi le nom d'orcillo do »ouri» au ceraslnm Inmmlosum, i. po-

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tite cânophjUée dont les feuilles velues ressemblent à celles du myosotis. Il Oreille d'ftiie, la grande consoude. |i Oreille d'homme , l'asaret d'Europu, asantm europjrum, l. aristolochitîes. || Grande oreille de chat, Ykieracium auricula. \\ Nom d'un grand nombre da champignons : oreille d'âne ou d'ours; oreille brune; oreille de chardon; oreille de chat, etc. etc. || Oreille de houx, la girolle, champignon comestible. || Oreille de Judas, nom d'un champignon sans queue, qui est une espèce d'agaric, qu'on trouve attaché au Ironc du sureau ; la figure en est souvent celle de l'oreille humaine. || 19* Nom de diverses coquilles : oreille d'âne, oreille de boeuf, oreille de Vénus, etc. Il Oreille de .Saint-Pierre, nom sous lequel on mange i Marseille l'animal de la fissurelle grecque (univalves). Il Oreille de mer, voy. ormier. || 20° Oreille grande, nom donné parles marins au scombretlion. Il Oreille blanche, oiseau du Paraguay. || 21" Jusqu'aux oreilles, toc. adv. Des pieds à la tète. 11 est crotté jusqu'aux oreilles. || Fig. Très-avant. 11 est dans cette intrigue jusqu'aux oreilles. Employé jusqu'aux oreilles en procès et en chicane, qui est un métier qu'il aime fort, gui patin, L««. t. ii, p. t. Il 22° Fig. Par-dessus les oreilles, ioc. adv. De manière à être accablé. Ce qu'il y avait depis, c'est que Jenni avait des dettes par-dessus les oreilles, volt. Jenni,*. En attendant, j'ai de la besogne par-dessus les oreilles, diuerot, ilém.t. m, p. es, danspouGENS. Il Proverbes. Les murailles, les murs ont des oreilles, c'est-à-dire il faut prendre garde aux paroles que l'on prononce, même en des lieux fermés. Les murs ayant des oreilles, dit-on, la font. Quipr. Les planchers sur lesquels je suis, ont des yeux ; les murs qui m'entourent, ont des oreilles, J. i. houss. Coiifess. vu. Il Un chien hargneux a toujours les oreilles déchirées, c'est-à-dire les gens querelleurs sont sujets à avoir quelque mal. || Ventre affamé n'a point d'oreilles, c'est-à-dire on n'écoute nen quand on est pressé de la faim.

HEM. Mme de Sévigné a dit : chanter des

oreilles. La bonne princesse fde Tarente) alla à son prêche :je les entendais tous qui chantaient des oreilles; car je n'ai jamais entendu des tons comme ceux-là, 26 déc. <e76. C'est une expression qu'elle a prise à Rabelais: Durant la procession ils [les frères Fredons] fredonnoyent entre les dents mélodieusement ne sçais quelles antiphone3;carje n'entendoys leur patelin, et attentifvement escoutaut aperocus qu'ils ne chantoyent que des aureilles, Pant. V, î7. Dans Rabelais , chanter des oreilles, comme on voit, c'est ne rendre aucun son, ne pas chanter du tout. Mme de Sévigné a détourné celte expression, pour signifier : chanter mal.

— HIST. XI' s. La destre oreille al premier ver [verrat) [il] trancha, Ch. de Uol. lvi. ||xii' s. I^ar dous feiz (deux fois] i fu pris ; si l'en laissa aler ; Mais ainceis [auparavant] li list l'um les oreilles couper. Th. le mart. 31. A plusorsont trencbies et aureilles et piez, Rou, 1398. Li message del rei dist al duc en l'aureille, ib. 34«o. Tel venjance frai sur Juda e sur Jérusalem, que à ces [ceux] Ici l'orrunt l'entendront], tut les orilles lur en cornerunt, Rois, p. 420. Il XIII* s. Li autre philosophe ki apeloient les orelles porte de savoir, alebrant , f 36. En l'oreille [elle] lui prent tantost à conseiller, Berte, xi. Hais celé fet oroille sorde. Qui n'est mie foie i^e lorde, Ren. 4816. ïzengrin [le loup] a drecié l'oreille; Primes regarde, et puis oreille [il écoute], Qu'eu k paroi un trouavoit, ib. 12260. |{ XIV* 8. On lui copera une aroille, nu CANCE, audilus. Les oreilles vous deveroicnt bien fort et souvent tnanjier [démanger] ; car je uo sui en compagnie, que on ne parole tous jours de vous, MACHAUT, p. 4t4. OÙ il alloyt, tretout trembloit, Hien devant luy ne resistoit, Ains chacun si bassoit l'oreille, Liv. du ton Jeh. et». 11 nous ont dit tant de merveilles, Qu'ilz m'ont cassé les deux oreilles, ib. 4 148. Il XV* s. Il s'enclina et descendit moult voulontiers pour l'amour du roi de France, car à tel roi on peut bien tendre l'oreille [avoir égard] , rB0is5. IV, p. 27», dans lacuhnb. Ce qui m'entre par une oreille, Par l'aultre sault comme est venu, en. d'orl. Rond. Le duc, i choie qu'ils dissent, ne voulut ouvrir les aureilles, et en estolt très mal content, JUVEN. Charltt YI, 4S»|. [Le saulcicr] luy presla l'oreille et dist «lu'il n'y pourroit rien faire sans le moyen <le Colinet queux du roy, jban db iroïes, Chron. Hit. Auquel Jean donna oreille et fut content de Touir, DU CANOË, auris , an 1447. Chascun avoit les oreilles longues et pvndans en tristeur sans coraK», 0. cH»aTEL. Chron. du 0. d« Bourg, ii , 76. Or prient pour leur bieufaicteur, Ou qu'on leur tire

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les oreilles, VILLON, Grand (estam. Il X VI* s. J'ay, respondit Panurge, la pusse en l'oreille, je me veuli marier, rab. tu, 7. Vous aurez sur l'oreille, desper. Contes, cxviii. Il ne vouloit point qu'un esclave tensast son lilz, ne qu'il luy tirast l'oreille, amïot, Caton, 4». Or la femme de Sinam n'eut pas plustost ce dessein au cœur qu'elle l'eut à la bouche , et Amorath aux oreilles par un rapport iucerlain, d'aub. Ilist. II, 389. X l'instigation de plusieurs princes qu'il nomma à l'oreille, et desquels le nom fut supprimé, ID. 11,408. Les deux epiphyses du cœur, nommées oreilles d'iceluy, à raison do la similitude qu'elles ontaux oreilles, paré, i:, h. Le chancelier du Prat, leijuel au traité de Cambray avoit plus l'oreille de madame la régente que nul autre, h. do bell. 469. Elles ne gaignent rien de crier miséricorde ny de demander pardon; car Boccal avoit lors l'oreille de marchand, merlin coccaie, t. u, p. 2U9. Sac plein dresse les oreilles, cotgrave. Bois ont oreilles, et champs œillets, id. On appelle aujourd'huy à la cour pendans d'oreilles, ceux qui à toutes heures soufflent aux oreilles des grands ; parce qu'ils sont toujours comme pendus à leurs oreilles, ii. est. Nouv. tang. ital. p. 56B. Une bouche et deux oreilles, GÉNiN, Récréai, t. u, p. 252. L'empereur lui fit la sourde oreille, brant. Moncade. A beau parleur closes oreilles, leroux db lincy, t. ii, p. 225,

— ÊTYM. Picard, éraille, éreille, areiUe, eraile ; bourguig. airoaiile, oraiUe ; provenç. aurelha; catal. aurella; espagn. orcja; portug. orelha; liai. orecchia; bas-lat. oricula (auriculas, quas rustici dicebant oriculas, pomp. fisïus); du latin auricula, diminutif de auris, oreille (voy. ouïb). Auris est pour ausis ; comparez le grec ci;, ùio;; golli. auso, oreille, ftaus- ;an, ouïr ; allem. hôren, entendre, 0/ir, oreille.

t CUEILLE, ÉE (o-rè-Ué, liée, U mouillées), adj. Il 1° Terme d'histoire naturelle. Qui porte dos appendices en forme d'oreilles. || 2° Terme de blason. U se dit des poissons et des coquilles dont les oreilles paraissent.

— lilST. XVI* s. 11 ne se tiouveroit point en Arcadie d'ânes plus magnifiquement oreillez que nous serions, tahureau, Dial. p. 4 23, dans lacurne.

— ÉTYM. Oreille.

OREILLER (o-rè-Ué; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, 1'* se lie: des o-rè-llé-z en plumes), s. m. ||1° Coussin qui soutient la tête quand on est couché. Alexandre mettait Homère sous son oreiller; Scipion y mit Xénophon, dider. Opin. des anc. philos. (liomains). Séuèque dit : l'homme fort se reconnaît jusque sur son oreiller, id. Claude etNér. 11, 28. Rose, partons; voici l'aurore; Quitte ces oreillers si doux, bérang. Champs. En philosophe, hier sur l'oreiller. J'ai mis mon âme en train de babiller, id. Mélempsyc. Wi" Fig. Ce qui est pour l'esprit ou la conscience ce qu'est un oreiller dans un Ut. 11 [Montaigne, iv, 244, où il y a non oreiller, mais chevet] montre.... que l'ignorance et l'incuriosité sont deux doux oreillers pour une tète bien faite, pasc. Entret. avec M. de Saci. Cette vérité est un oreiller sur lequel on peut dormir en repos; le reste est un élernel sujet d'arguments pour et contre, volt. Lelt. d'Argenson, 6 nov. 4770. Vous avez acquis de la gloire, et lui [Sirven] du repos; ce sont deux bons oreillers sur lesquels on peut dormir à son aise, 111. Letl. de la Croix, « déc. 4 77t. Un autre oreiller de paresse dans toute affaire un peu longue, quoique aisée, était pour lui l'incertitude que le teinpsjette sur les succès qui dans l'avenir semblent les plus assurés, j. j. Rouss. 2* dialogue. Exercez-vous donc sans maître; ne le pouvez-vous pasî restez dans l'ignorance, c'est un oreiller assez doux pour bien des têtes, cONDiLLAC, Lorig. cale. 11, 5. Pour qui s'épuise à travailler, La mort est un doux oreiller, bérano. Jacques. Il 3° Terme de marine. Pièce de bois qui croise les deux varangues opposées de la membrure d'un bâtiment, afin de les fortifier. ||i° Coussin de toile rembourrée (juo les couteliers mettent au-dessus de la roue k repasser, afin de pouvoir s'y appuyer. Il 6° Terme de métallurgie. Oreiller d'un soufflet, partie placée dans le culeton pour maintenir les bords.

— HIST. xii* s. [Un haubert] Ne peise galres plus d'un oreiller, Gérard de Rots. p. 8ia.|| iiii* s. Coiffes à dames, et toies [taies] à orillicrs et de paveillons que on met pardcsus les autex.... Liv. des met. 8b. D'une pierre a fait orillier, Si commença à someillier, Tien. 4 52». || xii* s. Et puis s'assieent à menger, De l'erbe vert font oriller, Modus, f* ex, l'CTfo. La grande baniere et cinq orellieiz d'autel, Bibl. des ch. 4* séria, t. v, p. teo. || xv* s. Un escu

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d'argent à trois oreillers de gueules, fhoiss. i, 1, S i . Il xvi* s. Prendre conseil à l'oreiller, cénin, Récréai. t. 11, p. 248.

— ETYM. OreiWe; bourguign. orillier; provenç. aurelhier.

t OKEILLÈRE (o-rè-llè-r* , Il mouillées), s. f. Lo perce-oreille.

— ÉTYM. Oreille.

OREILLETTE (orè-llè-t', U mouillées, et non o-rè-yè-t'), s. f. || 1° Terme d'anatomie. Deux cavités du cœur qui reçoivent ; la droite, le sang des veines du corps, la gauche, le sang des veines pulmonaires, et qui communiquent avec les ventricules. || 2" Petit linge qu'on met derrière l'oreille lorsqu'il s'y trouve quelque écorchure. || 3° L'asaret. |{ Espèce de champignon.

— HIST. xiv* s. Un additement [aux ventricules du cœur].... et est appelé des boucliiers l'oreille ou la cornille du cuer, H. de mondeville, f° 24

— ÊTYM. Diminutif de oreille. Et pourtant à bonne cause vouloit Xenocrates que l'on meist aux enfans des aureillettes de fer pour leur couvrir et défendre les aureilles, amyot, Comm. il faut ouïr,3.

OREILLON (o-rè-Uon, Il mouillées, et non o-rèyon), *. m. \\ 1° Anciennement, partie du casque qui couvrait l'oreille ou qui se prolongeait en mentonnière. Il 2° Terme de zoologie. Une des éminences de l'oreille des chauves-souris, quand elle est développée. Les oreilles sont droites, un peu courbées en dehors, airondies à leurs extrémités et sans orcillon, buff. Quadrup. t. xm, p. 4ub. || 3° Terme de médecine. Gonflement inflammatoire du tissu cellulaire qui entoure la glande parotide. || 4° S. m. pi. Nom qu'on donne aux rognures des cuirs de bœufs, de vaches et d'autres animaux, destinées à faire de la colle forte ; apparemment parce qu'il s'y trouve quantité d'oreilles. Oreillons de toutes bêtes à faire colle, le cent pesant estimé 50 sous, Décl. du roi, nov. 4 640, tarif.

— HIST. XV* s. Je ly donrray tel oreillon [coup sur l'oreille], Qu'il y auradu vermillon ; Tien ce cop; fui-je mensongiersî la Pass. de N. S. J. C. \\ xvi" s. ...Flanquée, pour le mousquet seulement, de la courtine de deux ravelins sans espaule, sans retraite, sansorillon [sorte de fortification], d'aub. Uist. m, 258. Les oreillons d'un fer de javeline, cotghave.

— ÉTYM. Dérivé de oreille.

ORÉ.UUS (o-ré-mus'), s. m. Prière, oraison. Ces dames hurlaient plutôt qu'elles ne criaient ; Voilure commença un orémus, ketz, i, 47. Le chantre aux yeux du chœur étale son audace, Chante les orémus, fait des processions, boil. Lutrin, 1. Certain curé, grand enterreur de morts. Au chœur assis récitait le service ; Certain frater, grand disséqueur de corps. Tout vis-à-vis chantait au.ssi l'office; Par un procès tous deux étant émus. De maudissons lardaient leurs orémus, l. B. rouss. Épigr. i, 4 8. Je pourrais me faire un mérite D'avoir pour vous bien prié Dieu; Mais jeune prince aime fort peu Les orémus d'un vieux jésuite [le P. Sanadon], volt. Stances, iv, ou prince de Conti.

— ETYM. fat. orernus, prions, de orar», prier, de os, oris, bouche (voy. oral).

t ORÉOUNOSIE (o-ré-ogh-no-zie) , s. f. Connaissance des montagnes et de leur structure.

— ÉTYM. 'Opo?, êpeoc, montagne, et tviûoi;, connaissance.

t ORÊOG>OSTIQUE (o-ré-ogh-no-sti-k'), adj. Oui a rapport à l'oréognosie. Mon travail, considéré au iwint de vue oréognostique, comprend la partie la plus intéressante du département du Puy-de- Dôino, RAMO.ND, Instil. Hém. scienc. (843, 4«14 cl

t ORÉOGRAPUE (o-ré-o-gra-P) , s. m. Celui qu s'occupe d'oréographie.

— ETYM. 'Opo;, êptoç, montagne, et yp«?"»i décrire.

ORÊUGRAPUIE (o-ré-o-gra-fie), s. f. Description des montagnes.

— ÊTYM. Vov. OHIiOGHAPHB.

t ORËOGRAPIIIODE (o-ré-o-gra-fl-k'), adj. Qui a rapport à l'oréographie.

ORFÈVRE (or-lè-vr'), t. m. Celui qui fait ou qui vend des ouvrages d'or et d'arpent. J'ai rencontré un orfèvre, qui, sur le bruit que vous cherchez quelque beau diamant en bague pour faire un présent à votre épouse, m'a fort prié de vous venir parler pour lui, MOL. U Uar. forcé, b. Louis XII l'ayant défendue [l'argenterie] par une loi somptiiaire indi.scrcte, les Français firent venir leur argenterie de Venise; les orfèvres de Krance furent réduits à la pauvreté, et Louis XII révO']ua sagement la loi, volt. Mœurs, 4 24. De simples orfèvres tels que ficUin et Germain

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ont mérité d"être mis au rang des plus célèbres artistes, par la beauté de leur dessiu et par l'élégance de leur eiéculion, id. Louis XIV, ilrd'stej. || Orfèvre-bijoutier, celui qui fabrique et qui vend des ftijoui d'or. Il Orfèvre-joaillier, celui qui met en œuvre et vend des diamants. || Le corps des orfèvres, corps qui était le dernier des sii corps des marchands de Paris. {| Vous êtes orfèvre, monsieur Josse, se dit à quelqu'un qui donne un conseil intéressé ; locution tirée de l'^îHour médecin, i, *, de Molière, où M. Josse, orfèvre, conseille à Sgaaarelle d'acheter, pour guérir sa fille, une garniture de diamants.

