‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 282 sur 389 · OUA · texte numérisé non relu

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dresse et de compassion pour ses ouailles, fléch. Paneg. u, 333. Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte A ces loups dévorants n'avait caché les os, BoiL. Poés. div. XXII. Les pasteurs ont tenu ferme, mais les ouailles se sont dispersées, et les orateurs voisins en ont grossi leur auditoire, la brut. xv. Vous devriez bien abandonner vos ouailles quelques moments, pour venir converser dans un château où il n'y a pas une ouaille, volt. Lett. à M. Yernes, sept. (766. Il Par antiphrase. Satan.... Endoctrina, gouverna son ouaille, vùlt. Crépinade. || S" Fig. et familièrement. Femme qui demeure dans quelque lieu clos, sous quelque autorité. Pauvres gens qui n'ont pas l'esprit De garder du loup leur ouaille, LA FONT. Cand. Qui fut bien pris? ce fut la feinte ouaille [homme déguisé en femmcj, U). Lun. Pour

me ravoir il prit les armes U arrive aux bords

du Méandre.... X ses attraits, à son air tendre On ne manqua pas de le prendre Pour une ouaille du bercail ( un harem] , volt, les Trois man.

— HIST. 111' s. Dbus vus ad comandé sun berzil à guarder ; Et s'il est vo^tro oeille, vus le devez mener, Th.lemart. 29. Pur quel esici venuz,e purquei as guerpi ces poi de uweillesaldeserf?7ioii, p. 66. Il xiii* s. Riens [il] ne vaut d'armes de son cors ; Si est si biaus, si granz, si fors, Que moult bien samble une merveille. Et si ne vaut pas une oeille. Lai du conseil. \\ iiv* s. Ou comme seroit sacrifier une chievre ou deus ouailles, oresme, Eth. <66. Il XVI* s. X proprement entrelasser les clayes, Pour les parquets des ouailles fermer, mabot, i, 220. U a bien dit , je cognoy mes ouailles. Et elles moy, et ouvrent les oreilles Pour escouter ma divine parole, iD. I, 264. Les ouailles requièrent les pastis les plus délicats et plus eslevés, halssans du tout les marescages, 0. de serres, 3)6. Chacune ouaille cherche sa pareille, leroux de linct, Prov. 1. 1, p. 4 9"i.

— ÉTVM. Deux-Sèvres, ouaille, brebis; Berry, oueille; provenç. oveHa, ovelha, oveilla, oelha; esp. oveja; port, ovelha; du lat. ovicula, diminutif de ovis, brebis.

OUAIS (ouê, monosyllabe), interj. familière qui

exprime la surprise Madame, étes-vous morte?

Ouais! elle ne dit mol, mol. Sganar. se. 2. Ouais! ceci doit donc être un important secret? id. If Dép. II, *. Ouais! que signifie tout ceci? lesage, Crisp. riv.de son maitre, i». Ouais! se dit tout bas le marchand, cet homme donne vingt mille piastres aussi aisément que dix mille, volt. Cand. \9. Mais ouais ! il y a longtemps que l'heure est passée, et je ne vois point venir mon homme, bruets, àvoc. Pat. II, t.

— ÈTYM. Si ouaiî n'est pas un simple son d'interjection, comparez l'allem. wasIquoU angl. tohat!

I Ol'ANDEROU (ou-an-de-rou) , s. m. f:spèce de singe du genre des macaques, simia silenns, !..

t OUARINE (ou-a-ri-n') , s. m. Espèce de singe. L'ouarine et l'alouafe sont les plus grands animaux quadrumanes du nouveau continent, bufp. Quadrup. t. vin. p. 289.