— HIST. xm* s Une piere [il y] ot dessus assise, Que firent orfèvre de Krise, ilomonrero, p. 68. Il est à Paris orfèvres qui veut, et qui faire le scet, Liv. des met. 38. || xv s. Ou tantost je te partirai Kn quatre, et si te porterai Fondre ea la maison d'un orfèvre, froiss. Le dit dou florin.

— ÊTYM. Lat. ourt faber, ouvrier en or, de ourum, or, et faber, ouvrier (voy. fabrique).

ORFÉVRKKIE (or-fè-vre-ne), *. f. Art de l'orfèvre. Un chel-d'œuvre d'orfèvrerie. {| Ouvrage fait par lorfévre. Il a acheté pour dix mille francs d'orfèvrerie.

— HiST. XII* s. Li reis Salomum tramist ses messuges al rei Yram, e preiad que un ménestrel bon li enveiast ki en seQst e maistres en fust de orfaverie e de purtracture, Rois, f. 252. ||xv« s. De touz ouvriers d'armes, d'orfaverie, De tous les BIS c'est la fiour, quoi qu'on die, E. desch. Sur les beom/ï de Paris. || xvi* s. Armes enrichies d'orfavrerie, amïot, Lucuil. <♦.

— ÊTYSl. Orfèvre, par l'intermédiaire d'une forme fictive orfevrier.

ORFÉVRI, lE (or-fé-vri,vrie), adj. Travaillé par l'oifévre. Les meubles d'argent orfévri des particuliers produisirent trois autres millions, volt. Louis Iir, 30.

— ÉTYU. Orfèvre. L'ancien français disait orfaterisé.

ORFRAIE (or-frê), s. f. Oiseau de proie nommé aussi aigle de mer et aigle barDu;o'est le pygargue orfraie, halùetus nisus, Savigny, fako ossifragus. Gmelin, famille des faucons. Il semble qu'on entend les hurlements des loups, La plainte de l'orfraie et le cri des hibous, buf.keuf, Pharsale, vi. Le grand aigle de mer, qui s'éloigne encore plus de l'espèce [des aigles], et que, par cette raison, j'appellerai orfraie, de son vieux nom français, Bt;FF. Ois. t. i, p. lOJ. Le duc, la chevêche et l'orfraie faisaient entendre leurs cris dans les fentes de la montagne; quelques petits oLseaux rares mais familiers tempéraient l'horreur de cette solitude, j. j. rouss. Prom. 7. Il Fig. Ce n'est pas un des cygnes de nos canaux, c'est une orfraie de nos cimetières, balz. le Barbon.

— HEM. On l'a fait masculin : Où le funeste orfraye et le hibou se perchent, Théophile, Œuvres, i"'pariie, p. 22«, dans laccrns.

— 111.ST. xvi» s. Qu'il n'y ait que serpens, qu'orfrayes et corbeaux. Huppes et chahuans, et les tristes oyseaux, b. belleao. Bergeries, t. i, p. na, dans lacurne.

— Etvm. Dit pour osfraie (angl. osprey), du lat. ossifragus, qui brise les os, de os, os, et frangere, briser; ital. ossifrago.

ORFROI (or-lroi), ». m. || t* Autrefois, broderie employée en bordure, l'équivalent de nos galons, de LABORos, i^maux, p. 4*7. 1)8" Aujourd'hui, parements des clja[>es, des chasubles.

— HIST. xii" s. Vestu [il] ot un bliaut i enseigne d'orfrois, Sax. xxxiii. La damoisele a fait mander li rois; Et ele vint veslue d'un orfrois, Raoul de C. Ito. Il xm* s. Quiconques veut estre fescressu de ■•iiapiaux d'orfreis, Liv. des met. 258.

— KTYM. Prov. aurfres; anc. esp. orofres; baslit, aurifrigia, aurifrisia, aurifrisum , aurifrasus, L.irifresus, aurifrtxium, auriphrigium; du lat. aurum, or, et d'uu mol qui est discuté à raisi i.

t OROAGE (or-ga-j'), s. m. Terme de pèche mantimc. Montants en buis soutenant la charpente d'un toit que l'on dresse sur le bord de la mer.

ORtiA.fUI (or-gan-<li), ». m. Mousseline fort claire.

ORGAHE (or-ga-n*), ». m. |H' Terme de mécanique. Nom donné à diverses parties d'une machine. Les organes (1 m\a locuiiiotive.;! %' Partie du cfirp» vivant, envisage:'; p.ir rapport à sa fonction. Le» jambci sont les org.iiios qui suflisfnt pour marciier, PASC. /'roi. 11. Uu'esl ce que Icsprit dont les hommes parai icnt si vains?... une heureuse conforiiulion d'organe» qui s'usent, rLEcu. Itme dt Uont. Une grande passion est une espèM d'âme, immor-

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telle à sa manière, et presque indépendante des organes, FONTEN. Du Feniey. La délicatesse des ort'uues donne à l'âme plus de facilité à saisir les nuances, bo.nnet, Ess. anal, dme, ch. 29. Homme, songe que c'est à la faiblesse de les organes que tu dois la qualité qui te distingue des animaux, dideh. Claude et lier, ii, «l. U est évident que tous sentez un objet que vous touchez, comme si votre âme était dans votre main; que vous sentez un objet que vous voyez, comme si votre âme était dans vos yeux ; et qu'en un mot, toutes vos sensations paraissent être dans les organes, qui n'en sont que la cause occasionnelle, condil. Art. de rais, i, 6. L'homme est une intelligence servie par des orgaganes, bonald. Recherches tur les premiers objets de nos connaissances morales. || Fig. Les fils du télégraphe électrique, ces frêles organes de la communication entre les peuples. || S" Fig. Se dit de ce qui sert comme d'instrument. La science est l'organe le plus nécessaire pour la conduite et pour l'instruction des hommes, patru, Plaidoyer 4. Il ne suffit pas de lui [au monde] opposer des raisons et des maximes contraires... autant d'hommes qui nous parlent, autant d'organes qui nous les inspirent [les maximes du monde], boss. Sermons, Vérit. convers. l. I.a parole est devenue l'organe do la dissimulation, FLÉCH. Duc de Uont. La raison est l'organe du vrai, le goût est l'organe du beau, marmontel, (£uiT. t. I, p. 28. Il 4° La voix. Ce chanteur n'a pas d'organe. Veuillent les immortels, s'expliquant par ma bouche. Prêter à mon organe un pouvoir qui le touche! VOLT. Jfort. de Ces. m, 2. Il y a un acteur excellent, à ce qu'on dit, garçon d'esprit, belle figure, bel organe, plein de sentiment, m. Lett. Richelteti, 22 oct. <764. Et, dégradant son généreux organe. Il ne fut plus qu'un orateur profane, gres- SET, Ver-rert, ch. 3. L'organe humain ne veut ni raideur, ni mollesse ; Trop faible il nous échappe, et trop fort il nous blesse, delille, Convers. m. Il S' Personne dont on se sert pour déclarer ses volontés, ses désirs, ses sentiments. La volonté de Dieu dont les supérieurs sont les organes, mass. Profess. relig. 3. De vos dieux cependant interrogez l'organe, volt. Œdipe, m, 3. Et quand ce saint pontife organe du Seigneur.... ID. Zaïre, iv, t. Organes odieux d'un jugement inique, iD. Tancr. m, 8. Un philosophe illustre [Fontenelie], qui a été si longtemps le digne organe de cette compagnie [l'Académie des sciences], condorcbt, Ualouin. Il en est de l'historien et de l'orateur comme du poète : éclairés et vertueux, ce sont les organes de la justice, les flambeaux de la vérité; passionnés et corrompus, ce ne sont plus que les courtisans de la prospérité, les vils adulateurs du crime, mabmontel, l'ragm. philos, mot. gloire. "l'irésias, que le destin éclaire. De ce destin organe involontaire, À ces amants, près de combler leu»s vœux. Avait prédit cet avenir affreux, MALPiL. Narcisse, ch. ii. || 6* Journal. Les libéraux sentaient le besoin d'un organe. || 7* Nouvel organe, A'oDum organum, titre de la deuxième partie de la Grande rénovation de F. Bacon ; c'est Aristote qui avait donné ce nom à sa logique, et c'est d'après lui que Bacon a nommé son ouvrage Novum organum. Bacon a donc eu bien raison de dire que nous avions besoin d'un novum organum, et que non-seulement nous avions besoin de créer cet organe tout nouveau, mais que.... DE THACY, Logique, Vise, prélim.

— REM. On fait, en quelques provinces, organe féminin : une belle organe. C'est une faute; mais le fait est que jadis ce mota été souvent féminin, en raison de sa terminaison féminine.

— HIST. xiv* s, L'anathomie des orgues de l'oie et desoreilles, H.DBlJO^iDEVlLlE,^ t.||xv'8. Quant obfuscation extraordinaire n'empesche l'orguan, c'est à dire l'Instrument qui est le corps, par maladie ou autre accident, ciiR. de pisan, Charles Y,l, ». Mon rude concepvoir s'ast csclercy, mon gros entendement s'est ouvert, et mes organe» so sont ampliez comme pour reccvoyr ung don superoaturcl, JKii. LBMAiBg, 4" /irr«. Ilxvi* ». Flcsohes et traictz, lance» et portuysanes, Avec grand bruit sortant de leurs organe», i. marot, v, <». Quand soubdain les musiciens de la bande argentée cessaront, seullemenl sonnolent le» organe» de la bande aurée, rab. Pant. v, »». 81 ont requis que chanter on la face, Di»ant qu'elle a l'organe mal 5<rraine, MARor, II, 203. D'un organe bien aiiué [sa femme, et d'une probiti'; csprouvée, les tuasioiis furent si violentes qu'elles luirent l'admirai ICuligny] â cheval, u'aub. Ilisl. I, U3. Vous estes le motif, Je ne suis seulement Que l'organe qui sert i vo»tr« mandement, «ON», »1*.

OftG

— ÊTYM. Lat. organum, de ipyavov, dérivé de ïpY", faire, pour fépyw; comparez l'ail. Werk, l'angl. «or*, œuvre ; le sanscr. vraj, aller, procéder, faire. L'ancien françaisdisait orjuc, qui est la forme régulière, l'accent étant sur or dans le latin organum.

ORGANEAU (or-ga-nô), s. m. Terme de marina. Anneau de fer auquel on attache un câble.

— ETYM. Diminutif de organe, dans le sens d'instrument, et le même que arganeau.

t ORGANIClSME(or-ga-ni-si-8m'), ». m. Théorie médicale qui s'efifurce de rattacher toute maladie à une lésion matérielle d'un organe.

— ÊTYM. Organique, j ORGANICISTE (or-ga-ni-si-sf) , ». m. Partisan

de l'organicisme.

t OllGANIER (or-ga-nié), ». m. Mot nouveau. Le facteur d'orgues. L'ctain elle plomb servent pour un grand nomiire de tuyaux : les bons organiers ne font usage que de l'étain fin, dit étain d'Angleterre, LAFAGE, Rapport fait à la société libre des beauxarts sur l'orgue de l'église royale de Saint-Denis (mai 1844). Pendant plus de cinq cents ans, l'on ne retrouve plus d'organier célèbre, id. ib. p. 44.

— ÊTYM. Ce mota été formé sur le mot organiste, d'après l'analogie qui attribue cette terminaison i»te à ceux qui jouent d'un instrument, IJutisle, pianiste, et la terminaison ter, à ceux qui le fabriquent, luthier.

tORGANIXO (or-ga-ni'no), ». m. Petit orgue portatif. Petit orgue à cylindre.

— ÊTYM. Ital. orjaninu, diminutif de organo, orgue.

t. ORGANIQUE (or-ga-ni-k'), adj. ||1' Terme de biologie. Oui a rapport à l'organisation. La première cho^e qui parait dans noire corps, c'est qu'il est organique, c'est-à-dire composé de parties de diflérentes natures, qui ont différentes fonctions, boss. Conn. Il, <. Toute vie organique suppose nécessairement l'action réciproque des solides et des fluides, bonnet. Idées fécond, plant. Œuv. t- x, p. 57, dans POUGENS. Il Règne organique, ensemble de tous les corps vivants, végétaux et animaux. || Éléments organiques, dernières parties auxquelles on puisse, par l'analyse analomique, c'est-à-dire sans décomposition chimique, ramener les tissus et les humeurs. Il Substances organiques, nom donné â toutes les substances définies tirées dos êtres organisés, c'està-<lire qui sont susceptibles de cristalliser ou de fournir des composés cristallisublcs et de se volatiliser à une température fixe. || Vie organique, ensemble des fonctions qui servent i la nutrition de l'individu, par opposition à vie animale. || Fonctions organiques, celles qui sont communes & tous les êtres organisés, comme la nutrition et la reproduction. || Parties organiques, parties très-potilcs que CufTon supposait dans les corps vivants et auxquelles il attribuait le pouvoir de reproduction. M. Needham s'est assuré par une infinité d'observations, que toutes les parties dos végétaux contiennent dos parties organiques mouvantes, nurr. Hist. anim. cli. ». || Par extension. La Suisse l'intéressait particulièrcmenl, parce qu'il voulait faire un traité de la structure organique do la terre, et que les montagnes sont peut-être des espèces d'os de te grand corps, fonten. Marsigli. \\ Chimie organique, la partie de la chimie qui s'occupe des subslancis organisées. || S" Terme do botanique. Sommets organiques des fruits, les points d'aitacbo des styles et des stigmates. || S* Terme do médecine. Qui attaque les organes. Maladie organique. || Lésions organiques, celles qui le manifestent par des altérations dans la texture dos organes. || Pouls organique, celui qui désigne une affection organique déjà développée ou seulement imminente. || 4' En législation, loi organique, loi fondameiilale qui organiso une institution quelconque. ||B' Géométrie organique, l'art de décrire des courbes par le moyen d'instruments, et en gènêrirt paruo mouvement continu.

— HIST. XIV* s. Les ner* qui sont organiques de l'oie [ouïe], nesscnt du cervol, u. db monde ville, f i«.

— fiTYU. Ut. ortanicus, d'Instrument , de organum, instrument, organe.

2. ORGANIQUE (or-g;i-ni-k'), ». f. Terme d'antiquité. Nom donna par 1rs anciens à la partie de la musique qui s'exécute avec les instruments, ou à la mécanique avec ses engins.

— HIST. xvi* s. Cet art d'inventer instrumens et engins, qui s'appelle la mecbanique ou organique, AMYOT, Uarcrl. ai.

— ÊTVM. Organique I.

t OROANIQUK.ME.NT (or-ga-nl-k«-man) , o-'i'.

D'une manière organique.

ORG

t ORGAMSABLB (or-ga-ni-za-bl"), adj. Qui peut jecevoir l'orpanisalion ou y parUciper.

— Erv.M. Organiser.

t ORGANISANT, ANTE (or-ga-ni-zan, zan-t'), adj. Oui organise, qui concourt i l'organisation. Nous sommes environnés d'air, d'attraction, d'électricité, de magnétisme, d'êtres organisants, tous invisibles par leur essence, bern. de st-p. dans le

Dicl. de bESCHERELLE.

t ORGANISATEUR, TRICE (or-ga-ni-za-teur, tri-s'), adj. Oui organise. Un génie organisateur. La puissance organisatrice. || Substantivement. C'est un grand organisateur. On a dit que Carnot, dans la Révolution, avait été l'organisateur de la victoire.

— ÉTYM. Organiser.

ORGANISATION (or-ga-ni-za-sion ; en vers, de nix syllabes), s. f.\\i' État d'un corps organisé; ensemble des parties qui le constituent, et qui régissent ses actions. L'organisation de l'homme, des fcgétaui. De toutes les modiiications de la matière, ta plus excellente est l'organisation, bonnet, Conlempl. nat. ii, 3. Ces deux classes d'êtres [les plantes et les animauï], également doués de l'organisation tt de la faculté de se nourrir, de croître et de se reproduire, ne sont séparées l'uno de l'autre, surtout dans les points extrêmes où elles semblent se toucher, que par des nuances à peine sensibles, CONDORCET, Duhamel. |] 2° Particulièrement. La manière d'êire d'un individu au physique et au moral. Organisation frêle, organisation délicate. La seule différence des tempéraments a produit en eux [deu% chiens] celle des caractères, comme la seule différence de l'organisation intérieure produit en nous celle des esprits, J. J. BOuss. Uél. v, 3. Le Tasse avait celte organisation particulière du talent, qui le rend si redoutable à ceux qui le possèdent, stael, Corinne, IV, 6. Il 3' Fig. Constitution d'un État, d'un établissement public ou particulier. L'organisation des tribunaux. En beaucoup de lieux, pendant beaucoup d'années, l'aspect du pays [la Gaule, durant les invasions des Barbares! put rester le même; mais l'organisation sociale était attaquée, les membres ne tenaient plus les uns aux autres, les muscles ne jouaient plus, le sang ne circulait plus librement ni sûrement dans les veines, guizot, Hist. de la civil, en France, S' leçon. L'activité de son génie [de Napoléon], accoutumé aux soins de l'Europe entière, n'a plus pour aliments que l'administration décent mille hommes; encore l'organisation de son armée est-elle si parfaite qu'à peine est-ce une occupation; tout y est déterminé; tous les fils en sont dans sa main, ségur, i/ùt. deA'ap. viii, ». || 4° Terme de musique. Art d'ajuster un ou plusieurs jeux d'orgues à un clavecin, à un piano.

— ETYM. Or(ianiser.

i. ORGANISÉ, ÉE (or-ga-ni-zé, zée),port. passe d'organiser i. || 1" Qui a reçu une organisation; qiù est composé d'organes. D'où vient donc que ce corps si bien organisé Ne put obliger son hôtesse De s'unir au soleil? un rat eut sa tendresse, la. font. Fabl. IX, 7. La matière la moins organisée ne laisse pas que d'avoir, en vertu de son existence, une inrmité de rapports avec toutes les autres parties de l'univers, buff. Ilist. anim. ch. 1. 1| Les êtres organisés, ou les corps organisés, les animaux et les Tégétauz. Les traits si nombreux, si diversifiés, si frappants qui rapprochent les plantes des animaux, et qui semblent ne faire des uns et des autres qu'une seule classe d'êtres organisés, boknet, Paling. philos. IV, t. Les animaux et les végétaux, étant pourvus d'organes, ont reçu le nom commun de corps organisés, et sont réunis par cette propriété importante, AL. BRONGMART, Traité de min. 1. 1, p. 6, dans pou- CEKS. Il 2" Fig. Oui a reçu une disposition naturelle comparée à la disposition organique des corps vivants. M. de Vence, lui doi4 la tête est si bonne, si bien faite, si bien organisée, sév. 9 mars 4672. Une très-faible partie de ce système [le vrai système du monde] fut vaguement soupçonnée [dans l'antiquité] par quelques têtes mieux'organisées que les autres, volt. Dict. phil. Sysième. Le succès des génies les mieux organisés dépend tout à fait du progrès du langage pour le siècle où ils vivent, CORWLLAC, Conn. hum.ii, ii, )&. || Être bien organisé pour, avoir des dispositions naturelles pour. || 8" Disposé suivant un ordre comparé i l'organisation des étr«« vivants. Une administration bien organisée.

— 8YH. SUBSTAKCK ODGANIS^E, »UB.STANCK. OROA-

mou». U première est celle qui présente la texture propre à U vie, lolt qu'elle fasse actuellement portion d'un être vivantj soit qu'elle en ait été séparée •t quelle ait ceué d« Tivre. u tecoude est toute

ORG

substance définie qui, tirée des corps vivants, est susceptible de cristalliser ou de donner des composés cristallisables et de se volatiliser à une température fixe. Un muscle, un nerf sont des substances organisées ; l'albumine, la fibrine sont des substances organiques.

2. ORGANISE, ÊE (or-ga-ni-zé, zée), part, pass^ d'organiser 2. Un clavecin organisé. Une vielle organisée.

». ORGANISER (or-ga-ni-zé), t). a. || 1° Donner la disposition qui rend des substances aptes à vivre, à être animées. La nature est variée dans la formation des corps qu'elle organise. || Par extension. C'était un spectre et un fantôme de ma façon ; un homme artificiel que j'avais fait et organisé, balz. à Ménage. \\ 2° Fig. Donner à un établissement une forme, en régler l'arrangement intérieur. Organiser une armée, une administration. Napoléon, dans Vilna, avait un nouvel empire à organiser, la politique de l'Europe, la guerre d'Espagne, le gouvernement de la France à diriger, ségur, Hist. de Nap. IV, 2. Il 3° Disposer, arranger. Organiser une partie de plaisir, une partie de jeu. Carnot, dont la réputation était immense, dont on disait en France et en Europe qu'il avait organisé la victoire, thiers, Révolution, xxviii. || 4° S'organiser, v. réfl. Prendre la disposition qui rend propre à être vivant. Des substances qui s'organisent. Tout se meut, s'organise et sent son existence; La matière est vivante.... ST-LAMBERT, Saisons, Été. Il Prendre une forme régulière. Ce corps, cette administration s'organi.se.

— HIST. XIV* s. Quand on veult bien considérer Comme noz corps sont devisez, Et si très bien organisez, Tellement que.... l'Alch. à nat. toi.

— ÉTY.M. Orjone ;provenç. et esp. orsonwar; ital. organisare.

2. ORGANISER (or-ga-ni-zé), ». a. Joindre un petit orgue à un forte-piano, ou à quelque autre instrument semblable dont les touches mettent l'orgue en action.

— ÉTVM. Orgue (qui vient du latin organum). ORGANISME (or-ga-ni-sm'), s. m. || 1° Terme de

biologie. Disposition en substance organisée. L'organisme s'étend bien loin dans les machines animales, et il est arrivé bien des fois qu'on a pris pour inorganisé ce qui était très-organisé, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. viii, p. 40. || 2" L'ensemble des fonctions qu'exécutent les organes. L'organisme du corps humain. || 3° Corps organisé ayant ou pouvant avoir une existence séparée. Une fibre musculaire est un corps organisé, mais non un organisme. Suivant l'hétérogénie, il se forme de toutes pièces des organismes nouveaux.

— REM. On a dit que ce mot s'est introduit vers i 820 ; c'est une erreur : il appartient au xvm' siècle.

— ÉTYM. Organiser i.

ORGANISTE (or-ga-ni-sf), s. m. et f. Celui, celle dont la profession est déjouer de l'orgue. Selon les diverses façons que l'organiste remue les doigts sur le clavier.... desc. l'Homme. || Fig. Nous présumons que ce musicien [un oiseau chanteur] de M. Deshayes est le même que notre organiste; cependant nous doutons encore que le chant de cet oiseau imite régulièrement et constamment les sons successifs de l'octave de nos sons musicaux , biiff. Ois. t. vu,

— HIST. XIV» s. Un maistre de chappelle qui entretient, avec nombre de chantres et huit enfants de chœur, une très bonne musique, est toujours un excellent organiste, carl. m, 5. L'organiste de Notre Dame le print pour souffler aux orgues, PARÉ, t. m, p. 687.

— f.TYM. L'anc. verbe organer, qui signifiait jouer de l'orgue (voy. orgue).

t ORGANITE (or-ga-ni-f) , ». m. Terme d'anatomie. Nom donné à des corps organisés réguliers de forme, mais ne pouvant s'engendrer les uns les autres, tels que les globules du sang, les globules du pus, lesgranulesd'amidon, les spermatozoïdes, etc.

— ÉTYM. Organe, et la finale diminutive ite.

t ORGANO-CALCAIRE (or-ga-no-kal-kê-r'), adj. Terme de zoologie. Se dit des corps organisés qui présentent l'aspect de la craie durcie.

t OKGANODVNAMIE (or-ga-no-di-na-mie), s. f. Étude de l'action des organes.

— ÉTYM. Organe, et êOvaai;, force.

t ORGANOGÈNE (or-ga-iio-jè-n'), adj. Nom donné & l'oxygène, à l'hydrogène, à l'azote et au carbone, parce qu'ils sont les éléments essentiels de toute organisation végétale ou animale.

— ETYM. Organe, el yiv:?;;, qui engendre.

t ORGANOGÉNIÎSIE (or-ga-no-jé-né-zie) ou OR- UiANOUÉNIE (orga-no-jé-nie), s. f. Histoire de 1

ORG

manière dont les organes sa développent depuis l'état embryonnaire. Les recherches surl'orgjinogénie auxquelles je me livre depuis plusieurs années m'ont permis d'établir les règles que suit la nature dans la formation successive des organes, serres, Instit. lîe'm. acad. scienc. t. xi, p. 585.

— ÉTYM. Organogcne.

t ORGANOGÉMQUE (or-ga-no-jé-ni-k') , adj Qui appartient à l'organogénie.

t ORGANOGRAPUIE (or-ga-no-gra-fie), s. f. Description des organes d'un être doué de vie.

— ÉTYM. Organe, et ypàçsiv, décrire.

t ORGANOGUAPHIQUE (or-ga-no-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à l'organographie. Affinités organographiques entre deux familles de plantes. || Termes organographiques, ceux dont on se sert, dans la description des animaux et des végétaux, pour désigner les organes et leurs modifications.

t ORGANOLEPTIQUE (or-ga-no-lè-pti-k'), adj. Propriétés organoleptiques, propriétés par lesquelles les corps agissent sur les sens et les autres organes.

— ÉTYM. Organe, et Xrjirtixèc, qui prend, saisit, de ).ag£îv, Xa|xêàvcw, prendre; mot dû à M. Chevreul.

f ORGANOLOGIE (or-ga-no-lo-jie), s. f. Traité des organes.

— ÉTYM. Organe, et Àôyo;, traité.

t ORGANOLOGIQUE (or-ga-no-lo-ji-k'), ûd;. Qui a rapport à l'organologie.

t ORGANON (or-ga-non) ou ORGANUM (or-ganom'J, s. m. Réunion des écrits logiques d'Aristote.

— ÉTYM. 'OpYovov, l'organe, l'instrument logique par excellence.

t ORGANONYMIE (or-ga-no-ni-mie), s. f. Art de nommer convenablement les organes.

— ÉTYM. Organe, et ivujiaou ôvoia», nom.

t ORGANOPATHIE(or-ga-no-pa-tie),s./'. || Terme de médecine. Maladie des organes en général. || Maladie organique.

— ÉTYM. Organe, et TtiOo;, maladie.

t ORGANOPLASTIE (or-ga-no-pla-stic), s. f. Art de modifier artificiellement les formes vivantes.

— ÉTYM. Organe, et TzHaativ, former.

t ORGANOpLastIQUE (or-ga-no-pla-sti-k'), adj. Il 1° Qui a rapport à l'organoplastie. || Traitement organoplastique, emploi des moyens propres à activer la rénovation organique, ou à aider au développement régulier de l'organisme. |l 2» Qui sert à la formation des organes. Globules organoplastiques, nom donné quelquefois aux cellules embryonnaire».

t ORGANOSCOPIE (or-ga-no-sko-pie), s. f. Examen des organes.

— ÉTYM. Organe, et axoTttîv, examiner.

t ORGANOSCOPIQUE (or-ga-no-sko-pi-k'), adj. Qui a rapport à l'organoscopie.

t 0UGAN0TAXIE (or-ga-no-ta-ksie), «. f. Art de grouper les êtres vivants d'après leurs rapports d'organisation les plus intimes.

— ÉTYM. Organe, et tôÇi;, ordre.

t ORGANOZOONO.MIE (or-ga-no-zo-o-no-mie) , s. f. Traité de l'organisation dans le règne animal.

— ÉTYM. Organe, îliSov, animal, et vôiioç, loi.

ORGANSIN (or-gansin), s. m. Terme de manufacture. Nom qu'on donne à une sorte de soies torses, qu'on a fait passer deux fois par le moulin. Les poils et chaînes [du velours fort] seront d'organsin filé, et tordu au moulin, et tramé de trame doublée et montée au moulin, le tout cuit, et de bonne, pure et fine soie, sans que l'on y puisse employer aucun fleuret ni autre espèce provenus de la bourre de soie, Statuts des march. de draps d'or, etc. 9 juill. <687, art. 46. Les soies de Naples, de Sicile, de Reggio sont toutes communes, soit en organsin, soit en trame, raynal, Htst. phil. v, 28. || Fil de chaîne, voy. FIL de trame.

— ÉTYM. Ce semble un dérivé de organe, dans le sens d'instrument.

ORGANSINAGE (or-gan-si-na-j'), s. m. Action d'organsiner.

ORGANSINÉ, ÉE (or-gan-si-né, née), part, passé d'organsiner. Soie organsinée ou ouvrée, se dit par opposition aux soies grèges. Camelot poil en »/» ; chaîne, laine supcrfinc et soie organsinée du poids de 36 deniers ; trame, poil de chèvre en a, 3 ou ♦ fils, Tableau annexé aux lelt. pat. du 22 juill. 1780, Amiens.

ORGANSINER (or-gan-si-né), v. a. Tordre la soie et la passer deux fois au moulin. M. de VaucansoR a donné ilans nos recueils plusieurs mémoires sur son moulin à organsiner, condorcet, Vaucanso»

— trv.M. Organsin.

ORG

f ORGANSINEUR (or-gan-si-neur) , t. m. Fabiicact dr>rgansiii.

ORGASME (or-ga-smT, t. m. Terme de méaacine. Augmentation de l'action vitale d'une partie, souvent avec turges'.ence. L'orgasme nerveux dont la première éruption des règles est accomfagnée, Cabanis, Instit. Uém. seienc. nxor. et poj. t. n, p. 207. Il Fig. Effervescence, transport de l'âme. Ils donnaient des préceptes pour s'acheminer artificiellement àcet état d'orgasme et d'ivresse où ils se trouraient au-dessus d'eux-mêmes, musa. Opin. des ane. phil. {théosophes).

— HIST. xvi« s. Au quel temps le génie de la nature commande aux pères de garder soigneusement leurs filles de la conversation des courtisans, pour autant qu'il se fait un merveilleux orgasme par tout le corps en celte aage , Maladie d'amour, p> < i o,

dans LACUBNE.

— ÊTVM. 'Opi-aiiiô; ne se trouve qu'au sens d'action de pétrir, d'humecter, de àçivi^to, pétrir; mais, dans le sens que nous lui donnons, il se rapporte à ipfàu), être plein d'humidité, de suc, et, par suite, d'effervescence.

ORGE (or-j'), t. f. Il 1" Sorte de grain, du nombre de ceux qu'on nomme menus grains. De belle orge. C'est là [à un autel du temple de Délos] que Pythagore venait, à l'exemple du peuple, offrir des gâteaux de l'orge et du froment, bartuél. Anach. ch. 7». Il Pain d'orge, pain fait avec de la farine d'orge. Ces épreuves d'un pain d'orge qu'on mange sans étouffer, de l'eau bouillante dans laquelle on enfonce la main sans s'échauder, volt. l'ol. et UgUl. Fragm. hist. sur l'Inde, xxx. || Familièrement. Grossier comme du pain d'orge, très-grossier. || Fig. Ejitre l'orge et l'avoine, entre deux objets dont le choix est difficile. Le voilà donc entre l'orge et l'avoine, mais la plus mauvaise orge et la plus mauvaise avoine qu'il pût trouver, sÊv. (8 août 1680. Il 2° Plante qui produit ce grain. L'orge, coupée en veit et donnée largement aux chevaux, mules, bœufs et autres animaux de labour, devient pour eux une nourriture très-saine et qui vaut mieux que tous les remèdes imaginables, genus, Maison rust. t. m, p. B7, dans pouoF.NS. || Orge, genre hordeum, graminées. || Orge commune, hordeum vulgare, L. Il Orge à « rangs, ou carrée, ou d hiver, hordeum hexaslichon, !.. \\ Orge à î rang<i, ou paumelle, pamelle, hordeum dislichon, L. j| Orge pyramidale, ou riz d'Allemagne, hordeum scocrilon, L. || Orge queue de souris (non cultivée), hordeum murinum, L. Il Fig. et populairement. Faire ses orges, faire bien ses orges, faire bien ses affaires en quelque chose, s'y enrichir (locution tiiée de ce que faire ses orges signifîe, au propre, faire la moisson de l'orge). Je faisais bien mes orges tant à Mixco qu'à Peta[a, lesagE, Bach, de Safam. ch. «2. Le neveu de Melchior faisait là ses orges, ID. Gil Bios, vm, <. Il 3" Orge est masculin dans les trois cas qui suivent. Orge mondé, grains d'orge auxquels on enlève, par le moyen de la meule, la première de leurs enveloppes, qui est fort épaisse. Il Orge perlé, grains d'orge dépouillés de leur seconde enveloppe, et obtenus en petits grains naturellement arrondis, mais entiers et intacts, c'est-à-dire sans que la meule les ait ni broyés ni même entames pour les arrondir. || Orge carré, espèce d'orge dite aussi orge d'automne ou de prime, Pict. de i'Àcad. au mol escourgeon. || 4* Eau d'urge mondé ou eau d'orge perlé, eau dans laquelle on a fait bouillir l'un ou l'autre de ces orges. Il a pris un peu d'eau d'orge mondé. On lui a recommandé do boiro de l'eau d'urge perlé. || Par abréviation, on dit, pour l'une cl pour l'autre, de l'eau d'orge, et même, simplement, de l'orge. Ella a pris son orge, jj 6" Sucre d'orge, sucre dépuré cuit avec une décoction d'orge, coloré par quelques gouttes de teinture de safran, et qu'on laisse refroidir sans le remuer pour qu'il con- •erve sa transparence. Si par hasard le papier s'était attaché en quelque lieu [d'un tabletu roulé et en- Toyé|, prenez un peu de lucre d'orge, frottez doucement cet endroit, et le papier se détachera, poussin. Un. tljanv. <s4t. Il •* Grain d'orge, nom qu'on donne quelquefois i la grandeur d'une ligne, quiest la do'ir.iènie partie d'un pouce. || Grain d'orge, nom donné par les imprimeurs aux notes de plainchant qui sont en losan^'c, et qui valent la moitié d'une mesure. || Grain d'orge, si» dit pour orgelet. Il 7* Toile, linge de grain d'orge, à ^r i" . i'. .-.•.■ ou toile, linge grain d'orge, ou, cilipii grain d'orge, toile semée de points n des grains d'orge. || Oo dit de même : lutaine, broderie 4 grains d'orge. || 8" Combien vaut l'orge t Dom d'un jeu en forme de dialogue. || 9* Petite orge,

DiCT. DB LA LANGUE rnANgAisg.