OIATE (ou-a-f; l'Académie dit qu'on prononce ou-è-t' ; mais cette prononciation est tout à fait en désuétude), ». f. || 1* Selon Trévoux, espèce de coton qui crott autour de quelque fruit d'Orient, auquel elle sert d'enveloppe et qui vient d'Alexanlrie par la voie de Marseille; et, en France, la première soie qui se trouve sur le cocon du ver à soie. || 2° Présentement, ouate ne se dit que de la laine, de la soie ou du coton préparé, et qui, placé entre deux étoffes, rend les vêtements plus cliauds, sans trop en augmenter le poids. Ouate de laine. Ouata de soie. Ouate de coton. Une feuille de ouate. On TOUS souffrira avec tous vo» défauts : robe d'ouate, écharpe, bonnets, serviettes sur la tête, ce sont tous ceux que je vous connais, maintrno!», ùll.àilmede Dangeau, <» déc. 1887. Où sur l'ouate mollo éclate le Ubis, BOIL. Lutr. iv. J'en conclus que ces nids seraient admirables pour la fabrique des ouates, BONNET, Observ. »•, insectes. Lo chat-huant vole d'une aile silencieuse, comme étoupco de ouate, iiicnF,LET, l'Oiseau. || Fig. Les nues formaient dans le» cicux des banc» d'une ouate éblouissante, ciu- TEAUB. Génie, i, v, «». || 3* Particulièrement, celle qui est de coton, à cause qu'elle est la plus commune. Il 4» Ouate, nom vulgaire de l'asclépiade syriaque, Linné, apocynces, qui est l'herbe à la ouate de cerUins auteurs. || Ouate naturelle, réunion de confcrves et d'infufoircs.

— RKM. On dit souvent de la ouate pour de l'ouate. Une robe doublée de ouate, pour d'ouate. Ce n'est pa» une faute, eu étant quelquefois à l'ttal de consonne.

— ETYM. Bourg, ouai'*; wallon, watt; norm. one«<,esp. huatai iul. otata; ali. Watte; holl. rad;

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angl. icad. L'ilalien ovata provient du français; cela *^le tout appui à Diez, qui est disposé à tirer ovata du latin opum, en forme d'oeuf, à cause des bourrelets arrondis qu'on fait avec cette substance. L'espagnol huala vient aussi du firançais, auquel sonl également empruntés les mots germaniques Watte, vad, uad. Ouate paraît donc exclusivement français; dès lors on est porté à trouver très-plausible l'opinion de Lamonnoye, qui y voit un diminutif de l'ancien français oue, oie, ouette, ouate.

ODATÉ, ÉE (ou-a-té, tée), part, passé d'ouater. J'ai une robe de chambre ouatée, j'allume du feu tous les soirs, sfiv. «9 juin (680.

OUATER (ou-a-té: l'Académie dit qu'on prononce ou-é-té ; l'usage est contre elle ; Th. Gautier a fait ouater de deux syllabes, contre l'usage ; voy. le vers de Boileau cité à ouate), e. a. Garnir d'ouate. Ouater une robe. || Par extension. L'hermine, vierge de souillure. Qui, pour abriter les frissons. Ouate de sa blanche fourrure Les épaules et les blasons, tii. GAUTIER, Émaux et camées, Symphonie en blanc majeur.

— ÉTYM. Ouate; wallon, watté.

1 OUBIER (ou-bié), s. m. Nom d'une des dix espèces de faucons.

— ÊTYM. Le radical est le même que dans hobereau (voy. ce mol).