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cévadille. || Proverbe. Il faut mourir, petit cochon, il n'y a plus d'orge, c'est-à-dire la mortest inévitable.

— KEM. Orge était autrefois masculin et féminin Bossue t l'a fait masculin : La meule d'un moulin.... ne moudra que le grain qu'on aura mis dessous; si c'est de l'oige, on aura de l'orge moulu. Élevât, sur myst. i, 8. L'Académie le fait féminin, sauf pour orge mondé, orge perlé, orge carré; c'est évidemment une exception que rien ne justifie; et les personnes qui éciivent orge mondée, orge perlée, orge currée, ont laison.

— HisT. xu* s. De cinq pains d'orge, de deux poissons noant [nageant], Hone. p. iB». || xiii' s. Tout fromant, tout blé, tout orge, tout saigle, tout pois.... sunt de la meisme cousiume devant dite, Liv. des met. 3is. Et Hooniax parmi la gorge Trois tors li fet fere en une orge, Ren. <)6I2. ||xv* s. En chevauchant parmi nostre pays, ils ont foulé et abattu les blés, les orges et les avoines, faoiss. u, II, 288. Et encor seroit bon, nature, Que vous cessissiez vostre forge Dorénavant, et que tel orge. C'est à dire bestes et gens Et la semence des vivans Oui tant est mauvaise et despite.... e. desch.Po^sim mss. !' 432. Il XVI* s. Ils faisoient leurs orges, comme l'on dit, en Icurscharges, carl. vi, il. Orge mondé, PAR*, I, (4. Des orges, il y en a et de l'automne et du printemps, ceux de l'automne sont appelés chevalins; ceux du printemps sont appelles paumés ou paumoules.... o deskrres, (OS.Lesorges sont très profitables et sains à estre mangés en potage, pelles et mundés, id. i09. L'argent quand l'orge, cotorave.

— ÊTYM. Wallon, woig, s. m.; prov. ordi; esp. orxuelo; ital. orzo; du iat. hordeum.

t ORGE, ÉR (or-jé, jée), adj. Où l'on a mis de l'eau d'orge. Eau de cannelle orgée.

ORGEAT (or-ja; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Sirop dans lequel entrait autrefois une décoction d'orge, mais que l'on fait aujourd'hui avec une émulsion d'amandes. Les limonadiers ont deux différentes préparations d'orgeat, savoir la pâte et la sirop, Dict. des arts et m. Limonadier. || Familièrement. Il est froid comme une carafe d'orgeat, se dit d'un homme qui ne s'anime pas.

— HlST. XIV* s. Et se nous voulons faire orgeat, ostes l'escorche de l'orge et lo laves en plusieurs eaues doulces, puis la cutscs autant que chair de vache, puis le broyés trestoul en ung mortier, et puis destreinpesen laitd'amelles, et le coules, et le cuises à petit feu tant qu'il commence & especir, iiERN. DE ooHDOn, Tiaduct. IV, 4.

— Rtym. Orge.

ORGELET (or-je-lè ; le » ne se prononce pas et ne se lie pas ; au i)luriel, l'i se lie : des or-je-lè-z enfiam • mes), s. m. Petite tumeur inflammatoire de la nature du furoncle qui se développe près du bord libre des paupières, dite aussi grain d'orge.

— ÉTYM. Wallon, ori'ou; diminutif de or^eol, qui se trouve en ce sens dans oudin, Dict. et qui est un diminutif de orge. Parc, xv, 6, ^orgueil, en ce sens.

t ORGEOLET (or-jo-lè), *. m. Synonyme d'orgelet, t ORGEOT (or-jo), s. m. Orge de mars, dans les Laudes.

— ÉTYM. Diminutif de orge.

fORQERAN (or-je-ran), ». m. Variété de pomme.

f ORGEU (or-jeu), s. m. Nom donné, en Normandie, au .saumon à son second âge.

t ORGIAQUE (or-jl-a-k'), adj. Qui a rapport aux orgies.

— RTYM. 'OpyiaxA;, de ipfia, Orgie.

\ 0RGIA8HB (or-ji-a-sm'i , i. m. Terme d'antiquité grecque. Célébration dos mystères, des Orgies.

— RTYM. 'Op^uKi{j.i; (voy. onoiK).

t ORGIASTE (or-ji-a-sf), ». m. Celui, celle qui fête la fèlo de Bacchus.

— RTYM. 'OpviaiTi^; (voy. orOik).

t OKGIASTlyUB (or-ji-a-9ti-k'), adj. Qui a rapport aux orgies, au culte de Dacchus.

— 6TYM. Orgiaste.

ORGIES (or-jie), ». (. pi. \\ 1* Terme (Tantlquilé. Fêtes de Bacchus. C''flébrer les orgies. || Fig. Partout autour de moi mes jeunes élégies Promenaient les éclats de leurs folles orgies, a. cutN. ÈUgiet, ix. Il 8* I)*b^itched« tabla (au singulier et au pluriel). Fn 'ique souper était une orgie (chez

|. , lEurr. t. v, p. aao. Il |Néron|

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' i'irgie, Là n ' roi, bRuano. Cocagne.

— SYN. rmom, bacchanale. Il y a une nuance entre ces deux mots qui se prennent souvent l'un pour l'autre. Une bacchanale est une réunion de

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débauche oii il y a beaucoup de bruit, tandis qu'une orgie peut n'être qu'un souper d'amis où l'on a trop bu.

— HIST. ivi* s. J'ay perdu, Cuisse-né, mon vagabond courage, Qui fuit ton saint orgie emporté de ta rage.... bons. 9I2.

— ÊTYM. Ta êpy.a, la fête de Bacchus. Les étyraologistes ne sont pas d'accord sur l'origine de ce mot : les uns y voient un dérivé de Ipytiv, lopya, faire; le mot serait l'équivalent de rà îpùiisva, en latin tacra faeere, ou, simplement, facere, faire les actes sacrés; les autres le rattachent à ôpyvi, transport, ôpyâCeiv, être transporté.

t ORGNB (or-gn'), s. f. Terme rural. Rangée de javelles placées horizontalement l'une à cûté de l'autre.

ORGUE (or-gh'), ». m. || 1* Orgue hydraulique ou orgues hydrauliques, instrument de musique, dans lequel le vent était poussé dans les tuyaux par la pression de l'eau; invention attribuée à Ctésibius, célèbre mathématisien d'Alexandrie, environ 1 20 ans avant l'ère chrétienne. Voyez celle machine étonnante et magnifique, «et orgue hydraulique composé de tant de parties diffi^rentes, de tant de jointures , de tant de pièces formant une si grande masse de son< et comme une armée de tuyaux, et cependant tout cela pris ensemble n'est qu'un seul instrument, tert'jllien, dans d'ortigu g, Die», de jtiain-chant, Orgue. || a* Instrument de musique à vent, composé de tuyaux de différentes dimensions, communiquant dune part à un ou plusieurs claviers et jeux de pédales, d'autre à un ou plusieurs soufflets. Toucher de l'orgue. Le pape Paul I" envoie au roi des livres, des chantres et une horloge à roues;. Constantin Copronyme lui envoie aussi un orgue et quelques musiciens, volt. Ann. Emp. Charlemayne, 7«6. Vous opposerez l'univers à la rue Saint-Jacques.... peut-être alors auront-ils quelque honte d'avoir cru que les orgues de la paroisse de Saint-Séverin donnaient le ton au re.ste du monde, ID. Dict. phil. Géographie. Lorsque l'instrumentation n'avait pas encore acquis d'importance dans la musique d'église, l'orgue était presque le seul instrument dont on faisait usage pour ce genre de musique, PÉTis, la Musique, li, 18. U n'est personne qui, après avoir entendu un orgue de dimension suffisante, ne convienne que cet Instrument est le plus puissant, le plus magnifique, le plus varié da tous, celui dont la conception est la plus merrcilleuse, l'effet le plus grandiose, l'aspect le plus imposant, LAFAOE , Bapport fait d la Société libre des beaux-aris sur l'orgue de l'église royale de Saint- Denis. L'introduction de l'orgue en Europe doit être placée suivant Rginhart en 7»7 ; à cette époque. Pépin reçut de l'empereur de Constantinople, avec d'autres présents, un orgue mécanique, de la- RORDR, Ématix, p. 418. L'orgue majestueux se taisait gravement Dans la nef solitaire. L'orgue, lo seul concert, le seul gémissement Oui mêle aux cieux la terre, v. nvon, Chants du crépuscule,33. L'orgue.... sacerdotal par sa destination, architectural par sa forme, chef-d'oeuvre de l'esprit humain dans sa structure, d'ortiour, Picfi'onnairedf p/at'nchant, Orgue. I| Orgue expressif ou orgues expressives, espèce d'orgue, construit de telle sorte que l'exécutant peut augmenter ou diminuer à volonté et graduellement l'intensité des sons. || Orgue pneumatique, l'orgue ordinaire. || FamilièremenL Ils sont comme des tuyaux d'orgue, se dit de plusieurs enfants d'une taille Inégale, jj 11 est féminin au pluriel. De belles orgues. Clavier d'orgues. Il Fig. On croit toucher des orgues ortiinairoa en touchant l'homme; ce sont des orgues i la vérité, mais bizarres, changeantes, variables; ceux qui ne savent toucher que les ordinaires ne seraiiut pas d'accord sur celles-là; il faut savoir ou sont les tuyaux, pasc. Pens. xtr, 4(8, éd. iiavet. ij 8* Lo lieu de l'église où sont les orgues. Aller à rnr.;u(. aux orgues. Il était dans l'orgue. || 4* Buffet <i ou d'rrgues, la construction da mrnuis>'i renferma toute la machine d'un orgue d'cglisa. Il S* Orgue de Barbarie, instrument portatif U>1 à l'instar de l'orgtie, et mis en jeu au moyen d'un cjlindre qu'on fait mouvoir. Debraux, dix atis, régna sur 1.1 '■ Mit l'orgue en train et les rhoeurs de . f Uano. Ém. Iirbraux. || Orgue do Bail.... ■> ■ i 'inn corrupllun pnur orgue da Barbcri, fabricant de Mncb'tie. |; L'oiguede U.irbaria s'est dit autrefois cabinet d'orgue. || 8* Terme da musique. Point il'orgue, trait de la [Kirlin chantante pendant lequeiraccompagncment est suspendu. Il Point d'orgue, signe «vqui indiqua un tempi d'arrêt, soit pour un trait, soit simplement pour suspendre la mcîure. 117" Ancien terme de forlKle.a-

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tiou. Espbce de herse avec laquelle on fermait les portes d'une Tille assiégée. || 8» Ancien terme de gunrre. Machine composée de plusieurs canons de motisijuet alt.ichés ensemble, dont on se servait pour la défense des brôcties dans une ville assiégée, li 9* Orgues géologiques, espèces de puits naturels. Il 10' Terme de manne. Tuyau de plomb qui sert de conduite i l'eau des dallots, des gaillards et des ponts inférieurs. || Se dit aussi des montants de la poupe II 11* Orgue de mer, nom vulgaire donné au polypier appelé par des naturalistes le tubipore musique (mers de l'Inde, mer Rouge, signalé aussi sur les côtes d'Amérique). || 12' Le canard siffleur, anas penelnpe, L.

— REM. Cette diiïércnce de genre du singulier au pluriel est un bien grand inconvénient, car on ne peut pas dire : Cet oriJUc est un des plus beaux que j'aie vus. Autrefois l'Académie donnait le genre féminin aux deux nombres, et c'était bien plus naturel; qu'on lui donne aujourd'hui le genre masculin aux deux nombres, si l'on veut, mais que du moins le genre soit constant, pautex. Celte remarque est parfaitement juste. D'après Chiftlet, Gramm. p. 2J0, orgue au singulier est mieux masculin, et au pluriel mieux féminiu. Le meilleur parti & prendre pour rompre le moins possible avec la iradilion serait de faire orgue des deux genres.

— HIST. XII* s. Et David sunout [sonnait] une manière de orgenes, ki esteiont si aturné ke l'um les liout lliait] as espaldes celi kis [de celui qui les] sunout. Bot», p. « ♦ 1 .11 xm* s. Es sauz [saules] pendismes nous nos orgres [organa], Psautier, 1° <66. || xiv s. Orgues seans et portatives, Hist. litt. de la France, t. ixiv, p. 752. Guides tu que ce soyent des .orgues Qu'on faict chanter à tous les dois? Nat. à l'aich. 72». Et de tous instrumens le roi, Dirai ici comme je croi. Orgue.... M*cn*iiT,dans d'obtigue, Dict. de plain-chant. \\ xv s. Et là ouïs sonner et jouer des orgues aussi mélodieusement comme je fis oncques....FROiss. 11,111, )5. ||xvi' s. Elle faisoit conscience d'assister à une noce ou d'ouïr sonner d'orgues à une église, mafg. Nouv. xxx. Fauconnaux, verses , fleutes, orgues [pièce d'artillerie] , paré , Préf. IX. Ny ame si revesciie qui ne se sente touchée de quelque révérence à.... ouïr le son devotieux de nos orgues, mont, ii, 363.

— ETYM. 'Wallon, ôre: provcnç. orgi(«; espagn. ôrgano; portug. orgôo; Kal. àrgano; du lat. ôrganum, instrument en général (voy. organe).

ORGUEIL (or-gheuir. Il mouillées), î. m. || 1» Sentiment, état de l'âme où naît une opinion trop avantageuse de soi-même. L'orgueil n'est pas toujours la marque des "grands cœurs,coBN. Suréna,'!, •I. L'orgueil se dédommage toujours et ne perd rien, lors même qu'il renonce à la vanité, la rochefouc. Hax. 33. L'orgueil ne veut pas devoir, et l'amourpropre ne veut pas payer, m. ib. 228. La nature, qui a sagement pourvu à la vie de l'homme par la disposition admirable des organes du corps, lui a sans doute donné l'orgueil pour lui épargner la douleur de connaître ses imperfections et ses misères, ID. ib. Prem. petit, n' <2. L'orgueil qui naît des qualités spirituelles est de même genre que celui qui est fondé sur des avantages extérieurs, nicole, Ett. demor. i" traité, ci\. <. Tout ce qui est au monde ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie, pasc. Pens. XXIV, 32, éd. BAVET. Jésus-Christ est un Dieu dont on s'approche sans orgueil, et sous lequel on s'abaisse sans désespoir, m. ib. xvii, 7. La misère persuade le désespoir, l'orgueil persuade la présomption ; l'incarnation montre à l'homme la grandeur de sa misère par la grandeur du remède qu'il a fallu, ID. ib. xii, u. Ils n'ont pu fuir ou l'orgueil ou la paresse, qui sont les deux sources de tous les vices, iD. ib. xn, 4 (. ô hommes.... vos maladies principales sont l'orgueil qui vous soustrait de Dieu, la concupiscence qui vous attachée la terre, id. ib. xn, *. Orgueil contre-pesant toutes nos misères : ou il cache ses misères, ou, s'il les découvre, il se glorifie de les connaître, id. ib. n, a. M.d'Aix doit <tr« bien content que H. d'Arles lui quitte la place ; appelle-t-on cela de l'orgueil? c'en est un au moins qui contente fort celui de M. l'archevêque d'Ail : c«s deux orgueils, dont l'un demeure et l'autre s'en va, s'accommo<leront fort bien ensemble, siv. 4 déc. 468». Les enfers où il [Alexandre] porte la peine étemelle d'avoir voulu se faire adorer comme un Dieu soit par orgueil, soit par politique, Boss la Vallière. Elle croyait voir partout dans ses actions un amourpropre déguisé en vertu,... ainsi Dieu l'humiliait par c« qui a coutume de nourrir l'orgueil, id. Anne il C'mf. L'orgueil qui monte toujours, id. Jfarie-

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Thir. Vous allez voir une reine qui, à l'exemple de David, attaque de tous côtés sa propre grandeur et tout l'orgueil qu'elle inspire, id. ib. Saint Augustin définit l'orgueil une perverse imitation de la nature divine, in. i " sermon, Natirilé, fragment d'un autre sermon. L'Sine regarde ces honneurs que le monde vante; et aussitôt elle en voit le fond, elle voit l'orgueil qu'ils inspirent, et découvre dans cet orgueil et les disputes et les jalousies et tous les maux qu'il entraine, id, la Vailicre. L'orgueil est l'endroit le plus vif du cœur ; pour peu qu'on y touche, la douleur nous fait jeter de hauts cris, rouhd. Pensées, t. ii, p, (06, Cet homm? qui défendait les villes rie Juda, qui domptait l'orgueil des enfants d'Ammon et d'EsaO, fléch. Turenne. Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer, boil. Art p. II. Je l'ai trouvé [Mardochée] couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pale; mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueil, rac, i:slh. ii, t. Dois-je au superbe Achille accorder la victoire? Son téméraire orgueil, que je vais redoubler, Croira que je lui cède, m. Iph. IV, 8. C'en est fait : mon orgueil est forcé de plier, id. Esth. m, b. Que son farouche orgueil le rendait odieux I m. Phèdre, m, t. Il faut définir l'orgueil une passion qui fait que, de tout ce qui est au monde, l'on n'estime que soi, la brut. Théophrasie, xxiv. L'orgueil, qui vous tient lieu de raison, fait peut-être que les mœurs au dehors paraissent égales et uniformes, mass. Carême, Inconst. C'est le chef-d'œuvre de la plus sincère modestie que d'avouer de l'orgueil et les imprudences de cet orgueil, fontek, Saurin. Notre orgueil nous met si vite au fait de celui des autres, mariv. Marianne, XI' part. Nous nous connaissons tous si bien en orgueil, que personne ne saurait nous faire un secret du sien, id. Pays. parv. part. 4. L'orgueil, joint à une vaste ambition, à la grandeur des idées, produisit chez les Romains les effets que 1 on sait, MONTESQ. Esp. XIX, 9. L'orgueil des petits consiste à parler toujours de soi ; l'orgueil des grands est de n'en jamais parler, volt. Dict. phil. Quisquis, Langleviel. Il se peut que Cicéron, qui d'ailleurs avait souvent vu le peuple romain, le peuple roi, lui applaudir et lui obéir, et qui était remercié par des rois qu'il ne connaissait pas, ait eu quelques mouvements d'orgueil et de vanité, id. Dict. phil. Orgueil. Piron seul eut raison, quand dans un goût nouveau II fil ce vers heureux digne de son tombeau : Ci-glt qui ne fut rien; quoi que l'orgueil en dise. Humains, faibles humains, voilà votre devise, ID. la Vanité. L'orgueil est le premier des tyrans ou des consolateurs, duclos, Consid. mœurs, i o. L'orgueil humilié et rampant est toujours de l'orgueil, iD.ib. t3. On a bien raison de dire : quand l'orgueil arrive, la pauvreté n'est pas loin, picard. Manie debriller,in,i8. || Orgueil de,.., orgueil inspiré par. Madame, ignorez-vous que l'orgueil de l'empire.... RAC. Bajaz. il, t. Nous ne connaissons point l'orgueil de la naissance, volt. Fanât, i, 2, || î- En bonne part, sentiment noble, élevé , qui inspire une juste confiance en son propre mérite. J'ai l'orgueil de croire que je ne suis pas indigne de votre amitié, Dict. de l'Acad. Leur orgueil foule aux pieds l'orgueil du diadème, VOLT. Urutus, 1, 4. Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil. Je verrais sans pâlir les fers cl le cercueil, id. Zaire, l, t. J'ai pensé qu'un guerrier, jaloux de sa puissance. Peut mettre l'orgueil même à pardonner l'offense, id. Alx. iv, 2, Soyez béni, mon Dieu, vous qui daignez me rendre L'innocence et son nobleorgucil,GiLBF.RT,P<;rntcrsters, || Faire l'orgue il de, être l'orgueil de, être un sujet d'orgueil pour. Elle fait tout l'orgueil d'une superbe mère, rac, Iphig. II, (.La fille d'Alpéric, l'orgueil de l'HcIvétie, MASsoN, Helv. m. Un chêne antique, orgueil des paisibles hameaux, baouh-lorm. dans cirault- DUViviER. Il 3° Il se dit aussi des choses qui ont le caractère de l'orgueil. J'aurais peine à soulfrir l'orgueil de ses reproches, corn. Médée, n, 5, Il abaisse à nos pieds l'orgueil des diadèmes, id. Cinna, m, ♦. El c'est là que, fuyant l'orgueil du diadème, Lasso de vains honneurs.... bac. Eslh. i, i. L'orgueil de vos attraits pen<e tout asservir, volt. Marianne, n, 2, Moi, que je flatte encor l'orgueil de sa beauté, lu. Ait. IV, ». Il 4° Jaste, pourpre. Le luxe qui l'entoure, dont les pauvres et ses créanciers ont souffert; l'orgueil de ses édifices, que le bien de la veuve et de l'orphelin, que la misère publique a peut-être élevés, MASS. Avent, Mort du péch. || B° Terme de construction. Cale de liois, de pierre, ou de toute autre matière dure, qui fait dresser la tête d'un levier employé i soufever un corps quelconque et en sou-

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lient l'effort. On peut trouver aussi que l'Académie, en prodiguant les proverbes, a trop épargné certains termes usités des artisans, et qui font des images ou peuvent en fournir.... Furetière avait raison de regretter le nom énergique d'orgueil, employé par les ouvriers pour désigner l'appui qui fait dresser la tête du levier, cl que les savants appelaient du beau mot d'/iypomoc/ition, villemain, Préface du Dict. de l'Académie, «835.

— REM. Scribe a employé le pluriel dans sa comédie du Pull, II, 3 : « J'aurais mieux aimé ne voii chez moi que de bonnes gens, et mon salon est le rendez-vous do tous les orgueils, de tous les ressentiments littéraires. » C. Delavigne avait déjà emplojé ce pluriel dans le Paria : « Que d'orgueils révoltés!» et Duviquct, dans l'examen critique de celte pièce, disait ; « C'est la première fois que j'ai vu le mol orgueil employé au pluriel; et je doute qu'il fût possible à M. Delavigne d'autoriser ce pluriel par quelques exemples. >• Duviquel se trompait; on voit dans une phrase de Mme de Pévigné, qu'il est question de deux orgueils. Le pluriel est aussi dans J. Marot.

— SYN. onotEiL, VANITÉ. L'orgiieil fait que nous nous estimons nous-mêmes au delà de ce qui est. La vanité fait nue nous voulons être estimés d'autrui.

— HIST. XI' s. Consels d'orguill n'est dreiz que à plus mont [monte], C/i. de Uol. xv. Veez l'orgoil de France la loée, ib. ccxL. || xii* s. ...comment soit Ses grans orgueus [son grant orgueil] abaissez etmaumis, Ronc. p. 30. Quant cil est morz qui m'a tolu l'orguel,,.. ib. p. )02. Pleine d'orgueil et dame sans

guerdon, Couci, il Tout ce ne lo-je mie [je ne

conseille]; Que trop sembleroil estre orgoil et desverie, Sax. xxii. || xiii' s Hal frère, vos orgiols vous grèvera encore et fera Oe mescief, Ch. de Rains, p. 206. La première avoit non Orgiiex, L'autre qui ne valoit pas miex Fu apelée Vilenie, la Rose, 965. Il XV' s. Grand orgueil est tantost mué, A, chart. Poésies, i). 720. Il XVI' s. Vaincu avez le More et son armée ; Gènes soubmis, ses orgueilz abbatuz, i. marot, V, 65, Ceux qui condamnent les autres par orgueil, il avienl après que Dieu les condamne par justice, LAN'UiR, 72. A orgueil ne manque de couvre deuil, LEiioux delincy, Prov. t. ii, p. 228. Il n'est orgueil que de pauvre enrichi, cotgrave. Orgueil n'a pas bon œil, id. Ainsi l'orgueil de Rome est à ce point levé, Que d'un prestre , tout roi, tout empereur bravé, Est marchepied fangeux; on void, sans qu'on s'eslonne, La pantoufio crotter les fleurs de la couronne, d'aub. Tragiques, Misères.

— f.TYM. Wallon, orgnu, ôrgou ; anc. liégeois, orgowe; provcnç. orjuci/! , erguelh, orguoil, orgoil, arqnll; catal. orguU; espagn. orgullo; poi'tug. orgulho; ilal. orgoglio; anc. ital, argoglio; de l'anc. haut allem, urguol, remarquable, insigne, urqilo, orgueilleux; anglo-sax. orgel, orgueilleux. L'anc. haut ail. se décompose en ur, us, répondant au lat. ex, et quoi, gil^fial, pétulant, luxuriant.

OnGUElLLEUSEME.NT (or-ghcu-lleû-ze-man, 12 mouillées, et non orgheu-ieû-ze-man), adv. D'une manière orgueilleuse. Il a répondu orgueilleusement. Il a orgueilleusement parlé de ses richesses.

— HIST. XI' s. Cil i feront moût orgoillusement, Ch. de Roi. ccxxx, || xii' s, Ki aucune chose de la sainte Escripture traient maliciousement et orguillous^ment à lor sens, ST bern. B77. || xiii* s. Et sachiés que onqucs mais nus pors ne fu pris plus orguilleusement ne plus fièrement, villeh, lxx. El li Soudan respondi orghellcusement, et dist qu'il n'i parliroient jà, Ch. de Rains, p. 209. De nuit il [le coq] chante plus haut et plus orguilleusement, brdn. LATiNi, Trésor, p, 222.

— f.TV.M. Ornucillnise, et le suffixe ment; prov. orguUiosnmen, orgullnsament ; espagn. orgullosamenl ; ilal. orgngliosa mente.

OUGlIEILI.Elix, FXSE (or-gheu-lleû , Ueû-z'; quelques-uns prononcent or-ghè-Uert ; ce qui n'est pas bon), adj. || 1' Qui a de l'orgueil. Y eut-il jamais peuple p>us orgueilleux que les Romains, ni qui eût un plus grand mépris pour tous les autres peuples du monde? boss. Sermons, llonlé et rigueur de Dieu, ■J. Kt devant vous Ces maîtres orgueilleux fléchiraient comme nous, rac. Rrit. m, 4. Ou'ont-ils gagné, ces esprits orgueilleux Oui menaçaient d'armer la terre entière? Ils ont vu de nouveau resserrer leur frontière, id. Poés. div. Idylle sur la paix. Empêchons, croyez-moi, que ce peuple orgueilleux Au fer qui l'a dompté n'accoutume ses yeux, volt. Ah. i, i. Que, dans le fond d'une de nos provinces à demi barbares, un homme qui aura acheté une petite charge et fait imprimer des vers médiocres, s'avise d'être orgueilleux, il y a là de quoi rire longtemps, volt. Dict. phil. Orgueil, y teriat de médecine. Honoraacit

ORI

otguei.lcusê ou ambitieuse, celle qui est caractérisée par un désir exagéré de la puissance et de la domination. Il 11 se construit avec la préposition de. 11 est orgueilleux d'avoir remporté le prix. Son coursier.... Nage tout orgueilleux de la main qui le guide, BoiL. Ép. Passage du Rhin. Orgueilleux de leur pompe, et fiers d'un camp nombreux, Sans ordre ils s'avançaient d'un pais impétueux, volt. Henr. m. D'AiUi , tout orgueilleux de trente ans de combats, ID. Henri VIII. Le Rhône, Orgueilleux de tomber des portes du soleil, masson, Hekét. vi. || Substantivement. Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux, HOTR. Uélis. Il, (7. Pendant que les orgueilleux seront confondus, vous, fidèles.... vous commence^ rez à lever la tète, Boss. Anne de Gonx. Sa deauté la rassure, et, malgré mon courroux, L'orgueilleuse m'attend encore à ses genoux, eac. Andr. u, 5. Il fait que lout prospère aux âmes innocentes. Tandis qu'en ses projets l'orgueilleux est trompé , id. Eslh. I, I. Cependant l'orgueiUeuse l'observe en dessous et sourit en secret de la fierté de son eiclave, t. 1. Houss. Ém. V. Il 2° Où l'orgueil se montre. Un ton orgueilleux. D'orgueilleux transports. || 3° Dans le langage relevé et poétitiue, on le dit de choses dont le caractère ou la grandeur sont comparés à ime sorte d'orgueil. Le mont Saint -Michel, ce mont si orgueilleux, que vous avez vu si fier, et qui vous a vue si belle, sÉv. d Urne de Grignan , 9 mai 1689. [Les montagnes] Ce sont des monuments qu'a laisses la nature, D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux, masson, Uelv. n.

— HIST. XI* s. Mandez |à] Carlon, al orguiUus, al fier, Ch. de Roi. m. Li cheval sont crgoiUus et courant, ib. ccxci. Il xii* 3. Heruiiois sont prodome, orgoillox et gaiUart, Sax. xix. Deus me conseillera, qui luz dis mest prochiens, Qui l'orguilleus abat, le povre oste des fiens [fumiersj. Th. te mart. 97. Il xui* s. Après se tenoit Courtoisie, Qui moult estoit de tous prisie ; Si n'ere orguilleuse ne foie, la liose, t2ï7. Il XV* s. Les Anglois, qui se trouvoient li biea deux mille, se tenoient grands et orgueilleux contre les Espaignols, fboiss.ii, il, *2. Au mois de décembre que la mer est froide et orgueilleuse, in. u, m, 47. Il XVI* s. Les orgueilleux et fiers, les vivans de rapine, J. MABOT, V, <4). Bon fait battre l'orgueilleux quand il est seul, leboux de UNCY,Prot). t. ii, p. 252.

— ÊTYM. Orgueil; prov. orguelhos, erguelhos, orgoillos ; espagn. orgulloso; ital. orgoglioso.

tORGYlE (or-ji-ie), t.f. Mesure de longueur des Grecs valant 2", I8. Selon Ctésias et selon Hérodote, les murs de Baivlone avaient cinquante orgyies ou deux cents coudées rojales de hauteur, cûsseu.i, /nj.-(i(. Mém. inscript. et beUe$-leU. t. vi, p. 128.

ETYM. 'OpY'Jia, de àfiyu), atteindre, étendre.

f ORIBL'S (o-ri-bus'), ». m. Chandelle de résine qui, en certaines provinces, se place dans la cheminée. Il Kig. Poudre d'oribus, remède sans vertu.

— HIST. XVI* s. [Gargantua jouait] à la barbe d'oribus, rab. i, 22 (Le Duchat pense que c'est une espèce de colin-maillard).

t ORICUALQUE (o-ri-kal-k"), t. m. Primitivement, métal fabuleux dont il est question pour la première fois dans Hésiode, rossignol. || Postérieurement à Aristote, nom employé par les Grecs et surtout les alexandrins pour désigner tour à tour le cuivre pur, le laiton (cuivre et zinc), et le bronza (cuivre et étain), 80SS16N0L. Il Chez les Latins, l'ohchalque désigne ordinairement le laiton.

— ETYM. Lat. orichalcum, du grec iptixaXxov, de opo;, montagne, y i/xo;, airain.

f OUICO (O-ri-ko), t. m. Nom sous lequel on a dési(;né le sphiggurut villosus (rongeurs), qui habite le Brésil.

f ORICOO (o-ri-kou} , t. m. Nom vulgaire et ipécifi'jue du vautour oricou (rapaces), que certains auteurs appellent le vautour auriculaire, LECOARAiiT.

t ORIOKS (o-ri-d'), ». m. Terme de chimie. Famille de corps qui renferme l'or.

— KTYM. Or.

ORIE.N'T (o-ri-an ; le ( se lie dans' le parler soutenu), ». m. IJl'Le point du ciel où le soleil se lève sur l'horizon. Ou'Ismaèl en sa garde Prenne tout le eûlé que l'orient regarde, bac. Alliai, iv, 6. Qae le poète.... prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat, qu'il soit du midi, du nord, du l'occident, de l'orient, qu'il soit antique ou moderne.... v. Htico, Oiicnlalei, pr(?/'a£«. || Orient d'été, orient d'hiver, (osnlj cil le soleil se lève en été, en hiver. ||Co pays est i l'orient de Ici autre, il est situé, à son égard, du côté de l'orient. || %' Précisément. Celui des :jiiatre |>oinls cardinaux où le soleil se lève i réi|uinoxe. Kntre l'orient et le midi. j|3' L'orient d'une carte de géographie, le c4té qui ett i notre droite.