OUBLI (ou-bli), s. m. || 1° Perte du souvenir. Enchanté par sa passion, et détourné par les affaires, il [David] laissait la vérité dans l'oubh, Boss. Sermons, Prédicat. 2. Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché, BOiL. Sat. ix. Oh I d'un si grand service oubli trop condamnable I rac. Esth. ii, 3. D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre; Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal, m. Ath- I, < . Presque tous les événements sont précipités les uns par les autres dans un éternel oubli; c'est une réflexion qu'on no saurait trop faire, volt. Russie, Préf. hist. D'un éternel oubli ne tirez point les morts, iD. Sémiram. ii, 7. Déjà l'obscure nuit versait l'oubli des maux, delille. En. ix. La merveilleuse illusion de l'oubli fait aller le monde, stakl, Corinne, xviii, S. II n'y a point d'oubli pour Ips personnes d'une imagination forte, m. tb. 6. Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde. Oui, vous sonnez la retraite à propos; Pour compagnon, bientôt dans ma mansarde. J'aurai l'oubli, père et fils du repos, BÉRANG. Adieu, chansons. || Tomber dans l'oubli, s'effacer de la mémoire des hommes. N'oubliez pas d'insister plus que vous ne faites dans votre éplire, sur la protection qu'on accordait aux persécuteurs de Corneille, et sur l'oubli profond où sont tombées toutes les infamie.» qu'on imprimait contre lui, d'alehb. Utt. à Voltaire, 8 sept. )76i. || 2* Action d'oublier. Oubli du monde et de tout, hormis Dieu, pasc. dans son amidette. Dans cet oubli profond et de Dieu et d'elle-même où elle ['âme] s'était plongée, Boss. la Yallière. Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde, D'un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits [de Dieu], hac. Âthal. m, e. Lorsque Julien voulut mettre de la simplicité et de la modfestie dans ses manières, on appela oubli de la dignité ce qui n'était que la mémoire des anciennes mœurs, MONTESQ. Rom. *7. || Mettre en oubli, perdre le souvenir. Assez d'autres sans vous n'ont pas mis en oubli Par quelles cruautés son trône est établi, corn. Cinna, i, 2. Les premières douleurs sont mises en oubli, pasc. Prophéties, »3, éd. FAUGÈRE. Quoil... Nous mettrons notre honneur et son sang en oubli \ Il est mort; savonsnous s'il est enseveli? RAC. Uithr. I, 3. Dont l'écrit froid et long, déjà mis en oubli. Ne fut jamais connu que de l'abbé Mably, volt. Êp. à Horace. || Oubli des injures, l'action d'oublier les injures et do n'en garder aucun ressentiment. || Oubli do soi-même, abnégation de ses intérêts, de ses droits. || Oubli de ses devoirs, action de manquera ses devoirs. Jo vois avec une amère confusion jusqu'où l'oubli du premier do mes devoirs m'a fait porter celui do tous les autres, i. i. bouss. Ilél. i, 39, || Il se dit, dans un sens analogue, des personnes qu'on néglige Nourrir dans son âme Le mépris de sa

mère et "oubli de sa femme, hac. Brit. m, 3. L'ou- Idi de tous les droits né d« l'oubli de» dieux, pelille, Imag. i. il 8' Acte d'oubli. Réparer un oubli. J'oubliais mon amour, dit-il... ah! oui, les hommr-s ont do ce» oublis; leur cœur et leur» sons peuvent agir séparément, ¥"• riccoboni, Jul. Caiesby, (Euvr. t. Il p. 380, dans pouGKNs. Il 4* Le (Icuve de l'oubli, le I.élhé (voy. r.n mol).

— msr. XI* s. Mais lui meisroe [il] ne luet met-

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treen oubli, Ch.dc Roi. clxïiii. || xiii's. Et ce qu'on voit ne doit estre en oubli, eust, le peintre, dans Couct, Or te voil dire et conseillier, Que l'amors metes en obli. Dont ge te voi si afoibli, la Rose, 30:ii. Il XV* s. Le jeune roy d'Angleterre ne meit pas en oubly le voyage qu'il devoit faire au royaume do Francp, froiss. i, i, 52. || xvi* s. Tu bois le long oubli de tes travaux passez, on bellay, vi, 8, recto. Il a esté nécessaire que Dieu eust ses registres authentiques pour y coucher sa vérité, afin qu'elle ne perist point par oubli, calv. Instit. 29.

— ÊTYM, Provenç, oblit, obli ; calai, oblit, olvit; espagn. oJet'do ; ital, ob/io; de obitiiim, supin de oblivisci, oublier (voy. oublier).

OUBLIANCE (ou-bli-an-s'), s. f. Disposition à oublier. Effaçons, je vous prie, de notre histoire tout ce qui s'est passé depuis quatre mois; croyons que ce temps-là arriva au siècle des choses fabuleuses, et, pour notre commun contentement, apprenons ensemble l'art d'ouldiance, balz. liv, m, lett, II.