ORI

Il 4* Fig. Ce qui est comparé i un lever de soleil. Les six .iges, les six pères des six âges, les six merveilles de l'entrée des six Sges, les six orients à l'entrée des six âges, pasc. Pens. xxv, 99 bis, éd. havet. Cette inspiration [de vous faire religieuse], c'est votre étoile; elle s'est levée sur votre orient, c'està-dire dès vos premières années, BOSS. Sermon pour une profess. jour de l'Epiphanie, 2. Il n'y a rien de si aimable que l'enfance des princes destinés à l'empire.... ce sont des soleils dans leur orient qui réjouissent les yeux et qui ne les éblouissent pas encore, FLÉCH. Urne de Mont. Tant de choses éclatantes ont eu leur orient et leur couchant, volt. loui» XI V, * 9. Il 5° L'ensemble des grands États, des provinces de l'Asie (on met une majuscule). Va jusqu'en Orient pousser tes bataillons, corn. Hor. i, i. Personne n'en a jamais tant fait [de bruit] dans l'Egypte, dans la Perse, dans les Indes, dans toute la terre, en Orient et en Occident; depuis plus de deux mille ans, on ne parle que d'Alexandre, eoss. la YaUxère. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui I bac. Bérén. i, 4 L'Orient accablé No peut plus soutenir leur effort redoublé [des Romains], id. ilithr. m, <. Les lois, les mœurs et les manières, même celles qui paraissent indifférentes, comme la façon de se vêtir, sont aujourd'hui en Orient comme elles étaient il y a mille ans, uontesq. Esp. xiv, 4. La coutume était ancienne en Orient d'envoyer étrangler un gouverneur qui déplaisait : elle était du temps des Modes, ID. ib. Sire, répondit le phénix, je suis encore trop jeune pour être instruit de l'antiquité; je n'ai vécu environ que vingt-sept mille ans; mais mon père, qui avait vécu cinq fois cet âge, me disait qu'il avait appris de son père que les contrées de l'Orient avaient toujours été plus peuplées et plus riches que les autres, volt. Princ. de Babijl. XI. Tout vient d'Orient, le bien et le mal, id. PoUt. et U'g. Frcgm. hist. sur l'itide, xxx. U résulte de tout cela ( l'ardeur des études orientales] que l'Orient, soit comme image, soitcommo pensée, est devenu pour les intelligences autant qu? pour les imaginations une sorte de préoccupation générale à laquel e l'auteur de ce livre a obéi, peut-être à son insu, v. hugo. Orientales, préface. || L'extrême Orient, les parties de l'Asie qui sont le plus a l'orient, telles que la Chine et le Japon. || 6* Commerce d'Orient, le commerce qui sa fait dans l'Asie orientale par l'Océan, à la différence du comme.-co du Levant, qui se lait dans l'Asie occidentale par la Méditerranée. Il 7° Empire d'Orient, moitié orientale de l'empire romain dont Constantinople était la capitale. Il Schisme d'Orient, la séparation qui eut lieu en 8(12 entre l'Église grecque ot l'Église latine. Il 8* Grand Orient, espèce de diète foimie, dans une capitale, des représentants de toutes les loges maçonniques d«s provinces. || Grand Orient désigne aussi le lieu où se tient la réunion. || 9* L'orient des perles, le brillant produit par leurs reflets. Les perles, comme les coquilles, se dissolvent dans les acides, elles peuvent également se réduire en chaux, qui bouillonne avec l'eau, elles ont â très-peu près la même densité, la même dureté, le même orient que la nacre intérieure et polie des coquilles â laquelle elles adhèrent souvent, buff. Jfin. t. vu, p. )C8.

— REM. Orient et orienta! s'étendent souvent, par abus, fort au dcli de leui-s limites; on entend plus d'une fois appeler de ce nom les pays d'Afrique, leurs habitants ot les choses qui s'y rapportent. Il est bon de prévenir contre cette faute.

— HIST. XI* ». [Il] Conquerrat fàj lui d'ici qu'en orient, Ch. deliol. xxix. || xii's. C'est orient, mendié», E occident, qui vient emprès Soptemirion.... bknoIt, l, V. 61. Li parrein» fu ocis e gist en orient; Car saint iglise esteit idunc en creissement , Th. le mart. ibl. || xm* s. L'endemain au chemin se mol. Et du cheminer s'entremet Vers oriant la droite voie, RUTEB. II, 4 21. || xvi* f. Que celui renonce la vie, qui ne se sçait pas tenir joyeux pour elles [les damcsj, lesquelfe* sont orient de plaisir et midy de joye , bien unique au monde, Nature d'amour, f 20, dans LACUHKB. Ces deux beaux yeux, ma gloire et mon pouvoir. Dont l'orient me* ténèbres éclaire, despobtf,s, Diane, i, st.

— ETYM. Provenç. orient, orien; esp. et liai. oriente; du lat. orienlem, de ort'ri, surgir, se lever; de même radical que le grec ipvup.t.

ORIENTAL, ALE(o ri-an-tal,U-l'),0(<)'. || l'Termo d'aitrunumie. Plancte orientale, celle qui se lève avant le soleil. || 1* Qui est du c&té de l'oricol, qui appartient k l'orient. Région orientale. Les peuples orientiux. Dans les terres orientales de celte partie du momie ll'Afrique], inconnues des anciens, les éléphants lo sont trouvés aussi grand* et peut- 1

ORI

être même plus grands qu'aux Indes, bcff. Quadrup. t. IV, p. 264. Son éclat [de l'aube] blanchissait! la rive orientale, masson, Uelve't. m. {| Les Iiules orientales, par opposition à Indes occidentales, qui est une dénomination abusive de l'Amérique. Il Langues orientales, langues mortes ou vivantes de l'Asie. || Style oriental, style métaphorique en usage chez les peuples de l'Asie, jiarticulièrement chez les Hébreux, les Arabes et les Persans. Les couleurs orientales sont venues comme d'elles-mêmes empreindre toutes ses pensées, toute* ses rêveries ; et ses rêveries et ses pensées sa sont trouvées tour à tour et presque sans l'avoir voulu, hébraïques, turques, persanes, arabes.... v. hugo, Orientales, préface. \\ Luxe oriental, pompe orientale, luxe, pompe digne de l'Orient. || 3* Qui croît en Orient, qui vient d'Orient Plantes orientales. Il 4° Pierres orientales, qualification qui, donnée aux rubis, aux saphirs et à la topaze, n'indique pas toujours le gisement originaire de ces gemmes, mais seulement qu'elles sont de qualité supérieure relativement à d'autres échantillons auxquels on les compare; en sorte qu'une pierre dite orientale peut provenir de contrées tout opposées à notre orient, LEGOARANT. Les naturalistes récents Ont donné, avec les joailliers, la dénomination de pierres orientales à celles qui ont une belle transparence, qui en même temps sont assez dures pour recevoir un poli vif, bl'fp. if m. t VI, p. 213. Il Kig. Je ne nie mêlerai point de vous en envoyer [un cuisinier], à moins que ce ne fût une perle si orientale, que l'on fût assuré de n'en avoir aucun reproche, sBv. 49 aoiH 1675. Il 5° S. f. Sorte de fleur; il y avait une variété d'anémone et une de tulipe qui portaient ce nom. Il quitte cette fleur pour rorientâlc, la bruv. xui. Il 6* Les Orientales, recueil de poésies de V. Hugo qui ont la plupart pour objet les scènes de l'Orient. Si aujourd'hui quelqu'un lui demande à quoi boa ces Orientales? qui a pu lui inspirer de s'aller promener en Orient pendant tout un volume? que signifie ce livre inutile de pure poésie.... v. blco. Orientales, Préface .... Au milieu d'eux fies enfants qui jouent autour du poète] L'Orientale d'or plus riche épanouit Ses fleurs peintes et ciselées; La ballade est plus fraîche.... m. F. d'aut. a Oui, monsieur, tel que vous me voyez, j'ai été une victime du sonnet, ce qui ne m'a pas empêché de donner dans la ball.ide, dans l'orientale, dans l'ïambe, dans la méditation, dans le poëmo en prose et autres délassements modernes, l. reybauo. Jérôme Palurot, i, t.\\ 7* S. m. pi. Les Oricnlau.v, les peuples de l'Asie (avec une majuscule). Abraham, quoique né vers l'Euphrate, fait une grande époque pour les Occidentaux, et n'en fait point une pour les Orientaux, chez lesquels il est pourtant aussi respecté que parmi nous, volt. Dict. phil. Abraham.

— HIST. XIV* S. La mer orientel ou meridionci,

H. DE MONDEVILLE, f» 88, rertO.

— ÊTYM. Prov. et esp. ortenfal; ital. orieiUait; du lat. orientalis, de orient, orient.

t ORIE.VTAI.ISMB (o-ri-an-U-li-sm"), ». m. Il 1* Ensemble des connaissances, des idées philosophiques et des mœurs des peuples orientaux. Il 2" Science des orientalistes, connaissance des langues orientales.

— ETYM. Oriental.

ORIE.VTALl.srE (o-ri-an-ta-U-sf), ». m. Celui qui est versé dans la cunnaissanoe dos langue* orientales. Un habile orientaliste.

— ÉTYM. Oriental.

t ORIENTATION (o-ri-an-U-sion), t. f. Art de reconnaître l'endroit où l'on est, *n déterminant les points cardinaux. || Position d'un objet rclativonieni aux pdles. Il Terme d'astronomie. Disposition convenable des appareils d'ol>servalion. || 'ferme de marine. Disposition convenabledes vergues etdcs voiles.

— ETVM. Orienter.

ORIENTÉ, ËE(o-ri-an-té, tée), part. pa»»4 d'orienter. Disposé suivant l'orient. Les anciennes é^lisl's sont presque toujours orientées, lans doute en vertu d'un iyml)ole : lo prêtre i l'autel regarde l'Orient d'où nous eit venue la lumière. Que les bois, les prés.... villages, abbayes, ponts, chemin.H, y lussent distingué* par noms et figures, placés dan* leur vraie distance naturelle, orientes et levés géométriquement, VAUBAN, Dime. p. 237. Il Maison bien orientée, mal orientée, maison bien ou mal etposéo. Il Ahs<jlumcnt. Kililice orienté, éditlco dont le* quatre faccn répondent aux qu.*tre point* cardinaux.

tORIE.VrESIKNT(ori-an-te.man),i. m. Étende ce qui est oriente. || État d'un édifice auquel on a donné rexj)0*ltion la plus convenable k sa destination.

ORI

Il Terme de marine. Résultat de l'orientation , en parlant des vergue» et des voiles. Bon orientetnent.

— RTYM. Orienter.

ORIEKTBR (o-ri-an-té), t>. o. || 1* Disposer une chose selon la situation qu'elle doit avoir par rapport i l'orient et par consé'iuent aux trois autros points cardinaux Le plu» difficile fut d'orienter ce nouvel instrument, c'est-à-dire de bien placer le cercle de cuivre vertical dans le plan du méridien céleste, BA1U.T, Uùl. de l'aslr. anc. p. 4 1 . || a° Orienter un plan, y placer la rose des vents pour faire connaître la position de.s objets représentés sur le dessin. Les cartes des côtes do France, qu'il réduisit par ordre do U. de Seignelay à la même échelle et orienta de même façon, et qui composent le premier volume du Neptune français, fonten. Sa-ic«ur. Il Fig. Je n'ai rien fait qu'orienter la carte de l'Académie, pour en montrer le midi ou le septentrion : j'ai fait voiries vrais illustres d'un côté, et de l'autre les dignes objets de la risée publique, FURETiÈHE, S' factum, t. I, p. 336. j) 3' Terme de marine. Orienter les voiles, les brasser de manière qu'elles reçoivent le vent. |( Par extension, disposer, arranger, mettre en place. 1| ¥. n. Un navire oriente bien, lursiu'il est gréé ou installé favorablement pour la marche. || On dit semblablement : cette voile oriente bien. || 4' S'orienter, v. r^ft. Reconnaître l'orient et les autres points du lieu où l'on est. En nous orientant pour lever nos cartes, il a fallu tracer des méridiennes, j. i. Rousseau, Ém. m. || Fig. Se mettre au courant, être au courant, se reconnaître. Il s'oriente dans cette région lointaine [une cour du Nord], comme s'il en était originaire, la BHLY. V. J'aurai l'honneur d'écrire à votre Altesse Royale dès que nous nous serons un peu orientés, VOLT. Lett. au pr. roy. de Pr. 85. Mais je m'oriente au portrait que vous faites, piron, Uétrom. i, t.

— HIST. xvi* g. Une pierre bien orientée, coi-

GRAVE

— CTVM. Orient.

f OBIENTECR (o-ri-an-teur) , s. m. Appareil destiné à former le midi vrai pour chaque jour de l'année.

— ETYM. Orienter.

t ORIÈRE (o-riè-r'), t. f. Terme rural. Bord des champs entourés de haies et de fossés.

— HlST. XII' 8. Or fu Geris lez l'oriere del bos [bois], Haoul de C.Mi.

— ETYM. Lat. orariut, d« ora, bord (compare/. orée] .

ORIFICE (o-ri-fi-s'), t. m. \\ 1* Ouverture plus ou moins étroite qui conduit ft quelque cavité. J'ai vu sur la coupe huit points noiis qui, examinés au microscope, m'ont paru être les orifices de huit gros vaisseaux, bonnet, Vt. feuilles plantes, 6* mém. Il Par analogie. Ces lacs offrent un nouveau genre de beautés en réfléchissant dans leurs eaux tranquilles les orifices des vallées, bern. de st-p. Étude v. Il 2° Nom que porte en hydraulique toute ouverture qui donne écoulement à un liquide contenu dans un vase. Orifice en mince paroi. L'expérience a appris qu'un orifice circulaire d'un pouce de diamètre percé dans une mince paroi, sous quatre pieds de charge, fournit dans une minute de temps (4S6 pouces cubes d'eau, brisson, Traita de phyt. t. 1, p. 292, dans pougens. || 3" Toute ouverture qui sert d'entrée ou d'issue à quelque partie inférieure du corps, ou qui fait communiquer des cavités les unes avec les autres. Les orifices de l'estomac. L'orifice de la matrice.

— ETYM. Provenç. orifici; esp. ori/lcio;ital. orifixio ; du lat. ori/tctum, de ot, orit, bouche, ouverture (voy. oral) , et facere, faire.

ORIFLAMME (o-ri-lla-m'), *. f. Petit étendard fait d'un tissu de soie de couleur rouge tirant probablement sur l'orangé, que nos anciens rois allaient recevoir des maius de l'abbé i Saint-Denis en partant pour la guerre. Faire entrer dans toutes les conversations ses aïeux paternels et maternels, et y trouver place pour l'orillamme et pour les croisades, LA BRL'T. Viii. I« roi Louis XI , pour entretenir cette disposition dans les esprits, parut vouloir prè?^(<nt«r la bataille^ et prit l'oriflamme aveo des cérémonies toujours imposantes pour le peuple, iwcLos, Œuv. t II, p. 2H. Le bouclier tombé du ciel dans l'ancienne Rome, rorifiamme apportée à Saint-Denis par un anga, toutes ces imitations du Palladium de Troie, ne servent qu'à donner i. la véril* l'sir de la fable, volt. Kceurt, «o.

— msT. XI* ». Gelreid d'Anjou portet l'orie flambe, Ch. de Bol. ccxiiu. Il XII' s. Dune respondi li coneslalilea, Clievolers (irui et covenables, Qui l'oridanike de» Fiancei» Hortout, saive ert [éuit] mull

om

et curteis, benoît, ii, S4I5. E porteir en bataille son oiroflor, Gérard de Rossillnn, p. 32B. || xui' s. Req,uourent celé part, où virent l'orillour, du cangï, auriflamma. ||xivs. Oriflamme est une banieie Aucun poi plus forte que guimple, Deceiidal roujoiant et simple. Sans pourtraiture d'autre afaire,GUiART, dans DU cange, »6. Le service du fief est tel qu'il [le seigneur] en doit porter en la bataille et es osts l'oriflambe saint Denis, toutes les fois que le roy ostoye [va en guerre] ; et le roy la doit venir querre par grant dévotion et prendre congié aux martyrs, avant qu'il mangue [mange] ; et quant il se part de l'église, il s'en doit aller tout droit là où il meut, sans tourner ne çà ne là pour autre besoiigiie, Chr. de St-Denis, t. i, p. 223, dans lacuRKE. ||xv's. Et pour hardiesse Fermer en toy, t'envoya sa haultesse L'aurillarame, qui t'a fait seigneurir, ch. d'orl. Compl. de la France. Et tenoit en sa main une lance à quoy l'oriflamme estoit attachie, d'un vermeil samit, à guise de gonfanon à trois queues, ctavoit entour houppes de soie verte, du cange, oim/Iammo. Et si portez seul d'entre les roys,oroy, l'orillambeen bataille, c'est àsçavoirun glaive tout doré où est attachée une bannière vermeille, iD. ib. Dame Jehanne.... vous estes son oriflamble [de Charles VII], Et celle en qui mieux y [il] se fie, Hyit. du siège d'Orléans, p. 720. La rouge couleur ou vermeille est de grant estatct dignité, et bien nous le demonstie l'auriflame du ciel miraculeusement aux roys gauloys envoyée, qui estoit de ceste couleur, affin de les animer à vertu et courage, magnanimité et proues.^e; ceste aurillame estoit en forme d'ung estandard de soye rouge, bel et plaisant, et merveilleux à veoir, sigillé. Je Blason des couleurs, édit. cocHEHis, p. 33. Il XVI' s. Un an après vint un gros maraut qui contrefaisoit le ladre, se mit à la porte du temple, desployant son oriflan, qui estoit un couvrechef, sus lequel posa son baril et plusieurs espèces de petite monnoye, paré, XIX, as.

— ÉTYM. Provenç. auriflan, auriflamma, auri- /lor; port, ouri/lamma; ital. oriafxamma ; bas-lat. OMTiRamma, ohflamma, aureaflamma ; du lat. aumm; or (voy. oa 2), et flamma, flamme, banderolt.

t ORIFOHME (o-ri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une bouche. Orifice oriforme.

— ETYM. Lat. OS, oris, bouche, et forme. ORIGAN (o-ri-gan), *. m. Genre de la famille des

labiées, dont l'espèce la plus répandue chez nous est l'origan commun, on'ganumtîui'gare, /,.

— lllST. XVI' s. La tortue, lorsqu'elle a mangé de la chair de serpent, mange de l'origan, autrement marjolaine sauvage, paré, Anim. i.

— Eytm. Wallon, orékc; provenç. origami; cat. orwija ; esp. orfjano; port, ouregào; ital. origano; du lat. origanum, qui est le grec ôpiYavov ou optEYotvov, de ipo;, montagne, et yàvuiiai, se plaire : plante qui se plaît sur les coteaux.

t ORIGÉNISME (o-ri-jé-ni-sm'), ». m. Doctrine d'Origène; mélange de christianisme et d'orientalisme.

ORIGINAIRE (o-ri-ji-nê-r"), adj. \\ 1° Qui tire son origine de tel ou tel lieu, de telle ou telle source. Le tabac est une plante originaire d'Amérique. Vous regardez mon habit qui n'est pas fait comme les autres; mais je suis originaire de Naples, à votre service, et j'ai voulu conserver un peu la manière de s'habiller et la sincérité de mon pays, mol. Pourc. 1, 6. Denys Longin était d'Athènes, mais il était originaire de Syrie, rollin. llisl. anc. Œuv. t. XI, î' part. p. 6», dans pougens. Les arts qu'il [Pierre le Grand] a transplantés ont, en fructifiant, rendu témoignage à son génie; ils paraissent aujourd'hui originaires des pays mêmes oii il lésa portés, VOLT. Russie, ii, n. On no s'avise point de penser que les chenilles et les limaçons d'une partie du monde soient originaires d'une autre partie; pourquoi s'étonner qu'il y ait en Amérique quelques espèces d'animaux, quelques races d hommes semblables aux nôtre» îiD. Mœurs, U8. I^ famille de Phélypeaux est originaire de la ville de Blois, où elle était connue même avant le commencement du xv siècle, coNDORCET, Uaurepas. Il y a longtemps qu'on dit que toutes nos connaissances sont originaires des sens ; cependant les péripatéticiens éuient si éloignés de connaître cette vérité que, malgré l'esprit que plusieurs d'entre eux avaient eu partage, ils ne l'ont jamais su développer, et qu'après plusieurs siècles, c'était encore I une découverte k faire, condill. Œuv. t. m, p. b, I dans pouoBNS. Dans le système des idées originaires

ORI

des sens, rien n'est si frivole que de raisonner sur la nature des choses : nous ne devons étudier que les rapports qu'elles ont à nous; c'est tout ce que les sens peuvent nous apprendre, id. Art de penser, I, 41. Il 2° Qui est à l'origine. Vice originaire. On ne peut pas prouver par des contrats originaire» que les justices, dans les commencements, aitnt été attachées aux fiefs, montesq. Esp. xxx, 22 Un être suprême, intelligent, infini, et la cause Oiiginaire de tous les êtres, voit. Traité niélaph. ch. 2. Ce n'est pas une légère entreprise de démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme, j.j.Bouss. Inég.Préf. \\ Langue originaire, langue maternelle ; peu usité en ce sen.'i. Il [Malherbe] ne voulait pas que l'on fît des vers qu'en sa langue originaire, bacan, Vie de Malherbe. 113" Terme de palais. Qui est principal, qui est la chose principale. Demande originaire. || Demandeur originaire, se dit de celui qui a fait la première demande, ou qui a commencé le procès.

— HIST. xvi* s. J'ai veu entre les mains de Monsieur Gilot la pièce originaire [l'original], d'aub. l'œn. II, <2. Le demandeur originaire, Nouv. coust. génér. t. I, p. 913.

— ETYM. Lat. originarius, de origo, origine. ORIGINAIREMENT (o-ri-ji-nê-re-man),ad«. Dans

l'origine, primitivement. Ce mot vient originairedu grec. Cette famille est Originairement alleman<le. L'opinion la plus singulière d'Anaximandre est d'avoir pensé qu'originairement les hommes ont été poissons, coNDiL. llist. anc. m, u.

— ÉTYM. Originaire, et le suffixe ment.

1. ORIGINAL, ALE (o-ri-ji-nal, na-l') , adj. Ijl* Qui a un caractère d'origine, primitif. Le tableau original. Les textes originaux. J'ai lu la lettre originale. L'édition originale d'un livre. La copie originale d'un tableau, li a publié avec toutes les pièces originales la malheureuse histoire du prince Alexis son fils, fonten. Csar Pierre. Ce grand auteur [Descartes] avait laissé beaucoup à deviner, à éclaircir; et, selon le caractère des livres originaux, son livre était propre à en produire plusieurs autres encore assez originaux, ID. Lahire. Il faut avouer que les caractères originaux des peuples, s'effaçant de jour en jour, deviennent en même raison plus difficiles à saisir, J. J. houss. Ém. v. ||I1 se dit dos auteurs dans le même sens. Porter de la lumière partout où les auteurs originaux auront, selon leur coutume, laissé beaucoup d'obscurité, fonten. Boerhaave. \\ Le texte original de la Bible, le texte hébreu tel qu'il a été transmis de manuscrit en manuscrit. Il 2' Qui parait inventé, imaginé sans modèle ou souvenir antécédent. Pensée, expression originale. Ils n'ont rien d'original et qui soit à eux; ils ne savent que ce qu'ils ont appris, la bruy. i. Il 3° Qui est marqué d'une marque propre. Le jeu (le cet acteur est original. X mesure que l'on a plus (l'esprit, l'on trouve plus de beautés originales; mais il ne faut pas être amoureux; car, quand l'on aime, l'on n'en trouve qu'une, pasc. les Passions de l'amour. X mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a pluH d'hommes originaux, m. Pens. vu, (. Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle, il a pour lors un caractère original et inimitable, LA BRUY. i. Tout le monde fut frappé de l'esprit original qui brille dans l'ouvrage, font. JVcu;ton. L'esprit original, qui est ardent, vif et hardi, peut n'être pas toujours assez mesuré ni assez circonspect, ID. Tschirnhaus. Le moyen le plus simple pour juger quelle langue excelle dans un plus grand nombre de genres, ce serait de compter les auteurs originaux de chacune, condillac. Connais. /iu2?. II, 1, <6. Le chantre d'Êden est devenu original en s'appropriant des riches-ses étrangères, cha- TEAUBR. C^iiie, II, I, 3. Il t" Qui agit, qui se comporte sans imiter personne. Vous connaissez le gros abbé et la joie qu'il ad'épargner son papier.... pour moi, je le trouve original sur l'économie, comme l'abbti de la Victoire sur l'avarice, sEv. 2 oct. <87«. L'originale femme, tenez, vous la reconnaîtrez bien à ce qu'elle m'écrit, mariv. Pays. parv. part. t. U y » peu d'hommes vraiment originaux ; presque tous se gouvernent, pensent et sentent par l'influence de la coutume et de l'éducation, volt. Rem. Petts. Pasc. 45. Dufresny, original et neuf sans cesser d'être vrai et naturel, d'alemb. Élog. Deslmtches. Moi, je ne copie personne, madame, je nie pique d'être original, boissy. Français à Londres, se. 4 2. ||6" En mauvaise part, singulier, bizarre. On n'est pas plus original que lui. Manière» originales. || 6° S. m. .Minute, manuscrit primitif d'un texte, d'un acte, etc. L'original d'un contrat. Collationné à l'original. Le» originaux de ces pièces sont perdus. Copié sur l'or.-

ORl

ginal. Il ?• Texte, par opposition à traduction. La traduction s'éloigne de l'original. L'on voit par cet exemple combien il est important de consulter les oriijinaui, et de ne les pas citer sur la foi des traducteurs, ROLLiN, Traité des Et. i, 2. |l L'original hébreu, le texte hébreu de la Bible. || 8° Œuvre d'art qui est un type et non une imitation. Ces statues [antiques], qui n'étaient que des copies de l'homme, sont devenues des originaux, buvf. More, choisis, p. 42. Il Particulièrement. 11 se dit des peintures, sculptures, etc. par rapport à leur authenticité. L'originai de cette statue est à Rome. L'original et les copies. Il a des originaux des meilleurs peintres. |;9" Personne dont on a fait le portrait. Qui donne le portrait, promet l'original, corn. Suite du Ment. IV, 2. Ce qui est plaisant, c'est que cet original [le portrait de Mme de Grignan dont on avait fait des copies] ne me paraît plus entier ni précieux : cela me blesse le cœur, sév. 343. Bien loin de croire comme eux [les idolâtres] que quelque divinité habite dans les images, nous ne leur attribuons aucune vertu que celle d'exciter en nous le souvenir des originaux, Boss. Expos, doctr. cath. 6. Le concile de Trente défend expressément d'y [aux images] croire aucune divinité ou vertu pour laquelle on les doive révérer.... et veut que tout l'honneur se rapporte aux originaux qu'elles représentent, ID. Exp. delà doctr. cath. 5, L'injure faite à l'image retombait sur l'original, id. llist. i, <<. || Il se dit, au même sens, des choses d'après lesquelles on copie. Ce peintre n'imite aucun maître, la nature est son unique original. L'original d'après lequel il peint est une copie d'un tableau de Lesueur. Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire pas les originaux! pasc. Pens. vu, 3i, éi. havet. || Modela d'après lequel dessine un élève || 10° Fig. Ce qui sert de modèle à quelque chose ou à quelqu'un. Le comte de Gramont, qui est en posses.sion de dire toutes choses sans qu'on ose s'en fâcher, écrivit k Rochefort le lendemain [de sa promotion] : Monseigneur.... mon père est l'original de ce style ; quand on fit maréchal de France Schomberg.... il lui écrivit : Monseigneur.... sÉv. d Bussy, 6 août 4«75. C'était l'original [une demoiselle] que toutes les femmes çjjpiaient pour le goût des habits et l'air de la coiflure, hamilt. Gramm. 7. Les lois de Crète étaient l'original de celles de Lacédémone, et celles de Platon en étaient la correction, monteso. Esp. IV, 6. L'original de la comédie bizarre du Festin de Pierre est de Tirso de Molina, auteur espagnol, VOLT. Vie de Molière. \\ Type idéal. Qu'on ne souhaite pas nùment une beauté, mais l'on y désire mille circonstances qui dépendent de la disposition où l'on se trouve; et c'est en ce sens que l'on peut dire que chacun a l'original de sa beauté, dont il cherche la copie dans le grand monde; néanmoins les femmes déterminent souvent cet original, pasc. Pass. de l'amour. Il regarde avec respect la tendresse que j'ai pour vous; c'est un original qui lui fait connaître jusqu'où le cœur humain peut s'étendre, SÉV. 20 oct. «1)79. Dans tout le cours de sa rie et de ses actions, elle a exprimé ce parfait original [de la femme forte] par sa générosité naturelle, par le Iran usage des biens et de la faveur.... rLÉCH. Mme de Mont. Ils [MoTsa et Élie] viennent adorer celui qu'ils avaient figuré, et rendre à ce divin original la puissance et la gloire qui appartiennent à lui seul, MASS. Petit car. Respect. \\ 11° Celui qui est le premier en excellence dans un genre, sans avoir eu de modèle. Les anciens sont des originaux, et on les étudie omme tels. Voiture est l'unique original des choses galantes, pelusson, Préface sur les auvret de Saraxin. Je ne sais cl le nombre de nos excellente originaux, quelque borné qu'il soit, ne l'est pas encore moins que celui de nos bonnes traductions , n'ouvET, Rem. nacine, p. 2iO, dans pouGKNS. || Ironiquement. Pourquoi vouloir obliger le ministre Jurieu, un si grand original en matière de théologie, à suivre les sentiments de BullusT boss. «• avert. »ï. || 12* Source première (sens aujourd'hui peu usité). Nous avons été bien aises d'apprendre par vous les nouvelles de Meisine; vous noui avez paru original, k cause du voisinage [en Provence], if.i. à Mme de Crignan, 18 mars <«76. |{ D'original, loe. adv. Sans avoir été suggéré par un modclii. Hé bien, monsieur, le tour est-il d'original? Pour une jeune fille elle n'en sait pis mal ; De ces rusc) d'amour la croirait-on capable? MOL. Éc. des mar. ii, *. ||De source directe. Les nouvelles que je vous mande sont d'original ; c'est de Gourville qui était avec Mme de Ix>ng:uerille, quand ulle a recula oouvelle, aiv. 10 juin

OUI

1672. Je vous remercie mille fois de m'avoir si bien conté cette histoire d'original, in. (8 oct. t67i. Il Savoir une chose d'original, la savoir de source, de ceux qui l'ont vue ou faite. Rien n'est plus curieux que de savoir d'original ce qui se passe dans cette maison, s6v. 388. 11 prétend le savoir pourtant d'original, th. corn. D. César d'Avalos, v, 2. Je ne raconte rien que je ne sache d'original; je l'ai appris de Selhon, la bruï. v. Ce grand esprit [Pascal] croyait toujours voir un abîme à son côté gauche, et y faisait mettre une chaise pour se rassurer : je sais l'histoire d'original, l'abbé boileau, Lettres, t. i, lett. 29. || Terme de théâtre. Jouer un rôle d'original, créer ce rôle (ce dernier terme est seul usité aujourd'hui). || 18* S. m. et f. Un original, une originale, personne qui pousse la singularité jusqu'à faire rire. C'est une originale, une vraie originale. C'est un grand original. Mme da Moreuil était personne de mérite, femme d'un original de beaucoup d'esprit, st-siu. 44, 3. De tels originaux sont si divertissants! harthe. Fausses infidél. se. t. Quoiqu'il soit, m'a-t-on dit, un franc original, destoicii. Glor. m, 3. || Original sans copie, homme qui se fait remarquer par ses singularités. Quand on veut ridiculiser quelqu'un, on dit ordinairement que c'est un original sans copie, bouhsault, Lett. noue. t. ii, p. 2«7, dans polgens. J'ai déjà parlé ailleurs de Couicillon, original sans copie, ST-si«. 260, 238. || Original sans copie, a été dit sans idée de raillerie. Vous avez perdu votre bon et fidèle ami le duc de Saint-Aignan.... quand la mode viendrait de faire des parallèles dans les oraisons funèbres, je n'en souffrirai jamais dans la sienne; car il était assurément unique en son espèce, et un grand original sans copie, sÉv. à Bussy, 47 juin)687. IlOriginal sans copie, se dit aussi quelquefois des choses. Tout ce que vous dites de lui est admirable : ce sont des originaux sans copie, que les traits que vous donnez, sév. 343. || 14° En original, loc. adv. Dans le texie primitif. Ce traité existe en original dans les archives. Je vous envoie en original un morceau de la lettre de sa femme [Mme de Coulanges]; il me semble que ce qu'elle mande est curieux, sÉv. 7 juill. use. |H5° En propre original, dans la réalité même. Un Florentin, nommé le Magnifique, La possédait [la libéralité], en propre original, la font. Uagn. || En personne. Oui, madame, vous-même en propre original, begnard, les Ménechmes, i, s. Crispin : Est-ce là M. Oronte, mon illustre beau-père? — La Branche : Oui, vous le voyez en propre original, le sage, Crisp. riv. de son mattre, 7.

r— REM. Bouhours constatait que original dans ces locutions : esprit original, manières originales, auteurs originaux, était devenu assez commun; mais il en contestait l'élégance. Ce que ce néologisme pouvait aîoir d'inélégant a disparu.

— HIST. xiv* s. Quant il eurent destruit tout l'original de celle lignée, Chr. de St-Denis, t. it, f° 87, dans LACUBNE. Il xvi* s. Andronicus, ayant recouvré les originaux [des écrits d'Aristote], les meil en lumière, et escrivil lessummairesque nous avons maintenant,AMYOT, SyHo, 63. Etsçay bien le nom de ceux quivousen donneront la copie originale, Sat.Mén.^. 220. Les originaux de l'entreprise d'Amboise avoient esté mis en depost entre les mains de votre pero,D'Atiu. Vie, XXIV. Une pourtraiture qui aura esté contrefaite à l'exemple d'une autre pourtraiture, la contrefacture ou pourtraiture qui aura esté faite, ne sera jamais tant estimée comme l'original, palissy, «&.