— HIST, xni* s. La terre d'oiiblience apele il la douleur d'enfer. Psautier, f" tus. Nel métré mie [je ne le mettrai pas] en obliance, la Rose, 986. || xvl* s. L'hi.stûire préserve de la mort d'oublianco les faicts et dicts mémorables des hommes, amyot, Préf. ii, 26. L'esprit humain est enclin et fragile pour tomber en oublianoe de Dieu, calv. Instit. 29. Tant de noms, tant de victoires et conquesies ensepvelics sous l'oubliance, mont, i, i7<. N'ayant aultredroict sur le passé que de l'oubliance, m. ii, 287. La souvenance après l'oubliance, P. bellier, Trad. de Plii- Inn, 1675, in-^, p. <76.

— fTY-M. Oubliant; provenç. ot/idansa; espagn. oMdnnca; ilal. obliama.

OUBLIE (ou-bliel, i. f. \\ 1° Pâtisserie mince et de forme ronde; l'oublie est ordinairement roulée en cylindre creux, et on lui donne le nom de plaisir quand elle a la forme d'un cornet. Mais à condition qu'en son plus grand tjesoin On ne lui donnera que deux tranches de coing. Douze cornets d'oubliés et deux verres d'eau claire, dancourt, Sancho Pança, V, 12. Les statuts de ce métier prouvent qu'en 1397- (406, il y avait à Paris vingt-neuf obtoycrs qui pouvaient faire chacun, par jour, mille oublies de différentes espèces ; ils les débitaient dans les rues et les jouaient aux déssiir le coffret qui les contenait; nous avons dans les marchands de macarons et de plaisirs les dernières lueurs do cet usage, dr la- BORDE, Émaux, p. 42).||Fig. Faire l'oublie, se dit du linge mal apprêté dont les coins se roulent. Il 2* Oublie, la bulle lignaire qui porto ce nom, ainsi que ceux de gaufre roulée et papier roulé (coquille univalvc),

— IIIST. xii* s. N'ot à l'autel que lui et Dieu qu'il sacrefie, F.s mains tint le callsse et l'oublie à saisie, de labohdk, ^mau», p. «24, || xiii* s. Niulcs, oublées, gibclés, Et pastés do vis [vifs] oiselés, FI. et Blanchell. 3187. || xiv* s. Que nul ne puissu tenir ouvrouor ne estre ouvrier en la dicte ville de Paris ne es forkours, se il ne scet faire en un jour au moins cinq cens de grans oubléos, trois cens do supplicition et deux cens d'cstrées dudit mestier, bons et souffisans, et fairu sa p.aste [«lurlo dit ouvrage, m LABOBDR, Émaia, p. 4-n. || xv* s. Un coffin à oublies, d'argent blanc, fermant i clé, à la devise de Monseigneur et armoyé de se» armes, m. ib. p. 42t. Il XVI* s. Fougasses, bra.ssadeaux, tourtillons, biscuits, eschaudés, oublips, carheinuseaux, gastoaux, popelins, gaufres, pelits-chous, etc. o. i>b

SERRES, 8a6.

— ÊTYM. Génov. oubli, s. m,; provenç. oblia ; bas-lat, oblata, do ohtntus, offert (voy. ohlation), à cause que l'oublie était une sorte d'offrande que le vass;il faisait à son seigneur.

OUBLIÉ, ÉK (o-bli-é, ce), part. po»»rf d'oublier. Il !• Dont Ib souvenir est perdu. Dormez voiro sommpil, riches do la terre, et demeurez dans votre poussière; ah I si quelqno» générations, quo disje, si quelques années aprùs votre mort, vous revonicx, hommes oublié», au milieu du monde,.,, bos». It Tellier. J'ii toujours oui dire quo les femmes doivent désirer d'être oubliées, maint. Utt. i M. d'Aubigné, *» Juillet. t«84. Mon ami, laissons là ma peine et mes alarmes; Jo vous vois, tout est oublié, sAuniN, Reverlei, u, 6. Il me semble que, sous les ombrages d'une forêt, jo suis oublié, libre et paisible comme si je n'avais plu» d'ennemis, ou que le feuillage dos bois dût mo garantir de leurs atteintes, j. J. rois. Prnm. 7. Elle [llenriotlo d'Angleterre] serait morte oubliée, si llossuet ne s'était emparé de ce grand débris do la fortune, pour le façonner à U manière do ion génie, cii*-

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