— ÉTYM. Prov. et esp. ort'jt'noJ; ital. original»; du lat. orriginalii, de origo, origine.

t J. OIUGINAL (o-ri-ji nal) , *. m. Voy. omonal.

ORIGLNALEMENT(o-ri-ji-na-le-man), adv. D'une manière originale. Il pense, 11 s'exprime originalement.

— HIST. xvi* s. Telles sont les promesses originalement escrites au vieux et nouveau testament,

PALISST, »H.

— ETYM. Originale, ex le suffixe ment; prov. originaUnent; ital. originalmentt.

OHIGINALITË (o-ri-ji-na 11-14). ». f. || !• Qualit* de ce qui est original II est dimcilo de connatii^ l'originalité d'un tableau. L'originalité de Dufrény est plus dans les choses, et celle de Marivaux dans la langage, d'alemb. Élogt dt Maritaux. C'était là que Gallani était quelquefois étonnant par l'nriginalité de «os idées, marmontel, Mém. vil. M. Dclambre reconnaît avec Bailly et Lcgentll qu'ils [les Indiens] ont des procédés de calcuU qui, sans prouver l'ancienneté d^ leur astronomie, en montrent au moins l'originalité, cuvier, Rérol. p. 237. Il S* Singularité, bizarrerie. L'originalité de ton ca-

ORI

ractère, de ses manières. || Au plur. Actions originales, bizarres. Il était connu pour ses originalités.

— ÉTYM. Original.

ORIGINE (o-ri-ji-n') , t. f.\\l' Principe d'où quelque chose provient. La coutume de voir les rois accompagnés de ganies, de tambours, d'officiers.... imprime le respect et la terreur.... et le monde, qui ne sait pas que cet efl'et a son origine clans cette coutume, croit qu'il vientd'une force naturelle, pasc. Pens. diverses, to, éd. faucère. Quelque inégalité qui paraisse dans le couro des rivières qui arrosent la surface da la terre, elles ont toutes cela de commun qu'elles viennent d'une petite origine, Doss. Cornoy. Dans son origine. Dieu l'avait fait [l'homme] à son image, et ce nom d'image lui doit faire entendre qu'il n'était pas fait pour lui-même, BOSS. la Yallière. Je crois de ce désordre entrevoir l'origine, bac. Bérén. ii, 6. Remontez à la première origine do vos désordres, mass. Carême, F. légères. Cette dernière façon de conter l'histoire est peutêtre la meilleure; les petites origines conviennent assez aux grandes choses, rONTEN. Oracl. i, to. Ce fut là l'origine de ma fortune, mabivaux, Faiisan pari). 5* partie. Ce fut de nos malheurs la première origine, volt. Œdipe, l, ). L'origine du mal a toujours été un abima dont personne n'a pu voir le fond, ID. Dict phil. Bien. Presque toutes le' origines sont ignorées; qui le premier inventa un bateau? qui imagina de plier une branche de frêne, de l'assujettir avec une corde faite d'un intestin d'un animal, et d'y ajouter une verge garnie d'un 0» à un bout et de quatre plumes à l'autre bout? in. Tactique, not. Si ce philosophe [Dcscartes] n'avait pas été prévenu pour les idées innées, il aurait vu que l'unique moyen de se faire un nouveau fond de connaissances était de détruire les idées mêmes, pour les reprendre à leur origine, c'est-à-dire aux sensations, coudillao, /trt dépenser, ii, 6. La poésie, le dévouement, l'honneur, la religion ont la même origine, STABL, Corinne, xviii, 5. || Les Origines, titre d'un ouvrage de Caton le censeur sur l'histoire romaine, et d'un ouvrage de saint Isidore <la Séville, espèce d'encyclopédie. || 2" Terme de géométrie. Le point à partir duquel on compta les coordonnées. Il Ternie d'astronomie. Le point à partir dui|ucl on compte les ascensions droites et les longitudes. Il 3° Il se dit du point où commence un organe dans un végétal ou un animal. L'origine da cette branche. Suivre une artère, un nerf jusqu'à son origine. Les pieds sont couverts do plumes jusqu'à l'origine des doigts, buff. Ois. t. ii, p. se. || 4* Extraction d'une personne, d'une race, d'une nation, [ô Home] Albe est ton origine, corn. //or. l, *. Laridon et César, frères dont l'origine Venaitde chiens fameux, beaux, bien faits et hardis, la font. Fait, viii, 23. N'accusons pas aveuglément le naturel des habitants de l'Ile la plus célèbre du monde [l'Angleterre], qui tirent leur origine des Gaules, aoss Reine d'Anglet. Du quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même originu, et celte origine est petite, id. Duch. il'Orl. Combien de siècles faut-il percer pour découvrir l'origine de la maison de Bavière! fl^.cii. /)aup/iine. Si, tout sorti qu'il est d'une source divine. Son cœur [du noble] dément en lui sa superbe origine, boii.. Sat. v. Je n'ai point de son sang démenti l'origine, rac. Phèdre, iv, 2. X d'illustres parents s'il [un enfant] doit son origine, m. Àth. li, t. Vous, vous Àes Grecs d'origine, vtH. TéL XI. Do façon que ces maîtres du monde, non-seulement dans les commencements, mais dans tous les temps, furent la plupart d'origine scrvile, «ontesq. Rom. 43. C'est d'un frère do c«l Othon IV que dosccndont les princes qui régnent aujourd'hui en Angleterre; de sorte que tes ducs de Brunswick, les rois d'Angleterre, les di«s de Uodt'no ont tous une origine commune; et cttlonrigine est italienne, volt. Ann. Emp. Frédéric \", ust. C'est rimaginallnn seule qui a écrit les premières histoires; non-seulement chaque peupla inventa son origine, mais II inventaaussirorigino du monda entier, m. IHct. phil. Histoire. Toutes les origines des peuples sont visiblement des fables; la raison en est que les hommes ont dû vivre longtemps en corps de peuple, et apprendre à faire du pain et des habits (ce qui était dilAcilc), avant d'apprcn^lre I transmettra toutes leurs pensées à la postérité (ce qui était plus difficile encore), id. ib. Le ]oun( érudit [Kréret],avec une grande sûreté de méthode, résolut, ou, pour mieux dire, trancha cette qucstmi de l'origine des Pranlu posée à faux ou faibleineiil touchéi) jusqu'à lui.... Frérct fut arrêté par lettre de cachet, et enfermé i la Bastille, auo. tuiekry.

om

ch. I.

ori-

Considération, sur rh,sto,re de /^^''"«. «f Il 5' Étymolugie. L'origine d un mot 1| 6 U'-s. ' gine.loc. adl Dis le principe || 7- Dans l'origine, loc. adv. Dans le principe, au début.

— REM 1 Voltaire a dit : De votre sang soutenir l'origine, br«le, II, 5. Uharpe a repris cette locu-

ionT OD soutient, dit-il, l'honneur, la dignité, les droits du sang; on n'en foutient pas lorigine. Il 1 Humbert, Closs. 9<!n«. a condamne d l origine dont il cite cet exemple : X l'origine, ce vaste pays Ile Brésil) fut peu estimé des Portugais, brédow, llht. unie. t. H, p. <<«• Oette réprobation parait excessive; pourquoi ne dirait-on pas à 1 origine, comme on dit à l'entrée T

— HIST. ïiii's. Ileuc trovai dame Hermeiine , Oui moult par est de franche orine, Ren. 19*58. Prove [preuve] par ourine de lignage, beadm. lxhi, 16 II xiV s Là y vint un archier qui fu de noble orine, Et esloit de Paris la cité noble et digne, Guescl. toioo. Il XV s. Encor ot la noble royne Une fille de noble orine , froiss. Buisson de jonece. Il XVI' s. La semence qui estoit bonne de son origine est tellement corrompue qu'elle ne produit

que meschans fruits, calv. Inst. ti Et qu'elle a

dans les cieux Frise son origine entre les plus beaux dieux, BONS. ar-i. „ . , .

— ÊTYM. Berry, origne, onne; Saint-Bneuo, orine; ce chat est de Vorine d'un beau chat. L'ancien français onne vient du latin onsinem, avec l'accent sur ri (de oriri, voy. orient); oriijine est moderne et refait sur originem, sans tenir compte de l'accent latin.

ORIGINEL, ELLE (o-ri-ji-nM, nè-l"), adj. || l" Qui remonte jusqu'à l'origine. Les droiu originels de l'humanité. || %° Terme de théologie. Péché origi- Bel, péché que tous les hommes ont contracté dans la personne d'Adam. Le péché originel est une folie devant les hommes; mais on le donne pour tel ; vous ne me devez pas reprocher le défaut de raison en cette doctrine, puisque je la donne pour être sans raison, pasc. Pens. xii, 7, éd. havet. En ces temps Cclestius et Pelage nièrent le péché originel, et la grâce par laquelle nous sommes chrétiens, BOSS. llist. I, ( I . Les deux conciles œcuméniques, le concile de Lyon sous Grégoire X,et celui de Florence sous Eugène IV, où les deux Églises réunies décident comme de foi que les âmes de ceux qui meurent ou dans le péché mortel actuel ou dans le seul originel, descendent incontinent dans l'enfer, pour y être toutefois punies pardes peines inégales, ID. Vé[. de la tradit. v, 2. HKig. C'est le péché originel de l'homme de vouloir être plus qu'il n'est, BOURDAL. )0' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. (93. Il Fig. Cet homme a le péché originel, c'est-à-dire sa famille, sa nation, ses liaisons, sont une espèce d'empêchement à ce qu'il parvienne à telle charge, à telle dignité. || Justice, grâce originelle, état d'innocence où Adam a été créé.

— Hisr. xiv* s. Oui veult avoir congnoissance Desmetaulx ... D'après leur source originelle. Traité d'alch. «4. Il XVI" 3. Titres originels [originau.x], Nouv. coust.génér.l. i\, p. »i. Ayant prins en payement [des souffrances de la vie] mes commodilez naturelles et originelles, sans en rechercher d'autres, uont. i, 2I9. La conformation originelle et trempe première, cdabroh, De la Sagesse, Préf. délai' édit.

— ETYM. Autre forme d'original.

ORIGINELLEMENT (o-ri-ji-nè-le-man), adv. Dès

l'origine. L'homme est originellement pécheur.

— HlST. xvi* s. Les Juifs, les Maliometans et quasi toulsaultresont espousc et révèrent le langage auquel originellement leurs mystères avoient esté conceus, mont, i, 399.

— ÊTYM. Originelle, et le suffixe ment, ORIGNAL (0-ri-gnal), /. m. Élan du Canada. Peaux d'orignaux et élans à poil. Tarif, 18 sept. 4C(.4. M. Dudley, qui a envoyé à la Société royale de Londres une très-bonne description de l'orignal, dit que le» chasseui-s en tuèrent un qui était haut de plus de dix pieds, bupp. Quadrup. t. xui, p. Ht. On lire de l'Amérique septentrionale des peaux de cerf, de daim et de chevreuil, des peaux de renne ious le nom de caribou , des peaux d'élan sous le nom d'orignal, baynal, Uist.philot. xv, 8. || Auplur. Des orignaux. || On dit ausSi original, par confusion d'un mot inconnu avec un mot connu.

— ETYM. On a dit orignac : Peaux d'orignacs et éUn* arec le poil, la pièce payera «o «., Tari(, «» »epL «es*. C'est ta vraie forme; le mot est basque. M. Roulin a trouvé dans Lescarbot, Hisl. de In finutelttFranie, Ulè, ch. xx, que les Basques »«nua sur les cotes d'Amérique donnaient i l'élan

ORL

du Canada le nom d'orenac, et que oreruic signifie cerf en basque.

0UILL.4RD, AEDE (o-ri-Uar, Uar-d', U mouillées),

adj. VOV. OBEIU.AHD.

t On'lLLKTTE (o-ri-llè-f, iZ mouillées),*.^. Mâche.

ORILLOîf (o-ri-llon, Il mouillées), s. m. || 1° Appendice en forme d'oreille. || 2° Les orillons d'une charrue, les pièces de bois qui accompagnent le soc de la charrue. Aux deux côtés du soc de larges orillons En écartant la terre exhaussent les sillons, DELiLLB, Géorg. 1. Il 3° Ecuelle à orillons, écuelle .à oreille. || 4° Terme de fortification. Bastion à orillons, bastion aux côtés duquel il y a des avances, des épaulements de figure ronde ou carrée pour couvrir le canon qui rst dans le flanc retiré. Il 6° Terme de plombier. Se dit des tenons qui environnent le pourtour de la chaudière.

— ÉTYM. Oreille.

\ ORirxO.VNER (o-ri-llo-né , Il mouillées) , v. a.

Mettre des orillons à un bastion.

ORILLONS (o-ri-llon, Il mouillées), s. m. pi. Voy.

OREILLON.

ORIN Co rin), s. m. Terme de marine. Cordage qui attache une ancre à une bouée. || Bout de ligne ou de cordage qui sert à prévenir la perte d'un objet susceptible de tomber. || Terme de pêche. Corde qui répond à l'extrémité d'un filet calé au fond de la mer, ou à une câblière.

— ÊTYM. Origine inconnue, t ORINGUEU (o-rin-ghé). || !• Y. a. Terme de

marine. Soulever une ancre au moyen de l'orin. Il 2° V. n. Haler sur l'orin, pour s'assurer que l'ancre est bien mouillée.

ORION (o-rion), s. m. Terme de mythologie. Géant énorme et célèbre chasseur. || Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. Le baudrier d'Orion, les Trois Rois.

— ETYM. 'Dpiuv.

OUIPEAU (o-ri-pô), s. m. Il 1° Laiton battu en

feuilles dont on fait divers ornements qui ont plus d'éclat que de valeur. Le palais du soleil... a ses colonnes toutes d'oripeau et son lambris doré, cobn. Toison d'or, v, 6. Car vous savez qu'un air de mode impose X nos Français plus que toute autre chose, Et que par là le plus mince oripeau Se vend parfois mieux que l'or le plus beau, i. b. rouss. Ép. i, 6. Oripeaux et cuirs peints, Encycl. méthod. Fina7ices, au mot mercerie, t. m, p. 3i7. Ji 2° Toute étufTe, toute broderie qui est de faux or ou de faux argent. Cet acteur était couvert d'oripeau. Vos dames sont bien dépeintes avec leurs habits d'oripeau, sÉv. 84. Il 3° Par extension, vieille étoffe, vieil habit dont l'or est usé. Chamarré de vieux oripeaux. Ce roi, grand avaleur d'impôts, Marche entouré de ses fidèles, BÊRANG. Ch. le Simple. {[ 4° Fig. Il se dit des ouvrages d'esprit où il y a du clinquant, de faux brillants. Vers ramassés, éclatants d'oripeau, Oui font donner la cour dans le panneau, scarhon, ÉpHre chagrine. Rousseau, Dont l'ennuyeuse hypocrisie Change son or en oripeau, volt. Lett. en vers et m prose, 34. La philosophie ayant fait main basse depuis longtemps sur tout cet oripeau mythologique, LA HAiiPE, Cours de litt. t. ix, p. 85.

— REM. On a dit aussi orpeau : Orpeau et tous autres petits cuirs chargés d'or, Déclar. du roi, nov. «640, tarif.

— HIST. XVI* s. Ces chapelles ardentes estoient, par dedans le platfonds, peintes d'azur de cendre et de fleur d'oripeau, favïn, Thédt. d'honneur, t. ii, p. 1 87o.

— ÊTYM. Provenç. aurpel; ancien catal. oripel; espngn. oropel; portug. ouropel; iia.l.orpeUo; baslatin, auripellum, de aurum , or, et pellis, peau.

ORLE (or-l'), s. m. \\ 1" Terme d'architecture. Filet sous l'ove d'un chapiteau. || 2° Terme de blason. Bordure, sans largeur déterminée, qui ne touche pas les bords de l'écu, mais qui en suit la forme, de sorte que, lorsqu'il est dans un écu en losange, il doit être aussi en losange. Porter de sable à l'orle d'or. Il 3* Contour du cratère d'un volcan. Les orles du cratère [du Stromboli], amas confus de laves, de scories, de sable, ont une forme arrondie; leur contour est d'environ trois cent quarante pieds, SPALLANZANI, Voy. dans les deux Siciles, t. Ii, p. 4 1 . Il 4''Termede marine. Ourlet qui est autour des voiles.

— HIST. xii* s. L'urle de son vestement. Liber psalm. p. 208. Dis aines [aunes] ont del travers àmunt dès l'un ur al alire ur, iJoif, p. 264. Dous iraignes vit surdre del funz d'une tonur; Sur un ur s'assist l'une, e l'altre sur l'autre ur: Ostez, fait-il, ne voil beivre ceste puur, Th. le mart. 105. Kn l'orlle del vestiment, st bern. 562. || xiu* s, Piaus d'orie et piaus blanches no doivent que obole à col, Lxv. dtt met, 281. || xv* s. Le seigneur de Commi-

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